Page 1

SAINT-MARTIN

SINT-MAARTEN

No 1 Octobre 2009

Fouilles à Quartier d’Orléans Excavations in French Quarter

Le musée de Saint-Martin Saint-Martin Museum

François Auguste

PERRINON

L’ancienne prison The old Jail


EDITO Distribue par:

CARIBBEAN LIQUORS & TOBACCO B.V. 8 Buncamper Road - Phillipsburg - St. Maarten Tel: (599) 542 2140 - Fax: (599) 542 2241 Email: info@cltbv.com

SOMMAIRE François Auguste Perrinon Pages 2 à 9 Fouilles archéologiques à Quartier d’Orléans. Archaeological excavations in French Quarter. Page 10 Le Musée de Saint Martin. The Saint Martin Museum. Page 11 Un club patrimoine pour les juniors. The junior heritage club, for the youth. Page 12

HERITAGE Saint-Martin/Sint Maarten Editeur : Association Archéologique Hope Estate BP 507, Marigot, 97150 Saint Martin Tel : 0690 56 78 92 E-mail : heritagesxm@live.fr Directeur de publication/ rédaction : Christophe Hénocq Photographies : Herve Bais / A.A.H.E. Service commercial : 0690 50 14 12 Maquette et Graphisme :

Traduction : Oui Translate 0690 48 59 66 Impression : PRIM Caraïbes Tel.: 05 90 29 44 87

Après une mise entre parenthèses de plus de 3 ans, suite à la fermeture du Musée de Saint Martin, l’Association Archéologique Hope Estate (A.A.H.E.) a repris ses activités. Vous découvrirez chaque mois dans les pages de notre revue « Heritage Saint-Martin/Sint Maarten » des articles rendant compte de nos projets et actions, mais aussi de la préhistoire et de l’histoire de notre île. Pour permettre la distribution gratuite de cette nouvelle publication, nous avons reçu le soutien de nombreuses entreprises attachées à la défense de notre patrimoine et je tiens à les remercier chaleureusement de leur participation.

D’ici quelques semaines, vous verrez des actions concrètes mises en place pour la préservation et la mise en valeur de nos sites. Ces actions ont reçu le soutien de la Collectivité de Saint Martin et de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et seront développées dans nos prochaines éditions. Dans ce premier numéro, nous vous invitons à découvrir François Auguste Perrinon, homme d’importance s’il en est, ayant contribué à l’abolition immédiate de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848. Nous revenons également sur les fouilles effectuées cet été à Quartier d’Orléans, ainsi que

After a 3 year hiatus, the Saint Martin museum has resumed its activities thanks to the, Archaeological Association of Hope Estate (A.A.H.E.). You will discover every month in the pages of our magazine “Heritage Saint Martin / Sint Maarten” Not only our projects and actions, but the history and prehistory of our island. In order to enable us to distribute this new and innovative publication free of charge, we have received the support of many companies that maintain constant efforts to defend our heritage and I would like to extend a warm thanks

to their participation. During the following few weeks, you will witness concrete actions that have been put in place to safeguard the preservation and development of our sites. These actions have received the support of the collectivity of Saint Martin and the Regional Direction of Cultural Affairs and we will report on this more thoroughly in our upcoming editions. In this first issue, we invite you to discover François Auguste Perrinon, an important historical figure who contributed to the immediate abolition of slavery in the French colonies in 1848.

Saline de Grand Case vers 1850. Grand Case salt march about 1850.

sur les activités mises en place par le Musée de Saint Martin. Depuis 23 ans au service du Patrimoine de Saint Martin, l’A.A.H.E. Passe à la vitesse supérieure en collaborant étroitement avec les autorités compétentes de la Collectivité, ainsi qu’avec la D.R.A.C. Si vous souhaitez participer à nos actions, n’hésitez pas à nous contacter. We also uncover the excavations carried out this summer in French Quarter, as well as cultural and touristic activities implemented by Saint Martin museum. Dedicated for the past 23 years to the heritage of Saint Martin, A.A.H.E is now ready to move into fifth gear and tightly collaborate with competent authorities of the community, as well as with the D.R.A.C. to move forward and share our knowledge of wealth with our readers. If you want to participate in our actions, don’t hesitate to contact us. C. HENOCQ


FRANCOIS AUGUSTE PERRINON UN ABOLITIONNISTE DE SAINT MARTIN S’il est un personnage d’importance ayant contribué à la promulgation du décret d’abolition totale et immédiate de l’esclavage à Saint Martin, c’est bien François Auguste Perrinon. Cet homme eut au XIXème siècle un destin peu commun, qui en fit l’un des proches collaborateurs de Victor Schœlcher, honoré dans toutes les îles Antillaises pour son combat pour l’émancipation des esclaves des colonies françaises.

Perrine. C’est la transformation de son prénom qui donna le nom Perrinon que porta son père d’adoption.

AN ABOLITIONIST OF SAINT MARTIN If there was one important figure having contributed to the promulgation of the decree of complete

1812 A half-blood brought up in Martinique confronted with the system of slavery

1812 Un métis élevé à la Martinique confronté au système esclavagiste François Auguste Perrinon est né le vendredi 28 août 1812 à Fort Saint Pierre en Martinique. Sa mère, Rose, surnommée Rosiette dite Piquion était une métisse ou mulâtresse libre, affranchie sous le Consulat et domiciliée rue Dauphine, à Fort Saint Pierre en Martinique. Elle eut 4 enfants. Son véritable père était un blanc ou métis dénommé François Edouard, négociant propriétaire qui ne reconnut jamais ses enfants. Rose, sa mère, proposa alors à un mulâtre de la commune du Carbet, Pierre, dit Perrinon, de l’épouser afin de régulariser la position de ses enfants. La grand-mère paternelle (mère de Pierre) de François Auguste était une mulâtresse libre qui portait uniquement le prénom de

This 19th century man with an uncommon destiny was very close to Victor Schœlcher, honoured across all the Antillean islands for his battle for the emancipation of the slaves of the French colonies.

