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zyvamusic.com | JUILLET / AOUT 2012 #21

FESTIVALS DOSSIER :

- RHÔNE-ALPINS Où festoyer cet été ?

DiscussionS Avec :

DOPE D.O.D THE RAPTURE OVER THE SNARE TRISTESSE CONTEMPORAINE JINA / Dominique A / vicelow / the hives / BD : JUlien Neel + scène locale, chroniques, agenda Festivals & concerts / cd... Ne pas jeter sur la voie publique


# 21

EDITO arfois, fouiner des infos sur la toile, ça a du bon. P D’une part, parce que cela m’a permis de tomber sur un podcast datant de la fin d’année 2011, à propos d’un débat sur l’économie des festivals de musiques actuelles entre François Floret (directeur et co-programmateur du festival  La route du Rock) et Isabelle Gamsohn (directrice de  Live Nation France) ; et d’autre part, parce que cella m’a donné de la matière pour écrire mon édito bimestriel. Même si ce débat fût court, la rencontre entre deux discours opposés me conforte dans l’idée que deux mondes que l’on oppose fréquemment - à mon sens, à tort - ne sont pas prêts de se rejoindre. Je m’explique (et cette explication sera remplie de préjugés pour faciliter la compréhension, alors que les protagonistes ne l’étaient pas forcément) : à ma gauche, François Floret, programmateur d’un des plus mythiques festivals de France, la Route du Rock, passionné de musique jusqu’au bout des ongles et dénicheur de perles en tout genre ; à ma droite, Isabelle Gamsohn, la “démoniaque” directrice de Live Nation France, multinationale aux dents longues. Dans ce débat, le premier met en avant le fait que les producteurs enchérissent de plus en plus en raison de gros budgets, comme Live Nation ; mais cela handicape les plus petits

évènements, qui du coup ramassent les restes. Isabelle Gamsohn, quant à elle, tient à signaler que, par exemple, le Main Square Festival à Arras, organisé par Live Nation, ne touche aucune subvention de l’Etat et fait marcher le commerce et l’emploi local ; ce festival offre également une programmation de qualité avec de nombreux artistes, loin du sac non digérable que plus de la moitié des festivals français proposent. Jugez plutôt : X, Chase and Status, Kreayshawn, The Mars Volta, M83, Pearl Jam, ... Comprendrons-nous un jour qu’appréhender une économie de marché ne signifie pas forcément tout vendre ? La preuve en est partout en Europe, où de gros festivals dits “alternatifs” marchent très bien, malgré le mécénat, en proposant des programmations de qualité. Méfiez-vous, Messieurs les programmateurs de festivals : les “fluos kids” arrivent petit à petit sur le marché et ont besoin de diversité, d’originalité et de prises de risque... Sinon, dans ce numéro, on vous a préparé un petit tour d’horizon des festivals rhône-alpins et on vous rapporte les bonnes paroles (et musique) de Dope D.O.D, The Rapture, Tristesse Contemporaine et Over The Snare. Pour le reste, comme d’habitude, ce sera surprises, découvertes et bons plans. C’est à vous ! Grégory Damon

Passionnés de musique, vous souhaitez partager notre aventure, pour nous contacter : contact@zyvamusic.com Retrouvez les numéros précédents et les points de dépôt du magazine en téléchargement sur zyvamusic.com/mag

SOMMAIRE

Keskiss pass dans l’coin ? p. 4 Discussion : Over The Snare p. 6 à 9 Dossier Festivals p. 10 à 13 Discussion : The Rapture p. 14 à 16 Que du bonheur... p. 18 & 19 Chroniques CD p. 21 à 23

Chroniques de Concert p. 24 & 25 Discussion : Dope D.O.D p. 26 & 27 BD : Julien Neel p. 28 Discussion : Tristesse Contemporaine p. 30 à 32 Extraits de discussions p. 34

Juillet / août 2012 | Tiré à 20.000 exemplaires | 1000 Points fixes dans la région Rhône-Alpes Rédacteur en chef : Grégory Damon, redaction@zyvamusic.com, Directeur de publication et responsable commercial : Hedi Mekki commercial@zyvamusic.com, Rédacteurs : Jagunk, Yoch, Kymmo, Marion, Coquin, Blast, Barbara, Violette, Alizée, Romain, Marine, Delphine, Shakalak, Marie. Photographe : Kymmo www.kymmo.com, Dessins : Coquin Maquette et graphisme : David Honegger, Chargé de communication/Presse : Nicolas Tourancheau, communication@zyvamusic.com Siège social  : 12 rue Jubin 69100 Villeurbanne, Bureau / adresse postale : 6 Grande rue de Saint Clair - 69300 Caluire et Cuire Imprimerie : Pure Impression, Photo couverture : Kymmo Zyva 2004 : Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Aucun élément de ce magazine ne peut être reproduit d’aucune manière que ce soit, ni par quelque moyen que ce soit, y compris mécanique et électronique, online ou offline, sans l’autorisation écrite de l’association Zyva.

Remerciements pour ce numéro : Quentin Vancheri (Coopérative music), Céline Lagarde (Loud booking), Clémentine Vincent (Ninkasi), Maud Wargnier, Aurore Deliry & Claire Montiel-Font (Dour), Steijn Koeijvoets (Dope D.O.D.), Shirley Ropero & Amélie Vassié (Epicerie moderne), Nina Irrmann (Ephélide), Eric Fillon (Mediatone), Alexandra Berne (Les Authentiks), Val (La stickerie), Aurélie Dubois & Fanny Pugeat (Jazz à Vienne), Cathy Serra et Thibaut Giuliani (Mairie de Villeurbanne - Les Invites), Elodie Pommier (Eldorado & Co), Nicolas Laborderie (Doop Event), Eric Di bartolomeo (RPO), Magalie & Marie (Bad Taste Factory), Aurélie Pascot (Ard’Afrique), Lucile Logel (Foreztival), Jean-Paul Berney (Un Eté côté Saône), Line Heimroth (Fêtes Escales), Emilie Angénieux et Driss Bouayad (Hadra), Julie Coulon (Cités d’Eté), Marino Le Bleis & Véro Broyer (Lollypop Communication), François Arquillière (Le Transbordeur), Sébastien Séchaud & Benjamin Senechal (Du Bruit au Balcon), Franck Fricker (Feeling and Sound), Laurent Pierson (Les Derniers Couchés), Lucas Perillon (Carotte Prod), Marie Neyret, Perrine Mekki, Florence Damon-Bernard, Fanélie Viallon, Blaise Diop, Romain Gentis, Clémentine Bouchié, Thomas Bouttier, Antoine Chaléat, Sylvain Vignal, Maxime Lance, Camille Raffier, Alexis Larrive, Sarah Metais Chastanier, et tous les bénévoles. Ce magazine est imprimé avec des encres végétales sur du papier blanchi sans chlore. Ce magazine a été imprimé par une entreprise Imprim’Vert certifiée ISO 141 qui intègre le management environnemental dans sa politique globale.

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KESKISS PASS DAS L’COIN ?

Dominique A par Kymmo

L’actualité des structures et groupes Rhône-Alpins

Les Dimanches de l’Ile Barbe

l’afrique en ardèche

Comme chaque année au mois de juillet, l’Ile Barbe (Lyon 9ème) est investie tous les dimanches par diverses animations culturelles. La MJC de St Rambert y organise toute la journée spectacles et concerts, pour jeunes et moins jeunes. Les 8, 15 et 22 juillet, on retrouvera donc un spectacle de rue et deux concerts, à partir de 15h30 et ce jusqu’en fin de journée. Le 8, ce sera musique classique, puis musique irlandaise, avec The Churchfitters ; le 15 sera festif avec du Nu Jazz et de la musique cubaine ; enfin, le 22, on retrouvera Ukandanz (jazz) et Ben Kalla Mento Club et leur musique du monde. + d’infos : www.mjcstrambert.info

Déjà la 12ème édition pour le festival ardéchois, Ard’Afrique qui se déroulera du 9 au 12 août aux Vans. Comme son nom l’indique, la culture africaine est mise en avant sous toutes ses facettes  : concerts,  marché artisanal, ateliers, repas et cinéma. Pour la partie concert, on commencera le vendredi 10 avec Staff Benda Bilili, le Jim Murple Memorial et Debademba. Le lendemain, place à la grosse soirée Reggae, avec un plateau jamaïcain composé de Lee “Scratch” Perry (photo), Max Romeo

Festival Paradox Les 3 et 4 août la 3ème édition du Festival Paradox aura lieu au Château de Boulogne à 15 minutes d’Aubenas en Ardèche. On y retrouvera un mélange de musiques électroniques, de Pop-Rock et de musiques expérimentales pendant les deux jours du festival. Le vendredi, les groupes présents seront le multi-instrumentiste Chapelier Fou, Beachcoma pour le côté electro et Yi-Ping Yang et leur concert-performance. Le samedi, les gros noms seront The Chap, et Happy Chuche pour le côté PopRock psyché, et ADA, Fairmont, Pan/Tone ou METOPE qui se chargeront de l’ambiance électro de la soirée. + d’infos : myspace.com/festivalparadox

et The Congos, le tout pour fêter le 50ème anniversaire de l’indépendance de la Jamaïque. Ce même soir auront lieu le concert de Tifah et une création spéciale Ard’Afrique : Go Faast, qui regroupe un orchestre de musiciens issus du Jim Murple Memorial et du Petit Dernier, ainsi que le chanteur de Hocus Pocus, David le Deunff. Enfin, le dimanche soir, place au cinéma avec le documentaire sur la ville de Kinshasa : Jupiter’s Dance. + d’infos : www.ardafrique.fr

La Plage à Villefranche !

Euromed à Valence

Du 7 au 15 juillet, venez vous détendre à la plage de Villefranche pour toute une série de concerts et animations 100% gratuits. Durant cette semaine, vous aurez l’occasion de voir Sinsemilia avec Des Fourmis Dans Les Mains le 12, Miss White & The Drunken Piano le 10 avec Petit Cruck, et les chanteurs Oldelaf et Sonith le 13. Le samedi 14 aura lieu le Rock’in Villefranche, avec sur scène Pep’s, Batist Lee, Sterenno, Almond’s Drive et Grafft. Le mercredi et le dimanche auront lieu des concerts pour enfants avec Le Bal des Bouskidou le 11 et ZUT le 15. Enfin, un concert surprise aura lieu le dimanche soir. + d’infos : www.ete-cote-saone.com

La ville de Valence propose pour la 15ème année des concerts gratuits, du 18 au 26 juillet, sous le nom de Semaine Euromed. L’évènement souhaite représenter les sonorités métissées de la Méditerranée avec un mélange de musiques traditionnelles et actuelles. Seront donc présents : Sid Ahmed et Karim Maurice le 18 ; Léna Chamamyan, chanteuse syrienne, le 19 ; Sanseverino et le Bal à Bistan le 20  ; le groupe grec Imam Baildi le 21 ; Ibrahim Maalouf, trompettiste franco-libanais, le 22 ; et enfin, le rappeur Orelsan et Family Cheap le 26. + d’infos : www.festivaldevalence.fr

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DISCUSSION

Au Toï Toï le Zinc, Villeurbanne le 12/06/12 Par Blast & Barbara

OVER THE SNARE la sortie de leur tout premier E.P. à la pochette exquise et travaillée, on s’est laissé séduire à l’idée Aavoirvecdediscuté rencontrer Thibault, Audrey, Teddy et Pierre du groupe de Trip-Hop lyonnais Over The Snare. Après quelques minutes avec Thibault, le batteur du groupe, sur le parking du Toï-Toï à Villeurbanne, nous avons rejoint le reste de la tribu, posée sur la terrasse du local. Une rencontre détendue autour de quelques bières, qui ont rempli à merveille leur rôle : celui d’être de bonnes accompagnatrices de discussion !

