Les Cheminées des Collines (entre pastoralisme et Toxic Tour) II

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LES RÉCITS du 1000 pattes Les Cheminées des Collines (entre pastoralisme et Toxic Tour)

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mardi 12 février 2019 de Freygières à Fabregoules



Avanti !


Nous commençons notre balade en rencontrant Mr Magro, élu de Septèmes-Les-Vallons et habitant du quartier des vieux Caillols où nous nous trouvons. Il nous rappelle ce que sont pour lui les enjeux de Caravelle : ne pas considérer le cours d’eau que comme un réseau pluvial et véritablement le gérer comme un fleuve côtier, en finir avec les rejets industriels qui en bouleverse l’écologie, restaurer la ripisylve, retrouver un débit d’eau adapté à la vie d’une rivière méditerranéenne. Pour ça quelques outils : le PLUI (pour l’urbanisme), le PPRI (pour les crues et donc l’hydrographie), le contrat de baie (pour la connaissance) et aussi le changement dans les compétences de l’eau (Gemapi) qui devrait contraindre les pouvoirs publics à s’intéresser au fleuve (pour la gestion). Et notre mobilisation... Alors « Avanti ! »



Mais avant d’aller occuper le sommet de l’Étoile pour diffuser nos messages à la télévision, on décide de passer chez Éric comprendre comment les chèvres participent de la gestion de ces collines.

Éric a repris l’activité de la chèvrerie en 2014, transmise par Guy, qui vit toujours là dans la maisonnette. C’est une jolie histoire car Éric, habitant des Aygalades et qui a découvert sur le tard sa vocation de fromager puis chevrier, a vraiment vécu cette aventure (d’une reconversion professionnelle) comme une rencontre (avec Guy et les chèvres) et comme une retrouvaille avec les promenades qu’il faisait précisément dans ces collines, petit avec ses parents.



Aujourd’hui avec le soutien de la commune il a modernisé la chèvrerie, tout en vivant avec les souvenirs et les savoir-faire de Guy qui habite sur le site et sculpte dans les lieux (cherchez la chouette).


Eric nous explique l’AOC récemment acquis par la brousse du Rove et aussi avec Yves qui s’occupe du comité bénévole communal des feux et forêts, la place des chèvres dans la gestion du risque incendie. Cette année pour la première fois vous pouvez en tant qu’habitant demander à accueillir quelques-unes de ses chèvres pour débroussailler votre terrain !


La chèvrerie se trouve dans une ancienne carrière de calcaire dont on aperçoit quelques vestiges. On rejoint ainsi la forêt, direction Lafarge… L’implantation de Lafarge (usine de la Malle) se compose à la fois d’une carrière et d’une cimenterie, installées depuis 1958. C’est dans ce vallon de Fabregoules que les sources convergent pour devenir la source du ruisseau Caravelle/Aygalades. Nous allons tenter de trouver l’eau, mais profitons sur le chemin des vestiges d’anciens systèmes de gestion de l’eau, et d’un panorama spectaculaire…



Et voici le lac, la source, le bassin… L’eau… Enfin... La rétention d’eau exercée par le creusement de la carrière n’est pas intégralement responsable du manque de débit du ruisseau (il y a aussi les eaux possiblement captées par la Galerie de la mer, et aussi les perturbations du bassin versant par l’urbanisation, et aussi la pluviométrie) mais elle est tout de même un facteur capital sur lequel on doit pouvoir agir (inviter Lafarge à remettre de l’eau dans le lit à partir d’une concertation sur les besoins écologiques du ruisseau).



Convaincus de notre « mission », nous finissons d’explorer les circuits de l’eau et de nous convaincre de son retour proche, à l’aide de nos nouvelles technologies de poche...


La balade se finit en mode aventure, nous ne quittons plus le lit du ruisseau‌


Et pour finir en couleur, une rencontre avec ce petit champignon qui nous a accompagné tout au long de cette exploration aqueuse et forestière : la pezize écarlate. Il fait partie des organismes saprophytes, qui peuvent vivre dans l’air, l’eau ou le sol sans dépendre directement d’un être vivant. Très flashy, et attisant la curiosité, vivant au détour de cette étrange histoire de ruisseau dont parfois on doute de l’existence, de ces paysages qu’on soupçonne parfois d’être plus morts que vivant, il est apparu comme une bonne mascotte pour un Toxic tour ! Profitons...



Photos : Didier BrĂŠvot, Julie de Muer et Bernard Blazy


LES RÉCITS Du 1000 pattes « Des histoires pour redécouvrir et prendre soin de nos territoires entre ville et campagne. » Animé par la coopérative d’habitants Hôtel du Nord, le 1000 pattes est un groupe ouvert de voisins (proches ou lointains) qui partent régulièrement en voyage tout à côté de chez eux… Nous explorons et enquêtons dans nos quartiers pour rencontrer, apprendre, agir. Nous créons ainsi des balades à partager au moment des Journées Européennes du Patrimoine puis toute l’année. On vient quand on veut, quand on peut, et même quand on ne vient jamais on peut suivre à distance nos aventures grâce à ces petits récits que l’on reçoit par mel, un peu à l’ancienne, entre correspondance et carnet de voyage.


LES RÉCITS Du 1000 pattes Les Cheminées des Collines (entre pastoralisme et Toxic Tour) Pendant plusieurs mois des habitants de Marseille et de Septèmes-Les-Vallons sont régulièrement partis explorer une partie du massif de l’Étoile. A la lisière des deux communes, là où émergent les pentes et où coule le ruisseau Caravelle qui un peu plus loin devient des Aygalades, se côtoient des histoires agricoles et industrielles. Arpentant ce drôle de paysage à la fois en ruines et en réinvention, ils ont rencontré la longue histoire des pollutions urbaines et les usages pastoraux encore en cours. Ces récits de promenades plongent dans l’imaginaire de ces lieux emblématiques tant de notre patrimoine industriel que de nos écosystèmes bouleversés. Les balades « Les cheminées de Collines » sont construites collectivement avec le soutien de l’AESE, du Bureau des guides du GR2013 et la complicité de Septèmes Mémoire et patrimoine, du CIQ de Saint Antoine, de la chèvrerie communale de Septèmes-les-Vallons et du collectif des Gammares.

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