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CHEVA L I E R S D E C O LO M B

S EPTEMBRE 2012

COLUMBIA


P RO T É G E Z VOT R E

C E Q U I VO U S E S T L E P L U S C H E R V I E . V O T R E FA M I L L E . V O T R E AV E N I R .

Aucune compagnie d’assurance d’Amérique du Nord n’est mieux cotée que les Chevaliers de Colomb Trouver un agent en visitant le site kofc.org ou en téléphonant au 1-800-345-5632 ASSURANCE VIE

A S S U R A N C E I N VA L I D I T É

S O I N S D E LO N G U E D U R É E

RENTES


C H E VA L I E R S D E C O LO M B SEPTEMBRE 2012 ♦ VOLUME 92 ♦ NUMÉRO 9

COLUMBIA

ARTICLES

8 La foi et la vie publique En tant que catholiques nous devons être sans cesse vigilants devant une vision laïque de la vie que l’on est en train d’imposer aux personnes croyantes. PAR LE CARDINAL DONALD W. WUERL

12 L’Année de la foi et le Concile Vatican II Fidèle aux enseignements authentique du Concile Vatican II, l’Église œuvre à communiquer au monde moderne son message indéfectible. PAR MGR PETER J. VAGHI

16 Un lys pour toutes les nations Les catholiques célèbrent la bienheureuse Katéri Tekakwitha qui, bientôt, deviendra la première sainte autochtone d’Amérique du Nord. PAR ANGELA CAVE

20 Enjeux importants pour la vie au Massachusetts Alors que le suicide sur ordonnance de médecins est présenté comme « mesure de compassion », catholiques et autres personnes témoignent de la véritable dignité de la vie. PAR JUSTIN BELL

24 Le véritable réseau social

AD DESIGN: Justin Perillo — POPES: CNS photo/L’Osservatore Romano

Le St. Joseph’s Youth Camp donne l’occasion aux jeunes de se déconnecter de la technologie et de se rebrancher entre eux PAR J.D. LONG-GARCÍA

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Construire un Monde Meilleur Les Chevaliers poursuivent leur œuvre de bâtir une culture de la vie et réagissent aux menaces perpétrées contre le libre exercice de la religion. PAR LE CHEVALIER SUPRÊME, CARL A. ANDERSON

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Apprendre la foi, vivre la foi Le Deuxième Concile du Vatican n’a pas réinventé l’Église mais il a été au contraire enraciné dans la sainte tradition. PAR MGR. WILLIAM E. LORI,

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Le pape Jean-Paul II accueille le cardinal Joseph Ratzinger, le futur pape Benoît XVI, dans cette photo datée du 22 octobre 1978. Dans les années 1960, les deux hommes étaient présents à chacune des sessions du Concile et ont contribué à mettre en œuvre et à exprimer clairement ses enseignements.

SECTIONS Nouvelles des Chevaliers Une nouvelle pétition parrainée par l’Ordre fait appel à plus de civilité en politique • Les Chevaliers de Colomb commentent le règlement du Département de la santé et des services sociaux • Le pape présente le pallium à l’aumônier suprême • Perspective sur l’avenir d’Haïti

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Des pères pour bien faire Le sélectionneur de l’équipe championne du dernier Super Bowl reconnaît que ses racines catholiques y sont pour quelque chose s’il est devenu un bon dirigeant d’équipe. PAR WALLY CAREW

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Le prix du conseil étoile

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Application de nos degrés

AUMÔNIER SUPRÊME

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Notre devoir de chrétiens LE 11 OCTOBRE prochain, le pape Benoît XVI canonisera sept nouveaux saints et saintes en provenance d’horizons divers, parmi lesquels se trouve Katéri Tekakwitha, une autochtone du 17e siècle qui s’est évadée de chez elle pour vivre librement sa foi (cf. page 16). Le 11 octobre marquera également le 50e anniversaire de l’ouverture du Deuxième Concile du Vatican, le 20e anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Église catholique, et le début de l’Année de la Foi ordonnée par le pape Benoît. Le pape a d’abord annoncé l’Année de la Foi en octobre 2011, un an après avoir fondé le Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation. Sa lettre de septembre 2010 installant le nouveau dicastère du Vatican s’ouvrait par ces mots : « Il est du devoir de l’Église de proclamer toujours et partout l’Évangile de Jésus-Christ. » Cette déclaration si simple résume le but de Vatican II, le Catéchisme, l’Année de la Foi et la nouvelle évangélisation elle-même. Au cours des 50 dernières années, nombreuses sont les personnes qui ont interprété le Deuxième Concile du Vatican selon les idées qu’elles avaient de l’aspect que l’Église devrait prendre. Certes, Vatican II a apporté des incidences authentiques à l’enseignement de l’Église, mais il n’a pas bouleversé tout ce qui précédait (cf. : pages 4 et 12). Par exemple, dans sa Déclaration sur la liberté religieuse, le concile précisait le droit à la liberté religieuse, déclarant « qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public » (Dignitatis Humanae, 2). Ce droit est fondé sur le respect de la dignité humaine et sur la précieuse contribution de la religion à la société (cf. : pages 3, 8). Dans un même mouvement, le

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concile affirmait que « la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés envers la vraie religion et envers l’Église unique du Christ » et « l’obligation morale de chercher la vérité, notamment la vérité religieuse » (DH, 1-2). La liberté que défend Vatican II n’est pas la liberté de passer outre aux enseignements et à la tradition de l’Église, ni celle de se couper de la vérité de la nature humaine. La liberté authentique est compatible avec l’autorité et l’obéissance, et les droits affirmés par l’Église sont fondés sur des devoirs préalables. Au cœur des enseignements du Deuxième Concile du Vatican se trouve l’appel universel à la sainteté et aux responsabilités incombant aux croyants baptisés : « Tous les fidèles du Christ sont invités à cheminer vers la sainteté et la perfection selon leur état propre. En effet, ils en ont même le devoir » (Lumen Gentium, 42). Le Décret sur l’activité missionnaire de l’Église insiste pour dire : « Le devoir principal tant des hommes que des femmes consiste à témoigner du Christ, ce qu’ils sont tenus de faire par leur vie, leurs paroles, au sein de la famille, dans leur milieu social et dans celui de leur profession » (Ad Gentes, 21). En fin de compte, la mise en œuvre complète du Deuxiéme Concile du Vatican et l’œuvre de la nouvelle évangélisation doivent se réaliser partout où les chrétiens sont présents. À l’exemple des saints, nous sommes appelés à embrasser notre devoir sacré de rendre un culte à Dieu, de pratiquer la charité, de rechercher la vérité, d’être saints et de vivre en témoins du Christ en tout ce que nous disons et faisons. C’est ainsi que nous trouverons la joie durable.♦ ALTON J. PELOWSKI DIRECTEUR DE RÉDACTION

COLUMBIA ÉDITEURS

Chevaliers de Colomb ________ ADMINISTRATEURS SUPRÊMES CHEVALIER SUPRÊME Carl A. Anderson AUMÔNIER SUPRÊME Mons. William E. Lori, S.T.D. DÉPUTÉ CHEVALIER SUPRÊME Dennis A. Savoie SECRÉTAIRE SUPRÊME Charles E. Maurer Jr. TRÉSORIER SUPRÊME Logan T. Ludwig AVOCAT SUPRÊME John A. Marrella ________ RÉDACTION DIRECTEUR DE RÉDACTION Alton J. Pelowski alton.pelowski@kofc.org RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Patrick Scalisi patrick.scalisi@kofc.org

L’abbé Michael J. McGivney (1852-90), Apôtre de la jeunesse, protecteur de la vie familiale et fondateur des Chevaliers de Colomb, intercédez pour nous. ________ POUR COMMUNIQUER AVEC NOUS PAR LA POSTE: COLUMBIA

Knights of Columbus 1 Columbus Plaza New Haven, CT 06510-3326 TÉLÉPHONE: 203.752.4398 TÉLÉCOPIEUR: 203.752.4109 COURRIEL: columbia@kofc.org NOTRE SITE INTERNET: kofc.org SERVICE Å LA CLIENTÈLE: 1.800.380.9995 ________ SI VOUS DÉMÉNAGEZ Prévenez votre conseil. Envoyez votre nouvelle adresse et votre étiquette à: Dept. of Membership Records [service de dossiers de membres], PO Box 1670, New Haven, CT, 06507-0901, USA, ou par courriel à columbia@kofc.org ________ Copyright © 2012 Tous droits réservés ________ EN PAGE COUVERTURE Tableau intitulé Holding Onto Faith, de Nellie Edwards représente la bienheureuse Katéri Tekakwitha, une autochtone mohawk du 17e siècle qui sera canonisée à Rome le 21 octobre prochain.

COVER: “Holding on to Faith” by Nellie Edwards, distributed by NelsonGifts.com

É D I TO R I A L


C O N S T RU I R E U N M O N D E M E I L L E U R

À la défense de nos droits inviolables Les Chevaliers poursuivent leur œuvre de bâtir une culture de la vie et réagissent aux menaces perpétrées contre le libre exercice de la religion par le Chevalier Suprême, Carl A. Anderson DURANT LE Congrès suprême de cette année, nous avons eu le privilège de recevoir un message extraordinaire du Saint-Père par l’intermédiaire du Secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone. S’harmonisant avec le thème de notre congrès, « Proclamer la liberté dans tout le pays », le message se lisait ainsi : « À une période où des efforts sont élaborés en vue de redéfinir et de restreindre l’exercice du droit à la liberté religieuse, les Chevaliers de Colomb œuvrent infatigablement en vue d'aider la communauté catholique à reconnaître la gravité sans précédent de ces menaces récentes portées contre la liberté de l’Église et le témoignage public de la morale et à les contrer. En se portant à la défense du droit de tous les croyants, en tant que simples citoyens et leurs institutions, à œuvrer de manière responsable à concrétiser une société démocratique, et ce, inspiré par leurs convictions, leurs valeurs et leurs aspirations les plus profondes, votre Ordre se montre fièrement à la hauteur de principes religieux et patriotiques qui ont inspiré sa fondation. » Certes, la préoccupation exprimée par le Saint-Père concernant « de nouvelles menaces sans précédent » à l’exercice de la religion aux États-Unis qui doivent être interprétées à la lumière des gestes posés par l’administration d’abord dans la cause Hosannah-Tabor c. E.E.O.C. portée devant la Cour suprême et le règlement des Services sociaux obligeant à ce que les polices d’assurance maladie couvrent les frais des contraceptifs, de la stérilisation et des médicaments abortifs. Nous nous sommes opposés au règle-

ment des Services de santé et des services sociaux, parce que cette ordonnance oblige les catholiques et tous les Américains à procéder à des actions qui violent notre conscience. Le règlement viole également le droit des employeurs catholiques — y compris les Chevaliers de Colomb — de ne pas être tenus de rembourser les actes médicaux et les ordonnances qui sont intrinsèquement mauvais. Les Chevaliers de Colomb se sont engagés à procéder à des pratiques financières éthiques et viables. En tant qu’entreprise commerciale, nous n’investirons pas dans d’autres commerces qui ne sont pas viables ni du point de vue de la morale, ni du point de vue de la viabilité. Si un investissement présente un aspect qui va à l’encontre de la morale, nous n’y investirons pas. Toutefois, le règlement des Services de santé et des services sociaux obligerait les Chevaliers de Colomb, en tant qu’employeur à faire mettre, dans les régimes d’assurance maladie offerts à nos employés, des services et des produits dans lesquels nous n’investirions jamais. Ironiquement, l’administration exemptait de ce règlement d’assurance maladie plus de 190 millions de participants et bénéficiaires de régimes d’assurance maladie — mais il refusait de telles exemptions des motifs de liberté religieuse ou de conscience. La liberté de conscience n’est pas qu’une question politique parmi d’autres. Elle ne peut être compromise par certains et reconnue par d’autres. Elle est fondamentale quand il s’agit de respecter la dignité de la personne et considérée comme un droit humain de base. Et, tout comme

le droit à la vie, elle est inviolable. Limiter le libre exercice de la religion des individus et des institutions n’est pas une question politique quelconque; comme l’avortement, elle constitue une question intrinsèquement mauvaise, qu’aucun autre point de vue politique ne peut rendre moins mauvaise. En tant que Chevaliers, nous avons été inébranlables dans notre refus d’investir dans des compagnies qui fournissent des produits intrinsèquement mauvais. En tant qu’électeurs, il est temps que nous refusions d’appuyer des politiciens qui font la promotion de politiques intrinsèquement mauvaises. Les Chevaliers de Colomb poursuivront leur grande mission de bâtir une nouvelle culture de la vie et une civilisation de l’amour, par le biais de leur témoignage de leurs principes de charité, d’unité et de fraternité. Nous continuerons d’être ce que le message du Saint-Père décrit quand il reconnaît les Chevaliers de Colomb comme « des pionniers dans l’élaboration de l’apostolat laïque moderne ». Mais pour y arriver, nous devons sauvegarder la pratique libre de la religion garantie par le Premier Amendement. Je souhaite sincèrement que les catholiques se portent à la défense des droits des humains à la vie et à la liberté religieuse devant les tribunaux et aux urnes électorales contre les personnes qui cherchent à rendre les fidèles catholiques complices d’actions et de politiques intrinsèquement mauvaises. Vivat Jesus!

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APPRENDRE LA FOI, VIVRE LA FOI

« La Continuité » Le Deuxième Concile du Vatican n’a pas réinventé l’Église mais il a été au contraire enraciné dans la sainte tradition par Mgr. William E. Lori, Aumônier Suprême

EN OCTOBRE 2012, l’Église souligLe concile est également associé à une nera le 50e anniversaire de l’ouverture diminution de formalité au sein de l’Édu Deuxième Concile du Vatican. glise. Les catholiques étaient prévenus nous disait de ne pas trop nous occuper Comme pour tout anniversaire, c’est que, grâce au concile, l’Église serait dé- de ce que proposaient vraiment les dol’heure à la fois une occasion de passer sormais plus ouverte sur le monde — cuments de Vatican II mais plutôt d’êà une rétrospective et une prospective. c’est-à-dire à l’esprit de notre époque. tre ouverts à « l’esprit » du concile. Parmi ceux qui ont joué un rôle pré- Les prêtres devenaient des « gars ordiDe fait, il y a un meilleur moyen qui pondérant au concile, il y avait un naires »; les sœurs revêtaient des costu- nous permet d’apprécier le concile, ce jeune évêque, Karol Wojtyła, qui, plus mes laïques; la vie de famille s’est mise à que le pape Benoît XVI appelle la tard, deviendrait le pape Jean-Paul II. se modifier, souvent radicalement; et la « continuité herméneutique ». Ce qu’il Comme archevêque de Cracovie, stricte doctrine était souvent remplacée entend par cette expression c’est que la Wojtyła parlait du concile comme le par une variété d’opinions théologiques. meilleure manière de se rapporter à la « séminaire de l’Esprit Saint », signification authentique du ajoutant que, « historiquement, il concile c’est d’en découvrir les s’agit d’un fait du passé, mais que, liens avec le Christ, les ÉcrituDans leur sagesse, les pères du spirituellement, il existe toujours ». res et l’ensemble de la tradition Deuxième Concile du Vatican ont En d’autres termes, cette assemde l’Église. Le Deuxième Conblée de grande importance, réucile du Vatican ne représente compris que la meilleure façon de nissant des évêques du monde pas une rupture avec le passé, entier, n’a pas été qu’une imrépondre au monde moderne c’est de mais un développement orgamense réunion en vue de planinique découlant de tout ce que comprendre et de conserver fier l’avenir de l’Église, mais elle l’Église a cru et enseigné à tras’est déroulée sous l’ombre de vers les siècles. Vous pouvez précieusement l’héritage de l’Église. constater clairement cette réal’Esprit Saint et, sous l’impulsion de l’Esprit Saint, continue de falité, si vous examinez le nomçonner la vie de l’Église. Certes, le Deuxième Concile du Va- bre de fois que le Deuxième Concile tican a, en effet, ouvert les portes à des du Vatican renvoie aux conciles qui EN CONTINUITÉ ET NON changements pratiques dans la vie de l’ont précédé, ainsi qu’aux enseigneEN RUPTURE AVEC LE PASSÉ l’Église et fait appel à tous les catholi- ments des papes, des docteurs de l’ÉBeaucoup de gens se souviendront des ques à s’engager dans le monde avec glise, des anciens textes liturgiques, et premières années suivant le Deuxième plus d’audace. Mais parfois, cette ten- des maîtres en vie spirituelle. Concile du Vatican mais de fait, peu de dance était interprétée comme si le congens en ont lu les 16 documents. Trop cile commandait une rupture totale UN VOYAGE À TRAVERS souvent, l’importance du concile sera avec le passé. Tout ce qui précédait, aux L’HISTOIRE réduite à un seul mot : « changements ». yeux de certains, devenait vieux et pé- Dans leur sagesse, les pères du Deuxième Un des changements que tout le monde rimé. Tout ce qui allait de l’avant deve- Concile du Vatican ont compris que la remarquera, à compter de 1969, sera nait nouveau et frais et provenait de meilleure façon de répondre au monde celui du fait que, de façon habituelle, la l’Esprit Saint. De fait, une expression moderne c’est de comprendre et de conmesse ne serait plus célébrée en latin, fut créée pour exprimer ce point de vue : server précieusement l’héritage de mais dans la langue du milieu. « selon l’esprit du concile ». Parfois, on l’Église. Le document du concile Gau4 ♦ COLUMBIA ♦

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APPRENDRE LA FOI, VIVRE LA FOI

dium et Spes affirme clairement que nous sommes le mieux équipés pour « lire les signes des temps » en nous ouvrant à la plénitude de la tradition de l’Église et à la personne du Christ. Pensons-y de cette façon : Supposons que nous, membres des Chevaliers de Colomb, nous cessions de parler de l’abbé McGivney, parce qu’il a vécu il y a longtemps et dans des conditions très différentes. Supposons que nous estimions nos principes de charité, d’unité, de fraternité et de patriotisme dépassés et que nous les échangions pour de nouveaux principes. Ou supposons que nous réorganisions le programme d’assurance au point qu’il ne ressemblerait plus à la

INTENTIONS DU

version originale de l’abbé McGivney. Certainement que l’Ordre a changé avec le temps, pour répondre à de nouveaux besoins et à certaines circonstances — mais tous ces changements se sont effectués en continuité avec nos racines les plus profondes. Pareillement, l’Église catholique vaque à travers l’histoire depuis quelque 2 000 ans et, obéissant au mandat du Christ, proclame l’Évangile à chaque époque, dans chaque culture, langue et endroit. Certes, l’Église a grandi, et son enseignement, son culte et sa discipline se sont développés — mais de façon organique. Les nouveautés se sont intégrées dans ce qui existait auparavant; nous n’avons pas

à « refaire » l’enseignement de l’Église à chacune des générations qui passe. Cette réalité n’a rien à voir avec le fait d’être « libéral » ou « conservateur ». De fait, ces termes, empruntés à la politique, ont causé beaucoup de dommage à l’unité de l’Église. Saint Paul nous le rappelle : « il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éph 4, 5). Le Deuxième Concile du Vatican et le Catéchisme de l’Église catholique ont explicité l’enseignement de l’Église de façon à ce que celui-ci soit complet, fiable, transmetteur de vie et élégant. Durant l’Année de la foi qui s’annonce, ouvrons nos cœurs au Christ et à tout ce qu’il enseigne dans et par notre Église bien-aimée.♦

L ’ H O M M E C AT H O L I QU E D U M O I S

S A I N T- P È R E

Offertes en solidarité avec le pape Benoît XVI GÉNÉRALE : Pour que les responsables politiques agissent toujours avec honnêteté, intégrité et amour de la vérité.

