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04

art I design I graphisme I musique I agenda

Tours I Blois I OrlĂŠans gratuit avril-mai 2006


COUVERTURE CÉDRIC NEIGE©

éditorial

À chaque génération ses illusions et désillusions. Et à chaque crise, son propre contexte. J’ai découvert il y a peu un édito paru dans Le Monde à la veille des événements de Mai 68 qui débutait par : « La France s’ennuie... » Mon interrogation passée et alors que beaucoup soupçonnent un probable Mai 2006, la France d’aujourd’hui semble être très loin de s’ennuyer. La France et, notamment, sa jeunesse fourmillent d’idées, de projets et d’envies. Et la culture, sous toutes ses facettes, en est une évocation sans pareille. Modestement, Oblik se fait l’écho de ce bouillonnement artistique. Dans un contexte certes différent de celui de 68, la génération précaire rencontre aujourd’hui ses propres illusions et désillusions. Peut-être est-ce plus explosif encore... Jérémy Blais

sommaire 04

12

28

04

27

CAMARADES APPENDICES !

GINGER FROLIC

états d’âme

32

cd versus live

06

28

EN BREF

LES 30 PRINTEMPS DE BOURGES

08

30

LE CIRQUE AUTREMENT...

ALMA FURY

court-circuit

zoom

oblik party

musique

10

32

CUISINE IN-DEPENDANCE

HERVÉ BOURIT

cooking

portrait

12

34

JEAN-PAUL MARZAIS

SHOPPING

archi design

tendances

14

36

LA CASERNE

SAMUEL PARTAIX

18

38

ZOOM & AGENDA

SÉLECTION OBLIK

de l’art à l’oblik

expositions

20

glisse

books et internet

40

concerts

carré oblik

26

42

PACO IBANEZ & NESTORISBIANCA

PHOENIX AVENUE et CALLA

AGENDA

back to...

36

CHRONIQUES CD ET DVD carré local et l’inaperçu

Oblik©2006 bimestriel gratuit

Editeur : Asso Evento 33, allée de l’Arche du Pin 37300 Joué-lès-Tours • Tél : 06 61 29 03 10 - Email : contact@oblikmag.com DIRECTEUR Jérémy Blais (10°3) jeremy@oblikmag.com • RÉDACTEUR EN CHEF Joao Gonçalves (sina) joao@oblikmag.com • RÉDACTEURS Sina, 10°3, Julien, Lou, Nathalie Martin, Agathe, Hervé • CORRECTEUR Jean Jacky • GRAPHISTE Cédric Neige cedric@oblikmag.com www.eleven-studio.com Tél : 06 16 33 61 74 WEBMASTER Carlos Dos Santos carlos@oblikmag.com www.artikstudio.com • AGENDA agenda@oblikmag.com • PUBLICITÉ pub@oblikmag.com Remerciements particuliers à : Anaïs, Coco • IMPRESSION ET FLASHAGE Numéri’scann (37) • 10 000 exemplaires • Dépôt légal : 1er Avril 2006 ISSN en cours


04 I états d’âme

Texte : Sina I Photographie : 1936 Les Temps Modernes

CAMARADES APPENDICES !


La porte de l’usine à peine franchie, l’imagerie populaire me saute à la gueule : le travail dur, le bruit, la misère sociale et culturelle. Trop facile, sans doute...

L

e nez sur ma machine, je cherche à comprendre comment des gens passent ainsi toute une vie. Je regrette déjà d’être là. Soudain, un homme me frôle en marchant très vite. C’est le chef, caricature de lui-même, caricature du petit chef trop pressé pour être honnête, le petit chef tête à claques que l’on rêve d’éclater à coups de batte. Mon travail, en fait, est plus ennuyeux que difficile. En le faisant je pense à tout et n’importe quoi pour m’évader de cette prison. Autour de moi, tous exécutent leur tâche par des gestes mécaniques. Ils ne sont plus que de simples machines, des prolongements de celles qui leur servent d’outils. Au bout de deux heures, je rejoins, le temps d’une mini pause, la machine à café. Encore une machine... Les autres sont déjà là et j’appréhende la confrontation. Non, pourtant, ils ne parlent pas de lutte. Non, ils ne parlent pas de syndicalisme, pas plus que de révolution. Ils s’emportent sur la politique, s’émeuvent des catastrophes et discutent musique. Oui, ces appendices de machines sont des femmes et des hommes comme les autres. Mon regard change et le leur commence à me toucher. Une semaine passe. On nous parle d’esclavage industriel, de misère intellectuelle et de sous-travail, mais je ne vois plus que des gens consciencieux qui aiment leur boulot, des gens fiers d’être des maillons de la chaîne, des chevilles ouvrières de la société. Ils ne sont pas abrutis, ils sont juste courageux. De la pitié ? Pour quoi faire ? Ce sont eux qui ont pitié des cols blancs. L’ambition, pensent-ils, mène à la tragédie et, au fond, ils savent bien que la fortune ne nous suit pas dans le cercueil. Il y a là quelque chose d’attirant. Ce que l’on pourrait prendre

pour de la monotonie n’est autre qu’une petite vie bien organisée, humble, sans prétention à la richesse. « Je vis et ça me suffit. » Le dernier jour, il me vient comme l’envie de chanter l’Internationale, d’appeler mes camarades à la grève. On mérite tout de même un papier toilette de meilleure qualité, triple épaisseur, senteur menthe fraîche ! Enfin, les lendemains qui chantent, c’est bien beau, mais Marx est mort et puis ce n’est pas en faisant grève que je pourrai acheter un nouvel épilateur à ma petite amie pour la journée de la femme. Faut pas déconner non plus ! En ce dernier soir, comme une nostalgie vient me saisir le cœur. Une dernière fois, je vois ce petit chef qui court vers son bureau. Une dernière fois, je balaie mon poste de travail et les souvenirs de la journée. À l’heure de partir, une étrange odeur envahit ce qui, dans cette usine, fut mon espace de vie. Un mélange de déodorant et de tabac froid m’agresse les narines. Une main rachitique porteuse de cette odeur secoue machinalement la mienne. Dans quelques instants, cette jeune fille au physique improbable travaillera à ma place. Je sors et le silence de la nuit m’assourdit. Bizarrement, c’est ce silence qui me restera en mémoire. Ce silence que j’attendais désespérément et que l’odeur nauséabonde de cette jeune fille m’annonçait chaque soir. Il y a une semaine, je pensais rentrer dans une prison. Aujourd’hui, j’ai comme l’impression d’avoir pris perpette en retournant à ma vie. Expérience positive, peut-être, peut-être... D’autres s’essoufflent et meurent à la chaîne ailleurs dans le monde, sûrement, sûrement... Courage camarades et ayez pitié de moi.


06 I court-circuit

LE SONOMÉTOGRAPHE

« Des pas sur la neige » Espace Jean Ockeghem (Tours) Mercredi 12 avril, à 19h00 – 4/7€ L’idée de départ de cette création réside dans la libre interprétation du prélude pour piano de Claude Debussy Des pas sur la neige, et dans l’imprégnation d’un univers « suspendu » emprunté au travail plastique de l’artiste italienne Federica Gonnelli. Rens. : 06 64 10 78 71. PHOTO DR©

LUA À BOURGES Le groupe de rock alternatif LUA PHOTO DR©

CHAUMONT 2006 UNE INVITATION AU JEU

Du 29 avril au 15 octobre. Le 15e Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire (41) invite les visiteurs à venir s’amuser dans 26 jardins éphémères. Parmi les concepteurs, on compte cette année huit paysagistes, six architectes, encore étudiants ou bien déjà professionnels, et deux plasticiens. www.chaumont-jardins.com

LES FABLES À LA FONTAINE Vendôme – La Petite Fabrique Dimanche 9 avril à 17h Trois petites histoires pour découvrir la danse en famille. Nous avons tous appris par cœur une fable de Monsieur de La Fontaine à l’école. Mais savons-nous encore la réciter ? Quelle en était la morale ? Trois chorégraphes de renom ont choisi une fable pour la raconter avec les mots et les gestes de la danse : Dominique Hervieu fait dialoguer le corbeau et le renard avec des images surprenantes, Dominique Boivin s’est souvenu d’un lion et d’un rat plein de malice et Mourad Merzouki fait danser le hip-hop au chêne et au roseau. Ouverture des locations : samedi 11 mars 2006 ORLÉANS - BÔ BAR Le jeune artiste orléanais Thomas Lavie présente ses peintures

abstraites au Bô Bar, 193 rue de Bourgogne à Orléans. Pas la peine de vous affoler puisque vous aurez du 22 avril au 30 juin pour vous y rendre dans l’ordre et le calme. BLOIS - MAISON DU LOIR-ET-CHER Exposition Les éditions Bilboquet Du 30 avril au 7 mai - Entrée libre On devient grand, petit à petit, au fil des découvertes de la vie. Autour de cette idée fil conducteur, Bilboquet construit depuis 10 ans un catalogue de livres pour petits et grands. Etablies à Mont-prèsChambord, les éditions Bilboquet proposent de faire connaître, à travers cette exposition, le petit monde de l’édition du livre illustré pour la jeunesse. En collaboration avec la Bibliothèque Départementale de Prêt. Rens. : 02 54 58 41 20

PHOTO GÉRALDINE©

MONTAGIS - BAL TRAGIQUE En concert au PMU de Montargis le mois dernier, le groupe Black Sundays a été à l’origine d’une bagarre générale. À la fin de leur single « Fucker Chicken Disease », le charismatique chanteur Billy the bull (allias Hervé le Bœuf) aurait lancé : “Ce que j’aime dans la bière, c’est la grippe”. Un éleveur local de poulets fermiers présent dans la salle et irrité par cette remarque aurait lancé un “Tête de con”, Billy le traitant en riposte de “Tête de poule”. Les plumes ont volé et tout s’est fini au poste de police. Retrouvez les prochains concerts des BS dans l’agenda Oblik. FESTIVAL MANŒUVRE La Pléiade (La Riche) Du 1er au 7 avril, les marionnettes se montrent autrement. Cette fois-ci, c’est le regard des adultes

sera présent sur la scène Région Centre du Printemps de Bourges (Place Séraucourt) samedi 29 à 16h. Après l’Astrolabe (Orléans), le Bateau Ivre (Tours), le Chato’Do (Blois), ainsi que les premières parties de Déportivo ou des Hushppupies ces derniers mois, LUA déploiera son énergie et son univers devant les festivaliers de Bourges. Concert gratuit à ne pas manquer ! www.lua.fr.fm

et non plus celui de leur public habituel, à savoir les enfants, que cherchent à attirer Créatures Cie et Bob Théâtre, à travers ce premier festival de la marionnette à La Riche. Ces créateurs s’inspirent aussi bien du théâtre, des arts plastiques, de la musique que de la danse pour nous présenter des spectacles étonnants, débridés et magiques. Maquettes et projections viendront dresser le portrait de la marionnette d’aujourd’hui. Rens. : 02 47 38 31 30 DÉBATTONS DANS LES RUES... Les rues de Tours Avenue du vivre ensemble, réappropriation de la parole, espace public, espace de consommation, lieux d’échanges et de débats, terrain d’action, se faire plaisir, se rencontrer, se raconter, exprimer ses convictions, s’interroger,


GRAPHISME JEFF CRYING PAPER©

FREE EDGE

Hardcore Fest MJC de Joué-lès-Tours - 10/12 euros Le 22 avril à partir de 17 h jusqu’à 2 h Knuckledust - The Legacy - Isp - Primal Age - Gantz - Burst Onse’S Side - Right For Life - Fast For Decay - First Failure.

