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Assurance Agricole

Groupama SA - Société Anonyme au capital de 1 186 513 186 € - Siège social : 8-10 rue d’Astorg 75008 Paris - 343 115 135 RCS Paris - Caisse régionale d’Assurance Mutuelle Agricole Groupama. Entreprises régies par le Code des assurances. Document et visuels non contractuels - Crédits photo : Masterfile - Getty Images - Corbis - Illustration : Odeka/Agence : l’Un&l’Autre - Being - Janvier 2012.

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EDITORIAUX La rédaction

Les lecteurs

Elle démarre cette campagne ?

La méthanisation, solution pour la compétitivité

© Terre-net Média

Pierre Boiteau, directeur des rédactions de Terre-net Média.

on alors ! Elle démarre cette campagne présidentielle 2012 ? Ou restet-elle au niveau des querelles et autres bas échanges à peine dignes d'une cour d'école primaire ? Voire aux "y'a qu'à, faut qu'on" et aux "demain on rase gratis" qui commencent à poindre, telles les fameuses "promesses qui n'engagent que ceux qui y croient"... Est-il utopique d'espérer mieux ? A quand un ou une candidat(e) qui nous propose une vision pour la France de 2020...

Et l'agriculture dans tout ça ? Fera-t-elle partie des débats ? Si personne du monde agricole ne bouge, j'ai bien peur que non. Beaucoup s'inquiètent seulement aujourd'hui de la désindustrialisation alors que la France a déjà perdu une partie de son industrie, et les emplois directs et induits qui vont avec. Il ne faudrait pas faire la même chose avec l'agriculture. Elle obtient de bons résultats économiques, même si nous aimerions que les revenus agricoles soient meilleurs et surtout moins instables. Elle a un bel avenir si les décisions politiques actuelles et futures le permettent.

Que proposent les candidats pour l'avenir de la production agricole et pour celui des industries para-agricoles et agro-alimentaires ? Capacités de production, environnement, stockage de l'eau, énergie, foncier, sécurité alimentaire, renouvellement des générations, retraites, future Pac, compétitivité, régulation, valeur ajoutée, recherche, Ogm, simplification administrative... et je pourrais poursuivre cette liste à la Prévert. Autant de dossiers sur lesquels les candidats devraient se positionner avec réalisme et sans fausses promesses. Et nous présenter leurs différentes visions à 10 ans. Nous les attendons.

Jacques-Pierre Quaak Polyculteur-éleveur à Chaumes-en-Brie (Seine-et-Marne) Associé en Earl avec son frère Mauritz. Orientation de l’exploitation vers la production d’énergie : production d’électricité photovoltaïque, projet de méthanisation avec injection directe du gaz. © DR

B

C

ontrairement à l’Allemagne, qui a décidé d’abandonner à terme l’énergie nucléaire, la France vante à tout prix son savoir-faire en la matière. A tel point que, malgré les ambitions affichées à moyen terme, les technologies alternatives, comme la méthanisation, ont été totalement occultées. Notre retard par rapport à nos voisins allemands sur la méthanisation ne se résume pas au nombre d’unités installées : l’Allemagne a développé un savoir-faire technologique que nous ne rattraperons pas de sitôt. Et nous, agriculteurs français, le payons aujourd’hui très cher. L’investissement dans une unité de méthanisation coûte 30 à 40 % plus cher en France qu’outre-Rhin ! Pour nos exploitations, l’enjeu est tout autant économique qu’agronomique. La méthanisation nous permettra de diversifier nos revenus, de retraiter des déchets et de valoriser sur nos sols de nouveaux fertilisants. Ces derniers constitueront un levier important pour réduire nos coûts de production. Les politiques justifient leur choix de ne pas trop soutenir cette filière par le fait qu’elle ne créera pas d’emploi. Dans les exploitations, c’est partiellement vrai. Mais n’oublions pas les nombreux emplois nécessaires pour développer la technologie, construire de nouvelles unités et en assurer la maintenance. Il faut que nos élus prennent conscience que la méthanisation doit s’inscrire dans un projet national à la fois énergétique et économique. Et s’ils ne nous donnent pas les moyens de développer cette filière, d’autres entreprises s’en chargeront.

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Soucieux de la préservation de l’environnement, la société Terre-net Média sélectionne des fournisseurs engagés dans une démarche environnementale. Ce magazine est imprimé sur du papier certifié PEFC issu de forêts gérées durablement. Les encres utilisées sont végétales. Tous les produits qui ont servi à la réalisation de ce magazine ont été recyclés ou retraités conformément à la certification IMPRIM’VERT. Encart : Ce numéro comporte un encart sélectif "SICADIMA" déposé sur la 4ème de couverture.

Imprimé par Imprimerie LEONCE DEPREZ ZI «Le Moulin» 62620 RUITZ N°13 - Février 2012. Tirage : 105000 / ISSN 2112-6690. N° enregistrement à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 0313 T 90765.

Éthique1 Annonceurs & Agences Remise des certificats d'envois postaux

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Crédit photos de la couverture : Watier-Visuel Terre-net Média

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SOMMAIRE

[ Édito ]

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[ Pleins phares ]

Elle démarre cette campagne ? La méthanisation, solution pour la compétitivité

[ Tri angles ]

6

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Au coeur du machinisme : "The story of Jcb"

24

La révolution électrique est en marche Plusieurs préséries dévoilées à l’Agritechnica devraient ouvrir la voie, d’ici quelques années, au déploiement de la "fée électricité" dans de nombreux équipements agricoles. Les jours de l’hydraulique et de la prise de force seraient-ils comptés ?

Des prises de vue, notre point de vue : Qui inaugurera l’édition 2013 du Salon de l’agriculture ?

[ Terre’momètre ]

8 9

La température du monde agricole : 41 % des agriculteurs proches de la Fnsea Paroles de lecteurs

[ Syndic’arène ]

10

Le pluralisme des idées : Elections de 2012 : qu’en attendez-vous ?

12 13

© DR

[ Impact ] Votre horizon : Tribune de Guy Vasseur (Apca)

25

Tribune de Xavier Compain (Pcf)

[ Grand angle ]

[ Champ planet’terre ]

14

Les incontournables du machinisme : Brèves, photo-légendes, textos

Passe et impasse : Quel modèle choisir pour produire des céréales en Ukraine ?

26

Les enjeux de saison : Sélection femelle : la voie gagnante ? Génotypage des génisses, transplantation embryonnaire, semence sexée… Les biotechnologies ouvrent de nouvelles voies aux éleveurs pour booster le niveau génétique de leur troupeau. Mais ces techniques sont-elles rentables ? Si le retour sur investissement de la semence sexée semble intéressant à court terme, le génotypage des femelles, quant à lui, peine à démarrer dans les étables.

© Watier-Visuel

© DR

En Ukraine, le kolkhoze où travaillait Konstantin Pastarnak jusqu'au début des années 90 est devenu, aujourd’hui, une exploitation familiale de 1.250 ha de céréales et d’oléagineux, dirigée par sa fille Olena. Mais pour être rentable, ce modèle d’exploitation est plus imposé que choisi.

[ Inflexion ]

16

La valeur ajoutée est à vous : Lin textile : la rentabilité revient à la mode

[ En avant marge ] Les clés pour vous positionner :

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Céréales : un premier bilan contrasté dans l’hémisphère sud

[ Performance production ]

20

Vos challenges techniques : Variétés de betteraves : une histoire de compromis

[ Terre-net Occasions ]

33 41

La sélection professionnelle agricole Les annonces gratuites des agriculteurs

[ Argus ]

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La cote tracteur : Claas Ares 697 Atz

Terre-net Média : Terre-net.fr - Elevage-net.fr - Terre-net-Occasions.fr - Terre-net-WebTV.fr I Février 2012

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TRI ANGLES

Des prises de vue, notre point de vue

Salon de l’agriculture Qui inaugurera l’édition 2013 ?

Tous les cinq ans, à la veille de l’élection présidentielle, les candidats profitent de la fenêtre médiatique offerte par le Salon de l’agriculture pour défiler. Parmi les quatre leaders des sondages, qui est le mieux placé pour séduire les agriculteurs ? En attendant les choses sérieuses, les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2012, amusons-nous à travers ces différents classements ! Dérision ? Certainement.

Qui est le plus passionné par l’agriculture ? Si l’intérêt des hommes politiques pour les sujets agricoles se mesurait au nombre de visites de fermes, ou au temps passé sur les salons en dégustations et en rencontres "au cul des vaches", François Hollande pourrait-il être le digne successeur de Jacques Chirac ? Implanté en Corrèze, il semble lui aussi à l’aise dans l’exercice mais, vu la rareté de ses déplacement en exploitations agricoles, pas sûr qu’il soit si concerné que cela ! A l’inverse de Nicolas Sarkozy, qui se sera rendu pas moins de huit fois en terres agricoles en 2011. Sans doute afin de reconquérir un électorat en partie perdu alors que 67 % des agriculteurs avaient voté pour lui en 2007. Au-delà des visites de terrain, il y a un candidat à la présidentielle qui se dit passionné par l’agriculture : le président du Modem. Eleveur de chevaux et adhérent à la Fnsea, François Bayrou aime évoquer son attachement au monde agricole, dont il est issu. Mais n’est-ce pas une image entretenue pour les circonstances ?

Qui est le plus fidèle au Salon de l’agriculture ? Une simple visite au Sia est-elle suffisante pour être élu par les agriculteurs ? Compte tenu de l’étendue des responsabilités du président de la République, ne faut-il pas le juger sur d’autres critères ? Sur ses capacités à s’encadrer d’une équipe compétente par exemple, sur son leadership, etc. Toujours est-il que les quatre candidats leaders des sondages sont globalement tous présents à chaque édition. Ceci dit, ce type de déplacement ne semble pas être la tasse de thé de Nicolas Sarkozy. Tout le monde garde en mémoire le « casse-toi pauvre con » de 2008, ou encore la visite de clôture de 2010. Marine Le Pen n’aura pas attendu d’être présidente du Front national et candidate du parti pour parcourir les allées du salon : elle accompagnait déjà son père durant les précédentes éditions, comme en 2007. Et les deux François, Bayrou et Hollande, visitent régulièrement le Sia.

Crédits photos : AFP

Valentine, l’ambassadrice gasconne de l’édition 2012 du Sia, attend les caresses de l’ensemble des candidats à partir du 25 février à la porte de Versailles.

Qui est le plus apprécié des agriculteurs ? Avec 51 % de bonnes opinions chez les agriculteurs, Nicolas Sarkozy a repris une petite longueur d’avance dans les sondages (1) sur François Bayrou (48 %), Marine Le Pen (34 %) et François Hollande (21 %). Une chose est sûre : pour séduire un électorat majoritairement et historiquement de droite, François Hollande devra mettre les bouchées doubles dans les prochains mois. Pierre Criado (1) d’après le Baromètre agricole Terre-net Bva de décembre 2011, diffusé dans le dernier numéro de Terre-net Magazine (janvier 2012)

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Terre-net Magazine I Février 2012


Votre horizon La température du monde agricole TERRE’MOMETRE

Proximité syndicale 41 % des agriculteurs proches de la Fnsea

A

un an des élections des Chambres d'agriculture, voici un premier panorama des préférences syndicales du monde agricole. Selon le dernier Baromètre agricole Terre-net Bva*, 41 % des agriculteurs se sentent proches de la Fnsea, soit 58 % de ceux qui expriment une sensibilité syndicale. Près de 15 % choisissent la Coordination rurale (CR), 8 % la Confédération paysanne (CP), 6 % Jeunes agriculteurs et 1 % le Modef. 29 % des exploitants agricoles restent sans proximité partisane. La loi Cov (Certificat d’obtention végétale, Ndlr), en particulier la taxation des semences de ferme, pourrait-elle bouleverser ces tendances ? Toutes obédiences syndicales

confondues, la plupart des agriculteurs n’acceptent pas de ne plus pouvoir utiliser librement les semences produites sur l’exploitation. Côté popularité, Xavier Beulin, à la tête de la Fnsea depuis moins d’un an, est le président de syndicat agricole le plus connu et le mieux coté (38 % de bonnes opinions et un indice de popularité de 7 points). Les autres leaders souffrent d’un déficit de notoriété très important. 89 % des exploitants ne connaissent pas le président du Modef, Jean Mouzat, 83 % celui de la CR, Bernard Lannes, 79 % celui de la CP, Philippe Collin et 68 % celui des JA, Jean-Michel Schaeffer.

Parmi les syndicats agricoles suivants, duquel vous sentez-vous le plus proche ou disons le moins éloigné ?

Fnsea

41 %

Coordination rurale

15 %

Confédération paysanne

8%

Jeunes agriculteurs

6%

Modef

1%

Sans proximité partisane

29 % Baromètre agricole Terre-net Bva*

Question d’actualité La majorité des phytos achetés en morte-saison

S

elon le dernier Baromètre agricole Terre-net Bva*, 67 % des agriculteurs s’approvisionnent en produits phytosanitaires durant la morte-saison et 58 % d'entre eux effectuent des achats complémentaires durant la campagne, selon l’état de leurs parcelles. Une stratégie adoptée par 80 % des céréaliers et 57 % des polyculteurs-éleveurs.

A quelle période achetez-vous vos produits phytosanitaires ?

Uniquement durant la morte-saison

9%

Durant la morte-saison, en complétant si besoin en fonction de l’état des cultures

58 %

Uniquement durant la saison, en fonction de l’état des cultures

32 %

Ne se prononce pas

1%

A contrario, 32 % des producteurs achètent leurs phytos « uniquement durant la saison, en fonction de l'état des cultures ». Une pratique largement répandue dans le secteur de l’élevage : 65 % Baromètre agricole Terre-net Bva* des éleveurs spécialisés la suivent contre 7 % des céréaliers.

