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Le numéro 6 déjà ! 6 ans que La N'Avette a pris le relais de ma première revue intitulée « Asaum ». 6 années où nous partageons nos expériences du monde des plantes au travers de nos voyages botaniques, notre pépinière et notre jardin situé dans le sud de la Bourgogne. Le jardinage et la culture des plantes a toujours été pour moi une passion et un besoin de partager. Trop de collectionneurs restent seuls dans leurs jardins sans faire partager leurs expériences. J'aime transmettre et enseigner ce monde passionnant que sont les plantes. A ce jour, notre jardin compte près de 6.000 variétés de plantes en culture. Toutes ces plantes servent de pieds-mères pour la multiplication de notre pépinière. Nous cultivons toutes les plantes que nous proposons et nous connaissons donc bien leurs exigences, leurs qualités, leurs défauts... Nous pratiquons le semis, le bouturage, la division et le greffage. Pour moi, un pépiniériste se doit de cultiver ses pieds-mères et ne pas se contenter d'acheter du jeune plant. C'est un sacré travail mais c'est aussi le vrai cœur de notre métier. Un métier malheureusement en voie de disparition. Aujourd'hui, 95% de nos plantes naissent à la pépinière. Mais nous ne nous sommes pas arrêté là. En effet, depuis 1 999, nous avons effectué 1 5 voyages botaniques en Asie et au Moyen-Orient. Observer les plantes dans leur milieu naturel permet d'en apprendre beaucoup sur la manière de les cultiver. Et, surtout, cela nous permet d'avoir dans notre pépinière des plantes non hybridées, toutes avec une parfaite traçabilité sur leurs origines.

ci-contre, notre périple au Japon : en noir, le voyage de 2016 en bleu, celui de cette année


Tous ces voyages ont également permis de mettre en place un solide réseau en Asie (mais aussi en Europe et Amérique du nord) constitué de pépinières de collection, d'obtenteurs et de jardins botaniques. Cela nous permet de vous proposer chaque année de nouvelles espèces ou variétés horticoles, dont beaucoup sont introduites pour la première fois en Europe. Notre catalogue propose donc de nombreuses plantes originales, adaptées à nos climats, même froids en hiver. Nous fonctionnons sur le principe d'un catalogue « tournant ». A savoir qu'il est impossible de multiplier chaque variété chaque année (il faudrait du personnel, des surfaces plus grandes, des débouchés également, que les pieds-mères se reconstituent plus vite..) et que certaines plantes ne sont disponibles que les deux ou trois ans. D'autres plantes, très peu demandées, ne sont également pas multipliées tous les ans. Ceci permet d'avoir un catalogue un peu différent chaque année et de faire de la place à nos nombreuses nouveautés qui viennent s'y ajouter régulièrement. Il ne faut donc pas hésiter à mettre des alertes sur notre site Internet pour les plantes souhaitées. Ce bulletin annuel est donc la somme de nos expériences d'études botaniques dans de nombreux pays, de l'introduction, l'acclimatation et la culture des plantes dans notre jardin ainsi que de leur multiplication. A cela s'ajoute 1 5 années de gestion des collections botaniques dans divers jardins botaniques et pépinières de collection. Ce bulletin n'est pas un catalogue mais un partage d'expériences. Vous trouverez plusieurs dossiers dans ce nouveau numéro. Le premier sur un genre que j'aime beaucoup, les tilleuls. Qu'ils restent petits ou deviennent de grands arbres, il y en a toujours un qui trouvera sa place dans vos jardins. Floraison parfumée et mellifère, diversité des feuillages, couleurs d'automne et des jeunes feuilles, ce sont des plantes faciles à (re)découvrir. Vous trouverez également toute l'actualité en photos de l'année au jardin. Cet automne, nous avons réalisé un nouveau voyage au Japon. Nous vous faisons partager ici quelques photos. J'ai décidé de ne pas consacrer l'ensemble du numéro à ce voyage puisque nous l'avions déjà fait dans le numéro précédent avec le voyage de 201 6. Vous trouverez enfin plusieurs articles sur des genres divers et des conseils pour les cultiver au mieux. Parmi nos actualités, cet automne est paru le nouveau complément à notre catalogue général. Il contient toutes les plantes ajoutées à notre gamme depuis deux ans avec des conseils de culture ainsi que des articles sur plusieurs genres. Ce sera le dernier complément à notre catalogue avant la parution d'un nouveau catalogue complet. Je vais essayer de le faire d'ici un an. Vu le nombre de plantes, il paraîtra sans doute en deux tomes, un pour les ligneux et un pour les herbacées. A suivre...


Arbres souvent vénérables de nos vieux jardins, les tilleuls sont connus de tous, que ce soit pour le simple ornement du jardin, pour les infusions ou leur délicieux miel. Comme pour beaucoup de genres, le nombre d'espèces disponibles au jardinier est resté très limité durant une longue période. Pourtant, le genre Tilia est très diversifié et nous avons, aujourd'hui, un bon nombre d'espèces à notre disposition dont plusieurs adaptées aux jardins contemporains, souvent beaucoup plus petits et donc moins adaptés aux très grands arbres. J'apprécie beaucoup ce genre car ce sont des arbres faciles, aux feuillages très variés et aux floraisons agréablement parfumées. Le genre Tilia appartient à la famille des Tiliacées. C'est une grande famille comprenant environ 50 genres et 700 espèces d'arbres et arbustes, principalement sous climats chauds, des tropiques aux zones tempérées chaudes de l'Asie, de l'Afrique, du sud de l'Europe et d'Amérique. Les tilleuls possèdent un caractère botanique particulier, leurs inflorescences en cymes partiellement soudées à une grande bractée oblongue ou elliptique. Le genre Tilia est réparti dans les zones tempérées de l'hémisphère nord hormis deux incursions en climats chauds au Vietnam et au Mexique. On estime aujourd'hui à environ 25 le nombre d'espèces de tilleuls, avec de nombreuses sousespèces ou variétés. Le genre Tilia est remarquable par son uniformité morphologique qui en fait un genre facilement identifiable.


ci-dessus, un tilleul dans les montagnes du Yunnan en Chine

Le genre, connu depuis des siècles, a été publié par Linné en 1 753 et ce sont les espèces européennes et américaines qui ont été décrites et introduites dans les jardins les premières avec Tilia europaea (maintenant T.cordata) et T.americana. Plusieurs espèces européennes sont ensuite décrites dont de nombreux noms sont aujourd'hui des synonymes. Au 1 8° siècle, des parts d'herbiers, des graines ou des plants sont introduits de l'est de l'Amérique du nord et de nouvelles espèces sont alors décrites. Au début du 1 8° siècle, les botanistes européens publient quatre nouveaux noms qui deviendront des synonymes de T.americana, allongeant encore un peu plus la liste des synonymes. La première monographie du genre fût publiée en 1 800 par Venténat et comprenait 6 espèces. En 1 824, De Candolle liste dix espèces et Spach, en 1 834, 9 espèces. Entre 1 860 et 1 900, les expéditions botaniques dans l'est de l'Asie permettent de découvrir et de décrire de nouvelles espèces. On doit ces collectes principalement à Carl Maximowicz, Armand David, Guissepe Giraldi, Richard Maack, Grigori Potanin et Nicolai Przewalski. Une grande partie du matériel collecté fût envoyé à St. Petersbourg et décrit par Maximowicz ou Ruprecht. Certaines collectes furent également dispatchées à Londres, Paris et Vienne.


En 1 888, la monographie de Simonkai, rédigée en hongrois, liste cinq espèces de l'Est de l'Asie, trois du Caucase, cinq d'Europe et cinq d'Amérique dont la plupart sont encore reconnues aujourd'hui. La plus grande avancée de cette monographie est la reconnaissance de treize hybrides, dont plusieurs qui avaient été décrits initialement comme espèces. En 1 890, Igor Szyszylowicz décrit deux espèces collectées par Augustine Henryi dans le centre de la Chine (T.tuan et T.oliveri). En 1 900, Homi Shirasawa publie une monographie des espèces japonaises. Les onze espèces qui y sont décrites sont encore valides aujourd'hui. En 1 909, deux nouvelles monographies sont publiées et font avancer la classification du genre. Victor Engler divise le genre en nouvelles sous-divisions basées sur la nervation des feuilles, les types de poils et la présence ou l'absence de staminodes. Ces critères ont constitués la base de l'élaboration d'une clé de détermination des différentes espèces. Il y reconnaît 25 espèces. La même année, Camillo Schneider inclut les sous-espèces dans sa publication. Il y inclut aussi de nouvelles espèces mexicaines décrites par Rose en 1 905. Rehder (Tehder & Wilson, 1 927) y ajoutent plusieurs nouvelles espèces découvertes en Chine la même année. La plupart des flores européennes publiées entre 1 900 et 1 940 décrivent quatre espèces natives. Les autres espèces, décrites au siècle précédent, sont réduites à des synonymes ou à des variétés. En 1 932, Wagner Janos (Johann Wagner) décrit pas moins de 40 variétés pour T.grandifolia et T.platyphylla. En Amérique, les botanistes publient de très nombreuses nouvelles espèces, souvent basées sur des spécimens uniques. Il en résulte donc une prolifération des noms. Charles S. Sargent, directeur de l'Arnold Arboretum de l'Université d'Harvard, encouragea les botanistes à collecter du matériel dans toutes les zones mexicaines et américaines afin d'analyser les variations naturelles. Il en résulte la publication de quinze espèces. Jusqu'en 1 928, de nombreuses études décrivent 30 nouvelles espèces. En 1 929, Bush publie une étude comprenant 1 4 espèces mexicaines. Au total, ce sont pas moins de 70 espèces et de nombreuses variétés qui sont décrites durant cette période. L'étude des espèces de Chine a été très différente. Les nombreuses missions menées par les botanistes tels que George Forrest, Henrich Handel-Mazzetti, William Purdom ou Ernest Wilson aidés de leurs homologues chinois ont permis la collecte de nombreux échantillons sur une période très courte. Les graines collectées ont été mises en culture dans des jardins botaniques et des pépinières. Durant cette période, la Corée fait partie de l'empire japonais et les recherches botaniques sont menées par le botaniste Takenoshin Nakai. En 1 922, la Flora Sylvatica Koreana tome 1 2 inclus neuf espèces dont cinq issues de la division de


T.amurensis et quatre de T.mandshurica. Cette analyse contraste avec les autres

études menées au Japon ou en Amérique où le concept d'espèce est beaucoup plus large.

ci-dessus, un tilleul dans la cour d'un temple en Corée du sud

Après la seconde guerre mondiale, la Flora of USSR, volume 1 4 (1 949) présente une belle synthèse des espèces d'Europe, du Caucase et des territoires situés plus à l'Est. La liste des espèces reste semblable dans la Flora Europaea parue en 1 968. Aux Etats-Unis, Jones, en 1 968, conclue qu'il n'y a pas plus de trois espèces en Amérique du nord et une seule au Mexique. En 1 983, une monographie des tilleuls de Corée est publiée. En 1 993, le volume 49 de la Flora Reipublicae Popularis Sinicae (flore de Chine) est publiée et recense 32 espèces. Depuis, d'autres espèces ont été publiées. Mais plusieurs de ces descriptions sont basées sur un très faible nombre d'échantillons et des études plus poussées seraient à mener.


Aujourd'hui, le genre est divisé en quatre sections. On peut estimer le nombre d'espèces au nombre de quatre en Europe (avec plusieurs sous-espèces), à 1 7/1 8 espèces dans l'Est de l'Asie (avec quelques sous-espèces) et à 2 ou 3 espèces en Amérique du nord et centrale (avec quelques sous-espèces). Je vais vous présenter ici les espèces que nous cultivons dans notre jardin. Ce sont des plants que nous connaissons bien, que nous avons observé depuis des années en culture. Toutes les espèces ont sensiblement les même exigences de culture et ne posent pas de difficultés majeures. On les placera au soleil ou à mi-ombre dans une terre riche, profonde, ne desséchant pas trop mais n'étant pas non plus détrempée. La vitesse de croissance est variable allant de moyenne à très rapide. Tilia henryana

Je commence par l'espèce que j'ai plantée en premier dans notre jardin. Tilia henryana ne peut être confondu avec un autre. Il n'en n'existe d'ailleurs aucun synonyme. Il a de belles feuilles arrondies dont les bords du limbe sont découpés en longues et larges dents. Ses feuilles mesurent 70/1 5 cm de long et 6/1 2 cm de large. Elles ont la particularité d'être roses au débourrement au début du printemps. En automne, elles prennent des teintes brunorangé. Sa floraison est également unique. Ses fleurs sont parmi les plus grandes et parfumées du genre. De plus, l'arbre fleurit en été (août), plus tard que la plupart des autres espèces fleurissant au mois de juin. Un vrai régal pour le nez mais aussi pour les abeilles. C'est un arbre très mellifère. Chaque inflorescence compte de 1 2 à 60 fleurs. Les fruits sont également plus gros que chez la


plupart des espèces. La multiplication par semis est rare car l'arbre produit principalement des graines stériles en culture. Une explication possible serait que la floraison tardive ne laisse pas suffisamment de temps aux graines pour mûrir correctement. L'espèce présente une variation au niveau de la silhouette, de la forme des feuilles et de la densité de la pilosité sous les feuilles et sur les écailles des bourgeons. Deux variétés sont décrites : var. subglabra et var. carlesii basées sur la pilosité des feuilles. En 1 909, Enfler décrit la var. fulva pour des plants avec une dense pilosité marron-rougeâtre sous les feuilles. Cette variété n'est actuellement pas reconnue. Tilia henryana est originaire de Chine, dans des localités dispersées, dans les provinces de Hubei, Jiangxi, Jiangsu, Anhui et Henan. Il pousse dans les sous-bois à basse altitude et jusqu'à 1 200 m dans les montagnes du Jiangxi et Hubei. De nombreuses observations font référence à des arbres solitaires. L'arbre peut dépasser 20 mètres de haut dans son habitat mais il restera de nombreuses années un petit arbre dans nos jardins. Il peut donc trouver sa place dans les petits jardins.

ci-contre, la var.subglabra.


Tilia endochrysea

C'est cette espèce que j'ai choisi pour faire la couverture de ce numéro. Un véritable coup de cœur. Cet arbre reste aujourd'hui encore très rare dans nos jardins car il a été introduit assez récemment. La première fois que j'ai vu cette espèce, c'était il y a environ 1 0 ans dans une revue anglaise où une planche en couleurs était reproduite. Je l'ai tout de suite ajoutée à ma liste de plantes à trouver absolument ! Ses feuilles sont assez remarquables par leur forme largement à étroitement ovales et allongées, de 7/1 4 cm de long et 5/11 cm de large, grossièrement dentées. Mais, surtout, son feuillage est absolument spectaculaire tout le printemps. En effet, ses jeunes feuilles débourrent rose profond avec les dents du limbe qui restent vertes. Fabuleux ! Les feuilles s'éclaircissent ensuite petit à petit pour devenir vertes en été. Tout au long du printemps, on a donc des pousses portant des feuilles allant de rose foncé à vertes en passant par tout les tons de rose. Ses inflorescences portent de 8 à 32 fleurs. Notre plant n'a pas encore fleurit et nous avons réussit à ce jour a en multiplier un petit nombre. Il en existe quelques synonymes : T.hypoglauca, T.leptocarya, T.begoniifolia (tilleul à feuilles de bégonia), T.croizattii, T.scalenophylla et T.vitiifolia.

Cette espèce est originaire de quelques localités situées dans les montagnes du sud-est de la Chine (provinces du Guangdong, Guangxi, Hunan, Jiangxi et Fujian). Dans son habitat il peut atteindre 20 mètres de haut mais il restera sans doute un petit arbre dans nos jardins. Je ne connais pas de plants adultes en culture en Europe.


Tilia kiusiana

Cette espèce se distingue par ses petites feuilles donnant un port très léger à l'arbre. Elles prennent de vives teintes jaunes à l'automne. Ses feuilles sont étroitement ovales, avec la base asymétrique et mesurent 4/8 cm de long et 2/4 cm de large. Ses fleurs parfumées apparaissent en juin-début juillet. Elles mesurent 5/6 mm de diamètre. Les inflorescences portent de 9 à 31 fleurs. Cette espèce présente peu de variations et n'a pas de synonymes. Elle est endémique du sud-ouest du Japon où on la trouve dans des stations dispersées dans les montagnes de Kyushu et du sud de Honshu entre 1 00 et 600 m d'altitude. Elle est aussi signalée dans le nord-ouest de Shikoku. Les arbres en culture en France donnent des graines fertiles. Un arbre restant de taille modeste dans nos jardins. (photo ci-dessous)


Tilia kiusiana Tilia mongolica

Appelé tilleul à feuilles de vigne car ses feuilles ont la forme, en beaucoup plus petit, de la feuille de vigne. Ce tilleul, à la ramure dense, portent des petites feuilles donnant un port léger à l'arbre. Celles-ci sont deltoides ou orbiculaires, fortement dentées et mesurent 3,5/6,5 cm de long et 3,5/6 cm de large. Elles prennent des couleurs chaudes à l'automne. Au mois de juin, ses inflorescences portent 5 à 38 fleurs parfumées de 11 /1 3 mm de diamètre. Si on en connaît des plants de 25 m de haut dans son milieu naturel, il ne dépasse généralement guère 4 à 5 m de haut et reste même parfois au stade d'arbuste. Un tilleul idéal donc pour les petits jardins.


Deux noms pourraient être des synonymes de cette espèce : T.pumila et T.jiadongensis. Mais Tilia mongolica reste très facilement identifiable. Il est originaire des montagnes de Mongolie intérieure et du nord-est de la Chine (Shanxi, N.Henan, Hebei où il est localement commun, région de Pékin et Liaoning). Il est signalé dans une localité isolée de la Corée du nord. Une variété (var. austroussuriensis) a été décrite de Sibérie. Si cela est correct, il s'agit d'une autre station isolée mais les botanistes Kolbek, Srutek et Box (en 2003) considèrent que cette plante correspond plus à T.amurensis. Tilia mongolica nous vient de régions continentales et ne craint donc pas les hivers rigoureux ni le sec. Par contre, sous climat océanique, il a tendance à débourrer tôt et à souffrir parfois des gelées tardives. Tilia paucicostata

Cette espèce demeure peu courante dans nos jardins. Ses feuilles sont triangulairesovales, à base asymétrique et mesurent 4/1 0 cm de long et 3/7 cm de large. Ses inflorescences portent une quinzaine de fleurs de 1 0/1 3 mm de large. L'espèce montre peu de variation dans son milieu naturel mais elle est tout de même divisée en deux sous-espèces, la subsp. paucicostata et la subsp. dictyoneura (synonyme : T.dictyoneura). Une troisième sous-espèce (subsp. yunnanensis) est parfois citée.


Elle se distingue par la présence de poils marron à la base des nervures et des poils denses sous les feuilles. C'est un petit arbre adapté aux petits jardins. Dans son habitat, il n'atteint généralement pas 1 0 m de haut mais quelques vieux sujets de 1 5 mètres sont connus. Chez nous, il restera bien plus petit.

La sous-espèce dictyoneura n'atteint que 3 m environ dans son habitat mais pourrait devenir plus grande en culture dans de meilleures conditions. Mais je ne sais pas si elle a été introduite en culture. L'espèce est originaire de localités dispersées dans le centre de la Chine dans les montagnes du nord Yunnan, Sichuan, sud Gansu, Shaanxi et Henan, entre 1 250 et 2500 m d'altitude. Quelques spécimens collectés en Chine pourraient être des hybrides avec T.chinensis. Au jardin botanique de Xiang shan à Pékin, trois arbres, issus d'une collecte en nature, présentent des caractères intermédiaires avec T.mongolica. Leurs feuilles sont très petites et longuement acuminées. Tilia callidonta

Le petit dernier arrivé dans notre collection et encore très rare dans nos jardins. Sa description est relativement récente (1 982) à partir de deux spécimens collectés dans le Yunnan et il n'a pas de synonyme. Cet arbre porte des feuilles orbiculaires, avec la base cordée et asymétrique, de 8/1 6 cm de long et 6/1 0 cm de large. Ses inflorescences portent 9 à 1 7 fleurs de 7/9 mm de diamètre. Un arbre de taille adulte sans doute moyenne dans nos jardins. Cette espèce est rare dans la nature et connue seulement de quatre stations (deux dans le Yunnan et deux découvertes


plus récemment dans le Sichuan). Elle pousse entre 1 790 et 2800 m d'altitude. Dans une station, l'espèce pousse avec T.nobilis et, en 1 993, un arbre possédant les caractères entre les deux espèces a été découvert. Ce spécimen est mort depuis...

Tilia chinensis

Moins rare dans nos jardins, ce tilleul a de belles feuilles orbiculaires à largement ovales, de 7/1 2 cm de long et 5/1 0 cm de large. Ses inflorescences portent de 2 à 5 fleurs de 7/9 mm de diamètre. C'est une espèce variable mais facilement reconnaissable. Il a quelques synonymes : T.baroniana, T.yunnanensis, T.intonsa (pouvant être encore considéré comme une variété de T.chinensis), T.laetivirens et T.glaucophylla. C'est un petit arbre, de 7 à 1 2 m de haut même si de vieux sujets de 20 mètres de haut ont été observés dans de vieilles forêts. Chez nous, il restera de taille modeste. Tilia chinensis a une large répartition en Chine dans les provinces du Gansu, Sichuan, Yunnan, Shaanxi, Henan et Hubei. C'est l'espèce qui pousse à la plus haute altitude, à partir de 2350 m et jusqu'à 3350 m. Cet arbre débourre assez tardivement et est rarement atteint par les gelées tardives. Dans les régions froides, il donne de nombreuses graines stériles.


