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L’Odyssée du Rion 1921 : 3 700 réfugiés russes dérivent en Méditerranée

B RUNO B AGNI


L’Odyssée du Rion


BRunO Bagni

L’Odyssée du Rion 1921 : 3 700 réfugiés russes dérivent en Méditerranée


Cet ouvrage est paru en version abrégée dans la revue Études Corses n° 49 ; publiée par les archives départementales de la Haute-Corse (aCSH), 20405, Bastia Cedex. L’auteur, Bruno Bagni, est professeur agrégé d’histoire à Toulon.

L’auteur tient à remercier toutes les personnes qui, par leur aide, ont permis la réalisation de cet ouvrage : Patricia Honnet Jean Maiboroda et l’association Kalinka Macchja M. Pinzutti et tout le personnel des archives départementales de Corse du Sud Le Musée a Bandera d’ajaccio Madeleine Parsi-Popoff Paul ivassenko L’association grandval Jean et Robert Selezneff Madeleine amolsky François Borodine


Signification des abréviations pour les dépôts d’archives aDCS : archives Départementales de Corse du Sud aDQO : archives Diplomatiques du Quai d’Orsay aMF : archives du Ministère des Finances an : archives nationales SHaT : Service Historique de l’armée de Terre SHMT : Service Historique de la Marine de Toulon SHMV : Service Historique de la Marine de Vincennes autres abréviations CC : Capitaine de Corvette Cdt : Commandant CF : Capitaine de Frégate COC : Corps d’Occupation de Constantinople gal = général iCOC : infanterie du Corps d’Occupation de Constantinople Va : Vice-amiral


inTRODuCTiOn

Dire que la France est une terre d’immigration est devenu de nos jours plus qu’une évidence : c’est une consternante banalité. L’attrait migratoire de la Corse est moins connu. À cause de son caractère insulaire, de sa pauvreté chronique et de l’absence presque totale d’industrie, on a peine à croire que l’Île de Beauté ait pu attirer des étrangers en quête de travail : tout le monde sait cela, la Corse est une terre d’émigration, car elle n’arrive pas à nourrir tous ses enfants. il suffit pour s’en persuader de recenser sommairement les personnes d’origine corse que l’on trouve à travers toute la France, en particulier dans la fonction publique ; les patronymes corses sont devenus aujourd’hui tout à fait communs à Paris, nice, Toulon ou Marseille. Pourtant, même au plus fort de l’exode rural, qui a pris dans les montagnes de l’intérieur l’apparence d’une hémorragie, la Corse a attiré des immi11


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grés. L’explication est très simple : on trouve toujours plus pauvre que soi. Ceux qui quittaient la Corse pour partir sur le continent ne fuyaient pas une quelconque famine : personne n’est mort de faim en Corse depuis très longtemps. Le risque de chômage n’est pas non plus un repoussoir, du moins pas au cours de la période qui va faire l’objet de notre étude : au début du xxe siècle, et particulièrement après la grande guerre, la Corse manque de bras. En fait, les expatriés cherchaient une promotion sociale, à sortir d’une pauvreté trop courante dans l’île. Quel était le seul secteur économique offrant des débouchés importants ? L’agriculture. Or, depuis toujours, l’ouvrier agricole est le niveau le plus bas de l’échelle sociale, celui qui offre le moins d’espoir de promotion. En Corse, ce fait est aggravé par l’archaïsme de l’activité agricole : polyculture et paternalisme sont de règle en ce début de siècle. C’est ici qu’intervient la seconde banalité : la nature a horreur du vide. Puisque les Corses ne veulent pas des emplois d’ouvriers agricoles, d’autres vont les occuper. La pauvreté est toujours relative : les campagnes les plus arriérées de Corse peuvent paraître un pays de cocagne pour des contrées sousdéveloppées. C’est pour cela que la Corse a accueilli des italiens de la fin du xixe au milieu du xxe siècle, puis des Marocains. Les cas des immigrations italienne et marocaine en Corse sont aujourd’hui parfaitement connus 12


