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URBANISME

Humaniser la ville HISTOIRE

Le Quartier latin TÊTE-À-TÊTE

Jacques K. Primeau, l’homme du QDS RECHERCHE

Six défis pour Montréal

Magazine de l’Université du Québec à Montréal Printemps 2017 Volume 15  Numéro 01

Poste-publications, no de convention : 40064460

Numéro spécial 375e de Montréal


C’est beau la vie

Un traitement anticancer reçoit le feu vert pour la phase ultime des essais cliniques.

Place à l’inspiration


BILLET

L’UQAM, au cœur de la ville Par ailleurs, ce numéro d’INTER est le dernier que nous publions sous cette forme. Vous avez été nombreuses, nombreux à exprimer votre souhait d’obtenir les contenus du magazine en format électronique plutôt que sur support papier. Cette demande récurrente des personnes diplômées, jumelée au contexte global de migration des publications médias vers le web et aux coûts d’impression et d’envoi massif par la poste, nous a conduits à la décision de diffuser nos contenus sous une autre forme. À compter de septembre 2017, la plateforme Actualités UQAM, accessible sur la page d’accueil du site web de l’Université, accentuera la mise en valeur des diplômées et diplômés. Ces contenus, notamment des portraits et des reportages de fond, enrichiront le bulletin électronique hebdomadaire Actualités UQAM ainsi que celui publié mensuellement par le Bureau des diplômés. Vous êtes invités, si ce n’est déjà fait, à vous abonner dès maintenant à ces publications. Nous vous convions chaleureusement à fréquenter les différentes plateformes de communication de l’UQAM, à nous faire part de vos réalisations et de vos projets, et à nous proposer des contenus d’­intérêt pour les personnes diplômées. Notre objectif : vous offrir une vitrine privilégiée, pertinente et accessible. •

Montréal est la meilleure ville au monde où étudier, selon le classement britannique QS Best Student Cities dévoilé en février 2017. Il s’agit là d’une excellente nouvelle pour la métropole, qui s’est hissée au premier rang des 125 destinations examinées dans cette étude. Cela ne devrait pas trop surprendre, compte tenu de la présence à Montréal de quatre universités de calibre international et de grandes écoles spécialisées, qui comptent près de 200 000 étudiantes et étudiants, dont 30 000 de l’étranger, et quelque 50 000 nouvelles personnes diplômées par année, dont plus de 11 000 de l’UQAM. La qualité de vie qui fait la marque de la métropole y est également pour beaucoup — ouverture et inclusion, vie culturelle, sécurité et coût de la vie, entre autres — ainsi que la cote des universités auprès des employeurs et la perception des étudiantes et des étudiants eux-mêmes. Excellente nouvelle pour Montréal, donc, qui souligne cette année son 375e anniversaire. L’UQAM est d’ailleurs de la fête, grâce à un éventail d’activités et de projets spéciaux, et à la touche montréalaise qu’elle donnera à sa programmation événementielle régulière. La soirée Reconnaissance, qui aura lieu le 14 juin prochain, rendra hommage à sept figures mont­réalaises aux trajectoires inspirantes, toutes diplômées de l’UQAM, qui ont contribué de diverses manières au développement et au rayonnement de la métropole. L’année 2017 illustrera une fois de plus à quel point l’UQAM évolue au cœur de la ville et contribue à son positionnement sur les plans scientifique, culturel, social et économique. C’est aussi ce que met en relief ce numéro spécial « 375e de Montréal ». Les contributions plurielles des personnes diplômées, des membres du corps enseignant et des équipes de recherche témoignent de l’action significative de l’UQAM sur la métropole, et de la valeur de son expertise et de son engagement devant les enjeux auxquels elle fait face. Photo : Nathalie St-Pierre

Caroline Tessier Directrice du Service des communications

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PRINTEMPS 2017


Magazine de l’Université du Québec à Montréal Printemps 2017 Volume 15  Numéro 01

Le magazine Inter est publié par le Service des communications de l’Université du Québec à Montréal. Tirage : 78 000 exemplaires Éditrice : Caroline Tessier, directrice du Service des communications Rédactrice en chef : Marie-Claude Bourdon (B.A. études littéraires, 88) Direction artistique et design graphique : Atelier Chinotto — Annie Lachapelle (B.A. design graphique, 02) et Pierre-Antoine Robitaille (B.A. design graphique, 06) Collaboration : Pierre-Etienne Caza (M.A. études littéraires, 07), Claude Gauvreau (M.A. communication, 93), Valérie Martin (B.A. communication, 03), Martine Turenne (B.A. communication, 87), Bureau des diplômés, Fondation de l’UQAM Photographie : Nathalie St-Pierre (B.A. design graphique, 11) Illustrations : Luc Melanson (B.A. design graphique, 91) Prépresse : Norecob Impression : Norecob

Rédaction Magazine Inter Service des communications (VA-2100) Case postale 8888, succ. Centre-ville Montréal (Québec) H3C 3P8 Téléphone : 514 987-3000, poste 3701 magazine.inter@uqam.ca Site Web : www.uqam.ca/inter Publicité Téléphone : 514 987-3000, poste 1731 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN : 1708-4792 Reproduction autorisée avec mention obligatoire de la source. Pour tout changement d’adresse Bureau des diplômés, UQAM Téléphone : 514 987-3098 Télécopieur : 514 987-8210 www.diplomes.uqam.ca bureau.diplomes@uqam.ca Numéro de convention de Poste-publications : 40064460 Adresse de retour : Service des communications, UQAM Ce magazine est imprimé sur du papier Earthchoice, issu de sources responsables répondant aux normes de l’organisme FSC. Photo de couverture : Nathalie St-Pierre


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

SOMMAIRE

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ACTUALITÉS • 4

HISTOIRE • 30

URBANISME • 6

Le Quartier latin d’hier à aujourd’hui

Montréal mise sur la qualité de vie pour convaincre les citoyens de s’y installer.

TABLEAU D’HONNEUR • 34

Philippe Lamarre : entrepreneur créatif Nathalie Maillé : femme de cultures Cathy Wong : citoyenne en action

CULTURE • 10

L’art dans la ville ne fait pas qu’embellir le paysage. CONSERVATION • 14

Patrimoines en péril : comment contrer la spirale des démolitions ?

CARRIÈRE • 40 DISTINCTIONS • 42

TÊTE-À-TÊTE • 20

LIAISON • 46

Producteur, Jacques K. Primeau est aussi un des initiateurs du Quartier des spectacles.

SIGNETS • 52

RECHERCHE • 24

Six défis pour Montréal, six projets pour y répondre. page 6

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PRINTEMPS 2017


ACTUALITÉS

1.

Hanika Rizo, professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère.

2. Instance, une œuvre présentée dans le cadre du festival Illuminart. / Photo : Nathalie St-Pierre

3. Les structures autoportantes du projet VERTical. / Photo : Palais des congrès

PALMARÈS QUÉBEC SCIENCE (1.)

LE 375e À L’UQAM (2.)

Depuis plus de 20 ans, le magazine Québec Science publie le palmarès des 10 découvertes scientifiques de l’année au Québec. Cette année, la professeure du Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère Hanika Rizo a été retenue par le jury du magazine pour une fascinante découverte sur des roches parmi les plus anciennes de la Terre. Publiée en mai dernier dans Science, cette recherche qu’elle a menée en collaboration avec une équipe de chercheurs nordaméricains portait sur des roches volcaniques de la baie de Baffin et des îles Salomon, dans l’océan Pacifique. Des analyses ont montré que ces roches proviendraient d’une partie du manteau terrestre qui se serait conservée sans se mélanger pendant les 4,5 milliards d’années de l’histoire de notre planète.

Université urbaine par excellence, l’UQAM prend part activement aux festivités entourant le 375e anniversaire de Montréal. En lien avec la thématique retenue par la Société des célébrations du 375e anniversaire, « Créer des ponts », un appel de projets a été lancé auprès des étudiants. Quatre projets visant à susciter des rencontres entre les cultures, les générations ou les territoires, à provoquer des croisements inusités entre l’art, la science, le sport, la technologie et les médias ont été retenus. L’UQAM s’est associée à l’expérience Illuminart du festival Montréal en lumière et au Parcours tectonique, une série d’installations qui fera redécouvrir le Quartier latin à partir du mois de mai. Le Cœur des sciences proposera des animations scientifiques à l’extérieur dans le cadre des Midis Ville-Marie et plusieurs activités se tiendront sous le chapeau de l’Exposition agriculturelle, dont une série de rencontres inédites entre chercheurs, artistes et artisans du monde de l’agriculture. On peut consulter le microsite 375Montréal.uqam.ca pour tous les détails sur la programmation uqamienne.

AGRICULTURE URBAINE AU PALAIS DES CONGRÈS (3.)

PROFESSEURS ÉMÉRITES Deux professeurs ont reçu le titre de professeur émérite au cours des derniers mois. L’ESG UQAM a tenu à souligner la carrière exceptionnelle du professeur du Département de management et technologie Jorge Niosi, sa renommée internationale ainsi que sa contribution à l’avancement des connaissances dans les domaines de l’innovation technologique et du développement économique. La professeure du Département de sociologie Micheline Labelle a également reçu cette distinction accordée à des membres du corps professoral qui se sont illustrés par leur contribution au rayonnement de l’Université. Elle a notamment participé, à la demande de l’UNESCO, à l’élaboration du Plan d’action de la Coalition internationale des villes unies contre le racisme et elle a mis sur pied l’Observatoire sur le racisme et les discriminations, unique au Canada.

INTER

PREMIÈRE UNIVERSITÉ FRANCOPHONE L’UQAM a la cote auprès des employeurs. C’est ce qui ressort du palmarès 2016 des établissements canadiens selon l’employabilité des diplômés publié par le magazine Times Higher Education. L’UQAM arrive en huitième position, ex aequo avec l’Université d’Ottawa et la University of Western Ontario, et en deuxième position au Québec, devancée seulement par l’Université McGill. Parmi les universités francophones, l’UQAM se retrouve en première position dans ce palmarès basé sur le point de vue des recruteurs canadiens, qui évaluent les universités en fonction de la préparation de leurs étudiants au marché du travail. 4

Le Palais des congrès de Montréal a lancé l’été dernier la plus récente phase de verdissement de ses toits : VERTical, un projet d’agriculture urbaine d’une superficie de 6 000 pieds carrés utilisant une nouvelle technologie de culture verticale, auquel ont participé le chargé de cours de l’Institut des sciences de l’environnement Jean-Philippe Vermette, son collègue professeur associé Éric Duchemin (Ph.D. sciences de l’environnement, 00) ainsi que le professeur de l’École de design Mark Poddubiuk. Ce projet, qui a notamment pour objectif de participer à la réduction des îlots de chaleur, se veut aussi une vitrine pour encourager les propriétaires immobiliers à passer à l’action en matière de verdissement des toits. Tout en permettant aux congressistes de profiter des récoltes, il contribue à faire la promotion de Montréal comme ville engagée dans le développement durable.

PSYCHOLOGUES À MADAGASCAR Les cinq premières psychologues formées à Madagascar ont récemment reçu leur diplôme. C’est grâce à une entente entre l’UQAM et l’Université catholique de Madagascar (UCM) que ces professionnelles ont pu suivre leur formation sur place. Dans cette île de l’océan Indien, les personnes souhaitant exercer la profession de psychologue devaient jusque-là s’exiler pour poursuivre leurs études à l’étranger. Une douzaine de nouveaux psychologues malgaches seront formés sur une base annuelle dans le cadre de cette entente. Sous la direction du professeur du Département de psychologie Claude Bélanger, l’équipe de professeurs de l’UQAM qui collabore avec l’UCM a pour prochain objectif la mise en place d’un programme de doctorat.


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

ACTUALITÉS

4. L’Université Charles à Prague.

5. La photo du lac Duparquet parue en couverture de la revue PNAS. / Photo : Johann Housset

6. Robert Proulx. / Photo : Denis Bernier

L’UQAM À PRAGUE (4.)

EN COUVERTURE ! (5.)

DÉPART DU RECTEUR (6.)

Le cinéma et la création médiatique seront au programme d’une nouvelle école d’été qui se déroulera de juin à août prochain à Prague, en République tchèque. Cette école a été mise sur pied par l’UQAM, en collaboration avec l’Université Charles, la plus ancienne (1348) et la plus importante université d’Europe centrale. Le cinéaste Denis Chouinard (M.A. communication, 11), professeur à l’École des médias et titulaire de la Chaire René Malo en cinéma et stratégies de production culturelle et médiatique, a eu l’initiative de cette école d’été, dont il est responsable.

Contrairement à ce que de nombreux scientifiques avaient prévu, le réchauffement climatique n’a pas pour effet de stimuler la croissance de la forêt boréale canadienne. En tout cas, pas de façon uniforme, révèle une étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), dont l’auteur principal, Martin Girardin (M.Sc. biologie, 01), est chercheur au Service canadien des forêts (SCF) et professeur associé à l’UQAM, rattaché au Centre d’étude de la forêt (CEF). L’article du chercheur faisait la couverture du numéro du 27 décembre de la prestigieuse revue, illustrée d’une photo prise par Johann Housset (Ph.D. sciences de l’environnement, 15) dans la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet, en Abitibi, qui est gérée conjointement par l’UQAM et l’UQAT.