F. A. Perrinon fait chevalier de la légion d’honneur le 19 décembre 1847. F. A. Perrinon made chevalier de la légion d’honneur on december 19th 1847.

Sa bisaïeule était une esclave originaire de Guinée. A la mort de son véritable père, Rose Piquion

and immediate abolition of slavery in Saint Martin, it would definitely be François Auguste Perrinon.

François Auguste Perrinon was born on Friday, August 28th, 1812 in Fort Saint Pierre in Martinique. His mother, Rose, nicknamed “Rosiette” Piquion was a halfblood or free mulatto, with papers, living in Dauphine street, Fort Saint Pierre in Martinique. She had 4 children. His real father was a white or mulatto named François Edouard, who was a merchant and never acknowledged his children. Rose, his mother then proceeded to propose to a man in the village of Carbet, named Pierre Perrinon, to marry her to regularize the position of her children. The paternal grandmother (mother of Pierre) of François Auguste was a free mulatto who carried the forename of Perrine only. It is the transformation of this forename which gave the name Perrinon carried by his adoptive father. His great-grandmother was a slave native to Guinea. On the death of his real father, Rose Piquion inherited the coquette sum of 120 000 francs which allowed her to establish herself in Rouen, France with her children. Very young, Perrinon was confronted to the violence of authorities and settlers of Martinique towards the blacks and in a letter addressed to Schœlcher on October 20th, 1842, he writes:

« I had often heard the tales told by my family of the atrocities produced by the colonial system. One of the childhood memories that stand out the most was the time when one of the most influential men in the community, the prosecutor of the king Renaudin, hit my mother with a stick. Also even younger than that , in 1823, I had 1801

2

1802

1804

Haïti est la première nation noire à proclamer son indépendance. Haiti is the first black nation to proclaim itself as an independent. Bonaparte consul «à vie», rétablissement de l’esclavage aux colonies françaises. Bonaparte consul «for life», reestablishes slavery in the French colonies. Concordat, départ de l’expédition de Saint-Domingue pour la reconquête de l’île. Concordat, Departure of the expedition to Santo Domingo for the re-conquest of the island.

1807

Les Anglais renoncent à la traite des Noirs. British reject the traffic of blacks.


héritera de la coquette somme de 120 000 Francs qui lui permettront de s’installer à Rouen, en France, avec ses enfants. Très jeune, Perrinon est confronté à la violence des autorités et des colons de la Martinique envers les noirs et dans une lettre adressée à Schœlcher le 20 octobre 1842, il écrit :

« …J’avais souvent entendu raconter par ma famille les atrocités produites par le système colonial ; je conservais comme un des souvenirs de ma plus tendre enfance, la mémoire d’un coup de bâton qu’avait reçu ma mère du plus influent des hommes, du procureur du roi Renaudin ; et enfin, bien jeune encore, en 1823, j’avais vu l’implacable aristocratie coloniale bannir du sol natal presque tous nos amis dont le seul crime était d’avoir voulu, par leur conduite et leur travail, sortir de cet état d’ilotisme (NDLR : personne en état de dépendance vis à vis d’une autre) … ». 1837 Bref retour à la Martinique C’est à cette époque que sa mère et ses 4 enfants rejoignent la France où Perrinon effectuera ses études secondaires pour intégrer l’école Polytechnique en 1832, d’où il sortira diplômé en 1834. Il a alors à peine 22 ans. François Auguste Perrinon est cette année-là le premier homme de couleur diplômé de la prestigieuse école. En 1834, il part à l’école d’application de Metz pour se spécialiser dans l’artillerie et le génie de la marine. En 1837, le lieutenant Perrinon rentre en Martinique, non pas pour y prendre du service, mais pour

affaires et pour préparer sa lutte contre le système esclavagiste. Il rentre à Paris et le 31 janvier 1840,

1842 Retour aux Antilles, échanges avec Victor Schœlcher En 1842, Perrinon est nommé capitaine en second, puis en premier, adjoint à la direction à la colonie de la Guadeloupe. C’est à cette époque que Victor Schœlcher, critique dans son ouvrage «Des colonie françaises, Abolition immédiate de l’esclavage», l’attitude distante de Perrinon, au service du système esclavagiste. Il écrit :

« Les hommes de couleur d’Europe qui ont gagné un nom, sont restés parmi nous au lieu d’aller l’offrir en exemple aux amis, en admiration aux ennemis. La postérité leur fera l’eternel reproche de ne l’avoir point mêlé aux luttes fraternelles, ce nom qu’il leur fut donné de rendre éclatant. Les autres, bien élevés au sein des collèges de France, capables de tenir un rang distingué dans ce monde et de communiquer à leur classe l’éclat de leur mérite, sitôt qu’ils retournent aux colonies, se dégoutent vaniteusement de l’infime condition où ils se trouvent, ne savent point se suffire avec l’élite de leurs semblables ; ils aspirent à ce qu’ils devraient mépriser, s’irritent de leur solitude, et peu à peu quittent le pays pour n’y plus reparaitre. Ils veulent oublier qu’en abandonnant la patrie, ils abandonnent aussi la noble tache qu’ils avaient à remplir pour la réhabilitation de leur race ; ils désertent une cause sacrée. On nous a cité un officier d’artillerie sang-mêlé qui,

