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zyvamusic.com ı Mai / Juin 2013 #26

Discussions avec :

FAUV≠E VICELOW FALLASTER LOCAL NATIVES

Zoom sur : LAO EXPERIMENT / ENLARGE YOUR MONSTER / KESPAR / DÉMON D’OR Chroniques : Bonaparte / Sollilaquists of sound / Bonobo / Woodkid Fanfare Touzdec / The black angels... + Actualité locale, Concerts coup de cœur...

Ne pas jeter sur la voie publique


SOMMAIrE

Keskiss pass dans l’coin ? p. 4 & 5 discussion : Fallaster p. 6 à 8 Zoom sur le local p. 10 à 12 discussion : vicelow p. 15 à 17 concerts coups de cœur p. 18 sortie cd p. 19 chroniques cd p. 21 à 23 Live reports p. 24 à 26 discussion : Fauve p. 28 à 31 discussion : Local natives p. 32 & 33 du son à l’image p. 34 ce magazine est imprimé avec des encres végétales sur du papier blanchi sans chlore. ce magazine a été imprimé par une entreprise Imprim’Vert certifiée ISO 141 qui intègre le management environnemental dans sa politique globale.

Mai / Juin 2013 | Edité à 20.000 exemplaires

1000 Points fixes dans la région Rhône-Alpes Rédacteur en chef : Grégory Damon redaction@zyvamusic.com Directeur de publication et responsable commercial : hedi Mekki commercial@zyvamusic.com Rédacteurs : Jagunk, Yoch, -hMK-, Kymmo, Pérrine, Julie, Germain, Blast, Violette, Alizée, Sarah, Thomas, Anto, Léo, Léa, Mo Photographe : Kymmo www.kymmo.com Maquette et graphisme : David honegger Chargé de communication / Presse : Nicolas Tourancheau & Margot Roulin communication@zyvamusic.com Bureau / adresse postale : 6 Grande rue de Saint clair - 69300 caluire et cuire Imprimerie : Pure Impression zyva 2004 : Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Aucun élément

de ce magazine ne peut être reproduit d’aucune manière que ce soit, ni par quelque moyen que ce soit, y compris mécanique et électronique, online ou offline, sans l’autorisation écrite de l’association zyva.

Passionnés de musique, vous souhaitez partager notre aventure, pour nous contacter : contact@zyvamusic.com Retrouvez les numéros précédents et les points de dépôt du magazine en téléchargement sur zyvamusic.com/mag Remerciements pour ce numéro : Netta Margulies (Vicelow), Laurent Pierson (Les Derniers couchés), Anthony chambon (Emodays production), Sandrine Labrune (Asso Avataria), Marie zambardi-Javelle (c’kel Prod? - festival Paroles et Musiques), Amélie hernando (Tnt festival), Martin Leclercq (DV1), Line heimroth (festival fêtes Escales), Jean-Paul Berney (Un Eté côté Saône), Audrey Michel, Morgane chanal (festival Démon d’Or), Nathalie chaurand (coexister Lyon - fAT), Joëlle Giraud (La Presqu’île), farid Bouabdellah (festival Bô Mélange), Sebastien courbon (Paperboys), Marino Le Bleis et Véro Broyer (Ardèche Aluna festival), Mathilde Rivera (Asterios - 3 Pom prod), Sascha Simiela (Bonaparte), Amélie Vaissié & Sylvain faure (Épicerie moderne), Sandrine Bruneton (Le fil), fabien hyvernaud, (Ninkasi), françois Arquillière (Transbordeur), Eric fillon (Mediatone), Val (La Stickerie), Elodie Pommier (Eldorado & co), Roger Wessier (Base production), Marie Neyret, Margot Roulin, Pc, Marie Neyret, Perrine Mekki, florence Damon-Bernard, fanélie Viallon, Blaise Diop, Marianne Balleyguier, Romain Gentis, clémentine Bouchié, Marine Nicolas, Thomas Bouttier, Antoine chaléat, Sylvain Vignal, Maxime Lance, Sarah Metais chastanier, Barthélémy courty et tous les bénévoles.

O

EDITO

n savait déjà, de façon officieuse, que la presse française vivait des moments de plus en plus difficiles, mais aujourd’hui, on en est sûr. cette certitude est apparue au plus grand nombre grâce, ou à cause, de l’affaire cahuzac. Autant l’affaire est d’une banalité constante dans le paysage politique français (habitué depuis toujours aux affaires politico-financières), autant le fond est consternant d’un point de vue journalistique. En effet, il aura fallu qu’un site internet, certes professionnel et indépendant, fasse son travail d’investigation, et non les “grands médias” de notre pays, pour que la vérité éclate au grand jour. Ainsi, deux hypothèses se profilent : soit l’ensemble de la presse française était au courant de tout, mais elle s’est tue ; soit elle n’est plus habilitée à creuser son travail d’investigation dans ce genre d’affaire. Dans tous les cas, ces dysfonctionnements sont assez révélateurs de l’état général de nos sources d’informations... L’indépendance des médias a donc connu un rebondissement percutant ces derniers mois et ce type d’affaire questionne de nouveau : qui se cache derrière les médias ? Et pourquoi ce genre de scandale n’est-il révélé que par un seul site internet ? Espérons que ces révélations ouvriront la conscience de la majorité d’entre nous, et que les médias qui font encore un vrai travail de terrain reprendront une place prépondérante dans la vie publique. En tout cas, c’est vers cela que modestement, nous, média musical, tentons de nous diriger au mieux. Au sommaire de ce nouveau numéro : les cinq Parisiens de fauve, dont le projet teinté d’optimisme et de Spoken Word monte, monte, et peut-être même un peu trop vite (ce sont eux qui nous le disent !). On aura aussi les californiens de Local Natives qui, malgré leur place haut perchée dans les charts US, gardent les pieds sur terre et un esprit indépendant. Pendant la 10ème édition du festival lyonnais L’Original, on est aussi allé à la rencontre de Vicelow. L’ancienne voix rauque du Saïan Supa crew est désormais seule, mais pas du tout désemparée - bien au contraire. Pour finir, on s’est intéressé aux locaux de fallaster qui, malgré un style - le Post-hardcore - très peu médiatisé en france, essayent de tirer leur épingle du jeu. Pour le reste, comme d’habitude, ce sera surprises, découvertes et bons plans. c’est à vous ! Grégory Damon

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De La Montagne / Par Kymmo

KESKISS PASS DANS L’COIN ?

L’actualité des structures et groupes Rhône-Alpins

Ardeche Aluna Festival

Dans ton ...

Pour la 6ème édition de l’Ardèche Aluna Festival, à Ruoms du 13 au 15 juin, on aura encore droit à un bon paquet de têtes d’affiche. Le premier soir seront présents : Etienne de Crecy, The Hives ou encore Skip The Use, Saez et les Fatals Picards. Le vendredi, la programmation sera un peu plus grand public, avec Olivia Ruiz, M, les BB Brunes, Lilly Wood & The Prick et Breakbot. Enfin, le samedi, place à Mika, Tryo ou encore Cali. A noter que chaque jour, deux artistes Découvertes se produiront en fin d’après-midi. + d’infos : www.aluna-festival.fr/

Les 29 et 30 juin aura lieu la 4ème édition du festival Dans Ton Kulte, à Viriat près de Bourg-en-Bresse. La journée sera animée et vous pourrez notamment y découvrir les arts numériques, faire un tour en montgolfière, faire de la slackline ou encore visionner un court-métrage. Mais c’est le soir que le festival prendra son envol avec des concerts aux ambiances multiples, allant du Jazz manouche, avec Turbo Niglo Trio, au Reggae Jazz, avec les Wailing Trees, en passant par le Blues Hip Hop de Scarecrow et le Dub Rock des Sticky Fingers. L’ambiance sera également à tendance électro avec AlgoRythmiK, Jd Barrett et Candy et sa Drum’n bass. Pour le reste, la décoration du festival a été réalisée en hommage à l’univers du réalisateur Tim Burton. De quoi en prendre plein les yeux. + d’infos : www.danstonkulte.fr

Du Reggae à St-Etienne

St Chamont en fête !

Le City Youth Reggae Festival propose pour sa 3ème édition cinq jours de concerts, soirées et films 100% roots. Le 14 mai sera diffusé le film “Rude Boy Story” sur le groupe Dub Incorporation. Le 15, ce sera Apero Mix dans les bars stéphanois. Le 16, la Jam’Session débarque de Lyon pour une grosse session gratuite accompagnée de SeenJay. Le vendredi 17, première grosse soirée au Fil avec la présence du survolté Anthony B qui sera accompagné du groupe Datune et de Jah Gaia. Le lendemain, rendez-vous à La Cartonnerie avec Skarramucci, l’Entourloop et Kromi pour le côté Reggae Hip Hop, et enfin Full Dub pour les amateurs du genre.

Le festival La Rue des Artistes occupera pour la 16ème année le Jardin des Plantes à St Chamond, du 13 au 16 juin. La soirée d’ouverture sera dédiée à l’Afrique, avec le projet L’Afrique “Enchant’ier” qui réunira une dizaine de groupes-structures venant de la musique, des arts de rue ou encore du cinéma, le tout coordonné par l’association Atout Monde. Les deux jours suivants, place aux concerts avec une première soirée Reggae où se produiront Cotton Belly’s, The Soul Sonics, Païaka et Datune. Le lendemain, la thématique sera Parfum d’Orient avec Idir, Iznayen et Toumsat. Enfin, pour clôturer le festival, le dimanche l’entrée sera gratuite, et Le guinguette Show, Thomas Pitiot et Djéli Moussa Condé joueur de Kora d’origine guinéenne (photo), seront là pour vous faire voyager. + dinfos : www.laruedesartistes.fr

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Le Bouc en musique

Paroles et Musiques à St-Etienne Pour la 22ème année, le festival Paroles et Musiques envahit StEtienne du 28 mai au 1er juin. Comme à son habitude, l’organisation nous a concocté un mélange allant de la grosse tête d’affiche au groupe en devenir. Cette année, on aura donc droit à -M-, Olivia Ruiz, Tryo, La Rue Ketanou, Lescop ou encore Emily Loizeau. Les amateurs de Rap auront droit à leur concert avec la présence de Kery James et des Psy4 de la Rime. Côté chanson française décalée, on notera la présence de Loïc Lantoine, ou encore des deux frères du groupe Volo. La journée du samedi sera quant à elle consacrée aux orchestres, avec l’Amérique du Sud en thématique commune. Le concept Versus est également lancé cette année avec la collaboration de deux artistes pendant plusieurs semaines de résidence au Fil. Pour la première, ce sera donc le groupe Gagadilo (photo) qui travaillera avec le rappeur lyonnais Tahiti Bob. + d’infos : www.paroles-et-musiques.net Festival 6

ème

continent

Pour sa 15ème édition, le festival du 6ème Continent garde sa ligne directrice World Music, mais il sera cette année à forte tendance électronique. La soirée “Tous à la Guill” ouvrira le festival avec pas moins de 50 évènements dans 50 lieux du quartier de la Guillotière à Lyon. Le vendredi, place au Parc de Gerland, avec une soirée Ethnotek : O.B.F feat Shanti pour le côté Dub, Dj Driss et sa Trance, Captain Cumbia, Mazal et son Electro séfarade, Kumpania Beats pour le côté Balkan, et enfin Harage MC pour l’ambiance Ragga Dancehall algérien ! Le samedi, c’est toujours au Parc de Gerland avec la tendance électro encore présente : Balkan Beat Box balancera son Hip Hop Electro des Balkans, Le Bonk et son Electro cuivrée, et enfin Gadjo Loco pour un côté folk. La journée du dimanche, les Bals Folks seront à l’honneur, avec Lucas Thebaut qui proposera un bœuf musical, et le duo franco-sénégalais Sons Libres. + d’infos : www.sixiemecontinent.net/festival2013

Le Fest’Bouc, troisième du nom, aura lieu cette année les 5 et 6 juillet à Mornant, entre Lyon et St-Etienne. Place donc à deux soirs de concerts, sous deux chapiteaux, jusqu’au petit matin, pour seulement 15€ les 2 soirs. Au programme : le premier soir, on aura notamment droit à O.B.F, Maniacx, Kacem Wapalek, Algorythmik, Anakronic Electro Orkestra. Le lendemain se produiront entre autres Kanka, Aphrodite, Jukebox Champions, Dirty Honkers et Tilt. + d’infos : www.festbouc.com Musique en Montagne ! Vous voulez profiter du bon air de la montagne en été et vous faire un petit concert ? Le festival Col des 1000 est fait pour vous ! Il se déroule les 5 et 6 juillet à Miribel les Echelles. Cette année, vous pourrez profiter d’une ambiance très festive avec, entre autres, pour le premier soir : Biga Ranx, les Monstroplantes, Hilight Tribe ou encore The Architect vs Befour. Le samedi, on commencera par les concerts de Puppetmastaz, Kacem Wapalek, Dengue Dengue Dengue et Rules Of Peace. La soirée ne s’arrête pas là puisqu’un Soundsystem prendra le relais jusqu’au petit matin, où Roots Collective & Joko Sound invitent les Britanniques de Chanel One. + d’infos : www.anamounto.com Le Seyssuel Fest grandit !

Les 24h de l’insa Les années passent et les 24h de l’Insa, à Villeurbanne, sont toujours là, et elles grandissent d’année en année. Les 17, 18 et 19 mai, vous aurez donc droit à deux scènes : la scène Pression Live, un peu fourre-tout, et la scène Electro. Le vendredi 17, les têtes d’affiche seront les déjantés Naïve New Beaters et Stuck In The Sound. Ils seront accompagnés ce même soir de Waek, The Blow Up et Dog Bless The Fonk. Sur la scène Electro, ce sont Else, Tiburk, The Dirty Papy et K-Le Son qui vous feront danser. Le lendemain sur la scène Pression, place à un groupe qu’il va falloir surveiller de près : Deluxe, mais aussi The Supermen Lovers, The Architect et Yalta Club ; sur la deuxième scène, ce sera l’Elektrocube pendant toute la nuit avec K-Le Son. + d’infos : www.24heures.org

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D’année en année, le festival à tendance Rock de Seyssuel (près de Vienne) évolue, et pour la première fois des têtes d’affiche nationales seront présentes. Du 17 au 19 mai, les guitares vont cracher avec, dès le premier jour, le groupe de Ska Punk nancéien P.O Box, le Hard Rock de Flayed et les Lyonnais d’Aléa. Le 18, les Monstroplantes et leur Drum’n’bass cuivrée seront accompagnés d’Orange Bud, de Gentle Art of Making Noise et de As You Want. Le dimanche 19, place au Métal avec Primal Age, Sceau de l’Ange, Amon Sethis et Dead Season. + d’infos : www.seyssuelfest.fr


DISCUSSION

Prochain concert : 02/06 Ninkasi Kao / Lyon

Local Emodays 22/03/2013 Par Léa.

