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SEKTIOUN ESCH • WWW.LENK.LU

Quel avenir pour Esch ?

Marc Baum

Conseiller communal, acteur et metteur en scène.

Pendant les dernières années, beaucoup de choses ont changé à Esch, souvent pour le meilleur, mais quelquefois aussi pour le pire. L’université s’installera définitivement à Esch en 2014, le nouveau quartier Belval se développe et beaucoup d’emplois y seront créés. Mais cet essor économique passe à côté de beaucoup de gens. Bien au contraire, le fossé

La campagne électorale est en cours à Esch. Partout on lit et on entend le mot «avenir». Pourtant, l’avenir arrive tout seul, car personne ne peut arrêter le temps. La question décisive est si la politique emmène tout le monde vers l’avenir ou si elle abandonne de plus en plus de gens en chemin. responsabilité de l’appauvrissement croissant est à imputer au collège échevinal d’Esch avec sa politique des dernières 6 années:

social ne cesse de se creuser. Les riches s’enrichissent encore et les pauvres s’appauvrissent. Beaucoup de gens ne peuvent plus se payer les loyers excessifs ou doivent se cribler de dettes pour avoir leur propre logement. Depuis la fin de la 2e guerre mondiale, le chômage n’était jamais si élevé qu’aujourd’hui, surtout à Esch.

Une politique financière antisociale: On a réduit les impôts des banques et entreprises – et on a radicalement augmenté les taxes des ménages pour l’eau et les ordures. ... (Suite page 5)

Malheureusement, une part de

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Richesse et pauvreté au Luxembourg.

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Les enfants d’Esch méritent mieux. Dans le centre-ville d’Esch, on peut voir partout les panneaux «Cap sur le Futur». Ainsi, le collège échevinal fait la publicité pour l’université qui déménagera à Esch-Belval en 2014. Esch se montre ouverte à l’avenir, à l’accueil de jeunes gens du Luxembourg et de l’étranger, et c’est bonne chose. Mais qu’en est-il de la majorité des jeunes Eschois? Une grande

partie des enfants issus de milieux défavorisés n’a jusqu’ici peu de chances d’étudier un jour: Comparé à d’autres communes, il y a à Esch un pourcentage plus élevé d’enfants qui n’accomplissent pas l’école fondamentale. Il y en a donc beaucoup plus qui vont au régime préparatoire (modulaire) de l’enseignement technique.

d’appui pour la réussite scolaire, avec un concept structuré. Certains parents amènent leurs enfants présentant des difficultés en lecture et en orthographe à Dudelange, où des cours spéciaux sont offerts. Avec l’organisation scolaire 2010/2011, les responsables de la commune ont même enlevé du personnel ... (Suite page 3)

Esch a besoin de programmes 1

Rebelles de l’Energie : Le tournant énergétique à Esch.

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Nos candidates et candidats pour Esch.


Le problème éternel des locaux scolaires. A Esch, il y a un manque urgent de locaux scolaires. Il est vrai qu’il y a deux nouveaux bâtiments avec l’école Jean-Jaurès inaugurée il y a quatre ans et l’école Nonnewisen qui ouvre ses portes cet automne. Mais avec la croissance de la population, le nombre d’enfants à scolariser a également augmenté. Les écoles Brill, Bruch, Dellhéi et Groussgaass sont toujours totalement surchargées. Certaines classes sont coincées dans d’anciens vestiaires réaménagés en salles de classe. Les cours d’appui et d’autres activités se tiennent souvent au corridor ou dans de sombres locaux au sous-sol.

«Annexe Groussgaass» Ce bâtiment scolaire est dans état si mauvais qu’il devrait au fond tout de suite être fermé. Les salles de classe sont beaucoup trop petites et sous le toit, on se croirait plutôt sur la tour penchée de Pise que dans une salle de classe.

nouvelles salles, et aucun poste n’était donc prévu au budget… Il n’y a vraiment aucune trace d’un concept durable.

Et souvent, les anciens bâtiments scolaires sont dans un piteux état. Depuis des décennies, il n’y a eu que des rafistolages et des coups de pinceau ici et là, au lieu de rénover les bâtiments de fond en comble, de les équiper de meubles actuels et d’assez d’ordinateurs.

