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Creativity has its place Spring 2016 Issue 12 / La créativité a sa place Printemps 2016 Numéro 12

The Puppeteer Inside Breather / Hadley+Maxwell / Design Meets Business Au cœur de Breather / Hadley+Maxwell / Créativité rime avec commerce


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Contents

The Starting Block . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Block de départ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Contributors . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Nos collaborateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

AGO artist-in-residence Jérôme Havre literally assembles the cast for a new film . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

THE MOMENT

Flight deck: inside the office of aviation-obsessed Red Canoe founder Dax Wilkinson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

L’artiste en résidence Jérôme Havre façonne les acteurs de son film, littéralement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

LE MOMENT

Le tableau de bord de Dax Wilkinson, ce passionné d’aviation qui a fondé Red Canoe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

MY SPACE

MON ESPACE

THE CREATORS DesignAgency’s Allen Chan, Matt Davis and Anwar Mekhayech show how beauty meets the bottom line . . . . . . . . . . . 16

LES CRÉATEURS Pour Allen Chan, Matt Davis et Anwar Mekhayech de DesignAgency, beauté rime avec rentabilité . . . . . . . . . . . . . . 16

ARTIST’S BLOCK

Jaime Angelopoulos’ box . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Office space meets sharing economy: inside the inviting headquarters of Montreal’s Breather . . . . . . . . . . . . . . . 20

THE INTERIOR

Vancouver’s THNK School of Creative Leadership isn’t a business or design school—it’s both . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

THE BUSINESS

In any uncanny new installation, Hadley+Maxwell recast our ideas of public art . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

WORK-IN-PROGRESS

What do we talk about when we talk about gentrification? Three experts weigh in . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

THE CONVERSATION

MADE

The living art of Crown Flora’s terrariums . . . . . . . . . . . . . . 42

Montreal’s Occurrence gallery gives artists big breaks; a lesson in problem solving; one way to stop staff turnover . . . . . . . 45

NOTEBOOK

NOW & THEN RETHINK

Over a hundred years at Calgary’s Odd Fellows Hall . . . . 48

Why we love, and need, the rat race . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

FILL IN THE BLANK

Artist Tatsuro Kiuchi’s urban infill . . . . . . . . . . . . 50

ON THE COVER / EN PAGE COUVERTURE PHOTO: RAINA + WILSON

ART EN BLOCK

Les contorsions de Jaime Angelopoulos . . . . . . . . . . 19

L’atmosphère invitante des bureaux montréalais de Breather, où l’on partage espace et économie . . . . . . . . . . . . . . . 20

L’INTÉRIEUR

Commerce ou créativité? L’école THNK de Vancouver a choisi d’enseigner les deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

L’ENTREPRISE

L’étrange installation d’Hadley+Maxwell renverse notre conception de l’art public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

LE CHANTIER

On entend quoi exactement par gentrification ? Trois experts discutent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

LA CONVERSATION

FABRIQUÉ

Les sculptures de verdure sous verre de Crown Flora . . . 42

La galerie Occurrence à Montréal; la résolution de problème en une leçon; stop au roulement du personnel . . . . . . . . 45 NOTEBOOK

D’HIER À AUJOURD’HUI REPENSÉ

Le Odd Fellows Temple à Calgary . . . . . . . . . . 48

De la nécessité de l’esprit de compétition . . . . . . . . . . . . 49

VEUILLEZ COMBLER L’ESPACE

La dent creuse de Tatsuro Kiuchi . . . . . . 50


Unlock a room of your own to work, meet or relax. try breather with a free hour:

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San Francisco · New York · London · Los Angeles Toronto · Washington, D.C. · Chicago · Boston · Montréal


The Starting Block

You can hardly get through a barrelaged negroni without a debate on gentrification. / Impossible de siroter

PHOTOS BY / PAR RAINA + WILSON

son negroni vieilli en fût sans un débat sur la gentrification.

The G-word. These days, you can hardly get through a barrel-aged negroni at the local bar without a debate on gentrification. For some, it’s a positive process that yields safer neighbourhoods; for others, it’s a dirty word. What’s certain is that British sociologist Ruth Glass, who coined the term in her 1964 book London: Aspects of Change, could never have anticipated how ubiquitous her neologism would become. It’s worth noting, too, that American and Canadian gentrification are different beasts. In the U.S., gentrification is politically charged—a reversal of the mid-century “white flight” seen in cities like Detroit, Brooklyn and Baltimore. Canada never endured the same stratification, so gentrification is gentler—more like revitalization. Still, it’s complicated, as reflected in this issue’s nuanced Conversation (page 38), featuring gallerist Jamie Angell; Toronto’s chief planner, Jennifer Keesmaat; and Vancouver developer Ian Gillespie. Our story on Breather (page 20), a start-up focused on short-term space rentals, highlights the unique innovation that urban regeneration can breed. A developer focused on neighbourhoods outside financial centres, our publishing partner, Allied Properties REIT, is attuned to the sensitivities of breathing new life into historic districts. It’s why it has leased more than 200,000 square feet to the arts collective Pied Carré in Montreal at below-market rates. (For a profile of one beneficiary, see page 45). It’s why it has partnered with Gillespie’s Westbank Projects on a visionary new building, which promises to transform Toronto’s King Street West—already a thriving hub of creativity and innovation—yet again. After all, gentrification goes hand in hand with another, less controversial, G-word: growth. 

Ah, le vilain mot! Impossible en ce moment de siroter son negroni vieilli en fût au bistrot du coin sans un débat sur la gentrification. Pour certains, l’embourgeoisement de nos quartiers populaires serait un plus, côté sécurité; pour les autres, non. Dans tous les cas, Ruth Glass, la sociologue britannique à l’origine du néologisme, était loin de se douter qu’il déclencherait les passions. Il est intéressant de noter que la gentrification canadienne n’a pas grand-chose à voir avec l’américaine. Aux États-Unis., elle est avant tout politique : un revirement du « white flight » qu’ont connu Détroit, Brooklyn ou Baltimore dans les années 1960. Le Canada n’a jamais eu à endurer une telle stratification sociale; la gentrification s’y fait donc plus en douceur, une sorte de revitalisation. Ce qui ne la rend pas moins complexe, comme le démontrent les propos nuancés de Jamie Angell, galeriste, Jennifer Keesmaat, planificatrice en chef de Toronto et Ian Gillepsie, promoteur immobilier, dans La conversation (p. 38). Notre article sur Breather, une jeune entreprise spécialisée dans la location temporaire d’espaces, souligne l’innovation engendrée par la régénération urbaine (p. 20). Notre éditeur partenaire, Allied Properties REIT, est à l’écoute de ce sujet sensible qu’est la revitalisation des quartiers historiques. C’est pour cette raison qu’il a loué plus de 18 500 m2 en dessous du prix du marché au regroupement d’artistes Pied Carré à Montréal (voir p. 45). Et qu’il collabore avec Westbank Projects à la conception d’un immeuble visionnaire qui métamorphosera à nouveau la déjà très prospère et innovante rue King Ouest de Toronto. Car après tout, gentrification et croissance, un mot moins controversé, vont de pair. BLOCK / 7


Contributors EDITOR-IN-CHIEF / RÉDACTEUR EN CHEF

Benjamin Leszcz

CREATIVE DIRECTORS / DIRECTRICES ARTISTIQUES

Whitney Geller, Yasemin Emory

EDITOR / RÉDACTION

Jason McBride

ASSISTANT EDITOR / ASSISTANTE DE RÉDACTION

Hannah Siklos

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PHOTO & ILLUSTRATION EDITOR / ICONOGRAPHE

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Catherine Dean

ASSISTANT DESIGNER / ADJOINTE À LA DIRECTRICE ARTISTIQUE

Rachelle Lajoie 04

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Sam Island is an illustrator whose clients include The New York Times, The New Yorker, Time and the Canadian Museum for Human Rights. He illustrated The Conversation on page 38. / Sam Island,

1.

qui a illustré La conversation (p. 38), collabore notamment avec The New York Times, The New Yorker, Time et le Musée canadien pour les droits de la personne.

Philip Preville writes about urbanism and real estate. His work is featured in Toronto Life, Toronto Star and Cottage Life. He wrote this issue’s Rethink column (p. 49) on how cities thrive on competition. /

TRANSLATOR / TRADUCTRICE

Catherine Connes

COPY EDITORS - PROOFREADERS / RÉVISEURES - CORRECTRICES

Suzanne Aubin, Emilie Dingfeld, Lesley Fraser

ALLIED PROPERTIES REIT

134 Peter Street, Suite 1700 Toronto, Ontario M5V 2H2 Canada (416) 977-9002 INFO@ALLIEDREIT.COM ALLIEDREIT.COM

PHOTOS BY / PAR 1. REBECCA BARAN 2. ASH NAYLER 3. OLIVIA RITCHEY 4. COURTNEY SHEA

2.

Les articles de Philip Preville, spécialisé en urbanisme, sont publiés dans Toronto Life, Toronto Star, Canadian Business et Cottage Life. Dans Repensé (p. 49), il parle de l’esprit de compétition qui anime les villes.

Andrew Querner is a photographer based in Vancouver. His work has been featured in The New Yorker, Rolling Stone and National Post. He photographed this issue’s business profile of THNK School of Creative Leadership (p. 26). / Andrew Querner, photographe 3.

de presse et d’art, vit à Vancouver. Ses photos apparaissent régulièrement dans The New Yorker, Rolling Stone et National Post. Il a mis en images l’école THNK (p. 26). 4. Courtney Shea is a Toronto writer whose work appears frequently in Toronto Life, The Globe and Mail, Toronto Star and Chatelaine. In this issue, she interviews the dynamic trio at DesignAgency (p. 16). /

Courtney Shea, rédactrice à Toronto, écrit pour Toronto Life, The Globe and Mail, Toronto Star et Chatelaine. Dans ce numéro, elle a interviewé le trio de designers d’intérieur à la tête de DesignAgency (p. 16).

