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FUTURS ANTÉRIEURS


AROTIN & SERGHEI

Infinite Time Machine 2017-18

composition sur 6 écrans, développement infini, 222 x 200 cm Courtesy Arotin & Serghei

B


GUERLAIN

190 ans de création

D

epuis sa création il y a 190 ans, Guerlain a ponctué l’histoire de la parfumerie moderne de plus de 1200 œuvres olfactives et édifié une

passion de l’excellence qui participe au luxe français. Cette exceptionnelle traversée du temps s’explique par la volonté de transmettre et d’oser. Parfum, maquillage et cosmétique, chacun dans son univers est voué au raffinement ultime, à l’émotion qu’il procure, sans compromis. L’audace créative de Guerlain s’appuie sur des savoir-faire uniques, un engagement sans faille sur la qualité, un désir constant d’innovation tout en respectant la tradition des métiers. Guerlain réussit à perpétuer ce trait d’union subtil entre passé et présent en créant une harmonie parfaite entre des flacons datant de plus de 150 ans et ceux d’aujourd’hui, fruits de la création contemporaine. L’histoire de la Maison Guerlain pourrait se raconter comme un récit d’aventures ponctué de ses rencontres, notamment celles des affichistes, designers, sculpteurs, architectes qui ont marqué leur époque. Certains l’ont inspirée comme Saint-Exupéry, Diaghilev, Joséphine Baker, Catherine Deneuve... Beaucoup ont participé à des créations : Giacometti, Hervé van der Straeten, Ora Ito, Andrée Putman, India Madhavi, Lorenz Baumer, JonOne… D’autres l’ont célébrée à l’instar de Christian Bérard, Elise Darcy, les Kuntzel et Deygas, Helmut Newton, Paolo Roversi... Autant de talents, qui, conjugués à ceux des créateurs de la Maison, ont façonné un univers unique où l’imagination rivalise avec les sens. Des liens exceptionnels avec des artistes que la Maison Guerlain propose également à travers des expositions de photographies ou d’art contemporain au 68 Champs-Elysées. Voir une exposition ou sentir un parfum, c’est refuser pour un temps la domination de la raison et laisser derrière soi les explications. Contempler une œuvre d’art ou respirer un parfum, c’est s’abandonner à ses sens et traverser les apparences pour y trouver un trésor caché. Chaque création nous submerge au-delà du présent. En ce sens, elle est intemporelle. LAURENT BOILLOT Président-directeur général 1


FUTURS ANTÉRIEURS QUESTIONNER NOTRE RAPPORT AU TEMPS ET À LA TRANSMISSION

réel. Qu’en est-il alors de la transmission, des traces, de l’héritage ? Vécu ou imaginé ? Souvenir ou récit ? La philosophie s’y intéresse depuis toujours, tout comme les artistes plasticiens de notre temps. Cette nouvelle exposition de la Maison Guerlain tente une fois de plus de saisir une interrogation essentielle, sans prétendre trouver les réponses, mais en proposant des approches aussi variées que le sujet est vaste. L’exposition aborde ainsi trois questions centrales :

À l’occasion du 190 anniversaire de Guerlain,

Comment se construit la mémoire ? Qu’est-ce que

l’exposition Futurs Antérieurs, partie intégrante du

l’identité ? Quel rôle joue le temps ?

e

Parcours Privé de la Fiac, pose la question de la mémoire et de la temporalité.

Notre cerveau est capable d’imprimer un souvenir

Un sujet brûlant d’actualité, auquel notre société, et

pendant des années, et pour ce faire une sélection

notre propre expérience du quotidien ne peuvent

s’impose. Ainsi la mémoire ne se limite pas à un

parfois répondre. Notre époque est marquée par

enregistrement passif de notre vécu, mais elle imprime

une accélération technologique, due notamment à

également une interprétation forcément subjective.

une « communication augmentée » et au passage

Grâce à l’oubli, l’être humain est ainsi capable de

de l’ère analogique à l’ère digitale, du monde

gérer les innombrables expériences acquises au

réel au monde virtuel.

quotidien.

Nombreux sont les artistes qui étudient la similitude entre perte de mémoire et perte d’identité ou encore

Tout comme pour la mémoire, la notion d’identité peut

la manière dont la mémoire individuelle se crée par

s’aborder aussi bien par le biais de l’individualité que

l’intermédiaire de la mémoire collective...

par celui de la collectivité. L’identité individuelle se définirait donc de façon très synthétique par « ce qui

Ainsi notre mémoire personnelle nous permettrait

est propre à un individu », alors que l’identité collective

d’écrire le récit de notre passé et de brosser notre

répondrait à une expérience commune comme

propre portrait, en articulant à la fois l’imaginaire et le

l’identité culturelle, linguistique ou religieuse. Reste à définir quel rôle joue le temps. Pour qu’un souvenir existe, il doit s’inscrire dans le temps et dans l’espace. Sans la notion de temps, un événement ne peut prendre place ni dans le passé, ni dans le présent, ni dans le futur. Si l’on considère que l’identité se confond en grande partie avec la mémoire, alors elle nous permettrait de formuler le récit de notre passé en faisant appel au réel, mais également à l’imaginaire. Ce sujet ayant

Boules de feu versus météorites (détail)

Météorite Gibeon ; Fer, nickel, et divers minéraux extraterrestres 3 x 3 x 3 cm Collection privée

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donné naissance à des œuvres fondamentales dans le monde des grands penseurs tels que Locke, Kant ou encore Freud, intéressons-nous aux travaux des plasticiens, chercheurs également à leur manière. Notre époque est marquée par la transition du monde


analogique au monde digital, qui soulève une infinité de questions et qui bouleverse la notion de mémoire. Elle tend à s’extraire de l’esprit pour être stockée sur des bornes informatiques et virtuelles qui nous affranchissent peu à peu de l’effort de collecte et de mémorisation. Dans le travail de Mladen Bizumic, l’ancienne et la nouvelle ère sont signifiées par l’ascension, puis la chute de la photographie, notamment à travers la marque Kodak, devenue le symbole même de la mémoire photographique et de son obsolescence aujourd’hui. Toujours dans le registre du monde digital, on trouve des approches très différentes comme celle de Jean-Michel Alberola, qui illustre à travers une vision caustique le potentiel limité de la conscience humaine. Albertine Meunier ou le collectif Arotin & Sergheï s’interrogent sur les traces que nous laissons, et qui sont autant de mémoire qui nous qualifie et quantifie en tant qu’être, mais aussi en tant que

Alexandra Baumgartner irrite le spectateur avec des

source d’information.

miroirs amputés de leur première fonction : celle de nous renvoyer notre propre image. Les reflets sont

Stephan Crasneanscki en revanche repart sur les

absorbés par une surface noire, qui semble les stocker.

traces d’un passé immuable, appartenant à la

Morgane Denzler offre une métaphore qui touche à la

mémoire collective d’une culture, et fige le voyage

fois au monde réel versus le monde virtuel, qui s’effrite

d’Ulysse, capturant les paysages qui ont constitué son

littéralement comme un puzzle.