Le recteur Robert Proulx (M.A. psychologie, 80) a annoncé en février dernier qu’il ne sollicitera pas un renouvellement de son mandat. Dans une lettre adressée à la présidente du Conseil d’administration, Lise Bissonnette, il a demandé que le processus de désignation du nouveau recteur ou de la nouvelle rectrice soit enclenché afin que son successeur puisse entrer en poste à temps pour la rentrée de septembre 2017. Le recteur Proulx a tenu à exprimer sa gratitude envers les membres de la communauté universitaire qui lui ont accordé leur confiance. « Ce fut un honneur et un privilège de servir mon institution », a-t-il indiqué dans sa lettre.

DES HONNEURS AU JAPON La délégation de la Faculté de science politique et de droit a obtenu de nouveau la plus haute distinction (Outstanding Delegation), dans le cadre de l’édition internationale de la Simulation des Nations Unies (NMUN World), qui avait lieu à Kobe, au Japon, en novembre dernier. La délégation, qui représentait l’Afrique du Sud, était composée des étudiants Samuel Caron (B.A. science politique, 16), Andréanne Comeau Aubé (B.A. communication, politique et société, 16), Charline Robert-Lamy (B.A. communication, politique et société, 16), Sandrine Dessureault (LL.B., 15), Marjolaine Lamontagne et Sarah Gouin (B.A. relations internationales et droit international, 15), pour la plupart à la maîtrise, dans les domaines du droit, de la science politique, des relations internationales et des études féministes. La délégation, sous la supervision de Me Guillaume Cliche-Rivard (B.A. relations internationales et droit international, 11 ; LL.B., 14), chargé de cours à la Faculté, a aussi remporté quatre prix individuels. C’est la première fois qu’une délégation uqamienne remporte autant de prix à la NMUN World.

DOCTEURS HONORIFIQUES Deux personnalités ont reçu un doctorat honoris causa de l’UQAM au cours des derniers mois. Sur la recommandation conjointe de sa Faculté des sciences de l’éducation et de sa Faculté de communication, l’Université a honoré Michèle Fortin, une gestionnaire du secteur public québécois qui s’est consacrée à la défense et à la promotion de l’éducation, de la culture et de la communication. Michèle Fortin a notamment œuvré à Radio-Canada et à Télé-Québec, dont elle a été p.-d.g. de 2005 à 2015. Sur la recommandation de sa Faculté des sciences, l’UQAM a également attribué un doctorat honorifique à Lorne Trottier, cofondateur de la société Matrox, pour ses contributions en tant que chercheur, homme d’affaires et philanthrope. Le professeur émérite du Département de sociologie Benoit Lévesque a, pour sa part, reçu un doctorat honorifique de l’Université du Québec en Outaouais. 5

MISSIONS INTERNATIONALES Une délégation menée par le recteur Robert Proulx s’est rendue à Paris en janvier dernier afin de rencontrer des partenaires universitaires français et des diplômés établis outremer. En décembre, le recteur s’était rendu au Japon pour renforcer les liens existants et en créer de nouveaux avec des universités partenaires. Un peu plus tôt, en octobre, c’est la vice-rectrice à la Recherche et à la création Catherine Mounier qui a conduit une mission à Rennes, à Paris et à Bruxelles, où elle a eu l’occasion de nouer des relations avec des dirigeants d’établissements universitaires ciblés. En février dernier, le directeur du Service des relations internationales Sylvain StAmand et le doyen de l’ESG UQAM Stéphane Pallage ont accompagné une délégation du maire de Montréal Denis Coderre en Chine. Ils ont notamment assisté à l’inauguration de la Maison de Montréal à Shanghai, une initiative de l’UQAM et de l’Université Normale de Shanghai (SHNU).  •

PRINTEMPS 2017


Humaniser la ville

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NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

URBANISME

Montréal, comme plusieurs grandes villes de la planète, mise sur la qualité de vie pour convaincre les citoyens de s’y installer. Pierre-Etienne Caza

On se réjouit de la popularité croissante de la voiture électrique et de la multiplication des services d’autopartage et de véhicules en libre-service, mais les chiffres ne mentent pas : le nombre de voitures ne cesse d’augmenter à Montréal. « Nous traitons la culture de l’automobile comme une fatalité, mais ce n’est pas le cas. Il faut être plus coercitif, par exemple en réduisant les places de stationnement ou en augmentant leur tarification », estime Florence Paulhiac, professeure au Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG UQAM et titulaire de la Chaire de recherche-innovation en stratégies intégrées transport-urbanisme (In.SITU).  Maire de l’arrondissement Rosemont–La-Petite-Patrie et doctorant en études urbaines, François Croteau (M.B.A., 07) partage cet avis. « Il faut une politique publique beaucoup plus agressive envers la voiture », juge-t-il. Cela implique, selon lui, de faire des choix controversés : retrancher une voie de circulation, par exemple. « Même si c’est contre-intuitif, cela n’augmente pas la congestion, dit-il. Dans toutes les villes du monde où une voie de circulation a été convertie en piste cyclable ou en voie réservée aux autobus, on a observé une diminution de la congestion automobile due au transfert modal. » Même sur les grandes artères, les commerçants qui maugréent finissent par reconnaître que la piétonisation a du bon. « Leur chiffre d’affaires augmente, car les clients déambulent librement, discutent et tendent à demeurer sur place plus longtemps que s’ils étaient venus en voiture », explique Sylvain Lefebvre.

C’était l’une de ces soirées de juillet où le soleil s’accroche à l’horizon. Sur le parvis de l’église Sainte-Cécile, dans le quartier Villeray, le vieux piano mis à la disposition des passants s’animait sous les doigts d’un citoyen doué. Des dizaines de résidants avaient pris le temps de s’arrêter pour l’écouter, tandis que de l’autre côté de la rue de Castelnau, les discussions allaient bon train dans les « placottoirs », ces aires de détente sous forme de terrasses non commerciales qui ont essaimé à Montréal au cours des dernières années. À quelques pas de là, des citoyens désherbaient les potagers improvisés dans les saillies du trottoir, une autre innovation urbaine joliment désignée « Mange-Trottoir ». Quelques cyclistes empruntaient la piste cyclable. Peu de voitures circulaient sur la voie à sens unique. Ce scénario aurait été impensable il y a à peine 10 ans. La rue de Castelnau, à double sens, n’avait ni piste cyclable ni placottoirs. Ce sont les citoyens et les élus du quartier qui ont travaillé de concert afin de mettre en place des aménagements visant à renforcer les inter­ actions sociales. « C’est ce que l’on appelle de l’acupuncture urbaine ou de l’urbanisme tactique, explique Sylvain Lefebvre, professeur au Département de géographie et directeur du Groupe de recherche sur les espaces festifs. Les gens ont envie de se réapproprier les rues et les ruelles de leur quartier, qui étaient jadis des espaces de socialisation. C’est un phénomène à l’œuvre dans plusieurs grandes villes sur la planète, y compris Montréal. »

Photos : Nathalie St-Pierre

RÉDUIRE LA PLACE DE L’AUTO

La rue est au cœur même de l’histoire des villes. Autrefois, on y commerçait, on y déambulait, on y discutait et on y faisait du sport. On s’y est promené en carriole, puis en tramway. L’arrivée de l’automobile a tout bouleversé, refoulant les gens sur les trottoirs. « Dans certaines villes, les voies carrossables, les stationnements et les stations-­services occupent aujourd’hui jusqu’à 50 % de la superficie totale », fait remarquer le géographe. Humaniser la ville passe forcément par une volonté de réduire la place accordée à l’automobile, source de pollution sonore et environnementale. New York l’a fait en piétonnisant de nombreux espaces, dont Times Square et une partie de l’avenue Broadway, en plus de créer des espaces publics attrayants, comme la High Line, cette infrastructure ferroviaire désaffectée devenue l’un des lieux de déambulation les plus connus à travers le monde. Si New York peut le faire, pourquoi pas Montréal ?

« Les gens veulent se réapproprier les rues et les ruelles de leur quartier, qui étaient jadis des espaces de socialisation. » Sylvain Lefebvre, professeur au Département de géographie

1. La ruelle Milton, une ruelle verte située en plein centre-ville, juste au nord de la rue Sherbrooke, entre les rues Clark et Saint-Urbain.

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PRINTEMPS 2017


URBANISME

« Humaniser la ville n’est pas uniquement l’apanage des artistes et des designers. Tout le monde a une place à prendre dans ce mouvement-là ! »

ENCORE PLUS D’ESPACES VERTS !

L’un des plus grands défis des villes comme Montréal est de retenir les familles qui s’exilent en banlieue, où elles ont les moyens d’acquérir une maison avec un terrain. « On ne peut pas contrôler le prix des propriétés, alors il faut miser sur l’accès aux services de proximité en matière de transport, de loisirs, de santé et de consommation, estime François Croteau. C’est l’avantage comparatif des grandes villes telles que Montréal. La banlieue, où il faut utiliser sa voiture pour toutes les courses, ne pourra jamais concurrencer cela. » Une ville à échelle humaine doit être pensée en fonction des besoins réels de ses résidants, affirme Florence Paulhiac. « Il faut écouter les gens, comprendre leurs modes de vie, leurs habitudes et leurs aspirations », note la professeure. Les études révèlent que ceux qui choisissent d’habiter en ville veulent d’abord et avant tout éviter de passer trop de temps dans les transports pour se rendre au travail, d’où la nécessité d’investir dans les transports collectifs. « Cela dit, le transport en commun est particulièrement efficace à Montréal, rappelle la chercheuse. Plus qu’à Vancouver et à Portland, en Oregon, deux exemples souvent cités comme modèles de villes à échelle humaine. » Les citadins veulent également des parcs sécuritaires, des espaces verts bien aménagés et des espaces publics agréables à fréquenter. Et ils n’attendent plus nécessairement les pouvoirs publics pour réaliser des projets qui embellissent leur milieu de vie. Sylvain Lefebvre a vu le phénomène à l’œuvre à Detroit, une ville qui tente de se reconstruire depuis la débâcle de l’industrie automobile et la crise financière de 2008. « Là-bas, on ne se fie plus à l’État, raconte-t-il. Le credo est : Do it yourself. On en revient au troc, aux échanges de services, au partage entre voisins. » À Montréal, ce sont de plus en plus les comités de quartier et de ruelle qui font bouger les choses et qui incitent les administrations publiques à leur emboîter le pas. « C’est là que se joue au quotidien l’enjeu d’une ville à échelle humaine », constate François Croteau, qui est particulièrement fier des ruelles vertes créées par les citoyens de son arrondissement. « Quand j’ai été élu, il y avait cinq ruelles vertes. Cette année, nous inaugurerons la 100e! », souligne-t-il. « Le verdissement est l’un des meilleurs moyens pour humaniser la ville », croit Éric Duchemin (Ph.D. sciences de l’environnement, 00), professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement et directeur du Laboratoire sur l’agriculture urbaine. « Et l’on ne parle plus uniquement de planter des arbres. » Le chercheur salue les initiatives comme les potagers Mange-Trottoir du quartier Villeray, un projet citoyen qui vise à cultiver des plantes dans les saillies de trottoirs traditionnellement aménagées par la Ville. « L’agriculture urbaine est de plus en plus populaire, car les citadins aussi aiment jouer dans la terre. Il n’y a rien de plus apaisant », souligne Éric Duchemin. Toits verts, jardins communautaires ou pédagogiques (dans les cours d’école), ruelles vertes et agriculture urbaine, les initiatives de verdissement ne manquent pas. « Il n’y a pas de lien direct entre la superficie des espaces verts dans une ville et la rétention des familles, mais il n’y a pas de doute que le verdissement et l’agriculture urbaine améliorent la qualité de vie, estime Éric Duchemin. Pensons seulement aux corridors de fraîcheur, qui atténuent les effets des îlots de chaleur. » À cet égard, le chercheur a organisé l’an dernier une rencontre entre les responsables

INTER

Mélissa Mongiat, designer

NEW CITIES FOUNDATION À L’UQAM

L’organisme à but non lucratif New Cities Foundation (NCF) a choisi l’UQAM pour y établir son bureau principal. Auparavant installé à Paris, le quartier général de la NCF est désormais implanté au pavillon des Sciences de la gestion, au cœur du Quartier latin. Cette localisation confère à l’organisme un accès privilégié aux nombreux experts de l’UQAM qui étudient la ville sous toutes ses facettes et dont les réflexions concourent à la mission de la NCF, laquelle consiste à soutenir le développement urbain à travers le monde grâce à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

DESIGN ACTIF

Sylvain Lefebvre aimerait que Montréal se dote d’un Bureau de design actif comme l’a fait New York. « Le design actif, c’est du design urbain au profit de l’activité physique », explique‑t-il. Piétonniser des rues, rétrécir les voies aux intersections, faire davantage de place aux vélos et ajouter de la végétation sont des exemples de design actif. Ce sont parfois des détails cosmétiques qui incitent jeunes et moins jeunes à profiter de l’espace public pour faire de l’activité physique : sentier de jogging ou piste cyclable le long d’une voie d’eau ou d’une allée d’arbres, lampadaires, fontaines, abris contre le soleil, etc. « Le design actif, précise le géographe, va de pair avec un travail de sensibilisation à de saines habitudes de vie. Il faut faciliter le transport actif, lutter contre la malbouffe, favoriser l’accès à des marchés publics où l’on trouve des produits frais et promouvoir l’agriculture urbaine. »

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NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

