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1001 Nuits #13

samedi 16 juin Camper sous la bonne étoile Morandat Le Puits Yvon Morandat 1480 Avenue d’Arménie 13120 Gardanne

Entre 14 et 17h Marches

De 15h à 19h Ateliers

19h Coucher du soleil

21h20

Pléiades

« Apportez vos merguez, on s’occupe du reste ! »

21h30 Ciné Fantastic Mister Fox


1001 nuits Qu’est ce que le projet 1001 nuits ? 1001 NUITS c’est une collecte de récits et une série de rendez-vous artistiques pour passer ensemble du jour à la nuit.  Le principe est d’inviter habitants de proximité et voisins métropolitains à découvrir ensemble un endroit du territoire de manière originale, au travers de rencontres et d’histoires qui entrent en résonnance avec les paysages.

Quand ? Du 17 février au 2 septembre 2018.

Où ? Dans des lieux insolites autour du sentier GR2013. 

Qui ? 1001 NUITS est un projet proposé par le Bureau des guides du GR2013, coproduit par MP2018 avec le soutien de la Banque Populaire Méditerranée, en partenariat avec Bouches-duRhône Tourisme et le Comité Départemental de Randonnée Pédestre des Bouches-du-Rhône. 1001 NUITS #13 a été réalisée en partenariat avec la ville de Gardanne, la complicité des résidents du lieu, de la Rotonde et des associations locales et en coproduction avec la SEMAG.

Illustrations © Laurent Eisler Graphisme © Lindsay & Bourgeix


P L É i A D E S . Groupe de sept étoiles qui constitue un petit amas très groupé dans la constellation du Taureau et bien visible les nuits d’hiver. Par glissement, groupe de sept poètes français du 16ème siècles. Dérivé : une pléïade, une grande quantité.


L’aurore qui parut, vint en cet endroit imposer silence à Scheherazade. Dinarzade, qui l’écoutoit avec beaucoup d’attention, en fut fort fâchée, mais elle eut sujet de s’en consoler, parce que le sultan, curieux de savoir ce qui se passeroit entre les trois belles dames et le porteur, remit la suite de cette histoire à la nuit suivante, et se leva pour aller s’acquitter de ses fonctions ordinaires. Trentième nuit, les Mille et une nuits

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D’UN LAC “ Un lac d’eau douce s’étendait entre les massifs de Ste Victoire et de l’Etoile et jusqu’à Istres. Dans ce lac poussaient des végétaux de très petite taille. Un processus lent mais régulier se met en place, alternant la décomposition de micro-végétaux d’eau douce et le recouvrement par des roches calcaires dus à des affaissements de terrain. Ce processus est attesté par la fréquente découverte de fossiles de tortues, de moules... dans les déblais de mine.“ Tout commence il y a très, très longtemps. A l’ère secondaire, dans ce jurassique popularisé au cinéma par Steven Spielberg. La mer recouvre alors tout ce qui deviendra le bassin minier. Vers 95 millions d’années, le socle calcaire se soulève et émerge. Il est à nouveau recouvert par la mer au Crétacé supérieur, mer peu profonde dans laquelle se déverse de l’eau douce. Un lac fuvelien se forme, de 100 km d’Est en Ouest et de 30 km du Nord au Sud. C’est au fond de ce lac que des sédiments se déposent, et formeront le charbon à l’abri de l’air et sous la pression des couches successives de roches. Ce qui veut dire que les derniers blocs de lignite extraits au début du 21e siècle sont aussi les plus anciens. Les plus récents, et les plus pauvres en carbone ont été exploités en premier, vers le 16e siècle. Il existe en effet trois grandes familles de charbon : la tourbe (le plus récent, dont la teneur en carbone est faible), le lignite et la houille, dont l’anthracite est une variété de qualité supérieure. Selon un spécialiste du 19e siècle, Alfred Opperman, « Le lignite de Fuveau est un bon combustible, pas un lignite terreux et boueux. C’est un charbon sec, noir, brillant, qui brûle avec une longue flamme et peut vaporiser 5 litres d’eau par kilo. »

Ville de Gardanne La mine, une histoire verticale

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ARBRES

Je marche dans un jardin de braises fraîches sous leur abri de feuilles un charbon ardent sur la bouche …. Du monde confus, opaque des ossements et des graines ils s’arrachent avec patience afin d’être chaque année plus criblés d’air

Philippe JACCOTTET Poésie, 1946-1967

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Boisage 1. Action de boiser, de revêtir ou consolider avec du bois. 2. (Construction) le bois employé pour cette opération. Ensemble des étais en bois qui soutiennent les galeries de mines et des fouilles. 3. Technique de menuiserie destinée à retenir les terres lors du creusement de tranchées ou de galeries de mine.

