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ISSN 21039747 – N° de CPPAP 0513 K 91340 5 - 2€

N° 27 - MARS 2014

Interview

Nos racines

Education

Coach et judaïsme

Recettes

Joel Mergui : une antenne du consistoire en Israël

Les juifs d'Azerbaïdjan

La pression scolaire : pourquoi tant de mal ?

Shabbat ? Tout est permis !

Le Cake Pop


Gabriel Cohen,

Directeur Lev Hair

Avraham Azoulay,

Bureau en France :

Directeur Général Gabriel COHEN Direction.lvh@gmail.com

■ PUBLICITE & MARKETING France : ART COM C PUBLICITE Gabriel COHEN : 06 18 98 61 80

■ Secrétariat : levhairmag@gmail.com Adresse : 19 rue d’Isohard – 13001 MARSEILLE 06 18 98 61 80 ■ Rédaction : Sandrine A.Sroussi et Gabriel COHEN Haim ATTIA : Responsable Coeur de ville - Internet, N.T R. Sociaux. levhairmag@gmail.com www.levhair.com ISSN : 2103 - 9747 Numéro de Dépôt légal : à parution ■ Editeur : Société ART COM C 13013 MARSEILLE RCS 49058466100014 Directeur artistique : Lev Hair Studio M.T Maquette : Arfi william ■ Impression : ART COM C : 06 18 98 6180

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■ Secrétariat Rosy Chouai lph5@bezeqint.net Tel : 972 2-6788720

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■ Rédaction Guitel Ben-Ishay guitelbenishay@gmail.com site: www.lphinfo.com

Edito

Union sacrée

Directeur LPH Le Plus Hebdo

N

ous avons pensé que renforcer le pont entre la France et Israël pourrait apporter à chacun un brin de fraîcheur. Vous voilà donc devant le fruit d’une coopération entre deux magazines : Lev Haïr (jusqu'à présent distribué uniquement dans le sud de la France et aujourd'hui sur tout l'Hexagone) et LPH, Le Plus Hebdo, hebdomadaire francophone israélien. Et c'est ainsi que nous vous présentons le nouveau mensuel francophone des Juifs de France. Nous avons décidé, vue l’actualité brûlante, de vous faire respirer l’air d’Israël en vous racontant comment chacun perçoit les remous du moment. En fait, chacun de nous, qu’il soit à Paris ou à Jérusalem, se soucie de l’autre. Les deux communautés, israélienne ou française, restent reliées par ce cordon, et ont besoin de sentir le pouls de celle qui respire à 4000 kilomètres de là. C’est cela le peuple juif, c’est cela l’union sacrée. Depuis les déclarations répétées du gouvernement israélien pour l'opération « Juifs de France d'abord », les associations de tous bords ont commencé à bouger : du lobby francophone à la Knesset à A.M.I. et au CNEF, en passant par un grand nombre d’autres organismes, chacun pense à son antenne là-bas, officielle et surtout active... Alors pourquoi pas l’antenne du Consistoire en Israël, comme le prévoit son président Joël Mergui ? Elle aura pour but de faciliter le dialogue « entre nous », c'est sans doute utile. Il est bon de s’écouter et de se comprendre. Amalek nous attend à chaque tournant, bondit à chacun de nos doutes. Ne lui laissons pas ce plaisir, effaçons-le en nous serrant les coudes, en nous entendant. Le prochain numéro est déjà en route, il sortira avant Pessa’h. Vos réflexions nous intéressent, nous les attendons avec impatience…Shabbat Shalom et Bessorot tovot.

Avraham Azoulay et Gabriel Cohen

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SOMMAIRE MARS LEV HAIR & LPH N°27

Dossier : Alyah, antisémitisme

Antisémitisme, alyah, quel rôle pour les rabbins ? ............6/7 Le « nouvel » antisémitisme ....................................................8 Ami (alya et meilleure intégration) ouvre une antenne en france ..................................................10 Dialogue intercommunautaire : Quel avenir pour marseille ? ..................................................12 interview Joël Mergui..........................................................14/15 Inauguration du lobby francophone à la Knesset ................16 keren Hayessod : Lancement de campagne 2014 chez le Consul général d’israël à marseille ........................................18 Interview : Roger karoutchi : Sénateur des hauts-de-seine vice-président de l'ump ....20/21

Sionisme : Bienvenue en israël, cher ami ............................22

Bessorot Tovot ........................................................................24 Alya service : Rencontre avec Chlomo Zemmour ................25

Géo Israël : ..........................................................................26/27

Education : La pression scolaire, pourquoi tant de mal ?........................28 Coach et Judaïsme : Shabbat ? tout est permis ......................................................30

Côté-psy : Psy en ligne ..............................................................................32 Nos ainés : Demain, tous centenaires........................................................34 Portrait : policier dans la vie comme à l’écran......................36 Voyage & découvertes : les Orres et Benodet..................38/39

Culture : Steve levy steve levy, passeur d’histoire et de mémoire..........................................................40

Nos racines : les juifs d'azerbaïdjan ......................................41 Rencontre avec : Amir Hadad ................................................42

Vos droits : succession : Quelles sont les options de l’héritier ? ..................................44 Petites annonces ................................................................46/47 Recettes ....................................................................................48 Tableau récapitulatif des séjours de Pessah ........................50

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ALYAH, ANTISÉMITISME

Par Guitel Ben-Ishay

Antisémitisme, Alyah Quel rôle pour les Rabbins ? Un sujet d’actualité relie de plus en plus fortement les Juifs de France et les Francophones d’Israël : la préoccupation face à l’antisémitisme de plus en plus présent et de plus en plus décomplexé dans les rues de l'Hexagone. Tout le monde en parle et chacun s'en fait une opinion, beaucoup sont ceux ici qui la plupart du temps en appellent à quitter la France, qui estiment que l'heure est venue pour les Juifs de s'installer en Israël. Les deux notions antisémitisme et alyah sont liées dans les esprits et cette association, ou du moins le lien de cause à effet qu'elle sous-entend fait débat. Alors que chacun s'exprime sur le sujet, il est une catégorie de personnes bien particulières, dont il nous a paru intéressant de déterminer le rôle dans cette actualité, les Rabbins. Quelle place doivent-ils prendre ? Être des enseignants, prier, étudier ? Ou aller audelà : prendre position, inciter, influencer ? Nous avons recueilli le sentiment de cinq d'entre eux.

Rav Shlomo Aviner : « Je ne pense pas que nous devoir donner des leçons aux Juifs de France », Rosh Yeshiva Ateret Cohanim En France, on assiste clairement à une résurgence importante de l’antisémitisme. Ce n'est pas notre imagination, ce sont des comptesrendus officiels qui en font état et de façon alarmante. À cela s'ajoutent des difficultés économiques qui font que beaucoup de jeunes, non-juifs aussi, envisagent de quitter la France. D'ailleurs, si un tiers des Juifs de France pense émigrer, ils n'ont pas tous Israël comme destination en tête. Nous ne devons pas nous inquiéter cependant que les raisons de l'alyah soient apparemment « négatives » puisque nous savons bien que derrière, il y a un très grand amour d’Israël. Ces raisons ne sont que des catalyseurs. Je ne pense pas que nous devoir donner des leçons aux Juifs de France. Cessons de les embêter, ils savent mieux que nous ce qui se passe sur place. Nous n'avons pas besoin de leur faire la morale à distance. Notre devoir n'est pas de faire de beaux discours, d'exceller dans « la parlerie » comme l'appelait Rachi, mais d'agir. Il ne sert à rien d'encourager les Juifs de France à monter en Israël si c'est pour qu'ils soient confrontés ici à une montagne de difficultés. En Israël, on compte de nombreux Rabbins francophones qui étaient très actifs en France. Il faudrait que tous ces Rabbins soient désignés comme les chefs spirituels de la communauté francophone d’Israël. Par leur idéalisme et leur motivation, ils joueraient un rôle important dans l’intégration des Juifs de France. Tout peuple a une vie matérielle et une vie spirituelle, à plus forte raison le peuple juif. Nous avons besoin de guides spirituels. Les Rabbins, qu'ils soient sionistes ou haredim, ne s'occupent pas seulement d’études et de prières. Ils sont aussi là pour se prononcer sur les problèmes moraux, sociétaux, éducatifs et nationaux. Les Juifs francophones doivent s'atteler à la tâche en s'engageant à parrainer une famille qui souhaite faire son alyah. Chaque famille francophone s'inscrirait sur un site Internet qui la mettrait en contact avec une famille de France ayant des besoins similaires et cette dernière pourrait prendre conseil auprès de la première. Le temps est venu d'agir. Rav Yaakov Sitruk : "Nous devons permettre aux olim de poursuivre leur ascension, notamment spirituelle" Alef Ledoroth Nous avons raison de nous en préoccuper. Pour une raison simple : nous savons que l'avenir du peuple juif est en Israël. Nous sommes reconnaissants à l’égard des Nations qui nous ont accueillis

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et aidés. Néanmoins, la place de chaque Juif est en Israël, nous devons nous y préparer. Toutefois quand il y a urgence, le temps de préparation tend à disparaître. Et manifestement en France, la situation ne va pas en s'arrangeant, d’où l'importance de nos conseils. Il s'en trouvera toujours pour penser que les Rabbins doivent se cantonner à l’étude et à la prière. Je soulignerais que les Rabbins ont une expérience de la vie, une érudition, des conseils qui leur donnent toute légitimité pour s'exprimer dans tous les domaines de la vie. Pour ma part, je m'attribuerais deux rôles. Le premier consiste à rassurer et expliquer qu'il existe une solution à chaque problème. Cela passe par le renforcement de l’identité juive. Ensuite, si on conseille aux Juifs de venir s'installer en Israël, alors on a un rôle d'accueil à jouer. En arrivant en Israël, on ne fait que commencer à monter. Nous devons aider les olim à retrouver leurs repères ici. Beaucoup de Français avaient l'habitude de vivre au sein d'une communauté, modèle qu'ils aiment voir reconstituer en Israël, par exemple. Nous sommes là aussi pour donner des conseils afin d’éviter certaines erreurs notamment concernant l’éducation des enfants. Enfin et surtout, nous devons permettre aux olim de poursuivre leur ascension, notamment spirituelle.

Rav Yaacov Levy : « Les Rabbins ne peuvent qu’être engagés », Rav du Mochav Revaya La première question est de savoir si les Juifs de France ressentent véritablement un malaise. La majorité des Juifs qui viennent en Israël sont des personnes idéologiquement attachées au pays. Alors oui, il est normal que nous nous préoccupions de nos frères en France. Elie Wiesel disait : « Quand un Juif de Moscou reçoit une claque, c'est celui de New York qui la ressent ». Cette solidarité existe, elle est même exprimée dans nos textes. Elle est évidente même si elle peut paraître incompréhensible pour les Nations et parfois pour nous-mêmes. Il me paraît logique que les Rabbins se prononcent sur tous ces sujets : ils ont un rôle dans l’éveil de la communauté française par rapport à l'alyah. À mon grand regret, j'ai l'impression que ces dernières années, le rabbinat français s'est radicalisé par rapport à Israël et s'identifie davantage au judaïsme ultra-orthodoxe. Beaucoup de Rabbins français sont passés par des yeshivot antisionistes en Israël. Ceci dit, certains ont très clairement pris position dans l'autre sens. Un Rav n'est pas seulement un enseignant, la Torah est un engagement : aujourd'hui et surtout en ce qui concerne Israël, une décision rabbinique est toujours politique. Les Rabbins ne peuvent qu’être engagés. Que peut faire un Rabbin français israélien ? Je vois mon rôle sur


ALYAH, ANTISÉMITISME

le plan de l’intégration de ceux qui ont décidé de s'installer ici. En tant que rabbin israélien sioniste je me dois de re-légitimer Israël en lui associant des raisons positives, riches, religieuses et engageantes. Je dois appeler non pas à fuir la Diaspora mais à venir construire Israël.

Rav Yehuda Ben-Ichay : « Un Rav qui ne prend pas position est un Rav qui ne fait pas son devoir » , Rav de la communauté Emouna Chlema Biyeroushalayim Je dirais que c'est notre devoir de leur dire, de leur expliquer leur identité véritable. Les Juifs français qui ont toujours été très fidèles à la France ne peuvent concevoir que l’antisémitisme se développe sur les valeurs de la République. Or cet antisémitisme a justement pour but de leur prouver qu'ils se trompent sur leur identité. C'est au nom de la République qu'on les rejette aujourd'hui et ils s'embourbent dans leur volonté de montrer qu'ils sont plus Français que les Français. Nous n'avons pas besoin de leur dire que leur place n'est pas en France : les antisémites le leur disent de la façon la plus nette, à visage découvert. Un Rav qui ne prend pas position est un Rav qui ne fait pas son devoir. Moshé Rabbenou nous a appris que le Rav est un berger qui guide son troupeau. Un guide spirituel doit être engagé et prendre ses responsabilités. De plus, les Juifs ont toujours eu confiance dans leur Rabbin. Les Rabbins doivent faire prendre conscience qu’être juif n'est pas une définition religieuse mais une identité. Nous devons agir en analysant l'histoire et la réalité, en amenant les gens à ouvrir les yeux. Nous ne devons pas nous contenter d'encourager l'observance de shabbat et de la cacherout, mais alerter

Par Guitel Ben-Ishay

sur les risques pour la sauvegarde de la vie et de celle de nos enfants. La dégradation est rapide, la réaction doit être rapide. Ceux qui ont la force de prendre des responsabilités religieuses doivent réagir et vite.

Rav David Nakache : « Organiser des colloques entre les Rabbins du monde entier pour que tous les rabbins parlent d'une voix claire et unie » Rosh Yeshiva Ets Haim Nous sommes automatiquement impliqués puisque ce sont nos frères. Israël est leur maison. De ce point de vue, les Juifs de France ont intérêt à ce que nous soyons partie prenante de cette actualité. C'est de cette union du peuple que nous sortirons plus forts. Depuis Moshé Rabbenou, le « Daat Torah » n'est pas seulement la hala'ha mais aussi les questions de pensée, d'attitude, de décision par rapport aux intérêts du peuple d’Israël. Le corps rabbinique doit prendre des décisions dans tous les domaines de la vie et en fonction de l’actualité. En tant que Rav, nous devons nous prononcer. Nous avons une compréhension de la Torah qui nous fait dire certaines vérités comme celle que les Juifs doivent venir en Israël. Cette implication rabbinique n'est pas encore suffisante car tous ne sont pas convaincus de la nécessité du retour. Nous devons organiser des colloques entre les Rabbins du monde entier pour que tous les rabbins parlent d'une voix claire et unie. Tout le monde comprend ce qui est en train de se jouer et manifeste son attachement à Israël. Les Rabbins sont au-dessus des craintes matérielles qui freinent encore beaucoup de personnes : c'est pour cela qu'ils peuvent et doivent avoir un rôle déterminant.

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ALYAH, ANTISÉMITISME

Par Sandrine. Alfon-Sroussi

Le « nouvel » antisémitisme « Juif, la France n’est pas à toi !!» Ces slogans ont été entendus lors d’une manifestation anti Hollande, à Paris. Groupes néo-nazis, extrême gauche, islamistes, les rouges-bruns-verts, unis dans le même rejet « du Juif », allient antijudaïsme et antisionisme au nom de la liberté d’expression… Quel est ce « nouvel » antisémitisme prôné par Alain Soral, chanté par Dieudonné et argumenté par des traîtres-penseurs tels que Jacob Cohen ? Peut-on encore vivre dans la France d’aujourd’hui en tant que juif ? Eliette Abécassis, dans une lettre ouverte, revient sur ce phénomène ; Lev Haïr tente de faire le tour de la (nauséabonde) question… Un peu d’histoire : de l’antijudaïsme chrétien à l’antisémitisme moderne Le terme vient de « Sem », fils de Noé, ancêtre d'Abraham qui engendra Ismaël avec Agar (ancêtre des Arabes) et Isaac avec Sarah. Or, l'antisémitisme vise les personnes appartenant à la communauté juive. L'antisémitisme originel est religieux et chrétien. Tissé d’intolérance et de jalousie, il s’exprime par le rejet du peuple déicide, coupable par la main de Judas, d’avoir assassiné Jésus et de faire commerce de l’argent. L’antisémitisme moderne Le mot « antisémitisme », inventé au XIXème siècle par un journaliste allemand, Wilhelm Marr, désigne la haine des Juifs, considérés comme un groupe racial. Une catégorie linguistique (les langues sémitiques) est alors assimilée à une catégorie raciale et limitée aux seuls juifs, alors que les Phéniciens, les Arabes utilisent aussi les langues sémitiques. Il a mené à l'Affaire Dreyfus jusqu’à la solution finale. Depuis la Shoah, on pensait impossible l’antisémitisme prôné librement en tant qu’idéologie politique… Or, ce n’est pas le cas.