(photo ci-dessous) Encore une espèce à beau feuillage. C'est un arbre de taille moyenne (jusqu'à 1 5 mètres dans son milieu naturel). Ses feuilles sont largement ovales à triangulaires, de 5/11 cm de long et 4/9 cm de large. Ses inflorescences portent 8 à 1 4 fleurs de 8/1 0 mm de diamètre. C'est une espèce proche de Tilia tuan (voir plus loin) et elle a quelques synonymes : T.tuan var. breviradiata, T.breviradiata, T.orocryptica et T.membranacea. Elle est originaire de Chine (Jiangxi, Hubei et peut être Anhui) où elle pousse dans les forêts de montagne entre 950 et 1 470 m d'altitude. Des arbres trouvés dans les gorges de Chang jiang pourraient être des hybrides avec T.oliveri. Tilia chingiana

Tilia amurensis subsp. taquetii

J'avais planté ce tilleul à grandes feuilles fortement dentées sous le nom de Tilia koreana. Ce nom n'est aujourd'hui plus reconnu et inclus au sein de l'espèce T.amurensis qui est très variable morphologiquement et au niveau du nombre de chromosomes. Sa répartition naturelle est très large et l'arbre est présent dans le nord-est de la Chine, l'Est de la Russie et en Corée. Les hivers froids ne lui font donc pas peur mais il peut arriver que les jeunes feuilles souffrent des gelées de mars ou avril sous les climats doux où l'arbre débourrera tôt. Il y a plusieurs noms qui sont maintenant synonymes de T.amurensis : T.cordata var. mandshurica, T.maximowiczii, T.insularis, T.amurensis var. kryloviana, T.komarovii, T.divaricata, T.amurensis var. araneosa, T.taishanensis. Concernant la subsp. taquetii qui nous intéresse ici, les synonymes sont T.koreana, T.taquetii et T.amurensis var. rufa. Dans la nature, c'est un grand arbre qui peut atteindre 30 mètres de haut. Dans nos jardins, même s'il reste plus modeste, il deviendra un arbre de 1 0/1 5 mètres de haut. Ses feuilles sont orbiculaires, fortement dentées, de 4/5 cm de long et de large. Ses inflorescences portent de 2 à 5 fleurs de 1 /1 4 mm de diamètre. (photo en haut de la page suivante)


Tilia maximowicziana

Cet arbre japonais, au beau feuillage, est particulièrement remarquable au printemps avec ses jeunes feuilles argentées. Les feuilles adultes sont orbiculaires à largement ovales, de 7.5/1 2.5 cm de long et 7/1 2 cm de large. Ses inflorescences portent 1 5 à 20 fleurs de 1 0/11 mm de diamètre, fortement parfumées. L'arbre peut atteindre 30 mètres dans son milieu naturel et deviendra un arbre dans nos jardins. Il n'a qu'un seul synonyme, T.miyabei. Il est endémique du nord de l'archipel japonais où il est abondant dans les montagnes de Honshu entre 0 et 1 400 m d'altitude. Il pousse également sur Hokkaido et les îles Kouriles. Il est habitué aux hivers froids. (photos ci-dessous)


Tilia miqueliana

Peu courant dans nos jardins, cet arbre reste petit à moyen et pourra donc trouver sa place dans les petits jardins. Ses feuilles sont triangulaires-ovales à suborbiculaires, pâles au revers, de 5/1 2 cm de long et 4/9 cm de large. Ses inflorescences portent 8 à 20 petites fleurs de 0.8 mm de diamètre environ. Variable, plusieurs noms sont aujourd'hui des synonymes : T.kinashii, T.franchetiana, T.kwangtungensis et T.miqueliana var. longipes. Cette espèce est originaire de l'Est de la Chine entre 80 et 270 m d'altitude le long de la côté et jusqu'à 800 m dans les montagnes du Zhejiang. L'espèce est très plantée en Chine et au Japon près des temples. Elle est plantée en remplacement de Ficus religiosa dans les régions froides. Elle a été introduite au Japon par les moines.

ci-contre, un beau sujet au jardin botanique de Kyoto au Japon


Tilia nobilis

Plantée en 201 6 dans nos collections, cette espèce reste très rare en culture. Ses feuilles sont magnifiques, orbiculaires à ovales, de grande taille, de 9/20 cm de long et 8/1 3 cm de large. Ses inflorescences portent 9 à 1 3 fleurs de 1 5 mm de diamètre environ. C'est une espèce distincte qui n'a pas de synonyme. Si elle est encore rare dans nos jardins, elle l'est aussi dans son milieu naturel où elle n'est connue que de quelques stations en Chine, dans les montagnes du centre et sud Sichuan et du nord du Yunnan, entre 1 760 et 2600 m d'altitude. Elle a été introduite en Angleterre en 1 980 par Roy Lancaster et Keith Rushforth à partir de matériel collecté sur le mont Emei dans le Sichuan. En culture, l'arbre produit des graines fertiles. (ci-dessous)

Tilia tuan

Spectaculaire espèce par sa croissance très rapide et ses grandes feuilles triangulaires mesurant 8/1 3 cm de long et 5/1 0 cm de large. Cependant, dans notre jardin, les feuilles des jeunes pousses peuvent facilement atteindre les 20 cm de long. C'est un arbre très sain aux feuilles toujours belles. Ses inflorescences portent 1 0 à 1 5 fleurs de 6/9 mm de diamètre. C'est un arbre d'une vingtaine de mètres de haut dans son milieu naturel. Nos plants ont atteint les 5 mètres de haut en cinq ans seulement ! C'est une espèce très variable. De nombreuses espèces décrites récemment de Chine ne seraient que des variations naturelles de T.tuan et les synonymes sont nombreux : T.tuan var. cavaleriei, T.obscura, T.oblongifolia, T.mofungensis, T.mesembrinos, T.omeiensis, T.kweichouensis, T.likiangensis, T.nanchuanensis, T.hupehensis, T.tristis, T.austroyunnanica, T.angustibracteata et T.gracilis. Deux sous-espèces sont considérées comme valides : T.tuan subsp. tristis


et T.tuan subsp. oblongifolia. Tilia tuan est originaire du centre et du sud de la Chine, dans les montagnes jusqu'à 2400 m d'altitude dans le Yunnan. Une très belle espèce pour nos jardins. (photo ci-dessous)

Tilia chenmoui

Voici une autre espèce de Chine très proche de la précédente et dont la classification pose problème. D'apparence similaire, son feuillage est également composé de grandes feuilles triangulaires. Sa croissance est également très rapide. Elle a été découverte en Chine dans la province du Yunnan, dans la région de Dali. La différence avec T.tuan est la pilosité sur le dessus des feuilles et ses bractées pétiolées. La station a été étudiée en 1 993. Les caractères retenus pour décrire cette espèce ne semblent pas probants et variables. Tilia chenmoui est donc à placer au sein de l'espèce T.tuan mais le rang à lui accorder n'est pas toujours clair. Certains botanistes le classent tout simplement en synonyme de cette dernière, d'autres le placent en tant que variété. Si on le considère comme une variété, il faut alors le placer dans T.tuan var. chinensis regroupant les spécimens fortement pileux sous les feuilles, les jeunes pousses et les bourgeons hivernaux.


Tilia japonica

Cette espèce japonaise a d'abord été décrite comme une variété de l'espèce européenne T.cordata. En effet, les deux espèces ont des similitudes et certains spécimens se ressemblent beaucoup en dehors de la période de floraison. T.japonica est cependant plus petit que son cousin européen. Dans son milieu naturel, il atteint environ 20 mètres de haut mais on le trouve souvent en multitroncs. Son écorce est belle, grise, avec des fissures longitudinales peu profondes. Les branches sont lisses. Ses feuilles sont orbiculaires, de 5/9 cm de long et 4/7,5 cm de large environ, cordées à la base, finement dentées sur les bords. Elles deviennent jaunes en automne. Les inflorescences comptent de 3 à 35 fleurs de 1 /1 ,5 cm de diamètre, largement ouvertes, agréablement parfumées. Les fruits font environ 7 mm de long et 5 mm de large. Cette espèce a plusieurs synonymes : T.cordata var. japonica, T.ulmifolia var. japonica, T.eurosinica. Dans certaines régions du Japon, des hybrides avec T.maximowicziana ont été trouvés et ont été nommés Tilia x noziricola. Un hybride avec T.kiusiana a été signalé dans un jardin. Tilia japonica est commun au Japon avec une large répartition dans les forêts de montagne jusqu'à 2000 m sur Honshu et 1 400 m à Hokkaido. Il est également présent en de rares stations dans l'Est de la Chine dans les montagnes de l'Anhui, Jiangsu, Shandong et Zhejiang. Au Japon, son bois est utilisé pour la construction, fabriquer des boites et des fournitures. Nous en cultivons deux formes : 'Ernest Wilson' qui fleurit abondamment, même sur des jeunes sujets et une forme à grandes feuilles issue d'une collecte en Chine dans la région de Nanjing. ci-contre, feuilles de T.japonica ci-dessous, T.japonica 'Ernest Wilson' page suivante, T.japonica au jardin botanique de Kyoto au Japon.


Tilia japonica au bord du lac Chuzenji au Japon


Tilia euchlora x mongolica

Cet hybride est peu courant en culture. C'est un beau petit tilleul dont les feuilles ressemblent à celles du Tilia mongolica, à feuilles de vigne, mais en plus grosses. Les feuilles sont profondément dentées. Floraison parfumée en juin. (photo cidessous)

Tilia caroliniana subsp.heterophylla

heterophylla, T.monticola)

(Tilia

Voici un tilleul tout à fait remarquable dans le jardin par la taille de ses feuilles. Dans son milieu naturel, il forme un arbre de 1 5 à 30 mètres de haut. Son écorce est gris clair, d'abord lisse, puis avec des fissures longitudinales. Ses feuilles, ovales à lancéolées, mesurent de 9 à 30 cm de long et 6 à 1 5 cm de large. Elles prennent de belles couleurs à l'automne. Ses inflorescences pendantes portent de 1 0 à 1 3 fleurs de 2 cm de diamètre environ, jaune pâle. Ce tilleul est originaire des Etats-Unis (Appalaches, Piedmont supérieur, plateau de Cumberland jusqu'au sud-ouest de la Pennsylvanie, l'Indiana, la Floride, l'ouest de la Géorgie, le


Tilia heterophylla à l'arboretum de la Sédelle dans la Creuse

nord de l'Alabama et le nord-est du Mississippi). En culture, on le trouve plus couramment sous le nom de T.heterophylla ou T.monticola. Ces deux espèces sont en effet aujourd'hui considérées comme étant la même plante. Autre synonyme : T.eburnea. Par la taille de ses feuilles, ce tilleul est tout à fait exceptionnel. On le plantera de préférence dans un lieu abrité des vents pour que celles-ci ne se déchirent pas.

Tilia amurensis dans le massif des Jirisan en Corée du sud


Tilia amurensis dans le massif des Jirisan en CorĂŠe du sud


Les Lespedeza sont des arbustes très florifères au port souvent très souple de la famille des Légumineuses. Ils ont l'avantage de fleurir en été et en automne et leur floraison est souvent très longue. Mais tous ne se taillent pas de la même manière. est sans doute l'espèce la plus courante dans le commerce. C'est un arbuste de taille modeste, au feuillage gracile rappelant celui de l'acacia et aux jolies fleurs rose profond -parfois blanches- de juillet à septembre. Il est originaire du Japon et de Corée, facile à cultiver, très rustique et résistant au sec. Il émet chaque année des tiges qui ploient légèrement. Celles-ci ne sont pas franchement ligneuses et il faut le rabattre au ras du sol en fin d'hiver comme sur les photos ci-dessous. Lespedeza thunbergii

Ci-contre, aspect du Lespedeza thunbergii en fin d'hiver avant la taille. Ci-dessus, on taille toutes les tiges au ras du sol avant le redémarrage de printemps.


Mais certaines espèces ou variétés forment des tiges ligneuses, comme un véritable arbuste (L.thunbergii 'Edo Shibori', L.bicolor, L.homoloba...). Il ne faut donc pas les supprimer totalement. Par contre, elles ne redémarrent pas jusqu'à leurs extrémités. Il faut alors attendre le début du printemps (mars ou avril selon les régions, les Lespedeza bourgeonnant souvent tardivement) pour voir jusqu'à quelle hauteur les bourgeons se développent et tailler juste au-dessus (photos ci-contre). Ci-dessous, l'arbuste avant, pendant et après la taille. On peut éliminer les petits rameaux au centre pour éclaircir et équilibrer la plante.


Nous avons plutôt l'habitude de planter des sauges au soleil, dans des sols pierreux et plutôt secs. Mais ce genre est vaste et comprend également quelques espèces poussant à l'ombre des forêts. Elles sont intéressantes car, en plus, une grande majorité fleurissent en automne. Alors, des sauges, sous les arbres, en fleurs en octobre, on ne va pas s'en priver ! D'autant que ce sont des plantes faciles et florifères. Je les trouve vraiment attractives et je n'hésite pas à les utiliser dans mes massifs. On les cultivera en toute bonne terre de jardin, fertile, drainante et pas trop sèche en été. On les associera aux isodons pour les floraisons automnales et à toutes les autres plantes à fleurs de printemps. est une espèce endémique du Japon où elle pousse sur les îles de Honshu, Shikoku et Kyushu dans les sous-bois et forêts de montagne. C'est une espèce assez courante là-bas. C'est une plante vivace avec des tiges de 20 à 40 cm de long, plus ou moins couchées puis dressées. Ses feuilles sont triangulaires, de 5/1 0 cm de long et 4/7 cm de large. Inflorescences en septembre-octobre, portant des fleurs jaune pâle de 2.5/3.5 cm de long. Elle à plusieurs synonymes : S.nipponica f. argutidens, S.polakioides, S.mayebarae, S.nipponica f. lutea. (photo ci-contre) La variété trisecta a des feuilles trilobées. Salvia nipponica


On trouve uniquement dans le commerce la forme sauvage type. Pourtant, les japonais ont obtenu plusieurs variétés. J'en ai introduit plusieurs ces dernières années. ' Illumination' est une de nos trouvailles au Japon. Cette variété a un superbe feuillage. Je l'ai nommée ainsi car son jeune feuillage, très clair, illumine les coins sombres. (photo ci-contre en haut) ' Shirofu' est une de nos introductions du Japon. Ses feuilles sont mouchetées de blanc. (photo ci-contre)


' Fuji Snow' a les feuilles vertes panachées de blanc sur des pétioles violets. Une variété rare encore plus lumineuse que le type.

' Yuki Damari' est une de nos introductions du Japon. Ses feuilles sont mouchetées de blanc. J'observe cette variété pour voir si il existe vraiment une différence avec 'Shirofu'

Ci-dessus, Salvia nipponica, détail des fleurs et plante dans notre jardin. Salvia glabrescens


est une autre espèce japonaise. Elle devient un peu plus grande que S.nipponica et aussi plus large. Les deux espèces sont proches mais celle-ci a des fleurs mauves. Je la trouve, en outre, plus vigoureuse. C'est une très belle espèce. Synonymes : S.nipponica var. glabrescens, S.nipponica var. purpurea, S.nipponica subsp. robusta, S.robusta. Elle est endémique du centre et du nord de l'île de Honshu. (photos ci-dessous) ' Alba' est une variété japonaise aux fleurs blanc pur. Une variété très lumineuse à l'ombre. (photo ci-contre) Salvia glabrescens


' Pink flower' est une de nos introductions du Japon. Ses fleurs sont roses et certaines de ses feuilles sont panachées de blanc.

' Shi­Ho' a des fleurs foncées et des feuilles légèrement marquées de vert plus clair au centre. Une belle variété, très vigoureuse, obtenue au Japon et que j'ai introduite en Europe via les EtatsUnis ! Salvia chanroenica

Nous avons été les premiers à proposer cette espèce que nous avions collecté dans les forêts de montagne en Corée du sud. Il s'agit pourtant d'une plante facile et à croissance rapide qui forme vite de belles touffes grace à ses stolons souterrains. Ses fleurs jaunes apparaissent à partir de septembre. La plante est plutôt tapissante et atteint environ 30 cm de haut à la floraison. C'est une sauge pour l'ombre ou la mi-ombre où elle illuminera les massifs en automne. ' Variegata' est une plante aux feuilles panachées de blanc qui est apparue dans un de mes semis.


est une autre espèce endémique du Japon. Elle est rare dans son milieu naturel et endémique de l'île de Honshu à Matsubara-mura dans la province de Shinano. Elle ressemble un peu à S.glabrescens mais en plus haute et plus large, avec des feuilles plus grandes et des fleurs jaune pâle. (photo ci-dessus) Salvia koyamae

est une très belle plante dont le revers des feuilles est rouge. Ses fleurs jaunes apparaissent en août-septembre. Elle atteint 50 cm ou plus de haut à la floraison. Elle affectionne les sols frais. Elle est endémique de la province du Sichuan en Chine. ' Crug Thundercloud' est une introduction du Sichuan en Chine. C'est cette plante que l'on trouve généralement dans le commerce. Ses caractéristiques sont les mêmes. (photo ci-dessous) Salvia omeiana


grandifolia a été introduite récemment en culture par Michael le Bret. C'est une superbe sauge dépassant allègrement 1 m de haut à la floraison. Ses grandes feuilles peuvent atteindre 30 cm de long. Ses grosses fleurs sont pourpre très foncé à pointe jaune et apparaissent en fin d'été. Elle est endémique du sud-ouest de la Chine, où elle pousse dans des gorges entre 2000 et 3000 mètres d'altitude dans les provinces du Yunnan et du Sichuan. Salvia

ci­dessus, Salvia koyamae et ci­dessous, S.glabrescens 'Alba'


Tout comme les disporums, le genre Disporopsis reste encore trop méconnu. Ces plantes vivaces ne manquent pourtant pas d'atouts. Tout d'abord, elles sont persistantes et permettent donc de verdir un coin sombre toute l'année. Leurs fleurs sont plus discrètes mais en nombreuses clochettes pendantes sous le tiges. La plupart des espèces forment de beaux couvre-sol assez bas. Les différentes espèces ont montré une très bonne résistance au froid. Par leur taille assez basse -à quelques exceptions près- on les utilisera soit en devant des massifs, soit entre des plantes plus hautes. Les plantes s'étendent lentement par d'épais rhizomes courant à la surface du sol. Elles affectionnent les lieux ombragés dans des sols fertiles, bien drainés et pas trop secs même si elles se montrent très tolérantes une fois installées. Dans le jardin, j'ai associé les espèces basses à des Epimedium persistants, des Speirantha, des Ophiopogon pour leurs feuillages plus fins et des Isodon plus hauts. On peut aussi les associer à des corydales et des fougères. Disporopsis pernyi est une espèce à tiges érigées de 20/40 cm portant des feuilles allongées. En mai, les tiges, tachetées, portent des fleurs en clochettes pendantes, blanches à l’extérieur et vertes à l’intérieur, parfumées. Une forme, introduite de Chine, a été vendue sous le nom de D.pernyi 'Bill Baker'. Cette plante vient d'être nommée au rang d'espèce sous le nom de D.bakeri en l'honneur de J.G.Baker qui a beaucoup étudié la famille des Disporopsis. Ses fleurs sont marron foncé à l'intérieur


Les aristoloches sont surtout connues du public par les grandes espèces grimpantes que l’on peut voir dans les serres des jardins botaniques. Leurs fleurs sont généralement gigantesques et étranges. Mais il existe aussi des espèces de climats tempérés que l’on peut installer dans son jardin. Elles sont moins connues alors qu'elles ne manquent pas d'atouts et d'originalité. Ce sont des plantes grimpantes à croissance rapide et aux fleurs très originales. A découvrir absolument ! Le genre Aristolochia a été décrit par Linné en 1 753 et comprend près de 400 espèces réparties principalement dans les régions tropicales et subtropicales mais aussi dans les régions tempérées. On trouve 45 espèces en Chine par exemple. Ce sont des plantes grimpantes herbacées ou ligneuses, des plantes herbacées non grimpantes ou parfois des arbustes. Dans nos jardins, on les plantera pour leurs fleurs colorées de forme inhabituelle, leur vigueur et facilité de culture mais aussi pour leurs feuillages souvent exubérants. On les fera grimper sur des grillages, des tonnelles, des pergolas ou dans des arbres pour les plus grandes. Ci-contre, A.clematitis de nos campagnes illustrée dans Histoire des plantes de 1888.


Aristolochia manshuriensis dans notre jardin


fait partie de ses plantes qui m’ont impressionné lorsque je suis tombé dessus lors de mes expéditions en Asie. Une grimpante à grandes feuilles cordiformes avec de grosses fleurs rouge-marron avec le cœur jaune, et tout à fait rustique. De taille modeste (entre 2 et 4 m), elle aime les expositions mi-ombragées dans toute bonne terre de jardin. Aristolochia moupinensis

Cette espèce a un joli feuillage constitué de feuilles assez grandes, arrondies. Dans notre jardin, elle est en place depuis plus de 1 0 ans et a supporté -1 8°C sans problème. Je l'avais collectée dans les hautes montagnes du Sichuan en Chine. Je ne l'ai jamais vue dans le commerce. Les rares fois où j'ai pu en voir, la plante était mal nommée et correspondait à A.tomentosa (voir plus loin). Si elle se cultive facilement, elle me donne du fil à retordre en multiplication. Nos deux plants n'ont jamais donné de graines alors que les fleurs sont nombreuses chaque année et je n'ai jamais réussit une bouture. Mais je persévère !

ci-contre, illustration dans le Curti's Botanical Magazine en 1910


est une espèce originaire de Chine également où elle se trouve dans les provinces de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shandong, Sichuan et Zhejiang, dans les fourrés, sur les pentes des montagnes, dans les vallées humides, entre 200 et 1 500 mètres d'altitude. Elle se trouve aussi au Japon. Contrairement à la précédente, c'est une plante herbacée. Ses tiges disparaissent en hiver et repartent de la souche au printemps. Elle peut atteindre 2 à 3 mètres de haut. Ses feuilles sont oblongues-ovales à sagittées. Ses fleurs, en été, sont pourpre foncé avec la gorge jaune. Cette plante est utilisée en médecine chinoise. Je la cultive depuis plus de 1 0 ans à partir de graines collectées en ci-dessus, un beau plant à Kew Chine. En 1 0 ans, elle n'a donné qu'un seul fruit, en Gardens 201 6, et de jeunes plants sont en culture. Aristolochia debilis


mérite une attention particulière pour ses grandes feuilles évoquant ses consœurs tropicales et pour ses fleurs jaune vif à brunes au printemps. Elle devient assez grande et peut dépasser les 5 m en culture. Elle est très résistante au froid. Dans notre jardin, c'est celle qui a les plus grandes feuilles. Elle est originaire de Chine (provinces du Gansu, Heilongjiang, Hubei, Jilin, Liaoning, Shaanxi, Shanxi et Sichuan) et de Corée, dans les forêts, entre 1 00 et 2200 mètres d'altitude. Ses tiges sont ligneuses et ses feuilles peuvent atteindre 30 cm en tous sens. Aristolochia manshuriensis

ci-dessus : nous cultivons deux plants d'origines différentes dont les fleurs ne sont pas de la même couleur. ci-dessus à droite, notre plante qui grimpe dans un arbre ci-contre, la plante dans son milieu naturel dans le massif des Seoraksan en Corée du sud.


fruit contenant les graines

pourrait être confondue avec A.kaempferi (voir espèce suivante). Elle est endémique du Japon (Honshu, Shikoku et Kyushu). Synonymes : A.kaempferi var. trilobata, A.arimaensis. Ses feuilles sont plus étroites que chez la suivante, avec deux lobes plus ou moins profonds à la base du limbe. Ses fleurs sont pourpres à cœur jaune. Nous cultivons cette espèce depuis plus de 1 0 ans sans aucune difficulté. Ci-dessus, dans notre jardin en mélange avec Hydrangea hirta. Ci-contre, 'Icky' est une superbe variété que nous avons introduite du Japon. Ses feuilles sont mouchetées de jaune. Je l'ai dédiée à un de nos chiens, Icky.... Aristolochia onoei

Ci-dessus, 'Kibana Soshin', une variété à fleurs totalement jaunes que j'ai introduite du Japon.

