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Éditorial

Léon Rippinger Echevin de la commune d’Esch-sur-Sûre

Il faut donc que se manifestent toutes celles et tous ceux qui ne considèrent pas comme immuable le système en place, qui refusent de considérer comme une fatalité que la spéculation puisse rapporter plus que le travail, que certains puissent accumuler une richesse exorbitante provoquant la misère des autres. déi Lénk se situe à contre-cou-

Virtrag:

Dans les nouvelles et les commentaires apparaît souvent le terme de « crise ». Rarement sont indiquées les véritables raisons du phénomène invoqué, et non pas des « explications » populistes selon lesquelles, par exemple, les Grecs seraient paresseux et les retraités vivraient trop longtemps. rant de la politique menée aux niveaux européen et national. Les pages qui suivent présentent, notamment sur des points d’actualité, des analyses faites par déi Lénk ainsi que les alternatives qu’elle propose aux niveaux européen, national et régional.

sort des habitants dans les États membres, que ce soit au niveau des droits des citoyens et de la démocratie ou des conditions de vie des travailleurs, notamment dans les pays du sud de l’Europe. Face au modèle imposé surgit l’alternative d’une « refondation de l’Europe ».

déi Lénk est bien conscient de l’importance des décisions prises au niveau de l’UE pour le

Au niveau national, tout comme au niveau européen, (Suite page 2)

2 13 Nous vous souhaitons une excellente nouvelle année.

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„Wat ass Geld?“ 21. Dezember

um 19h30 zu Dikrech

Säit 5

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Diekirch Terminus du train ...

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L‘agriculture biologique au Luxembourg.

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Ce que les monnaies régionales peuvent nous enseigner sur l’argent.


(Suite de la page 1) certains sujets restent d’actualité : les retraites, l’affaire des écoutes, l’éducation, les structures d’accueil pour enfants, une politique économique sous le signe de l’austérité ; tout cela trouve ses répercussions dans le budget de l’État pour 2013.

Quand ces sujets sont discutés à la Chambre des députés, le représentant de déi Lénk fait souvent entendre une voix discordante qui se démarque agréablement des rengaines soporifiques de la pensée unique. Dans le nord du pays, l’action de déi Lénk est dictée par les cir-

constances. Dans les conseils communaux, ses membres soutiennent les initiatives en faveur d’un développement contrôlé des communes, défendent les acquis sociaux du personnel et des citoyens, propagent la protection de l’environnement ainsi que le développement culturel et touristique. Cette attitude, à

la fois constructive et critique, est illustrée par des textes sur l’agriculture écologique, la mobilité et le transport scolaire respectivement dans la «Nordstad» et à Diekirch, les monnaies régionales ainsi que sur une soirée consacrée à la musique comme expression de «mouvements» de libération.

peu compréhensible. D’autant plus que cette idée émane d’un parti « socialiste ».

cultés à comprendre le raisonnement de la majorité socialiste et estiment que le transport scolaire doit rester gratuit. Leur espoir ne réside pas dans un changement d’avis de la part du Collège échevinal mais plutôt dans l’appréciation du Ministère de l’intérieur qui est en train d’examiner le bien-fondé du projet en question.

Philippe Schumann

Transport scolaire payant à Diekirch ? Le transport scolaire deviendra payant pour les élèves de l’école fondamentale à Diekirch. Mais il ne s’agit pas d’un prix symbolique que les parents devront payer prochainement, bien au contraire, les frais sont considérables et sans aucun échelonnement social. La section LSAP locale, qui détient la majorité absolue au conseil communal, est seule à connaître le caractère « social », voire « écologique » de cette décision. Tous les parents qui désirent que leur enfant continue à profiter du transport scolaire devront payer 100€ par trimestre. Ce prix est plafonné à 120€ par famille et par trimestre à partir de deux enfants inscrits. La majorité socialiste veut épargner de l’argent et souligne en plus que de toute façon le recours à un bus scolaire n’était qu’une mesure transitoire. Elle était devenue nécessaire afin de pouvoir desservir les bâtiments provisoires lors des travaux de rénovation des écoles situées au centre de la ville.

rables en fonction du domicile des enfants.

Mais à l’heure actuelle, l’école de quartier ‘Sauerwiss’ n’existe plus et les élèves en question sont obligés de rejoindre l’école centrale près de la Place Guillaume. Les distances à parcourir peuvent être considé-

La décision de rendre payant un service public comme le transport scolaire et demander une participation tellement importante aux parents pour épargner éventuellement quelques milliers d’euros par an reste

Les parents des enfants, dont le chemin de l’école s’avère plutôt difficile, se voient obligés de payer pour le transport scolaire, s’ils sont en mesure de le faire. Une autre alternative serait de recourir à leur propre véhicule afin de déposer leurs enfants près de l’école, avec toutes les conséquences négatives pour la circulation locale que cela implique. Chemin d’école trop long ou trop dangereux, enfants trop jeunes, … les raisons sont multiples.

Les frais occasionnés par le transport scolaire sont fixes et devront être payés de toute façon, avec la seule nuance que désormais de moins en moins de personnes vont profiter de cette offre. Beaucoup d’habitants de Diekirch ont des diffi2


Jenny Spielmann

Diekirch - Terminus du train... Diekirch – Terminus du train! Il y a 50 ans, ce même train continuait son trajet à travers Gilsdorf, Bettendorf et Reisdorf vers Echternach puis Wasserbillig jusque Grevenmacher. En 1964, après 90 ans, l’exploitation de la ligne Diekirch - Echternach fut suspendue définitivement. Aujourd’hui certains regrettent cette décision. Va-t-on tout de même continuer dans cette logique et supprimer la ligne EttelbruckDiekirch ? Cette stratégie (une parmi d’autres) pourra-t-elle convaincre les citoyens et améliorer la qualité de vie des habitants de la « Nordstad »? Depuis plusieurs années le sort de cette ligne reliant les deux villes de la « Nordstad » est en discussion. Tout le monde semble être d’accord de réclamer un perfectionnement des transports en commun dans la région de la « Nordstad » pour combler les besoins dus à une urbanisation accrue. Comment aborder ce défi ? C’est là que les opinions diffèrent. Un plan régional de mobilité, consacré à l’amélioration des transports en commun sur toute l’étendue de la «Nordstad », propose plusieurs variantes pour la ligne Diekirch-Ettelbruck. La variante 1 préconise le remplacement des rails par des bus. Ainsi, des bus à plancher bas, permettant un accès plus facile aux personnes à mobilité réduite, aux vélos et aux poussettes, suivraient leur trajet toutes les 10 minutes entre Diekirch et Ettelbruck, par une voie spécialement conçue sur l’actuelle trace des chemins de fer. Les bus, aussi bien les « Citybus » que les « Nordstadbus » des lignes 500, 502 et 570, seraient prioritaires par rapport à toute autre circulation. Par certains moyens, comme des voitures modernes, un couloir pour les bus, des feux de signalisation garantissant la priorité, le temps nécessaire au trajet pourrait même rester identique pendant les heures de pointe. La capacité des bus pourra ne pas suffire à un accroissement de la

