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Déjà le numéro 5. Cinq ans que la N'Avette a vu le jour, en remplacement de Asarum Magazine qui traitait de la flore asiatique. La N'Avette traite toujours des plantes asiatiques mais aborde des thèmes plus larges liés à l'horticulture en vous faisant découvrir de nouvelles plantes tout en donnant de précieux conseils pour bien les cultiver dans vos jardins. Les articles ou les plantes présentées sont en lien avec notre jardin et notre production en pépinière mais cette revue ne se veut pas être juste un deuxième catalogue. C'est le partage d'une passion -commune je l'espèrepour toutes ces plantes extraordinaires. Vous trouverez donc dans cette revue des plantes qui ne sont pas forcément à notre catalogue mais dont nous avions envie de parler car nous les cultivons avec succès dans notre jardin ou parce que nous avons eu un coup de coeur en les découvrant lors d'un voyage en Asie. L'an dernier, dans le numéro 4, vous avez pu, entre autres, découvrir un article sur un genre que j'aime beaucoup, les podophyllums. Cet article se voulait le plus complet possible sur ce genre et il me paraissait inconcevable de ne pas citer le Podophyllum 'Spotty Dotty' par exemple, qui est très populaire actuellement, sous prétexte que nous ne le produisons pas puisque les stands des foires aux plantes sont remplis de pots en provenance des Pays-Bas.

ci-contre, notre périple au Japon


La N'Avette n'est donc pas un catalogue mais une revue de partage de l'amour des plantes et de notre métier de jardinier. Elle est éditée une fois par an, généralement en toute fin ou début d'année. Elle est totalement gratuite et disponible en lecture sur Internet ou téléchargeable en format PDF. Nous espérons qu'elle vous passionne et vous donne toujours plus envie d'aller gratter dans le jardin, lieu de bonheur et d'apaisement en ces temps où le monde devient toujours un peu plus fou. La N'Avette c'est également l'occasion de vous faire partager nos compétences, nos expériences de la culture des plantes que nous choyons chaque jour dans notre jardin-pépinière de 1 .2 ha et comptant aujourd'hui plus de 5.600 variétés de plantes. Face à une armada toujours plus grande de vendeurs de plantes se faisant appeler pépiniéristes mais ne cultivant rien (ou en tout cas ne multipliant rien), la N'Avette se veut comme 'marque' de la pépinière des Avettes et du jardin Armand David. Qui d'autre, à notre échelle de petite entreprise, est capable de vous proposer chaque année une revue de 200 pages, totalement gratuite et bien plus complète que certaines revues de jardinage vendues très cher ? Tout nos articles sont écrits sur la base de nos pratiques jardinières et de nos expériences et non d'une compilation d'articles ou d'ouvrages comme le sont, hélas, beaucoup de nouveaux livres. Pour ce numéro 5, nous allons vous faire voyager. Après 3 ans de travail intensif et notre dernier voyage, à Taiwan en décembre 201 3, nous prenons enfin le temps pour retourner dans un pays de rêve, le Japon. Il nous faudra attendre la fin de la saison d'automne de pépinière pour partir mais quel spectacle de découvrir les couleurs automnales des érables ! Nous vous relatons l'ensemble de ce 1 4° voyage botanique en Asie en vous faisant découvrir les paysages et les plantes vues. Et comme toujours, vous trouverez l'année écoulée au jardin en photos et d'autres articles sur des plantes coup de coeur. Nous vous souhaitons une agréable découverte, une belle lecture et une très bonne année 201 7, riche en bonheur, en partages et en jardinage.


En mars 201 6, notre jardin a 'fêté' ses 9 ans. L'année écoulée a, une fois de plus, été cahotique au niveau du climat. Après un printemps pourri dont le point d'orgue a été une violente tempête dans la nuit du 27 juin où près de 40 arbres et arbustes ont été déracinés, les mois d'août et septembre ont été anormalement chauds et secs. Si les couleurs d'automne ont été belles, elles ont été de courte durée, l'hiver arrivant tôt avec un mois de novembre plus frais qu'à l'accoutumée et un mois de décembre dans le brouillard et avec des gelées continues. Fin décembre, les pots dans la pépinière sont pris en masse par le gel, ce que nous n'avions jamais eu en 9 ans pour cette période. Espérons que 201 7 soit plus normale. A ce jour, le jardin vous présente plus de 5.600 plantes différentes. Les massifs existants continuent de prendre forme et de nouvelles zones ont été aménagées. Le jardin vous est ouvert presque toute l'année sur RV. En période de foires aux plantes (de fin mars à début juin et de septembre à fin octobre), le mercredi est le jour d'ouverture. Il ne faut pas hésiter à nous contacter pour les autres jours. Deux fois par an (vers fin mai et fin octobre), deux week-end portes-ouvertes sont organisés avec visites guidées (toutes les dates sur notre site Internet). Parmi les nouveaux aménagements ouverts en 201 6, un tunnel de raretés plantées en pleine terre. Ce tunnel, aux allures "exotiques" comprend des plantes qui peuvent être un peu frileuses en cas d'hiver très froid comme on peut en avoir en Bourgogne, que nous possédons souvent pour l'instant en exemplaire unique et que nous


souhaitons d'abord multiplier avant de les tester dehors. Nous y plantons aussi des variétés dont nous ne connaissons pas encore exactement la rusticité. Ces plantes étaient pour la plupart cultivées en pots dans les tunnels de la pépinière. Elles se développaient mal car certaines étaient dans leurs pots depuis plus de 5 ans et elles prenaient la place de plantes en production. En pleine terre, elles peuvent se développer et surtout, les visiteurs peuvent en profiter, ce qui n'était pas le cas dans les zones de production. Déjà plein, un 2° va être construit cette année.

Belle surprise au mois de mai. Après 9 ans d'attente, Styrax obassia nous offre sa première floraison. Avec ses grosses feuilles arrondies et son écorce qui pèle, c'est un superbe arbuste pour le jardin (cicontre). Autre Styrax à fleurir pour la première fois, mais après seulement 3 ans d'attente, S.shiraianus, originaire du Japon qui a des feuilles originales (ci-dessous). Si le printemps frais et pluvieux a été dommageable pour certaines plantes, notamment en raison de notre terrain qui draine mal, certaines plantes ont apprécié. C'est le cas des magnolias dont les floraisons ont été particulièrement longues et généreuses cette année. Une belle occasion


pour les visiteurs des portes-ouvertes du mois de mai de profiter de l'immense palette de leurs parfums. Une belle surprise a été la première floraison de Magnolia obovata, âgé de 8 ans à partir du semis. En général, il faut compter entre 1 0 et 1 5 ans pour avoir les premières fleurs sur un magnolia issu de semis.

Magnolia sieboldii issu de graines collectées en Corée en 2011 / M.sieboldii x ashei

Magnolia officinalis var.biloba / M.obovata semé en 2008

Magnolia denudata / M.acuminata 'Miss Honeybee'


Partie basse du jardin, en-dessous de la pépinière, avec des magnolias, cryptomérias du Japon, Akebia, styrax et de nombreuses vivaces d'ombre.


Ci-dessus, la partie centrale du jardin avec de nombreux arbustes et la rivière d'iris. Sur la photo, Syringa villosa (à gauche), Styrax wuyuanensis et Philadelphus purpurascens entre autres. L'hiver 201 5-201 6 a été, de loin, le plus doux que nous ayons eu en 9 ans avec presque aucune gelée (le plus froid : un matin à -6°C). Par contre, nous avons eu de bonnes gelées jusqu'à mi-mai, du jamais vu non plus ! (jusqu'à -4°C). Ceci n'a pas empêché une abondante floraison et fructification des nashis. Sur les autres fruitiers, la récolte 201 6 a été très mauvaise par contre. Ci-contre, la récolte en août de la variété 'Kosui'


La petite ombrière au mois de mai

Cette année, la collection d' Epimedium a passé le cap de 250 variétés différentes, toutes exposées dans le jardin. Elle est labellisée collection nationale depuis plus de 1 0 ans. Ci-contre, une introduction récente du Japon, Epimedium 'Yubae Variegata'. La photo ci-contre a été prise le 3 juin dans la pépinière d'arbustes. Les pots baignent dans l'eau, il a plu presque tous les jours en juin... Ci-dessous à gauche, Aralia cordata en été. A droite, massif estival pour plantes de soleil.


Ci-dessus, la petite ombrière japonaise fin avril et début juin. Ci-dessous à gauche, une partie de la collection d'Epimedium. A droite, encore une belle gelée (3 mai), avec les feuillages brulés sur de nombreux ligneux.


Ci-contre, pluie de fleurs de Styrax japonica et Cornus controversa en fleurs à l'entrée du jardin (cidessus). Ci-dessous, Sorbus commixta et Wisteria venusta 'Okayama'.

Ci-dessus, le sous-bois japonais sous les arbres à caramel


Ci-dessus à gauche, dans la grande ombrière. A droite, le fond du jardin rassemble une collection d'arbustes (devant à droite sur la photo, Syringa pekinensis. Derrière, Deutzia setchuenensis var.corymbiflora).

Situé à environ 500 m du jardin, un terrain de 2.5 ha, en friche, accueille petit à petit une plantation d'arbres (feuillus et conifères), des rosiers botaniques et Rubus à fort développement et quelques bambous. Le tout pour créer un petit Arboretum. Le travail avance doucement par manque de temps et parce que le terrain doit être défriché ou éclairci (certaines zones sont boisées très dense). Refuge pour de nombreux animaux, cette zone nécessite la mise en place de protections autour de chaque arbre. Ce terrain accueille des essences à grand développement qui ne peuvent plus trouver leur place dans le jardin, des espèces rares que nous souhaitons conserver en plusieurs exemplaires et de nouveaux pieds-mères. A ce jour, 1 00 plants ont été déjà installés.

L'automne arrive avec ses couleurs. Ci-dessus à gauche, Callicarpa kwangtungensis et fruits de clématite. A droite, Chelonopsis moschata 'Alba' et Leucosceptrum japonicum en fleurs.


Les couleurs ont été fugaces cet automne. Ci-dessus, Lagerstroemia indica au premier plan et Prunus maackii derrière à droite.

Ci-dessus à gauche, Aconogonon polystachyum et fleurs fanées de l'Hydrangea aspera. A droite, abondante fructification du Photinia beauverdiana et épis de Miscanthus.


Vue aérienne du jardin le 5 août 2016. Merci à Gilles et Catherine Poutoux pour la photo !


Chine en 1 999, Népal en 2000, Liban en 2001 , Chine en 2002, Darjeeling et Sikkim en 2003, Chine en 2004 et 2005, Turquie en 2006, Chine en 2007, Japon en 2008 et 201 0, Corée du sud en 2011 , Taiwan en 201 3 et Japon en 201 6. Après 3 ans consacrés exclusivement à la pépinière et au jardin, nous trouvons enfin le temps de faire notre 1 4° voyage botanique en Asie. Avec la saison d'automne à la pépinière, impossible de partir avant mi-novembre. Nous avons donc décidé de retourner au Japon pour y admirer les couleurs d'automne. C'est aussi l'occasion de visiter ce pays à une autre saison puisque nos deux précédents voyages avaient eu lieu au printemps. Nous profiterons également de ce voyage pour visiter des lieux inédits pour nous, même si nous retournerons rapidement à Kyoto. Les forêts d'érables sont réputées pour leurs colorations automnales mais nous verrons que cette saison est aussi attractive pour d'autres plantes même si, évidemment, ce n'est pas aussi fleurit qu'au printemps. C'est également la saison des graines et un temps idéal pour profiter des bains de sources chaudes ! Un voyage devant se préparer un peu à l'avance, pas facile d'être sûr que la période retenue sera la plus optimale pour les couleurs des feuillages. Ma crainte était que les couleurs soient en avance cette année, comme ce fut le cas chez nous où les feuilles étaient déjà presque toutes tombées dès début novembre. Et, en effet, l'hiver était en avance au Japon cette année et il était temps d'y aller. Les couleurs étaient encore belles mais ça commençait à sentir le roussi et il n'aurait pas fallu y aller 1 0 jours plus tard. D'ailleurs, à la fin du voyage, les feuilles tombaient en masse. Mais avec 3000km du nord au sud, il est facile au Japon d'adapter son parcours en fonction de la météo, comme au printemps pour ceux qui suivent les floraisons des cerisiers à fleurs. Pour nous, il était clair que nous partirions plutôt vers le sud que le nord où il peut faire déjà froid.


Pour ce voyage, nous allons procéder différemment. Habituellement, nous louions une voiture afin de pouvoir nous déplacer et nous arrêter où bon nous semble mais avec la contrainte de trajet, de temps et financière, de chercher un hôtel chaque soir nous obligeant parfois à redescendre des montagnes. Avec, à chaque fois, l'incertitude de trouver un hôtel non complet et pas hors de prix, ce qui est difficile dans ce pays. Cette fois-ci donc, nous avons loué un petit van aménagé pour dormir. Ceci nous donnant une liberté totale dans nos déplacements. Ce petit van est d'un aménagement sommaire mais permet d'y dormir et est équipé d'un petit frigo et d'un chauffage pour la nuit. Il existe au Japon de nombreux parkings aménagés pour les haltes de nuit avec des toilettes accessibles 24/24h et avec, parfois, de l'eau chaude pour une toilette sommaire. Les toilettes au Japon sont toujours d'une propreté impeccable. Pour le reste, on trouve très facilement des onsen, bains japonais fort agréables une fois passée l'appréhension de la nudité sachant que les bains ne sont pas mixtes et les japonais très discrets. Nous avons loué le van pour 1 4 jours et nous ferons au final 3200km plus 1 h30 de ferry. Un beau parcours !

Notre point de départ se situe à Narita, ville proche de l'aéroport international. Partant vers le sud, il nous faut contourner l'immense ville de Tokyo. De quoi se refaire rapidement la main sur la conduite au Japon ! On y roule à gauche et les routes y sont particulièrement étroites. Trouver son chemin n'est pas difficile avec un GPS en anglais qui peut aussi vous indiquer les stations d'essence, les parkings de nuit, les restaurants, les bains, etc. Les japonais conduisent doucement et on a du mal à comprendre la logique des limitations au Japon. Généralement, la vitesse est limitée entre 30 et 50 km/h en ville, 40 km/h en campagne et entre 60 et 80 km/h sur autoroute ! Autant dire que les trajets sont très longs et il faut généralement 3 à 4 fois plus de temps pour parcourir au Japon le même kilométrage qu'en France.


Par contre, on ne peut pas dire que tout le monde respecte la vitesse, surtout les camions, les conducteurs étant tous équipés de détecteurs de radars ! Et quand on voit que certains regardent la télé en conduisant ou gardent leurs chiens sur leurs genoux au volant ! Mais je n'ai jamais vu d'accident là bas. Notre premier trajet consiste donc à contourner l'agglomération de Tokyo par le nord pour nous diriger vers le parc national de Chichibu, ces montagnes étant proches de Tokyo. On connaît notamment un bouleau nommé Betula chichibuensis. En cette saison, il fait nuit vers 1 7h. Nous arrivons donc de nuit sur notre premier parking, isolé et calme en montagne. Quel plaisir de découvrir au petit matin les massifs colorés tout autour de nous. Le soleil brille déjà et la brume se dissipant révèle de beaux kakis couverts de fruits. Car si cette saison est réputée pour les couleurs des érables, on se rend vie compte qu'ils ne sont pas les seuls à présenter un grand intérêt au mois de novembre. Il y a donc les kakis, très plantés au Japon, les camélias d'automne couverts de fleurs, les chrysanthèmes dont les japonais sont friands, les néfliers, le fameux Dahlia imperialis qui n'est pas asiatique mais qui est très planté dans les parcs et les jardins, les ginkgos et les mélèzes flamboyants, les fructifications des arbres et arbustes avec les callicarpas par exemple, les théiers en fleurs et les champs de miscanthus.


Etant un dimanche et près de Tokyo, il y a du monde qui vient se promener et profiter du soleil. En effet, la région de Chichibu offre de belles montagnes, gorges et rivières aux promeneurs et le Chichibu-Tama-Kai est le parc national le plus proche de Tokyo. On peut y admirer une faune et une flore très riche. Le parc a une superficie de 1 232 km² et comprend 8 sommets dépassant les 2000m d'altitude. Nous partons sur un petit sentier de randonnée tranquille pour découvrir les premières plantes et admirer les forêts colorées. Dans chaque jardin trônent de magnifiques kakis couverts de fruits orangés. Le sentier s'enfonce dans la forêt en surplombant une rivière. Sous les arbres et les cryptomérias poussent de nombreuses plantes dont beaucoup sont sans doute déjà au repos. On y trouve des chloranthus, un superbe Chrysosplenium (sans doute C.fauriei), des fougères dont une belle forme de Cyrtomium aux nervures noires et des osmondes du Japon, des Conandron ramondioides sur les parois des rochers humides. D'ailleurs, voilà un petit genre connu des amateurs, de la famille des Gesnériacées, à savoir celle des Streptocarpus ou Saintpaulia. Le genre ne comprend que 3 espèces. Ses grandes feuilles vertes, de 1 0/30 cm de long, sont surmontées de nombreuses fleurs en étoiles violet profond ou blanches. C'est une plante superbe en fleurs, en juin-juillet. Elle aime les sols humides mais bien drainés, frais, acides à neutres, dans une ambiance fraîche et bien ombragée. Ci-dessous de gauche à droite et de haut en bas : Chrysosplenium cf.fauriei; Cyrtomium; Arisaema; Osmunda japonica.


Dans le sous-bois, on trouve également des isodons terminant leurs floraisons, des arisaemas et des Deinanthe bifida en fruits et des cardiandras (plantes vivaces de la famille des hortensias). En effet, les Hydrangeacées ne comprennent pas que des arbustes ou des grimpantes. Moins connus, certains genres sont des plantes vivaces disparaissant en hiver. Ce sont de superbes plantes à la floraison très ornementale. Les cardiandras sont moins connus que les deinanthes qui ont fait leur apparition plus tôt chez les pépiniéristes. Le feuillage des cardiandras rappellent celui de certains petits hortensias du Japon. Ce sont de petites plantes fournies, fleurissant longtemps, en fin d'été et automne. Les deinanthes sont originales par leur feuillage souvent très échancré au sommet et leurs grosses fleurs, blanches ou mauves, en fin de printemps et été. Elles forment de belles touffes bien denses et florifères. Ces plantes affectionnent les sols frais à pas trop secs, fertiles, plutôt acides, bien drainés et humifères. On les plantera à l'ombre ou mi-ombre dans un lieu abrité des vents. Elles ne sont pas sensibles aux maladies et poussent facilement sans entretien hormis celui de couper les tiges sèches à la base en début d'hiver lors du nettoyage du jardin.


En sous-bois, Hydrangea hirta (en haut à gauche de la photo), Adiantum pedatum, Cardiandra alternifolia, Isodon...

Au bord du sentier, Boenninghausenia japonica (ci-dessous à gauche) qui a un joli et gracieux feuillage composé. En été et automne, la plante porte de nombreuses petites fleurs blanches. Il pousse avec des touffes de Syneilesis palmata, de Cacalia delphiniifolia (ci-dessous à droite) et, par endroits, quelques cultures de wasabi.

Les Syneilesis -de la famille des astéracées- ne doivent pas leur succès dans nos jardins à leurs fleurs mais à leurs superbes feuillages plus ou moins découpés. Caduques, les plantes sont originales dès le début du printemps quand leurs jeunes feuilles émergent du sol et se déplient comme des parasols. Ce sont des plantes de forêts qui affectionnent le sols frais et humifères.


Elles supportent tout de même quelques heures d'ensoleillement. Ces plantes permettent de jouer avec les formes et textures des feuillages. On peut alors imaginer plein d'associations que ce soit avec de larges hostas, ou au contraire, des feuillages très fins. La floraison étant discrète, on peut les planter avec tout type de plantes à fleurs sans risquer de mauvaises associations de couleurs. Le feuillage des Syneilesis se marie bien avec les fougères. Adultes, les Syneilesis forment de belles touffes qui s'étendent lentement par des stolons souterrains sans devenir envahissantes. On les gardera au jardin de nombreuses années et elles ne craignent pas les grands froids. kaki dans un jardin

En sous-bois poussent de nombreux hortensias dont des Hydrangea serrata, involucrata et hirta. Hydrangea involucrata est mon grand coup de cœur de ces dernières années. Ces hortensias en provenance du Japon sont, à mon avis, promis à un bel avenir dans nos jardins. Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord leur superbe feuillage constitué de grandes feuilles très saines qui rend l'arbuste beau même en dehors de sa floraison. Ensuite, leur floraison qui intervient tard au jardin, en fin d'été et tout l'automne, à une saison où les autres hortensias sont fanés. D'ailleurs, c'était les seuls hortensias à porter encore quelques fleurs en cette fin de mois de novembre dans les montagnes du Japon. Leurs inflorescences sont constituées de fleurs bleues au centre et blanches sur le pourtour. Il est encore plus beau à l'ombre dans un sol frais.


Ci-dessus et en haut à gauche : Hydrangea involucrata. Ci-contre, H.hirta.

En lisière plus claire, on trouve du Buddleja japonica et une clématite arbustive. Sur les arbres grimpent des petits kiwis que nous goûtons, Actinidia polygama. De superbes écorces de Clethra barbinervis se détachent des autres (ci-contre). Clethra barbinervis est un superbe arbuste ou petit arbre encore trop méconnu. Si il peut atteindre 1 0 m dans son Japon natal, il restera plus modeste chez nous, entre 3 et 4 m seulement. Il a deux atouts pour le jardin : son écorce marron-rouge se détachant par plaques grises et ses nombreuses panicules de fleurs blanches très agréablement parfumées en juin-septembre. Ses feuilles prennent de belles teintes à l’automne. On trouve également des Ptelea, alangiums, Lindera, Euptelea polyandra, Stachyurus praecox ou encore des Rubus tapissants. Au-dessus de nos têtes, des arbres immenses comme ces superbes Magnolia obovata, des Pterostyrax hispida ou des Pterocarya rhoifolia.


Magnolia obovata, connu aussi sous le nom de M.hypoleuca, est un arbre

impressionnant et imposant. Dans son pays d’origine, il peut atteindre 25 à 30 m de haut ! Les vieux sujets dans nos jardins botaniques peuvent atteindre 1 0 m de haut et plusieurs mètres de large. Ses feuilles, caduques, groupées au bout des rameaux, peuvent atteindre 40 cm de long. Ses grandes fleurs blanches, parfumées, de 1 5/20 cm de large, s’épanouissent en juin.

Callicarpa japonica & Magnolia obovata Ci-dessous à gauche : Pterocarya rhoifolia. A droite, de haut en bas : Rubus crataegifolius, Alangium platanifolium var.trilobum, Stachyurus praecox.


Actinidia polygama fait partie de ces kiwis à

beau feuillage décoratif. En effet, ses feuilles allongées vertes ont le bout qui blanchit en cours de saison donnant un aspect très ornemental à l'ensemble. Ses fleurs blanches parfumées apparaissent en juin. Ses fruits, de 2 à 3 cm de long, sont très curieux. Ils sont orange vif et se terminent par une longue pointe. Ils sont comestibles. Ci-contre, cette superbe violette dont je n'ai pas encore trouvé le nom.

Nous déjeunons sur l'aire où nous avons passé la nuit puis partons sur les petites routes du parc, en direction de l'ouest en direction de la ville de Kofu. Quelques petits arrêts en route pour admirer les forêts de cryptomérias avec des miscanthus et pennisteums à leurs pieds. Nous arrivons à un col où se trouve une foule de cars et de véhicules. Le parking est l'occasion de faire une pause. Quelle surprise de découvrir, par hasard, cette magnifique vue dur le mont Fuji ! Voilà la raison de la présence de ce parking avec ses nombreux véhicules ! Nous en profitons pour faire une promenade dans les forêts alentour. Elles sont constitués de nombreux conifères et caducs dont de superbes bouleaux, peut être Betula ermanii. A noter également des sorbiers et des rosiers couverts de fruits rouges. Un panneau indique la présence d'ours.


Les 2 photos de gauche : sans doute Betula ermanii. A droite, Magnolia obovata

Betula ermanii m’avait déjà impressionné lors d’un voyage sur le mont Fuji au Japon

où se trouvent de véritables forêts d’écorces blanc pur qui peut prendre des teintes rougeâtres. Dans ces forêts, ce bouleau peut devenir un très grand arbre. Dans nos jardins, il atteindra environ une dizaine de mètres. C'est une espèce très variable au noveau de la couleur de son écorce et elle peut être presque marron.


Avant de partir au Japon, j'avais cherché quel étaient les lieux les plus réputés pour les couleurs d'érables. Toujours dans le parc de Chichibu, au nord de la ville de Kofu, se trouvent les étroites gorges de Shosenkyo. Une rivière encaissée bordée de centaines d' Acer palmatum. là aussi nous arrivons de nuit et si le temps au réveil est un peu gris, le spectacle qui s'offre à nous est époustouflant. Du jaune, de l'orangé et du rouge sur tous les flancs de montagnes et dans les gorges. Un lieu magnifique d'une belle richesse botanique où les feuillages colorés des Quercus serrata se mêlent aux écorces des Stewartia, des Clethra, des pins, des Chamaecyparis obtusa, des Acer buergerianum et des Aesculus turbinata. Au-dessus de la rivière, des kakis tortueux ploient sous le poids des fruits. Les Styrax obassia et Carpinus japonica sont immenses. Carpinus japonica est la charmille du Japon. On pourra l'utiliser en haie mais son

port d'abord dressé puis étalé fait qu'il sera vraiment exceptionnel en étant isolé. Son feuillage est superbe, composé de longues feuilles pointues fortement nervurées. Ses chatons pendants très larges sont décoratifs de la fin du printemps à l'hiver. Le charme du Japon est vraiment une très belle plante. Styrax obassia se distingue des autres espèces par son feuillage. Ses feuilles sont sans doute les plus grandes du genre (jusqu’à 20 cm) avec de grandes dents à l’apex. Il a une superbe écorce rouge-marron s’exfoliant. En juin, les inflorescences


de 20 cm portent des fleurs blanches en clochettes pendantes très parfumées. Aesculus turbinata est un grand arbre que nous avions déjà pu admirer en fleurs dans les forêts des montagnes de Nagano en juin 201 0. En culture, il peut atteindre 1 0 à 1 5 m de haut. Ses feuilles sont les plus grandes du genre et ses fleurs blanc-jaunâtre tachetées de rouge sont groupées en panicules de 1 5/25 cm de long. Les marrons sont en forme de poires de 5 cm de large. ci-contre, Carpinus japonica. Ci-dessous à gauche, Styrax obassia. Les 2 photos de droite : Aesculus turbinata.