ZYVA : Vincent Perriot (ndlr : dessinateur de bande dessinée) était de passage au Périscope fin mars. Comment ça s’est passé avec lui pour la création de la pochette de l’E.P.  ? Teddy : On connaît Vincent Perriot par l’intermédiaire d’un autre auteur de bande dessinée qui s’appelle Grégory Elbaz avec qui on avait travaillé avec un autre groupe, et du coup on a fait le lien comme ça. On a beaucoup aimé ce qu’il fait en général dans la BD. Thibault : Et puis nous, on avait essayé de lancer des projets avec Teddy sur un duo musique et BD. On avait déjà eu des contacts avec lui. On le connaissait déjà, on a travaillé avec lui, ça ne s’était pas fait. On lui avait proposé de faire la pochette de l’album, et puis voilà. Du coup, après, quand il est passé à Quai du Polar à Lyon, on a organisé la date au Périscope pour faire un concert avec Over The Snare. Dans l’idée, on lui avait donné carte blanche. Pas de ligne directrice. ZYVA : D’accord, donc c’était quand même important pour vous d’avoir un univers visuel ? Parce que mine de rien, celui-ci (la pochette de l’E.P.) est quand même assez travaillé... Th. : Ça fait toujours plaisir que ce soit en CD, mais surtout en vinyle d’avoir une vraie pochette, et puis voilà, ça claque ! Sur le disque et le digipack, y’a encore d’autres illustrations à l’intérieur. Ça raconte une histoire autant en musique qu’en visuel et ça, c’est bien.

ZYVA : Comment ça s’est passé Over The Snare finalement ? La rencontre ? Parce que voilà trois mecs, une fille... Th. : Au départ, moi j’étais tout seul dans ma chambre à faire des prod’. Donc dans l’idée, c’était de pouvoir aller monter un groupe entre guillemets “Trip-Hop”. Et c’est à ce moment-là qu’on s’est rencontrés avec Pierre sur le net... Pierre : Ouais je l’ai contacté par Internet. Et puis après, nous on bosse dans The Waggons avec Teddy, un groupe qui avait été interviewé par ZYVA il y a quelques temps. Et du coup, on avait un autre lineup, le groupe a splitté. On avait commencé avec un truc plus acoustique et quand on a changé la formule, on voulait quelque chose de plus Electro’. Du coup, on a appelé Teddy. Et après Audrey, on l’a rencontrée sur audition et elle a été retenue à l’unanimité ! (rires) ZYVA : A l’unanimité carrément ? Pierre : Carrément quoi. Un truc de ouf ! (rires) ZYVA : Au niveau du Trip-Hop c’est pas... On va pas dire que c’est un genre qui est mort mais qui est plutôt... Audrey : (rires) En passe de revenir ! ZYVA : Voilà, en passe de revenir. Pourquoi le TripHop ? Parce que tous les quatre, vous partagez cette inspiration Trip-Hop ? Vous avez grandi avec ça ? P. : Parce qu’on est nés dedans ouais.

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que ce soit Electro’, Jazz... N’importe quoi, mais on essaye de ne pas coller au cliché du Trip-Hop, ce qui permet d’enrichir un peu son histoire je pense.

Ilsen

Th. : C’est ce qu’on a eu dans les cages à miel quand on avait 15-20 ans. P. : Ouais, Portishead, Massive Attack... Th. : Enfin voilà je me suis réveillé avec ça pendant quelques années et puis par goût esthétique tout simplement, et l’envie d’avoir un truc un peu léché... P. : Dans Over The Snare, le Trip-Hop c’est une excuse hein. On est en France donc faut rentrer dans une case. On a dit Trip-Hop mais y’a plus que ça. Y’a de l’Electro, y’a du Rock, y’a de l’influence des musiques urbaines au sens large, et puis voilà... On a dit Trip-Hop.

“Chacun amène ses influences, que ce soit Electro, Jazz... N’importe quoi mais on essaye de ne pas coller au cliché du TripHop, ce qui permet d’enrichir un peu son histoire je pense.”

ZYVA : D’accord. Donc plutôt pour le côté lyrique et imaginaire peut-être ? Th. : Pour le côté de là où on vient. Enfin personnellement, moi, ouais. P. : Pour le côté tempo lent, je pense. T. : C’est un vrai mélange Trip-Hop... Th. : Un mélange qui inclut du Hip-Hop aussi et c’est quelque chose dans lequel on se retrouve, je pense. A. : Et puis avec des propriétés assez douces et moins torturées peut-être que dans le Rock. Plus douces, plus aériennes, plus légères... Th. : En fait, c’est un mélange de genres qui fait qu’on se retrouve tous, plus ou moins, là-dedans... A. : Par des chemins différents.

ZYVA : Par rapport à vos références, vous avez cité Portishead donc je me dois de poser la question, parce qu’ils passent dans pas longtemps à Vienne... Vous avez pris vos places ? Th. : Carrément ouais ! (rires). J’ai pris celles pour Björk aussi. J’ai pris les places de Pierre pour Björk aussi je tiens à le préciser (rires). Donc on y va ouais, Björk, Portishead, on ne peut pas les rater, c’est la même semaine en plus. General Elektriks aussi aux

Invites de Villeurbanne.

ZYVA : Du genre, des chemins différents ? Tu viens peut-être d’un genre particulier ? Qu’est-ce que t’entends par là ? A. : Non, mais justement, quand on disait qu’on se retrouve. Moi c’est plutôt ce que je vois dans le TripHop qui me correspond bien, c’est justement par rapport à la voix. Pour les autres, c’est par rapport au tempo...

ZYVA : C’est quelque part un heureux hasard que vous vous soyez un peu rassemblés derrière cette étiquette Trip-Hop un peu générale... Parce que nous, on s’était dit, voilà ils viennent de Lyon, ils font du Trip-Hop. Mais pourtant le Trip-Hop à Lyon c’est un style peu représenté... T. : Ouais c’est une envie quand même, même si ce n’est pas vraiment un hasard... C’est de se retrouver autour de cette esthétique, parce qu’on aime ça A. : Et puis c’est pas tant un hasard puisque la formule a changé, la musique aussi... P. : C’est tout sauf un hasard j’ai envie de dire... (rires) A. : Les gens ont changé et du coup non, au contraire. Au début, quand je suis arrivée, on se retrouvait justement avec cette formule un peu acoustique, presque un peu plus Jazz et puis ça s’est transformé dans le fait que chacun d’entre nous, musicalement, s’est de plus en plus affirmé... Notamment Teddy avec une touche un peu plus Electro, et c’est pour ça que ce n’est pas un hasard, mais un choix.

ZYVA : Quelles sont vos inspirations dans le TripHop  ? Vous avez parlé de Massive Attack tout à l’heure, Portishead... P. : Bizarrement, pas grand chose, et je trouve que c’est ça qui est intéressant. On ne cherche pas à coller à l’esthétique Trip-Hop. On part d’un truc avec des rythmiques, j’allais dire simples, pas simplistes mais d’un truc qui est un peu la base du TripHop avec des choses assez basiques et binaires. Et après, là-dessus chacun amène ses influences,

ZYVA : C’est quelque chose qui te tenait à cœur d’arriver à mettre une patte Electro ? T. : Ouais, ça a vraiment été un truc important pour moi dans la mesure où je me suis mieux retrouvé... P. : Ça a été important pour tout le monde aussi sur scène de pouvoir défendre un truc qui est aussi dans l’air du temps. Parce que mine de rien, maintenant, l’Electro, c’est un peu à toutes les sauces, et on voulait aussi défendre un truc actuel. Du Trip-Hop ou pas  ! Mais voilà on voulait se retrouver sur une

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Ilsen

“C’est vraiment un égo-trip de batteur en fait... (rires)” scène et pouvoir défendre un truc... Th. : Sans que ce soit un ingrédient rajouté parce que c’est dans l’air du temps  ! C’est aussi parce que Teddy est là-dedans et qu’il s’éclate derrière sa machine que ça marche dans la formule, et esthétiquement. ZYVA : Justement, par rapport à cette mouvance Electro’, un peu passe-partout, généraliste... Vous en pensez quoi ? Parce que c’est quand même quelque chose qui vient dans l’air du temps... P. : C’est comme tout. Y’a à boire et à manger. Y’a des choses excellentes et y’a des choses... Euh... Moins bien... (rires) ZYVA : (rires) Je m’attendais à un “Ne se prononce pas”... P. : C’est comme dans tous les styles. Y’a tout et n’importe quoi. A. : Nous, on essaye de le faire du mieux qu’on peut, avec goût, avec de bonnes références, du bon matériel.

ZYVA : Et alors, Over The Snare... On en a fait une traduction un peu bâtarde... Genre “au-dessus du piège”, alors... (rires) Th. : Ça marche aussi. Dans la traduction littérale, ça peut être vraiment ça. “The Snare”, c’est la caisse claire en anglais. C’est même le timbre de la caisse claire qui est en fait une sorte de grillage et qui lui donne ce côté nasillard. C’est ce qui a donné par extension le mot “piège”. Ou le contraire. Enfin peu importe ! (rires) Et tout bêtement au début quand j’étais tout seul, ça m’est venu comme ça. Je me suis dit Over The Snare c’est autour de la caisse claire, donc dans l’importance d’aller chercher des gens et des musiciens qui peuvent apporter une patte dans un projet... P. : C’est vraiment un égo-trip de batteur en fait... (rires) A. : Voilà ! Genre j’ai envie d’avoir des amis autour de moi ! (rires) Th. : C’est même tout le contraire, moi je pense ! ZYVA : Donc c’était un projet initialement studio, et au fur et à mesure, ça s’est développé sur l’E.P., la scène... Th. : Non, c’était dans le délire au début d’aller trouver des gens, des compagnons de route.

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“Le groupe sort juste l’ombre (rires). C’est le début, mais ça réagit plutôt bien et ça fait forcément plaisir.” ZYVA : Par rapport à cet E.P., ça s’est passé comment exactement ? Qu’est-ce qui a insufflé la dynamique de dire, “tiens on va faire un E.P.” ? P. : Une fois qu’on avait monté un peu le groupe, qu’on était sûr de notre coup sur le line-up, j’ai dit : “Allez youpi, on vient dans la maison !” et puis (rires) on a poussé les meubles et on a fait ce truc-là. Parce que, voilà, c’est une carte de visite pour dire bonjour au public et au milieu pro’. Montrer qu’on existe à travers ce truc-là. ZYVA : Concernant l’approche scène / studio justement, y’a une préférence, peut-être, pour le travail en studio ou pour le travail sur scène ? P. : C’est deux boulots complètement différents et y’a deux petits interludes qu’on a rajoutés là-dessus histoire de créer vraiment un bloc sur l’E.P., créer un objet. Et puis la scène, après c’est autre chose, on créé le live... T. : Mais chaque chose nourrit l’autre, c’est-à-dire que la scène, ça nourrit le studio, et le studio nourrit la scène. Th. : C’est deux choses différentes, on ne va pas écouter un disque sur scène, et quand on met un disque dans sa chaîne ce n’est pas pour voir un groupe. Ce sont deux choses qui sont pensées un petit peu différemment, mais qui effectivement nourrissent un projet. Après, on verra ce que ça donnera sur la suite mais là, oui, c’est peut-être plus l’E.P. qui a nourri le live sur le set. Peut-être que sur l’album, ce sera plus des morceaux du live qui vont être remodelés avec le studio... ZYVA : L’album ? Là, tu titilles un peu ma curiosité ! Y’a un album en construction ? Th. : On verra... ZYVA : Sinon par rapport à cet E.P., certaines critiques ont été assez sympathiques... Elles vous souhaitaient la bienvenue dans la blogosphère, enfin dans la musicosphère si on peut dire, qu’est-ce que vous en pensez ? Comment vous le ressentez ? Est-ce que c’est quelque chose qui vous fait plaisir ou au contraire, vous... Th. : Oh non ! C’est toujours un plaisir d’avoir des retours un peu positifs, on en a eu quelques bons déjà... A. : Et puis les gens réagissent, on n’est pas passé inaperçu donc ça, c’était très chouette pour un premier E.P. Th. : C’est le tout début de la vie de l’E.P. parce qu’on l’a sorti y’a pas très longtemps. On commence un peu à le diffuser, on commence à

