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SE RÉINVENTER

3B Hockey et Vêtements SP

Des uniformes sportifs aux uniformes médicaux Par Jennifer Blanchette | Initiative de journalisme local | Le Courrier

Les opérations des usines textiles 3B Hockey, à Saint-Hyacinthe, et Vêtements SP, à Granby, sont loin d’être tombées sur la glace durant le confinement. À défaut de pouvoir poursuivre la confection des uniformes de la Ligue nationale de hockey (LNH), le dirigeant des manufactures, Steve Bérard, a mis ses machines à coudre au profit de la collectivité en produisant massivement des blouses médicales ainsi que des couvre-visages. À ce jour, M. Bérard estime avoir cousu près de 150 000 jaquettes de contagion destinées aux milieux hospitaliers du Québec ainsi que 60 000 couvre-visages non médicaux pour l’usage du personnel administratif. « Nous continuons à en produire, mais moins qu’au printemps. C’est un bien pour un mal puisqu’à partir de juin, les commandes pour les uniformes de la LNH ont commencé à revenir étant donné que les entreprises jugées non essentielles ont pu reprendre leurs opérations », explique le président de 3B Hockey et Vêtements SP. De 12 000 blouses par semaine, la production est tombée à seulement 1000 unités hebdomadaires depuis le début de l’été. Malgré cette baisse de la demande, les machines à coudre des 150 employés de l’usine maskoutaine continuent de s’activer avec frénésie. « Avec la pandémie, nous avions pris du retard sur nos commandes régulières. Mes besoins de produc-

tion sont à 100 % depuis l’été et c’est ce qui m’a permis de réembaucher tous mes employés », relate M. Bérard. Habiles à manier le fil et l’aiguille, les équipes de 3B Hockey et de Vêtements SP n’ont pas eu trop de difficulté à délaisser les uniformes sportifs pour se concentrer sur les uniformes médicaux. Elles tricotent elles-mêmes le polyester qui constitue les couvre-visages et taillent avec précision le polycoton hydrofuge des blouses. M. Bérard reconnaît toutefois que la rentabilité de cette nouvelle vocation est loin d’équivaloir à celle de ses opérations régulières. « Nous avons dû investir de façon importante dans la machinerie et les coûts d’acquisition de la matière première, auprès d’un fournisseur local, sont élevés. Par contre, c’est ce qui nous a permis de ne pas nous endetter durant la crise. »

Lundi noir

Oeuvrant dans le domaine du sport professionnel, les manufactures de Saint-Hyacinthe et Granby ont été touchées très tôt par les impacts du coronavirus. « Avant même le confinement », précise le dirigeant qui a vu ses demandes de production chuter ou être annulées dès la fin du mois de février. Alors que le gouvernement n’avait pas encore annoncé la fer-

meture des entreprises en mars, Steve Bérard et son associée, Manon Bourget, avaient déjà pris la décision de mettre la clé sous la porte temporairement. « Le lendemain de notre annonce aux employés, le premier ministre Legault décrétait la fermeture de toutes les entreprises », se remémore péniblement M. Bérard. Or, plutôt que de se laisser abattre, les copropriétaires avaient commencé à contacter diverses instances politiques et entrepreneuriales en parallèle afin d’offrir leur expertise dans le domaine du textile en ces temps de crise. Une réponse favorable leur est parvenue sans tarder. Sur les centaines d’employés, 60 d’entre eux ont d’abord été rappelés au boulot, la production des jaquettes nécessitant l’entrée en poste de moins de quarts de métier que celle des vêtements sportifs. « Nos opérations ont été en arrêt une seule semaine finale-

Le président des usines textiles 3B Hockey et Vêtements SP, Steve Bérard, n’a pas hésité à transformer ses manufactures d’uniformes sportifs en centres de production de matériel médical. Photo gracieuseté

16 • AFFAIRES | Le Courrier de Saint-Hyacinthe | Jeudi 8 octobre 2020

ment. Ça a été un gros challenge au niveau des ressources humaines durant les premières semaines, mais nos employés étaient tellement heureux de contribuer à aider la société. Nous avions tous un sentiment de fierté incroyable de participer à cela », partage M. Bérard. Son incursion dans l’univers du textile médical l’a d’ailleurs fait grandement réfléchir sur les difficultés d’approvisionnement des matières premières ainsi que sur la pénurie de matériel médical qui a frappé le Québec. Il profite de sa tribune pour lancer un message au premier ministre québécois en ce sens. « Durant la pandémie, le gouvernement a fait savoir qu’il comptait favoriser l’approvisionnement local en matière de textile. Or, il a recommencé à s’approvisionner du côté de l’Asie. Si au moins 50 % des textiles médicaux pouvaient désormais être achetés localement, ce serait génial », avance-t-il.

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Le Courrier d'affaires - Hors série  

Le Courrier de Saint-Hyacinthe - Édition du 8 octobre 2020

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