Issuu on Google+

SUPPLEMENT GRATUIT AU VISU N°1432 DU 30 AOÛT 2011

hors-série

Pitons, cirques et remparts

La

Réunion au Patrimoine mondial de

l’unesco


La Réunion Patrimoine mondial de

l’unesco

Saint-Leu en lèr

Site historique et géographique de Piton Rouge (St-Leu) situé dans le Parc National à 2400 m d’altitude.

La Réunion Parc National


Édito

La Réunion au Patrimoine mondial,

an 1

L

e début d’une ère nouvelle ” : il y a bientôt un an, nous avions titré de cette façon l’éditorial de notre premier hors-série consacré à l’inscription de La Réunion au Patrimoine mondial de l’Unesco. Peu de temps après, éclatait l’incendie du Maïdo qui donnait à cet événement un écho plus... sinistre. Tout le monde a été choqué par cet incendie. Pour autant, cet acte dont la malveillance semble à l'origine, n’a pas empêché le Parc national d’aller de l’avant. Nous vous invitons à un nouveau tour d’horizon de sa situation et de ses actions.

Une première opération visant à reconstituer la forêt semi-sèche de la côte Ouest, quasiment disparue, est en cours à La Grande Chaloupe. De nouvelles espèces végétales et animales ont été découvertes, qui enrichissent la biodiversité réunionnaise. Les premiers coups de pioche de la Maison du Parc, qui prendra place à La Plaine-desPalmistes, sont attendus au début de l’année prochaine. Concernant les difficultés que posaient quelques activités agricoles à l’intérieur du périmètre protégé, des solutions semblent en vue, comme avec les éleveurs du fond de La Rivière de l’Est.

n Mais le grand sujet

d’actualité, c’est le consensus politique recherché sur le projet de Charte du Parc national. Il paraît en bonne voie et devrait pouvoir se conclure à la fin de l’année. La Charte fera ensuite l’objet d’une enquête publique pendant laquelle tous ceux qui le souhaitent pourront donner leur avis. Engageant les collectivités locales par rapport à la préservation du cœur du Parc national, la Charte définira un projet de territoire axé sur des principes de développement durable qui devront se mettre progressivement en place. Il faut savoir que le respect des engagements sera pris en compte par l’Unesco,

lors des évaluations qui seront réalisées tous les quatre ans. Sur le plan du tourisme, l’objectif est de donner, sur le terrain, du contenu à la découverte des paysages et des sites naturels. Divers projets d’animation et de mise en valeur sont en préparation, comme par exemple celui de la “ Route des laves ”. D’autre part, des études sont prévues afin de préciser les motivations des vacanciers dans leur choix de venir à La Réunion. L’idée est d’évaluer l’impact qu’a pu avoir l’inscription au Patrimoine mondial dans cette décision. Il est évident qu'elle y aura contribué. En tout cas, les chiffres globaux de fréquentation touristique sont en hausse significative en 2010 et la tendance se poursuit en 2011.

© PHOTOs : parc national de la réunion

Le consensus politique

3


L’entretien

Le patrimoine appartient à tou  Avez-vous le sentiment que l’inscription au Patrimoine mondial a une influence sur l’image de La Réunion auprès des responsables politiques nationaux ? Vous faites-vous la messagère de cette image auprès d’eux ?

E

lle a une influence certainement. Le Conseil général est propriétaire de la majorité du territoire forestier de l’île, nous sommes donc les principaux artisans de cette politique de valorisation du patrimoine naturel, qui appartient à tous les Réunionnais. Cette reconnaissance est de dimension non seulement nationale mais également mondiale. Même s’il faut souligner que le caractère exceptionnel de ce patrimoine réunionnais est reconnu de longue date, tant par les responsables politiques nationaux que locaux. Cette inscription nous invite tous – Réunionnais et touristes – à prendre la mesure de la richesse naturelle exceptionnelle que nous avons aujourd’hui à protéger.

Présidente du Conseil général 4

© photo : conseil général

Nassimah Dindar

 Le Département a pour mission la préservation des espaces naturels sensibles. Certains de ces espaces sont situés en dehors du périmètre du Parc national. Comment s’articule cette compétence avec les missions du Parc national ? n Je le rappelle, le Conseil général, est propriétaire de 80  % du bien classé au Patrimoine mondial, il est un acteur incontournable de la préservation des milieux naturels. C’est pourquoi la collectivité départementale est pleinement responsable de la politique menée sur ces Espaces naturels sensibles (ENS). Lorsque vous vous rendez sur les sentiers de l’île, il faut savoir que

c’est le Conseil général qui contribue à la mise en place des équipes d’agents forestiers qui œuvrent quotidiennement pour leur entretien auprès des partenaires comme l’ONF et le GCEIP *. Pour les ENS situés en cœur de Parc, le Conseil général travaille en étroite collaboration avec le Parc national, notamment au niveau de la mise en œuvre de travaux de restauration ou d’aménagement pour l’accueil du public par exemple. Pour les ENS situés en dehors du cœur du Parc, le Parc peut jouer un rôle d’appui scientifique et technique. Le Parc a été créé, à l’initiative des collectivités locales, pour donner au Patrimoine naturel de l’île le meilleur niveau de protection possible. Mais aujourd’hui, tout l’enjeu est de parvenir à coordonner et assurer la bonne cohérence des différentes politiques menées sur ce territoire. Tout cela doit se faire en tenant compte des populations des Hauts qui sont nées sur ces terres et continuent d’y habiter et même parfois d’y développer une activité qui leur permet de vivre, je pense en particulier aux éleveurs.

 Quel est votre point de vue sur le projet de Charte du Parc national ? n Le projet est actuellement en cours d’élaboration. Le Conseil général, en tant qu’administrateur du Parc et collectivité locale, devra rendre prochainement un avis. Ce qui est sûr, c’est que la Charte doit être un cadre qui doit nous permettre de mener pour ce patrimoine une politique ambitieuse et qui doit permettre d’impulser des politiques innovantes, exemplaires en matière de conservation des patrimoines naturels, culturels et paysagers. Cette charte doit faire de ces enjeux de conservation de véritables atouts pour le développement économique et humain des Hauts, grâce à une meilleure coordination des différents programmes de protection et d’aménagement. Nous voyons aussi à travers cette politique une opportunité pour les jeunes Réunionnais d’accéder aux métiers de la forêt et de l’environnement, c’est pourquoi nous sommes


naturel us les Réunionnais  La création du Parc a-t-elle modifié les enjeux du plan départemental d’élimination des déchets ? n Non, dans la mesure où le Parc et le PDEDMA poursuivent le même objectif : sauvegarder durablement notre environnement et donc la richesse de notre patrimoine. D’ailleurs, le PDEDMA précise des actions de prévention, de valorisation et d’optimisation des circuits de collecte pour les sites isolés situés dans le cœur du Parc national. L’idée est de réduire les quantités de déchets introduites en incitant les personnes de passage sur les sites à rapporter avec elles leurs déchets. Ce qui doit permettre de réduire progressivement les populations de rats qui contribuent à la disparition des espèces endémiques protégées.