monter sur scène. Le groupe sort juste de l’ombre (rires). C’est le début, mais ça réagit plutôt bien et ça fait forcément plaisir. ZYVA : En écoutant l’E.P., on a remarqué quelque chose, c’est que quasiment tous les titres sont en anglais. C’était un choix ? A. : Bien sûr, de toute façon on avait quand même une tradition derrière nous. Si on avait voulu faire quelque chose en français, ça aurait été plus de la chanson française. Ça n’aurait pas été du tout la même chose, ni le même groupe, ni le même projet. Donc voilà, l’anglais je pense que c’était une langue qui, par tradition, était vraiment associée à cette musique. Th. : Dans la sonorité des mots aussi, dans le chant. Ça fait partie de cet univers. Le français est vachement connoté en fait. P. : Tu tournes dans les pays francophones etc. etc. Donc avec l’anglais, forcément, t’essayes de toucher un public un peu plus large et ça ouvre forcément plus de portes. C’était vraiment un choix parce que, pour le coup, on a eu d’autres projets en français par choix aussi, et là c’était vraiment une volonté de défendre ce truc-là. ZYVA : Je voudrais connaître votre playlist actuelle. Les groupes ou les morceaux qui, indépendamment les uns des autres, trottent en ce moment dans vos mp3 ou dans vos têtes... Th. : Björk. P. : Moi c’est Black Keys qui tourne bien en boucle dans la bagnole. T. : Modeselektor, j’suis bien à fond sur eux. A. : Moi en ce moment j’écoute plutôt John Coltrane (rires). Th. : C’est pas grave hein, moi aussi ça m’arrive ! (rires) A. : Désolée. (rires) Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : Carlos - Big Bisous C’est une private joke !

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Over The Snare

Label : Ashrama

myspace.com/overthesnare


FESTIVALS DOSSIER :

- RHÔNE-ALPINS -

Où festoyer cet été ?

Par Alizée

Ç

a y est, on y est. Enfin. Chaque année, on n’attend que ça. On y pense dès le mois de janvier (si ce n’est avant, pour les acharnés) : les festivals. Un week-end, voire une semaine d’élucubrations dans ce monde magique qu’est celui de la musique live non-stop. Tous les ans, tout le monde en a pour son envie, son goût, sa motivation, son âge, et son argent. Seulement voilà, arrivé au mois de mai, on commence à surnager un peu dans ce trop plein d’informations musicales : “Quelle prog déchire le plus ?”, “Il est pas un peu cher là, le pass ?”, “C’est où ça, Rock’N Poche ?”, et on en passe. C’est pourquoi, chez ZYVA, comme on est super sympa, on a décidé de vous faire un petit topo des trucs cools à voir et à faire (et à écouter, surtout) cet été. Au menu : une sélection aux petits oignons des festivals les plus affriolants de la région.

ROCK’N’POCHE

FREAKSHOW

15 à 25€ Pour clôturer en beauté cette tournée des festivals de la région, rendez-vous est pris à Gigors (Drôme), les 31 août et 1er septembre. Pour la quatrième année consécutive, et pour un budget allant de 15 à 25 euros, Gigors Electric prévoit de gaver leurs festivaliers telle des oies en mal de Punk Rock sale. Dans l’ambiance euphorisante d’un décor de cirque pas forcément rassurant se succéderont des groupes qui auront franchi l’Atlantique exprès pour l’occaz, comme The Buildings et Speedball Baby (du Punk Rockab  !). Quelques autres pépites venues de France et de Navarre vont, elles aussi, se charger de faire sauter la fourmilière ; elles répondent aux noms de The Feeling Of Love, Owen Temple Quartet, King Automatic, Binaire (comme ça on devine facilement qu’ils font du Rock’n’Roll), Poil (comme ça on devine facilement, euh… rien), Magnetix, Kap Bambino, I Love Sarah… Faites péter les bananes et les perfs, les enfants, et cramponnez-vous à votre bière, car cette dernière ligne droite risque de ne plus l’être tant que ça une fois que vous serez passés par la case essorage du Freak show !

DR

22 à 44€ Il était une fois, en 1987, une bande de copains savoyards qui animaient des soirées et organisaient des concerts dans une disco-mobile. Depuis, on peut dire qu’elle s’est un peu agrandie puisqu’elle s’est transformée en festival. Il paraît que c’est même carrément “le plus grand festival de Rock de Savoie du monde”, comme ils disent dans le coin. Comprenons toutefois que tout est relatif, et qu’il ne s’agit pas non plus du Disneyland du Rock’n’Roll. Les Salmon Fishers, Music Is Not Fun, Golden Zip… à base de Pop-Rock pas mal et local, pour ceux qui préfèrent les guitares acidulées aux basses menaçantes. On compte aussi sur François And The Atlas Mountains pour nous arracher quelques larmes et les Wampas pour incendier la scène. Le petit plus : les festivités se déroulant en HauteSavoie du 27 au 28 juillet, il y a de fortes chances que vous passiez le week-end à déguster du reblochon et de la sève de sapin. “What else ?”

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LES RENCONTRES BREL

LES AUTHENTIKS

26 à 36 € “Authentique”, du latin authenticus  : “dont la vérité, réalité ou autorité ne peuvent être niées ou contestées”. Il est temps de se draper dans sa plus belle toge et de se mettre en route pour Vienne. Les 19 et 20 juillet, le festival Les Authentiks donnera à la ville des couleurs de fosse aux lions, avec une programmation qui, certes, n’est pas incroyablement pointue, mais n’en reste pas moins qualitative et variée : Thiéfaine, Izia, Asaf Avidan (l’Israélien à la voix la plus incroyable du monde), Groundation, Foreign Beggars, Klub Des Looser, Broussaï… Le tout mijoté par Mediatone, Zigoto Prod et Locomysic, des boîtes plutôt réputées dans le secteur. En bonus, le cadre pas dégueu du Théâtre Antique de Vienne vous fera perdre votre latin, ainsi que l’annonce de quelques surprises et la mise en place d’un “off” mystère. Le tout navigant entre vingt six et trente six euros.

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LES JEUDIS ELECTRO

GRATOS Les Jeudis Electro, c’est smooth, c’est funky, et ça se passe tous les jeudis du 21 juin au 23 août, à Thonon-les-Bains. Les heures varient entre 16 h et minuit selon les jeudis, aussi vous conseille-ton de faire attention à la programmation  ! Vous pourrez vous enfiler des petits rosés-pamplemousse en vous trémoussant sur DJEMDI, Miss Duckin, Luluxpo, ou encore Da Fresh, DJ Mute et Anton X. Le tout dans le cadre plutôt agréable de cette petite cité thermale renommée pour sa fraîcheur et ses palaces style Belle Epoque. Et c’est gratos, baby !

Kymmo

16 à 32€ Si l’âme d’un reggae boy éclot en vous subitement, ou que vous ne pouvez réfréner cette immense envie de semer dans vos cheveux des fleurs multicolores, allez donc faire un tour du côté du Foreztival, à Trelins, dans le Mortier, entre les 24 et 26 août. Au programme, tout ce qui fait la base d’un festival  : des bonnes têtes d’affiche, une scène découverte, un village associatif, et un festival de rue le dimanche avec des spectacles de la compagnie Costa Caliente, des acrobates, et tout ce qu’il faut là où il faut. La programmation est pour le moins juteuse, qui plus est, avec la présence annoncée du jeune Orelsan (récompensé aux Victoires de la Musique par deux fois), mais aussi d’Alborosie, le Sicilien qui ferait se retourner notre bon vieux Bob dans sa tombe. Les découvertes ne sont pas en reste avec le PunkRock de White Card et Mirabo (en itw dans le mag ZYVA Janvier-Février 2012), ou encore les chansons d’Albakaya. Le tout pour un tarif allant de 16 à 32 euros et dans le respect de l’environnement.

Kymmo

FOREZTIVAL

GRATUIT à 30 € Les 25èmes Rencontres Brel, éco-festival de revendication, se tiennent à Saint Pierre De Chartreuse, dans ce beau pays qu’est le Grésivaudan, du 17 au 22 Juillet. La programmation plutôt ciblée sur la chanson, avec la venue d’invités de marque tels que Camille, Emir Kusturica, Lisa Portelli ou encore Michel Jonasz (pour la soirée anniversaire du festival), devrait plaire aux plus jeunes comme aux moins frais. Attention à ne pas abuser de l’élixir de longue vie tout de même, c’est qu’il ne faudrait pas finir dans un baril de Chartreuse en frétillant au son du Gypsy Sound System ! Des fanfares, du Jazz, des orchestres, du Gospel, et même un hommage à Brel raviront les uns, tandis que les concerts dans les églises (et l’acoustique qui va avec), les stands artisanaux et la dégustation de Chartreuse satisferont les autres. Comme le dit la chanson  : “J’ai bien mangé et j’ai bien bu, j’ai la peau du ventre bien tendue…”. De nombreux évènements sont gratuits tous les jours et les scènes découvertes mettent à l’honneur les groupes de la région. Sinon, les tarifs varient entre 12 et 30 euros.

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FESTIVALS DOSSIER :

Kymmo

WOODSTOWER

26 à 34 € Attention les fans de Drive, il va falloir faire péter les blousons de motard en soie avec un scorpion brodé au dos, parce que Woodstower accueille LE type coupable de la B.O ultime de 2011, le bienheureux Kavinsky. En plus, il ne vient pas seul, puisqu’il partage l’affiche avec JoeyStarr. Bon, parait que le Jaguar s’est un peu calmé ces derniers temps, on murmure même qu’il préfère pique-niquer dans l’herbe plutôt que de casser la gueule des hôtesses de l’air… Mais comme nous ne sommes pas là pour colporter des rumeurs, on conseille quand même fortement de se pointer dans les alentours du Parc Miribel Jonage les 25 et 26 août, rien que pour découvrir ce que c’est que cette scène sous-marine (une scène sous-marine les gars ? Sans déconner ?) et ce “presque-cirque”. En plus, les parents pourront se débarrasser de leur progéniture aux mains qui collent grâce à Vincent Malone et son spectacle “Le Roi Des Papas”. Ah oui, et pour ceux qui auraient vécu dans une grotte ces quatre dernières années et n’auraient pas encore eu l’occasion de les voir en live  : les Birdy Nam Nam répondront eux aussi présents. Qu’estce qu’on attend ?

CABARET FRAPPE

GRATUIT à 17 € Du 23 au 28 juillet, la ville de Grenoble organise un festival exotique et chaleureux (qui est aussi, accessoirement, le plus grand d’Isère). La ville grise prend des couleurs à l’occasion du Cabaret Frappé, qui fait honneur à son nom puisque les festivaliers (au nombre de 50  000 l’année dernière) ne sauront plus à quel saint se vouer  : l’éclectisme et la place accordée aux artistes internationaux garantissent de bonnes découvertes. Ainsi, mamie tombera le châle avec Pad Brapad (un accordéon, deux violons, une contrebasse, des platines et des percus... on n’en dit pas plus), les Don Juan seront subjugués par Emel Mathlouthi, les reggaeboys se feront littéralement essorés par Pablo Moses et The Mighty Diamonds, les minettes se défrangeront sur Nasser... Le contexte est également enjôleur, puisqu’outre les concerts payants (qui ne dépassent pas les 17 euros), la musique envahira le Kiosque (là où se tenaient les bals-musette dans l’ancien temps, vous savez, avant l’ère du numérique et des concerts silencieux où les gens mettent des casques sur la tête) et le Zicbus (des concerts dans un bus  !). Ce soutien de la création musicale offre une promotion exceptionnelle de la ville, dont l’accessibilité a été optimisée pour l’occasion. Une garderie est installée pour que les petits ne s’ennuient pas pendant que papa et maman s’encanaillent. Kymmo

- RHÔNE-ALPINS -

Où festoyer cet été ?