POPE: CNS photo/Paul Haring — ST. ISAAC JOGUES: CNS photo/Crosiers

MISSIONNAIRE : Pour que les communautés chrétiennes se rendent disponibles à l'envoi de missionnaires, prêtres, laïcs, et augmentent leur soutien concret en faveur des Eglises les plus pauvres.

Saint Isaac Jogues (1607-1646) ISAAC JOGUES naît en 1607 d'une famille bourgeoise de France. Il fréquente les écoles des jésuites dès son jeune âge et entre dans la Compagnie de Jésus à 17 ans. Après des années d’études et d’enseignement, au cours desquelles il manifeste des aptitudes particulières pour les langues et le contact avec ses élèves, Jogues est ordonné prêtre en 1636. Le père Jogues rêve d’aller en mission, suivant d’autres confrères qui ont inauguré des missions en Nouvelle-France une décennie auparavant. Lui et un certain nombre de compagnons sont envoyés au Canada et entreprennent leur ministère chez les Hurons. En 1642, en revenant d’une expédition à Québec, Jogues et d’autres sont capturés par les Iroquois, faits esclaves et torturés. Au cours des 13 mois suivants, Jogues endurera des souffrances atroces, perdant plusieurs doigts avant d’être libéré par les Hollandais. De retour en Europe, Jogues est accueilli en « martyr vivant » en raison des souffrances inimaginables qu’il avait endurées et le pape Urbain VII lui accorde une dispense pour qu'il puisse célébrer la messe avec ses mains mutilées. Malgré l’expérience vécue dans le Nouveau Monde, le père Jogues choisit

de continuer son œuvre de missionnaire. Il retourne au Canada et devient même ambassadeur auprès de ses anciens ravisseurs. Au milieu d’une trêve précaire entre la France et les autochtones, une double calamité de famine et de maladie s’abat sur les indigènes qui en blâment la présence des jésuites. Les Iroquois capturent le père Jogues et ses compagnons, et Jogues est assassiné à coups de tomahawks le 18 octobre. La dévotion au prêtre français se répand largement après son martyre. Le pape Pie XI canonisera Isaac Jogues en 1930 avec sept autres martyrs d’Amérique du Nord. Leur fête collective est fixée au 26 septembre au Canada et le 19 octobre ailleurs.♦

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Une nouvelle pétition parrainée par l’Ordre fait appel à plus de civilité en politique

RÉPONDANT À LA FRUSTRATION croissante chez les Américains, au fur et à mesure que s’amplifient la rhétorique de la campagne et le ton du discours national, les Chevaliers de Colomb ont lancé une initiative non partisane se faisant porte-parole du désir des Américains d’obtenir plus de civilité en politique. Une série d’annonces pleine-page parues dans les journaux nationaux — en commençant par une annonce dans le numéro du 24 juillet du quotidien USA Today, — a incité les lecteurs à signer une pétition en ligne à l’adresse civilityinamerica.org. Les utilisateurs de Facebook peuvent également manifester leur soutien en cliquant sur « Like » (« j’aime ») sur facebook.com/civilityinamerica, dont voici le texte : « Nous, les soussignés citoyens des États-Unis d’Amérique, demandons respectueusement que les candidats, les médias et autres partisans et commentateurs engagés dans l’arène de la politique aient recours à un ton plus civilisé en traitant de la chose publique et de questions sociales, en fixant leur attention sur les questions en cause, plutôt que sur la personnalité des individus. Quant à nous, nous nous engageons à faire nôtres de tels principes. » La campagne trouve des alliés dans un sondage Knights of Columbus-Marist effectué en juillet dernier démontrant que près de 8 Américains sur 10 (78 pour cent) sont contrariés par le ton utilisé en politique aujourd’hui. Le sondage découvrait également que : ▪ Près de 75 pourcent des Américains affirment que les campagnes sont devenues plus négatives au cours des années (74 pour cent). ▪ Deux tiers des Américains (66 pour cent) estiment que les candidats mettent plus de temps à attaquer leurs adver6 ♦ COLUMBIA ♦

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saires qu’à traiter des questions. ▪ Par une marge de près de 20 points, les Américains estiment que les campagnes manquent de civilité et de respect (56 à 37 pour cent). ▪ Près de deux tiers des Américains affirment que les campagnes négatives font énormément ou assez de tort à notre processus politique (64 pour cent). « Le peuple états-unien désire et exige une attitude de civilité et d'échanges sur les questions plutôt que des attaques personnelles, » a noté le Chevalier suprême, Carl A. Anderson lors du lancement de la campagne. « Dans nos propres vies, nous avons tous des amis avec qui nous ne nous entendons pas sur certaines questions, et nous avons appris, il y a longtemps, comment avoir des rapports civilisés malgré nos différends. Puisque nos élus œuvrent en faveur du peuple américain qu’ils représentent, cette pétition constitue une démarche de plus en vue de faire entendre notre voix et en rendant clair à nos fonctionnaires comment nous aimerions qu’ils se conduisent. » Au moment où s’ouvrait le Congrès suprême à Anaheim, en Californie, le 7 août, plus de 15 000 personnes avaient déjà signé la pétition. Le Chevalier suprême a traité de l’initiative dans son rapport annuel : « Les catholiques peuvent réformer la politique… Nous pouvons hausser le niveau de notre discours politique national. Nous pouvons transformer la politique, trop souvent défigurée par les assauts personnels et les divisions partisanes, et nous pouvons nous y mettre dès maintenant. Le peuple américain désire et exigent la civilité. Notre nation a besoin de discuter des questions en cause, non du dénigrement personnel des adversaires politiques. »♦


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Les Chevaliers de Colomb commentent le règlement du Département de la santé et des services sociaux

HHS: Douglas Deas/The Catholic Miscellany, Diocese of Charleston, S.C.

BISHOP LORI: CNS photo/L’Osservatore Romano

LE 19 JUIN les Chevaliers de Colomb ont commenté le règlement du Département de la santé et des services sociaux, demandant au gouvernement de poursuivre sa réflexion concernant le règlement cherchant à obliger de nombreux employeurs catholiques à assurer la couverture de moyens de contraception et autres procédures qui vont à l’encontre de l’enseignement catholique. La lettre, signée par le Chevalier suprême Carl A. Anderson, incite « l’administration à annuler complètement le règlement », ou tout au moins, « à élargir l’exemption religieuse, afin que celle-ci couvre tous les individus et tous les organismes qui s’opposent à participer à des actions qui offensent réellement leurs croyances religieuses et leurs convictions morales. » Et la lettre poursuit ainsi: « Exempter seulement quelques institutions en évoquant le principe du respect de la liberté religieuse, comme le gouvernement semble vouloir faire, et refuser d’en exempter les individus n’a aucun sens. Le droit au libre exercice de la religion enchâssé dans le Premier Amendement de la Constitution s’étend à tout le peuple. » On peut lire le texte de la lettre en consultant le site kofc.org/mandate. Depuis un siècle, les Chevaliers de Colomb s’efforcent de protéger le droit à la liberté religieuse tant aux États-Unis qu’à l’étranger.♦

Le pape présente le pallium à l’aumônier suprême

Le pape Benoît XVI présente un pallium à l’aumônier suprême, Mgr William E. Lori, archevêque de Baltimore au cours de l’Eucharistie célébrée à la basilique Saint-Pierre, le 29 juin. Symbolisant le fardeau léger du Christ, tout en rappelant un agneau porté sur les épaules d’un berger, le pallium est le symbole premier du ministère pastoral, de la juridiction et de la communion avec le Siège apostolique d’un archevêque. Parmi les 44 nouveaux archevêques à recevoir le pallium, 11 sont Chevaliers de Colomb.

Précédés de Chevaliers du Quatrième Degré, Mgr Steven L Brovey, p.d. et Mgr Robert E. Gugliemone, évêque de Charleston, en Caroline du Sud, portent le Saint Sacrement lors d’une procession qui s’est déroulée au Battery Park pour marquer l’inauguration de la Quinzaine de la liberté. Les Chevaliers ont accompagné le Saint Sacrement jusqu’à un reposoir au bord de la mer, où les participants ont prié pour que cessent les assauts récents contre la liberté religieuse. Les Chevaliers partout au pays participaient à des activités semblables dans le cadre de la Quinzaine de la liberté qui eut lieu du 21 juin au 4 juillet.

Perspective sur l’avenir d’Haïti AU COURS DES deux dernières années, le programme de l’Ordre, intitulé « Guérir les enfants d’Haïti » — établi en collaboration avec Project Medishare — a connu un succès retentissant. Grâce au programme, les Chevaliers se sont engagés à fournir à chaque enfant à qui il manque un membre depuis le séisme de 2010 une série d’appareils prothétiques. Plus de 800 patients avec des prothèses et orthèses et des milliers de patients en réhabilitation ont voyagé de partout dans le sud d’Haïti au Dispensaire de l’espoir Emilio Moure afin de recevoir des traitements de la plus haute qualité. D’après le docteur Robert Gailey, directeur des services de réhabilitation de Project Medishare, le programme est maintenant sur le point de passer à la phase suivante : un programme de transition d’éducation, d’entraînement pratique et d’emploi à long terme pour le personnel haïtien de la région. « Nous croyons que le peuple de Haïti est maintenant disposé à entreprendre une stratégie de restructuration orientée sur la pérennité, a avoué le docteur Gailey. L’extension du programme permettra aux Chevaliers de Colomb et à Project Medishare de poursuivre leur mission conjointe en Haïti, en mettant sur pied un programme durable pour nos techniciens haïtiens et le peuple à qui ils offrent leurs services, » a-t-il ajouté.♦

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La foi et la vie publique En tant que catholiques nous devons être sans cesse vigilants devant une vision laïque de la vie qu’in est en train d’imposer aux personnes croyantes par le cardinal Donald W. Wuerl

SIGN: iStockPhoto — ROSARY: Thinkstock

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e temps à autre, étant donné mes responsabilités comme archevêque de Washington, il m’arrive d’avoir à traverser la rotonde de la capitale de notre pays où se trouve une statue qui représente l’histoire de chaque état. Quand j’étais évêque auxiliaire de l’évêque de Seattle, j’étais fier du fait que la statue représentant l’état de Washington était celle de Mère Joseph, une religieuse de la Charité de la Providence, reconnue comme l’une des pionnières de l’établissement de l’état. Représentant la Californie dans le même espace se dresse une statue de Junipero Serra. On peut difficilement imaginer qu'une autre personne ait laissé un tel impact dans un autre état que ce franciscain tranquille, modeste et homme de foi, dont le passage a laissé des communautés le long de presque toute la côte californienne. En voyageant au nord de San Diego, en passant par San Clemente et San Juan Capistrano, jusqu’à Los Angeles, et poussant vers Santa Barbara, Guadalupe, San Jose, San Francisco et plus loin encore, c’est comme réciter la Litanie des saints. Entrelacé dans la géographie de la Californie retrouve son histoire religieuse et la foi catholique qui a joué un rôle important non seulement dans sa fondation, mais également dans son identité spirituelle et morale. Les panneaux indicateurs nous rappellent non seulement à quel point la foi est gravée dans notre culture et dans notre vision de la dignité humaine, de la moralité et du sens de la vie.

L’EXPÉRIENCE RELIGIEUSE DANS NOTRE HISTOIRE NATIONALE Récemment, lors d’une visite dans une école secondaire catholique, une élève m’a demandé quel était exactement l’apport de l’Église dans notre société ou, comme elle l’a formulé : « Qu’estce que l’Église m’apporte à moi? » La réponse à cette question est aussi significative qu’à l’époque où, au 19e siècle, Junipero Serra entreprenait son voyage. Cette réponse se fait entendre lorsque des catholiques prennent la parole pour défendre la vie humaine et la dignité humaine, et lorsque nous tendons la main aux immigrants, aux personnes moins fortunées, aux gens dans le besoin, ainsi qu'à tous ceux et celles qui se tournent vers l’Église pour bénéficier de ses grandes œuvres de soins de santé, d’éducation, de services sociaux et de bienfaisance. Voilà ce que nous répondons aux gens qui nous demandent qui nous sommes et ce que nous apportons. Ce que l’Église apporte au monde, à notre société et à chacun et chacune d’entre nous, c’est Jésus Christ, son Évangile, sa vision, son style de vie et sa promesse d’un monde de vérité, de justice, de compassion, de douceur, de compréhension, de paix et d’amour. Nous parlons d’une société de bonté et de justice. Avec les yeux de la foi, nous contemplons le royaume de Dieu qui vient jusqu'à nous. SEPTEMBRE 2012

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De nos jours, cependant nous remarquons qu’il existe un mouvement qui éloigne de l’appréciation des valeurs religieuses fondamentales qui sous-tendent notre culture, notre société et nos lois. Au lieu des valeurs religieuses reconnues et exprimées au sein d’un grand nombre de communautés de foi, nous nous trouvons devant l’affirmation selon laquelle il faut substituer à ces dernières un soi-disant système de référence laïque devant servir à la mise en place de politiques officielles. C’est comme si nous devrions couvrir de peinture tous les tableaux indicateurs, extirper toutes les racines et recommencer à neuf — cette fois, sans Dieu. Parmi les tout premiers colons européens à arriver dans le Nouveau Monde se sont trouvés les « pilgrims » (pèlerins) qui se sont présentés sur la côte du Massachusetts. Avant de s’aventurer à débarquer pour établir ce qui serait pour eux une nouvelle société, ils en sont arrivés à une entente connue sous nom de « Mayflower Compact » (L’entente du Mayflower). En 1620, ces hommes et ces femmes intrépides, cherchant une vie de liberté, déterminaient qu’ils reconnaîtraient deux principes qui serviraient de guide à leur liberté : la loi divine et le bien commun. Ils entreprenaient la première version écrite de la philosophie politique des Colonies anglaises, qui sert encore de fondement à l’expérience politique américaine depuis près de 400 ans et dont les premiers mots se lisent ainsi : « Au nom de Dieu, Amen. » Au cœur de cette formule se trouve l’entente selon laquelle Dieu et la loi divine — quelle que soit l’interprétation de cette dernière — deviennent la norme de l’action humaine. Cette croyance fondamentale devait être appliquée au droit positif civil et compre10 ♦ C O L U M B I A ♦

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nait une compréhension du bien commun. Nous reconnaissons cette même vision chez les premiers colons catholiques qui arrivent au Maryland, en 1634 et qui se mettent à établir un gouvernement civil fondé sur la liberté religieuse et la loi divine, croyant que ces éléments sont la norme d’une société vraiment estimable et juste. Ce thème est repris maintes et maintes fois dans un ensemble de documents fondateurs, y compris les « Fundamental Orders » (Ordres fondamentaux) de 1639, qui constituaient un premier essai de constitution écrite établissant des limites permanentes sur le pouvoir du gouvernement, la Déclaration des droits de la Virginie, œuvre de Thomas Jefferson, la Déclaration d’indépendance de 1776, et la Constitution des États-Unis de 1787. Nous sommes un peuple libre qui reconnaît la souveraineté de Dieu et de la loi divine tant dans notre vie personnelle que dans notre vie en société. Il s’agit d’une pierre angulaire de l’expérience américaine et trouve son expression dans la Déclaration d’indépendance, selon laquelle nous avons des droits inaliénables provenant des « Lois de la Nature de Dieu et du Dieu de la Nature ». En effet, Jefferson a déclaré que les idées établies dans la Déclaration n’étaient pas de lui, mais qu’elles faisaient partie de l’opinion courante de son époque. Dans une lettre du 8 mai 1825, envoyée à Henry Lee, il a déclaré que la Déclaration « se veut une expression de l’intellect américain en vue d’accorder à cette expression un esprit et un accent qui lui conviennent ». Jefferson ne faisait aucune distinction entre morale privée et morale publique. Il y avait certes peu de place dans son esprit pour l’idée selon laquelle on peut être contre des actions morales graves sur le plan personnel, tout en leur étant favorables sur le plan public. Dans une lettre à James Madison, datée du 28 août 1789, il a écrit ceci : « Je ne reconnais qu’un seul code moral pour tous, qu’on agisse seul ou avec d’autres. » De ces nombreux fils, peut se tisser un principe commun : la conviction de l’aspect obligatoire de la loi morale est fondamentale pour comprendre la pensée américaine. Tout gouvernement doit être guidé par des principes moraux de base. Tout gouvernement humain doit être soumis à des limites. La compréhension du fait que la loi divine est à l’œuvre et

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En rédigeant la Déclaration d’indépendance et autres documents fondateurs, Thomas Jefferson reconnaissait la nature publique de la morale et l’importance de la liberté religieuse.


