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Kiki Smith Pyre Woman Kneeling, 2002 Installation dans la loggia du Palais des Papes, avril 2013


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PRÉFACE. Éric Mézil

À Roseline Bacou 1924-2013 « Le pape est mort ; un nouveau pape est appelé à régner. Araignée, quel drôle de nom ! Pourquoi pas libellule ou papillon ?! » Comptine populaire « Mon côté féministe s’exprime par l’intérêt que je porte à ce que font professionnellement certaines femmes. Mais je fais cavalier seul. Cela ne m’est d’aucune aide de m’associer aux gens. Ce qui m’aide, c’est de comprendre mes propres maladresses et de les exposer. Les féministes m’ont prise comme modèle exemplaire de la mère. Être une mère à nouveau ne m’intéresse pas. J’ai été une mère adoptive, puis mère et re-mère ! Je demeure une fille qui cherche à se comprendre. » Louise Bourgeois, 1988 « Je suis comme Peau d’Âne ou Cendrillon condamnée à garder la cendre du foyer, n’espérant pas de voir arriver la Fée ou le Prince charmant qui doit changer mon vêtement de poil ou de cendre en des robes couleur de temps. […] Comment pouvez-vous dormir sur vos deux oreilles pendant que des quantités de femmes sculpteurs s’écrient : À l’aide, au secours, je me noie ! » Camille Claudel à Eugène Blot, 1904

Une nuit d’avril 2010, seul sur la grande terrasse de la maison que j’habite à Montfavet, avec pour baldaquin un immense ciel chargé d’étoiles, je téléphonais à Brigitte Cornand qui avait élu domicile à New York. Elle y réalisait des films et dédiait beaucoup de son temps à Louise Bourgeois, qui vivait alors les dernières années d’une très longue vie. Brigitte était ce soir-là au côté de Louise, comme presque chaque jour. Nous avions plaisir à nous donner des nouvelles de nos chats – les miens échappés de fermes voisines, le sien rescapé de l’ouragan Katrina –, mais aussi de mes ânes et de mes paons. Nos bavardages se prolongeaient, mais l’artiste s’impatientait. Louise Bourgeois s’agaçait souvent quand Brigitte, en sa présence, parlait à quelqu’un d’autre : — Mais, Louise, je vous dis que c’est Éric… C’est Éric… ! Qui pourrait croire que l’une des plus grandes artistes du xxe siècle aurait interrompu toute activité à la seule évocation de mon prénom ? Il faut bien avouer qu’elle ne se rappelait aucunement de moi ! Impatiente et obstinée, elle voulait non pas mettre un visage sur mon nom, mais un pays ou une ville qui aurait pu lui rappeler qui j’étais : — Éric qui… ? — Mais enfin, Louise, laissez mon téléphone… C’est Éric d’Avignon !

p. 24 Brigitte Cornand Grabigouji, 2009-2010


 gauche Vierge parturiente, 1505  droite Matthäus Schmid Madonna gravida, vers 1653-1680 — p. 101 Visitation de la Vierge à Élisabeth, 1410 —

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p. 102 en haut Élément de retable, Sainte Anne Trinitaire, vers 1500 en bas Triptyque de la Dormition de la Vierge, panneau central, xe-xie siècle — p. 103 Livre d’Heures de Marie de Bourgogne, 1470


NOUVELLE IMAGE ÉRIC P. 101

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j'ai remis lA HD d'origine

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Louise Bourgeois Les Bienvenus, installation dans le parc de la Mairie, place Gabriel-Péri à Choisy-le-Roi, 1995

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TO FOLLOW THE PATH OF MY WORK. Kiki Smith, 2012

One is always working in direct relationship to what people in the past have explored. There is a history of various manifestations of creativity. I am attracted to traditional processes, such as bronze metal casting, stained glass painting, tapestry weaving, ceramics and printmaking. I have also had opportunities to explore a great array of materials, forms and technologies that have come into being during this time.

At the age of twenty-four, I made a proclamation to myself that I was an artist. I have spent the last thirtyfour years in a space that is unknown, and that continually reveals and renews itself to me. My experience as an artist has been full of exploration, learning the parameters of materials, as well as searching for a new language for them, and expanding their traditional use into a new context. What is considered content in art can be representational, abstract or conceptual. I have let the form and content of my work find its own meeting point. I seek to have an open experience. It has never been my desire to make my work about anything, or for it to have any inherent or specific meaning. I try only to follow the path of my work, as it manifests itself.

Art is essentially a way to synthesise or manifest one’s experience into a form that allows for reflection outside of and separate from oneself. While I work from a personal necessity, creativity reveals both commonality and difference within our experiences. As artists we find what is significant to us in historical forms and content, and we re-energise or re-vitalise the past. Along the way, we discover what is contemporary language and life.

My work has been concerned with different aspects of the way we are here, through the body or through our notions of consciousness, or various models of consciousness, as well as how we think about our relationship to nature, animals and our environment. I seek to have an active experience in culture, engaged in seeing and learning. It is in being willing to allow the work to reveal itself that I move, rather than holding an idea of what I want something to look like. My work has taken me to places that I could not have imagined, sometimes uncomfortable places, or even places I would rather not be.

I do not see that my experience is particularly unique or separate from others. Each person is given a vantage point; each person is given an opening into, or an aspect of, consciousness. A work is successful when it holds profound meaning (sometimes just temporarily) and retains enough space so that others can find their own experience with it. I think what art does socially is give image to the complexity of our lives.

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Kiki Smith Sky, 2012

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Kiki Smith Born, 2002

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en haut Jana Sterbak Trichotilomania, 1993 en bas Jana Sterbak Perspiration (vermeille), 1995

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AJOUTER FOND GRIS EN HAUT ET EN BAS

Jana Sterbak Corona (para Franscisco de Quevedo), 2007

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Jana Sterbak Bread Bed, 1996 — p. 260 Jana Sterbak Acteon at Home, 2005-2011

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Berlinde De Bruyckere Schmerzenmann II, détail, 2006 — p. 305 Berlinde De Bruyckere 14 September, 2003

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Berlinde De Bruyckere Pietà, 2007 — p. 307 Berlinde De Bruyckere Pietà, détail, 2007

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Auguste Rodin Masque de Camille Claudel, vers 1884 — p. 340 Camille Claudel Buste de Rodin, 1888

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AJOUTER FOND LÉGER GRIS À DROITE ET GAUCHE ET HAUT

en haut Camille Claudel Les Causeuses, 1893-1905 en bas Lettre de Camille Claudel à Paul Claudel, vers 1893 — p. 357 en haut  gauche Camille Claudel Tête de vieil homme – Étude pour l’Âge mûr, 1894 en haut  droite Camille Claudel Vieil aveugle chantant, 1894 en bas  gauche Camille Claudel La Vieille Hélène, 1882 en bas  droite Camille Claudel Vieil aveugle chantant, tirant la langue, 1894 — p. 359 Camille Claudel Les Causeuses, 1893-1895

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LES PAPESSES camille Claudel Louise bourgeois Kiki smith jana sterbak berlinde de bruyckere

camille claudel louise bourgeois kiki smith jana sterbak berlinde de bruyckere

c o l l e c t i on la m b e rt

avi g n on pa la i s d e s pa pe s en

39 ₏ TTC France ISBN 978-2-330-01928-0

Extrait "Les papesses"  

Extrait "Les papesse", paru en juin 2013

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