 Le Département est également impliqué dans la politique agricole, notamment à travers les Cahiers de l’agriculture qui font de la préservation du foncier agricole une priorité. Face à la pression des besoins pour l’habitat et l’activité économique, la préservation

des espaces agricoles entret-elle en concurrence avec celle des espaces naturels ou, au contraire, sont-elles complémentaires ?

n La préservation des espaces agricoles est complémentaire de celle des espaces naturels. En effet, la conservation des milieux naturels joue un rôle bénéfique pour l’agriculture en réduisant les problèmes d’érosion, en limitant les inondations, l’impact des sécheresses, et en renforçant la présence d’espèces utiles à la pollinisation. Mais, pour que cette complémentarité soit totale, il est nécessaire de développer et d’encourager une agriculture durable et raisonnée afin de limiter la propagation des espèces invasives, la pollution des sols et des eaux, et l’érosion des sols. C’est l’une des priorités du Conseil général qui consacre près de 30 millions d’euros en 2011 au développement d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Le secteur agricole reste un vivier d’activités et d’emplois important pour La Réunion, et les marges de croissance sont encore importantes. L’enjeu est, avec nos partenaires, de rendre cohérentes nos différentes politiques publiques en matière d’environnement, d’agriculture, de déplacement, d’habitat, de développement économique pour garantir le respect des principes du développement durable. * Conservatoire d’Espaces Naturels de La Réunion.

© photos : PARC NATIONAL DE LA RÉUNION

vigilants sur les critères de l’emploi au sein de ces différentes structures.

5


Conseil Géné agit Le pour la protecti

Politique de l’eau L’eau est un bien précieux dont la bonne gestion est une des conditions d’un développement harmonieux et durable que ce soit au niveau global comme au niveau du territoire réunionnais. Ainsi, le Conseil Général entend favoriser une répartition équitable des ressources en eau de l’île notamment grâce à l’important chantier d’irrigation du littoral Ouest. La collectivité départementale met en œuvre une politique diversifiée et volontariste dans le domaine de l’eau pour répondre aux enjeux de l’aménagement durable du territoire. Ces enjeux sont notamment d’ordres quantitatifs (adéquation des ressources aux différents besoins), qualitatifs et environnementaux (préservation de la qualité de l’eau distribuée et des milieux aquatiques et écologiques).

Espace naturels et forêts 20 ans. C’est la période depuis laquelle le Conseil Général agit sans relâche pour protéger et valoriser les milieux naturels uniques de La Réunion. Actuellement, 80 % de nos territoires sont classés en Parc National et inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

Maîtrise de l’énergie Depuis 2007, le Conseil Général a engagé une politique volontariste dans le domaine de l’énergie. Acteur privilégié du développement durable, le Conseil Général s’engage en faveur du programme « GERRI 2030 ». Notre objectif est ainsi de maîtriser la consommation énergétique sur l’ensemble de notre patrimoine bâti.

Biodiversité Le Conseil Général est un acteur majeur dans la préservation de la biodiversité de la Réunion. Pour notre collectivité, chaque Réunionnais doit devenir acteur de la protection de son environnement en s’appropriant la nature qui l’entoure.


éral ion de l’environnement à La Réunion

Energies renouvelables La promotion d’énergies renouvelables est également une priorité de la collectivité départementale. En effet, la valorisation des toitures et de ses réseaux d’irrigation permettent la production d’électricité, respectivement en énergie solaire et en énergie hydraulique. Le Conseil Général participe par ailleurs à la production d’énergie propre en installant par exemple des panneaux photovoltaïques sur les toitures de collèges.

Agriculture L’agriculture fait partie de l’identité et de la culture réunionnaise. C’est pourquoi le Conseil Général, principal soutien local à l’agriculture, a la volonté politique de poursuivre ses efforts -aux côtés des producteurs locaux- pour une meilleure reconnaissance de nos savoir-faire et de nos productions locales. En effet, c’est ensemble que nous pourrons construire une agriculture à la fois humaine et moderne, grâce à la richesse de notre histoire agricole.

Elimination des déchets ménagers La gestion des déchets est un enjeu majeur pour notre île : c’est la raison pour laquelle le Conseil Général inscrit son action dans ce domaine dans une démarche partagée avec l’ensemble des acteurs concernés afin de garantir une gestion des déchets durable et respectueuse de l’environnement.


20 ans

d’histoire F © PHOTOs : parc national de la réunion

Historique

10 minutes pour clore

Dix minutes, c’est le temps qu’il a fallu au Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO, réuni à Brasilia en juillet-août 2010, pour adopter le projet d’inscription réunionnais. Vingt ans, c’est le temps qu’a mis ce projet à naître, germer, croître et fleurir. Petit rappel historique pour rafraîchir les mémoires.

8

inalement, La Réunion aura figuré au Patrimoine mondial de l’UNESCO avant les Causses qui ont été inscrites seulement cette année ! Quant à Le Corbusier, son dossier a été recalé (pour la seconde fois) par le Comité du Patrimoine mondial à Londres en juin dernier. Pourquoi citer ces deux candidatures ? Parce que l’examen du dossier réunionnais avait été repoussé en 2009 - alors que tout et tout le monde étaient prêts -, à cause d’eux. Un pays ne pouvant présenter que deux candidatures par an, la France avait fait son choix. Grosse déception dans la délégation réunionnaise. Ce fut l’ultime rebondissement d’une aventure scientifique et humaine telle que La Réunion n’en avait jamais connue. Rien

d’étonnant que, pour en retrouver l’origine, il faille regarder du côté des associations de défense de l’environnement. Depuis les années 80, celles-ci défendaient le projet de doter La Réunion d’un parc naturel pour protéger son exceptionnelle diversité biologique. Clairvoyants avant les autres, les militants de l’environnement lancèrent dans la foulée l’idée d’inscrire La Réunion au Patrimoine mondial dès les années 90. Cette idée devait en toute logique croiser au passage le message de “ l’île intense ” et “ à grand spectacle ”, destiné à attirer les touristes sur l’île. Un constat, au final, rassembla tous les acteurs : La Réunion manquait de notoriété pour faire valoir son patrimoine naturel.


Le Piton de La Fournaise recalé à Paris n L’inscription au Patrimoine mondial

n’aurait pu voir le jour sans la création du Parc national de La Réunion.

Les deux projets se complètent et, en quelque sorte, se sont nourris l’un de l’autre. Peu de temps après la mise sur pied de la Mission Parc, qui devait aboutir à la création du Parc national en 2007, un premier projet de classement est soumis au ministère de l’Environnement : il concerne le Piton de La Fournaise, le clou du “ grand spectacle ”. Copie recalée. Car si la splendeur est au rendez-vous à La Fournaise, scientifiquement, le volcan n’a rien d’exceptionnel. Or, pour viser le Patrimoine mondial, un site doit être unique au monde et avoir une dimension universelle. D’autre part, l’Etat qui dépose la candidature doit pouvoir en garantir la conservation. Ce qui signifie une argumentation reposant sur des bases scientifiques, et une autorité responsable de la protection et de la gestion du site. C’est alors que commencent les choses sérieuses à La Réunion. Sollicitée, la Mission Parc accepte de reprendre le dossier en 2005. Une petite cellule est constituée en son sein pour piloter le projet dans la sérénité et la discrétion. Elle est composée de trois géographes. René Robert, spécialiste de la géomorphologie et du climat, ancien professeur à l’Université de La Réunion, se charge de mobiliser la communauté scientifique réunionnaise. Jean-François Bénard, qui, entre autres expériences, fut ancien commissaire adjoint à l’aménagement des Hauts, prend la direction opérationnelle du projet. Gérard Collin, expert collaborant avec l’UICN, est engagé comme consultant pour la constitution et la rédaction du dossier.

