__MAIN_TEXT__

Page 1

City magazine

Strasbourg Automne 2019

Se rĂŠinventer


CARRELAGE I PARQUETS I SANITAIRE I MEUBLES DE BAIN I MATÉRIAUX D’EXTÉRIEUR

Design graphique vero-villanueva.com Crédit photo Diesel with Iris Ceramica - photo retouchée

s e l l e v Nou ons i t c e l l co 2020

Strasbourg Porte Nord VENDENHEIM

Strasbourg Porte Nord LAMPERTHEIM forgiarini.net

Centre Alsace KOGENHEIM


Les prochaines parutions de Zut Lorraine n°24 | novembre Rhin Supérieur n°10 | novembre Journal de Haguenau et alentours n°6 | décembre Strasbourg n°44 | décembre

zut-magazine.com


4

Zut team

Contri— buteurs

contact@chicmedias.com ou prenom.nom@chicmedias.com www.zut-magazine.com

Rédacteurs

Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Administration et gestion Gwenaëlle Lecointe Rédaction en chef Sylvia Dubost Rédaction en chef Cahier La Table Cécile Becker Directeur artistique Hugues François — Brokism Directrice artistique Cahier Le Style Myriam Commot-Delon

Commercialisation & développement Léonor Anstett +33 (0)6 87 33 24 20 Bruno Chibane +33 (0)6 08 07 99 45 Olivia Chansana +33 (0)6 23 75 04 06 Guy Hassenfratz +33 (0)6 17 90 34 71

Léonor Anstett, Nathalie Bach, Romane Baury, Cécile Becker, Valérie Bisson, Anne-Claire Cieutat, Myriam Commot-Delon, Sylvia Dubost, Caroline Lévy, Déborah Liss, JiBé Mathieu, Corinne Maix, Gilles Pudlowski, Romain Sublon, Philippe Schweyer, Fabrice Voné, Aude Ziegelmeyer.

Ce magazine trimestriel est édité par

Photographes

Tirage : 9000 exemplaires Dépôt légal : octobre 2019 SIRET : 509 169 280 00047 ISSN : 1969-0789

Jésus S. Baptista Pascal Bastien Alexis Delon / Preview Hugues François / Brokism Christophe Urbain Henri Vogt Illustratrices

Caroline Lévy +33 (0)6 24 70 62 94

She BAM Studio Violaine Leroy

Philippe Schweyer +33 (0)6 22 44 68 67

Stylistes Myriam Commot-Delon Caroline Lévy Assistante mode Prune Delon

Design graphique Clémence Viardot

Relectures

Responsable promotion & partenariats Caroline Lévy

Retouche numérique

Chargée de projets & développement Léonor Anstett

Léonor Anstett Fabrice Voné

Emmanuel Van Hecke / Preview Mannequin Alena R. / www.upmodels.fr Coiffure Greg Alcudia / La FabriK pour Avila Make-up Julie Gless Stagiaires Romane Baury Léa Gassmann Nastia Kartachova Solène Lauth Séverine Voegeli

chicmedias 37, rue du Fossé des Treize 67000 Strasbourg +33 (0)3 67 08 20 87 www.chicmedias.com S.à.R.L. au capital de 47 057 euros

Impression Ott imprimeurs Parc d’activités « L es Pins » 67319 Wasselonne Cedex Diffusion Novéa 4, rue de Haguenau 67000 Strasbourg Abonnements abonnement@chicmedias.com

Crédits couverture Blouson « Teddy » brodé poitrine en lainage marine et chemisier avec col à volants Celine chez Ultima. Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Alena R. www.upmodels.fr Coiffeur Grégory Alcudia / La FabriK pour Avila Make-up Julie Gless Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen www.preview.fr


+ de 60 vignerons franรงais,

illustration Anne-Sophie Tschiegg

allemands, autrichiens, suisses et italiens


6

10 É  ditorial 12 L  e choix de la rédaction 14 C  arte blanche Se réinventer, par Maurane Mazars 16 T  u viens de Stras, toi ? Timothée de Last Train 18 L  ’actu − Le Botaniste fait peau neuve − Bientôt, Le 5e lieu 22 Panier culture 24 S  trasbourg vu par − Cécile et Kévin Weyhaubt − Adélie Salmon et Tiffany Breua − Bénédicte Bach et Benjamin Kiffel − Denia Ben El Habbes − Julie Gless − Stéphanie Lacour Jenny 36 L  e quartier La tribu du Tribunal

La Cité 46 S  ociologie Smaïn Laacher Entretien avec le sociologue spécialiste de l’immigration. 50 S  port Le sport hors champ #1 Un événement en deux clics, en début et fin de partie. 52 A  rts Mali Arun Portrait de l'artiste en plein tournage. 56 S  cènes Garder la flamme ? Alors que cette saison marque un tournant dans leur parcours, questions au Maillon, Pole-Sud et La Laiterie.

61 A  rchitecture Les Journées de l’architecture Espaces en transitions. 64 N  eue Vague Nicolas D’Ascenzio 66 I nstant Flash Irène Jacob Céline Sciamma Hafsia Herzi 72 L  ’actu


RU E D ES G R A N D ES ARCADES - 67000 STRASBOURG

THE STYLE OUTLET CENTER - 67480 ROPPENHEIM


8

Le Style

La Table

86

126 L  e produit Les champignons

L  a mode Ad hoc

100 S  hopping Les envies mode et design de saison. 106 L  ’homme Upgrader les vacances de l’homme moderne. 108 L  ingerie Des dessous chics. 110 B  ien-être Focus sur les cabines infrarouges. 112 L  e parfum Les parfums cultes #18 : N°19 de Chanel. 114 L  ’objet culte La Plywood Chair de Jasper Morrison, par Ilana Isehayek. 116 U  rban Styles Les drag-queens de Strasbourg. 120 L  ’actu

144 L  e vin Oui, mais nature ! 146 L  e shopping Miscellanées pour popotes automnales.

128 L  es nouveaux lieux Pour de bon Aliomis Honesty

148 L  a cuisine Shape, by Poliform

130 L  e reportage Gaëtan Roussel dans la cuisine du Colbert.

154 L  a chronique Gilles Pudlowski à La Vieille enseigne.

134 La recette La pâte à choux by Stein. 136 Le portrait Régis Gutapfel de Perles de Saveurs. 138 La tendance Le poke bowl 140 L  ’objet La 2e vie des bocaux Weck. 142 La collab Cuisine + compost + vélo = Sikle x La Corde à linge.

150 L  ’actu


* Faites le à votre image !

Make it yours ! Dimensions, couleurs, aménagements : les lignes intemporelles des systèmes d’aménagement USM suivent vos envies et structurent subtilement l’espace. Design et qualité suisse depuis 1965.

www.usm.com

ALSACE/BELFORT/VOSGES/HAUTE SAONE mobilier contemporain pour la maison et le bureau 4 Le Schlossberg 68340 Zellenberg – tél 03 89 21 72 00 www.@decoburo-store.com – contact@decoburo.com


Le roi de l’évasion

Cela faisait une dizaine d’années que je n’étais pas retourné chez ma dentiste. Dix années passées trop vite, pendant lesquelles j’avais complètement oublié que, tôt ou tard, il faudrait y retourner. C’est en léchant une glace à la pistache que j’ai senti pour la première fois une petite douleur logée au cœur d’une de mes molaires. Quelques jours plus tard, en buvant une bière fraîche, la douleur est revenue, un peu plus vive. J’étais bien décidé à attendre que ça se calme tout seul, mais, alors que je pédalais comme une bête dans le brouillard pour arriver le premier au bureau, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus garder la bouche ouverte tellement l’air froid me faisait mal. Après quelques heures de réflexion, trois pauses café et quatre clopes, j’ai demandé à mon bras droit de me prendre un rendez-vous au plus vite : — Je croyais que vous ne vouliez plus jamais y retourner ? — Prends-moi un rendez-vous. — Oui chef. Deux jours plus tard, je me suis glissé dans la salle d’attente de ma dentiste après un dernier clope. La table basse était encombrée de vieux numéros défraîchis de Grazia, Voici, Voilà, Gala, People, Novo, Onze, Rock & Folk et Zut. Je n’avais pas le cœur à m’intéresser à la vie sexuelle du Prince de Galles ou aux soucis financiers de la femme de Johnny. Je me suis contenté de lire une interview de Marc Keller qui revenait sur ses jeunes années passées à jouer au football à Mulhouse, une ville nettement plus cool que Strasbourg. J’aurais voulu pouvoir lire la fin de l’interview, mais l’assistante dentaire est venue me chercher. Une fois installé dans le fauteuil, la dentiste s’est penchée vers moi sourire aux lèvres, histoire de me faire admirer sa dentition parfaite. — Je vous avais dit que tôt ou tainirait par se retrouver. Mieux vaut venir régulièrement. — Tous les dix ans, c’est régulier…rd, on f — Ouvrez la bouche ! — … — Punaise, ça sent pas bon là-dedans ! — …

10 Édito. Par Philippe Schweyer

— Ouah, c’est pas joli joli ! Il va falloir fraiser un peu pour creuser votre dent avant de boucher la cavité avec un mortier maison. Impossible de faire ça en une fois. J’espère que vous avez une bonne mutuelle ? — … — Bon, arrêtez de bouger ! Je vais percer ! Ça va saigner ! — … — Vous êtes tout blanc… — … — Flûte, il est tombé dans les pommes le con ! La dentiste était en train de me tapoter le front avec un linge humide. Elle souriait tendrement, prête à se remettre au travail. Je me suis redressé sur mon siège et j’ai fermé les yeux en ouvrant grand la bouche. Je n’étais pas fait pour ce monde : la douleur, la violence, les criminels et les guerres me faisaient horriblement peur. J’ai pensé à ce que vivaient des millions de personnes à travers le monde et j’ai respiré à pleins poumons. Je n’en avais que pour quelques secondes avant de retrouver ma liberté, mais j’avais toutes les peines du monde à me décontracter. — Je peux fraiser ? — … — C’est parti ! Je me suis cramponné à mon siège de toutes mes forces. J’étais bien décidé à tenir bon. Il n’était pas question de me ridiculiser une seconde fois. La fraise s’est mise à tourner à plein régime. J’ai essayé de penser aux voitures électriques de mon enfance. Je me suis relevé pour cracher des résidus de dent et m’éponger le front. La fraise a effleuré un nerf. J’ai hurlé. La dentiste a continué à forer avec une détermination de sadique. J’ai hurlé de plus belle tout en me jurant de rejoindre sans tarder Amnesty International, par solidarité avec les torturés du monde entier. J’ai eu droit à une pause pour cracher mon sang dans un petit gobelet relié à une chaînette. Ma tortionnaire a voulu s’y remettre, mais je me suis levé d’un bond pour m’enfuir sans prendre le temps de récupérer ma carte Vitale. Je n’étais pas très résistant, mais j’étais le roi de l’évasion.


Le choix de

Zut.

12

Des membres de l'équipe du magazine livrent leur coup de cœur.

Kim de Ruysscher , Il Canotto, 2016, sculpture à l'échelle 1

Myriam Commot-Delon

« Il se trouve que je suis dans ma période “surréalisme belge”, alors que l’invité d’honneur du prochain salon Résonance[s] soit Kim de Ruysscher, sculpteur belge qui réinvente le quotidien en sculptant dans le marbre les objets qui l’entourent (avec un hyperréalisme et une maitrise dingue), je vois ça comme un signe ! Kim, si jamais vous ne savez pas quoi faire de votre nappe en marbre, je veux bien vous en débarrasser. C’est aussi valable pour votre série AO Paper, et d’ailleurs tout le reste de votre œuvre. » salon-resonances.com

Bruno Chibane

« Un récit rageur, une voix off, de l’ordre du journal intime. Ne croyez surtout pas que je hurle est un film “parlé” fascinant qui chronique sur quelques mois la dépression de l’auteur après une rupture amoureuse. Isolé, seul dans un village du nord de l’Alsace, Frank Beauvais se plonge dans une cinéfolie dévorante, avalant plus de 400 films en quelques

mois. Il nous raconte, via une voix hypnotique, un texte ciselé et plusieurs centaines de plans - fragments très courts d’extraits de films montés de manière virtuose – le chaos qui l’envahit, le fracas d’un monde qui s’emballe. Un chant d’amour intime et politique. » Actuellement en salles, texte édité par Capricci.


13

Olivia Chansana Léonor Anstett AUX GRANDS MORTS, LES GRANDS REMÈDES

Jacques Floret - CUT2013/2014

Aux grands morts les grands remèdes, illustration de Jacques Floret parue dans CUT 2013-2014

« Cela se passe dans un îlot secret qui domine la vallée de Lapoutroie, en Alsace. Un bout du monde que je connais, qui me fait voyager sans bouger. C’est pour Claudie, qui y habite, le territoire d’exploration d’une autre vie possible. Son roman se lit comme un polar, il est plein de poésie, de chagrin et de colère sur la disparition de la beauté dans la nature et les ravages que l’homme y opère. » Claudie Hunzinger, Les Grands Cerfs, Grasset

Sylvia Dubost

« La fin d’une aventure éditoriale, c’est toujours triste. Même si, comme celle de Cut, revue cinéphile pointue et décalée, portée par une bande de Strasbourgeois calés et barrés, se fait de façon assumée et joyeuse. Parce que c’est un regard sur le monde qui se referme. Alors en attendant qu’ils nous inventent autre chose, on file au cinéma Star voir l’expo Final Cut, avant le bal et l’édition plus tard cet automne. » cutleblog.wordpress.com

« Voilà deux fois que je me rends chez Ô Brazil, pour leurs grillades typiquement brésiliennes. Leur fameuse entrecôte de bœuf à l’ail (Entrecosto molho d’alho en portugais) est toujours tendre à souhait, et servie par une équipe chaleureuse. On sent que cette viande a été marinée avec savoirfaire et amour. Mes papilles me remercient encore ! » Ô Brazil 13, rue du Jeu des Enfants


Carte blanche

Se réinventer, par Maurane Mazars. Après être passée par Estienne, puis la HEAD à Genève, Maurane Mazars sort diplômée de la HEAR en 2018 (en remportant au passage de nombreux prix et concours). Actuellement en résidence à Buenos Aires grâce aux festivals Filba et Fumetto, elle se montre très attentive aux petits gestes du quotidien, à la poésie de la simplicité et aux bouleversements intimes. (C.B.) mauranemazars.com

14


NOTSHY.FR Pernille TEISBAEK #NOTSHYLOVESPERNILLE


Timothée de Last Train Tu viens de Stras, toi ?

16

Par Caroline Lévy

C’est qui ? Formée en 2007, la bande de potes fusionnels originaires du Sundgau a fait du chemin ! Fer de lance du rock français, Last Train vient de sortir The Big Picture, un deuxième album puissant et fiévreux encensé par la critique. Strasbourg a longtemps été le point de chute de la clique. Le bassiste du groupe, Timothée Gerard, y a vécu et a accueilli ses camarades pendant quelques années. Son parcours strasbourgeois « De 2012 à 2015, où j’étais à la fac pour faire une licence en Sciences sociales. Comme j’étais le seul du groupe à habiter Strasbourg alors que les autres vivaient à Montbéliard, ils trouvaient tous les prétextes pour venir squatter ! »

Ses QG musicaux « On a beaucoup de souvenirs dans des lieux où l’on s’est produit, comme le Molodoï, notre première scène strasbourgeoise. Ensuite, le Mudd (qui a fermé depuis) était l’un de nos repaires, aussi bien pour jouer qu’en tant que spectateurs. L’Ososphère et La Laiterie font aussi partie de nos références, j’étais d’ailleurs bénévole aux Artefacts ! » Sa reconnaissance « Je me souviens qu’à l’époque, on assistait à tous les concerts de groupes de chez Deaf Rock et on les considérait comme de vraies stars ! Depuis, Last Train a signé sur ce label strasbourgeois. De quoi se sentir encore plus à la maison ici ! » Son indispensable « Le vélo ! Mon moyen de transport préféré, hérité de mes années strasbourgeoises évidemment ! » Son rituel « Mon amour pour les cafés qui me vient certainement des heures incalculables passées à flâner à la Taverne française. J’y passais ma vie ! Depuis, je garde une affection particulière pour ces petits bistrots de quartier où j’aime venir travailler. Même à Lyon, où toute l’équipe s’est installée l’année dernière. Quand j’y pense, le quartier où je vis désormais est très strasbourgeois, ce n’est peut-être pas le fruit du hasard ! » Ce qui lui reste ici ? « Entre autres Julien, notre  manager, à la tête du label Deaf Rock Records ! C’est toujours un moment d’émotion quand on repasse par la maison… » Last Train, The Big Picture, Deaf Rock Records Concert le 20.12 | La Laiterie

De gauche à droite : Antoine, Julien, Timothée et Jean-Noël — ©Boby Allin


kosmo.lu / Photo : Alexis Delon

Nouveau. À découvrir quai Zorn.

13 quai Zorn 67000 Strasbourg Tél. 03 90 23 06 84 ww.poliform-alsace.fr


L’a

ct

u.

18

Le Botaniste fait peau neuve

Après de conséquents travaux cet été, menés par l’agence AMC, le bar à cocktails et restaurant a rouvert ses portes. L’idée de ce lifting déco : renforcer une identité pourtant déjà forte, distinguer bar et restaurant mais aussi rendre les lieux plus pratiquables et agréables, à la fois pour les clients et ceux qui y travaillent. L’espace est agrandi pour augmenter la capacité d’accueil, la cuisine déménage du sous-sol au rez-de-chaussée et s’ouvre sur la salle. « Avant, je travaillais au sous-sol ; j’avais besoin de pouvoir communiquer,

Par Romane Baury / Photos Christophe Urbain

de voir les clients, de partager des moments avec eux, ce qui est bien plus simple maintenant. », s’enthousiasme la cuisinière, Noémie D’Hooge. « Il ne fallait pas dénaturer le lieu, pour que le client voit une évolution naturelle et pas une refonte. Alors on a joué des ingrédients existants, complète Mathilde Lebouteiller, l’architecte d’AMC. Une des difficultés était d’intégrer la mise aux normes d’accessibilité et de sécurité. » Un décor toujours aussi convivial, mais mieux agencé, à la fois plus lumineux et chaleureux. Dans le premier

espace, on note le nouveau bar écailles de serpent et les confortables chaises en velours d’un vert intense. Côté restauration, la tapisserie florale créée sur mesure par des graphistes renforce l’ambiance « botanique » qu’on aimait déjà. « Cette ambiance cosy et sereine donne aux gens l’impression qu’ils vont se réchauffer chez nous », conclut la barmaid Clémence Collomb-Gros. 3, rue Thiergarten lebotanistestrasbourg.fr www.amc-habitat.com


Tagliatore

Les essentiels du style et de l’élégance au masculin et au féminin fabriqués avec soin par des maisons françaises et européennes pour Revenge Hom.

4, rue du Fossé des Tailleurs 67000 Strasbourg 06 65 46 37 55 | 03 90 22 37 69

www.revenge-hom.com


L’a

ct

u.

20

Le 5e Lieu, c’est pour bientôt

Par Sylvia Dubost

Visuels : Nunc Architectes

L’emblématique bâtiment de La Poste, place de la Cathédrale, fait peau neuve. En tout cas son intérieur. Revisité par les architectes de l’agence Nunc, il accueillera bientôt une boutique culture agrandie (elle quitte donc son emplacement dans l’ancienne pharmacie du Cerf, rue Mercière) et un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine qui offrira une plongée dans l’histoire et les quartiers de Strasbourg. Construit en 1861, ce bâtiment s’inscrit dans un ensemble patrimonial exceptionnel : c’est le 5e bâtiment de la place du Château (au n°5, donc, d’où Le 5e Lieu),

après la Cathédrale, le lycée Fustel de Coulanges, le Palais Rohan et le musée de l’Œuvre Notre-Dame. Il a forcément déjà connu plusieurs vies. D’abord école militaire, les Musées de Strasbourg y ont un temps exposé leurs collections modernes et contemporaines (avant la construction du MAMCS, remember ?). Il a ensuite servi de lieu de conservation aux collections des musées, qui déménagent bientôt (en tout cas une grande partie) dans le bâtiment de l’Union Sociale sur le site de la Coop. Au RDC, on trouvera toujours La Poste (pour l’instant), au 2e, le Cabinet des estampes (et au 3e, un

appartement privé qu’on rêve de visiter…). L’intervention architecturale au 1er et au RDC arrière reste minimale. « Vu les bâtiments autour, on ne pouvait pas être prétentieux », introduit Louis Piccon, l’architecte. On note la marquise en bois mobile qui signale l’entrée et se rétracte le soir venu, et l’ouverture des arches de la cour intérieure qui dégagent la vue vers le jardin de l’Œuvre Notre-Dame. Ouverture prévue pendant le marché de Noël, le 6 décembre. www.strasbourg.eu


197.Design vous invite à découvrir en exclusivité les solutions contemporaines de la manufacture Valcucine pour façonner votre cuisine... Sur un espace de 1600m², ce sont d’authentiques offres actuelles, intemporelles et avant-gardistes pour vos séjours, meubles TV, bibliothèques et chambres qui s’offrent à vous ! 197.Design, des concepts et idées uniques pour l’aménagement et la décoration de vos espaces de vie.

197 Av. de Strasbourg 67170 Brumath • Autoroute : A4 sortie 48 • 03 90 29 50 40 Du mardi au vendredi : 9h30 à 12h00 | 14h00 à 19h00 • Samedi : 9h30 à 18h00 www.197design.fr 197.Design & Weberlifestyle


22

Panier culture. Par Cécile Becker / Photo Hugues François

Ayline Olukman

Stéphanie-Lucie Mathern

KG

Jennifer Yerkes

La Mue Médiapop Éditions —— On le prend en main une première fois : la beauté qui émane des photographies de l’artiste Ayline Olukman, aux couleurs presque mélancoliques, nous saisit. Une seconde fois : ces images sont bien des natures mortes, mais quelque chose les transcende. Après elles, la vie ou la mort. Elles résonnent indéfectiblement avec ce que l’on y projette. L’intime. Qu’est-ce que le chaos ? Qu’est-ce que la beauté ? Ce très très beau livre édité par Médiapop et mis en page par Atelier Poste 4 est une merveille. mediapop-editions.fr

Étude pour un suicide à l’eau de rose Chicmedias Éditions —— Dans le désespoir, il y a tout : la possibilité de la folie, le corps dans son plus simple appareil, une forme de renaissance aussi. Tout cela se retrouve dans les peintures de Stéphanie-Lucie Mathern : ça transpire, ça gicle, ça trace, ça sent, ça se touche, ça se lèche, ça s’embrasse… Dans la noirceur, il y a toujours la vie qui se loge. Avec une préface du critique d’art Laurent Perez, des textes de S.-L. M. et de l’artiste et écrivain Arnaud Roustan. chicmedias.com

As-tu vu ? Les grandes personnes —— C’est l’histoire d’une balade : une petite fille et sa maman découvrent la nature qui les entoure avec un nouveau regard. Vous voyez ce buisson ? On le croit juste touffu ; soulevez le rabat et c’est alors que vous apercevez toute la vie qu’il cache sous ses feuilles. Les illustrations veloutées et fluides servent la narration et la forme du livre : derrière la simplicité se cache toujours des détails qui ne demandent qu’à se révéler au regard du curieux. Beau et délicat. editionsdesgrandespersonnes.com

Disponible à la Vitrine Chicmedias 14, rue Sainte-Hélène

Disponible à la Vitrine Chicmedias 14, rue Sainte-Hélène

Jesus Weint Blut Herzfeld —— Rémy Bux est un génie, et cette assertion est loin d’être gratuite : voilà un auteur-compositeur-interprète qui réussit le tour de force d’assumer ses origines alsaciennes – donc teutonnes –, de les chanter, de jouer sur les symboles de notre belle région qui n’est pas à une contradiction près… le tout avec la décadence qu’on lui connaît. Ce disque traverse les genres (garage, shoegaze, krautrock, électronique) et les villes (O Straßburg, Der Tod wohnt in Kolmar, Mülhausen im Elsaß). C’est doux et brut en même temps. hrzfld.com

Sortie le 7 novembre. Rencontre et dédicace à La Bouquinette, le 23 novembre.