seen the implacable colonial upper class exile from the natal soil almost all our friends whose only crime was to have wanted, by their hard work, to be liberated from this state of ilotisme (Editor Notes : a person in state forced of dependency of other person) ». 1837 Short return to Martinique During this time when his mother and her 4 children are in France, Perrinon will attain his higher education and then proceed to the PolytechVictor Schœlcher et Francois Auguste Perrinon vers 1847 nic school in 1832, Victor Schœlcher where from he will and Francois Auguste Perrinon about 1847 graduate in 1834 at the young age of 22. In 1842, Perrinon is named capIn that year, François Auguste Perrinon is the first man tain first in command, for the coof colour to graduate from the lony of Guadeloupe. It is in this prestigious school. In 1834, he era Victor Schœlcher, criticized in leaves to study in Metz to specia- his work « The french colonies, immediate abolition of slavery », lize in navy artillery. In 1837, the lieutenant Perrinon the distant attitude of Perrinon, in in first comes back in Martinique, service of the slavery system. He not for military service, but for writes : business and to prepare his fight « The men of colour of Europe against the slavery system. He who earned a name, stayed among comes back to Paris and on Ja- us instead of going to give example nuary 31st, 1840.

1842 Return to Antilles, exchanges with Victor Schœlcher 28 août/august 1812

Naissance de F.A.Perrinon. Birth of F.A. Perrinon.

1815

Les Cent Jours, défaite à Waterloo, Napoléon exilé à Sainte Hélène. The hundred days. Defeat at Waterloo, Napoleon exiled to Saint Helena.

to the friends, in admiration to the enemies. Posterity will show them the eternal reproach for not having participated in our fraternal conflicts, this name which was

1819

L’Espagne cède la Floride aux États-Unis. Spain gives up Florida to the United States.

1821 La Grèce se soulève contre la domination turque, indépendance de St-Domingue. Greece up raises against the Turkish domination, Santo Domingo wins independence.

3


envoyé à la Martinique, demanda vite à permuter, ne pouvant tolérer la situation gênante que lui faisait la couleur de sa peau... Sa position était magnifique, il recula devant quelques déboires passagers. Qu’arrive-t-il de cette insuffisance philosophique dans les ainés de couleur ; c’est qu’il ne

reste plus de leur classe aux colonies, sauf de bonnes exceptions, que des hommes inférieurs de rang, d’éducation et de tenue, et que les blancs les peuvent repousser avec une apparence de raison sous prétexte d’inégalité morale ! ».

Perrinon répondra à Schœlcher par

Vestiges des digues installées par Perrinon dans les salines de Grand Case vers 1844 Remains of dikes installed by Perrinon in Grand Case salt pond about 1844

Vers 1823

1824

10 octobre/october 1826

Charles X, roi de France. Charles X, King of France.

4

Départ avec sa mère Rose Piquion pour Paris. Departure with his mother Rose Piquion for Paris.

Mariage de sa mère avec son père adoptif Pierre dit Perrinon. marriage of his mother with her father adoptive Pierre « Perrinon ».

given to them to make them look good. The others, well brought up within the secondary schools of France, capable of holding a rank differentiating them in this world and of communicating in their class the merit they deserve, will soon go back to the colonies. When they return, they will be disgusted of the insignificant conditions they find, unable to be self-sufficient with their new found elite; they aspire what they should disdain, disgusted with their loneliness, and little by little, leave the country, never to come back. They wanted to forget that by leaving the fatherland, they also leave the noble task of rehabilitating their race, they desert a sacred cause. They cited to us an officer of artillery, a half-breed, sent to Martinique, who quickly asked to be transferred, not being able to tolerate the embarrassing situation created by the colour of the skin...

His position was splendid ; he stood back from temporary trials. What has become from this philosophical insufficiency in the elders of colour ; is because there remains no more of their class in the colonies, except a few good exceptions, all that remains are a lower rank of men, education and tenure, and which whites can now push back with an appearance of reason on the pretext of moral inequality». Perrinon will answer Schœlcher by a courier dated from October 20th, 1842 and sent via Pointeà-Pître :

« You will judge, Sir, by what is going to follow, of the justness of your insights on the class of coloured persons, a class I am proud to be part of, and you will perhaps regret, later on, having left your abolitionist pen in enemy inspiration, dishonouring us all, men and woman…In 1837… I came in Martinique… to poll

1830 Louis Philippe, roi de France, début de la monarchie de Juillet, 1ers trains en Angleterre, aux États-Unis et en France. Louis Philippe, King of France, Start of July monarchy, first trains in England, the United States and France.

1833 Abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques. Abolition of slavery in the British colonies.

1834 Diplômé de l’école Polytechnique. Graduate school Polytechnic.

u e

« q a l e t p r t q 1 p p m m v i t m e p c n m j j E d r u u m m l t s l d c


la Martinique, il n’est pas un seul mulâtre…qui ne vous eut désabusé, si vous lui eussiez communiqué la page que je repousse aujourd’hui comme injurieuse et flétrissante».

Nul doute qu’impressionné par la passion qui anime Perrinon pour la cause abolitionniste, cet échange pour le moins virulent rapprocha les deux hommes qui comLes digues de la saline de Grand-Case encore battront plus tard côte à visibles sur la photo aérienne I.G.N. en 1955. côte en faveur de l’aboliDikes still visible on Grand-Case salt pond tion. En 1843, Schœlcher I.G.N. aerial photo in 1955. en parle comme « Notre bon et brave ami ». A cette une note datée du 20 octobre 1842 époque, Perrinon devient et envoyée de Pointe-à-Pitre : Franc-maçon et il est chargé par « Vous jugerez, Monsieur, par ce la loge abolitionniste de l’Union qui va suivre, de la justesse de vos de Saint-Pierre, d’obtenir à Paris aperçus sur la classe de couleur à la lettre de constitution auprès du laquelle je m’honore d’appartenir, Grand Orient de France. L’actuelle et vous regretterez peut-être, mais loge maçonnique de Saint Martin trop tard, d’avoir abandonné votre à Marigot porte encore le nom de Concorde-Perrinon.