PHOTO MAA©

UP YOUR ASS PARTY 3

Samedi 29 avril, à 20h MJC de Joué-lès-Tours - 10/13€ Soirée prévue en compagnie des Thee mysterious asthmatic avenger, Sheetah & les Weissmuller, The lost communists, Chinese lungs, 54 nude Honey.

RIDER SAMUEL PARTAIX

CONTEST DE SKATE

Compétition départementale Skate Pistols on Tour : Cléré les Pins 5 et 6 mai Montlouis 20 mai - Saint-Avertin 3 juin Tours 18 juin avec Démo pro-skateurs Chateau-Renault 1er et 2 juillet 2006 contact Assos’Tomate : 02 47 75 11 45

GRAPHISME DR©

LES FEMMES S’EN MÊLENT

Ne manquez pas le 18 avril au Minotaure de Vendôme l’ex Belle and Sebastian, Isobel Campbell et le 22 avril à l’Astrolabe d’Orléans Mi and l’Au, dans le cadre du festival « Les femmes s’en mêlent » en tournée dans toute la France.

individu, groupe, festipolitique... ça vous parle ? Si ça ne vous dit rien, c’est que vous n’y étiez pas l’année dernière, car autrement vous vous souviendriez que mieux vaut se munir d’une pièce d’identité en règle pour assister aux rassemblements du festival Débattons dans les rues. C’est en effet en totale liberté, administrative – donc sans autorisation de notre bien aimée municipalité – et financière – bien que pointe cette année le logo du Programme Européen de la Jeunesse – que sont organisées les manifestations. Du 1er au 9 avril dans les rues de la cité de Tours – Programme sur www.debattonsdanslesrues.com www.debttonsdanslesrues.com FESTIVAL TOUR DE SCÈNE Angers Du 25 au 27 mai - Gratuit Ce sont trois jours de festivités en

plein cœur de la ville, entièrement gratuits, qui rassembleront plus de quarante groupes cette année encore. Objectif avoué : valoriser les artistes émergents, locaux et régionaux. www.tourdescenes.com ÎLE SIMON - MODE D’EMPLOI Dimanche 21 mai 2006 - Tours Les plasticiens proposent des créations in situ en plein centre ville de Tours (accès pont Napoléon). L’île Simon est un lieu laboratoire où toutes sortes de pratiques se rencontrent, petites constructions, vidéo, son, performances. Un piquenique réunissant un large public et les artistes permet d’engager une réflexion sur l’art contemporain et sur sa place dans la cité et dans le quotidien. mode-emploi@wanadoo.fr Tél : 06 84 72 82 66

LA RENCONTRE D’OBLIK La rédaction d’Oblik a rencontré pour vous, amis lecteurs, le professeur Paul Van Dick, chercheur à l’université Ajax d’Amsterdam aux PaysBas. Spécialisé dans l’étude comportementale des volailles, il nous a accordé quelques minutes de son précieux temps pour nous parler des conséquences de la grippe aviaire sur les poules. Oblik : Tout d’abord, dites-nous en quelques mots en quoi consistent exactement vos recherches. PVD (en français, avec le même accent que Dave) : Il s’agit d’étudier l’impact des événements sur le comportement des poules. Depuis la crise de la grippe aviaire, mon travail connaît un regain d’intérêt aux yeux du monde scientifique. Oblik : Quelle est alors la conséquence de la grippe aviaire ? Les gouvernements nous cachent-ils quelque chose ? Un complot ? PVD : Un complot je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que beaucoup de gouvernements européens nous cachent des chiffres importants. Oblik : Lesquels ? PVD : Il y a eu depuis janvier plus de 23 000 suicides chez les poules. Les gens s’inquiètent pour leur avenir (les Français en particulier avec le CPE et le CNE), mais pensent-ils aux poules ? Cette situation est intolérable. La grippe aviaire amène les poules à mettre fin à leur vie ou à sombrer dans la drogue. L’exemple de cocote X, je préfère qu’elle reste anonyme, est révélateur de ce phénomène. Elle vivait heureuse dans la cour d’une ferme au Portugal. Le jour-même où elle apprit la mort de son cousin coco Günter émigré en Bavière, elle se jeta dans les flammes d’une cheminée à foyer ouvert. Avec elle périrent sept poussins qui l’avaient suivie. Cocotte X était très appréciée de ses maîtres. Ce fut une perte importante pour eux, environ six euros TTC. Bien sûr ceci n’est qu’un exemple. Les gouvernements veulent cacher ces faits aux citoyens de leurs pays. Les grands journaux refusent de me rencontrer. Par conséquent, je compte sur vous et votre magazine international pour relayer cette information capitale. Il est international votre magazine n’est-ce pas ? Oblik : Oui, oui...


08 I zoom

Texte : Framboise I Photographie : DR

LE CIRQUE

Autrement...

L

es Morallès sont avant tout une famille, une famille qui vit et travaille ensemble. Après une première tentative avortée – les réalités économiques avaient eu raison du premier cirque créé par les parents, Monique et Christian –, les enfants et quelques amis rapportés reprennent le flambeau en 1994 et décident de créer ensemble un spectacle. Les Morallés arrivent tous d’horizons différents et mettent alors en commun leurs compétences pour présenter « Nuit gitane », une histoire de voleurs de poules, une création mêlant prouesses techniques, émotions, couleurs, coups de gueule, le tout sur une musique aux consonances tziganes. Pas d’éléphant ou de chameau, tout au plus quelques chiens

savants, des acrobates, des musiciens, des gueules que l’on n’oublie pas. Quelques années plus tard, on les retrouve avec « On ne choisit pas sa famille », un spectacle mis en scène par Lolo de la Compagnie des Cousins. Les voltiges et acrobaties se font plus fréquentes, mais l’humour sarcastique est toujours là. Les tournées s’enchaînent, le succès est au rendez-vous et les projets grandissent. Depuis le début de l’année, les Morallès sont accueillis par la ville de Salbris pour préparer leur toute dernière création « Mitcho ». Cette fois-ci, neuf artistes, chanteurs,


JOURS DE CIRQUE

Sous l’arche à Château-Renault, magnifique et surtout monumentale construction béton de la fin XXe, s’élèvent à la fin de l’été des chapiteaux jaunes et rouges qui viennent le temps d’une semaine transformer cette cité ouvrière en piste aux étoiles. La famille Morallés s’installe en compagnie de ses copains pour communiquer leur passion du cirque à qui le veut bien.

musiciens, proposent un spectacle où se mêlent joliment les arts du cirque et la musique. Sur un fond de folie déjantée, orchestré et mis en scène, ou plutôt en piste, par Serge Dangleterre, revisiteur fréquent de Molière et Bobby Lapointe, « Michto » vous surprendra et vous réjouira. 1er avril à Salbris (41) I 7, 8 et 9 avril à Monthodon (37) 14, 15 et 16 avril à Fresnay-sur-Sarthe (72) I 13 et 14 mai à Château-Renault (37) I 20 et 21 mai à Amboise (37) 17 juin à Neris-les-Bains (03) I 23, 24 et 25 juin au Festival « Le Mans fait son Cirque » (72) I 7, 8 et 9 juillet à Nevers aux « Z’accros d’ma rue »... www.lafamillemoralles.com

Quatre chapiteaux trônent sur cette place et c’est la fête du cirque pendant une bonne semaine. La journée, eux, vous, nous, faisons du cirque. Jonglage, acrobatie, clownerie et autres disciplines sont proposés au travers d’ateliers. L’année dernière, c’est la Compagnie MéliMélo qui dispensait son art à des néophytes. Le stage commence dès le premier jour avec le montage des chapiteaux. Il se poursuit sous ces derniers non sans quelques tracas... Malgré courbatures et petits bobos, on essaie de suivre, de se surpasser. Chaque soir, une compagnie de cirque est invitée. Après le spectacle, on fait la fête autour du bar « Content d’y être », on rencontre les copains et le matin ça recommence ! On repart fier de soi à la fin de cette semaine et ça fait du bien. Cette manifestation, organisée conjointement par la ville, les Moralès et les assoces du coin, est interactive. On cesse, si on le souhaite, d’être un simple consommateur de spectacles pour devenir aussi acteur. C’est l’esprit Morallès qui veut ça ! Ruth, fildefériste, « Tourne Autour » par la Cie Sacekripa, l’École Nationale du Cirque de Châtellerault, Fatal Cie, Malino et bien d’autres occuperont cette année nos soirées. Nous reviendrons bien sûr sur la programmation et les différents ateliers dans le numéro d’été d’Oblik, mais pensez déjà à réserver votre dernière semaine d’août (du 19 au 27) et n’hésitez pas à contacter les Morallès ou la mairie de Château-Renault pour obtenir de plus amples renseignements.


10 I cooking

Texte : Sophie Laurenceau I Photographie : Alvaro Yanez

CUISINE IN DÉPENDANCE

Parler de cuisine dans Oblik, quelle savoureuse idée ! Un récent sondage nous révèle que la blanquette de veau serait le plat préféré des français. Nostalgie imaginaire et collective, sur le mode du “Que j’ai aimé la cuisine de ma mémé Madeleine” ? Retour au goût des bonnes choses à l’heure de la « malbouffe » ? Moi, j’aime bien manger chez ma mémé, mais j’ai envie de vous parler d’autre chose que de blanquette.