23

Le réseau d’agences immobilières expert en immobilier contemporain STRASBOURG

Une agence à l’image des biens que nous proposons : unique.

31 AVENUE DES VOSGES, 67000 STRASBOURG 03 88 52 27 94 - STRASBOURG@ESPACES-ATYPIQUES.COM

40 A G E N C E S E N F R A N C E S P É C I A L I S É E S D A N S L’ H A B I T A T H O R S N O R M E P O U R V O U S A C C O M P A G N E R D A N S V O S P R O J E T S


Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Strasbourg. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.

24

Réalisation & textes Caroline Lévy

Strasbourg vu par

Bénédicte Bach et Benjamin Kiffel 46 ans Artistes

Pont Beatus Rhenanus

« Ce pont qui porte le nom de l’humaniste alsacien est le point de départ vers un ailleurs. C’est un tisseur de lien et un lieu de rencontres, qui dessine un nouveau paysage urbain où s’effacent les frontières : l’ouverture vers une Europe de partage et d’échange, comme nous le faisons en tant qu’artistes. »

Actu

Lancement de l’association le LAB, laboratoire de l’image contemporaine, avec expositions et bourses attribuées à des artistes invités à la galerie La pierre large. Expo avec l’artiste berlinoise Nina E. Schönefeld à partir du 8 novembre. Participation à L’Industrie Magnifique 2020. Galerie La pierre large — 25, rue des Veaux www.galerielapierrelarge.fr Benjamin : blouson zippé — Bénédicte : robe et perfecto en cuir Le tout Superdry


Photo Henri Vogt

25


26

Directeurs associés d’Espaces Atypiques

La Coop

« C’est sur ce site à l’esprit coopératif, avec sa diversité architecturale, son histoire et sa créativité, que le programme Coopé est né. 39 lofts atypiques seront créés dans cet ancien bâtiment administratif. Se réinventer tout en conservant l’âme du lieu : un projet d’habitat galvanisant ! » 

Actu

Ouverture de la première agence Espaces Atypiques à Strasbourg. 31, avenue des Vosges www.espaces-atypiques.com Cécile : pull en cachemire Maison Montagut et manteau Zyga chez Pôles — Kévin : blouson en cuir Lubiam et pull col roulé Gransasso chez Dôme

Photo Henri Vogt

Cécile et Kévin Weyhaubt 34 et 37 ans


0

8

MINI JOHN COOPER WORKS COUNTRYMAN. 306 CH À DÉCOUVRIR LORS DES PORTES OUVERTES LES 12 & 13 OCTOBRE 2019. STRASBOURG 2 rue Emile Mathis 03 88 753 753

HAGUENAU 110 route de Strasbourg 03 88 06 17 17

OBERNAI 1 rue des Ateliers 03 88 338 338

w w w. l e s p a c e h . f r Consommation en cycle mixte : 7,3l/100 km. CO2 : 166 g/km selon la norme NEDC corrélée. Modèle présenté : MINI JOHN COOPER WORKS COUNTRYMAN.


28

Coiffeuse-maquilleuse

Quartier Sainte-Madeleine

« Ce quartier m’est cher à plusieurs titres. J’y ai installé mon studio il y a trois ans, et les commerçants et habitants sont devenus une grande famille. Il est aussi inspirant pour mon travail car très photogénique, notamment avec ce rempart médiéval fraîchement restauré ! »

Actu

Ouverture d’Hédonie, nouveau studio privé de coiffure, maquillage et soins à Bischoffsheim. Avec l’utilisation de produits 100% naturels. Réservations sur planity.com 13, rue Sainte-Madeleine 4, cour Féodale à Bischoffsheim Blouson en cuir bi-matières zippé Transit chez Revenge Hom

Photo Christophe Urbain

Julie Gless 37 ans


Au cœur de Strasbourg, plongez en pleine Nature avec la nouvelle boutique Aroma-Zone : 600m² végétalisés dédiés à la cosmétique maison et à l’aromathérapie, ainsi qu’un atelier pour vous former, et une ribambelle de services exclusifs comme un rayon vrac pour les huiles végétales et les savons liquides et une possibilité de livraison Click&Collect offerte.

Aroma-Zone Strasbourg - Printemps 1-5, rue de la Haute Montée - Ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h30 www.aroma-zone.com


30

Sit Sat Sat Traiteur et catering

Kiosque Omnino

« C’est notre point de rencontre quotidien ! On y passe nos commandes, fait nos réunions et imagine nos menus. Cet endroit atypique idéalement placé (et qui sert de très bons cafés) est aussi un super spot d’observation pour voir les passants défiler à toute heure de la journée ! »

Actu

Ouverture du pop up Boux, lieu de dégustation accessible sur RDV et à l’occasion de soirées événementielles. Catering pour le TNS et La Laiterie. Boux — 24, rue de Bouxwiller Adélie : jupe et gilet en mohair Bellerose Tiffany : veste chemise Diega et T-shirt NVY Le tout chez Muse

Photo Christophe Urbain

Adélie Salmon et Tiffany Breua 27 et 32 ans


VOS OREILLES ONT LA PAROLE

Tout le programme : bas-rhin.fr/bibliotheque

E Q D #VOOLP

ILLUSTRATION ORIGINALE : FLORIMOND MOCHEL

FESTIVAL DE CONTES & ART DU RÉCIT DU 14 OCT. AU 03 NOV. 2019


Cheffe de projet de la foire St-Art

Jardin d’Apollonia

« Il se passe quelque chose de magique ici ! Un endroit alternatif à l’entrée de la Robertsau où cohabitent culture, nature et loisirs. Que l’on soit amateur d’art ou voisin du quartier, ce jardin artistique et participatif est un exemple de réussite. Il est devenu un lieu de rencontre de publics qui s’ignorent et se retrouvent ici pour son ambiance unique. »

Actu

32

Du 15 au 17 novembre au Parc expo, 24e édition de la foire d’Art contemporain, qui s’ouvre pour la première fois au design, avec une dizaine de galeries dédiées. Participation à la transformation de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Alsace, avec la mise en place d’une série d’agoras à Mulhouse, Sélestat et Strasbourg. www.st-art.com Blazer et pull col montant sans manches Liu Jo

Photo Henri Vogt

Denia Ben El Habbes 44 ans


Photo : Christophe Urbain

Une carte bistronomique & un menu en six étapes

3, rue Thiergarten — 67000 Strasbourg — 03 88 15 96 46 — www.lebotanistestrasbourg.fr


34

Propriétaire du restaurant Picobello

Rue du Chaudron

« Tout a commencé dans cette rue ! Je suis tombée dans la marmite toute petite, grâce à mes parents qui y avaient ouvert leur restaurant. Avant de devenir le Carré d’Or, ce quartier est surtout le symbole de la gastronomie alsacienne avec des institutions comme Frick-Lutz ou la Maison Naegel. Toute mon enfance ! »

Actu

Pour le 12e anniversaire du Picobello, lifting du restaurant : déco et travaux d’isolation phonique. 21, rue des Frères 03 88 35 47 25 Trench et chemisier Paul Smith chez Algorithme

Photo Christophe Urbain

Stéphanie Lacour Jenny 42 ans


Depuis cet été, l’équipe Zut s’est installée derrière le Tribunal. Et redécouvre de près un quartier bigarré et attachant.

Le quartier

36

Par Léonor Anstett, Cécile Becker, Sylvia Dubost, Caroline Lévy Photos Jésus S. Baptista, Pascal Bastien, Alexis Delon / Preview, Henri Vogt

La tribu du Tribunal

« C’est clair que ce n’est pas ici que ça se passe ! », résumait très justement un ami architecte qui a longtemps habité le quartier. Les projets urbains de la ville de Strasbourg, ils sont ailleurs. Pourtant, ce drôle de quartier, coincé entre la rue du Faubourg de Pierre et l’avenue des Vosges, a bien évolué cette dernière décennie. L’agrandissement du Tribunal de Grande Instance par l’architecte espagnol Jordi Garcés et la transformation du parvis en un véritable espace public (c’était en 2017) ont métamorphosé le quai. Désormais, les piétons déambulent et les skateurs se régalent des rampes du TGI. Ce petit bout de ville, on a quand même du mal à le comprendre, à y voir une cohérence. Un peu Neustadt, un peu quartier populaire, on ne sait pas très bien où l’on est… Pour Hélène Antoni, doctorante en histoire de l’architecture et de l’urbanisme, « il y a ici deux entités à cheval : le quartier des Halles qui va jusqu’au Fossé des Treize, puis le quartier République », qui déborde de la rue du Général de Castelnau. « Il a été fortement bombardé durant la guerre de 1870, car l’usine à

gaz se trouvait à côté de l’ancienne gare, à la place des Halles. Les Allemands ont d’abord reconstruit ce qu’ils avaient détruit. » Le projet de la Neustadt commence par « combler les trous » de cette partie de la ville, ce qui explique la jonction peu lisible.

Derrière le Tribunal et l’église SaintPierre-le-Jeune catholique, on peut dire qu’on trouve la partie cossue du quartier. Et des bâtiments emblématiques, comme le centre socio-culturel du Fossé des Treize, que toutes les familles strasbourgeoises connaissent et le Ciarus. On l’avait laissé auberge de jeunesse, on le retrouve depuis 2018 avec un autre standing, après une grande opération de rénovation. Un établissement hôtelier, mais aussi un self qui sert tous les midis une cuisine fraîche et de saison, à des prix très abordables et accessible à tous (pas seulement aux résidents) : c’est la vraie bonne adresse du quartier (avec une terrasse en retrait côté rue du Fossé des Treize où on peut prendre un café). →


Photo Jésus S. Baptista

Photos Pascal Bastien

Un peu plus haut dans la rue, l’épicerie Hatt n’a, elle pas changé depuis des décennies. Depuis 1985, elle vend des produits raffinés, sélectionnés avec soin, certains locaux, d’autres pas. Comme les seuls cornichons français, des huiles d’olive et des pâtes italiennes d’exception, et une taupinette fermière dingue. La patronne, Julie Hatt, qu’on voit tous les jours sortir ses étals de légumes avec son tablier en jean, constate le départ de la clientèle aisée de cette partie du quartier et l’arrivée des « bobos ». « Ils sont très sympa mais n’achètent pas chez Hatt… D’ailleurs, je n’arrive pas à savoir ce qu’ils veulent… » Cela ne semble pas perturber Roger, le chien mascotte, « très connu dans le quartier », qui continue sa sieste dans l’arrière-boutique. (lire la suite page 40) →

Julie, propriétaire de l'épicerie Hatt

Le Tribunal de Grande Instance (1895-1898) est l’œuvre de Skjold Neckelmann, également architecte, avec August Hartel, de l’église Saint-Pierre-le-Jeune catholique (1888-1893), de la BNU et du TNS.


Photo Henri Vogt

Photo Alexis Delon / Preview

38

Corner design

À l’angle du Pont de pierre et du quai Finkmatt, Le Petit Cabinet accueille des œuvres d’artistes. Une initiative de l’association Envie de quartier, qui s’est donné pour but « d’embellir la ville et de recréer du lien entre voisins ».

Photo Pascal Bastien

On n’a pas réussi à savoir pourquoi ce croisement entre la rue du Faubourg de Pierre et les quais était devenu le carrefour le plus pointu de la ville en matière de déco et de design. Farrow & Ball, Ligne Roset ou la Cuisine de l’autre côté de l’eau ; et, de ce côté-ci, on retrouve aussi un bel alignement. Chez Galerie K, showroom à la remarquable vitrine tout en hauteur, se croisent d’incontournables éditeurs internationaux comme Cassina, Knoll ou Moroso. Juste à côté, Cuisines Schmitt doit s’installer sous peu dans l’ancienne boutique Lisème. Et au bout du quai, au coin avec la rue du Faubourg de Pierre, Bois en scène diffuse depuis le 10 septembre des parquets haut de gamme et parements muraux (on aime particulièrement ses parements en bois recyclé, qui ne nécessitent aucune coupe). Presque un écosystème, ce carrefour ! (S.D.)


Monteleone

39

C’est la cantine de la rédaction. Et pour cause : pour 13,50 € à l’heure du déjeuner, l’entrée et le plat sont gargantuesquement servis et ultra-gourmands (eh oui : nous sommes ici dans un restaurant italien, sarde surtout). Nos favoris : la pizza tressée, la pizza rosa bianca ou les spaghetti alle vongole. (C.B.) 23, rue du Fossé des Treize 03 67 07 80 52

Le Verdict

Photo Alexis Delon / Preview

Cet été, on a aimé la terrasse avec vue sur le tribunal. Mais l’avantage du retour de la fraîcheur c’est qu’on mange, avec plus d’entrain encore, un excellent onglet, spécialité de cette maison franchement viandarde dont le chef a passé de longues années au Fossile. (C.B.) 7, rue du Fossé des Treize 06 51 15 04 93

Photo Henri Vogt

Choury et Phouphet régalent les habitués du quartier avec leurs « boîtes midi » (ou soir) à emporter : les traditionnels assortiments de sushis/makis mais aussi de délicieuses crêpes vietnamiennes à la vapeur et salades thaï de riz au poulet délicatement parfumées. La 2e cantine de la rédaction ! (L.A.) 3, rue du Fossé des Treize 03 67 15 24 55

Photo Jésus S. Baptista

Photo Pascal Bastien

Oishii Sushi


Photo Henri Vogt

40

Dans le quartier, de nombreux commerces surfent sur le vocable juridique. Le restaurant a poussé le bouchon en proposant un décor inspiré des années 30 en pleine prohibition. On y retrouve donc en tout logique une très belle carte de vins accompagnant des plats 100% plaisir qui explosent en bouche – les associations et assaisonnements sont étonnants ! (C.B.) 4, rue Paul Muller Simonis les-innocents.fr

En haut, une terrasse rue du Faubourg de Pierre. En bas, la Brasserie parisienne du quai Kléber a fait peau neuve.

Rue du Faubourg de Pierre Cette autre partie du quartier, plus populaire et plus trépidante, est elle aussi en mutation. Ici, la gentrification est en marche. Les changements d’enseigne en témoignent (bye bye, mythique boulangerie Matter, où l’on faisait la queue pour des chocolatines à 4h du matin…), et tous les commerçants le confirment. Rita Tataï, créatrice de costumes, est installée dans l’Atelier de la Colombe depuis une dizaine d’années. « Et même avant, en 1985, quand on a lancé d’ici le carnaval de Strasbourg », rappelle-t-elle. Sa fille, Sarah, co-préside l’association Faubourg des créateurs, qui propose chaque année fin

septembre un parcours artistique dans la rue. Elle, a dû quitter le quartier à grand regret car elle n’y a pas trouvé de logement. « Ce ne sont plus les mêmes habitants », constate Rita Tataï. Mais la rue reste encore un mixte de population. En témoigne la variété des commerces. « Ici, on a tout, c’est la rue la plus extra de Strasbourg ! Épicerie, coiffeur, médecin, laverie, restaurant, tabac, banque, on peut trouver du boulot dans les agences d’intérim ! » Et même un lieu culturel, le Faubourg 12, anciennement espace Apollonia, qui accueille les concerts de l’ensemble contemporain l’Imaginaire et d’autres événements, comme des salons de créateurs. →

Photo Henri Vogt

Photo Pascal Bastien

Les Innocents


Niko Niko

41

Ici, on apprend à déguster maki et sushi de la meilleure manière qui soit : en alternant avec des légumes en pickles pour colorer la saveur des poissons, le tout dressé en bento. Les gyozas, takoyakis, le gomoku mame et les ramen offrent un tour quasi complet de la cuisine traditionnelle japonaise dans un décor léché. (C.B.) 72, avenue des Vosges www.niko-niko.fr

La Lunetterie du coin

Photo Henri Vogt

Photos Henri Vogt

Il y a 5 ans, Céline Campetto a ouvert au début de la rue du Faubourg de Pierre Amphora, havre de paix dédié au bien-être, qui mêle boutique, bibliothèque et espace mieux-être.

Photo Henri Vogt

Photo Jésus S. Baptista

Ici, rien ne se perd, tout se transforme ! On aime le fait de pouvoir choisir entre des montures neuves ou d’occasion, ce qui n’est pas si fréquent. On peut aussi ramener sa vieille paire de binocle pour la faire pimper et la voir durer encore quelques années. Si tous les commerces pouvaient s’y mettre… (C.L.) 24, rue du Faubourg de Pierre www.lalunetterieducoin.fr


Photo Henri Vogt

Photo Alexis Delon / Preview

42

La Fabrique à Miam

Ici, il y a encore des fonds de cour où sont installés des artistes, comme Claude Bernardt, qui sur 300 m2 peint et restaure des tableaux. « Et les gens se parlent encore ; il y a encore une vie de quartier. » Avec de vrais bistrots de quartier, donc, comme la Brasserie parisienne, reprise en février par PierreLouis Rodier, qui s’est transformée mais pas trop, de PMU en bar généraliste et sympa, sans chichis. « Avant, il y avait ici une clientèle déplorable, racontet-il, et les gens du quartier avaient peur de rentrer. » Le nouveau propriétaire mise sur l’évolution du quartier, avec une prochaine piétonisation du quai, qui ferait suite à celle du quai des Bateliers, « et le Vox qui va s’installer à côté », c’est-à-dire derrière les Halles. « C’est ici que ça va bouger. » CQFD. (S.D.)

La cour arrière du Ciarus, tout récemment aménagée, rue du Fossé des Treize. On y trouve notamment un mûrier des Osages dont il n’existe que deux spécimens à Strasbourg.

Photos Jésus S. Baptista

Ce qu’on aime ici, c’est le joyeux mix entre avocats du quartier, parlementaires et rabbins. Ici, tout est casher, garanti sans viande, et la cuisine familiale et goûteuse. Manu et Pierre, deuxième génération de restaurateurs, ont su faire perdurer cette l’atmosphère si strasbourgeoise ! (C.L.) 10, rue Gloxin 03 88 24 01 10


CanapĂŠ 8 dessinĂŠ par Piero Lissoni

Galerie K

5, quai Finkmatt | 67000 Strasbourg 03 88 32 63 46

Pyramide

32, quai des bateliers | 67000 Strasbourg 03 88 37 31 95


INFORMATION : LA DÉMOCRATIE EN PÉRIL IL ?

2>8

novembre / Strasbourg fmds.off / #CoE_WFD

Présidence française

French Presidency


L’évolution se fait toujours par catastrophe, qu’il s’agisse de la société ou de la biologie : les catastrophes obligent à réorganiser le vivant pour reprendre un autre type d’évolution. C’est la définition de la résilience. […] Nous n’avons pas le choix : nous devons inventer une nouvelle société, une nouvelle manière de vivre ensemble. ——— La Cité. Boris Cyrulnik, extraits d’un entretien paru dans Le Monde le 12 janvier 2016

45


Au début de l’été, l’errance du Sea Watch nous avait une nouvelle fois interrogés sur nos valeurs et sur l’apparente impossibilité de nos sociétés à mener une vraie politique d’accueil. Pourquoi ? Smaïn Laacher, sociologue, professeur à l’Université de Strasbourg et auteur de nombreux ouvrages sur la question de l’immigration, repose quelques bases. Propos recueillis par Déborah Liss et Sylvia Dubost / Illustration Violaine Leroy

La Cité—Sociologie

46

Eux & nous

Vous ne parlez jamais de migrants, mais d’exilés. Pourquoi ? Il m’arrive de l’utiliser, mais « exilé » me paraît peut-être plus significatif, car il renvoie à deux processus : le déplacement dans la géographie et une expulsion de chez soi, quelles qu’en soient les conditions et les raisons. Il me semble que l’expérience de la condition d’étranger a d’abord lieu chez soi, dans le fait d’être dépossédé, de ne plus appartenir à une commune humanité ainsi qu’à une communauté politique. C’est d’abord chez soi qu’on ne compte plus, qu’on ne se compte plus. Exilés, immigrés, demandeurs d’asile : y a-t-il aujourd’hui des « bons » et des « mauvais » immigrés ? Les bons sont considérés comme bons tant qu’ils ne sont pas problématiques, tant que leur présence n’implique pas une modification de l’ordre national. Il ne faut pas oublier que la nation « fait » des choses aux immigrés, les immigrés « font » des choses à la nation. Sur le sujet, le discours politique est très convenu même s’il n’est pas convenable : il n’y a aucune surprise. Il s’agit toujours des

positions morales, au sens du juste et de l’injuste. Car au fond, de quoi s’agit-il, en dernier lieu ? De la légitimité de leur présence. La perception morale, au sens du juste et de l’injuste, est alors constamment présente. Elle ne va jamais sans son complément : le dénombrement. Combien sont-ils ? Est-ce qu’ils sont trop ? À partir de quand sont-ils trop ? Comment comprendre la crispation autour de ces sujets au regard de la réalité des chiffres ? Il y a eu 122 000 demandeurs d’asiles en France en 2018. Le taux d’accord [de reconnaissance du statut de réfugié ou d’octroi d’une protection subsidiaire, ndlr] était d’environ 27% (avec les décisions de la Cour Nationale du Droit d’Asile), ce qui n’est pas rien. La polémique s’est en grande partie focalisée sur les « vrais » et les « faux » demandeurs. La figure la plus noble du demandeur d’asile, celui qui a combattu pour la liberté, est très appréciable du point de vue des catégories de l’entendement des juges. Il y en a d’autres, dont le pays est considéré comme « sûr » qui, du point de vue de l’institution, ne

sont pas admissibles au statut de réfugié. Mais existe-t-il une seule institution où on n’essaye pas de « tricher » ? Le fait que des gens veuillent utiliser cette procédure car il n’y en a pas d’autres à leurs yeux, on peut trouver cela choquant, à tort ou à raison. À l’institution de juger. Quelles idées reçues sous-tendent aujourd’hui les politiques ? Il y a en ce moment des polémiques autour de l’AME (Aide Médicale d’Etat) et de ses possibles détournements : à qui doit-on la donner ? Combien trichent ? Encore une fois, cette question du nombre est récurrente. Aussi, deux termes reviennent systématiquement, chez tous les politiques et les présidents de la République : autorité et humanisme. Quand il faut expulser, il ne faut pas que la main tremble. Mais il ne faut pas expulser celui qui est atteint d’une maladie, ni les parents dont les enfants sont scolarisés depuis plusieurs années… L’islam est aussi sujet à polémique, notamment la délinquance religieuse liée à des pratiques hétérodoxes. Quand


47


La Cité—Portrait

48

« L’arrivée d’immigrés suppose de réaménager l’ordre des places, ou plus largement les modalités d’appartenance à l’ordre national. »

un sondage récent indique que 60% des Français pensent que les immigrés ne font pas assez d’efforts pour s’intégrer, ce qui est sous-jacent, ce n’est plus la question du travail ou la question de la scolarisation comme ce fut le cas à une époque, c’est la question de la religion. On se demande alors si les musulmans peuvent se soumettre aux lois de la République. Vous parlez parfois de crise de l’accueil plutôt que de crise migratoire. La France reste-t-elle une terre d’asile et d’accueil ? On pourra dire que la France n’est plus une terre d’accueil quand il n’y aura plus de droit d’asile. Concernant le mot « crise » : il y a « crise » quand il n’y a plus consensus sur la définition légitime. Mais y a-t-il déjà eu un consensus sur l’immigration ? Dans toute crise, des choses se referment, d’autres s’ouvrent. Il s’agit plutôt de transformation. L’accueil, ce n’est pas simplement ouvrir les bras, c’est aussi distribuer les ressources. C’est faire en sorte que les personnes puissent travailler, se loger, être soignées, et cela ne va pas de soi… L’arrivée d’immigrés suppose de réaménager l’ordre des places, ou plus largement les modalités d’appartenance à l’ordre national. Que vous inspirent les affaires de l’Aquarius et du Sea watch ? Il y a une inconséquence politique dans cette attitude absurde de faire fi des lois internationales maritimes. Et même un problème de santé publique, lorsque l’on décide de fermer les ports. Ne pas pouvoir mettre le pied sur un sol peut rendre fou. Quand on est sur terre, on est obligatoirement chez quelqu’un, même si ce quelqu’un vous déteste. En mer, c’est une expérience radicale : personne ne veut de vous parce que vous ne voyez personne.