FABRICE HYBER

POF 154, Horloge folle 2015

50 x 50 cm Courtesy de l'artiste et Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles

périple. La mémoire géographique est évoquée par le Fabrice Hyber ou Jürgen Messensee évoquent,

photographe Payram, avec l’atelier de savon d’Alep,

quant à eux, le temps qui passe. Sans mouvement,

glorifiant une culture passée et anéantie par la guerre.

pas de passé et donc, pas de mémoire. Mais à quoi

Sujet repris par Emmanuel Tussore sculptant des blocs

bon convoquer le passé, obstacle de notre liberté et

de savon, ceux d’Alep également…

cependant témoin de notre identité ? Claire Morgan interpelle notre sensibilité en révélant Anne et Patrick Poirier en conservent les traces

l’extrême fragilité du monde qui nous entoure, la faune

comme des reliques, dans une « commode sculpture

comme la flore. Faisant appel aux lois immuables de

ou une sculpture commode », et illustrent avec cette

la physique, Charlotte Charbonnel crée des sculptures

pièce l’essence même de leurs recherches, tournées

à la fois ébranlables et indestructibles.

depuis toujours vers la mémoire. Jan Fabre aussi, qui met en scène les papiers de chocolat colorés de son

Créateur de pièces interactives, David Guez réalise,

enfance, les élevant au rang d’ex-voto intimes et pro-

grâce au système de message téléphonique pour

fanes. L'œuvre de Christian Boltanski nous plonge

l’avenir, le vœu éternel de la machine à voyager dans

dans son enfance et nous renvoie aux chapitres les

le temps.

plus douloureux de notre histoire. Seul le fait d’en garder le souvenir empêchera qu’elle ne se répète.

Caroline Messensee, Commissaire de l'exposition 3


EMMANUEL TUSSORE

Home 2017

Extrait de la série photographique 21 photographies 35 x 35 cm “Avec le soutien de Tadé - Pays du Levant” Courtesy de l’artiste


i n t e rv i e w

Pourquoi avoir choisi d’aborder le thème du temps et de la mémoire ? Que retenir de l’histoire de la maison

est inspirée par une quête insatiable du Beau. Une exploration d’esthètes qui nous lie intimement au monde des Arts, et dont nous sommes aujourd’hui les héritiers. Guerlain s’est toujours entourée d’artistes de talent pour magnifier ses créations. Des verriers prestigieux comme Baccarat, des sculpteurs renommés comme Giacometti, des designers talentueux comme Andrée Putman, Hervé van der Straeten et Peter Marino pour ne citer qu’eux. Nous sommes mécènes du Prix du Dessin créé par Daniel et Florence Guerlain, soutenons le centre artistique Yishu8 à Pékin qui accueille des artistes chinois et français, nous organisons régulièrement des expositions photographiques et d’art

Guerlain ?

contemporain au 68 Champs-Elysées.

LAURENT BOILLOT p r é s i d e n t- d i r e c t e u r g é n é r a l de l a maison guerl ain

— Depuis 12 ans nous organisons des expositions sur des thèmes différents dans le cadre du Parcours Privé de la Fiac. Cette année est particulière car nous fêtons nos 190 ans, une longévité exceptionnelle dont nous sommes fiers. Le thème du temps nous a paru évident. Il est au cœur du sujet, de notre histoire, il est la définition du luxe, du savoir-faire et de la transmission. Nous sommes dépositaires d’un héritage des générations passées et notre devoir moral est de le transmettre aux générations futures, le respecter et le faire fructifier. La nostalgie ne fait pas partie de notre vocabulaire. Nous partons du principe que chaque nouvelle création porte en elle l’histoire, les racines de la Maison, inutile de revenir sur le passé. laurent boillot

Le titre « Futurs Antérieurs », nous invite également à regarder en avant. Comment la Maison Guerlain entrevoit l’histoire à venir avec la création et les artistes ? lb — Je l’espère longue et belle, avec toujours ce désir d’innover et de transmettre. Notre métier est de créer des produits qui font rêver et dont la finalité est avant tout le plaisir des sens : plaisir de surprendre, d’évoquer, de suggérer et de dévoiler peu à peu. Lorsque nous « prêtons » un flacon à un artiste, que nous lui donnons carte blanche, nous attendons de lui non seulement son talent mais également son impertinence, son audace, sa manière de concevoir l’objet de manière différente. Il faut savoir bousculer les codes quand on a 190 ans !

Guerlain a toujours encouragé la création artistique. Comment expliquer ce lien particulier ? lb — Depuis sa création en 1828, notre Maison

“Le thème du temps est au cœur du sujet, de notre histoire” Laurent Boillot 5


i n t e rv i e w

CAROLINE MESSENSEE c o m m i s s a i r e d e l’e x p o s i t i o n

Quels regards, quelles réflexions nous livrent les artistes sur la notion du temps ? caroline messensee — Les artistes sont parmi les meilleurs observateurs de notre société et de l’univers dans lequel nous évoluons. Le temps est aussi important puisqu’il nous fait prendre conscience de notre propre finitude. Ce constat fatal a toujours animé les arts et poussé les artistes non seulement à interroger la notion de temps, mais aussi à essayer de repousser les échéances. Les approches sont très diverses et abordent plusieurs niveaux de lecture dans l’exposition : naturelle, philosophique, politique, personnelle ... comment avez-vous appréhendé la sélection artistique en tant que commissaire ? cm — Depuis le début de cette série d’expositions, j’ai tenté de donner un aperçu assez large et varié de la création actuelle, tout en restant cohérente par rapport à une thématique légitime dans l’univers exceptionnel de Guerlain. Le thème de la mémoire s’aborde de façon extrêmement diverse, puisque les artistes ont

“L'art est long et le temps est court” Charles Baudelaire

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bien évidemment une approche subjective. Ainsi leur vécu, leur histoire individuelle déterminent leur angle d’approche. En ces temps de bouleversements profonds de la société, une approche socio-politique est peut-être plus récurrente qu’une approche plus poétique… L’art contemporain est le miroir de notre temps et en deviendra bientôt la mémoire. Comment les nouvelles technologies déterminent et bouleversent notre rapport au temps et notamment dans l'art ? cm — Les nouvelles technologies jouent effectivement un rôle particulièrement intéressant dans ce projet. Pas tellement en tant que moyens d’expression, mais surtout en tant que matière à réflexion. Le basculement de l’ère analogique à l’ère virtuelle a intégralement changé non seulement la notion de temps, mais aussi notre façon de penser….