9


10 minutes pour clore 20 ans d���histoire

N’oublions pas les remparts n UICN signifie Union

Internationale pour la Conservation de la Nature. Cette ONG est missionnée par l’UNESCO pour examiner les demandes d’inscription au Patrimoine mondial de sites naturels.

Deux de ses experts se penchent donc sur le dossier réunionnais : la botaniste suisse Wendy Strahm et le géologue britannique Tim Badman. Ces deux hommes vont jouer un rôle important. Lorsqu’ils visitent La Réunion en octobre 2008, le projet de classement porte sur les aires du volcan et des cirques. Ils observent qu’il serait plus simple et judicieux de le faire concorder avec le périmètre du Parc na-

tional. Ils soulignent, en outre, la valeur de la végétation des remparts. En conséquence de quoi les limites du Bien Patrimoine mondial, son appellation administrative, ont recouvert, à peu de choses près, celles du Parc national, sous l’intitulé “ Piton, cirques et remparts de La Réunion ”. Le dossier de candidature réunit tout ce que l’on pouvait savoir en 2010 sur les milieux naturels de La Réunion. Des études nouvelles ont fait faire un bond aux connaissances accumulées depuis deux siècles. Remarquable à tous points de vue, le document de synthèse qui en a résulté, n’a fait l’objet que d’un tirage limité. Il aurait mérité une plus large diffusion. Au plan pédagogique, c’est une mine. C’est sur ce document que la candidature réunionnaise s’est appuyée.

Aucune voix contre

© PHOTOs : parc national de la réunion

n Le projet d’inscription au Patrimoine mondial a fait consensus chez les politiques, et c’est une autre leçon à retenir de cette aventure.

10

Aucune voix ne s’est déclarée contre. Or, sans consensus, le projet n’aurait sans doute pas abouti. Les inquiétudes n’ont pas manqué au gré des péripéties électorales. Mais, au final, le projet de candidature est passé au travers des remous sans encombre. Le seul écueil est venu du projet de forage géothermique à La Plaine-des-Cafres qui risquait de tout faire capoter. L’écueil a été évité, sans pour autant, il convient de le préciser, que La Réunion soit obligée de

renoncer à la géothermie comme source d’énergie propre : d’autres sites moins sensibles sont appropriés. Et c’est ainsi qu’après avoir surmonté la déception de 2009, une délégation réunionnaise composée, notamment, du trio de la cellule du Patrimoine mondial, du président et du directeur du Parc national, Daniel Gonthier et Olivier Robinet, s’est envolée pour Brasilia en juillet 2010. Sa mission : assister l’ambassadeur de France à l’UNESCO face aux 21 membres du comité du Patrimoine mondial. Aucun n’a trouvé à redire au document qui leur a été présenté, aucun n’a posé de question. Et le 1er août 2010, ils ont inscrit les Pitons, Cirques et Remparts de La Réunion au Patrimoine mondial de l’Humanité.


Premier anniversaire © PHOTOs : parc national de la réunion

Hé ! Oui ! Cela fait déjà un an que les Pitons, cirques et remparts de La Réunion ont été inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco.

La Poste, partenaire de l'opération À La Maison du Volcan, La Poste, partenaire de l'opération, proposait des enveloppes et des timbres ornés des paysages de La Plaine-des-Cafres et une deuxième collection de timbres sur le thème du Parc national. De son côté, l'Association des Philatélistes de l'Océan Indien proposait des cartes et des enveloppes commémoratives du jour. La journée devait se poursuivre avec une conférence de René Robert sur ce thème, et avec un concert sur le site des Grands kiosques. Et comme pour tout anniversaire, la dégustation d'un gâteau était au programme.

Une journée de découverte

P

our fêter cet anniversaire, une journée de découverte de ses reliefs a été organisée par les responsables du Parc national de La Réunion, sur le site du volcan. A partir de La Maison du Volcan, des navettes ont été mises en place pour emmener jusqu'au Pas de

14

Bellecombe les visiteurs dans deux circuits de découverte (paysage et biodiversité) comprenant six étapes. Munis de leur “ passeport découverte ”, les visiteurs pouvaient suivre l'un ou l'autre circuit, et obtenir des visas qui permettaient d'avoir un cadeau souvenir.


La Réunion

un roman vivant à Derrière l’expression de “ schéma d’interprétation éco-touristique ” se cache une idée séduisante, encore peu pratiquée en France : celle de scénariser et de mettre en scène la découverte des territoires à travers des itinéraires thématiques jalonnés d’étapes. Ce récit à vivre de La Réunion commence par la route du Volcan et la route des Laves.

C

est une chose de visiter des lieux à la file, sans coordination ni logique, de profiter d’un spectacle mais sans rien de plus, d’en repartir sans avoir rien appris. C’en est une autre de se sentir acteur de sa visite, de se laisser guider par un itinéraire imaginé à partir d’un fil conducteur, où chaque étape a sa propre unité et complète les précédentes ou envoie à la suivante. Enrichir le tourisme, l’organiser, faire participer le public en stimulant sa curiosité, révéler les enjeux d’un territoire, son histoire géologique, biologique et humaine, sa fragilité, les liens unissant sa population et la nature qui l’entoure : c’est cette démarche que le Parc national est en train

16

de promouvoir pour faire mieux connaître La Réunion. Son intérêt, c’est qu’elle part de ce qui existe déjà en le complétant et en lui donnant une nouvelle perspective. À la base, des aménagements légers ici et là, une mise en scène attrayante et partant des éléments les plus simples d’information  : tout est question de créativité pour exploiter ce que disent les décors et les paysages. Chaque visiteur reste évidemment libre de ses mouvements, mais il est séduisant de s’imaginer suivre de tels parcours à la manière dont on parcourt un livre fait d’images vivantes et de personnages réels. Parmi ces personnages, il y aura bien sûr les guides péi et des agents du Parc qui ont révélé un vrai talent d’ani-

mateur et de conteur. Ils donneront un contenu humain à ces parcours d’interprétation. Quant aux visiteurs qui voudront en savoir plus, ils auront à leur disposition les guides et documents classiques sur la nature réunionnaise.


sChéma écotouristique

à visiter

Sur la route du volcan et la route des laves

© PHOTOs : LE QUOTIDIEN & visu

n Les deux premières routes thématiques, en cours de réalisation, concernent la route du Piton de la Fournaise et la route des Laves. Deux petits exemples. Sur la route du Volcan, le belvédère du Nez de Bœuf sera légèrement décalé. Une allée fournira, marqués au sol, des repères de la formation géologique ayant amené au... spectacle qui se déploiera du belvédère. La route des Laves : huit coulées entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, deux belvédères seront ins-

tallés au niveau des remparts du Tremblet et de Bois Blanc. À ces belvédères, les propositions de découverte thématique pour chacune des coulées. Car, chaque coulée a son histoire, ses caractéristiques, et constitue un spectacle et un événement différents, contrairement aux apparences. Ainsi, lorsque la réplique de la Vierge au Parasol aura repris son ancien emplacement, un parcours mènera de l’ancien site balayé par la coulée de 2002 jusqu’à la mer. Grâce à des indicateurs au sol, les marcheurs pourront évaluer la vitesse de la coulée par rapport à leurs propres pas.

