Page 1

N°66 - Sept. / Déc. 2013

www.lecrea.fr

Optimiste mais vigilant ! Nouvelle saison qui voit se concrétiser l’expansion de nos activités avec la création de deux projets intergénérationnels : l’un en maternelle dans les quartiers sud et l’autre en primaire dans les quartiers nord d’Aulnaysous-Bois. La particularité de ces deux événements réside dans la sensibilisation de tout un groupe scolaire en réunissant enfants, enseignants, personnel communal et parents d’élèves. Nous poursuivons ainsi notre volonté d’offrir une éducation artistique aux enfants à travers une démarche mêlant plaisir et exigence, en créant du lien social sur les quartiers et en associant dans la mesure du possible toutes les structures municipales. Devant un tel développement touchant toutes les populations de notre ville, devant la multiplication des formations inter-catégorielles sur toute la France, il est urgent de concrétiser la construction du premier Centre de création vocale et scénique. Notre rassemblement en chansons organisé en juin dernier sous les fenêtres d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication et l’entrevue avec les membres de son cabinet a permis d’ouvrir une négociation positive avec la création d’un groupe de travail qui se mettra en place dès la rentrée. Le ministère de la Culture n’est donc pas sorti de ce projet unique en France et porteur de toutes les orientations de l’actuel gouvernement. Reste à concrétiser les discours en actes,

mais j’ai eu le sentiment d’avoir une écoute bienveillante et positive de la part des conseillers. J’espère ne pas me tromper et être une nouvelle fois déçu ! Du côté des créations, vous allez découvrir une version inédite des « Enfants du Levant » un opéra d’Isabelle Aboulker et de Christian Eymery créé en 2001 et repris cette année dans une nouvelle mise en scène et une nouvelle scénographie. Émotion toujours intacte et récit adapté de faits réels des colonies agricoles sous Napoléon III, sujet tabou et oublié des livres d’Histoire. Les CREA’tures partent conquérir de nouveaux publics avec «  Somewhere  », hommage aux dieux de Broadway : Bernstein, Sondheim et Gershwin. Nous sommes déjà en réflexion pour la quatrième édition du festival «  Il était une voix 2014 ». Le théâtre Jacques Prévert est plus que jamais notre soutien logistique et je remercie sincèrement son directeur Christophe Ubelmann qui répond toujours positivement à notre expansion. Mais, les murs ont des limites que nous commençons à dépasser et l’implosion est imminente si rien ne se passe… Alors en cette rentrée 2013/2014, je reste volontairement optimiste et vous souhaite au nom de toute l’équipe, une belle ouverture de saison. Didier Grojsman Directeur du Créa

Sommaire Création vocale et scénique . . . . . . . . . . . . . . p. 2-5 Les Enfants du Levant L’histoire tragique des enfants forçats de l’île du Levant Questions à : Vincent Vittoz, metteur en scène

Actions éducatives et Culturelles . . . . . . . . . . . . p. 6 La sensibilisation des publics au cœur du projet artistique Centre national de ressources . . . . . . . . . . . . . p. 7 Les clés de la transmission Le Grepa, naissance d’un « bébé CRÉA » en Savoie

Prochains rendez-vous. . . p. 8 Les Enfants du Levant, opéra Somewhere, comédie musiale


Création vocale et scénique

Les Enfants du Levant L’histoire tragique et oubliée des enfants forçats de l’île du Levant

En octobre prochain le Chœur de Scène du CRÉA présentera au public l’histoire vraie et tragique des Enfants du Levant, un opéra d’Isabelle Aboulker et de Christian Eymery adapté du roman de Claude Gritti créé pour la première fois en 2001 et repris 12 ans plus tard dans une toute nouvelle production. 1850, création des colonies agricoles pénitentiaires pour enfants Inutile de chercher dans les manuels scolaires ce que l’histoire officielle préfère passer sous silence ou minimiser… Jusqu’en 1830, les mineurs mendiants, abandonnés ou qui commettent de petits vols sont envoyés dans les mêmes prisons que les adultes. Vers 1840, l’opinion publique, choquée par le traitement que subissent les enfants emprisonnés, devient sensible à l’idée qu’il vaut mieux éduquer que punir. Ainsi naissent en 1850, sous Napoléon III, les colonies agricoles pénitentiaires dont la mission consiste à rééduquer les enfants par le travail aux champs et l’apprentissage. Désormais, les enfants seront envoyés dans ces pénitenciers jusqu’à l’âge de 16, 18 ou 20 ans selon la gravité des faits qui leur sont reprochés. Devant l’avantage que représente cette main-d’œuvre facile à diriger, et considérant avec intérêt les 75 centimes alloués par l’État par jour et par enfant, de nombreux prétendants vont solliciter auprès du gouvernement la création d’une colonie sur leurs propres terres. Mille à trois mille condamnés par an y seront envoyés jusqu’en 1945, date à laquelle une ordonnance sur la protection judiciaire de la jeunesse est prise.

