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PARCOURIR 


Vol 1 No 5 Septembre/Octobre

Spéc i al u l t ra -m

Benoît Létourneau à l’UTMB, suite et réussite. 2 québécoises au BOB. Rencontre avec François Jarry, coureur. et Vincent Gauthier ultra-coureur. Aussi: Les lapins de cadence. Les intervalles. Des minisques en santé. Nutrition: Les gras Et: L’ automne de Marly. La routine de Valérie. Et plus.

Magazine sur la course à pied.

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Sept/ Oct 


Vol 1, No 5 Après les défis…. Vous vous êtes entraîné(e) toute l’année (ou presque) pour votre 10km, votre marathon, votre ultra, votre 100 miles américain, votre défi si gros qu’il a pris une place de roi dans votre horaire…Voilà c’est fait! Bravo! On fait quoi maintenant. Un petit deuil, un petite déprime? Oui et Non. Même si ce défi vous a fait visiter la douleur et les doutes , il vous a sûrement aussi montré la persévérance et l’endurance. Que fait-on lorsque notre défi est terminé? Généralement on s’inscrit à un autre défi…souvent plus gros ou plus rapide.

Dr. François Lalonde nous parle des ménisques du genou. En nutrition, avec Evelyne Deblock, nous découvrons les gras. Les bons, les moins bon et les pas trop bons. Valérie Bilodeau entrevoit l’automne comme un retour à la normale. Marlène Couture a pris ou n’a pas pris le départ? Caroline St-Pierre nous parle de l’importance des intervalles pour atteindre la vitesse souhaité. Vous suivrez un lapin au marathon à l’automne? Alexandre Émond, lui-même lapin, nous explique comment fonctionne « les lapins de cadence ». Antoine Jolicoeur Desroches nous présente François Jarry. Métier: coureur. Il a aussi rencontré l’organisateur du Pendora 24 et Vincent Gauthier, ultra-marathonien. Nous suivons Benoît Létourneau. Quatrième et dernière partie de son périple, Benoît a complété l’Ultra-Trail-du-Mont-Blanc. Il nous raconte son aventure agrémenté de magnifiques photos. Deux québécoises au BOB. Le Beast of Burden de New York attire les plus tenaces d’entre nous. Élise Gellé et Stéphanie Simpson nous racontent leur course.

Bonne lecture ! Anne-Marie Gareau, éditrice


Sommaire 


Volume 1 Numéro 5 Page couverture : Élise Gellé Éditeur en chef de Productions Nouvelle Image: Steve Lynch Éditrice PARCOURIR: Anne-Marie Gareau Nutritionniste: Evelyne Deblock Collaboratreurs: Marlène Couture, Valérie Bilodeau, Benoît Létourneau, Antoine Jolicoeur Desroches. Entraîneurs: Alexandre Émond, CarolineSt-Pierre. Kinésiologue: François Lalonde Photographe: Steve Lynch, Anne-Marie Gareau, Antoine Jolicoeur Desroches, Marlène Couture, Valérie Bilodeau, maindru photo, Vincent Gauthier, Dominique Lalonde Correcteur: Paul Perreault

Pour annoncer dans PARCOURIR, contactez Steve Lynch à info@pnimultimedia.ca PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

Page 3: Éditorial et contenu Page 4: Sommaire Page 6: Photo Pandora 24 Page 7: Photos Course MEC Tremblant Page 8 : Photos 30km Boucherville Pages 9 à 20: M. Létourneau à l’UTMB, 4ième partie. Pages 22 à 28: Vincent Gauthier au Tahoe Rim Trail Pages 29 à 33: Deux québécoises au BOB. Page 35 à 39: Nutrition, les gras Pages 41 à 44: La chronique de Marly Pages 45 à 46 : Entraînement: Les intervalles Pages 47 à 51: Les lapins de cadence. Pages 52 à 54: Dr. François Lalonde: Les ménisques du genou Pages 55 à 57: Le blogue de Valérie Pages 58 à 60: La Pandora 24 Pages 62 à 68: François Jarry, coureur. 4


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Les 23 et 24 juillet dernier se déroulait à Prévost, la course Pandora 24. Plus de photos d’Antoine Jolicoeur Desroches sur notre page Facebook . 
 Lisez l’entrevue d’Antoine avec l’organisateur, en page 58

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Le 24 juillet dernier se tenait à Mont-Tremblant la course en sentier organisée par MEC Montréal. Des départs de 20km, 10km,
 5km et 1 km étaient offert aux 301 participants toutes catégories. Plus de photo dans l’album « MEC 2016 » sur notre page Facebook.


Le dimanche de la fête du travail se tenait à Boucherville la course 
 «Le 30km des rives de Boucherville ». Des distances de 1km, 5km, 10km, 15km et 30 km s’offraient aux plus de 1300 coureurs inscrits. Bravo à tous. Plus de photos sur notre page Facebook, album « 30km Boucherville ».


Benoît Létourneau, à l’Ultra-trail-du-Mont-Blanc, dernière partie

L’UTMB! Quelle expérience !!! Je

viens de revenir au Canada, ma tête tourne encore et je me demande de quel aspect de la course je vais vous parler. Il y a tellement de choses qui me passent par la tête… L’ambiance, la qualité de l’organisation, la fébrilité du départ, l’émotivité des coureurs prêts à partir, l’engouement des spectateurs, l’accueil des villageois, les paysages grandioses, l’effort physique et émotionnel requis pour compléter l’épreuve… Bref ! L’UTMB est plus qu’une simple course à pied et c’est bien difficile de capture la grandeur de l’événement en quelques mots. PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Ce qui est marquant, c’est de voir le village de Chamonix ne vivre que pour 
 le « Trail running  » pendant toute la semaine. On y voit plein de monde, plein de publicités, plein de coureurs, on sent vraiment que la ville ne vit que pour ça. On oublie que c’est un village alpin où les alpinistes partent pour faire des ascensions d’aiguilles, de cols et de sommets. Non, pendant une semaine, c’est une histoire de course à pied, de « Trail » ! Un UTMB c’est un projet de quelques années. On ne décide pas de s’inscrire un beau matin sans qu’il y ait eu une planification. Comme je l’ai mentionné dans mes autres articles, il faut se qualifier et cela peut prendre jusqu’à 2 ans avant de voir son nom dans la liste des participants. Juste le fait de faire partie de l’événement est un aboutissement en soi et lorsqu’on est sur la ligne de départ, on se sent privilégié d’y être ! Cela apporte une dimension émotionnelle qu’on ne retrouve pas dans d’autres courses. Préparation d’avant départ :

Crédit photo: maindru photo

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Je suis arrivé à Chamonix 2 semaines avant mon départ. Je m’inquiétais beaucoup des nombreux passages à plus de 2000 mètres que j’allais devoir passer durant la course. Je me suis donc donné les moyens de m’acclimater. En effet, j’avais décidé d’aller habiter dans un refuge de montagne à 2712 mètres d’altitude. J’ai donc passé les 6 premiers jours de mon voyage en altitude. Les paysages étaient magnifiques et le refuge était très confortable. Cela m’a permis de « faire des globules  » comme disaient les gens locaux. Après cette première semaine passée en haute montagne, je suis redescendu dans la vallée pour être plus près de l’action et profiter de l’ambiance qui régnait dans le village. J’ai continué mon acclimatation en montant en altitude en raison de 3 ou 4 heures par jour. Je suis monté à l’Aiguille du Midi (3800 m), au sommet du Brévent (2525m), au col du Grand Montet (3300m) et, finalement, sur le plateau du Plan de l’Aiguille en passant Montenvers (2200m). J’ai lu que les mécanismes d ’ a d a p t a t i o n commencent après 3 heures d’exposition  ; je suis donc monté passer quelques avant-midi et aprèsmidi sur ces sommets. Je crois que cette approche m’a beaucoup aidé durant la course.


Au départ :

La course :

Lorsque je me suis aligné au départ de 
 la course, je me sentais vraiment prêt. Mes objectifs étaient clairs et j’avais un plan. En effet, ma conjointe et moi avions passé en revue la carte du parcours et déterminé des temps de passage, section par section, en fonction du profil. Ce plan m’amenait à la ligne d’arrivée en 30 heures environ. C’était mon objectif initial et j’avais confiance !

La course comporte 9 grosses bosses à franchir. Par bosses, je veux dire des ascensions d’environ 1000 mètres. Pour moi, la course était divisée en 5 grands segments :

Sur la ligne de départ, l’ambiance était fébrile, il y avait beaucoup d’émotivité de part et d’autre. Tout près de moi se trouvait un couple père-fils qui était sur le point de partir ensemble et il était évident que pour les deux, vivre ça ensemble était émouvant. Pour ma part, j’étais avec deux amis venant également de la région de l’Outaouais, Richard Turgeon et Eric Deshaies. Ils visaient respectivement 32 et 35 heures. Nous avons eu la chance de nous retrouver côte à côte dans le « paddock  » de départ. Nous avons échangé des vœux de réussite et les «  bonnes chances  » d’usage… Après 1h30 d’attente, nous avons finalement entendu le compte à rebours «  10,…, 5, 4, 3, 2, 1  ». Le départ était enfin donné. Après 2 années de préparation et d’anticipation, nous étions enfin lancés.

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Départ – Contamines (30 km)

Contamines – Courmayeur (50 km)

Courmayeur – Champex-Lac (45 km)

Champex – Trient (17 km)

Trient – Vallorcine (10 km)

Vallorcine – Chamonix. (18 km) Départ –

Contamines (30km)

Le plan était de ne pas partir trop vite dans cette première section. Force est d’admettre que c’est plus facile à dire qu’à faire. Le départ se donne, il y a beaucoup de monde et tout naturellement, tu essais de te placer et tu te compares aux autres autour de toi. Tu te sens confortable et tu pousses un peu plus fort que ce que tu devrais.

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Pas beaucoup, mais tout de même un peu plus que tu devrais compte tenu de la 
 longueur de l’épreuve. Je n’ai pas échappé à ce phénomène. Avec un peu de recul, mon rythme était bien, mais la montée du « Déliveret » était trop rapide. Mes pulsations dans la montée étaient aux alentours de 145 bpm avec des pointes à 150. Cette montée aurait pu être prise un peu plus lentement. Cela m’aurait permis d’être plus rapide par la suite. Quand je suis arrivé au Contamines-deMontjoies à 31 km, j’étais dans mes temps, mais j’étais déjà un peu hypothéqué physiquement.

