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SAINT-MARTIN

SINT-MAARTEN

No 12

novembre 2010

La Fondation du Patrimoine Ă  St Martin The Patrimony Foundation in St Martin

OLD PRISON St Martin 50 ans avant le tourisme St Martin 50 years before tourism


Au cours de votre séjour, ne manquez pas de vous arrêter au Musée de Saint-Martin pendant votre visite au bourg de Marigot.

While visitting Saint-Martin and Marigot, don’t miss our island Museum. Located #7, Fichot street, near the Catholic church. You will be able to learn the island’s history from the very first indigenous inhabitants, arriving in 3550 B.C., the European colonisation in the beginning of the 15th century, to ending up with daily life on Saint Martin in the 20th century.

Situé 7 Rue Fichot non loin de l’église catholique, vous y découvrirez l’histoire de l’île depuis l’arrivée des premiers amérindiens en 3350 avant Jésus Christ en passant par la colonisation européenne à partir du 15ème siècle, pour aboutir à la vie quotidienne au début du 20ème siècle.

The Saint-Martin Museum is open from 9:00 am to 1:00 pm and from 3:00 pm to 5:00 pm

Le Musée est ouvert de 9h à 13h et de 15h à 17h.

7, Fichot street - Marigot Ph. : 0690 56 78 92

7, Rue Fichot - Marigot Tél. : 0690 56 78 92

www.museesaintmartin.com


EDITO SOMMAIRE LA FONDATION DU PATRIMOINE ORGANISE SES PREMIERES RENCONTES A SAINT MARTIN THE PATRIMONY FOUNDATION IS ORGANISING ITS FIRST ENCOUNTERS ON SAINT MARTIN Pages 2 à 6 PUBLICATIONS BOOK RELEASES

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ST MARTIN 50 ANS AVANT LEDEVELOPEMENT DU TOURISME ST MARTIN 50 YEARS BEFORE THE DEVELOPMENT OF TOURISM Pages 8 à 13

HERITAGE Saint-Martin/Sint Maarten Editeur : Association Archéologique Hope Estate BP 507, Marigot, 97150 Saint Martin 0690 56 78 92 E-mail : heritagesxm@live.fr Directeur de publication: C. Hénocq Rédaction : Christophe Hénocq Photographies : Hervé Baïs / A.A.H.E. Service commercial : 0690 56 78 92 Maquette et Graphisme :

0690 40 89 43 Traduction : I. Fenoll Impression : PRIM Caraïbes 05 90 29 44 87 ISSN 2104-8932 www.museumsaintmartin.com La reproduction même partielle de tout article, photo et publicité parus dans HERITAGE est interdite sauf accord. La loi du 11 mars 1957 interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur est illicite (article L.122-4 du code de la propriété intellectuelle).

A un mois des fêtes de fin d’année, nous avons le plaisir de vous offrir le douzième numéro de «Heritage». La saison touristique semble montrer ses premiers frémissements et la rumeur nous prédit une bonne saison pour 2011. Du 2 au 4 décembre prochain, nous accueillerons à Saint Martin les premières rencontres interrégionales de la Fondation Du Patrimoine. Nous revenons dans cette édition sur le rôle de cette fondation reconnue d’utilité publique et sur les partenariats à développer pour la préservation et la mise en valeur de notre patrimoine bâti. Ce mois-ci, nous vous présentons également deux nouveaux livres traitant de l’histoire et de la culture Saint Martinoise. Les publications traitant de notre île sont assez rares pour que chacun en prenne connaissance pour une meilleure compréhension des événements qui ont conduit à la construction de notre petite société insulaire. Notre association prépare activement la publication de trois beaux livres qui traiteront de l’histoire de Saint Martin, de notre architecture traditionnelle et d’un recueil de cartes postales anciennes. Comme un avant-goût, nous revenons dans la troisième partie sur la description de Saint Martin 50 ans avant le démarrage du tourisme. Bonne lecture à tous !

One month away from the end of year celebrations, we have the pleasure of offering you the twelfth edition of «Heritage». The touristic season seems to be showing its first quivers and rumor is predicting a good season for 2011. From December 2nd to 4th next, we will welcome the first inter-regional encounters of the Patrimony Foundation on Saint Martin. In this edition, we go back to the role of this State-approved foundation and to the partnerships to be developed for the preservation and the highlighting of our built patrimony. This month, we also present two new books handling Saint Martin history and culture. Publications relating our island being sufficiently rare, everyone will want to read them for a better understanding of the events leading to the building up of our small island society. Our association is actively preparing the publishing of three beautiful books relating Saint Martin history, our traditional architecture and an anthology of old post cards. For a preliminary taste of these, we come back in the third part of your magazine to the description of Saint Martin 50 years before the start of tourism. Good reading to all ! C.Henocq