Bagnes, le mot n’est-il pas un peu fort ? Voici pour exemple leurs conditions de vie journalière : « Lever 6 heures, les enfants travaillent près de 13 heures par jour sauf le dimanche. Un morceau de pain comme petit déjeuner, ils sont ensuite affectés à des tâches agricoles ou artisanales effectuées dans le silence. Repas à 13 heures (du pain trempé dans un bouillon), le soir on leur propose de la soupe. Les punitions sont très diverses : régime au pain sec, piquet à genoux, cachot, coups nombreux, voire systématiques. Le taux de mortalité est très élevé, les maladies pulmonaires et la dysenterie déciment ces enfants privés de tout » (2). Le scandale des bagnes pour enfants éclata en 1934, au lendemain de l’évasion collective des enfants du bagne de Belle-Île, dans le Morbihan. Avant de manger sa soupe

dans un silence absolu, un enfant avait osé mordre dans un morceau de fromage. Il fut immédiatement roué de coups par les surveillants. Une émeute et une évasion collective s’ensuivirent. Les gens de l’île et les touristes, alléchés par une prime de 20 francs par tête d’enfant, aidèrent les autorités à les chercher. Les 56 enfants « mutins  » furent tous retrouvés. Ce fait divers fut suivi d’une campagne de presse très virulente, et inspira des intellectuels comme Jacques Prévert, qui écrivit son célèbre poème « La chasse à l’enfant » dans lequel il dénonça la battue organisée sur l’île. Le grand public ouvre alors les yeux. Mais ce n’est qu’en 1946 que les bagnes sont réformés. À partir de cette époque, le jeune détenu sera considéré comme un individu digne de ce nom, l’exploitation des enfants s’arrête. Les colonies pénitentiaires agricoles, avec leur fonctionnement archaïque, disparaîtront au profit des établissements d’État.

Présentées comme des modèles de prison spécialement adaptées à l’enfant, ces colonies agricoles se révélèrent en fait être de véritables « bagnes » car gérées par une administration peu contrôlée ou par des religieux qui mélangeaient doctrine divine avec disciplines trop strictes.

(2) Les enfants du bagne, M. Rouanet (Payot 2002)

2

Les Enfants du Levant - Création en 2001


Création vocale et scénique

Ateliers de pratique artistique - Stage de création d’août 2013

L’histoire du bagne de l’île du Levant Les îles d’Or, on les aperçoit au large de Toulon sortir la tête de l’eau : trois îles paradisiaques, Porquerolles, Port-Cros et l’île du Levant. Sur cette dernière, on est loin d’imaginer, qu’un bagne pour enfants a existé il y a moins de 150 ans...

ineptes, le travail forcé, la malnutrition, les punitions, les coups et la maladie faisant des ravages, quatre-vingt-dix-neuf enfants (soit 10 % des internés) dont quatre avaient moins de dix ans trouveront la mort. Aujourd’hui, sur l’île devenue base militaire, une stèle rappelle leur histoire.

En 1855, le comte Henri de Pourtalès rachète l’île du Levant et se voit autorisé à y créer une colonie pénitentiaire pour enfants. Persuadé que la vie au grand air et l’éloignement de la ville seraient des moyens de redressement efficaces, il pensait qu’il réussirait à sauver les pauvres enfants de la misère en leur offrant une éducation et un bon métier ; malheureusement la colonie de Sainte-Anne du Levant connut un tout autre destin...

Du livre de Claude Gritti à l’opéra du CRÉA Si l’histoire des Enfants du Levant est connue aujourd’hui, c’est bien grâce à la curiosité et à l’obstination de Claude Gritti. Enfant du Lavandou, il en a sillonné les terres, puis les mers. Les îles d’Or, il les connaît depuis son enfance. Pourtant, un jour de pêche, il découvre qu’il ne sait pas encore tout : sur l’île du Levant, au XIXè siècle, a existé un pénitencier pour enfants. Claude Gritti va devenir l’historien de ce passé trouble. Quatorze années durant, il interrogera les mémoires vives du pays toulonnais et découvrira des archives inexploitées jusqu’alors. À la fin de ce long travail, il pourra enfin rendre une mémoire à tous les enfants emprisonnés dans l’île, en écrivant un livre bouleversant « Les Enfants de l’île du Levant  » (éditions JC Lattès) dont est tiré l’opéra présenté ici ; mais encore, en faisant ériger, dans le vieux cimetière du Levant, la stèle qui porte les noms des enfants morts dans le pénitencier.

