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03/2021 Un appel pressant Page 10 Trois anges déchaînés Page 20 La boîte à lunch Page 31

Réveil :

Redécouvrir le message des trois anges


10 Un appel pressant Robert H. Pierson

12 Les dangers qui menacent l’Église

14 Séparés du monde

James L. McElhany

Charles H. Watson

17 Perspective mondiale L’appel final de Dieu à un monde en perdition Ted. N. C. Wilson Pleins feux sur le message des trois anges 20 Trois anges déchaînés Andrew McChesney 21 « C’est le cœur même de notre identité » 22 Dieu a dirigé chaque étape de l’élaboration du programme 24 Se réclamer de l’ADN adventiste 25 Ressources du projet Three Angels 27 La NAD amène le message des trois anges dans les écoles 28 « Je vais vous raconter… » Que s’est-il passé à Las Vegas ? 30 Place aux jeunes Deux par deux Carolina Ramos 31 Méditation La boîte à lunch Dixil Rodríguez

Couverture et page 20 : « Three Angels » de Nathan Greene, ©1999. Tous droits réservés. Avec permission. www.nathangreene.com baibaz / iStock / Getty Images Plus / Getty Images Delpixart / iStock / Getty Images Plus / Getty Images robertsre / iStock / Getty Images Plus / Getty Images

Quand le feu tombe BILL KNOTT

J

e n’avais que 15 ans lorsqu’une campagne de réveil a embrasé mon école. Et je bénis encore le Seigneur pour ceux qui m’ont apporté la grâce de Dieu. Dans les années 1970, comme des milliers d’étudiants fréquentant des écoles adventistes nord-américaines, je me suis retrouvé irrésistiblement entraîné dans la remarquable campagne de réveil qui a balayé les campus des universités et des écoles secondaires administrées par l’Église. Réveillé par la prédication de la justification par la foi, chaque campus en allumait un autre alors que des groupes d’envoyés rassemblés à la hâte se déplaçaient d’un endroit à l’autre, dispersant des charbons ardents de réveil tout au long du chemin. Des groupes de prière ont spontanément vu le jour ; des études bibliques ont été lancées en plein milieu de semaine. Le témoignage a remplacé notre préoccupation habituelle pour les sports et les rendez-vous galants. Nous nous sentions tenus par quelque chose de plus grand que nous – par un mouvement de marée de l’Esprit qui a changé nos histoires, réorienté nos carrières, et nous a donné constamment soif de telles campagnes. Mais l’Évangile de l’amour et de la grâce de Dieu nous parvient toujours par l’intermédiaire d’autres êtres humains – par des hommes et des femmes qui font plus qu’un simple « raid éclair » sur des faits relatifs au salut. Ils marchent avec nous ; ils nous racontent des histoires. Ils ouvrent leur vie imparfaite pour nous montrer à quel point la bonne nouvelle les transforment, et nous enseignent comment prier au-delà de nos formules éculées. Nous voyons en eux les chrétiens que nous aspirons encore à être, et nous trouvons en eux l’espérance que « celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Ph 1.6). Ma reconnaissance – des années plus tard – s’adresse toujours à des noms et à des visages précis – à Tony, Cliff et Linda ; à Bruce ; à Bob ; à Jim. Leur joie profonde en Jésus – leur passion pour sa Parole, leurs riches louanges envers lui – ont enflammé mon âme. Et comme les millions de personnes que l’Esprit a renouvelées, je me suis soudain demandé si j’avais vraiment vécu jusque-là, si ce que je considérais comme ma vie n’avait été qu’une préquelle. Ceux qui goûtent à la Pentecôte ne retourneront pas volontiers au même train-train et à la grisaille. Le réveil, c’est la grâce de Dieu pour nous – pour nous, l’Église, les gens souillés et fatigués qui suivent Jésus sur le chemin. Elle brûle toujours en collectif, car les bougies individuelles durent rarement. Nous avons besoin de l’Évangile qui nous montre un amour que nous n’avons pas connu – un amour révélé à travers ceux qui marchent à nos côtés, qui prient avec nous, qui nous encouragent. La grâce qui vient du ciel a une riche portée horizontale, et nous apprenons des autres chrétiens de nombreuses vertus que nous ne pourrions obtenir autrement. Par conséquent, lorsque vous priez, priez pour votre Église ainsi que pour vous-même. Priez pour ceux dont la foi vous guidera – et pour ceux que vous guiderez. Priez Dieu de vous accorder la riche humilité qui accompagne toujours un réveil authentique, et de vous rendre disposé à le servir. Quand le feu tombera, il tombera sur l’Église de Dieu qui attend, patiente, et aime. Concentrez-vous sur ce jour. Et restez dans la grâce.

Nous croyons en la puissance de la prière ! À Adventist World, nous nous réunissons tous les mercredis matin pour le culte hebdomadaire, au cours duquel nous prions pour les requêtes de prière qui nous ont été envoyées. Faites-nous parvenir les vôtres à prayer@adventistworld.org, et priez pour nous tandis qu’ensemble, nous travaillons à l’avancement du royaume de Dieu.

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Mars 2021 AdventistWorld.org


Sur le vif

Cette photo historique date de 2005, année où la revue Adventist World a commencé à être publiée. Prise à Marimanti, dans l’est du Kenya, elle illustre l’importance de cette revue pour l’évangélisation. L’effort d’évangélisation mené par Blasious Ruguri – l’actuel président de la division Afrique centre-est – et par le pasteur de l’église locale, a fait passer la congrégation de 40 à plus de 400 membres. Photo : Blasious Ruguri

AdventistWorld.org Mars 2021

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En bref

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Mars 2021 AdventistWorld.org

Être clairement adventiste (4 %)

Se focaliser sur la communauté (5 %)

Aucune réponse/ne sais pas (9 %)

Montrer l’amour de Dieu (10 %)

Dispenser une instruction centrée sur Christ (16 %)

Partager la bonne nouvelle (19 %)

Se focaliser sur l’éternité (20 %)

Enseigner à servir (20 %)

Le nombre de mètres carrés récemment achevés après une période de construction de 17 mois pour agrandir la garderie de la congrégation adventiste de Fürth, en Bavière, (Allemagne), et pouvant accueillir jusqu’à 60 enfants répartis en trois groupes. Le centre communautaire adjacent à l’église comprend une nouvelle cuisine, des salles d’activités, et une salle à manger baignée de lumière avec vue sur le jardin, dans laquelle les enfants dégustent des repas sains et fraîchement préparés.

Nom du programme d’aide lancé par de jeunes adultes de l’église adventiste Vértice, à Monterrey, au Mexique, pour promouvoir les valeurs chrétiennes chez les enfants, renforcer les familles, et encourager les changements nécessaires en vue d’un mode de vie sain. Padrino, un nom espagnol, signifie « parrain », c’est-à-dire une personne qui s’intéresse activement au bien-être d’une autre personne. Ce programme consistait à partager de la nourriture, à procurer des fournitures scolaires à 60 enfants, à forger des liens d’amitié avec la communauté, et à offrir des réunions bimensuelles axées sur les relations familiales équilibrées.

Source : Sondage auprès des professeurs de la NAD, mené par le Centre de recherche sur la spiritualité scripturaire et la société, de l’Institut d’enseignement supérieur et universitaire d’Avondale, ASTR, n = 1,095

Préparer pour ce monde (21 %)

940

Padrinos

Lors du Congrès des enseignants de la Division nord-américaine qui s’est tenu en 2018 à Chicago, les professeurs ont participé à un sondage commandé par la Conférence générale. Voici leurs réponses concernant la mission des écoles adventistes. Les professeurs pouvaient choisir plus d’une réponse.

Instruire (26 %)

– Rachel Mall, directrice du YMCA du Kenosha/Frank Neighborhood Project, après avoir reçu un chèque de 1 500 dollars américains du Réseau du sud-est du Wisconsin (WISEN) des églises adventistes de Kenosha, de Racine, et de Raymond, au Wisconsin (États-Unis). Ces églises avaient décidé de soutenir trois initiatives communautaires locales.

Une mentalité missionnaire

Amener les étudiants à Jésus (34 %)

« Ce [don] est une immense bénédiction. Tout le monde a des difficultés financières. Par conséquent, cet argent nous aidera à poursuivre le programme. »


En bref

Engourdissement psychique Une expression faisant référence à l’indifférence que les individus ont tendance à ressentir lorsqu’ils sont confrontés à une calamité écrasante. Carlos Fayard, professeur adjoint de l’Université de Loma Linda et directeur du Département de psychiatrie de cette université, observe : « Nous avons tendance à nous “déconnecter” émotionnellement, par exemple, quand nous observons des personnes dans des unités de soins intensifs, ou que nous voyons des tas de cercueils prêts à être enterrés. »

« On ne parle pas d’information, mais de transformation. On ne parle pas d’un sujet, mais d’un engagement, d’une détermination, d’une décision. C’est un mode de vie, une vie centrée sur la prière. » – Saw Samuel, président de la Division Asie-Pacifique Sud, s’adressant aux 1 083 jeunes adultes inscrits au Congrès virtuel « Je prierai », lequel avait pour thème la prière.

« L’école est un puissant facteur d’évangélisation. Parce que l’éducation et la rédemption sont une seule et même chose. » – Charles Assandé, directeur de l’éducation de l’Église adventiste en Côte d’Ivoire, commentant l’oeuvre de Maranatha Volunteers International dans la construction d’églises et d’écoles dans le pays.

830

Le nombre de familles du Negros Occidental, une province dans le centre des Philippines, et du Lanao du Nord, une province dans le sud des Philippines, qui ont reçu de l’aide en espèces de l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA), après que des pluies torrentielles aient frappé le centre et le sud du pays, provoquant de graves inondations, lesquelles ont affecté près de 95 000 personnes.

500 000 Le nombre de masques faciaux donnés par l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA) à l’Université La Sierra à Riverside, en Californie, aux États-Unis. Grâce à ces masques, cet établissement adventiste contribuera à prévenir la propagation de la COVID-19 au sein de sa communauté. Au cours des 20 premiers jours de janvier 2021, le comté de Riverside a confirmé à lui seul plus de 228 000 cas positifs et 2 300 décès. La distribution des masques sera coordonnée par l’École de commerce La Sierra et les étudiants du programme Enactus. Photo : Darla Martin Tucker, Relations publiques de l’Université La Sierra AdventistWorld.org Mars 2021

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Actualités

La session de la Conférence générale est reportée pour une seconde fois

Cet événement quinquennal est maintenant prévu du 6 au 11 juin 2022

ANN et Adventist World

En raison des défis que posent la pandémie de COVID-19, les membres du comité exécutif de l’Église adventiste mondiale ont voté pour la seconde fois en 10 mois le report de la session quinquennale de la confession, initialement prévue pour la fin juin 2020. Le 12 janvier 2021, les membres du Comité exécutif (EXCO) du monde entier ont assisté à la session virtuelle Zoom, lors de laquelle ils ont écouté les rapports des administrateurs de l’Église mondiale, des dirigeants du Département de la santé, des coordinateurs de la logistique, et des conseillers juridiques. Les dirigeants ont discuté de la possibilité de respecter les dates prévues pour la session administrative, soit du 20 au 25 mai 2021, à Indianapolis, en Indiana, aux États-Unis, lesquelles avaient été préalablement approuvées par le même comité. La persistance de la pandémie mortelle de COVID-19 et son impact durable sur la santé publique, les voyages, et la disponibilité des visas internationaux ont persuadé l’Église mondiale de reporter la session en 2022, du 6 au11 juin, toujours à Indianapolis. Le plan voté par les dirigeants de l’Église et les laïcs reporte maintenant la date de la session administrative quinquennale de l’Église de près de deux ans par rapport à la date prévue au départ, tel que le permet la

constitution de l’Église adventiste. C’est Ted N. C. Wilson, président de la Conférence générale (GC), qui a présidé le comité. Il a commencé la réunion de deux heures en brossant un tableau du processus de collecte de données et des discussions qui ont abouti aux recommandations données aux instances de l’Église. Ted Wilson : « Une équipe d’ouvriers ont travaillé avec diligence. Nous avons soigneusement examiné la situation, en particulier avec les responsables de la gestion et de la planification des sessions. » Il a ajouté que les recommandations proviennent d’une approche consensuelle de divers groupes, dont les dirigeants des divisions de l’Église mondiale, les professionnels de la santé, Adventist Risk Management, le Bureau interne du conseiller juridique, et d’autres dirigeants de l’Église adventiste. « Cette recommandation ne vient pas directement des trois hauts responsables de la GC, a-t-il précisé, mais plutôt d’une pléthore d’informations et de conseillers. » LES DÉFIS ACTUELS

Ted Wilson a présenté ceux qui allaient fournir le contexte des défis actuels et futurs posés par la pandémie en cours. Peter Landless, directeur du Ministère de la santé de l’Église

Les délégués utilisent leur carte de vote pendant l’une des séances administratives, lors de la session de la Conférence générale de 2015 qui s’est tenue à San Antonio, au Texas (États-Unis). Photo : Seth Shaffer 6

Mars 2021 AdventistWorld.org

adventiste mondiale, a partagé les statistiques actuelles de la COVID19 et les préoccupations liées à la poursuite d’un rassemblement aussi imposant. Étant donné l’augmentation du nombre d’infections, ainsi que l’apparition d’une nouvelle souche plus infectieuse et agressive encore, Peter Landless a déclaré que le Département du Ministère de la santé devait recommander de retarder la session de la GC. Peter Landless : « Nous avons consulté des experts internationaux, et pris en compte les différents besoins et préoccupations. Étant donné la période difficile que nous traversons, le Département du Ministère de la santé estime qu’il est prudent et réaliste de reporter la session de la GC en 2022. Cependant, c’est avec le cœur lourd qu’on fait cette recommandation. En effet, il semble bien qu’il n’y ait pas d’alternative. » Sheri Clemmer, planificatrice des sessions de la GC, a décrit certains des défis actuels que pose une grande réunion des délégués du monde entier. Elle a mentionné les difficultés liées aux visas de visiteurs ainsi que les exigences de quarantaine, en particulier pour ceux qui utilisent les transports publics et les plateformes aériennes de transit. G. T. Ng, secrétaire exécutif de l’Église adventiste mondiale, a expliqué que la constitution de la Conférence générale ne permet pas actuellement la participation électronique à une session de la Conférence générale. Suite aux présentations et aux discussions, la recommandation de déplacer les dates de la Conférence générale à juin 2022 a été soumise au vote, lequel s’est fait par voie électronique. La motion a été adoptée par un vote de 185 voix contre 9.