La lumière elle-même... avançait avec timidité. Pareils à des barres décolorées, ses rayons ne mettaient plus à travers l’espace qu’un triste boisage de mine. É. Estaunié, Les Choses voient,1913

“Les galeries, qui forment avec les puits l’ensemble de l’édifice souterrain d’une mine, sont horizontales ou inclinées, et généralement à sections relativement petites. Là encore, le défaut de solidité du terrain est combattu par un boisage ou un muraillement. “ Ernest Lamé-Fleury La Propriété souterraine en France, 1857

“Le soutènement variera donc entre le vieux boisage classique et la maçonnerie des galeries, cimentées comme une cave, en passant par l’encadrement métallique ou l’assemblage de claveaux en agglomérés de béton. (...). On emploie, pour le boisage proprement dit, soit des bois résineux, pin ou sapin, soit des bois blancs, hêtre, aulne ou bouleau, soit enfin des bois durs, frêne, châtaignier, orme, acacia, chêne, ce dernier résistant plus longtemps que toute autre essence à la décomposition. Le boisage comprend une charpente grossière, constituée par des cadres trapézoïdaux, distants d’un mètre environ l’un de l’autre, l’espace qui les sépare étant garni de petits bois qui retiennent les terrains tant au toit qu’aux parois et sont disposés à la façon des solives et des voliges de nos vieilles maisons.“ E. Schneider, Le Charbon,1945.


LA FORÊT DU DESSOUS Le boisage dans ces chantiers de « Grande Mine » est réalisé par les mineurs eux-mêmes avec ces bois si lourds, pourtant ils cassent comme des allumettes sous la pression des toits. C’est impressionnant ce bruit sourd et profond quand les toits se manifestent. Le bois utilisé est toujours le pin d’Alep en grume, dont la plus grande partie nos communes sont couvertes sur l’ensemble du territoire. La partie la plus difficile à boiser, à sécuriser, est l’entrée des affleurements et en particulier ceux de la Grande Mine. Aux affleurements les plaquages étaient collés, ou tenus au toit par des branches de pin liées fagots, les « fascines ». Le bois de pin offre l’avantage de ne pas être très cher, d’être sur place et de se conserver assez longtemps dans les endroits secs. Nous connaissons des exploitations abandonnées depuis plus d’un siècle où le boisage est encore intact. C’est le cas du « Puits Lhuillier » ou « Puits n°10 », foncé en 1846 : au fond le boisage était en parfait état en 1985. On utilise cette forme de boisage dans toutes les couches de lignite et en particulier en « Grande Mine » pour soutenir le premier lintal, épaisseur de roche calcaire qui menace de tomber dans les intervalles laissés entre les piliers abandonnés et laissés pour la sécurité et la protection des mineurs dans les chantiers d’avancement et dans les cas où le boisage s’impose. A décrire cette période d’exploitation, il est évident que la solidité des toits fait que l’opération de boisage est loin d’avoir, en Provence, l’importance qu’elle a dans les autres bassins miniers du pays et il y a plusieurs raisons à cela. D’abord la formation géologique du sous-sol, les couches de lignite sont prises entre des bancs de calcaire très dur, et d’autre part, les premières exploitations sont peu profondes (moins de cent mètres), donc la pression des toits et de la masse rocheuse est moins importante. Il n’en sera pas de même à la « Grande Mine », du Lambeau Charrié à Biver où la couche a une puissance de 4,50 mètres à 5 mètres et est exploitée à 500 ou 600 cents mètres de profondeur. Le boisage des chantiers en exploitation n’est pas confié à des spécialistes du boisage ; ce sont les mineurs eux-mêmes qui assurent leur propre sécurité. Ils boisent, ils « épontillent » là où les besoins de sécuriser sont nécessaires. Pour effectuer ce travail, ils ne perçoivent aucune indemnité supplémentaire ou spéciale mais l’exploitant est tenu de leur fournir le bois à pied d’oeuvre sur place. Le boisage dit « à cadre » n’est donc que très peu utilisé dans les exploitations peu profondes du fait de la solidité des toits.

