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vous nous avez écrit...

Actus courrier des lecteurs

sur contact@urbainmagazine.com

Besoin d’agir ? Salut, ne faudrait-il pas créer un groupe (sauver le théâtre Cervantes) et essayer d’aller plus loin, faire une manif, écrire au gouvernement, je sais pas vous êtes mieux placés que moi pour savoir ce qu’il faut faire, nous avons deux petit théâtres ridicules, Beckett et Haddad, sans compter Roxy... Merci. Adnane Khalifa via Facebook

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Vous avez raison, en effet, c’est manifestement à la population et à des collectifs de porter un projet pour réclamer la sauvegarde du Gran Teatro Cervantes. Certains existent déjà (voir « Sostener todo lo que cae ») mais, comme pour beaucoup d›autres lieux légendaires de la ville (la villa Perdicaris ou la Villa Harris, notamment, dont nous avons déjà parlé abondamment dans nos pages), le problème est le manque cruel de financements, la priorité en matière de développement urbain étant actuellement plutôt à la construction d’espaces et de bâtiments nouveaux. Le rôle d’URbain en tant que média est d’informer les Tangérois, de leur faire prendre conscience de la richesse de leur patrimoine, de leurs responsabilités et de leur donner, peut-être, l’envie d’agir. De relayer l’information, de monter un projet, de chercher des financements, des mécènes… Ce pourrait être vous ?

Merci Merci ! J’adore vos articles «  Week-end  » qui nous font voyager au Maroc et ailleurs. Celui sur Gibraltar était très bien fait et drôle. Continuez à me faire rêver, moi qui n’ai pas la chance de pouvoir partir très souvent. Hasnae Quelle bonne idée d’avoir choisi le sympathique Kamal El Fassi pour nous régaler chaque mois de ses recettes tangéroises ! Un magazine fait par des gens de qualité, bravo ! Imane J.

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Efficacité urbaine… À toute l’équipe. Je tenais à vous remercier pour avoir parlé de ma nouvelle activité. Le jour de l’ouverture, j’ai reçu de nombreux coups de fils et de nombreuses visites, tous venus à moi grâce à votre article. J’ai réalisé bien plus de ventes que je n’osais l’espérais. Je vous dis encore une fois : merci ! Sophie


LA PISCINE

CLUB - RESTAURANT - BAR

Plage de Sidi Kacem - Tanger 06 76 66 83 38 - 05 39 93 55 82 remirelais@hotmail.fr


nouvelles de la ville

Actus

infos tangéroises

Tanger Med frôle la surchauffe 75 650 passagers, dont 70 840 Marocains résidant à l’étranger sont passés par le port de Tanger Med les 3, 4 et 5 août, plus gros week-end de chassé-croisé des touristes dans le détroit. Ça ne vous dit rien ? Imaginez plutôt : cela représente 1 140 passagers et 300 voitures par heure en moyenne, pour une escale de navire chaque 38 minutes…

Tanger côté accueil : zéro pointé ! Pas épargnée par le dernier classement du très influent Conde Nast Traveler des villes les moins accueillantes au monde, notre chère Tanger. L’enquête du magazine, réalisée auprès de 46 000 lecteurs, la place en 10e position des villes les plus désagréables et les moins conviviales pour les touristes  : trop sale, trop orientée « business », plus de charme, plus d’âme, accueil peu chaleureux, tout comme d’ailleurs sa grande sœur Casablanca, 18e de ce même mauvais classement. Au contraire de Marrakech et de Fès qui elles, figurent aux 3e et 4e rangs des meilleures villes d’Afrique. À noter que, parmi les mauvais élèves, la moitié se trouvent aux États-Unis… Hommage au Nord Les nouveaux billets de banque mis en circulation le 15 août dernier devraient permettre de limiter les contrefaçons en intégrant de nouvelles technologies (fil de sécurité complexifié, micro-textes, etc.). Le billet de 200 DH, le plus concerné par la fraude (près de la moitié des faux billets), rend hommage à Tanger, affirmant son statut de capitale économique avec, au verso, des gravures du Phare du Cap Spartel et du Port de Tanger Med. Une bonne idée : les nouveaux billets de 20 DH sont recouverts d’un vernis, qui leur permettra peut-être de rester présentables ?

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À la Piscine le 7 septembre Soirée au profit du Sanctuaire de la Faune de Tanger Entrée libre, pour boire un verre ou dîner au bord du bassin et, surtout, participer à la tombola en faveur de l’association qui œuvre pour soigner, vacciner et stériliser chiens et chats errants de la ville. De nombreux lots à gagner et un DJ pour passer une excellente soirée. Plage Sidi Kacem.

En bref - En bref - En bref

• Un nouveau cahier des charges vient d’être voté par le Conseil communal pour améliorer la gestion des déchets et la collecte d’ordures à Tanger. Deux nouvelles sociétés gèreront ces tâches chacune dans une moitié de la ville pour plus d’efficacité. • La ville de Tanger a approuvé un projet d’extension des espaces de parking pour voitures. Le projet prévoit la mise en place de parkings souterrains dans huit zones, dont la place du 9 avril (Grand Socco), la place des Nations et Ain Ktiouet, par exemple, qui viendront s’ajouter à deux autres prévus sur la Corniche dans le cadre du projet de reconversion du port de Tanger. Pas mal de travaux dans la ville en perspective…


Pour l’atelier Fine-Art, dirigé par Alexandra Guyot, stage de trois mois qui se solde par une expo des travaux des stagiaires à la galerie. Nombre de places limitées, 3600 DH. Tél. : 06 41 45 66 40.

Chez Las Chicas jusqu’au 16 septembre Pour l’expo-vente originale d’une collection de robes de 1938 à 1968 du film Juanita de Tanger, à l’époque du Tanger international. 52, rue Kacem

À la Tribu des Ziri les 2 et 16 septembre Pour apporter en dépôt-vente les jolis vêtements et accessoires peu ou pas portés et qui encombrent les armoires. 28 rue Khalid ibn Walid.

Guenoun, porte de la Kasbah.

À la fondation Lorin à partir du 24 septembre Pour les cours de théâtre de la Comédie de Tanger. Ateliers gratuits les mardis de 18h30 à 21 h. Contact :

Bienvenue aux nouveaux résidents

Pour les renseignements et inscriptions pour : l’atelier vocal, les cours individuels de piano ou de chant, d’éveil musical pour enfants ou de culture artistique pour adultes dispensés par Martine Kroon, professeur de Musicologie. 41, rue hassan ibn

L’association « Tanger Accueil  » aide les nouveaux arrivants francophones à découvrir la ville et à créer des liens d’amitié : informations, conseils, contacts, cafés mensuels, sorties, visites, conférences, soirées, activités culturelle et divers ateliers. La réunion mensuelle de rentrée se tiendra le jeudi 19 septembre à 14h30 à l’Institut Français de Tanger.

Ouazzane. Tél. : 05 39 94 62 20

Tél. : 06 11 89 62 19 - tangeraccueil@gmail.com.

fondationlorin@gmail.com

À l’institut Français du 18 au 20 septembre

rendez-vous en ville

À la galerie PhotoLoft à partir du 5 septembre


Actus

© SP-PIC

Petit tour des Cours Espagnol à l’Institut Cervantes Cours de 3 mois

Cours de 4 mois

60 h - 5 h/semaine Lundi et mercredi Mardi et jeudi 9h-11h30 / 16h30-19h / 19h-21h30

60 h - 4 h/semaine Lundi et mercredi Mardi et jeudi 09h30-11h30 / 11h3013h30 / 15h-17h / 17h-19h / 19h-21h

• Session 1 : 23/09 au 19/12 (inscriptions à partir du 2/09) • Session 2 : 6/01 au 3/04 (inscriptions à partir du 10/12) • Session 3  : 14/04 au 30/06 (inscriptions à partir du 24/03)

• Session 1 : 23/10 au 18/02 (inscriptions à partir du 1/10) • Session 2  : 3/03 au 19/06 (inscriptions à partir du 10/02)

Tarifs pour une session : Matin : 1350 DH Après-midi  : 1440 DH Soir : 1800 DH (-15% pour les anciens élèves) 

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C’est la rentrée, c’est le moment de prendre de bonnes résolutions studieuses ! Voici pour vous un petit tour des cours de langue à suivre à Tanger…

Allemand au DMG (Goethe Institut) Cours de 3, 5 ou 10 semaines ou à la carte 1 niveau : 60 unités de 45 min • Pour diplôme A1 (regroupement familial) : 3 niveaux • Pour diplôme B1 (professionnels et accès université) : 7 niveaux

Tarifs : 350 DH frais fixes (inscription et livre) + 1100 DH par niveau


Français à l’Institut Français de Tanger Arabe au Tanger Institut 2 programmes non arabophones pour adultes (non mixte) • Session 1 : 5 cours de 3 h/semaine - Du lundi au vendredi Femmes : 9h-12h Hommes : 12h30-22h  • Session 2 : 2 cours de 3h/semaine Sessions de 4 semaines et 3 jours avec examen final.