LA FONDATION DU PATRIMOINE ORGANISE SES PREMIERES RENCONTES A SAINT MARTIN conservation et la mise en valeur du patrimoine national. Elle s’attache à l’identification, à la préDepuis le 20 octobre 2009, la Fon- servation et à la mise en valeur dation du Patrimoine (FDP), recon- du patrimoine non protégé. Sous nue d’utilité publique, est représen- certaines conditions, elle intervient tée à Saint Martin. Cette fondation également sur le patrimoine pronationale dont la délégation ré- tégé. La FDP intervient par le biais gionale Caraïbe a été installée en de trois moyens d’action : D’abord 2007 en Guyane, est représentée l’octroi d’un label à un propriétaire privé ayant un projet de réhabilitation d’un bâti. Un label «espace naturel» peut être également délivré aux projets relatifs aux espaces naturels remarquables. Ensuite, par l’ouverture d’une souscription (appel aux dons) pour un projet associatif ou public de réhabilitation d’un bâti patrimonial. Enfin, par l’octroi de subvention pour un projet associatif ou public de réhabilitation Pascal Gombauld, Délégué Régional d’un bâti patrimonial. du Pôle Interrégional Antilles-Guyane Pascal Gombauld, Régional Delegate of the French Subventions et souscriptions concernent West Indies – French Guyana Inter-Regional Hub également les projets relatifs aux espaces par M. Pascal Gombauld. A Saint naturels remarquables. Martin, c’est Christophe Henocq, Une Fondation reconnue d’utilité publique

THE PATRIMONY FOUNDATION IS ORGANISING ITS FIRST ENCOUNTERS ON SAINT MARTIN A State-approved Foundation As of October 20th, 2009 the State-approved Patrimony Foundation (FDP), was represented on Saint Martin. This national

preservation and highlighting of unprotected patrimony. Under certain conditions, it also comes into action regarding protected patrimony. The FDP uses three means of action: First, the granting of a

Présentation de la Fondation du Patrimoine à la Chambre interprofessionnelle de Saint Martin, le 22/12 /2009. Patrimony Foundation presentation at the Saint Martin Interprofessional Chamber, Dec.22nd, 2009.

foundation, the Caribbean regional delegation of which was set up in French Guyana in 2007, is

quality seal to a private owner with a building’s rehabilitation project. A “natural area” quality seal can

Projet en cours - Façade extérieure de l’ancienne prison, rue Perrinon. Ongoing Project – Outer facade of the old prison, rue Perrinon.

Projet en cours - Réhabilitation des façades intérieures de l’ancienne prison. Project - Renovation of the old prison’s inner facades.

directeur de l’Association Archéologique Hope Estate, qui est délégué pays pour la FDP. Créée le 2 juillet 1996 dans le but de promouvoir 2 la connaissance, la

La Fondation du Patrimoine à Saint Martin L’Association Archéologique Hope Estate est donc chargée de soumettre à la FDP des projets éli-

represented by Mr. Pascal Gombauld. On Saint Martin, Christophe Henocq, director of the Hope Estate Archaeological Association, is the FDP’s country representative. This body was established July 2nd 1996 in the aim of promoting the knowledge, preservation and highlighting of the national patrimony. It handles the identification,

also be granted to projects involving remarkable natural areas. Then, through the opening of a subscription (call for donations) for the associative or public rehabilitation project of a patrimonial building. Finally, by the granting of a subsidy for the associative or public rehabilitation project of a patrimonial building. Subsidies and subscriptions also concern


projects concerning remarkable natural areas. The Patrimony Foundation on Saint Martin

Mise en place des panneaux signalétiques à l’église catholique de Marigot. Setting up of the information panels at the Marigot Catholic church.

gibles. Elle devient le relais de la FDP auprès des propriétaires (privés, publics ou associatifs) de biens à intérêt patrimonial à Saint Martin. Cela implique une véritable communication sur les moyens d’action de la FDP, la transmission des coordonnées de la délégation Antilles-Guyane, la fourniture des documents de la FDP aux propriétaires intéressés et la recherche de projets éligibles aux dispositifs de la Fondation Du Patrimoine. Dès 2010, la FDP est intervenue à Saint Martin en devenant partenaire financier de la collectivité et de l’office du tourisme pour la remise en état des panneaux signalétiques mettant en valeur nos sites naturels et historiques. Elle cofinancera également les travaux de restauration de l’ancienne prison de Marigot construite en 1789 et abritant le dépôt archéologique et le Musée de Saint Martin. Le démarrage de cette réhabilitation est prévu entre la fin de l’année et le premier trimestre 2011. Une souscription lancée il y a un an est toujours en cours et a permis de récolter un peu plus de 2000 Euros. Toutes les personnes intéressées peuvent facilement se rendre sur le tout nouveau site internet de la Fondation : http://www.fondationpatrimoine.org. En vous rendant sur la page réservée à la déléga-