Francis Pélissier Témoin de l’obscurité

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(char-bon) s. m. Élément composant presque en totalité la substance du bois et obtenu presque pur au moyen d’une combustion lente que l’on arrête dès qu’on a chassé l’oxygène, l’hydrogène et presque toute l’eau ; le charbon ainsi obtenu est du carbone presque pur. Braise éteinte, morceaux de bois charbonné qui restent dans le foyer. Ex: Rallumer les charbons. Se faire des moustaches avec un charbon. Par exagération, toute matière carbonisée par l’action du feu. Ex: Cette viande est brûlée, elle est en charbon. Être sur les charbons, être impatient, inquiet, très embarrassé. Ex: Il brûle comme un charbon, se dit d’un homme qui a une fièvre ardente. Le charbon est un combustible fossile d’origine organique. Il est le résultat de la transformation de biomasse (résidus de forêts notamment) enfouie dans le sol au cours des temps géologiques. Par enfouissement, sous l’effet des pressions et des températures croissantes avec la profondeur (gravité, gradient thermique), les végétaux ensevelis sont en effet décomposés puis transformés en une matière solide et combustible à haute teneur en carbone : le charbon. Les plus anciens et les plus recherchés des charbons datent de près de 300 millions d’années (ère carbonifère). Mais on trouve aussi des charbons plus récents, déposés jusque dans l’ère tertiaire (lignite) ou quaternaire (tourbe). Chaque type de charbon correspond à un stade de maturité. Dans les tourbières, les végétaux se décomposent pour devenir de la tourbe (constituée à 50% de carbone) ; les zones boisées produisent du lignite. Puis, par enfouissement, ces dépôts carbonés se transforment progressivement en houille. Les gisements de charbon se situent sous terre et sous les planchers continentaux des océans. Ils peuvent être enfouis à plusieurs kilomètres de profondeur ou affleurer à la surface du sol. Les charbons dits “de haut rang“ ou “Houille“ se forment à plus de 10 km de profondeur. A la suite des mouvements tectoniques et de l’érosion, la houille peut affleurer à la surface. Compte tenu du gradient géothermique moyen (3°C par 100 m), les mines de charbon actuellement exploitées ne se trouvent pas à plus de trois kilomètres de profondeur. Les techniques d’exploitation sont déterminées par les connaissances géologiques du sous-sol qui permettent de préciser l’existence, la nature et la forme des gisements. Outre les forages de reconnaissance, les techniques géophysiques permettent de préciser l’extension des couches et de localiser les failles. Les gisements peuvent s’étendre sur des milliers de km2, à plusieurs kilomètres sous la surface. Il s’agit d’abord de déterminer la qualité et la forme du gisement, puis de définir les techniques à utiliser pour l’abattage (l’extraction). Des puits d’extraction et d’aération et des galeries sont alors creusés pour atteindre le gîte, là où se trouve le charbon. En surface, un site industriel (appelé aussi le “carreau“) est enfin créé pour trier le charbon.

Connaissance des énergies, 2018 12


COMBUSTION Notre propagation sur terre passe par la carbonisation des espèces végétales supérieures et, d’une manière plus générale, par l’incessante combustion de toutes substances combustibles. De la première lampe-tempête jusqu’aux réverbères du XVIIIe siècle, et de la lueur des réverbères jusqu’au blême éclat des lampadaires qui éclairent les autoroutes belges, tout est combustion, et la combustion est le principe intime de tout objet fabriqué par nous. La confection d’un hameçon, la fabrication d’une tasse de porcelaine et la production d’une émission de télévision reposent au bout du compte sur le même processus de combustion. Les machines conçues par nous ont, comme nos corps et comme notre nostalgie, un cœur qui se consume lentement. Toute la civilisation humaine n’a jamais été rien d’autre qu’un phénomène d’ignition plus intense d’une heure à l’autre et dont personne ne sait jusqu’où il peut croître ni à partir de quand il commencera à décliner. En attendant, nos villes rayonnent encore, les feux gagnent encore du terrain.

Les anneaux de Saturne Winfried Georg Sebald, 1995

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Alumine L’extraction de l’alumine est un procédé chimique qui permet d’extraire l’oxyde d’aluminium appelé alumine contenu dans la bauxite. La bauxite est une roche latéritique blanche, rouge ou grise, caractérisée par sa forte teneur en alumine Al2O3 et en oxydes de fer. Cette roche constitue le principal minerai permettant la production d’aluminium. Elle se forme par altération continentale en climat chaud et humide. De structure variée, elle contient dans des proportions variables des hydrates d’alumine, de la kaolinite, de la silice et des oxydes de fer qui lui confèrent souvent une coloration rouge. La bauxite a été découverte par le chimiste Pierre Berthier en 1821 sur la commune des Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône), en cherchant du minerai de fer pour le compte d’industriels lyonnais. Il lui donna le nom de « terre d’alumine des Baux ». Le nom fut transformé en « beauxite » par Armand Dufrénoy en 1847 puis en « bauxite » par Henry Sainte-Claire Deville en 1861. En 1860 le premier site industriel producteur d’aluminium au monde à utiliser la bauxite est situé à Salindres dans le Gard. Pendant presque 30 ans, la société Henry merle sera la seule usine de production d’aluminum au monde. L’alumine est la principale matière première qui permettra la fabrication de l’aluminium métal par un procédé d’électrolyse. La mise au point du procédé a été faite au cours de la deuxième moitié du xixe siècle. Plusieurs procédés ont été élaborés : le procédé Deville (inventé en 1860), le procédé Peniakoff Sapeck, le procédé Petersen Haglund. C’est finalement le procédé inventé en 1887 par Karl Josef Bayer qui sera universellement utilisé pour la première fois çà Gardanne. Le procédé Orbite breveté récemment par la compagnie canadienne Orbite Aluminae (vers 2008) semble aujourd’hui offrir une alternative moins polluante au procédé Bayer, permettant également d’en valoriser les boues rouges .

