Repè’r
Dossier 11
angoisse ou soulagement ? cueil et de l’encadrement des nouveaux résidents, pour la plupart des personnes âgées, c’est une véritable agression et, pour les familles, un moment de crise qu’elles devront surmonter.
Tout quitter… Devoir tout quitter, pour recommencer une nouvelle vie que l’on n’a pas choisie, voilà à quoi est confrontée la personne âgée qui arrive en institution. « Entrer dans cette maison de repos c’est l’arrêt et le changement de tout ce qui faisait ma vie : la mort de mon mari, ne plus avoir ma maison, la dégradation de ma santé, plus de mobilité. » (2) « C’est triste, j’ai laissé beaucoup derrière moi, on y pense beaucoup. Ça demande une adaptation. Maintenant, j’ai seulement une chambre. » (2) Ce sentiment de tout quitter peut être quel que peu atténué quand la personne âgée peut emmener un certain nombre d’objets (ce qui est le cas dans la majorité des maisons de repos) mais elle devra alors faire un choix dans ses souvenirs. Ajouter à cela que ce qu’elle ne pourra plus utiliser sera soit jeté, symbolisant l’inutilité de son histoire ; soit légué en héritage, symbolique de ce qui est donné après la mort qui devient, de ce fait, encore plus présente ; soit laissé sur place comme si le temps s’arrêtait.
Le nouveau résident qui intègre l’institution traverse différentes crises : • Une crise sociale, car la personne âgée prend, d’autant plus, conscience de son inutilité et peut avoir la sensation d’être un poids pour sa famille. • Une crise d’identité, ne plus avoir de rôle à jouer entraîne inévitablement une perte de l’estime de soi. • Une crise d’autonomie, la dépendance physique et/ou psychique étant la crise la plus importante, touchant à la liberté et à la fierté de la personne. Bien entendu, le vécu de ces différentes crises par la personne âgée dépendra de l’accueil et de l’encadrement dans l’institution, de l’implication de la famille dans l’accompagnement de son proche parent, mais aussi de la présence de volontaires qui, par une écoute attentive et indépendante, pourront apporter un certain réconfort. Les sentiments et le vécu de la personne seront également forts différents s’il s’agit d’un choix réfléchi, mais encore faut-il envisager ce changement de lieu de vie sereinement. « On ne réfléchit en général qu’aux choses qui nous intéressent, si un jour je dois aller en maison de repos, je n’aurai pas le choix, alors pas la peine de se faire du mal à l’avance… sans être certain de s’y retrouver. » (2)