Moral des agriculteurs Un quart des agriculteurs ont confiance en l’avenir

S

ur les 777 chefs d’exploitation agricole interrogés dans le cadre du dernier Baromètre agricole Terre-net Bva*, 26 % se disent plutôt confiants pour l’avenir de leur entreprise au regard de l’actualité de ces dernières semaines (sondage réalisé en décembre, Ndlr). 33 % ne sont ni plus ni moins confiants et 41 % expriment des doutes quant au devenir de leur structure. Ces pourcentages sont sensiblement les mêmes quelle que soit l’activité principale.

Depuis ces dernières semaines, êtes-vous plutôt plus confiant ou plutôt moins confiant concernant l’avenir de votre exploitation ?

Plutôt plus confiant Plutôt moins confiant Ni plus, ni moins confiant

26 % 41% 33 % Baromètre agricole Terre-net Bva*

*Sondage réalisé du 29 novembre au 5 décembre 2011, par Internet, auprès d’un échantillon national de 777 agriculteurs professionnels connectés, âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : région et orientation principale de l’exploitation (grandes cultures / polyculture-élevage / autres : viticulture-arboriculture-maraîchage) - Source : Scees.

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Terre-net Magazine I Février 2012

Le Baromètre agricole Terre-net Bva sur www.terre-net.fr/barometre


Extraits des commentaires d'articles et des discussions entre agriculteurs sur Terre-net.fr et Elevage-net.fr/Web-agri.fr

Quel rôle, pour les adhérents, dans les coopératives en croissance ?

Micky49 : « Quel rôle les adhérents peuvent-ils jouer dans les systèmes coopératifs en croissance (…) ? Ces groupes ont-ils la volonté d'élargir la base de leur actionnariat à l’ensemble de leurs fournisseurs agriculteurs, qu'ils soient adhérents ou coopérateurs, ou celle de croître par le biais de leurs filiales privées sous forme d'actions ? Globalement, la prise de participation des agriculteurs dans les outils de l'aval est un acte qui implique et qui responsabilise. Pour tout outil industriel ou commercial, c'est aussi un moyen d'accéder à des capitaux "non spéculatifs" où la rentabilité à court terme a moins d'importance que celle à moyen et long terme. » Source : forum des Terrenautes.

Si proches de la nature donc forcément responsables !

LE CRÉDIT MUTUEL, BANQUE DE L’ANNÉE EN FRANCE. Pour la deuxième année consécutive, le magazine international The Banker a élu le Crédit Mutuel « Banque de l’année en France ». Profondément ancré dans ses régions, le Crédit Mutuel est une banque coopérative. Elle appartient à ses sociétaires-clients : ceux-ci peuvent participer au fonctionnement de leur Caisse locale en votant aux Assemblées générales. C’est donc à ses clients que le Crédit Mutuel rend des comptes. Le Crédit Mutuel a fait le choix d’un développement équilibré qui privilégie les métiers bien maîtrisés et ce, au bénéfice de plus de 11 millions de clients qui lui font confiance.

Lainber : « A force de directives, de réformes, de prendre pour cible l'azote – on commence à y associer le phosphore et pourquoi pas bientôt la potasse – que nous restera-t-il pour faire une fumure ? N'y aura t-il pas un jour où on nous obligera à épandre des boues soi-disant parce que c'est "naturel" et parce que c'est plus facile de culpabiliser l'agriculture plutôt que le consommateur ! Les lessives apportent des nitrates et des phosphates, les produits détergents, eux, des agents toxiques. Combien de villages de campagne laissent encore aller leurs eaux usées vers le ruisseau en contrebas ? Les sources de pollutions sont nombreuses. Pour autant, on ne parle que de l'agriculture. Nous sommes si proches de la nature que nous sommes forcément les responsables ! » Source : forum des Terrenautes.

Quand l’Etat va-t-il s’occuper de la méthanisation ?

Nitram : « Le soucis pour les candidats à la méthanisation est que l'Etat ne tient jamais ses promesses sur les tarifs. D'où une certaine difficulté pour assurer la rentabilité dans le temps. (…) Comment se connecter sur le réseau Gdf et à quel prix. Quid de la proximité des installations de raccordement Edf. Tant que l'Etat voudra s'occuper de tout réglementer, il ne sera effectivement pas possible de rattraper nos amis allemands. En effet, pour arriver à faire mûrir un projet, il faut entre quatre ans, pour les favorisés, et six ans. Personne ne se demande pourquoi. » Source : commentaires d'article sur Elevage-net.fr/Web-agri.fr

A propos de la perte du triple A de la France

Realiste : « L'agriculture va-t-elle aussi payer au prix fort les erreurs de gestion que notre pays a faites pendant 30 ans ? A part les plus riches protégés par le pouvoir, dans tous les métiers, nous allons payer les pots cassés. Dixit le site marianne.fr : l'impact de la perte du triple A de la France, c'est l’équivalent de deux points de Tva, ou encore de la somme des budgets alloués aux ministères de la Culture, de l’Agriculture, des Affaires étrangères, de l’Ecologie et des Transports… » Source : commentaire publié sur Terre-net.fr en réaction à l’article « L’agriculture française, elle, n’est pas prête de perdre son triple A », paru page 6 de Terre-net Magazine n°12.

Toutes les discussions sur www.terre-net.fr/forums et www.elevage-net.fr/forums

Février 2012

Confédération Nationale du Crédit Mutuel - 88/90 rue Cardinet 75017 Paris - 02/12

OPINIONS

Paroles de lecteurs

9

UNE BANQUE QUI APPARTIENT À SES CLIENTS, ÇA CHANGE TOUT.


SYNDIC’ARENE

Le pluralisme des idées

Elections de 2012 Qu’en attendez-vous ?

A quatre mois des élections présidentielle et législatives, Terre-net Média a demandé à Jean-Marc Lezé, Julien Marre et Jean-Louis Fénart, respectivement adhérents de la Fnsea, de Jeunes agriculteurs et de la Coordination rurale, ce qu’ils attendent de la prochaine équipe gouvernementale. S’ils souhaitent que leurs intérêts soient défendus à Bruxelles pour la Pac de l’après 2013, ils réclament surtout des mesures pour retrouver de la compétitivité et faire face aux aléas climatiques.

Coordination rurale

Fnsea

© DR

Eleveur laitier, Maine-et-Loire. 65 vaches laitières, 520.000 l de quota. 120 ha, dont 60 ha en herbe.

«R

edonner à l’agriculture sa juste place dans le débat politique : voici, selon moi, la principale mission qui incombe aux candidats à l’élection présidentielle et au gouvernement nommé en mai 2012. Il ne s’agit pas seulement d’une activité qui entretient le paysage. Nous sommes des "fournisseurs de l’alimentation". Mais malheureusement, beaucoup de citoyens l’ont oublié. Le plan de développement du stockage de l’eau n’a été, pour l’instant, qu’une grande annonce politique. Au regard de la répétition des épisodes climatiques très secs, la création de nouvelles réserves hydriques est indispensable. Or, sur le terrain, nous sommes confrontés à une opposition dogmatique des associations écologistes, « Créer des réserves qui ne veulent pas toucher aux d’eau pour faire face fonds de vallées souvent classés en zone humide. Pour que aux sécheresses » les ressources en eau soient suffisantes sur l’ensemble du territoire français, il suffirait de stocker l’équivalent du débit de la Loire sur 24 heures. Ce n’est pas ce volume qui modifierait les écosystèmes. Autre chantier majeur : la Tva sociale. Nous peinons à être performants par rapport à nos voisins européens à cause du poids du coût du travail. L’instauration d’une Tva sociale permettrait d’améliorer notre compétitivité vis-à-vis des produits que nous importons. Mais, pour qu’elle ne pénalise pas trop les faibles revenus, notamment en agriculture, cette disposition devra s’accompagner d’un recalage des bas salaires et des petites retraites ; ceci, afin de compenser la hausse des prix qui en découlerait. »

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Terre-net Magazine I Février 2012

Producteur de grandes cultures, Pas-de-Calais. 103 ha, dont 30 ha de légumes et de pommes de terre et 60 ha de céréales et d’oléagineux.

© DR

Jean-Louis Fénart

Jean-Marc Lezé

«S

incèrement, je n’espère pas grand-chose du futur gouvernement, puisque l’essentiel se joue à Bruxelles. Dans leurs discours, les politiques affirment que l’agriculture est un secteur stratégique. Mais, les moyens déployés ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées. Surtout, je m’inquiète de la manière dont sont traités les dossiers. Nos élus les gèrent dans l’urgence, alors que nous, agriculteurs, devons nous projeter dans les cinq, dix voire quinze ans à venir. La prochaine équipe gouvernementale aura la charge de décliner au niveau national la Pac de l’après 2013, et plus particulièrement le verdissement des aides. L’Europe a décidé de porter les surfaces écologiques à 7 % de la Sau. C’est totalement incohérent à l’heure où l’Europe manque de terres agricoles pour assurer sa sécurité alimentaire. Quelle entreprise d’un autre domaine d’activité peut imaginer laisser improductifs 7 % de ses moyens de production ? Avec un gouvernement de gauche, ce verdissement pourrait d’ailleurs être plus douloureux une équipe de « Revoir le verdissement qu’avec droite.

des aides Pac »

Outre la nécessité de revoir cette proposition, deux autres sujets me paraissent importants. D’abord, les élus doivent revenir rapidement sur la loi Cov (Certificats d’obtention végétale, Ndlr), votée en catimini en décembre dernier. Ce texte organise un véritable racket des producteurs. Enfin, le stockage de l’eau doit absolument être développé, car les épisodes de sécheresse risquent d’être de plus en plus impactants. »


Trois avis par mois Tous les syndicats sont sollicités, à tour de rôle, afin de garantir le pluralisme.

Et vous, quelles sont vos attentes envers le futur président et la nouvelle équipe gouvernementale ? Exprimez-vous sur

www.terre-net.fr/forums

Jeunes agriculteurs Julien Marre © DR

Producteur de grandes cultures, Eure. 84 ha (blé, escourgeon, colza, pois, maïs et lin textile).

«E

tant jeune agriculteur, je souhaite que l’installation soit davantage soutenue. De nombreux chefs d’exploitation partiront à la retraite dans les années qui viennent. Il faudra absolument aider leurs successeurs à reprendre des structures viables. La Commission européenne a proposé d’introduire un soutien spécifique dans le premier pilier de la Pac post 2013. Le prochain gouvernement devra profiter de ce nouveau cadre réglementaire pour mieux accompagner les candidats à l’installation. L’urgence pour le secteur agricole français est l’harmonisation des règles de concurrence au sein de l’Europe. Pourquoi persiste-t-on à nous imposer des normes auxquelles les autres pays européens ne sont pas soumis ? En grandes cultures comme en élevage, les contraintes environnemen« Harmoniser les règles tales limitent la compétitivité des entreprises agricoles. Et concurrentielles » je crains que l’application, en France, du verdissement de la future Pac les accentue encore. Espérons qu’à l’avenir, les politiques laisseront de côté le dogmatisme pour plus de pragmatisme. Au sein même de nos filières, le droit de la concurrence doit être le même pour tous les acteurs. Les éleveurs ne sont toujours pas autorisés à se regrouper alors que d’autres maillons ont eu la possibilité de se concentrer. Enfin, nos élus doivent prendre conscience des lourdeurs administratives qui pèsent sur la gestion des exploitations. La simplification a souvent été affichée comme l’une des priorités des ministres de l’Agriculture. Il est temps qu’elle le devienne réellement. » Propos recueillis par Arnaud Carpon

Février 2012

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IMPACT

Votre horizon

Tribune de Guy Vasseur, Apca

(1)

La France a-t-elle encore en main le destin de son agriculture ?

