Actes Sud - Mai juin juillet 23 - Beaux-livres

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Diffusion ACTES SUD

Mai juin juillet 2023

Beaux-livres

TOUS LES VISUELS PRESENTÉS DANS CE DOCUMENT SONT PROVISOIRES & PEUVENT NE

PAS REFLÉTER LA FINALITÉ DES PROJETS ÉDITORIAUX

Les visuels qui n’apparaissent pas sont toujours en cours de dĂ©veloppement

Avec les textes de:

Laurence Campa (Vietnam)

Denitza Bantcheva (Bulgarie)

Ananda Devi (Île Maurice)

HélÚne Frappat (Corse)

Sorour KasmaĂŻ (Iran)

Leila Sebbar (Algérie)

VĂ©ronique Tadjo (CĂŽte d’Ivoire)

Jeanne Truong (Cambodge)

Laura Ulonati (Italie)

MÉMOIRES DE NOS MÈRES DES FEMMES EN EXIL

sous la direction de de Laurence Campa

Exil et transmission des mÚres à leurs filles, récits vécus.

« Un beau livre qui raconte entre photos et documents personnels les récits des diasporas du XXe siÚcle. » France Inter «Une exploration de la transmission entre générations et de la richesse du métissage. »

Télérama

Ce livre rĂ©unit neuf autrices, toutes issues des diasporas du XXe siĂšcle, autour des thĂšmes de l’exil et de la transmission. La filiation fĂ©minine est au cƓur de leurs rĂ©cits intimes oĂč s’entremĂȘlent les voix des grand-mĂšres, mĂšres, tantes et filles. Pour illustrer leurs souvenirs, elles ont fouillĂ© dans leurs archives familiales, parcelles de l’histoire collective, formant un bouquet sensible et attachant.

‱ Un « livre cadeau » pour la fĂȘte des mĂšres original et soignĂ© qui rĂ©unit une grande variĂ©tĂ© de parcours de vies, d’expĂ©riences de l’exil, de milieux sociaux.

‱ Trouver sa place en tant que femme venue d’ailleurs : chacune raconte le chemin qui lui a permis de se libĂ©rer de ce double dĂ©terminisme, de genre et d’origine.

‱ Le lien entre les gĂ©nĂ©rations est au cƓur de ces rĂ©cits intimes oĂč s’entremĂȘlent les voix des grands-mĂšres, tantes, mĂšres et filles.

‱ La dimension tĂ©moignage confĂšre Ă  ce bouquet de rĂ©cits vĂ©cus un caractĂšre attachant et accessible Ă  un large public.

20 x 27, relié

176 pages, 39€

9782845979277

REV 24 mai 2023

Littérature

Beaux-Livres

FĂȘte des mĂšres

Ces deux photographies datent de 1960 et sont concomitantes. L’une provoque l’autre: en Ă©pousant mon grand-pĂšre – parti vivre, et surtout travailler, depuis trois ans en France –, ma grand-mĂšre va Ă  la ville faire cette photo d’identitĂ©. Elle servira pour le dossier administratif qui lui permettra de le rejoindre Ă  Nice. C’est pour ça qu’elle part, pour devenir sa femme; sa femme au foyer et rien d’autre. Comme beaucoup d’immigrĂ©es de ce milieu (pauvre) et de cette Ă©poque. Leur noce de traviole paraĂźt dĂ©jĂ  empesĂ©e de cette destinĂ©e. Pourtant, ma grand-mĂšre s’était cousu une robe moderne, courte. Elle avait trouvĂ© le modĂšle dans le magazine Grand HĂŽtel, qu’elle lisait en cachette de sa mĂšre.

ITALIQUE

NĂ©e en Italie en 1982, Laura Ulonati a grandi et fait ses Ă©tudes en France. Elle est l’auteure d’Une histoire italienne (Gallimard, 2019, finaliste du prix du Premier Roman 2019 et laurĂ©ate du prix Henri de RĂ©gnier de l’AcadĂ©mie française 2020) et de Dans tout le bleu (Actes Sud, 2021).

C’est l’heure de la lumiĂšre. Sur la mer, l’aube prend d’abord au sauvage d’un lilas, au profond d’une vendange. Un Ă©clairage qui s’allume quand le bord haut du soleil touche l’horizon ; quand il accoste sur les galets. L’aurore devient alors plus rousse. Plus riche pour couvrir – sans jamais renoncer Ă  la force de sa transparence – le profil naissant de la ville. La clartĂ© aiguise de blĂ© le fronton d’un palais; elle donne Ă  l’ossature des toits de tuiles cette perfection de la ligne dĂ©finie et saturĂ©e. Nice se rapproche comme un visage Ă  l’instant de vĂ©ritĂ©. VoilĂ  que sa face brĂ»le: des flammes dansent dans les mille pupilles de ses fenĂȘtres, sur les dĂŽmes crĂąnes et chauves de ses hĂŽtels. Une lĂ©gende, une hydre dont le ventre est plein. L’or, en amant avide, y grimpe par la vallĂ©e, court dans son lit pour lĂ©cher le pied des terrasses ; pĂ©nĂ©trer de ses rayons la toison des oliviers, chaque repli des collines. Partout, l’ombre a reculĂ©, sauf dans cette forĂȘt de tours adossĂ©e aux pentes abruptes d’une montagne. Un contrefort oubliĂ© oĂč, comme dans un cul, un peu de nuit stagne toujours. Un arriĂšre-pays d’usines et de cheminĂ©es, puant et laid qui, en rĂ©alitĂ©, cache le vrai nombril du monde : celui de ma Nonna.

C’est l’heure de la lessive. Sur le balcon Ă©troit d’un immeuble fripĂ©, Nonna Ă©tend ses blouses colorĂ©es dans son petit matin secret. Avant que le voisin ne la surprenne avec ses bigoudis; dans cette chemise lĂ©gĂšre qui laisse deviner les aurĂ©oles brunes de ses seins lourds. Avant que l’étĂ© ne l’essouffle; qu’il ne fasse gonfler ses jambes et ne l’enferme derriĂšre la pĂ©nombre de ses persiennes constamment tirĂ©es. Le prĂ©lude d’une journĂ©e, lente et rĂ©pĂ©tĂ©e, dans cette ville qui ne semble pas savoir qu’elle est double, une moitiĂ© ennemie de l’autre. Du cĂŽtĂ© pile, le scintillement des dents des vacanciers, des rires de piĂ©cettes qui sautent dans les vagues. Du cĂŽtĂ© face, le prix Ă  payer. Mais moi, je sais que la fraĂźcheur ne se trouve pas dans la baignade, le long de plages aux noms de dĂ©cors en carton-pĂąte – Castel, OpĂ©ra, Beau Rivage
 Elle se niche

ArrivĂ©e Ă  Nice. Sous son parasol, la pin-up un peu crispĂ©e est dĂ©jĂ  enceinte. Je n’ai jamais vu ma grand-mĂšre en maillot de bain, Ă  part sur cette photographie. C’est peu de temps aprĂšs qu’elle a dĂ» se transformer en une mĂšre Ă  blouse fleurie. À soucis. Trois autres grossesses ont suivi. La derniĂšre s’est terminĂ©e dans une clinique clandestine: le nom du docteur s’échangeait sous les tabliers dans le quartier. Un mois de salaire, c’était le prix Ă  payer: ça valait mieux qu’une autre bouche Ă  nourrir. Qu’un autre souci.

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miroirs. Une cartographie secrĂšte de chemins de traverse qui me fait parcourir chaque piste de biais. Un drĂŽle de dahu aux yeux plissĂ©s, pour mieux distinguer l’entrĂ©e des souterrains vers les friches du passĂ©. Des correspondances entre ici et lĂ -bas, pour trouver en chaque chose de quoi ranimer son univers: les tuiles gĂ©noises de la cathĂ©drale Sainte-RĂ©parate ; de quoi se forger une carapace colorĂ©e. Les accents occitans du marchĂ© Saleya, plus faciles Ă  apprendre que le français. Les sentiers naturels de la MĂ©diterranĂ©e oĂč cueillir les asperges sauvages, les champignons. Ces fruits secs que Nonna ramasse puis tresse Ă  chaque Toussaint: un gĂąteau pour ruminer le souvenir des disparus. La recette de sa mĂšre et de sa mĂšre avant elle. Et celle encore avant. Une poupĂ©e gigogne grosse jusqu’à la derniĂšre gĂ©nĂ©ration, jusqu’à la derniĂšre fille. Jusqu’à moi.

Les paysages ne sont jamais que de simples panoramas, de gentils tableaux Ă  contempler: ils sont des palimpsestes; des livres ouverts constituĂ©s de couches successives, de strates Ă  gratter pour accĂ©der Ă  l’épaisseur de la mĂ©moire. Ils en sont les supports, l’immuable matiĂšre. Et Ă  Nice, peut-ĂȘtre plus qu’ailleurs, les paysages s’étalent un peu en dedans, un peu au dehors. Ils invitent Ă  un perpĂ©tuel voyage dans l’espace et dans le temps. Une histoire instable de bascule – un coup italienne, un autre française – qui fait qu’à l’heure lascive du crĂ©puscule, quand l’air embaume la mer, le jasmin et le mimosa, la lumiĂšre rasante dĂ©coupe en ombres Ă©largies une Ă©clipse. Un profil spectral: la silhouette d’une colline oubliĂ©e. Une Ă©piphanie quand, aux ruelles ocres du Vieux Nice, se superposent celles d’un village fanĂ© : Montecchio. Petit tas de maisons perchĂ©es au-dessus de la plaine jaune du Tibre. La masure des origines est en recul de la place du lavoir. Tout en escaliers, toute maigre. À peine une tranche de maçonnerie coincĂ©e entre ses voisines: de quoi se tenir chaud l’hiver et cancaner ensemble comme des commĂšres. À l’étage, des mains ouvrent une fenĂȘtre: celles de la femme du frĂšre aĂźnĂ©. Celui qui a tout gardĂ©. Les pĂątures, les blĂ©s. MĂȘme la cruche que Nonna devait remplir plusieurs fois par jour Ă  la fontaine. Au mur nu de la piĂšce Ă  vivre, prĂšs du poĂȘle, une photo

Des cartes de scopa. Àce jeu, les cartes les plus fortes sont les denari. Les deniers que l’on passe son temps Ă  compter; des sous qui ressemblent Ă  des soleils. Cet argent pour lequel on quitte son pays, avec le sale espoir de finir un jour pire qu’un patron. LaFortuna que l’on recherche, les yeux fiĂ©vreux, dans leur divination, n’est pas faite d’autre chose.

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Difficile de dater cette photo. MichĂšle est-elle Ă  Paris ou en vacances quelque part? Elle semble trĂšs heureuse, sĂ»re de son charme. Était-elle dĂ©jĂ  mariĂ©e? Ou bien Ă©tait-ce juste avant son mariage? Qui a pris la photo? Je ne vois que son beau sourire, sa coiffure Ă  la mode, sa robe lĂ©gĂšre, ses lunettes noires qui lui donnent un air de starlette et cette lĂ©gĂšretĂ© qu’elle n’affichait pas souvent.

Véronique Tadjo

LA BEAUTÉ DE MA MÈRE

NĂ©e d’une mĂšre française et d’un pĂšre ivoirien Ă  Paris en 1955, VĂ©ronique Tadjo a grandi et fait ses Ă©tudes Ă  Abidjan. Elle s’est ensuite spĂ©cialisĂ©e en LittĂ©rature et civilisation noire-amĂ©ricaine Ă  la Sorbonne et Ă  Howard University. Grand Prix littĂ©raire d’Afrique noire pour Reine Pokou (Actes Sud, 2005), elle est aussi l’auteure de En compagnie des hommes, sur l’épidĂ©mie d’Ebola (Don Quichotte/Seuil, 2017).

Plus que tout, elle craignait le courroux du Seigneur et se drapait de charitĂ© chrĂ©tienne. Étrangement, pour une femme de nĂ©goce, son rapport Ă  l’argent Ă©tait empreint de culpabilitĂ©. À quel moment MichĂšle sentit-elle l’appel de l’art? TrĂšs tĂŽt. À force de persuasion, elle parvint Ă  convaincre ses parents de la laisser suivre sa vocation artistique. AprĂšs une formation dans l’atelier de MaĂźtre Yencesse Ă  Dijon, oĂč elle Ă©tudia le modelage et la sculpture, elle entra en 1950 Ă  l’École des arts appliquĂ©s Ă  l’industrie de Paris. Pour la premiĂšre fois, elle goĂ»ta Ă  la libertĂ©. Certes, elle n’avait pas encore trouvĂ© sa voie, se demandant comment elle allait parvenir Ă  ne pas se laisser Ă©craser par le poids de l’histoire quand tout semblait avoir dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit. Les grands maĂźtres de l’art sont de redoutables gardiens du temple. C’était une provinciale, ça se voyait comme un nez au milieu de la figure. Et justement, elle avait un grand nez. Je n’ai jamais su de qui elle l’avait hĂ©ritĂ©, ce nez aquilin.

Ma mĂšre ne faisait pas partie du monde parisien si sĂ»r de lui – Ă  la fois ouvert et fermĂ©. Si elle savait qu’elle ne serait jamais une vraie parisienne, ce qui l’attirait par-dessus tout, c’était l’aspect cosmopolite de la grande ville, sa diversitĂ©, sa variĂ©tĂ©. Plusieurs registres, plusieurs temps, plusieurs latitudes. C’était l’époque oĂč les habitants accueillaient Ă  bras ouverts des Ă©tudiants noirs venant des colonies d’Afrique, alors que le vent des indĂ©pendances se levait. Bouillonnement d’idĂ©es nouvelles, lieu de rencontres, foisonnement de cultures, revendications, affirmations, Paris Ă©tait tout cela Ă  la fois.

Un jour, elle rencontra un jeune Ă©tudiant qui avait l’habitude de prendre ses repas au mĂȘme restaurant universitaire qu’elle. Joseph EhouĂ© Tadjo venait de loin, d’un petit village appelĂ© MafĂ©rĂ©, dans le Sud-Est de la CĂŽte d’Ivoire. Sa famille, son village avaient rĂ©uni assez d’argent pour lui payer un billet d’avion et plusieurs mois dans une chambre d’hĂŽtel, en attendant qu’une fois sur place, le gouvernement français lui accorde une bourse d’études. C’est vrai que Joseph Ă©tait beau.

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Belle voiture. Je ne connais pas la date de cette photo. Ce n’est pas ma mĂšre au volant. Mais cela me rappelle que mes grands-parents faisaient partie de la bourgeoisie rurale bourguignonne. Il y avait pourtant quelque chose de trĂšs austĂšre en eux. Comme une hostilitĂ© envers l’argent.

Les pommettes hautes, le visage lisse, la peau d’un noir sans faille. Il portait en lui les promesses d’un ailleurs en plein devenir. Quelque chose d’indĂ©finissable et d’extrĂȘmement sĂ©duisant. Il paraĂźt que ce fut MichĂšle qui dĂ©posa son plateau Ă  cĂŽtĂ© du sien. Elle avait juste dix-huit ans et elle dĂ©couvrait le milieu des Ă©tudiants africains, la musique, la nourriture, les prĂ©occupations politiques, les enjeux de tout un continent.

Ils se mariĂšrent en 1952, pressĂ©s par la naissance imminente de leur fils. Je vins aprĂšs, au moment oĂč Joseph pensait dĂ©jĂ  Ă  rentrer dans son pays. EmpĂȘtrĂ©e dans la maternitĂ© Ă  ce moment-lĂ , MichĂšle a dĂ» savoir qu’elle avait manquĂ© sa chance. Paris commençait dĂ©jĂ  Ă  lui Ă©chapper. Quatre ans plus tard, ce fut le grand dĂ©part pour l’Afrique.

À Abidjan, tout l’étonna, la dĂ©stabilisa, la fascina. Si elle Ă©tait anonyme en France, en CĂŽte d’Ivoire, sa peau ne la quitta plus jamais. Elle chercha Ă  trouver sa place au sein d’une sociĂ©tĂ© encore divisĂ©e par le lourd passĂ© colonial. Et elle partagea l’euphorie et l’effervescence de l’indĂ©pendance. FĂȘte de tous les espoirs. Elle entreprit de nouvelles Ă©tudes aux Beaux-Arts d’Abidjan tout en prĂ©parant le diplĂŽme supĂ©rieur français de peinture, qu’elle obtint Ă  Marseille. Elle travailla pendant une pĂ©riode pour le laboratoire botanique de l’UniversitĂ© d’Abidjan, oĂč elle produisit des planches du rĂ©pertoire des graminĂ©es locales. Elle dessinait avec prĂ©cision jusqu’à la moindre rainure des feuilles, la forme dĂ©licate des plantes et leur beautĂ© fragile.

C’est alors qu’un Ă©vĂ©nement bouleversa sa vie d’artiste : le premier Festival mondial des Art nĂšgres de Dakar, auquel elle assista avec son mari en 1966. Manifestation artistique internationale fulgurante de crĂ©ativitĂ©. CĂ©lĂ©bration du talent des artistes noirs, sur le continent et dans la diaspora. Ce fut le dĂ©clic, l’éblouissement, l’inspiration qu’elle avait tant cherchĂ©e. Elle dĂ©couvrait une communautĂ© de pensĂ©e et d’action Ă  la jonction de deux mondes, Ă  la croisĂ©e des chemins. Elle se jura de trouver la fusion.

ÀParis dans l’appartement de la rue Fourcroy (17e) que mes grands-parents avaient mis Ă  la disposition du jeune couple. Patrice, mon frĂšre doit avoir trois ans, moi, pas encore un an. Notre pĂšre a fini ses Ă©tudes de droit et d’économie, et nous allons bientĂŽt partir pour Abidjan. Quelles Ă©taient les activitĂ©s de MichĂšle? Avait-elle le temps de s’adonner Ă  son art ou Ă©tait-elle entiĂšrement consumĂ©e par sa vie de mĂšre?

MichĂšle voulait s’assurer que son mari pourrait voyager avec elle en France, qu’ils pourraient passer des vacances ensemble. Mais en rĂ©alitĂ©, mon pĂšre Ă©tait trĂšs casanier. Il n’avait qu’une envie, se rendre Ă  MafĂ©rĂ©, son village dans le Sud de la CĂŽte d’Ivoire. C’est lĂ -bas qu’il se sentait bien, lĂ  qu’il Ă©tait le plus dĂ©tendu. Qu’est-ce qu’un couple?

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Massi, ma grand-mĂšre maternelle, Ă  Odessa en 1916. Portrait rĂ©alisĂ© Ă  mes douze ans, dans un atelier rĂ©putĂ© de TĂ©hĂ©ran, situĂ© juste en face de l’ambassade des États-Unis et rĂ©quisitionnĂ© lors de la crise des otages amĂ©ricains car ses fenĂȘtres donnaient sur le jardin de l’ambassade.

Sorour KasmaĂŻ

VSIO TITCHIOT !

RomanciĂšre, traductrice, Ă©ditrice, Sorour KasmaĂŻ est nĂ©e Ă  TĂ©hĂ©ran. À la suite de la RĂ©volution islamique de 1979, elle a quittĂ© clandestinement son pays. Un pĂ©riple qu’elle raconte dans La VallĂ©e des Aigles. Autobiographie d’une fuite (Actes Sud, prix Adelf 2006). Elle est Ă©galement l’auteure de trois autres ouvrages dont le dernier s’intitule Ennemi de Dieu (Robert Laffont, 2020).

Sa photo trĂŽnait sur le buffet de l’appartement de TĂ©hĂ©ran, un peu passĂ©e, lĂ©gĂšrement jaunĂątre, mais toujours Ă©lĂ©gante et stoĂŻque, symbole d’un temps rĂ©volu oĂč tout Ă©tait Ă  sa place. Les cheveux en arriĂšre, la raie au milieu, la forme du front identique au mien
 J’aimais son regard Ă©nigmatique et triste
 Quel Ăąge avait-elle? Dix-neuf ans, m’avait-on rĂ©pondu. Dixneuf ans! Nous avions le mĂȘme Ăąge. MĂȘme Ăąge et mĂȘme coiffure. Elle s’appelait Massi, ma grand-mĂšre maternelle.

J’ai fui l’Iran quatre ans aprĂšs la RĂ©volution islamique de 1979. J’ai quittĂ© le pays Ă  dos de cheval, via les montagnes du Nord-Est iranien, avant de franchir clandestinement la frontiĂšre turque. Ma fuite a durĂ© trois mois et connu beaucoup de pĂ©ripĂ©ties 1

Tout a commencĂ© un soir, lorsque retentit la sonnerie de la porte. Ils Ă©taient venus m’arrĂȘter en me prĂ©sentant le mandat sur lequel je ne pus qu’apercevoir le cachet «individu suspect et dangereux ». Ils mirent ensuite l’appartement sens dessus dessous, Ă  la recherche de je ne sais quelle littĂ©rature subversive. Une demi-heure plus tard, ordre me fut donnĂ© de prendre quelques affaires «car je n’allais pas m’en tirer comme ça». Je compris tout de suite que c’était la fin. La fin de la RĂ©volution, la fin de nos rĂȘves, la fin de l’innocence. En quittant l’appartement, je me retournai pour y jeter un dernier coup d’Ɠil. Ma mĂšre n’était pas lĂ  pour me dire adieu, mais il y avait Massi, debout sur le buffet, le regard embuĂ© et triste. Je la fixai. Comprenait-elle ce qui m’arrivait? Elle qui avait le mĂȘme Ăąge que moi. Mais les pĂąsdĂąrs claquĂšrent prĂ©cipitamment la porte avant de me faire dĂ©valer l’escalier.

Une semaine plus tard, ramenĂ©e Ă  l’appartement sous escorte policiĂšre, je me tenais Ă  nouveau debout au milieu de la piĂšce, face Ă  un dilemme insoluble: servir d’appĂąt pour faire 1La VallĂ©e des Aigles, autobiographie d’une fuite, Actes Sud, 2006.

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–
I
L’entrĂ©e de l’ambassade amĂ©ricaine de TĂ©hĂ©ran, lors de l’assaut des Ă©tudiants islamistes de la mouvance de Khomeiny, le 4novembre 1979.

Massi avait fui le pays en compagnie de son pĂšre, trois ans aprĂšs la RĂ©volution constitutionnelle de 1906. AprĂšs avoir ordonnĂ© de tirer Ă  coups de canon sur le Majles (l’assemblĂ©e des dĂ©putĂ©s du peuple), le souverain Qadjar, Mohammad Ali Shah, et une partie de sa cour s’étaient rĂ©fugiĂ©s en Russie.

ArrivĂ©e en septembre 1909 Ă  Odessa, sur les rives de la mer Noire, la famille royale Ă©lut domicile dans un palais de style nĂ©ogothique que les Odessites continuent d’appeler, encore de nos jours, «le Palais du Shah ». Le prĂ©cepteur des jeunes princes et sa fille Massi, ĂągĂ©e de douze ans, y prirent Ă©galement leurs quartiers, sans savoir qu’ils y demeureraient plus d’une dĂ©cennie.

En grandissant, Massi devint l’amie et la confidente de la princesse Khadija, l’accompagnant Ă  l’hippodrome, au théùtre et Ă  l’opĂ©ra. Elles y portaient des robes de dentelle, des chaussures Ă  talon et des chapeaux Ă  la mode qu’elles avaient rapportĂ©s de leur voyage en Europe. Treize mois durant lesquels la famille royale avait visitĂ© Karlsbad, Berlin, Rome, Paris
 et goĂ»tĂ© aux dĂ©lices de la vie moderne.

Pourtant, en avril 1914, deux mois avant l’attentat de Sarajevo et l’éclatement de la Grande Guerre, l’ex-Roi avait soudain dĂ©cidĂ© de rentrer «à la maison ». « Il n’y a pas plus belle et plus accueillante ville au monde qu’Odessa, la cosmopolite.» C’était, Ă  ses yeux, le paradis sur terre. La mer, les palmiers, le parfum Ă©picĂ© des acacias, les voiles blanches des canots
 Et puis, surtout, l’escalier monumental dĂ©valant vers le port oĂč s’affairaient les matelots en maillot rayĂ©, Ă  quelques pas de la carcasse brĂ»lĂ©e du cuirassĂ© Potemkine, encore prĂ©sent dans tous les esprits.

Le 17 aoĂ»t 1916, la famille royale se prĂ©parait Ă  se rendre au théùtre pour une reprĂ©sentation qui faisait couler beaucoup d’encre: La Mouette de Tchekhov. Au Théùtre impĂ©rial, la famille du Shah prit place dans la loge du Tsar et les accompagnateurs dans celle d’à cĂŽtĂ©. Le beau dignitaire cĂ©da Ă  Massi

82 83 III –
L’ex-Roi de Perse, Mohammad-Ali Shah, en tenue de couronnement Ă  la une de la revue artistique, littĂ©raire et humoristique russe Iskry du 24 juin 1911 La princesse Khadija et ses deux jeunes frĂšres Ă  Odessa.

ET SI NOUS (RE)DEVENIONS HUMAINS ?

Comment notre véritable nature peut résoudre les crises

Sophie Rabhi-Bouquet

Des enjeux sans prĂ©cĂ©dent menacent l’humanitĂ©. Ils sont en trĂšs grande majoritĂ© la consĂ©quence des comportements humains. Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ  ? Sommesnous naturellement violents et destructeurs ?

À partir de son expĂ©rience de maman, de pĂ©dagogue, d’entrepreneur social et de chercheuse en humanitĂ©, Sophie Rabhi-Bouquet nous invite Ă  renouer avec nos origines : notre fonction premiĂšre est celle de caregiver, c’est-Ă -dire de “donneur de soin”. Nous nous en sommes Ă©loignĂ©s au fil des siĂšcles et, pourtant, de rĂ©centes recherches en neurosciences le prouvent : la violence n’est pas innĂ©e mais acquise.

RepĂšres

Points forts

‱ Des questions : quels sont les rouages qui mĂšnent au conflit ? Comment en prendre conscience ? Comment se libĂ©rer de la violence, cette pathologie relationnelle ancrĂ©e dans les comportements ?

‱ Et des pistes pour endiguer le phĂ©nomĂšne de violence qui sĂ©vit Ă  toutes les Ă©chelles et ouvrir Ă  plus de paix et d’harmonie ; prendre soin de la relation Ă  l’autre pour un dĂ©veloppement social durable.

‱ La Ferme des enfants. Une pĂ©dagogie de la bienveillance de Sophie Rabhi (Actes Sud, 2011) : plus de 7 000 exemplaires vendus. À rapprocher de La Paix, ça s’apprend de Thomas d’Ansembourg et de David Van Reybrouck, (Actes Sud, 2016 et 2021) : 15 500 exemplaires en Ă©dition courante + Babel.

Pour ce faire, il convient de considĂ©rer les motivations profondes qui guident nos actes, les stratĂ©gies que nous utilisons pour assouvir nos besoins et les possibilitĂ©s dont nous disposons pour dĂ©velopper d’autres moyens que la violence.

Partout dans le monde, des minoritĂ©s mettent en Ɠuvre de nouvelles rĂ©alitĂ©s respectueuses des Ă©cosystĂšmes et du vivant dans son ensemble. Ce livre et ses outils pour agir prĂ©tendent contribuer Ă  cet effort commun sans concession.

Les conditions de vie de nos enfants et petits-enfants dépendent des choix que nous faisons et des actions que nous menons maintenant.

ouvrage

isbn : 978-2-330-17864-2

Sophie Rabhi-Bouquet, fille de l’agroĂ©cologiste Pierre Rabhi, est investie dans des projets alternatifs depuis l’ñge de 18 ans. AprĂšs avoir repris la ferme familiale en ArdĂšche, elle ouvre, en 1999, une Ă©cole maternelle et primaire Montessori Ă  la ferme. À partir de 2003, elle dĂ©veloppe, avec son mari Laurent Bouquet, un Ă©covillage pĂ©dagogique et intergĂ©nĂ©rationnel. Depuis 2021, elle gĂšre un nouvel Ă©colieu en Haute-Garonne : l’Oasis de Poul’Art. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont La Ferme des Enfants, une pĂ©dagogie de la bienveillance (Actes Sud, 2011). Elle donne des confĂ©rences et des formations en pĂ©dagogie. 9:HSMDNA=V\][YW:

société ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
Face Ă  une actualitĂ© qui nous impose de changer ou de disparaĂźtre, retrouver nos qualitĂ©s naturelles de bienveillance et de bientraitance constitue le prochain et inĂ©puisable gisement sur lequel une nouvelle civilisation pourra s’établir durablement.
10 × 19 cm 160 pages
broché
2023 prix provisoire : 12 €
mai

11,5 × 21,7 cm

208 pages

32 illustrations en noir et blanc (intérieur) et en couleur (rabats)

ouvrage broché

isbn : 978-2-330-17549-8

mai

FÉRALE

RĂ©ensauvager l’art pour mieux cultiver la terre

Texte de Charlotte Cosson

Illustrations de Damien Manuel

Postface de Rebecca Lamarche-Vadel

C’est parce qu’elle constate que l’art a Ă©tĂ© confisquĂ© par une poignĂ©e de privilĂ©giĂ©s totalement coupĂ©s du monde – et du monde vivant en particulier – que Charlotte Cosson, historienne de l’art et curatrice rĂ©cemment installĂ©e en Provence, a menĂ© l’enquĂȘte auprĂšs des artistes qui travaillent – encore confidentiellement – pour et avec la nature. Elle s’interroge : Comment remettre l’acte de crĂ©ation au service de la vie ? Comment passer d’un art ancrĂ© dans les dynamiques capitalistes Ă  un art incarnĂ© dans les rythmes du non-domestiquĂ©, un “art fĂ©ral” qui accueille, entre autres, le mouvement, l’accident, l’alĂ©atoire, l’incontrĂŽlable, le vulnĂ©rable et le doute ?

Animaux et plantes s’invitent dans les galeries mais, plus encore, ce sont les artistes eux-mĂȘmes qui s’enforestent. Une rĂ©volution artistique est doucement Ă  l’Ɠuvre : en rĂ©activant d’autres maniĂšres de voir et de ressentir le monde, ces artistes rĂ©ensauvagĂ©s rĂ©veillent notre sensibilitĂ© au vivant. On retrouve ainsi les fondements de la dĂ©marche artistique : susciter la mĂ©tamorphose des ĂȘtres et de leur maniĂšre d’habiter le monde. Pour Charlotte Cosson, il est urgent de rendre le potentiel libĂ©rateur et Ă©mancipateur de l’art Ă  l’ensemble des ĂȘtres qui peuplent la Terre. Les Ɠuvres, ici rassemblĂ©es dans un “musĂ©e idĂ©al” d’art fĂ©ral, permettent de penser des maniĂšres originales de cĂ©lĂ©brer ce qui fourmille en nous et tout autour. Elles permettent Ă©galement de mettre en place des rituels pour entrer Ă  nouveau en amour avec le vivant, pour s’y relier sans le dĂ©truire, pour l’agrader. Entre art, agroĂ©cologie, vie sauvage et rĂ©cit incarnĂ©, cet ouvrage puise dans une expĂ©rience intime d’enracinement dans un nouveau territoire, vĂ©cu par l’autrice, pour rĂ©investir l’art contemporain de la mission de soigner le vivant.

RepĂšres

Points forts

‱ L’autrice est reconnue dans le milieu de l’art contemporain et peut donc susciter des demandes de rencontres, de dĂ©bats, d’expositions autour des thĂ©matiques abordĂ©es dans le livre.

‱ La fondation Lafayette Anticipations organisera un Ă©vĂšnement en avril 2023 pour le lancement des deux titres de “Voix de la Terre” : FĂ©rale et Moisson esthĂ©tique.

‱ Sur le rapport entre l’art et le vivant : Apprendre à voir d’Estelle Zhong-Mengual (2021) : 8 200 exemplaires vendus.

‱ En lien avec la parution simultanĂ©e, dans la mĂȘme collection, de Moisson esthĂ©tique de Jean-Philippe Pierron, un essai sur l’importance des arts et de l’artisanat dans la sensibilisation au vivant.

Charlotte Cosson est historienne de l’art, commissaire d’expositions et critique spĂ©cialisĂ©e en art contemporain depuis 2012. Elle a codirigĂ© la revue Code South Way de 2014 Ă  2019. Elle est chargĂ©e de cours en master Ă  Sciences-po Aix-en-Provence.