L’antisémitisme aujourd’hui en France Les moyens d’expression de l’antisémitisme se retrouvent aujourd’hui largement relayés par les médias, internet et les réseaux sociaux, Facebook et Twitter. Le meurtre d’Ilan Halimi relève de toute cette idéologie anti-juive « classique » : les juifs tiennent le monde etc. Avec le conflit israélo-palestinien et l’idéologie islamiste radicale, l’antisionisme politique est de plus en plus assumé. Mohamed Merah est l’un des produits de cette jeunesse française, noyé dans ce mélange de jihad et de perte de repères dans une France non reconnue. L’attentat de Toulouse a laissé la communauté juive hébétée devant tant de haine dans la France du XXIème siècle. Dieudonné, nouveau chantre de la liberté d’expression antisémite Symbole de cet antisémitisme décomplexé, Dieudonné, nourrit son humour du complot juif, mais aussi de la shoah ridiculisée… Et les spectateurs en redemandent !

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On n'exorcise pas un mal millénaire à l'aide d'une argumentation rationnelle Léon Poliakov, « Mémoires»

»

Ed Jacques Grancher

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Le SPCJ constate une augmentation de ces agressions depuis 20 ans mais aussi une différence de « nature » de l’antisémitisme révélé par Dieudonné. « Casser du Juif » virtuellement est devenu naturel, au nom de l’humour, de la satire sociale, des droits de l’homme…

Peut-on être antisioniste sans être antisémite ? Selon les antisionistes, Israël agirait vis-à-vis des palestiniens comme les nazis l'ont fait avec les juifs. Le site « Egalité et Réconciliation » d’Alain Soral, traite de manière obsessionnelle de sujets liés au judaïsme… Pourtant, certains juifs clament leur antisionisme. Les « netouré karta » (1), en Israël, contestent toute légitimité au sionisme politique. En Europe, en Israël, des personnalités publiques ou intellectuelles comme Jacob Cohen (2), Rony Brauman, Eyal Sivan, Gilad Atzmon hurlent avec les loups. Il n’empêche que l’antisémitisme d’aujourd’hui est un amalgame hideux mêlant antijudaïsme, complot juif mondial, antisionisme, altermondialisme par le biais d’une parole libérée… Quel est le ressenti des juifs français aujourd’hui ? « L’antisémitisme est un exemple inquiétant de la manière dont des préjugés peuvent perdurer à travers les siècles. Internet, qui devrait être un outil de communication et de dialogue, est actuellement utilisé comme un instrument de harcèlement à caractère antisémite » a déclaré Morten Kjaerum, Directeur de la FRA, Agence des Droits fondamentaux de l’Union Européenne. Ce sont les juifs français qui sont les plus inquiets pour leur avenir et ils ont raison car depuis l'assassinat de Toulouse, les actes antisémites enregistrés en France ont doublé. Selon Roger Cukierman, président du CRIF, « les Juifs se promènent à Londres ou à Berlin sans soucis, mais à Paris, les parents disent à leurs enfants de ne pas mettre de kipa». Selon Dominique Reynié (4), professeur à l’I.E.P. de Paris, l’antisémitisme est la diabolisation de l’autre en tant que tel. Il est la manifestation de la haine d’un peuple qui, dispersé sur la terre, conserve son patrimoine culturel tout en étant lié à la nation. C’est ce qu’il appelle « l’écart à la communauté ». Devant ce triste constat, que faire ? Résister ou partir ? Chacun est libre de son analyse et de ses choix. Certains, découragés, choisissent la alya. Pour ceux qui restent, un double devoir. Alerter nos responsables politiques par le biais de nos instances communautaires et être vigilant à titre individuel et collectif (SPCJ) pour se protéger.


ALYAH, ANTISÉMITISME

Par Guitel Ben-Ishay

AMI (Alya et Meilleure Intégration) ouvre une antenne en France L'association AMI (Alya et Meilleure Intégration) a été fondée en 2005 par Pierre Besnainou afin d’œuvrer pour accompagner et orienter les olim de France de plus en plus nombreux. AMI, dirigée par Avi Zana, a accueilli plus de 10.000 immigrants français depuis sa création. AMI a réussi avant tout à changer le concept d’une Meilleure Intégration de l’Alya de France grâce à un panier de services très varié et adapté aux besoins de chacun. Des programmes et des projets sont mis en œuvre à destination de toutes les catégories d'olim : enfants, étudiants, actifs, retraités. Aujourd'hui l'association a décidé de proposer aux futurs olim un accompagnement allant de la préparation de leur projet d'alya jusqu'à sa réalisation et ceci à travers un nouveau concept : "Alya, le plus AMI". A l'occasion de l'ouverture des bureaux de AMI à Paris, Avi Zana nous en explique les motivations, les buts et le fonctionnement. Le Plus Hebdo : Pourquoi avoir décidé de réactiver votre A.Z. : Nous ne sommes pas une administration mais une assoantenne française en ce début d’année 2014 ? ciation forte d'une expérience de terrain de plusieurs années et Avi Zana : Depuis le début des années 2000, on observe une de succès incontestables dans l'intégration des olim français : volonté croissante des Juifs de France de venir s'installer en Isjeunes, diplômés, familles, personnes en situation de précarité raël. Aujourd'hui, les derniers chiffres et les prévisions pour ou retraités. Nous ferons tout pour que notre service d'accoml'avenir ne peuvent que nous interpeller : En effet, l'alya de pagnement permette à chaque juif qui le souhaite de pouvoir France a augmenté de 63 % en 2013 et en ce début 2014, nous vivre dignement en Israël. en sommes à une augmentation de plus de 100 % par rapport Nos services sont souples et adaptables en fonction des deaux mêmes mois de l'année précédente ! Depuis 30 ans je m'ocmandes de chacun en proposant un service qui commence decupe d'alya, je peux témoigner que jamais le sujet de l'alya n'a puis la France et qui se poursuit tout au long des premières été aussi central dans les préoccupations de la communauté étapes de l'intégration en Israël. AMI est d'ailleurs l'organisation juive. On peut même constater que les responsables commuofficielle représentante des olim de France en Israël. nautaires s'expriment librement et positivement sur le sujet. L'alya de France est en passe de devenir la plus importante au Lph : Comment fonctionnera cette antenne française ? monde. Face à ce phénomène, notre responsabilité est de faire A.Z. : Nous irons à la rencontre des futurs olim, par le biais des jouer tout notre poids auprès des autorités israéliennes pour que différentes technologies qui nous permettent aujourd'hui de des moyens plus importants soient mis à la disposition des très conseiller des personnes même à distance (téléphone, skype, nombreux Juifs français pour faciliter leurs démarches d'alya. informations données ''on line'' depuis Israël…). De plus, nos experts se rendront régulièrement à Paris et en ProLph : Considérez-vous que l'Agence Juive ne suffit pas à vince pour apporter des informations adaptées aux besoins de assurer cet accompagnement ? chacun. Les candidats à l'alya pourront nous rencontrer dans A.Z. : Nous sommes persuadés que les autorités officielles resles plus brefs délais et nous leur proposerons un service d'acponsables de l'alya ont besoin de la coopération du monde ascompagnement qui leur permettra de passer dans les meilleures sociatif pour réussir au mieux cette mission. conditions les premières étapes de leur intégration en Israël. Malheureusement ces dernières années, les budgets et le perAinsi nous les aiderons à franchir l'obstacle de la langue et les sonnel alloués à la communauté française ont considérablement guiderons à travers les spécificités du système israélien dans baissé et il est de notre rôle d'alerter plus encore les pouvoirs tous les domaines de la vie. publics sur les besoins particuliers de cette population. Nous ne sommes les concurrents de personne, bien au contraire…nous AMI en France 01 84 16 42 95 sommes les partenaires à part entière de ce mouvement. www.ami-israel.org info@ami-israel.org. Lph : Quelle sera la valeur ajoutée d'AMI pour les Juifs Skype : facebook :Israel.Ami.9 de France ? AMI en Israël 02 623 57 88

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Par Magali Barthès

Dialogue intercommunautaire :

Quel avenir pour Marseille ?

« La Laïcité est-elle une chance ou un défi pour les religions ? ». Tel était le thème de la Convention régionale du CRIF Marseille Provence, tenue le 26 janvier au Palais des congrès. Un événement salutaire dans le contexte d’antisémitisme actuel. En plein Paris, au même moment, se tenait une manifestation aux cris de « Juif, barre-toi, la France n’est pas à toi ». Un hasard tragique du calendrier. Marseille n’a pour l’instant pas atteint de tels degrés de haine, mais elle n’en n’est pas à l’abri. Depuis quelques mois, la communauté juive est doublement menacée en Europe. Tout d’abord sur les fondements mêmes qui la définissent, l’abattage rituel et la circoncision. Mais cette journée était consacrée essentiellement à ce qui hante les juifs au quotidien, à savoir leur sécurité sur le sol même où ils sont nés.

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La laïcité, un bien commun Après une matinée dédiée à la montée croissante de l’antisémitisme, les représentants des différents cultes se sont exprimés. L’occasion de réaffirmer les bienfaits de la laïcité, cette belle conception héritée de la Révolution française. Haïm Korsia, aumônier général israélite des armées, a rappelé que

« L’échec du vivre ensemble fait courir le risque de se construire sur des fantasmes ». L’imam Tareq Oubrou, Recteur de la mosquée de Bordeaux, a souligné « la nécessité des religions pour les valeurs qu’elles incarnent et pour leur contribution à la paix civile ». Le Père Pascal Sevez, Directeur de l’Ecole de Provence à Marseille, a rappelé quant à lui le rôle central des Républicains dans les fondements de la laïcité, notamment à travers les principes d’unité et d’unicité. En cette période de campagne électorale, les interventions politiques étaient particulièrement attendues. Patrick Mennucci, DéputéMaire du 1er secteur de Marseille et candidat socialiste aux élections municipales, a plaidé pour une « modification de la carte scolaire, de façon à favoriser la diversité de Marseille dans tous les quartiers ». Yves Moraine, Maire UMP des 6ème et 8ème arrondissements, a annoncé « la création d’une fonction de médiateur auprès du maire, avec des rendez-vous citoyens constitutifs d’un grenelle de la citoyenneté ». Il est essentiel que le microcosme provençal préserve ce bien vivre ensemble. L’avenir de la ville en dépend.

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Par Claire Dana-Picard

Interview de Joël Mergui

Une antenne du consistoire en Israël Le président du Consistoire Central Joël Mergui, de passage à Jérusalem, a rencontré d’anciens cadres communautaires et des rabbins originaires de France installés en Israël. Les thèmes suivants ont été évoqués : la situation en France, l'Alyah, et la création d'une antenne du Consistoire en Israël. Parmi les fervents partisans du projet, le Grand Rabbin Amar, qui est venu au cours de la soirée dire quelques mots et exprimer son soutien à Joël Mergui. Le Plus Hebdo : Joël Mergui, vous avez rencontré à Jérusalem d’anciens cadres communautaires de France installés aujourd’hui en Israël. Quel était le but de la réunion ? Joël Mergui : Je tenais à leur faire part d’un projet qui me tient à cœur depuis plusieurs années, à savoir la création d’une antenne du Consistoire en Israël. Des actions quotidiennes sont entreprises entre le Consistoire et Israël : des mariages de Juifs français sont organisés régulièrement en Israël, en accord avec le rabbinat, des enterrements ont lieu toutes les semaines, et nous avons des échanges au niveau de la Cacherout. Un travail réalisé de façon naturelle depuis plusieurs années justifierait déjà la création d’une telle antenne.

Lph : Vous avez longuement évoqué les problèmes communautaires qui se posent en France. Pourquoi ce discours devant des Français installés en Israël ? J.M. : Il était important que je fasse le point de la situation, telle que nous la vivons quotidiennement, devant un public initié. Effectivement, nous avons connu des drames, comme celui de Toulouse, et l’affaire Dieudonné. Mais parallèlement, l’État nous octroie des millions d’euros tous les ans pour subventionner nos écoles. Je viens de sortir d’une réu-

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nion avec le maire de Paris au cours de laquelle nous avons discuté de la construction d’un ossuaire pour préserver nos ossements, qui coûtera des millions d’euros. En m’exprimant ainsi, je tenais à ce que le public comprenne quelles étaient mes responsabilités en France. Il est vrai que nous avons le devoir d’aider ceux qui veulent partir. Mais il nous incombe, aussi et surtout, de tout entreprendre pour récupérer les Juifs qui s’assimilent, en nous efforçant de leur présenter un judaïsme attrayant. Lph : Êtes-vous inquiet de la situation en France ? J.M. : On doit faire preuve de vigilance sans pour autant s’alarmer outre mesure. Notre communauté se développe considérablement et on assiste à un retour identitaire et à une vitalité de la communauté que nous devons accompagner en France, parallèlement à l’inquiétude qui est présente. On doit soutenir ceux qui partent et fonctionner à plein rendement pour ceux qui restent et sont encore, pour le moment du moins, l’immense majorité.


ALYAH, ANTISÉMITISME

Lph : Justement, dans le cadre de vos responsabilités en France, est-ce le rôle du Consistoire d’intervenir au niveau de l’Alyah ? J.M. : Vu l’émergence de communautés francophones dans tout Israël, il nous a semblé normal de nous interroger sur la façon de les accompagner dans leur développement et de les inciter à tisser des liens avec celles qui se trouvent en France. C’est pour cette raison que j’ai fait appel, de façon spontanée, à des gens qui avaient assumé des responsabilités dans le cadre consistorial en France, qu’ils soient rabbins ou anciens présidents de communautés, avant de monter en Israël. Ils font partie de la famille consistoriale et ce sont Il nous incombe de eux qui, bien souvent, se disent disponibles et réclament tout entreprendre cette collaboration. Il était pour récupérer les donc logique que je m’adresse Juifs qui s’assimilent, à eux, en priorité, dans un premier temps. Dans le public se en nous efforçant de trouvaient aussi des personnes leur présenter un avec qui nous avons des relajudaïsme attrayant. tions régulières : le chef du conseil religieux de Jérusalem et des représentants de l’Organisation sioniste mondiale. Cela fait des années que le Consistoire a un certain nombre de services organisés en Israël. Beaucoup de Juifs, qui quittent la France pour Israël, se regroupent en communautés francophones et le Consistoire intervient alors pour proposer son aide, son accompagnement, avec notamment des projets de jumelages intercommunautaires. On réfléchit beaucoup aujourd’hui au travail qui peut être accompli pour améliorer l’intégration des nouveaux immigrants, et nous avons peut-être un rôle à jouer dans le domaine. C’est une question à débattre avec ceux qui se trouvent sur place. Cela fait des années que je suis sollicité mais j’ai toujours hésité à m’engager plus avant de crainte de faire un travail qui ne m’incombe pas. Toutefois, s’il y a un manque, nous sommes là pour y pallier. Lph : Le lien du Consistoire avec Israël est tout à fait naturel. Mais ne risquez-vous pas d’être taxé

Par Claire Dana-Picard

de double allégeance en œuvrant ouvertement en Israël pour l’intégration des Olim ? J.M. : On sait que les Juifs de France sont solidaires d’Israël. Et si la France a jugé nécessaire d’avoir à l’Assemblée nationale des députés représentant les Français de l’étranger, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas également au Consistoire des Juifs français établis en Israël. Il me semble nécessaire d’avoir, au sein du Consistoire, des représentants de communautés francophones d’Israël susceptibles d’apporter quelque chose de nouveau. Par exemple, un dirigeant de communauté en Israël pourrait nous demander d’accélérer les démarches et d’octroyer des budgets pour la préparation des futurs Olim, afin que ceux-ci puissent mieux s’intégrer en Israël. On pourrait également publier dans le calendrier du Consistoire le nom des communautés francophones créées en Israël. Toute intégration réussie de Juifs qui ont quitté la France pour Israël est bénéfique pour tout le monde. Si elle échoue, en revanche, c’est une catastrophe pour l’image d’Israël. L’intégration ne signifie pas que les gens cessent de parler français ; cela signifie qu’ils sont bien là où ils se trouvent.