FALLASTER

vous présenter Fallaster : une patte bien à eux qui se ressent dans des morceaux Ltoutaissez-nous exprimant la joie comme le malheur, avec une identité graphique à toute épreuve. Ces mecs savent faire et font tout eux-mêmes. Groupe de la grande famille Post-Hardcore, ils ont su s’imposer à Lyon et commencent à se faire une bonne place au soleil au niveau national ; ils ont notamment dans les pattes une date avec Finch au Trabendo de Paris, ainsi qu’une tournée de 15 dates pour présenter leur dernier album. ZYVA a rencontré Anthony et Antoine, respectivement chanteur et guitariste de la formation, dans les locaux d’Emodays. L’indépendance ou la mort ZYVA : Bon alors, les gars, concrètement, d’où vient votre nom ? Peut-on y trouver un quelconque rapport avec le phalanstère de Fourier ? Anthony : Waouh, de quoi tu nous parles là ? (rires) Non, en fait c’est un néologisme. On a cherché deux mots qu’on aimait bien, on les a assemblés, on a essayé des combinaisons différentes, et au final on a trouvé ça. Au début, ça devait être Asterfall, parce que c’est vrai que Fallaster ça ne veut pas dire grand chose... Mais au final, on a retourné les deux mots parce qu’on trouvait que ça faisait trop Métal. On s’est aussi aperçus que le Fallaster, c’était une plante, un genre de géranium qui pousse aux États-Unis... Z. : Vous avez enregistré votre dernier album à Montréal l’été dernier. Pourquoi ne pas l’avoir enregistré en France ? Anthony : Évidemment, il y a de bons producteurs en France, de bons réalisateurs, des gens qui savent faire sonner, mais c’est tout de même assez rare. Notre son est issu d’une scène très récente, très neuve, et les personnes qui savent le faire sonner comme il faut ne sont pas toujours au top. En France, on a plein de super ingé-son, mais ce qu’ils font correspondait moins à ce qu’on voulait. On était déjà en contact avec Luc Tellier qui habite à Montréal, avec qui on avait enregistré Save Me, qui est un titre qui est sorti juste avant l’album, et il l’avait aussi déjà mixé. Quand on lui a demandé pour l’album, il nous a dit “Let’s go les guys !” avec son accent québécois. Au début, on voulait juste enregistrer en France et faire mixer là-bas, et puis au final on y est allé pour tout faire. Ça nous a permis de nous souder, de tout faire ensemble pendant une période.

Z. : Vous habitiez ensemble à Montréal ? Anthony  : Ouais  ! On avait loué un appart-maison, ils appellent ça des trois-demis là-bas... Il y avait trois chambres. C’était une aventure qu’on avait envie de vivre ensemble. Être en contact directement avec un réalisateur, c’est très important, même si on avait fait des pré-productions, des maquettes très abouties. Il a quand même fait pas mal de modifications, notamment au niveau des refrains. Z. : Vous avez fait une apparition dans Myrock il n’y a pas si longtemps. Qu’est ce que ça vous fait d’être dans les pages de l’un des magazines de Rock les plus vendus ? Anthony : En fait, on a déjà été dans Rock One et Rock Sound. Antoine, via son ancien groupe, les Slugs, y a aussi été. Il a même fait la couverture du sample. C’est dur à dire, mais on a vraiment besoin de ce genre de reconnaissance. Antoine : Après tous les efforts qu’on a fournis pour l’album, c’est le genre de détails qui fait du bien. Anthony : On a aussi fait l’objet de beaucoup de chroniques sur plein de webzines français et étrangers, avec Fuse entre autres. Il y a des petites choses comme ça qui se débloquent. Après, on n’est pas au courant de tout, mais je sais qu’il y a des radios indé qui nous diffusent un peu et ça, c’est vachement bien, on est super contents. Z. : Quel a été votre plus gros challenge depuis que vous avez monté Fallaster ? Antoine : Supporter le batteur ! (rires) Anthony  : Moi, je dirais l’album  ! Avant qu’Antoine et

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Vincent Hil

Tours, c’était la ville où il y avait le moins de monde, on est allé au contact du public, on était contents. Tu vois vachement plus leurs réactions comme ça.

“C’est vrai qu’on a mis du temps à se trouver et à faire exactement ce qu’on voulait depuis des années, mais on y est arrivé.” Xavier, les deux guitaristes, ne nous rejoignent, on était avec un autre guitariste qui s’appelait Nicolas. C’est vrai qu’on a mis du temps à se trouver et à faire exactement ce qu’on voulait depuis des années, mais on y est arrivé. Pendant deux ans, on a bossé à raison de deux répétitions par semaine. Mais au-delà de ça, il a fallu réfléchir à ce qu’on voulait faire, trouver une certaine cohérence. Ça a été deux ans hyper intenses où on s’est posé un milliard de questions, et moralement, c’est compliqué. Z. : C’est votre premier album ? Anthony : Non, c’est le deuxième ! Il y a aussi eu un EP, mais on ne communique pas trop sur le premier album parce que, même si moi je l’aime encore, c’était pas vraiment ce qu’on voulait faire, c’était plus pop-punk. On communique surtout sur le dernier album et sur l’EP. La création de cet album, c’était un peu comme se marier ! Partir à Montréal aussi c’était compliqué, il a fallu prévoir énormément de choses, comme la douane par exemple. Z. : Vous commencez à avoir une communauté de fans assez importante, surtout sur Lyon. Ça marche aussi bien dans les autres villes ? Antoine : Ça dépend franchement des villes, il y en a où ça marche pas mal, comme Paris ou Montpellier. Anthony  : A Lyon, on a fait 400 personnes, mais on n’était pas tout seuls. A Paris, on a fait un petit 250, et pour les autres villes ça variait entre 30 et 150. On a tourné tous les jours de la semaine, donc c’est vrai que le dimanche et le lundi il y a un peu moins de monde. Nous, on reste très contents de jouer, même devant 20 ou 10 personnes. C’est impressionnant, mais c’est génial de le faire. On est même descendu de la scène.

Z. : Nous ce qu’on a retenu, c’est que votre mur Facebook est rempli de mots d’amour de vos fans ! Antoine : C’est l’avantage avec ce style qui n’est encore pas très commun, ni très populaire : notre public n’est pas très large, mais le fait qu’il soit spécialisé fait qu’il nous aime beaucoup. Je préfère les groupes qui ne sont pas des groupes-poubelles qu’on aime trois ans puis qu’on jette. Anthony : Je pense que ce sont des gens qui aiment profondément cette musique-là et qui ne sont pas là par un effet de mode. Ils sont fidèles. On est tellement peu à faire ce genre-là en France et on est tellement spécialisés dans un genre qu’au final, ceux qui aiment vraiment ce genre-là sont là. Antoine : Ce sont des gens qui écoutent la musique et qui l’entendent pas, c’est ça la différence. Z.  : Anthony, tu présides également l’association Emodays qui a pour but d’organiser des concerts et soirées autour du hardcore, post-punk, pop punk... Tu trouves ça compliqué de te donner à fond dans deux activités différentes ? Anthony : On m’a souvent dit “Anthony, t’arriveras jamais à faire les deux.” C’est une connerie. C’est la plus grosse connerie qu’on m’ait jamais dite, je crois (rires). Ça crée certaines jalousies, on me dit souvent “toi, t’arrives à faire ceci ou cela”. Oui, peut-être que j’y arrive, mais c’est parce que j’ai donné toute ma vie à cette scène-là. Il n’y a personne qui nous aide, tout l’album c’est DIY, Do It Yourself. On a tout fait nous-mêmes. Le clip, on l’a fait nous-même ; l’album, on l’a quasiment fait nous-mêmes parce que le réalisateur s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup de choses ; les photos, on les faits nous-même ; les graphismes, on les as faits quasiment nous-même aussi... Z. : Au final tu n’as plus une minute à toi si tu dois tout gérer, non ? Anthony : Non, enfin... Fallaster, on aimerait bien donner ça à quelqu’un avec Antoine, c’est vrai que pour l’instant on le fait par défaut. Pour ce qui est de la gestion du temps, c’est un tout petit peu compliqué, mais pas tant que ça parce qu’au final, ce sont deux choses qui se ressemblent un peu. On est des passionnés, en fait. C’est bizarre que les gens soient jaloux de ça. Tout ce que je fais dans Fallaster, ça n’a rien à voir avec Emodays. Je fais ça sur mon temps libre comme n’importe quel groupe le ferait. Antoine : De toute manière, même si tu l’avais fait grâce à Emodays, tous les contacts et pistons que tu t’es fait, tu te les es faits seul, donc ça revient au même. Anthony  : Exactement  ! C’est clair, net et précis  : on ne m’a jamais aidé, que ce soit avec Emodays, avec Fallaster... Enfin si, on nous a aidés en nous mettant sur des dates et compagnie, mais on n’a jamais eu de manager, on n’a jamais eu de label...

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“Je pense qu’il n’y a pas de genre musical qui fonctionne. On est en France donc il n’y a pas de tubes dans ce genre de musique en France.”

Z. : Tes contacts ne t’ont vraiment pas aidé ? Anthony : Alors, je vais te dire la vérité. La tournée par exemple, c’est Antoine qui l’a bookée. Il l’a bookée comme il a booké la tournée de son ancien groupe avec les Slugs. Antoine : C’est toujours la même chose, ce n’est que du temps, de la persévérance et des coups de fil. Anthony : Au niveau du label, moi je n’ai aucun contact. J’ai fait ça en tant que chanteur du groupe. Antoine : On s’est juste sorti les doigts. (Rires)

Z. : Le public des associations comme Emodays, ou encore OrageRock, est un public très spécifique à Lyon, très particulier. Est-ce que vous pensez que votre très bonne connaissance et votre excellente intégration dans ce public vous a permis de mieux le cibler, d’adapter votre musique à ce type de public ? Ou, au contraire, avez-vous décidé de faire votre truc perso et de le balancer au public en leur disant “vous aimez ou pas, en tout cas c’est nous” ? Anthony : C’est vrai qu’on est, comme d’autres gens, un peu plus conscients de ce qui se fait en ce moment. Mais après, on n’est jamais sûrs de rien et personne ne sait ce qui fonctionne. Souvent, on me dit que Fallaster fait de la musique qui “fonctionne”. Je pense qu’il n’y a pas de genre musical qui fonctionne. D’une, on est en France donc il n’y a pas de tubes dans ce genre de musique en France ; et de deux, ce n’est pas une attitude ni un genre musical qui fonctionne, c’est une identité. Un groupe qui a une vraie identité comme Fall Out Boy, qui soit à la fois visuelle et dans le timbre de la voix, c’est ce qui a fait que ça a pris. Bullet For My Valentine, Metallica, c’est pareil ! C’est pas un genre qui fait que ; c’est l’identité qui marche : les gens ont besoin de sincérité. Ensuite, c’est vrai que les gens nous disent qu’on change souvent de style, moi j’ai toujours eu l’impression de faire toujours le même genre sans jamais y arriver. Je sais que je me dévalorise en disant ça, mais là on a vraiment réussi à faire ce qu’on voulait, enfin. Certes, avant il y avait des sonorités plus pop-punk, mais j’avais 20 ans à l’époque, et là j’en ai 29. Z.  : C’est vrai qu’on reconnaît toujours votre patte, mais certains morceaux comme Save Me ont des tonalités beaucoup plus électro post-punk que votre dernier album, dont les mélodies sont plutôt mélancoliques. Anthony : Je comprends totalement, seulement c’est un délire ! J’en suis très fier, c’est le plus tubesque de nos singles, mais ça a vraiment été un délire. Notre guitariste de l’époque est arrivé avec un son du genre “mmts mmts” (il imite les bruits des beats électro, ndlr) et il me dit “viens, on le met”. Et moi je lui dis qu’il est fou ! Il a commencé à l’ajouter à la pré-prod et on a trouvé que ça claquait, du coup on l’a mis. On s’est dit que de toute façon on n’avait rien à perdre, c’est pas comme si on avait 100.000 fans et que la maison de disques nous disait de

faire gaffe à ce qu’on faisait. Nous, on s’en fout, on a fait ça pour le plaisir et on continue à faire ça pour le plaisir. Les gens ont beau dire le contraire, ce qu’on a fait est totalement intemporel.

Z. : Vous êtes très connectés sur les réseaux sociaux et vous communiquez beaucoup via le web de façon générale. Est-ce que vous pensez qu’il est totalement indispensable de se développer via le web de nos jours, quels que soient le genre de musique et le public visé ? Anthony : Ça dépend vraiment du public que tu cibles à mon avis. C’est vrai que si tu fais du classique, tu toucheras un peu moins de personnes.

Z. : Et au niveau des groupes pour les jeunes, de la musique plus moderne ? Antoine : Pour ma part, je pense que oui, on est obligé d’exister sur Internet pour exister tout court. J’ai même l’impression que pour un individu, pour exister, s’il n’a pas Facebook, c’est tendu... Tout passe par Internet, que ce soit la promotion, ou la sortie du single... Ce ne sont plus des singles cartons qui seront sur les îlots à la FNAC qui vont marcher, ça va être la visibilité sur le web. Anthony : Et en plus de ça, c’est un média qui est quasiment gratuit et c’est vrai que pour des groupes comme nous, qui sommes complètement indépendants et complètement auto-produits avec notre argent personnel, c’est bien, parce que c’est gratuit. Internet est le principal média consacré aux musiques underground. Bon, à Lyon on a ZYVA quand même (rires) ! Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : Guns N’Roses – Knockin’ On Heaven’s Door The Offspring – Come out and play On pensait à Lynyrd Skynyrd, mais ils sont pas un peu nazis eux ? Des rednecks morts, c’est pas le top... On a deux chansons fétiches : Knockin’ On Heaven’s Door des Guns, et Come Out And Play de The Offspring. Offspring a toujours été le groupe préféré d’Antoine, et les Guns est le groupe préféré d’Anthony et d’Aurélien, notre bassiste. Knockin’ On Heaven’s Door des Guns est la première chanson avec laquelle Aurélien et Anthony ont répété, c’est le genre de chanson qui donne envie de faire de la musique quand on est gamin.