MORGANE DENZLER

Ceux qui restent 12 (détail) 2012-2016

Impression sur puzzle, 40 x 52 cm Courtesy de l’artiste et Bendana Pinel Art contemporain

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FUTURS ANTÉRIEURS Jean-Michel Alberola Arotin & Serghei Alexandra Baumgartner Mladen Bizumic Christian Boltanski Charlotte Charbonnel Stephan Crasneanscki Morgane Denzler Jan Fabre David Guez Fabrice Hyber Mehdi Meddaci Jßrgen Messensee Albertine Meunier Claire Morgan Payram Anne et Patrick Poirier Emmanuel Tussore

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FUTURS ANTÉRIEURS

Rien (Argon) 2013

Néon et boîte en plexiglas 25 x 35 cm E.A n°1 (Édition 2 + 2 E.A) Courtesy Galerie Templon, Paris - Bruxelles

JEAN-MICHEL ALBEROLA Jean-Michel Alberola est un des artistes phares de la scène française. Né en 1953, il vit et travaille à Paris. L’artiste poursuit depuis le début des années 1980 une œuvre protéiforme qui navigue entre conceptualisme, abstraction et figuration. La peinture, mais aussi les œuvres sur papier, la sculpture, les néons, les films, les textes, les livres d’artistes en composent les différentes facettes. Politique, poétique, engagée, pleine d’humour, son œuvre se compose et se recompose en autant de rébus philosophiques qui questionnent le regard et le rôle de l’artiste dans la société. Ses sculptures en néon dessinent des paroles ambiguës, entre prophétie provocatrice, slogan politique et jeu de mot duchampien. En mêlant réflexion politique et artistique, Jean-Michel Alberola interroge le spectateur sur sa relation à l’œuvre d’art et sa commercialisation. 9


AROTIN & SERGHEI Composé par Alexander Arotin et Serghei Victor Dubin depuis 1994, le duo d’artistes AROTIN & SERGHEI crée un univers de couleurs et de lumières en métamorphose constante par superposition, fusion et dédoublement. Infinite Time Machine est une œuvre allégorique sur le temps, qui donne l'impression que celui-ci est auto-généré et infini. Le spectateur est invité à voyager à travers la mémoire, en partant d'un moment unique sans cesse étiré. Contrairement aux montres, qui indiquent le temps avec des schémas et des chiffres répétitifs, ce « générateur perpétuel » est un zoom dans la perception du temps. Il montre de nouvelles constellations à chaque instant. La composition de l'œuvre est orchestrée sur six écrans indépendants avec des séquences de 24 000 images en combinaisons infinies. Le lien entre ces images est créé par le phénomène de l’oscillation dans le temps, la lumière, la couleur et le son. Le développement visuel est composé à partir de dessins, de radars, de scanners, et de mécanismes de mesures.

Infinite Time Machine 2017-18

Composition sur 6 écrans, développement infini 222 x 200 cm Courtesy Arotin & Serghei

Infinite Time Machine 2017-18

Composition sur 6 écrans, développement infini 222 x 200 cm Courtesy Arotin & Serghei

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FUTURS ANTÉRIEURS

ALEXANDRA BAUMGARTNER Alexandra Baumgartner travaille avec des objets trouvés, des photographies et du matériel ayant appartenu à des anonymes. Moins intéressée par le message original du document que par sa capacité à révéler d’autres informations en les confrontant à son imaginaire, l’artiste se réapproprie le récit d’inconnus, donne un nouvel élan émotif et imagine de nouvelles connexions. Les sujets de ses travaux sont les abysses psychiques et morales, la désintégration physique de l’homme, la fugacité, les relations humaines, les états limites, la perte de contrôle et l’anxiété. À travers ses recherches, Alexandra Baumgartner se réapproprie ces instants figés, en élans prémonitoires, situations absurdes ou atmosphères inquiétantes.

Introspection III 2017

Métal, verre, laque, 3 pièces, 117 x 100 cm Courtesy de l'artiste

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MLADEN BIZUMIC Né en 1976, Mladen Bizumic travaille entre Auckland, Berlin, et Vienne, où il vit. L'artiste pratique autant la vidéo que la musique, la photographie ou la sculpture dans un continuum de représentations explorant les relations entre lieux géographiques et états psychologiques, mémoire subjective et présent. À la question : « Qu’est-ce que la photographie ? », Bizumic propose une réponse originale et complexe qui se déploie entre deux oppositions : celle KODAK (Made in France) 1961-2014

Kodak 6,25 mm tape sound recording packaging 62 x 42 x 4 cm Collection : MUMOK Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig, Vienna

de la photographie analogique et celle de la photographie digitale. Il souligne la dichotomie entre une photographie précise, « image-objet » précieuse et pourtant obsolète, et une image dématérialisée issue de l’ère numérique. Les propriétés matérielles de la photographie sont explorées pour révéler les moyens de sa production, de sa distribution et de sa réception.

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FUTURS ANTÉRIEURS

CHRISTIAN BOLTANSKI Né en 1944 à Paris, Christian Boltanski vit et travaille à Malakoff. Son travail artistique interroge le temps qui passe en privilégiant les thèmes de l’enfance, de la mémoire, de l’oubli et de la mort. Ses œuvres dégagent un fort pouvoir émotionnel et invitent à méditer sur des questions existentielles, comme ici dans l’œuvre dédiée à un élève anonyme d’une classe de terminale du Lycée Chases en 1931. « Je travaille pour apporter des émotions aux spectateurs », explique l’artiste. Christian Boltanski utilise des matériaux pauvres parmi les plus pauvres afin de produire un effet intense : les boîtes de fer blanc, le fil électrique visible et une ampoule sont les seuls éléments utilisés avec la photographie. Cette économie de moyens et l’aspect artisanal de l’installation renvoient à la précarité des choses, à la minceur de l’existence.

Le lycée Chases 1986

Œuvre en 3 dimensions, installation, photographie noir et blanc,10 boîtes, lampe électrique 120 x 160 cm Achat en 1987 Acquis avec l'aide de la DMF Inv : 1987.10 (1.12) Collection Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes

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CHARLOTTE CHARBONNEL Le travail de l’artiste Charlotte Charbonnel, née en 1980, est une chrysalide en constant développement. Son atelier s’est mué en un laboratoire de sensations, d’expériences qui allient la nature à la science. Ses installations exacerbent les différents matériaux jusque dans leurs retranchements les plus profonds, et proposent ainsi de nouvelles pistes d’exploration et d’appréhension. L’image et la matière côtoient le son et l’espace dans un dialogue inspiré par les expériences scientifiques liées notamment à l’acoustique. L’œuvre se distingue comme une explosion ou un arrêt sur image de cette poussière de métal. L’aspect de la limaille est transformé, cette matière hérissée questionne son origine et même le règne dans lequel elle s’inscrit.