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HADRA TRANCE FESTIVAL

Kymmo

15 à 25 € Pour les loups-garous assoiffés de fiesta qui ne sauraient pas encore sur quoi jeter leur dévolu du 6 au 21 juillet, il est vivement conseillé de se rendre dans cette belle contrée qu’est l’Ardèche. Cette année encore, l’association L’Art Scène, active au sein de la scène musiques actuelles (avec la Presqu’île à Annonay et Cavajazz à Viviers), organise à Payzac, Joyeuse, Rozières et Chandelas le festival Pleine Lune. La programmation éclectique et alléchante devrait mettre l’eau à la bouche de certains. Au menu, point de chair fraîche, mais deux festivals en un  : les Quartiers de Lune du 6 au 13 Juillet et la Pleine Lune les 20 et 21. Du Groove avec A State Of Mind, de la Folk avec Liz Green, du Rock avec The Rebels Of Tijuana, du Dub avec Biga Ranx, du Reggae et musique africaine avec Susheela Raman et Abyssinie Club, ainsi qu’une soirée Electro Groove (et un peu Pop) avec Le Peuple De L’Herbe, The Shoes, 1995, Emilie Chick… Bref, de quoi se mettre du bon beat sous la dent, pour un tarif qui varie entre 12 et 25 euros. En plus, un “Mini Quart De Lune” est organisé pour les louveteaux sauvages !

A partir de 35 € Outre la production et le management d’artistes, l’association Hadra s’occupe aussi d’organiser le plus gros festival Trance en France, avec une affluence d’à peu près 20  000 personnes par an. De quoi se mettre plutôt bien. La programmation aussi bien Trance qu’Alternative regroupe des artistes internationaux venus des quatre coins du globe tels que Shulman (Israël), Penta (Portugal), Ambient Terrorist (Grèce), Funky Dragon (Serbie), Lakay (France), Cosmosis (Suisse)… pour ne citer qu’eux ! Car ce sont plus de 120 concerts et performances pluridisciplinaires (arts numériques, scénographies, décors ahurissants…) qui envahiront la commune de Lans-en-Vercors du 30 août au 2 septembre. Et puis comme c’est l’année de la Croatie, les billets sont gratuits pour les Croates et le pays est mis à l’honneur tout au long du festival. Comment on dit “c’est de la balle” en Croate ?

Bobby C. Alcabes

FESTIVAL PLEINE LUNE

Voilà qui devrait vous prêter main forte dans votre quête du festival ultime de l’été, les enfants. Profitez donc de ce tour d’horizon pour élargir vos connaissances en matière de spécialités régionales, nous envoyer des cartes postales et vous jeter corps et âme dans le plaisir (musical, bien sûr). N’oubliez pas l’écran total, les chapeaux (ou casquettes, ou foulards, ou autres couvres chefs) ainsi que les cinq fruits et légumes par jour. Et surtout : mangez bien gras, bien sucré, bien salé !

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Luke Jenner au Transbordeur


DISCUSSION

Ruvan W

ijesooriy a

DISCUSSION

Le Transbordeur, Lyon, 25/04/2012 Par Alizée / Photos live : Kymmo

THE RAPTURE

une légère traversée du désert (disons les choses telles qu’elles sont), les Rapture sont revenus A(laprès à la charge sur leur nuage doré Disco-Punk, avec un album enregistré par monsieur Philippe Zdar moitié de Cassius) et édité chez DFA Records, la maison de monsieur James Murphy (là un peu plus que moitié de LCD Soundsystem). On a donc profité de leur venue au Transbordeur pour s’entretenir sur la teneur en calories d’un Big Mac... Mais on a trouvé ça chiant, alors on a plutôt parlé de leur dernier album, de Gospel et des méchantes majors.

ZYVA : Vous avez été proclamés les avant-gardistes du revival post-punk à la toute fin des années 90, et il se trouve que vous avez ouvert pour le concert des Sex Pistols en 2003, dans un stade anglais ! Vito Roccoforte  : Ouais, c’est une vieille histoire ça ! C’était complètement fou ! Tu veux que je te raconte ? ZYVA : Ouais ! V.R : On a sorti House Of Jealous Lovers il y a dix ans, et ça a été l’explosion. C’est à ce moment-là qu’on a commencé à enchaîner les tournées de folie, et bien sûr on passait par l’Europe. Un peu avant qu’on reparte, il y a eu ce concert avec les Sex Pistols, au Crystal Palace. C’était incroyable, mais c’était un cauchemar. Il y avait les Libertines aussi. Ce n’était pas pour un évènement particulier, mais les Sex Pistols avaient juste décidé de donner un énorme concert, du coup il y avait plusieurs groupes qui ouvraient pour eux. Les Libertines ont joué juste avant nous, et la foule leur criait dessus, leur disait de dégager, des trucs comme ça. En même temps, le public était rempli de vieux punks à l’ancienne qui n’étaient venus là que pour les Sex Pistols et rien d’autre. Du coup, on s’est dit qu’il valait mieux qu’on joue très vite et sans s’arrêter (rires)  ! En plus Luke (Jenner, le chanteur, ndlr) avait oublié de brancher son paddle alors il s’est juste assis sur la scène (rires). On n’a joué que vingt minutes, on se prenait des bières dans la gueule ! C’était une soirée dingue, les Sex Pistols ont ouvert sur Silver Machine, un morceau

d’Hawkwind. Le public était tellement chaud qu’il jetait même les groupes bien : il y avait ce groupe, je ne sais plus comment il s’appelle, mais ils étaient complètement fous, et ils renvoyaient au public toute leur haine, ce qui envenimait clairement la situation. C’était vraiment marrant. ZYVA : Votre dernier album, “In The Grace Of Your Love”, est sorti chez DFA Records, qui avait déjà édité “House Of Jealous Lovers” en 2002. On vous connait une relation assez particulière… Est-ce qu’on pourrait parler d’un retour vers vos premières amours ? V.R : Oui, tout à fait ! Disons qu’on savait qu’on avait encore des choses à faire ensemble, que notre relation n’était pas terminée. On peut dire que c’est un retour très symbolique. Après ce que nous avons traversé, cela nous a semblé être un retour à l’ordre des choses. On les avait quittés pour aller sur une major, et bon… On avait envie de retourner bosser avec des amis, des gens qui nous comprennent et à qui on n’a pas besoin d’expliquer où on veut aller musicalement. ZYVA : Ce n’était pas le cas chez Universal ? V.R : C’est très différent, et en plus ça dépend des pays. On aime bien travailler avec les majors en France et en Angleterre, mais en général on ne se sent pas vraiment compris. Les majors aux ÉtatsUnis, par exemple, c’est fou ! C’est bien trop grand, vraiment énorme. On faisait partie d’une “major

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DISCUSSION culture” qui ne nous correspondait pas, bien trop commerciale. Pour nous, ça n’a pas de sens de faire partie d’un tel truc, surtout aux États-Unis. C’était un peu frustrant, on avait l’impression de brasser de l’air, de perdre du temps à expliquer qui on était à tout le monde… Ce n’était pas compatible. ZYVA : Est-ce que ça reste quand même une bonne expérience ? V.R  : Oui. D’une certaine manière, ça a été une expérience très bénéfique pour nous. C’est génial d’avoir quelqu’un prêt à te suivre et investir beaucoup d’argent dans ce que tu fais. Cela nous a aidés à atteindre un certain succès, ou une certaine popularité. Et puis, on a aussi travaillé avec quelques personnes géniales. Mais bon, le côté un peu géant et rude des États-Unis nous a frustrés. Comme tout dans la vie : il y a du bon et du mauvais dans chaque chose. ZYVA  : On a l’impression que vous avez accordé beaucoup plus d’importance aux voix et aux harmonies vocales, sur votre dernier album. V.R  : Oui, Luke a beaucoup travaillé là-dessus. Il a notamment écouté beaucoup de Gospel. ZYVA  : Ça s’entend beaucoup, à chaque fois que j’écoute un des morceaux, ça me fait automatiquement penser au Gospel ! V.R : Ouais, moi aussi ! Ça a été une influence assez importante. On retrouve un aspect Gospel aussi bien dans les textes que dans les harmonies. ZYVA : On sent du Disco aussi ! V.R  : Oui, tout à fait  ! C’est le truc magique du Gospel, tu vois : il a traversé le Disco, puis la House, qui sont aussi des inspirations. Le Gospel est né dans les églises qui étaient surtout fréquentées par la population noire-américaine. Les musiciens étaient donc Afro-Américains, et c’est ça qui fait toute la différence  ! Ce sont des racines aussi fortes que celles du blues, profondément liées à la culture afroaméricaine. ZYVA  : Est-ce qu’on peut donc dire que vous injectez un peu de culture américaine dans votre musique ? V.R  : Oui, je veux dire, à partir du moment où on considère le Gospel comme une de nos influences majeures... Mais on a toujours eu une grosse influence européenne, aussi, surtout british. On n’a jamais été inspiré par le Blues. Par contre, nous on est branché Gospel (rires) ! ZYVA : C’est pour ça qu’on sent beaucoup d’amour dans vos chansons. V.R : Oui. Le Gospel est plus positif que le Blues. Le Blues, c’est le Blues, quoi. Tu fais du Blues pour parler de ton camion qui s’est fait renverser ou de ton chien

Vito Roccoforte

qui s’est fait tirer dessus. Le Gospel est plus lumineux, ça nous correspond plus. On adore la Dance, aussi, on y retrouve la même chose que dans la House ou le Disco. ZYVA  : Votre album sert à faire danser les gens, alors ! V.R  : Mmmmmh, je ne crois pas non, il est juste important d’avoir conscience de ces influences, mais je pense qu’on a surtout fait cet album pour nous-mêmes. On voulait faire quelque chose de vrai, d’authentique. ZYVA : Vous avez réussi ? V.R : Ouais, on est vraiment super content. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : Smokey Robinson - The Tears Of A Crown Cette chanson est un miracle. Elle est magnifique, mais ses paroles sont très tristes.

In The Grace of your Love

Label : DFA Records therapturemusic.com

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QUE DU BONHEUR...

Illustrations et textes : Coquin et Romain

P

our ceux d’entre vous qui auraient loupé nos aventures sur le net, je récapitule : Juin 2012, J-104 depuis le Singe. Aucune tentative de meurtre ou de défenestration à signaler. Bon, les pilonnages intensifs de stagiaires à coup de bananes et les tortures de peluche au chalumeau ça vous change un homme, mais on tient bon. Enfin... On tenait. On avait déjà couvert le Printemps de Bourges et les Nuits Sonores avec le Singe sans qu’on ait spécialement à se plaindre de son comportement. Du coup, on n’a rien vu venir quand il a proposé d’embarquer Max, un de nos stagiaires, à un concert pour un reportage. Le fait de le croiser aux toilettes, peintures de guerre au visage, en train d’aiguiser une broche à volaille aurait dû nous mettre la puce à l’oreille.