WHITMAN EMORSON

688 Richmond St. W., Ste. 302 Toronto, Ontario M6J 1C5 Canada (416) 855-0550 INQUIRY@WHITMANEMORSON.COM WHITMANEMORSON.COM

Block is published four times a year. / Block est publié quatre fois par an.


W W W. DAV I D S F O OT W E A R . C O M

NOW OPEN

S H E R WAY G A R D E N S

B AY & B LO O R

YORKDALE

B AY V I E W V I L L AG E

S H E R WAY G A R D E N S


The Moment / Le moment

Tues. 19 Jan. 4:06 PM JÉRÔME HAVRE’S GAZE bounces between a desktop monitor and a clay bust as if the two objects were contenders in a tennis match. Seated in a bright, plain studio in the basement of the Art Gallery of Ontario, he moulds and chisels the head, attempting to form it in the likeness of the man on the screen: the black author and civil-rights activist W.E.B. Du Bois. When he’s satisfied, he’ll add it to the dozen finished forms behind him. / LES YEUX DE Jérôme

Havre vont et viennent entre l’ordinateur et le buste d’argile, à la manière d’un spectateur de match de tennis. Installé dans un atelier lumineux du sous-sol de l’AGO, le musée des beaux-arts de l’Ontario, il façonne une tête à l’image de l’homme figé sur l’écran : l’écrivain afro-américain et militant des droits civiques W.E.B. Du Bois. Une fois terminé, ce buste viendra s’ajouter aux 12 autres derrière lui.

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The Moment / Le moment

In his film, Havre will use a form of traditional Japanese puppetry called bunraku , in which each puppet will require three handlers. / Chaque marionnette du film sera manipulée par trois personnes, selon le principe du théâtre traditionnel japonais appelé bunraku .

The heads belong to 13 black scholars, artists and historical figures—the characters in a film Havre is making as the gallery’s current artist-in-residence. “The idea is to create a dialogue between the puppets and the paintings in the collection,” the French-born, Toronto-based artist says. He views the film as a means of interrogating ideas of history, identity and the role of cultural spaces. “I’m here to ask questions,” he says, gesturing to his creations. “Them? Maybe not.” Filming begins in late February, which, on this January afternoon, is frighteningly soon. Havre has not yet finished the heads, never mind their bases. But as he sculpts slowly to the sound of French radio, he is calm, occasionally breaking to wave at a passerby outside his studio’s glass wall. Gallery staff are used to seeing him here. “I usually get in around 10 or 11 a.m. and stay until two in the morning,” he says. “I don’t want to be in a rush.” /  Ces 13 visages, appartenant à des artistes, des figures historiques et des intellectuels noirs, deviendront les personnages d’un film. « L’idée est de créer un dialogue entre les marionnettes et les peintures du musée », explique l’artiste en résidence. Ce film, comme la majorité de l’œuvre de ce français vivant à Toronto, questionnera histoire, identité et culture. « Je suis là pour poser des questions », lance-t-il, avant de se retourner vers ses créations et d’ajouter en souriant: « À eux ? Peut-être pas. » Le début du tournage est prévu fin février, ce qui, en cet après-midi de janvier, semble très proche. Les têtes ne sont pas tout à fait prêtes, sans parler de ce sur quoi elles doivent se poser. Cela n’empêche pas Havre de poursuivre tranquillement son modelage au son de la radio française, derrière son mur vitré. Le personnel du musée sait qu’il est là, « généralement de 10 h à 2 h du matin : je ne veux pas me presser », conclut-il.

Jérôme Havre’s film (untitled at press time) will premiere at the AGO this month. / Le film de Jérôme Havre sera présenté en avant-première à l’AGO ce mois-ci. BY / PAR LUC RINALDI PHOTOS / PHOTOS RAINA + WILSON 12


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Now Open At Sherway Gardens 25 The West Mall JIL SANDER

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OPENING CEREMONY | VAGABOND | TIBI

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SEE BY CHLOE


My Space / Mon espace

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BY / PAR JASON MCBRIDE PHOTO / PHOTO HUDSON HAYDEN 03

THE IDEA FOR CANADIAN APPAREL company Red Canoe was famously conceived in a bush plane flying over the Northern Ontario wilderness. Red Canoe’s president and creative director, Dax Wilkinson, himself a seasoned pilot, continues to find inspiration in the outdoors, even when he’s indoors. His office in Toronto’s Little Portugal is a showcase for his travels, his designs and his unique collection of memorabilia. / L’IDÉE

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DE CRÉER RED CANOE, une ligne de vêtements et d’accessoires 02

faits au Canada, est née dans un avion de brousse, en survolant les régions sauvages du Nord de l’Ontario. Son président et directeur de création, Dax Wilkinson, lui-même pilote, continue de trouver l’inspiration en plein air même quand il est au bureau. Direction Little Portugal à Toronto pour une virée tout aussi aérienne que terre à terre.

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01/ Shooting Target / Une cible

02/ De Havilland patch / Un écusson De Havilland

03/ Egg sticker/ Un autocollant Egg

04/ Bush jacket / Une chemise canard

05/ Vimy hat / Une casquette Vimy

“This is from my first visit to a buddy’s shooting club where I shot 97 out of 100 with his .22 calibre target pistol. Marksmanship is a passion of mine.”/ « C’était ma première visite au club de tir d’un copain. J’en ai eu 97 sur 100 avec son calibre 22. Le tir à la cible est une de mes passions. »

“This was the logo on the tail of the Beaver bush plane my friend’s grandfather had in a hangar in Sudbury, where I grew up. It was our inspiration.” / « Notre inspiration. Ce logo se trouvait sur la queue du Beaver, l’avion de brousse, que le grand-père de mon ami avait dans un hangar à Sudbury, où j’ai grandi. »

“Weaver & Devore is an old trading company in the Northwest Territories. They’d slap this label on cartons so rampies and dock handlers would know to be careful.” / « Weaver & Devore est une vieille entreprise de négoce des Territoires du Nord-Ouest. Ils collaient cette étiquette sur les cartons pour que les gars fassent attention en chargeant. »

“We made this for Ducks Unlimited Canada, the conservation organization.” / « On l’a confectionnée pour Canards Illimités Canada, l’organisme de conservation. J’ai toujours aimé la vie au grand air. »

“This is a prototype for a product line we’re developing for the Vimy Foundation. It’s to help raise funds for the discovery centre they’re opening at the monument in 2017.” / « C’est un de nos prototypes pour la fondation Vimy. Une ligne de produits qui va servir à lever des fonds pour le centre d’interprétation, qui ouvrira en 2017 au mémorial. » BLOCK / 15


The Creators / Les créateurs

Triple Crown For Allen Chan, Matt Davis and Anwar Mekhayech, co-founders of Toronto’s DesignAgency, beauty meets the bottom line. / Pour Allen Chan, Matt Davis et Anwar Mekhayech, cofondateurs de l’agence de design d’intérieur torontoise DesignAgency, beauté rime avec rentabilité. INTERVIEW BY / ENTREVUE PAR COURTNEY SHEA PHOTO / PHOTO LORNE BRIDGMAN

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The Creators / Les créateurs

AFTER WORKING TOGETHER FOR 15 YEARS, we’ve figured out how to have

our own opinions and still work collaboratively. It helps that there are three of us. There’s less danger of repeating yourself when every plan passes through three filters. People always ask about our individual looks, but there’s a misconception that one of us would be into Victorian Gothic modern and another would like vintage boho or something. That’s not how it works; on one project Allen might be more conservative. On another it might be Anwar or Matt. Our design signature is that we don’t have a signature. Rather than thinking about how to approach any one project in a way that reflects our look or our sensibility, we think about how we might best serve the project. A few years ago, we were doing Momofuku Toronto and Soho House Toronto at the same time. Momofuku is in the Shangri-La Hotel—the look is very modern, minimalist. And then you have the Soho aesthetic, which is that sort of Georgian, rough-luxe cottage look. The two spaces could not be more different. A project that’s been really rewarding is our partnership with Generator Hostels. It’s a boutique urban hostel brand. When people think of hostels, they tend to think of catching a disease in a communal washroom. The Generator properties are a significant step up but still target backpackers. We’ve collaborated on the Barcelona, London and Paris locations, and this spring, the Amsterdam hostel opens in an old university zoology building. People think of design in terms of beautiful spaces. Of course that’s important, but in commercial interior design, the experience you’re creating is fundamentally built around a business. If it doesn’t serve the business, it doesn’t matter how pretty it looks.

AU BOUT DE 15 ANS de collaboration, on sait comment travailler ensemble tout en ayant chacun notre avis. C’est pratique d’être trois : le risque de se répéter est moins grand quand chaque projet passe par trois filtres. Les gens se font toujours de fausses idées en fonction de notre look personnel : l’un de nous préfèrerait le néogothique victorien, l’autre le bohème rétro… Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. Allen pourra être plus classique sur un projet alors que, sur un autre, ce sera au tour d’Anwar ou de Matt. Notre marque de fabrique? On n’en a pas et c’est volontaire. Quand on aborde un projet, on met de côté notre image ou nos sensibilités pour servir au mieux notre client. Il y a quelques années, on s’occupait en même temps du restaurant torontois Momofuku et du club Soho House Toronto. Les deux endroits sont de style diamétralement opposé. Le premier est dans l’hôtel Shangri-La, donc moderne; le second, c’est l’esthétique Soho, une atmosphère de luxe cottage anglais. Un projet qui s’est révélé gratifiant est notre partenariat avec Generator Hostels, une chaîne d’auberges boutiques citadines. Pour les gens, auberge est souvent synonyme de salle de bain commune à la propreté douteuse. Les établissements proposés par Generator sont un cran bien au-dessus tout en s’adressant toujours aux routards. On a collaboré à l’aménagement des auberges de Barcelone, de Londres et de Paris et ce printemps, celle d’Amsterdam, logée dans un ancien département universitaire de zoologie, ouvre ses portes. Le design d’intérieur ne s’arrête pas à l’esthétique du lieu. Bien sûr que c’est important, mais quand il s’agit d’un espace commercial, l’agencement et la décoration se doivent de répondre aux besoins de l’entreprise en question. Beauté et rentabilité vont de pair.

