François MANDRA - Chargé d’Affaires Secteur Public
Vincent LOYER - Chargé d’Affaires Logement Social
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L’heure des femmes
Ne serait-ce qu’il y a une vingtaine d’années, il fallait chercher pour trouver des femmes à la tête d’entreprises auboises. À chaque fois, les mêmes étaient sollicitées pour montrer que c’était possible. Aujourd’hui, la roue a bien tourné. La présidente du Medef, Isabelle Dumange, est une femme. À la tête de deux entreprises dans la métallurgie, elle fut une pionnière et son élection, au printemps, marque une nouvelle étape dans la normalisation de l’entrepreneuriat au féminin.
Parce qu’aujourd’hui, on ne cherche plus pour trouver des femmes qui entreprennent ou dirigent des entreprises. Impossible même d’en faire le tour. Elles sont à la Technopole, haut-lieu de la création d’entreprise à fort potentiel. Elles sont dans les entreprises artisanales avec un savoir-faire reconnu au plan national. Elles dirigent et développent de belles entreprises. Et tout le monde trouve ça normal.
Ou presque. Parce qu’il reste quelques barrages à faire sauter. Peut-être même d’abord dans la perception que les femmes ont elles-mêmes de leur potentiel ou des barrières qu’elles pensent rencontrer.
Entreprendre, quoi qu’il en soit, reste une formidable aventure et cet Atlas éco, le vingtième du nom, est à nouveau dédié à toutes celles et à tous ceux qui ont osé.
Bruno Dumortier
DU 30 SEPT. 25 AU 08 MARS 26
TEMPORAIRE
UN ACCOMPAGNEMENT EXPERT POUR ACCÉLÉRER VOTRE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
ACTEUR-CLÉ DU DÉVELOPPEMENT DANS L’AUBE, LE CRÉDIT AGRICOLE DISPOSE DES EXPERTISES DÉDIÉES À LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE POUR ACCOMPAGNER LES ENTREPRISES, LES PROFESSIONNELS, LES AGRICULTEURS ET LES COLLECTIVITÉS PUBLIQUES.
Atlas économique de l’Aube
édité par SAS et SA :
B.P. 532
10081 TROYES CEDEX
Tél. : 03 25 71 75 75
Bourse du Travail1, rue de la Vicomté 10000 TROYES
Présidente,
Directrice de la publication :
Géraldine Baehr-Pastor
Éditeur délégué :
Nicolas Fostier
Associé unique :
New pole CAP (NPC)
Tirage : 30 000 exemplaires
Commissions paritaires : n° 0425C86412 n° 0524C86491 n° ISSN : en cours
Présidentes, directrices ou gérantes, les femmes ont pris le pouvoir dans les entreprises. Une révolution toujours en marche. P. 6 à 23
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TERRE FERTILE
Des start-ups aux grands projets industriels, l’Aube récolte aujourd’hui les fruits de ses investissements. P. 24 à 48
De la graine de chanvre à la bouteille de champagne, les terres de l’Aube, généreuses, n’ont pas fini de surprendre P. 49 à 61 04
L’AUBE EN CHIFFRES
Tous les résultats des entreprises du département. P. 62 à 74
À la une : Isabelle Dumange, première femme élue présidente du Medef de l’Aube. Photo : Sylvain Bordier. Provenance du papier / couverture : couché brillant 200 gr. : provenance Allemagne Intérieur traces de bois 80 gr. Provenance : Finlande
L’AUBE QUI BOUGE
Isabelle Dumange, présidente du Medef Aube :
« Le fait d’être une femme, ça libère les femmes »
LES FEMMES ENTREPRENEURES
Première femme élue à la présidence du Medef de l’Aube, Isabelle Dumange veut transformer le mouvement patronal, notamment en renforçant la place des femmes. Une révolution douce qu’elle observe autour d’elle depuis quelques années.
Isabelle Dumange, vous venez d’être élue à la présidence du Medef de l’Aube. Vous êtes la première femme présidente. Est-ce que ça change quelque chose le fait que ce soit une femme qui occupe ce poste ?
Oui ! Le gros changement, c’est que, maintenant, les femmes qui aiment l’entreprise viennent me voir et viennent me dire qu’elles veulent s’engager. Rien que le fait que je sois une femme, eh bien, ça les libère. Et les femmes chefs d’entreprise qui étaient assez invisibles commencent à se montrer et à vouloir militer.
Elles sont peut-être plus dans des métiers de service que dans le bâtiment ou dans la métallurgie, mais elles étaient plutôt invisibles. Et c’est vrai que quand j’avais annoncé comme programme qu’il y aurait 30 % de femmes au conseil d’administration, mes collègues disaient : « ça va être compliqué, il faut trouver des femmes, etc. » Mais, en fait, je pense que ça ne va pas être très compliqué. Il va falloir s’atteler à la tâche, mais on va les trouver.
Vous avez aussi la chance d’avoir un réseau personnel… C'est vrai. Je suis dans l’Aube depuis dix-neuf ans. J’ai été dans plusieurs réseaux et, en particulier, j’ai été adhérente de l’association Créez comme elles. J’ai même été leur marraine une année. Donc, je connais beaucoup de femmes chefs d’entreprise. Et je suis toujours aussi au Réseau Entreprendre. Et parmi les jeunes créateurs, je ne sais pas s’il y a la parité, mais il y a désormais beaucoup de femmes.
Alors vous, justement, dans votre parcours de chef d’entreprise, est-ce que le fait d’avoir été une femme, dans la métallurgie qui plus est, ça vous a désavantagé ou avantagé ?
Au départ, ça surprend un peu les gens. Quand j’ai repris SMC à Romilly-sur-Seine, que ce soit mes salariés ou mes clients, tous étaient un peu surpris. En clair, les salariés pensaient même que j’allais couler la boîte en un an ou deux.
Là, c’était presque du mépris… Non, ce sont des préjugés. D’ailleurs, au bout de six mois, j’ai donné une prime aux salariés parce que les résultats étaient bons. Ils m’ont dit : « Ah bon, on gagne encore de l’argent ? ». Il est vrai aussi que j’avais un management un peu différent de l’ancien gérant qui leur disait toujours que ce n’était pas assez bien. C’était un petit peu une méthode à l’ancienne alors que, moi, j’essayais plutôt de faire en sorte que tout se passe de façon fluide dans l’atelier, qu’on arrive à livrer les clients correctement sans être toujours derrière leur dos en train de crier. Donc ils avaient l’impression de ne pas travailler aussi vite, mais en fait, ils étaient plus efficaces. 01
Ces changements sont intervenus parce que c’était Isabelle Dumange ou parce qu’Isabelle Dumange était une femme ?
Je ne sais pas si c’est particulièrement parce que je suis une femme. Je connais des hommes qui fonctionnent de la même façon que moi. Non, j’ai beaucoup travaillé en supply chain, donc ce sont des choses que j’avais l’habitude de faire et, de toute façon, j’aime bien travailler de cette façon-là. Ce n’est pas forcément typiquement féminin.
Vous avez commencé votre carrière il y a déjà une trentaine d’années dans des métiers très masculins. Est-ce que c’est plus facile aujourd’hui, c’est plus difficile de le faire ?
Je pense que pour les jeunes filles, c’est plus naturel. Elles ont vu des femmes faire des métiers qui étaient dits typiquement masculins avant. Donc elles ont plus de modèles que nous pouvions en avoir. Toutefois, j’observe un recul de l’acceptation. J’ai vu des jeunes filles à qui on a dit : « Tu prends le boulot d’un homme ». Moi, mes camarades ne me l’ont jamais dit.
Quand on ne se posait pas la question de la place des femmes, ça a été quasiment naturel. Aujourd’hui, c’est presque plus compliqué parce qu’on se pose peut-être trop la question. Il faut dire que la situation économique est peut-être plus tendue, ce qui explique qu’on retrouve un petit peu ces guerres hommes-femmes.
Quel est votre regard sur la parité, vous trouvez que c’est une nécessité ou pas ?
Je pense que c’est nécessaire. Au début je trouvais que ce n’était pas très bon parce que, malgré tout, on va être obligé de nommer des femmes parfois incompétentes pour y parvenir et cela peut donner une mauvaise image des femmes.
Mais tant qu’il n’y a pas eu la parité, les choses n’ont pas avancé donc, voilà, c’est nécessaire.
Dans vos entreprises, vous cherchez à avoir une parité dans vos différents métiers ?
J’ai du mal, beaucoup de mal. D’autant plus que je suis sur des métiers très masculin. Dans les formations, je cherche et je milite pour. Je vais dans les collèges, dans les lycées et je fais visiter l’entreprise à des jeunes et à chaque fois qu’on me demande de témoigner, je témoigne, mais il y a quand même très peu de femmes qui sont orientées dans ces métiers. Dans l’entreprise, je suis partie de zéro et j’ai aujourd’hui une femme en fraisage dans l’atelier. L’année dernière, j’avais deux apprenties donc ça faisait trois femmes. Malheureusement, elles ont poursuivi ailleurs.
Est-ce que ça change quelque chose dans l’atelier d’avoir des femmes quand on est dans un univers très masculin ?
Cela a apaisé tout de suite les tensions. Les hommes se sont aussi remis en cause parce qu’ils ont été un petit peu challengés : ils ne voulaient pas être moins bons. Cette femme, de plus, est quelqu’un de très volontaire qui faisait plein de propositions d’amélioration. Cela s’est très bien passé, elle a réussi à s’intégrer, même si, parfois, on ne lui passe rien…
Au Medef, en revanche, c’est pour l’instant plus dur de féminiser ?
Au conseil d’administration, que je n’ai pas choisi, je suis toute seule. Avant nous étions trois. Il faut que les hommes fassent de la place. Je vais exiger des quotas dans les prochaines propositions, puisque, pour les deux tiers, ce sont les branches adhérentes qui nomment leurs représentants. Bon, après, il faut remarquer que c’est ce conseil d’administration là qui m’a élue. Il n’y a pas de sexisme mais il faut qu’il y ait de femmes pour qu’il y ait plus de femmes.
Indépendamment du fait que vous soyez une femme, vous êtes aussi la présidente du Medef. Quelle place vous voulez que le MEDEF prenne dans le département, dans la vie économique et sociale ?
Le Medef sera évidemment l’interlocuteur des différentes institutions du département. L’objectif, c’est de défendre l’intérêt des entreprises existantes et puis de promouvoir l’arrivée de nouvelles entreprises. Vincent Mathieu avait bien tenu la place pendant les cinq années précédentes et l’idée, c’est de continuer et surtout que l’on va vers des périodes un peu difficiles.
Que le Medef peut faire face à la dégradation de la conjoncture ?
Nous ne sommes qu’un syndicat mais on peut faire le maximum pour aider les entreprises en difficulté. Il faut faire de la prévention, c’està-dire faire des formations et de l’information sur tout ce qu’on peut mettre en œuvre avant de rencontrer des difficultés. Il faut savoir déceler les problèmes et mettre en place des plans d’action dès le départ et là on peut être aidé.
Le sujet de l’entrepreneuriat me tient aussi à cœur notamment auprès des femmes. Parce qu’il faut faire des chefs d’entreprise pour qu’on ait des entreprises. On est déjà partenaire d’Entreprendre pour apprendre, c’est formidable de voir ce que font les enfants des collèges et lycées. Ils ont des idées, de l’envie. Il faut avoir foi en sa jeunesse. Il y a encore beaucoup d’énergie chez les jeunes. Après il faudra créer des partenariats avec des associations comme Créez comme elles et d’autres associations. L’idée aussi c’est d’être partenaire du Réseau Entreprendre qui, lui, favorise l’installation et le développement des entreprises à fort potentiel.
Le département a aussi deux gros chantiers devant lui : l’arrivée possible de 2 EPR et celle de Newcleo… Il va falloir être un facilitateur à ce niveau sachant qu’il va falloir que la Fédération du bâtiment et celle de la métallurgie construisent un centre de formation. Il y aura 4 000 personnes à former. Nous allons d’ailleurs aussi travailler sur l’inclusion des personnes handicapées, les jeunes, les femmes, les plus âgés aussi. Ce n’est pas normal d’avoir autant de chômage alors que toutes les professions autour de moi me disent qu’elles ont du mal à recruter. Plus personne ne veut conduire un camion. Personne ne veut entrer en formation au centre de formation de l’industrie. Alors qu’on gagne aujourd’hui aussi bien sa vie dans ces métiers que dans d’autres secteurs. Ce n’est pas normal. Il faut travailler sur les représentations.
Bruno Dumortier
GARAGE DU MÉNILOT
6, rue Maurice-Marinot
MARZIN PRO ET MARZIN HABITAT UNISSENT LEURS FORCES SOUS UNE BANNIÈRE COMMUNE. CE RAPPROCHEMENT, PORTÉ PAR UNE VISION PARTAGÉE ET DES VALEURS FAMILIALES FORTES, MARQUE UNE NOUVELLE ÉTAPE DANS L’HISTOIRE POUR CES DEUX ACTEURS RÉGIONAUX HISTORIQUES COMPLÉMENTAIRES.
MARZIN PRO & MARZIN HABITAT
UNE RÉUNION NATURELLE
C’est une évolution logique : Marzin Pro et Marzin Habitat ont toujours partagé les mêmes racines, la même exigence de qualité et la même proximité avec leurs clients. L’un spécialisé dans les chantiers professionnels, industriels et techniques, l’autre tourné vers l’aménagement intérieur et le « grand public », les deux enseignes se complètent sans se concurrencer.
Sous l’impulsion de l’entreprise Gayet, leur rapprochement concrétise une volonté commune : offrir à chaque client une réponse adaptée à son besoin, qu’il soit particulier, artisan, promoteur, hôtelier, ou acteur d’un grand projet professionnel.
L’entreprise accompagne ses clients dans leurs projets d’aménagement grâce à son expertise en carrelage et faïence, en résine industrielle, ainsi qu’en conception de cuisines et salles de bain sur mesure.
DEUX EXPERTISES, UNE MÊME PHILOSOPHIE
Marzin Habitat continue d’accompagner les particuliers, promoteurs, hôteliers et artisans dans leurs projets d’aménagement intérieur. De son côté, Marzin Pro poursuivra son développement auprès des grands professionnels et entreprises du territoire notamment les maisons de Champagne, donneurs d’ordre public... avec une approche technique et sur mesure.
Cette complémentarité permet aujourd’hui de réunir les univers B2B et B2C au sein d’un même écosystème, où chaque client, qu’il entre dans une boutique ou mène un projet technique d’envergure, bénéficie de l’expertise et de la fiabilité Marzin.
UNE NOUVELLE ÉTAPE POUR LES CLIENTS
Marzin Pro et Marzin Habitat avancent désormais main dans la main. Leur rapprochement, déjà effectif, s’inscrit dans une dynamique commune qui se consolidera dans les semaines à venir. L’objectif est clair : unir leurs forces pour proposer une offre plus lisible et plus complète, au service de tous les clients, grand public ou professionnel.
MARZIN HABITAT
LES BOUTIQUES À RETROUVER À : REIMS
24 rue Edmond Rostand, 51100 Reims
EPERNAY
19 bis allée Maxenu, 51530 Pierry
ORMES
5 rue des Blancs Fossés, 51370 Ormes
MARZIN PRO
8 rue des Terres, 51420 Cernay-lès-Reims
De gauche à droite : Roberto BARTOLINI, Cathy RAMA, Philippe GAYET et Nicolas GAYET
Pok : le feu sacré de l’innovation
À Nogent-sur-Seine, Pok pousse les murs et continue d’innover grâce à ses deux bureaux d’études. De quoi conforter sa position de n° 1 français des agrès incendie.
Pok signifie « bisou « en breton. C’était le nom du voilier de Bruno Grandpierre lorsqu’il était enfant, et celui de sa société qu’il a créée en 1976. En moins de quarante ans, il va faire de sa petite entreprise le 1er fabricant français d’agrès d’incendie et le 2e Européen. Depuis 2011, c’est sa fille Alexandra, 51 ans, qui a repris le flambeau. Elle dirige à Nogent-sur-Seine une PME prospère : 150 salariés, 19 M€ de chiffre d’affaires dont plus de la moitié à l’export… Consacrée par la CPME de l’Aube par le « Super Trophée » de l’entreprise la plus performante de l’année 2015, Pok poursuit, depuis, sur sa lancée. Ses lances plus exactement, dont la « Légende », celle que l’on voit dans le film « Notre-Dame brûle », une lance star, la plus vendue au monde par Pok…
Présent dans 173 pays
Présent sur les aéroports à Nouméa, Agadir et Alger mais aussi au Cnes en Guyane, Pok a aussi équipé le porteavions Charles-de-Gaulle, l’Armée de terre et l’air et quantité de constructeurs de camions de pompiers. « On exporte dans 173 pays. On fait, précise-t-elle, environ
1,5 M€ en Chine, et autant en Algérie et Maroc ». Pok réalise plus de la moitié de ses ventes à l’étranger. « Nos produits sont robustes. Ils durent longtemps et sont faciles en utilisation comme en maintenance », souligne Alexandra Grandpierre. Sa PME presque quinquagénaire (elle fêtera ses 50 ans en 2026) est aussi réputée pour sa capacité à innover. « Il faut créer des nouveaux produits, être à l’écoute des clients, mais aussi prévoir les besoins de demain. Nos deux bureaux d’études sont des outils de l’innovation », détaille Alexandra Grandpierre qui a déjà programmé plusieurs extensions de son site nogentais. « Aujourd’hui, ajoute-t-elle, nous allons vers des lances monitor télécommandées de gros volumes avec de gros débits. Cette valeur ajoutée nécessite plus de place. Nous voulons voir de plus en plus large ». Depuis août, le bâtiment OK Métal dédié à la fabrication de dévidoirs est en cours d’extension sur 2 500 m². Sont également prévus, sur la zone industrielle des Guignons, l’extension de la chaudronnerie, et la construction d’un nouveau bâtiment « cold stock » dédié pour partie aux expéditions. Le bâtiment de stockage sur la ZI Beauregard doit être également étendu.
Thierry Péchinot
Alexandra Grandpierre devant une lance « DN 200 » télécommandable à distance, destinée à l’industrie lourde et à la pétrochimie.
Culture Pom réinvente la pomme de terre
En vingt ans, Sabine Vajou a imposé Culture Pom comme le 1er exportateur privé français de pommes de terre. Et elle vient de lancer sa « Championne », une tubercule de compétition taillée pour l’export et la grande distribution.
Elles viennent des Hauts de France, de Seine-Maritime, de la Beauce et de toute la Champagne : plus de 120 000 tonnes de pommes de terre sont collectées et conditionnées chaque année par Culture Pom. La société basée à Saint-Flavy, près de Marigny-le-Châtel, a noué des partenariats avec 180 agriculteurs producteurs de ce légume le plus consommé en France. « On travaille aussi bien en contrats annuels que sur le marché libre. Nous avons 80 variétés de pommes de terre. L’Agata, la Colomba et l’Orchestra, des pommes polyvalentes, sont parmi les plus produites », explique Sabine Vajou. Cette fille d’agriculteurs aubois s’est lancée à 24 ans dans le négoce de pommes de terre : Val Terroirs, lancé en 2007 et rebaptisé Culture Pom en 2017, est aujourd’hui le 1er exportateur privé français de pommes de terre. Plus de 60 % de ses tubercules sont exportées dans toute l’Europe. Une fulgurante réussite qui lui a valu de décrocher en décembre 2024 le prix de la Performance économique lors des Trophées organisés par la CPME et L’Est éclair et, en avril 2025 à Troyes, l’Etoile de l’agriculture productrice de valeur ajoutée.