population intense, disent les sceptiques. Mais ils redoutent le fait qu’une fois ces rails disparus, il n’y aura plus question de prolonger les tracés ferroviaires dans d’autres directions. Le trajet Diekirch-Echternach constituerait tout de même une plusvalue pour toute la région. La variante 2 (a et b) garderait le tracé existant en optimisant la ligne par au moins un arrêt supplémentaire (à Ingeldorf ou Erpeldange) et une cadence d’au moins un train toutes les dix minutes. Eventuellement s’y ajouteraient une deuxième voie et des lignes dans d’autres directions. Des « Nordstad-Citybus » compléteraient l’offre pour augmenter le confort des usagers.

entre les deux points extrêmes. Ici aussi le « Citybus » compléterait l’offre des trains. déi Lénk est fort pour une revalorisation des transports en commun. Un transport généralisé et gratuit de préférence sera un outil essentiel pour le développement et le progrès du pays, surtout s’il fonctionne bien, s’il est écologique et convivial.

La variante 3 (a et b) propose respectivement un tram et un train-tram qui, contrairement aux trains ordinaires, pourraient augmenter leur vitesse et utiliser les voies ferrées existantes ; ainsi les correspondances de l’intérieur des agglomérations vers le trafic régional pourraient se faire sans changement. La vitesse de ces moyens de transport est en général plus élevée, tandis que le démarrage est plus lent et la distance de freinage allongée. En aménageant une voie sur l’ancien tracé entre Gilsdorf et Diekirch, le train-tram pourrait ensuite emprunter la voie ferroviaire actuelle vers Ettelbruck, utiliser le trajet toujours existant vers Bissen et ainsi desservir 16 à 24 arrêts

déi Lénk Norden préfère garder la ligne ferroviaire EttelbruckDiekirch et souhaite réutiliser le trajet existant Ettelbruck-Bissen ainsi que le réaménagement d’autres lignes ferroviaires sur le territoire de la « Nordstad » et cela par étapes successives. Ce développement pourrait se faire dans le cadre de certains grands projets et servirait à l’urbanisation ultérieure. Ce progrès constituerait un attrait supplémentaire et faciliterait l’accès aux transports en commun en empêchant le chaos 3

quotidien sur les routes de la « Nordstad ». L’accès vers la région se fera de manière plus écologique et plus confortable. Et même des emplois se créeront. Les trois variantes ont chacune leurs avantages et leurs défauts. Mais ce qui est incompréhensible, c’est que les discussions et la planification durent si longtemps. Depuis des années on attend une décision digne d’une « Nordstad » moderne et prise en consultation et en accord avec les citoyens de la région. Mais aucun conseil communal, à ce qu’il paraît, n’a eu le courage d’entamer la résolution de ce problème complexe mais inévitable.

Sources: http://nordstad.wordpress.com/ http://www.rail.lu/lignesauer.html


Fabienne Wengler

L‘agriculture biologique au Luxembourg. L‘agriculture constitue le fondement de la civilisation humaine ; elle s‘est développée au long de l‘histoire avec et par l‘homme. Tenant compte de ce fait, déi Lénk s‘engage pour une agriculture écologique et durable. Nous approuvons la collaboration entre l‘agriculture et la protection environnementale pour garantir la protection de la biodiversité et des eaux.

mais favorise également la santé du sol et apporte de l‘azote grâce à la symbiose entre les fabacées et les rhizobia. Ceci est surtout un avantage pour des exploitations écologiques, qui renoncent à l‘utilisation d‘engrais chimiques. Voilà pourquoi il est d‘une grande importance de faire de la recherche sur l’applicabilité de fabacées sous les conditions de l‘agriculture biologique au Luxembourg.

Au Luxembourg 50,8% de la superficie (2007) connaissent une utilisation agraire. Le nombre des exploitations agricoles diminue rapidement. Ainsi, en 1995, il y avait 3803 exploitations agricoles, tandis qu’en 2010 il n‘y en avait plus que 2185. déi Lénk veut réformer de fond en comble la loi agricole actuelle, de sorte qu’il n’y aura plus qu‘une seule administration compétente pour l’agriculture et le développement de l’espace rural. Les contrôles doivent être experts et transparents, avec un accès en ligne des agriculteurs aux données de leur exploitation (cadastre numérique, analyses du sol…).

déi Lénk veut particulièrement promouvoir l’agriculture biologique En comparaison avec les autres États membres de l‘UE, l‘agriculture biologique se développe à petits pas au Luxembourg, et pourtant il s‘agit d’un secteur en croissance. En 2000, par exemple, il y avait 31 exploitations biologiques et 11 ans plus tard il y en avait déjà 98. Environ 60 de ces exploitations sont des fermes qui cultivent plus ou moins 3000 ha. Dans l’UE, le Luxembourg détient la 3e place pour la consomma-

tion d‘aliments issus de l‘agriculture écologique. Seulement les importations alimentaires étrangères peuvent répondre à cette demande.

Un problème beaucoup plus important est l‘alimentation riche en protéines du bétail des exploitations biologiques. La superficie sur laquelle sont cultivées des fabacées riches en protéine décroît fortement. Le Luxembourg suit donc la tendance européenne. Des accords commerciaux (GATT et BlairHouse) rendent la production européenne non rentable et enfoncent l‘agriculture dans une dépendance économique d’importations alimentaires riches en protéines d‘outre-mer écologiquement et éthiquement problématiques. La culture de fabacées offre non seulement une issue à cette dépendance

« déi Lénk veut continuer l’interdiction luxembourgeoise de cultiver des organismes génétiquement modifiés, tout comme fructueux l’engagement contre l’autorisation des OGM en Union Européenne. Les organismes génétiquement modifiés constituent un risque pour l’homme et pour la nature; ils n’ont rien à voir ni dans nos champs ni dans nos assiettes. » 4

« L’agriculture intensive comme problème. La politique agricole nationale et européenne implique une production quasi industrielle d’aliments suscitant de graves nuisances pour la nature et l’environnement. Les eaux souterraines sont polluées à cause du recours massif aux pesticides et aux engrais chimiques. Dans les paysages dégarnis, sans biotopes bordant les champs, même des espèces jadis très fréquentes comme le lièvre, la perdrix ou l’alouette sont devenues très rares. A l’instar de la nature, les exploitations agricoles sont également menacées, leur nombre ne cessant de décroître. »