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Disclosing

Label : Emodays

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Mister Modo & Ugly Mac Beer feat. Liqid (45T EP) soundcloud.com/liqid

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ZOOM SUR LE LOCAL Par Léo

Lujena

E

ntre la liberté de la guitare et la rigueur des machines, Lao Experiment crée depuis 2008 un son hybride, passant du Rock au Dubstep sans sourciller, pour des montées de tension fulgurantes. Pierre Lemerle, qui quitte rarement sa montagne et sa robe de chambre, est en composition perpétuelle et laisse toujours une porte ouverte au changement et à la nouveauté. C’est ainsi que son dernier album, Cadavres Exquis, a mis trois ans à trouver sa forme actuelle, toujours pas définitive. Trois ans à enregistrer des dizaines de Cd, à passer des jours presqu’en ermite, sa guitare et ses machines pour seule compagnie. Jusqu’à s’y perdre parfois : “Y’a des choses intéressantes dans l’expérimental, mais ça peut vite être un peu fouillis. Après trois ans, c’était un bon bazar quand même, j’essaie de passer à des choses plus épurées”. Lao Experiment est avant tout un projet dédié au live, et Pierre Lemerle en a une conception bien à lui, avec laquelle il est intransigeant : “Je ne fige rien, ou très peu de choses, dans ma musique. En live, je n’ai que des séquences, mes morceaux ne sont pas écrits. Je choisis de les envoyer, de m’amuser avec, puis de passer à la suivante”. La guitare lui donne cette liberté, qui s’adapte aussi à ce qui se passe avec le public. Chaque live est ainsi unique, et le public a encore ce pouvoir, raréfié par la programmation, de rendre un concert banal ou exceptionnel. La guitare donne ce côté humain au live électronique, qui lui permet de se rapprocher du public, et

LAO VS. OÏBARA d’interagir avec lui. À l’image de son album, dont il a lui-même plié les pochettes, Lao Experiment est une histoire d’artisan autodidacte. Il découvre la MAO par hasard, à l’école : “Quand j’ai fait mon premier rapport de stage, je me suis rendu compte qu’il y avait un enregistreur sur l’ordinateur”. Et il a rapidement oublié de rédiger… Mais l’artisanat, c’est aussi un mec seul pour tout faire : la musique, le pressage, la distribution et la promotion. Si faire les visuels ou des clips en stop motion l’amuse, la promotion n’est pas sa première qualité : “Je n’ai pas forcément la fibre pour aller vendre mon projet, à terme j’aimerais avoir quelqu’un derrière pour gérer tout ça”. Lao Experiment reste donc plutôt local, et n’a pour l’instant aucun concert prévu avant l’été. Trop peu pour un projet dédié au live… Depuis deux ans, il a monté un projet parallèle avec Oïbara, un groupe de Punk/Rock de Montbrison, avec lequel il a déjà composé une dizaine de titres. Lao apporte une touche de beat et de nappes psyché à l’énergie d’Oïbara. Les lives, déjà plusieurs dans la Loire, prennent une autre dimension, avec une formation musicale complète : “Au lieu d’avoir un petit gars avec ses machines et sa guitare, tu as cinq mecs qui envoient du bousin”. /!\ Retrouvez l’artiste cet été au festival Foreztival ! + d’infos : http://laoexperiment.bandcamp.com http://laovsobr.bandcamp.com

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Erica G.

Experiment

La musique en mouvement

DR

Lao


Par Alizée

J

ENLARGE YOUR MONSTER Once Upon A Ride

.P et Phil boeuffaient depuis un bail, tandis qu’Axel et Lucien se faisaient les dents à l’ENM depuis 10 ans. J.P., c’est le “guitariste manchot” au riff acerbe qui ressemble à un type de Genesis. Phil chante et agite sa guitare, tandis qu’Axel chevauche sa basse, encourageant Lucien dans un démontage de batterie en bonne et due forme. Leur rencontre est un aventureux concours de circonstances, via les tortueux chemins de traverses du rock’n’roll, mais il suffit de les voir en live pour constater l’évidente alchimie. Repérés par Gourmets Recordingz en septembre 2012, ils ont depuis enchaîné quelques dates, une résidence au Totem et sont passés par la case studio en Février, mettant sur pied un EP à venir en Mai. Noir, poisseux, sensuel et heavy, ce cinq titres promet de retourner les petites culottes de ces demoiselles avant qu’elles n’aient le temps de dire ouf. Disfonctional Thoughts, au riff tendu comme un string, Spectrum, lancinante et flippante, OMG et Ride qui louchent vers le stoner poussiéreux... tout indique qu’Enlarge Your Monster ne fait pas dans la musique pour enfant. Rebaptisés par Jean-Charles Lavégie, boss de Gourmets Recordingz, “La Compagnie Créole Du Rock”, les monstres n’ont pourtant musicalement rien d’une blague :

KESPAR

Portrait : Kespar contre-attaque ! Par Anto

Prochain concert : 17/05 à L’Ampérage / Grenoble

Erica G.

G

renoble et le rap, c’est une longue et grande histoire d’amour. Quand Kespar débarque de son village non loin de Besançon, il s’en rend compte tout de suite : “Chez moi la culture hip-hop c’était zéro, il n’y avait rien !” À force de persévérance, il finit tout de même par débusquer quelques aficionados de la rap attitude pour qui il réalise ses premières prods’ : “c’était de la merde, mais on avait 14 ans on était content  !” Rapidement, il commence à faire quelques scènes avec le groupe de funk de son frère, du côté de Dijon : une expérience qui le conforte dans l’idée de devenir MC, encouragé par son entourage. À son arrivée sur la capitale de l’Isère, pour les études, sans véritable projet musical, il sort une grosse mixtape réunissant tous ses anciens titres, comme pour passer une étape. Sans rien de nouveau sur le feu, il travaille son flow et profite des nuits grenobloises : “J’ai pas trop enregistré de sons pendant un moment, presque un an, j’allais surtout dans les open mic, je rappais, je me faisais plaisir”. C’est ainsi qu’il construit son réseau, collaborant à tout va avec la scène locale. Rapidement, il forme Contratakerz (photo) en compagnie des rappeurs Vety, Ekors, El Kasper et Ticsi : lâchant leurs lyrics sur les prods taillées sur mesure de Linkrust, ils enflamment les soirées grenobloises en un rien de temps et sortent fin 2012 leur

“Il faut aimer le rapport à l’instrument, faire ce qu’on veut et le faire bien”. Lucides, ils ont toutefois conscience de l’ampleur du challenge, qu’ils prennent avec le sourire : “Avec Hendrix, j’ai découvert la musique, avec les vieux Red Hot, j’ai découvert la basse, et avec Black Rebel Motorcycle Club, j’ai découvert le rock - Et avec Enlarge Your Monster, t’as découvert le chômage !” se taclent-ils. Toujours sur la brèche, les quatre cocos menacent de leur gouaille irrévérencieuse quiconque serait susceptible de sous-estimer leur puissance. “Sur le fil du rasoir”, pour mieux se  libérer des conventions et “laisser parler son côté obscur”, voilà l’essence d’EYM. Quand on leur demande pourquoi ils persistent à faire ce métier d’artistes par les (sales) temps qui courent, ils répondent en chœur : “Pour l’éclate !” et Axel d’ajouter : “Et parce qu’on ne sait rien faire d’autre !” Du moment qu’ils le font bien… + d’infos : enlargeyourmonster.bandcamp.com

premier album, “Parpaing en couilles”. Influences débuts 90’s et samples improbables, les instrus vont du jazz à la soul ou la musique du monde : ils en vendent environ 400 exemplaires à prix libre et sont téléchargés un bon millier de fois sur leur site où l’album est disponible gratuitement. Fort de ce premier succès, Kespar compte bien continuer son bout de chemin en tant que MC. La recette du succès  ? “Je parle de la vie des gens, je relie mes idées avec des faits divers, des histoires que je connais. Y a toujours un côté mi-philosophique mi-abstrait, c’est des idées et pas des choses précises vraiment. C’est ma vision de la vie un peu. J’aime rester vague.” Toujours actif au sein des Contratakerz, il se consacre aujourd’hui à la sortie de son premier EP en solo : “Je me concentre vraiment sur l’écriture, avant c’était grave à l’impulsion, là c’est plus complexe, je me prends plus la tête. [...] Je veux vraiment que ça soit pro”. On en a écouté quelques extraits (confidentiels), et tout ce qu’on peut dire, c’est que l’acharnement paie : ça tue et ça sortira avant 2014. D’ici là, une mixtape, des faces B et un clip devraient vous tenir en haleine ! + d’infos : www.kespar.fr

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ZOOM SUR LE LOCAL

Festival Démon d’Or Le festoch qui monte ! Par Julie

Programmation hybride et assumée !

A

près avoir attiré 7500 festivaliers lors de l’édition précédente, le festival Démon d’Or revient, avec au programme des artistes de divers horizons : beaucoup de Bass Music, du Reggae, de la World Music, un peu de Hip-Hop et un soupçon de Techno. Surprise, cette année : l’événement se prolonge d’un après-midi, avec les Dub Invaders qui clôtureront le festival, histoire de terminer sur de bonnes vibes... Avant cela, les choses sérieuses commenceront le vendredi soir sur les trois scènes sous les chapiteaux. Sur l’une d’entre elles, “La ruche”, l’ambiance sera ensoleillée avec au programme la jeune chanteuse soul Hawa, sans oublier le légendaire Lee Scratch Perry, un des seuls reggaemen jamaïcains de sa génération (77 ans) encore en activité. Samedi, les gagnants du tremplin Charlie And The Soap Opera, les génialissimes beatmakers de La Fine Equipe, qu’on ne présente plus, et le producteur techno/minimal mondialement reconnu Popof, entre autres, prendront le relais. Pour les amateurs de beats et bass qui tâchent, allez plutôt faire un tour du côté de la “Bass’cour” le vendredi soir : le duo dubstep made in UK BAR9, la figure australienne majeure de la Drum’n Bass ShockOne et le très prometteur YoggyOne et son live Offbeat seront présents. Le lendemain, les non moins connus Brain Damage, ou encore l’as de la jungle Benny Page fouleront la même scène jusqu’à 3H du matin. La troisième scène, “La fourmilière”, sera, quant à elle, axée musique du monde : ambiance balkanique avec Imperial Kikiristan et Dj Click le vendredi, et orientale/jazzy le sa-

Par Jagunk / Photo : Kymmo

medi avec Nadara Gypsy Band et Aywa, ou quand le raï rencontre le rock... Vous l’aurez compris, l’éclectisme reste le mot d’ordre de ce festival qui veut garder une atmosphère bon enfant. “On est aussi heureux de programmer un artiste comme Lee Perry que de donner un petit coup de pouce à un groupe lyonnais comme Wailing Trees”, assure Morgane de l’équipe des Démon d’Or. “Nous essayons de rendre au mot festival son vrai sens, en ne faisant pas uniquement 2 soirs de concerts, mais en proposant des choses aussi en journée. L’idée étant à terme de proposer un festival sur une semaine ou deux, pourquoi pas”. Pour cette année, un village festif le samedi après-midi sera animé par des troupes de théâtre de la région, et le Psychadelik Garden en mode chill’out fera office de quatrième scène. Enfin, l’accès au site, qui avait fait défaut lors de l’édition précédente, sera amélioré : des navettes au départ de Gare de Vaise partiront toutes les 45 minutes dès le vendredi, et pour la première fois, des navettes ramèneront les festivaliers à la fin des concerts. Pas mal pour commencer l’été, non ?! Quand : Le 28, 29 et 30 juin Où : Poleymieux au Mont d’Or Combien : 20 euros par soir Pass 2 jours : 35 euros Pass 3 jours : 40 euros Retrouvez la totalité de la programmation sur : www.demondor.com

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DISCUSSION

Au Ninkasi Kao, le 29/03/13 Par Jagunk

VICELOW

“Super William K

Saïan”

clipsés par le succès rapide et fulgurant de Féfé, les autres membres du défunt groupe Saïan Supa EBeatbox). Crew ont eu du mal à tirer leur épingle du jeu (à l’exception peut-être de Sly the Mic Buddah côté JazzCe n’est pas pour autant qu’ils se sont tous cachés sur une île déserte en méditant sur leurs

succès d’antan, non ! On en a d’ailleurs retrouvé un qui n’a pas chômé depuis l’arrêt du groupe parisien, puisqu’il a monté son propre label et s’est à la fois investi dans 2 mixtapes personnelles, appelées Blue Tape, et dans un projet web et événementiel consacré à la danse et aux cultures urbaines : I Love This Dance. C’est donc en vieux briscard, mais pas démodé, que Vicelow est invité à rapper en ce mois de mars bien frais au festival l’Original, à Lyon. Nous sommes allés à sa rencontre.