Depuis plus de dix ans, déi Lénk exige que la commune construise une vraie école de quartier dans la «Hiel», une école autonome avec tous les 4 cycles. Il y a assez d’écoliers dans le quartier et on pourrait ainsi décharger considérablement et durablement l’école du Brill. De même, l’école au quartier Neudorf devrait être

Dans une telle situation, il est important de développer un concept cohérent: quels bâtiments seront rénovés quand – et où et quand seront créés de nouveaux locaux scolaires. Mais c’est justement ce qu’on ne fait pas; et la manière d’agir de la commune est un bâclage total.

«Ale Lycée» Dans cette école aussi, certaines classes sont logées dans des conteneurs. Depuis des années on promet aux parents de changer cela, mais il ne s’est pas passé grand-chose...

Dans le quartier Hiel par exemple, la commune a précipitamment mis en place des conteneurs loués pour y abriter provisoirement quelques classes. Même lors de la présentation du budget pour 2011, personne n’était encore au courant de ces

agrandie pour devenir une vraie école de quartier.

Ecole de Lallange Il y a trois ans, l’échevin responsable des écoles Jean Tonnar n’était pas trop communicatif quand des parents se sont plaints de nausées continuelles de leurs enfants et ont exigé des analyses de l’air dan s les salles de classe. Au lieu de chercher des solution s ensemble avec les parents, M. Tonnar a nié qu’il y avait un problème. Mais les parents ont persisté et des analyses ont été faites. Les résultats donnaient raison aux parents: certaines valeurs étaient fortement surélevées et la commune a dû se raviser.

Crèches privées: de l’argent vite gagné. Les crèches et foyers de jour pour enfants semblent être devenus un réelle mine d’or au Luxembourg. Chaque investisseur privé peut ouvrir une crèche au Luxembourg. Il suffit d’obtenir un agrément du Ministère de la Famille en respectant certaines conditions: mesures de sécurité, qualification mini-

male du personnel, nettoyage des locaux, etc.

toyage, du personnel mal qualifié qui est en général payé au minimum, etc.

Pourtant, les acteurs du terrain rapportent une réalité autrement plus inquiétante: des listes de présence truquées pour frauder le système des chèques-service, des contrats fictifs avec des firmes de net-

Beaucoup de ces structures agissent librement dans le seul souci d’une rentabilité maximale, et ce aux dépens des enfants et sur le dos du personnel.

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Afin d’éviter de telles dérives, déi Lénk s’engage pour étendre résolument le réseau de crèches et foyers de jour publics. C’est la seule façon de garantir que les crèches et foyers de jour travaillent la main dans la main avec les écoles.


Les enfants d’Esch méritent mieux. (Suite de la page 1) ... enseignant à l’école Brill, et pourtant au total, le nombre de postes a augmenté dans la ville. Les ressources financières sont en général très inégalement réparties ; au fond toutes les écoles eschoises ont besoin des ressources en personnel et en matériel dont dispose l’école à plein temps Jean-Jaurès. La liste d’attente pour cette école à plein temps est longue. Pour compenser les différences sociales de leurs familles, les enfants ont besoin d’une offre

Le collège échevinal fait la pub pour l’université qui bientôt déménagera à Esch. Mais il ne fait pas assez d’efforts pour permettre à un maximum d’enfants eschois de pouvoir un jour étudier ici.

d’encadrement continue, et ceci dans toutes les écoles.

répéter et à apprendre à la maison. Dans l’école à plein temps avec du personnel qualifié, les enfants disposent non seulement d’une offre de loisirs, mais

Ce qui les dépasse, c’est justement ce qu’ils ont à écrire, à

Interview avec Viviane Goffinet

Pour une politique scolaire sociale ! Viviane Goffinet

48, institutrice à l’école du Brill, auteure d’un livre sur le mouvement féministe, membre de la commission culturelle

Mais est-ce que davantage de personnel pour certaines écolse ne va pas aux dépens des autres écoles?

Comme seul parti au conseil communal, déi Lénk a voté contre l’organisation scolaire des deux dernières années. Pourquoi?

Au contraire, actuellement d’autres écoles profitent de personnel supplémentaire qui revient au fond aux enfants socialement plus faibles. Il faut savoir que l’Etat attribue chaque année un à deux enseignants supplémentaires à Esch parce qu’il y a tant d’enfants défavorisés dans notre ville – des enfants de familles étrangères ou en difficultés financières.