« J’ai commencé par du négoce. C’est après seulement que la partie conditionnement est arrivée, en reprenant le site de Corroy en 2017 puis le site de Saint-Flavy en 2023. Avec Saint-Flavy, on a basculé de 40 à 80 salariés en 2024 », retrace Sabine Vajou qui supervise désormais trois sites. Saint-Flavy, devenu son siège social, est dédié à la pomme de terre lavée, La Motte-Tilly au stockage et aux big bags pour l’export, et Corroy dans la Marne, aux pommes de terre brossées.
« Rendre la pomme de terre désirable »
Si la société auboise réalise 40 % de ses 55 M€ de chiffre d’affaires avec les grossistes et les grandes et moyennes surfaces, l’export reste son fer de lance. Commercialisée depuis avril, sa nouvelle marque premium se revendique « engagée et innovante », avec à l’appui la labellisation « Demain la Terre » qui promeut une alimentation durable : « La Championne » est déjà référencée dans
« La pomme de terre est une pépite du territoire français dont la qualité est reconnue dans toute l’Europe », explique Sabine Vajou qui exporte 60 % de sa production en Europe.
les centrales d’achat françaises. Et elle part aujourd’hui à l’assaut du marché européen. Présentée au salon Fruit Attraction à Madrid début octobre, la « Championne » a déjà gagné son premier contrat sur le marché espagnol. La nouvelle marque innove par son marketing soigné et pédagogique : avec cinq références adaptées à tous les usages culinaires, identifiables par des codes couleur clairs et simples. En orange, les pommes de terre pour le four, la purée et le potage. En jaune, celles pour les frites. En vert, celles pour la vapeur, la salade, et les sautées. En rouge, celles pour la vapeur, les rissolées et le gratin. Et en rose les grenailles. En prime, un QR code qui renvoie sur des recettes très accessibles. « Tout cela permet au consommateur de savoir quelle pomme de terre il mange et comment la cuisiner. L’objectif, insiste Valérie Vajou, c’est de rendre la pomme de terre désirable ».
Thierry Péchinot
FCN
80 ANS D’EXPERTISE ET D’INNOVATION AU SERVICE DES DIRIGEANTS D’ENTREPRISES
Un leader pluridisciplinaire FCN, groupe à l’origine familial fondé il y a 80 ans à Epernay, s’est imposé comme un acteur de référence en expertise comptable, commissariat aux comptes, conseil, droit, fiscalité, audit, paie et accompagnement stratégique. Avec plus de 600 collaborateurs répartis sur 40 sites en France, FCN allie dimension nationale et proximité, offrant un accompagnement sur mesure, y compris en gestion de patrimoine privé. Une vision ambitieuse pour 2030 À l’occasion de ses 80 ans, FCN a réuni ses équipes pour définir sa stratégie 2030 : développement de nouvelles offres, ouverture à de nouveaux métiers et renforcement de la synergie entre ses pôles. Une trentaine de projets innovants sont à présents lancés, avec un accent mis sur la formation continue et la spécialisation des collaborateurs, notamment face à l’évolution des métiers portée par l’intelligence artificielle.
Innovation et interprofessionnalité FCN innove avec des offres rares dans son secteur, comme la protection des données et le RGPD via FCN Data (société basée à Toulouse), ou encore une structure commune avec un cabinet d’avocats pour renforcer son approche interprofessionnelle. L’objectif : proposer un accompagnement complet aux dirigeants, du conseil juridique à la gestion de patrimoine.
Noémie GOGUL 160, rue Louis Victor de Broglie, 51430 BEZANNES 03 26 77 38 99 www.fcn.fr
SimplyLock : la serrure inclusive en test
Son concept d’entonnoir sur serrure pour faciliter l’insertion des clés a déjà décroché plusieurs prix. Anaïs Remen, étudiante en design à Troyes, teste son prototype avant sa mise sur le marché.
Qui n’a jamais fait l‘expérience de la clé qui ne rentre pas du premier coup dans la serrure et pas non plus au deuxième ou au troisième coup… Imaginez-vous faire cette même action avec des tremblements de la main ou avec une mauvaise vue et cela devient presque impossible. SimplyLock apporte une solution toute simple à ce problème du quotidien qui empoisonne la vie de quelques milliers de personnes.
Grâce à son système d’entonnoir et des supports adaptables aux différentes formes de serrures, l’introduction d’une clé dans une serrure devient un jeu d’enfant. « J’ai pensé à mon papi qui a beaucoup de tremblements. Je me suis dit que le design pouvait intervenir à ce niveau », explique Anaïs Remen. L’entonnoir, fixé sur la serrure, va stabiliser les tremblements et les réduire pour vraiment guider la clé dans le trou », ajoute cette jeune Troyenne qui suit des études à l’École supérieure de design.
C’est dans le cadre de ses études qu’elle peaufine son projet qui remporte en juin 2023 le 1er prix ex aequo du jury et le 1er prix du public au Concours d’architecture et de design, organisé par Handitec. Sa serrure inclusive
lui a valu également de décrocher le trophée de la meilleure start-up, élue en direct par le public, lors des Trophées de l’innovation du Crédit Agricole en janvier dernier.
Incubée au YEC, l’incubateur étudiant de la Technopole de l’Aube, SimplyLock a déjà peaufiné son prototype avec des socles de différentes tailles selon l’épaisseur du canon de la serrure. L’entonnoir qui va s’adapter sur le socle via un dispositif de glissière est universel, contrairement au socle.
Encore inexistant, le marché potentiel est bien réel. SimplyLock pourrait en effet changer le quotidien de milliers de personnes atteintes de différentes formes de handicaps, tels que les maladies provoquant des tremblements (Parkinson entre autres) mais aussi pour les personnes malvoyantes et non voyantes, et les personnes âgées. Anaïs Remen est rentrée en phase de test pour éprouver en conditions réelles son SimplyLock dans des résidences troyennes pour personnes âgées autonomes.
Thierry Péchinot
Anaïs Remen est en phase de test pour éprouver son SimplyLock dans des résidences troyennes pour personnes âgées autonomes.
Une demi-journée immersive pour maîtriser vos prises de parole, comprendre les a entes des journalistes et valoriser votre image d’entreprise.
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Apprenez à parler aux médias avec impact !
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Infos pratiques complémentaires :
Lieu : TROYES - 1 rue de la Vicomté (siège de L'Est éclair)
De 2 à 15 participants
Session exclusive (uniquement pour votre entreprise) avec personnalisation possible
Tarif : à partir de 2 000€ HT ou evenementiel@rosselestmedias.fr
Face à une exposition médiatique croissante, chaque prise de parole compte. Avec notre offre Média-Training Expérience, vivez une formation animée par nos experts pour :
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Une expérience concrète, conviviale et ancrée dans la réalité journalistique.
Sevda Bag s’appuie beaucoup sur le concept d’analyse transactionnelle fondé par le psychiatre américain Eric Berne.
Profession : coach des transitions de l’entreprise
Diagnostic, formation, accompagnement, coaching… Avec sa société « L’Œil Méta », Sevda Bag entend « sublimer » les transitions de l’entreprise.
«La position méta, c’est celle où l’on voit d’en haut, celle où l’on voit tout, celle qui nous permet le recul avec une vue complète. Prendre de la hauteur, c’est le sens littéral de l’Œil Méta », décrypte d’emblée Sevda Bag. Avec sa société « L’Œil Méta », cette récente quadra entend « sublimer les transitions de l’entreprise ».
« Ma strate, c’est le manager »
Et cette sublimation passe par de multiples canaux. Celui d’abord du diagnostic organisationnel, centré sur « un état des lieux sur le fonctionnement de l’entreprise avec un rapport d’audit et des recommandations d’accompagnement ». Celui, tout aussi incontournable, de la formation pour une équipe ou un dirigeant. « Je peux intervenir sur le management, le leadership, la gestion des conflits, des émotions, des postures, etc., précise Sevda Bag. Je peux coacher un entrepreneur seul tout comme une PME de 100 à 500 personnes mais je ne peux pas accompagner toutes les strates, insiste-t-elle Moi, ma strate, c’est le dirigeant ou le manager. Souvent, on vient me voir car il y a de l’agitation avec des dysfonctionnements. Ce sont des PME qui grandissent vite avec une organisation qui n’est plus adaptée. Ce sont aussi
des PME qui ont plusieurs associés, sans leadership ni majorité. Il faut les accompagner pour façonner une cohérence et une maturité collective. »
« On ne naît pas dirigeant, on le devient »
Sevda Bag, qui a travaillé pendant quinze ans au sein du réputé bureau d’études SAT Manager à Bréviandes, prône même le management durable : « Avec le management patriarcal d’avant, on avait un dirigeant responsable de tout et donnant toutes les directives. Aujourd’hui, c’est trop lourd à porter. Le dirigeant aspire à partager les responsabilités, à autonomiser ses équipes avec un système qui tourne même sans dirigeant. Il aspire aussi à donner du sens à son entreprise et à développer un sentiment d’appartenance, de cohésion et d’équipe », commente Sevda Bag. « On ne naît pas dirigeant, on le devient », ajoute cette adhérente active du Centre des jeunes dirigeants (CJD) de l’Aube, qui s’investi aussi au sein du club aubois « Les entreprises s’engagent » et dans les coachings solidaires de « H’up entrepreneurs » au niveau national. Thierry Péchinot
Trois femmes pour déminer les conflits en un clic
Un conflit dans l’entreprise, des tensions, un blocage ou un recadrage à opérer ? Pas toujours facile de trouver le moyen de s’y prendre. En une heure, trois consultantes chevronnées proposent, en ligne, de débloquer la situation.
Trois femmes, trois créatrices d’entreprise et trois carrières bien remplies dans l’accompagnement personnel, les ressources humaines ou la formation. Une somme d’expériences qu’elles ont décidé de mettre en commun en créant Eclair-on, une plateforme numérique où l’on peut prendre rendez-vous en ligne avec l’une d’entre elles pour mieux gérer les conflits. « Cela dure une heure, pas plus. On ne s’engage pas pour un coaching long. On fait le point sur une situation. On agit », expliquent Anne Soto-Mayor, Christine Romani et Isabelle Boude.
Poser et reposer le cadre
Un passage à l’action essentiel : « Vous avez un problème qui occupe vos jours et vos nuits, vous devez le traiter. Le plus souvent, le plus dur, c’est de passer à l’action. Parce que ce qu’il faut faire, au fond, vous le savez déjà », poursuivent-elles.
Reste à bien saisir le conflit et à bien le traiter. Elles insistent sur la nécessité de revenir aux faits. « Mais
attention, les faits ne sont pas l’effet », prévient Anne Soto-Mayor. Et de dévoiler quelques conseils : les accumulations et les ressentis doivent être entendus. Il faut démêler les fils du conflit. Puis se mettre d’accord sur les faits et poser ou reposer un cadre. Et se mettre d’accord sur la nécessité de s’y tenir. « Dans une entreprise, on n’est pas là pour s’aimer. On est là pour faire. »
Reste que le contexte est toujours plus complexe. D’où la nécessité de faire appel à un coach pour « ré-éclairer » le sujet, prendre une distance nécessaire et s’appuyer sur leurs expériences de gestion des conflits.
Avec une certitude : « Ce n’est pas la peine de mettre en place un processus long ». D’où la solution en une heure, avec une offre qui s’adresse aux chefs d’entreprise, aux dirigeants mais aussi aux collaborateurs avec une formule de pack.
Bruno Dumortier
Isabelle Boude, une des trois consultantes d’Eclair-on, lors d’un atelier organisé au siège de la CPME de l’Aube.
Aglaé veut éclairer les rues avec des plantes
Avec son sérum biodégradable, Aglaé rend lumineuses les plantes dans l’obscurité !
Une innovation déjà utilisée dans l’événementiel que la start-up veut répandre dans les villes…
Sophie Hombert commercialise déjà des installations végétales luminescentes pour des événements organisés par des collectivités, des entreprises privées ou des mariages...
éclairer avec des plantes ? Sophie Hombert a fait plus qu’y penser. Passé son master en design végétal à Rennes, elle s’est engagée dans la recherche avant de mettre au point en 2016 un principe luminescent qui rend les plantes fluorescentes la nuit. Elle crée une petite start-up dans la foulée dénommée Aglaé. L’innovation semble simplissime : « Cette bioluminescence végétale fonctionne grâce à un sérum écologique nutritif et biodégradable, sans modification génétique. Le produit, bu par les plantes par capillarité, se fixe sur leurs cellules pour marquer leurs nervures. On ne voit l’effet que la nuit. Notre innovation fonctionne sur tout type de plante à pétales clairs, et sur 90 % des espèces. »
De James Bond à Chanel
La petite société de Sophie Hombert commercialise déjà ses installations végétales luminescentes. « Nous faisons surtout de l’événementiel, via de la scénographie végétale. On a déjà travaillé, commente Sophie Hombert, pour L’Oréal, Disney et d’autres. » Aglaé a ainsi conçu quantité d’installations féeriques et éphémères, d’une serre aux papillons enchantés à côté du zoo de Thoiry jusqu’aux nocturnes du parc Terra botanica à Angers. Elle donne une plus-value aux festivals de lumières : sa fontaine de la roseraie et ses îlots de floraison dans le parc de la Tête d’or lui ont valu le prix du public à Lyon. Mais elle aussi illuminé le Bright Festival de Bruxelles, le siège social de Chanel sur les Champs-Élysées, l’université de Grenoble... Elle a été sollicitée aussi pour le lancement d’un James Bond 007 par le champagne Bollinger ou encore pour un décor spécial à l’occasion de la sortie du film Avatar 3… Mais la start-up de la technopole voit déjà plus grand. « Un nouveau marché se dessine autour du paysage urbain, précise Sophie Hombert. À l’heure où la végétalisation des villes devient un enjeu crucial, nous proposons aux collectivités territoriales des plantes qui brillent de nuit pour leurs parcs et jardins. L’idée est de réduire la facture énergétique mais aussi la pollution lumineuse. Nos plantes luminescentes sont suffisantes pour baliser des bordures de pistes cyclables, les ronds-points, les parterres floraux pour les devantures de mairies, comme on l’a fait à Chartres… Thierry Péchinot
ASSOCIATION FONDÉE EN 1956, LE CABINET D’EXPERTISE COMPTABLE CDER ACCOMPAGNE PRÈS DE 8 000 CHEFS D’ENTREPRISE AU QUOTIDIEN.
L’AMBITION DE CDER ? UNE MISSION DE TAILLE : GUIDER LES DIRIGEANTS D’ENTREPRISE DANS LEUR GESTION COMPTABLE, JURIDIQUE ET FISCALE. ARTISANS, COMMERÇANTS, PRESTATAIRES DE SERVICES, VITICULTEURS ET AGRICULTEURS : LES EXPERTS DE CDER
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CDER
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UNE VISION À 360° ET UN ACCOMPAGNEMENT SUR MESURE POUR TOUTES LES ENTREPRISES
Cabinet d’expertise comptable polyvalent, CDER dispose d’un panel d’expertises unique. Sa mission principale ? Être le partenaire privilégié des chefs d’entreprise.
L’association intervient dans les domaines de la comptabilité, du conseil, du droit et de la fiscalité, mais aussi dans la paie. Une pluridisciplinarité de missions qui offre une vision globale et permet un accompagnement sur mesure des adhérents.
Les équipes Conseil de CDER proposent des domaines d’intervention très diversifiés : l’accompagnement à la création ou la reprise d’entreprises, l’ingénierie patrimoniale ou encore la transmission/cession d’entreprises. Ces savoir-faire spécifiques offrent aux adhérents une sécurité dans toutes leurs opérations.
CONSEILLER LES ENTREPRISES : L’ADN DE CDER DEPUIS SA CRÉATION
CDER tient tout particulièrement à accompagner les entreprises dans le processus de cession de leur activité : les guider pour déterminer la valeur de leurs sociétés, gérer leurs enjeux juridiques, fiscaux et réglementaires. CDER aide aussi les entreprises à négocier avec de potentiels acquéreurs. Parce que chaque entreprise a son histoire, CDER revendique une approche à la fois technique et humaine du conseil.
« Au-delà de la complexité des opérations menées, se cache une histoire profondément humaine derrière
chacune des cessions. CDER a à cœur d’être aux côtés des chefs d’entreprises dans cette étape clé de leur vie d’entrepreneur. » précise Clément Bottan, conseiller chez CDER.
UN PARTENAIRE ENGAGÉ DANS LA TRANSFORMATION
DES ENTREPRISES
CDER entend affirmer son rôle de partenaire de confiance auprès des chefs d’entreprise. Pour cela, le cabinet enrichit régulièrement ses services afin de répondre aux grands défis actuels des entreprises : réforme de la facturation électronique, transition numérique ou encore accompagnement vers les énergies renouvelables.
Ces évolutions concernent tous les secteurs et renforcent la proximité que CDER entretient au quotidien avec les entrepreneurs, dans un contexte économique et politique en constante mutation. L’association continue d’adapter son accompagnement, convaincue que la clé de la performance réside dans l’anticipation et l’innovation.
CDER
Cabinet d’expertise comptable 17 rue du Moutot, 10150 LAVAU cder.fr
Un an de travaux et plus de 4 millions d’euros d’investissement sont programmés pour transformer des bâtiments jamais occupés en résidence de tourisme.
La résidence fantôme de Géraudot va
sortir de l’oubli
Abandonnés en fin de chantier depuis 2009, les bâtiments de l’ex-projet Egalis à Géraudot vont enfin vivre. Noémie Charmoille investit 4,1 M€ pour en faire « Le Nichoir du Lac », une résidence touristique de 24 appartements, avec piscine couverte et 3 salles de réception de 60 à 200 m2.
Au départ, je cherchais une salle pour organiser le baptême de ma 2e fille. Mais je n’ai pas trouvé de salle abordable avec un peu de charme. Comme je venais de récupérer de l’argent de la vente d’un appartement, j’ai cherché à acheter une jolie salle. La famille Aubertin (ex-propriétaires du Domaine de la forêt d’Orient à Rouilly-Sacey, NDLR) m’a rejointe comme associée. Du coup, cela m’a permis de voir plus grand. »
Plus grand en effet ! Noémie Charmoille et ses associés vont investir 4,1 M€ pour rénover et transformer ce site idéalement situé face à la plage de Géraudot, mais avec « 3 000 m2 de bâtiments dans des états aléatoires ». Des bâtiments qui n’ont jamais fonctionné depuis leur construction en 2009. Les projets portés par l’Anres
à l’origine, puis par le groupe ProBTP, et enfin par la Communauté de communes, s’y sont tour à tour cassé les dents.