Tarifs : 350 DH frais fixes (inscription) Session 1 : 990 DH Session 2 : 460 DH

Programmes pour adultes, étudiants, adolescents, enfants et communication orale Centre de certification officiel examens DELF/DALF 4 sessions : octobre à décembre / janvier à mars / avril à juin / juin à juillet • Cours Adultes ou étudiants (60 h) : Soir 19h-21h les lundi, mercredi et jeudi Matin 9h-11h les mardi, mercredi et vendredi • Cours Ados (40 h) : Soir 19h-21h du lundi au samedi • Cours Enfants (30 ou 40 h) : Après-midi 16h30-18h30 du lundi au samedi et 14h-16h les mercredi et samedi. Inscriptions première session du 4/09 au 4/10.

Anglais à l’American Language Center Programme accéléré - 10 jours de cours (3 h) + examen

Cours à l’IFT, à l’école Berchet et au Lycée Regnault.

Tarifs : De 1000 DH (petit enfant) à 1800 DH (adulte).

Session : du lundi 9/09 au jeudi 19/09, examen le 20/09 Horaires : 15h15-18h15 ou 18h30-21h30 18 niveaux d’instruction (débutant, intermédiaire, avancé, langue d’affaires + prépa examen TOEFL) Inscriptions du 2/09 au 9/09.

Tarifs : 100 DH frais fixes (test niveau) Session : 1050 DH (Business : 1400 DH)

Retrouvez les adresses en p.79 de ce numéro.

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maroc

Actus

Récompense américaine Le pavillon du Maroc vient d’être élu « Meilleur stand » au salon d’Atlanta International Gift & Home Furnishings Market, qui a eu lieu du 12 au 16 juillet. Cette consécration vient couronner une série de participations à de nombreux salons dans le cadre du projet « Promotion des Mono Artisans et des PME de l’Artisanat », financé par la Millennium Challenge Corporation (MCC), géré par l’Agence du Partenariat pour le Progrès (APP) et exécuté par le Ministère de l’Artisanat pour promouvoir le travail des artisans des villes de Fès et de Marrakech.

Le « petit truc » en plus

Spécial Post-Ramadan

> Pour les entreprises

L’âge minimum pour le hadj

Selon le quotidien L’Economiste, la stabilité politique du Maroc est son premier argument d’attractivité pour les entreprises étrangères. Il est à noter cependant que le dernier rapport du CESE au titre de l’activité 2012 souligne un léger recul des classements internationaux du Maroc dans le domaine de l’environnement des affaires du, notamment, aux délais des procédures de création d’entreprises et de traitement des dossiers.

Suite à la décision de l’Arabie Saoudite de réduire

> Pour les retraités français Le Maroc n’attire pas que les jeunes entrepreneurs dynamiques ! Les papis et les mamies de l’hexagone sont également l a r g e m e n t courtisés afin qu’ils viennent s’y installer. À condition bien sûr qu’ils déposent leur retraite sur un compte marocain... En échange, l’Etat français leur accorde de généreuses déductions d’impôts. Y a pas que le Luxembourg ou les Caïmans, dans la vie d’un contribuable français...

> Pour les touristes algériens Le Maroc est désormais la destination privilégiée des Algériens pour leurs vacances, qui se sont détournés de la Tunisie, pourtant moins chère, instabilité oblige. Ils étaient 90 000 durant l’été 2012, chiffre qui aura encore augmenté en 2013.

de 20 % le nombre des pèlerins en provenance de l’ensemble des Etats arabes et islamiques en raison des travaux d›extension de la grande mosquée de la Mecque, des quotas ont été établis au Maroc pour réduire le nombre de prétendants au voyage. Ainsi, cette année, toute personne née en 1961 ou après en était privée.

Ramadan dans un pays sans nuit Pas simple, de jeûner dans un pays où le soleil ne se couche que pour deux ou trois heures ! Ceux qui le peuvent le font, les autres suivent les fatwas concernant ce sujet qui, parfois, permettent aux jeûneurs de se « caler » sur les horaires du pays aux «  nuits normales  » le plus proche, voire sur l’Arabie Saoudite.

Économie ramadanesque La productivité, durant le Ramadan, décline de 20 % en moyenne et jusqu’à 50  % comme le pointe un économiste jordanien cité par la BBC. La consommation, en revanche, augmente de 15  % (biens manufacturés) à 30 % (nourriture). Le secteur du tourisme au Maroc est le plus touché, puis l’industrie, l’agriculture et les services. Les prix sur les denrées alimentaires flambent (hausse allant jusqu’à 20 %), et bien sûr, restaurants et cafés font d’excellentes affaires durant la nuit…

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monde

Actus

L’info

d’URbain

Drôle, futile, inutile, c’est aussi ça, l’info qu’on aime... Par C. C.

Infos utiles... Par ici la monnaie ! Selon l’organisation Tr a n s p a r e n c y International, une personne sur quatre dans le monde a payé au moins une fois un pot de vin en 2012. Une situation aggravée par la crise avec, en tête de liste des mauvais élèves, le Liberia et la Sierra Leone  : plus de 75 % de la population concernée. Premiers de la classe (toujours les mêmes), la Norvège, le Canada, le Portugal et le japon, avec un taux inférieur à 5 %.

...Infos futiles Contre la gueule de bois, buvez de la bière Des chercheurs australiens ont inventé la bière « anti-casquette plombée » des lendemains de fête. Puisque c’est la déshydratation entraînée par l’alcool qui est responsable de ce désagréable inconvénient qu’entraînent les soirées bien arrosées, ils ont ajouté des électrolytes dans la bière, substance améliorant la rétention d’eau. De la science employée à bon escient…

Canicule et canards en plastique

Silence, on enfante ! Au Zimbabwe, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, chaque cri poussé pendant l’accouchement donne lieu à une amende de 5 $. Les amendes sont cumulables, évidemment. Une fortune dans ce pays où le salaire moyen mensuel des femmes est de 12,50 $ ! Celles qui ne peuvent pas payer doivent rester à l’hôpital jusqu’à ce que le montant de l’amende soit acquitté. Cette loi pousse de plus en plus de femmes à mettre au monde leur enfant à la maison… et fait grimper leur taux de mortalité.

Adieu l’ami Le Lipotes Vexillifer, comprenez le dauphin des rivières de Chine a été, en 2007, déclaré « race officiellement éteinte  » par l’UICN. Plus un seul spécimen n’existe, pas même en captivité. La disparition de la surface du globe de ce grand vertébré est une tragédie, faisant suite à une longue série qui s’accélère à un rythme effrayant. C’est aujourd’hui au tour de l’éléphant des forêts africaines de se retrouver dans une situation des plus alarmantes. Les spécialistes affirment qu’il aura disparu dans cinq ans. Sans oublier panda géant, tigre du Bengale, koala, ours polaire, gorille, léopard, orang-outang, jaguar, baleine bleue, etc., etc. De là à dire que nous n’avons pas tout à fait pris nos pleines responsabilités en tant que gardiens de la planète…

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Cet été, la canicule record qui a sévi en Chine, et notamment à Shangaï, a entrainé de drôles de choses. Les médias ont diffusé des photos de crevettes cuisant dans une poêle simplement posée sur une plaque de fonte sur le trottoir. Et pour se rafraîchir, les piscines étaient les bienvenues. Et les canards ? Aussi. Parce que la majorité des Chinois ne sont pas Sun Yang et ne savent pas nager.

Ça trime pour Ronald Chaque année depuis 1986, les analystes de ConvergEx Group rapportent le montant du salaire minimum des pays au Big Mac Index. Ainsi en 2012 il fallait, à un « smicard  » australien, travailler 18  minutes pour s’offrir un Big Mac. Il en fallait 24 à un Français, 36 à un Américain, 48 à un Espagnol, alors qu’il fallait trimer 6h12 pour un Afghan et… près de trois semaines à un Sierra-Léonais (s’il lui restait de l’argent après l e s pots de vin versés).