C’était pas une bonne idée. Au moins, le stagiaire a retrouvé seul le chemin du local. On l’a recueilli le lendemain, sur le paillasson, recroquevillé en position fœtale en train de répéter : “Pas le petit chien, pas le petit chien, pas le petit chien...” Personne n’a rien dit mais j’ai bien senti que toutes les fesses de l’équipe venaient de se resserrer de quelques crans. La bonne nouvelle dans l’histoire c’est que le Singe n’étant pas revenu, on pouvait le considérer comme perdu. Imaginez un voisin qui vous joue de la perceuse 24h/24 du lundi au samedi. Puis le dimanche : plus rien. Ben là, c’était tous les jours dimanche !

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Mais tous les bons moments ont une fin non ? A l’heure où je vous parle, deux représentants de la maréchaussée ont quitté le local il n’y a pas 20 minutes. Ils nous rapportaient le singe, une citation à comparaître et un rapport de police gros comme un bottin. Entre les larmes et les sanglots d’Hedi, j’ai cru comprendre que le magazine devait maintenant une certaine fortune à l’Etat, à la ville de Lyon, aux organisateurs des Nuits Sonores, à 4 DJ’s et à une certaine madame Lauchand (Oui... Parce que le point positif c’est qu’on sait maintenant pourquoi le stagiaire parlait d’un petit chien...) Greg vient de me dire qu’ils allaient avoir un peu de mal à me payer pour les 4 ou 5 prochaines années mais qu’ils comptaient toujours sur moi pour poster mes comptes rendus Facebook réguliers.

Je résume donc simplement le cri de détresse de toute une rédaction de la manière suivante : Jeune Mag (3 ans), sérieux, sobre, cherche homme ou femme pour recueillir singe. Animal gentil, doux et affectueux. Ecrire à la rédaction ZYVA 6 grande rue de Saint-Clair 693000 Caluire-et-Cuire.

facebook.com/Zyvamag

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DOSSIER

CHRONIQUES CD Aelpéacha & Richard Segal Huredia | world ride | Label : Studio Delaplage Pour ceux qui l’ignorent, Aelpéacha est le meneur incontesté de la scène rap westcoast à la française. Depuis une dizaine d’années, le A délivre des albums funky, ensoleillés, aux rimes volontiers gauloises. Ses talents de producteurs ne sont plus à prouver et sur ce nouveau disque, on a enfin l’occasion d’entendre des rappeurs américains se frotter aux instrus de notre Californien national. Cette compil, c’est la rencontre a priori improbable entre le Val de Marne et la Cité des Anges. Et pourtant, tout fait sens. On retrouve des beats nerveux, rebondissants, des synthés et des claviers à se pâmer, et des basses bien rondes. Le tout est mixé par Richard Segal Huredia, qui a travaillé entre autres pour Eminem et OutKast. Rien que ça. Parmi les invités, les connaisseurs auront la bonne surprise de croiser de vieilles légendes telles que Suga Free ou Kurupt. De la virée agressive toutes vitres baissées, jusqu’à la balade tranquille sous le soleil, “World Ride” est un disque taillé pour l’autoradio. À l’aise derrière les machines, Aelpéacha navigue le coude à l’air entre tradition funky et sonorités plus électriques. Seule ombre au tableau : c’est une compilation. Le manque de fil conducteur se fait donc ressentir et certains rappeurs sont meilleurs que d’autres. Mais la présence de quelques perles fabuleuses nous fait passer outre ces défauts. She Calls Me Mr. Sun, notamment, est l’essence même de la musique qui te met bien par un bel après-midi d’été. Shakalak

Sangue bom | Black Star Line

Vicelow | BT2.0 | Label : Bluebab

Label : Do Not Cross Records

Il nous avait déjà mis l’eau à la bouche il y a quelques mois avec son premier clip “Welcome To The BT2”  dans lequel on le voyait en compagnie d’un danseur de popping masqué  ; la réalisation et les samples étaient extrêmement bien soignés, réalisés en grande partie par soFLY. Encore un vrai coup de frais de la part d’un des ex-membres du Saian Supa Crew. Contrairement à certains de ses collègues, il a pris un peu plus de temps pour faire son retour musical, et c’est peut-être un mal pour un bien. En effet, ses textes sont sincères, les rimes sont travaillées et le propos est parfois cinglant. Pour la sincérité, c’est le titre très rock Saturn qui en est le meilleur exemple : “Mon bic a trop de fractures, mes textes trop de ratures, mature depuis que le rap ne paie plus mes factures, j’avance sans calculer au jour le jour, c’est cool tant que certains me calculent et jouent le jeu”. Et pour les propos cinglants, on peut aisément extraire quelques passages du très bon Hip-Hop Ninja : “Rap game, rap guerre, rien à foutre qu’il guérisse. Les anciens à la dérive obsolète comme Derrick, je reste Al comme Berry affronte les sales mioches terribles. Le public a ce qu’il mérite: nouvel épisode du berger qui suit le mouton French Classic série”. Tout ce qui faisait la force du Saian est là dans cet album  : la puissance, un phrasé rapide et efficace, et une vraie plume. Si un jour on devait faire la Star Academy version Rap non aseptisé, Vicelow aurait largement sa place en tant que vieux briscard qui transmet le flambeau. Et ce n’est pas pour le mettre en retraite que je dis ça, loin de là.

Jagunk

Loin d’être la première création de Sangue Bom, “Black Star Line” est son premier projet solo. C’est un voyage en R21 de Paris à Dakar qui lui donnera l’inspiration. Maintes rencontres et maintes découvertes musicales aboutiront à un “Cross-Over” digne d’une accalmie musicale qui fait du bien. La première piste, A Free K nous met dans l’ambiance grâce à de multiples voix et des polyrythmies africaines qui nous embarquent sur la route avec lui et Rochelove Dayvàa. On le retrouvera avec des apparitions discrètes un peu plus tard sur Vodun, piste mystérieuse aux allures plus Hip-Hop, pourvue de samples et scratchs. Dans la même ambiance, Meaness & Profil et Motel el Queso. Beaucoup d’ombres et d’énigmes, telle pourrait être la découverte de pays à l’histoire aussi sinueuse qu’ancestrale... Rassurez-vous, le côté festif est loin d’être oublié ! Dès la deuxième piste, Baifale attaque sur une rythmique Reggae, que soutiennent les cuivres et le chant d’Abass Abass. Blue nous offre un retour en ville, avec la voix suave de Laetitia Dana. Celle-ci clôturera l’album avec Rolling Feat. L’accompagnement, si on lui ôte sa grosse basse bien posée, amène un petit côté musique d’ascenseur dont on se serait bien passé, je l’avoue. Pareillement, le flow trop coulant de Jah Guidi, accompagné de son d’accordéon s’éternise avec Samuraï. Les deux coups de cœur restent Metroblaster et Resistencia, la touche dansante de l’album apportée par l’énergie résolument positive de Jamalski. Des morceaux en solo, définitivement dub, comme Doowap et Bigodinho, nous prouvent que ce musicien peut être vertueux sans l’aide de personne ! On arrive à dénicher parfois de bons artistes français, même si ce n’est pas forcément sur cette “terre d’accueil” qu’ils trouvent leur inspiration. Sangue Bom en fait partie. Violette

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CHRONIQUES CD El - P | Cancer for cure | Label : Definitive Jux

THE HIVES | Lex hives | Label : Columbia Les enfants, l’heure est grave. Cinq ans qu’on attendait un retour en force du groupe de Rock le plus frappé de Suède. Cinq ans qu’ils tentent de nous faire patienter mollement avec des sorties pour Nike et autres E.P.s de reprises obscures et délavées. C’est officiel, les monstrueux The Hives ont été engloutis par l’Amérique. Certes, ce n’est pas un scoop : l’Amérique, ils voulaient l’avoir, et ils l’ont eu. Mais à force de bosser sur le même label que Maroon 5 et de faire des featurings avec Timbaland, les escrocs en noir et blanc ont fini par se faire bouffer tout cru. Leur cinquième album, “Lex Hives”, mériterait que l’on brûle un cierge à Fourvière en priant pour leurs âmes égarées. L’ouverture sur Come On est ridicule, et l’enchaînement sur Go Right Ahead, une reprise du groupe de rosbifs Electric Light Orchestra, me donnerait presque envie de pleurer sur mon adolescence. 1000 Answers, Wait A Minute, My Time Is Coming, If I Had A Cent… tout ceci n’est que Punk à roulettes. Mais où est donc passée la gouaille qui me donnait envie de dire “fuck” à ma gentille maman ? Alors, certes, les égocentrés Hives n’ont jamais brillé par la philosophie de leurs paroles, mais au moins ils envoyaient du sacré pâté ! Des pédales dans tous les sens, un leader, Pelle Almqvist, sexy en diable (excusez le prénom, c’est un scandinave), des riffs dont la vitesse explosait le mur du son, un groove à se damner et un sens du rythme à faire pâlir... n’importe qui. Aujourd’hui, le navire du quintet prend sévèrement la flotte, et il semblerait que même les rats l’aient déserté depuis “Tyrannosaurus Hives” ! I Want More, Patrolling Days, These Spectacles Reveals The Nostalgics, Midnight Shifter : autant de titres qui empestent cette désagréable odeur de réchauffé. Paraît-il que monseigneur Josh Homme fût en charge de produire les titres bonus sur l’édition deluxe, croisons alors les doigts pour qu’il rende aux essoufflés maniaques leur texture garage si jouissive. L’autoproduction estampillée “Disques Hives” ne suffit pas à nous redonner du baume au cœur, aussi est-il temps de dire adieu aux héros de nos quinze ans et de les laisser se débattre avec le mainstream. Toujours avec énergie oui, mais celle, à présent, du désespoir. Alizée

En manque de crasse, d’underground et d’argot new-yorkais ? El-P est là pour combler ce vide. El-P, en deux mots, c’est un des grands messieurs en terme de production musicale aux ÉtatsUnis (certains le surnomment d’ailleurs El-Producto). DJ Krush, Aesop Rock, Prefuse 73, Mike Ladd, The High and Mighty, Alec Empire ou encore Zack de La Rocha (pour son album solo) se sont déjà attachés ses services. Mais ce n’est pas tout. El-P ne se contente pas de produire pour les autres. Il crée pour lui aussi. Ce “véritable” 4ème album en est la preuve, car “El-P Presents Cannibal Oxtrumentals” sorti en 2001, “Fandam Plus” en 2002 et “Collecting the Kid” en 2004 sont plus instrumentaux qu’autre chose. Dès le début, Request Denied met direct les points sur les i en nous balançant un sample très proche du groupe britannique The Prodigy. Tout un symbole pour un album qui respire les bas-fonds de New-York. The Full Retard qui s’enchaîne derrière se marie bien avec l’ambiance de ce début d’album. Le clip présent sur le net est d’ailleurs là pour le confirmer : un mélange de Puppetmastaz première époque, au son mais aussi visuellement, car on retrouve El-P en décapotable, accompagné d’une marionnette immorale qui enchaîne les déboires : prostitution, drogues, alcool,... C’est d’ailleurs ce genre de thèmes que l’on retrouve tout au long de l’album, mais aussi quelque fois des critiques acerbes sur la politique et la société américaine. A noter pour les plus précis d’entre nous qu’El-P s’est entouré de personnalités diverses pour ce nouvel opus : Paul Banks (chanteur, guitariste et parolier du groupe new-yorkais Interpol), les Mc’s (Mr Motherfucking Exquire & Danny Brown) ainsi que le musicien canadien Nick Diamonds. La vraie claque Rap de ce début d’été. Jagunk

dEUS | Following Sea | Label : Play it Again Sam 11 juin 2012, seulement 8 mois après la sortie de leur précédent album, “Keep you close”, dEUS nous revient sans aucune promo avec un septième opus, “Following sea”. Malgré le peu de temps séparant les deux derniers albums, Tom Barman et ses acolytes parviennent encore une fois à susciter notre engouement avec cette nouvelle production! “Following sea” s’ouvre magistralement avec Quatre mains, premier single du nouvel album; titre assez sombre chanté en français par un Tom Barman qui se donne des airs de Gainsbarre. Ce nouvel opus met une fois de plus en lumière les nombreux talents du quatuor belge, et leur propension à écrire des mélodies imparables, ainsi que les arrangements qui vont mettre en valeur leurs chansons. Le son du groupe ainsi que celui de ce disque résulte de l’alchimie entre chacun des membres dans le processus de création. On en a un parfait exemple avec Hidden wounds qui regroupe de nombreuses petites mélodies, insignifiante seules, mais qui prennent tout leur sens associées les unes aux autres. Dès la première écoute, il en ressort un album rythmé avec lequel on ne s’ennuie pas, passant aussi bien du Rock atmosphérique avec One thing about waves, au Rock plus catchy avec Girls keep drinking, sans oublier quelques titres plus expérimentaux comme Fire up the Google beast algorith. “Following sea” n’est peut être pas le meilleur album du groupe mais il se rapproche de très près de certaines de leurs meilleurs productions avec quelques réelles pépites prouvant une fois de plus qu’il faudra encore compter sur eux pendant un moment ! Kymmo Prochain Concert : 06/07 Festival Musiques En Stock / Cluses (74)

