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nature et jardins

La végétation méditerranéenne, entre

Adrien Dussouchet, 4eme année

.1.


INTRODUCTION Ce carnet présente tout d’abord les caractéristiques du milieu méditerranéen, dans le but de mieux comprendre la végétation qui s’y développe. Une première partie traite de la végétation dite spontanée, à travers la présentation d’espaces protégés ou sujets à la conservation dans la région étudiée. Nous verrons ainsi la relation qu’entretiennent la végétation, le climat et l’ Homme dans ces milieux naturels particuliers. Grâce à la douceur du climat de la Côte d’Azur, associée à la volonté de l’Homme de créer un paysage singulier et riche à la fois ( en particulier depuis le XIXème siècle), les plantes exotiques introduites en méditerranée se sont petit à petit intégrées au vocabulaire du paysage local, à tel point qu’on les dit aujourd’hui « naturalisées ». La seconde partie de ce carnet de voyage en présente les emblèmes, les palmiers, et décrit différentes structures accueillant ces végétaux acclimatés. Par ailleurs, nous discuterons des enjeux, avantages et défauts de ces organismes.


SOMMAIRE Le milieu méditerranéen

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La conservation du patrimoine végétal de la côte d'azur

.14.

. le climat méditerranéen . La Côte d’Azur . Les séries de végétations

. Le massif d'Esterel . Le Mont Vinaigrier . La Grande Corniche

Les plantes introduites : patrimoine exotique ? . . . . .

.28.

Les pamliers Le jardin d'expérimentation de la villa Thuret Serre de la Madone : l'influence anglaise Les Cèdres : la collection, le prestige et ses inconvénients Hanbury : jardin botanique de la Riviera

. Conclusion

. Bibliographie

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.3.


LE MILIEU Mediterranneen

Le climat méditerranéen

La chaleur et la sécheresse de l’été, l’irrégularité des précipitations de l’automne et la douceur de l’hiver sont caractéristiques des régions de type méditerranéen. Le gel est assez rare, la nébulosité peu élevée et l’insolation importante. Les vents locaux, liés à la présence de couloirs et de reliefs montagneux, sont nombreux et assez violents : le mistral en Provence-Alpes Côte d’Azur, la tramontane en Languedoc-Roussillon ou la bora sur les côtes dalmates. Les précipitations sont d’une grande irrégularité selon les années  ; des averses, nombreuses et violentes, provoquent parfois des crues subites des cours d’eau, pouvant entraîner des inondations dramatiques.


s

Le climat méditerranéen s’étend sur une frange plus ou moins large, dans les régions entourant la Méditerranée : la péninsule Ibérique (sauf sur le littoral nord atlantique)  ; le Midi de la France, c’est-à-dire le Roussillon, le Languedoc, la vallée du Rhône jusqu’au défilé de Donzère, la Provence et la Côte d’Azur ; l’Italie (à l’exception de l’Apennin central, de la plaine du Pô et des Alpes) ; le littoral dalmate ; l’Albanie ; la Grèce ; la Turquie ; le littoral d’Asie Mineure et du Levant et le Maghreb. Ce type de climat s’étend également sur les franges littorales de la Californie, du Chili et sur les régions méridionales de l’Afrique et de l’Australie. Toutes ces zones (hormis l’Australie) sont effleurées par un courant assez froid, qui tempère les températures estivales excessives. « Parmi les biomes terrestres constituant la biosphère, en climat tempéré, le biome: forêts, bois et brousailles méditerranéenne, ou forêts sclérophylles comprend, selon la localisation géographique, les formations végétales de type maquis, garrigue, bush, fynbos, matorral, chaparral. Ces formations végétales présentent des similitudes physionomiques et adaptatives, bien que les cortèges floristiques soient très différents. Un fort taux d’endémisme se retrouve souvent dans ces écorégions. » (Milieu méditerranéen, côte d’Azur, Esterel, polycopier ENSNP)

ou

: rce

cf b

ibliographi

e

.5.


LE MILIEU Mediterranneen

En fonction de la pluviométrie (durée de la sécheresse estivale notamment), le climat méditerranéen présente donc des nuances régionales : type californien, portugais, subméditerranéen, etc. Les précipitations représentent un des aspects capital du climat méditerranéen. Les épisodes pluvieux sont très intenses durant l’hiver et le printemps (maximum en décembre-janvier), mais ils sont quasi inexistants pendant la saison estivale, en particulier en juillet et en août. Si les ces précipitations sont souvent abondantes, elles se concentrent en revanche sur des périodes très brèves. Il arrive même qu’il ne pleuve pas pendant deux ou trois mois. Les plantes sont généralement adaptés à survivre dans des conditions extrêmes, parfois même aux incendies, très fréquents du fait de la sécheresse. Les limites de son aire d’extension correspondent à peu près à celles de deux espèces végétales typiques de ce milieu : l’olivier et le chêne vert.

aire de répartition du chêne vert (FRANCE)

source: www.nancy.inra.fr

ensoleillement (2007)

jours de pluie/an (2006)


source: Le jardin méditerranéen, A.Colmbo

précipitations mensuelles dans diverses villes méditerranéennes

aus Olea europe

.7.


LE MILIEU Mediterranneen

LA COTE D 'AZUR

La Côte d’Azur est la partie du littoral méditerranéen français qui pour les géographes est délimitée à l’ouest par la ville varoise de Hyères (et par les îles d’Hyères, limite sud de la région PACA), à l’est par Menton (à la frontière italienne) et au Nord par «l’ascension» des alpes du Sud. Elle couvre le département des AlpesMaritimes dans son entier. Atteinte de longue date par la marbellisation, la région est fortement urbanisée en bordure du littoral pour répondre à l’attrait touristique, l’arrière-pays étant plus souvent préservé. source: www.france-voyage.com

region Provence-Alpes-Cote d'Azur


LE RELIEF Mont Lozère Mont aigoual

Vallée de la Durance

Gorges de l’Ardèche

Rhône

Luberon

plateau de Canjouers

NICE Esterel Maures AVIGNON

Ste Baume MARSEILLE Montagne Ste Victoire

Toulon

source: Milieu méditerranéen, côte d’Azur, Esterel, polycopier ENSNP

La côte méditerranéenne présente une grande diversité de reliefs. Souvent rocheuse, elle est très découpée autour de Toulon et au pied des Maures. La côte de l’Esterel est au contraire faite d’abrupts et parsemée de minuscules îlots. La Corniche d’Or, qui surplombe la mer, est réputée pour la vue qu’elle offre. Quant à la côte autour d’Antibes, elle s’ouvre en larges baies, avec pour seule saillie le cap d’Antibes. Enfin, la Riviera s’étend de Nice à Menton, là où les Préalpes se jettent directement dans la mer. L’arrière-pays, est tout aussi divers. Plusieurs massifs très anciens s’élèvent juste derrière le littoral: le massif de Ste Baume (1147m), celui des Maures (779m), et celui d’Esterel (618m). Vers l’Ouest, les plans de Provence forment un vaste plateau accidenté. Plus au Nord, les Préalpes de Castellane, de Grasse et de Nice atteignent jusqu’à 1600m d’altitude. Enfin, au nord-est dominent les Alpes méditerranéenes et le Mercantour, compartimentés par les nombreux cours d’eau qui les traversent: Verdon, Var, Tinée, Vésubie, Roya. .9.


LE MILIEU Mediterranneen

Les séries de végétations (DONNéES théoriques sur la végétation spontanée adaptée au climat de la région méditerranéenne, qui peut etre classée en formations très caractéristiques. )

La chenaie verte Symbole de la région méditerranéenne, cette végétation est composée en grande partie, d’essences à feuilles persistantes, qui profitent pleinement de l’ensoleillement du printemps, après le repos hivernal et avant la saison sèche ralentissant l’activité. D’une amplitude plus importante que la végétation associée au chêne liège, la chenaie verte couvre une grande partie des collines et petit massifs de la région (jusqu’à 800m d’altitude). Cette formation dispose d’une très bonne résistance à la sécheresse du sol et s’accomode de terrains calcifuges comme siliceux.