Contamines – Courmayeur (50km) Une fois parti des Contamines, nous entamions une des deux plus grosses sections du parcours. 50km avec 3 passages à 2500 mètres d’altitude. C’était costaud ! Comme j’étais un peu fatigué de mes excès des 30 premiers kilomètres, je décide de partir des Contamines en marchant pour permettre à mon corps de se remettre et de pouvoir manger un peu plus pour me donner de l’énergie. Le problème est que c’est plat. Je ne pouvais pas « gaspiller  » de belle section de plat et marcher! J’ai donc décidé de courir. J’ai couru sur les 3 ou 4 kilomètres suivants jusqu’à ce que ça commence à monter vers le col du Bonhomme. La montée s’est faite en marchant. Le rythme était bon et je dépassais des gens. Mais je suis vraiment fatigué et je n’ai toujours pas récupéré de mes excès des 30 premiers kilomètres. Je maintiens le rythme jusqu’au Col du Bonhomme. Je suis heureux d’arriver en haut et soulagé d’entreprendre la descente vers Chapieux (une station de ravitaillement). «Enfin la descente» me dis-je. «Je vais pouvoir relaxer un peu». À mon grand étonnement, j’ai de la difficulté à maintenir un rythme intéressant dans la descente, la piste est technique, il y a beaucoup de cailloux et c’est très pentu. Descendre est aussi difficile que de monter !

Crédit photo: maindru photo


J’arrive à Chapieux et je suis 
 passablement amoché. Mes amis Richard et Eric sont partis devant et j’ai l’impression d’être loin derrière eux. Le moral s’en trouve affecté, il est 2 heures du matin et une impression de fatigue intense s’installe et j’ai la nausée. Je n’avais pas prévu dormir la première nuit, mais après un petit calcul mental, je réalise que je n’ai pas dormi depuis 18 heures et que par la fin de la première nuit, le compte sera à plus de 24 heures sans sommeil. Il devenait clair dans ma tête que je devrai dormir durant la course. Suite à cette constatation, je décide de dormir à Chapieux. C’était plus tôt que prévu, mais j’avais la certitude que ce serait bon pour moi et pour la suite. Je

demande donc à un bénévole de me réveiller 25 minutes plus tard. Je dors comme un loir en sachant que je me ferai réveiller à temps. Je me réveille plus en forme, je réussi à mieux manger et je repars plus heureux. Seulement j’ai l’impression d’être loin dans le classement et j’ai de la difficulté à chasser cette idée de ma pensée. Je dois vraiment me concentrer pour penser de façon positive… Je me concentre sur la beauté des paysages, sur ma chance d’être là, sur le fait que je dépasse du monde, sur le fait que je mange et que je ne suis pas malade, etc. Je réussis à maintenir un rythme intéressant jusqu’à Courmayeur.

Crédit photo Dominique Lalonde


Crédit photo: maindru photo


Courmayeur – Champex-Lac (45 km) J’arrive à Courmayeur le matin vers 9h. 
 C’est un peu plus lent que prévu, mais pas de beaucoup. Je rencontre ma conjointe Dominique qui a accepté de m’assister tout au long de la course. Je me réjouis de cette rencontre. Elle me fait un résumé de la situation, elle semble très encouragée et ça me remonte le moral. Je suis seulement 45 minutes derrière Richard et Éric, ce qui n’est pas si mal étant donné que j’ai dormi 25 minutes déjà. Je croise 2 coureurs canadiens qui partaient dans le groupe des élites. Cela me fait réaliser que la course est difficile pour beaucoup d’autres compétiteurs. Je mange, je dors 20 minutes de nouveau et je repars. Je profite de la fraîcheur du matin pour courir à un bon rythme, je rattrape du monde, je me sens en forme. Je passe les refuges et les ravitaillements à un bon rythme aussi. Tout fonctionne bien jusqu’à ce que le soleil se pointe. J’arrive au ravitaillement Arnuva à 97.4 km aux environs de 12h30. Ça fait déjà 18h30 que je cours. Le soleil est très chaud (j’ai appris par la suite qu’il faisait plus de 30 degrés au thermomètre). Je suis approximativement en 400e place, mais ce n’est plus important. À ce moment-là de la course, je me concentre sur l’immédiat, sur ma survie, sur ce que j’ai à faire pour aller au bout. En fait, j’ai mis de côté mes objectifs de performance. Je ne pense plus qu’à me rendre au bout. C’est vraiment difficile ! Pour moi, la plus grande difficulté est de passer le Grand Col Ferret à 2527 mètres d’altitude. Bien que très beau, c’est le

moment de la journée où il fait le plus chaud, aucun arbre, aucune ombre pour me protéger du soleil… Bref, cette montée est extrêmement difficile. Une fois le col passé, je me dis que je vais profiter de la descente, mais encore une fois, je ne réussis pas à me laisser aller, j’ai de la difficulté et je me fais dépasser par beaucoup de monde. Le soleil tape fort. Je dois m’arrêter pour boire. La nausée s’empare de moi… Je vomis sur le bord de la piste. Il me reste 9 km avant le prochain ravitaillement. Je continue en marchant, je tente de reprendre le contrôle de mon corps pour recommencer à boire et manger. Je prends un bonbon à la menthe. J’en avais apporté justement pour m’aider en cas de vomissement… La menthe m’aide à calmer mon estomac. Je survis jusqu’à « La Fouly  » qui se trouve à 112km. J’arrive à « La Fouly » et j’aperçois Éric qui vient d’abandonner. Nous échangeons quelques mots d’encouragement, je m’informe de Richard Turgeon, apparemment il va très bien! Il est déjà à Champex-Lac. Ça veut dire qu'il a un bon deux d’heures d’avance sur moi. Je suis content pour lui. Je réussis à me nourrir un peu et je repars. Je trouve ça encore très difficile et je m’accroche au fait que je vais voir Dominique au prochain ravitaillement. Il me faudra 2h20 pour parcourir les 14 km restants!






Crédit photo Dominique Lalonde


Champex – Trient (17 km) 
 J’arrive à Champex passablement amoché, le cœur sur le bord des lèvres, à la limite de vomir à chaque bouchée. Je décide de me reposer un peu, je demande à Dominique de compter un autre 20 minutes si jamais je m’endors. Je veux permettre à mon corps de se reposer. Un retour au calme me permettra peut-être de mieux me nourrir et ainsi me donner l’énergie nécessaire pour terminer la course. Il reste 3 grosses bosses à traverser sur 45 kilomètres. Elle me dit que Richard semble fatigué. Le 2 heures d’avance qu’il avait a fondu un petit peu. Ça m’encourage de savoir que je ne suis pas le seul à trouver ça dur. J’essaie de m’accrocher au seul point de repère que j’ai. À ce moment-là, c’est Richard qui me permet de jauger mon progrès. Je n’ai aucune idée de ma position, je n’ai aucune idée si je progresse ou non, mais je sais que je ne suis pas le seul à souffrir, bizarrement c’est réconfortant !

Je me suis arrêté à Champex environ 1h20, c’est beaucoup plus que ce que j’avais prévu initialement, mais la course est tellement difficile que je n’ai pas le choix. Par contre, ça m’a donné le temps de me refaire une santé… lorsque je repars, je reviens à la vie et je recommence à courir, en plus, il se met à pleuvoir et un orage éclate. Sentir la fraîcheur de l’eau sur mon corps me donne des ailes! À partir de ce moment, je ne fais qu’accélérer et gagner des positions. Par contre, un léger doute s’installe quant à la température. Il y a des éclairs et du PARCOURIR SEPT /OCT 2016

tonnerre juste au-dessus du col vers lequel je me dirige, je m’inquiète un peu, car les éclairs et les sommets ne font pas bon ménage. Je me calme en essayant de compter le temps entre les éclairs et le bruit du tonnerre. Plus je monte, plus les bruits sont espacés, 10 secondes au début, 20 et finalement 30 – 45 secondes par le temps que j’arrive en haut. L’orage s’éloigne, je suis heureux, je cours, je dépasse beaucoup de monde.Trient – Vallorcine (10 km) J’arrive à Trient, Dominique me dit que j’ai progressé et qu’elle m’attendait plus tard, c’est bon signe. Je mange rapidement et je repars très encouragé. Juste en sortant du village de Trient, j’entends « Hey Ben!  », je viens de rejoindre mon ami Richard! Je suis content de le voir. Nous échangeons quelques mots d’encouragement et je continue. Il ne pleut plus, mais la fraîcheur demeure, je me sens de mieux en mieux et je peux pousser de plus en plus. Je ne me fais plus dépasser, au contraire, je dépasse beaucoup de monde. Cette section est constituée de 5km de montée et 5km de descente. Je réussis à soutenir le rythme en montant, mais aussi en descendant. J’arrive à Vallorcine en 261ème position. Je m’arrête le temps nécessaire pour manger un bol de soupe ainsi que quelques nouilles et je repars pour la dernière bosse.

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Vallorcine – Chamonix. (18 km) Je repars en courant, je me sens très bien, il n’y a
 plus beaucoup de monde autour de moi, plus je grimpe dans le classement, plus les coureurs sont espacés. À chaque fois que je vois une lumière au loin, je me donne comme objectif de la rattraper. Je n’ai plus mal au cœur, je ne sens plus la fatigue et je cours beaucoup ! Je remonte ainsi 55 positions sur les 18 km séparant Vallorcine de Chamonix. Je finis fort et ça fait du bien. L’arrivée dans Chamonix au milieu de la nuit n’est pas aussi exaltante qu’une arrivée en plein jour, le village dort et il n’y a qu’une poignée de gens pour m’accueillir. Malgré cela, la joie de compléter l’épreuve est au rendez-vous ! Le sentiment d’accomplissement est tout à fait présent. 2 ans de préparation, 2 ans d’anticipation pour finalement traverser le fil d’arrivée et devenir, comme dise les Français, un « UTMB Finisher  ». Quel bonheur !

gagnants de chaque catégorie ainsi que les 10 premiers toutes catégories confondues. Chaque top 3 recevait un petit trophée (une roche représentant la géologie locale, surmontée d’un petit bonhomme à l’effigie du logo de l'UTMB) et une ovation. Les annonceurs étaient très doués pour faire sentir à tout le monde que leur accomplissement était spécial et hors du commun. Bien que la course venait à peine d'être terminée, j'ai éprouvé une profonde envie de revenir l’an prochain ! Pour me reprendre et essayer de faire mieux. Moi aussi, j’aimerais avoir ma petite roche ! Conclusion L’UTMB n’est pas une course à pied comme les autres, une bonne dose de préparation est nécessaire pour y participer. Cela lui donne beaucoup de valeur et la course prend par défaut, une place spéciale dans le cœur des coureurs (du moins dans le mien). Les paysages sont merveilleux et l’ambiance est extraordinaire !