The Hope Estate Archaeological Association is thus in charge of submitting eligible projects to the FDP. It becomes the FDP’s relay to the (private, public or associative) owners of property of patrimonial interest on Saint Martin. This implies true communication of the FDP’s means of action, the transmission of the French West Indies French Guyana delegation’s names and address, the supply of FDP documents to interested owners and research for projects eligible for the Patrimony Foundation’s devices. As of 2010, the FDP has intervened on Saint Martin by becoming the financial partner of the

Territorial Collectivity and the Tourism Office for the restoration of information panels highlighting our natural and historical sites. It will also co-finance the restoration works of the old Marigot prison, built in 1789, sheltering the archeological depot and the Museum of Saint Martin. The start of this rehabilitation is planned to take place between the end of this year and the first quarter of 2011. A subscription launched a year ago is still ongoing and has enabled the collection of a little over 2000 Euros. All persons interested can easily visit the Foundation’s totally new web site: http:// www.fondation-patrimoine.org. By going to the page reserved to the French West Indies - French Guyana delegation, you can even contribute on line and participate in the subscription launched in order to rehabilitate the old prison. The FDP’s encounters on Saint Martin This December 2nd to 4th, the Foundation will hold its first interregional encounters on Saint Martin in the setting of the Beach Plaza Hotel. On this occasion, thirty or so representatives of the Foundation, of the French West Indies and French Guyana municipalities

Panneaux signalétiques du Fort Louis. Information panels at Fort Louis.

Mise en place des panneaux signalétiques au stand de taxis du front de mer. Setting up of the information panels at the Waterfront taxi stand.

and associations will hold work meetings, visit the patrimonial sites of Saint Martin and meet all persons interested by this opportunity offered to them of receiving technical and 3 financial assistance for


tion Antilles-Guyane, vous pourrez même contribuer en ligne et participer à la souscription lancée pour réhabiliter l’ancienne prison.

the rehabilitation of our patrimony. One thing is sure: The setting up of the Patrimony Foundation on Saint Martin should, in the future, enable a better handling and

Rencontres de la FDP à Saint Martin La Fondation organisera du 2 au 4 décembre prochain ses premières rencontres interrégionales à Saint Martin dans le cadre de l’Hôtel Beach Plaza. A cette occasion, une trentaine de représentants de la Fondation, des collectivités et des associations Antilles-Guyane organiseront des réunions de travail, visiteront les sites patrimoniaux de Saint Martin et rencontreront toutes les personnes intéressées par cette opportunité qui leur est offerte de recevoir une aide technique et financière pour la réhabilitation de notre patrimoine. Chacun l’aura compris, l’installation de la Fondation du Patrimoine à Saint Martin devrait permettre à l’avenir une meilleure prise en charge de tous ces témoins du passé. Ces bâtiments anciens rénovés viendront apporter de la valeur ajoutée à notre destination touristique et nous pourrons alors parler avec fierté de l’héritage architectural de Saint Martin.

treatment of all these remains of the past. Once renovated, these old buildings will bring their added value to our touristic destination and we will then be able to speak proudly of Saint Martin’s architectural heritage. C. Henocq

Le site portail de la Fondation du Patrimoine. The Patrimony Foundation’s web site portal.

Panneau signalétique du moulin à sel de Grand Case. Information panel at the Grand Case salt mill.


INTERVIEW DE M PASCAL GOMBAULD DELEGUE REGIONAL ANTILLES-GUYANE DE LA FONDATION DU PATRIMOINE

INTERVIEW OF MR PASCAL GOMBAULD, FRENCH WEST INDIES-FRENCH GUYANA REGIONAL DELEGATE TO THE PATIMONY FOUNDATION

H : M. Pascal Gombauld, vous êtes le délégué régional Antilles-Guyane de la fondation du patrimoine. Pouvez-vous nous rappeler le rôle de la fondation.

H: Mr. Pascal Gombauld, you are the French West Indies-French Guyana regional delegate to the Patrimony Foundation. Can you remind us the Foundation’s role?