Mis bout à bout, ces “ indices ”, comme les appelle Michel Sicre, chargé de l’interprétation du patrimoine au sein du Parc, créeront un sentiment “ d’humilité en montrant que le volcan a toujours le dernier mot ”. Voilà, brossée à grands traits, l’approche de l’interprétation des sites et des paysages. Six “  chapitres  ” territoriaux, en lien avec le volcanisme qui est à l’origine de l’île, composeront au final ce grand livre vivant de La Réunion : outre le volcanisme ancien (avec les futures routes du Volcan et des Laves), on trouvera des parcours ayant pour thème la forêt, l’eau, l’agriculture, l’histoire et le pays créole.

17


Un des papillons endémiques de l’île.

Le Gecko vert des Hauts

18

© photos parc : national de la réunion

Le bien patrimoine mondial

Sources : Parc national de La Réunion - Réalisation : Parc national de La Réunion - Fond cartographique : Estompage de la


Le cirque de Salazie

La Roche Ecrite

BDAlti IGN

La Plaine des Sables

Le cirque de Mafate

19


La nature encore ple Des arbres qu’on croyait disparus, une chauve-souris mystérieuse, des mousses par centaines, l’amour secret d’une sauterelle pour une orchidée... Le roman de la nature réunionnaise est rempli d’énigmes.

C

e fut une chance d’avoir sur l’île une spécialiste des Bryophytes, les mousses, native de La Réunion, en la personne de Claudine Ah-Peng. Saviez-vous qu’il existe sur l’île quelque 500 espèces de mousses, dont une bonne partie étaient inconnues avant l’inventaire effectué par Claudine Ah-Peng et Jacques Bardat (Muséum Paris)  ? Pour l’étude des lichens, en revanche, les plus proches des rares spécialistes de ce type de végétal, se trouvaient en Belgique et en Hollande. Emmanuel Sérusiaux a découvert que, sur nos sommets, poussait une même espèce de lichens que dans les montagnes du Nyungwe du Rwanda. Une nouvelle preuve

2

3

Hypenodes

que la formation de la biodiversité réunionnaise a pour origine, en grande partie, le grand œuvre du vent. Par la suite, les espèces venues d’ailleurs se sont transformées, donnant naissance à de nouvelles espèces nées sur l’île. C’est ce que nous confirment ces mousses et lichens. Il faut rappeler que l’île, à l’origine, était déserte et couverte de forêts. Des arbres devenus rares, qui existaient à l’arrivée de l’homme, ont été décrits par les naturalistes des XVIIIe et XIXe siècles. Ces arbres, les agents du Parc national, soutenus par le Conservatoire Botanique de Mascarin, sont repartis à leur recherche. Ils ont ainsi découvert dans des coins reculés plus de 50 bois de fer, 20 bois jaune et

4

Stathmopodata attiei

Chasmina tibialis

un unique bois puant ! Au total, cette quête a permis de localiser 150 espèces d’arbres très rares. Crédits photos : ➁ ➂ ➃ Benoît Lequette - Parc national de La Réunion ➀ ➄ ➅ ➆ Christian Guillermet ➇➉ Claudine Ah-Peng & Jacques Bardat ➈ Claire Micheneau & Jacques Fournel

1

Semiothisa troni

5

6

7

Ancylometis mulaella

Eilema francki

Tanychastis moreauella

Un cri inconnu dans la nuit n Parmi les découvertes les plus passionnantes, il y a ce cri nocturne mystérieux enregistré par un spécialiste des chiroptères, les chauvessouris, Michel Barataud. En plus de la roussette, deux espèces de chauves-souris sont connues à La Réunion : le Taphien de Maurice et le Petit Molosse de La Réunion. On sait, grâce aux naturalistes des temps anciens, qu’il en existait une troi-

sième, le Scotophile de Bourbon. La dernière mention de son existence date du début du XIXe siècle. C’est à leur cri que les espèces de chauves-souris se distinguent et peuvent être localisées. Il faut ensuite essayer d’en capturer un spécimen pour l’étudier de plus près. D’où l’espoir que le Scotophile de Bourbon soit toujours vivant et même bien portant, car des enregistrements dans des hauteurs de l’île ont fait entendre un troisième cri, non identifié à ce jour, et dans quatre endroits différents ! Au cœur de la nuit,

il faut encore parler des prospections de l’ancien directeur de l’Insectarium du Port, Christian Guillermet, qui s’est intéressé aux papillons de nuit. Ses piégeages des deux dernières années ont révélé l’existence de plusieurs dizaines d’espèces non répertoriées de papillons nocturnes. Déjà 13 espèces nouvelles pour la science sont décrites et d’autres en cours de description, et c’est loin d’être fini. Jacques Rochat et l’équipe de l’Insectarium contribuent activement à ces découvertes !

En 2007, une découverte importante a été effectuée par Herman Thomas, du Parc national, en collaboration avec Max Félicité et Patrick Adolphe, de la SREPEN : Heterochaenia fragrans. Cette plante, jusqu’alors inconnue, n’a pas d’autre

20

nom. Herman Thomas décrit ainsi sa découverte : “ Cet arbrisseau haut de 1 à 1,5 m vit perché sur les parois des cascades qui jalonnent le torrent Bras Détour, dans la réserve naturelle de La Roche Ecrite. Ses rameaux aux feuilles étroites et

allongées se terminent par des fleurs blanches étoilées, veinées de mauve, tombant en grappe. S’en dégage un enivrant parfum fruité perceptible à plus de 10 m. H. fragrans est l’une des plus belles plantes à fleurs parmi les 160 endémiques de l’île !

© photo : Herman thomas

Heterochaenia fragrans

Heterochaenia fragrans


Glomeremus prélevant le nectar d’un Angraecum cadetii.

9

© photo : S. Baret

© photo : Claire Micheneau

Angraecum cadetii

Bois de fer (Sideroxylon majus)

nouvelles Espèces

eine d’inconnus

Microlejeunea strabergii

Fissidens ah pengae

8

10

L’orchidée et la sauterelle

Glomeremus

© photo : Sylvain Hugel

L’histoire nocturne la plus étonnante est sans doute cette rencontre entre une orchidée (Angraecum cadetti, baptisée en hommage au botaniste Thérésien Cadet) et une sauterelle inconnue jusqu’alors. Cette découverte est l’œuvre de Claire Micheneau, Jacques Fournel et Thierry Pailler (Université de La Réunion) et Sylvain Hugel (CNRS Strasbourg). Ils se sont demandés quel était l’intrus qui pollinisait cette orchidée, sachant que chaque fleur a son servant attitré, oiseau ou insecte. Ils ont donc planté une caméra devant l’orchidée. Et, une nuit, c’est une sauterelle non identifiée qui est venue se gaver de son nectar ! Cette scène exceptionnelle et son résultat scientifique ont été classés parmi les dix découvertes biologiques les plus originales de 2010 au plan mondial ! Il se trouve en effet qu’il s’agit de la seule sauterelle pollinisatrice de fleurs connue au monde. Elle a reçu le nom de Glomeremus orchidophilus. D’autres études sont en cours : sur les araignées, les escargots...