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URBANISME

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Mélissa Mongiat et sa complice de Daily Tous les jours se font un point d’honneur d’impliquer les citoyens dans leur processus créatif. « C’est une bonne façon de valider la pertinence de notre design et de pousser le projet encore plus loin, dit-elle. Humaniser la ville n’est pas uniquement l’apanage des artistes et des designers. Tout le monde a une place à prendre dans ce mouvement-là ! » L’engouement citoyen, même pour les projets menés par les pouvoirs publics, semble lui donner raison. « On ne peut plus faire d’urbanisme sans phase de consultations publiques, souligne Florence Paulhiac. On ne consulte pas seulement pour éviter l’opposition, mais aussi pour que les citoyens amènent de l’eau au moulin et contribuent au succès des projets en se les appropriant. » Cela complique-t-il la tâche des élus ? « Au contraire ! répond François Croteau. Cela facilite notre travail. Les citoyens connaissent mieux que quiconque les problèmes de leur quartier et les solutions pour y remédier. » L’implication citoyenne a même des vertus éducatives. « Le vivreensemble est complexe et faire partie d’un comité de ruelle, par exemple, offre des occasions d’interactions sociales enrichissantes, tout en aidant à mieux comprendre les défis auxquels sont confrontés les élus, souligne Sylvain Lefebvre. Mener à bien un projet collectif, tout comme gérer et aménager une ville, cela demande des discussions et des compromis. » La ville redevient ainsi peu à peu, un projet à la fois, ce qu’elle était avant l’hégémonie de l’automobile.  •

du verdissement de Paris et ceux de Montréal dans le but de créer une « coulée verte », c’est-à-dire un parc linéaire qui relierait le mont Royal au Vieux-Port, un peu sur le modèle de la High Line new-yorkaise ou de la Promenade plantée parisienne. « Paris est un modèle de verdissement dont nous devrions nous inspirer », indique le chercheur. DES ESPACES PUBLICS INSPIRANTS

Les terrasses, les « placottoirs » et autres aménagement éphémères rendent également les lieux publics plus conviviaux. C’est le cas notamment de l’installation interactive 21 balançoires, de l’atelier Daily Tous les jours, dirigé par le duo de designers et chargées de cours à l’École de design Mouna Andraos et Melissa Mongiat (B.A. design graphique, 02), qui en est à sa septième édition sur la promenade des Artistes du Quartier des spectacles. Conçue en 2010 avec la collaboration du doyen de la Faculté des sciences Luc-Alain Giraldeau, l’installation, à mi-chemin entre le mobilier urbain et le jeu, propose une expérience de coopération musicale. Chaque balançoire reproduit le son d’un instrument — piano, guitare, harpe ou vibraphone — et c’est la hauteur atteinte par la balançoire dans sa trajectoire qui détermine la note qui sera produite. À la tombée du jour, les balançoires s’illuminent, créant un ballet lumineux. « Notre objectif est d’apporter une touche humaine à la ville, explique Mélissa Mongiat. Nos balançoires rassemblent les gens, peu importe leur provenance, dans l’émotion du moment. » Une version itinérante de l’œuvre a depuis visité New York, West Palm Beach, Detroit et San Jose. 2. L’installation interactive 21 balançoires est présente dans le Quartier des spectacles jusqu’au 28 mai. 3. L’heure de pointe sur la piste cyclable au coin des rues Berri et Cherrier.

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PRINTEMPS 2017


CULTURE

L’art dans la cité Les œuvres d’art public ne font pas qu’embellir le paysage : elles suscitent la rencontre entre l’art et le citadin.

prendre sa retraite, au printemps dernier. « Depuis, dit-elle, on a développé une façon d’évoquer les personnages et les événements marquants de notre histoire qui reflète davantage les pratiques artistiques actuelles. »

Marie-Claude Bourdon COMMÉMORER AUTREMENT

À une autre époque, les monuments servaient surtout à commémorer des héros nationaux, à inscrire dans l’espace la présence de groupes politiques ou à raconter leur version de l’histoire. On pense à l’imposant monument dédié à Sir GeorgeÉtienne Cartier, qui domine l’avenue du Parc, ou à celui du sculpteur Alfred Laliberté, consacré aux Patriotes, qui s’élève devant l’ancienne prison du Pied-du-Courant, où les rebelles sont morts sur l’échafaud. Si ces œuvres, témoins de notre histoire, continuent d’habiter parcs, places et autres lieux de la ville, l’art public a évolué vers de nouvelles formes. « Quand je suis arrivée à la Ville, la tradition voulait encore qu’on érige des statues à la mémoire de nos héros nationaux », se rappelle Francyne Lord (B.Sp. histoire de l’art, 76). Première directrice du Bureau d’art public de Montréal, créé par le maire Jean Doré en 1989, cette dernière y passera 25 ans avant de INTER

L’arc, un monument en hommage à Salvador Allende réalisé par Michel de Broin (M.A. arts plastiques, 97), a été inauguré sur l’île Notre-Dame en 2009. Commandée à l’occasion du 100e anniversaire de naissance du président chilien assassiné par les militaires, cette sculpture représente un arbre formant un arc, sa cime plongeant dans le sol. Elle n’a rien du portrait d’un héros. Mais l’arche de béton, qui symbolise l’importance de l’héritage d’Allende, s’intègre parfaitement dans le paysage du parc Jean-Drapeau, en plus de marquer la présence de la communauté chilienne à Montréal. Francyne Lord donne aussi en exemple Nef pour quatorze reines, le monument à la mémoire des victimes de Polytechnique signé Rose-Marie Goulet (B.A. arts plastiques, 79). Incitant au recueillement, le lieu, situé tout près du campus de l’Université de Montréal, sur la Place du 6 décembre 1989, est constitué de 14 tertres surmontés d’une bande de granite dans laquelle est inscrit le nom de chacune des disparues. « Quand on marche à travers le site, on voit apparaître le nom 10

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1. Où boivent les loups ? de Stephen Schofield, dans le Quartier des spectacles. / Photo : Denis Bernier

2. L’œil de David Altmejd, devant le Musée des beaux-arts de Montréal. / Photo : Alexandre Sergejewski

des jeunes filles dans le vide des lettres, décrit l’historienne de l’art. Une façon subtile de souligner leur perte. » Dans les années 2000, Amnistie internationale a approché la Ville pour commémorer le 40e anniversaire de la chanson Give Peace a Chance, enregistrée par John Lennon lors de son bed-in avec Yoko Ono à l’hôtel Reine Élizabeth, en 1969. Un concours a été lancé. « L’œuvre choisie évoque la diversité des communautés culturelles qui se côtoient et vivent en paix à Montréal, même si, dans certains cas, elles se font la guerre dans leur pays d’origine », explique Francyne Lord. Composée de dalles de calcaire portant l’inscription Give Peace a Chance déclinée en 40 langues, l’œuvre de Linda Covit et Marie-Claude Séguin est installée sur le flanc du mont Royal depuis 2009. Elle fait écho à d’autres monuments pour la paix appartenant à Montréal, dont la cloche de bronze offerte par la Ville d’Hiroshima, qui se trouve au Jardin botanique (il en existe seulement six dans le monde), et La réparation, un monument de Francine Larivée (B.Sp. histoire de l’art, 77) qui commémore la mémoire des victimes de génocides dans le parc Marcelin-Wilson du quartier Ahuntsic. L’ART ET LE PASSANT

Si la commémoration demeure un motif important de commande d’art public, elle n’est pas le seul. « L’art public est essentiel pour 11

3. Les leçons singulières (volet 1) de Michel Goulet, sur la place Roy. / Photo : Michel Goulet

une ville parce qu’il permet d’exposer les gens à l’art », observe la professeure du Département d’histoire de l’art Annie Gérin. « Ce n’est pas tout le monde qui entre dans les musées et il y a, dans l’art public, cette possibilité de rencontre entre l’art et le passant. L’art urbain hausse le niveau de culture de la population. » On a démontré dans des quartiers un peu glauques que l’art public pouvait jouer un rôle significatif, assure l’historienne de l’art, qui a codirigé l’ouvrage Public Art in Canada: Critical Perspectives (University of Toronto Press). « Par exemple, des gens vont recommencer à fréquenter un parc où a eu lieu une intervention en art public. » Miser sur l’art public, c’est investir dans la qualité de vie de la population, confirme Francyne Lord. « À cet égard, l’arrondissement Rosemont–La-Petite-Patrie, qui a décidé de consacrer 100 000 dollars par année à l’art public, est exemplaire. » SOUTENIR LES CRÉATEURS LOCAUX

Les commandes publiques sont aussi une source de revenus pour les artistes. « Ce n’est pas la manne que l’on pense, mais cela permet de travailler pendant un certain temps », dit Michel Goulet (B.Sp. arts plastiques, 75), figure marquante de la sculpture contemporaine au Québec et professeur à l’École des arts visuels et médiatiques jusqu’à sa retraite de l’enseignement, en 2004. L’art urbain amène aussi les artistes à entrer en PRINTEMPS 2017


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contact avec le public. « Cela nous sort de notre bulle », ajoute le sculpteur, qui se dit impressionné par les créateurs de la jeune génération, les David Altmejd (B.A. arts visuels, 98) ou Michel de Broin. « Ils ont beaucoup d’ambition et il en faut pour imposer son œuvre sur la place publique. » « Montréal a un très bon programme d’art public », soutient Louise Déry, directrice de la Galerie de l’UQAM, soulignant que la Ville ne craint pas de faire appel à des artistes de la relève. En soutenant les créateurs locaux, l’art public contribue aussi au dynamisme culturel des villes. « La plupart des grandes villes du monde misent sur l’art public », ajoute la directrice de la Galerie, qui donne l’exemple de la ville de Londres, où l’un des socles de Trafalgar Square, place emblématique de la ville, reçoit une œuvre d’art différente chaque année. « Des endroits comme Chicago ou New York, qui ont beaucoup investi dans l’art public, en font un outil d’attraction pour générer du tourisme », renchérit Annie Gérin. Avec le site Parcours, qui propose de nombreux circuits thématiques ou historiques de ses œuvres d’art public, Montréal a emboîté le pas. Une dizaine d’œuvres appartenant à la collection de l’UQAM, dont Mosaïque fluide d’Alain Paiement (M.A. arts plastiques, 88), professeur au Département des arts visuels et médiatiques, la verrière Spektroskop de la chargée de cours Lisette Lemieux (M.A. arts plastiques, 80) et la fresque sculptée Montagne de Françoise Sullivan, font partie de ces itinéraires qui regrouperont à terme plus de 1000 œuvres disséminées aux quatre coins de la ville. « Ces parcours intéressent aussi les Montréalais, dit Annie Gérin, et pas seulement les touristes étrangers. » INTER

DIALOGUE AVEC L’ESPACE

Après la période « monumentale », puis celle du plop art — un terme (légèrement ironique…) désignant le fait de placer des sculptures contemporaines grand format devant des édifices gouvernementaux ou corporatifs, sans égard pour leur environnement —, « l’art public se veut aujourd’hui en dialogue avec son environnement physique, culturel, social », dit la professeure. Où boivent les loups ?, l’œuvre du professeur de l’École des arts visuels et médiatiques Stephen Schofield installée l’année dernière dans le Quartier des spectacles, est représentative de cette tendance. Déployé en cinq stations le long de la rue Jeanne-Mance, entre Sainte-Catherine et René-Lévesque, le projet est en résonance avec les arts de la scène, qui sont la marque du quartier. Les chaises que Michel Goulet a installées sur les places de Montréal (et maintenant dans le jardin du Palais-Royal, à Paris) constituent un autre exemple de cette volonté d’occuper l’espace pour mieux le faire découvrir. Les chaises des Leçons singulières, sur la place Roy et au parc La Fontaine, « sont étalées dans l’espace et en dialogue les unes avec les autres », observe Annie Gérin. « Michel Goulet disait qu’il voulait que les gens rencontrent l’art dans leur quotidien, rapporte Francyne Lord, et qu’il avait intégré les chaises dans l’espace de telle façon que si on les enlevait, il manquerait quelque chose. » À l’époque de leur installation, les chaises avaient suscité un mini-scandale à Montréal, où l’on s’interrogeait sur la valeur artistique d’objets du quotidien ainsi hissés au rang d’œuvres 12

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4. Le square des Frères-Charron (intervention de Raphaëlle de Groot). / Photo : Marc Cramer

5. Regard sur le fleuve de Lisette Lemieux, parc Stoney-Point à Lachine. / Photo : Alexandre Sergejewski

d’art. Michel Goulet n’a pas oublié. « Ce n’est pas vrai, dit-il, que les artistes ne se préoccupent pas de la façon dont leurs œuvres sont reçues. » Mais s’il a souffert de l’opprobre dont il a été victime, il se souvient aussi qu’une de ses pires détractrices a fini par succomber au charme tranquille de ses chaises. « Quand on a remis les chaises sur la place Roy après les avoir enlevées pour faire des travaux, elle s’est aperçue que, finalement, elle s’identifiait à l’œuvre. Elle a même commencé à l’expliquer aux passants. Ma plus grande ennemie était devenue mon amie ! », raconte-t-il en riant. Dans ces œuvres qui dialoguent avec l’espace, le paysage lui-même sert de matériau, comme dans Regard sur le fleuve de Lisette Lemieux. L’immense panneau obstrue la vue du lac Saint-Louis tout en le laissant voir dans la trouée des lettres du mot fleuve. Créée à l’occasion du 350e anniversaire de Mont­ réal, en 1992, cette œuvre avait d’abord été exposée sur la promenade du Vieux-Port. « L’art public ne consiste plus seulement à poser une sculpture dans un parc ou sur une place, dit Francyne Lord. Parfois, l’artiste est appelé à intervenir en amont, dans la création même de l’aménagement. » Pour elle, le plus bel exemple de cette démarche est le travail mené par l’artiste et chargée de cours Raphaëlle de Groot (M.A. arts visuels et médiatiques, 07) en collaboration avec l’architecte Gavin 13