Vera Dockendorf

Art et Libération, Music and Change. Le 1er juin, déi Lénk Norden a invité à une soirée thématique au sujet de la musique et des mouvements sociaux. Dans une salle comble du Café de la Paix à Diekirch, on a écouté et discuté. Voici le résumé d’un exposé : « La société (ses possibilités, sa structure, son idéologie) entre dans la composition, l’arrangement des mouvements sonores, et donne une forme (…) à ce qui se passe dans la réalité sociale. C’est dans la forme que se rencontrent la technologie et l’art, l’expérience quotidienne et l’expérience musicale. Ainsi l’évolution intérieure de la musique (et de l’art en général) réagit à la société et la nie en même temps. La musique est créée en même temps pour et contre la société. »1 La collection d’essais de Herbert Marcuse «  Art et libération  » est citée par le groupe punk Pussy Riot, incarcéré par le régime de Poutine. Déjà le titre de la collection est programme : art et libération. L’art peut, mais ne doit pas nécessairement constituer un message politique. Ainsi Marcuse désigne la musique dite classique comme un art élitaire en raison de la manière dont elle est jouée  : dans des espaces fermés pour un public spécifique dont l’attitude générale se caractérise par l’immobilité. Il en va tout autrement de ce que Marcuse appelle la «  musique noire  ». L’auteur ne met pas en question l’expression même.2 Pourtant sa thèse, selon laquelle cette musique constitue un tournant dans la réception de l’esthétique musicale, en vue d’une demande de mouvement et d’agitation, semble se confirmer. Ainsi les chants ouvriers, au sens large, remontent à une longue tradition  : ce sont les chants des esclaves et des prisonniers condamnés aux travaux forcés. C’est dans cette tradition que s’inscrit, entre autres, le blues. Avec l’apparition du marxisme au 19e siècle et la fondation de la Première Internationale sont

no stamps. Sample a look back you look and find. Nothing but rednecks for 400 years if you check. Don’t worry be happy was a number one jam (...) » En accord avec le texte, la vidéo correspondante montre, dans le cortège d’une manifestation, les portraits des héros du mouvement de libération afro-américain : Malcolm X, Rosa Parks, Martin Luther King, Angela Davies, Huey P. Newton ... Le message révolutionnaire Fight the Power est omniprésent.

nés les chants ouvriers du mouvement de gauche international d’aujourd’hui. Le hiphop, né vers 1960, puise dans la même tradition : de l’oppression de la population ouvrière afro-américaine, naît un art politique. A l’apogée du mouvement afroaméricain pour les droits civils, dans les années 50 et 60, est né le hiphop. Dans les années 60, le groupe rap Last Poets, qu’on peut situer entre Nation of Islam et le Black Panther Party communiste, s’exprime ainsi : «  When the revolution comes; guns and rifles will be taking the place of poems and essays (...) When the revolution comes / White death will froth the walls of museums and churches breaking the lies that enslaved our mothers ». Le rappeur Paris intègre même le «  Ten Point System » entier des Black Panthers à sa chanson Escape from Babylon et le groupe afro-américain Public Enemy, très connu et engagé, réclame à la fin des années 80, dans un chant dont le titre Fight the Power est déjà programme, la fin de l’hégémonie blanche et du cannibalisme culturel : « Elvis was a hero to most but he never meant shit to me. You see straight up racist that sucker was, motherfuck him and John Wayne! Cause I’m Black and I’m proud (…) Most of my heroes don’t appear on

La musique devient mouvement, non seulement au sens physique, mais aussi au sens politique. La musique, selon Marcuse, est créée en même temps pour et contre la société, elle est à la fois art et libération. [1] Marcuse, Herbert: Musik von anderen Planeten. In: Kunst und Befreiung. Lüneburg: zu Klampen, 2000. S. 88. [2] Dans le monde marqué par la culture européenne, la couleur noire est associée à des réalités négatives : un jour noir, des idées noires, le travail au noir …, alors que la couleur blanche comporte des associations positives.

déi Lénk Norden lueden Iech häerzlech an op e weidere gemeinsamen Owend mat Virtrag zum Thema:

„Wat ass Geld?“ mam Max Hilbert, Freides, den 21. Dezember um 19:30 am Café „Miche“, zu Dikrech an der Foussgängerzone, 8 Rue de Brabant / L-9213 Diekirch.

Méi Infos heizou op www.lenk.lu

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Philippe Schumann

Ce que les monnaies régionales peuvent nous enseigner sur l’argent. De nos jours, l’impact de l’argent dans tous les domaines de la vie est fondamental : pas question de nier cette évidence. Les preuves au quotidien en sont multiples. L’argent fait figure de lien central dans notre société tout en jouant un rôle normatif et motivateur.

Mais si d’un côté l’argent surtout son utilisation - nous semble extrêmement familier, il nous apparaît parfois très étrange d’un autre côté. Ce sentiment de désarroi est renforcé à l’égard des sommes exorbitantes négociées quotidiennement aux bourses publiques ou clandestines et des dettes galopantes de la plupart des États. Ce sont les dettes publiques qui déterminent les agendas politiques depuis le début de la crise ; elles constitueraient la preuve de dépenses trop importantes des États. Cette interprétation néo-libérale de la crise se base sur une idéologie qui depuis des décennies propage une dérégulation des économies et des marchés financiers et qui vient de provoquer la crise actuelle. Or, il semble peu probable de pouvoir résoudre un problème actuel en recourant à la logique et aux stratégies ayant entraîné la crise dans le passé. Les grands problèmes - comme la destruction de l’environne-

ment naturel ou le fossé grandissant entre riches et pauvres - persistent à côté de la crise financière et montrent clairement qu’il s’agit de trouver de toute urgence des réponses fondamentales.

reste pas dans la région, mais sera dévié plus que probablement vers le milieu qui promet le plus grand rendement possible, à savoir vers des affaires plus ou moins justifiables moralement dans une partie quelconque du globe terrestre. Les monnaies régionales par contre ne servent pas à la spéculation sur les marchés financiers, elles ne sont pas déposées en banque et ne visent pas non plus une augmentation forcée du capital par des prêts à un taux d’intérêt usurier. Elles circulent dans une région bien définie et stimulent un dynamisme économique existant réellement.