Le cardinal Donald W. Wuerl, archevêque de Washington prononçant l’homélie au cours d’une Eucharistie célébrée au Sanctuaire national de l’Immaculée-Conception.

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discernable au moyen de notre nature rationnelle et notre raison humaine trouve également son écho dans le Catéchisme de l’Église catholique, non seulement où il est question de la nature fondamentale de la loi morale naturelle, mais également dans la description des commandements eux-mêmes en tant qu’énoncés de la loi naturelle. LA FOI RELIGIEUSE ET LA CONSCIENCE DE LA SOCIÉTÉ Au cours des siècles, nous nous sommes habitués à entendre la voix de l’Église en tant que voix de la conscience. Aujourd’hui, cette voix est mise au défi à plusieurs égards : l’avortement, la recherche en cellules-souches embryonnaires, le suicide assisté par un médecin, la réforme de l’immigration et tellement d’autres questions qui se rapportent au bien commun, ce qui explique que l’Église se porte à la défense de la famille, du mariage et des droits de l’homme. Comme croyants, nous nous tournons vers notre foi. Nous sommes à la fois citoyens de la nation et membres de l’Église. Nous devrions consulter nos convictions que nous avons le plus à cœur quand nous abordons des questions les activités de notre nation tant au pays qu’à l’étranger. Nos choix se rapportant à l’arène politique doivent être des choix de conscience. Comme catholiques, nous nous rapportons au Seigneur pour qu’il nous guide, car lui seul peut nous servir de guide. Le Christ a promis qu’il ne nous laisserait pas orphelins. Il établit l’Église en tant que son corps nouveau, pour qu’il soit toujours présent parmi nous, et il envoya le don de l’Esprit qui, lui, nous guide et nous rappelle tout ce qu’il nous a enseigné. Comme membres de l’Église du Christ, nous comptons sur son enseignement — guidés par l’Esprit Saint — pour nous aider à former nos consciences. Les évêques ne sont pas simplement une voix parmi d’autres. Ils parlent avec l’autorité du Christ. Jésus dit a ses Apôtres : « Qui vous écoute, m’écoute » (Lc 10, 16). Les évêques, successeurs des Apôtres, continuent de parler avec autorité encore de nos jours. La voix de la foi aujourd’hui est encore la voix de la conscience. C’est l’écho de Dieu à l’intérieur de nous. En tant que citoyens fidèles, nous devons parler franchement et défendre nos valeurs évangéliques, notre héritage de foi; nous devons proclamer la dignité de chaque personne; et nous devons insister sur l’obligation qui revient à l’État de promouvoir de telles valeurs. En agissant ainsi, nous prêtons notre voix à notre identité propre. Nous sommes un peuple de foi, et la foi compte pour quelque chose dans la vie. La vision laïque de la vie qui est imposée sur notre société diversifiée ne reflète pas la réalité d’une nation presque entièrement composée de gens de foi. Le point de vue laïque récemment adopté et imposé de plus en plus l’exclusion de Dieu de la vie publique nous rend un mauvais service, car il ne reflète pas la situation réelle dans laquelle vivent les gens et les institutions

s’épanouissent. D’ailleurs, le modèle laïque comme seul modèle de discours politique public nous trahit. Le modèle laïque ne suffit pas à soutenir un reflet véritable de notre identité en tant que peuple. Toute culture au cours de l’histoire qui a réussi a reconnu comme inné à l’expérience humaine le besoin d’une autorité transcendante propre à reconnaître le bien du mal et à l’entériner. Alors que nous devons relever les défis de notre temps, il nous faut agir avec confiance, espoir et enthousiasme. Comme croyants et citoyens à la fois, non seulement avons-nous le droit et l'obligation de défendre les valeurs qui guident notre nation, mais nous devons le faire en raison d’une tradition remontant à 2000 ans et d’une sagesse insufflée par l’Esprit-Saint. Nous partageons la sagesse et l’amour de Dieu, et nous apportons à l’entreprise de bâtir une société honnête et juste, un point de vue que personne d’autre ne peut apporter. Nous devrions être fiers d’être qui nous sommes — l’Église du Christ. Nous devons être fiers de notre histoire, de notre héritage et de notre foi. Nous devons être fiers de notre apport au monde d’aujourd’hui, car nous apportons Jésus Christ. Nous apportons l’Esprit-Saint qui nous rend capables de transformer notre état de vie, notre communauté, nos vies mêmes en tout ce que Jésus affirme que nous pouvons être, tout ce à quoi il nous appelle à être.♦ LE CARDINAL DONALD W. WUERL est archevêque de Washington. Il est membre du conseil de l’Université Catholique d’Amérique 9542 et auteur de Seek First the Kingdom: Challenging the Culture by Living Our Faith (Our Sunday Visitor, 2011).

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l’année de la foi et le concile vatican II Fidèle aux enseignements authentique du Concile Vatican II, l’Église œuvre à communiquer au monde moderne son message indéfectible. par Mgr Peter J. Vaghi

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’Année de la foi prescrite par le pape Benoît XVI débutera le 11 octobre 2012, soit le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et se terminera le 20 novembre 2013, en la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l’univers. Cette année spéciale coïncide également avec le 20e anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Église catholique, que le pape Benoît a appelé « un fruit authentique du Concile Vatican II ». Quand le pape Jean-Paul II présentait le Catéchisme, en 1992, il a noté que « la tâche principale confiée au Concile Vatican ... consiste à mieux sauvegarder et présenter le précieux dépôt de la doctrine chrétienne ». Cette tâche de Vatican II se reflète également dans le thème du synode des évêques qui se réunira à Rome en octobre prochain : « La Nouvelle Évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. » En prescrivant le synode et l’Année de la foi, Benoît cherche à garantir que l’Église continue de mettre en œuvre et de structurer l’œuvre importante que le Concile a entreprise il y a cinq décennies. UN CONCILE HISTORIQUE Le pape Jean XXIII a ouvert le Deuxième Concile du Vatican, le 21e concile œcuménique de l’Église catholique, à Rome, le 11 octobre 1962. Annoncé le 25 janvier 1959, moins de 90 jours

Vue d’ensemble des évêques du monde entier dans la nef de la basilique SaintPierre lors de la session d’ouverture du Deuxième Concile du Vatican, le 11 octobre 1962. après l’élection de Jean XXIII, le Concile Vatican II fut le seul concile du genre à être convoqué au 20e siècle et seulement le second depuis la Réforme protestante. Jean XXIII avait comme objet principal d’assurer que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne serait sauvegardé et enseigné plus efficacement. Dans son homélie d’ouverture avant le Concile, il a incité les pères du Concile à mettre au point des moyens d’exposer ces vérités de manière qui correspondait davantage à un point de vue pastoral de la tâche d’enseignement de l’Église. De plus, il a incité les pères du Concile à travailler en vue de l’unité de tous les catholiques, de tous les chrétiens et de tous les membres de la race humaine. Le Concile Vatican II s’est réuni dans la basilique Saint-Pierre de Rome en quatre sessions réparties sur quatre ans. Au début, 2540 pères du conseil — les évêques de tous les coins du monde — se sont réunis dans la nef de la basilique, ainsi que mille supérieurs généraux de congrégations religieuses, d’observateurs officiels, et théologiens et autres experts. Il y avait également des espaces réservés SEPTEMBRE 2012

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L’ENSEIGNEMENT DE VATICAN II Les conclusions du Concile Vatican II peuvent être reliées dans une édition brochée — 16 documents conciliaires en tout, y compris quatre constitutions de grande portée. Il est étonnant de constater la presque unanimité des participants, lorsqu’est venu le moment de l’adoption de ces documents dans leur version définitive. À noter également l’envergure des sujets traités 14 ♦ C O L U M B I A ♦

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au Concile, depuis la liturgie jusqu’à l’œcuménisme, et de la formation des prêtres à la liberté religieuse. Ces sujets et d’autres encore ont été expliqués et approfondis au cours des 50 dernières années, et ce, sous la direction des successeurs de saint Pierre. Encore de nos jours, le terme « Vatican II » donne lieu à une variété d’images, d’impressions et d’émotions profondes. Certains ont été ébranlés par le Concile jusqu’aux racines même de leur foi. Ceux qui adoptent cette façon de voir les choses estiment que rien n’est comme auparavant. Dans certains milieux de théologiens s’élève un appel au Concile Vatican III, afin que soient réglés certains « dossiers incomplets » — à savoir leur propre vision de la réforme de l’Église. Pourtant, comme le l’a déclaré le synode des

Le pape Jean XXIII signe la bulle de convocation du Deuxième Concile du Vatican, le 25 décembre 1961. évêques convoqué par le pape Jean-Paul II, en 1985 : « La grande majorité des fidèles ont accueilli le Concile Vatican II avec zèle. » D’ailleurs, le rapport du synode, qui coïncidait avec le 20e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, affirmait également la légitimité du conseil et « le besoin de promouvoir davantage la connaissance et l’application du Concile tant dans ses détails que dans son esprit ». Vingt ans plus tard, dans son discours à la Curie romaine, en décembre 2005, le pape Benoît a noté deux manières d’interpréter le Concile : « Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du Concile ou - comme nous le dirions aujourd’hui — de sa juste herméneutique, de la juste clef de lecture et d'application. Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont trouvées confrontées et sont entrées en conflit. L'une a causé de la confusion, l'autre, silencieusement mais de manière toujours plus visible, a porté et porte des fruits. D'un côté, il existe une interprétation que je voudrais appeler « herméneutique de la discontinuité et de la rupture »; celle-ci a souvent pu compter sur la sympathie des mass médias, et également d’une partie de la théologie moderne. D’autre part, il y a ‘l’herméneutique de la réforme’, du renouveau dans la continuité de l’unique sujet Église, que le Seigneur nous a donné; c’est un sujet qui grandit dans le temps et qui

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aux médias, aux représentants des gouvernements et des représentants d’autres églises chrétiennes. En revanche, on ne comptait que 750 pères du Concile à Vatican I, en 1869-1870, nombre plus important que les 259 évêques qui, à différentes périodes, avaient participé au Concile de Trente (1545-1563). Le Concile de Trente était le dernier concile général à être convoqué avant Vatican I et s'est avéré énormément important pour la vie de l’Église. « Le Concile de Trente a marqué le début d’un intense processus de renouveau spirituel et pastoral au sein de l’Église », observa le pape Jean-Paul II dans une homélie prononcée dans la cathédrale de Trente, dans le nord de l’Italie, le 30 avril 1995. « De même, le Concile Vatican II, une véritable « grâce de Dieu et don de l’Esprit Saint », accordait à l’Église de notre temps une conscientisation renouvelée à son mystère et à sa mission, talonnant de manière prophétique la communauté entière vers un renouveau d’obéissance à la Parole de Dieu, en vue de mieux servir les hommes et les mener plus efficacement au message de l’Évangile. » En effet, le plus important héritage du bienheureux Jean-Paul II a été d’aider l’Église à intérioriser, tant sur le plan spirituel que pratique, les enseignements du Concile Vatican II. Ce n’est pas par accident que Karol Wojtyła a choisi le nom Jean-Paul II. Ce faisant, il exprimait son engagement à poursuivre l’œuvre du bienheureux Jean XXIII, qui fut inspiré de l'idée d’un Concile et qui l’a convoqué, et celle du pape Paul VI, qui en fut le principal artisan, le menant à bon terme en 1965. Le pape Benoît XVI, qui avait servi de théologien-conseil, poursuit davantage cette mission au cours de son propre pontificat. Le Concile fut une source de formation pour les deux papes, et leurs enseignements magistraux en sont le reflet.


se développe, restant cependant toujours le même, l’unique sujet du Peuple de Dieu en marche. Le pape a conclu ainsi : « C’est précisément dans ce contexte de continuité et de rupture à divers niveaux que se situe la nature même de la véritable réforme. » On dit souvent que certaines réformes ou propositions au sein de l’Église sont conformes à « l’esprit de Vatican II », affirmation qui peut s’appliquer ou non à certaines questions particulières. Toutefois, il est absolument vrai que l’Esprit Saint était à l’œuvre au Concile et qu’il a servi de guide et d’inspiration à la rédaction minutieuse des 16 documents qui ont suivi. Ceux-ci contiennent l’héritage durable et qui attend nos prières, notre étude et notre réflexion. Nous devons les lire, non pas chacun pour luimême, mais dans leur ensemble. En abordant les enseignements du Concile, il faut tenir compte du fait que Vatican II a eu surtout comme objectif l’aspect pastoral de l’Église, et que chaque document prend une intonation pastorale visant à nourrir les âmes. Le Concile a voulu s’ouvrir aux autres confessions chrétiennes, ainsi qu’aux fois vivantes et même au monde entier. Même si aucun dogme n’a été décrété, le Concile a émis un enseignement contraignant concernant de nombreuses expressions du magistère ordinaire, c’est-à-dire l’enseignement d’au-

L’abbé Joseph Ratzinger, à droite, s’entretient avec un prélat non identifié dans cette photo de 1962, durant le Deuxième Concile du Vatican. Le futur pape Benoît XVI participait aux quatre sessions du concile à titre de théologien-consulteur du cardinal allemand Joseph Frings, de Cologne.

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torité des évêques en communion avec le pape. C’est pourquoi le Concile est si important et qu’on doit en tenir compte. LE CATÉCHISME, UN FRUIT DU CONCILE Bien que le Concile Vatican II ait produit beaucoup de fruits, il se peut que le plus important d’entre eux se trouve le Catéchisme

de l’Église catholique. Ce document, que Jean-Paul II a appelé « la norme la plus sûre de l’enseignement de la foi », se rapporte à Vatican II sous plusieurs aspects — tant symboliques qu’intrinsèques. Promulgué il y a 20 ans, le 11 Octobre 1992 — 30 ans après l’ouverture du Concile — il constitue également l’un des points de référence de la présente Année de la Foi. C’est au synode des évêques de 1985, convoqué pour célébrer « les grâces et les fruits spirituels de Vatican II », que les pères du synode ont d’abord exprimé le « désir que soit publié un catéchisme ou compendium de toute la doctrine concernant tant la foi que la morale ». Ils ont déclaré alors que la présentation de la doctrine soit à la fois biblique et liturgique. Étant donné tout ce qui c’était passé dans la foulée de Vatican II, les pères du synode décidaient que le moment était venu de créer un sommaire de l’enseignement catholique de l’Église universelle. Ainsi, le Catéchisme répond-il à l’œuvre du Concile Vatican II et la complète-t-il. Il est le reflet du renouveau du Concile, y compris tous ses documents, qu’il cite abondamment. En même temps, le Catéchisme comprend des références à l’Ancien et au Nouveau Testaments, ainsi qu’à d’autres grands conciles. Il souligne les vies et les enseignements des saints et saintes et des docteurs de l’Église. Bien qu’impressionnant au prime abord (l’édition française contenant près de 700 pages), le Catéchisme est ordonné avec soin et accessible aux lecteurs moyens. Comme toute catéchèse, le Catéchisme traite des motifs d’espérer dans le Christ et de récupérer un sentiment de « joie » dans le fait d’être chrétien catholique. Il permet aux gens d’établir une relation personnelle avec Jésus Christ et son enseignement dans et par sa vivante Église. En promulguant l’Année de la Foi qui débutera le 11 octobre prochain, le pape Benoît écrivait : « tous peuvent trouver dans le Catéchisme de l’Église catholique une aide précieuse et indispensable. Il constitue un des fruits les plus importants du Concile Vatican II. (…) C’est justement sur cet horizon que l’Année de la foi devra exprimer un engagement général pour la redécouverte et l’étude des contenus fondamentaux de la foi qui trouvent dans le Catéchisme de l’Église catholique leur synthèse systématique et organique. » L’Année de la foi constituera une grande grâce pour toute l’Église et elle aidera chaque membre de l’Église soit à redécouvrir ou à découvrir pour la première fois comment le Concile Vatican II a cherché à rendre les vénérables enseignements de l’Église plus accessibles et plus significatifs dans un monde enclin au changement rapide.♦ MGR PETER J. VAGHI, P.D. prêtre de l’Archidiocèse de Washington est membre du Conseil Potomac 433 et Chevalier de Colomb de troisième génération. Il est l'auteur d’un ouvrage en quatre tomes, intitulé Pillars of Faith (Piliers de la Foi) et publié chez Ave Maria Press.