plume d’abolitionniste à des inspirations ennemies, et de nous avoir 1844 Mission tous, hommes et femmes, flétris par à Saint Martin quelque stigmate déshonorant…En 1837…je vins en Martinique… Le 28 juin 1844, Perrinon part en pour sonder ce mouvant terrain de mission dans l’île de Saint Martin. préjugés et de passions… précisé- Il y rencontre le notaire Méry d’Arcy possède les concessions pour ment pour soutenir la lutte que vous qui l’exploitation des salines de la m’accusez d’avoir évitée…J’arri- Grande Case et de Bretagne (acvais donc à la Martinique avec ces tuellement Chevrise), avec lequel il idées, fier de mon épaulette de lieu- décide de s’associer, ainsi qu’avec tenant, fier de pouvoir montrer à les frères Isnardon, négociants à mes compatriotes que l’instruction Basse-Terre. Ils créent la société « Isnardon frères et compagnie». et la moralité sont les deux plus grands niveleurs de la société actuelle…Combien donc n’ai-je pas du être péniblement impressionné, lorsque… je vous vois apprécier si injustement mes sentiments ! Eh ! Quoi, Monsieur, pour des déboires passagers, j’aurais lâchement abandonné un poste d’honneur ; pour une position gênante, j’aurais menti à ma conscience et à mon devoir, j’aurais fui devant le péril quand je l’appelle de tous mes vœux ! Non, Monsieur, non, quelle qu’ait été Le sel cristallise encore aujourd’hui dans l’interprétation que la classe la saline de Chevrise (la Bretagne). de couleur ait donné à ma Salt still visible in Chevrise (Bretagne) conduite, lors de mon séjour à salt pond.

1837 Bref retour à la Martinique du Lieutenant Perrinon. Brief return of Lieutenant Perrinon to Martinique.

1840 26 mai 1er mariage avec Marguerite Telephe Plet, mulâtresse bourgeoise de St Pierre. 1st marriage with Margaret Telephe Plet, Mulatto from St Pierre Bourgeoisie. Ministère Guizot - Mort de son père adoptif Pierre Perrinon. Department Guizot - Death of his father adoptive Pierre « Perrinon ».

this moving terrain of prejudice and passion… precisely to support and uphold this combat that you accuse me of avoiding… I arrived in Martinique with these ideas, trusting my experience as of first lieutenant, proud to be able to show to my compatriots that education and morals are the most efficient equalizers of the actual society... How could I be then nothing short of poorly impressed, when I see you appreciating my feelings so unfairly ! Eh ! Sir, for momentary trials and tribulations, I should have left a post of honor in a cowardly way ; for an embarrassing position, I should have lied to my conscience and to my duty, I should have run away in front of danger with all my strength ! No, Sir, no, whatever the interpretation the class of color gives in my behavior, during my stay to Martinique, there is not one single mulatto…. who has disabused you, if you had

1842 Perrinon est capitaine en premier. Perrinon is master first.

announced the situation that I so fervently reject today ».

Without any doubt, Schœlcher was deeply impressed by the passion which enlivens Perrinon for the cause for the abolition of slavery. This particularly virulent exchange, brought both of these men closer and these two historical figures will proceed fight abreast in favor of the abolition of slavery later on. In 1843, Schœlcher speaks about it as «Our good and brave friend». In this era, Perrinon becomes a Freemason and he is bestowed by the abolitionist lodge of the Union of SaintPierre, to acquire the letter of constitution in Paris to the Grand Orient of France. The actual Masonic lodge of Saint Martin in Marigot still carries the name of Concorde-Perrinon.

1844 Mission to St Martin On June 28th, 1844, Perrinon leaves on a mission to the island of Saint Martin. He meets the

28 juin/june 1844

Mission à St Martin, associé à Mery d’Arcy pour l’exploitation des salines. mission at St Martin, associated Mery D’Arcy for the operation of the salt ponds.

5


Saline de Chevrise à la saison sèche Chevrise salt marsh in dry season.

Perrinon dirige alors la remise en état et l’exploitation des salines et publiera un rapport intitulé « Résultat d’expériences sur le travail des esclaves » en mai 1847. Il réunit une équipe d’une centaine de travailleurs libres et esclaves, dont

Panier utilisé pour laver le sel. Basket used to wash the salt.

certains sont mis à disposition par les propriétaires d’habitations de Saint Martin. Dans son rapport, il démontre par des arguments économiques l’intérêt qu’il y a de bien traiter les esclaves et d’encourager le travail par une rémunération appropriée en fonction des responsabilités de chacun et proportionnelle au rendement de la récolte du sel. Il y contredit les théories des antiabolitionnistes en citant certains préjugés tels que « pas de fouet, pas de travail » ; ou encore « pas de moyens coercitifs, pas de respect, pas d’influence morale » et il s’insurge contre ceux qui

« rappellent la prétendue paresse des noirs et qui s’étonnent que l’esclave, n’ayant aucun but, aucun intérêt dans la société n’eut pas la vertu de s’accabler de peines et de misères pour augmenter, au dépens du sien, le bonheur de son maitre ». Il y décrit également les travaux nécessaires à la récolte du sel, encore visibles dans les deux étangs :

« Nos principaux ouvrages consistaient dans la construction de fortes et longues digues d’enceinte destinées à séparer les eaux salées venant de la mer des eaux pluviales descendant des montagnes ; dans la division de l’aire ainsi réservée par d’autres digues moins importantes... La petite quantité d’eau dont il était couvert, exposée pendant toute la journée aux ardeurs d’un soleil brûlant, rendait fort pénible et difficile l’enfoncement des pieux destinés à recevoir le clayonnage des faces des digues. Ces pieux étaient coupés, à une assez grande distance de l’étang, sur des mornes où n’existent même encore que quelques petits sentiers praticables seulement aux piétons. Les travailleurs étaient employés, suivant les besoins du service, partie à couper et transporter le bois, partie à enfoncer les pieux et à clayonner, partie à piocher, pelleter et brouetter les terres de remplissage ».