(Opposite) Mekhayech, Chan and Davis starred in the HGTV show Designer Guys from 2005 to 2008. / Page de gauche : De 2005 à 2008, Anwar Mekhayech, Allen Chan et Matt Davis étaient les vedettes de Designer Guys, une émission d’HGTV.

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NYCXDESIGN.COM #NYCXDESIGN Mini Container by Daniel Emma for Good Thing. Photo: Alyssa Kirsten The Miami Collection by CHIAOZZA. Photo: Adam Frezza/Terri Chiao


PHOTO / PHOTO : CLIFTON LI

ARTIST’S BLOCK JAIME ANGELOPOULOS

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The Interior / L’intérieur

Serenity Now Breather rents out stylish, private rooms across North America. With its Montreal office, the company has created its most inviting space yet. / C’est en toute sérénité que Breather, qui loue des espaces chics et pratiques en Amérique du Nord, a aménagé ses bureaux montréalais. BY / PAR STÉPHANIE VERGE PHOTO / PHOTO GABRIELLE SYKES

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The Interior / L’intérieur

Founded in 2013, Breather continues to grow—at the moment, it has 100 employees and 45 job openings. / Fondée en 2013, Breather poursuit sa lancée : elle emploie à ce jour 100 personnes et 45 postes sont à pourvoir.

THERE’S A THREE-DOG MAX at Breather’s Montreal office. Space—and

thinking about space—is the start-up’s raison d’être. That scrutiny extends to the staff’s pets: three are fun, four is chaos. To prevent a puppy pileup, the company uses its internal chat system to set up a schedule—a fitting solution for the creators of a digital platform. Founded by Julien Smith and Caterina Rizzi in 2013, the company rents out cocoons of quiet in urban centres like New York and San Francisco, as well as Montreal, where the company’s listings include a space in the Allied Properties REIT-owned Balfour Building. The space is emblematic of Breather’s portfolio: It is bright, calm and impeccably designed, with soft seating and a meeting table. The interiors are perfectly calibrated to facilitate productivity or relaxation without distraction—the ideal environment for anyone from actors to brainstorming tech teams.

TROIS CHIENS MAX est la règle chez Breather; quatre, c’est la pagaille!

L’espace – et l’usage qui en est fait – est la raison d’être de cette jeune entreprise montréalaise; une minutie allant jusqu’à la gestion des compagnons canins du personnel par la messagerie interne. Une solution naturelle pour ces créateurs d’une plateforme numérique. Caterina Rizzi et Julien Smith, les fondateurs, louent depuis 2013 des havres de paix dans de grands centres urbains comme New York ou San Francisco. À Montréal, l’un d’entre eux se situe dans l’édifice Balfour, appartenant à Allied Properties REIT. Il est à l’image du portfolio de Breather : lumineux, calme et impeccablement aménagé de sièges confortables et d’une table de réunion. Aucun élément perturbateur en vue : chaque intérieur a été pensé pour faciliter la productivité ou la détente – un environnement idéal pour organiser un remue-méninges entre collègue ou souffler tout simplement.

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The Interior / L’intérieur

Rizzi covered up imperfections on these leather chairs with lyrics by her favourite band, A Tribe Called Quest (right). / Ci-contre : Caterina Rizzi a camouflé les imperfections de ce fauteuil en cuir avec les paroles de son groupe préféré, A Tribe Called Quest.

Over the past three years, the company has also been transforming its own digs. Located in a former garment factory at 5605 de Gaspé, Breather—which has been featured in The New York Times and The New Yorker, among other publications—has expanded its office as quickly as it has expanded its market share (London, Toronto, Chicago, D.C. and L.A. spaces are all in the works). In 2013, Beather moved into a 2,000-square-foot space on the fifth floor; then, in 2014, it moved up a floor into a 6,000-square-foot office; and in 2015, it expanded with a spiral staircase link to the seventh floor. “We punched that hole in the floor because we wanted to make it as easy as possible for staff to see each other,” says Rizzi. “That’s why we use Google Hangouts with teams in other cities and why

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we encourage people to spend as much time together as possible. If they have similar interests or a high trust in each other, they’re going to do stronger work.” Sprawling lounge areas for congenial tête-à-têtes and formerly staid conference rooms transformed into breezy bean-bag havens are the norm at Breather, where 100-odd engineers, marketers, designers, customer-service reps, financial analysts and human resources specialists all work in the same open-concept area. (There used to be a long table in the sixth-floor space, but no one ever sat at it. “We’re not here to have formal meetings, and we’re not here to wear suits,” Rizzi says.) Glass walls are used as drawing boards, their surfaces tattooed with the day’s brainstorms.


The Interior / L’intérieur

“Peace and Quiet” is the company’s slogan, an attitude fostered by the office’s exquisite view of Mile End. / Le slogan de Breather? Paix et tranquillité. Tout comme la splendide vue depuis ses bureaux du Mile End.

Le concept ayant très vite plu, Breather a multiplié les articles de presse (The New York Times et The New Yorker entre autres), les destinations (Toronto, London, Chicago, Washington et Los Angeles sont les prochaines sur la liste) ainsi que les déménagements afin d’agrandir son propre espace de travail. Installée dès 2013 dans une ancienne usine de confection au 5605, avenue de Gaspé, la jeune entreprise a commencé par occuper 185 m2 au 5e étage, puis un espace de 560 m2 au 6e étage l’année suivante, lequel est relié au 7e étage par un escalier en colimaçon depuis 2015. « On a voulu cette ouverture dans le plancher pour faciliter la communication entre les employés, explique Caterina Rizzi. C’est pour cette même raison qu’on utilise Google Hangouts avec nos équipes

dans les autres villes et qu’on les encourage à passer le plus de temps possible ensemble. S’ils ont des centres d’intérêts communs ou se font confiance, leur travail n’en sera que meilleur. » Canapés ultra-confos et fauteuils poires ont remplacé le mobilier austère des anciennes salles de conférence de façon à favoriser les tête-à-tête dans cette immense aire ouverte sur deux étages, qui accueille la centaine d’employés (ingénieurs, designers, service à la clientèle, marketing, finances et ressources humaines). La table du 6e était constamment délaissée : « On n’est pas ici pour tenir des réunions conventionnelles ni pour porter costumes et tailleurs », confirme la cofondatrice. Pour preuve supplémentaire, les murs vitrés couverts de notes et de croquis en tout genre – exit tableaux et chevalets !

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“It’s proven that having something nice to look at improves your productivity.” / « Avoir quelque chose de beau à regarder améliore la productivité, c’est prouvé. »

The company’s design team—which is led by Rizzi and includes location designers Leigh Morton and Amy Johnson—sources furnishings from many of the same suppliers as it does for Breather’s rental spaces but also seeks affordable, local options. The sixthfloor’s 25-foot couch is from Ikea, as are all the desks, while the spider lamp that hangs over the expansive lounge was picked up at Phil’z, a treasure trove of retro offerings on St-Laurent Boulevard. White, teal and mint, as well as blond wood, dominate. They are colours and materials “that lend themselves to the Breather feeling,” says Johnson, “to a space that feels clean, bright and airy.” For Rizzi, the office’s main selling point goes beyond the interiors. “I will never get sick of the view,” she says, looking out over the city’s Mile End neighbourhood. “Every day we take pictures of the sunsets. And in the fall we can see the foliage on the mountain. It’s proven that having something nice to look at improves your productivity.” / L’aménagement intérieur revient à Caterina Rizzi, aidée par Leigh Morton et Amy Johnson, deux décoratrices d’intérieur en charge des espaces à louer. Elles utilisent les mêmes fournisseurs pour le mobilier de l’entreprise, et quelques magasins locaux à prix raisonnables. Les bureaux et l’interminable canapé sont signés Ikea; la suspension araignée le surplombant a été dégotée chez Phil’z, une boutique de déco vintage du boulevard Saint-Laurent. Côté tonalités, blanc éclatant, bleu sarcelle, vert menthe et nuances de bois blond dominent. Ces teintes et ces matières « se prêtent à l’atmosphère de Breather : nette, lumineuse, aérienne », note Amy Johnson. Pour sa cofondatrice, l’atout principal de l’entreprise reste pourtant sa vue imprenable sur le quartier du Mile End et au-delà. « Je ne m’en lasserai jamais, confie-t-elle. On prend le coucher de soleil en photo tous les soirs. Et en automne, on peut voir la montagne changer de couleur. Avoir quelque chose de beau à regarder améliore la productivité, c’est prouvé. »

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The Interior / L’intérieur

The marine scene on the sixth floor’s chalkboard wall was made by customer-service agents during one of the company’s quarterly Hack Days. / Cette illustration à la craie sur le mur noir du 6 e étage a été réalisée par le personnel du service à la clientèle lors d’un hackaton trimestriel.

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THNK Vancouver’s co-founder and managing director Sarah Dickinson in the school’s historic Crosstown headquarters. / Sarah Dickinson, cofondatrice et directrice générale de THNK Vancouver, située dans le quartier historique de Crosstown.