© Apca

« La campagne de l’élection présidentielle de 2012 se déroule alors même que se négocie, à Bruxelles, la réforme de la Pac pour l’après 2013 avec comme défis : garantir la sécurité alimentaire de l’Europe et prendre en compte le changement climatique. » Toutefois selon Guy Vasseur, président de l’Apca, « la France a le destin de son agriculture en main dans de nombreux domaines ». salaires augmentent dans Il s’agira, entre autres, de revoir le projet de les Pays de l’Est, l’harmoniréforme des zones défavorisées ou encore de sation sociale prendra du rendre acceptables les critères retenus pour temps. les 7 % de surfaces d’intérêt écologique. Le L’instauration d’une Tva verdissement des aides Pac pourrait sinon sociale fait son chemin, constituer une "super conditionnalité", qui au sein du gouvernement, s’ajouterait à celle à respecter pour toucher pour alléger le coût du les Dpu. travail et "socialiser" les importations de denrées agri- Convergence des aides coles. Mais, pour qu’une telle mesure soit efficace, Une fois que le cadre européen sera fixé, le encore faut-il que les emcandidat à l’élection présidentielle devra défiployeurs répercutent cette nir comment il encouragera, s’il est élu, l’orgataxe sur les prix de vente nisation des producteurs. de leurs produits et de leurs Vis-à-vis de la convergence des aides, il fauservices. N’oublions pas dra qu’il donne le mode d’emploi au niveau que le passage à l’euro national, sachant que les régions veulent avoir s’est traduit par un regain leur mot à dire. Les faire participer à la mise d’inflation. en œuvre des programmes de développeEn matière de politique ment rural cofinancés est tout à fait possible d’irrigation comme de en créant des partenariats entre Bruxelles, les recherche, source de Etats et les Régions. Mais, faire croire à une compétitivité et d’innovaconvergence des aides à l’échelon régiotions, la Pac ne limite pas nal pour mettre fin aux références historiques les moyens d’action de la créera des distorsions entre régions. France. Et sur les biotechno- Il reviendra aussi à la France d’appliquer les logies, notre pays ne peut modifications apportées au droit de la concurpas rester silencieux. Aussi, rence et de faire évoluer les chaque candirelations entre la grande disdat à l’élection « Faire les bons tribution et les producteurs. « Concernant la Pac, il faut bien délimiter, pendant la camprésidentielle Et donc, au candidat à la pagne électorale, ce qui est du ressort du national de ce choix ». doit présenter présidentielle de 2012, d’en qui relève de l’européen et annoncer les combats à mener ses orientations expliquer les grandes lignes. sans oublier que c’est à Vingt-sept que les arbitrages deen termes de recherche vront être faits », insiste Guy Vasseur. Mais attention à ne pas surenchérir les décien prenant conscience sions européennes, relatives notamment aux des enjeux que ce secteur normes phytosanitaires, car cela risquerait de représente. Autres sujets générer de nouvelles distorsions. » qui feront partie du débat urée du travail, financement de la Guy Vasseur, président de l'Apca électoral : les attentes des consommateurs protection sociale, politique d’irriTribune écrite en décembre 2011 envers l’agriculture et les agriculteurs et les gation… Même avec la Pac et l’Europe, la Rubrique réalisée par Frédéric Hénin évolutions climatiques. France a le destin de son agriculture en main

«D

Prenons l’exemple du coût du travail. Les exploitations agricoles, qui emploient de la main-d’œuvre, sont encore désavantagées par les 35 heures. Les allègements de charges n’ont pas compensé les pertes de productivité. Et le mode de financement de la protection sociale, assis sur le travail, continue de pénaliser la France par rapport à ses principaux concurrents. Car même si les

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Terre-net Magazine I Février 2012

(1) Assemblée permanente des Chambres d'agriculture

Renoncer à la Pac L’instauration de taxes à l’importation ou le retour au franc sont tout à fait envisageables. Mais cela équivaut à renoncer à la Pac, la seule politique mutuelle de l’Union européenne, avec comme conséquences : une hausse des prix des produits importés, des conditions d’accès aux prêts plus difficiles et un endettement accru des producteurs. Concernant la Pac, il faut bien délimiter, pendant la campagne électorale, ce qui est du ressort du national de ce qui relève de l’européen et annoncer les combats à mener, sans oublier que c’est à Vingt-sept que les arbitrages devront être faits.

© Terre-net Média

dans de nombreux domaines. Il appartient donc, au futur président de la République et à la prochaine équipe gouvernementale, de faire les bons choix pour que la France redevienne le premier exportateur mondial de produits agricoles. Et, par conséquent, aux candidats de faire les bonnes propositions.

Les exploitations agricoles, qui emploient de la main-d’œuvre, sont encore désavantagées par les 35 heures. Les allègements de charges n’ont pas compensé les pertes de productivité.


Tribune de Xavier Compain, Pcf

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« Une nouvelle feuille de route agricole pour l'Europe » Terre-net Média a demandé, aux principales forces politiques représentatives, d’exposer les positions de leur parti sur les grands sujets ayant trait à l’agriculture. Voici la contribution de Xavier Compain, membre du Conseil national du Pcf en charge de l'agriculture, de la pêche et de la forêt.

Protéger les prix

© Pcf

A l'horizon 2050, l'Europe a besoin d'une nouvelle feuille de route agricole et alimentaire. La Gauche doit être audacieuse sur le champ de la Politique agricole commune, courageuse face aux prétendues réalités du marché. En raison de l’ampleur de la crise, des mesures immédiates doivent être prises : - protéger les prix agricoles plutôt que contractualiser sur les marchés à terme, en mettant en place des prix garantis rémunérateurs ; Xavier Compain prône l'application de la préférence com- appliquer la préférence munautaire et la suspension des accords bilatéraux de communautaire et suslibre-échange. pendre les accords bilatéraux de libre-échange, négociés par l'Union européenne (Mercosur) ; our relever les nombreux défis aux- renforcer la souveraineté alimentaire par la quels elle est confrontée, l'agriconstitution de stocks européens de sécurité. culture doit sortir de l'Omc, des politiques libérales de l'Union européenne et des marVivre de son travail chés spéculatifs. Avec la nouvelle Politique agricole comL'agriculture et un élément déterminant mune 2014-2020 en cours de définition, nous du projet de société pour les générations sommes à un tournant de futures. Parmi nos prol'histoire. Soit l'Europe abanpositions, quatre enga« Sortir des politiques donne notre alimentation gements forts : aux grands groupes de libérales de l'UE et des - produire suffisaml'agroalimentaire, soit nous marchés spéculatifs. » ment pour garantir parvenons à exiger une une alimentation saine politique publique forte et et accessible. Face au défi alimentaire, il alternative au capitalisme. faut que la production agricole soit soutenue par de nouvelles politiques publiques. Aujourd'hui, à travers l'ouverture des frontières L'indépendance alimentaire doit être gaet la dérégulation des marchés, c'est vers rantie et la relocalisation des productions une agriculture duale que veut nous mener doit privilégier la satisfaction des bela Commission européenne, au terme d'un soins humains ; accord entre les libéraux les plus ardents

«P

- vivre dignement de son travail. Une juste rémunération des paysans est indispensable pour l'installation de jeunes. Cette exigence vaut également pour les salariés de l'agroalimentaire. Cela passe par des prix rémunérateurs garantis, la planification de la production et la régulation des marchés, une meilleure répartition des terres agricoles, le soutien public aux exploitations et aux filières les plus vulnérables. La redistribution de la valeur ajoutée au bénéfice des producteurs est essentielle ; - initier un nouveau mode de développement écologique de l'agriculture. De la culpabilisation d'un secteur empêtré dans le productivisme, nous proposons d'en sortir par le haut. Il faut encourager l’autonomie des exploitations, tant sur le plan agronomique qu’économique, et les bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement les rendements, diversifier les productions, améliorer la complémentarité entre les cultures et l'élevage. La recherche agronomique doit être dédiée à la conquête de ce nouveau développement ; - promouvoir un aménagement équilibré des territoires. Les paysans sont les acteurs majeurs, économiques et sociaux, des espaces ruraux européens. Ces missions d'aménagement des territoires doivent être reconnues et soutenues par une politique de maintien des services publics. En France, au sein du Front de Gauche et en Europe, à travers le Parti de la Gauche européenne (G20 agricole), notre détermination à construire une nouvelle ambition agricole et alimentaire est à la hauteur de nos convictions : le capitalisme ne se moralise pas, il se combat. » Xavier Compain, membre du Conseil national du Pcf Rubrique réalisée par Frédéric Hénin (1) Parti communiste français

© Terre-net Média

et les fondamentalistes environnementaux. En France, les revenus agricoles se sont effondrés, entraînant la disparition des plus fragiles. Des filières entières sont menacées par la concurrence, le renouvellement des générations est compromis et plusieurs écosystèmes sont endommagés à jamais...

« Il faut encourager les bonnes pratiques agronomiques aptes à diversifier les productions et à améliorer la complémentarité entre les cultures et l'élevage. »

Retrouvez toutes les tribunes politiques sur www.terre-net.fr/mag/13tribunes

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Votre horizon CHAMP PLANET’TERRE

Passe et impasse

Quel modèle choisir pour produire des céréales ?

© DR

En Ukraine, le kolkhoze où travaillait Konstantin Pastarnak jusqu'au début des années 90 est devenu, aujourd’hui, une exploitation familiale de 1.250 ha de céréales et d’oléagineux, dirigée par sa fille Olena. Mais pour être rentable, ce modèle est plus imposé que choisi. En France, Gilles Menou, céréalier dans la Beauce, résiste au gigantisme. A travers le témoignage d’Olena, il mesure l’intérêt pour l’Europe et la France de conduire une politique agricole forte et cohérente même si, sous sa forme actuelle, la Pac ne le satisfait pas.

La réforme foncière, envisagée dans un an par le gouvernement ukrainien, sème le doute dans les campagnes.

En Ukraine

«P

Aucun soutien public

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« Ne compter que sur nous-mêmes pour cultiver 1.250 ha »

des taux avantageux. En attendant, elle remet en question le renouvellement des baux des 850 ha que nous louons ; les 400 autres hectares ayant été acquis, au début du processus de transition foncière, par les quatre membres de notre famille. Or, en Ukraine, il faut au moins 1.000 ha pour vivre. De plus, avec des revenus agricoles irréguliers et la politique fiscale sans visibilité du gouvernement, difficile d’épargner pour acheter des terres et s’agrandir. Et avec des taux d’intérêt de 18 %, il est exclu d’emprunter auprès des banques pour financer ses acquisitions.

Olena Pastarnak à Zaporojie (700 km au sud-est de Kiev)

ourrons-nous, après 2013, continuer Car si l’Etat donne la possibilité, aux exploitants agricoles, de vendre les parcelles qu’il à cultiver les 1.250 ha de notre exploitation ? Ma famille et moi-même, nous leur a louées et surtout s’il délègue le pouvoir, nous posons cette question tous les jours, à la future Safer, de superviser le marché foncomme l’ensemble des cier, les agriculteurs craignent « Au moins 1.000 ha une flambée des prix ; mais agriculteurs ukrainiens. aussi des malversations qui La réforme foncière, enpour vivre. » visagée dans un an par conduiront le gouvernement à leur reprendre les terres le gouvernement, sème le doute dans les campagnes. Celle-ci préqu’ils ont en location pour cinq ou dix ans. voit, en effet, la mise en place d’un cadastre informatique et d’un organisme foncier puDifficile d’épargner blic équivalent à la Safer en France. Dans un pays comme l’Ukraine, comment pourrons-nous être certains que la gestion Enfin, autoriser la vente et l’achat de terres serait une occasion inespérée pour de nomde ce nouvel organisme public sera autobreux petits propriétaires, qui n’ont plus de lien nome ? Pour continuer à exploiter leurs terres, avec le monde rural, de céder leurs "pailles" quelles garanties auront les agriculteurs qui, au meilleur prix. comme nous, sont en fermage sur des cenEspérons toutefois que la réforme foncière taines de "paillchicks" ("pailles" en français ; facilitera l’installation de jeunes agriculteurs, petites parcelles de 4 à 6 ha, Ndlr) ? en leur permettant de souscrire des prêts à

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En fait, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Il n’existe aucun soutien public en Ukraine. Aussi, en plus d’être rentables pour dégager un revenu, nous devons constituer un

© DR

L’exploitation emploie huit salariés, qui sont payés quatre fois moins cher qu’en France.


<

En France Gilles Menou, agriculteur en Eure-et-Loire

Un plaidoyer pour plus de régulation La situation d’Olena Pastarnak rappelle, à ceux qui en doutent, l’intérêt de conduire une politique agricole forte et cohérente aussi bien en France qu’en Europe, pour que les agriculteurs aient les moyens de réaliser leurs projets. Livrés à eux-mêmes et aux marchés, ils ne peuvent pas sécuriser leur avenir. Les questions que soulève l’ouverture du marché foncier en Ukraine sont essentielles. Elles renvoient aux choix de société que le pays souhaite faire avec, comme enjeu, le maintien en activité ou non de cinq millions de paysans.

Les méfaits d’un Etat absent

© DR

Olena a toutes les raisons de craindre la création d’un marché foncier mal contrôlé car il précarisera la situation de certains agriculteurs livrés à eux-mêmes. Car c'est à l'Etat, en lien avec la profession, d'intervenir sur la

Olena, jeune agricultrice ukrainienne, confirme l’intérêt de conduire, comme en France, une politique de recherche publique dynamique.

important fonds de roulement afin de financer chaque nouvelle campagne. Ainsi, nous ne sommes pas obligés de vendre nos récoltes dans la précipitation, alors que les prix sont bas. Enfin, être rentables suppose aussi pouvoir autofinancer nos investissements. Mais l’inflation, supérieure à 10 % par an, ruine parfois nos efforts d’épargne.

Dans un tel contexte, la stratégie de commercialisation adoptée impacte fortement les résultats de la ferme, car les prix des céréales peuvent fluctuer du simple au double en quelques mois. En 2010 par exemple, si nous n’avions pas eu les capacités de stockage suffisantes, nous aurions dû vendre notre blé à la récolte à 100 €/t. Ayant pu attendre mai 2011 et la fin des quotas d’exportation des céréales, nous l’avons écoulé à 185 €/t, la conjoncture mondiale étant alors plus favorable. L’an prochain, grâce à un nouveau silo de 300 t (20.000 € en autofinancement), nous pourrons stocker la totalité de la récolte si nécessaire. Et pour alimenter régulièrement la trésorerie de l’exploitation, nous comptons sur notre atelier porcin. En plus de ceux autoconsommés pour nourrir nos salariés, nous produisons 200 animaux par an que nous vendons 1,5 €/kg. L’élevage, très rentable (36 %), nous rapporte 100.000 grivnas, c’est-à-dire l’équivalent de

maîtrise de l'accès au foncier et de gérer le contrôle des structures ; ceci pour éviter toute déstabilisation. Sinon, les agriculteurs ukrainiens pourraient être poussés à acquérir, comme en France à la fin du 19ème siècle, des surfaces importantes de terres si, en les louant, ils ne sont pas protégés par un statut du fermage sécurisant. Ils mobiliseraient alors des capitaux massifs pour pérenniser leur activité aux dépens de la modernisation de leur outil de production. Toutes les conditions sont ainsi réunies pour induire une inflation du prix des terres. Mais aussi un agrandissement inconsidéré des exploitations, dont pourrait être victime Olena malgré ses 1.250 ha. Mais, la question foncière n’est qu’un exemple parmi d’autres pour illustrer les méfaits d’un Etat absent dans de nombreux domaines régaliens, pour des raisons politiques mais aussi par manque de moyens. Olena est amenée à résoudre des problèmes, tels que le stockage de ses récoltes ou encore la maîtrise de sa production agricole qui relèvent, chez nous, des compétences de l'Etat, des filières ou des institutions de l’Union euro-

10.000 € (1) (Ndlr : pour Olena, la rentabilité est égale au ratio entre le revenu et l’ensemble des charges fixes et variables).