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Un lys pour toutes les nations Les catholiques célèbrent la bienheureuse Katéri Tekakwitha qui, bientôt, deviendra la première sainte autochtone d’Amérique du Nord par Angela Cave

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es miracles attribués à son intercession abondent : un garçon a été guéri d’une perte d’ouïe de 65 pour cent; un homme a défié les médecins en marchant à la suite d’un accident subi à la colonne vertébrale; un travailleur en structure d’acier est tombé de deux étages — perdant 16 vertèbres et se fracturant des côtes et le crâne — s’en est réchappé, a pu marcher de nouveau et raconter sa mésaventure. La bienheureuse Katéri Tekakwitha, la Mohawk du 17e siècle qui, malgré la résistance, a voué sa vie à l’Évangile, et à qui sont attribuées les réponses à d’innombrables prières. Parmi les histoires récentes, on retrouve celle de la guérison d’un enfant atteint de fasciite nécrosante (dite « infection à bactérie mangeuse de chair ») qui été déclarée miraculeuse par le Vatican, ouvrant ainsi la voie à la canonisation de la bienheureuse Katéri si longtemps attendue et qui sera célébrée le mois prochain, à Rome. Au fur et à mesure que le jour approche, les catholiques d’à travers l’Amérique du Nord sont en fête et planifient des pèlerinages en vue d’être témoins de ce fait historique — la première sainte autochtone nord-américaine. Sans doute qu’il n’y en a pas de plus enthousiasmés et reconnaissants que les quelque 600 000 autochtones, représentant plus de 300 tribus et nations, qui sont membres de l’Église catholique. La bienheureuse Katéri, connue sous le vocable de « Lys des Agniers » est née en 1656, d’une mère algonquine chrétienne et d’un père iroquois, dans un village mohawk dans le village iroquois d’Ossernenon, (aujourd’hui appelé Auriesville, New York). Quand elle eut quatre ans, une épidémie de variole emportait ses parents et la petite fut atteinte d’une vision diminuée, d’une santé affaiblie et de cicatrices de variole. Élevée par son oncle à Caughnawaga, (près de la ville de Fonda, N. Y.), Katéri fut inspirée par des missionnaires jésuites d’étudier le catholicisme en secret à l’âge de 18 ans. Elle continuait de remplir ses tâches domestiques, mais au grand mécontentement de son oncle, résistait aux offres de mariage. Deux ans plus tard, lors de son baptême, sa famille et le village l’ostracisaient, la ridiculisaient, la calomniaient et la menaçaient de mort. En 1677, Katéri s’enfuit à la mission St-François-Xavier du Sault, une mission jésuite située au Québec, portant un mot du jésuite de son village livrant ce message : « Je vous envoie un trésor. Sauvegar-

dez-le bien. » Là, parmi des amis chrétiens, elle mènera une vie de prière, d’amour de l’Eucharistie, de dévotion envers la chasteté et d’intenses pratiques pénitentielles. Elle enseignera des prières aux enfants, fabriquera des croix de bois qu’elle plantera dans la forêt, travaillera auprès des malades et des personnes âgées et participera à l’Eucharistie quotidienne. En 1679, elle prononcera un vœu de virginité perpétuelle — en suppléance de la fondation de sa propre communauté religieuse, demande qui lui aura été refusée à elle et ses compagnes. Après des années de piètre santé, Katéri est à l’âge de 24 ans, après avoir murmuré ses dernières paroles : « Jésus, je t’aime. » Ses restes reposent à Kahnawake, près de Montréal. On rapporte que ses cicatrices de variole ont disparu après sa mort et qu’elle est apparue à son amie Anastasie, entre autres, portant un message : « La croix fut la gloire de ma vie et la gloire de ma mort, et je veux que ce soit la tienne. » La cause de canonisation de Katéri a été instruite en 1932, après plus d’un siècle de supplications de la part de catholiques qui lui étaient dévoués. Le pape Pie XII la déclarait vénérable en 1943, et le pape Jean-Paul II l’a béatifiée en juin 1980. Finalement, le pape Benoît XVI signait le décret nécessaire pour sa canonisation en décembre dernier. « C’est une vision qui se réalise pour beaucoup de catholiques autochtones, ceux qui en sont arrivés à la connaître et à l’aimer, » affirmait sœur Katéri Mitchell, une sœur de Sainte-Anne et directrice générale de la Conférence Tekakwitha, organisme qui fait la promotion de l’évangélisation des catholiques d’origine des États-Unis et du Canada. « Sans aucun doute que le don de la foi en sera réaffirmé et réveillé chez un grand nombre de nos autochtones. L’esprit de Katéri persévérera encore plus profondément au sein de notre peuple. » Porteurs d’histoires d’espoir inspirées par la canonisation, plus de 800 personnes se sont réunies en juillet dernier, dans la région de sa naissance, dans le nord de l’état de New York, à l’occasion de la 73e Conférence Tekakwitha annuelle. L’événement de cinq jours fut rempli des sonorités des instruments autochtones traditionnels d’Amérique; le parfum de la fumée de foins d’odeur, et les spectacles de danse, de costumes traditionnels et des légumes fraîchement récoltés, le tout entremêlé de rites catholiques. SEPTEMBRE 2012

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La canonisation de la bienheureuse Katéri se présente comme une source d’assertion d’un groupe de fidèles qui comprend de petites portions tant de l’Église catholique et la population des États-Unis. Les autochtones américains accusent de sérieux indices de pauvreté, de dépendance et de dépression, ainsi que des générations de luttes d’identité enracinées dans l’oppression et les préjugés qui trouvent leur origine dans l’époque coloniale. Beaucoup des plus de 500 tribus du pays ont progressivement perdu leurs langues et leurs traditions, par suite des réserves et des pensionnats imposés par les gouvernements, tandis que beaucoup de religions autochtones étaient supprimées jusqu’à la fin des années 1970. ESPOIR ET GUÉRISON POUR LES AUTOCHTONES AMÉRICAINS Après la mort de Katéri, en 1680, la terre de sa tombe a servi à guérir humains et animaux. Les croyants actuels prient le plus souvent pour des causes moins tangibles, comme la fin d’abus de substances toxiques dans les réserves ou pour que les enfants autochtones obtiennent leurs diplômes et retrouvent la foi. « Elle écoute, » affirme Christine Willow, membre de la tribu Northern Arapaho de la Wind River Indian Reservation, de Ethete, au Wyoming. Willow, qui a passé des années à s’inquiéter de ses trois enfants devenus adultes, croit que la bienheureuse Katéri a entendu ses prières. « Mes deux filles sont mères de famille maintenant, et elles se dévouent vraiment à leurs enfants », a-t-elle noté. Joan Staples-Baum, directrice du Tacoma Indian Center, de Tacoma, dans l’état de Washington, et membre de la tribu White Earth Chippewa, au Minnesota, croit que la canonisation « pourrait inaugurer quelque chose de très important. Il est rare, remarque-t-il, que les gens qui se rendent dans les communautés autochtones américaines et y passent quelque temps n’arrivent pas à aimer les habitants. Ce pourrait être le déclenchement d’une grande guérison. » Les autochtones du Canada, connus sous le nom de Premières Nations, célèbrent également la canonisation prochaine. Quelque 25 pour cent de ces autochtones sont catholiques. Bien que des préjugés persistent encore par rapport aux peuples 18 ♦ C O L U M B I A ♦

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ANGELA CAVE fait partie de l’équipe de rédaction de The Evangelist, le journal du diocese d’Albany.

CNS photo/Bob Roller

Mgr Paul Lenz, vice-postulateur de la cause de canonisation de la bienheureuse Katéri Tekakwitha et directeur émérite du Bureau des missions autochtones, près d’un tableau de celle qui sera bientôt canonisée.

autochtones — certains Américains croient à tort que les habitants originaux du pays n’existent plus — beaucoup d’autochtones pensent que la nouvelle concernant la bienheureuse Katéri constitue un pas vers la reconnaissance de leur présence tant dans les églises que sur la place publique. « Cela signifie que nous sommes enfin reconnus par l’Église, par le pays et probablement par le monde », notait Staples-Baum qui se rendra à Rome avec dix autres personnes de sa paroisse en octobre. « C’est la confirmation de notre existence comme peuple. » La « Tekakwitha Conference » qui, à l’origine, s’adressait à un groupe de membres du clergé au service des populations autochtones fut ouverte aux laïques en 1980. Aujourd’hui, elle parraine quelque 130 Cercles Katéri au sien de paroisses américaines qui rapportent que de plus en plus d’autochtones se tournent vers l’Église pour les baptêmes et les obsèques. Mgr Paul Lenz, vice-postulateur de la cause de canonisation de bienheureuse Katéri et directeur émérite du Bureau of Catholic Indian Missions, notait que la nouvelle de la canonisation inaugurerait un renouveau de foi parmi les catholiques autochtones. « Ils se rendront compte de qui elle est et de ce qui lui est arrivé, » soulignait Mgr Lenz. « Elle fut un si bon exemple de la volonté d’aimer Jésus et du désir de se rendre au ciel. » Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie, est membre de la Prairie Band de la Potawatomi Nation et président du sous-comité des évêques des États-Unis pour les Affaires autochtones américaines. Il se rappelle avoir abordé l’histoire de Katéri à l’école primaire catholique, alors qu’on l’appelait toujours « Vénérable ». « Je remercie profondément le Seigneur de nous avoir donné un miracle pour manifester son authenticité, » a remarqué Mgr Chaput, l’un des trois évêques autochtones américains. Il a noté que les plus grands défis que les autochtones catholiques ont à relever aujourd’hui impliquent les mêmes forces séculières que doivent affronter les autres catholiques américains. « Je ne crois pas qu’il soit plus difficile d’être autochtone et catholique que d’être Américain et catholique, » a-t-il ajouté. Beaucoup d’Americains autochtones catholiques avouent qu’ils portent un fardeau supplémentaire, puisqu’ils doivent trouver l’équilibre entre la foi catholique et les cultures tribales qui souvent adoptent leurs propres croyances spirituelles. « C’est un problème que nous devons tous résoudre, » a avoué Mgr Chaput. « Mais la bienheureuse Katéri accordait la priorité à sa foi catholique, a-t-il ajouté, et cela ne la rendait pas moins autochtone. » La canonisation de Katéri, a dit Mgr Chaput, a le potentiel de rallumer la foi chez les autochtones américains. Mais, en même temps, il est plus facile de parler des saints que d’en devenir un. » « Être chrétien entraîne qu’on soit une personne d’espérance, » poursuivait Mgr Chaput. « Suis-je trop optimiste? Je ne sais pas. Je crois qu’il s’agit d’une question dont nous avons encore à trouver la réponse. » Il est sûr d’une chose : il sera à Rome, le 21 octobre. « Je ne manquerais pas cet événement pour quoi que ce soit au monde, » a-t-il affirmé.♦


DES CHEVALIERS ACCUEILLENT LEURS FRÈRES AUTOCHTONES AMÉRICAINS

Photos by Glenn Davenport

(À partir du haut) : Un jeune Mohawk d’Akwesasne danse au cours d’un pow-wow dans le cadre de la 73e conférence annuelle à Auriesville, New York, lieu de naissance de la bienheureuse Katéri Tekakwitha. Ci-dessus: Sous les yeux attentifs de la sœur Katéri Mitchell, directrice de la Conférence Tekakwitha, et l’évêque de Syracuse, Robert J. Cunningham, Jake Finbonner, dont la guérison d’une maladie rare a été attribuée à l’intercession de la Bienheureuse Katéri fournissant ainsi le dernier miracle nécessaire à sa canonisation, remet une relique de la future sainte à une organisatrice de la conférence de l’an prochain qui se tiendra à El Paso, Au Texas. En bas: Jerry McDonald, Mohawk d’Awesasne, bat du tambour au cours d’une danse ronde à la conférence.

QUAND MICHAEL WITEK, du Conseil 616, de Memphis, au Tennessee, est décédé l’automne dernier, ses frères de conseil s’empressaient d’offrir leurs condoléances et leur soutien à sa veuve, Paula, une autochtone de la tribu des Cherokees. Les Chevaliers s’offraient même d’ouvrir la procession funéraire. « Ils étaient d’un soutien hors pair, a noté Paula Witek. Je n’ai même pas eu à leur demander. » Paula et Michael avaient prié pour la canonisation de Katéri tous les jours pendant près de deux décennies. « Dans mon esprit, la boucle est bouclée, a observé Witek. Tant de prières sont exaucées. » Lorsque des autochtones américains hésitent à faire partie des Chevaliers, Witek les encourage à s’ouvrir l’esprit. « Des deux côtés, on doit surmonter ses préjugés, a-t-elle noté. Je pense que la bienheureuse [Katéri Tekakwitha] fait partie de la solution, parce qu’elle plaît à tellement de gens. Elle peut vraiment servir de pont, tout comme elle l’a fait chez les tribus autochtones. » Au moins sept conseils des Chevaliers de Colomb portent le nom de Bienheureuse Katéri Tekakwitha, mais tous ne sont pas de culture autochtone américaine. La tare associée parfois à Colomb a, de fait, empêché beaucoup d’autochtones d’entrer dans l’Ordre. Mais, le diacre Alfred « Bud » Jetty, ancien député d’état du Dakota du Sud, croit que la réputation et les bonnes œuvres des Chevaliers devraient supplanter toute association négative. Membre de la tribu sioux de Spirit Lake, le diacre Jetty a œuvré pendant des années en vue d'en arriver à une réconciliation entre les grands courants de la société américaine et les autochtones américains. D’après l’expérience du diacre Jetty, les Chevaliers manifestent un grand respect pour les autochtones. « Je m’en rends compte par la façon dont ils traitent les gens, » remarqua-t-il, en ajoutant que l’Ordre a offert plus de 400 000$ pour un programme d’échange culturel entre les réserves du Dakota du Sud et les écoles publiques. Quand il est devenu député d’état, en 1991, le diacre Jetty y a vu un signe que « la Chevalerie constitue un organisme ouvert à tout le monde, peu importe votre race ou vos origines. » — Angela Cave

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Enjeux importants pour la vie au Massachusetts

Alors que le suicide sur ordonnance de médecins est présenté comme « mesure de compassion », catholiques et autres personnes témoignent de la véritable dignité de la vie.

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n novembre 1998, Patrick Matheny, de Coos Bay, dans l’Oregon, a reçu un colis de Fedex marqué « remettre en personne ». Il a attendu quatre mois avant de prendre les substances mortelles que le colis contenait. Les médicaments étaient admis par la loi conformément à la loi que venait alors de voter l’État et intitulée « Loi sur mort dans la dignité », qui permet toujours que quelqu’un puisse mettre un terme à sa vie en prenant ces capsules meurtrières. Matheny, qui avait 43 ans au moment de sa mort, était quasi paralysé par la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et incapable de s’administrer seul les barbituriques dans un mélange de breuvage au chocolat. Il a obtenu l’aide de son beau-frère, Joe Hayes qui, selon les rapports, tenait le verre pendant que Matheny buvait à l’aide d’une paille. Les autorités ont conclu qu’il n’y avait aucune violation de la loi dans le cas de la mort de Matheny, bien qu’on se soit interrogé à savoir quelle part d’aide pouvait être accordée à quelqu’un qui s’administrait des médicaments livrés sous ordonnance. 20 ♦ C O L U M B I A ♦

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Bienvenue dans le monde du suicide assisté par un médecin et ses réalités troubles. En 1997, l’Oregon est devenu le premier état à légaliser cette pratique. Son état voisin, le Washington, suivit l’exemple de l’Oregon en 2008. Le suicide assisté a alors été autorisé au Montana, l’année suivante, par le recours à un jugement judiciaire. Et maintenant, les électeurs du Massachusetts peuvent s’attendre à retrouver une demande semblable sur leur bulletin de vote en novembre prochain. Le sort et la mort de Matheny sont devenus assez bien connus, comme l’a signalé le journal The Oregonian et qu’a cité plus tard nombre de groupes. Quelque deux mois après la mort de Matheny, l’article de fond d’Erin Barnett a présenté l’évolution de son état d’esprit au fur et à mesure que ses capacités physiques se détérioraient. « Je crois vraiment que je peux encore faire quelque chose et avoir un but dans la vie », a remarqué Matheny dans l’article. « Alors l’heure n’est pas encore arrivée, et je crois que j’attendrai simplement d’en ressentir l’appel intérieur — ou de ne pas le ressentir. »

Thinkstock

par Justin Bell


Mais à un autre moment, il a remarqué également : « C’est à penser attendre trop longtemps qui me fait le plus peur. » Il comprenait qu’il en arriverait probablement à un point où il ne lui sera pas possible, physiquement, de prendre les médicaments, même si son esprit y était résolu.

mais soupçonné qu’il s’agissait de suicide assisté. Elles croyaient vraiment qu’il s’agissait de compassion et de choix à l’article de la mort. Eh bien, c’est très différent du suicide, » a ajouté Sullivan qui donne des conférences sur le suicide assisté d’un médecin et autres sujets connexes.