LES ARBRES : Quercus ilex (arbre dominant), Pinus halapensis, Pinus pinaster LES ARBUSTES : Viburnum, Filaria, Pistacia vera LES ARBRISSEAUX ET HERBACéES : Ruscus aculeatus, Rubia perigrina, euphorbia chariacas


La chenaie blanche Situé entre 800 et 1200 mètres sur les versants frais, ce peuplement s’avère très répandu dans la région, en caractérisant les milieux méso et supra-méditerrannéen. Principalement composée d’essences arborescentes ou arbustives à feuilles caduques, la chênaie blanche présente des aspects différents selon les saisons. La chute des feuilles en automne permet un bon éclairement des sous-bois, ce qui favorise le développement d’une végétation variée et un printemps riche en floraisons.

LES ARBRES : Quercus alba (dominant), Acer monspessulanum, Acer campestre, Sorbus aria, Roinia pseudoaccacia, Sorbus aucuparia

LES ARBUSTES : Buxus sempervirens, Corylus avelana, Prunus spinosa, Juniperus communis, Ligustrum LES ARBRISSEAUX ET HERBACéES : Lavandula officinalis, Satureja montana, Polygonatum, Digitalis lutea, Buglosoides .11.


LE MILIEU Mediterranneen

Forêts de résineux Les résineux colonisent chacune des séries de la végétation méditerranéenne. On observe qu’à chaque étage correspondent certains d’entre eux: -étage méditerranéen : Pinus halapensis, Pinus pinaster, Pinus pinea -étage collinéen : Cedrus, Pinus nigra -étage montagnard : Pinus sylvestris, Picea -étage subalpin: Larix Qelle que soit notre avis sur la chose, les résineux font désormais partie intégrante du payage végétal français. En effet, on les voit souvent imposer leur tracé géométrique au moindre point de vue sur le grand paysage.

Les résineux de la région constituent de belles futaie, atteignant 10 à 20 mètres de haut selon les essences. La plupart d’entre elles ont été introduites lors de reboisements : mélèze, cèdre, pin maritime... Il s’agit souvent en effet de forêts de remplacement qui se sont substituées aux forêts originelles.


Maquis et garrigue Ces deux formations végétales constituent des stades de végétations précédant la forêt ou résultant de sa dégradation. Ainsi; de grandes étendues de garrigues remplacent d’anciennes forêts, détruites par la surexploitation ou par les incendies. C’est la composition de la roche mère qui détermine la nature de la végétation qui va recoloniser ces sols dénudés et appauvris. La garrigue se trouve en terrains calcaires, le maquis sur des sols siliceux. D’allures bien différentes, ces deux formations sont toutefois composées de plantes qui présentent les même caractéristiques d’adaptation à la sécheresse: -un port peu élevé -des feuilles coriaces ou de

petite taille pour limiter les pertes en transpiration . Elles peuvent être enroulées sur ellesmêmes (Rosmarinus), en aiguille (Juniperus), couvertes d’une cuticule épaisse (Rhamnus), ou microscopiques comme chez les bruyères et calunes(cf adaptations à la sécheresse p. ). -un enracinement très profond -des fleurs et des feuilles dans lesquelles se concentrent les huiles essentielles (Lavandula officinalis).

Iberis amara (maquis)

PLANTES DE LA GARRIGUE ARBRES : Aucun, parfois quelques chênes vert ou pins d’alep ARBUSTES : Phyllerea, Rhamnus ARBRISSEAUX ET HERBACées : Thymus, lavandula, Rosmarinus officinalis, Cistus alba, Linum, Buglosoides, Cistus salviifolius

PLANTES DU MAQUIS ARBRES : Aucun, parfois quelques chênes liège, pins d’alep ou maritime ARBUSTES : Arbutus unedo, Erica scopa, Calluna vulgaris ARBRISSEAUX ET HERBACées : Cistus monspeliensis, Cistus salviifolius

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conservation du patrimoine vegetal

le massif d'Esterel

L’Esterel


La naissance du  massif de l’Estérel remonte à l’ère primaire, il y a 280 millions d’années (PERMIEN). Lors d’un mouvement de plaques ( résultat de l’ondulation est-ouest (soulèvement alpin) à l’origine de la formation du massif des Maures), le socle primaire s’est effondré, créant des fissures à travers lesquelles la lave a surgi, et donnant ainsi naissance à cette roche pourpre. Il s’agit d’une formation Rhyolitique constituée de quartz, de micas et de feldspath, résultant d’un phénomène d’aérosol (clivage verticaux (est) et couches ou strates de roche abrasive avec inclusion de magma (ouest)). Le massif représente 30 000 hectares séparés en deux par la vallée du Réran, cours d’eau qui alimente le barrage de Malpasset, là où a c’est mal passé en 1952. 6 083 hectares sont gérée par l’ONF, la forêt domainiale étant enserrée entre une urbanisation très dense, l’autoroute et la méditerranée. Avec l’aide financière du Conseil général des Alpes-Maritimes, le Conservatoire du Littoral a quant à lui acquis en 1997 et 1998, un domaine de 700 hectares d’espaces naturels littoraux, en vue d’en assurer la protection définitive. Il constitue l’extrémité est du massif de l’Estérel, sur les commune de Théoule-sur-Mer et Mandelieu-La Napoule. Les versants du massifs sont tantôt recouverts de plantations pins maritimes aux formes géométriques, tantôt laissés à la végétation naturelle. La végétation: Famille dominante: CISTACEAE, ERICACEAE 1ère strate: tapis herbacé: fétuque, ciste cotonneux, ciste de Montpellier (équilibre sa transpiration en fonction de la température extérieure), orchidée, calycotone épineux, brachipode 2ème strate: Aster à feuilles de sédum, immortelle d’Italie, filaire à feuille étroite, lavande stoeuchas, erica scoparia et arborea, caluna vulgaris, euphorbe épineuse, daphne ridium, phyllerea angustifolia. 3ème strate: arbutus unedo, chêne vert et liège.

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conservation du patrimoine vegetal

Erosion du terrain et Incendie L’exploitation excessive de l’homme, les incendies, les coupes aveugles ont pour conséquence la disparition progressive de la végétation méditerranéenne. Si la zone est pentue et que l’on observe d’abondantes précipitations, le terrain sera sujet à des phénomènes d’érosion puissant: effondrements ou éboulements. La dégradation de la végétation peut aussi entraîner l’érosion du terrain qui n’est plus retenu par les réseaux racinaires. Il devient alors extrêmement difficile et onéreux de rééquilibrer la situation en replantant des végétaux. En été, les risques sont renforcés par le manque de précipitations, le dessèchement de la flore, l’action des vents dominants, la forte combustibilité des végétaux, mais aussi très souvent par le manque de vigilance de l’homme. Il n’y a pas si longtemps, le feu était pour le berger provençal un moyen de préserver une strate herbacée nourricière en empêchant l’installation de la végétation arborée sur les zones de pâtures. Les bergers se faisant rares, les pâtures s’embroussaillent, se lignifient et deviennent fortement combustibles (massifs de genêts et de ciste, colonisation du mimosa). L’ensemble de ces facteurs favorisent donc la propagation des incendies. Certaines espèces indigènes sont adaptées morphologiquement à ces conditions extrêmes. Si la partie aérienne de ces plantes est détruite par le passage du feu, la partie hypogée de certaines d’entres elles y survie et, dès que les conditions le permettent, développent des rejets qui très vite reconstituent une couronne sur ces individus (Arbutus unedo). Le chêne liège est lui protégé par son écorce. D’autres plantes comme le Cistus albidus possède un tégument épais autour de la graine, la protégeant, et permettant donc une régénération après le passage du feu.

tégument

Cistus albidus


L' impact paysager des incendies et les moyens mise en oeuvre Le massif est traversé par des pistes créées pour faciliter l’intervention des pompiers en cas d’incendies. Elles ont été tracé en fonction des vents dominants pour un accès sécurisé lors de la propagation du feu. De même, la mise en place de tranchées par-feu ainsi que d’une multitude de citernes en de nombreux points stratégiques du massif, garantissent une plus grande efficacité quant au programme de lutte contre les incendies.