21


La mutilation sera durable

M

ille hectares sont partis en fumée en octobre 2010 sur les pentes du Maïdo. Le ou les auteurs de cet incendie n’ont pas été retrouvés. Son origine criminelle, avec plusieurs départs de feu répertoriés, ne fait pratiquement aucun doute. Quant aux dégâts écologiques provoqués sur la flore et la faune, leur évaluation précise est en cours. Elle s’accompagnera d’une série de propositions pour voir comment reconstituer ce qui

pourra l’être. Seule la végétation des ravines a été préservée de l’incendie. Pour le reste, il faudra assister la nature pour l’aider à se reconstituer. Des graines des espèces indigènes et endémiques disparues seront replantées. Mais, dans tous les cas, le verdict du Parc national est sans équivoque : “ On ne pourra pas revenir à l’état antérieur. La dynamique des espèces envahissantes est trop forte “ déclare Marylène Hoarau, directrice du Parc national.

L’ajonc d’Europe à la conquête du Maïdo n La terre brûlée est en cours de reconquête par un arbuste bien connu à La Réunion, l’ajonc d’Europe.

© PHOTOs : Le quotidien

l'événement

L'incendie du Maïdo

Le milieu écologique des surfaces ravagées par l’incendie ne se reconstituera pas à l’identique : telle est la conclusion implacable des experts du Parc national. Une espèce envahissante, l’ajonc d’Europe, est en train de reconquérir le terrain à son profit.

Les moyens humains de lutte dont dispose le Parc pour lutter contre l'ajonc d'Europe (arrachage ou badigeonnage d’herbicides des plants) sont insuffisants. Ils ne réussiront pas à enrayer complètement l’invasion. Un paysage différent du précédent va donc renaître. Les espèces endémiques et indigènes reviendront, mais différemment, et elles ne seront plus seules à occuper le terrain. C’est sur le front de la prévention des incendies que la partie se joue maintenant, et chacun d’entre nous est invité par le Parc

national à y participer en faisant preuve de vigilance. Afin d’assurer une surveillance plus régulière, les agents du Parc patrouillent désormais en binôme avec ceux de l’ONF dans les tournées d’inspection. De son côté, le nouveau Plan départemental de défense contre les incendies intègre les interventions dans les zones naturelles protégées, en particulier celles qui sont d’un accès difficile comme ce fut le cas au Maïdo. “ Mais toutes nos équipes réunies n’y suffiront pas, prévient Marylène Hoarau. Aussi il est indispensable que chacun prenne conscience du risque d’incendie, particulièrement pendant la période sèche. La population a un rôle de prévention à jouer pour protéger notre patrimoine naturel. ”

Rapport à l’UNESCO

E

n octobre 2010, le ou les pyromanes ont pu compter sur la force du vent pour accomplir leur forfait. Des centaines de pompiers se sont relayées 24 heures sur 24 pendant près de deux semaines. Plusieurs d’entre eux ont risqué leur vie dans

22

cette bataille contre le feu. On sait qu’il a détruit des zones où poussaient des espèces végétales et animales rares. Un exemple, on s’interroge sur le devenir du lézard vert des Hauts. A l’époque de l’incendie, sa population était estimée à

seulement quelques centaines d’individus. Il faut se souvenir que cet incendie s’est produit moins de deux mois et demi après l’inscription du Parc national de La Réunion au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Difficile de voir dans cette agression un acte

purement gratuit ou maladif. L’incendie a fait l’objet d’un rapport à l’UNESCO. “ En tant que président du Parc national et en tant que Réunionnais, je considère que brûler notre forêt, c’est se brûler soimême”, rappelle Daniel Gonthier.


Mi sov mon foré La Grande Chaloupe au cœur du projet Le gros des plantations sera effectué par des professionnels dans le cadre d’un marché public. Mais le Parc national a fait appel aussi à des bénévoles de La Grande Chaloupe pour participer au projet. Une trentaine de familles volontaires ont reçu des graines, du terreau et autres

24

substrats. Elles s’occupent des jeunes plantules. Elles ont la possibilité de garder quelques plants pour embellir la case. Le reste ira rejoindre la montagne. Un exemple avec Marie-Ange Syracuse qui s’occupe, entre bois judas, bois joli et bois mahot, de plus de 50 pieds. Ils sont actuellement à l’état

de plantules dans de petits pots. “ J’ai toujours vécu dans les bois et la nature, confie Mme Syracuse pour expliquer ce qui lui plaît dans ce projet. Depuis que je suis petite, j’ai toujours aimé cultiver des plantes. J’aime la nature. Ce sont des arbres que je n’ai pas connus dans ma vie. C’est

l’occasion pour moi de les découvrir et de les faire découvrir aux générations à venir. ” D’ailleurs, l’école possessionnaise Evariste de Parny, où sont scolarisés les enfants de l’écart, est aussi de l’aventure du rempotage de plantules de la future forêt semi-sèche de La Grande Chaloupe.


buis, benjoin, etc.) n’existe plus qu’à l’état de lambeaux ou d’arbres isolés, très rares, disséminés sur des terrains difficiles d’accès ou autrefois cultivés, puis abandonnés il y a bien longtemps et qui se sont transformés en savane, à l’exemple du paysage du chemin des Anglais ou au-dessus de Saint-Paul. “ C’est la forêt la plus rare de La Réunion. Nous estimons qu’elle ne compte plus que 1 % de sa surface d’origine, soit seulement quelques centaines d’hectares ”, déclare Pierre Thueux, responsable du projet “ Life + Corexerun ” au sein de l’équipe du secteur Nord du Parc national.

La protection des milieux naturels, mission du Parc national, inclut, lorsque c’est possible, leur restauration ou leur reconstitution. Exemple, à La Grande Chaloupe, où l’équipe du secteur Nord du Parc national mène une opération pilote pour redonner vie à l’ancienne forêt semi-sèche qui couvrait jadis la côte Ouest.

90 000 plants sur 9 hectares n Les derniers restes de l’ancienne forêt semi-sèche se trouvent en montagne, au-dessus de La Grande Chaloupe. Aussi, c’est de La Grande Chaloupe que part une tentative de replantation là où ce sera possible. Corexerun veut dire “ conservation, restauration et reconstitution de la

forêt semi-xylophyle de La Réunion ”. Life + est le nom d’un fond européen qui a retenu le financement de ce projet étalé sur cinq ans (2009 - 2013) pour son caractère unique : la plantation de 90 000 plants sur neuf hectares pour une tentative de reconstitution totale. “ Restauration signifie qu’on dispose d’une végétation dégradée mais viable, qu’on peut sauver. Reconstitution  signifie qu’on part de zéro ”, précise Pierre Thueux.

© PHOTOS : PARC NATIONAL DE LA RÉUNION & VISU

Rendez-vous dans 15 ans n La première étape a consisté à prélever des graines en montagne. La seconde à les faire germer, multiplier et croître en pépinière et, pour une partie d’entre elles, chez des familles volontaires de La Grande Chaloupe. Les plantations doivent obligatoirement avoir lieu pendant la saison des pluies pour donner un maximum de chances de sur-

vie aux jeunes arbustes. Une première vague de 30 000 plants sera mise en terre fin 2011 et début 2012. Les 60 000 autres le seront un an plus tard. Cette reconstitution s’accompagnera évidemment de mesures de protection, d’un entretien et d’un suivi scientifique des plantations. L’enjeu est de taille, il engage l’avenir sur du long terme, une bonne quinzaine d’années, pour juger des résultats. Ce sont les arbres qui donnent le rythme. “ Adaptées à des conditions de sécheresse, ce sont des espèces qui poussent lentement ”, prévient Pierre Thueux.