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ALT-J | An Awesome wave | Label : Infectious Recordes Prenez quatre amis originaires de Leeds, enfermez-les dans une chambre universitaire avec une guitare, une batterie et un ordinateur. Ajoutez quelques influences Pop, Rock, Hip hop, Folk et Electro, ainsi qu’une voix douce et modulable. Attendez quelques années. Vous obtiendrez le groupe Alt-J. Ces gaillards ont tout compris à l’importance du mélange des genres. Leur premier opus “An Awesome Wave”, paru le 28 mai dernier revisite l’univers d’artistes comme Radiohead, The XX ou encore Wild Beast, sur des sonorités douces mais rythmées. La guitare et la belle voix du chanteur, un peu nasillarde, apportent un côté léger et reposant, qui nous donne envie de s’évader ; comme dans le morceau Breezblocks. On se revoit, sur la route des vacances, avec le disque de Simon & Garfunkel qui tourne en boucle dans l’autoradio. La basse et la batterie donnent une dynamique aux morceaux, sans pour autant altérer l’atmosphère aérienne de l’album. Le travail sur l’électronique, minutieux, dévoile dans certaines pistes, une ambiance plus psychédélique, surréaliste. Nos amis du Royaume Uni nous offrent une tracklist de 14 morceaux, dont le magnifique titre Matilda, et ses paroles d’amour, qui nous donne le ton de quelques sujets abordés dans leur essai. Alors, “An Awesome Wave”, petit bijou prometteur ? A en croire le public anglais, il se pourrait qu’il devienne un des albums indépendants de l’année. Une nouveauté donc, à ne pas hésiter à écouter et réécouter, tant on ne s’en lasse pas. Marion

PATTI SMITH | Banga | Label : Columbia Records “Banga”, nouvel opus de la prêtresse rock, est un album dans lequel se télescopent les références. Il a été enregistré aux Electric Lady Studios (construits par Hendrix où Patti enregistra “Horses”, son premier album) et elle s’est accompagnée de ses talentueux proches : le fidèle Lenny Kaye, ses enfants, son nouveau pote Johnny Depp (guitariste à ses heures perdues et à qui elle offre la chanson Nine) ou Tom Verlaine (ex-Television). Le nouvel album de Patti déroule la multitude de ses influences : mystique avec Constantine’s Dream (sur lequel elle renoue avec le spoken word), littéraire (Banga), cinématographique (Tarkovsky)... Patti Smith jongle avec doigté entre l’émotion des hommages à ceux qu’elle aime (This Is The Girl pour Amy Winehouse, le magnifique Maria pour Maria Schneider) et l’érudition qui la caractérise. Si l’album bénéficie de relents rock bien placés, Patti Smith offre ici un album folk, mystique et tout en délicatesse, alliant des références ultra-pointues et une orchestration bien sentie. Et cette voix qui, depuis “Horses” n’a pas pris une ride et qu’elle utilise presque comme un instrument, la modulant à volonté. Amerigo et April Food (qui ouvrent l’album) ne sont pas les plus inoubliables mais avec Fuji-San, Banga ou Mosaic, Patti Smith assoit (s’il en était besoin) son statut de songwriter de génie. Si pour les puristes ses albums “Horses” ou “Easter” demeurent des indétrônables, à 65 ans la plus punk des littéraires nous régale d’un album émouvant et tout en finesse.

Marie

BLIND DIGITAL CITIZEN | LE pOdium #5 | Label : Third Side L’initiative du label Third Side Records “Le Podium #5”, consiste à jouer les chercheurs d’or. Et à en trouver. Un très beau projet, surtout quand il est mené à bien. Blind Digital Citizen, c’est la cinquième pépite déterrée après, entre autres, La Femme et Splash Wave. Avec cet E.P. d’une vingtaine de minutes divisé en quatre séquences toutes plus originales et déterminantes les unes que les autres (chacune dotée d’ailleurs de son clip), on découvre un univers unique : froid et plus que jamais vivant à la fois ! Ça débute avec Strauss, un morceau aux commencements opaques et synthétiques suivis de deux déflagrations acoustiques à 1:35 et 2:45. Accélération, puissance, force. On ne peut que s’émerveiller de ces attributs, être fasciné comme devant une équation complexe dont on ne pourrait saisir jusqu’à la simple existence. A l’écoute du Reykjavik 402, une figure apparaît, à l’instar d’une image subliminale ou d’un écho qui nous reviendrait : Alain Bashung. De l’harmonie parfaite entre poésie magnifiquement indigeste et Rock vivement asséné. Du post-industriel. Du voyage. Du western et des grands espaces. War, c’est une saignée dans la même veine, animée par la joie, la passion, l’envie de vivre. Un instinct, une fureur, apaisés seulement par le vaste et reposant Valhalla. Aucun doute, “Le podium #5” est un premier effort très fin, concluant et prometteur. A présent, l’impatience nous happe. Le Rock français est mort ? Connerie. Mais merci aux synthétiseurs de le faire revivre. Blast


CHRONIQUES DE CONCERTS

JINA

Le blogg | lyon | 09/06/2012 Texte et photos : Kymmo

R

endez vous samedi 9 juin au Blogg pour la troisième édition des soirées Grrrlz on stage! Au programme deux groupes de filles et un duo de mecs qui vient remplacer au dernier moment Alyson B en nous offrant une prestation plutôt convaincante. 21h, arrivée sur scène de Be my doll, formation Pop lyonnaise qui nous emmène tout de suite dans leur univers grâce à leur style énergique et communicatif. Les quatre musiciens nous font partager leur joie d’être sur scène pendant près de 45 minutes : une très belle mise en bouche! Puis un peu après 22h, c’est au tour de Jina d’arriver sur la scène du Blogg pour enflammer la soirée avec leur Rock cru, poignant et spontané ! Pas mal de monde pour accueillir le quatuor et sa chanteuse au charisme certain et à la voix chaude qui vient appuyer les accords acérés des deux guitares. Malgré une certaine jeunesse, le groupe a déjà un univers bien marqué entre sensualité et énergie débordante, ce que l’on ressent bien sur scène. Les titres du set sont tous efficaces à leur façon, qu’ils soient énergiques ou mélancoliques, ils apportent tous leur pièce à l’édifice Jina. Avant de nous revenir avec un nouveau maxi, Jina fera un tour à Londres pour quelques concerts avant d’enregistrer un nouveau maxi. Alors patience et à très vite sur scène !

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Dominique A

Nuits de fourvière | lyon | 18/06/2012 Texte et photo : Kymmo

A

près une première date avec l’excellent Neal Hannon (The Divine Comedy) ouvrant cette édition 2012 des Nuits de Fourvière, Dominique A se présente sur la scène de l’Odéon pour fêter les 20 ans de “La Fossette”, premier album de l’artiste. À cette occasion, il nous propose un set exceptionnel composé de deux parties : une première consacrée à ce fameux premier album, et une seconde sur son dernier opus, “Vers les lueurs.” 21h pétantes, début de la première partie avec l’entrée de Dominique A, son pianiste et son guitariste. Pendant près de trois quart d’heure, ils nous proposent une relecture plus que magnifique de “La Fossette.” Toujours aussi touchant dans ses textes et dans sa musique, le set est à la fois électrique et électronique. Après ce beau moment de chanson française, petit entracte de 15 minutes, histoire de se rafraîchir. Puis, retour sur scène dans une configuration bien différente, et avec la nuit cette fois-ci. Dix musiciens l’accompagnent alors, dont un quintette à vent, le tout pour interpréter et magnifier ce sublime dernier album. Après plus de 2h30 de concert, Dominique A s’en va, ému, laissant un public des Nuits de Fourvière tout aussi touché par la beauté et la sensibilité de la musique de cet artiste, pilier de la scène française.


DISCUSSION

Dope D.O.D 4/2012 Par Alizée

est peu probable que vous soyez passé à côté de ces nouveaux bouchers hollandais du Hip-hop Ilgrimper. Hardcore : depuis le buzz généré par leur clip What Happened il y a quelques mois, ils ne font que S’accrochant aux rideaux Dubstep tels des chats en rut, ils balayent leur public à chaque prestation. Rencontre avec Skits Vicious, Dopey Rotten, Dr Diggles et Jay Reaper pour faire un petit point sur la scène Dubstep internationale, le Hardcore, ainsi qu’un big up (de rigueur) à Jarring Effects !

ZYVA : En faisant des petites recherches sur le web, on a découvert qu’une célèbre encyclopédie gratuite décrit le Hip Hop Hardcore comme une musique dont les thèmes récurrents sont : “Faire la fête, le crime, le sexe, la violence, la nudité, la pauvreté, la rue, la méfiance d’autrui, le nihilisme, la drogue, la colère.” Est-ce que tout ça vous décrit ? Dopey Rotten : Moi, ça me décrit. Skits Vicious : C’est vrai qu’il y a certains aspects de ce que vous venez de citer dans notre musique et nos personnalités. Je pense qu’on pourrait appeler ça un “spectacle de fous”. ZYVA : Et quels sont les aspects qui figurent parmi les trucs qu’on n’a pas cités ? S.V : La baise (rires) ! Dans ce que vous avez dit il y a déjà une bonne compilation de tous les sujets qu’on aborde quand on rappe et des trucs qu’on vit. Pour plus de précisions tu peux peut-être demander à Dr Diggles… Dr Diggles : Non, moi ça me résume bien aussi. Enfin, c’est beaucoup plus que ça, mais si tu le condenses et que tu les catégorises, ouais ça résume plutôt pas mal. S.V  : Tu peux rajouter genre la famille, les amis, les films, des villes, des pétasses... peu importe. ZYVA : La vie, quoi. Jay Reaper : Des pétasses, la vie c’est des pétasses (rires). ZYVA  : On assiste en ce moment à une recrudescence de la Bass Music, et particulièrement de la Dubstep et la Drum. Vous sentez que vous faites partie du mouvement ?