Les monnaies régionales fournissent un apport important dans cette discussion. D’une part elles sensibilisent les gens en matière de conscience régionale (think global – act local) et d’autre part elles amènent la société à réfléchir quant au rôle et quant à la destination de l’argent. L’objectif d’une monnaie régionale ne réside pas dans l’accroissement de la masse d’argent par spéculation ou rendements fiscaux. L’argent doit servir l’économie, voilà l’idée de départ. Il faut donc faire en sorte que l’argent reste dans le circuit économique et éviter qu’il soit cumulé ailleurs. Des monnaies régionales comme le BEKI ne peuvent être utilisées que régionalement, ce qui les distingue complètement de l’euro. L’euro – utilisé pour des achats quelconques – ne

Toute personne qui fait entrer de l’argent dans le circuit monétaire poursuit un agenda politique. Le système monétaire actuel et ses rapports de force se sont développés dans un contexte historique bien précis et ne constituent donc pas une fatalité en soi. déi Lénk Norden salue l’idée des monnaies régionales. En outre, déi Lénk se prononce pour un 6

contrôle démocratique de la politique monétaire tant au niveau national qu’au niveau international. Le système monétaire doit soutenir le développement social et durable de l’économie. Il faudra par conséquent ramener l’argent à sa fonction initiale qui consiste à servir les êtres humains et l’économie et non pas à être à la disposition incontrôlée des bailleurs de fonds privés, en l’occurrence des banques.

Le canton de Redange verra sous peu l’introduction du BEKI, première monnaie régionale au Luxembourg et complément régional et social de l’euro.


NATIONAL Interview

Serge Urbany, député déi Lénk, au sujet de la politique d’austérité : Serge Urbany On parle toujours de politique d’austérité. Mais n’est-il pas légitime que l’État, tout comme tout autre ménage, fasse des économies face à la chute de ses revenus ? Un ménage avec moins de revenus – et qui ne peut pas y remédier – doit par conséquent faire des économies. Depuis des années pourtant, l’État luxembourgeois diminue de plein gré les impôts sur les bénéfices, les revenus du capital et les revenus élevés. En même temps, il augmente ses soutiens financiers aux actionnaires et au patronat. Nous avons désormais rejoint une situation qui est insoutenable face à ces deux

éléments combinés en faveur de personnes très riches et dont les répercussions retomberont sur nous tous, c’est-à-dire nous salariés, fonctionnaires, pensionnaires, familles et étudiants. C’est ce que signifie la politique d’austérité qui, par ailleurs, a pour objectif, de détruire les garanties collectives - c’est-à-dire la sécurité sociale, l’adaptation des revenus à la hausse des prix, la politique familiale, le droit du travail etc. – et de faire marche arrière vers la prévoyance individuelle du XIXe siècle pour retourner vers une politique de la pauvreté.

avec le seul but de générer encore plus de bénéfices. Ce sont surtout les bourses qui animent ce comportement. L’argent coule vers des secteurs qui sont plus prometteurs en apparence qu’en réalité. Une telle illusion s’est effritée en 2008 avec la crise immobilière. Cette aspiration vers des bénéfices toujours croissants, étouffe l’économie et détruit le marché de l’emploi. Elle est alimentée par les finances publiques et par conséquent à travers notre argent. Des États entiers tombent dans la récession parce qu’il n’y a plus d’argent, ni dans les caisses de l’État, ni dans les portefeuilles des ménages.

Pourtant nous dépendons tous de l’économie et devons contribuer à ce qu’elle crée les emplois nécessaires à notre survie ?

N’oublions pas que ce sont les êtres humains qui créent le capital et non pas l’inverse. L’homme est à l’origine des valeurs sociales et il assure aussi la consommation. Le peuple a par ailleurs le rôle du souverain dans une démocratie.

En gros, les bénéfices ne manquent pas. Mais ce sont les actionnaires qui investissent

Mais comment est-ce que nous pouvons nous manifester ? Si nous contribuons à la réélection de ceux qui ont à justifier ce déroutement de la politique, il n’y aura pas de changements. Nous devons soutenir les syndicats qui continuent à lutter. Imaginons qu’un jour, nous devions vivre dans les mêmes circonstances qu’au Qatar, les libertés politiques et syndicales seraient détruites.

Le plan d’austérité du gouvernement contribuera à renforcer la crise sociale. Pour le moment, environ 20.000 personnes sont à la recherche d’un emploi et le taux de chômage a atteint le seuil le plus haut depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Le gouvernement ne fait aucun effort pour changer cette réalité.

La nouvelle loi des pensions –

une loi antisociale. La loi Di Bartolomeo est un programme à long terme visant à réduire les rentes dans le système public :

Thérèse Gorza

Membre de la Coordination nationale de déi Lénk

tion de la vie active de trois ans. •

• La « formule des rentes » sera diminuée tous les ans au cours des 40 années à venir. Cette mesure a pour conséquence une prolonga7

Pour les années où les dépenses sont supérieures au recettes, l’ajustement des rentes à l’évolution des salaires sera réduit de 50 %, voire même, annulé. La loi stabilise que le complément

de fin d’année sera « liquidé » dès la première année déficitaire. Cette mesure permet de ne pas toucher aux réserves. Pourtant les réserves suffiraient déjà aujourd’hui à verser l’intégralité des rentes sans qu’aucune autre recette ne devienne né-


cessaire au cours des quatre prochaines années. Par ailleurs, l’indexation des salaires de 2010 et 2011 n’aura pas lieu au 1er janvier 2013 et ne pourra jamais plus être appliquée. En plus, dans le contexte des départs à la retraite, les futures rentes seront calculées sur la base des salaires d’il y a quatre ans, ce qui implique que deux années d’indexation ne seront pas pris en compte. Cette loi dégrade le système des pensions à travers la réduction des rentes, la prolongation de la

vie active et l’ouverture du marché en faveur d’assurances supplémentaires.

contributions provenant principalement des entreprises et protège les réserves qui sont parsemées sur la place financière au lieu d’être utilisées à couvrir les dépenses. On se demande bien pourquoi !

Elle ne contribue pas à fournir une garantie de pension aux jeunes. Au contraire, elle garantit uniquement le revenu des jeunes futurs patrons et assureurs.

Les chiffres de la Chambre des salariés prouvent qu’au cas où la croissance du nombre des pensionnaires serait supérieure à celui des cotisants, il existe très bien des moyens pour sauvegarder à l’avenir un système des pensions publique, solidaire et transparent à long terme par

Des automatismes ont été intégrés dans cette loi destinés à réduire les pensions à l’avenir sans qu’une intervention politique ne devienne nécessaire. En même temps, la loi permet de bloquer pendant des années les

le biais d’une redistribution plus juste des impôts et d’une légère hausse des cotisations. Mais il faut de la volonté pour y arriver. Mars di Bartolomeo et son parti LSAP ainsi que le CSV se sont engagés clairement sur la voie du néolibéralisme auquel a également souscrit la prétendue « opposition » constituée du DP, des Verts et de l’ADR. Ils ont voté contre cette loi parce qu’ils sont d’avis, tout comme les représentants du patronat, qu’elle ne va pas assez loin.