I

maginez... Une salle de spectacle plongée dans le noir. Une scène éclairée au milieu de laquelle trône un vaste piano. Des artistes qui se succèdent sur un rythme endiablé pour interpréter leur art et livrer à nos sens leurs œuvres éphémères. Le dernier spectacle à la mode ? La performance de quelques stars adulées ? Rien de tout cela ! Quoique... C’était au Havre, les 20 et 21 février derniers, au OFF, l’Omnivore Food Festival. Deux folles journées consacrées à la gastronomie dans ce qu’elle a de plus festif et de plus créatif, autour de rencontres et de démonstrations animées par « la jeune garde » de l’art culinaire contemporain. Michel Bras, Pierre Hermé, Jean-François Piège, Thierry Marx, Jacques Décoret, Pascal Barbot, Ferran Adrià et pas mal d’autres toqués de tortore. Bref, le haut du panier, que des huiles, du gratin... et beaucoup de talent. Je pourrais vous parler déstructuration des aliments, cuisson à l’azote, cuisine moléculaire. Je pourrais


vous présenter les inséparables acolytes Pacojet® et Thermomix®, petits robots habiles et pervers, comme échappés d’un roman de S.F. pour envahir les cuisines professionnelles à coups de mousses et d’émulsions. Et là, je sens bien que je vous intrigue. Oui, on fait grand bruit autour de cette « jeune cuisine » qui prétend dépoussiérer nos assiettes en choisissant parfois la provocation ou en affichant, pour certains, une étrange amnésie face à nos ancestrales traditions culinaires. Juvénile révolte rêvant de révolution ? Ne réchauffons pas la blanquette, ne resservons pas l’éternelle querelle des Anciens et des Modernes et parlons plutôt de plaisirs ! Plaisir des yeux avec des compositions de plats semblables à des installations d’art brut où les formes, les matières, les couleurs des aliments épousent ou répondent à celles des « contenants », souvent créés spécialement pour un chef par un designer culinaire. Plaisirs du nez lorsque s’entremêlent les effluves

aussi subtiles qu’imprévisibles d’un beurre à la brioche (Pascal Barbot) ou d’une gambas à la crème de barbecue (Jacques Décoret). Plaisirs du palais à la découverte de ces textures et de ces saveurs nouvelles, pourtant jamais bien éloignées de celles déjà connues, évocatrices et rassurantes. Un bœuf carottes au gingembre, déstructuré et recomposé à la façon d’un nem (Thierry Marx), une huître virtuelle du XXIe siècle, jus tiède et explosif de saveur iodée dans sa bulle de cellophane (Jacques Décoret)... Si ces quelques lignes vous ont donné une furieuse envie de cuisine inventive et savoureuse, deux solutions : les bonnes adresses du Carnet de Route Omnivore 2006 [voir chronique page 39] ou bien vous mettre aux fourneaux pour créer, à votre tour et à votre façon, une cuisine sans préjugés, une cuisine indépendante ! Pour moi, c’est décidé : je file chez mon boucher (du quasi et de la longe m’a dit l’expert) car, demain, ce sera blanquette de veau... mais parfumée à l’anis et servie dans un bulbe de fenouil. Na !


12 I archi design

Texte : 10°3 I Photographie : DR

JEAN-PAUL

MARZAIS

SOBRIÉTÉ ET RAFFINEMENT L e s c r é a t i o n s d e c e To u r a n g e a u colonisent l’espace pour en faire un territoire de paix et de sérénité. Il s’en dégage alors un sentiment de calme où la vérité peut émerger...

“Sur ma chaîne, un accord de Thelonious Monk peut télescoper « Brand New Cadillac » des Clash”

A

vant de s’intéresser à la création d’objets, Jean-Paul Marzais a d’abord été séduit par le design graphique et la communication visuelle. Explorant la notion du « minimum », il s’applique à poursuivre dans le design et l’architecture d’intérieur une quête de simplicité. “Je suis séduit par la discipline de l’essentiel et la notion du condensé.” Mais cette précision est-elle vraiment nécessaire tant cet aspect de clarté et d’équilibre esthétique saute aux yeux à la vue de ses créations ? “Les objets que je produis illustrent également mon goût pour la typographie. Je suis sensible aussi bien aux lignes fluides et organiques qu’à la géométrie. Pour qu’un objet soit convaincant, il doit transmettre une pensée ou il doit être l’expression d’une élégance. Il doit dépasser sa fonction en reflétant l’énergie et la joie de vivre.” Pour preuve et toujours avec cette même volonté de s’impliquer dans les moindres aspects de la décoration


d’intérieur ou des arts de la table, Jean-Paul Marzais célèbre par exemple la gastronomie du quotidien en réalisant pour Alain Ducasse l’assiette coquetier. Par là, il redéfinit son esthétisme, favorisant les effets des pupilles sur les papilles. “Le processus de création est complexe. Parfois, l’idée arrive subitement, à la manière d’un courrier dans sa boîte aux lettres, mais, en règle générale, elle est inhérente au choix d’un matériau qui doit servir le dessin avec toutes la complexité de la fabrication. Je suis en perpétuelle recherche de textures, de nouveaux matériaux, de traitement, de détournement.” Mais, comme il a tenu a nous le préciser, Jean-Paul Marzais souhaite aller audelà de la « simple » création d’objet. “J’ai également une approche globale sur l’architecture d’intérieur et la scénographie de lieux publics.” De quoi vous conter encore des heures. Peut-être dans un prochain numéro... www.marzaiscreations.com


14 I de l’art à l’oblik

Interview : Agathe I Peintures : Diego Movilla

LA CASERNE Située au centre-ville de Joué-lès-Tours, La Caserne est un lieu dédié à l’art contemporain. Son agencement en quatre espaces (170 m2) et son architecture originale, volontairement brute et industrielle, offrent aux artistes un lieu ouvert d’expérimentation et aux visiteurs un parcours à travers la diversité de la création contemporaine. Après des travaux de Jack Vanarsky, Fernando Maza, Haude Bernabé, Azara, Nadia Schmidt, Olivia Rolde et Coco Téxèdre, c’est Diego Movilla qui présentera, à partir du 4 mai, ses toutes dernières créations sous le titre de « Limitro, imagen inestable ». Oblik a rencontré cet artiste éclectique.


Dis-nous qui tu es, d’où tu viens... Je suis né voilà 32 ans à Burgos, petite ville du nord de l’Espagne drôlement similaire à Tours : même climat, merveilleuse cathédrale gothique, centre historique médiéval... À l’âge de 18 ans, je me suis installé à Bilbao pour faire les Beaux-Arts à l’université du Pays Basque. J’y suis resté pendant sept ans. Comment aimes-tu travailler ? Je travaille toujours une vingtaine de petits tableaux en même temps, auxquels s’ajoutent deux ou trois grands formats et plein de petits papiers... tout ce que l’espace autorise. De cette manière, toutes les pièces avancent en parallèle et je peux aller de l’une à l’autre de façon assez libre, chacune ayant ses temps de « repos ». Crois-tu que tes origines espagnoles influencent ton travail ? Ce que je ressens d’une façon de plus en plus claire, ce sont les influences des années passées à Bilbao. Le Pays Basque espagnol est un territoire très « charismatique », plein de personnalité. Le peuple basque est en conflit permanent par rapport à son identité. Conflit a dans ma bouche un sens positif, j’y vois la confrontation d’idées, la discussion, parfois stérile, mais très riche aussi, la mise en question permanente. Et cet aller-retour d’idées donne de la personnalité et se ressent artistiquement. On dit souvent des gens qui sortent des Beaux-arts de Bilbao qu’ils se ressemblent tous, qu’ils sont faits dans un

même moule. Je pense en réalité qu’il existe une véritable « École » dans le sens un peu classique du terme, un « mouvement », quelque chose qu’on pourrait appeler la « peinture basque » ou « la sculpture basque ». Je ne crois pas qu’il existe ailleurs en Espagne quelque chose de similaire, sauf, peut-être, en Catalogne. Quelles sont tes influences ? Qui sont tes maîtres à penser, tes idoles ? Mes influences ont pour origine cette École, ses professeurs, mais surtout les copains de cours. Ce sont les gens qui m’ont ouvert les yeux. Du côté des artistes, parmi les Espagnols il y a les grands maîtres de la peinture contemporaine comme Luis Gordillo ou Juan Usle, d’autres, plus jeunes, comme Daniel Verbis ou les Basques Txomin Badiola et Pello Irazu. Sur le plan international, évidemment, Gerhard Ritchter et Martin Kippenberger, Michael Majerus, Franz Ackermann, Robert Rauschenberg, Paul McCarthy... Dans le panorama français, je suis assez fan de la peinture conceptuelle d’artistes comme Olivier Mosset, Bertrand Lavier ou François Morellet et, sans doute, Bernard Frize. Parle-nous de ton travail d’aujourd’hui, de ce que tu vas présenter à La Caserne. Est-ce un travail in situ, spécialement créé pour cette exposition, ou reprends-tu des œuvres anciennes ? Je ne le décrirais pas comme un travail in situ. C’est vrai qu’il y a des pièces qui vont être créées spécifiquement


16 I de l’art à l’oblik pour l’exposition, mais le concept de « prise en charge » de l’espace, qui caractérise le travail in situ, ne s’applique pas ici. L’exposition est composée de pas mal de tableaux, dans le sens classique (peinture sur toile), et de quelques pièces à partir d’autres supports qui sont des réflexions sur la peinture. C’est le cas des interventions sur les panneaux publicitaires que je réaliserai dans le cadre des 9e Rencontres de Danses Urbaines. Il s’agit d’une dizaine d’affiches sur lesquelles j’interviendrai et qui seront installées dans les réseaux d’affichage de Joué, Tours et La Riche. Je comprends ce projet comme une sorte de relecture de la pratique du Tag. J’attends le vernissage avec grande impatience. C’est toujours un moment fort dans une exposition. Ce le sera d’autant plus qu’il sera l’occasion d’une performance d’Alma Fury [voir page 30 ] et de la présentation d’un beau catalogue de 52 pages couvrant mes travaux de 2004 à 2006. Il me semble que tu travailles beaucoup... À chaque exposition, ton travail est différent et évolue. Où veux-tu aller ? Quels sont tes rêves en tant qu’artiste ? C’est simple, je cherche à définir mon travail, à trouver mes propres codes, à enlever du poids et des accessoires, à mener à bien mes projets. Je crois fermement au travail dans l’atelier, au jour le jour, au travail vrai et sincère. Je crois que l’objectif de ce travail ne doit être autre que l’obtention d’une œuvre intéressante. Trouver un circuit pour insérer l’œuvre est un labeur complexe et indispensable dans certains cas, mais celui-ci ne doit pas éloigner l’artiste du processus de création. La prochaine saison de La Caserne s’ouvrira avec la participation aux Ateliers Mode d’Emploi, puis l’accueil, du 13 octobre au 10 novembre, du peintre-performer Jacques Halbert ne reniant aucunement son intérêt initial pour les mouvements Fluxus et Dada. Pour finir l’année, La Caserne s’associera, du 17 novembre au 16 décembre, à la Biennale Plumes d’Afrique sur le thème des écritures et de la création contemporaines d’Afrique francophone en mettant en regard deux artistes, le sculpteur nigérien Boubé et le peintre d’origine malienne, Abou Diallo.

Diego Movilla « Limitro » du 4 au 27 mai La Caserne, 14, boulevard. Gambetta. 37300 Joué-lès-Tours T. 02 47 73 73 36 - 02 47 68 95 66 Ouvert du mardi au samedi de 14h30 à 18h30 Présence de l’artiste les samedis 13 et 20 mai jusqu’à 20h

www.diegomovilla.new.fr


12 PLACES DE CONCERT ET 15 CD

À GAGNER AVEC

POUR LES PREMIERS QUI S’ABONNENT À OBLIK Joindre un chèque de 10 euros à l’ordre d’Evento pour un an d’abonnement au magazine Oblik (6 numéros) Asso Evento / Oblik 33 allée de l’Arche du Pin 37300 Joué-lès-Tours

Nom : ............................................................. Prénom : ........................................................ Adresse : ........................................................ Code Postal : .................................................. Ville : .............................................................. e-mail : ..........................................................