Actualités

Deux ministères adventistes américains établissent un partenariat pour aider Cuba

Cette initiative conjointe vise à remédier aux pénuries dues au prolongement du confinement

Kathleen Morrissy, Lake Union Herald

Pour lutter contre la propagation du coronavirus, Cuba a dû fermer ses aéroports et ses frontières. Les conséquences se sont faites immédiatement sentir : le tourisme a chuté – une source importante de monnaie forte – ce qui a entraîné une importante pénurie alimentaire. Membre de l’Église adventiste et fondatrice du ministère FARM STEW, Joy Kauffman a vu dans cette situation l’occasion d’étendre ce ministère en établissant un partenariat avec Care for Cuba – un ministère domicilié à l’Université Andrews, à Berrien Springs, au Michigan (États-Unis). Elle a expliqué que l’augmentation de la disponibilité alimentaire est l’un des principaux objectifs de FARM STEW. Joy Kauffman : « Avec certains Cubains qui souffrent de la faim chaque jour, et des résidents qui ne sont pas qualifiés ou équipés pour cultiver leurs aliments, il était tout à fait naturel que nous intervenions. Le partage de l’abondance de la vie partout dans le monde constitue le fondement même de notre ministère, lequel vise à améliorer la santé et le bien-être des familles pauvres et des personnes vulnérables. » Comme le gouvernement cubain encourage ses citoyens à faire des jardins, FARM STEW a fait don de 200 manuels et de 200 clés USB avec le programme d’études de FARM STEW. Les ouvriers de la Bible disposent ainsi des outils nécessaires pour s’attaquer aux causes profondes de la faim, de la maladie, et de la pauvreté. Jusqu’ici, FARM STEW a réussi à démarrer la formation dans 18 églises adventistes, œuvrant auprès d’un total de 150 familles engagées, et distribuant 14 variétés de semences de légumes à chaque famille.

Care for Cuba et FARM STEW ont établi un partenariat pour aider les gens démunis à Cuba. Photo : Kathleen Morrissy, Lake Union Herald

CARE FOR CUBA

Depuis 1998, Joy Kauffman fait équipe avec Care for Cuba – un ministère bien établi qui fournit aux pasteurs et aux ouvriers laïcs de Cuba des formations et du matériel. Depuis 2013, Fernando Ortiz, directeur du programme de maîtrise en théologie de l’Université Andrews et fondateur de Care for Cuba, organise chaque année un voyage d’étude à Cuba. Cette initiative permet aux étudiants du séminaire de s’impliquer dans l’évangélisation personnelle et publique. En raison de la pandémie, les étudiants n’ont malheureusement pas pu faire ce voyage au printemps 2020. Finalement, ils ont trouvé un moyen d’aider malgré tout. Un conteneur chargé de fournitures a été expédié à Cuba en décembre 2020. À Cuba, les pasteurs, les ouvriers bibliques et les gens en général manquent parfois de nombreuses ressources considérées comme allant de soi dans d’autres parties du monde, notamment une grande variété de ressources pastorales. Cuba compte 170 pasteurs et 220 ouvriers bibliques, mais peu d’entre eux ont une voiture. Les ouvriers bibliques doivent souvent parcourir une certaine distance pour se rendre d’une

famille à l’autre. « Avec une bicyclette, on peut couvrir trois ou quatre fois plus de terrain, donner trois fois plus d’études bibliques et avoir trois fois plus de baptêmes », a expliqué Fernando Ortiz. Un vélo peut faire une grande différence ! Du coup, les responsables de l’Église ont été heureux de recevoir 100 vélos pour les ouvriers bibliques – un don provenant de différentes sources de la communauté de Berrien Springs. L’ESPÉRANCE EN ABONDANCE

En plus du programme d’enseignement agricole, FARM STEW a fait don de 2 000 kits d’hygiène féminine que des bénévoles ont chargés dans les conteneurs. Fernando Ortiz a expliqué que ces kits fournissent des articles qu’on ne peut tout simplement pas se procurer à Cuba. Cuba a également reçu du soutien de la part de l’église adventiste Village de Berrien Springs, de l’église adventiste de Stevensville, et de la communauté environnante. « Je ne sais pas si nous aurons de la place [dans les conteneurs], mais le Seigneur fera en sorte que ça marche. C’est un heureux problème », a conclu Fernando Ortiz.

AdventistWorld.org Mars 2021

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Coup d’œil sur… la Division Pacifique Sud (SPD)

601,003 Effectif de la Division Pacifique Sud (SPD) au 30 septembre 2020

« Je vous pardonne. » Déclaration de Richard Lillywhite, 81 ans, un adventiste assistant à la Tikipunga Adventist Fellowship à Whangarei, en Nouvelle-Zélande. Lors d’une conférence sur la justice réparatrice, il a été confronté aux trois jeunes intrus qui ont cambriolé et saccagé sa demeure pendant qu’il dormait. Outre leurs excuses sincères, ces trois jeunes lui ont préparé un gâteau, ont enlevé la mousse du sentier séparant le jardin de la maison, et lui ont offert un koha – un cadeau traditionnel en argent. Richard Lillywhite a retiré sa plainte, de sorte que leur casier judiciaire a été effacé.

« Il n’y a rien de tel que de voir les gens avec qui on a étudié venir au Seigneur et accepter la vérité. Nous avons établi des relations étonnantes avec les gens d’ici ; nous avons été acceptés par la communauté autochtone. Et nous attendons toujours avec impatience les camps [adventistes]. » – Michelle Tanner, une ouvrière biblique de Tennant Creek, dans le Territoire du Nord, en Australie. Michelle, Martin, son mari, et Marian Jones, une représentante évangélique, se sont rendus en septembre 2020 chez la communauté aborigène isolée de Willowra, située à environ 450 kilomètres de distance. Ils y sont allés pour se faire des amis, étudier la Bible avec les intéressés, et aider les jeunes à s’inscrire au Mamarapha College – un institut adventiste d’enseignement supérieur au service des communautés aborigènes.

#weRtheCHURCH Initiative des médias adventistes pour atteindre les membres de la SPD pendant la pandémie. L’émission du 20 novembre s’est focalisée sur des histoires édifiantes concernant la puissance de l’éducation adventiste pour façonner la vie des jeunes. Ont participé à cette émission Glenn Townend, président de la SPD, Narko Tutuo, un anesthésiste de Sydney, et Renée Vaovasa, une étudiante en théologie et en pastorale à l’Université d’Avondale.

100 Nombre de paniers de Noël distribués aux familles démunies et aux foyers monoparentaux à Macquarie Fields, une banlieue de Sydney, en Australie. Cette initiative a été soutenue par l’Hôpital adventiste de Sydney, ADRA Australie, les églises adventistes locales, et les clubs des Explorateurs.

« La transformation de la vie passe par la lecture régulière des Écritures. Si des gens ont donné leur vie pour que nous jouissions de ce privilège, alors nous pouvons sûrement faire de la lecture biblique une habitude quotidienne cette année. » – Glenn Townend, président de la Division Pacifique Sud, soulignant la volonté de William Tyndale, un réformateur et traducteur de la Bible au 16e siècle, de sacrifier sa vie pour que les Anglais puissent lire la Parole de Dieu dans leur propre langue.

Photo : Adventist Record 8

Mars 2021 AdventistWorld.org


Point de vue

Bettina Krause, Département des Affaires publiques et de la liberté religieuse de la GC

Photo : photovst / iStock / Getty Images Plus / Getty Images

Jésus 2020 : la construction d’une nation pour Dieu ? Quelle est la position de l’Église adventiste sur le nationalisme chrétien ? Le 6 janvier 2021, le monde a été témoin de nombreuses images choquantes alors que des émeutiers pénétraient de force dans le Capitole américain. En ce qui me concerne, une des images les plus troublantes a été la suivante : un grand drapeau déployé à l’extérieur du Capitole. Conçu pour ressembler à une bannière de propagande politique, ce drapeau suggère que le chaos au Capitole avait l’approbation d’une source invraisemblable. On y lisait « Jésus 2020 ». De l’autre côté du spectre, certains martèlent que si une partie des émeutiers ont évoqué des symboles ou des sentiments chrétiens, leurs actions, elles, ne ressemblaient en rien au vrai christianisme. Pour cette raison, disent-ils, toute tentative de dépeindre le christianisme en tant que puissance de motivation dans l’événement est soit malavisée, soit malveillante. Alors, comment les gens de foi – comment les adventistes – peuventils commencer à démêler ces revendications concurrentes ? LE NATIONALISME CHRÉTIEN

Le nationalisme chrétien est une tentative de lier étroitement le christianisme à l’identité nationale – l’idée que

pour être un vrai patriote, on doit aussi être un chrétien. Certains individus croient que des forces hostiles assaillent une nation autrefois chrétienne, et que du coup, les chrétiens sont appelés à combattre ces forces pour regagner le terrain perdu pour leur foi. Il n’y a rien d’étonnant alors à ce que l’idéologie du nationalisme chrétien ait en trame d’horribles fils de haine : l’antisémitisme, le racisme, et une hostilité parfois violente envers toute minorité ethnique ou religieuse que l’on perçoit comme étant en décalage avec la forme dominante du christianisme. ET LES ADVENTISTES LÀ-DEDANS ?

L’Église adventiste est on ne peut plus claire sur la façon dont elle considère le nationalisme chrétien : cette idéologie est antithétique à notre théologie et à nos croyances, et étrangère à nos valeurs les plus profondes. Une idée clé, c’est que l’Église, ses différentes institutions et ses représentants ne s’aligneront jamais sur un parti politique ou sur une idéologie politique. Voici un autre principe : en tant que confession chrétienne, nous ne chercherons pas à obtenir des faveurs politiques, et nous n’utiliserons pas « notre influence auprès des dirigeants politiques et civils pour privilégier notre foi ou inhiber la foi des autres »1. Oui, au niveau individuel, les membres de l’Église sont encouragés, là où c’est possible, à participer avec sagesse et dans un esprit de prière à la vie civique en exerçant leur droit de vote, ou en prenant part au dialogue public,

ou même en occupant une fonction publique2. Cependant, dans toutes ces choses, le membre d’église agit et parle exclusivement en son nom. Il arrive que l’Église adventiste prenne position sur une politique spécifique qui soit conforme à nos valeurs, et qu’elle parle de ces idées de façon publique. La liberté religieuse est un domaine dans lequel l’Église prend constamment des positions publiques. Nous nous efforçons de défendre le droit de chacun d’obéir à la voix de sa conscience, qu’il ait des croyances religieuses ou pas. Cependant, la contribution au discours public sur des questions spécifiques est profondément contraire aux grandes ambitions du nationalisme chrétien. En résumé, les adventistes ne doivent pas chercher à exploiter le pouvoir politique pour créer un espace public qui soit strictement d’obédience chrétienne. Pourquoi ? En grande partie parce que notre compréhension biblique et les conseils d’Ellen White nous amènent à affirmer, sans équivoque, que « les efforts pour légiférer la foi sont, de par leur nature même, en opposition même avec les principes de la vraie religion, et donc, en opposition avec la volonté de Dieu »3. Le nationalisme chrétien – quelles que soient ses formes et ses variantes – nuira toujours au témoignage que nous portons en faveur de l’Évangile.

« Church/State Relations », déclaration officielle adoptée par le Concile inter-Église/inter-foi de la Conférence générale de l’Église adventiste, disponible sur le site suivant : https://www.adventist.org/ articles/church-state-relations/. 2 Ibid. 3 Ibid. 1

AdventistWorld.org Mars 2021

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Sous les projecteurs ROBERT H. PIERSON

Un appel pressant

Cet article est un condensé d’une présentation de Robert Pierson, président de la Conférence générale, lors du Concile annuel, après l’annonce de sa retraite le 16 octobre 1978. Il a été publié dans son intégralité dans la revue Adventist Review le 26 octobre 1978. – La rédaction

C C’est l’Église de Dieu

Dans les pages suivantes, quatre présidents de la Conférence générale – Robert H. Pierson, James L. McElhany, Charles H. Watson, et Ted N. C. Wilson – réfléchissent sur l’urgence d’un réveil et d’une réforme pour préparer un peuple au retour de Jésus. Alors que vous lisez ces articles, priez Dieu d’ouvrir votre cœur à la puissance transformatrice du Saint-Esprit. – La rédaction