Ci-contre à droite, dans un sous-bois au Japon.


Dans notre jardin, grimpant avec Akebia trifoliata


Dans notre jardin, grimpant avec Clematis japonica


est une plante très commune dans les campagnes du Japon. Il en grimpe de partout, jusque sur les grillages des bords de propriétés. Bien plus rare dans nos plantations, elle est intéressante par sa taille modeste (entre 1 et 3 m), ses feuilles restant tard sur la plante en automne et ses fleurs jaunes à brunpourpre au mois de juin. Très facile, à planter au soleil ou à mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin. Faites la grimper dans un arbuste, sur un tuteur ou un grillage. Aristolochia kaempferi

ci-dessous, dans un sous-bois de bambous au Japon

Illustration parue dans la revue horticole de 1854


est endémique du Japon sur les îles de Honshu, Shikoku et Kyushu dans les fourrés, les sous-bois et les prairies. Synonyme : A.lineata. Cette espèce est très variable et plusieurs variétés ont été décrites au fil du temps. En 1 989, la var. tanzawana a été décrite et semble être encore aujourd'hui valide. Je la cultive dans notre jardin. La différence est surtout au niveau de la pilosité des feuilles (photo ci-contre). Aristolochia kaempferi

On en trouve plusieurs variétés dans les pépinières au Japon avec des feuilles différemment panachées. J'avais trouvé la première il y a 1 0 ans dans une petite boutique vendant des plantes dans la région de Nagano. Je l'ai nommée ' Fuiri' qui signifie 'panaché' en japonais. (photo verticale ci-contre). L'an passé, j'ai trouvé une plante nommée 'Variegated' mais qui ne me semble pas si différente et que je laisse pour le moment avec 'Fuiri'. (photo ci-dessus).


Ci-dessus, ci-contre et page précédente, une étude sur les variations de A.kaempferi parue dans le Journal of Japanese Botany de juin 2014 (article : Morphological variations ofAristolochia kaempferi and A. tanzawana (Aristolochiaceae) in Japan)


' Ukigumo' (ci-contre) est une variété aux feuilles fortement marquées de blanc que j'ai également introduite du Japon. ' Japan Frost' (ci-dessous) est une de nos introductions du Japon. Ses feuilles sont fortement marbrées de blanc.

n’est pas encore courante mais elle a été diffusée ces dernières années en France sous le nom de Aristolochia sp. de Taiwan. Il s’agit d’une plante se comportant d’abord comme un couvre-sol, qui au bout de 2 ou 3 ans développe des tiges grimpantes. Ses longues feuilles ont deux lobes ronds à la base. Ses fleurs, en forme de « U «, font environ 5 cm et sont brun-marron. Donnée pour la z8, mes jeunes plantes ont survécu par -1 6°C sans protection en extérieur. On la cultivera donc comme petite grimpante ou en couvre-sol au pied des arbres ou arbustes, en situation ombragée, dans un sol pas trop sec. De petite taille, elle peut aussi trouver sa place dans les massifs de vivaces d'ombre, voire en rocaille d'ombre. Aristolochia heterophylla


A.heterophylla

est endémique de Taiwan où elle pousse dans les hautes montagnes. Nous en avions collecté des graines en 201 3 à près de 3000m d'altitude. Une espèce que l'on peut donc planter en extérieur, même dans les régions les plus froides. Ses tiges s'enroulent seules autour d'un support et portent de grandes feuilles cordiformes. Ses fleurs, de belle taille pour une espèce de climat tempéré, sont pourpre foncé avec un coeur jaune vif. Culture au soleil ou à miombre, dans toute terre de jardin bien drainée. Aristolochia shimadae

Ci-dessus, A.shimadae dans son milieu naturel à Taiwan. Ci-contre, dans notre jardin, la plante issue des graines collectées.


est une plante grimpante herbacée, c'est à dire qu'elle disparaît totalement en hiver. Au printemps, les nouvelles tiges sortent du sol et atteignent entre 2 et 3 m de haut. En été, les tiges portent de petites fleurs jaune-orangé. Ce n'est pas l'aristoloche la plus impressionnante en fleurs mais c'est une plante facile et vigoureuse qui forme une belle grimpante. Comme elle disparaît en hiver, on peut la faire grimper dans un petit arbre sans risquer que celle-ci l'étouffe. Très rustique (zone 6), à planter au soleil ou à mi-ombre dans toute bonne terre de jardin. Nos plants dans le jardin sont issus de graines collectées en Corée. C'est l'espèce qui fructifie le plus et le plus régulièrement dans notre jardin. Elle est originaire de Chine dans les provinces de Fujian, Gansu, Hebei, Heilongjiang, Henan, Jilin, Liaoning, Shaanxi, Shandong et Shanxi dans les fourrés, sur les pentes des montagnes, dans les vallées, entre 500 et 1 200m d'altitude. Elle pousse également au Japon, en Corée et en Sibérie. Aristolochia contorta


est l'aristoloche à feuilles de cucurbitacée. En effet, ses feuilles très découpées, et uniques dans ce genre, évoquent celles de certaines plantes de cette famille. En été, nombreuses fleurs pourpres le long des tiges. Culture en situation ombragée en bonne terre fertile et fraîche. Rusticité mal connue, -1 0°C sans problème, à tester endessous ! Elle est endémique de Taiwan où elle pousse dans les forêts vers 500m d'altitude. Aristolochia

cucurbitifolia

Ci-dessus à gauche, A.cucurbitifolia au jardin botanique de Taipei à Taiwan. A droite, la plante dans nos collections.

est une espèce quasiment inconnue en culture en occident et endémique des bords de sous-bois du sud du Japon (îles Amami). C'est une petite grimpante avec des tiges de 2 à 3 mètres portant des feuilles allongées. En mai-juin, fleurs brunpourpre marquées de jaune. Culture en situation ombragée dans un sol fertile et pas trop sec. Rusticité mal connue mais z7 sans problème, à confirmer pour zone 6. J'ai introduit cette espèce l'an dernier et je ne l'ai pas encore testée aux grands froids. Aristolochia liukiuensis

crédit photo : okinawa-kaeru.net


griffithii est une espèce himalayenne. A mon avis, celle qui a les plus grandes fleurs parmi les tempérées. J'ai fait la photo ci-contre dans les hautes montagnes du Népal il y a 1 7 ans. C'était au mois de juin et la plante ne portait, bien sûr, pas de graines à cette époque. Depuis, je cherche cette plante sans succès... Je sens votre frustration ! Elle est originaire du centre Népal au sud-est du Tibet, entre 1 800 et 2900m d'altitude. La flore de Chine signale aussi sa présence dans la province adjacente du Yunnan mais aussi au Bhoutan, au Sikkim et le nord de la Birmanie. C'est une grande grimpante avec de grandes feuilles cordiformes de 1 0 à 20 cm en tous sens. Ses fleurs sont solitaires, marronpourpre, de 8 à 1 0 cm de large. Nous venons de voir des aristoloches originaires de l'Est de l'Asie. On peut aussi introduire dans nos jardins des espèces intéressantes d'Amérique du nord. Aristolochia

Pour commencer, Aristolochia tomentosa est une vigoureuse grimpante à grandes feuilles cordiformes. Avec A.manshuriensis et macrophylla, elle fait partie des aristoloches tempérées à grandes feuilles. En fin de printemps, ses tiges portent de nombreuses fleurs jaunes à coeur noir. Elle pousse vite et sans difficulté, nos plants ont résisté à -1 8°C sans protection. Elle atteint facilement 4 à 5 mètres de haut et elle fructifie régulièrement dans notre jardin. Elle est originaire de l'Alabama, Arkansas, Floride, Géorgie, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiane, Mississippi et Missouri.


macrophylla, littéralement aristoloche à grandes feuilles, est également originaire des Etats-Unis dans les Etats de Géorgie, Connecticut, Kansas, Kentucky, Maryland, Massachusetts, Michigan, Minnesota, New Jersey, Caroline, Pennsylvanie, Tennessee, Vermont et Virginie. C'est une plante vigoureuse qui peut atteindre une dizaine de mètres de haut. Mais elle peut aussi très bien être rabattue court chaque année afin d'en limiter son développement et obtenir ainsi des feuilles encore plus grandes. Elle a une écorce grise assez épaisse. Ses feuilles cordiformes peuvent atteindre 35 cm en tous sens. Aristolochia

Ses fleurs vont du jaune-brun au marron. On la cultivera à mi-ombre ou au soleil. Parmi les synonymes, on peut noter A.durior, A.grandifolia et A.sipho. On la trouve parfois sous le nom de A.durior dans les catalogues. Attention car j'ai régulièrement vu des plantes vendues sous A.macrophylla qui étaient en réalité des A.tomentosa.... Photos faites dans le jardin des vieilles vignes en Franche-Comté par Simone Rivaton. Merci à elle. Sauf encadré de la photo de la fleur By Orchi, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1 9479702 Illustration n&b publiée dans Histoire des plantes en 1 888 sous le nom de A.sipho.


Dans un tout au style, Aristolochia serpentaria est une plante vivace couvre-sol disparaissant en hiver. Cette aristoloche, originaire des forêts d'Amérique du nord, n'est, en effet, ni ligneuse, ni grimpante. Elle forme une plante vivace de 20/40 cm de haut environ et forme un tapis plutôt couvre-sol. Ses tiges, qui disparaissent en hiver, portent des feuilles allongées. La floraison se fait au pied de la plante. Les fleurs sont marron-pourpre et velues. Une plante de sous-bois originale à cultiver en situation ombragée en bonne terre de jardin. Elle ne craint pas le froid et a passé -1 8°C chez nous sans problème. (photo ci-contre à droite)

Très proche et avec le même type de végétation, Aristolochia reticulata (ci-dessus à gauche) dont les feuilles sont plus arrondies. Elle atteint 40 cm de haut. Elle est originaire des Etats de Arkansas, Louisiane, Oklahoma et Texas. Culture en situation ombragée en sol frais et riche. J'ai introduit cette espèce dans nos collections cet automne, il va donc falloir un peu de recul pour en apprécier sa culture dans le temps. est endémique du nord de la Californie. C'est une plante grimpante ligneuse qui atteint entre 1 .5 et 5 m de haut. Ses feuilles sont cordiformes. Elle fleurit au printemps et ses fleurs sont vertes à brunes striées de pourpre et marquées de rouge au bout. Très florifère, culture au soleil ou à miombre. Rusticité mal connue, à protéger par prudence en-dessous de -1 0°C. Aristolochia californica


Nous venons de voir les principales espèces et variétés horticoles d'aristoloches que l'on peut installer dans son jardin. On trouve également beaucoup d'espèces en zone méditerranéenne à cultiver sous les climats plus chauds. J'avais été fasciné lors de voyages au Liban et en Turquie de la diversité de ce genre. Ce sont surtout des plantes herbacées, disparaissant l'hiver, non grimpantes, avec une souche épaisse et ligneuse. J'avais pu en mettre quelques-unes ici en culture mais en serre froide car ce sont des plantes de terrain plutôt sec et très bien drainé. Tout le contraire de notre Bourgogne ! J'ai fini par les perdre, plus par manque de soins que de fragilité, mais il faut du temps pour bien s'occuper de collections en pots... Si ce sont des plantes introuvables pour nous, jardiniers, je ne résiste pas à l'envie de vous en montrer quelques-unes afin de compléter la présentation ici faite de ce genre. De gauche à droite et de haut en bas : Aristolochia paecilantha au Liban; A.incisa en Turquie (Honaz Dag) ; A.lycica en Turquie (Termessos) ; A.parvifolia de Turquie; A.guichardii de Turquie (Marmaris) ; A.hirta en Turquie (Guzelcamli)


L'envie était trop forte. Presque un an après notre dernier voyage au Japon, relaté dans le précédent numéro de la N'Avette, nous voilà reparti pour un périple automnal. Malgré les éternelles difficultés à laisser la pépinière, un break était nécessaire après 9 mois de travail bien chargé surtout avec les difficultés climatiques de cette année. Partant 1 5 jours plus tôt que l'an dernier, nous décidons de rester sur l'île de Honshu et de passer par les Alpes japonaises. Couleurs d'automne, graines, pépinières, jardins, villes traditionnelles, gastronomie, saké, bains... le bonheur et des couleurs plein la tête ! Départ de Tokyo pour remonter un peu vers le nord pour une étape sur le mont Tsukuba. Puis passage par la petite ville de Nikko et ses montagnes environnantes. Direction plein nord dans les montagnes puis direction l'ouest pour rejoindre Nagano via Niigata. Ensuite, direction la côte par Takayama puis bord de mer jusqu'à Obama (au nord de Kyoto). Descente plein sud pas loin de Kobe puis les jardins et temples de Nara. Pour finir, un petit périple au mont Fuji.

Ci-dessus, la vue depuis le mont Tsukuba. C'est une petite montagne constituée de deux pics à 877 et 871 m d'altitude au beau milieu d'une grande plaine.


Ci-dessus sur le mont Tsukuba. A droite, un grand fusain couvert de fruits, Euonymus sieboldianus. Ci-dessous à droite, Acer carpinifolium, l'érable à feuilles de charme.

Ci-dessus à gauche, arrivée dans la région de Nikko et ses montagnes. Nikko est une petite ville réputée pour ses magnifiques temples attirant des milliers de touristes chaque jour. Les ayant déjà vus il y a quelques années, nous ne nous y arrêtons pas et préférons partir dans les montagnes et monter jusqu'au lac Chuzenji. Je voulais également revoir le jardin botanique que nous avions visité au printemps il y a 7 ans. Mais par manque de chance, ce jardin est fermé le lundi et nous étions à Nikko... un lundi. Autour du lac Chuzenji, je voulais retrouver des stations d' Arisaema monophyllum , Cynanchum grandifolium var. nikoense (voir article dans ce bulletin) et Oplopanax japonicus. C'était sans compter les kilomètres d'embouteillages sur l'unique route montant au lac. Les japonais se pressent pour admirer les couleurs d'automne. Arrivant enfin au lac, il fait presque nuit et nous n'aurons pas le temps nécessaire à toutes nos recherches. Nous retrouverons tout de même les Cynanchum et, peut être, les Arisaema (confirmation -ou non- lorsque les plantes semées fleuriront pour la première fois). Page suivante, tout autour du lac, les forêts sont constituées de conifères et de bouleaux, Betula ermanii, une très belle espèce à l'écorce très variable.


m’a vraiment impressionné lors de notre premier voyage au Japon où se trouvent de véritables forêts d’écorces blanc pur qui peut prendre des teintes rougeâtres. C'est un arbre dont l'écorce est très variable. Dans ces forêts, ce bouleau peut devenir un très grand arbre. Dans nos jardins, il atteindra environ une dizaine de mètres. Ci-contre, une haie taillée d'azalées et ses couleurs automnales flamboyantes. Betula ermanii


Quelques plantes vues autour de Nikko. Quercus aliena (en haut à gauche) et ses grandes feuilles bien rouges en automne. Un érable très commun dans cette région, Acer rufinerve (en haut à droite), aux larges feuilles et l'écorce jaspée. Chloranthus serratus (ci-dessus à gauche) est une plante vivace d'ombre aux épis blancs au printemps. Un grand classique au Japon en cette saison, le kaki (cidessus à droite).


De Nikko, direction plein nord par la route 1 21 pour faire étape dans les gorges de Ryuokyo. Une rivière encaissée, de superbes couleurs, une flore riche, de beaux points de vue et pas mal de touristes aussi. Mais le chemin dans la forêt permet de vite se retrouver au calme. Acer mono (ci-dessous à gauche) est un grand érable reconnaissable à ses lobes non dentés se terminant en longues pointes. Hydrangea hirta (ci-dessous à droite) est un petit hortensia aux feuilles très dentées, fleurissant blanc ou rose, parfumé, très commun dans les sous-bois de certaines régions du Japon. Lindera obtusiloba (au milieu à gauche) se reconnaît également aisément par son feuillage caractéristique prenant des teintes jaune vif en automne. Actaea japonica (au milieu à droite) a de grandes feuilles composées et des épis blancs dressés en fin d'été.


(en bas à gauche de la page précédente) fait partie des espèces à grandes feuilles. Ses grosses fleurs en mai-juin, sont très parfumées. Leucosceptrum japonicum (en bas à droite de la page précédente) est une vivace d'ombre de la famille des Labiées fleurissant en automne. Magnolia obovata


Page précédente (de gauche à droite et haut en bas) : Viburnum phlebotrichum a des petites feuilles vertes caduques et prennent de belles couleurs d’automne. En mai-juin, ses fleurs blanches en coupes apparaissent groupées au bout des rameaux. Evodiopanax innovans est une petit arbre de la famille des Araliacées (voir article sur le Kalopanax). C'est un arbre caduc à feuilles composées de 3 folioles. Sa floraison, blanche, intervient en juin-juillet. On trouve plusieurs espèces de Tricyrtis dans les sous-bois. Difficile de dire de quelles espèces il s'agit sans les fleurs. Acer nikoense fait partie des érables à feuilles trifoliées (comme triflorum ou griseum). Il prend de superbes teintes automnales.

Les quatre photos ci-dessus (de gauche à droite et haut en bas) : Hamamelis japonica a de très nombreuses fleurs jaunes et parfumées en fin d'hiver. Acer crataegifolium signifie érable à feuilles d’aubépine. C’est petit arbre de 4 m environ en culture à rameaux rougeâtres et avec des petites feuilles de 5/8 cm de long. Corylopsis gotoana, ici bien jaune au milieu de la végétation, est un arbuste bien ramifié dont les fleurs en grappes pendantes jaune vif apparaissent en fin d’hiver avant la sortie des feuilles (parfois dès la fin février). Elles sont parfumées. Acer shirasawanum a des feuilles rondes et lobées prenant de magnifiques teintes à l'automne.


Page suivante, un superbe exemplaire de Stewartia pseudocamellia. Ses petites feuilles prennent de belles couleurs rouge-orangÊ en automne. Ses fleurs blanches apparaissent en larges coupes blanches avec le cœur jaune.


ĂŠrable et, devant, Lindera obtusiloba


Après les gorges, nous continuons notre remontée vers le nord par les montagnes. Il y a beaucoup de sources chaudes et donc de bains dans la région. Nous dormons au bord du lac Ikari. Au réveil nous découvrons des montagnes très colorées. Sur la route, nous trouvons le Nikkoshi Kamimiyori Suisei Botanical Garden. Un joli jardin alpin où, bien évidemment, il n'y a pas grand chose à voir en cette saison, les plantes herbacées étant presque toutes au repos. Mais ce doit être un très beau jardin de plantes alpines au printemps avec des Glaucidium, Anemonopsis,

Tricyrtis, Aconitum, Meconopsis, Iris ensata, Paris, Kirengeshoma... Les

érables ont encore de belles couleurs.


Après le jardin, avec un beau soleil mais un sol bien givré car nous sommes à près de 2000 m d'altitude, cap à l'ouest vers la préfecture de Niigata par la route 352. Il est difficile d'imaginer des zones inhabitées et coupées du monde au Japon. Pourtant, on s'y retrouve souvent quand on conduit. La route nous sembla ce jour là interminable. Étroite, très sinueuse, sans aucune habitation ou station service, passant plusieurs cols, roulant à 1 5km/h de moyenne... Ce jour là, nous devrons passer notre repas de midi ! Même pas une petite épicerie en plusieurs heures de route. Enfin arrivés près de Niigata, nous nous jetons dans le premier 7-eleven pour trouver à manger ! Puis nous prenons la route de Nagano où nous ferons une halte dans la jolie petite ville de Obuse. On s'y était arrêté il y a 7 ans et avions trouvé une petite pépinière très intéressante. La poisse nous poursuit puisque nous y serons juste le jour de sa fermeture... Nous profiterons de la journée pour prendre de l'altitude dans les belles montagnes de la région.

est une vivace d'ombre aux épis blancs au printemps et ses fruits noirs sur des pédoncules rouges sont très décoratifs en automne. Tripterygium regelii est une plante grimpante aux feuilles en forme de cœurs, de la famille des Celastrus. Sorbus alnifolia fait partie des sorbiers à feuilles simples. C'est un petit arbre prenant de belles couleurs à l’automne. Jolie fructification rose à orangé en automne. Zingiber mioga est le gingembre japonais. Les japonais utilisent beaucoup les boutons floraux, les jeunes pousses et les rhizomes en cuisine. Actaea asiatica


L'automne autour d'une maison au Japon : Camellia sasanqua, ĂŠrable, prunier pleureur et parterre de bambous nains.

Une belle initiative Ă Obuse. Le petit panneau illustrĂŠ cidessous indique aux visiteurs que les habitants ouvrent gratuitement leurs jardins. On peut ainsi voir de nombreux petits jardins tous aussi charmants les uns que les autres. De petits jardins d'ombre, de mousses que tous les visiteurs respectent, comme tout au Japon.


Les fougères sont très utilisées dans les jardins au Japon. Rarement en grandes touffes mais plutôt en taches isolées dans des endroits bien choisis. Une plante entre deux pierres, au pied d'un arbre, contre une statue... Ci-contre, trois fougères se cotoient dans ce massif. Polystichum tripteron en bas à gauche, Adiantum pedatum en bas à droite et, audessus, les grandes frondes de l'osmonde du Japon. Les japonais adorent les plantes panachées. On en trouve des milliers de variétés. Ci-contre une renouée du Japon dans un jardin et ci-dessous un camélia.

En partant d'Obuse, nous faisons un petit détour pour voir une pépinière de plantes de collection. Si pas mal de plantes sont déjà au repos, nous trouverons quelques plantes intéressantes (cicontre). Nous prenons ensuite la direction de Takayama, plus à l'ouest. La route, sineuse, traverse de hautes montagnes. Les forêts y sont très belles et nous faisons deux haltes. La première vers une cascade au bout d'un court chemin et la seconde dans un lieu magnifique, avec des cascades de plusieurs niveaux, une flore riche et des arbres de tailles impressionnantes. A haute altitude, les arbres n'ont plus de feuilles et la neige n'est pas loin.