notary Méry d’Arcy who has the concessions for the salt ponds of Grand-Case and Brittany (nowadays Chevrise), with whom he decides partner with, as well as with the brothers Isnardon, merchants in Basse-Terre. They create the company « Isnardon Brothers And Company » . Perrinon oversees the exploitation and the labor of the salt ponds and will publish a work called «Result of experiments on slave’s work» in May, 1847. He unites a team of a hundred free workers and slaves, among whom some are put in disposition by the owners of plantations of Saint Martin. In his report, he shows via viable economic arguments, the interest in treating the slaves correctly and encouraging working and being remunerated a salary proportional to the responsibility given and to the amount of output of salt produced. He contradicts the theories of the anti-abolitionists by naming certain prejudices such as « no whip, no job » or else « no coercive means, no respect, no moral influence » and he rises up against those who constantly

The report also describes the work necessary for the salt crops to be bountiful, which are still visible in both ponds :

« Our main work consisted in the building of strong and long surrounding seawalls intended to separate sea water from the rain waters going down from mountains ; in the divisions of the areas reserved, by other less important seawalls... The small quantity of water with which it was covered, was exposed all day in the ardor of a scorching sun, thus making the soil difficult to pound the stakes into the parched soil to set up the fencing. The stakes were cut up a distance from the salt beds where only a few small paths existed to walk through. The workers were assigned various tasks according to the needs of the department, some cut and transported, others positioned and pounded, while others shoveled and turned the dry earth and salt fill ».

Return to Paris, Political Entrance 1846

« remind all of the alleged laziness of the blacks and who is surprised that the slave, having no purpose, no interest in the society had no aim to heal his troubles at his expense but at the expense of his owners happiness ».

Perrinon returned to Paris, he was then appointed to the head of a foundry where he would perhaps make the steam operating salt mill visible near the MJC Grand-Case. The 4th of March 1848, Victor Schœlcher allows him to enter the Com-

Isabelle Evasion et Saint-Martin Evasion contribuent à la préservation du patrimoine de Saint-Martin. 1846

6

1847

Fondation du Liberia par des esclaves libérés. Liberia founded by freed slaves. Retour à Paris Perrinon nommé à la tête d’une fonderie. Return to Paris Appointed to head a foundry.

May 1847

Dec. 1847

Chevalier de la légion d’honneur. Knight of Honour. Publication de « Résultat d’expériences sur le travail des esclaves à St Martin ». Publication of the work «Experiences on the work of the slaves in St Martin».

février/feb. 1848

4 mars/march 1848

Abdication de Louis Philippe, proclamation de la Seconde République. Abdication of Louis Philippe, proclamation of the second Republic. Lors de la révolution les blancs propriétaires appuient la candidature de Perrinon. Further the Revolution, white owners support Perrinon candidacy.

Victor Schœlcher le fait entrer dans la commission d’abolition de l’esclavage. Victor Schœlcher invites him in the Committee of Abolition of Slavery.


F.A. Perrinon à Paris vers 1850 F.A. Perrinon in Paris about 1850

1846 Retour à Paris, entrée en politique Perrinon rentre à Paris, il est alors nommé à la tête d’une fonderie où il fera peut-être fabriquer le moulin à sel fonctionnant à la vapeur,

encore visible près de la MJC de Grand-Case. Le 4 mars 1848, Victor Schœlcher le fait entrer dans la commission d’abolition de l’esclavage. Lors de la révolution de Février 1848, les blancs propriétaires dans les cercles Schœlchéristes de Paris appuient la candidature de Perrinon. Le 27 avril 1848, le gouvernement provisoire décrète l’abolition de l’esclavage en France et dans ses colonies. Perrinon est nommé commissaire de l’abolition, puis commissaire général de la République en Martinique et le 3 juin, il débarque sur l’île pour annoncer la promulgation du décret d’abolition, mais la nouvelle l’a précédé, annoncée par le général de brigade Rostoland le 23 mai 1848, provoquant des troubles importants à Fort-de-France. Le 22 août, Perrinon est élu député et nommé représentant du gouvernement à la colonie de la Guadeloupe. Le 24 juin 1849, il est à nouveau élu député de la Guadeloupe, élection qui sera annulée par l’assemblée le 17 octobre à cause de la terreur qui règne dans la colonie. Il sera ensuite réélu et restera représen-

mittee of Abolition of Slavery. As of the February 1848 revolution, the white owners in the circle of the Paris Schœlcherists support the candidacy of Perrinon. April 27th 1848, the provisional Government declares the abolition of slavery in France and its colonies. Perrinon is appointed Commissioner of the Abolition and then Commissioner General of the Republic in Martinique and June 3rd, he arrives on the island to announce the decision of the decree of abolition, but the news has already been announced by Brigadier-General Rostoland on May 23rd 1848, causing major riots in Fort de France. On August 22nd, Perrinon was elected member and appointed representative of the Government in the colony of Guadeloupe. On June 24th, 1849 he is the new Deputy of Guadeloupe, but the election will be cancelled by the Assembly on October 17th due to the terror that reigns on the island colony. He is then re-elected and will remain representative of the

people at the National Assembly (member of Guadeloupe) until the coup of December 2nd 1851 which takes Louis Napoleon Bonaparte (Napoleon III) to power and causes the dissolution of the meeting. He refuges himself in 1852 in Saint Martin & resumes the direction of salt ponds in Chevrise. He bought from Frederic Jones, from the island of Antigua, the English schooner «Revenue» and from Pierre Daniel Beaupertuy a piece of land 25 meters wide by 32 meters deep in GrandCase, with home and dependencies. His refusal to swear to the regime of Napoleon III, leads to his dismissal of the army officials. April 18th 1853, subsequently, his relationship with Napoleon III seems to improve since by Imperial Decree of 13 August 1856, the right to exploitation of the salt mines for following thirty years was extended to Mr. Mery D’Arcy by colonial decree dated May 7th 1842 and brought Ninetynine years for the benefit of A.F. Perrinon and company. He will