Malgré les moyens mis en oeuvre, les incendies ravagent encore des centaines d’hectares et donnent au paysage une allure chaotique. L’ONF tente de limiter l’impact visuel de ces incendies en développent une stratégie dite de fascinage. Cette technique consiste à replanter des arbres ou branchages secs ou vivants en suivant la topographie du terrain (courbe de niveaux), de sorte à limiter l’érosion du terrain. Des missions de gommage paysager sont aussi organisées afin d’abattre les arbres calcinés sur les crêtes (action subventionnée).De même le personnel de l’ONF pratique parfois encore le recépage de chênes lièges (taille du forestier*) de sorte à diriger le développement de la forêt future. C’est sur les espèces dont les caractéristiques morphologiques permettent une régénération, que les rejets sont taillés de sorte à concentrer la sève sur le tronc (tire-sève). * taille d'un rameau....................d'une branche 2daire.......et principale

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conservation du patrimoine vegetal

La vegetation: un cortège floristique acidiphile

Abrutus unedo

Cistus salviifolius caluna vulgaris Cistus alba

Quercus suber Cistus monspeliensis phyllerea angustifolia

erica scoparia

Iberis amara


Sylviculture et plantes invasives L'exemple du Mimosa ( Acacia dealbata ) Originaire d'Australie, cette variété d'acacia a été introduite en 1864 à Cannes, puis en 1875 dans le massif de l'Esterel, avant de se répandre sur le littoral varois. Utilisé en horticulture et en parfumerie, le mimosa est au coeur d'une activité économique importante dans le massif du Tanneron, où il est cultivé sur 350 ha dans une soixantaine d'exploitations. Il est exporté à 80 % vers les Pays-Bas, les Etats-Unis et le Canada. Cette plante illustre bien les contraintes liées à l’introduction d’espèces exotiques «trop bien» adaptées au milieu colonisé et non concurrencées. Elle doit son pouvoir colonisateur à sa parfaite adaptation aux conditions climatiques du milieu méditerranéen, et à sa grande capacité de reproduction, végétative ou par semis. Sa propension invasive a des conséquences désastreuses sur l'écosystème local. Le mimosa forme des forêts inextricables en profitant de tout espace dégagé. Par l’action du feu ou de pluies torrentielles pouvant éliminer le couvert existant, le mimosa colonise rapidement de nouvelles surfaces. Il s’installe tout d’abord à partir de graines ou de rejets, qui croissent ensuite très vite à la lumière. Face a cette concurrence, la végétation indigène, nourricière de la faune locale, disparaît peu à peu. Outre l’appauvrissement de l’écosystème, cette plante constitue un facteur aggravant des risques d’incendie de forêt. C'est une espèce qui épuise les sols en pompant énormément d'eau, notamment dans les combes et les vallons. De plus le mimosa sèche facilement quand il a subi le gel où les fortes sécheresses. Enfin, il dégage en été beaucoup d'essences inflammables. De plus, la formation se régénère très rapidement par le rejet des racines traçantes et étendues, ainsi que par les milliers de graines stockées dans le sol, dont la germination est déclenchée.

Depuis 1995, l’ONF tente de stabiliser cette espèce dans l’Estérel. Des actions ciblées sont maintenant intégrées aux programme de gestion courante de la forêt. Des coupes d’éclairicie sont effectuées dans les boisements denses, pour encourager la réinstallation de la végétation spontanée. Les jeunes pieds isolés repérés à la floraison sont rabattus au niveau du sol. L’opération est renouvelée chaque année, jusqu’à ce que la croissance du maquis ne laisse plus passer la lumière, empêchant la repousse du jeune mimosa.

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conservation du patrimoine vegetal

le Mont Vinaigrier le Vinaigrier nice


Situé sur le territoire de la commune de Nice, surplombant la Baie des Anges et la rade de Villefranche-sur-Mer, le Domaine du Vinaigrier est la propriété du Conservatoire du Littoral ( car bien que le territoire ne soit pas en bord de mer, il existe un lien paysager avec le littoral) . Sa gestion est assurée par le Conseil Général des Alpes Maritimes. Le parc a été acquis en 1988et son aménagement a débuté en 1992 ( réhabilitation de la partie agricole du parc et adoption des mesures visant à protéger les éléments de ce paysage, caractéristique des coteaux niçois du XIXe siècle). Il a le statut de Parc Naturel Départemental «espace naturel sensible». Ces espaces sont sujets à une taxe départementale (TDENS), l’aboutissement d’une réflexion menée dès les années 1960, sur l’urbanisation des espaces naturels aux abords de Nice. L’objectif d’acquisition (pour sauvegarder de la pression foncière) est de 20 000 hectares, 3 300 ont déjà été acquis. Cette politique en matière d’urbanisme s ‘explique notamment par le manque d’espace, une problématique liée à la topographie qui prend de plus en plus d’importance en terme de communication (superposition des voies rapide et ferroviaire afin de faciliter le trafic vers l’Italie et l’Europe de l’ Est, ainsi que les flux générés par les migrations pendulaires), de gestion des espaces naturels (OIN ( Opération d’intérêt national) : protection de plaine du Var) et d’impact visuel ( urbanisation sur les crêtes, projet polder de l’aéroport qui a défigurer une vallée: carrière).

aéroport de nice

superposition des voies

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conservation du patrimoine vegetal

Le mont Vinaigrier est constitué d’un plateau calcaire d’une altitude de 370 mètres et de versants plus ou moins abrupts. Sur la partie où la pente est la plus douce, on trouve des sols plus épais où l’homme a installé des terrasses cultivables. L’exposition et la nature du sol ont favorisé la présence de trois ensembles végétaux. Encore une fois, l’eau est ici une préoccupation majeure en terme de gestion, qu’il s’agisse d’irrigation ou d’infrastructure anti-incendie (système de colonne sèche : plus efficace et moins couteux). Le domaine s’étend sur une ancienne exploitaion agricole, comme en témoigne la présence de restanques restaurées, ainsi que celle d’un système d’irrigation très particulier, lié à la nature du sous-sol. En effet, le terrain calcaire possède des cavités karstiques et une couche de marne (imperméable) à mi-hauteur sur le plateau, utilisées pour récupérer l’eau ( galerie horizontales creusée pour récupérer les eaux d’infiltration), rendue disponible par un système de norias. La partie basse, correspondant aux anciennes zones agricoles( reconstitution de verger, plantations d’amandiers), est gérée par une association de réinsertion. La partie haute, sur le plateau, est forestière (sous régime forestier: PAF: Plan d’Aménagement Forestier) et présente des forêts mixtes (pins d’Alep et chênes verts), des yeuseraies (forêts de chênes verts). Entre le deux, sur la falaise abrupte, nichés dans les anfractuosités de la roche, végètent quelques chênes verts. Juste en dessous, sur le talus, s’épanouit une forêt de frênes à fleurs, espèce relativement rare dans la région, qui fleurit de façon spectaculaire (floraison blanche) à la fin du mois de mai. Comme le sol est calcaire, nous retrouvons bien entendu des zones de garrigues. restanques


pins d’Alep plateau

chênes verts zone d’infiltration marne

falaise

nt

frênes à fleurs

talus

restanques (terrasses)

e

iss

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e lem

verger

norias .23.


conservation du patrimoine vegetal

la Grande Cor niche nice

la Grande Cor niche


Un point stratégique Né de l’orogénèse des Alpes, où plutôt du plissement géologique à l’origine des arcs de Castellane et de Nice (séparés par le Var), cet énorme plateau calcaire karstique est l’objet de convoitises depuis les celto-ligures pour ses atouts stratégiques. Au XIXe siècle, cette position stratégique remarquable du site a conduit les autorités militaires à faire bâtir des installations défensives. La route stratégique militaire de la Forna surplombe le littoral en corniche et présente des murs de soutènement ainsi que des parapets en pierre de taille caractéristiques de l’architecture militaire. L’ensemble du parc (660 hectares) est caractérisé par la nature du sol, un plateau calcaire bordé de falaises ou «baous» caractérisés par un paysage où l’eau a sculpté la roche et dégagé des formes typiques de cette érosion : grottes et gouffres (aven de la Simboula à la Revère), dolines (cuvettes de plusieurs dizaines de mètres provenant de la dissolution des roches et souvent reliées à un gouffre), lapiaz (affleurements de roches fissurées, sculptées et cannelées par les eaux). Ce parc est l’une des dernières zones possédant une végétation de garrigues caractéristique des écosystèmes littoraux des Alpes-Maritimes. On y recense 450 espèces de végétaux et 117 espèces protégées ( faune et flore) au plan national. Au sein de ce cortège calcicole, de nombreuses plantes montrent des adaptations morphologiques à la sécheresse du fait du contexte climatique et édaphique.