Que peut-on faire lorsque les Etats s’assoient ainsi sur le droit ? Il faut forcer les choses. Et ils finissent par céder, même l’Italie. Ce qu’a fait Carola Rackete [qui a bravé l’interdiction d’accoster à Lampedusa pour débarquer une quarantaine de personnes sauvées en mer, ndlr], c’est insolent, mais elle a eu raison. D’un autre côté, Matteo Salvini veut qu’on répartisse les demandeurs d’asile. Ce n’est pas complètement absurde. La question de la prise en charge et de la « distribution » de ces errants par l’UE est vraiment centrale. Qu’est-ce que cela dit de notre société, des valeurs de l’Europe ? On voit que les États résistent, et on le comprend : c’est dans leur nature même de résister. Un État veut toujours savoir qui entre, qui sort. Il y a une catégorie qui l’énerve prodigieusement, ce sont ceux qui entrent sans son autorisation. Mais quand il existe des opinions publiques qui peuvent se constituer en force sociale et politique, on peut faire pression sur les états démocratiques. On observe tout de même beaucoup de solidarité. Dans les états de droit, la société civile a son mot à dire et c’est bien ainsi. Quel est le rôle d’un sociologue dans ces débats ? J’ai d’abord pensé que les chercheurs ne devaient pas faire de la politique, mais si je prends ma biographie, ce n’est pas vrai. Par exemple, je préside le conseil scientifique de la DILCRAH (Délégation Interministérielle à la Lutte contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT, ndlr) : là, le but est de faire des propositions et d’éclairer la puissance publique sur des questions très sensibles. D’ailleurs, la majorité des membres du Conseil est constituée d’universitaires qui sont aussi des chercheurs.

Vous dites qu’il est dans la nature des États de résister à l’arrivée d’étrangers. Mais qu’en est-il des villes ? C’est plus facile, même si c’est par définition compliqué. Par essence, une ville accueille, et Strasbourg a une tradition en la matière. Souvenez-vous de l’affaire Rushdie, il y avait eu une grande discussion sur les villes-refuges [Strasbourg a accueilli le Parlement international des écrivains de sa création en 1993 à 1998. S. Rushdie en fut le président jusqu’en 1997, ndlr]. Et ce sont les autorités municipales qui peuvent le faire concrètement. On n’y demande pas vos papiers, on y garde les enfants à l’école... Enfin, le réfugié, notamment s’il est journaliste, écrivain, va chercher ses pairs. Or, il ne peut les trouver que dans les villes ou dans les institutions académiques. Au fond, l’accueil, ici, c’est celui des gens qui nous ressemblent…

Quelques ouvrages de Smaïn Laacher — Croire à l’incroyable : un sociologue à la Cour nationale du droit d’asile, Gallimard, 2018 — Dictionnaire de l’immigration, Larousse, 2012 — Ce qu’immigrer veut dire : idées reçues sur l’immigration, Le Cavalier bleu, 2012


Théâtre de Strasbourg scène européenne

MAILLON 19

20

Vers l’intérieur Propos recueillis par Déborah Liss

Partir et accueillir, c’est possiblement refonder une communauté. Pour cela, il faut d’abord aider à se reconstruire et à vaincre le sentiment d’étrangeté. Questions au Dr Myriam Cayemittes, présidente de l’association strasbourgeoise Parole sans frontière. Parole sans frontière, c’est quoi ? C’est une association qui propose des soins psychologiques à des personnes migrantes ou réfugiées qui ne parlent pas français. Notre travail, c’est de remettre de l’humanité dans leur parcours et de leur permettre de parler de qui ils sont. Notre « patte », c’est la bienveillance. Est-ce difficile pour les personnes migrantes de demander de l’aide psychologique ? Oui. Souvent, elles ont un a priori sur les soins psychiatriques. Certaines viennent de pays où la psychiatrie a participé à les faire taire. Ces gens ont peur « d’être fous », peur qu’on les « regarde mal ». Aussi, les soins psys ne viennent pas en premier dans ce qu’on leur

propose, alors que c’est une chance considérable dans la démarche de demande d’asile, ainsi que pour se sentir bien dans ce nouveau territoire, sans sentiment d’étrangeté. Quelles sont les principales difficultés qui affectent leur santé mentale ? Il y a d’abord les troubles psychiques liés à l’exil : la personne est déracinée et a perdu ses repères. Il y aussi les troubles psychiques de l’asile, le sentiment de ne pas être désiré ici, de ne pas avoir sa place. L’un des patients avait exprimé son impression d’être « une patate chaude qu’on se passe de comptoir en comptoir ». Il y a toujours eu des exilés, mais aujourd’hui, l’accueil est beaucoup plus péjoratif. Une personne arrivée de Tchétchénie m’avait parlé de « double peine ».

PENDAISON DE CRÉMAILLÈRE SA 23 + DI 24 NOV LE MAILLON A UN NOUVEAU THÉÂTRE ! Spectacles, DJ sets, rencontres, interventions artistiques, fête et +

Tanya Beyeler & Pablo Gisbert / El Conde De Torrefiel

(ma, aida, ...)  Camille Boitel & Sève Bernard

SUNNY

Emanuel Gat Dance

TOUT SEMBLAIT IMMOBILE Nathalie Béasse

ORATORIUM She She Pop

ESPÆCE

Aurélien Bory / Compagnie 111

première française

STRANGER

21– MEMORIES OF GROWING UP

Emke Idema

ERMITOLOGIE

Mats Staub

Clédat & Petitpierre

LES AVENTURES DU PRINCE AHMED

URBAIN-HUMAIN : EN TRANSITION Spectacles, journée thématique, rencontres, débats, projections…

Lotte Reiniger / Tronthaim première française

PASIONARIA

Marcos Morau / La Veronal

O AGORA QUE DEMORA Le présent qui déborde – Notre Odyssée II Homère / Christiane Jatahy coproduction

LE ROMAN D’ANTOINE DOINEL François Truffaut / Antoine Laubin / De Facto coproduction

IN BETWEEN VIOLET AND GREEN LOD / Atelier Bildraum (Steve Salembier & Charlotte Bouckaert) première française

SOCIÉTÉ EN CHANTIER

Stefan Kaegi / Rimini Protokoll première française

FIDELIS FORTIBUS Circus Ronaldo

STRACH

a fear song

ATELIERS EN SCÈNE #4

Patrick Masset / Théâtre d’un jour

JOUEURS + MAO II + LES NOMS

Restitution des ateliers de pratique artistique

Don DeLillo / Julien Gosselin / Si vous pouviez lécher mon cœur

UN ÉTÉ GREC Spectacles, musique, soirées festives...

LES MÔMES-PORTEURS

CEMENTARY

Areski Belkacem / Mounia Raoui création

coproduction

Patricia Apergi / Aerites Dance Company

HUGO: A UTOPIA

Ovide / David Marton / Road Opera

Sophia Marathaki / ATONAλ Theatre group

coproduction

première française

DURÉE D’EXPOSITION

ANΩNYMO

Camille Dagen / Animal Architecte

Tzeni Argyriou

LA CHUTE DES ANGES

RÉMI

NARCISSE ET ÉCHO

parole-sans-frontiere.org

LA PLAZA

Raphaëlle Boitel / Cie L’Oublié(e)

Hector Malot / Jonathan Capdevielle

coproduction

coproduction

MUSIC FOR 18 MUSICIANS

FÊTE MAILLON +

Steve Reich / Ensemble Links / Sylvain Groud / Ballet du Nord

L’association des spectateurs du Maillon

maillon.eu +33 (0)3 88 27 61 81


Une série en quatre épisodes, où le sport se raconte en deux clics, en début et fin de partie. Entre les deux, place à la dérive. Par Romain Sublon / Photos Pascal Bastien La Cité—Sport

Le sport hors champ 1.4

50

Nous ne sommes pas onze mais des milliers. Au FC Kronenbourg, admirable club né sur des ruines et qui a su renaître de ses cendres plus de fois qu’il n’en faut à un chat pour cramer ses vies, c’est un acte de foi. Les milliers sont en chacun, l’énergie se démultiplie, ça passe par la peau, un regard, un check, de main, de torse, qu’importe. Tout est là, à flanc de coursive. Onze ou des milliers ça ne veut plus rien dire, dénombre t-on les fantômes ? Ici on joue pour un quartier, le quartier, au sens noble du terme, s’il reste encore quelque chose de noble à ce terme. On joue pour un quartier qui vrombit, les moteurs tournent à plein régime comme ce jeune défenseur latéral avale son couloir gauche, à toute vitesse et sans peur du lendemain ; il y a des temps où seul le présent existe. C’est une chance, la leur. Celle d’emporter la foule, qu’elle soit trois, onze ou des milliers. La foule, ce sont aussi ces courts de tennis, qui jouxtent un terrain d'herbe synthétique, paraissant infini, à fleur des barres d'immeubles. La foule ce sont tous ceux qui, là, se sont déplacés. Quand se déplace-t-on encore aujourd'hui autrement qu’à dessein ? Cerclés de grillages blancs, les joueurs du FC Kronenbourg sont prêts au défi, le bruit des gens autour.


51

On vit seul, on meurt seul. Certains ont rapidement rejoint le vestiaire, sans que le tunnel de circonstances n’ait été cette fois-ci déroulé, mais après avoir frappé, très fort, le ballon. D’autres errent encore sur le terrain, en guettant la porte de sortie. Quelques gouttes semblant diluviennes, achevant des hommes déjà groggy par cinq buts et autant de trop, s’étaient abattues comme on solde un compte, sèchement. La foule s’est recro­ quevillée sous un hangar, une manière de faire front. Les odeurs se ramassent à la pelle, il y a celles que l’on identifie et celles que l’on feint de confondre. La défaite aussi a son odeur, elle se mêle péniblement à celle de la victoire. Tout est si proche et ça lui paraît alors si loin. La bouche disparaît, les mots sont tus et, dehors, le silence écrase encore un peu plus un soleil qui ce jour-là, était aux abonnés absents.

FC Kronenbourg - FC Sarrebourg 0-5, match de Régionale 1 de football, joué le dimanche 8 septembre 2019 au Stade de Cronenbourg. Les photos ont été prises lors des 5 premières et 5 dernières minutes du match.


On doit bien l’avouer, on ignorait tout de Mali Arun, vidéaste, cinéaste et plasticienne pourtant installée à Strasbourg, que le Salon de Montrouge a récompensée l’année dernière. À l’heure où elle prépare une œuvre pour le Palais de Tokyo, et à l’aube d’un automne très chargé, elle nous ouvre les portes de son travail et de son parcours. Par Aude Ziegelmeyer / Portrait Christophe Urbain

La Cité—Arts

52

L’Œil de l’Autre

La première rencontre a lieu au Jardin botanique, où Mali Arun tourne Mutatis, une œuvre cinématographique en réalité virtuelle, commissionnée par le Palais de Tokyo. Par le truchement de cette technologie, elle veut plonger nos sens au cœur d’une végétation luxuriante, regorgeant de trésors cachés. Quelques jours auparavant, on découvrait tout juste son travail, son univers un peu étrange, qui témoigne d’une totale maîtrise esthétique. Et on se demandait comment il avait pu nous échapper. On pense à Clément Cogitore, originaire du même coin du 68, lui aussi installé par la suite à Strasbourg, lui aussi Lauréat du Salon de Montrouge (en 2011). Cette jeune artiste (elle a 32 ans), Colmarienne à la base, aux origines chinoise, turque et allemande, mêle avec assurance et justesse fiction, cinéma documentaire et art vidéo. Sortie des Beaux-Arts de Paris en 2013, où elle est formée dans l’atelier de l’artiste belge Michel François, elle séjourne un an en Chine puis à Bruxelles, et navigue aujourd’hui entre Strasbourg et Paris. Elle déploie la particularité de son regard à travers un large panel de médiums avec une belle cohérence d’intention. Ses photographies, installations, courts et longs-métrages, elle les pense pour « approcher les autres... les êtres, les histoires, les éléments, qui font vie ». Que ce soit dans l’immanquable documentaire La Maison (meilleur film de la compétition internationale Burning Lights du festival Vision du réel), le court-métrage

Nacht Wald, Feux ou encore Paradisus, elle veut laisser la vie « bousculer les histoires, prendre sa place, envahir l’espace ». « La question du regard est toujours compliquée, avoue-t-elle. Le mieux, c’est d’être au plus simple, au plus honnête, au plus sincère. » Et de conclure que, pour elle, faire des films, « c’est un état de présence dans le monde ». Mali Arun a mis au monde Mutatis sous l’impulsion du Palais de Tokyo, pour son nouvel espace du Palais Virtuel, qui doit faire se rencontrer réalité virtuelle et art contemporain. Une œuvre réalisée en co-production avec la société de production strasbourgeoise Seppia (qui a également produit Braguino de Clément Cogitore). Son titre latin signifie, à peu de chose près, « ce qui devait changer » et désigne une « subtile forme de fatalité », s’amuse-t-elle. Une vidéo de 10 minutes, à découvrir sous casque VR, qui propulsera le spectateur au cœur du Jardin botanique de Strasbourg, de nuit. Un havre de paix transfiguré, où des figures préraphaélites d’Ophélie sont découvertes par « des êtres un peu étranges, fantastiques, entre police judiciaire et personnages de SF ». Une fois les femmes rassemblées, des lumières émanent de leurs corps, « des métaphores de leurs âmes, qui vont envahir le spectateur et polliniser l’espace du jardin », nous conte la vidéaste. Niveau sonore, « des sons naturels et primaires rappelant une jungle se mêleront à des bruits industriels, électroniques, aux textures numériques ».


53


La Cité—Arts

54

Images extraites de Nacht Wald, fiction de 20 min, 2019

L’usage de la réalité virtuelle et de ses capacités immersives bouleverse notre perception de l’art, ce qui n’effraye pas l’artiste, qui profite de cette nouvelle opportunité pour créer « avec un médium peu développé par les artistes, un peu réservé au milieu des nouvelles technologies ». Son défi principal, outre les soucis techniques qu’occasionne l’utilisation de drones pour les vues aériennes du Jardin botanique, consiste à donner un véritable aspect cinématographique à la réalité virtuelle. Si certains sont dubitatifs face à son utilisation dans l’art contemporain, il est indéniable que son

potentiel créatif élargit encore le champ des possibles pour l’art et la vidéo. Plus encore, on trépigne à l’idée de vivre cette VR version Mali Arun. À travers son objectif, elle donne à voir la perméabilité entre différents mondes, différents codes, différentes temporalités, différentes cultures, sans jamais leur retirer leur unicité. Son travail sur la porosité des frontières humaines semble dénoter d’une nécessité pour les artistes d’aujourd’hui et de demain de fabriquer une mémoire collective multiple. On ne peut qu’y être sensible.

www.maliarun.com Mutatis, 16.10 → 5.01 | Palais de Tokyo, dans le cadre de l’exposition Futur, ancien, fugitif – une scène française www.palaisdetokyo.com Biennale Jeune Création Européenne, 12.10 → 3.11 | Beffroi, Montrouge www.ville-montrouge.fr Regionale (œuvres exposées au CEAAC, à la COOP, au HeK de Bâle, au Projektraum M54 de Bâle), 21.11 → 19.01 www.regionale.org


zas P i zo f f e e & Ct h A r t wi

New-York style Italian Delicatessen www.square-deli.com

where

12 rue du vieux marché aux grains strasbourg 03 88 32 11 05

Pizzas à la part & Café au piston le tout, sur place ou à emporter petits–déjeuners sucrés ou salés formules au déjeuner / antipasti apéritifs, bières & vins fins italiens

mardi - samedi | 12H - 14H | 19H - 22H30 21 - 23, rue des Frères | Strasbourg | 03 88 35 47 25 www.restaurant-lepicobello.com

©Anne Lienhart

SPÉCIALITÉS ITALIENNES AUTHENTICITÉ & CONVIVIALITÉ

open

tous les jours 9:00 à 00:30 cuisine ouverte de 11:30 à 23:30


56

De gauche à droite et de haut en bas : Joueurs, Mao II et Les Noms, mise en scène Julien Gosselin © Simon Gosselin, du 12 au 19 janvier au Maillon, ANΩNYMO d’Andreas Simopoulos, les 12 et 13 juin au Maillon, Ososphère 2006, Pasionaria de Marcos Morau, du 27 au 29 novembre, coréalisation Pole-Sud, Concert à La Laiterie Photo : Philippe Groslier


Pole-Sud fête cette année ses 30 ans, La Laiterie ses 25. Quant au Maillon, à 40 ans, il intègre un nouveau lieu. Comment ces trois institutions culturelles de la ville, en prise avec la création et les nouvelles formes, font-elles pour cultiver leur désir et se réinventer ? La réponse est peut-être dans la question… Propos recueillis par Sylvia Dubost / Collage brokism + Séverine Voegeli La Cité—Scènes

57

Lieux d’expérience(s)

Avertissement : Ont répondu au même questionnaire Joëlle Smadja (directrice de Pole-Sud depuis 2011, présente dans le lieu depuis le début), Barbara Engelhardt (directrice du Maillon depuis 2017) et Nathalie Fritz, Patrick Schneider et Thierry Danet (co-directeurs de La Laiterie depuis sa création, avec Christian Wallior, qui ne pouvait se prêter au jeu). Pour des questions pratiques, l’équipe de La Laiterie a répondu par écrit.

Êtes-vous aujourd’hui à un tournant de votre parcours ? Pourquoi ? Barbara Engelhardt   Forcément. Après 40 ans d’existence [en 2018, ndlr], que nous n’avons consciemment pas fêté, le grand tournant c’est la prise en main d’un gros bâtiment. Avec un autre potentiel au niveau de l’accueil scénique mais aussi de l’accueil de création. C’est le grand tournant du projet. La Laiterie    Notre parcours est joliment sinueux, en pleins et déliés. […] Donc oui, une nouvelle fois, nous en sommes à un ou plutôt à des tournants de cette trajectoire : certains de ceux qui s’annoncent sont de notre fait, d’autres viennent de notre capacité à nous interfacer avec la rotation du monde, à épouser le paysage qui évolue autour de nous.

Faut-il se réinventer ? B.E.   La réinvention ne vient pas de la direction d’un théâtre, elle passe toujours par les artistes. C’est un ensemble d’impulsions : sans la politique et la réaction à une situation qui change en permanence, l’artiste n’aurait pas envie de se réinventer. Là où le projet artistique intervient, c’est dans l’ouverture à cette recherche. L.L.    Puisque la vie est une invention, autant prendre le parti d’en rester l’auteur le plus possible. […] Parfois il faut même refonder, réinterroger au plus profond de ce qui nous ancre, au plus près du socle qui, on s’en aperçoit vite, ne résiste au temps que parce qu’il est suffisamment souple et plastique. […] Comment ? Joëlle Smadja    Par l’imagination, l’envie de ne pas s’ennuyer. Quand on est depuis longtemps dans un lieu, se poser pour observer à nouveau le territoire, ne pas se considérer comme un expert. Inventer de nouvelles relations avec le public et dans l’équipe. Et réinventer le quotidien. L.L.    En voisinant. En questionnant.

À quoi restez-vous attentifs ?   À tous, à tout, à chacun L.L. et au détail. Aux voisinages et aux absolus. Au mouvement et à la vibration. Au climat. À l’instant même et à celui d’après. À la nouveauté comme à la persistance. J.S.    Au bien-être. À tous les bien-être, du public, de l’équipe, des artistes, pour trouver comment avancer ensemble, et accepter cette transformation du monde avec le plus d’intelligence possible. On essaye d’être dans l’écoute de ce qui se passe et de l’accompagner au mieux. Quelle est votre signature, en tout cas celle du lieu ? J.S.    L’obstination. Nous n’avons jamais perdu de vue notre objectif : monter palier par palier vers exigence dans un quartier pas évident. Pour cela, il nous a fallu travailler à l’endroit des publics, et on a expérimenté beaucoup de choses ! B.E.    C’est de proposer des expériences au public, de l’ordre de l’intellectuel et l’émotionnel, qui provoquent un véritable échange avec les artistes.


La Cité—Scènes

Vous considérez-vous comme un lieu d’expérimentation ou un repère ? J.S.   Un lieu d’expérimentation, aussi dans la façon de produire. On organise des résidences d’artistes depuis 30 ans, quand ça n’existait pas. Mais aussi un repère car Pole-Sud est reconnu comme lieu de création, de diffusion de l’émergence, donc de reconnaissance pour les artistes. B.E.    L’esprit et l’image du Maillon ont été forgés par le biais d’artistes qui allaient au-delà des conventions artistiques. Et ils ont aussi ébranlé certaines certitudes et certains repères. L.L.    Pourquoi l’un et l’autre seraient-ils à opposer… ?! La Laiterie comme l’Ososphère sont des lieux d’expériences pour ceux qui les vivent. […] Parfois cette expérience tient du saut dans le vide, d’autre fois elle consiste à ancrer son rapport au monde dans une série de chansons qui sont autant de petits fanaux dans la bourlingue de la vie. […] Quels sont aujourd’hui vos défis ? vos chantiers ? J.S.    Ce serait de continuer à faire le grand écart entre l’insertion dans un quartier et le fait d’interroger des formes contemporaines parfois expérimentales. Nous sommes convaincus qu’il y a de la place pour la danse en bas de chez soi, qu’il faut sortir du théâtre et aller dans l’espace public. C’est compliqué mais fondamental. Il faut trouver les bonnes formes, le bon endroit, sans démagogie et sans ascendance. L.L.    Le défi permanent, c’est de participer d’un « art qui rend la vie plus intéressante que l’art », pour reprendre la phrase de l’artiste Robert Filliou. Donc d’avoir en permanence en tête la question de l’art et de la vie. Bref, de contribuer, par l’action artistique, à faire société, à faire ville. Les secteurs dans lesquels nous menons nos projets évoluent à un rythme ultra-rapide. D’abord parce que, par leur nature même, ils réagissent en temps réel au tempo de l’époque. […] Ensuite parce que ce sont des secteurs, nés de la marge et de

58

l’irruption, et qui se posent – ou auxquels on pose – la question de la structuration, au sens où l’entendent les politiques culturelles. Intégrer ce questionnement sans perdre l’essence même des pratiques artistiques, voilà la responsabilité qui est renvoyée aujourd’hui solidairement à tous les acteurs de ces champs. […] Quels sont les dangers ? L.L.    La normalisation. J.S.    Il ne faut pas s’enfermer. Par ailleurs, du point de vue des politiques publiques, on a un peu réduit la mission culturelle à l’éducation générale des publics. On pose même la question de l’existence du ministère. On commence à nous faire croire que privé et public c’est la même chose, qu’avoir recours à du mécénat, pourquoi pas. La culture est en train de disparaître des radars… Elle doit rester un endroit fort de l’action interministérielle. Que ne faut-il pas manquer ? L.L.    De singularité. Qu’est-ce qui vous fait continuer ? L.L.    Tout ce qu’il nous reste à inventer et la rencontre renouvelée chaque jour. B.E.    Pour moi le spectacle vivant reste quand même l’art de se pencher sur la nature humaine, dans des formats très différents, mais surtout en mettant en question nos convictions. Je passe aussi par des moments d’insatisfaction ; certains sujets sont trop à la mode, certains formats s’épuisent. Mais tant que le spectacle reste en mouvement, tant qu’il produit des discours ou réagit à des discours, c’est pour moi un interlocuteur sur des sujets de société. La routine : un mal ou un bien nécessaire ? B.E.    Pour ma part, je ne peux pas parler de routine. Certes, il y a des procédures qui structurent un fonctionnement interne et la gestion au quotidien.