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Petit colosse (gris de payne) n°4 2015

Limaille de fer, peinture magnétique et résine, 14 x 21 x 15 cm Courtesy de l’artiste & Backslash


FUTURS ANTÉRIEURS

STEPHAN CRASNEANSCKI

Phaeacia 2017

C - Print, 80 x 180 cm Courtesy Galerie Odile Ouizeman, Paris

Né en 1969 à Odessa, Stephan Crasneanscki est musicien et photographe. Artiste pluridisciplinaire et foisonnant, voyageur insatiable établi à New York depuis plus de 10 ans, il a créé « Soundwalk », un projet artistique qui développe des parcours sonores urbains. Stephan Crasneanscki et le collectif Soundwalk sont repartis sur les traces d’Ulysse pour une odyssée sonore et photographique de Troie à Ithaque ; à bord d’un vieux voilier équipé d’antennes à haute portée et de scanners, ils ont enregistré toutes les fréquences hertziennes le long des côtes de la Méditerranée. Plus de 500 heures de son ont été capturées, ainsi qu’un témoignage photographique, constituant une cartographie sonore et visuelle de la Méditerranée d’aujourd’hui : des conversations de pêcheurs libyens aux communications en morse des cargos grecs, en passant par les voiliers sur la côte corse et les conversations des douaniers de la baie de Naples.

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Ceux qui restent 10 2012-2016

Impression sur puzzle, 41 x 53 cm Courtesy de l’artiste et Bendana Pinel l Art contemporain

MORGANE DENZLER Née en 1986 à Maisons-Laffitte, Morgane Denzler vit et travaille à Bruxelles. Le rapport à l’histoire et à la mémoire à travers l’architecture, la ruine et le chantier ont toujours été au cœur de ses réflexions. Morgane a particulièrement été frappée par les ruines de Beyrouth, par leur côté spectaculaire mais surtout par les transformations qu’elles engendrent : les déplacements de matière et les bouleversements du quotidien. Que reste-t-il ? Que cachent-elles à présent ? Quelle vérité révèle ce tas ? Comment en un instant ce bouleversement, ce déplacement de masse entraîne-t-il une remise en question totale ? Après avoir tenté en vain de questionner les gens et de comprendre l’histoire de ces trente-cinq dernières années, elle a compris que sans vainqueur, il n’y avait pas d’histoire, pas de vérité mais des milliers d’histoires. 16

Ceux qui restent 12 2012-2016

Impression sur puzzle, 40 x 52 cm Courtesy de l’artiste et Bendana Pinel l Art contemporain


FUTURS ANTÉRIEURS

JAN FABRE Jan Fabre est né en 1958 à Anvers en Belgique où il vit et travaille. Homme de théâtre et chorégraphe internationalement reconnu, Jan Fabre développe depuis vingt ans une œuvre plastique autour de matériaux divers : sang, encre, élytres de scarabées, os, animaux empaillés, marbre. Grand dessinateur, Jan Fabre réalise des sculptures et des installations qui explorent la question de la métamorphose, le dialogue entre art et sciences, le rapport de l’homme à la nature ou encore la question de l’artiste comme guerrier de la beauté. Dans son ensemble de dessins Mer du Nord Sexuelle Belge, Jan Fabre dresse un portrait complexe, espiègle et subversif de sa Belgique natale, sorte de déclaration d’amour critique à son pays. L’artiste a travaillé à partir d’images populaires provenant de tablettes d’un chocolatier belge. Il utilise ces images éditées et offertes et y ajoute des éléments personnels avant de les présenter au public tels des ex-voto, encadrés de velours rouge et d’or.

Série (extrait) : Jeux profanes de la mer du Nord (IV) ; Le pompier-auditeur ; Jeu d'enfant à la mer du Nord (II)) 2018

(environ 35 x 25 x 2 cm) Crayon HB, crayon de couleur sur chromo, passe-partout en velours rouge et cadre doré Courtesy Galerie Templon, Paris – Bruxelles

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Le téléphone 2067 2011

Téléphone type Socotel 3 exemplaires Courtesy de l'artiste

DAVID GUEZ RADIO 2067 fait partie de la série 2067, un ensemble de propositions artistiques - installations, site web, objets connectés - de David Guez qui questionnent le temps, la mémoire et notre rapport intime et collectif à ces questions via les nouvelles technologies. La ligne des fréquences de cette radio particulière est remplacée par une ligne temporelle qui débute en 1900. En déplaçant la mollette, on Radio 2067 2011

Radio en bois ou plastique blanc 20 x 20 x 10 cm 12 exemplaires Courtesy de l'artiste

fait ainsi défiler les années et les programmations musicales mémorielles correspondantes. TELEPHONE 2067 est un dispositif interactif qui permet de laisser des messages vocaux dans le futur, à soi-même ou à un correspondant. Ces messages sont stockés dans les mailles du réseau internet et deviennent écoutables à partir des dates fixées lors de leur création. TELEPHONE 2067 devient ainsi l’élément d’un réseau spatio-temporel où la voix devient le vecteur inaltérable et sensible de paroles conservées puis révélées.

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FUTURS ANTÉRIEURS

FABRICE HYBER Né en 1961 à Luçon, Fabrice Hyber vit à Paris. L’ensemble de son œuvre est conçue sous la forme d’un gigantesque rhizome qui se développe sur un principe d’échos. En procédant par accumulations, hybridations, mutations, l’artiste opère de constants glissements entre des domaines extrêmement divers. À travers sa série des POF (Prototype d’Objet en Fonctionnement), Fabrice Hyber modifie la conscience et la pratique que nous avons de ces objets puisque leurs formes réinventées induisent de nouveaux comportements. En déplaçant sa fonction originelle, L’horloge folle (POF 154) génère des modes d’appropriation singuliers et nécessite l’invention de nouveaux repères, questionnant ainsi la relation que l’on entretient avec les objets du quotidien et plus généralement avec notre environnement.

POF 154, Horloge folle 2015

50 x 50 cm Courtesy de l'artiste et Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles

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MEHDI MEDDACI Né en 1980, à Montpellier, Mehdi Meddaci vit et travaille à Paris. Profondément attaché à l’espace méditerranéen, théâtre de son histoire familiale, Mehdi Meddaci développe un travail vidéo poétique et envoûtant empruntant au champ de la photographie comme à celui du cinéma. À travers eux, il évoque notamment les notions de cycle, de mémoire, d’identité culturelle, mais aussi et surtout d’exil et cette forme d’entre-deux qui lui est inhérent. Au travers de vidéos, d’installations et de photographies, ce jeune artiste met en scène les corps et introduit des micro - éléments de narration, produisant un équilibre délicat entre captation et construction.

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La barque 2013

Cycle Les yeux tournent autour du soleil Video HD 19’20 en boucle. Courtesy Galerie Odile Ouizeman, Paris


FUTURS ANTÉRIEURS

Le temps m'explose (Es zerplatzt mir die Zeit) 2015

Jetprint et acrylique sur toile 201 x 252 cm Courtesy de l'artiste

JÜRGEN MESSENSEE La peinture est pour Jürgen Messensee un moyen de réflexion et de recherche pour approcher les questions métaphysiques qui animent l’humanité : qu’est-ce que la réalité ? Ou encore, qu’est-ce que le temps ? Les réflexions soulevées par l’œuvre de Messensee questionnent notre être ("sein" en allemand), c’est-à-dire l’existence humaine, celle que nous pensons vivre. La question de l’espace et du temps est essentielle, elle est liée à la notion de réalité ou plutôt à une réalité, celle à laquelle nous pensons appartenir. Le « vrai » art fait ainsi apparaître la conscience de l’unité et des relations réciproques entre tous les êtres, tous les événements et tous les objets. En ce sens, tout devient interdépendant - des éléments indivisibles comme l’expérience d’une identité fondamentale mais inscrits dans différents aspects de la réalité.