P.G : La fondation du patrimoine est un organisme de droit privée qui à pour but d’aider les porteurs de projets à financer la réhabilitation et la mise en valeurs de leurs patrimoine bâti, mobilier et / ou naturel. H : Depuis la mise en place de la Fondation aux Antilles Guyane en 2007, quelles ont été les actions engagées par la délégation régionale ? P.G : Dans un premier temps la mise en place d’une organisation logistique, dynamique et cohérente était nécessaire. Nous sommes d’ailleurs toujours à la recherche de bénévoles pour chacun des sites que nous coordonnons (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Saint Martin et Saint Barthélémy). Par la suite l’accompagnement des porteurs de projets a pu se faire de façon efficace. Plusieurs projets sont déjà finalisés et totalement aboutis. Quelques exemples : la réhabilitation de l’église de Roura en Guyane, la toiture du Carbet ovoïde Amérindien de l’association Kalawachi, la restauration des panneaux signalétiques expliquant l’histoire des sites historiques de Saint Martin, et un ancien dépôt de marchandise datant de l’époque de bagne à Saint Laurent en Guyane. La Délégation Interrégionale Antilles Guyane de la Fondation, entreprend actuellement son développement sur le territoire antillais. Nous espérons voir de nombreux nouveaux projets affluer afin de faire reconnaître l’intérêt du patrimoine Antillo-Guyanais. H : La fondation organise du 2 au 4 décembre les premières rencontres interrégionales de la Fondation du Patrimoine à Saint Martin. Qu’est-ce qui a motivé le choix de Saint Martin pour ce premier événement ?

P.G: The patrimony foundation is a body established according to private law, destined to help project bearers to ���nance the rehabilitation and highlighting of their built, movable and/or natural patrimony.

Réhabilitation d’un ancien dépôt de marchandises datant de l’époque du bagne à Saint Laurent, en Guyane. Renovation of an old goods depot dating back to the penal colony times at Saint Laurent, in French Guyana.

Réhabilitation de l’église de Roura en Guyane. Renovation of the Roura church in French Guyana.

Projet en cours - Camp touristique Saut Léodate à Kourou, en Guyane. Ongoing Project - Saut Leodate touristic camp at Kourou, in French Guyana.

P.G : Saint Martin à très vite mis en place des projets de réhabilitation en les menant à bien en partenariat avec la Fondation. En moins d’un an, un premier projet Saint Martinois, était finalisé. Nous avons voulu profiter de ce dynamisme pour lancer le concept de ces rencontres Interrégionales, en réunissant tous les acteurs du patrimoine en ces lieux. Notre relais sur place l’association Hope Estate a démontré son efficacité dès les premières semaines de collaborations. H : La fondation a-t-elle déjà contribué à des projets patrimoniaux sur Saint Martin ?

H: Since the establishment of the Foun dation in the French West Indies and French Guyana in 2007, what actions have been engaged by the regional delegation? P.G: First, a much needed dynamic and coherent logistics organization was set up. Besides, we are still looking for volunteers for each of the sites we are coordinating (Martinique, Guadeloupe, French Guyana, Saint Martin and Saint Barthelemy). Following that, accompanying the project bearers was possible in a much more efficient manner. Several projects are already finalized and totally accomplished. Some examples: The rehabilitation of the Roura church in French Guyana, the Kalawachi Association’s Amerindian ovoid Carbet’s roofing, the restoration of the information panels explaining the history of Saint Martin’s historical sites, and an old goods depot dating back to the time of the penal colony at Saint Laurent in French Guyana. The Interregional French West IndiesFrench Guyana Delegation of the Foundation is presently carrying out its development on the Antillean territory. We hope to see many new projects coming in so as to have the interest of the French West Indian - French Guyanese patrimony acknowledged. H: The Foundation organizes the Patrimony Foundation’s first interregional encounters on Saint Martin December 2nd to 4th. What motivated the choice of Saint Martin for this first event?

P.G: Very fast, Saint Martin set up rehabilitation projects leading them to term successfully in partnership with the Foundation. In less than a year, a first Saint Martin project was finalized. We wanted to take advantage of this energy to launch the concept of these new Interregional encounters, by gathering all the actors involved in patrimony on this premises. Our relay on site, the Hope Estate Archaeological Association has demonstrated its efficiency as of the first weeks of cooperation.

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P.G : Bien évidemment, j’ai déjà cité les panneaux signalétiques reprenant l’historique des sites remarquables de l’île, et nous avons une souscription en cours en faveur de l’ancienne prison de Saint Martin entres autres.

H: Has the Foundation already contributed to patrimonial projects on Saint Martin? P.G: Obviously, I have already mentioned the information panels taking up the history of the island’s remarkable sites, and we currently have a subscription fund going in favor of the old Saint Martin prison amongst others.

H : Qu’attendez-vous comme retombées après ces premières rencontres? P.G : Tout d’abord, une communication de masse sur les lieux où nous sommes représentés, ensuite, susciter des envies de bénévolat en faveur du patrimoine, afin de promouvoir et de développer les actions de la Fondation, mais aussi des partenariats nouveaux. Mais surtout et enfin pouvoir faire une alliance entre modernité et architecture traditionnelle, afin que les institutions et les porteurs projets, ne voient plus le patrimoine comme une charge, mais plutôt un atout économique à préserver.