Rebecca Lamarche-Vadel est directrice de Lafayette Anticipations, fondation dĂ©diĂ©e Ă  l’art contemporain des Galeries Lafayette situĂ©e dans un vaste hĂŽtel particulier au cƓur du Marais, Ă  Paris.

voix de la terre ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
provisoire : 23 €
2023 prix
9:HSMDNA=V\ZY^]:

11,5 × 21,7 cm

256 pages

ouvrage broché

isbn : 978-2-330-17551-1 mai

MOISSON ESTHÉTIQUE

Une chanson de gestes

cocide : c’est le terme lapidaire qui qualifie la sixiĂšme extinction de masse en cours, entiĂšrement imputable Ă  l’activitĂ© humaine. Mais nul n’évoque la septiĂšme extinction massive, invisible mais majeure : celle de nos Ă©preuves sensibles de la nature. Une multitude de gestes et d’attentions Ă  la nature s’éteignent sans bruit et l’extinction de cette sensibilitĂ© encourage l’insensibilitĂ© Ă  l’extinction des espĂšces vivantes. Le rĂŽle de la rationalitĂ© scientifique n’est que partiel ; il y a d’autres discours plus convaincants : ceux des arts. C’est pourquoi ce livre est plein de musiciens, de cuisiniers, de jardiniers, d’artistes, qui tentent, Ă  travers leurs disciplines, de reconstruire les ponts Ă©croulĂ©s de notre rapport au vivant.

Il importe, avec les arts et la littĂ©rature, de mettre en mots, en images et en gestes le soin apportĂ© Ă  notre monde. En plus de savoir, il importe de sentir, pour que des informations biologiques deviennent des Ă©vĂ©nements biographiques, des Ă©cobiographies. Ainsi la musique, la danse, la peinture, mais aussi l’architecture ou le paysagisme poursuivent cette question existentielle : comment peut-on Ă  la fois faire l’expĂ©rience Ă©vidente d’ĂȘtre au monde, et celle, inquiĂ©tante, de ne pas en ĂȘtre ?

RepĂšres

Points forts

‱ Du mĂȘme auteur dans la collection “Mondes sauvages” : Je est un nous (2021) : 4 500 exemplaires vendus.

‱ La fondation Lafayette Anticipations organisera un Ă©vĂšnement en avril 2023 pour le lancement des deux titres de “Voix de la Terre” : Moisson esthĂ©tique et FĂ©rale.

RepĂšres

‱ En lien avec la parution simultanĂ©e, dans la mĂȘme collection, de FĂ©rale de Charlotte Cosson, une enquĂȘte sur les pratiques artistiques dĂ©diĂ©es au soin du vivant.

qui, pourtant, sont autant d’“exercices d’attention”.

Jean-Philippe Pierron est philosophe et enseigne Ă  l’universitĂ© de Bourgogne. Il s’intĂ©resse tout particuliĂšrement Ă  nos sensibilitĂ©s au vivant et a dĂ©veloppĂ© dans un prĂ©cĂ©dent livre le concept d’écobiographie (Je est un nous, Actes Sud, 2021).

LaĂ«titia Dosch est comĂ©dienne et rĂ©alisatrice. Elle travaille pour le cinĂ©ma, mais Ă©galement pour la scĂšne vivante. Elle a créé et anime Radio Arbres, une Ă©mission de radio itinĂ©rante oĂč le public est invitĂ© Ă  incarner un arbre.

voix de la terre ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
É
Jean-Philippe Pierron milite pour la prise en considĂ©ration d’un “Je sens” Ă  part au moins Ă©gale avec le “Je pense donc je suis” de Descartes. L’auteur en appelle Ă  une esthĂ©tique de l’attention : l’insurrection de gestes les plus anodins
2023 prix provisoire
: 21 €
JEAN-PHILIPPE PIERRON MOISSON ESTHÉTIQUE une chanson de gestes PrĂ©face de Laetitia Dosh jeanphilippe pierron Voix de la Terre ACTES SUD MOISSON ESTHÉTIQUE une chanson de gestes Voix de la Terre ACTES SUD 9:HSMDNA=V\ZZVV:

L’ART PRÉHISTORIQUE

L’ART PRÉHISTORIQUE De l’Atlantique Ă  la MĂ©diterranĂ©e

Sous la direction de Laurent Védrine et Vincent Mistrot

Depuis les premiĂšres dĂ©couvertes effectuĂ©es en Europe au cours du xixe siĂšcle, les tĂ©moins d’art prĂ©historique ont toujours fascinĂ© et questionnent encore spĂ©cialistes, passionnĂ©s et amateurs : À quoi sert cet art ? Qui l’a fait ? À quelle Ă©poque ? Et est-ce vraiment de l’art ? La derniĂšre exposition en France sur l’art prĂ©historique des PyrĂ©nĂ©es date de 1996. Depuis cette rĂ©trospective, qui n’avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e qu’au musĂ©e des AntiquitĂ©s nationales de Saint-Germain-en-Laye, de nombreuses dĂ©couvertes sont venues enrichir nos connaissances. Les nouvelles mĂ©thodes d’études et de restitution, comme les facsimilĂ©s ou la 3D, permettent aujourd’hui de prĂ©senter toutes les thĂ©matiques portant sur l’art prĂ©historique et de proposer des comparaisons entre art pariĂ©tal, rupestre et mobilier. Cette exposition et le catalogue qui l’accompagne ont pour ambition de rĂ©pondre, ou tenter de rĂ©pondre, Ă  ces questions, Ă  partir d’un nombre exceptionnel d’objets prĂ©historiques, inĂ©dits ou rarement montrĂ©s au public en France.

Cet ouvrage aborde plusieurs thĂ©matiques, notamment les techniques d’étude actuelles de l’art prĂ©historique, qui ont beaucoup Ă©voluĂ© grĂące Ă  l’analyse microscopique des dessins, le traitement numĂ©rique des images, la composition chimique des colorants et l’expĂ©rimentation. Il analyse ensuite l’art prĂ©historique sous l’angle de sa symbolique, des thĂ©matiques Ă©voquĂ©es dans les Ɠuvres, des sociĂ©tĂ©s qui les ont créées et de leur cadre climatique et environnemental. Il s’achĂšve sur l’étude des techniques utilisĂ©es par les hommes prĂ©historiques – qui permettent de distinguer des “maĂźtres” et des “apprentis”, et de nous renseigner sur des systĂšmes de transmission des savoirs qui se perpĂ©tuent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations ! –, sur la parure et la musique, oĂč conques, flĂ»tes, sifflets, racleurs et rhombes sont autant de tĂ©moins matĂ©riels d’un art qui n’a laissĂ© aucune trace visible.

RepĂšres

Points forts

‱ Une exploration complĂšte des divers thĂšmes concernant l’art prĂ©historique : la musique, le symbolisme, le dessin


‱ Une prĂ©sentation des techniques permettant la restitution de ces Ɠuvres fragiles.

‱ Le catalogue d’une exposition itinĂ©rante, qui touche dans son parcours et dans ses Ɠuvres exposĂ©es aussi bien l’Atlantique que la MĂ©diterranĂ©e.

Mots-clés

‱ catalogue – art rupestre – PrĂ©histoire – techniques –Atlantique – MĂ©diterranĂ©e

peuplaient.

L’exposition sera prĂ©sentĂ©e au musĂ©e d’Aquitaine du 12 mai 2023 au 7 janvier 2024, puis voyagera dans divers lieux en France, enEspagneetauPortugal.

ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
272 pages 300 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-330-18036-2 mai 2023 prix provisoire : 35 €
Ainsi, ce catalogue, qui dĂ©montre combien cet art constitue un besoin spirituel vital pour ces sociĂ©tĂ©s, nous offre un voyage au cƓur de l’époque prĂ©historique et de l’univers des humains qui la
DE L’ATLANTIQUE À LA MÉDITERRANÉE
9:HSMDNA=V]UX[W:
événement

: 978-2-330-17921-2

ÉCO LONOMIE

350 ENTREPRISES S’ENGAGENT

[Nouvelle édition]

Chez Pocheco, l’usine d’enveloppes du Nord de la France, on expĂ©rimente l’écolonomie depuis dĂ©jĂ  vingt-deux ans. Face aux changements climatiques et Ă  la lecture des derniers rapports du Giec, la nĂ©cessitĂ© d’amorcer la transformation de la production industrielle se fait toujours plus pressante, afin de tendre vers des pratiques plus respectueuses de la nature et des hommes. Le succĂšs du film documentaire Demain et du livre d’Emmanuel Druon Écolonomie a conduit de nombreux chefs d’entreprise et de salariĂ©s Ă  venir s’inspirer de cette expĂ©rience. Pocheco a connu des moments fastes, mais enchaĂźne des phases complexes oĂč le processus Ă©colonomique permet de tenir bon.

Forts de ces expériences, Emmanuel Druon et ses équipes ont souhaité répondre positivement à cette demande de partage entre pairs, en créant le bureau de conseil Ouvert qui, depuis cinq ans, accompagne cent entreprises dans le monde avec la méthode écolonomique, en Indonésie, au Mexique, en Argentine, en Pologne, en Espagne, en Chine


Ils collaborent avec des unitĂ©s industrielles, dont les dizaines de milliers de salariĂ©s s’engagent Ă  changer leurs pratiques au quotidien pour participer au vaste mouvement de transition, tandis que des collectivitĂ©s leur emboĂźtent le pas. Tous s’engagent en fonction de leurs possibilitĂ©s financiĂšres et de leurs contraintes de marchĂ©, mais, entre petits gestes (vĂ©gĂ©talisation des toitures, plan de dĂ©placements doux, mise en place de jardins partagĂ©s
) et grands changements (redĂ©finition des filiĂšres d’approvisionnement en matiĂšres premiĂšres, invention de nouveaux systĂšmes de flux, redĂ©finition des produits proposĂ©s
), le mouvement de transition est amorcĂ© Ă  l’échelle mondiale. Dans ce livre, Emmanuel Druon aborde de maniĂšre transversale le rapport Ă  l’écologie, Ă  la biodiversitĂ©, Ă  la mobilitĂ©, Ă  la construction, aux ressources en eau, en Ă©nergie et aux matiĂšres premiĂšres, au travers de l’expĂ©rience de son entreprise Pocheco, mais aussi de celles d’usines partout dans le monde.

Cette nouvelle Ă©dition est augmentĂ©e d’un chapitre inĂ©dit.

RepĂšres

Points forts

‱ Plus de 6 000 exemplaires vendus pour Ecolonomie

‱ Emmanuel Druon a créé le bureau de conseil Ouvert en 2014 qui accompagne 100 entreprises dans le monde suivant la mĂ©thode de son entreprise Pocheco (IndonĂ©sie, Mexique, Argentine, Pologne, Espagne
).

‱ Ce livre partage l’expĂ©rience 100 entreprises (PME et grandes multinationales) partout dans le monde, Ă  travers les petits gestes comme les grands changements (redĂ©finition des filiĂšres d’approvisionnement en matiĂšres premiĂšres, postes de travail et culture d’entreprise, invention de nouveaux systĂšmes de flux, redĂ©finition des produits proposĂ©s
).

‱ L’incroyable rapiditĂ© avec laquelle le contexte a Ă©voluĂ© a rendu ce deuxiĂšme livre nĂ©cessaire.

‱ Du mĂȘme auteur, Actes Sud a Ă©galement publiĂ© en 2015 : Le syndrome du poisson lune (6 700 exemplaires vendus depuis parution).

Mots clés

‱ Ă©cologie – Ă©conomie – entreprises – transition Ă©cologique – dĂ©veloppement durable – transformation crĂ©atrice

Emmanuel Druon dirige Pocheco, une entreprise industrielle du Nord de la France depuis 1997. Par le biais du bureau d’études Ouvert, il accompagne les entreprises de tous secteurs d’activitĂ© dans leurs projets de transition, avec pour but d’entreprendre sans dĂ©truire et de produire sans laisser de traces toxiques dans l’environnement.

société ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
14 × 19 cm 208 pages 16 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn
mai 2023 prix provisoire : 20 €
9:HSMDNA=V\^WVW:

isbn : 978-2-330-17919-9

LE SYNDROME DU POISSON LUNE

Un manifeste d’anti-management [Nouvelle Ă©dition]

“Nous passons un tiers de notre vie à dormir et un tiers de notre vie au travail. Mieux vaut avoir un bon lit et un bon job.”

Emmanuel Druon est un chef d’entreprise atypique. Avec son Ă©quipe, il a transformĂ© en vingt ans l’entreprise Pocheco – pme de cent quatorze employĂ©s et leader français de la fabrication d’enveloppes – en l’une des entreprises les plus avancĂ©es dans l’économie circulaire. Tout, ou presque, y est recyclĂ© : les dĂ©chets sont utilisĂ©s comme des ressources ; la production de papier, d’encre, d’électricitĂ© est issue de sources renouvelables ; l’usine, autonome en eau, est surplombĂ©e de ruches et bordĂ©e par un verger. Dans son premier ouvrage, Écolonomies. Entreprendre et produire autrement, il expliquait pourquoi agir de façon plus Ă©cologique est plus Ă©conomique Ă  long terme. S’il revient sur les idĂ©es innovantes et les solutions opĂ©rationnelles mises en Ɠuvre par Pocheco et transposables Ă  toute entreprise, il s’attache ici plus particuliĂšrement Ă  la dimension humaine. ImplantĂ©e dans une rĂ©gion dĂ©tenant les records de taux de chĂŽmage et de cancer – de mĂȘme que de votes pour le Front national –, il explique comment la direction Ă©cologique et sociale donnĂ©e Ă  l’entreprise et la solidaritĂ© donnent du sens au travail de chacun et permettent une constante amĂ©lioration des relations humaines, donc de l’efficacitĂ©. Il dĂ©montre, par l’exemple, qu’il est possible de vivre heureux au travail – mĂȘme dans une usine – et que l’industrie du xxie siĂšcle sera humaine autant qu’écologique.

Nourri de tĂ©moignages concrets, cet ouvrage propose une nouvelle voie, Ă  l’heure oĂč nous ne voyons pas d’issue Ă  la dĂ©sindustrialisation, Ă  la dĂ©localisation et Ă  la montĂ©e inexorable du chĂŽmage. En un mot, une autre Ă©conomie est fatalement possible. Elle existe dĂ©jĂ , dans l’usine de Pocheco, Ă  Forest-sur-Marque.

Cette nouvelle Ă©dition est augmentĂ©e d’un chapitre inĂ©dit.

Depuis plus de quinze ans, Emmanuel Druon, entrepreneur prĂšs de Lille, fĂ©dĂšre le talent de ses nombreux collĂšgues et se consacre aux thĂšmes de l’écologie comme de l’économie circulaire. Depuis 1997, il dirige l’entreprise Pocheco, qui produit des enveloppes, et la dĂ©veloppe selon des principes â€œĂ©conomiques”, qu’il a explicitĂ©s dans Écolonomie Entreprendre et produire autrement (Pearson, 2012). Son essai Le Syndrome du poisson lune. Un manifeste d’anti-management est paru en 2015 chez Actes Sud dans la collection “Domaine du possible”.

société ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
14 × 19 cm 224 pages ouvrage brochĂ©
mai 2023 prix provisoire : 21 euros
9:HSMDNA=V\^V^^:

Les penseurs du

LES PENSEURS DU VIVANT

11,5 × 21,7 cm

176 pages

ouvrage broché

isbn : 978-2-330-16895-7

mai 2023

Chroniqueur averti de la scĂšne intellectuelle française de ces trente derniĂšres annĂ©es, Nicolas Truong a longtemps animĂ© les pages “IdĂ©es-DĂ©bats” du quotidien Le Monde. Il a ainsi suivi et accompagnĂ© l’émergence tardive, puis le dĂ©veloppement fĂ©cond de la pensĂ©e environnementale française. Aux Ă©tĂ©s 2020 et 2021, il a publiĂ© dans Le Monde deux sĂ©ries d’entretiens intitulĂ©es “Penseurs du nouveau monde” et “Les Penseurs du vivant”, oĂč interviennent de nombreux auteurs publiĂ©s dans la sphĂšre Ă©ditoriale d’Actes Sud et de ses maisons associĂ©es (et plus particuliĂšrement dans la collection “Mondes sauvages”) : Vinciane Despret, Baptiste Morizot, François Sarano, Pierre Lieutaghi, RaphaĂ«l Mathevet, Emanuele Coccia, Camille de Toledo, Baptiste Lanaspeze, etc.

À travers de passionnants Ă©changes avec ceux-ci, Nicolas

Truong nous invite à découvrir une multitude de réponses à cette question qui taraude un public de plus en plus large : comment et pourquoi raviver notre attention au monde et notre sensibilité au vivant ?

Ce petit recueil d’articles offre un condensĂ© vivifiant d’idĂ©es pour nourrir les pressants dĂ©bats autour de la sauvegarde de l’environnement et de la biodiversitĂ©.

RepĂšres

Points forts

‱ Titre de la sĂ©rie “Chroniques”, en partenariat avec de grands mĂ©dias nationaux (Le Monde, France Inter).

Partenariat publicitaire avec le quotidien Le Monde.

‱ Entretiens avec Vinciane Despret, Baptiste Morizot, François Sarano, Pierre Lieutaghi, RaphaĂ«l Mathevet, Emanuele Coccia, Camille de Toledo, Baptiste LanaspĂšze, etc.

‱ Autres titres de la sĂ©rie “Chroniques” : Le Son de la terre de JĂ©rĂŽme Sueur (2022) : 2 800 exemplaires vendus ; Petites histoires naturelles de Marc-AndrĂ© Selosse (2022) : 5 600 exemplaires vendus.

Nicolas Truong est journaliste au Monde oĂč il est grand reporter au service “IdĂ©es-DĂ©bats”. Essayiste, il a rĂ©cemment publiĂ© La SociĂ©tĂ© du commentaire (L’Aube/Le Monde, 2022) et un livre d’entretiens avec le philosophe et sociologue Bruno Latour, Habiter la Terre (Arte/Les Liens qui libĂšrent, 2022).

nature ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
prix provisoire : 18 €
nicolas truong les chroniques de nicolas truong dans le monde ACTES SUD essais tribunes chroniques
L e s c hroniques de Nicol as t gnour 9:HSMDNA=V[]^Z\:
vivant

“

FRANCIS HALLÉ

Les vies heureuses du botaniste

Est-ce que les plantes peuvent se dĂ©fendre ? Est-ce qu’il y a des arbres qui ne se supportent pas ? Est-ce que les plantes peuvent tomber malades ? Les humains peuvent-ils attraper les maladies des plantes ? Les petites mains se lĂšvent. Debout au milieu des Ă©lĂšves de cm2 de l’école de Ploumilliau, Francis HallĂ© Ă©coute et rĂ©pond avec soin aux nombreuses questions des enfants. Il dessine au tableau des arbres, des plantes, des fleurs, explique avec des mots simples l’étonnante vie des plantes. [
] Une petite fille remarque : les plantes n’ont pas d’yeux, elles ne voient rien. « Moi je sais qu’elles voient ! rĂ©pond le botaniste. Elles voient d’oĂč vient la lumiĂšre et elles s’orientent vers sa source puisque la lumiĂšre est leur nourriture. Elles perçoivent les formes, les couleurs
 »

Francis Hallé se livre ce matin à son exercice préféré : transmettre la connaissance du monde végétal, [
] semer les graines de la botanique chez les enfants qui partiront ensuite au collÚge.

C’est pour eux que Francis se bat sans relñche contre la destruction du monde vivant.”

Francis HallĂ© est un botaniste mondialement connu pour ses travaux sur les arbres et les plantes. Il a consacrĂ© sa vie Ă  l’étude et Ă  la sauvegarde des forĂȘts tropicales. Il est aussi un humaniste curieux, que le vivant Ă©merveille. Un scientifique qui a parcouru le monde sur les traces de Darwin. Un enseignant soucieux de transmettre. Un homme de combats, que les ravages faits Ă  la nature exaspĂšrent. Son dernier rĂȘve est de recrĂ©er une forĂȘt primaire en Europe de l’Ouest.

À 80 ans passĂ©s, il n’est pas homme Ă  renoncer, ni Ă  se reposer. Il se bat pour les gĂ©nĂ©rations futures et ouvre une brĂšche d’espoir dans un monde qui ne croit plus en l’avenir.

D’oĂč vient son Ă©nergie, son inextinguible amour de la vie ? Laure Dominique Agniel a tentĂ© de le comprendre au cours de nombreuses conversations au cours desquelles il lui a confiĂ© les souvenirs, les rencontres, les lectures qui ont marquĂ© son existence. Elle ne nous livre pas ici une biographie exhaustive, mais des fragments d’une vie menĂ©e tambour battant aujourd’hui encore, en bateau, en brousse, en forĂȘt ou sur un radeau dans la canopĂ©e. Plusieurs vies dans une vie, guidĂ©e par la passion du vivant et la recherche de la beautĂ©.

Laure Dominique Agniel est Ă©crivaine et rĂ©alisatrice de documentaires. Elle a signĂ© plusieurs biographies chez Tallandier : Gauguin aux Marquises (2016), Alexandra David-NĂ©el, exploratrice et fĂ©ministe (2021), Lady Stanhope, l’amazone du Liban (2021).

RepĂšres

Points forts

‱ Francis HallĂ© est non seulement un grand botaniste, mais aussi un homme engagĂ© dont la parole compte pour tout ce qui concerne le respect des arbres et plus largement le vivant. Il est, Ă  ce titre, souvent prĂ©sent dans les mĂ©dias.

‱ Pour ceux qui ne connaissent pas encore Francis HallĂ©, cette biographie offre un accĂšs facile Ă  son parcours. Et pour ceux qui ont dĂ©jĂ  lu ses livres, c’est une approche nouvelle, beaucoup plus personnelle.

‱ Les livres de Francis HallĂ© qu’Actes Sud a publiĂ©s ont Ă©tĂ© de bonnes ventes, avec notamment 7 000 exemplaires vendus de Pour une forĂȘt primaire en Europe de l’Ouest (2021) – 13 500 exemplaires vendus de Du bon usage des arbres (2011) – et 33 500 exemplaires vendus du Plaidoyer pour l’arbre (2005).

nature ACTES SUD
11,5 × 21,7 cm 224 pages ouvrage brochĂ© isbn 978-2-330-17536-8 mai 2023 prix provisoire : 18 €
9:HSMDNA=V\ZX[]:
9 SOMMAIRE Mai 1971, ZaĂŻre .................................................. 11 Mai 2022, Ploumilliau, CĂŽtes-d’Armor ............... 14 Une maison comme un bateau ............................ 18 La quĂȘte de la beautĂ© ........................................... 22 Un enfant dans la guerre...................................... 26 J’avais un rĂȘve : naviguer !.................................... 33 Ce sera la botanique ! .......................................... 35 La rencontre ........................................................ 41 1963 : premiĂšres dĂ©couvertes scientifiques en CĂŽte d’Ivoire ............................................................ 45 D’une rive Ă  l’autre du fleuve Congo ................... 50 Nostalgie des tropiques ........................................ 55 Dans les forĂȘts d’IndonĂ©sie .................................. 59 Le monde au bout du crayon ............................... 64 Sur les traces de Darwin ...................................... 71 L’aventure du Radeau des Cimes ......................... 111 Les arbres, ces “monuments du monde”............... 136 Et on ose s’appeler sapiens ! .................................. 146 Reconnaissance des droits de l’arbre .................... 162 Le pessimisme, pas pour moi ! ............................. 166 Le passeur............................................................ 175 Une forĂȘt primaire en Europe de l’Ouest : l’ambitieuse utopie .................................................... 181 La sagesse du botaniste ........................................ 192 Francis Halle Les Vies heureuses du botaniste INT-2023-BAT indd 9 cis Halle_Les_Vies_heureuses_du_botaniste_INT-2023-BAT.indd 9 17/02/2023 08:49 08

9782742757121

PLAIDOYER POUR L'ARBRE

ouvrage broché isbn : 978-2-330-15283-3 septembre

POUR UNE FORÊT PRIMAIRE EN EUROPE DE L’OUEST

Une forĂȘt primaire est une forĂȘt qui n’a Ă©tĂ© ni dĂ©frichĂ©e, ni exploitĂ©e, ni modifiĂ©e de façon quelconque par l’homme. C’est un joyau de la nature, un vĂ©ritable sommet de biodiversitĂ©. Ses bĂ©nĂ©fices sont inestimables : captation du CO2, rĂ©gulation du climat, rĂ©serve de biodiversitĂ©, reconstitution des ressources hydriques
 sans oublier la beautĂ©, qui nous est indispensable.

Sous les tropiques, les derniĂšres forĂȘts primaires subissent un dĂ©clin alarmant. En Europe, elles ont quasiment disparu depuis 1850 et la seule qui subsiste encore, en Pologne, est elle aussi en grand danger. Des forĂȘts secondaires “gĂ©rĂ©es” par l’homme, dĂ©gradĂ©es, les ont progressivement remplacĂ©es. Pourtant, d’autres pays des zones tempĂ©rĂ©es ont su conserver une partie de leurs forĂȘts primaires et les considĂšrent comme un trĂ©sor. Pourquoi l’Europe devrait-elle se satisfaire de banales forĂȘts secondaires ? Ce n’est cohĂ©rent ni avec notre tradition culturelle, ni avec notre exigence de beautĂ© des paysages.

C’est pourquoi, Ă  l’initiative du botaniste, l’Association Francis HallĂ© pour la forĂȘt primaire agit pour la crĂ©ation d’un vaste espace (environ 70 000 hectares, soit un carrĂ© de 26 kilomĂštres de cĂŽtĂ©) dans lequel une forĂȘt Ă©voluera de façon autonome, renouvelant et dĂ©veloppant sa faune et sa flore sans aucune intervention humaine, et cela sur une pĂ©riode de plusieurs siĂšcles. Cette zone, restant Ă  localiser, sera transfrontaliĂšre, avec une base française. Ce projet va se prolonger pendant plusieurs siĂšcles, car on estime qu’il faut entre huit cents et mille ans pour que renaisse une forĂȘt primaire. Ce projet suscite un trĂšs vif intĂ©rĂȘt du public, pour des raisons Ă  la fois Ă©cologiques et philosophiques. Il s’accompagnera de la mise en place, Ă  proximitĂ© de la forĂȘt, d’installations scientifiques, d’équipements Ă  vocation culturelle et sera aussi un bel atout local de dĂ©veloppement durable. Comme l’expose ce manifeste, l’Association souhaite susciter un large mouvement d’opinion, pour faciliter l’obtention des accords politiques et administratifs nĂ©cessaires. Il est urgent d’agir !

Botaniste et biologiste, Francis HallĂ© est spĂ©cialiste des arbres et des forĂȘts tropicales. Il est l’auteur de nombreuses publications, dont, chez Actes Sud, Plaidoyer pour l’arbre (2005), La Condition tropicale (2010), Il Ă©tait une forĂȘt (avec Luc Jacquet, 2013), Plaidoyer pour la forĂȘt tropicale (2014) et Mais d’oĂč viennent les plantes ? (avec Roland Keller, 2019). En octobre 2021, nous publierons un autre ouvrage auquel il a participĂ©, Le Radeau des Cimes. Trente annĂ©es d’exploration des canopĂ©es forestiĂšres Ă©quatoriales.

RepĂšres

Points forts

‱ Francis HallĂ© est l’auteur de nombreux ouvrages chez Actes Sud, dont Du bon usage des arbres, vendu Ă  plus de 12 000 ex.

‱ La presse en parle : articles parus dans Le Monde, LibĂ©ration, L’Obs, Elle et entrevues radio.

‱ Reportage ARTE disponible en replay jusqu’au 10/11/2021 : https://www.arte.tv/fr/videos/100729001-A/sylvain-tesson-et-francis-halle-recreer-une-foretprimaire-en-europe/

‱ Ici commence un projet qui se prolongera pendant des siùcles.

Mots clés :

‱ Plaidoyer / Environnement / Nature / DĂ©veloppement durable / 70 000 hectares / 700 ans / Grand Ɠuvre pour le vivant / ForĂȘts et arbres

L’Association Francis HallĂ© pour la forĂȘt primaire a Ă©tĂ© fondĂ©e en 2019, Ă  l’initiative du botaniste, de scientifiques, de naturalistes, de cinĂ©astes, de photographes et de simples citoyens, tous convaincus de la nĂ©cessitĂ© de faire renaĂźtre une forĂȘt primaire en Europe de l’Ouest. Forte aujourd’hui de plus de 2 500 membres appartenant Ă  13 pays, elle est reconnue d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Ă  vocation environnementale. Pour plus de renseignements : www.foretprimaire-francishalle.org

nature ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
10 × 19 cm 64
pages
2021 prix provisoire : 9 €

ÉRIC LAMAZE

Gagner pour survivre

Ce rĂ©sumĂ© de carriĂšre est certes un peu abrupt, mais il illustre parfaitement l’insolence et la théùtralitĂ© d’un destin. Lamaze, c’est une enfance compliquĂ©e, Ă©courtĂ©e, un gamin qui grandit comme une herbe folle Ă  MontrĂ©al. Il a deux cartes maĂźtresses dans son jeu, malgrĂ© ses difficultĂ©s familiales : un esprit agile et un talent inouĂŻ pour l’équitation. DĂšs la prĂ©adolescence, Lamaze gagne tous les concours auxquels il participe, au Canada comme aux États-Unis. Que son cheval soit bon ou mauvais, petit ou grand, d’un bon tempĂ©rament ou repris de justice, Éric l’amĂšne jusqu’au tour d’honneur.

Il a soif de gloire, réinvente le marché des chevaux de haut niveau en instaurant un commerce transatlantique, fait fortune et vit comme une rock star.

En 2004, le Canadien rencontre Hickstead, le cheval de sa vie. L’étalon est petit, bouillant, compliquĂ© mais gĂ©nial, et avec Éric ils forment un couple fusionnel. Outre le titre olympique de 2008, ils dĂ©crochent un Ă  un tous les plus beaux Grands Prix du monde, tels des tireurs de ball-trap : Calgary deux fois, GenĂšve, Aix-la-Chapelle, La Baule
 Lamaze et Hickstead sont imbattables, incomparables, ils rĂšgnent en maĂźtres sur le classement mondial. Mais, en 2011, le petit cheval meurt soudainement Ă  VĂ©rone, d’une rupture de l’aorte. Un coup du sort invraisemblable pour son cavalier.

En 2017, Éric Lamaze dĂ©couvre qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau. Il se bat depuis comme un lion, pour continuer non pas simplement Ă  vivre mais aussi Ă  gagner. Ni la souffrance ni les chimiothĂ©rapies n’émoussent son courage incroyable, son esprit de conquĂȘte.

Cette plongĂ©e dans l’histoire du premier champion olympique de saut d’obstacles canadien est riche des tĂ©moignages inĂ©dits de ses proches ; le roman vrai d’une existence extraordinaire qui, entre le magnifique et le tragique, n’a jamais choisi son camp.

Ayant couvert pour les principales chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision spĂ©cialisĂ©es la plupart des grandes compĂ©titions, Kamel Boudra est le journaliste le plus connu – et le plus apprĂ©ciĂ© – du monde Ă©questre. C’est en Chine en 2008 qu’une relation privilĂ©giĂ©e s’installe entre Kamel Boudra et Éric Lamaze, devenu champion olympique. Éric Lamaze demande un jour Ă  Kamel Boudra d’écrire sa biographie. L’auteur accepte mais Ă  une seule condition, il ne veut pas de censure et veut pouvoir sans aucune restriction rencontrer les acteurs de la vie de l’athlĂšte.

Kamel Boudra va alors entamer un long voyage d’enquĂȘtes Ă  travers le Canada et l’Europe. Ce livre, Ă©crit avec CĂ©line Gualde, en est le rĂ©sultat.