25

LA GRANDE CHALOUPE

A

vant la colonisation de l’île au XVIIe siècle, une forêt semi-sèche s’étendait sur la côte sous le vent, en arrière de la végétation littorale et jusqu’à une altitude de quelque 500 ou 600 mètres. Toute la côte en était couverte. Le peuplement, avec la mise en valeur de terres agricoles, n’a cessé de la repousser et d’en réduire la surface. L’introduction de diverses espèces exotiques, entrant en concurrence avec les espèces indigènes, a achevé de la faire quasiment disparaître. De nos jours, la forêt de bois de couleurs des Bas (bois puant, bois d’Amette, bois de


T

out d’abord, le Parc national n’a jamais cessé de répéter que l’agriculture autour du cœur du Parc est non seulement la bienvenue, mais qu’elle est même indispensable pour lutter contre la prolifération des pestes végétales et contribue à la qualité paysagère de La Réunion. Plus généralement, l’espace rural dans les Hauts est considéré comme la zone tampon qui empêchera le contact entre la ville et les espaces naturels protégés. Tel est le

point de vue environnemental sur l’agriculture. Dont acte. Mais qu’en est-il des activités agricoles qui se situent à l'intérieur du cœur du Parc ? L’objectif est de rendre compatible l’agriculture avec la préservation des milieux naturels. Le contexte s’y prête : la contrainte environnementale, avec l’obligation de bonnes pratiques agricoles, s’impose désormais à tous les secteurs de l’agriculture à travers l’île. Rien à dire sur les cultures vivrières de Mafate.

Donner du temps au temps jusqu’à ce que chaque problème particulier trouve sa solution... Telle est la philosophie en ce qui concerne les quelques activités agricoles empiétant sur le domaine du cœur du Parc national.

© PHOTOs Le Quotidien & visu

xoxoxoxoxo Espace rural

L’agriculture : oui, mais...

26

n À Sans Souci, l’équilibre devrait se trouver dans une reconfiguration des parcelles qui ne lèserait personne. Une étude est en cours avec les parties concernées. La démarche part du constat que si les Anciens ne sont pas allés au-delà d’une certaine limite pour cultiver, c’est qu’il y a une raison : vraisemblablement le manque de potentiel agricole des terrains. En matière d’élevage, il faut rappeler que le pas-

toralisme encadré du Piton de l’Eau, sous forme de concession sur des terrains domaniaux, ne soulève pas d’objection. Ce qui pose problème en revanche, ce sont les bêtes divaguantes. L’objectif, ici, est de rapatrier progressivement l’activité hors du cœur du parc. C’est possible : au volcan (Cassé de l'Est), deux éleveurs ont accepté cette solution. La difficulté vient des animaux non identifiés. Tant qu’on ne sait pas à qui appartiennent les bêtes, aucune démarche de conciliation n’est envisageable.


L

e conseil d’administration du Parc national a reçu une mouture du texte de la Charte lors de sa dernière réunion mi-juillet. Il avait un mois pour faire ses observations avant que ne débute à la rentrée la phase officielle de consultation des collectivités locales et des différentes instances locales et nationales. Le projet de Charte devrait être arrêté à la fin de l’année. Place ensuite à l’enquête publique qui sera ouverte à tous. Par ailleurs, l’avis de l’UNESCO sera également sollicité. Un premier texte, posant les principes du “ projet de territoire ” dont la Charte se veut l’expression, avait été sou-

mis à l’examen des élus locaux en 2010. Cette fois, il s’agit d’entrer dans le détail des modalités réglementaires qui vont s’appliquer sur l’aire d’adhésion. Le Parc national se compose de deux parties : un cœur naturel protégé et une aire d’adhésion couvrant les territoires habités environnants. Les 24 communes sont concernées par cette aire d’adhésion. Elles participent donc à l’élaboration des règles qui vont s’y appliquer, chez chacune d’entre elles, pour assurer la préservation de l’espace naturel protégé. Le processus de concertation, a donné lieu, dans chaque commune, à la consultation de nombreuses personnes.

n La Charte elle-même résulte de la réforme du mode de gouvernance des parcs nationaux en 2006. D’une part, les élus locaux et les représentants de la société civile sont à présent majoritaires dans le conseil d’administration du Parc national. D’autre part, la Charte, négociée avec les collectivités, doit définir un projet territorial fondé sur des principes de développement durable.

Le processus de concertation en cours n’empêche pas le Parc d’avancer sur diverses initiatives. Une exposition permanente sur le Parc national est désormais visible à l’Office de tourisme de Salazie. L’aménagement du Pas de Bellecombe est mené en commun avec l’ONF et le Département. Une signalétique propre au Parc national est en cours de définition. Une autre réflexion lie le Parc national à la Cirest pour l’aménagement du belvédère de Takamaka.

© PHOTOs parc national de la réunion

Un projet de territoire

un “ schéma d’interprétation du territoire ”

U

n “ schéma d’interprétation du territoire ” a été imaginé par les services du Parc national pour une mise en valeur éco-touristique des sites.

Ce schéma porte l’ambition d’une vision renouvelée sur la nature, les paysages et les activités humaines qui leur sont liées. La “ route des Laves ” fait l’objet d’une Directeur de publication Christian AH-SON

Hors-série UNESCO Immeuble Point Presse 13, allée Bonnier 97400 Saint‑Denis & : 0262.90.20.60 Fax : 0262.90.20.61 E-mail : info@visutele.com

Rédacteur en chef Philippe PEYRE philippe.peyre@visutele.com Rédacteur Olivier SOUFFLET Photos Parc national

série de propositions mettant en valeur cette portion de route entre Sainte-Rose et SaintPhilippe, dévoilant la série des imposantes coulées de lave dévalant de l’enclos.

Directeur artistique Hervé BAUM Maquettistes : Tony CHEVALIER Olivier BANOR publicit é

epr3.pub@wanadoo.fr Chef de produit Publicité Patrick BIJOUX Publicité SUD

Jacqueline BACHAR Pascal HELLION Régie : Colette SAVARANIN MEDIAOUTREMER

12,14, rond point des ChampsElysées - 75008 PARIS Tél : 01 53 53 15 95 01 53 53 16 37 regie@mediaoutremer.com

impression

nid - ZI. Chaudron 97490 Sainte-Clotilde ÉDITEUR EPR SAS au capital de 800 000 F PRINCIPAUX ASSOCIÉS Christian AH-SON SAS SIROB - SA SPR

COMMISSION PARITAIRE : N° 0709 R 85460 Visu a été tiré à 75 000 exemplaires. © Toute reproduction même partielle des articles et illustrations publiés dans VISU est interdite. Dépôt légal : 3238

27

la Charte

la dernière ligne droite

La concertation se poursuit activement autour du projet de Charte du Parc national qui va fixer les règles qui s’appliqueront sur l’aire d’adhésion. Le projet devrait être arrêté en fin d'année pour permettre une enquête publique ouverte à tous dès l'année prochaine.