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The Business / L’entreprise

Life Lessons Vancouver’s THNK School of Creative Leadership merges business and design school for a singular, real-world education. / THNK Vancouver : une école pour dirigeants, mêlant commerce et conception, créativité et monde réel. BY / PAR NAOMI SKWARNA PHOTO / PHOTO ANDREW QUERNER

“WE DON’T WANT PEOPLE TO GET TOO COMFY,” says Oona Eager, explaining why most of the chairs in Vancouver’s THNK School of Creative Leadership are backless, colourful cubes. “We want participants to be actively engaged. After a day of programming, the space looks like chaos.” Eager, who is THNK’s marketing and admissions director, pauses, then adds, “Organized chaos.” Organized chaos is in large part what puts THNK where it is on the spectrum of hybrid academic institutions. THNK describes itself as a “C” school—midway between business (“B”) school and design (“D”) school—with an emphasis on human-centred design, a method of problem-solving that puts the user at the heart of the design process. Human-centred design seeks to find out what real people need rather than forcing them to adapt to a service or product. “THNK is the opposite of academic lectures and the ‘sage on stage’ learning experience,” says Sarah Dickinson, THNK Vancouver’s co-founder and managing director. “It’s about learning by doing, no matter what field you’re working in, what your role is.” THNK was founded in 2010 in Amsterdam and quickly expanded to Lisbon and Vancouver, opening its Canadian doors in 2014. Since then, THNK Vancouver has led a variety of specialized courses, notably its flagship six-month Creative Leadership Program, which features a rotating selection of heavy-hitting instructors like futurist Mitchell Joachim. Roughly 25 established leaders—including Pamela Puchalski (director of the Resilient Communities Program at the New America Foundation) and Colin Mutchler (product manager at Change.org)—have come from all over the world to study in the program, which is now partway through its third cohort.

« ON NE SOUHAITE PAS OFFRIR trop de confort à nos participants, explique Oona Eager en désignant les cubes colorés qui servent de sièges aux étudiants de la THNK School of Creative Leadership à Vancouver. On leur demande une implication active. Après une journée de cours, cette pièce est un véritable chaos. » La directrice du marketing et des admissions marque une pause avant de préciser : « Un chaos organisé. » C’est ce chaos organisé qui a notamment permis à la THNK d’intégrer les rangs des écoles dites hybrides. Combinant commerce et conception, elle propose une vision différente, axée sur l’humain : une méthode de résolution de problème qui met l’utilisateur au cœur du processus de conception, cherchant à identifier ses besoins plutôt que de l’obliger à s’adapter à un service ou à un produit. « THNK est tout le contraire d’un cours magistral dispensé dans un amphithéâtre, affirme Sarah Dickinson, cofondatrice et directrice générale de THNK Vancouver. Ici, l’apprentissage se fait par la pratique, quel que soit le domaine d’activité et le poste occupé. » Fondée en 2010 à Amsterdam, l’école a rapidement ouvert un autre établissement à Lisbonne, puis à Vancouver en 2014. THNK Vancouver propose plusieurs cours spécialisés, dont son programme phare d’une durée de six mois, intitulé Leadership créatif et conduit tour à tour par des professeurs de poids, comme Mitchell Joachim, à l’avant-garde de l’aménagement urbain et écologique. Parmi les 25 dirigeants venus du monde entier pour suivre ce programme, citons Pamela Puchalski, en charge des collectivités résilientes à la New America Foundation, et Colin Mutchler, chef de produit à Change.org.

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The Business / L’entreprise

The school’s digs reflect its Dutch origins. Created with Evoke International Design, THNK’s headquarters is housed in the historic Sun Tower, an Allied Properties REIT–owned building at 128 West Pender Street. Two 20-foot-long birch tables, hand-built by Lock & Mortice Build Co., sit in the kitchen area and boardroom. Smaller rooms that border the gathering space—called “the Home”— are used for quieter meetings. “We even have a secret bookcase that takes you to our hidden boardroom,” says Dickinson. “It’s very James Bond, or Harry Potter, depending on your preference.” If the space is designed to encourage new ways of thinking, so too, is the curriculum. THNK uses a comprehensive set of “tools,” as they’re called in the school, to nudge students toward fresh ideas. Popular among the 80 or so options is the Reframe tool. “Most people have entrenched assumptions about [social] issues—for instance, affordable housing,” says Eager. “Certainly if you live in Vancouver, it’s an issue. With the Reframe tool, participants get into groups of three or four and start actively breaking down their assumptions, figuring out what the opposite of those assumptions is.” Another tool, Wild Safari, gets students to observe issues firsthand. To understand the need for affordable housing, they’re sent out to meet the homeless and marginalized of Vancouver’s Downtown Eastside—the poorest postal code in Canada. “We have VP-level leaders observing these people,” says Eager, “talking with them and trying to create services that might actually help them.” Like the cube chairs, it can be uncomfortable, but the payoff is tremendous.

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THNK Vancouver est installée au 128, rue Pender O., dans l’édifice Sun Tower, appartenant à Allied Properties REIT. L’aménagement intérieur, signé Evoke International Design, rappelle les origines néerlandaises de l’école. Deux tables en bouleau, fabriquées à la main par Lock & Mortice, trônent dans la cuisine et la salle de conférence. Les réunions plus confidentielles ont lieu dans les pièces entourant la salle commune. « On peut même tenir une réunion secrète en empruntant la porte dérobée de la bibliothèque, indique Sarah Dickinson. C’est très James Bond, ou Harry Potter. » Si l’aménagement intérieur incite à penser autrement, le programme d’études en fait tout autant. THNK met à la disposition de ses étudiants une immense boîte à outils pour l’émergence d’idées nouvelles. L’outil recadrage fait partie des plus populaires : « Sur tout problème, les logements abordables par exemple, la plupart des gens ont des idées préconçues. Grâce à l’outil recadrage, nos participants se réunissent à trois ou quatre et commencent à démonter leur raisonnement en cherchant les arguments contraires », explique Oona Eager. L’outil Safari, quant à lui, permet l’observation directe du problème. Pour comprendre le besoin en logement sociaux, les étudiants partent à la rencontre des itinérants et des marginaux du quartier Downtown Eastside, l’un des plus pauvres du Canada. « On envoie des dirigeants, niveau vice-présidence, discuter avec ces personnes de façon à pouvoir mettre en place des services qui leur seront réellement profitables », ajoute-t-elle. Tout comme les cubes colorés, la méthode crée de l’inconfort, mais les retombées sont considérables.


The Business / L’entreprise

Handcrafted birch tables are used for meetings and meals. “Nothing gives us more satisfaction than seeing groups eating together,” says Dickinson. / Des tables artisanales en bouleau servent à se réunir. « Rien n’est plus satisfaisant que de voir un groupe de participants partager un repas », confie Sarah Dickinson.

THNK’s active, tactile programming is enhanced by eye-popping furniture (left) and whimsical designs like a “hidden” bookshelf. / Mobilier coloré (ci-contre) et bibliothèque à secret font partie intégrante du programme actif et tactile de THNK.

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Work-in-Progress / Le chantier

Sculpture Garden BY / PAR SARAH LISS PHOTO / PHOTO DEREK SHAPTON

In a new installation opening this spring, artists Hadley+Maxwell have transformed dozens of Toronto monuments into uncanny new sculptures. Here, a glimpse at the making of Garden of Future Follies. / Hadley+Maxwell ont façonné de curieuses sculptures à partir de détails empruntés aux monuments torontois. Zoom sur l’installation artistique Garden of Future Follies qui sera dévoilée ce printemps.

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Work-in-Progress / Le chantier

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Work-in-Progress / Le chantier

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Work-in-Progress / Le chantier

IF YOU WERE WALKING THE STREETS of Toronto in the summer of 2015,

it’s possible that you witnessed some folks getting very close to the city’s public art. On a University Avenue median south of Queen Street West, for instance, you might have seen a wiry, bespectacled man communing with the towering bronze form of Adam Beck, a pioneer in the province’s hydroelectric infrastructure. Or just a few blocks north, perhaps you spotted a slight blonde woman, boosted by a motorized lift, manhandling the soldiers and crowning angel perched on the monolithic South African War Memorial. Far from rogue vandals, Hadley+Maxwell—the duo scaling sculptures with abandon—were actively collecting the fundamental elements for their own civic statement. At the behest of Waterfront Toronto, the Berlin-based Canadian multimedia artists (with solo exhibitions at Artspeak and Künstlerhaus Bethanien, among other galleries) are the masterminds behind the Garden of Future Follies, a wildly creative sculptural installation set to animate the rapidly transforming West Don Lands neighbourhood. Riffing on the idea of the folly—whimsical, extravagant assemblages, which were designed for decoration, not function, and which were common during the Victorian era— Hadley+Maxwell’s Garden takes elements from 80 existing statues, structures and buildings throughout the city and reassembles these components into seven new artworks. To gather the core shapes—Adam Beck’s ear, say, or a cornice, or a serene caryatid—the two became very well acquainted with Toronto’s public sculptures. After creating an inventory of objects and elements, Hadley+Maxwell built an elaborate maquette, then descended on the city’s monuments, one by one, to create moulds with the help of an ingenious technique: the two used cinefoil, a matte black aluminum material typically used in film lighting, which they smoothed over the surfaces of each item. The fragile forms were subsequently stiffened with wax. The process, says Maxwell, was very thorough, even invasive: “We pushed our fingers up into their noses, their eyes, their ears. We grabbed their crotches. It was very intimate, what we did with them. And it did animate them, in a way.” >> (Continued on p. 36)