18 I expositions

agenda@oblikmag.com

Chinon

RIFF’S REB Dans le cadre de BD en Chinonais Hôtel de Ville

> 27.04

KATARINA JOHNSON

La Riche

Médiathèque

> 16.04 bd

22.04 > 28.05 JEAN-MICHEL GABILLÉ photographie Instants de Loire Langeais Espace culturel de la Douve > 31.05

INES LEFRANC

peinture

Loches

Galerie Kimpel Lézé

> 07.04

FRANCOIS GÉHAN LAURENCE DUPUIS Galerie Arabesque

peinture et vol.

Loches

01.03 > 30.09 QUAND LES MURS graffiti ONT LA PAROLE Loches Donjon > 30.04

TOBY MULLIGAN

peinture

Loches

Bibliothèque municipale

> 15.06 Saché

SERGE KANTOROWICZ Portraits croisés Musée Balzac

> 12.04

CLAUDINE DUMAILLE

peinture

Vue d’exposition, Biennale de Venise, Pavillon Suisse, 1990 - DR ©

OLIVIER MOSSET Peintures

ORLÉANS - Galerie d’art contemporain du Carré Saint-Vincent Du 8 avril au 10 juin Ouvert du mardi au samedi, de 13h à 19h et les soirs de spectacle - entrée libre Visites commentées les samedis 18 mars et 6 mai à 17h www.ville-orleans.fr/scenenationale

peinture

St-Cyr/Loire

Parc Perraudière

15.04 > 26.04 RAOUL CORTEZ GRACA sculpture - peint. JEAN DELETRE St-Cyr/Loire Parc Perraudière 04.04 > 29.04 LES GITANS photographie H. Silvester et A. Boudsocq St-Pierre-d-C. Bibliothèque municipale > 14.04 photographie

Tours

FELIX OYOUNA Lumen Coda Maison des Associations Cult.

Tours

PIERRE HALET Absence & Présences Château de Tours

> 09.04

JOHN LALOR

Tours

Volapük

> 30.04

MALOU

> 07.05

peinture

Tours

Gal. Du Côté des Bons Enfants

Né à Berne en 1944, Olivier Mosset est Installé depuis 1977 à Tucson, Arizona, où il vit et travaille. Fer de lance de la « peinture radicale », il développe son œuvre avec cohérence autour des questions de signature, d’appropriation et de répétition. Souvent de grand format, le tableau n’est plus chez lui uniquement un objet à regarder. Développant l’idée exprimée par Matisse que la peinture n’est pas un spectacle mais un fait, Mosset fait de la toile un espace physique à parcourir.


14.04 > 15.05 JEAN-PIERRE LENOIR peinture - collage Expo Tours Petit Faucheux > 29.04

NICOLAS FLOCH’

sculpture - instal.

Bourges

L’Antre-peaux

> 02.04

FAN SERVICE MARY SUE Maison de la Culture

Bourges

03.04 > 30.04 NATHALIE LEROY peinture

Blois

Hall de l’Hôtel de Ville

> 08.05

STÉPHANIE CARDON

photographie

Intervention in situ au lycée Aristide Briand, Saint-Nazaire - E. Gouret ©

Blois

Maison du Loir-et-Cher

> 23.04

MICHAËLE-ANDRÉA SCHATT Parmenture Chapelle Saint-Jacques

peinture

Vendôme

ÉRIC GOURET Art Contemporain

SAUMUR – Centre d’art Bouvet-Ladubay À partir du 1er avril Ouvert tous les jours 10h - 12h et 14h - 18h30 - entrée libre www.bouvet-ladubay.fr

08.04 > 10.06 OLIVIER MOSSET peinture

Orléans

Carré Saint-Vincent

> 23.04

CJ LIM Virtually Venice FRAC Centre

architecture

Orléans > 30.04 peinture - instal.

Composée de 9 salles d’exposition et d’un hall-librairie, la galerie d’art Bouvet-Ladubay s’étend sur près de 800 m2. Le choix de la programmation répond à deux objectifs : • donner constamment à voir des artistes de haut niveau afin d’offrir à un large public la création picturale des quatre dernières

Amilly > 07.05 installation

Tours

PATRICK CONDOURET LAURENT MAZUY Galerie Agart ISABELLE LÉVÉNEZ Noli me tangere CCC

Tours

PER BARCLAY- AMY O’NEIL EMMANUELLE VILLARD CCC

> 07.04

L’ŒUVRE ET LE LIEU

> 28.05 collective

décennies ;

collective

• proposer à des collectionneurs internationaux des œuvres en

Tours

Lycée Grandmont

> 13.04

provenance des ateliers d’artistes.

photographie

Fondettes

JORDI COLOMER LOTIRON ET PERRIAND IUFM

Après des signatures comme Eduardo Arroyo, François

> 30.04

MANOLO CHRÉTIEN

Morellet ou Claude Viallat, c’est au tour de Éric Gouret d’exposer son travail à partir du 1er avril.

photographie

Tours

30.30

> 30.04

KRSN & AKROE

graphisme

Orléans

Galerie Wall


20 I concerts

agenda@oblikmag.com

H.F. THIEFAINE ©LAURENT SEROUSSI

01 AVR 20H30 -- €

BENABAR ©CHRISTOPHE RIHET

RAPHAEL ©JEAN-BAPTISTE MONDINO

NEAR DEATH EXPERIENCE PROPAGANDA’ TEAM DJ’S

01 AVR 20H30 31,6 €

HUBERT FELIX THIEFAINE

01 AVR 21H00 gratuit

CAELI

01 AVR --

TREMPLIN DECIBEL 101

4/9 €

02 AVR 20H30 27 €

BENABAR

02 AVR 20H30 32 €

RAPHAEL

04 AVR 20H00 13,6 €

BURNING HEADS UNCOMMONMENFROMMARS

05 AVR 20H30 12 €

ARTHUR NEILSON

06 AVR 20H30 11,6 €

LAURA VEIRS SYD MATTERS

06 AVR 20H30 16,6 €

MONA HEFTRE

06 AVR 20H30 23,6 €

ART MENGO

07 AVR 20H30 14,6 €

JOYEUX URBAINS MARIE CHERRIER

07 AVR 20H30 35 €

CORNEILLE GAGE

07 AVR 22H00 -- €

REMI TOULON TRIO

08 AVR 20H30 -- €

UNCOMMONMENFROMMARS

08 AVR 20H00 3 €

LETHAEUS

08 AVR 20H30 8 €

SORIA

08 AVR 20H30 6,6 €

JACK THE RIPPER

08 AVR 20H30 10/12 €

LA NOTE VERTE

08 AVR 21H00 -- €

BARBARA LUNA

11 AVR 20H30 10,6 €

RAPHAEL FAYS

11 AVR 19H00 3/8 €

ATELIER MUSICAL DE TOURAINE

12 AVR 20H30 35 €

JEAN LOUIS AUBERT

13 AVR 18H30 -- €

GREGSKY

• • • •

Electro

Chato Do - Blois

-Chanson Pop - Rock Tendance World

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ISOBEL CAMPBELL ©DR

Vinci - Tours Bengal Café - Blois MJC - Joué-lès-Tours

Chanson

Grand Hall - Tours

Chanson

E. Sologne - La Ferté St-A.

Punk

Le 22 - Bourges

Punk Blues - Country Pop - Folk

Les 3 Orfèvres - Tours Astrolabe-Orléans

Pop Chanson

La tête noire-Saran

Chanson

Halle aux grains - Blois

Chanson - Humour

Chato Do - Blois

Chanson Soul

Grand Hall - Tours

Rap’n’soul Jazz Swing

Les Copains d’abord - Salbris

Punk

Astrolabe - Orléans

Rock

MJC - Romorantin

Chanson

Cat’s - Orléans

Pop

Chato Do-Blois

World World argentine Jazz - Blues Classique Chanson Groove - Electro

S. des Fêtes - Lamotte B. Bains Douches - Lignières. Mjc - Olivet S. Ockeghem - Tours Zenith - Orléans Médiathèque - Orléans


13 AVR 20H00 13,6/15 €

THE YOUNG GODS

13 AVR 22H00 2 €

HORS LA LOI

14 AVR 20H30 -- €

TV MEN THE WEAKS

14 AVR 20H30 11,6 €

MONSIEUR K

14 AVR 20H00 21,6 €

EPICA THE OLD DEAD TREE

14 AVR 20H00 9,6 €

JUNIOR CONY

15 AVR 20H30 2 €

FINALE TREMPLIN

15 AVR 20H30 5 €

SIDE EFFECT TRASHINGTON D.C. DAILY MIND DISTORSION MEAN STREETS

18 AVR 20H30 8/12 €

SMOOTH

18 AVR 20H30 13,6 €

ISOBEL CAMPBELL VASHTI BUNYAM ANNA TERNHEIM

18 AVR 20H45 18,6 €

NADA SURF

19 AVR 20H30 15,6 €

HIGH TONE

20 AVR 20H30 10/14 €

ALDEBERT

21 AVR 20H30 11,6 €

WEAPON OF CHOICE

22 AVR 20H30 9,6 €

UNDER BYEN MI AND L’AU

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Rock indus Rock électro Rock

Astrolabe - Orléans Académie de la Bière - Tours Chato Do - Blois

-Rock fr. Métal

Carré St Vincent - Orléans Pléiade - La Riche

Métal Reggae - Dub

L’Antre Peau - Bourges

Concert

Pyramide - Romorantin

Punk - Rock

S. Hoptit Môme - La Riche

Fast Hardcore 80’ Punk - Rocker Rock - Punk Jazz Funk Pop - Rock

Bateau Ivre -Tours Minotaure - Vendôme

Pop - Rock Pop - Rock Pop - Rock

Le Chabada - Angers

Ethno Dub

Astrolabe - Orléans

Chanson amusée

Bateau Ivre - Tours

Rap’n’Soul

Astrolabe - Orléans

Pop Rock

Astrolabe - Orléans

Weird Folk


22 I concerts

agenda@oblikmag.com

SAIAN SUPA CREW ©HUGHES LAWSON

22 AVR --

gratuit

DEUS ©ALEX SALINAS

MICROFILM

26 AVR 18H00 28 €

CALEXICO - TIERSEN - MIOSSEC...

26 AVR 19H15 35 €

MAUSS - RAPHAEL - M. MARS

26 AVR 22H30 16 €

WOLF EYES - 54 NUDE HONEYS...

26 AVR 22H30 26 €

RHESUS - BIKINI MACHINE - SKIN 50’

26 AVR 21H00 25 €

LES OGRES DE BARBACK + FREDO

27 AVR 19H00 33 €

INDOCHINE - THE SUBWAYS...

27 AVR 20H00 23 €

SAIAN SUPA CREW - COLDCUT...

27 AVR 22H00 12 €

GONG GONG - NÔZE - BROADWAY...

27 AVR 22H00 12 €

VADIM VERNAY - MOSHPIT...

27 AVR 21H30 32 €

ARTHUR H - JACQUES HIGELIN

27 AVR 12H00 12 €

MATHIEU RUBEN - MAP

27 AVR 21H00 18 €

BUMCELLO - ALEXIS HK...