ZYVA : C’est cool de te croiser ce soir car déjà, la dernière fois que l’on s’est croisé, c’était avec le Saïan Supa Crew, ici même. Et aussi parce que la mixtape BT2.0 est sortie il y a déjà un moment (pratiquement un an) ... Vicelow : Oui, c’est vrai, c’est sorti en digital y’a presque un an et on l’a ressortie en novembre en physique, avec des remixes en plus. C’est vrai que le temps passe vite ! Z. : Alors, pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, est-ce que tu peux juste nous raconter comment s’est passée pour toi la fin du Saïan Supa Crew, et comment tu as réenclenché par la suite des projets solos ? V. : Alors le groupe s’est arrêté en 2007 pour des raisons de groupes de base : des divergences, des hauts, des bas... Chacun est parti dans ses projets solos. A l’époque, moi je voulais partir direct sur un album, et au final j’ai fait une mixtape, qui s’appelle la Blue Tape. C’est un projet qui m’a beaucoup apporté, notamment sur scène, car c’est là où j’ai commencé à travailler avec mes potes danseurs. Ces dernières années ont donc été chargées en concerts avec la Blue Tape, et aussi avec I Love This Dance, un webzine français spécialisé en danse Hip Hop

et cultures urbaines, et qui crée des événements Hip Hop. Ensuite, il y a eu la BT2.0, toujours en compagnie de SoFly qui était déjà là pour la première Blue Tape. Z. : Tu n’as jamais eu de moments de flottement entre l’arrêt du Saïan et tous ces projets ? V. : Si, si, si, bien sûr ! Ça s’est produit au moment où j’étais à fond dans la danse. Je me suis dit : “j’arrête le Rap !” Ça se sent d’ailleurs sur certains morceaux de la Blue Tape. Quand tu es dans un groupe pendant des années et que tu te retrouves “seul”, c’est dur, surtout que moi je n’avais pas la conception musicale de faire de la musique seul. J’avais besoin de cette énergie collective. Puis au final, par la force des choses, je m’y suis mis... Z. : Et qu’est-ce qui se passe vraiment dans ta tête à ce moment-là ? Tu te dis que tu vas aller faire un boulot “normal” ? V. : Oula oui, tu te poses des tas de questions. D’un côté, tu as la déception du groupe, tu as moins d’inspiration qu’avant, et tu as le temps qui passe aussi. A l’époque, j’avais 29 ans, aujourd’hui j’en ai 34, et tu vois, le virage de la trentaine te fait te poser des questions. T’es père de famille, t’as eu un gosse, mais au final, ce qui ne te tue pas te rend plus fort...

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“Le virage de la trentaine te fait te poser des questions. T’es père de famille, t’as eu un gosse, mais au final, ce qui ne te tue pas te rend plus fort...”

peurs misent plus sur le côté instrument que le côté danse. V. : Moi, c’est quelque chose que je fais depuis pas mal d’années, depuis la première Blue Tape. Et puis, ils ne sont pas là que en tant que danseurs, il y a un petit côté théâtre aussi. Il y a un petit côté “back visuel”. Ils sont la continuité de mes paroles. Ça reste très cohérent avec la musique que je fais.

Z. : Donc aujourd’hui, 1 an après la BT2.0, j’imagine que tu prépares déjà autre chose, comme un album par exemple ? V. : Oui, oui, je suis en plein dedans. Ça sera quelque chose qui n’aura rien à voir avec les Blue Tape qui ont été faites avec un Home-Studio et SoFly dans une chambre avec zéro moyen. Là, j’ai vraiment envie de travailler avec des musiciens et d’avoir plus de moyens. Et puis j’ai gagné en maturité, depuis. Je compte m’y mettre vraiment cet été pour sortir ça en 2014, ça serait bien.

Z. : Tu es quelqu’un qui utilise pas mal Facebook pour à la fois nous raconter ce qui se passe dans ta vie, et aussi pour le côté artistique de tes projets. Comment arrives-tu à faire la part des choses entre les deux sur les réseaux sociaux ? Par exemple, je me souviens que tu avais balancé une photo de toi dans la foule, dans la rue, au moment de l’élection présidentielle. V. : Bah tu sais, quand j’écris des morceaux, ça veut tout dire et rien dire. Mais avant tout, ça reste quand même très personnel, ce que je raconte. Après, pour le coup, cette photo-là c’était un instant politique et je voulais vraiment partager ce moment, une ferveur populaire que je n’avais pas vue à Paris depuis très longtemps. Ça ne voulait pas dire “votez pour untel ou untel”, mais juste montrer comment cet événement a fédéré les gens. C’était ça que je voulais mettre en avant. Après, les réseaux sociaux sont de nouveaux outils que tu apprends à utiliser tous les jours, mais comme je suis en “indépendant”, c’est réellement important pour moi. Ça m’a beaucoup apporté, car les gens sont proches de ce que tu fais et suivent au quotidien tes actions.

Z. : Et sinon Vicelow, ce soir par exemple, ça donne quoi en live ? Tu mets en avant le côté danse ? V. : Ce soir non, parce que le plateau ne le permet pas. On est là en coût minimum : mon ordi et moi, c’est tout. Mais quand le budget le permet et qu’on est en version longue, oui je viens avec mon Dj et mes deux danseurs.

William K

Z. : Finalement c’est assez rare qu’il y ait des danseurs dans les concerts de Rap. Pour en avoir vu pas mal cette année, j’ai l’impression que les rap-

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Z. : Il y a quelques textes dans la BT2.0 qui sont vraiment forts en termes de messages, notamment sur la France, la société, les préjugés,... Alors aujourd’hui, quel est ton ressenti vis-à-vis de tout ça ? Tu sens que le climat a encore changé ? S’est amélioré ? V. : Le ressenti est un peu dur car je suis en plein dedans. Après, c’est sûr qu’aujourd’hui, à 30 ans, je ne pense pas comme quand j’avais 15 ans. J’ai appris à apprivoiser ma colère, les injustices, je vis avec, parce que sinon tu n’as plus de vie. C’est en voyageant que j’ai appris tout ça aussi. C’est là que tu te rends compte réellement sur quoi la France est en retard, sur quoi on n’est pas ouvert... Et quand je dis la France, c’est en général, car le Rap français en est le bon exemple. C’est un milieu très fermé sur lui-même et qui a peur de prendre des risques. En Allemagne par exemple, ou dans d’autres pays, c’est un autre état d’esprit. C’est beaucoup plus décomplexé, plus positif. On a toujours tendance à te tirer vers le bas. D’ailleurs, on l’a bien vu avec le Saïan : quand tu es en haut de l’affiche, tout est beau. Après, quand tu t’arrêtes et que tu fais des trucs à côté, le regard des gens change, et là au final tu te rends compte de qui est toujours là, et qui ne l’est plus. Z. : Donc par rapport à la question initiale, c’est ni mieux, ni moins bien ? V. : C’est compliqué... On nous parle de crise mais elle ne se situe pas que dans l’aspect financier. Elle est aussi présente dans notre manière de communiquer et de vivre. Je vois de plus en plus de choses bizarres. Tu prends juste en termes de politique par exemple, la gauche est passée parce qu’il n’y avait pas le choix. Et je ne pense pas qu’elle va passer deux fois. Rendez-vous dans 4 ans... Et les gens vont encore se ramasser une gifle. Ils vont se tourner ailleurs... vers personne. Après, moi, je ne suis pas le plus à plaindre car je fais ce que j’aime, je peux expliquer mon point de vue sur la société, donc voilà... Z. : Pour reprendre un truc un peu plus léger, j’ai vu que tu avais balancé il y a quelques heures un teaser des nouveaux épisodes de Dragon Ball Z (célèbre dessin animé des années 90), c’est un truc qui te touche encore ? V. : Oui, je suis tombé dessus il n’y a pas longtemps et je ne savais même pas que ça allait reprendre. C’est toujours les mêmes codes, toujours les mêmes trucs, mais ça défonce ! Et ils ont pas vieilli, eux. Z. : Ça me permet de faire un rapprochement avec la programmation de l’Original qui, pour moi, est pas mal teintée de ces années 90. C’est juste une période musicale, où il y avait vraiment un truc spécial à cette époque qu’on ne retrouve plus aujourd’hui ? V. : Non, c’est un éternel recommencement. Je ne pense pas que c’est nostalgique, mais je pense qu’à un moment donné, il faut revenir à une certaine base, une certaine époque. Mais ça ne se passe pas seulement dans le Rap. Reprendre les valeurs de ces années là avec les

“J’ai appris à apprivoiser ma colère, les injustices, je vis avec, parce que sinon tu n’as plus de vie. C’est en voyageant que j’ai appris tout ça aussi. C’est là que tu te rends compte réellement sur quoi la France est en retard, sur quoi on n’est pas ouvert.” codes d’aujourd’hui, c’est très positif. Et de toute façon, la génération de rappeurs qui ont 20 ans aujourd’hui feront partie de ceux qu’on reprendra dans 10 ans je pense, et ce seront eux les vieux à ce moment-là. Z. : Comment consommes-tu la musique ? Et est-ce que tu as des choses à nous conseiller ? V. : Le dernier achat que j’ai fait, c’était le Kendrick Lamar. Après, sinon, j’écoute des trucs qui passent comme ça, sans trop m’y arrêter. Dernièrement, j’ai écouté aussi un des derniers disques de Jazz d’un grand monsieur du Jazz, qui s’appelle Ahmad Jamal (pianiste  et compositeur de Jazz américain, qui a commencé dans les années 50). Et si je vais dans un autre registre, je vais sûrement acheter le dernier Cd de Justin Timberlake, histoire de voir ce que ça donne, car il paraît que c’est du lourd. Z. : Le dernier album de Rocé, tu ne l’as pas écouté ? V. : Non, je l’ai acheté sans l’avoir écouté, pour le geste. Mais j’ai pas encore eu le temps de me poser pour l’écouter. Pour moi, un album de Rocé, il faut l’écouter posé, au calme. Et puis Rocé, voilà, c’est un gars avec qui j’ai déjà travaillé, donc je soutiens à fond. Tu vois, tu viens de me rappeler que je l’avais acheté et que je devais l’écouter à fond. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique : Kendrick Lamar - The Art Of Peer Pressure Musicalement, comment il a posé tel ou tel son, ça m’a vraiment fait kiffer.

Blue Tape 2.0 facebook.com/Vicelow.officiel

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S T R E C N O C R U LES ΠC E D S P COU Lyon

14/06

18/05

26/05

25/06

28, 29 & 30/06

05/06

Crystal castle (Electro/rock) Transbordeur / 26€ / 20h

17/05

Egyptology (Electro) Sonic / 10€ / 20h30

18/05

Godflesh + Crown (Metal Indus) Epicerie Moderne / 15€ / 20h30

Pumpkin (Rap) Carré Curial 14h30

Bad religion (Rock) Transbordeur / 30€ / 20h

28, 29 & 30/06

24/05

Festival Démon D’Or : Charlie & The Soap Opera + La Fine Equipe + Brain Damage + Budju + Les Mots de la Tête + Dub Invaders… (Eclectique) Poleymieux au Mont D’Or

30/05

St-Etienne

23/05

Déjà Vu (Rock/Chanson) Ninkasi Kao / 9€ / 19h Thee Oh Sees (Rock) Marché gare / 15€ / 20h30 The Sea & Cake + Imagho (Indie Post-Rock) Epicerie Moderne / 13€ / 20h30

02 & 03/06

Emodays 10th anniversary party : Senses fail + All time low + Chunk! No captain + Fallaster + Mary has a gun... (Emo/Punk/Rock) Ninkasi Kao / Pass 2 jours 30€

Festival Lafi Bala : Ahmed Cisse & Les Gombis + Bebey Prince Bissongo + Debadema + Nouss Nabil… (Musique Africaine) / Gratuit

18/05

24/05

23/05

31/05

Crucified Barbara (Métal) Les Abattoirs / 16€ / 20h30

Puggy + Elephant (Rock) Le Fil / 25€ / 20h30

Macadam’s + The Florentines (Pop/Rock) Les Abattoirs / 10€ / 20h30

Crucified Barbara (Métal) Le Fil / 20€ / 20h

30/05

Paroles et musiques : Fauve (Rock) Le Fil / 12€ / 20h

Bourg-en-Bresse

30/05

-M- (chanson/Rock) le Phare / 32 à 59€ / 20h

11/05

Annecy

30/05

18/05

Amon sethis + Myrath + Soho (Métal) Le Brise Glace / 15€ / 21h Kymmo

01/06

HITT (Rock) Le Brise Glace 8€ / 21h

03/06

Bonobo (Electro) Transbordeur / 24€ / 19h

Chambéry 17/05

Sex machine (Electro/Jazz) La Soute / 5€ / 20h30

Kymmo

Juveniles

Mâcon 24/05

Circle II Circle + Eternal flight + Fire Wizzard + Nightmare (Métal) Cave à Musique / 14€ / 20h

29/05

Grenoble

06 & 07/06

Keny Arkana (Rap) La Tannerie / 25€ / 20h30 Hyacinth days (Math/Rock) La Tannerie / 3€ / 19h

Tue Loup + Volo (Chanson) Le Brise Glace / 20€ / 21h

Jim Jones Revue + Savage riposte (Rock) Transbodeur 20€ / 20h

Eight Sins + Orange Goblin (Métal) L’Ampérage / 10€ / 20h

Bourgoin-Jallieu

04/05

06/06

17/06

Rocé (Rap) Les Abattoirs / 16€ / 20h30

Paroles et musiques : Dissonant Nation + Juveniles + Lescop (Electro/Pop) Le Fil / 20€ / 20h

Fest’Bouc festival : Maniacx + Kacem Wapalek + The Stupid Monkey + Kanka + Aphrodite + Jukebox Champions… (Eclectique) Mornant

Aufgang (Electro) La Bobine 14€ / 20h30

10/05

31/05

All Time Low

Gull + The babies (Rock) Le Ciel / 12€ / 17h30

Sallie Ford + Les Suzettes (Rock) La Cave à Musique / 15€ / 20h

16/05

Dub Invaders + Roots Collective (Dub) Salle Berlioz Campus / 10 - 8€ / 20h30

21/05

Les Cowboys Fringants (Chanson) Summum / 30€ / 20h The Ex (Rock) La Bobine / 14€ / 20h30

facebook.com/zyvamag


g

Sorties d’albums MAI 06/05 PRIMAL SCREAM “More light” GHOSTPOET “Some say I so I say light” LITTLE BOOTS “Nocturnes” STILL CORNERS “Strange pleasures” THE D.O.T “Diary” PETE ROE “Our beloved bubble” SAVAGE “Silence yourself” ALISON MOYET “The minutes” ARCANE ROOTS “Blood and chemistry” THE CHILD OF LOV “The child of lov” MENDELSON “Mendelson” DEERHUNTER “Monomania” 12/05 BIBIO “Silver wilkinson” 13/05 LITTLE GREEN CARS “Absolute zero” MARK LANEGAN & DUKE GARWOOD “Black pudding”

STAGECOACH “say hi to the band” THE BOXER REBELLION “Promises” THE FALL “Re-mit” DINOSAUR PILE-UP “Nature nature” VAMPIRE WEEKEND “Modern vampire of the city” SHE & HIM “Volume 3” 20/05 TRIBES “Wish to scream” IS TROPICAL “I’m leaving” CHARLIE BOYER AND THE VOYEURS “Clarietta” PARLOUR FLAMES “Parlour flames” DIRTY BEACHES “Drifters/Love is the devil” THE NATIONAL “Trouble wil find me” FEFE “Le charme des premiers jours” 27/05 THE PASTELS “Slow summits” FAIRS OHS “Jungle cats” TRICKY “False idols”