Tel. : 0590 52 22 22

27 avril/april 1848 Le gouvernement provisoire décrète l’abolition de l’esclavage. Perrinon est commissaire de l’abolition, puis commissaire général de la République en Martinique. The Provisional Government enacts & follows the abolition of slavery. Perrinon is Commissioner of the abolition, and then General Commissioner of the Republic in Martinique.

3 juin/june 1848 Perrinon débarque sur l’île pour annoncer la promulgation du décret d’abolition. Perrinon disembarked on the island to announce the circulation of the Decree of abolition.

22 août/august 1848 Perrinon député et représentant du gouvernement à la Guadeloupe. Member Perrinon and representative of the Government to Guadeloupe.

Nov. 1848 Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République. Louis - Napoleon Bonaparte, President of the Republic. Il est fait officier de la Légion d’Honneur. He is made officer of the Legion of Honou r.

24 juin/june1849 Il est à nouveau député de la Guadeloupe. He is elected deputy of Guadeloupe again.

7


tant du peuple à l’Assemblée Na- puisque par décret impérial du 13 tionale (député de la Guadeloupe) août 1856, le privilège de l’exploijusqu’au coup d’Etat du 2 décembre tation des salines accordée pour 1851 qui porte Louis Napoléon Bo- trente années à M. Mery d’Arcy par décret colonial en date du 7 naparte (Napoléon III) au mai 1842 est prolongé pouvoir et provoque la et porté à quatredissolution de l’asvingt-dix-neuf ans au semblée. Il se refuprofit de MM. A.F. gie dès 1852 à Saint Perrinon et compaMartin où il reprend gnie. Il effectuera un la direction des voyage en Hollande salines de Grand afin d’obtenir l’autoriCase et de Chevrise. sation d’exploiter égaIl rachètera à Fréderic lement la saline Jones, de l’île d’AnPièce de 10 Francs à l’effigie de de Great Bay en tigua, la goélette anglaise « Reve- Napoléon III trouvée à St-Martin. partie hollandaise 10 Francs coin with Napoleon III en association nue » et à Pierre effigy found in St-Martin. avec le notaire Daniel BeauperSpeetjens, créant thuy un terrain de 25 mètres de large sur 32 de pro- la puissante société des Etangs fondeur à Grand Case, avec mai- Salins de l’Isle de Saint Martin. son et dépendances. Son refus François de prêter serment au régime de Auguste Perrinon s’est éteint à Napoléon III, entraine sa radiation Saint Martin le 2 janvier 1861. Sa des cadres de l’armée le 18 avril tombe se trouve dans la partie Est 1853. Par la suite, sa relation avec du cimetière catholique de Marigot. Napoléon III semble s’améliorer

Une rue à Marigot porte son nom A street is wearing his name in Marigot

Le broyeur à sel de Grand-Case Grand-Case salt mill

make a trip to Holland for the authorization to also exploit the salt ponds in Great Bay Dutch side in association with the notary Speetjens, creating the powerful « Saint Martin Island salt pond Company ». François Auguste Perrinon died in Saint Martin January 2nd 1861. His grave is located in the eastern part of the Catholic Cemetery in Marigot.

Pierre tombale de Perrinon visible au cimetière catholique de Marigot. Perrinon’ s gravestone visible in Marigot Catholic cemetery. 17 oct. 1849 Annulation de son élection à cause de la terreur en Guadeloupe. Réélu, il restera représentant du peuple à l’Assemblée nationale. Cancellation of his election due to the terror that exists in Guadeloupe. Reelected, he will remain representative of the people at the National Assembly

2 dec. 1851 Coup d’Etat qui porte Napoléon III au pouvoir et provoque la dissolution de l’Assemblée. Coup d’état that puts Napoleon III to power and causes the dissolution of the Assembly.

1852 Il se refugie à St Martin et reprend la direction des salines. Début du Second Empire. Refuges himself in Saint Martin and resumes the direction of the salt mines. Beginning of the second empire.

31 jan. 1853

Décès de sa mère Death of his mother

13 août/aug.1856 Décret impérial accordant le privilège de l’exploitation des salines au profit d’A.F. Perrinon et compagnie porté à 99 ans à partir de 1842. Imperial Decree granting the privilege of the exploitation of the salt ponds to A.F. Perrinon and company for 99 additional years starting from 1842.

1861 Guerre de Sécession aux Etats-Unis. American civil war in the United States.

2 jan. 1861 François Auguste Perrinon meurt à Saint Martin François Auguste Perrinon dies in Saint Martin.