En montagne, les arbres sont impressionnants et beaucoup plus hauts que dans les vallées. Page précédente de gauche à droite et haut en bas. Cercidiphyllum japonicum est l'arbre au caramel. Je n'avais jamais vu de sujets aussi hauts. Celtis jessoensis est une genre plus connu sous le nom de micocoulier. Très répandu dans le sud de la France, les branches servent à fabriquer des fourches. Quelques espèces chinoises ou japonaises peuvent trouver leur place en tant qu’arbres d’ornement. Les micocouliers prennent de vives couleurs jaunes en automne. Aesculus turbinata est un marronnier poussant dans les montagnes du Japon. Dans la nature, c'est un grand arbre que nous avions déjà pu admirer en fleurs dans les forêts des montagnes de Nagano. En culture, il peut atteindre 1 0 à 1 5 m de haut. Ses feuilles sont les plus grandes du genre et ses fleurs blanc-jaunâtre tachetées de rouge sont groupées en panicules de 1 5/25 cm de long. Les marrons sont en forme de poires de 5 cm de large. Magnolia obovata, connu aussi sous le nom de M.hypoleuca, est un arbre impressionnant et imposant. Dans son pays d’origine, il peut atteindre 25 à 30 m de haut ! Les vieux sujets dans nos jardins botaniques peuvent atteindre 1 0 m de haut et plusieurs mètres de large. Ses feuilles, caduques, groupées au bout des rameaux, peuvent atteindre 40 cm de long. Ses grandes fleurs blanches, parfumées, de 1 5/20 cm de large, s’épanouissent en juin. Ci-dessous, les inflorescences fanées d'un Schizophragma hydrangeoides dans un arbre. Proches cousins des hortensias grimpants, les Schizophragma sont cependant moins connus. Ce sont pourtant de belles et vigoureuses grimpantes à la floraison spectaculaire. S’accrochant seuls à leur support, on les plantera au pied d’un mur ou d’un arbre en situation ombragée ou mi-ombragée. On peut les mettre au soleil dans les régions pas trop chaudes et sèches en été.


(ci-dessus à gauche) a un feuillage bien particulier. Ses feuilles se terminent souvent par 3 pointes, un peu à la manière de Celtis koraiensis. C’est un arbre d’une dizaine de mètres de haut. Son écorce s’exfolie par plaques. Ilex pedunculosa (ci-dessus à droite) est un grand et élégant houx à feuilles persistantes et non épineuses. Fleurs en juin, suivies de fruits rouges. S’il devient un arbre dans son pays natal, il deviendra seulement un grand arbuste chez nous. Soleil ou mi-ombre, dans un sol bien drainé et plutôt acide. Très résistant à la pollution et tolère modérément le sel. Une belle espèce. Magnolia salicifolia (ci-dessous à gauche), littéralement magnolia à feuilles de saule, est un arbre pouvant atteindre 5 à 8 m de haut environ en culture. Il doit son nom à ses feuilles caduques qui sont allongées. Au printemps, avant la sortie des nouvelles feuilles, apparaissent de nombreuses fleurs blanches et parfumées de 1 0 cm environ. Ilex sugeroki var.brevipedunculata (ci-dessous à droite) est un houx à petites feuilles persistantes non épineuses. Son port et son feuillage sont denses. Fructification rouge en automne. Ulmus laciniata

Le centre-ville de Takayama est constitué de ruelles étroites avec de nombreuses échoppes d'artisanat japonais et une architecture traditionnelle en bois. Un lieu idéal pour se plonger dans le Japon d'autrefois. Par contre, il y a toujours beaucoup de touristes...


Après Takayama, cap toujours à l'ouest en direction de la mer pour, ensuite, descendre plus au sud. Nous souhaitons rejoindre la petite ville de Fukui, au sud de Kanazawa. Pour cela, nous empruntons une route qui traverse une chaîne de montagne. Après deux heures de route, en pleine montée, une barrière ferme la route. Il y avait longtemps ! Les japonais sont spécialistes des routes fermées en plein milieu au lieu de les barrer en bas. Nous avions rencontré ce problème plusieurs fois l'an dernier déjà. Demi-tour donc pour trouver un chemin alternatif. Nous trouvons une petite route à partir du village dans la vallée. Bien mal nous en a pris ! Nous voici sur une route de la même largeur que notre van, à flanc de précipice, couverte de feuilles mortes, attestant donc que personne n'est passé ici depuis un long moment. A chaque épingle à cheveux, les pneus dérapent sur les feuilles mouillées. Il fait maintenant nuit. Nous sommes au milieu de nulle part... Les GPS nous indique l'arrivée sur une autre route, nous pensons alors sortir de ce piège. Nouvelle déception, le croisement se fait entre deux routes qui n'ont de route que le nom ! J'appelle plutôt ça des chemins abandonnés ! Au final, nous passerons plus de trois heures sur cette route avant de pouvoir rejoindre un réseau meilleur. Nous arrivons plus au nord que prévu, près de la ville de Kanazawa. Le lendemain, nous faisons un court détour par Nomi pour aller voir un collectionneurs de plantes. Il est spécialisé dans les hépatiques, Hepatica japonica. Ce n'est pas la saison des fleurs mais ce fût intéressant de voir son installation et l'accueil fut, comme toujours au Japon, chaleureux (photo ci-dessus). Nous profitons de cette halte pour grimper sur la petite montagne située juste à côté. Etant plus bas en altitude que ces derniers jours, la flore y est différente et tout aussi intéressante.


Page précédente, en bas à gauche : A cette altitude les isodons sont encore fleuris alors qu'ils sont fânés en altitude. En bas à droite, Impatiens textori, une annuelle des lieux humides largement réparties dans l'Est de l'Asie. Ci-contre, Smilax sieboldii est une plante grimpante de 2 à 3 mètres de haut, portant des feuilles vert brillant, cordiformes. Ses fleurs n'ont pas un grand intérêt mais elles sont suivies, en automne, de baies bleu-noir à maturité. Une plante à l'allure exotique pour le jardin. Ci-dessous à gauche, Symplocos chinensis f.pilosa. C'est un arbuste de 3 m de haut environ portant en mai-juin de belles panicules blanches de 5/8 cm de large. Elles sont suivies de fruits bleus en automne. Un bel arbuste qui mériterait d'être plus planté dans nos jardins. Le notre a passé -1 8°C sans problème. Ci-dessous à droite, un Eleutherococcus (ex. Acanthopanax), un arbuste de la famille des Araliacées.

Ci-contre, l'aucuba du Japon est une plante très variable et bien loin du fameux 'Crotonifolia' de nos jardins. Ici, une forme particulièrement belle avec ses feuilles profondément dentées.


est une plante d’ombre compacte à feuilles vertes groupées en rosettes. Au printemps, émergent du centre des rosettes, des inflorescences de fleurs roses verdissant en fanant. Une plante facile à condition de la mettre en bonnes conditions, à l’ombre, dans un sol humifère frais à humide, ne desséchant pas. Ici sur un rocher humide. Heloniopsis

orientalis

(ci-contre) est un chêne caduc même si ses feuilles restent longtemps sur les branches après avoir séchées (elles restent parfois presque tout l’hiver). Elles sont longues et dentées et rappellent celles du châtaignier. C’est un arbre à écorce fortement ridée qui peut atteindre et dépasser les 1 5 à 20 m de haut avec une croissance relativement rapide pour un chêne. Fruits hémisphériques, de 3/4 cm de large. La fructification est très belle car la cupule qui entoure le gland est couverte de poils souples. Quercus acutissima

L'ancien

nom

Chengiopanax sciadophylloides

de

(cicontre) est Acanthopanax sciadophylloides. C'est un petit arbre de la famille des araliacées, à savoir le lierre, le schefflera ou le ginseng. Contrairement aux Acanthopanax, il n'est pas épineux. Il a des feuilles


composées, caduques. Ses fleurs blanches sont groupées en inflorescences terminales rondes suivies de baies noires. C'est la première fois que je le vois dans son milieu naturel. Ci-contre, fruits de Skimmia et feuilles d' Epimedium en sous-bois. Nous reprenons notre route et arrivons enfin sur la côté de la mer du Japon que nous longeons jusqu'à la petite ville de Obama.

Nous traversons ensuite la préfecture de Kyoto en direction du sud vers Kobe puis prenons à l'Est pour une halte à Nara que nous n'avions encore jamais visité. C'est une ville avec de beaux temples et jardins mais, là aussi, il y a foule.


Fatsia japonica 'Murakumo Nishiki'


( ou Triadica sebifera) est un petit arbre de 3/5 m environ avec des feuilles caduques de forme originale et prenant de très belles couleurs d’automne. Sa floraison se fait en chatons jaunâtres en juin. Généreuse fructification blanche en automne. Ce petit arbre est souvent planté dans les parcs au Japon. Après Nara, une longue route nous attend. Nous avons finalement décidé de faire une halte au mont Fuji avant le retour à Tokyo. Il y a tant à voir dans cette région. Se promener dans les forêts sur les pentes du volcan certes mais aussi voir les lacs, les cascades et les magnifiques paysages si le temps est avec nous. L'an dernier, nous y avions fait une courte halte de deux heures dans un brouillard épais et un froid de canard. Nous aurons plus de chance cette fois et les paysages étaient magnifiques. Sapium sebiferum


En automne, les japonais font des couronnes avec les branches des celastrus portant leurs fruits orange clair et foncé. On en voit beaucoup devant les maisons ou les échoppes. Tout comme on voit les kakis séchant au bout de petites ficelles (cidessous). Helwingia japonica (ci-dessous à droite) fait partie d’un petit genre d’arbustes étranges. Leur particularité est d’avoir le pédoncule des fleurs soudé avec la nervure centrale des feuilles. Si bien qu’on a l’impression que les fleurs, puis les fruits noirs, apparaissent au milieu du limbe des feuilles !

Edgeworthia

papyrifera,

appelé également Edgeworthia chrysantha, est un beau petit arbuste très ramifié atteignant entre 1 et 1 .2 m de haut sur autant de large. Il est très intéressant pour sa floraison hivernale composée de bouquets de 40/50 fleurs blanches à l’extérieur et jaunes à l’intérieur qui sont très parfumées. Ici au pied d'une cascade.


(ci-dessous à gauche) devient un petit arbre. Il a de grandes feuilles cordées. Ses fleurs sont blanches et ses fruits sont bleu-jade sur fond de calice rouge. Un superbe contraste. Begonia grandis (ci-dessous à droite) est le plus résistant au froid du genre. Sa floraison rose se prolonge de la fin de l'été et tout l'automne. Ici en fruits. Clerodendron trichotomum

Ainsi s'achève notre quatrième périple au Japon et le quinzième en Asie. Nous avons visité ce pays une fois au mois de mai, une fois au mois de juin et deux fois au mois de novembre. Il ne nous restera plus qu'à venir une fois au début du printemps pour voir les cerisiers à fleurs... Mais ça, c'est une autre histoire à venir...


Tout comme l'aucuba par exemple, le pachysandra a longtemps été pour moi une plante peu attirante et un peu passée de mode. Cela sans doute à cause de l'avoir trop vue comme les aucubas panachés, les bergénias et autres plantes d'ombre classiques. Donc, tout comme les aucubas et autres genres connus de tous, j'ai voulu apporter un peu de renouveau dans ce genre qui reste intéressant pour couvrir les zones d'ombre avec son feuillage persistant et sa grande résistance aussi bien au froid qu'au sec. Les plantes pour l'ombre sèche ne sont pas si nombreuses ! Le plus connu est le Pachysandra terminalis, que l'on trouve facilement dans les jardineries. J'ai commencé à regarder cette plante d'un autre œil lors de mes voyages au Japon. Tout d'abord en observant la plante dans son milieu naturel comme ci-dessous dans les forêts du mont Fuji et dans les jardin japonais (photo de la page ci-contre). J'ai introduit dans notre jardin d'autres espèces comme le Pachysandra stylosa, plus élégant je trouve. Cela dit, le genre ne compte que 3 ou 4 espèces et on en a vite fait le tour. Je me suis donc mis à chercher si il existait


des variétés plus attractives de P.terminalis au Japon. A ce jour, j'ai pu introduire trois variétés avec des feuillages différents dont deux ont des feuilles particulièrement lumineuses à l'ombre. Le genre Pachysandra a été décrit par A.Michaux en 1 803. Sa répartition se situe dans l'Est de l'Asie et en Amérique. Le Pachysandra est classé dans la famille des Buxacées, celle du buis. Mais pas de souci, cette plante n'attire pas la pyrale du buis ! ' Fukurin fu' (photo ci-contre) a le feuillage panaché de blanc. Certaines feuilles pouvant être totalement blanches. Cette variété illuminera les coins les plus sombres. ' Les Avettes' (photo ci-dessous à gauche) est une forme que j'ai trouvé au Japon. Ses feuilles sont légèrement gaufrées et tordues, mouchetées de vert clair et vert foncé.

' Neïji' (ci-dessus à droite) est une plante que j'ai également trouvé au Japon. Une superbe plante par ses jeunes feuilles qui sont blanches, très lumineuses à l'ombre. Je l'ai nommée 'Neïji' du nom d'un de nos chiens... Pachysandra terminalis est originaire du Japon et de Chine dans les provinces de

Gansu, Hubei, Shaanxi, Sichuan et Zhejiang dans les forêts entre 1 000 et 2600m d'altitude.

Pachysandra axillaris est originaire de Chine et de Taiwan. La plante est un peu plus

haute que la précédente, de 30/40 cm environ. Ses feuilles sont plus grandes, dentées et de forme variable. Ses inflorescences sont érigées ou pendantes,


blanches, roses ou parfois rouges. La première variante que j'avais planté dans le jardin est une forme introduite en culture par la pépinière Crug Farm. Nommée 'Crug's Cover' à partir d'une collecte faite en Chine. La plante donne de petits fruits globuleux blanc-rosé. Mais je ne vois pas trop de différence entre cette variété et la forme type... Pachysandra stylosa (ou P.axillaris var. stylosa) a des feuilles larges et

coriaces. Son port est plus bas et plus dense. Ses fleurs sont plus visibles que chez P.axillaris. Endémique de Chine dans les provinces de Fujian, Guangdong, Jiangxi, Shaanxi et Yunnan, dans les forêts entre 600 et 21 00m d'altitude. est une espèce originaire du Sud-Est des ÉtatsUnis depuis la Virginie-Occidentale et le Kentucky jusqu'à la Floride et l'ouest de la Louisiane. C'est un vigoureux couvresol de 1 5/20 cm de haut. Ses feuilles sont assez grandes, de 5 à 1 0 cm de long. Ses inflorescences, blanches aux étamines pourpres, apparaissent en fin d'hiver et sont très parfumées. Ses feuilles sont parfois marbrées de gris. Pachysandra procumbens

J'ai introduit des Etats-Unis la variété ' Little's Pixie Dragon' dont les feuilles sont plus dentées et mouchetées. Cette sélection à été faite en Virginie.


Ces plantes étranges sont de la famille de l'arum de nos sous-bois. Elles poussent d'ailleurs de la même façon. Elles ont des tubercules souterrains d'où émergent à chaque nouveau printemps les nouvelles tiges portant feuilles et inflorescences. Les Arisaema sont des plantes bien étonnantes et colorées. Elles ont presque des allures de plantes tropicales et on aurait presque peur de les cultiver en les voyant. Pourtant, parmi les très nombreuses espèces, un nombre important se cultive très bien sous nos climats et se gardent des années. La diversité des formes et taille des feuillages est étonnante tout comme la richesse de la palette de couleurs et formes des inflorescences. Je trouve ces plantes extraordinaires. En respectant un minimum leurs exigences, on les conservera sans souci. On plantera donc les tubercules à environ 20 cm de profond minimum (surtout dans les régions froides), à l'ombre ou mi-ombre, dans un sol frais, drainant et riche en évitant la terre de bruyère qui se compacte trop, devient asphyxiante et fait pourrir les racines. Une bonne terre de jardin peut faire l’affaire et vous pouvez y ajouter un peu de terreau grossier. Les Arisaema supportent très bien la culture en pot mais méfiance lors des hivers trop froids sur de longues périodes. Avec leur port généralement assez dressé et leurs floraisons printanières, les Arisaema peuvent être plantés parmi d'autres vivaces basses que traverseront leurs tiges. Une fois fanés et au repos, la plante basse prendra le relais. J'aime beaucoup les Arisaema avec les feuillages de fougères, de Coptis, de corydales, de géraniums vivaces ou encore d' Anemonopsis. Arisaema serratum est une espèce très commune au Japon dans les forêts de cryptomérias. Elle pousse aussi en Corée et dans l'Est de la Chine. C'est une plante d'une très grande variabilité. Page ci-contre, de gauche à droite : (toutes les photos ont été prises sur l'île de Honshu) 1 ° ligne : près du lac Kawaguchi (région du mont Fuji); Kyoto; Nagano; Nagano 2° ligne : Nagano; Yudanaka Shibu; Nagano; Nagano 3° ligne : Nikko; Senjogahara; Aizu; aizu 4° ligne : Aizu; Aizu; Aizu; Takayama


Diversité du feuillage. Ci-dessus dans la région de Nagano; ci-contre au lac Kawaguchi près du mont Fuji; ci-contre en bas dans la région de Nagano; ci-dessous dans la région de Aizu


On a souvent pu voir cette espèce lors de nos voyages au Japon. Les photos présentées ici ont été prises durant plusieurs voyages et montrent l'extraordinaire diversité, non seulement des inflorescences, mais aussi du feuillage. Du fait de cette grande polymorphie, de nombreux taxons ont été décrits au fil du temps et cette espèce compte aujourd'hui une liste impressionnante de synonymes. Il faudrait une page complète pour les lister tous ! Pour les botanistes japonais, A.serratum est plutôt un groupe d'espèces en cours d'évolution avec de fortes variations locales en cours de spéciation (La spéciation est le processus évolutif par lequel de nouvelles espèces vivantes se forment à partir d'ancêtres communs. Les espèces s'individualisent à partir de populations appartenant à une espèce d'origine). Certains proposent de classer cet arisaema en 3 sous-groupes. Les plantes ont toutes en commun une haute tige, mouchetée, portant de grandes feuilles. Quand la tige porte ses deux feuilles, la supérieure est plus petite que l'inférieure. Les feuilles comportent un nombre variable de folioles (de 7 à 23) plus ou moins larges, vertes, parfois marquées de gris au centre, plus rarement mouchetées de gris (vois photos page précédente). Les formes 'panachées' se trouvent parfois avec des noms de cultivars dans les catalogues, américains notamment. Quant à l'inflorescence, la forme de la spathe, du spadice et la couleur sont très variables (voir planche photos). Combien de fois j'ai cru voir une autre espèce au Japon alors qu'il s'agissait bien souvent toujours de A.serratum ! La taille est également très variable. Certains plants peuvent ne mesurer que 30 cm de haut pendant que d'autres dépassent 1 ,5 mètre. Les inflorescences se situent au-dessus du feuillage. Si beaucoup de variétés ou formes décrites sont aujourd'hui placées en synonymie, la var. mayebarae est encore valide. Elle pousse au sud de la répartition de l'espèce, au sud de l'île de Kyushu, sur Yakushima et Ullung-Do (Takeshima pour les japonais). Cette variété fleurit bien avant la sortie des nouvelles feuilles. L'inflorescence est plus étroite et souvent de couleur très sombre, même si elle peut également être verte. Si certaines espèces du Japon sont plus difficiles de culture que les chinoises, A.serratum ne m'a jamais posé de problèmes. Sa croissance est assez rapide et j'ai ici des plants qui sont en place depuis 1 0 ans. On placera les tubercules à l'ombre ou mi-ombre dans un sol pas trop sec, bien drainé et humifère. Il faut éviter les lieux trop humides en hiver. Nous avons pu collecter des graines dans plusieurs stations lors de nos deux derniers voyages et des jeunes plants sont en cours de culture. Il y aura sans doute beaucoup de diversité dans les plantes obtenues...


En haut de gauche à droite : la var. mayebarae, la var. izuense (non reconnue aujourd'hui), deux formes cultivées dans notre jardin à partir de graines collectées au Japon : CBJP1 097 (région de Aizu) et CBJP1 080. Les 4 photos ci contre : haut à gauche : CBJP1 090 (de graines collectées dans la région de Aizu); haut à droite : CBJP955 (Mont Fuji); bas à gauche : A.japonicum dans notre jardin (aujourd'hui synonyme de serratum); bas à droite : la var. longilaminum à Aizu (non reconnue par tous les botanistes).

Ci-contre, Arisaema en fruits dans les montagnes de Chichibu, en novembre 2016.


Arisaema serratum dans les montagnes au­dessus de Nagano


Plus connus sous le nom de sceaux de Salomon, les Polygonatum sont largement présents dans les forêts d'Europe, d'Asie et d'Amérique du nord. On y trouve une grande diversité au niveau de la taille des plantes (de 5 cm à 2 m environ!), de la forme et couleurs des fleurs (blanches, roses, rouges, bicolores, vertes...) et des feuillages (arrondis, très allongés, verts, panachés, striés...). Dans l'ensemble, les sceaux de Salomon aiment les terres riches, humifères, fraîches et bien drainées. Cependant, certaines espèces s’accommodent également de terres un peu plus lourdes du moment qu'elles ne sont pas trop compactes et asphyxiantes pour les rhizomes qui risquent de pourrir. Tous les sceaux de Salomon disparaissent en hiver. De nouvelles tiges apparaissent au printemps suivant à partir des rhizomes souterrains. Ceci est donc à prévoir lors de la création d'un massif afin de les alterner avec des plantes à feuillages persistants. Certaines plantes restent d'étalement modeste mais d'autres, comme le Polygonatum odoratum de nos forêts finissent par former de belles touffes bien denses pouvant atteindre 50 cm de large ou plus. Ces plantes ont la réputation d'attirer les limaces et il vaut mieux être vigilant lors de la sortie des nouvelles pousses. Cependant, je trouve que toutes nos plantes s'en sortent très bien toutes seules dans le jardin. Mais il vaut mieux planter de grandes espèces que des petites si vous craignez que les limaces ne sévissent. Leurs tiges sont le plus souvent dressées, voire un peu courbées, et leur aspect généralement assez graphique. On peut, par exemple, utiliser les plus grandes espèces en mélange avec d'autres plantes à port plus horizontal qui habilleront les pieds du sceau de Salomon. Ses tiges érigées se dresseront alors au-dessus. On utilisera les plus petites espèces en rocaille d'ombre ou en pot, afin de pouvoir les surélevées un peu afin de pouvoir profiter des fleurs sans se tordre le coup. En effet, les fleurs apparaissent sous les tiges. Les grandes espèces à tiges bien dressées ont les fleurs plus visibles. Les sceaux de Salomon fleurissent au printemps (d'avril à juillet pour la plupart).


Nous possédons la collection nationale du genre Polygonatum avec de nombreuses espèces et variétés horticoles. Nous allons nous intéresser ici à une espèce vivant dans les forêts des montagnes du Japon, le Polygonatum macranthum. est un incontournable au sein des sceaux de Salomon. Une plante vraiment impressionnante aux tiges épaisses et dressées pouvant atteindre 1 .5 m de haut et qui portent de grandes feuilles vert brillant. Les fleurs, en clochettes pendantes blanches avec la pointe verte, sont parmi les plus grandes du genre. Une espèce idéale pour donner du volume entre des plantes plus basses ou pour mettre en fond de massif. Les tiges, robustes, se maintiennent sans tuteurage. Cette espèce est endémique du Japon où elle pousse sur les îles de Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu dans les bois, en montagne. Elle a quelques synonymes: P.giganteum var. macranthum*, P.silvicolum, P.sadoense et P.iyoense. Polygonatum macranthum

* : P.giganteum est une espèce décrite en 1 835 qui correspond à P.biflorum, un grand sceau de Salomon d'Amérique du nord. Trois variétés avaient été décrites. La var. macranthum (= P.macranthum), la var. falcatum (= P.falcatum) et la var. thunbergii (= P.odoratum). On trouve le nom de P.giganteum sur des catalogues de pépinière. (nom non valide). Quand je regarde les photos des plantes proposées, il s'agit ni plus ni moins que du P.odoratum de nos forêts ou, peut être, parfois de P.biflorum.