Wikipedia

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Beaucoup s’interrogent sur la dangerosité de ces poussières de bauxite, même si des signes ne trompent pas. Robert a longtemps chassé du côté de Mange-Garri où sont stockées les boues rouges. « Je n’y vais plus, les lapins ont les pattes toutes rouges », affirme-t-il. Pourtant lui non plus ne souhaite pas sa fermeture. « J’ai grandi avec, on allait à la piscine dans l’usine juste à côté des bassins d’alumine, alors imaginez ! Heureusement qu’elle est là en termes d’emploi. Je veux plus de contrôle, moins de rejets mais sûrement pas sa fermeture », explique le maraîcher. Craintil pour ses légumes qu’il vend sur le marché ? « Oh ! Vous savez, on n’est pas sous les vents dominants donc on ne risque rien. Regardez, on n’a pas deux têtes et quatre jambes », se rassure-t-il. Adrien Max pour 20 Minutes 30/01/18

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Les Garennes de Watershipdown Les lapins, dit-on, ressemblent aux humains par bien des aspects. Ils savent surmonter les catastrophes et se laisser porter par le temps, renoncer à ce qu’ils ont perdu et oublier les peurs d’hier. Il y a dans leur caractère quelque chose qui ne s’apparente pas exactement à de l’insensibilité ou de l’indifférence, mais plutôt à un heureux manque d’imagination mêlé à l’intuition qu’il faut vivre dans l’instant. Une créature sauvage qui cherche sa nourriture dans les champs et se préoccupe avant tout de sa survie est aussi vivace que les mauvaises herbes. Ils ressentaient le doute et l’appréhension de ceux qui arrivent par hasard en des lieux fascinants où leur existence semble dérisoire. En des lieux où ils sentent leur cœur défaillir en prenant conscience que tout cela existait bien avant qu’ils ne naissent et sans qu’ils en aient jamais rien su. En des lieux qui n’attendent rien de leurs visiteurs et les renvoient à leur insignifiance. Ils éprouvèrent cela comme n’importe quel voyageur débarquant en terre étrangère sans savoir ce qu’il va y trouver.

Richard Adams Watership Down, Ed. Monsieur Toussaint Louverture, 2016

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TÉMOIN DE L’OBSCURITÉ Lundi matin, 7 octobre 1957. J’ai pris possession d’un seau dans l’immense salle des douches - vestiaires du « Puits Gérard », je me suis changé et me voilà en tenue de mineur de fond. Je me présente au bureau du Maître Mineur qui me toise avant de me présenter à mon nouveau chef de poste (le porion) Louis Agresti. C’est un homme à l’allure rude, âgé de 45 ans environ, il a un faciès de boxeur. Il y a beaucoup de monde autour du puits avant la descente. La nuit est encore là. Je réalise que je vais enfin découvrir le coeur de cette terre provençale, cette terre natale que je n’ai connu jusqu’à ce jour que sous le soleil. Je suis tellement imprégné de ce monde ouvrier qu’il me paraît tout à fait normal d’être là, au milieu de tous ces hommes. J’ai l’impression de me comporter comme un vieil habitué. Je me voyais déjà dans les galeries boisées où le charbon brillant collait à ma peau, ce charbon que le bougnat (Mori) nous livrait à la maison lorsque j’étais encore un petit garçon ; ce charbon grâce auquel nous pouvions oublier le froid de l’hiver. Ce charbon qui faisait partie de la vie de mes aïeux jusqu’à mon père et que je voyais passer dans les wagons des trains de la SNCF depuis la terrasse de notre maison des Baumes. Aujourd’hui il m’est offert de mieux connaître cette matière minérale que je trouve noble et, avant cette première descente, je me sentais plus responsable, avec la forte impression d’être depuis longtemps un vieux mineur ! Illusion ! Dans la lueur des pâles lumières atténuées par une légère brume matinale les premiers mineurs arrivent au puits, savourant la dernière cigarette avant la descente. Les ouvriers commencent à descendre, bientôt ce sera mon tour. Dans cette cage, parmi tous ces hommes aux visages burinés, je me sens bien jeune, un peu angoissé, pourtant j’affirme que ce sentiment n’a rien à voir avec la peur. Le bruit sourd et régulier des portes métalliques se fait entendre, la descente est amorcée et malgré mon appréhension j’avais l’impression d’avoir déjà vécu ce moment. La cage s’arrête net avec un léger balancement de haut en bas, comme si nous étions suspendus à un élastique: nous sommes à la côte -126 par rapport au niveau de la mer.

Francis Pélissier

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CONCLUSIONS : L’analyse et L’interprétation des résultats de la campagne de reconnaissance effectuée en 1982 ont permis de situer le secteur exploré dans le contexte géologique et minier du bassin de l’Arc et de le raccorder d’une part vers l’Est, au secteur de Gardanne, et d’autre part, vers l’Ouest à la plaine de Berre. Les sondages réalisés en 1982 ont confirmé l’extension du gisement au Nord-Ouest de Gardanne et mis en évidence une amélioration progressive et indubitable des caractéristiques de la couche «Grande Mine» d’Est vers l’Ouest. On ne connaît pas l’importance et les limites de cette évolution à l’Ouest de la zone reconnue par sondages ; on peut cependant admettre comme une certitude que la couche «Grande Mine» se prolonge jusqu’aux affleurements du Fuvélien de La Fare-les-Oliviers et sous la couverture alluviale de la plaine de Berre ; une dizaine de sondages anciens qui ont été effectués dans ce secteur ont recoupé une couche de lignite, (puissance moyenne de 2 mètres), dont la position stratigraphique permet de la corréler avec la couche «Grande Mine». Les caractéristiques minières précises (épaisseur et qualité du lignite) ne sont cependant pas connues. Les données de la campagne de sondages ainsi que la synthèse géologique et minière du bassin ouvrent des espérances de développement du gisement à l’Ouest du plateau d’Arbois et très probablement au moins jusqu’à la basse vallée de l’Arc. Ces résultats permettent d’envisager l’hypothèse d’une potentialité du gisement s’étendant sur une superficie d’environs 119 km2 pour une profondeur inférieure à - 1100 NGF. En conséquence de ces résultats il est recommandé de prospecter progressivement l’ensemble du bassin, d’Est (du plateau d’Arbois - Ventabren) vers l’Ouest (basse vallée de l’Arc).