Nous ne sommes pas d’accord avec la répartition injuste du personnel enseignant parmi les différentes écoles. Les écoles où les enfants ont des conditions de départ plus difficiles ne reçoivent pas davantage de personnel enseignant pour travailler avec ces enfants. Et pourtant, la nouvelle loi scolaire de 2009 prévoit du personnel supplémentaire, «pour

calcul tous les postes ont été divisés par le nombre total d’écoliers à Esch. Ainsi, on a même retiré du personnel aux écoles «Brill» et «Ale Lycée», où des programmes d’appui spécifiques ont dû être arrêtés. Ceci est un énorme pas en arrière du point de vue pédagogique, et une catastrophe du point de vue social. La Ville d’Esch, jadis progressiste, réussit à vider de son sens un des points les plus sociaux de la loi scolaire!

répondre à des besoins en relation avec la composition socioéconomique et socioculturelle de la population scolaire».

La responsabilité n’est donc pas à imputer au ministère de l’éducation? Non, le ministère attribue le personnel enseignant aux communes, mais l’organisation scolaire est de la compétence de la commune. L’inspecteur peut faire ses propositions, mais c’est le conseil communal qui décide.

Cependant la commune n’a pas employé ce personnel supplémentaire là où il fait le plus défaut, mais par un mauvais 3

aussi d’un soutien scolaire et apprennent progressivement à travailler de façon autonome.

Un zéro… ... pour l’échevin à l’éducation. Il est le principal responsable de la diminution de personnel enseignant dans les écoles du Brill et du «Ale Lycée», où il y a le plus grand nombre d’enfants défavorisés. Nous nous étonnons aussi de ses polémiques contre la nouvelle loi scolaire, contre l’école à plein temps et contre le Ministère de l’Éducation. Pourtant, la responsabilité de la réforme relève de son parti! Les enseignants qui proposent des initiatives pour appuyer les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage sont systématiquement ignorés. Monsieur l’échevin à l’éducation, les temps ont changé! Autrefois, on pouvait balayer les ateliers de l’Arbed sans qualification scolaire. Mais si aujourd’hui nous n’investissons pas davantage dans la réussite scolaire, nous aurons plus de chômeurs demain.


Richesse et pauvreté au Luxembourg. Chez nous comme dans le monde entier, la richesse des riches s’accroit tout comme la pauvreté des pauvres. Les inégalités sociales s’agrandissent. André Hoffmann Députe de déi Lénk.

La part des salaires dans la richesse collective diminue, celle des bénéfices augmente. Une part croissante de ces bénéfices ne sert plus à des investissements productifs – donc de nouveaux emplois – mais à une accumulation éhontée de la richesse privée. Ou bien cette part coule dans l’affairisme financier, jusqu’à ce que la bulle spéculative n’éclate. Les coûts de la crise sont alors à payer par les travailleurs – ceux dont l’exploitation a déjà créé la richesse.

Au Luxembourg, la pauvreté frappe entretemps 15% de ménages, tendance à la hausse. 22% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. L’inégalité des revenus s’accroît, celle des fortunes encore plus. Tout ceci ressort des chiffres officiels du service statistique. Dans toutes les études internationales sur la pauvreté et la justice sociale, le pays le plus riche d’Europe est particulièrement mal placé – surtout en ce qui concerne la pauvreté des enfants.

manuels vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette tendance est renforcée par l’évolution du «marché du travail»: de plus en plus de travail partiel, de contrats à durée déterminée, du travail intérimaire, donc de plus en plus de travail précaire et mal payé.

A Esch, la situation a encore empiré depuis le début de la crise: Le chômage est à 13% et 9% des Eschois doivent vivre du RMG. Même un emploi ne protège pas forcément contre la pauvreté. 20% des travailleurs

En plus, la politique de logement du gouvernement appauvrit les gens: les loyers et les remboursements d’emprunt dévorent une grande part des salaires. Voilà pourquoi déi Lénk veut en finir avec la spéculation foncière

et construire des logements sociaux – pour que les enfants puissent grandir dans des conditions dignes. Pour une lutte systématique contre la pauvreté, nous demandons aussi de nouveaux instruments, notamment un suivi continuel de la pauvreté, de la richesse et des inégalités sociales («Observatoire des inégalités»). Mais une stratégie contre la pauvreté et l’inégalité a surtout besoin de la pression d’en bas, pour changer les rapports de force sociaux et poli-

Un prix de l’eau correct. L’accès à l’eau est un droit humain. Mais pendant les dernières années, le prix de l’eau a plus que triplé à Esch. C’est pourquoi déi Lénk veut échelonner le prix de l’eau: Chaque personne aura droit à 50 litres d’eau gratuits par jour. Un deuxième échelon entre 50 et 150 litres sera payé au

prix actuel. Tout ce qui sera consommé en plus de 150 litres coûtera le double. De cette façon, le gaspillage deviendra plus cher, la consommation économe sera récompensée et surtout le droit à l’eau sera garanti pour chaque personne.