RepĂšres

Points forts

‱ Éric Lamaze a toujours cultivĂ© le secret, et refusĂ© toutes les interviews, toutes les propositions d’écrire sa biographie. Pour Kamel Boudra, il a fait une exception, acceptant de se livrer, et mĂȘme de le mettre en relation avec les tĂ©moins de ses annĂ©es troubles: famille, amis d’enfance, etc.

arts équestres ACTES SUD 850
11,5
21,7 cm 144 pages ouvrage broché isbn
mai 2023 prix provisoire : 17 €
×
978-2-330-17547-4
9:HSMDNA=V\ZY\Y:

LES CARNETS DU PAYSAGE N ° 42 Eau

Cette planĂšte que nous appelons Terre est en fait composĂ©e d’eau Ă  prĂšs de 75 %. Eau salĂ©e principalement (mers et ocĂ©ans), eaux douces sous forme de lacs, de fleuves et de riviĂšres, de marais, de glaciers, de vapeurs, de nappes phrĂ©atiques
 Or cette abondance se transforme parfois en raretĂ© ou en absence, du point de vue des sociĂ©tĂ©s humaines installĂ©es Ă  la surface de la planĂšte.

Plus exactement, l’eau douce, qui ne reprĂ©sente que 2,5 % du total des eaux terrestres, est trĂšs inĂ©galement rĂ©partie et parfois difficilement accessible pour de nombreuses populations. On compte qu’environ un tiers des ĂȘtres humains n’a pas accĂšs Ă  l’eau et que plus de la moitiĂ© n’a pas accĂšs Ă  une eau Ă  peu prĂšs potable.

Les raisons de ce manque d’eau potable sont multiples : le changement climatique actuel et les sĂ©cheresses accrues, mais Ă©galement la croissance dĂ©mographique, les pratiques agricoles productivistes, les modes de vie et de consommation conduisant Ă  de nombreux gaspillages, le mauvais entretien des infrastructures de service et d’assainissement, etc.

L’impact de l’eau (de sa prĂ©sence et de son absence, de son abondance et de sa raretĂ©) sur les paysages et les sociĂ©tĂ©s qui les habitent peut s’observer partout sur la planĂšte. On dit que “l’eau, c’est la vie”, c’est vrai, mais insuffisant : l’eau c’est aussi un milieu, un ensemble de techniques et d’ingĂ©nieries de contrĂŽle et d’usage, des habitudes sociales, des rĂšglements juridiques plus ou moins formalisĂ©s, des choix politiques, des reprĂ©sentations symboliques. Tout cet ensemble “fait paysage”. Tous ces Ă©lĂ©ments interviennent dans la fabrication des “paysages de l’eau”.

AprĂšs avoir abordĂ© les “paysages de l’air”, Les Carnets du paysage poursuivent, avec ce numĂ©ro consacrĂ© Ă  l’eau, leur exploration de la place de ce qu’on appelle traditionnellement les â€œĂ©lĂ©ments naturels” dans les paysages que les ĂȘtres humains, et plus gĂ©nĂ©ralement les ĂȘtres vivants, habitent et transforment.

RepĂšres

Points forts

‱ Nouveau format Ă  19 euros pour une formule revisitĂ©e qui ancre les Carnets comme tĂ©moins critiques de la transformation des cultures paysagĂšres contemporaines ; un espace de rĂ©flexions et d’expĂ©riences, de partage des savoirs et des pratiques pour rĂ©pondre aux dĂ©fis climatiques et aux besoins de solutions innovantes.

‱ Les diffĂ©rentes contributions Ă©manent de paysagistes, philosophes, historiens, Ă©crivains, artistes
, multipliant ainsi les angles d’approche et les points de vue, ce qui fait la richesse de la revue.

nature ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
21
24 cm
×
160 pages 110 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-330-17938-0 coĂ©dition actes sud/ensp mai 2023 prix provisoire : 19 €
9:HSMDNA=V\^X]U:

L’eau de vie

AprĂšs l’air, l’eau est le deuxiĂšme Ă©lĂ©ment autour duquel s’organise ce numĂ©ro des Carnets du paysage Chez les philosophes prĂ©socratiques, un Ă©lĂ©ment Ă©tait souvent considĂ©rĂ© comme Ă©tant Ă  l’origine de toutes choses. Pour HĂ©raclite, c’était le feu, pour Thales l’eau, etc. Mais, trĂšs vite, on pensa que les quatre Ă©lĂ©ments fondamentaux Ă©taient complĂ©mentaires et cette idĂ©e fut d’abord formulĂ©e par EmpĂ©docle. Aristote en ajouta un cinquiĂšme, l’éther, pour expliquer le mouvement circulaire des Ă©toiles. De leur cĂŽtĂ©, les Chinois distinguent aussi cinq Ă©lĂ©ments dont dĂ©pendent les cinq mouvements fondamentaux, le bois, le feu, le mĂ©tal, le terre et l’eau, tous Ă©tant interconnectĂ©s. Mais l’eau occupe une place centrale dans la dĂ©finition du paysage dont les sinogrammes signifient “montagne-eau”. Et il est probable que, pour un amateur occidental, et sans se placer Ă  un point de vue thĂ©orique, cette composante soit aussi esthĂ©tiquement fondamentale dans son expĂ©rience des paysages.

On sait aussi qu’avant de l’appeler la Terre, on dĂ©signait notre planĂšte, Ă  la Renaissance, par l’expression globe terraquĂ© (globus terraquaeus), c’est-Ă -dire littĂ©ralement composĂ© d’eau et de terre. Et, de fait, sa surface est constituĂ©e de presque 75 % d’eau, ce que nous autres “Terriens” avons tendance Ă  oublier. Mais l’eau, dans l’imaginaire des ĂȘtres humains, a toujours Ă©tĂ© ce qui “entourait la terre”, l’ocĂ©an Ă©tant dans l’AntiquitĂ© considĂ©rĂ© comme une sorte de ceinture englobante. Pour les navigateurs comptaient surtout les ports, et ce sont eux que les portulans faisaient d’abord figurer sur les cartes maritimes. Dans notre numĂ©ro, l’article, Ă  la fois trĂšs documentĂ© et trĂšs spĂ©culatif, de Roberto Casati s’intĂ©resse aux difficultĂ©s d’une cartographie des ports Ă  travers la question du voyage qui trace des lignes invisibles dans un espace temps irreprĂ©sentable pour ce qu’il appelle “une phĂ©nomĂ©nologie de la navigation”.

77
PAGE PRÉCÉDENTE LĂ©gende du visuel.
ÉDITORIAL

L’eau, c’est la vie

Le slogan “L’eau, c’est la vie” a Ă©tĂ© trĂšs utilisĂ© par une filiale du groupe SaintGobain, la SociĂ©tĂ© anonyme des hauts fourneaux et fonderies de Pont-Ă Mousson (aujourd’hui Saint-Gobain PAM) dans ses supports publicitaires depuis l’entre-deux-guerres. On le retrouve dans ses catalogues, ses films de propagande, les protĂšge-cahiers d’écolier et les dessins Ă  colorier qu’elle Ă©dite
 L’eau est la ressource indispensable pour animer les paysages, irriguer les cultures, apporter de l’hygiĂšne et du confort dans la vie quotidienne bien que, dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, l’usage de l’eau courante soit loin d’ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© en France. Comme son nom l’indique, cette sociĂ©tĂ© ne vend pourtant pas d’eau Ă  proprement parler. Elle est spĂ©cialisĂ©e depuis la fin des annĂ©es 1870 dans la fabrication et la commercialisation de canalisations en fonte pour les systĂšmes d’adduction d’eau, d’assainissement, de gaz et d’irrigation. De fait, elle fournit un composant essentiel pour conduire l’eau Ă  ses utilisateurs mais qui reste le plus souvent invisible Ă  leurs yeux. Si l’on ne voit pas les canalisations cachĂ©es dans les entrailles de la terre, les paysages urbains et ruraux recĂšlent pourtant de nombreux indices de leur prĂ©sence. Des petits signes surgissent, çà et lĂ , comme les avaloirs, les regards, les poteaux et bouches d’incendie, les bouches de lavage et d’arrosage, si banals aujourd’hui que l’on n’y prĂȘte que rarement attention. Ils prennent aussi, de loin en loin, la forme d’infrastructures gĂ©antes telles que des ponts pour les passages aĂ©riens, des rĂ©servoirs, des chĂąteaux d’eau ou des stations de filtration.

Mais le plus spectaculaire intervient au moment de la pose des canalisations. Ces chantiers bouleversent momentanĂ©ment les paysages avec le creusement de tranchĂ©es, la construction de lignes de chemin de fer Ă©phĂ©mĂšres et le passage de convois extraordinaires pour transporter des tuyaux Ă  pied d’Ɠuvre. À partir de la fin du XIXe siĂšcle, un photographe, Charles VagnĂ©, est salariĂ© par l’entreprise pour saisir sur le vif les grandes Ă©tapes de ces chantiers, avant que les tuyaux ne disparaissent sous terre. Cette collecte d’images, patiente et systĂ©matique, nous laisse en hĂ©ritage un fonds photographique de plusieurs dizaines de milliers de clichĂ©s sur tous supports illustrant ces installations et leur mise en Ɠuvre. De quoi Ă©tudier incidemment les transformations des paysages urbains et ruraux produites par le dĂ©veloppement de ces rĂ©seaux.

Les Fonderies de Pont-Ă -Mousson ont Ă©ditĂ© une sĂ©rie de protĂšge-cahiers illustrĂ©s par le graveur lorrain Georges Kierren destinĂ©s Ă  enseigner aux Ă©coliers les bienfaits de l’eau
 et des systĂšmes d’adduction d’eau commercialisĂ©s par l’industriel. Le n°20 est consacrĂ© Ă  l’une des Ɠuvres emblĂ©matiques des jardins du chĂąteau de Versailles, le bassin de Latone. Racontant l’enfance d’Apollon, le dieu-soleil que Louis XIV s’est choisi pour emblĂšme, il est ornĂ© de

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PAGE PRÉCÉDENTE ProtĂšge-cahier d’écolier, n° 20, Ă©ditĂ© par les Fonderies de Pont-Ă -Mousson (annĂ©es 1920) : “L’eau parure des jardins”.

Les üles d’Auvergne

Franck Watel est un habitant des hauteurs. C’est en contemplant les mers de nuage depuis son ancienne ferme des monts du Livradois, en Auvergne, qu’il a un jour imaginĂ© de voyager sur les terres Ă©mergĂ©es d’une planĂšte transformĂ©e par une brusque montĂ©e des eaux, de l’ordre de mille mĂštres Ă  partir de notre carte actuelle. Ainsi sont nĂ©es les aventures d’Imago Sekoya, entomologiste de classe “lĂ©pidopt”, amenĂ© Ă  vivre dans le tourbillon d’une expĂ©dition virant au thriller scientifique. Quatre volumes de ses carnets de terrain seront Ă©ditĂ©s Ă  partir de ce fil narratif, bondissant des Ăźles d’Auvergne Ă  l’Archipel ibĂ©rique, puis de la grande Ăźle des Rocheuses au continent de Mars. S’y dĂ©voile un assemblage poĂ©tique et gĂ©ographique qui rapproche, subitement, les hautes terres des paysages de rivages. Les ports se mĂȘlent aux estives. InventĂ©s avec l’illustrateur Paul Basselier ces carnets sont imprimĂ©s sur les presses de l’entreprise familiale, prĂšs de Brioude1

Franck Watel est aujourd’hui appelĂ© Ă  travailler sur les espaces d’interprĂ©tation des rivages français, au fil des commandes du Conservatoire du littoral, pour livrer au public des images du fonctionnement et des transformations des milieux maritimes. L’élĂ©vation attendue des niveaux marins ne sera pas de l’ordre de la grande terraformation qui a donnĂ© naissance aux Ăźles d’Auvergne, mais notre nouvelle gĂ©ographie cĂŽtiĂšre appelle un vrai travail d’anticipation et d’imagination. La fiction peut y prendre toute sa part.

92 93 PAGE PRÉCÉDENTE LĂ©gende du visuel.
D’Imago Sekoya, aux Ă©ditions DoublevĂ©bĂ© RĂ©cup (Vals-le-Chastel) Les Îles d’Auvergne 1993 L’Archipel ibĂ©rique 1995 La Grande Île des Rocheuses 1998 Le Continent de Mars 2015. Url www. wbrecup.com FRANCK WATEL Graphiste et scĂ©nographe TEXTE D’ALEXIS PERNET Paysagiste dplg

Bassines ou réserves ?

De l’opprobre au projet commun, un nouvel objet paysager Ă  considĂ©rer

Les plaines cĂ©rĂ©aliĂšres de l’ouest de la France ont vu ces deux derniĂšres dĂ©cennies apparaĂźtre un nouvel objet paysager, arrivĂ© presque par surprise Ă  la surface de territoires dĂ©jĂ  profondĂ©ment remaniĂ©s par les systĂšmes de grandes cultures. Visuellement, cela ressemble de loin au soulĂšvement d’un morceau de l’horizon par une brusque dĂ©coupe dans l’ordre de la topographie, ordinairement peu animĂ©e, de ces grands openfields. En s’approchant, on dĂ©couvre un talus enherbĂ© d’une douzaine de mĂštres de haut, formant un quadrilatĂšre Ă  peu prĂšs rĂ©gulier, dont le grand cĂŽtĂ© peut mesurer de 300 Ă  500 mĂštres de long. Une clĂŽture tient l’observateur Ă  distance, tout comme une haie de pourtour, d’essences communes. Il faut circuler autour de la chose pour accĂ©der Ă  un portail mĂ©tallique derriĂšre lequel se trouve un petit Ă©difice banal, crĂ©pit de blanc, couvert de tuiles. Rien de pittoresque : on y reconnait les logiques de l’amĂ©nagement ordinaire, ces combinaisons de grillages de zone d’activitĂ©, de graves de chantier, de normes architecturales minimales. Le talus porte une piste d’accĂšs, s’élevant rĂ©guliĂšrement vers le sommet. Avec un peu de chance, un panneau signalant les logos de financeurs publics est encore disposĂ© prĂšs du portail, mais il faudra un peu de perspicacitĂ© au visiteur pour comprendre l’usage de l’ouvrage. La visite se fait nĂ©cessairement accompagnĂ© : mĂȘme si des financements publics ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s pour susciter cet Ă©trange soulĂšvement de terre, il faut montrer patte blanche pour y accĂ©der. Le trajet par la piste est assez rapide. Le visiteur a-t-il le temps d’éprouver un peu de ce mĂ©lange aigre-doux d’effort physique et d’attente qui s’attache Ă  l’acte de l’ascension ? Le regard passe par-dessus la haie, devine le patchwork simplifiĂ© des cultures, puis se tourne vers la crĂȘte du talus. Car s’ouvre alors depuis son sommet une bĂ©ance, une vaste dĂ©pression, dont le volume ne paraissait pas soupçonnable quelques mĂštres plus bas, comme si l’espace venait brusquement de s’ĂȘtre dilatĂ©. Un mois d’avril normal,

PAGE PRÉCÉDENTE RĂ©serve de substitution dans la plaine du sud-VendĂ©e, Doix-lĂšs-Fontaines, 15 mai 2019. Construite en 2015 sous la maĂźtrise d’ouvrage du syndicat mixte VendĂ©e SĂšvre Autize. Volume d’eau stocké : 485 000 mĂštres cubes. CoĂ»t de l’ouvrage : 2,65 millions d’euros.

11
Paysagiste dplg, maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’ENSP Versailles

ESSAI LITTÉRAIRE

10 × 19 CM

144 PAGES

PRIX PRÉVISIONNEL

17 €

MISE EN VENTE

10 MAI 2023

978-2-330-18058-4

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VIRGINIE APIOU D’aprùs Delphine Seyrig

Dans cet essai littĂ©raire en forme d’exercice d’admiration, Virginie Apiou met en lumiĂšre les multiples facettes de l’une des actrices les plus fascinantes du cinĂ©ma français et tente, Ă  travers l’évocation de sa filmographie, de sa vie et de son combat fĂ©ministe, de cerner le “mystĂšre Seyrig”.

En 1982, Delphine Seyrig est l’invitĂ©e du trĂšs populaire magazine de divertissement L’InvitĂ© du dimanche. InterrogĂ©e par Michel Drucker, elle Ă©voque le nouveau film de Chantal Akerman, et son personnage inĂ©dit : Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles, l’histoire d’une femme au foyer qui se dĂ©brouille en se prostituant en apparence comme elle fait la cuisine, ou son mĂ©nage.

“Il doit y avoir un ou deux milliards de femmes qui mĂšnent cette vie. Et je trouve passionnant, que pour une fois on puisse voir ça. Il y a des gens qui vous diront que c’est pas du tout comme ça que ça se passe. Des hommes qui sont au bureau toute la journĂ©e et donc de toute façon ne savent absolument pas ce qui se passe chez eux pendant la journĂ©e. J’ai entendu des hommes dire « c’est absolument impossible, aucune femme n’est comme ça, ou alors c’est une folle » [
] Je pense que c’est la premiĂšre fois qu’on aborde cette question donc Ă©videmment, les gens ne croient pas Ă  la vĂ©ritĂ©.” Sur un autre plateau de tĂ©lĂ©vision, elle complĂšte : “Moi je ne mĂšne pas cette vie-lĂ , parce que je l’ai refusĂ©e, et je l’admets, parce que j’ai les moyens de la refuser. Certaines femmes n’ont pas les moyens de refuser.”

(extrait)

À NOTER

u Ressortie en salle de Jeanne Dillman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman le 19 avril

ACTES SUD
D. R.
INSTITUT LUMIÈRE | ACTES SUD 1 / 2

L’AUTEURE

Virginie Apiou est journaliste et réalisatrice de reportages et de documentaires sur le cinéma, notamment sur Hitchcock, Ida Lupino, Lars von Trier, Mizoguchi, Truffaut
 Elle est aussi membre du comité de sélection des films pour le festival de Cannes.

D’aprùs Delphine Seyrig

“1981, Delphine Seyrig est au théùtre. Elle joue La BĂȘte dans la jungle d’Henry James. Samy Frey est son unique partenaire. L’histoire de ce grand amour manquĂ© entre un tempĂ©rament fĂ©minin puissant et un tempĂ©rament masculin impatient incarnĂ© par deux acteurs trĂšs beaux, a tout pour fasciner les adolescents, sans miĂšvrerie, avec mystĂšre. Adolescente, habitant en province, je suis venue voir la piĂšce Ă  Paris deux fois ! À la seconde reprĂ©sentation, Samy Frey, enrhumĂ©, se met soudain de dos au public, gĂȘnĂ© par son nez qui coule. ImpĂ©riale, Seyrig tout en jouant, lui tend un mouchoir dans un geste si gracieux qu’on le croirait mis en scĂšne. StylĂ©e et pragmatique, c’est exactement

ça, Seyrig !

Des annĂ©es plus tard, devenue journaliste, prĂ©parant un dossier sur le fĂ©minisme, je parle longuement au tĂ©lĂ©phone avec Delphine Seyrig. Sa voix lĂ©gendaire est bien lĂ , mais le dĂ©bit trĂšs rapide me dit qu’elle s’en fiche complĂštement, ce qui compte ce n’est pas sa lĂ©gende, c’est l’instant prĂ©sent qui est son combat pour le droit des femmes.”

D’aprĂšs Delphine Seyrig est un rĂ©cit Ă  l’instant prĂ©sent, une rĂ©ponse possible Ă  cette question : en quoi dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir Delphine Seyrig, comĂ©dienne, activiste, icone de la mode, propriĂ©taire de chats, rĂ©alisatrice
 Ă©claire ce que nous sommes aujourd’hui, les femmes comme les hommes ?

D’aprĂšs Delphine Seyrig est le kalĂ©idoscope d’une vie avec toutes ces influences. C’est une arborescence cinĂ©matographique qui revient sur les hĂ©roĂŻnes de cinĂ©ma qui ont jalonnĂ© sa vie, de 1932, annĂ©e de sa naissance, Ă  1990, annĂ©e de sa disparition, mais aussi sur les diffĂ©rentes mythologies incarnĂ©es par la comĂ©dienne. Seyrig est cet ĂȘtre pragmatique qui dit les choses toutes crues, mange, fume, sort la nuit. Seyrig est cette crĂ©ature-statue des parcs et jardins, qui semble ne jamais marcher, mais plutĂŽt Ă©voluer de tourments ambitieux en tourments merveilleux. Seyrig est cette mĂ©nagĂšre sans affect apparent, qui sait le poids des choses triviales en petite fourmi invisible. Seyrig est une femme qui n’a surtout pas besoin que l’on pense Ă  sa place. Ce sont toutes ces Delphine-lĂ , que ce livre se propose de retrouver, sur une scĂšne de théùtre, un plateau de tĂ©lĂ©vision, en tournage d’un nouveau film, ou chez elle, recevant le magazine de 30 millions d’amis et manipulant de la nourriture prĂ©parĂ©e pour ses chats !

ACTES SUD
INSTITUT LUMIÈRE | ACTES SUD 2 / 2

SOULAGES

SOULAGES

D’une rive Ă  l’autre [Nouvelle Ă©dition]

Michaël de Saint Cheron et Matthieu Séguéla

Ce livre est habitĂ© par la rencontre de et avec Soulages. Ses rencontres ont marquĂ© Ă  jamais sa vision de l’art : d’abord avec l’archĂ©ologie et l’art pariĂ©tal, ensuite avec Conques et l’art roman, enfin avec l’abstraction pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses grandes rencontres des annĂ©es 1950-1960, avec Picabia, Hartung, Atlan, Senghor, puis autour de Conques avec Georges Duby et Jacques Le Goff, sont aussi des moments phares de son Ɠuvre, comme l’est sa rencontre avec le Japon.

MichaĂ«l de Saint Cheron et Matthieu SĂ©guĂ©la tracent ici un triangle d’or entre l’art de Soulages, l’Afrique noire et le pays du Soleil levant. Ce livre analyse l’outrenoir Ă  travers une double approche novatrice confrontĂ©e Ă  l’histoire du xxe siĂšcle et au dialogue des cultures et des arts. Tout l’art de Soulages sur plus de quatre-vingts ans de crĂ©ation s’inscrit de façon unique dans l’histoire de l’art autant que dans la philosophie de l’art. ƒuvre unique au siĂšcle de tous les “-ismes” (cubisme, expressionnisme, dadaĂŻsme ou surrĂ©alisme), l’outrenoir n’a pas vraiment d’équivalent. Soulages Ă  travers l’outrenoir ne se situe pas non plus tout Ă  fait ou pas seulement dans l’abstraction. Ayant dialoguĂ© avec les artistes majeurs de son siĂšcle, il ne cesse de questionner et d’analyser sa propre fascination pour le noir.

AprĂšs la disparition de Pierre EncrevĂ© en fĂ©vrier 2019, qui marque d’une empreinte indĂ©lĂ©bile les Ă©tudes soulagiennes sur prĂšs de cinquante ans, d’autres voix se font entendre depuis les annĂ©es 2000, offrant de nouvelles approches d’une Ɠuvre polyphonique qui irrite ou fascine les amateurs d’art et plus encore les spĂ©cialistes. Les auteurs apportent Ă  leur tour une lecture, un nouveau regard sur l’artiste, disparu en 2022 Ă  l’ñge de 102 ans.

L’outrenoir, s’il dit la majestĂ©, l’autoritĂ© du noir, du goudron, dit autant ou plus encore l’inexplicable d’une “Ɠuvre au noir”, hantĂ©e par cette totalisation de toutes les couleurs qui, ce faisant, les annihile par absorption. Le noir, qu’est-ce d’autre pour Soulages sinon une extrĂȘme fragilitĂ© marquĂ©e par “sa pauvretĂ© de salissure” ? Les verriĂšres de Conques constituent l’indispensable contrepoint de l’outrenoir.

Cette nouvelle édition est augmentée de deux chapitres inédits consacrés à Pierre Soulages et la Corée.

MichaĂ«l de Saint Cheron est philosophe des religions et chargĂ© de la valorisation du patrimoine Ă  la Drac d’Île-de-France.

Matthieu SĂ©guĂ©la est spĂ©cialiste du Japon, professeur Ă  Tokyo et commissaire d’exposition.

RepĂšres

Points forts

‱ Un petit format illustrĂ©, incontournable, qui replace Soulages dans ses rencontres artistiques.

‱ Une nouvelle lecture, un nouveau regard sur l’artiste, qui aura cent ans en dĂ©cembre 2019.

Mots clés :

‱ Art moderne / art contemporain / Afrique noire / Japon / CorĂ©e

arts ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
17 × 24 cm 104 pages 26 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-330-17877-2 mai 2023 prix provisoire : 26,80 €
SOULAGES D’une rive à l’autre ACTES SUD
rive à l’autre MICHAËL DE SAINT CHERON MATTHIEU SÉGUÉLA ACTES SUD 24/10/2019 17:04 9:HSMDNA=V\]\\W:
D’une

13 x 21 cm

192 pages

160 illustrations en quadri

ouvrage relié

isbn (version française) : 978-2-330-04793-1

isbn (version anglaise) : 978-2-330-04812-9

coédition isabella stewart gardner

museum/actes sud

Remise en vente mai 2023

prix : 32 euros

L’HERBIER MERVEILLEUX

Dans cet ouvrage, Jean-Michel Othoniel rĂ©vĂšle sa passion des fleurs en nous exposant leur langage secret et leur symbolique dans la peinture ancienne. En effet, lors de sa rĂ©sidence Ă  l’Isabella Stewart Gardner Museum (Boston) en 2012, Jean-Michel Othoniel dĂ©couvre les archives du jardin luxuriant qu’Isabella Stewart Gardner, premiĂšre femme aux États-Unis Ă  obtenir un diplĂŽme d’horticulture, avait organisĂ© autour de sa demeure. Au dĂ©tour des salles du musĂ©e, oĂč rien n’a bougĂ© depuis le dĂ©cĂšs de sa propriĂ©taire, Othoniel photographie les fleurs reprĂ©sentĂ©es dans les tapisseries, les ferronneries, les dentelles, les Ă©lĂ©ments d’architecture, le mobilier ou les tableaux de la collection, par exemple dans des chefs-d’oeuvre comme le Portrait de femme de Van Dyck et sa rose virginale, L’Annonciation de Piermatteo d’Amelia et son lys majestueux ou la Sainte Engracia de BartolomĂ© Bermejo et sa palme mystique. L’artiste travaille Ă©galement sur la forme des vĂ©gĂ©taux pour crĂ©er des sculptures et des peintures. C’est le cas de la pivoine, omniprĂ©sente dans les collections du musĂ©e, qui lui inspire une sculpture monumentale et quatre peintures qui seront exposĂ©es en 2015 Ă  l’Isabella Stewart Gardner Museum.

Dans ce livre prĂ©cieux, qui se prĂ©sente comme un abĂ©cĂ©daire nourri au fil des salles du musĂ©e de photographies montrant des dĂ©tails de peintures, de dessins et de textes, Othoniel nous dĂ©voile pour la premiĂšre fois le rapport direct qu’entretiennent ses nouvelles oeuvres sculpturales et picturales avec la symbolique cachĂ©e des fleurs.

RepĂšres

Points forts

‱L’un des bestsellers de Michel Othoniel : L’Herbier merveilleux s’est vendu à plus de 5 000 exemplaires (versions française et anglaise confondues)

‱ Ce livre est le premier volume d’une sĂ©rie consacrĂ©e aux grands musĂ©es du monde.

Mots clés :

‱ art contemporain / plantes / musĂ©ologie / arts graphiques / arts plastiques / Louvre

DiplĂŽmĂ© de l’École nationale supĂ©rieure de Cergy-Pontoise en 1988, Jean-Michel Othoniel se fait tout d’abord remarquer en 1992 en exposant des sculptures en soufre. C’est alors que le verre s’introduit dans son travail pour progressivement devenir son matĂ©riau de prĂ©dilection.

Aujourd’hui il expose dans les plus grands musĂ©es. Durant l’étĂ© 2014, il prĂ©sentera, en compagnie du paysagiste Louis Benech, un projet de rĂ©amĂ©nagement de théùtre des eaux dans les jardins du chĂąteau de Versailles. Il a publiĂ© aux Ă©ditions Actes Sud : Epiphanie (2014), Un coeur abstrait (2009), Othoniel Crystal palace, 2003.

arts ACTES SUD
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Dans l’AntiquitĂ©, on attribuait aux feuilles d’acanthe des valeurs mĂ©dicinales. Elles Ă©taient aussi liĂ©es Ă  la lĂ©gende d’Apollon, dieu du soleil, qui aurait voulu enlever la nymphe Acanthe. Elle lui rĂ©sista en le griffant au visage ; pour se venger, il la transforma en cette plante aux feuilles douces, mais dont les contours sont trĂšs Ă©pineux. C’est en GrĂšce, au v e siĂšcle avant JĂ©sus-Christ, que le sculpteur Callimaque, passant devant le tombeau d’une jeune fille morte la veille de son mariage, vit dans la beautĂ© sombre des feuilles ciselĂ©es et recourbĂ©es un sujet digne de son architecture sacrĂ©e. Il crĂ©a ainsi l’ordre corinthien, rĂ©putĂ© pour ses chapiteaux aux motifs de la feuille. L’acanthe devint alors symbole d’immortalitĂ© et c’est pour cela que, jusqu’à nos jours, elle apparaĂźt dans de nombreux monuments funĂ©raires. Elle Ă©voque aussi la persĂ©vĂ©rance, le triomphe sur les Ă©preuves de la vie. Elle est le symbole de l’amour Ă©ternel, l’élĂ©vation de notre Ăąme vers le divin. L’acanthe est aussi prĂ©sente dans les enluminures des textes sacrĂ©s et les images du pouvoir. Dans la religion catholique, associĂ©e Ă  la croix du Christ, elle est un symbole du sacrifice divin, de l’amour Ă©ternel.

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Acanthus Acanthe

Aquilegia vulgaris Ancolie Vulgaire/bleue

C’est une des fleurs du jardin de Marie, ses sept pĂ©tales incarnent les vertus thĂ©ologales : la foi, l’espĂ©rance, la charitĂ©, la prudence, la justice, la tempĂ©rance et la force. Ses noms vulgaires sont cornette, gants-de-Notre-Dame, colombine, ou columbine en anglais.

Sa fleur entiĂšre a la forme d’une colombe, d’oĂč son association Ă  l’Esprit saint et Ă  la RĂ©demption. Lorsqu’elle est reprĂ©sentĂ©e dans une scĂšne de la Passion du Christ, elle prend un caractĂšre funĂšbre, le violet Ă©tant la couleur du deuil. Elle Ă©voque la douleur de Marie Ă  la mort de JĂ©sus-Christ Ă  cause de l’assonance de son nom avec le mot “mĂ©lancolie”.

Son nom latin, Aquilegia vulgaris, rappelle aquila (l’aigle), car ses pĂ©tales ont la forme des griffes de l’aigle.

Au XIXe siĂšcle, l’ancolie de couleur mauve Ă©tait le symbole de la tristesse et l’emblĂšme de la folie. C’est l’aigle noir des romantiques mĂ©lancoliques.

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Le bleuet, c’est le bleu pur, trùs rare dans la nature : il est le bleu divin du paradis et de Marie. Sa forme rappelle la “couronne de Marie”, reine du royaume de Dieu sur terre.

Le bleuet est le symbole de la fidĂ©litĂ© et de l’espĂ©rance ; associĂ© au blĂ©, il souligne la double nature du Christ : le sacrifice et la rĂ©demption.

Il Ă©voque l’image profane de l’étĂ©.

Le surnom de “bleuet” fut donnĂ© par les poilus de la PremiĂšre Guerre mondiale aux trĂšs jeunes soldats de la classe 1917, qui avaient des pantalons bleus ; le “bleu” est, depuis, celui qui n’a pas d’expĂ©rience.

Comme pour le coquelicot, peindre des bleuets entre les deux guerres était un symbole de mémoire et de solidarité.

Le chrysanthĂšme est originaire de CorĂ©e. ConsidĂ©rĂ© comme la plus ancienne fleur du monde, il fut trĂšs apprĂ©ciĂ© dans les jardins de Chine avant d’arriver au Japon oĂč l’empereur l’adopta et oĂč il devint rapidement la plus noble des fleurs pour lui et pour son peuple. Sa prĂ©sence iconographique est trĂšs importante dans l’art de ces trois pays.

En CorĂ©e, c’est la fleur de la joie, de la gaietĂ©, du plaisir. C’est un symbole d’éternitĂ© heureuse.