Un an et plus de 3 M€ de travaux
« Ce qui m’a attirée ici, c’est l’emplacement, face à la plage de Géraudot, et au bord de la vélovoie. C’est un site à gros potentiel. Maintenant, les bâtiments ne sont pas utilisables en l’état. Ils n’étaient pas terminés en 2009 et ils ont beaucoup souffert du vandalisme. Les travaux mobiliseront 3 M€ au moins, et il faudra 800 000 € d’aménagement », précise Noémie Charmoille, qui a dû débourser autour de 400 000 € pour racheter ce site en déshérence. Le plan de finance-
(photo
Minaris Studio )
ment est déjà bouclé avec le Réseau Entreprendre, Initiative Aube, le Crédit agricole et la Caisse d’épargne.
« On espère, ajoute Noémie Charmoille, une ouverture pour fin 2026. On a pris le bureau d’études 3iA et un architecte, Munus Architecture. On va finir ce qui n’a pas été fini. La piscine chauffée sera réalisée où c’était prévu. On va transformer ce site en 24 grands appartements de 50 à 100 m2 dont beaucoup en duplex. Chaque appartement aura un séjour équipé, une petite kitchenette, une terrasse privative avec jardin… Ce sera spacieux et intimiste, et pas des cages à lapin ».
« J’ai essayé de mixer les atouts du Airbnb – autonomie et confort – et ceux d’un hôtel avec un guide et des services. Le Nichoir du Lac sera pour tous les touristes. L’objectif est d’ouvrir toute l’année », précise Noémie Charmoille,
qui entend soigner les espaces communs : du vaste hall d’accueil à la piscine chauffée couverte avec pataugeoire, terrasse et solarium. Sont également prévus un espace de jeux pour les enfants et un espace bien-être avec jacuzzi, sauna infrarouge et salle de relaxation.
3 salles de réception pour 50 à 200 personnes
Le site comprendra par ailleurs trois salles de réception modulables de 60, 100 et 180 m2 « Ces salles de réception pourront accueillir de 50 à 200 personnes pour des séminaires, des conférences, des mariages… Pour la restauration, nous proposerons des traiteurs partenaires. On aura aussi une rangée de casiers frais, ajoute Noémie Charmoille. Le but est de faire un établissement convivial, authentique et sans chichi. La nuitée pour un appartement de 4 personnes sera à partir de 115 € en basse saison. Je vais embaucher six ou sept personnes en essayant d’avoir un recrutement attrayant. On a prévu d’aménager trois logements de fonction sur place pour les salariés. »
Thierry Péchinot
Un siège social flambant neuf pour Provexi
«Spécialiste de la conformité des parcs immobiliers, la start-up Provexi a bien grandi : 71 salariés et 5 M€ de chiffre d’affaires ! De quoi déménager du 6 au 22 de la rue Eiffel à Rosières dans un siège social tout neuf !
Notre nouveau siège social s’étendra sur 1 260 m2. C’est quasiment la même surface que nous occupons aujourd’hui dans l’Hôtel de bureaux. Mais le nouvel édifice sera optimisé et adapté à nos besoins. On aura un bâtiment qui fera tout en mieux », résume Anne Desvignes qui dirige avec son mari Benoit cette start-up de la Technopole de l’Aube. Provexi devrait investir au printemps son nouveau siège social, actuellement en construction.
En déménageant du 6 au 22 de la rue Eiffel à Rosières-près-Troyes, la société auboise qui y investit 4 M€ (terrain et bâtiment), se donne les moyens de ses ambitions. Car la petite start-up a bien grandi depuis sa création en 2003. La spécialiste de la gestion des parcs immobiliers pour de grands comptes rassemble à ce jour 71 salariés et affichait l’an passé 5,1 M€ de chiffre d’affaires.
Conçu par le cabinet d’architecture troyen E et F Architect, le bâtiment construit sous la maîtrise d’ouvrage du bureau CR2i est dimensionné pour 90 personnes. Il a été pensé à partir du travail collectif des 58 sociétaires sur les 71 collaborateurs de cette start-up devenue coopérative en 2019. « La demande a été très forte sur une forte connexion au végétal et aux espaces extérieurs. Avec des espaces de travail ouverts, de la lumière naturelle, mais aussi un bâtiment plus performant sur le plan énergétique et, précise Anne Desvignes, une construction avec des matériaux bio sourcés » Le nouveau bâtiment à ossature bois, avec vantelles brise-soleil, se déploiera sur quatre ailes reliées par une « plaza centrale » couverte. Il bénéficiera d’une isolation renforcée avec triple vitrage, et d’une ventilation idoine, avec une petite climatisation de complément. Un effort particulier a été aussi mis sur le confort acoustique et l’ergonomie du mobilier. Réalisé par le Département, un parking de 90 places est déjà disponible à proximité.
Anne Desvignes, sous le nouveau bâtiment à ossature bois qui se déploiera sur quatre ailes reliées par une « plaza centrale » couverte.
Enfin, les toits accueilleront des panneaux solaires sur une surface de 350 m2. L’installation photovoltaïque sera à terme raccordée à la boucle solaire en autoconsommation collective des entreprises de la ZAE Troyes Sud. « Notre souhait, souligne Anne Desvignes, est d’avoir un outil de travail confortable et attirant qui donne envie de venir travailler et qui puisse attirer et retenir les jeunes ».
Thierry Péchinot
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Émilie Landau, l’étudiante qui a soufflé l’idée d’une Champagne inscrite à l’Unesco
Après un stage à l’Unesco, à Paris, c’est une étudiante champenoise qui a convaincu la Champagne d’engager une candidature au patrimoine mondial. Vingt ans plus tard, dix ans après l’inscription, elle revient sur cette aventure.
Si l’on remonte, justement, vingt ans en arrière, comment a émergé cette idée de proposer une candidature champenoise à l’Unesco ?
Tout remonte à 2004. J’étais alors en stage à l’Unesco, à Paris. C’était un moment où les délégations mondiales se réunissaient pour inscrire de nouveaux sites. En consultant la liste des sites potentiels, j’ai vu la Champagne ! Comme j’étudiais à l’École supérieure de commerce de Reims, j’en ai parlé à mon maître de stage, qui m’a encouragée à creuser l’idée. Il m’a dit : « Tu es sur place, fais un petit dossier, et propose-le au Comité du patrimoine. » Ce que j’ai fait, et le Comité du patrimoine s’est montré très réceptif. Cela leur a paru évident, davantage pour l’aspect universel de la fête, de la célébration, que les paysages eux-mêmes.
Il ne restait donc plus qu’à convaincre les Champenois ?
J’ai appelé le Comité Champagne et je suis tombée sur JeanLuc Barbier, alors directeur. Il s’est montré à l’écoute et m’a proposé d’organiser une réunion avec les maisons et les vignerons. Il m’a prêté la salle, et m’a laissé tout organiser. Avec l’appui de mon maître de stage, qui présentait la partie technique, j’ai exposé l’intérêt pour les paysages champenois. À la fin, Jean-Luc Barbier m’a dit : « Bon, nous allons y réfléchir ».
Et ensuite ?
Anne Cabin Saint Marcel, directrice de la communication chez Veuve Clicquot, m’a proposé un stage au sein de la maison de champagne pour continuer à travailler sur le projet. Nous avons préparé un dossier que Cécile Bonnefont, alors présidente de Veuve Clicquot, a proposé au Comité Champagne. J’ai fini mes études, commencé à travailler ailleurs. Et un jour, Jean-Luc Barbier m’a rappelée et m’a demandée : « On y va, vous nous suivez ? ». Évidemment, j’ai dit oui !
C’est là que l’association « Paysages du champagne » est née…
Exactement. Avec les professionnels du champagne et les élus locaux, l’association Paysages du champagne a été fondée. Pierre Cheval en a pris la présidence et a joué un rôle moteur, qui a permis d’embarquer tout le territoire. J’étais alors la seule salariée à plein temps. J’animais le territoire, plaçais des urnes pour récolter les bulletins de soutien, participais à tous les événements possibles pour donner de la visibilité au projet. Il fallait fédérer tout le monde : institutions, vignerons, élus. J’avais un peu l’impression d’être en pèlerinage, avec mon bâton, à la recherche d’adhésion. Un travail que j’ai mené jusqu’en 2010, date à laquelle j’ai déménagé en Suisse pour des raisons personnelles.
Émilie Landau était de retour à Hautvillers, pour célébrer les dix ans de l’inscription aux côtés des membres de la mission Unesco.
Émilie Landau, vous voici de retour en Champagne, 15 ans après l’avoir quittée. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Je suis vraiment très émue. Jamais je n’aurais imaginé que ma démarche aurait eu un tel impact, vingt ans plus tard. Quand je vois tous ces Champenois réunis pour célébrer leur patrimoine. C’est incroyable. Rétrospectivement, j’ai la phrase de Mark Twain qui me revient en tête : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Avec cette inscription à l’Unesco, nous avons réalisé l’impossible.
Et en 2015, donc, la consécration. Vous étiez présente à Bonn lors de l’inscription officielle ?
Non ! J’ai accouché de ma fille à ce moment-là. Certains membres de la mission m’avaient appelée pour me proposer de venir, mais je n’ai pas pu. Cela reste un immense plaisir et une fierté.
Aujourd’hui, quelle place occupe la Champagne dans votre vie ?
J’habite aujourd’hui en Suisse, dans le vignoble de Lavaux, un autre site inscrit à l’Unesco. Cela a été un pur hasard. Mais je reste très attachée à la Champagne et je soutiens activement ses ventes à l’étranger.
Et que pensez-vous de la suite pour la mission Unesco ?
Elle a su mettre en place un plan de gestion qui me paraît très rigoureux pour préserver un développement harmonieux de la Champagne. Cela me réjouit, car le plus important est de continuer à transmettre ce patrimoine aux générations futures.
Thomas Crouzet
Aurélien
Laudy
L’association Créez comme elles toujours plus dynamique
Créez comme elles a 18 ans, l’âge de la majorité. L’association est toujours aussi dynamique, fédérant les créatrices d’entreprise autour d’une approche toute féminine de l’entraide et du réseau.
Créée en 2007, l’association Créez comme elles promeut l’entrepreneuriat au féminin, dans la bonne humeur, l’empathie et une distance toute féminine face aux défis d’un engagement professionnel sans concession et la vie tout court. L’association, née dans l’Aube, compte aujourd’hui quatre antennes implantées dans l’Aube, la Marne, la Haute-Marne et l’Yonne. « Nous avons une fréquentation en hausse sur nos événements, surtout pour les ateliers de co-développement », souligne Françoise Bourgouin, présidente de l’association. Il en va de même pour
Les femmes de Créez comme elles, une autre façon de se soutenir et de « réseauter » en qualité de chef d’entreprise.
le nombre d’adhérentes qui s’élève aujourd’hui à 159, dont 61 nouveaux membres, réparties sur les quatre antennes, avec 85 pour celle de Troyes.
La journée de l’entrepreneuriat féminin : un rendez-vous établi
L’association, qui anime différents ateliers, a organisé en mars dernier le Printemps de l’entrepreneuriat féminin à Troyes. Table ronde engagée, conférence, ateliers, l’événement a rassemblé de nombreuses femmes. Les adhérentes ont répondu un « oui » unanime pour participer de nouveau à la Journée de l’entrepreneuriat féminin. Au programme pour cette année, ce sont onze cafés entr’elles, onze ateliers et quatre afterworks, dix journées de co-working et une visite de l’entreprise Lacoste qui vont prendre place. Le dynamisme de l’association ne se dément pas au fil des ans et des personnalités qui prennent l’association sous leur aile. Les mamans de Créez comme elles ont passé la main. Les générations se suivent. Les liens restent forts. Une autre façon d’entreprendre.
Violette Bry
30 ans d’expertise réunis : Stéphane Pers et Olivier Morant mettent leur savoir-faire au service de vos projets en chauffage, plomberie et énergies renouvelables.
Le Volta est un système breveté : le drone vient toucher le bout de la pale pour mesurer la continuité du circuit de foudre. La pale se comporte comme un paratonnerre, avec à l’intérieur un câble en cuivre qui fait descendre la foudre jusqu’à la terre.
SupAirVision décroche la 1 re certification Qualifoudre en France
SAprès avoir inventé le drone qui inspecte l’éolienne sans arrêter le rotor, SupAirVision, la start-up de la Technopole, innove encore. Son drone Volta est le premier en France certifié Qualifoudre.
es drones bourrés de capteurs défient le vent, les pales mais aussi la foudre. Experte du diagnostic des éoliennes par drone, la start-up de la Technopole de l’Aube SupAirVision vient d’obtenir pour son drone Volta la première certification française pour l’inspection des circuits de protection contre la foudre des éoliennes. « La foudre est responsable de 30 % des défaillances de pales, et pourtant, rappelle Sébastien Arnould, le circuit de protection contre la foudre reste rarement inspecté. Le coût moyen d’un incident lié à la foudre peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, entre réparation, logistique, arrêt de production... Pourtant, ajoute le dirigeant fondateur de SupAirVision, la plupart des parcs ne disposent d’aucun protocole de vérification régulier », regrette Sébastien Arnould.
Le problème est d’autant plus sensible que le parc éolien français, qui compte autour des 10 000 turbines, est fragilisé par son vieillissement, dans un contexte où les impacts de foudre s’intensifient, où les turbines grandissent et où les pales s’allongent…
« Ce label Qualifoudre apporte la garantie que notre solution permet d’inspecter les systèmes de protection foudre de manière rapide, fiable et conforme aux exigences réglementaires. C’est une avancée qui va pousser de nombreux exploitants à franchir le pas », estime Sébastien Arnould.
Sa start-up, qui compte une vingtaine de salariés, réalise déjà chaque année entre 800 et 1 000 inspections de circuits foudre avec son drone Volta, qui génère ainsi la moitié de son chiffre d’affaires (1 M€). « Avec le Volta, on est capable d’inspecter une éolienne en 30 mn et de fournir un rapport certifié », poursuit l’entrepreneur qui voit plus loin que le marché français. « La France ne représente que 3 % du marché éolien mondial. Notre salut, indique Sébastien Arnould, passe par l’international. On a une filiale au Brésil, un marché équivalent à la France en nombre d’éoliennes mais avec moins de concurrents. Et c’est une des zones les plus foudroyées de la planète. Une éolienne française prend la foudre 5 fois par an en moyenne, là où une Brésilienne la prend 50 fois. Notre outil Volta est particulièrement efficace et attendu sur ce marché-là. »
Thierry Péchinot
L'AUBE QUI BOUGE
(photo Diego Dominici)
L’équipe de l’atelier « Renew » composée de Catherine Esseiva, Olfa Mrabet, Ludovic Hourseau et Thierry Limoges.
Catequip
donne une seconde vie aux machines à burgers
Catequip distribue en France des machines pour les chaînes de fast-food. Depuis un peu plus d’un an, il les répare et les reconditionne. La démarche séduit les grandes chaînes telles que Burger King ou Quick.
Burger, frites ou encore soda, ce que vous mangez dans un fastfood en France est probablement passé par l’une des machines de Catequip. L’entreprise, basée à Bouilly, est l’équipementier de la restauration rapide et toutes les grandes chaînes sont clientes : Burger King, Quick, McDonald’s, etc. Des toasters, aux coffres de maintien en température en passant par les friteuses, l’entreprise propose tout le matériel nécessaire pour équiper les cuisines. Dans l’entrepôt aubois, on retrouve le service aprèsvente, l’administration des ventes, le service de ressources humaines, mais aussi, depuis un peu plus d’un an, l’atelier « Renew ». Cette nouvelle ligne à consonance anglaise n’est autre qu’un atelier de recyclage et réparation des machines. Une solution écologique évitant que les machines soient remplacées par des nouvelles, mais aussi économique en argent et en temps. « On propose aux enseignes de remettre en état leurs équipements. Les produits reconditionnés qu’on propose sont 30 à 50 % moins chers qu’un produit neuf. Un toaster peut coûter par exemple entre 2 500 et 4 000 euros. La réparation va
aussi être moins coûteuse. C’est parfois une alternative plus rapide, puisque si nous n’avons pas le produit neuf en stock, le délai de livraison va être plus long », explique Olfa Mrabet, responsable de l’activité.
Un seul technicien pour le moment À l’atelier, c’est Thierry Limoges que l’on retrouve, déjà technicien itinérant pour le service après-vente. Pour la ligne « Renew », c’est tout un processus qui est suivi : « Je réalise un diagnostic du matériel, un devis est ensuite envoyé au client. Vient l’étape du nettoyage. Je remplace ce qui doit être changé puis une fois tout remonté, je fais des tests pour voir si tout fonctionne correctement », détaille le technicien. Avant le renvoi du produit, certains dysfonctionnements sont parfois dus à un manque d’entretien. « La dernière fois, j’ai un client qui m’a appelé pour me dire que ses pains collaient dans le toaster. L’équipement avait juste besoin d’être nettoyé », souligne Thierry Limoges.
Du matériel de prêt
La ligne qui fonctionne depuis septembre 2024 a su convaincre sa clientèle. « Il y a de plus en plus de demande, c’est surtout l’avantage économique qui attire. Nous avons pour objectif de diversifier notre offre aussi bien sur les équipements que les clients », confie Olfa Mrabet. Pendant la réparation, l’entreprise propose également du matériel de prêt. Il semblerait qu’à Bouilly, Catequip ait trouvé la formule gagnante pour favoriser la réparation.
Violette Bry
9, Rue des Saules
Toiture - Bardage - Mur - Cloison - Plafond
L’innovation développée par Alexandre Chen et Vincent Terrasse n’en finit pas de récolter prix et trophées.
Pikkopay transforme le smartphone en caisse automatique
Déployée dans une trentaine de magasins, la solution de paiement mobile sans passage en caisse de Pikkopay va se répandre. La start-up de la Technopole vient de lever 1,5 M€.
Fini les files d’attente en magasin ! Il suffit de scanner un QR code à l’entrée de l’enseigne partenaire et sans téléchargement ni inscription, un scanner de code-barres s’ouvre sur le téléphone. Une fois les produits scannés, le paiement s’effectue sur le smartphone en un clic par CB, ApplePay ou GooglePay. Enfin, l’utilisateur sort par un passage PikkoExpress permettant au magasin de contrôler le contenu du panier en moins d’une minute.
En transformant le smartphone en caisse automatique, l’innovation développée par Alexandre Chen et Vincent Terrasse n’en finit pas de récolter prix et trophées. 2e prix du concours Plug&Start 2022, lauréate de Made in 92 et du concours Pépite Étudiant Entrepreneur, Pikkopay a été aussi lauréate du concours organisé par PWC France à l’occasion de Viva Technology 2025. La startup de la Technopole de l’Aube fait également partie des « 100 start-ups où investir en 2025 », une sélection réalisée par nos confrères du magazine économique Challenges
Une triple incubation à Troyes, Paris et Lille Pikkopay réussit par ailleurs l’exploit d’être triplement incubée : à la Technopole de l’Aube mais aussi à la Station
F à Paris et à l’Euratech à Lille. « On a un déploiement par régions sur Paris, les Hauts-de-France et le Grand Est. Cette triple incubation répond à cet objectif », justifie Alexandre Chen. « Aujourd’hui, on a dépassé le demi-million de transactions sur la webup avec une moyenne de temps d’attente de nos utilisateurs de 14 secondes », ajoute le cofondateur et dirigeant de la start-up, qui a ciblé dès le départ une clientèle urbaine pressée.