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conservation du patrimoine vegetal

Adaptations à la sécheresse Les conditions climatiques estivales spécifiques de la région Méditerranéenne ( températures élevées, luminosité intense, vent) provoquent une évapotranspiration très importante et rapide. Pour faire face à ces conditions, certaines plantes se ont adaptées au fil des siècles pour limiter leurs pertes en eau. Contrairement à de nombreuses espèces, leur phase de croissance se déroule surtout au printemps et entrent en dormance pendant l’été. L’eau absorbée par les racines se propage par le réseau ligneux dans toutes les autres parties de la plante pour atteindre les feuilles d’où elle est expulsée sous forme de vapeur par les stomates. Bien entendu, plus la température et la luminosité sont élevées, plus l’évaporation est importante. Le feuillage de nombreuses espèces méditerranéennes disposent d’un feuillage adaptées à ces conditions: feuilles persistantes, coriaces, vernissées, microscopiques ou épineuses. Ce sont les fameuses feuilles sclérophylles, dont le processus de photosynthèse se réalise surtout au printemps et à l’automne. Les feuilles sclérophylles réduisent leur déperdition grâce à différents mécanismes, actifs ou passifs.

Les mécanismes actifs On parle de mécanismes actifs dan le cas de plantes disposant d’un système de fermeture autonome des stomates, où étant munies de stomates situés dans les plis de l’épiderme des feuilles. Lorsque les stomates sont fermés, la photosynthèse se bloque, et ne reprend que quand les conditions le permettent. www.colvir.net


Les mécanismes passifs La couche sireuse ou les petites épines qui donnent aux feuilles une couleur blanchâtre tout en réfléchissant la lumière forment une partie des mécanismes dits passifs. Sur quelques plantes comme le chêne vert, ce sont les poils qui freinent l’évaporation de l’eau. L’agencement du feuillage est également important : les feuilles situées en périphérie donnent de l’ombre à celles qui sont à l’intérieur, ce qui permet à ces dernières de conserver une activité photosynthétique durant les mois d’été. Quelques plantes ont adopté une stratégie qui consiste à reduire la surface du limbe de la feuille en prenant des formes linéaires, lancéolées, se rapprochant parfois de l’aiguille, voire de l’épine ( 1 , 2 ). Certaines plantes aromatiques produisent des huiles essentielles qui forment une couche grasse imperméable ; en refroidissant la surface de la feuille, ces huiles réduisent la transpiration. Il arrive parfois que les feuilles soient microscopiques ou qu’elles disparaissent complètement et que la fonction chlorophylienne soit dévolue aux tiges ( 3 , 4 ). Ces dernières se transforment alors en véritable réservoirs d’eau, c’est notamment le cas des plantes succulentes( 5 ). Chez d’autres végétaux, ce sont les parties souterraines qui assurent cette fonction, comme les rhizomes, les bulbes ou les tubercules.

cortège calcicole sclérophylle ( sauf sedum)

1

Juniperus oxycedrus

2

osiris alba

3

4

Calycotome spinosa

Spartium junceum

Pistacia lentiscus*

Rhamnus alaternus*

Phyllerea latifolia*

Sedum nicaensis

* feuilles coriaces

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plantes introduites

patrimoine exotique ?

economiedistributive.free.fr


La simple expression «  jardin méditerranéen  » évoque encore pour certains des paysages inondés de soleil, des murets en pierre, le chant des cigales et des terrasses surplombant la mer. Cette évoquation est-elle fidèle au paysage contemporain du pourtour méditerranéen? Par ailleurs, est-ce légitime de penser qu’un jardin méditerranéen devrait accueillir les plantes endémiques ou indigènes au milieu du même nom, ou en d’autres termes des espèces reptrésentatives du paysage local, maquis, garrigue et steppes du Bassin? Existerait-il des jardins où l’on voit des caroubier plantés au milieu de chênes vert et liège, qui cachent myrtes et arbousiers sur de grands parterres de lavande, de romarin et de thym du coin? En réalité, l’image véhiculée par le tourisme et sa communication en ce qui concerne la Côte d’Azur se résume souvent aux avenues plantées de palmiers. Les végétaux qui constituent le paysage le plus célèbre de la Côte d’Azur ont été importés à partir du XIXème siècle. Les scènes urbaines sont ainsi totalement fabriquées, avec des plantes qu’il a été possible d’utiliser grâce au climat privilégié dont bénéficie cette zone littorale. Même si ces plantes sont aujourd’hui totalement intégrées dans la représentation que nous pouvons nous faire de la Côte d’Azur, il faut garder à l’esprit qu’elles viennent d’ailleurs, et qu’elles ont peu à peu supplanté la végétation indigène pour l’utilisation ornementale. à l’origine, les espèces exotiques étaient réservées exclusivement aux plus riches. Leur utilisation s’est progressivement démocratisée, jusqu’à denenir disponibles pour les villes. En 1830, un catalogue proposait 105 espèces de palmiers; en 1875, le catalogue des pépinières Linden en proposait 265. .29.


plantes introduites

les palmiers

Je vais ici présenter en détail les palmiers, emblèmes de la Côte d’Azur, pour ensuite aborder le sujet des structures associées à ce symbole exotique, des structures de différents types, aux enjeux et intérêts divers. En certains de ces lieux, j’ai relevé quelques plantes rencontrées lors de voyages à l’étranger.


Parmi les plantes importées, le palmier est celle qui marque le plus fortement le paysage de la côte d’Azur. Il est présent dans tous les jardins, ainsi que dans les aménagements urbains (grâce notamment à une vague d’exotisme ayant frappée la France au XIXeme siècle). Les régions qui bénéficient d’un climat méditerranéen sont propices à la culture d’un grand nombre d’espèces de palmiers, provenant de pays au climat plutôt tempéré. Ces plantes n’ont pas besoin d’une forte humidité ambiante et peuvent supporter une certaine fraîcheur hivernale (voire quelques légères gelées). Elles ont cependant besoin de chaleur pour croître correctement. Les palmiers ne sont pas exigeants quant au sol, ils peuvent pousser dans divers types de terre. Il est toutefois conseillé d’alléger un peu le terrain avec du sable. L’intégralité des espèces présentées a été observée au jardin de Thuret. A la description de chaque espèce sont ajoutés les critères d’identification.

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plantes introduites

Aspect botanique EMBRANCHEMENT DES SPERMAPHYTES (PHANÉROGAMMES) SOUS-EMBRANCHEMENT DES ANGIOSPERMES CLASSE DES MONOCOTYLÉDONES ORDRE DES ARÉCALES FAMILLE DES ARÉCACÉES La famille des Arécacées compte plus de 190 genres identifiés et 3000 espèces reconnues. Ses origines remontent à plus de 130 millions d’années. Plante spermaphyte (graines) et angiosperme (fleurs), le palmier se distingue essentiellement de l’arbre par son absence de formations secondaires (monocotylédone). Par conséquent, les palmiers n’ont ni branches, ni formations secondaires. Ils ne se développent en hauteur que lorsqu’ils ont atteint leur plus grande circonférence, qui ensuite n’évolue plus, quelle que soit l’élévation de la tige. Cette dernière, constituée par une succession de bases foliaires, ne porte pas d’écorce. A l’interieur du tronc, le coeur est constitué par une moëlle formée de faisceaux de fibres molles, alimentées par les vaisseaux du bois périphérique. Cette structure particulière a fait donner au tronc un nom qui lui est propre, le stipe.Il se termine par un très gros bourgeon apical en forme de chou, qui donne naissance aux feuilles, puis aux fleurs et aux fruits.


palme

fourreau des gaines foliaires spathe inflorescence

stipe

plantes.sauvages.free.fr

couronne

Les feuilles de palmiers ne sont pas caduques, elles persistent longtemps, desséchées et pendantes, et ne tombent que par usure du pétiole qui laisse un moignon ligneux. Ce dernier finit par disparaître, laissant un anneau, ou base foliaire, autour de la tige. Je détaillerai les différents types de feuilles dans la partie consacrée à l’identification. Les palmiers ne fleurissent que lorsqu’ils ont atteint l’âge adulte, ce qui varie beaucoup d’une espèce à l’autre. Les inflorescences apparaissent entre les feuilles ou parfois en dessous. Certains palmiers possèdent une ou plusieurs inflorescences attachées sur un petit pédoncule et qui meurt après la fructification. Ce phénomène, chez les palmiers à stipe unique, provoque la mort de la plante. Les palmiers peuvent être monoïques ou dioïques. A l’état immature, les fleurs sont entourées d’une ou plusieurs bractées imbriquées, les spathes. Ces spathes tombent en général avec l’émergence de l’inflorescence. La grande majorité des inflorescence présente une structure multiramifiée (panicule). Parfois la fructification est comestible (dattes du Phoenix dactylifera).