Un élevage très rentable L’insécurité en matière de revenu nous oblige aussi à réduire au maximum nos charges de structure. C’est pourquoi nous nous sommes équipés de cinq tracteurs biélorusses de 110 ch, faciles d’entretien. Cependant, nous achetons des semences certifiées (Limagrain, Ragt, Euralis) pour récolter des produits de qualité.

péenne lorsqu’elles ne sont pas abandonnées. La jeune agricultrice doit investir dans des silos ; or, c’est aux pouvoirs publics de trouver des solutions aux difficultés logistiques.

Accès au crédit onéreux En fait, en Ukraine, disposer de grandes surfaces ne pallie pas l’absence d’outils de régulation, aussi bien fiscaux qu’économiques. Des outils qu’il est nécessaire de maintenir dans l’UE pour l’après 2013. La situation d’Olena démontre enfin que la volatilité des prix n’est décidément pas compatible avec le développement de l’agriculture en Ukraine et ailleurs. La production agricole, beaucoup trop orientée vers le marché mondial, ne favorise pas la pérennité de l'économie agricole des pays. L’inflation, qui limite les avantages de se constituer un fonds de roulement, n'aide pas non plus à la stabilité financière de l'exploitation. Et elle rend l’accès au crédit onéreux. Propos recueillis par Frédéric Hénin

de blé (charges foncières et salariales incluses) a augmenté de 15 % pour atteindre 880 Uah (grivnas)/t, soit 88 €/t. En cause : l’augmentation de 30 % des prix des engrais en 2010. Résultat, malgré un prix du blé de classe 3, relativement bas cette année (155 €/t départ ferme), la rentabilité s’élève à 70 %. Pour le tournesol (350 €/t), la rentabilité est de 110 % pour 1.650 Uah/t de charges (165 €, foncier compris). » Olena Pastarnak, agricultrice à Zaporojie et consultante pour la filiale ukrainienne d’Offre&Demande Agricole, avec Frédéric Hénin (1) 1 euro = 10 grivnas

Concernant le personnel, nous employons huit salariés qui sont payés quatre fois moins cher qu’en France (250 €/mois, soit 400 € avec les charges) ; mais, chacun produit l’équivalent de 350 t de blé par an contre plus de 1.050 t pour un producteur français (7 t/ha sur 150 ha). Toute la famille participe aux travaux de la ferme. Quant à moi, je suis pluriactive : à côté de l’exploitation, je suis consultante pour la filiale ukrainienne d’Offre&Demande Agricole et je suis chargée de la commercialisation des © DR grains. Evidemment, la culture de blé d’hiver, d’orge L'an prochain, grâce à un nouveau silo de 300 t, la tofourragère et de tournesol (700 ha) représente talité de la récolte pourra être stockée sur l'exploitation. l’essentiel de notre activité. Le colza et le maïs entrent progressivement dans notre as- Pour aller plus loin, lire : solement, mais ce sont des cultures risquées "D’un kolkhoze à une exploitation de car les précipitations (400 mm) sont faibles 1.250 ha" sur dans notre région. www.terre-net.fr/mag/13kolkhoze

Nous visons un rendement de 3t/ha en blé et en orge car, au-delà, nous serions contraints d’engager des charges sans avoir l’assurance de dégager un résultat prometteur. Sur un an, le coût de production de la tonne

"La transition foncière en Ukraine" sur www.terre-net.fr/mag/13ukraine

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INFLEXION

La valeur ajoutée est à vous

Lin textile

La rentabilité revient à la mode Après deux années de faible production de lin textile et grâce à une demande repartie à la hausse, les prix retrouvent fière allure. Des teilleurs exhortent à un retour de la production afin de garantir l’approvisionnement des marchés pour les campagnes à venir. Bien qu’excellente tête d’assolement, le lin ne s’invite pas aussi aisément dans les assolements.

Pour le lin, la rémunération se fait en euros alors que les ventes ont cours en dollars. Le prix du lin teillé n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui en Chine. Un euro fort pénalise donc la filière.

© Terre-net Média

D

eux chiffres marquants : 80 % des surfaces mondiales de lin se trouvent en France et 80 % de la production de fibres longues y est réalisée. « Le marché des fibres de lin dépend des volumes apportés par les trois producteurs traditionnels que sont la France, la Belgique et les Pays-Bas », insiste le Cipalin (interprofession du lin). Cette place privilégiée ne met pourtant pas la culture à l’abri des aléas. Nicolas Defransure, technicien de la coopérative Lin 2000 dans l’Oise, rappelle les difficultés qu'a connues ce fleuron national dédié à l’exportation. « En 2006 et en 2007, l’offre a dépassé la demande, les stocks ont augmenté et

Stocks nuls en perspective À tel point que « la petite récolte de 2010 et celle très mauvaise de cette année, alors que la demande renoue avec la hausse,

augurent des stocks nuls pour fin août 2012 », observe le technicien. Laurent Cazenave, responsable marketing de Terre de Lin, confirme « qu'au niveau national, le rendement 2011 est inférieur à 5 t/ha de paille, contre une moyenne pluriannuelle à 7 t/ha. Sur 61.000 ha, la production de fibres longues a atteint 50.000 t, c’est-à-dire environ 800 kg/ha soit une demi-récolte. » Cependant, grâce aux réserves, la France conserve pour cette campagne sa capacité à approvisionner les marchés, qui réclament chaque année autour de 100.000 à 110.000 t de fibres de lin. Quoiqu’il en soit, le Cipalin prévient que « la pérennité

I N I T I AT I V E

Xavier Talpe, producteur de lin textile à Maulers (Oise) « Je regarde l’avenir avec un certain optimisme »

© DR

Xavier Talpe, président de l’Association générale des producteurs de lin, cultive du lin textile sur une vingtaine d’hectares.

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les prix se sont dégradés jusqu’à 1 €/kg de fibres longues. » En 2007-2008, la crise économique et la baisse des ventes de vêtements ont aggravé la situation alors que l’offre excédait toujours la demande. En l’absence de régulation, les stocks se sont accumulés. Par conséquent, les surfaces de lin se sont contractées.

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« La récolte 2011, peu abondante, et les très bonnes ventes de fibres sur la campagne (130.000 t) favorisent le retour de prix rémunérateurs. De plus, grâce à la conjonction de plusieurs facteurs, nous retrouverons un niveau de stock sain fin 2012 (lire l'article principal). Je regarde donc l’avenir avec un certain optimisme. Et ce, même si les acheteurs chinois sont moins actifs actuellement, alors qu’ils concentrent 85 % des débou-

chés. C’est leur manière d’agir. Leurs achats suivent un rythme en dents de scie. Un moyen de mettre la pression sur les vendeurs… Pour l’instant, j’observe une réelle volonté commune de tenir bon chez les teilleurs. À l’heure actuelle, pour l’intérêt de la filière, ils ont l’obligation de rester fermes sur les prix. Concernant la filière justement, même si le lin ne représente qu’une niche avec 0,5 % du marché mondial du textile, la

France occupe quand même la première place en termes de production. Pour maintenir le cap, nous avons besoin d’une organisation commerciale performante, ainsi que d’une interprofession à même de surveiller les indicateurs de marché et de nous alerter en cas de crise imminente. Selon moi, la surface idéale de lin en France se situe entre 60.000 et 65.000 ha. Le déploiement de nouveaux débouchés permettra peut-être d’aller au-delà. »


de la culture en Europe est subordonnée, compte tenu des perspectives de rentabilité des productions concurrentes, à une revalorisation substantielle des prix de vente des fibres ».

Rentabilité attendue Alain Blosseville, liniculteur en Seineet-Marne et président de Terre de Lin, témoigne du « retour de conditions de marché plus favorables qui ont incité les teillages à appeler à une augmentation des surfaces ». En 2012, la sole de lin textile devrait ainsi s’accroître de 5 à 8 %, après une progression de 10 % en 2011. « Il est primordial que nous ayons une bonne récolte l’an prochain. En cas de rendements moyens, le lin profitera d’une très bonne rentabilité. » Lin 2000 cherche également à reconstituer ses stocks pour assurer l’approvisionnement de ses clients et la pérennité de la structure. « Les prix actuels, explique Nicolas Defransure, varient entre 2 et 2,50 €/kg de fibres longues, un niveau… incitatif. » Ainsi, pour la récolte 2012, la coopérative promet un produit brut de 2.500 €/ha pour un rendement de 7 t/ha et un retour de la rentabilité qui, elle l’espère, encouragera les producteurs à réintégrer le lin dans leur rotation, voire à se lancer dans cette culture. Lin 2000 propose d’ailleurs une prestation de services pour la récolte ; ce qui évite, aux agriculteurs, de devoir investir dans du

© Terre-net Média

En moyenne sur dix ans, la rentabilité du lin dépasse celle du blé. Le lin devient intéressant à partir du moment où il dégage une marge nette supérieure de 1.000 €/ha à celle du blé.

matériel. Le teillage devrait contractualiser 1.100 ha pour les semis 2012 et souhaite atteindre 1.400-1.500 ha en 2013. Laurent Cazenave confirme que les prix du lin teillé se sont nettement améliorés par rapport à 2009 (+ 50 %), année où ils étaient très bas. « Dans le contexte international, il est cependant difficile

d’avoir une visibilité sur les marchés. » Le responsable préfère donc rester prudent et « attendre la récolte 2012 avant de songer à bouger les lignes ». Mathilde Carpentier

Une autre utilisation du lin, comme matériau d’isolation, sur

www.terre-net.fr/mag/13lin


horizon Les clés pour vous positionner EN AVANTVotre MARGE

Céréales Un premier bilan contrasté dans l'hémisphère sud Avec 22 Mt de blé exportables, la production australienne va peser sur le début de campagne de l’hémisphère nord. Mais le phénomène climatique La Niña, de retour dans l’Océan Pacifique depuis la fin de l’été, et la sécheresse de cet automne réduisent, d'au moins 8 Mt, les capacités d’exportation de maïs de l’Argentine et du Brésil ; ce qui portera le ratio de stock de report à 13 % environ au niveau mondial.

La bonne récolte de blé en Australie (28 Mt) et un disponible exportable de 22 Mt, équitablement réparti entre le fourrager et le meunier, vont alourdir le bilan mondial de la campagne 2011/2012. Au total, 162 Mt peuvent être commercialisées sur le marché mondial. Or, les échanges commerciaux des huit principaux exportateurs ne concerneront que 140 Mt et les moissons de l’hémisphère nord sont suffisantes pour les honorer.

Sécheresse persistante Au final, à l’échelle de la planète, les stocks de fin de campagne devraient atteindre 208 Mt, ce qui représente environ 110 jours de consommation mondiale, soit plus de trois mois. Les récoltes en Argentine, qui vend son blé à bas prix à son voisin brésilien et en Afrique du Sud, n’auront pas d’impact sur le marché mondial. La situation est toute autre pour le maïs dont la production mondiale, en hausse de 30 Mt (contre les 40 Mt d’augmentation

fourrager ne compensera que partiellement le déficit en maïs pour l’alimentation animale car les stocks ne se situent pas là où les besoins sont importants. Quant à l’orge, la taxation à l’exportation imposée par l’Ukraine ne la rend plus compétitive. Dans ce contexte, les prix des céréales se maintiendront sur de hauts niveaux, soutenus par le maïs et les cours du pétrole. Le grain de maïs est d’ores et déjà plus onéreux que le blé.

attendue avant que les effets de La Niña ne se fassent sentir), ne suit pas la croissance de la consommation (alimentation animale et éthanol).

Prix élevé des céréales Dans ces conditions, le moindre incident climatique pénalise le bilan de la campagne. Alors que l’on s’attendait à une moisson record en Argentine, La Niña et la sécheresse persistante réduiront à 13 Mt la quantité de grains exportables, par rapport aux 20 Mt estimées en début de campagne sur la base des surfaces ensemencées. Le Brésil aussi est touché, mais dans de plus faibles proportions, car les zones de production sont moins concentrées. Le pays pourrait n’exporter que 6 à 7 Mt comparées aux 8,5 Mt prévues en décembre. C’est pourquoi l’Amérique du Sud n’est pas en mesure de prendre le relais des Usa, qui ne pourront exporter que 41 Mt contre 47 Mt l’an passé. Sur le marché intérieur, la production d’éthanol reste favorisée par le prix élevé du baril de pétrole.

Propos recueillis le 16 janvier 2012 par Frédéric Hénin auprès de Pierre-Antoine Allard, consultant Agritel.

Blé tendre rendu Rouen 300 280

2010-2011

260 240 220 200 180

Ainsi, la campagne s’achèverait au niveau mondial avec un stock de report de maïs S/C (stocks sur consommation, Ndlr) de 13 %, contre 15 % avant la sécheresse. Le blé

Comparaison n et n-1

2011-2012

170

20/01/2011 = 150 €/t 20/01/2012 = 195 €/t

160

2009-2010

140 120 100

juil.

août

sept.