CLOUD BOAT “Book of hours” MOUNT KIMBIE “Cold spring fault less youth” SPARROW AND THE WORKSHOP “Murderopolis” LAURA MARLING “Once I was an eagle” COCOROSIE “Tales of a grass widow” CHATEAU MARMONT “The maze” BERTRAND BELIN “Parcs” THE CRYSTAL FIGHTERS “Cave rave”

JUIN 03/06 CAMERA ODSCURA “Desire lines” BIG DEAL “June gloom” JON HOPKINS “Immunity” JAMES SKELLY & THE INTENDERS “Love undercover” SPLASHH “Comfort” MILES KANE “Don’t forget who you are” RALFE BAND “Son be wise” DISCLOSURE “Settle”

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10/06 KODALINE “In a perfect world” SCANNERS “Love is symmetry” SIX BY SEVEN “Love and peace and sympathy” KT TUNSTALL “Invisible empire // crescent moon” BEADY EYE “Be” THESE NEW PURITANS “ Field of reeds” 17/06 SPECTRALS “Sob Story” THE ELECTRIC SOFT PARADE “Idiots” TUNNG “Turbines” POLLY SCATTERGOOD “Arrows” THE VIEW “Seven year setlist” AUSTRA “Olympia” SIGUR ROS “Kveikur” EMPIRE OF THE SUN “Ice on the dune” 24/06 TOM ODELL “Long way down” HOOK AND THE TWIN “Never ever ever”


Chroniques d’albums James Blake | overgrown | Label : Republic Records

Woodkid | The golden Age | Label : Green United Music

C’est avec un album sans nom qu’en 2011, James Blake faisait son entrée dans la sphère électronique. Avec ses 21-22 ans à tout casser, sa voix de cristal avait posé un univers pas tout à fait froid, ni même mélancolique, mais plein de volupté et de délicatesse. De poésie. Fort de cette première production acclamée, le Londonien était impatiemment attendu, une seule question au bout des lèvres : s’agissait-il d’un premier essai unique, ou du début d’une référence ? Un peu des deux, pourra-t-on penser. Car dès ses débuts, la barre avait été placée haut (on pense à sa reprise du Limit To Your Love de Feist). “Overgrown” commence donc par son titre éponyme, paisible, qui progressivement gagne en force, mais sans nul débordement. Puis vient le ténébreux et mesuré I Am Sold, témoignage du talent de l’Anglais à nous transporter dans des limbes lointains. De sa voix absente, il laisse sur Take A Fall For Me, la place au flow de RZA, ses doigts apaisés sur les touches du piano. Premier extrait dévoilé, Retrograde est le point d’orgue de l’album : spatial, intemporel. Mais c’est sur Our Love Comes Back et ses douces complaintes que se conclut l’opus. Une décision judicieuse. “Overgrown” est une ode au songe, tout comme son prédécesseur. Même recette, mêmes ingrédients : une voix troublante, un piano finement maîtrisé, des slows suaves, des notes électriques. Quelque part, le jeune Londonien poursuit l’originalité qui est la sienne. Et on ne pouvait, ou ne voulait, en demander plus.

Cela fait bien longtemps que la populace se pâme sur l’extraordinaire Iron ou encense Run Boy Run. Donc bien évidemment, quand le premier album du garçon des bois sort enfin, la prudence est de mise. Le mec est un clippeur qui sort d’une école d’art, et si personne ne s’attend à du Sonic Youth, on en voit déjà faire machine arrière devant la monumentale dose de passages orchestraux bien épiques. Car un peu comme Rob Dougan et Mark Ronson à leur époque, Yoann Lemoine fait du guilty pleasure en puissance, en parfaite connaissance de cause. On pourrait se plaindre d’une sortie parfaitement marketée qui va faire le bonheur des publicitaires et des demeurés qui font des montages sur Youtube. Mais pour le reste, c’est un torrent de sons, un déferlement de violons larmoyants, de flûtes enchantées, de tambours martiaux, de chœurs qui dégoulinent, avec des douzaines de références cinématographiques, de la tristesse en canette, des batailles intergalactiques, du Funk avec des cloches d’église et une voix plutôt agréable, ce qui ne gâche rien. Ça déborde tellement de tous les côtés qu’on se demande d’ailleurs comment il a fait rentrer ces 14 morceaux dans un seul album. “The Golden Age” est prétentieux comme il faut, grandiloquent, baroque, presque vulgaire, mais touchant. L’album évite de faire preuve de (fausse) modestie. Un sentiment salutaire dans un début d’année un brin dépressif où seul pouvait nous sauver un jeune Lyonnais avec un orchestre. A noter qu’il sera le 8 juin aux Nuits de Fourvière avec l’Opéra National de Lyon (mais c’est déjà complet).

Blast

Thomas

The Black Angels |the indigo meadow | Label : Blue Horizon Ventures A l’heure où l’on voit nos idoles de jeunesse se noyer lamentablement dans les bas-fonds d’un chaudron de soupe (The Strokes, les frères Gallagher, Muse, …), quelques irréductibles insoumis arrivent encore aujourd’hui à prouver que le temps n’est pas une fatalité et que l’on peut encore enfiler les albums comme des perles, tout en gardant une constante qualitative. Certes, les Black Angels n’ont qu’une petite dizaine d’années d’ancienneté, mais déja cinq albums au compteur, de quoi faire un bilan pas dégueu. Sur “Indigo Meadow”, les Texans prennent un virage pop qui, s’il n’est pas vraiment radical (mais plutot prévisible), apporte son lot de nouveautés. Plus fédérateur que les premiers opus du groupe (“Directions To See A Ghost”, “Phosphene Dream” ) et dans la continuité du dernier du nom (“Phosgene Nightmare”), “Indigo Meadow” est plus condensé que ses prédecesseurs, privilégiant les mélodies succintes et accrocheuses (Holland, Don’t Play With Guns) aux envolées instrumentales expérimentales. La patte psychédélique s’etiole peu à peu et laissse place à un rock plus immédiat (You’re Mine, The Day) aux constructions mélodiques simplistes, mais efficaces. Enfin (et c’est assez rare pour le souligner), ce cinquième album ne souffre d’aucun creux et parvient sans mal à capter notre attention sur les treize pistes qui le composent. Les fans de la première heure regretteront sûrement cette évolution, mais force est de constater que s’il n’est pas immanquable, cet album reste plutôt bon. Barth

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Prochain concert : 05/07 Fest Bouc à Mornant

Depuis 2007 et la rencontre entre Mickaël Charry, toucheà-tout adepte des machines, et quatre musiciens, portés sur le Klezmer et les musiques orientales, Anakronic Electro Orkestra réinvente la musique juive. Noise In Sepher, leur second opus, brille par sa diversité et son énergie. La clarinette et l’accordéon donnent la tonalité, tantôt vraiment Yiddish, parfois empreint de jazz ou de musique occitane. La basse et la batterie les suivent généralement avec un accent festif et joyeux, comme sur Schrödinger. Mais c’est la machine de Mickaël Charry qui, entre Dubstep, Drum ‘n’ Bass ou encore Dub, crée une véritable alchimie avec les musiques traditionnelles. Cabbalistic Snare résonne comme un Rock Psychédélique, la clarinette prend des allures d’arpeggiator et la tension monte progressivement, entre Free Jazz et transe shamanique. Le groupe s’accorde même la venue d’un très grand du Klezmer, le clarinettiste David Krakauer, qui transcende la rythmique Drum ‘n’ Bass de Uruk. Noise In Sepher est un album très abouti, où Mickaël Charry prouve encore qu’il marrie merveilleusement musiques électronique et improvisée. Avec deux solistes, la performance scénique d’Anakronic Electro Orkestra promet d’être exceptionnelle. Ils seront au Fest’ Bouc à Mornant le 5 juillet prochain. Léo

C’est ici que tout commence : voilà comment s’ouvre le premier album “La Tuyauterie” de la Fanfare Touzdec. Effectivement, voilà un début, et même un beau, pour ce groupe grenoblois qui nous offre le plaisir de se ramener chez nous ! Parce que huit musiciens, ça prend de la place ; une galette, c’est plus pratique : les voilà, animant votre salon, ou vos chaudes soirées d’été qui se profilent. De la musique festive aux influences diverses, où les instruments se répondent entre eux, où les cuivres et les bois s’entremêlent, nous racontent d’étonnantes histoires et laissent libre cours à notre imagination. Des paroles viennent aussi apporter une petite touche poétique sur certains morceaux. Les percussions, tantôt très rock, tantôt très légères, soutiennent avec élégance les voix rocailleuses, douces ou suaves des vents. Il se dégage de cette tuyauterie une très bonne énergie, alors laissez-vous emporter par L’avis de tempête. Un album aux multiples facettes, alternant interludes très vaporeux et mélodieux, et secousses sismiques musicales détonantes. Il se prête donc très bien à l’écoute tranquille, assis dans son fauteuil, mais qui pourra vous faire sautiller sur place sans même vous en rendre compte. Et voilà que l’album se termine par un remix électro, reprenant des éléments des autres morceaux, où vient se glisser le mot de la fin, J’attendrai patiemment. Et c’est bien la seule chose que nous pouvons faire avant de les voir en concert. Sarah

College | Heritage | Label : Valerie Records

The strokes | comedown machine | Label :

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la carrière de David Grellier n’a pas commencé avec A Real Hero, fabuleuse B.O du film Drive de Nicolas Winding Refn, signée Cliff Martinez. Avant que le vent ne lui soit en poupe, le Nantais avait déjà sorti quelques EP et deux albums : le coloré Secret Diary en 2008 et le timide Northern Council en 2011. Pour autant, et à l’opposé d’un certain Vincent Belorgey qui s’est délibérément payé notre tête il y a peu, le fondateur du label Valerie (Minitel Rose, Anoraak) est resté humble et discret, fidèle à lui-même et à l’idée qu’il se fait de sa musique, personnelle et intimiste. A l’instar de son précédent essai, ou encore des productions de Rosso Corsa Records (MN84, Mitch Murder), le présent opus est exclusivement instrumental. Exit donc la voix d’Electric Youth. Ne restent que les synthé’ et nos souvenirs d’enfance, peut-être même d’adolescence, du temps où on zonait dans les salles d’arcade, où on regardait K2000 et où on piquait en douce la paire de Ray Ban du grand frère pour faire comme Tom Cruise dans Risky Business. Où on voyait la vie différemment… À travers chacun des 12 morceaux de cette fantastique lettre d’amour, la nostalgie submerge (Héritage, Une ville silencieuse), attriste (Les automates, Révélation), mais fait toujours place au sourire, mélancolique et heureux (Alter ego, Nouveau chapitre). “Heritage”, c’est un peu ça : un appel au souvenir, quand on était insouciant et rêveur. Dieu que la vie était belle à cette époque... Blast

Les Strokes étaient attendus au tournant. Après le décevant “Angles”, paru en 2011, beaucoup de fans ont été déçus par le virage musical entamé par le groupe. Ajoutez à cela des dissensions entre les membres et vous obtiendrez un quintet au bord de la rupture. Pourtant, c’est en ce début d’année 2013 que les Américains nous reviennent avec “Comedown Machine”. Au final, des prises de risque, de bonnes idées, mais un cruel manque de saveur et de ligne directrice, dans un opus où les compositions sont clairement inégales. On y retrouve de véritables pépites, comme le défouloir 50/50 et son riff entraînant, ou encore Slow Animals, tube imparable, qu’on imagine déjà repris en chœur dans les fosses des festivals estivaux. Mais on trouve également des compositions d’un ennui mortel et dont la qualité laisse à désirer comme Chances ou All The Time, premier single de ce nouvel opus et véritable hymne à la fadeur et à la platitude. Mais la palme du mauvais goût revient à One Way Trigger, où Julian Casablancas se la joue cantatrice et où le clavier autour duquel s’articule le morceau semble tout droit sorti de la Soupe aux Choux... Fallait oser ! Malheureusement, la grande majorité des chansons qui composent l’album appartient à cette deuxième catégorie, et conduit ainsi à perdre l’auditeur dans un ensemble trop hétérogène. Même si plusieurs écoutes permettent d’apprécier davantage l’album, le résultat final est loin d’être probant. Définitivement, les Strokes, c’était mieux avant. Germain

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Prochain concert : 16/05 Salle De La Ficelle A Lyon

Fanfare Touzdec | La tuyauterie

Anakronic electro orKestra Noise in sepher | Label : Balagan Box


Simon Green aka Bonobo est devenu en l’espace de 10 ans l’un des maîtres du downtempo. Aujourd’hui, il revient avec The North Borders, un cinquième opus, toujours chez Ninja Tune. Il nous avait laissés en 2009 avec Black Sands, où s’enchainaient de fabuleuses balades sonores aux influences musique du monde, teintées de basses et de percussions contagieuses. Il donne à la musique électronique une texture riche et émotionnelle, davantage associée à la musique classique. Depuis ces dernières années, il aime aussi ajouter des voix. Après une collaboration avec sa protégée Andreya Triana, dans “The North Borders”, on découvre la voix d’Erykah Badu. Le titre qui en résulte, Heaven for the Sinner, est l’une des pépites de l’album : mélodie inspirée et esthétique glitch, sublimée par un timbre soul. Bref, une harmonie parfaite, un concentré en quelques minutes de ce que Bonobo sait faire de mieux. Le chanteur folk de Brooklyn, Grey Reverend, prête aussi sa voix pour le morceau planant First Fires. Le premier extrait dévoilé de l’album, Cirrus, confirme la douceur orchestrale si chère à Simon Green. Rythmes précis, carillons et bruits horlogers produisent une émotion forte à l’écoute. Dans Ten Tigers, la technique du sample est parfaitement maîtrisée, beaucoup auront remarqué des sonorités similaires à un certain Ratatat. Pour ma part, je préfère quand l’Anglais nous plonge dans des univers orientaux, voire japonais, avec Sapphire ou Antenna. Avec “The North Borders”, Bonobo ne révolutionne pas sa formule mais est loin de décevoir, au contraire. A ce jour, l’artiste reste le plus écouté de Ninja Tune dans le monde... Rien d’étonnant pour un singe surdoué. Julie