Projet en cours - Camp touristique Saut Léodate à Kourou, en Guyane. Ongoing Project - Saut Leodate touristic camp at Kourou, in French Guyana.

H: what the returns are you expecting after these first encounters?

P.G: First of all, a mass communication on the sites on which we are represented. Secondly, generating volunteer actions in favor of the region’s patrimony, in order to promote and develop the Foundation’s actions, but also new partnerships, but especially and finally to form an alliance between modernity and traditional architecture, so that the institutions and the project bearers, not see patrimony as a burden, but rather as an economic asset to be preserved.

Projet en cours - Réhabilitation de la chapelle des Iles du Salut et d’un décor interne réalisé par le peintre et faussaire Francis Lagrange durant son séjour au bagne Ongoing Project - Rehabilitation of the Salute Islands chapel and an indoor decor carried out by the painter and forger Francis Lagrange during his stay in the penal colony

Maisons de la rue de la République à Saint Martin. Houses on the rue de la République on Saint Martin.


PUBLICATIONS / BOOK RELEASES «ST MARTIN EN VUE», UN LIVRE POUR LES JEUNES ADOLESCENT

Par Gerda Heil et Riet Sint

Au cours des trois années passées, Gerda Heil et Riet Sint ont travaillé sur un livre concernant St Martin destiné à des jeunes de onze à quatorze ans. Elles ont commencé ce projet après avoir discuté avec Ans Koolen, l’ancienne directrice de la Bibliothèque Jubilée de Philipsburg. Elle leur a expliqué que, pendant ses années d’expérience dans la bibliothèque, elle a compris que les jeunes de l’île ont besoin d’un livre d’études sociales générales sur Saint Martin. Toutes deux vivent sur l’île depuis les années 1970. Gerda enseignait à l’école primaire et ensuite l’Histoire et la Géographie au College Milton Peters. Riet a travaillé en tant qu’enseignante également, toutes deux à Saint Martin et ensuite aux PaysBas. En plus de cela, Riet a obtenu une Maîtrise à l’Université de Nijmegen en Traduction (Anglaise) et Littérature. Il y a quelques années, elle a écrit «Promenades îliennes, un guide des randonnées de Sint Maarten/Saint Martin.» «St Martin En Vue» a été écrit en Anglais. Il consiste en textes accompagnés de photos, dessins et cartes. Huit chapitres portent les

Gerda Heil, Riet Sint et Christophe Henocq en séance de travail au Musée Gerda Heil, Riet Sint and Christophe Henocq during a working session in the Museum

titres suivants: Histoire; Géographie; Nature et Environnement; Gouvernement; Notre Communauté; Culture et Arts; Économie et Tourisme; Exploration Future. «St Martin En Vue» se focalise sur l’identité de l’île, les mélanges culturels et la coexistence des communautés, ainsi que sur des faits et connaissances sur St Martin. Ans Koolen et d’autres professionnels ont contribué à l’ouvrage par leurs commentaires constructifs et informations complémentaires.

«SAINT MARTIN DÉSTABILISATION SOCIÉTALE DANS LA CARAÏBE FRANÇAISE» Par Daniella Jeffry

L’implantation d’un système de do- et de pratiques discriminatoires qui mination économique, sociale et aboutissent à l’exclusion et au chôlinguistique sur la partie française mage chronique de cette partie de de l’île binationale la population. de Saint Martin à Aujourd’hui, deux partir de 1977 a irsociétés s’opporémédiablement sent : la société transformé le mode «nouvelle» qui de vie paisible et la cherche en vain qualité de vie des des réponses à la habitants. Cette pedélinquance juvétite île caribéenne nile et à la criminaavait échappé à lité, produits d’un l’assaut de l’admidéveloppement ranistration coloniale pide et démesuré, après l’abolition de et la société saint l’esclavage de 1848. martinoise, délaisLe succès éconosée, qui cherche mique de la partie Daniela Jeffry récompensée lors un nouvel équilibre hollandaise confirsocial. Daniella Jefde la soirée Black Carpet. mait la vocation Daniela Jeffry awarded during fry, d’origine saint touristique de la martinoise, est cherthe Black Carpet Evening. Friendly Island dès cheuse en histoire les années 60 et la et traductrice. Elle loi de Défiscalisation de 1986 a a contribué aux travaux de l’Asdonné l’impulsion d’une immigra- sociation Consensus Populaire tion européenne massive en partie Saint Martinois, compilés avec française, accompagnée par une d’autres études dans l’ouvrage abondante main d’œuvre illégale à Saint Martin: Objectif Statut, publié bon marché venue des pays de la en 2002. Elle est l’auteur de 1963 Caraïbe. L’île devenait en quelque : année charnière à Saint Martin, sorte un Eldorado où le monde des ouvrage bilingue publié en 2003, affaires, de la drogue, de l’illéga- et Le Scandale statutaire sur l’île lité, de la criminalité et des trafics de Saint Martin ainsi que son édide tous genres a malheureuse- tion anglaise, tous deux publiés en ment pris le dessus. Les natifs 2006. sont pratiquement éliminés de la structure sociale et économique et En couverture : photographie de leur culture caribéenne est étouf- Raymond Hodge. fée par l’application de politiques