Lors de nos voyages au Japon, nous avons souvent observé des sceaux de Salomon dont P.falcatum ou P.lasianthum qui sont assez communs. Avant notre voyage de juin 201 0, nous n'avions encore jamais trouvé le P.macranthum. Une des plus belles espèces par sa hauteur et surtout la taille de ses fleurs. Lorsque nous avons enfin trouvé une belle population de cette plante, j'ai vraiment été stupéfait de sa beauté. De très longues et robustes tiges arquées portant un magnifique feuillage vert brillant dessus et glauque dessous, portant de grandes fleurs. Je n'avais encore jamais vu un tel port dans ce genre (photos de la page suivante). A cette époque, cette espèce n'était pas encore introduite dans nos collections, je n'avais donc pas de recul et je ne suis pas rendu compte que nous avions sous les yeux une forme particulièrement belle. Étant au mois de juin, il n'y avait bien évidemment pas de fruits. Pour moi, cela ne posait pas de problème car j'étais sûr de la trouver dans une pépinière. Ce fut chose faite quelques jours plus tard lors de la visite d'une petite pépinière. Nous avons donc mis cette plante en culture dans notre jardin mais j'ai été assez surpris de voir que la plante ne ressemblait pas à celle que nous avions vu dans la nature. Après des recherches, notre plante correspond en effet bien à P.macranthum et il semble que ce soit cette forme que l'on trouve dans toutes les pépinières. D'où ma déception de ne pas avoir pu en ramener, même si notre plante en culture (et au catalogue) est un très beau sceau de Salomon, avec ses grosses fleurs. Vous imaginez bien que depuis, je ne rêve que d'une chose... Retrouver cet endroit, en automne, pour y collecter des graines. L'an dernier, notre périple ne passait pas par cette région. Alors, n'en pouvant plus, j'ai fait en sorte que notre parcours de cet automne repasse par cette région. Mais pas facile, 7 ans après, de retrouver le bon endroit. D'autant qu'au mois de novembre, beaucoup de plantes herbacées sont déjà au repos. Après plusieurs haltes infructueuses où je commençais à désespérer, j'ai aperçu du volant de notre véhicule une immense tige au-dessus de la route. Pas de doute, il s'agissait bien de P.macranthum et de la forme à larges feuilles. Il restait 5 fruits sur la plante. De quoi ne collecter que quelques graines, mais c'est mieux que rien. Alors, il est difficile d'estimer si les


plantes que nous obtiendrons seront aussi impressionnantes que celles vues en 201 0. Mais une chose est sûre, il ne s'agit pas de la forme plus classique que l'on trouve en culture. A suivre donc... En bas de la page précédente, deux photos de la plante trouvée cet automne.


Voici un genre que j'affectionne particulièrement au jardin mais qui reste encore aujourd'hui trop méconnu. Les Cynanchum sont des plantes vivaces, volubiles pour certaines, florifères, dont les couleurs sont très variées. En fait, j'aime la simplicité de ces plantes et leur culture facile en sous-bois. Elles se contenteront de toute bonne terre de jardin, drainée et fertile. Elles fleurissent au printemps ou en été et disparaissent en hiver. Étant des plantes assez simples dans la forme de leurs feuillages et de leurs fleurs, je trouve que l'on peut les associer avec toute autre plante d'ombre. Le genre compte tout de même environ 200 espèces réparties en Afrique, nord et sud de l'Amérique, Asie et Europe. Rien qu'en Chine, on compte 57 espèces. Le genre est présent en France (le genre Vincetoxicum aujourd'hui inclus dans Cynanchum). Le genre a été décrit par Linné en 1 753. Il n'est pourtant pas facile de trouver ces plantes pour nos jardins. Il m'a fallu des années, par exemple, pour enfin obtenir des semences de Cynanchum katoi. Et il en reste d'autres que je cherche toujours... Cynanchum grandifolium est une très belle plante érigée dont les tiges deviennent volubiles et s’enroulent autour d’un support quand elles en trouvent un. Ses feuilles sont parmi les plus grandes du genre, ovales à largement elliptiques, de 1 2 à 25 cm de long et de 1 0 à 1 5 cm de large. En fin de printemps, inflorescences axillaires et terminales de petits bouquets de fleurs pourpre très foncé apparaissant le long des tiges. Les fleurs font 8/1 0 mm de diamètre. Cette espèce est endémique du Japon où elle vit dans les montagnes de Honshu, Shikoku et Kyushu. Lors de notre voyage de 201 0, nous avons pu en voir une belle population en fleurs dans la région de Nikko. Il s'agissait de la var. nikoense, différant peu du type. Tout comme pour le sceau de Salomon vu précédemment, les plantes étaient en fleurs et donc sans fruits. Voilà donc sept ans que je souhaitais retourner dans cette zone en automne pour y trouver des graines. Nous avons, cette fois, retrouvé la même station et, bonne nouvelle, les plants portaient plein de fruits et, donc, de graines. Mission réussie ! Cette plante devrait donc s'ajouter à notre catalogue l'an prochain.


Mars 201 7, les toutes premières plantations ont dix ans. Dix ans à partir d'un pré à vaches où tout était à faire. A ce jour, 1 ,2ha sont plantés de près de 6.000 variétés de plantes issues de nos voyages botaniques en Asie, de l'horticulture japonaise avec de nombreuses plantes d'ombre. Il reste encore du travail. En parallèle, 1 00 arbres ont été plantés dans une autre parcelle, de plus de 2ha mais encore très envahie par les ronces... Voici quelques clichés choisis. Vous pouvez voir toutes les photos de l'année sur l'album Flickr (compte Cédric Basset).

Au mois de juin, sur le bas du jardin, les massifs d'ombre avec des hortensias du Japon, fougères, Leucosceptrum, rodgersias, persicaires, Epimedium, ophiopogons, sceaux de Salomon, astilbes, sous l'ombre d'un Carpinus laxiflora.


ci-dessus Ă gauche, beau contraste de feuillages entre Acer rufinerve 'Sunshine' et le Rubus flagelliflorus.

ci-dessus, feuillages de plantes d'ombre. Ci-dessous, hortensias du Japon sous un Acer cissifolium.


En avril, les Epimedium (ci-dessus) et vue dans la grande ombrière.


Ci-dessus, le sous-bois japonais dĂŠbut juin.


Ci-dessus, Leucosceptrum stellipilum 'October Moon'. Ci-dessous, Prunus serrula et Carpinus japonica.


Plantes d'ombre et hostas gĂŠants sous les cryptomĂŠrias du Japon.


Plantations sous forĂŞt de bambous et ouverture d'une nouvelle allĂŠe.


Au bout d'un an, le tunnel de pleine terre est devenu une vraie petite jungle.


Un deuxième tunnel de pleine terre a été monté cette année et planté cet automne.


Ci-dessus, Callicarpa kwangtungensis et fruits de clĂŠmatite. Le jardin est ouvert le mercredi et les autres jours sur RV. Ouvert le week-end hors saison des foires aux plantes. Visite libre. Renseignez-vous pour les conditions pour les groupes.


Une des premières choses qui frappent lors d'un premier voyage dans les villes japonaises, c'est le très large panel d'arbres utilisés, que ce soit en alignement, en isolé ou en haies taillées. En effet, les japonais n'hésitent pas à utiliser des essences que nous réservons ici pour nos jardins. J'ai toujours été étonné de ces haies de chênes persistants taillés au carré ou ces superbes alignements de cornouillers à fleurs ou d'arbres au caramel. J'ai sélectionné quelques clichés pris lors de plusieurs voyages.

Dans la ville de Kanazawa, une haie de Quercus phillyreoides, petit chêne à feuilles persistantes qui sont petites, arrondies, avec les bords fortement recourbés. Les jeunes feuilles sont fortement colorées de rouge brillant à la manière des photinias.


Toujours à Kanazawa, un immeuble qui laisse échapper un Quercus myrsinifolia, chêne à feuilles persistantes et coriaces qui restent bien vertes même pendant les grands froids.

A Matsumoto, des Cercidiphyllum japonicum, ou arbre au caramel, plantés en alignement. En automne, superbes couleurs et parfum de caramel en ville !


Cornus kousa, le cornouiller à fleurs, est souvent utilisé en isolé ou même en alignement, souvent sur tige. Au printemps, il déploie ses larges bractées blanches ou roses. En automne, il redevient curieux avec ses gros fruits rouges qui, une fois bien mûrs (c’est à dire mous) sont un délice ! En vieillissant, il prend une belle écorce se détachant par plaques irrégulières. Sa floraison illumine les lieux sombres des villes. Ici à Tokyo.


Cornus kousa plantĂŠs en alignement dans la rĂŠgion de Takayama.


Pinus bungeana, ou pin Napoléon, est un arbre rare dans nos jardins. On le voit souvent dans la région de Pékin en Chine où il est planté dans les temples ou les cours de la cité interdite. On appréciera surtout sa magnifique écorce pelant par plaques comme celle d’un platane. Sa croissance est lente et il faut des décennies pour obtenir un grand arbre. Il ne craint ni les grands froids et les fortes chaleurs. Ici, dans la petite ville de Obuse.


Ginkgo biloba, l’arbre aux 40 écus, est une plante que l’on ne présente plus. Mais il reste un incontournable des plantations en Chine et au Japon. Résistant à la pollution, il est maintenant souvent planté dans les villes européennes. C’est un arbre également très planté près des temples en Asie. Il se prête bien à la culture en bonsaï. Il peut devenir très imposant et est à réserver pour les grands jardins. Ici, à Tokyo en automne, où l'arbre est jaune en haut et encore tout vert sur le bas.


Les zelkovas sont des proches cousins des ormes à croissance très rapide et prenant de très belles couleurs d’automne. Ce sont des arbres parfaits si vous voulez avoir rapidement un bel arbre dans votre jardin. Ils ont aussi de magnifiques écorces. Zelkova serrata est un arbre pouvant dépasser les 20 m de haut mais restant souvent en­dessous dans nos jardins. Il devient tout de même imposant. Il a de très belles couleurs d’automne et un port large. Il donne de magnifiques sujets, même en ville comme ici à Tokyo.


Metasequoia glyptostroboides est un fossile vivant. C’est un grand conifère à

croissance rapide et dont le feuillage, caduc, vire au rouge-brun en automne. C’est une belle espèce qui rappelle le cyprès chauve et qui apprécie les sols frais voire humides. Il déteste le sec (aussi bien le sol que l’air). Il peut donc être planté dans des villes asiatiques bénéficiant d'un climat humide mais cela reste une erreur de l'installer dans nos villes européennes où l'air est trop chaud et sec en été. Ici, le plus beau sujet que j'ai sans doute vu en culture, dans la petite ville de Obuse, au pied des Alpes japonaises.


Voici une essence que l'on ne penserait pas voir en plantation dans une ville. La famille des Styracacées contient plusieurs genres d’arbustes ou petits arbres très florifères et très parfumés. Quel spectacle lorsqu’un Styrax est en fleurs ! Styrax obassia se distingue par son feuillage. Ses feuilles sont sans doute les plus grandes du genre (jusqu’à 20 cm) avec de grandes dents à l’apex. Il a une superbe écorce rouge­marron s’exfoliant. En juin, les inflorescences de 20 cm portent des fleurs blanches en clochettes pendantes très parfumées. Ici, dans la ville de Obuse.


Sciadopitys verticillata est un très joli pin japonais dont les aiguilles sont groupées au bout des rameaux à la manière des baleines d’un parapluie. Si il reste de nombreuses années de la taille d’un arbuste de forme conique, les vieux sujets peuvent finir par former de véritables arbres. Sa belle écorce brune s’exfolie par plaques. Ici dans la petite ville de Obuse.


ci-dessus, Sciadopitys verticillata dans Tokyo et ci-dessous, Acer palmatum.


Acer palmatum est l’emblématique érable du Japon, celui que l’on trouve dans tout jardin japonais digne de ce nom. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il peut former de véritables petits arbres. Ses petites feuilles profondément lobées et prenant de superbes teintes automnales en ont fait un incontournable des jardins. Mais il est également très planté dans les villes au Japon. C’est une plante qui se prête également très bien à la culture en pot. Ici dans la ville de Takayama.


Incontournables de la flore asiatique, les bambous trouvent également leur place dans les villes. Ils sont une composante essentielle des paysages et des jardins de Chine et du Japon. Ils peuvent être taillés en couvre­sol ou plantés en grands bosquets, comme ci­dessous, dans un quartier de Tokyo. Phyllostachys edulis est peut être plus connu sous le nom de P.pubescens. C’est un géant dépassant 10 m de haut. Ses chaumes ont un gros diamètre et sont variablement teintés. Son feuillage fin et étagé est très élégant. On trouve des variantes comme le superbe ‘Bicolor’ aux chaumes jaunes avec un large sillon vert (photo).


Cinnamomum camphora ­ le camphrier ­ forme de véritables arbres comme ici à Kyoto. Ses feuilles dégagent une agréable odeur quand on les froissent.

Ci-dessous, un beau prunier pleureur dans la ville de Kyoto.


est un arbuste que je trouve très gracieux. D’ailleurs, les chinois le plante beaucoup dans leurs jardins ou le long des avenues des grandes villes. Il est également parfois planté le long des avenues au Japon, comme ci-dessus dans une petite ville près de Takayama. Il peut rester un arbrisseau de 50 cm de haut environ mais de vieux sujets peuvent atteindre 2 m. Il a de petites feuilles arrondies et persistantes. La forme type a des fleurs blanches mais on trouve également des formes à fleurs roses à rouges très décoratives. Il fleurit longtemps. A planter au soleil ou à ombre très légère, en sol acide, humifère et bien drainé. Il est bien résistant au sec et aux maladies. Idéal également pour la culture en pot. Ci-contre, les japonais aiment tailler les arbres et on trouve en ville de nombreux pins et autres conifères avec des formes très variées... Loropetalum chinense


Voici un genre, Persea, que vous connaissez tous car vous en mangez peut être régulièrement. En effet, on compte dans ce genre l'avocat. Traditionnellement, ce genre, tropical, compte environ 50 espèces réparties principalement en Amérique. On trouve peu d'espèces en Asie, toutes poussant dans le sud-est du continent. Mais, depuis quelques années, un autre genre, Machilus, de la même famille, les Lauracées, a été inclus au sein de Persea. Et le genre Machilus, qui comptait environ 1 00 espèces, est exclusivement asiatique. On trouve les espèces essentiellement dans le sud et le sud-est de l'Asie dont 82 espèces en Chine. Le rassemblement de ces deux genres semblent faire consensus même si la flore de Chine traite toujours à part le genre Machilus. Certaines espèces de Persea (anciennement des Machilus) sont originaires de zones plus tempérées et peuvent trouver leur place dans nos jardins, à condition tout de même de ne pas être dans des régions trop froides. Parmi celles-ci, Persea thunbergii qui est un beau petit arbre au feuillage dense et à la superbe fructification. Cette espèce tient en extérieur sans problème dans des régions du sud et de l'ouest de la France. Ici, en Bourgogne, il fait sans doute trop froid mais la plante tient très bien plantée en tunnel non chauffé où il gèle tout les hivers. L'hiver dernier, la température est descendue à environ -8°C dans le tunnel et la plante n'a pas du tout souffert. J'ai pris la photo ci-contre à l'Arboretum de Chollipo en Corée du sud où la température peut descendre en-dessous de -1 0°C en hiver. Appelé aussi Machilus thunbergii, c'est un petit arbre à belles feuilles persistantes. Ses petites fleurs sont peu colorées mais la fructification d'automne est magnifique : des fruits bleu très foncé sur des pédoncules rouges. Une superbe plante parmi la plus résistante au froid du genre.


Cette espèce est originaire de Corée, du Japon, de Taiwan et de Chine dans les provinces de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shandong et Zhejiang, dans les forêts des pentes des montagnes ou des vallées, en-dessous de 800 m d'altitude

On le plantera au soleil non brûlant ou à mi-ombre, dans une bonne terre de jardin bien drainée, à l'abri des vents froids. Sa croissance n'est pas très rapide mais il se ramifie bien tout seul et ne nécessite pas de taille. Nous en avions collecté des graines en Corée du sud en 2011 et proposé quelques plants à notre catalogue quelques années plus tard. Notre pied-mère n'a pas encore donné de graines. La multiplication peut également se faire par bouturage. J'ai pu introduire du Japon deux nouvelles variétés inconnues chez nous. J'ai nommé la première " Haru no taiyō" qui signifie 'soleil de printemps'. Son feuillage est très lumineux. Ses feuilles sont jaune vif marquées de vert au centre. Les jeunes feuilles sont magnifiques, blanc brillant marquées de vert au centre. J'ai nommé la seconde " Madara" qui signifie 'moucheté'. Ses feuilles sont vert clair mouchetées de vert foncé.


Persea thunbergii illustrĂŠ dans Flora Sylvatica Koreana en 1939 sous le nom de Machilus thunbergii.


Les chênes à feuillage persistant très résistants au froid ne sont pas si nombreux. Ici dans notre froide Bourgogne, le plus résistant est Quercus myrsinifolia dont les feuilles ne grillent même pas par -1 8°C en plein vent du nord. Quercus glauca tient également bien même si il perd des feuilles à partir de -1 5°C si cette température dure plusieurs jours. Il y a aussi le plus petit Quercus phillyreoides. Mais on trouve des genres proches de chênes, de la même famille qui sont tout aussi résistants mais moins connus. Il y a le Lithocarpus edulis qui n'a pas bougé par -1 8°C et le Castanopsis cuspidata. Moins connu chez nous que le genre Quercus, les Castanopsis compte tout de même 1 20 espèces environ originaires d'Asie tropicale et subtropicale. La majorité des espèces ne sont donc pas assez résistantes au froid pour nos régions.


Castanopsis cuspidata est un arbre que l'on voit souvent au Japon, dans les régions

tempérées chaudes. Il est originaire des îles de Honshu, Shikoku et Kyushu et de Corée. Je le pensais donc moyennement rustique. J'ai eu l'occasion de recevoir des graines du Japon et de semer la variété sieboldii (voir plus loin dans le texte). J'en ai planté un jeune plant, au nord du jardin. En février 201 2, il ne faisait pas plus de 30 cm de haut et il n'a pas du tout souffert des trois semaines où le thermomètre à oscillé entre -1 0 et -1 8°C. Une bonne surprise donc. Castanopsis cuspidata est un arbre persistant à feuilles coriaces, ovales à

oblongues, de 5 à 1 0 cm de long et 2 à 3 cm de large, non dentées, glabres et vert foncé dessus. Mais le moment où cet arbre est le plus impressionnant est sa floraison. En effet, ses fleurs sont groupées en de très nombreux chatons pendants jaunes de 1 0 cm de long environ, en mai-juin. Ils sont si nombreux que l'arbre en devient tout jaune. Seul inconvénient, la floraison ne sent pas très bon. Une odeur ... comment dire...de sperme. Au Japon, au mois de mai et de juin, certaines forêts sont totalement jaunes. Les glands mesurent 8/1 0 mm de diamètre.

La var. sieboldii (photo ci-dessus au jardin botanique de Kyoto) a la même répartition géographique. Elle diffère du type par ses branches et ses feuilles plus épaisses et ses glands plus grands. J'ai pu collecter des graines à Kyoto l'an dernier et de jeunes plants sont en culture dans la pépinière.


L'an dernier, au jardin botanique de Kochi, dans le sud de l'île de Shikoku, nous avons pu voir la sous-espèce lutchuensis (ci-contre) qui semble aujourd'hui classé dans le genre Lithocarpus sous le nom de L.lutchuensis. A ce jour, les botanistes ont décrit une quinzaine de formes ou variétés mais peu semblent encore valides aujourd'hui. Ci-contre, Castanopsis cuspidata illustré dans la Flora Japonica de Siebold en 1826 sous le nom de Quercus cuspidata.

J'ai trouvé deux variétés au Japon. La première a des feuilles largement et irrégulièrement bordées de blanc-jaune. J'avais déjà vu une plante similaire à l'Arboretum Chollipo en Corée. Il s'agit de C.cuspidata ' Angyo Yellow' (ci-dessous)

La deuxième variété (ci-contre) a les feuilles mouchetées de blanc crème. Je l'ai nommée ' Frimas du Japon'. Les deux variétés rejoindront notre catalogue dans quelques saisons.


Savez-vous que le théier est un camélia ? Dans les jardins, on retrouve principalement les grosses fleurs du camélia du Japon. Il existe une large palette d’espèces dont la rusticité est très variable. Tous les camélias gardent leurs feuillages en hiver. Souvent classés dans les plantes de terre de bruyère, les camélias supportent en fait une gamme bien plus large de sols. Toutes bonnes terres de jardin conviendront hormis celles très sèches et trop lourdes. Camellia sinensis est le théier. Même si on ne va pas en faire une production, je

trouve que c'est amusant de pouvoir cultiver un théier dans son jardin. D'autant que c'est un arbuste très ornemental. C'est un arbrisseau qui ne dépassera guère 1 m de haut et qui déploie ses fleurs blanches en fin d'automne et début d'hiver. Ses fleurs ne sont pas les plus grosses du genre et on le dit peu rustique (z8). Cependant, mes plants ont déjà passé des hivers à -1 5°C sans problème. On l'évitera tout de même dans les régions très froides et on lui réservera un emplacement bien abrité des vents, à l'ombre ou mi-ombre, dans un sol bien humifère. Le théier fleurit donc à une période intéressante car en novembre-décembre, il n'y a pas beaucoup de fleurs dans nos jardins. Etant, de plus, de taille modeste et se prêtant bien à la taille si besoin, je trouve qu'une place près de la maison d'où on peut admirer sa floraison tout en restant au chaud est l'idéal. Mais il trouvera également sa place en sousbois, dans les massifs frais et ombragés d'arbustes ou de plantes vivaces, voire en rocaille d'ombre. On pourra aussi le placer au soleil mais uniquement dans les régions où celuici n'est pas trop brûlant en été. Son feuillage est d'un joli vert brillant et finement dentelé.