Incubée à la Technopole de l’Aube depuis 2022, Pikkopay a commencé à commercialiser son invention sur l’agglomération troyenne. En septembre 2023, un premier dispositif était installé au Carrefour Contact de Buchères. D’autres expérimentations ont été lancées à Troyes, à Paris-La Défense, et à Lille, dans des enseignes comme Carrefour, Intermarché, Netto. Pikkopay se répand même en Alsace dans les supermarchés Match. « On a déployé notre solution sur une trentaine de magasins, résume Alexandre Chen. Nous sommes désormais une quinzaine, surtout à Paris, mais aussi sur Lille et dans le Grand Est. On vient de finaliser une levée de fonds de 1,5 M€ menée par Finovam Gestion, avec la participation de Ventures by Delaware et d’un groupe de business angels. L’objectif est de consolider nos implantations et d’en trouver de nouvelles. »
Thierry Péchinot
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Bioserenity revit avec la production d’un casque
d’électroencéphalogramme
L’usine Bioserenity située à Rosières-près-Troyes a inauguré sa première ligne de production de son nouveau produit : IceCap. Plus léger et accompagné de l’intelligence artificielle, sa commercialisation devrait commencer dès septembre.
L'encéphalogramme de Biosernity était bien plat quand Jean Schmitt, président de Jolt Capital, a repris l’entreprise il y a deux ans lorsqu’elle était en liquidation judiciaire. Après avoir investi pas loin d’une trentaine de millions, l’usine de Rosières-près-Troyes a inauguré cette année 2025 sa ligne de production pour son innovation majeure, le IceCap.
Fini le textile intelligent des origines, place aux électroencéphalogrammes (EEG). IceCap est un casque d’EEG innovant : « Il est capable d’envoyer des signaux en direct via le cloud. Les neurologues peuvent se connecter à leurs patients, comme un tableau de bord, leur permettant d’analyser et poser des diagnostics directement. Il y a un algorithme d’intelligence artificielle qui aide les médecins à analyser plus vite et de manière plus précise », détaille Ulysse Gimenez, directeur data science à Bioserenity. L’innovation ne s’arrête pas ici.
Plus léger que les traditionnels casques d’EEG, il permet d’effectuer des examens sur un plus long terme. « Il est portatif et numérique, ce qui permet de le garder pendant 48 heures voire 72 heures. Dans certains cas, les évènements pathologiques sont rares, et avec un examen traditionnel d’une heure environ, on risque de les manquer », souligne le directeur.
Le modèle utilisant l’intelligence artificielle a pour ambition d’améliorer la connaissance des maladies rares : « Les cas d’applications sont très nombreux, les EEG longs vont nous apporter de nouvelles données permettant à l’intelligence artificielle d’apprendre sur ces pathologies qui ne sont pas détectables via les EEG classiques aujourd’hui ».
Assemblage et découpe du casque d’EEG.
Quatre futures lignes de production
L’usine compte pour le moment une seule ligne de production pouvant sortir un peu moins de 10 000 casques par mois. « Dans un premier temps, nous voulons en produire 2 à 5 000 par mois, au-delà de 10 000 l’année prochaine. En France, il y a 2 millions d’EEG par an, 3 millions en Allemagne, nous aimerions prendre une part de 20 % sur le marché », détaille Jean Schmitt.
Une pose en cinq minutes
Sur un patient, la pose du casque se fait en cinq minutes. Une fois sur la tête, il faut injecter un gel au niveau des trous de chaque électrode. « Il n’y a pas besoin de frotter le cuir chevelu et de mesurer exactement où l’on place les électrodes. Il suffit de placer trois points clés et elles vont se placer automatiquement au bon endroit. Pour un EEG classique, une pose met environ 20 minutes », montre le directeur data science.
Une innovation qui semble prometteuse et pourtant, la survie de l’entreprise n’était pas garantie. « Le précédent management m’avait demandé de fermer cette usine au moment de la reprise. Je suis venu sur place et j’ai trouvé des équipes motivées et compétentes ».
Fini les usines aux États-Unis et en Chine, dorénavant la production est 100 % auboise : « J’ai fait le choix de relocaliser toute la production ici et de focaliser l’entreprise sur une activité importante : la neurologie »
Violette Bry
Le casque s’accompagne d’un boîtier, placé en bandoulière, permettant d’envoyer les données sur le logiciel.
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Hoverall-HTracks portée
par les JO et les pumptracks
Réputé pour ses skateparks, le fabricant Hoverall de Buchères multiplie aussi, avec sa société sœur HTracks, les pumptracks, des pistes en enrobé très accessibles qui font fureur…
Il n’avait pas 9 ans qu’il faisait déjà ses premiers tricks. Il en a 40 aujourd’hui. Et il continue à pratiquer, notamment pour tester ses propres skateparks en fin de chantier. Baptiste Noble a fait de sa passion son métier. « Le goût de la glisse, c’est ce qui me fait vibrer », résume celui qui a créé en février 2010 sa société avec d’autres riders pur jus comme lui, tels Christophe Jacquemard ou Pascal Bacuet.
Mais, depuis 2022, sa société Hoverall a changé de braquet en quittant ses locaux chapelains pour se répandre dans un vaste bâtiment jouxtant la brasserie Jumie à Buchères. « C’est trois fois plus grand en surface couverte et on dispose d’une grande cour », justifie le gérant, qui surfe sur un marché de niche qui explose sous l’effet des Jeux Olympiques. « On répond à beaucoup d’appels d’offres, poursuit Baptiste Noble. Il y a eu l’arrivée du BMX Race aux JO de Pékin en 2008 puis celle du BMX freestyle et du skate aux JO de Tokyo. Et le triplé français en BMX Racing aux JO de Paris a été aussi un gros levier. En voyant la victoire des Français en BMX, les maires et les élus ont vu que ce sont des sports à part entière. La trottinette freestyle a aussi beaucoup contribué à cet engouement pour les pumptracks ».
Les pumptracks ? Des pistes en enrobé avec des bosses et des virages qui font fureur. La raison du succès : ils sont encore plus accessibles que les skateparks. « Cela permet d’accueillir les tout-petits dès 3 ans en draisienne. Il y en a partout. C’est pour cela qu’on a créé la société HTracks Grand Est en 2022. L’an passé, on a dû faire cinq skateparks et quinze pumptracks », lâche Baptiste Noble, qui est à la fois gérant d’Hoverall et directeur de HTracks Grand Est.
Le boom pour la glisse sur enrobé se traduit dans le chiffre d’affaires de HTracks Grand Est (1,5 M€) qui a dépassé l’an passé celui d’Hoverall (1 M€). Si le coût financier des deux équipements est le même (entre 100 000 et 150 000 €), l’accessibilité du pumptrack fait la différence. S’y ajoutent aussi des subventions substantielles. « On a des projets qui sont subventionnés à 80 %. C’est le moment d’y aller », précise Baptiste Noble.
Thierry Péchinot
Sur la base loisirs de La Garenne, à Peynier près de Marseille, le pumptrack ne désemplit pas. Le groupe HTracks a réalisé l’an passé 38 pumptracks en France dont 15 dans le Grand Est.
Optacare, la pépite auboise qui aide les hôpitaux à tout prévoir avec
OLa start-up auboise compte déjà une vingtaine de salariés.
Un prix pour la prévision des stocks de médicaments
base d’IA
ses outils à
ptacare, la start-up de la Technopole de l’Aube dont les logiciels optimisent la logistique hospitalière, a intégré en début d’année PariSanté Campus, un lieu d’innovation et de collaboration dédié au numérique en santé. Cet écosystème, véritable carrefour entre la recherche, les start-ups, les établissements de santé et les institutions, représente une opportunité pour accélérer le développement des solutions numériques développées par la société auboise.
Soutenue par Scal’E-Nov, l’accélérateur de start-ups de la Région Grand Est, Optacare développe des logiciels basés sur l’intelligence artificielle (IA) pour accompagner les établissements de santé dans leurs transformations organisationnelles (outils de prévision, de planification, de gestion des flux de patients, etc.)
En juin, elle a même été primée au salon SantExpo 2025 pour sa solution technologique appelée STOCK, qui aide les hôpitaux à mieux gérer leurs stocks de médicaments et de matériel médical. Avec les données de l’IA, la start-up est capable de savoir combien de médicaments auront besoin les hôpitaux dans les prochains jours. Une solution qui réduit les frais logistiques d’après Hicham Chehade, le créateur de l’entreprise : « Une réduction des coûts entre 20 et 40 % est opérée selon les structures. » Surtout, c’est un gain de temps pour les pharmaciens et les responsables logistiques dans les hôpitaux.
Créée et dirigée depuis 2013 par Hicham Chehade, avec pour associés Farouk Yalaoui et Lionel Amodeo (enseignants-chercheurs à l’UTT), la société compte déjà une vingtaine de salariés. Elle poursuit une politique active de partenariats. Elle en avait contracté un à l’automne dernier avec Qoia, expert et éditeur en solution de gestion des temps et des activités. Il vise à mieux anticiper les allocations de ressources humaines à partir des prévisions de flux de patients au sein des établissements de santé en France. Une solution qui avait été éprouvée à l’hôpital de Troyes avant son envol.
Adhérer à la CPME, c’est : Etoffer son réseau d’affaires S’investir pour les TPE/PME en devenant mandataire
à des évènements tout au long de l’année
La CPME, le partenaire privilégié du dialogue
À Plancy-l’Abbaye, Aquanalyse pousse les murs
Le labo compte sept techniciennes qui analysent 14 000 échantillons d’eau chaque année.
Il analyse 14 000 échantillons d’eau chaque année. Boosté par le renforcement des normes, Aquanalyse, le dernier laboratoire d’analyse de la région, vient de s’étendre sur son site de Plancy-l’Abbaye.
Des dizaines et des dizaines de glacières bleues et blanches saturent la salle. Et chaque jour, elles font des va-et-vient. Ces glacières contiennent des petites fioles remplies d’eau de toute nature : souterraine, de surface, pluviale, résiduaire… De l’eau que collecte chaque jour le laboratoire Aquanalyse qui provient à 90 % de sites industriels.
« On prélève les eaux sur plus de 300 sites industriels. Mais aussi pour des institutionnels… On rayonne sur la Champagne-Ardenne, l’Yonne et le Loiret », précise Serge Vedel, qui dirige avec sa femme Christine le dernier laboratoire d’analyse d’eau de Champagne-Ardenne. « On était tous les deux salariés du labo que le pharmacien Pierre Benoit a créé à Méry-sur-Seine en 1992. On a l’a repris quand il est parti en retraite en 2010 et on l’a déménagé à Plancy. À l’époque, se souvient Serge, on était cinq et on faisait 300 000 € de chiffre d’affaires ».
Depuis, beaucoup d’eau a coulé… Aquanalyse a vu ainsi son périmètre s’élargir au point de compter aujourd’hui 20 salariés, dont sept préleveurs et sept techniciennes
de labo. La société affiche 1,9 M€ de chiffre d’affaires en analysant 14 000 échantillons d’eau chaque année. Le renforcement des normes sanitaires et environnementales explique aussi sa croissance. « Les contrôles sont plus nombreux. Et on cherche des choses qu’on ne cherchait pas avant », précise Christine Vedel qui ne manque pas de clients. Du Syndicat de Eaux de l’Aube à Moët & Hennessy en passant par Mumm, Chassenay d’Arce ou Barfontarc. Mais aussi les sucreries de Bazancourt à Corbeilles et jusqu’à celle de Villette-sur-Aube.
Le labo de Plancy travaille pour la quasi-totalité des industriels de l’Aube, des teintureries troyennes aux entrepôts logistiques géants de Saint-Thibault en passant par Michelin, Accuride, Soufflet, AT France, Cémoi, Bonduelle, Dislaub, Remondis… « On mise sur la proximité, le service et la rapidité. On a une équipe dédiée qui ne fait que de la collecte et du prélèvement. C’est du service clé en main », précise Serge Vedel dans son nouveau bâtiment. Aquanalyse a en effet poussé les murs avec une extension de 240 m².
Thierry Péchinot
Des étudiants de l’UTT lors de leur intégration sur le campus de Rosières devenu en 30 ans une des visages de Troyes.
L’enseignement supérieur à Troyes, l’industrie
du XXIe siècle !
Les établissements d’enseignement supérieur sont les usines du XXIe siècle. Au fond, peu importe ce qu’on y fabrique, leur seule implantation sur le territoire est une formidable aubaine.
Les étudiants, c’est bien, mais ils ne restent pas ici ! » Il faut tordre le cou à cette antienne, répétée à l’envi depuis 30 ans à Troyes et l’arrivée de l’UTT. Cela n’a pratiquement aucune importance. Ce serait mieux, bien sûr, mais l’enseignement est une activité économique en soi, comme le démontre une étude d’impact réalisée par Troyes Champagne Métropole en début d’année.
3 647 emplois directs dans 28 établissements
Les 28 établissements d’enseignement supérieur sont autant d’usines. Des usines qui fabriquent des diplômés comme d’autres fabriquent des polos ou des pneus. Ce qui compte, pour le territoire, c’est l’emploi. Ce sont les retombées induites par la présence des établissements. Et là, les chiffres donnent le tournis.
Dans l’agglomération, l’enseignement supérieur, c’est désormais l’équivalent de 3 647 emplois directs, soit 45 millions d’euros annuels de masse salariale. C’est colossal et cela explique en grande partie le miracle troyen et aubois. Une nouvelle industrie a succédé au textile.
215 millions d’euros de retombées
Une industrie dont les retombées annuelles totales (dont 97 millions de dépenses étudiantes) atteint les 215 millions d’euros. Une manne extraordinaire. Quelle industrie pourrait générer autant de retombées ?
Le coup de génie de Troyes et de l’Aube est d’avoir su se positionner à temps. D’avoir compris contre vents et marées qu’il s’agissait d’un investissement économique.
Bruno Dumortier
2 AGENCE S DANS L’AUBE
La Technopole de l’Aube, 7e incubateur de France selon le Financial Times
Pour ses 25 ans, la Technopole de l’Aube a eu droit à un vrai cadeau : elle a été distinguée 7e incubateur de France par le Financial Times. Une reconnaissance internationale qui consacre une réussite exceptionnelle pour une ville comme Troyes.
La Technopole de l’Aube n’a pas boudé son plaisir quand elle a été classée 7e incubateur de France par le très sérieux Financial Times, le quotidien économique le plus influent de la planète. Elle qui a fêté ses 25 ans à la fin de l’année dernière – elle a démarré en 1999 –, se trouve même classée à la 58e place en Europe. « Et c’est le seul de la région Grand Est », souligne Philippe Pichery, président de la Semtac, la société d’économie mixte qui porte la Technopole depuis les origines.
3 000 incubateurs en Europe dans la boucle
La valeur du classement est d’autant plus intéressante que la méthode a été redoutable. 3 000 incubateurs avaient été présélectionnés et seuls 150 d’entre eux ont finalement été classés. « Ils ont retenu ceux qui avaient des accompagnements crédibles et les ressources pour le faire », détaille Michaël Noblot, directeur délégué de la Technopole. La période retenue était celle des entreprises accompagnées entre 2018 et 2023. Plusieurs critères ont été retenus, mais sur celui très spécifique de la progression des entreprises, la Technopole de l’Aube décroche même une 3e place en France particulièrement flatteuse.
« C’est le résultat d’un travail effectué sur le long terme », souligne Michaël Noblot. La Technopole, avec son équipe d’une douzaine de personnes, a appris à recruter, sélectionner et accompagner les porteurs de projet. Elle s’est aussi dotée d’outils, comme Plug&Start, son opération majeure qui lui
Michaël Noblot, directeur délégué de la Technopole de l’Aube.
permet sur trois jours de booster des projets mais aussi de les évaluer et, éventuellement, de les inviter à rejoindre Troyes. Elle a aussi su créer un incubateur pour les étudiants, le YEC, et tisser des relations avec les universités et les écoles d’enseignement supérieur qui se sont développées en 25 ans autour d’elle. D’où l’opération « Game of brain » à destination des étudiants de toute la France.
La force du réseau d’experts bénévoles
Le tout avec un atout majeur : un réseau de 400 experts et mentors bénévoles qui viennent soutenir la Technopole et ses porteurs de projets sans défaillir. « Ce classement, c’est d’abord la réussite d’un écosystème », insiste Michaël Noblot. Troyes, pour le coup, bénéficie de sa petite taille et de l’engagement de tous ces bénévoles pour le territoire.
Et leurs efforts n’ont pas été vains. « La Technopole, c’est 300 M€ levés en 25 ans, c’est 1 600 emplois créés. C’est aujourd’hui 450 emplois de niveau bac +5 et au-delà. Aucune entreprise dans l’Aube n’a ce ratio », souligne Philippe Pichery, qui voit dans ces chiffres la consécration de « la transformation de l’économie du département par des acteurs à haute valeur ajoutée imaginée par Philippe Adnot dans les années 90 »
Un impact qui mériterait d’être affiné. L’effet d’entraînement de la Technopole sur les entreprises du territoire est difficile à calculer mais, aujourd’hui, de plus en plus de projets viennent de l’Aube. Parce que les réseaux des experts diffusent l’information et la culture de l’innovation. Parce que les universités et les écoles sont arrivées à maturité. Parce ce que tout l’écosystème porte ses fruits.
L’immobilier, l’originalité du modèle
« On a aussi la chance d’avoir un immobilier disponible. C’est aussi une des originalités du modèle », ajoute Michaël Noblot. Avec ses 12 500 m2, allant du simple bureau pour la start-up aux grandes surfaces des hôtels d’entreprises, la Technopole se fait fort de répondre à tous les besoins au fur et à mesure des développements. Le taux d’occupation, aujourd’hui, est de 85 %. « On
Pas moins de huit start-up repérées lors de la 30e édition de Plug&Start ont bénéficié cet automne d’un accompagnement de la Technopole de l’Aube combinant sept journées de formation et de coaching pour les préparer à défendre leurs projets devant tous leurs interlocuteurs.
est bien », assure Michaël Noblot, qui prend garde d’avoir toujours des m2 disponibles. Une gestion fine qui oblige à anticiper les besoins des locataires tout en gardant de l’espace pour accueillir de 12 à 18 nouvelles start-up chaque année. « On fait de la dentelle. »
5 % seulement de défaut à cinq ans
Reste la redoutable question de la viabilité des entreprises : « On est à 5 % de défaut à cinq ans, c’est très, très peu », souligne Michaël Noblot. « On a des entreprises qui finissent devant le tribunal de commerce. C’est fatal, d’autant que la conjoncture économique se tend, mais on est vraiment bien ». Un effet à la fois de la sélection des projets – avec un comité d’agrément qui multiplie les regards, ceux d’experts comme ceux de pairs – et de la qualité de l’accompagnement.