6. L’arc de Michel de Broin, dans le parc Jean-Drapeau sur l’île Notre-Dame. / Photo : Michel de Broin

7. Mosaïque fluide d’Alain Paiement, dans le Pavillon des sciences biologiques de l’UQAM. / Photo : Nathalie St-Pierre

Affleck et l’architecte du paysage Robert Desjardins pour le réaménagement du square des Frères-Charron, dans la Cité du Multimédia. Cette collaboration visait à inclure le point de vue de l’artiste dans le processus de conception du square et non nécessairement à y installer une œuvre. Par une découpe circulaire réalisée à même le pavé, l’aménagement exprime le contraste entre la ville actuelle et la prairie d’origine où les frères Charron avaient installé leur moulin à vent, dont les vestiges sont signalés par un marquage en granit. D’une autre façon, la grande roue du collectif d’artistes BGL qui se dresse maintenant à l’entrée de Montréal-Nord a, elle aussi, été pensée pour s’insérer dans le paysage. Bleu de bleu, le corridor artistique imaginé par Alain Paiement pour relier l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau au centre-ville sur un tronçon de six kilomètres le long de l’autoroute 20, procède de la même logique. Conçue afin de souligner le 375 e anniversaire de Mont­réal, l’œuvre sera inaugurée l’été prochain. « C’est important que chaque entrée de ville ait une identité, dit Francyne Lord. Quand les gens arrivent dans une ville et qu’ils voient une œuvre d’art, cela change leur perspective. »  •

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Patrimoines en péril


CONSERVATION

Ville d’histoire, Montréal laisse à l’abandon de nombreux trésors patrimoniaux. Comment contrer la spirale des démolitions ? Claude Gauvreau

Photos : Nathalie St-Pierre

Vous vous inquiétez pour l’église qui tombe en ruines au coin de votre rue ou pour le sort d’une ancienne école abandonnée ? Tout Montréalais peut exprimer ses préoccupations à propos du patrimoine bâti sur la plateforme web H-MTL, créée à l’automne 2015 par Héritage Montréal. « Cette plateforme constitue un outil collaboratif qui recense, sous forme de carte géographique, les édifices patrimoniaux actuellement menacés de démolition ou laissés vacants », explique le designer et documentariste Jonathan Lapalme (B.A. communication, 2012), concepteur de l’outil. « L’autre jour, un citoyen a déposé sur la page Facebook de H-MTL un avis de démolition d’édifices en pierre grise près du pont Jacques-Cartier ainsi qu’une capture d’écran des édifices sur Google Street View. Des journalistes ont aussitôt repris l’information et, quelques jours plus tard, la Ville de Montréal annonçait qu’elle mettait fin au processus de démolition. » Selon Héritage Montréal, quelque 50 000 bâtiments ont été détruits dans la métropole depuis le début des années 1960. Dans certains cas, pour de bonnes raisons. Dans d’autres, cependant, les motifs laissent songeur. Ainsi, en août dernier, l’arrondissement Ville-Marie donnait son accord pour qu’un complexe de tours résidentielles remplace sur la rue de Bleury des maisons en mauvais état, mais d’une grande valeur patrimoniale sur le plan architectural. Seules les façades en pierre grise seront conservées. « Nous vivons dans une société qui se perçoit dans un présent éternel et renouvelé », commente Jean-François Nadeau (Ph.D. histoire, 04), chroniqueur au Devoir et historien de formation. Selon lui, nous avons du mal à nous voir autrement que dans du neuf ou dans des apparences de vieux. « Cela explique que l’on privilégie le patrimoine de façade. Plusieurs pays européens réussissent pourtant à se réapproprier leur patrimoine, lequel est passablement plus lourd que le nôtre. Il ne s’agit pas de protéger pour protéger, mais de préserver des bâtiments qui ont un sens collectif, qui sont des points de repère de notre trajectoire en Amérique. » Chaque année, Montréal continue de voir disparaître des édifices à caractère historique. En 2012, trois bâtiments en pierre datant du 19e siècle, situés sur le boulevard SaintLaurent, en enfilade avec le Monument national, ont été démolis parce qu’ils risquaient de s’écrouler. Des éléments des façades ont été numérotés et entreposés, mais ni la Ville de Montréal ni le gouvernement du Québec n’ont garanti leur retour et leur restauration. Plus récemment, en novembre 2016, deux bâtiments patrimoniaux abandonnés ont été la proie des flammes : l’édifice Robillard, situé sur le boulevard SaintLaurent, dans le Quartier chinois, qui avait abrité la première

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CONSERVATION

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salle de cinéma de Montréal à la fin du 19 e siècle, puis un immeuble plus que centenaire, sur l’avenue du Parc, près de Milton. Alors que d’autres villes dans le monde — Paris, Berlin, Boston ou New York — protègent jalousement leurs quartiers historiques, les autorités montréalaises semblent incapables d’arrêter la destruction. Lucie K. Morisset, professeure au Département d’études urbaines et touristiques et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, rejette l’idée selon laquelle le patrimoine serait en état de crise perpétuelle. « Le patrimoine n’est pas un ensemble de biens que l’on doit encapsuler et mettre dans un écrin, dit-elle. L’intérêt que l’on porte à certains bâtiments relève souvent d’une représentation du patrimoine associée à un passé figé, soi-disant commun à tous. Or, dans une ville aussi métissée que Montréal sur le plan ethnique et culturel, ce passé commun n’existe plus. Plutôt que de muséifier le patrimoine, il vaut mieux l’inscrire dans le projet urbain contemporain de Montréal. » LE LEGS INDUSTRIEL

Au cours des dernières décennies, plusieurs anciennes usines le long du canal de Lachine ont été transformées en complexes d’habitation modernes, redonnant vie et panache à ces vestiges du passé. Mais de nombreux autres sites demeurent à l’abandon. « L’idée que l’héritage laissé par l’industrie fasse partie de notre patrimoine est relativement récente », note Joanne Burgess (Ph.D. histoire, 87), professeure au Département d’histoire et directrice du Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal. Des secteurs d’activités qui, à une autre époque, ont fait la richesse de certains quartiers, ont légué des bâtiments aujourd’hui en état de déclin avancé. Ainsi, on s’inquiète du sort réservé aux usines de la Dominion Bridge, à Lachine, qui datent des années 1880, sans parler du Silo à grain no 5, un complexe de trois bâtiments laissé à l’abandon dans le VieuxPort de Montréal depuis 1994, ou de l’imposante usine de la Canada Malting, à Saint-Henri, délaissée depuis 1989. « Bien sûr, on ne peut pas tout protéger, remarque Joanne Burgess. Il faut dresser un inventaire des lieux et des bâtiments dont l’intégrité et l’authenticité témoignent le mieux du

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rôle et des effets de l’industrialisation sur la société québécoise, tout en documentant ce qui risque de disparaître à court terme, comme cela a été fait pour le patrimoine religieux dans les années 2000. » PATRIMOINE ET MODERNITÉ

En juillet dernier, l’homme d’affaires Guy Laliberté annonçait qu’il avait mis la main sur la Maison Alcan, un îlot d’immeubles patrimoniaux au centre-ville de Montréal, pour plus de 48 millions de dollars. Le promoteur comptait construire une tour commerciale de 30 étages au-dessus de ces immeubles, nécessitant la démolition de certains d’entre eux, ce qui ­rendait plus urgent que jamais le classement patrimonial de la Maison Alcan, souligne la professeure émérite de l’École de design France Vanlaethem. « Construite rue Sherbrooke dans les années 1980 et lauréate de nombreux prix, la Maison Alcan respecte l’échelle de son environnement en intégrant des façades d’immeubles patrimoniaux à un complexe moderne », dit-elle. L’ensemble a été classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel en février dernier. France Vanlaethem a fondé Docomomo Québec, une antenne basée à l’UQAM de Docomomo international, un réseau voué à la conservation de l’architecture moderne. L’organisme a été créé en 1990 sous l’impulsion d’architectes et de professeurs engagés pour la sauvegarde du Westmount Square, le complexe multifonctionnel construit par le célèbre architecte Ludwing Mies van der Rohe au milieu des années 1960. Depuis, Docomomo Québec est intervenu dans de nombreux dossiers de protection du patrimoine moderne, dont celui de la restauration du pavillon du Lac-aux-Castors sur le mont Royal. L’organisme a aussi contribué à valoriser des édifices phares du patrimoine moderne montréalais comme la Place-Ville-Marie ou le complexe d’Habitat 67. « Parler d’un patrimoine architectural porteur des valeurs de nouveauté et d’universalité propres à la modernité ne va pas de soi », souligne France Vanlaethem. Alors qu’on peine à sauvegarder le patrimoine ancien, il n’est pas aisé de convaincre les autorités de la nécessité de protéger le patrimoine moderne, souvent mal-aimé. « Les jeunes générations

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PATRIMOINE UQAMIEN

Plusieurs pavillons du campus de l’UQAM intègrent des éléments de patrimoine. Avec son clocher emblématique de l’UQAM, le pavillon Judith-Jasmin conserve la façade du transept sud de l’ancienne église Saint-Jacques sur le site de laquelle il est construit. Il a reçu le prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec en 1980. L’ancienne École technique de Montréal, un édifice de style beaux-arts sur la rue Sherbrooke, ainsi que ses ateliers et annexes ont été rénovés et intégrés au Complexe des sciences pour loger le pavillon Sherbrooke, la bibliothèque des sciences et le Cœur des sciences. Les travaux de restauration ont été récompensés par un prix Orange de Sauvons Montréal en 1996. Le nouveau pavillon de Mode, sur la rue Sainte-Catherine, a conservé les aspects patrimoniaux les plus intéressants de deux édifices centenaires, en plus d’y ajouter un étage à la signature contemporaine. Le pavillon du Faubourg, en face, propose une fenestration de facture moderne qui se conjugue avec le caractère patrimonial du bâtiment.

« Les jeunes générations reconnaissent plus facilement la valeur patrimoniale de l’architecture moderne et certains architectes sont également plus sensibles que d’autres à l’importance de sa conservation. » France Vanlaethem, professeure émérite de l’École de design

1. Le Silo no 5. / Photo : Nathalie St-Pierre 2. Le pavillon du Lac-aux-Castors. / Photo : Nathalie St-Pierre


CONSERVATION

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« Essayons de penser le patrimoine en termes de projets, en fonction de sa capacité de créer de l’appartenance et de l’identité, de changer l’environnement urbain dans lequel il s’inscrit. » Lucie K. Morisset, professeure au Département d’études urbaines et touristiques et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain

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reconnaissent plus facilement la valeur patrimoniale de l’architecture moderne et certains architectes sont également plus sensibles que d’autres à l’importance de sa conservation », observe toutefois la professeure. Docomomo Québec mène actuellement une étude patrimoniale du Parc olympique, à la demande de la Régie des installations olympiques (RIO). « Ces installations ont fait l’objet de controverses en raison du contexte de leur réalisation et de leur coût. Il est rare que les gens en parlent de manière positive, note la chercheuse. Pourtant, quand des architectes étrangers viennent à Montréal, ils se précipitent pour voir le Parc olympique. Des gens du quartier l’apprécient également. Le Stade olympique domine le paysage urbain et est même devenu l’un des symboles, voire le symbole de Montréal. » NOUVELLES VOCATIONS

Comment conserver des sites et des bâtiments sans en faire des reliques ? Peut-on les revitaliser en leur donnant une nouvelle vocation qui réponde à des besoins présents, sans altérer leur valeur patrimoniale ? « Essayons de penser le patrimoine en termes de projets, en fonction de sa capacité de créer de l’appartenance et de l’identité, de changer l’environnement urbain dans lequel il s’inscrit », dit Lucie K. Morisset, qui propose de considérer les citoyens comme des producteurs de patrimoine. « L’église Sainte-Brigide héberge aujourd’hui plusieurs organismes communautaires du quartier Centre-Sud. Ceux-ci n’ont pas pour vocation de s’ocuper du patrimoine, mais le fait qu’ils soient devenus propriétaires de ce lieu lui procure une stabilité, crée une interdépendance avec l’objet patrimonial incarné par l’église et permet de redynamiser la vie du quartier. » Jonathan Lapalme, l’une des 50 personnalités du magazine Urbania en 2016, a cofondé Entremise, une entreprise sociale spécialisée en gestion de locaux vacants pour des usages temporaires. Dans les arrondissements Ville-Marie et Plateau-Mont-Royal, plus de 60 bâtiments, certains ayant une valeur patrimoniale, sont actuellement vacants. « Il peut s’écouler plusieurs années avant qu’une institution ou un promoteur ne décide de s’en occuper, dit-il. Si on ne fait rien en INTER

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attendant, le bâtiment risque de se détériorer ou d’être l’objet de vandalisme. On peut songer à des usages transitoires. Ainsi, l’association Plateau urbain a redonné vie à un hôpital abandonné de Paris en y soutenant divers projets : hébergement, événements artistiques, enseignement. C’est aussi une façon d’expérimenter de nouvelles formes de vivre-ensemble. » Le patrimoine industriel peut constituer un levier de développement culturel, souligne Joanne Burgess. L’Usine C, un centre de création et de diffusion pluridisciplinaire, occupe depuis 1995 l’entrepôt et la chaufferie de l’ancien complexe industriel Alphonse Raymond, rue Panet. « Le travail d’architecture de l’Usine C a permis de préserver une portion d’histoire du quartier et de sauvegarder une pièce importante du patrimoine montréalais », remarque l’historienne. En mai dernier, un colloque s’est tenu, dans le cadre du congrès de l’Acfas, sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu, qui sera bientôt déserté quand toutes ses activités seront transférées au nouveau CHUM. Faut-il lui donner une vocation publique, privée, institutionnelle ? Doit-on y maintenir des services de santé ? « Le dossier est complexe, dit Joanne Burgess. Certains veulent conserver sa vocation médicale pour continuer de répondre aux besoins de la population. D’autres privilégient le logement social, d’autres encore favorisent une mixité de fonctions. » UN PATRIMOINE SPÉCIFIQUEMENT MONTRÉALAIS

Le Stade olympique, le mont Royal, le Vieux-Port, le canal de Lachine, le Plateau-Mont-Royal sont autant de paysages urbains constituant une sorte de catalogue hétéroclite de l’identité montréalaise. Chose certaine, le paysage bâti de Montréal n’a rien de monotone, observe Jonathan Lapalme. « Il est fait d’une grande diversité de textures, un trait typiquement montréalais. Mais pour l’apprécier, il faut le cadrer de façon serrée. On peut regarder devant soi et considérer que le spectacle est déplorable. Puis, il suffit de tourner la tête de 20 degrés pour constater que le paysage est magnifique. »  • 3. Patrimoine industriel reconverti en projets immobiliers le long du canal de Lachine. / Photo : Jonathan Lapalme.