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tiques contre le dogme de la concurrence économique et du profit maximal.

Droit au logement De moins en moins de gens peuvent se payer un logement décent au Luxembourg. Depuis des décennies, on ne construit pas assez, et beaucoup de locaux sont inhabités pour des raisons spéculatives. Déi Lénk s’engagent pour que les communes prennent aussi leur responsabilité en construisant des habitations. À moyen terme, 10 pourcents de touts les logements d’une commune devront être des logements sociaux. Les communes doivent enfin introduire une taxe spéciale sur les logements qui restent inhabités pendant des années à cause de la spéculation.


Interview avec Linda Ortolani

Saisir les problèmes à la racine. Linda Ortolani

32, travaille chez SOSFaim, membre du conseil d’administration de l’Office social, membre de la commission scolaire, mère

Depuis décembre 2010, tu fais partie du Conseil d’Administration de l’Office Social de la Ville d’Esch: qu’est-ce qui motive ton engagement? D’une part c’est ma propre expérience, d’autre part c’est ma conviction. En tant qu’élève j’ai fait un stage de vacances à l’Office social d’Esch. Ce regard derrière les coulisses m’a ouvert les yeux. Quand j’étais enceinte comme étudiante, je suis tombée moi-même dans une situa-

tion précaire. J’ai alors compris que tout le monde peut être confronté à des situations d’urgence. Grâce au soutien de mes parents, j’ai pu me rétablir rapidement. Cette expérience personnelle renforce aujourd’hui mon engagement. Mais c’est aussi mon sens prononcé de la justice qui me motive. Je ne peux et je ne veux pas accepter que les riches s’enrichissent aux frais des pauvres. Cette situation est d’autant plus honteuse pour la ville d’Esch qui autrefois a fait la richesse du pays.

Esch, la pauvreté a plusieurs visages et il m’est difficile de comprendre que des familles vivent sous le seuil de pauvreté malgré des revenus réguliers. Les enfants, les parents célibataires ou les personnes âgées nécessitant des soins sont particulièrement vulnérables. De nombreuses familles ne peuvent plus satisfaire leurs besoins les plus élémentaires (logement décent, eau, nourriture et électricité) et sont obligées de faire des demandes à l’Office social pour pouvoir couvrir ces coûts.

Quelles sont tes expériences jusqu’à présent et quelle est la situation sociale à Esch?

Quelles mesures devraient être prises pour offrir de nouvelles perspectives aux personnes concernées?

Lors de nos réunions, la précarité sociale est liée à des destins individuels. Nous ne discutons pas des «cas», nous parlons de gens et de leur détresse. A

té nécessite une approche participative, qui permet aux personnes touchées de s’exprimer sur leurs besoins et de contribuer à un plan de réduction de pauvreté. Pour la ville d’Esch je vois en particulier des mesures à prendre au niveau des taxes et des opportunités d’emploi pour les parents célibataires et les jeunes. Les conditions générales doivent être créées afin d’offrir des revenus décents et des emplois sûrs. Mais c’est aussi la politique du logement qui doit être améliorée. Je pense à une augmentation de logements municipaux bien entretenus et des logements alternatifs, tels l’habitat collectif.

Il faudra saisir les problèmes à la racine et non seulement lutter contre les symptômes: une réduction durable de la pauvre-

Quel avenir pour Esch ? (Suite de la page 1) ... Une politique scolaire antisociale: Les écoles avec beaucoup d’enfants socialement défavorisés n’ont pas reçu le personnel supplémentaire auquel elles ont droit. Une politique de logement antisociale: Aucun logement social n’a été construit, de sorte que la proportion des logements sociaux comparée au total des logements de la ville a baissé. Déi Lénk veut une ville d’Esch ouverte, dynamique et moderne.

Le changement d‘Esch de la métropole du fer en ville universitaire doit se faire de façon sociale, pour que personne ne soit laissé pour compte.