On trouve beaucoup d'informations sur la culture du thé sur Internet. On peut lire que le théier peut être cultivé en intérieur mais je le déconseille, ce n'est pas une plante « d'appartement ». On peut aussi lire qu'il lui faut le plein soleil, une bonne chaleur et une abondante irrigation toute l'année. Si cela correspond aux conditions de la culture du thé en Asie (pour un rendement maximum) mais on voit beaucoup de sujets naturalisés dans les sous-bois des montagnes. Et j'ai des plants en place depuis 1 5 ans en région lyonnaise qui ne correspond pas vraiment au climat de Darjeeling ! A l'état naturel* on le trouve dans les forêts et les fourrés. * Étant largement cultivé depuis des siècles, il est très difficile d'estimer la répartition naturelle du théier. Les plantes « sauvages » que l'on trouve au Japon sont des sujets naturalisés, échappés des cultures. Sa répartition actuelle se trouve en Chine (provinces de Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan, Yunnan et Zhejiang), à Taiwan, dans le sud-est du Tibet, au Japon, dans le nord-est de l'Inde, dans le sud de la Corée, au Laos, en Birmanie, en Thaïlande et au Vietnam. Des graines collectées sur des sujets en montagne au Japon ou en Chine donneront des plantes plus résistantes au froid que des graines collectées sur des plants au Vietnam. En Chine, on le trouve jusqu'à 2200 m d'altitude, soit un climat tempéré. Les japonais cultivent le théier comme arbrisseau d'ornement et ils ont sélectionné plusieurs variétés. La plupart sont introuvables hors du Japon et vous imaginez bien que je fais tout pour en introduire dans nos collections ! L'an dernier, dans une petite pépinière de la région de Nagoya, nous avons trouvé une variété à fleurs roses. Il pourrait s'agir de 'Benibana' (ou 'Rosea') mais il semblerait que cette variété ait les étamines roses contrairement à la notre (ci-contre).


Nous avons trouvé la variété ci-dessus dans la même pépinère. Ses jeunes feuilles sont fortement mouchetées de blanc puis elles sont vertes mouchetées de blancjaune. Ci-dessous, deux autres variétés, l'une avec des feuilles vertes marquées de vert-jaune au centre et une dont les feuilles sont variablement marginées de blanc à mouchetées de blanc.


J'aime beaucoup la famille des Araliacées pour son immense diveristé. On y trouve des plantes grimpantes (le lierre par exemple), des plantes herbacées vivaces (Aralia), des arbustes (Eleutherococcus, ex. Acanthopanax) et des arbres. Certaines espèces ont des floraisons spectaculaires. Mais la caractéristique principale de cette famille est sans doute l'extraordinaire polymorphie de ses feuilles. Il suffit de regarder différentes variétés de lierres, d'aralia ou de Tetrapanax pour s'en rendre compte. Sans parler des superbes Fatsia polycarpa, Brassaiopsis mitis et autres scheffleras... De plus, de nombreux genres, comme Brassaiopsis, ont des feuillages juvéniles et adultes différents. Quelle autre famille que celle-ci pour donner un air exotique au jardin ? Alors, bien sûr, comme toujours, nos amis bretons ou du sud de la France ont un choix plus vaste en variétés que nous autres, habitants des régions froides. Mais le choix reste tout de même encore intéressant. Je vous présente ici un arbre qui ne fait pas exception à la règle et dont le feuillage peut être très variable. Le genre Kalopanax ne contient qu'une seule espèce, c'est facile ! K.septemlobus originaire de l'Est de l'Asie. Cette espèce a d'abord été décrite en 1 784 dans le genre Acer, les érables. Il faut dire que certaines feuilles, prises seules, peuvent faire penser à un érable. En 1 925, il est décrit sous le nom de K.septemlobus. On le trouve aussi sous le nom de K.pictus (synonyme). Illustration dans Flora Sylvatica Koreana en 1927


Le plus grand sujet que j'ai pu voir, dans les Seoraksan en CorĂŠe du sud.


C'est un arbre, souvent de taille modeste dans nos jardins, mais qui peut atteindre 30 mètres dans son habitat naturel avec un tronc de 1 mètre de diamètre. Chez nous, il reste plusieurs années au stade arbustif puis de petit arbre, sur un tronc unique avant de commencer à ramifier. Il atteint environ 5 mètres en une dizaine d'années et une dizaine de mètres en 20 ans environ. Les branches et le tronc sont épineux puis le tronc perd ses épines en grossissant. Les rameaux sont gris. Les pétioles des feuilles peuvent atteindre jusqu'à 50 cm de long. Les feuilles font entre 1 0 et 35 cm de large, sont caduques, avec 5 à 7 lobes d'une profondeur très variable. L'arbre peut mettre plusieurs années à fleurir. Les fleurs, blanches ou Sur l'île de Jeju en Corée du sud

vert-jaunâtre, mellifères, apparaissent généralement en fin d'été, sur des inflorescences de 20/30 cm en tous sens. Les fruits sont bleu-noir à maturité. On le plantera aussi bien au soleil qu'à mi-ombre ou ombre. Il est résistant aux plus grands froids. On choisira un sol correctement drainé. L'espèce est originaire du Japon, de Corée, de l'Est de la Russie et de Chine dans les provinces de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Liaoning, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan, Yunnan et Zhejiang. Elle pousse en forêts jusqu'à 2500 m d'altitude. Sa répartition est donc assez vaste et peut expliquer la grande variation de son feuillage. J'ai pu voir cette espèce dans différentes régions du Japon, de Chine et de Corée.


Diversité des feuillages au sein de l'espèce. De haut en bas et gauche à droite : au Japon à Kyoto; au Japon sur l'île de Shikoku dans la région de Omogo; au Japon près de Matsumoto; au Japon au lac Yunoko; en Chine sur le mont Emei; en Chine dans la vallée de Wolong (Sichuan)

En Asie, l'espèce est utilisée pour son bois, en médecine et comme arbre d'ornement. Il existe une longue confusion entre cette espèce et l' Acer pictum. En effet, le Kalopanax a été décrit sous ce nom d'érable, ce qui est faux mais l'espèce Acer pictum existe vraiment. Le Kalopanax a aussi été nommé Acer septemlobus à une époque. Le botaniste Nakai, en 1 927, considère la description de Acer pictum valide et propose donc le nom de Kalopanax pictus pour la plante qui nous intéresse ici.


Illustration dans Flora Sylvatica Koreana en 1927

Mais ce nom n'est pas considéré comme valide par les botanistes et le nom de K.septemlobus est antérieur, donc prioritaire. On retient donc ce nom actuellement. Etant très variable, de nombreuses variétés (ou formes voire sous-espèces) ont été décrites en fonction de la forme des feuilles, de leur pubescence et de leur texture. On retiendra : f. maximowiczii aux feuilles profondément découpées. On la trouve en Chine, en Corée et au Japon sur Hokkaido et Honshu. La var. magnificus est synonyme. Synonymes : Acanthopanax ricinifolius var. maximowiczii; Acanthopanax septemlobus var. magnificus; Acanthopanax septemlobus var. maximowiczii; Aralia maximowiczii; Kalopanax pictus var. magnificus; K.pictus f. maximowiczii; K.pictus var. maximowiczii; K.ricinifolius var. magnificus; K.ricinifolius var. maximowiczii; K.septemlobus var.magnificus; K.septemlobus f. maximowiczii; K.septemlobus var. maximowiczii. La sous-espèce lutchuensis est endémique du Japon (Ryukyus: Okinawa, Kume, Ishigaki, Iriomo). Ses feuilles comportent généralement 5 lobes (parfois 3) non profonds, sont épaisses et lustrées dessus. Ci-contre, les feuilles de la forme maximowiczii. La liste des synonymes de K.septemlobus est longue. Comme souvent avec des plantes très variables où les botanistes ont, au fil du temps, décrit des spécimens différents sous différents noms. Acer septemlobum ; Acanthopanax ricinifolius; A.septemlobus; Acer pictum;


Kalopanax pictus; K.ricinifolius; K.ricinifolius var. chinensis; K.autumnalis; Panax ricinifolius.

Il existe quelques cultivars au Japon. Ils restent très difficiles à trouver et peuvent être coûteux. Je ne sais pas combien de variétés ont obtenu les japonais. Mais après plusieurs années de recherches intenses, j'ai pu en introduire trois dans nos collections. ' Akebono' est une superbe variété aux feuilles blanches avec les nervures marquées de vert. Puis le blanc s'estompe et les feuilles adultes sont vertes marquées parfois d'un peu de blanc sur les bords. A cultiver absolument en situation ombragée (photos ci-dessus). ' Hoseki' (ci-contre) a les feuilles variablement mouchetées de blanc. Je l'ai nommée 'Hoseki' qui signifie 'bijou' en japonais. ' Hanabi' (photo du bas) a de grandes feuilles profondément lobées largement marginées de blanc. Je l'ai nommée 'Hanabi' qui signifie 'feu d'artifice' en japonais.


Voici encore un genre très connu et pourtanta méconnu ! Le houx est connu de tous, au fond du jardin, où nous allons cueillir les fruits pour les fêtes de fin d’année. Mais peu de personnes ne soupçonnent l’immense diversité des feuillages que l’on trouve dans ce genre. Il est possible de garder les petites boules rouges pour noël tout en ayant un houx qui ne pique pas. Attention car il faut souvent planter un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des fruits. A mon avis, Ilex fait partie des genres les moins bien représentés dans nos jardins par rapport au nombre d'espèces. Même pour les climats froids, il en existe des espèces aux superbes feuillages, persistants ou caducs, des espèces aux floraisons colorées, des espèces caduques aux vives couleurs automnales et, bien sûr, des espèces à la généreuse fructification colorée. Le genre compte plus de 300 espèces réparties dans les régions tempérées mais aussi en Amérique tropicale et subtropicale. Ilex serrata fait partie des espèces à feuillage caduc. Ses feuilles ne sont pas

épineuses. Il reste largement méconnu du grand public. Il est endémique du Japon, sur les îles de Honshu, Shikoku et Kyushu, dans les lieux frais en montagne. Il y est assez commun. C'est un arbuste ramifié, atteignant environ 1 à 1 ,5 m de haut, parfois un peu plus. Ses feuilles sont oblongues à elliptiques, de 4/8 cm de long et 2,5 cm de large environ, finement dentées. Elles prennent de belles couleurs rouge-orangé à l'automne. Ses fleurs sont roses à blanches, de 3,5 mm environ, en juin. En automne, les fruits rouges sont bien visibles lorsque les feuilles sont tombées. Ils font environ 5 mm de long. Ils peuvent persister longtemps en hiver. Il donne de très beaux bonsaïs. Il a été introduit aux EtatsUnis en 1 866 et au Royaume-Uni en 1 893 à Kew Gardens.


Il est très résistant au froid. On le cultivera à l'ombre ou à mi-ombre, dans toute bonne terre pas trop sèche. Synonymes : I.serrata var. sieboldii ; I.sieboldii ; I.serrata f. subtilis ; I.serrata var. subtilis ; I.nemotoi. La var. argutidens a des rameaux et des feuilles glabres (contrairement à la variété type). synonyme : I.argutidens. Tous les botanistes ne reconnaissent pas cette variété et certains la place en synonymie du type. Il en existe de nombreux cultivars, particulièrement au Japon où la plupart ne sont pas introduits en occident. Parmi les plus connus : ' Xanthocarpa' à des fruits jaunes (synonymes : I.serrata var. xanthocarpa ; I.serrata f. xanthocarpa). ' Leucocarpa' a des fruits blancs (synonymes : I.serrata f. leucocarpa) ' Gemperi' a les fruits rouges striés de blanc-jaune. ' Koshobai' correspondrait à la description de I.serrata var. subtilis. Ses feuilles sont étroites, ses fruits sont petits (2 mm). Il est très utilisé en bonsaï. ' Rakusogu' a des fruits bicolores, rouges et blancjaunâtre. ' Shirosango' peut se trouver en occident sous le nom de 'White Coral'. ' Sundrops', magré son nom, est issu d'une plante cultivée à Angyo dans la préfecture de Seitami au Japon. Ses feuilles sont très pubescentes, ses fruits sont jaune-vert, de 6 mm de diamètre, son port est dense et étalé. Tous ces cultivars sont très difficiles -voire impossibles- à trouver chez nous. Cette année, j'ai pu en introduire deux du Japon : ' Akebono' dont les jeunes feuilles sont blanches puis vert clair. Une plante très lumineuse à l'ombre (ci-dessous à droite). ' Raito' est un nom que j'ai donné à cette plante reçue sans nom, dont les feuilles sont largement maculées de jaune (ci-dessous à gauche). Raito signifie 'lumière' en japonais.


Bon, les puristes vont hurler en lisant le titre de cet article. En effet, beaucoup de botanistes considèrent que le genre Mahonia n'existe plus et doit être inclus dans les Berberis. Ce n'est pas extravagant car, quand on regarde une fleur de mahonia, on dirait une fleur de Berberis. Et la classification botanique s'est toujours faite sur la morphologie des fleurs et non sur celle des feuilles. Je suis contre la séparation du genre Sorbus par rapport à la forme de la feuille (les sorbiers à feuilles composées dans Sorbus et ceux à feuilles simples de le genre Aria). Alors pourquoi créer deux genres (Berberis pour les feuilles simples et Mahonia pour les feuilles composées)... Mais pour plus de simplicité, je garde ici le nom de Mahonia pour bien savoir de quoi on va parler ! Le genre Mahonia (synonyme Odostemon) a été décrit en 1 81 8. On en compte environ 60 espèces réparties dans l'Est de l'Asie, Amérique du nord, Amérique centrale et ouest de l'Amérique du sud. Plus de la moitié des espèces sont présentes en Chine. Les mahonias se distinguent nettement des Berberis par leurs feuillages et leurs ports plus raides. On peut trouver dans le commerce de superbes espèces aux allures de plantes « exotiques ». Les floraisons en longues grappes sont également très décoratives. De plus, leurs feuilles restent toute l’année sur la plante. Il est dommage que l’on trouve surtout dans le commerce le Mahonia aquifolium qui est très sensible à l’oïdium. Plusieurs espèces et variétés fleurissent en hiver, ce qui constitue une petite note joyeuse dans les régions aux hivers un peu trop longs... Notre collection s'étoffe un peu plus chaque année en espèces, variétés horticoles et hybrides. Je vous les présentent ici.

Mahonia bealei illustré dans la revue horticole en 1857


Mahonia oiwakensis est sans

doute le plus graphique. On le connaît aussi sous le nom de M.lomariifolia. Cette espèce, décrite en 1 91 6, est souvent considérée comme endémique de Taiwan. Cependant, la flore de Chine la signale également en Chine continentale dans les provinces du Guizhou, Sichuan et Yunnan. Elle est également présente à Hong Kong mais y est sans doute introduite. Sa présence est également signalée au Tibet. Personnellement, je ne l'ai observée qu'à Taiwan. Elle vit dans les forêts, les fourrés, au bord des forêts et sur les pentes des montagnes entre 600 et 3800 m d'altitude. Mahonia oiwakensis fait donc partie des espèces ayant une distribution disjointe entre Taiwan et le centre et sud-ouest de la Chine. Outre le nom de M.lomariifolia, cette espèce a de nombreux synonymes : Berberis caelicolor ; B.discolorifolia; B.lomariifolia; B.lomariifolia var. estylis; B.oiwakensis; Mahonia alexandri; M.caelicolor; M.discolorifolia; M.hainanensis; M.lomariifolia var. estylis; M.morrisonensis.

Dans son milieu naturel, on en connaît des plants de 7 m de haut ! Imaginez un peu ! Dans nos jardins, il reste plus modeste, le notre atteignant un peu plus de 2 m de haut en 1 0 ans. Ses feuilles peuvent dépasser les 40 cm de long et comptent jusqu'à 20 paires de folioles. Son port est très droit. Il fleurit en automne et reste en fleurs une partie de l'hiver ici. Ses inflorescences peuvent atteindre 25 cm de long. Les fleurs sont suivies de baies bleu-noir. Sa culture ne pose pas de difficulté et il passe les hivers froids en Bourgogne sans problème. Terre bien drainée à mi-ombre. Les photos de la page précédente sont faites dans notre jardin. Ci-dessous à gauche et page suivante, la plante dans son milieu naturel à Taiwan, dans les montagnes de Alishan au début du mois de décembre.


fait partie des plus communs dans nos jardins. J'aime particulièrement sa longue floraison en automne et en plein cœur de l'hiver. Cidessous, une photo prise en hiver dans notre jardin. Cette espèce a été décrite en 1 854. Elle est originaire de Chine dans les provinces de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan et Zhejiang, dans les forêts, au bord des forêts, sur les pentes des montagnes, au bord des rivières et des routes et dans les fourrés entre 500 et 2000 m d'altitude. Cette espèce est largement cultivée en Europe, au Japon, et en Amérique du nord. Il est d'ailleurs naturalisé dans le sud-est des Etats-Unis. Il a plusieurs synonymes : Berberis bealei; B.bealei var. planifolia; Mahonia bealei var. planifolia; M.japonica var. bealei; M.japonica var. planifolia C'est un arbuste ramifié pouvant atteindre environ 2 mètres de haut dans nos jardins mais il peut atteindre 4 m dans son milieu naturel. Il en existerait même des plants de 8 mètres ! Ses feuilles peuvent atteindre 50 cm de long et comptent 4 à 1 0 paires de folioles. Ses inflorescences peuvent atteindre 25 cm de long. Les fleurs s'ouvrent en octobre et restent une bonne partie de l'hiver. Dans son milieu naturel, il peut fleurir de septembre à juin ! C'est une plante robuste pour tous les jardins, même dans les régions froides. Mahonia bealei


Je suis toujours étonné que Mahonia gracilipes reste aussi peu connu. C'est pourtant un peu la ‘Rolls‘ des mahonias. Un de mes préférés. Il n’existe pas assez d’adjectifs pour qualifier cette espèce. Tout est superbe chez lui : ses feuilles composées couvertes d’une pruine blanche au revers et d’une couleur bleu-vert dessus ; ses fleurs, d’une couleur inhabituelle, sont rouges avec le cœur jaune. Une merveille ! De plus, ses jeunes feuilles sont fortement teintées de rouge. Les fleurs sont suivies de fruits recouverts d’une pruine bleue. Ses feuilles peuvent atteindre 40 cm de long et comptent 2 ou 3 paires de folioles. Ses fleurs s'ouvrent au mois de septembre. Une époque intéressante car c'est un mois où il n'y a pas beaucoup d'arbustes en fleurs. A planter au soleil ou à mi-ombre, dans un sol frais et bien drainé, à l’abri des vents froids, croissance lente. Cette espèce a montré une résistance au froid supérieure à celle que l’on pouvait espérer. Mes plants ont tout de même soufferts après trois semaines à -1 6°C. Mais c'était un froid


exceptionnellement long. Il reste de taille modeste et atteint environ 1 mètre de haut -voire un peu moins- en 1 0 ans. Il a été décrit en 1 901 . Il est endémique du sud-ouest de la Chine et il a une petite aire de répartition dans les provinces du Sichuan et nord-est Yunnan où il pousse dans les forêts et sur les pentes ombragées entre 700 et 2400 m d'altitude. Il a plusieurs synonymes : Berberis gracilipes; B.subtriplinervis; Mahonia gracilipes var. rhombica; M.subtriplinervis est une espèce bien reconnaissable par ses feuilles composées de folioles très étroites. C’est un arbuste de taille moyenne, qui atteindra environ 1 m de haut. Il est donc bien adapté aux petits jardins, patios, cours, rocailles.... Ses fleurs jaunes apparaissent en bouquets parfumés au printemps. Culture facile au soleil ou à mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin, résiste au sec. Ses feuilles peuvent atteindre 30 cm de long et comptent 2 à 5 paires de folioles. Il fleurit en fin de printemps ou début d'été. Il est originaire de Chine dans les provinces de Chongqing, Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangxi, Sichuan et Zhejiang ainsi que de Taiwan. Il pousse dans les forêts, les fourrés, au bord des routes, le long des rivières et au bord des champs cultivés entre 300 et 2000 m d'altitude. Il est largement cultivé en Chine mais également au Japon, en Indonésie et aux Etats-Unis. En 1 998, l'association du CCVS organisa une expédition botanique en Chine. Parmi les plantes ramenées se trouvait un mahonia. Il fut alors nommé M.ganpinensis. J'ai alors obtenu un plant. J'ai rapidement pu constater qu'il ne s'agissait pas de la bonne espèce et sa première floraison ma permis de déterminer qu'il s'agissait de M.fortunei mais d'une forme particulièrement belle aux feuilles d'un vert très brillant (au lieu de mat) et ondulées. Les deux photos en haut de la page suivante permettent de comparer la forme 'classique' et celle de l'expédition Ginkgo'98. Il a quelques synonymes : Berberis fortunei; B.fortunei var. szechuanica; Mahonia fortunei var. szechuanica Mahonia fortunei


Les mahonias ont tendance à s'hybrider facilement. Dans notre jardin, M.gracilipes est planté non loin de M.fortunei. En semant des graines de notre M.gracilipes, qui jusque là c'était montré fidèle, un plant est sorti très différent. Je l'ai gardé et il s'est avéré qu'il s'agissait d'un hybride entre les deux espèces. Mahonia 'Les Avettes' (gracilipes x fortunei) a pris un peu des deux parents. On retrouve le feuillage fin et allongé de M.fortunei mais en plus large, vert clair à blanc dessous. Les jeunes feuilles sont fortement marquées de rouge comme sur M.gracilipes. La floraison est un mélange des deux, superbe et originale. Les grappes sont composées de fleurs roses à coeur jaune, denses comme sur M.fortunei, au mois de septembre. Il donne un arbuste de 1 m de haut environ. A cultiver à mi-ombre dans toute bonne terre de jardin. A tenu ici à -1 8°C. (photo ci-dessous)


ci-dessus, Mahonia 'Les Avettes' Mahonia japonica,

malgré son nom, n'est pas originaire du Japon mais, à priori, de Taiwan. Il est introduit depuis fort longtemps au Japon et a été décrit, en 1 821 , à partir de plants trouvés au Japon, d'où son nom. Il n'y a donc pas de mahonias naturellement originaires du Japon. Dans son milieu naturel, à Taiwan, il pousse dans les forêts et les fourrés entre 800 et 3400 m d'altitude. Il est très cultivé au Japon, jusque dans les espaces verts. Il est d'ailleurs naturalisé et nous avons pu en voir des populations en pleine nature. Il est à noter que la majorité des plantes vendues sous ce nom en Europe n'en sont pas. Il demeure donc rare dans nos jardins. C'est un arbuste de 1 m de haut environ. Ses feuilles mesurent entre 1 5 et 30 cm de long et comptent 4 à 6 paires de folioles. Il fleurit en hiver, à partir du mois de décembre mais parfois seulement à partir de février dans nos jardins. Ses inflorescences mesurent 5 à 1 0 cm de long. Il a plusieurs synonymes : Ilex japonica; Berberis japonica; B.japonica var. gracillima; B.tikushiensis; Mahonia japonica var. gracillima; M.tikushiensis


ci-dessus et en haut à droite, M.japonica dans les forêts de Honshu. ci-contre à droite, sur l'île de Shikoku. ci-dessous, dans un massif dans une ville au Japon


est une variété tout à fait originale et remarquable par son feuillage doré. Un must en situation ombragée. (photo ci-dessous à gauche) ' Hakutora' est une variété panachée que j'ai trouvée et introduite du Japon. Le nom que je lui ai donné fait référence à son feuillage tigré. Les mahonias panachés sont très rares. (photo ci-dessous à droite) Mahonia japonica 'Gold Dust'

est une très belle plante. J’aime beaucoup ses feuilles de taille moyenne et vert très brillant et surtout ses fleurs rouge-orangé en boutons s’ouvrant jaune-orangé. Une couleur rare chez les mahonias. De croissance lente, il forme un petit arbuste de 1 m environ. Ses fleurs apparaissent en été jusqu’en début d’automne sur des inflorescences de 1 0 à 1 5 cm de long. Ses feuilles sont souvent colorées en hiver. Elles sont de taille variable et peuvent mesurer entre 1 5 et 45 cm et comptent 5 à 8 paires de folioles. A planter à mi-ombre, à l’abri des vents froids, en toute bonne terre de jardin, tolère le sec si non exposé au soleil. z6 On trouve depuis peu dans le commerce un cultivar nommé ‘Cabaret’. Franchement, je ne vois pas la différence avec l’espèce type et il s’agit encore sans doute d’un nom n’apportant rien de plus si ce n’est l’aspect commercial. Mahonia nitens

Mahonia nitens a été décrit en 1 91 3. Il est endémique de Chine dans les provinces

du Guizhou et du Sichuan, dans les forêts et les fourrés, au bord des rivières, sur les pentes des montagnes, entre 600 et 2000 m d'altitude. Nous le cultivons avec succès depuis plus de 1 0 ans en sol bien drainé, à mi-ombre. Synonymes : Berberis nitens; B.schochii; Mahonia schochii


M.nitens

Une introduction toute récente dans nos collection, Mahonia nitens x gracilipes. Ses caractères sont intermédiaires entre les deux espèces.

est une espèce à grandes feuilles qui peuvent atteindre 50 cm de long. Elles sont vert brillant et composées de 8 à 1 3 paires de folioles. Ses jeunes feuilles sont très rouges. Dans son milieu naturel il peut atteindre 4 mètres de haut. Dans nos jardins, il fera environ 2 m. Il fleurit en fin de printemps. Ses inflorescences mesurent de 1 0 à 25 cm de long et portent des fleurs jaunes. Je trouve que c'est une très belle espèce qui mériterait d'être plus plantée dans nos jardin. Elle a été décrite en 1 908 et est endémique de Chine dans les provinces de Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hunan, Jiangxi, Sichuan et Zhejiang. dans et au bord des forêts, dans les fourrés, au bord des rivières, entre 1 00 et 1 800 m d'altitude. Mahonia bodinieri


Ce mahonia a plusieurs synonymes :

Berberis bodinieri; B.elegans; B.japonica var. trifurca; B.leveilleana; B.trifurca; Mahonia elegans; M.japonica var. trifurca; M. leveilleana.