The knife | Shaking the habitual | Label : Rabit Six ans de pause et d’aventure solo auront été nécessaires pour voir revenir la fameuse fratrie suédoise avec un quatrième album qui ne laissera personne indifférent. Après les deux morceaux introductifs sauvages et rentre-dedans que l’on connaissait déjà, le double album peut parfois sembler long jusqu’à l’excès avec des plages sonores pouvant aller de la demi-minute à la vingtaine. On y entend toute une collection d’instruments étranges, de percussions cérémoniales, de flûtes dissonantes et de sinistres samples qui, en s’assemblant, servent de fond sonore aux nombreuses incantations de la voix chamanique de Karin Dreijer Anderson (Fever Ray). On est bien loin du tout électronique attendu. Le chemin parcouru depuis le premier album est immense. Le résultat est inclassable, quelque part à la croisée de différents genres expérimentaux aussi variés que la Musique Concrète, la World Music, la Noise ou la Techno. On en finirait presque à parler de Punk tant il paraît difficile de séparer la musique de son message anti-conformiste comme on est en droit d’attendre du duo qui s’oppose fermement à toute uniformisation de la musique. On lorgne souvent vers le social, l’écologie et le féminisme : Olof a récemment suivi des cours de gender studies à l’Université, ils citent souvent Judith Butler et dénoncent toutes les réformes qui penchent un peu trop à droite en Suède. Musicalement intransigeant, politiquement engagé et quasi-mystique, on fait ici face à une véritable prise de risque. Thomas

Bring me the horizon | sempiternal Label : RCA Records

Trois ans après leur précédent album, les Anglais de Bring Me The Horizon sont de retour avec un nouvel opus, intitulé “Sempiternal” et tout le monde attend beaucoup de ces 11 nouveaux titres. Dès le premier morceau, on peut remarquer une certaine évolution dans leur musique. Le coté Deathcore du groupe laisse place, petit à petit, à un coté plus Metalcore, avec sur certains morceaux des parties très atmosphériques, soutenues par des claviers très présents. Cette nouvelle facette du groupe se repère sur plusieurs titres, dont celui qui ouvre l’album, Can You Feel My Heart, ou encore And The Snakes Start To Sing. Le premier single extrait de l’album, Shadow Moses, est quant à lui le parfait exemple de l’état d’esprit de BMTH version 2013 : un refrain et des samples efficaces, des parties de guitare Metalcore, et une voix puissante! Malgré ces petites escapades mélancoliques, on retrouve dans ce nouvel album les recettes qui ont fait le succès de BMTH, à base de gros riffs et de gros breaks ultra efficaces, le tout soutenu par une voix à la fois nuancée et toute en puissance d’Oliver Sykes. Des titres comme Empire (Let Them Sing) ou encore The House of Wolves en sont les parfaits exemples. “Sempiternal” est au final une belle réussite pour nos petits Anglais, même si on peut leur reprocher de s’être légèrement assagis avec l’arrivée d’un nouveau membre au clavier, ainsi que le départ d’un des guitaristes. Ce nouveau disque est peut-être un peu moins brutal que les précédents, mais il a l’avantage d’ouvrir de nouvelles perspectives au groupe; alors on court vite écouter le disque ! Kymmo

BIGA RANX | GOOD MORNING MIDNIGHT | Label : X-ray On commençait à s’impatienter, loin d’être repus des délicieux amuse-gueules que sont Zip Bag et Don’t Stop Jammin’. “Good Morning Midnight” arrive enfin. Un travail plus mature, plus abouti, et surtout plus homogène. Forcément, après un passé de MC aussi conséquent pour un artiste si jeune, la forte séparation instru / vocal de la première production solo était cohérente. Les nombreux concerts avec le groupe ont consolidé les deux éléments, laissant plus de place aux chœurs, à des parties rythmiques et à un ensemble plus travaillé. Des idées à foison qui entraînent quelques curiosités, donc des questionnements qui auraient bien mérité quelques explications... N°10 a beau être pertinent, on se demande bien ce que son Swing revisité vient faire là. Tout comme le chant - appartenant incontestablement à un surdoué du flow - que l’on découvre vocodé à plusieurs reprises. Petite déception mise à part : ça ne l’empêche pas de balancer des paroles aussi limpides que l’est sa logique. “Why do you kill a brother when you could kill a president ?” Sans être réellement engagé, le kid a les pieds sur terre, entre deux cônes bien sûr. Car vous l’aurez compris, ici c’est no prise de tête. C’est d’ailleurs ce que suggèrent trois des derniers morceaux : arrivés au bout des vingt pistes, les rythmiques Dancehall achèvent de nous convaincre ! Violette

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Prochain concert : 13/06 L’Ampérage / Grenoble 05/07 au Col des 1000 à Miribel les Echelles

Prochain concert : 03/06 Transbordeur / Lyon

BOnobo | the north borders | Label : Ninja Tune


LIVE REPORTS

Festival Avatarium

St Etienne | 13/04/2013

On y était, on vous raconte !

Texte : Léo / Photo : Rara

Q

uoi de mieux que le Musée de la Mine à Saint-Etienne et ses murs chargés de l’histoire populaire stéphanoise pour accueillir un festival anar ? Avatarium, qui fête cette année sa 14ème édition, est avant tout un lieu fermé depuis 1973 et réinvesti le temps du festival, pour partager deux choses : de la musique et des idées. Le festival s’articule autour de quatre espaces et notamment la Salle du Petit Lavabo, où les mineurs se changeaient et se douchaient. Pour le festival, cette salle accueille des conférences et des collectifs, comme “Saint-Etienne sous surveillance”, qui fait la chasse aux caméras vidéo qui pullulent dans les rues de la ville. Un lieu calme, propice au débat et à l’échange entre festivaliers et activistes, plus ou moins artistes. L’entrée coûte 10€ pour profiter de cinq groupes de musique  ; ce qui relève du miracle quand on voit que certaines salles n’hésitent pas à extorquer 25 ou 30 € pour quelques heures de live... Mais Avatarium n’est visiblement pas une affaire d’argent. Outre la nourriture à prix libre et une bière de qualité à 2€, l’esprit affiché tranche avec la plupart des concerts. Le service d’ordre est minime et très discret, l’organisation fait donc confiance à son public, ce qui a globalement disparu des salles de concert. L’ambiance de la soirée s’en ressent, la sérénité est palpable, et les altercations inexistantes. Côté musique, la programmation est des plus pointues pour la soirée du samedi, ce qui se retrouve dans le public plutôt âgé et averti, malgré quelques regards perdus interceptés. Le concert s’ouvre avec KK. Null, multi-instrumentiste très expérimental japonais. Entre Noise et musique bruitiste, il produit avec ses pads et machines un son assourdissant, parfois à la limite de l’audible, parsemé de saturations, et sans rythmique claire. Son set, bien que très inaccessible, a mis quelques personnes en transe et a envahi la salle d’une ambiance glauque et

plaintive, qui se mariait bien avec le lieu. Mais le volume sonore ne permettait pas de l’apprécier, les enceintes et les tympans saturaient, l’écoute en devenait usante. Les Lyonnais d’Electron Canon et leur univers cathodique ont investi la Salle des Pendus, où sont suspendus des dizaines d’uniformes de mineurs. Ces accoutrements sans vie étaient mis en lumière, survolant sept ou huit télés où s’affichaient des oscilloscopes hystériques, calés sur la musique, et le Noise très sombre, à la rythmique parfois Hardteck, rendait l’endroit quelque peu oppressant et inquiétant... Dans la cour, entre la Salle des Pendus et la salle de concert, à côté du stand de falafels et de boulettes de pois chiches (délicieuses et à prix libre) se trouvait la zone “Hors la loi”, animée par une bande de drilles tous plus fous les uns que les autres, embarquant les curieux dans un spectacle déjanté autour d’une grande ronde collective. On y a aussi essayé la plus petite discothèque du monde, une caravane montée sur ressorts où l’on s’entasse pour danser et sauter jusqu’à se cogner au plafond ! Le duo Double Nelson est alors monté sur scène, guitare ou basse-batterie agrémentées de programming. Le couple oscille entre Noise, Punk, Garage et Métal, dans une ambiance psychédélique qui invite à la transe. Seulement, le tout relevait trop souvent du brouhaha plutôt que de la musique, malgré une batterie efficace. Encore une fois, le son agresse les tympans et il est difficile de rester plus de trois morceaux dans la salle sans risquer le mal de crâne. Avant le set éclectique de DJ Hoekboud en fin de soirée, le quintet bordelais JC Satan a enflammé le festival. Leur Garage/Punk survolté et leur débauche d’énergie sur scène ont embarqué toute la salle dans une transe festive et hypnotique. Certainement le groupe le plus accessible de la soirée, les Bordelais ont tenu leur réputation de groupe de live. Avatarium #14 aura été une expérience déroutante, tant pour la musique, peu accessible et plutôt barrée, que pour le lieu, décalé et original, mais qui colle parfaitement à l’esprit recherché. Ce festival tient son créneau vraiment à part, au milieu du paysage musical de la région, et il serait bon qu’il perdure, pour rappeler à tout le monde que la musique n’est pas un business, mais bien un état d’esprit.

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stts uis aqui So Solillaq und + Nestor Kéa of Soun of So

La Presqu’île | Annonay | 12/04/2012

I

l aura fallu un groupe comme Solillaquists of Sound, découvert lors du festival Garorock en 2010, pour faire sauter Zyva dans sa petite auto et assister à son premier concert dans la salle d’Annonay du réseau SMAC d’Ardèche, j’ai nommé La Presqu’île. C’est Nestor Kéa qui ouvre la soirée. Malgré un public timide amassé en fond de salle, le machiniste ne lâche pas l’affaire ! Tel un pianiste, ses doigts gigotent avec une grande dextérité sur ses multiples pads. Un vrai spectacle ! On bouge la tête, on bouge nos corps. Il jongle entre les remixes et ses propres compositions, reprenant l’entêtant morceau de Skrillex “First of the Year”, ou bien encore le célèbre thème du film Beetlejuice, composé par Danny Elfman. Nestor Kéa mélange avec talent tout ce qu’il aime : cubain, dubstep, jazz, classique... Après nous avoir tout donné, l’artiste s’éclipse sur la chanson La Tendresse de Bourvil. Il laisse alors la place au quatuor tant at-

Texte : Sarah / Photo : David

tendu, Solillaquists of Sound, tout droit venu des Etats-Unis pour le plus grand bonheur de nos oreilles ! Le public se rapproche et l’énergie s’intensifie. Voilà du hip-hop qui décoiffe, tant par la qualité des musiques que par la profondeur des textes prônant le respect et l’amour. Ils nous livrent leurs meilleurs morceaux, avec une grande générosité comme This is your day, Marvel, Market Place ou encore New Sheriff in Town. Ils nous surprennent aussi : Divinci le machiniste fou, et ses solos explosifs, ou encore lorsqu’Alexandrah, la chanteuse charismatique, fait taire l’audience de sa voix Soul, avec une chanson sur le silence, a cappella, en français. On aime le côté chaleureux du concert, la salle s’y prêtant bien, ce qui permet d’échanger quelques rires, quelques regards, et même quelques mots à la fin. Revenez vite dans le coin !

Electric guest + château marmont Transbordeur | lyon | 22/04/2013

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undi 22 Avril 2013, le Transbordeur accueillait le groupe Electric Guest avec Château Marmont en première partie, pour le début de leur tournée en France, avant de débarquer à Marseille, Paris et Rouen. Le trio français Château Marmont, composé de Raphael Vialla, Julien Galinier et Guillaume De Maria, sortira son premier album le 27 Mai prochain, en attendant vous pouvez toujours écouter leur dernier EP “Wargames” sur les plateformes digitales. Au début du live, on s’attendait à ce que le public s’ambiance tout doucement, mais malgré toute la bonne volonté du trio et leurs sons électroniques qui donnaient envie de taper du pied, les spectateurs étaient peu réceptifs. C’est bien dommage car les musiciens du groupe se donnaient à fond, du batteur au claviériste en passant

Texte : Perrine / Photo : Kymmo par le chanteur, une énergie et une ligne rythmique pourtant hyper entrainante ! Place ensuite au groupe indie pop Electric Guest, venu tout droit de Los Angeles  avec Asa Taccone, le chanteur, accompagné de Matthew Compton à la batterie et des frères Todd et Tory Dahloff respectivement à la basse et au clavier. Leur premier album “Mondo” est sorti il y a tout juste un an, le 27 Avril 2012, et rassemble un certain nombre d’influences avec le morceau phare du groupe This head I hold. Le live était bien évidemment énergique et le groupe a surtout réussi à réchauffer le public qui n’attendait qu’eux, alors qu’on pensait que c’était peine perdue à la fin de la première partie.

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LIVE REPORT

Marché gare | lyon | 11/04/2013

Texte & Photos : Kymmo

BONAPARTE musiciens, 2 danseuses, un danseur et une tonne d’accessoires et de cosloufoques tumes faits maison. Même si le marché gare n’est pas rempli, l’ambiance est au top, les gens chantent, dansent, tout le monde rentre aisétée. mouvemen dans leur petit Le combo Berlinois est donc de ment univers. passage en France pour 4 dates e nous propose et viennent ainsi nous présenter Le group une setlist des plus élecleur nouvel opus sorti fin 2012, trisante avec bien sûr les “Sorry, we’re open”. titres phares de leur nouvel Fondé par le Suisse Tobias Jundt album, Quarantine, Sorry we’re et basé à Berlin, ce collectif à encore l’excellent Magéométrie variable distille un open ou er, mais aussi beaucoup forev tout nana lé musc nk ro-pu elect son titres tels que Computeur iens ble d’anc vérita un c publi au t en offran t c’est moi... L’éta ret love, in caba du limite la spectacle à es choses ont une fin bonn les s Toute burlesque. 2h de show déjanté, ue presq après nais et Lyon c Le groupe met le publi et un final où le folie de ls rappe une deux avec tout de suite dans le bain une dousous vé retrou s’est c et publi ent, intro plutôt sombre musicalem Puis che de champagne, la formation des costumes un peu glauques. iers Berlinoise s’en va pour de bon c’est parti, Tobias envoie les prem délaissant derrière eux un sention et me s’allu tout re, guita riffs de . ment d’insouciance burlesque parte Bona de tif évolu r déco couvre le 4 et de liberté ! avec soir ce nte prése Le combo se

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eudi 11 avril à Lyon, deux bonnes soirées sont en perspective, mais il faudra faire un choix. Le premier un peu plus classique, plutôt pop et de qualité avec Puggy au Transbordeur, l’autre dans un tout autre style à la fois électro-punk et burlesque avec Bonaparte au marché Gare. Ce sera donc Bonaparte pour une soirée plutôt

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DISCUSSION Au téléphone, 27/04/2012 Par -HMK-

d’un “besoin de vider le trop-plein, avec le moins de contraintes possibles”, Fauve réuni en 2010 Iunssu les mots, l’image et le son, qui deviendront un tout, un collectif ouvert : un CORP. Ce quintet propose chant Spoken Word en français accompagné de sonorités Pop et de rythmiques plutôt Old School Hip-Hop, le tout magnifiquement illustré à travers leurs clips. Ce “tout”, qui intrigue les professionnels et séduit par son auto-suffisance, est une énigme. A la fois le reflet de l’évolution de la musique et de sa consommation, Fauve porte un message d’espoir. Ses artisans, tapis dans l’ombre, ont réuni des compétences aux services d’une quête qu’ils partagent  : l’Amour peut sauver ce monde si bizarre... Nous avons eu la chance d’échanger quelques mots avant leur concert au Printemps de Bourges 2013, une belle discussion.