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Mars 2021 AdventistWorld.org

e sera la dernière fois que, dans mon rôle actuel, je me tiendrai devant les dirigeants mondiaux de mon Église, votre Église, notre Église. Par conséquent, je désire vous laisser ces quelques mots. Je tire mes réflexions d’un texte du pasteur Ralph Neall et de sa femme, dans lequel ils décrivent comment une secte se transforme généralement en Église. Selon eux, une secte est souvent créée par un dirigeant charismatique doté d’une énergie et d’un engagement extraordinaires, et voit le jour en protestation contre la mondanité et le formalisme dans une Église. Ce sont généralement les pauvres qui y adhèrent. Les riches, eux, considèrent qu’ils perdraient trop, car elle est impopulaire, méprisée, et persécutée par la société en général. Elle a des croyances bien définies auxquelles adhèrent fermement ses membres remplis de zèle. Chacun d’eux décide personnellement de se joindre à cette secte et sait ce qu’il croit. Elle comporte peu d’organisation, de biens, de bâtiments. Le groupe a des normes et des contrôles stricts sur le comportement. Les prédicateurs, souvent sans formation, surgissent, mûs par un ressort intérieur. Et puis, cette secte passe à la deuxième génération. Comme son effectif augmente, elle doit s’organiser et avoir des bâtiments. Grâce à leur industrie et à leur frugalité, les membres deviennent prospères. Alors que cette prospérité s’accroît, la persécution commence à diminuer. Les enfants nés dans ce mouvement n’ont pas à prendre de décisions personnelles pour y adhérer. Ils ne savent pas forcément ce qu’ils croient. Ils n’ont pas besoin de développer leurs propres positions. Celles-ci ont déjà été élaborées pour eux. Les prédicateurs naissent davantage par sélection et par un apprentissage de la part des ouvriers plus âgés que par un ressort interne direct. À la troisième génération, l’organisation se développe, des institutions sont établies. On se rend compte qu’il faut ouvrir des écoles pour transmettre la foi des pères. On établit des instituts d’enseignement supérieur. On doit exhorter les membres à se conformer Photo : Annie Spratt


aux normes alors que les normes d’adhésion, elles, diminuent. Le groupe devient laxiste face à l’exclusion des membres non pratiquants. Le zèle des missionnaires se refroidit. Les dirigeants étudient les méthodes de propagation de leur foi, en utilisant parfois des récompenses extrinsèques pour motiver le service des membres. Les jeunes se demandent pourquoi ils sont différents des autres et se marient avec ceux qui ne partagent pas leur foi. La quatrième génération dispose d’une abondante bureaucratie ; le nombre d’administrateurs augmente, mais le nombre d’ouvriers sur le terrain diminue. On tient de grands conciles pour définir la doctrine. On établit davantage d’écoles, d’universités et de séminaires. Ces établissements d’enseignement se tournent vers le monde pour obtenir leur accréditation et tendent à se séculariser. On assiste à un réexamen des positions et à une modernisation des méthodes. Le mouvement cherche à « s’actualiser » pour la société contemporaine en s’engageant dans des causes populaires. Les services deviennent formalistes. Le groupe jouit d’une acceptation totale du monde. Bref, la secte est devenue… une Église ! Frères et sœurs, une telle chose ne doit jamais arriver à l’Église adventiste ! Cette Église n’est pas qu’une Église comme les autres, c’est l’Église de Dieu ! Des forces subtiles commencent déjà à s’agiter. Malheureusement, certains membres de l’Église rabaissent l’inspiration de l’ensemble de la Bible ; ils méprisent les 11 premiers chapitres de la Genèse, remettent en question la déclaration de l’Esprit de prophétie quant à l’âge de la terre, et attaquent subtilement – et pas si subtilement que ça – l’Esprit de prophétie. Certains considèrent que les réformateurs et les théologiens contemporains sont une source et une norme pour la doctrine adventiste ; d’autres souhaitent oublier les normes de l’Église que nous aimons. Certains convoitent et courtisent les

évangéliques ; d’autres se débarrassent du manteau de ce peuple spécial, et d’autres encore, empruntent le sentier du monde sécularisé et matérialiste. Je vous en supplie : ne laissez pas faire ça ! Nous ne sommes pas des anglicans du septième jour, ni des luthériens du septième jour – nous sommes des adventistes du septième jour ! L’Église adventiste est la dernière Église de Dieu, la dépositaire du dernier message de Dieu ! Dieu cherche des hommes et des femmes qui aiment l’Église et la vérité de Dieu plus qu’ils n’aiment leur propre vie, des hommes et des femmes qui veillent à ce que cette Église dirigée par lui parvienne au royaume. La tâche qui nous attend ne sera pas facile. Si je comprends bien la Bible et l’Esprit de prophétie, une période de difficultés et de défis telle que cette Église et ce monde n’en ont jamais connue auparavant pointe à l’horizon. « L’ennemi des âmes a cherché à introduire la supposition selon laquelle une grande réforme doit avoir lieu parmi les adventistes du septième jour : cette réforme devrait consister à renoncer aux doctrines qui constituent les piliers de notre foi et à entreprendre un travail de réorganisation. Si une telle réforme avait lieu, qu’est-ce qui s’ensuivrait ? Les principes de vérité que Dieu, dans sa sagesse, a donnés à l’Église du reste seraient rejetés. Notre religion subirait un changement. […] Une nouvelle organisation serait établie. Des livres d’un ordre différent seraient écrits. On introduirait un système de philosophie intellectuelle. Les fondateurs de ce système se rendraient dans les villes pour y accomplir une œuvre magnifique. […L]e sabbat serait peu respecté, tout comme le Dieu qui l’a établi. Ce nouveau mouvement ne tolérerait aucune opposition. Ses chefs enseigneraient que la vertu est préférable au vice, mais du moment que Dieu serait écarté, on ne dépendrait plus que de la force humaine qui est impuissante sans Dieu1. » L’Église adventiste a eu son alpha

il y a des années2. Vous et moi sommes les dirigeants qui feront face à l’oméga, lequel sera de la même origine subtile et diabolique. Son effet sera plus dévastateur encore que celui de l’alpha. Étudiez, soyez au courant de ce qui vous attend, puis, avec l’aide de Dieu, préparez votre peuple à y faire face. « Dieu appelle des hommes qui sont prêts à faire face aux situations d’urgence, à des hommes qui, en temps de crise, ne passeront pas dans le camp de l’ennemi3. » Lors d’une vision, Ellen White a vu un navire s’avancer en direction d’un iceberg. Et une voix lui a dit : « Fonce dessus4 ! » Chers collègues dirigeants, il se peut que dans un avenir pas si lointain que ça, vous deviez, vous aussi, foncer sur ce iceberg. Je prie Dieu de vous donner à cet égard grâce, courage, et sagesse. Et en conclusion, « [q]uelle magnifique pensée : le conflit touche à sa fin ! Dans la phase finale de l’œuvre, nous rencontrerons des dangers auxquels nous ne saurons comment échapper ; n’oublions pas que les trois grandes puissances du ciel sont à l’œuvre, qu’une main divine est au gouvernail, et que Dieu réalisera son dessein. Il saura rassembler hors du monde un peuple qui le servira dans la justice5. » Quelle merveilleuse assurance nous avons de participer à l’œuvre de Dieu ! Cette œuvre dépend non d’un homme, mais de notre relation avec Dieu. Il n’y a qu’un seul moyen pour nous d’affronter l’avenir : aller au pied de la croix. Une Église qui fixe les yeux sur l’Homme du Calvaire ne marchera jamais dans l’apostasie. Ellen G. White, Messages choisis, vol. 1, p. 238. S’appuyant sur les aperçus prophétiques d’Ellen White, les adventistes ont interprété la crise « alpha » comme faisant référence à la crise Kellogg au début du 20e siècle. 3 Ellen G. White, dans Review and Herald, 5 novembre 1903. 4 Idem., Selected messages vol. 1, p. 206. 5 Idem., Messages choisis, vol. 2, p. . 1 2

Robert H. Pierson a été président de la Conférence générale de 1966 à 1979.

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Sous les projecteurs J. L. MCELHANY

Les dangers qui menacent l’Église Le divin remède

Ce qui suit est un extrait du discours d’ouverture de J. L. McElhany, président de la Conférence générale, au Concile d’automne qui s’est tenu à Fort Worth, au Texas. Le discours intégral a été publié dans The Advent Review et le Sabbath Herald, le 3 décembre 1936. Cet extrait a été remanié, faute d’espace. – La rédaction

Q

uand j’étais enfant, la ville où j’habitais a fait appel à une grande entreprise pour un projet de pavage de rue. Cette entreprise employait des centaines d’hommes qui ont travaillé pendant une longue période. La réalisation de ce projet a coûté des milliers de dollars. Au terme de ce contrat, l’entreprise a demandé aux autorités de la ville leur approbation des travaux effectués, mais celles-ci ont rejeté l’ensemble du travail et ont refusé de payer un centime. Elles n’ont donné qu’une seule raison : « Les travaux n’ont pas été effectués selon les spécifications. » L’entreprise contractante n’avait pas fait le travail selon le plan spécifié. Chers frères, accomplissons-nous l’œuvre de Dieu selon les spécifications reçues ? Nous sommes des constructeurs. Nous contribuons à la construction du chemin du Roi. Puisse Dieu nous aider, en tant qu’ou-

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vriers fidèles, à accomplir l’œuvre selon ses spécifications ! Le triomphe de ce message ne fait pour moi aucun doute. Je suis rempli de courage et d’optimisme quant à sa progression vers la victoire. En même temps, j’estime que pour être un gardien fidèle, je ne dois pas laisser mon optimisme m’aveugler. Lorsque le danger apparaît ou que le mal s’immisce, il faut, je crois, le signaler avec tact. DEUX DANGERS NOUS GUETTENT

À mon avis, deux dangers nous guettent aujourd’hui : le danger venant de l’extérieur et celui venant de l’intérieur. Je crois que c’est ce dernier que nous devons redouter le plus. Ellen White a écrit : « Les ennemis du dedans sont plus à craindre que ceux du dehors. Les obstacles qui s’opposent à la force et au succès viennent beaucoup plus de l’Église

elle-même que du monde1. » Il en est aujourd’hui comme à l’époque de Néhémie. Les Sanballat, Tobija et Guéschem modernes se tiennent à l’écart, épient l’œuvre de Dieu et la critiquent. Ils critiquent la façon dont elle est effectuée. Ils critiquent le travail et ceux qui le font. Mais Dieu merci, à l’époque de Néhémie, ils n’ont pas réussi à arrêter le travail, et ils ne réussiront pas aujourd’hui. Ils peuvent critiquer ce que nous faisons, la façon dont nous le faisons, les choses que nous défendons ; ils peuvent critiquer ceux qui effectuent le travail. Mais si nous sommes consacrés à Dieu et obéissons à ses directives, ils ne pourront jamais arrêter cette œuvre. C’est l’œuvre de Dieu. Ce ne sont pas les dangers venant de l’extérieur que nous devons craindre, mais ceux de l’intérieur. En méditant sur ce sujet, j’en suis venu à croire que notre plus grand Photo : Juan Cardenas


danger aujourd’hui, c’est l’attitude largement répandue de nombreux membres qui acceptent avec une apparente satisfaction leur faible condition spirituelle, et qui ne s’en préoccupent pas vraiment. Parallèlement, certains dirigeants n’ont pas réussi à lancer un appel à une vie spirituelle nouvelle et plus élevée au sein de l’Église. Mes frères, je crois que cet appel devrait être lancé dès aujourd’hui. Et Dieu merci, il y en a qui s’acquittent de ce devoir. Mais j’estime que cet appel devrait être lancé par tous les dirigeants de cette cause. L’HEURE EST À UNE RÉFORME EN PROFONDEUR

Nous ne pouvons fermer les yeux sur certaines des choses que Dieu a partagées avec nous par l’intermédiaire de sa messagère. « À moins que l’Église, qui est travaillée par l’apostasie, ne se repente et ne se convertisse, elle mangera le fruit de ses propres œuvres, jusqu’à ce qu’elle se prenne elle-même en horreur. Si elle résiste au mal, si elle cherche le Seigneur en toute humilité et répond à sa vocation céleste en Jésus-Christ, si elle s’appuie sur la vérité éternelle, et si, par la foi, elle se conforme aux plans qui ont été formés à son égard, elle sera guérie. Elle apparaîtra dans la simplicité et la pureté qui lui viennent de Dieu, exempte de compromis terrestre, montrant que la vérité l’a rendue réellement libre. Alors ses membres seront vraiment choisis de Dieu pour le représenter ici-bas2. » Elle poursuit : « L’heure est venue d’accomplir une réforme sérieuse. Un esprit de prière animera chaque croyant, et la discorde sera bannie de l’Église3. » Oh, prions Dieu d’accélérer cette réforme pour que « l’esprit de discorde et de conflit » en soit banni. Un tel esprit ne peut se nourrir d’une attitude ou d’une atmosphère de prière, n’est-ce pas ?

LES DIRIGEANTS TENUS RESPONSABLES

Je tiens à dire qu’en tant qu’ouvriers, nous sommes, dans une large mesure, responsables aujourd’hui de cet esprit de doute, de laxisme et d’incrédulité. Récemment, j’ai reçu une lettre d’un jeune homme fréquentant l’une de nos écoles. « Au fur et à mesure de notre croissance, notre vie est modelée par notre environnement, a-t-il écrit. Il n’y a pas longtemps, on m’a raconté qu’un prédicateur avait condamné la consommation de viande. Eh bien, moins d’une heure plus tard, ce prédicateur et trois autres personnes qui se trouvaient sur la plate-forme avec lui et avaient dit « Amen ! » mangeaient de la viande dans un restaurant… Je ne sais pas ce que le Seigneur va faire à ce sujet, mais j’ai le sentiment qu’il devrait intervenir. » Voilà son commentaire. On peut toujours dire que ce jeune homme est un extrémiste. Mais ce n’est pas ce que le jeune homme est qui compte ici, mais plutôt ce que sont les prédicateurs qui donnent ce genre d’exemple, qui se tiennent sur la tribune et disent une chose, défendent un principe, puis s’en vont et le contredisent dans leur vie de tous les jours. Mes chers frères, je ne crois pas qu’il faille aller bien loin pour trouver les causes de l’incrédulité et du doute, lorsque nous, en tant que dirigeants, donnons ce genre d’exemple au peuple. Ce qui est vraiment alarmant, ce n’est pas seulement ce que ce jeune homme dit, mais le fait que beaucoup de nos croyants ont perdu foi en leurs dirigeants à cause de l’incohérence de leur vie et de leurs pratiques. Par conséquent, nous, dirigeants, devrions donner un exemple cohérent en mettant en pratique les réformes préconisées par l’Esprit de prophétie. Comment pouvons-nous espérer obtenir la confiance et le respect de nos semblables alors que nous agissons de façon incohérente ? Comment

Nous sommes des constructeurs. Puisse Dieu nous aider, en tant qu’ouvriers fidèles, à accomplir l’œuvre selon ses spécifications ! pouvons-nous parler de renouveau spirituel et de réforme alors que nous donnons ce genre d’exemple ? FAITES RETENTIR LA TROMPETTE !

Nous avons également besoin d’une réforme en matière de prédication du second avènement. Je crois que ce qui caractérise les adventistes, c’est la prédication du retour de notre Seigneur. Alors que nous sommes entourés de preuves de plus en plus nombreuses de sa venue, pourquoi nous tairions-nous sur un sujet aussi vital que celui-ci ? Nous devons « élever la trompette et la faire retentir » car Jésus revient ! Notre mouvement est fondé sur cette vérité bénie – vérité que chaque prédicateur devrait faire retentir et répéter partout ! Je crois que le Seigneur accompagne constamment son peuple. L’Église de Laodicée est aussi l’Église qui sera transmuée. L’Église même qui est réprimandée pour ses fautes est aussi celle qui doit être transmuée dans le royaume de Dieu. Cette certitude m’encourage. Continuons à travailler dans la plus grande assurance que cette cause triomphera ! 1 2 3

Ellen G. White, Messages choisis, vol. 1, p. 142. Idem., Témoignages pour l’Église, vol. 3, p. 303. Ibid.