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Producteur, gérant d’artistes et initiateur du Quartier des spectacles, Jacques K. Primeau a le don de s’entourer pour créer des projets qui cartonnent. Marie-Claude Bourdon

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Photo : Nathalie St-Pierre

L’homme derrière la scène


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Les fans de Rock et Belles Oreilles savent que cette bande de joyeux drilles qui a fait rire toute une génération entre 1985 et 1995 se sont rencontrés à l’UQAM. Jacques K. Primeau (B.A. communication, 84) ne les connaissait que de loin, entre autres par les textes désopilants que les membres du groupe écrivaient dans Le tracteur, le journal du module de communication. C’est à la radio communautaire CIBL, où il était morning man, qu’il a véritablement connu les membres de RBO : une rencontre qui a fait basculer le cours de sa carrière. Toujours gérant de Rock et Belles Oreilles 30 ans plus tard (le groupe se réunit ponctuellement pour des événements comme le Bye Bye de RBO, en 2006, qui a fracassé les records d’écoute, atteignant 88 % de part de marché, soit plus de 4 millions de téléspectateurs) et de ses membres Guy A. Lepage (B.A. communication, 83), André Ducharme (B.A. communication, 83), Yves Pelletier et Richard Z. Sirois (B.A. communication, 80), Jacques K. Primeau s’occupe aussi de la carrière de personnalités comme l’animatrice Pénélope McQuade (B.A. communication, 93) et le musicien classique Alexandre Da Costa. Producteur associé de l’émission phare de Radio-Canada Tout le monde en parle, il ne compte plus le nombre de projets — disques, spectacles, vidéoclips, émissions de télévision — qu’il a contribué à mettre en branle. En marge de ses activités de gérant et de producteur, Jacques K. Primeau s’investit depuis 25 ans dans le développement de la scène culturelle à Montréal. Il a entre autres siégé au conseil d’administration de l’École nationale de l’humour et été président de la Coalition des arts de la scène et de l’Adisq. C’est à ce titre qu’il a porté l’idée du « Quartier des spectacles » au Sommet de Montréal 2002. Quand le projet a pris forme, un an plus tard, il est devenu vice-président du Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS) jusqu’en 2012, moment où on lui a demandé d’en assumer la présidence. L’UQAM, dont le campus se situe au cœur du Quartier des spectacles, est un partenaire important du PQDS depuis le début. Jacques K. Primeau a accepté de répondre aux questions d’INTER sur sa carrière, sur le Quartier des spectacles et sur Montréal.

TÊTE-À-TÊTE

inter

Êtes-vous né à Montréal ? Oh que oui ! Sur la 7e avenue, entre Dandurand et Masson, dans Rosemont. J’y ai vécu une enfance extraordinaire : on jouait au baseball dans les parcs, au hockey dans les ruelles, on se cachait dans les hangars à charbon… Le Rosemont des années 1960, avant la construction du métro, était comme un village. Peu de gens avaient une auto et on allait rarement au centre-ville. À l’époque, on trouvait tout rue Masson : on pouvait faire ses courses, s’habiller, se chausser… il y avait même un cinéma ! Après une période de déclin, c’est une rue qui a connu une belle renaissance. J’ai vécu dans d’autres quartiers, mais je suis retourné à Rosemont quand j’ai acheté une maison. C’était en 1993 (la dernière année que les Canadiens ont gagné la Coupe Stanley, ça ne s’oublie pas…). À l’époque, je disais à la blague que je préparais le meilleur café à l’est de Papineau ! Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Il y a de nouveau plein de boutiques, de restaurants et de bons petits cafés sur Masson.

jkp

inter

Pourquoi avoir choisi l’UQAM ? Au Collège de Maisonneuve, j’ai découvert le militantisme étudiant, la radio, le journal… Cela m’a amené aux communications. Après avoir pensé devenir travailleur social, j’ai décidé de m’orienter vers le journalisme. L’UQAM offrait le programme le plus sélectif en communications et c’est là que je voulais aller. jkp

inter

Une chose que l’UQAM vous a apportée ? L’ouverture d’esprit. Autant du côté des professeurs que des étudiants, il y avait à l’UQAM un bouillonnement créatif incroyable. Nous étions entourés par des gens de très haut calibre, les Pierre Bourgault, Jean-Pierre Desaulniers (B.A. communication, 80), Claude‑Yves Charron. Cela m’a permis d’apprendre énormément. jkp

inter Qu’est-ce qui vous a donné l’idée du Quartier des spectacles ? jkp À la fin de mon bac en communication, à l’occasion d’un stage de journalisme à CIBL, j’avais décidé de couvrir le dossier des usines Angus, qu’on voulait démolir pour construire un centre commercial. Le développement urbain et les enjeux sociaux m’ont toujours intéressé. Au début des années 2000, quand on a annoncé la tenue d’un sommet sur l’avenir de Montréal, j’étais président de l’Adisq [Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo]. J’ai discuté avec les propriétaires de salles de spectacles membres de l’association pour présenter une proposition dans le cadre du sommet. À ce moment-là, il existait déjà une dynamique en vue d’aménager des places publiques pour la tenue des festivals et il y avait déjà énormément de salles de spectacles — Montréal a la particularité de compter, dans un kilomètre carré, 30 000 sièges dans 28 salles ! —, mais il manquait une vision d’ensemble pour développer le secteur et en faire un véritable quartier culturel. C’est ce que nous avons proposé.

inter

Qu’est-ce qui vous excite le plus dans votre carrière ? Le fait que cela change tout le temps. J’ai la chance d’être entouré d’artistes extrêmement créatifs et prolifiques qui ont un point commun : ce sont des initiateurs de projets. Chaque projet — chaque spectacle, chaque disque, chaque émission, chaque film — est un nouveau défi. Chaque fois, c’est comme lancer une nouvelle entreprise… sans garantie de succès. Parfois, cela ne fonctionne pas comme on l’aurait souhaité, mais, d’autres fois, on réussit au-delà de nos espérances. jkp

inter Êtes-vous du genre à penser à la retraite ou à dire que vous ne vous arrêterez jamais ? jkp (Rires) Disons que mon comptable m’oblige parfois à y penser, mais sinon, pas du tout. Je ne suis pas rendu là. Dans mon domaine, il y a un moment où il faut savoir se retirer… Et j’espère que je saurai m’arrêter. Mais tant que ça continue à bien marcher, j’ai envie de continuer.

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PRINTEMPS 2017


TÊTE-À-TÊTE

« Nous avons créé un véritable lieu de rassemblement : toutes les villes n’ont pas cette capacité de réunir des milliers de gens dans un aménagement prévu pour cela. »

Le PQDS est aussi derrière les projets d’éclairage des façades, derrière le projet 21 balançoires… d’autres initiatives auxquelles l’UQAM a collaboré. Il y en a eu beaucoup depuis le début. C’est d’ailleurs un élément vital que d’avoir une université dans le quartier. inter

Le plus beau moment que vous avez vécu dans le QDS ? Le spectacle de Rock et Belles Oreilles, quand les membres du groupe ont fait la Place des festivals en 2014. Ils ont offert une rétrospective de leurs chansons et je revoyais toutes les années passées avec RBO. Il faisait beau, il y avait énormément de monde, des gens de tous les âges, tout le monde était content… C’était un moment magique. jkp

inter

Quelle est la principale réussite du QDS ? D’avoir réussi à unir les forces vives qui ont permis la réalisation du projet : les gens de l’Adisq, mais aussi Marie Lavigne (M.A. histoire, 74), à l’époque p-.d.g. de la Place des Arts, Monique Savoie de la Société des arts technologiques (SAT), Simon Brault, qui était à Culture Montréal, Lorraine Pintal du TNM. Ensemble, nous avons démontré qu’il ne s’agissait pas uniquement d’un dossier culturel, mais aussi d’un dossier d’urbanisme, économique et même social (quand on travaille sur un tel projet au centre-ville, on doit réfléchir à toutes ses implications, aux problématiques de l’itinérance, de la maladie mentale, de la cohabitation avec les résidents du quartier, etc.). Nous avons créé un véritable lieu de rassemblement : toutes les villes n’ont pas cette capacité de réunir des milliers de gens dans un aménagement prévu pour cela. Il y avait plein d’espaces vacants dans ce quartier — ce n’est pas par hasard que les festivals s’y étaient installés. Il y a maintenant des places publiques. C’est un quartier vivant, animé, qui a pris de la valeur. On y a ouvert des restaurants, bâti des hôtels et on y voit maintenant beaucoup de construction résidentielle. En tout, le secteur a reçu 1,5 milliard d’investissements, majoritairement privés. Pierre Fortin (B.A. communication, 79), le directeur général du Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS), reçoit presque chaque semaine des demandes de visiteurs étrangers qui souhaitent voir ce que nous avons réalisé. Ce n’était pas le but en soi, mais c’est un plus de contribuer au rayonnement de Montréal. jkp

inter

Quel est votre principal regret par rapport au QDS ? À l’époque où les terrains ne valaient pas cher, il aurait fallu réserver des espaces pour les artistes, pour des ateliers et des lieux de création. Il y en a. Il y aura l’Espace Danse, l’ONF qui va bientôt déménager, d’autres, mais il aurait pu y en avoir davantage. jkp

inter

Est-ce qu’il y a trop de festivals à Montréal ? Non, affirmer ça reviendrait à dire aux jeunes : « C’est complet ! » Alors que des événements comme le Pique-Nique électronique, Pop Montréal ou Complètement Cirque, qui ont émergé au cours des dernières années, sont extrêmement dynamiques. Évidemment, cela crée des problèmes de distribution des subventions. Mais il ne faut pas étouffer ces initiatives. Au contraire, il faut les encourager. Cette créativité, cette vie culturelle est un atout pour Montréal. C’est notre richesse collective. jkp

inter

Pourquoi n’avez-vous pas vos bureaux dans le QDS ? (Rires). Parce que j’ai eu l’occasion de louer des locaux dans le Vieux-Montréal. Cela dit, je marche souvent entre le Quartier des spectacles et le Vieux-Montréal et cela me fait réfléchir aux liens entre les quartiers : il y a un travail urbanistique à faire pour améliorer la circulation nord-sud entre ces quartiers. Et puis, j’adore le QDS, mais je suis un Montréalais. J’aime aussi Rosemont, le Plateau (je suis un défenseur du Plateau, c’est un quartier qui a énormément « déniaisé » Montréal !), le Sud-Ouest… L’île de Montréal est extraordinaire par sa diversité, de Sainte-Anne-de-Bellevue à Pointe-aux-Trembles. jkp

inter Que fait le Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS), l’organisme que vous présidez ? jkp Le PQDS a un mandat que lui a confié la Ville de Montréal pour gérer et animer les places publiques du quartier. Pendant les festivals, mais aussi entre les festivals. Dans un monde idéal, on voudrait qu’il y ait de l’animation toute l’année. Le nombre d’événements qui se tiennent dans le QDS a d’ailleurs quadruplé. Il y a de nouveaux secteurs d’animation, comme la place Émilie-Gamelin, où il ne se passait rien auparavant. Avec plusieurs partenaires, dont l’UQAM, nous avons créé un lieu extrêmement intéressant où les gens peuvent se rencontrer pendant l’été, prendre un verre, écouter de la musique ou des conférences. Il y aura bientôt une patinoire sur l’îlot Clark, qui ajoutera un élément d’animation l’hiver.

INTER

inter Vous vous intéressez à la politique municipale. Souhaiteriez-vous devenir maire de Montréal ? jkp (Rires). Je m’intéresse à la politique municipale, oui. À la mairie, non… même si on ne doit jamais dire jamais. Je pense que depuis 25 ans, j’ai trouvé ma façon de m’impliquer et d’apporter ma contribution au développement culturel de Montréal.  •

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1 an 403,52 $ 156,00 $

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2 ans 47,60 $ 33,95 $

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8 nos 39,60 $ 14,95 $

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RECHERCHE

INTER

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NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

RECHERCHE

Six défis pour Montréal Six projets pour y répondre Comme toutes les grandes métropoles, Montréal fait face à de nombreux défis. Et si les solutions se trouvaient du côté de la recherche ?