Cérémonie de clôture

À l’image du départ, la cérémonie de clôture et la remise de prix étaient elles aussi grandioses, le grand podium placé au milieu du triangle de l’amitié prenait toute la place. Les annonceurs ont appelé les PARCOURIR SEPT /OCT 2016

Bien qu’il soit p o s s i b l e d’apprécier cette course dès la p r e m i è r e participation, je crois qu’il est difficile d’y atteindre son plein potentiel lors d’une première participation. Je sors de cette aventure avec beaucoup de beaux souvenirs, mais surtout, je sors de cette aventure avec le goût d’y retourner l’an prochain. 19


ArrivÊe de BenoÎt après 170km de course  

BRAVO BENOĂŽT!

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PARCOURIR JUILLET / AOĂœT 2016

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Rencontre avec Vincent Gauthier, ultra-marathonnien. Antoine Jolicoeur Desroches, chroniqueur.

''A glimpse of heaven, a taste of hell''. Traduction: un aperçu du paradis, un avant-goût de l'enfer.

Voici le slogan de la course en sentiers Tahoe Rim Trail à laquelle Vincent Gauthier a participé. Il parcouru les 163 kilomètres (101.5 milles) en un temps de 31 heures et 21 minutes et ce, à plus de 7 000 pieds (2 135 mètres) d’altitude.

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Franchir cette distance est un exploit en soi, mais parcourir plus de 100 
 milles à travers des sentiers sinueux, poussiéreux et escarpés semble pratiquement impossible ! Toutefois, Vincent Gauthier est un habitué des courses en sentiers et avant d’entreprendre cette course, il avait déjà complété quatre courses de 100 milles. (160km). Pour pouvoir prendre part à cette course, il devait participer à une loterie et espérer obtenir une place sur la ligne du départ.

Une semaine après cet accomplissement, je flotte littéralement sur un nuage. Je me remémore souvent l’expérience, les paysages, les hauts, les bas et l’arrivée avec ma conjointe Véronick et je me considère chanceux d’avoir pu participer à un tel événement. Physiquement, j’ai eu un peu de misère à marcher les heures suivant l’arrivée mais je considère avoir bien récupéré et après une semaine de congé bien mérité, j’ai repris graduellement l’entraînement. Peux-tu nous décrire ton expérience ?

Dû à la popularité grandissante de la course en sentiers, les loteries sont de plus en plus coutumes lors des événements les plus prisés. Cet adepte de la course en « trail" avait choisi cet événement qui a lieu au Nevada, puisqu’il pouvait intégrer des vacances dans quelques villes Californiennes à son voyage. Tout d’abord, comment te sens-tu seulement une semaine après l’événement ? Tu devais avoir de la difficulté à marcher le lendemain et les journées suivantes !

Le Tahoe Rim Trail 100 est, à ce jour, une de mes plus belles courses, autant en terme d’accomplissement, de défi que de paysages à contempler. Une course de 100 milles demeure toujours un défi titanesque et à chaque fois, je suis fasciné par ce que le corps peut accomplir, autant physiquement que mentalement. Le sentiment d’accomplissement et la fierté résultant de la complétion d’une telle épreuve me procurent beaucoup d’adrénaline. C’est devenu en quelque sorte une drogue !


Comment s’est déroulée la course ? Somme toute, je considère que la 
 course s’est bien déroulée. Avant la course, malgré mon but premier de compléter la course, j’enviais une arrivée sous la barre des 30 heures. J’ai rapidement réalisé l’ampleur de la tâche à accomplir et la difficulté du parcours. Alors je me suis ravisé pour ne viser que de terminer l’épreuve. L’altitude étant entre 2000 mètres et 2800 mètres, j’ai été quelque peu affecté en début de course (étourdissements, souffle court et hauts-le-cœur). Après analyse de ma performance, je suis peut-être parti un peu vite sur la première boucle du parcours (80 km) que j’ai complétée en 13 heures. En même temps, j’ai pu me mettre du temps en banque pour la seconde boucle et le ra l ent is s emen t e s t i n é v i t a b l e e n deuxième moitié de course avec la portion de nuit et la fatigue accumulée. Comment tu t’es préparé spécifiquement pour cette course, plus particulièrement le dénivelé et l’altitude ? En termes de préparation, je n’ai pas eu la chance de me rendre plus tôt pour m’acclimater à l’altitude. J’ai essayé de faire beaucoup de dénivelé en entraînement mais, après coup, j’ai réalisé que je n’en avais pas fait suffisamment. Heureusement, ma détermination et mon expérience ont compensés ! Et ce que tu as l’habitude de prendre part à des événements en altitude ?

Il s’agissait de ma première course en altitude, malgré le fait que ce soit considéré comme de la basse altitude. Est-ce que le Tahoe Rim Trail 100 miles est l’événement le plus difficile auquel tu as participé ? Sans aucun doute, il s’agit de l’événement le plus difficile auquel j’ai participé et ce, pas seulement en raison du dénivelé et de l’altitude mais principalement du fait que j’ai dû puiser profond mentalement pour chasser les idées négatives et les idées d’abandon. La fierté n’en est que plus grande par contre! Comment tu t’alimentes lors d’une course de 100 milles ? Qu’est-ce que l’on retrouve généralement dans une station d’approvisionnement ? En course, j’aime bien diversifier mon alimentation et profiter de ce que les ravitaillements ont à offrir. J’ai la chance d’avoir un estomac béton. Voici donc ce que j’ai mangé et bu: patates, biscuits aux chocolats, gels à l’érable Rekarb, barres Fruit2 et Fruit3, melons d’eau, oranges, quesadillas au fromage, bacon, sorbet à la mangue (au dernier ravito, c’était délicieux !), boissons gazeuses et boissons électrolytiques. Également, quelques cafés pendant la nuit et le matin afin de me garder éveillé. La barre Snickers a fait du bien au moral après la deuxième montée de la piste de ski du centre Diamond Peak (700 mètres de dénivelé positif sur à peine 3 km). Anecdote intéressante : le ravitaillement Hobart avait une section bar avec des shooters de whisky et de la bière. Je ne m’y suis pas risqué ahaha !


roches puisque semble-t-il, je portais d’attention à la vue qu’au sentier !


 plus

Qu’est-ce qui te motives à participer à ces événements longs et difficiles ? Qu’est-ce qui t’as donné le goût de participer à ta première course en sentier ? Ta conjointe t’a accompagné lors de la deuxième boucle, est-ce que c’était la première fois qu’elle était ton « pacer » lors d’une course de 100 milles ? Oui, il s’agissait de sa première expérience comme « pacer » et elle a été d’un grand support. Nous avons vécu de beaux moments et elle a pu voir toute la grandeur et la magnificence des paysages. Tu as également franchi la ligne d’arrivée en sa compagnie, peux-tu nous décrire ce moment ? Franchir la ligne d’arrivée à ses côtés était un moment tout simplement magique. On dit que le vrai bonheur est celui qui est partagé. J’étais vraiment content de pouvoir partager ce moment avec elle! Prends-tu le temps d’apprécier le paysage lorsque tu participes à un événement comme celui-ci ? Au rythme auquel je cours (et marche), j’ai le temps de profiter des points de vue et des paysages. Il m’est même arrivé à quelques reprises de trébucher dans de petites

Ce que j’aime des événements longs et difficiles, c’est le sentiment d’accomplissement et de puissance. Je considère que ces épreuves me permettent de grandir comme coureur mais également comme personne. J’ai fait mes premières armes dans les sports d’endurance en triathlon, sport dans lequel j’ai fait toutes les distances, du sprint au Ironman. Je cherchais ensuite un nouveau défi et j’ai lu le livre Born to Run dans lequel on parle d’ultramarathons et de course en sentiers. Mon premier ultra a été le 60km de l’Ultimate XC en 2012. La même année, j’ai fait un 50 Milles dans le Vermont et l’année suivante, je complétais mon p r e m i e r 1 0 0 M i l l e s a u Ve r m o n t également. J’ai rapidement eu la piqûre et je crois avoir une belle progression dans ce sport en pleine expansion.






 

Photo: Vincent Gauthier


Comment fais-tu pour t’entraîner pour ces longs événements tout en 
 un emploi à temps plein ? À ayant quoi ressemble une journée ou une semaine typique d’entraînement ?

Pour beaucoup de gens, la conciliation travail-familleentraînement représente tout un défi. C’est mon cas également. Heureusement, ma conjointe est aussi une coureuse et elle comprend bien la situation. Je me lève souvent tôt la semaine pour aller courir avant mes journées de travail. J’essaie de faire des semaines d’entraînement avec un volume moyen de 70-80 km et le weekend, je tente de faire une (ou plusieurs) longue sortie de 3 heures et plus à chaque semaine. À trois semaines d’un 100 Milles, je fais un weekend choc, donc une fin de semaine avec un gros volume d’entraînement. Pour Tahoe, j’avais fait 90 km de course en trois jours pour une semaine totale de 125 km. Où t’entraînes-tu habituellement? La semaine, je fais plus des entraînements sur route puisque dans mon cas, des entraînements en sentier exigent presqu’une heure de déplacement (aller-retour). Mon terrain de jeu est le Mont Rigaud (sentiers de l’Escapade). En répétant les côtes et en variant mes parcours, j’arrive à y faire de bons entraînements et à bien me préparer pour mes différents défis.

Quel est l’endroit le plus beau au Québec pour s’entraîner en course en sentier ? Nous avons la chance d’avoir de magnifiques réseaux de sentiers au Québec. À distance raisonnable de voiture, j’ai découvert plus particulièrement cette année le Parc des Falaises à Prévost qui offre de superbes sentiers de type ‘’single track’’ avec un bon niveau technique et un dénivelé intéressant. J’y suis allé plusieurs fois et je compte bien y retourner ! Quels sont tes prochains objectifs de la saison et de l’année prochaine ?

Mon prochain objectif est le 160 km du Bromont Ultra les 8 et 9 octobre prochain. Pour l’an prochain, j’espère toujours être pigé à la lotterie du Western States Endurance Run 100 Miles qui est le berceau des courses de 100 Milles en Amérique. Ce sera ma troisième participation à la lotterie (pour laquelle on doit chaque année compléter une course de 100 Milles dans leur liste de courses qualificatives). Ainsi, chaque année nos coupons doublent par rapport à l’année précédente. J’aurai donc 4 coupons cette année. Si ça ne fonctionne pas, je ne suis pas à court d’idées pour de beaux défis à compléter ! Merci beaucoup pour ton temps et bon succès !