Beaucoup de monde s’est déplacé, ce qui veut dire qu’un grand nombre se sent concerné et encourage cette démarche. Lph : Comme on le sait, et vous l’avez dit, les demandes d’Alyah se multiplient et les services du Consistoire sont eux aussi sollicités et débordés. Envisagez-vous des changements dans vos services pour mieux répondre aux très nombreuses demandes ? J.M. : Nous les avons renforcés, notamment dans la délivrance de certificats de judéité, mais c’est encore insuffisant. Nous sommes parfaitement conscients de l’accélération du mouvement et nous nous efforçons de le suivre, notamment pour les formalités administratives. Lph : Quelles conclusions tirez-vous de votre rencontre à Jérusalem ? J.M. : Je tenais surtout à être à l’écoute des personnes qui sont venues à la réunion. L’ampleur de mon projet dépend des desiderata des gens sur place. Beaucoup de monde s’est déplacé, ce qui veut dire qu’un grand nombre se sentent concernés et encouragent la démarche. Il reste à présent à définir les contours de l’action que je souhaite mener dans ce cadre. Il me semble normal que des liens soient tissés entre les communautés françaises et celles qui ont été fondées en Israël par d’anciens cadres communautaires français. Ces liens devraient être naturels et il faut les enrichir. n° 27 - mars 2014 - www.levhair.com - LPH

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ALYAH, ANTISÉMITISME

Par Guitel Ben-Ishay

Inauguration du Lobby Francophone à la Knesset

Un lobby francophone lancé sous l'impulsion du député Yoni Chetboun (Habayit Hayehoudi) existe désormais à la Knesset. Il s'agit d'une première ayant pour objectif d'optimiser l’intégration des Juifs de France qui ont fait le choix de l'alyah, en agissant sur plusieurs volets comme la reconnaissance des diplômes, la recherche d'un emploi ou la participation au service militaire. C'est le mercredi 15 janvier que le lobby a été inauguré en présence de plus d'une centaine de représentants des médias et associations francophones et de nombreuses personnalités politiques. Ainsi, sous la présidence de Yoni Chetboun, se trouvaient à la tribune la ministre de l’Intégration Sofia Landver, le vice-ministre de la Défense Dany Danon, le député des Français de l’étranger Meyer Habib, mais aussi le président de l’organisation sioniste mondiale Avraham Douvdévani, le premier conseiller à l’Ambassade de France en Israël, Mr Zacharie Gross, le directeur du ministère de l’Intégration Oded Forer, le directeur administratif de l’Agence Juive Josh Shwartz, et les députés Réouven Rivlin (Likoud), Nissan Solomiansky (Habayit Hayehoudi), Shuli Moalem (Habayit Hayehoudi), Orit Struk (Habayit Hayehoudi), Karin Elharar (Yesh Atid) et Dov Liepman (Yesh Atid). Pour Yoni Chetboun : « sans changements clairs et concrets, ce lobby n’a pas lieu d’être. L’heure est critique. Nous devons comprendre que l’Alyah est un projet national et le gouvernement ainsi que tous ses

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représentants doivent développer le domaine de l’intégration de façon immédiate ». La ministre Sofia Landver, quant à elle, a estimé qu'il n'y avait « aucune raison qu’un médecin qui traite des patients en France ne puisse pas faire de même en Israël ». Elle a souligné la volonté du gouvernement dans son ensemble, et des principaux ministères concernés en particulier, à œuvrer en faveur d'une intégration simplifiée et accélérée des Olim de France. Dany Danon a rappelé son attachement aux Juifs de France : « Ils aiment Israël et nous les aimons en retour ». Les chiffres de l'alyah de France en 2013 ainsi que les prévisions pour les prochaines années ont été détaillés et commentés avec beaucoup d'enthousiasme. Oded Forer n'a pas manqué de souligner que près de 60 % des Juifs de France parlent d'alyah et qu'il s'agit d'une opportunité à ne pas laisser passer. Josh Shwartz a expliqué que l'Agence Juive mettait en œuvre tous les moyens humains et logistiques nécessaires pour répondre à cette demande croissante d'alyah en provenance de l'Hexagone. Tous les parlementaires présents ont témoigné tour à tour, par leur présence et leurs paroles, de l’intérêt et de l'affection qu'ils portent aux Juifs de France, qu'ils aient décidé de vivre ici ou qu'ils y réfléchissent encore. Tous s'engagent à se donner les moyens d'agir en faveur de cette communauté et de nouer des liens encore plus forts avec les Francophones en Israël et en France.


RENCONTRE

Par Sophie Atlan

Keren Hayessod :

lancement de campagne 2014 chez le Consul général d’Israël à Marseille

Près de 100 personnes ont répondu à l’appel du Keren Hayessod Provence-Languedoc, dimanche 16 février pour le lancement de la campagne 2014. L’événement a eu lieu à la résidence du Consul général d’Israël Barnéa Hassid et de son épouse Gal, en présence du Grand Rabbin de Marseille Reouven Ohana. Barnéa Hassid a introduit la cérémonie en affirmant que « le Keren Hayessod exprime tout l'amour du peuple juif à travers le monde ». Les invités d’honneur, Richard Prasquier, président du Keren Hayessod France, Patrick Senior, vice-président et le journaliste Boaz Bismuth ont animé ce premier événement réussi, qui marque l’installation du Keren Hayessod dans la région Provence Languedoc. Tout d’abord, Richard Prasquier a expliqué le contexte du renouveau du Keren Hayessod en France. Il a rappelé que le Keren Hayessod est une organisation sioniste mondiale qui existe depuis 1920, bien avant la création de l’Etat d’Israël. Elle rayonne dans 42 pays et sur 5 continents. Elle est l’une des plus importantes institutions de collecte juive : 90 % des montants collectés financent les programmes de l’agence juive au niveau mondial, des programmes essentiellement tournés vers la réduction de la fracture sociale, le renforcement de l’identité juive, l’alyah et l’intégration. En France, la collecte du Keren Hayessod a existé à travers l’AUJF. Elle a été unifiée avec celle du FSJU de 1967 à 2013. Les pourcentages de répartition entre la France et Israël ont évolué en fonction des besoins. Au fil des ans, la part du Keren Hayessod s’est considérablement réduite alors même que la collecte de l'AUJF se faisait essentiellement au nom d'Israël. Cela a entrainé des tensions qui ont abouti à une rupture en 2013. Aujourd’hui le Keren Hayessod reprend place dans le paysage français d’une façon indépendante. Richard Prasquier a souligné que l’affectation de la collecte faite au Keren Hayessod est discutée avec le gouvernement israélien et s’applique dans divers domaines, sociaux, éducatif, culturel, en fonction des priorités. Les Juifs de France doivent continuer à aider la communauté de France,

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mais ils doivent aussi impérativement contribuer aux besoins de l’Etat d’Israël. « C’est notre responsabilité, c’est notre devoir ! » a signifié Richard Praquier. Boaz Bismuth, journaliste à « Israël Hayom », le quotidien le plus lu d’Israël, ancien ambassadeur en Mauritanie, correspondant à Paris pour « Yediot Aharonoth », premier journaliste israélien en Iran depuis la révolution islamiste, premier journaliste israélien en Libye était également présent. Sa présence dans la plupart des pays hostiles à Israël, a fait de lui « l’Indiana Jones » d’Israël. Il a alimenté la réflexion sur le rapport que les Juifs de la diaspora entretiennent avec Israël. Orateur hors pair, dynamique et énergique, il a su captiver son auditoire. « Israël appartient à tous les juifs, c’est notre maison. Les Juifs de diaspora sont nos réservistes, nous comptons sur votre aide, comme vous pouvez compter sur l’Etat d’Israël. » a-t-il joliment rappelé. Patrick Senior, vice-président national, a lancé l’appel à la collecte en stipulant qu’Israël avait besoin de la générosité des personnes présentes et de bien d’autres encore. C’était là le moment où jamais d’exprimer sa générosité. Les donateurs ont été sensibles à cet appel et ont signifié très concrètement leur implication indéfectible pour Israël. L’événement s’est achevé autour d’un brunch dans une ambiance très chaleureuse et sympathique Le Keren Hayessod et l’Agence Juive viennent d’ouvrir leurs bureaux à Marseille pour s’installer durablement dans le paysage communautaire local. Ils se situent à la rue Breteuil à Marseille. Contact régional : Erika Fitoussi – Délégué de collecte : 06 73 27 20 94 - erika.fitoussi@kh-aui.fr

Informations Presse : Sophie Atlan : 01 77 37 70 85 ou sophie.atlan@kh-aui.fr

Site internet : http://www.keren-hayessod.fr Siège national : Keren Hayessod, 10 Place de Catalogne, 75014 Paris. Tél. : 01 77 37 70 80

Depuis 1920, le Keren Hayessod (Fonds des Fondations) est présent dans 42 pays. Il collecte afin de pourvoir aux besoins prioritaires d’Israël. Entre 1968 et 2013, le Keren Hayessod a existé en France sous le nom d’Appel Unifié Juif de France. Depuis 2013, le Keren Hayessod collecte à nouveau en France en son nom propre. Il est présidé par Richard Prasquier.


JEUNESSE ET ALYA

Par Avraham Azoulay

Roger Karoutchi

Sénateur des Hauts-de-Seine Vice-président de l'UMP Les personnalités politiques françaises se déplacent somme toute souvent sur notre terre. À la droite de l’échiquier politique, nous avons dernièrement accueilli l'ancien premier ministre François Fillon, et tout récemment le Sénateur et vice-président de l'UMP Roger Karoutchi. Ce dernier présente des particularités qui nous poussent à vous le faire connaître plus précisément. Juif d'origine marocaine, Roger Karoutchi s'engage très jeune, à 16 ans, dans le clan des gaullistes. Il a été ministre, est toujours parlementaire et n’hésite pas à prendre position en faveur d’Israël dans ses discussions et questions avec ses collègues. Notons aussi que c'est lorsqu'il était ambassadeur français à l'OCDE que les démarches pour l’adhésion de l’État hébreu ont enfin abouti, et il y a joué un rôle déterminant. Nous l'avons rencontré lors de sa visite et il nous livre sans détours ses impressions sur la France, Israël et les relations entre nos deux pays.

Le Plus Hebdo : Être d'origine juive et marocaine, cela influence-t-il votre façon de faire de la politique ? Roger Karoutchi : Mes parents étaient d'Essaouira installés à Casablanca. Nous sommes partis à Marseille après l’indépendance lorsque que j'avais 4 ou 5 ans. J'avoue que mes origines influent beaucoup sur ma façon de faire de la politique. Tout d'abord, j'appartiens à deux groupes d’amitié au Sénat : France-Israël et France-Maroc. Récemment nous avons reçu le ministre marocain de l’Intérieur. Avant sa venue, j'avais pris connaissance d'une proposition de loi marocaine signée par quasiment toutes les forces politiques sur place qui disait que toute personne qui entretiendrait des liens avec Israël, s'y rendrait ou qui pousserait à une régularisation des relations avec Israël pourrait être traduit devant les tribunaux. J'en avais parlé avec l'Ambassadeur du Maroc à Paris, je lui avais fait remarquer que cela était scandaleux et que cela ne correspondait pas à la ligne politique du Maroc jusqu'à aujourd'hui. J'ai interpellé le ministre marocain au Sénat devant tous les membres du groupe France-Maroc. Il m'a répondu qu'il considérait ce texte anticonstitutionnel et que le Roi n'accepterait jamais qu'il soit débattu au Parlement.

Lph : Pourquoi vous sentez-vous si attaché à Israël ? R.K. : Je suis français, parlementaire, j'ai été ministre. Mon identité est très claire. Ceci dit, quand on est né dans la communauté juive on a un lien affectif avec Israël. Par ailleurs, l'historien mais aussi le républicain et démocrate que je suis ne peut rester insensible face à la seule démocratie du ProcheOrient. Il est fondamental que l'Occident soutienne la seule démocratie de la région au-delà de tout attachement affectif. Lph : Quel regard portez-vous sur l'attitude de l'Occident vis-à-vis de l'Iran ? R.K. : Nous sommes de nombreux parlementaires en France à avoir été sur la ligne de Laurent Fabius au dé-

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part, lorsqu'il affirmait que les conditions par rapport à l'Iran devaient être très fermes. Nous avons été gênés par l'alignement de la position française sur celle des États-Unis à l'issue de la première phase de discussions. Nous avons d'ailleurs interpellé le gouvernement français à ce sujet. La vraie question est celle de la capacité d'influence de la France en Europe et dans le monde : peut-elle imposer ses vues ? Si nous avions un gouvernement fort dans une France forte, il est presque certain que notre voix porterait davantage.

Lph : Quel rôle l'opposition joue-t-elle en France ? R.K. : Tout d'abord un rôle politique : l'UMP a des candidats qu'elle entend faire gagner aux élections municipales et européennes. Ainsi nous devons dire ce que l'on ferait ou ce que l'on fera si nous sommes au pouvoir. Nous préparons les Français à l'alternance. Au Parlement, nous interpellons le gouvernement pour lui faire prendre conscience de certaines réalités, ce qui n'est pas aisé. Mais nous avons une capacité d'influence.

Lph : Que vous inspire le boycott d’Israël revendiqué en Europe ? Qui pénalisera-t-il réellement ? R.K. : Ces extrémistes ont toujours tenté d'agir. Il y a quelques années, alors que j’étais au gouvernement, je me rappelle avoir combattu une tentative de boycott universitaire. Le dialogue est la seule solution, le boycott n'a pas de sens. En France, le mouvement n'a pas de réelle influence, cela ne prend sur personne. Les actions que l'on voit sont plus une image qu'une réalité. Lph : Mais cela ne contribue-t-il pas tout de même à alimenter un sentiment anti-israélien dans la rue française ? R.K. : Il est vrai qu'aujourd'hui plus qu'avant l'ultra-gauche et l'ultra-droite revendiquent un antisionisme qui cache un antisémitisme. Il n'y en a pas plus qu'il y a dix ans mais l'ex-


pression s'est libérée : c'est cela qui est dangereux. Manuel Valls m'a dit que la police avait fait son travail puisque 250 personnes avaient été interpellées à la fin de la fameuse manifestation lors de laquelle des cris antisémites ont été entendus. Je lui ai fait remarquer que ces personnes ont été arrêtées pour des dégradations matérielles et de la violence physique. Mais on peut crier « Juif, la France n'est pas à toi ! » sans être inquiété... Il aurait fallu interdire ces slogans pendant la manifestation. Le gouvernement est très clair sur le sujet, c'est vrai. Mais entre les réseaux sociaux, internet, etc… on a beaucoup plus de mal à maîtriser la parole dangereuse. À cela s'ajoute une crise économique, un chômage fort, des problèmes liés à l’intégration. De là à comparer avec l'avantguerre, je ne le pense pas : à cette époque les ligues extrêmes faisaient descendre 300-400000 personnes dans la rue. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Lph : Comment vous sentez-vous en Israël ? R.K. : Je ne viens pas souvent à vrai dire. Ma dernière visite remonte à 2003 à la tête d'une délégation d’élus pendant six jours lors desquels on avait rencontré des responsables politiques et visité certaines régions du pays comme le Golan. Ce qui frappe aussi, surtout quand on vient de France, c'est le nombre de constructions. Le changement physique est impressionnant !