Innovation

Innovation

défi — comment créer un quartier qui

stimule l’innovationCRÉER  ? UN QUARTIER QUI DÉFI — COMMENT

STIMULE L’INNOVATION ?

projet de recherche — approche critique du rôle de DE l’urbanisme dans la fabrique PROJET RECHERCHE — APPROCHE

des CRITIQUE lieux d’innovation crsh, développement DU RÔLE DE, L’URBANISME DANS savoir , 2016–2018DES LIEUX . LA FABRIQUE D’INNOVATION,

CRSH, DÉVELOPPEMENT SAVOIR, 2016–2018

chercheuse — priscilla ananian,

professeure au départementANANIAN, d’études CHERCHEUSE — PRISCILLA

urbaines et touristiques , esg uqam . PROFESSEURE AU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES

Illustration : Luc Melanson

URBAINES ET TOURISTIQUES, ESG UQAM

« L’urbanisme participe, selon moi, à la fabrication des lieux d’innovation en favorisant une meilleure synergie entre les habitants, les entreprises et l’administration publique », affirme Priscilla Ananian. La jeune chercheuse, qui a visité des quartiers voués à l’innovation dans une demidouzaine de villes nord-américaines, s’intéresse particulièrement à ceux de Montréal : le Quartier de l’innovation — lancé en 2013 dans Griffintown par l’École de technologie

Marie-Claude Bourdon Pierre-Etienne Caza Valérie Martin

supérieure et l’Université McGill, auxquelles se sont jointes l’Université Concordia et, plus récemment, l’UQAM —, mais aussi la Cité du multimédia et le pôle Saint-Viateur Est, dans le Mile-End, où se sont installés la compagnie de jeux vidéo Ubisoft ainsi que de nombreux ateliers d’artistes et de jeunes designers. « Pour revitaliser un territoire, il faut non seulement des espaces résidentiels, mais aussi des commerces, des entreprises et des espaces publics, soutient Priscilla Ananian. De plus en plus, la nouvelle économie — celle d’Internet et du multimédia — appelle une nouvelle forme de mixité urbaine à l’échelle locale, celle des quartiers. » L’urbanisme joue un rôle différent selon les quartiers, observe Priscilla Ananian. Dans le cas de la Cité du multimédia, ce fut un rôle d’initiateur, en favorisant l’aménagement des infrastructures nécessaires dans l’ancien Faubourg des Récollets pour attirer des entreprises liées au secteur de la nouvelle économie. Dans le Quartier de l’innovation, il s’agit plutôt d’un rôle d’accompagnateur, en aidant les acteurs du projet à s’investir dans le quartier et à dialoguer avec la communauté.

L’exemple le plus novateur en matière d’urbanisme demeure le pôle Saint-Viateur Est, juge la professeure. « Nous assistons là à une forme d’urbanisme intégrateur, où tous les acteurs essaient de faire avancer ensemble les projets du quartier, au fur et à mesure que ceux-ci se présentent. » Elle cite le cas du Champ des possibles, cette friche industrielle aux abords de la voie ferrée et de l’ancien couvent des Carmélites, que les citoyens se sont appropriée pour en faire un lieu de biodiversité urbaine. Selon Priscilla Ananian, l‘urbanisme réglementaire, reposant essentiellement sur des questions de zonage, est réducteur et dépassé. « Il faut aller vers un urbanisme de projet, flexible, créatif et collaboratif. La mobilité urbaine, l’économie d’énergie, le transport durable et les avancées de la ville intelligente, par exemple, peuvent être prétextes à de l’innovation sociale et technologique. »

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PRINTEMPS 2017


RECHERCHE

Climat Climat

DÉFI  COMMENT SE PRÉPARER AUX BOULEVERSEMENTS DÉFI — COMMENTCLIMATIQUES ? SE PRÉPARER AUX BOULEVERSEMENTS CLIMATIQUES ? PROJET DE RECHERCHE  CHAIRE DE RECHERCHE SURPROJET LES RISQUES DE CATASTROPHES D’ORIGINE DE RECHERCHE — PROGRAMME HYDROMÉTÉOROLOGIQUE DE LA CHAIRE DE RECHERCHE SUR LES RISQUES DE CATASTROPHES D’ORIGINE CHERCHEUR  PHILIPPE GACHON, PROFESSEUR HYDROMÉTÉOROLOGIQUE AU DÉPARTEMENT DE GÉOGRAPHIE ET TITULAIRE DE LA CHAIRE CHERCHEUR — PHILIPPE GACHON, PROFESSEUR AU DÉPARTEMENT DE GÉOGRAPHIE ET TITULAIRE DE LA CHAIRE

Compte tenu de l’augmentation anticipée des aléas météorologiques — pluies torrentielles, canicules, redoux hivernaux, verglas —, la Ville doit être prête à réagir à des phénomènes extrêmes pouvant avoir d’importantes répercussions économiques, sociales, sanitaires et environnementales. « Les redoux hivernaux qui se produisent de plus en plus fréquemment mettent à rude épreuve nos infrastructures municipales vieillissantes », observe Philippe Gachon (Ph.D. sciences de l'environnement, 99). À preuve,

Transport Transport

DÉFI  COMMENT AMÉLIORER LA FLUIDITÉ DES DÉPLACEMENTS DANSAMÉLIORER LA VILLE ? LA FLUIDITÉ DÉFI — COMMENT DES DÉPLACEMENTS DANS LA VILLE ? PROJET DE RECHERCHE  LE T.O.D. DANS LES GRANDES VILLES CANADIENNES : TOD ÉVALUATION PROJET DE RECHERCHE — LE DANS D’UNLES INSTRUMENT LOCALCANADIENNES : DE COORDINATION GRANDES VILLES URBANISME-TRANSPORT AUTOUR DELOCAL LA PRISE EN ÉVALUATION D’UN INSTRUMENT COMPTE DES INÉGALITÉS SOCIO-SPATIALES, CRSH, DE COORDINATION URBANISME-TRANSPORT DÉVELOPPEMENT 2015-2020. AUTOUR DE LASAVOIR, PRISE EN COMPTE DES INÉGALITÉS SOCIO-SPATIALES, CRSH, CHERCHEUSE  FLORENCE PAULHIAC, DÉVELOPPEMENT SAVOIR, 2015-2020 PROFESSEURE AU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES URBAINES ET TOURISTIQUES ETPAULHIAC, TITULAIRE DE CHERCHEUSE — FLORENCE LA CHAIRE IN.SITU INNOVATIONS EN STRATÉGIES PROFESSEURE AU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES INTÉGRÉES TRANSPORT-URBANISME, ESG UQAM. URBAINES ET TOURISTIQUES ET TITULAIRE DE LA CHAIRE IN.SITU INNOVATIONS EN STRATÉGIES INTÉGRÉES TRANSPORTURBANISME, ESG UQAM

Dans le but de freiner l’étalement urbain et l’utilisation de la voiture, les plans d’aménagement des grandes métropoles occidentales misent tous, ou presque, sur des projets de transit-oriented development (TOD), ces modèles de quartiers organisés autour des transports collectifs et actifs. « Le modèle a l’air simple, mais il pose des défis de mise INTER

les nids-de-poule qui transforment les rues de la ville en véritables parcours à obstacles pendant l’hiver. L’été, ce sont les précipitations intenses qui font pression sur le système d’égout, provoquant des débordements aux conséquences coûteuses et potentiellement dangereuses sur le plan sanitaire. « Lors de la crise du verglas, en janvier 1998, la Ville de Montréal était passée à un cheveu du black out, rappelle le chercheur. On avait aussi frôlé la catastrophe en matière d’approvisionnement en eau potable. » Le rapport de la commission Nicolet rédigé à l’issue de cette crise recommandait de mieux protéger les infrastructures de distribution d’électricité, non seulement contre le verglas, mais aussi contre les autres risques météorologiques (les vents violents causent plus de dommages que le verglas). « Pourtant, il n’existe à Montréal aucun plan d’enfouissement des lignes électriques, comme on en trouve dans plusieurs villes d’Europe », déplore Philippe Gachon. Pour évaluer les risques de catastrophe, le degré d’exposition d’une région est pris en considération. « Parmi les grandes villes du Nord, Montréal a un degré d’exposition élevé,

affirme le chercheur. Nous connaissons, par exemple, des accumulations de neige et des tempêtes hivernales beaucoup plus importantes qu’une ville comme Moscou. » On considère aussi la vulnérabilité des infrastructures — celles de Montréal sont dans un piètre état — et de la population. « Lors des grandes vagues de chaleur, on constate une augmentation de la morbidité et de la mortalité dans certains quartiers qui comptent davantage de personnes âgées », observe le chercheur, qui a collaboré à la production d’un guide pour déterminer les seuils d’alertes aux canicules. « Pendant longtemps, les ingénieurs et décideurs municipaux ont pris des décisions en fonction d’un climat stable, dit Philippe Gachon. Cela ne peut plus être le cas. Avec l’augmentation des risques météorologiques, il faut changer nos façons de faire et utiliser les plus récentes connaissances scientifiques pour revoir les designs d’infrastructures et mettre en place de meilleurs systèmes d’alertes météorologiques. »

en œuvre colossaux, car il oblige les acteurs du transport et de l’urbanisme à travailler ensemble », observe F­ lorence Paulhiac. Les éléments pour réussir un TOD sont connus : une station de transport (bus, métro, train) entourée de constructions denses et mixtes (résidentielles et commerciales) cédant la place à des constructions de densités décroissantes en allant vers la périphérie. En revanche, on n’explique jamais comment s’y prendre pour les intégrer dans un plan cohérent. « Chaque TOD devient donc une expérimentation unique, poursuit la chercheuse. Notre hypothèse, c’est que la manière de collaborer, incluant les débats et les conflits inhérents à ce type de projet, influence grandement le contenu final du TOD et ses effets à long terme. » Florence Paulhiac coordonne une équipe montréalaise, mais aussi des équipes basées à Vancouver, Toronto et Ottawa/Gatineau. « On pourra comparer Montréal à d’autres grandes villes canadiennes où des projets semblables ont été réalisés ou sont en cours. » La première année de recherche a porté sur Montréal. Il y a présentement 17 projets de TOD en phase de planification ou de

réalisation dans la région métropolitaine. « Jusqu’à maintenant, nous avons observé que les acteurs impliqués réfléchissent aux manières de collaborer en amont des projets. Ils inventent des modalités de coopération, ils expérimentent. Il nous reste à voir si ces dispositifs de collaboration produiront des résultats bénéfiques en matière de TOD. » Spécialiste des politiques publiques, Florence Paulhiac estime que la fluidité des transports n’est pas qu’une question d’offre de transport collectif. « Certes, il faut développer des infrastructures performantes, mais la mobilité est également liée à l’aménagement du territoire, lequel dépend de la synergie entre les politiques publiques en transport et en urbanisme. On ne s’en sort pas : pour améliorer la fluidité des déplacements, il faut s’assurer que tous les acteurs travaillent ensemble dès le départ. »

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NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

Gentrification Gentrification DÉFI  COMMENT REVITALISER SANS EXCLURE ?

DÉFI — COMMENT REVITALISER PROJET  REVITALISATION ET « GENTRIFICATION » : SANS EXCLURE ? DE L’AFFORDANCE DES LIEUX À LA RÉSILIENCE CULTURELLE, CRSH SAVOIR (2015-2019) PROJET — REVITALISATION ET « GENTRIFICATION » : DE L’AFFORDANCE CHERCHEUSE  HÉLÈNE BÉLANGER, PROFESSEURE DES LIEUX À LA RÉSILIENCE CULTURELLE, AU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES URBAINES ET CRSH SAVOIR (2015-2019) TOURISTIQUES CHERCHEUSE — HÉLÈNE BÉLANGER, PROFESSEURE AU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES URBAINES ET TOURISTIQUES

Griffintown, Hochelaga-Maisonneuve… Des quartiers autrefois à l’abandon sont maintenant recherchés par suite de l’arrivée de nouveaux résidents, de commerces et de restaurants plus raffinés. Une gentrification pas toujours appréciée des populations en place, qui a même donné lieu à des éclats de violence contre des commerçants. « Comment revitaliser un quartier sans exclure ? C’est la question ! », s’exclame Hélène Bélanger (B.Sc. urbanisme, 98). Au départ, les projets de revitalisation ont souvent de très beaux objectifs, remarque-t-elle. « On ne veut pas repousser les populations locales. Au contraire. Souvent, on veut les inclure. Mais la revitalisation crée un nouveau buzz et les lois du marché font en sorte que plus il y a de demande, plus les loyers augmentent. C’est là que les gens sont exclus. » Pour éviter de revitaliser des quartiers au détriment des populations en place, il faut prévoir des mécanismes de protection afin de les soustraire aux pressions immobilières. « Or, c’est souvent le morceau qui manque dans les plans de revitalisation », mentionne la chercheuse.