Bientôt... S

ur le chemin des Plaines ou des forêts de Bébour et Bélouve, ce sera une raison de plus de s’arrêter à La Plaine-des-Palmistes. Pourquoi La Plaine ? Parce que les communes de la Cirest ont été les premières à répondre favorablement, et unanimement, à la demande du Parc national lorsqu’il a cherché un lieu d’implantation. Avec vue sur le rempart, le site convient en outre parfaitement. Le Domaine des Tourelles et la Maison du Parc compose-

ront un binôme d’animations et d’informations culturelles, touristiques et écologiques unique à La Réunion. En plus de locaux administratifs et de réunion, la Maison du Parc réservera un espace public consacré à la biodiversité réunionnaise, au Parc national et à l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO. “ Ce sera un lieu où les Réunionnais et les touristes pourront trouver les réponses à leurs questions ”, indique Isabelle Braco, responsable du secteur Est du Parc national.

© PHOTOs : parc national de la réunion

Avec la Maison du Volcan et le Museum Stella Matutina, le futur siège du Parc national de La Réunion à La Plaine-des-Palmistes sera une troisième grande étape de la découverte de La Réunion.

...Un nouveau lieu à découvr

28


rir

Maison du parc

Un modèle d’architecture n L’accès à la Maison du Parc se fera par un cheminement de caillebotis, légèrement surélevé par rapport au sol, qui desservira les différents bâtiments. Il se prolongera ensuite jusqu’à un jardin situé en contrebas qui fera face au magnifique spectacle du rempart. La Maison du Parc se composera de quatre bâtiments. En plus de l’espace public, en forme de triangle, trois bâtiments tout en longueur, relativement étroits, se déploieront légèrement en éventail. Leur orienta-

tion Nord-Sud et leur conception architecturale répondront, fort logiquement, à des critères bioclimatiques et environnementaux. Ossature de bois. Construction sur pilotis (contre les risques d’inondation liés aux fortes pluies). Toits de zinc bombés pour évacuer l’eau. Moellons de basalte pour la déco. Beaucoup de verre. L’étroitesse des bâtiments permettra d’exploiter au maximum la lumière du jour et l’aération naturelle. Deux cheminées décoratives à inserts donneront un peu de chaleur et, surtout, un aspect chaleureux à l’espace d’accueil du public. On a hâte de pouvoir visiter cette Maison du Parc. Les travaux doivent débuter début 2012 pour une livraison un an plus tard.

L’inscription au Patrimoine mondial gravée dans le bronze

U

n troisième élément viendra compléter le pôle écologique et culturel composé de la Maison du Parc et du Domaine des Tourelles. Il s’agit d’une grande plaque de bronze célébrant l’inscription de La Réunion au Patrimoine

mondial de l’UNESCO. Elle prendra place à l’extérieur de la Maison du Parc afin d’être accessible à tous en permanence. Cette plaque volumineuse est en cours de réalisation. Elle est l’œuvre d’Antoine Guérin, artisan d’art ayant

son atelier au sein de l’archipel des métiers du Domaine des Tourelles. On lira sur cette plaque de bronze, gravés en français et en anglais, les critères retenus par l’UNESCO pour inscrire La Réunion au Patrimoine mondial.

29


Le Parc national de La ne ressemble à aucun Directrice du Parc national de La Réunion, Marylène Hoarau souligne les particularités du parc réunionnais qui constituent d’innombrables atouts pour des produits touristiques de qualité. Reste à les promouvoir avec l’aide des communes.

 Dans ses projets, dans l’exercice de ses missions, le Parc national de La Réunion s’inspire-t-il du modèle ou de l’exemple d’autres parcs nationaux ?

F

© PHOTOS : PARC NATIONAL de la réunion

orcément, nous regardons ce qui se fait ailleurs. Mais en l’adaptant car notre contexte est différent de celui des parcs nationaux de métropole. Néanmoins, des filiations existent effectivement avec le Parc des Cévennes, dont le cœur est habité comme le nôtre, ou avec le Parc des Ecrins qui a passé des conventions de partenariat avec les communes comme nous souhaitons le faire ici à La Réunion. Notre contexte insulaire et tropical nous oblige à construire notre propre modèle de parc. Bientôt un million d’habitants vivront autour de ce parc, c’est une autre différence importante. Enfin, le label du Patrimoine mondial ajoute de l’ambition à notre projet.

30

 À l’inverse, le Parc national de La Réunion peutil constituer un modèle pour d’autres ? n Plusieurs parcs nous regardent avec attention. Avec la Guyane, nous sommes le deuxième parc qui a été créé après la réforme de la gestion des parcs nationaux en 2006. Notre organigramme n’est pas du tout le même que celui des parcs métropolitains. Notre structure est décentralisée alors que, dans les parcs métropolitains, tous les cadres sont installés au siège. Notre approche est davantage tournée vers le territoi-

re. Le Parc de La Réunion s’inscrit dans un projet de territoire avec les aires d’adhésion entourant le cœur. Les activités, les modes de vie, sont beaucoup plus imbriqués à La Réunion que dans les parcs créés dans des zones plus désertiques, comme dans les Alpes par exemple.

 Il paraît évident que l’inscription au Patrimoine mondial joue un rôle dans la hausse significative de la fréquentation touristique. Pour autant, on ne peut pas dire que le secteur touristique local percute sur le sujet. Que peut apporter le Parc national aux opérateurs du tourisme ? n Nous ne disposons pas encore de données précises sur les motivations de la fréquentation touristique, mais les remontées du terrain semblent indiquer effectivement que La Réunion a gagné en notoriété grâce au Patrimoine mondial. Le Parc national est garant du bien naturel inscrit au Patrimoine mondial. L’utilisation du logo du Patrimoine mondial de l’UNESCO par les opérateurs touristiques ou autres est possible sous certaines conditions dont nous devons nous assurer. Les entreprises ou organismes intéressés peuvent nous en faire la demande. Nous transmettons cette demande à l’UNESCO qui répond généralement très rapidement. Cela peut se faire dans la journée. Plus globalement, le Parc national doit créer un contexte favorable à la qualité des prestations de tourisme, par la formation, par le conseil.


L’entretien

Réunion autre  Quel est le rôle du Parc national dans cette démarche ? n Nous devons assurer un rôle d’ingénierie, de conseil, pour générer des produits qui s’inspirent de notre patrimoine. Nous avons un rôle de coordination pour que tous les acteurs du tourisme s’inscrivent dans une vision globale visant la qualité. Nous sommes là pour les aider à se mettre autour d’une table, en particulier les communes qui ont aussi un rôle très important. Les privés ont la main sur les initiatives privées. Dans le cœur du Parc, ils auront besoin de notre aval. Mais sur les aires d’adhésion, non. Ce seront les communes qui seront concernées. A elles d’encourager un tourisme intégré à leur projet de territoire, dans le respect des principes définis par la Charte du Parc national. Toutes les communes participent à l’élaboration de cette charte. Nous sommes dans une démarche collective. Nous sommes conscients néanmoins que nous devons être le chef de file de cette démarche.

 Qu’est-ce qui distingue l’approche touristique du Parc national de La Réunion de celle d’autres parcs ? n La place que les paysages occupent. Peu de parcs ont une telle variété de paysages et vont pouvoir l’utiliser à ce point. Des produits touristiques liés aux paysages peuvent être développés. Il y a aussi la relation entre l’homme et la nature à La Réunion, qu’il est important de connaître et d’expliquer. Quel est le comportement des habitants dans la nature ?