Par Avraham Azoulay Lph : Avez-vous aussi des contacts avec des responsables palestiniens ? R.K. : Oui. J'en ai rencontré plusieurs fois à Paris. Quand on les voit, ils ont un discours raisonnable, plutôt pacifique, recherchant les conditions pour une paix durable. On a le sentiment qu'ils souhaitent que la situation progresse. Ceci dit, ayant été ambassadeur, je sais ce qu'est le langage diplomatique. Je sais qu'il ne reflète pas toujours la réalité et le discours sur le terrain.

Lph : Que pensez-vous du départ de France de nombreux Juifs ? R.K. : Beaucoup de Français, notamment de jeunes diplômés, veulent quitter la France. Il existe un questionnement sur l'avenir dans notre pays. C'est une réalité : beaucoup de départs ont été enregistrés l’année dernière. Au RoyaumeUni, par exemple, on compte plus de 50000 jeunes français. Honnêtement, tout n'a pas commencé avec la gauche au pouvoir, mais le mouvement s'est accéléré. Le phénomène est lié au nombre trop important de réglementations qui paralysent la France. La communauté juive a également plus émigré : le climat n'est pas agréable, je peux comprendre la réaction des Juifs de France. Mais je pense qu'il faut rester calme et serein : il n'y a pas plus d’antisémites, mais une parole qui se libère. Nous devons être vigilants mais pas alarmistes. LEV HAIR MAG 06 18 98 61 80

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SIONISME « Bienvenue en Israël, cher ami ! »

Par Annie Ousset-Krief

En visite à Jérusalem, Stephen Harper, premier ministre canadien, réaffirme le soutien du Canada à Israël. C’est avec une délégation de 207 personnes, incluant six ministres, quinze parlementaires, 21 rabbins, des dirigeants d’organisations juives et de groupes chrétiens, ainsi que de nombreux hommes d’affaires (cadres dirigeants de Bombardier, Air Canada, etc.), que Stephen Harper a effectué un voyage de quatre jours en Israël. Accueilli avec chaleur par Benjamin Netanyahu, qui l’a salué d’un « Bienvenue en Israël, cher ami ! », Stephen Harper a également rencontré le président Shimon Peres, et les députés de la Knesset.

Un premier ministre très pro-israélien Stephen Harper est premier ministre du Canada depuis 2006. Chef du parti conservateur, il a depuis le début de son mandat affirmé une politique étrangère très favorable à Israël. C’est ainsi que le 8 novembre 2010 il avait prononcé un discours au parlement d’Ottawa, déclarant que le Canada continuerait à soutenir Israël « quel qu’en soit le coût ». Au milieu du concert de voix hostiles à Israël, la position de Stephen Harper est unique – et courageuse. Le Canada a été notamment, à la différence de la France, l’un des neuf Etats qui se sont opposés à l’entrée de la Palestine comme « Etat observateur non-membre » des Nations Unies. Nul intérêt électoral dans ce soutien : la population juive canadienne est d’environ 350 000 personnes, et ne pèse pas grand-chose face à une population arabe plus importante et aux lobbies arabes très actifs dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. Le Canada a d’ailleurs déjà payé le prix de ce soutien affirmé : il a perdu un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies au profit du Portugal en octobre 2010. Stephen Harper agit par conviction, au nom d’un impératif moral, en dépit des nombreuses attaques auxquelles il doit régulièrement faire face. C’est ce qu’il a affirmé aux députés réunis au parlement israélien. Standing ovations à la Knesset « Dans le feu et dans l’eau, le Canada restera à vos côtés ». C’est par ces mots que Stephen Harper a conclu son discours à la Knesset, le 21 janvier 2014. C’était la première fois qu’un premier ministre canadien se rendait au parlement israélien. Cet acte symbolique a renforcé ce qui est une évidence depuis des décennies : souvent isolé sur la scène internationale,

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le Canada reste constant dans son soutien à Israël. Et les membres de la Knesset ne s’y sont pas trompés : son discours a été accueilli par plusieurs « standing ovations ». Pendant 25 minutes, le premier ministre canadien a dénoncé l’attitude anti-israélienne de tant de pays occidentaux, qui tombent dans une critique systématique de l’Etat hébreu au nom d’une idéologie « droit-de-l’hommiste ». Critiquant les condamnations multiples qui frappent régulièrement Israël, Stephen Harper a souligné la partialité des gouvernements occidentaux qui adoptent une attitude « deux poids, deux mesures » épargnant les régimes arabes totalitaires, et attaquant la seule démocratie de la région. Appels au boycott, assimilation d’Israël à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid : rappelant la dérive idéologique actuelle des critiques d’Israël, Stephen Harper a apporté une réponse simple et claire. Sous l’anti-israélisme, déclare-t-il, se cache une forme nouvelle d’antisémitisme, qui est tout à la fois « scandaleuse et révoltante » : « un antisémitisme qui vise le peuple juif en prétendant viser Israël ». Car Israël, terre historique du peuple juif, est une vraie démocratie, qui partage avec le Canada la valeur fondamentale de liberté : « je crois », a-t-il affirmé, « que l’histoire d’Israël est un très bel exemple pour le monde entier ». Invité le soir à un gala donné par le Jewish National Fund (KKL), Stephen Harper a littéralement occupé la scène et chanté des airs rock ! Une ambiance détendue et conviviale, résumant les liens particulièrement amicaux qui unissent les deux nations.

Une coopération en constant développement La visite de Stephen Harper avait également pour but d’élargir les accords qui encadrent la coopération technologique, économique et militaire entre les deux pays, par exemple, le protocole d’entente sur la recherche et le développement industriels, l’accord de libre-échange (qui a été mis en place en 1997), les partenariats scientifiques… Les deux premiers ministres ont effectivement étendu l’accord de libre-échange et instauré un partenariat stratégique portant sur l’énergie, la sécurité, l’innovation. L’orientation adoptée renforce des liens déjà affirmés entre les deux nations et garantit l’appui du Canada, pays qui est de plus en plus actif au sein du monde occidental. Outre le succès personnel de Stephen Harper, qui a été accueilli par les Israéliens avec enthousiasme, c’est tout le Canada qui bénéficie de cette visite exceptionnelle. Car, avec une visibilité accrue et une position ferme, le Canada pourra prétendre à jouer un rôle au Moyen-Orient – ce qui permettra sans aucun doute de rééquilibrer les positions. Ce pourrait être l’un des résultats d’un voyage réussi à tout point de vue.


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BESSOROT TOVOT

Sondage : Israël, pays préféré des Américains (walla.co.il) Un sondage réalisé par l’Institut « Gallup » auprès d’un échantillon de citoyens américains indique qu’Israël est le pays étranger qui jouit de la plus grande popularité, avec 72% d’opinions favorables. Il s’agit du « score » le plus haut atteint par l’État hébreu depuis 1991. À l’opposé, l’Autorité palestinienne fait partie du bas du tableau (19%) non loin de l’Iran (12%) et de la Corée du Nord (11%). Pour l’ancien ambassadeur Yoram Ettinger « ces données auront des incidences sur l’attitude de la Maison Blanche et du Département d’État à cause des élections au Congrès de novembre prochain ».

Tsahal: prix d’excellence pour un soldat orthodoxe (Aroutz 7) Yossi Echtmacker, du yishouv orthodoxe Tifra’h dans le Néguev a achevé avec succès le cours d’officiers, obtenant un prix d’excellence au niveau du bataillon. Il s’agit du deuxième officier orthodoxe à être décoré de la sorte. Echtmaker, issu d’une famille de 14 enfants, est entré dans les rangs de Tsahal en août 2012. Le bataillon orthodoxe « Netsah’ Yehouda » a été à l’honneur ces derniers mois puisque son commandant a été informé que son unité a obtenu le prix d’excellence parmi tous les bataillons d’infanterie et de parachutistes de Tsahal pour ses « succès opérationnels ».

Avions de ligne : nouveau système de protection anti-missiles (Maariv) Les ministères de la Défense et des Transports, en coopération avec la compagnie « Elbit » ont effectué les derniers essais d’un système ultrasophistiqué qui protègera les avions de ligne ou militaires contre des missiles solair portables. Il s’agit d’un procédé unique au monde qui pourra servir toutes les compagnies aériennes qui

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Par Shraga Blum en auront besoin. Tout missile tiré en direction d’un appareil sera détecté quel que soit l’angle et détourné à l’aide d’un rayon laser. Selon les experts, le développement de ce système a été très long - 10 ans - et complexe, utilisant une technologie extrêmement avancée. L’officier gravement blessé se marie !

Le capitaine Ziv Shilon avait été très grièvement blessé par l’explosion d’un engin piégé il y a un an et demi le long de la frontière avec la Bande de Gaza. Shilon a effectué un long processus de rétablissement mais a perdu une main, remplacée par une prothèse. Lors d’une soirée en l’honneur de Tsahal organisée à Miami, l’officier a publiquement demandé son amie Adi Sitbon en mariage. Le futur couple a eu droit à des félicitations personnelles de la part du Premier ministre qui a exprimé « l’émotion particulière ressentie par la population du pays ». Prix de la « Littérature toranique » pour le Rav Liechtenstein

Le Rav Aharon Liechtenstein, 81 ans, directeur de la Yeshivat-Hesder « Har Etzion » à Alon Shevout, a été désigné lauréat du « Prix Israël » dans le domaine de la Littérature toranique pour l’année 5774. Il recevra son prix lors de la traditionnelle cérémonie du « Prix Israël » qui a lieu à Yom Haatsmaout. La Commission d’attribution, présidée par le ministre de l’Éducation Shaï Piron, explique sa décision « par l’immense production littéraire du Rav Liechtenstein qui touche tous les domaines de la littérature biblique et rabbinique ».


ALYAH SERVICE

Par Avraham Azoulay

Rencontre avec Chlomo Zemmour

le responsable d'un nouveau projet pour aider les Français dans leur démarche d'Alya

Le Plus Hebdo : Que recouvre le concept ''Alya Service'' ? Chlomo Zemmour : Un service personnalisé pour une alya adaptée à chacun afin de rendre le processus d'alya plus simple. Les Juifs de France sont très différents avec des besoins différents et avec des moyens différents, certains ont besoin d’être plus guidés, d’être plus accompagnés, c'est à ces derniers que nous nous adressons. Mais nous sommes avant tout à l'écoute de toutes ces merveilleuses personnes qui ont décidé à un moment de leur vie de tout quitter pour venir se fondre dans la société israélienne. C'est une démarche juive responsable et honorable mais avec beaucoup de difficultés du moins au début. En fait nous sommes un véritable COACH d'alya.

Lph : Vous présentez-vous comme un substitut de l'agence juive? C.Z. : Pas du tout, bien au contraire, nous entrons dans un créneau sur lequel l'agence juive ne se trouve pas. Nous aidons à trouver un logement et nous accompagnons le nouvel immigrant qui a fait appel à nous dans ses démarches diverses. Nous conseillons en matière d’éducation et nous recherchons les écoles qui correspondent le mieux aux profils des enfants, des familles qui ont sollicité nos services. Nous guidons pour choisir les déménageurs, nous conseillons sur l'organisation du déménagement et de l'aménagement en Israël. Nous suppléons le nouvel immigrant pour toutes les tâches et démarches que nous pouvons faire nous mêmes.

Lph : D’où tirez-vous votre expérience : de l'Alya ou de la Klita? C.Z. : Je crois que je peux dire que je suis tombé dedans dès ma jeunesse. Déjà au sein du mouvement de jeunesse Bné Akiva, la alya était notre préoccupation et notre but. Puis j'ai longuement dirigé le cadre religieux du lycée fran-

çais de Jérusalem, durant toutes ces années j'ai eu à intégrer de jeunes lycéens et aider bien souvent les parents, nouveaux immigrants, à s'intégrer dans le pays. Par la suite j'ai effectué trois missions pour l'agence juive en France dont une de 3 ans pour le département de la alya et j'ai ensuite occupé le poste de directeur du bureau européen du département de l'éducation de l'agence juive à Jérusalem.

Lph : Alya Service ne pousse-t-il pas à une alya à deux vitesses? C.Z. : Comme notre nom l'indique nous n'avons aucune prétention de stratégie de la Alya. Nous sommes un service privé qui répond à un besoin spécifique. Les immigrants font appel à des prestataires de service dans tous les domaines de leur choix pour réaliser leur Alya. Nous en faisons partie et nos tarifs sont accessibles à tous.

Lph : Que peut-on obtenir avec vous que l'on ne trouve pas ailleurs? C.Z. : Un service que je qualifierais de « proximité ». Nous étudions les besoins des nouveaux immigrants. Nous ne faisons pas que conseiller ou guider, nous agissons parfois par procuration, parfois par accompagnement pour que le olé hadach obtienne le meilleur dans ses premiers pas en Israël. Nous ne faisons pas du service de masse. Nous répondons à l'appel de ceux qui estiment avoir besoin de nous. Notre expérience, notre connaissance de la alya, de l’intégration en Israël, de l'administration israélienne, du système scolaire, liées à un dévouement sans limites et enfin notre fiabilité sont un plus que nous mettons au service de ceux qui le désirent. Lph : Dans quelle région d’Israël opérez-vous? C.Z. : Nous sommes positionnés à Jérusalem mais nous œuvrons dans les principaux centres urbains d'Israël où se concentre l'essentiel de la Alya de France: Ashdod, Ashkelon, la région de Tel Aviv et Netanya. Nous gérons aussi des dossiers de familles vivant dans d'autre régions du pays. Lph : Quel accueil recevez-vous des candidats à l'Alya et des associations qui œuvrent aussi pour l'Alya? C.Z. : L'accueil est jusque là satisfaisant. Du côté des associations d'alya, nous n'avons eu aucune réaction, de toute façon, nous ne faisons pas la même chose. Nous sommes en quelque sorte le "bras long" des familles qui s'adressent à nous. Nous œuvrons avant la alya et ensuite, suivant le contrat, accompagnons la famille ou l'immigrant individuel durant les premières étapes de son intégration. Pour plus de renseignements : France : 01-77501273 / 06-62877229 Israël : 052-3467052 / alyaservicefrance@gmail.com n° 27 - mars 2014 - www.levhair.com - LPH

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GEO ISRAEL

Par Avraham Azoulay

Nous vous proposons cette semaine un zoom sur l’une de nos belles régions : le Goush Etsion. Berceau de notre histoire biblique, la région au sud de Jérusalem, d'abord agricole, connaît un succès important, que ce soit pour y vivre ou pour s'y promener. Deux des responsables du Goush Etsion nous la présentent plus en détails : Davidi Pearl Président du Conseil Régional du Goush Etsion, et Gad Kahana Responsable de la branche tourisme de la région. Le Plus Hebdo : Vous avez été l'adjoint du Rav Hanan Porat. Qu'avez-vous appris de lui ? Davidi Pearl : Beaucoup de choses ! Entre autres je retiendrai son idée selon laquelle lorsqu'on a un objectif et de la volonté, alors on finit toujours par l'atteindre. Le deuxième de ses enseignements qu’il me semble important de souligner, c'est son amour pour l'ensemble du peuple d’Israël. Le respect de « l’assemblée d’Israël » était prioritaire pour lui.