1865 Lincoln proclame la fin de l’esclavage aux Etats-Unis. Lincoln proclaims the end of slavery in the United States.

9


FOUILLES ARCHEOLOGIQUES A QUARTIER D’ORLEANS Une campagne de fouilles organisée par l’association archéologique Hope Estate vient de s’achever sur les hauteurs de Quartier d’Orléans, entre les Grands Fonds et Belle Plaine. Ce site découvert en 1993 n’avait pu être fouillé faute d’autorisation des propriétaires des terrains. Il aura fallu attendre plus de 15 ans avant de pouvoir démarrer ces sondages qui vont nous permettre de caractériser le matériel et de dater cette occupation précolombienne. Cette fouille a reçu le concours technique et financier du service régional d’archéologie de la Fouilles à Quartier d’ Orléans. Guadeloupe et le souDigging in French Quarter. tien de bénévoles. Une tranchée d’une dizaine ossements de tortue, de poissons, de mètres de long a été ouverte sur de rongeurs, charbons, parures et la pente du plateau, mettant en évioutils en Lambi (Strombus Gigas) dence des dépotoirs d’époque néoont été mis au jour. Ce matériel est indienne récente (environ 1000 ans actuellement en cours d’étude au ap. J.C.) renfermant de nombreux Musée de Saint Martin et fera l’obrestes matériels rejetés par les jet d’un rapport scientifique. Nous amérindiens. Parmi ces restes, de nombreux tessons de céramique, des coquilles de burgaux (Cittarium Pica), outils en pierre,

ARCHAEOLOGICAL EXCAVATIONS IN FRENCH QUARTER An excavation campaign was held by the Hope Estate Archaeological Association and has just recently ended in French Quarter betw- een Grand Fonds and Belle Plaine. The site, discovered in 1993, could not be excavated without authorization of land owners and the wait took more than 15 years before starting these surveys that will enable us to characterize the artifacts and date this pre-columbian occupation. This search has received the technical and financial support of the Regional Service of Archaeology of Guadeloupe and immense volunteer support . A trench of about ten meters long was opened

Roche gravée de Moho à 500 m du site. Moho carved rock 1500 feet from the site.

years A.D.) containing several artifacts remains left behind by the Amerindians. Among these remains are many ceramic shards, whelks (Cittarium Pica), shells, stone tools, turtle, fish and rodents bones, coals, trimmings and tools made of conch shells (Strombus Gigas) have been filed. This material is currently being studied at Saint Martin Museum and a scientific report is under writing. We shall come back at greater length on the results of this study in our next editions.

Quelques objets découverts à Quartier d’Orléans. Some of the artificats uncovered in French Quarter.

reviendrons plus longuement sur les résultats de cette étude dans nos prochaines éditions.

Vue de la surface du site. View of site surface. 500

10

600

650

700

Début du Néo-indien récent, occupation de la pointe des Canonniers aux Terres-Basses. Début de la traite Clovis, roi des Beginning of the Recent Neo-Indian, occupation Francs se convertit d’esclaves d’Afrique of the Pointe des Canonniers in the Low lands. vers le monde musulman. Fin de l’occupation Cedrosan Saladoïde au christianisme Beginning of the Clovis King of de Hope Estate. Francs converts to trafficking of slaves from End of the Hope Estate Cedrosan Christian religion. Africa to the Muslim world. Saladoïd settlement.

on the slope of the plateau ; highlighting the midens of recent Neo-Indian period (about 1000 750 – 950 Occupation Cedrosan Saladoïde de l’Anse des Peres. Cedrosan Saladoïd settlement in Anse des Peres

vers 1000

Occupation du site de Quartier d’Orléans, Néo-indien récent. Occupation of French Quarter site, Recent Neo-Indian.

1350

1492

1550

Disparition des derniers amérindiens de St Martin. Disappearance of the last Amerindians of St Martin. Premier voyage de Christophe Colomb. Columbus’s first voyage to the New World. Occupation Chican Ostionoïde à Baie Rouge. Chican Ostionoïde settlement in Red Bay .


LE MUSEE DE SAINT MARTIN Le Musée de Saint Martin a déménagé et se trouve désormais au numéro 7 rue Fichot, derrière l’église catholique de Marigot. Installées dans l’ancienne prison, les collections exposées accompagnent le visiteur à la découverte de la préhistoire et de l’histoire de Saint Martin, de 3250 avant J.C. jusqu’au milieu du 20ème siècle. Vous y découvrirez aussi la géologie et les différents milieux naturels de notre île. Ouvert depuis le 8 décembre 2008, le Musée a déjà accueilli plusieurs centaines de visiteurs dont un millier de scolaires

venus suivre une visite guidée. Plus de 600 objets accompagnés de gravures, de peintures et de cartes anciennes sont à la disposition du public pour parfaire leur connaissance de l’histoire qui a forgé notre société moderne. Les professeurs des écoles intéressés par une visite guidée doivent prendre rendez-vous en appelant le 06 90 56 78 92 ou se rendre directement au Musée. Le musée accueille le public tous les jours, sauf le dimanche, de 9h00 à 13h00 et de 15h00 à 17h00.

THE SAINT MARTIN MUSEUM The Saint Martin Museum has moved and is now located at Number 7, Fichot Street, behind the Catholic Church in Marigot. Installed in the ancient prison, the collections are displayed in a manner to accompany the visitor through the discovery of the history of Saint Martin, 3250 BC up to the middle of the 20th century. You will also discover the geology and the varied natural wonders of our island. Opened since December 8th, 2008, the Museum has already received thousands of visitors among which hundreds of students have received Intérieur du musée / Inside the museum the guided tour. More than 600 objects Educational leaders, teachers including etchings, and parents who are interested in paintings and ancient participating in guided tours can maps are at the pu- do so via appointment by calling blic’s disposition to im- 06 90 56 78 92 or by going directly prove their knowledge to the museum. The museum is of the history that has open to the public every day from forged our modern so- 9 am to 1 pm and 3 pm to 5 pm, ciety. closed on Sundays.