Léo Gaasch, Philippe Schumann (étudiants)

Ne pas monter les jeunes contre les vieux. L’objectif de la nouvelle loi des pensions n’est plus un secret, car la plupart des gens connaissent l’éternel discours déjà par cœur : l’État providence dans sa structure actuelle coûte trop cher et est insoutenable avec les mêmes moyens financiers à long terme. Nous sommes obligés de faire des économies pour contenir la crise de la dette publique et pour rester concurrentiel. Désormais notre système des pensions a également subit une réforme au profit du néolibéralisme. Malgré la crise, qui résulte d’une politique néolibérale menée depuis des décennies, le débat se limite au simple problème des dépenses, ce qui prouve que nous sommes en proie à un aveuglement idéologique caractéristique pour notre époque. Et, encore une fois, nous manquons d’alternative. Travailler plus longtemps pour gagner moins : tel est le message masqué qui s’adresse aux jeunes d’aujourd’hui et aux futures générations. Non seulement le travail mais aussi le temps des études est moins valorisé par la réforme bien qu’il existe un consensus sur le rôle important que joue l’éducation pour l’avenir de notre pays. Le travail presté des étudiants à l’âge de 18 et de 19

ans est à nouveau pris en compte mais une assurance vieillesse n’est toujours pas prévue pour les étudiants. Les étudiants et apprentis figurent également parmi les perdants quand il s’agit de diminuer le taux de majoration proportionnel dans le cadre du calcul de la pension, ce qui défavorise avant tout les entrées tardives sur le marché du travail, voire les carrières discontinues. Trop souvent, les étudiants sont consolés avec la fragile et populaire affirmation qu’à l’avenir les salaires seraient plus élevés.

annulation du plafonnement des cotisations assurance vieillesse ou l’échelonnement social de la pension minimum. Au contraire, nous pouvons constater qu’une privatisation partielle de notre système des pensions publique est envisagée à long terme. C’est une tendance qui ne peut pas rester inaperçue et nous devons contester les mesures prévues.

Les salariés, qui se trouvent dans l’impossibilité de prolonger leur vie active et qui, par conséquent, voient diminuer leur pension, jouent également un rôle de dupes dans l’affaire. Mais pourquoi s’étonner puisque l’objectif principal est de faire des économies ce qui exclut une éventuelle

Nombreuses sont les organisations de jeunesse qui ignorent ce contexte et qui se laissent 8

influencer par la rhétorique qui consiste à confronter les « jeunes aux vieux » et selon laquelle les pensionnaires d’aujourd’hui volent les pensions à la future génération en raison du niveau trop élevé des cotisations. Jouer sur les différences intergénérationnelles équivaut à accepter les principes néolibéraux sur lesquelles se basent la réforme et à perdre la perspective d’un système des pensions plus juste et plus social à court et à long terme.


Le gouvernement liquide l’économie ! La première liquidation de l’économie luxembourgeoise a eu lieu dans le courant des années ’70-’80, lorsque l’Etat laissa sombrer progressivement l’industrie sidérurgique. David Wagner

Co-porte-parole de déi Lénk et conseiller communal à Luxembourg

Malheureusement, les nombreuses voix au sein des syndicats qui s’élevèrent pour demander la nationalisation de l’Arbed et lui assurer ainsi un avenir, ne furent pas prises en compte. On allait voir ce qu’on allait voir, le Luxembourg se dirigeait vers le paradis fiscal de la place financière. Certes, les plus-values massives générées par la place et massivement redistribuées grâce à la pression exercée par un salariat puissamment organisé, ont

permis d’assurer un confort matériel à une grande partie de sa population. Mais nous le savons tous : la place financière est non seulement précaire et sujette aux crises internationales, elle est aussi parasitaire. Il est difficile de cautionner un système économique qui repose sur des niches fiscales et se spécialise dans le conseil des grandes fortunes pour leur expliquer comment éviter de payer « légalement » impôts et taxes.

nous savons que le transport aérien est problématique à divers niveaux, notamment le niveau environnemental. Aussi pensons-nous qu’il faudra réformer les missions de cette société dans une logique plus écologique, en développant ses activités, en créant des emplois durables. Que fait le gouvernement ? Il vend, il liquide, il brade. Incapable de penser à restructurer fondamentalement notre économie sur l’industrie et aussi à dynamiser l’agriculture (quoi qu’on en dise, ce secteur à un avenir prometteur !), il préfère vendre... au moins offrant.

Heureusement, la structure économique du Luxembourg ne repose pas à 100 % sur la place financière. Il y a aussi notamment la logistique, il y a par exemple Cargolux. Certes,

pour charmer les émirs qataris, le gouvernement luxembourgeois s’est servi du grand-duc héritier Guillaume, futur chef d’Etat non élu participant à un marchandage dommageable à l’économie du pays. Notre député Serge Urbany a voulu en savoir plus sur ce marché de dupes, mais le gouvernement a refusé de donner des clarifications à un élu du peuple. Alors qu’il faudrait revenir énergiquement sur les 30 dernières années de privatisations et de contre-réformes néolibérales qui font sombrer l’Europe dans la pauvreté, nos dirigeants liquident une seconde fois ce qu’ils nous reste comme atout économique.

Ceci est d’autant plus grave que

Melanie Noesen

Le projet de l’enseignement au Luxembourg : Nous nous laissons porter par le vent au lieu de choisir ensemble la direction à prendre «Orientation par compétences», «différenciation», «évaluation» sont des termes à la mode mais qui sont incompréhensibles pour beaucoup de parents et que chaque enseignant ou professionnel interprète différemment. Quelle est la mission de notre système éducatif ? Les principes fondamentaux de l’être humain et des objectifs sociaux ne font pas l’objet de débats et par conséquent, les questions s’y référant non plus:

Est-ce que nous voulons former de futurs salariés maniables, serviteurs et utiles pour soutenir « l’économie », qui sont capables de se manifester par rapport à la concurrence dans leur vie professionnelle et privée. Ou est-ce que nous sommes plutôt soucieux de cultiver les compétences personnelles de nos enfants, de les aider à en développer d’autres afin qu’ils deviennent des citoyens fiers d’eux-mêmes, am-

bitieux et responsables ? Quelle est notre mission : donner une vraie éducation ou une simple formation ? Est-ce que nous voulons continuer à soutenir un système scolaire qui juge les enfants issus de milieux défavorisés, qui les décourage et les rabaisse ? Ou est-ce que nous choisissons plutôt une école où tous les enfants - quelle que soit leur provenance, leurs compétences 9

physiques ou intellectuelles – ont droit à la même éducation aussi longtemps que possible. Rassemblons nos forces polyvalentes et notre savoir-faire professionnel pour les investir dans des projets communs au sein d’un système scolaire uniforme (pour tous les élèves jusqu’à l’âge de 16 ans au minimum) sans marginalisation ! Favorisons des enseignants qualifiés, engagés ayant l’esprit critique et un sens social.