En lisière de forêt, un arbrisseau avec de drôle de fruits, un peu comme ceux des abélias mais beaucoup plus grands. Il s'agit d'une plante méconnue dans nos jardins, le Buckleya lanceolata. Il appartient à la famille, méconnue aussi dans nos jardins, des Santalacées, celle du bois de santal, un arbre tropical. Il a des feuilles allongées et de petites fleurs vertes sans grand intérêt. Il est d'ailleurs plus décoratif à la fructification.


L'aucuba du Japon, est très présent et commun dans toutes les zones que nous parcourrons. La forme sauvage a des feuilles totalement vertes et on peut trouver des formes intéressantes avec de larges feuilles à grosses dents. Très visibles, les Callicarpa mollis portent leurs baies violettes contrastant bien avec leurs feuilles jaunes. Si leurs feuilles sont déjà tombées, on reconnaît bien les Sapium japonicum à leurs fruits. Sapium japonicum est un arbuste ou petit arbre caduc de la famille des euphorbes que l’on plantera surtout pour ses flamboyantes couleurs d’automne. Ses fleurs, jaune-verdâtre, apparaissent groupées en chatons, en juin-juillet. Ses fruits sont jaunes tachetés de marron.

ci-dessus, Callicarpa mollis ; cicontre, Sapium japonicum


On trouve également de nombreux rhododendrons à petites feuilles (azalées) dont certaines espèces portent encore quelques rares fleurs. Sur le tronc des arbres grimpent des Schizophragma hydrangeoides au feuillage vert-gris. Cette forme est appelée 'Moonlight' dans nos pépinières. On trouve aussi des Trachelospermum au feuillage décoratif. En sous-bois, une plante que j'avais rarement vue, du genre Pertya, peu connu dans nos jardins mais que nous cultivons avec succès dans notre jardin. Le genre comprend des plantes vivaces et des arbrisseaux, parfois grimpants. De la famille des asters, les inflorescences en « pompons » sont de couleur variable. Certaines plantes valent le coup pour leur feuillage seul. La floraison intervient principalement en été ou début d'automne.

Autour des rares maisons, de nombreux chrysanthèmes sont encore en fleurs et les Pseudocydonia sinensis sont couverts de gros coings jaunes. Pseudocydonia sinensis est un petit arbre de 4/6 m environ dans nos jardins qui a une superbe écorce pelant par plaques irrégulières. Au printemps, il se couvre de fleurs roses qui sont suivies en automne de gros coings jaunes très aromatiques de 1 5/20 cm que l’on utilisera en confitures ou pâte. Belles couleurs d’automne.


Pertya scandens (ci-contre) forme une base

ligneuse et peut atteindre 1 m de haut. Ses tiges portent des petites feuilles et les fleurs apparaissent en fin d'été. Ci-dessous, chrysanthèmes dans un jardin.

Nous descendons le long de la rivière où les couleurs sont toutes aussi flamboyantes les unes que les autres. Les érables du Japon ont, de plus, une superbe architecture. Mais on y trouve pas seulement des Acer palmatum et de grands Acer buergerianum dévoilent leurs belles écorces. Acer buergerianum, très commun dans l’Est de l’Asie, est un champion des couleurs automnales. Si cet arbre peut atteindre jusqu’à 25m dans son habitat naturel, il reste un petit arbre dans nos jardins où il reste parfois seulement à l’état de grand arbuste. Ses feuilles deviennent flamboyantes en automne.


Son écorce est gris-marron. Cet érable pourrait faire penser à un érable du Japon mais avec des feuilles à 3 lobes seulement. Son avantage par rapport à celui-ci -dans nos jardins- est qu’il pousse plus vite et qu’il est moins exigeant sur la nature du sol et se contentera à peu près de tout hormis un sol détrempé asphyxiant ou un sol très sec. Les hivers rigoureux ne lui font pas peur. Cet érable est très utilisé en Chine, Corée, Taiwan et Japon où il est souvent planté dans les jardins ou utilisé en bonsaï. Les chinois, coréens et japonais ont développés de nombreux cultivars.

Parmi les grands arbres assez étonnants, un houx de 1 5 m de haut au moins, Ilex macropoda (photo ci-dessous à gauche) qui a des feuilles caduques. En mai-juin, il a des bouquets de fleurs blanches le long des rameaux suivies de fruits rouges. Ses feuilles prennent de belles couleurs d'automne. Dans nos jardins, il restera plutôt un grand arbuste. Autre petit arbre au feuillage original, Lindera obtusiloba (ci-dessous à droite) de la famille des Lauracées. Ses larges feuilles sont trilobées et prennent de très belles teintes jaunes en automne. Au tout début du printemps, avant la sortie des nouvelles feuilles, apparaissent tout le long des rameaux de petits bouquets de fleurs jaunes parfumées. C’est un grand arbuste ou un petit arbre de 3 à 6 m de haut environ en culture.


Au bord de la rivière et sur les parois rocheuse, une graminée pousse en larges touffes, avec ses chaudes couleurs automnales, Hakonechloa macra. Les Hakonechloa sont des graminées basses formant des touffes compactes de feuilles retombantes. Si la forme sauvage, à feuilles vertes, n'est pas la plus utilisée dans nos jardins, vous connaissez sans doute le cultivar 'Aureola' avec ses feuilles jaunes finement striées de vert. Plantes faciles, on les utilise en isolé ou pour faire de belles bordures de massifs ou d'allées ombragées. Leur culture ne pose pas de problème en toute bonne terre de jardin pas trop sèche. Leur port léger et aérien permet de les associer à des plantes aux feuillages plus gros comme des Podophyllum, ligulaires, sceaux de Salomon ou en mélange avec d'autres plantes à feuillages fins comme les liriopes. Hakonechloa macra est l'espèce type, la sauvage, à feuilles vertes. Elle atteint, tout comme les autres variétés, 20 à 30 cm de haut pour 40 à 50 cm de large. Ses épis floraux n'ont pas un grand intérêt ornemental. En sous-bois, une plante vivace de la famille des Astéracée au feuillage décoratif, Ainsliaea acerifolia. Alors là, on parle d'un genre encore peu connu des jardiniers. Ce sont d'excellentes petites plantes d'ombre que l'on utilisera principalement pour leurs feuillages décoratifs, aux formes étranges ou parfois très colorés à la manière des cyclamens. Elles affectionnent les sols riches, drainant, frais avec cependant une bonne tolérance aux périodes de sec, en situation ombragée à mi-ombragée. Leurs fleurs sont généralement blanches, mais de petite taille et assez insignifiantes. Cela laisse toutes les possibilités d'associations avec d'autres plantes à fleurs. On jouera principalement sur les formes des feuillages. Ce sont des plantes vivaces caduques qui disparaissent en hiver. Ainsliaea acerifolia a de larges feuilles arrondies, vert clair, profondément dentées, très originales et décoratives. La plante mesure 40/60 cm en tous sens environ.


Ci-dessus à gauche : Ainsliaea acerifolia. A droite : Acer crataegifolium

Non loin de là, on observe une troisième espèce d'érable, Acer crataegifolium. C’est petit arbre de 4 m environ en culture à rameaux rougeâtres et avec des petites feuilles de 5/8 cm de long devenant jaunes à rouges à l’automne. Peu exigeant, il faut cependant faire attention aux terres trop humides et froides en hiver.

En face, de l'autre côté de la rivière, des chênes, Quercus serrata, sont flamboyants (photo ci-dessus). On trouve de nombreuses espèces de chênes au Japon dont de nombreuses à feuillage persistant. Certaines poussent tout au sud ou en bord de mer et sont à réserver aux climats doux et d'autres poussent sur les hautes montagnes et sont donc très résistants au froid. Quercus serrata est un arbre commun dans les forêts des montagnes du Japon notamment dans la région du


mont Fuji. C’est un chêne de 1 0/1 5 m de haut à feuilles caduques et dentées de 6/1 2 cm de long. Ses glands ellipsoïdes mesurent 2/2.5 cm environ. Un chêne à croissance peu rapide à planter en isolé, au soleil ou à mi-ombre, dans tout type de terres même humides. Connu aussi sous le nom de Quercus glandulifera.

Parmi les conifères, de nombreux pins et un cyprès à belle écorce, Chamaecyparis obtusa. C'est un cyprès devenant un très grand arbre. Dans nos jardins, on trouve surtout le cultivar ‘Nana Gracilis’ qui reste petit et compact pour planter en rocaille. L’espèce sauvage développe un grand tronc bien droit très utilisé au Japon dans la construction des temples car c’est un bois très résistant. Dans les arbustes, une plante herbacée grimpante de la famille des Légumineuses, Rhynchosia acuminatifolia, reconnaissable à ses fruits en courtes gousses rouges contenant quelques graines noires. Fleurs jaunes au printemps.


A gauche, un eucalyptus ? non, Clethra barbinervis ! A droite, un Stewartia parmi les érables. Ci-dessous, un petit bambou (Sasa) au bord de la rivière.

Tricyrtis sur les rochers au bord de la rivière

La faim se faisant sentir, nous remontons les gorges vers notre point de départ. Une petite échoppe propose à manger. En début d'après-midi, nous partons vers le haut des gorges qui mène à une chute d'eau et qui rejoint ensuite la route. A cet endroit, il y a beaucoup plus de monde et plusieurs boutiques de souvenirs. Mais étant un lundi, nous évitons le bain de foule du week-end. L'endroit surplombe les gorges et la vue est imprenable sur la rivière, les rochers et les chutes d'eau bordées d'érables. Vraiment un très bel endroit. Les parois rocheuses sont couvertes d' Hakonechloa, d'hostas, de lys, de petits Hydrangea hirta. Les Ginkgo biloba sont lumineux et éclairent à eux seuls toute la forêt. Le jaune de leurs feuillages contraste bien avec les feuilles déjà sèches des hêtres du Japon, le Fagus japonica. Au-dessus des chutes d'eau, des Eleutherococcus dont je ne peux déterminer l'espèce exacte en l'absence de fleurs et de fruits. L'ancien nom est Acanthopanax et vous le trouverez sans doute encore longtemps sous ce nom dans les pépinières. Ce sont des arbustes de la famille des araliacées, à savoir le lierre, le schefflera ou le ginseng. Ils ont des feuilles composées et des fleurs groupées en inflorescences terminales rondes suivies de baies noires. Ce sont de beaux et originaux arbustes.


Ginkgo biloba & Eleutherococcus

De la même famille que l' Eleutherococcus, le Kalopanax devient un bel arbre aux superbes grandes feuilles variablement découpées. Kalopanax pictus, ou Kalopanax septemlobus, est un arbre qui reste de nombreuses années au stade de grand arbuste. Il est peu ramifié et a des tiges épineuses portant de grandes feuilles lobées, caduques. En septembre, ses fleurs blanches apparaissent en inflorescences de 20/30 cm et sont suivies de fruits noirs en automne. Un superbe feuillage très « exotique ». Il atteindra 5/6 m environ dans nos jardins même si de très vieux sujets dans nos arboretums sont de véritables arbres. Nous avons déjà parlé du genre Lindera, trop peu utilisé, à mon sens, dans nos jardins. Les Lauracées sont, en effet, une famille plus connue dans nos cuisines que dans nos massifs ! En effet, qui n’a jamais utilisé de laurier-sauce ou de cannelle dans ses petits plats ? Pourtant, cette famille ne se résume pas qu’à nos papilles et elle comprend un grand nombre d’arbustes et arbres très décoratifs pour le jardin. J’aime beaucoup le genre Lindera car on y trouve des arbres adaptés aux petits jardins qui sont très décoratifs par leurs feuillages. Les floraisons sont modestes même si celles qui apparaissent avant les feuilles donnent une touche de couleur. On y trouvera des feuilles de formes originales et de très belles couleurs d’automne. Hormis quelques espèces, la plupart se montrent de plus tout à fait rustiques dans les régions froides de France. Lindera umbellata est un petit arbre à feuilles ovales tournant au jaune en automne. Les fleurs jaunes apparaissent par bouquets en avril-mai. Elles sont suivies de fruits globuleux et noirs si présence d’un pied mâle et d’un pied femelle. Lindera glauca est également un petit arbre à feuilles caduques, arrondies, qui prennent de très belles teintes orange et rouge en automne. Ses fruits sont noirs à maturité. Culture au soleil ou à mi-ombre, dans un sol frais, bien drainé, plutôt acide, en isolé ou en mélange avec d’autres arbustes.


Lindera umbellata & L.glauca

Au-dessus de nos têtes, de gigantesques Pinus densiflora. Le pin rouge du Japon forme plutôt un arbuste ou un petit arbre fortement ramifié dans nos jardins. Il s'intègre très bien dans un petit jardin et peut être utilisé en bonsaï. Il est le l'arbre symbole des préfectures japonaises d'Iwate, Okayama et Yamaguchi. Si il devient un véritable arbre dans son aire d'origine, on le gardera facilement de petite taille dans nos jardins. Son écorce est brun-rouge, et devient gris-rouge au fil du temps. Elle se craquelle en plaques irrégulières. Ses feuilles ont la forme d'aiguilles de


couleur vert vif, groupées par deux, et font 1 0 cm de long en moyenne. Les fleurs mâles sont jaune-brun, et les femelles sont rouges en groupe séparés sur les jeunes rameaux. La floraison commence à la fin du printemps. Ses fruits sont des cônes brun pâle de 5 cm de long et qui mettent 2 ans à mûrir.

Ci-dessus à gauche, un chêne à feuillage persistant. Peut être Quercus salicina. A droite, Schizophragma hydrangeoides.

On peut voir également plusieurs espèces de viornes dont le petit Viburnum erosum au feuillage bien coloré. Viburnum erosum est une viorne de taille moyenne à petites feuilles caduques devenant très rouges à l'automne. Petites fleurs blanches en maijuin suivies de baies rouges en automne. Elle atteint 1 .5 à 2 m de haut et ne devient pas trop large. Par endroits, le sous-bois est couverts de petits bambous à larges feuilles appartenant au genre Sasa. Certains ont le bord des feuilles marginé de blanc. Il s'agit sans doute de Sasa veitchii.

Ci-dessus à gauche, Viburnum erosum. A droite, Sasa veitchii.


Une plante grimpante ne passe pas inaperçue autour des troncs des arbres. Il faut dire que ses dimensions peuvent être impressionnantes. Il s'agit de Wisteria floribunda, la glycine du Japon. Wisteria floribunda a des fleurs bleu-violet et agréablement parfumées en inflorescences de 30 cm de long. Elle peut atteindre 1 0 m de haut. Pour nos jardins, il en existe un très grand nombre de variétés – notamment japonaises – à fleurs blanches, bleues, mauves, roses. La forme macrobotrys (ou ‘Multijuga’) a des inflorescences violettes exceptionnellement longues (1 m et plus !!!). Superbe sur une pergola par exemple. 'Shiro Captain Fugi' est une des plus blanches à fleurs très parfumées sur des inflorescences de 50/70 cm. (les 3 photos ci-dessous)

Ainsi s'achève la visite de ces gorges. Nous prenons maintenant la direction de l'ouest, la prochaine étape étant d'abord la région de Nagoya où nous devons visiter une pépinière puis la célèbre ville de Kyoto. Nous faisons une halte dans la région de Shinto où nous dégustons de délicieux sushis et prenons un bain japonais bien mérité ! Nous trouvons un parking pour passer la nuit dans un village de montagne, au bord d'un lac.


Dans mes catalogues de pépinières japonaises, une se trouve près de notre trajet, entre Nagoya et Kyoto. L'occasion est trop belle et nous prenons une petite route à l'ouest de Nagoya. Vraiment une petite route, qui traverse un village et où, par moments, il n'y a que quelques centimètres entre les maisons et notre véhicule. Un peu plus loin, le GPS nous indique que nous sommes à destination. Nous voilà donc en plein cambrousse, un peu au milieu de nulle part, sur une route sans issue (route de montagne barrée un peu plus haut), avec une seule maison qui à l'air plus ou moins abandonnée. Mais, sous la maison, il y a une voiture qui à l'air récente et en bonne état et, surtout, des centaines de petits pots dispersés autour et où personne n'a dû désherber depuis des lustres ! Il y en a même le long de la route, posés sur les bas côtés ou sur les murets. Mais pas âme qui vive. Marion me dit que ce n'est pas là, que c'est juste la maison d'un collectionneur. Je n'en suis pas si sûr car pourquoi un collectionneur aurait certaines plantes en 20 exemplaires ? Dans le doute, nous reprenons notre route pour aller voir un peu plus loin mais nous sommes vite stoppés car la route est fermée. Pas un habitat dans le coin. Nous en profitons pour herboriser un peu et la région s'avère être très intéressante, même en cette saison. Tout d'abord, il y a plusieurs fougères dont le superbe Blechnum nipponicum (photo en bas à gauche), aux frondes persistantes. Je ne pensais pas le trouver aussi 'haut' en altitude. Preuve qu'il est plus rustique qu'on le prétend. Cette espèce pousse dans les forêts du Japon uniquement. Ses frondes, étroites et finement divisées, sont persistantes. Une belle fougère pour les situations ombragées dans toute bonne terre de jardin. A éviter cependant dans les régions trop froides où le thermomètre descend en-dessous de -1 5°C sur plusieurs jours. On trouve également dans les sous-bois de jolis Asarum. Si beaucoup ont des feuillages très proches et sont donc impossible à identifier en cette saison sans les fleurs, celui-ci est assez particulier et il s'agit sans doute de Asarum asperum (cidessous à droite) aux feuilles vert foncé brillant marquées d'une ligne blanche le long de la nervure centrale.


Sous les immense troncs rectilignes des cryptomérias, des Lindera triloba ont le feuillage jaune vif. Lindera triloba a des feuilles qui font penser à celles de Lindera obtusiloba vu précédemment mais elles sont bien plus pointues et profondément lobées. Cette espèce est vraiment très belle. Il devient un grand arbuste de 4/5 m environ. Culture à mi-ombre ou au soleil non brulant, en sol profond, frais, fertile, bien drainé et plutôt acide.

On trouve deux espèces du genre Boehmeria, de la famille des Urticacées. Boehmeria platanifolia est une belle plante très élégante avec ses longues tiges courbées portant des feuilles arrondies de couleur vert-glauque. Longs épis blancs en été. La plante atteint 1 à 1 ,5 m de haut environ. Boehmeria spicata a des feuilles plus petites mais, contrairement aux autres, il a des rameaux ligneux et il peut devenir un vrai petit arbuste, caractère rare pour les Urticacées de climat tempéré.


sous­bois de Cryptomeria

Plus loin, une plante proche des fougères, le Botrychium japonicum (cicontre à gauche). On trouve aussi de petits arbustes comme des Eurya, des neillias et des théiers (Camellia sinensis). Avec Cryptomeria japonica, on retrouve aussi Chamaecyparis obtusa et sa belle écorce cuivrée (cicontre à droite). Nous longeons une partie de la route fermée à la circulation. Des arbustes grimpants et épineux portent de nombreux fruits, il s'agit de Caesalpinia japonica. C'est un grand arbuste de 2 m de haut environ en culture mais plus grand dans son habitat où il a tendance à être grimpant. Je me souviens des plants que j’avais déjà vu dans les forêts au Japon qui étaient couverts de fleurs jaune vif en longues grappes de 30 cm de long. C’est une très belle plante à feuilles composées mais, attention, ses


tiges sont épineuses. Floraison spectaculaire mais... il est à réserver aux jardins à climats doux... Plantation au soleil en sols même secs.

ci-contre, Cardiandra alternifolia

Les bords de route humides et situés à l'ombre sont couverts d'une élégante fougère, Adiantum pedatum (photo ci-dessous). Cette fougère a une large aire de répartition, en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) mais aussi en Asie (Chine, Himalaya, Japon et Corée). Elle pousse au sol ou sur les rochers humides, en forêt, le long des rivières, à mi-ombre. La capillaire pédalée doit son nom spécifique à la nervation de ses frondes : pedatum signifie pédalé : les nervures secondaires partent des nervures primaires, les tertiaires partent des secondaires, etc. Fougère en rosette dressée, caduque à semi-persistante avec des rhizomes courts. Ses frondes sont composées d’un limbe étalé en forme d’éventail, porté au bout d’un pétiole dressé. Elles atteignent 1 5/30 (60) cm de haut et le limbe peut faire 1 5/35 cm de large. Les frondes sont de texture fine et vert clair, mate à satinée. Les pinnules


sont lancéolées. Les pétioles et rachis des frondes sont noirs et lisses. Les spores mûrissent en fin d’été. Elle forme de touffes de 30/60 cm de haut sur 50 cm de large environ. Autre fougère très graphique et très commune, et pas seulement au Japon, Pteris cretica. Dans la nature on la rencontre en sous-bois et sur les berges de ruisseaux, souvent sur sol calcaire. Pteris cretica est dite « pantropicale », c’est-à-dire qu’on la trouve partout sous les Tropiques et régions à climat doux, sans que les botanistes aient pu déterminer sa zone d’origine. À partir de rhizomes courts et épais, les frondes sont dressées, et recourbées au bout. Rosette dense comptant jusqu’à 30 frondes. Celles-ci sont pennées à leur extrémité, et les pennes basales sont souvent re-divisées. Frondes de 0,5 à 1 m de haut dans la nature. Le limbe est vert foncé, à texture papyracée. Pétiole long (la moitié de la longueur de la fronde), glabre, beige à marron foncé. Limbe triangulaire, les extrémités des pennes retombantes. Pennes d’environ 20 cm par 2 cm, effilées au bout, finement dentées (pour les frondes stériles), et décurrentes sur le rachis à leur base (rachis ailé). Les frondes fertiles ont des pennes un peu plus fines, et apparaissent en été et automne.

Au-dessus, un genre commun au Japon, Alnus, les aulnes. Alnus hirsuta, à feuilles arrondies et grossièrement dentées. Ses jeunes feuilles sont fortement colorées de rouge. C’est un arbre pouvant atteindre et dépasser 1 0 m de haut. A planter en sol frais à humide.


ci-dessus à gauche, Alnus hirsuta et à droite Coniogramme japonica

Les coniogrammes sont des fougères que j'aime beaucoup pour leurs beaux feuillages persistants, luisants, épais, amples, parfois découpés ou 'panachés'. Coniogramme japonica pousse, comme l’indique son nom, au Japon, sur presque l’ensemble de l’archipel; mais également dans le Sud de la Corée, à Taïwan, et en Chine. Elle pousse en sous-bois de forêts humide, et forme des touffes éparses. Les frondes dressées sont largement ovales, de 35/40 cm de long, pennées à bipennées (dans leur partie basale), et recourbées à leur extrémité. Les pennes et pinnules, de couleur vert émeraude brillant, sont étroitement oblongues, effilées vers l’apex. Les sores apparaissent en fines lignes le long des nervures secondaires ; la zone stérile sur les bords est irrégulière et très étroite ou inexistante. Elle est appelée « fougèrebambou » à cause de la ressemblance de son feuillage avec celui du bambou. Dans les forêts poussent des bois-joli ou Daphne. Sans les fleurs, difficile de dire si il s'agit de Daphne odora ou D.kiusiana, deux espèces très proches. Même constat pour ce chêne persistant, qui est peut être Quercus glauca, très commun au Japon ou encore cet Elaeagnus. On trouve plusieurs espèces de 'poivriers' au Japon. Le plus commun est sans doute le Zanthoxylum piperitum qui est facilement reconnaissable à ses feuilles composées de petites folioles très serrées, souvent plus claires au centre du limbe que sur les bords, caduques. On peut récolter et utiliser ses fruits pour parfumer les plats. C’est un arbuste compact à planter au soleil ou à mi-ombre, dans toute bonne terre. Utilisable en bonsaï. note : les textes concernant les descriptions des fougères sont tirés de notre ouvrage "fougères rustiques pour le jardin", paru aux éditions Ulmer et co-écrit avec Olivier Ezavin.


ci-dessus à gauche, un Daphne et à droite Zanthoxylum piperitum

Très commune aussi, Polystichum tripteron est une fougère au frondes bien particulières. Celles-ci mesurent de 30 à 60 cm de long. Les japonais la nomme «Jûmonji-shida», fougère en forme de croix, car ses frondes sont ramifiées à la base et l'ensemble paraît une croix.

Encore une belle fougère, très graphique, du genre Dryopteris. Ce genre comprend de nombreuses espèces au Japon. Il s'agit sans doute de Dryopteris crassirhizoma, même si plusieurs espèces sont très proches. C'est une fougère à gros rhizome d'où émergent les frondes jusqu'à 1 mètre de long, disposées de manière régulière, vert clair.