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ALBERTINE MEUNIER Née le 11 octobre 1964, Albertine Meunier vit à Vitry-sur-Seine près de Paris. L’artiste pratique l’art dit numérique depuis 1998 et utilise tout particulièrement Internet comme matériau. En 2006, Google lance le service Search History et stocke les recherches des internautes. Depuis En cas de pleurs de données

Mouchoirs brodés 25 x 25 cm Courtesy de l'artiste

ce premier jour, Albertine Meunier compile scrupuleusement ses recherches et les donne à voir au public. Plus de dix années se sont écoulées : les recherches d’Albertine mises bout à bout racontent une histoire, la sienne mais aussi celle du réseau.  Le monde numérique digitalise le monde, et avec lui des pans entiers de nos vies. Nos photos, nos mails, nos écrits, notre histoire, tout est numérisé. Et puis un jour, c’est la perte : données égarées, données abîmées... Il ne nous reste alors qu’à déposer le sel de nos larmes dans de nobles mouchoirs pour pleurer ces données à jamais perdues.

My Google Search History, Tome 1 2011-2016

Livre papier 21 x 14 x 2 cm Courtesy de l'artiste

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FUTURS ANTÉRIEURS

CLAIRE MORGAN Jeune artiste irlandaise, Claire Morgan est née en 1980 à Belfast et habite et travaille à Gatesheade, Newcastle. Claire Morgan s’approprie la taxidermie pour mettre en perspective « l’immortalité comme un mystère impénétrable » dans une conscience de l’impermanence des choses. Ses installations empreintes de mélancolie qui mettent en scène l’animal ne sont donc en réalité qu’une représentation de nous-mêmes, face à la dégénérescence du monde. Claire Morgan joue sur plusieurs registres pour entremêler les règnes végétal et animal : la gravité, le temps, la vie, la dégénérescence et la mort ; ces paramètres sont communs aux deux règnes selon des rythmes différents. Tout cela, elle le rend palpable et ces rythmes eux-mêmes, visibles.

Amasses 2014

Be careful what you wish for

Moucherons, nylon, verre 68,4 x 41,6 x 41,6 cm Courtesy Galerie Karsten Greve, Paris, Cologne, Saint-Moritz

2014

Choucas (taxidermie), polythène déchiré, nylon, verre (vitrine) 57,4 x 41,7 x 41,7 cm Courtesy Galerie Karsten Greve, Paris, Cologne, Saint-Moritz

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FUTURS ANTÉRIEURS

PAYRAM Depuis son départ d’Iran, en 1983, chassé par la révolution islamique, Payram – de son nom Khosrow Peyghamy – développe un travail photographique autour de la fragilité de sa condition d’exilé, qu’il met en parallèle avec la fragilité du médium argentique. Payram expérimente, tel un alchimiste, la transformation de la matière, la trace lumineuse. Un bouleversant témoignage d’une Syrie en pleine mutation dont les sensations (ouïe, goût, toucher…) lui rappellent son Iran natal. La lumière se cristallise sur les polaroids : des positifs directs, uniques, qui ont reçu la lumière d’une époque révolue. Payram nous livre alors un nouveau regard : il réinterprète les négatifs dans de grands tirages noirs et blancs dont il est le spécialiste mondialement reconnu. La lumière actuelle, à l’heure où le pays est à l’agonie, dévoile les détails insoupçonnés d’une fouille archéologique de la mémoire.

Syrie 55, Savon Alep, 2006

Tirage argentique baryté mat d’après négatif Polaroïd 160 x 125 cm Courtesy Galerie Maubert

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FUTURS ANTÉRIEURS

ANNE ET PATRICK POIRIER « Nous nous définissons depuis toujours comme “architectes-archéologues” plutôt que comme artistes. Ce meuble fait partie d’un ensemble de travaux réalisés pendant la période de MNEMOSYNE. Nous avions alors inventé un personnage fictif, à la fois architecte et archéologue, dont nous aurions retrouvé les archives et le résultat des fouilles sur le site de cette MNEMOSYNE, ville mythique et utopique qui tirait son nom de la déesse grecque de la Mémoire. Trouvailles et archives que nous avons décidé de conserver et de regrouper dans un certain nombre de cabinets à tiroirs contenant différents objets : carnets de fouilles, photographies, petites maquettes, fragments de sculptures, pierres gravées, etc. Il s’agissait alors pour nous d’une nouvelle métaphore pour tenter d’évoquer cette fonction essentielle qui nous constitue et qui est au centre de nos recherches depuis l’origine de notre travail commun : la mémoire. Cette précieuse mémoire des cultures et des civilisations, perpétuellement menacée par les violences de l’histoire et qu’il nous faut transmettre et préserver. Les tiroirs de ce meuble, comme notre mémoire, contiennent des fragments de notre passé qu’il nous faut tirer de l’oubli et ramener à la lumière. » Anne et Patrick Poirier

Mnemosyne 1992

Technique mixte 170 x 40 x 30 cm Collection Florence et Daniel Guerlain

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EMMANUEL TUSSORE Né en 1984, l’artiste français Emmanuel Tussore s’intéresse à la notion de déplacement et bouscule l’idée même de frontière. Sa pratique mêle photographie, vidéo, sculpture, installations et performances. Emmanuel Tussore transforme le savon d’Alep, matière organique, fragile et malléable, dans une série de sculptures, d’installations, de photographies et de films, qui nourrissent son projet « Study for a soap », conçu autour du savon d’Alep, le plus vieux du monde. L’artiste fait de ce médium le symbole d’une force brute, destructrice, à rebours du geste raffiné de l’homme civilisé. Ses ruines racontent l’absence, la disparition, la perte, l’exil, et questionnent les notions fondamentales d’humanisme. En conservant la trace d’une histoire intime comme d’une mémoire collective, elles évoquent aussi la possibilité d’une reconstruction. 26

Home 2017

Extrait de la série photographique 21 photographies 35 x 35 cm “Avec le soutien de Tadé Pays du Levant” Courtesy de l’artiste


FUTURS ANTÉRIEURS

MÉTÉORITES « Les météorites fascinent tout un chacun du fait de leur origine, extraterrestre. Elles sont comme des capsules temporelles, les objets les plus vieux qui soient, avec un âge de formation pour la plupart de 4,56 milliards d’années. Les météorites recèlent de précieuses informations sur les conditions de formation du système solaire, la genèse des planètes et leur composition interne. Elles permettent aux scientifiques d’écrire non pas une, mais des histoires sur des mondes passés, mais n’est-ce pas en regardant le passé que l’on peut prévoir le futur ? Ces “visiteuses extraterrestres”, qui font généralement une entrée fracassante, sont des fragments de corps du système solaire, principalement d’astéroïdes, mais certaines, très rares, proviennent de la Lune ou encore de la planète Mars. Elles sont de véritables témoins d’un passé très lointain, un héritage précieux, mais pour certaines, seulement une trace, celle de leur entrée dans l’atmosphère, sous la forme d’une boule de feu, restera…

Boules de feu versus météorites

Météorites NWA 869 & Gibeon ; Fer, nickel, et divers minéraux extraterrestres Gibeon : 3 x 3 x 3 cm NWA 869 : 5 x 5 x 5 cm Collection privée

Ces météorites, “de pierre“ (NWA 869) et “de fer“ (Gibeon), façonnées en boule, ont perdu leur aspect initialement acquis lors de leur entrée dans l’atmosphère, mais elles gardent en mémoire les premiers instants de notre système solaire, pour qui sait les regarder. » Ludovic Ferrière,

conservateur de collections au Naturhistorisches Museum Wien (Vienne, Autriche).