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et ont fait l’objet de multiples études. Mais il existe un troisième cas d’immigration en Corse au xxe siècle qui est tombé dans un oubli presque total. Si l’on consulte les statistiques sur les étrangers dans l’île dans les années 20 et 30, on constate sans surprise que la première place est occupée par les italiens. La seconde communauté est un peu plus surprenante : ce sont les Russes. Cette immigration semble avoir laissé peu de traces dans le paysage. La visite du cimetière d’ajaccio ne révèle qu’une seule tombe russe : celle d’un marin de la flotte de la mer noire décédé au cours d’une escale à la fin du xixe siècle. D’autre part, impossible de trouver une église orthodoxe à travers toute la Corse. ah ! si ! il y en a une à Cargèse. Mais c’est une église orthodoxe grecque… il suffit pourtant de feuilleter l’annuaire téléphonique des deux départements insulaires pour constater que les patronymes d’origine russe y reviennent régulièrement, en particulier dans la région d’ajaccio. La communauté d’origine russe est donc toujours présente dans l’île. Mais ici, nous nous trouvons face à un premier sujet d’étonnement. En effet, les Russes ont une très bonne capacité d’intégration ; les Russes blancs arrivés en masse en France lors de la guerre civile russe se sont rapidement assimilés : la langue russe a souvent disparu dès la deuxième génération, les mariages se sont faits dans la plupart des cas avec des personnes d’origine française. ils cultivent toutefois leur 13


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différence par la religion : l’attachement à l’orthodoxie est très fort. L’exemple de la cathédrale russe de nice est un peu trop voyant pour être convaincant ; prenons donc le cas de Toulon, qui abrite une minuscule communauté d’origine russe, venue principalement de Tunisie : si la langue russe est oubliée, tout le monde se retrouve régulièrement dans une villa transformée en église, et personne ne manquerait de célébrer Pâques. Cherchons un autre exemple à l’étranger : il y avait à Bizerte, en Tunisie, une très grosse communauté russe blanche ; il n’en restait plus dans les années 90 qu’une unique représentante, assez âgée puisqu’elle avait vécu la guerre civile. Cette dame s’occupait avec un soin méticuleux de l’église orthodoxe de la ville, qu’elle était la seule à fréquenter, et qu’elle avait pu faire restaurer grâce à des fonds… de l’OLP ! La Corse semble être le seul cas où les immigrants russes aient abandonné totalement leur religion. un second sujet d’étonnement se dévoile lorsque l’on fait une enquête orale auprès des descendants d’immigrants russes blancs en Corse. D’une manière générale, ils savent très peu de choses sur leurs pères ou grands-pères. Toutefois, leurs aïeux semblent avoir quelques points communs : dans la plupart des cas, il s’agissait de militaires, parfois cosaques, anciens combattants de la guerre civile. Et surtout, tous semblent être arrivés à la même date. Entendons-nous bien, pas la même année, mais le même jour ! En fait, tous ces Russes 14


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paraissent être arrivés sur le même bateau. Quelques vieux ajacciens se souviennent encore de sa silhouette, ancrée dans la baie. Comment s’appelait-il déjà ? ah ! Oui ! Le « Rion ». L’histoire des Corses d’origine russe est indissociable de l’incroyable odyssée de ce paquebot, ancêtre des boat-people. D’où venait ce navire ? Pourquoi ces Russes s’étaient-ils embarqués dessus ? Pour aller où ? Pourquoi est-il venu à ajaccio ? Comment ont-ils pu être assimilés à ce point par la Corse ? C’est à ces questions que va tenter de répondre cet ouvrage.