Deux québécoises au BOB 


Élise Gellé (en couverture) et Stéphanie Simpson (couverture de PARCOURIR de MAI/JUIN) sont allées expérimenter un ultra-marathon dans l’état de NY. Le BEAST OF BURDEN, mieux connu sous l’acronyme BOB, est une course de 80 ou 160 km. Attachez bien vos souliers.

Élise Gellé

BoB d’hiver vs BoB d’été

Lorsqu’on s’inscrit à un événement de course d’endurance, les conditions climatiques dans lesquelles se dérouleront l’épreuve, ainsi que les entraînements, ne sont pas à prendre à la légère. En janvier 2015, j’ai pris part au Beast of Burden, édition d’hiver. J’ai couru le 50 milles (80km) en 9h41 et je suis arrivée 2e femme. Pour me préparer à ce défi, j’ai fait tous mes entraînements à l’extérieur, sous la pluie, dans la neige et sur la glace. Les conditions du sol étant difficiles, mon corps a réagi et j’ai été blessée aux deux genoux à tour de rôle (ménisques). Mais j’ai quand même réussi à faire le maximum d’heures de course et j’ai même participé à un tourne-en-rond de 6h sur le Mont-Royal, où je me suis classée 2e femme. PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Le plus gros défi de ma course en hiver fut

des amis. J’ai terminé ma course en 9h46, 1re

sans aucun doute l’habillement. Je devais tout 


femme et 2 e coureur toutes catégories

prévoir : froid intense, vent, verglas, pluie,

confondues. Pour me préparer à cette course,

tempête de neige, glace… Il me fallait donc

je m’étais inscrite au marathon d’Ottawa et au

faire des tests de lunettes de ski, masque en

MRSQ (Mount Royal Summit Quest-50 km),

néoprène, souliers et chaussettes. Au niveau

deux courses qui ont eu lieu sous des

de l’alimentation, je n’ai connu aucune

températures accablantes.

difficulté.

Pour l’hydratation, j’avais des

aucun entraînement, sacrifiant même mes

manteaux une taille trop grande, afin de

grasses matinées au profit de longs

mettre ma veste d’hydratation en dessous (je

entraînements et intervalles. Je courais beau

ressemblais au Bossu de Notre-Dame).

temps, mauvais temps et me payais le luxe

Le jour de la course, la température était agréable, un beau -2 à 2 degrés. Mais plus la journée avançait, plus il ventait et la pluie s’est mise de la partie.

Tout d’abord sous

forme de bruine, puis sous forme de pluie verglaçante.

Le dernier 20 kilomètres de

Je n’ai manqué

d’un bain de glace après chaque longue course, afin de maximiser la récupération. Ma vitesse de course avait diminuée. Entre la chaleur, les allergies et mon asthme, je devais écouter mon corps, afin de pouvoir aller au bout des entraînements.

course avec le vent de front fut très difficile,

Courir à la chaleur apporte son lot de défis.

la température jouait sur ma volonté

Mon plus gros a été de trouver un moyen de

psychologique, je focussais sur mes douleurs

minimiser mes ampoules aux pieds. En effet,

au lieu de garder mes forces pour courir. Le

à cause de la sueur, mes bas étaient toujours

sol sur lequel je courais était couvert de glace,

mouillés et alors une friction se faisait dans

ce qui a amené une grande fatigue musculaire

mes chaussures. J’ai dû vivre avec des plaies

vers la fin de la course, car je courais de façon

à vif et tenter toute sortes de trucs pour

plus rigide; il ne faut pas oublier qu’il faisait

remédier à la situation (bandages, rubans

très noir, malgré le port de lampes frontales.

adhésifs, pansements, protège cors, ouf !),

Le 13 août dernier, j’ai pris part à la même course de 50 milles (80 km).

Moi, la fille

d’hiver, celle qui ne s’inscrit jamais à des

c’est finalement le bandage cohésif qui a fonctionné : plus une seule ampoule (même pas lors de mon 80 km) !

courses d’été, j’ai accepté ce défi lancé par PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Le jour de la course, il faisait un gros 43

La fille d’hiver en moi fut la première

degrés
 au départ, à 10h. Je n’avais aucune

surprise du résultat de sa course et surtout

attente et j’ai commencé l’épreuve en me

de la gestion de celle-ci.

disant que je ferais comme d’habitude :

organisée, c’est vrai, mais surtout j’étais

DE MON MIEUX.

Il faisait tellement

plus à l’écoute de moi et plus confiante…

chaud au bord du canal, le vent de dos

c’est en forgeant que l’on devient

pour l’aller, qui nous fait courir trop vite

forgeron, n’est-ce pas ?

et ne nous rafraîchit aucunement ; ce même vent qui a pris de l’ampleur pendant la journée et nous repoussait de front au retour.

Cette fois-ci, j’ai vraiment

souffert…des crampes au diaphragme et dans le milieu du dos, incapable de m’alimenter comme d’habitude, des nausées et étourdissements.

Mais j’ai

gardé le cap, j’ai utilisé l’eau et la glace pour me rafraîchir et c’est ce qui a sauvé ma course, en plus de ma volonté, bien sûr

J’étais mieux

Alors, le BoB d’été ou le BoB d’hiver ? Pour moi, l’entraînement pour celui d’hiver a été beaucoup plus agréable, d’une part parce qu’il ne m’a pas empêchée de bien profiter de la saison estivale et d’autre part parce qu’il m’a permis de continuer à m’entraîner après la saison ‘’officielle’’.

Je ne pense pas

récidiver pour un événement du genre au mois d’août, mais je vous invite à tenter l’expérience du Beast of Burden.

!

PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Stéphanie Simpson

Cher Bob, l’an dernier, je m’étais inscrite au 50 milles (80km). C’était ma première fois sur une telle distance et je dois dire que je m’aventurais vers l’inconnu, laissant dernière toute image préconçue d’aller courir aussi longtemps et en plus, à 640km de chez moi. Ce fut une expérience inoubliable et en prime, j’ai terminé la course avec la première position chez la femme. Dès ce moment, je savais que nous allions nous revoir très bientôt. « Très bientôt  » n’arrivait pas assez vite à mon goût! Pendant mes entraînements, je pensais à toi tout le temps. Trop souvent, je me suis levée à quatre heures du matin juste pour toi, tellement que certains passages de la chanson «Vivre dans la nuit » m’ont été attribués par mes amis. «Y'é quatr' heur’ du matin, Ch’t'encor' sur le chemin…Vivr’ dans la nuit… ». * *(Groupe nuance, 1986)

Je crois même que j’ai dû rêver à toi. Un an plus tard, je prenais le départ du 100 milles (160km), soit la distance mythique de la course. Cette fois-ci, je savais à quoi m’attendre et je m’étais bien préparée grâce à ma coach, Audrey Longval. Je savais que ça allait être un long périple, mais une belle aventure. En plus, j’arrivais à l’événement avec une belle gang d’amis.

PARCOURIR SEPT/OCT 2016

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Malheureusement, quelques jours avant la course, j’ai commencé à avoir des douleurs aux reins. La visite chez le médecin n’a pas été comme je l’aurais souhaité, il a fini par me prescrire des antibiotiques et du repos…j’étais découragée! Une sage décision aurait été de remettre notre rencontre à une prochaine fois ou de changer de distance pour le 80km. Je n’ai fait ni l’un ni l’autre…je n’en ai fait qu’à ma tête! Pendant le premier 80km, j’allais relativement bien. J’étais en contrôle de ma course, malgré la chaleur accablante. À partir du 100e km, les choses ont commencé à se corser pour moi. Mon infection a commencé à prendre le dessus et mon état physique était devenu problématique. À ce e moment, j’étais la 2 femme sur le parcours et la 1ère n’était pas très loin. Pour les prochains 16km, j’ai alterné la marche et la course, j’ai essayé de faire un « power nap » de 7 minutes et

j’ai eu le temps de penser à toi… je t’ai détesté, je t’ai pleuré, mais la raison à finalement pris le dessus. Je devais arrêter pour mieux revenir te voir! C’est avec le cœur gros et un sentiment de déception que j’ai remis mon dossard pour terminer avec un DNF. Ça m’a pris quelques jours pour me remettre de mes émotions et de voir le bon côté des choses, mais je suis une personne positive…je sais que toi et moi, ce n’est pas fini! Un jour dans un avenir rapproché, je vais revenir en pleine forme, encore mieux préparée et je vais finalement être… une

« 100-miler »! En attendant, je vais continuer de rêver à toi! À la prochaine Stéphanie


🌐


Lipides : de la molécule à son rôle dans l’organisme. Evelyne Deblock   M.Sc. Dt.P. Nutritionniste du sport Accréditée par l'Association Canadienne des Entraîneurs 

Les gras ont été longtemps blâmés pour avoir contribué à la prise de poids et aux problèmes cardiovasculaires. En tant que sportif, on sait que les glucides fournissent de l’énergie pour performer, jusqu’à même bannir les gras de l’alimentation de peur de se faire ralentir. Pourtant, on sait aujourd’hui que le gras est essentiel à notre santé et que le problème réside plus souvent dans la qualité des gras consommés. Alors, quelles sont les meilleures sources de gras qu’une personne active devrait consommer sans nuire à ses performances ?

PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Qu’est-ce 
 qu’un lipide? Les lipides sont des macronutriments communément surnommés les gras. Nécessaires à l’absorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K) et certaines composantes alimentaires telles que les caroténoïdes, ils permettent aussi la synthèse de certaines hormones, telles que l’œstrogène ou la testostérone, et ce sont des constituants des membranes cellulaires, principalement celles du système nerveux. Ce sont la plus grande réserve d’énergie pour le corps, en fournissant 9 kcal/g, soit plus du double des calories que les glucides ou les protéines peuvent fournir pour le même poids (4kcal/g). Tous les gras fournissent la même quantité d’énergie, mais ne sont pas équivalents en termes de qualité.

Même s’ils sont considérés comme essentiels, les gras polyinsaturés oméga-6 sont trop consommés dans notre alimentation par rapport aux gras polyinsaturés oméga-3, précieux pour les gens actifs, de par entre autres leurs effets bénéfiques sur la réduction de l’inflammation causée par l’entraînement, l’asthme, ou la dépression suite à un surentraînement. Les gras saturés sont généralement de source animale et solides à la température de la pièce. Ils sont associés à l’augmentation du mauvais cholestérol LDL et devraient donc être limités. Enfin, les gras trans, créés généralement par l’hydrogénation des huiles végétales et présents dans les produits alimentaires transformés, sont considérés comme les moins sains et devraient être évités.