SI VOUS VOUS PROMENIEZ DANS LES RUES de Toronto l’été dernier, vous

avez peut-être remarqué un gars et une fille, tour à tour perchés sur l’une des œuvres d’art de la ville. Avez-vous le souvenir d’un homme à lunettes en tête-à-tête avec l’un des précurseurs de l’infrastructure hydroélectrique de la province, Adam Beck, ou plutôt avec sa statue de bronze, dressée avenue University, au sud de la rue Queen Ouest? Ou avez-vous été intrigué, à quelques coins de rues plus au nord, par cette femme blonde, juchée tout en haut d’une nacelle, en train de tripoter les soldats et l’ange à la couronne du monument commémoratif de la guerre d’Afrique du Sud? Bien loin d’être d’affreux vandales, Hadley+Maxwell prenaient tout simplement des mesures et collectaient les éléments nécessaires à l’élaboration de leur folle création. Mais qui sont Hadley+Maxwell, me direz-vous? C’est un duo d’artistes multimédia. Tous deux sont canadiens, mais vivent en Europe, à Berlin, et exposent entre autres dans les galeries d’art Artspeak et Künstlerhaus Bethanien. Pour l’heure, ils ont été chargés par l’organisme Waterfront Toronto de réaliser une installation sculpturale pour animer un quartier torontois en pleine évolution, West Don Lands. Intitulée Garden of Future Follies, cette installation composée de sept sculptures, s’inspire de la folie de l’époque victorienne – ces assemblages fantaisistes et extravagants plus ornementaux que fonctionnels – et combine différents détails provenant de 80 statues, monuments et édifices de la métropole. Hadley+Maxwell ont d’abord commencé par faire plus ample connaissance avec les courbes des sculptures publiques, que ce soit celles de l’oreille d’Adam Beck, d’une caryatide ou d’une corniche. Ils ont ensuite dressé un inventaire des détails choisis, réalisé une maquette, puis sont passés au moulage en utilisant une technique des plus ingénieuses : chaque élément a été enveloppé de Cinefoil (des feuilles d’aluminium noir et mat, bien connues des éclairagistes de plateau de cinéma) pour en épouser les contours. Ces moules fragiles ont par la suite été solidifiés à la cire. Le procédé était minutieux, voire invasif, d’après Maxwell : « On leur a enfoncé les doigts dans le nez, les yeux, les oreilles. On leur a saisi l’entrejambe. C’était très intime ce qu’on a fait ensemble. Cela les a animé, dans un sens. »... (suite p. 36)

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Work-in-Progress / Le chantier

After creating moulds using cinefoil, Hadley+Maxwell stiffened them with wax. / Hadley+Maxwell utilisent la cire pour rigidifier leurs moules en cinefoil.

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The cinefoil-wax shells were then cast in bronze at a foundry, once again making them durable. / À la fonderie, les coques d’aluminium et de cire sont coulées en bronze. Les voilà solides et durables.

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“We pushed our fingers up into their noses, their eyes, their ears. It was very intimate.” / « On leur a enfoncé les doigts dans le nez, les yeux, les oreilles. C’était très intime. »

In building Garden, Hadley says, the pair’s concept of public art has evolved. “At the beginning, we spent quite a bit of time looking at this essay, ‘On Monuments,’ by Robert Musil. Basically, he says a public monument is invisible—it ignores us, and we ignore it. We pass by these sculptures every day and fail to recognize that they’re there.” Venturing into the streets to collect “gestures and facial features and insignia, these tropes of public work,” Hadley+Maxwell paid attention to the structures they’d often ignored. Their scrutiny had a ripple effect. Hadley says, “We had people come up and say, ‘What is that sculpture? Who is that? I’ve never even noticed it before.’ Because we were there, doing this weird activity, it drew attention to the structures and renewed them; it made them uninvisible for a moment.” After amassing an array of cinefoil shells, she and Maxwell had the shapes cast in bronze. These ephemeral copies of permanent structures again became hefty and durable. Cobbled into eccentric combinations, shifted from their roosts atop buildings and plinths, these stately fragments seem, somehow, humanized when viewed at eye level. “Something happens when you change the perspective of these sculptures,” Hadley explains. “In one, Adam Beck’s head is close to the ground and inverted, and his ear is in a separate place. It’s a different message from what the original statue conveys. There, the ear is inaccessible. But in our installation, it will be around face height. You think, ‘I have this thing’s ear—it’s a huge ear, the size of my face, but I can access that.’ This is what we hope happens, that all these things get shifted, the messages get scrambled and that viewers realize that you can reinterpret the meaning of anything you see. Those things are already yours, because they’re in public.”

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Au fur et à mesure de la réalisation, la conception que se faisaient Hadley+Maxwell de l’art public a évolué. « Au début, on a planché sur un essai de Robert Musil, dans lequel il dit que rien n’est plus invisible qu’un monument : il nous ignore et, nous, on ne le remarque pas ou plus. On passe devant ces statues tous les jours sans les voir », explique Hadley. En parcourant les rues à la recherche d’un geste ou d’une expression faciale, ils ont à nouveau porté attention. Sans compter que leur examen méticuleux a attiré une autre attention, celle des passants : « Les gens s’approchaient et nous demandaient qui était tel ou tel personnage, ce que représentait telle ou telle sculpture. Notre étrange activité a déclenché la curiosité et a rendu ces monuments non-invisibles l’espace d’un instant », ajoute-t-elle. Une fois les moules en Cinefoil terminés, les artistes les ont coulé en bronze. Les copies éphémères de ces structures permanentes étaient enfin solides et durables. Séparés de leur socle, descendus de leur piédestal, de leur corniche, de leur toit, placés à hauteur d’yeux, et combinés entre eux, ces fragments majestueux semblaient s’humaniser. « Quelque chose se produit quand on modifie la perspective, note Hadley. Dans l’une des sculptures, la tête d’Adam Beck est à l’envers, proche du sol, séparée de son oreille, qui, elle, est placée ailleurs. Le message est totalement différent de celui de la statue originale. Dans la rue, l’oreille est inaccessible. Dans notre installation, elle sera à hauteur d’yeux, immense, de la taille d’un visage, et surtout, accessible. On espère qu’en ayant tout chamboulé, en ayant brouillé tous les messages, les visiteurs prendront conscience qu’ils peuvent réinterpréter à l’infini tout ce qu’ils voient. Et se l’approprier puisque c’est à eux, ça fait partie de l’espace public. »


PHOTO COURTESY OF / PHOTO AVEC L’AIMABLE AUTHORISATION DE HADLEY+MAXWELL

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Street Smarts As cities evolve and the textures of neighbourhoods shift, can we manage gentrification in a way that makes everyone happy? / Au moment où les villes évoluent, où les quartiers changent de texture, peut-on imaginer une gentrification qui ferait le bonheur de tous?

JAMIE ANGELL IS THE DIRECTOR OF THE ANGELL

IAN GILLESPIE IS A REAL ESTATE DEVELOPER

JENNIFER KEESMAAT IS CHIEF PLANNER FOR THE

GALLERY ON DUPONT STREET IN TORONTO. /

AND FOUNDER-CEO OF VANCOUVER-BASED

CITY OF TORONTO AND HOST OF THE PODCAST

DIRECTEUR DE LA GALERIE ANGELL, RUE DUPONT

WESTBANK PROJECTS. / PROMOTEUR

INVISIBLE CITY. / PLANIFICATRICE URBAINE EN

À TORONTO.

IMMOBILIER, FONDATEUR ET DIRECTEUR GÉNÉRAL

CHEF DE LA VILLE DE TORONTO ET ANIMATRICE

DE WESTBANKS PROJECTS À VANCOUVER.

D’INVISIBLE CITY, UNE SÉRIE BALADODIFFUSÉE.

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I opened my gallery on Queen Street West in 1996, when there was nothing happening there, just addicts and prostitutes. Then around 2000, galleries moved in and developers started snooping around for an opportunity—which is often the case. Artists and studios in the neighbourhood had to move, and certainly my rent kept increasing. But it was also an opportunity. When I moved to Ossington Avenue, I got a much larger space. Little did I know that within three years the market value was going

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to double to the point where it became way too expensive. I ended up purchasing a place on Dupont. And now Dupont is the next neighbourhood where we’re seeing gentrification start. / J’ai ouvert ma galerie d’art en 1996 sur la rue Queen Ouest, qui n’était pas très animée à l’époque, sauf par les drogués et les prostituées. Puis, vers 2000, on a vu arriver d’autres galeries d’art et les promoteurs immobiliers ont commencé à guetter les occasions, comme c’est souvent le cas. Artistes et ateliers ont dû plier bagage.

Quant à mon loyer, il a continué d’augmenter, naturellement. J’étais également une occasion. J’ai ensuite déménagé dans un local plus grand de l’avenue Ossington sans me douter que, trois plus tard, le prix du marché allait doubler. C’est à nouveau devenu trop cher pour moi, et j’ai fini par acheter un espace rue Dupont. Maintenant c’est ce quartier qui commence à s’embourgeoiser.

JK It’s my story, too. When I was a young consultant starting in the city 15 years ago, we

found the cheapest space we could close to the core, which was on Mercer Street. It was in an old warehouse with drafty windows. That site is now a condo. But it just reinforces, for me, the importance of strong public policy to ensure that all the different users you want in your city have access to the types of spaces that are a critical part of a diverse economy. This ensures we are countering some of the more negative things that come with hyper-growth. / C’est pareil pour moi. Quand j’ai débuté comme consultante à Toronto,

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The Conversation / La conversation

il y a 15 ans, on avait trouvé le local le moins cher possible proche du centre, dans la rue Mercer : un vieil entrepôt plein de courants d’air. Il a depuis été transformé en condo. D’où l’importance cruciale d’une politique publique qui garantit aux différents utilisateurs de la ville un accès au type de local dont ils ont réellement besoin, de façon à avoir une économie diversifiée. Cela permet de contrer les effets les plus négatifs de l’hypercroissance.

There’s obviously a role for the regulator to play, because we all know that the market won’t look after some of these issues on its own. The problem is people throw out the word “gentrification,” and it is such a loaded word and means so many different things that it gets misused. Sometimes people put so much weight on only one thing. Issues like poverty, income distribution and mental health—they get tied up in a word like gentrification. But those are really bigger issues

IG

MOST PROJECTS TICK BOXES YOU MIGHT NOT EVEN BE AWARE OF. / LA PLUPART DES PROJETS REMPLISSENT UNE SÉRIE DE CONDITIONS INIMAGINABLES.