Non loin de là, quelques touffes de Rohdea japonica. Les Rohdea sont des plantes vivaces à feuilles longues, persistantes et coriaces, un peu à la manière des Aspidistra, Tupistra et Campylandra. On les utilisera d'ailleurs de la même manière. Leurs fleurs sont groupées sous forme de cônes blanchâtres à la base de la plante qui sont noyés dans le feuillage et sont donc peu visibles. C'est surtout pour leur feuillage qu'on les utilisera. Ils ont l'avantage de faire des touffes bien denses toute l'année et ils ne craignent pas l'ombre dense. La forme type a des feuilles vert foncé mais il existe plusieurs cultivars panachés et donc plus lumineux. Leur croissance est lente mais la culture est facile dans toute bonne terre de jardin même un peu lourde. Une fois installées, ce sont des plantes qui supportent bien le sec. Elles ne


demandent pas d'entretien. Associez les Rohdea a des plantes à feuillage et port plus léger comme des Thalictrum ou des fougères par exemple. Enfin, les arbres les plus majestueux sont sans doute les Zelkova serrata. Leurs troncs sont magnifiques. Les zelkovas sont des proches cousins des ormes à croissance très rapide et prenant de très belles couleurs d’automne. Ce sont des arbres idéals si vous voulez avoir rapidement un bel arbre dans votre jardin. Zelkova serrata est un arbre pouvant dépasser les 20 m de haut mais restant souvent endessous dans nos jardins. Il devient tout de même imposant. Il a de très belles couleurs d’automne, un port large et une très belle écorce.

La route étant barrée, nous devons faire demitour. En repassant devant cette maison fantôme censée être une pépinière, je refais un arrêt. Je frappe à la porte mais aucun signe de vie. Collant mon oreille à l'épaisse porte en bois, j'entends comme un bruit lointain de télévision. Je trouve un maillet en bois à côté de la porte et m'en sert pour frapper à nouveau. Un homme fini par venir m'ouvrir et à l'air tout surpris d'avoir de la visite. Comme quoi, il n'y a pas que les pépiniéristes français qui finissent comme de vieux ours ! Comme souvent au Japon, l'homme ne parle pas un mot d'anglais et je sors alors mon catalogue pour m'assurer que la (très) jolie publicité en couleurs est bien sa pépinière car la ressemblance n'est pas frappante ! Et je lui demande si les plantes entassées ici un peu partout sont à vendre. Il me dit que oui. Alors c'est parti pour une heure de fouilles horticoles ! Les plantes portent de petites étiquettes manuscrites en japonais et, vue la saison, beaucoup de plantes sont au repos et donc nous sommes obligés de passer sur tous les pots 'vides'. Son épouse nous rejoint et elle comprend un peu l'anglais. Elle semble tomber de haut quand on lui dit que nous venons de France. Je pense que cette pépinière est


fermée et qu'il n'y a plus de clients depuis longtemps. La route étant de plus maintenant barrée plus haut, il ne doit plus y avoir de passage à cet endroit. Nous repartirons tout de même avec quelques petites plantes.

Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas : Sarcococca panaché, Euonymus alatus 'Nishiki', un Aster, Corète de Japon, un théier à feuilles mouchetées et un Hydrangea.


A l'origine, nous n'avions pas prévu de repasser à Kyoto. Mais finalement, nous avions envie de revenir dans la vieille ville pour y passer une soirée et, par la même occasion, retourner au jardin botanique. Nous arrivons en fin d'après-midi dans la ville et, comme à partir de 1 6h30 la circulation devient infernale dans les agglomérations, on se retrouve dans un trafic bien dense. Autre spécificité du Japon, il n'y a pas de places de stationnement le long des rues. Une vraie galère ! Il faut trouver, entre les immeubles, de petits parkings, souvent pleins et hors de prix. Il y a foule le soir dans les ruelles qui comptent de nombreuses boutiques et restaurants. De nombreuses femmes arborent le costume traditionnel. Les ruelles sombres et étroites dévoilent les maisons en bois et leurs belles devantures. Nous prenons un délicieux repas dans un petit restaurant et nous promenons dans le parc d'un temple.


La fin de soirée fut un peu plus difficile car, en ville, pas de parking aménagé pour accueillir les véhicules de nuit. Nous tournons un long moment pour finalement ressortir de la ville et nous garer discrètement entre deux maisons dans un quartier résidentiel. Une personne nous fera d'ailleurs remarquer le lendemain matin que nous n'avions pas à rester là, mais bon... Le ciel est d'un grand bleu au matin et nous revenons donc en ville pour aller au jardin botanique. Nous l'avions déjà visiter au printemps 2008. C'est un très grand et superbe jardin, très riche avec une immense serre tropicale. Ce 23 novembre est le jour de la fête du travail au Japon. A l'heure d'ouverture, le parking est déjà presque plein. Il faut dire que les japonais visitent toujours en nombre les jardins botaniques, pas comme en France... A cette occasion, l'entrée est gratuite. Une bonne surprise même si, à 2€, ce n'est vraiment pas cher pour un tel jardin. Comme je vous le disait


en introduction, parmi les incontournables de l'automne au Japon, il y a les chrysanthèmes. De nombreuses variétés sont exposées dans le jardin, du petit chrysanthème à fleurs simples aux immenses plantes aux fleurs monstrueuses. Attention les yeux !


Encore trop peu connu dans nos jardins, Aphananthe aspera (photo ci-dessous à gauche) est un arbre japonais proche des ormes et des micocouliers à feuilles caduques simples et vert clair. C'est un arbre d'une quinzaine de mètres de haut à croissance très rapide. Ses fleurs verdâtres n'ont pas un grand intérêt. Ses fruits globuleux de 8 mm sont noirs. Castanopsis cuspidata var. sieboldii (ci-dessous à droite) est un arbre persistant de la famille des chênes. C'est un bel arbre que l’on voit souvent dans les parcs au Japon ou au bord des routes. Sa floraison est impressionnante et constituée de milliers de longs chatons pendants blancs. Ses fruits sont comme des petits glands de chênes. On le plantera au soleil ou à mi-ombre en sols frais et profonds. Si le genre comprend plusieurs espèces peu rustiques, celui-ci a passé -1 8°C dans notre jardin alors qu'il était encore un jeune plant de 25 cm.

exposition de bonsaïs


Le jardin des camélias est décevant en cette saison car il n'y a quasiment que des Camellia japonica. Il faudrait donc le voir au printemps car la collection est imposante. Un seul C.japonica porte quelques fleurs. Mais on trouve de beaux C.sasanqua un peu partout dans le jardin botanique.

ci-dessus à gauche, Camellia japonica 'Kikutouji' et à droite un Camellia sasanqua

Dans le massif des plantes rares, un arbuste tout en fleurs que je suis content de voir, Chimonanthus salicifolius. Nous connaissons surtout ce genre avec l'espèce C.praecox, qui fleurit jaune en hiver (de décembre à mars), directement sur les rameaux et qui est très parfumé. Les autres espèces sont moins connues. On peut trouver le C.nitens, qui a le feuillage persistant et qui fleurit blanc au mois de novembre. Malheureusement, ses fleurs ne sont pas parfumées. Je suis content donc de pouvoir observer cette plante car, les rares fois où j'en ai vu dans les jardins en France, je ne voyais pas la différence avec C.nitens qui a des feuilles assez larges et arrondies. Or, salicifolia, signifie « à feuilles de saule » donc des feuilles plutôt étroites. J'en ai un plant dans notre jardin, que j'avais semé. Mais là aussi ma plante est du C.nitens. Donc, la plante cultivée ici a bien des feuilles étroites. C'est un arbuste bien ramifié portant des feuilles allongées réparties tout le long des rameaux. En cette saison, il porte des fleurs blanchâtres, également tout le long des rameaux. Il a un port graphique et gracieux à la fois.


Partout dans la campagne japonaise, nous pouvons voir de nombreux agrumes cultivés dans les jardins. Il y a des variétés horticoles mais le Japon compte plusieurs espèces du genre Citrus. Certaines sont très prisées et utilisées dans la cuisine. Citrus pseudo-gulgul (ci-dessous à gauche) a de gros fruits à la peau verruqueuse. Les japonais le nomme Oni-yuzu ou Shishi-yuzu. Ses fruits sont amères et ils sont utilisées pour faire des confitures ou des marmelades. Citrus tachibana (ci-dessous à droite) est originaire du sud du Japon et du sud de Taiwan. Ses fruits ressemblent à des mandarines mais sont très amères. Cette plante est intéressante à utiliser comme porte-greffe, notamment pour les citrons sudachis. De plus, sa résistance au froid est importante pour un Citrus, de l'ordre de -1 2°C.

Cleyera japonica est un arbuste ou un petit arbre de la famille des Théacées, celle

des camélias, appelé Sasaki par les japonais. C'est un arbuste au feuillage persistant, vert foncé brillant. Au printemps, il porte des petites fleurs blanches parfumées à l'aisselle des fruits qui sont suivies de petits fruits noirs en automne. Daphne odora est une espèce poussant dans les forêts de montagne du Japon. Les Daphne sont appelés « bois joli » et on connait surtout celui d’Europe, Daphne mezereum, pour son abondante floraison rose tôt au printemps. Le genre comprend des arbustes à feuilles caduques ou persistantes, avec des fleurs souvent roses mais parfois blanches ou jaunes et bien souvent très agréablement parfumées. On trouvera des espèces pour la rocaille, la culture en auges, en sous-bois, massifs, en isolé... C’est un genre très intéressant pour les jardins. Attention, toutes les parties de ces plantes sont toxiques. Il faudra bien choisir l’emplacement de votre plante car, une fois installés, les daphnés supportent mal la transplantation. Daphne odora fleurit rose en hiver. Les japonais en ont crée de nombreuses variétés comme ce 'Marginata'.


ci-dessus à gauche, Cleyera japonica et à droite Daphne odora 'Marginata'

Non loin de la grande serre, trône une superbe plante qui n'est pas du tout originaire du Japon mais d'Amérique. Il s'agit de l'imposant Dahlia imperialis. Les plants sont en pleine floraison et dépassent les 3 mètres de haut ! De quoi rendre jaloux tous les jardiniers français qui voient le leur gelé chaque année au moment de fleurir ! C'est d'ailleurs une plante très prisée des japonais puisqu'on en verra très souvent durant notre périple (photos ci-dessous et page suivante). Dendropanax trifidus est, dans nos jardins, un petit arbre au très beau feuillage vert

brillant et persistant avec des feuilles simples à trilobées. Il appartient à la famille des Araliacées, celles du lierre ou des aralias. Très décoratif toute l'année et résistant à la pollution.


Nous parlions des kakis, très décoratifs dans tout le Japon en cette saison. On peut aussi y voir une autre espèce, plus petite et bien moins connue chez nous, le Diospyros rhombifolia. C'est un petit arbre qui pourra atteindre 4/5 m environ dans nos jardins. Il doit son nom à la forme de ses feuilles qui sont plus larges vers l’apex. Il produit de petits ci-dessus, Dendropanax trifidus fruits rouge-orangé, allongés, de 2 à 5 cm, faisant penser à de petites tomates, en septembre-novembre. Les japonais l'utilisent beaucoup en bonsaï. Il en existe une variété à fruits noirs. A cultiver au soleil, en isolé, en sol frais, bien drainé, riche et humifère (ci-dessous).


érables du Japon et micocoulier de Chine en fond

La famille des Lauracées, peu commune dans nos jardins hormis pour le laurier-sauce est très présente en Asie. Si beaucoup d'espèces sont d'origine tropicale ou subtropicale, certaines espèces (comme chez les Lindera) sont adaptées à nos climats plus froids. Les Litsea sont des arbres persistants et dioïques dont la plupart ne sont pas -ou peu- rustiques. Certaines espèces sont remarquables par leurs belles écorce comme cet arbre, non étiqueté, qui doit être un Litsea coreana et que nous reverrons plus tard dans les montagnes et qui laisse penser à une rusticité certaine. C'est un arbre pouvant atteindre 1 0 mètres dans son habitat naturel avec une écorce grise pelant par écailles. Ses feuilles allongées sont persistantes. Il fleurit en été, en ombelles de 3 à 4 fleurs blanchâtres. Concernant sa résistance au froid, l'origine est déterminante puisque cet arbre pousse entre 300 et 2300 m d'altitude. Des plantes poussant à 2000 m seront plus rustiques que ceux poussant à 300 m.


Le genre Maackia comprend des arbres et arbustes à belle floraison de la famille des Légumineuses. Peu connus, ils ont pourtant un beau feuillage avec les jeunes feuilles souvent gris-argenté et des floraisons en longues panicules dressées. Le plus connu chez nous est Maackia amurensis. La photo montre Maackia floribunda (ci-dessus), un arbre avec des fleurs blanches et vertes en denses inflorescences en été. Un bel arbre à fleurs avec une écorce qui n'est pas inintéressante. Idesia polycarpa est un petit arbre peu connu du grand public. Il a de grandes feuilles cordées, brillantes, caduques, de 25 cm de long, prenant des couleurs vives en automne. Ses fleurs, vertes, ne sont pas très colorées mais apparaissent en profusion, en mai et sont parfumées. Elles sont suivies par de nombreux gros fruits ronds et orange très décoratifs en grappes pendantes de 1 0/20 cm, restant longtemps sur l’arbre. Croissance rapide, soleil non brulant ou mi-ombre, sol frais et bien drainé. Il atteint 6/1 0 m. Utilisé comme arbre d’alignement en Chine. Etant dioïque, il faut un plant mâle et un plant femelle pour avoir une fructification. tapis de ginkgo


ci-dessous à gauche, Athyrium vidalii et à droite Asplenium nidus 'Plicatum'

Nous avons vu que les jardins botaniques japonais font régulièrement des expositions sur un genre ou un groupe de plantes comme avec les chrysanthèmes. Le jardin botanique de Kyoto présente également une belle sélection de fougères japonaises (espèces et variétés horticoles). L'occasion de découvrir des espèces peu communes ou des variétés bien souvent inconnues chez nous. En voici quelques-unes.


Ci-dessus à gauche, une fougère étiquetée Colysis elliptica mais qui est en fait Pyrrosia polydactyla. A droite, Pyrrosia lingua 'Eboshi'

Ci-dessus à gauche, Pyrrosia lingua 'Hagoromo'. A droite, Pyrrosia lingua 'Ogon Nishiki'

Ci-dessus à gauche, Pyrrosia lingua 'Shishi'. A droite, Pyrrosia lingua 'Yabane fu'


Ci-dessus Ă gauche, Davallia tyermannii 'Sekka'. A droite, Lepisorus annuifrons

Ci-dessus Ă gauche, Neocheiropteris ensata'. A droite, Microsorum punctatum


En cette fin de saison, peu de plantes vivaces sont encore en 'fleurs'. Les Anaphalis sont des plantes de la famille des Astéracées dont les fleurs restent longtemps sur la plante même une fois sèches, un peu comme les edelweiss. Donc, même fanées, elles donnent encore l'impression d'être en fleurs. Anaphalis sinica est une plante très variable avec une très large répartition en Chine, en Corée, au Japon et peut être dans l'Himalaya. Elle forme des touffes de 20 à 50 cm de haut. La pleine floraison a lieu en été. Plusieurs variétés ont été décrites comme la var. viscosissima illustrée ci-dessus à gauche et qui est endémique de la province de Toshigi sur Honshu. Autre plante rare, une edelweiss dont le port est vraiment particulier. Leontopodium artemisiifolium qui est endémique des provinces du Sichuan et nord Yunnan, au bord des rivières et des forêts et dans les lieux herbeux, en montagne entre 21 00 et 3200 m d'altitude. Son feuillage est rosettes denses et velues donne un port particulier à cette espèce. Ses nombreuses tiges se lignifient. (photo ci-dessous à droite). Ces deux plantes doivent être cultivées au soleil dans un sol très drainant. Puisque nous parlons d'espèces très rares, voici un Enkianthus original et beau. Le genre Enkianthus, de la famille des rhododendrons, est bien connu des jardiniers avec l' Enkianthus campanulatus et ses clochettes roses à rouges au printemps. Enkianthus quinqueflorus a un feuillage très différent des autres, avec des feuilles coriaces, plus grandes et, surtout, persistantes. On pourrait le confondre avec un rhododendron ! Sa floraison est également magnifique, en belles clochettes blanches teintées de rose, charnues et brillantes.


Une pure beauté ! Cette plante est sans doute cultivée dans peu de jardins dans le monde et c'est bien dommage. Seul petit bémol, sa rusticité limitée à la zone 8. Mais cet arbuste doit très bien se cultiver en pot abrité en hiver. N'étant bien évidemment pas en fleurs en cette saison, la photo des fleurs est empruntée au site Davis Landscape. La serre tropicale vaut vraiment le coup. Une immense serre, très bien aménagée et entretenue avec de belles collections. L'entrée est à 2€. On y trouve de grandes salles avec des arbres, arbustes ou encore grands palmiers ; des collections de cactées et succulentes ; de nombreuses orchidées ; des expositions temporaires sur des genres comme, lors de notre passage, des Saintpaulia et des Streptocarpus. Originale, une pièce noire avec juste quelques éclairages pour montrer les plantes qui fleurissent la nuit. (ci-contre)


ci-dessus à gauche, Alpinia purpurata. A droite, Aristolochia salvadorensis

ci-dessus à gauche, Aristolochia leuconeura. A droite, Aspidistra sp.

ci-dessus à gauche, Bauhinia aureifolia. A droite, Begonia bipinnatifida

ci-dessus à gauche, Begonia breviramosa 'Exotica'. A droite, Costus arabicus 'Variegatus'


ci-dessus à gauche, Adiantum trapeziforme. A droite, Ficus aspera

ci-dessus à gauche, Hibiscus rosa-sinensis 'Cooperi'. A droite, Hoya imbricata

ci-dessus à gauche, Medinilla crassata. A droite, Nymphaea immutabilis

ci-dessus à gauche, Osmoxylon lineare 'Variegata'. A droite, Phalaenopsis gigantea


ci-dessus Ă gauche, Memecylon caeruleum. A droite, Strobilanthes hamiltonianus

ci-dessus de gauche Ă droite, Heliconia mariae, Rhododendron loranthiflorum & Barringtonia racemosa


Nous venons de voir une partie des plantes extraordinaires cultivées dans les serres. Il nous reste une grande partie des jardins extérieurs à voir. Le temps d'un petit pique-nique au soleil dans la douceur automnale et nous passons par les jardins d' Iris ensata et de pruniers à fleurs. Les bassins où sont cultivés les Iris ensata sont vidées de leur eau pour l'hiver. En effet, si ils peuvent pousser les pieds dans l'eau en été, ils ne doivent pas y rester en hiver sous risque de pourriture des rhizomes. Ce ne sont pas des iris aquatiques et ils se cultivent très bien dans toute bonne terre de jardin non trempée en été. Le jardin des pruniers doit être splendide au printemps. Il y a cependant quelques variétés à floraison automnale portant encore des fleurs.

ci-dessus à gauche, Prunus 'Kohbuku Zakura' et à droite, Prunus x parvifolia'Parvifolia' ci-dessous, P.subhirtella 'Semperflorens'

A côté, au-dessus de la collection d' Iris ensata, un magnifique sujet de Prunus spachiana 'Pendula', fortement ramifié et haubané qui oit être une merveille au printemps (en haut de la page suivante). Tout aussi graphique, Pinus thunbergii (cicontre).


La famille des Hamamelidacées est surtout connue des jardiniers avec les hamamélis ou corylopsis. Le genre Exbucklandia l'est beaucoup moins, sans doute du fait qu'il est originaire de climat plus chaud et donc moins résistant au froid. Exbucklandia populnea est un arbre aux grandes feuilles arrondies, parfois trilobées quand elles sont jeunes. En fin de printemps, inflorescences de 8 à 1 2 fleurs sans pétales donnant surtout des bouquets d'étamines. Une plante pour les climats doux. Le genre Gleditsia est connu sous le nom de févier. Ce sont des arbres aux troncs souvent épineux, de la famille des Légumineuses, aux fleurs très mellifères. Gleditsia sinensis est le févier de Chine. En automne, ils se couvre de grandes gousses noires. Il atteindra une dizaine de mètres de haut. Ses feuilles prennent des couleurs jaunes en automne. Ses fleurs ne sont pas très décoratives mais parfumées. Attention aux branches et au tronc couvert de grosses épines bien dures. Un bel arbre à croissance rapide. Soleil dans toute bonne terre de jardin même calcaire.

ci-contre, Exbucklandia populnea


Gleditsia fera est une espèce moins

connue. Originaire de Chine et de Taiwan, ses feuilles sont composées de folioles arrondies. Les épines sur son tronc et ses branches sont robustes. Ses fruits contiennent de la saponine utilisée comme savon ou insecticide. Le genre Fatsia est un petit genre arbustif de la famille des lierres et scheffleras comprenant seulement 3 espèces. Le plus connu est le Fatsia japonica avec ses grandes feuilles découpées, vert foncé brillant et persistantes. Les fatsias ont un port érigé avec de fortes tiges portant de grandes feuilles qui restent bien vertes toute l'année. Leurs fleurs, blanc-crème, En haut, Gleditsia sinensis. Ci-dessus, sont groupées en petites boules sur de Gleditsia fera. longues inflorescences. C'est surtout pour le port original, le feuillage et la floraison tardive qu'on en plantera. Ils aiment toute bonne terre de jardin. Fatsia japonica est un grand classique, très planté au Japon. La plante ne manque pas d'atouts avec ses larges feuilles persistantes et sa belle floraison en inflorescences globuleuses, blanc-crème, en automne. C'est une plante très résistante, y compris à l'ombre sèche. Il atteint environ 1 ,5 à 2 m de haut. On en trouve plusieurs cultivars au Japon. (photo ci-dessous)


Plante quasi mythique au Japon, Habenaria radiata (ci-dessus) est une orchidée terrestres des milieux humides. Ses fleurs ressemblent à des aigrettes prenant leur envol. Elles sont blanc pur, parfumées, en été et automne. La plante atteint 20/25 cm de haut. Une belle plante très gracieuse à cultiver en pot ou dans un coin d'ombre où vous l'aurez à l’œil, dans les régions douces mais fraîches et humides. Sa culture reste moyennement facile. Elle est de plus en plus rare dans la nature. Les japonais la nomment sagisou signifiant 'herbe aigrette'. Plusieurs cultivars à feuillages panachés existent mais sont très rares en dehors du Japon.

ci-dessus à gauche, Hedychium coronarium et à droite Ilex uraiensis

Les Hedychium sont de la famille des Zingibéracées, celles du gingembre. Les Hedychium ont des floraisons spectaculaires, en fin de saison et souvent très parfumées. Quelques espèces peuvent être cultivées en extérieur dans les régions pas trop froides. C'est le cas de Hedychium coronarium qui est une robuste plante atteignant environ 2 m de haut et presque autant de large. Les fortes tiges portent de grandes feuilles aux allures de plante tropicale. En fin d’été et automne, les inflorescences en haut des tiges portent de grandes fleurs blanches à cœur jaune


très agréablement parfumées. Si les tiges sont détruites en-dessous de -5°C environ, la souche résiste à environ -1 5°C avec un bon paillis. La plante aime le soleil ou une ombre légère dans un sol bien drainant mais frais. Un été chaud favorise la floraison. Toutes les espèces se cultivent facilement en pot si abrité en hiver et pas trop arrosé pendant cette période de repos. Elles sont résistantes aux maladies. Les japonais les cultivent beaucoup dans leurs jardins dans les régions où le climat le permet. Ilex, encore un genre très connu et pourtant] méconnu ! Le houx est connu de tous,

au fond du jardin, où nous allons cueillir les fruits pour les fêtes de fin d’année. Mais peu de personnes ne soupçonnent l’immense diversité des feuillages que l’on trouve dans ce genre. Il est possible de garder les petites boules rouges pour noël tout en ayant un houx qui ne pique pas par exemple. Attention car il faut souvent planter un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des fruits. Ilex uraiensis fait partie des nombreuses espèces méconnues dans nos jardins. C'est une espèce confinée sur les îles Ryukyus au Japon, dans le nord de Taiwan et dans la province du Fujian en Chine. Dans son milieu, il devient un grand arbre mais restera souvent au stade arbustif en culture. Ses petites feuilles sont persistantes (il existe des houx à feuilles caduques, dont Ilex serrata très commun au Japon). Ses fleurs sont blanches au printemps suivies de fruits rouges en automne. Je pense que c'est une espèce à réserver aux climats doux.

Keteleeria davidiana est un conifère rare avec un beau feuillage et de longs cônes

dressés. Dans son pays natal, c’est un grand arbre mais sa croissance est assez lente. Préfère un sol acide même un peu pauvre. La plante illustrée ci-dessus est la variété formosana, originaire de Taiwan.


Plus célèbres sus le nom de lilas des Indes, les lagerstroemias sont des arbustes –ou petits arbres- à la floraison abondante. Lagerstroemia indica (ci-contre) est le plus courant et les japonais en plantent beaucoup autour des maisons. C'est une plante prenant une très belle architecture avec une superbe écorce. Ses petites feuilles prennent de chaudes couleurs en automne. Sa floraison, généreuse et rose-violacé, intervient en été. C'est un arbre qui apprécie les situations chaudes et ensoleillée en sol bien drainant. Nous verrons un peu plus loin deux autres espèces appréciées des japonais.