En février 1861, une soixantaine de mineurs âgés de cinq à vingt-et-un ans sortent de la prison de la Roquette à Paris, une maison de correction d’État, et prennent la direction à pied de la plus sauvage et la plus belle des îles d’Or. Ils seront les premiers pensionnaires de la colonie agricole. Dans ce premier convoi, il y a Jean Devillaz, un solide Savoyard recueilli à la mort accidentelle de ses parents par un oncle commissaire de police dont il fuit les sévices ; Théo Gruner, matelot depuis l’âge de 8 ans, arrêté lors d’une bagarre sur le port de Marseille ; Roncelin, apprenti forgeron ; Beaumais, jeune aventurier venu de Belgique… Ensemble, ils vont constituer la bande des « Vulnérables » qui défendra les plus jeunes et les plus fragiles. Ensemble, ils vont survivre aux brimades, privations, mutineries et évasions qui se succéderont jusqu’à leur libération. Mais, ils seront suivis par beaucoup d’autres dans cette colonie transformée en véritable bagne... La fermeture définitive de la colonie de Sainte-Anne du Levant interviendra le 23 novembre 1878. Les conditions de vie

À la publication du livre, Christian Eymery, co-directeur du CRÉA et librettiste, décide en 2001 d’en tirer un opéra pour enfants. Il explique à l’époque : « Je ne savais rien de toutes ces colonies agricoles créées en France au XIXè siècle et n’imaginais évidemment pas que l’une d’elles avait existé non loin de l’endroit où j’ai vécu toute mon enfance. En découvrant « Les Enfants de l’île du Levant », j’ai su immédiatement que je venais de trouver un magnifique sujet d’opéra pour enfants ; un sujet fort,

poignant, passionnant et totalement différent de ceux que nous avions pu traiter jusqu’alors au CRÉA. Le fait de raconter une histoire ancrée dans la réalité, et non plus dans la fiction, rendait le projet encore plus excitant. Bien sûr, j’étais conscient que la dureté du propos pourrait sans doute heurter une partie du public plus habitué à des livrets oniriques ou fantastiques, dès lors qu’il s’agit d’opéras pour enfants. Mais j’avais très envie de relever le défi. » Une nouvelle production 12 ans après la création Mais pourquoi se lancer dans la reprise de l’œuvre douze ans après sa création ? Didier Grojsman explique « Cet opéra est l’un des plus beaux opéras créés par le CRÉA, il permet d’aborder une fibre humaniste et de remettre l’être humain au centre de la création. Il y a tout dans cette œuvre, une dimension vocale dramatique et artistique, l’occasion d’aborder des valeurs humaines de fond (écoute, respect, tolérance…). Nous n’interprétons pas une fiction mais un fait historique quasiment oublié et tabou en France ! Par ailleurs, les jeunes interprètes du Chœur de Scène d’aujourd’hui sont nourris de multiples expériences qui font de lui un chœur mûr, capable de porter scéniquement l’ampleur de la production. Les airs ont évolué… Sur la quinzaine de morceaux, il y en a environ six qui ont été modifiés par Isabelle Aboulker pour permettre aux garçons qui ont mué (appelés poils dingues au CRÉA) de chanter… Nous nous sommes lancés dans cette aventure avec une nouvelle équipe artistique, un nouveau metteur en scène et une chorégraphe, la scénographie est également totalement différente. La seule constante est l’orchestration. »

3


Création vocale et scénique

Suivez Les Enfants du Levant sur facebook.com/CREAaulnay

Questions à Vincent Vittoz, metteur en scène

Vincent Vittoz est un artiste complet, du talent et de l’humilité en prime ! Interprète, metteur en scène, professeur des arts de la scène au CNSM de Paris, il nous livre ci-dessous les sources de son inspiration pour sa première mise en scène d’opéra avec le CRÉA. Ldc : Vincent, comment avez-vous abordé le livret, la thématique du bagne et du travail forcé des enfants ? « Tout d’abord les enfants ont participé à des ateliers de recherches, en collaboration avec Didier Grojsman et Armelle Cornillon, pour associer le geste au souffle, trouver des ribambelles de démarches de bagnards ou des ribambelles de corvées qui se faisaient dans le bagne. Ils ont aussi travaillé sur les états de fatigue et d’épuisement mais aussi de révolte. Sans oublier le contact physique car il y avait beaucoup d’entraide aussi. Enfin, je leur ai fourni des photos issues de reportages d’enfants au travail dans le monde actuel. Celles-ci ont été affichées dans les salles de répétition pour que les enfants s’en inspirent, notamment au niveau chorégraphique. Nous avons ensuite lu la pièce à plusieurs voix, une réplique par enfant. Nous avons travaillé sur des improvisations autour des situations proposées par le livret qui ont débouché sur un travail en plusieurs groupes sur les scènes proprement dites. Une distribution doit se dégager de ce travail préliminaire. Nous avons 41 enfants pour une vingtaine de rôles. J’ai donc exploré les capacités dramatiques de chacun et chacune, ayant décidé de faire l’impasse sur le fait que ce sont à l’origine des garçons. La seule personnalité et aptitude de chacun nous a guidés dans nos choix, autant pour les filles que pour les garçons. » Ldc : Pour cette création, avez vous pris connaissance de la première production ? « Non, j’ai préféré garder un œil et une pensée vierges sur la présentation, la mise en situation des personnages, le cadre décoratif ainsi que les costumes. Surtout que la mise en scène de Christian Eymery