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RECHERCHE

Surtout que les mesures ne sont pas faciles à orchestrer. Si les groupes communautaires réclament une limitation des augmentations de loyer, les associations de propriétaires — qui, de leur côté, subissent des augmentations de taxes foncières — s’y opposent tout naturellement. La solution : investir dans le logement social. Le problème, c’est que très peu de nouveaux projets de ce type ont vu le jour au cours des dernières années. Au contraire, le fédéral s’est retiré du financement de ces programmes, mettant en péril plusieurs projets existants. La revitalisation est avantageuse, observe Hélène Bélanger. « En embellissant les quartiers, on attire de nouvelles populations et on fait augmenter les valeurs foncières, ce qui se traduit par une hausse de rentrées fiscales dans les coffres de la Ville. Une partie de ces revenus peut être redistribuée sous forme de services à la population. Mais il faut protéger les résidents les plus vulnérables. » Même des efforts de revitalisation (parcs, mobilier urbain, services) destinés aux populations locales peuvent avoir pour résultat de faire augmenter la valeur des propriétés et, à terme, de chasser ces gens de leur quartier, souligne la chercheuse. Conséquence ? « À défaut d’investissements dans le logement social, à défaut de protections adéquates pour les locataires, des mouvements — parfois radicaux — s’opposent à toute forme de revitalisation, qu’ils associent automatiquement à la gentrification. »

PRINTEMPS 2017


RECHERCHE

Éducation Éducation

DÉFI  COMMENT FAVORISER L’INTÉGRATION DES ÉLÈVES ALLOPHONES ? DÉFI — COMMENT FAVORISER L’INTÉGRATION DES ÉLÈVES ALLOPHONES ? PROJET DE RECHERCHE  CONCEPTION, DÉPLOIEMENT ET ÉVALUATION D’UN PROGRAMME DE FORMATION PROJET DE RECHERCHE — CONCEPTION, POUR LES ENSEIGNANTS ŒUVRANTD’UN AUPRÈS DES DÉPLOIEMENT ET ÉVALUATION ÉLÈVES ALLOPHONESFORMATION EN CLASSES D’ACCUEIL PROGRAMME DE POUR LES ET ORDINAIRES, MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION. ENSEIGNANTS ŒUVRANT AUPRÈS DES ÉLÈVES ALLOPHONES EN CLASSES D’ACCUEIL CHERCHEURS  SIMONMINISTÈRE COLLIN ETDE VALÉRIE ET ORDINAIRES, L’ÉDUCATION AMIREAULT, PROFESSEURS AU DÉPARTEMENT DE DIDACTIQUE DES LANGUES CHERCHEURS — SIMON COLLIN ET VALÉRIE AMIREAULT, PROFESSEURS AU DÉPARTEMENT DE DIDACTIQUE DES LANGUES

Afin de favoriser la réussite des élèves allophones issus de l’immigration, les professeurs Simon Collin et Valérie Amireault, du Département de didactique des langues, ont participé à la mise sur pied d’un programme de formation continue destiné aux enseignants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Conçu en collaboration avec des conseillers pédagogiques et des enseignants de la CSDM, le projet a duré quatre ans.

Forêt urbaine Forêt urbaine

DÉFI  COMMENT AMÉLIORER LE COUVERT FORESTIER MONTRÉALAIS? DÉFI — COMMENT AMÉLIORER LE COUVERT FORESTIER MONTRÉALAIS? PROJET DE RECHERCHE  CHAIRE DE RECHERCHE CRSNG/HYDRO-QUÉBEC SUR LE CONTRÔLE DE PROJET DE RECHERCHE — PROGRAMME LA CROISSANCE DES DE LA CHAIRE DE ARBRES RECHERCHE CRSNG/ HYDRO-QUÉBEC SUR LE CONTRÔLE DE CHERCHEUR  CHRISTIAN MESSIER, PROFESSEUR LA CROISSANCE DES ARBRES AU DÉPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET TITULAIRE DE LA CHAIRE CHERCHEUR — CHRISTIAN MESSIER, PROFESSEUR AU DÉPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET TITULAIRE DE LA CHAIRE

« On estime que 20 % des arbres de Montréal seront détruits par l’agrile du frêne, un parasite importé d’Asie. Profitons de cette crise pour faire les choses autrement », propose Christian Messier. Dans certains quartiers, plus de 40 % des arbres appartiennent à la même essence, résultat de politiques passées privilégiant quelques espèces jugées plus résistantes, note le chercheur. « Ce n’est pas propre à la Ville. En forêt aussi, on privilégiait les monocultures. Le problème, c’est qu’un nouveau INTER

« L’objectif était de proposer des pratiques et des ressources afin d’améliorer les compétences professionnelles des enseignants dans le but de faciliter le passage des élèves de la classe d’accueil à la classe ordinaire », explique Simon Collin. Pour les élèves allophones, le séjour en classe d’accueil dure en moyenne un à deux ans, au cours desquels ils suivent des cours intensifs de français afin d’intégrer le plus rapidement possible les classes ordinaires. « Cette période transitoire n’est pas très bien balisée, observe le chercheur. Il n’existe pas de consignes précises permettant aux enseignants en classe d’accueil de savoir quand diriger un élève vers la classe ordinaire. L’élève est-il prêt ? Va-t-il réussir sa transition? La formation a mis cette problématique en lumière et tenté d’y remédier. » De leur côté, les enseignants des classes ordinaires, qui n’ont pas de formation en français langue seconde ou d’expérience en classe d’accueil, ne savent pas toujours comment intégrer les élèves allophones au cursus régulier. Le déclassement des élèves allophones quand ils arrivent en classe ordinaire est une des réalités auxquelles les

enseignants doivent faire face. « Quand ces élèves quittent la classe d’accueil, ils sont parmi les meilleurs, tandis qu’en classe régulière, ils se retrouvent parmi les derniers. C’est un coup dur pour l’estime de soi », remarque le professeur, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socioculturels du numérique en éducation et directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante de l’Université du Québec (CRIFPE-UQ). Les professeurs et leurs collègues de la CSDM ont eu l’idée de bonifier le programme de formation continue en réalisant un webdocumentaire et un site web interactif destinés au personnel scolaire œuvrant tant auprès des élèves nouvellement arrivés que des élèves plurilingues en classe ordinaire.  •

parasite qui s’attaque à une espèce plantée en monoculture peut tuer tous les arbres ! » Les travaux menés à la Chaire visent à définir des stratégies qui auront des impacts à long terme sur la résistance du couvert forestier. « En ville comme en milieu naturel, on prend de plus en plus conscience de l’importance de la biodiversité », observe Christian Messier. À la Chaire, on étudie la sensibilité des différentes espèces d’arbres à la sécheresse, au vent, aux maladies, aux parasites. Ainsi, on fera en sorte que tous les arbres plantés dans un quartier ne subissent pas le même stress en même temps. On favorise également les plantations groupées. « Je trouve dramatique de voir un arbre planté tout seul, dans sa fosse, sur un trottoir, déplore le chercheur. Les arbres ne sont pas faits pour vivre de façon isolée. » Un projet de recherche a pour but de déterminer les meilleurs assemblages. « Pour favoriser la croissance et la résistance aux stress environnementaux, l’idéal consiste à planter différentes espèces d’arbres en les regroupant avec des arbustes et des fleurs pour créer de véritables mini-écosystèmes », affirme le biologiste.

La forêt urbaine comporte de multiples effets positifs, rappelle-t-il. Les arbres créent de l’ombrage, ce qui a des conséquences bénéfiques en cas de canicule. En contrant les îlots de chaleur, ils diminuent les besoins en climatisation. Avec le CO2, ils fixent les particules en suspension dans l’air et contribuent grandement à réduire la pollution. La canopée urbaine a aussi pour effet de tempérer la puissance des précipitations, donc de limiter l’érosion des infrastructures et les risques de débordements d’égouts. « Plusieurs études ont démontré que les arbres ont un effet apaisant sur l’être humain, dit Christian Messier. Quand on plante plus d’arbres dans un quartier, la criminalité diminue. On a même montré qu’un patient hospitalisé qui a une vue sur un arbre se rétablira plus rapidement qu’un patient dont la vue donne sur un mur ! »  •

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GRAND PARTENAIRE

ILLER

M ARTHUR

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La rue Saint-Denis avec l’Université Laval et le clocher de l’église Saint-Jacques vers 1910. / Photo : Musée McCord

Le Quartier latin d’hier à aujourd’hui Foyer intellectuel de l’Amérique francophone au tournant du 20e siècle, le quartier de l’UQAM a retrouvé sa place au cœur de la vie culturelle montréalaise.

D’origine parisienne, l’expression quartier latin remonte au Moyen Âge. À cette époque, elle désignait l’arrondissement d’une cité où s’élevaient les écoles et les universités, dans lesquelles l’enseignement était dispensé en latin. Ceinturé par la rue Saint-Antoine au sud, Sherbrooke au nord, ainsi que par la rue Saint-Hubert et le boulevard Saint-Laurent, à l’est et à l’ouest, le Quartier latin de Montréal a une histoire qui remonte bien avant la construction du campus de l’UQAM dans les années 1970. Cette histoire commence au 19e siècle, autour de l’église Saint-Jacques, celle qui a donné son clocher à l’UQAM et qui a été, pendant quelques années, la cathédrale de l’évêché. Au début des années 1800, la rue Saint-Denis constitue l’axe principal du Montréal francophone. La rue sert de voie de passage entre la ville fortifiée, au sud, et les villages formant aujourd’hui le PlateauMont-Royal. L’église y est érigée de 1823 à 1825, entre Sainte-Catherine et de Maisonneuve.

Claude Gauvreau

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La rentrée des classes dans le Quartier latin en 1937, à l’époque où l’Université de Montréal est installée rue Saint-Denis. / Photo : Conrad Poirier / Bibliothèque et Archives nationales du Québec

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HISTOIRE

l’église Saint-Jacques, là où se trouve aujourd’hui le pavillon Hubert-Aquin de l’UQAM », souligne le professeur du Département d’histoire Paul-André Linteau, spécialiste de l’histoire de Montréal. La nouvelle université s’implante au cœur du quartier bourgeois francophone, concentré entre les élégants squares Viger, au sud, et Saint-Louis, au nord. « Elle héberge trois facultés — théologie, droit et médecine — et accueille les fils de la bourgeoisie canadienne-­f rançaise », note l’historien. L’Université Laval s’établit dans la métropole en dépit des protestations de Mgr Bourget, ardent défenseur d’une université montréalaise autonome. Il faut attendre 1919 pour que l’institution de la rue SaintDenis obtienne sa propre charte et porte le nom d’Université de Montréal. La première université catholique et francophone de Montréal (du côté anglophone, l’Université McGill est en pleine expansion à l’ouest de la ville) constitue alors le berceau de la vie intellectuelle canadienne-française et le noyau du Quartier latin qui s’est formé à sa périphérie. D’autres établissements prestigieux sont apparus, contribuant eux aussi à dynamiser le secteur. En 1905, l’École Polytechnique s’installe rue Saint-Denis, face à l’église Saint-Jacques, dans l’édifice qui abrite aujourd’hui le pavillon Athanase-David. En 1910, l’École des hautes études commerciales (HEC) est logée dans un magnifique bâtiment de style beaux-arts, aux abords du square Viger, où se trouve aujourd’hui BAnQ Vieux-Montréal. Puis, en 1915, l’érection de la Bibliothèque Saint-Sulpice rue Saint-Denis consacre la vocation universitaire du quartier.

« La construction de l’église Saint-Jacques traduit la volonté de la bourgeoisie catholique canadiennefrançaise de s’installer dans ce secteur de la ville, observe le professeur émérite de l’École de design Marc H. Choko. Un geste correspondant à une ascension tant économique que géographique, qui entraînera la construction d’autres bâtiments prestigieux. » À l’époque, de plus en plus de bourgeois francophones quittent les vieux quartiers encombrés du bas de la côte pour se bâtir de belles demeures le long des rues Saint-Denis et Saint-Hubert. Des avocats et des médecins s’établissent au rez-de-chaussée et louent les étages supérieurs à des familles. C’est pour desservir cette clientèle cossue que la rue Sainte-Catherine, alors un simple chemin, ne tardera pas à devenir une artère commerciale. L’église Saint-Jacques connaîtra une histoire tumultueuse. En 1836, Mgr Lartigue, premier évêque de Montréal, en fait sa cathédrale. Mais, en juillet 1852, le plus désastreux incendie de l’histoire de Montréal rase l’église et le palais épiscopal encore en construction. Le nouvel évêque, Mgr Bourget, transfère le siège de l’épiscopat dans l’ouest de la ville, sur l’emplacement de l’actuelle cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Une église paroissiale est reconstruite sur le site de l’ancienne cathédrale, mais, en 1858, les travaux sont perturbés par un nouvel incendie et ne seront achevés qu’en 1860. UN FERMENT INTELLECTUEL

« Le Quartier latin prend forme quand une “succursale” de l’Université Laval s’installe en 1895 à l’angle sudest des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine, près de

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Place Viger, hôtel et gare du CP, vers 1901. / Photo : William Notman & Son / Musée McCord

Tranquille, discourir sur tous les sujets possibles. La librairie Tranquille devient rapidement l’un des lieux incontournables de la bohème littéraire et artistique montréalaise. C’est là que furent mis en vente, en 1948, les 400 exemplaires du manifeste Refus global. Le divertissement occupe une place importante dans le secteur du Quartier latin, particulièrement rue Sainte-Catherine. Le Théâtre Français, inauguré en 1884 près de Saint-Dominique (le Métropolis actuel), présente des spectacles populaires et du vaudeville. Le Théâtre National (entre Montcalm et Beaudry) ouvre ses portes en 1900, suivi en 1906 par le cinéma Ouimetoscope (coin Montcalm). Des cours, des conférences, des films et des spectacles de variétés sont présentés au Monument-­N ational, boulevard Saint-Laurent, siège social à l’époque de la Société Saint-Jean-Baptiste. Enfin, comment oublier les nuits de Montréal avec les restaurants, les cabarets ou les boîtes de nuit qui se multiplient à compter des années 1920. Le Red Light, boulevard Saint-Laurent, se développe, abritant débits de boisson, spectacles d’effeuilleuses, maisons de jeux et de prostitution. La vitalité du Quartier latin se maintient jusqu’en 1942, année où l’Université de Montréal déménage ses pénates sur le mont Royal. Plusieurs familles bourgeoises se déplacent elles aussi vers Outremont. Mais le quartier avait déjà commencé à perdre de son prestige avec la crise économique des années 1930, affirme Paul-André Linteau. « Le secteur est plus ou moins entretenu et la rue Saint-Denis, où surgissent des maisons de chambre et des tourist rooms, devient beaucoup moins animée. Le tissu social se dégradera peu à peu au cours des décennies suivantes. »