Ci-contre, la plante au printemps avec ses nouvelles feuilles.

Mahonia confusa me

pose un problème de taxonomie. En effet, la flore de Chine le met aujourd'hui en synonymie de M.eurybracteata (voir espèce suivante). Pourtant les deux plantes sont tout à fait différentes. Si M.eurybracteata a des feuilles composées de folioles très étroites, M.confusa a des folioles beaucoup plus larges et joliment bleutées quand elles sont jeunes. Mahonia confusa est un arbuste de 1 à 1 .5 m de haut environ. Il a de longues et élégantes feuilles composées, vert-bleuté. Ses fleurs, jaunes, apparaissent en automne-début d'hiver.


M.confusa dans notre jardin

fait partie des mahonias au feuillage très fin donnant à la plante une légèreté peu courante dans ce genre. C'est un petit arbuste allant de 50 cm à 1 m environ dans nos jardins mais pouvant atteindre 2 à 4 mètres dans son milieu naturel. Ses feuilles mesurent de 20 à 45 cm de long et sont composées de 5 à 9 paires de folioles linéaires à étroitement ovales, gris-vert. Il fleurit en été ou début d'automne, ses inflorescences font de 5 à 1 0 cm de long et portent des fleurs jaunes parfumées. C'est un mahonia à cultiver à l'ombre et il ne craint pas l'ombre profonde. Il a été décrit en 1 901 et est endémique de Chine dans les provinces de Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan et Sichuan dans et au bord des forêts, dans les fourrés, sur les pentes des montagnes, entre 300 et 2000 m d'altitude. Il a plusieurs synonymes : Mahonia eurybracteata

Berberis berberidifolia; B.confusa; B.eurybracteata; Mahonia berberidifolia; M.confusa (d'après la flore de Chine); M.ganpinensis var. confusa; M.zemanii.

Cet élégant mahonia se montre par contre moins résistant au froid que les précédents. Il tient sans problème jusqu'à environ -1 2°C mais il faut être prudent dans les régions très froides. Bien évidemment, sa rusticité dépend aussi de la nature du sol et de son drainage ainsi que de l'exposition où il sera planté. Dans les régions froides, il devra être planté à l'abri des vents froids. Ces dernières années, les jardineries et les stands des foires aux plantes ont été envahis d'un cultivar nommé 'Soft Carress' au feuillage très fin. Issu de l'horticulture industrielle, beaucoup en ont revendu sans toujours préciser sa rusticité limitée.


' Nara Hiri' est une variété japonaise arrivée récemment dans les jardineries. Elle aurait un port plus compact et plus large que haut mais peu de sites la proposant ne donne une description claire par rapport au type. Comme la précédente, elle est vendue avec une rusticité de -1 8°C mais là aussi je suis sceptique. J'en ai installé un plant ce printemps dans nos collections pour observation. (ci-dessous à gauche) ' Soleil Levant' est une plante que j'ai trouvée au Japon et que j'ai nommée. Son feuillage a de superbes couleurs, vert marqué de rouge et, surtout, ses jeunes feuilles sont dorées. (ci-dessous à droite). J'en avais également trouvé une variété panachée de jaune dans une pépinière mais hors de prix....


La sous-espèce ganpinensis se distingue par sa taille plus petite, de 50 cm de haut en moyenne mais pouvant atteindre jusqu'à 2 mètres dans son milieu naturel. Ses feuilles mesurent de 20 à 35 cm de long et comptent 5 à 7 paires de folioles plus larges (1 ,5 cm de large ou plus). Elle a tenu à -1 8°C ici. Elle est endémique de Chine dans les provinces de Guizhou, Hubei et Sichuan dans et au bord des forêts, le long des rivières, entre 200 et 1 200 m d'altitude. Plusieurs synonymes : Berberis ganpinensis; B.confusa var. bournei; Mahonia confusa var. bournei; M.ganpinensis. Ci-dessous, la plante dans notre jardin.

J'ai planté cette année un nouvel hybride, M.eurybracteata x nitens. La plante a des feuilles composées de folioles assez larges, vert brillant et très rouges quand elles sont jeunes. Fleurs jaunes teintées de orange en automne. La plante a été trouvée dans un jardin anglais (ci-dessous dans notre jardin).


est une espèce tout à fait impressionnante par ses feuilles pouvant atteindre 70 cm de long ! Elle sont composées de 4 à 9 paires de grandes folioles. J'ai pu voir cette espèce pour la première fois il y a plus de 1 5 ans à l'institut botanique de Kunming dans le Yunnan en Chine. Son port est dressé et raide et ses très longues feuilles lui donnent un port particulier, presque 'exotique'. Je l'ai introduite en octobre 2007 dans nos collections. Elle est originaire de Chine dans les provinces de Guangxi, Sichuan et Yunnan, de Birmanie, de l'Inde et de Thaïlande. Elle pousse dans les forêts, les fourrés, au bord des routes, sur les pentes sèches, à l'ombre légère, entre 1 800 et 2700 m d'altitude. Cette espèce est donnée comme moyennement résistante au froid. Mahonia duclouxiana

Le plant que nous cultivons est issu d'une collecte à un peu plus de 2000 m d'altitude dans le Yunnan. Notre plante est sans doute du coup moins frileuse que les plants poussant en Thaïlande même si elle pousse dans les montagnes. Je l'ai donc longtemps gardée en pot sous tunnel avant de l'installer en pleine terre. A ce jour, aucune feuille n'a été abîmée par -1 2°C, ce qui est bon signe en attendant un test par des températures plus basses. Notre plante fait maintenant près de 3 mètres de haut mais n'a encore jamais fleurit !

Photo tout en haut : à l'institut botanique de Kunming. Les deux photos verticales cidessus, la plante dans notre jardin. Ci-dessus à gauche, ses très longues inflorescences (photo de Far Reaches Farm).


M.duclouxiana peut atteindre 4 mètres de haut. Ses inflorescences peuvent atteindre

30 cm de long et apparaissent entre novembre et avril. Son écorce est épaisse et fissurée, un peu comme celle d'un chêne-liège. L'espèce a été décrite en 1 908. Elle a plusieurs synonymes : Berberis borealis var. parryi; B.dolichostylis; B.duclouxiana; B.duclouxiana var. hilaica; B.flavida; B.flavida var. integrifoliola; B.keikoe; B.siamensis; B.tsailunii; Mahonia borealis var. parryi; M.dolichostylis; M.duclouxiana var. hilaica; M.flavida; M.flavida f. integrifoliola; M.mairei; M. siamensis. En culture en France, on peut voir de beaux spécimens dans les jardins du sud, souvent étiquetés M.siamensis. (photos ci-dessous)

Cette année j'ai trouvé aux Etats-Unis un hybride M.duclouxiana x japonica (photo ci-contre). Il a été obtenu à Bloedel Reserve et diffusé par son directeur horticole Andy Navage. La plante demandera quelques années d'observation pour en dresser un portrait plus complet. reste lui aussi peu courant dans nos jardins. C'est pourtant une espèce intéressante par son feuillage vert-gris et ses longues inflorescences. On la trouve plus souvent sous le nom de M.fargesii (synonyme). Espèce décrite en 1 91 3 et endémique de Chine des provinces de Hubei et Sichuan dans les forêts, les forêts de bambous, les fourrés, le long des voies ferrées, sur les pentes, entre 1 200 et 2600 m d'altitude. Mahonia sheridaniana


Dans son milieu naturel, il peut atteindre 3 mètres de haut mais restera plutôt endessous des 2 mètres dans nos jardins. Ses feuilles peuvent atteindre 35 cm de long et comptent 4 à 9 paires de folioles. Ses fleurs apparaissent en mars-avril selon la flore de Chine mais en octobre-novembre dans nos jardins... Ses inflorescences peuvent atteindre les 20 cm de long et sont jaunes. Il a quelques synonymes : Berberis fargesii; B.huiliensis; B.sheridaniana; Mahonia fargesii; M.huiliensis. Encore rare dans nos jardins, c'est une espèce à découvrir. Ci-dessous, la plante dans notre jardin. La photo photo ci-dessous à droite est de Tony Avent.


est une rareté décrite seulement en 1 961 . Elle est originaire de Manipur, dans le nord-est de l'Inde. Elle a été découverte par Kingdon Ward. C'est un bel arbuste ramifié aux longues feuilles. Ses longues inflorescences jaunes sont parfumées, au printemps. Nous avons introduit cette espèce cette année dans nos collections. Elle est issue d'une collecte sur les hauts sommets de Mizoram (État de l'Inde du nord-est). Sa résistance au froid est encore mal connue (photo ci-dessous). Mahonia magnifica

est un hybride entre M.eurybracteata et gracilipes introduit en 1 980 du Sichuan en Chine par Roy Lancaster. C'est un arbuste de 1 mètre de haut environ, ramifié, aux feuilles composées de folioles assez étroites. Ses fleurs, en automne, sont jaunes variablement teintées de rouge. Culture au soleil ou à l'ombre. Il a tenu sans problème à -1 8°C ici. Mahonia x savilliana


Mahonia sp. "Yunnan"

est issu d'une collecte dans le Yunnan en Chine. Je n'ai jamais réussit pour l'instant à déterminer de quelle espèce il s'agit et plusieurs spécialistes du genre n'ont pas réussit non plus. Olivier Colin me disait que la plante lui fait penser à ce qui pourrait être une forme très particulière de M.nitens mais cette espèce n'est pas présente dans le Yunnan. Elle a de grandes feuilles brillantes composées de très larges folioles arrondies. Ses longues inflorescences apparaissent en automne. Les boutons sont orangés puis les fleurs sont jaunes. Elle fleurit, de plus, en automne. Culture à l'ombre ou au soleil dans toute terre de jardin. Rustique à -1 6°C. (ci-dessous)

est un superbe hybride entre M.japonica et duclouxiana. M.japonica apporte une meilleure rusticité que M.duclouxiana ainsi que son parfum. M.duclouxiana apporte ses longues feuilles pendantes aux folioles espacées (jusqu'à 60 cm de long). Les feuilles prennent une teinte rouge en hiver. Floraison hivernale en longues inflorescences jaunes délicatement parfumées. Elles sont suivies de baies pourpres à noires. L'arbuste atteint 1 .5 à 2.5 m en tous sens. Culture facile en situation ombragée dans toute terre de jardin, supporte le sec. Il est étonnant que cette superbe plante ne soit pas plus souvent proposée. Mahonia x lindsayae 'Cantab'


ci-dessus, Mahonia x lindsayae 'Cantab'. crĂŠdit photos : JCRaulston Arboretum


Nous venons de voir des espèces asiatiques et leurs hybrides. Mais on trouve aux Etats-Unis et au Mexique d'autres très belles espèces tout à fait différentes. est un petit arbuste mexicain pouvant tout de même atteindre les 2 mètres de haut. Ses feuilles sont relativement courtes, composées de folioles vert brillant sur des pétioles et un rachis rouges. Le feuillage est assez compact. En fin d'hiver-début de printemps, inflorescences parfumées de fleurs jaunes sur des pédoncules rouges. A planter au soleil ou à mi-ombre. Il semble avoir une bonne rusticité mais je ne peux pas encore vous donner une température exacte, la plante n'ayant été introduite dans nos collections que cette année. Crédit photo (ci-dessus) : Nick Macer. Mahonia gracilis

est cultivé ici depuis 1 0 ans (photo ci-dessous). Je l'avais reçu sous M.lanceolata, une autre espèce et il semble que la confusion entre ces deux espèces soit courante en culture. Longtemps gardé en pot par peur du froid, je me suis décidé à le mettre en pleine terre il y a trois ans. Le pauvre commençait à ne plus aimer être dans son pot. Il n'a pas du tout souffert l'hiver dernier par -1 2°C, ce Mahonia pallida


qui est un premier test encourageant. Il a fait sa première floraison en mai 201 6, comme pour me remercier de l'avoir délivré de son conteneur. Et il a donné des graines dans la foulée. Sa floraison était vraiment spectaculaire par la longueur et la légèreté de ses inflorescences, très différentes de celles des espèces asiatiques. Il est donné pour faire environ 1 ,5 m de haut en culture mais le mien fait presque déjà 2,5 m. Ses fleurs sont blanches et jaune pâle en panicules de 25 cm de long. A cultiver au soleil ou à miombre à l'abri des vents froids. M.pallida est originaire des montagnes du Mexique. m'a donné du fil à retordre ! En effet, j'ai cherché cette plante durant des années et j'ai enfin pu en faire venir un plant des Etats-Unis il y a trois ans. Quelle grâce il a ce mahonia originaire du Mexique. Il peut atteindre 3 mètres de haut. Son feuillage est composé de folioles assez allongées et finement dentées. Mais c'est sa floraison qui est vraiment spectaculaire. Il a de longues inflorescences ramifiées, retombantes et donc très gracieuses. Ses fleurs sont blanc crème, teintées de rose à l'extérieur. Il fleurit en fin d'hiver et peut refleurir en automne. Les fleurs sont suivies de baies noires. Je ne connais pas encore sa rusticité exacte et il sera à planter à l'abri des vents froids dans les régions froides (il est donné pour la zone 8). Mahonia russellii


Totalement différent de toutes les espèces que nous venons de voir, Mahonia fremontii est une espèce originaire des Etats-Unis (Colorado, Nevada, Utah) et du Mexique. Il vit dans les régions au climat chaud et sec dans des sols très drainants. On le cultivera donc en plein soleil, en sol bien drainé, même sec. Ce printemps, j'ai semé des graines collectées dans l'Utah à 1 260 m d'altitude. Ayant bien germé, cette espèce rejoindra nos collections (et notre catalogue) dès l'an prochain. Ses feuilles, de 1 0 à 1 5 cm de long, sont composées de folioles très coriaces, fortement dentées un peu comme des feuilles de houx, gris-vert. Les fleurs apparaissent du printemps au début de l'été en inflorescences de 3 à 9 fleurs jaunes. Elles sont suivies de baies rougeâtres, comestibles. Son port est raide et il peut atteindre 3 mètres de haut.

crédit photo : C T Johansson

crédit photo : Stan Shebs crédit photo : Virginia Tech Dendrology

Nous venons de voir de nombreuses espèces et quelques hybrides et cultivars. Plusieurs espèces, chinoises notamment, restent très rares ou non introduites en culture. Parmi celles-ci, certaines ont des feuillages absolument magnifiques et il reste donc de belles possibilités pour le futur...


Voici un genre plus connu sous le nom de poivre du Sichuan (au sens large), épice largement utilisée dans la cuisine asiatique. Dans nos jardins, on les plantera pour l’ornement ou créer des haies défensives car leurs tiges sont épineuses mais aussi pour le poivre qui donne bien chaque année et que vous pourrez utiliser dans vos plats. Leurs feuillages sont fortement aromatiques. est facilement reconnaissable à ses feuilles composées de petites folioles très serrées, souvent plus claires au centre du limbe que sur les bords, caduques. Il a un port très élégant. Son feuillage est fortement aromatique. C’est un arbuste compact, à croissance assez rapide, à planter au soleil ou à miombre, dans toute bonne terre bien drainante. Il est utilisable en bonsaï. Ses petites fleurs vert-jaune, en avril-mai, n'ont pas un grand intérêt mais elles sont suivies de baies rose-rouge que l'on récolte à maturité en septembre-octobre. Zanthoxylum piperitum

Au Japon, en forêt de montagne, à Gomi Pond


Z.piperitum dans les forĂŞts de montagne sur l'ĂŽle de Honshu.


On utilise la coque en cuisine, soit entière pour parfumer un plat (comme avec les baies de genévrier), soit moulue. Le goût étant assez fort, il est conseillé de laisser sécher la baie au moins six mois pour ne pas altérer le goût des plats. Il est souvent utilisé avec la viande de bœuf, sur les poissons crus et toutes viandes mi-cuites ou crustacés. On l'appelle le poivre sansho ou kaboku zanshō. Malgré son nom de 'poivre', il n'appartient pas à la famille du poivre noir (Pipéracées) mais à celle des Rutacées (les agrumes). Au Japon, ses feuilles séchées et broyées sont utilisées pour les plats à base de nouilles et les soupes légèrement piquantes. Les feuilles entières et fraîches sont utilisées pour accompagner les légumes comme les pousses de bambou, ainsi que pour décorer les soupes. On utilise aussi les jeunes pousses, mais aussi occasionnellement les bourgeons floraux, les fleurs et les fruits. Il entre également dans la composition du shichimi togarashi, un condiment japonais traditionnel de sept épices. Il est également utilisé dans la cuisine coréenne. Il a un synonyme : Fagara piperita. Il est originaire du Japon (îles de Honshu, Shikoku et Kyushu) où il est relativement commun. Il y est largement cultivé et on en voit souvent près des temples. La variété inerme, plus rare, ne porte pas d'épines. Il est parfois noté comme également originaire de Chine mais il n'est pas présent dans la Flora of China. Mais il y est cultivé, tout comme en Corée. Chez nous, on le trouvera sous les noms de poivre du Japon, poivre des montagnes, sancho ou sansho. Vous pourrez l'utiliser pour aromatiser les viandes et poissons mais également les salades de fruits ou dans des gateaux avec ses notes de citron, menthe, citronnelle et poivre. Dans le commerce, je suis étonné de voir le nombre de plantes vendues sous ce nom qui n'en sont pas mais qui correspondent, je pense, à une autre espèce Z.simulans. Il n'est pourtant pas difficile de le distinguer avec ses petites folioles serrées. On trouve depuis quelques temps une belle variété à feuilles pourpres nommée 'Purple leaves' (photo ci-dessous à droite).


Z.piperitum dans notre jardin, issu de graines collectĂŠes au Japon, devant un Aralia elata 'Sanko'


Vous connaissez tous le genre Citrus comprenant des agrumes tels que le pamplemousse, l'orange ou la mandarine. Le genre Citrus comprend entre 20 et 25 espèces originaires de l'Est et du sud de l'Asie, de l'Australie et des îles du sudouest du Pacifique. C'est un genre largement cultivé dans les régions chaudes du monde et qui a une énorme importance économique. Plusieurs espèces sont naturalisées dans de nombreuses régions du monde. De nombreux hybrides interspécifiques et inter-génériques ont été obtenus. Ce sont des arbustes ou de petits arbres à feuillage persistant, rarement caduc si l'on inclus, par exemple, le genre Poncirus au sein du genre Citrus comme le préconisent certains taxonomistes (Citrus trifoliata). Les jeunes rameaux sont souvent plats et anguleux portant des épines. Les feuilles sont coriaces, aromatiques. Les fleurs sont très agréablement parfumées, avec des pétales blancs parfois teintés de rosé à l'extérieur. Citrus sudachi est un agrume japonais donnant de petits citrons verts et très ronds.

Méconnu chez nous, ce citron est très utilisé au Japon, autant que les yuzu et kabosu. Il est servi dans de nombreux plats de poissons et est utilisé dans plusieurs alcools, boissons fraîches et glaces. Les japonais le considèrent comme le meilleur citron. Il contient également plus de calcium et de vitamine C que les autres citrons. Il est également le plus cher sur le marché japonais. Certaines boutiques japonaises en France proposent du jus de sudachi. Cet agrume donne des fleurs très parfumées. Il résiste à des températures de l'ordre de -1 2°C. Dans les régions froides, comme chez nous, on le cultive en pot. Le fruit est récolté vert pour son jus acide. Le mot sudachi en français désigne généralement le fruit et l'usage de ce dernier reste confidentiel en dehors du Japon.