Quels sont les gestes qui caractérisent ce comportement ? Dans les temps anciens, tout devait être puisé dans la nature. La société réunionnaise est née aussi de ce contexte. Aujourd’hui encore, la relation à la nature reste fondamentale pour nous, Réunionnais. La découverte de cette dimension culturelle, historique, est une autre entrée pour comprendre, apprécier et respecter notre patrimoine naturel.

Marylène Hoarau Directrice du Parc national de La Réunion

31


 Le but de la Charte du Parc national est qu’on ne fasse pas n’importe quoi n’importe comment dans les territoires qui entourent le Parc national. Existe-t-il un consensus parmi les élus autour de ce projet ?

Le président du conseil d’administration du Parc national rappelle les enjeux du consensus autour du Parc national et de l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

N Daniel Gonthier

Président du conseil d’administration du Parc national

© PHOTOs : parc national de la réunion

l’entretien

La Réunion se doit d’être exemplaire

32

ous sommes à la recherche de ce consensus entre les maires. Dans aire d’adhésion, le mot “adhésion” traduit bien la volonté que les propositions viennent des territoires eux-mêmes. La Charte est un outil d’accompagnement défini par le droit commun. Elle est conçue en partenariat avec les collectivités locales, communes, communautés d’agglomération, conseils général et régional, chambres consulaires, structures économiques et associatives dont acteurs du tourisme, etc. Elle sera le fruit d’une très large concertation. La Charte est un outil de développement intégré. Elle sera valable dix ans. Il faut que pendant ces dix ans, tout le monde ait défini des priorités qui permettent de conforter la qualité et le caractère des territoires de mi-pente. Sans attendre, des élus s’approprient de plus en plus cette approche et la relaient dans leurs communes. Notamment dans les zones tampon  : La Plaine-des-Palmistes, Salazie, Cilaos. Mais la Charte n’est pas le seul moyen d’assurer la démocratie des décisions. On peut aller plus loin.

 De quelles façons ? n Le Parc national possède un conseil scientifique pour le guider dans ses mis-

sions. Lorsque la Charte aura été adoptée, nous proposerons de créer sur le même principe un Conseil culturel, économique et social qui renforcera la démocratie participative dans les prises de décision. Par ailleurs, nous souhaitons mettre en place une association des amis du Parc national, sur le modèle de ce qui se fait dans d’autres parcs. Ouverte à tous, elle sera composée de bénévoles qui soutiendront et développeront des actions d’animation et de pédagogie sur le Parc national.

 Que vous inspire le premier anniversaire de l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO ? n Avec cette inscription, c’est nout tout qui a gagné aux “  Jeux Olympiques de la Nature  ” ! Je remercie les Réunionnais de leur soutien, mais je leur dis aussi : tout reste à faire ! Ce label n’est que momentané. Il fera l’objet d’une évaluation dans quatre ans par l’UNESCO. Rien n’est définitif. Ce que je souhaite, c’est que La Réunion reste au Patrimoine mondial au bout de ces quatre ans. Pour cela, nous avons aussi besoin de moyens financiers et je trouverais juste, par exemple, qu’une partie du produit de la taxe carbone soit reversée aux territoires qui sont exemplaires sur le plan environnemental ! D’autre part, nous travaillons avec les autres pays de la région qui possèdent aussi des biens inscrits au Patrimoine mondial, comme la Tanzanie, les Seychelles, Madagascar, Maurice, etc. L’idée serait de créer ensemble une Fédération des biens patrimoniaux de la zone Sud de l’océan Indien. Par son exemple, La Réunion a aussi un rôle international à jouer à ce niveau.


Pour le maire et conseiller général de Saint-Leu, il serait dommage que le classement au Patrimoine mondial freine des projets porteurs d’activité.

 Quel regard portez-vous sur l’année qui vient de s’écouler ?

Thierry Robert Maire et conseiller général de Saint-Leu

I

l faut d’abord rappeler à quel point le classement de La Réunion au Patrimoine mondial est une excellente chose. J’ai eu moi-même l’occasion récemment de rencontrer des touristes sur Saint-Leu. Je leur ai posé la question : qu’est-ce qui vous a donné envie de venir à La Réunion ? Ils m’ont répondu qu’ils visitaient tous les sites classés par l’Unesco. Je suis convaincu que le classement joue sur la fréquentation touristique. C’est une excellente chose pour le tourisme, et bien sûr pour la protection de la

nature. Cela permet de protéger et d’embellir notre belle île. Cela lui donne la possibilité d’être connue et reconnue pour ce qu’elle est : l’île intense.

 Comment situez-vous votre projet de téléphérique par rapport au classement ? J’espère que ce classement n’empêchera pas la réalisation de projets source d’activités, tels celui du téléphérique que porte la mairie de Saint-Leu. J’espère que ce ne sera pas un frein. Je pense qu’un projet comme le téléphérique serait un plus pour développer l’activité et faire découvrir l’espace naturel. Au niveau des réactions, je pense que les choses vont dans le bon sens. Je souhaite seulement qu’on ne politise pas les décisions qui doivent être prises sur des projets ambitieux pour La Réunion. C’est le seul obstacle que pourrait rencontrer sur sa route un projet comme le téléphérique.

33

l’entretien

Un téléphérique en accord avec la nature


Documentation

Pour en savoir plus sur le parc national Pour connaître l’essentiel, le meilleur document à l’heure actuelle est la carte éditée par le Parc national.

R

ien de plus simple. Il est vrai que, jusqu’à présent, la documentation grand public sur le Parc n’est pas très fournie. Néanmoins, pour connaître l’essentiel, il existe une carte du Parc national de La Réunion. Cette carte est marquée des logos des Parcs nationaux de France et de l’UNESCO. C’est un bon document pour savoir de quoi se composent le Parc national et le bien inscrit au Patrimoine mondial. Quant au recto, il fournit les clés expliquant le pourquoi et le comment du Parc national, et l’intérêt pour La Réunion de sauve-

garder son patrimoine naturel somptueux. Cette carte est distribuée par le réseau des Offices de tourisme. Moins diffusé, il existe également un dépliant sur la pandanaie de La Plaine-desPalmistes qui préfigure vraisemblablement une petite collection qui, dans l'avenir, s'enrichira d'autres dépliants thématiques consacrés aux richesses naturelles du Parc national. Simple d’accès, et joliment illustré, le dépliant sur la pandanaie est très plaisant à parcourir. Il a principalement une vocation pédagogique.

Communication pédagogique et scientifique

L

e Parc national n’a, en effet, pas vocation à éditer par lui-même des publications destinées au grand public, ça ne fait pas partie de ses missions. Son action dans ce domaine se concentre actuellement sur le public scolaire. Le Parc répond à une forte demande du milieu enseignant. La sensibilisation des enfants au Patrimoine naturel a une valeur quasistratégique pour

lui. La communication du Parc national est donc principalement à vocation pédagogique et scientifique. Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir envisager de soutenir des ouvrages grand public sur les thèmes qui le concernent, si la proposition lui en est faite. En attendant, la principale source d’informations sur le Parc national de La Réunion et sur son actualité reste son site Internet :

www.reunion-parcnational.fr 34



Supplément Unesco 2011