Nous avons beau être dans un jardin, une zone cultivée et artificielle donc, plusieurs espèces sauvages y trouvent encore la place de s'y installer. C'est le cas de la plante illustrée ci-dessus, Laportea macrostachya, une plante vivace de la famille des Urticacées. C'est une plante de 40 à 80 cm de haut, portant de grandes feuilles arrondies pouvant atteindre 20 cm de long et 1 5 cm de large. Si ses fleurs sont minuscules, sa floraison reste gracieuse avec ses élégantes inflorescences de 20 à 30 cm de long en haut des tiges. Cette espèce est endémique des îles de Hokkaido et Honshu. Nous avons déjà évoqué le genre Lindera. Ci-contre, une belle espèce non identifiée. Ses feuilles, très rondes, sont originales et je ne vois pas à quelle espèce elle correspond. Dommage, il n'y avait pas de graines ! On peut également voir de nombreuses espèces de magnolias dont plusieurs qui nous sont quasi inconnues. Il est vrai que certaines ne sont pas très rustiques et sont à réserver aux climats doux. Ce n'est, bien sûr, pas la saison des fleurs mais les feuillages sont parfois tout aussi décoratifs.

ci-dessus à gauche, Magnolia chapensis, à droite Magnolia coco


ci-dessus à gauche, Magnolia kwangtungensis et à droite M.martini

Proches des Berberis par les fleurs jaunes, les mahonias s’en distinguent nettement par leurs feuillages composés et leurs ports plus raides. Certains botaniques considèrent d'ailleurs les mahonias comme des Berberis. On peut trouver dans le commerce de superbes espèces aux allures de plantes « exotiques ». Les floraisons en longues grappes sont également très décoratives. De plus, leurs feuilles restent toute l’année sur la plante. Il est dommage que de nombreuses espèces soient encore si difficiles à trouver dans nos pépinières. Le jardin botanique de Kyoto présente une belle collection malheureusement non étiquetée si bien qu'il n'est pas facile de savoir si il ne s'agit que d'espèces ou d'hybrides. On reconnaît cependant le beau Mahonia gracilipes et le fin M.eurybracteata. Mahonia gracilipes (ci-dessus),la ‘Rolls‘ des mahonias !. Il n’existe pas assez d’adjectifs pour qualifier cette espèce. Tout est superbe chez lui : ses feuilles composées couvertes d’une pruine blanche au revers et d’une couleur bleu-vert dessus ; ses fleurs, d’une couleur inhabituelle, sont rouges avec le cœur jaune, au mois de septembre-octobre. Une merveille ! De plus, ses jeunes feuilles sont fortement teintées de rouge. Les fleurs sont suivies de fruits recouverts d’une pruine bleue. A planter au soleil ou à mi-ombre, dans un sol frais et bien drainé, à l’abri des vents froids, croissance lente. Mahonia eurybracteata a de longues feuilles composées de folioles étroites. Il reste relativement petit, 1 .5 m de haut environ. Ses fleurs jaunes apparaissent en bouquets au bout des branches en automne. Feuillage et floraisons décoratifs. Moyennement rustique, ce n’est pas le plus résistant du genre. Le célèbre 'Soft Carress' est issu de cette espèce.


ci-dessus, Mahonia eurybracteata

Nous avons déjà évoqué la famille des Lauracées. Le genre Neolitsea est encore peu courant dans les jardins et ce sont pourtant de très beaux petits arbres à feuillage décoratif. Neolitsea sericea (ci-dessous à gauche) est le plus connu. Sa croissance rapide en fait rapidement un petit arbre dont les feuilles débourrent toutes velues et argentées. Il est très décoratif à ce moment là. Ses petites fleurs jaunes apparaissent en bouquets le long des branches, en automne, et sont suivies de fruits rouge vif. A planter au soleil ou à mi-ombre, à l’abri des vents froids, en toute bonne terre de jardin pas trop lourde. Très différent mais tout aussi inconnu, le genre Premna, de la famille des Labiées. Ce sont des arbustes ou des arbres. Premna microphylla (ci-dessous à droite) est un grand arbuste ou un petit arbre qui a des feuilles caduques, dentées, devenant jaunes en automne. Fleurs jaunâtres en panicules de 6/1 0 cm au printemps suivies de fruits pourpres. Il est originaire du Japon, de Taiwan et du sud de la Chine.


Vous connaissez forcément les pruniers à écorces comme le Prunus serrula et son écorce acajou. Il y a une espèce qui reste presque introuvable chez nous avec une écorce marron-rougeâtre qui pèle par plaques, le Prunus zippeliana (ci-contre). C'est un bel arbre aux grandes feuilles persistantes, vert clair brillant, de 1 0 à 20 cm de long. Ses fleurs apparaissent en longues grappes blanches au printemps suivies de belles drupes marron-noir. Un arbre au fort potentiel ornemental mais originaire des régions tempérées chaudes et donc à réserver aux climats pas trop froids. Nous en cultivons deux variétés japonaises à feuillage panaché de blanc dans notre jardin. Nous parlions des chênes japonais, en voici un autre qui a également un feuillage persistant. Quercus acuta a des feuilles vert foncé, ovales, coriaces, de 8 à 20 cm de long. Longues inflorescences pendantes au printemps. Glands ellipsoïdes de 2 cm de long. Cet arbre est très souvent planté dans les parcs et jardins au Japon. Chez nous, il est à réserver aux régions où le thermomètre ne descend pas en-dessous de -1 0°C. (photo ci-dessous)


ci-dessus à gauche, Quercus mongolica et à droite Roxa roxburghii

Autre chêne, mais caduc cette fois-ci, que les japonais appellent encore Quercus crispula mais qui est considéré comme synonyme de Q.mongolica (parfois Q.mongolica var. crispula). C'est une espèce à grandes feuilles, grossièrement dentées, de 1 0 à 20 cm de long. Il a une grande répartition et est tout à fait résistant au froid. Rosa roxburghii est un grand arbuste dense avec un feuillage décoratif composé de petites folioles. En mai-juin, ses fleurs roses sont entourées d’un gros calice très épineux et original. Elles sont suivies de gros fruits épineux très décoratifs. Arbuste érigé atteignant 2.5 à 3 m de haut à croissance rapide avec une écorce qui pèle. Beau et original, à planter au soleil.

ci-dessus à gauche, Rubus sieboldii et à droite Symplocos theophrastifolia

L'Asie compte de très nombreuses espèces de Rubus et le Japon ne fait pas exception. On peu en voir des arbustifs, des rampants ou même parfois des grimpants. Rubus sieboldii n'est pas le plus commun. C'est une espèce plutôt rampante à grandes feuilles rondes, pouvant atteindre 20 cm de long et 25 cm de large, vert brillant et persistantes. Ses fruits sont rouges. Nous avions pu trouver cette plante lors d'un précédent voyage sur la petite île de Awaji et la plante est toujours en culture dans notre jardin. Bientôt au catalogue !


Les Symplocos ne sont connus que des collectionneurs et c'est bien dommage car certains ont des ports très gracieux, d'abondantes floraisons blanches et surtout une fructification bleue très belle en automne. Si la plupart sont, hélas, à réserver aux climats doux, certaines espèces ont passé -1 8°C chez nous sans problème. Nous avons pu en voir plusieurs espèces dont ce Symplocos theopharstifolia dont les feuilles pourraient faire penser à un camélia. Au printemps, ses petites inflorescences dressées portent des fleurs blanc pur. Celui-ci sera pour les climats doux uniquement. ci-contre, une mariée dans son joli cotume traditionnel parmi les bambous Phyllostachys edulis 'Kikko'

ci-dessus à gauche,Tetradium glabrifolium et à droite Tilia miqueliana

Tetradium glabrifolium est un bel arbre cousin de l'arbre à miel (Tetradium danielli)

aux belles feuilles composées de folioles allongées, colorées quand elles sont jeunes et prenant de belles teintes à l'automne. Les jeunes rameaux sont d'un beau rouge brillant. En été, grosses inflorescences pouvant atteindre près de 20 cm de large, blanches à jaunes, mellifères. Croissance rapide et belle architecture. On trouve plusieurs espèces de tilleuls au Japon dont ce Tilia miqueliana. Ses rameaux sont velus et grisâtres. Ses feuilles, ovales à orbiculaires, de 5 à 1 0 cm de long, se colorant en automne. Il est souvent planté autour des temples.


La visite de ce jardin botanique a été très riche et nous n'avons pas tout vu mais il faut reprendre la route. Direction Kobe, d'où nous prendrons un long pont qui nous mènera sur l'île de Shikoku via la petite île de Awaji. La route est interminable en cette fin de jour férié. Les routes sont totalement bouchées, surtout aux abords de temples ou de lieux touristiques. Nous faisons donc une petite halte dans la campagne, l'occasion de voir de nouvelles plantes. Parmi celles-ci, le seul mahonia qui pousse naturellement au Japon, le Mahonia japonica. Il serait même, en fait, originaire de Chine et de Taiwan et naturalisé. Il a des feuilles de 30 à 50 cm de long. Sa floraison est hivernale. Plusieurs plants sont d'ailleurs déjà en boutons. Les plantes que l'on trouve sous ce nom dans les pépinières en Europe sont généralement fausses.


Un autre arbuste persistant, plus commun dans nos jardins, Osmanthus heterophyllus (cidessous). C'est un arbuste au port compact. Ses feuilles sont vertes et persistantes, épineuses ou non. C'est un arbuste très adapté pour les petits jardins, les bonsaïs, les jardins japonais, patios, rocailles... Sa floraison blanche est parfumée.

ci-dessus, un camélia et ci-contre une belle fougère, un Athyrium (peut être l'espèce bifrons)

Après une traversée interminable de la ville de Kobe, nous empruntons le pont reliant Honshu à Awaji puis, celui permettant de passer sur l'île de Shikoku. Shikoku est l'un des quatre îles principales du Japon. Sa superficie est de 1 8 787 km²et compte 4,5 millions d'habitants. Contrairement aux 3 autres îles principales, il n'y a pas de volcans sur Shikoku. C'est une île largement occupée par les forêts et sa flore y est très riche. Nous y avions déjà fait un rapide passage en 2008, surtout dans sa partie nord. Cette fois, nous explorerons la partie Est puis nous descendrons jusque dans le sud dans la province de Kochi, en bord de mer et où il y a également un beau jardin botanique à visiter. Nous nous éloignons de la côte en direction des montagnes. Il fait beau mais il souffle un vent violent et très frais. Comme sur Honshu, la route est ponctuée de kakis et agrumes en fruits ainsi que de camélias et Dahlia imperialis en fleurs.


Nous ferons bien sûr quelques haltes en route, en nous éloignant de la route principale. Un panneau indique des chutes d'eau non loin de là, nous bifurquons. Si nous ne trouverons jamais ces cascades, nous verrons pas mal de plantes intéressantes. Au Japon, les sites naturels ou touristiques sont généralement très mal indiqués. Si il y a un souvent un beau panneau sur les routes principales avec les indications en anglais, une fois prise la route du site en question, il n'y a plus aucun panneau. Ci-contre, Boenninghausenia japonica avec des feuilles d' Iris japonica.

Hedera rhombea est le seul lierre poussant

naturellement au Japon. Il se distingue du notre par des feuilles arrondies. Ses jeunes feuilles peuvent être lobées. Ses fleurs jaunevert sont suivies de fruits noirs.


Cyrtomium falcatum (ci-dessous à gauche) est une fougère qui a une très large

répartition géographique : Japon (du sud de Hokkaïdo aux îles Ryukyu), Corée, Chine dans les provinces de l’Est et du Sud, Vietnam et Inde. Elle est naturalisée dans de nombreux pays en Europe. On la retrouve également dans plusieurs États du Sud des USA. Elle est persistante à port en rosette évasée d’environ 60/80 cm de haut par environ 1 m de diamètre. Les frondes pennées sont largement lancéolées, de 1 5 à 60 (80) cm de long sur 1 5 à 25 cm de large avec 7 à 1 8 paires de pennes latérales, ovales à elliptiques, en forme de faux, acuminées, coriaces, glabres, vert émeraude brillant. Cette fougère est parfois présentée uniquement comme une plante d’intérieur ! Elle s’y comporte très bien, mais elle est rustique jusqu’à -1 5 °C. Elle supporte des sols lourds et des périodes de sec, et se montre indifférente à la nature acide ou calcaire du sous-sol. Nous en avons vu des formes très variables durant notre voyage.

Le genre Cinnamomum est plutôt subtropical à tropical avec, notamment, le cannelier et le camphrier. Dans les régions douces, on pourrait planter 3 espèces dont une se montre assez rustique. Ce sont de beaux arbres très aromatiques à feuilles persistantes. Cinnamomum japonicum (ci-dessus à droite) est le plus résistant au froid. C’est un petit arbre également aromatique. On le cultivera à miombre ou au soleil non brulant dans un endroit abrité des vents. Il est souvent donné pour la zone 8 mais j’ai pu tester avec succès des plantes en pot résistant à -1 5°C sans protection. Son feuillage est vert brillant et ses fleurs jaunes-vert. Belle fructification bleu foncé. Les Cardiocrinum sont des sortes de lys géants. Ce sont de plantes produisant un énorme bulbe d'où émerge une forte tige pouvant dépasser les 2m de haut selon les


espèces et portant de très grandes fleurs en trompettes. Assurément des plantes extraordinaires pour nos massifs d'ombre. Elles sont à mettre en situation ombragée, en sol frais mais drainant, acide et humifère. Cardiocrinum cordatum a des fleurs blanches en longues trompettes parfumées un peu aplaties. En fleurs, la plante atteint 1 ,2/1 ,8m environ. Les plants observés étaient en fruits, la photo des fleurs vient du site botanic.jp Camellia sinensis est le théier. Même si on ne va pas en faire une production, je trouve que c'est amusant de pouvoir cultiver un théier dans son jardin. C'est un petit arbuste qui ne dépassera guère 1 m de haut et qui déploie ses fleurs blanches en fin d'automne et début d'hiver. Ses fleurs ne sont pas les plus grosses du genre et on le dit peu rustique (z8). Cependant, j'ai des plants ont déjà passé des hivers à -1 5°C une fois bien installés dans un lieu abrité des vents froids. On le cultivera à mi-ombre ou au soleil non brûlant, dans un sol bien riche. L'origine de théier n'est pas claire. La variété sinensis vient probablement de l'ouest de la province de Yunnan en Chine et la var. assamica des régions plus chaudes du nord de l'Inde, du sud de la Chine, de la Birmanie, du Laos, Vietnam et Cambodge. Au Japon, nous en avons vu des cultures mais également des plants isolés dans les forêts. Si ils paraissent sauvages, ce sont probablement des vestiges d'anciennes plantations même si on peut imaginer qu'ils se resèment (photo ci-dessous à gauche).

Kadsura japonica (ci-dessus à droite) est une grimpante à feuilles persistantes. Il

reste donc vert toute l’année, ce qui est intéressant si on le fait grimper pour cacher un mur moche par exemple. Celles-ci sont ovales et brillantes. Ses fleurs sont originales, solitaires, pendantes, jaune pâle avec un bouquet d'étamines rouges au


centre, en juin-septembre. Elles sont suivies de baies rouges groupées en boules pendantes en automne (comme sur la photo). Mi-ombre ou soleil non brulant dans toute bonne terre de jardin riche, pas trop sèche et bien drainée. Ci-dessous, deux fougères poussant sur des roches humides. A gauche, Neocheiropteris ensata et à droite sans doute Plagiogyria euphlebia.

la récolte des kakis

Macleaya cordata est une superbe et grande vivace au feuillage décoratif lobé et

vert glauque. La plante peut dépasser 2 m de haut et ses feuilles peuvent faire 25 cm. En été, grandes panicules gracieuses de 1 5/30 cm de fleurs jaune beige. Une plante proche des pavots. Nandina domestica, le bambou sacré, est un petit arbuste au port léger très utilisé dans les jardins en Asie, en Chine et au Japon notamment. Ses feuilles composées se colorant en automne, sa floraison blanche et sa fructification rouge en automne et


hiver en font une plante très prisée. Les japonais ont crées de nombreuses variétés dont plusieurs restent quasi introuvables en dehors du Japon.

ci-dessus à gauche, Macleaya cordata et à droite Nandina domestica

Dicranopteris linearis, appelée maintenant D.pedata est une fougère très graphique

courante au Japon et dans d'autres pays d'Asie. Elle est naturalisée dans de nombreux pays au climat chaud et humide. Les japonais la nomment encore D.linearis mais il semblerait qu'il faille la considérer comme faisant partie de la grande variabilité de D.pedata. Elle peut former de grandes populations.


Nous avons déjà évoqué le genre Premna au jardin botanique de Kyoto. Voici ci-dessus le Premna japonica. C'est un grand arbuste ou un petit arbre caduc aux feuilles grossièrement dentées. Panicules de 6/1 0 cm au printemps de fleurs jaune pâle suivies de petits fruits noirs. Les japonais l'utilise en bonsaï.

Ci-dessus, les miscanthus (graminées) sont très présents au Japon. Cidessous, en cette saison, les maisons arborent des kakis qui sèchent.


Diospyros rhombifolia

Pyrrosia lingua est une fougère courante en

Chine, à Taiwan et au Japon sur les rochers secs et les murs, parfois en épiphyte et plus rarement à même le sol, du niveau de la mer jusqu’à environ 2 500 m d’altitude. Fougère persistante à frondes dressées. Longs rhizomes de 1 à 4 mm de diamètre, courant sur le sol ou un support (rocher, tronc). Frondes entières, lancéolées à oblongues, d’environ 30 cm par 5 cm. Le limbe est de texture coriace, épaisse, cassante. Le nom commun de « fougère de velours » vient de ces poils denses qui donnent un aspect velouté à la plante. Croissance vigoureuse mais lente. Cette espèce peut être cultivée dehors jusqu’à -1 8 °C environ. Elle aime les situations claires mais non exposées au soleil direct, dans un substrat très drainant, où elle sera facile à cultiver.


Camellia sasanqua est également une

espèce qui a donnée de nombreux cultivars. Pour ma part, je trouve que c’est un indispensable des mois d’octobre et novembre pour ses grandes fleurs qui s’épanouissent en cette fin de saison. Ces camélias arrivent à vous faire oublier l’arrivée de l’hiver ! Comme pour le Camellia japonica, vous pourrez trouver des variétés à fleurs roses, rouges, blanches ou encore bicolores et parfumées. Ses feuilles étant plus petites, je trouve que leur port est moins lourd que chez le C.japonica. Autre avantage dans les régions froides, ses fleurs qui s'épanouissent avant l'hiver. Chez nous, les C.japonica tiennent au froid mais les boutons de fleurs gèlent et tombent lors des hivers froids nous privant donc de la floraison. On les cultivera en pleine terre (où ils pourront atteindre 3 m) ou en pot. Beaucoup de variétés ont les fleurs parfumées. Il se taille très bien et les japonais l'utilise même en haies taillées (photo ci-dessus). Considéré comme moyennent rustique, ce camélia se montre tout de même assez solide. Durant le très étrange hiver 2009-201 0, nos camélias en pleine terre (pourtant jeunes) n’ont pas soufferts par –1 6°C. A mettre en situation mi-ombragée à l’abri des vents du nord.


Ci-dessus : sur cette photo, un panel de ce que l'on voit couramment dans les jardins en cette saison : le Dahlia imperialis, les kakis sur les arbres ou séchant sur les devantures des maisons, les ipomées encore en fleurs et les agrumes en fruits.

Nous poursuivons notre route vers l'ouest sur des petites routes tortueuses offrant, par endroits, de superbes panoramas. Sans prévoir exactement où nous allions passer, j'avais tout de même établi, avant de partir, un circuit en fonction des régions à voir pour les couleurs d'automne et dans l'espoir de trouver certaines plantes peu courantes. Parmi celles-ci, un hortensia bien particulier, originaire de Shikoku, l' Hydrangea sikokiana (qui est également signalé dans l'ouest de Honshu et sur Kyushu). Il est d’une grande originalité et fait penser un peu à son cousin américain, l’ Hydrangea quercifolia. Comme lui, il a de grandes feuilles profondément découpées qui peuvent atteindre 20 cm de long. En été, ses inflorescences blanches s’ouvrent en haut des tiges. C’est un arbuste peu ramifié à croissance lente avec une belle écorce qui pèle. A planter à l’ombre car ses feuilles brûlent au soleil. Peu courant dans nos jardins, il l'est aussi sans doute à l'état naturel et nous ne verrons que deux plants durant tout le périple sur cette île.


Dans les arbustes grimpe une aristoloche. Aristolochia kaempferi. Les aristoloches sont surtout connues du public par les grandes espèces grimpantes que l’on peut voir dans les serres des jardins botaniques. Leurs fleurs sont généralement gigantesques et étranges. Mais il existe aussi des espèces de climats tempérés que l’on peut installer dans son jardin. Ce sont des plantes grimpantes à croissance rapide et aux fleurs très originales. A découvrir absolument ! Aristolochia kaempferi (ci-dessous à gauche) est une plante très commune dans les campagnes du Japon. Il en grimpe de partout, jusque sur les grillages des bords de propriétés. Cependant, nous n'en verrons que rarement lors de ce voyage. Bien plus rare dans nos plantations, elle est intéressante par sa taille modeste (entre 1 et 3 m), ses feuilles restant tard sur la plante en automne et ses fleurs jaunes au mois de juin. Très facile, à planter au soleil ou à mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin. Faites la grimper dans un arbuste, sur un tuteur ou un grillage. Nous la cultivons en Bourgogne avec succès depuis 1 0 ans.

Ci-dessus à droite, Alangium platanifolium var. trilobum dont nous avons déjà parlé. Sur les pentes raides en forêt de cryptomérias, je suis étonné de voir de belles populations d' Edgeworthia papyrifera. Appelé également Edgeworthia chrysantha, c'est un beau petit arbuste très ramifié atteignant entre 1 et 1 .2 m de haut sur autant de large. Il est très intéressant pour sa floraison hivernale composée de bouquets de 40/50 fleurs blanches à l’extérieur et jaunes à l’intérieur qui sont très parfumées. L’arbuste est très florifère, la floraison dure longtemps (février à avril) et elle est bien visible sur les rameaux alors sans feuilles. Il ne demande pas d’entretien si ce n’est la coupe des tiges mortes sur les sujets âgés. Il n’aime pas le calcaire.


Edgeworthia en sous­bois

Nous avons déjà évoqué les genre Boehmeria, ces Urticacées que l'on peut utiliser comme plantes d'ombre dans nos jardins pour leurs beaux feuillages. Boehmeria nipononivea (ci-dessous à gauche) est une grande plante qui atteint presque 3 mètres de haut dans notre jardin ! Idéale pour donner du volume. Elle se maintient sans tuteurage. Une espèce qui donne un air exotique à nos massifs. Ci-dessous à droite, un Cirsium, en fleurs, avec un beau feuillage marqué de blanc. Ficus nipponica est un figuier grimpant. C'est une plante qui s'accroche seule sur un support, comme ici sur un tronc en forêt. Elle porte un feuillage dense, persistant, vert profond et allongé. Ses petites fleurs n'ont pas un grand intérêt mais la plante donne de jolies petites figues. Elle poussera à n'importe quelle exposition. Nous proposons cette plante à notre catalogue depuis quelques années. Mais ayant collecté les graines au sud de la Corée en bord de mer, nous pensions sa rusticité


très limitée. On le voyant ici, à plus haute altitude, en forêt tempérée, on peut espérer une résistance au froid plus grande (photo ci-contre). Nous continuons notre route qui passe par le mont Tsurugi qui culmine à 1 955 m d'altitude et se situe dans les Monts Shikoku. Son nom japonais signifie 'épée' et il fait partie des 1 00 montagnes les plus célèbres au Japon. Le temps y est glacial et son sommet est déjà recouvert d'une neige toute fraîche. Près de son sommet, il neigeote. Mais, presque arrivés au sommet après une très longue montée sur une route étroites et sinueuse, la route est fermée pour travaux. Nous devons donc redescendre toute la route pour prendre une route parallèle. En chemin, nous faisons quelques haltes. C'est sur cette montagne que nous verrons l'aristoloche ou les Edgerworthia précédemment cités. La route est déserte et on comprend pourquoi au bout d'une vingtaine de kilomètres. Elle est également barrée ! Il est incroyable que ces routes ne soient pas fermées dès le bas, dans la vallée... Nous avons vu de nombreuses routes de montagne barrées durant notre périple. Résultat, un retour en arrière de deux bonnes heures et un détour par le nord de 200 km environ ! Le genre Eurya est constitué d'arbustes de la famille des Théacées, celle des camélias. Leur feuillage est persistant et constitué de petites feuilles vert brillant. Les fleurs, souvent blanches mais pouvant aussi être roses, sont disposées le long des rameaux et ont une forme de clochettes pendantes. Ce genre peu connu des jardiniers compte tout de même plus de 1 00 espèces ! On pourra trouver le plus commun, Eurya japonica dans nos pépinières. Nous en avons vu plusieurs durant notre voyage, tous en fruits et il est impossible de déterminer avec précision les espèces en l'absence de fleurs. Sur la photo, il s'agit peut être de l' Eurya japonica mais sans certitude.


Illicium anisatum, la badiane du Japon (ci-dessus à gauche) est un arbuste à port

dense avec des feuilles persistantes et aromatiques. Il peut atteindre de 1 à 3 m. En mai, il donne de grosses fleurs blanches à jaune pâle en grand nombre mais non parfumées. Il donne des fruits étoilés qui sentent la cannelle mais qui ne sont pas ceux à utiliser en cuisine (l’anis étoilé correspond à l’espèce Illicium verum). Arbuste aromatique que l’on utilise uniquement pour l’ornement des jardins car il contient des parties toxiques. Le bois est utilisé comme encens dans les temples en Chine et au Japon. Plantation à mi-ombre, dans un sol léger, frais, acide à neutre. Résistant aux maladies. En régions froides, protéger les jeunes pieds. Ensuite, la plante est raisonnablement rustique. Un bel arbuste original. Le Japon compte de nombreuses espèces de rhododendrons. La majorité fleurissent bien évidemment au printemps mais on peut voir certaines espèces portant encore quelques fleurs en automne. L'espèce ci-dessus à droite est sans doute Rhododendron pulchrum. C'est un arbrisseau semi-persistant à petites feuilles que l'on nomme communément azalée. La coloration de ses fleurs est très variable et va du blanc au pourpre en passant par le rose et sont marquées de points rose foncé à rouges sur le pétale du haut. Plusieurs espèces de rhododendrons de ce groupe sont très plantées dans les jardins et les villes au Japon. Le lendemain, nous arrivons dans le sud de Shikoku, dans la région de Kochi, en bord de mer. Nous empruntons la route nord-sud au centre de l'île, partant de Miyoshi et passant par Otoyo. Après quelques haltes botaniques, nous ferons une première halte dans la ville de Nanoku d'où est originaire de race de poules Onagadori. Nous y reviendrons plus loin. petite halte pique-nique sur la route de Kochi


Ci-contre, un superbe Dahlia imperialis. Nous faisons un petit crochet par le Tobinosu Canyon qui est indiqué au bord de notre route principale avec un dessin de feuille d'érable. C'est une vallée étroite et encaissée avec une rivière bordée d'érables japonais entre autres. Au pied des rochers moussus pousse Ardisia japonica (ci-dessous) qui est un arbriseau rampant qui mesure 1 0/30 cm de haut seulement. Ses fleurs pendantes sont blanches à rose pâle en été et suivies de petits rouges et décoratifs en automne. La plante s'étend assez rapidement par ses stolons souterrains sans jamais devenir envahissante.