racines

.33.


plantes introduites

Différents critères d'identification Le port du végétal et ses couleurs constituent des éléments déterminant lors de la reconnaissance du palmier. Les palmiers peuvent aussi être répartis en cinq groupes, en fonction de la forme du stipe. STIPE UNIQUE :

STIPES MULTIPLES :

Ce sont les plus courants

les rejets produits à la base forment ensuite plusieurs troncs

(Phoenix canariensis, Trachycarpus fortunei, Jubaea chilensis)

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(Nannorrhops ritchieana)

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RAMIFIÉS : ces espèces sont rares et la ramification est généralement la conséquence d’une bifurcation de l’apex terminal ou d’une ramification latérale. ACAULES : il s’agit de palmiers sans stipe ou à stipe réduit. Ces petits palmiers se sont adaptés à un mode de vie spécifique afin de supporter des conditions difficiles (sécheresse). RAMPANTS : les stipes sont fins et s’accrochent à diverses plantes qui font ainsi office de support, grâce à des folioles spécialisées.


La surface du stipe peut également constituer un critère d’identification. Elle peut être lisse (Sabal palmeto), couverte de fibres entrelacées (Trachycarpus fortunei, Chamaerops humilis), ou annelée, avec des marques foliaires (Washingtonia filifera, Phoenix dactylifera). Le pétiole des feuilles est souvent strié dans sa partie supérieure. Il peut avoir des bords lisses, dentés, munis de fibres, d’épines ou d’écailles. Les feuilles des Palmacées, découpées en lanières, ont cependant, à leur naissance, un limbe entier qui se déchire ensuite selon les plis qu’avait la feuille dans le bourgeon. Elles prennent alors l’apparence de feuilles composées, avec des segments ressemblant à des folioles, les pinnules. On distingue trois types de feuilles : cas plus rare, le rachis se prolonge en limbe, la palme est incurvée PALMÉES

pennÉES (peigne)

costapalmÉes

En outre, les feuilles peuvent être sub-divisées en deux groupes suivant la position de leurs pinnules: «indupliquées» en forme de V; et «redupliquées» suivant la forme d’un toit. Les floraisons puis fructifications se distinguent par leurs emplacements sur le palmier ainsi que par leur importance. Ainsi, on observe des floraisons développées sous (infrafoliaire), dans (intrafoliaire) et sur les feuilles (suprafoliaire).

.35.


plantes introduites

Chamaerops humilis

(ARECACEAE)

TAILLE:1-5M E X P O S I T I O N : soleil, mi-ombre R U S T I C I T É : - 1 2 °C P R É F É R E N C E S : Ce palmier à stipes multiples s’adapte à tous type de sol, mais si il préfère les milieux calcaires. H A B I TAT : Brousailles ou près d’arbustres épineux. Z O N E S : Climat tempéré et continental jusqu’à 1000 m. F E U I L L E S :1-1,5 m, palmées, vert foncé/gris-vert, les pétioles présentent des épines rouges très acérées.

PÉTIOLE PIQUANT SUR TOUTE SA LONGUEUR

FEUILLES PALMÉES, TRÈS DÉCOUPÉES, PINNULES INDUPLIQUÉES

(MÉDITERRANÉE :

SEUL PALMIER INDIGÈNE)

port buissonnant


Phoenix dactylifera

(ARECACEAE)

(AFRIQUE)

TAILLE:25-30M E X P O S I T I O N : soleil R U S T I C I T É : - 5 °C P R É F É R E N C E S : palmier àcroissance lente, préfère les sols légers et bien aérés, tolère cependant les terrains argileux (si bien drainés). H A B I TAT :régions chaudes,tropiques. Z O N E S : bord de mer, climat chaud et ensoleillé. FEUILLES : 6-7 m, pennées. etroites, de couleur verte tirant sur le bleu. Frondaison somitale peu fournie. FRUITS : baies oblongues comestibles (=dattes). COURONNE Aérée

stipe grêle, érigé et fin

.37.


plantes introduites

Phoenix canariensis

taille:12-14m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 9 °c p r é f é r e n c e s : c’est un palmier a croissance lente, assez rustique. il s’adapte aux sols pauvres, résiste à la sécheresse et aux vents marins. h a b i tat : sous-bois des forêts tropicales z o n e s : climat tempéré, aussi bien en bord de mer qu’à l’intérieur des terres. feuilles : 6-7 m. les deux moitiées du limbe sont symétriques. Les pinnules sont rigides et pointues à la base du stipe .

(ARECACEAE)

(ILE DES CANARIES)


Phoenix reclinata

(ARECACEAE)

(afrique tropicale)

t a i l l e : 15 m, nombreux rejets apparaissant à la base du stipe (multistipes). e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 7 °c h a b i tat : sous-bois des forêts tropicales z o n e s : climat tempéré, aussi bien en bord de mer qu’à l’intérieur des terres. feuilles : 2-3 m, pennées, vert brillant à folioles rigides, accuminées, piquantes. NB: «reclinata» indique que le tronc s’incline à l’âge adulte.

STIPES MULTIPLES AVEC CICATRICES FOLIAIRES

.39.


plantes introduites

Jubaea chilensis (ARECACEAE)

taille:25m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 10 °c p r é f é r e n c e s :ce palmier au stipe lisse et massif a croissance lente est peu exigeant. Il préfère les sols profonds, humides et bien drainés. h a b i tat : brousailles ou crêtes rocheuses z o n e s : au pied des Andes et jusqu’à 1500 mètres d’altitude, sur la côte de l’Océan Pacifique régions chaudes en bord de mer. Il résiste assez bien au froid et s’adapte aux climats secs ou humides. feuilles : 4-5m, pénnées-redupliquées, pinnules larges, plates, disposées en rangées presque verticales. NB: LeS fameux « miel de palmier « et « vin de palmier « que fabriquent les chiliens avec la sève saccharifère a bien failli entraîner la disparition de ce monument botanique.

(CHILI)

couronne dense

stipe bien plus large à la base que sous la couronne


Brahea armata

(ARECACEAE)

taille:14m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 5 °c p r é f é r e n c e s : palmier au large stipe strié horizontalement (cicatrices foliaires), assez rustique, à croissance lente, qui qui supporte la sécheresse et les sols pauvres. h a b i tat : milieux ouverts, sols secs et rocailleux z o n e s : côtières, climat chaud f e u i l l e s : 1,5 m, palmées et rigides, divisées en une cinquantaine de segments, gris-vert ou bleutés. Rachis plat et inerme. (différences entre les espèces : couleur et taille des palmes)

(MEXIQUE) couronne bien équilibrée

belle jupe

.41.


plantes introduites

Sabal palmetto

(ARECACEAE)

taille:22m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 2 °c p r é f é r e n c e s : accepte les sols détrempés ou mal drainés h a b i tat : savanes, collines, dunes, marais z o n e s : côtières, climat chaud f e u i l l e s : 2 m, costapalmées, composées d’environ 90 segments de 1m, dentées sur 80 cm de profondeur et séparées par de longs filaments. Rachis inerme.

rachis se prolongeant jusqu’à la moitié du limbe.