28 AVR 18H00 30 €

DA SILVA - MICKEY 3D - CALI...

28 AVR 22H30 16 €

SECOND SEX - ASYL - BUZZCOCKS

28 AVR 12H00 12 €

QUEEN OF YOGOURT - SUZANNE...

28 AVR 21H00 18 €

PAULINE CROZE - CLARIKA...

29 AVR 19H00 28 €

ARCTIC MONKEYS - DIONYSOS...

29 AVR 17H00 21 €

JR EWING - ETHS - DAGOBA...

29 AVR 21H00 18 €

MANSFIEL TYA - XIU XIU...

29 AVR 21H00 18 €

SMOOTH - ANIS - SPLEEN...

29 AVR 11H45 17/35 €

ANAIS - LE CIRQUE DES MIRAGES

29 AVR 22H30 16 €

CARIBOU - PSAPP - PLAID...

29 AVR 22H30 16 €

KENY ARKAN - K’NAAN...

29 AVR 16H00 gratuit

LUA

29 AVR 20H00 11,6 €

54 NUDE HONEYS

29 AVR 19H00 27,3 €

DJ LORENZO

30 AVR 20H00 -- €

MARIZA

30 AVR 16H00 25 €

COCOROSIE - EMILIE SIMON...

HUSHPUPPIES ©DR

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Post Rock PdB

JR EWING ©DR

Donald’s Pub-Tours Palais d’Auron - Bourges

PdB

Le Phénix - Bourges

PdB

Le 22 Ouest - Bourges

PdB

Le 22 Est - Bourges

PdB

Hune - Bourges

PdB

Le Phénix - Bourges

PdB

Palais d’Auron - Bourges

PdB

Le 22 Ouest - Bourges

PdB

Le 22 Est - Bourges

PdB

Hune - Bourges

PdB

Hune - Bourges

PdB

Soute - Bourges

PdB

Le Phénix - Bourges

PdB

Le 22 Ouest - Bourges

PdB

Hune - Bourges

PdB

Soute - Bourges

PdB

Le Phénix - Bourges

PdB

Palais d’Auron - Bourges

PdB

Théâtre J. Cœur - Bourges

PdB

Soute - Bourges

PdB

Les Escapades - Bourges

PdB

Le 22 Est - Bourges

PdB

Le 22 Ouest - Bourges

Post-rock Rock Electro

Pl. Séraucourt - Bourges MJC - Joué-lès-Tours L’Oasis - Le Mans

PdB

Hune - Bourges

PdB

Palais d’Auron - Bourges


24 I concerts

agenda@oblikmag.com

EMILIE SIMON ©LISA ROZE

LOUISE ATTAQUE ©RICHARD DUMAS

30 AVR 18H00 28 €

LOUISE ATTAQUE - KEN BOOTHE...

30 AVR 22H30 16 €

BATTLES - DIGITALISM...

30 AVR 22H30 16 €

JUSTICE - MODESELEKTOR

30 AVR 12H00 12 €

MARIE CHERRIER - TAPOK...

30 AVR 12H00 12 €

LISA PORTELLI - QUAISOIR...

30 AVR 21H00 -- €

LA TALVERA

01 MAI 21H30 gratuit

OKKERVIL RIVER

01 MAI 14H00 13 €

BENABAR + INVITÉS CHEIKHA RIMITTI

02 MAI 20H30 40/43 €

ALAIN SOUCHON

03 MAI 20H30 37/41 €

NATASHA ST PIER

02 MAI 21H00 -- €

BRAIN DAMAGE DR ISRAEL

04 MAI 21H00 19,6 €

AMELIE LES CRAYONS MARC MINELLI

04 MAI 20H30 -- €

WAX TAYLOR

04 MAI --

TREMPLIN DECIBEL 101

4/9 €

05 MAI 20H30 11,6 €

VENDEURS D’ENCLUMES SYRANO

05 MAI 18H00 gratuit

CONSERVATOIRE NAT. DE REGION

10 MAI 21H00 15,5 €

MARTIN RAPPENEAU PATXI GARAT

11 MAI 20H00 36 €

CROSSOVER JAZZ TRIO

11 MAI 20H30 13,6 €

KONONO N°1 BEANS

12 MAI 20H30 17,6 €

SINIK

13 MAI 20H30 36 €

BLACK VOICES

14 MAI 16H00 35/41 €

SERGE LE LAMA

17 MAI 20H30 36 €

RAPHAEL

BERTRAND BELIN ©DR

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PdB

Le Phénix - Bourges

PdB

Le 22 Ouest - Bourges

PdB

Le 22 Est - Bourges

PdB

Hune - Bourges

PdB

Soute - Bourges

Musique occitane

S. des f-Pierfitte S/Sauldre

Folk-punk Rock

Donald’s Pub -Tours

PdB

Le Phénix - Bourges

PdB Chanson Chanson electro-dub

Vinci - Tours Vinci - Tours Bateau Ivre - Tours

Reggae-dub Chanson

Le Minotaure - Vendôme

Blues - Rock Rap’n’soul

MJC - Joué-lès-Tours

Hip-Hop

MJC - Joué-lès-Tours

Chanson

Astrolabe - Orléans

Rap’n’soul Classique Chanson

S. Ockeghem - Tours Bateau Ivre - Tours

Chanson Jazz Musique World

Mjc - Olivet Astrolabe - Orléans

Hip-Hop Rap’n’Soul World

• •

PHILIPPE KATERINE ©DR

Chabada - Angers Cat. St-Gatien - Tours

Chanson

Zenith - Orléans

Chanson

Vinci - Tours


17 MAI 20H30 15,6 €

LOFOFORA EON

17 MAI 20H30 40/43 €

ALAIN SOUCHON

18 MAI 20H30 5 €

EMILE PYLAS

19 MAI 21H00 13,6 €

LO’JO

19 MAI 20H00 13,6 €

ZENZILE TROY VAN BALTHAZAR

20 MAI 20H00 25,6 €

DEE DEE BRIDGEWATER

20 MAI 20H30 39/43 €

ALAIN SOUCHON

20 MAI 20H30 34/40 €

GREGORY LEMARCHAL

22 MAI 20H30 12 €

NERVOUS CABARET

24 MAI 20H30 14/20 €

BERTRAND BELIN PAULINE CROZE

26 MAI 20H30 -- €

FUNKSTORUNG

26 MAI 20H30 6 €

THE ELEKTROCUTION

27 MAI --

KATERINE

-- €

NATTY BAS DEBOUT SUR LE ZINC TWO TONE CLUB 29 MAI 20H30 9,6 €

NESTOR IS BIANCA

30 MAI 20H30 36 €

PLACEBO

30 MAI 11H45 1 €

BLACK SUNDAYS

31 MAI 20H00 36 €

MATT POKORA

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Fusion hardcore

Asrolabe - Orléans

Métal Chanson

Antares - Le Mans

Chanson

Les 3 Orfèvres - Tours

Chanson

Chap. S/Jacques - Vendôme

Sound system

Chato do - Blois

Pop Rock Jazz - Blues Chanson Chanson Rock Chanson

Le Minotaure - Vendôme Zenith - Orléans Vinci - Tours Bateau Ivre - Tours Bains Douches - Lignères

Chanson Electro

Chapelle S/Jacques-Vendôme

Punk n’roll

La Gloriette - Tours

Pop Rock

La Gloriette- Tours

Electro Pop Rock Ska Rock aérien Pop Rock

Astrolabe-Orléans Zénith-Orléans

Power Fuck Fusion

Maison de retraite- Montargis

d’la bombe bébé

Zenith - Orléans


26 I back to...

Texte : Nathalie Martin & 10°3 I Photographie : DR & Laurent Talin-d’Eyzac

SALLE OÉSIA - NOTRE DAME D’OÉ - 4 FÉVRIER 2006

PACO GALOPE ENCORE !

P

aco Ibañez est ce qu’on appelle un mythe, une légende vivante. Porte-parole de toute une génération depuis les années 60, il porte en lui une sorte d’utopie. Paco, toujours dans la simplicité, avec son français de caserio*, communique avec son public d’une façon émouvante. Mais l’homme est faible. Paco a vieilli. Il a grossi aussi. Sa voix et son souffle ne sont plus ceux d’antan. Paco met du temps à traverser la scène et ses gestes sont devenus discrets et mesurés. Il entame le concert avec « Dejame en paz amor tirano » de Luis de Gongora. “Ça fait mal au bide“ lâche Maria. Elle a bien raison... Pourquoi diable les gens vont-ils encore voir ce vieux qui ne peut plus guère chanter et qui n’a plus de force ? Sans doute parce qu’il est plein de vie ! Paco, dans ses concerts, parle plus qu’il ne chante, Paco fait vivre ses paroles, dites ou chantées, Paco est plein de rage. De rage révolutionnaire. Il a le courage de dire pêle-mêle que tout le mal du monde vient de l’autre côté de l’Océan, que, si toute l’eau de la mer tient dans une goutte, toute la merde des Etats-Unis tient aussi dans un Mac Donald’s, que le « Sarko-phage » n’a rien à faire face à Ségolène, que ne servir à rien est la liberté absolue... Paco finit son concert avec « A galopar » de Rafael Alberti, « La poesia es un arma cargada de futuro » de Gabriel Celaya puis « Les bancs publics » de Brassens et, à moi, ça me suffit bien. *Petite maison traditionnelle du Pays Basque.

DONALD’S PUB - TOURS - 11 MARS 2006

NESTORISBACK

C

onduit par un leader discret mais charismatique, Nestorisbianca a sorti il y a quelques années déjà un album impressionnant, sincère et poétique. Trois adjectifs qui pourraient également définir la petite heure passée avec ce groupe attachant lors de ce concert de come back. Une batterie chaude et précise à souhait, des bourrasques électriques inattendues, mais également, et surtout serais-je tenté de dire, une voix toujours aussi ténébreuse, électrisante et marquante. Un concert de haut vol !


27 I cd versus live Texte : Julien

AUTOUR DE MON ONCLE - 10 FÉVRIER 2006

GINGER FROLIC KEYBOARD IN A TREE V. Music-Sterne / Sony-BMG

C’est au coin du feu, dans un home studio, que Ginger Frolic nous a concocté son premier album, au titre évocateur, Keyboard in a Tree. Spontanée et enjouée, l’électro-pop de ces Bordelais accorde une place de choix aux synthés vintage. Ginger Frolic, un groupe nostalgique ? Sans doute un peu à l’écoute de « Way out », de « Coffee » et de « Super 80 ». Mais si l’inspiration new wave est importante dans leur musique, les accents pop anglo-saxons sont également très présents (« Sinking », « Human’s Right »). Alternant passages mélodiques posés et envolées psychédéliques, Ginger Frolic offre au final douze compositions originales minutieusement arrangées. À noter la singularité de leur premier single « Trouble Bubble », véritable tube pourtant passé inaperçu. Sur la scène du Bateau Ivre, chemises rouges et cravates noires, le groupe nous a emmenés vers des contrées plus rock laissant au guitariste un peu plus d’espace que sur le disque. Servis par une basse omniprésente, certains morceaux comme l’instrumental psyché-punk « Dorothée is a punk » ou le sautillant « A Week » prenaient une nouvelle ampleur. De l’humour, le chanteur de Ginger Frolic n’en manquait pas ce soir-là, surtout lorsqu’il a fait chanter au public de Mon Oncle le lancinant refrain de « Sweet Suck » : « I just want your lips to be on my dick ». Alors Ginger Frolic, révélation de ce début d’année 2006 ? La rédaction est unanime, c’est oui.