4

conservait l’époque originale ce qui est commun à la présentation que je souhaite donner de l’œuvre. » Ldc : Sous quel angle avez-vous conçu votre travail ? « Je désire raconter cette part d’ombre de notre histoire vue par le regard des enfants, sans misérabilisme et sans complaisance. Au niveau de la mise en scène, seule l’émotion que dégage la situation de ces enfants m’intéresse. La musique d’Isabelle Aboulker est un élément essentiel à la rythmique interne de l’ouvrage. Un travail sur les enchainements émotionnels texte et musique est un des points fondamentaux à toutes élaborations pour un spectacle musical. Je ne cherche pas à moderniser le livret ni à en rendre une lecture contemporaine. Cette situation se passait à la fin du XIXè siècle, même si des recoupements peuvent être faits avec notre époque. Les enfants esclaves existent malheureusement toujours aujourd’hui mais les personnages cités dans le livret tirés du roman de Claude Gritti ont existé et souffert dans leur chair. Ce serait leur faire injure de ne pas les remettre dans le contexte qui était le leur. C’est une page de notre histoire, elle est peu connue, nous nous devons de la rétablir pour le public d’aujourd’hui afin que plus jamais des faits similaires ne puissent se reproduire en Europe tout du moins et rester plus que vigilant sur ce qui peut, hélas, se passer dans d’autres pays. Ce fait historique peu glorieux sera conté par une équipe de 6 comédiens chanteurs. Pour se faire, ils se glisseront dans la peau des personnages adultes afin de mettre en relief l’inconséquence et la cruauté de l’administration pénitentiaire de l’époque. »

Vincent Vittoz, en bref Depuis ses débuts comme assistant metteur en scène aux Chorégies d’Orange, Vincent Vittoz est un artiste à multiples facettes. À la fois comédien, chanteur, metteur en scène il se consacre entièrement au théâtre musical. Son parcours éclectique l’a conduit de l’univers du théâtre à l’opéra jusqu’à la comédie musicale, La Petite Boutique des Horreurs (Nomination aux Molières et aux Victoires de la Musique 1987). Il est Jean Valjean dans Les Misérables (Molière 1993 du meilleur spectacle musical), Molière dans Les Empires de la Lune avec la compagnie Fracasse ou encore Don José dans Carmen… Au cinéma, on a pu le voir dans La Maison Assassinée de Georges Lautner. En tant que metteur en scène, il s’illustre entre autres à l’opéra de Fribourg Le Songe d’une Nuit d’Eté (Britten), Le Médium (Menotti) et Les Aventures du Roi Pausole (Honegger), Mort à Venise (Britten) et Don Carlos (Verdi) à l’opéra de Metz. Pour le théâtre de Bastia, il adapte et met en scène La Cambiale di Matrimonio (Rossini) ainsi que Don Giovanni (Mozart), signe Madame de… (Damase) et Xerxès (Haendel) à l’opéra de Genève, La voix Humaine (Poulenc) au théâtre de l’Athénée avec Stéphanie D’Oustrac… À l’opéra de Tours, Fantasio (Offenbach) et L’Etoile (Chabrier), à Rouen, Pelléas et Mélisande (Debussy) à Lausanne ainsi que Tom Jones (Philidor) dont il signe également l’adaptation, L’Enlèvement au Sérail aux opéras de Marseille et Rennes (retransmission France 3), La recréation de Lundi, Monsieur vous serez riche de Rémo Forlani et Antoine Duhamel à l’opéra de Metz… Dans ces projets actuels on peut citer Mithridate (Mozart) à la Cité de la Musique, Viva la Mamma (Donizetti) à l’opéra de Fribourg et de Metz, De quoi j’ai l’air, spectacle avec Julie Fuchs et l’orchestre le Balcon à l’opéra d’Avignon.