S.V  : Ouais. On a déjà répondu à cette question il n’y a pas si longtemps, et je dirais qu’on se sent quand même plus proches du Hip Hop. Mais bien sûr, on a des influences Dubstep et la communauté Dubstep nous a, en quelque sorte, accueillis. Donc oui, je dirais qu’on fait partie du mouvement. ZYVA  : C’est assez nouveau en France, contrairement peut-être aux Etats-Unis ou aux Pays-Bas… S.V  : Ouais, carrément. Mais c’est nouveau partout ! J.R : Ca fait un petit moment que ça bouge aux States, quand même, et je dirais encore plus au Canada ! Ils ont plein de groupes là-bas, comme Datsik, Excision... Mais aux States ça continue de grandir, la scène est encore assez petite là-bas. Dr D : Non, elle n’est pas petite ! D. R : Elle n’est pas petite, forcément, parce que les States c’est gigantesque. S.V : En fait, il y a moins d’artistes qu’ici mais ils sont beaucoup plus gros. Ca bouillonne un peu plus par là-bas. ZYVA : Ça bouillonne aussi pas mal aux Pays-Bas, non ? D.R : Ouais... Il y a une scène, c’est sûr, mais elle n’est pas si conséquente que ça. S.V : Ouais, j’appellerais plutôt ça un “mouvement”, il y a pas mal de soirées et pas mal de gens pour les organiser. Dr D : Ce n’est pas très violent, ceci-dit. S.V  : Ouais, c’est vrai. La scène n’est pas si grosse que ça, en Hollande. Il n’y a pas de gros producteurs ou de vraiment gros artistes. Dr D  : On pourrait dire qu’il y a une grosse scène,

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DR

Le Printemps De Bourges, 28/0


mais qu’elle ne se compte pas en nombre de DJs, tu vois  ? C’est plus des gens qui organisent des grosses soirées. Il y a DJ Nicon qui est super bon, sinon. Un Hollandais complètement taré, putain. S.V : Il y a Noisia, aussi. Bon, ils sont aussi Drum’n’Bass, Electronique, Breakcore… ils font un tout. Il y a beaucoup de pionniers de la musique Electronique originaires de Hollande. Les premiers à avoir fait du Hardcore au début des années 90 viennent de Rotterdam. ZYVA  : Parlons un peu de Jarring Effects, avec qui vous travaillez actuellement. Ils ont été les premiers à vous programmer à Lyon et dans le coin. S.V  : Riddim Collision  (rires) ! J.R : On a kiffé !

coup de monde présent, mais ceux qui étaient là étaient chauds comme la braise  ! C’est ce qui compte, c’est grâce à des gens comme ça qu’on avance !

DR

ZYVA : Nous aussi, quand on vous a vus au Transclub. On s’est pris une sacrée claque (rires) ! S.V : (rires) Merci ! ZYVA  : Vous allez sûrement être amenés à bosser avec d’autres, vu l’ampleur que vous prenez en ce moment… S.V : Ouais, c’est vrai qu’on a pas mal de gros trucs à venir là. Mais on n’oubliera jamais Jarring. Comme vous dites, ils ont fait beaucoup pour le Dubstep en France et pour nous, car c’est grâce à eux qu’on a fait nos premiers pas en France. Et puis, on est vraiment devenus potes, donc peu importe avec qui on va être amené à travailler, on sera toujours en contact avec eux dès qu’on sera dans le coin. D.R : Big Up Jarring Effects ! ZYVA : Vous allez vous taper une petite tournée des festivals français pour l’instant, et ensuite, c’est quoi votre programme ? S.V  : On va surtout faire des allers-retours. On doit aller en Suisse, et après… Je sais plus. Après Jarring, on va bosser avec eux, ça je m’en souviens. Mais après... (Il réfléchit) On va où, putain  ? Franchement, je ne m’en souviens pas (rires) !

ZYVA : Sériez-vous d’accord pour dire qu’on pourrait définir votre musique comme un mélange de Hip Hop old school Us et de Grime à l’anglaise ? S.V : Ouais, je pense que c’est plutôt juste. On ne fait pas vraiment du Grime mais on s’en inspire ouais, du moins pour le côté un peu violent. Et puis, on est Hollandais, on rappe en anglais, c’est clair qu’on a une bonne influence européenne. Disons qu’on se base sur le “royaume” qui existe déjà aux EtatsUnis, et on en fait une version européenne. On est les cousins européens du Hardcore (rires) ! ZYVA : Chauds pour ce soir ? J.R : Ca va être de la balle ! D.R : Ouais, vous avez intérêt à être là, on va foutre un putain de bordel ! Dr D. et S.V : Ouaaaaaaais ! J.R  : On n’a pas encore fait les balances, ce qui nous laisse le temps de s’en fumer quelques petits (rires) ! Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : Mr Oizo - Analog Worms Attack D.R : Ouais, ce morceau est dingue ! S.V : Ouais, en plus les Français kiffent bien, non ?

ZYVA : Vous avez bien enchaîné les dates, jusqu’à présent, non ? S.V : Ouhla, oui ! On est allé en Russie, en Islande, en Suisse, aux States, en Pologne, en Ukraine, au Royaume-Uni... Il n’y avait pas forcément beau-

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Label : Dope D.O.D

dopedod.com


JULIEN NEEL A

Par Coquin

uteur phare du magazine TCHÔ ! depuis bientôt dix ans avec sa série LOU, Julien Neel fait pleinement partie de cette catégorie d’auteurs BD passionnés de musique. Le genre à se balader en permanence avec un énorme casque autour du cou relié à son lecteur Mp3 et à bidouiller du son dès qu’il en a l’occasion ! Petite rencontre avec l’artiste à la terrasse d’un café lyonnais entre deux plages de dédicaces... Zyva : Dans quelle mesure la musique influe-t’elle ton travail ? J’ai lu quelque part qu’il t’arrivait de prendre des notes en musique... J.N. : Ouais très souvent en fait. Je fais beaucoup de musique. Je bidouille énormément, je suis absolument pas instrumentiste, je sais jouer de rien mais je joue de plein de choses en même temps avec des ordinateurs et des machines qui sont branchés ensemble. J’expérimente toutes sortes de choses et effectivement, pour travailler, pour écrire, généralement je me fais des playlists de choses qui correspondent à peu près à l’humeur que je veux travailler, qui me permettent de trouver une ambiance. Et puis après quand il y a tous ces sons, qui peuvent être extrêmement variés, j’essaye moi en musique de définir ce qu’il y a en commun qui m’intéresse dans toutes ces choses, de créer des morceaux... ça me vide complètement la tête. C’est une façon de créer une ambiance et de créer des trucs, et ça sert à me construire. Zyva : Tes goûts musicaux c’est principalement musique Electronique ? J.N. : Nan nan pas du tout ! Quand j’étais gamin j’étais vraiment un fan absolu de Michael Jackson. Je le revendique complètement. C’était l’idole de mon enfance et c’est ça qui a profondément formé mon oreille. Après, il y a eu toute la mauvaise Dance dans les

années 90, l’Eurodance et tout, où en fait c’étaient les premières années où j’ai fait l’amour. Donc c’est des choses qui sont extrêmement liées finalement... Je sais que c’est pas de très bon goût de dire ça, mais l’Eurodance et Michael Jackson c’est ça qui a formé mes goûts musicaux. Ensuite autour de ça ont gravité des tonnes de trucs : ça a ouvert les portes vers effectivement l’Electro et des choses un peu plus pointues là dedans. Puis après tu t’intéresses à l’histoire de toutes ces musiques... Donc j’écoute aussi énormément de Bossa-Nova, de Disco, et ça m’intéresse de remonter dans la généalogie de tout ça. Zyva : C’est quoi ton parcours musical à toi ? J.N. : J’avais une mère qui était chanteuse lyrique et chanteuse de Bossa-nova, et donc qui toute mon enfance m’a traîné dans beaucoup de concerts de musique classique. Elle m’a fait faire du conservatoire entre mes quatre ans et mes dix ans et j’avais horreur de ça. J’avais pas du tout envie de faire ça, j’étais totalement réfractaire. Du coup j’ai fait du piano pendant des années mais je reste infoutu de jouer “Au clair de la lune”. Et simplement en fait, quand j’ai commencé à travailler dans le dessin animé, au début pour les bandes son je samplais, je pillais des trucs qui existaient déjà. Et puis au bout d’un moment ça me faisait chier parce qu’en faisant ça tu arrives pas forcément à avoir le timing que tu veux, tu as les histoires de droits... Donc je me suis mis à me renseigner sur les logiciels, le matos, sur

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les synthétiseurs, et j’ai appris en autodidacte. Et donc maintenant je compose entièrement sur ordinateur ou avec toutes sortes de machines. Je collectionne un petit peu les gadgets musicaux japonais, tous les trucs qui peuvent se brancher et faire des sons idiots. Grosso modo, je branche ça, j’enregistre puis je mélange, et voila ! Zyva : Est-ce que tu penses que le concert de dessins, comme c’est fait à Angoulême, reste le meilleur compromis entre musique et BD ? J.N. : Alors moi, le concert de dessins, j’ai été extrêmement surpris parce que j’avais une idée complètement différente du truc avant de le faire... C’est-à-dire que je pensais vraiment qu’il y avait des musiciens sur scène et que les dessinateurs improvisaient une histoire au fur et à mesure... Et en fait non. C’est hyper scripté. C’est à dire que grosso modo, on te donne le scénario avant et on te dit “Tu arrives à telle minute, derrière tel dessinateur, et tu dessines un chien”. Et ça m’a fait super bizarre. Alors après, il parait que du côté du spectateur c’est un spectacle génial super rigolo à voir, mais alors moi en tant qu’auteur c’est pas du tout ce que j’imaginais. J’imaginais un truc beaucoup plus lyrique où effectivement t’avais un musicien et toi tu répondais en dessinant ce que ça t’inspirait et que lui, d’après ce qu’il voyait, modifiait sa musique... Donc j’ai un sentiment très mitigé par rapport à ça. Je suis pas complètement convaincu.


DISCUSSION

Ninkasi Kafé, le 25/05/2012 par Blast

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TRISTESSE CONTEMPORAINE

endant que Léo (Hellden) bidouillait quelques fils pour le concert au Ninkasi Kafé, Maïk, détendu et PContemporaine, souriant, et Narumi Hérisson, troublante et stoïque, ont pris le temps de nous parler de Tristesse un groupe dont le premier album éponyme rencontre un vif succès  ! Une formation

atypique et mystérieuse, entre Electro et Cold-Wave dont on s’est fait un plaisir d’explorer quelques facettes ! ZYVA : Salut Tristesse Contemporaine, ça fait super plaisir de vous rencontrer ! Je vous ai découverts plus ou moins quand l’album est sorti. J’ai lu dans la presse française que vous aviez mis à peu près deux ans pour faire cet album. Pourquoi ça a pris autant de temps ? Maïk : En fait, on a fait l’album en six mois, et même pendant ce temps, on a bossé que les week-ends. Ça a été assez rapide de faire l’album. ZYVA : Il a fallu y revenir à chaque fois ? Narumi  : Le premier concert qu’on a fait c’était en février 2010, on a joué un morceau qui est dans l’album, il était déjà prêt, et après on a dû trouver les gens pour le produire. M.: On avait fait un morceau, 51 Ways To Leave Your Lover avec une petite maison de disques, mais c’était juste pour sortir le maxi. Après, on a pensé à faire l’album, mais avec qui ? Qui veut produire l’album, le mixer, tout ça. Ça prend du temps. ZYVA : L’album était déjà prêt. M.  : Niveau création, ça a été assez rapide ouais.

DR

ZYVA : Dans quelles circonstances vous vous êtes rencontrés  ? Parce que toi tu es Londonien (Maïk), toi Japonaise (Narumi) et Léo est Suédois. C’était à quelle occasion ? M. : C’est pas un mystère. On habite tous les trois à Paris, on fait tous les trois

de la musique. Narumi et moi on était amis parce qu’on a bossé pour Telepopmusik. On a eu un super feeling, on est resté amis. Pas pour faire de la musique. Mais le fait qu’on fasse de la musique, Narumi elle a bossé... N.  : ... Dans le projet de Léo (Hellden) Aswefall. Après on s’est retrouvé. M. : De toute façon à Paris, il y a plein de nationalités. N. : Oui voilà, je comprends que les gens se fixent sur nos nationalités, mais à Paris il y a beaucoup de musiciens de nationalités différentes. C’est vrai qu’on s’est retrouvé et... ZYVA : Ça a fusionné. M.  : Oui, mais plutôt pour l’amour de l’art, les bouquins, les films, la musique. N. : On n’a pas pensé faire de la musique ensemble. Le morceau on l’a commencé Léo et moi, après on a senti qu’on avait besoin d’un chanteur. On n’a pas cherché loin, Maïk est super. Mais même quand on a fait 51 Ways To Leave Your Lover, on a pensé “on va faire un groupe”. On a juste fini le morceau et après on sait que ça pouvait être bien de continuer parce que c’est cool. Et donc on a continué, on a cherché le nom du groupe et c’est comme ça que ça a commencé. ZYVA : Vous êtes tombés sur le bouquin (essai sur les grands courants moraux et intellectuels du XIXe siècle). M. : Ouais c’est Léo qui l’a trouvé. Et tout de suite on a trouvé ce nom magique.