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LES ARTISTES AYANT EXPOSÉ À LA MAISON GUERLAIN Jef Aérosol

Wang Du

Claude Lévêque

Joe Scanlan

Laurent Ajina

Marlene Dumas

Ludo

Mithu Sen

Pilar Albarracin

Leandro Erlich

Christopher Makos

Seth

Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla

Dario Escobar

Nalini Malani

José-Marie Sicilia

Valie Export

Pierre Malphettes

Malick Sidibé

Jan Fabre

Philippe Mayaux

Sudarshan Shetty

Flavio Favelli

Myriam Mechita

Isabelle Ferreira

Annette Messager

Spencer Finch

Meteor

Didier Fiuza Faustino

John Miller

Daniel Firman

Thomas Monin

Sylvie Fleury

Gianni Motti

Judy Fox

Shahryar Nashat

Bernard Frize

Nasty

Futura

Ivan Navarro

Marie Amar Ghada Amer El Anatsui Jane Evelyn Atwood Nobuyoshi Araki Olivier Babin Bhuri Bai Rina Banerjee Banksy Robert Barta Vanessa Beecroft Valérie Belin Katherine Bernhardt Julien Berthier Davide Bertocchi Michel Blazy

Dominique Ghesquière Gilbert & George Nicolas Giraud Laurent Grasso Gris1

Ralph Nauta & Lonneke Gordijn Audrey Nervi Shirin Neshat Meret Oppenheim Jean-Michel Othoniel

Chiharu Shiota Shine Shivan Jangarh Singh Shyam Space Invader Jivya Soma Mashe Annelies Strba Jeanne Susplugas Swoon Claire Tabouret Aya Takano Sam Taylor – Wood Agnès Thurnauer Gabi Trinkaus Janaina Tschäpe

Shilpa Gupta

Tony Oursler

Marlene Haring

Martin Parr

Pascal Haudressy

Patricia Parinejad

Roger Hiorns

Javier Perez

Carsten Höller

Bruno Perramant

James Hopkins

Françoise Pétrovitch

Tony Brown

Rebecca Horn

Pablo Picasso

Alain Bublex

Oda Jaune

Pierre et Gilles

Sophie Calle

JonOne

Sabine Pigalle

Hsia-Fei Chang

Jitish Kallat

Anne & Patrick Poirier

Patty Chang

Jon Kessler

Triny Prada

Céline Cléron

Bharti Kher

Markus Raetz

Claude Closky

Jeff Koons

Philippe Ramette

Jean Cocteau

Pushpa Kumari

Bettina Rheims

Hu Yinping

Olivier Darne

Yayoi Kusama

Terry Richardson

Li Yongbin

Frédéric Delangle

Pierre Labat

Candida Romero

Kimiko Yoshida

Marie Denis

David LaChapelle

Michael Roy

Billie Zangewa

Atul Dodiya

Wolfgang Laib

Elsa Sahal

Zevs

Antoine Dorotte

Gonzalo Lebrija

Niki De Saint-Phalle

Brigitte Zieger

Blek Le Rat Katharina Bosse Zoulikha Bouabdellah Louise Bourgeois Céleste Boursier - Mougenot

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Louise Unger Ram Singh Urveti Erik Van Lieshout Joana Vasconcelos Sandra Vasquez De La Horra Massimo Vitali Xavier Veilhan Ellen Von Unwerth Andy Warhol Asim Waqif Erwin Wurm


GUERLAIN ET L’ART DEPUIS TOUJOURS, L’ART EST OMNIPRÉSENT DANS LA FAMILLE GUERLAIN.

Au XIXe siècle, le visionnaire Jacques Guerlain avait décelé, avant tout le monde, le génie de ses amis impressionnistes pour devenir un grand collectionneur. Aujourd’hui, la passion demeure  : Daniel et Florence Guerlain ont créé leur Fondation d’Art et sont à l’initiative du Prix du Dessin Contemporain. Depuis 2007, ce prix récompense chaque année trois artistes utilisant le dessin comme principal vecteur de création. Preuve de son engagement dans la création contemporaine, la Maison Guerlain noue depuis quatre ans un partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie. La Petite Robe Noire, variations autour d’un mythe, une exposition dédiée au parfum emblématique de la Maison Guerlain, a été organisée en 2015 au 68, Champs-Elysées, en collaboration avec Jean-Luc Monterosso, Directeur de la Maison Européenne de la Photographie, l’École des Gobelins et le photographe chinois Liu Bolin. En 2016, la Maison Guerlain a présenté l’exposition Matières, voyages aux frontières de l’invisible dans la continuité de la collaboration avec la Maison Européenne de la Photographie. Une exposition qui présentait des clichés de photographes tels que Daido Moriyama, Sebastiao Salgado, issus des réserves de la MEP. L’artiste brésilien Vik Muniz y a également proposé une œuvre inédite autour des matières premières qui composent les parfums Guerlain. Deux films en réalité virtuelle sur le jasmin en Inde et le miel à Ouessant ont ajouté une nouvelle dimension à cette exposition. En 2017, l’exposition Les femmes vues par les femmes révèle les œuvres de 15 artistes de Gisèle Freund à Alice Springs en passant par Irina Ionesco, Sarah Moon ou Dominique Isserman. Le regard acéré et inspiré de Valérie Belin est le pendant moderne de cet aréopage puissant, avec « Liberty » une œuvre photographique réalisée pour l’occasion.