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À la Une figures de tanger -7-

Philippe Lorin Il fait swinguer la ville… « Ce que j’aime à Tanger, c’est qu’il n’y a pas d’esprit de chapelle. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’homme a le sens de la formule qui résonne juste. Fou de musique, théâtre, littérature et « villes déglinguées », Philippe Lorin incarne à lui seul le parangon de l’hyperactif, du grand sensible qui joue la gamme du cynisme pour se préserver des regards indiscrets et des jugements à l’emporte-pièce. Rencontre face à un jardin tourbillonné de chergui avec quelques réminiscences de l’Atlantique caché derrière les cimes des arbres. Enchantement garanti et conversation des plus instructives. Par Stéphanie Gaou Photographies scènes Tanjazz : Pascal Bouclier

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Urbain - Philippe Lorin, vous avez créé Tanjazz en 1999. Puis Tanjalatina qui a pris fin en 2011, vous animez un atelier théâtre, vous êtes le créateur de la Fondation Lorin, autant dire qu’avec autant de casquettes, vous ne vous reposez jamais. Pourquoi tant d’ébullition ? Philippe Lorin - Je pourrais dire que tout a commencé quand j’étais adolescent. J’ai toujours eu la bougeotte. À 15 ans, j’avais un ciné-club, après je me suis occupé d’une troupe de théâtre, puis je faisais le mur pour aller jouer de la batterie et écouter des concerts de jazz. Les copains achetaient des disques de rock, moi, j’en écoutais comme eux, mais ce qui me fascinait, c’était le jazz.

Je me vante souvent d’avoir été au concert en 1959 de Art Blakey & The Jazz Messengers à 18 ans. Et puis, grâce au jazz, j’ai pu m’ouvrir à d’autres milieux sociaux que le mien qui était un peu guindé et bourgeois. Les musiciens étaient issus d’autres strates, ouvriers, etc. C’était enrichissant. Vous parlez d’adolescence. Et votre enfance, quelle est-elle ? Aisée matériellement. Et frustrante affectivement. Des phases de grande solitude. L’exil. Une mère trop vite disparue. Une belle-mère ennemie. Je dois avoir moins de bons souvenirs que beaucoup d’enfants. En 1943, je me souviens que nous vivions les volets fermés, dans le silence, et l’angoisse c’était très pesant. Je me souviens aussi de ma grand-mère qui s’est occupé de moi. Grâce à elle, j’ai pu recevoir de l’amour et avoir la chance d’en redonner ensuite dans ma vie. Sans elle, je n’aurais pas su ce que c’était « aimer ».

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figures de tanger

À la Une Quel est l’événement ou l’élément qui vous a donné envie de vous installer à Tanger ? C’est une longue histoire. J’y venais régulièrement avec mon ex-femme depuis 1987. Jusqu’alors, nous avions une maison à Amelia Island aux États-Unis. Les enfants adoraient les U.S., synonyme de liberté pour eux. Et puis, ils ont grandi, ils n’ont plus eu les mêmes opportunités pour nous y retrouver lors des vacances. Nous avons pensé trouver quelque chose de plus accessible à partir de Paris. Seule condition : pas en France. Tanger est arrivé dans nos esprits un peu par hasard. Nous sommes venus une première fois, pas très convaincus, mais je me suis dit « Une ville pareille, c’est impossible qu’il ne s’y passe rien, avec tout ce qu’on dit sur elle. » Alors, nous sommes revenus, nous avons eu la chance ensuite de résider dans un endroit

swing dealers batunga antonio flinta quartet

déplacé et superficiel. Ah, et puis, le bas de la piscine Donabo où j’aime me rendre à pied en traversant la forêt. Je reviens à la musique. Un album de jazz incontournable. Au risque de faire hurler les modernistes, Hot Five de Louis Armstrong. Et quel album ou artiste vous a le plus marqué ces dernières années ? Pour moi, l’achèvement absolu, c’est le Trio de Keith Jarrett. En solo, je ne l’aime pas vraiment, car il y a pour moi trop de fioritures, on sent que tout à coup, il cherche à « faire joli » et ce n’est pas fait pour ça, mais son trio est parfait, tout y est.

Grâce au jazz, j’ai pu m’ouvrir à d’autres milieux sociaux que le mien. magnifique. J’ai eu aussi la chance de trouver l’endroit où j’habite depuis 20 ans. J’avoue que je suis venu à Tanger, parce que c’était déglingué. Un peu comme Trieste ou Alexandrie, Lisbonne, Buenos Aires ou Beyrouth. J’aime bien le côté « mollasson moite » de ces villes, où rien n’est tout à fait impeccable. Ce sont des villes qu’il faut savoir regarder, il n’y a pas ce côté exotique des villes touristiques, souvent exaspérantes. Et où aimez-vous vous ressourcer ? Chez moi, tout d’abord. Je crois dans les ondes telluriques. Le Cap Spartel est très chargé pour ce qui est du champ magnétique. Je m’y sens bien. Et puis, j’aime aussi beaucoup le Marshan, arpenter les petites rues à l’ouest, même si je trouve le Café Hafa de plus en plus

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Et la « nouvelle vague » des jazzmen, je pense à des artistes comme Christian Scott ou Robert Glasper qui sont dans le désir de faire entendre un « autre » jazz, qu’en pensez-vous ? Je dirais qu’ils ont raison d’absorber quelque chose de vital pour le restituer à « leur » sauce. Je regrette parfois qu’ils en oublient de swinguer. Par exemple, la Berkeley School Music, à un moment, c’est desséché. On sent que ce jazz-là est devenu trop professionnel, ça manque de tripes, ça ne gueule pas assez. Je crains qu’ils ne contribuent à pérenniser l’image élitaire, intellectuelle du jazz. Par exemple, ce que j’aime à Tanger, c’est qu’il n’y a pas d’esprit de chapelle. Le public vient, écoute, se laisse prendre ou pas, sans références « techniques » trop évidentes.


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J’aime bien le côté « mollasson moite » de ces villes, où rien n’est tout à fait impeccable.

Justement, Tanjazz, revenons-y. 14e édition cette année, c’est-à-dire 14 ans d’implication en continu pour la survie du festival. Avez-vous toujours le même enthousiasme qu’au début ? Aucun regret ? Pour revenir au début, quand j’ai voulu créer un festival de jazz à Tanger, on m’a dit « Vous êtes fou, vous n’y arriverez jamais. » Il ne fallait pas me dire ça ! (Rires), ça m’a encore plus motivé. Au commencement, Isabelle, mon épouse, et moi, on se tapait tout. Avec les années, nous avons appris à déléguer et avons la chance de collaborer avec des personnes de confiance. Je pense à Silvia Coarelli et Nacer Amiar, responsable des relations avec les autorités, notre vice-président également, c’est lui qui s’occupe des conférences de presse à Casablanca notamment, moi ça ne m’intéresse plus. Et puis, nous avons des équipes ponctuelles très actives lors du festival. Comme je dis toujours à nos partenaires : « Il n’y a pas du travail toute l’année à Tanjazz, mais il faut y penser tout le temps

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si l’on veut bien faire. » Dorénavant, je souhaite surtout me consacrer à la programmation, à la communication et à l’administration générale des budgets délégués. La programmation, cette année, cap vers l’Est. Comment décidez-vous d’une thématique ? J’ai réfléchi aux festivals européens et internationaux : souvent les mêmes têtes d’affiche, pas toujours de thématique. Or, le thème au Maroc, ça marche très bien. Je pense au festival des Arts Populaires, à Musiques Sacrées de Fès, Voix de Femmes à Tétouan, par exemple. La vocation de Tanjazz, ça reste avant tout un large éventail de possibilités musicales, un kaléidoscope si l’on peut


dire. Chacun doit venir y picorer et y trouver son bonheur. J’avais envie de m’axer sur une zone géographique encore peu connue des festivals, d’où l’Est, la Bulgarie, la Pologne, l’Égypte entre autres. Non seulement, je tiens à créer la surprise chaque année, mais aussi, je me concentre sur les conditions budgétaires. Lorsqu’on a moins de moyens, il faut étonner, surprendre, faire preuve de plus d’audace. C’est quoi le succès d’un « bon » festival ? À tort, beaucoup de gens pensent que c’est un business « juteux ». D’autres veulent juste donner de la distraction aux citoyens. Le secret, c’est de se dire qu’un festival, ça se prépare des mois à l’avance, il faut anticiper, avoir une organisation impeccable. L’improvisation, on oublie. Je travaille deux heures tous les jours pour préparer l’édition de Tanjazz, on fait un débriefing quand le festival se termine. Le ressort, ça doit rester le partage de la culture, et là, je dis bravo ! Sinon, ça ne donne rien.