J. L. McElhany a été président de la Conférence Générale de 1936 à 1950.

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Sous les projecteurs C. H. WAT S O N

Séparés du monde Branchés sur Christ Ce qui suit est un extrait d’une allocution prononcée par C. H. Watson, président de la Conférence générale, lors du Concile d’automne qui s’est tenu le 29 octobre 1935 à Louisville, au Kentucky. L’intégralité de cette allocution a été publiée dans The Advent Review and Sabbath Herald, le 21 novembre 1935. Cet extrait a été remanié, faute d’espace. – La rédaction

L

a Bible, c’est l’histoire d’un grand dessein éternel – l’histoire des efforts déployés pour le faire échouer, ainsi que des moyens ordonnés, utilisés et disponibles pour l’accomplir. Le fondement posé au commencement – la volonté de Dieu, l’essence de toute vérité – a tenu bon. L’homme, par son propre choix, s’est séparé de ce fondement, mais sa décision n’a en rien ébranlé celui-ci. Pour construire sur ce fondement, l’homme doit vivre et travailler selon la volonté de Dieu. En dehors de la volonté divine, la vie et le service ne sont pas établis sur ce fondement. L’homme a constamment fait fi des occasions et des possibilités du dessein de Dieu envers lui. La première partie de l’histoire de la Bible se termine par la chute de l’homme, la deuxième, par le Déluge, et la troisième, par la tour de Babel – chacune de ces périodes de l’expérience humaine s’étant soldée par un échec. Après cela, l’histoire raconte les efforts de Dieu pour que sa volonté soit faite sur la terre par l’entremise d’une famille. 14

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LA FAMILLE D’ABRAHAM

Pour accomplir son dessein éternel, Dieu choisit Abraham. Il donna aux enfants biologiques du patriarche une occasion en or. Mais leur histoire se termina dans l’asservissement. Que s’était-il passé pour qu’ils en arrivent à un résultat aussi lamentable ? Dieu révéla sa volonté aux descendants d’Abraham. L’obéissance et la désobéissance furent manifestes dans l’expérience d’Abraham, leur père. Ayant choisi de suivre leurs penchants, les enfants du patriarche furent réduits à un rude esclavage. Au lieu de faire la volonté de Dieu et ainsi, être la tête et non la queue, ils empruntèrent le chemin de la désobéissance, et inévitablement, de la servitude. ISRAËL VEUT UN ROI

Dieu fit sortir Israël d’Égypte et en fit une nation dont il était le Roi. Mais bientôt, les Israélites décidèrent de n’en faire qu’à leur tête, et, en imitation des nations voisines, demandèrent un roi. Illustration : Elena Mozhvilo


Et pourtant, Dieu les avait mis en garde ! Il les avait réprimandés et leur avait donné un avertissement solennel : un roi humain les asservirait, les priverait de leurs libertés, et exigerait le meilleur d’eux pour lui-même. Quel mauvais départ, et quelle piètre continuité ! Le tout se termina par un terrible échec et une effroyable captivité. Il y a, bien sûr, l’histoire de la restauration. Mais ceux qui retournèrent dans leur pays ne purent jamais se libérer du joug de la domination étrangère. Ils construisirent leur ville et en relevèrent les murs en ruine, certes, mais seulement grâce au consentement et au sponsoring de rois étrangers. L’ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME

L’histoire nous amène ensuite à l’établissement du christianisme. Le Seigneur Jésus en est le fondateur, et la vérité éternelle donnée dans ses enseignements en est le fondement. La vie de Jésus a été une manifestation de la volonté de Dieu. Le Seigneur vint sur la terre en tant qu’homme

pour accomplir le dessein de Dieu. Après avoir remporté la victoire sur le mal et la mort par son sacrifice sur la croix, après que son sacrifice en notre faveur eût été agréé de son Père, il chargea son Église d’aller dans le monde entier et de prêcher l’Évangile à tous les habitants de la terre. L’ÉGLISE EN ACTION

Dotée d’un pouvoir venu d’en haut, l’Église s’avança en vainqueur et pour vaincre. Remarquez que l’attitude de ses dirigeants envers la volonté de Dieu était on ne peut plus claire. Ces chrétiens étaient déterminés à obéir à Dieu à tout prix. Tant qu’une telle adhésion à la volonté de Dieu fut maintenue, l’Église fut une puissance conquérante ; mais dès qu’elle s’en écarta, elle se transforma en puissance persécutrice. Après le premier siècle, un changement se produisit. L’Église devint d’abord mondaine, puis cruelle. Elle oublia la volonté de Dieu et commença à imposer sa propre volonté au peuple, prétendant de manière blasphématoire qu’elle constituait la volonté de Dieu. AdventistWorld.org Mars 2021

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L’ÉCHEC DU PROTESTANTISME

L’heure de la Réforme sonna. Les sectes se succédèrent, proclamant une phase quelconque de la vérité protestante et faisant progresser le peuple de Dieu. Nombre de ces sectes servirent à ouvrir le cœur et l’esprit des gens à la vérité vivante. Chacune d’elles avait une vérité précise à proclamer ou un principe important à clarifier. Ces vérités, avec toutes les autres reçues auparavant, devinrent leurs principes fondateurs. Les protestants devaient rester fermes sur ces vérités et principes fondateurs et, forts de ces derniers, accepter de nouvelles révélations de la volonté de Dieu. Mais que firent-ils ? De façon générale, non seulement ils ne progressèrent pas dans la foi et la puissance chrétiennes, mais aussi, et presque sans exception, ne gardèrent pas à l’esprit ces principes fondateurs. Pourquoi donc ? Serait-ce parce qu’ils jugeaient faux et indignes de confiance ces vérités et principes fondateurs ? Loin de là ! Ils agirent ainsi parce qu’ils prêtaient l’oreille à la voix du monde plutôt qu’à celle de Dieu. Et ils s’entichèrent du monde ! Plus leur amour du monde augmentait, plus leur amour pour Dieu et sa vérité diminuait. C’est ainsi qu’ils se conformèrent au monde au lieu d’être transformés par le renouvellement de leur intelligence. UNE ŒUVRE À TERMINER

La dernière section de l’histoire est illustrée dans la dernière partie de l’Apocalypse. À un moment précis, un mouvement voit le jour. Sa mission : terminer l’œuvre commencée pendant la Réforme. Cette œuvre doit s’accomplir à l’heure du jugement. Elle est effectuée par des fidèles qu’on appelle « le reste », à une époque où la foi est défaillante, où le monde est dans la confusion et la détresse, où une incrédulité arrogante prévaut. Le message de ce mouvement doit être prêché avec puissance. En 16

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adoptant ce message, ses adhérents sont séparés du monde en matière de but, de principe, de croyance, et d’espérance. Ce mouvement sera couronné de succès si le peuple de Dieu s’en tient aux vérités particulières et aux principes définis sur lesquels il a été fondé. Ceci dit, il y a deux faits très importants qu’il nous faut considérer. Premièrement, si ce mouvement n’agit pas selon la volonté de Dieu, il sera tout aussi enclin à l’échec que tout autre mouvement antérieur du peuple de Dieu de ce côté-ci de l’Éden. Deuxièmement, la Bible prévoit qu’il doit faire face aux efforts les plus considérables de Satan et de ses agents pour le renverser et le faire échouer dans l’accomplissement du dessein de Dieu. LES RAISONS DE L’ÉCHEC

En rétrospective, nous constatons que les raisons de l’échec sont évidentes. En bref, ces raisons sont centrées sur une chose : « l’amour du monde ». Chaque fois que le peuple de Dieu s’est appuyé sur le monde, il a mordu la poussière. Ce n’est que lorsqu’il s’est abandonné à Dieu pour faire sa volonté en lui et par lui qu’il a remporté la victoire. Il doit en être encore ainsi aujourd’hui. S’il aime le monde et se livre à ses attraits, à ses revendications et à ses appels, le peuple du reste ne pourra pas plus réussir que l’ancien Israël. Lorsque ce mouvement a commencé, la foi de ses membres était solide. Sincères et confiants, ceux-ci ne se laissaient pas attirer par le monde. Ils se sacrifiaient et manifestaient un engagement intense. Ils entretenaient une grande espérance. Leur courage était invincible. Si, d’une façon ou d’une autre, nous perdons ces qualités, nous échouerons lamentablement. Le monde et toutes les choses du monde passeront bientôt. Si nous voulons réussir la mission à laquelle Dieu nous a appelés, nous devons bannir l’amour du monde de

notre cœur, résister victorieusement au monde, et accomplir d’abord et avant tout la volonté de Dieu. LA GRÂCE DIVINE

Ce dont nous avons besoin actuellement, c’est de recevoir pleinement la grâce divine, laquelle nous permet de faire, à tout prix, la sainte volonté de Dieu. Puisse le bon Dieu venir à nous, ouvrir notre cœur, et nous disposer à la recevoir ! À cette époque caractérisée par le doute, nous devons faire l’œuvre de Dieu en faveur d’un monde qui s’enlise dans le péché. En un tel moment et face à un tel besoin, ne traitons pas cette œuvre à la légère. Ce serait vraiment stupide de chercher dans ce monde en perdition la puissance, l’aide, les armes de l’esprit et du cœur dont nous avons besoin pour être ici-bas les messagers du salut de Dieu ! Notre besoin est grand – bien trop grand pour être satisfait par tout ce que le monde a à offrir. Nous devons puiser à une source d’aide plus élevée que celle du monde, car elle peut atteindre notre besoin plus loin et plus profondément que le monde ne le pourra jamais. Oh, ne devrionsnous pas, en cet instant même, « rechercher nos voies et sonder, et retourner à l’Éternel » ? Ne devrionsnous pas « élever nos cœurs et nos mains vers Dieu qui est au ciel » ? Il aura pitié de nous. Il nous conduira dans le sentier de son dessein et selon sa divine volonté. En marchant de cette façon, et en ne vivant que pour accomplir ce dessein immuable, le peuple de Dieu terminera l’œuvre dans la victoire. Et lorsque le monde qui tente de nous séduire et de nous ruiner se précipitera dans sa propre ruine, nous recevrons alors la couronne de la vie éternelle et entrerons dans notre récompense.

C. H. Watson a été président de la Conférence générale de 1930 à 1936.


Perspective mondiale

L’appel final de Dieu à un monde en perdition TED N. C. WILSON

L

’édition du 2 au 9 novembre 2020 de la revue TIME y va d’un titre fracassant, écrit en caractères gras : « The Great Reset » [« Le Grand Reset »]. Au début de l’édition spéciale double de cette revue internationale hautement respectée, les lecteurs ont été informés que « la pandémie de COVID-19 a fourni une occasion unique de réfléchir au type d’avenir que nous voulons »1. Dans la revue, des leaders d’opinion du monde entier ont présenté leur vision d’un nouveau type de monde – imaginant à peu près tous les aspects de la vie, et insistant sur le fait que le moment de ce « grand reset », c’est maintenant. L’explosion du coronavirus à l’échelle mondiale a, en effet, modifié radicalement de nombreux aspects Photo: Samer Daboul

de la vie. Et si l’on considère les catastrophes politiques, économiques, sociales et naturelles de l’année dernière, même les athées reconnaissent que nous vivons à une époque apocalyptique. Partout dans le monde, les gens sont inquiets et craignent ce que l’avenir leur réserve. Ils cherchent des réponses ; or, certains individus ne demandent qu’à leur fournir la panacée après laquelle ils soupirent. UN PARTENARIAT ÉTONNANT

Les influenceurs mondiaux cherchent à changer le monde en lui promettant un avenir meilleur. L’un des développements les plus étonnants, c’est le partenariat entre de grandes entreprises et le Vatican. Le 8 décembre 2020, la revue Fortune

a rapporté que « les PDG de Bank of America, BP, Johnson & Johnson, Salesforce, et plusieurs autres sociétés au classement de Fortune 500 rejoignent le Conseil pour un capitalisme inclusif avec le Vatican – une nouvelle organisation commerciale affiliée à l’Église catholique et opérant sous « la supervision morale du pape François” »2. Selon l’article, le Conseil pour un capitalisme inclusif avec le Vatican3 s’est développé à partir d’un forum mondial qui s’est tenu au Vatican en 2016. Lors de ce forum, le pape a encouragé les participants à « chercher des moyens toujours plus créatifs de transformer nos institutions et nos structures économiques afin qu’elles puissent répondre aux besoins de notre époque »4. Ceux qui s’y connaissent en AdventistWorld.org Mars 2021

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matière de prophétie reconnaissent les temps dans lesquels nous vivons. De nombreux événements qui avaient été prédits se déroulent rapidement. Les gens cherchent désespérément des réponses. Dieu nous a appelés à proclamer la vérité telle que révélée dans la Parole de Dieu. FIDÈLES À LEUR MANDAT

« En un sens tout particulier, les adventistes ont été suscités pour être des sentinelles et des porte-lumière. Le dernier avertissement pour un monde qui périt leur a été confié. La Parole de Dieu projette sur eux une lumière éblouissante. Leur tâche est d’une importance capitale : la proclamation des messages du premier, du second et du troisième ange. Aucune œuvre ne peut lui être comparée. Rien ne doit en détourner notre attention. […] Il faut avertir le monde, et le peuple de Dieu doit être fidèle au mandat qu’il a reçu5. » Ces précieux messages sont remplis d’espoir, de direction, et de responsabilisation pour cette période même. Nous savons que les choses ne s’amélioreront pas, qu’elles ne feront que se compliquer et s’embrouiller davantage. Et c’est ce dont traite le message des trois anges, soit appeler les habitants de la terre à sortir de la confusion, de Babylone, du chaos, et leur faire comprendre clairement que Dieu a un plan pour chacun d’eux s’ils lui permettent d’agir dans leur vie. Ce qu’il veut, c’est que tous soient à ses côtés dans la nouvelle Jérusalem. DES APPELS PRESSANTS

Dans ce numéro spécial d’Adventist World consacré au message des trois anges – message d’une importance capitale – vous trouverez trois appels pressants de la part de trois anciens présidents de la Conférence générale. On retrouve dans chacun d’eux un thème similaire : le besoin d’un réveil et d’une pleine compréhension de notre appel en tant qu’adventistes. En tant qu’adventiste, vous n’êtes pas qu’un membre d’une des nom18

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breuses confessions chrétiennes. En réalité, vous faites partie d’un groupe de gens uniques décrits dans Apocalypse 12.17 : il s’agit de « ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus », lequel est, comme l’indique Apocalypse 19.10, « l’esprit de la prophétie ». Les adventistes sont un peuple fidèle à la Parole de Dieu et à la grande mission qui leur a été confiée. Mais avant de pouvoir proclamer au monde le message étonnant des trois anges, nous devons d’abord être transformés par le Seigneur. C’est pourquoi le réveil et la réforme sont d’une si grande importance. UN PROCLAMATEUR DE LA VÉRITÉ

Dans le livre d’Ésaïe, nous lisons l’appel de Dieu au prophète. Dieu appelle Ésaïe dans un but particulier – pour intercéder en faveur de son peuple, pour avertir son peuple. Et Dieu vous appelle, non pas en tant que prophète, mais en tant que proclamateur de sa vérité. Lorsque Dieu appelle Ésaïe, il lui donne une vision de la salle du trône dans le ciel. « Je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. » (Es 6.1) Ésaïe décrit le cadre étonnant, impressionnant, où une multitude d’anges s’écrient : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! » (v. 3) « Les portes furent ébranlées dans leurs fondements […] et la maison se remplit de fumée. » (v. 4) Le prophète est complètement stupéfait. Tout, autour de lui, révèle la gloire et la puissance de Dieu ! Il se sent totalement diminué, pécheur, inapte à la tâche. « Malheur à moi ! s’écrie-t-il, je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées. » (v. 5) Le Seigneur connaît Ésaïe, tout comme il connaît votre cœur et le mien.