FUTURS ANTÉRIEURS La naissance de Guerlain et celle de la photographie sont quasi contemporaines. 190 ans d’histoire, d’inventions et d’évolutions sans jamais cesser d’être moderne. Pour célébrer cet anniversaire (1828-2018), Guerlain a demandé à huit artistes de représenter les moments charnières de son histoire en utilisant des techniques d’images synchroniques. Tirage au collodion de Jean-Baptiste Senegas pour l’Eau de Cologne Impériale, tirages peints à la main de Vasantha Yogananthan pour Shalimar, collage de Delphine Diallo pour Samsara. Le photographe et historien catalan Joan Fontcuberta raconte une histoire de rencontre entre Guerlain, Champollion et Daguerre. Si Guerlain s’engage dans la création contemporaine, la Maison s’intéresse à toutes les formes d’expressions artistiques. Depuis 2014, Guerlain organise un concours de nouvelles qui s’inscrit dans la collection Les Abeilles de Guerlain au Cherche-Midi éditeur. Après la Mémoire Olfactive en 2015 et les Couleurs en 2016, 350 auteurs en herbe se sont penchés sur le thème du Toucher en 2017. L’édition 2018 du prix « Les Abeilles de Guerlain » fait voyager les lecteurs avec le thème « Voyages de Parfums ». En 2017 et 2018, Guerlain est partenaire du Grand Prix des lectrices de Elle, dont le jury est composé de 120 lectrices et qui récompense trois ouvrages : un roman, un polar et un essai. Depuis 2006, Guerlain crée l’évènement en proposant une exposition dédiée à l’avant-garde de l’art contemporain aux côtés de la FIAC, dans le cadre de son Parcours Privé. Diversité des registres, mélange des supports, thématiques polysémiques ; les dix premières expositions ont connu un franc succès public et médiatique, à travers une programmation à la reconnaissance croissante. Avec les expositions Insolence, Miroir, mon beau miroir, Le renouveau du temps, Mécaniques amoureuses, Bee natural, Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, Présomption d’insouciance, Kaleidoscopic India, Genre idéal ?, Belle Ville et Et Dieu créa la Femme, la Maison Guerlain a su promouvoir les plus grands noms de la scène artistique contemporaine mais aussi des artistes émergents.

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EXPOSITIONS GUERLAIN COMME CHAQUE ANNÉE, LA MAISON GUERLAIN CRÉE L’ÉVÉNEMENT EN PROPOSANT UNE EXPOSITION DÉDIÉE À L’AVANT-GARDE DE L’ART CONTEMPORAIN. ASSOCIÉ AU PARCOURS PRIVÉ DE LA FIAC, CE RENDEZ-VOUS S’INSCRIT DANS LA LONGUE TRADITION DE COLLABORATION AVEC LES ARTISTES QUE LA MAISON A INITIÉE DÈS 1828. DIVERSITÉ DES REGISTRES, MÉLANGE DES SUPPORTS, THÉMATIQUES POLYSÉMIQUES, LES ONZE PREMIÈRES EXPOSITIONS ONT CONNU UN FRANC SUCCÈS PUBLIC ET MÉDIATIQUE, PAR UNE PROGRAMMATION À LA RECONNAISSANCE CROISSANTE.

INSOLENCE - 2006

En 2006, lors du lever de rideau sur sa première exposition, la Maison Guerlain réunit huit artistes de notoriété internationale parmi lesquels Gadha Amer, Sylvie Fleury, Sharyar Nashat, Tony Oursler, Terry ­Richardson, Laurent Ajina, Myriam Mechita et Jeanne Susplugas. Les œuvres présentées interrogent alors l’Insolence dans l’art contemporain et font écho à l’attitude audacieuse de la Maison Guerlain. Quel que soit leur registre d’interprétation de l’Insolence, les artistes embrassent avec humour, fougue, outrance, désinvolture ou sérieux la démarche artistique de leur hôte à travers une diversité de supports : vidéo, installation, photographie, peinture. MIROIR, MON BEAU MIROIR - 2007

Lors du vernissage de la deuxième édition, invités et artistes se confrontent aux œuvres dans un lieu qui se découvre, pour l’occasion, au-delà de son patrimoine architectural. En témoignent les interventions de Jean-Michel Frank ou Diego Giacometti. Pour « Miroir, mon beau Miroir », les artistes explorent le mythe de Narcisse, incitent le visiteur à traverser le miroir et exploitent registre onirique, réflexions introspectives et dualité du reflet. L’édition 2007 a réuni des pièces de Marie Amar, Patty Chang, Leandro Erlich, Flavio Favelli, Marlene Haring, Jon Kessler, Philippe Mayaux, John Miller, Patricia Parinejad, Annelies Strba et Kimiko Yoshida. 30

LE RENOUVEAU DU TEMPS - 2008

La troisième édition se veut plus spirituelle, elle interroge le temps et les réflexions qu’il insinue. Le “Renouveau du temps” est le titre donné à cette exposition qui met en scène des pièces inscrites dans une gamme de tons allant de la légèreté à la métaphysique. Le temps justement ne fait qu’intensifier l’enthousiasme des visiteurs de l’exposition qui accueille, pour sa troisième édition, des artistes tels que Louise Bourgeois, Jeff Koons, Laurent Grasso, Gianni Motti, Claude Closky, Joe Scanlan, Bernard Frize ou encore Olivier Babin. En 2008, l’initiative audacieuse de 2006 s’est muée en rendez-vous incontournable. MÉCANIQUES AMOUREUSES - 2009

Le titre de l’exposition, « Mécaniques Amoureuses », donne le ton de cette quatrième édition qui plonge le visiteur au cœur de la thématique universelle de l’amour et de ses méandres. Les artistes explorent avec audace, originalité et sensualité les multiples facettes de ce sentiment, amour passion, amour partage, amour dévastateur... Au détour d’un éventail complet de la création contemporaine, de sculptures, photographies, vidéos, dessins et installations, Annette Messager, Sophie Calle, Wang Du, Martin Parr et Rebecca Horn, Pascal Haudressy, Zoulikha Bouabdellah ou encore Davide Bertocchi illustrent la complexité des rapports humains et nous renvoient à nos propres incertitudes. BEE NATURAL - 2010

En 2010, l’exposition relève le défi de s’inscrire dans une dualité temporelle : renouer avec les origines graphiques de Guerlain (le fameux flacon abeille) et mettre en lumière des enjeux environnementaux contemporains. Jan Fabre et son monumental Beekeeper, Thomas Monin, José-Maria Sicilia, Meret Oppenheim ou encore Nobuyoshi Araki ont essaimé leur talent pour rendre hommage à l’insecte qui symbolise la reproduction et la vie. QU’IMPORTE LE FLACON, POURVU QU’ON AIT L’IVRESSE - 2011

Pour la sixième édition, la Maison Guerlain propose une vision contemporaine du chemin qui mène vers l’ivresse. L’exposition se fait l’écho artistique du travail


FUTURS ANTÉRIEURS d’alchimiste perpétué par Guerlain depuis l’époque de Musset. Autour de l’ivresse, thème romantique, traité ici tant dans sa dimension poétique que mécanique, les œuvres de Dario Escobar, Allora & Calzadilla, Carsten Höller, Gilbert & George, Bruno Perramant, Malick Sidibé, Erik Van Lieshout, Philippe Ramette, Daniel Firman, El Anatsui, Nicolas Giraud, Sandra Vasquez de la Horra, Gonzalo Lebrija ou encore de Xavier Veilhan, ont pu se rencontrer pour le plus grand plaisir des visiteurs. PRÉSOMPTION D’INSOUCIANCE - 2013