sergio monroy trio roy hargrove awek

Et si ça ne donne rien, ça ne rapporte ni argent, ni crédibilité. Et comme tout le monde le sait, sans argent, nous avons seulement des projets et peu de confiance de la part d’autrui. Tanjazz a eu ces dernières années une presse peu élogieuse au niveau local. Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui ne comprennent pas, voire blâment, votre démarche ? À la calomnie, il est bon d’élever le mépris et l’indifférence, n’est-ce pas ? Les chiens aboient, Tanjazz passe. Si vous deviez résumer Philippe Lorin en quelques mots, vous diriez quoi ? Mon principal défaut, c’est l’impatience, quand je m’emporte, on dit que j’ai mauvais caractère. (Sourire) 

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la chronique

À la Une

Un Phénix nommé Mercedes Lotfi Akalay

C

L’ensemble de mes cousines aspirent à être élues Voiture de l’année, mais moi, cela ne me concerne pas puisque je suis la voiture du siècle et des suivants.

omme les autres véhicules, je suis

devinez lequel. Mon nouveau propriétaire me

achetable, mais moi seule suis vendable

fit quitter le vieux continent et débarquer à

et revendable à merci et à l’infini. Tout

Tanger par un beau matin ensoleillé. Tout le

le monde me convoite parce que je suis robuste,

monde parlait de sécheresse, mais personne

sobre et fiable. En un mot : increvable. Je suis

ne se doutait que je leur apportais suffisamment

née en Allemagne, mais j’ai en fin de vie roulé

de lourds et noirs nuages pour combler leurs

en Belgique jusqu’à mon dernier essoufflement.

espérances. En m’achetant, les hommes étaient

Alors, brisée par le gâtisme, fumant de partout et

tout à leur joie et, telle une fille du même nom,

montré du doigt par les écolos, je fus convoyée

je fus invariablement possédée par plusieurs

au cimetière et remisée dans un coin sinistre à

clients, si bien que je finis par connaître sur le

ciel ouvert, entourée de voitures accidentées.

bout du pneu les habitants de ce pays.

Plus tard, je fus extirpée de ce tas de ferraille et

Les Marocains sont bizarres, c’est grâce

remise à des gens qui prononçaient des mots

à eux que j’ai découvert l’existence en

bizarres tels que Bijou, Citrouine et Foulsfakine.

moi d’un organe dont jamais je ne me suis

À mon grand étonnement, je fus revendue, moi

douté : figurez-vous que j’ai un klaxon ! Ces

qui me croyais morte pour l’éternité, épave

infatigables mélomanes sont si friands de ma

condamnée à finir dans un four Bessemer ou

musique qu’ils s’en repaissent sans jamais

Thomas, voilà que, tel le Phénix je renaissais non

pouvoir se rassasier ni s’en rendre compte. Je

pas de mes cendres, mais de mon âcre fumée.

suis devenue une infatigable soprano, hurlant mes arias à longueur d’avenues et de ruelles, des

Comme l’oiseau fabuleux, je devenais à mon tour

plus sales aux plus crevassées. Dans mon pays

symbole d’immortalité bien que dans mon cas,

de naissance, je me suis crue muette, dépourvue

chemin faisant, j’allais finir par me rendre compte

de ce magnifique organe que sont les cordes

qu’il y avait un T de trop dans cette immortalité,

vocales et que les Marocains m’ont restituées.

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c’est sur ces bouts de ciment, quand il y en a, qu’ils se garent au grand dam des piétons qui se voient contraints de circuler au beau milieu de chaussées, qui n’ont rien de beau, au risque de se faire renverser par un de mes collègues. Notez bien que ces piétons n’ont guère le choix car s’ils avaient la témérité d’emprunter le trottoir, ils auraient de fortes chances (chances ?) de recevoir sur la tête les bouts d’ordure et les gouttes d’eau usées jetés du haut des balcons par de proprettes ménagères qui ne supportent pas la saleté chez elles dans leur ham sweet ham. Détrompez-vous, ham n’est pas une coquille, c’est du dialecte d’ici, pas du jambon, du reste interdit à la consommation, une interdiction rarement transgressée, ce qui est loin d’être le cas pour l’alcool. Pourquoi cette différence ? Parce que le cochon ne soûle pas, à quoi bon en consommer ? Comme on Certes, dans mon bitume natal, il arrivait

les comprend... mais pas moi qui viens de ma

rarement que l’un des nôtres donne de la voix

lointaine Bavière.

avec une rage stupéfiante, tandis qu’ici où je me trouve nous parlons sans nous emporter, nous

Je l’ai dit, les Marocains sont gens bizarres, ils

papotons affectueusement, sans interruption,

exigent de l’Etat qu’ils reconnaissent leurs droits

nous avons à tout instant quelque chose à

alors qu’ils passent leur temps à les bafouer

nous dire le plus pacifiquement du monde.

entre eux à qui mieux mieux.

Merci aux Marocains de m’avoir pourvue de cet organe si précieux devenu indispensable. Mais

Un jour, je devins la propriété d’un

bizarrement, l’attrait de ce peuple pour le klaxon

fonctionnaire de la police, ou de son

n’a d’égal que sa répugnance pour le clignotant.

cousin, et me voici métamorphosée en taxi clandestin, ici appelé voleur de places. Je vous

À l’image des mendiants et des vendeurs à la

en dirai davantage une autre fois, pour l’heure,

sauvette, les automobilistes tangérois ont une

j’ai d’autres stops à brûler et un tas de priorités à

irrésistible prédilection pour les trottoirs et

refuser. Mon Dieu, quel boulot ! 

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Questionnaire de Proust

Ce Tangérois de cœur s’intéresse à son environnement et fut un des premiers à proposer sur le marché des emballages écologiques. En plus de son activité de pharmacien dans un petit village près d’Asilah, il possède plus d’une corde à son arc. Il a bien voulu confier à Urbain ses petits péchés mignons et autres valeurs sur l’Humain… Propos recueillis par Stéphanie Gaou.

Salaheddine Bouanani Le principal trait de votre caractère ? Tenace.

Votre auteur favori ? Amin Maalouf.

Et celui dont vous n’êtes pas très fier ? Orgueilleux.

Votre héros de fiction préféré ? Sherlock Holmes.

La qualité que vous préférez chez une femme? La bonté.

Le mot de la langue française que vous préférez? Sérénité.

Et chez un homme? La bonté, pareil.

Le mot tangérois que vous préférez ? Bbaysar.

Le bonheur parfait selon vous ? Un transat face à la mer, avec un être cher.

Votre couleur préférée ? Bleu.

Votre plus grand rêve ? Faire le tour du monde.

L’endroit que vous préférez à Tanger ? La route de la Montagne.

Le plus beau moment de votre vie ? La naissance de mon fils, Jad.

Les trois objets que vous emporteriez sur une île déserte ? Un couteau, un briquet et un téléphone.

Qu’avez-vous réussi de mieux dans votre vie? Avoir une bonne relation avec lui. Votre plus grand regret ? Je n’aime pas en avoir. La musique ou chanson qui vous émeut terriblement ? Mistral Gagnant de Renaud. Votre occupation préférée ? Le partage des passions. Si vous étiez un animal ? Un chat, pour le nombre de vies qu’il a. Votre film culte ? The Wall. Votre héros dans la vie d’aujourd’hui ? Nelson Mandela. Et votre héroïne ? Malala Yousafzai, militante des droits de la femme pakistanaise.

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Votre pêché mignon inavouable ? Je ne peux pas l’avouer... Que détestez-vous par-dessus tout ? L’arrogance. La faute pour laquelle vous avez le plus d’indulgence ? La faute de goût. Comment aimeriez-vous mourir ? Très vieux. Deux mots pour qualifier Tanger ? Belle et sauvage. Quelques dates clés dans votre vie? 1972 : Naissance à Rabat. 1990 : Entame des études de pharmacie en Tunisie. 2005 : Naissance de Jad. 2010 : Création d’Ecosac, emballages écologiques. 2012 : Création d’Art et Culture, communauté artistique sur Facebook.

Photos : © D.R.