Je suis concentré sur mon mandat à la tête du Goush Etsion : réaliser des avancées, faire évoluer cette région. C'est mon but. (Davidi Pearl)

Lph : Votre parcours a également été marqué par trois années de chli'hout en Australie. Qu'en avezvous retenu ? D.P. : Une mission qui change totalement de ce que l'on peut faire en Israël. Pendant tout ce temps, j'ai appris à composer avec des éléments nouveaux, à surmonter des événements originaux. En cela, c’était un véritable challenge, unique en son genre. Je m'occupais de la jeunesse, de questions d’éducation, mais la véritable perspective selon moi était l'alyah. Lph : Une opération pour l'alyah française « La France d'abord » devrait être bientôt lancée. Qu'est-ce que cela vous inspire ? D.P. : L'alyah, quelle que soit son origine, est très importante parce qu’Israël est le lieu par excellence pour les Juifs. Notre rôle est de faire comprendre aux Juifs qui quittent le pays dans lequel ils vivent de venir s'installer ici et non pas aux États-Unis ou en Australie. Pour cela nous sommes ouverts à toutes les idées, à toutes les initiatives. Pour ce qui est du Goush Etsion, nous agissons pour développer de nouveaux quartiers dans chaque endroit à des prix abordables. Nous y attendons aussi des olim de France et d'ailleurs.

Lph : Que vous suggère l'expression : « Médias israéliens » ? D.P. : Il peut en sortir du bon. Mais à mon grand regret, ils oublient trop souvent qu'ils n'existent pas pour se servir eux-mêmes, mais pour le public. Ils sont prêts à créer de toutes pièces des événements, uniquement pour sortir un article. Par conséquent, je n'ai que peu confiance dans les médias.

Lph : Vous utilisez beaucoup les réseaux sociaux, notamment FaceBook. Pourquoi ? D.P. : Ce sont de bons moyens pour atteindre un public le plus largement possible. On le sait aujourd'hui : les grandes révolutions du monde arabe ont commencé sur FaceBook, la « protestation des tentes en Israël »

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aussi. Aujourd'hui un responsable public ne peut pas s'en passer. Cela procure une proximité et une disponibilité afin de créer un leadership beaucoup plus pertinent et significatif sur le terrain.

Lph : Que pensez-vous de Naftali Bennett ? D.P. : Il a un très grand potentiel. Il concentre aujourd'hui beaucoup de pouvoirs dans ses mains. Il a déjà atteint des résultats mais il peut faire encore beaucoup plus. Lph : Et que vous inspire Binyamin Netanyahou ? D.P. : Il occupe un poste difficile. Je prie pour lui chaque matin. Le Rav Kook a enseigné qu'un Roi ne disposait pas du libre arbitre : il reçoit d'En-Haut les instructions sur ce qu'il doit faire. Nous prions pour qu'Hachem lui fasse entendre les bons conseils, qui lui permettront d'agir avec intelligence. Je pense que la volonté du Premier Ministre est la même que la nôtre : que le peuple d’Israël vive en paix partout. Il subit des pressions considérables mais je crois qu'il peut les surmonter. Nous nous tenons là pour le renforcer. Nous sommes en contact avec son bureau, nous maintenons un contact permanent et aussi proche que possible avec lui.

Lph : Comment vous situez-vous politiquement compte-tenu des évolutions de l’actualité, en ce qui concerne les implantations notamment ? D.P. : Il est vrai que ce que nous entendons aujourd'hui ne nous plaît vraiment pas, cela pourrait avoir de quoi nous inquiéter. Mais je suis un Juif croyant. Donc, je fais confiance à D'ieu et je ne me fais pas de souci. Lph : Quel est votre regard sur la jeunesse ? D.P. : La nouvelle technologie lui procure beaucoup d'avantages. Les jeunes aujourd'hui ont des possibilités que nous n'avions pas. Ils ont beaucoup d'ambition et de courage à mon avis. Si nous savons les exploiter, les orienter comme il se doit, alors l’État d’Israël continuera à se développer à un bon rythme. Lph : Plus personnellement, où vous voyez-vous dans cinq ans ? D.P. : Pour l'instant je suis concentré sur mon mandat à la tête du Goush Etsion : réaliser des avancées, faire évoluer cette région. C'est mon but. Je ne suis pas un homme politique mais l'action et l’amélioration de notre vie sont mes moteurs.


GEO ISRAEL

Que les gens viennent dans le Goush Etsion d'abord pour le plaisir que leur procurera la visite et pas « pour renforcer » les habitants ! (Gad Kahana)

Le Plus Hebdo : Faites-vous un lien entre le tourisme et la hasbara ? Gad Kahana : Toutes les activités que nous organisons sont motivées par un message de transmission, de lien avec la terre, avec son développement. D'ailleurs, on le constate, vivre dans les implantations aujourd'hui est différent de ce que c’était il y a trente ans. On peut profiter d'une grande qualité de vie, que ce soit au niveau des infrastructures, du logement, de l’éducation des enfants, de l'environnement, de la culture. Vivre ici, ce n'est pas qu'une question d’idéologie. J'ai moi-même grandi à Jérusalem puis à Ramat Gan. Mon choix de vivre dans le Goush Etsion tient évidemment à des aspects idéologiques, mais pas seulement. J'y ai trouvé une qualité de vie que je pense beaucoup des jeunes qui s'y installent aujourd'hui recherchent aussi. Nous investissons beaucoup dans l'organisation de visites pour des députés, des sénateurs, des journalistes, des investisseurs et pour tous ceux qui peuvent avoir un rôle d'influence en la matière. Au-delà, notre objectif est d'atteindre le cœur de l'ensemble d’Israël pas uniquement pour leur dire que nous vivons ici et que tout va bien, mais pour leur montrer que nous vivons une vie merveilleuse ici ! Il y a dans le Goush Etsion un microcosme de tout le peuple d’Israël et de toutes les tendances de la société israélienne. Lph : Les événements touristiques que vous orga-

Par Avraham Azoulay nisez attirent-ils un public varié ? G.K. : Tout à fait. Des personnes du nord au sud du pays, religieux et non-religieux. Et c'est ce que nous recherchons : toucher tout le monde, pas un public spécifique. Il arrive aussi que nous organisions des événements plus ciblés, par exemple en partenariat avec la ville haredite de Beitar Illit. Mais dans l'ensemble, nous ne renonçons à personne et voulons voir tout le monde ici. On a aussi beaucoup de visiteurs étrangers, notamment sur le site de Herodion.

Lph : Quel message voulez-vous faire passer aux touristes potentiels ? G.K. : Il est important pour nous que les gens viennent visiter le Goush Etsion. Chaque personne attachée à notre héritage historique ne peut que se sentir reliée au Goush Etsion, et ce quelles que soient ses idées politiques. Je vois même des non-Juifs saisir la force de notre histoire en venant sur les lieux, des sénateurs ont versé des larmes d’émotion ! Nous n'avons pas besoin de leur parler, ils ressentent, comprennent ce qui se joue dans cet endroit. Les idées préconçues sur ce qu'on va trouver et voir après le tunnel à la sortie de Jérusalem tombent. Pour moi, ce qui est important c'est que les gens qui viennent dans le Goush Etsion viennent d'abord pour le plaisir que leur procurera la visite et pas « pour renforcer » les habitants. Ce n'est pas un service qu'ils nous rendent mais un plaisir qu'ils s'octroient.

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EDUCATION

Par Sandrine Alfon-Sroussi

La pression scolaire, pourquoi tant de mal ?

remonte aux sources du blocage, du surinvestissement sur l’enfant depuis sa naissance etc.

Comment aborder les devoirs dans le calme ? Les devoirs sont source de stress pour les parents mais aussi et surtout pour l’enfant. Or, on devrait préparer le calme dès la sortie de l’école. Des bisous, des câlins puis des questions sur sa journée, afin d’arriver à la maison plus détendus pour aborder le rituel des devoirs-douche-repascoucher dans le calme.

Lev Haïr s’intéresse aujourd’hui au thème de la pression scolaire. Nous avons interrogé Annie Uzan, psychologue de formation, qui exerce le métier de professeur des écoles depuis 26 ans.

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Quelles sont les causes de la pression scolaire croissante qu’exercent certains parents sur leurs enfants ? Il y en a plusieurs. La crise économique et l’incertitude sur l’avenir ne font que décupler la peur des parents de l’échec scolaire potentiel. Or, en rentrant à la maison, l’enfant, tout comme l’adulte, n’aspire qu'à une chose : se retrouver dans son cocon familial, pouvoir se détendre enfin, après une journée mouvementée ! Mais c’est là qu’une deuxième journée de travail commence, pour les parents (surtout pour les mamans !), mais aussi pour l’enfant ! Le compte à rebours commence : goûter, devoirs, douche, repas, brossage de dents, coucher et tout cela en un temps record ! Et la pression monte ! Il faut faire vite et… on oublie le rythme de l’enfant qui préfère jouer ou regarder la télévision plutôt que d’aller encore travailler…

Les parents ne sont-ils pas pris au piège du mythe de l’enfant idéal ? Le mythe de l'enfant idéal commence dès la grossesse durant laquelle il est idéalisé avant même sa naissance. Puis, la relation « parent-enfant » en « miroir » débute : quand l’enfant nous ressemble, qu’il est parfait et qu’il ramène de bonnes notes, c’est le notre, sinon, c’est celui d’un autre ! Or, cet enfant nous ressemble certes avec nos qualités mais aussi avec nos défauts ! La frustration parentale peut alors aller des reproches, aux cris et aux coups. Conséquence : des dégâts sur la personnalité de l'enfant. La dévalorisation de l'enfant peut avoir de graves répercussions, des troubles psychosomatiques (maux de tête ou de ventre à prendre en compte s’ils sont trop répétés), aux inhibitions et blocages divers, jusqu'au refus pur et simple d'aller à l'école. Quand je travaille sur les phobies scolaires, je

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Combien de temps les devoirs doivent-il durer ? Les instructions officielles interdisent les devoirs écrits et privilégient les leçons à revoir. Le temps des devoirs doit être adapté à l’âge. Pas plus de 30 mn chaque soir et 1 h le dimanche au CP. Au primaire, du CE1 au Cm2, 1 h maximum par soir, voire 2 le Weekend end avec une pause lorsque l'enfant fatigue. Pas d’exercices systématiques, source de cris et de tensions… Quant à l’assistance des parents, tout dépend également de l’âge et de la demande de l’enfant. Les parents doivent proposer leur aide et fixer un temps donné. Rendre autonome son enfant, c’est une bonne idée, à condition que l’enfant y soit prêt.

Comment ne pas entrer en conflit avec eux au risque de les démotiver ? Il faut savoir accepter la nature différente de chaque enfant, selon qu’il est plus ou moins nerveux, calme… Respecter son rythme et surtout comprendre que son intention n'est pas de contrarier sa mère ou son père. Les parents doivent comprendre qu’il existe des codes de communication pour chaque âge. Petits, ils travaillent bien pour vous, dans une relation de séduction. C’est tout à fait normal. Avec l’âge, les enfants doivent comprendre qu’ils travaillent essentiellement pour eux et non pour vous. Les cours privés ou l’aide d’une tierce personne peuvent être bonne idée quand ces moments deviennent trop conflictuels. Cela permet aux parents une prise de recul et d’éviter le rapport de force qui évite la dévalorisation de l’enfant. En conclusion, trop de pression risque de casser la relation parent-enfant, de rendre l’enfant malheureux et dépressif avec toutes les conséquences que nous avons exposées. Alors, pas de stress, les parents !! Ce sont juste des enfants !


COACH ET JUDAISME Shabbat ? Tout est permis !

Par Aaron Darmon

Ah, c'est bien beau le Shabbat. Enfin, c'est ce qu'on nous dit… Bien sûr, il y a des gens qui adorent le Shabbat. Les accros du repos, des grand repas familiaux, de la tafina ou du Tchoulent traditionnels, de la sieste, des longues prières à la synagogue. Et puis il y a les autres… Ceux pour qui ces 25 heures de chômage forcé, sans mail, Facebook, Iphone ou cigarettes – sont un véritable cauchemar. Les dîners avec la famille ? Une galère. Les prières ? Vivement la fin. Le repos ? Ca les rend nerveux. Pour eux, le Shabbat est un long fleuve pas tranquille et bourré d'interdictions. On ne peut rien faire – tout est défendu ! Je dis « eux » à propos de ces gens mais il y a pas si longtemps que ça (enfin, cela dépend comment vous définissez 20 ans) je pensais de la même manière et pour moi, « eux », c'était « nous »… Jusqu'à ce qu'un jour, dans la salle d'attente d'un docteur assez louche, la Providence m'a mis entre les mains un livre d'Erich Fromm, le célèbre professeur de psychologie, psychanalyste et philosophe. Et bien non, ce n'est pas un rabbin qui m'a fait aimer le Shabbat ! Dans ce livre, Fromm explique avant tout la différence entre la culture de l'Orient et celle de l'Occident. Pour lui, il s'agit de deux modes de vie, qui sont définis et mis en valeur par les auxiliaires Être et Avoir. Pour le monde oriental, ce qui compte, c'est l'Être. Plus je conjugue ma vie avec cet auxiliaire, plus je vis et me sens en accord avec moi-même. Ces civilisations, comme l'Inde ou la Chine – sont à la recherche perpétuelle de l'Être et sont donc concentrées sur la vie intérieure, le mysticisme, la religion, la quête du savoir profond et du sens de la vie. Du coup, l'Orient délaisse le coté terrestre de la

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vie et se contente du minimum au niveau matériel. L'idéal, c'est un moine dépouillé de tout bien tangible et qui recherche la paix de son âme. De l'autre coté du monde, l'Occident vit au mode de l'Avoir. Plus j'acquiers des biens – mieux je me sens. C'est la course à la consommation et au pouvoir d'achat. Le temple de l'occident, c'est donc le centre commercial (le kanyon en hébreu). Le sens de la vie, c'est faire du shopping et le « top », c'est d'avoir deux voitures, quatre ordinateurs, deux Iphones (le dernier en date, surtout pas une ancienne version d'il y a 6 mois) trois Ipads, etc… Et c'est là que Fromm, penseur qui a grandi dans un milieu juif orthodoxe, explique la place d'Israël : à la jonction entre l'Orient et l'Occident. En effet, pendant six jours le peuple juif vit à la mode occidentale et respire le monde des affaires, des acquisitions, des finances et de la science qui fait avancer le monde matériel. Arrive le septième jour de la semaine et là, c'est fou : le juif devient plus extrémiste que l'extrême Oriental : il se sépare de tous ses biens et reste dépouillé, sans électricité, sans moyen de transport, sans argent. Et c'est ainsi qu'il peut entièrement se concentrer sur l'Être pendant le Shabbat. Compris de la sorte, le Shabbat ne peut pas être une corvée. Ce n'est pas un jour ou tout est interdit – bien au contraire, c'est le jour où il m'est permis de me concentrer sur les valeurs essentielles de la réalité. C'est un cadeau qui me permet d'y voir plus clair dans ma vie. Grâce à la séparation imposée du monde matériel, le Shabbat m'autorise à m'élever vers un monde où je comprends que ce que je suis véritablement n'a pas de rapport avec mes biens et mes possessions. Grâce au Shabbat, nous avons le droit… d'être !


COTE PSY

Par Mireille Karsenty

Psy en ligne ?