LA SOI-DISANT MORT DANS LA DIGNITÉ Tout comme la législation du nord-ouest du Pacifique, La Loi sur la mort dans la dignité du Massachusetts cherche à permettre aux gens, à partir de 18 ans, de s’administrer les médicaments mortels. Cette permission est accordée après qu’un médecin traitant ou un médecin-conseil détermine que l’individu est atteint d’une maladie terminale qui, « suivant un jugement médical raisonnable, entraînera la mort dans les six prochains mois ». Cette mesure exige que le processus soit « librement consenti de la part de tous les participants » et que l’adulte ait « la capacité de prendre des décisions quant à son bien-être. » Prenant soin d’éviter le terme « suicide », la pétition par scrutin stipule que le certificat de décès répertorie la maladie terminale comme la cause du décès. Au lieu du terme « suicide assisté », on a recours à l’expression « mettre fin à la vie du patient de manière humaine et digne ». L’initiative énonce même clairement que les actions posées conformément à la proposition « ne constitueront ni suicide, ni suicide assisté, ni euthanasie, ni homicide en vertu d’aucune loi criminelle du Commonwealth [du Massachusetts]. » Les opposants à cette mesure ont beaucoup à lui reprocher. Dans une homélie sur vidéocassette distribuée aux paroisses de l’Archidiocèse de Boston, le cardinal Seán O’Malley a noté : « Le projet de loi exige également que deux témoins attestent la compétence du patient. Mais l’un des deux témoins peut être un parfait étranger, et l’autre l’héritier du malade. Alfred Hitchcock pourrait faire des films avec ce genre de disposition. » L’initiative d’un scrutin était menée par un groupe de 15 citoyens du Massachusetts qui comprend des membres actuels ou anciens de la faculté de médecine de l’université Harvard, l’Union des libertés civiles (ACLU) du Massachusetts et l’organisme Compassion and Choices. En 2003, Compassion and Choices devenait le nouveau nom de deux groupes fusionnés, parmi lesquels la Hemlock Society USA, fondée en 1980. L’idée que l’initiative d’un scrutin au Massachusetts n’est pas très bien vue de M.C. Sullivan, infirmière, éthicienne et avocate employée par Covenant Health Systems, fournisseur de soins de santé dont le siège est à Tewksbury, au Massachusetts. « Il s’agit d’une initiative qui fut fondée par un groupe de gens qui poursuivent ces idées depuis un bon moment, note Sullivan. Les gens qui se rangent du côté de la « Mort dans la dignité » font partie d’un réseau national qui, depuis des décennies, tente de légaliser le suicide assisté. » Sullivan fait partie des gens qui ne sont pas d’accord avec cette collecte de quelque 80 000 signatures de citoyens visant à forcer la législature de l’état à prendre en compte la mesure proposée. Certaines plaintes ont été enregistrées voulant que la propagande associée à la collecte eût recours à des expressions ambigües comme « compatir avec les malades en phase terminale ». « Certains signataires de ces pétitions déclarent qu’ils n’ont ja-

ESPOIR POUR LES MOURANTS Par opposition au point de vue répandu dans le monde entier qui favorise l’autonomie totale sur sa propre vie et sa propre mort s’affiche l’enseignement catholique concernant le caractère sacré de la vie. S’exprimant sur la question du suicide assisté, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis a publié une déclaration en juin 2011 intitulée : « Vivre chaque jour dans la dignité ». En six pages, le document s’adresse à la menace continuelle contre la dignité humaine résultant de fausses notions de liberté et de compassion pour les malades et les mourants. « Les gens qui demandent la mort sont vulnérables. Ils ont besoin de soins et de protection. En leur offrant des médicaments nocifs on leur propose non pas une victoire pour la liberté, mais pour la pire forme de négligence. Un tel délaissement est d’autant plus irresponsable lorsque la société est de plus en plus consciente de l’abus des personnes âgées et autres formes de maltraitance et d’exploitation des personnes vulnérables, soutient la déclaration. L’idée selon laquelle assister à un suicide manifeste de la compassion et élimine la souffrance est tout aussi erronée. Elle élimine la personne et entraîne la souffrance de ceux et celles qui sont délaissés — les familles et les amis éplorés, ainsi que d’autres personnes vulnérables que cet épisode aurait menées à considérer que la mort est une échappatoire. » Pourtant la déclaration des évêques ne se limite pas à dresser une liste de problèmes associés au suicide assisté d'un médecin tel qu’il se pratique actuellement, telle la négligence à évaluer la maladie mentale et le manque de rigueur dans l’examen des circonstances entourant le choix que l’on fait de mourir selon la loi. Les évêques poursuivent plutôt en livrant un message d’espérance pratique et en démontrant que le respect de la vie n’exige pas que la vie soit prolongée par le recours à des traitements inefficaces ou « indûment accablants ». La déclaration note que les patients qui souffrent ne devraient pas se voir refuser les médicaments contre la douleur, même si l’on craint que certains effets secondaires puissent abréger la vie. « De fait, la douleur excessive peut abréger la vie, tandis que les soins palliatifs efficaces peuvent améliorer la durée ainsi que la qualité de la vie de quelqu’un, affirme la déclaration. Les soins palliatifs efficaces permettent également aux patients à s’occuper des affaires qu’ils n’ont pas encore réglées, pour en arriver à un sentiment de paix avec Dieu, leurs êtres chers et leur propre vie intérieure. Personne ne devrait écarter ce moment sous prétexte qu’il est inutile et insignifiant. » L’abbé Roger Landry, curé de la paroisse St. Bernadette et aumônier du Conseil Msgr. Jean Prevost 12380, de Fall River, au Massachusetts, note que les catholiques peuvent aider en commençant par prier et en s’occupant des personnes qui souffrent à la fin de leurs vies. Les soins palliatifs et « l’accompagnement humain ordinaire que tout le monde souhaite » deviennent un moyen beaucoup plus efficace que d’essayer de « tuer un patient qui souffre SEPTEMBRE 2012

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en vue de mettre fin à ses souffrances », souligne-t-il. L’abbé Landry note que les catholiques, et notamment les Chevaliers, se doivent « d’être au chevet de ces personnes, pour que les gens qui souffrent ne souffrent pas seuls ». Il insistait également pour dire que les personnes souffrantes ne devraient pas croire que leur mort constitue le meilleur moyen de dispenser leurs êtres chers de s’occuper d’eux. « Nous devons être présents auprès d’eux et leur dire que « Nous sommes là tant que le Bon Dieu ne viendra pas vous chercher, » a conclu l’abbé Landry. RÉPERCUSSIONS SUR LE PLAN NATIONAL Nombreux sont ceux qui croient que le Massachusetts a été ciblé comme état pivot en vue de favoriser la propagation du suicide assisté d’un médecin. Doté d’installations et de professionnels sur le plan médical, ainsi que d’institutions de hautes études, le Massachusetts a beaucoup d’influence sur le nord-est du pays et même au-delà. Si l’état prend la direction du suicide assisté, d’autres états pourraient plus facilement y souscrire. John M. Haas, président du National Catholic Bioethics Center (Centre national de bioéthique catholique), se souvient que lorsque la législation sur le suicide assisté d’un médecin a été entérinée en Oregon, l’un des chefs de file de la campagne avait déclaré que les tenants du suicide assisté avaient le Massachusetts comme point de mire. Hass a expliqué que si l’initiative passe au Massachusetts, il serait plus difficile d’écarter comme marginales les activités législatives de l’Oregon. « C’est la région des États-Unis — l’Oregon — où la pratique religieuse est la plus faible, et voilà le Massachusetts, avec une population catholique énorme qui a soudaine y voit clair dans ce genre d’affaires », remarque Haas, membre du Conseil Mater Dei 3129, de Newton Square Park, en Pennsylvanie. « Alors quand ils réfléchissent sur ce genre d’affaires sur le plan stratégique, ils prennent en compte toutes ces considérations. » Le cardinal O’Malley s’est d’abord exprimé publiquement sur cette question à l’occasion d’une « Messe rouge » en septembre 22 ♦ C O L U M B I A ♦

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JUSTIN BELL, membre du Conseil de Denver (Colo.) 539, est journaliste au journal de l’archidiocèse de Boston, The Pilot, et correspondant pour le National Catholic Register. Actuellement, il habite et travaille comme journaliste dans la région de Boston.

CNS photo/Gregory L. Tracy, The Pilot

Le cardinal Sean P. O’Malley prononce l’homélie dans la cathédrale Holy Cross de Boston. Le cardinal O’Malley a vivement condamné une proposition visant à légaliser le suicide assisté au Massachusetts.

2011. « Nous espérons, souhaite le cardinal, que les citoyens du Commonwealth ne se laisseront pas séduire par les vocables « de dignité, de pitié, de compassion » auxquels on a recours pour dissimuler la brutalité pure et simple que constitue le geste d'aider quelqu’un à se tuer, » note le cardinal. Depuis lors, l’archidiocèse de Boston a lancé un site Internet consacré à la question, comprenant une vidéo de l’homélie de l’archevêque qui a circulé dans près de 300 paroisses au milieu de février. D’autres mesures d’information sont prévues jusqu’au scrutin. Janet Benestad, directrice de la campagne éducative contre l’initiative, s’empresse de signaler que la situation ne devrait pas être vue du seul point de vue catholique. Beaucoup d’autres personnes de la communauté, y compris des groupes de citoyens et des défenseurs de droits des personnes handicapées, tout comme des organismes médicaux, telle l’American Medical Association et la Massachusetts Medical Society. « Il importe également de tenir compte du fait que 25 états ont déjà rejeté cette mesure depuis plusieurs années et pour de nombreux motifs, signale Benestead. Ils n’en voulaient pas dans leurs états, et il est important que les gens du Massachusetts demandent pourquoi. » Trois coalitions différentes du Massachusetts militent contre le putsch favorisant la légalisation du suicide assisté. Au sein de ces groupes se trouve la Massachusetts Catholic Conference MCC (Conférence catholique du Massachusetts) la branche des affaires publiques des évêques représentant les quatre diocèses de l’état. Parmi ses rôles importants, la MCC doit assurer la clarté de langage de la pétition. « Il s’agit justement de voir à ce que la terminologie exprime exactement ce dont il s’agit, à savoir que « Mourir dans la dignité » prescrit l’administration d’une dose de médicaments en vue de mettre fin la vie d’une personne, » précise Peter McNulty, directeur adjoint du secteur politique et recherche de la MCC et membre du Conseil Dedham 234. L’abbé Landry propose un plan en trois points pour aider les conseils des Chevaliers de Colomb à collaborer au mouvement : prier, se renseigner sur les questions en litige et mobiliser les membres. Il ajoute que les Chevaliers de tout le pays peuvent prier pour le Massachusetts et se mettre à l’œuvre au sein de leurs états pour qu’ils en arrivent à bâtir une culture qui « soutient la vie à ses extrêmes les plus vulnérables ». « Les Chevaliers de Colomb se sont déjà distingués comme champions de la vie et protecteurs de nos frères et sœurs à naître, note l’abbé Landry. Mais, maintenant, ils sont appelés à devenir les défenseurs de nos frères et sœurs aînés dont les vies sont dévaluées et menacées par le putsch favorisant l'administration de la mort sur ordonnance du médecin. » Pour obtenir de la documentation de l’Archidiocèse de Boston et de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, visiter les sites suicideisalwaysatragedy.org et usccb.org/toliveeachday.♦


D E S P È R E S P O U R B I E N FA I R E

La foi et le terrain de football Le sélectionneur de l’équipe championne du dernier Super Bowl reconnaît que ses racines catholiques y sont pour quelque chose s’il est devenu un bon dirigeant d’équipe par Wally Carew

AP Photo/Paul Jasienski

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urant son enfance, la personne la plus inébranlable ces femmes remplies de foi qu’étaient les Sœurs de St. Joque Tom Coughlin ait jamais rencontrée n’était pas seph ». l’intimidant du terrain de jeu, le p’tit malin de l’autobus Qui plus est, ces valeurs ont été les assises d’un mariage d’écoliers ou certains de ses amis chamailleurs. Pas du tout. solide dans la foi. Sa femme, Judy, et lui, compagnons de La personne que le jeune Coughlin respectait et craignait classe au secondaire, sont mariés depuis 46 ans. Ils ont à la fois était une toute petite reliquatre enfants adultes et 10 petitsgieuse de Saint-Joseph, stricte sans enfants. faille en matière de discipline, dotée La formation qu’a reçue Coughlin d’yeux clairs et pénétrants et un lui a appris les valeurs des sacrecœur grand comme le monde. Elle ments et de la doctrine chrétienne. s’appelait Sœur Rose Alice. « Nous apprenions qu’il n’y avait pas « Elle était la plus dure, la plus rad’actions sans conséquence, a-t-il repide, pouvait frapper une balle plus marqué. En fin de compte, il existe loin et avait la langue la mieux penun tribunal, un juge et un jury plus due que quiconque », note Coughimportants. Je suis loin d’être parlin. fait, et ça a toujours été vital pour À 66 ans, Coughlin sait un peu ce moi d’être conscient du fait qu’on ne qu’est la ténacité. En tant que sélecpeut se cacher de Dieu. Être un faux tionneur des Giants de New York, jeton ce n’est pas possible. » Coughlin est un maître exigeant et Coughlin est devenu le premier minutieux reconnu pour sa compésélectionneur de l’équipe d’expantitivité enflammée, ayant mené son sion, les Jaguars de Jacksonville, et équipe à deux championnats du ce, pendant huit ans, avant d’accepSuper Bowl au cours des cinq derter d’être premier instructeur des Le sélectionneur des Giants de New York, Tom nières années. Giants de New York, en 2008. Coughlin tient le trophée Vince Lombardi, à la Thomas Richard Coughlin était Tout au cours de ces péripéties, la suite du Super Bowl de la NFL, le 5 février l’aîné de sept enfants qui ont grandi foi et les valeurs que Coughlin avait 2012, à Indianapolis. à Waterloo, un village de 5 000 haapprises au cours de sa jeunesse ont bitants situé dans la région enchanteresse de Finger Lakes été mises en application durant sa carrière en football. dans l’État de New York. Son père, Lou, travaillait dans « Jetez un coup d’œil dans le vestiaire. Il a inspiré chaque un dépôt militaire. Sa mère, Betty, qui n’était pas catholi- joueur en particulier à jouer non seulement pour luique, se donnait beaucoup de peine pour voir à ce que ses même, mais pour toute l'équipe », notait le P.D.G. des enfants accomplissaient leurs obligations religieuses. Giants, Steve Tisch. « En réalité, a remarqué Coughlin, ma mère était plus Faisant la rétrospective de sa vie et sa carrière, Coughlin catholique que quiconque. Chaque dimanche, elle voyait a affirmé qu’il aimerait qu’on se souvienne de lui comme à ce que nous soyons habillés et prêts à partir pour la quelqu’un de « juste, ferme, honnête et exigeant ». messe. » Révélant un cœur tendre sous un extérieur tenace, il En tant qu’élève à l’école St. Mary de Waterloo, et ajoutait qu’il est surtout fier quand d’anciens joueurs recomme servant de messe à l’église St. Mary, Coughlin a viennent lui rendre visite. « Ils me remercient de les avoir reçu une formation catholique solide sous la tutelle des aidés à arriver au sommet de leurs capacités, tant au jeu Sœurs of St. Joseph. que dans la vie, avoue Coughlin. Ce sont des moments ex« Elles étaient totalement dévouées à Jésus Christ, la foi ceptionnels. Homme à homme. Difficile d'avoir mieux ».♦ catholique et au bien-être de chacun et chacune de leurs élèves », a rappelé Coughlin. « Celui que je suis devenu WALLY CAREW, membre du Conseil 129 de Randolph, au aujourd’hui est le résultat des valeurs que m’ont apprises Massachusetts. RETROUVEZ D’AUTRES ARTICLES ET RESSOURCES POUR LES HOMMES CATHOLIQUES ET LEURS FAMILLES À PERESPOURBIENFAIRE .ORG

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véritable réseau social

Le St. Joseph’s Youth Camp donne l’occasion aux jeunes de se déconnecter de la technologie et de se rebrancher entre eux par J.D. Long-García 24 ♦ C O L U M B I A ♦

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as de télé. Pas de « cells ». Pas de jeux videos … Hallucinant.

LOWER LEFT: Photo by J.D. Long-García — OTHER: Photos by Amy Vogelsang

Chose étonnante! C'est ainsi que décrivaient leur expérience d’une semaine bien campée les enfants qui en avaient fait l’expérience d’une semaine, parmi les pins à quelque 48 km au sud de Flagstaff en Arizona. Les Chevaliers de Colomb sont devenus responsables du camp en 1950 et, pour tout dire, ils désirent que des enfants puissent vivre « l’expérience traditionnelle d’une colonie de vacances ». Du moins, c’est ce qu’en dit Rick Large II, président du conseil d’administration et membre du Conseil Father Salinas 11536, de Mesa. Pour la première fois depuis des années, le camp, à but non lucratif, était rempli au maximum de sa capacité toutes les semaines de juillet — c’est-àdire quelque 80 campeurs par semaine, sans compter les moniteurs et autres membres du personnel. « C’est une colonie traditionnelle, avec feu de joie, chevaux, et rempli d’air frais, » a remarqué Large, qui s’est épris du site St. Joseph dès se première visite. Il notait que la colonie ne se limite pas

aux catholiques, et encore moins aux gens en moyens. Comme président du conseil, il voit à assurer que des enfants de tout milieu économique puissent faire l’expérience de la colonie — y compris les enfants sans gîte. Cette année, un des campeurs s’est présenté avec les orteils qui se pointaient au bout de ses espadrilles. Quelle que soit leur vie familiale, tous les campeurs sont traités sur un pied d’égalité. ATTRAPER LA FIÈVRE DE LA COLONIE Durant la troisième semaine de juillet, les parents faisaient la queue à l’église Our Lady of Mount Carmel de Tempe, dans la banlieue de Phoenix. C’était le premier jour de la troisième session de la colonie, cette année. Le thermomètre touchait près de 38°C et certains enfants — âgés de 8 à 12 ans — faisaient la moue. La plupart

Ci-contre: À l’une ou l’autre semaine de juillet, quelque 80 campeurs et 10 moniteurs se rencontraient au St. Joseph’s Youth Camp dans le nord de l’Arizona. La colonie de vacances, soutenue par les Chevaliers de Colomb, constitue un endroit où les jeunes peuvent nouer des amitiés qui durent.