En Chine, le chrysanthĂšme est appelĂ© “la fleur d’or” ou “la fleur de la perfection”. Il signifie vivacitĂ©, aisance et une vie de retraite philosophique. Durant la dynastie Song, le chrysanthĂšme Ă©tait le symbole mĂȘme du lettrĂ©. Il Ă©tait interdit aux non-lettrĂ©s d’avoir un chrysanthĂšme dans leur jardin. Au Japon, on lui attribuait la capacitĂ© de rendre la vie plus belle et plus longue. Les Japonais l’associent aux notions de plĂ©nitude et d’immortalitĂ©. Dans la vie quotidienne, il reprĂ©sente un Ă©lĂ©ment de dĂ©coration important, tĂ©moignant d’un sentiment de gaietĂ© partagĂ©e.

En France, le chrysanthÚme est devenu la fleur des morts lorsque le président Raymond Poincaré, en 1919, décida que

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Centaurea cyanus Bleuet Chrysanthemum ChrysanthĂšme

Une lĂ©gende dit que la couronne de JĂ©sus-Christ Ă©tait tressĂ©e de branches d’aubĂ©pine aux piquants particuliĂšrement douloureux.

L’aubĂ©pine symbolise l’innocence et la puretĂ© virginales, c’est un gage de bonheur et de prospĂ©ritĂ© pour les nouveaux Ă©poux. Arbre de protection mystique, l’aubĂ©pine Ă©tait prĂ©sente dans la plupart des sanctuaires, formant une barriĂšre tant physique (de par ses Ă©pines) que symbolique pour dĂ©limiter l’enceinte sacrĂ©e. C’est l’arbre qui enclĂŽt le jardin de Marie.

D’aprĂšs la croyance populaire, la foudre Ă©pargne l’aubĂ©pine (ou la maison qui en est ornĂ©e), parce que la foudre est l’Ɠuvre du diable et qu’elle ne peut frapper une plante qui a touchĂ© le front du Fils de Dieu.

Cette croyance est complĂ©tĂ©e par une vĂ©nĂ©ration particuliĂšre pour le rouge-gorge qui, en cassant avec son bec une Ă©pine de la couronne de JĂ©sus, aurait tachĂ© sa poitrine d’un peu de sang.

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Crataegus oxyacantha Aubépine

Narcisse

Dans la mythologie grecque, son nom est liĂ© Ă  l’histoire de Narcisse, un beau jeune homme qui rejeta les avances de la nymphe Echo. Celle-ci adressa une priĂšre Ă  NĂ©mĂ©sis, la dĂ©esse grecque de la vengeance. ArrivĂ© devant une source, Narcisse tomba amoureux de son propre reflet figĂ©, jusqu’à se donner la mort. A l’endroit oĂč il mourut, de son sang naquit la fleur qui porte son nom. Le narcisse est la plante du paradis car elle est symbole d’espoir de rĂ©surrection.

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Narcissus tazetta

Rosa sp.

Rose (rouge)

La rose rouge, en particulier lorsqu’elle porte des Ă©pines, exprime la Passion du Christ.

Elle Ă©voque par sa forme la coupe qui a reçu le sang du Christ, et ses pĂ©tales dispersĂ©s, les martyrs. Rose et lis ensemble forment le symbole de la gratitude de la terre pour le sang versĂ© par le Christ. On dit que la Vierge aurait Ă©tendu son manteau, pour qu’il sĂšche, sur un rosier rouge qui par la suite n’aurait plus donnĂ© que des fleurs blanches.

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Le symbolisme de la vigne est prĂ©gnant dans toute la Bible : vin, vigne, raisin, cep, vendanges, coupe
 NoĂ© serait l’inventeur du vin.

L’étymologie de son nom en hĂ©breu est double : nĂ»ah (consoler) et naham (repos).

La vigne et le vin sont dans la Bible les symboles de la joie, de la sagesse et de la vérité qui découlent de la connaissance de Dieu.

JĂ©sus parle de lui comme la vigne vĂ©ritable, de son PĂšre comme le vigneron et des croyants comme les sarments de la vigne appelĂ©s Ă  porter du fruit. Le Christ utilise le vin comme signe de son sang versĂ© lors de l’institution de l’Eucharistie, au cours du dernier repas avec ses disciples. Le pain et le vin deviendront les signes visibles du corps et du sang du Christ.

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Vitis vinifera Vigne

162 illustrations en quadri

ouvrage relié toile noire, jaspé

isbn français : 978-2-330-12013-9

isbn anglais : 978-2-330-12016-0

coédition musée du louvre/actes sud

Remise en vente : mai 2023

prix : 37 €

L’HERBIER MERVEILLEUX DU LOUVRE

Notes sur le sens caché des fleurs dans la peinture

Àl’occasion du 30e anniversaire de la pyramide du Louvre, Jean-Michel Othoniel a Ă©tĂ© invitĂ© Ă  rĂ©aliser un ouvrage tĂ©moignant de l’importance des fleurs dans les huit dĂ©partements que compte le musĂ©e. Photographiant les fleurs peintes, sculptĂ©es, dessinĂ©es, brodĂ©es, Ă©maillĂ©es que dissimulent les chefs-d’Ɠuvre de la collection, l’artiste compose un herbier inĂ©dit, accompagnĂ© de notes sur le langage secret des fleurs et sur leur symbolique dans la peinture ancienne.

Parmi plus de soixante-dix dĂ©tails de fleurs reproduits apparaissent, par exemple, le chardon dans l’autoportrait de DĂŒrer, le pavot dans la stĂšle funĂ©raire de Paros, la pomme posĂ©e sur le tabouret dans Le Verrou de Fragonard, ou encore la pivoine dans la chemise dĂ©grafĂ©e de la jeune fille de La Cruche cassĂ©e de Greuze. Cet ouvrage permet aussi de dĂ©couvrir de nombreux dĂ©tails d’Ɠuvres moins connues, qu’il faudra reconnaĂźtre au hasard d’une promenade dans le musĂ©e. Dans cet immense champ de fleurs symboliques, l’artiste se pose cette question : S’il fallait n’en choisir qu’une seule, quelle pourrait ĂȘtre la fleur du Louvre ? – question Ă  laquelle il propose une rĂ©ponse.

Conçu sur le modĂšle de son premier Herbier merveilleux (Actes Sud, 2008, 2015), ce livre se prĂ©sente sous la forme d’un abĂ©cĂ©daire oĂč photographies et dessins cĂŽtoient des textes courts, servis par une prĂ©cieuse mise en page.

Revenant Ă  ses premiers Ă©mois artistiques – Othoniel a Ă©tĂ© gardien au Louvre pendant ses annĂ©es d’études aux Beaux-Arts –, l’artiste offre ici une lecture personnelle des richesses du plus grand musĂ©e du monde, cĂ©lĂ©brant ainsi, de maniĂšre Ă©lĂ©gante et poĂ©tique, l’anniversaire du nouveau Louvre.

RepĂšres

Points forts

‱L’un des bestsellers de Michel Othoniel ici dĂ©clinĂ© pour le Louvre : L’Herbier merveilleux du Louvre s’est vendu Ă  plus de 12 000 exemplaires (versions française et anglaise confondues).

‱Ce livre est le deuxiĂšme volume d’une sĂ©rie consacrĂ©e aux grands musĂ©es du monde.

Mots clés :

‱ art contemporain / plantes / musĂ©ologie / arts graphiques / arts plastiques / Louvre

DiplĂŽmĂ© de l’École nationale supĂ©rieure de Cergy-Pontoise en 1988, Jean-Michel Othoniel se fait tout d’abord remarquer en 1992 en exposant des sculptures en soufre. C’est alors que le verre s’introduit dans son travail pour progressivement devenir son matĂ©riau de prĂ©dilection. Aujourd’hui il expose dans les plus grands musĂ©es. Durant l’étĂ© 2014, il prĂ©sentera, en compagnie du paysagiste Louis Benech, un projet de rĂ©amĂ©nagement de théùtre des eaux dans les jardins du chĂąteau de Versailles. Il a publiĂ© aux Ă©ditions Actes Sud : Epiphanie (2014), Un coeur abstrait (2009), Othoniel Crystal palace, 2003.

arts ACTES SUD
13 x 21 cm 208
pages
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PETIT LEXIQUE DES AMATEURS ÉPRIS D’ODEURS ET DE PARFUMS

Jean-Claude Ellena et Lionel PaillĂšs

Des histoires de mots, d’odeurs et de parfums, racontĂ©es sur le mĂȘme ton, mais Ă  deux voix complices : celle d’un compositeur de parfum talentueux, amoureux Ă  parts Ă©gales des mots et de la matiĂšre, et celle d’un journaliste pour qui le parfum est depuis toujours un idĂ©al et un support pour raconter des histoires.

Jean-Claude Ellena et Lionel Paillùs ont en commun leur amour absolu et intransigeant du parfum et la conviction qu’il est à la fois la chose la plus essentielle du monde et la plus superficielle.

On pioche au hasard un mot Ă©lĂ©mentaire, bizarre ou inopinĂ©, choisi d’abord pour sa musicalitĂ© appĂ©tissante, son esthĂ©tique dĂ©licate et puis bien sĂ»r sa puissance Ă©vocatrice. À chaque mot une dĂ©finition, une notice poĂ©tique, qui fait sourire les sens et raconte un point de vue sur une matiĂšre premiĂšre, un parfumeur ou une crĂ©ation. Le visage d’une autre parfumerie, plus vivante et incarnĂ©e, se dessine petit Ă  petit sous la plume des auteurs. Pour dĂ©crire l’amour qu’ils portent au parfum et l’envie surtout d’en partager l’émotion avec le lecteur, ces deux cent cinquante mots ne sont pas de trop. 10 × 19 cm

256 pages

ouvrage relié

isbn: 978-2-330-15163-8

Remise en vente :

mai 2023 prix :

Parfumeur reconnu, Jean-Claude Ellena travaille aux États-Unis, puis Ă  Paris, crĂ©ant des parfums Ă  succĂšs, dont In Love Again pour Yves Saint Laurent (1998). En 2004, il est nommĂ© parfumeur exclusif chez HermĂšs et crĂ©e la collection “Hermessences”. Il est prĂ©sident de l’Association les Amis du musĂ©e de la Parfumerie de Grasse et professeur Ă  l’Institut français de la mode Ă  Paris.

Journaliste Ă  Paris, Lionel PaillĂšs Ă©crit pour plusieurs magazines et a tenu une chronique de critique parfum sur la chaĂźne bfm Business. Il a publiĂ© les ouvrages Esprit de synthĂšse (Éditions de l’Épure, 2013) et Dans les champs de Chanel (La MartiniĂšre, 2016).

RepĂšres

Points forts

‱ Jean-Claude Elena a Ă©tĂ© le nez exclusif d’HermĂšs durant 14 ans. ConsidĂ©rĂ© comme l’un des plus grands parfumeurs au monde : il a rĂ©alisĂ© des parfums iconiques, parmi lesquels First pour Van Cleef & Arpels (1976), Eau de Campagne de Sisley (1976), Eau ParfumĂ©e au thĂ© vert pour Bulgari (1992), DĂ©claration de Cartier (1998). Auteur de nombreux ouvrages sur le parfum, dont Le parfum dans la collection “Que sais-je ?”, qui en est Ă  sa 6e Ă©dition.

‱ Un “petit” beau livre de charme et de curiositĂ©, des histoires d’odeurs et de parfums racontĂ©es au fil de 250 mots par deux voix complices et inspirĂ©es. Un livre trĂšs personnel et intime, oĂč anecdotes et savoirs s’entremĂȘlent pour parvenir Ă  l’essence mĂȘme des odeurs et des parfums.

arts ACTES SUD
27 €
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Avant-propos

Est-ce parce que les odeurs et les parfums sont invisibles, impalpables, qu’ils se soustraient à toutes les explications et que nous restons sans mots devant eux ?

L’un est compositeur de parfums, l’autre un observateur critique ; chacun Ă  sa place, nous dĂ©sirons tĂ©moigner que les odeurs et les parfums ne sont ni anodins ni inoffensifs, que l’air qui les porte jusqu’à notre nez nous conduit Ă  inventer des codes, des prĂ©jugĂ©s, des sens diffĂ©rents en fonction de nos origines et de nos croyances, et qu’ils influencent manifestement nos perceptions, nos comportements et notre imaginaire. De fait, odeurs et parfums sont rĂ©vĂ©lateurs de nos mƓurs, de l’évolution de nos goĂ»ts, de notre histoire. Ils sont en un mot indispensables.

Le pari de ce livre, Ă©crit Ă  quatre mains et Ă  deux nez, tente de mettre en mots ce qui rĂ©siste Ă  toute tentative de dĂ©finition : l’émotion intime d’une odeur. D’ailleurs, de dĂ©finition, il n’y en a point ! PlutĂŽt des points de vue croisĂ©s, engagĂ©s (parfois dĂ©calĂ©s) sur une matiĂšre premiĂšre, une technologie, un parfum ou un parfumeur.

TrĂšs cher lecteur qui vous apprĂȘtez Ă  nous lire, ce que vous tenez dans vos mains est le fruit d’une promenade au fil des odeurs et des souvenirs, une divagation allĂšgre, une discussion Ă  l’emporte-piĂšce qui parfois retombe sur ses pattes. Un joyeux ping-pong entre deux amoureux qui cultivent une mĂȘme passion et confrontent leurs prĂ©fĂ©rences, leurs engouements et leurs points de vue.

Chaque mot, technique, thĂ©orique ou sensiblement plus poĂ©tique, a Ă©tĂ© choisi pour son sens, son pouvoir d’évocation, parfois mĂȘme pour sa sonoritĂ©. Certaines notices se recoupent, se complĂštent, d’autres divergent allĂšgrement. C’est le jeu qui veut ça. Car c’est bien d’un jeu qu’il s’agit : un jeu de mots, d’émotions et d’odeurs.

JEAN-CLAUDE ELLENA LIONEL PAILLÈS
A
E

Guerlain, ainsi que quelques marques de niche s’aventurent encore). Et on peut le comprendre. Comment miser des millions d’euros sur une matiùre premiùre venue du fond des ñges qui refuse tellement de se soumettre à la logique de l’industrie et aux algorithmes ?

Il y a des molĂ©cules de synthĂšse qu’il est bon de recoiffer, de rendre prĂ©sentables avant de les mettre entre toutes les oreilles chastes, qui n’entendent rien Ă  la chimie. Le cashmeran n’est pas de celles-lĂ . Il y a une forme de gĂ©nie dans le nom commercial que lui ont donnĂ© ses gĂ©niteurs (les chimistes amĂ©ricains de la sociĂ©tĂ© International Flavors & Fragrances). VoilĂ  l’une des rares molĂ©cules qu’on voit appelĂ©es par leur petit nom, y compris dans la presse grand public qui se mĂ©fie pourtant un peu de la chimie des odeurs (on se demande mĂȘme pourquoi les marques usent de l’appellation “bois de cashmere” qui n’ajoute rien Ă  sa sĂ©duction). Ce vocable cash-me-ran vous saute aux narines, il Ă©clate de douceur et de chic, il donne tout bonnement envie de le sentir lĂ , maintenant, tout de suite. Ce bois imaginaire est d’une rare complexitĂ© : il embarque le nez dans un premier temps du cĂŽtĂ© du patchouli et de ses facettes terreuses, puis vers le bois de pin chaud. On dĂ©cĂšle alors quelques facettes fruits rouges, et des tonalitĂ©s musquĂ©es, poudrĂ©es, chaleureuses. IngrĂ©dient transversal (il se fait sentir de la tĂȘte au fond), il a le talent de rester fidĂšle Ă  lui-mĂȘme sur la durĂ©e d’évaporation du parfum sur la peau. Son

plus joli “rĂŽle” Ă  ce jour, c’est dans Alien (Thierry Mugler, 2005) qu’il l’a interprĂ©tĂ©, superproduction olfactive dans laquelle cette molĂ©cule surdosĂ©e vient offrir au cƓur floral solaire son aura surdimensionnĂ©e, qui enveloppe d’abord le corps, puis l’emprisonne d’un charme ravageur. N’oublions pas sa qualitĂ© premiĂšre : il n’y a qu’à le sentir seul, en solution, pour convaincre n’importe quel despote de la naturalitĂ© Ă  tout prix de sa beautĂ© mystĂ©rieuse ; il sait se faire aimer de toutes et de tous, et ça, ça n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde.

c

ellier (g erm A ine)

C’est un peu bĂȘte Ă  dire : elle n’a pas du tout le physique de sa parfumerie. Imaginez une blonde fĂ©minitĂ© Ă©lĂ©gamment entretenue, tailleur strict et yeux bleu ocĂ©an – sorte d’Arletty blonde qui plaĂźt aux hommes et pose mĂȘme pour le peintre AndrĂ© Derain. Dans son labo, c’est une tout autre histoire. Son style plutĂŽt viril est fait de dissonance, pas d’équilibre. Elle excelle dans les formules courtes construites sur la confrontation de matĂ©riaux tempĂ©tueux comme elle (l’acĂ©tate de styrallyle, l’essence de galbanum, l’octine carbonate de mĂ©thyle). Il y a chez Germaine Cellier un cĂŽtĂ© pas commode qui ne supporte aucun compromis, aucune tiĂ©deur. Louis Amic, son patron chez Roure, l’avait vite compris qu’il l’avait “exilĂ©e” dans un petit labo Ă  Neuilly loin de Jean Carles, l’autre crĂ©ateur-vedette de Roure, qui ne pouvait pas la souffrir (elle le lui rendait bien). Elle y invente une parfumerie insolente, qui ne manque pas de panache, qui dĂ©passe avec un certain

43 42
LP
LP

9782330179250

POSITIF N 747

LES SAUTES D’HUMOUR

GeneviĂšve Geffray / Mario Pasa

LES SAUTES D’HUMOUR DE MOZART PÈRE & FILS

Une approche biographique inĂ©dite sur un gĂ©nie qui n’a pas fini de nous Ă©tonner. Une peinture des ridicules du XVIIIe siĂšcle qui se savoure comme un opĂ©ra bouffe.

LE LIVRE

Ce qui m’ennuie le plus, c’est que ces idiots de Français croient toujours que j’ai encore sept ans parce qu’ils m’ont connu à cet ñge. (W. A. Mozart à vingt-deux ans, en 1778)

Si je devais vous donner un rĂ©cit dĂ©taillĂ© [de Paris], ni un parchemin de vache ni mĂȘme celui d’un rhinocĂ©ros ne suffirait. (Leopold Mozart en 1763)

POINTS FORTS

Un dĂ©roulement chronologique comme dans Les Sautes d’humour du gĂ©nĂ©ral de Gaulle (7 400 ex. GF 2018 et 2700 ex. PBP 2022), des extraits reliĂ©s par de courts rĂ©cits biographiques.

La collaboration de GeneviĂšve Geffray, qui a longtemps travaillĂ© Ă  la bibliothĂšque de la Fondation internationale Mozarteum (Salzbourg) et a traduit la correspondance intĂ©grale des Mozart dans les annĂ©es 1980 pour Flammarion (rééd. en seul vol. en 2011, prĂšs de 3 000 ex. malgrĂ© ses 2 000 p. ; nouv. rééd. en 2023).

Textes réunis et commentés par GeneviÚve Geffray et Mario Pasa

Traduit de l’allemand par Geneviùve Geffray

3 mai 2023

12  ×  19,5 cm

224 pages 17,00 €

ISBN : 978-2-228-93335-3 -:HSMCMI=^XXXZX:

Quand on veut avoir du succĂšs, il faut Ă©crire des choses assez comprĂ©hensibles pour qu’un fiacre puisse les chanter tout de suite, ou si incomprĂ©hensibles qu’elles plaisent parce que personne de sensĂ© ne peut les comprendre. (W. A. Mozart en 1782)

Wolfgang A. Mozart et son pĂšre Leopold avaient Ă  la fois l’esprit aiguisĂ© de leur temps et celui un peu rustre du pays alpin de Salzbourg, comme le rĂ©vĂšlent leurs lettres. On parle toujours de la correspondance du fils au dĂ©triment de celle de son « trĂšs cher papa », pourtant si important dans l’épanouissement de son talent. Et l’on parle toujours des plaisanteries scatologiques du fils en oubliant son vĂ©ritable humour : celui d’un homme portĂ© Ă  aimer qui l’aimait, et trĂšs conscient de son gĂ©nie. Car lorsque Wolfgang ne prenait pas la plume pour composer, c’était souvent pour dĂ©crire la sociĂ©tĂ© de son Ă©poque sans Ă©pargner personne (aristocrates, musiciens, Ă©lĂšves, domestiques
), ou encore pour Ă©voquer les inconvĂ©nients des voyages. Il tenait cela de Leopold, mais celui-ci savait devenir un courtisan alors que le fils restait un Figaro : « MĂȘme si je ne suis pas comte, j’ai peut-ĂȘtre plus d’honneur au corps que bien des comtes », Ă©crivait-il Ă  son pĂšre.

Parution Ă  la veille de la saison des festivals et regard original sur le plus populaire des compositeurs classiques. (Voir dans des genres diffĂ©rents : Dictionnaire amoureux de Mozart chez Fayard [2017] par E. Ruggieri, 11 000 ex., et Mozart. Sociologie d’un gĂ©nie chez Points [2015] par N. Elias, 6 000 ex.).

HenriCartier-Bresson (19082004)est l’un desphotographes les plus influents du XXe siĂšcle. Pionnier du photojournalisme, il est aussi le photographede «l’instant dĂ©cisif». Sont rĂ©cemment parus Les Anglais (Delpire, 2022), Henri Cartier-Bresson,Revoir Paris (Paris MusĂ©es, 2021), Henri Cartier-Bresson, Legrand jeu (BnF Ă©ditions, 2020).

AprÚs avoir dirigé les départements de la photographiedu Moma de San Francisco puisde New York, ClémentChéroux,excellent historien de la photographie, est revenu en France pourdiriger la Fondation HCB.

HENRI CARTIER-BRESSON, L’AUTRE COURONNEMENT

Texte de Clément Chéroux

Retourner

le regard, renverser le pouvoir.

Le couronnement du Roi George VI, le 12 mai 1937, Ă Londres, fut l’un des Ă©vĂšnements les plus mĂ©diatisĂ©s de l’entre-deux-guerres. Si la plupartdes reporters prĂ©sentscherchentĂ  photographier le moment du couronnement, le passage du carrosse, ou l’apparition de la famille royale au balcon, Henri Cartier-Bresson,employĂ© depuispeupar lejournal communiste Ce Soir, prĂ©fĂšrephotographier le peuplequi regarde passer lejeune monarque. Des solennitĂ©s du jour,il ne retient que le spectacle de la foule desbadauds massĂ©ssur le chemin du cortĂšge– Ă©tonnants regardeurs au cou tendu, dotĂ©s d’étranges dispositifs d’augmentationde la vision adoptĂ©spour l’occasion: banal miroir de poche, pĂ©riscope en carton,rĂ©troviseur figĂ© auboutd’une tige. Il ya dans ce jeu despointsde vueplusieurs inversions:celui duphotographequi tourne le dos au Roi pourphotographier le peupleet celui des spectateurs lui faisant Ă©galement volte-face pour mieux l’observer. En retournant ainsi le regard, Cartier-Bresson imaginele renversement du pouvoir.

‱ Un corpus facĂ©tieux et mĂ©connu choisi par ClĂ©ment ChĂ©roux dans le fonds du grand photographe.

‱ Bon timing : le livre paraüt le 3 mai, date d’ouverture de l’exposition, 3 jours avant le couronnement de Charles III à Londres le 6 mai 2023.

‱ Avant de dĂ©voiler les Ă©tonnantes « photos de regardeurs », le livre prĂ©sente une sĂ©rie de fac-similĂ©s, des unes du Daily Mirror ou du Daily Telegraph avec les images fastueuses du couronnement de George VI.

‱ Corpus introduit par un texte de ClĂ©ment ChĂ©roux, l’un des plus brillants historiens de la photographie.

Exposition Ă  la Fondation

Henri Cartier-Bresson du 3 mai au 4septembre 2023.

23 x 31,5, relié

128 pages

49€

3 mai 2023

Angleterre
‱ Photographie ‱
9782845979604

HENRI CARTIER-BRESSON

Photographies d’Henri Cartier-Bresson

Introduction de Jean Clair

Croiser les destins tragiques des RĂ©publicains espagnols, accompagner la LibĂ©ration de Paris, capter la lassitude de Gandhi quelques heures avant son assassinat ou encore tĂ©moigner de la victoire des communistes chinois –l’histoire d’Henri Cartier-Bresson est celle d’un infatigable promeneur du monde.

NĂ© en 1908, il est le maĂźtre du reportage photographique, le pĂšre du photojournalisme. Son regard dĂ©ambule tout au long du XX e siĂšcle. ƒil tĂ©moin de grands Ă©vĂ©nements d’actualitĂ©, il s’ancre Ă  Paris, dans ses rues qu’il ne cesse de redĂ©couvrir.

Avec une harmonie entre le fond et la forme, un Ă©quilibre de gĂ©omĂ©trisation et du nombre d’or dans la composition, Henri Cartier-Bresson dĂ©veloppe sa thĂ©orie et sa mĂ©thode photographiques sous le terme d’“instant dĂ©cisif ”. SurnommĂ© “l’Ɠil du siĂšcle”, il rĂ©volutionne la technique photographique en utilisant un appareil lĂ©ger et au plus proche de l’Ɠil humain : un Leica 50 mm. Il fixe pour l’éternitĂ© les traits de ses contemporains en saisissant notamment les portraits de Mauriac en lĂ©vitation mystique, Giacometti, Sartre, Faulkner ou Camus et figure ainsi parmi les grands classiques de la photographie.

En 1947, il cofonde l’agence Magnum avec Robert Capa, David Seymour, William Vandivert et George Rodger. Pour la premiĂšre fois, des photographes s’unissent pour contrĂŽler leurs choix de reportage, dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts artistiques, politiques et Ă©conomiques. Aujourd’hui, l’agence Magnum reste la rĂ©fĂ©rence mondiale du photoreportage.

RepĂšres

Points forts

‱ “Photo Poche” Henri Cartier-Bresson (Actes Sud), oct 2004 : 32 000 ex. vendus.

‱ Photo Poche n°2 d’Henri Cartier-Bresson fait partie des meilleures ventes de la collection.

‱ Fondateur de l’agence Magnum en 1947.

Mots clés :

‱ maĂźtre de la photographie – instant dĂ©cisif – Leica –photoreportage – agence Magnum – photojournalisme –classique – Ă©vĂ©nements – dans le monde

Jean Clair est un conservateur gĂ©nĂ©ral du patrimoine, Ă©crivain, essayiste et historien de l’art français. Il a dirigĂ© le musĂ©e Picasso Ă  Paris de 1989 Ă  2005. Auteur de nombreux livres sur l’art, commissaire entre autres de l’exposition Ă  succĂšs “MĂ©lancolie” au Grand Palais en 2005, il a publiĂ© en 2006 Journal atrabilaire et Malaise dans les musĂ©es en 2007. Depuis 2008, il est membre de l’AcadĂ©mie française.

photographie ACTES SUD Visuel provisoire - Di usion Actes Sud
PHOTO POCHE
12,5 × 19 cm 144 pages 63 photographies en noir et blanc ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-7427-5366-6 juin 2004 prix public : 13,90 € Photo Poche n°2
9:HSMHOC=\ZX[[[:

19,6 × 25,5 cm 368 pages

isbn : 978-2-330-17535-1 mai 2023 prix provisoire : 42,90 €

FERNAND POUILLON Le Téméraire éclectique

Bernard

Mohamed

architecte Fernand Pouillon (1912-1986) a rĂ©alisĂ© une Ɠuvre exceptionnelle par son ampleur, en France mais aussi en AlgĂ©rie. Cependant, sa personnalitĂ© hors normes et les controverses auxquelles il a Ă©tĂ© mĂȘlĂ© ont souvent masquĂ© ce qui fait l’originalitĂ© et la valeur de son travail. Aujourd’hui, le recul du temps permet de rĂ©interroger l’Ɠuvre de Pouillon Ă  l’aune des problĂ©matiques contemporaines : intĂ©rĂȘt pour l’architecture vernaculaire et les techniques durables (climatisation, isolation
), pour les matĂ©riaux naturels ou locaux, et pour la façon d’habiter les logements.

Les auteurs de cet ouvrage se sont principalement intĂ©ressĂ©s aux rĂ©alisations de Pouillon aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, en France (lotissement Ă  Ozoir-la-FerriĂšre, citĂ© universitaire Ă  Aix-en-Provence), mais aussi en AlgĂ©rie (grands ensembles algĂ©rois, citĂ©s universitaires et complexes touristiques). Un long travail de recherche dans les archives puis sur le terrain leur a permis de produire des informations inĂ©dites, qui apportent un nouvel Ă©clairage sur l’Ɠuvre de l’architecte.

Cet ouvrage ne se limite pas Ă  prĂ©senter les rĂ©alisations de Pouillon, il les replace dans le contexte historique oĂč elles s’inscrivent (la reconstruction de l’aprĂšs-guerre, la dĂ©colonisation). Il aborde aussi des sujets peu souvent traitĂ©s : le rĂŽle de l’architecte, les chantiers et la maĂźtrise d’Ɠuvre, la rĂ©ception de l’Ɠuvre de Pouillon par ceux qui habitent ses rĂ©alisations. Enfin, il met l’accent sur la dimension humaine du parcours de l’architecte. Ces diffĂ©rentes approches construisent un ensemble riche et complet, accessible aussi bien aux professionnels qu’à tout lecteur dĂ©sireux de mieux connaĂźtre la production architecturale de la seconde moitiĂ© du xxe siĂšcle.

RepĂšres

Points forts

‱ L’ouvrage se base sur des recherches approfondies et livre de nombreuses informations inĂ©dites.

‱ Une approche multiple : architecturale, historique, humaine
, qui renouvelle le genre du livre d’architecture et le rend accessible aux non-spĂ©cialistes.

‱ Un livre qui fait le choix d’une iconographie de qualitĂ© exclusivement en noir et blanc, en privilĂ©giant le dessin qui montre plus que la photographie.

‱ Les monographies existantes sur Fernand Pouillon datent, et sont lacunaires, elles n’abordent pas toute l’Ɠuvre qu’il a rĂ©alisĂ©e en AlgĂ©rie entre 1960 et 1980.

Pierre Frey, historien de l’art et professeur honoraire à l’École polytechnique de Lausanne, est notamment l’auteur de Learning from Vernacular (Actes Sud, 2010, Grand Prix du livre d’architecture 2011).

Bernard Gachet, architecte, voyageur et dessinateur, est l’auteur de Regards dessinĂ©s sur le monde (Actes Sud, 2018).

Louiza Issad, architecte-urbaniste et chercheuse, travaille sur le lien entre qualité urbaine et grands projets immobiliers.

Mohamed Larbi Merhoum, architecte Ă  Alger, est considĂ©rĂ© comme l’un des principaux acteurs contemporains du paysage architectural algĂ©rien.

architecture ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
L’
ilustrattions en noir et blanc
200
ouvrage broché
9:HSMDNA=V\ZXZV:

SOMMAIRE \ NOMENCLATURE

LA PHOTOGRAPHIE D’ARCHITECTURE PROVOQUE D’IMMENSES DÉCEPTIONS”

Fernand Pouillon

INTRODUCTION

Pierre Frey

Partie 1

QUESTIONS D’HISTOIRE

LE GÉNIE MILITAIRE, LE GÉNIE CIVIL, L’OCCUPATION DU SOL, L’URBANISME ET L’ARCHITECTURE

Pierre Frey

BÂTIR POUR LES HUMAINS OU SE RÊVER PROTAGONISTE D’UNE “HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE” ?

Pierre Frey

ÉPILOGUE AU POINT DU JOUR, FRAGMENTS 1

France Arudy et Fernand Pouillon

Partie 2

QUESTIONS D’ARCHITECTURE

ENTRE IBN KHALDÛN ET IVAN ILLICH, LOGEMENT, TRADITION, CULTURE, TYPE ET PLAN

Pierre Frey et Bernard Gachet

SINAN IBN ABDULLAH ET FERNAND POUILLON, ARCHITECTES ET CONVERTIS

Bernard Gachet et Pierre Frey

“L’ARCHITECTURE NOUS FAIT MEMBRES D’UNE MÊME LIGNÉE”

Bernard Gachet

MARSEILLE 1943, L’ENTRÉE EN LICE D’UN PROTAGONISTE REDOUTABLE

Pierre Frey

HBM boulevard Verdun (actuellement boulevard Abderazak-Hadad), Alger, François Bienvenu architecte, 1935. Ensemble destinĂ© Ă  ĂȘtre louĂ© exclusivement Ă  des familles indigĂšnes. Plans europĂ©ens standard, appartements ouvrant sur des paliers-coursives sur cours intĂ©rieures, volumes arabisants, adossĂ©s Ă  la Casbah.