Branle-bas de combat dans le monde de la psy. Le téléphone, Internet : la psy en réseau débarque. Et dérange ! Exit la présence physique, place au transfert virtuel. Thérapie ? Sans doute pas, mais réel soutien psychologique. Ce n’est pas la première fois que l’utilisation de la technologie par des psy est mise en cause. En 1975, une psychanalyste donnait, chaque après-midi, des conseils en direct aux auditeurs de France-Inter. C’était, bien sûr, Françoise Dolto. Du jamais vu ou, tout au moins, du jamais entendu. Une récente étude de l’American Psychological Association, effectuée sur quarante patients – dont la moitié suivis par téléphone – a révélé que le travail à distance était plus rapide. « Comme le langage du corps est invisible au téléphone, nous nous dévoilons plus facilement, explique l’un des psychologues-chercheurs. Et nous n’utilisons pas les jeux de séduction ou de protection habituels ». Les utilisateurs l’assurent : « Ces thérapies ne sont pas bidon ». Elles ont permis un mieux- être. Les motifs de consultation à distance sont identiques à ceux qui poussent à consulter en cabinet : problèmes affectifs, difficultés relationnelles, manque de confiance en soi, état dépressif, anxiété, deuil… Loin du regard et du corps du thérapeute, les anciennes victimes d’inceste ou d’abus sexuels parviennent plus facilement à évoquer les ravages subis. « Impossible de dire la violence et ma souffrance face à un thérapeute en chair et en os » confie Judith, 39 ans. « Trop d’émotions, trop de honte. Pour la première fois, par téléphone j’ai osé et je me suis sentie comprise ». Un homme d’affaires de New-York, des agoraphobes qui ne sortent plus de chez eux, des individus qui se sentent en danger face au regard de l’autre, jamais ces gens n’accepteraient de mettre les pieds dans mon ca-

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binet. Mais il y a aussi des personnes qui vivent en France et sont satisfaites. « Finies les contraintes horaires et les cavalcades dans les transports pour être à l’heure à mes séances. Et si je déménage, je pourrai quand même garder ma psy ». « J’apprécie tellement de bénéficier d’une psy juive qui respecte et s’appuie sur les valeurs de la Torah, même si je ne suis pas pratiquante pour autant ». Parmi les bénéficiaires des thérapies à distance, n’oublions pas les handicapés physiques incapables de se déplacer seuls, ou simplement les habitants des petites villes soucieux de consulter, sans que tout le monde le sache. « J’ai décidé d’entreprendre une thérapie à distance dès que j’ai su que c’était possible » confirme Adi, 28 ans, qui habite un petit mochav. « J’avais d’abord pris des rendez-vous avec le psychothérapeute qui reçoit ici. Dès le deuxième RDV, tous mes proches étaient au courant. J’ai envie de parler à une psy sans que ma voisine me demande si ça me fait du bien ». La psychothérapie par téléphone présente des avantages incontestables. Mais s’agit-il exactement du même travail qu’en face à face ? Non. Ce serait mentir. Entre des mots d’amour déposés sur la messagerie vocale de l’être aimé et une étreinte torride, chacun peut comprendre qu’il y a une différence. D’ailleurs, la plupart du temps les consultations par téléphone se mettent en place avec des patients déjà reçus en entretien. Malgré tout, au téléphone, comme dans l’intimité du cabinet, ce qui guérit, c’est le transfert, ce lien particulier qui se noue entre le patient et le thérapeute. À partir du moment où il n’y a pas ce regard de l’autre qui vient rompre le discours, le transfert est automatique. Et puis, on peut intervenir avec davantage de force parce qu’on est focalisé sur la voix. Cependant, opposer face-à-face et téléphone ne mène à rien d’intéressant. Il est bien certain que consulter par téléphone est limité ; mais c’est justement en raison de ces limites que des patients, qui pourraient facilement consulter en cabinet, les choisissent. Grâce à la distance encore le thérapeute risque moins de se métamorphoser en personnage dangereux, séducteur, en rival écrasant, en juge… Le transfert est plus léger. Alors bien sûr, pour certains « ça » va moins loin qu’une psychothérapie en cabinet. Mais aller loin n’est justement pas la demande de tous les patients ! Mireille Karsenty: +972-2-6527545


NOS AINES

Par Sandrine Alfon-Sroussi

Demain, tous centenaires ?

Cellules souches et organismes quasi immortels L’étude des cellules souches, contenues dans le placenta est une piste d’étude actuelle pour freiner le vieillissement. Les chercheurs travaillent aussi désormais sur des organismes vivants quasiment immortels, notamment sur des bactéries ultra-résistantes, qui pourraient renfermer les clés de la longévité. La méduse Turritopsis Nutricula, par exemple, est un organisme ne semble pas respecter le cycle de vie « normal », soit naissance, croissance, maturation, dégénérescence puis mort. Après avoir atteint sa maturation sexuelle, ses cycles de croissance-rajeunissement pourraient se succéder indéfiniment ! A suivre…

Février 2014. Robert Marchand, 102 ans, bat son propre record de l'heure à vélo dans sa catégorie d'âge. Okinawa au Japon, la Chine, de même que la Crète et la Sardaigne se distinguent par leur population très âgée et néanmoins en bonne santé ! Car ce n’est pas une fin en soi de vivre plus longtemps, l’essentiel étant de vieillir en bonne forme physique et mentale. Au 1er janvier 2010, 15 000 centenaires vivent en France métropolitaine  : 13 fois plus qu’en 1970. Neuf centenaires sur dix sont des femmes et parmi les personnes de 110 ans et plus, il n’y a quasiment que des femmes.  Dans cinquante ans, la France pourrait compter 200 000 centenaires, soit treize fois plus qu’aujourd’hui.

Rosette Zaoui, entourée de sa nièce Hélyette Ganizate, de Jean-Pierre Taïeb, et de Christophe Lentz, directeur de l’établissement.

L’alimentation, facteur de longévité ? Prenons le régime alimentaire et le mode de vie des habitants d’Okinawa. On constate qu’ils mangent très peu de viande, beaucoup de poisson, presque pas de sel. Beaucoup de soja, cuisiné sous toutes ses formes car il possède des vertus antioxydantes, anti-cancer et anti-ostéoporose. Très peu de laitages, qui favorisent les troubles cardiovasculaires. Ils consomment beaucoup d’eau fraîche et quasiment pas d’alcool. Enfin, leur mode de vie inclut des activités physiques quotidiennes et très peu de tabac. Certaines de ces habitudes alimentaires se retrouvent aussi dans le régime dit « crétois », soit une alimentation méditerranéenne riche en poisson, oméga 3, légumineuses, fruits et légumes, propice à protéger les artères et à limiter l’oxydation générale des cellules. A ce sujet, les chercheurs de l’université de Tel Aviv ont établi que la restriction calorique permettait « d’éteindre » des gènes directement liés au vieillissement. Pour le moment, ce n’est pas encore applicable à l’homme mais cette découverte est importante car ces gènes concerneraient 40 à 70 % de notre vieillissement général.

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Un ADN particulier ? Quelle est l’importance des gènes dans le vieillissement ?  En effet, la génétique contribue à expliquer en partie la résistance exceptionnelle des centenaires. Plusieurs gènes associés à la longévité ont déjà été identifiés chez des organismes plus simples comme la souris, la drosophile ou encore le ver. C'est le cas du gène APOE qui améliore le transport du cholestérol. Or, après étude effectuée sur des centenaires, seul ce gène est vraiment surreprésenté chez les centenaires. Finalement, le secret de la longévité est peut-être de posséder des enzymes de réparation et d'entretien de l'ADN et des cellules plus performantes que la moyenne de la population. Selon le Dr Barzilai (1), sept marqueurs génétiques favorisent la longévité en limitant les risques de diabète, maladies cardiaques ou démences (comme la maladie d'Alzheimer). « Une vie saine vous aide à dépasser les 80 ans, mais pas les 100 ans », explique-t-il.

Et le psychisme dans tout ça ? Un simple constat empirique : les centenaires semblent être des personnes résolument optimistes et intellectuellement curieuses. Dotées de fortes personnalités, elles sont souvent très entourées. Alors quelle est la clé du succès ? Un bon génome, un mode de vie sain et équilibré et une relative absence de stress. Nous pouvons déjà essayer d’avoir une bonne hygiène de vie, ça c’est entre nos mains ! Lundi 10 janvier, la Villa David fêtait les 100 ans de sa résidente et doyenne Rosette Zaoui. Née en Algérie, elle devient brodeuse puis quitte l’Algérie comme tant d’autres juifs au moment de l’indépendance. Plus de mari, plus de maison mais dotée d une ténacité à toute épreuve, Rosette retrouvera du travail dans une usine de lingerie à Meaux et elle y restera jusqu’à sa retraite. Comme on peut le deviner, Rosette a une forte personnalité mais elle est aussi optimiste, dotée d’une bonne constitution et a d’un bon appétit. Alors, si elle est arrivée à cet âge avancé, c’est certainement dû à ses gènes car on vit bien vieux dans sa famille : son frère aîné n’a que 105 ans !! Alors retrouvons la à son prochain anniversaire !!


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PORTRAIT Policier dans la vie comme à l’écran

Par Magali Barthès

Certains rêvent de passer de la fiction à la réalité. Pour Pierre-Jean Taïeb, c’est l’inverse. Policier à la BAC pendant 20 ans (nouvellement affecté à la BAM, Brigade des mandats), la figuration est pour lui plus qu’un complément financier, une véritable passion. Depuis une dizaine d’années à Marseille, celui que les jeunes délinquants du secteur centre surnomment le « pitbull » joue son propre rôle, sur petit et grand écran. Il compte à son actif pas moins de 80 films. Un uniforme, une arme de service, des menottes... Entre la réalité et la fiction, il y a parfois si peu de différences. Enfant, Pierre-Jean Taïeb rêvait en secret à ce sacerdoce de policier : « J’ai toujours voulu entrer dans la police pour combattre l’injustice et défendre les plus faibles ». Parfois, son quotidien lui apporte quelques satisfactions inattendues : « Je pense en particulier à ces délinquants repentis qui vous invitent à boire un café. Ils vous parlent avec beaucoup de respect. Pour un policier, il s’agit de la plus belle des récompenses ». Pierre-Jean Taïeb aime tellement son métier qu’il a choisi de l’incarner. Longs métrages, téléfilms, séries TV, reconstitutions... le « policier-acteur » multiplie les apparitions aux côtés des stars du cinéma, dans les tournages de la région : « No limit », « L’immortel  », «  Taxi 4  », «  Plus belle la vie » et prochainement « La French »... S’il interprète le plus naturellement du monde le rôle qu’il connaît le mieux, parfois ces rôles changent et « PJ » troque l’habit du policier pour celui du brigand, ce qui lui procure une certaine adrénaline. Devenu l’un des premiers policiers à être figurant, Pierre-Jean Taïeb mesure pleinement cette chance d’avoir une approche plus dilettante de la profession. Mais comment en est-il arrivé là ? « Au départ, je ne pensais pas faire du cinéma, mais les activités artistiques étaient les seuls domaines ouverts aux policiers. Olivier Marchal m’a mis le pied à l’étrier. Il re-

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cherchait trois ou quatre policiers volontaires pour faire de la figuration. J’ai répondu à son appel, puis tout s’est enchaîné, et j’ai eu la chance de rencontrer de célèbres acteurs et réalisateurs (Richard Berry, Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Luc Besson, Edouard Molinaro, Cédric Jimenez...)». Aujourd’hui, son regard de policier est très convoité par les réalisateurs : « Ils ont besoin de connaître cette gestuelle des professionnels, et nous demandent très souvent des conseils ». Pierre-Jean est même devenu conseiller technique, en plus de son travail d’acteur. Si pour lui la magie du cinéma fait moins son effet, il conserve toutefois un regard neuf sur le 7ème art : « Je suis bien évidemment captivé par les films d’action, le montage se fait d’une telle manière que l’on y croit toujours ». Dans la famille, le passe-temps de « PJ » a fait des émules et deux de ses filles ont participé au tournage de « Camping Paradis ».

« La religion, une thérapie » Depuis quelques années, la religion prend une place importante dans la vie de Pierre-Jean Taïeb, notamment suite au décès de sa mère en 2007, et celui de son père en 2010. Il est aujourd’hui un membre actif de la synagogue Olivier de Château-Gombert : « Avec les aléas de la vie, je peux dire que la Marchal synagogue s’est rapprochée de m’a mis le moi. J’ai appris l’hébreu, ce qui pied à m’a permis d’apprendre des prières l’étrier quotidiennes et de réciter le Kaddisch, en hommage aux êtres chers disparus. Je considère la religion comme une véritable thérapie pour revenir à des valeurs que je ne connaissais pas et depuis quelques années, le samedi est un jour de repos où je me ressource physiquement et spirituellement ». Si à 55 ans, Pierre-Jean Taïeb assure « en avoir encore pour longtemps dans la police », son planning de retraité est déjà bien ficelé. « La figuration est une activité très plaisante, avec la prise de risque en moins ! », clame t-il. En tout cas, une chose semble quasi certaine : il devrait porter l’uniforme toute sa vie. Pour continuer à défendre les plus faibles et prolonger son rêve d’enfant.

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VOYAGE ET DECOUVERTE

Par Gabriel COHEN

Les Orres, la station idéale pour un pessah en famille

La station la station des Orres, labellisée Famille plus, dans le département des hautes-alpes, se trouve à proximité du parc national des ecrins.elle benéficie de toutes les infrastructures d’une grande station alpine avec le charme et l’accueil en sus : bonne humeur, animations et dynamisme vous offrent de multiples possibilités sportives, festives, de shopping ou de Contact : détente… selon une étude, elle serait la station la infos resa : moins chère de france. CAEJ Tout dans la station des orres a été conçu pour que les E-mail : vacances à la neige en famille conjuguent plaisir et resa@caej.fr facilités : poussettes pneus neige,aménagement d’un Tél. : 01 42 33 20 53 coin change bébé, nouvel espace luge pour les enfants jusqu'à 6 ans au centre station 1650, création d’un espace ludique neige avec toboggan au niveau des pistes de luge de bois méan.

Hébergement situé au pied des pistes de ski du village des orres, l'établissement les écrins se trouve dans la zone piétonne de la station. il vous propose une connexion wi-fi gratuite, un sauna, un bar les chambres offrent toutes une vue sur la vallée d'embrun.

Activités et détente la patinoire salon de thé, située au 1er étage de la patinoire avec une vue imprenable sur la vallée de Serre-Ponçon - A tester à tout prix : "l'orrian express", une piste de luge panoramique dont le tracé exceptionnel de 710m de descente, la longueur totale de 1km500 et les 3 vrilles en font une exclusivité dans les hautes-alpes. - les randonnées en motoneige - le snake gliss : 4 km de sensations fortes et de fous rires garantis! - les balades en raquettes. - le ski-joëring: skieur trainé par un cheval et tours à poney en longe avec les parents, baby ski-joëring, calèche. - les chiens de traineau:en balade, installés dans le traineau, laissez-vous emporter par un attelage de 8 à 12 chiens! - cinéma, bowling Salles de repos intérieures et terrasses- solarium.

Eté comme hiver, goûtez aux joies du bassin extérieur à déversement de plus de 300 m², ouvert toute l’année, équipé d’une grande variété d’effets d’eau : jets paraboliques, rivière à courant, zones calmes, lit bouillonnant. La table Strictement cacher lamehadrine, riches abondante et variee qui fait notre reputation depuis de nombreuse année avec ou sans kitniot.

Sédarims offices et conférences avec le Rav Ghidalia.

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VOYAGE ET DECOUVERTE

Par Gabriel COHEN

Bénodet , la Station 5 étoiles

COMMENT Y ALLER ?

Lignes régulières : Air France www.airfrance.fr ryanair jetairfly.com easyjet Paris, Nice, Lyon, Marseille, Toulon, Lille Bordeaux Par le train

7 liaisons quotidiennes Paris-Quimper

Liaison Quimper / Bénodet En car :

départ gare routière, proche de la gare. Tarif : 2€ Aller Horaires et Trajets www.cat29.fr INFOS :

A FAIRE / A VISITER • Le Relais Thalasso Bénodet • Reliée au petit port authentique de Combrit-SainteMarine par le Pont de Cornouaille, la côte maritime profite d'une grande plage de sable fin exposée sud jusqu'à la pointe Saint-Gildas. • Musée du Bord de Mer • Biscuiterie du bénodet HEBERGEMENT « RS MAZAL » organise un merveilleux Pessah en pension complète à l’hôtel KER - MOOR, situé sur la corniche de Bénodet, dans un grand parc face à la mer.