La réforme du ministère de l’Éducation a fait beaucoup de vagues sans que les responsables politiques n’aient su apporter de changements concrets en faveur d’un système scolaire et d’une société plus justes. D’un côté, certains enfants

continuent à être exclus de leur classe ou de leur école et des élèves en situation de handicap continuent à être marginalisés.

doivent également craindre une révision de leur statut d’enseignant, c’est-à-dire une perte d’une partie de leurs droits.

De l’autre côté, les enseignants – au lieu d’être impliqués – sont non seulement contraints à suivre une réforme du Lycée qui n’a pas d’objectif précis, mais

La réforme manque d’objectifs durables et n’aspire pas à une société plus juste. Elle n’a pas tenu compte des différents acteurs en vue de l’élaboration

de solutions potentiellement réalisables. Elle n’a pas accordé aux professionnels ou à l’enseignement le temps d’évoluer et d’accompagner cette évolution d’un regard scientifique à long terme.

Assécher enfin le marais. déi Lénk est choqué de l’ampleur des révélations publiées par la presse en rapport avec l’affaire de l’enregistrement de la conversation du Service de renseignement de l’État :

Marc Baum

Conseiller communal à Esch-Alzette

• Jusqu’aux années 80 et 90 des hommes politiques et des personnes privées de l’opposition de gauche ont été systématiquement mise sur écoute. Les dossiers y afférents – autrement dit, les preuves – auraient été détruits, sachant que le Premier ministre et le ministre de l’État en avaient connaissance. Ni la commission de contrôle parlementaire, ni les personnes ou organisations victimes des écoutes, en ont été informées jusqu’à présent. • Le fait que même le Premier ministre Juncker a été victime d’une telle écoute du service secret laisse planer un doute sur l’abolition de l’espionnage systématique de l’opposition. • La Commission parlementaire de contrôle des services secrets a été menée par le bout du nez et des informations lui ont été cachées. Le fait que ses membres ont délivré un document disculpant aux services secrets en 2008 en rapport avec l’affaire « Bommeleeër » (pour de fausses

raisons, d’après les informations actuelles) remet la professionnalité de l’exercice de ses fonctions en question. • Le Premier ministre n’a non seulement été mis sur écoute par ses propres services secrets mais également par la Cour grand-ducale dans le contexte d’un dialogue mené avec le Grand-Duc au sujet des relations et implications de la famille grand-ducale dans l’affaire « Bommeleeër ». La Cour grand-ducale se serait procurée les enregistrements en question à travers ses contacts avec les services secrets britanniques. Dans le cas où ces déclarations de l’ancien chef des services secrets s’avéraient, ceci ne constituerait non seulement une infraction à la loi de la part de la Cour mais signifierait également une trahison de la nation !

cun contrôle. (« Et ass e Bëssen esou eng eege Privatarméi, déi ass jo nët kontrolléiert, déi maache, wat se wëlle. »)

la destruction présumée des preuves. Chaque citoyen doit avoir le droit de consulter son dossier.

Toutes ces révélations qui ont été dissimulées jusqu’à aujourd’hui, laissent entrevoir un marais profond et sale d’un pouvoir antidémocratique qui viole les principes et va à l’encontre des structures d’un État de droit de façon systématique.

b) Toute activité du Service secret de renseignement de l’État doit être mise en demeure immédiatement et jusqu’à ce que toutes les activités illégales soient tirées au clair.

déi Lénk exige dans un premier temps : a) La publication de tous les documents en rapport avec l’espionnage de partis politiques, d’organisations et de personnes privées par les services secrets ainsi que des documents en rapport avec

• L’équipe de sécurité de la Cour grand-ducale est par ailleurs décrite comme une armée privée qui n’est soumise à au10

c) La raison d’être d’un instrument qui ne peut être mis sous contrôle à cause de sa structure comme celui du Service secret de l’État doit être mis en question sur son principe. d) Les agissements et les éventuelles implications de la Cour grand-ducale dans des activités illégales doivent faire l’objet d’une enquête judiciaire.


Les enfants au centre de notre commune. La question sur la qualité des structures d’accueil pour enfants en dehors du milieu scolaire est enfin devenue l’objet d’occupations politiques. Gary Diderich Conseiller communal à Differdange

Le ministère de la Famille a élaboré une nouvelle loi qui prévoit seize heures de formation continue obligatoire, la prise en compte du temps de formation des éducateurs, la valorisation du volet pédagogique et la mise en place de bureaux d’évaluation. Une évaluation trop bureaucratisée et hiérarchisée pourrait pourtant empêcher le dynamisme pédagogique tel qu’il est suggéré dans cette loi. Une vraie amélioration de la qualité du travail pédagogique ne peut que découler du rapport des éducateurs avec les enfants. Ce dernier est étroitement lié aux conditions d’accueil des enfants et des éducateurs. Ce sont donc les principaux acteurs, c’est-à-dire les personnes concernées, qui

communes sont directement et indirectement impliquées dans la mise en place des structures publiques et peuvent solliciter d’autres acteurs quand il s’agit d’élaborer un projet commun autour de l’identité de l’enfant et de son rôle au sein de la société ainsi que sur la conception des espaces au niveau communal afin d’encourager l’évolution de nos enfants. Cette approche permettrait d’aller au-delà de la simple construction de bâtiments et de donner une suite à la mission des structures d’accueil qui est « l’apprentissage non formel». L’apprentissage ne se limite pourtant pas à la fréquentation d’une maison-relais. Une approche plus globale sur l’enfance s’impose. Les premières années de la vie de l’enfant, les aires de jeux sécurisées et des espaces de jeux informels (rues et places