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© Jérôme Bonnet


Š Ferdinando Godenzi

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Salima Abdel-Wahab « Tricoter » les cultures du monde Les vêtements qu’elle invente sont intemporels, « exotiques » et inspirés, ses influences multiples. Le vêtement traditionnel marocain fusionne avec des lignes futuristes, les matières se mêlent, portant des souvenirs d’Asie, d’Afrique ou de steppes enneigées… La créatrice tangéroise Salima AbdelWahab nous a fait l’amitié de nous parler de « sa » mode. Celle qui n’a pas choisi la facilité en ouvrant, en 2003, sa première boutique à Tanger, ne regrette pas un instant sa décision même si, aujourd’hui, d’autres ont éclos à Marrakech et que sa vie se partage désormais bien souvent entre les différentes capitales européennes…

Propos recueillis par Christine Cattant

URBAIN : Salima Abdel-Wahab, pourquoi avoir choisi la voie de la mode ? Est-ce le hasard, qui fait souvent bien les choses ? Salima Abdel-Wahab  : Depuis mon enfance, j’ai toujours été attirée par le spectacle et la scène. J’adorais dessiner et habiller les enfants de mon entourage. Plus tard, j’ai su que la création serait un bon compromis. Aujourd’hui, je me rends compte que je continue à jouer, avec plus d’expérience et de professionnalisme. Vous avez opté, pour votre première boutique en 2003, pour Tanger, une ville qui ne va pas forcément de soi lorsque l’on veut « percer » dans le milieu de la mode. Pourquoi ce choix ? Tanger est ma ville natale, j’y habite depuis toujours, j’ai grandi dans l’ambiance internationale de cette ville mythique. Je suis attachée à ses lumières, aux contrastes culturels, aux regards des enfants du Détroit... Un lieu parfois sinistre, mais intemporel et inspirant. C’est là que tout a commencé : une très petite maison de couture, avec un couturier et dix ans de sur-mesure, des défilés alternatifs en Europe. Commencer à travailler à Tanger s’est imposé naturellement et puis j’y ai été soutenue. Aujourd’hui, j’aime que ces mêmes personnes puissent me suivre.

Photos de créations Prises à Marrakech au Four Seasons Hôtel par le photographe Alberto Sanchez Alcocer

Que vous a apporté le fait d’être installée dans votre ville natale et quelles ont été les difficultés que vous avez du surmonter ? Les difficultés liées à Tanger se sont creusées avec le temps, surtout pour notre génération de

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rencontre

À la une créateurs avant-gardistes mais, paradoxalement, j’ai toujours voulu connaître et habiller les milieux qui ne sont pas forcément ceux de la mode. Tanger reste le lieu parfait de rencontres insolites, et cellesci font partie de mon processus créatif. Au quotidien, où puisez-vous votre inspiration ? Je vis à la campagne avec mon mari et mon fils. Il y a mon atelier, un potager, un jardin et une bassecour ! Essayer de vivre le plus possible en harmonie avec la nature est une préoccupation de plus en plus importante dans mon quotidien. J’aime sentir la force tranquille des saisons, observer grandir les plantes, me régaler de leurs parfums, des couleurs qui se mêlent à la musique, tous ces éléments d’inspiration apportent à mon travail une grande liberté.

© Ferdinando Godenzi

Vous travaillez beaucoup autour de matériaux bruts ou traditionnels, comme les cauris africains (coquillages). Quel est votre rapport avec ces matières ? J’aime l’authenticité des matières ancestrales qui nous lient au présent à travers le savoir-faire du

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passé. C’est pour moi une littérature de liberté et ce qu’elle raconte me permet de « tricoter » les cultures du monde. Les tenues traditionnelles marocaines constituent la base de votre travail, mais vous les « revisitez » à l’extrême. Vous y apportez des touches plus primitives, africaines, etc. qui font naître ce style qui vous est très personnel. Comment le définiriez-vous ? J’aime les vêtements qui racontent une histoire, ceux dont le processus de création est parfois très long. La superposition, la coupe, l’harmonie des matières, les détails. J’aime aussi les créations simples, épurées, minimalistes et élégantes. L’ordre créatif de mon travail n’est jamais définit par avance, il se


Commencer à travailler à Tanger s’est imposé naturellement : j’y ai été soutenue.

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Les précurseurs sont mes mentors. combine à une marge instinctive omniprésente. Mes origines sont diverses : espagnole, allemande et maghrébine. En moi vivent toutes ces cultures qui se mixent entre elles et dans l’histoire. Ce que je sens dans mes designs pourrait correspondre à une vision des femmes et des hommes qui ne se sentent pas prisonniers de leurs façons de vivre. Mon style définit notre temps, encore incompris... L’habit comme une thérapie, l’originalité individuelle. Je ne saurais choisir un terme qui définirait mon style : nomade , futuriste, baroque, minimaliste ? Peut-être surtout universel. Je vous laisse choisir, car en ce qui me concerne, je cherche encore... Qui sont vos maîtres ? J’aime les créateurs qui me surprennent, qui proposent un univers nouveau. Je ne me restreins

pas à quelques-uns en particulier. J’aime par exemple la douceur de Chanel, l’élégance de Lacroix, l’audace de Galliano ou encore la sobriété de Yamamoto… et tant d’autres singularités de tant d’autres artistes. J’admire par-dessus tout les artistes qui ouvrent un chemin. Les précurseurs sont mes mentors. Vous commencez à connaître un joli succès : un show-room à Marrakech, des présentations de vos collections en France, Espagne, Allemagne… Comment est perçu votre travail hors du Maroc ? Les gens s’intéressent et ils rient souvent de mes tenues pratiques et transformables, qui sont des habits pensés pour les rythmes d’aujourd’hui et pour les voyageurs inconditionnels que nous sommes devenus. Ma clientèle au Maroc est surtout étrangère  : belge, française, italienne, anglaise, américaine... Elle apprécie, je crois, l’originalité et la diversité que j’essaye de lui proposer.

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Définir mon style ? En ce qui me concerne, je cherche encore…

© Ferdinando Godenzi

Vous peignez aussi. Vous avez exposé cet hiver à Tanger votre travail pictural chez Luciano Monti. Quel a été le « retour » du public ? Avezvous envie de renouveler cette expérience ? C’est une expérience qui m’a beaucoup plu. Sortir du cadre de la mode et trouver d’autres manières d’explorer, de nouveaux terrains d’expression... à renouveler sans hésitation et un grand merci à Luciano Monti pour sa confiance !

Avez-vous déjà reçu des critiques qui vous ont blessée ? Non, mais chacun est libre de s’exprimer comme il le ressent.

Quel est votre rêve ultime pour votre carrière, celui que vous souhaiteriez voir se réaliser pour en faire la trajectoire idéale ? Je me suis toujours considérée davantage comme une sociologue du vêtement que comme une dessinatrice ou une créatrice de mode. Nous avons tous notre propre personnalité, reflétée dans notre comportement et notre langage corporel, et ce n’est que lorsque notre toilette traduit parfaitement qui on est que l’on se sent à l’aise et libre. Cette vision de l’habit comme « deuxième peau » est le moteur secret de l’univers créatif qui s’exprime dans mon travail. Mon rêve serait d’arriver au plus loin dans mes recherches et pouvoir créer avec respect… et sagesse.  Suivre Salima… Les 13, 14 et 15 septembre : Ethno Tendances, en direct à Bruxelles ou sur son site Facebook : Salima Abdel-

Quels sont vos projets ? J’ai souvent des propositions pour commercialiser mes vêtements « aux quatre vents ». Nous travaillons actuellement sur une nouvelle ligne simple et élégante, j’espère que nous pourrons la présenter au plus vite...

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Wahab Créations Deux boutiques à Tanger : 19, rue Moulay Abdellah (ex rue Goya, à côté du Café Porte) et Hôtel El Minzah


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URBAIN aime aussi…

Elévations diverses Entre tradition et modernité, sur la plage à Tanger, Perradin Plus tard, je fus extirpée depar ce Pascal tas de ferraille et Appareil Canon 5D Mark II remise à des gens qui prononçaient des mots bizarres tels que Bijou, Citrouine et Foulsfakine. À mon grand étonnement, je fus revendue, moi qui me croyais morte pour l’éternité, épave condamnée à finir dans un four Bessemer ou Thomas, voilà que, tel le Phénix je renaissais non pas de mes cendres, mais de mon âcre fumée.