Mais le travail de prospection et de recherche, d’échanges avec le milieu professionnel et les artistes, l’implication concrète dans des créations, la conception de projets ou de saisons, tout cela ne connaît pas la routine. J.S.   Un bien nécessaire pour inventer. La seule façon de ne pas s’ennuyer, c’est de considérer que si cela devient une routine, il y a un risque d’assèchement de l’envie pour nous et pour les publics. Dans le même temps, il faut être cohérents et obstinés dans nos démarches pour ne pas décontenancer le public tous les huit jours en changeant de projet. L.L.    Dans l’artisanat, il y a une beauté de la routine, qui, lorsqu’on la pratique, n’en est jamais vraiment. Prenez-vous encore des claques ? La dernière fois c’était quand ? J.S.    Artistiques ? Oui, mais de moins en moins souvent car on voit beaucoup de choses. La dernière claque, c’est probablement Marlène Montero Freitas et son univers totalement baroque, déjanté et d’une intelligence d’écriture rare. B.E.    Si ce n’était plus le cas, ça m’inquièterait… Une des dernières fois, ça a été lors d’une performance de Steven Cohen, artiste excentrique sans être narcissique, qui place au centre de son travail sa propre identité d’homme blanc, juif, queer et sud-africain. L.L.    Demain… et sans doute après-demain aussi. — Soirées pour les 25 ans de La Laiterie 24 + 25 + 26.10 | www.artefact.org — Pendaison de crémaillère du Maillon | 23.11 Nouvelle adresse : 1, boulevard de Dresde www.maillon.eu — Édition spéciale « retrouvailles » du festival Extradanse 24.03 → 9.04 | Pole Sud (et ailleurs) www.pole-sud.fr


UNE MULTITUDE D’OFFRES, UN SEUL LIEU POUR Y RÉPONDRE : LE

, UNE ADRESSE UNIQUE AU COEUR DE STRASBOURG !

Recherchez un espace professionnel pour une conférence, un team-building ou une réception ? Le Ciarus a ce qu’il vous faut ! Vous souhaitez privatiser un lieu pour un événement familial ? Le Ciarus est là pour vous !

LLDC LA LUNETTERIE DU COIN

Ouvert du lundi au vendredi 10h - 19h samedi 10h - 12h | 13h - 19h

CE N’EST PAS TOUT ! LE CIARUS, C’EST AUSSI VOTRE RENDEZ-VOUS QUOTIDIEN AVEC :

SON RESTAURANT SELF

SON BAR «LE FUNAMBULE»

Des produits frais de saison, cuisinés maison et vous fait profiter du savoir-faire de nos cuisiniers et de nos 3 pâtissiers.

Pour vous détendre à tout moment. Un café ou un thé ....et une pâtisserie vous attendent chaque matin.

+33 (0)3 88 15 27 88 • 7 Rue Finkmatt 67000 Strasbourg • www.ciarus.com

24, rue du Faubourg de Pierre 67000 Strasbourg 50, rue du Bassin d'Austerlitz 67100 Strasbourg


2019

FOIRE EUROPÉENNE D’ART CONTEMPORAIN PARC EXPO STRASBOURG & DE DESIGN WWW.ST-ART.COM

15 > 17 NOV

GALERIES 2019 AD GALERIE (France) - AEDAEN - ORNORMEDIAS (France) - ART ABSOLUMENT (France) - ART GALERY KELLER (Allemagne) - ART MODERNE GALERIE (France) - ARTISMAGNA (France) - ARSET (France) - BEAR GALERIE (France) - BEL AIR FINE ART (France) - CALDERONE (France) - CHELOUDIAKOFF (France) - CHRISTOPHE TAILLEUR (France) - CONTEMPORARY ART GALERIE (USA) - FRANS VANHOVE ART GALLERY (Belgique) - GALEARTE (France) - GALERIE 337 (France) - GALERIE ARNOUX (France) - GALERIE ART’N PEPPER (Belgique) - GALERIE ASIART (France) - GALERIE AUDET (France) - GALERIE ERIC GALEA (France) - GALERIE FLORENCE (France) - GALERIE KAHN (France) - GALERIE KELLER (France) - GALERIE LE CONTAINER (France) - GALERIE L’ESTAMPE (France) - GALERIE LUZIA SASSEN (Allemagne) - GALERIE MANCEAU (France) - GALERIE MATHIEU (France) - GALERIE MONTAIGNE (France) - GALERIE PHILIPPE DECORDE (France) - GALERIE PASCAL GABERT (France) - GALERIE PROVOST-HACKER (France) - GALERIE RICHARD NICOLET (France) - GALERIE SALTIEL (France) - GALERIE STARC (France) - GALERIE VALERIE EYMERIC (France) - GARANCE MONTADOR (France) - GRAPHICS CORNER (Belgique) - HAMBURGER KUNST GALERIE (Allemagne) - IRIS PROJECT (Allemagne) - ITINERRANCE (France) - LE COMPTOIR DES PAPIERS (France) - LE PETIT JAUNAIS (France) - LUMIERES D’ALSACE (GALERIE LDA) (France) - MAGASIN DECORDE (France) - MALAGACHA GALLERY (France) - MAZEL GALERIE (Belgique) - NORTY (France) - OPENART EXCHANGE (Pays Bas) - PALMA ARTE DI PALMA ALICE (Italie) - PAOLO ARKIVIO GALLERY (Italie) - PIGMENT GALLERY (Espagne) - POL LEMETAIS (France) - REMY BUCCIALI (France) - STREAM ART GALLERY (France) - SUBLET FINE ART (France) URBAN SPREE GALERIE (Allemagne) - WERKKUNST GALERIE (Allemagne) WITHOUTART (France)...

NOUVEAUTÉ 2019 : OUVERTURE AU DESIGN

Secteur dédié aux galeries Design

Une exposition «Design et Art, les liens du temps»

Place de Bordeaux - FR67082 Strasbourg Cedex Tél. +33 (0)3 88 37 67 67 info@strasbourg-events.com

/ST-ART /ST_ART_FOIRE start.strasbourg


Chaque année, les Journées de l’architecture nous rendent attentifs à notre environnement bâti, offrant des clés pour le comprendre, et comprendre le travail des architectes. Cette année, elles se penchent sur les transitions : d’une ville, d’une vie, d’un bâtiment. Tour d’horizon. Par Sylvia Dubost

La Cité—Architecture

61

Passages

Chaque année, les Journées de l’architecture rassemblent quelques 200 RDV (plus ou moins selon les éditions) à Strasbourg, où la manifestation est née, mais aussi dans toute l’Alsace, le Bade-Wurtemberg et Bâle. Une programmation éclectique, dans laquelle il n’est pas toujours facile de naviguer. Cette année, elle s’est choisie pour thème fédérateur Transitions. Un terme qui recouvre évidemment plusieurs acceptions : transition écologique, parce qu’on

Le chantier de la Maison du Bâtiment en juin 2018 Photo Henri Vogt

doit aujourd’hui construire et rénover différemment ; transformation d’un bâtiment, qui change d’usages et/ou de forme au fil de son histoire, ou d’un quartier, ce qui permet des projets parfois flamboyants ; mais aussi moments de transition dans une vie, comme la naissance ou la mort, où l’architecte doit intervenir de façon humble et subtile. Voici notre sélection de visites et d’événements.


62

Latitude 44 — © Georges Heintz

Maternité de Hautepierre

Reconvertir un bâtiment La Maison du Bâtiment

Transformer un quartier Hautepierre

Réhabiliter un bâtiment, c’est souvent imaginer de nouveaux habitants, de nouveaux usages, tout en restant fidèle à une structure. C’est le cas de l’emblématique Maison du Bâtiment, où Archicub transforme les bureaux en logements, coiffés d’une forêt et entourés d’un vaste jardin dessiné par Acte2Paysage. Enjeu de taille : l’édifice marque l’entrée de la ville.

Les JA ont évidemment consacré un temps à La Coop, projet phare de la municipalité et baromètre électoral. Autre morceau de ville en pleine transformation, mais avec une surface médiatique moindre : celui de Hautepierre. L’occasion de redécouvrir un quartier construit sur le modèle des cités jardins. Et de rappeler que la ville, c’est aussi la périphérie.

Visite le 28.10 à 12h30 avec Francis Parent, architecte d’Archicub

Latitude 44 Construite entre 1952 et 1953 par Eugène Baudouin, la Cité Rotterdam est le premier grand ensemble français, et est regardé à l’époque comme un modèle. Depuis, elle a été réhabilitée en plusieurs temps, avec des choix discutables. Restait le 44 rue d’Ypres, en bordure de la cité et au bord de l’eau. Après l’avoir déshabillé, l’architecte Georges Heintz le transforme actuellement, en un geste culotté, en édifice « balnéaire rhénan ». Visite le 14.10 à 12h30 avec Georges Heintz, architecte, et Laurent Piquée de KS Construction Visite de la Cité Rotterdam, le 12.10 à 17h30

Parcours Hautepierre, quartier en transition, le 25.10 à 13h30

Accompagner des phases de vie Maternité de Hautepierre La naissance comme la mort ont souvent lieu dans des espaces cliniques, purement fonctionnels et bien peu enveloppants. Cette maternité est à ce titre exemplaire. Un cocon qui combine les enjeux pratiques et symboliques d’un tel moment, où la plasticienne Ilana Isehayek et la designer Edith Wildy se sont mises à l’écoute de tous les usagers, avant de dessiner un espace qui réponde aux besoins de chacun. Visite le 22.10 à 12h30 avec Ilana Isehayek, artiste (lire aussi page 114)

Imaginer de nouveaux modes de vie Les cabanes de ZàD La cabane est à la mode chez les architectes, car elle semble permettre de répondre à des contraintes d’espace et de budget toujours plus grandes. Facile à mettre en œuvre (croit-on), elle permet aussi de penser que tout le monde est architecte, de répondre au mythe contemporain de l’expertise partagée et de la co-construction, et de s’inscrire dans une politique événementielle que les élus adorent. Dans le contexte des ZàD (zones à défendre), il s’agit en revanche d’une architecture qui accompagne la recherche d’une nouvelle manière de vivre, ce qu’elle est fondamentalement… Exposition Cabanes de combat, jusqu’au 22.10 à l’espace Apollonia Exposition Archiphoto 2019, jusqu’au 13.10 à La Chambre`

Journée de l’architecture, jusqu’au 31 octobre en Alsace, dans le Bade-Wurtemberg et à Bâle www.europa-archi.eu


SIGNELAZER.COM | PHOTO © LAURENT THURIN-NAL

19/20

LALI AYGUADÉ / MARTA IZQUIERDO MUÑOZ / LISBETH GRUWEZ / ALICE RIPOLL / ÉTIENNE ROCHEFORT / HIROAKI UMEDA / AINA ALEGRE / THOMAS LEBRUN / MARCOS MORAU / ABDOULAYE TRÉSOR KONATÉ / MARINO VANNA / OLGA MESA / FANNY BROUYAUX & SOPHIE GUISSET / CAROLINE ALLAIRE / OONA DOHERTY / MADELEINE FOURNIER / JEAN-BAPTISTE ANDRÉ / FLORA DÉTRAZ / AMBRA SENATORE / SALIA SANOU / FOUAD BOUSSOUF / ROSER MONTLLÓ GUBERNA & BRIGITTE SETH / VANIA VANEAU / MARCO BERRETTINI / DOMINIQUE BOIVIN / EMANUEL GAT / FRANK MICHELETTI / CHRISTIAN RIZZO / MAGUY MARIN / AMALA DIANOR & DENIS LACHAUD / DAVID ROLLAND / MARK TOMPKINS / MATHILDE MONNIER, LA RIBOT & TIAGO RODRIGUES / JEAN-BAPTISTE ANDRÉ & DIMITRI JOURDE / AMINE BOUSSA / AMBRA SENATORE & MARC LACOURT /

POLE-SUD -CDCN 1 RUE DE BOURGOGNE F 67100 STRASBOURG POLE-SUD.FR    +33 (0)3 88 39 23 40


La Cité—Neue Vague

Propos recueillis par Déborah Liss Photo Christophe Urbain

Nicolas d’Ascenzio directeur du Shadok depuis juin 2019

D’où venez-vous, où allez-vous ? C’est simple : de Metz [il fut directeur du tiers-lieu Bliiida, ndlr], à Strasbourg ! Que vouliez-vous être quand vous étiez petit et pourquoi avez-vous renoncé ? Je voulais être astronaute. Et puis la vie a fait que je n’irai pas dans l’espace ! Mais je reste fasciné par la conquête spatiale, les cartes stellaires… Avez-vous un credo professionnel ? Et personnel ? La créativité et l’intuition. C’est important quand on dirige un lieu en lien avec l’air du temps. Quel est pour vous le plus beau des compliments ? Si on me disait que j’avais provoqué un déclic ou une vocation chez un enfant. Que représente pour vous Stras­ bourg ? Une ville de culture et de créativité, de par la puissance de son éco-­ système culturel, son taux d’équipement, ses acteurs culturels foisonnants, ses associations… Si vous deviez changer de ville et/ou de pays, où habiteriez-vous ? Berlin. Une ville démentielle, surprenante et agréable à vivre. Pourquoi faites-vous tout ça ? Pour mettre ma petite pierre à l’édifice du changement, participer à la transformation du monde à travers la transition numérique et écologique. Quels livres se retrouvent régulièrement sur votre table de chevet ? 1984 et Vingt mille lieues sous les mers. Ce que dit le Capitaine Nemo sur le fait d’être mobile dans l’élément mobile, ça me parle. Le film que vous reverriez bien une 54 578 754e fois Retour vers le futur ! Je l’ai vu près d’une centaine de fois. L’œuvre d’art qui ne cesse de vous fasciner. De manière générale, le travail du collectif Anti VJ, qui a construit une partie de ma personnalité numérique. www.shadok.strasbourg.eu

64


Des plats gourmands et savoureux garantis sans viande

Ouvert du dimanche au jeudi 10, rue Gloxin — Strasbourg — 03 88 24 01 10 www.lafabriquemiam.fr


La Cité—Instant Flash

66

Par Nathalie Bach / Photo Christophe Urbain

Par-delà les mots Irène Jacob

Elle arrive dans un manteau à carreaux, discrètement maquillée, les mains vagabondes dans un incessant jeu de cheveux. Un thé au jasmin l’attend, mais elle prend d’abord la pose, très vite et très bien. La lumière, un mot qu’elle emploie souvent, elle la connaît depuis longtemps. « La photo, ça dépend du contexte, c’est un regard, c’est un instant. C’est bien sûr l’œil de l’autre, mais soimême, que peut-on faire véritablement, à part être disponible ? De la même façon, on peut vous poser dix fois la même question, vous ne répondrez jamais de la même façon, selon la personne en face. » Au cinéma, au théâtre et quand elle chante aussi, Irène Jacob semble guidée par des équinoxes secrètes rendant vraisemblablement tous les possibles au grand jour, ceux dont se sont si bien servi Krzysztof Kieslowski, Antonioni, Rivette et tant d’autres. On se souvient bien d’elle, ici à Strasbourg. Tout juste après le tournage d’Au revoir les enfants de Louis Malle, elle était venue y jouer Fenêtre sur la 80e rue, une adaptation des romans et nouvelles de Carson Mac Cullers. « Je jouais Mick ! Eh bien dites donc, c’est loin ! » C’est en 1988, avant le prix d’interprétation féminine pour La Double Vie de Véronique, les nominations prestigieuses, les décorations. Depuis, elle est revenue au Théâtre national de Strasbourg avec Les Variations Darwin. C’était juste après la naissance de son deuxième fils. Elle parle souvent de ses enfants, presque toujours avant ou juste après avoir évoqué la disparition de son père, le physicien Maurice Jacob. « On a plusieurs vies. Le thème du retour amène toujours beaucoup de réflexions, autour de la mémoire et du temps. » Mais dans Retour à Reims, qu’elle joue

au TNS en cette rentrée, la comédienne raconte et commente le passé d’un autre, celui du sociologue et philosophe Didier Eribon, dans un texte manifeste adapté et mis en scène par Thomas Ostermeier. « Ce qu’il me fallait trouver, c’était comment faire assister le public à la fabrication d’une pensée en direct, sans pathos et sans asséner quoi que ce soit. Ce spectacle est avant tout une question. » Le dispositif inventé au plateau est en effet particulier : un studio d’enregistrement, son propriétaire, le directeur artistique et une comédienne derrière son micro. Une vidéo retrace ce Retour à Reims, ni vraiment cathartique, ni consolant, simplement celui d’un homme homosexuel happé par la honte, familiale, sociale, et qui propose, dans un intime joint à la politique, de détricoter à travers le mouvement des Gilets Jaunes le revers d’une gauche devenue comme fascisée par son propre dévoiement. « L’opinion a la sale gueule d’Éric Zemmour », est-il balancé en rap dans le spectacle. Irène Jacob rit de bon cœur : « Voilà aussi à quoi sert ce spectacle. À en sortir en se disant je ne sais pas, à essayer de comprendre, à ne pas laisser la violence du monde social l’emporter. Je pense souvent à cette chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. J’ai beaucoup d’admiration pour Didier Eribon, ce courage qu’il a eu de voir les choses telles qu’elles sont et d’essayer d’inventer de nouveaux outils de pensées pour tenter de comprendre son histoire, de partir de soi, et il est vraiment implacable avec lui-même. C’est la seule façon de comprendre l’histoire plus largement. C’est une des grandes forces de ce texte et je dois dire que j’en ai été extrêmement touchée. »

Faut-il voir un brin de malice chez Thomas Ostermeier d’avoir demandé à l’une des comédiennes les plus sages en apparence, d’être à la fois porteuse et messagère d’un discours hautement engagé ? « Tout cela est vrai, je viens d’une famille franco-suisse, bourgeoise, intellectuelle, de gauche. Ma famille était socialiste et j’ai vu avec le texte de Didier que le socialisme n’était pas forcément de gauche et pourquoi ces discours de gauche ne touchaient visiblement plus. Ça m’a beaucoup parlé. Alors bien sûr, on me demande si je suis une comédienne engagée. Mais jouer dans ce genre de spectacle est un engagement en soi ! » Justement, n’est-elle pas à un moment de sa vie où elle aurait envie de faire voler en éclats quelques certitudes que l’on aurait à son sujet ? Ses dents perlent dans un sourire nouveau. « Attendez, je vais vous montrer quelque chose ! » Dans son téléphone, une photo d’elle, sublime, se détache en noir et blanc sur la couverture d’un livre, le sien. Il sortira dans quelques semaines. Il s’appelle Big Bang. Propos recueillis au TNS, à l’occasion des représentations de Retour à Reims www.tns.fr Irène Jacob, Big Bang, Albin Michel À paraître le 6 novembre


67


La Cité—Instant Flash

Propos recueillis par Cécile Becker / Photo Christophe Urbain

Ce que l’amour nous fait Céline Sciamma

« Quelles traces l’amour nous laisse-t-il ? Que s’apporte-t-on intellectuellement ? Il faut sortir des questions d’amour heureux ou de tragique et regarder les amours vécues, leur grande résonance, les modifications qui se font en nous. Comment se fait la promesse de nos curiosités futures pour d’autres personnes, pour la beauté, pour l’art, pour la musique ? Les amours sont matricielles. Mes plus grandes émotions de cinéma sont souvent celles-ci ; des amours comme émancipatrices. » Propos recueillis le 29 août, dans le cadre de l’avant-première de Portrait de la jeune fille en feu aux cinémas Star.


Sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel MACRON Président de la République

04.10.2019 –  12.01.2020

Étude pour un suicide à l’eau de rose Collection desseins 28€

« Je veux agir dans ce temps » 

Une exposition du Musée d’Art moderne et contemporain

chicmedias éditions La Vitrine chicmedias 14, rue Sainte-Hélène — Strasbourg

www.chicmedias.com

#expoKollwitz En partenariat avec :

Käthe Kollwitz, Autoportrait, 1889 © Käthe Kollwitz Museum Köln. Graphisme : R. Aginako

Stéphanie-Lucie Mathern

Käthe Kollwitz


La Cité—Instant Flash

Propos recueillis par Anne-Claire Cieutat / Photo Pascal Bastien

Sentiments ravageurs Hafsia Herzi

« Tu mérites un amour est né d’une pulsion artistique, d’un besoin de création immense et profond. C’était immédiat : il fallait que ce film se fasse tout de suite. C’est pourquoi il est autoproduit. Il est le fruit d’un désir impérieux. Je me suis répété, comme un mantra : Amuse-toi ! » Tu mérites un amour, premier film de Hafsia Herzi, en salles depuis le 11 septembre Propos recueillis le 27 août, lors de l'avant-première au cinéma Star


Le 15 octobre 2019

OUVERTURE

GRANDIOSE SCHMIDT GROUPE SAS - RCS COLMAR B 326 784 709 - Photo non contractuelle -

UN NOUVEAU MAGASIN OUVRE PRÈS DE CHEZ VOUS.

C’est l’ouverture de votre nouveau centre conseil Schmidt. L’occasion rêvée de réaliser tous vos projets d’aménagement avec nous. Pour vous, nous déplacerons des montagnes... Si vous avez des rêves d’aménagement ultra personnalisés, venez découvrir votre nouveau centre conseil Schmidt Prenez rendez-vous en ligne ou directement dans votre magasin :

2, quai Finkmatt 67000 STRASBOURG

> www.homedesign.schmidt

ALEX LUTZ, NASSER DJEMAÏ, VICTORIA CHAPLIN, LA MACHINE DE TURING, ADIEU MONSIEUR HAFFMANN, VIEUX FARKA TOURÉ, CIRQUE LE ROUX, OH OH

théâtre, cirque, humour, musique, danse, jeune public

et bien d’autres...

S

A

I

S

O

N

2019 — 2020 www.lepointdeau.com


La Cité

L’a

ct

u.

72

Käthe Kollwitz, Les Mères, feuillet 6 de la série "Guerre", 1921–1922, gravure sur bois © Käthe Kollwitz Museum Köln

Käthe Kollwitz Quiconque a déjà vu une œuvre de Käthe Kollwitz en est sans doute resté sinon bouleversé, à tout le moins profondément ému. Il l’aura sans doute découverte en Allemagne, qui la considère comme une artiste majeure quand la France n’a que très peu montré son travail (on se souvient entre autres de quelques gravures dans l’exposition 1917, au Centre Pompidou-Metz). Le musée d’Art moderne de Strasbourg est ainsi la toute première institution de l’Hexagone à lui consacrer une rétrospective. 170 œuvres retracent le parcours de cette artiste, qui connût trois guerres (née en 1867, elle décède en 1945) et, de son trait singulier, entre réalisme et expressionnisme, s’est attachée à témoigner

de la misère du monde. La mort et la douleur, la guerre et les conflits sociaux imprègnent les gravures de celle qui se revendique une artiste engagée et veut, à travers son travail, montrer pour agir sur son temps. Et sur les suivants, pourrait-on dire, tant ses sujets et sa manière n’en finissent pas de résonner. (S.D.) Je veux agir en ce temps, → 12.01 | MAMCS www.musees.strasbourg.eu


73

Photo : Jean-Louis Fernandez

Qu’est-ce qu’on entend derrière une porte entrouverte ? Né à El Transito au Salvador, fils de couturière, Raoul Fernandez a une vie digne d’un roman. Costumier à la Comédie-Française, sa rencontre avec l’écrivain Copi, lui aussi sud-américain exilé, le révèle en actrice (oui oui). Il rejoue aujourd’hui sa propre vie, mise en mots par Philippe Minyana et en scène par le génial et tonitruant Marcial di Fonzo Bo (accord parfait). Un monologue extravagant et flamboyant, présenté gratuitement par le TNS dans le cadre de L’Autre saison. Quel cadeau ! (S.D.) 6 → 8.11 | TNS www.tns.fr

Géraldine Millo — Vestales, octobre 2016 - février 2017 — Les Héritiers — Centre national des arts plastiques — © droits réservés / Cnap — Photo : Géraldine Millo

La moitié du monde La moitié du monde dont il est question ici, ce sont les femmes. Sujet inépuisable et inépuisé, quels que soient les époques, les pays, les préoccupations du moment. Cette exposition des collections du Centre National des Arts Plastiques montre un petit éventail de la manière dont les artistes (femmes, mais pas seulement) s’en sont emparé. Avec des œuvres de Géraldine Millo, Zoe Leonard, Shirin Neshat, ORLAN, Alexandra Boulat, Frédéric Cornu, Jane Evelyn Atwood. (S.D.) 18.10 → 22.12 | la Chambre www.la-chambre.org


74

Photo : Pauline Ringeade

L’a

ct

u.