ZYVA : Merci de prendre le temps d’être avec nous ! J’ai vu une petite photo trainer pour situer un peu nos lecteurs, vous êtes au salon de l’agriculture actuellement ? (Ndlr : Fauve a posté une photo avec ce titre sur FB) Fauve : Oui (rires), en fait il fait un temps tout pourri à Bourges depuis deux jours, et quand on est arrivé il pleuvait des cordes et les gens nous disaient “Ah c’est dommage il faisait hyper beau les derniers jours, on était dehors sur le bord de la rivière...” Et là on arrive, tout le monde était parqué à l’intérieur donc t’avais l’impression d’être dans une sorte de salon, de foire... un peu comme le salon de l’agriculture quoi  ! C’était bizarre, les gens étaient dans des tentes et ça ne faisait pas vraiment festival. Bon en même temps on n’a pas fait beaucoup de festivals mais ouais, ça faisait bizarre donc on s’est dit “Tiens on dirait le salon de l’agriculture !” On trouvait ça marrant ! C’est un peu bête mais c’est marrant ! Z : Oui c’est marrant ! Pour vous présenter un peu, vous êtes un collectif, vous vous revendiquez comme tel. Vous faites aussi bien de la vidéo que du son, vous attachez une importance au texte… Fauve,

c’est un projet qui englobe plusieurs pratiques, tu peux nous en dire un peu plus ? F : Oui alors tu sais c’est marrant parce que ce n’est pas vraiment très différent de la plupart des groupes. Au final un groupe de musique c’est à peu près la même chose que ce qu’on fait nous : ils ont besoin de textes, d’images, de musique, ils ont besoin de s’entourer de gens. Et nous on s’entoure de gens aussi, des proches, des amis, des gens qu’on croise sur le chemin... Nous on ne fait que formaliser cela. On est super attachés à ça, c’est important de dire comment ça marche, expliquer la démarche du projet. On n’a besoin de dire qu’il y a tant de cadreurs, tant de mecs sur scène. On est cinq maintenant à être à plein temps dans Fauve, mais si on était que cinq ça ne marcherait pas du tout. Sans les gens qui sont autour de nous, on ne s’en sortirait pas. Donc voilà je suis pas sûr qu’on fasse les choses très différemment, qu’on soit très originaux, mais en tout cas on revendique ce fonctionnement pluridisciplinaire, basé sur ces angles que sont la musique, le texte et l’image. Les uns ne vont pas sans les autres, on considère ça comme un truc global. Et si je peux ajouter un truc par rapport à ça, c’est le coté entrepreneurial, artisanal… pour vendre des dis-

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ques il faut les mettre dans des carbon, ça commence à marcher “Il ne faut pas se dire “c’est mais tons et les envoyer dans les magaen tout cas ! Mais après on a encore bon le succès est là, on a beaucoup de chemin à faire, on a sins, pour faire des interviews il faut plus rien à faire, on a une l’engouement et c’est super, les gens parler aux journalistes etc… Tout ça, pour nous, ça fait aussi partie du prochantent les paroles en concert, on affaire qui tourne.” jet de Fauve. On a envie de considé- Au contraire, il faut aussi se est les premiers ravis. Après voilà, il rer ça comme une petite entreprise, remettre en cause et conti- ne faut pas se dire qu’on est arrivé, entre guillemets, comme notre petite on en est au début, parce qu’on est nuer de progresser !” boutique quoi. On aime bien faire ça un jeune groupe. Il faut qu’on procomme ça. Il y a beaucoup de gens gresse, qu’on avance, qu’on aille à la qui vont séparer l’Art du commerce, parce qu’il faut que rencontre des gens parce qu’on aime ça… voilà ne il ne l’Art reste pur et bla bla bla… et nous, ça, on s’en fout un faut pas se dire “c’est bon le succès est là, on a plus rien peu. Notre projet a besoin d’être artisanal, on a besoin de à faire, on a une affaire qui tourne.” Au contraire, il faut faire d’autres choses à coté. C’est notre petite entreprise, aussi se remettre en cause et continuer de progresser ! si un jour on se dit qu’il faudrait monter une marque de vêtements par exemple, on le fera, si on en a envie. Si on Z : J’imagine qu’on a dû vous le demander souvent veut construire des bagnoles, on construira des bagnomais ce qui est assez fou c’est que “Blizzard”, le les (rires), tu vois ? L’idée c’est d’être Fauve dans tout ce premier EP, ne soit pas encore sorti et qu’il y ait déjà qu’on fait, d’essayer d’en vivre et d’être ensemble pour toute cette reconnaissance ! faire tous ces projets. On aurait pu monter un journal tu F : Ouais, c’est un peu hallucinant ! On trouve ça disprovois ? Ca nous aurait plu aussi. Bon au final on a préféré portionné, parce qu’on n’a pas l’impression que ce soit faire de la musique mais peut être qu’on en aura un un très mérité. Enfin tu vois on n’a pas fait grand chose pour jour j’en sais rien ! C’est peut être un peu long comme ça et on se dit qu’on n’a rien de plus que plein d’autres réponse mais c’est un peu dans cette optique là qu’on groupes... On aime bien aussi galérer tu vois, bon on gaconsidère le collectif. lère de temps en temps, c’est pas non plus arrivé tout cuit. Z : C’est cool t’inquiète ! C’est complexe comme mécanisme, je suis assez d’accord avec toi, le fait que Z : Oui c’est pas arrivé du jour au lendemain, il y a vous le formalisiez donne un autre angle de vue, une quand même du boulot derrière tout ça, ça fait un autre forme de représentation de la chose. Ce qui est bon moment que vous travaillez le projet ? le plus sidérant, je trouve, c’est le retour que vous F : Oui ça fait plus de deux ans, deux ans et demi qu’on avez pu avoir en si peu de temps. Depuis quelques bosse sur ce projet, mais bon ça arrive quand même très mois c’est vraiment l’explosion  ! Beaucoup de protrès vite ! C’est très, comment dire, c’est disproportionné grammateurs vous veulent… vous allez passer chez tu vois ! Tout cela créait une sorte de truc au niveau du nous en Rhône-Alpes, dans le cadre de Parole et Mupublic par exemple, plus les gens aiment plus on est sique à St Etienne et au Marché Gare à Lyon (concert contents. Mais après au niveau médiatique, il y a pas mal complet)... Il y a une forte dynamique autour de vous de médias qui en font un peu trop, qui veulent créer une et j’ai comme l’impression que le message que vous sorte de phénomène tu vois. A la fois ça nous effraie et voulez véhiculer est compris par une génération ? à la fois on n’est pas d’accord avec, et en plus on n’en a F  : Ecoute on en est vraiment les premiers ravis mais pas envie parce que ça créé une attente et on est un trop aussi les premiers étonnés. C’est à dire que Fauve à la jeune groupe pour ça. On n’a pas fait assez de choses et base de la démarche, tout ce que je t’expliquais auparaon n’a pas envie d’être attendus au tournant, parce qu’on vant, c’était très égoïste, on faisait ça pour nous. Ecrire va faire des erreurs, on va faire des mauvaises chansons, les chansons, faire les images etc... c’était dans le but de des mauvais concerts comme n’importe quel groupe qui construire quelque chose parce qu’on en avait besoin. débute ! Et ce serait chiant que les gens pullulent tout de Y’a un coté un peu exutoire aussi, un coté auto thérapie suite, qu’on se sente obligés d’avoir du concret tout de si on peut dire. Donc vraiment, ce processus de création suite alors qu’on n’a pas eu le temps de faire quoi que est tourné vers nous-mêmes, dans notre coin, et du coup ce soit. On ne veut pas être tout de suite hués, on veut quand on voit que des gens se reconnaissent dedans et faire nos preuves. Donc c’est super tout ce qui se passe veulent participer au truc, pour nous c’est incroyable  ! et on est très contents, mais en même temps on est un C’est à dire que déjà on n’a pas fait ça pour ça, mais peu stressés par le truc et on a tendance à calmer le jeu quand ça arrive on se dit que c’est génial ! Il y a des gens aussi. On ne veut pas qu’on nous considère comme plus qui se reconnaissent vraiment dans le truc, on en est les beaux qu’on ne l’est, tu vois ? premiers étonnés et on est aussi très ouvert, on est très contents de ça, on prend ce qu’on nous donne, on profite Z : Vous avez l’air aussi de maîtriser les réseaux sodes opportunités parce que ça fait plaisir de porter le truc ciaux. Vous avez une façon bien à vous d’aborder la le plus loin possible. On n’aurait jamais imaginé que ça chose et la relation avec vos fans. Dans le discours se passe comme ça. On a du mal à l’analyser d’ailleurs, de Fauve, j’ai l’impression qu’il y a vraiment la volonté on ne comprend pas très bien comment ça a marché d’être sincère, authentique, et la question de la quête

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“Les réseaux sociaux pour nous ça reste un outil comme on a un ampli par exemple.”

de l’Amour. Malgré des textes parfois crus et violents, il y a comme une volonté d’espoir qui est complètement folle. F : Alors oui, pour les réseaux sociaux, c’est des outils qu’on connaît parce qu’on les a toujours un peu connus, on a grandi avec, se serait comme dire “vous maitrisez votre instrument ?” Bah ouais on a appris à faire de la guitare (rires) ! C’est une question qui revient souvent, les réseaux sociaux et tout ça, pour nous ça reste un outil comme on a un ampli par exemple, c’est des outils dont on a besoin, on sait s’en servir et ça fait longtemps qu’on s’en sert. Par rapport à ce que tu disais sur l’espoir, c’est vrai aussi et c’est cool que tu le dises parce que parfois les gens disent “Fauve c’est un peu dépressif”.

Z : Je ne suis pas sûr que dépressif soit le bon mot… F : C’est vrai qu’il y a des constats qui sont durs. Il n’y a pas de fiction dans Fauve, la manière d’aborder les choses chez nous, c’est un peu comme si tu parlais à ton pote quoi, c’est une conversation à la fois dans le fond et dans la forme en fait. On est complètement sincères, on ne fait pas dans la fiction. C’est un peu comme la forme de ton interview, on parle comme on parle dans la vraie vie (rires). Z : Exact ! (rires) F : En fait il y a toujours une part d’espoir dans tous les titres... dans la plupart des titres en tous cas, et on le veut, c’est important pour nous. C’est une notion de résistance tu vois ? On a monté Fauve parce qu’on en avait marre de nos vies, pas ternes non plus, mais de la

routine un peu lourde de la vie de tous les jours, d’aller au bureau... On a monté Fauve pour faire autre chose, pour rendre notre quotidien un peu plus exaltant. C’est une vraie notion de résistance pour nous, et puis dans les textes, se dire bah voilà sur certains sujets pas facile on va s’en sortir, sans donner de leçon non plus, parce qu’on n’a pas toutes les solutions, on n’est pas des génies non plus, on n’a pas la science infuse. Mais en tout cas ouais, un vrai truc de résistance, vraiment c’est tout sauf de la résignation. Mais c’est vraiment bien que tu poses cette question parce que parfois on se dit “merde le journaliste là, il a vraiment rien compris !” Z : Et pour pousser la réflexion à fond, on en parlait avec un collègue (Fouapa), il y a comme un hymne à l’espoir. Et je pense que c’est cet espoir là qui touche les gens. F : Nous on parle vraiment de ce qu’on connaît, après si les gens se reconnaissent dedans c’est super. On prétend pas parler pour tout le monde et on s’attend pas à être porte parole de qui que ce soit. On parle pour nous déjà, si des gens s’y retrouvent c’est cool, mais le coté hymne c’est un peu “universel”, très transversal. On aurait du mal à l’assumer, parce qu’on ne sait pas comment vivent les gens, on n’est pas en mission ! (rires). Donc on parle de ce qu’on connaît, si les gens s’y reconnaissent c’est super, à la limite on peut dire que oui, on fait des trucs qui peuvent parler à des gens qui nous ressemblent et c’est cool ! Z : Pour revenir à Bourges (ils jouent dans quelques heures au moment de notre coup de fil), vous y allez dans quel état d’esprit ? Est ce que justement, à force de promo, vous y allez à contre cœur parce que vous savez qu’il faut le faire, que vous allez être