Il sait exactement ce dont vous avez besoin, et si vous le voulez, il prendra soin de vous avant même que vous ne le lui demandiez. Humiliez-vous devant le Seigneur et sentez sa puissance dans votre vie. Restez branché sur lui par l’étude quotidienne de la Bible, de l’Esprit de prophétie, et il vous bénira de façon étonnante. Le Seigneur sait qu’Ésaïe est accablé ; il envoie un ange à l’autel dans le sanctuaire. L’ange prend une pierre ardente de l’autel et touche de façon symbolique les lèvres du prophète, image de la puissance purificatrice de Jésus-Christ. Dieu ôte le péché d’Ésaïe et revêt son serviteur de la robe de justice du Christ. Puis, grâce à la puissance divine, la vie du prophète se met à changer par le biais du processus divin de la sanctification, processus rendu possible par la justice du Christ et l’action puissante du Saint-Esprit. Aujourd’hui même, il peut en être ainsi pour vous et pour moi. Son péché étant expié, Ésaïe est transporté de joie ! Il entend alors la voix du Seigneur : « Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? » (Es 6.8) Avec bonheur, le prophète répond aussitôt : « Me voici, envoie-moi. » (v. 8) L’APPEL DE DIEU AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, cette même voix m’appelle, vous appelle. Elle dit : « Je veux que tu te prépares pour le second avènement, et je veux que tu en parles aux autres. » Nous sommes tous des pécheurs au pied de la croix. Nous avons tous besoin qu’une pierre ardente purifie nos lèvres et nous conduise dans une relation profonde avec Jésus, afin que nous puissions proclamer ce message avec la puissance du Saint-Esprit. Priez Dieu d’envoyer la pluie de l’arrière-saison du Saint-Esprit. Il nous est dit : « Le Christ a dit à ceux qui le craignent : “Vous êtes la lumière du monde.” […] Ce n’est pas pour rien que la volonté et les plans de Dieu nous ont été si clairement dévoilés. C’est un privilège merveilleux de pouvoir comprendre cette


volonté telle qu’elle est révélée dans la Parole prophétique. Mais c’est aussi une lourde responsabilité. Dieu s’attend à ce que nous communiquions à d’autres la connaissance qu’il nous a départie. Son dessein est que les facteurs divins et humains collaborent à la proclamation du message d’avertissement6. » L’heure est venue pour nous de prendre plus au sérieux que jamais la merveilleuse mission qui nous a été confiée. L’heure est venue pour chaque membre de s’impliquer totalement. Dieu vous appelle, là où vous êtes, à être une lumière pour lui. Nous savons que notre expérience spirituelle sera mise à rude épreuve ; ne vous appuyez sur rien ni personne d’autre que Jésus. Il vous guidera. Tout comme il l’a fait pour Ésaïe, il vous purifiera et vous insufflera du courage. Il remplira votre cœur et votre bouche d’une assurance telle que vous proclamerez le message des derniers jours – le message des trois anges, l’amour du Christ incarné dans sa justice, et la grande nouvelle que Jésus revient bientôt ! UN APPEL AU RÉVEIL

Ce que nous voyons aujourd’hui est un appel au réveil – un appel qui nous incite à fixer les yeux sur la Parole de Dieu et à nous préparer à ce qui pointe à l’horizon. Le Saint-Esprit nous guidera. Le message des trois anges a pour centre même la justice du Christ qui nous justifie, et celle qui nous sanctifie. C’est pourquoi le quatrième ange d’Apocalypse 18.1-4 appelle les gens à sortir de Babylone, à sortir de la confusion, et à entrer dans la lumière toute pure de la vérité – la vérité biblique. Pas dans une quelconque combinaison humaniste, philosophique, de concepts intéressants. Non. Dans la pure vérité biblique. Seule la Parole de Dieu tiendra bon jusqu’à la fin des temps ! « Des temps orageux sont devant nous, mais ne prononçons pas un seul mot de doute ou de découra-

gement. Souvenons-nous que nous sommes porteurs d’un message de guérison à un monde peuplé d’une foule de gens accablés sous le poids du péché7. » C’est là notre message. C’est là notre mission. « Aux jours les plus ténébreux, alors que les apparences semblent être contre vous, ne craignez rien. Ayez foi en Dieu ; il connaît vos besoins. Il est tout-puissant »8. Préparons-nous donc pour le temps de la fin en nous appuyant complètement sur Christ et sa puissance, en étudiant notre Bible et l’Esprit de prophétie, et en priant ardemment alors que nous partageons le message des trois anges. Le Seigneur nous préparera à ce qui vient et au rôle que nous y jouerons. « Le caractère se révèle dans les heures cruciales. Quand, à minuit, le cri se fit entendre : “Voici l’époux, allez à sa rencontre”, et que les vierges furent tirées de leur sommeil, on vit alors lesquelles s’étaient préparées9. » Nous vivons dans les derniers jours de l’histoire de la terre. Jésus va bientôt venir, et sa voix retentit pour vous et pour moi : « Qui marchera pour nous ? » Êtes-vous prêt à répondre « Seigneur, me voici ! Envoie-moi ! J’irai ! »10 ? Revue TIME, « The Great Reset », 2-9 novembre, 2020, https:// time.com/collection/great-reset/. 2 Revue Fortune en ligne, « Big companies join Vatican-affiliated council pledging inclusive capitalism », 8 décembre 2020, https://fortune.com/2020/12/08/council-for-inclusive-capitalism-with-the-vatican/. 3 https://www.inclusivecapitalism.com. 4 Revue Fortune en ligne, « Big companies join Vatican-affiliated council pledging inclusive capitalism » 8 décembre 2020. 5 Ellen G. White, Témoignages pour l’Église, vol. 3, p. 344. 6 Ibid., p. 345. 7 Idem., Instructions pour un service chrétien effectif, p. 166. 8 Ibid., p. 132. 9 Idem., Les paraboles de Jésus, p. 361. 10 Pour en découvrir davantage sur le plan stratégique « J’IRAI », visitez le site https://iwillgo2020.org. 1

Ted N. C. Wilson est le président de l’Église adventiste du septième jour. Des articles et des commentaires supplémentaires sont disponibles depuis le bureau du président sur Twitter : @pastortedwilson, et sur Facebook : @PastorTedWilson.


Au premier plan

Trois anges déchaînés Feature

Des laïcs et des dirigeants font équipe dans un projet sans précédent visant à éduquer les adventistes de tous âges sur le message des trois anges

“Three Angels” par Nathan Greene, ©1999. Tous droits réservés. Avec permission. www.nathangreene.com


ANDREW MCCHESNEY

A

u cours de ses randonnées du week-end, Rusty McKee, vice-président de McKee Food Corporation, a souvent l’occasion de discuter avec des jeunes qui semblent étudier dans des écoles adventistes. Sur les sentiers boisés de sa ville natale de Collegedale, au Tennessee, il entame la conversation avec un jeune. « Salut ! Es-tu adventiste ? » Si le jeune lui répond par l’affirmative, il pose une autre question. « Est-ce que les adventistes considèrent qu’ils sont des protestants ? » Habituellement, le jeune acquiesce. « Alors, contre quoi est-ce que tu protestes ? » Silence. « Est-ce que tu crois ce que dit Jean dans 1 Jean 4.8 : “Dieu est amour” ? », insiste Rusty.

Le jeune répond toujours par un « Oui » retentissant. « Les adventistes ont le message des trois anges. Quel est ce message, et comment révèle-t-il encore plus l’amour de Dieu ? » Silence. Rusty McKee a commencé à effectuer ce sondage informel après avoir découvert, lors d’une excursion en 2015, qu’un jeune de sa parenté et ses amis – jouissant pourtant de plus de huit ans d’éducation adventiste et d’une fréquentation de l’église depuis toujours – étaient incapables d’expliquer le message des trois anges d’Apocalypse 14.6-12, cœur même de la mission de l’Église adventiste. Les résultats ont été tout aussi médiocres sur les sentiers de randonnée de Collegedale. Perplexe, il en a parlé à des amis, puis a téléphoné à un autre

Ted Wilson : « C’est le cœur même de notre identité » Le président de la Conférence générale se penche sur le message des trois anges Entrevue-éclair avec Ted N. C. Wilson, président de la Conférence générale, sur le projet « Three Angels’ Messages ». Qu’espérez-vous de ce projet ? Ce projet a pour objectif de proclamer le message des trois anges aux membres de notre Église et au public de la manière la plus puissante possible. Le message des trois anges est le cœur même de notre identité. Et le cœur du message des trois anges, c’est la justice du Christ, laquelle nous justifie et nous sanctifie. Que signifie le message des trois anges pour l’Église adventiste, et pour chaque membre ? Les membres de l’Église adventiste doivent connaître à fond le message des trois anges d’Apocalypse 14.6-12, et le message du quatrième ange d’Apocalypse 18.1-4. Ce dernier appelle les habitants de la terre à sortir de Babylone et de la confusion pour entrer dans la merveilleuse lumière de la

ami, Dan Houghton, président du Hart Research Center – un ministère adventiste de soutien en Californie qui développe des outils d’évangélisation. L’appel téléphonique de 2018 a débouché sur un projet sans précédent visant à éduquer les adventistes de tous âges sur le message des trois anges – une lettre d’amour de Jésus qui identifie les caractéristiques de l’Église des derniers jours et proclame le retour imminent de celui-ci. Cette initiative vise à renforcer les relations avec Christ, à mieux comprendre l’objectif de l’Église adventiste dans les derniers jours de l’histoire de la terre, et à inspirer une plus grande passion pour la mission. Ce projet à plusieurs volets, approuvé et soutenu par la Conférence générale et la Division nord-américaine, comprend :

vérité divine tout entière. On nous dit que les adventistes doivent bien comprendre les livres de Daniel et de l’Apocalypse, car ils sont étroitement liés dans la compréhension prophétique. Ils doivent ensuite partager ces précieux messages, avec amour et espérance, dans le cadre de l’Implication totale des membres. Ils doivent amener les gens au pied de la croix et leur faire découvrir que l’œuvre médiatrice de Christ se poursuit pour eux dans le lieu très saint du sanctuaire céleste. Tout ceci est étroitement lié au message des trois anges : aider nos semblables à revenir au Dieu Créateur, les prévenir que nous devons nous détourner des fausses pratiques religieuses qui constituent Babylone par le mélange de l’erreur avec la vérité, que nous devons éviter la marque de la bête – c’est-à-dire un faux culte un autre jour que le sabbat du septième jour – et nous aligner sur notre Rédempteur et son sceau, en observant le sabbat biblique du septième jour – signe de la puissance créatrice de Dieu – et en rendant un culte à Dieu ce jour-là. Quel privilège de faire partie du mouvement adventiste de Dieu des derniers jours ! Quel privilège d’avoir une pleine compréhension de la vérité prophétique et de notre rôle dans le partage du message des trois anges, par la puissance du Saint-Esprit ! Le thème de la session de la Conférence générale de 2022 est « Jésus revient ! Impliquez-vous ! » Mes amis, impliquez-vous en partageant le message des trois anges sous la direction du Saint-Esprit !