PROLOguE

Être commandant des services de la Marine en Corse n’est pas le pire poste que puisse souhaiter un capitaine de frégate. Le titulaire est en effet une des plus hautes autorités de l’île, au même titre que le préfet ou le gouverneur militaire. C’est un notable que l’on ne manque jamais d’inviter à chaque cérémonie officielle, et qui fréquente les réceptions de la bourgeoisie ajaccienne. Son autorité s’applique à tous les services de la Marine nationale, mais aussi à ceux de la marine marchande et de la pêche. il se trouve directement sous les ordres du préfet maritime de Toulon, ce qui signifie qu’il n’y a qu’une seule personne entre lui et le ministre de la Marine. Ce n’est toutefois pas un poste extrêmement prisé. On peut en effet obtenir avec ce grade une affectation autrement plus prestigieuse, comme par exemple attaché naval à Londres ou auprès du hautcommissaire de France à Constantinople. De plus, 17


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la Corse n’a pas une grande tradition navale, n’abrite pas de port important, et il ne s’y passe pas grand-chose du point de vue de la Marine. un jeune capitaine de frégate débordant d’ambition cherchera plutôt à avoir de grosses responsabilités en étant chef d’état-major au Ministère ou à bord d’une escadre, à moins qu’il ne préfère l’action sur le terrain en commandant un torpilleur. Bref, lorsque l’on est commandant des services de la Marine en Corse, on s’ennuie parfois un peu. C’est pourquoi, le 11 mai 1921, le Capitaine de Frégate Dollo a dû très certainement relire plusieurs fois le télégramme que venait de lui faire parvenir le Ministère de la Marine : « Veuillez faire connaître s’il existe à ajaccio ou dans environs casernements ou baraquement actuellement disponibles et permettant loger pendant un mois ou deux environ 2000 réfugiés russes en transit pour Brésil. Faites enquête discrète et rendez compte d’urgence télégraphiquement1. » D’où sortaient ces Russes, qu’allaient-ils faire au Brésil, et surtout pourquoi envisageait-on en haut lieu de les faire débarquer dans une ville de 20.000 habitants ? L’été 1921 en Corse s’annonçait un peu plus agité que prévu.

1. SHMV, 1 BB9 159, télégramme 3534 du 11 mai 1921 de Marine Paris pour Marine ajaccio.


CHaPiTRE 1 LES ORiginES DE L’aFFaiRE : L’éVaCuaTiOn DE La CRiMéE

Pourquoi ces Russes se sont-ils retrouvés en situation de réfugiés, entassés sur un vieux rafiot parti à la dérive en Méditerranée ? Tout commence par une tragédie : l’évacuation de la Crimée en novembre 1920 par l’armée du général Wrangel. L’année 1920 voit briller les derniers feux de la guerre civile en Russie du Sud. À la fin du mois de mars, le général Dénikine en pleine déroute a dû faire évacuer de novorossisk, dans une panique indescriptible, les débris de ses armées blanches qui, peu de temps auparavant, avaient cru pouvoir s’emparer de Moscou et abattre ainsi le régime des Soviets. Réfugiées en Crimée, ces troupes démoralisées et sans chevaux ne sont sauvées de l’anéantissement que par l’offensive polonaise en Russie qui détourne 19


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les meilleures forces rouges sur le front ouest. Dénikine, découragé, remet ses pouvoirs à son rival et ennemi personnel, le général Baron Wrangel, puis part pour l’exil. Pendant plus de 6 mois, Wrangel va donner l’illusion que les armées blanches pouvaient retourner la situation en Russie et chasser les bolcheviks du pouvoir. il réorganise l’armée, restaure la discipline, regarnit les rangs clairsemés, rapatrie les troupes égayées dans le Caucase et fait fortifier les issues de la Crimée. Cette presqu’île devient un véritable petit état, avec un gouvernement qui émet sa monnaie et ses timbres. Wrangel entreprend une série de réformes administratives allant de la réforme agraire à la lutte contre la corruption, dans le but de faire du réduit de Crimée une « vitrine sociale » pour le reste de la Russie. il multiplie les promesses de démocratisation, et adopte une position souple et réaliste sur le problème des minorités. L’Histoire ne s’écrit pas avec des « si », on ne peut cependant s’empêcher de se demander ce que serait devenue la Russie si Wrangel avait pris le commandement un an plus tôt, lorsque les armées blanches à leur apogée. En tout état de cause, la brièveté de l’expérience et l’incapacité légendaire de l’administration russe font que ces tentatives et intentions restent lettre morte. Quant au gouvernement, la France est le seul état au monde à le reconnaître. 20