Tanger la cosmopolite Cathédrale et grande Mosquée tendent leurs cimes vers le ciel, par Sarah Ghazi Appareil Samsung ES55

Catholique à Tanger L’une des soeurs de Calcutta à Tanger, en haut de la tour de la Purisma (seule église construite au sein d’une médina marocaine), par Clémentine Ottenat Appareil Nokia 5800 Xpress

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agenda

Culture

litterature Librairie des Colonnes • Rencontre avec Mohamed Hmoudane pour des lectures et la restitution de sa traduction en arabe du Dernier combat du capitaine Ni’Mat de Mohamed Leftah. À la Galerie Delacroix le 12 septembre à 19 h

• Rencontre avec Nicole de Pontcharra, auteure française d’origine russe, pour son livre La chambre des consolations, éditions Non Lieu. « L’amour des autres, le respect de la nature et des animaux, la non-violence, s’expriment tout au long d’un récit vivant où la France, l’Allemagne, la Russie, le Maroc sont autant de terres de références fortes pour les héros. »

conferences Salle Beckett Le Printemps arabe à la croisée des chemins Conférence de Jawad Kerdoudi En partenariat avec l’Institut Marocain des Relations Internationales (IMRI), dont il est président. Le 20 septembre à 19 h

Les gauches françaises Conférence de Jacques Julliard Une conférence basée sur le livre Les gauches françaises (Flammarion 2012) par l’historien, ancien directeur délégué du Nouvel Observateur. Le 27 septembre à 19 h

expos photos Galerie Delacroix

Le 14 septembre à 19 h

Galerie Artingis Livres anciens C’est la rentrée littéraire chez ARTINGIS avec, en plus de l’exposition d’artistes permanente, une intéressante collection de livres anciens sur le Maroc et Tanger. Au mois de septembre

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Rencontre avec Bernard Plossu Bernard Plossu, né au sud du Viêt Nam, est un photographe français. La plus grande partie de son travail est constituée de reportages de voyages. C’est à partir de 1975, et pour se placer en marge de la photographie commerciale que Bernard Plossu ne fait plus que des photos noir et blanc prises avec une focale de 50 mm. Le 10 septembre à 19 h


Galerie Photoloft London in the Sixties par Andrew Maclear Pour fêter son premier anniversaire, la galerie vous propose ces photos prises à Londres entre 1967 et 1970, dans les années « Closing years », libres et extraordinaires. Jagger, Lennon, Hendrix… Une expo de stars ! « L’ambiance de Londres (…) était différente, c’était une ville libre, heureuse, il n’existait pas vraiment le mot «  célébrité  » (…). Ces célébrités étaient accessibles, gentilles et même prévenantes, si l’on souhaitait une photo, elles faisaient en sorte que vous puissiez la faire, il n’y avait pas de barrière, de portes fermées, de sécurité. » C’est ainsi qu’Andrew s’est retrouvé dans des cabines d’essayage, en backstage de concerts et sur les tournages de films. Exposition du 13 septembre au 26 octobre, nocturnes les 26 septembre et 10 octobre jusqu’à minuit. Vernissage le 13 septembre à 19 h

La Fabrique Soirée performance « Portrait » Une soirée originale et inédite, organisée en partenariat avec la Galerie Conil. Avec la photographe Intha et la peintre Karla. Une soirée sensée laisser des souvenirs, dans tous les sens du terme ! Intha, qui fut il y a quelques années, photographe officielle du grand Lido à Paris et Karla, artiste maniant avec talent l’art du trait au fusain, vont « performer » en direct sur le thème du portrait en interaction directe avec le public… Le 28 septembre à 20h30

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agenda

Culture Librairie les insolites RIVAGES de Bertrand Clavaud Bertrand l’âme

Clavaud

voyageuse

a et

promène son objectif dans le monde entier. Japon,

Ukraine,

Maroc, France, Italie, ce dévoreur de lieux

Idée fixe de Jean Madeyski

installé depuis dix ans à Rabat s’est attardé sur les rivages du bassin méditerranéen - Gênes, Cannes, Tanger notamment - et présente une sélection de tirages traités savamment comme des lithogravures précieuses, tout en tremblés, vapeurs et tâtonnements. De la photographie aussi évocatrice qu’une toile de Turner.

Du 31 août au 17 septembre.

Une ville, des villes. Une obsession : capter au plus contrasté des scènes qui donnent le sentiment d’une exacerbation maximale, intense, sans âme qui vive mais non dépourvues d’humanité. Tâche ardue, mais gageure relevée haut-la-main par Jean Madeyski. Venez découvrir ses visions urbaines aux insolites. Exposition jusqu’au 24 octobre. Vernissage le 28 septembre à 19 h

Et aussi… • Prolongation de l’expo « Où est Colette ? » de la galerie Photo Loft en septembre au restaurant Art & Gourmet. • L’expo de photos de décors de cinéma « Illusion » de Daniel Aron se poursuit au musée de la Kasbah jusqu’au 9 septembre.

expos peinture Galerie Conil Expo permanente En septembre, présentation de nouveautés des artistes soutenus par la galerie : les premiers grands formats en 180 x 120 cm de l’artiste malien Aroundou en couleur et noir et blanc, les derniers portraits d’Omar Mahfoudi, sur papier et bois, les étoiles de Baki sur bois, les dessins d’Evelyne Postic encre de gel, collection de pièces africaines, peinture sculptée et totem d’Ali Maimoun, noir et blanc de Mohamed Tabal, derniers grands format Partan et un carré rouge et noir Ouarzaz.

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Au mois de septembre


Boutique Fushia Najoua Hitmi La boutique Fushia vous invite à venir découvrir cette jeune peintre tangéroise et ses toiles colorées. Exposition du 27 septembre au 19 octobre. Vernissage le 27 septembre à 18 h

Et aussi… • Du 6 au 29 septembre, exposition d’artistes-peintres sous la direction d’Alexandre Pottier à la Galerie d’Art Contemporain Mohamed Drissi. • L’expo « Carnet de croquis arabo-andalou » de Guidi XIII continue, dans le patio du Musée de la Kasbah, jusqu’au 17 septembre. • Au musée de la Kasbah, l’expo d’art naïf de El Mansour, jusqu’au 15 septembre.

musique Hotel Andalucia Golf

Cinematheque de Tanger Ciné concert

1er Festival international de Flamenco Une première à Tanger, en collaboration avec l’association AREJ. Au programme, spectacles, démonstrations, ateliers de danse et de guitare flamenca et… dégustation de paella ! Plus d’infos au 06 28 48 07 00 ou 06 58 28 48 16. Les 5, 6 et 7 septembre

Le duo Catherine Vincent a créé en exclusivité pour la Cinémathèque de Tanger un ciné concert autour du film The Tiger’s Coat dont Tina Modotti est l’héroïne. Le duo musical Catherine Vincent réalisera en direct l’accompagnement sonore et musical pour ce film. THE TIGER’S COAT De Roy CLEMENTS Fiction, États-Unis, 1920, muet Avec Tina MODOTTI et Lawson BUTT Le 27 septembre à 20 h

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cinéma

Culture

En septembre à la Cinémathèque Les films

NÉ QUELQUE PART De Mohamed HAMIDI Fiction, France, 2013 Avec Jamel DEBBOUZE et Tewfik JALLAB VO arabe et française À partir du 1er septembre

ROCK THE CASBAH De Leila MARRAKCHI Fiction, Maroc, 2013 Avec Hiam ABBASS et Nadine LABAKI VO arabe et française À partir du 18 septembre

Les films de L’Institut Francais AU BOUT DU CONTE

LE SKYLAB

D’Agnés JAOUI Fiction, France, 2013 Avec Agnes JAOUI et Jean-Pierre BACRI VO française Jeudi 12 septembre à 19h30

De Julie DELPY Fiction, France, 2011 Avec Julie DELPY et Noemie LVOVSKY VO française Jeudi 19 septembre à 19h30

SPÉCIAL RENCONTRE AVEC UNE RÉALISATRICE KELLY De Stéphanie REGNIER Documentaire, France, 2013 Prix du Jury Jeune au Cinéma du Réel 2013 Stéphanie Regnier fait le portrait de Kelly, jeune femme péruvienne déracinée, qui vit à Tanger et rêve de rejoindre sa mère en France. Samedi 21 septembre à 19h30

LA CAGE DOREE DE RUBEN ALVES Fiction, France, 2013 Avec Rita BLANCO et Joaquim de ALMEIDA VO française Jeudi 26 septembre à 19h30

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Cycle Musique et Cinéma Focus sur les comédies musicales

LES BLUES BROTHERS

De John LANDIS Fiction, États-Unis, 1980 Avec John BELUSHI et Dan AYKROYD VO US ST français À partir du 5 septembre

WEST SIDE STORY

De Robert WISE et Jerome ROBBINS Fiction, États-Unis, 1962 Avec Nathalie WOOD et Richard BEYMER VO US ST français À partir du 6 septembre

De Milos Forman Fiction, États-Unis, 1979 Avec John SAVAGE et Treat WILLIAMS VO US ST français À partir du 19 septembre

CHANTONS SOUS LA PLUIE De Stanley DONEN et Gene KELLY États-Unis, 1952 Avec Jean HAGEN et Gene KELLY VO US ST français À partir du 20 septembre

HAIR

American Language Center Cine Club CYCLE LES FILMS NOIRS Séances présentées par Steven Heiblim, amateur de cinéma. Après le succès du cycle “Films oscarisés”, L’American Language Center et la Cinémathèque de Tanger proposent un nouveau rendez-vous autour des films noirs américains avec, chaque mois, un classique majeur et un contemporain autour du genre. Séances uniques.