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un programme de deux semaines pour les élèves de la maternelle à la 12e année inclusivement ; ■ une série de 13 présentations vidéos de Mark Finley ; ■ des scripts de sermon écrits, accompagnés de 1 200 nouvelles diapositives que les prédicateurs peuvent utiliser pour des campagnes d’évangélisation ; ■ un livre, un tract GLOW, et d’autres imprimés. Saisissant l’enthousiasme de cette initiative menée par des laïcs, la Conférence générale a commandé le tout premier Guide d’étude de la Bible de l’École du sabbat des adultes consacré au message des trois anges. Elle a aussi inclus un badge des trois anges pour les Explorateurs, et formé un comité pour améliorer la compréhension du message des trois anges par le biais d’applications, de médias numériques, et de diverses autres méthodes. ■

AUCUNE AUTRE ŒUVRE N’EST AUSSI IMPORTANTE

« Ce que je souhaite, c’est que les adventistes du monde entier s’impliquent tous dans le partage de ce précieux message des trois anges sur le Christ et sa justice, et ramènent leurs semblables au vrai culte de Dieu le Créateur, Rédempteur, Souverain sacrificateur, et Roi qui revient », a déclaré Ted N. C. Wilson, président de la Conférence générale. Dans une entrevue par courriel, Ted Wilson a souligné que le message des trois anges est au cœur même de l’identité des adventistes, et que « le véritable cœur du message des trois anges, c’est la justice du Christ – sa justice qui justifie et sanctifie. » Il a noté qu’Ellen White, cofondatrice de l’Église, a enseigné que la plus grande responsabilité des adventistes consiste à proclamer le message des trois anges. Puis il a cité ses paroles :

Dieu a dirigé chaque étape de l’élaboration du programme Une ancienne éducatrice s’est demandé comment partager le message des trois anges avec les enfants de la maternelle Lorsqu’on lui a demandé d’élaborer un programme pour enseigner le message des trois anges aux enfants, de la maternelle au secondaire inclus, Sandra Doran, une ancienne éducatrice adventiste, a été fort intriguée. Du coup, elle s’est demandé si c’était possible. Comment déchiffrer le message des trois anges d’Apocalypse 14.6-12 pour un enfant de 5 ans ? Sandra a envisagé de décliner le projet. Titulaire d’un doctorat en éducation spécialisée de l’Université de Boston, elle s’est investie pendant 17 ans en tant que surintendante adjointe du Département de l’éducation de la Fédération des églises adventistes de la Floride, et en tant que directrice fondatrice de l’Académie chrétienne North Tampa – une école adventiste novatrice lancée à Wesley Chapel, en Floride. 22

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« En un sens tout particulier, les adventistes ont été suscités pour être des sentinelles et des porte-lumière. Le dernier avertissement pour un monde qui périt leur a été confié. La Parole de Dieu projette sur eux une lumière éclatante. Leur tâche est d’une importance capitale : la proclamation du message des trois anges. Aucune œuvre ne peut lui être comparée. Rien ne doit en détourner notre attention1. » Rusty McKee a déclaré qu’à la découverte de cette citation d’Ellen White, d’autres laïcs et lui ont compris que le message des trois anges était la raison principale de l’existence de l’Église – ce qui les a poussés à agir. « Notre découverte de la raison d’être principale de notre Église nous a incités à entreprendre une action visant à éduquer les étudiants, les professeurs, les pasteurs, et les dirigeants de l’Église à cet égard, et à leur fournir des outils qui les aideront à

Cette nuit-là, après avoir prié, elle s’est glissée dans son lit et s’est endormie. Le lendemain, elle s’est réveillée avec un poème en tête. Les mots affluaient au fur et à mesure qu’elle les mettait par écrit. « Trois anges dans le ciel. Oh là là ! a-t-elle écrit. Prêt ? Alors commençons l’histoire ! Premier ange : Il donne à Dieu la gloire. Dieu est toujours juste, bon et fidèle. Il fera ce qui est juste pour toi et pour moi. » Ce poème est devenu le texte de Three Angels in the Sky [Trois anges dans le ciel] – premier livre d’un programme mis gratuitement à la disposition des écoles d’église de la maternelle au secondaire, et des écoles au foyer pendant l’année scolaire 2020-2021. Ce programme est un élément clé d’un projet plus vaste lié au message des trois anges, financé par des laïcs adventistes, et soutenu par l’Église adventiste mondiale pour éduquer et inspirer les membres de l’Église de tous âges à partager la lettre d’amour de Jésus consignée dans Apocalypse 14.6-12 disant qu’il revient bientôt. Qu’allait écrire Sandra après le poème initial ? Elle n’en avait pas la moindre idée. C’est alors qu’elle a senti Dieu lui dire : « Je vais t’aider tout au long du chemin ». Et elle a accepté de développer le programme. « Dieu m’a fait comprendre très clairement que je pouvais le faire, a dit Sandra. Mais il ne m’a jamais tout donné en


suivre l’exemple de notre mouvement adventiste dans les années 1800 », a déclaré Rusty McKee par courriel. Les premiers adventistes annonçaient avec enthousiasme le retour imminent de Jésus. Une telle passion doit être ravivée, ont dit les responsables du projet. « Le message des trois anges nous fait passer d’une simple confession à un mouvement prophétique du destin, à un mouvement suscité par Dieu pour préparer le monde au retour imminent de Jésus, a lancé l’évangéliste Mark Finley par téléphone. Chaque génération qui passe court le danger de perdre cette passion ardente du retour imminent de Jésus – de perdre une compréhension générale de qui nous sommes en tant que peuple. Les trois anges nous aident à comprendre qui nous sommes à la lumière de l’éternité. » Les contributions de Mark Finley au

projet comprennent une série de 13 présentations vidéos intitulées Three Cosmic Messages : Earth’s Final Conflict. Ces présentations, accompagnées de guides d’étude téléchargeables, sont disponibles via Hope Channel, 3ABN Television, et les sites Web suivants : HopeLives365.com et ThreeCosmicMessages.com. Mark Finley est également l’auteur du livre d’accompagnement de 212 pages intitulé Three Cosmic Messages: Earth’s Final Conflict. Les 13 chapitres de ce livre se focalisent sur différents aspects de l’unicité du message des trois anges, et comprennent une application pour la vie des gens aujourd’hui.

même temps – seulement une idée à la fois. » Une idée est survenue alors que Sandra s’efforçait de trouver le contenu d’un livre destiné aux élèves de 3e et de 4e année. Elle voulait que le personnage principal du livre, une fille, voie son père confronté à un conflit lié au sabbat, afin que les élèves puissent comprendre les problèmes de liberté religieuse auxquels sont confrontés certains observateurs du quatrième commandement. Cette nuit-là, dans son lit, Sandra s’est souvenue que trois décennies plus tôt, son mari, un pasteur, avait aidé un policier de son église à résoudre un problème lié au sabbat. Tu devrais utiliser ce cas, a-t-elle pensé. Le lendemain matin, elle a demandé à Eric, son mari : « Est-ce que tu te souviens, il y a 30 ans, d’un policier de ta congrégation qui avait un problème à cause du sabbat ? » Eric est resté bouche bée. « Ça fait 30 ans que je n’ai pas consulté ces fichiers. Mais hier, j’ai fouillé dans mes dossiers et je l’ai trouvé ! Je peux te le refiler au complet maintenant », a-t-il lancé. Il est allé dans son bureau, et quelques instants plus tard, est revenu avec un gros dossier contenant des coupures de journaux et d’autres documents. Ainsi, Sandra a eu l’information dont elle avait besoin pour le livre Beth and the Trio of Angels. Un événement similaire s’est produit lors de la préparation du matériel pour les classes de 5e et de 6e. Alors qu’elle s’efforçait

Image: Hart Research Center

Ce livre est publié conjointement par Hart Books et Review and Herald Publishing Association – celle-ci étant une propriété de la Conférence générale. Mark Finley a également rédigé le Guide d’étude de la Bible de l’École du sabbat des adultes, lequel paraîtra au deuxième trimestre de 2023. En outre, des scripts de sermon et des diapositives accompagnant les présentations de Mark Finley ont été préparés pour les pasteurs et les membres laïcs afin qu’ils puissent eux-mêmes présenter le message des trois anges. L’Association des entrepreneurs adventistes (ASI) prépare également une version spéciale à

d’écrire dix compositions pour les enfants, elle s’est souvenue d’un voyage en Russie où elle a pris la parole lors d’une retraite pour les femmes qui s’est tenue en 1996. Pendant son séjour à Moscou, elle a interviewé une femme du nom de Natacha, dans l’espoir d’écrire un livre sur sa vie. Ce livre ne s’est jamais concrétisé. Par contre, Sandra s’est souvenue d’une des histoires qu’elle avait entendues. En fouillant dans ses dossiers, elle a trouvé ses notes manuscrites de 1996 et a écrit un essai intitulé « Une nuit sombre en Russie ». Dieu lui a donné l’histoire parfaite pour cet essai 24 ans avant qu’elle en ait besoin ! Pour Sandra, ces surprises inattendues sont de véritables miracles, et la confirmation qu’elle a pris la bonne décision en acceptant le poste de directrice et créatrice du programme pour Three Angels for Kids – une unité du ministère adventiste de soutien Hart Research Center, à qui l’on doit le développement du programme scolaire. « Pourquoi est-ce que je me suis lancée dans cette aventure ? demande-t-elle. Simplement parce qu’à chaque étape du chemin, Dieu m’a donné l’assurance que c’est ce qu’il voulait que je fasse. Chaque fois que je doutais de moimême, que j’avais besoin d’être rassurée, ou que je ne savais pas quelle direction prendre, Dieu m’a parlé très clairement. […] C’est une leçon d’humilité pour moi. Je sens que Dieu m’a conduite à travers tout ça. » AdventistWorld.org Mars 2021

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partager de Three Cosmic Messages: Earth’s Final Conflict. Dan Houghton, dont le Centre de recherche Hart coordonne le projet, a exprimé son enthousiasme devant l’élan qui s’est développé lorsque des membres laïcs ont fait équipe avec les responsables de la Conférence générale et des ministères de soutien, notamment la chaîne de télévision 3ABN, laquelle

a mis à disposition ses studios de production pour créer la série de Mark Finley. Une collaboration aussi étroite est nécessaire pour mener à bien la mission de l’Église, a-t-il dit, à savoir proclamer le message des trois anges. Dans le même volume, il cite la déclaration suivante d’Ellen White : « L’œuvre de Dieu sur cette terre ne sera pas achevée à moins que les hommes et les femmes

Se réclamer de l’ADN adventiste Les enfants juifs ont le Chema Israël ; les adventistes, eux, le message des trois anges

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eu après la Seconde Guerre mondiale, un rabbin approche le prêtre catholique romain responsable d’un orphelinat. « Avez-vous des enfants juifs dans votre orphelinat ? » lui demande le rabbin. Le prêtre secoue la tête. « Nous n’avons aucun enfant juif ici. » « En êtes-vous bien sûr ? insiste rabbin. Et leurs noms ? » « Ils ont des noms polonais. On ne peut pas faire la différence. Non, il n’y a pas d’enfants juifs ici. » Depuis un certain temps, le rabbin sillonne l’Europe à la recherche d’enfants juifs, car un certain nombre d’entre eux ont été envoyés dans des orphelinats par leurs parents désespérés qui voulaient les mettre à l’abri des nazis. Il quitte l’orphelinat, mais n’a aucunement l’intention d’abandonner. Cette même nuit, il décide de retourner à l’orphelinat. Le prêtre lui permet de se promener dans les pièces paisibles. En marchant, il commence à chanter en hébreu le Chema Israël – une prière juive tirée de Deutéronome 6.4 : « Écoute, Israël ! l’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel ». Alors que ces doux mots brisent le silence de la nuit, une enfant de 5 ans se réveille et se met à pleurer. « Ima, Ima, sanglote-t-elle, Maman, Maman ! » Un enfant de 9 ans remue dans un autre lit. « Aba, Aba, dit-il en pleurant. Papa, Papa ! » Tous les enfants juifs connaissent le Chema Israël, explique Mark Finley. On le leur enseigne dès leur plus jeune âge lors du culte familial du matin et du soir. Ça fait partie de leur ADN. Alors que les enfants se réveillent à l’ouïe de ce chant et demandent leurs parents entre deux sanglots, le rabbin se tourne vers le prêtre. « C’est l’un des miens, murmure-t-il. Lui aussi. Et lui aussi. »

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qui composent nos églises ne se mettent au travail et unissent leurs efforts à ceux des prédicateurs et des membres officiants de l’Église2. » Dan Houghton prie pour que ce projet financé par des laïcs remporte un franc succès. « Nous avons là le message des trois anges tel qu’il n’a pas été prêché depuis plusieurs générations », a-t-il dit.

En racontant cette histoire, Mark Finley demande : « Qu’est-ce que l’ADN de l’adventiste ? Qu’est-ce qui rend les adventistes uniques ? La réponse est simple : c’est le message des trois anges consigné dans Apocalypse 14.6-12. » « L’un des grands défis auxquels nous sommes confrontés au sein de l’Église adventiste, c’est la perte de notre identité, a expliqué Mark Finley dans une entrevue. Les adventistes ont été suscités dans les années 1840 en tant que croyants attendant la venue du Christ. Nous étions un mouvement au destin certain, un mouvement de certitude prophétique suscité par Dieu pour préparer le monde au retour de Jésus. » Selon lui, le message des trois anges est au cœur même de l’identité adventiste ; c’est l’ADN adventiste. Ce message identifie l’Église des derniers jours comme étant ceux qui gardent tous les commandements de Dieu, y compris le quatrième (le sabbat du septième jour), et qui ont le témoignage de Jésus, ou l’Esprit de prophétie. Le message des trois anges est une lettre d’amour de Jésus contenant un appel urgent aux habitants de la terre pour qu’ils se préparent à son retour imminent, car il veut que tous soient sauvés. Animé du désir de voir les jeunes adventistes réclamer leur ADN et partager cette lettre d’amour avec le monde, Mark Finley et d’autres collaborateurs soutiennent le projet des trois anges – un projet révolutionnaire comprenant un programme depuis la maternelle jusqu’à la 12e année inclusivement, une campagne d’évangélisation en 13 parties, un nouveau livre, de nouvelles revues, un Guide d’étude de la Bible de l’École du sabbat des adultes, un badge du club des Explorateurs, et bien plus encore. « Imaginez chaque jeune adventiste sortant d’une école adventiste – primaire, secondaire, supérieure – animé d’une passion pour la mission et pour le partage du message des trois anges », a déclaré Mark Finley tandis qu’il annonçait les débuts de ce projet lors d’une convention d’ASI en 2018. « C’est exactement ce que vise ce projet. »


LES TROIS ANGES DANS LES ÉCOLES

Un des joyaux du projet, c’est le programme d’enseignement de la maternelle au secondaire inclusivement. Il a été développé par Sandra Doran, une ancienne éducatrice adventiste, et approuvé par le Département de l’éducation de la Division nord-américaine. Ce programme, disponible gratuite-

ment en ligne, est conçu pour être facilement intégré dans les écoles d’église, les écoles au foyer, et pour progresser d’une manière adaptée au développement, a expliqué Sandra Doran. Les enfants de la maternelle apprendront le concept général selon lequel Dieu est toujours juste, véritable, et fidèle. Les étudiants du secondaire exploreront des questions spécifiques telles que l’équité, l’observation du sabbat,

la liberté religieuse, et l’importance de prendre de bonnes décisions spirituelles. L’ensemble du programme a un thème commun : Dieu est amour. « Le programme tout entier est imprégné de l’amour de Dieu à travers une alerte en trois points s’adressant à ceux qui vivent juste avant le retour de Jésus, pour qu’ils comprennent qu’il revient, se rapprochent de lui, mettent leur foi et leur confiance

Ressources du projet Three Angels Guide rapide des ressources du message des trois anges et des moyens d’y accéder Toutes les ressources – y compris Three Cosmic Messages: Earth’s Final Conflict, une série de 13 vidéos de Mark Finley avec des guides d’étude, et les scripts écrits Three Cosmic Messages: Earth’s Final Conflict, de Mark Finley, pour une campagne d’évangélisation en 13 parties avec plus de 1 200 nouvelles diapositives – peuvent être téléchargées à l’adresse suivante :

threecosmicmessages.com Programme Three Angels for Kids curriculum, de la maternelle à la 8e année (pour ceux qui font l’école à la maison) :

threeangelsforkids.com Programme de la maternelle à la 12e année pour les professeurs des écoles d’église :

adventisteducation.org Three Cosmic Messages: Earth’s Final Conflict, de Mark Finley. Ce livre de 212 pages comporte 13 chapitres qui se focalisent sur divers aspects de l’unicité du message des trois anges, et une application pour la vie des gens d’aujourd’hui. Téléchargez la version électronique sur Amazon, ou achetez le livre en ligne ou à la librairie adventiste.