LOISIRS ET DETENTE connexion Wi-Fi, Piscine découverte et chauffée – Billard, Mini-club court de tennis, parcours de golf, tennis de table, location de vélos, soirée Israélienne par le chanteur Rany ZER et mimouna avec Gaby. OU MANGER HOTEL KER – MOOR – RESTAURANT par RS MAZAL (Cacher pour cette période de Pessah). VIE SPIRITUELLE Synagogue à l’hôtel ; conférences et offices assurés par les rabbanim AZERAD et Benamou. POUR VOS ENFANTS Le mini-club (encadrement par animateurs).

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RS MAZAL : SABRINA : 06 16 70 48 49 – 06 20 47 28 43

La Région Ancienne cité thermale connue du temps des Romains, Bénodet, "Penn Odet" est un petit havre de paix au sud de Quimper en Cornouaille. Station balnéaire du littoral finistérien, grâce à une infrastructure hôtelière de qualité et la proximité de la thalasso qui permet à chacun d'associer soin et bien-être. Avant de rejoindre la mer, la rivière aux mille détours s'ouvre et permet au port de Penfoul d'abriter les bateaux de plaisance. La célèbre corniche qui longe la plage, la thalasso, le casino et les nombreux hôtels de la station balnéaire est le lieu de rendez-vous habituel des noctambules.

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CULTURE

Par Sandrine Alfon-Sroussi

Steve Levy, passeur d’histoire et de mémoire :

des mots pour exorciser les maux

moins en moins et sont peu conscients des enjeux de "nos mémoires vivantes qui partent" (qui ont plus de 80 ans). Confronté aux tensions de nos sociétés depuis 15 ans, j’ai écrit ce livre pour établir un pont entre passé et présent, pour mettre des mots sur tous ces silences rencontrés avec les enfants, les ados, les adultes et même les enseignants. Pour rendre hommage à ceux qui « crèvent » derrière des faits d'actualité abjects (Toulouse, le néo-nazi en Suède). Pour croire en l'homme, demain, peut-être ?

« Mémoires cousues de silences » éditions Autres Talents est disponible au CDI de l’ORT Marseille http://marseille.ort.asso. fr/, sur http://autrestalents.fr et sur demande par mail à steve.levy@ wanadoo.fr

Steve Lévy est prof d’histoire à l’ORT Marseille. D’origine juive ashkénaze, il a écrit un livre sur la Shoah, « Mémoires cousues de silences ». Jusque là, rien d’extraordinaire. Sauf que rien n’est ordinaire dans cet homme, musicien dans l’âme, qui a pris en pleine face, en plein cœur, tous ces non dits de la mémoire blessée, torturée et à jamais marquée de ces survivants de la Shoah si proches, ses parents qui ont passé la guerre à fuir sans cesse de village en village, à se cacher par peur des dénonciations et des rafles… Dans quelles circonstances avez-vous écrit ce livre ? Je n’avais aucune intention d’écrire un livre sur la shoah. Pourtant, j’ai participé aux procès Papon et Barbie avec mes élèves et vu de près ces hommes ordinaires devenus en conscience, des bourreaux extraordinaires… Il y a 3 ans, on m’a proposé d’accompagner mes élèves à Auschwitz à l’occasion d’un voyage organisé par le conseil général. J’ai refusé mais, comme un fait exprès, je n’ai pas eu le choix… Je me suis donc retrouvé à Auschwitz, dans le camp recouvert par 10 cm de neige, dans un paysage qui mettait de suite dans des conditions psychologiques particulières. Et à mon retour, le besoin d’écrire m’est apparu comme une évidence… Pourquoi, dans quel but l’avez-vous écrit ? Afin de transmettre vers ces gosses qui lisent de

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Quel retour avez-vous obtenu suite à la parution de votre livre ? Depuis sa parution début septembre, les retours ont été très positifs ! Plus de 100 exemplaires ont été achetés par des gens de tous âges et de toutes appartenances. Pour un inconnu, c'est pas mal ! Un jour, les gosses du lycée, en seconde, m'ont parlé de mon livre. Cela m’a beaucoup touché, ces 27 paires d'yeux qui vous observent religieusement, vous écoutent et posent des questions après une lecture de plus d'une heure à leur demande insistante, dans un silence profond (livre en consultation au CDI). Ensuite, ils m'ont jeté des petits mots sur le bureau… Le mot de la fin… J’ai l’impression d’être devenu un véritable "capteur de mémoires" ! Celles d’Indochine, d'Algérie, celle d’un Savoyard passeur pendant la guerre ou même d’autres, car ensuite, la parole des lecteurs s'ouvre vers leur vécu, leur passé familial. L'universalité des "mémoires cousues" semble toucher d'autres peuples. Ce livre peut être lu en 2 heures dans sa totalité ou par bribes car chaque petit thème énoncé peut être parcouru, détaché du reste, puis relu ! J’utilise volontiers un humour au 3ème degré, qui me permet d'entrer dans ce passé, par plusieurs portes de la mémoire, comme par exemple, à la page 9, quand j’explique pourquoi il ne faut pas acheter ce livre ! Je suis simplement "un passeur" du 20ème ou du 21ème siècle. Je souhaite juste que cet essai touche le cœur, la conscience, la réflexion de certains, au-delà des divisions, des différences. Ne pas oublier, jamais... surtout les enfants qui n'ont pas eu le droit de vivre leur destin.


NOS RACINES

Par Jean-Pierre Allali

Communautés juives du monde entier

Les juifs d'Azerbaïdjan Ancien rédacteur en chef de Tribune Juive, Jean-Pierre Allali, par ailleurs écrivain et membre du Bureau Exécutif du CRIF, est un passionné de l'histoire des communautés juives du monde. Il nous brosse ici un tableau du judaïsme de l'Azerbaïdjan, pays où il se rend régulièrement depuis quelques années.

L'Azerbaïdjan, État d'Asie occidentale, est situé en Transcaucasie orientale. Limité au nord par le Daghestan russe, au nord-ouest par la Géorgie, à l'ouest par l'Arménie et au sud par l'Iran, il est bordé à l'est par la mer Caspienne. Ce petit pays de 86 600 kilomètres carrés a pour capitale Bakou. Si sa population de 8 millions d'habitants est en grande partie composée d'Azéris, les groupes minoritaires sont très nombreux, ce qui fait de ce pays une véritable mosaïque de peuples. Aux Azéris s'ajoutent les Lezguiens, les Russes, les Ukrainiens, les Géorgiens, les Arméniens, les Talishs, les Avars, les Turcs, les Tatars, les Tsakhours, les Kurdes, les Tats, les Oudines, les Khinalugh, les Ingiloys, les Haputs, les Dzheks , les Kirizs et...les Juifs. Avant la création de l'État d'Israël, il y avait quelque 80 000 Juifs en Azerbaïdjan. Plus de 50 000 ont choisi d'émigrer en Eretz Israël et d'autres ailleurs à travers le monde. Mais la plupart reviennent régulièrement au pays d'origine. Si les dirigeants actuels de la communauté juive avancent le chiffre de 30 000 Juifs dans le pays, la réalité est plus proche de 10 000 car ces dirigeants ont tendance à intégrer dans leur compte, les Israéliens qui font des allers-retours fréquents et les enfants nés de mariages mixtes qui sont assez courants. La présence juive en Azerbaïdjan date de la nuit des temps. Aux Juifs venus de Jérusalem après la destruction du Temple, se sont ajoutés des Juifs venus plus tard de Perse, d'Allemagne, de Russie, de Géorgie et, plus généralement d'Europe centrale. À Bakou, capitale du pays, on compte trois synagogues dans lesquelles se regroupent les Ashkénazes, les Géorgiens et les Juifs des Montagnes. Après avoir débuté en 2002, les travaux pour la construction de la nouvelle synagogue ashkénaze avaient été interrompus faute de moyens. Aujourd'hui la synagogue est achevée et le rabbin « Habad » Zamir Isayev y officie. Le rabbin Schneor Segal a la charge, lui, de la synagogue des Géorgiens et la Grande synagogue a pour rabbin Reuven ben Yonathan Ura Izmaelov. L'ensemble de la communauté de Bakou est sous l'autorité d'un président de la « Communauté Religieuse des Juifs des Montagnes d'Azerbaïdjan », Yevdayev Milikh Ilhanovich. La plupart des Juifs de Bakou sont russophones.

Un rabbin à la synagogue de Babou

La Grande synagogue de Quba

Les activités communautaires sont diverses : associations féminines, groupes de jeunes, écoles... On retrouve des Juifs à deux cents kilomètres de Bakou, dans la ville de Quba où vivent notamment les Tats. Rassemblés autour des très belles synagogues de la ville, les Juifs sont quelque 4 000 âmes. Ici, on parle plutôt azéri que russe. On parle aussi, comme au Daghestan voisin, le juhuri ou judéo-tat. La tradition locale considère que les Juifs vivent là depuis -722. Longtemps, les Juifs tats ont pratiqué l'agriculture, le jardinage et l'élevage. Ils se distinguaient par la production d'un colorant alimentaire naturel, le « marna ». Plus tard, ils deviendront commerçants, négociants ou pêcheurs. Certains ont fortement contribué à l'industrie pétrolière et à celle du gaz. Parmi eux, Yaakov Agarounov qui fut nommé à la tête de l'industrie pétrolière du pays. Le président actuel de la communauté, Boris Simanduyev n'est pas peu fier de faire visiter la synagogue principale où l'on ne pénètre qu'après avoir enlevé ses chaussures. Là aussi les activités communautaires sont bien organisées avec l'aide de la mairie. Une caractéristique de ce pays musulman strictement laïc où le droit de vote des femmes a été accordé 25 ans avant que cela soit le cas en France, est sa relation très étroite avec Israël. L'ambassadeur d'Israël Rafael Harpaz ne tarit pas d'éloges sur le pays où, selon lui, l'antisémitisme est inexistant. Pour lui, « si tous les pays musulmans étaient comme l'Azerbaïdjan, le monde serait différent ». L' Azerbaïdjan fournit 40% des besoins énergétiques d'Israël. Des accords de coopération ont été signés entre Bakou et Jérusalem. C'est ainsi qu'en 2006, une société israélienne a installé une unité de serres au nord de Bakou pour y cultiver des fraises destinées au marché russe. Les Israéliens contribuent à l'amélioration du réseau routier azerbaïdjanais et les appareils de la compagnie nationale d'aviation, Azerbaïdjan Airlines, « Azal », sont entretenus techniquement par Israel Aircraft Industries. Il n'y a pas encore d'ambassade d'Azerbaïdjan en Israël, mais cela ne saurait tarder selon Rafael Harpaz. En Azerbaïdjan, terre d'islam chiite à l'instar de l'Iran et de l'Irak, on peut même rencontrer des Juifs heureux. n° 27 - mars 2014 - www.levhair.com - LPH

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RENCONTRE AVEC

Par Guitel Ben-Ishay

Amir Haddad

« Montrer que la musique rapproche les cœurs » Il y a huit ans le public israélien découvrait Amir Haddad, un jeune chanteur franco-israélien, dans l’émission de téléréalité « Ko'hav Nolad ». Le Plus Hebdo vous avait même offert l'occasion de l’écouter en live lors d'un gala à l’occasion de sa reprise de la chanson de Patrick Bruel « J'te le dis quand même ». Amir se produit dans l’émission la plus suivie en France tous les samedis soirs : The Voice. Le 18 janvier dernier, pour sa première prestation, nous avons pu assister à un véritable plébiscite de la part de tous les professionnels et du public, tombés sous le charme d’un jeune homme qui a su garder une simplicité touchante.

Le Plus Hebdo : Comment êtes-vous arrivé dans l’émission française The Voice ? Amir Haddad : Après Ko'hav Nolad, j'ai véritablement ressenti que le chant était ma passion. Néanmoins, j'ai fait des études de dentiste que je viens de terminer. Parallèlement, j'ai continué à chanter en public, j'ai écrit un album, j'ai voulu mettre toutes les chances de mon côté pour pouvoir réaliser une carrière musicale. Plusieurs de mes chansons ont fait le tour de la toile via YouTube et ont rencontré un grand succès. Un jour, j'ai été contacté par le casting de The Voice France. Pour moi, il s'agissait d'un horizon nouveau, j'y voyais la possibilité de toucher un public encore plus large. J'ai 29 ans, si je veux lancer ma carrière d'artiste, je ne souhaite pas attendre plus longtemps. Il fallait que je saisisse l'occasion. Lph : Vous aviez le choix entre les quatre coachs de l’émission, luxe qui n'est pas offert à tout le monde et preuve de votre succès. Vous avez choisi Jennifer. Comment se passent les répétitions ? A.H. : Je suis très content de mon choix. Jennifer est très accessible et très professionnelle. Elle met beaucoup de sentiment dans son travail, beaucoup de cœur dans ses actes : c'est une approche qui me correspond, une façon de travailler à laquelle j’adhère.

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Lph : Vous restez simple dans vos réactions face au succès. Comment est-ce possible ? A.H. : Entre le fait que les quatre coachs se soient retournés et la puissance des réseaux sociaux pour me féliciter, j'avoue que j'ai été surpris. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi rapide. Cette simplicité je la tiens certainement de l’éducation que j'ai reçue. Ce serait prétentieux de dire aujourd'hui que je ne changerai jamais, mais je m'efforce de rester qui je suis. Je sais que l'admiration suscitée par ma prestation à la télévision s’adresse plus à mon art qu'à ma personne.

Lph : Vous n'avez pas caché vos origines israéliennes. Comprenez-vous que le public juif en France et en Israël s'identifie à vous ? A.H. : Je suis évidemment très touché par leur mobilisation. Néanmoins, je ne me considère pas comme le représentant d'une religion ou d'un pays. Je suis un Français et un Israélien qui aime ses deux patries. Je ne représente que moi-même musicalement, je ne cherche pas à être un quelconque ambassadeur. Je ne porte que le drapeau de la musique. D'ailleurs, de toutes les réactions positives que je reçois la majorité vient d'un public non-juif. Mon but est justement de montrer que la force de la musique est de rapprocher les cœurs, les peuples, de détruire les barrières. Lph : Ne craignez-vous pas tout de même que lorsque le public votera, vos origines entreront en ligne de compte, dans un sens comme dans l'autre ? A.H. : Si c'est le cas, je trouverai cela désolant. J'ai confiance dans ma musique et dans le ressenti du public.

Lph : Quels projets faites-vous pour l’avenir ? A.H. : Je suis ouvert à tout. Si je suis venu en France c'est que je n'ai rien contre le fait d’y prolonger ma carrière musicale. Mais rien ne changera mon amour pour Israël, le pays où je vis et où j'ai grandi.


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VOS DROITS

Par Maître Johanna SROUSSI

Succession :

Quelles sont les options de l’héritier ? La perte d’un être cher peut vite devenir un véritable casse-tête juridique lorsqu’il existe un « héritage ». L’héritier a trois options : accepter de façon pure et simple la succession, l’accepter à concurrence de l’actif net ou y renoncer. Cette option ne peut être exercée qu’à partir du moment où la succession est ouverte. Pendant les quatre mois qui suivent le décès, personne ne peut contraindre l’héritier à faire un choix. A l’issue de ces quatre mois, une sommation d’avoir à prendre parti peut être délivrée à l’héritier qui aura alors deux mois pour se décider. Passé ce délai, il sera réputé avoir accepté purement et simplement la succession. Si personne ne lui délivre de sommation, l’héritier a dix ans pour faire son choix. Une fois cette période écoulée, on considèrera qu’il a renoncé à la succession.