28 I oblik party

Texte : Sina I Photographes : Andy Brown - Emilie Chedid

FESTIVAL DU PRINTEMPS DE BOURGES DU 26 AVRIL AU 1ER MAI

LES 30 PRINTEMPS

DE BOURGES Comme nous le savons tous, Bourges est surtout connue pour avoir été choisie par Napoléon III pour y installer l’Arsenal de France et la Fonderie Nationale. Mais saviezvous que cette année s’y déroule la 30e édition d’un festival de musique de renommée internationale ? Trente ans donc que Bourges transpire son festival jusqu’aux heures les plus reculées de la nuit où au coin d’une ruelle, on trouve toujours un corps encore animé pour vous dépanner d’une cigarette. Ville qui assume tous ses excès au pied même de sa cathédrale, symbole de siècles de puritanisme et de chasteté. Arctic Monkeys


C

ette année, le Printemps de Bourges passe le cap difficile de la trentaine. Premiers cheveux qui tombent, premiers kilos en trop. Trente ans, c’est l’âge des premières remises en question, l’âge où l’on veut s’affirmer aussi. C’est ce que cette édition semble faire en affirmant encore sa position de « redécouvreur » d’artistes déjà expérimentés et de styles aussi différents que variés avec Arctic Monkeys (rock british), Hushpuppies (rock sixties), Hocus Pocus (hip-hop), Pauline Croze (chanson), Digitalism (house électroclash allemande) ou encore, et entre autres, la luso-mozambiquaine Mariza et son fado métissé. Mais trente ans, c’est aussi l’âge du premier pas vers la sagesse. À ce titre, on notera la présence de valeurs sûres tels Indochine, Dionysos ou Yann Tiersen qui joueront, on le sait déjà, dans des salles combles de spectateurs conquis et captivés. Alors, pourquoi penser aux jeunes artistes quand la programmation principale suffirait à attirer le public et à faire vivre les vendeurs de kebabs ambulants qui vous arnaquent le sourire aux lèvres ? Peut-être parce que, depuis près de vingt ans, le PdB s’efforce de nous montrer la diversité musicale présente en France à travers la scène « Attention talent scène » aussi attirante qu’étonnante. Parmi les trente-deux chanceux de cette édition, petit clin d’œil aux régionaux

Pauline Croze

de l’étape, The Queen of Yogourt et Marie Cherrier. Cette année, la programmation est relativement alternative, riche et risque fort de laisser perplexes les habitués des grosses machines internationales (Massive Attack, Placebo...) et des affiches hasardeuses (The Rasmus). Les seuls « gros internationaux » présents ont gagné leurs lettres de noblesse sur la scène plus que sur les plateaux télé tout au long de leur carrière (Calexico, Deus, Ken Boothe...) et font souvent partie des groupes que l’on connaît de nom, mais dont on n’a jamais rien écouté. Aficionados de la scène française, vous ne serez pas en reste, puisqu’ils sont tous là. De Mickey 3D à Raphael en passant par Arthur H, Emilie Simon, Bénabar, Katerine, Cali, Da Silva et les autres, euxmêmes surveillés par les plus vieux (Higelin, Juliette, Lavilliers). À lire cette liste, on devient curieux de savoir qui il restera pour l’année prochaine... Le rendez-vous est donc pris pour les amateurs de qualité et les curieux rêveurs. Encore une semaine de sons, de sueur, de kebabs froids, de bières chaudes, de rencontres improbables et de rendez-vous manqués dans un univers d’échange, de partage et de culture propre à tout bon festival. Le Printemps de Bourges ne fête pas ses trente ans par hasard. Ça se mérite. L’âge de la retraite est encore loin...


30 I musik

Texte : Julien & Sina I Photographe : Jean-Michel Rafin

ALMA FURY De l’instant à l’ailleurs Véritables ovnis dans le paysage musical régional, les Alma Fury traînent, depuis quelques années déjà, leur passion pour la musique expérimentale de rencontres en collaborations, d’expériences en événements.

D

u quatuor originel, les aléas de la vie n’ont épargné que Vonnick et Klod. Mais, là où d’autres rescapés auraient fait une croix sur le futur, AF relève le défi de continuer à émouvoir sous la forme du duo. Si leur musique, à l’origine, était plutôt noise expérimentale, avec comme références illustres Sonic Youth ou Fugazi, elle touche davantage aujourd’hui à l’électronique expérimentale (Kraftwerk). Décomplexés, n’écoutant plus désormais que leurs émotions enfouies, Vonnick et Klod entrent dans l’univers de l’ailleurs, subtil mélange entre pratique de l’instrument et sentiments humains. Pour beaucoup, leur musique peut paraître presque inexistante tant elle utilise des codes que l’on n’a ni l’habitude, ni le courage de décrypter. On est si loin en effet de ces autres codes que l’on consomme à longueur de journée par médias interposés. Mais ne croyez pas

qu’ils crachent pour autant sur la musique dite populaire (sous toutes ses formes). Ils savent bien que la complexité importe moins que la réaction de chacun à des signaux différents. Pour eux, toute musique sincère ne peut être que bonne. Ayant choisi la voie de la libre expression, nos deux âmes furieuses continuent de suivre le chemin tracé par leur philosophie, celle qui les conduit à préférer jouer librement dans une cave qu’enfermés par les compromis d’un Zénith quelconque. S’inscrivant également dans une démarche d’échange, AF cherche à comprendre et à faire comprendre. Arrêtons-nous là et, comme il n’y a personne pour parler mieux des artistes que les artistes eux-mêmes, voici l’extrait d’un courriel envoyé par Alma Fury juste après notre rencontre. Faisons nous aussi maintenant un premier pas vers eux...


De : alma fury <almafury@club-interent.fr> Date : Sat, 18 Mar 2006 21:57:29 +0000 À : <contact@oblikmag.com> Objet : Hello « Hello Oblik, en fait, j’ai oublié certaines choses importantes. Notamment que le moog (synthétiseur) nous a transporté vers d’autres horizons spatio-temporels (étoiles comprises ****, c’est pour cela que je parlais d’infini, de vastitude...) et musicaux. Et cela aussi bien vers l’ électro-acoustique,l’acousmatique (Pierre Henry, Pierre Shaeffer, Eli ne Radigue) que vers l’électronique expérimentale plus actuelle (Oval, Alva Noto, Otomo Yoshihide avec qui nous avons collaboré, Ryoji Ikeda et Ticklish que nous avons invités à Total Meeting et tant d’autres aux frontières de divers courants musicaux. Il existe des labels et des distributeurs de toutes ces musiques. Ils sont très pertinents et prennent des risques, ils s’aventurent en marge des droites lignes, du parti pris très commercial et du formatage ! Petite précision : Total Meeting (au Petit Faucheux) n’est pas un festival de jazz... mais de musiques LIBRES. »


32 I portrait

Texte : 10°3 I Photographie : Ced Neige

HERVÉ BOURIT

“Si tu t’arrêtes, tu tombes...“

C’est une figure discrète s’il en est qu’Oblik a tenu à vous présenter dans ce numéro. Programmateur du festival Aucard de Tours de 1986 à 1998, amateur éclairé de BD, animateur radio durant une vingtaine d’années (de Béton à Radio France en passant par Radio Méga Tours) ou encore fan de cinéma, de polar, d’art contemporain, de cirque et de théâtre de rue, Hervé Bourit est un boulimique. Boulimique de culture. Rencontre avec un passionné...

C

’est dans un pub tourangeau que nous avons rencontré ce Blésois d’adoption depuis 1992, date à laquelle il a intégré la direction des affaires culturelles de Blois. Mais revenons d’abord aux sources... DUT de journalisme et licence en droit en poche, sa vie professionnelle n’a commencé qu’en 1988, quand il débarque à Radio France, rappelle-t-il le sourire au coin des lèvres. José Arthur et son Pop club lui ouvrent les portes de l’émission après un stage fructueux de quelques semaines. Lui s’y engouffre avec envie. Hervé, cependant, sait déjà bien de quoi il parle. Fan de culture rock, il est actif depuis le début des années 80 dans différentes radios libres, les premiers fanzines tourangeaux et autres associations organisatrices de concerts (notamment à Tours, à l’Amphi — futur Bateau Ivre — où il programmera des groupes alors méconnus tels les IAM, la Mano ou les Thugs). En 1988, c’est seul que Hervé prend en main la prog’ du festival Aucard de Tours. Cette édition verra briller les Wampas et les Berru. Prog’ très « bétonnienne » c’est certain, mais Hervé, lui, est ouvert. Ces années-là, le festival accueillera donc autre chose que du bourrin ou du festif (Jad Wio, Miossec, Little Rabbits et autres découvertes electro-pop). C’est en


1999 qu’il laissera la place “aux p’tits jeunes“. En 1992 s’annonçait en effet déjà un autre défi : cette année-là, Jack Lang, alors maire de Blois, lui donne carte blanche aux affaires culturelles pour certains projets, dont le Chato’do. Deux années passent et la salle est inaugurée en 1994 par un concert mémorable de Billy ze Kick, No one is innocent et Dominique A. Et puis il y a le Carnaval à lancer, la Fête de la musique à restructurer, des expositions, des concerts et des festivals de cinéma d’abord, puis d’histoire ensuite, sans oublier un peu de com’ culturelle. Depuis, Hervé n’a cessé d’écumer les festivals de musique, de BD, de théâtre de rue, de livres, les expos, d’apprendre, de découvrir, de découvrir et d’apprendre... Et lorsqu’on lui demande si la radio ne lui manque pas, il répond tranquillement que sa playlist, il la fait tous les jours, chez lui, en voiture ou au bureau. Nul doute qu’il ne manque pas de matière puisqu’au détour de la discussion, il nous confie qu’il reçoit plus de 500 CD pour le seul festival Tous Sur Le Pont qu’il a créé à Blois voilà 4 ans. Et ce boulimique les écoute tous ! Entre musique et patrimoine, le festival présente déjà un beau tableau de chasse (-M-, Smooth, Marie Cherrier, Accentus, Louise Attaque...). “Si tu t’arrêtes, tu tombes“, aime-t-il à dire. À bien l’écouter, on comprend que la boulimie de culture ne se guérit pas. Et dans tout cela, pas un mot plus haut que l’autre, pas de petite mesquinerie sur untel ou untel. Devant son café maintenant froid, Hervé préfère nous dire et redire combien il tient en haute estime Gisèle du Bateau, Doc Pilot du groupe X-Ray Pop, les gens de la Compagnie Off ou les petites assoces comme Up Your Ass, bref tous ceux qui mettent leurs tripes, leur temps et leur énergie à organiser des événements, à rendre la culture abordable et populaire. Gageons que nous continuerons encore longtemps à croiser Hervé sur les festivals de France et de Navarre. Encore faut-il cependant que vous y soyez aussi ! Avec autant de discrétion qu’il est entré, ce discret passionné ressort du pub enfumé. Au fait, avec qui étions-nous déjà ?