Les gras insaturés sont généralement de sources végétales et liquides à la température de la pièce. Les gras mono-insaturés oméga-9 devraient être consommés en plus grande quantité par rapport aux autres gras de notre alimentation, car on leur attribue des bénéfices importants sur la santé cardiovasculaire. Les gras polyinsaturés sont dits essentiels, car le corps ne peut pas les synthétiser et on doit absolument les consommer via les aliments.

PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Quels sont nos besoins en lipides? Notre alimentation devrait fournir entre 20 et 25% de notre énergie totale sous forme de lipides, dont 5 à 10% d’oméga-6 et 0,6 à 1,2% d’oméga-3. L’apport souhaitable en oméga-6 serait de 17 g pour un homme et 12 g pour une femme, tandis que l’apport souhaitable en oméga-3 serait d’1,6 g pour un homme et 1,1 g pour une femme. Pour obtenir suffisamment d’oméga-3, il suffit de consommer 80 g de saumon, 2c thé de graines de chia ou ¼ t

de noix de Grenoble par jour. On devrait limiter la quantité de gras saturés à moins de 10% de l’énergie totale et toujours vérifier la liste des ingrédients pour éviter tout produit contenant de l’huile « hydrogénée ». Prenons l’exemple d’une femme et d’un homme pour représenter leurs besoins en lipides : Tableau 1  : Comparaison des besoins en lipides en fonction du sexe.


Les lipides et l’exercice 
 Un régime déséquilibré en lipides peut avoir des conséquences sur la santé et la performance d’un athlète. Si l’alimentation est trop riche en gras, la synthèse de glycogène musculaire après l’exercice peut être retardée, les protéines musculaires peuvent être dégradées pour être utilisées comme source d’énergie, la digestion sera ralentie et les inconforts seront fréquents à l’entraînement, la plus faible consommation de fibres affectera négativement la satiété, le contrôle glycémique et l’élimination du mauvais cholestérol.

Il faut savoir que ce n’est pas la meilleure idée de consommer trop de gras, immédiatement avant ou pendant un exercice intense. Les lipides sont généralement lents à digérer et pour être convertis en une forme d’énergie utilisable, cela peut prendre jusqu’à 6 heures. Lors d’un exercice anaérobique intense (>70%VO2max), le corps utilise davantage de glucides, car ils sont plus faciles à digérer et à métaboliser que les autres nutriments. Contrairement aux glucides, les lipides consomment de l’oxygène pour se transformer en énergie et plus l’exercice est long, plus les gras corporels seront utilisés comme carburant. En effet, convertir le gras du corps en énergie prend du temps. Le corps doit briser les molécules de gras et les transporter vers les muscles qui travaillent avant de pouvoir être utilisés comme énergie. Convertir le gras du corps prend beaucoup d'oxygène, et donc l'intensité des exercices doit diminuer pour que ce processus se produise. Les lipides sont alors la principale source d’énergie utilisée lors d’un exercice PARCOURIR JUILLET / AOÜT 2016

d’endurance, de longue durée et d’intensité faible à modérée (<60% VO2max), comme le cyclisme et la course à pied. L’entraînement va aussi améliorer la capacité à utiliser des gras comme source d’énergie, mais pas au point que les muscles dépendent exclusivement d’eux. D’ailleurs, si l’alimentation est trop faible en gras, les calories risquent d’être insuffisantes pour satisfaire les besoins énergétiques, les gras essentiels peuvent être déficients, la croissance et le développement peuvent être compromis, la concentration d’hormones sexuelles peut être diminuée, les vitamines liposolubles peuvent être déficientes et la peau, les cheveux et les os peuvent être affectés. Un minimum de 20 g par jour est nécessaire pour couvrir les besoins en gras essentiels et en vitamines liposolubles. Plutôt que de les faire disparaître, apprenez à mieux les choisir et à les consommer en fonction de vos besoins.

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Références 1. American Dietetic Association, Dietitians of Canada and the American College of Sports Medicine. (2009) Position of the American Dietetic Association: nutrition and athletic performance. Joint Position Statement. J Am Diet Assoc. 41(3):709-731. 2. ANREF, les apports nutritionnels de référence : le guide essentiel des besoins en nutriments / Jennifer J. Otten, Jennifer Pitzi Hellwig et Linda D. Meyers, éditrices ; traduit par Lexi-tech International. Washington, D.C. : National Academies Press, c2006. 3. Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2013. 4. LOWERY, L. Dietary fat and sports nutrition: a primer. Journal of Sports Science and Medicine (2004) 3, 106-117. 5. Nutrition and Athletic Performance. Medicine & Science in Sports & Exercise. 48(3): 543-568, 2016.

À venir: Dans notre édition de novembre / décembre 2016 nous parlerons des GLUCIDES (Sucres) car novembre est le mois du diabète.

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PARCOURIR SEPT/OCT 2016

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Marlène Couture, chroniqueuse.

Carte « rose » de Marly!

L’automne à notre porte

Déjà l’automne qui pointe le bout de son nez. J’espère que vous avez bien profité de l’été. Été qui passe toujours beaucoup trop rapidement. Mais malgré tout, je suis bien contente de l’arrivée de l’automne et de ses températures souvent parfaites pour la course à pied. PARCOURIR SEPT/OCT 2016

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Qui dit automne, ne dit pas nécessairement fin de la saison de course, 
 même si la majorité des grands événements sont derrière nous. De plus en plus, nous retrouvons des événements toute l’année. Ce qui permet d’étirer le plaisir. Il n’y a pas si longtemps, quelques années tout au plus, qui disait septembre, disait fin de la saison de courses. Comme si dans la région de Montréal cette belle saison se terminait avec la ligne d’arrivée du Marathon de Montréal. Mais maintenant les organisateurs de courses nous gâtent et le plaisir se prolonge. Mais l’automne marque tout de même un ralentissement. Car, il ne faut pas se le cacher, le corps à besoin de repos. De reprendre ses forces. On ne peut pas toujours être au sommet de sa forme, prêt à performer. Il faut prendre un arrêt, ou à tout le moins effectuer un ralentissement. Sinon le moteur va surchauffer. Savoir quand s’arrêter Habituellement j’écris sur le dépassement de soi. Aujourd’hui, je vais écrire sur « savoir quand s’arrêter  ». Ça semble paradoxal à première vue. Mais il n’en est rien. Ça va ensemble. Si on veut se dépasser, aller plus loin et plus loin encore. Parfois il faut savoir s’arrêter. Prendre le temps. Le temps de guérir. Le temps de voir où l’on veut vraiment aller. Faire un pas derrière, pour ensuite en faire deux devant. Pour ma part, j’ai eu droit à un arrêt de course forcé. Non planifié. Un peu plus tôt que ce qui était prévu à mon agenda de courses. Ce qui m’a amené à réfléchir un peu plus sur le sujet.

Ce n’est pas toujours rose! Le matin où tout a changé pour moi cet été.

Un matin du début de juillet, à mon réveil… Oupssss... une douleur au pied gauche. Ce matin-là, j’ai pris la décision de ne pas faire ma sortie de course qui était prévue. Avant, fut un temps, jadis, je serais passé outre cette douleur et j’aurais tout de même fait mon entraînement, tel que prévu. Avec les années, les blessures et l’expérience, je gagne en sagesse vis-à-vis mon corps. Au moins ça de gagné. Je le pousse, mais je le respecte. Et habituellement, il me le rend bien. Mais cette fois-ci, il en a fait à sa tête, ou plutôt à son pied. Et ma douleur m’a empêchée de courir pendant quatre semaines. Mais surtout, cette blessure m’a fait manquer un de mes objectifs de la saison. Un ultra-marathon de 50km de sentiers en Ontario. Non, je ne suis pas morte. Je n’ai rien de bien grave. Une simple blessure de course. Sans plus. Il y a pire dans la vie que de manquer le départ d’une course. De devoir abandonner notre objectif sportif. Je le sais. Je ne suis pas si déconnectée du reste tout de même. Je suis en santé. Aucune bombe n'a explosée. J'ai mes enfants. Mon amoureux. Mes amis. Un travail que j'aime. C'est juste un pied. «Kaput». Sans plus. Pour un temps. Mais ça fait mal pareil. Mal en dedans. Ça ne s’explique pas. Il y a toute la déception. Mais également la frustration de ne pas prendre le départ de ce qui était prévu depuis des semaines, des mois.


Il n'y a pas de magie. Pas de pièce de remplacement. La patience doit se pointer
 le nez. Il vaut mieux laisser guérir une blessure, que de repartir trop rapidement et empirer la situation. Je suis passée en mode «plan B» de ma vie. Je sais, ça sonne un peu gros comme affirmation. Mais la course n’a pas la même signification pour tout le monde. Pour moi, elle occupe une grande place. Pendant des heures, des jours, des semaines, des mois, on s’entraîne afin de prendre le départ. Jamais on ne se prépare à ne pas le prendre.

Investissement de soi Se préparer pour un marathon ou un ultra-marathon, c’est possible. Plusieurs le font, surtout dans le cas du marathon. Il s’agit principalement de faire des choix, de mettre des priorités dans notre vie. Il faut également de l’organisation, de la détermination et de la persévérance.

Pour se dépasser soi-même. Pour voir jusqu’où on peut aller. Courir, marcher, ramper, mais toujours avancer, droit devant jusqu’à la ligne d’arrivée. Compléter la distance, c’est la réussite, le chrono n’importe pas. C’est probablement à cause de tout cet investissement de soi qu’il est si difficile d’abandonner. De ne pas prendre le départ. De se voir contraint à changer notre distance. Car nous nous sommes investis dans quelque chose qui nous tient à cœur. Quelque chose qu’on fait pour nous. Regarder droit devant. Et non pas derrière. Ne pas regarder ce que l’on manque ou laisse passer. Mais regarder ce qui nous attend. Il ne faut pas voir ça comme un échec. Un échec, selon moi, serait de ne pas du tout s'entraîner pour une distance, prendre le départ de celle-ci et être contrainte à l'abandon par manque d'entraînement.