(AMÉRIQUE DU NORD)


Butia capitata

(ARECACEAE)

(AMÉRIQUE DU SUD)

taille:5-6m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 5 °c p r é f é r e n c e s : palmier à croissance lente qui s’adapte à toustypes de sols, même calcaires, sablonneux ou argileux h a b i tat : lieux dégagés, savanes arborées z o n e s : littorales, climat chaud, jusqu’aux régions continentales f e u i l l e s : 2,5 m, glauques, pennées et très arquées, vertes bleutées. Grande jupe. Rachis épineux. palmes retombantes

Jupe longue

.43.


plantes introduites

Washingtonia filifera

(ARECACEAE)

(CALIFORNIE)

taille:15m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 1 0°c p r é f é r e n c e s : c’est un palmier rustique a croissance lente qui supporte la sécheresse et les sols pauvres mais est assez fragile et sensible au froid humides. h a b i tat : en milieu ouvert, sols secs et rocailleux z o n e s : zones côtières, climats chauds f e u i l l e s : 2 m, palmées, très larges, dressées et arquées, au limbe profondemment découpé, vert avec des filaments argentés. Rachis vert clair très épineux. très longue jupe souvent taillée à la base du rachis (stipe lisse), dès le plus jeune âge lorsqu’il est planté en aménagement urbain. stipe très élancé


Nannorrhops ritchieana

(ARECACEAE)

(AFGHANISTAN)

taille:2-3m e x p o s i t i o n : soleil r u s t i c i t é : - 1 5°c p r é f é r e n c e s : c’est un palmier très rustique a croissance très lente et au port buissonnant (stipes multiples). h a b i tat : zones semi-désertiques, jusqu’à 1800 m d’altitude palmier cespiteux (plusieurs stipes) : petit buisson f e u i l l e s : costapalmées, coloration glauque, pinnules indupliquées, gaines foliaires croisées, Rachis inerme

.45.


plantes introduites

Le jardin d’expÊrimentation de thuret


Gustave Thuret, algologue et botaniste, reconnu pour ses travaux sur la reproduction des al - -gues, fut séduit par le climat et la nature sauvage du Cap d’Antibes. Il acheta en 1857 un terrain de cinq hectares pour y crée un jardin botanique. A cette époque, la Riviera est un lieu très prisé par la haute société, en particulier anglaise et russe. Les anglais, grands amateurs de plantes, créent autour de leurs villas de merveilleux jardins, en profitant des conditions climatiques privilégiées de cette région. Les débuts du jardin sont un peu difficiles car Gustave Thuret découvre les conditions climatiques particulières de la région et en particulier la sécheresse. Il se heurte aussi à la difficulté de trouver les plantes qu’il recherche. Il met alors en place un véritable réseau de correspondants qui lui envoient des graines du monde entier. A sa mort en 1875, son oeuvre est poursuivie par Charles Naudin. Puis, Edouart Bornet s’inscrira dans cette suite. Ce scientifique développera en outre de nombreux essais d’acclimatation pour beaucoup de ces espèces exotiques. Il sera à l’origine de cette nouvelle philosophie qui recherche une pérennité dans l’importation de végétaux. C’est en 1927 que le domaine de Thuret sera confié à l’I.N.R.A. Aujourd’hui, ce serait davantage le Muséum d’Histoire naturelle qui devrait s’occuper de ce jardin à vocation scientifique. Seuls deux jardiniers sont employés à s’occuper des 3,5 hectares de jardin. L’ objectif du jardin de Thuret réside en l’étude des acclimatations des palmiers et autres plantes exotiques. Lors de sa première année, le végétal bénéficie d’un arrosage suivi. Puis ce dernier est interrompu les années suivantes. Cette méthode force la plante à s’adapter à son nouveau milieu après un premier temps d’adaptation. Les mises en conditions sont ainsi réelles pour les végétaux, et le risque de pertes est clairement accepté (intérêt réel du jardin). Les espèces sont par la suite laissées à un développement naturel: aucune taille,aucun traitement phytosanitaire, ni entretien,ni nettoyage des troncs ou arrosages ne sont prévus. Ainsi, il est intéressant de suivre l’évolution naturelle de ces palmiers sans aucune contrainte de réussite,ceci .47.


plantes introduites

afin de tester la capacité des plantes introduites à tolérer les conditions locales (climat, sol…).L’été est une saison difficile pour les plantes en région méditerranéenne : celles qui résistent présentent des caractères morphologiques ou physiologiques leur permettant de tolérer la sécheresse estivale. Elles présentent un cycle de développement qui tient compte des conditions climatiques : repos estival, croissance et développement en automne et au printemps, parfois en hiver. Le jardin a passé des contrats d’expérimentation avec plusieurs municipalités du sud depuis trois ans, en particulier pour les études d’arrosage (dans le but de le réduire au maximum).


J’y AI retrouvé

Agathis robusta

(ARAUCARIACEAE)

(NOUVELLE-Zélande)

ou «Kauri»

Sur l’île Nord de la Nouvelle-Zélande, le Kauri est un arbre emblématique, le premier dont on m’a parlé, et sûrement celui qui m’a le plus marqué. Son non «agathis» signifie pelote d’épingle, en référence à son cône en boule. Les néozélandais en extraient une résine, la gomme de kauri, utisisée pour les vernis. Le port conique très élancé de ce vieux conifère renforce sa verticalité, le kauri pouvant mesurer jusqu’à 90 m de hauteur. Son feuillage, sessile, persistant, vert luisant, éparse sur les rameaux secondaires, est surtout très coriace. Il ne supporte pas le gel. www.desert-tropicals.com

.49.


plantes introduites

Agapanthus praecox

(liliaceaE)

(afrique du sud)

Cette plante de mi-ombre, recouvre les massifs arborés des jardins et parcs d’Afrique du Sud, pays dont elle est originaire. Le genre compte 7 espèces, toutes originaires d’Afrique du Sud. Sa floraison , de grandes ombelles de fleurs tubulaires hermaphrodite bleu lavande, s’étend sur plusieurs mois entre printemps et été.

Amaryllis belladona

(AMARYLLIDACEAE)

Ce bulbe fleurit à l’automne, période à laquelle j’ai pu observer ces grandes trompettes roses, parfumées d’une hampe nue haute de 70 cm. Ses feuilles sont rubanées après la floraison jusqu’à la fin du printemps. Les gros bulbes forment des touffes qui avec les années produisent des rejets. Cette plante est originaire de la région du Cap, réputée pour son royaume floral, où les étés sont secs et les hivers très pluvieux. Une dernière chose à savoir: toutes les plantes de cette famille sont très toxiques.

(afrique du sud)


Euclea crispa

(EBENACEborEAE)

(afrique du sud)

ce petit arbre, au côté des Rhus angustifolia, Rhus lancea et Combretum, constituait la strate arborée de la région où j’étais. Le Free State, en plein coeur du pays, est une région caractérisée par ses plaines herbacées. Ces quelques arbres sont confinés autour des rares points d’eau de la région (petites rivières qui contournent les «kopjes», des extrusions granitiques vieilles de millions d’années, parsemées au milieu d’immenses étendues de plaines agricoles en dépérissement.

Acacia karoo

(mimosaceae)

Les sud-africains nomment cet arbre le «Fever Tree» car les voyageurs qui s’arrêtent sous sa cime deviennent rapidement fiévreux, ce qui est en réalité du à la zone humide dans laquelle il est implanté, qui favorisent les moustiques et donc le PALU. Les scientifiques ont quant à eux remarqué ses propriétés de fertilisation des sols. Il vit en symbyose avec des bactéries fixatrice d’azote qui développent des nodosités sur les racines et les tiges. Par ailleurs, cet arbre au port érigé, à la cime arrondie et à l’écorce jaunâtre, dispose d’un feuillage très clairsemé et épineux, avec de toutes petites foliolules, il est donc peu convoité par la faune locale.

(afrique du sud)

.51.


plantes introduites

Serre de la

Madone: l'influence anglaise


Sur les hauteurs de Menton, dans le Val de Gorbio, la végétation dense dissumule le jardin de la Serre de la Madone. Sa structure élégante, d’un grand raffinement a été imaginée par un Britannique exentrique qui, entre les deux guerres, n’hésitait pas à aller chercher les plantes les plus rares au bout du monde. Après avoir connu de nombreux propriétaires, le jardin est déclaré «Monument Historique» en 1990. Il est racheté en 1999 par le Conservatoire du Littoral, qui assure depuis le suivi de sa restauration. Avant les travaux entrepris, le terrain une véritable jungle. LE MAJOR JOHNSTON, Génie créateur et botaniste Né à Paris en 1871 de parents américains, Lawrence Johnston est surtout connu pour le fabuleux jardin de Hidcote Manor (désormais jumelé avec la Serre de la Madone) qu’il crée en 1907 dans la région des Cotswolds, du sud de l’Angleterre. Voyageur insatiable et chercheur de plantes infatigable, Lawrence Johnston recherche sur la Côte d’Azur un domaine où il pourrait séjourner en hiver et acclimater les plantes les plus fragiles qu’il rapporte de ses destinations lointaines, avant de les introduire à Hidcote Manor. En 1919, il déniche enfin un terrain de rêve, orienté sud-ouest, à flanc de coteau, au dessus de Menton. Il mettra vingt années à le transformer en somptueux jardin. A Hidcote, Johnston faisait face à un site ingrat, très venté. Il résolut son problème par des haies, créant des chambres vertes comme autant de pièces d’une maison sans toit. Cette architecture dirige le regard vers des perspectives internes, en enfilade ou croisées, rarement sur la campagne environnante. Les espaces clos permettaient à Johnson de créer des conditions de cultures variées qui convenaient aux plus belles plantes des meilleures pépinières européennes. Son décor fleuri s’inspira sans doute de Gertrude Jekyll, et le tracé du jardin, du mouvement Arts and Crafts aussi bien que des compositions anglo-italiennes .53.