Création vocale et scénique

Sur les traces des jeunes détenus de l’île du Levant, un voyage initiatique pour les enfants du CRÉA Bien que le Levant soit aujourd’hui occupée a 90% par une base militaire, le Centre d’Essais de la Méditerranée, a choisi, en avril dernier, d’ouvrir exceptionnellement ses portes à nos jeunes interprètes pour une visite mémorable des vestiges historiques du Bagne de Sainte-Anne commentée par Claude Gritti lui même. « C’est pour eux un acte artistique indispensable, une prise de conscience, pour s’imprégner de l’histoire. Nous ne sommes pas dans la fiction » explique D. Grojsman. Après une traversée de 45 minutes, les enfants du Chœur de Scène ont été accueillis par Patrick Zoppi, chargé de communication pour la Direction Générale de l’Armement (DGA). Claude Gritti en personne a assuré la visite en l’enrichissant de ses commentaires et anecdotes. J.-M. Vincenti, journaliste pour Var Matin relate « Après la projection d’un film résumant l’histoire de la colonie pénitentiaire et la lecture poignante par D. Grojsman de la lettre qu’écrivit un jeune prisonnier au destin tragique, à sa famille (missive retrouvée parce que ses geôliers ne la transmirent

jamais) la visite de terrain a débuté. Elle a commencé devant la maquette de l’ancienne colonie et s’est poursuivie par les vestiges de la prison et de ses sept cellules, par l’extérieur des cachots à l’entrée condamnée, par les fondations de l’ancienne église et la retenue d’eau. Un symbole, travail de titan réalisé par les petites mains qui, de leur défrichement, ont extrait dans la sueur et le sang plus de 3000 m3 de remblais pour la construire afin d’irriguer un potager. La visite s’est achevée en chansons, sur le cimetière du Levant, devant la stèle érigée en hommage aux 1057 enfants qui souffrirent sur l’île et furent nombreux à y laisser leur vie. Avec une rare émotion 41 voix cristallines ont interprété un chant issu de l’opéra (…) 41 enfants et adolescents, métamorphosés par ce voyage initiatique. »

Paroles d’enfants : Juliette , 16 ans « Le moment le plus fort pour moi a été la visite du cimetière. J’y ai découvert, sur la stèle, le nom des enfants que nous allons interpréter sur scène. Alors, quand nous avons chanté face à la mer dans cet endroit c’était vraiment très intense. J’ai eu l’impression de leur rendre en quelque sorte un hommage. Dans le bateau du retour, j’avais vraiment le sentiment de ne plus être un enfant du CRÉA mais un enfant du Levant. »

Théo, 14 ans « C’est impressionnant de jouer un opéra et de pouvoir se rendre sur les lieux où ça c’est passé, j’ai ressenti cela comme un privilège. Grâce à la visite du cimetière, des cellules - dont l’obscurité devait être glaçante - du récit de la vie de ces enfants donné par Claude Gritti, j’ai compris que nous allions interpréter leur rôle différemment. »

Enzo, 13 ans « J’ai ressenti de la peine quand nous avons visité les cellules qui étaient vraiment très petites, nous n’avons pas pu entrer dans les cachots mais je me suis dit, comment ils ont pu vivre dans ces conditions ? j’ai été très ému de voir le cimetière, il n y avait pas de tombes, juste le monument avec tous les noms d’enfants. Je vais penser à eux pendant le spectacle. »

Toute l’équipe du CRÉA tient à remercier chaleureusement le Centre d’Essais de la Méditerranée de l’île du Levant et plus particulièrement Patrick Zoppi ainsi que Claude Gritti qui pour la deuxième fois, après avril 2001, a assuré avec la même disponibilité et la même passion une visite guidée des vestiges du bagne.

5


actions éducatives et culturelles

La sensibilisation des publics au cœur du projet artistique « Les enfants du Levant » au Théâtre Jacques Prévert c’est aussi deux représentations scolaires destinées aux élèves du cycle 3 (du CE2 au CM2) des écoles de la ville d’Aulnay-sous-Bois et aux collégiens du département de la Seine-Saint-Denis. Les enseignants motivés par le spectacle et la démarche du CRÉA ont la possibilité de préparer leurs élèves à devenir des spectateurs éclairés au cours d’actions de sensibilisation proposées par le CRÉA en amont des représentations. Pour aller plus loin : À LIRE « LES ENFANTS DE L’ÎLE DU LEVANT »

En s’appuyant sur les archives de l’époque et à travers un récit plein de rebondissements, Claude Gritti a reconstitué l’histoire du plus terrible et du plus émouvant des bagnes, celui pour enfants de l’île du Levant. Éditions Jean-Claude Lattès

En quoi cela consiste t-il ? Tout d’abord à donner des clefs pour ouvrir l’oreille et l’œil du futur spectateur, et pourquoi pas pour ouvrir d’autres portes, de nouveaux horizons : ceux du monde du spectacle et de l’opéra, du chanteur , du comédien et de la scène… Dans un premier temps l’enseignant participe fin mai à une matinée de découverte autour de l’univers du spectacle et de la démarche du CRÉA. Didier Grojsman propose alors de vivre une répétition telle qu’un chanteur du CRÉA le fait au cours d’une année de préparation. L’approche corporelle, dramatique et scénique du thème constitue le socle de la pratique vocale : jeux de communication, gestion des déplacements dans l’espace… Toutes les propositions sont faites en rapport avec l’histoire de ces enfants qui ont vécu l’enfer dans les colonies pénitentiaires. Puis le travail de la voix se prolonge avec des vocalises, et l’apprentissage d’ extraits d’airs facilement retenus et choisis afin que le futur spectateur puisse investir le rôle des chanteurs sur scène. Ce travail de l’humeur et de l’expression permet à chacun d’exprimer théâtralement et musicalement des émotions telles que la colère, la révolte, la peur…. L’enseignant repart avec un dossier pédagogique constituant pour lui un support de ce qu’il a vécu et pourra transmettre à ses élèves à propos du spectacle. Selon les envies, certains poursuivent la pratique du chant et prolongent le thème au fil des apprentissages en classe. D’autres collaborent avec un partenaire musicien intervenant du CRÉA tout au long de l’année.