Images: Hart Research Center

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en lui, et partagent ce qu’ils savent avec les autres », a déclaré Sandra Doran, titulaire d’un doctorat en éducation spécialisée de l’Université de Boston. Pendant 15 ans, elle a été surintendante adjointe du Département de l’éducation de la Fédération des églises adventistes de la Floride. Récemment, elle a travaillé en tant que directrice fondatrice de l’Académie chrétienne de North Tampa, une entreprise scolaire novatrice à Wesley Chapel, en Floride. Sandra Doran a souligné que le programme de deux semaines peut être intégré aisément dans un cours, et pas forcément un cours de Bible. Le matériel destiné à la maternelle, à la 1ère et à la 2e année, par exemple, comprend deux livres d’histoires et un livre d’aquarelle pouvant être utilisé dans la période d’art. « Ils font leur propre livre d’aquarelle, a expliqué Sandra. Nous leur apprenons comment être des artistes, et à être fiers de leur capacité de peindre. »

Les élèves de 3e et de 4e année lisent Beth et le trio des anges – un livre sur les aventures d’une petite fille. Sandra l’a écrit à trois niveaux de lecture différents. Les trois versions sont disponibles afin que les professeurs puissent les utiliser, au besoin, dans une classe à plusieurs niveaux. En plus du cours de Bible, Beth et le trio des anges peut être utilisé dans la période de lecture. « Ce livre enseigne aux enfants à lire », a-t-elle précisé. Trois niveaux de lecture sont également disponibles pour les 10 essais que Sandra a préparés pour les élèves de 5e et de 6e année. Ces essais leur apprennent la rédaction. Dans l’un des devoirs, ils doivent lire un essai traitant d’un concours de jugement de chevaux et de la réalité qu’un cheval peut être rejeté suite à une seule erreur. Ensuite, ils lisent un essai tiré du livre Conquérants pacifiques d’Ellen White, où ils découvrent que le facteur décisif du jour du jugement, c’est le sacrifice de

Obtenir les ressources dans différentes langues Les ressources développées pour mettre en valeur le message des trois anges de l’Apocalypse ne sont actuellement offertes qu’en anglais, mais on prévoit qu’elles seront bientôt disponibles dans d’autres langues. ■ Un protocole et un système de traduction ont été mis en place pour mettre la version Preach It de « Three Cosmic Messages » à la disposition des traducteurs agréés travaillant sur le script, sur les diapositives PowerPoint, et sur les notes de sermon. ■ Le livre d’accompagnement et les revues sont proposés aux maisons d’édition adventistes du monde entier pour des accords de traduction et de distribution. ■ On encourage les divisions et les unions à procéder aux traductions nécessaires pour leurs territoires, ainsi qu’à produire leur propre matériel adapté à leurs réalités culturelles spécifiques.

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Dieu pour l’humanité, et non la perfection humaine. Les élèves sont ensuite invités à faire une rédaction montrant comment le jugement de Dieu diffère du jugement qui a lieu sur la terre. « Par le biais de ce devoir, le professeur enseigne le message du premier ange sur l’heure du jugement », a précisé Sandra Doran, directrice du programme et de la création à Three Angels for Kids – une unité du Hart Research Center qui a développé ce programme scolaire. Un cahier/journal interactif enseigne le message des trois anges aux étudiants de 7e et de 8e année, tandis que cinq micro-unités sont disponibles pour les étudiants du secondaire, dont un cours de Bible pour obtenir un badge et dans lequel ils tiennent une campagne d’évangélisation basée sur la série Three Cosmic Messages de Mark Finley. G. Alexander Bryant, président de la Division nord-américaine, a apporté son soutien au programme d’enseignement de la maternelle au secondaire inclusivement, lequel est disponible sur le site Web de la division. « En cette période unique de l’histoire dans laquelle nous vivons, ces merveilleux outils que Dieu a créés pour atteindre des millions de personnes m’épatent ! Dieu utilisera ce programme dans nos écoles pour donner à nos jeunes une grande compréhension de Jésus telle qu’elle se trouve dans le message des trois anges d’Apocalypse 14. Ce message les inspirera à être de merveilleux ambassadeurs de sa cause. » Arne Nielsen, vice-président du Département de l’éducation de la Division nord-américaine, a qualifié


La NAD amène le message des trois anges dans les écoles ce programme de la maternelle au secondaire de « ressource inestimable pour les élèves et les professeurs ». Il a aussi fait l’éloge de la valeur croisée du programme, notant qu’on peut l’utiliser pour soutenir des matières telles que l’histoire, l’anglais, et les sciences. Ce programme, a-t-il ajouté, est conforme au conseil d’Ellen White : « C’est le rôle de la véritable éducation que […] d’apprendre aux jeunes à penser par eux-mêmes, à ne pas se contenter d’être le miroir de la pensée des autres3. » « Ce programme offre à nos étudiants l’occasion de réfléchir, de développer un esprit critique, et de partager ces vérités avec les autres alors qu’ils deviennent des faiseurs de disciples », a-t-il déclaré. Avec le projet des trois anges, le jour viendra peut-être où Rusty McKee n’aura plus le silence pour toute réponse lorsqu’il demandera à de jeunes randonneurs de définir le message des trois anges, et d’expliquer comment il révèle l’amour de Dieu. « Chaque adventiste devrait se poser ces mêmes questions, et les poser à ses amis adventistes », a-t-il conclu. 1 2 3

Ellen G. White, Évangéliser, p. 115. Idem., Conseils à l’Église, p. 44. Idem., Éducation, p. 19.

Andrew McChesney est rédacteur en chef de Mission adventiste.

Deux dirigeants de l’éducation adoptent ce nouveau programme Conversation-éclair sur le programme Three angels [Trois anges] avec Lisa Standish, directrice de l’enseignement primaire et du développement des programmes d’études de la Division nord-américaine, ainsi que Stephen Bralley, directeur de l’enseignement secondaire et de l’accréditation de la Division nord-américaine. À l’égard de ce programme, quel conseil donneriez-vous aux professeurs de la Division nord-américaine et à ceux qui font l’école à la maison ? LS : Le programme Three Angels a été adopté par le Comité des programmes d’études de la Division nord-américaine en tant que ressource typiquement adventiste, facile à utiliser, favorisant un apprentissage rigoureux, et s’intégrant dans notre programme intitulé « Encounter Bible » [Rencontre avec la Bible]. Les professeurs ou les parents qui font l’école à la maison peuvent utiliser les leçons Three Angels pour leurs « Vendredis sympas », ou en tant qu’unité avant Noël ou la relâche du printemps, ou encore dans le cadre de leur programme de langues. D’utilisation facile, il comporte toutes les ressources nécessaires pour enseigner l’unité. SB : Le Département de l’éducation de la Division nord-américaine ajoute constamment des ressources et un soutien supplémentaire aux programmes de base qu’il propose. Le programme Three Angels est un merveilleux ajout à Encounter Bible. Il aligne et renforce la progression de la compréhension de la nature et du dessein de Dieu pour ses disciples. Ce programme a été conçu pour être flexible et pour offrir aux professeurs de nombreuses options d’utilisation du matériel. On peut l’utiliser en conjonction directe avec les leçons Encounter Bible, en tant qu’unités séparées avant ou après les leçons, ou en tant qu’unités de transition avant de passer à la leçon suivante. Pourquoi avez-vous approuvé et adopté ce programme d’études ? LS : La Division nord-américaine s’est engagée à fournir des ressources nettement adventistes qui promeuvent notre mission et notre vision pour nos écoles adventistes. Nous voulons que nos jeunes aient une relation constante et authentique avec Jésus. Ce programme implique les élèves dans le message biblique et promeut la foi et l’apprentissage dans une unité créative et axée sur l’élève. SB : Pour toutes les raisons énumérées dans la première réponse. Il offre des ressources supplémentaires aux enseignants ; il confirme nos croyances et renforce leur importance ; et il offre une flexibilité intentionnelle du matériel pour le professeur. Quel est votre objectif pour ce programme ? SB : Lorsque les professeurs créent et adaptent leurs leçons quotidiennes, ils sont toujours à la recherche de ressources. Nous visons donc à leur fournir du matériel d’une grande qualité. Souhaitez-vous ajouter quelque chose ? LS : Les unités de l’école primaire et du secondaire sont spécifiquement conçues pour compléter le programme de langues. Les élèves sont engagés dans une unité intégrée basée sur le message des trois anges. Ils seront aussi impliqués dans l’art, l’histoire, la lecture, l’écriture, et les mathématiques. Chaque niveau est très stimulant, et adapté au développement de l’élève. AdventistWorld.org Mars 2021

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Que s’est-il passé à Las Vegas ?

L « Je vais vous raconter… » DICK DUERKSEN

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’avion de Monte doit s’envoler de l’aéroport de Las Vegas à 15 h 30. Avec les restrictions liées à la COVID-19, la masse de voyageurs attendant de prendre l’avion, et le trafic intense de cette ville, il est bien déterminé à être en avance. Très en avance. Sauf que c’est particulièrement difficile de l’être parce que le centre de retour des voitures de location se trouve à environ 5 kilomètres de l’aéroport. « Soyez ici au moins deux heures à l’avance », lit-on sur le panneau. Monte obéit. Il arrive trois heures à l’avance, rend son utilitaire Nissan noir aux gens sympas du comptoir de location, et s’installe dans le bus qui fait la navette jusqu’à l’aéroport. Il est soulagé et heureux d’être arrivé à l’heure. Il a fait bon voyage – pas dans la ville de Las Vegas, mais dans les montagnes qui l’entourent, où il a enregistré une nouvelle série d’évangélisation pour les Amérindiens. Dans ces vidéos, il les encourage à faire confiance à Dieu pour obtenir des réponses sur la façon de vivre dans ce monde perdu. Maintenant, il ne se concentre plus sur les émissions. Il ne pense qu’à trouver le bon comptoir, à enregistrer ses bagages, à passer le point de contrôle de sécurité sans problème, et à monter dans l’avion… à l’heure ! Au comptoir d’enregistrement, il cherche son permis de conduire… en vain. La terreur s’empare de lui. Son portefeuille a disparu ! « Il fallait absolument que je trouve mon portefeuille. Il contenait 300 dollars améri-

cains et toutes mes cartes de crédit. Il fallait vraiment que je le trouve ! Je l’ai cherché dans tous mes bagages. Finalement, je me suis rappelé : je l’avais glissé dans la boîte à gants de la voiture de location. Oh, non ! » *** L’agente de la compagnie aérienne demande à Monte son passeport, enregistre ses bagages, puis lui remet sa carte d’embarquement. « Vous avez 1 heure et 40 minutes, lui dit-elle. Ça vous donne juste le temps de reprendre la navette et de voir ce que vous pouvez faire. » Monte se précipite sur le trottoir et attend avec impatience la navette qui le conduira à la succursale de location. La voilà enfin ! Tout prend, on dirait, une éternité : les passagers qui descendent du bus, puis ceux qui montent dans le bus, les bagages à déposer dans la soute… et enfin, le trajet vers la succursale Avis à la vitesse d’un escargot en perte de vitesse. Lorsque le bus arrive finalement à la succursale, Monte s’arrange pour être le premier passager à descendre. « Tu sais comment c’est quand on est pressé ? » Monte a des sueurs froides rien qu’à en parler. « Il y a toujours 10 personnes devant toi ! » Une représentante se rend compte de sa détresse et lui demande si elle peut l’aider. « J’ai un gros problème. J’ai laissé mon portefeuille dans la boîte à gants de ma voiture de location, s’écrie Monte d’un ton Photo : Skitterphoto


désespéré. Et je ne peux pas manquer mon vol. « Quel type de voiture avez-vous loué ? » demanda-t-elle. « Un utilitaire noir. De marque Nissan, je crois. » « Ça n’aidera pas beaucoup. Ici, on parle d’une rotation de 300 voitures toutes les heures, répond-elle en fronçant les sourcils. La vôtre a probablement déjà été nettoyée et garée. Je doute de pouvoir faire le tour assez vite pour vous aider. » Ses paroles ne présagent rien de bon. Monte, c’est sûr, va rater son vol. La représentante file vers une des voitures de location. « Ça ne sera pas du gâteau », lance-t-elle à Monte alors qu’elle monte dans une voiture. Elle préfère ne pas lui donner le moindre espoir. Puis elle se rend à toute vitesse au centre de lavage et de nettoyage. Là, sur le trottoir, Monte attend son retour. Il comprend très bien que ça ne sera pas du gâteau et rumine déjà dans sa tête les conséquences inacceptables. *** À son retour, la représentante baisse la vitre de la voiture et lui demande si le véhicule qu’il a loué avait une particularité quelconque. « Je pense qu’il avait une plaque d’immatriculation de l’Arizona, mais je n’en suis pas vraiment sûr », répond Monte. « J’ai vérifié plus d’une dizaine d’utilitaires Nissan noirs au cours de la dernière heure. Le vôtre a peut-être déjà été loué. » Elle fronce à nouveau les sourcils. « Ce n’était qu’un modèle utilitaire de Nissan de base, dit Monte en repassant les images dans son esprit. Et j’ai mis le portefeuille dans la boîte à gants, pas entre les sièges. » Étonnamment, elle répond : « Je vais réessayer », et retourne au parking des voitures. « Tout à coup, je me suis souvenu que je n’avais pas prié, raconte Monte. Pourtant, j’avais passé toute la semaine à enregistrer des émissions où j’explique comment on peut parler de n’importe quoi à Dieu – même des petites choses. Mais j’étais tellement occupé à essayer de résoudre ce problème moi-même que j’en avais oublié de demander à Dieu de s’en charger. »