doivent être sollicités quand il s’agit d’élaborer ces conditions. Parmi les concernés figurent surtout les parents mais aussi tous les autres acteurs qui créent des espaces et des activités pour enfants au sein de la commune, comme les associations, les écoles, etc. Cependant, les éducateurs subissent la pression des autorités qui les poussent à présenter le plus d’activités possibles. Nombreuses sont les communautés qui déplorent un monde qui change trop vite mais en revanche, ils ne proposent qu’un actionnisme sans esprit novateur. Les communes peuvent contribuer activement à favoriser l’égalité des chances, la santé et le bien-être dans le contexte de l’accueil des enfants. Les

publiques), les activités sportives et culturelles, les conseils communaux des enfants et des adolescents, la nature, les fêtes dans la commune, les activités de loisir, etc., sont tous des endroits et des moments qui contribuent à l’apprentissage. Pour ces raisons, le parti déi Lénk revendique une participation active et pertinente de tous les acteurs impliqués dans une commune afin de définir les objectifs de la structure d’accueil pour enfants et les moyens par lesquels ces derniers peuvent être réalisés. Le même droit d’accès pour tous les enfants doit être une prémisse de la politique de l’enfance afin de créer les conditions d’accueil permettant à tous les enfants de profiter de toutes les offres.

EUROPE

L’Europe en crise . L’Union Européenne est frappée par la plus grave crise depuis sa création et on ne voit pas la fin du tunnel. Au lieu de réguler les marchés financiers, les hommes politiques européens se font chasser par ces derniers.

André Hoffmann Ancien député de déi Lénk

Ils font subir aux citoyens européens une politique d’austérité telle, que ce sont surtout ceux qui vivent de leur travail et de leur salaire, et non pas ceux qui vivent des rentes de leur patrimoine, qui en sont frappés

de plein fouet: Réduction des salaires et des retraites, moins de protection contre les licenciements abusifs, coupes dans la fonction publique, privatisations. Cette politique d’austérité nous mène tout droit dans 11

une récession, dont les conséquences frapperont à nouveau et encore plus durement les salariés. Le chômage a atteint des records, mais au même temps la protection des chômeurs est sans cesse démantelée.


La rigueur budgétaire actuelle, qui vise uniquement la réduction des coûts, rend toute intervention publique de soutien à l’économie et au développement social pratiquement impossible. Etant donné que par ailleurs, l’imposition des hauts revenus, des rentes des capitaux et des patrimoines est implicitement tabou, on va couper ultérieurement et inéluctablement le budget social. Par la même occasion, les moyens visant la protection de l’environnement et la transformation urgente et nécessaire de l’économie actuelle vers un modèle écologiquement soutenable seront également anéantis. Les riches profitent de la crise et le secteur financier continue

les “élites“ politiques et économique concoctent, toujours à huis clos, de nouveaux plans qui n’ont qu’à être validés par les parlements nationaux.

d’empocher des profits faramineux. La redistribution du bas ver le haut continue, l’inégalité sociale augmente. On ne peut plus parler d’un modèle social européen, au contraire, la gestion actuelle de la crise au niveau européen démantèle même la protection sociale propre des Etats Membres. De façon plus drastique dans les Etats du sud de l’Europe, mais également au Luxembourg: manipulation de l’index, réduction des retraites, privatisations.

Avec les nouveaux traités, comme le sauvetage de l’Euro ou le pacte budgétaire, on musèle encore une fois les parlements nationaux – sans par ailleurs palier, au niveau européen, à ce manque de souveraineté par des mesures compensatoires qui soient. Les partis nationalistes et les courants xénophobes tentent de profiter de la négligence avec laquelle on traite les besoins et les soucis de la population, ce qui constitue une grave menace pour la démocratie.

Comme d’habitude, la régression sociale va de pair avec le recul de la démocratie. Au lieu d’impliquer les hommes et les femmes dans la politique européenne,

Nous ne pouvons pas sortir ainsi de la crise. La politique d’austérité nous mène vers une récession économique, donc à une contraction du bilan de l’Etat et donc à des coupes dans les dépenses sociales – qui ne peuvent être appliqués qu’en bafouant les principes démocratiques. Ainsi on alimente une spirale vers le bas dont personne ne connaît la fin. Pour y mettre un terme, nous avons besoin d’une autre politique. Renforcement de l’état social, régulation des marchés financiers, répartition d’en haut ver le bas – et un renouveau démocratique de l’Union Européenne.

Murray Smith

Les répercussions désastreuses de la crise sur l’Europe du Sud. La crise de la zone euro touche tous les pays qui en sont membres. Mais ceux-ci sont frappés très inégalement. Depuis trois ans on parle de la « périphérie» : la Grèce, l’Irlande et le Portugal qui se sont déjà vu imposés des « plans de sauvetage » par la Troïka BCE-CEFMI, et la menace plane sur l’Espagne et l’Italie. Et il s’agit bien d’une menace, parce que ces plans de sauvetage ne sauvent que les banques européennes et nord-américaines qui détiennent la dette de ces pays. Les populations ne voient jamais « l’aide »qui leur est accordée, au contraire. Ils sont frappées de plein fouet par les mémorandums qui sont la contrepartie de cette aide et qui ne sont qu’un train de mesures d’austérité censées réduire les déficits et de reformes structurelles censées améliorer la compétitivité. Le tout représente une attaque concertée visant à réduire a néant l’Etat social, baisser les salaires et démolir toutes les formes de

protection du travail, avec l’objectif de réduire au maximum le coût de travail. Les conséquences les plus dramatiques sont ressenties en Grèce mais frappent aussi les autres pays. La réduction des déficits passe essentiellement par une réduction des dépenses publiques – sur l’éducation, la sante, les retraites, notamment. Mais aussi sur les salaires du secteur public, par des réductions de salaires et une baisse des effectifs. C’est une première cause de la montée du chômage, qui en Espagne et en Grèce avoisine 25% et plus de 50% pour les jeunes. Et si ces licenciements dans le secteur public sont politiquement dictés, ceux dans le secteur privé sont le produit de la baisse de la demande intérieure et de la récession qui s’étend dans la zone euro.

tiques d’austérité conduisent à la récession et à une baisse des revenus de l’Etat, annulant ainsi les effets des réductions des dépenses. En revanche la baisse recherchée du coût de travail est en train d’être réussie, au prix d’une baisse drastique des salaires et d’une dégradation des conditions de travail et de vie. En Grèce, par exemple, le salaire minimum est de 586 euros. Cela ne suffit pourtant pas à produire la relance économique tant recherchée. Il ne suffit pas à produire à bas prix, il faut ensuite vendre, ce qui est loin d’être évident dans une conjoncture européenne et internationale morose.