34 I tendance

RADIO 18 € Radio

ETNIES Herzo

2 EASY CHAIR Green

ZOO YORK Preston

ETNIES Lolli

3 ADIDAS 84 € F. Beckenbauers bag 1 Nash

Vêtements 82 rue des halles 37000 Tours

2 Atemporel

Mobilier contemporain 28, rue de la Scellerie 37000 Tours

3 Gotham

Vêtements 95 rue des Halles 37000 Tours

CONVERSE 73 € CTAS losanges hi 4 Tong

Chaussures 5 rue Lucé 37000 Tours


PULL IN 40 € Camouflage

1 ADIDAS 90 € Icons

4 LOINT’S 120 € Holland

4 ARCHE 130 €


36 I glisse

Texte : 10°3 I Photographie : Ced Neige

SAMUEL

PARTAIX JET SK8 STORY

A

vant que je n’aie le temps de lui poser la moindre question, la serveuse, une connaissance de collège ou de lycée, commence à le tchatcher. Quelques bla-bla plus tard, elle finit par conclure : “En voilà un qui a bien tourné au moins !“ Et Samuel de répondre : “J’sais pas si j’ai bien tourné, mais au moins j’m’éclate ! Depuis septembre, je suis passé par Barcelone, Lyon, Marseille, Paris, Copenhague, Hossegor, Toulouse et là, je rentre d’Italie. C’est sûr que j’vais pas me plaindre...“ Mais qu’est-ce qui fait ainsi courir Samuel ? La recherche du spot et du fun répond-il. De tous ses périples, il ramène

C’est sans son chien, qui répond au doux nom de Rock, et sans son skate sous le bras que nous avons rencontré Samuel. Ça commençait donc bizarrement puisqu’il ne sort habituellement ni sans l’un, ni sans l’autre. Et c’est une bière à la main, assis à la terrasse d’un bar situé non loin de son shop, comme il dit, que Samich commence à nous raconter sa « carrière » de skateur déjà bien remplie.

des récits de soirées un peu trop arrosées, des vidéos et des photos pour lui, ses potes, son magasin, pour les marques ou pour des magazines. C’est qu’il commence à avoir sa petite notoriété dans la « Jet Skate Society » le petit ! Ah oui, j’oubliais... Samuel a tout juste 18 ans. Enfin, ne lui rappelez pas trop si vous ne voulez pas vous faire renvoyer dans vos vingt-deux mètres. Par-dessus tout, Samuel déteste tous ces clichés skate business. Pour lui le skate, c’est « only for fun ». “Tout s’est déroulé sans que je ne demande rien, sans prise de tête. Les marques m’ont contacté petit à petit mais, depuis l’âge de 12 ans, je zone de rue en rue, skate au pied, juste pour le fun.“ Samuel a


skaté ainsi quelques années à Valenciennes et Paris avant de débarquer à Tours il y a six ans. La ville, toute étudiante qu’elle soit, reste encore en retard côté skate explique-til. Faute de véritable spot, c’est la rue qui sert de terrain d’expression. Pas d’amertume pour autant dans la voix de Samuel : “La rue c’est hyper social, c’est là que tu fais des rencontres ! “ Voyager, rencontrer les gens, échanger, partager et même donner, on voit rapidement que Samich a la personnalité pour. Depuis qu’il tient sa boutique – Skate Pistols – rue du Maréchal Foch à Tours, il s’investit pour les plus jeunes (que lui) en organisant, par exemple, une coupe départe-

mentale de skate ou en constituant et sponsorisant une team de neuf potes. Après quarante-cinq minutes d’interview en forme de belle rencontre, Samuel s’éloigne lentement du bar sur ses deux pieds et toujours sans son chien. A n’en pas douter, il est parti retrouver son fidèle skate qu’il a volontairement abandonné pendant presque une heure. Tu devrais avoir honte Samich !


38 I books

SANS PÉTROLE

LE PHOTOGRAPHE Tome 3

LOVE SONG Tome 1

BASILE ET VICTORIA Tome 4 « PEARL »

Jérôme Spitz Editions inverse En vente : 16 €

Guibert-Lefèvre,-Lemercier Editions Dupuis En vente : 18,05 €

Christopher Editions du Lombard En vente : 12,35 €

Edith et Yann Humanoïdes Associés En vente : 19 €

Nouveau dans le monde de l’édition, Les Éditions Inverse éditent Sans Pétrole, dans la collection reportage. “À force de parler de la fin du pétrole on finira par avoir des idées c’est sûr. Le pétrole, on sait qu’il n’y en aura plus. Un jour. Mais on ne va pas se réveiller un matin en se disant : « tiens y a plus de pétrole, qu’estce que je vais bien pouvoir mettre dans ma voiture ce matin ?“ Alors Jérôme Spitz est passé de la théorie à la pratique, il a roulé au colza, il s’est chauffé au bois, il a étudié les panneaux solaires, essayé de comprendre Iter, rencontré des écolos pur jus, jardiné et observé sa femme...

Dernier tome de cet étonnant ouvrage croisement entre reportage et bande dessinée, qui en se mêlant astucieusement ouvre les portes à une narration nouvelle dans le 9e art. Il n’en fallait pas moins pour raconter l’aventure exceptionnelle d’une équipe de Médecins Sans Frontière dans l’Afghanistan des années 80. Plus qu’un témoignage, c’est aussi une formidable leçon de vie et de tolérance, de respect, termes parfois galvaudés mais qui retrouvent ici toute leur plénitude. A noter qu’un DVD accompagne cet ouvrage permettant de prolonger et de compléter l’immense plaisir de cette lecture.

Derrière une couverture qui ne cache pas son amour pour l’album Rubber Soul des Beatles, le néo-tourangeau Christopher livre sûrement une des plus belles histoires de ce début d’année. Cette chronique musico-sociologique, découpée en dix tranches portant chacune un titre des Scarabées, d’une bande de quatre amis, leurs amours, leurs galères, leur réflexion sur la vie et le temps qui passe. C’est cruel et aérien, humoristique et angoissant, bref une belle recette qui vous prend et ne vous lâche plus et on soupire d’aise en se disant qu’il y aura encore trois autres albums, qui on l’espère seront de la même tenue.

On avait quitté nos deux héros sur le Port de Zanzibar et on les retrouve échoués sur une île au large de l’Ecosse. Celleci est peuplée uniquement de femmes terrorisées par un groupe d’amazones. Ils vont y rencontrer une petite fille, Pearl, qui va les mettre sur la piste d’un trésor caché depuis des siècles ! Comme on le voit l’imagination débordante de Yann fait encore merveille servi par le trait aérien d’Edith. Il faut dire qu’après dix ans d’absence, cette série culte pour beaucoup, possède tous les ingrédients des histoires d’aventure. Finalement ce qui pourrait être la rencontre iconoclaste de Oliver Twist et de l’Ile au Trésor, font de cette BD une histoire se savoure avec gourmandise et clins d’œil.

H. B.

H. B.

H. B.


internet

Texte : Florian

CARNET DE ROUTE OMNIVORE 2006 Editions de l’ÉPURE En vente : 24 €

Voici un nouveau guide culinaire pas comme les autres. Il présente 150 tables et leurs chefs créatifs, acteurs de cette « jeune cuisine » issue de la génération Bras-Gagnaire-Ducasse qui fait tant parler d’elle aujourd’hui (voir l’article Cuisine in-dépendance). L’équipe de la revue Omnivore a sillonné la France pour rencontrer, déguster, s’émerveiller, répertorier, mais surtout pour nous faire découvrir le talent de notre jeune gastronomie. S’affranchissant des grands répertoires et du terroir sanctuarisé, celle-ci voit technique et produits comme une palette d’expression de sensibilité et de créativité. Pas d’anonymat, pas de notes. La démarche des journalistes d’Omnivore se veut résolument subjective, comme une façon de prendre le contre-pied des guides « officiels » à la légitimité de plus en plus contestée. Les restaurants présentés sont majoritairement situés en province, dans des villes moyennes et parfois même des villages isolés. Agréablement illustré, commenté avec esprit, ce guide sera votre compagnon de route tout autant que votre livre de chevet pour des rêves de nouveaux voyages pleins de gourmandise, de saveurs et de plaisirs.

http://lesgensdanslarue.hautetfort.com

www.lesnouveauxcinephiles.com

Suivez, au jour le jour, le pari insolite d’un amateur de photo : poster quotidiennement un cliché d’une scène de rue. Avec malice, JL. Gendrot nous donne plus qu’un divertissement. Drôles, émouvants ou cyniques, ces instants capturés ne laissent indifférent. C’est la chance, selon lui, qui donne le « p’tit truc qui fait la différence. » En cliquant, on ne voit pourtant que du talent.

Des Cahiers du cinéma aux blockbusters, la cinéphilie a des visages multiples. Tronche de cinoche, notre blogueuse, ne fait pas d’ostracisme. Elle parle du cinéma, de tous les cinémas, avec, c’est vrai, une prédilection pour le courtmétrage. À découvrir : critiques de films, agenda télé et ciné de la semaine, actualité des festivals...

LES GENS DANS LA RUE

LES NOUVEAUX CINÉPHILES

www.fracama.org

http://fetenationaleduslip.free.fr

Tout en sobriété, le site de la FRACAMA (pour Fédération Régionale des Acteurs Culturels Associatifs – Musiques Amplifiées) permet notamment de découvrir et d’écouter à l’envi les productions régionales. Grâce à son accès « membres », il offre la possibilité de poster des annonces, de télécharger des ressources documentaires, de rechercher des contacts, etc.

Voici un projet attendu depuis longtemps, la véritable fête nationale du slip, une fête sans but lucratif, une fête venue de nulle part, avec un nouveau concept, le « cogito ergo slip ». « Ils ont choisi le 20 juin pour le célébrer. Si vous voulez participer à l’imposition de cette nouvelle fête, vous trouverez sur ce site, divers kits gratuits pour produire et reproduire des slips à l’infini.