6

Un spectacle ? Comment ça fonctionne et grâce à quels métiers ? Dans un deuxième temps, l’enseignant revient en septembre au théâtre avec ses élèves qui vont à leur tour vivre cette même démarche de répétition avec une musicienne intervenante du CRÉA, et repartir avec les clefs nécessaires pour une meilleure compréhension du livret et une meilleure écoute de la musique. Eh oui, avant d’être répété, puis interprété sur scène, un spectacle nait d’un livret écrit par un librettiste et d’une musique écrite par un compositeur ! Puis une équipe pense à la façon dont les mots et les sons vont être donnés à voir sur scène : ce sont le metteur-enscène, le chef de chœur, la costumière, la scénographe, l’éclairagiste… Sans oublier les musiciens, l’équipe technique… tout un monde, « l’envers du décor » dont la plupart des élèves ne soupçonnait peut-être pas l’existence ! Former le public de demain, le spectateur acteur Enfin, voici le jour de la représentation ! Les interprètes du CRÉA prennent la scène et en salle, les jeunes spectateurs avertis embarquent pour le grand voyage, oreilles et yeux ouverts, à l’affût d’un air déjà entendu ou d’un personnage reconnu. Et peut-être qu’un autre jour ils pousseront à nouveau la porte d’un théâtre pour y découvrir d’autres spectacles, ou bien pour y vivre l’expérience du chant et de la scène ? Isild Manac’h

À ÉCOUTER : « LES ENFANTS DU LEVANT »

Raconté par Claude Brasseur et chanté par les enfants du CRÉA / Musique : Isabelle Aboulker - Livret : Christian Eymery. D’après le roman de C. Gritti « Les Enfants de l’île du Levant ». Opéra enregistré lors de la création en 2001. Éditions Frémeaux et Associés À VOIR : « ENFANTS FORÇATS » Un documentaire de Hubert Dubois

Selon le Bureau International du Travail, 115 millions d’enfants âgés de 5 et 17 ans dans le monde sont soumis aux pires types de travail : manœuvres dans les mines ou les ateliers, ouvriers agricoles, vendeurs de rues, domestiques… « Enfants forçats » est un nouveau cri d’alerte, dans la continuité de « L’enfance enchaînée » réalisé en 1992. Un bilan de 20 années de mobilisation contre ce fléau, à travers des situations d’enfants filmées au quatre coins du monde jusqu’aux États-Unis. Dans son film, le réalisateur recueille avec pudeur leurs témoignages, leurs espoirs, soulignant leur lucidité, lorsque, interrogés sur la raison de leur embauche, ils répondent : « nous coûtons moins cher ».


CENTRE NATIONAL DE RESSOURCES

Les clés de la transmission : Le GREPA, naissance d’un bébé CRÉA en Savoie Depuis 25 ans, à travers ses activités de créations, de formations, de transmissions sur l’ensemble du territoire, le CRÉA s’efforce de soutenir et d’encourager d’autres structures qui travaillent dans la même démarche philosophique : l’accès à la culture pour tous à travers une pratique artistique exigeante. L’expérience menée pendant 5 ans de 2006 à 2011 avec des professeurs de Savoie a été pour le CRÉA la plus forte en terme d’investissement et d’engagement. Aujourd’hui, grâce à dix enseignants passionnés et aux partenaires locaux, Le GREPA, une structure autonome est née et permet à plus de 100 élèves de 5 collèges de la région de s’épanouir grâce au chant et aux arts de la scène. Retour sur cette expérience unique en France. Un travail de fond mené pas à pas pendant 5 ans En 2006, à l’initiative de plusieurs collèges et de Diapason 73 (Établissement public de coopération culturelle), le CRÉA « pose ses valises » en Savoie pour une première année de rencontres et de formations. Six jours de stage académique sont programmés avec des enseignants de l’éducation nationale, des professeurs de musique et de danse, des musiciens intervenants... L’objectif ? Acquérir des compétences d’encadrement nécessaires à l’élaboration d’une pièce vocale et chorégraphique avec des jeunes. Cette formation a donné lieu, en 2007 à la naissance d’un chœur de salle regroupant pas moins de 120 jeunes choristes issus des collèges de Savoie autour du « Marathon du Grand Sillon », une création jouée par le CRÉA au Dôme Théâtre d’Albertville. L’année suivante, le projet s’étoffe et prend de l’ampleur, des élèves savoyards issus du chœur de salle intègrent le Chœur de Scène du CRÉA dans « Marco Polo et la Princesse de Chine », opéra présenté en juin 2009 au Dôme théâtre d’Albertville. Le projet se développe dans la même exigence entre 2009 et 2011 avec pour ambition la reprise du « Tour du Monde en 80 jours », une œuvre jouée par le CRÉA en 1997 et 2004. Cet opéra sera intégralement mené avec des jeunes savoyards, (50 élèves en chœur de scène et 120 élèves en chœur de salle) pour être présenté sur le plateau de la scène nationale de Chambéry pour trois représentations exceptionnelles en mars 2011. La naissance du GREPA en septembre 2011 Fort de cette expérience, 5 collèges de Savoie ont eu envie de poursuivre dans cette même dynamique et ont créé le GREPA (Groupement d’établissements autour d’un projet artistique), parrainé par le CRÉA. En septembre 2011, enseignants et chefs d’établissements élaborent les grandes lignes de