L’enjeu pour la Technopole est aujourd’hui, dans un environnement extrêmement compétitif, de rester sur la même technique. Michaël Noblot ne le sait que trop : « Il ne faut surtout pas nous reposer sur nos lauriers. »
Bruno Dumortier
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LOURDS
Newcleo, un projet XXL pour l’Aube pour fabriquer l’énergie bas carbone du XXIe siècle
Newcleo veut commercialiser des réacteurs nucléaires refroidis au plomb d’ici à 2033.
Pont-sur-Seine accueillera l’usine qui fabriquera le combustible, un projet XXL avec 1,8 milliard d’euros d’investissement et 1 700 emplois à terme.
L'annonce d’un projet d’usine de production de combustible nucléaire près de Nogent-sur-Seine a fait l’effet d’une bombe. Il faut dire que Newcleo, le porteur du projet, prévoie d’investir 1,8 milliard d’euros et de créer 1 700 emplois à terme. Depuis la création de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, aucun projet d’une telle envergure n’a été entrepris dans le département.
1 100 collaborateurs déjà Trop beau pour être vrai ? L’alerte sur la trésorerie de Newcleo, en septembre, a semé un petit doute, même s’il a été vite démenti par Newcleo. L’entreprise a des arguments à faire valoir. Forte de 1 100 collaborateurs, dont à peu près 400 en France, elle développe des petits réacteurs que l’on appelle AMR (Advanced Modular Reactors), des réacteurs avancés, refroidis au plomb.
« Notre vision, c’est de créer un parc de réacteurs axé sur trois points essentiels. Une sûreté intrinsèque, grâce à l’utilisation du plomb, un coût et une production d’énergie compétitive, et surtout, le point le plus important, l’utilisation de « déchets » pour produire de l’énergie. Avec l’ensemble des matières valorisables entreposées et des combustibles usés présents en France ou en Europe, on a assez de matière pour, grâce à notre technologie, produire de l’électricité et de la chaleur bas carbone pendant plusieurs siècles, voire plusieurs milliers d’années », explique Cédric Barba, directeur France de Newcleo.
Cédric Barba, directeur France de Newcleo.
(photo
Newcleo)
Une technologie sûre
S’ils y parviennent, c’est un « game changer ». À l’heure du tout électrique, voilà la promesse d’une énergie abondante, propre et relativement facile à déployer. Autant dire que l’entreprise est suivie de très près, avec d’autres sur la même promesse mais avec des technologies différentes, au plus haut niveau de l’État. L’avantage compétitif de Newcleo, c’est la simplicité et la sécurité de sa technologie : « Newcleo a choisi un caloporteur en plomb liquide pour son réacteur. Le plomb bout à très haute température (environ 1 740°) et ne réagit pas chimiquement avec l’eau ou l’air, ce qui permet de simplifier le design et rendre les réacteurs plus compacts, moins coûteux et naturellement sûrs », insiste Cédric Barba.
Une production qui devrait démarrer en 2030
Un démonstrateur va être construit à Chinon en 2031, près de la centrale. Pour l’alimenter, il lui faut un combustible particulier, le MOX, fabriqué à partir de combustibles nucléaires retraités. C’est ce que devra fabriquer l’usine de Pont-sur-Seine dès 2030 pour alimenter le démonstrateur puis les réacteurs que Newcleo espère bien commercialiser. L’enjeu est aussi capital pour le territoire que pour le pays et la planète, même si Newcleo ne sera pas la seule solution à la production des AMR. « Notre mission, souligne Cédric Barba, c’est d’apporter une solution innovante à disposition de l’Europe pour contribuer à la minimisation des déchets, à la décarbonation et à la réindustrialisation ». À commencer par celle de l’Aube.
Bruno Dumortier
L’AMR, un petit réacteur industrialisable de 4e génération
Le SMR (Small Modular Reactor, en anglais), c’est un petit réacteur nucléaire modulaire que des dizaines d’entreprises dans le monde essaient de mettre au point au plus vite. L’idée est simple : fabriquer, à l’instar de ce qui a été fait pour la propulsion nucléaire des sous-marins et porte-avions, un réacteur de puissance réduite (50 à 300 MWe) qui serait intégralement réalisé en usine. Ils sont basés sur la technologie actuelle, dite de 3e génération.
Newcleo, lui, travaille sur un AMR (Advanced Modular Reactors), un réacteur de taille similaire aux SMR qui utilisera des technologies dites de 4e génération. Diverses approches sont lancées, celle de Newcleo est celle d’un réacteur refroidi au plomb liquide et alimenté par un combustible fabriqué à partir de matières nucléaires valorisables, le Mox. La compétition est rude entre les différents projets d’AMR qui ne seront commercialisés, au mieux, qu’après 2030. Ce qui les oblige à lever des fonds en permanence et à ajuster leurs ambitions en conséquence. Newcleo n’y échappe pas.
L’entreprise, qui n’est pas une pure start-up puisqu’elle s’est construite avec plusieurs acquisitions stratégiques, a réduit la voilure en Grande-Bretagne cette année et doit procéder à de nouvelles levées de fonds dans les mois qui viennent.
Un des équipes de Newcleo au travail : l’entreprise qui a grandi en multipliant les acquisitions stratégiques est aujourd’hui répartie sur plusieurs sites en Europe.
(photo Diego Dominici)
Comment l’intelligence artificielle se retrouve au cœur de la scierie Tarteret
Dans le but d’optimiser sa production, la scierie Tarteret, à Estissac, emploie désormais l’intelligence artificielle afin de déterminer la meilleure découpe de ses planches en temps réel.
On cherchait une méthode pour scier mieux et plus intelligemment, pas pour scier plus ou plus vite », explique David Vanhelle, responsable opérationnel de la scierie Tarteret à Estissac. Ils ont trouvé avec une tout nouvel outil baptisé ChenAIe. AI, comme intelligence artificielle.
« Une scierie c’est un environnement hostile au numérique », pointe David Vanhelle. « Il fait froid en hiver, chaud en été », sans compter la poussière, la luminosité variable. « Mettre en œuvre de l’IA dans une scierie, c’est compliqué, on n’est pas dans une usine de pharmaceutique. » Mais l’entreprise liébautaine ne s’est pas arrêtée à ces obstacles et se lance dans l’aventure. Objectif : demander à l’IA de déterminer la meilleure découpe de chaque planche afin d’obtenir le meilleur rendement compte tenu du catalogue clients. « Aujourd’hui, nos opérateurs s’en chargent, parce qu’ils travaillent par habitude, ils ont l’expérience, mais ils n’ont pas toutes les données de stock, les données commerciales », rappelle David Vanhelle. Et ce alors que « les rapports de prix peuvent aller de la palette de chêne à 100 € le m3 à des avivés (pièces de bois scié avec arêtes vives, NDLR) à plus de 2 000 € le m3 »
L’idée était donc de confier le croisement de ces différents paramètres à une intelligence artificielle en temps réel. Et c’est là toute la difficulté. « On a tous l’image des médicaments qui s’arrêtent pour être flashés », décrit Alexis Vergne, ingénieur de recherche, mais la course des 1 000 planches traitées par jour ne peut être interrompue. « Il fallait un système sur
lequel on avait la main pour pouvoir adapter l’IA à la vie de l’entreprise », souligne David Vanhelle.
Entraîner l’IA
« On a entraîné des réseaux de neurones. On a passé des milliers et des milliers d’images de planches en cours de production et on a appris au réseau de neurones ce qu’était un nœud, de l’aubier, de l’écorce, des fentes, du cœur… » Dans les bureaux, l’IA a également dû apprendre à corréler découpes et données de l’entreprise. Pour mettre le tout en pratique, au cœur de la scierie, il a fallu trouver le matériel adéquat, résistant. Quatorze caméras GoPro ont ainsi été installées, ainsi que des lumières, similaires à des lampes de chariot élévateur.
15 % de rendement en plus sur chaque planche
Sur une tablette ou sur un ordinateur, l’opérateur peut voir en temps réel les découpes à réaliser sur la planche qui vient d’être passée au crible par l’IA. Cette dernière doit permettre d’améliorer « le rendement financier sur chaque planche d’environ 15 % », indique Bertrand Tarteret. Le projet ChenAIe, d’un montant de 1,6 million d’euros, subventionné à 90 % par l’Europe au titre du Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural) et la Région Grand Est, aura nécessité deux ans d’études avant d’aboutir, notamment avec l’aide du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et du Cetim (Centre technique des industries mécaniques).
Anne-Claire Gross
C’est ici qu’est pilotée l’intelligence artificielle. Sur cet ordinateur, Alexis Vergne, ingénieur de recherche employé depuis un an par la scierie Tarteret, peut voir en temps réel les planches scannées par l’IA. L’algorithme scanne les planches à une vitesse de 2 mètres par seconde.
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Degoisey mise sur les machines intégrant de l’intelligence artificielle (IA) et sur des jeunes très motivés, comme Valentin Félix, Meilleur apprenti de France en 2022.
Degoisey : une nouvelle usine avec beaucoup de jeunes et d’IA
Degoisey peut rouler les mécaniques dans sa nouvelle usine sur le parc de la Technopole de l’Aube. Usinées par des jeunes très pointus, ses pièces qui équipent les Airbus et les Rafale sont réalisées sur des machines nourries à l’intelligence artificielle (IA).
Colonnes de mesure, projecteurs de profils, duromètre et rugosimètre, contourographe, scanner optique... Pour garantir la qualité de ses produits, Degoisey dispose d'un laboratoire qui lui permet de passer au crible toutes ses pièces mécaniques. Quatre personnes y travaillent afin de contrôler chaque pièce avant le lancement de la série puis en contrôle final avant l'expédition au client.
Il semble bien loin le temps de Louis Degoisey ! Celui des années 1930. L’entreprise produit alors des métiers circulaires très réputés pour le chaussant qui font la prospérité de la bonneterie auboise. Mais les grands toits en sheds du 59 de la rue Thiers, à Saint-André-les-Vergers, appartiennent désormais au passé. Bienvenue au 24 de la rue Gustave-Eiffel, sur le parc de la Technopole de l’Aube, dans une usine flambant neuve qui aura coûté avec le terrain 4 M€.
Derrière ses murs en ossature bois et béton de chanvre, le nouveau bâtiment abrite un matériel de haute technologie dédié à la mécanique de haute précision, avec pas moins de 25 centres d’usinage qui peuvent fonctionner 7 jours sur 7 et 24 h/24. Depuis le 1er juillet, les mécanos ont investi ce nouveau bâtiment dans lequel sont notamment usinées certaines pièces des Airbus A350 et des Rafale de Dassault. Aluminium, bronze, acier, inox, titane… Degoisey peut façonner tous les métaux, et toutes les pièces complexes.
Montée en gamme à tous les étages
« On travaille avec les plus grands noms de l’aéronautique dont Dassault, Airbus, Safran et Thales. Nos clients viennent chercher de la précision, de la qualité et du capacitaire. Avec cette nouvelle usine, ajoute-t-il, on multiplie par trois notre surface de production avec un agencement des flux cohérent et efficace et une rationalisation des productions », résume le PDG Laurent Allard. Depuis qu’il a repris en 2006 la vénérable usine, Degoisey a triplé ses effectifs et quintuplé son chiffre d’affaires. L’entreprise compte à ce jour 45 salariés pour un chiffre d’affaires de 7 M€. Sa recette : une montée en gamme, autant dans les hommes que dans les machines.
Degoisey a été ainsi l’une des premières dans l’Aube à miser sur des machines intégrant de l’intelligence artificielle (IA) qui permettent de gérer plus de données et de fabriquer des pièces plus complexes. « La moyenne d’âge de nos 45 collaborateurs tourne autour de 30 ans. On a beaucoup de jeunes impliqués. C’est un réel avantage
« C’est exceptionnel »
« Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est exceptionnel. Parce qu’une entreprise qui investit dans des équipements ultramodernes et un chef d’entreprise ultra-dynamique, c’est assez rare pour être signalé », soulignait Hubert Mongon. Avec à ses côtés Nicolas Grosdidier (président de l’UIMM Champagne-Ardenne), Fabien Forgeot (président UIMM Aube) et Jean-Edouard Courant (délégué régional), le délégué général national de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) est venu en personne inaugurer cette nouvelle usine le 3 septembre dernier.
Pour le PDG Laurent Allard, l’enjeu de ce nouveau site doit permettre une nouvelle montée en puissance avec l’objectif des 10 M€ de chiffre d’affaires avec 20 personnes en plus d’ici 2030. C’est aussi un enjeu pour le futur. « On veut laisser aussi transmettre une entreprise qui a du sens. La plupart des entreprises comme la nôtre ne dépendent pas de fonds de pension », souligne Laurent Allard en rappelant que cette croissance s’inscrit aussi dans le cadre national d’un renforcement de notre industrie de Défense : « L’objectif est de passer d’une part de l’industrie dans la production de la richesse nationale de 10 à 12 %. Cette réindustrialisation dans le secteur de la Défense est portée surtout par les PME industrielles. Et ces PME ont bien souvent leur siège social sur le territoire, avec une grande part de la valeur ajoutée qui reste sur le territoire ».
concurrentiel car ils sont nés avec les nouvelles technologies et s’adaptent plus facilement », précise Laurent Allard. Sa société, qui a pour clients Airbus et Dassault, usine aussi beaucoup pour les fabricants de machines spéciales (40 % du chiffre d’affaires), l’industrie micro-électrique, les labos de recherches scientifiques… Autant de clients très exigeants pour lesquels il faut garantir la qualité des produits. « Chaque pièce est contrôlée en amont, avant le lancement de la série, et en aval pour un contrôle final avant expédition au client », rappelle Anthony, qui travaille avec trois autres collègues au sein du labo de contrôle, où toutes les pièces sont passées au crible. Quant au cap pour le futur, il est déjà fixé : « L’objectif, assure Laurent Allard, est d’arriver avant la fin de la décennie, en 2030, à 10 M€ de chiffre d’affaires avec 20 personnes en plus. » Thierry Péchinot
Les pièces usinées sont travaillées au centième avec une tolérance de 10 microns de millimètre.
Métal rouge pousse les murs pour grandir
Son savoir-faire dans le coussinet lui offre déjà un carnet de commandes plein sur huit mois. Et son nouveau bâtiment à Pont-Sainte-Marie va lui permettre de doubler sa capacité de production. Tous les voyants sont au vert pour faire grandir Métal rouge.
Il fallait pousser les murs », lâche Jean-François Morell. Le dirigeant de la Société d’application du métal rouge (SAMR) peut avoir le sourire. Son nouveau bâtiment de 800 m2 sur son site de PontSainte-Marie change la donne. Dédié à la logistique, il abrite aussi des salles pour les salariés (réfectoire, vestiaires), des bureaux, des services techniques, ainsi qu’un magasin de stockage vertical dernier cri.
Ce magasin, qui a coûté 60 000 €, comprend 32 plateaux capables de supporter chacun 750 kilos de pièces et outillages, le tout piloté par commande numérique. « Là, précise Jean-François Morell, on peut stocker plus de 8 tonnes de matériel. Et avoir une gestion plus fine des stocks. »
Le bâtiment, qui aura coûté 1,4 M€, est recouvert de panneaux solaires et des ombrières solaires ont été installées sur le parking. « Cela représente, calcule Jean-
François Morell, environ 30 % de notre consommation. En mars, on aura réduit de 80 % notre empreinte carbone. Notre objectif pour 2035 est le zéro carbone »
Ce nouveau bâtiment a également permis de libérer de la place. « On pourra presque doubler notre capacité machine, notamment pour développer de la commande numérique dans les fonderies. », projette Jean-François Morell. Recruté en 2003 par son prédécesseur Lionel Pellevoisin pour développer l’export, la qualité et le service, le jeune ingénieur a repris la SAMR le 1er avril 2020. Depuis, la PME a doublé ses effectifs (47 salariés à ce jour) et son chiffre d’affaires devrait dépasser les 6,2 M€ cette année.
70 % des pièces exportées en Europe
Cette croissance insolente, Métal rouge la doit surtout à son savoir-faire très pointu et rare. La société est une
Une traçabilité absolue
« On n’a pas le droit à l’erreur. On travaille au centième avec une tolérance de 10 microns de millimètre. C’est trois fois plus fin qu’un cheveu », rappelle Jean-François Morell. Toutes les pièces sont donc passées au peigne fin avant d’être expédiées. C’est le rôle du service métrologie qui vient d’être agrandi et modernisé. Trois personnes y travaillent pour vérifier les pièces pendant le lancement de la série et à la fin.
« On vient d’acquérir, précise le dirigeant, une nouvelle machine à mesurer en 3D qui permet de mesurer toutes les cotes fonctionnelles. C’est un investissement de 100 000 €. Toutes les pièces doivent être conformes et traçables. Nous devons être en mesure de dire au client avec quelles matières nous avons fabriqué la pièce, ses compositions chimiques, ses caractéristiques mécaniques, ses cotes dimensionnelles, et avec quels outillages de mesure et par quelle personne qualifiée elle a été fabriquée. La traçabilité doit être absolue. »
spécialiste du coussinet à palier lisse. Composée d’un acier classique et d’un métal antifriction rouge ou blanc, cette pièce cruciale du moteur assure la rotation et protection des organes nobles. « Nous avons une tolérance sur les pièces de 10 microns de millimètre. C’est trois fois plus fin qu’un cheveu, compare Jean-François Morell. Le coussinet est un marché de niche. Nous sommes une poignée à faire du coussinet en Europe. 70 % de nos pièces sont d’ailleurs exportées en Europe ». La SAMR fabrique des coussinets pour les machines à forte puissance telles que les compresseurs, turbines,
Fondeurs, usineurs et ingénieurs
La conjonction de plusieurs savoir-faire très pointus fait la notoriété de Métal rouge. Celui des fondeurs, parmi les derniers dans l’Aube, à façonner le métal rouge ou blanc. Celui aussi des usineurs et électro-chimistes qui peaufinent les pièces. Celui aussi des trois ingénieurs du bureau d’études qui accompagnent les clients dans la conception des paliers de leurs nouvelles machines ou dans des machines à améliorer. Du sur-mesure avec de la pièce unitaire : du prototype et de la pièce retravaillée, mais aussi de la petite série (plusieurs centaines) pour les fabricants de machines.
pompes, moteurs, alternateurs… à destination des leaders mondiaux comme Siemens, General Electric, Burckhardt Compression, Liebherr Aerospace, SNCF, Wärtsilä, AF Compressors… Et, sur un marché plutôt stable, l’activité reste très bonne. « Nous avons un carnet de commandes plein sur les huit prochains mois . Maintenant, ajoute Jean-François Morell, notre challenge, c’est de réduire les délais à 2 ou 3 mois. L’objectif est aussi d’amener l’entreprise à dépasser les 10 M€ de chiffre d’affaires avec 15 ou 20 personnes en plus. »
Thierry Péchinot
La PME de Rosières, dirigée par les Bricout père & fils, vient d’investir dans une nouvelle machine qui double la productivité. Et dans un bâtiment avec toit solaire pour couvrir 80 % de ses besoins.