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“De 1978, 79, 80, 81 jusqu’à 85. La musique était bonne, mais ils étaient peut-être un peu limités par le matos et la technologie qui commencent en 86, 87 à devenir vraiment bons.” ZYVA : Dans la presse votre album a été super bien accueilli, c’est génial pour un premier opus, mais vous êtes souvent comparés à Joy Division. Vous en pensez quoi ? N. : Ça c’est quelque chose que je ne comprends pas. M. : Non moi je ne comprends pas du tout. N.  : Même si je suis plus une grande fan de New Order, Joy Division tout le monde a écouté, mais on n’a pas cherché une influence musicale qui vient de la post-Punk/New Wave. Parce que la musique des années 80 c’est très bien. M. : Ouais, 1978, 79, 80, 81 jusqu’à 85. La musique était bonne, mais ils étaient peut-être un peu limités par le matos et la technologie qui commencent en 86, 87 à devenir vraiment bons. N. : C’est l’ambiance aussi. Avec le synthé. Mais ça coûtait cher. M. : Souvent on construisait son propre synthé. N.  : Le son était personnel. Aujourd’hui le son quelquefois c’est impersonnel, des fois c’est très difficile à reconnaître. M. : Nous, on a la chance d’être obsessifs avec le bon son. On sait tout de suite si c’est le son... ZYVA : ... Qu’il vous faut. M. : Oui. Si c’est trop comme ça, c’est moche tu vois ? N. : Ça c’est bon ou ça c’est pas bon. ZYVA  : Le fait de passer de l’ombre à la lumière comme ça, vous vous attendiez à ce qu’il soit aussi bien reçu ? M.  : On sait pas trop ce que pensent les gens. L’extérieur. Mais non à l’intérieur, on ne sent pas de changement. Les gens nous disent parfois “c’est super votre succès”... N.  : La seule différence c’est quand même qu’avant, quand les gens venaient nous voir en concert, ils ne connaissaient qu’un morceau. Mais maintenant on sent que les gens ont découvert l’album. ZYVA : Donc il y a un changement au niveau de l’ambiance en concert ? N. : Oui, ne serait-ce qu’à l’intro, les réactions, les gens qui dansent. C’est génial ! M. : C’est fantastique.

ZYVA : Justement par rapport à ça, vous avez travaillé pendant deux ans. Le passage à la scène ça s’est passé comment ? M.  : Pour moi le premier concert qu’on avait fait c’était dans le Pop In à Paris. C’est une toute toute petite scène, c’est un bar en fait. On connaît tout le monde là-bas, c’est le bar qu’on aime beaucoup, et le sentiment était tellement bon ! C’est un peu comme quand tu prends ton premier exta’ (rires) tu te sens bien, tu te sens fort, et tu te dis “putain, je vais refaire ça”. Donc pour moi la scène c’est toujours ce premier concert dans ma tête, donc je vais toujours retrouver la même ambiance, la même sensation. N. : Moi je venais de guérir... M. : Ah oui ! On était tous les trois malades ! N. : On était tous les trois sous antibiotiques ! M. : Oui, et après on ajoute deux, trois morceaux etc. Pour moi ce premier concert c’était... On s’est senti tellement bien. Je cherche ça tout le temps ! Des fois, tu y arrives, des fois pas. Maintenant on est passé à une nouvelle étape. N. : Maintenant on est plus à l’aise. M. : On commence à maîtriser. ZYVA : Plus en confiance. N.: Oui, et puis il y a plus de plaisir à vivre, jouer. On arrive à exprimer maintenant. ZYVA : Une conscience plus fine de ce qui se passe sur scène. N. : Oui, voilà ! ZYVA  : Comment ça se passe entre vous ? Vous avez chacun un parcours différent au niveau de la création. N. : C’est souvent à partir d’une idée et après, on commence à voir, à travailler. On a toujours une base. M.  : Oui, mais on change tout le temps. En fait, on essaye tout le temps. Dans le studio, on dit toujours au moins trente fois par session “on essaye” parce que l’idée, peut-être qu’elle est bizarre mais... ZYVA  : On essaye  ! Il vaut mieux essayer. N.  : On est assez synchro. On cherche pas dès le début à faire un morceau postPunk par exemple. On fait un morceau comme ça. Sauf ce morceau agressif... M.  : Et encore même ça c’était un accident !

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“On est tous attirés par la mélancolie. On n’est pas des gens tristes, mais c’est quelque chose qui nous touche dans la littérature. C’est quelque chose de nécessaire, d’important.” N. : Oui, y’a pas un morceau avec des trucs prédéfinis. ZYVA : La ligne se construit. N.  : Oui c’est ça elle se construit, c’est plus excitant ! ZYVA  : Par rapport au nom Tristesse Contemporaine, c’est un ouvrage sur les courants intellectuels et moraux, qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes rejoints sur cette idée ? N. : On est tous attirés par la mélancolie. On n’est pas des gens tristes, mais c’est quelque chose qui nous touche dans la littérature. C’est quelque chose de nécessaire, d’important. ZYVA  : Et par rapport à cette petite phrase, “La tristesse durera toujours”, c’est une chose à laquelle vous croyez profondément, qui animera toujours votre musique ? M. : C’est une référence à “maintenant” et à “toujours”. D’abord, je ne trouve pas notre musique triste... ZYVA  et Narumi : Elle ne l’est pas. M.  : Donc c’est pas par rapport à ça. C’est une belle phrase, c’est très profond, c’est vrai. Les gens nous posent souvent la question : nous on pense pas ! (rires) N.  : C’est très difficile de définir la tristesse et la joie. Pour nous, quelquefois c’est fusionnel. Bien sûr il y a des joies très excitantes, mais par exemple il y a des personnes qui semblent drôles, joyeuses, rigolotes,

mais elles peuvent être très mélancoliques. Ça ne se voit pas. C’est très bête de dire ça, c’est triste et ça c’est rigolo. M. : Pour moi c’est juste humain, c’est la vie. La tristesse c’est une partie de la vie comme l’amour, la mort. Des fois quelque chose arrive dans la vie et les gens sont choqués, bouleversés. Mais pour moi c’est la vie. N. : Pour moi, il y a des moments qu’avec le temps tu peux trouver très beaux. Et pourtant sur le moment tu chiales, tu te dis que c’est pas possible, mais en même temps c’est bien de... M. : Oui, même le moment hyper dur, hyper triste, il est toujours beau aussi. C’est une partie de la même chose. N. : Mais après quand on fait de la musique, on n’écrit pas le livre de... C’est difficile à décrire. La musique c’est la musique, ça sort. ZYVA : Ça vient. M. : Ça va peut-être sonner prétentieux de dire ça, mais on est des artistes, on pense pas. On discute pas, on discute pas ce qu’on fait, on fait ! N. : C’est impossible de décrire la musique avec les mots. Ça fait un peu faux. M. : On n’anticipe pas. ZYVA : Les artistes que vous appréciez et écoutez en ce moment... N. : Moi j’aime beaucoup l’artiste du label Not Not Fun, Maria Minerva... M.  : Moi je ne connais pas le nom mais je viens d’écouter pas mal de Rap anglais. Je trouvais qu’avant c’était pas super, mais à présent ils ont la bonne tonalité, les bonnes voix. C’est un truc nouveau. Ça fait longtemps que je n’ai pas écouté un truc comme ça ! N. : Il y a beaucoup de producteurs qui ont beaucoup de talent. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : The Velvet Underground - After Hours

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(Eponyme)

Label : Pschent

tristessecontemporaine.com


DISCUSSION

EXTRAITS DE DISCUSSIONS [...] Avec ZYVA, pas d’interview, que des discussions. Un seul principe : tout ce qui est enregistré est retranscrit à l’identique, nous finissons toujours par la même question.

Killing JOKE

Beat Assailant

Transbordeur | 19/04/2012

Kymmo

Ninkasi Kao 09/05/2012

ZYVA : Au début, tu as été aidé, par un des mecs de la Zulu Nation en plus ! Ça doit être formateur ! B.A. : Oui effectivement c’était un Dj de la Zulu qui m’avait repéré dans un petit open mic en freestyle j’avais 14/15 ans, et c’est lui qui m’a pris et montré plein de choses, c’était une super formation dans le milieu Hip-Hop, et avoir cette expérience aussi jeune a été une véritable chance dans ma vie. Je lui dois d’ailleurs beaucoup pour m’avoir aidé depuis mes débuts ! C’est lui qui m’a clairement montré le bon chemin.

Kymmo

ZYVA : Killing Joke a démarré à la fin des années 70, tout juste après l’explosion punk en GrandeBretagne. Mais vous, vous n’avez jamais été punks… J. C. : Non, nous on a été les punks d’ “après” (rires) ! On a toujours trouvé le punk très préfabriqué. Et puis il y a eu une seconde vague de punk, très différente de la première. Il y a eu ce morceau de Bob Marley, Punky Reggae Party, qui a complètement chamboulé la section rythmique punk. Bon, nous, à l’époque, on écoutait plutôt du disco, alors... Tous ces différents rythmes que sont ceux du disco ou du punk, se sont associés à d’autres rythmes plus tribaux dans notre musique. Et il y a un autre truc qui ne faisait pas partie de la première vague punk, c’est le mysticisme. C’est aussi pour ça qu’on n’a jamais fait partie du mouvement punk. J’adore l’énergie, le feu du punk, mais leur section rythmique est à chier !

Bottle next

Salon Disk’Over | 02/06/2012

Alec Empire

ZYVA : Concernant le public, les réactions sont différentes suivant les pays ? Alec Empire : Ah cool c’est une bonne question parce que c’est vrai que c’est dur de donner une appréciation. Mais c’est carrément vrai, tout le monde dit que c’est spécial en France et c’est véridique, les Français ont une approche particulière de la musique, on a l’impression que les gens apprécient plus ici, qu’ils t’écoutent. A Berlin ils sont plus hard core, mais c’est peut-être qu’une impression personnelle. ZYVA : Tu crois que les Berlinois sont plus hard core ? Alec Empire : Ouais, je crois que ... En France, par exemple, peut-être que je suis dans le faux, mais on a l’impression que ça bouge plus ici. Mais je ne peux juger qu’à partir des albums que j’ai joués en tournées, on verra ce soir, après le show (rires).

DR

Ninkasi Kao | 03/03/2006

ZYVA : Qu’est-ce qui a fait que vous avez construit ce projet à deux et pas avec d’autres musiciens ? Pierre : Je crois qu’on ne voulait pas faire de compromis. Pour moi la guitare, c’est seulement mon dernier instrument et je l’ai appris en autodidacte. Ça a été un outil de composition plus qu’autre chose. Je n’accorde jamais de la même façon et ce de par nos influences qui sont en fait très Métal entre autres. Marty : On part d’un riff et ensuite on s’amuse autour pour construire quelque chose de cohérent. P. : On a le bœuf assez spontané on va dire... En plus, on aime la viande. (Rires) Et le comique de répétition.

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ZYVA MAG # 21