Denise Parisis nous a quittés. Denise Parisis vient d’être emportée et nous lègue près de 40 ans de recherches documentaires dans les archives historiques des colonies Antillaises. Denise Parisis est née le 23 mars 1938 à Romainville. En juillet 1960, elle épouse Henry Parisis, et enseigne quelques temps à l’Université d’Orsay, avant de débarquer en Guadeloupe pour enseigner l’Histoire au lycée de Baimbridge. A la demande du Bureau Denise et Henri Parisis. du Patrimoine de Paris, elle est chargée avec Plantation de Spring, journée son mari Henry de réaliser un inventaire du du patrimoine 1995. Denise and Henri Parisis. Spring patrimoine industriel de la Guadeloupe. Elle travaillera plusieurs années à Saint Martin Plantation, Heritage Day 1995. pour réaliser un inventaire des sucreries, publié par la société d’Histoire de la Guadeloupe en 1994. Ses recherches en feront une experte des archives départementales de la Guadeloupe. Denise était une femme de caractère, passionnée, passionnante, qui a grandement contribué à la connaissance de l’histoire de Saint Martin entre le XVIIIème et le XIXème siècle. Sa disparition est une perte énorme pour Saint Martin, comme pour toutes les iles Antillaises. L’AAHE s’associe à la douleur de son mari Henry, de ses enfants, de sa famille et de ses proches.

Denise Parisis left us. Denise Parisis just passed and leaves us about 40 years of research in the historic archives of West Indian colonies. Denise Parisis was born on March 23rd, 1938 in Romainville. In July, 1960, she maries Henry Parisis, and teaches some time at the University of Orsay, before landing in Guadeloupe to teach the History to the high school of Baimbridge. At the request of the Heritage Bureau of Paris, she is charged with her husband Henry to realize an inventory of the industrial heritage of Guadeloupe. She will work several years on Saint Martin to realize an inventory of the sugar plantations, published by the Historical society of Guadeloupe in 1994. Her researches will make her an expert of the departmental archives of Guadeloupe. Denise was a woman of character, a passionate person, fascinating, who largely contributed to the knowledge of the history of Saint Martin between the 18th and the 19th century. Her disappearance is an enormous loss for Saint Martin, as for all the West Indian islands.The AAHE joins to the pain of her husband Henry, her children, her family and her close relations. 1700 1/09/1715 Plein essor de la traite négrière. Full development of the slave trade.

Mort de Louis XIV à Versailles. Death of Louis XIV in Versailles.

1750 19/04/1775 Début de l’ère industrielle, USA 800 millions d’habitants Début de la Révolution sur terre. (Guerre d’indépendance). Beginning of the industrial Beginning of the war of era, independence (America). 800 million people on Earth.

1789

1789

26/08/1789

Construction de la prison de Saint Martin, construction du Fort Louis. Construction of the Saint Martin prison and of Fort Louis. George Washington, premier présiDéclaration des Droits dent des Etats-Unis, prête serment. de l’Homme et du citoyen. George Washington, first President Declaration of human of the United States takes oath. and civil rights.

15 mars 1790

Abolition du servage en France Abolition of indentured servants in France.

11


UN CLUB PATRIMOINE POUR LES JUNIORS Depuis le 15 septembre, le Musée met en place un programme d’activités destiné à sensibiliser les jeunes au patrimoine. Tous les mercredis, Corinne et Hervé animent ces ateliers où vos enfants se familiariseront avec les techniques de l’archéologie et apprendront entre autre à se repérer dans l’espace, à dessiner les céramiques, outils en pierre et coquillages, ossements et partiront en reportage photo sur des sites historiques. Chronologie de la préhistoire, histoire des sucreries, du sel, architecture traditionnelle, rencontre avec les ainés sont quelques exemples des thèmes qui seront abordés durant ces ateliers. Les jeunes seront

THE JUNIOR HERITAGE CLUB, FOR THE YOUTH

également initiés à la photographie numérique et à l’utilisation

As of September 15th, the Museum has set up a program of acti-

de logiciels de traitement des images. Les inscriptions se font directement au Musée ou en appelant le 06 90 56 78 92.

vities intended to bring awareness of our cultural heritage to the youth. Every Wednesday, Corinne and Hervé conduct these workshops where your children will dis-

cover the techniques of archaeology and learn amongst other things, movement in space, how to etch in ceramic, and the utilization of stone and shell tools, artefact interpretation and will actually have the chance to visit, study and photograph different historical sites. Other workshop themes include : Saint Martin prehistory, history of sugar Mills, salt harvesting, traditional architecture, and meetings with the elders of Saint Martin. The children will also be initiated in digital photography and the use of various soft wares for photography purposes. Inscriptions and Reservations can be made directly in the Museum or by calling 06 90 56 78 92.

Les membres du Club Patrimoine en plein travail. The members of Saint-Martin Heritage Club at work.

Etude des poteries amérindiennes. Studying amerindian ceramics.

20/06/1791

12

Fuite de Louis XVI, arrêté à Varennes en Argonne. Louis XVI flees, caught at Varennes in Argonne.

1792

Les droits des mulâtres sont reconnus à St Domingue. Mulatos rights are recognized in Santo Domingo.

10/08/1792

Seconde révolution. Emeute des sansculottes, fin de l’Ancien Régime. Second revolution. Sans-culottes riots, end of the Former Regime.

4/09/1797

1798 Haïti

Lutte de libération menée Coup d’état du 18 fructidor organisé par par François Dominique 3 Directeurs et Napoléon qui battent les Toussaint-Louverture. Fight for emancipation royalistes. leaded by François Coup of 18th fructidor prepared by 3 Dominique Directors and Napoleon Toussaint-Louverture. who take over the Royalists.

1799 Coup d’état du 18 Brumaire. Bonaparte prend le pouvoir et devient Premier Consul. Fin du Directoire. Fin de la Coup of 18th Brumaire. Bonaparte is in power and becomes First Consul. End of Directoire. End of Revolution. Consulat.


HERITAGE 1  

Le mensuel du patrimoine de Saint Martin. Saint Martin's Heritage monthly.

Advertisement