Compositex investit dans le durable
Une machine sur mesure qui double la productivité et valorise la matière. Un bâtiment avec toit solaire couvrant 80 % de ses besoins électriques. La pépite troyenne spécialiste du textile technique investit dans le durable.
est une machine que nous avons conçue, dessinée et réalisée avec des PME locales. C’est du sur-mesure », insiste Christian Bricout qui dirige, avec son fils Guillaume, Compositex. « Cette machine multiplie par deux notre productivité, résume Guillaume, et nous permet d’intégrer des codes qui peuvent être durables et plus responsables de l’environnement. »
Cette machine qui a coûté 600 000 € permet de coller des matériaux souples de haute technicité. « C’est une machine de collage par pulvérisation, mais à distance de la matière. Elle respecte la souplesse de la matière, sans l’écraser, sans la chauffer, décrypte Christian La distance des points de colle permet une respirabilité et de travailler sur de la filtration. » Spécialiste des textiles techniques, la PME de Rosières-près-Troyes qui compte 20 salariés, vient même de pousser les murs en investissant 700 000 € dans un nouveau bâtiment dédié au conditionnement, à l’expédition et au contrôle qualité. Avec sur son toit 500 m² de panneaux photovoltaïques, ce nouveau bâtiment permet aussi à la PME de couvrir à 80 % ses besoins en électricité.
Des rouleaux à haute valeur ajoutée
Créée en 1987 par Gérard Mathieu, Compositex, rachetée dix ans plus tard par la Sotratex puis par Christian Bricout en 2007, aura bientôt 40 ans. Et elle continue à surfer avec succès sur le textile technique, un marché de niche sur lequel elle puise ses 3 M€ de chiffre d’affaires. Compositex fabrique des rouleaux au kilomètre, mais des rouleaux à haute valeur ajoutée qui possèdent des fonctionnalités « barrières » comme la protection contre le feu, l’imperméabilité et l’antimicrobien. Ses matières contrecollées servent notamment à fabriquer des orthèses, des attelles, des sièges de train et de bus ou encore les dispositifs de protection individuelle comme des scaphandres dans le nucléaire. Sa matériauthèque lui permet de répondre à la plupart des demandes. « Nous avons ici, souligne Guillaume Bricout, 250 références de matériaux souples qui viennent uniquement d’Europe pour des questions de normes, de contact, de facilité d’échange et d’homologation de nos produits »
Thierry Péchinot
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) va déployer en France 1 000 piquets connectés, fabriqués par Alcom.
Le piquet connecté d’Alcom au secours de nos forêts
Bourrés de capteurs, les piquets connectés d’Alcom Technologies, la PME de Villechétif, vont surveiller l’état sanitaire de nos forêts menacées par le changement climatique. Un enjeu majeur.
La forêt stocke du carbone, fournit de l’eau propre, abrite la biodiversité… Sans forêt, on est quasiment mort », explique Laurent Saint-André. « Aujourd’hui avec les +2°, l’impact sur la forêt du Grand Est équivaut à celui de la tempête de 1999 avec le dépérissement du sapin et de l’épicéa. C’est une alerte générale. Toute l’Europe est concernée. Il faut réinventer une sylviculture adaptée », souligne encore le directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).
Mais encore faut-il posséder des outils efficaces pour réinventer une sylviculture adaptée. « On teste des solutions avec le dispositif InSylva France qui concerne 5 000 sites et 4 000 hectares ». Et c’est là où la technologie de la PME de Villechétif intervient. « La solution d’Alcom nous permet d’avoir tout sur un seul et même piquet qui fonctionne en plug & play, avec des capteurs qu’on branche sur la centrale. Et la centrale se charge de nous envoyer les données sur un cloud sécurisé. Cela nous permet de surveiller la forêt, de voir comment elle évolue en fonction des échographies 3D
du sol et du peuplement », résume Laurent Saint-André. Fruit du partenariat entre Alcom et l’Inrae, ce piquet connecté a été conçu en seulement cinq ans de Recherche & Développement. « On passe à la production industrielle avec l’appui du Fond vert qui nous subventionne pour 300 000 €. C’est un projet d’utilité publique », précise Fabrice Gautier, président d’Alcom Technologies. « Une quinzaine de piquets ont été déployés en forêt de Chantilly, dans la vallée vosgienne de la Doller et sur les sites InSylvaFrance. On compte en installer 1 000 sur la France, et ensuite plus de 20 000 sur les sites les plus tendus d’InSylva Europe », indique Laurent Saint-André.
Les avantages de ce piquet connecté sont multiples : fiable, rapide à installer, très souple, facile à utiliser et transportable. « Quand les techniciens de l’Inrae installent un piquet, ils mettent les capteurs qu’ils veulent, et appuient sur un bouton. Et tout fonctionne, résume Fabrice Gautier. Alcom s’occupe du reste, de la gestion des données et du remplacement de la batterie tous les ans. »
Thierry Péchinot
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Monuments historiques : l’agence Léon Noël inaugurée et bénie
Bénie par l’évêque de Troyes, la nouvelle agence régionale
Léon Noël, à Torvilliers, abrite un vaste atelier de taille de pierre, et rassemble une cinquantaine de salariés dont 44 compagnons tailleurs de pierre et maçons.
DL’agence rassemble
44 Compagnons tailleurs de pierre et maçons
es châteaux et des églises à la pelle, mais aussi des édifices majeurs comme l’Hôtel Dieu de la Cité du vitrail, la Bourse du travail ou encore le château de Vaux… Spécialiste de la restauration des Monuments historiques, la société Léon Noël, qui appartient au groupe Aurige (n° 1 français dans ce domaine), enchaîne les restaurations emblématiques dans l’Aube, dont celle titanesque et toujours en cours du grand cloître de l’abbaye de Clairvaux.
C’est d’ailleurs pour ce chantier de Clairvaux que cette société marnaise s’est implantée dans l’Aube dans les années 1980, d’abord à Saint-Julien-les-Villas puis en 1994 à La Chapelle-Saint-Luc. Elle a déménagé en janvier 2024 sur le parc d’activités de Torvilliers dans un bâtiment tout neuf qui accueille un vaste atelier de taille de pierre et le siège de son agence régionale qui rayonne sur l’Aube, et pour partie également sur l’Yonne, la Seineet-Marne et la Haute-Marne. Soit au total une cinquantaine de personnes dont 44 compagnons tailleurs de pierre et maçons.
Ce nouveau bâtiment a été inauguré en juin dernier. « Cette entreprise va laisser une trace irrésistible », arguait François Baroin en rappelant le rôle crucial de l’entreprise dans la rénovation des Monuments historiques de la ville de Troyes.
La bénédiction de Monseigneur
Venu donner sa bénédiction à l’atelier des compagnons tailleurs de pierre, l’évêque de Troyes, Monseigneur Alexandre Joly, a mis en exergue « le travail des maçons et tailleurs qui donnent aux pierres une beauté toujours renouvelée ». Architecte en chef des Monuments historiques dans l’Aube, récemment en retraite, Eric Palot a, quant à lui, souligné les liens noués avec Léon Noël depuis son arrivée dans l’Aube en 1986. « J’ai comptabilisé 37 édifices aubois sur lesquels nous avons travaillé ensemble », indique Eric Palot en énumérant de nombreuses églises mais aussi le château de Vaux, le musée d’Art moderne de Troyes, l’Hôtel-Dieu, le musée Napoléon, la caserne Beurnonville, l’abbaye Saint-Martin-ès-Aires…
« La formation est au cœur de notre démarche. En 35 ans, nous avons formé 137 apprentis et accueilli des centaines de stagiaires et jeunes en insertion », insiste pour sa part Fabien Duval, directeur de la nouvelle agence. Thierry Péchinot
Une autre vision de l’Agriculture
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Du Mont-Blanc au Grand Paris, la Sotramo multiplie les cubes
Deux cents pour le métro du Grand Paris, et presque autant pour le tunnel du Mont-Blanc.
Fabriqués à Saint-Parres-lès-Vaudes, les cubes modulaires de la Sotramo partent comme des petits pains.
est très loin d’être terminé. Ils parlent maintenant de finir les travaux vers 2032-2034 », explique Franky Offredi, le gérant de la Sotramo. Les travaux du Grand Paris constituent pour sa société le « chantier du siècle » : 250 km de nouveaux réseaux souterrains sont programmés pour créer 4 nouvelles lignes de métro, auxquelles s’ajoute l’extension de deux lignes existantes. « On vient d’avoir une nouvelle commande de 200 modules supplémentaires à livrer avant mai 2026 pour NGE et pour Eiffage. C’est une commande importante : cela représente un quart de notre chiffre d’affaires annuel, soit 2,5 M€ », indique Franky Offredi.
Des box habillés de bois pour le Mont Blanc
Les boxes made in Aube sont installés le long du tunnel, au niveau des puits, tous les 2 à 4 km. Ils permettront d’accueillir tout le personnel qui travaille sur le chantier. « Sur chaque puits, explique Franky Offredi, on a environ 250 personnes dont deux tiers d’administratifs pour un tiers d’ouvriers. L’installation de ces bases de vie est la première étape du chantier. Ce Grand Paris, pour nous, c’est vraiment le chantier du siècle. On travaille dessus
Pour le chantier du tunnel du Mont-Blanc, tous les boxes ont été habillés en bois avec des toits peints en vert.
depuis 2016 et cela va durer au-delà de 2030, soit un chantier de plus de 15 ans ! »
C’est un autre chantier titanesque pour lequel la Sotramo a été également sollicitée, celui du nouveau tunnel du Mont-Blanc qui permettra de relier Lyon à Turin par TGV. « Le tunnel ne fait que 100 km environ mais comme il est doublé, cela fait 250 km de souterrains. La base de vie, qui est énorme, a été installée à Modane, où se trouvent toutes les entreprises. C’est un chantier avec beaucoup de contraintes, des conditions de sécurité très strictes et difficile d’accès », précise Franky Offredi. Sur les 2 000 box installés sur place, la Sotramo en a fabriqué et installé 150. « On a même fabriqué et livré quelques box pour des postes de garde avec du vitrage blindé, car ils se prenaient des coups de fusil. Tous les box sont habillés en bois avec des toits peints en vert », souligne Franky Offredi qui peut afficher un certain sourire. Sa société qui compte une cinquantaine de salariés à Saint-Parres-lès-Vaudes, aura en 2025 réalisé 500 box pour un chiffre d’affaires qui dépassera sans doute les 10 M€. « Les carnets de commandes sont pleins. On a réussi à se faire intégrer dans tous les groupes et les groupes, c’est 80 % du marché français ».
Thierry Péchinot
Depuis deux ans, la ferme des Abbesses s’est dotée d’une unité de stockage, triage et séchage.
Une unité de stockage, triage et séchage qui « change la vie » à la ferme des Abbesses à Villiers-sous-Praslin
DTERRE FERTILE
Stocker, trier et sécher ses grains pour mieux diversifier ses cultures, c’est le pari réussi, depuis deux ans, de la ferme des Abbesses à Villiers-sous-Praslin. Un investissement vert.
epuis deux ans, la ferme des Abbesses, à Villiers-sous-Praslin, s’est dotée d’une unité de triage, séchage et stockage de graines. « On souhaitait optimiser le stockage, et le chanvre était vraiment contraignant », explique Juliette Bourgeois, l’une des gérantes. « Le chanvre doit être séché dans les heures qui suivent la récolte », précise Victor Charlot. Le séchoir habilité par la Chanvrière le plus proche était situé à Brienne-la-Vieille, soit à 50 km de la ferme. « Ce qui n’encourageait pas la culture du chanvre ici. »
Encourager les cultures à bas niveau d’impact
Disposer d’une unité constitue une solution idéale pour éviter les allers-retours fastidieux, mais aussi pour inciter au développement dans le secteur de cultures à bas niveau d’impact pour la ressource en eau comme le chanvre ou le tournesol. Les 140 ha de parcelles en agriculture biologique de la ferme des Abbesses se situent en effet en grande partie sur l’aire de captage de Jully-sur-Sarce dont la qualité de l’eau est relativement dégradée avec des pics réguliers au-dessus des limites en termes de produits phytosanitaires et de nitrates. Chiffré à 750 000 €, le projet a été subventionné à hauteur de 40 % par le Grand Est et l’Agence de l’eau Seine Normandie dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt pour des projets en soutien aux filières favorables à la protection de la ressource en eau.
Diversifier les cultures
Deux ans après sa mise en service, les exploitants en tirent un premier bilan positif du site qui peut stocker 600 à 700 tonnes de grains. « De tout manuel à un fonctionnement semi-automatique, ça change la vie. » L’unité bénéficie à une dizaine d’agriculteurs du secteur qui y traitent leurs productions, bio uniquement. Valentin et Juliette Bourgeois, Victor Charlot, ainsi que les parents de Juliette et Victor s’appuient sur un salarié et un apprenti et ont pu compter sur cette installation durant les années difficiles, 2024 ayant été très humide. L’entreprise Soufflet a ainsi fait appel à eux pour sécher « environ 500 tonnes » l’an passé. L’installation « permet d’échelonner les périodes de récolte. C’est un outil vraiment important qui permet de diversifier les cultures », ajoute Victor Charlot. Pour la première fois cette année, la ferme des Abbesses produit ainsi du sarrasin. Et depuis un peu plus d’un an, Juliette emploie la farine pour confectionner du pain.
Anne-Claire Gross
Sur les marches du démonstrateur industriel d’extraction, la présidente Pascale Gombault aux côtés de son ingénieur R&D Antoine Gautier, et de ses deux vice-présidents, Billy Haon et Benoît Mahieux.
Multifolia ouvre une bioraffinerie dédiée au sainfoin
À deux pas de sa coopérative Sainfolia qui rassemble 90 producteurs de sainfoin, Multifolia vient d’inaugurer sa bioraffinerie dédiée à cette plante ancestrale résiliente qui nourrit, soigne et décarbone.
ela fait quinze ans que l’on attend ce moment-là ! » s’étouffait presque Pascale Gombault le 18 juin dernier, lors de l’inauguration du démonstrateur industriel de Multifolia à Viâpres-le-Grand. Avec sa bioraffinerie dédiée au sainfoin, Multifolia, son pôle aval chargé de la recherche et de la commercialisation, franchit même une étape majeure. Soutenu financièrement par une aide Feader cofinancée par la région Grand Est, ce démonstrateur industriel d’extraction qui a coûté 1 M€ est le fruit d’un partenariat monté avec la greentech nancéienne Biolie. « Ce pilote industriel va permettre d’extraire des molécules de façon douce, respectueuse de l’environnement et de la matière première », explique son directeur Nicolas Attenot.
La technologie développée par Biolie innove avec une extraction enzymatique d’ingrédients naturels d’origine végétale, en utilisant des enzymes non OGM et de qualité alimentaire. En clair, les enzymes permettent d’extraire des molécules sans utiliser de produits chimiques ni solvants et d’aller plus loin dans l’extraction. En produisant des extraits, Multifolia espère commercialiser d’autres produits pour d’autres marchés et d’autres usages.
« On s’engage dans une voie de valorisation des bienfaits du sainfoin. Notre seul credo, pour nous paysans, insiste Pascale Gombault. c’est l’urgence à ramener la valeur ajoutée dans nos fermes », estime la présidente de Multifolia et Sainfolia qui a déjà gagné une bonne partie de son pari.
Sa coopérative Sainfolia, basée à Viâpres-le-Petit, près d’Arcis-sur-Aube, rassemble aujourd’hui 90 agriculteurs, pour la plupart betteraviers, qui exploitent 1 000 hectares de sainfoin, et produit environ 10 000 tonnes par an, transformées en granulés déshydratés par les groupes Tereos et Capdéa. Ces granulés sont utilisés à 75 % pour l’alimentation des animaux, à 5 % pour les chevaux, et à 20 % pour la viticulture. « Notre coopérative, précise Pascale Gombault, est la première surface industrialisée de sainfoin. » Un sainfoin qui coche, comme le chanvre, toutes les cases face au réchauffement climatique. Économe en intrants, prospérant sur les sols infertiles, riche en fibres, en protéines et en tanins, le sainfoin est aussi très résistant à la sécheresse, offrant ainsi un réel potentiel pour sécuriser l’autonomie fourragère et protéique. Thierry Péchinot
Le chaource, une appellation qui a de l’avenir
L’appellation chaource, qui se partage entre Aube et Yonne, se montre solide, ce qui lui permet d’assurer de maintenir l’élevage avec l’installation de jeunes éleveurs.
tonnes. C’est la quantité de chaource produite par les sept transformateurs de l’appellation d’origine partagée entre l’Aube et l’Yonne en 2024. L’année précédente, c’était 2 436 tonnes. Et celle d’avant, 2 493 tonnes. Sur les dix dernières années, la production de ce fromage lactique est restée constante. Même la fermeture, en décembre 2024, de la fromagerie d’Auxon n’a pas inquiété outre mesure les producteurs et les transformateurs. « La fermeture d’Auxon, ce n’est pas une surprise », constate Didier Lincet. Le patron de la fromagerie du même nom, qui produit entre 80 et 85 % des volumes de l’appellation, est aussi le président du syndicat de défense de l’appellation. « Les clients se sont tournés vers d’autres fabricants », continue-t-il. « On devrait récupérer 80 % des volumes, estime-t-il, on avait des clients communs et, en décembre, nos commandes ont augmenté. » Les autres fabricants ont aussi « des volumes qui se développent », assure Didier Lincet
Bienvenue à la Ferme Gillot
Et puis, bonne nouvelle, un nouvel opérateur est arrivé sur le marché : le GAEC de la Ferme Gillot, à Beugnon, dans l’Yonne, a obtenu son habilitation le 3 mars 2025,
ce qui permet de conserver sept transformateurs sur l’appellation. « C’est une bonne nouvelle », remarque Didier Lincet. « Ils sont quatre sur la ferme, ils sont déjà producteurs de soumaintrain (dont l’Indication géographique protégée, également à cheval sur l’Aube et l’Yonne, date de juin 2016, NDLR) et ils ont dédié une cave au chaource, c’est une belle installation, c’est encourageant. »
La zone d’appellation a perdu un point de collecte laitière l’année dernière, passant de 54 à 53 points de collecte, avec 110 associés en tout. La collecte, stable, atteint les 36 millions de litres dont 16 millions ont été transformés, soit 44,53 %. Sur l’ensemble, la production fermière pèse un peu moins d’un million de litres.
Les jeunes s’installent
Quant à la pyramide des âges des éleveurs, elle est plus équilibrée sur la zone d’appellation qu’ailleurs. L’installation d’un jeune sur l’exploitation de ses parents en 2024, ce n’est pas une exception : sur les dix dernières années, la zone d’appellation a vu s’installer pas moins de vingt jeunes éleveurs. Ce qui permet à l’appellation d’afficher un optimisme mesuré sur son avenir. Yann Tourbe
Ces chaources viennent tout juste de sortir de leurs deux jours d’égouttage. Maintenant, ils vont passer deux semaines dans la cave d’affinage avant d’être commercialisés. En 2024, l’appellation a produit 2 445 t de fromage.