Le Tour du Monde en 80 Jours - Scène nationale de Chambéry (2011)

ce « bébé CRÉA ». L’encadrement du GrEPA est assuré par les professeurs d’éducation musicale des collèges (Ugine, Frontenex, Moûtiers, Aiguebelle, St-Etienne de Cuines et l’association APHAC de Mercury). Outre le travail mené par les enseignants d’éducation musicale au collège, l’école musique et danse de la CORAL (Communauté de communes de la Région d’Albertville) propose un parcours vocal et musical hebdomadaire aux élèves du collège d’Ugine appelé « Chœur de scène  » conduit par deux intervenants (voix et accompagnement clavier). Ce type d’intervention se fait également dans l’établissement d’Aiguebelle sous la forme d’un travail sur le chant, les percussions et l’accompagnement clavier grâce à l’école de musique communale. Au collège de Frontenex, un atelier expression corporel et théâtral d’une heure par semaine est obligatoire pour les élèves du GrEPA . Il est ouvert aux autres élèves du collège afin de garder l’esprit «  parrainage  ». Pour ouvrir la pratique à un maximum d’enfants, une heure de chant choral hebdomadaire est proposée au chœur de salle. Celui-ci a été créé pour les élèves qui ne souhaitent pas s’investir dans un parcours trop « lourd ».

En 2014, le GREPA, envisage la reprise des « Enfants du Levant ». La structure s’agrandit pour l’occasion avec la venue de deux collèges supplémentaires : les collèges Jean Moulin et La Combe de Savoie d’Albertville. Ce projet d’ampleur s’inscrit dans un pacte scolaire qui lui permet de développer une dynamique au delà du collège sur deux territoires. Les écoles primaires sont ainsi intégrées avec l’intervention des artistes au sein des écoles. Les enseignants bénéficient également d’une formation menée par Isabelle Aboulker, compositrice de l’œuvre, Franck Giraud, metteur en scène et Sophie Neumman chorégraphe. Pour la formation instrumentale composée de 13 musiciens, le GREPA fait appel à l’orchestre du Conservatoire à rayonnement régional de Chambéry et des Pays de Savoie. Quatre représentations sont programmées en juin 2014 au Dôme Théâtre d’Albertville et l’équipe du GREPA souhaite également diffuser l’opéra sur le second territoire engagé dans le projet en Basse Maurienne. Une aventure exceptionnelle sur laquelle nous reviendrons évidemment ! Sources : dossier de présentation du GREPA Merci à Sébastien Ducroux (encadrant du collège E. Perrier d’Ugine) pour sa disponibilité.

7


Création vocale et scénique

Nos prochains rendez-vous

Somewhere - Création 2013

Les Enfants du Levant – Opéra

Somewhere - Comédie musicale

L’histoire cachée et poignante d’un des derniers pénitenciers pour enfants

Hommage à trois compositeurs Bernstein – Gershwin - Sondheim

D’après le roman de Claude Gritti « Les Enfants de l’île du Levant »

Interprétée par les 23 CRÉA’tures Direction musicale : D. Grojsman Textes et mise en scène : C. Eymery Chorégraphie : L. Faoro - Scénographie : C. Belloc Costumes : I. Pasquier - Lumières : M.-H. Pinon Son : L. Dujarric - Ensemble instrumental de 5 musiciens Arrangements : B. Perbost

Musique : I. Aboulker – Livret C. Eymery Par les 41 interprètes du Chœur de Scène et 6 chanteurs comédiens professionnels Ensemble instrumental de 13 musiciens Direction musicale : D. Grojsman Mise en scène : V. Vittoz Mouvements scéniques : A. Cornillon Scénographie : P. Leclere Bailly - Costumes : I. Pasquier Lumières : C. Vandamme - Son : L. Dujarric Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois Les 4 et 5 octobre à 20h30, le 6 octobre à 16h Scolaires les 8 et 10 octobre à 14h - Rés. : 01 48 66 49 90