Gisement de lignite de Gardanne / Reconnaissance de l’extension (Campagne de sondages 1982) Synthèse des résultats et perspectives, par CH. GLINTZBOECKEL, Mai 1983.

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La galerie de la mer “C’est un paradoxe qui préside à la construction de ce qui préside à la construction de ce que l’on appelle depuis près de cent ans, la Galerie de la Mer. En effet, dans notre paysage sec et rocailleux, qui croirait à une surabondance d’eau ? C’est pourtant ce que révèlent les études géologiques et hydrologiques concernant le territoire du Bassin Houiller de Gardanne. Ce sol calcaire à multiples fendillements présente des déchirures définies en terme locaux de “partens”ou “moulières“. Ces failles très ouvertes à la surface, s’amincissant, finissant parfois à zéro en profondeur, augmentent le pouvoir conducteur des eaux de ruissellement si abondantes en Provence après de violents orages. Ces eaux rapidemment infiltrées dans le sous-sol par les moulières envahissent brutalement les galeries d’extraction de charbon. Une fois le niveau hydrostatique atteint, elles empêchent toute poursuite des travaux d’exploitation. Aussi à la fin du XVIIème, dès les premières tentatives de mise en valeur de ce gisement, surgit la question inhérente à l’évacuation de ces eaux.“ La galerie de la Mer est une galerie de mine d’exhaure creusée de 1885 à 1907 entre le puits Biver (remplacé par le puits Gérard) situé sur la commune de Mimet et le cap Pinède à Marseille dans les Bouches-du-Rhône en région PACA. Elle est toujours utilisée après la fermeture des mines et surveillée par le BRGM. Il s’agit d’un galerie maçonnée de 14,68 km de long dans laquelle une tuyauterie de 5,50 m de diamètre transporte l’eau pompée à 50 mètres de profondeur dans le puits Gérard. Le projet démarre en 1879, il est mené par l’ingénieur Ernest Biver. Le but de cet ouvrage est d’évacuer les eaux de mines du puits Biver où elles affluent massivement. Elle est creusé en ligne droite à partir de ce puits jusqu’à la mer Méditerranée. L’aérage est assuré par le puits Saint Joseph et le puits de la Mure. La galerie est creusée de 1890 à 1905. Équipé d’une voie ferrée, elle sert brièvement au transport du charbon vers Marseille mais permet surtout l’évacuation des stériles et des eaux de mines sans pompage permettant à la compagnie de faire des économies. Elle dessert le puits Gérard au fonçage de celui-ci. Les mines ferment en 2003, mais l’exhaure est maintenue dans le cadre de l’après-mine pour éliminer les oxydes de fer et la maintenance de la galerie est assuré par le BRGM à partir de 2007. En août 2010, le débit de pompage est passé de 450 m3/h à 1000m3/h, jusqu’à 2 200 m3/h en 2011. L’eau de très bonne qualité a deux usages sur son parcours: ressource de secours en eau potable pour la Ville de Marseille et eaux de refroidissement pour la Générale Sucrière. elle sert également de passage de conduite de chaleur entre deux quartiers pour la Société Méditerranéenne de distribution thermique. L’exhaure doit cesser vers 2030.

J.Nardini Revue La Galerie de la mer et plan d’action 2011-2012 du BRGM 21


Le dernier morceau de charbon Le dernier morceau de charbon a été extrait des mines de Gardanne il y a 14 ans. L’état, en noyant les galeries sous des millions de mètres cubes d’eau, a mis fin en 2003, à toute possibilité de réouverture mais pas à la détermination des « gueules noires » à perpétuer le souvenir d’une activité industrielle qui a marqué l’histoire de la ville. Ancien mineur, Claude Sbodio se souvient : « Ce jour-là, quelques gars volontaires ont essayé de sauver un maximum de matériel et ont remonté du fond tout ce qu’ils ont pu. Pour tout ramener, il nous aurait fallu une bonne semaine. Sauf qu’on nous a démantelé la mine en trois jours... ». Selon lui, « des millions d’euros de matériel » dorment -pour toujours- sous la ville, irrécupérables, figés dans leur linceul aquatique. Parmi les engins ayant pu être remontés à l’époque, un wagonnet, une pile hydraulique, un « scout » (engin de transport pourvu de sièges), tout un tas de structures métalliques ayant servi au boisage « pour soutenir les toits des galeries », ainsi qu’un « shuttle car », « camion électrique alimenté par un câble de 150 mètres », précise Claude Sbodio. Depuis 2003, toutes ces machines, dont on peine à imaginer qu’elles ont pu évoluer sous terre tant leurs silhouettes sont imposantes, sont stockées sur le carreau du puits Morandat.

