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Conférence sur le travail social jeudi 5 décembre 2013

! Madame la Présidente de la commission de la Défense, chère Patricia Adam, Madame la Députée, chère Martine Carrillon-Couvreur, Madame la Ministre, chère Paulette Guinchard, Mesdames, Messieurs les Députés, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs les travailleurs sociaux, Mesdames, Messieurs,

! Je suis particulièrement heureux de vous accueillir, ici, à l’Assemblée nationale et d’introduire cette journée de réflexion consacrée au travail social.Je remercie à cet égard Martine Carrillon-Couvreur et Patricia Adam qui ont soigneusement organisé cette journée. Et je salue les nombreux participants de cette conférence : les travailleurs sociaux, les représentants d’organisations syndicales, les élus locaux, et notamment les conseillers généraux, et bien sûr les députés présents. Vous êtes nombreux et c’est tant mieux !

! Il était, en effet, important, près d’un an après le lancement du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et quelques mois avant les Assises du travail social annoncées par le Gouvernement, de nous réunir et de réfléchir au sens de l’action sociale dans un pays qui, légitimement, met la solidarité au cœur de ses priorités.

! Je suis devant vous en tant que Président de l’Assemblée nationale, bien sûr. J’y reviendrai. Mais je suis aussi devant vous en tant qu’élu, habitant et passionné de Seine-Saint-Denis, le Département le plus jeune mais aussi le plus pauvre de France. Et vous le savez, grâce à leurs nombreux travailleurs sociaux, les départements sont les grands acteurs de la solidarité.

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! De la protection maternelle et infantile et de l’aide sociale à l’enfance en passant par le revenu de solidarité active jusqu’aux personnes en situation de handicap et les personnes âgées, les travailleurs sociaux du Département sont aux côtés de nos concitoyens à chaque étape de la vie.

! A eux, mais plus généralement à tous les travailleurs sociaux, qu’ils interviennent dans les associations, dans les collectivités territoriales ou dans les services de l’Etat, je veux d’emblée rendre hommage et dire la gratitude et la reconnaissance de la représentation nationale. Et je veux dire aux travailleurs sociaux présents dans cette salle que vous incarnez une France généreuse et une France engagée. Merci pour ce que vous faites pour la République.

! Mais rien ne peut se faire sans la chaîne de solidarité que vous constituez, vous qui êtes confrontés quotidiennement à la précarité et à la pauvreté. Pour les travailleurs sociaux que vous êtes, la précarité a un visage : celui des femmes seules avec enfants, celui de ces millions d’enfants pauvres, celui de nos aînés qui vivotent avec le minimum vieillesse, celui de ces mineurs isolés étrangers qui demandent secours et protection.

! Et avec cette interminable crise, on demande toujours plus aux travailleurs sociaux.

! C’est à eux que l’on demande d’agir vite, devant l’urgence sociale. C’est à eux aussi que l’on demande de bâtir des projets d’autonomie à long terme avec les usagers. Ce sont les travailleurs sociaux qui doivent en permanence monter les dossiers, expliquer et adapter les réponses devant des malheurs toujours différents et toujours importants.

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C’est à eux que l’on demande d’être spécialiste : spécialiste de la dépendance, spécialiste du handicap, spécialiste des addictions mais aussi spécialiste de l’enfance et spécialiste de la lutte contre la pauvreté.

! On demande donc beaucoup aux travailleurs sociaux. Et tout cela ne peut se faire comme un travail à la chaîne ou devant un écran d’ordinateur. Car derrière chaque dossier, il y a une femme ou un homme qui attend de l’aide. Etre travailleur social, c’est avant tout travailler sur l’humain. C’est une exigence et une lourde responsabilité qui interrogent particulièrement en période de changements et de doutes.

! La question du sens du travail social peut être posée. Les pratiques professionnelles sont questionnées. Faire de la générosité et de la solidarité les moteurs de sa pratique professionnelle ce n’est pas anodin. Surtout dans une époque folle où certains dénoncent l’assistanat qui gangrènerait notre société.

! Je sais d’ailleurs que votre programme de travail est chargé : les attentes du public seront débattues, les nouvelles formes de solidarité seront présentées, et les formations, initiale et continue des travailleurs sociaux seront interrogées. Je m’en réjouis tout comme je salue l’initiative du Gouvernement de réunir des états généraux du travail social en 2014.

! Car comme je le disais en introduction de ce propos, face à l’incertitude économique et à la précarité sociale de nombreux concitoyens, il est de la responsabilité de la représentation nationale de donner des perspectives, une direction et d’entendre les inquiétudes et les blessures.

! Un monde incertain n’est pas un monde sans repère, sans valeur. Nos valeurs sont celles d’une République sociale. Malgré les tempêtes, les crises et les bouleversements en tous genres, nous restons animés par le goût du progrès social. Pas simplement par

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manie ou par tradition. Le goût du progrès social est constitutif d’une part de notre identité nationale. Et il est de notre responsabilité, celle du Gouvernement et celle du Parlement, de faire vivre ces principes d’une République sociale, de refaire la démonstration de leur efficacité et de leur pertinence.

! Mais ces principes qui font la grandeur de notre pays doivent trouver à s’incarner dans des politiques ambitieuses. C’est ce que nous faisons, en tant que responsables de la majorité depuis le printemps 2012.

! Je pense bien entendu au plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté. Ce plan nous engage et comprend des mesures concrètes.

! Je pense plus particulièrement à la revalorisation du RSA de 10%, en plus de l’inflation, d’ici 2017. Je pense encore à la « garantie jeunes », ouverte aux jeunes qui n’ont pas d’emploi, pas d’expérience professionnelle, pas de diplôme et à qui l’on offre des ressources et un projet.

! Je pense aussi aux 750 000 personnes supplémentaires qui vont accéder à la CMU complémentaire.

! Mais au-delà de ce plan, ô combien important et qui, je le sais, était attendu des travailleurs sociaux, il y a le reste : toutes ces mesures prises dans le « droit commun », comme on dit. Elles participent toutes de la même volonté de justice, du même attachement à la République.

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Je pense en premier lieu à l’école. La priorité au primaire, le recrutement de personnels supplémentaires, la lutte contre le décrochage scolaire sont au cœur de la politique que mène la majorité depuis 18 mois. Cette nouvelle stratégie éducative est un des éléments clefs de la lutte contre les inégalités.

! Je pense encore et toujours à l’emploi. C’est l’un des verrous de la lutte contre la pauvreté. L’inversion générale de la courbe est amorcée, et la décrue du chômage des jeunes durablement installée. Comment ne pas s’en réjouir ? Car quand un jeune retrouve un emploi, c’est le monde des possibles qui s’ouvre à nouveau.

! Le monde des possibles. Je voudrais terminer mon propos sur cette note d’optimisme. Je ne suis pas de ceux qui croient au déclin de notre pays. Rappelons ces quelques vérités.

! La France est la 5ème puissance économique mondiale. Nous avons l’une des mains d’œuvre les mieux formées au monde. Nous attirons des étudiants venus des quatre coins du globe.

! Nous avons toutes les cartes en mains. Pour lutter contre la pauvreté, pour redonner un cadre stable et bienveillant à nos concitoyens les plus fragiles. Mais pour cela, il nous appartient de dessiner ensemble notre avenir et de fuir ceux qui prônent une France autoritaire et repliée sur son passé.

! Opposons-leur une France solidaire et une France entreprenante. Celle qui sait que son avenir passe par une République solide et solidaire.

! Je vous remercie.

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