TAXI DRIVER De Martin SCORSESE Fiction, États-Unis, 1976 Avec Robert de NIRO et Harvey KEITEL VO US ST français Dimanche 15 septembre à 19h30

LA NUIT DU CHASSEUR De Charles LAUGHTON Fiction, États-Unis, 1955 Avec Robert MITCHUM et Shelley WINTERS VO US ST français Dimanche 29 septembre à 19h30

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cinéma

Culture

jeunesse Dans le cadre du Cycle Musique et Cinéma Spécial comédie musicale Peau D’âne De Jacques DEMY Fiction, France, 1970 Avec Catherine DENEUVE et Jean MARAIS Version Française À partir de 6 ans La reine mourante a fait promettre au roi de n’épouser qu’une femme plus belle qu’elle. Dans tout le royaume, une seule personne peut se prévaloir d’une telle beauté, sa propre fille. Revêtue d’une peau d’âne, la princesse désespérée s’enfuit du château familial. À partir du 18 septembre, tous les mercredi, samedi et dimanche à 16 h

Le Magicien D’oz De Victor FLEMING Fiction, États-Unis, 1946 Avec Judy Garland et Frank MORGAN Version Française À partir de 3 ans Dorothy, jeune orpheline, vit chez son oncle et sa tante. Un jour, elle rêve qu’elle se trouve transportée au royaume magique des Munchkins à la recherche de son chien. Pour le retrouver, elle doit aller voir le Magicien d’Oz. À partir du 4 septembre, tous les mercredi, samedi et dimanche à 16 h

ATELIER Atelier illustration sonore Animé par Catherine Estrade et Vincent Commaret, du duo Catherine Vincent Les participants de cet atelier créent une bande sonore à partir d’objets, de jouets, d’instruments de musique et mais aussi de leurs voix. Ils exécutent leur création en direct et synchrone lors de la projection du court-métrage (à peu près 8 min). À partir de 7 ans. Tarif : 150 DH l’atelier ou 1750 DH l’abonnement trimestriel pour 7 ateliers. Samedi 28 septembre à 16 h

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Culture livres

Rentrée

Les coups de cœur de la libraire par Stéphanie Gaou

Coup de cœur web : Onorient.com, véritable revue culturelle sur le web, qui sillonne le monde arabe du Maroc à l’Arabie Saoudite, ce site propose des dossiers de réflexion sur l’art, le cinéma arabe, la musique, la culture, l’identité du grand maghreb et de l’orient. En août, sujet abordé : « De quoi la culture arabe est-elle le nom ? », chronique-phare

© Malaga de Sylvie Darreau / D.R.

traitée avec brio par Nizzar Zouggari.

Coup de

U “livre”

Flashbacks, nostalgie alimentée par la force du retour sur les terres de l’enfance, la villa style Art Déco à Casablanca, la résurrection à l’hôtel Le Mirage à Tanger face à l’océan. C’est un récit fragmenté, celui d’un amour qui se meurt à Paris, et l’autre ; les retrouvailles de la narratrice avec le lieu des débuts, Casablanca. En filigrane, posée comme un objet précieux sur une étagère, avec des airs de ne pas toucher au drame, la fêlure pointe le bout de son nez. L’auteure, toute jeune encore, a le sens du brassage narratif. Phrases incisives, dialogues brefs, retours en arrière émotionnels, c’est tout simplement à la naissance d’un écrivain que nous assistons en parcourant les pages de ce premier texte. Le plus fort est encore ce qui est donné à lire entre les lignes, la marque d’une vraie plume. La Blanche de Maï-Do Hamisultane chez La Cheminante, 131 pages, 7 euros (prix Europe).

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Les éditions Derrière La Salle de Bains Marie-Laure Dagoit est une douce illuminée. Sa maison d’édition propose une sélection triée sur le volet de textes poétiques, érotiques, porno-photographiques, littéraires, publiés sur du papier bouffant, pliés à la main par la belle, et présentés comme des objets littéraires précieux, donc rares. Burroughs, Ginsberg, Kerouac, mais pas seulement. Daniel Darc aussi, des textes inédits de George Bataille entre autres, Gilles Berquet, Philippe Pigeard, etc. L’éditrice a son aréopage de plumes vivantes ou anciennes qu’elle traite avec la finesse d’une joaillère de haut-vol. A découvrir sur internet : leseditionsderrierelasalledebains.bigcartel.com et à la librairie les insolites.


Soundlist S

e uQ

Le mois de septembre à Tanger n’a pas tout à fait les mêmes résonances qu’à Paris, Madrid ou Londres. Malgré la rentrée scolaire, les déclarations d’impôt et autres petits tracas quotidiens, la ville offre encore de belles journées pour profiter sereinement de la fin de l’été. Plages dépourvues des assauts touristiques aoûtiens, ciel sans chergui, on enfile sa belle kurta et on repart à l’assaut de la bonne humeur en musique. Soundlist très afro en 10 opus.

Cody Chestnutt - I’ve been life : hommage aux beautés de l’Afrique et ses forces vives, ce titre très soul rappelle les grandes interjections de Fela, entraînant et impulsif. Barbara Lynn - I’m a good woman : un vrai titre rhythm n’ soul, une femme délaissée par l’homme qu’elle aime lui rappelle à quel point elle est déçue de lui. Ça swingue, c’est parfait pour une 1ère partie de soirée vintage. Salif Keita et Cesaria Evora Yamore : deux monstres sacrés de la musique africaine qui nous livrent une saudade bercée par une lancinante guitare malienne. Superbe. The Shaolin afronauts - Journey through time : pur afro-beat, du son jubilatoire comme on en raffole. Musique 100% bonne humeur. The Roots - Work (feat. Leela James) : groupe américain de rap qui laisse la part belle au jazz, à la funk et à la soul. A redécouvrir.

t

Roy Ayers - Liquid love : dans la veine de Marvin Gaye, Curtis Mayfield, Barry White, je demande Roy Ayers. Voix sexy, paroles idéales pour une soirée love avec un bon groove, on écoute jusqu’à plus soif les élucubrations amoureuses de ce crooner sur fond d’harmonium et xylophone. Flying lotus - See thru to U (feat. Erykah Badu) : le gage d’un bon titre soul ces dernières décennies ? Erykah Badu en gueststar. Là, on est servi ! 2 minutes 25 de pure délectation. Maxwell - Simply beautiful (version live) : reprise du célèbre titre de Al Green à l’occasion de l’hommage rendu à ce dernier aux Awards 2008. Doux comme du miel.

Après

l’excellente

parution

de

l’ouvrage photographique SAPE par Héctor Mediavilla aux éditions Intervalles en février 2013, le phénomène de la sapologie, jusque-là réservé à une élite branchée fringues, a trouvé un public plus ouvert. La page facebook réservée aux sapeurs, autrement dit les aficionados de la « Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes » (nom de la page) regorge de photos tout aussi extravagantes les unes que les autres, sur ce mouvement qui a vu le jour après les indépendances du Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa. Taxé de superfi-

Miles Davis - Neo : du be-bop, pur et dur. Atemporel et parfait.

cialité, ce phénomène se veut par-

C2C - Happy (feat. D. Martin) : révélation du festival de jazz à Nice cette année, ce titre électro sonne black-jazz et surprend par un clip à la mise en scène léchée et décalée. Attention, ça balance grave !

à la morosité ambiante et déborde

dessus tout un pied-de-nez sagace même dans les quartiers populaires de Paris. Pour s’en mettre plein les mirettes, dites J’aime sur la page facebook et admirez le dandysme revisité à l’africaine.

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© Daniele Tamagni

W


on en parle

Société

Les brèves d’URbain On a vu pour vous. Ce sont les brèves d’URbain et nos petits billets d’humeur. À Tanger, on a toujours des choses à raconter : alors ici, ça croustille, ça s’émeut et exceptionnellement ce mois-ci ça ne râlera - presque - pas... On se rattrapera !