' Su' signifie vinaigre et tout jus acide. Le terme sudachi viendrait de su-no-tachibana, qui signifie Citrus tachibana utilisé comme vinaigre (acidifiant). C.tachibana est un petit agrume sauvage du Japon, de Corée et de Taïwan à petits fruits de 3 cm de diamètre environ, très acides. D'après l'université d'Osaka, la domestication du sudachi est postérieure à la période Man-yo, Époque de Nara (entre 71 0 et 794), période qui a vu la domestication d'autres acides comme Yuko (Citrus hanayu), Kizu (Citrus kizu), Mochiyu (Citrus inflata). La première mention du sudachi date de 1 708 dans un livre de Kaibara Atsunobu avec le nom de "Riman", nom encore présent dans une des premières mentions en anglais par Dai Nihon Nōkai (Agricultural Society of Japan, 1 895). Quelques pépiniéristes européens introduisirent le sudachi à partir de graine à la fin du XXe siècle. Le premier pépiniériste français qui le commercialisa avait fait une confusion dans ses graines, il ne s'agissait pas d'un sudachi. Le sudachi de la collection de University California Riverside a également été introduit depuis une graine, en 1 963. (source Wikipedia)


En 1 933, Mitsutarō Shirai a créé le clade (un clade est un groupe comprenant un organisme particulier et la totalité de ses descendants) Citrus sudachi qui ne comprend qu'une seule espèce. La distinction entre les divers agrumes verts acides a donné lieu à des débats entre taxinomistes, certains indices le lieraient à Citrus ichangensis. Selon l'université Riverside (Californie), il proviendrait d'une hybridation de Citrus papeda et de mandarine C.reticulata, l'gnpIS lui conserve le statut d'espèce sous le nom binomial : Citrus sudachi (GnpIS est un système d’information développé au sein de l’Inra Versailles-Grignon. Entièrement dévolu aux plantes et à leurs champignons pathogènes, il fait le lien entre structure du matériel génétique et traits agronomiques. Source : inra.fr) Citrus sudachi est un arbuste ou un petit arbre à croissance lente. Il faut plusieurs

années pour obtenir des fruits, surtout si le plant est issu de semis. Il donne alors un

petit citron sphérique, de 5 cm environ de diamètre, pesant environ 30 grammes, d'abord d'un beau vert foncé brillant puis jaunissant à pleine maturité. Il est récolté vert, à partir de mi-août et jusqu'à fin septembre. Son jus est alors assez acide. En jaunissant, le fruit devient plus sucré. Le sudachi contient des vitamines B, C et D. Sa qualité nutritionnelle a fait l'objet de publications japonaises et coréennes. Au Japon la production de masse a commencé en 1 956 pour atteindre 1 300 tonnes au moins dans la Préfecture de Tokushima. Le village de Kamiyama est réputé pour


ses plants centenaires. Les fruits sont transformés en jus et conservés en entrepôt frigorifique pour étaler la vente en frais du fruit vert. Le fruits est également produit en Corée du sud, sur l'île de Jeju. Il existe une micro production en Californie, et au Portugal (Amareleja), le sudachi ayant été désigné comme un fruit acide à bon potentiel par l'association Califorinia Rare Fruit Grower en 2009. Le sudachi a beaucoup de gros pépins. Il existe un cultivar sans pépins obtenu à Tokushima en 2003 nommé "Tokushima 3X No.1 " et bien juteux. Le naoshichi cultivé dans la préfecture de Kochi sur l'île de Shikoku est un cultivar de sudachi (Citrus taguma-sudachi). La plante n'a pas d'épines, le jus du fruit est réputé moins acide que celui du sudachi. Le sudachi fait partie des agrumes verts de jours longs (récoltés durant les jours longs) au même titre que le yuzu vert, le kabosu, le naoshichi ou encore le hebesu. Il est encore rarement utilisé par les chefs occidentaux. En cuisine actuelle on l'associe souvent avec les coquilles Saint-Jacques, en gelée pour le tofu, dans un sabayon ou encore comme vinaigrette pour le foie gras. Son jus a un goût acide tempéré par un niveau de sucre bien plus élevé que chez le citron par exemple. Le goût est moins mandariné que le yuzu, moins résineux que le kabosu, il évoque la sensation curieuse de superposer acide et sucre fruité qu'on a avec le pamplemousse vert de Tahiti. Il fait merveille avec la sauce soja dans la sauce ponzu. Son acidité est appréciée avec les plats grillés (poissons, champignonsa) et dans les boissons (alcools, bière, sodas). Le sudachi vert finement tranché est couramment servi sur les plats de soba (nouilles au sarrasin) auxquels il donne une saveur et une acidité bienvenue. Le zeste râpé fin et en petite quantité est utilisé sur le poisson ou sur les oursins. Le zeste du sudachi améliore le métabolisme du glucose et des lipides et est anti-inflammatoire. Chez l'homme, une étude japonaise montre une diminution du poids corporel chez des sujets recevant pendant 1 2 semaines 1 ,3 g de poudre de peau de sudachi séchée. (source Wikipedia) Il y a presque 1 0 ans, nous avions pu obtenir des pépins du Japon. Les graines avaient bien germées et nous avons eu nos premiers fruits au bout de 5 ou 6 ans. Nous avions pu mettre quelques jeunes plants à notre catalogue. Cet automne, nous avons pu trouver plusieurs fruits et, donc, ramener des pépins. Nous devrions donc pouvoir vous en proposer à nouveau en 201 8.


Le genre Sarcandra appartient à la famille des Chloranthacées (avec les Chloranthus, plantes vivaces d'ombre). C'est une famille très primitive. Le genre ne comprend qu'une seule espèce, Sarcandra glabra. C'est un arbrisseau restant très méconnu chez nous mais très utilisé dans les jardins au Japon pour sa belle fructification automnale. C'est un arbrisseau de 30 à 80 cm de haut. Ses feuilles sont persistantes, vert brillant, ovales-oblongues, de 1 0/20 cm de long et 4/8 cm de large, dentées. Inflorescences en épis terminaux de 1 ,5/4 cm, vert-jaunâtre, sans grand intérêt. Les fleurs sont suivies de fruits rouges ou jaunes, globuleux, de 3 à 4 mm de diamètre, très décoratifs en automne. Ci-dessous et page suivante, dans des jardins au Japon.


'Flava' (ou f.flava ou encore var.flavus) a les fruits jaunes. Ici dans un jardin au Japon.

Cette espèce a une large répartition allant de Chine dans les provinces de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Hubei, Hunan, Jiangxi, Sichuan, Yunnan et Zhejiang, Taiwan, Cambodge, Inde, Japon (incluant les îles Ryukyu), Corée, Laos, Malaisie, Philippines, Sri Lanka, N.Thaïlande au Vietnam. Elle pousse dans les forêts, les fourrés, les vallées, les ravins, sur les pentes, au bord des routes et des voies ferrées, dans les prairies, dans les lieux humides, au bord des rivières, dans les lieux sableux, jusqu'à 2000 m d'altitude. Malgré cette large répartition, je n'ai jamais vu cette espèce à l'état sauvage mais uniquement cultivée dans des jardins. Elle est aussi utilisée en médecine et comme thé. Synonymes : Bladhia glabra; Ardisia glabra; Chloranthus glaber La sous-espèce brachystachys a des feuilles elliptiques à oblongues et des fruits rouge-orangé. Elle est originaire de Chine dans les provinces de Guangdong, Guangxi, Hainan et Yunnan, du Laos, N.Thaïlande et Vietnam dans les lieux humides sur les pentes, dans les ravins, au bord des routes, entre 400 et 1 600 m d'altitude. Synonymes : Chloranthus brachystachys; Ascarina serrata; Chloranthus hainanensis; Sarcandra hainanensis

Ci-contre, une forme à feuilles panachées que j'ai nommé tout simplement ' Variegata'. Si beau soit-il, le sarcandra reste très rare dans nos jardins. Il faut dire que cette plante n'est pas très facile ni très résistante au froid.


Ici, nous cultivons la forme à fruits rouges, celle à fruits jaunes et la panachée. Mais, par prudence, elles sont certes en pleine terre, mais sous tunnel. Elles subissent tout de même des -1 0°C mais à l'abri des vents froids et d'un sol détrempé. Car si, dans la nature, on trouve parfois cette espèce dans des lieux humides, elle supportera difficilement nos sols trop mouillés en hiver. Il lui faut donc un sol bien drainant. Par contre, elle supporte très bien le sec une fois installée. On la cultive en situation ombragée. Une fois plantée, elle ne doit plus être déplacée car elle le supporte mal. J'en ai fait l'expérience l'an dernier en divisant notre variété panachée. De nombreux plants sont morts. J'avais obtenu du Japon quelques graines il y a 2 ans et nous avions pu proposer quelques plants à notre catalogue. Cet hiver, je refais du semis des variétés à fruits rouges et à fruits jaunes. Nous avions trouvé notre variété à fruits jaunes dans une jardinerie au Japon où, en automne, la plante se trouve très facilement.


Le métier de pépiniériste-botaniste, si on peut l'appeler ainsi, n'est pas seulement de multiplier et cultiver des plantes mais aussi d'en trouver de nouvelles. Que ce soit des espèces sauvages ou des variétés horticoles de l'autre bout du monde. C'est sans doute le côté le plus excitant de la profession (avec la multiplication). Des années 1 850 à 1 91 0, à peu près, les voyages botaniques servaient à découvrir de nouvelles espèces mais aussi à introduire de nouvelles plantes dans le circuit horticole. De nombreuses raisons font que ceci a presque disparu de nos jours. Il reste pourtant plein de superbes plantes à découvrir pour nos jardins. Chaque année, nous complétons nos collections, riches aujourd'hui de près de 6.000 variétés. En voici quelques-unes introduites récemment et qui rejoindront notre catalogue dans un futur plus ou moins proche.


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précédente, Berberis Je suis particulièrement heureux de vous présenter cette espèce rare que l'on ne peut pas confondre avec une autre. Tout d'abord, ses feuilles qui sont allongées et particulièrement étroites. Si la plupart des Berberis ont des fleurs jaunes, celui-ci a des fleurs roses à l'extérieur et blanches sur le bord des pétales et à l'intérieur. Une merveille à cultiver au soleil ou à mi-ombre dans toute bonne terre de jardin. Une petite espèce qui atteint environ 50 cm en tous sens. Nos plants sont issus de graines collectées en Chine. Ci-contre en haut, Euonymus vagans est un fusain de Chine aux feuilles persistantes, gaufrées entre les nervures, vert brillant. Ses fruits sont roses. Une très jolie petite espèce. 2° photo en partant du haut, Euonymus fimbriatus est un autre fusain dont le feuillage, caduc, est relativement classique. Mais son originalité réside dans son écorce pelant par plaques. Inhabituel chez un fusain. Ci-contre, Euonymus hamiltonianus 'Japan Treasure' est une de nos introductions du Japon. Un arbuste très lumineux avec ses feuilles largement bordées de jaune. En bas, Euonymus melananthus est un petit fusain japonais encore rare. Il a de petites feuilles caduques et des fleurs rouge très foncé au printemps. Une plante élégante. triacanthophora.


Ci-contre, Abelia integrifolia est un petit arbuste rare et élégant. En mai-juin, apparaissent de nombreuses fleurs blanches. Il atteint entre 1 m et 2 m de haut et est parfaitement rustique. Sol humifère, soleil ou mi-ombre. ' Bi­goût' est une variété que j'ai trouvé au Japon. Uniques, ses fleurs sont blanches et roses. (ci-contre) est un chêne chinois aux jolies feuilles persistantes à semi-persistantes, gaufrées entre les nervures. C'est un petit chêne de 6/8 m de haut. Il a sans doute une bonne résistance au froid mais il reste à tester dans nos régions froides, comme pour beaucoup de chênes persistants. Quercus engleriana

(ci-contre) est une espèce de Chine, Taiwan et sud Japon. Feuilles persistantes, vert clair brillant, non dentées. C'est un petit arbre. Il est donné pour les zones 7 à 8. Comme le précédent, à tester chez nous. Quercus sessilifolia

(en bas) est un petit chêne qui peut devenir un petit arbre qui restera très longtemps dans le jardin sous forme d'arbuste. Ses feuilles persistantes sont petites, arrondies, avec les bords fortement recourbés. Les jeunes feuilles sont fortement colorées de rouge brillant. Les japonais l'utilise en haies taillées. ' Shimo' est une de nos introductions du Japon. Ses feuilles sont fortement mouchetées de blanc. Quercus phillyreoides


est un chêne à petites feuilles gris-vert, coriaces et découpées. Ce serait un hybride naturel avec Q.libani ou une sous-espèce de Q.aegilops ou Q.brantii. J'ai obtenu deux plants avec des graines collectées sur le mont Hermon en Israël. Un chêne de soleil et sols secs. Quercus x look

est un arbuste très ornemental de la famille des hamamélis. Son nom signifie « à feuilles de Cercis », l’arbre de Judée. On trouve quelques cultivars au Japon et j'ai pu en introduire quatre. Parmi ceux-ci, ' Mine no Yuki' (ci-dessus à gauche) dont le feuillage est d'abord blanc puis verdit progressivement et ' Ogon' (ci-dessus à droite) au feuillage doré. Disanthus cercidifolius

Quercus aliena ' Hagoromo'

est une variété japonaise aux feuilles étroites fortement découpées (ci-dessous à gauche). Quercus myrsinifolia est sans doute le plus rustique dans les chênes persistants. Ses feuilles sont vert foncé et coriaces et restent bien vertes même pendant les grands froids. ' Hikari' est très lumineux avec ses feuilles fortement mouchetées de jaune (ci-dessous à droite).


Aucuba japonica ' Ooba Nakafu'

vient compléter notre collection d'aucubas du Japon. Il a de grandes feuilles vertes marquées de jaune pur au centre. Une variété vigoureuse et lumineuse à l'ombre. est un superbe et vraiment original Ophiopogon collecté en Chine et dont l'espèce n'est pas encore déterminée. Il forme de belles touffes denses de longues feuilles arquées. En juin, grosses fleurs blanches ponctuées de rose. Unique et vraiment beau avec ses grandes fleurs bien visibles. Les boutons floraux sont également mouchetés. Culture en situation ombragée dans toute terre de jardin. Bonne résistance au sec. Ophiopogon CGG14100

' Kinboshi' (='Chromatographic') est un aspidistra original et impressionnant ! Ses longues feuilles sont fortement mouchetées de points jaunes entourés d'anneaux verts. Une plante particulièrement lumineuse à l'ombre. Aspidistra

sichuanensis

Osmunda japonica ' Strange Attraction'

est une forme que j'ai trouvé au Japon. Ses frondes sont composées de pennes espacées, de petite taille, finement gaufrées. Cette osmonde du Japon a un port léger et gracieux, très original. Culture en situation ombragée et fraîche.


est une grande fougère à frondes persistantes, coriaces, teintées de rose quand elles sont jeunes. ' Shishiba' est une variété japonaise aux frondes cristées. Rustique en zone 8. Aralia elata, appelé aussi angélique en arbre, est un arbuste de 4/5 m de haut développant plusieurs tiges épineuses. L’aralia est une plante idéale pour ceux qui souhaite une plante résistante aux airs "d’exotique". En effet, ses feuilles sont immenses, groupées en haut des tiges. J'ai trouvé au Japon deux superbes variétés. 'Shiro Akebono fu' (ci-contre) dont les feuilles sont d'abord blanches avec les nervures vertes, puis blanc-jaune avant de verdir progressivement. Superbe en situation ombragée ! ' Sanko' (ci-dessous) a les feuilles constituées de petites folioles mouchetées de blanc et concaves puis plus larges et variablement panachées de blanc. Woodwardia orientalis


est un arbuste de 1 .5 à 2.5 m de haut et large. Son feuillage est très variable, allant de feuilles larges à fines et très pointues. Il porte de petites figues dressées vers le haut sur ses tiges qui ne sont malheureusement pas mangeables. Intéressant cependant pour les amateurs de figuiers et pour l’ornement. ' Golden Jewel' a les feuilles jaune lumineux variablement marquées de vert au centre. Ficus erecta

est encore une espèce rare. Sa principale particularité par rapport aux autres espèces est son feuillage persistant. Ses feuilles sont épaisses et vert-gris quand elles sont jeunes. En fin d'hiver, ses inflorescences pendantes portent de 1 2 à 22 fleurs jaune pâle à blanches. Stachyurus yunnanensis

lepidocaulon est une fougère à frondes vert foncé brillant, persistantes. On la dit souvent peu rustique mais elle a tenu à -1 8°C chez nous. ' Shishiba' est une de nos introductions du Japon. Ses frondes ont des segments bifides et cristés aux apex. Polystichum

est le néflier du Japon qui donne des fruits savoureux. C’est un petit arbre. Ses grandes feuilles épaisses et vert foncé sont persistantes. Il fleurit en début d’automne. Ses fleurs blanches sont très agréablement parfumées. ' Toketa Yuki' est le nom que j'ai donné à cette variété aux feuilles largement bordées de blanc. Eriobotrya japonica


(ci-contre) est un prunier himalayen rare endémique du Népal. Il fait partie des pruniers à belles écorces au même titre que P.serrula et rufa. Il a un port droit de 3 à 5 m de haut. Fleurs blanches au printemps. Prunus grayana est un petit arbre japonais de 4/6 m de haut. En juin, ses petites fleurs blanches apparaissent groupées en inflorescences de 1 0 cm de long. J'ai nommé cette variété ' Kōkishin' (=curiosité) pour ses feuilles... curieuses ! (vignette ci-contre) Prunus himalaica

japonicus, la pétasite du Japon, est surtout cultivée par sa forme géante appelée ‘Giganteus’. Mais j'ai trouvé cette curieuse variété au Japon dont le cœur des feuilles est comme chiffonné. Une plante originale et étrange. Je l'ai nommée ' Kizami' qui signifie chiffonnade. Boehmeria biloba est une urticacée aux feuilles parfois bilobées. Elles ont une texture assez épaisse et gaufrée. ' Les Avettes' est une petite trouvaille aux feuilles variablement panachées de jaune. Arisaema kiushianum ' Silver Dragon' a les feuilles argentées (ci-dessous à gauche). Cyrtomium fortunei ' Mizore' (=grésil) est une forme panachée que j'ai trouvé au Japon (ci-dessous à droite). Petasites


Dans chaque coin du monde, il est des plantes qui sont mythiques, que l'on rêve de voir en vrai. Soit parce qu'elles sont très rares, soit parce qu'elles poussent dans des zones reculées quasi inaccessibles, soit parce qu'elles sont tellement difficiles à cultiver que l'on ne les voit jamais dans nos jardins. C'est le cas de Rheum nobile, cette rhubarbe himalayenne vivant à de très hautes altitudes. Il faut grimper très haut pour la voir et son biotope si particulier rend sa culture quasi impossible. Elle est d'autant plus rare qu'elle est très collectée pour son utilisation en Chine. Elle est originaire de l'Himalaya où elle pousse dans le nord-est de l'Afghanistan, au nord du Pakistan et de l'Inde, au Népal, au Sikkim, au Bhoutan, au Tibet et dans le nord de la Birmanie. Elle pousse entre 4000 et 4800 m d'altitude. Il m'a fallu plusieurs voyages dans cette région pour enfin en voir. C'était en juillet 2003, dans les hautes montagnes du Sikkim, dans le nord-est de l'Inde, près de la frontière avec le Tibet (voir carte ci-dessous). Cette espèce de Rhubarbe est extraordinaire pour plusieurs raisons. Elle peut atteindre 1 à 2 m de haut. Mais, surtout, elle est couverte de grosses bractées blanc-translucide laissant passer la lumière pour les fleurs qui sont en-dessous mais arrêtant les UV et les protégeant des grands froids. Cette plante est visible à plus d'un kilomètre. La base de la plante est largement couverte par de grandes feuilles gaufrées. La tige dressée portant les petites fleurs vertes est recouverte de grosses bractées. La plante a une énorme racine de 1 à 2 m de long. Les tiges sont consommées par les populations locales. Quand les fruits mûrissent, les bractées tombent, laissant une tige nue avec les fruits bruns pendants.


Rheum nobile illustrĂŠe dans La flore des serres en 1857


Rheum nobile a été décrite en 1 855 par les célèbres botanistes Hooker et Thomson

(Illustrations of Himalayan plants). Hooker nota sur cette plante "Le sujet présent est certainement la plus frappante des belles et nombreuses plantes alpines du Sikkim. Quoique étant, sous tous les rapports botaniques, une rhubarbe authentique, elle diffère si remarquablement de ses congénères en port et en apparence générale qu'à première vue elle ne peut être prise pour l'une d'elles. Je la vis d'abord d'une distance d'un bon mille [a] mais ce ne fut pas avant d'avoir retourné ses curieuses feuilles bractéales et examiné ses fleurs que je fus convaincu que c'était une vraie rhubarbe".

crédit photo : s.webry.info

On peut trouver des graines en vente sur Internet ou même, rarement, de jeunes plants mais cultiver cette plante reste une gageure. En juillet 2003, nous étions au Sikkim, ce petit Etat du nord-est de l'Inde, en pleine mousson d'été. Grâce à un botaniste à Gangtok, la capitale, nous obtenons l'autorisation d'aller dans l'Est pour entrer dans le sanctuaire alpin de Kyongnosla et du lac Tsomgo (3753 m d'altitude). La flore y est très riche et la vue sur le lac superbe. Cependant, nous ne pouvons accéder à la rive opposée du lac car c'est une zone militaire. Proximité de la frontière avec la Chine (Tibet) oblige. Cela ne nous empêche pas d'apercevoir, au loin, les superbes Rheum nobile (voir photo en haut de la page suivante). Nous en trouverons tout de même un spécimen (photos suivantes).


Au-dessus du lac Tsomgo, la montagne est couverte de Rheum nobile (dans les petits carrés blancs)

: la plante entière où on aperçoit les fleurs sur le haut, les bractées et l'intérieur de la plante avec sa tige creuse et les fleurs. Rheum nobile


Bibliographie : La rédaction de ce numéro a fait appel principalement à mes expériences et observations de terrain mais une bonne biblio est toujours utile. Flora of China Jisaburo Ohwi : Flora of Japan. National Science Museum, Tokyo, Japan G. Gusman : The genus Arisaema Fred C. Galle : The genus Ilex Hiroyoshi OHASHI : Nomenclature of Kalopanax septemlobus (Thunberg ex Murray) Koidzumi and Classification of Its Infraspecific Taxa (Araliaceae), Journal of Japanese Botany, 69: 28-31 (1 994) Takasi YAMAZAKI : Embryogeny of Sarcandra glabra (Thunb.) Nakai (Chloranthaceae) and Phylogenetic Position of the Chloranthaceae, Journal of Japanese Botany, 73: 22-25 (1 998) Tetsuo Ohi-Toma, Kana Watanabe-Toma, Hiroko Murata and Jin Murata : Morphological variations of Aristolochia kaempferi and A. tanzawana (Aristolochiaceae) in Japan, Journal of Japanese Botany 89(3): 1 52–1 63 (201 4) Textes et photos de Cédric Basset (sauf mentions contraires dans le texte).


Aristolochia manshuriensis illustrĂŠe dans Flora Sylvatica Koreana en 1936 sous le nom de Hocquartia manshuriensis


Retrouvez tous mes ouvrages en vente sur notre site Internet et dans les meilleures librairies.

Retrouvez les 5 premiers numĂŠros de La N'avette sur cette page : http://www.asianflora.com/Blog/page-navette.htm

Tout notre catalogue en ligne, les dates des foires aux plantes sur notre site : www.pepinieredesavettes.fr Le site botanique : www.asianflora.com / photos de nos voyages et de nos collections sur Flickr Ă CĂŠdric Basset.

La N'Avette numéro 6  

Bulletin annuel botanique et horticole du jardin Armand David et de la pépinière des Avettes

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