Mais cela sera possible seulement si la ville viendra à bout de l’inégalité sociale. Le social d’abord! 5


Rebelles de l’énergie. Par «tournant énergétique», on désigne l’abandon des énergies fossiles et nucléaires en faveur des énergies renouvelables et les économies en énergie. Ce tournant peut se faire de manière sociale – surtout au niveau communal! La commune allemande de Schönau a montré le chemin en 1998 déjà. Lorsque la concession de l’opérateur privé touchait à sa fin, une initiative citoyenne a décidé de reprendre le réseau électrique de sa ville car l’opérateur avait refusé d’intégrer la production d’électricité décentralisée, provenant p. ex. de panneaux solaires sur les toits des maisons. Depuis, la nouvelle «centrale énergétique Schönau» produit de l’électricité provenant exclusivement de sources renouvelables. Et le profit coule directement dans de nouvelles «centrales énergétiques rebelles» sous contrôle citoyen.

Une telle production décentralisée d’électricité n’est pas dans l’intérêt des grands groupes comme Creos, Enovos, RWE ou EdF. Pour eux, le nucléaire, le charbon et le gaz génèrent des marges de profit énormes, et une participation minime aux coûts sociaux et écologiques.

eux, cette sécurité veut d’abord dire «maximalisation des profits». La question de l’impact écologique de ces projets gigantesques est éclipsée.

Ces multinationales freinent le tournant énergétique vers 100% d’énergie renouvelable: selon eux, seuls des grands réseaux transeuropéens, reliant les centrales hydroélectriques et les parcs éoliens du Nord avec les méga-parcs solaires du Sud, pourraient garantir la sécurité énergétique. Mais pour

Pour déi Lénk, les réseaux énergétiques doivent être en main publiques pour créer les conditions du tournant énergétique selon des critères sociaux et écologiques. Il nous faut un plan énergétique communal qui examinera le plein potentiel du solaire et de la biomasse sur le territoire de la ville. Ainsi, avec la participation des citoyens, les réseaux d’électricité et de gaz pourraient être adaptés à la production décentralisée.

Le tournant énergétique aussi à Esch? Oui s.v.p ! Südstroum appartient à 100% à la commune d’Esch. Ici ce ne sont pas les multinationales de l’énergie qui commandent, mais le conseil communal élu démocratiquement. Voilà pourquoi déi Lénk propose de déclarer Esch capitale du tournant énergétique, avec un programme ambitieux.

Pour réduire les besoins énergétiques et combattre durablement la pauvreté énergétique, les travaux de rénovation des immeubles d’habitation devront être soutenus davantage et orientés selon des critères sociaux. Pour les ménages qui reçoivent une «allocation pour le maintien du niveau de vie», il serait bien plus utile de réduire durablement leurs besoins en énergie par une rénovation des bâtiments. Et dans une ville où une majorité des habitants sont locataires qui n’ont que très peu d’influence sur les décisions de rénovation, il faut des

Même sous nos latitudes, une ville peut couvrir le besoin total de ses ménages en électricité par la photovoltaïque. C’est ce qui résulte d’études et de calculs faits en Allemagne, e.a. pour la ville d’Osnabrück. Pour réaliser cela, la commune doit établir un cadastre de tous les toits de la ville. Les facteurs déterminants sont la superficie, l’orientation vers le sud/sud-est/sud-ouest, l’angle d’inclinaison, l’insolation. Ensuite un règlement communal stipulera: Pour tous les emplacements appropriés selon le cadastre, les toits photovoltaïques sont obligatoires pour obtenir un permis pour une nouvelle construction ou une rénovation d’un toit. La commune accordera des subventions échelonnées socialement. Les bénéfices de Südstoum (il y en a bel et bien !) devront être investis dans la production d’énergies alternatives à Esch. Ainsi, la photovoltaïque sur les toits publics et des éoliennes au Galgenberg pourraient faire partie du tournant énergétique à Esch.

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obligations plus strictes pour que les propriétaires assument leurs responsabilités en matière d’efficience énergétique.

La main dans le sac… Trois mois avant les élections, le collège échevinal voulait à tout prix rappeler aux électeurs qu’à Esch, les ordures sont enlevées et les rues sont nettoyées par les services communaux. Il a fait distribuer un journa l en quadrichromie – bien sûr avec les photos de la bourgmestre et de l’échevin compétent. Ainsi des politiciens se font payer leur campagne électorale par la caisse communale.