Le cidre du pays d’Othe franchit la frontière
En convainquant deux Icaunais d’adhérer au syndicat cidricole, les producteurs de l’Aube ont fait un nouveau pas en avant vers l’obtention de l’Indication géographique protégée du cidre du pays d’Othe.
Avec l’arrivée des Icaunais, la quête d’une IGP Pays d’Othe prend de l’épaisseur.
Le syndicat cidricole du pays d’Othe a définitivement ouvert la frontière ! C’est l’une des principales actualités qui intéressent les producteurs de l’Aube, toujours mobilisés pour l’obtention de deux IGP (Indications géographiques protégées), une concernant le cidre, l’autre le jus de pomme.
« On ne peut rien faire sans eux »
Si le syndicat avait déjà annoncé ce rapprochement avec l’Yonne, c’est désormais officiel : deux cidriculteurs du « 89 », les vergers Popihn (Vaumort) et Alain Thérial (Venizy), ont payé leur cotisation cette année, en attendant un troisième. Ce mariage est essentiel en vue de l’obtention des IGP. « C’est important, on ne peut rien faire sans eux », souligne Gérard Hotte, président du syndicat. Une première étape franchie qui n’a pas été « simple », admet le producteur d’Eaux-Puiseaux, notamment en raison de la « barrière administrative » liée à l’appartenance à deux Régions.
Autre avancée : « Les communes, voire plus, peuvent désormais adhérer pour marquer leur soutien », souligne Maxime Pauloin, chargé de mission pour le syndicat. Les collectivités bénéficieront en retour « de contreparties », de type visites dans les écoles ou ateliers, qui restent à définir. 49 communes de l’Aube et 41 de l’Yonne sont concernées par ce projet d’appellation.
Christophe Ruszkiewicz
Une IGP reconnue en 2027 ?
Le dossier pour l’IGP a été déposé en mars 2025 à la direction territoriale de l’Institut de la qualité, l’Inao, à Épernay. Depuis, c’est à eux d’examiner le dossier pour vérifier qu’il est bien complet et bien conforme aux règles de fonctionnement des Indications géographiques protégées, qui sont un signe de qualité européen.
Si le dossier coche toutes les cases, il sera envoyé à la commission permanente du comité national de l’Inao. La suite ? Il y aura une commission d’enquête, un mémoire, une procédure nationale d’opposition et, sous réserve qu’il n’ait pas d’opposition, le dossier filera au niveau européen pour connaître le même genre de traitement… En France, plusieurs autres dossiers de reconnaissance de cidre sont en cours, au Pays basque (sur la base d’un dossier qui avait été lancé par le côté espagnol) et en Thiérache (pour un dossier d’Appellation d’origine protégée).
Si tout se passe bien, qu’il n’y a pas d’opposition ni de souci dans le dossier, il faut s’attendre, au bas mot, à dix-huit mois de traitement avant que l’Indication géographique ne puisse être officiellement reconnue. Sans doute pas avant 2027.
INTERVIEW CROISEE D’AVOCATS TROYENS DU CABINET FIDAL REFERENT EN DROIT DES AFFAIRES (1 300 AVOCATS / 87 SITES).
Entre marges serrées, délais tendus et chaînes de production de plus en plus complexes, le secteur de la construction ne laisse aucune place à l’improvisation. Parmi les textes essentiels, la loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance est trop souvent ignorée alors que les conséquences induites peuvent coûter très cher.
Rencontre avec trois avocats du bureau de Troyes du cabinet FIDAL qui croisent leurs expertises au service des entreprises du secteur de la construction :
Me Chloé RICARD (droit de la construction), Me Céline MILANDRE, (droit des sociétés), et Me Pierre-Antoine JOUDELAT (contentieux des contrats).
FIDAL
CABINET D’AVOCATS AU SERVICE DES ENTREPRISES
POURQUOI CETTE LOI DE 1975 RESTE-T-ELLE SI CRUCIALE POUR LES ENTREPRISES DU BÂTIMENT ?
Me Chloé RICARD : Parce qu’elle structure toute la relation entre les différents acteurs d’un chantier. La loi de 1975 a été pensée pour protéger les sous-traitants, qui sont souvent les plus fragiles économiquement, mais aussi pour assurer la transparence et la sécurité juridique des opérations. Concrètement, elle impose deux obligations majeures : l’agrément du sous-traitant par le maître d’ouvrage et les garanties de paiement du sous-traitant agréé. Sans ces deux garde-fous, tout l’équilibre du projet peut vaciller. Et cela arrive plus souvent qu’on ne le croit…
JUSTEMENT, QUELS SONT LES RISQUES LORSQU’ON NE RESPECTE PAS CES RÈGLES ?
Me Pierre-Antoine JOUDELAT : Ils sont considérables. En cas de contentieux, les tribunaux sont très clairs : un contrat de sous-traitance non agréé peut être considéré comme nul, et l’entrepreneur principal peut être condamné à payer deux fois — son sous-traitant direct et celui qui n’a pas été agréé. J’ai vu des entreprises parfaitement rentables se retrouver en grande difficulté pour avoir “oublié” un agrément ou négligé les garanties auxquelles ont droit les sous-traitants. En réalité, la sous-traitance, c’est un peu comme l’électricité sur un chantier : indispensable, mais dangereuse si elle est mal maîtrisée.
ON IMAGINE QUE LES IMPACTS DÉPASSENT LE SIMPLE
CADRE CONTRACTUEL ?
Me Céline MILANDRE : Absolument. Le non-respect de la loi de 1975 peut engager la responsabilité du dirigeant lui-même, notamment pour faute de gestion. Et au-delà du risque judiciaire, il y a un risque d’image et de confiance. Une société de construction qui ne respecte pas ses obligations envers ses sous-traitants peut perdre la confiance de ses partenaires financiers, voire compromettre une levée de fonds. La conformité juridique fait désormais partie intégrante de la réputation d’entreprise.
COMMENT LES ENTREPRISES PEUVENT-ELLES SÉCURISER
LEURS PRATIQUES DE SOUS-TRAITANCE ?
Me Chloé RICARD : D’abord, en anticipant. Il faut identifier très tôt les sous-traitants, vérifier leurs assurances, préparer les agréments et mettre en place un suivi administratif rigoureux.
Me Pierre-Antoine JOUDELAT : Et surtout, ne jamais commencer les travaux sans formaliser le contrat. Le “on régularisera plus tard” est la phrase la plus dangereuse du secteur ! Idem, l’accord simplement verbal est bien évidemment à bannir. L’écrit est indispensable !
Me Céline MILANDRE : Enfin, j’ajouterais qu’il faut impliquer la direction et ses équipes : la conformité ne doit pas être qu’une affaire de juristes, mais une culture d’entreprise. Certaines sociétés vont jusqu’à créer un “référent sous-traitance”, chargé de vérifier chaque dossier avant signature.
EN RÉSUMÉ, LA LOI DE 1975, C’EST UN VIEUX TEXTE… MAIS PLUS ACTUEL QUE JAMAIS ?
Me Pierre-Antoine JOUDELAT : Exactement. C’est une loi qui a traversé les décennies parce qu’elle touche au cœur du métier : la relation de confiance entre chaque acteur de la chaine de sous-traitance (maître d’ouvrage / entrepreneur principal / sous-traitant).
Maître Chloé RICARD : Elle reste le garde-fou d’un secteur où les projets s’enchaînent vite, parfois trop vite.
LE MOT DE LA FIN :
Me Céline MILANDRE : Au-delà des enjeux contractuels, la sous-traitance soulève des enjeux en matière de travail dissimulé engageant à la fois le droit social (Me Philippe LECOURT, Me Arnaud TAILLANDIER, Me Mattéo SCHEWE-MEDDA) et le droit pénal (Me Fabien BLONDELOT). Et n’oublions pas des enjeux fiscaux majeurs puisque le donneur d’ordre peut être tenu au paiement des dettes fiscales du sous-traitant (Me Stéphanie KLEIN, Me Sylvie VEYSSIERE).
Me Chloé RICARD : En fait, ces sujets impliquent des compétences transversales pour lesquelles on peut mobiliser tout le cabinet. Me Olivier HALLEY intervient aussi en droit des sociétés et Me Alexandre DIRINGER apporte son expertise en droit économique. Il y a une vraie synergie pour apporter un accompagnement global et sécurisé.
Fidal 12, rue Aristide Briand 10000 Troyes
Tél : 03.25.82.65.01- www.fidal.com
LinkedIn : @Fidal Grand Est
Saveurs Frites (Villiers-Herbisse) décroche un FEEF d’or
La société de Villiers-Herbisse, Saveurs Frites, est lauréate des 27es FEEF d’or décernés par la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France.
Les FEEF d’or, décernés chaque année par la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France, récompensent les meilleures collaborations entre une PME-ETI et une enseigne de la distribution. Les prix remis en septembre au Casino de Paris ont distingué Saveurs Frites et l’un de ses principaux clients, Arpège, une des marques de restauration collective du groupe Elior.
Saveurs Frites, la société créée en 2012 par Mathieu Guillaume à Villiers-Herbisse, compte déjà 12 salariés et affiche 2 M€ de chiffre d’affaires. Ses frites fraîches sont vendues à 70 % chez les restaurateurs et à 30 % en négoce. La société fait partie des rares fabricants de frites en France (une dizaine seulement) à cultiver ses propres pommes de terre. Saveurs Frites travaille depuis dix ans avec Arpège-Elior pour produire une frite crue artisanale et locale. Six mois de tests variétaux ont été nécessaires au départ pour identifier une variété de pommes de terre reconnue pour son goût et sa régularité.
La société auboise s’est également structurée (digitalisation, logistique) pour garantir un approvisionnement fiable et réactif. Une formation spécifique a été mise en place pour accompagner les brigades Elior. La montée en puissance a été progressive : du restaurant pilote en 2016 à une majorité d’établissements Arpège-Elior, puis à l’élargissement à la marque Alsacienne de Restauration, filiale d’Elior dans le Grand Est. Les résultats sont là : le chiffre d’affaires avec Elior affiche une croissance de 84 % en 2024.
Mais Mathieu Guillaume voit déjà plus loin. En 2026, Saveurs Frites devrait passer aux emballages recyclables et décrocher la certification en Haute valeur environnementale (HVE). L’entreprise s’est également impliquée dans une démarche RSE : semaine de 4 jours sans perte de salaire, et réduction drastique de l’empreinte carbone avec 72 % des clients livrés dans un rayon de 200 km et 100 % de livraisons directes depuis mars 2024.
Thierry Péchinot
Remis au Casino de Paris, le prix distingue Saveurs Frites et l’un de ses principaux clients, Arpège-Elior.
L’un des rares fabricants de frites en France à cultiver ses propres pommes de terre
La vente de fraises boostée par le numérique
En multipliant ses serres, ses circuits de distribution et en déployant une gestion à distance de ses distributeurs automatiques, Gaëtan Morillot booste sa production de fraises et framboises à Villy-le-Maréchal.
Notre cœur de métier, ce sont les marchés de Pâques à la Toussaint », rappelle Gaëtan Morillot qui s’est lancé depuis 2016 dans la production de fraises et framboises à Villy-le-Maréchal. Et sa société Les jardins de Villy a vite trouvé sa place sur un marché des fruits rouges très porteur.
« On a développé la vente avec un drive fermier dès 2017 puis de la vente directe à la ferme à partir du premier confinement. On a ensuite installé un premier distributeur automatique à Buchères qui a tellement bien fonctionné qu’on en a installé un deuxième à SaintGermain », explique Gaëtan Morillot qui a dans le même temps élargi ses circuits de distribution.
« Les magasins de producteurs se sont greffés au fur et à mesure, précise le producteur. Tendance fermière à Saint-Parres-aux-Tertres a été le premier, avant Passion Paysanne à Troyes, dans lequel on est associé, et plus récemment Ça m’botte à Bar-sur-Aube. On a aussi développé nos ventes avec Leclerc à Saint-Parresaux-Tertres, Lusigny et Rosières, et avec l’Intermarché de Creney. Depuis cette année, on est aussi référencé chez le grossiste Metro à SaintParres ». Cette stratégie de diversification dans la commercialisation porte ses fruits, en particulier avec ses distributeurs automatiques. Leur fonctionnement en libre-service 24h/24 très pratique a conquis une nouvelle clientèle de plus en plus attirée par la vente directe depuis la crise sanitaire.
Une gestion en direct grâce au numérique
« On devrait produire cette année environ 50 tonnes de fraises et framboises, si tout se passe bien », jaugeait en juin dernier Gaëtan Morillot dans ses rangs de fraises, des fraises de gros calibre qui affichent 25 g en poids moyen.
Mais ses casiers réfrigérés ne sont pas qu’un simple outil de distribution, ils sont aussi et surtout connectés, ce qui lui permet de déployer une vraie stratégie numérique. « J’ai une télémétrie à distance : je connais en temps réel les stocks, la fréquentation, les volumes vendus, le prix du panier moyen… J’adapte ma production et mon offre en conséquence. C’est un mode de vente qui évite de perdre des produits et permet d’en vendre plus. J’ai pu augmenter la production sans recruter. Je travaille seul avec l’appui de quatre saisonniers pour la cueillette. C’est un type de vente qui gagne aussi beaucoup de temps. Sur un marché, on arrive à 6 h du matin et on repart à 14 h. Avec un distributeur, on le remplit, on s’en va et c’est fini. Et cela se vide tout seul ». Cette gestion numérique qui optimise la vente directe lui a valu de décrocher, en octobre 2024, le Trophée du Numérique dans la catégorie Agriculture.
Thierry Péchinot
La croissance insolente des Gîtes de France de l’Aube
Avec un chiffre d’affaires proche des 4M€ et 61 nouvelles labellisations de janvier à fin septembre 2025, les Gîtes de France de l’Aube affichent une croissance insolente. Une croissance générée par la qualité du service, mais aussi par l’électrification de la ligne SNCF Paris-Troyes et les mises en ligne sur des sites partenaires.
Plus que jamais dans le coup ! Les Gîtes de France de l’Aube, qui fêteront leurs 50 ans à l’automne 2026, affichent une croissance insolente : leur chiffre d’affaires a carrément explosé passant de 2,1 M€ en 2021 à 3,7 M€, chiffre arrêté au 2 octobre 2025. « L’année 2025 est un très bon millésime. Le chiffre d’affaires est en hausse de plus de 27 %, la fréquentation internationale en nette augmentation et le tourisme d’affaires en plein essor. C’est la confirmation que notre stratégie de valorisation du territoire porte ses fruits », estime Yannick Fassaert. Le président des Gîtes de France de l’Aube peut afficher le sourire. L’été a été très performant (+20,1 %), avec des pics notables en juin (+38 %) et septembre (+22 %).
Un contrat sur cinq généré par le tourisme d’affaires
Cette montée en puissance s’explique pour une grande part par les travaux d’électrification de la ligne SNCF Paris-Troyes. « Ce chantier qui va s’étendre jusqu’à l’été 2028 nous apporte énormément de tourisme d’affaires, générant de nombreuses réservations longue durée. En 2024, nous avions une part de 14 % de tourisme d’affaires qui monte aujourd’hui à 20 %, soit un contrat sur cinq, révèle Lucie Guenard. C’est un levier commercial durable
pour les hébergeurs », ajoute la conseillère en séjour. Dans le même temps, tous les voyants semblent au vert : le panier moyen par séjour augmente à 754 €, la durée de séjour continue de progresser (+13 %) et le taux d’occupation dépasse les 50 %. Et le parc d’hébergement n’en finit pas de s’étoffer chaque année. « Les porteurs de projets se montrent plus engagés et mieux préparés : 61 nouvelles labellisations déjà enregistrées au 30 septembre », indique Émeline El Khechai, chargée de développement.
Plus d’un tiers (24 pour être précis) de ces 61 nouveaux gîtes aubois a vu le jour sur la Côte des Bar, et un tiers sont le fait de propriétaires qui ouvrent des structures supplémentaires. Un autre tiers de ces ouvertures est constitué d’hébergements déjà commercialisés sur les plateformes de location en ligne. Les hébergements gérés par la centrale de réservation auboise (soit les trois quarts des 383 gîtes du département) sont en effet également mis en location par six sites partenaires d’agences de voyages en ligne (OTA) : Airbnb, Booking, Abritel, Holidu, Home to Go, Poplidays. Ces plateformes partenaires représentent aujourd’hui environ 15 % du chiffre d’affaires total des Gîtes de France de l’Aube.
Thierry Péchinot
À Laubressel, Chantal Omé vient d’ouvrir le 5 avril 2025 un gîte tout neuf classé 5 épis qui attire une clientèle étrangère haut de gamme.
Visite du laboratoire par Philippe Adnot, à l’origine du projet. « Il n’y a pas d’avenir sans recherche et sans formation », a rappelé l’ancien président du Conseil départemental.
Méthanisation : à Chaumesnil, une plateforme pour former et innover
Inaugurée en mai, CertiMétha à Chaumesnil est dédiée aux méthaniseurs. Avec un laboratoire pour tester, valider, innover et optimiser. Et une salle de formation pour faire monter les compétences.
ÀChaumesnil, sur la zone d’activités de Beauvoir, la nouvelle plateforme CertiMétha dédiée aux méthaniseurs est enfin opérationnelle. Retardé par le Covid, ce projet à près de 6 M€ est enfin sorti de terre avec une première partie qui a déjà absorbé plus de 2 M€ et qui comprend un laboratoire et une salle de formation.
Le laboratoire de 260 m2, animé par Innolab, va faire des analyses qui permettront de certifier les innovations, de tester et valider des produits, équipements et procédés. Il permettra aussi de lancer des programmes de recherche appliquée mais aussi de réaliser des tests à une échelle préindustrielle.
Côté formation, des séminaires théoriques et pratiques seront proposés pour enseigner la conduite d’unités de méthanisation, comprendre le fonctionnement biologique ou encore informer sur les développements technologiques à venir.
Un projet porté par Evergaz et Biogaz Vallée
« La deuxième phase du projet sera de construire le hall d’essais et l’unité de méthanisation », indique Geoffroy Mattlinger, le président de CertiMétha qui est aussi le directeur d’Evergaz. Aux côtés de Biogaz Vallée, Evergaz est l’actionnaire majoritaire de cette plateforme, et l’un des leaders européens de la méthanisation. « Cette plateforme va nous permettre, ajoute Geoffroy Mattlinger, de faire de la recherche et de l’innovation avec un labo axé sur le multi-intrants qui élargit le spectre des déchets. Il s’agit de rendre la méthanisation plus performante, de réduire les coûts et de mieux la valoriser pour le monde agricole »
« CertiMétha est un outil crucial pour le développement de la filière », résume Grégory Lannou, le directeur de Biogaz Vallée, le cluster (réseau d’entreprises), actionnaire de la plateforme qui a porté le projet aux côtés d’Evergaz.
Thierry Péchinot
Salades Cassegrain : une plus-value pour l’usine Bonduelle
Un demi-million de barquettes Cassegrain sont sorties depuis avril de l’usine Bonduelle à Saint-Benoist-sur-Vanne. Un vrai levier de croissance pour la PME auboise de 140 salariés qui s’apprête à recruter une soixantaine de saisonniers pour 2026.