ENGRAIS

oct.

nov.

déc.

janv.

fév.

mars

avril

mai

juin

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u blé en abondance et des céréales fourragères (maïs, orge) qui peinent à couvrir la demande : le déséquilibre, constaté dans l’hémisphère nord au début de la campagne céréalière, devrait perdurer au cours des six prochains mois.

Maïs FOB Bordeaux

Mouvements sur les prix en perspective

L

es cours des engrais azotés se stabilisent après avoir enregistré un repli sur la fin de l'année 2011. En effet, dans un contexte macroéconomique incertain, l'attentisme des principaux acheteurs internationaux avait fini par peser sur les prix. En ce début 2012, cette tension transparaît avec le retour des acheteurs tant aux Usa qu'en Europe. Les semis de printemps, attendus sur des niveaux élevés notamment pour le maïs américain, laissent augurer le retour d'un intérêt acheteur important sur les engrais. Ainsi, les prix de l'ammonitrate vont certainement s'apprécier dans les prochaines semaines.

Estimation 240 des livraisons d’engrais minéraux en France (cumul de230 la campagne à fin octobre) 2011-2012

kt

190 180 170

SIMPLES

160 150 140 130 120

N

(A)

2.064

P2O3

(B)

163

K2O

(B)

242

BINAIRES PK

(B)

110 100

juil.

août

Autres (P+NK+NPK) TOTAL COMPOSÉS 560

540 TOTAL GÉNÉRAL 520

Gaël Paugam

PRODUITS

200

DAP.MAP

Concernant les engrais de fond, la faible demande des producteurs a incité plusieurs entreprises à ralentir leurs extractions, voire à fermer certains sites. Néanmoins, si elle repart, les cours pourraient se raffermir en raison d'une offre peu abondante.

2010-2011

220

210 2011-2012

sept.

oct.

(B) (B)

Var. %

Comparaison n et n-1

-17= 186 €/t 20/01/2011 20/01/2012 = 215 €/t

-15

2009-2010

-10

373 nov.

déc.

51

janv.

365

-11 fév.

mars

avril

- 63

mai

+26

788 Rouen -7 Colza rendu 3258

juin

-14 2010-2011

© Unifa

D

Campagne500 : (A) 1er juillet - 30 juin ; (B) 1er mai - 30 avril 480 Var. % : variation par rapport à la même période de la campagne 460 2010-2011 précédente. 440 420 400

Comparaison n et n-1

Pôle engrais : cotations, analyses et tendances 02/09/2010 = 375 €/t NPK à 7 jours sur 02/09/2011 = 443 €/t

380 360 340 320 300

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280 260 240 220

www.terre-net.fr/cours_marches_agricoles

2009-2010


PERFORMANCE PRODUCTION

Vos challenges techniques

Variétés de betteraves D’abord le revenu, puis une histoire de compromis

© Terre-net Média

Quand il s’agit de sélectionner ses variétés de betteraves, David Sarazin privilégie le revenu planteur, échaudé par plusieurs années difficiles en termes de rentabilité. Ensuite, il épluche la liste des variétés conseillées par l’Institut technique de la betterave pour faire ses choix et trouver, en fonction des caractéristiques de ses parcelles, le meilleur compromis.

© DR

LA QUESTION

Trouver le juste milieu entre productivité, richesse et résistance aux maladies.

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Les enjeux pour l’agriculteur David Sarazin

Producteur à Mesbrecourt (Aisne). 418 ha en polyculture, dont 89 ha de betteraves.

« Je dois trouver les variétés de betteraves les mieux adaptées aux différentes situations de mes parcelles. J’ai des terres de vallées, proches d’une rivière, qui ne souffrent jamais de déficit hydrique et qui favorisent la pousse des feuilles au détriment du taux de sucre et donc de la densité des racines. Il faut pouvoir y arracher tôt en cas d’année pluvieuse et de risque d’inondation. En terres argileuses également, dans les pentes et la vallée, les variétés doivent pouvoir être arrachées plus tôt lorsque la saison est pluvieuse. Sur les plateaux, les chantiers se font plus tard. Les sols sont plus faciles à cultiver et entraînent moins de problèmes de tare terre. Par contre, il faut compter avec la rhizomanie et, sur certaines parcelles, avec la pression nématodes. »

Terre-net Magazine I Février 2012

Les solutions travaillées avec son conseiller

L

es caractéristiques des variétés choisies doivent compenser au mieux les difficultés rencontrées tout en assurant le revenu du planteur, critère qui reste en tête des objectifs. « En fin de campagne, explique David Sarazin, je fais le point sur le comportement de mes variétés de l’année au niveau végétatif et en termes de rémunération. Début décembre, après publication de la liste des variétés préconisées par l’Institut technique de la betterave (Itb), je fais mes choix pour la campagne suivante, aidé par JeanCharles Germain, conseiller de l’institut sur le département. »

rhizomanie. « Aujourd’hui, l’Itb ne conseille que des variétés tolérantes à cette maladie, avec plusieurs sources de résistance même si pour le moment dans l’Aisne, nous constatons très peu de cas de contournement. Dans d’autres secteurs, le Loiret par exemple, les producteurs pourront s’orienter vers certaines variétés plutôt que d’autres afin de pallier ces problèmes. »

Critère n°1 : le revenu planteur

Double tolérance De la liste des variétés recommandées, l’agriculteur commence par ne garder que les mieux notées vis-à-vis du revenu. Jean-Charles Germain évoque alors la

Ensuite, pour éviter les attaques de nématodes, le planteur aura intérêt, selon l’historique des parcelles, à opter pour des variétés résistantes à la fois à la rhizomanie et aux nématodes. David Sarazin précise : « Je pourrais généraliser les variétés doubles tolérantes à toutes mes surfaces mais, même si les progrès génétiques ont réduit l’écart, cette propriété pénalise encore le rendement comparé à une variété seulement résistante à la rhizomanie. » Jean-Charles Germain ajoute « qu’en cas de pression nématodes avérée, le maintien de la productivité compense cependant largement les inconvénients de la double tolérance ». Chez David Sarazin,


30 à 50 % des parcelles sont ainsi semées avec des betteraves doubles tolérantes. Contre la rhizomanie, aucune solution pratique n’existe en dehors de la génétique. « La pression nématodes n’est pas encore généralisée dans la région mais elle évolue chaque année, favorisée notamment par le retour des betteraves tous les trois ans dans la rotation. » Pour la faire baisser, David Sarazin profite de la présence de légumes dans son assolement. « Je mets du radis en interculture derrière mes pois de conserve, généralement récoltés en juin. Cette succession permet un meilleur piégeage des nématodes que derrière les pailles. »

Répartir les risques Revenu planteur, rhizomanie, nématodes… « Au-delà de ces trois basiques, en terres de vallée, il vaut mieux opter pour des variétés assez riches en sucre afin de compenser le défaut de densité, poursuit le planteur. Et ne pas trop pénaliser le rendement en cas d’arrachage précoce, suite à un excès de pluie. » En sols argileux, dans les pentes, le critère "tare terre" devra être pris en compte, de même que le niveau de richesse en sucre ; ceci, pour pouvoir récolter tôt si besoin. Enfin, pour des chantiers plus tardifs, les terres de plateau accueilleront plutôt des variétés lourdes, avec un bon rendement en poids racine.

Comment bien choisir ses variétés selon l'Itb ? Priorité 1 : choisir la résistance variétale en fonction de l’historique des parcelles. Cas général : choisir une variété tolérante à la rhizomanie. Présence de nématodes à kystes lors de la dernière betterave : choisir une variété double tolérante rhizomanie et nématodes. Présence confirmée de rhizoctone brun : choisir une variété tolérante au rhizoctone. En présence d’oïdium : choisir une variété résistante et adapter la stratégie fongicide. En cas de cercosporiose fréquente : éviter de choisir une variété sensible. Priorité 2 : choisir plusieurs variétés. Répartir les risques : pas plus de 50 % de la sole par variété pour de petites surfaces (< 10 ha) et pas plus de 20 % pour de grandes surfaces (> 50 ha). Diversifier les semenciers. Priorité 3 : détailler les résultats d’essais. Choisir des variétés de la liste, éprouvées depuis 2 ou 3 ans, sur les critères "revenu", "qualité", "stabilité". Limiter les nouvelles variétés à une minorité des surfaces. À poids valeur équivalents, choisir la variété la plus riche. Priorité 4 : sélectionner les caractéristiques utiles selon les parcelles. Qualité de la levée (semis précoces, terres battantes…), résistance à la montée à graines, terre exportée. Source : Itb

« Globalement, j’essaie de répartir la culture sur les trois types de terres de l’exploitation - vallée, plateau et pente - et de panacher les variétés. » Au final, le producteur et son conseiller sélectionnent huit ou neuf variétés, semées chacune sur une dizaine d’hectares. « Je joue la sécurité en choisissant plusieurs variétés venant de divers semenciers. 70 %

sont d’anciennes variétés (2 ans et plus) avec de bons résultats. Et sur 20 à 30 % de mon assolement en betteraves, j'en teste de nouvelles, histoire de profiter du progrès génétique. » Mathilde Carpentier

Et vous, comment choisissez-vous vos variétés de betteraves ? Discutez-en sur

www.terre-net.fr/forums

Achats groupés agricoles

Cette année, la récolte a commencé le 26 janvier !


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Au coeur du machinisme

Immersion "The story of Jcb" Assister à l’inauguration de l’exposition "The story of Jcb", en plus de la présentation du nouveau télescopique 550-80, organisée au siège en Angleterre : un privilège de journaliste ? En tout cas, la visiter en est un. Car, malgré l’objectif d’accueillir 20.000 visiteurs par an, il faudra être invité. A défaut de l’être, plongez grâce à ce reportage photo dans l’histoire de la marque Joseph Cyril Bamford.

Le siège de Jcb à Rochester en Angleterre.

© Terre-net Média

A

travers l’exposition permanente "The story of Jcb", le constructeur souhaite retracer l’historique de la marque, en insistant sur ses racines et sa capacité d’innovation. Les grandes étapes du développement de l’entreprise se succèdent sur près de 2.500 m². Voici les principales en six parties.

le chargeur Si-draulic, un élément majeur de la génétique Jcb : le monobras, que l’on retrouve entre autres actuellement sur la gamme Skid Steer. Crédit : Terre-net Média

3 - L'arrivée du tractopelle

5 - L'Ovni Fastrac

1- Le commencement

L’histoire de Jcb commence par une remorque ! Il y a tout juste 66 ans. Mais, la famille Bamford était déjà connue auparavant pour ses machines agricoles, sous la marque Bamford Ltd. Ironie du sort : Joseph Cyril Bamford, fondateur de Jcb, fut congédié en 1935 par son oncle Henry Bamford, ce dernier déclarant : « Nous n’aurons désormais plus besoin de vos services ». Crédit : Terre-net Média Crédit : Terre-net Média

2 - Evolution logique !

Après le transport, Jcb s’est attaqué au chargement. C’est ainsi qu’apparaît, en 1953 sur

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Terre-net Magazine I Février 2012

des principaux acteurs mondiaux avec 34 années d’expérience. Admirez le chemin parcouru : pour rappel, le tout dernier modèle, le 550-80, affiche une capacité de levage de 5 t et une hauteur de levage de 8,1 m ! Crédit’: Terre-net Média

Certes, la rétropelle Mark I était disponible dès 1950, mais le premier tractopelle 100 % Jcb, le 3C, date des années 60. Il introduit avec lui la couleur jaune, chère à la marque. Et déjà à l’époque, les tractopelles étaient capables de réaliser des acrobaties impressionnantes ! Crédit : Jcb

Toujours considéré comme un Ovni sur nos routes et dans nos champs, le Fastrac est célèbre de par sa vitesse pouvant atteindre 80 km/h et grâce à son châssis aux suspensions inédites pour le secteur agricole. Crédit : Terre-net Média

4 - Acteur mondial

S’il ne peut se vanter d’être l’inventeur du télescopique, Jcb en est aujourd’hui l’un

6 - Conception de moteurs

Prônant l’intégration des composants de ses machines, Jcb s’est lancé depuis peu


dans la conception de moteurs, avec les blocs Dieselmax puis Ecomax, afin de proposer des matériels 100 % Jcb. Le premier lui a d’ailleurs valu un record mondial de vitesse (563 km/h) aux Etats-Unis en 2006, sur le fameux lac salé de Bonneville. Pas avec un télescopique bien sûr, mais avec cette fusée terrestre ! Crédit : Jcb

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Thibaut Guillet 1. Près d’1 km de "tiges de 8" pour modéliser cette réplique de pelle Js200 ! 2. Au fil de l’exposition, des bornes d’informations présentent les 16 usines Jcb. 3. Série limitée, ce 3CX arbore fièrement l’Union Jack. 4. Une fidèle reproduction du bureau de Joseph Cyril Bamford. 5. Quelques esquisses futuristes très design. 6. La flotte aérienne du constructeur à travers les âges. 7. Le premier véhicule commercial de la marque, immatriculé "Jcb1". Une tradition qui perdure outre-Manche. 8. Et enfin, pour terminer la visite en beauté, rien de tel qu’un petit souvenir…

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« “Jamais content”- That’s very much me. I am never content. » Joseph Cyril Bamford, fondateur de Jcb. Pour en savoir plus sur le télescopique 550-80 : www.terre-net.fr/mag/13jcb


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Au coeur du machinisme

Electrochoc La révolution électrique est en marche (partie 1) L’Agritechnica s’est achevé il y a un peu plus de deux mois. L’heure n’est donc plus aux concepts mais aux préséries qui devraient ouvrir la voie, d’ici quelques années, au déploiement de la "fée électricité" dans de nombreux équipements agricoles. Les jours de l’hydraulique et de la prise de force seraient-ils comptés ?