LA FRACA

LA FÊTE DU SLIP


40 I carré oblik

BRAIN DAMAGE

CESARIA EVORA

GAINSBOURG

SPOKEN DUB MANIFESTO - V. 1

ROGAMAR

M GAINSBOURG REVISITED

Jarring Effects / PIAS

Lusafrica / RCA / Sony-BMG

Universal/Barclay

Mélanger de la poésie et du dub ! Il fallait y penser, Brain Damage l’a fait. Fidèle à sa démarche initiale, le duo stéphanois propose un dub ambiant et « cérébral » affranchi de sa forme originelle puisque la voix prend désormais l’ascendant sur l’instrumental. Ce « manifeste du dub parlé » s’est en effet construit autour d’un seul et même fil conducteur : le spoken word (poésie récitée, non chantée). Pas moins de 11 artistes vocalistes/poètes/ écrivains sont venus chuchoter, scander des textes écrits ou improvisés en anglais, arabe ou japonais ! Parmi eux, le New-yorkais Black Sifichi, Dylan Bendall de Lab°, le provocateur H a k i m B e y à l ’o r i g i n e d ’ u n e redéfinition de l’Islam hérétique, la sensuelle Suzanne Thoma ou l’invraisemblable Ted Milton, chanteur/saxophoniste. Côté sonorités, Brain Damage poursuit ses excursions psychédéliques développant des atmosphères planantes, parfois violentes, souvent oppressantes. Les émotions sont d’autant plus fortes que les samples ne sont plus empruntés mais composés et interprétés par des instrumentistes (percussions, vibraphone, flûte). Une nouvelle fois, pour ce 3e album, Brain Damage surprend et s’impose comme un groupe intègre et novateur, ce qui n’est pas, soit dit en passant, l’apanage de la planète dub !

« Cize » est revenue ! Elle est là, juste à côté de nous, douce insulaire, reine sensuelle, pleine de pudeur et d’énergie. Laissant derrière elle les difficultés capverdiennes d’antan, quand elle partageait sa passion dans les rues, l’enfant pauvre de l’île de San Vicente s’est faite ambassadrice d’une musique où l’âme et le cœur se confondent. « Elle », c’est Cesaria Evora. Avec Rogamar, son 10e album, Cesaria célèbre la mer, source de joie, de peine et lieu d’espérance pour tous ces Capverdiens qui prient en son nom, pour tous les poètes de ces îles qu’elle inspire. Comme toujours, la diva aux pieds nus emmène nos sens en voyage : ambiances nostalgiques, mélancoliques, entre allégresse et abandon... Tristesse de l’exil (« Saô Tomé Na Equador »). Cesaria nous propose aussi de belles touches internationales avec la participation de Cali pour un coup de pinceau (« Um pincelada ») sur le thème du bien-être et de l’Amour ! Sur « Africa Nossa », c’est le chanteur sénégalais Ismaël Lô qui se joint à Miss Perfumado, bel échange culturel entre l’Afrique et sa voisine capverdienne Ajoutez à cela une pincée de reprises de classiques nationaux comme « Sombras Di Distino », « Avenida Marginal » et « Mar Nha Confidente » et vous obtenez un très bel album en forme d’ailleurs.

C’est une relecture anglophone que nous propose cet énième tribute, vibrant hommage au dandy à la tête de chou. Sans doute l’un des plus intéressants du moment puisque les travers du plagiat sont évités dans l’ensemble, les artistes s’étant réappropriés chacun des 14 titres. Le plus convaincant dans l’exercice est Boris Bergman qui a su angliciser les vers du poète, préférant, à juste titre, privilégier l’esprit ginzburgien que la lettre. L’album voit se succéder des invités de prestige (J. Birkin, F. Hardy, Feist, Portishead, Tricky, etc.). En duo avec Karen Elsen, Cat Power nous susurre une version érotico-lesbienne de « Je t’aime moi non plus » d’une sensualité troublante. De son côté, Jarvis Cocker chante le sombre et émouvant « I just came to tell you that I’m going » alors que Michael Stipe revisite les couloirs salaces de « L’hôtel particulier ». The Kills présentent une reprise dépouillée de « La chanson de Slogan » rebaptisée « I call it art » tandis que la version explosive de « Sorry Angel » (Franz Ferdinand) emporte sur son passage la décevante Marianne Faithfull qui, brillant par son absence d’audace sur « Lola R. for ever », nous rappelle que M. Gainsbourg est encore plus vivant que nombre de nos contemporains.

Julien

Lou

Julien


dvd

MEDS

NICK CAVE AND THE BAD SEEDS

BELLE AND SEBASTIAN

Capitol Records

THE ROAD TO GOD KNOWS WHERE

FUNNY LITTLE FROG

Mute/Labels

Rough Trade

Entouré depuis 1983 par The Bad Seeds, fer de lance du rock gothique, Nick Cave s’est affirmé comme un artiste atypique, quasi mystique. Personnage sombre et tourmenté, ce crooner punk est obsédé par les thèmes de l’amour et de la mort qu’il chante sur une musique oscillant entre blues et rock. La réédition du documentaire The road To God Knows Where fait de nous des privilégiés. Elle nous plonge dans l’univers intime de Nick Cave et de ses acolytes. Le film nous invite dans les coulisses d’une tournée américaine réalisée en février et mars 1989. Au programme : extraits de concerts, prise de tête avec des promoteurs, renvoi d’un technicien, images d’hôtels, ennuis, fatigue, etc... le tout en noir et blanc. Le second volet du DVD, intitulé Live At The Paradiso, nous propose un concert complet du groupe enregistré en 1992 à Amsterdam. Parmi les 12 titres joués ce soir-là, les immortels « The Mercy Seat », « Jack The Ripper », l’incontournable « Papa Won’t Leave You, Henry » et, pour finir, le somptueux` « A new morning ».

Eh oui ! Voilà bientôt dix ans que les Écossais de Belle and Sebastian enchantent les amateurs de pop minimale, suave et délicate. Menée d’une main de maître par son charismatique leader Stuart Murdoch, la petite communauté de Glasgow poursuit, avec son septième album The Life Pursuit, la mue entamée en 2003 avec Dear Catastrophe Waitress. Et pour accompagner la sortie du single « Funny Little Frog », le groupe nous offre sur support DVD ce sympathique vidéoclip. Cette chanson illustre d’ailleurs parfaitement l’évolution électrique du groupe, qui tend à quitter les chemins de traverses de leur pop pseudo acoustique d’antan. Plutôt amusante, légèrement funky, « Funny Little Frog » se vêt bien sûr d’une mélodie impeccable et accorde une place d’honneur au piano et aux guitares. Cette jolie vidéo de Belle and Sebastian est une façon charmante de nous faire patienter avant la sortie du prochain single « The blues are still blue » et la venue du groupe cet été au Fort de Saint-Père à l’occasion de la Route du Rock.

Super Bock

Julien

PLACEBO

Molko nous avait promis un retour aux sources. Ecoutons voir... « Meds » ouvre le bal. La première sensation est impressionnante puisqu’on a l’impression d’écouter un titre écrit il y a dix ans. On se dit alors que Molko avait raison et l’on trépigne d’impatience à l’idée d’écouter la suite. Erreur fatale ! Le reste sonne comme une vaine tentative de survie, survie à laquelle ils semblent bien seuls à croire. Comme sur les deux albums post mortem de Placebo (Black Market Music et Sleeping With Ghosts), il y les singles formatés pour les radios, les riffs édulcorés pour publicités et les chansons pour faire pleurer les jeunes filles. Malins, ils sortent « Song To Say Goodbye » en single. Bien joué, c’est sûr qu’avec la couleur plutôt rock de cette chanson (la seule d’ailleurs) ils cherchent à cacher une production générale frisant le gothic post ado proche de celle du groupe Him. Cet opus n’est pas mauvais, il est juste une suite logique dans l’évolution du groupe et il faut la respecter. Il ne suffit pas d’annoncer un album rock pour le faire. La spontanéité et la rage ne se trouvent pas dans un studio. Bonne route quand même Placebo. Merci de nous avoir offert vos deux premiers albums (Eponyme et Without You I’m Nothing)...

Sina


42 I carré local Texte : Julien

PHOENIX AVENUE EGREGOR

Autoproduit / www.phoenixavenue.com Lorsque j’ai appelé mon indic’ pour qu’il me conseille un groupe régional à chroniquer, c’est sans l’once d’une hésitation qu’il m’a répondu : “Phoenix Avenue ! Ils sortent tout juste de studio. Écoute ça, tu ne seras pas déçu“. Phoenix Avenue ? Avec un nom pareil ça ne peut être qu’un groupe de reprise des classiques 80s ! La critique facile, je partais pour le moins sceptique. Et pourtant, une seule écoute de l’album suffit pour faire de moi un « con-vaincu ». L’album s’ouvre avec un instrumental assez lent qui laisse planer un cuivre oppressant, distillant quelques notes mélancoliques à souhait... avant que la guitare, tout en douceur, ne se meure. Très belle entrée en matière, plutôt calme même... Mais prenez garde car tout ceci n’est qu’un leurre. Dès le second morceau, « Egregor », Phoenix Avenue joue cartes sur table et annonce la couleur : un métal lourd et mélodique. Arrive alors le moment fort de l’album, « A red wine stain », riff de guitare accrocheur, rythmique incisive, voix oscillant entre rage et douceur. Tout y est ! L’ambiance plus aérienne de « Bodas de sangre » laisse même apparaître un chant en français servi par une interprétation des plus torturées. Quant au processus de création, il ne s’est sûrement pas arrêté à la porte du studio. Phoenix Avenue expérimente (« Portrait ») et donne à ses chansons de longs et puissants passages instrumentaux (« Pas de message », « Old Marionnette »). Premier album du trio tourangeau, Egregor reste très marqué par les influences pleinement assumées du groupe (System of a down, Muse, Mass Hysteria). Phoenix Avenue a déjà assuré des premières parties de renom (Lofofora, Feverish). Le groupe présentera son album à Bourges le 29 avril prochain.

I l’inaperçu Texte : Sina

[ Paradis de la subjectivité, cette rubrique n’a d’autre but que de vous faire découvrir des albums qui ont touché les cœurs sensibles des membres de la rédaction. Ni l’actualité du groupe, ni leur renommée ne sont prises en compte. Comme vous l’aurez compris chers amis lecteurs : ici nous faisons ce que nous voulons !!! ]

CALLA TELEVISE

Latitre Records (2002) Il n’est pas évident de sortir indemne de l’écoute du travail de vrais artistes. C’est ce risque que vous prendrez en écoutant Televise. Entrez avec ce groupe dans une obscurité ambiante qui se nourrit de mélodies impeccables et naturellement portées par la voix tristement sensuelle d’Aurélio Valle et d’un son trahissant l’origine texane de ce trio. Une guitare, une basse, une batterie minimaliste et quelques samples suffisent à créer une musique hypnotique, lourde et oppressante. Après un premier album instrumental et un deuxième – Scavengers – remarquable, nos trois Texans, exilés à New York City, ont osé encore une fois plaider pour le côté obscur de la musique, sans jamais faire de racolage pour attirer les êtres faibles que nous sommes sur le trottoir de l’émotion facile. Violent, cet LP peut l’être tellement il a la force de nous atteindre. Mais attention, il ne s’agit pas d’agressivité. C’est bien pire en vérité. La violence ici contenue est douce, presque sensuelle, et brise ainsi la moindre résistance qui pourrait lui être opposée. Cet album n’est pas beau, car ici, la beauté est inutile. Ce ne sont pas des chansons, mais des thérapies. Si vous ne voulez pas savoir ce qu’exorciser veut dire, n’écoutez pas Calla...



OBLIK 4