La Cité

Fkrzictions On se souvient bien sûr de Pauline Ringeade à l’école du TNS quand, élève metteur en scène dans le groupe 39, elle avait présenté Le Conte d’Hiver de Shakespeare et Koltès. Fkrzictions est le 5e projet de sa compagnie l’iMaGiNaRiuM. Inspirée par les nouvelles de l’écrivain russe Krzyzanowski et des bandesdessinées de Marc-Antoine Mathieu, elle se penche sur l’absurdité de la mécanique quotidienne. Julius, le personnage principal, occupe une pièce minuscule en alternance avec d’autres locataires. Comment, dans ces conditions, construire son monde intérieur ? Dans une mise en scène extrêmement précise, chorégraphiée avec la complicité de Damien Briançon et servie par les images de Mali Arun (lire aussi p. 52), Julius tente de repousser les limites du possible. On est heureux d’y retrouver Julien Geoffroy, lui aussi ancien élève du TNS. (S.D.) 27 → 29.11 | Taps Scala www.taps.strasbourg.eu


Alsace – Baden-Württemberg – Basel

Trésors

Boréals

transitions übergänge

Tervetuloa* chez

Trésors Boréals

les journées de l’architecture die Architekturtage

Boutique finlandaise à Strasbourg. Produits culinaires - Décoration - Art de la table - Linge de maison

27.09 ,31.10 2019

*Bienvenue en finnois

www.europa-archi.eu

9, rue des Veaux | Strasbourg | 07 71 60 28 30 tresors-boreals-decoration.fr CONSEIL REGIONAL GRAND EST

BIENNALE D’ART CONTEMPORAIN DE SÉLESTAT 23 édition e

Parcours dans la ville 28 SEPT - 27 OCT

selestat.fr

Guillaume Barth eva t. Bony axel Gouala apolline Grivelet anne houel alexandre Kato mehryl levisse CéCile meynier Françoise saur sCenoCosme (GréGory lasserre & anaïs met den anCxt) aurélie slonina


76

Photos : Véronique Vercheval

L’a

ct

u.

La Cité

L’Herbe de l’oubli La compagnie belge Point Zéro se penche sur une population qui n’intéresse plus grand monde : celle qui habite autour de la zone interdite de Tchernobyl. Au centre de leur vie, une zone abandonnée, où les habitants pourront revenir dans 100 000 ans. Inconcevable pour l’entendement humain. Et pourtant, cette catastrophe habite leur quotidien. Revendiquant une démarche proche de celle de Svetlana Alexievitch, écrivaine biélorusse, prix Nobel de littérature en 2015 et dont le travail s’appuie sur des témoignages (elle a notamment écrit La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse en 1997), les membres de la compagnie sont allés à la rencontre de survivants, d’habitants proches de la zone d’exclusion, de scientifiques, de partisans ou non du nucléaire. Ils en ont tiré un spectacle qui mêle théâtre, marionnette et vidéo, pour à la fois rendre palpable et mettre à distance cette réalité sidérante. Une proposition bouleversante et d’une grande beauté plastique. (S.D.) 14.11 | Point d’eau | Ostwald lepointdeau.com


NOVEMBRE DÉCEMBRE Architecture Pascal Rambert 15 | 24 nov

Vents contraires Jean-René Lemoine 28 nov | 7 déc

Henrik Ibsen | Jean-François Sivadier 11 | 20 déc

03 88 24 88 24 | tns.fr | #tns1920

© Jean-Louis Fernandez

Un ennemi du peuple


La Cité

L’a

ct

u.

78

Willi Siber Artiste allemand exposé dans toute l’Europe, Willi Siber crée des archipels de sculptures. Des morceaux de bois à la surface laquée, presque aquatique, qui, assemblés à l’envi, forment d’infinis paysages sur lesquels joue la lumière. Les ombres et reflets qu’y dessinent le jour et les éclairages rendent ces sculptures, d’apparence lisse et parfaite, mouvantes et vibrantes, presque organiques. Elles semblent flotter dans l’espace, et peuvent s’assembler en d’infinies possibilités. Celles présentées par Radial ont été créées tout exprès pour l’espace de la galerie. Willi Siber a également composé une constellation de 14 sculptures morales pour la clinique Rhéna. (S.D.) 25.10 → 30.11 | Galerie Radial Art Contemporain 11b, quai de Turckheim www.radial-gallery.eu

Sélest’art Autour du thème Patrimoine, nature et art contemporain, l’art contemporain s’immisce pour la 23e fois dans les espaces publics de la ville de Sélestat. La biennale s’est choisie un nouveau mode opératoire, en lançant un appel à projet. Un jury a sélectionné 12 propositions éclairant le sujet, qui interpellent désormais les passants. On y retrouve des œuvres des régionaux Guillaume Barth, Axel Douala, Cécile Meynier ou Françoise Saur, on y découvre aussi des artistes internationaux qui tous, invitent à bousculer le rapport à l’espace d’exposition et à ce qu’on considère être une œuvre. (S.D.) → 27.10 dans les rues de Sélestat www.selestat.fr


Comment échapper au casse-tête des sorties de crèche et d’école ?

Nos solutions relais-parents vous libèrent pour toute l’année !

Chrysalis la marque - Crédit photos : fotolia.com - Babychou Développement - RCS : 493 318 802

Arthur et Alice, parents de Romain et Chloé

oubliez les salles de réunions froides et impersonnelles ,

bienvenue à la maison ! WWW.LA-MINOTERIE-STRASBOURG.COM 03.88.23.10.15 HELLO@LA-MINOTERIE-STRASBOURG.COM 12, RUE DES MOULINS, STRASBOURG, PETITE FRANCE

Babychou Services Strasbourg Tél. 09 83 36 75 86 www.babychou.com

4, rue Paul Muller Simonis Strasbourg 03 88 24 63 01 les-innocents.fr


La Cité

Photos Henri Vogt

L’a

ct

u.

80

L’Oiseau rare Sous les grosses ampoules qui éclairent l’épure de la pièce, un tableau de femme afro-américaine habillée d’une coiffe alsacienne, signé par Diane, la peintre, donne vie au mur blanc. Tout autour, sur des étagères en bois laissées au naturel et dessinées par Éric, l’architecte, des livres ont été disposés avec soin par Morgane. L’Oiseau rare, une galerie-librairie qui s’improvise salon de thé, est une affaire de famille : celle des Albisser. Précédemment occupé par un antiquaire, ce rez-dechaussée du XVIIe siècle, avec sculptures et petite cour pavée intimiste, a ravi le cœur des deux sœurs qui se lancent dans un projet mêlant leurs passions respectives, au croisement de l’Alsace, de l’Afrique… et du reste du monde, en vérité. Entre littérature et peinture, le lieu est comme un autoportrait de chacune, à découvrir en sirotant un thé des Jardins de Gaïa,

conditionné à Wittisheim, une Carola haut-rhinoise ou un café Mokxa torréfié quelques rues plus loin, dans le quartier de la Krutenau. Dans un souci d’éthique, elles ont fait le choix de produits locaux et/ou bio, à table comme dans la papeterie. Ne pas se méprendre : si l’on y compte de nombreuses touches régionales, c’est au contraire un air de nulle part ailleurs qui flotte entre ces murs, qui accueille depuis quatre mois touristes et (déjà) habitués. (R.B.) 23, quai des Bateliers www.loiseau-rare.fr


www.mediapop-editions.fr

Faces Of Sound Le livre de Vivian 1962-1980 Preuves et traces

L’hiver dure 90 jours

Rendez-vous photographiques Delphine Ghosarossian

Claire Audhuy

Alexandre Bergamini

Bernard Plossu Marcher la photographie

Ode au corps tant de fois caressé Christophe Fourvel

L’année de tous les baisers Yves Tenret

Des vies normales Par les élèves du Microlycée de Seine Saint-Denis

La mue Ayline Olukman Texte de Emmanuel Abela

Ailleurs

Sublime

David Le Breton

Trop bête pour toi! Florence Andoka

L’impasse Eric Chabauty, Pierre Freyburger et Luc Georges Préface de Cédric Herrou

We are the universe Véronique Arnold

Belle lurette Pascal Bastien


coiffeurs indépendants

69, rue des Grandes Arcades 67000 Strasbourg - 03 88 23 05 43

Bijoux de créateurs ︱ arts & design PÊLE-MÊLE

LOULOUDICOSTA

mardi › samedi : 11H › 19H ∕ 32, rue des Juifs ∕ Strasbourg ∕ 06 78 41 43 49 ∕ pele.mele.strasbourg@gmail.com


www.chicmedias.com


S T R A S B O U R G

P R Ê T

A

P O R T E R / C H A U S S U R E S F E M M E / H O M M E

U L T I M A E T 8 P E T I T E R U E D E L ' E G L I S E 0 3 8 8 2 1 9 1 6 6

3 , 4

U L T I 1 6 , M 0 3 8

M A H O M M E R U E D E L A É S A N G E 8 6 4 8 8 6 7

/

S A C S

U L T I M A B I S 3 4 , R U E T H O M A N N 0 3 9 0 2 2 1 9 2 3

G U C C I , P R A D A , V A L E N T I N O , D I O R , G I V E N C H Y , C E L I N E , C H L O É , B A L E N C I A G A , F E N D I , S A I N T L A U R E N T , S T E L L A M C C A R T N E Y , D O L C E G A B B A N A , I S A B E L M A R A N T , I R O , R E D V A L E N T I N O , K A R L L A G E R F E L D , M O N C L E R , D S Q U A R E D 2 , S T O N E I S L A N D , M A I S O N K I T S U N É , O F F I C I N E G E N E R A L , A C N E S T U D I O S , C H I A R A F E R R A G N I , S E R G I O R O S S I , G I A N V I T O R O S S I , J I M M Y C H O O , T O D ' S , H O G A N , S T U A R T W E I T Z M A N , G I U S E P P E Z A N O T T I , A S H , S T R A T E G I A , R O B E R T C L E R G E R I E , Z A N E L L A T O , U G G ,


Les vêtements que je préfère sont ceux que j’invente pour une vie qui n’existe pas encore, le monde de demain. ——— Le Style. Pierre Cardin

85


Et si porter des classiques était l’attitude la plus cool de la saison ?

Ad hoc Photos Alexis Delon / Preview | www.preview.fr Réalisation Myriam Commot-Delon

Mannequin Alena R. | www.upmodels.fr Coiffure Greg Alcudia / La Fabrik pour Avila | www.avila-coiffure.com - www.la-fabrik.art Maquillage Julie Gless | www.julieglessmaquilleuse.com Assistante mode Prune Delon Post-prod Emmanuel Van Hecke / Preview | www.preview.fr

86


87

Pull Audrey et jupe-culotte en cachemire Notshy. Cuissardes Folco et sac Classic moyen modèle Celine chez Ultima.


88

À gauche : robe blazer en sergé technique, bottines Oval en cuir d’agneau, les deux Balenciaga chez Ultima. Chaise Série 7, modèle en cuir Grace Walnut (1958), design Arne Jacobsen pour Fritz Hansen chez Pyramide. À droite : veste chemise en shearling, pantalon en crêpe et pull à col cheminée en cachemire, le tout Ipsae.


89


90


91

Manteau Greta en lainage pied-de-poule multicolore et sac en cuir fauve Inès de la Fressange, pull Pearl en laine à col roulé oversize et slippers en cuir Joseph, jean flare Trussardi Jeans, le tout chez Marbre.


92

À gauche : pochette en cuir de buffle Revenge Hom, manteau, veste et pantalon Tagliatore 0205, le tout chez Revenge Hom. Au cou, torque tubulaire en hêtre rouge Raw Adornments – www.rawadornments.co


93


94

À gauche : cape doudoune oversize en satin de soie à imprimé écharpes d’archives Burberry, jupe et bottes Celine, le tout chez Ultima. À droite : robe portefeuille en velours rouge cardinal Rick Owens, manteau Isabel Benenato, bottines zippées Paul Smith, le tout chez Algorithme La Loggia.


95


96


97

Manteau réversible en éco-cuir verni OOF Wear, robe en soie Diega, pull Bellerose et boots santiags Bridget Morobé, le tout chez Muse. Lunettes Mykita chez Meschenmoser.


98

Blouson « Teddy » brodé poitrine en lainage marine, chemisier avec col à volants, jupe-portefeuille et bottes Claude en veau, le tout Celine chez Ultima.


99


Le Style—Shopping

100

1

Leitmotivs Par Myriam Commot-Delon

Ah ! Se délecter de la froidure qui commence, s’inventer une nouvelle histoire, se vêtir, décorer, s’évader… 2

Luminaire

Candela 1 — La bougie du XXIe siècle ? Cette lampe nomade Salt & Pepper à variateur intégré, à caresser de la main pour l’allumer ou l’éteindre. Édition Tobias Grau. Où ? decoburo - 4, Le Schlossberg à Zellenberg www.decoburo-store.com

Must-have

Organique 2 — Étudier l’irrégularité des matières naturelles lorsqu’on est designer peut prendre de nombreux chemins… Celui suivi par le duo british Edward Barber & Jay Osgerby pour l’éditeur italien Mutina est aussi poétique que rigoureux. La collection Primavera réussit ce délicat équilibre entre épure et ornementation, où le grès cérame s’anime. www.forgiarini.net


Collab

101

La griffe Koché et son piquant streetwear-couture signe une seconde collaboration avec l’e-commerçant La Redoute. La fierté ? Sa créatrice, Christelle Kocher, qui a passé son enfance à Strasbourg, a remporté cet été le prestigieux grand prix de l’Andam 2019 ! Une reconnaissance méritée pour cette ancienne diplômée de la Central Saint Martins de Londres, également directrice artistique de la maison plumassière Lemarié. www.laredoute.fr

© Florent-Sinan Brunel

1er Prix

Design

Home cinéma

1

2

1 — L’icône. Nouvelle garderobe pour l’emblématique collection MR de Ludwig Mies van der Rohe, qui vient de se faire offrir par Knoll de nouveaux revêtements en cuir et tissu pour fêter le centenaire de la fondation du Bauhaus. Un bijou de fonctionnalisme, de confort et d’esthétisme. — Chaise longue, collection MR Bauhaus édition, Ludwig Mies van der Rohe (1927), Knoll - www.knoll.com

2— L’inspiré. Déjà adoptées par le Centre Pompidou Beaubourg et le MoMA de San Francisco, les assises frenchy en PVC recyclé de la jeune maison d’édition Mojow ne sont pas sans évoquer des sièges cultes du design. Une réinterprétation aussi gonflée qu’originale (en photo, le fauteuil Yomi). www.mojow-mobiliers.com

Pour ? Regarder la série Bauhaus, un temps nouveau sur www.arte.tv

Pour ? Regarder le film de Jacques Demy L’Evénement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune www.boutique.arte.tv

Où ? Galerie K by Pyramide 5, quai Finkmatt www.galerie-k.fr

Où ? decoburo 4, Le Schlossberg à Zellenberg www.decoburo-store.com


Le Style—Shopping

102

© Ingo Maurer GmbH

1

2

3

Mode

Accessoire

Design

Un peu de tenues ! Tic mode

Give me five 

1 — Pôles fait partie de ces (trop) rares boutiques multimarques, représentantes du patrimoine mode français. C’est le cas avec Hana San (photo), jeune marque spécialisée dans les chemises et dont les coupes et détails raffinés empruntent à la culture japonaise ce goût délicat des lignes pures et intemporelles. Une griffe à part, comme l’affectionne tout particulièrement Christine Lehmann, la propriétaire de ce vestiaire ouaté où s’offrir les beaux lainages Maison Montagut et d’autres labels français à l’élégance intemporelle. La nouveauté de la rentrée ? L’arrivée de la maroquinerie française de luxe Charles et Charlus.

3 — Ingo Maurer n’en finit pas de nous étonner avec son regard d’enfant facétieux et ses ready-made insolents. C’est en regardant ses collaborateurs faire sécher leurs gants en caoutchouc, utilisés pour manipuler des objets peints en bleu Klein, qu’il a eu l’idée surréaliste de la série de luminaires Luzy Take Five.

Où ? Pôles 90, Grand’Rue 03 88 22 13 40

2— Biseauté à l’extrême, le talon cubain est de retour avec ses réminiscences rodéo venues du Grand Ouest. Le super pouvoir de ce nouveau classique ? Rehausser avec panache la plus banale des tenues, surtout dans cette version léopard. Où ? Liu Jo 8, rue Gutenberg www.liujo.com

Où ? Pyramide Design 32, quai des Bateliers www.pyramide-design.com


CANALI* SANTONI CANADA GOOSE VAN LAACK* GRAN SASSO CUIR GMS CORNELIANI* FEDELI TRAMAROSSA LBM OUTHERE KEAN 4X5 SCHNEIDERS

24, rue du Vieux Marché aux Grains Strasbourg | 03 88 75 54 88 www.boutique-dome.fr *Possibilité de prise de mesure


Le Style—Shopping

104

2

1

3

Textiles + Design

Collab

Chimères

Again

1 — L’artiste Christian Astuguevielle, connu depuis les années 80 pour son travail sur les cordages aux influences japonaises et son art du détournement, vient de signer la collection Coquecigrues pour la Maison Pierre Frey. Une des plus intéressantes de la rentrée, avec son langage textile mi-bourgeois, mi-tribal. Le passé et le présent s’y superposent avec audace, et le résultat est follement gai et irrévérencieux : des toiles de Jouy et des gravures étrusques du 18e, recoloriées et surdimensionnées, servent de toile de fond à une grammaire picturale imaginaire dessinée d’un épais trait à l’encre de Chine.

2 — Tampa est un ensemble de tables basses à réinventer suivant les instants, qu’ils soient familiaux, dînatoires ou bribes d’une session de télétravail sur canapé. À réunir en grappe ou à séparer en bouts de canapés ou tables d’appoint. Leurs plateaux ronds, en forme de haricot ou d’œuf, sont disponibles dans une large choix de matériaux (chêne, laque, marbre et noyer) et leur piétement dessinant une empreinte d’oiseau a été dessiné pour accueillir Troy, un plateau rond amovible doté de poignées.

— Collection Coquecigrues, 9 tissus et 7 papiers peints dont deux panoramiques, Pierre Frey.

Où ? 197.Design 197, avenue de Strasbourg | Brumath www.197design.com

— Collection de tables basses Tampa, Leolux, design Beck Design (2019) chez 197 Design

3 — Inlassablement (et sans avoir un budget extensible), on se Lemairise à chaque saison avec l’impeccable ligne U de Uniqlo, orchestrée de main de maître le directeur artistique Christophe Lemaire. Où ? Uniqlo 5, rue du Noyer www.uniqlo.com


By

Claire

Campbell

22 Rue De la Mésange, Strasbourg • T 03 88 23 08 08

high-everydaycouture.com


Le Style—L’homme

Défier le temps, en partant !

Luxe et sportwear font bon voyage : nos essentiels pour upgrader les vacances de l’homme moderne.

Valise Cabin Classic en aluminium anodisé Rimowa. Où ? Au Point Sellier 6, place des Étudiants www.aupointsellier.com

Montres Oyster Perpetual, acier Oystersteel, Rolex. de haut en bas et de gauche à droite : — Oyster Perpetual 39, cadran noir   — Oyster Perpetual 26, cadran argenté  — Oyster Perpetual 36, cadran white grape  — Oyster Perpetual 31, cadran dark grey  Où ? Jacquot joaillier-horloger 10, rue du Dôme www.jacquot-horloger.com

Packshots © Thomas Hensinger / © Rolex

Par Myriam Commot-Delon / Photo Alexis Delon / Preview


107

3

Photo : Alexis Delon / Preview

2

1

1—Un talisman Pour voyager chaque jour, ce porte-bonheur ultra-précieux, unique et personnalisable du joaillier globe-trotter Eric Humbert. — Collection masculine Hom, bracelet cordon, perles noires de Tahiti, pépites d’or 18 carats. Où ? Eric Humbert Joaillerie 46, rue des Hallebardes www.eric-humbert.com

4

2—Des atours romanesques

3—Un couvre-chef solaire

4—Des sneakers ailés

On s’enflamme pour les ­textures surdouées et le tailoring expérimental de Masnada, la maille mystérieuse de la ­créatrice italienne Isabel Benenato et la mode poético-­ engagée de Quasimi (visuel), qui viennent de rejoindre le vestiaire éclairé d’Algo.

Quel que soit l’endroit, le moment, la personne ou son sexe, le style change et s’adapte. C’est cette individualité que la griffe anglaise Superdry revendique cette saison, en proposant des collections éclectiques et ciblées destinées à la jeune génération et à ses codes vestimentaires.

Nouvelle collaboration entre Puma et le funky label Tyakasha domicilié à Shanghai, qui a rhabillé d’un amusant thème intergalactique « Space pirate » quatre modèles emblématiques de la marque.

— Bonnet Skate Lux et bomber ciré SDR Flight

Où ? Impact Premium 1, petite rue de l’Église www.impact-premium.com

Où ? Algorithme La Loggia 6, rue Gutenberg www.algorithmelaloggia.com

Où ? Superdry 10, rue des Grandes Arcades www.superdry.fr

— Baskets Puma RS-X, couleur Whisper White / Fired Brick, Puma x Tyakasha.


Le Style—Lingerie

108

Collection Paloma Casile — Photo Nathan Alliard

Dessin d’archive issu du livre Cadolle, une saga de légende - www.cadolle.com

Girl power Après la vague du tout invisible, revenons aux fondamentaux et penchons-nous sur des dessous n’ayant rien à cacher. Lady Mistigris est le QG parfait pour s’offrir des pièces audacieuses et décomplexées, notamment celles de deux marques fran­ çaises iconiques… créées par des femmes.

Cadolle la pionnière Attention, marque culte ! Herminie Cadolle, sa fondatrice, inventa le soutien-gorge en 1889… en coupant en deux un corset ! Puis ce sera au tour des filles de la famille de continuer cette révolution tout en dentelle. Marguerite initiera en 1921 le premier co-branding de l’histoire en utilisant comme égérie de ses lignes de parfums son amie, la joueuse de tennis Suzanne

Indispensables pour érotiser nos pulls douillets et dynamiter nos chemisiers : les dessous sexy. Oui, mais lesquels ? Par Myriam Commot-Delon

Lenglen. En 1925, ce sera le fameux soutien-gorge aplatisseur, le « boyish form », pour sa voisine Coco Chanel. Alice se penchera en 1947, avec Monsieur Rochas, sur le serre-taille et lancera la guêpière couture. Quant à Poupie, c’est à elle que l’on doit, à la fin des années 80, le retour du corset, mais dans une version glam et confort. Quelques Cadolle girls ? Mata Hari, la duchesse de Windsor, Monica Bellucci, Emmanuelle Seigner.