L’objectif affiché de réduction de déficits ressemble a un mirage : plus on s’y approche, plus il s’éloigne. Car les poli12

Grève générale au sud de l’Europe. Le 14 novembre 2012, des grèves générales ont eu lieu en Espagne, au Portugal, en Grèce, à Chypre et à Malte. Dans d’autres pays, des piquets de grève, des manifestations ou des grèves sectorielles ont été organisées. Pour manifester son soutien aux travailleurs en lutte contre les politiques d’austérité européennes, déi Lénk a organisé une action de solidarité devant l’ambassade portugaise.


Interview

Fabienne Lentz sur la crise économique en Europe. Fabienne Lentz

Co-porte-parole de déi Lénk

Dans l’immédiat et à court terme, il faut que le Luxembourg se donne les moyens de gérer la situation. Pour l’instant, tout est fait pour renvoyer les gens le plus vite possible dans leur pays d’origine. Or cela n’est pas une solution puisque la situation du marché du travail y est pire. La seule solution, à long terme, est un changement de politique radical au niveau européen. Car il s’agit bien d’un problème d’ampleur européenne et la solution ne peut être nationale. Il faut mettre fin aux politiques d’austérité de la Troïka dont nous voyons les conséquences entre autre dans cette reprise de l’émigration des pays du Sud. Il faut une politique de l’emploi et une politique industrielle au niveau européen qui permette de stabiliser toute la zone. Cette stabilisation n’est possible que sous la condition d’une reprise en main des marchés financiers par les pouvoirs publics. Au lieu de laisser ArcelorMittal détruire un secteur de l’industrie européenne, les pouvoirs publics européens devraient reprendre l’entreprise à leur compte et par voie législa-

d’accueil, à passer du statut de pays d’émigration à des pays d’immigration. Depuis que le FMI, en concert avec la Commission et la Banque Centrale Européennes, s’occupe des finances de ces Etats, les populations ont été appauvries à un tel point que pour bon nombre de personnes, la libre migration n’est plus un choix, mais une obligation.

La crise financière a engendré les crises économique et sociale. Quels sont les autres effets de la crise ? Quelles sont les implications quant à ce phéLes conséquences sociales et économiques de la crise ont en- nomène pour le Luxemgendré une reprise des migra- bourg ? tions intra-européennes, pour l’essentiel du Sud vers le Nord. En 2011 et pour la première fois depuis plus de dix ans, les personnes quittant l’Espagne étaient plus nombreuses que les immigrant-e-s. Au Portugal, en décembre 2011, le premier ministre Pedro Passos Coelho suggérait aux jeunes diplômés d’émigrer. L’Italie voit elle aussi sa jeunesse prendre le large, tout comme la Grèce. La prospérité des pays de l’Union Européenne avait amené les pays à devenir des pays

Le Luxembourg voit arriver de plus en plus de jeunes célibataires ou en famille rechercher un emploi. Cela est problématique dans la mesure où le pays ne dispose pas d’assez de structures d’accueil et que les conditions sociales des nouveaux arrivants sont des plus précaires.

Que peut-on faire pour remédier à cette situation ?

tive pénaliser les licenciements abusifs et les délocalisations. ArcelorMittal n’est qu’un exemple. Avec leur privatisation, les services publics sont en train de connaître le même sort.

Le Pacte budgétaire européen. Le traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance introduit la «règle d’or» dont la finalité est d’atteindre l’équilibre budgétaire dans tous les pays de l’Union Européenne. L’équilibre budgétaire consiste, selon la Commission européenne, à réduire le déficit structurel à 0,5% du PIB. Un mécanisme de correction automatique doit être mis en place pour revoir, au cas où la limite ne serait pas respectée, la politique budgétaire, sans consultation parlementaire. C’est la fin de toute politique budgétaire démocratique.

Frank Jost

Refonder l’Europe. L’Union Européenne actuelle n’est pas démocratique. Il faut d’abord donner le pouvoir réel au Parlement Européen. Il doit pouvoir dominer le jeu politique européen. . Il est indispensable de lui conférer le pouvoir de faire et de défaire la Commission, de proposer des lois, de sanctionner l’activisme souvent excessif de la Cour de Justice

et d’exercer un pouvoir de contrôle sur la Banque Centrale Européenne.

un pacte de la croissance soutenable, de la sécurité sociale et de la protection de l’environnement.

Il faudra remplacer le traité de stabilité et le pacte fiscal par

L’Union Européenne actuelle 13

n’est pas sociale. Les quatre «libertés communautaires» - libre circulation des marchandises, des services, du capital et des personnes sont systématiquement utili-


sées par la Commission et la Cour de Justice Européenne pour démolir coup après coup les législations sociales, les conventions collectives et les libertés syndicales en vigueur dans les Etats membres. Les travailleurs migrants doivent jouir des mêmes droits que les travailleurs locaux. Il faut en outre un salaire social européen correspondant à 65% du salaire médian dans chaque pays. A terme, la semaine des 35 heures, sans diminution de salaire et avec embauche proportionnelle et obligatoire doit être appliquée pour diminuer le chômage galopant. L’Union européenne actuelle n’est pas égalitaire. Avec le FMI, elle étrangle l’économie des pays du sud, appauvrit ses populations et rajoute à ces souffrances l’humiliation de peuples entiers et une renais-

sance des nationalismes. Il faut arrêter vite la voie austéritaire qui commence déjà à avoir ses retombées sur les pays exportateurs du nord. L’Europe actuelle n’est ouverte que pour les capitaux et les marchés devenus fous et incontrôlés tandis que pour les immigrés pauvres du sud elle est fermée par la police des frontières. Frontex doit être démise de ses fonctions.

teindre 30% de réduction des émissions de CO2 à l’horizon de 2020 n’est qu’un début. Refonder l’Europe signifie intervenir dans l’économie et rétablir la prééminence du politique sur le marché.

Vous êtes intéressé-e à participer à notre section déi Lénk Nord ? www.facebook.com/ lenknorden info.norden@lenk.lu

L’Europe actuelle n’est pas écologique. Les normes environnementales et de développement durable doivent être renforcées de manière conséquente au niveau européen afin de protéger nos ressources naturelles et sauvegarder la biodiversité. La production d’énergies alternatives renouvelables doit être poussée d’une façon volontariste et l’objectif d’at-

Gitt Member ! Devenez membre ! Dir sympathiséiert mat déi Lénk? Member ginn ass nach besser: Matdenken, matschaffen, mathandelen – zesumme kënne mer méi bewegen a veränneren. Vous sympathisez avec déi Lénk? Devenir membre est encore mieux: réfléchir, travailler et agir ensemble – ainsi nous pourrons bouger et changer plus de choses. Numm a Virnumm

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DL Norden Zeitung FR 12/2012