Les images insolites URbain était un magazine gratuit, mais ça c’était avant. Avant ça ! Vu début août, place des Nations : vendu 5 DH. Vu ensuite, fin août, à Chaouen cette fois : vendu 15 DH ! Gardez vos exemplaires, la cote grimpe !

Vu à Tanger cet été Le Britannique Jonathan King, au restaurant, en train de lire votre magazine préféré. Le chanteur aux 40 millions de disques vendus et ex-producteur du groupe Genesis ne passe pas une année sans venir à Tanger.

Bravo ! Inauguration, le 5 août dernier, par SM le Roi Mohamed Vi du premier centre d’accompagnement post-carcéral de Tanger, rue d’Angleterre. Après Salé, Casablanca, Agadir, Oujda, Marrakech et Fès, c’est au tour de notre ville de bénéficier d’un organisme se préoccupant de la réinsertion professionnelle et de l’intégration des ex-détenus. Par la même occasion, trois projets solidaires destinés à l’amélioration des conditions socio-économiques des femmes et à une meilleure intégration socio-éducative et professionnelle des jeunes de la région, la construction d’un centre d’addictologie ainsi que d’un centre de formation et d’animation du tissu associatif ont été lancés.

Brève brèvissime… Le Festival Twiza, qui a pour objectif, entre autres, de « contribuer à la diffusion des valeurs de tolérance, de modernité et de coexistence », a remis lors de sa cérémonie de clôture un trophée à Cheb Khaled, venu chanter pour l’occasion...

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Cherbns planschkpphje

bons plans

Pratique

Les Bons Plans

d’une Tangéroise

En panne d’inspiration pour une sortie, un déjeuner, une balade ou une virée shopping ? Pour vous donner des idées, URbain vous présente chaque mois les bons plans d’un ou d’une Tangéroise. Aujourd’hui, c’est Hasnae Alami, Tangéroise expatriée à Aix-en-Provence, qui s’y colle et nous livre ses bonnes adresses. Merci à elle !

Pour prendre un thé

Pour aller à la plage

À la terrasse du Nord Pinus, à la Casbah, un cadre exceptionnel entre ciel et mer et une vue unique sur les toits des vieilles maisons de la Médina et le vieux port.

Belle et sauvage comme une vraie tangéroise, la plage de Dalia est l’une des plus belles plages du Maroc. Elle est située à une heure environ de Tanger, mais elle vaut largement le détour !

Pour déjeuner au soleil Au restaurant associatif Darna pour un bon repas conjugué à une bonne action. Darna, c’est du « fait maison » par des femmes de la maison et on se sent à la maison.

Pour se détendre L’ambiance magique du Hammam du Serenity Day Spa me transporte dans le temps et l’espace, je m’oublie entièrement dans la chaleur douce de ses murs ocres et j’en sors toute transformée.

Pour faire du sport Au club de tennis Msallah Garden : cinq terrains en terre battue, des espaces verts, des cours particuliers et groupés pour adultes et enfants, tout ça en plein centre ville. Il est grand temps de s’y mettre !

Pour une soirée entre amis Incontestablement le Chellah Beach, pour sa musique live, pour le mélange des cultures et pour son emplacement en bord de mer. On est tous d’accord pour dire que le service laisse à désirer, mais à Tanger, il est souvent difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre alors on se contente du sourire de la crémière et on passe une bonne soirée.

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Pour se faire belle A l’institut Issel au dessus du café la Tulipe, sous les doigts de fée de la talentueuse Badria, tout devient possible ! Pour la beauté des ongles, All ladies au centre commercial Andalucia.

Ma Shopping list à Marjane, Un parfum ? Secret de Beauté, cherche, aussi n qu’o parce qu’on y trouve tout ce compliquée qu’on puisse être. ibn Noussair, Un caftan ? Tersane, Rue Moussa qualité, de es de belles broderies sur des étoff e. l’aim l’artisanat marocain comme on e qu’il est Des courses ? Chez Sabrine, parc assez petit , assez grand pour y trouver de tout é quand ferm pour ne pas s’y perdre et rarement on en a besoin. nd, un coin Une pâtisserie ? Au Palais Gourma s maison serie qui porte bien son nom, des pâtis l ! réga délicieuses tous les jours, un vrai ser, du bon Une bonne baguette ? Eric Kay noiseries de pain artisanal et les meilleures vien seulement, Tanger. Mais attention, à emporter parce que côté service…


urbanoscope

Utile

L’horoscope de Lalla Chams Bon anniversaire, la Vierge ! Sentiments : Incroyable ! La période de vaches maigres est enfin finie, qui l’eut cru ? Ça risque même de se bousculer un peu au portillon côté prétendants, alors faites preuve de sagesse et de discernement, c’est votre spécialité, après tout ! Vie sociale : Un peu dure, la reprise, l’envie n’est pas tout à fait là au boulot, vous préféreriez profiter des dernières belles journées d’été à la plage. Attendez les week-ends patiemment.

Capricorne

Sentiments : Aucun tracas ne vous sera épargné, Capricorne. Est-on en train de chercher à tester votre patience ? On risque bien de vous trouver. Vie sociale : Beaucoup de responsabilités vont vous être confiées, c’est le moment de faire vos preuves...

Verseau

Sentiments : Pas de quoi fouetter un chat, dans la vie, quand ça va mal, il est toujours possible de prendre la fuite ! Vie sociale : On aime votre présence et votre sens de la méthode au travail. Profitez-en pour proposer habilement quelques changements salvateurs...

Poissons

Sentiments : Vous êtes LE signe à problèmes du mois ! On a envie de vous tirer les oreilles tellement vous êtes irritants, les Poissons. Ceux qui vous côtoient risquent de perdre patience. Vie sociale : Ben voyons, au travail, rien ne s’arrange. Un peu de sérieux, tout comme le ridicule, ne tue pas, vous savez ?

Bélier

Sentiments : Douceur et tendresse au programme du Bélier... Prenez garde à ne pas tourner à la guimauve, ça agace ! Vie sociale : Bougez-vous, on attend beaucoup de vous au boulot en septembre. Trop, peut-être ?

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Taureau

Sentiments : Ne rêvez pas, le Taureau. Quand on reçoit autant de compliments, c’est forcément louche ! Un peu de lucidité et vous découvrirez le pot aux roses... Vie sociale : Professionnellement, vous cartonnez, vous êtes indispensable et vous allez en profiter pour asseoir votre situation.

Gémeaux

Sentiments : Le R.A.S. total chez les Gémeaux. Il est bon, parfois, de se laisser porter par le courant sans trop se poser de questions. Ça va vous reposer... Vie sociale : Des investissements passés vont porter leurs fruits, un travail être reconnu à sa juste valeur. Si vous attendez des retombées, vous y voilà, enfin.

Cancer

Sentiments : Une mauvaise pente bien savonnée par ces “amis de cœur” en qui vous aviez toute confiance... Passez un grand coup de balai dans votre vie. Vie sociale : Au boulot, ça plane, le boss vous trouve toutes les qualités. Pourvu que ça dure !

Lion

Sentiments : Votre patience de ces derniers mois est en passe d’être enfin récompensée. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, on vous le disait...

Vie sociale : Ceux qui se moquent de vous vont le regretter amèrement ! On vous exploite, on vous sous-paye, on vous surcharge de boulot ? Jusque là, vous avez laissé faire, mais c’est bel et bien fini.

Balance

Sentiments : Ça balance pas mal, à Tanger. Attention au petit microcosme dans lequel vous évoluez, la balance. De la compassion à la trahison, il n’y a parfois qu’un pas... Vie sociale : Les tensions que vous avez pu ressentir ces derniers temps s’aplanissent. Vous avez enfin su mettre de l’eau dans votre vin, peutêtre ? Profitez-en pour assainir vos relations avec votre entourage.

Scorpion

Sentiments : Le Scorpion retrouve un peu de calme et de sérénité après une période agitée côté sentiments. Il était temps... Vie sociale : Si ça coince un peu au boulot, vous saurez déployer des trésors d’ingéniosité pour démêler les problèmes avec brio.

Sagittaire

Sentiments : Des projets de voyage, des envies de changement d’air, des retrouvailles... Œuvrez à votre bien-être ce mois-ci. Vie sociale : Comme en amour, pensez un peu à vous et fuyez les situations de stress.


URBAIN Tanger - n°8 - SEPTEMBRE 2013  

Le magazine culturel dédié à Tanger et aux Tangérois : interviews, rencontres, infos, agenda, arts...

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