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L'édition 2011 de l'Agritechnica a amené son lot de "projets électriques". Et la lumière fut, après une coupure de plus d'un demi-siècle dans le développement des circuits électriques des machines agricoles !

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out commence en 1954 avec le Farmall Electrall (photo 1). A l’époque, les équipements agricoles sont de petite taille et exigent peu de puissance. Entraîner un matériel par une génératrice électrique est alors viable. Mais, l’augmentation du gabarit des machines a stoppé net cette voie de progrès technologique. Le développement des circuits électriques dans les matériels agricoles connut alors une longue traversée du désert et ce fut l’âge d’or de l’hydraulique.

Trois précurseurs Il faudra attendre les années 2000 pour voir réapparaître la "fée électricité" dans les équipements agricoles avec la présentation, sur les salons, de plusieurs concepts. L’électrochoc se produit en 2007 sur l’Agritechnica : John Deere y lance son 6030 E-Premium (photo 2), un tracteur doté d’une génératrice de 20 kW. Celle-ci se substitue à l’alternateur pour alimenter certains composants tels que le

ventilateur de refroidissement ou encore le compresseur. Le principal avantage : une puissance supplémentaire de 5 kW, disponible en stationnaire pour un équipement en 480 V AC ou en 230 V DC. John Deere continue sur sa lancée et dévoile, à l’Agritechnica 2009, deux nouveaux modèles à entraînement électrique : le 7430 E-Premium et le 7530 E-Premium. Mais, il n’est plus seul sur ce créneau : Amazone et Rauch l’ont investi et proposent, respectivement, un pulvérisateur traîné (photo 3) et un épandeur d’engrais centrifuge (photo 4) dotés d'un moteur électrique. Toutefois, « impossible de développer des matériels entraînés électriquement sans tracteur capable de fournir la puissance nécessaire. Et pas de tracteur équipé d’une génératrice sans matériel pouvant utiliser son énergie », observe sur le site Internet Farmshow.com Klaus Hahn, ingénieur à l’usine John Deere de Mannheim. L’avènement des circuits électriques dans les machines agricoles constitue une telle rupture technologique que le serpent se mord la queue.

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Prise de conscience

Avec l'Ewd 120, Rigitrac a certainement fait l'un des plus gros "buzz" de l'Agritechnica 2011. Il ne reste plus qu'à le voir fonctionner.

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Amazone, Deutz-Fahr, Pöttinger… Après plusieurs années à faire cavalier seul aux yeux des utilisateurs dans le domaine de l’entraînement électrique, John Deere, qui vient de remplacer sa série E-Premium par les tracteurs 6R (photo 4), est enfin accompagné. L’édition 2011 de l’Agritechnica a amené son lot de nouveautés en la matière avec l’andaineur Pöttinger, l’épandeur centrifuge Rauch

(photo 4), le semoir à engrais Amazone, le pont moteur arrière de l’ensileuse Krone, le pont moteur des remorques Fliegl (photo 6). A noter également : un générateur ZF Terra+ (photo 7), développant 50 kW, a été intégré sur la transmission du Ttv 630 de Deutz-Fahr. Sensor-Technik Wiedemann, lui, a imaginé un concept de générateur sur prise de force alimentant une herse rotative Lemken entraînée électriquement. Sur le même principe, Zuidberg a monté un générateur de 140 kW sur certains de ses relevages avant (photo 5). Enfin, le clou du spectacle : le prototype de tracteur hybride (diesel/électrique) Ewd 120 de RigiTrac, un constructeur suisse. Développé avec l’université de Dresde, ce dernier est dénué de transmission. A la place, sur chaque roue, un moteur électrique alimenté par un générateur relié au moteur diesel. Confortablement "assis" sur ses suspensions intégrales, le Ewd 120 (photo 8) peut atteindre les 65 km/h ; son générateur est même assez puissant pour fournir 80 kW supplémentaires à un outil arrière. Les prémices d’une révolution ? L’avenir le dira… Néanmoins, de nombreuses questions subsistent. Techniquement, comment fonctionne l’entraînement électrique ? Quels sont ses avantages ? Ses inconvénients ? La faisabilité de son développement en agriculture ? Comment les constructeurs imaginent l’avenir avec cette technologie ? Réponses dans le prochain numéro de Terre-net Magazine. Thibaut Guillet


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Les incontournables du machinisme

Textos Et vous, vous simulez ? "Agriculteur simulateur 2012" (partenariat majeur avec Agco) complète la palette de jeux de simulation agricole déjà présents sur le marché. Suivi technique des cultures, conduite d’élevage, gestion économique des différents ateliers… comme si vous étiez chef d’exploitation.

A votre bon cœur !

Un centre d’essais Claas dans la Sarthe Fort d’excellents résultats en 2011, Claas tracteur construit un centre d’essais à Trangé, à proximité de l’usine du Mans. 50 salariés y sont attendus pour le printemps 2012.

Ce Valtra N3, constellé de taches multicolores, sera mis aux enchères pour une action humanitaire au printemps 2012.

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Combien vous coûte votre chantier de semis ?

Après de nombreuses éditions du barème d’entraide, le Bcma passe à la vitesse supérieure : sur son site Internet, l’organisme propose un outil pour calculer le coût des chantiers de semis à l’échelle de l’exploitation.

1+1+1…+1 = 20.000 Fendt vient de livrer le 20.000ème tracteur à transmission Vario sur le territoire français. Agco & Sampo Le groupe américain vient d’annoncer la signature d’une joint venture avec Sampo-Rosenlew pour la distribution, sous la marque Agco, de moissonneuses-batteuses et d’engins forestiers sur la région Eame (Europe – Afrique – Moyen-Orient).

Le petit "pulvé" en mousse !

Solitair K HD, l’engrais en plus

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Les semoirs Solitair 600 et 900 K HD de Lemken se dotent de la fertilisation localisée. D’une capacité de trémie de 5.000 l, ces modèles disposent d’une distribution électrique assurant le dosage des semences comme de l’engrais, avec, respectivement, une précision de 1,5 à 300 kg/ha et de 50 à 600 kg/ha.

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Hacher menu, menu !

Le Cenius se traîne

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La destruction de vos intercultures, un problème ? Plus maintenant, avec l’option qui équipe désormais les déchaumeurs à disques Carrier de Väderstad : le Crosscutter. En effet, ce rouleau à lames tranchantes détruit les couverts ou hache les pailles.

Depuis l'Agritechnica, le cultivateur Cenius d'Amazone existe en version traînée. Le Cenius T se décline en trois largeurs : 3, 3,5 et 4 m. Une évolution qui répond aux faiblesses de relevage de certains tracteurs. L'outils repose ainsi, au transport comme au champ, sur une barre de relevage et sur le rouleau Matrix d'Amazone.

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Topcon voit vert

Grâce aux nombreux partenariats signés ces derniers mois, l’équipementier japonais Topcon pénètre fortement le marché du guidage avec sa nouvelle gamme de consoles. Ainsi, via le service Agrosky, John Deere aura à son catalogue dès le printemps prochain toutes les solutions de guidage disponibles actuellement.

Avec son Opa à 10,5 Nok (kroners norvégiens, Ndlr) par action (environ 18,50 euros), Kubota prend le contrôle du Norvégien Kverneland. L’objectif pour le constructeur japonais : doubler son chiffre d’affaires et développer ses ventes de matériels en Asie.

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Horsch a lancé à l’Agritechnica le Cruiser XL, un vibroculteur travaillant jusqu’à 10 cm de profondeur. D’une largeur de 4, 6, 7,35 ou 8 m, il est muni de dents FlexGrip qui exercent un effort à la pointe de 100 kg. Avec 60 cm de dégagement sous bâti, il peut accepter des dents droites de 5 cm ou des socs à ailerons de 18 cm.

Quand le Viking devient Samourai

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Pour une approche superficielle

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Dévoilé à l’Agritechnica, le Vega 5000 pose fièrement avec son "papa" sur le stand Lemken. A travers ce pur concept (Ndlr : la cuve est en mousse expansive), le constructeur voulait partager ses réflexions quant à l’avenir de sa gamme de pulvérisateurs traînés. A suivre…

Plus d'infos à propos du rachat de Kverneland sur www.terre-net.fr/mag/13kverneland

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Les enjeux de saison

Génétique

SÉLECTION

PAR LA VOIE FEMELLE

La voie gagnante ?

© Watier-Visuel

Génotypage des génisses, transplantation embryonnaire, semence sexée… Les biotechnologies ouvrent de nouvelles voies aux éleveurs pour booster le niveau génétique de leur troupeau. Mais ces techniques sont-elles rentables ? Si le retour sur investissement de la semence sexée semble intéressant à court terme, le génotypage des femelles, quant à lui, peine à démarrer dans les étables. Pourtant, la génomique offre un nouveau bol d’air à la sélection des races grâce, notamment, à une meilleure connaissance des caractères fonctionnels comme la fertilité, la longévité ou le risque de mammites. Cet investissement sur le long terme permettra, aux éleveurs, de créer des vaches adaptées à leurs objectifs de production, offrant ainsi davantage de variabilité génétique au sein des races. Dossier réalisé par Robin Vergonjeanne

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elle. age fem Génotyp Semence sexée.

Transplantation embryonnaire. Achat de génisses.


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Les enjeux de saison

Génotypage des génisses UN DÉMARRAGE EN DOUCEUR © Watier-Visuel

Accessible aux éleveurs depuis cet été, le génotypage des femelles offre de précieuses informations pour mieux choisir les génisses de renouvellement en fonction de leur profil génétique.

S

électionner, c’est trier ses animaux pour repérer les meilleurs. Mais comment faire la différence entre plusieurs génisses issues d’une même souche ? Depuis cet été, la génomique vient compléter l’œil de l’éleveur pour choisir les génisses qui entreront dans le troupeau. En effet, moyennant une bonne centaine d’euros et un délai de réponse de trois mois, tout éleveur de Holsteins, de Montbéliardes ou de Normandes peut, sur simple prise de sang, connaître l’indexation génomique de ses femelles sur près de quarante caractères. Grâce à la génomique, les génisses disposent dorénavant d’index précis, avec des CD (coefficient de détermination) oscillant entre 0,50 et 0,70, y compris sur les caractères faiblement héritables comme la fertilité, la sensibilité aux mammites cliniques ou la longévité fonctionnelle.

Associer à la semence sexée Mais, avec un coût du génotypage d’environ 130 euros par animal, quelles génisses l’éleveur choisira-t-il de faire génotyper ? Toutes ou seulement quelques unes ? L’idéal serait

de connaître l’ensemble de ses génisses afin de les hiérarchiser pour ne retenir que les meilleures ; ou du moins celles dont le profil d’index correspond aux objectifs de production. Savoir, avec précision, quel est le profil de ses génisses s’avère un formidable outil pour optimiser les accouplements et utiliser les taureaux issus de la sélection génomique, dont les doses sont généralement moins onéreuses. D’après une étude de l’Union nationale des coopératives d’insémination artificielle (Unceia), associer le génotypage des génisses avec l’utilisation de la semence sexée pour obtenir des femelles engendre un gain génétique allant jusqu’à 10 points d’Isu en une génération (voir encadré p. 28). En effet, l’achat de doses sexées issues des taureaux d’élite pourront être utilisées de préférence sur les meilleures génisses et vaches du troupeau. « Génotyper ses femelles, c’est aussi prendre le risque de découvrir que ses animaux sont moins bons que prévu, fait remarquer Denis Bieri, directeur de Prim'hostein France. Cela peut être dommage si l’éleveur souhaite vendre des bêtes. Payer le génotypage, pour des génisses qui seront moins bien valorisées lors de la vente, n’est pas forcément un bon calcul. »

La rentabilité du génotypage des génisses dépend du coût de l’opération et de la pression de sélection exercée au sein de l’élevage. « Lorsque les réformes sont subies et que l’éleveur a peu ou pas du tout de choix dans les génisses qu’il va conserver, l’intérêt du génotypage est limité aux possibilités d'accouplements en fonction du profil d’index », estime Serge Bazin, directeur de France conseil élevage. « Cette situation est de plus en plus fréquente avec l’agrandissement des troupeaux : les éleveurs ont besoin de garder la quasi-totalité de leurs génisses ».

Génotypage par puce "basse densité" Les éleveurs semblent se lancer timidement dans le génotypage de leurs femelles. « Ce démarrage plus long que prévu est sans doute dû à la lourdeur opérationnelle et financière de la démarche », fait remarquer Serge Bazin. « Il faudrait peut-être lever la contrainte de la prise de sang qui, actuellement, doit être faite par une personne agréée », poursuit-il. Pour lire à travers le génome des bovins, les généticiens utilisent des puces 54K dites "haute densité" contenant 54.000 marqueurs.

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lement, risque d’entraîner une réduction du nombre de génisses disponibles pour l’export, voire de venir concurrencer la filière viande avec un nouvel afflux de veaux issus de croisement avec des races allaitantes.

© OS Normande

« Une puce basse densité (7K) sera bientôt utilisée en routine pour le génotypage des femelles, » explique Romain Dassonneville du département génétique de l’Institut de l’Elevage. En couplant avec les caractéristiques génomiques des ascendants, les résultats obtenus avec cette puce atteignent 99 % de la fiabilité de la puce 54K. D’après lui, « l’arrivée de la puce basse densité devrait faire légèrement baisser le prix du génotypage ».

Cinq filles issues du même flush (Uvray x Uvale). Le génotypage permet de faire la différence entre ces pleines sœurs.