restaient dans leur coin. Par contre, les moniteurs, de jeunes bénévoles qui accompagnent les campeurs au cours de la semaine arboraient de larges sourires. Ils savaient à quel point les enfants changeraient d’humeur durant leur expérience d’une semaine et se délectaient presque les attitudes négatives des premiers moments. Les enfants avaient leurs doutes. Une semaine? En pleine forêt? Vraiment? Une fois montés dans l’autobus, les gestes de félicitations abondaient. L’esprit de fête s’est poursuivi lorsque les campeurs furent descendus de l’autobus deux heures et demie plus tard. Le temps était plus frais de 14 °C, la colonie étant située à 2 164 m au-dessus du niveau de la mer. Après une série de jeux pour briser la glace, les membres du personnel ont présenté une saynète en guise de présentation des règlements. Ils insistaient autant sur l’effet destructeur du langage négatif que sur le danger des incendies en forêt. Aussi, aucun détritus. Et les sucreries sont interdites dans les chalets. « Pensez-vous qu’il soit bon pour les suisses de manger des quilles? » demande Alyssa Fresh, une collégienne membre du personnel. « NON! », répondent en chœur les 82 campeurs. « Et voilà pourquoi nous ne pouvons pas manger de friandises dans les chalets, » reprend Alyssa Fresh, d’un ton taquin. La jeune Fresh vient d’une famille nombreuse de Lake Havasu, en Arizona, et est d’abord venue comme campeuse en 2006, grâce à des bienfaiteurs. Elle était parmi 12 membres du personnel animé par le directeur de la colonie, Brian Byrnes, membre du Conseil St. Anthony of Padua 9838, de Wickenburgh, en Arizona. Le personnel travaille aux côtés d’une trentaine de moniteurs adolescents qui voient à ce que les campeurs reçoivent toute l’attention dont ils ont besoin. Les 12 chalets dont est pourvue la colonie accueillent les jeunes selon le sexe. Le règlement de la colonie voit à ce que les garçons ne s’introduisent pas dans les chalets de filles, et inversement. « Les gars sont « bleus », les filles sont « roses ». Ne faites pas de violet », explique le directeur Large, président du bureau de direction. « Alors, tout est assez clair. Personne ne manque au règlement, parce que personne ne veut être renvoyé à la maison. » Les cellulaires sont également interdits. Durant une des semaines, les membres du personnel ont confisqué 12 téléphones. La deuxième journée du séjour, les membres du personnel faisaient un tour du propriétaire aux jeunes. Rendus à la bordure de la propriété, les membres du personnel, Wren Lapansky et Emily Wilson ont raconté des histoires effrayantes, profitant de l’ambiance propice au style poétique. Les histoires font en sorte que les jeunes se souviennent d’où il est permis d’aller et d’où c’est interdit. Il y a des bûcherons d’enterrés ici, et c’est donc une terre hantée, évidemment. Et vous ne voudriez pas passer quelque temps avec des fantômes, alors il faut éviter cet endroit. (…) Autrefois ici il y avait un pont de troll. C’est-à-dire jusqu’au jour où le troll l’a détruit. Alors vous ne voudriez pas vous faire manger par le troll. (…) Sans compter qu’il y a aussi des nounours assassins aux yeux rouges — il faudrait les éviter également, parce qu’ils nous causent toujours des ennuis. Pendant que le groupe faisait le tour de la propriété de 77 m2, les SEPTEMBRE 2012

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avoue-t-il. Crimmins, qui fait partie Corps d’entraînement des officiers de réserve de l’armée de l’air des États-Unis à la North Arizona University, partageait des connaissances de base en région sauvage. Son enseignement comprenait une espèce de chasse au trésor à l’aide d’une boussole. Même si l’activité était agréable, les jeunes se sont vite penchés sur une question beaucoup plus importante : « Qui est le plus grand? » Et sans aucune précision, ils ont pris leurs mesures, comme le font les garçons. Au cours de la troisième semaine, Crimmins a avoué que la semaine la plus dure avait été la « semaine des ados » — les sept jours durant lesquels la colonie St. Joseph accueille les campeurs adolescents. Les jeunes arrivent de partout en Arizona et même de Californie, et ils ne s’entendent pas toujours, du moins pas au début. Un des moniteurs, Timothy Ruane, a noté que le fait d’avoir presque le même âge que les campeurs avait été dur. Même si le fait d’être ados eux-mêmes présente un défi pour certains moniteurs, il arrive par contre qu’ils puissent en tirer des rapports plus directs avec les ados. « M’y voilà maintenant et j’en suis heureux, » a conclu Ruane qui était venu à la colonie il y a trois ans, grâce à une bourse des Chevaliers de Colomb. Jusqu’à maintenant, il a avoué qu’il ne voulait pas partir de la colonie à la fin de l’été. Quand se présentent des problèmes, les moniteurs les abordent de front, en se soutenant les uns les autres et en consultant les membres du personnel. Le directeur Byrnes a rappelé que, cet été, l’un des campeurs parmi les ados voulait rentrer chez lui au début de la semaine. Après avoir 26 ♦ C O L U M B I A ♦

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passé un peu de temps avec l’ado, les membres du personnel se sont aperçus qu'un garçon de son chalet le harcelait — quelqu’un de son voisinage qu’il connaissait. L’équipe a pris quelques dispositions, déménageant les jeunes dans des chalets différents. Et voilà. Le garçon est resté toute la semaine avec bonheur. L’ART D’AMÉLIORER LA VIE « Moralement, il est important que ces jeunes viennent ici, » a avoué Byrnes. « C’est peut-être la seule occasion qui leur permettra de demeurer sur la bonne voie. » Le seul fait d’être écouté et d’être respecté par leurs semblables transforme les campeurs. Les jeunes s’amuseront à faire des choses qu’ils n’ont jamais faites auparavant et qu’ils ne feront plus jamais. À l’écurie, quelque vingt campeurs ont tenté leur chance en équitation. Ils ont attaché leurs casques et attendu d’être appelés à leurs montures. « Alors, passe la jambe au-dessus du cheval et place ton pied dans l’autre étrier, » indique l’instructeur à l’un des garçons. « Pas capable, » réplique le garçon. « Ici, pas capable, ça n’existe pas, » crie l’instructeur en retour. Et voilà que le garçon monte le cheval et fait une agréable randonnée. « Au début, il est difficile d’en arriver à faire s’exprimer les jeunes timides, » note Will Giannola, le directeur adjoint. Membre du Conseil Blessed John Cardinal Newman 7513, de Flagstaff, Giannola est d’abord venu à St. Joseph il y a 15 ans, comme campeur. « À la fin de la semaine, [les enfants timides] n’arrêtent pas de parler, » a-t-il précisé. Les parents se rendent compte également des changements, d’après Large, le président du conseil. Certains parents lui avouent que leurs enfants reviennent convertis. En effet, depuis lors, ils mangent des légumes. « Quand les enfants repartent d’ici, je vous jure qu’ils repartent d’un endroit plus agréable que lorsqu’ils y sont arrivés, a assuré Byrnes. Même les jeunes de bonnes familles ont besoin de ce genre d’attention. » Alexandria Saquella, récente diplômée de l’école secondaire était du personnel comme chef monitrice. Chaque matin, elle rassemblait les campeurs pour la levée du drapeau, le serment d’allégeance et la prière. Elle demandait également un bénévole pour diriger la prière avant chaque repas. Campeurs et moniteurs de diverses traditions religieuses animaient la prière durant tout l’été. « Mon travail ici m’a fait prendre conscience des talents de chef que j’ai, » a remarqué Saquella. Il en va de même de plusieurs autres jeunes qui séjournent au camp. En se voyant enlever leurs distractions technologiques, les jeunes sont obligés d’être attentifs à leurs copains. Ils en découvrent que leurs pairs sont beaucoup plus intéressants que leur iPod. « Nous n’avons ni « cells » ni autre type de technologie, a noté Saquella. Nous nous en écartons et nous nous concentrons sur les relations. » Et les amitiés qui en résultent ne seront jamais périmées.♦ J.D. LONG-GARCÍA est rédacteur du Catholic Sun, le journal du diocèse de Phoenix.

Photo by JD. Long-García

jeunes se demandaient entre eux s’ils croyaient l’histoire du troll. « Je ne sais pas, dit l’un d’entre eux, c’est la première fois que je viens ici. » Ce n’était que le jour deux, et les jeunes parlaient déjà de revenir l’année suivante. De retour au mess, l’un des garçons s’agitait à la table de billard. « Hé! Baisse de ton, » lui lance Zach Crimmins, préposé au programme. Le campeur prête l’oreille et se calme sur-le-champ. Qui aurait cru que Crimmins était à St. Joseph pour la première fois. « Dès mon arrivée ici, j’ai attrapé le « virus ». Je peux comprendre pourquoi d’autres membres du personnel reviennent ici pendant des années et pourquoi ils estiment que c’est leur résidence secondaire, »


BOTTOM LEFT: Photo by JD. Long-García — OTHER: Photos by Amy Vogelsang

Rick Large II (ci-contre), président du conseil d’administration du St. Joseph Youth Camp, s’entretient avec le parent d’un campeur à la paroisse Our Lady of Mount Carmel, de Tempe, le 15 juillet. • La colonie offre des activités que certains enfants n’ont jamais expérimentées jusque-là, telles que le tir à l’arc, le kayak et l’équitation. Les campeurs font également de l’artisanat au cours de la semaine, y compris la gravure de leurs « sobriquets de campeurs » sur leurs étiquettes de cuir.

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LE PRIX DU CONSEIL ÉTOILE

Le prix du Conseil Étoile Pour l’exercice fraternel 2011-2012, un total de 1079 conseils a mérité le Prix du conseil Étoile, la plus haute distinction accordée aux conseils locaux. ces conseils, sous la direction des grands chevaliers ci-nommés ont mis en œuvre les programmes de bienfaisance et les programmes fraternels dans le cadre du programme « S’élever … en servant ». ils ont aussi réalisé leur objectif à atteindre en recrutement et assurance. chacun de ces conseils recevra du conseil suprême une plaque gravée pour reconnaître leurs réalisations. De ces conseils, 362 ont mérité le prix du conseil « double étoile » pour avoir réalisé 100 % de leur objectif à atteindre en matière d’assurance et 200 % de leur objectif à atteindre en matière de recrutement. les chiffres en rouge indiquent les conseils qui ont mérité ce prix. De plus, 3097 conseils ont mérité le Prix colombien pour l’excellence de leurs programmes; 2783 conseils ont mérité le Prix de l’abbé McGivney pour avoir réalisé leur objectif à atteindre en matière de recrutement; et 2082 conseils ont mérité le Prix du Fondateur pour avoir réalisé leur objectif à atteindre en matière d’assurance.

764 893 5597 9676 10903 11480 12618 13085 13152 13163 13174 13367 15247

Gregory D. Olsen Wallace M. Sadler Jr. Terry C. Taylor Ronald E. Holmes Isaac N. Williams George C. Miller John M. Hahn Sr. William A. Giattina John A. Bares Edward G. Ferniany Thomas M. Hayward George T. Kruse Edward S. Zanaty Jr.

ALABAMA

1760 Robert B. Tonkin

ALASKA

6994 8470 10986 12353 12658 14497

Kelly D. O’Hare Rick O. Finzel Ronald M. Starko Grant M. Mann Julien J. Bilodeau Aleksander A. Gurgul

ALBERTA

6848 Douglas K. Doonan 7114 Lawrence G. Costanzo 7306 Alfred S. Wims 7465 Joseph M. Danko 8305 Larry J. Lickfelt 8813 Jeffrey J. Wild 10062 Thomas Y. Kato 10799 Robert H. Bridges Jr. 11738 Anthony A. Balestrieri 11855 William Barrett III 12164 Larry F. Bleichroth 12345 Mervyn R. Stuckey 12449 Nicola F. Gaudio 12696 Terry R. Lingrel 14121 Richard J. Sauerbrey 14230 Robert McLaughlin 14357 Christopher J. Hopkins 15001 Jim P. Doorley 15376 Peter B. Herra ARIZONA

28 ♦ C O L U M B I A ♦

5209 6419 6609 7258 9777 10208 12082 12875 14609 14619

Johnny R. Wiedower Dennis L. Bosch Joseph D. Beffa Ronald L. Anderle Donald J. Chaffin David E. Johnston A. Lewis Germany Jr. Philip A. Savage Raul Castilla Charles J. Digiacomo

ARKANSAS

1658 1740 1920 2956 3148 3254 3523 3583 3629 3667 3773 4017 4060 4229 4588 4728 4901 4981 5385 6043 6922 6965 7164 7268 7663 7683 7987 8879 9206 9530 9667

Efren C. Ramos Kennith M. Hall Gregory L. Granja Edward D. Franger Richard B. Marciniak James L. Tiedeman Gilbert J. Rodriguez William E. Irwin Robert A. McNerney Jose A. Villaman Jeffrey S. Patino Eric M. Rosas Terry A. Gotowka Kenneth R. Arguelles Terry R. Lucchesi Ruperto P. Ubaldo James Diego Reed Robert H. Rolufs Abraham James Timothy B. Tuttle Norv B. Latreille Robert S. Rebollar Patrick D. Embody Timothy J. Wade Richard J. Trevors Robert O. Brown Michael J. Queenan Andrew J. Ganse Richard R. Esposito Tony H. Lomas Thomas C. Leeman Jr. James M. Figueredo Mark A. Rahall John K. Springer John C. Clark Sr.

CALIFORNIE

9679 9710 9740 10512

SEPTEMBRE 2012

10667 10802 10948 11829 12587 12853 13111 13124 13179 13195 13311 13899 14007 14158 14292 14541 14550 14554 14581

14818 14927 15034 15076 15242

Troy A. Asher Frank X. Tooker Theodore J. Cordano John J. Corcoran Armando R. Vasquez Toby E. Laufer Anthony Gonzalez Kevin B. Casey Howard W. Tank Jose V. Alas Gregory A. Hastings Kenneth J. Landoline Raymond J. Forgette Richard M. Stuart Rudy A. Bravo Robert M. Tierney Rodolfo Torres Sr. Steve A. Aquilino William F. Lichtenstein Eduardo I. Palomar Edgar Antonin M. Sipin Carlito P. Dimla Frank T. Morrall Peter J. Nelson

1074 Kenneth R. O’Leary Sr. 3303 Leo Minervini Jr. 4600 Jay W. Van Hoose 4660 Wayne J. Kleven 5487 Alan J. Wesenberg 6451 Richard E. Angell 7232 William E. Lenz 9709 Kent D. Siefkes 10504 Joseph A. Michalski 10505 Paul B. Sparrow 10852 Charles R. Elgin 11101 Walter A. Kulla Jr. 11102 Jeff B. Mathews 11234 Vincent J. Govan 13812 Ray C. Anderson 15085 Stanley F. Finn 15250 Robert J. Hambly Jr. CAROLINE DU NORD

1668 3067 5026 5086 6756 7062 7122 8123 8295 8790 8900

Richard A. Cortese Colin S. Peterson Terry P. Buquet Albert J. Cieslak Jr. Billy P. Rife Jr. Sherrill E. Wilcox Leonard A. Recchia James E. Gunter Richard A. Heithaus Gary E. Marshall Alphonso McCutchen Sr. William H. Larkin Leonard M. Williams John M. Macioce Russ E. Whited Gary L. Bays Frederick J. Kellisch Joseph A. Kinney John J. O’Neil

CAROLINE DU SUD

9184 9672 10819 11991 13112 14475 14892 15223 5282 6767 6855 8394 9125 10681 14652

Ely G. Abecia Zoltan Louis Vertes Edgar C. Ursua Harold T. Francis Priscilo Tetangco Peter R. Sobrinho Denis F. Faucher

COLOMBIE-BRITANNIQUE

3434 Anthony A. Cisneros II 4732 Franklin C. Zadel 5757 Jeffrey C. Cole 7880 Leonard M. Bertagnolli 8909 Alex R. Onda 10205 Leonard V. Micek 10937 Paul Sciera 10961 Philip T. Georgen 11730 Kerry W. White 12020 Clyde R. Labriola 12228 Robert J. Knapp COLORADO

12335 12392 12720 12979 13131 13221 14398 14688 14898

Oscar T. Valdez Jr. Joseph G. Leyba Arthur Padilla Eric Scott Ditch William H. Remy Randolph J. Stimac Martin J. Mohr Brian J. Wallace Richard J. Chopyak

6 Anthony C. Gumkowski 7 John R. Mcnickle 11 Jaime Morales 48 Robert L. Nelson Jr. 1090 James C. Lajewski 1253 Stephen D. Haywood 2336 Carl T. Holte 3037 Dennis S. Costello 6376 Peter J. Dlubac 7738 Neil S. Miller 10705 William J. Long 11010 Eufemio Vasquez 11913 Craig A. Worster 13424 Mark J. Greene 14216 Richard L. Youmans 14546 Joseph A. Settanni 14664 Michael A. De Gregorio CONNECTICUT

6465 Brian D. Heger

DAKOTA DU NORD

5029 Patrick J. Powers

DAKOTA DU SUD

7297 Dennis A. Huss

DELAWARE

433 Brandon J. Brown 9386 Byron A. Wilson 11302 Otto E. Heck

DISTRICT DE COLUMBIA

1726 1895 1951 2075 5150 6265 7091 7109

Cesar A. Armstrong Roy D. Gorski Harold E. Kelly Michael P. Gizewski Kenneth A. Polster William A. Gamble Steven D. Siesel Kenneth E. Seguin Sr. Glen A. Borges Mitchell S. Kraft Edward C. Barthle Sebastian P. Almazan Thomas V. Doyle Jean Pierre Chacon Robert A. Petrelli Stephen D. Kerlin Ramon Balderas Charles P. Vincent Joseph A. Irene William P. Collins Robert E. Smith Dan K. Mc Kinnon Richard T. Brown Michael J. Kujawa Thomas C. Mullally Neil B. Frost George A. Wahl Kenneth W. Turcotte Francis W. Durnin Sr. Robert E. McKeen Stephen G. Florio Peter Siano Thomas J. Burger Peter P. Capece Ronald F. Wright Ronald F. Kosey William R. Teska Richard L. Mills Roger D. Lynn Thomas J. Stewart Richard C. Mendoza Walter R. Howell Jr. Gerald H. Tegler Francis J. Burke III

FLORIDE

7380 8838 9720 10055

10157 10201 10626 10850 11036 11046 11079 11177 11226 11497 11673 11830 12155 12178 12196 12306 12664 12873 13018 13118 13153 13240 13277 13307 13657 13676 13907 13996 14132 14202 14203 14222