«ST. MARTIN IN SIGHT», A BOOK FOR YOUNG ADOLESCENTS

By Gerda Heil and Riet Sint

For the past three years Gerda Heil and Riet Sint have been working on a book about St. Martin for young people between the ages of eleven and fourteen. They began this project after talks with Ans Koolen, a former director of the Philipsburg Jubilee Library. She explained to them from her years of experience in the library that there is an urgent need for an all-round social studies book about the island for the youth of St. Martin. Both of them have lived on St. Martin since the nineteen seventies. Gerda used to teach primary school and later History and Geography on Milton Peters College. Riet worked as a teacher as well, both in St. Martin and in Holland. Next to that Riet obtained a Master’s Degree at the University of Nijmegen in Translation (En-

glish) and Literature. A few years ago she wrote «Island Walks, a walking guide for St. Maarten/ Saint Martin.» «St. Martin in Sight» has been written in English. It consists of text enhanced with pictures, drawings and maps. There are eight chapters, with the following titles: History; Geography; Nature and the Environment; Government; Our Community; Culture and Arts; Economy and Tourism; Further Exploration. «St. Martin in Sight» focuses on island identity, cultural backgrounds and coexistence, and facts and knowledge of St. Martin. Ans Koolen and other professionals have assisted the writers with constructive comments and feedback.

«SAINT MARTINSOCIAL DESTABILIZATION IN THE FRENCH CARIBBEAN ISLANDS» by Daniella Jeffry

The setting up of a system of economic, social and linguistic domination on the French part of the bi-national island of Saint Martin as of 1977 irremediably transformed the peaceful lifestyle and quality of life of the inhabitants. This small Caribbean island had escaped the attack of the colonial administration following the abolition of slavery in 1848. As of early 1960s, the Dutch side’s economic success confirmed the Friendly Island’s touristic vocation and in 1986, an overseas investments tax deduction law provided the impetus for a massive European immigration to the French side, coupled with an abundant, inexpensive and illegal manpower

pouring in from the Caribbean countries. The island became a sort of Eldorado in which the world of business, of drugs, of illegality, criminality and transactions of all sorts unfortunately took hold. The natives are almost eliminated from the social and economic structure and their Caribbean culture is stifled by the enforcement of discriminating policies and practices which lead to exclusion and the chronic unemployment of this part of the population. Today, two societies oppose each other: the “new” society vainly looking for answers to juvenile delinquency and criminality, products of rapid and inordinate development, and the Saint Martin society, abandoned, looking for a new social balance. Daniela Jeffry, of Saint Martin origin, is a History Researcher and translator. She has contributed to the works of the Saint Martin Popular Consensus Association, compiled with other studies in the work: Saint Martin: Status aim, published in 2002. She is the author of 1963: Turning point year on Saint Martin, a bilingual book published in 2003, and The Status Scandal on the island of Saint Martin as well as its English edition, both published in 2006. Cover: Photograph by Raymond Hodge.

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SAINT MARTIN 50 ANS AVANT LE DEVELOPEMENT DU TOURISME Nous reprenons ce mois-ci notre article décrivant la vie quotidienne des Saint Martinois entre 1900 et

1960, période difficile située entre l’abandon définitif de l’industrie du sucre de canne et le développe-

SAINT MARTIN 50 YEARS BEFORE THE DEVELOPMENT OF TOURISM This month we are continuing our article describing the daily life of Saint Martiners between 1900

and 1960, a difficult period set between the final curtain of the sugar cane industry and the rising economic development of tourism, an era during which a part of the island’s population was obliged to migrate to the more prosperous islands looking for work. The following description was handed to us by our elders during a projection of old photographs at the Municipal library in 1995. Land transport

Transport en commun rue de la République - années 50 Public transport rue de la République - 1950s