Un entraînement pour un 50km dans les sentiers, ce sont des milliers de pas. Des kilomètres et des kilomètres de course. Ce sont des dodos tôt. Des levers aux aurores. C’est courir et courir encore. Ce ne sont pas des sacrifices, ce sont des choix. Le choix de le faire pour soi. Car ça compte pour n o u s . Pa s p o u r Pierre, Jean, Jacques. Pas pour épater la galerie. PARCOURIR MAI/ JUIN 2016

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Ne pas prendre le départ! On s’entraîne pendant des semaines, des mois. Et
 puis un bon matin, rien ne va plus. Nous ne pouvons pas prendre le départ de la course qui est prévue. LA course, celle que nous attendions avec impatience depuis des mois. Depuis notre inscription, quelques mois plus tôt. La course qui nous a fait lever aux aurores pour faire nos entraînements. La course qui nous a fait mettre d’autres activités de côté afin de nous y consacrer. Corps et âme. Pe r s o n n e n ’ e s t à l ’ a b r i d ’ u n b r i s mécanique. Et cela même si nous prenons toutes les précautions. Ça arrive même aux athlètes olympiques. Alors rien n’empêche que ça nous arrive à nous, athlètes amateurs. Ça fait partie du processus d’entraînement que de risquer la rencontre avec une blessure. Non ce n’est jamais l’objectif. Mais je suis consciente qu’avec tout le kilométrage annuel que je fais, que mon risque est plus élevé d’avoir une blessure de course que si je suis assise sur mon divan.

PARCOURIR JUILLET / AOÜT 2016

Mais non, une blessure ce n’est pas la fin du monde. Je le sais. Vous le savez. Mais c’est la fin de notre petit monde. C’est mettre de côté un objectif, un défi qui nous tient à cœur. Qui compte beaucoup pour nous. Mais quand ça arrive, on ne peut pas très bien rationaliser la chose. Pour nous, c’est une catastrophe à ce moment-là. Une grande déception. De la frustration. Et bien souvent, de l’incompréhension de la part des gens qui nous entourent. Et encore plus si ceux-ci ne sont pas coureurs. Les blessures font partie des risques. Et elles arrivent rarement au bon moment. Ce n'est qu'un caillou dans notre soulier. Un détour sur notre chemin. Cet arrêt de course, même s’il était forcé, m’a fait apprécier encore plus la course à pied. Et ça me confirme que ça fait partie de moi. Car lorsque je ne peux pas en faire, il me manque vraiment quelque chose. Courir me fait du bien! Marly ;-)

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L’entraînement par 


intervalles : la clé de la réussite

Caroline St-Pierre, entraîneure.

Dans le jargon du coureur, « les intervalles » sont de plus en plus cités. Il y a les intervalles courts, les intervalles longs, ceux sur la piste ou sur la route, mais tous ont le même objectif : améliorer la performance. La qualité vs la quantité Il y a quelques décennies, les athlètes s’entraînaient un peu n’importe comment. Plus ils en faisaient, plus ils semblaient réussir. Or, aujourd’hui, les études démontrent l’importance de la qualité des entraînements plutôt que de la quantité. Elles maximisent l’intensité plutôt que le volume. Mais d’où vient ce changement de paradigme ?

PARCOURIR SEPT/OCT 2016

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Les chercheurs ont réalisé que la

permettent aux athlètes de se fixer des

performance d’un athlète était déterminée

objectifs atteignables à court terme tels

surtout par son VO2max et sa capacité

que réussir sa série dans les temps

anaérobique. L’endurance de base, celle

prescrits par l’entraîneur. Certains disent

qu’on améliore en augmentant

qu’ils font maigrir plus vite que les

progressivement la durée des

entraînements de longue durée, mais ce

entraînements, joue apparemment un rôle

n’est pas un argument que j’encourage.

bien moins important. Même pour une course aussi longue que le marathon ! Grâce aux expérimentations, on sait maintenant que les intervalles permettent d’améliorer le VO2max et la

Quelques exemples d’entraînements

capacité anaérobique. Théoriquement, on

Intervalles courts

planifie des efforts entre 75 et 110% du VO2max. Pour s’assurer d’une certaine précision, plusieurs font donc des tests tels que le Léger-Boucher ou le test en laboratoire pour connaitre leur VO2max.

20 min échauffement 15 x (20 sec 98% VO2max, 20 sec jog léger) 5 min jog léger 5 x (20 sec 98% VO2max, 20 sec jog léger) 10 min jog léger « 98% VO2max » représente environ la vitesse à

À mon avis, à moins d’être un athlète

laquelle un athlète court un 2 km. Ce n’est pas un

professionnel, ce n’est pas nécessaire.

sprint !

Après quelques essais, on reconnait nos zones « au feeling ».

Intervalles longs 15 min échauffement

Une panoplie d’avantages

3 x (5 min à 85% VO2max, 3 min jog léger)

En plus de faire progresser, les intervalles

10 min jog léger

s’insèrent mieux dans l’horaire chargé des

« 85% VO2max » représente environ la vitesse à

parents du XXIe siècle. Les changements

laquelle un athlète court un demi-marathon. Ne

de rythme imposés par les intervalles font

vous sous-estimez pas ! Vous ne devriez pas être

passer le temps plus rapidement. Puis, ils

en mesure d’avoir une conversation.


Course à pied : Tout sur les lapins de cadence 


Alexandre Émond, entraîneur

Chers coureurs, avec quatre ans d’expérience comme lapin sur plus de 15 courses de 21 km à 100 km, il me fait plaisir de vous présenter le lapin de cadence. En course à pied, le lapin de cadence est aussi appelé « lapin », « lièvre » et « pace bunny » en anglais. Lors d’une course à pied, il guide un ou des coureurs à réaliser un temps déterminé.

PARCOURIR SEPT / OCT 2016

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Les lapins aux courses sont recrutés par l’organisation de 
 l’événement. Ils sont plusieurs, pour un éventail de temps populaires. Par exemple, pour une course de 21km, ils peuvent être cinq, chacun pour un des temps suivants : 1h40, 1h50, 2h00, 2h10 et 2h20. Ils sont bénévoles. Leur tâche consiste à courir à un rythme régulier et d’arriver à moins d’une minute de leur temps cible. Tout le long de la course, ils tiennent une pancarte indiquant le temps visé. Une casquette à oreilles de lapin, roses de préférence, et un chandail de lapin sont aussi fournis. Ils vont aussi encourager les coureurs qui les suivent et répondre à leurs questions sur la course en général. Ils sont bénévoles mais reçoivent gratuitement un dossard et une collation. L’entraide et la camaraderie sont leur motivation. Certains s’amusent à se déguiser ou ont un thème distinctif. Pendant la course, le lapin qui n’est pas essoufflé, peut entretenir de bonnes conversations. Mon « lapinage » du marathon d’Ottawa 2016,

nu-pieds, fut l’occasion de nombreuses blagues, histoires et concours rigolos. Exit la performance, on s’amuse. Le recrutement se fait par référence et bouche-à-oreille. Les critères de sélection sont :
 - La capacité de courir plus vite que le temps du lapin. Par exemple faire ses 21km en 2h00 pour être lapin 2h20.
 - La disponibilité des postes de lapin et du coureur (lapin) pour la ou les courses.
 - L’expérience précédente réussie de lapin ou la régularité de la cadence en course et le nombre de courses réalisées.
 Donc presque tous les coureurs réguliers peuvent être «  lapin  » d’un temps qui leur est approprié. Certaines courses offrent des lapins qui courent en alternance course-marche, normalement en 10-1, soit 10 minutes de course alternée d’une minute de marche. Ce format de course est populaire auprès des débutants à une distance donnée. Alors il est possible d’avoir deux lapins de 2h00, un en course régulière et un en 10-1.

Mon « lapinage  » du marathon d’Ottawa 2016, nu-pieds, fut l’occasion de nombreuses blagues, histoires et concours rigolos. Exit la performance, on s’amuse.


Courir avec une pancarte nécessite un entraînement. Comme par exemple s’entraîner avec une bouteille pleine à la main. Le vent prend dans la pancarte et il faut parfois l’appuyer sur l’épaule ou la baisser. 


Courir l’hiver diminue les performances. Le lapin doit donc disposer d’une grande marge de manœuvre par rapport à son temps normal. Il doit aussi informer les coureurs d’ajuster leurs attentes par rapport à leur temps réalisé l’été. Les lapins courent généralement à la même cadence toute la course. Ils pourront prévoir une cadence un peu plus rapide pour ralentir dans les côtes, aux relais ou en fin de marathon. Le lapin peut aussi être informel et dédié à un seul coureur. Par exemple, un ami coureur plus rapide peut accompagner son ami plus lent pour l’encourager à faire son meilleur temps ou pour lui couper le vent dans le cas des athlètes de haut niveau. Dans les ultra-marathons, courses de plus de 42 km, le lapin peut accompagner le coureur sur une partie de la distance. Par exemple, les derniers 40 km d’un 160 km. Certaines courses autorisent les lapins à courir sans inscription ni dossard. Ils doivent alors ne pas utiliser les services offerts par la course. Les lapins, c’est le fun pour tous les coureurs!

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PARCOURIR JUILLET / AOÜT 2016

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Les lapins doivent aussi être en mesure de tenir une cadence stable en hiver, à -25*c. PARCOURIR JUILLET / AOÜT 2016

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DES MÉNISQUES EN SANTÉ, 
 UN COUREUR HEUREUX ! Dr. François Lalonde, Ostéopathe, Kinésiologue.

Les douleurs au genou sont assez fréquentes chez les coureurs (ainsi que chez la population en général), mais évidemment une douleur au genou peut lourdement affecter le plaisir que procure la course à pied. Cette douleur peut donc réduire notre volume d’entraînement, notre intensité, nos fréquences de courses, modifier nos objectifs d’événements et si on parvient à courir, la majorité des gens vont porter leur attention sur la douleur (au lieu du paysage) ! PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Donc il est important de discerner les différents types de douleurs qui peuvent 
 le genou. affecter Rapidement, comme mentionné dans mes articles précédents, il y a les douleurs de type traumatique (telle une lésion au ligament ou au ménisque) et les douleurs de surutilisation (telles les tendinopathies, comme décrites dans les articles suivants: (PARCOURIR Vol 1 No 3). À cela pourrait également s’ajouter des troubles dégénératifs, tels l’arthrose ou inflammatoires, tel l’arthrite. Évidemment, il faut cibler l’origine de la douleur pour mieux la traiter ! Dans les lignes qui suivent, je vais glisser un mot sur les douleurs provenant des ménisques. Les ménisques (internes et externes, voir image 1) peuvent être grossièrement comparés aux disques intervertébraux, c’est-à-dire qu’ils servent de coussin entre l’os de la cuisse (le fémur) et l’os de la jambe (le tibia).