plantes introduites

de Harold Peto (connu en Angleterre comme sur la Côte d’Azur). Mais tous les témoins s’accordent pour voir évoluer son style vers une liberté grandissante. Johnston choisit d’introduire au cœur même de son jardin anglais une exubérance toute luxuriante. Il encourageait les semis spontanés dans les murets et leur permettait aussi de se répandre au hasard dans d’autres plantations. Il laissait évoluer ses espèces grimpantes en formes libres, jusqu’à les faire monter à l’assaut des arbres. Or, dans les années trente, alors que Hidcote était déjà mûr, Serre ne faisait que commencer. Et ici, Johnston pouvait s’ouvrir sur la campagne environnante. Les jardins de Menton se déploient sur une colline abrupte et cachée de la route. La topographie du terrain impose l’aménagement de terrasses, reliées par de massifs escaliers de pierre, locale d’ailleurs, comme tout les matériaux utilisés dans le jardin. Ces restanques étaient présentes sur le site avant l’aménagement du jardin et ont été récemment restaurées. Quatre plates-formes se succèdent en contre-bas de l’imposante demeure, à mi-hauteur. Ces dernières donnent sur un jardin d’eau, longue terrasse dallée, creusée de deux bassins et ornée de pots en terre cuite et de statues. Les 7,5 hectares de terrain sont divisés en deux parties : le jardin exotique en bas et la forêt méditerranéenne (maquis) en haut. Derrière la demeure et entourant le jardin, on découvre en effet un bois de pins d’Alep, de chênes vert et liège... Ce bois correspond à la partie non restaurée du jardin et en marque la limite.


.55.


plantes introduites

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ge i t res


Saint Jean Cap Ferrat

Cette région de la côte était connue début du XIXème siècle pour son maraîchage et ses élevages. En 1850, Désiré Pollonais, dit le «Pacha du cap Ferrat», décide d’y faire construire une grande demeure bourgeoise. Les premières introductions de végétaux exotiques ne se font pas attendre. En 1904, la demeure est vendue à Léopold II, roi des Belges. L’homme acquiert par la même occasion de nombreux terrains voisins et devient possesseur de la quasitotalité du Cap Ferrat, la ville passant d’ailleurs sous l’autorité belge. Dès lors, il entreprend un réaménagement de ces jardins. Toute son architecture est revue par deux paysagistes, Vachereau et Péteau. De nombreuses ouvertures sont créées sur la mer et les vallons alentours. En 1909, le roi décède, et la propriété est vendue aux enchères. Elle est reprise en 1918 par un riche banquier anglais, puis par la famille Marnier en 1924. Très vite, une riche palette de palmiers et autres plantes exotiques agrémentent la collection. Le jardin est également planté d’agrumes, qui servent dans les expérimentations pour la recherche de la saveur du Grand-Marnier. Aujoud’hui 15 jardiniers sont employés à l’entretien de ce jardin, contre 40 en 1930. Le domaine des Cèdres s’étend sur 14 hectares (dont 10 de parcs et 1 de serres), agrémentés de différentes ambiances remarquables : une large allée de pins borde la villa, une grande avenue de palmiers royaux ouvre une perspective sur la baie ( 1 ), tandis qu’une forêt tropicale dépasse de hautes serres. Il est à noter que même si la totalité des végétaux cultivés en extérieur s’accommode parfaitement du climat méditerranéen au niveau des températures, certaines essences demandent un apport en eau considérable. .57.


plantes introduites

Ceci soulève le problème de la consommation en eau, parfois voire même souvent abusive dans ce type de propriété où sa valeur est trop oubliée. Qu’il s’agisse du bassin ( 2 ), finissant à peine d’être restauré,qui par sa structure défaillante a laissé fuir des centaines de milliers de litres d’eau depuis sa création, ou de la forêt tropicale ( 3 ) recréée au beau milieu du jardin, avec un système d’arrosage des plus extravagant (et défaillant lui aussi car mal entretenu), où l’eau est propulsée par des tuyaux jusqu’à la canopée de ces arbres géants pour être ensuite vaporisée, le tout dans le seul but de recréer l’atmosphère humide des forêts tropicales, l’ensemble de ces « aménagements » montre bien a quel point la gestion raisonnée de leur consommation en eau ne fait pas partie des priorités des propriétaires, pas même en été, dans une région des plus sèches du pays. Car rien n’est trop démesuré pour le Grand Marnier...


1

2

3 .59.


plantes introduites

J’y AI retrouvé

Les aeoniums

Lors du voyage d'étude en Bretagne, dont le littoral accueille aussi de nombreux jardins exotiques, j'ai découvert ces plantes aux apparences étranges, que l’on retrouvait dans les jardins botaniques comme dans ceux des particuliers. Ce genre, originaire des îles Canaries, de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord, se compose de quarante espèces de vivaces de courte durée ou de succulentes arbustives persistantes. Les plantes se développent en une grande rosette acaule compacte ou parfois en plusieurs petites, ou encore en plusieurs longues branches épaisses aux feuilles terminales plus ou moins rapprochées. De jolies fleurs en étoiles roses, rouges, blanches ou jaunes paraissent, généralement au printemps, en petits à très grands épis pyramidaux denses, depuis le centre de la rosette. Les aeoniums affectionnent le soleil comme la mi-ombre, ainsi qu’un sol bien drainé. Certaines espèces tolèrent de légères rosées.


aeonium tabulaeforme x urbicum

aeonium ciliatum

aeonium arboreum

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plantes introduites

Les c y c a s EMBRANCHEMENT DES SPERMAPHYTES (PHANÉROGAMMES) SOUS-EMBRANCHEMENT DES GYMNOSPERMES CLASSE DES MONOCOTYLÉDONES ORDRE DES CYCADALES FAMILLES DES CYCADACÉES, ZAMIACÉES, STANGÉRIACÉES Les Cycadales forment un ordre très ancien, regroupant 250 espèces, réparties en 11 genres et 3 familles. Principalement distribuées dans les régions chaudes du globe, les différentes espèces se sont adaptées à une grande diversité de biotopes, allant des sous-bois humides aux régions arides. Les cycadales sont des plantes à port de palmier, composées de feuilles pennées (plus rarement bipennées), à épanouissement cyclique, portées par un stipe arborescent ou souterrain. La reproduction archaïque des cycadales les classe parmi les plantes n’ayant pas encore inventé la graine : les Préspermaphytes. Toutes les cycadales sont dioïques. La fécondation se fait par le vent ou grâce aux insectes. Une fois fécondé, l’ovule donne naissance à un oeuf.

Cycas revoluta (cycadaceae) taille:2-3m p r é f é r e n c e s : cycas rustique à croissance e x p o s i t i o n : soleil lente qui supporte la sécheresse, les sols pauvres r u s t i c i t é : - 7 °c et les incendies. h a b i tat : forêts secondaires.