À Berlin, Ă  la mĂȘme Ă©poque, Alvar Aalto parvient par d’autres chemins Ă  une solution analogue. À Oran et Ă  Alger, presque simultanĂ©ment et de façon indĂ©pendante, une coopĂ©rative et son maĂźtre d’Ɠuvre arrivent sensiblement au mĂȘme rĂ©sultat.

95 ⁄ 95

Incroyables Vinaigres

Textes : Anne-Charlotte De Langhe

Recettes : Keda Black

Photographies : Martin Bruno

Mise en vente 3 Mai 2023

ISBN : 979-10-91713-22-1

Prix de vente : 24,00 €

Format intérieur: 157 x 235 mm

Couverture rigide

192 pages Munken lynx 120 g

INCROYABLES VINAIGRES

Anne-Charlotte De Langhe

Keda Black

Martin Bruno

Il est Ă  la fois l’un des condiments les plus consommĂ©s dans le monde
 et le plus mĂ©connu ! Celui qu’on surnomme « le mauvais fils du vin » a pourtant ses entrĂ©es partout : dans les sauces, les pickles, les assaisonnements, chez les tĂȘtes toquĂ©es et mĂȘme dans les placards de la mĂ©nagĂšre.

Entre histoire, anecdotes, secrets de fabrication, portraits et recettes, il Ă©tait grand temps de redonner sa juste place au vinaigre, beaucoup moins « accessoire » qu’on ne l’imagine.

Ce livre en dĂ©voile toutes les facettes, les mystĂšres et les bienfaits, Ă  travers les tĂ©moignages d’artisans inspirĂ©s et de chefs non moins fidĂšles Ă  ce « TrĂ©sor cachĂ© » de la cuisine.

Arguments de vente

Un vrai miscellanées sur le vinaigre.

C’est le premier livre sur le vinaigre qui regroupe histoires, recettes, secrets de fabrication, portraits de producteurs, carnet d’adresses
 Une bible !

Incroyables vinaigres

Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno

Des dizaines de recettes

Des recettes et astuces inĂ©dites de grands chefs pour savoir utiliser le vinaigre de façon simple et surprenante. On y retrouve notamment les conseils d’AurĂ©lien Baron, Kaitlyn Reinhart, Thomas Graham, Edward Delling-Williams, Armand Arnal, Sonia Ezgulian ou Anne Ettore.

Une mine d’informations

Il est incontournable en cuisine, et pourtant on ne le connait pas ! Dans ce livre, on fait le tour de TOUS les vinaigres fabriquĂ©s dans le monde : des plus connus (balsamique, XĂ©rĂšs
) aux plus insolites (Umeboshi, palme, coco, rose, petit-lait, biĂšre
).

Arguments de vente

Un beau livre d’images

Des photos magnifiques des plus belles vinaigreries artisanales partout en France, du Pays Basque Ă  la Charente en passant par Banyuls, l’ArdĂšche ou OrlĂ©ans.

Incroyables vinaigres

Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno

Un guide d’achat trùs pratique

Un carnet d’adresse, trĂšs complet sur toutes les vinaigreries artisanales en France, sert vĂ©ritablement de guide d’achat.

Auteurs

Incroyables vinaigres

Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno

Texte

ANNE-CHARLOTTE DE LANGHE

Journaliste de presse Ă©crite nĂ©e Ă  Paris et passionnĂ©e de vin, Anne-Charlotte De Langhe tient son goĂ»t pour la cuisine de sa mĂšre et de ses deux grand-mĂšres, coutumiĂšres des grandes tablĂ©es, du Berry jusque dans le PĂ©rigord. Elle a effectuĂ© la majeure partie de sa carriĂšre au Figaro, d’abord en tant que reporter puis rĂ©dactrice en chef. Depuis 2017, elle vit au milieu des vignes de Saint-Émilion et collabore Ă  la rubrique Vins pour Les Échos et Les Échos Week-End.

Recettes KEDA BLACK

Photographies MARTIN BRUNO

Martin Bruno est un photographe de documentaire Ă  la recherche de moments hors du temps. Ces voyages lui permettent de collaborer avec la presse (Regain, AD, NY Times, Air France, Le Fooding
), de grandes marques (HermĂšs, Apple, Chanel, Nespresso, BNP) et des maisons d’édition (Keribus, Actes Sud, Rizzoli, le ChĂȘne, les ArĂšnes). Pour Keribus, il a rĂ©alisĂ© les photographies de « Kalamata » et « Brut de Camargue ».

Keda Black est une autrice reconnue de nombreux livres de cuisine, dont « Cuissons » aux Ă©ditions Keribus, « Une pomme par jour » et « Bouillons Gourmands » chez Marabout. Elle a collaborĂ© Ă  des guides et revues (Le Fooding, Grazia, Lui, 180°, Beau Magazine...) et participe Ă  des projets Ă©ditoriaux divers (la réédition anglaise de Ginette Mathiot chez Phaidon). Elle travaille Ă©galement comme assistante de production d’une Ă©mission de cuisine diffusĂ©e aux États-Unis. CuisiniĂšre autodidacte, elle s’est intĂ©ressĂ© Ă  la cuisine du quotidien, celle que l’on fait pour ses amis, pour soi et pour sa famille.

Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno Incroyables vinaigres Anne-Charlotte de Langhe, Keda Black, Martin Bruno

S’IL TE PLAÎT, DESSINE-MOI UN CACHALOT

Illustrations de Pome Bernos

Texte de François Sarano

L’illustratrice Pome Bernos n’a jamais vu de cachalot de ses propres yeux, mais elle est fascinĂ©e par les aventures ocĂ©anographiques de François Sarano. ÉquipĂ©e de sa seule boĂźte de crayons de couleur, elle s’est mise en tĂȘte d’interroger le cĂ©lĂšbre ocĂ©anographe, plongeur et auteur pour tout savoir de la vie intime de ces Ă©normes, mais placides, cĂ©tacĂ©s. Ce livre est le rĂ©cit de leur rencontre et de leurs Ă©changes, racontĂ© avec toute la fraĂźcheur inimitable et le style faussement naĂŻf de l’illustratrice. Pome commence par apprendre Ă  dessiner un cachalot puis, au grĂ© des innombrables questions qui la taraudent, nous pĂ©nĂ©trons dans l’intimitĂ© de la vie sociale d’une famille de gĂ©ants des mers et dĂ©couvrons en parallĂšle les coulisses de la recherche scientifique.

RepĂšres

Points forts

‱ François Sarano est le corĂ©alisateur de plusieurs documentaires consacrĂ©s aux cachalots : Cachalots, une histoire de famille (France 5, 2021) – Le Clan des Cachalots (Arte/UshuaĂŻa TV, 2019) – Les GĂ©ants des mers (France 2, 2017).

‱ Titres de François Sarano dans la collection “Mondes sauvages” : Le retour de Moby Dick (2017) + Babel (2022) : 10 500 exemplaires vendus – Au nom des requins (2022) : 11 00 exemplaires vendus.

‱ “Mondes graphiques”, une nouvelle collection d’essais graphiques : parution simultanĂ©e de L’Ours. Petit traitĂ© humoristique Ă  l’usage des humains d’Olivier Lavigne, d’aprĂšs l’essai de RĂ©my Marion.

Pome Bernos est autrice de bandes dessinĂ©es, illustratrice et graphiste, actuellement installĂ©e Ă  Tokyo. Elle a publiĂ© deux ouvrages et illustrĂ© quatre titres de la collection “Je passe Ă  l’acte” chez Actes Sud, dont elle est l’une des contributrices phares.

OcĂ©anographe rĂ©putĂ©, compagnon de route du commandant Cousteau puis du cinĂ©aste Jacques Perrin, François Sarano s’est fait une spĂ©cialitĂ© de plonger avec les plus gros et les plus mal-aimĂ©s des animaux marins : cachalots et requins. Il leur a consacrĂ© deux essais publiĂ©s chez Actes Sud : Le Retour de Moby Dick (2017) et Au nom des requins (2022).

mondes graphiques ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud 1470
15 × 28 cm 128 pages illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn
mai 2023 prix public : 22 €
Avec humour et tendresse, mĂȘlĂ©s de nombreuses rĂ©fĂ©rences littĂ©raires et cinĂ©matographiques, ce livre rĂ©ussit le tour de force de nous faire comprendre des faits scientifiques parfois complexes avec lĂ©gĂšretĂ©.
: 978-2-330-17917-5
9:HSMDNA=V\^V\Z:

isbn : 978-2-330-17607-5

L’OURS

Petit traitĂ© humoristique Ă  l’usage des humains

Illustrations d’Olivier Lavigne

Texte de Rémy Marion

C’est l’illustrateur Olivier Lavigne qui a eu envie de travailler Ă  partir du livre de RĂ©my Marion L’Ours, l’autre de l’homme paru en 2018 dans la collection “Mondes sauvages”. Les prĂ©sentations faites, l’humour potache des dessins du premier a admirablement rencontrĂ© celui du second, jamais en reste pour Ă©corner les nombreuses idĂ©es reçues concernant son animal de prĂ©dilection, l’ours brun, qui cohabite tant bien que mal avec les humains depuis la prĂ©histoire Ă  travers tout l’hĂ©misphĂšre nord.

Les petits textes iconoclastes, bienveillants ou parfois rageurs rĂ©vĂšlent ainsi tout ce que vous n’avez jamais osĂ© demander sur la vie des ours et leurs rapports aux bipĂšdes humains Ă  travers les millĂ©naires : le rĂ©gime alimentaire et la digestion, l’ñge des cavernes, le rĂŽle de l’ours dans la forĂȘt, les amours ursines et le kamasoutra des ours, l’enfance et l’adolescence, le langage, la diversitĂ© des espĂšces, la chasse Ă  l’ours, les mythologies et les religions, les jeux du cirque et les zoos, les incroyables dĂ©couvertes scientifiques concernant sa physiologie, etc.

En contrepoint, les dessins façon gravure en noir et blanc dĂ©tournent Ă  leur tour notre histoire culturelle et artistique, entremĂȘlant pour notre plus grand bonheur de nombreuses rĂ©fĂ©rences Ă  l’actualitĂ©.

Un livre Ă  mettre entre toutes les mains pour inaugurer en beautĂ© cette nouvelle collection d’essais graphiques ,“Mondes graphiques” !

RepĂšres

Points forts

‱ Un format innovant avec une reliure sur le petit cĂŽtĂ© et une ouverture par le haut comme pour un calepin.

‱ Un livre plein d'humour et de rĂ©fĂ©rences aux autres arts (cinĂ©ma, littĂ©rature, musique, etc.).

‱ L’Ours, l’autre de l’homme de RĂ©my Marion, coll. “Mondes Sauvages” (2018) : 3 800 exemplaires vendus.

‱ Fort comme un ours, film de Thierry Robert et RĂ©my Marion, Arte, 2018.

‱ “Mondes graphiques”, une nouvelle collection d’essais graphiques, parution simultanĂ©e de S’il te plaĂźt, dessine-moi un cachalot de Pome Bernos et François Sarano.

Olivier Lavigne est nĂ© Ă  Arles en 1977. AprĂšs des Ă©tudes en arts plastiques et la rĂ©daction de son mĂ©moire L’Humour, une alternative au spectaculaire, il s’oriente vers le graphisme et l’illustration. Aujourd’hui, il vit dans un petit village des Monts d’ArdĂšche, et ne dĂ©sespĂšre pas d’y croiser un jour la trace d’un ours Ă©garĂ©.

RĂ©my Marion explore l’Arctique depuis les annĂ©es 1980. ConfĂ©rencier, photographe, rĂ©alisateur, Ă©crivain, organisateur de colloques internationaux et membre de la SociĂ©tĂ© de gĂ©ographie et de la SociĂ©tĂ© des explorateurs français, il a publiĂ© deux ouvrages dans la collection “Mondes sauvages”.

mondes graphiques ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
16,5 × 22 cm 88 pages ouvrage brochĂ©
mai 2023 prix provisoire : 20 €
9:HSMDNA=V\[U\Z:

L’ours, t’es qui?

MAIS TU ES QUI, TOI? UN BRUIT INCONNU ET TU TE METS DEBOUT, COMME NOUS LES HOMMES, POUR VOIR AU LOIN! TU PEUX MARCHER SUR TES DEUX PIEDS. CERTAINS T’ONT MÊME FAIT DANSER AU SON DE L’ACCORDÉON.

ET PUIS TU MANGES COMME NOUS, DES FRUITS, DES PLANTES, DES FEUILLES ET UN PEU DE VIANDE, DU POISSON AUSSI PARFOIS. QUAND UNE FEMELLE VEUT ALLAITER, ELLE S’ASSOIT CONFORTABLEMENT ET OFFRE SES SIX TÉTINES À SES OURSONS GOULUS, COMME LE FERAIT UNE NOURRICE ATTENTIONNÉE.

TU AIMES JOUER AVEC UN BOUT DE BOIS OU UN BIDON VIDE, COMME UN SALE GOSSE DE LA FORÊT. TU AIMES GLISSER SUR LES PENTES

OUAFF OUAFF

OUAFF OUAFF OUAFF OUAFF

OUAFF OUAFF OUAFF

POUR UN FLIRT AVEC TOI


Adopte un ours.com.

>>>

NEIGEUSES OU LES LACS GLACÉS, UN VRAI SCANDINAVE EN QUELQUE SORTE. TU ES PRUDENT, AUSSI, ET PRAGMATIQUE. SI UN CHIEN BIEN PLUS PETIT QUE TOI TE COURT APRÈS, TU FUIS COMME UN COURANT D’AIR. ALORS QU’UN BON COUP DE PATTE ET LE CABOT VERRAIT TRENTE-SIX CHANDELLES. MAIS ON NE SAIT JAMAIS, TU ES PRUDENT: QUI DITCHIEN, DITHOMME À PROXIMITÉ.

L’OURS EST SOLITAIRE, EN GÉNÉRAL. SAUF QU’AU PRINTEMPS, LES CLAIRIÈRES ET LES SENTIERS SENTENT L’AMOUR, LA RENCONTRE AVEC L’AUTRE, LE CÂLIN POUR FAIRE PERDURER L’ESPÈCE. TANT QU’UNE FEMELLE A SES PETITS, LES MÂLES NE L’INTÉRESSENT PAS. MAIS DÉBUT JUIN, LA FEMELLE CÉLIBATAIRE VA BATTRE LE RAPPEL; INUTILE DE CHERCHER, ILS VONT BIEN TROUVER. À CETTE PÉRIODE, IL N’Y A QU’UNE FEMELLE SUR TROIS DE DISPONIBLE, DONC IL Y A PLUS DE PRÉTENDANTS QUE D’ÂMES SƒURS.

Àla suite durĂ©chauffement climatique, portrait (mutant?) d’un ourson nĂ© d’une mĂšreourse noire et d’unpĂšre ours blanc.

Tu as de la chance que tonmaĂźtre ne soit pas trĂšsloin! OUAFF

Le vainqueur gagnera un accouplement avec une femelle ourse (si disponible).

LES URINES DE LA BELLE DISPERSENT UN FUMET QUI MET SUR SA PISTE LES DEUX OU TROIS MÂLES DU SECTEUR. LE PREMIER ARRIVÉ NE FERA QUE DÉCLENCHER L’OVULATION, IL NE SERA PAS LE PÈRE DES FUTURS PETITS. EN REVANCHE, LE DEUXIÈME – VOIRE LE TROISIÈME –RISQUE FORT DE TRANSMETTRE SES GÈNES. BÊTES COMME ILS SONT, CERTAINS MÂLES PEUVENT ARRIVER ENSEMBLE PLUTÔT QUE D’ATTENDRE LEUR TOUR; ALORS ILS SE GROGNENT DESSUS ET EN VIENNENT “AUX PATTES”. ET BING! UNE TALOCHE SUR TON GROS MUSEAU. ET VLAN! UN COUP DANS LES CÔTES
 AU BOUT D’UN CERTAIN TEMPS, LE MOINS COSTAUD SE LASSE ET PASSE SON TOUR. LE VAINQUEUR VA POUVOIR COMMENCER SA COUR.

CHALLENGER VS. THE GREATEST FIGHT FOR LADY BEAR THE FRACAS IN CANADA SAT. 22 MAY DIRECT FROM RINGSIDE AT FOREST FREE DOORS OPEN 8:00PM ALL SEATS RESERVED STARTING $20
“THEGRIZZLY” CHAMPIONMONROE “THEBLACK” KATES
<<< Ours quimarche façon Giacometti. Ours enmouvement façon Boccioni.
?
Rencontre d’un chihuahua et d’un ours.

PARLER COMME UN OURS

IMAGIER PRATIQUE À L’USAGE DES OURSONS

DANS LES DOCUMENTAIRES, VOUS AVEZ PEUTÊTRE REMARQUÉ QU’À CHAQUE FOIS QU’UN OURS OUVRE LA GUEULE, IL SORT UN SON, LE PLUS SOUVENT UN GROGNEMENT. LE BRUITEUR A BIEN FAIT SON TRAVAIL, IL A MIS DES SONS CHAQUE FOIS QUE LE RÉALISATEUR LUI A DEMANDÉ: “VAS-Y, COCO, REMETSMOI UN GROGNEMENT: GRAW!!!!! NON, PAS CELUI-LÀ, L’AUTRE, CELUI QU’ON AVAIT HIER : GROWWWWW!!! OUI, C’EST ÇA.” ET QUAND LES PETITS JOUENT: “COLLE-MOI UN BÊLEMENT, C’EST PLUS MIGNON.”

DANS LA VRAIE VIE – CELLE DE LA FORÊT OU DE LA BANQUISE –, LES OURS SONT GLOBALEMENT SILENCIEUX, PAS COMPLÈTEMENT MABOULS; LES OURS, ILS NE CAUSENT PAS TOUT SEULS, FAÇON HARPAGON DANS L’AVARE QUAND DES MÂLES S’APPROCHENT, AVANT LA BASTON, ON SE GUEULE DESSUS. LÀ, ÇA CAUSE, ÇA ENVOIE DU LOURD, COMME ON DIT DANS LE MÉTIER, À L’AUTRE BOUT DE LA FORÊT, ÇA RÉSONNE FORT. EN GÉNÉRAL, LE TÉNOR LE MOINS COSTAUD CHANGE DE TROTTOIR.

BÊÊÊÊÊÊ

L’OURS SIGNALE SON DÉSARROI, SA SURPRISE, AVANT DE PASSER AU NIVEAU COLÈRE : “OUF, OUF, OUF!” CETTE FOIS-LÀ, ÇA M’A COUPÉ L’ENVIE D’ALLER DERRIÈRE LA MAISON QUAND J’AI VU SIX POINTS BRILLANTS DANS LA LUMIÈRE DE MA FRONTALE.

C’EST CERTAINEMENT LA FEMELLE – QUAND ELLE ÉDUQUE SES PETITS – QUI EST LA PLUS LOQUACE.

CHEZ LES OURS POLAIRES, UN CHUINTEMENT QUE L’ON PEUT TRADUIRE PAR: “RESTEZ LÀ, JE VAIS CHERCHER UN PHOQUE”, OU BIEN UN PEU PLUS ACCENTUÉ: “JE VOUS AI DIT DE NE PAS BOUGER, LA PROCHAINE FOIS C’EST UNE CALOTTE.” ET QUAND LA MÂCHOIRE CLAQUE : “LÀ, TU M’AGACES, DÉGAGE DE MON CHEMIN!”

VOUS AVEZ PRIS VOTRE PREMIÈRE LEÇON DE LANGUE DES OURS.

VOUS L’AVEZ COMPRIS, LES OURS NE SONT PAS DES BAVARDS, ILS NE S’EXPRIMENT JAMAIS POUR NE RIEN DIRE ET, EN CELA, ILS NE SONT VRAIMENT PAS LES FRÈRES DES HOMMES


SAUMON =PÊCHER = MANGER CHAMPIGNON =CUEILLIR = MANGER MOUTON =BERGER = DANGER CHIEN =CHASSEUR = DANGER PHOTOGRAPHE ANIMALIER =INOFFENSIF = POSER CHRÉTIEN RADICAL =DANGER = FUIR BUISSON DE MYRTILLES =MANGER (OU MATELAS) LOUP = VOLEUR DE PROIES = COGNER APICULTEUR =MIEL = MANGER (OUVOLER)
GROWWW GRAWWWW

STAR ACADÉMIE URSIDÉS

N° 1 L’OURS BLANC

DANSER COMME UN OURS

HÉ HÉ

N° 2

You are welcome !

“Il m’amis la fiùvre pendant des heures! Il m’a mis lafiùvre
!”

IMAGINEZ LEVER LA PATTE AU SON DE L’ACCORDÉON OU DU TAMBOURIN, À LA MODE “FIÈVRE DU SAMEDI SOIR”, AU MILIEU DE LA PLACE DU VILLAGE, AVEC DES ENFANTS QUI CRIENT, DES MATRONES ET DES TÂCHERONS QUI JETTENT UNE PETITE PIÈCE. POUR RESTER BIEN SAGE, ON VOUS A FERRÉ, C’EST-À-DIRE QU’ON VOUS A PINCÉ UN ANNEAU MÉTALLIQUE DANS LA PAROI NASALE, GENRE PIERCING GOTHIQUE MAIS EN MOINS

GLAMOUR. POUR TERMINER, PETITE SÉANCE DE MANUCURE À LA RÂPE À BOIS POUR FAIRE LES ONGLES, LES GRIFFES PLUTÔT. AU XIXe SIÈCLE, DE PAUVRES HÈRES, TSIGANES OU MONTAGNARDS PYRÉNÉENS, ONT TROUVÉ COMME MOYEN DE SUBSISTANCE L’ASSERVISSEMENT D’UN PLANTIGRADE POUR PARTIR SUR LES ROUTES ET OFFRIR UN SPECTACLE EN ÉCHANGE DE QUELQUES MENUES PIÈCES DE MONNAIE.

HÉ HÉ
Merci les ONG.
Merci
le marketing.
Merci
Pompon2 Merci Knut3
Merci
les offices de tourisme. J’ai gagnĂ©!
Merci
L’OURS BRUN N° 4 L’OURS LIPPU N° 3 LE PANDA Merci WWF Merci la Chine. Merci le kung-fu.
Chantal Goya5 Merci le
Canada. Merci Bonne nuit les petits. Merci les enfants. Merci Boucle d’or. Merci Michel Pastoureau4 . Merci le roi Arthur. Merci EisbĂ€r1 De rien !
Merci Fiat.
Merci Baloo. Merci le cirque6 . Merci l’Inde.
RĂ©sultat de la finale opposant les huit espĂšces d’ours
Merci Petit Ours brun.

Lot de 4 cartes postales détachables Mondes Graphiques - 0523

Office:03/05/2023

EAN:9782330178185

Format11,5*16cm

Visuels provisoires

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EMBARQUEMENTS IMMÉDIATS

De la préhistoire à la Renaissance

RepĂšres

Points forts

Ainsi parlait saint Augustin d’Hippone, thĂ©ologien chrĂ©tien romain du ive siĂšcle. Combien connaĂźt-on de maximes sur le voyage, toutes plus sĂ©rieuses, profondes et Ă©vocatrices sur l’envie, la nĂ©cessitĂ©, parfois la peur de parcourir le monde ? Ce livre retrace l’histoire du voyage et des dĂ©placements de populations. DĂ©part Ă  la PrĂ©histoire, arrivĂ©e dans le monde moderne ! Comme une dynamique dĂ©ambulation, l’auteur nous guide sur les pas de l’Homme et de ses incessantes pĂ©rĂ©grinations. PremiĂšre Ă©tape, les hommes prĂ©historiques, en constant mouvement dans des conditions hostiles pour assurer leur survie, trouver de quoi se nourrir et se protĂ©ger. Puis au fil de son dĂ©veloppement, il s’installe et crĂ©e de grandes civilisations dont les frontiĂšres s’étendent autour des premiĂšres aires urbaines. Qui dit frontiĂšres dit guerres de territoires, dont nous suivons les armĂ©es lancĂ©es au galop pour s’approprier l’espace de l’ennemi. L’avĂšnement des religions monothĂ©istes apporte aussi son lot de mutations, en raison des missionnaires, croisĂ©s et autres prosĂ©lytes envoyĂ©s parfois Ă  l’autre bout du monde pour convaincre de la foi Ă  adopter – ou l’imposer par la force. La curiositĂ© grandit Ă  mesure que les limites du monde s’étendent ; et les grands voyageurs l’explorent, parfois par intĂ©rĂȘt pour la gĂ©ographie et les civilisations, comme Ibn Battuta ou Zheng He, parfois par attrait commercial, comme Marco Polo qui en tire ses Carnets de la route de la Soie. S’ouvre ensuite l’ùre des conquĂȘtes occidentales, avec pour chefs de file les colons dĂ©barquant en AmĂ©rique, qui l’envahiront du dĂ©troit de BĂ©ring au cap Horn.

Entre périodes troubles et joies de la découverte, ce livre enjoué ouvre les horizons, éclaire les motivations

le monde d’hier et d’aujourd’hui.

‱ Un ouvrage ambitieux sur un sujet original : l’histoire du voyage des Hommes depuis la PrĂ©histoire jusqu’à l’époque moderne.

‱ Un rĂ©cit qui nous emmĂšne sur les pas de voyageurs aussi bien mythiques qu’inconnus du grand public, tout autour de la terre.

‱ Un style enlevĂ© et dynamique, rendant la lecture accessible.

Mots-clés

‱ voyage – histoire – gĂ©ographie – migrations – rĂ©cit

Ancien sportif de haut niveau et retraitĂ© d’une carriĂšre dans l’immobilier, Didier Huon de Kervadec se passionne pour la gĂ©ographie et l’histoire. Ses nombreux voyages l’ont menĂ© sur les cinq continents.

ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
“Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page.”
14,5 × 24 cm 592 pages ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-330-17948-9 juin 2023 prix provisoire : 30 €
humaines pour le voyage et retrace les itinéraires qui ont façonné
EmbarquEmEnts immédiats
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didiEr Huon dE KErvadEc

Cosquer

LA GROTTE COSQUER [Nouvelle édition]

Sous la direction de Laurent Delbos et Bastien Cornu

La grotte Cosquer est l’un des sites majeurs de l’art pariĂ©tal palĂ©olithique europĂ©en. Les groupes d’Homo sapiens qui ont frĂ©quentĂ© cette cavitĂ© y ont laissĂ© des traces de leur passage (silex, foyers, charbons, tracĂ©s digitĂ©s
), dont les plus remarquables sont des dessins et des gravures organisĂ©s sur les parois dans un espace souterrain : une grotte ornĂ©e frĂ©quentĂ©e entre 33 000 ans et 19 000 ans avant le prĂ©sent. TrĂšs isolĂ©e dans le Sud-Est de la France, loin des foyers “classiques” de l’art pariĂ©tal europĂ©en, mais aussi exceptionnelle par le bestiaire qui y est reprĂ©sentĂ© (pingouins, phoques notamment), la grotte Cosquer est une grotte ornĂ©e unique. Sa conservation est vite devenue un enjeu : la remontĂ©e du niveau des eaux et les risques sismiques faisaient peser un risque sur l’existence de ce patrimoine. D’ores et dĂ©jĂ , compte tenu de son accessibilitĂ© (son entrĂ©e est aujourd’hui situĂ©e Ă  37 mĂštres sous le niveau de la mer) et de sa fragilitĂ©, l’État et la RĂ©gion ont reconnu l’urgence qu’il y avait Ă  conserver ce patrimoine par l’étude, et Ă  le restituer Ă  la connaissance de tous. Dans le cas de la grotte Cosquer, le choix s’est portĂ©, du fait de son entrĂ©e immergĂ©e, de son accĂšs difficile et des menaces encourues, sur la construction d’une rĂ©plique, dont l’objectif serait de donner Ă  voir les peintures et gravures au plus prĂšs de leur rĂ©alitĂ©. Le choix de son emplacement s’est portĂ© sur la Villa MĂ©diterranĂ©e, sur l’esplanade du Mucem, en plein cƓur de Marseille.

L’objet de ce livre est de rendre compte de cette aventure, Ă  la fois des travaux conduits par l’équipe de restitution de KlĂ©ber Rossillon et ceux dirigĂ©s par les prĂ©historiens pour analyser la grotte elle-mĂȘme, Ă©tude qui n’avait encore jamais Ă©tĂ© effectuĂ©e.

AprĂšs le succĂšs du premier tirage, cette nouvelle Ă©dition, revue et augmentĂ©e, nous plonge plus profondĂ©ment encore dans l’univers de la grotte et de sa rĂ©plique.

RepĂšres

Points forts

‱ La publication accompagnant l’évĂ©nement exceptionnel qu’a Ă©tĂ© l’ouverture de la restitution la grotte Cosquer Ă  Marseille en juin 2022.

‱ Une version augmentĂ©e, pour une exploration plus complĂšte encore du sujet.

‱ Une prĂ©sentation du chantier de la Villa MĂ©diterranĂ©e, et des mĂ©tiers y ayant participĂ©.

‱ Une iconographie riche et variĂ©e, prĂ©sentant de multiples aspects de la grotte originale et de sa restitution.

Mots-clés

‱ catalogue – grotte – dĂ©couverte– PrĂ©histoire – art pariĂ©tal – restitution – Marseille

Cet ouvrage, qui constitue le catalogue officiel sur la restitution de la grotte Cosquer par les Ă©quipes de KlĂ©ber Rossillon, a reçu en janvier 2023 le prix Edmond Bastide dĂ©cernĂ© par l’AcadĂ©mie de Bordeaux.

ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
17 × 24 cm 240 pages 200 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-330-17950-2 juin 2023 prix provisoire : 29,50 €
La grotte restituée Méditerranée Sous la direction de Laurent Delbos et Bastien Cornu Cosquer Méditerranée : la
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grotte restituée

GENÈSE DU PROJET C présiden

hristian Estrosi, alors prĂ©sident de la rĂ©gion Provence-AlpesCĂŽte d’Azur, annonçait en dĂ©cembre 2016 sa volontĂ© de rĂ©aliser une rĂ©plique de la grotte Cosquer au sein de la Villa MĂ©diterranĂ©e sur le port de Marseille, Ă  proximitĂ© du Mucem. Ce projet ambitieux, faisant suite aux succĂšs des rĂ©pliques dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©es de grands sanctuaires de l’art prĂ©historique palĂ©olithique comme Altamira, Chauvet ou Lascaux, est relativement ancien. Depuis plus de vingt ans, des tentatives de crĂ©ation d’une copie de cette grotte avaient Ă©tĂ© envisagĂ©es en divers endroits, dont le fort SaintNicolas, toujours Ă  Marseille, sans jamais rĂ©ellement aboutir par manque de volontĂ© politique et de propositions pertinentes.

DĂšs cette annonce, le groupe KlĂ©ber Rossillon, spĂ©cialisĂ© dans la gestion des sites patrimoniaux et culturels et dĂ©jĂ  en charge de Chauvet 2 (rĂ©plique de la grotte Chauvet en ArdĂšche), s’est mobilisĂ© pour suivre ce projet et se positionner sur un Ă©ventuel appel Ă  candidatures pour la conception, rĂ©alisation et exploitation de cette restitution. Un concours fut donc lancĂ© Ă  l’automne 2018 par la rĂ©gion. Pour y rĂ©pondre, le groupe KlĂ©ber Rossillon a constituĂ© une Ă©quipe de spĂ©cialistes dont la plupart des membres avaient dĂ©jĂ  participĂ© Ă  l’aventure de Chauvet 2. Il s’est entourĂ©, entre autres, de l’architecte Corinne Vezzoni, dont le cabinet est implantĂ© Ă  Marseille, et du groupe Ei age Construction pour assurer l’édiïŹcation du projet en tant que maĂźtre d’Ɠuvre en charge du groupement.