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Donc, ces coussins en forme de croissant, ont une importance capitale dans la stabilisation du genou, dans l’amortissement des chocs (quand même utile en course à pied !) et pour assurer un mouvement fluide entre les os. Cependant, la lacune des ménisques est qu’ils sont peu vascularisés…ce qui fait en sorte que la guérison est très lente ! **Scoop**: la course à pied, contrairement aux croyances populaires, n’use pas les ménisques, au contraire, elle favoriserait une bonne santé! Donc, la pire erreur serait de ne pas bouger en ayant pour crainte d’user son articulation… Les lésions méniscales, chez le jeune adulte, sont habituellement d’origine traumatique et touchent plus fréquemment le ménisque interne qui est attaché au ligament collatéral interne (souvent le ligament est souvent lésé avec le ménisque lors d’une blessure traumatique (Ex. : sport comme le soccer)). Notez que passer rapidement d’une position accroupie à debout est souvent un facteur de risque traumatique négligé (donc attention à ceux et celles qui débutent le cross fit sans prendre le temps de maîtriser les mouvements !). Après la fameuse 40aine, les lésions du ménisque peuvent affecter autant le ménisque interne qu’externe puisque le processus dégénératif s’installe sournoisement, ce qui est souvent associé à la gonarthrose (arthrose du genou). En fait, avec la popularité grandissante de la course à pied, il arrive souvent qu’un coureur débute la course à pied après 40 ans et découvre ainsi des douleurs méniscales. Ceci-dit, la course ne devient pas une contre-indication mais sa pratique doit être bien planifiée et bien encadrée.

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Note sur la gonarthrose : il faut comprendre qu’un traumatisme (parfois à répétition, malheureusement dans certains 
 cas, dû au travail) des ménisques peut être un facteur de risque du développement prématuré de l’arthrose. Une arthrose sévère peut amener un pincement d’un côté du genou (Image 2). L’arthrose est un des motifs de consultation principale pour les douleurs du genou après 50 ans et touche davantage les femmes. Image 2.

Radiographie démontrant l’arthrose du genou. Notez le rétrécissement de l’espace entre le fémur et le tibia, comparativement au côté sain. Signes et symptômes • Blocage aigu ou répété (soit à la marche ou à la course) sans raison apparente. • Gonflement du genou (épanchement synovial) sur une période de quelques jours, suite à un entraînement vigoureux de course à pied. • Douleur en revenant d’une position de flexion du genou (ex. : passer de la position accroupie à debout). • Douleur localisée à l’interligne articulaire (espace entre le fémur et le tibia) lorsque le genou est fléchi.

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Traitements possibles • Évidemment, en premier lieu, consulter un médecin pour avoir un diagnostic et un plan de traitement approprié. La résonance magnétique est un excellent outil d’évaluation des ménisques. • Renforcement, modification des activités et du programme de course à pied. • Dans certains cas : chirurgie ou infiltration. • Exercice de stabilisation et d’alignement postural (correction des genoux valgus, varus ou en récurvatum). • Perte de poids, souvent la surcharge pondérale est un facteur de risque. En conclusion, ironiquement, la course à pied est un bon moyen de maintenir la santé des ménisques et par conséquent prévenir l’arthrose. Donc, il faut garder en tête qu’une lésion au ménisque dépend : 1de l’âge et 2- de la présence d’une blessure traumatique…donc ce n’est pas une blessure normalement causée par la course à pied elle-même ! La course fait seulement ressortir un problème préexistant ! Cependant, si vous avez un problème de ménisque ou d’arthrose, il est important d’en tenir compte dans votre progression de course à pied avec des professionnels de la santé et un kinésiologue. Ceci dit, on peut donc ajouter un autre bienfait de la course à pied sur la santé ! Bonne course ! François Lalonde, PhD, DO

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Maudite routine adorable 


Valérie Bilodeau, blogueuse.

Je dois d’abord vous informer d’un fait. Je me suis procurée un sac d’hydratation en début d’été, question d’être mieux équipée pour faire face à mes buts. Eh bien, je devrai vous faire une seconde confidence : il n’a pas servi autant que je l’aurais souhaité. Tout ça parce que j’ai triché, j’ai «trompé» mon sport de prédilection. Eh oui! Et ce faisant, j’ai donc envoyé paître ma routine de course à pied. De toute façon, devant la situation dans laquelle je me trouvais (à cause d’une nouvelle médication et le retour de vieilles blessures, je me voyais dans l’incapacité de relever les objectifs de course que je m’étais fixés), j’ai pensé que ce serait peut-être l’option à privilégier. Alors au diable, ce serait free style pour l’été! PARCOURIR SEPT/ OCT 2016

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Détrompez-vous, j’ai tout de même poursuivi les lignes blanches qui recouvrent l’asphalte un peu partout. Même en 
 vacances, mes souliers de course m’ont suivi. C’est fou tout ce qu’on peut voir, loin de chez soi… J’ai simplement couru moins loin, moins longtemps… J’ai surtout vu moins de racines, de roches et de montées vertigineuses que je ne l’avais prévu. Mais ce n’est que partie remise. J’ai encore toute ma vie pour découvrir la magie des ravitos où on a le droit de manger des croustilles (dans mon cas, il s’agit d’une motivation en soi pour débuter le « trail  »; gourmande va!). Mais faire autrement, ça fait tellement de bien parfois… Si bien que j’ai saisi l’occasion pour me plonger dans les dédales de ma plus grande crainte: l’eau. Je me suis rendue compte que je pouvais jouer dans les vagues, monter sur une planche de SUP (Stand Up Paddle) et même faire du yoga dessus! Kin toé la peur! We are the champions, my friends, and we'll keep on fighting 'til the end… Merci à Queen pour ces célèbres paroles. 1-0 pour moi! Non mais… On «  boost" la fierté comme on le peut, quand on se sent tout de même un peu moche de ne pas pouvoir atteindre ses aspirations sportives initiales. N’empêche que depuis quelques temps, je sens rejaillir «la normale» dans mes jambes. Je rentre tout juste d’une belle course un peu plus longue, sans nausée, fatigue inopinée ou douleurs suspectes. Est-ce qu’avec la rentrée qui s’annonce, je pourrai recouvrer mes habitudes de course? JOIE! Peut-être qu’un repos actif, une mouvance corporelle faite vraiment dans de toutes autres conditions, ça permet finalement de vouloir retrouver son rituel, même de l’apprécier?


Retrouver la routine de septembre. Oui, ça fait du bien finalement. Ă&#x2021;a a â&#x20AC;Š chose de rĂŠconfortant. Courir quelque par temps plus frais, courir pour faire les lunchs, le souper, les devoirsâ&#x20AC;Ś Non; cerveau, ne part pas dans cette d i r e c t i o n ! Re s t e d a n s l e i c i , maintenant, dans la pleine conscience. Câ&#x20AC;&#x2122;est justement la meilleure solution pour savourer pleinement ce retour, calquĂŠ sur le calendrier scolaire. Pour affronter ce brouhaha familial, vivement mes running pour me vider la tĂŞte et ainsi aller faire valser mes pieds au rythme de ma saison de course favorite. Se donner le droit de briser la routine, pour apprĂŠcier la retrouverâ&#x20AC;Ś Quel concept ĂŠtrangement fonctionnel! Ă&#x2021;a vous arrive aussi, vous, parfois?

Lisez le blogue de ValĂŠrie

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ValĂŠrie-Ă&#x2030;nergie!

C OURIR

POUR UNE CAUSE

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Programme parascolaire des PATROS

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courirpourunecause

PARCOURIR MAI/ JUIN 2016

@C o u ri r Cause

@

http://courirpourunecause.org/

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La Pandora 24 est une course en sentiers d’une durée de 24
 heures. Les participants peuvent participer à cet événement en solo ou en équipe. 46 hommes, 12 femmes et 12 équipes ont participé à cette course cette année qui avait lieu dans les sentiers à proximité de la gare de Prévost sur le Petit Train du Nord.

Pa r c o u r i r s ’ e s t e n t r e te n u a v e c l’un des organisateurs, D o m i n i c Melancon. Pandora 24 Depuis combien d'années l'évènement existe-il? L’événement a été créé en 2014. Donc cette année, nous étions à la 3e édition. Qui a eu l'idée de créer cet événement? Martin Coulombe et moi étions à préparer le Tour du Massif des Falaises 2013 dans un petit café au pied des Falaises de Prévost et nous avions débuté une discussion concernant la possibilité de nous inscrire à un Ultramarathon en équipe afin d’amasser des fonds pour le Comité Régional de la Protection des Falaises (CRPF). Au cours de la discussion, Martin amena le point : « Pourquoi on ferait pas un événement de 24 heures dans les Falaises à la place? » Voilà, la Pandora 24 était née… Le fait que les gens puissent s'inscrire en solo ou en relais rend l'épreuve accessible à

davantage de personnes et le choix entre la boucle de 4 km et 10 km permet aux jeunes d'y participer. Peux-tu nous parler du volet jeunesse de l'évènement? Le volet jeunesse existe pour faire la démonstration que quand on encadre les enfants sans les restreindre, ils courent beaucoup plus loin et longtemps que le veut la croyance populaire. Et ce, sans se blesser! Ainsi, les enfants sont invités à parcourir la boucle de 4 km accompagnés d’un adulte bien sûr! Cette année était la deuxième édition du volet jeunesse, tous ont couru de très grandes distances le sourire aux lèvres! Quel âge avait le plus jeune participant? 5 ans (Mathis Boucher) La tranche d’âge allait de 5 ans à 14 ans.


Ce qui est très intéressant est que les 
 participants n'ont pas de distance fixe à parcourir, donc certaines personnes très expérimentées peuvent parcourir une grosse distance tandis que des gens moins expérimentés ou moins en forme peuvent franchir une distance moins grande et prendre de longues pauses entre chaque tour. Quel est l'éventail de distance parcouru et l'éventail d'âge des participants? Les distances varient de 10km à 160km (160 km effectué par Benoit Beaupré en 27h34) et l’éventail d’âge va de 5 à 72 ans.

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Le sentier parcouru par les participants est tout simplement magnifique et l'un des objectifs de l'évènement est de recueillir des dons pour aider à la protection de ces sentiers, peux-tu nous en dire davantage? Depuis 3 ans les fonds recueillis avec les courses et l’aide financière de différents paliers ont permis d’ajouter au parc (et donc de protéger), en moyenne, 121 acres de forêt par année. Le tout protégé à perpétuité!

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Chaque tour de 10 km à un dénivelé de 400m et une personne parcourant les 160 km 
 accumule ainsi un dénivelé de 6400m. Comment se compare cette course avec les autres Ultras dans le monde et surtout en Amérique du Nord?