(ASIE, AUSTRALIE) z o n e s : zone côtiète, climat chaud humide. f e u i l l e s : 1 m, pennée, rigides, vert sombre et cireuses.


les c么nes femelles

( graines nues )

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Hanbury : jardin de la Riviera


Le cap de la Mortola abritait autrefois une plantation d’oliviers, ainsi que quelques élevages dispersés. Lorsque Thomas Hanbury, riche financier anglais revenu d’Orient, découvre la cap en 1867, c’est le coup de foudre. Il est charmé par cette succession de terrasses plantées d’agrumes et d’oliviers qui font face à la mer, traversées par la Via Julia Augusta qui reliait les Gaules à l’Italie romaine, encore ensevelie lors de l’aquisition. Dès lors, il achète le cap et la vallée qui l’accompagne. De nombreux travaux sont entrepris. Le grand palais est restauré, l’eau est acheminée sur le cap, des clôtures sont posées à la périphérie, limitant le pâturage et ses effets sur la végétation... Des trésors d’Orient sont ramenés, la voie romaine est redécouverte et la flore spontanée reprend possession de l’espace. Daniel Hanbury, frère du propriétaire des lieux est un botaniste confirmé, passionné des acclimatations. Très rapidement des plantes exotiques sont installées, réparties au quatre coins du jardin en fonction du microclimat approprié à leurs besoins. En effet, la proximité de la mer et la topographie du terrain, constituent des milieux variés sur un petit espace. En 1873, le jardin Hambury compte 65 jardiniers. Durant la première guerre mondiale, le domaine se transforme en camp d’entraînement militaire allemand. Pendant le second conflit mondial, le jardin est dévasté. Il est vendu à l’état italien en 1960. En 1983, la gestion des espaces est confiée à l’Université de Gênes. L’’année 86 marque le début d’une restauration. La zone est classée sous protection «écologique» en 1990. Le parc Hambury s’étend sur un territoire de 18 hectares, dont 9 sont occupés par des espèces spontanées (pins d’Alep, maquis,...) et l’autre partie par une flore exotique internationale, magnifiquement mise en scène. La composition joue avec la grande pente. Le jardin est ainsi constitué de nombreux niveaux, agrémentés de percées visuelles sur la mer et ponctué d’éléments architecturaux.

.65.


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percĂŠes visuelles


Végétation exotique sur fond de mer

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J’y AI retrouvé

Les Agaves Cette famille comporte plus de 350 espèces, originaires du Mexique et des Antilles. On les aperçoit tellement dans la région méditerranéenne (et sur le littoral breton aussi d’ailleurs) que l’on pourrait dire qu’elles sont désormais « naturalisées » . L’agave possède de grandes feuilles épaisses et charnues, disposées en rosette à la base, pouvant emmagasiner des quantités d’eau considérables. Elles sont pérennes, hérissées de pointes, en particulier à leur extrémité, et peuvent atteindre 2 m de long. La hampe florale, qui part du centre de la rosette et peut s’élever jusqu’à 10 ou 12 m de haut, ne forme qu’une fois des graines dans la vie de la plante (de huit à cent ans). Les fleurs sont verdâtres. Certaines plantes (les agaves monocarpiques) meurent après avoir fleuri, mais les rhizomes ou les surgeons produisent de nouveaux individus. (On peut aussi propager les agaves à partir de semis ou de bulbes).

Agave striata  Zucc. (AGAVACEAE )

( MEXIQUE)

Très proche de l’Agave stricta , on les différencie par la fleur ( Plus longue chez A. striata ) . Elle peut pousser en touffe ou en rosette simple . La sous-espèce falcata a des feuilles courbées et plus plates . taille: de 0,5-4m (croissance lente) exposition : soleil

Préférences : sol drainant feuillage : rosette sans tige, rigide, fibreuse


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Les Aloes Originaire d’Afrique, de Madagascar et de la péninsule d’Arabie, ce genre de plantes grasses compte plus de 400 espèces persistantes d’arbres, d’arbustes et de plantes vivaces. Souvent confondus avec les agaves, les aloes fleurissent tout les ans. Leurs fécondation est assurée par les abeilles. Ils portent le plus souvent des rosettes de feuilles caractéristiques en glaive. Selon les espèces, ces feuilles sont très variables en taille, en couleur, en degré de succulence, comme en présence d’épines. Presque toutes les espèces apprécient un climat chaud et sec, ainsi qu’un sol bien drainé (rocailles). La sève de certaines espèces est utilisée dans le traitement des brûlures et des plaies, d'autres pour la confection de cosmétiques.

Aloe speciosa (ALOACEAE)

(AFRIQUE DU SUD, province du Cap)

ce grand aloè peut atteindre 6m de hauteur. son tronc, généralement non ramifié et caché par les feuilles fânées, se termine en une rosette dense en spirale de feuilles charnues bleu-vert terne, de 75 cm de longueur, à marge et dents rouge pâle. il apprécient les sols riches et sablonneux.


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cussonia paniculata (ARALIACEAE)

(AFRIQUE DU SUD)

Ce genre comprend 25 espèces d'arbres persistant ou semi-persistant de grandes longévité. Cette espèce était présente à l'état naturel dans le jardin au sein duquel j'ai travaillé en Afrique du Sud (au centre du pays, savane). Une partie de celui-ci était une réserve naturelle de la flore et la faune locale. Quelques arbres étaient confinés près du cours d'eau, tandis que les Cussionas dominaient la strate arbustive sur la colline (« skopje »). taille: 3 à 3,50m exposition : soleil Préférences : sol caillouteux feuillage : port dressé, couronne dense arrondie, feuilles persistantes, vert bleuté, pruineuses. Sur des branches courtes et épaisses, grandes feuilles alternes, digitées, à 3- folioles ovales, pourvues d'un long pétiole. NB : Les racines sont consommées en cas de disette, le bois quant à lui, est utilisé comme combustible.


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plantes introduites

et pour finir...

Phylica ericoides (rhamnaceae)

(province du cap)

On l’apelle bruyère du Cap. C’est un arbuste en touffe qui peut atteindre les 40 cm de hauteur. Au printemps, lorsque sortent ses petites fleurs blanches, on croirait qu’il a neigé sur les pentes abruptes des «Table Mountains». exposition :soleil.


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CONCLUSION Ce voyage, enrichi par les travaux de recherches qui ont suivis, m’a permis d’appréhender le paysage de la Côte d’Azur dans sa globalité, grâce à l’analyse des différents facteurs climatiques et des caractéristiques écologiques propres à ce milieu d’une part, ainsi que par le regard porté sur la relation très complexe qu’entretient l’Homme avec cet espace. Ce qui peut parfois paraître être une dualité entre l’Homme et la Nature, s’est révélé ici comme un ensemble de facteurs très difficiles à concilier. Une topographie difficile pour une urbanisation des plus dynamique, une politique de préservation des espaces naturels qui doit faire face aux aléas climatiques, à la pression anthropique et à des conflits d’intérêts....Pour ce qui est de la conservation d’ailleurs, les paysages de la garrigue et du maquis, emblématiques de la région, sont la preuve des difficultés rencontrées par la végétation dans son développement. En effet, d’après l’étude des différents stades et séries de végétation, on s’aperçoit que ces deux entités (landes) ne constituent en rien la végétation climassique inféodée à ces milieux. L’homme, par ses exploitations (urbanisation, sylviculture, pollutions, introductions...), y est sûrement pour beaucoup, bien que certaines pratiques ( vigne, pastoralisme...) ont « participé » par leur disparition à la montée en puissance du fléau des incendies, facteur premier de cette dégradation de la végétation. Quant à l’introduction des plantes exotiques et leur banalisation, là est sûrement le sujet le plus houleux, car il fait se confronter la totalité des acteurs et facteurs agissant sur le milieu, et suscite des conflits, d’ordre moral pour la plupart, là où l’homme est le plus borné. Ces quelques exemples montrent bien à quel point il s’agit d’un paysage complexe, ou il est finalement difficile de s’accorder sur des perspectives d’avenir communes tant les choix sont importants et la situation délicate.


BIBLIOGRAPHIE Livres :

- la france côté jardin - un patrimoine naturel à découvrir - jérôme goutier - flammarion 1999 - provence , côte d’azur - guide hachette vacances - hachette 1998 - larousse des arbres et des arbustes - jacques brosse - larousse 2000 - botanica - encyclopédie de botanique et d’horticulture - köneman - la connaissance des plantes exotiques pour les jardins tempérés et méditerranéens - editions edisud, mars 2003 - Monde méditerranéen, les chemins de la nature- NATHAN. - Le jardin Méditerranéen, plantes fleurs et herbes aromatiques- A.Colombo- editions de vecchi - Milieu méditerranéen, côte d’Azur, Esterel, polycopier ENSNP

Sites internet : - http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_741534792/climat_méditerranéen.html - www.serredelamadone.com - http://nature.jardin.free.fr - http://www.cg06.fr/environnement

Images :

p.5: Le jardin Méditerranéen, plantes fleurs et herbes aromatiques- A.Colombo- EDITIONS DE VECCHI

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la végétation méditerranéenne, entre nature et jardins