“At the start, there were only four or five buses on Saint-Martin. They were a sort of covered pick-up trucks to which wooden benches had been added. Each bus had a name. There was “Alma Gloria, Rising Star, As Usual” and they carried up to 20 persons all around the island. The trip from French Quarter to Marigot used to cost two French Francs and fifty cents. Most often we travelled on foot and there were paths enabling us to reach Philipsburg by passing through Concordia and Saint-Peters Hill. We also had donkeys


ment économique touristique. Une époque où une partie de la population de l’île était contrainte d’émigrer dans les îles plus prospères à la recherche d’emplois. La description qui suit nous a été racontée par nos ainés lors d’une projection de photos anciennes à la bibliothèque Municipale en 1995. Transports terrestres «Au début, il n’y avait que quatre ou cinq bus à Saint-Martin. C’étaient des sortes de pick-ups couverts où avaient été fixés des bancs en bois. Chaque bus portait un nom. Il y avait: «Alma gloria, Rising star, As usual» et ils transportaient jusqu’à 20 personnes tout autour de l’île. Le voyage de Quartier d’Orléans à Marigot nous coûtait deux francs et cinquante centimes. Nous nous déplacions le plus souvent à pied et il existait des sentiers qui permettaient de rejoindre Phillipsburg en passant par Concordia et SaintPeters Hill. Nous avions aussi des ânes à Saint-Martin. L’âne était notre automobile et c’était le moyen de transport le moins onéreux que nous puissions avoir dans une île aussi sèche. Il se contentait de brouter l’herbe et buvait très peu d’eau, mais pouvait transporter des charges de plusieurs dizaines de kilos. J’ai encore le souvenir de l’époque où il n’y avait que deux automobiles à Saint-Martin. M. Fleming possédait une Buick et il y avait une autre voiture du côté hollandais. Pendant les périodes électorales, les deux véhicules étaient utilisés par les partis opposés et permettaient de rencontrer les électeurs tout autour de l’île. Ensuite, un homme de quartier d’Orléans est rentré de Santo-Domingo avec une autre voiture, puis un autre de Phillipsburg. Il y avait déjà quatre voitures à Saint-Martin et ce n’était que le commencement.»

Agriculture, racines et Arrow-root «Au début du siècle, on voyait beaucoup de maisons à toit de paille à SaintMartin. Le sol était en terre battue et ces maisons de forme carrée ou arrondie abritaient des familles entières d’agriculteurs. Le toit était constitué de feuilles de canneà-sucre et surtout de feuilles d’herbe de Guinée qui était plantée pour nourrir les troupeaux de vaches. Même les plus fortes pluies ne traversaient pas ces toitures de paille. Les murs des maisons étaient recouverts de chaux ou de bouses de vaches séchées. A Colombier, les agriculteurs plantaient des racines et fabriquaient la farine

Les premières voitures à Front Street - années 1930 The first cars on Front Street - 1930s

on Saint-Martin. The donkey was our car and it was the least expensive means of transport we could have on such a dry island. The

donkey could just graze on the grass and drink very little water, but could carry several tens of kilo loads. I still remember the time when there were only two automobiles on Saint-Martin. Mr. Fleming owned a Buick and there was another car on the Dutch side. During electoral times, the two vehicles were used by the opposing parties and enabled them to meet the electors all over the island. Then a man from French Quarter came back from Santo-Domingo with another car, then another from Philipsburg. There were already four cars on SaintMartin and that was only the beginning.” Agriculture, roots and Arrow-root

Frontière en 1960 The border in 1960

“At the turn of the century, one could see many straw-roofed houses on Saint-Martin. The floor was made of hard-packed earth and these square or roundshaped houses sheltered whole families of farmers. The roof was made of sugar cane leaves and especially of Guinea grass leaves, this plant having been imported to feed the

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de «arrow-root». Après les avoir pelées, les racines étaient broyées à l’aide d’un mortier et d’un pilon en bois. La bouillie obtenue était filtrée dans un chiffon au dessus d’une bassine. La farine débarrassée de son jus était mise à sécher pendant deux ou trois jours, puis tamisée. Les particules les plus grosses étaient de nouveau broyées et l’on en faisait des crèmes, des beignets et des journey cakes. C’était un travail long et difficile, mais qui produisait beaucoup de nourriture. Nous utilisions des pots à charbon en terre cuite pour faire la cuisine. Une petite trappe laissait échapper les cendres, qui mélangées à du savon et de l’eau permettaient de laver le linge plus blanc. Ces «cuisinières» en céramique étaient très fragiles et nous les appelions «oh god!» car

La rue principale de Grand Case vers 1960 The main street in Grand Case around 1960

work, but one producing much food. We used terra cotta coal pots to cook. A small trap let the ashes out, which, mixed with soap and water allowed us to wash clothing whiter. These ceramic “stoves” were very fragile and we called them “oh god!” which were the words we shouted when they fell and broke. When bread was scarce, we cooked journey cakes by placing them on the fire and added coals on a metal plaque above the dish. If rain arrived, then too bad for us! The fire was put out. Our main food was based on peas, roots, cooked bananas and fish. We

plaçant sur le feu et en ajoutant des braises sur une plaque métallique au dessus du plat. Si la pluie arrivait, alors tant pis pour