Les Lepisorus sont des fougères persistantes aux frondes simples et allongées. Elles poussent sur les rochers moussus ou les troncs d'arbres. On peut aussi les trouver sur des vieux murs en pierres. Il en existe plusieurs espèces au Japon et la plante vue (photo ci-contre en bas) est soit Lepisorus thunbergianus, soit L.onoei. Les deux espèces sont très proches et communes dans cette région. La première a des frondes plus longues que la seconde mais je ne me souviens pas de leur taille réelle.


Une plante grimpante de la famille de la vigne attire notre attention par la couleur de ses fruits mis surtout par leur taille. Il s'agit d'un Ampelopsis et ça ne peut être que A.brevipedunculata même si les fruits nous semblent particulièrement gros (photo cidessus à droite). Ampelopsis brevipedunculata a des feuilles simples et lobées et ne se développe pas trop haut. En la taillant un peu, il est facile de la contenir entre 3 et 5 m. Ses fleurs sont insignifiantes mais sa fructification vaut vraiment le détour ! Ses baies arborent une palette de couleurs aussi surprenantes qu'inattendues allant du bleu pâle au violet foncé en passant par le turquoise et le mauve. Elles ne sont pas comestibles sauf pour les oiseaux. A planter à mi-ombre dans un sol riche et frais.


Nous avons vu un peu plus haut le Nandina domestica avec ses fruits rouges. La flore du Japon note à son sujet que ses fruits peuvent être parfois blancs. Ce caractère n'est pas courant et nous en verrons un seul plant de tout le voyage (photo ci-dessous à gauche). Parmi les Rubus couvre-sol, Rubus pectinellus avec de jolies feuilles arrondies, vertes ou marquées d’une tache sombre au centre. Au printemps, ses fleurs blanches apparaissent au-dessus du feuillage. Elles sont suivies de fruits rouges. C’est une petite plante non envahissante à cultiver à mi-ombre ou en sous-bois en sol frais dans toute bonne terre de jardin. (photo ci-dessous à droite)


L'automne c'est aussi la saison des cucurbitacées qui sont en pleine fructification. Nous en verrons plusieurs espèces dont certaines à fruits colorés très décoratifs. Melothria japonica est une plante herbacée grimpante à feuilles membraneuses deltoidesovales à ovales-cordées. Fleurs blanches au printemps suivies de fruits globuleux, de 1 cm environ, d'abord verts puis blanc-grisâtre à maturité. Rubus buergeri (ci-dessous à gauche) est une autre espèce couvre-sol. Elle a de

larges feuilles qui sont persistantes (elles peuvent tomber par grands froids) et couvre donc bien le sol toute l’année. Ses fruits mûrissent tard, en fin d’automne ou dans le courant de l’hiver. Ils sont petits, rouge brillant et apparaissent en grande quantité le long des tiges. Ils sont très décoratifs. Par contre, ils sont trop petits et peu juteux pour être consommés. Plante à utiliser donc pour l’ornement, au soleil ou à l’ombre, dans toute terre de jardin. Parmi les plantes grimpantes, deux genres avec de nombreuses espèces que nous verrons tout au long de notre voyage. Le genre Smilax tout d'abord. Smilax sebeana (ci-dessous à droite) est une liane à feuilles persistantes, coriaces, arrondies, vert brillant, pouvant atteindre 1 0 cm en tous sens. Ombelles solitaires comportant de 1 7 à 56 rayons portant les fleurs et suivies de baies globuleuses bleu-noir de 7/8 mm. Autre genre de plantes grimpantes, les dioscorées. Dioscorea japonica (photo en haut à gauche de la page suivante) est une plante herbacée caduque aux feuilles allongées, de 5/1 0 cm de long, cordées à la base, prenant des couleurs jaunes en automne. Fleurs blanches au printemps.


Selliguea hastata (ci-dessus à droite) est une fougère terrestre poussant sur les

pentes ou les rochers moussus. Frondes simples, lancéolées, avec parfois un ou deux lobes latéraux à la base dont un souvent plus long que l'autre. Nous avons également vu plusieurs espèces de Deutzia. Sans les fleurs, impossible de les déterminer mais certains, comme celui ci-dessous à gauche, ont des feuilles très arrondies prenant de superbes teintes automnales.

Il y a peu de buis à l'état sauvage au Japon. On peut, par endroit, trouver Buxus microphylla var. japonica (ci-dessus à droite) qui est un petit arbuste pouvant tout de même atteindre 3 m de haut en bonnes conditions. Ses feuilles sont plus petites que celles du buis européen. Ci-dessous à gauche, une variété de camélia très plantée. A droite, forme panachée de Coniogramme japonica.


ci-dessus, dans le canyon; ci-contre, l'art de la taille; ci-dessous, fleur de théier

Heloniopsis orientalis est une jolie plante

compacte à feuilles vertes groupées en rosettes. Au printemps, émergent du centre des rosettes, des inflorescences de fleurs roses verdissant en fanant. Une plante élégante, de 1 0 cm de haut environ (ci-contre). Les Heloniopsis apprécient des sols frais, riches, humifères, bien drainés et plutôt acides. Pour bien les réussir, il leur faut un sol ne séchant pas et une ambiance fraîche.


ci-dessus, Litsea coreana, feuilles et écorce

Nous voici enfin dans le sud de Shikoku. La première halte est la ville de Nanoku pour visiter le centre consacré à la race de poules Onagadori. Cette race se distingue par ses immenses plumes de la queue. Elles peuvent être si longues

Nous voici enfin dans le sud de Shikoku. La première halte est la ville de Nanoku pour visiter le centre consacré à la race de poules Onagadori. Cette race se distingue par ses immenses plumes de la queue. Elles peuvent être si longues qu'elles sont toujours présentées sur de hauts perchoirs. Cette ville étant le berceau de cette race, nous pensions visiter un superbe centre avec de beaux sujets en volières. Quelle déception de ne voir qu'un seul sujet et, surtout, de voir leurs conditions de vie, enfermés dans des boites dans le noir. Un lieu à éviter donc d'autant que le prix d'entrée est assez élevé. Une belle arnaque !


Nous arrivons en bord de mer. Ici le temps est d'une douceur très agréable. On retrouve dans les jardins des maisons des plantes typiquement japonaises mais aussi des espèces plus « méditerranéennes » comme cet Hibiscus hamabo (ci-dessous à gauche) à réserver aux climats doux. C'est un arbuste de 2 mètres de haut environ aux feuilles arrondies, épaisses et caduques. Les fleurs sont solitaires, jaune pâle à cœur rouge. Originaire du sud du Japon et de Corée près des bords de mer. Nous passerons la soirée dans Kochi, ville côtière agréable comptant de nombreux petits restaurants très typiques (et délicieux!). Le lendemain matin nous partons visiter le Makino Botanical Garden que je voulais visiter depuis longtemps. Belle surprise à l'arrivée, il y a une exposition de cymbidiums pour encore quelques jours. Comme au jardin de Kyoto, il y a une exposition, plus petite, de chrysanthèmes japonais.


Shikoku, et la région de Kochi notamment, est une île comptant de nombreuses espèces endémiques. Callicarpa kochiana (ci-dessous à gauche) est un arbuste rare dans les jardins européens. Il a de jeunes pousses et de grandes feuilles duveteuses. Son feuillage est vraiment impressionnant et différent des callicarpas que l'on connaît. En été, nombreuses petites fleurs rose-pourpre suivies de petites baies violettes. Culture à mi-ombre dans toute bonne terre de jardin. Rusticité de l'ordre de -1 0°/-1 2°C. Nous en cultivons ici une variété à feuillage panaché. J'aime beaucoup de genre ainsliaea pour la diversité des feuillages, souvent colorés. Ainsliaea fragrans (ci-dessous à droite) est une petite plante vivace aux feuilles allongées vert-gris aux nervures vert foncé, rappelant un peu des feuilles d' Asarum ou de cyclamen. Fleurs blanches en début d'hiver sur des tiges de 45/60 cm de haut.


En plus des cultivars horticoles, le jardin présente une collection de chrysanthèmes sauvages poussant au Japon. Tous les plants sont encore en fleurs même si la pleine floraison est quelque peu passée. Une belle occasion de découvrir les espèces et variétés.

Chrysanthemum indicum / C.indicum var.iyoense

C.indicum var.procumbens / C.japonense

C.ornatum / C.pacificum


C.seticuspe f. boreale / C.shiwogiku

C.wakasaense / C.yoshinaganthum

Hibiscus makinoi est un arbuste endémique de l'ouest de Kyushu et des îles Ryukyu.

Il pousse des les plaines côtières jusque dans les zones plus montagneuses. Sous climat chaud, il peut devenir un arbre de 5 m de haut avec un tronc ligneux sinon il reste un arbuste ramifié. Ses fleurs blanches, rosées en boutons, s'épanouissent de septembre à novembre. Cette espèce est dédiée au botaniste Tomitaro Makino qui a travaillé sur 50.000 échantillons de plantes dont beaucoup sont représentés dans le "Makino's Illustrated Flora of Japan". Le jardin botanique que nous visitons maintenant porte son nom.


Le genre Asarum comprend des plantes vivaces aux fleurs bien étranges, souvent très colorées et de formes inhabituelles, qui apparaissent au printemps. Mais c'est aussi pour leurs feuillages que l'on utilise ces plantes. Souvent, ils rappellent les feuilles des cyclamens. La plus connue est sans doute Asarum europaeum, l'asaret d'Europe, que l'on trouve dans les forêts de nos pays. Il forme, comme d'autres espèces, un très bon couvre-sol persistant et rustique. Les espèces couvre-sol sont d'ailleurs les plus faciles à cultiver. Les autres espèces, qui restent en touffe dense comme de nombreuses qui vivent au Japon, sont déjà plus une affaire de jardinier expert et j'ai moi-même renoncé à en cultiver certaines. J'aime beaucoup ce genre car, entre les fleurs et les feuillages, ce sont des plantes belles toute l'année (pour les persistantes). Elles forment de superbes tapis et font merveille entre d'autres plantes ou en rocaille d'ombre où elles s'étalent entre les rochers. Ce sont également des plantes donnant de très belles potées. Je trouve intéressant de marier les asarets avec des plantes pas trop hautes comme les coptis, reineckeas, petites fougères, petits hostas, petits sceaux de Salomon, trilliums... On les cultivera en bonne terre de jardin, fraîche et bien drainée. Les japonais les utilisent beaucoup dans leurs jardins, que ce soit en massif, en rocaille ou en potées.

ci-dessus à gauche, Asarum gelasinum. A droite, A.simile

Nous avons vu un peu plus haut plusieurs espèces de chrysanthèmes en fleurs. L'automne est également la saison des asters. De la même famille, certaines variétés sont encore en fleurs même si la saison touche à sa fin. Parmi les plus remarquables, Aster spathulifolius est pour le moins original. Originaire de Corée, du sud du Japon et de l'est de la Russie, c'est une plante vivace à larges feuilles duveteuses et spatulées (d'où son nom). Ses tiges peuvent dépasser les 50/60 cm de long mais elles sont relativement rampantes pour former un tapis de 20/30 cm de haut à la floraison. En été dans nos jardins et jusqu'en automne dans son milieu naturel, ses grandes fleurs mauve pâle recouvrent la plante. Très florifère et surprenant, cet aster aime le plein soleil dans des sols bien drainants, frais à secs.


Les hivers froids ne lui font pas peur. Nous cultivons cette plante avec succès depuis plusieurs années et nous la proposons au catalogue. (photo ci-dessous)

Le genre Callicarpa est immanquable en cette saison. Nous en avons déjà vu quelques-uns précédemment. Callicarpa japonica est l'un des plus connus dans nos jardins. C'est une espèce variable et on peut trouver au Japon la forme albibaccata à fruits blancs ou la variété luxurians au très beau feuillage (photo ci-dessous à gauche). La var. luxurians se distingue par ses feuilles beaucoup plus grandes prenant de superbes teintes rouges en automne. Un superbe arbuste pour nos jardins que nous proposons depuis plusieurs années. Ci-dessous à droite, de nombreux camélias à floraison d'automne sont plantés un peu partout dans le jardin.


Au début de ce voyage, nous avons pu observer les superbes écorces de Clethra et Stewartia dans les forêts de Honshu. Nous avions également vu de très beaux lilas des Indes, Lagerstroemia indica, au jardin botanique de Kyoto. Ce genre comprend d'autres espèces malheureusement moins connues mais aux écorces tout aussi étonnantes. Leurs feuillages d'automne et leurs généreuses floraisons sont tout aussi remarquables. Lagerstroemia fauriei se distingue par ses feuilles beaucoup plus grandes que celles du L.indica, jusqu'à 1 0 cm de long et 5 cm de large (voir encadré de la photo ci-contre). Son écorce, variable, peut être remarquable quand elle est fortement teintée de couleur ocre. Il peut devenir un petit arbre bien ramifié. La floraison de la forme sauvage est blanche. Lagerstroemia subcostata est un petit arbre large

avec une belle écorce et de chaudes couleurs automnales. Lui aussi a des feuilles plus grandes que L.indica. Elles se colorent vivement en automne. En été, il se couvre de fleurs blanches. Les deux espèces se plantent en isolé afin de profiter pleinement de leur port et de leur écorce, au soleil, dans un sol bien drainant même sec et pauvre, à l’abri des vents forts. Je suis complètement émerveillé et séduit par les clématites sauvages dont la forme des fleurs ainsi que leurs coloris sont d’une incroyable diversité. Bien loin des hybrides à grandes fleurs, on y trouvera beaucoup de plantes avec les fleurs en clochettes pendantes comme des lanternes. On trouve en Chine et au Japon, une quantité phénoménale d’espèces dont beaucoup ont un intérêt pour nos jardins. Toutes ne sont pas


grimpantes et quelques-unes se comportent comme des arbustes. Vous connaissez peut être les Clematis stans ou heracleifolia qui fleurissent en fin d'été, sont légèrement parfumées et qui forment des arbrisseaux. Bien plus rare, Clematis speciosa (photo en bas de la page précédente. la photo des fleurs est tirée du site ottostorparn) est une espèce endémique des îles de Shikoku et Kyushu. En octobre, ses inflorescences portent des fleurs longuement tubulaires, de 2/2,5 cm de long, mauve pâle. Les celastrus sont des sortent de fusains grimpants que l'on plantera principalement pour leur superbe fructification d'automne très vivement colorée contrastant bien avec les couleurs du feuillage en cette saison. Leurs fleurs sont insignifiantes. Ce sont des plantes dont les tiges s'enroulent seules autour d'un support. Vigoureuses, on les laissera grimper dans un arbre, sur un support assez haut ou, sur un support plus bas, où on taillera les plantes pour les maintenir. Leurs fruits sont généralement jaunes s’ouvrant pour dévoiler leurs graines rouge vif. Il est préférable de planter deux pieds pour une meilleure fructification. Ci-dessous, des couronnes de fruits vendues dans une boutique.

La partie la plus haute du jardin comporte une zone plus sauvage où l'on peut voir des plantes locales. Au sol, de nombreuses tiges d'une clématite dont les folioles sont marquées de gris au centre. Il s'agit probablement d'une belle forme de Clematis maximowicziana (appelée aussi C.terniflora). Au-dessus, des arbustes largement ramifiés aux grandes et belles feuilles cordiformes portent des fruits. Je n'ai pas tout de suite reconnu ce genre pourtant commun en Asie mais que l'on


rencontre surtout dans les zones plus chaudes qu'ici. Mussaenda shikokiana est endémique du sud du Japon. Ses fleurs, jaunâtres, sont entourées de grands lobes pétaloides blancs.

Clematis maximowicziana / Mussaenda shikokiana

Ce jardin botanique comporte plusieurs zones dont une présentant des plantes endémiques de la région et des plantes rares. Euonymus chibai (ou chibae) est un fusain à feuilles persistantes avec des tiges quandrangulaires. Ses feuilles sont coriaces, elliptiques à oblongues, de 6/8 cm de long et 2/5 cm de large. Gros fruits globuleux, à 4 angles, en automne. Il forme un arbuste bien ramifié. Il est endémique du sud du Japon et de la Corée. (photo ci-dessous à gauche) Ficus superba var. japonica est un figuier formant un petit arbre au tronc gris-marron.

Ses feuilles sont persistantes, oblongues, de 7/1 2 cm de long. Petites figues dressées directement sur les branches. Originaire du sud du Japon près des bords de mer, de Taiwan et de Chine (ci-dessous à droite).

L'exposition sur les cymbidiums a lieu dans deux endroits différents du jardin. Il y a quelques espèces exposées en salle et en extérieur et de nombreux hybrides du Japon mais aussi de Taiwan et de Chine. Ce sont des plantes à fleurs très fines et élégantes, bien différentes de celles, tropicales, que l'on trouve chez nos fleuristes. Les japonais et les chinois en ont crée des centaines de cultivars aux formes et


couleurs variées. Ce sont des orchidées terrestres, lithophytes (vivant sur les rochers) ou épiphytes. De nombreux cultivars sont issus de certaines espèces (C.ensifolium, C.goeringii, C.sinense et C.tortisepalum) extrêmement variables. De nombreuses variantes sont le résultat d'hybridations ou d'introgression dans la nature. (Le mot introgression désigne le transfert de gènes d'une espèce vers le pool génétique d'une autre espèce, génétiquement assez proche pour qu'il puisse y avoir interfécondation. L'introgression est utilisée pour créer artificiellement de nouvelles variétés). Ce sont des plantes vivant jusqu'en moyenne montagne et elles sont donc plus résistantes au froid que leurs cousines poussant sous les tropiques. Elle pousseront bien en serre froide ou en extérieur dans les régions clémentes.


Cymbidium lancifolium (ci-dessus) et C.qiubeiense (à droite) font partie des

orchidées de culture facile et parmi les plus résistantes. En effet, elles supportent très bien un oubli d'arrosage ou d'entretien. Nous cultivons plusieurs espèces et variétés asiatiques dans notre serre froide où la température descend régulièrement à -5/-7°C. Nous les cultivons dans un substrat grossier et drainant, en situation ombragée. Elles peuvent rester plusieurs années dans le même pot et ces orchidées ne me demandent quasiment aucun suivi en culture ! On limite les arrosages en période hivernale.


Les japonais adorent cultiver les plantes dans de petites poteries. Il faut dire que ceci est rendu possible par le climat favorable, plus humide que chez nous et avec la saison des pluies en été quand les plantes ont besoin d'eau. Surtout qu'ils utilisent des substrats très drainants. Chez nous, cette technique de culture demandera un bon suivi des arrosages en été. Ce sont principalement des petites plantes vivaces qui sont ainsi cultivées mais également des arbustes qui sont ainsi nanifiés. La photo centrale (en rond) montre un Heloniopsis à feuillage panaché. Les deux autres photos sont des saxifrages. Ils sont très à la mode au Japon et on en trouve dans toutes les jardineries. Ils sont également très en vogue chez nous actuellement. On en trouve maintenant facilement d'autant qu'ils sont produits en grandes quantités grâce à l'in-vitro. Ils sont impossibles à produire en quantité de manière végétative vu leur vitesse de croissance. La culture en pot a l'avantage sous nos climats de pouvoir les abriter en hiver où ils risquent de ne pas supporter des sols trop humides en hiver.


Autre méthode prisée des japonais, les kokedamas ou culture dans des boules de mousse. Si on voit souvent de petites orchidées cultivées ainsi, ils n'hésitent pas à innover comme, par exemple, cette Hakonechloa (graminée vue précédemment, cidessous à gauche), cet ensemble de fougères (ci-dessous à droite) ou cet Ardisia, un petit arbuste portant ses fruits rouges (photo verticale). Là aussi, un « arrosage » par trempage est à suivre régulièrement.

Nous poursuivons notre visite avec la grande serre tropicale. Plus petite que celle de Kyoto, elle reste très esthétique et soignée avec, lors de notre passage, une exposition d'orchidées tropicales. La photo ci-dessous montre un grand Dendrocalamus giganteus, un bambou géant originaire de l'Asie tropicale. Si il peut atteindre 30 à 40 m de haut dans son milieu naturel, il ne pourra pas être cultivé dans nos jardins car il n'est pas résistant au froid.


vue du jardin avec la grande serre

Il reste encore beaucoup à voir dans les jardins extérieurs. Ce jardin est vraiment très riche. On y trouve une belle collection d'hortensias, que ce soit des espèces ou des cultivars japonais d' Hydrangea serrata ou H.involucrata dont nous avons déjà parlé an début de ce récit. Hydrangea involucrata 'Mihara Kokonoe' (ci-dessous à gauche) a de grosses inflorescences de fleurs doubles blanches, fanant vertes. H.involucrata var. torakensis (ci-dessous à droite) à des feuilles larges et arrondies.


Les jardins botaniques au Japon n'ont aucun complexe avec les variétés horticoles et ne se cantonnent pas qu'aux espèces sauvages. On y trouve même des variétés panachées, dont les japonais sont friands, même si elles restent minoritaires dans les collections. Par exemple, Farfugium japonicum 'Gingetu' (ci-dessous à gauche) dont les feuilles sont panachées de blanc. Le genre Farfugium ne comprend que 2 espèces et est parfois classé parmi les ligulaires. On ne trouve qu'une seule espèce en culture mais les japonais en ont crée de très nombreux cultivars. Ce sont des plantes au feuillage persistant, vert foncé brillant dans la forme type, coriace et arrondi. Les fleurs ressemblent à des marguerites jaunes de 5 cm de diamètre environ, en fin d'été et automne. Les feuilles dépassent les 20 cm. En régions froides, elles disparaissent en hiver, sinon elles sont persistantes. Je trouve cependant cette plante un peu triste pour les formes à feuilles non panachées et elles ont un aspect un peu "plastique". On la cultivera à l'ombre, en sol riche, frais et drainant mais la plante supporte cependant des périodes sèches sans problème. On peut l'associer à d'autres plantes à feuillage comme les ligulaires ou hostas mais son feuillage large contrastera bien avec les feuilles fines des ophiopogons, fougères, liriopes ou reineckeas. Farfugium japonicum (ci-dessous à droite) atteint 30 cm de haut pour le feuillage sur 60/80 cm de large environ. A éviter dans les régions très froides, z8.

Gordonia axillaris (appelé aussi Polyspora axillaris) est un arbuste ou

un petit arbre de la famille des camélias. Grandes feuilles obovalesoblongues, épaisses, coriaces, vert foncé brillant. Ses grandes fleurs ont cinq pétales blancs rappelant les fleurs des camélias. C'est une très belle plante, fleurissant longtemps en fin


d'été et automne. On ne pourra cependant planter cet arbuste en extérieur que sous climat doux. Ailleurs, culture en pot possible. Ilex warburgii (ci-dessous à gauche) est un houx originaire du sud du Japon et de Taiwan. Il a des feuilles ovales, persistantes, non épineuses. Au printemps, fleurs vertes avec de longues étamines blanches en petits bouquets décoratifs. Si il est rare en culture, il est assez commun dans son habitat. Lonicera affinis (ci-dessous à droite) est un chèvrefeuille grimpant malheureusement bien trop rare dans nos jardins. Ses feuilles vertes, de 4 à 8 cm de long sont caduques à persistantes si le climat n'est pas trop froid. En mai-juin, multitude de grandes fleurs blanches puis jaunes. Culture facile au soleil dans toute bonne terre de jardin, à l'abri des vents froids. Nous le cultivons dans notre jardin et le proposons au catalogue depuis cette année.

Plantes bien connues des rocailles, balcons, auges, potées voire toitures végétales, les orpins et ses cousins proches sont des plantes solides et peu gourmandes en eau. Orostachys japonica (ci-dessus à gauche) forme des rosettes de feuilles vert foncé très charnues. Au centre des rosettes, émergent des inflorescences dressées portant de nombreuses petites fleurs blanches. Chaque rosette qui fleurit meurt ensuite. Mais la plante en produit de nouvelles chaque année et toutes ne fleurissent pas la même saison. C’est donc une plante pérenne. Idéale en pot, balconnière ou rocaille. Plein soleil, en sol très drainant, pouvant être sec, surtout en hiver. z6


Les persicaires sont des plantes vivaces de la famille des renouées. J'utilise ces plantes pour leurs feuillages décoratifs et leur floraisons légères. Faciles et vigoureuses, elles ressortent bien chaque année. Elles se contentent d'un terre de jardin pas trop sèche et fertile. Ce sont des belles plantes de sous-bois à planter en compagnie d'aconits, isodons, épimèdes, Actaea, strobilanthes. Persicaria chinensis (photo en bas à droite de la page précédente) est une plante vivace vigoureuse à feuilles lancéolées à elliptiques, de 5/1 6 cm de long. Sa floraison blanche à rose dure longtemps, de la fin de l'été à la fin de l'automne. Elle peut atteindre 1 mètre de haut. Beaucoup plus connue, Persicaria capitata (ci-dessus) est une plante basse, couvre-sol, qui forme de larges tapis surmontés, durant des mois, de pompons blancs à rosés. Ces deux espèces se cultiveront au soleil non brûlant ou à mi-ombre, en sols pas trop secs.

Phaius flavus est une orchidée terrestre à grandes et larges feuilles pouvant faire

penser à celles des aspidistras. Elle a de grandes fleurs jaunes avec le labelle marginé de rouge. La photo ci-dessus à gauche montre la forme punctatus dont les feuilles sont mouchetées de points jaunes. Une orchidée pour climats doux ou à cultiver en pot. Ci-dessus à droite, Phyllostachys makinoi est un bambou dédié à Makino dont nous avons déjà parlé. C'est un bambou de taille moyenne, tout à fait rustique chez nous. Le jardin possède une très belle collection de chênes, dont de nombreux persistants. La plupart sont très rares en culture. Plusieurs espèces sont moyennement rustiques chez nous, ce qui explique qu'on ne les trouve pas facilement dans les pépinières. Parmil es espèces illustrées ci-après, le Q.glauca et Q.phillyreoides sont cultivés dans notre jardin et ont passé -1 8°C.