La presse en parle (création de 2001) : « Un opéra haletant, bouleversant ! » Le Nouvel Obs « Des destins poignants transcendés par la belle partition d’Isabelle Aboulker et l’émotion des voix d’enfants. » Libération « Un magnifique opéra qui donne à réfléchir. » Paris Mômes « Quelle fresque émouvante que celle peinte par les enfants du CRÉA. Sans emphase, mais au contraire avec beaucoup de sensibilité et d’humilité, la musique d’Iabelle Aboulker scande à merveille les brimades et la détresse subies par les petits bagnards. » La Lettre du Musicien « Magnifique histoire d’un des bagnes d’enfants du XIXe siècle, (…) ajoutée par l’éditeur, la voix gouailleuse de Claude Brasseur intervient entre chants et dialogues pour faire mieux suivre à tous les fils de ce drame de la misère. L’intérêt musical rejoint ici l’intérêt historique. » Le Monde (à propos du CD)

« Somewhere » nous entraîne dans l’univers des années 50 et nous invite le temps d’un réveillon de la St Sylvestre à partager les retrouvailles d’un groupe d’amis. Au cours de la soirée, petites histoires, confidences et révélations vont se mêler pour nous transporter à des milliers de kilomètres dans le monde de la comédie musicale américaine made in Broadway ! Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois 3 novembre à 16h - 5 novembre à 20h30 Rés. : 01 48 66 49 90 Théâtre 95 de Cergy-Pontoise 21 décembre 2013 à 20h30 - Rés. : 01 30 38 11 99 Opéra de Vichy 9 février 2014 à 15h - Rés. : 04 70 30 50 30 Grand Théâtre de Provence 17 mai 2014 à 19h - Rés. : 08 2013 2013

La presse en parle « Une création surprenante ! Le résultat ? Au dessus de tout espéré. Professionnel en diable avec 5 musiciens de haute volée, des chorégraphies au petit poil, des chœurs ébouriffants, une présence sur scène constante, une mise en espace et en scène digne des plus grands ! » L’Écho

FORMATION PROFESSIONNELLE Voix en scène

Session unique du 31 mars au 3 avril 2014 Objectifs : Découvrir la démarche spécifique du CRÉA • Vivre une démarche collective de création scénique s’appuyant sur une pratique vocale • S’approprier et se nourrir d’un répertoire créé, adapté pour enfants et adolescents • Appliquer des outils pédagogiques susceptibles d’enrichir les pratiques des participants.

Atelier de formation pédagogique régional Ouvert aux professionnels de l’enfance et de la musique d’Île-de-France, cet atelier offre des outils pour mieux appréhender la pratique vocale et scénique telle qu’elle est vécue au CRÉA. Encadrées en alternance par deux chefs de chœur, six sessions de 6h sont proposées le samedi de 10h à 17h à Aulnay-sous-Bois.

Nouveau chœur d’adultes ! Suite à de nombreuses demandes, le CRÉA propose la création d’un chœur d’adultes. Véritable aventure humaine et artistique, ce chœur est ouvert à tous (inscription gratuite). Le répertoire travaillé vocalement et scéniquement tous les 15 jours est choisi en fonction des participants. Informations et inscriptions au 01 48 79 66 27

La Lettre du Créa - 85 rue A. France, 93600 Aulnay-sous-Bois - Tél : 01 48 79 66 27 lecrea@orange.fr - www.lecrea.fr Directeur de la publication : D. Grojsman Rédaction : C. Bajonco, I. Manac’h Conception graphique : Atelier mathildew Photos : Créa, P. Cochard, A. Bernuzeau Impression : Grenier (3000 ex.) - Septembre 2013 facebook.com/CREAaulnay

8

twitter.com/CREAaulnay

Implanté depuis sa création au Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, partenaire fondateur, le CRÉA est subventionné par la Ville d’Aulnay-sous-Bois, le Conseil Général de Seine-Saint-Denis, le Conseil Régional d’Île-de-France, le Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Île-de-France. Avec le soutien des Fondations Edmond de Rothschild, de la Fondation Orange, la Caisse des Dépôts, la Fondation HSBC pour l’Éducation, la Banque Populaire Rives de Paris en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, la société Dushow.

La Lettre du Créa n°66  

SOMMAIRE : Création vocale et scénique Les Enfants du Levant L’histoire tragique des enfants forçats de l’île du Levant Questions à : Vince...

La Lettre du Créa n°66  

SOMMAIRE : Création vocale et scénique Les Enfants du Levant L’histoire tragique des enfants forçats de l’île du Levant Questions à : Vince...

Advertisement