Retour à la monte naturelle ?

filières d’exportation de génisses ? En effet, si les éleveurs conservent leurs meilleurs animaux pour ne vendre que les moins bons, les réactions des acheteurs étrangers ne se feront pas attendre. De plus, l’utilisation à grande échelle de la semence sexée pour le strict renouvel-

Robin Vergonjeanne

© Unceia

© Institut de l'élevage

La génomique n’en est qu’à ses débuts, et nous sommes encore loin d’un génotypage de masse de l’ensemble du cheptel français. Cependant, si le génotypage venait à se généraliser dans les étables, quelles pourraient être les conséquences pour les

Par ailleurs, il y a fort à parier que d’ici quelques temps, les éleveurs auront également accès au génotypage pour leurs veaux mâles. Certains éleveurs-sélectionneurs pourraient alors se mettre à vendre de jeunes mâles présentant un très bon profil génomique à d’autres éleveurs laitiers qui, lassés par la détection des chaleurs, reviendraient à la monte naturelle… au grand dam des coopératives d'insémination artificielle.

La semence sexée en chiffres

Depuis ses débuts en 2009, l’utilisation de la semence sexée progresse dans les élevages français, notamment en race montbéliarde. D’après l’Institut de l’Elevage, en 2010, les semences sexées représentaient plus de 110.000 inséminations artificielles (IA), soit 1,6 % du total des inséminations. 65 % des IA sexées sont utilisées sur génisses et 35 % sur vaches. Le sexage de la semence détériore le pouvoir fécondant du sperme d’environ 15 % par rapport à une semence conventionnelle. La priorité doit être donnée aux génisses, réputées plus fertiles, et aux vaches possédant une bonne fertilité. Le taux de réussite, ou taux de non-retour en chaleur à 18-90 jours (Tnr), varie d’un taureau à l’autre. Taux de non-retour en chaleur 18-90 jours Race du taureau d’IA

IA1 sexées

IA1 non sexées

génisses

vaches

génisses

vaches

Montbéliarde

57 %

47 %

70 %

62 %

Normande

58 %

47 %

73 %

61 %

Prim’holstein

54 %

44 %

71 %

53 %

Sex-ratio : Avec de la semence sexée femelle, la probabilité d’obtenir un veau femelle atteint les 90 %. Néanmoins, certaines coopératives d’IA proposent des doses sexées à 75 %. Les IA sexées pour obtenir des mâles sont quasi inexistantes pour les taureaux laitiers, mais représentent 23 % des doses vendues en races allaitantes.

Génotypage et semence sexée

L’Unceia a fait une étude par simulation pour calculer le progrès génétique. Un élevage composé de 40 vaches (120 points d’Isu en moyenne) a besoin de 15 génisses de renouvellement chaque année. Ces vaches sont accouplées avec des taureaux dont le niveau génétique est de 140 points d’Isu en moyenne. Quatre scénarii sont testés. Scénario de référence : les vaches sont inséminées avec de la semence conventionelle et les génisses sont choisies aléatoirement. GénGénisses : idem au scénario de référence mais l’ensemble des génisses nées sont génotypées pour ne garder que les 15 meilleures (Isu les plus élevés). GénGénisses+SSex : toutes les vaches sont inséminées avec de la semence sexée (sex ratio de 90 % de femelles). Le nombre de génisses nées et génotypées est plus important. Seules les 15 génisses possédant les meilleurs Isu sont retenues. GénVL+SSex : toutes les vaches adultes sont génotypées. Seules les 20 meilleures vaches sur Isu sont inséminées avec de la semence sexée pour obtenir des génisses de renouvellement. Les 15 meilleures génisses génotypées sont retenues.

Les résultats d’un sondage de Web-agri.fr à propos du génotypage des génisses sur www.terre-net.fr/mag/13genotypage

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Av i s d ' ex p e r t

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TNM : Pensez-vous qu’utiliser de la semence sexée s’avère une stratégie rentable pour un éleveur ?

TNM : Justement, quels intérêts y a-t-il à associer le génotypage des femelles avec l’utilisation de semence sexée ?

DD : Oui, c’est une stratégie rentable à moyen terme, mais elle n’est pas applicable dans 100 % des élevages. Le surcoût lié au sexage du sperme est d’environ 20 € par dose et le taux de gestation est de l’ordre de 55 % sur génisses et 45 % sur multipares. L’utilisation de semences sexées doit alors être réfléchie en concertation avec son technicien de coopérative d’IA. Cela dépend essentiellement des difficultés de reproduction rencontrées au sein de l’élevage. Par exemple, si l’éleveur a du mal à détecter les chaleurs, l’inséminateur lui déconseillera d’investir directement dans des doses sexées.

DD : Au premier abord, l’intérêt de la génomique est sans doute moins palpable pour l’éleveur que l’intérêt de la semence sexée. Pourtant, combiner ces deux technologies provoque un véritable effet levier sur le niveau génétique du troupeau. Le coût du génotypage varie actuellement de 100 à 150 € par génisse. Grâce à cet investissement sur le long terme, l’éleveur est en mesure de créer des vaches qui correspondent mieux à ses propres objectifs de production. La connaissance plus précise du potentiel génétique des génisses permet de repérer celles qui seront conservées pour le renouvellement et de les accoupler précisément avec des taureaux améliorateurs en semence sexée. C’est pourquoi, chez Umotest, nous proposons un large choix de taureaux en semence sexée avec une variabilité importante.

« La semence sexée est rentable si l’élevage n’a pas de problème de reproduction »

L

e Groupe Umotest, spécialisé dans la Montbéliarde, est la première entreprise de sélection française à offrir aux éleveurs une large gamme de taureaux en semence sexée. Explications de David Dupassieux, directeur adjoint, après trois saisons commerciales. Terre-net Média (TNM) : En Montbéliarde, 10 % des IA sont réalisées avec de la semence sexée. Comment expliquez-vous une telle avance par rapport aux autres races ? David Dupassieux (DD): Les éleveurs montbéliards et le conseil d'administration ont pris le taureau par les cornes. Umotest a cru, dès le début, au développement des technologies de la génomique et du sexage de la semence. Avant de nous lancer en 2008, nous avons réalisé une enquête auprès de nos éleveurs et 80 % d’entre eux souhaitaient choisir le sexe de leurs veaux grâce à la semence sexée. Nous avons alors passé un contrat de partenariat avec la société américaine Sexing Technologies, qui assure une production de qualité sur place au laboratoire de sexage de Roulans dans le Doubs. La demande des éleveurs est forte et nous devrions atteindre 10 % de doses en IA sexée cette année. C’est un choix stratégique pour la filière : avoir davantage de femelles permet d'approvisionner les marchés d’exportation de Montbéliardes vers les pays du Maghreb et d’Europe centrale et d'augmenter le niveau génétique global de la race.

Au contraire, s’il n’y a pas de problème de reproduction, il devient possible d’inséminer les multipares avec de la semence sexée. Par ailleurs, la semence sexée permet de gagner 3 à 5 points de facilité de naissance, car les veaux femelles rencontrent moins de difficulté au vêlage. Cet avantage à court terme est flagrant sur les génisses. Avec des primipares qui démarrent mieux leur lactation, c'est moins de soucis pour l'éleveur, moins de frais vétérinaires et plus de lait. Les éleveurs qui ont suffisamment de génisses de renouvellement peuvent profiter du marché des veaux croisés en inséminant les vaches les moins bonnes génétiquement avec des taureaux charolais. Les écarts de prix entre un veau montbéliard mâle et un croisé charolais sont importants et permettent de rentabiliser le surcoût des doses sexées dès la première année. Pour l’éleveur, la stratégie gagnante consistera à associer l’IA sexée avec le génotypage de l’ensemble de ses génisses.

TNM : Les éleveurs pourront-ils bientôt se procurer des embryons fécondés avec de la semence sexée ? DD : Le potentiel de gain génétique est très important avec ces nouvelles techniques. C’est pourquoi nous les avons développées dans notre schéma de sélection "Genumo Avenir", auquel participent plus de 1.500 éleveurs partenaires. Ainsi, ces derniers peuvent produire des embryons femelles pour multiplier les bonnes souches pour leur élevage, ou en vue d’en faire des mères à taureaux pour le schéma. Début 2009, les premiers résultats de transplantation d’embryons fécondés avec de la semence sexée étaient assez aléatoires. Aujourd’hui, nous obtenons des taux de réussite proches de la semence conventionnelle. Propos recueillis par Robin Vergonjeanne

© Watier-Visuel

© DR

Rentabiliser le surcoût David Dupassieux, directeur adjoint d’Umotest.

La semence sexée permet de gagner 3 à 5 points de facilité de naissance, car les veaux femelles rencontrent moins de difficulté au vêlage.

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Les enjeux de saison

Gaec Le Valton Sélectionner par la voie femelle pour vendre sa génétique

Aurélien et Jean-Pierre Roy avec LV Delle (Intruder x Shottle Belle).

«J

e me considère davantage comme un sélectionneur que comme un producteur de lait. La génétique, c’est ce qui m’a donné envie de m’installer », confie Aurélien Roy, éleveur de Holsteins sur la commune des Landes-Genusson en Vendée. Les deux associés du Gaec Le Valton sont des mordus de génétique depuis longtemps. En 1989, Jean-Pierre, le père d’Aurélien, fut l’un des premiers éleveurs à utiliser la transplantation embryonnaire (TE). « Pour que notre travail en génétique soit rentabilisé, nous avons fait le choix de contractualiser avec des centres d’IA », explique Aurélien Roy. Les membres du Gaec Le Valton participent au schéma de sélection de Gènes Diffusion.

Une vache souche d’exception Ainsi, sur la vingtaine de collectes d’embryons réalisées chaque année, seules deux sont prélevées en "indépendant", les autres étant faites conjointement avec Gènes Diffusion. « L’entreprise indemnise 500 € par TE. Elle a priorité sur tous les mâles nés sur l’exploitation ; nous, nous conservons les femelles. Gènes Diffusion paie environ 700 € pour les veaux mâles non retenus et 2.000 € pour ceux qui rentrent en centre d’IA. Nous touchons une prime de 4.000 € pour les mâles

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Terre-net Magazine I Février 2012

© Alger Meekma

Au Gaec Le Valton en Vendée, la génétique est une histoire de famille, celle de Jean-Pierre Roy et de son fils Aurélien. Mais aussi une histoire de vache : Salle, meilleure fille du taureau Jesther, a donné de nombreux descendants issus d’embryons. En travaillant conjointement par les voies mâle et femelle, les Roy parviennent à vendre des taureaux destinés aux centres d’insémination.

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que le centre conserve, dès la commercialisation de la première dose », indique le jeune éleveur. La majeure partie des animaux qui naissent sur l’exploitation sont génotypés, ce qui permet à Aurélien de réfléchir les accouplements en fonction des index génomiques des génisses. « Notre but n’est pas de sélectionner des vaches qui donnent beaucoup de lait mais plutôt des femelles qui restent longtemps en bonne santé, avec peu de cellules et qui remplissent bien. Comme nous sélectionnons avant tout pour les centres d’insémination, nous travaillons particulièrement l’Isu, la morphologie et les caractères fonctionnels. Et ce d’autant plus que le nouvel Isu intègre davantage

de critères fonctionnels. » La Sam (Sélection assistée par marqueurs) se révèle être un outil efficace pour les critères comme la longévité, la fertilité ou les cellules. « Il est particulièrement utile pour faire la différence entre plusieurs sœurs d’une même lignée ». Il y a quelques années, la génétique du Gaec La Valton a progressé d’un bon avec une vache souche exceptionnelle nommée Salle (TB-88). Cette dernière est considérée comme la meilleure fille du taureau Jesther en France concernant l’Isu. Agée de dix ans, Salle a donné une descendance remarquable, qui a fait la renommée du Gaec. Elle a eu 17 filles issues de TE dans l’élevage et de nombreuses petites et arrière-petites-


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Les enjeux de saison

A la pointe de la nouveauté Aurélien Roy est assez méfiant vis-à-vis des problèmes sanitaires, tels que l’Ibr, et évite d’acheter trop d’animaux à l’extérieur. « Pour limiter les importations d’animaux, nous faisons naître chez nous des receveuses d’embryons issues de croisements limousin, bleu blanc belge et même angus. Cette race à la robe noire est reconnue pour son excellente fertilité, explique-t-il. Vu que nous sommes limités en nombre de places, nous posons des embryons chez d’autres éleveurs, que nous indemnisons 300 euros par veau. Ou alors l’éleveur peut conserver une génisse pour cinq veaux nés. »

© Terre-net Média

filles. « Elle a apporté aux vaches du troupeau du gabarit, de bonnes mamelles et des membres solides ». Une des filles de Salle par Merchant, Ulmiste, bat les records de production laitière de l’exploitation avec 15.693 kg en 305 jours. Les produits de Salle avec Shottle se sont particulièrement démarqués, aussi bien les femelles que les mâles. Ainsi, cinq de ses fils sont indexés dont : Aimar et Bulgarie (Gènes Diffusion), Bohème Sho (Créavia), Major Financial (Semex) et Bonicité (Amélis). « A mon avis, par leur descendance, Bohème Sho (Isu 150) et Aimar vont marquer la race holstein, notamment en morphologie avec des notes respectives de + 3,3 et + 3,1 ; ce qui les classe parmi les 15 meilleurs taureaux de France. » Aurélien Roy et Salle, la meilleure fille de Jesther en Isu. Après dix ans et 17 filles nées sur l’exploitation, cette vache souche exceptionnelle fait toujours partie du Gaec Le Valton.