14456 14485 14573 14697 14717 14848 14998 15007 15132 15154 15224 15225 15332 15357 1939 4410 5484 6517 6532 7923 8376 8731 9792 9923

Wayne D. Clegg Dana H. Rossignol Gerald F. Grillo Ernest M. Mitchell John A. Harrison Matthew A. Kuschel Humberto Duarte Phillip M. Keane Ben Parker Donald F. Kosling Rafael Acosta John T. Conroy David E. Altwies Richard M. Gerst Anthony M. Albenze William P. Adams Karl L. Stevens David Labbe Thomas A. Albers Hubert J. Gardiner Gary E. Sherman Richard A. Parcels Jr. Richard A. Kennel Christopher M. Werner Robert L. Hudson Daniel B. Carfang William D. Leach Richard J. Ooten Stanley Wasowski Paul A. Sherman David C. Pierman James R. Tegl David C. Swint Curtis Weeks Richard M. Kobylski Robert M. Muniz James C. Collins Michael T. Basak William L. Bapst Jr. Richard L. Allman Kenneth J. Rovneyko Michael R. Williams

GÉORGIE

10355 10362 10632 10633 11402 11676 12126 12287 12905 12942 13204 13217 13808 14122 14348 14425 15238 15305 1389 1397 2014 8283 12172

Tsg Gregory V. Nau Jeffrey M. Finken Donald J. Behrendt John S. Williams James Arnold Van Dinter 15304 Stacy D. Carhart IDAHO

658 716 1077 1555 3738 3800 4024 4849 5572 5918 6964 6985 7527 7694 8021 8365 9266 9689 9893 10276 11100 11112 11223 11666 11874 12801 12863 13103 13123 13197 13448

Glenn A. Wells Stephen P. Bein James S. Hauert David C. Harms Richard L. Vath James L. Schreiner Matthew F. Piescinski Ty Simmons Jacob E. Nice Darren J. Di Maria Laurence F. Bretz Monty R. Murphy James R. Glennon James E. Kasarda Steven F. Schutz Robert J. Tretina Joseph A. Willis Mark G. Brinkman Ronald L. Metty Justin M. Weiler Richard L. Mette Kenneth M. King James A. Mack William J. Byrne Jr. M. Tod Melton Corey C. Schoenherr Rodney B. Lechwar Scott M. Wiesbrook Clark E. Farrell James R. Zinck Thaddeus Z. Nowokunski 13476 Clarence J. Gburek 14171 Thomas J. Casey 14463 Robert E. Skidmore Sr. ILLINOIS


LE PRIX DU CONSEIL ÉTOILE 14562 14795 14825 15168 15175 15296 15422 1014 1166 4620 5929 7555 7839 8052

David M. Prete Timothy J. Higgs Edgar A. Gonzalez Dennis J. Regan John C. Fruin Joseph M. Vaikutis David A. Jenkins

Jeffry W. Young James T. Parsch II Roger A. Zellers Peter D. Gage James Cole Michael C. Tackett Joseph T. Hennekes Sr. James W. Premeske John L. Becker Jr. Edward L. De Witt Mark E. Michuda William R. McCullough Robert J. Evanich Thomas A. Quick Nicholas S. Jose Sr.

INDIANA

10811 11353 12510 13142 13968

14449 14673 14895

644 1305 2021 2326 3900 4208 5389 5660 7459 7896 8114 8592 8702 10761 10864 12334 12422 12432 12438 12674 12855 13084 13109 13160 14029 14267 14385 14393 14987 15060 15254

Hugh F. O’Hagan James A. Weigand Dan Duitsman Steven C. Becker Donald D. Kenkel Brett S. Robinson Larry C. Henriksen Roger D. Cramer Roger E. Griffith John P. Roisen John T. Greubel Dick W. Danielson Nicholas J. Gannon Jacob L. Wetter Kevin M. Nulle Arthur G. Halstead Carson P. Luger Eric J. Schurr Thomas J. Danner Ted E. Cramer Patrick L. Vogt Jimmie L. Puck Martin J. De Decker Jeffrey D. Klucinec Terrence J. Smith Pedro A. Ceballos Paul G. Kaefring Phillip M. Grothus Eric L. Moellers Jeffrey A. Wellik James D. Carter

534 657 727 900 1370 1832 2408 2608 2609 3146 4254 4708 5328 6817 6984 7426 8196 10407 10834 10932 11661 11777 12546 12577 12932 13012

Jack W. Figgs James L. Mees Timothy L. Helmer David A. Campbell Marcos Martinez Jr. Stuart J. Bachamp James C. Maurer Jose P. Hernandez Robert A. Popelka Thomas M. Phalen Timothy R. Bauer Robert J. Seghers Joshua D. Ebenkamp Lewis J. Scully Rocky Feltis Ernie E. Raugewitz Douglas E. Mergen Adam M. Lang Thomas E. Smith Scott T. Buescher Kelly G. Mages Lino S. Munoz Steven W. Kerr Joseph E. James John W. Schulz Galen D. Greenwood Matthew M. Deters Bradley G. Predmore Daniel L. Culbertson Sean M. Robinson

IOWA

KANSAS

13087 13354 14218 15134

5453 Michael P. Madden 5634 Charles R. Costello 7831 Charles R. Buchanan Sr. 11132 George V. Hayden 12774 Joseph S. O’Bryan Sr. 13053 Richard D. Scherrer 13917 Gary C. Weil KENTUCKY

1286 1437 2732 3012 3411 3743 8342 9240 10645 12529 12906 12989 13425 13632 14542 14614 15133

Joseph P. Hebert Eric J. Snyder Joseph A. Rotolo Sr. Robert D. Kenvyn Douglas B. Kariker Samuel Mistretta Corey J. Orgeron Larry S. Fertitta Tyrone M. Stewart William R. Rossignol Charles B. Foy David J. Guttierrez Larry L. Jones Faustino S. Dalmau Tyrone L. Bufkin Stephen R. Peterson Leslie T. Bascle

LOUISIANIE

1000 Diosdado A. Sapo 3696 Candelario F. Suase 3710 Mario E. Mangulabnan 3887 Reynaldo B. Gonzales 3939 Rolando A. Bago 4278 Benedicto T. Tiotuico 4317 Wilfredo M. Robles 4610 James L. Layaoen 4640 Jesus T. Antonio 5234 Francis B. Duque 5377 Benito U. Romena 5507 Julio V. Romabiles 5576 Francisco P. Ganzon 5622 Arfelcris A. Tapalla 5681 Ricardo G. Pena 5773 Manuel M. Salazar 5922 Raymundo C. Soliman Jr. 5996 Mariano T. Machacon 6060 Edgardo P. Ibay 6116 Romeo A. Cuesta 6122 Leandro Reyes Marquez Sr. 6185 Paquito A. Santos 6238 Gabriel Picasso M. Siapno 6259 Tagumpay P. Ramirez 6303 Ramel S. Villamil 6387 Ignacio M. Solitario 6502 Antonio D. Gener 6613 Manuel C. Santos 6681 Ponciano T. Ubaldo 6843 Jerome B. De Asis 7178 Nicanor M. Garcia Jr. 7286 Lope T. Trajeco Jr. 7400 Ronaldo L. Mendoza 7618 Reynaldo T. Santos 7631 Paul B. Dayao 7686 Jose B. Oyco 7844 Bernardino B. Cruz 7957 Teoeilo A. Samson 8210 Crispin C. Coronado 8219 Alvin C. Novicio 8447 Wilfredo A. Lavarias 8449 Quirino C. Macapallag 8693 Flavio Apilado Pacheco 8724 Reynaldo R. Santiago 8751 Jorge Gateria Telles Jr. 8754 Eduardo D. Torne 8996 Carlos C. Teodoro 9353 Ramon M. Cruz 9366 Sergio C. Dela Cruz 9414 Jose B. Corpuz 9440 Alfredo A. Balcora

LUÇON

9468 9591 9934 10103 10227 10399 10438 10550 10582 10639 10734

10735 10737 10738 10971 11183 11289 11519 11765 11791 11847 11931 11953 11971 11996 12051 12125 12308 12370 12513 12549 12625 12762 12770 12810 12890 12908 13213 13548 13668 13722 13725 13774 13776 13919 13949 13985 14020 14137 14160 14381 14405 14467 14592 14708

14876

14904 15079 15139 15370

15387

Lino R. Garcia Cesar D. Tongco Edgar H. Raquinel Harry S. Brill Alex Tomagan Balmadrid Ernesto Briz Taduran Amado V. Alcantara Marcial R. Garcia Jr. Rufino C. Dela Cruz Ricardo B. Jose Rolando M. Sebastian Roberto M. Santos Edgardo S. Felipe Manuel P. Soriano Jerry N. Lucena Leon B. Apostol Antonio C. Paragas Nelson B. De Castro Ruperto Q. Meneses Isagani M. Cortes Frichard D. Policarpio Fernando S. Timbang Pablo L. Gabrinao John N. Nadua Atanacio I. Gutierrez Manolito S. Reyes Ernesto D. Lunaria Gregorio S. Tumbagahon Bienvendo B. Nilo Mauro C. Engracial Tomas A. Moreno Sr. Julito B. Eleazar Alvin Dino Firme Marvin Pimentel Lowel F. Fiestada Reynaldo A. Sulit Narciso I. Dela Cruz Francisco Carlos Jr. Norberto C. Crisostomo Ignacio S. Garing Julian R. Prima Jose M. Concha Restituto P. Yalung Rodrigo B. Miclat Ruben R. Cuevas Expedito G. Machado Eduardo M. De Leon Virgilio Cesar T. Felicitas Rodelio P. Santos Alejandro R. Alcantara Rudy R. Tejada Prudel C. Paredes Jose Berlin P. Manaloto Edilberto A. Lina Carlito Sales Deguzman Benjamin L. Sampedro Wilfrido A. Monzon Mario U. Arevalo Oscar Cabrera Delez Charlie Pangilinan Maghanoy Efren C. Clamor

11376 Robert Pelletier 12941 Denis J. Litalien 13861 Dennis J. Guay

MAINE

8221 Robert L. Toutant 10569 Gerald M. Pronyk MANITOBA

1393 2002 2203 2577 2797 3489 5058 5381 7559 7870

Patrick R. Hogan Anthony Vitelli Gerard M. Gager Joseph N. Massimini Terence P. Ryan Terrance F. Tinker Jr. William P. Snyder Sr. Christopher N. Agboli Nicholas J. Clemens Scott H. Holden

MARYLAND

8736 9258 9302 10885 11106 11341 11552 11618 11975 12524 12796 13294 14455 14612 14775 15297 63 365 1116 1721 3535 3669 5406 9275 10698 11020 11080 11178 13140

Joe L. Wenderoth Thomas A. Reumont Garry J. Selles John F. Winfrey Martin J. Foye Col Roy A. Harris Larry E. South Francis J. Stanitski Jesse F. Stansbury Mark F. Metzler Michael R. Townsend Ernest O. Tucker James H. Murry John P. Maranto James C. McGrory John M. Kroschinsky Sr. Randy R. Bianchi John L. Brouillard Robert W. Graham Gerard A. Leclair Robert P. White William C. Bouchard James J. J. Jones Robert J. Chevalier Alfred E. Leblanc Alain S. Carpentier Robert P. Conlon Alberto Matos Benjamin W. Krywucki Richard E. Burton Steven A. Garney Edward M. Kremzier Miguel O. Ferreira Theodore J. Tudryn

MASSACHUSETTS

13637 14940 14947 15125 15197

15218 Manuel Cuevas-Soto MEXIQUE NORD-EST

3830 4141 4401 4556 6667 6694 7487 7582 7591 8500 8556 8695 10170 10724 11658

Joseph Panozzo James R. Highfield Gary T. Mallia Louis J. Parsch Gary T. Chouinard Carl F. Pfeiffer Kevin L. Wilterink William D. Cymbal Brian R. Sutherland Joseph M. Salvia Randy P. Sucharski Donald R. Champine Robert C. Myers II James J. Mattina Richard W. Abernathy Karl F. Sziisz James R. Escott Donald E. Powell Thomas J. Lopiccolo Robert B. Hyatt Michael Filliccia Thomas A. Genyk Timothy J. Dunning Arthur F. Koester Wayne J. Lapointe Tommy D. Gray Mark J. Lauer Robert C. Grove Jr. John L. Davis Michael G. Zubalik Brian J. Egeling Henry R. Perri

MICHIGAN

11689 11811 12295 12479 12985 13318 13360 13453 13475 13579 13799 13980 14642 14729 14883 15213 15337

6603 6610 6876 6960 6974 7004

7658 7824 8167 8202 8212 8764 8945

9063 9157 9566 9573 9688 10481 11031 11863 12723 13258 13546 13648

13768 13815 13858 13873 13906 14180 14672 14740 14812 14971 15004 15127 15409 15469

Mayormita Teotimo D. Minerales Ramon E. Principe Wilfredo L. Adorador Alberto J. Pajarito Herbert H. Mana Ay Alexander B. Bulahan Ernesto A. Ortiz Baltazar N. Rara Reynaldo M. Maceda Paciencio S. Bagotsay Ranulfo D. Lopez Gregorio J. Boyose Gualberto I. Jauculan Jr. Richard L. Murillo Ernesto T. Cubero Raul R. Nierra Roberto M. Sevilleno Jessie L. Ducusin Roberto S. Monleon Policarpio C. Maramba Leonardo Q. Cahanap Brinance V. Gabriza Dionesio B. Cutanda Norberto L. Veringa Feliciano F. Ababon Jr. Felix R. Encarnado Rogelio S. Cabanlit Samson F. Zate Roel C. Luna Blasito B. Baguio Adrian L. Nagac Edmundo L. Saavedra Nestor D. Fruto Julius C. Palomar Jonathan B. Balambao Antonio Ganados Reynaldo Sedayao Blanco Buaulio B. Rojonan Jr. Eduardo D. Mesias

945 Randy Balausky 1540 Leslie R. Hendrickson 4174 Stephen D. House 4184 Karl F. F. Hendrickson 5569 Jeffrey R. Bunke 8253 Patrick K. Schommer 9905 Theodore S. Brausen 10031 John G. Newman 10138 Arthur E. Roskowiak 13529 Kenneth J. Heinen 14420 Edward O. Laleman 14574 Tommy M. Carey 14616 Kenneth C. Sinclair MINNESOTA

8792 Jay Hallam 10292 Reynaldo S. Ginete 14853 George C. Piette

848 4472 6765 7087 7120 7915 8912 10216 11934 11995 15131 15155 15382

MINDANAO

MISSOURI

MILITAIRES D’OUTRE-MER

3418 Teofredo U. Delgado 3504 Rey C. Del Rosario Sr. 4019 David B. Capacio 4639 Arnulfo R. Aparente 5831 Julito N. Pepito 5907 Winston V. Luna 6511 Pedro Pabillaran Sr. 6512 Edwin Israel

Hollis L. Felts Rodney M. Malburg Gerald J. Michel Jimmie R. Hoda Fred W. Middleton Luis A. Ybarra Mark A. Grieser Dennis J. Antici Duane E. Stevens Charles J. Heim Sr. Guy J. Heying Jarrod M. Fetters James F. Ghents

MISSISSIPPI

527 979 1061 1698 1893 1896 2265 2333 3511

SEPTEMBRE 2012

Jerome S. Maschler Paul D. O’Brien Larry E. Grissum Robert D. Steinert Denis C. Boland Kevin J. Goth Gregory L. Elsey Robert J. Hermann Terry M. Sater

♦ C O L U M B I A ♦ 29


LE PRIX DU CONSEIL ÉTOILE 6470 6550 7119 7198 8588 9522 9981 10154 10746 11139 11556 12022 12323 12332 13604 13682 13901 13908 13988 14163 14270 14402 14745

Michael A. Donati Larry H. Priddy Kenneth G. Kohlberg Daniel W. Seal Eugene S. Blanc David L. Gockley David K. Goetz John L. Bauer John J. Formella Joseph A. Burleski Jr. Kevin T. Madras Dale A. Abernathie Walter J. Morrow John W. Thurman John R. Landgraf John D. Kubicek Michael W. Johnson Stephen P. Claxton Michael A. Lisac Terry M. Madden James M. Easley David P. Govero Kenneth E. Yunker Jr. 15126 Gordon A. Carmichael 15287 Isaac Jimenez 15294 Allen A. Kirchner 13050 David A. Bofto MONTANA

1833 5143 6192 7699 7825 8579 8625 10047 10909 11001 11312 11879 12086 13584 14077 14470

Robert J. Bartek Richard J. Gubbels Jon L. Stevens Larry D. Beckman Gerard C. Micek Thomas J. Jacobsen Kenneth E. Sabata James M. Barnes Mark A. Pelan Clement A. Pella Gerald F. Kane Mauro D. Songcuan Mark A. Micek Troy J. Kleffner Joseph S. Wishard Michael D. Lagreca

NEBRASKA

2511 Daniel W. Mahlberg 2666 Jerald W. Marcuerquiaga 13392 Robert McNamara 15061 Rhoel G. Ternate NEVADA

8381 Frank J. McCarthy

NOUVEAU-BRUNSWICK

10943 Mark W. Messier NEW HAMPSHIRE

355 Paul M. Donini 816 Charles A. Piancone Sr. 1778 Dale E. Wettstein 1910 Fred Arno 2842 John J. Abbattista 3240 David J. Farrell 3294 Anthony E. Cozzi 3665 John D. Lange 3835 Mark A. Kimble 3962 Ronald G. Damato 3969 Peter J. Kueken Jr. 5730 Joseph E. Sumanski 6226 James P. Winter 6380 Philip P. Oddo 6530 Eduardo F. Fuentecilla 6551 James A. Brennan 6552 Robert J. Drach 6621 Carmine J. Amico 6903 Felix J. Piccolo 6930 Joseph G. Galioto 7103 George A. Vurgason 7333 Richard Cardillo 7429 Samuel M. Green 7784 Geoffrey J. Crann 8603 Ronald J. Pikor 8718 William J. Murphy Jr.