Sabrina Guintini La Marseillaise, le 31 janvier 2017

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Les cavernes sont principalement trouvées sous les couches de roche de la carte. Beaucoup de cavernes ont un système de tunnel, certains de ces tunnels peuvent être connectés à la surface créant ainsi des entrées naturelles. Les cavernes peuvent être très profondes, allant de la surface jusqu’à la “bedrock“, qui est impossible à casser. Elles sont générées aléatoirement, il est donc impossible que deux cavernes soient identiques. Ces cavernes sont parfois attachées à des donjons naturels, à des puits de mine abandonnés ou à des forts et contiennent souvent un type de minerai exposé. Des créatures hostiles apparaissent, il est donc conseillé d’apporter armes et nourriture avant d’y pénétrer. Tant que c’est une caverne naturelle, trouver des minerais prend peu de temps. Pourtant, les cavernes peuvent être très profondes et en à-pic, casser un bloc et tomber accidentellement dans l’une d’entre elles peut causer d’importants dégâts de chute. Le joueur doit être conscient de la possible présence de lave qui est l’un des principaux risques, même en difficulté “peaceful “. Mode d’emploi du Jeu Minecraft®

« Au fond, là où on extrait le charbon, c’est une sorte de monde à part qu’on peut aisément ignorer sa vie durant. Il est probable que la plupart des gens préféreraient ne jamais en entendre parler. Pourtant, c’est la contrepartie obligée de notre monde d’en haut. La quasi-totalité des activités auxquelles nous nous livrons, qu’il s’agisse de manger une glace ou de traverser l’Atlantique, de cuire un pain ou d’écrire un roman, suppose — directement ou indirectement — l’emploi du charbon. [...] Pour que Hitler puisse marcher au pas de l’oie, pour que le pape puisse dénoncer le péril bolchevik, pour que les foules puissent continuer à assister aux matches de cricket, pour que les poètes délicats puissent continuer à fixer leur nombril, il faut que le charbon soit là. » Georges ORWELL, Down the mine, 1937


PIITSBURGH - RENAISSANCE II Au petit matin vendredi, à l’heure où les habitants de Pittsburgh hâtent le pas vers le bureau, tout le monde ou presque avait entendu la nouvelle: à leur grand effroi, Donald Trump a pris leur ville en exemple pour justifier le retrait de l’accord de Paris sur le climat. «J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris», a déclaré le président depuis la Maison Blanche. «Il a en tête l’idée que l’accord aurait désavantagé les industries lourdes et l’extraction minière, mais on ne fait plus cela depuis longtemps ici. Je ne connais même pas d’ouvrier de l’acier», dit David Sandy, 36 ans, dans l’ombre de la grande tour US Steel, l’un des symboles de l’ex-capitale de l’acier. Pittsburgh, environ 300.000 habitants, est incarnée par les majestueux ponts en acier qui traversent les deux grandes rivières encadrant son centre. Mais banques, groupes de santé et instituts de recherche emploient désormais les habitants, qu’on voit arriver par le métro ou des vélos bleus en libre-service. (...) Au cinquième étage du massif bâtiment de pierre grise de la mairie, le maire de Pittsburgh n’en croyait pas non plus ses oreilles en entendant Donald Trump. «Je suis rentré dans le bureau de mon directeur de cabinet et je lui ai dit : Pittsburgh ? Je crois qu’il avait en tête le Pittsburgh d’il y a 40 ans, quand la ville était encore un centre mondial de la production d’acier et de l’industrie. Mais cette ère a pris fin dans les années 1970» raconte Bill Peduto. Il décrit comment la ville a rebondi du sinistre économique des années 1970 et 1980 en «plantant des graines» pour passer à la nouvelle économie. L’Université Carnegie Mellon a ouvert un laboratoire de robotique en 1979 et aujourd’hui les constructeurs automobiles nouent des partenariats de recherche. Google, Uber, Microsoft et Tesla y développent leurs technologies de demain. Des quartiers entiers ont changé de physionomie pour les accueillir. Trump ou pas, le maire de cette ville très démocrate clame qu’il poursuivra les objectifs climatiques adoptés localement, en investissant dans des immeubles verts ou les transports en commun. Des innovations que la région autour de Pittsburgh ne voit pas forcément, nuance Darlene Harris, une élue locale. Elle rappelle que l’ouest de la Pennsylvanie n’a rien du paradis technologique promu par le maire. «Je pense que le président parlait de la région entière, pas juste de la ville», confie-t-elle. Hasard du calendrier, Pittsburgh accueille ces jours-ci une conférence d’économistes de l’environnement. Entre deux sessions, Marc Hafstead, de l’organisation Resources for the Future, confie sa perplexité face aux 3.000 milliards brandis par Donald Trump comme le coût supposé de l’accord climat sur l’économie américaine. «Ils surestiment grandement le coût», estime-t-il. Mais face aux promesses de croissance verte des partisans de l’accord de Paris, il tempère et prévient que les réglementations anticarbone auront bien un coût.