Les jumeaux

Le CSV et le LSAP se ressemblent comme deux gouttes d’eau. L’info-journal du LSAP eschois s’appelle «Pluspunkt», celui du CSV «Op de Punkt». On peut y lire des choses semblables à s’y méprendre: «Esch a de l’avenir: CSV !» et «Esch est l’avenir avec le LSAP». Plus banal que ça, tu meurs.


Interview avec Frank Jost

Oser plus de démocratie !

Frank Jost

60, auteur d’articles politiques et économiques ainsi que d’une histoire d’Esch. Comme ancien chef de service de l’office des citoyens (Biergeramt), il a largement collaboré à la conception et à la mise en oeuvre de ce service public.

Pourquoi déi Lénk veut introduire un Budget participatif? Chaque année, le vote du budget constitue la décision la plus importante du conseil communal. Le budget contient toutes les recettes et dépenses de la commune pour l’année à venir, avec tous les projets et orientations politiques importants. Le budget participatif veut dire que les citoyen/ne/s peuvent participer à l’élaboration du budget. Nous voulons que les idées et propositions des gens soient discutées publiquement et que des priorités soient prises pour faire partie

Une leçon non apprise Début 2007, en quelques jours plus de 4000 signatures ont été collectionnées contre le projet Heller. Une des principales critiques était qu’on ne peut pas décider un tel projet sans tenir compte de l’opinion des gens. Le conseil échevinal a dû céder à la pression de la population, mais il ne semble pas avoir appris la leçon: le nouveau (et meilleur) projet a aussi été décidé sans demander l’avis des gens.

En février 2007 des milliers d’Eschois s’engageaient contre le Projet Heller à la Place du Brill – avec succès: la coalition LSAP/ Verts a dû retirer ce croquis grotesque. André Heller encaissait quand même un salaire royal de 300.000 euros… Les protestations montraient que beaucoup d’Eschois ne sont pas contents quant à leurs droits de codécision. Déi Lénk s’engagent e.a. pour qu’un «budget participatif» soit introduit à Esch, pour qu’une personne médiatrice soit engagée et pour qu’une Charte des droits des citoyen/ne/s soit adoptée. Frank Jost nous a expliqué ces propositions. du budget de la Ville d’Esch. Les expériences à l’étranger ont montré que les gens sont prêts à s’engager si on les prend au sérieux. Pourquoi un médiateur ou une médiatrice devrait être engagée? Comme chef de service du «Biergeramt» (office des citoyen/ ne/s), je recevais beaucoup de réclamations des gens, qui étaient souvent bien fondées. Ce qui manque à Esch, c’est une centrale qui clarifie toutes ces réclamations et propose des solutions non bureaucratiques. La ville devrait donc instituer une personne médiatrice, qui doit bien sûr travailler indé-

Une histoire à succès

pendamment du conseil échevinal. Une fois par an, le conseil communal doit alors débattre publiquement du rapport et des recommandations de la personne médiatrice. Les gens qui ont besoin des services publics ont souvent les meilleures propositions pour améliorer ces services. La commune a donc intérêt de les écouter.

Le premier budget partici patif a vu le jour en 1989, à Por to Alegre (Brésil). Entretemps , le modèle est devenu une vraie histoire à succès. Pendan t les dernières années, des centain es de communes européennes ont adopté un budget participat if. Seul le Luxembourg est enc ore une tache blanche sur la car te. Déi Lénk veut changer cela.

Comment rendre la commune plus transparente pour les citoyen/ne/s?

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Ensemble avec les citoyen/ ne/s, nous voulons élaborer une Charte des droits des citoyen/ ne/s. Cette charte déterminera clairement à quels documents les citoyen/ne/s doivent avoir accès. En plus, les grand projets doivent être présentés et discutés longtemps à l’avance. Et dans les différents quartiers, la commune doit informer les gens à temps sur les travaux, les chantiers et les routes fermées.


Réduire les pensions ou bosser plus longtemps ?

On peut faire autrement !