NEW JERSEY

30 ♦ C O L U M B I A ♦

8733 9021 9193 9852 11349 11378 11529 13677 14615 15217

804 1707 10560 10835 13479 13596 14410 14920 15062 15199 15381

Frederick P. Hinz Jr. Denis P. McPartland Daniel J. Tumolo John J. Nowicki Richard J. Dinan Scott R. Minnihan Paul M. Schell Nicholas J. Cutrone John H. Hulme Sr. Charles J. Specht

Benito F. Garcia Michael W. Specht Anthony H. Sanchez James E. Waters Scott T. Howerter Michael R. Jaramillo John C. Rincon Steven E. Pink Guerrero H. Macias Mark A. Thuli Daniel S. Vigil

NOUVEAU MEXIQUE

154 Jorge C. Chan 207 Patrick T. Crawford 306 Jeremiah J. O’Connell 316 Peter C. Bruno 327 Marlon L. Hosang 337 Ramnaraise Das 423 Edward J. Hawkins 441 Robert J. May 2122 Pierenzo A. Calosso 2204 Joseph Tumminello 2247 Daniel Solicito 3536 Craig A. Skolnick 4565 Patrick C. Healy 4566 Gerald C. O’Brien 4629 Ricardo Reyes 4884 James C. Lasalle Sr. 4952 Al F. Sanza 5001 Joseph J. Lannon 5314 Paul D. Annunziato 5723 Owen Traynor 6062 Steven J. Paduano 6194 Joseph J. Papaccio 6556 Charlie Cicio 6844 Odel L. Panton 7220 Daniel P. Gerrity 7278 Richard J. Gallagher 7423 J. Brian Dwyer 7551 Anthony F. Sileno 7980 Peter L. Hecht 8637 Joseph E. Furey Jr. 9254 Timothy J. Beers 11175 Martin J. Zafonte 11449 Guillermo A. Morera 11728 Bernard G. Hoerbelt 11950 Richard C. Distefano 12006 Walter Wm Denzler Jr. 13410 Richard Soto 13807 Benito Merino 14666 Joseph G. Timpa 14687 James F. Jager 14991 Bernard P. Zipprich Jr. 15192 John D. Fitzgerald NEW YORK

2024 John Higgins

NOUVELLE-ECOSSE

1056 1195 1569 3304 3382 3766 4168 4731 5534 5776 6373 10941 11207 11224 11275 11445 12772 OHIO

Todd R. Ames Jonathan L. Pearson Brian C. Beck John D. Otto Chalmers F. Rea Rick L. Custer Kevin D. Blinkhorn William K. Cornelius Jose C. Banaag Bruce A. Jackson Mark D. Lause Matthew J. Tyack Robert M. McGonigle Mark T. Taylor Jeffrey M. Sylvester Brett A. Gissel Jeffrey R. Fisher

SEPTEMBRE 2012

12912 13608 14282 14344 14406 14502 14504 14551 15043 15056

Steven R. Duckro Joseph J. Muron Joseph P. Yonadi Richard A. Mitchell Dennis M. Fodor Rodger A. Siebeneck Calvin D. Frank John N. Santin Denver J. Mossing J. Thomas Atkins Jr.

767 Edward J. Krittenbrink 4026 Brother John F. McCarthy 6477 Matthew E. Guarnieri 8523 Samuel E. Snow 9901 Charles L. Blackburn 11959 Anthony E. Lechtenberg 12108 Wesley C. Deaver 13313 Joseph M. Paul OKLAHOMA

2082 4915 5860 8008 8668 8851 8950 9742 10416 10617 11525 12214

Daniel B. J. Nicholas Robert W. Ben Frank J. Morelli Douglas La Rocque Alfred M. Cabri Richard Marleau Olier Beaudoin Robert C. Wilson Garry A. Peters William Lorne Keogh Gerard F. Johnston Gregory P. Fernandes Bosco J. D.’Sa Anthony S. Fernandes Claude R. Leblanc James Gomes Giuseppe Polisano Richard W. Darbyshire Owen G. Grenier Ronald C. Moro Wolfgang Hartmann Henry John Thissen Jean-Claude Cadieux Franciszek K. Lenart

ONTARIO

12706 12782 12865 12898 13164 13433 13701 13896 14327 14446 14676 15098

2171 Paul J. Wostel 14802 Terrance W. Frank 15295 Greg A. Wilhelm OREGON

1381 4397 4518 7141 9832 10921 11935 12250 12355 12703 13141 13451 13564 14035 14081 14161 14397 14722

Stephen A. Kuniak Thomas G. Ryder Michael C. Yuknek Larry V. Decker William K. Brennan James P. Mueller George J. Vagelakos Melvin L. Losovsky Joseph M. Polk Tom W. Lofiego Frederick C. Clark Joseph F. Poli Dennis C. Garrett Bernard E. Cabana Chester S. Hickey Victor T. Lisiewski George I. Snyder Andrew P. Rodgers Jr. 14807 Brian J. Golias PENNSYLVANIE

14004 Krzysztof E. Orzechowski 15249 Slawomir Korczynski 15267 Ryszard Sobczuk 15299 Jan Komon POLOGNE

5014 Carlos A. Agosto-Serrano

PORTO RICO

6096 Darren C. Scott

QUÉBEC

13585 Raymundo G. Foz 14693 John-Victor Carriere 113 Raymond J. Riel 5273 Neil J. Fidler 7110 Michael F. Parziale

RHODE ISLAND

1886 3920 5694 8215 10401 10797 12415 13214

Fred J. Staniec George A. Deibert Maurille J. Corbeil John B. Benesh Glen M. Piotrofsky Michael J. Bzdell Jeremias P. Ravasco Gerald T. Clancy

SASKATCHEWAN

1101 Jeremy S. Blankenship 7764 Carlos R. Olivarez 10641 James E. Daily 14902 Paul J. Keller Sr. 15196 David E. Guntert TENNESSEE

TERRE-NEUVE/ LABRADOR

7702 Frank P. Follett 11776 Dermot F. Whelan

2687 Valeriano E. Cadena Jr. 2971 Zachary R. Venghaus 3098 Joe E. Ybarra 3262 Richard A. Zahn 3558 Stephen C. McCarthy 3910 Ben F. Warner III 4497 Tomas Gonzalez 4771 David W. Petty 5052 Cliff Starnes 5232 Ruben L. Salinas 6065 Ronald W. Schoof 6833 Frederick P. Garcia 6878 William T. Andrews 7736 William B. Tillotson 8157 John A. Goza 8306 Donato Rios Jr. 8417 Ronald L. Naizer 8769 Robert Benavides 8771 John D. Keating Jr. 8807 Juan M. Martinez Sr. 9600 Brother Ronald H. Snyder Jr. 9868 David J. Pels 9902 Eulalio A. Gamboa Jr. 9997 Kevin A. Brinkman 10131 Roy Eric Staveley 10333 Philip A. Fulton 10420 John R. Plote 10574 James L. Holden 10790 Nicholas J. Loera 10939 Luis A. Murillo 10940 Christopher S. Scheidt 10959 Joseph E. Maloy 11169 Thomas J. Stehling 11293 Sean N. Arrossa 11716 Daniel G. James 11866 James E. Eyeington 11980 Jose Luis Martinez 12040 Joe A. Martinez 12208 Jeffery B. Berger 12320 Ronald B. Farmer 12327 Joe V. Lopez 12385 Harry M. Hageney 12480 Sean T. McCarthy 12484 Edward N. Goodreau 12927 Bruce D. Layfield 13044 Craig M. Harlan 13255 Matthew Wolfe Figun 13825 Frank Thomassee Jr. 14426 Peter McDonough 14473 James C. Derrick 14512 Victor J. Olivo 14617 Gennaro F. Tomasello 14679 Terry J. Le Boeuf 14789 Patrick R. Russell 14844 Robert Prats TEXAS

14943 Chester J. Dombrowski 15262 Mario A. Garza 15343 Jimmie Charles Irwin 15365 Joseph G. Wilkens

602 5214 7401 9731 10304 12181 14399 UTAH

6328 6828 7566 9285 9655 10766 11136 11170 11533 11984 12117 12791 13467 14129 14516 15244

Tom P. Johnson Kevin B. Miller Warren D. Feldt Donavan J. Hecker Oscar J. Punzo Sean P. Wink Joseph A. Hudak Jr.

Benjamin J. Perez Robert J. Hinger Richard R. Slucher John R. Brady Hung H. Cao Maurice L. Dionne James S. Marsan Daniel R. Clark Brennan D. Hartley Richie M. Smith Thomas A. Sawyer II Andrew M. Altman James J. Henry Iv Thomas R. Duck Joseph W. Mazel Myong Hwan K. Eiselstein 15256 Stephen A. Rogers VIRGINIE

5028 5395 6048 6840

Cesar G. Capellan John Paul R. Arceno Isidoro M. Espinosa Eniego S. Superticioso Desiderio Paulin Rallon Jr. Glenn P. Pergamino Edgardo P. Gerada Elpidio E. Pama Jr. Lorejo N. Sorongon Ardo De La Cruz Cyreneo S. Dofitas Jr.

VISAYAS

6990

8362 9466 10101 12198 13092 15029

1643 Kim L. Washburn 3645 Dang H. Nguyen 6686 Michael D. Mccloskey 7907 Gregory S. Mahoney 7908 Eugene W. Victor 8179 Lawrence E. Devlin 8872 Dwane J. Berens 9434 John D. Wilson 9617 Larry A. Sinn 11134 Dean E. Dunn 11948 Phillip D. Clingan 12591 Daniel P. Walsh 13794 Stephen G. Schweyen 14046 Ronald G. Braun II 14689 Paul J. Herbord 15136 John B. Mergens Sr. WASHINGTON

603 Robert B. Hammer 4694 Paul B. Niedbalski

OCCIDENTALE VIRGINIA

1547 2963 3492 4869 5382 5438 5456 5488 6599 6689 6718

John M. Brennan Jr. Dennis E. Ashbeck Brian D. Jelinek George E. Grabert Jack V. Wrbanich Mark A. Rebholz Michael P. Hines Robert V. Obermeier Anthony C. Baier Carl A. Porior Richard A. Janiszewski James J. Zablocki Earl J. Brueggeman Robert J. Dombroski David J. De Gidio

WISCONSIN

6764 7096 10552 15229


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To owners of Knights of Columbus insurance policies and persons responsible for payment of premiums on such policies: Notice is hereby given that in accordance with the provisions of Section 84 of the Laws of the Order, payment of insurance premiums due on a monthly basis to the Knights of Columbus by check made payable to Knights of Columbus and mailed to same at PO Box 1492, NEW HAVEN, CT 06506-1492, before the expiration of the grace period set forth in the policy. In Canada: Knights of Columbus, Place d’Armes Station, P.O. Box 220, Montreal, QC H2Y 3G7 ALL MANUSCRIPTS, PHOTOS, ARTWORK, EDITORIAL MATTER, AND ADVERTISING INQUIRIES SHOULD BE MAILED TO: COLUMBIA, PO BOX 1670, NEW HAVEN, CT 06507-0901. REJECTED MATERIAL WILL BE RETURNED IF ACCOMPANIED BY A SELF-ADDRESSED ENVELOPE AND RETURN POSTAGE. PURCHASED MATERIAL WILL NOT BE RETURNED. OPINIONS BY WRITERS ARE THEIR OWN AND DO NOT NECESSARILY REPRESENT THE VIEWS OF THE KNIGHTS OF COLUMBUS. SUBSCRIPTION RATES — IN THE U.S.: 1 YEAR, $6; 2 YEARS, $11; 3 YEARS, $15. FOR OTHER COUNTRIES ADD $2 PER YEAR. EXCEPT FOR CANADIAN SUBSCRIPTIONS, PAYMENT IN U.S. CURRENCY ONLY. SEND ORDERS AND CHECKS TO: ACCOUNTING DEPARTMENT, PO BOX 1670, NEW HAVEN, CT 06507-0901.

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SEPTEMBRE 2012

♦ C O L U M B I A ♦ 31


A P P L I C AT I O N D E N O S D E G R É S

Fraternité ZBYSZeK ŚciSłoWicZ (deuxième à partir de la gauche), grand chevalier du conseil Sainte Trinité 15281, à Skarżysko-Kościelne, Pologne, et ses guides déferlent une bannière des chevaliers de colomb au sommet du Kilimanjaro. Ścisłowicz a entrepris une expédition de six jours pour l’ascension de cette montagne — la plus haute du continent africain — et dit qu’il avait le chapelet des chevaliers de colomb avec lui pendant tout ce temps.

Charité

Unité

Patriotisme

STuArT PAlMer (centre) du conseil Father charles A Bartek 9431 à Jackson Hole, Wyoming, à l’arrière d’une camionnette Jeep de 1946 restaurée, félicite Katsie long de son billet gagnant du tirage pour la camionnette. Quand les chevaliers ont reçu le don de la Jeep, ils ont décidé d’organiser une tombola pour la Jeep et faire don du produit de l’événement au centre de ressources pour femmes enceintes « Turning point ». cette tombola a réuni 20 000$ au profit de cet organisme.

leS AGeNTS d’assurance des chevaliers de colomb de l’agence Jim Mccabe à Albuquerque, NouveauMexique, prie le rosaire devant un centre de chirurgie local de l’organisme Planification familiale. une fois par trimestre, ces hommes font une pause dans la réunion de l’agence pour prier pour la vie humaine à ce centre qui offre des avortements. • le conseil Don Bosco 548 à Manhasset, New York, vend des billets de tombola à l’Église de Ste Mary pour réunir 5 000$ pour la fondation Faisun-Vœu. cette initiative a été animée par le chef Écuyer conor lundy qui, à l’âge de 3 ans, a reçu un diagnostic de cancer et qui a réussi à survivre à cette maladie.

À l’AÉroPorT d’Atlanta Hartsfield Jackson, des membres de l’Assemblée St. Gianna Molla à Alpharetta, Géorgie, remettent un chèque à Mary lou Austin, directrice générale de l’« uSo » (« United Service Organization ») de Géorgie. les chevaliers travaillent de concert avec l’«uSo » pour aider les soldats qui retournent de l’Afghanistan et ceux qui y vont, en leur servant à manger et à boire, en leur parlant pendant qu’ils attendent leurs vols et en les aidant avec le processus d’embarquement.

32 ♦ C O L U M B I A ♦

SEPTEMBRE 2012


CHEVA L I E R S D E C O LO M B

Construire un monde meilleur un conseil à la fois. Chaque jour, les Chevaliers à travers le monde ont la possibilité de faire une différence, que ce soit à travers le service à la communauté, la collecte de fonds ou la prière. Nous célébrons chaque et tout Chevalier pour sa force, sa compassion, et son dévouement à vouloir construire un monde meilleur.

Des membres du conseil St. Padre Pio 15015 à Starachowice, Pologne, portant des gilets de sécurité jaunes, surveille un groupe de jeunes cyclistes au cours d’une randonnée à vélo pour jeunes organisée par le père Grezgorz Roszczyk, aumônier du conseil. Des chevaliers ont servi comme surveillants/canalisateurs dans le cadre de cette randonnée qui passait à travers la Forêt Ilecki et elle s’est terminée à un pavillon où l’on servait le déjeuner et un goûter.

ENVOYEZ-NOUS LES PHOTOS DE VOTRE CONSEIL POUR LA RUBRIQUE «CHEVALIERS À L’ŒUVRE». LES PHOTOS PEUVENT ÊTRE ENVOYÉES PAR COURRIEL À COLUMBIA@KOFC.ORG OU BIEN À COLUMBIA, 1 COLUMBUS PLAZA, NEW HAVEN, CT 06510-3326.

SEPTEMBRE 2012

♦ C O L U M B I A ♦ 33


GARDER L A FO I VI VA NT E

AVEC JÉSUS, JE PEUX AIMER COMME LUI M’AIME

Photo by Brian’s Photography, Grand Forks, N.D.

La vie et les enseignements de Mère Teresa ont eu une influence déterminante sur ma vocation. Elle disait que la sainteté « c’est pour nous tous ». C’est simplement une question de devoir accompli, puisque, si nous apprenons à aimer, nous apprenons à devenir des saints. » Cette simple déclaration m’a démontré que j’atteindrai mon but et mon épanouissement dans la vie du fait d’avoir aimé mes frères et sœurs. J’apprends de plus en plus que pour donner de l’amour, je dois d’abord en recevoir. Et j’apprends également que la constante amitié du Christ deviendra mon plus grand bonheur. Avec Jésus, tout ce que Dieu me demande devient possible et, avec le temps rempli de joie. Le Christ m’a manifesté que ma vocation me sied parfaitement. Il a promis de toujours être avec moi (cf. Mt 28, 20), et, à cause de cette promesse, je peux m’acquitter de son plus grand commandement d’aimer ― d’être saint. Avec Jésus, je peux aimer comme lui m’aime, et grâce à cet acte d’amour je trouve mon plus bonheur, mon but et un sentiment de vivre épanoui. L’ABBÉ REESE WEBER Diocèse de Fargo, Dakota du Nord

VEUILLEZ FAIRE VOTRE TOUT POSSIBLE POUR ENCOURAGER LES VOCATIONS À LA PRÊTRISE ET À LA VIE RELIGIEUSE. VOS PRIÈRES ET VOTRE SOUTIEN COMPTENT POUR BEAUCOUP.

PM40063106


Columbia Septembre 2012  

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