L’acceptation pure et simple Elle peut être expresse ou implicite. Si l’héritier se comporte comme s’il avait accepté la succession (par exemple, en vendant un bien du défunt), il sera considéré comme ayant accepté purement et simplement la succession. Une fois donnée cette acceptation pure et simple ne pourra pas être rétractée et l’héritier ne pourra plus choisir une autre option. Il faut distinguer les conséquences de l’acceptation pure et simple selon le « type d’héritier » : - L’héritier universel Il est celui qui doit, en principe, recevoir tous les biens de la succession (sauf s’il existe des héritiers réservataires, protégés par la loi, qui ont droit à une quotepart de la succession dont ils ne peuvent être privés). S’il accepte purement et simplement la succession, il répondra alors de toutes les dettes du défunt et peut même être saisi sur son propre patrimoine. - L’héritier à titre universel : Il doit, en principe, hériter d’une quote-part déterminée de la succession (par exemple : hériter de la moitié de la succession ou de tous les immeubles, de tous les meubles…). En cas d’acceptation pure et simple,

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il ne sera tenu des dettes du défunt qu’à proportion de la part qu'il reçoit. - L’héritier à titre particulier Il doit recevoir un ou plusieurs biens déterminés du défunt (une voiture, un meuble …). En cas d’acceptation pure et simple de ce legs, il n'est pas tenu des dettes du défunt. Mais si la chose qu'il obtient est grevée d'une dette (par exemple, si une voiture est gagée), il devra la payer. C’est donc une option dont les conséquences sont radicales pour l’héritier universel ou à titre universel. Cependant, si une dette apparait après l’ouverture de la succession, l’héritier pourra, sous certaines conditions, demander à être déchargé de cette dette.

L’acceptation à concurrence de l’actif net Cette option a pour avantage de ne pas aboutir à la confusion des patrimoines de l’héritier et du défunt. En d’autres termes, elle permet de limiter le paiement des dettes du défunt à ce que l’héritier recueille dans la succession : il ne paiera pas plus que ce qu’il a recueilli. Cette option est révocable, dans le délai de dix ans, en faveur d’une acceptation pure et simple et l’héritier ne pourra donc plus choisir la renonciation. Il devra déposer une déclaration auprès du greffe du Tribunal de Grande Instance du lieu du dernier domicile du défunt. Il doit ensuite, dans les deux mois de sa déclaration, déposer un inventaire de la succession, qui doit être établi par un commissaire-priseur judiciaire, un huissier ou un notaire. Si l’héritier ne dépose pas l’inventaire dans les deux mois, on considère qu’il bascule dans le régime de l’acceptation pure et simple. Il peut cependant, demander un délai supplémentaire (s’il justifie d’un motif légitime). La renonciation L’héritier peut aussi décider de renoncer à la succession. L’héritier universel ou à titre universel qui a renoncé à la succession, devra aussi adresser une déclaration au Tribunal de Grande Instance. Il n’a pas besoin de justifier sa renonciation. Mais attention, l’héritier ascendant ou descendant du défunt, reste tenu au paiement des frais funéraires, en fonction de ses moyens. Attention, cet article ne saurait être exhaustif et ne constitue pas une consultation juridique. Le sujet étant complexe, n’hésitez pas à consultez votre conseil habituel. Maître Johanna SROUSSI Avocat au Barreau de Marseille


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25- Malha : rue Hakfir, 5 pces, spacieux, prkg prive, unite supp. a louer. . Exclusivité Ambassador Jérusalem 972-2-5618101

26- Special ! Baka : 3 pces, 4 à l’ origine, 98 m2, agence par architecte, balcon, vue superbe, asc. shabbat. Exclusivité Ambassador Jérusalem 972-2-5618101 27- Au cœur du vieux Talpiot : imm. élégant de 3 copropriétaires, triplex : 6 pces, terrasse sur le toit, asc. prive direct ds l’appart. . Exclusivité Ambassador Jérusalem 972-2-5618101 28- Moshava Guermanit : maison arabe, de caractère, composée de 2 unites : 3.5 pces + jardin et duplex 5 pces. . Exclusivité Am-


bassador Jérusalem 972-2-5618101

29- Har Homa : Shlomo Baum : 145 m2, un niveau, 1er et, vue superbe, + studio possible de le relier a l’appart. . Exclusivité Ambassador Jérusalem 972-2-5618101

30- Har Homa : 4 + 1 pces, spacieux, claire, 2 grds balcons, etge facile. . Exclusivité Ambassador Jérusalem 972-2-5618101

31- Rehavia : rue Ben Maimon Magnifique apt ! 130 m2, 2 balcons, salon immense, 2eme et, asc, cave, calme et verdoyant, Rubens Immobilier, Yonathan: 02-5666016 052-8506698. www.ruben1.com

32- Ramat Sharet : Magnifique penthouse! 5 pces, 140 m2, terrasse avec vue splendide, spacieux, 3 orientations, parfait état, 9 eme et, asc, 2.990.000 nis, Exclusivité Rubens Immobilier, Yonathan: 025666016 052-8506698. www.ruben1.com

33- Har Homa : Zeev Falk, 4 pces, belle terrasse 18 m2, souccah, vue, superbe état, cave, park, clim, 1.490.000 nis, Rubens Immobilier, J.Renassia: 02-5666016 0522745610. www.ruben1.com

34- Har Homa : Marinov, Projet Haim Zaken, 5 pces, salon spacieux, magnifique terrasse, clair, 2 park, cave, Rubens Immobilier, J.Renassia: 02-5666016 0522745610. www.ruben1.com 35- Kyriat Moshe : A Saisir! Super emplacement! 3 pces, 73 m2, entièrement refait à neuf, 2.5 et, balcon souccah, lumineux, 1.650.000 nis, Rubens Immobilier, Yonathan: 02-5666016 052-8506698. www.ruben1.com

36- Mekor Haim : Projet neuf! Penthouse /Duplex 6pcs, 156 m2, terrasse 43 m2, luxueux, A/C, 3 orientations, cave, park, 2.980.000nis, Exclusivité Rubens Immobilier, Ruben:025666016/054-6345581. www.ruben1.com

37- Rehavia : emplacement exceptionnel, ds petit et bel imm.,140m2, entièrement rénové, calme, clair, 2 beaux balcons soucca, entrée privée, produit rare. Agnès Lunski Immobilier: 025660012 immo.agnes@gmail.com 38- Talbiéh : rue Hovevé Tsion, ds un superbe imm. classé, 3 pces, à rénover, belle hauteur de plafond, ensoleillé, balcon, entrée privée, jardin 80m2. Exclusivité

Agnès Lunski Immobilier: 02-5660012 immo.agnes@gmail.com

39- Arnona : rue Rabinou Politi, ds un imm. récent, 160 m2, bon état, grd balcon soucca, vue dégagée, calme, 2e étage, cave et parking privés, affaire! Exclusivité Agnès Lunski Immobilier: 02-5660012 immo.agnes@gmail.com

40- Mochava Guermanite : idéal pied à terre, proche de la rue Emèk Réfaim, ds une magnifique maison classée,120m2, refait à neuf + studio aménagé, hauteur de plafond: 5 m., 1er et dernier étage, calme, ensoleillé. Exclusivité Agnès Lunski Immobilier: 025660012 immo.agnes@gmail.com 41- Depuis la compréhension de votre projet et de vos priorités jusqu'aux formalités juridiques et aux aménagements éventuels, notre agence vous conseillera et vous mettra en relation, si vous le souhaitez avec des experts francophones et des banques. Nous pourrons également vous prendre en charge pour vos recherches sur Tel-Aviv et Hertzélia. Agnès Lunski: (0)522-603050 bureau:(0)2-5660012 5,rue Elkalay, Talbié ,Jérusalem. immo.agnes@gmail.com

n° 27 - mars 2014 - www.levhair.com - LPH

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RECETTES

Par Déborah Cohen

LA PÂTE À CAKE POPS

Ingrédients pour 18 cakes pops :

1 moule à cake pops, 100 grammes de sucre 125 grammes de farine, 5 cl d’huile de tournesol, 2 œufs, ½ sachet de levure chimique 2 sachets de sucre vanillé

Préparation : Préchauffez votre four à 180 degrés. Dans un récipient moyen, mélangez les œufs, le sucre et l’huile. Ajoutez la farine, la levure, le sucre vanillé et battez le tout jusqu'à obtention d’un mélange onctueux. Versez la préparation dans le moule et enfournez pendant 35 minutes. A la sortie du four attendez que les cakes refroidissent pour les démouler.

GLAÇAGE ROYAL

Ingrédients :

1 blanc d’œuf, 200 grammes de sucre glace, Colorant alimentaire liquide (bleu, rose.. .)

Préparation : Battez le blanc d’œuf puis ajoutez le sucre glace au fur et à mesure. Continuez à battre le mélange jusqu’à obtention d’une pate lisse et légère. Ajoutez quelques gouttes de colorant alimentaire afin d’obtenir la couleur désirée.

Un patron d’industrie explique à son ami ministre : - Mon fils me désespère. Il délaisse ses études, ne cherche aucun travail. Il ne fait que sortir, s'amuser et boire ! - T’inquiète pas, je vais le prendre au ministère comme Chef de cabinet à 5000 € par mois. - Non, surtout pas. Il doit se rendre compte de la valeur de l’argent ! - Et que penses-tu de Chef de service à 2500 € ? - Non, c’est encore trop ! - Alors, adjoint au Chef de service à 1700 € ? - Non, tu n’aurais pas un poste tout en bas de la hiérarchie ? - Alors là, désolé, je ne peux rien pour toi… - Pourquoi ? - Parce que pour ce genre de poste, il faut des diplômes !

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Je ne comprends pas du tout ce qui a pu se passer, raconte une dame à Jacques Pradel, dans l'émission « Perdu de vue ». Comme d'habitude, mon mari était bien tranquillement installé dans son fauteuil à regarder la télévision quand il s'est soudain levé, a couru dans la chambre pour s'habiller et, en tenant une petite valise à la main, il est parti en courant sans me dire au revoir. Et, depuis deux ans, je n'ai plus eu de ses nouvelles. - C'est assez curieux, en effet, dit Pradel. Et vous rappelleriez-vous par hasard l'émission que regardait votre mari quand il a agi aussi bizarrement ? - Oh oui ! Les résultats du tirage du Loto pour une cagnotte exceptionnelle de cent millions.

n° 26 - NOVEMBRE / DECEMBRE 2013 - www.levhair.com

CAKE POP VERSION CORNET DE GLACE

Préparation : A l’aide de bâtonnets, faites des petits trous au bout des cornets de glace. Glissez les bâtonnets dans les cakes pops puis les cakes pops dans les cornets. Nappez les cakes pops de glaçage royal à l’aide de la poche à douille, puis placez vos cakes pops dans les cornets. Faites fondre le chocolat au micro-ondes et dispersez-le sur le haut des cakes pops. Pour finir parsemez vos cakes pops de billes de sucre, petits cœurs etc…

Un homme et sa compagne sont confortablement installés dans un restaurant pour un dîner en tête-à-tête. Depuis un long moment, l'homme fixe une femme saoule, assise seule à la table voisine et qui fait tourner son Gin dans le verre. La compagne demande : - Tu la connais ? - Oui, c'est mon ex-femme, elle s'est mise à boire lors de notre divorce il y a sept ans, et on m'a dit qu'elle n'a jamais été sobre depuis. - Mon Dieu, dit la compagne, je n'aurais jamais pensé qu'une femme puisse fêter ça aussi longtemps !


COMPARATIFS

Par Gabriel Cohen

& DESTINATIONS

P.23

DAVID GUEZ

CARLTON 5*

04.93.54.93.90

CÔTE D’AZUR

TAL VACANCES 06 60 03 38 58 09.83.472.547

P.13

ARIE TRAITEUR P.4

LES RIVES de CANNES MANDELIEU

Le mmv Resort & Spa 4*

06 20 52 54 47

LA TOQUE D’ARGENT 06 22 71 23 60 06 06 57 37 99

P.17

7 th FLOOR VACANCES PESSAH et Arié DAHAN 05 46 34 70 70 01 77 47 36 24

P.7

ONEG LOISIRS P.12

Hotel Princess 4* Luxe

TROPIC PARK 4* COSTA BRAVA

MY TOURS LTD

MERIDIEN TOURS 5* luxe

RS MAZAL SABRINA : 06 16 70 48 49 06 20 47 28 43

P.38

Hotel and Resorts 4*

01 42 02 89 45 06 58 12 07 25

(00)97226232370 01 77 38 30 00

P.27

HOTEL PULLMAN

U Coral Beach Eilat 5* HOTEL KER – MOOR BRETAGNE

VOYAGE26.COM Kontokali Bay 01 72 28 35 26 Resort & Spa 5* 06 99 08 26 27 www.voyages26.com

P.3

CAEJ 01 42 33 20 53 resa.caej@gmail.com

P.39

50

n° 27 - mars 2014 - www.levhair.com - LPH

Kontokali Bay Resort & Spa 5*

Palace prestigieux de la CANNES gastronomie française, glatt cachère, Cote d’Azur, situé sur la sans kitniot, Beth Din de Nice, Menus au choix : Croisette à Cannes Sépharades ou Ashkénazes, repas pour les enfants, Sedarim avec Hazan. Ascenseur shabbatique, excursions dans la région (Monaco, Antibes, les marchés italiens, ...) Soirées à Thème - Animations culturelles et cultuelles

Seulement 800 mètres de la mer, ce complexe est implanté sur un domaine comprend une piscine de 5 hectares. La résidence comprend deux salles de restaurant, Surveillance : Rav Mordehai ROTTENBERG. Conférences : Rav Yehia BENCHETRIT La jeunesse et l’énergie de KARL, Chef Cuisinier, Seder communautaire, colelctif et famillial, Animation par Yoel COHEN A deux pas dela célébre croisette, le MMV resort Cannes Mandelieu, saura vous séduire, par ses espaces et équipements logés dans un écrin de verdure de 6 hectares. restauration rafinee et tres abondant avec un service de tres grandes qualité, sejour glatt cacher sans kitniot, sous le controle du rav messod hamou chlita, mekor haim- paris 19eme, animations, soirées musicales et jeux présentés par Menahem Cubby et Dov Setbon. Conférences du Rav David Hanania Pinto

CANNES FRANCE

CANNES MANDELIEU FRANCE CANNES MANDELIEU FRANCE

Le Grand traiteur cacher, sur Marseille vous propose un séjour de Pessah, Sous la surveillance du beth Din de marseille; Pessah de rêve dans le cadre prestigieux de l'hôtel pullmann, Présence de Joel Mergui et de l'auteur Yankel Abergel

MARSEILLE

Mimouna dans le désert du Wadi de l'hôtel princess. Participation de rav Eliahou Haviv de Raanana

EILAT ISRAEL

4 piscines intérieure et extérieure chauffée, sauna, baby club, sédarims, tefilot conférences, cuisine rafinée, animations, excursions à Barcelone, Gerone, Port-Aventura avec guide

Pension complète Chabath et Yom tov. Kid club, animation non stop

Synagogue à l’hôtel ; conférences et offices assurés par les rabbanim AZERAD et Benamou. Le mini-club ( encadrements par animateurs). Piscine découverte et chauffée – Billard, Mini club court de tennis, parcours de golf, tennis de table, location de vélos, soirée Israélienne par le chanteur Rany ZER et mimouna avec Gaby Situé au centre de la côte orientale de l’île de Corfou, hôtel-bungalows a un accès direct à la mer Ionienne, jacuzzi, le sauna , hammam. Plage privée, piscine à l’eau de mer, piscine intérieure, court de tennis éclairé, SPA luxueux surveillance du Rav Mordehai Uzan, Petit Club de 2 à 6 ans & Kids Club de 7 à 12 ans, soirées festives avec Fabrice Bismuth La station des Orres, labellisée Famille Plus. Situé au pied des pistes de ski du village des Orres. Wi-Fi gratuite, un sauna, SPA. les randonnées en motoneige - le snake gliss: 4 Km de sensations fortes et de fous rires garantis! - les balades en raquettes. le ski-joëring: skieur trainé par un cheval - les chiens de traineau Surveillance Rav Guedalia

FRANCE

COSTA BRAVA BARCELONE ESPAGNE EILAT ISRAEL

Bénodet BRETAGNE

CORFOU GRÈCE

LES ORRES FRANCE


Lev Ha'ir & LPH  

Le magazine mensuel des juifs de France

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