[Page en regard et ci-dessus]

Le bùtiment de la Villa Méditerranée en cours de réhabilitation pour accueillir la grotte Cosquer à Marseille. [Double page suivante] La Villa Méditerranée. Au second plan, la cathédrale de la Major.

AprĂšs plusieurs mois de travail et de rĂ©ïŹ‚exion, un premier projet de plan d’implantation de la restitution dans le niveau –2 de la Villa MĂ©diterranĂ©e est prĂ©sentĂ©. Il a Ă©tĂ© constituĂ© Ă  la suite de nombreuses discussions techniques, artistiques, touristiques, stratĂ©giques et ïŹnanciĂšres, mais aussi d’échanges et de rencontres avec Jean Clottes et Jean Courtin, pionniers de l’exploration et de l’étude de la grotte, qui nous ont accompagnĂ©s tout au long de cette entreprise. Ce plan prĂ©voit dĂ©jĂ  un parcours immersif de 220 mĂštres dans la grotte, comprenant un mode de transport traversant les salles au milieu des parties aujourd’hui immergĂ©es de la cavitĂ©, ce qui permet ainsi la lecture de l’ensemble des panneaux peints. Au-delĂ  de la restitution, le projet propose un accĂšs dans le bĂątiment par un ponton traversant le bassin sous le porte-Ă -faux en passant Ă  proximitĂ© du bateau d’Henri Cosquer, le Cro-Magnon, avec lequel il dĂ©couvrit la grotte en 1985, puis une entrĂ©e par le club de plongĂ©e des annĂ©es 1980 Ă  proximitĂ© de la reconstitution du cafĂ© Le France, donnant sur le port de Cassis, oĂč l’inventeur avait ses habitudes. S’ensuit une descente Ă  –37 mĂštres par un caisson de plongĂ©e pour rejoindre l’entrĂ©e de la grotte via une base sous-marine, puis la visite du centre d’interprĂ©tation au niveau 3 du bĂątiment, dans le porteĂ -faux. Dans ce dernier, une scĂ©nographie aborde la vie et l’environnement des ĂȘtres humains qui ont frĂ©quentĂ© la grotte, tout en laissant une large place Ă  d’autres thĂ©matiques telles que les

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Les modules de visite permettent de voir les Ɠuvres au plus prùs.

situĂ©s sous le niveau de la mer, est rĂ©investie. Alors que certains passants s’interrogent devant le calme trompeur de cet “iceberg urbain”, nous comptons en janvier2022 une cinquantaine d’ouvriers et quatre encadrants Ei age Construction prĂ©sents sur le chantier. Sur la durĂ©e totale du projet, nous observons que la moitiĂ© de cette main-d’Ɠuvre est concentrĂ©e sur la rĂ©alisation de la grotte tandis que l’autre moitiĂ© est dĂ©ployĂ©e dans le reste du bĂątiment pour diverses tĂąches de rĂ©amĂ©nagement et de rĂ©novation: billetterie, ponton, grand escalier, salle d’accueil, sanitaires, espaces pĂ©dagogiques
 La nature di Ă©rente de ces travaux nous a permis de distinguer leur encadrement, nous avons donc sĂ©parĂ© la “partie grotte” et la “partie bĂątimentaire” du projet. “Un chantier, c’est une entreprise Ă©phĂ©mĂšre.” Soumis Ă  des responsabilitĂ©s importantes, l’encadrement de chantier doit avoir pour qualitĂ© premiĂšre la polyvalence. Avec le support de certains services propres Ă  l’entreprise, les encadrants du chantier sont responsables de sa bonne gestion ïŹnanciĂšre, contractuelle, et de ses ressources humaines. La conductrice de travaux principale est Ă  la tĂȘte de ces trois piliers et dĂ©lĂšgue aux deux conducteurs de travaux. L’un est responsable de la partie grotte, l’autre de la partie bĂątimentaire, tous deux font davantage le lien avec le terrain. Ils sont responsables de la gestion des entreprises intervenantes, de leurs ouvriers sur le chantier, de la coordination et du suivi des travaux rĂ©alisĂ©s.

SÉCURITÉ/LOGISTIQUE

La santĂ© et la sĂ©curitĂ© sont au cƓur des prĂ©occupations dans le secteur de la construction. L’analyse des risques sur un projet d’une telle ampleur est engagĂ©e dĂšs la phase d’études en amont. Elle permet de proposer des procĂ©dĂ©s de production et de travaux garantissant un niveau de sĂ©curitĂ© maximal avec un maintien de l’intĂ©gritĂ© physique de tous les collaborateurs. La grotte se situe dans un espace clos en sous-sol, les conditions de travail des ouvriers doivent alors ĂȘtre anticipĂ©es. Notre problĂšme principal a Ă©tĂ© la ventilation de l’air, car la projection de bĂ©ton, la soudure, les dĂ©coupes et travaux en tous genres gĂ©nĂšrent de la poussiĂšre et de la fumĂ©e. Nous avons donc mis en place un systĂšme de ventilation localisĂ©, privilĂ©giĂ© l’utilisation d’engins uniquement Ă©lectriques, fourni des protections individuelles et rĂ©alisĂ© un nettoyage renforcĂ©. La contrainte du sous-sol implique Ă©galement une organisation de chantier prĂ©cise, en logistique et en coordination de travaux. L’approvisionnement Ă©tait possible uniquement via un monte-charge de 5 mĂštres de long, ce qui nĂ©cessite des conditionnements limitĂ©s, notamment pour les poteaux de structure. Ce projet comporte des corps de mĂ©tiers trĂšs di Ă©rents (sculpteurs, peintres
) qui ne sont pas habituĂ©s Ă  travailler sur des chantiers de bĂątiment oĂč la co-activitĂ© est importante. Nous organisons un accueil renforcĂ© sur la sĂ©curitĂ©, pour sensibiliser et informer les collaborateurs des risques liĂ©s Ă  l’activitĂ©.

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Panneau des mains noires et gravures.

[Page en regard]

[Page suivante]

Au bout de cette paroi rocheuse, une fenĂȘtre s’ouvre et un dispositif mĂȘlant optique, imagerie 3D et dĂ©cor en perspective permet de reconstituer le paysage du dernier maximum glaciaire aux abords de la grotte Cosquer. GrĂące Ă  ce théùtre optique, nous comprenons que ces hommes et femmes ne vivaient pas Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la mer, mais Ă  quelques kilomĂštres de la cĂŽte. Nous dĂ©couvrons un environnement peuplĂ© d’animaux, notamment des grands pingouins, mais aussi un troupeau de bisons, des chevaux et quelques mĂ©gacĂ©ros. Les animaux Ă©voluent dans une vĂ©gĂ©tation de type steppe, faiblement enherbĂ©e et avec quelques arbustes. C’est donc un tableau animĂ© en 3D qui reprĂ©sente l’environnement proche de ces hommes et femmes prĂ©historiques.

Le dĂ©cor en perspective a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par la sociĂ©tĂ© PrĂ©lud. Le point de vue choisi permet de comprendre l’éloignement de la mer mais aussi l’environnement au pied de la grotte Cosquer. Les visiteurs peuvent se repĂ©rer dans ce dĂ©cor; l’objectif est qu’ils puissent se rendre dans les calanques aujourd’hui et reconnaĂźtre le mĂȘme paysage, aïŹn de superposer les deux images. Peut-ĂȘtre mĂȘme se rendre dans la grotte de l’Os aïŹn de comparer la reproduction Ă  la rĂ©alitĂ©.

LE BESTIAIRE

Un grand plateau trĂšs ouvert s’o re Ă  la vue des visiteurs lorsqu’ils arrivent sur le plus grand porte-Ă -faux habitĂ© d’Europe. Face Ă  eux, l’ensemble des animaux peints ou gravĂ©s dans la grotte sont prĂ©sentĂ©s. Ils sont accueillis par un bison des steppes de grande taille.

Le bestiaire que les artistes de la grotte Cosquer ont cĂŽtoyĂ© – ou du moins les espĂšces qu’ils ont dĂ©cidĂ© de reprĂ©senter – est exposĂ© dans une perspective unique: le visiteur qui a dĂ©couvert ces espĂšces dans la grotte peut ainsi confronter son regard avec celles qu’il voit reconstituĂ©es. Nous avons choisi de ne pas hiĂ©rarchiser, en reprĂ©sentant toutes les espĂšces prĂ©sentes sur les parois de la grotte. Certaines existent encore, d’autres ont disparu et exigent donc un travail de reconstitution et non de naturalisation. Les espĂšces reconstituĂ©es mettent en perspective la vision de l’humain de la PrĂ©histoire et de l’humain d’aujourd’hui.

C’est d’autant plus exact que les sculptures animaliĂšres ont Ă©tĂ© travaillĂ©es pour avoir une allure similaire Ă  celle que l’on peut admirer dans la grotte; les animaux sont créés en rĂ©sonance parfaite avec leurs reprĂ©sentations.

Cette zone permet d’aborder des questions de biogĂ©ographie. À l’aide de demi-sphĂšres reprĂ©sentant les aires de rĂ©partition, nous comprenons les migrations des espĂšces dues aux changements climatiques et les potentielles migrations via l’action de l’homme. Certaines ont disparu Ă  cause de l’un ou de l’autre. Lorsque nous regardons les aires de rĂ©partition des espĂšces au dernier maximum glaciaire, avant l’ùre industrielle et

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Les animaux reprĂ©sentĂ©s dans la grotte tĂ©moignent du climat et de la population vivant autrefois dans les calanques. ReprĂ©sentation hyperrĂ©aliste d’un cheval.

14 × 20,5 cm

264 pages

100 illustrations en noir et blanc, cahier couleur de 16 pages

ouvrage broché

isbn : 978-2-330-17946-5

juin 2023

prix provisoire : 30 €

AMAZONIE

Un jardin sauvage ou une forĂȘt domestiquĂ©e Essai d’écologie historique [Nouvelle Ă©dition]

Stéphen Rostain

Amazonie fascine, tant par ses dimensions gigantesques que par sa supposĂ©e nature indomptĂ©e. Pourtant, c’est bien plus l’impact millĂ©naire de l’homme sur cette forĂȘt qui Ă©merveille. En effet, celui-ci a notamment transformĂ© le couvert vĂ©gĂ©tal en favorisant des associations de plantes, créé des sols fertiles appelĂ©s terra preta et construit des terrassements qui ont modifiĂ© le modelĂ© de la superficie.

C’est une vision totalement renouvelĂ©e de l’interaction ancienne homme-milieu dans la plus grande forĂȘt tropicale du monde qu’offre l’auteur, chercheur qui travaille depuis trente ans en Amazonie, en convoquant des disciplines aussi diverses que l’archĂ©ologie, l’ethnohistoire, l’anthropologie, l’écologie, la botanique ou la pĂ©dologie. Cette nouvelle Ă©dition, revue et corrigĂ©e, livre les derniĂšres avancĂ©es et rĂ©flexions de l’auteur sur ses nombreux champs de compĂ©tences.

Les travaux sur l’organisation sociale se sont amplifiĂ©s et de plus en plus de chercheurs tentent de dĂ©terminer l’existence Ă©ventuelle de chefferies en Amazonie. La gĂ©oarchĂ©ologie a Ă©tĂ© adoptĂ©e par la majoritĂ© des archĂ©ologues, qui considĂšrent que l’on ne peut Ă©tudier l’homme hors de son environnement et de son impact sur celui-ci. L’écologie historique est de nos jours un sujet porteur car elle permet d’associer diverses sciences autour d’un mĂȘme thĂšme de recherche. Enfin, l’archĂ©ologie prĂ©ventive s’est extrĂȘmement dĂ©veloppĂ©e depuis vingt ans grĂące aux grands travaux

ou Ă  cause d’eux. Citons les projets archĂ©ologiques liĂ©s au barrage hydroĂ©lectrique de PetitSaut en Guyane française, dans les annĂ©es 1990, ou, plus rĂ©cemment, le projet sur le gazoduc Coari-Manaus au BrĂ©sil.

L’archĂ©ologie amazonienne a connu un bond remarquable ces derniĂšres dĂ©cennies. Les dĂ©bats archĂ©ologiques actuels concernent la capacitĂ© agricole, les systĂšmes politiques, la guerre et les rituels, l’écologie ou l’identitĂ© culturelle.

RepĂšres

Points forts

‱ Un panorama passionnant de l’archĂ©ologie de l’Amazonie, pour un voyage au cƓur de ce territoire mĂ©connu dans ce champ.

‱ Un livre qui intĂšgre des notions de multiples disciplines : l’ethnohistoire, l’anthropologie, l’écologie, la botanique, la pĂ©dologie.

‱ Une Ă©dition revue et corrigĂ©e par l’auteur, qui intĂšgre les derniĂšres rĂ©flexions de son domaine.

Mots-clés

‱ Amazonie – Tropiques – forĂȘt – archĂ©ologie –botanique – gĂ©ologie

StĂ©phen Rostain est membre du laboratoire ArchĂ©ologie des AmĂ©riques de l’universitĂ© PanthĂ©on-Sorbonne. Directeur de recherche au cnrs, il a menĂ© plusieurs programmes de recherche archĂ©ologique et interdisciplinaire en Guyane, au Surinam, en Équateur, en Uruguay et dans l’üle d’Aruba.

ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
L’
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AMAZONIE UN JARDIN SAUVAGE OU UNE FORÊT DOMESTIQUÉE
AMAZONIE STÉPHEN ROSTAIN
Essai d’écologie historique
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STÉPHEN ROSTAIN
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distorsions de la vĂ©ritĂ©, ce texte, aussi prĂ©cieux soit-il, fut jusqu’à il y a peu souvent dĂ©valuĂ© et considĂ©rĂ© comme affabulateur, notamment par les scientifiques dĂ©fendant la thĂšse du dĂ©terminisme environnemental.

Le fleuve fut trĂšs tĂŽt baptisĂ© “Amazone”, en rĂ©fĂ©rence aux guerriĂšres des rives de la mer Noire qu’avaient affrontĂ©es Achille, HĂ©raclĂšs ou ThĂ©sĂ©e, par le prĂȘtre – qui avait Ă©videmment lu ses classiques – accompagnant l’expĂ©dition d’Orellana en 1541, aprĂšs avoir vu des femmes indigĂšnes combattre aux cĂŽtĂ©s des hommes sur le moyen fleuve (fig. 7). Par la suite, des tĂ©moignages d’AmĂ©rindiens et la puissance de la rumeur alimentĂšrent le mythe. Ce que l’on peut retenir de ces “stars” des chroniques coloniales, c’est l’hĂ©rĂ©sie que reprĂ©sentait, dans la vieille Europe des xvie et xviie siĂšcles, l’idĂ©e de telles femmes dominatrices avec tant de pouvoirs, sans hommes – utilisĂ©s ponctuellement comme simples procrĂ©ateurs lors de services sexuels en Ă©change de plumes et de pendentifs, par exemple.

texte, aussi prĂ©cieux soit-il, fut jusqu’à il y peu dĂ©valuĂ© et notamment par scientifiques la du environnemental. Le fut trĂšs tĂŽt baptisĂ© “Amazone”, rĂ©fĂ©rence aux rives la mer qu’avaient Achille, HĂ©raclĂšs ou par le prĂȘtre – qui Ă©videmment lu classiques –l’expĂ©dition d’Orellana en avoir femmes indigĂšnes combattre aux cĂŽtĂ©s hommes sur moyen (fig. 7). la suite, d’AmĂ©rindiens la de la le Ce que retenir de “stars” des chrol’hĂ©rĂ©sie que dans vieille Europe des xvie et siĂšcles, de telles femmes dominatrices de sans – utilisĂ©s ponctuellement comme simples procrĂ©ateurs lors de services en Ă©change plumes et de dentifs, par

L’Amazone prend officiellement sa source dans les Andes pĂ©ruviennes, au glacier de Huacra, par 10 degrĂ©s de latitude sud et Ă  5 240 mĂštres d’altitude, puis il s’écoule vers l’est jusqu’à l’Atlantique. LĂ , son estuaire est partiellement obstruĂ© par l’énorme Ăźle de MarajĂł, d’une dimension comparable Ă  celle de la Suisse, soit environ 40 000 kilomĂštres carrĂ©s. Le fleuve atteint un tel gigantisme que sept noms sont nĂ©cessaires pour le dĂ©signer : ApurĂ­mac, Ene, Tambo, Ucayali, Amazonas, SolimĂ”es, puis enfin Amazone (fig. 8).

L’Amazone source dans les Andes pĂ©ruviennes, au glacier Huacra, par 10 degrĂ©s latitude sud Ă  240 mĂštres puis il vers l’est jusqu’à l’Atlantique. son partiellement obstruĂ© par Ăźle de MarajĂł, dimension Ă  celle la environ 000 kilomĂštres fleuve atteint tel gigantisme que noms sont nĂ©cessaires dĂ©signer ApurĂ­mac, Ene, Tambo, puis enfin Amazone 8).

Ce n’est mĂȘme plus un simple fleuve, mais une mer, comme la dĂ©signĂšrent d’ailleurs les premiers explorateurs tel Vicente Yåñez PinzĂłn en 1500 : RĂ­o Santa Maria de la Mar Dulce, Ă  cause de l’absence de salinitĂ© dans l’ocĂ©an devant son embouchure (le panache d’eau douce boueuse de l’Amazone s’étend au large, dans l’ocĂ©an, jusqu’à 300 kilomĂštres de l’estuaire). Il ne s’agit pas non plus d’une route fluviale que l’on peut traverser Ă  la lĂ©gĂšre, surtout Ă  l’époque prĂ©colombienne, mais bien d’une immense masse d’eau souvent infranchissable, large d’une dizaine de kilomĂštres au niveau de SantarĂ©m. On y voit en une journĂ©e couler autant d’eau qu’en restant deux ans Ă  contempler l’écoulement de la Seine Ă  Paris.

Ce mĂȘme plus un mais une mer, comme dĂ©sid’ailleurs les explorateurs tel Vicente Yåñez PinzĂłn en 1500 : RĂ­o Santa Maria cause de l’absence de salinitĂ© dans l’ocĂ©an devant son de l’Amazone s’étend large, jusqu’à 300 kilomĂštres de l’estuaire). Il ne s’agit pas que l’on traverser la Ă  mais immense masse d’eau souvent dizaine de kilomĂštres au de On y en journĂ©e autant qu’en restant deux ans Ă 

Seine Ă 

L’Amazone, le aux mille eaux, tout d’abord vertige de chiffres un cours d’eau mesures sur lequel trois fois plus qu’à Bretagne. Toutefois, certains auteurs sont parfois tombĂ©s une mĂštres et de nombres dĂ©crire

L’Amazone, le fleuve aux mille eaux, c’est tout d’abord un vertige de chiffres extravagants, un cours d’eau aux mesures gargantuesques sur lequel il pleut trois Ă  quatre fois plus qu’à Brest en Bretagne. Toutefois, certains auteurs sont parfois vite tombĂ©s dans une exagĂ©ration de kilomĂštres carrĂ©s et de nombres astronomiques pour dĂ©crire l’Amazonie.

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Figure 7. Les guerriĂšres Amazones (Thevet [1557] 1997).
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Figure 8. Carte de la grande riviÚre Marañon ou Amazone (gravure de Fritz, 1707).
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AMAZONIE : LA FORÊT QUI CACHE L’ARBRE 7. guerriùres Amazones [1557]
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Figure Carte de grande Marañon ou Amazone (gravure de Fritz, 1707).
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Planche 1 - La fabrication de la farine de manioc, vue par Hercule Florence au Brésil au début du XIX siÚcle (Carelli, 1992).
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Planche 12 - Champs surĂ©levĂ©s prĂ©colombiens de Galibi, extrĂȘme Est du Surinam (photographie S. Rostain). Planche 18 - Petits champs surĂ©levĂ©s actuels, construits et cultivĂ©s par des HaĂŻtiens prĂšs de Kourou, Guyane française (photographie S. Rostain).
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Planche 19 - Trois des causes majeures de la destruction moderne des champs surĂ©levĂ©s prĂ©colombiens rĂ©unies sur un mĂȘme site de la savane Maillard, Guyane française les nivellements agricoles (Ă  gauche), les feux de savane (en bas) et les terrassements routiers (Ă  droite) (photographie S. Rostain).

22 x 27 cm

96 pages

env. 80 illustrations en noir et blanc et quadri

ISSN : 0007-4730

ISBN : 978-2-36919-201-5

Parution : juin 2023

Prix : 20 €

Mots-clĂ©s : Moyen Âge, gothique flamboyant, Bruges, Renaissance, LĂ©onard de Vinci, arts textiles, tapisserie, tenture de l’Apocalypse, restaurations, xixe siĂšcle.

BULLETIN MONUMENTAL

T. 181-2

Publication de la SociĂ©tĂ© française d’archĂ©ologie, le Bulletin monumental s’attache, depuis 1834, Ă  proposer des Ă©tudes de rĂ©fĂ©rence sur l’architecture et le patrimoine, du Moyen Âge au xxe siĂšcle, qui s’adressent aussi bien aux spĂ©cialistes qu’aux amateurs.

Chaque livraison est richement illustrĂ©e et offre des Ă©tudes de fond inĂ©dites complĂ©tĂ©es par des rubriques d’actualitĂ© sur des dĂ©couvertes rĂ©centes et de comptes rendus sur les parutions importantes en France et Ă  l’étranger.

Sommaire

Ingrid Geelen, « Faste et dévotion à la cour de Bourgogne : la chapelle de Louis de Gruuthuse à Bruges (vers 1472) »

Évelyne Thomas, « Architecture et dĂ©cor français dans la tapisserie de la CĂšne, d’aprĂšs LĂ©onard de Vinci »

Maxine Geneste, « Le sauvetage de la tenture de l’Apocalypse d’Angers au xixe siĂšcle d’aprĂšs les archives du chanoine Joubert »

: 978-2-330-17918-2

AGIR POUR LE VIVANT #3

Les actes

Ouvrage collectif

La crise intellectuelle, morale, sociale, politique et Ă©cologique exacerbĂ©e par la pandĂ©mie de Covid-19 a renforcĂ© notre conviction de l’urgence Ă  faire vivre l’action pour le vivant, Ă  rendre compte que d’autres voies sont possibles. En aoĂ»t 2020, Arles a accueilli pour la premiĂšre fois plus d’une centaine de scientifiques, artistes, romanciers, philosophes, Ă©conomistes, militants ou politiques pour rĂ©flĂ©chir, dĂ©battre, Ă©changer, exposer et imaginer ensemble, durant toute une semaine, les solutions pour accompagner la transition qui doit advenir.

RepĂšres

Points forts

‱ Fort de son succĂšs grandissant, le festival Agir pour le vivant s’exporte : aprĂšs LiĂšge, Vienne et Medellin, le festival s’est dĂ©placĂ© Ă  Souza (Cameroun) du 25 au 29 janvier 2023.

‱ Des actes pour dĂ©ployer la richesse des interventions d’Agir pour le vivant.

Pour tĂ©moigner de la richesse de ces Ă©changes, huit acteurs ayant chacun animĂ© une journĂ©e thĂ©matique font part de leurs enthousiasmes, de leurs Ă©motions et de leurs rencontres : Sabah Rahmani, Anne-CĂ©cile Bras, Pascal Seys, Arnaud Gonzague, Anne-Lise Carlo, Anne-Sophie Novel, Bertrand HagenmĂŒller et le collectif Le Bruit qui court. Par ailleurs, les rĂ©sultats de sept rĂ©sidences et ateliers consacrĂ©s aux grands axes d’une politique ambitieuse du vivant sont ici prĂ©sentĂ©s par Tarik Chekchak, Le Bruit qui court, SĂ©verine Kodjo-Grandvaux, RaphaĂ«l Mathevet, Jeanne HĂ©nin, Anne Le Strat et Christophe Aubel.

événement

La quatriĂšme Ă©dition d’Agir pour le vivant aura lieu Ă  Arles du 22 au 26 aoĂ»t 2023.

nature ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
“Agir pour le vivant”, Ă©vĂ©nement dĂ©sormais rĂ©current, permet de crĂ©er une communautĂ© expressive autour de la question du vivant. En aoĂ»t 2022 s’est dĂ©roulĂ©e la troisiĂšme Ă©dition de ce festival unique en France. Sept jours de dĂ©bats denses et fertiles, de rencontres, d’ateliers, d’expositions et de projections.
10 × 19 cm 144 pages ouvrage brochĂ© isbn
juin 2023 prix provisoire : 15 €
9:HSMDNA=V\^V]W:

256 pages

ouvrage relié

isbn : 978-2-330-17949-6

juin 2023

MISSION EUCLID

LumiĂšre sur l’énergie noire

De quoi est fait l’univers ? Aussi loin que porte le regard des tĂ©lescopes, la contemplation du ciel nous donne Ă  voir des planĂštes, des Ă©toiles, des galaxies
 Autant de matiĂšre dont nous savons dĂ©sormais qu’elle est constituĂ©e d’atomes : hydrogĂšne, hĂ©lium, oxygĂšne, carbone
 ceux-lĂ  mĂȘmes dont nous sommes faits nous aussi. En mĂȘme temps, Ă  force d’indices patiemment accumulĂ©s depuis un siĂšcle, les cosmologistes ont acquis la certitude que cette matiĂšre visible ne reprĂ©sente rien. PrĂ©cisĂ©ment 5 % du contenu du cosmos. Le reste est non seulement invisible, mais Ă©galement d’une nature totalement inconnue. Pour l’essentiel, cette fraction majoritaire quoique inaccessible de l’univers serait composĂ©e d’une substance que, faute de pouvoir en cerner les contours, les spĂ©cialistes ont baptisĂ© â€œĂ©nergie noire”. Seule certitude, cette entitĂ© mystĂ©rieuse est la clĂ© du destin du cosmos. S’opposant Ă  la gravitation, elle accĂ©lĂšre en effet l’expansion de l’univers dĂ©marrĂ©e il y a environ 14 milliards d’annĂ©es, semblant ainsi le conduire vers un Ă©tat de dilution ultime, synonyme de vide Ă©ternel et sans limite. Mais comment en ĂȘtre certain, alors mĂȘme que la nature de l’énergie noire demeure une Ă©nigme ? Pour la rĂ©soudre, les spĂ©cialistes du ciel, sous l’égide de l’Agence spatiale europĂ©enne, ont imaginĂ© Euclid, l’une des plus fantastiques missions d’observation astronomique jamais conçues. PrĂ©cisĂ©ment, un tĂ©lescope spatial et deux instruments scientifiques Ă  la prĂ©cision diabolique qui, pendant six ans, vont cartographier pas moins de 1,5 milliard de galaxies, d’oĂč il rĂ©sultera un clichĂ© 3D de l’univers pris dans toute son extension spatiotemporelle. Et des volutes dessinĂ©es par la matiĂšre galactique Ă  l’échelle du cosmos tout entier, les cosmologistes dĂ©duiront la nature de l’énergie noire, moteur de l’expansion cosmique.

AprĂšs plus de vingt ans de dĂ©veloppements scientifiques et techniques, Euclid est enfin prĂȘt Ă  partir. En juillet prochain, alors qu’une fusĂ©e Falcon 9 de SpaceX l’arrachera Ă  la surface terrestre pour le placer sur orbite, c’est peu dire que les mille cinq cents personnes de dix-sept pays qui ont travaillĂ© d’arrache-pied pour lui donner corps retiendront leur souffle. Elles seront elles-mĂȘmes en partance pour une aventure scientifique et humaine unique ayant le potentiel de bouleverser la vision que nous avons de l’univers. En vous rĂ©vĂ©lant les enjeux d’Euclid, ses coulisses et les espoirs qu’il suscite, c’est au partage de cette aventure que ce livre vous invite.

RepĂšres

Points forts

‱ Un ouvrage exceptionnel qui raconte l’incroyable aventure d’Euclid, qui dure depuis 20 ans et a rĂ©uni des spĂ©cialistes de 17 pays.

‱ Un champ d’études fascinant – l’univers et la matiĂšre noire –, racontĂ© par un journaliste scientifique.

‱ Un effort considĂ©rable a Ă©tĂ© fourni par l’auteur et les Ă©quipes Ă©ditoriales pour rendre comprĂ©hensible un discours Ă  la base trĂšs scientifique et difficilement accessible.

‱ Un beau livre trĂšs fortement illustrĂ© et composĂ© nombreux niveaux de lecture, s’adressant donc Ă  un public trĂšs large.

Mots clés

‱ tĂ©lescope spatial – matiĂšre noire – astronomie – univers

NĂ© en 1974, Mathieu Grousson est journaliste scientifique. DiplĂŽmĂ© de l’École supĂ©rieure de journalisme de Lille, il est Ă©galement docteur en physique.

événement

Cet ouvrage est publiĂ© Ă  l’occasion du lancement du tĂ©lescope spatial Euclid Ă  bord d’une fusĂ©e Falcon de SpaceX en juillet 2023.

nature ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
21 × 24 cm
prix provisoire : 39 €
9:HSMDNA=V\^Y^[:

Éditeur original Grove Press, Grove Atlantic, New York

Titre original Bloodbath Nation

Texte © Paul Auster, 2021

Photographies © Spencer Ostrander, 2021

© Actes Sud, 2023 pour l’édition française ISBN 978-0-8021-6045-4 www.actes-sud.fr

e I L C U D ACTES SUD

Chambre Bulle

Asped quis doluptatem landia dit ab ipsapel eseriorit, sinis et eos auditaquae dolorpo riaepro est pre essenis resequis ducia cus everchi cipiento omnihiliqui denditius enimodiam iligenient facerem qui aut eius, qui con etum ut faccuptatur alit quo quamus, vel ilias voluptassim dolorent eatur millat quia doloris aut re omnist ra voluptaspera corioreptam et quist, ut omnient ex eaquo odi dundunt ionsed utatis earcium es aut et por alitio bea est, que mi, tet qui beaquae la voluptat volu

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Sust, cuptatur re parum, si bereprorero velenit est et odis dem volorem doluptate niendi volupis ent, vel molore vende nonsequi as dolupta nonsequ assitius maximus, simaximin nonecab orepedis voloribusam sequae volorum ident ut ra cum lam faccae illaccabo. Hent.Ritiam intia delique ped quatur sitatur atis ut fugit audio quas et mi,.

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euclid, une aventure “hors norme”

Dans la classification des missions de l’Agence spatiale europĂ©enne, Euclid, un acronyme de EUropean Cosmic aLl sky Investigator of the Dark universe, dont le nom fait rĂ©fĂ©rence au pĂšre de la gĂ©omĂ©trie, n’est qu’une mission dite “de taille moyenne”. Et pourtant, comme l’affirme Olivier La Marle, “dans l’histoire des missions spatiales d’exploration du cosmos, Euclid reprĂ©sente une vĂ©ritable rupture”. En documentant pour la premiĂšre la structure de l’univers, il sera possible de tester les lois qui en sont Ă  l’origine Ă  l’échelle du cosmos tout entier et, qui sait, de dĂ©montrer la nĂ©cessitĂ© de les remettre en cause.“Euclid a le potentiel de rĂ©volutionner tout ce que nous croyons savoir de l’univers”, appuie le scientifique. Pour ce faire, Euclid a pour mission de rĂ©aliser quarante mille clichĂ©s couvrant les 15 000 degrĂ©s carrĂ©s (deg2) du ciel nocturne (un tiers du total), correspondant Ă  sa fraction non “polluĂ©e” par la lumiĂšre de notre galaxie, la Voie lactĂ©e. L’objectif consiste Ă  figer sur

Distorsions dans l’espace des redshifts (RSD)

la “pellicule” l’image d’environ 1,5 milliard de galaxies, dans le but d’établir la premiĂšre carte 3D de l’univers jusqu’à une distance de 10 milliards d’annĂ©es-lumiĂšre de la Terre ! “À l’évidence, nous sommes dans une logique de recensement du cosmos tout entier”, s’enthousiasme Olivier La Marle.

Alors que la date du lancement, prĂ©vu pour 2022, approche, l’excitation est palpable.

— J’ai parfois la sensation qu’avec Euclid, dans les pas de Bartolomeu Dias, Distorsions dans l’espace des redshifts (RSD) Christophe Colomb ou Magellan, nous allons rejouer Ă  l’échelle de l’univers les grandes explorations de l’époque moderne, tĂ©moigne Éric Prieto.