Selon la volonté du gouvernement CSV-LSAP, on devrait travailler 3 années de plus ou accepter une réduction de la pension de 15%. Pourtant, l’augmentation du temps de travail de 3 ans augmentera le chômage des jeunes, car les emplois occupés plus longtemps par les travailleurs agés manqueront aux jeunes. Les prétendues économies faites au niveau des pensions serviront alors à payer les indemnités de chômage et l’aide sociale aux jeunes gens. Voilà pourquoi déi Lénk est d’avis qu’après 40 ans de travail, tous les assurés doivent avoir le droit de passer décemment le soir de leur vie.

cessé de travailler pour des raisons familiales, c.-à-d. en premier lieu les femmes. Beaucoup de salariés ne supportent pas une réduction de la pension et ne sont pas non plus en mesure de financer une assurance-pension complémentaire. Avec ce projet de réforme, le CSV et le LSAP mettent en cause le principe de la solidarité et ils favorisent la privatisation de notre système des pensions.

A qui nuit la vérité? Dans l’info-journal du LSAP d’Esch, le ministre Di Bartolomeo a affirmé – contrairement à la vérité – que les propositions du gouvernement «ne changent rien à l’âge légal de retraite» et «garantissent les droits existants des actifs et des retraités».

Le fonds de retraite investit dans les armes La «pension à la carte» bannies et le nucléaire! augmente le risque de Actuellement, 80 % des répauvreté serves du fonds de retraite Selon le ministre de la sécurité sociale di Bartolomeo, personne ne serait forcé de travailler 3 années de plus, et chacun serait libre d‘augmenter sa pension par une assurancepension complémentaire («pension à la carte»). Sa réforme des retraites se dirige surtout contre les personnes exerçant un travail stressant ou physiquement difficile, contre les demandeurs d’emploi âgés et contre les travailleurs qui ont

Le président de la fraction du CSV Lucien Thiel, récemment décédé, était plus honnête. Dans le journal de son parti, il a carrément admis que «les pensions sont réellement réduites» et que «l’âge d’entrée à la retraite est reculé de trois ans». Le CSV semble espérer que ce démantèlement social ne nuira qu’aux socialistes lors des élections.

(presque 9 milliards d’euros) sont investies dans des actions. déi Lénk ont révélé que notre fonds de retraite a même investi dans la production des bombes à sous-munition qui sont internationalement bannies. Plusieurs millions d’euros sont placées dans l’énergie nucléaire, dont Tepco (Fukushima) et EDF (Cattenom).

déi Lénk exige d’investir l’argent là où il sert des besoins sérieux et où il profite aux assurés, par exemple dans des prêts pour l’acquisition d’un logement, dans les énergies renouvelables

Investir de manière raisonnable et durable!

La solution: Supprimer le plafonnement des cotisations! Les salariés gagnant très bien ne paient des cotisations que jusqu’à un salaire mensue l de 8.878 euros. Cela corres pond à cinq fois le salaire minimu m légal. Toute somme gagnée au delà de ce montant est exe mpte de cotisations. Cela profite à environ 11.000 gros salaires au Luxembourg. La suppressio n de ce plafond résoudrait d’un seul coup beaucoup de problèm es, et les spéculations en bou rse avec l’argent de nos réserv es seraient encore plus superfl ues. En plus, la suppression du plafond renforcerait le principe de solidarité, car les fortes carrures peuvent porter plus que les épaules étroites.

ou dans des crédits aux petites et moyennes entreprises. Ainsi on maintient des emplois ou on en crée des nouveaux, nécessaires pour assurer l’équilibre des caisses de pension.

CSV et LSAP:

Contre les jeunes et les familles ! Les partis gouvernementaux affirment qu‘une réforme des retraites serait absolument nécessaire, une pure question arithmétique. Pourtant, toute personne qui sait calculer un peu comprendra tout de suite: Si les salariés âgés devront travailler plus longtemps, il y aura

moins d’emplois libres et le chômage des jeunes augmentera!

allongé de deux à trois ans, et les stagiaires ne touchent plus que 80% du salaire actuel.

Et les jeunes gens qui veulent créer une famille et acquérir un logement sont aussi les victimes de la réduction des salaires d’entrée dans les services publics. Le temps de stage est

En plus, les prix d’achat et les loyers des logements continuent de monter, et le gouvernement n’entreprend rien contre la spéculation immo8

bilière. Ainsi le CSV et le LSAP forcent les jeunes gens d’habiter encore plus longtemps à l‘«Hôtel Maman», comme le ministre Biltgen l’a formulé avec mépris. Ou bien encore davantage de jeunes familles se verront forcées d’émigrer dans nos pays voisins.


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Journal pour Esch - septembre 2011