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Sur le plan militaire, Wrangel s’empare rapidement de la Tauride du nord, ce qui lui permet de nourrir la population de la Crimée et d’exporter du blé. Mais l’échec d’un débarquement au Kouban, suivi d’une tentative ratée de traversée du Dniepr font vite comprendre que le combat est sans espoir. Le 12 octobre 1920, la nouvelle de l’armistice soviéto-polonais annonce que les jours de l’armée Wrangel sont comptés. Les troupes qui luttaient contre la Pologne sont envoyées sur le front de Crimée pour donner le coup de grâce, avec comme mot d’ordre « Tous contre Wrangel ». Le 31 octobre, les Blancs doivent évacuer la Tauride et se replier en Crimée. Le 8 novembre, apprenant la chute de la première ligne de défense sur l’isthme de Pérékop, Wrangel convoque immédiatement l’amiral Kédroff, commandant de la flotte, pour lui signifier l’ordre d’évacuation. nommé à son poste neuf jours plus tôt, celui-ci laisse échapper  : «  Mon Dieu, pourquoi ai-je accepté cette croix2 ! » L’évacuation se passe dans l’ordre, sans rapport avec la panique et la pagaille qui ont régné lors de celle de novorossisk. Tous les navires présents dans les ports de Crimée sont réquisitionnés, dont le vieux paquebot « Rion ». L’escadre française de Méditerranée Orientale supervise les opérations. Tous les navires russes sont mis sous la protection de la France et hissent le drapeau tricolore ; en échange, Wrangel offre en gage la flotte de guerre 2. général Wrangel, Mémoires, Tallandier, Paris, 1930, page 290. 21


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et de commerce de l’état russe, afin de couvrir les frais d’évacuation et d’entretien des réfugiés3. C’est ainsi que quasiment tous ceux qui le désirent peuvent être évacués. En une semaine, 130 navires arrivent à Constantinople, base de l’escadre de Méditerranée orientale, avec 146 200 réfugiés à bord, dont 29 000 civils, souvent dans un entassement ahurissant. L’état sanitaire est catastrophique : les Russes sont décimés par le typhus, il y a même des cas de choléra et de peste4. Les pires pronostics des autorités françaises de Constantinople sont dépassés : que faire de cette masse énorme de réfugiés, armés jusqu’aux dents et équipés d’une flotte de guerre complète, allant du cuirassé aux torpilleurs en passant par les sousmarins et brise-glaces ? Les laisser débarquer à Constantinople est inconcevable ; cette ville, sous occupation alliée depuis la fin de la grande guerre, est déjà surpeuplée de réfugiés (Russes, grecs, Turcs et arméniens), car la Turquie est en pleine guerre : le rebelle Mustapha Kémal contrôle pratiquement toute l’anatolie où il se heurte à l’armée grecque. La perspective de voir cette armée russe désœuvrée prendre part au conflit donne des cauchemars aux alliés, particulièrement aux Britanniques. 3. Bagni Bruno, Les 226 jours de Wrangel, mémoire de maîtrise, université de Provence, 1992. 4. SHMV, 1 BB7 159, télégramme 1630 du haut-commissaire de France en Orient pour affaires Etrangères. 22