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that we’re not dealing with adequately society-wide. If we were dealing with those more systemic issues, then the worst things around gentrification become less of a focal point. The densification that’s happening in downtown Toronto is a great thing. What we need to do is ask how to mitigate its effects on more vulnerable elements of our society. / Le régulateur a de toute évidence un rôle à jouer, parce qu’on sait tous ici que le marché ne s’en chargera pas. L’ennui est que le mot gentrification est utilisé à tort et à travers; il est tellement connoté et mis à toutes les sauces qu’il est galvaudé. Parfois, les gens exagèrent. Des problèmes comme la pauvreté, la répartition des revenus et la santé mentale se retrouvent tous regroupés sous ce seul mot : gentrification. Pourtant, ce sont des problèmes bien plus importants, qu’on ne gère pas de façon adéquate en tant que société. Si on s’en occupait correctement, la gentrification, dans ce qu’elle a de pire, serait moins au cœur des débats. La densification du centre ville de Toronto, c’est bien, mais il faut se demander comment on peut en mitiger les effets sur les éléments les plus vulnérables de la population. JK It’s displacement that’s problematic. Displacement is an issue when there are not policy protections or mechanisms to ensure that people will have access to safe and secure housing. When we have a very clear and strong approach to affordable housing, gentrification becomes less of an issue. Gentrification per se frequently brings about a tremendous amount of positive renewal. / C’est le déplacement

de population qui pose problème, lorsqu’il n’y a pas de mécanisme en place garantissant l’accès à un logement stable et sécuritaire. Quand il existe une vraie politique de logements abordables, la gentrification devient moins problématique. En tant que telle, elle est positive : elle entraîne bien souvent avec elle un formidable renouveau.

I’m looking at it from a retail point of view, and I’ve seen how Queen West has changed. I certainly don’t see that retail has been enhanced in that area. There’s a lot of turnover of businesses. You want these storefronts to add to the vibrancy of the city. /

JA

Si je regarde ça du point de vue du commerçant, je vois combien Queen West a changé. En revanche, je ne vois pas d’amélioration des ventes. Le roulement des enseignes est incessant. On veut que ces boutiques contribuent à la vitalité de notre ville.

We often look at New York City as a beacon of capitalism, but part of what has protected it as a vibrant and dynamic cultural hub are the rent controls that were in place in the 1960s and ’70s. That has helped ensure artists could stay in the city as it was going through a period of significant renewal. That’s an example of a strong policy framework that has tended to bump against or manage some of the more negative implications of gentrification. / On dit

JK

souvent de New York qu’elle est la ville phare du capitalisme, pourtant son dynamisme culturel d’aujourd’hui, elle le doit en partie au contrôle des loyers mis en place dans les années 1960 et 1970. Cela a permis aux artistes

de rester en ville pendant cette grande période de renouveau. C’est un exemple de mesures publiques qui a su freiner les conséquences négatives de la gentrification.

The way I look at it is we have a positive role to play as city builders, not as developers, and we take a very long-term approach to what we’re doing. We want to look back 50 years from now and say, “What was our contribution to Toronto or Vancouver?” We do a lot of things that aren’t necessarily in our best interests from a financial perspective. Ultimately, it comes down to shared values. What you hope is that the developers working in a community share the values of the community, the regulator and the planning staff and that there’s a spirit of working together to resolve these things. / Pour ma part, je crois

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qu’on a un rôle positif à jouer en tant que bâtisseurs de cité, et non en tant que promoteurs, et qu’on doit avoir une approche à long terme. Dans 50 ans, je veux pouvoir regarder Toronto ou Vancouver dans le rétroviseur en me disant que j’ai apporté ma pierre à l’édifice. On fait


The Conversation / La conversation

beaucoup de choses qui ne sont pas forcément dans notre intérêt, financièrement parlant. Au final, ce sont les valeurs communes qui comptent. Ce qu’on espère, c’est que les promoteurs immobiliers partagent les valeurs de la collectivité, du régulateur et du planificateur urbain, et qu’ils travaillent ensemble, en équipe, pour résoudre les problèmes.

The best developers we work with in the city think that way. Which is that they view themselves as city builders who have a long-term interest in a great city; they want to leave a legacy. But you also have developers who are in it to make a quick buck, who are not building quality projects. / JK

Les promoteurs immobiliers qui pensent de cette façon sont ceux avec lesquels nous travaillons le mieux. Ils se voient comme des bâtisseurs de cité qui ont un intérêt à long terme, celui de laisser un héritage. Mais ceux qui veulent gagner de l’argent rapidement sans se soucier de la qualité existent aussi.

Too many developers don’t care about leaving a legacy behind. A lot of the construction going up in Toronto is crap. / Un JA

trop grand nombre de promoteurs immobiliers ne se soucient de l’héritage qu’ils laissent derrière eux. Une grande partie de ce qui se construit à Toronto ne vaut pas grand chose.

There’s some really good work happening, and there’s really bad work happening. Our job as developers and planners and writers is to point out the good from the bad. / Il y a du bon

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boulot et du mauvais boulot. Notre mission en tant que promoteur, planificateur urbain

ou rédacteur est de distinguer le bon du mauvais. JK We are constantly seeking to improve what we build in the city, and most projects tick a whole series of boxes you might not even be aware of. You might not like the architectural design or the material quality, but there are definitely other areas where the box is ticked. For example, the new Ice condos being built by Lanterra—we’ve built a large daycare centre there that will be operational in perpetuity, right in the heart of downtown Toronto. Another is what we’ve done in Regent Park. There Daniels has gone above and beyond their role of being the master developer for the site, doing a whole series of things that are about community economic development. / On cherche en

permanence à améliorer nos constructions, et la plupart des projets remplissent une série de conditions inimaginables. On peut ne pas aimer telle architecture ou la qualité de tel matériau, mais d’autres conditions sont respectées. Prenons par exemple les condos Ice, construits par Lanterra : on y a aménagé une grande garderie, qui fonctionnera à perpétuité, là, en plein cœur de Toronto. Autre exemple, Regent Park, où l’entreprise Daniels est allée bien au-delà de son rôle de maître d’œuvre en réalisant une série de choses en faveur du développement économique de la collectivité.

I’m speaking from my experience on Queen Street West, and seeing its evolution in the last 15 years and the unwillingness of the developers to work with the community. I’m a big fan of what Jennifer is JA

doing, what Daniels is doing in Regent Park. Gentrification is not a bad thing; I’m a glasshalf-full guy, and I see the benefits of it as well. But I also see how the neighbourhood has been sucked dry creatively. The art and design has gone out of that neighbourhood, and that’s partly because of gentrification. / J’ai vu l’évolution de Queen Ouest ces 15 dernières années, et le refus des promoteurs de travailler avec la collectivité. Je suis un grand amateur de ce que font Jennifer, et Daniels à Regent Park. La gentrification n’est pas mauvaise en soi; j’y vois des avantages. Mais je vois aussi un quartier à sec, côté créativité. L’art et le design ont quitté la place, et la gentrification en est en partie responsable. JK Gentrification can do good things and it can do things that are problematic. From my perspective as a policy-maker, I need to continually develop tools to ensure that as change happens, it happens in a way that’s in the public interest. I don’t welcome displacement, but I also see the need for policies that don’t kill the golden goose. / La gentrification

peut apporter du bien et du problématique. En tant que décideur public, je me dois de développer continuellement des outils pour accompagner le changement tout en préservant l’intérêt collectif. Je ne me réjouis pas du déplacement de population, mais je sais aussi qu’on a besoin de mesures qui ne tuent pas la poule aux œufs d’or.

WE HAVE A POSITIVE ROLE TO PLAY AS CITY BUILDERS. / ON A UN RÔLE POSITIF À JOUER EN TANT QUE BÂTISSEURS DE CITÉ. scene and the retail scene and having an interesting street life. I think that’s almost a different question. It’s challenging for government to regulate or foster that kind of thing. Regulators have developed tools to deal with housing issues—some effective and some less so. I don’t think we have the same tools related to the storefront or the street. I think that’s a whole other conversation. / Jamie parle de la vitalité de la « classe créative » en lien avec les artistes, les commerçants et une vie de quartier intéressante. Réguler cela ou l’encourager est un défi pour le gouvernement. Un régulateur peut créer des outils pour encadrer le logement , certains efficaces et d’autres moins. Par contre, je ne crois pas qu’on dispose de ces mêmes outils pour les magasins ou l’enrichissement de la vie de quartier. C’est une toute autre conversation.

INTERVIEW BY / PAR CHRIS FREY ILLUSTRATION / ILLUSTRATION SAM ISLAND

What Jamie is talking about is the vibrancy of the creative class as it relates to the arts

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Secret Garden Crown Flora’s unique terrariums are living art. / Crown Flora : des terrariums aux antipodes de la nature morte.

PHOTO BY / PAR MICHAEL GRAYDON & NIKOLE HERRIOTT

BY / PAR SARAH BARMAK

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Made / Fabriqué

AS THE SPACES WE INHABIT GET SMALLER, our gardens are shrinking,

too. Terrariums, diminutive glass enclosures filled with soil and arrangements of tiny plants, are a big trend in horticulture. Crown Flora, the busy shop in Toronto’s Parkdale neighbourhood opened three years ago by Adam Mallory and Davis Khounnoraj, can hardly keep up. They start by sourcing Ontario-grown, easy-to-care-for greenery (Mallory has been known to pluck moss from his cottage) and clear, artisanal glass containers. Then they work their magic: designing and planting the mini-gardens in the enclosures, beginning with a layer of gravel for optimal drainage, then adding soil, plants and finally fuzzy moss and smooth stones. The result is both a miniature garden and a living sculpture. No two are identical. “People are living crazy busy lives,” says Mallory. “They want greenery in their lives, but they’re not living in large spaces. If people are like, ‘I live in a basement and I have one window,’ there are options.” The glass enclosures come in simple shapes, such as orbs and pyramids, with side openings through which plants can be watered. Some designs are more avant-garde, like the jagged, asymmetrical terrarium that Mallory has dubbed “the iceberg.” That design, along with many of Crown Flora’s most complex containers, come from Toronto glass designer Nightshade Studio. Some of the plants inside it have geometrical shapes themselves, such as a squat pigmyweed. Terrariums typically contain succulents, hardy plants that store water inside their thick, solid leaves. The iceberg terrarium has 13 in all, including a zebra-striped haworthia, a jade plant, a houseleek, a prickly cactus and a desert rose (popular for its floral shape). Crown Flora terrariums run from $25 to well over $200, but their cost to the earth is low. Because plants are locally grown and, with proper care, last anywhere from six months to three years, they’re more sustainable and frugal than perishable flowers shipped from Europe and South America. When one of the plants in an arrangement inevitably withers, Mallory even supplies a new one. “This is a living piece of art,” says Mallory. “Some things are going to die and others are going to thrive. That’s life.”