Politique zéro gobelet (aucun verre jetable sur les tables de ravitaillement). Nous effectuons du recyclage et compostage des résidus provenant des tables de ravitaillement.

La Pandora 24 offre 23 000’ de dénivelé comparativement à 18 000’ pour la Western State, 7 000’ pour le Vermont 100, 16 000’ pour le Leadville 100 par exemple. Donc, la Pandora 24 se situe dans le Top 10 des ultramarathons en Amérique du Nord pour le plus de dénivelés positifs. L'objectif ultime est de parcourir les 160km en 24h, est-ce que quelqu'un a déjà réussi cet exploit? A ce jour sur le parcours de la Pandora 24 seulement 2 guerriers pandoriques ont réussi à parcourir 160 km. En 2014, Martin Rouillard a réussi l’exploit en 28h45 et cette année Benoit Beaupré en 27h34. Donc pour répondre à la question… non personne n’a encore été en mesure de parcourir les 160 km en 24h. La popularité des courses en sentier est telle que de nombreux évènements doivent utiliser une loterie pour sélectionner les participants. Est-ce que votre événement est complet? Comment un coureur peut-il s'inscrire? Il n’y a pas encore de limite pour la Pandora 24. Elle croit doucement. Son coté organique et moins « bling-bling » en fait un événement atypique touchant une niche précise de coureurs. L'environnement et la protection de la forêt sont évidemment très importants pour les organisateurs de l’évènement, comment faîtes-vous pour diminuer l'impact négatif de la course sur l'environnement? En résumé, voici les initiatives prises par l’organisation :

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Les médailles sont faites à la main avec des matériaux recyclés. Le balisage du parcours est fait à l’aide de fanions réutilisables. 31 passerelles de 10’ ont été installées par l’organisation en 2015 afin de minimiser l’impact de la course sur les sentiers plus fragiles. Un système de chronométrage sans puce, minimisant les rebus électroniques. Hébergement en camping sur le site avec restauration à proximité, limitant ainsi les déplacements inutiles. Aucun véhicule motorisé n’est utilisé pour la tenue de l’événement (mise à part les secouristes). Est-ce que l’évènement aura lieu l’année prochaine? Oui l’événement aura lieu les 22 et 23 juillet 2017. Les inscriptions sont déjà ouvertes et 50 personnes sont déjà inscrites.

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Rencontre

Antoine Jolicoeur Desroches rencontre François Jarry, coureur. 


François Jarry est un coureur se spécialisant en 5 000m et 10 000m. Il a récemment remporté le championnat Québécois de 10 000m sur piste en un temps de 30 :08 :40. PARCOURIR s’est entretenu avec lui quelques jours après sa récente victoire au championnat Québécois pour en apprendre plus sur son cheminement, son entraînement, ses objectifs et son alimentation.

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Tu viens de remporter le championnat québécois de 10 000m pour une deuxième année consécutive. Ça doit être un gros soulagement de garder son titre de championnat québécois? Honnêtement, j’avais plutôt confiance de 
 le remporter, mais c’est tout de même soulageant de transformer le potentiel en résultat et de mettre ça derrière. Ce qui me stressait le plus était d’atteindre un temps suffisant pour faire partie du programme d’excellence du Québec et je crois bien que c’est mission accomplie même si je n’ai pas atteint l’objectif que je visais. Ton objectif était de briser les 30 minutes. Auras-tu l’occasion de tenter ta chance prochainement? Malheureusement, cela devra attendre à l’été prochain. Je n’ai pas d’autres 10 000m de prévus cette année. J’aurai sûrement l’occasion au prochain championnat canadien de 10 000m vers juin 2017. Tu as également participé au Championnat canadien de 5 000m à Edmonton et a terminé en 10e position

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avec un temps de 14 :25  :16. Après la course, tu as écrit sur Facebook que tu étais déçu de ta performance, pourquoi? J’étais à moins de deux secondes d’un record personnel et d’atteindre le standard d’élite québécois, donc c’était très frustrant de manquer cela par si peu. Avoir su que j’étais si près de mon objectif, j’aurais sûrement pu rattraper ces deux secondes en faisant un dernier 800m plus rapide, mais malheureusement, je n’en étais pas conscient et je n’avais personne avec qui me battre dans la course avec plus de 20 secondes d’avance sur mon poursuivant. Quelle distance préfères-tu entre le 5 km et le 10 km et dans laquelle excelles-tu le plus? Selon moi, je suis un peu meilleur dans le 10km que dans le 5km si je me base sur les temps que j’ai réalisés jusqu’à présent. 30  :08 est mieux que 14  :23. Je dirais aussi que je préfère le 10km étant donné que j’aime les longues courses, malgré le fait qu’un 10km est beaucoup plus souffrant.

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Tu participes également à des courses sur route, des crosscountry, ainsi qu’à des courses plus longues comme des demi-marathons et marathons. Quel type de course préfères-tu? Je crois bien que je préfère les demimarathons étant donné que j’ai une bonne endurance. Aussi, j’aime beaucoup entendre les encouragements de la foule tout au long du parcours lors d’un demimarathon. Cependant, j’ai bien hâte de retourner aux marathons lorsque j’aurai cessé de me concentrer sur les plus courtes distances. Je n’en ai fait que deux jusqu’à présent, mais j’ai adoré l’expérience à chaque fois. Tu fais présentement un Bac en éducation physique à l’Université McGill et tu représentes ton Université en faisant parti de l’équipe de cross-country et de course sur piste. Quels sont tes plans professionnels et sportifs après avoir terminé ton Bac? Je planifie faire une maîtrise après mon Bac. Lorsque je cesserai de représenter mon université, je compte me concentrer sur les courses longues distances (10km, demimarathons, marathons et peut-être un jour les ultramarathons). Quand as-tu commencé les compétitions de course à pied et qu’est-ce que tu aimes de ce sport? J’ai commencé après avoir rejoint l’équipe de cross-country du CÉGEP André-Laurendeau.

J’aime courir dans les sentiers ou sur le bord de l’eau lors des journées faciles et repousser mes limites lors des entraînements difficiles. Il s’agit d’un plaisir intrinsèque. De plus, gagner une course ou même effectuer un nouveau record personnel est généralement très satisfaisant. Quel type d’entraînement préfèrestu? Les entraînements à intervalles sur piste de 400m ou plus sont mes préférés. J’aime courir vite et savoir exactement à quelle vitesse je vais et si j’atteins mes objectifs de temps. À quoi ressemble une semaine d’entraînement typique? Combien d’heures fais-tu et combien de kilomètres parcoures-tu? Généralement, c’est un entraînement avec des intervalles longues et soutenues les lundis, un entraînement à répétitions plus courtes et rapides les mercredis et un entraînement tempo ou simplement une longue sortie les samedis. Les autres jours, ce sont des sorties faciles d’environ 75 minutes avec parfois une journée de congé dans la semaine. Je calcule mon volume d’entraînement en minutes. Je fais en moyenne 550 minutes par semaine, parfois moins en préparation pour une course importante, parfois plus lors des semaines intenses d’entraînement. Je vais en moyenne autour de 4 :45-5  :15mins/km à mon rythme de repos donc j’évaluerais ma semaine moyenne à autour de 110kms.


Est-ce que tu pratiques d’autres sports pour t’aider à mieux performer en c o u r s e à p i e d ? Fa i s - t u d e l a musculation? Je fais occasionnellement d’autres sports dans le cadre de mon Bac en enseignement de l’éducation physique ou lorsque je joue récréativement au soccer avec des amis, mais cela n’est pas dans le but de m’aider à mieux performer. Je ne fais pas encore de musculation, mais je devrai probablement bientôt commencer un programme. Quels sont tes souliers d’entraînement et de compétition favoris? Mes souliers d’entraînement sur piste préférés sont les GoMeb Speed 3 de Skechers. J’aime leur fermeté et leur légèreté. Pour les entraînements plus longs, je préfère les GoRun Ultra Road. Pour les courses sur route de 5km jusqu’au demi-marathon (et marathon si j’en faisais), je porte aussi les GoMeb Speed 3. Pour les courses sur piste, je porte des Nike Zoom Matumbo. Pe u x - t u n o u s p a r l e r d e t o n alimentation? Je suis végétarien depuis environ quatre ans et j’essaie le plus possible d’être vegan depuis janvier 2016. Je mange énormément. J’estime à environ 4500 calories ma consommation quotidienne de nourriture. Quelles sont tes raisons pour diminuer ta consommation de viande? J’essaie le plus possible d’être vegan pour des raisons éthiques et environnementales. Améliorer mes performances n’est pas l’une des

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raisons principales pourquoi j’évite autant que possible les produits animaliers. As-tu remarqué des changements dans tes performances et ton niveau d’énergie? J’ai constamment progressé depuis que je suis devenu végétarien il y a de cela environ quatre ans. Cependant, je ne peux pas tirer de conclusions de cela puisque ma progression est due à de nombreux facteurs, l’entraînement étant évidemment le plus important. J’ai toujours eu un niveau d’énergie assez élevé et je ne pourrais pas dire s’il y a une différence entre l’avant et l’après de mon virage végétarien. Même chose lorsque je me suis mis à devenir vegan. Quel est ton repas préféré la veille de la course et le matin de la course? La veille, j’aime prendre un gros plat de pâtes ou de riz avec légumineuses. Le matin, je prends mon déjeuner habituel : des céréales avec du lait de soja. Finalement, qu’est-ce qui t’attend pour le reste de la saison et les mois prochains? Je tenterai de remporter le 5000m aux championnats québécois d’athlétisme samedi le 30 juillet * pour ainsi effectuer un doublé avec le 10 000m! Ensuite, je commencerai la préparation pour la prochaine saison de crosscountry avec McGill en automne! * voir note page: 67

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Notez que François a remporté les courses de 5 000M et 10 000M le 30 juillet dernier avec des chronos de 14:30:72 pour le 5 000M et 30:08:40 pour le 10 000M. Il est donc deux fois plutôt qu’une , couronné champion québécois . Bravo Mr. Jarry.


Photos: Antoine Jolicoeur Desroches. â&#x20AC;Š

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Calendrier de sortie 2016/2017

2 janvier

pour janvier /février

2 mars

pour mars/ avril

2 mai

pour mai /juin

2 juillet

pour juillet / août

2 septembre

pour septembre/ octobre

2 novembre

pour novembre /décembre

Pour nous rejoindre: 514-594-7618 Demandez Steve Lynch

info@pnimultimedia.ca

Ta longue sortie de course d’aujourd’hui deviendra l’échauffement de demain.

PARCOURIR magazine sur la course à pied


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