«On a commencé à produire du Cassegrain depuis avril dernier avec quatre nouvelles références, puis une autre en octobre. Ces cinq références sont des nouveautés pour nous et pour Cassegrain. La marque était jusqu’à présent uniquement en conserve et surgelé. C’est la première fois qu’elle se retrouve au rayon du frais, du traiteur », souligne Thomas Potier, directeur de l’usine Bonduelle à Saint-Benoist-sur-Vanne.
Une ligne dédiée à Cassegrain
« Cassegrain est une marque iconique du groupe Bonduelle, rappelle ainsi Thomas Potier. C’est une grande fierté pour notre usine de fabriquer cette marque raffinée que beaucoup de Français connaissent et apprécient. Notre site est le seul en France à produire du traiteur Cassegrain. C‘est aussi une opportunité de développer notre portefeuille de produits, avec des volumes qui devraient croître et ramener de l’activité dans l’Aube. On a ouvert une ligne dédiée pour Cassegrain avec un effectif quasiment identique pour l’instant car on a fait le choix d’arrêter quelques produits pour tester cette nouvelle marque ».
Et les débuts des salades Cassegrain au rayon traiteur sont prometteurs. « La marque plaît aux consommateurs avec des très bons retours en satisfaction, jauge Thomas Potier. Ce sont des produits raffinés avec des saveurs plus marquées. Cassegrain est déjà presque à 1 % de part
de marché du rayon traiteur, ce qui est déjà significatif. On a déjà commercialisé un demi-million de barquettes en France »
Autant dire que ces cinq nouvelles salades traiteur Cassegrain constituent un levier de croissance pour l’usine Bonduelle de Saint-Benoist-surVanne. Ses 140 salariés produisent déjà autour de 14 000 tonnes de produits traiteur par an, dont 3 500 tonnes de carottes locales en provenance des Hauts de Villiers, la société auboise de Villiers-Herbisse. La réputée marque premium Cassegrain, toujours reconnaissable à son fantaisiste lapin mascotte, est déclinée exclusivement pour l’instant en barquette de 250 g. Ses cinq recettes, classées en Nutri-Score A, sont différentes de la marque Bonduelle. On y trouve notamment une salade lentilles vertes, butternut, haricots rouges avec touche de curry et lait de coco, mais aussi une salade pois chiches-aubergines-courgettes grillées avec pointe de cumin et piment. Sont également proposés un taboulé-courgettes-poivrons avec un zeste d’épices orientales, et une salade de blé aubergines et poivrons grillés avec une note de paprika fumé. « Ce sont des recettes différentes de Bonduelle. Les légumes sont travaillés autrement et les sauces différentes, plus raffinées », précise Thomas Potier qui s’apprête à amorcer sa traditionnelle campagne de recrutement afin d’embaucher une soixantaine de saisonniers d’ici le printemps. Thierry Péchinot
Testée et approuvée par Thomas Potier lui-même, la nouvelle salade de blé Cassegrain made in Saint-Benoist-sur-Vanne !
Les travaux sont réalisés par des entreprises locales, venant du département de l’Aube pour les petits lots du second œuvre et du Grand Est pour les travaux de gros œuvre.
Le Champagne de Barfontarc voit plus grand
Lancé en juin dernier, le chantier d’extension du Champagne de Barfontarc, estimé à 4,3 millions d’euros, permettra à la coopérative de poursuivre sa croissance.
La fin des travaux est attendue pour le premier semestre 2026. Le Champagne de Barfontarc voit grand avec son projet d’extension. Un investissement de 4,3 millions d’euros permettra d’atteindre une surface totale de 10 000 m2. Forte de ses 54 vignerons adhérents, la coopérative exploite près de 130 hectares de vignes et fait face à un « besoin indispensable d’investir », explique Olivier Martin, directeur de la coopérative.
« L’idée est de toujours être ultraperformant au niveau de la production, on reste l’interface entre les vignerons adhérents et les maisons de négoce qui achètent et nous confient la prestation », précise-t-il. Le dernier grand investissement de la coopérative date de 2018, avec l’agrandissement de ses bureaux. « Nous étions restés près de 20 ans sans faire trop de gros investissements sur la partie production, les derniers datent de 2006 », explique le directeur, faisant référence à l’extension de la cuverie et des celliers de stockages des bouteilles.
Une cave enterrée
On peut dire que les dirigeants de Barfontarc avaient eu du flair il y a vingt ans. Dans la cave actuelle, déjà enterrée, « on avait prévu une réservation en se disant ''si jamais on veut ouvrir un jour'' », explique Olivier Mar-
tin. C’est désormais chose faite. Un tunnel de liaison a été créé pour relier l’ancienne cave à la nouvelle. D’une surface de 2 000 m2, cette dernière sera totalement « recouverte de terre et végétalisée, pour que ça disparaisse dans le paysage ». La capacité de stockage atteindra 2,5 millions de bouteilles.
Une partie des locaux existants sera réaménagée pour créer une salle spécifique au stockage des fûts. « On va commencer par une cinquantaine de fûts, on a la capacité d’en stocker une centaine », développe Olivier Martin. Cet espace accueillera également trois foudres (contenants traditionnels en bois, NDLR) de 45 hectolitres. « Nous faisons de la vinification en fût et nous souhaitons amplifier ça », ajoute-t-il.
Toujours dans les locaux existants, l’espace dédié au tirage et au dégorgement sera réaménagé. La dernière grande partie de l’investissement concerne la production photovoltaïque, avec un objectif d’autoconsommation. « Nous installons des panneaux pour produire une électricité que nous consommerons intégralement, dimensionnée par rapport à nos besoins », poursuit-il.
« Ces investissements peuvent paraître conséquents pour une petite coopérative comme celle de Baroville mais ils sont indispensables si on veut maintenir notre niveau de qualité de prestation ».
Agathe Devitry
Crédit : Mata Architecture et Racine Ingénierie.
Marquis de Pomereuil annoblit
ses cuvées
Fière de son héritage, l’ancienne cave coopérative des Riceys a bien grandi et poursuit son développement avec la refonte de sa gamme et de futurs travaux d’ampleur pour son caveau d’accueil.
La Maison de champagne Marquis de Pomereuil ou Cave Marquis de Pomereuil comme on l’appelle aux Riceys en référence à son ancien statut de coopérative – l’une des plus anciennes de Champagne d’ailleurs – vient de s’offrir une nouvelle identité graphique pour séduire un peu plus les visiteurs, avant de lancer d’importants travaux sur son lieu d’accueil.
La Cave coopérative des Riceys est née en 1922 grâce à quatorze vignerons passionnés qui croyaient en la force collective et la solidarité pour s’en sortir et avancer. La marque Marquis de Pomereuil a été lancée dans les années 1980 en hommage au seigneur des Riceys. La maison a su évoluer et suivre son époque, tout en gardant en tête les valeurs de la coopération, du respect mutuel, et le souci de qualité des vins. Elle adhère à l’association Rosés de terroirs et soutient, entre autres, l’orchestre
Génération Mozart.
Des ventes multipliées par deux
Le site et ses différents bâtiments, route de Gyé, se sont développés et ont évolué aussi. Dans les années 2020, des équipements modernes ont été installés et dans le même temps, Marquis de Pomereuil s’est engagé dans un projet de viticulture durable, raisonnée et biologique, tout en travaillant sur le développement commercial. La fusion des coopératives en 2023 et la naissance de l’Union auboise – Vignerons en Champagne aide en cela.
« En trois ans, Marquis de Pomereuil a multiplié par deux ses ventes pour expédier 150 000 bouteilles par an.
Une maison de champagne à laquelle Christian Jojot est viscéralement attaché qui a toujours su s’adapter à son époque.
La marque a notamment profité de notre réseau de vente », pointe Pascal Dubois, le directeur général de l’Union auboise - Vignerons en Champagne. « La marque est très bien positionnée dans les cafés, hôtels, restaurants de régions touristiques en particulier dans le Sud. On développe les marques à l’export. On n’aurait pas pu y parvenir seuls. Il y a longtemps que j’ai engagé la mutualisation et j’ai toujours milité pour la fusion. Toutes nos marques bénéficient de cette force commerciale ! », reconnaît Christian Jojot, vice-président de l’Union auboise qu’il a présidée pendant quinze ans, en marge de la présidence de la coopérative Marquis de Pomereuil de 1998 à 2022.
Une nouvelle identité
Outre les fameux Rosé des Riceys et coteaux champenois rouge, deux gammes de champagne sont déclinées via Reflet et Fleur de côtes. « La fleur de côtes, j’y tenais car les anciens l’utilisaient », sourit Christian Jojot, montrant de vieilles étiquettes. La fleur est inspirée des orchidées sauvages pour désigner les « meilleurs pinots noirs ». Elle incarne « la beauté, la résilience et l’exclusivité » collant bien à cette Maison. Le reflet rappelle les indispensables coteaux viticoles. Le résultat est séduisant, les couleurs douces, les lignes fines et bien pensées. La gamme a été présentée pour la première fois à Wine Paris et reçoit de bons échos.
Le visage de cette cave s’est métamorphosé aussi de l’extérieur dès 2017. Il restait à remodeler l’accueil pour un site qui est très souvent ouvert au public et satisfait la clientèle de passage. C’est ainsi que dès la fin de cette année, d’importants travaux vont être entrepris sur l’ensemble du rez-de-chaussée pour développer l’œnotourisme.
Sylvie Virey
Marc-Édouard de Zutter, fondateur d’Œnosphères.
Dans leur distillerie de Mesnil-Saint-Loup, Grégory Simon et Etienne Gatouillat fabriquent déjà du rhum blanc et du gin.
Le premier rhum de Champagne est distillé à Mesnil-Saint-Loup !
Ils ont lâché leur job pour chauffer l’alambic. Les quadras amis d’enfance Grégory Simon et Etienne Gatouillat distillent à Mesnil-Saint-Loup le premier rhum de Champagne, et un gin, déjà médaillé d’or à la Foire de Paris.
es arômes de baba au rhum et de banane flambée. Puis très vite, on bascule sur une fin de bouche de queue et de noyau de cerise qui évoque la cerise à la goutte des grands-parents », commente Grégory Simon en faisant déguster son rhum. Cet Aubois de Mesnil-Saint-Loup est le premier en Champagne et l’un des rares en France métropolitaine à produire du rhum. Avec son copain de village Etienne Gatouillat, désormais installé à Aix-les-Bains, il vient d’investir plus de 40 000 € pour créer sa Distillerie de Mesnil-Saint-Loup. C’est la 9e distillerie à voir le jour dans l’Aube. Après plusieurs formations en Normandie chez Brew Society, les deux copains ont rapidement monté leur société et obtenu les prêts bancaires pour l’achat de l’alambic portugais et l’aménagement de la distillerie… « On a ciblé dès le départ le rhum blanc et le gin. Car ce sont des alcools qu’on aime et qui ne nécessitent pas un temps très long de vieillissement. Le rhum est aussi l’un des spiritueux les plus consommés en France ».
Dès le départ, les deux copains de Mesnil ont dressé un « business plan » pour conduire leur affaire. « Il faut savoir que sur une bouteille de rhum que l’on vend à 42 €,
on a déjà 14 € de taxes. Notre objectif pour 2025 est de vendre 5 000 bouteilles, notamment chez les cavistes », explique Grégory Simon qui utilise déjà une bonne partie des plantes aromatiques cultivées par sa femme Clarisse à Mesnil-Saint-Loup. Pas moins de 14 plantes et épices entrent dans la fabrication de son gin vendu à 39 € : coriandre, camomille, tilleul, sureau, pousses de pins… sans oublier les baies de genièvre qui donnent l’arôme caractéristique de la plupart des gins.
Un « London dry gin » sans ajout
Macéré avec les plantes, l’alcool neutre de blé français à 96° fait l’objet d’une seule passe avant sa réduction en goutte à goutte pour le faire redescendre à 44°. Après quoi, il repose deux mois avant d’être embouteillé. « C’est un London dry gin. Cela signifie que c’est un gin sans ajout de sucre ni d’arômes », insiste Grégory qui, outre la vente chez les cavistes et sur son site Web dédié (distillerie-saintloup.fr), propose des visites dégustation de sa distillerie. Son gin a été récompensé d’une médaille d’or au dernier Salon de l’agriculture à Paris Thierry Péchinot
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LA PREUVE PAR LES CHIFFRES
Top 100
Voici le classement des 100 premières entreprises du département selon leur chiffre d’affaires en 2024. Comme toujours, ne sont classées dans tous nos tableaux que les entreprises qui ont leur siège social dans l’Aube. Cristal Union, dont le siège est à Villette-sur-Aube, continue de dominer le classement.
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Source : L’Est-Eclair* données consol dées
Source : L’Est-Ecla r* données conso idées
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Effectifs
Les plus grands employeurs du département se retrouvent dans ce tableau. Les salariés peuvent se trouver partout en France, notamment pour les plus grands groupes.
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Recrutement
Voici les entreprises qui vont vu leurs effectifs s’accroître. Beaucoup de croissance externe pour les plus grands chiffres, un peu de recrutements pour les plus petits.
Source
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L’agriculture avec Soufflet, le champagne avec les grandes maisons auboises, mais aussi la métallurgie tirent leur épingle du jeu à l’export.
LE 1ER OCTOBRE 2025, STÉPHANE JACQUET A REPRIS
LA DIRECTION DE L’ENTREPRISE
VILLEMIN ET IMPULSE UN ÉLAN DE MODERNISATION À CETTE MAISON AUBOISE EMBLÉMATIQUE, QUI FAÇONNE LES AMÉNAGEMENTS DE LA MAISON DEPUIS 1958. FABRICANT ET INSTALLATEUR DE VÉRANDAS, PERGOLAS, PORTES, FENÊTRES ET PORTAILS, VILLEMIN COMPTE 32 COLLABORATEURS RÉPARTIS SUR TROIS AGENCES À TROYES, SENS ET SERVON.
VILLEMIN SPÉCIALISTE
DES VÉRANDAS ET PERGOLAS « MADE IN FRANCE »
QUELLES SONT VOS PRIORITÉS POUR VILLEMIN ?
Mon objectif est d’ancrer Villemin dans son époque en répondant aux attentes contemporaines : pouvoir mieux profiter de son extérieur, assurer le meilleur confort thermique, ainsi que la durabilité des constructions grâce à des matériaux de qualité. Nous sommes le seul fabricant régional de vérandas et pergolas sur-mesure, et nous intervenons dans un rayon de 150 km autour de Troyes. Notre force, c’est la fabrication directement dans nos locaux, à partir d’aluminium français, mais aussi le laquage réalisé sur place juste avant la pose, ce qui nous offre une souplesse exceptionnelle en cas de modification tardive. Le client, pour sa part, suit tout le process de fabrication et d’installation avec un interlocuteur unique.
VOUS MENTIONNEZ LE CONFORT THERMIQUE. COMMENT VILLEMIN SE POSITIONNE-T-IL SUR LES ENJEUX DE QUALITÉ ?
La performance thermique est devenue centrale dans les attentes de nos clients. Les vérandas que nous fabriquons aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles d’il y a vingt ans, sont encore mieux isolées et présentent de meilleures qualités thermiques. Chez Villemin, nous proposons du triple vitrage, ce qui en fait de véritables pièces de vie supplémentaires, lumineuses et confortables toute l’année. Pour offrir le meilleur service à nos clients, une architecte de notre équipe s’occupe en parallèle des démarches administratives liées au projet et propose
des implantations optimales. Notre positionnement est résolument qualitatif, avec une garantie décennale et un respect des délais permis par notre maîtrise de la chaîne de fabrication. J’invite d’ailleurs tout un chacun à venir visiter nos locaux, notre showroom et notre village expo à Troyes !
VOUS LANCEZ UNE NOUVELLE GAMME FIN 2025. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?
Nous nous apprêtons effectivement à lancer la gamme « Essentiel by Villemin », qui répond à une vraie demande du marché. En proposant des configurations standardisées et en négociant directement avec nos fournisseurs de matériaux, nous offrons des conditions tarifaires très abordables, sans renier notre niveau de qualité ni transiger sur la performance, énergétique notamment. Nous restons également sur de la fabrication qualitative, avec des menuiseries fournies par des entreprises exclusivement françaises. Cette nouvelle gamme complète notre offre et nous permet de répondre aux attentes d’une clientèle plus large, en restant fidèles à nos valeurs.
Villemin VM Troyes
14 rue des Vignes - ZA Les Mercières, 10410 Villechétif Tel : 03 25 81 07 09 Site web : www.villemin.fr
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Dynamisme
Elles ont le vent en poupe. Voici les entreprises qui ont enregistré la plus forte progression de leur chiffre d’affaires entre 2023 et 2024. Belle performance du menuisier Astel basé à Marigny-le-Châtel.
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Industrie
L’industrie auboise tient le choc, toujours tirée par la métallurgie. Sedis, le fabricant de chaînes industrielles troyen, a réalisé une belle année 2024, tout comme Norelem à Fontaine-les-Grès.
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Le classement des distributeurs fait la part belle à l’automobile avec, parmi d’autres, le
dont le déploiement dans toute la France lui assure une solide place de leader.
Source : L’Est-Eclair* données consolidées** exercice de 9
Agroalimentaire
La richesse qu’on enlèvera jamais au département, elle vient de ses champs et de ses coteaux. Ceux qui la transforment sont dans ce classement où Cémoi, le chocolatier, tient une place à part. Rang Société
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Brodart, qui est imprimeur, prend la tête de ce classement où l’on retrouve les transporteurs aubois, les cliniques, mais aussi Nigloland, le parc d’attractions qui fait la fierté du département.
Textile
Toujours orphelin de Lacoste, qui a son siège à Paris, le classement se réduit cette année à un top 15.
Le Coq sportif, qui vient d’être repris est absent. Aube tricotage a été placée, cette année, en liquidation. La filière est sous haute tension.
CHAMPAGNE GRUET
Situé au cœur des vignobles classés au Patrimoine Mondial de L’Unesco, entre coteaux et vallées, Buxeuil est un charmant village sur la route touristique du Champagne. Immergez-vous dans l’univers d’une Maison de Champagne emblématique de le Côte des Bar et découvrez ce lieu qui vous ravira par son authenticité et son histoire. Vous y trouverez l’attrait des caves traditionnelles avec de magnifiques foudres en chêne mais aussi un pressoir traditionnel des années 1920. Dans un cadre chaleureux et convivial, un éclairage modulable vous permettra de créer l’ambiance qui sied le mieux à vos projets. Vous bénéficierez d’équipements techniques (Wi-Fi, écran géant, micro, régie son et vidéoprojecteur) et d’une cuisine professionnelle équipée. Une visite des caves commentée et une dégustation de champagnes pourront animer vos évènements. Capacité assise : 100 personnes. Pour tout renseignement, n’hésitez pas à nous contacter. Notre équipe mettra tout en œuvre pour faire de votre événement un moment unique et agréable.
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Bâtiment et travaux publics
Les professionnels du bâtiment et les industriels qui les fournissent se retrouvent dans ce classement avec de belles entreprises industrielles comme Escao ou France volet.
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