Sa prière est simple, directe, et commence par des excuses. « Mon Dieu, je suis désolé. J’aurais dû te consulter en premier au lieu d’essayer de me débrouiller tout seul. J’ai fait tout ce que j’ai pu ! Maintenant, je remets tout ça entre tes mains. Il y a une gentille femme qui court d’un utilitaire à l’autre pour trouver mon portefeuille. Il ne faut pas que je rate ce vol. Avec mon passeport, je vais pouvoir rentrer chez moi. Mais, si c’est ta volonté, aide cette femme à retrouver rapidement mon portefeuille. Et quoi que tu décides, j’en accepterai le résultat. » Sa prière élimine son stress. Il se détend. Il remplace son froncement de sourcils par un sourire. Le problème est entre les mains de Dieu maintenant. Quoi que Dieu choisisse de faire à ce sujet, Monte dit « amen ». Il attend, et souhaite pouvoir ralentir sa montre. Finalement, 45 minutes seulement avant l’heure d’embarquement, une voiture arrive en trombe. « J’ai pensé que vous seriez heureux de recevoir ceci », dit la représentante en lui tendant son portefeuille intact. À ces mots, Monte sent son cœur s’arrêter un instant. C’est ce que Dieu nous dit constamment, pense-t-il. On ne peut rien faire pour mériter son salut. Tout ce qu’on peut faire, c’est le recevoir comme un don. Monte remercie humblement la représentante et se précipite vers la navette. À peine est-il monté qu’elle part pour le terminal ! En chemin, il n’y a que des feux verts. À l’aéroport, il passe le point de contrôle de sécurité en un rien de temps. Quelques instants plus tard, Monte, assis dans un siège de la rangée 24C, écoute un agent de bord donner les instructions de décollage. À vrai dire, il n’entend pas un mot de ce qu’il dit, car il est en pleine prière d’action de grâces au Dieu qui aime que nous lui demandions son aide. Il loue le Seigneur qui nous enseigne à lui faire confiance en ce qui concerne les réponses que nous ne pouvons recevoir que de lui. « Tu vois, conclut Monte, même ce qui se passe à Las Vegas compte pour Dieu. »

Éditeur Adventist World est une revue internationale de l’Église adventiste du septième jour. La Division Asie-Pacifique Nord de la Conférence générale des adventistes du septième jour en est l’éditeur. Éditeur exécutif/Directeur de Adventist Review Ministries Bill Knott Directeur international de la publication Hong, Myung Kwan Comité de coordination de Adventist World Si Young Kim, président ; Yukata Inada ; Joel Tompkins ; Hong, Myung Kwan ; Han, Suk Hee ; Lyu, Dong Jin Rédacteurs en chef adjoints/Directeurs, Adventist Review Ministries Lael Caesar, Gerald Klingbeil, Greg Scott Rédacteurs basés à Silver Spring, au Maryland (États-Unis) Sandra Blackmer, Stephen Chavez, Wilona Karimabadi Rédacteurs basés à Séoul, en Corée Hong, Myung Kwan ; Park, Jae Man ; Kim, Hyo-Jun Gestionnaire de la plateformes numérique Gabriel Begle Gestionnaire des opérations Merle Poirier Coordinatrice de l’évaluation éditoriale Marvene Thorpe-Baptiste Rédacteurs extraordinaires/Conseillers Mark A. Finley, John M. Fowler, E. Edward Zinke Directrice financière Kimberly Brown Coordinatrice de la distribution Sharon Tennyson Conseil d’administration Si Young Kim, président ; Bill Knott, secrétaire ; Hong, Myung Kwan; Karnik Doukmetzian ; Han, Suk Hee ; Yutaka Inada ; Gerald A. Klingbeil ; Joel Tompkins ; Ray Wahlen ; membres d’office : Juan Prestol-Puesán ; G. T. Ng ; Ted N. C. Wilson Direction artistique et design Types & Symbols Aux auteurs : Nous acceptons les manuscrits non sollicités. Adressez toute correspondance rédactionnelle au 12501 Old Columbia Pike, Silver Spring MD 20904-6600, U.S.A. Numéro de fax de la rédaction : (301) 680-6638 Courriel : worldeditor@gc.adventist.org Site Web : www.adventistworld.org Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910 (LSG). Avec Num. Strongs pour Grec et Hébreu. Texte libre de droits sauf pour les Strong. © Timnathserah Inc., - Canada Adventist World paraît chaque mois et est imprimé simultanément dans les pays suivants : Corée, Brésil, Indonésie, Australie, Allemagne, Autriche, Argentine, Mexique, Afrique du Sud, États-Unis d’Amérique Vol. 17, n° 3

Dick Duerksen, pasteur et conteur, habite à Portland, en Oregon, aux États-Unis.

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Place aux jeunes

Deux par deux A

vez-vous déjà remarqué comment un enfant s’approche d’un autre et lui demande : « Veux-tu être mon ami ? » Certaines des meilleures amitiés commencent par cette simple question. Ayant vu Jésus faire de nombreux miracles, les disciples avaient une bonne idée de la façon dont il abordait les gens. Maintenant ils étaient prêts, semblait-il, à voler de leurs propres ailes. Jésus les envoya « deux par deux » pour qu’ils préparent le chemin des endroits qu’il allait visiter (Lc 10.1, S21). Sachant qu’ils allaient être confrontés à de nombreux dangers, il leur donna des conseils qui sont toujours valables pour nous aujourd’hui. Lors de son ministère terrestre, Jésus a fait des miracles aussi nombreux qu’étonnants. Il continue à œuvrer dans notre monde par son Esprit. Nous l’avons vu agir parmi nous, nous donner de la force dans les moments difficiles et déconcertants. Jésus a dit à ses disciples d’aller deux par deux. Nous aussi, nous avons reçu l’ordre d’aller partager la bonne nouvelle. Et nous avons découvert de nombreuses façons de le faire, notamment lors du confinement dû à une pandémie qui fait rage. Cependant, quel que soit notre isolement, nous ne sommes jamais seuls. Il est intéressant de noter que Jésus a envoyé ses disciples deux par deux. Ellen White nous dit que dans sa mission, le Sauveur visait, entre autres, à montrer son amour immuable pour les Samaritains*. Au cours de son ministère, Jésus a pris le temps d’aider de nombreux Samaritains, et maintenant les fruits étaient mûrs, sur le point d’être récoltés. Bien qu’aujourd’hui nous ne marchions pas sur ces chemins spécifiques, nous sommes encore appelés à précéder Jésus et à manifester son amour à ceux qui, bien souvent, sont négligés, oubliés, ou même

Commençons à faire ainsi en suivant sa méthode et en allant deux par deux.

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détestés. Commençons à faire ainsi en suivant sa méthode et en allant deux par deux. Je me souviens combien il a été encourageant de rendre visite aux gens avec l’un de mes amis pour donner des études bibliques. Quand l’un de nous se sentait fatigué, l’autre prenait la parole. Pendant cette pause, il priait pour que l’autre prononce des paroles appropriées et pour que le Saint-Esprit agisse. Lorsque nous nous sentions découragés ou que nous nous heurtions à un rejet ou à de l’indifférence, il était plus facile de partager le fardeau et de surmonter les choses ensemble. Une fois par semaine, j’avais l’habitude de me lever très tôt pour aller chez une partenaire de prière. Nous priions ensemble au sujet de certains des défis et luttes auxquels nous ou d’autres membres de notre cercle d’amis étaient confrontés. Avec une autre, je priais pour différents projets de la fenêtre 10/40. Une autre amie encore et moi aimions lire ensemble chaque sabbat, juste avant le coucher du soleil, et chanter quelques cantiques. Nous avions commencé cette « tradition » des années plus tôt. Enfin, j’ai fait partie de petits groupes d’étude de la Bible qui se rencontraient chaque semaine. Chaque groupe avait un objectif d’étude différent. L’un étudiait les prophéties de la Bible, l’autre lisait le livre Jésus-Christ, et le troisième se focalisait sur l’Évangile de Jean. Nous avons également pris plaisir à développer des projets missionnaires pour notre propre communauté. Il existe de nombreuses façons de profiter de la communion fraternelle, même à distance ou en ligne, et de précéder Jésus – deux par deux. Pourquoi ne pas approcher l’un de vos amis ce mois-ci et lui demander : « Veux-tu être mon partenaire missionnaire ? » * Voir Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 482-492.

Carolina Ramos étudie la traduction, l’enseignement de l’anglais, et l’éducation musicale à l’Université adventiste de la Plata, en Argentine.


Méditation

La boîte à lunch Une leçon qu’on ne peut oublier

I

l m’arrive parfois de me rappeler de moments de ma vie qui m’ont appris une leçon. Voici un événement, une histoire qui m’a appris une importante leçon que j’honore encore aujourd’hui. Les leçons les plus précieuses que l’on apprend sont souvent celles où l’on tient soi-même un rôle dans l’histoire de laquelle se dégage la leçon. Enfant, je fréquente une école primaire adventiste à Porto Rico, dans les Caraïbes. Cette petite école n’a pas de cafétéria. Les enfants ont deux options : déjeuner chez eux ou apporter leur déjeuner à l’école. Chaque matin, ma mère prépare mon déjeuner et le dépose dans ma boîte à lunch. Comme je suis une enfant timide, je mange seule. Bientôt, je remarque que certains enfants n’ont pas de boîte à lunch et ne rentrent pas chez eux pour déjeuner. Pendant cette période, ils jouent dehors. Au milieu de l’année scolaire, une nouvelle élève arrive. À l’heure du déjeuner, elle reste toujours seule et colorie. Un jour, je décide de m’asseoir à côté d’elle. Au milieu de la matinée, j’entends clairement un drôle de bruit : l’estomac de cette fille gargouille – elle a faim ! Embarrassée, elle se détourne et appuie sur son ventre pour faire cesser ce bruit. Je jette un coup d’œil sur ma boîte à lunch, puis tente de repérer la sienne. Elle n’en a pas. À partir de ce jour-là, je partage mon déjeuner avec elle. Ces derniers mois, alors que j’étais témoin d’une telle misère dans mon propre quartier, j’ai souvent repensé à cette expérience. En raison de la COVID-19, j’ai vu des gens souffrir de la faim. La pandémie a privé de nombreuses personnes de nourriture. Les boîtes à lunch sont vides, et les estomacs gargouillent. Le temps et les ressources disponibles doivent être partagés. Un ami m’a informée qu’on avait grand besoin de bénévoles dans une chaîne de distribution de nourriture, pour servir une communauté affamée dans le sud de la Californie, aux États-Unis. Je me suis donc portée volontaire. La journée commence tôt. Les bénévoles, debout derrière différentes tables, ont transformé un stationnement en banque alimentaire. Les boîtes remplies sont livrées aux véhicules qui arrivent, ou remises à des personnes prêtes à porter ces précieuses denrées sur leurs épaules. Gens et voitures se mettent à affluer dans le stationnement. Les bénévoles répètent inlassablement leurs salutations et leurs questions : « Combien de personnes habitent avec vous ? Avez-vous des enfants ? » L’info obtenue permet de déterminer quels autres articles seront ajoutés dans les boîtes de nourriture : des légumes frais, du jus, du lait, et plus encore. Alors que nous remplissons des cartons, la bénévole à côté de moi chante. En dépit du masque qu’elle porte, on entend clairement les paroles : « Des pains et des poissons, mon Dieu… Nourris ton peuple avec des pains et des poissons, et bénis-nous… » Je ne connais pas cette chanson, mais je vois bien que d’une manière ou d’une autre, Dieu a permis que cette femme

Photo : Jovanmandic / iStock / Getty Images Plus / Getty Images

fasse une expérience dans sa vie – une expérience qui l’a aidée à se rappeler une leçon apprise : Aimez-vous les uns les autres, sachez qui prendra soin de vous à cette heure. Des pains et des poissons… Cette boîte à lunch-là, on ne peut l’oublier. Ce repas témoigne de l’attention et de la compassion. Il faut enseigner de telles leçons aux générations futures. Les Écritures nous disent combien Jésus était sensible aux besoins de la foule ; elles soulignent sa capacité et sa volonté de procurer de la nourriture aux affamés, et d’établir un précédent en vue du service futur envers nos semblables : « Ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? Il disait cela pour l’éprouver, car il savait ce qu’il allait faire. » (Jn 6.5,6) Jésus le savait déjà ! Il fallait qu’il nous l’enseigne. Maintenant, nous savons. Nous devons nous entraider. C’est impératif. Pour exercer la bonté envers les autres, pour faire preuve les uns envers les autres de compassion, nous devons d’abord prendre conscience du besoin d’autrui. À une époque de faim physique et spirituelle, nous sommes appelés, en tant que chrétiens, à nous souvenir ; nous sommes appelés à participer et à partager les leçons que nous avons reçues. « Des pains et des poissons, mon Dieu… Nourris ton peuple avec des pains et des poissons que tu bénis… »

Dixil Rodríguez s’est jointe récemment à Adventist World en tant que rédactrice adjointe, après avoir servi en tant que professeur universitaire et aumônière en milieu hospitalier. AdventistWorld.org Mars 2021

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3 avril 2021 3 juillet 2021 2 octobre 2021 1er janvier 2022

JOURS DE PRIÈRE ET DE JEÛNE DE L’ÉGLISE MONDIALE

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Réveil & RÉFORME

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