À travers cette septième exposition, le thème de l’insouciance, source d’inspiration de nombreux artistes, est mis à l’honneur. Mais attention aux apparences, car derrière l’apparente légèreté du sujet proposé, l’insouciance ne serait pas sans danger... Parmi les artistes exposés, Michel Blazy, Jean-Michel Othoniel, Françoise Pétrovitch, Pierre et Gilles, Philippe Ramette, Joana Vasconcelos, ou encore Massimo Vitali, ont ainsi apporté leur part d’insouciance avant la fermeture de la Maison Guerlain qui renaîtra magnifiée en 2013. KALEIDOSCOPIC INDIA - 2014

Pour cette huitième édition, Caroline Messensee proposait, à travers sa sélection, d’explorer les multiples facettes de l’Inde. Source fertile de force et d’inspiration pour l’Occident, l’Inde vit une réalité multiple. C’est en ce sens que l’exposition a proposé de r­éconcilier les termes apparemment opposés de la permanence et du changement, de l’identité et de la différence. Une réalité colorée et polymorphe retranscrite à travers une programmation inédite d’artistes, tels Atul Dodiya, Jitish Kallat, Shilpa Gupta, Sudarshan Shetty, Bhuri Bai, Rina Banerjee, Shine Shivan, Mithu Sen, Bharti Kher, ou encore Nalini Malani. GENRE IDÉAL ? - 2015

« Genre Idéal ? » a proposé une sélection d’œuvres qui explore cette notion complexe à travers une approche tantôt symbolique, poétique, ou plus introspective. L’édition 2015 a réuni des pièces de Vanessa Beecroft, Jean Cocteau, David Lachapelle, Christopher Makos, Javier Perez, Pierre et Gilles, Bettina Rheims, Elsa Sahal, Claire Tabouret, Joana Vasconcelos, Ellen Von Unwerth ou encore Li Yongbin. BELLE VILLE - 2016

Pour La dixième édition, l’art urbain a envahi les murs du 68 avenue des Champs Elysées. Guerlain et le street-art, deux univers qui, au premier regard, ne sont pas forcément faits pour se rencontrer... Et pourtant. S’il n’y avait qu’un dénominateur commun entre l’univers de Guerlain et celui de l’art urbain, il s’agirait de la notion de ré-enchantement du quotidien. Tandis que l’artiste ré-enchante la ville à sa façon, la maison Guerlain n’a eu de cesse de vouloir révéler la beauté de chacun. Afin d’exposer l’art urbain à travers sa mutation dans la société, Guerlain a ouvert ses portes à des artistes tels que Bansky, Blek le rat, Futura, Gris1, Jef Aérosol, JonOne, Keith Haring, Ludo, Meteor, Nasty, Seth, Space Invader, Swoon ou encore Zevs. ET DIEU CRÉA LA FEMME - 2017

Avec un titre hautement évocateur emprunté au célèbre film de Roger Vadim, la Maison Guerlain a souhaité rendre hommage à la force créatrice et artistique féminine. Le parcours de cette onzième édition a réuni une vingtaine d’œuvres de femmes cosmopolites qui avaient en commun la nécessité de témoigner de leur identité, de leur place dans une société, au-delà des stéréotypes et des archétypes. 24 œuvres majeures – signées Dominique Issermann, Bettina Rheims, Sarah Moon, Alice Springs entre autres – ont été exposées aux côtés de « Liberty », œuvre photographique réalisée pour l’occasion par l’artiste contemporaine Valérie Belin.

À travers la neuvième édition, Guerlain a choisi d’explorer la notion de genre. Thématique plus que jamais contemporaine, notre société livre un foisonnement de symboles, de figures culturelles, qui repose incessamment la question du Genre. Conceptions plurielles, réalités multiples ? Ne parvenant pas à faire tomber les règles du (des) genre(s), l’exposition 31


Catalogue édité à l’occasion de l’exposition

FUTURS ANTÉRIEURS 18 octobre – 9 novembre 2018 Maison Guerlain 68 avenue des Champs-Elysées 75008 Paris www.guerlain.com La Maison Guerlain remercie chaleureusement l’ensemble des artistes et des prêteurs de l’exposition : Jean-Michel Alberola, Arotin & Serghei, Alexandra Baumgartner, Mladen Bizumic, Christian Boltanski, Charlotte Charbonnel, Stephan Crasneanscki, Morgane Denzler, Jan Fabre, David Guez, Fabrice Hyber, Mehdi Medacci, Jürgen Messensee, Albertine Meunier, Claire Morgan, Payram, Anne et Patrick Poirier, Emmanuel Tussore ; la galerie Bendana Pinel, la galerie Backslash, Ludovic Ferrière, Florence & Daniel Guerlain, la galerie Karsten Greve, la galerie Maubert, la galerie Nathalie Obadia, la galerie Odile Ouizeman, la galerie Templon, le Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes. Visuel de couverture : Charlotte Charbonnel, Petit colosse (gris de payne) n°4, 2015, limaille de fer, peinture magnétique et résine, 14 x 21 x 15 cm, Courtesy de l’artiste & Backslash Crédits photos Photo de couverture : © Art Digital Studio. P.II : © Archive Arotin & Serghei. P.2 : © L. Ferrière. P.3 : © Marc Domage. P.4 : © E. Tussore. P.5 : © Clotilde Le Guay. P.6 : © Nathan Murell. P.7 : © Morgane Denzler. © E. Tussore. P.9 : © B.Huet/ Tutti. P.10 : © Archive Arotin & Serghei. P.11 : © Alexandra Baumgartner. P.12 : © Zarko Vijatovic. P.13 : Collection Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes. P.14 : © Art Digital Studio. P.15 : © Stephan Crasneanscki. P.16 : © Morgane Denzler. P.17 : Photo Pat Verbrueggen. © Angelos bvba. P.18 : © David Guez. P.19 : © Marc Domage. P.20 : © Mehdi Meddaci. P.21 : © Manuel Carreon Lopez. P.22 : © Albertine Meunier. P.23 : © Claire Morgan. Photo : Galerie Karsten Greve. P.24 : © Payram. P.25 : © Art Digital Studio. P.26 : © E. Tussore. P.27 : © L. Ferrière. P.III : © Zarko Vijatovic.

Création, édition : Agence Communic’Art 23 rue du Renard – 75004 Paris Tél. : +33 1 43 20 10 49 www.communicart.fr Directeur de la création : François Blanc Design : Georges Baur Coordination : Pascale Guerre Imprimé par Dynaprint, en France


MLADEN BIZUMIC

KODAK (Made in France) 1961-2014

Kodak 6,25 mm tape sound recording packaging 62 x 42 x 4 cm Collection : MUMOK Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig, Vienna


LA MAISON GUERLAIN PRÉSENTE SA 12E EXPOSITION D’ART CONTEMPORAIN DANS LE CADRE DU PARCOURS PRIVÉ DE LA FIAC