Selon Aurélien, « pour espérer vendre aux enchères de jeunes taureaux ou des génisses, il faut être à la pointe de la nouveauté en proposant des produits qui proviennent de taureaux de la dernière génération et de ceux issus de la génomique, bien que leurs CD (indice de précision des index) soient moins élevés. » Aurélien Roy n’hésite pas à investir des sommes importantes dans les doses de taureaux "d’élite". Plus de 80 % des doses qu’il utilise proviennent de taureaux nord-américains et sont achetées à des importateurs comme Bovec ou Semex. Le troupeau du Gaec Le Valton est

jeune car les vaches sont généralement vendues en lait après leur deuxième ou troisième veau. Les Roy vendent également quelques génisses aux enchères. « Proposer de temps en temps de bonnes, voire très bonnes génisses permet de marquer les esprits et de se faire un nom. Au national de Lezay en 2010, nous avons vendu LV Eve (Jeeves x LV Adeline), une petite-fille de Salle, à 7.100 euros, le top prix de la vente. » Toutes les dates des concours des races Prim'holstein, Montbéliarde, Normande et Brune

www.terre-net.fr/mag/13concours


Les enjeux de saison

© DR

T é m o i g n age d ' agr i

GRAND ANGLE

Thierry Prain, éleveur et sélectionneur de Charolais à Vue (en Loire-Atlantique), présente en concours principalement des adultes, car ils représentent mieux la qualité d’un élevage que de jeunes animaux. Comme ici au Marault en 2011, avec des animaux issus d’embryons, où il reçoit le premier prix de famille par la mère (Victoria).

En Charolais, la transplantation embryonnaire fait des "Merveilles"

T

hierry Prain sélectionne ses charolaises dans le but d’obtenir de bonnes femelles pour la reproduction et les concours. Grâce à la transplantation embryonnaire, il a multiplié la souche de sa vache Merveille, véritable pièce maîtresse de son troupeau actuel. Son travail de sélection par la voie femelle lui permet de vendre plus d’une trentaine de reproducteurs par an. « Environ 60 % de mon chiffre d’affaires provient de la vente de génétique », explique Thierry Prain, éleveur et sélectionneur de Charolais à côté de Nantes. La moitié des mâles et un tiers des femelles qui naissent dans l’élevage sont vendus pour la reproduction. Possédant 75 mères charolaises, Thierry Prain a bâti l’essentiel de son troupeau à partir de sa vache Merveille, morte cette année après quinze ans de bons et loyaux services. « Avec une cinquantaine de collectes d’embryons à son actif, Merveille a transmis ses gènes à plus de 80 veaux nés sur la ferme, dont Victoria (par Major) qui a gagné le grand prix d’honneur à la Rochesur-Yon en 2011. Merveille était une vache lourde et très racée, pesant plus de 1.200 kilos dans la force de l’âge. C’est aujourd’hui la pièce maîtresse du troupeau, elle a apportée beaucoup aux produits de sa lignée en termes de morphologie et de qualité de viande. Même quinze ans après sa naissance, sa génétique reste intéressante. » Thierry Prain a vendu de nombreux embryons de Merveille dans le monde entier. « C’est une souche qui a fait ses preuves, dont les produits sont très homogènes avec peu de déchets. Cette lignée plaît aux éleveurs, qui achètent des embryons car ils ont peu de mauvaises surprises. En effet, les clients prennent toujours un risque à acheter des embryons plutôt que des animaux vivants. »

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Terre-net Magazine I Février 2012

Thierry Prain axe la sélection de son troupeau dans le but d’obtenir de bonnes femelles plutôt que des mâles d’élite. Il privilégie les lignées de vaches lourdes avec de bonnes qualités maternelles. Bien que ces souches soient moins précoces, avec un développement musculaire plus tardif, ces vaches vêlent généralement bien et font de belles bêtes lors de la réforme. Pour choisir les accouplements, Thierry Prain se pose la question « qu’est-ce que ce reproducteur pourrait apporter à mes futures génisses de renouvellement ? »

De bonnes femelles avant tout « Lorsque l’on se lance dans la sélection pour vendre des animaux, il ne faut pas avoir peur de mettre le prix lors de l’achat de reproducteurs. J’ai acheté des bêtes cher, comme Merveille ou mon taureau Bourgogne, acquis 8.500 € au Gaec Cadoux, mais ces investissements m’ont rapporté bien plus, confie Thierry Prain. Je vends, selon les années, entre 20 et 25 mâles pour la reproduction, la plupart entre 2.000 et 3.000 euros. Quelques veaux de tête peuvent atteindre des prix plus élevés. Je cède une quinzaine de génisses ou vaches pleines par an, aux alentours de 2.000 euros, voire plus pour celles qui feront carrière comme donneuses d’embryons. La demande en embryons est assez variable selon les années, allant de quelques unités à plusieurs dizaines par an. Vendre des embryons, c’est un peu la cerise sur le

gâteau. Le premier objectif de l’éleveur qui souhaiterait travailler par la voie femelle, doit être avant tout de multiplier une bonne souche pour lui-même, plutôt que de chercher à vendre des embryons ».

La TE demande de la rigueur En multipliant le nombre de veaux issus des meilleures femelles, l’arrivée de la transplantation embryonnaire (TE) a accéléré le progrès génétique. Produire un embryon coûte entre 80 à 120 € l’unité et Thierry Prain le revendra aux alentours de 500 €. Congeler un embryon pour le stocker ou l’envoyer coûte environ 50 euros, soit le même prix qu’une pose en frais. Cependant, les chances de réussite d’une pose d’embryon congelé ne sont que d’une sur deux. Selon lui, « de nombreux éleveurs sont déçus par cette technologie car ils prennent cela trop à la légère. Pour obtenir de bons résultats, la TE demande de la rigueur dans la préparation des donneuses et des receveuses ». Certaines années, Thierry Prain achète des génisses laitières, normandes ou croisées, pour recevoir les embryons et élever les veaux. « Ces génisses sont fertiles, très maternelles et donnent des vaches qui peuvent élever jusqu’à deux veaux par lactation. Leur prix est abordable et elles permettent de pallier le manque de receveuses parmi mes génisses charolaises. Une fois les veaux sevrés, je les vends. » Robin Vergonjeanne

Etude : les qualités maternelles influent sur le prix de vente des broutards Le niveau génétique des parents influence directement les performances de croissance des broutards et, par voie de conséquence, le revenu de l’éleveur. Une étude réalisée par Coop’Evolia en 2011 a mesuré l'impact économique réel du niveau d’index génétique des parents (IBoval 2011) sur près de 10.000 broutards ayant une mère indexée. Résultats : une différence de 30 points d'index synthétique des qualités maternelles (Ivmat) entre deux mères indexées induit un écart de poids lors de la vente des broutards de 54 kg à 320 jours, soit 135 euros. De même, « nous observons un écart de poids de 45 kg entre les broutards qui ont une mère possédant un index « Alait » (Aptitude à l’allaitement) inférieur à 90 et ceux qui ont une mère indexée supérieure à 110 sur l’index Alait. L’incidence économique, à âge égal, entre ces deux catégories extrêmes est de 112 € », explique Denis Faradji, auteur de l’étude et technicien "Charolais" chez Coop’Evolia. Source : Gènes Diffusion, Coop’Evolia, Actis, Charolais Horizon, Cialyn et Global, Ain Génétique Service, Coopel.


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2002 - 28 m - 3200 l DPAE Prix HT : 19 000 €

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2006 - 160 ch - 3300 h PdF AV - Rel AV Prix HT : 49 000 €

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John Deere T670iHM 2004 - 750 h m barre de coupe 750

John Deere 6620

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Prix HT : 210 000 €

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Taarup KT856E

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MF 5435 + MX80

MF 5455 +MXT10

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2005 - 4300 h - 80 ch Chargeur Prix HT : 29 500 €

2005 - 2 m - Filet HFC Ejecteur Prix HT : 10 000 €

2007 - 100 ch - 4700 h DYNA4 Chargeur Prix HT : 40 000 €

MF187

1985 - 70 ch - 7800 h Chargeur Prix HT : 11 000 €

MF 6455

2003 - 110 ch - 4600 h Prix HT : 33 000 €

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2002 - 6800 h - 85 ch Chargeur Prix HT : 20 000 €

DF AGROTRON

AGROTRON 130

AGROTRON K90

AGROTRON 150

Fiat 666

2003 - 126 ch

2003 - 136 ch - 3700 h Prix HT : 37 500 €

2007 - 3300 h - 90 ch

1997 - 150 ch - 8200 h Rel AV Prix HT : 20 000 €

1983 - 11000 h - 65 ch Chargeur Prix HT : 4 000 €

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DF varimaster 590 2010 - Ficelle/filet

Prix HT : 33 000 €

John Deere 590

JD 592 HIFLOW

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Prix HT : 7 000 €

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Gilibert HELIOS 14

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1998 - 24 rangs - 3 m 800 L

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2005 - 2000 h Rotor 56 Couteaux

2003 - 14 m3 béquille hydrolique centrale hydrolique

2000 - 14 m3 6800 h

Mélangeuse Keenan

John Deere 2266

John Deere W540

JD 9560 WTS

MF 190

KLASSIK II 170S 2004 - 17 m3 Sortie Ar gauche

1997 - Coupe 6m40 avec Chariot

2010 - 150 h batteur Coupe 5m50

2003 - 1170 h moteur - 780 h Batteur Coupe 618 R avec Chariot

1997 - Canal 120x130 Pick Up 2m20 Liage Ficelle

Presse JD 592

Gaspardo DPI 400

Agrotron 106

Mc Co MTX 120

Unimog 424

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2000 - 700 HA

2001 - 3400 h

2008 - 1850 h Chargeur Stoll F36

1987 - 6600h - Tri Benne hydro - Plaque à neige

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G&B Eurocult

Kuhn AERO2221

NH CR9060

1997 - 10 T Bennage flexible, TBEG

2000 - 3 m Integra 3000 + HRB302

06/2009 - 3.90m 17 dents - sécurité NSM

12/2002 - 21m - 2500 l repliage hydraulique

2009 - 280 h m - 7.32 m Broyeur

Evrard Alpha 2500

Berthoud TENOR

Caruelle Integral

Seguip SVX400

Tecnoma Galaxy

2001 - 1910 heures 27/28m, voie 2.25m

07/2008 - 28 m, 4500l DPAE, Actiflex, éclairage

1992 - 24 m - 2500 l DPAE, BEG

5 000 € HT

2009 - 32 m - 4000 l poignée multi. - DPAE

Non Communiqué

2006 - Super Galaxy 4 m - 3000 l - DPAE

NH LM425A

Case IH CS150

NH M135DT

FRUCTUS 130

Same LASER100

2007 - 2640 h - 6 m - 3t Accroche Manitou

1999 - 7300 h - Rel AV Pont AV suspendu

1997 - 7000 h rel AV, Range Cde

2004 - 1500 h - 65 ch Cabine arceau

1994 - 4200 h Rel AV, pneus 15%

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Fiche occasion, Claas Ares 697 Atz © DR

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© DR

Un des premiers "vrais" tracteurs Claas

Avis utilisateurs et réseau de distribution

Technologique, l’Ares 697 Atz est orienté haut de gamme.

A noter que, contrairement à son aîné, qui était disponible en livrée verte Claas et en livrée orange Renault agriculture, l’Ares 697 Atz arbore un nouveau design, que l’on retrouve sur les autres tracteurs Claas de générations ultérieures, et ne se pare que du vert germanique. En 2008, il est retiré du catalogue au profit de l’Arion 630 Cis qui respecte les nouvelles normes antipollution Stage 3B. Unités commercialisées en France entre 2006 et 2008 : 950. Options les plus vendues : pont avant suspendu Proactiv, automatisme de boîte de vitesses Hexactiv. Rappels recensés : remplacement des ailes arrière décolorées (2007), resserrage des vis de fixation de palier de pont avant (2007), remplacement du verrou d’accouplement des pédales de frein (2008).

Matthieu Freulon

© Claas

C

ommercialisé à partir de fin 2005, le tracteur Ares 697 Atz dispose d’une cabine plus spacieuse et confortable que son prédécesseur, l’Ares 696 RZ. Il inaugure la boîte Hexashift offrant six rapports Powershift démultipliés par quatre gammes robotisées.

Marque : Claas Modèle : Ares 697 Atz Puissance annoncée (ch) : 140 - Ece R24 Moteur : 6 cylindres Dps turbo Cylindrée (l) : 6,788 Boîte de vitesses : Hexashift Couple maxi (N.m) : 591 à 1.500 tr/min Effort de relevage annoncé (t) : 8,5 PV 4RM (t) : 5,73

+ -

Cabine spacieuse offrant une bonne visibilité Moteur puissant et coupleux Tracteur bien équipé pour ce niveau de prix Eléments moteur facilement accessibles pour l’entretien Moteur Dps gourmand en carburant Rayon de braquage long Manque d’ergonomie des commandes en cabine Fiabilité aléatoire des pompes à injection rotatives avec régulation des moteurs Tier 2

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, du 7 au 31 janvier inclus : aides ovins aides caprins : au anvier 31,janvier inclus inclus : 31 etjanvier : auxinclus du 7auxau aides ovins aux etaides aides auxovins caprins aux aux caprins , àcaprins partir du et 1eraides mars jusqu’au 15 mai inclus : au maintien du troupeau de allaitante (PMTVA) er mars ir du, 1erprime mars jusqu’au 15 inclus mai inclus : la vache : mai àjusqu’au partir du15 1ermai mars jusqu’au 15 inclus : nmaintien du troupeau du troupeau la vache de laallaitante vache allaitante (PMTVA) au maintien du troupeau de la(PMTVA) allaitante (PMTVA) er avril ,prime du 1de jusqu’au 15 mai vache inclus : dossier erPAC usqu’au avril, jusqu’au 151mai 15 inclus mai inclus : : mai inclus : du avril jusqu’au 15

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Terre-net Magazine n°13  

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