AFP, Publié le 02/06/2017 24


TROU STORY Extra-quoi ? Le terme « extractivisme » déroute. Il manque d’élégance, exige un effort de prononciation. Pourtant, ce vocable circule de plus en plus car l’exploitation industrielle de la nature à laquelle il renvoie, s’intensifie partout sur la planète. La quête sans fin des «ressources naturelles » (70 milliards de tonnes qui doivent être fournies aux chaînes de production et de consommation de marchandises) repousse toujours plus loin les limites géographiques et technologiques de cette exploitation. Pour mettre la main sur les métaux, si essentiels à nos économies, ne cherchez plus uniquement sous terre. A force d’avoir creusé avec frénésie - l’extraction de minerais et minéraux a été multipliée par 27 au cours du XXe siècle -, les stocks mondiaux ont littéralement migré. Ils sont désormais en grande partie en surface, disséminés dans la société. Dans nos bâtiments (cuivre, acier), nos avions (aluminium, rhénium, béryllium), nos éoliennes (terres rares), nos écrans LCD (indium), etc. Bref, chez vous, chez moi, partout. Un gigantesque gisement «hors sol», aussi dénommé «mine urbaine», que l’humanité cherche de plus en plus à exploiter. L’Union européenne, le continent le plus dépendant de l’importation de matières premières, promeut ainsi, depuis 2008, l’utilisation efficace des ressources et leur recyclage. La concentration de métaux précieux des «mines urbaines» a de quoi faire rêver : elle serait 40 à 50 fois plus élevée que celle des gisements naturels, dont les plus accessibles ont déjà été exploités. «Il y a 2 à 3 grammes d’or par tonne de minerai extrait d’une mine, contre 120 à 200 grammes par tonne, voire plus, dans les produits électroniques», confirme Alain Geldron, à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). En principe, tous les métaux sont recyclables, encore et encore. C’est leur grand avantage. Magnifique. D’autant que produire des métaux recyclés est bien moins énergivore qu’extraire et raffiner des ressources primaires. Sauf que, selon les calculs de l’ONU, seuls douze métaux sur soixante voient leur «taux de recyclage en fin de vie» dépasser les 50% comme le fer et le platine. Et pour la plupart, surtout les métaux stratégiques utilisés dans la high-tech, ce taux ne franchit pas un tout petit 1%. Selon l’essayiste Philippe Bihouix, il est illusoire de penser que le recyclage est la solution miracle au problème de la raréfaction des ressources, notamment métalliques : “On ne pourra pas continuer à consommer autant d’objets qu’aujourd’hui avec des durées de vie aussi courtes, et imaginer que, grâce au miracle de l’économie circulaire, on pourra tirer la ressource nécessaire du seul recyclage ! On va devoir extraire au cours des deux prochaines décennies autant de métaux que pendant toute l’histoire de l’humanité !“ L’équation posée est donc simple : soit on continue et cela conduira à ouvrir de nouvelles mines ou à dépendre de la production étrangère, soit on décide de rompre le cercle vicieux, mais cela suppose alors de changer nos modes de consommation. Dans le premier comme dans le second cas de figure, la question de notre modèle de société est posée.

Extractivisme - Anna Bednik, 2016 / Mines urbaines, par Coralie Schaub, in Libération, 9 mars 2014 / Pourquoi les mines et forages en France ne sont pas près de s’arrêter, par Anne Brunel, 2017


Les collines Marius, dans l’Océan des tempêtes, abritent la grotte repérée par la sonde japonaise SELENE. crédits : NASA / Goddard / Arizona State University.

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Les collines de Marius La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter a découvert de nombreuses cavités souterraines à la surface de la Lune. Ces formations, longues de plusieurs centaines de mètres pour certaines, seraient reliées à des réseaux de galeries et de grottes. La Lune, bien qu’unique satellite de la Terre, est encore relativement méconnue par les scientifiques, elle conserve en effet de nombreux secrets que les équipes percent au compte-goutte au fil de leurs missions. Quelque 200 cavités seraient reliées à des réseaux souterrains de galeries et de grottes. Une découverte d’importance révélée par la NASA le 17 juillet et qui pourrait être utile dans les perspectives de missions et installations lunaires. Les galeries auraient pu être creusées sous la Lune par des écoulements de roches en fusion, probablement causées par les chutes de météorites. Si le mystère demeure quant à l’origine de ces galeries, les scientifiques entrevoient déjà une utilité possible: «Les fosses pourraient être utiles pour l’activité humaine à la surface lunaire. Un habitat installé dans une fosse fournirait un endroit très sûr pour les astronautes : pas de radiation, pas de micrométéorites, peut-être très peu de poussière et pas de changement sauvage de température jour-nuit», a poursuivi le principal auteur de l’étude. Aucun homme n’a mis le pied sur la Lune depuis 1972. Toutefois, la NASA ne projette pas pour l’heure d’y renvoyer une équipe, préférant se tourner vers un autre corps spatial : Mars. En revanche, la Chine elle, compte bel et bien d’ici peu y envoyer une équipe.