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un terme qui englobait non pas Fauve vu par les programmateurs etc… ou le groupe de musique qui monte sur alors vous y allez pour prendre votre scène, mais vraiment tout le collectif. pied et point barre ? On cherchait un terme et on n’arrivait F : Ah bah il n’y a aucun doute là despas à trouver, et tu vois on voulait un sus, on est complètement survoltés ! truc genre l’ONU, les mecs de l’armée On trouve ça incroyable de pouvoir de la paix qui débarquent pour gérer le faire le Printemps de Bourges ! C’est truc quoi, tu vois (rires) et il y a un coté un festival énorme ! Il y a une structure “esprit de corps” aussi , Fauve , un de dingue, des équipes pour accueillir ensemble. Et du coup quand on a fait les gens… les gens sont adorables, on le truc on s’est dit “Ah ouais c’est un est vraiment traités comme des rois ! peu aussi “Corporate” ou “CorporaTu sais, on n’a pas fait beaucoup de tion”. A la fois le coté “World Compaconcerts, on est un petit groupe, c’est gny” mais aussi le coté “corporation notre vrai premier festival très gros des artisans”, qui bossent entre eux. comme ça, on est ravis d’être là et on a “Tu vois on voulait un C’est plus ça, plus dans le sens “Corenvie d’être à la hauteur et montrer ce qu’on sait faire. Et puis surtout voilà, truc genre l’ONU, les poration de métiers”. Bon après on en le truc des professionnels qui viennent mecs de l’armée de la joue un peu aussi, on est Fauve Corp, on est une grosse boîte quoi, on pour voir un peu à quoi ça ressemble, paix qui débarquent genre est une armée  ! (rire) C’est plus une ça à la limite on s’en fout. Enfin, ça fait toujours plaisir, s’il y a des gens qui pour gérer le truc quoi...” blague entre nous. Mais ouais il y a des gens qui ne le comprennent pas peuvent nous aider et tout ça, dévebien, qui se disent “c’est bizarre ils ont lopper le projet, on sera ravi... Mais des valeurs qui sont complètement opposées à ça” mais il y aura aussi des vrais gens qui viennent, enfin, des ça n’a rien à voir en fait, c’est dans la tête (rires) ! gens qui aiment bien ce que l’on fait, j’espère. Nous les concerts, on n’en a pas fait énormément depuis le déTitre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous but, et on a besoin d’en faire. Tu vois, au début de Fauve, représentez vous ou votre musique : on faisait beaucoup de concerts gratuits parce qu’on Gil Scott-Heron - The revolution will not be televised acceptait absolument tout et n’importe quoi, on avait besoin de jouer, de pratiquer, de rencontrer les gens  ! “C’est vraiment du parler avec un son assez rap Old Et ça continue dans cette logique là. Aujourd’hui on est School on va dire et le message est intéressant, c’est à Bourges, y’a des pros dans la salle comme dans des bouge toi ! Tu vas pas apprendre le monde devant ta télé, concerts à Paris, mais y’a aussi le public et pour nous il ne faut pas se laisser guider par ce qui se passe autour c’est aussi un concert comme un autre parce qu’on a de nous il faut se bouger, enfin c’est comme ça que je besoin de donner la même chose et d’être à fond, et on l’ai comprise (rires).” va être à fond parce qu’on a envie ! Mais bon à la fois c’est un gros truc, c’est génial, on y va vraiment avec un Prochain concert : état d’esprit super positif. On est comme des enfants ! 29/05 Marché Gare / Lyon / Complet ! Moi je suis venu au Printemps de Bourges en tant que 30/05 Festival Paroles et Musique / St-Etienne public il y a trois ans, et aujourd’hui je suis de l’autre coté et c’est un peu un rêve de gosse, c’est classe, on est contents d’être là ! Z : C’est cool ! Y’a un truc qui me taraudait, c’est l’idée de “Corp” (car en vrai c’est FauveCorp) parce qu’il y a pas plus stigmatisant et en même temps c’est un peu le contre pied de ce que vous proposez ? F : En fait ça n’a rien à voir avec le coté corporation. Pour nous c’est un peu une blague, à la base on voulait trouver

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Blizzard (EP)

Label: Fauve Corp

http://fauvecorp.com


DISCUSSION

Epicerie Moderne, Feyzin 04/03/13 par Léa / Photos : Kymmo

Unicité et DIY ’est entre l’océan, les voitures hybrides et les cafés au lait de soja qu’ont été élevés les membres de Cdepuis Local Natives. Ce groupe de rock alternatif, originaire de Los Angeles, n’a cessé de faire parler de lui la sortie de son premier album, “Gorilla Manor”, en 2009. Il défraya la chronique et on prêta alors

au groupe des ressemblances avec Vampire Weekend, Arcade Fire ou encore Fleet Foxes. Leur deuxième album, “Hummingbird”, sorti le 29 janvier dernier, est déjà douzième des charts US. ZYVA a rencontré Kelcey Ayer, chanteur de la formation, à l’Épicerie Moderne de Feyzin.

ZYVA : Le premier nom de votre groupe était Cavil At Rest. Pourquoi avoir changé ? Kelcey Ayer : En fait, c’était un groupe que Taylor (Rice, chant et guitare, ndlr) et Ryan (Hahn, chant, ndlr) avaient commencé au lycée, et après j’ai commencé à jouer avec eux. Mais au final, il s’agissait plus d’un jeu de lycéens que d’un projet sérieux. Quand on a commencé à prendre les choses au sérieux, on a changé de nom et pris un nouveau départ. Local Natives n’avait alors rien à voir avec Cavil At Rest, il s’agissait plutôt de trouver notre propre son, de faire des expériences... Z. : Mais alors, si Cavil At Rest n’a rien à voir avec Local Natives, de quel style de musique s’agissait-il ? K.A. : Et bien... En fait, c’était plutôt du genre Emo (rires). Waouh, là je me sens super embarrassé, je déteste ça (rires).

qu’on a trouvé le son qu’on cherchait quand nous écrivions “Gorilla Manor”. Z. : Votre musique est un mélange de plein de styles musicaux : folk, indie rock, indie pop... Comment la décrirais-tu, toi personnellement ? K.A. : Je ne sais pas vraiment, dans le groupe nous composons tous sans exception et nous n’écoutons pas du tout la même chose. Mais ce qui est bien, c’est qu’on arrive à faire un mélange de tout ça pour arriver au son Local Natives, mais c’est assez compliqué de trouver les mots justes pour décrire ça.

Z. : Avec les cheveux, et tout ? K.A. : Ouais, pour certains ! On avait des coiffures de ouf. Mais après tout, c’était notre voyage, on en a eu besoin pour arriver là où on en est aujourd’hui. Je ne peux pas en avoir honte.

Z. : Toi par exemple, qu’est-ce qui t’inspire au niveau de tes compositions ? K.A. : Mon truc, c’est l’art sombre et sobre. Je cherche toujours quelque chose de plus triste et de plus déprimant. Je suis une personne de nature assez heureuse et du coup, je compense en écoutant de la musique triste et en regardant des films sombres. Mon groupe préféré est Radiohead. Ils te donnent le genre de sentiment que je recherche. Ce n’est pas toujours déprimant mais ça t’emmène vers un endroit plus sombre et j’adore ça. Je peux dire aujourd’hui que c’est le groupe qui m’influence le plus.

Z. : Et au niveau du son Local Natives, tu as l’impression d’avoir gardé quelques réminiscences de votre période Emo ? K.A. : Oui, je pense. On a toujours été très intéressés par tout ce qui est mélodique, par les harmonies. Je pense

Z. : Vous avez tous emménagé dans une maison à Silver Lake, un quartier de Los Angeles, puis vous y avez écrit et composé votre premier album ensemble. Comment ça s’est passé ? K.A. : On avait déjà vécu ensemble dans une maison à

“Notre ancien groupe était plutôt du genre Emo !”

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“Toutes les chansons du disque viennent de notre unicité, de notre sang, de notre transpiration et de nos larmes” Orange County pendant des années, et nous avons écrit la moitié de l’album là-bas. Ensuite, on a emménagé à Los Angeles pour écrire le reste de l’album. En fait, on vit ensemble parce qu’il y a énormément de choses dans le groupe sur lesquelles on aime travailler tous ensemble, en même temps. On aime composer ensemble et jouer dans notre maison, pendant qu’une dizaine de potes nous regardent faire. Personnellement, je pense que c’est plutôt bénéfique, parce que maintenant on ne vit plus ensemble, et quand on se retrouve tous au même endroit pendant un moment, on se sent soulagés. On adore faire les choses tous ensemble. Z. : Est-ce que tu penses que cette expérience a été un frein à la diversification de votre musique et à l’apparition de vos influences plus personnelles sur la musique de Local Natives ? K.A. : Et bien, pour ce qui est du dernier album, nous l’avons écrit tous ensemble à Los Angeles, mais nous vivions séparément. Mais tu sais, on est très collaboratifs et si on était séparés, ça ne sonnerait pas franchement comme du Local Natives, même en travaillant à moitié ensemble... Toutes les chansons du disque viennent de notre unicité, de notre sang, de notre transpiration et de nos larmes  ! Ce qui est beau, c’est qu’on arrive toujours à trouver un son qui plaise à tout le monde dans le groupe, même si c’est compliqué. Il faut que ça soit un effort de groupe. Z. : Vous semblez assez tournés vers le “Do It Yourself”. Est-ce que vous participez beaucoup à la réalisation de vos vidéos ? K.A. : Ça, ça a été le plus compliqué à essayer de faire nous-mêmes, parce qu’on n’est pas franchement des réalisateurs de films. On commence tout juste à essayer de s’impliquer un peu plus dans la réalisation de nos vidéos. Par exemple, on a coréalisé le clip de Breakers avec Jaffe Zinn, qui est un extraordinaire réalisateur new-yorkais. C’était assez amusant, c’était la première fois qu’on a pu avoir les mains dans la vidéo de façon créative, on décidait de l’emplacement des caméras, de la façon de filmer... C’était bien d’avoir le contrôle là-dessus, parce qu’on est un peu des maniaques du contrôle, on veut vraiment tout faire nous-mêmes (rires). On s’est dit que ça serait vraiment bien de pouvoir tout faire nous-mêmes. On a eu beaucoup de chance de rencontrer Jaffe, il a rendu les choses très faciles, pendant cette période il faisait presque partie du groupe. Z.  : On vous compare souvent à Arcade Fire, Fleet Foxes ou encore Vampire Weekend... Qu’est-ce que vous en pensez ?

K.A. : Je comprends pourquoi on nous compare à eux, et c’est très flatteur parce que ce sont des groupes bourrés de talent. Mais moi personnellement, je ne trouve pas que notre son ressemble vraiment au leur. Mais les gens ont besoin de certaines bases pour décrire la musique d’un groupe. S’ils ne peuvent pas la jouer à leur interlocuteur, ils doivent l’expliquer d’une manière ou d’une autre. Z. : Comment ça se passe avec “Hummingbird”, votre dernier album ? K.A. : Franchement, je sais pas s’il a du succès, même si ça semble bien parti... Z. : Il paraît qu’il était n°12 des charts US ! K.A. : Oui, c’est sûr que ça a fait plaisir à tout le monde, ça. Les gens semblent apprécier ce nouvel album, et surtout en live : presque tous nos concerts se font à guichets fermés. Ça nous fait plaisir de jouer quelque chose de nouveau pour des gens qui aiment ça. On est très contents de cet album. Z. : C’est bien votre seconde tournée européenne ? K.A. : L’année dernière, on a fait quelques concerts en Europe mais ce n’était pas vraiment une tournée, on peut dire que là c’est notre première vraie tournée européenne. Z. : Les autres concerts en Europe étaient des premières parties de Edward Sharpe And The Magnetic Zeros. K.A. : Ah non, ça c’était encore avant, en 2009, par là... J’aime beaucoup ce groupe, ils sont géniaux. En 2011, on a rejoué avec eux à Mexico. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous et/ou votre musique :  The Beatles - Happiness is a warm gun C’est compliqué comme question, on a tous des influences très différentes. Je crois que c’est l’un des seuls morceaux sur lesquels on est tous d’accord, on l’a même repris il y a très longtemps !

Humming bird

Label : Frenchkiss Records

www.thelocalnatives.com

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DU SON A L’IMAGE

Chez Zyva, vous le savez, la musique est notre raison de vivre. Albums, festivals, discussions... Nous la traitons sous différentes formes. Zyva a choisi également de se concentrer sur la musique au cinéma. Au programme, des films, des compositeurs, des coups de cœur... bref, Zyva mettra dorénavant du son à l’image.

Ces chanteurs qui nous plombent un film Par Mo

T

out de suite des noms nous viennent à l’esprit. Sans savoir pourquoi, ces chanteurs qui font fureur auprès du grand public, se plantent au grand écran. Du son à L’Image va tenter de vous donner des éléments d’explications.

D’abord, cela dépend des cultures : dans les pays anglo-saxons, le public accepte plus facilement le fait qu’un chanteur joue sur les tableaux de la musique et du film, ce qui est moins fréquent pour un public français. Ajoutez à cela le fait que le long métrage en question soit destiné à un public exigeant issu de la culture dite “geek” (et mine de rien très influent) et vous pourrez être sûr que les critiques seront très négatives. Par exemple Battleship de Peter Berg, film sorti en 2012. Le long métrage, adaptation du jeu de société “La Bataille Navale”, avait d’amblée suscité des a priori négatifs avant même sa mise en chantier. Le coup de grâce a été donné quand on a annoncé la participation de Rihanna pour un rôle secondaire. Pourtant la chanteuse mondialement connue a fait perdre toute crédibilité à un film... Pourtant, Elle n’était pas si mauvaise que ça pour un premier film, mais le public visé a bien fait comprendre qu’il était insensible à ses  charmes en émettant des critiques négatives et sans aucun ménagement. Autre exemple national cette fois, où Benabar se lance pour son premier rôle... en tant que chanteur dans Incognito. Démontrant aupres du public que ses possibilités d’incarnation sont limitées.

Pourquoi les productions donnent à ces artistes de petits rôles ? La problématique du planning est évoquée. Leurs concerts, les évènements auxquels ces chanteurs participent ne leur permettent pas de se consacrer bien longtemps sur les films où ils sont engagés... Balivernes ! Les productions ont conscience que certains chanteurs n’ont pas de légitimité dans le milieu du septième art  : elles les placent en guise de guests pour attirer quelques fans en plus sur des films dont la qualité reste encore à prouver. Will I am en a fait les frais en apparaissant dans Wolverine en 2009, sans jamais tirer son épingle du jeu. Le métier d’acteur et de chanteur ne s’est montré compatible que dans deux situations : celles où l’artiste décide d’arrêter un moment sa carrière musicale, comme l’a fait Justin Timberlake dont l’album The 20/20 Experience. Ou, dans le cas de Will Smith ou Jamie Foxx quand le chanteur a su montrer ses talents d’acteur notamment grâce à des show les mettant en lumière.  Une chose est sûre, être une célébrité musicale, artiste Mainstream jusqu’à l’os, ne veut pas forcément dire être acteur de talent.

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ZYVA MAG #26  

Discussion avec FAUVE / VICELOW / LOCAL NATIVES / FALLASTER

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