— Jusqu’alors, nous sommes restĂ©s Ă  l’orĂ©e du bois. Mais avec Euclid, c’est comme si nous allions pĂ©nĂ©trer pour la premiĂšre fois Ă  l’intĂ©rieur de la forĂȘt !, complĂšte HervĂ© Dole.

— Notre vision du cosmos en sera nĂ©cessairement bouleversĂ©e, reprend Anne Ealet. Excitation, donc, mais aussi apprĂ©hension. Celle qui, durant la longue et patiente phase de

En premiĂšre approximation, le dĂ©calage vers le rouge des galaxies est une manifestation de leur fuite sous l’effet de l’expansion. Mais celles-ci sont Ă©galement animĂ©es d’un mouvement propre, sous l’effet de l’attraction gravitationnelle des grandes structures dans lesquelles elles Ă©voluent. Or ce mouvement se traduit par une lĂ©gĂšre altĂ©ration de leur dĂ©calage vers le rouge. Ainsi, si l’on est capable d’extraire le signal correspondant du fond liĂ© Ă  l’expansion, on rĂ©vĂšle le champ de gravitation des grandes structures. On peut alors tester la loi de la gravitation aux plus grandes Ă©chelles du cosmos.

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Dos d’un astrolabe pĂ©riphĂ©rique

TrouvĂ©s dans la Maison Ă  l’éphĂšbe situĂ©e au voisinage de l’arc de triomphe, cette statue en bronze reprĂ©sente un Ă©phĂšbe debout et nu, avec la tĂȘte couronnĂ©e de lierre aux feuilles cordiformes et aux baies bulbeuses. Il devait tenir une torche ou un flambeau dans la main droite. Cette Ɠuvre, qui exalte la beautĂ© athlĂ©tique et la grĂące juvĂ©nile, s’inscrit dans la sĂ©rie bien connue des Ă©phĂšbes dits “lampadophores” couvrant chronologiquement le ier siĂšcle av. J.-C. et les dĂ©buts du ier siĂšcle apr. J.-C. No museum dealing with the great civilizations of antiquity would be complete without a monumental effigy of a pharaoh. This statue will be one of the high points in the tour of Louvre Abu Dhabi. It will complement the museum’s acquisitions in Ancient Egyptian art, which at the moment have mainly focused on the topic of funeral rites. The monumental statue of Ramesses II will be set in counterpoint to a figure of the Mesopotamian prince Gudea, the two of them offering contrasting images of the splendor of the royal person. Ramesses II is shown in the conventional posture of the pharaohs, seated on a cubical throne, with his hands placed flat on his thighs, wearing the nemes headcloth with a rearing cobra on the brow.wImus solecus expedipis dolestrum, solorum quiam facilictur?

Asped quis doluptatem landia dit ab ipsapel eseriorit, sinis et eos auditaquae dolorpo riaepro est pre essenis resequis ducia cus everchi cipiento omnihiliqui denditius enimodiam iligenient facerem qui aut eius, qui con etum ut faccuptatur alit quo quamus, vel ilias voluptassim dolorent eatur millat quia doloris aut re omnist ra voluptaspera corioreptam et quist, ut omnient ex eaquo odi dundunt ionsed utatis earcium es aut et por alitio bea est, que mi, tet qui beaquae la voluptat volu.

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Ron Mueck

Éditions Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris

Version bilingue anglais/français

ReliĂ©, 24 × 30 cm, 312 pages

230 reproductions couleur

Textes de Ron Mueck, Justin Paton, Robert Rosenblum, Peter Sloterdijk et Robert Storr

ISBN : 978-2-86925-180-9

Parution : juin 2023

Prix : 58 €

Exposition prĂ©sentĂ©e de juin Ă  dĂ©cembre 2023 Ă  la Fondation Cartier pour l’art contemporain Ă  Paris, et de janvier Ă  avril 2024 Ă  Triennale Milano Ă  Milan.

Ron Mueck

De juin Ă  novembre 2023, la Fondation Cartier pour l’art contemporain invite le sculpteur Ron Mueck Ă  exposer un ensemble d’Ɠuvres inĂ©dites encore jamais montrĂ©es en France.

Cet Ă©vĂ©nement s’inscrit dans la continuitĂ© du dialogue initiĂ© en 2005 avec cet artiste exceptionnel dont les Ɠuvres sont aussi rares qu’attendues.

L’ exposition

Ron Mueck est connu pour ses figures humaines dont le rĂ©alisme saisissant est contredit par leurs dimensions surprenantes. Cette exposition prĂ©sente pour la premiĂšre fois en dehors de l’Australie son Ɠuvre monumentale Mass (2017), composĂ©e de cent gigantesques crĂąnes humains. Créée pour la National Gallery of Victoria (Melbourne), cette installation ambitieuse par son ampleur et sa singularitĂ© dans l’Ɠuvre de Ron Mueck est une vĂ©ritable expĂ©rience visuelle, physique et Ă©motionnelle. L’exposition proposera Ă©galement une sĂ©lection d’Ɠuvres inĂ©dites que le public français sera le premier Ă  dĂ©couvrir.

Ron Mueck

NĂ© Ă  Melbourne en 1958, Ron Mueck vit au Royaume-Uni. AprĂšs avoir rĂ©alisĂ© des mannequins et des marionnettes pour le cinĂ©ma et la tĂ©lĂ©vision, il dĂ©marre sa carriĂšre artistique en 1996 lorsqu’il rĂ©alise une sculpture de Pinocchio Ă  la demande de l’artiste Paula Rego. L’annĂ©e suivante, sa sculpture Dead Dad (1996-1997) est une des piĂšces maĂźtresses de l’exposition Sensation: Young British Artists from the Saatchi Collection Ă  la Royal Academy of Arts de Londres. En 2001, son Ɠuvre Boy (1999) est prĂ©sentĂ©e Ă  la 49e Biennale de Venise. Plusieurs grandes

expositions personnelles lui ont Ă©tĂ© consacrĂ©es Ă  travers le monde, et ses Ɠuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privĂ©es. La Fondation Cartier a accueilli deux expositions personnelles majeures de Ron Mueck en 2005 et 2013. Cette derniĂšre a donnĂ© lieu Ă  la publication d’un catalogue raisonnĂ© de son Ɠuvre, dont une nouvelle version actualisĂ©e paraĂźtra en 2023.

L’ouv R age

À l’occasion de l’exposition, la Fondation Cartier publie une version augmentĂ©e du catalogue raisonnĂ© de l’Ɠuvre de Ron Mueck publiĂ© pour la premiĂšre fois en 2013. Cet ouvrage de rĂ©fĂ©rence prĂ©sente l’ensemble des sculptures créées par l’artiste depuis ses dĂ©buts en 1996 Ă  travers de nombreuses photographies et des documents inĂ©dits. Il fait Ă©galement la part belle Ă  l’installation Mass . Des notes de l’artiste, des vues de studio, des dessins prĂ©paratoires et des photographies de maquettes permettent au lecteur de dĂ©couvrir le processus de crĂ©ation de Ron Mueck et d’entrer dans l’intimitĂ© de son travail. Des contributions du conservateur Justin Paton et des historiens de l’art Robert Rosenblum et Robert Storr, ainsi que du philosophe Peter Sloterdijk explorent les thĂšmes majeurs qui sous-tendent son art.

Monog R aphie
, 2016-2017
Mass
Couple under an Umbrella, 2013

L’homme et la femme Ă©taient loin d’ĂȘtre terminĂ©s lorsque je les ai vus pour la premiĂšre fois dans l’atelier de Ron Mueck, dans le Nord de Londres, en 2012. Mais il Ă©tait Ă©vident que quelque chose d’inhabituel Ă©tait en train de se passer avec ces sculptures. Cela ne tenait pas Ă  la trĂšs grande taille des deux personnages ; Mueck est coutumier du fait, il a souvent modelĂ© des corps Ă©normes dans ce petit espace, crĂ©ant mĂȘme une fois un nouveaunĂ© si imposant qu’il fallut le sortir par la fenĂȘtre Ă  l’aide d’un treuil. Cela ne tenait pas non plus au stupĂ©fiant souci du dĂ©tail apportĂ© au modelage et au rendu des personnages, car c’est aussi une chose Ă  laquelle les connaisseurs de Mueck ont appris Ă  s’attendre. Cela ne tenait pas mĂȘme Ă  la somme de travail Ă©vidente qu’il leur avait consacrĂ©e, l’implication quasi monastique de Mueck, dans ce domaine, Ă©tant elle aussi bien connue. Non, ce qui Ă©tait surprenant et fascinant, pour quiconque Ă©tait familier des sculptures de Mueck, c’était le fait que ces deux personnages se touchaient et que, de plus, il prĂ©voyait de rĂ©aliser deux autres sculptures reprĂ©sentant des personnages Ă©galement en trĂšs proche contact. Dans un autre atelier, la nouvelle n’aurait rien d’original. Beaucoup de sculpteurs crĂ©ent des personnages solitaires autant que des groupes sans y voir de diffĂ©rence particuliĂšre. Mais dans l’atelier de Mueck, cet instant de contact est un Ă©vĂ©nement, aussi bien statistique qu’émotionnel. Dans une Ɠuvre composĂ©e de quarante-huit sculptures, trente-huit sont des personnages solitaires. Et la solitude de ces personnages, en outre, est particuliĂšrement forte.

DĂ©ambuler dans une grande exposition de Mueck Ă©quivaut Ă  se retrouver en compagnie d’une foule de solitaires invĂ©tĂ©rĂ©s. RecroquevillĂ©s dans un coin, accroupis sous des draps ou des couvertures, ou encore assis, terrifiĂ©s, au milieu d’un espace vide, ces personnages donnent souvent l’impression de vouloir s’enfuir de la salle d’exposition et Ă©chapper Ă  l’attention des curieux (voir Big Man, Man in a Sheet et Wild Man). D’autres encore paraissent se retirer ou dĂ©river dans des Ă©tats intĂ©rieurs qui nous sont Ă  peu prĂšs inaccessibles – Ă©tat d’inquiĂ©tude (In Bed), de timiditĂ© maladive (Ghost), de concentration et de respiration profonde (Pregnant Woman) ou de rĂȘverie mortelle (Drift). On comprend alors que ce ne sont pas seulement des sculptures solitaires, mais des sculptures sur la solitude, sur le dĂ©calage entre la façon dont nous nous sentons et celle dont nous apparaissons aux autres.

NĂ© en 1972, Justin Paton est conservateur en chef pour l’art international Ă  l’Art Gallery of New South Wales Ă  Sydney. Il est l’auteur de plusieurs livres et essais consacrĂ©s Ă  des artistes nĂ©o-zĂ©landais et australiens. Sa chronique « A Longer Look » est rĂ©guliĂšrement publiĂ©e dans la revue Art News New Zealand.

paton
Ron Mueck Monog R aphie Justin
Held
A Girl, 2006
Life, 2009-2010
Still

Notes

Et qu’en est-il de cette femme robuste mais tout autant diminuĂ©e qui ploie vers l’arriĂšre sous le poids d’un fagot de branches – Woman with Sticks ? (Par opposition, comparez ces quelques derniĂšres sculptures avec le gigantesque poulet plumĂ© de Still Life.) Qui est-ce ? Pourquoi est-elle nue ? Que signifient cette Ă©bauche de sourire sur son visage et cette Ă©tincelle dans ses yeux ? De plus, Ă©tant donnĂ© sa petitesse, Ă  quoi doit-elle la force de sa prĂ©sence parmi nous ? Comment peut-elle dominer la salle alors que sa taille, sa posture et sa charge la mettent dans une position de tel dĂ©savantage face au spectateur sans fardeau qui la surplombe ?

Sommes-nous passĂ©s de la rĂ©alitĂ© « rĂ©elle » Ă  une sorte d’univers parallĂšle, onirique et surrĂ©el sans ĂȘtre ouvertement hallucinatoire ou bizarre du point de vue du style ? À cet Ă©gard, la culture populaire est pleine de fables sur la permĂ©abilitĂ© de la conscience, sur ce mouvement quasi imperceptible qui va d’un cĂŽtĂ© et de l’autre de cette ligne sĂ©parant le quotidien du surnaturel. Certes, Mueck, aprĂšs avoir travaillĂ© comme dĂ©corateur de vitrines, a fait son apprentissage chez Jim Henson et son Muppet Show ; certes, il est un homme de son temps – ce temps qui a vu la technologie des effets spĂ©ciaux cinĂ©matographiques se dĂ©velopper et se sophistiquer de façon Ă©poustouflante, et l’art de la marionnette et du modelage se lancer dans une course au coude Ă  coude avec l’animation numĂ©rique, pour une illusion de plus en plus forte. Mais Mueck ne fabrique pas d’objets gadgets pour le vaste marchĂ© des figurines de science-fiction et de fantastique, mĂȘme

s’il utilise nombre de trucages identiques Ă  ceux de cette industrie. Ses instantanĂ©s sculpturaux sortent de scĂ©narios qui n’ont ni dĂ©but ni fin, mais seulement des milieux incertains. Ce sont des scĂ©narios qui n’ont d’autre existence que leur incarnation singuliĂšre en tant qu’objets autonomes, tout comme les tableaux photographiques de Gregory Crewdson, Ă  l’étrangetĂ© similaire, semblent ĂȘtre des films Ă  image unique, dĂ©nuĂ©s d’histoire et de storyboard, sans pour autant l’ĂȘtre complĂštement. Il s’agit d’un genre d’« art de genre » caractĂ©ristique de la fin du xxe et du dĂ©but du xxie siĂšcle : l’évocation emphatiquement corporelle, visuellement excessive et, dans le cas de Mueck, incroyablement tactile, de choses qui pourraient s’ĂȘtre passĂ©es sans avoir jamais vraiment eu lieu, de l’alternance d’un monde vraisemblable et d’un monde marginalement – si ce n’est totalement – invraisemblable, deux mondes qui sont, de maniĂšre envoĂ»tante et mĂȘme oppressante, similaires au nĂŽtre.

NĂ© en 1949, Robert Storr est artiste, critique et commissaire d’exposition. Il a Ă©tĂ© doyen de l’école d’art de l’universitĂ© Yale de 2006 Ă  2016. Il est Ă©galement l’auteur de nombreuses publications. L’ensemble de ses Ă©crits de 1980 Ă  2021 ont Ă©tĂ© rĂ©unis dans une anthologie en trois volumes parue sous le titre The Robert Storr Series (Heni Publishing, Londres, 2017-2021).

Robe Rt sto RR
Ron Mueck
In Bed, 2005
Boy, 1999

Ron Mueck

Ro N Mueck : co R ps et ÂM es

extR ait de L’ouvR age

Dead Dad, l’une des premiĂšres Ɠuvres de Mueck, a immĂ©diatement imposĂ© la singularitĂ© de l’artiste, pas seulement dans son attachement maniaque Ă  reproduire les moindres poils, pores, muscles ou rides qui font la spĂ©cificitĂ© d’un visage et d’un corps, mais aussi dans son parti pris de rĂ©duction des dimensions humaines standard Ă  une taille artificielle inquiĂ©tante. On retrouve cette mĂȘme vision dans chacune des sculptures de Mueck. L’artiste devient une sorte de Frankenstein moderne, crĂ©ateur d’un univers personnel peuplĂ© d’humanoĂŻdes qui tout Ă  la fois reflĂštent notre image et nous transforment en crĂ©atures Ă©tranges. Mais, tout comme les inventions des artistes les plus bizarres et les plus singuliers – William Blake, par exemple –, les crĂ©atures de Ron Mueck peuvent aussi ĂȘtre rattachĂ©es Ă  diffĂ©rentes traditions, passĂ©es ou prĂ©sentes. Pour ce qui est du prĂ©sent, elles vont rejoindre la cohorte des ĂȘtres humains de synthĂšse engendrĂ©s par des artistes contemporains comme autant de rĂ©ponses Ă  un monde oĂč les rĂ©pliques de toutes sortes (qu’elles soient Ă©lectroniques ou biologiques : photocopie ou brebis clonĂ©e) saturent notre expĂ©rience et brouillent la frontiĂšre entre original et copie, entre naturel et artificiel.

Cette tendance au fac-similĂ© humain a Ă©tĂ© identifiĂ©e et nommĂ©e en 1992 avec Post Human, une exposition majeure organisĂ©e par Jeffrey Deitch. Une tendance dont la figure de proue serait Duane Hanson, mais qui peut englober bien d’autres artistes plus jeunes, de Damien Hirst Ă  Martin Kippenberger et qui, au-delĂ , trouve des Ă©chos dans notre dĂ©sir constant d’intervenir sur nos

visages et nos corps par le biais de la chirurgie esthĂ©tique, avec pour rĂ©sultat des bizarreries comme le physique irrĂ©el de Michael Jackson. L’Ɠuvre de Mueck a tout Ă  fait sa place parmi ces artistes, de plus en plus nombreux, qui sont passĂ©s du langage artificiel de l’abstraction Ă  celui, non moins artificiel, du rĂ©alisme. Des artistes qui, comme les anciens maĂźtres, proposent des variations si personnelles sur le thĂšme de la reproduction Ă  l’identique et en trois dimensions du corps humain que l’on reconnaĂźt aussitĂŽt leur marque de fabrique. De mĂȘme, ce groupe hĂ©tĂ©rogĂšne d’artistes couvre un large Ă©ventail de types humains et d’expĂ©riences.

Robert Rosenblum (1927-2006) Ă©tait historien de l’art, professeur et commissaire d’expositions. SpĂ©cialiste de l’art français des XVIIIe et XIXe siĂšcles, il a publiĂ© et contribuĂ© Ă  de nombreux ouvrages. À partir de 1996 et jusqu’à sa mort en 2006, il a Ă©tĂ© conservateur pour l’art du XXe siĂšcle au Guggenheim Museum de New York, oĂč il a notamment organisĂ© des expositions majeures telles que 1900: Art at the Crossroads en 2000, ou encore la premiĂšre rĂ©trospective consacrĂ©e Ă  Norman Rockwell dans une institution amĂ©ricaine en 2001.

Robe Rt Ronseb Lu M
Monog R aphie
Man in a Boat, 2002
POSITIF N 748
9782330179274

: 978-2-330-17945-8

MARTIN ENGSTROEM

De Stockholm Ă  Verbier. Une vie pour la musique. Souvenirs.

Entretiens avec Bertrand Dermoncourt Avant-propos de Rodion Chtchedrine

“Enfin, Ă©videmment, il faut dire que cette atmosphĂšre unique, cette harmonie incomparable n’existeraient pas sans la personnalitĂ© de Martin Engstroem. C’est lui qui a eu l’idĂ©e de tout cela et c’est surtout lui qui fait le lien, un lien avant tout amical, entre tous les artistes prĂ©sents. Martin possĂšde un vĂ©ritable don pour regrouper des gens intĂ©ressants et faire en sorte que tout se passe bien. Il sait aussi dĂ©couvrir aujourd’hui les talents de demain. C’est un gĂ©nie de l’organisation – un gĂ©nie, oui, je ne trouve pas d’autre mot. En outre, sa sensibilitĂ© humaine est immense. On le dit parfois timide ou rĂ©servĂ©. C’est faux ! Il est surtout trĂšs chaleureux. VoilĂ  quelqu’un Ă  l’aise avec tout le monde, du plus jeune stagiaire Ă  la plus grande star. Lui-mĂȘme, avec l’ñge qui arrive, ressemble de plus en plus Ă  une star du cinĂ©ma – c’est un compliment –, mais a su rester tel qu’il est, vrai, authentique. Il n’y a qu’à voir la qualitĂ© des relations qu’il entretient avec sa famille et ses enfants : c’est si rare ! Martin n’est pas seulement chaleureux, mais aussi trĂšs fiable et trĂšs fidĂšle.”

Avant-propos de Rodion Chtchedrine

PubliĂ© Ă  l’occasion de la 30e Ă©dition du fameux Festival de Verbier, en Suisse, dont il est le crĂ©ateur, De Stockholm Ă  Verbier revient sur le parcours en tous points exceptionnel de Martin Engstroem. Sous forme d’entretiens trĂšs vivants avec Bertrand Dermoncourt, une vie entiĂšre dĂ©file, avec ses anecdotes, ses obsessions, ses joies, ses drames et un fil constamment tendu : la musique. Plus prĂ©cisĂ©ment : les grands artistes classiques. Ils sont tous lĂ , vus des coulisses. D’Herbert von Karajan Ă  Valery Gergiev, de Sviatoslav Richter Ă  Yuja Wang, en passant par Martha Argerich, Barbara Hendricks, Carlos Kleiber et bien d’autres, plusieurs gĂ©nĂ©rations de musiciens sont prĂ©sentes dans ces souvenirs, avec une intimitĂ© et un relief inĂ©dits.

RepĂšres

Points forts

‱ Un ouvrage d’entretiens entre Martin Engstroem et Bertrand Dermoncourt, permettant de dĂ©couvrir le musicien sous un angle plus intimiste.

‱ Une mise en lumiĂšre de l’un des plus grands festivals de musique classique, racontĂ© par son fondateur et directeur artistique.

‱ L’ouvrage sera prĂ©sentĂ© en exclusivitĂ© Ă  l’occasion de la 30e Ă©dition du festival Verbier (lac LĂ©man, Suisse) du 14 au 30 juillet 2023.

‱ À rapprocher de William Christie. Cultiver l’émotion : 2 050 exemplaires vendus.

Mots clés

‱ musique classique – festival Verbier – livre d’entretiens

Martin Engstroem, nĂ© Ă  Stockholm en 1953, a dĂ©butĂ© trĂšs jeune une carriĂšre d’organisateur de concert et d’agent d’artiste. Il a collaborĂ© avec les plus grands artistes, comme Jessye Norman ou Leonard Bernstein. En 1994, il fonde le Festival de Verbier.

Bertrand Dermoncourt est journaliste, Ă©diteur et directeur de Radio Classique. Pour Actes Sud, il a Ă©crit un Chostakovitch et un Stravinski, et dirige depuis 2004 la collection de monographies de musiciens. Il a publiĂ© plusieurs dictionnaires, dont Tout Mozart, et une sĂ©rie d’inĂ©dits de Stefan Zweig (Bouquins).

événement

La 30e édition du Festival de Verbier aura lieu du 16 au 30 juillet 2023. Le programme est consultable en ligne : www.verbierfestival.com/.

ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
musique
14
× 21 cm 208 pages cahier couleur de 16 pages ouvrage reliĂ©
isbn
juin 2023 prix provisoire : 24,90 €
9:HSMDNA=V\^YZ]:

12,5 × 19 cm 144 pages

67 illustrations en couleur ouvrage broché photo poche no 113

isbn : 978-2-330-17889-5

juin 2023 prix provisoire : 13,90 €

SAUL LEITER [Nouvelle édition]

Photographies de Saul Leiter

Introduction de Max Kozloff

On redĂ©couvre avec enthousiasme ce photographe amĂ©ricain, peintre talentueux, contemporain de Robert Frank, ami d’Eugene Smith, pionnier de la photographie en couleur au sein de la fameuse New York School.

NĂ© en 1923 Ă  Pittsburgh, fils d’un grand talmudiste, il dĂ©laisse Ă  20 ans des Ă©tudes de rabbinat pour rejoindre New York afin d’y poursuivre sa carriĂšre de peintre. Au tournant des annĂ©es 19401950, New York est le centre trĂ©pidant d’une crĂ©ation artistique intense, oĂč se croisent et s’expĂ©rimentent des influences et des recherches venues des horizons europĂ©ens et amĂ©ricains. Willem de Kooning, Mark Rothko et les peintres de l’expressionnisme abstrait y exposent leurs travaux. En photographie Ă©merge le bref mouvement de la street photography, portĂ© par Louis Faurer, Sid Grossman ou Leon Levinstein. Rapidement exposĂ©e et apprĂ©ciĂ©e par la critique, l’Ɠuvre picturale de Saul Leiter ne rencontre pas le succĂšs commercial escomptĂ©, mais ses travaux – et l’influence de personnalitĂ©s comme Eugene Smith ou Alexey Brodovitch – le conduisent Ă  dĂ©couvrir le potentiel crĂ©atif de la photographie. En 1947, il dĂ©couvre au MoMA la cĂ©lĂšbre exposition d’Henri Cartier-Bresson et commence Ă  photographier les rues de New York. Admirateur d’Édouard Vuillard, il impose sa maĂźtrise de la couleur dans des vues citadines non conventionnelles, oĂč les reflets, les transparences, la complexitĂ© des cadrages, les effets de miroir se marient Ă  l’usage du film inversible et du tĂ©lĂ©objectif pour Ă©crire une forme unique de pastorale urbaine abstraite.

RepĂšres

Points forts

‱ Connue du grand public depuis les annĂ©es 2000, l’Ɠuvre de Saul Leiter a atteint une renommĂ©e mondiale.

‱ Un titre phare de la collection Photo Poche : 23 500 exemplaires vendus.

‱ Une réédition enrichie de 10 nouvelles photographies.

‱ Monographies parues chez Textuel : The Unseen Saul Leiter (2022) : 4 600 exemplaires vendus ; All About Saul Leiter (2018) : 7 500 exemplaires vendus.

Mots clés :

‱ photographie couleur – photographie de rue – mode –New York – ville – urbain

Max Kozloff est un historien de l’art amĂ©ricain, critique d’art moderne et photographe. Il a Ă©tĂ© rĂ©dacteur en chef Ă  The Nation et d’Artforum. Son article “American Painting during the Cold War” (1973) est particuliĂšrement important pour la critique de l’expressionnisme abstrait amĂ©ricain. Max Kozloff a reçu une bourse Guggenheim en 1968 et un Infinity Award for Writing de l’International Center of Photography en 1990.

photographie ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
PHOTO POCHE
9:HSMDNA=V\]]^Z:
Une exposition monographique sera prĂ©sentĂ©e aux Rencontres d’Arles 2023.
événement

Saul Leiter, nĂ©en1923 Ă Pittsburg et mort en2013 Ă  New York est cĂ©lĂšbre pour ses photographiesde rue. Il aaussi Ă©tĂ©photographede mode etpeintre. Il atravaillĂ© notammentpour le magazine Harper’s Bazaar pendant20ans Sont Ă©galementparus chezTextuel: The Unseen Saul Leiter (2022) et Forever Saul Leiter (2021).

ALLABOUT SAUL LEITER

SAUL LEITER

Textes de Margit Erb,Pauline Vermare et Motoyuki Shibata

LapremiĂšre rĂ©trospective en français de l’Ɠuvre de Saul Leiter.

« Celivre regroupe pour la premiÚre fois les photosde mode de Saul Leiter, ses photos personnellesen couleur, ses imagesintimes en noiretblanc,et ses peintures.» Le Monde

« Unlivre petit format au contenu immense. »

LeFigaro magazine

« Celivre estun cadeau tombé du ciel newyorkais.» Polka Magazine

« Intemporelle. Cette sélection dephotoset tableaux suspend le temps,sur undemi-siÚcle deprisesde vue.» Photo

« LegĂ©niede la street photographynewyorkaise desannĂ©es50-60enfin mis Ă  l’honneur dans ce magnifique ouvrage regroupant plusde 200 clichĂ©s etdespeintures! » Ideat

Celivre rassemble la plus importante sĂ©lection dephotographiesetde tableaux issus des archivesde Saul Leiter qui vĂ©cut plusde60ans dans le Lower East Side Ă  New York. Ses photos,souvent prisesen se promenantdans son quartier, ne semblent jamais datĂ©es. Avec une conscience aiguĂ«du caractĂšre transitoire de la beautĂ©, il a conçu unepoĂ©siede l’éphĂ©mĂšre qui confine au sublime.

‱ Centenaire de la naissancede Saul Leiter en2023.

‱ TroisiĂšme rĂ©impression pour ce livre Ă©puisĂ©et dĂ©jĂ  vendu Ă 7 500exemplaires!

Exposition Saul Leiter aux Rencontres d’Arles 2023 (Palais de l'ArchevĂ©chĂ©)

14,8 x 21

Relié

312 pages

230 images, 39€ 9782845976795

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REV 14 juin 2023
Photographie
Rencontres d’Arles

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

All about Saul Leiter

Saul Leiter, né en 1923 à Pittsburg et mort en 2013 à New York est célÚbre pour ses photographies de rue Il a aussi été photographe de mode et peintre. Il a travaillé notamment pour le magazine

Harper’s Bazaar pendant 20 ans. Sont Ă©galement parus chez Textuel: The Unseen Saul Leiter (2022) et All about Saul Leiter (2018) qui est la premiĂšre rĂ©trospective française de son oeuvre.

FOREVER SAUL LEITER

Saul Leiter

Texte de Margit Erb et Michael Parillo, postface d’Akiko Otake

« Grùce aux trésors exhumés par la fondation Saul Leiter, on découvre ici des photos de modes, nus ou autoportraits en noir et blanc. Saisissant! » Télérama

‱ Centenaire de la naissance de Saul Leiter en 2023.

ConsidĂ©rĂ© comme le grand pionnier de la photographie couleur, Saul Leiter (19232013) a inspirĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations de photographes. Il vĂ©cut plus de 60 ans dans le Lower East Side Ă  New York, peuplĂ© alors d’artistes en tous genres, de sans-abri, d’immigrĂ©s et de personnes ĂągĂ©es solitaires. Son Ɠuvre regorge de photos prises Ă  travers des vitres, dans l’entrebĂąillement d’une porte, ou encore dans les reflets d’un miroir. Saul Leiter ne cherche pas l’image. Il capture au contraire des moments transcendants qui ne relĂšve d’aucune intention, la poĂ©sie de l’instant et de l’intime, dont il mesure totalement la fragilitĂ© et restitue pleinement la grĂące.

‱ Avec All About Saul Leiter et The Unseen Saul Leiter, ce sont plus de 16 000 exemplaires qui se sont Ă©coulĂ©s.

‱ Si la reconnaissance de Saul Leiter fut extrĂȘmement tardive, elle est aujourd’hui Ă©clatante!

Exposition Saul Leiter aux Rencontres d’Arles 2023 (Palais de l'ArchevĂ©chĂ©)

14,8 x 21, relié

312 pages

250 images

39€

REV 14 juin 2023

‱ Photographie

‱ Rencontres d’Arles
9782845978713
Une grùce absolue se dégage de ce recueil consacré au pionnier de la couleur.

Saul Leiter, nĂ© en 1923 Ă  Pittsburg et mort en 2013 Ă  New York est cĂ©lĂšbre pour ses photographies de rue. Il a aussi Ă©tĂ© photographe de mode et peintre. Il a travaillĂ© notamment pour le magazine Harper’s Bazaar pendant 20 ans Sont Ă©galement parus chez Textuel: Forever Saul Leiter (2021) et All about Saul Leiter (2018) qui est la premiĂšre rĂ©trospective française de son oeuvre.

THE UNSEEN SAUL LEITER

MARGIT ERB, MICHAEL PARILLO

« Plus de 75 images inédites de ce pionnier de la photographie en couleur. » Télérama

« Faire encore et encore l'expérience du ravissement avec ce nouvel opus. » Beaux-Arts magazine

TrĂšs en avance sur son temps, Saul Leiter investit la diapositive dĂšs 1948 comme un mĂ©dium artistique Ă  part entiĂšre, via des projections qu’il organise. Ce livre rassemble 76 images inĂ©dites, sĂ©lectionnĂ©es parmi les archives du photographe. Le choix s’est portĂ© sur les Ɠuvres relevant de la street photography, soulignant son extrĂȘme singularitĂ©, Ă  l’opposĂ© des codes du reportage documentaire.

Saul Leiter a rĂ©alisĂ© la plupart de ces images entre 1948 et 1966, arpentant les rues de Downtown Manhattan Ă  New York, saisissant la magie et le mystĂšre des dĂ©cors ordinaires. PrĂšs de soixante ans plus tard, sa dĂ©licatesse, entre abstraction et figuration, le place parmi les plus grands. ProfondĂ©ment avant-gardiste, la reconnaissance tardive de Saul Leiter explose aujourd’hui.

Immersion dans les archives de Saul Leiter. REV

‱ Centenaire de la naissance de Saul Leiter en 2023.

‱ RĂ©impression de ce livre tirĂ© Ă  5000 exemplaires Ă©puisĂ© 4 mois aprĂšs sa sortie.

‱ Avec All About Saul Leiter et Forever Saul Leiter (plus de 16 000 ex vendus au total), Textuel poursuit son exploration de l’Ɠuvre de Saul Leiter.