Famille d’agriculteurs à Saint Martin - années 1900 Family of farmers on Saint Martin - 1900s

Un âne sur le Boulevard de France à Marigot - années 50 A donkey on the Boulevard de France in Marigot - 1950s

c’était le cri que nous poussions quand elles se brisaient en tombant par terre. Quand le pain faisait défaut, 10 nous faisions cuire des journey cakes en les

nous! Le feu était éteint. Notre principale nourriture était à base de pois, racines, bananes cuites et poissons. Nous ne mangions la viande que dans les grandes occasions et le dimanche.»

cattle. Even the strongest rains didn’t go through these straw roofs. The house walls were whitewashed or covered with dried cow dung. In Colombier, the farmers planted roots and made “arrow-root” flour. After having peeled them, the roots were crushed using a mortar and wooden pestle. The pulp obtained was filtered in a rag above a basin. The flour, ridden of its juice was put out to dry for two or three days, and then strained. The larger particles were then crushed again and creams, fritters and journey cakes were made from it. It was long and tedious

only ate meat on major occasions and on Sundays.” Water and electricity included “In the past, we didn’t have electricity and the houses were lit with oil lamps. Full moon nights were godsends for young Saint-Martiners. We could come down from Rambaud to Friar’s Bay beach to organize big parties. We could find our way using the moon’s natural light, but we were never really at ease and the smallest shadow would become a frightening zombie. When electricity started being set up, people would


go to Marigot at around 9 p.m. and played dominoes under the lights a part of the night. On Saint-Martin, it rained at least once a week during the rainy season and after a shower, we had enough stocks of water to last a month. Today, I don’t understand where the water has disappeared to!! It could rain for a thousand years now and the day after, no water would be left. This is a mystery for me as I remember the place where I lived that was called the “Spring”, in which a permanent source flowed and which has dried up. We didn’t need cisterns on Saint-Martin. There were some in Marigot and in the rich houses, but in the countryside, we had large jars in which we gathered rain water.” Préparation du Arrow Root - Colombier - années 1960 Arrow-root preparation - Colombier - 1960s

Eau et électricité inclus «Dans le temps, nous n’avions pas d’électricité et les maisons étaient éclairées avec des lampes à pétrole. Les soirs de pleine lune étaient une aubaine pour les jeunes saint-martinois. Nous pouvions descendre de Rambaud sur la plage de Friar’s Bay pour organiser de grandes fêtes. Grâce à la lumière naturelle diffusée par la lune, nous pouvions retrouver notre chemin, mais nous n’étions jamais rassurés et la moindre ombre se transformait en zombi effrayant. Au début de l’installation de l’électricité, les gens allaient à Marigot vers 9 heures le soir et jouaient aux dominos sous les lumières une partie de la nuit. A Saint-Martin, il pleuvait au moins une fois par semaine pendant la saison humide et après une averse, nous avions

Préparation du Arrow Root - Colombier - années 1960 Arrow-root preparation - Colombier - 1960s


assez de réserves d’eau pour tenir un mois. Aujourd’hui, je ne comprends pas où l’eau a disparu! Il pourrait pleuvoir pendant mille ans maintenant et le lendemain, il n’y aurait plus d’eau. Ceci est un mystère pour moi car j’ai le souvenir de l’endroit où j’habitais que l’on appelait le «Spring», où coulait une source permanente qui s’est asséchée. Nous n’avions pas be-

Plantations à Quartier d’Orléans - années 50 French Quarter plantations - 1950s

The construction of the Princess Juliana airport by the Americans in 1943, then the building of the first Hotels and casinos on Sint Maarten such as Little Bay Hotel and Mullet Bay between the mid1950s and the 1960s enabled the Cuisine sur un Coal-pot Cooking on a Coal-pot

soin de citernes à Saint-Martin. Il y en avait quelques unes à Marigot et dans les riches habitations, mais à la campagne, nous avions de grandes jarres dans lesquelles nous recueillions l’eau de pluie.» La construction de l’aéroport Princess Juliana par les américains en 1943, puis la construction des premiers Hôtels et casinos à Sint Maarten comme Little Bay Hôtel et Mullet Bay entre le milieu des années 50 et les années 60 permettront le démarrage de notre économie touristique. Aujourd’hui, plus de 2 millions de visiteurs choisissent chaque année de passer leurs vacances à Saint Martin.

Morne Valois et descente vers Marigot Morne Valois coming down to Marigot - 1935

start of our tourism-based economy. Today, more than 2 million visitors each year choose to spend their holidays on Saint Martin. C. Henocq


collection de vĂŞtements en vente exclusive au MusĂŠe de Saint-Martin

ethnik tendancy

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HERITAGE 12