Quercus acuta / Q.glauca var.amamiana

Quercus hondae / Q.phillyreoides (Variegata)

Quercus sessilifolia / Q. x takaoyamensis

Comme vous l'avez sans doute remarqué, c'est la pleine saison pour observer les arbres et arbustes avec leurs fructifications. L'arbuste suivant est couvert de gros fruits noirs. Il n'est pas étiqueté. Avoir quelques recherches, il s'agit d'une plante de la grande famille des Rosacées, un Rhaphiolepis indica var. umbellata. C'est un arbuste dense atteignant 1 ,5 m environ en tous sens. Ses feuilles sont persistantes, arrondies et épaisses. Sa floraison, blanche teintée de rose, est abondante. A cultiver au soleil en sol bien drainé. Résistance au froid de l'ordre de -8/-1 0°C environ.


Rhaphiolepis indica var.umbellata / Rhododendron dilatatum var.decandrum

Rhododendron dilatatum var. decandrum est un arbuste de 1 ,5 à 2 m de haut, à

petites feuilles groupées par trois autour des rameaux. Ses fleurs, terminales, de 3 à 4 cm, sont violacées et apparaissent au début du printemps. Nous avons la chance de voir ici une petite remontée automnale. Il est endémique de Shikoku et Kyushu. Rhododendron tosaense est endémique du sud du Japon. C'est un arbuste caduc à semi-persistant à petites feuilles se colorant en automne. Ses fleurs sont rose-violacé au printemps. Ci-contre, un bel exemplaire taillé et cultivé en pot, avec ses couleurs automnales.

Nous avons vu précédemment la fructification de Rosa roxburghii. Ci-dessus à droite, Rosa bracteata a également de gros cynorhodons. Il est originaire de Chine, de Taiwan et du sud du Japon. C'est un grand arbuste qui garde ses feuilles en hiver si il ne fait pas trop froid. Fleurs blanches, simples, de 5/7 cm de diamètre, au parfum de citron. La floraison dure longtemps. Le calice est entouré de grandes bractées, d'où son nom. Peu connu, Rubus nesiotes -endémique du Japon- forme un arbuste étalé aux feuilles simples, vert brillant et sans doute persistantes. Je ne l'avais jamais vu auparavant, alors nous allons le tester dans notre jardin !


Rubus nesiotes / Sarcandra glabra

Sarcandra glabra forme plus un arbrisseau qu'une plante vivace car sa base se

lignifie. De la même famille que les chloranthus, ses feuilles sont, à contrario, persistantes. Elles sont vert brillant et dentées. Au bout des tiges au printemps, inflorescences de petites fleurs blanches et vertes. C'est sa fructification, rouge, qui est bien visible et décorative à la manière des boules de houx. Il est d'ailleurs très décoratif en hiver. En Asie, les feuilles servent à aromatiser certains thés. La plante atteint 50/60 cm de haut. Elle est très utilisée dans les jardins au Japon. Là bas, c'est une plante qui appelle le bon présage (grâce à ses fruits rouges), pour la nouvelle année. Elle est également utilisée comme décoration pour le Nouvel An dans les maisons japonaises, que ce soit en bouquet traditionnel, en ikebana ou en kokedama. Culture en pleine terre ou en pot, en situation ombragée, dans toute bonne terre de jardin. Rusticité de l'ordre de -1 5°C. Sapium sebiferum (ci-dessous) est un petit arbre de 3/5 m environ en culture dans

nos régions avec des feuilles caduques de forme originale et prenant de très belles couleurs d’automne. Sa floraison se fait en chatons jaunâtres en juin suivies de fruits blancs en automne. J’ai toujours considéré cette plante comme peu rustique et elle est d’ailleurs souvent notée comme telle jusqu’à ce que je trouve un beau sujet au jardin botanique de Besançon. A protéger les premières années. z7. Les botanistes lui ont récemment changé le nom en Triadica sebifera.


La spirée du Japon, Spiraea japonica est une espèce commune, y compris dans nos jardins. Bien différente au niveau du feuillage, la var. tosaensis est endémique de la région (Tosa est une petite ville non loin de Kochi). Ses feuilles sont plus étroites et allongées, non dentées. Elles feraient presque penser à certains Daphne. (ci-dessus à gauche) Les strobilanthes sont des plantes vivaces de sous-bois de la famille des acanthes. Ce sont des plantes intéressantes par leur profusion de grandes fleurs, bien souvent en longs entonnoirs bleutés, courbés et dressés, à la manière d'un phonogramme. D'autres espèces ont les fleurs blanches. Celles-ci apparaissent en fin d'été et perdurent tout l'automne. De culture facile, peu exigeantes, robustes et de croissance rapide, ces plantes sont à essayer absolument au jardin d'ombre. Elles se contentent d'une bonne terre de jardin pas trop sèche. Il sera intéressant de les mélanger avec des espèces printanières. Elles supportent la concurrence des racines et peuvent donc être plantées au pied des arbres et arbustes. Ce sont des plantes plutôt érigées mais il y a quelques esceptions. S.rankanensis, par exemple, est une plante basse, rampante originaire de Taiwan (très souvent fausse dans le commerce d'ailleurs...). Sans doute encore inconnue en culture chez nous, S.wakasana est une plante rampante à petites feuilles duveteuses. Ses fleurs bleuviolacé, de 2,5/3 cm de long, apparaissent de juillet à novembre. Elle est endémique du Japon et n'a été découverte qu'en 1 993. Son nom japonais est 'yukimi-bana' qui signifie, à peu près, 'fleur des neiges'. (ci-dessus à droite et ci-dessous)


Symplocos kuroki / Symplocos sawafutagi

Les Tricyrtis ont quelque chose de fascinant dans la complexité des fleurs et leurs coloris variés et vifs. Beaucoup y voient des fleurs d'orchidées. Ce sont des plantes caduques qui forment, avec les années, de belles touffes bien denses. Leurs floraisons s'échelonnent de l'été jusqu'aux gelées d'automne et certaines plantes restent en fleurs durant plusieurs semaines. Les Tricyrtis apprécient les sols pas trop secs, fertiles et bien drainés en situation ombragée. Tricyrtis perfoliata (ci-contre) n'a pas besoin d'être en fleurs pour être beau. Son port est particulier et très graphique. C'est une superbe et élégante espèce japonaise aux tiges courbées portant de longues feuilles vert brillant, traversées par la tige, d'où son nom. En été et début d'automne, grandes fleurs jaune vif.

Viburnum sieboldii est une viorne que

j'aime beaucoup. C'est un grand arbuste, qui a de grandes feuilles caduques prenant de belles teintes à l'automne. En avril-juin, ses petites fleurs blanches apparaissent en larges inflorescences qui dégagent un parfum de citron. Si elle n'est pas très répandue dans nos jardins, cette viorne n'est pas très rare. Il existe une variété originaire du Japon que je cherche depuis longtemps. La var. obovatifolium est tout à fait remarquable avec ses grandes feuilles rondes pouvant atteindre 25 cm. Ne ne verrons malheureusement qu'un seul plant, dans le jardin botanique, ne portant pas de graines... (ci-dessus).


Les Veronicastrum sont des plantes vivaces surtout connues par les grandes espèces à port très vertical donnant de longs et fins épis de fleurs en été. Ont les trouve couramment dans les jardineries. Mais le genre comprend aussi quelques espèces natives des forêts et qui font de bonnes vivaces faciles à l'ombre. Ce sont des plantes à longues tiges retombantes ou rampantes et on les utilisera comme couvre-sol au pied des hautes vivaces ou des arbustes. Elles sont florifères mais leurs inflorescences sont moins impressionnantes que celles de leurs cousines de soleil. Veronicastrum tagawae a des tiges arquées. En été, elles portent de petites inflorescences dressées pourpres. (ci-dessus à gauche) Viburnum japonicum est une viorne à beau feuillage persistant vert brillant. C’est un

arbuste atteignant 1 .5 à 2.5 m de haut. Ses fleurs blanches sont très parfumées, en avril-mai. Elles sont suivies de fruits rouges en automne (ci-dessus à droite). Un bel arbuste utile pour son feuillage persistant et son parfum. Soleil ou mi-ombre, à l’abri des vents froids, dans toute bonne terre de jardin bien drainée. Son principal handicap semble être sa rusticité limitée à -1 5°C environ. Après le repas, nous reprenons notre route. La prochaine étape est la côte ouest de Shikoku afin d'y prendre un ferry pour aller sur Kyushu. En chemin, je prévoie de passer par le village de Omogo, et le lac du même nom, dans la province de Ehime, région très boisée et peu habitée où nous étions rapidement passés il y a 8 ans. Nous passerons près du Mont Ishizuchi qui est un volcan situé près de Saijō et Kumakōgen. Il fait partie des 1 00 montagnes célèbres du Japon. Un Arisaema y est d'ailleurs endémique, Arisaema ishizuchiense. Nous ferons halte pour la nuit non loin d'Omogo. Le lendemain matin, nous nous réveillons pour la première fois avec la pluie. Le ciel, bien bouché, nous privera de la vue sur les sommets environnants. Nous prenons tout de même la direction d'Omogo et de son lac (artificiel).


Autour de Kochi, vue du jardin botanique

Nous faisons une première halte où nous ne trouverons pas grand chose d'exceptionnel hormis cet immense Zanthoxylum. Haut de plus de 1 0 mètres, ses feuilles ne ressemblent pas à Z.ailanthoides que nous pouvons trouver dans quelques rares collections et qui, lui aussi, peut devenir un véritable arbre contrairement aux autres espèces du genre qui restent arbustives. Son tronc est magnifique et il porte de grandes feuilles composées avec de grosses infrutescences. Il s'agit de Z.fauriei (ci-contre). C'est une espèce signalée comme rare dans la flore du Japon. Tous les fruits sont déjà tombés et il nous faut fouiller longuement le sol pour y trouver quelques rares graines. C'est en tout cas une belle trouvaille. Un peu plus haut, un beau petit arbre en fruit, Euscaphis japonica. C'est une plante étrange. C’est un grand arbuste ou un petit arbre à feuilles composées, brillantes et caduques dont les fruits ressemblent à s’y méprendre à ceux des fusains. Pourtant, cet arbre fait partie de la famille des Staphylea (les fusains ont des feuilles simples).


Ses fleurs jaunâtres sont petites mais groupées en grosses inflorescences audessus du feuillage. Ses fruits sont roses et s’ouvrent pour dévoiler leurs graines noir brillant. C’est une belle espèce très décorative en automne. Sa croissance est rapide. Son écorce est violet-marron striée de blanc. A planter au soleil ou à miombre dans tout type de sol, tolère le sec. J’ai été agréablement surpris de sa rusticité, z6 (ci-dessous à gauche).

La petite route s'enfonce dans les montagnes. Il y a de moins en moins de villages, la nuit tombe. Un petit bain ne nous ferait pas de mal. Nous trouvons un onsen niché dans une vallée étroite. Zut, il y a plein de monde ! Mais quel plaisir d'être dans l'eau très chaude, en plein air la tête au frais, avec vue sur les montagnes ! Le lac Omogo est baigné dans la brume qui s'accroche à la cime des arbres. Atmosphère étrange mais si souvent observée en Asie. La région est vraiment loin de toute ville et couverte de forêts (photo ci-contre).


Il y a des forêts tout autour du lac. Mais celles-ci sont couvertes de bambous nains (du genre Sasa) au sol empêchant d'y trouver de nombreuses plantes. C'est souvent le cas dans les montagnes d'altitude au Japon. Nous trouvons cependant un Tripterospermum en fruits. Les Tripterospermum sont des gentianes grimpantes vivant dans les forêts denses de l'Asie. Caduques, elles émettent à chaque nouveau printemps de fines tiges qui s'enroulent autour d'un support (tuteur, branches d'arbuste...). En été ou automne selon les espèces, elles portent de grandes fleurs tubulaires violacées. La ressemblance avec les fleurs de gentianes est frappante. Bien rustiques, ce sont des plantes qui aiment les sols frais, humifères, bien drainés, plutôt acides à neutres. Ce sont des plantes qui ne prennent quasiment pas de place en largeur. On pourra donc facilement les incorporer parmi les autres plantations en prenant soin de placer un petit tuteur en bambou pour que ses tiges puissent s'y enrouler. On peut également les planter au pied d'un petit ligneux. Tripterospermum japonicum a des fleurs campanulées mauve pâle à pourpres en été et début d’automne. Elles sont suivies de baies rouges. (ci-dessous à gauche). Cornus controversa, appelé cornouiller des pagodes (ci-dessous à droite), est un

must pour tout jardin disposant d’un peu de place. Au Japon, nous avons pu le voir régulièrement dans les forêts qui avoisinaient les 1 5 m de haut ! Les japonais l’utilisent d’ailleurs beaucoup dans leurs jardins. Chez nous, il deviendra un grand arbuste ou un petit arbre de 5 à 8 m selon les conditions. Il se couvre de fleurs blanches en juin mais c’est surtout pour son port très étagé et particulier qu’on le plantera. En effet, ses branches partent à l’horizontale. C’est pour cette raison qu’il faut le planter en isolé où il pourra prendre toute sa splendeur. Belles couleurs automnales. A planter au soleil ou à mi-ombre dans toute bonne terre pas trop sèche, acide à neutre. Très rustique, z5


Euonymus alatus est un fusain facilement reconnaissable par ses rameaux

fortement ailés. On l’appelle d’ailleurs fusain ailé. C’est un petit arbuste au port très compact et qui atteint entre 0.5 et 1 .5 m de haut (parfois jusqu’à 2 m). Ce fusain est une espèce bien adaptée aux petits jardins, potées ou rocailles. Il est flamboyant à l’automne avec ses petites feuilles rouge foncé. Durant la même période, ses fruits rouges s’ouvrent pour dévoiler les graines couvertes d’un arille orange. Plantation au soleil dans un sol pas trop sec. Supporte un peu de calcaire et un sol assez pauvre. Il faut faire attention car leurs fruits sont toxiques. Très rustique, z3 (ci-dessous à droite) Ci-dessous à gauche, érable du Japon...

Tout au long du voyage, nous avons vu plusieurs espèces de chalefs ou Elaeagnus. Aucun ne portait des fruits jusqu'à aujourd'hui. Elaeagnus multiflora est aussi nommé Goumi du Japon. Très utilisés en haies dans nos espaces verts, j’avoue ne pas m’être intéressé de près aux chalefs avant récemment. Il faut avouer que certaines espèces, laissées avec leur forme naturelle, forment de grands arbustes aux fleurs très parfumées. Celui-ci peut atteindre 3 m de haut et a des feuilles caduques. Ses fleurs, jaune pâle, ne sont pas particulièrement décoratives mais elles dégagent un fort et agréable parfum en mai. Elles sont suivies de fruits rouge-marron, comestibles, que l’on pourra utilisés en gelées ou en sirop. Il peut être planté en sols très pauvres et secs (talus par exemple). z6 (ci-dessus à gauche)


Rubus pectinellus est une espèce naine couvre-sol avec de jolies feuilles arrondies,

vertes ou marquées d’une tache sombre au centre. Au printemps, ses fleurs blanches apparaissent au-dessus du feuillage. Elles sont suivies de fruits rouges. C’est une petite plante non envahissante à cultiver à mi-ombre ou en sous-bois en sol frais dans toute bonne terre de jardin. (photo en bas à droite page précédente). L'automne est aussi la saison des asters. Aster ageratoides est un aster vigoureux qui produit une multitude de petites inflorescences blanches à mauve pâle dans la deuxième partie d’été et en automne. C'est une espèce très variable à large répartition et de nombreuses variétés ont été décrites. Culture en plein soleil ou à mi-ombre dans toute bonne terre de jardin pas trop sèche. (ci-dessous)


Acer palmatum

Nous arrivons sur la côte nord-ouest de Shikoku et longeons la mer plein ouest afin d'aller prendre un ferry qui nous mènera, en 70 minutes, sur Kyushu. Le nombre de jours restants étant compté, nous resterons dans la moitié nord de l'île. Dans un premier temps, cap sur le mont Aso, un immense volcan encore en activité. C'est le plus vaste du Japon et un des plus actifs. Son cratère compte parmi les plus larges du monde. Du fait de sa fréquentation et de son activité, il présente un risque géologique majeur. Il culmine à 1 592 mètres d'altitude. Ce complexe volcanique regroupe en fait une quinzaine de cônes volcaniques au sein d'une caldeira de 25 km sur 1 8 km.

La mer au nord de Shikoku et embarquement sur le ferry pour Kyushu

Cette dernière contient entre autres la ville d'Aso. On estime que la population qui habite dans cette zone s'élève à 1 00.000 personnes. Parmi tous les cônes volcaniques, les plus grands sont le Naka-dake (1 506 mètres, le plus actif dans les temps historiques), le Taka-dake (le plus élevé, qui culmine à 1 592 mètres), le Nekodake (1 408 mètres, estimé le plus ancien), le Kijima-dake (1 270 mètres), le Naraodake (1 331 mètres) et le Eboshi-dake (1 337 mètres). Ce volcan présente sur ses flancs plusieurs sources thermales. Le Naka-dake a un cratère d'environ 600 mètres de diamètre et 1 60 mètres de profondeur. Il contient un lac acide de couleur verte, qui se vidange parfois lors d'éruptions magmatiques. Ce cratère émet de nombreuses fumerolles (source Wikipedia). C'est d'ailleurs le cas lors de notre arrivée et il est interdit de s'approcher du cratère. Il faut rester à bonne distance. Nous ne pouvons donc prendre le téléphérique qui permet de surplomber le cratère


et son lac vert. La zone a été secouée par un fort séisme en avril 201 6 et plusieurs routes sont encore effondrées et les bâtiments (restaurants, musée du volcan, boutiques) portent encore les stigmates des secousses. Il fait un temps superbe mais il souffle à cette altitude un fort vent glacial. Ici la végétation se résume à des tapis de miscanthus. On y trouve quelques rares arbustes plus ou moins rabougris.

Nous longeons donc une crête offrant une belle vue sur le volcan mais il fait si froid et le vent nous fouette tant le visage que nous allons, au chaud, visiter le musée du volcan. Nous en profiterons pour planifier la suite des lieux à voir dans la région. Parmi les rares plantes observées sur ces sommets, Ilex crenata qui est un petit houx dense avec de petites feuilles rondes non épineuses. C’est un arbuste commun au Japon et idéal pour la culture en bonsai. Sa croissance est lente et il peut


atteindre 2 à 3 m de haut en de nombreuses années. Ses fruits sont noirs, sur les pieds femelles. Se prête bien à la taille (en nuage ou en haie basse taillée en remplacement des buis par exemple), port assez érigé et évasé. Culture en haie, isolé, en pot, en bord d’allée. Soleil ou mi-ombre, en sol fertile, riche, bien drainé et non calcaire (ci-dessous à gauche).

A de nombreuses reprises durant le voyage, nous avons vu des Pieris, arbustes de la famille des bruyères et des rhododendrons. Aucun n'était en fleurs puisqu'ils fleurissent au printemps. Cependant, j'ai été étonné de voir de beaux plants couverts de boutons roses sur le mont Aso. Pieris japonica est un arbuste dense de 2/3 m de haut à feuilles persistantes. On l’appelle Andromède du Japon. Ses jeunes feuilles sont rouge brillant au printemps. En avril, de longues inflorescences pendantes portent des fleurs roses en boutons puis blanc pur en clochettes. L’arbuste est très florifère et égaie à merveille un coin sombre du jardin. En effet, il supporte l’ombre ou la mi-ombre. Il supporte aussi le soleil non brulant. Il aime les sols riches, frais, plutôt acides. z5 (ci-dessus à droite)


champ de miscanthus

Nous redescendons du mont Aso. Au bord des routes, les forêts de cryptomérias sont très riches en sous-bois. Si beaucoup de plantes herbacées sont déjà au repos, on y trouve de nombreux Arisaema en fruits ainsi que des arbustes, des petits arbres et des grimpantes. Les alangiums sont des arbres encore trop peu connus dans nos jardins. Pourtant, ils ont quelques atouts comme leur croissance très rapide, leurs feuilles amples de formes très variables et leur floraison parfumée en été. Alangium platanifolium est l’alangium à feuilles de platane, à fleurs parfumées, blanches, en juin-juillet. La photo ci-dessous à gauche montre le vrai, à feuilles profondément échancrées. C'est un arbre variable au niveau du feuillage. En Europe, les plants vendus sous ce nom sont souvent faux et correspondent à l'espèce A.chinense ou à des variétés comme celle vu précédemment.


En lisière de bois pendent de nombreux fruits orange dans les ramures des arbustes. Il s'agit d'un Trichosanthes, une plante de la famille des courges, les Cucurbitacées. Pas facile de déterminer l'espèce en l'absence de fleurs. Les fruits de la photo en bas à droite de la page précédente correspondent peut être à T.multiloba. Nous partons au nord vers la petite ville de Oguni. En chemin, nous faisons une halte vers une rivière encaissée avec de belles chutes d'eau. L'occasion aussi d'admirer un énorme Ginkgo biloba, impressionnant par la taille de son tronc. Étonnamment, alors que tous les ginkgos vus lors de notre périple arboraient de vives couleurs, celui-ci (un pied femelle) a déjà perdu toutes ses feuilles.


Aucuba japonica en sous-bois de cryptomérias

Au-dessus du profond canyon poussent de superbes houx à grandes feuilles. Ilex latifolia est un houx vraiment imposant par ses immenses feuilles épaisses et coriaces, légèrement dentées. Celles-ci atteignent 30 cm de long ! Ce houx japonais devient un véritable petit arbre de 4/5 m de haut (jusqu’à 1 0 m dans son pays natal). En automne, profusion de fruits rouges persistant longtemps. Soleil ou mi-ombre, en sols frais et bien drainés mais résiste bien au sec une fois installé. Plante impressionnante. Malgré son aspect un peu 'exotique', ce houx ne craint pas du tout le froid et nous le cultivons avec succès depuis 1 0 ans. z6 (ci-dessous)


Des fougères poussent sur les troncs d'arbres audessus de la rivière et profitent de l'humidité ambiante. Lemmaphyllum microphyllum (ci-contre) est une fougère à frondes persistantes, orbiculaires à elliptiques. Les frondes fertiles, portant les spores, sont largement linéaires à étroitement oblancéolées. Elle pousse sur les rochers et les troncs d'arbres en basse montagne. Commune au Japon, on la trouve également en Corée et à Taiwan.

Quercus glauca est un chêne à feuilles

persistantes. Celles-ci sont épaisses, coriaces, vert foncé dessus et glauques dessous, de 8/1 0 cm de long. Son écorce brun-noir se fissure avec le temps. Un très beau chêne d’ornement, décoratif toute l’année, à croissance lente. Il restera longtemps un arbuste avant de devenir un petit arbre. A planter dans toute bonne terre de jardin non calcaire, à l’abri des vents froids. z7


Nous prenons la direction de la source de la rivière Yamabuki. L'endroit est signalée sur les cartes touristiques. Pour autant, le lieu est désert et un petit chemin remonte le cours d'eau jusqu'à sa source. Un petit coin sauvage et paisible. Le sous-bois est très humide -voire sous forme de prairie inondée par endroits- et on peut y voir de nombreuses plantes. Sur le talus ensoleillé en bord de route fleurissent des gentianes. Gentiana scabra var. buergeri est une vivace formant de belles touffes de 30/50 cm de haut portant de septembre à novembre, de grosses fleurs bleues en clochettes. A planter en plein soleil dans un sol bien drainé et acide mais restant frais à pas trop sec. C'est une gentiane commune au Japon. (ci-dessous à gauche)

Orixa japonica est un arbuste peu connu aux feuilles ovales, caduques et vertes,

tournant au jaune en automne. Son port est très ramifié. Au printemps, ses fleurs sont vert clair suivies de fruits ressemblant à ceux des fusains. Cet arbuste est résistant aux maladies et au sec, ainsi qu'aux embruns marins et il peut donc être planté en bord de mer. Plantation au soleil non brûlant ou à mi-ombre où il sera plus joli, dans toute terre de jardin fertile et drainante. Dans notre jardin, nos plants ont déjà subit -1 8°C sans problème. (ci-dessus à droite) Les Rhamnus appartiennent à la famille des Rhamnacées. Ils sont peu cultivés car leurs fleurs sont très discrètes. Ils ont cependant trois intérêts avec leurs feuillages se colorant en automne, leurs fruits décoratifs et leur écorce. La photo ci-contre montre celle de ce qui doit être Rhamnus yoshinoi. C'est un arbuste aux rameaux un peu épineux. Ses fleurs sont vert-jaunâtre au printemps. Elles sont suivies de fruits noirs en automne.


En bord de rivière, une orchidée saprophyte rare (saprophyte = plante qui pousse sur le compost et se développe en symbiose avec les eumycètes qui décomposent les éléments nutritifs), Galeola septentrionalis. Elle vit en symbiose avec l'armillaire couleur de miel (Armillariella mellea) en la prenant dans ses racines. Signalée comme rare dans son milieu naturel, elle est endémique du Japon. C'est une plante érigée de 50/1 00 cm de haut, sans feuilles et sans chlorophylle. Nombreuses fleurs de 3 cm environ, brun-orangé à labelle jaune, en juillet. Après la floraison, la plante produit de nombreux fruits rouges et charnus en forme de saucisse, de 6 à 1 0 cm de long (photo ci-dessus à gauche). Elle s'appelle «Tsuchi-akebi», akébie de sol, parce qu'elle pousse du sol et son fruit ressemble à celui d'Akebia quinata. Elle sert d'herbe médicinale efficace contre la fatigue depuis longtemps.

source de la rivière


A plusieurs reprises, nous avons pu voir un bel arbuste, au port très ramifié et gracieux, dont les rameaux portent une multitude de petites feuilles persistantes. Symplocos myrtacea peut devenir un petit arbre. Sa floraison blanche, au printemps, est vraiment belle. Cet arbuste est endémique du sud du Japon. (photo en haut à droite de la page précédente) On peut voir sur les troncs dans les forêts japonaises plusieurs grimpantes de la famille des hortensias. Les deux plus courants sont Schizophragma hydrangeoides et Hydrangea petiolaris, l'hortensia grimpant 'classique'. La photo ci-contre le montre avec ses restes d'inflorescences du printemps. Dans les jardins, sa croissance est assez lente et il est rare d’en voir dépasser 5 m de haut. Pourtant, vous pouvez parfois voir des sujets âgés qui atteignent les 1 0 m ! Pas de panique cependant, c’est une plante que vous pourrez facilement limiter par la taille. Possibilité de l’utiliser en couvre-sol. Très résistant, des températures de –25°C ne lui font pas peur.