Baptiste Rouch Maxisciences, le 24 juillet 2014

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C’est alors qu’apparut le renard. – Bonjour, dit le renard. – Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien. – Je suis là, dit la voix, sous le pommier. – Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli… – Je suis un renard, dit le renard. – Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste… – Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé. – Ah ! pardon, fit le petit prince. Mais, après réflexion, il ajouta : – Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? – Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ? – Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? – Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ? – Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? – C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… » – Créer des liens ? – Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… [...] Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. (…) Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince : – S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il. – Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître. – On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! – Que faut-il faire ? dit le petit prince. – Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

Antoine de Saint-Exupéry Le Petit Prince, 1943


Par une belle nuit d’été, Nasr Eddin Hodja se rendit dans son jardin, un seau à la main, pour puiser l’eau du puits. Il se pencha pour voir si le seau était plein, et fut effrayé de trouver la lune dans l’eau du puits. — Quelle catastrophe ! La lune est tombée dans le puits ! Il retourna chez lui, prit un seau plus grand, espérant ainsi la sortir de là. Il fixa le seau à la poulie et se mit à tirer de toutes ses forces. Malheureusement la corde céda et il tomba à la renverse. Un peu étourdi, il se remettait lentement du choc, quand il rouvrit les yeux et vit la lune dans le ciel. Avec un soupir de soulagement, il s’exclama alors : — Peu importe si je me suis fait mal, j’ai réussi à remettre la lune à sa place ! Turquie, XIIème siècle.

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1001 nuits Qu’est ce que le projet 1001 nuits ? 1001 Nuits c’est une collecte de récits et une série de rendez-vous artistiques pour passer ensemble du jour à la nuit.   Le principe est d’inviter habitants de proximité et voisins métropolitains à découvrir ensemble un endroit du territoire de manière originale, au travers de rencontres et d’histoires qui entrent en résonnance avec les paysages.

Quand ? Du 17 février au 2 septembre 2018.

Où ? Dans des lieux insolites autour du sentier GR2013. 

Qui ? 1001 Nuits est un projet proposé par le Bureau des Guides du GR2013, coproduit par MP2018 avec le soutien de la Banque Populaire Méditerranée, en partenariat avec Bouches-duRhône Tourisme et le Comité Départemental de Randonnée Pédestre des Bouches-du-Rhône. 1001 NUITS #1 a été réalisée En coproduction avec la Friche la Belle de Mai.

www.gr2013.fr


PLÉiADES.

Groupe de sept étoiles qui constitue un petit amas très groupé dans la constellation du Taureau et bien visible les nuits d’hiver. Par glissement, groupe de sept poètes français du 16ème siècle. Dérivé : une pléiade, une grande quantité.

« Si vous voulez bien vous approcher un peu plus. La voix porte mal avec le vent. Mais cela fait longtemps qu’il parle aux hommes… nous ferons avec lui ce soir. » Chacun y va d’un petit pas. Nous voilà bien serrés les uns contre les autres, pléiade de curieux du ciel que le ciel attire. — Ballades sous les étoiles, François Barruel


Camper sous la bonne étoile Morandat Où Nicolas Mémain et le Collectif Etc. invitent à dessiner à plusieurs la constellation Morandat. Au pied du puits se passent des choses étranges… Des enrochements sont tombés du ciel comme jadis Yvon Morandat, résistant pendant la guerre, de son parachute. Des assises et des tables de bois ont poussé pendant la semaine, invitant à un repli hospitalier dans ce paysage minier plus grand que l’homme. Des constructeurs grillent des merguez et des aubergines au crépuscule après le chantier, en écoutant les histoires mystérieuses d’un connaisseur du lieu… Que reste-il à Gardanne des témoins de son passé minier ? Quelles traces laissent encore sur son territoire ces activités industrielles qui ont creusé leurs galeries sous la ville pendant des décennies ? Il y a le puits de la mine Morandat, grande figure obsolète dont l’ombre couvre aujourd’hui un chantier en cours : la transformation de la Mine en zone d’activité. Une équipe d’artistes – architectes, cuisiniers, marcheurs, dessinateurs, constructeurs – investit les lieux le temps d’une grande journée festive pour écrire ensemble les récits passés et à venir dans ce campement improbable dressé pour l’occasion.

Prochaines NUITS 1001 Nuits #14 Coucher du soleil à 21h22 Une visite de circonstances Où Mathias Poisson se glisse silencieusement dans le paysage pour souligner le visible et l’invisible à coups de pinceaux tremblants. [Promenade-performance] — Le samedi 30 juin, Centre du village (Saint-Savournin)

1001 Nuits #15 Coucher du soleil à 21h21 Ici, maintenant ? Sur le cercle Où l’Agence de Géographie Affective nous explique pourquoi les carrés ont toujours voulu rentrer dans les cercles. [ Performance sonore ] — Le jeudi 5 juillet, Cercle Beaudinard (Aubagne)

www.gr2013.fr

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Pléiades #13  

Pléiades #13  

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