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il faut donc éloigner le plus vite possible les Russes de cette poudrière. La flotte de guerre est envoyée à Bizerte, où elle restera avec ses équipages embarqués jusqu’à la reconnaissance de l’uRSS par la France en 19245. Pour les troupes et les réfugiés civils, georges Leygues lance un appel aux états balkaniques, lesquels ne se bousculent pas pour accueillir les Russes : la Roumanie, pourtant ancienne alliée de la Russie, n’en accepte que 2 000, la grèce 1 700, la Bulgarie 3 800, avec dans chaque cas une évidente mauvaise volonté ; seule la Serbie, fidèlement russophile, ouvre grand ses portes et en recueille 22 300. Tout cela, en comptant la Tunisie, ne fait que 34 000 personnes le 1er janvier 1921. Restent donc plus de 100 000 réfugiés à loger et nourrir. après avoir été plus ou moins bien désarmés, les Cosaques du Don ont été envoyés en Thrace à Tchataldja, ceux du Kouban sur l’île de Lemnos, prêtée par les anglais, et les troupes régulières sur la presqu’île de gallipoli, dans le détroit des Dardanelles. Les civils, jugés moins dangereux, ont été répartis dans plusieurs camps autour de Constantinople. Pour le gouvernement français, il est évident que l’armée Wrangel a cessé d’exister, et que ces milliers de réfugiés ne sont que des individualités. Mais 5. La flotte ne sera jamais rendue à l’uRSS puisque celle-ci refusait de reconnaître les dettes du tsarisme, en particulier les fameux emprunts russes. Les navires rouilleront sur place et seront vendus peu à peu à la ferraille jusqu’à la fin des années 30. 23


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cette façon de voir les choses effare les autorités militaires et navales françaises : si on licencie l’armée Wrangel sans aucune perspective d’emploi, la situation à Constantinople risque de tourner rapidement au cauchemar. il faut absolument que la discipline militaire soit maintenue, et les troupes laissées sous les ordres des officiers russes, afin d’éviter de les voir se transformer en mercenaires ou en « grandes compagnies ». On pourra ainsi disperser en douceur les réfugiés vers les pays qui voudront bien d’eux. À contrecœur, le gouvernement doit se rallier à ces arguments. Wrangel, toujours fin tacticien, s’engouffre par cette porte laissée entrouverte. il profite de l’autorité que sont bien obligés de lui laisser les Français pour s’opposer par tous les moyens à la dispersion de son armée : propagande, pression psychologique, menaces, tout est bon pour garder un noyau irréductible d’armée blanche ; car Wrangel caresse toujours le rêve de reprendre la lutte contre les Soviets, ou de s’emparer du pouvoir si celui des bolcheviks s’effondre tout seul. ainsi, le séjour de l’armée russe à Constantinople est marqué par un bras de fer permanent entre Wrangel et ses anciens admirateurs français, qui cherchent constamment à se débarrasser de réfugiés qui coûtent une fortune au budget de la France. Très vite, les Français constatent que beaucoup de réfugiés, y compris parmi les militaires, se demandent ce qu’ils font là et ont le mal du pays, tout 24


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particulièrement les Cosaques. ils voient dans ce fait une occasion magnifique de diminuer le nombre des réfugiés dont ils ont la charge ; le gouvernement fait donc savoir dans les camps que personne n’est retenu, et que la France assurera le rapatriement en Russie soviétique de ceux qui en feront la demande, toutefois sans aucune garantie sur leur sécurité une fois débarqués. Malgré cette réserve de taille, et l’opposition de l’état-major de Wrangel qui voit dans le retour en Russie soviétique une trahison pure et simple, les volontaires se bousculent : de janvier à avril 1921, 9370 réfugiés retournent en Russie6. À cela viennent s’ajouter les départs individuels de réfugiés ayant les moyens de vivre à leurs frais, ayant trouvé du travail à Constantinople ou s’étant engagés dans la Légion étrangère. Malgré tous ces départs, il reste encore, en avril 1921, 55 000 Russes nourris par la France dans les camps de réfugiés. Si l’on attend les départs individuels, il faudra des années pour disperser l’armée Wrangel. il faut à tout prix trouver des débouchés de masse pour les réfugiés russes. Oui, mais lesquels ?

6. SHMV, 1 BB7 197, lettre 90/4 du 17 mars 1923 du CC Landriau pour le capitaine français de port de Constantinople.


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