NOS LOGEMENTS RAPETISSENT, nos cours aussi. Le terrarium, ce jardin

sous verre dont la composition est laissée à l’imagination de son créateur, est la tendance horticole de l’heure. À tel point qu’Adam Mallory et Davis Khounnoraj, propriétaires depuis trois ans de la boutique Crown Flora dans le quartier torontois de Parkdale, ont du mal à tenir la cadence. Les végétaux, cultivés en Ontario (une partie de la mousse provient du cottage d’Adam Mallory), sont choisis pour leur facilité d’entretien, et les contenants sont fabriqués par des artisans verriers. Le reste, on le doit à la créativité de ces deux magiciens-jardiniers : une couche de gravier pour le drainage, une couche de terre, des plantes, de la mousse, du lichen et un ou deux cailloux bien ronds. Résultat? Une sculpture de verdure, unique en son genre. « Le gens mènent des vies de fou; ils ont besoin de nature autour d’eux mais n’ont souvent pas la place nécessaire, explique Adam Mallory. Une fenêtre, même au sous-sol, suffit pour qu’on puisse leur proposer plusieurs choix. » Les récipients disposent d’ouvertures sur les côtés pour faciliter l’arrosage et ont généralement des lignes simples, de forme sphérique ou pyramidale. Celui-ci est différent : Adam Mallory l’a baptisé l’iceberg à cause de son asymétrie. Il a été façonné par Nightshade Studio, une verrerie artisanale de Toronto, comme la plupart de ceux à la géométrie plus complexe. Cette géométrie se retrouve dans les plantes, comme dans cette crassula bien charnue. Les succulentes sont les végétaux de choix des terrariums, leurs feuilles épaisses leur permettant de stocker l’eau. L’iceberg en contient 13, dont une haworthia zébrée, un arbre de jade, une joubarbe, un cactus épineux et une rose du désert (sa forme de fleur plaît beaucoup). Ces terrariums vont de 25 $ à plus de 200 $. Un investissement, certes, mais écologique et durable. Les plantes sont cultivées localement et, avec les soins appropriés, tiennent de six mois à trois ans – plus longtemps qu’un bouquet de fleurs importées d’Europe ou d’Amérique du Sud. Sans compter que quand l’une d’elles montre des signes de faiblesse, Crown Flora la remplace. « C’est une œuvre d’art vivante, conclut Adam Mallory. Certaines plantes vont mourir, d’autres vont s’épanouir. C’est la vie! »

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TITLE TYPOGRAPHY / TYPOGRAPHIE DU TITRE : COURTNEY WOTHERSPOON; PHOTO: COURTESY OF OCCURRENCE

THE EXHIBITIONISTS BY / PAR LUC RINALDI WHEN ÈVE K. TREMBLAY FINISHED studying photography at Concordia

University in 2000, she found herself confronting the paradox that plagues so many emerging artists: you need a CV of past exhibitions to get your own show, but you need your own shows to fill a CV. To crack that Catch-22, she submitted her photographs to Occurrence, a non-profit contemporary art gallery in Montreal. “They gave me my first solo show,” recalls Tremblay, whose work has since been shown across North America and Europe. “It really launched my career.” She’s hardly the only one. “Many of our artists have never had an exhibition before,” says Lili Michaud, who founded the artist-run

EN 2000, ÈVE K. TREMBLAY TERMINE ses études de photographie à

l’université Concordia et se retrouve dans la situation paradoxale de nombreux artistes émergents : avoir au moins une exposition à son CV pour intéresser une galerie et avoir besoin d’une première expo pour remplir ce fameux CV. Bien décidée à résoudre ce casse-tête, elle envoie ses photos à Occurrence, un espace d’art et d’essais contemporains à but non lucratif. « Ils m’ont donné ma chance : ma toute première expo solo, se rappelle la photographe, dont le travail a depuis voyagé en Amérique du Nord et en Europe. Ils ont lancé ma carrière. » Et pas seulement la sienne. « C’est une première pour bon nombre de nos exposants », explique Lili Michaud, qui a fondé ce centre BLOCK / 45


Notebook / Notebook

gallery in 1989, when she was finishing a university degree and working part-time at a cinema. She envisioned an open, inclusive space where members of Montreal’s arts community—painters, photographers, sculptors and more—could debut their work and flirt with experimental ideas that might not entice commercial galleries. “I thought I’d be at the gallery two or three years. Now, it’s been 27.” Occurrence has moved a handful of times since its founding, but its mandate has changed little. It’s now located at 5455 de Gaspé, where it’s part of Pied Carré, a collective of arts tenants to whom Allied Properties REIT, the building’s owner, offers discounted rent. Every year at Occurrence, a rotating jury of three artists and art historians selects and features about a dozen artists from roughly 100 submissions (recent shows include the Montreal painter Pierre Przysiezniak and Parisian photographer Lucie Rocher). The artists receive a stipend to stage their work, the assistance of a technician and all the proceeds from any sales they make during the exhibition. “Some give back to the centre, but they’re not obligated to,” Michaud says. Others donate a piece of their art; for a gallerist, there’s perhaps no better way to say thank you.

d’artistes autogéré à Montréal en 1989, alors qu’elle était encore étudiante et travaillait dans un cinéma. Elle souhaitait un espace ouvert et inclusif, afin que les membres de la communauté artistique montréalaise, qu’ils soient peintres, photographes ou sculpteurs, puissent se lancer et flirter avec des idées expérimentales pas toujours du goût des galeries commerciales. « Je pensais faire ça deux ou trois ans. J’en suis à 27. » Situé au 5455, avenue de Gaspé, Occurrence fait partie de Pied Carré, un regroupement d’artistes, d’artisans et de travailleurs culturels, auxquels Allied Properties REIT, propriétaire de l’immeuble, offre des loyers réduits. Chaque année, Occurrence lance un appel aux projets et en sélectionne une douzaine. Chaque finaliste bénéficie d’une aide financière et d’une assistance technique pour monter son exposition et touche l’intégralité de la recette des ventes. Parmi les plus récents, citons le peintre montréalais Pierre Przysiezniak et la photographe parisienne Lucie Rocher. « Certains reversent une partie de la somme au centre, mais il n’y a pas d’obligation, note la fondatrice. D’autres font don d’une de leurs œuvres. Pour une galeriste, c’est probablement le plus beau des mercis. »

MY BLOCK / AUPRÈS DE MON BLOCK Andrew Burnstein, president of Castlewood Productions, on his favourite pre-, post- and mid-work spots in Toronto. / Avant, pendant et après le boulot, les bonnes adresses d’Andrew Burnstein, président de Castlewood Productions, à Toronto.

SWEET JESUS Where I sneak out for an afternoon espresso and soft-serve ice cream. / Je m’y rends en cachette l’après-midi pour un espresso et une crème glacée. GOLF TOWN At lunch, I pretend I’m buying clubs, then hit balls for half an hour. That’s my secret. / Je dis que j’y vais pour y acheter des clubs mais j’y frappe des balles pendant une demi-heure. C’est mon secret.

FUNE An old-fashioned revolvingboat sushi bar. The coolest thing 30 years ago. The boats may be 30 years old, but the sushi is fresh. / Un bar à sushis sur tapis roulant. La chose la plus cool au monde il y a 30 ans; les sushis, eux, sont frais. B. SLEUTH & STATESMAN Great selection of shaving supplies and an impressive cigar roundup. / Tout pour le rasage et un choix de cigares impressionnant. 46

ILLUSTRATION / ILLUSTRATION : NIK NEVES

CRAVE One of those salad places I see springing up everywhere; I’m hot for the Californication salad. / Une saladerie comme il en pousse partout. Mon péché mignon ? La Californication.


Notebook / Notebook

THE ENDORSEMENTS /  MENTIONS SPÉCIALES

THE LESSON / UNE BONNE LEÇON

WHAT’S INSPIRING DOUG DARLING, EXECUTIVE PRODUCER, TRIPWIRE MEDIA / DOUG DARLING, PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ CHEZ TRIPWIRE MEDIA GROUP, SE LAISSE INSPIRER.

SO YOU’VE BEEN PUBLICLY SHAMED

I read the whole book on a flight. Internet shaming is such a huge issue right now. People need to be aware how their conduct online can haunt them. / J’ai lu le livre d’une traite. L’humiliation publique sur Internet est un énorme problème. On doit prendre conscience que notre conduite en ligne peut revenir nous hanter. INSIDE OUT

I love that the young female character isn’t a stereotype, and the message about happiness and sadness. I bought it for my

wife for Christmas. / J’aime cette jeune héroïne sans aucun cliché et le message sur le bonheur et la tristesse. Je l’ai offert à ma femme à Noël. LOVE SONGS FOR ROBOTS

I’ve been listening to it non-stop for the past half year. Easily Patrick Watson’s best, most explorative album. / Je l’écoute en boucle depuis six mois. C’est de loin le meilleur album de Patrick Watson.