Paloma Casile la relève Cette jeune créatrice lyonnaise, fille de la styliste Nathalie Chaize, crée sa marque éponyme en 2012 après avoir raflé quelques prix prestigieux, être sortie major de sa promotion d’Esmod Paris, et avoir

fignolé son apprentissage auprès de deux maisons de corseterie emblématiques, Chantal Thomass et… Cadolle. Portant haut les valeurs du savoir-faire artisanal, soucieuse de la qualité de ses matières (ses fournisseurs sont uniquement français et européens), Paloma a été nommée Artisan d’Art en 2017, et son atelier de confection est couronné du label « Fabriqué à Paris ». Son style ? Une lingerie fine, au design épuré mais pas trop ! Ses modèles s’inspirent de la tendance strapping anglosaxonne, mais dans une version adoucie, et c’est justement ce twist rock et sexy qui plaît tant aux filles frenchy. La preuve en images via son compte instagram : @ palomacasile Lady Mistigris & Mr Graou 23, rue Sainte-Madeleine 03 88 38 28 50


www.insecable.com photo preview.fr www.insecable.com www.insecable.com • photo ••photo preview.fr preview.fr

Joaillierinspiré inspiré Joaillier Joaillier inspiré

Bague Bague Bague ILLUMINATI ILLUMINATI ILLUMINATI De la Glace et du Feu

De la Glace et du Feu De la Glace et du Feu

Éric ÉricHumbert Humbert| |46 46rue ruedes desHallebardes Hallebardes67000 67000Strasbourg Strasbourg tél. 03 88 32 43 05 | info@eric-humbert.com | www.eric-humbert.com Éric Humbert | 46 rue des Hallebardes Strasbourg tél. 03 88 32 43 05 | info@eric-humbert.com | 67000 www.eric-humbert.com tél. 03 88 32 43 05 | info@eric-humbert.com | www.eric-humbert.com


Le Style—Bien-être

Mannequin : Leana Waldeck @leanawdk / Série mode Zut été 2017

110

Me time

— Cabine infrarouge Select Line 1, finition blanc brillant (disponible de 1 à 2 personnes et en finition érable sablé ou Colorado, chêne Amazone et noir brillant, ainsi que deux éditions luxe), b-intense®

Et si les cabines infrarouges étaient l’endroit le plus hot de la rentrée ?

Par Myriam Commot-Delon Portrait Alexis Delon / Preview

Régulation du métabolisme, boost du système immunitaire et de la sérotonine, élimination des toxines : la liste des bienfaits des cabines infrarouges est aussi longue que les jambes de Bella Hadid. Mais selon Frans Luijben, gérant de l’espace Art du Spa, c’est le bien-être qui prime. Alors, concrètement, comment ça marche ? Dans un sauna finlandais, la transmission de chaleur se produit par le réchauffement de l’air. Dans une cabine infrarouge, la chaleur est produite par rayonnement direct, qui réchauffe doucement la peau et convient donc mieux à ceux et celles qui supportent mal les températures élevées.

Avec les ondes, la température est atteinte presqu’immédiatement, alors qu’il faut une demi-heure à une heure pour chauffer le sauna traditionnel. L’infrarouge est donc plus facile à glisser dans notre planning surbooké. Quand et pourquoi l’utiliser ? Principalement pour se détendre, soulager les douleurs – dans ce cas il vaut mieux privilégier la fin de la journée –, pour récupérer après une séance de sport ou à son institut pour optimiser une séance de drainage lymphatique. L’effet thérapeutique n’est pas négligeable non plus : il assouplit les muscles et stimule la circulation sanguine, le coup de fouet est assuré et le système

immunitaire renforcé. Pas mal avant de plonger dans l’hiver ! Et si on adoptait ce nouveau moment rien qu’a soi, pour méditer ou faire une digital detox en lisant un bon livre, et qu’on laissait aux tops et influenceuses new-yorkaises le soin d’y faire des selfies ? Art du spa 1, rue Jean-Marie Lehn | Rosheim www.artduspa.com


Un nouvel Art de Vivre Boutique épanouissement Espace Mieux-être Bibliothèque et Bar à jus bio Activités créatives culturelles

23, rue du faubourg de Pierre Strasbourg - 03 88 59 30 89 amphora-artdevivre.fr

LINGERIE

ACCESSOIRES

D ÉCO R ATI O N • BIJOUX

BOUTIQUE

LADY MISTIGRIS 23 quai des 23 Bateliers | Strasbourg | 09 52 76 33 48 Quai des Bateliers 23 Quai des Bateliers www.loiseau-rare.fr 67000 Strasbourg

23 67000 Quai des Bateliers Strasbourg +33 (0)9 52 76 33 48 67000 +33 (0)9 Strasbourg 52 76 33 48

www.loiseau-rare.fr - contact@loiseau-rare.fr

+33 (0)9- 52 76 33 48 www.loiseau-rare.fr contact@loiseau-rare.fr www.loiseau-rare.fr - contact@loiseau-rare.fr 23 Quai des Bateliers 67000 Strasbourg +33 (0)9 52 76 33 48 www.loiseau-rare.fr - contact@loiseau-rare.fr PRÊT À PORTER Chloé Stora · Laurence Bras · Toupy Mes Demoiselles Paris · Hod Diega · Bellerose · Heimstone Blonde N°8 · OOF · Absolut Cashmere Not Shy · True Royal ACCESSOIRES Claris Virot · Dragon Diffusion Mexicana · Beatriz Furest · Morobé

27, rue de la Nuée Bleue | Strasbourg | 03 90 24 68 39

Tel 03 88 38 28 50 • Instagram @LADY_MISTIGRIS Facebook BOUTIQUE LADY MISTIGRIS 23 RUE SAINTE MADELEINE 7 67000 STRASBOURG


Le Style—Le parfum

Par Sylvia Dubost / Illustration She BAM Studio

112

Les parfums cultes #18 N°19 de Chanel, 1970 Nez : Henri Robert

L’histoire du N°19, c’est l’histoire d’une renaissance. Celle de la mythique maison Chanel, qui connut après-guerre un long passage à vide. Exilée en Suisse en 1944, Coco ne rouvre sa maison de la rue Cambon qu’à son retour en 1954. C’est l’époque du triomphe du New Look de Christian Dior, dont la jupe corolle et la taille marquée ringardise la silhouette androgyne et austère de Chanel. La maison cherche alors un nouveau souffle. Elle le trouvera enfin à la fin des années 60, avec le fameux tailleur en tweed et le sac 2.55, qui, aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd’hui, lui attirent à nouveau une clientèle jeune. Coco voudrait accompagner cette renaissance et ce nouveau style par un parfum, destiné lui à la nouvelle génération. Chanel

n’a pas lancé de parfum depuis 1928 et le sublime Cuir de Russie. Le N°5 est toujours l’emblème de la maison, mais les ventes s’essoufflent. Coco veut quelque chose de plus frais, de plus vif, quelque chose dans l’air du temps. Et l’air est aux chyprés, construits sur fond âcre et chaud de mousse de chêne. Henri Robert lui compose un jus à l’équilibre remarquable. Les notes vives et vertes du galbanum en tête sont bien présentes, et pourtant en retenue. Les aldéhydes sont juteux et propres, mais moins aigus que ceux du N°5. La blancheur cotonneuse et poudreuse de l’iris vient tempérer cette vivacité, et repose sur un fond altier, comme toujours chez Chanel. Le N°19 réussit à combiner la douceur et la distance caractéristique de la parfumerie

maison. Il ne traduit pas une féminité enveloppante et bienveillante (un peu comme Mademoiselle Chanel…) : c’est un parfum cérébral et complexe, à la fois masculin et aérien, fort et doux, au raffinement absolu et aux matières premières d’une qualité exceptionnelle. Pour lui rendre honneur, il convient de l’associer aux volumes contemporains, et d’éviter le tailleur qui s’est, depuis, embourgeoisé. Ce N°19, 19 comme la date anniversaire de Coco Chanel (le 19 août), sera son dernier coup d’éclat. Elle décède l’année suivante, après avoir révolutionné la silhouette féminine.


PAUL SMITH QASIMI RICK OWENS MASNADA ISABEL BENENATO MOSCHINO MASON’S DONDUP ATTIC & BARN PARAJUMPERS PHILIPPE MODEL PREMIATA BLEU DE CHAUFFE

Depuis 1878

VERNIS KURE BAZAAR SECRID BAR À PARFUMS BIJOUX, MONTRES ...

FEMME & HOMME PRÊT-À-PORTER · CHAUSSURES 35 - 37, rue du Vieux-Marché-aux-Vins Strasbourg | 03 88 32 47 71

www.meschenmoser-opticien.fr

6, rue Gutenberg | Strasbourg | 03 88 23 61 61 algorithmelaloggia.com


Le Style—Design

114

Mon objet culte La Plywood Chair de Jasper Morrison, par Ilana Isehayek Par Valérie Bisson

Créé en 1988 pour l’exposition Some New Items for the Home à Berlin, la Plywood Chair est faite en contreplaqué de bouleau, vis et colle. Elle a brièvement été produite par le studio Vitra. Les lignes sobres et des airs faussement fragiles ne sont pas sans rappeler le travail de plasticienne d’Ilana Isehayek. Stabilité, confort, esthétique : chaque élément fait la différence. « Ici, on est dans une économie de moyens, précise Ilana. La chaise semble faite uniquement de lignes droites, mais les courbes organiques des pieds et du dossier la sauvent. » Représentative d’une tendance qui se tourne vers la fonctionnalité et l’épure, « cette chaise n’a, a priori, l’air de rien, elle est presque banale. J’essaye, moi aussi, d’enlever le superflu. Faire simple c’est difficile, il est plus facile d’être très bavard.» Comme une esquisse, un haïku. «  Il faut une grande maîtrise de l’intention et du geste pour parvenir à

suggérer avec élégance. Ici, par exemple, « le dossier est comme une fenêtre, un cadre sur le dos qui indique quel corps, quelle colonne s’y tient. » Morrison a conçu et découpé les 10 pièces de contreplaqué nécessaires au montage. « Il voulait la monter lui-même et a laissé visibles les vis et les couches de contreplaqué. Une fois l’assemblage terminé, il ne reste que l’unité nécessaire à la pureté de la lecture et à la sobriété des formes, l’objet devient alors plus organique, doux et simple. » Ilana Isehayek est artiste plasticienne, elle enseigne à la HEAR en section art-objet et fait partie du jury du prix Commerce Design Strasbourg Eurométropole


Une nouvelle histoire… Jean’s Trussardi Closed Joseph Alberto Biani Aspesi Gran Sasso Inès de la Fressange Momoni Paul Smith Piazza Sempione Accessoires

Photo : Joseph

Jean Louis Mascia Inouï Toosh Collection 5 Octobre

14, quai des Bateliers Strasbourg 03 88 35 28 85


Le Style—Street

Par Caroline Lévy — Photos Christophe Urbain

On peut se réinventer grâce au costume qu’on choisit d’enfiler. Ou l’apparat comme message politique, moyen d’expression ou simple prétexte pour faire la fête. Rencontre avec des drag-queens strasbourgeoises : beauté, extravagance et démesure.

Urban Styles La drag-queen, de l’acronyme DRessed As a Girl, connaît son premier âge d’or (et de paillettes) à la fin des années 80. Elle fait aujourd’hui son grand retour dans la culture populaire grâce au succès de la série Pose, qui se déroule dans le New York de 1987. On y découvre (pour ceux qui l’ignorent), le milieu des ballrooms, où des « maisons » dirigées par des Mothers s’affrontent lors de défilés thématiques. Une structure sociale et un théâtre incroyable qui a essaimé de par le monde, et dont nous avons rencontré quelques figures locales. Bienvenue chez les Marley, une famille de créatures intemporelles et époustouflantes, qui prend la pose à La Grenze, lieu culturel résolument inclusif.

Amnesïa Marley La fille ainée

Plan drag : performer depuis 8 ans La trash queen de la famille Marley se qualifie de veuve noire ! Ténébreuse et souvent perchée sur des talons de 25, cette créature androgyne utilise les codes gothiques pour des performances toujours plus freaky. Corset et accessoires en cuir ou en skaï sont ses must-have, et ici les plumes de faisan lui donnent des ailes ! @amnesia_marley

116


117

Lady Maybe La fille cadette

Plan drag : lancée depuis 6 mois, elle a déjà tout d’une grande ! — Baby queen récemment intronisée dans le clan Marley, Lady Maybe revendique des influences disco à tendance rétro-futuriste. Amoureuse des lignes graphiques et des coupes structurées, cette jeune drag à suivre est déjà bien active, puisqu’elle a récemment organisé la Drag Boat Queen show sur la flotte de Captain Bretzel. Call her Maybe ! @maybe_marley


Le Style—Street

Nöxïmä Marley

118

L-ïxyr

La mère

La marraine

Plan drag : évolue dans le milieu drag-queen depuis 25 ans

Plan drag : en 10 ans, son personnage est passé de transformiste à drag queen

— Un peu comme une louve qui protège ses petit.e.s, Nöxïmä la magnifique aime couver sa progéniture à paillettes. Inspirée des Mothers américaines, elle incarne à la perfection son rôle de Mama Extravaganza de la House of Marley. Maîtresse de cérémonie façon diva queen, c’est en partie grâce à cette drôle de drama que l’on doit le retour de la vague drag à Strasbourg. @noxima_marley

— S’affranchissant des codes du genre, la tante par alliance du clan Marley aime semer le trouble ! Aussi fluide qu’un élixir, son personnage se rapproche plutôt du mouvement queer, tout en puisant son inspiration dans le style bollywood. Barbe et moustache pailletées bicolores, turbans et précieux ornements, avec L-ïxyr on se sent transporté vers l’Orient. @l-ixyr

The Crazïness Bal Show, saison 2 Tous les derniers samedis du mois au Spyl Club 8, rue de Londres à Strasbourg


119

Bienvenue aux chasseurs de style

* Par rapport au dernier prix conseillé.

#AllAboutMe = #ToutPourMoi

#AllAboutMe

1

2

3

4

PLUS DE 100 GRANDES MARQUES À PRIX RÉDUITS* TOUTE L’ANNÉE

À 30 MINUTES DE STRASBOURG LUNDI - SAMEDI : 10:00 - 19:00 NAVETTE GRATUITE DEPUIS STRASBOURG MODALITÉS SUR WWW.THESTYLEOUTLETS.FR


120

Par Myriam Commot-Delon

ct

u.

Le Style

L’a

Telex Pop Up Pour chiner des classiques, on file au Pop up vintage Maison Claude (le stand aux fripes bien sourcées de la place des Tripiers, c’est eux), installé jusqu’au 31 octobre à la galerie associative L’Écrin de la rue Sainte-Madeleine.

Visuel : Samsøe & Samsøe

Beauté La marque française de cosmétiques maison Aroma Zone vient de déployer ses ailes au sous-sol du Printemps. Senteurs, diffuseurs, ingrédients, matériel de fabrication : tout y est réuni pour devenir complétement AZA* (Aroma-Zone addicts*) !

Opening

Curieuse C’est sans appel, la rupture est consommée : le concept store Curieux? s’est séparé des filles. Concrètement, les garçons ont gardé le loft pour eux et les curieuses viennent de s’installer dans un joli nid sur le quai des Bateliers… mais rien ne les empêchera de se rendre visite mutuellement ! Cette nouvelle boutique Curieuse augure de chouettes virées shopping entre copines, de craquages déco, d’une razzia sur le (beau) linge La Cerise sur le Gâteau, d’une

collectionnite aigüe de Veja et de bras chargés des chics basiques du label scandinave Samsøe & Samsøe (photo). Et une bonne nouvelle n’arrivant jamais toute seule, Maison Labiche et ses drôles de mots brodés est de retour avec une sélection du tonnerre. Boutique Curieuse 11, quai des Bateliers 09 50 09 42 59

Ouverture L’appel du Sud souffle à Strasbourg depuis l’arrivée de Sessùn au 12, rue des Juifs ; ça tombe bien, on raffole de son allure cool et cosmopolite. Solidarité À offrir à sa meilleure amie, sa mère, sa sœur, sa fille : la Birchbox Édition Limitée Octobre Rose pour lutter contre le cancer du sein (100% des bénéfices seront reversés à l'association). Une collaboration avec Marie Sixtine qui a glissé dedans un chouchou foulard trop mignon - 36,50€ sur birchbox.fr


Ipsae 35, quai des Bateliers Strasbourg 03 88 52 13 55

Prêt à porter Féminin Écharpes · Maroquinerie 90, Grand’Rue • 67000 Strasbourg 03 88 22 13 40


122

Par Myriam Commot-Delon

Photo : Henri Vogt

L’a

ct

u.

Le Style

Des Petits Hauts

Lifting

Opening

Meschenmoser Roppenheim The Style Outlets Rien que pour vos beaux yeux, Meschenmoser a vampé sa déco d’un nouvel esprit cosy, plus chaleureux et réconfortant. Le vaste showroom s’est nimbé d’une atmosphère solaire et de bois blond, avec, en son centre, une verrière atelier pour le montage des verres et autres gestes artisanaux. Un lifting réussi pour un jeune magasin de plus de 140 ans, qui possède désormais un nouvel écrin où faire cohabiter sa sélection lunettière chicissime de labels cosmopolites tels que Mykita, Celine, Oliver Peoples, Andy Wolf, Tom Ford ou Lindberg...

Le temps du teint hâlé commence à se dissoudre. Le souvenir des vacances aussi mais l’ouverture de The Cosmetics Company Store à Roppenheim va vous aider à prolonger le glow. Son cortège de marques de beauté pour homme et femme comme MAC, Bobbi Brown ou Clinique est certainement la meilleure des thérapies pour lutter contre le blues de fin d’été. Autre douceur de rentrée : l’arrivée du cocon féminin, DIY et enchanté Des Petits Hauts (photo). roppenheim.thestyleoutlets.fr

37, rue du Vieux-Marché-aux-Vins www.meschenmoser-opticien.fr


Du studio à l’event Preview et son grand loft industriel de 350m2 dédié à l’image, s’ouvrent à l’événementiel (séminaires, réunions, formations et conférences, repas d’affaires, etc.)

28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen 03 90 20 59 59 contact@preview.fr www.preview.fr

Contact réservations 06 08 08 53 92 event@preview.fr


La vie est une expérience perpétuelle. La vie, elle est faite de ressacs, elle est faite de replis, elle est faite de prises de risque. Elle est faite de moments dans lesquels vous allez vous mettre en danger parce qu’il le faut. Il faut juste vivre. ——— La Table. Pierre Gagnaire, chef triplement étoilé, extrait d’un portrait vidéo réalisé par le magazine Welcome to the Jungle

125


126


5200 espèces de champignons prospèrent dans les bois alsaciens… D’autres, cultivés en intérieur (le pleurote et le shiitake), peuplent les marchés de la ville à côté de leurs confrères. Petite leçon de champignons.

127

La Table—Le produit

Par Cécile Becker / Photo Alexis Delon/Preview / Stylisme Myriam Commot-Delon

Les champignons

Pour comprendre, il faut jeter un œil à la bible du mycophile alsacien : Les Champignons des forêts d’Alsace de la Société mycologique de Strasbourg (disponible sur le Web). Qui prévient : « Au sein de paysages bouleversés, défigurés, ne subsistent aujourd’hui que de pâles reflets de la puissante sylve rhénane de jadis. » Derrière les envolées romantiques, le texte jette une belle introduction au cueilleur du dimanche, qui, un minimum avisé, peut faire le bonheur de son omelette. À chaque écosystème ses sols, ses végétaux et ses types de champignons. À savoir Personne ne vous livrera ici ses coins à champignons. Un Bisontin s’y est essayé il y a trois ans en proposant une carte collaborative, et s’est vu recevoir une pluie de menaces. En revanche, quelques conseils : ne jamais cueillir une espèce inconnue, arracher délicatement plutôt que couper (même si le débat continue de faire rage) pour permettre un renouvèlement des espèces, et se tenir prêt dès le mois d’avril. Cet automne, les cèpes reviennent, on compte aussi sur la trompette de la mort et le bolet. Au restaurant Les Canailles, le chef Joël Margotton précise : « Préférez-les bien fermes et brillants. » En ce moment, il travaille « à fond la girolle. En risotto, pour accompagner un bar, ou même pour en faire des croûtes à déposer sur un poisson. »

Les flemmards vont au marché Rien de mal à ça. Surtout qu’Ello Champi est présent tout au long de la semaine sur différents marchés strasbourgeois (voir leur page Facebook). En plus de champignons sauvages récoltés par La Forestière du Champignon en Lorraine et de champignons de Paris produits à Colmar, ils proposent des pleurotes (photo) et des shiitakes produits depuis 1988 dans leur ferme. Et une flopée de délicieux steaks végétaux, tourtes, galettes, quiches. Notre préféré : le sel aux cèpes. Pour les encore plus flemmards, on retrouve Champichoux à La Nouvelle Douane : on adore le nom de la marque productrice de pleurotes et de shiitakes autant que sa tourte à la pleurote grise. Made in chez nous Vincent Lang d’Ello Champi explique : « Pour avoir de bons pleurotes et shiitakes, la base c’est un substrat de bonne qualité, qui, chez nous, vient de Bretagne. Mon frère le réceptionne tous les 15 jours et le dispatche dans les 4 salles de culture. Après, il va jouer sur le taux d’humidité, l’air et la température. La pression atmosphérique a un rôle également. Il veille jusqu’à ce que les champignons soient mûrs et beaux. » 10 jours en moyenne.

Qu’est-ce qu’on mange ? Au plus simple. Rien de telle qu’une bonne poêlée ou omelette aux champignons. L’excellente recette de Yotam Ottolenghi : jetez les champignons de votre choix (pour nous, ce sera pleurotes, girolles et enoki) dans une huile d’olive déjà frétillante de thym, ail écrasé, coriandre, 1 ou 2 bâton(s) de cannelle, sel et poivre. 3-4 minutes. Arrosez de jus de citron. Et voilà. www.ellochampi.com www.champichoux.fr


La Table—Les nouveaux lieux

Pour de bon Passion fromage Après un cursus en arts appliqués à Strasbourg, Camille Dorsemans travaille deux ans à Paris dans le domaine du design innovant. Lassée par une vie devenue routinière et éreintante, elle prend ses cliques et ses claques et part pour l’Australie. Là-bas, puisqu’elle est Française, on présume qu’elle sait faire du fromage (ah, les clichés…) ; elle se voit proposer une brouette de jobs sur les marchés, dans des fermes, fromageries ou restaurants. Un an plus tard, elle rebrousse chemin et se forme à Paris, chez le très chic maître-fromager Laurent Dubois. Vivre vite Rentrée en décembre 2018 à Strasbourg, Camille découvre les fermes du coin en travaillant en woofing et tombe sur cette échoppe tout en longueur. « J’ai eu le

Photo Christophe Urbain

déclic. Je n’avais pas l’intention d’ouvrir quoi que ce soit mais la découverte de l’espace a tout enclenché. » Une signature en février, des travaux en avril, son restaurant-fromagerie ouvre en juillet. Fabriquer, préparer, servir Les lundis et mardis dès 7h30, elle « met ses habits de lumière » et prépare ses fromages frais à base de lait de chèvre et de vache derrière sa petite vitrine-labo ultra clean (désinfectée avant et après la préparation). Elle fait le marché, prépare ses assiettes (entre 4 et 5 entrées/plats/desserts le midi et le soir), sert, nettoie… et recommence. C’est quoi cette bouteille de lait ? Le lait de chèvre provient de la Ferme du

19, quai des Pêcheurs 03 88 38 41 55 Facebook : Pour de Bon Strasbourg

128

Landgraben à Bischwiller, le lait de vache de la Ferme Saint-Ulrich à Durningen – tous deux livrés en direct. Les fromages frais, les yaourts, crèmes de chèvre et fromages fondus sont fabriqués et affinés sur place, à base de lait cru. La présure est végétale, le fromage est donc casher. À la carte Des soupes, des gaufres salées, des gratins, des tartelettes gourmandes, le « fameux » brownie façon cheesecake, des planchettes évidemment… Un super brunch qui change tous les dimanches. Des vins bios. Tous les produits sont locaux et de qualité (du moindre croûton jusqu’au chocolat et aux amandes) et préparés sur place. Pour l’automne-hiver, bonne nouvelle : une raclette chauffée à la bougie. (C.B.)