Mitella est un genre de la famille des saxifrages, tiarelles et heuchères. Il comprend

des plantes formant des couvre-sol en touffes, persistants ou caducs, avec les feuillages parfois colorés. Si leurs fleurs sont très étranges, elles ont un intérêt ornemental limité mais ça vaut le coup de se pencher dessus pour les regarder de près. La plupart des espèces ne dépassent pas les 1 0 cm de haut et sont donc très intéressantes pour les petits emplacements. Elles seront idéales pour combler des vides entre les pierres, en bordure des massifs ou au pied des plantes plus hautes. Elles apprécient des sols frais qui ne sèchent pas trop en été. On peut aussi les planter dans des coins très humides. Elles trouveront donc une bonne compagnie avec les petites fougères, saxifrages rampants, Rubus nains, ophiopogons et parmi toutes les autres plantes plus hautes pour leur garnir le pied. (ci-dessous à gauche, peut être Mitella japonica) Ci-dessous à droite, un sceau de Salomon (Polygonatum) en fruits.

Nous avons vu précédemment Tripterospermum japonicum (sorte de gentiane grimpante). La photo ci-dessus à gauche montre le fruit rouge avec la corolle de la fleur qui n'est pas encore tombée. Ci-dessus à droite, un Asarum, impossible à déterminer avec certitude car il y a plusieurs espèces vec ce feuillage au Japon. Là, il s'agit peut être de Asarum unzen ou A.kiusianum...


La famille des Lauracées est vraiment commune dans ces régions. Sans les fleurs, les espèces ne sont pas faciles à déterminer d'autant qu'il existe un grand nombre de synonymes. Les 2 photos cidessus et ci-contre montre un Actinodaphne longifolia (appelé aussi Litsea acuminata ou Actinodaphne longifolia, entre autres). Son feuillage et son port son superbes. Ses grandes feuilles allongées, persistantes et vert brillant sont variablement ondulées sur les bords. Fleurs blanchâtres en été suivies de fruits noirs. Toujours dans la même famille, nous avons déjà évoqué le genre Lindera. Cidessous à gauche, Lindera lancea (ou L.umbellata var. lancea) aux feuilles caduques, allongées, prenant de belles teintes automnales. Fleurs très tôt au printemps, jaune-vert, avant les nouvelles feuilles. Berberis thunbergii (ci-dessous à droite) est un arbuste commun au Japon. Ses

feuilles caduques et obovales sont petites, de 1 à 3,5 cm de long. Elles prennent de belles teintes à l'automne. Fleurs jaunes suivies de fruits rouges en automne.


Ci-dessus à gauche, Chrysanthemum indicum en fleurs sur les talus des collines (voir la partie au jardin botanique de Kochi). Ci-dessus à droite, un autre houx, Ilex pedunculosa. C'est un élégant arbuste à feuilles persistantes et non épineuses. Fleurs en juin, suivies de fruits rouges en automne. S’il devient un arbre dans son pays natal, il deviendra seulement un grand arbuste chez nous. Soleil ou mi-ombre, dans un sol bien drainé et plutôt acide. Très résistant à la pollution et tolère modérément le sel. Très rustique, une espèce que j'aime beaucoup et qui devrait être plus plantée dans nos jardins. Nous verrons d'autres plantes le long de cette rivière comme des Cardiocrinum en fruits, des magnolias (sans doute M.kobus et M.salicifolia), des Swertia en fruits (plantes vivaces de la famille des gentianes), des fougères, Illicium anisatum, des chalefs... Nous reprenons notre route vers un canyon et des chutes d'eau. En route, un fou de topiaires a taillé des dizaines de houx à petites feuilles (Ilex crenata). Un jardin étrange dans ce beau paysage...

Nous avons toutes les peines du monde a trouver ce fameux canyon. Rien n'est indiqué à partir de la petite ville et le GPS s'y perd. Nous trouverons finalement grâce à un camping portant le nom du canyon... A notre arrivée, il doit nous rester une demie-heure avant la nuit... Nous tentons tout de même d'accéder aux chutes d'eau car, après nous devons reprendre notre route vers le nord. Le sentier borde la


rivière, en pierre mouillée et donc très glissant. Nous ne progressons donc pas bien vite. Mais nous arrivons jusqu'à la chute d'eau. La nuit tombant, nous ne pourrons malheureusement pas prendre le temps d'observer toutes les plantes poussant ici. Quelques espèces sont notables cependant. Parmi celles-ci, un très beau Rubus, peu courant, aux feuilles simples, triangulaires sur des rameaux légèrement violacés. Rubus corchorifolius est un arbuste au port plutôt rampant. Ses fleurs sont blanches. La plante trouvée ici est une belle forme avec ses feuilles dont les nervures sont plus claires que le limbe (cicontre). Autour de la cascade, de nombreuses plantes appréciant l'atmosphère fraiche et humide, comme des fougères, des saxifrages et même plusieurs orchidées terrestres. La photo en haut à droite de la page précédente montre un beau tapis de Coniogramme japonica.


Saxifraga cortusifolia est une plante basse, de 1 5/20 cm, aux feuilles profondément

lobées, vertes avec souvent les nervures principales plus claires ou argentées. Ses feuilles sont beaucoup plus grandes que celles du S.stolonifera, plus commun. C’est une espèce florifère aux très nombreuses fleurs blanches qui apparaissent en automne. Ce sont plutôt des plantes qui restent compactes et ne couvrent donc pas une grande surface (ci-dessus à gauche). La nuit étant tombée (il fait nuit à 1 7h pile), autant avancer notre route au maximum car nous avons environ 1 .200 km à parcourir en 2 jours pour rendre notre véhicule ! Direction le nord de Kyushu pour regagner, le lendemain, Honshu. La route traverse des montagnes escarpées et nous trouvons, nichée dans une profonde gorge, une petite ville thermale avec plusieurs onsen et hôtels embrumés dans les fumerolles. Bienvenue dans le monde de Chihiro !


Ah, les joies du bain ! (les 2 dessins sont extraits du 'voyage de Chihiro')

L'île de Kyushu ne manque pas de sources d'eau chaude avec toute cette activité volcanique. Cette petite ville semble sans vie et ses étroites ruelles pentues sont désertes. On pourrait s'y perdre. Pourtant, sur l'autre rive, les petits parkings des hôtels sont pleins. Au petit matin, sur la route nous ramenant sur Honshu, nous retrouvons nos fameux Dahlia imperialis et les jardins des maisons sont très soignés. Les arbres y sont tous taillés, les agrumes croulent sous les fruits et les camélias sont couverts de fleurs.


La route est très belle, bordée par endroits de petits temples en bois, la campagne environnante très colorée et nous traversons de jolis villages. La circulation est fluide et même si les japonais ne roulent pas très vite, la conduite est agréable. Au Japon, les élus ne gaspillent pas l'argent du contribuable en dos d'âne, chicanes et autres balises en plastique. Cela n'existe tout simplement pas. La conduite y est donc d'autant plus douce et agréable. Nous prenons une petite route de traverse, histoire de faire une pause et de voir un peu des plantes. D'après le GPS, cette route rejoint, plus loin, notre route principale. Sur les talus, une plante de la famille du gingembre (Zingibéracées), Alpinia japonica. Les alpinias sont des plantes graphiques à belles floraisons colorées. La majeure partie des espèces sont tropicales mais certaines vivent en montagne à plus haute altitude et se montrent plus rustiques.


Mais ne rêvons pas, elles ne pourront être cultivées en extérieur que dans les régions douces. Ailleurs, on s'abstiendra ou on les cultivera en pot en les abritant en serre froide en hiver. On les cultive dans toute bonne terre de jardin drainée et pas trop sèche. Idéale pour donner un peu d'exotisme à vos massifs. Alpinia japonica est des fleurs rouges et blanches. La partie aérienne tient jusque vers -5/-7°C mais son rhizome tient jusqu'à -1 2°C (voire -1 5°C mais je n'ai pas encore testé). En tout cas, c'est sans doute l'alpinia le plus rustique (ci-dessous à gauche).

Les clerodendrons sont des arbustes de climats tempérés ou subtropicaux connus pour leurs exubérantes floraisons très colorées. On les utilise également pour leurs fructifications aux couleurs vives. Clerodendron trichotomum forme rapidement un grand arbuste, voire un petit arbre de plus de 5 m de haut. Il a de grandes feuilles cordées de 1 0/20 cm. On l’utilise pour sa floraison parfumée et abondante en été et pour sa fructification colorée. Ses fleurs sont blanches et ses fruits sont bleu-jade sur fond de calice rouge. Un superbe contraste. C'est une plante commune dans la nature au Japon. A planter à mi-ombre ou au soleil non brûlant dans une bonne terre de jardin pas trop sèche, supporte le calcaire. Malgré leur couleur, les fruits ne sont pas réputés toxiques (ci-dessus à droite). Qui ne regrette pas nos vieux ormes des campagnes décimés par la graphiose ? L’Asie est un centre de diversité pour le genre Ulmus. Ce sont des arbres que l’on


utilise pour leurs petits feuillages, en isolé dans les jardins. Ils sont également très utilisés pour faire des bonsaïs. Ulmus parvifolia est un arbre de 1 0/1 5 m de haut bien connu des amateurs de bonsaïs. C’est une plante résistante, facile à cultiver, avec de petites feuilles. Avec l’âge, son écorce s’exfolie. Il est résistant à la graphiose. Soleil ou mi-ombre, en tout bon sol frais et profond (ci-dessous à gauche).

Cornus macrophylla, ou cornouiller à grandes feuilles, est un petit arbre à à

croissance rapide. En juin-août, il se couvre de petites fleurs blanches groupées en inflorescences et suivies de fruits bleu-noir. En cinq ans, à partir du semis, j’ai obtenu des plantes de 4 à 5 m de haut. Idéal pour les jardiniers pressés ! Son port est assez dressé. C’est vraiment un beau petit arbre. Belles couleurs d’automne. A planter au soleil ou à mi-ombre, dans toute terre de jardin pas trop sèche et supporte les terres un peu lourdes et humides (ci-dessus à droite).

forêt de Phyllostachys edulis


Mallotus japonicus est un grand arbuste

ou un petit arbre de la famille des euphorbes. Il a de grandes feuilles caduques légèrement lobées et une croissance très rapide. Il a des allures de plante tropicale. En culture, il atteindra entre 3 et 5 m de haut, avec un port large. Ses fleurs sont petites mais groupées en panicules de 1 0/1 5 cm de long et très pubescentes, en fin d’été. Ses jeunes feuilles sont fortement teintées de rose. A planter au soleil, dans toute bonne terre de jardin, à l’abri des vents froids.


Zanthoxylum planispinum, connu aussi sous le nom de Z.alatum var. planispinum, est un

arbuste de 2/4 m de haut dont les feuilles virent au jaune en automne. Ses fruits sont groupés sur les rameaux, avec une coque rouge s’ouvrant pour montrer la graine noir brillant. Ses feuilles tiennent longtemps sur la plante en fin de saison et peuvent même être persistantes jusqu’à -8°C environ. Soleil ou mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin pas trop humide. z6

Cette petite route nous mènera, une fois de plus, nulle part. Un étroit tunnel, digne des dessins animés de Hayao Miyazaki, est fermé à la circulation. Nous ne saurons jamais ce qu'il y avait derrière et nous devons rebrousser chemin. Manquant de temps, nous empruntons certains tronçons d'autoroutes même si celles-ci sont hors de prix. Elles ont l'avantage de nous faire contourner les grandes agglomérations où la circulation est toujours très dense. Nous contournerons donc Hiroshima, Okayama et Nagoya. Les portions que nous faisons sur les routes nous


permettent de faire des arrêts ou de petits détours. Un panneau indique des chutes d'eau et nous bifurquons. La petite route longe un premier lac mais nous ne trouverons jamais ces fameuses cascades ! Nous poursuivons notre route et atteignons un deuxième lac où sont également indiquées des 'waterfalls'. Il faut se garer le long de la route et traverser à pieds un long barrage. Si, au départ, nous pensions arriver rapidement aux chutes, il nous faudra marcher plus de deux heures pour y arriver ! Une belle promenade mais pas très compatible avec notre timing ! Nous y verrons en tout cas un grand nombre de plantes intéressantes. Le long du lac, certains arbres ont encore de belles couleurs et la végétation comprend de silhouette tourmentée d'un kaki nombreux arbres et arbustes persistants. Vous connaissez peut être le néflier du Japon ? Eriobotrya japonica donne des fruits savoureux. C’est un grand arbuste ou petit arbre pouvant atteindre - voire dépasser - 5 m de haut. Ses grandes feuilles épaisses et vert foncé sont persistantes. Les jeunes sont laineuses. Il fleurit en automne, en septembrenovembre. Ses fleurs blanches sont très suivies de fruits orange clair très agréablement parfumées. Elles sont juteux qui mûrissent en fin d’hiver ou tout début de printemps. Un régal ! Très cultivé en Asie pour ses fruits. S’il résiste bien au froid, il ne fructifie hélas que dans les régions clémentes (sud de la France par exemple). Ailleurs, on le gardera comme arbre d’ornement pour ses fleurs tardives et parfumées et son feuillage persistant (ci-dessus).


Ci-dessous à gauche, Dendropanax trifidus, de la famille des Araliacées. Voir sa description dans le texte du jardin botanique de Kyoto. Ci-dessous à droite, une des nombreuses fougères vues ce jour là. Il s'agit sans doute de Woodwardia japonica. Ses grandes frondes persistantes sont vert brillant et ondulées sur les bords.

Lygodium japonicum est une fougère... grimpante ! Il est toujours étonnant de la voir

se faufiler parmi les branches des arbustes. Cette espèce est commune dans toute la moitié sud du Japon. Elle est également présente en Chine, à Taiwan et en Corée.

Le genre Stauntonia est peu connu, il appartenant à la famille des Akebia (les Lardizabalacées) dont les belles feuilles composées sont persistantes en hiver.


Lygodium japonicum / Stauntonia hexaphylla

Ces plantes sont moins répandues car une seule espèce est vraiment rustique en régions froides. Ce sont des plantes vigoureuses, dont les tiges s'enroulent seules autour des supports (arbres, tuteur, pergola, grillage...). Leurs floraisons sont belles et colorées, sous la forme de clochettes pendantes. Les Stauntonia se contentent de toute bonne terre de jardin pas trop sèche, en situation ombragée. Ils restent très décoratifs même quand il ne sont pas en fleurs. Leur croissance est rapide. Stauntonia hexaphylla est le plus rustique et nous le cultivons dehors en Bourgogne. Ses fleurs blanches à violacé clair au printemps sont suivies de longs fruits pourpres comestibles. Il est tout de même préférable de le planter dans un lieu à l'abri des vents du nord. Il fleurit au printemps, j'ai ajouté une photo des fleurs.


Cinnamomum camphora - le

camphrier - forme dans son aire d’origine de véritables arbres. En culture, il restera plus modeste pour atteindre une dizaine de mètres de haut. Ses feuilles dégagent une agréable odeur quand on les froisse. Ses fleurs, petites, sont groupées en inflorescences mais ne sont pas très ornementales. A planter au soleil ou à mi-ombre, à l’abri des lieux trop ventés, dans tout type de sol mais bien fertile. Peu rustique, pour les régions du sud de la France uniquement. z9 (photo en haut à gauche). Machilus thunbergii, appelé aussi Persea thunbergii, est un petit arbre à belles

feuilles persistantes. Ses petites fleurs sont peu colorées mais la fructification d'automne est magnifique : des fruits bleu très foncé sur des pédoncules rouges. Une superbe plante parmi la plus résistante au froid du genre. Tient à -1 0°C sans problème, à tester en-dessous (les 2 photos ci-dessus à droite).

Euphorbia sieboldiana / Ficus erecta


Litsea acuminata

Euphorbia sieboldiana est une euphorbe vivace à

rhizomes étalés. Elle fleurit tout le printemps. C'est une espèce très variable et assez commune au Japon. On la trouve également en Corée et en Mandchourie. Ficus erecta fait partie d’un genre tropical immense comprenant le fameux Ficus benjamina de nos

appartements et le figuier. Peu d’espèces peuvent être plantées dehors sous nos climats mais ce figuier japonais se montre assez résistant. C’est un arbuste de 1 .5 à 2.5 m de haut et large. Son feuillage est très variable, allant de feuilles larges à fines et très pointues. Il porte de petites figues dressées vers le Litsea coreana haut sur ses tiges qui ne sont malheureusement pas mangeables. Intéressant cependant pour les amateurs de figuiers et pour l’ornement. A planter au soleil ou à mi-ombre en toute bonne terre de jardin bien drainée, à l’abri des vents froids. z7. Il est très commun au Japon où on en trouve plusieurs variétés. Les Trachelospermum sont des plantes grimpantes de la famille des pervenches. Leurs fleurs ont d’ailleurs la même forme mais sont blanches à jaunes et très parfumées. De plus, leurs feuilles sont persistantes. Ils peuvent également être


utilisés en couvre-sol. A faire grimper dans un arbre, sur une pergola, un treillage ou un grillage. Ils sont peu exigeants sur la nature du sol et supportent le calcaire, le sec et aiment le soleil ou la mi-ombre. Leur croissance est rapide. Le seul problème est leur rusticité limitée. Trachelospermum asiaticum fleurit en fin de printemps. Ses fleurs sont blanches avec le cœur jaune et sont très parfumées. Les fleurs se succèdent sur une longue période. Il est parfois appelé jasmin étoilé. Il peut atteindre 4 à 5 m. C’est le plus rustique du genre, z7 (ci-dessous).

Les Cyrtomium sont des fougères aux frondes persistantes assez courantes dans nos jardins. La délimitation des espèces n'est pas toujours claire et on peut voir une grande variabilité dans la nature. La photo ci-contre serait, d'après la clé de la flore du Japon, Cyrtomium falcatum. Cependant, la longueur exceptionnelle des frondes peut laisser perplexe. En tout cas, aucun taxon ne correspond mieux pour l'instant dans cette flore. Un superbe sujet !


Le 'chemin' que nous suivons depuis le début est en fait une route goudronnée qui fait le tour du lac. Elle est fermée à la circulation. Au bout du lac, il faut emprunter un petit sentier qui longe une rivière et permet d'accéder aux chutes d'eau. Platycarya longipes est un grand arbre de la famille des noyers. Si il a des feuilles

caduques et composées comme ses cousins, sa fructification est bien différente. Il ne s’agit pas de noix mais de petits cônes érigés et marron de 3/4 cm de long (un peu comme des cônes de conifères). Il peut atteindre une quinzaine de mètres de haut avec un port large. Ses feuilles mesurent 30 à 40 cm de long. Ses fleurs n’ont pas un grand intérêt. Une teinture noire est extraite de son écorce. A planter en isolé, au soleil ou mi-ombre, dans toute bonne terre de jardin bien drainée car il craint l’eau stagnante. Connu aussi sous le nom de P.strobilacea. (ci-dessous à gauche)

Ci-dessus à droite, un superbe Citrus de plusieurs mètres de haut, presque un véritable arbre. Il portait de nombreux fruits, intermédiaires entre un citron et une orange. Ils faisaient jusqu'à 1 0 cm de diamètre. Plante sauvage ou échappée d'un jardin, je ne sais pas. Nous avons déjà évoqué les camélias avec les Camellia sasanqua et le théier. On trouve également couramment le Camellia japonica (ci-dessous à gauche) dont des centaines de cultivars ont été crées. Ses fleurs parfumées, rouges, roses ou


ci-dessus à gauche, Ficus nipponica grimpant sur un tronc d'arbre. A droite, Aucuba japonica en sous-bois de bambous

blanches, simples ou doubles, apparaissent dès la fin de l’hiver. En pleine terre, il peut atteindre entre 3 et 6 m de haut. Même si nous ne sommes qu'en automne, nous avons pu voir certains plants portant quelques rares fleurs déjà ouvertes. Connu également sous le nom de Cimicifuga, ce genre a bien trouvé sa place dans nos jardins. Il faut dire que leur généreuse floraison en longs épis blancs et parfumés en été ne passe pas inaperçue. Les feuillages des cierges d'argent ne sont pas non plus dénués d'intérêt. Ce sont souvent des grandes plantes très graphiques qui donneront du volume aux massifs. Actaea simplex fleurit en septembre-octobre. Ses inflorescences blanches sont légèrement penchées et courbées, denses et très parfumées. En bonnes conditions, elle peut atteindre 2 m de haut ! Un beau spectacle au jardin. En sol frais et dans les régions pas trop chaudes, elle supporte le soleil. (photo en bas à droite de la page précédente) Maesa japonica est un arbuste peu connu de 1 à 2 m de haut aux longues feuilles

épaisses, coriaces, fortement nervurées. Au printemps, nombreuses fleurs blanches en grappes le long des rameaux suivies de fruits blancs en automne. Un arbuste


décoratif pour le soleil non brûlant ou la miombre. Nous ne connaissons pas encore exactement sa rusticité mais on peut déjà tabler sur -1 2°C environ. A cultiver dans toute bonne terre de jardin (photo cidessous à gauche). Cacalia delphiniifolia est une plante vivace que j'aime beaucoup car elle forme de belles touffes de feuilles profondément lobées et très décoratives. C'est une très bonne plante pour l'ombre. Préfère les ambiances fraîches et un sol humifère. A utiliser surtout pour son feuillage. (ci-dessous à droite)


Les codonopsis sont de superbes plantes vivaces -grimpantes ou non – de la famille des campanules. Elles ont des fleurs en grosses clochettes bleues, blanches ou diversement colorées. Ce sont des plantes caduques qui disparaissent en fin d'automne et hivernent sous forme de grosses racines charnues. Pour les espèces à tiges volubiles, il faudra prévoir un petit support (tige de bambou, branches, arbuste ou tout autre petite structure). Ce sont des plantes gracieuses et légères fleurissant en fin de printemps et été. Les codonopsis n'aiment pas les sols trop compacts et trop humides, surtout lors de la période de repos. On les plantera donc dans toute bonne terre de jardin drainante et fertile. Quelques espèces se cultivent en plein soleil mais la plupart sont des plantes de sous-bois. Les espèces à tiges volubiles pourront être plantées en mélange avec des plantes vivaces où on placera une petite tige de bambou pour que ses tiges puissent y grimper. On peut aussi les planter au pied de petits arbustes tels des rhododendrons, Daphne ou érables du Japon qui serviront de supports. Codonopsis lanceolata, volubile lui aussi, a les tiges qui portent, en été, de nombreuses fleurs en larges clochettes variablement tentées, allant du verdâtre au pourpre avec de très vives couleurs à l’intérieur. La plante atteint 1 ,5 m de haut. Une très belle plante. z6 (ci-dessous à gauche) Damnacanthus indicus subsp. major est un arbrisseau épineux très ramifié de la famille des Rubiacées. Son port étagé est caractéristique. Au printemps, ses rameaux portent des fleurs blanches en trompettes pendantes. (ci-dessous à droite)


quelle prise de risque ! / arrivée aux chutes d'eau

On trouve plusieurs espèces d'hostas au Japon. En cette saison, on les repère surtout par leurs fruits portant des graines noires, les feuilles ayant déjà disparu. Pourtant, le long de cette cascade, on peut voir de nombreux plants encore bien verts. Ses feuilles pourraient correspondre à au moins 4 espèces. Il est donc impossible de déterminer l'espèce exacte sans les fleurs (photo ci-dessus). Lasianthus japonicus fait également partie de la famille des Rubiacées. Les Lasianthus sont des arbustes à fleurs blanches mais dont le principal intérêt réside dans leurs fruits bleu foncé en automne. Les feuilles de L.japonicus sont persistantes

(photo en haut à gauche de la page suivante)


Damnacanthus biflorus a des feuilles beaucoup plus grandes que son cousin que

nous venons de voir. Il porte des fruits rouges en automne, un peu comme ceux du houx. Il est étonnant de voir deux espèces du même genre au même endroit (cidessus à droite). un pont digne de Chihiro !