JONATHAN SAGI

Principal, ground3 Landscape Architects / architecte paysagiste et dirigeant chez ground3

CREATIVE FIX / COMBINE CRÉATIVE

The Problem: Carbon Bar’s general manager Adam Teolis was having trouble with staff turnover. / Le problème : Adam Teolis, directeur du Carbon Bar à Toronto, avait un taux de roulement du personnel trop élevé. THE CREATIVE FIX: “We figured out that giving applicants homework following a

standard first interview was a great way to weed out likely flight risks. At least 50 percent never got back to me, and the ones who did were committed.” /

LA SOLUTION : « On a constaté qu’en donnant des devoirs aux candidats après la première entrevue, on avait moins de risque de les voir s’envoler. Au moins 50 % d’entre eax ne sont jamais revenus, mais ceux qui l’ont fait avaient l’envie de s’investir. »

ALLIED NEWS / LES ACTUS D’ALLIED Deloitte is working with Allied Properties REIT to renovate 195 Joseph Street in a former industrial neighbourhood in Kitchener. The office is part of Deloitte’s effort to reimagine its workplaces as hubs of creativity. It’s also a win for Kitchener’s built heritage, says president and CEO Michael Emory: “With Deloitte’s commitment to 195 Joseph Street, we’ll revitalize a heritage structure once perceived to be at risk.” / Deloitte travaille avec Allied Properties REIT à la rénovation de ses bureaux, 195, rue Joseph à Kitchener en Ontario, un secteur industriel devenu zone d’innovation. Deloitte souhaite que ses espaces de travail soient des carrefours de créativité. C’est aussi un plus pour le patrimoine bâti de Kitchener, note Michael Emory, PDG d’Allied : « Grâce à l’installation de Deloitte, on revitalise un bâtiment patrimonial considéré en péril. »

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Now & Then / D’hier à aujourd’hui

New Order A hundred years after it was built, Calgary’s Odd Fellows Temple is still home to the energy industry’s leaders. / Cent ans après, le Odd Fellows Temple abrite toujours des professionnels du secteur de l’énergie à Calgary. BY / PAR GORDON BOWNESS

BUILT IN 1912 AS THE CALGARY HEADQUARTERS for the Odd Fellows,

an international secret fraternal organization, the Odd Fellows Temple served as a meeting place for many of the city’s working men, professionals and merchants and provided much-needed social connections and support. The Edwardian Classical building at the corner of Centre Street and 6th Avenue, designed by David McIlroy, became a local landmark. Many Odd Fellows members worked for the Canadian Pacific Railway, then Calgary’s largest employer and private landowner. Around the same time the temple opened, CPR was waking up to the potential value of the minerals underneath its vast land holdings and starting to reserve rights to oil and gas in its land dealings. Thus began CPR’s transformation into a major player in petroleum, eventually taking the form of Canadian Pacific Oil and Gas. Over time, CPOG morphed into Cenovus. In 2012, exactly 100 years after the temple opened, Allied Properties REIT acquired the building and leased it to Cenovus, whose head office is across the street in The Bow. The two companies jointly and extensively restored the building, reinvigorating it with a mix of modern and historical design that connected Cenovus to its beginnings. The Odd Fellows’ influence in Calgary has waned, and Canadian Pacific Oil and Gas’s heyday has passed, but the temple stands strong—an enduring monument to the city’s storied past.

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2012

CONSTRUIT EN 1912 POUR LA LOGE des Odd Fellows de Calgary, le Odd Fellows Temple servait de quartier général à la confrérie secrète internationale. Bon nombre d’industriels et de marchands s’y réunissaient pour étoffer leur carnet d’adresses et trouver l’appui nécessaire à leurs activités. Situé au coin de la rue Centre et de la 6e avenue, l’édifice de style édouardien, signé David Mcllroy, est depuis devenu un point de repère. Beaucoup de membres de la loge des Odd Fellows travaillaient pour le Canadien Pacifique, la compagnie de chemin de fer étant alors le plus gros employeur et propriétaire foncier privé de la région. À cette époque, le CFCP commençait à prendre conscience de la richesse souterraine de ses sols et à réserver des droits sur le pétrole et le gaz dans ses transactions immobilières. Ainsi a débuté sa transformation en un acteur majeur du secteur pétrolier, le Canadian Pacific Oil and Gas, devenu bien plus tard Cenovus. Exactement 100 ans après, en 2012, Allied Properties REIT rachète le Odd Fellows Temple et le loue à Cenovus, dont le siège social est en face, dans The Bow. Ensemble, les deux entreprises rénovent l’immeuble, mélangeant l’ancien et le moderne pour lui donner un nouveau souffle tout en conservant son histoire. Cenovus retrouve ses racines. Aujourd’hui, l’influence des Odd Fellows n’est plus, l’âge d’or de la Canadian Pacific Oil and Gaz est révolu, mais l’édifice, lui, tient bon – un témoin robuste du riche passé de la ville.

PHOTOS, LEFT / À GAUCHE : CALGARY LIBRARY ARCHIVES  / RIGHT / À DROITE : HARRY CHOI

c. 1971


Rethink / Repensé

Need for Speed BY / PAR PHILIP PREVILLE ILLUSTRATION / ILLUSTRATION JASON LOGAN

FOUR YEARS AGO, my wife,

Lynn, and I turned our backs on the big city and decamped from downtown. We went beyond the reach of Toronto’s suburban commuter trains, to Peterborough, which holds the informal title of Canada’s Smallest Big City. Once we moved, the benefits of smaller-city life became immediately apparent. First and foremost: no traffic. Ever. At first I retained my old habits: bolting on the green, swerving in and out of lanes. In the city, if you fail to aggressively take hold of any available road space, some other driver will, and you’ll inevitably miss the next light and be late for your appointment. In Peterborough, the supply of road space outstrips demand every day. After a couple of months, I relaxed behind the wheel. I still don’t miss the competition for road space, but I do miss every other competition that big cities offer. At heart, I’m an incorrigible big-city striver. And that’s what big cities are, when you get right down to it: hyperdense agglomerations of ambitious, competitive strivers. Big cities have more of everything, and better everything. There’s nothing you could want that the metropolis cannot offer you. But you’ll have to fight for it. Every rung, whether social or economic, real or virtual, is as crowded as the roads at rush hour, and if you leave open space in front of you, someone else will grab it. There’s a derogatory name for this all-encompassing bigcity competition: the rat race.

But this daily grind is also, paradoxically, the wellspring of the city’s vitality. Breakthroughs in medicine and technology are spurred when more than one research team is working to solve the same problem, and the will to discover only quickens when the labs are located down the hall from one another. Fantastic food trends emerge when great chefs seek to stand out in a crowded field. (In any sleepy smaller city, the best meal on the best menu hasn’t changed in decades. It’s pepper steak.) Great performances are only ever given before great audiences, by actors and musicians and athletes who’ve had to beat out talented rivals just to reach that stage. This is the true meaning of urban density. It’s not merely about civic planning or architecture or livability. It’s about being in close quarters with your competitors so you can keep tabs on what they’re up to and do it better. There’s actually a flattering name for this kind of competition: the thick of things. It’s where only a big city can put you. On some level, it’s probably why you

came. Take it from me: you’ll miss it when you go. / VOILÀ QUATRE ANS , ma femme, Lynn,

et moi avons décidé de laisser Toronto, et son centre-ville, derrière nous. On s’est installés au-delà du dernier arrêt du train de banlieue, à Peterborough, également appelée la plus petite des grandes villes canadiennes. Les avantages à vivre dans une municipalité de taille moyenne nous ont immédiatement sauté aux yeux. Le premier ? Plus d’embouteillages. Jamais. Au début, j’ai gardé mes habitudes : démarrer dès que que le feu passe au vert, slalomer d’une voie à l’autre. À Toronto, le conducteur qui n’occupe pas l’espace perd sa place; il se retrouve coincé au feu suivant et inévitablement en retard. À Peterborough, il n’y a pas un jour où la demande en espace routier est supérieure à l’offre. Si je peux me passer pour l’instant de cette rivalité routière, l’esprit de compétition qui règne dans les grandes villes me manque. J’aime en découdre, je suis un incorrigible battant. Et qu’est-ce qu’une grande ville, si ce n’est un concentré de fonceurs, tous plus ambitieux les uns que les autres ?

Les grandes villes ont plus de tout, et en mieux. Elles sont capables de combler vos moindres désirs. À condition de se battre. Chaque échelon, social ou économique, réel ou virtuel, est aussi bondé qu’un boulevard à l’heure de pointe, et si vous laissez une place libre devant vous, quelqu’un s’y faufilera. Cette concurrence vous entraîne dans une course folle, continuelle. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce dur labeur est source de vitalité. Chercheurs et ingénieurs redoublent d’efforts quand plus d’une équipe planche sur le même problème, et le rythme s’accélère d’autant plus quand les labos partagent le même immeuble. Les grands chefs qui tentent par tous les moyens de sortir du lot sont à l’origine d’incroyables tendances culinaires. (le plat le plus original au menu d’une petite ville tranquille ? Le même depuis des années. Le steak au poivre.). Les athlètes n’offrent leurs meilleures performances que face à des rivaux de talent. Comédiens et musiciens se donnent corps et âme pour obtenir l’acclamation de la foule. Si la densité urbaine a un sens, c’est celui-ci. Pas grand chose à voir avec la planification, l’architecture ou l’habitabilité. Ce n’est qu’une question de proximité entre compétiteurs : garder un œil sur eux pour faire mieux. C’est ce que l’on appelle être au cœur de l’action, et seule une grande ville peut vous y placer. Vous y êtes probablement venu pour cette raison et croyez-moi, c’est ce qui vous manquera quand vous la laisserez derrière vous. BLOCK / 49


Fill in the Blank / Veuillez combler l’espace

THE CHALLENGE Every issue we ask a different artist: What would you do with your very own urban infill? / LE DÉFI Dans chaque numéro, nous demandons à un artiste ce qu’il ferait de sa propre dent creuse. ILLUSTRATION / ILLUSTRATION TATSURO KIUCHI

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The Garrison is a sculptural casting made using steel salvaged from the former historic Garrison bridge in Toronto. Partnering ďŹ rms Rebart + Stacklab procured two tonnes of rebar from the bridge during its demolition in early 2015 and have created a limited series of 102 units. The Garrison is intended for indoor/outdoor use as a seat or low table. Derived using state-of-the-art digital design and fabrication technology, the Garrison is optimized to be as light and as strong as possible. Now available for purchase at www.rebart.ca


Jérôme Havre, by Raina + Wilson. January 19, Toronto. / Jérôme Havre par Raina + Wilson. Le 19 janvier à Toronto.

The Block - Spring 2016  
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