7, rue des Bouchers 03 88 83 32 34 www.aliomis.com

2, quai Finkwiller 03 90 40 37 16 honesty-restaurant-strasbourg.com

C’est quoi ? Une épicerie fine de délices grecs. Si ses initiateurs n’ont rien d’hellène, Vincent, Charline et Baptiste, amoureux du terroir, sourcent les producteurs cinq à six fois l’an. Olives et huiles, herbes à infuser, épicerie sucrée (miels, confitures, biscuits et chocolats) et salée (tapenade d’olives noires au miel de thym, mmh !...), vins et, bien sûr, spiritueux, avec du vrac pour les légumineuses et les oléagineux. Un microrayon frais accueille feta et tarama.

C’est qui ? Deux filles. Leur parcours – lycée hôtelier, chapelet d’étoilés – atteste qu’elles ont du métier. Chloé côté salle et pâtisserie, Tiffany aux fourneaux. Même pas 30 ans et déjà un bel allant. « Une première fois est toujours difficile », tranche Tiffany, la maturité comme une cerise. « C’est un métier passion, ajoute Chloé. Notre objectif ? Que le client reparte content. »

Aliomis

Aliomis, ça veut dire quoi ? Ben rien, mais ça sonne bien ! Et le logo – une tête de femme surmontée d’une grenade (le fruit) et d’une bouteille d’huile d’olive – est l’œuvre d’un designer du pays. Coups de cœur Le miel de renouée des oiseaux, bien sûr. Sauf que le vinaigre à la bergamote, aussi parfumé qu’un balsamique en moins sucré, c’est top aussi. Attendez ! On prend plutôt le chocolat aux pistaches. Non ! Les éponges de mer de Kalymnos… Allez, c’est décidé, on opte pour cette huile monovariétale de Thrace aux arômes verts et puissants. Un summum. À déguster avec du pain. Ou à la petite cuillère ! (J.M.)

Honesty — Photo Henri Vogt

129

Honesty

Les lieux L’habitué d’Esprit Terroir, où Joël Philipps décrocha naguère l’étoile, reconnaîtra… le parquet. Tout le reste a changé. On gravit les marches, enveloppé par la musique apaisante et l’atmosphère feutrée. Bois clair, tissus épais. Les murs chaulés sont rehaussés ici d’une tapisserie, là de bardeaux, comme des écailles douces au toucher. La cuisine Chloé et Tiffany se défendent de faire une cuisine gastronomique. Préfèrent dire moderne. Et de saison. Graphique, mais sans épate. Elles savent manier la couleur, les superpositions, autant que les textures, les saveurs. Avec l’envie de redonner le sourire aux produits délaissés, comme la raie ou l’onglet. Même la formule est bien pensée : 3 ou 5 plats à piocher selon qu’il soit midi ou soir. Des vins au verre qui balayent toute hésitation. (J.M.)

Rhétorique Raffinée Des plats bistronomiques à Strasbourg

Le Banquet des Sophistes 5 rue d’Austertliz 67000 Strasbourg

03.88.68.59.67

www.le-banquet.com


Depuis quelques mois, Clarisse Fieurgant, compagne et partenaire de Gaëtan Roussel, organise ses soirées Toque-Toque à Paris : artistes et chefs s’associent pour un dîner unique. L’envie de partager ces moments à plus large échelle les a amenés au Colbert à Strasbourg. Par Cécile Becker / Photos Christophe Urbain

130

La Table—Le reportage

Des soirées parisiennes*

Tout se passe sur les réseaux sociaux. La page Instagram de Clarisse Fieurgant est devenue l’endroit où les gastronomes branchés s’échangent le bon plan : Jonathan Lambert, Rachida Brakni et Fred Testot sont, depuis ce printemps, passés par la cuisine du restaurant Le Niçois à Paris et devenus les hôtes d’une soirée. Les convives profitent d’un menu élaboré à partir des recettes de Clarisse Fieurgant – l’artiste invité apportant ses envies et sa touche –, préparé et twisté par le chef qui accueille. Pendant le dîner, l’artiste circule, discute et trinque ; bref, une manière plus humaine d’échanger avec son public. Logiquement inaugurées par Gaëtan Roussel à Paris – l’amoureux étant celui qui a poussé sa compagne à poster ses photos de plats sur Instagram –, les soirées Toque-Toque sont sur le point d’entamer un tour de France ouvert à Strasbourg, au Colbert, le restaurant de Stéphanie et Romain Creutzmeyer, où elles s’installeront dorénavant une fois par mois. Pour cette première, Gaëtan Roussel a proposé d’imaginer un menu autour de la poire. Menu réinterprété par

Romain Creutzmeyer qui, lui, voit dans ces soirées l’occasion de sortir de sa routine et de confronter sa vision de la cuisine à celle d’un artiste. « Je conçois l’échange avec le chef comme un ping-pong, confirme Gaëtan Roussel. On avait proposé des ravioles à la chair de crabe, Romain a apporté le homard ; on avait proposé le parmentier de canard, il a apporté un peu de jarret pour que le tout tienne. On réfléchit ensemble et chacun trouve ensuite sa place. Pour moi, ce qui fait la richesse de ces soirées, c’est vraiment la rencontre : entre la musique et la cuisine, avec le chef, avec les convives. » Ce soir-là, forcément, Le Colbert est complet (les places ont été réservées en 4 minutes). Après avoir goûté et dressé quelques mises en bouche ensemble, Romain Creutzmeyer se concentre en cuisine quand Gaëtan Roussel prépare son plus beau sourire sous l’œil diligent de Clarisse Fieurgant… Prochaine soirée Toque-Toque, le 17 octobre au Colbert avec Olivia Ruiz 127, route de Mittelhausbergen restaurant-colbert.com

La compo Fieurgant Roussel Creutzmeyer Entrée Bisque et ravioles de homard au safran, perles de poire Plat Canard fermier en effiloché et son parmentier, condiment poire, jeunes pousses Dessert Poire confite en clafoutis, glace au levain *comme dans la chanson de Louise Attaque


131

Clarisse Fieurgant et Gaëtan Roussel / en bas à droite Romain Creutzmeyer

Un artiste en cuisine ? Et pourquoi pas un cuistot aux platines ? On inverse les rôles le temps d’une playlist gastronomique/musicale. Clarisse Fieurgant & Gaëtan Roussel Votre dernière découverte culinaire ? C.F.    La mélisse, que je n’avais jamais mangée dans sa version plante herbacée et que j’ai découverte telle quelle dans la cuisine de Romain. G.R.    Aujourd’hui, on fait des glaces avec tout et n’importe quoi ; j’ai découvert que la glace à la moutarde marchait très bien. Un plat réconfortant ? C.F.    Une blanquette de veau aux girolles. G.R.    Un petit salé aux lentilles. Un aliment que vous détestez ? C.F.    La viande rouge. Le goût de sang me rebute. Pour moi, une côte de bœuf, c’est Game of Thrones : très moyenâgeux. G.R.    L’andouillette. Rien que l’odeur…


La Table—Le reportage

132

Un plat du dimanche soir à cuisiner rapidement ? C.F.   Une soupe japonaise avec beaucoup d’herbes aromatiques. En général, le dimanche, nous préparons un plat “vide-frigo”. G.R.    Une pizza avec la recette de la pâte de François-Régis Gaudry, qu’on peut congeler pour aller plus vite. Faire sa pizza soi-même, c’est quand même très gratifiant. Un plat alsacien que vous avez pu tester ? C.F.    La choucroute en croûte lorsque je suis venue à Strasbourg, il y a quelques années. G.R.    Je ne savais pas que la tarte flambée pouvait aussi se déguster en dessert. Divin.

Romain Creutzmeyer Quels souvenirs de Gaëtan Roussel  ? C’est plutôt ma grande sœur qui écoutait, et, par la force des choses, moi aussi. Gaëtan Roussel, Louise Attaque, Tryo… Une époque où ça fumait fort [rires] ! Qu’écoute-t-on en cuisine ? Le matin, la radio. Mais aussi Booba à fond. Ses punchlines nous font beaucoup rire. Sinon de la musique classique pour rester concentrés. Qu’écoute-t-on en fin de service ? Du Claude François, pour nettoyer. Et pour lâcher la pression ? Les Lacs du Connemara de Michel Sardou : tout le monde chante. Le dernier concert ? Je n’ai jamais vu de concert de toute ma vie. Ou si, sans doute quand j’étais petit, Chantal Goya avec mes parents. Comme je travaille le soir et le week-end, c’est assez difficile de trouver le temps. Je n’en ai jamais vraiment eu l’occasion.


L A PARISIENNE

La Parisienne - Brasserie 17, quai Kléber | Strasbourg

À 40 MIN. DE STRASBOURG ET COLMAR

7 RUE DU FOSSE DES TREIZE 67000 STRASBOURG

06 51 15 04 93 Engagés pour la terre et les hommes, créateurs et dénicheurs de thés d’exception, Les Jardins de Gaïa, maison de thé alsacienne, propose le meilleur du thé bio et équitable en France ! Découvrez un lieu unique, entouré de jardins zen et offrez-vous le temps du thé… MAR.-SAM. 10H-12H / 13H-18H

6, RUE DE L’ÉCLUSE 67820 WITTISHEIM

Cuisine française traditionnelle Une recette de grand-mère Frites fait maison www.leverdict.fr


À quelques pas de la Cathédrale ou du parc du Contades, le café et la pâtisserie Stein sont deux adresses adorées des Strasbourgeois. On aime leurs incroyables éclairs – mais pas que. La base ? Une pâte à choux, ici adaptée pour les non-experts, qui peut être accommodée à l’envi. L’inimitable patron, Jean-Marie Steinmetz, nous livre sa recette… Stylisme Anaïs Inizan / Photo Henri Vogt

La Table—La recette

134

La pâte à choux

Le bonus La recette ultime de crème pâtissière « facile à faire »

Préparation | 10 min Cuisson | 15 min + 30 min • 25 cl d’eau • 125g de beurre • 10g de sucre • 5g de sel • 200g de farine • 5 œufs pour la recette de la pâte • 1 œuf pour dorer les choux

Préparation Préchauffez le four à 200°C. Dans une casserole, faire bouillir l’eau, le beurre, le sel et le sucre. Une fois le mélange bouilli, éteindre le feu et ajouter la farine. Bien mélanger avec une spatule jusqu’à ce qu’une boule se forme. Dessécher la pâte à feu doux pendant 1 à 2 min, jusqu’à ce qu’une petite croûte blanche se forme au fond de la casserole. Retirer la pâte et la transférer dans un cul de poule. Ajouter les œufs un par un, en prenant soin de bien mélanger avec la spatule. La pâte doit être bien souple.

Dresser la pâte en fonction de ce que vous voulez en faire : avec une cuillère à soupe pour des quenelles ou à l’aide d’une poche à douille.

• 25 cl de lait • 40g de sucre • 1 œuf • 25g de Maïzena • 25g de beurre • ½ gousse de vanille

Battre un œuf et, à l’aide d’un pinceau, dorer les futurs choux. Tracer un petit quadrillage sur chaque chou à l’aide d’une fourchette, il se développera mieux à la cuisson.

Faire bouillir le lait avec 20g de sucre, le beurre et la vanille.

Pour faire des chouquettes, c’est le moment de saupoudrer vos choux de cristaux de sucre.

Verser le lait et mélanger à l’aide d’un fouet. Mettre au frais pendant 2h.

Enfourner les choux pendant 15 min environ, selon la couleur souhaitée. Ne pas ouvrir la porte du four ! Pour des chouquettes, baisser le thermostat à 175°C et laisser sécher 15 min supplémentaires. Laisser refroidir. Creuser un trou en-dessous des choux pour pouvoir les garnir.

Blanchir le jaune d’œuf en le mélangeant avec les 20g de sucre restant. Y incorporer la Maïzena.

« Puis, petit conseil : rajouter 100g de crème fouettée », précise JeanMarie Steinmetz. Gourmand le patron ?

Pourquoi cette recette ?

« Parce que les enfants adorent ! On en voit beaucoup au Café qui nous demandent des chouquettes. Et parce qu’on peut faire tout ce qu’on veut avec cette base. J’ai fait mes devoirs avant de vous la proposer et il y a une chose très importante, c’est cette histoire de croûte blanche qui se forme dans la casserole lorsqu’on dessèche la pâte. C’est le secret pour bien la réussir. Je vous vois venir : pas de panique, vous récupérerez votre casserole en la faisant tremper ! »

Le petit truc de Zut

Vous êtes plutôt salé ? Retirez le sucre des ingrédients et fourrez vos choux avec une compotée de légumes de saison pour accompagner vos plats. Pour l’apéro, on peut choisir de garnir les choux d’une crème de truite fumée bien texturée et bien assaisonnée ou faire des gougères (avec du comté, c’est meilleur) en ajoutant à la pâte, après avoir bien incorporé les œufs, le fromage râpé, un peu de noix de muscade, du sel et du poivre. Café Stein 29, rue du Vieux-Marchéaux-Poissons Pâtisserie Stein 55, boulevard Clemenceau www.steinstrasbourg.fr


135


Régis et Magali Gutapfel ont ouvert Perles de Saveurs en 2012. Niché dans la petite et si jolie cour de Rathsamhausen, ce restaurant gastronomique donne au rythme trépidant de la Petite France son moment de paix intime et paisible. Portrait de Régis Gutapfel, aux manettes côté cuisine. Par Valérie Bisson / Photo Pascal Bastien La Table—Le portrait

Les saisons et les jours

136


Perles de Saveurs, c’est une histoire de famille et de choses bien faites. Régis Gutapfel, c’est une cuisine ancrée dans les saveurs du terroir, embellie par une curiosité des bouts du monde – pas étrangère à son parcours. L’histoire commence simplement. Bon élève et enfant de la campagne haguenovienne, il grandit entre le jardin familial et les confitures faites maison de sa mère et de sa grand-mère. Se déploie alors une véritable attirance pour la table mais aussi pour le produit que l’on cultive, que l’on récolte et que l’on transforme pour passer l’hiver. Comme tout collégien, Régis doit faire son stage d’observation en entreprise. Ce stage le conduira chez un boucher-charcutier, qui est aussi traiteur et a l’avantage d’avoir une cuisine. Le geste est précis, l’ado est attentif, il se passe quelque chose. Très vite, Régis se retrouve à L’Auberge du Cheval Blanc à Lembach où il apprend passion et rigueur. « J’en ai pris plein la tête car j’ai très vite été intégré à l’équipe. » Logique d’un brillant parcours, il poursuit en brevet professionnel et son art culinaire se déploie au fil des mois en Suisse et en Forêt noire. C’est à peine âgé de 17 ans qu’il part faire une saison estivale en Corse dans le cadre idyllique du village d’Algajola. Ses patrons sont Alsaciens, ils ont le sens du travail bien fait, le chemin se dessine… Saison d’hiver oblige, c’est à Val d’Isère que se poursuit l’expérience. Avec l’audace de ses 20 ans, Régis postule chez Alain Ducasse à New York. Bingo ! Il obtient la place et se forme auprès d’un chef qu’il qualifie de visionnaire. Dans la ville de tous les possibles, il développe son aptitude à s’adapter ; il est aux poissons, aux sauces, à la pâtisserie… mais au bout d’une année, le heimweh (mal du pays) se fait sentir et Régis rentre en Alsace. Étoiles plein les yeux, il se parfait auprès du chef Armand Roth, étoilé au Michelin, qui vient alors de quitter L’Auberge du Kochersberg à Landersheim et s’occupe du Stern Stuwele à Strasbourg. Le passage chez le chef Roth marque sa carrière d’une discipline de fer : 7 années de bonheur mais aussi d’un travail de chaque instant. « Le chef était présent de 7h à minuit, il ne nous lâchait pas du regard, il attendait que notre geste soit parfait pour nous dire que c’était bien. » Régis apprend à poser un ordre, à briller aussi bien comme artisan que comme technicien. Le restaurant ferme et, fort de la complémentarité de ses expériences, il intègre le Parlement Européen ; il y apprend la gestion rigoureuse

des 5 à 600 couverts quotidiens, à faire une cuisine de self avec 80% de produits frais et à gérer, pendant les sessions, une équipe de plus de 200 personnes, de tous âges, tous horizons, sur un terrain de jeu de 1 000 m2. Au fil du temps, Régis s’essouffle, l’étincelle disparaît, il passe plus de temps au bureau qu’en cuisine et les aléas de la vie le contraignent à faire un break. Plus tard, ce sera encore un passage au Rive Gauche et surtout au Petit Ours qui feront la différence. Là, Régis et Magali Karl travaillent en binôme et en synergie, et Magali devient sa femme et associée. Avec 30 ans de métier et l’envie de bien faire, ils jettent leur dévolu sur un endroit atypique au cœur de la Petite France, dans une rue de gourmets qui cache une cour pavée classée aux monuments historiques. Portés par la confiance et leur savoirfaire, l’expérience et l’amour du métier, ils ouvrent Perles de Saveurs en juin 2012. Une mezzanine, une trentaine de places, les toiles d’une amie peintre au mur, le lieu leur ressemble, chaleureux et atypique. L’enseigne arrive, les fleurs aussi, le coup de pouce d’une journaliste locale séduite par son expérience culinaire va faire basculer leur destin. Le téléphone sonne et le restaurant ne désemplit pas pendant 4 mois ; l’affaire se met en route. Aujourd’hui, avec le sentiment d’être sur la bonne voie, Régis et Magali travaillent à la création exigeante d’une nouvelle carte mensuelle, ne laissant rien au hasard : recherche sur les vins, les céréales, les fleurs et les produits, forcément de saison. Plus méditerranée l’été, plus locale le reste de l’année, on suit le rythme des récoltes, les clients sont touchés, fidèles, charmés. Avec une petite équipe et peu de turn over, Perles de Saveurs s’inscrit désormais dans une belle continuité. Et pour cette saison automnale, Régis et Magali déclineront leur savoir-faire autour de potirons confits, de foie gras au raisin, de morilles, et de tout ce qu’un terroir chéri peut produire de particulier. Perles de Saveurs 9, rue des Dentelles 03 88 22 19 81 www.perlesdesaveurs.fr

137

Bocau pou l conserv, l cuisin, les veines, l pêt à mange, l tak away... .mc-europ.f


Vous n’en avez jamais entendu parler ? Cela ne devrait plus tarder. Mais avant d’y tremper vos couverts (ou vos baguettes), encore faudrait-il s’entendre sur l’origine et le contenu du plat. Le Shanghaïen Tianjia Shen, du restaurant Mailuk, nous livre sa version. Par JiBé Mathieu / Photo Jésus S. Baptista La Table—La tendance

138

Le poke bowl

Un truc qui vient des îles Même Tianjia le concède, avant d’enflammer la toile et se répandre en Occident, le poke (prononcez « Pokai ») est originaire d’Hawaï. Un plat traditionnel composé de poisson cru (saumon, thon) taillé en dés, déposé sur une base de riz vinaigré agrémentée d’ingrédients variés : algues, noix de macadamia, fruits et légumes (avocat, concombre, mangue, etc.) C’est beau et coloré. Plutôt efficace pour garder la ligne sur une planche de surf. Mais bon, ça c’était avant… Adopté par le Japon et les États-Unis, le poke bowl déborde désormais d’inventivité sur Instagram et prend une tournure plus asiatique. On y adjoint notamment des

sauces teriyaki (marinade à base de soja et de sucre), voire sriracha (sauce piquante thaïlandaise). Pour Tianjia, à l’opposé de sa version Pacifique, ce plat également très répandu en Chine se présente sur une base de riz nature (pas vinaigré). « Chez Mailuk, l’idée était de concentrer toutes les saveurs de l’Asie sur un même plateau. » D’ailleurs, à la maison, Tianjia le reconnaît, les ingrédients du poke se servent séparément, à la manière des mezze. Alors, cuisine healthy ? Cette antienne bien ancrée est liée aux origines : poisson cru et avocat sources de (bon) gras et d’oméga 3, légumes et fruits frais apportant les fibres. Également peu calorique et équilibré, le plat se décline

chez Mailuk en six à sept versions qui évoluent au fil des mois. Avec même une version vegan, à base de tofu grillé. Mais ici, pas de poisson cru. Du bœuf (mijoté) persillé aux oignons ou des crevettes panées, enrichis d’edamame (fèves de soja), d’avocat, d’algues, de légumes du moment, de gingembre et de sésame blanc. Le bowl est aussi accompagné d’une soupe miso. À déguster avec un bubble tea maison aux perles de tapioca. Sous l’œil du cerf royal – le Mailuk, en chinois – qui orne partout les murs. Mailuk 6, rue Kuhn 09 51 08 02 62


P ains de toutes les délices E

ntrez au 14 rue des Dentelles au cœur de la Petite France, vous y ferez un délicieux voyage parfumé d’arômes d’épices, de miel, d’agrumes, de beurre fondu... L’abondance des créations de pain d’épices régalera vos papilles pour accompagner aussi bien les délices d’un goûter ou les plaisirs d’un repas de fête ! Chez Mireille Oster, le pain d’épices est un art de vivre alliant raffinement et générosité des saveurs.

14, rue des Dentelles 67000 Strasbourg Tél. 03 88 32 33 34 www.mireille-oster.com Photo : © Christophe Urbain


Cuisson, conservation ou présentation… ces dernières années, les bocaux ont conquis la planète food. Un retour en force raconté par l’entreprise strasbourgeoise qui alimente toute l’Europe en bocaux Weck, sans doute la marque la plus emblématique. Par Corinne Maix La Table—L’objet

140

Bien conservés

MCM Emballages, c’est une PME familiale portée par 3 femmes : Marie, la mère, et ses deux filles, Cyrille et Morgane. Leurs trois initiales donnent le nom à l’entreprise. Elle naît il y a un peu plus de 10 ans avec une envie forte : proposer des produits de qualité, accessibles et écoresponsables. Coup de chance, le fabricant allemand de bocaux lui fait vite confiance et l’intronise distributeur officiel de ses verrines au look inimitable. « C’était un vrai défi de tenter de détrôner l’hégémonie des bocaux Le Parfait, que l’on trouve dans presque toutes les familles françaises », se rappelle Cyrille Balaa. « L’idée, c’était d’offrir à des artisans de bouche des packagings originaux pour se démarquer, et tout l’appui technique nécessaire pour se lancer dans la conserverie. » La mayonnaise prend. Il faut dire que l’époque est au retour du fait maison et à une envie de consommer responsable, à tout ce que représente le bocal en verre, à la fois vintage et écolo. En témoignent toutes ces adresses gourmandes de Strasbourg qui ne jurent que par ces verres très déco – Fleck, Surtout, Le Panier Potager, les pâtisseries Naegel et Gillmann... – pour nous proposer des plats qu’on dévore d’abord des yeux. « Artisans, restaurateurs, hôtellerie, catering, épiceries en vrac qui veulent proposer de jolis contenants à leur clientèle... nos clients et nos réseaux de revendeurs sont de taille et de secteurs très divers, explique Morgane. On s’inscrit dans la mouvance de ces gens qui ont envie de bien faire les choses et de donner une belle image à leurs produits. D’ailleurs, depuis 5 ou 6 ans, on est pas mal sollicités par des petits créateurs, en reconversion professionnelle, qui se lancent dans l’aventure de la conserverie pour vivre autrement, plus en rythme avec les produits de saison. »

Fous de bocaux Quelques grands noms de la gastronomie ont aussi contribué à la conquête des belles tables par les bocaux Weck. La bande à Boco et ses chefs étoilés lancent l’idée de proposer des petits plats gourmands, pour tous les jours, servis dans les bocaux Weck. Faciles à transporter et réchauffer. La cheffe Anne-Sophie Pic imagine des recettes créatives, délicatement présentées dans ces verrines, pour sublimer le quotidien. Le pâtissier Christophe Michalak entre dans la danse avec ses petits déjeuners et ses desserts en bocaux. Dans les TGV, les lunchbox de première classe décollent à grande vitesse, servies dans les bocaux Weck. En Italie, paradis des choses savoureuses et simples, le bocal s’invente aussi mode de cuisson. « Vasocottura » – cuit dans le bocal – devient un livre de cuisine imaginé avec le célèbre chef italien Cristian Mometti. Et il est aujourd’hui fréquent d’y trouver le célèbre panettone, cuit en bocal pour 2/3 personnes avec un moelleux inimitable. Pour MCM Emballages, la marque représente une part essentielle de son chiffre d’affaires et suppose une présence sur tous les grands salons du food. Fabriqués en verre, avec des rondelles en véritable caoutchouc et de petits clips en inox réutilisables à l’infini, les bocaux Weck réunissent tous les ingrédients d’un produit vertueux. Dernière innovation : une coiffe en PET 100% recyclable, qui simplifie encore le passage au micro-ondes et allège le poids du bocal.