Le Japon est le pays de violettes. En effet, plusieurs dizaines d'espèces de Viola y poussent naturellement (ci-dessus à gauche) Il n'est pas commun de voir un lys en fleurs en cette saison. Lilium longiflorum est une espèce aux fleurs en très longues trompettes. C'est une plante très proche de Lilium formosanum que l'on trouve à Taiwan mais naturalisé dans de nombreux pays. La plante vue ci-dessous à droite semble plutôt être ce lys, naturalisé car il fleurit


plus tard que son cousin japonais et il est surtout bien plus coloré. C'est un lys impressionnant car il peut atteindre et dépasser les 3 m de haut ! Ses tiges robustes portent tout le long des centaines de feuilles très fines et, au sommet, de longues fleurs blanches, marquées de pourpre, parfumées, en trompettes pouvant atteindre 20 cm de long. Il pourrait tenir en z6 mais ses bulbes ont besoin d’une longue période chaude pour survivre plusieurs années. Je le réserverai du coup aux zones 8-7+

Dans les arbres grimpe une plante aux immenses feuilles, épaisses, cireuses, brillantes et persistantes. Nul doute qu'elle appartient à la familles des Asclépiadacées (incluse maintenant dans les Apocynacées). Marsdenia tomentosa porte en été des inflorescences axillaires de petites fleurs blanches. (ci-dessus à gauche). Au niveau du sol, une plante vivace de la famille des Rubiacées, Ophiorrhiza japonica. C'est une plante à port étalé, couvrant le sol et portant des fleurs blanches de novembre à avril (ci­dessus à droite).


en bas de la photo, Zanthoxylum fauriei

Neocheiropteris ensata est une élégante

fougère terrestre aux frondes simples, dressées, de 1 0 à 30 cm de long, avec les nervures marquées. Elle s'étend grâce à ses rhizomes rampants. On la trouve sur les rocheux humides dans une grande partie du Japon mais aussi en Corée et à Taiwan (cicontre).

néflier du Japon


Stachyurus praecox fleurit dès le mois de février. Ses

fleurs sont groupées par 30 à 40 sur des inflorescences pendantes de 1 0 cm de long. Elles sont jaune pâle, en clochettes. La couleur des fleurs contraste bien avec les rameaux rouge-violacé. Ses fleurs tiennent plusieurs semaines en bouquet. Les feuilles prennent de belles couleurs automnales. Si sa croissance n’est pas très rapide, il peut tout de même atteindre 2 à 3 m de haut et autant de large à l’âge adulte. Ses tiges sont alors arquées. Apprécie le soleil mais tolère la mi-ombre. Sol frais, humifère, non calcaire. Résistant aux maladies. z6. C'est un arbuste très variable dont plusieurs variétés -aujourd'hui non reconnues pour la plupart- ont été décrites. La photo ci-contre une forme vraiment différente, aux feuilles plus rondes et plus dentées. Nous reprenons notre route après un succulent repas et nous continuons de longer la côte sud de Honshu. Nous ferons une halte pour la nuit après avoir passé Hiroshima. Le lendemain, nous faisons une partie du trajet par la petite route dans la région de Fukuyama. C'est une région


où l'on peut voir de grandes cultures de kakis, vendus au bord de la route et délicieux manger encore fermes, avoir un petit goût de noix de coco. On peut aussi y voir des cultures de théiers bien taillés.

Sorbus alnifolia fait partie des espèces à feuilles simples que certains botanistes classent dans le genre Aria. Pour moi, ce sont tous des sorbiers et il est bien plus

simple de vous les présenter sous un seul nom. Celui-ci est un joli petit arbre prenant de belles couleurs orangées à l’automne. Si il peut, en théorie, atteindre une dizaine de mètres environ, il restera longtemps un petit arbre ramifié au port large. Très florifère, il devient tout blanc en mai. Ses fleurs sont suivies de fruits roses. Le contraste en automne est très beau entre les fruits et les couleurs du feuillage. Soleil ou mi-ombre, en isolé, dans toute bonne terre de jardin fertile et bien drainé mais supporte les sols lourds. z6 (ci-dessus à gauche)


Quercus glauca

Bon, alors bien sûr, lorsque l'on voit une plante exceptionnelle, freinage d'urgence obligatoire ! Nous avons déjà évoqué l' Idesia polycarpa. Cicontre, un superbe arbre couvert de milliers de fruits.

Les montagnes sont flamboyantes. Les couleurs d'automne sont encore bien là. Mais on ne peut pas s'arrêter tous les 1 0 mètres pour faire des photos ! La prochaine, et dernière étape avec notre van, est la ville de Gotemba et le mont Hakone, situés au pied du mont Fuji.


Le Melia azedarach est un arbre souvent planté pour l'ornement. On l'utilise maintenant dans les villes du sud de la France. Sa floraison est abondante et richement colorée. Ses feuilles caduques sont composées. Sa floraison est violacée et parfumée en fin de printemps. Les fruits sont toxiques pour l'homme. Les semences sont dispersées par les oiseaux, chauve-souris et certains mammifères qui consomment les fruits. Il est originaire du sud du Japon et de nombreux autres pays en Asie. Il est également très planté au Japon pour l'ornement. Nous arrivons à Gotemba. Cette petite ville située au pied du mont Fuji est réputée pour ses pépinières. Pour la vue sur le Fuji, pas de chance, il est noyée dans une brume épaisse. Pas de chance non plus car nous ne trouverons aucune pépinière... Nous décidons d'aller sur le mont Hakone, tout près. C'est un lieu riche en plantes et il y a un jardin botanique. Ce n'est décidément pas notre jour puisque le jardin botanique est fermé depuis la veille pour tout l'hiver ! Notre temps est compté mais nous allons tout de même jusqu'au bord du lac. Il y a un brouillard à couper au couteau et il fait froid. Nous ne nous attarderons pas. Sur les bords du lac, ce superbe et impressionnant Zelkova serrata. Nous devons rendre le van avant ce soir. Dernière difficulté -et pas des moindrestraverser tout Tokyo ! En effet, nous arrivons par l'ouest et nous devons aller tout à l'est. Heureusement, nous atteignons la ville avant l'heure de pointe mais la circulation est tout de même dense et la traversée est interminable ! Nous rendrons notre véhicule juste avant la nuit, ouf ! Je suis un peu soulagé de le restituer sans une égratignure et après 3200 km parcourus en 1 4 jours ! Le métro nous emmène à Tokyo pour les deux derniers jours. On ne peut pas aller au Japon sans faire un peu de shopping !


Au centre de Tokyo, le parc Ueno est un peu comme le parc de la Tête d'Or pour les lyonnais ou Central Park pour les New-yorkais. Un immense espace de verdure avec des jeux pour enfants, un zoo, des parcours pour faire du sport, avec des temples en plus... Sans être fans, nous visitons tout de même le zoo qui, il faut le reconnaître, possède de très riches collections avec des enclos 'corrects' pour une institution de ce genre. Je suis également surpris d'y voir des plantes rares étiquetées en latin pour certaines. Partout dans le parc, les ginkgos sont luminescents.


Les Daphniphyllum sont de grands arbustes -voire des arbres- à feuillages persistants et exubérants. C’est d’ailleurs surtout pour ça qu’on les utilisera car leurs fleurs sont relativement peu ornementales. Si beaucoup d’espèces poussent en milieux chauds, on trouve quelques espèces en climats tempérés qui sont adaptées à nos jardins. Daphniphyllum teijsmannii est original par ses feuilles allongées parfois légèrement lobées. Les jeunes sont très joliment teintées de rouge au débourrement. C’est un arbre à croissance rapide qui a un port bien droit quand il est jeune. Ses fleurs apparaissent en mai et sont suivies, sur les pieds femelles, de fruits pourpres. Il n’est malheureusement pas très rustique et est à réserver aux régions douces. Soleil ou mi-ombre, dans un sol fertile et bien drainé, à l’abri des vents froids. z8 (ci-dessous à gauche). Tetrapanax papyrifer (ci-dessous à droite) est un monstre au bon sens du terme !

Une plante aux feuilles énormes pouvant atteindre 50 cm à presque 1 m de large en bonnes conditions ! Il en est de même pour sa floraison dont les panicules blanches


peuvent atteindre 1 m de long. Il atteint 3 à 4 m de haut environ avec plusieurs troncs partant du sol. C’est une plante qui donne vraiment un air exotique au jardin. Plantation au soleil ou à mi-ombre, dans toute terre fertile pas trop sèche. Cette plante craint l’humidité hivernale.

Lagerstroemia subcostata

Nous arrivons au terme de ce 1 4° voyage botanique en Asie. Nous espérons que vous en avez apprécié le récit. Le Japon est un pays à la flore très riche et il était intéressant de la découvrir en automne. Pour nous, c'est l'heure de rejoindre l'aéroport...


Boule de neige, tin, obier, cotonneuse, mancienne, trilobée... on ne compte plus les espèces de viornes présentes dans nos jardins. C’est en effet un grand genre de plantes tempérées et la région Sino-japonaise en compte de nombreuses. Ce large choix permettra de trouver pour son jardin des espèces presque naines, des arbustes ou de véritables petits arbres. Selon les espèces, le feuillage sera caduc ou persistant. On les utilisera principalement pour leurs floraisons généreuses mais beaucoup ont également un intérêt ornemental par leurs fructifications ou couleurs du feuillage. Les viornes comptent environ 200 espèces dont plus des deux tiers se trouvent en Chine.


Viburnum dilatatum a une large répartition

en Chine, Au Japon, à Taiwan et en Corée où elle pousse dans les forêts claires et au bord des forêts en moyenne montagne. L'espèce a été décrite par Thunberg en 1 784 et introduite en culture en 1 846 par Robert Fortune. J'ai 'découvert' cette plante en 2008 au jardin botanique de Ofuna au Japon. C'était au mois de mai et de beaux plants étaient couverts de fleurs. Cette viorne est en effet très florifère. Dans notre jardin, où nous en cultivons plusieurs espèces, celle-ci est celle qui donne le plus de fruits chaque automne. D'ailleurs, Michael A.Diir, dans son livre sur les Viburnum, commence la description de celle-ci par "Wow ! Spectacular !". Après avoir vu cette viorne au Japon, j'étais impatient de voir grandir mes petits plants issus de graines collectées au Japon et obtenues grâce à un contact au jardin botanique de Kyoto. Ce sont ces plants -maintenant adultes- que vous pouvez aujourd'hui admirer dans notre jardin. Depuis, notre collection s'est étoffée et nous en cultivons plusieurs variétés que nous avons trouvées au Japon. Ci-dessus, une forme à fruits orange et ci-contre, une variété panachée, 'Shiro Chirifu', que j'ai introduite l'an passé et qui sera bientôt au catalogue. J'avais également trouvé dans une pépinière en Europe la variété 'Iroquois' (photo au milieu à droite, plante en fleurs).


Viburnum dilatatum est un arbuste à feuilles caduques pouvant atteindre 5 mètres

de haut dans son milieu naturel. Dans notre jardin, elles semblent vouloir culminer à 3 mètres environ. Ses jeunes rameaux sont pubescents. Ses feuilles sont opposées, dispersées tout le long des rameaux, obovales ou largement ovales, de 3/1 3 cm de long et 2/11 cm de large. Elle fleurit en mai-juin, voire jusqu'en juillet selon les régions. Les fleurs, blanches, sont groupées en inflorescences de 4 à 1 0 cm au bout des rameaux. La floraison est toujours abondante. Les fleurs sont suivies de fruits rouges à maturité, là aussi en profusion. Ils restent longtemps sur la plante, tout l'automne et une bonne partie de l'hiver. Ses feuilles prennent de superbes couleurs en automne. Sa culture est facile et elle apprécie les sols correctement drainés et pas trop secs. Le froid ne lui fait pas peur puisque nos plantes n'ont pas souffert des -1 8°C de février 201 2. Quelques cultivars ont été obtenus par diverses pépinières, américaines notamment. Notons ' Iroquois' qui a été obtenu en 1 953 par le croisement de deux sélections de V.dilatatum. Il a été sélectionné pour ses grandes feuilles épaisses et vert foncé, pour ses gros fruits et son port dense et globuleux. ' Xanthocarpum' a des fruits jaunes à ambrés mais en moindre quantité que sur la forme à fruits rouges. A comparer avec la forme que j'ai introduite du Japon. ' Shiro Chirifu' est une de mes introductions. Ses grandes feuilles sont fortement panachées de blanc et blanc-crème. Une plante très lumineuse à mi-ombre.


Puisque nous sommes très "Japon" dans ce numéro, je vous présente ici trois rosiers originaux que j'ai introduits récemment du Japon et qui seront au catalogue dès cette année normalement. Le premier se distingue par ses petits roses rappelant les fleurs de certaines pivoines japonaises. Les deux autres ont des feuillages panachés. Rosa 'Taben Syorin Siro' a été obtenu à Yaeyama. C'est un petit rosier, au port plutôt rampant ou grimpant, aux longue tiges portant de petites feuilles vert brillant. Il est original avec ses petites fleurs blanches qui rappellent des fleurs de pivoines. Culture facile au soleil dans toute terre de jardin. Sa croissance se montre rapide (les 3 photos à droite). Rosa roxburghii est un grand et superbe arbuste

au port dense avec un feuillage décoratif composé de petites folioles. En mai-juin, ses fleurs roses sont entourées d’un gros calice très épineux et original. Elles sont suivies de gros fruits épineux très décoratifs (voir dans le récit du voyage au Japon). Son écorce, qui pèle, est également très belle. Arbuste érigé atteignant 2.5 à 3 m de haut à croissance rapide. Beau et original, à planter au soleil. Il existe une variété à fleurs doubles, 'Plena' qui fleurit jusqu'à l'automne.


' Izayoi Bara' est similaire à 'Plena' avec ses fleurs doubles mais son feuillage vert tendre est marqué de vert foncé au centre. Une beauté ! A cultiver comme le type.

Rosa multiflora est un rosier japonais que l’on

peut traiter en arbuste ou comme grimpant. Il a de longues branches flexibles qui portent en mai-juin d’innombrables fleurs blanches (d’où son nom) de 2/3 cm, groupées en grandes inflorescences. Elles sont suivies de fruits rouges en forme de poires. C’est un rosier qui ne porte presque pas d’épines mais qui devient imposant. Soleil, z5. ' Shiro Akebono' est une variété lumineuse aux feuilles blanches variablement marquées de vert. A mi-ombre, un rosier très lumineux qui garde des proportions bien plus raisonnables que le type.


Le saviez-vous ? La famille des hortensias (les Hydrangeacées) ne comprend pas que des arbustes ou grimpantes. Moins connus, certains genres sont des plantes vivaces disparaissant en hiver. Ce sont de superbes plantes à la floraison très ornementale. Les cardiandras sont moins connus que les deinanthes qui ont fait leur apparition plus tôt chez les pépiniéristes. Le feuillage des cardiandras rappellent celui de certains petits hortensias du Japon. Ce sont de petites plantes fournies, fleurissant longtemps, en fin d'été et automne. Ces plantes affectionnent les sols frais à pas trop secs, fertiles, plutôt acides, bien drainés et humifères. On les plantera à l'ombre ou mi-ombre dans un lieu abrité des vents. Elles ne sont pas sensibles aux maladies et poussent facilement sans entretien hormis celui de couper les tiges sèches à la base en début d'hiver lors du nettoyage du jardin. Leur feuillage passe-partout permettra d'y associer tout type de plantes. Le genre Cardiandra a été décrit par Siebold & Zuccarini dans la flore du Japon en 1 839. C'est un petit genre qui ne compte que 4 espèces environ. Si on dispose dans son jardin d'un lieu ombragé et frais, ce sont des plantes que je trouve très gracieuses et dont la floraison intervient à une saison où beaucoup de plantes sont déjà fanées. De taille modeste, il est facile de leur trouver une place.


Cardiandra alternifolia est l'espèce la plus

connue et la plus répandue dans la nature. C'est celle qui a été introduite en premier dans nos pays. Elle est endémique du Japon sur une grande moitié sud de Honshu (du District de Kanto et plus à l'ouest), sur Shikoku et Kyushu où on peut la trouver dans les forêts des montagnes. Ci-contre, une illustration de l'espèce publiée dans la Flora Japonica de Siebold. Ci-dessous, la plante dans son milieu naturel au Japon, dans la région de Nagoya, en novembre 201 6.

Cardiandra alternifolia a des tiges dressées de

20 à 70 cm de long, hirsutes, qui portent des feuilles alternes. Ses feuilles sont allongées, de 1 0 à 20 cm de long et 2.5 à 6 cm de large. Les fleurs ont des pétales largement obovales de 3 mm de long. Si on prend le temps de regarder les inflorescences de près, on peut y voir les caractéristiques des Hydrangeas. En effet, les inflorescences portent de petites fleurs fertiles entourées de quelques grandes fleurs stériles. Ses fleurs sont généralement rose-violacé mais elles peuvent être blanches à presque rouges. On en trouve plusieurs variétés dans le commerce dont la plus connue est ' Pink Geisha' (ci-contre à gauche).


Malgré un nom de cultivar, il s'agit tout simplement d'une forme naturelle à fleurs rose clair. De nouvelles couleurs ont été introduites du Japon ces dernières années dont une forme à fleurs blanc pur, nommée ' White flower' (ci-dessous et en bas à droite). Cette forme a l'avantage d'être très lumineuse à l'ombre et forme rapidement une jolie petite touffe. C.alternifolia est l'espèce la plus facile à cultiver dans nos jardins. C'est la moins exigente, elle pousse rapidement et est parfaitement rustique.

Une autre forme à fleurs rose foncé a été introduite du Japon. On la trouve sous le nom ' Red flower' (ci-dessous).


Tout à fait originale, ' Double flower' est une forme dont les fleurs fertiles sont en pompons roses. La plante forme des touffes portant des inflorescences globuleuses et denses (cicontre et ci-desosus).

Beaucoup plus difficiles à trouver, les japonais ont obtenu des variétés aux feuillages panachés. Elles restent rares même au Japon où j'ai du mal à dénicher de nouvelles variétés. Elles ont un atout supplémentaire avec leurs feuillages colorés et lumineux les rendant attractives même en dehors de la période de floraison. Ci-dessus, la variété ' Shiro Hakikomi fu' dont les feuilles sont fortement panachées de blanc et parfois de jaune. Quelques plants devraient être disponibles au catalogue cette année. La croissance est plus lente par rapport à la forme type et la multiplication est donc plus longue.


Ci-contre et ci-dessous, certaines de mes introductions du Japon aux feuillages colorés. Ci-contre, ' Ogon Hakikomi fu' que j'aime beaucoup pour ces feuilles variablement marquées de vert et jaune. Sa floraison est rose. Sa multiplication n'est pas rapide mais j'ai pu proposer le tout premier plant au catalogue en 201 6 ! ' Nishiki' (ci-dessous) a les feuilles marquées de blanc dans leur partie inférieure.

Cardiandra amamioshimensis est apparu plus tardivement dans nos jardins.

Egalement originaire du Japon, certains botanistes classe cette espèce en variété de la précédente. Cardiandra amamioshimensis peut atteindre 50/60 cm de haut et porte en été des inflorescences terminales de fleurs rose pâle avec des étamines bleues. C'est une belle et gracieuse plante très originale, qui demande une situation ombragée et toujours fraîche, à l’abri des vents forts, en sol humifère et acide ou neutre. Originaire du sud du Japon (îles Ryukyu), elle est sans doute moins rustique que C.alternifolia. Nous la cultivons en extérieur mais je pense qu'elle sera à éviter dans les régions très froides. On ne trouve pas facilement d'informations sur cette espèce qui a pourtant été décrite en 1 928. Elle n'apparaît ni dans la flore du Japon de 1 965, ni dans la flore du sud Kyushu et des îles Ryukyu. Le nom d'espèce amamioshimensis vient du nom de l'île Amami-Oshima qui est l'île principale des îles


Cardiandra alternifolia poussant au pied d'un vieil arbre dans la région de Nikko au Japon (juin 2010)

Amami dans l'archipel Nansei. Elle fait partie de la préfecture de Kagoshima dans la région japonaise de Kyūshū. Ses fleurs contrastent bien avec ses tiges rose foncé (les deux photos ci-dessous).

Cardiandra moellendorffii a été publié dans le Journal of Japanese Botany en 1 942.

Si cette espèce est présente au Japon où elle pousse également dans les îles Ryukyu, sa répartition principale se situe en Chine où elle est signalée dans les provinces de Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangxi et Zhejiang. On la trouve dans les forêts en vallées ou sur les pentes des montagnes, entre 700 et 1 500 m d'altitude.


Sa hauteur est très variable et la plante peut mesurer entre 30 cm et 1 m de haut. Comme les autres espèces, elle peut former une base ligneuse en bonnes conditions. Dans nos jardins cependant, je ne pense pas qu'elle puisse dépasser 50 cm de haut environ. Ses feuilles sont plus arrondies que les deux espèces précédentes. Elles sont elliptiques à obovales-oblongues. Elles mesurent de 6 à 22 cm de long et 3 à 1 0 cm de large. Les inflorescences sont terminales, en cymes corymbiformes, les fleurs feriles sont roses avec les étamines blanches, les fleurs stériles sont roses ou blanchâtres. La floraison a lieu en été. Il existe une variété laxiflora endémique des provinces chinoises de Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hubei et Hunan dont la seule différence sont les ailes des graines qui sont translucides. Dernière espèce, Cardiandra formosana (cicontre) nous vient de Taiwan, comme l'indique son nom. Si on la croit souvent endémique de Taiwan, elle est également signalée dans la province du Zhejiang en Chine où elle vit dans les forêts à moyenne altitude. C'est une des plus belles espèces en fleurs, celle qui rappelle le plus les inflorescences des hortensias. Sa rusticité est malheureusement moyenne et nous avions perdu nos pieds lors des trois semaines à -1 8°C en février 201 2. Certes, il ne fait pas -1 8°C tous les jours mais c'est à prendre en compte tout de même. J'en ai cependant vu de très beaux pieds dans des jardins en Belgique.


En culture, c'est la plus grande espèce, qui peut atteindre 70 cm de haut. Ses feuilles sont elliptiques à oblongues-obovales, de 1 0 à 1 5 cm de long et 3 à 6 cm de large. Ses inflorescences sont généralement terminales, en cymes corymbiformes. Les fleurs fertiles sont bleu-rose et entourées de grandes fleurs stériles plus claires composées de deux longs sépales dont le plus grand mesure de 1 .5 à 2.5 cm de long. Cette espèce demandera une situation ombragée et fraîche. Si tout va bien, elle sera proposée à notre catalogue dès cette année.


Les voyages botaniques ont l'avantage de pouvoir observer des plantes que nous ne connaissons pas dans nos jardins. Ceci pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la flore mondiale est tellement riche qu'on ne peut pas avoir tout introduit et multiplié. Ensuite parce que les plantes n'ayant pas d'intérêt commercial (pharmacie, parfumerie, médecine, ornement) sont souvent oubliées. Et puis, il y a la barrière du climat. L'Europe ou l'Amérique du nord ne sont pas tropicales, ce qui cantonne bon nombre de plantes aux serres chaudes des jardins botaniques. Et puis, il y a les facteurs liés aux biotopes naturels des plantes. Certaines sont en effet considérées comme incultivables car vivant dans des milieux extrêmes. C'est notamment le cas pour des espèces vivant à très hautes altitudes et qui nécessiteraient des installations aux coûts faramineux pour les maintenir en culture. Il y a aussi le cas des plantes parasites nécessitant la culture d'une plante hôte. Dans cette nouvelle rubrique, j'ai décidé de vous présenter des plantes que j'ai pu voir dans leurs habitats mais qui ont une chance vraiment infime -voire nulle- de se retrouver un jour dans nos jardins. Juste pour le plaisir de partager ces découvertes avec vous. Pour cette première, j'ai choisi deux plantes. Un corydale vu à plus de 5000 m d'altitude en Chine et un chèvrefeuille arbustif observé dans une réserve alpine himalayenne. Corydalis dajingensis (ci-contre) a été vu au col de Balang, à 5000m, dans la province chinoise du Sichuan, à cheval avec le Tibet. Vous connaissez sans doute tous les corydale, un genre immense présent sous tous les climats tempérés du globe. Ces plantes vivaces peuvent être bulbeuses.


Les corydales de très haute altitude sont des plantes basses, au port ramassé dont les fleurs arborent souvent des couleurs très vives. Elles vivent dans des éboulis rocheux ou dans les fissures des rochers dans des zones où il ne fait jamais chaud et où l'atmosphère est sans cesse chargée d'humidité. Les cultiver nécessiterait donc d'avoir un climat très frais en été, toujours humide mais dans un substrat très drainant. Elles ne supporteraient pas le moindre coup de chaud. On peut tenter leur culture en serre froide, ventilée voire réfrigérée en été. Ce corydale a un feuillage très glauque, ses feuilles sont très arrondies. Ses fleurs sont bleutées à rougeâtre-pourpre, parfois blanches. Il est endémique de l'ouest et du nord du Sichuan et de l'est du Tibet, entre 3900 et 5000 m d'altitude. Les photos ont été prises en juin 2002. Ci-dessous, une vue de l'habitat de la plante.


Les chèvrefeuilles arbustifs sont très communs en Asie. Ce sont généralement des arbustes faciles à cultiver, florifères, mellifères et décoratifs en automne avec leurs abondantes fructifications. Celui qui m'ai laissé un souvenir impérissable est le Lonicera porphyrantha (appelé aussi L.cyanocarpa ou L.cyanocarpa var. porphyrantha). C'est un petit arbuste aux énormes fleurs très colorées endémique d'Himalaya entre 3500 et 4300 m. Lors d'un voyage au Sikkim en juillet 2003 (NE. de l'Inde, petit Etat coincé entre le Népal et le Bhoutan), nous avons pu, en pleine mousson, accéder à des zones reculées habituellement interdites d'accès grâce à un ami botaniste habitant à Gangtok, la capitale du Sikkim. La flore y est d'une incroyable diversité. Ce chèvrefeuille formait des arbrisseaux de 50/80 cm de haut environ. Nous étions à 3750 m d'altitude, dans un épais brouillard. Dans son habitat, c'est un arbrisseau de 1 mètre de haut tout au plus. Ses feuilles sont arrondies et allongées, caduques. Ses fleurs apparaissent en juin-juillet. Elles sont jaunes ou pourpre foncé. Les plantes vues ce jour sont les formes à fleurs pourpres, une couleur tout à fait remarquable pour ce genre. Les fleurs sont suivies étroitement surveillés par nos de fruits bleu-noir en été. Etant dans accompagnateurs. J'ai tout de une zone interdite, nous étions même pu prélever une bouture qui a repris mais à fini par dépérir faute de soins je pense (à l'époque, mon travail était loin de mon jardin). A ma connaissance, cette espèce n'est pas introduite chez nous. J'en ai trouvé une trace dans le listing d'un Arboretum en Bretagne mais la plante est mal identifiée et elle correspond à un Weigela.


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Retrouvez les 4 premiers numĂŠros de La N'avette sur cette page : http://www.asianflora.com/Blog/page-navette.htm

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La N'Avette numéro 5, année 2017  

Revue annuelle botanique et horticole de la pépinière des Avettes et du jardin botanique Armand David. Voyage au Japon.

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