‱ ProfondĂ©ment avant-gardiste, la reconnaissance tardive de Saul Leiter explose aujourd’hui comme en tĂ©moignent les chiffres de vente.

‱ Trùs en avance sur son temps, Saul Leiter investit le medium diapositive dùs 1955 via des expositions en galerie ou des projections.

Exposition Saul Leiter aux Rencontres d’Arles 2023 (Palais de l'ArchevĂ©chĂ©)

21,5 x 27,5, 160 pages, reliĂ© en toile noire avec vignette collĂ©e, 75 images, 49€ 9782845979130

‱ Photographie ‱

juin 23
14
Rencontres d’Arles

BOƒTE

77 76 UN INGRÉDIENT IMPORTANT DE LA VIE
N∞ 2
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LE GRAND PLONGEON

Comment la Fondation

Saul Leiter síest lancÈe dans líexploration des archives pour en exhumer des trÈsors.

Saul Leiter Ă©tait tellement proliïŹque. Par oĂč commencer ?

De toutes les questions auxquelles la Fondation Saul Leiter a Ă©tĂ© confrontĂ©e dĂšs sa crĂ©ation en 2014, celle-ci Ă©tait sans doute la plus pressante, mais aussi la plus difïŹcile Ă  rĂ©soudre. La pĂ©riode qui avait entourĂ© la disparition de Saul le 26 novembre 2013, quelques jours Ă  peine avant son 90e anniversaire, avait Ă©tĂ© un tourbillon d’intense activitĂ©. Au terme d’une courte maladie, Saul Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ© Ă  son domicile sous soins palliatifs. À prĂ©sent, avec la directrice de la fondation Margit Erb (qui est Ă©galement mon Ă©pouse) Ă  la tĂȘte de la mission et de nombreuses personnes pour prĂȘter main-forte, le moment Ă©tait venu de se plonger dans la montagne d’archives que le photographe avait laissĂ©e derriĂšre lui.

En plus de l’appartement dans lequel il vivait, Saul disposait d’un second local dans le mĂȘme immeuble ; Ă  la ïŹn de sa vie, il y avait stockĂ© de plus en plus de choses, au point que l’endroit Ă©tait devenu inhabitable. Plusieurs mois ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour rĂ©organiser et mettre en sĂ©curitĂ© les affaires contenues dans ces deux espaces : ici les tirages, lĂ  les peintures et les

carnets de croquis ; les livres dans ces cartonsci, les jouets anciens et autres curiositĂ©s dans ces cartons-lĂ . Il a fallu des centaines de boĂźtes de rangement pour mettre Ă  l’abri les documents d’archives, mais aussi la correspondance et les Ă©crits personnels, les rouleaux de pellicule non dĂ©veloppĂ©s et plusieurs dizaines de milliers de nĂ©gatifs et de diapositives.

La fondation a d’abord consacrĂ© ses efforts Ă  dresser l’inventaire des tirages rĂ©alisĂ©s du vivant de Saul ainsi que de ses peintures (essentiellement des aquarelles sur papier, mais aussi quelques huiles sur toile). La Howard Greenberg Gallery, qui gĂ©rait les ventes de Saul aux États-Unis, disposait dĂ©jĂ  d’un catalogue des Ɠuvres qui a aidĂ© Ă  mettre le pied Ă  l’étrier. Margit et l’équipe ont utilisĂ© le logiciel de base de donnĂ©es Artsystems pour la saisie des informations, un scanner Epson pour crĂ©er des images des Ɠuvres de petites dimensions et un banc de reproduction avec statif et appareil photo pour les travaux qui ne pouvaient pas passer au scanner. Lorsque j’ai intĂ©grĂ© la fondation Ă  plein temps en septembre 2015, je me suis occupĂ© de cet inventaire des tirages et des peintures. J’avais passĂ© beaucoup de temps avec

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MICHAEL PARILLO
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DOLORÈS MARAT

Photographies de DolorĂšs Marat

Introduction d’Éric Reinhardt

D’abord apprentie chez un photographe de quartier, puis laborantine et photographe pour le magazine Votre beautĂ©, DolorĂšs Marat, nĂ©e en 1944, commence une Ɠuvre personnelle au milieu des annĂ©es 1990, peuplĂ©e d’énigmes et d’ambiances Ă©tranges, de figures sĂ©duisantes et sensuelles, de scĂ©narios sans issue. Le flou de bougĂ© est la composante reconnaissable du travail de DolorĂšs Marat. Elle se hĂąte de photographier, rĂ©pondant Ă  son instinct, et ce mouvement prĂ©cipitĂ© se retrouve dans ses images. Ni recadrĂ©es ni retouchĂ©es, ses photographies prĂ©sentent pourtant une large palette de couleurs, souvent issue de l’éclairage artificiel de la ville. Elle est une photographe de la nuit, de l’illusion, du rĂȘve.

Le procĂ©dĂ© de tirage Fresson, qu’elle privilĂ©gie jusqu’à la mort de Michel Fresson (2020) avant de se tourner vers le tirage sur un papier japonais artisanal, donne Ă  ses clichĂ©s un aspect veloutĂ© et des couleurs spectrales.

Éric Reinhardt, qui signe l’introduction, Ă©crit : “DolorĂšs Marat a la facultĂ© de photographier non pas la chose, mais l’effet que cette chose produit sur ses sens, [
] ce n’est pas la photographie furtive cachĂ©e dans le rĂ©el que recherche DolorĂšs Marat, mais le moment oĂč survient une impression impĂ©rieuse entre sa personne et ce qui s’offre Ă  sa vue, pour le fixer tel qu’elle le vit et le perçoit intĂ©rieurement.”

RepĂšres

Points forts

‱ Une rĂ©trospective pour redĂ©couvrir une figure majeure de la photographie française.

‱ Une approche singuliùre de la photographie de nuit, empreinte d’expressionnisme.

‱ Un texte incarnĂ© et intimiste d’Éric Reinhardt, romancier Ă  succĂšs et ami de l’artiste.

‱ Dolorùs Marat figure dans le coffret Femmes photographes, Photo Poche nos 160-162 (2020).

‱ Pour dĂ©couvrir la photographie au tirage Fresson : Bernard Plossu, Tirages Fresson, Textuel (2020) – Sarah Moon, Photo Poche no 78 (2012).

Mots clés :

‱ photographie couleur – coloriste – tirage Fresson –animaux – bestiaire – New York – Paris – Égypte –Jordanie – expressionnisme

Éric Reinhardt, nĂ© Ă  Nancy le 2 avril 1965, est un Ă©crivain et Ă©diteur d’art français. AprĂšs son premier roman, Demi-sommeil, publiĂ© chez Actes Sud en 1998, il est l’auteur de sept romans, dont Cendrillon (Stock, 2007), L’Amour et les ForĂȘts (Gallimard, 2014), prix Renaudot des lycĂ©ens et prix du Roman des Ă©tudiants France CultureTĂ©lĂ©rama, et ComĂ©dies françaises, (Gallimard, 2020), prix Les Inrockuptibles.

événement

Une exposition monographique sera prĂ©sentĂ©e Ă  CroisiĂšre aux Rencontres d’Arles 2023.

photographie ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
PHOTO POCHE
12,5 × 19 cm 144 pages 65 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© photo poche no 172 isbn
juin 2023 prix provisoire : 13,90 €
: 978-2-330-17886-4
9:HSMDNA=V\]][Y:

CLAUDE CAHUN [Nouvelle édition]

Photographies de Claude Cahun

Introduction de François Leperlier

Longtemps mĂ©connue du grand public malgrĂ© sa reconnaissance parmi les surrĂ©alistes, l’Ɠuvre de Claude Cahun (1894-1954) connaĂźt, depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990, un regain d’intĂ©rĂȘt et de visibilitĂ© de la part de plusieurs institutions culturelles qui lui consacrent des rĂ©trospectives. À raison, car cette artiste en tout point queer, tant par son expression de genre que par son union de toute une vie avec l’artiste Marcel Moore, explore, dĂšs 1917, des rĂ©flexions sur l’identitĂ© aujourd’hui en pleine effervescence. Son autobiographie par l’image fait une large place Ă  l’identitĂ© de genre : Claude Cahun prĂ©fĂšre l’indĂ©finition. “Toute crĂ©ation est crĂ©ation de soi”, Ă©crit l’artiste, rebelle Ă  toute identification et considĂ©rant que “les Ă©tiquettes sont mĂ©prisables”.

Dans ses tableaux photographiques, comme dans ses autoportraits, Claude Cahun pratique la photographie comme une scĂ©nographie des apparences, comme si lĂ  se tenait son essence. Rompant avec l’art de la reprĂ©sentation – ou de l’illusion –, Claude Cahun a rĂ©solument engagĂ© l’acte photographique dans une perspective de transfiguration de l’expĂ©rience sensible, dans une poĂ©tique de la mĂ©tamorphose :

RepĂšres

Points forts

‱ Une Ɠuvre en rĂ©sonance avec des sujets de sociĂ©tĂ© trĂšs actuels : reprĂ©sentation des personnes queer, identitĂ© et non-binaritĂ© de genre, relations amoureuses lesbiennes.

‱ Cet ouvrage fait redĂ©couvrir une figure majeure du surrĂ©alisme.

‱ Une nouvelle Ă©dition enrichie de 5 nouvelles photographies.

‱ Jamais d’autre que toi de Rupert Thomson (traduction Christine Le BƓuf, Actes Sud, 2019), roman basĂ© sur l’histoire d’amour de Claude Cahun et Marcel Moore.

Mots clés :

‱ surrĂ©aliste – autoportraits – collage – installation –théùtre – lgbt – queer

François Leperlier (nĂ© en 1949) est un Ă©crivain, essayiste, poĂšte, philosophe et historien de l’art français, connu notamment pour ses recherches sur Claude Cahun. Il a consacrĂ© une grande partie de sa vie Ă  la rĂ©habilitation et Ă  la reconnaissance de son Ɠuvre, redĂ©couverte prĂšs de quarante ans aprĂšs la mort de l’artiste en 1954. Il est l’auteur de Claude Cahun. L’Exotisme intĂ©rieur (Fayard, 2006) et a composĂ© un recueil des Ă©crits de Claude Cahun intitulĂ© Aveux non avenus (Fayard, 2011).

photographie ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
PHOTO POCHE
12,5 × 19 cm 144 pages 70 illustrations en noir et blanc ouvrage brochĂ© photo poche no 85 isbn : 978-2-330-17887-1 juin 2023 prix provisoire : 13,90 €
“L’impossible rĂ©alisĂ© en un miroir magique.”
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JE NE SUIS PAS PHOTOGRAPHE


Textes d’Elvire Perego

Choix des images par Robert Delpire et Elvire Perego

Pour son centiĂšme numĂ©ro, Photo Poche propose un volume double dans lequel Robert Delpire rend hommage Ă  une plĂ©iade d’artistes et de crĂ©ateurs de tous horizons et disciplines qui ont entretenu une relation particuliĂšre avec la photographie.

Ils sont peintres, sculpteurs, poĂštes, Ă©crivains, voyageurs, architectes, cinĂ©astes, intellectuels, reconnus et admirĂ©s pour tels. En grands amateurs – dans le sens de celui qui aime, l’amoureux –, ces personnalitĂ©s s’adonnent toutes Ă  la photographie. Conçu sous forme d’une petite anthologie, le numĂ©ro 100 de la collection Photo Poche est destinĂ© Ă  rester, par dĂ©finition, inachevĂ©, Ă  jamais ouvert


Il entrecroise et confronte diffĂ©rentes pratiques photographiques : du simple hobby, jeu, divertissement Ă  l’expĂ©rimentation des plus novatrices
 C’est donc une invitation Ă  un vagabondage oĂč se jouent en arriĂšre-plan les clivages photographe amateur, photographe professionnel, photographe artiste, toujours Ă  l’Ɠuvre, tel un mouvement de balancier, dans l’histoire de la photographie depuis ses origines. D’un crĂ©ateur Ă  l’autre, la photographie apparaĂźt fondamentalement Ă©criture, rite scripturaire liĂ© au vĂ©cu, Ă  l’identitĂ© individuelle, Ă  la vie affective, Ă  la vie de crĂ©ation et de pensĂ©e, essentiellement autobiographique. Nouveau langage de l’intĂ©rioritĂ©, nouvelle â€œĂ©criture du moi” qui s’enracinent dans la culture “fin de siĂšcle”, la photographie suggĂšre Ă  quel point ces passionnĂ©s de gĂ©nie mettent en scĂšne et stimulent des interrogations identitaires, fournissent des modĂšles de comprĂ©hension de soi et du monde, atteignant une dimension d’archĂ©types.

Elvire Perego

Elvire Perego est une spĂ©cialiste d’histoire de la photographie, chargĂ©e de mission au Centre national de la photographie (1989-1993) et au musĂ©e Alinari Ă  Florence (1994-1998).

RepĂšres

Points forts

‱ “Photo Poche” Je ne suis pas photographe (Actes Sud), oct 2006 : 7 000 ex. vendus.

‱ Vision transversale de la photographie par divers typologie d'artistes.

‱ “Photo Poche” n°100 Je ne suis pas photographe est citĂ© par Sophie Calle dans son “Photo Poche” n°101 : "Il manquait le numĂ©ro 101 de la collection (...) Pourquoi, je ne sais pas, mais ça tombait bien. Ça me plaisait d'occuper cette place fantĂŽme et de succĂ©der Ă  Je ne suis pas photographe
 "

Mots clés :

‱ cinĂ©astes – peintres – Ă©crivains– sculpteurs –expĂ©rimentation – histoire de la photographie – ïŹn du siĂšcle – nouveau langage – interrogations identitaires

photographie ACTES SUD Visuel provisoire - Di usion Actes Sud
PHOTO POCHE
,5 19 208 pages 87 photographies ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-7427-5225-6 octobre 2006 prix public : 23,50 € Photo Poche n°100
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Commissaire en 2019 de l’exposition Home Sweet Home (Rencontres d’Arles/Textuel), Isabelle Bonnet est doctorante en culture visuelle Ă  l’UniversitĂ© Paris I Sorbonne.

Sophie Hackett est conservatrice de la photographie Ă  l’Art Gallery of Ontario (AGO), Ă  Toronto, oĂč elle a Ă©tĂ© la commissaire de l’exposition Diane Arbus Photographs, 1956-1971 (2020).

Susan Stryker est une historienne amĂ©ricaine spĂ©cialiste de l’histoire queer, autrice de nombreux livres.

CASA SUSANNA

Isabelle Bonnet, Sophie Hackett, Susan Stryker

Les images du premier rĂ©seau de travestis clandestin dans l’AmĂ©rique des annĂ©es 50/60 .

En 2004, 340 photographies d’amateur sont trouvĂ©es dans un marchĂ© aux puces de New York. Sur ces clichĂ©s pris entre la fin des annĂ©es 1950 et la fin des annĂ©es 1960 figurent des hommes habillĂ©s en femme, maquillĂ©s, coiffĂ©s, prenant la pose, jouant au scrabble, jardinant, s’amusant beaucoup. Ces photos ont appartenu Ă  Tito Arriagada, qui sous son nom de femme, Susanna, accueillait rĂ©guliĂšrement un rĂ©seau de travestis dans sa propriĂ©tĂ© des Catskill : la Casa Susanna

Ces hommes sont mariĂ©s, ont des enfants et appartiennent Ă  la classe moyenne supĂ©rieure blanche amĂ©ricaine. Ils sont ingĂ©nieurs, Ă©crivains, techniciens ou pilotes de ligne. Ils incarnent le rĂȘve amĂ©ricain et
 sa face cachĂ©e. À partir de 1960, la parution clandestine jusqu’en 1963 d’une revue, Transvestia, leur permet de construire leur rĂ©seau, de se rencontrer, de correspondre, de dĂ©passer leur solitude et leur souffrance Fictions, rĂ©cits autobiographiques, poĂšmes, photographies, articles scientifiques, conseils de beautĂ©, de maintien et de bonnes maniĂšres : les rubriques de Transvestia offrent un vĂ©ritable espace d’expression et de libertĂ© Ă  cette communautĂ©, qui vit dans la terreur au quotidien dans l’AmĂ©rique des annĂ©es 1950 et 1960, qui s’est lancĂ©e dans la chasse Ă  tout ce qui s’écarte de la norme.

‱ Un chapitre essentiel de l’histoire politique des minoritĂ©s sexuelles amĂ©ricaines de l’aprĂšs-guerre.

‱ Ce livre donne Ă  voir les trajectoires bouleversantes longtemps demeurĂ©es secrĂštes de ces travestis pour qui la photographie a jouĂ© un rĂŽle tout simplement vital et Ă©mancipateur.

‱ Sortie du film Casa Susanna de SĂ©bastien Lifshitz au printemps 23, coĂ©crit avec Isabelle Bonnet.

Exposition aux Rencontres d’Arles 2023 (Espace Van Gogh)

17 x 24, relié

400 pages

49€

9782845979420

14 juin 2023

‱ Photographie

‱ Genre

‱ Rencontres d’Arles

visuel provisoire

couverture provisoire

LUMIÈRES DES SAINTES LE PÈLERINAGE GITAN DES SAINTES-MARIES-DE-LA-MER UN SIÈCLE DE PHOTOGRAPHIE

Cent ans d’images d’un pùlerinage mythique.

Objet de fascination, le pĂšlerinagedesgitansaux SaintesMaries-de-la-Mer en Camargue, attiredepuisplusde100 ans les plusgrandsphotographes.

‱ Un corpus de plus de 150 images mĂȘlant grands noms de la photographie et anonymes couvrant un siĂšcle de pĂšlerinage.

Ilsen About,chargĂ© de recherche au CNRS, est un historien spĂ©cialiste des circulations etdes sociĂ©tĂ©s roms et tsiganes en Europe de l’ouest. Il a Ă©tĂ© l’un des commissaires de l’exposition Mondes Tsiganes qui a eu lieu au MusĂ©e de l’histoire de l’immigration en2018, dont le catalogueest paru chezActes Sud.

Ilsen About, historien des mondes tsiganes, rĂ©unit dans cet ouvrage 25portfolios s'Ă©chelonnant dudĂ©butdu XXe siĂšcle Ă  nos jours. On ycroise des artistescomme Erwin Blumenfeld,JeanDeuzaide,Lucien Clergue, Martine Franck ou JosefKoudelka, mais aussi des anonymes, souventissus de la communautĂ© gitane.MotivĂ©s par l'espoir de saisir une image Ă©piphanique manquĂ©e par leurs prĂ©dĂ©cesseurs,beaucoup de ces photographes sont fascinĂ©s par la ferveurcollective lors de la procession, le recueillement dans la crypte illuminĂ©e,les campements improvisĂ©s oĂč serĂ©unissentmusiciens et danseuses, par les diseuses debonne aventure ou les assemblĂ©es d'hommesquiparlementent,quandd'autres essayent de s'Ă©loigner de cespassages obligĂ©s. Dans une longue introduction tout Ă  fait passionnanteIlsen About livresonanalyse des composantes de cette fascination, entre Ă©merveillement et attraction d'unepart, rĂ©pulsion,condamnation et exclusion d'autrepart. L'auteur nous inviteĂ  prendre conscience du jeu de miroir qui se met en place entrephotographeset modĂšles, entre regardeurs et regardĂ©s,souvent jeu dedupes.

‱ Le premier ouvrage consacrĂ© Ă  ce temps fort de la culture tsigane et du patrimoine rĂ©gional provençal.

‱ Avec les photos de E. Blumenfeld, J. Dieuzaide, L. Clergue, M. Franck, J. Koudelka, L. KrĂŒger, F. Scianna


‱ Un rĂ©cit et une enquĂȘte brillants par l’un des principaux historiens des mondes tsiganes.

‱ Exposition phare de l’édition 23 des Rencontres.

Exposition aux Rencontres d’Arles 2023 (musĂ©e Arlaten)

14 juin 2023

20 x 30, relié

172 pages

45€ 9782845979437

‱ Photographie

‱ Monde tsigane

‱ Rencontres

d’Arles

Archive ethnologique, Joseph Y. Pissarewski, 1938
Martine Franck Erwin Blumenfeld, 1928 Joseph Koiudelka, 1974

Photographe nĂ© en 1962, Gregory Crewdson a produit des sĂ©ries qui ont rencontrĂ© un vif succĂšs et ont fait l’objet de plusieurs publications rapidement Ă©puisĂ©es dont Sous la surface des roses (Textuel, 2011). Il est reprĂ©sentĂ© Ă  l’international par la galerie Gagosian et en France par la galerie Templon.

Jean-Charles Vergne est directeur du FRAC Auvergne, critique d’art, commissaire d’exposition et auteur de podcasts sur l’art.

Cate Blanchett est comédienne, directrice artistique et engagée sur le terrain humanitaire auprÚs du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

ALONE STREET

Gregory Crewdson

Préface de Jean-Charles Vergne, entretien avec Cate Blanchett

Un livre-événement contenant les deux derniÚres séries de Crewdson star de la photographie contemporaine

« Des moments suspendus portés par une maßtrise sans faille de la lumiÚre et du cadre. »

Télérama

« Ce superbe livre met en valeur les deux séries majeures du photographe américain. » Fisheye

Chronique d’une AmĂ©rique sans gloire, les images entĂȘtantes de Gregory Crewdson ont pour théùtre les petites villes post-industrielles rongĂ©es par une angoisse sourde. Dans chaque photographie – Ă©laborĂ©e comme une scĂšne de film avec ses acteurs, son Ă©quipe artistique et ses moyens techniques impressionnants –, la lumiĂšre, les couleurs, les dĂ©tails les plus infimes sont soigneusement maĂźtrisĂ©s et agencĂ©s afin de dĂ©gager cette mĂ©lancolie si tranquille et si troublante propre au travail de Crewdson. Alone Street rassemble deux sĂ©ries majeures, Cathedral of the Pines et An Eclipse of Moths.

‱ Les livres de GrĂ©gory Crewdson sont quasiment tous Ă©puisĂ©s. Beaucoup se vendent en ligne Ă  des sommes astronomiques. Sous la surface des roses (Textuel, 2011) avait Ă©tĂ© Ă©puisĂ© en moins de trois semaines.

‱ Une plongĂ©e intense dans les images crĂ©pusculaires de Crewdson dĂ©voilant un monde fissurĂ©, en pleine dissolution.

32,7 x 24,3 cm relié 164 pages,

REV 14 juin 2023 ‱ Photographie ‱ Rencontres d’Arles
69 € 9782845978683
Exposition aux Rencontres d’Arles 2023 (Luma)

Harry Gruyaert est l’un des meilleurs coloristes de sa gĂ©nĂ©ration. Membre de Magnum Photos depuis plus de 40 ans, il a publiĂ© chez Textuel: Rivages (rĂ©ed. 2020), Last Call (2019), East / West (2017) et, Maroc (2013, Ă©puisĂ©)

HARRY GRUYAERT

Préface de François Hébel

Une magistrale incursion dans la palette chromatique de l’un des photographes les plus talentueux de l’agence Magnum.

« Harry Gruyaert rend magnĂ©tiques les lieux qu’il traverse. » Les Inrockuptibles

« Harry Gruyaert est parvenu Ă  dĂ©velopper un ton chromatique singulier combinant la torpeur et l’ironie. »

Libération

« Le style d’Harry Gruyaert est unique. L’interprĂ©tation plurielle, menaçante et lumineuse. » L’Express

« Perfection de la composition, silence et mystĂšre qui circulent entre les ĂȘtres et les objets figĂ©s dans une Ă©ternelle attente ; on pense Ă  un Edward Hopper pop, Ă  un Antonioni photographe. » Elle

‱ DĂ©jĂ  plus de 7300 ex vendus de cette rĂ©trospective rĂ©imprimĂ© quatre fois.

‱ Le livre le plus transversal à l’Ɠuvre d’Harry Gruyaert.

François HĂ©bel a Ă©tĂ© directeur des Rencontres d’Arles de 1986 Ă  1987 puis de 2001 Ă  2014, directeur de l’agence Magnum de 1987 Ă  2000 et directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson de 2017 Ă  2022.

Ce livre révÚle un cheminement personnel à travers la couleur. Les images qui le composent proposent un autre territoire pour la photographie : une perception émotive, non narrative et radicalement graphique du monde.

HĂ©ritier de la tradition amĂ©ricaine incarnĂ©e par Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, trĂšs influencĂ© par le cinĂ©ma, Harry Gruyaert a su crĂ©er une palette chromatique extrĂȘmement personnelle, un rouge dense, un vert qui vibre, une maniĂšre de dĂ©couper la lumiĂšre et ses ombres dans le cadre. Qu’il s’agisse de la Belgique, du Maroc, des États-Unis, de Paris ou de Moscou, aucun sujet ne compte en tant que tel. Tous constituent des rĂ©servoirs d’inspiration et d’impressions rĂ©tiniennes

Exposition Harry Gruyaert au BAL (Paris 18) du 15 juin Ă  septembre 23

REV 7 juin 2023 ‱ Photographie 29 x 26, reliĂ©
55 € 9782845975118
144 pages
HARRYGRUYAERT
HARRYGRUYAERT
HARRYGRUYAERT
HARRYGRUYAERT
HARRYGRUYAERT

Harry Gruyaert est l’un des meilleurs coloristes de sa gĂ©nĂ©ration

Membre de Magnum Photos depuis plus de 40 ans, il a publié chez Textuel: Last Call (2019), East / West (2017), Harry Gruyaert (2015) et Maroc (2013, épuisé).

RIVAGES

HARRY GRUYAERT

Préface de Richard Nonas

Le livre collector d’Harry Gruyaert!

« Beau et certainement plus que ça, troublant. » Le Monde

« Les plages du monde entier se rĂ©vĂšlent sous l’objectif d’Harry Gruyaert qui s’attache Ă  montrer les multiples Ă©clats de nuances de l’univers qui l’entoure. » The good life

‱ Rivages est considĂ©rĂ© comme un livre culte de l’histoire de la photographie. Cette Ă©dition est la troisiĂšme d’une lignĂ©e devenue mythique.

Richard Nonas (1936-2021) est un sculpteur américain né à New York.

Des plages de Normandie Ă  celles d’Inde, du Maroc ou d’Égypte, Harry Gruyaert enregistre depuis prĂšs de 40 ans les subtiles vibrations chromatiques des rivages d’Orient et d’Occident. Les ciels menaçants et leurs jeux d’ombres soulignent la fulgurance de l’instant et du hasard quand la lumiĂšre inonde l’espace. Ce « moment poĂ©tique » sous-tend l’Ɠuvre d’Harry Gruyaert pour qui photographier permet de faire surgir les conditions d’un Ă©merveillement.

‱ Un façonnage particulier pour favoriser un feuilletage Ă  plat, la fameuse « reliure suisse ». Et un papier sublime, le tatami, doux au toucher et d’une imprimabilitĂ© parfaite.

Exposition Harry Gruyaert au BAL (Paris 18) du 15 juin Ă  septembre 23.

26 x 28, 144 pages

90 photos, 55€

7 juin 2023 ‱
‱ Exposition
REV
Photographie
9782845976894

Harry Gruyaert

HARRY GRUYAERT [Nouvelle édition]

Photographies d’Harry

La photographie en couleur ne s’est vĂ©ritablement dĂ©veloppĂ©e que tardivement dans l’histoire du mĂ©dium, le noir et blanc exerçant une forme de magistĂšre quant aux canons de l’art photographique. Si William Eggleston ou JoĂ«l Meyerowitz l’abordent avec attention, Harry Gruyaert en explore concrĂštement toutes les potentialitĂ©s, s’attachant Ă  dĂ©fricher et Ă  comprendre les problĂ©matiques nouvelles que la “matiĂšre couleur” impose au spectateur et Ă  l’opĂ©rateur. Il dit lui-mĂȘme : “La couleur, c’est un moyen de sculpter ce que je vois. La couleur n’illustre pas un sujet ou la scĂšne que je photographie, c’est une valeur en soi. C’est mĂȘme l’émotion de la photographie.”

Membre de l’agence Magnum, il effectue de frĂ©quents reportages en Égypte, en Inde, au Maroc ou aux États-Unis, qui lui permettent de perfectionner sa technique des paysages urbains, maritimes ou ruraux, produisant des images d’une Ă©clatante beautĂ©, encore rehaussĂ©s par sa maĂźtrise de la composition et du cadrage.

Les photographies d’Harry Gruyaert accentuent, chez le spectateur, cette onde sensuelle et violente, cette perturbation inquiĂ©tante, dĂ©stabilisante, l’irruption brutale d’une Ă©trangetĂ© radicale, un effet de sidĂ©ration qui vient redoubler la sidĂ©ration propre Ă  toute photographie. Cette nouvelle Ă©dition, entiĂšrement remaniĂ©e, s’enrichit des relectures effectuĂ©es, depuis 2006, Ă  l’occasion de ses monographies et expositions, ainsi que de ses derniers travaux.

Brice Matthieussent est un traducteur, Ă©crivain et Ă©diteur français. Depuis la ïŹn des annĂ©es 1970, il se consacre Ă  la traduction en français de littĂ©rature anglo-saxonne, notamment amĂ©ricaine. Il a ainsi traduit de grands noms de la littĂ©rature contemporaine tels que John Fante, Jim Harrison, etc. Il est aussi professeur d’esthĂ©tique Ă  l’École supĂ©rieure des beaux-arts de Marseille et il a Ă©crit de nombreux textes critiques. Il collabore Ă  diverses revues, notamment Art Press, Le Magazine littĂ©raire, La Revue d’esthĂ©tique et Les Épisodes.

RepĂšres

Points forts

‱ 2022 : 40 ans de la collection “Photo Poche” ; pour cĂ©lĂ©brer cet anniversaire et Ă©voluer avec son temps, la collection se dote d’une nouvelle charte graphique.

‱ Membre de l’agence Magnum depuis 35 ans, Harry Gruyaert est un virtuose de la lumiĂšre et de la couleur ; il explore toutes les potentialitĂ©s de la “matiĂšre couleur”, offrant des photographies couleurs remarquables, encore rehaussĂ©es par sa maĂźtrise du cadrage et de la composition, qui rendent magnĂ©tiques les lieux qu’il photographie.

‱ Nouvelle Ă©dition entiĂšrement remaniĂ©e jusqu’aux derniers travaux photographiques d’Harry Gruyaert.

‱ Harry Gruyaert (Textuel) : 7 000 ex. vendus.

photographie ACTES SUD Visuel provisoire - Diffusion Actes Sud
PHOTO POCHE
12,5 × 19 cm 144 pages 61 illustrations en couleur ouvrage brochĂ© isbn : 978-2-330-17105-6 photo poche n° 108 novembre 2022 prix provisoire : 13,90 € 9:HSMDNA=V\VUZ[:
PHOTO  POCHE P OTOH EHCOP ‱ 40 ANS ‱

KAIZEN68 : JUINJUILLETAOUT2023

HENRYDAVIDTHOREAU

Henry David Thoreau est un philosophe, naturaliste et poÚte américain, né en 1817. En deux livres ; Walden ou la Vie dans les bois et son essai sur La Désobéissance civile, il a laissé un héritage fort qui inspire de nombreux écologistes.

Dans ce Kaizen 68, nous revenons en dĂ©tail, sur sa vie, son Ɠuvre et son hĂ©ritage et comment on peut s'en inspirer aujourd'hui.

ETAUSSIDANSCENUMÉRO

‱ LOW-TECH LAB: DESCONCEPTSPOUR VIVREAVECSONTEMPSAVECDES

PRODUITSSOBRES

‱ ENQUÊTE: LA CROISSANCEVERTEEST-CEPOSSIBLE?

‱ JARDINAUTONOME: DESCONSEILSSIMPLESPOURCULTIVERCHEZ SOI

‱ LESCHRONIQUESDECHRISTOPHEANDRE, DOMINIQUEBOURG

‱ JOURNALDEBORDD'UNNÉO-AUTONOME: UNECHRONIQUEÉCRITEPAR

JONATHANATTIASOUIPARTAGESESEXPÉRIENCESENTANTQUENÉO­

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PARUTION 2023

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POSITIF N 749-750
9782330179298

9782330180089

54E RENCONTRES INTERNATIONALES DE LA PHOTOGRAPHIE (VF)

9782330180096

54E RENCONTRES INTERNATIONALES DE LA PHOTOGRAPHIE (VA)

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