Mangez bocal ! « Ce pesto sur les spaghettis ? Cette terrine aux noisettes ? Cette purée pour bébé ? C’est moi qui l’ai fait ! » Les particuliers ne s’y sont pas trompés et reviennent aussi à la conserve, pour ses vertus économiques, écologiques et saines. Quel meilleur remède à la mélancolie de l’été que de mettre en bocal les fruits et légumes gorgés de soleil, pour les manger au plus froid de l’hiver ? «Il y a un vrai engouement pour les conserves maison et ça dépasse largement le champ des confitures. Foies gras maison, sauces tomate, soupes, fruits au sirop, petits pots pour bébé… les recettes sont nombreuses et simples, à condition de respecter quelques principes de base », expliquent les sœurs. Le showroom distille d’ailleurs des conseils pour devenir un as de la conservation. En cas de panne d’inspiration, blogs, Instagram et Pinterest livrent des recettes et des idées de présentation assez bluffantes. Les jeunes entrepreneuses l’ont bien compris et multiplient les partenariats avec les bloggeuses. Quand les influenceuses s’emparent d’un produit, c’est bien qu’on est au sommet de la hype. MCM Emballages 12, rue Forlen à Geispolsheim www.mcm-europe.fr


Photo : DR

141


Depuis le mois de janvier, Sikle collecte les déchets organiques générés par les professionnels de l’alimentation et les transforme en compost. Cet été, La Corde à Linge a adhéré au concept. La Table—La collab’

142

Par Cécile Becker / Photo Jésus S. Baptista

Re-cycling

À 11h, Lou et Henri viennent d’arriver à La Corde à Linge. Ce jour-là, ils collecteront 14 kg de déchets, qu’ils déposeront sur les sites de compostage après 6h de tournée. Leur remorque peut transporter 230 kg.

Sikle, c’est quoi ? « L’idée part du constat que l’élimination des déchets organiques professionnels par incinération est très gourmande en énergie – notamment à cause des transports – et engendre des pollutions, explique Joakim Couchoud, le responsable. On a eu envie de créer un autre modèle, avoir un impact environnemental positif en mêlant vélo et valorisation des déchets. Au final, nous souhaitons être acteurs de la ville de demain. » Le projet est pour le moment porté par l’association Bretz’selle et d’ici à deux ans se transformera en SCIC « pour que Sikle devienne une démarche collective et implique toutes les parties prenantes : la collectivité, les restaurateurs, nous et les citoyens ». Les demandes de professionnels affluent mais Sikle ne peut pour le moment pas augmenter sa capacité de compostage.

On tour La collecte se fait à vélo (deux remorques à assistance électrique et 3 vélos) une à quatre (voire 5) fois par semaine dans les 16 restaurants qui ont pour l’instant adhéré. Les salariés de Sikle viennent récupérer les bacs de 50l pleins des déchets organiques, pèsent et, en échange, distribuent les bacs vides. Ils se rendent ensuite sur leurs deux sites de compostage, gérés l’un par la Maison du compost, l’autre par la Ville de Strasbourg. Ils chargent les bacs, mélangent, tamisent, extraient le compost qu’ils testent pour l’instant chez eux. L’idée étant à terme de distribuer ce compost aux pros comme aux particuliers, et de participer au jardinage urbain. Une tonne de déchets est traitée toutes les semaines. Côté resto La Corde à linge a débuté au mois de juillet. « On avait envie de s’inscrire dans une démarche plus responsable, explique Christophe Lemennais, directeur exécutif du groupe Diabolo Poivre. On ne peut plus faire comme si le réchauffement climatique n’existait pas, et comme si on n’y participait pas. L’objectif c’est, qu’à terme, tous les restaurants du groupe y participent. Et autant dire que si La Corde à Linge y arrive, tous les restaurants peuvent s’y mettre… Ce n’est vraiment pas si compliqué. » Avec entre 1000 et 1200 couverts en pleine période estivale et près de 300 kg de marchandises réceptionnés chaque jour, il y a en effet de quoi faire… 3 tonnes de déchets ont été traités rien qu’au mois d’août ! www.sikle.fr La Corde à Linge 2, place Benjamin Zix www.lacordealinge.com


Photo non contractuelle, suggestion de présentation

DE MIDI À MINUIT 69 GRAND’RUE STRASBOURG PETITE-FRANCE CALMOS-RESTAURANT.COM TÉL 03 67 680 330

PHOTO * PREVIEW *

- - - - - -

Chocolaterie Daniel Stoffel 50 route de Bitche HAGUENAU 03 88 63 95 91

Chocolaterie du Vignoble Route de Guémar RIBEAUVILLÉ 03 89 71 20 20

www.daniel-stoffel.fr


Cette saison, on file au salon Brut(es) à Mulhouse (une fois n’est pas coutume) se délecter en bonne compagnie, et on trempe ses lèvres dans les nouvelles références de la Cave du roi Dagobert. Par JiBé Mathieu La Table—Le vin

144

En nature…

Salon Brut(es) L’an passé, ils étaient 40. Quarante vignerons qui, sur deux jours, épaulés par une météo estivale et une armada de bénévoles motivés, avaient drainé 1 200 amateurs de vins nature, assoiffés de curiosité. Leur recette ? Un lieu de rêve, des flacons comme s’il en pleuvaient et la fête, partout, tout le temps. Pour cette deuxième édition du salon Brut(es), l’ambition est simple : faire la même chose. En mieux.

Salon Brut(es) 2018, photos Marc Guénard

Si le lieu de ce deuxième salon des vins nature sous-titré “D’Est et d’ailleurs” n’a pas changé, c’est tout simplement qu’il est parfait. Le rez-de-chaussée de Motoco à Mulhouse, un plateau industriel de 1 700 m2 aux vrais airs de Brooklyn Heights. Une bande de bénévoles toujours aussi survoltés – 43 cette année, pas une défection – des animations calibrées (cycle de conférences avec le journaliste Dominique Hutin, animateur


145

d’On va déguster ! sur France Inter, auteurs en dédicace en partenariat avec la librairie 47° Nord, projection de la minisérie Punkovino d’Arte…). Jean-François Hurth, secrétaire de l’association à l’origine de Brut(es), résume l’affaire en quelques mots : « On a essayé de réunir des gens qui ont une qualité de parole et des choses à dire sur le respect de la terre. » Et pour mettre tout ce beau monde au diapason, quel meilleur breuvage que le vin ? Cette année, ils seront donc 60 vignerons – une jauge que l’équipe de Brut(es) dit ne pas vouloir dépasser pour ne pas verser dans le gros machin, mais 60 quand même. Dont une douzaine d’Alsaciens, mais aussi des gars venus de toute la France et même de l’étranger, Allemagne, Autriche, Suisse… D’où ce zeste d’Est dans la baseline. « Des vignerons complètement engagés dans la démarche des vins nature… » Une goutte d’eau dans l’océan de la production mondiale. Mais qui fait des petits. D’année en année. Et qui désormais gagne la planète et rêve de changer le monde. « Notre envie, c’est que les gens découvrent le vin nature. Et s’ils aiment, ils pourront repartir le coffre plein ! » Pour que la fête soit complète, les offres de restauration sont à l’avenant : démonstration de café par Omnino, coopérateurs de Rhénamap qui feront goûter leurs produits, huîtres et tartes flambées, bières alsaciennes et thés fermentés… À la tête de Brut(es), une bande de copains. Pas un seul à l’œuvre dans le vin. Ils sont ostéopathe ou agriculteurs, chefs d’entreprise ou dans l’immobilier, jeunes ou vieux, presque à parité. Ce qui les unit, c’est la passion du vin nature. D’abord en tant qu’amateurs. Avec une franche envie de rigoler. « Ce qui nous intéresse, c’est de générer du rapport humain ! » Un bon début. Ça s’arrose ! Brut(es), salon de vins nature d’Est et d’ailleurs 2 + 3.11 | Motoco à Mulhouse www.brutes.fr

Cave du roi Dagobert

Pour aller plus loin

Nous sommes en 2017. La vendange est belle. Elle incite la Cave du roi Dagobert – précurseure en agriculture raisonnée mais aussi en bio, dont elle cultive une centaine d’hectares – à tenter un galop d’essai sur le Pinot gris en nature. « Le résultat nous a plu », raconte Christophe Botté, président de la cave depuis 2016. Rebelote l’année suivante. Sauf que 2018 sera celle du riesling et du gewurztraminer. En bouche, les vins se révèlent plutôt secs, comme souvent avec les blancs dits naturels. Le gewurztraminer surtout surprend. Lui que l’on associe d’ordinaire à un vin riche à boire à l’apéritif, avec du fromage ou du foie gras, est le plus déroutant de prime abord. Car si les arômes du grand cépage sont bien présents, le résultat bien plus vif que dans nos souvenirs, se marie aussi bien avec une assiette de charcuterie qu’avec la world food aromatique et épicée. Et ce nom, sur les bouteilles, d’où sort-t-il ? « Tout le monde connaît le lien du roi Dagobert avec ce qui est à l’envers », s’amuse Christophe Botté. « L’autre intérêt des vins natures, c’est que leurs consommateurs aiment bien casser les codes. Ils ne cherchent pas forcément à retrouver sur l’étiquette le château ou la maison alsacienne… Cela permet de se montrer plus créatif… »

Christelle Pineau, La Corne de vache et le Microscope. Le vin « nature » entre sciences, croyances et radicalités, La Découverte, 2019 L’anthropologue part à la rencontre de vignerons pour comprendre leurs motivations et leurs méthodes. Un ouvrage passionnant qui montre qu’ils sont surtout des chercheurs qui réinventent le rapport à la vigne en mêlant sciences, écologie et approche sensible.

Trebogad, par la cave du roi Dagobert Vins disponibles à La Nouvelle Douane à Strasbourg et directement à la Cave à Traenheim www.cave-dagobert.com

Gwilherm de Cerval (illustré par Jean André), Le Petit Livre du sommelier, Marabout, 2019 Ce livre imaginé par le chroniqueur vin de la team Très Très Bon nous éclaire : quand est-ce qu’on débouche une bouteille ? Avec quoi on mange quoi ? C’est quoi cette histoire de cépages ? Les + ? Un lexique, des recettes, et les illustrations sobres et efficaces du très très bon Jean André. (C.B.)


146

Par Myriam Commot-Delon

Coup de filet

Il est temps de faire nos provisions de miscellanées, nourritures et objets pour poétiser nos popotes automnales.

Photo : Alexis Delon / Preview

La Table—Shopping

Menu surréaliste Pour faire planer vos dîners de rentrée, voici un ingrédient magique, sans gluten, sans gras, sans sucre et non allergène : le nuage. Considérée au pays du Soleil-Levant comme le summum des produits nobles, cette impression aérienne que l’on garde après un repas japonais est au menu du dernier et délicieux ouvrage de la collection Dix façons de préparer des Éditions de l’Épure. Ryoko Sekiguchi, Sugio Yamaguchi & Valentin Devos, Le nuage, dix façons de le préparer, Les Éditions de l’Épure, 8€ quaidesbrumes.com


Petit noir ou thé vert ?

147

Théière japonaise Kyusu en grès, 360 ml (plusieurs modèles disponibles). jardinsdegaia.com

1

2

Cafetière à infusion lente en grès, 850 ml. Sostrene Grene | CC Rivetoile rivetoile.com 3

Ceci n’est pas une planche 1

Boost baies 2

Gin tonique 3

C’est une création en céramique émaillée de l’artiste portugaise Bela Silva pour l’éditeur Serax. À faire trôner sur votre table ou le mur de votre cuisine, pour y injecter un brin de lyrisme et de force picturale.

On est baba devant les baies d’argousiers, super source d’oméga 7 récoltée sur les côtes sauvages du nord de la Finlande. À découvrir et déguster en gelée, pour azimuter un foie gras ou apporter un clac aigre-doux à un poisson. Où ? Au corner épicerie de Trésors Boréals, le nouveau QG déco nordique.

Le Gin Jos’Berri de la distillerie Nusbaumer nous emballe avec ses beaux atours floraux, inspirés d’anciennes illustrations botaniques, et son caractère viril et montagnard des Vosges alsaciennes. Un gin nouveau genre, végétal, résineux et herbacé.

Galeries Lafayette Strasbourg galerieslafayette.com

9, rue des Veaux tresors-boreals-decoration.fr

jos-nusbaumer.com


La Table—Cuisine

148

Par Myriam Commot-Delon

Faim de design

Faim de recettes Jessica Préalpato, Desseralité, Ducasse Éditions — Le manifeste d’une pâtisserie nouvelle, ancrée dans la naturalité, par la cheffe pâtissière du restaurant Alain Ducasse au Plaza Athénée. René Redzepi & David Zilber, Le Guide de la fermentation du Noma, Éditions du Chêne. — Un livre de recettes booster de saveurs pour enfin maîtriser misos, garums, kombuchas ou réaliser une eau de cèpes.

Le point culminant de la nouvelle cuisine Shape Poliform ? Son indéniable contemporanéité et le design prodige et fusiforme de la moulure traversant les bases et les colonnes. Mais aussi cette imperfection sublimée qu’évoque le plan de travail, comme juste posé sur un simple tréteau noir. Si une cuisine prend un sens nouveau lorsqu’elle est contextualisée, le contraire s’applique aussi. Adapté aux espaces ouverts sur une pièce de vie, l’esprit nomade qu’elle insuffle inspire à

redéfinir ses priorités, à ressentir « une résonance émotionnelle » à la manière du chef René Redzepi qui affirme que « le luxe aujourd’hui, c’est de vivre des expériences ». Gageons qu’aux manettes de ce vaisseau, elles seront sous le signe du partage et de la simplicité. Poliform 13, quai Zorn www.poliform-alsace.fr

Paul Magnette, Le Chant du pain, Éditions la Renaissance du Livre — Un petit traité d’art boulanger pour tout apprendre sur cette matière vivante.


NOUVEAU

Le bois en toute sérénité 1, quai Finkmatt — Strasbourg 03 67 97 97 55 — boisenscene.fr

11, RUE BRIGADE ALSACE-LORRAINE STRASBOURG - 03 88 35 11 81

TRAITEUR

DEMANDE DE DEVIS SURTOUT-DE-TABLE@ORANGE.FR


L’a

ct

u.

La Table

Filet de canette en croûte de figues, sauce aigre douce au miel et purée chez Calmos Photo : Henri Vogt

150

69, Grand’Rue www.calmos-restaurant.com

Pacific Princess — 1, rue des Dentelles Ouverture mi-novembre

Les Innocents La nouvelle carte de Calmos reprennent La Cambuse Échapper à la frénésie de la Grand’Rue le temps d’un déjeuner ou d’un dîner ? Et, oh, Calmos, on respire et on se régale d’une cuisine qui, sous ses airs simplissimes, fait la part belle à la gourmandise et au raffinement des tables d’antan. Cet automne, les fruits et légumes de saison, en pickles, en condiments ou en confits s’acoquinent à des viandes en sauce avant de laisser place, en dessert, à des grands classiques revisités. Sur le grill de Zut ? Carottes, panais, betteraves et mousse de chèvre frais ; le filet de canette en croûte de figues et sa sauce aigre douce qui vous ramène fissa dans la cuisine de grand-maman. Et enfin, le brownie aux éclats d’arachide et sa glace au yaourt bulgare : péché diablement mignon. Goulu comme un bon film français. Allez hop, on se renfloue pour l’hiver ! (C.B.)

En plus de leur restaurant dans le quartier Tribunal, Les Innocents mettent le cap sur la Petite France. Comme une passerelle avec le fameux restaurant à poissons de Babette Lefebvre, partie à la retraite, l’équipe de Sébastien Helterlé et Thierry Bendler a imaginé une déco inspirée du feuilleton La croisière s’amuse. « Ce sera assez léger avec un côté détente », indique Sébastien Helterlé, qui proposera au Pacific Princess une restauration de midi à minuit à base de tapas et des drinks qui vont avec. (F.V.)


ourg b s a r t S C’est à ouve r t n o ’ u q ads g o b e r T les

Au fond de la cour Rathsamhausen à la Petite France, votre restaurant gastronomique vous accueille dans un tout nouveau décor pour une cuisine créative toujours fraîche et de saison.

DU MARDI AU SAMEDI | MIDI ET SOIR 9, rue des Dentelles | Strasbourg | 03 88 22 19 81 www.perlesdesaveurs.fr

L'ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ À CONSOMMER AVEC MODÉRATION


La Table

L’a

ct

u.

152

Facebook : Des Étoiles et des Femmes Eurométropole Strasbourg

Mireille Oster — 14 rue des Dentelles et 17 rue des Moulins www.mireille-oster.com

Le projet Des Étoiles et des Femmes lance sa première promotion à Strasbourg. L’idée ? Redonner une chance à des femmes éloignées de l’emploi à travers un CAP cuisine et des stages chez des chefs étoilés. Depuis le mois de mai, 12 femmes ont pris le chemin du lycée hôtelier Alexandre Dumas à Illkirch. Ce sont donc 12 hauts lieux de la gastronomie à Strasbourg et à Dachstein (dont le Buerehiesel, la Maison des Tanneurs, Les Haras…) qui accueillent chacune de ces femmes deux jours par semaine, pour les professionnaliser et réunir les compétences nécessaires pour un emploi durable. Et pour que toutes les chances soient de leur côté, les « étudiantes » bénéficient de coaching et d’accompagnement personnalisé, ainsi que d’aide pour la garde d’enfants et à la mobilité. Le projet est initié par La Table de Cana Marseille, en partenariat avec le GRETA et le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles, et accompagné par Start-up de Territoire. (D.L.)

Mireille Oster vient d’ouvrir un nouvel espace à quelques encablures de son échoppe historique de la rue des Dentelles. Cinq fois plus grand, il se trouve dans la Würtzmühle (le moulin à épices). Tout un symbole pour celle que l’on surnomme la « reine du pain d’épices » qui disposera désormais d’un « lieu de vie », où elle proposera des démonstrations culinaires et divers évènements

La nouvelle boutique de Mireille Oster

culturels. « On a l’impression d’être au bord de la mer, cela permet de s’évader », dit-elle. En levant les yeux, on aperçoit la flèche de la cathédrale depuis le pont Saint-Martin tout proche. Et, c’est justement le 11 novembre, jour de la Saint-Martin, que la Würtzmühle sera inaugurée. (F.V.)

Photo : Klara Beck

Des Étoiles et des Femmes


Chan Chira RESTAURANT THAÏLANDAIS À LA PETITE FRANCE

MAR > VEN | 12:00-14:30 / 19:00-22:00 SAM > LUN | 19:00-22:00

2, rue des Moulins | Strasbourg | +33 3 88 32 68 34

Concept Store de peluches, doudous & poupées Le savoir-faire des meilleurs artisans Avec les marques Steiff, Teddy-Hermann, Moulin Roty et bien plus encore.

8, rue du bouclier | quartier Petite France à Strasbourg + 33 (0)3 88 24 57 54 | e-shop : www.terredours.com

72, rue Avenue des Vosges | Strasbourg 03 88 14 07 06 | www.niko-niko.fr


La Vieille enseigne retrouvée ! La winstub reste fidèle à sa tradition, mais prend un sérieux coup de frais. La Table—Chronique

154

La chronique de Pudlo

Vous vous souvenez de La Vieille Enseigne des Langs dans les années 1980 ? Ce fut, une maison drôle, vive, étoilée, dans le cadre d’une winstub d’autrefois, avec ses boiseries dédiées aux divers cépages d’Alsace. La demeure déclina, connut des destinées diverses (on y connut un certain Caquelon de pâle mémoire). Deux passionnés, Cyril Woberschar et Andrea Passone (In Vino Veritas, La Cantina, Le Cornichon Masqué et le Pane Vino face à la cathédrale, c’est eux), l’ont reprise, revue à leur manière, revisitée de belle façon, demandant à Michel Husser, du Cerf à Marlenheim, devenu consultant itinérant, de reprendre le flambeau des fourneaux, du moins le temps du démarrage. La voilà désormais lancée et bien sur ses rails. Le style de la maison : une winstub de tradition. On vient sous la houlette d’une équipe de salle rôdée, jeune, vive, drôle, enthousiaste, et la chef Rachel Klein, sœur d’Audrey Schenherr, la sommelière du Cerf,

qui travailla jadis au Saumon à Wasselonne, goûter les mets de toujours, mitonnés avec une finesse « husserienne ». En vedette, une tarte à l’oignon au lard d’exception. Mais le presskopf est superbe, la salade strasbourgeoise a du coffre, le foie gras de canard venu de chez les Nonnenmacher au Gaveur du Kochersberg à Woellenheim est épatant, digne d’une table étoilée. On ne loupe pas la tête de veau en croustille, ni la bouchée à la reine digne de celle fameuse du Cerf à Marlenheim, conforme à la recette du grand-père Wagner de 1936. Ni la choucroute rituelle ou encore le sandre sauce riesling avec ses nouilles, mitonnés avec une minutie sans faille. Le chic de la maison ? Une carte des vins d’exception qui a l’œil sur tous les vignobles, qui met cependant - et c’est bien normal - l’Alsace au premier plan. La collection de “Clos Sainte-Hune” de chez Trimbach impressionne, mais les propriétaires du Haut comme du Bas-Rhin sont également mis

en avant. Et les vins au verre (comme « le Gentil » d’Hugel) se boivent à la régalade. Les desserts jouent la tradition revisitée avec malice, avec la meringue glacée au chocolat, vanille, café avec sa chantilly maison, la glace au fromage blanc, les griottines signées Massenez et le crumble au chocolat. Que du bonheur ! Plus le marc de gewurztraminer de chez Hagmeyer à Balbronn. Voilà une Vieille Enseigne qui donne envie de se mettre à table en s’accrochant la serviette au col. Digne de l’Ami Fritz ! La Vieille Enseigne 9, rue des Tonneliers 03 88 75 95 11 Fermeture hebdomadaire : lundi, mardi. www.lavieilleenseigne.fr


Votre cocon de bien-être Offrez-vous 37° toute l’année ....

1, rue Jean Marie Lehn 67560 ROSHEIM +33 3 88 62 08 05 / contact@artduspa.com

lundi à vendredi 9h00 - 12h00 / 14h00 - 18h00 samedi 14h00 - 18h00 /


Profile for Zut Magazine

Zut Strasbourg 43  

ZUT City-magazine — Retrouvez dans ce numéro un portrait de Mali Arun, Hafsia Herzi, Céline Sciamma, Irène Jacob et Smaïn Laacher ; l'actu c...

Zut Strasbourg 43  

ZUT City-magazine — Retrouvez dans ce numéro un portrait de Mali Arun, Hafsia Herzi, Céline Sciamma, Irène Jacob et Smaïn Laacher ; l'actu c...

Advertisement