Une partie de l’élite canadienne-française se regroupe autour du très fréquenté square Viger, inauguré en 1860. « Le square Viger est alors la place publique la plus prestigieuse à Montréal, dit Marc H. Choko. On y trouve la première grande serre, un kiosque à musique et une gare-hôtel luxueuse, construite en 1898 par le Canadien Pacifique sous la pression du maire, qui voulait dans l’est de la ville l’équivalent francophone de la gare Windsor. Quand le prince de Galles vient à Montréal, c’est à l’hôtel Viger qu’il réside. » PaulAndré Linteau abonde dans ce sens. « Les bourgeois du quartier y réservent des salles pour des mariages, des fêtes et autres réceptions. Malheureusement, l’hôtel ferme ses portes en 1935, dans un contexte de crise économique, malgré la vive opposition de politiciens et de gens d’affaires de l’est de Montréal. » DE L’ÂGE D’OR AU DÉCLIN

Au tournant du 20e siècle, des notables, magistrats, hommes de lettres et étudiants fréquentent assidument les cafés-terrasses, librairies, tabagies et estaminets du Quartier latin de Montréal, alors réputé pour être le principal foyer intellectuel et culturel de l’Amérique francophone. On raconte qu’à l’hiver 1895, six amis épris de littérature ont l’habitude de se réunir dans un café, rue Sainte-Catherine est. Ils arrosent leurs rêves et leurs complaintes à grands verres d’absinthe et de cognac. Fanfarons, ils se baptisent le « Club des six éponges ». L’École littéraire de Montréal, dont faisait partie le poète Émile Nelligan, serait issue, dit-on, de leurs rencontres informelles. En 1937, une petite librairie ouvre ses portes au 67, rue Sainte-Catherine. On peut non seulement y bouquiner, mais aussi y entendre son propriétaire, Henri INTER

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Le carré Viger vers 1907. La fontaine qu’on aperçoit à gauche de l’image se trouve maintenant dans le square Saint-Louis. / Photo : Neurdein Frères / Musée McCord

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HISTOIRE

Le Festival international de Jazz de Montréal durant les années 1980 et le Festival Juste pour rire, depuis les années 1990 jusqu’au milieu des années 2000, participent aussi à la relance du secteur, tout comme la Cinémathèque québécoise, le théâtre Saint-Denis et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Le clocher de l’ancienne église Saint-Jacques, devenu celui de l’UQAM, se transforme en un espace d’expression pour les arts visuels et numériques, contribuant à la requalification de la rue Saint-Denis et du Quartier latin. De nombreux étudiants et professeurs des facultés des arts et de communication participent à des projets d’installations et d’œuvres vidéo qui permettent d’animer et d’illuminer le site du célèbre clocher, notamment lors d’événements culturels comme Montréal en lumière. Aujourd’hui, avec le Quartier des spectacles, dont l’UQAM est l’un des partenaires, le Quartier latin occupe une place essentielle dans la diffusion de la culture locale et internationale.  •

UN NOUVEAU SOUFFLE

À la création de l’UQAM, en 1969, les étudiants doivent suivre leurs cours dans 14 édifices vétustes éparpillés dans le centre-ville. Dix ans plus tard, l’inauguration des pavillons Judith-Jasmin et Hubert-Aquin, à l’angle des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine, redonne sa vocation originelle au Quartier latin. « La présence de ce nouveau campus et celle des librairies, cinémas, restaurants, boutiques et cafés qui refont alors surface contribuent à donner un nouveau souffle au quartier et lui permettent de renouer avec le dynamisme culturel du début du siècle, note Paul-André Linteau. Elles favorisent le retour d’une population étudiante qui, couplée à celle du Cégep du Vieux-Montréal, ravive le Quartier latin. » La construction du campus central au centreville reflète la volonté de développer une université populaire et accessible, souligne Marc H. Choko. « Ce n’est pas étonnant si les nouveaux bâtiments sont installés au-dessus de la station de métro Berri, au croisement des trois lignes du métro de Montréal. » D’autres pavillons — Paul-Gérin-Lajoie, Gestion, Design, DeSève — ainsi que le Centre sportif seront construits au cours des années 1990, transformant le paysage bâti du quartier.

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TABLEAU D’HONNEUR · INNOVATION

« Comme notre but n’est pas de vieillir avec notre public, mais de le renouveler, j’embauche des jeunes fous qui me rappellent la candeur que j’avais au début de l’aventure et qui brassent la cage. »

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TABLEAU D’HONNEUR · INNOVATION

Philippe Lamarre Entrepreneur créatif Pierre-Etienne Caza Photo de Nathalie St-Pierre

confirme que les créatifs de la pub s’en donnent à cœur joie quand vient le temps d’annoncer dans une production signée Urbania. Bref, tout le monde y gagne. Philippe Lamarre espère que son entreprise, qui est passée de 20 à 35 employés depuis deux ans, deviendra un média à part entière comme Vox, Vice ou BuzzFeed, tous issus de l’ère numérique. « En misant sur notre spécificité francophone, notre prochaine poussée de croissance devrait nous amener à exporter notre produit en Europe et peut-être aussi en Afrique », affirme celui qui figurait en janvier dernier au palmarès des 21 Montréalais visionnaires sélectionnés par le Musée McCord. En attendant de faire le saut outre-mer, les défis ne manquent pas. « Il faut constamment s’adapter aux nouveaux outils techno, note l’éditeur. Durant la dernière année, entre 60 et 70 % du trafic sur notre site provenait d’appareils mobiles. Nous pensons donc désormais nos contenus en fonction d’une navigation avec le pouce sur un téléphone. » À 41 ans, Philippe Lamarre ne figure déjà plus dans son public cible ! « Comme notre but n’est pas de vieillir avec notre public, mais de le renouveler, j’embauche des jeunes fous qui me rappellent la candeur que j’avais au début de l’aventure et qui brassent la cage», dit-il. Pour les mêmes raisons, il adore la collaboration établie depuis 2013 entre l’UQAM et l’École Urbania, devenue depuis le Lab Urbania : des stages offerts à une demi-douzaine d’étudiants provenant de différentes disciplines, qui doivent réaliser un projet en commun. « Plusieurs étudiants des autres universités nous approchent, mais ce projet est réservé aux finissants de mon alma mater », précise-t-il. Malgré sa volonté d’expansion, l’ADN d’Urbania demeure incontestablement montréalais. Il y a deux ans, l’entreprise a déménagé ses quartiers de la rue Saint-Alexandre à la rue Roy, au cœur du PlateauMont-Royal, dans le bâtiment qui abritait jadis la Phonothèque. « Nous voulions sortir du centre-ville et avoir pignon sur rue, être davantage connectés à la ville, explique le patron. Ici, face à la place Roy avec sa fontaine, ses sans-abris et ses dealers, nous faisons réellement partie du tissu urbain. » Comptez sur eux pour en tirer des idées et des récits extraordinaires. •

Designer qui aime les mots ou journaliste qui aime les images, ­Philippe Lamarre (B.A. design graphique, 00) est surtout un entrepreneur créatif qui a du flair. L’aventure Urbania, raconte-t-il, a débuté sur un coup de tête (pouvait-il en être autrement ?). La boîte de design graphique Toxa, fondée trois ans plus tôt avec son ami Vianney Tremblay (B.A.A., 01), venait de s’installer boulevard Saint-Laurent, angle des Pins. « Je n’avais pas de plan d’affaires, ni d’analyse de marché, mais j’avais le goût de lancer un magazine », se rappelle-t-il. Amis, famille et pigistes embarquent dans l’aventure. « Le jour, nous avions nos emplois sérieux, et, le soir et la nuit, ce projet un peu fou, qui nous servait d’exutoire pour nous éclater. » Dès le premier numéro, paru à l’été 2003, le ton décalé, l’humour et la raison d’être du magazine s’imposent. « Nous voulions aller à la rencontre de gens ordinaires qui ont des histoires extraordinaires à raconter, nous intéresser à ces personnages que tout le monde croise dans la rue sans vraiment les connaître », explique l’éditeur. En 2006, l’équipe produit les Minutes Urbania, diffusées dans le cadre du magazine culturel Mange ta ville à ARTV. « Nous avons compris avec ce projet que nous pouvions élargir nos horizons et décliner nos contenus au-delà du magazine », se rappelle Philippe Lamarre. TV5 l’approche l’année suivante pour produire une série documentaire sur Montréal. Montréal en 12 lieux donne naissance à un site web, MTL12.com. Les internautes y découvrent l’envers de 12 lieux iconiques de Montréal, dont le Club 281, la station de métro Berri et l’hôtel Ritz-Carlton.  Cette incursion dans l’univers télévisuel et la création web a été un formidable accélérateur de développement pour la marque Urbania. Dix ans plus tard, l’entreprise est passée d’un magazine de niche à une plateforme multimédia solidement implantée dans le paysage montréalais. Elle est aujourd’hui associée à la production de plusieurs émissions de télévision avec Radio-Canada, ARTV, Historia, Explora et Ztélé. Le site urbania.ca se retrouve au cœur de ses activités avec quelque 335 000 visiteurs uniques par mois. Tandis que les annonceurs multiplient les efforts pour joindre les milléniaux, ces 25-35 ans qui consomment l’information autrement, l’équipe d’Urbania rit sous cape. « Les milléniaux constituent 44 % de notre auditoire », précise Philippe Lamarre. Urbania a conclu l’automne dernier un partenariat avec La Presse + afin de produire 12 éditions numériques de son magazine par année. « Pour nous, c’est une incursion dans un média mainstream, une très belle visibilité », souligne l’éditeur. Le quotidien de la rue Saint-Jacques, lui, espère sans doute rajeunir son lectorat. « Les espaces publicitaires des 12 numéros se sont envolés en 6 semaines ! », révèle Philippe Lamarre. Un coup d’œil aux deux premières parutions numériques

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TABLEAU D’HONNEUR · CULTURE

« Même si l’ADN culturel de Montréal est plus que jamais dans le Quartier des spectacles, chaque quartier possède un lieu de diffusion ou un centre culturel. C’est assez exceptionnel. »

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TABLEAU D’HONNEUR · CULTURE

Nathalie Maillé Femme de cultures Martine Turenne Photo de Nathalie St-Pierre

vit en direct, en groupe, parmi les autres, eux-mêmes différents, multiples. « Cette notion d’inclusion sera de plus en plus importante, estime Nathalie Maillé. Car Montréal change à un rythme fou. » Ce sont les événements culturels qui font de Montréal un endroit si agréable où vivre, rappelle la directrice du Conseil. Festivals, concerts, théâtre ou danse sont présents un peu partout sur l’île. Le programme « Conseil des arts de Montréal en tournée » subventionne d’ailleurs quelque 400 reprises, dans plus de 100 lieux différents par année, d’œuvres d’abord créées pour d’autres salles, qui peuvent ainsi rejoindre de nouveaux auditoires. « Même si l’ADN culturel de Montréal est plus que jamais dans le Quartier des spectacles, chaque quartier possède un lieu de diffusion ou un centre culturel, souligne Nathalie Maillé. C’est assez ­exceptionnel.  » Ce qui a le plus changé depuis qu’elle fréquente le milieu de la culture, estime Nathalie Maillé, c'est le rapport aux artistes et au public. « On n’est plus dans un environnement de diva. » Quel sera l’avenir de la production culturelle ? Il faut être à l’affût, dit-elle, notamment des bouleversements que le numérique continuera d’apporter. « Il faut observer, sans paniquer. » Depuis le début des années 2000, rappelle la gestionnaire, on a craint la disparition d’à peu près tous les supports, sans que cela survienne. « Quand le MET a commencé à diffuser ses spectacles live dans les cinémas, l’Opéra de Montréal a cru que c’était sa fin… Le contraire s’est produit. » Notre défi collectif, poursuit la directrice du Conseil, est de rendre la culture aussi essentielle pour les citoyens que le sport, auquel on prête mille vertus. « L’art aussi est important pour la santé, l’âme, le cœur, les émotions…. Utilisons la culture pour vivre mieux ! » Celle qui dit n’avoir jamais eu de plan de carrière fait partie du comité stratégique Savoir et Société de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, elle est marraine de la Jeune Chambre de commerce de Montréal et engagée dans l’organisme Ton avenir en main (TAM), qui développe le leadership chez les jeunes femmes. Elle est aussi membre du Conseil d’administration de l’UQAM depuis un an et demi. « C’est un beau défi, dit-elle. Je suis fière qu’on ait fait appel à quelqu’un issu du milieu des arts. Car l’UQAM excelle en arts et en communication, et il faut miser sur ces forces. »  •

Quand elle étudiait la danse, dans les années 80, Nathalie Maillé (B.A. danse / enseignement, 92) sentait qu’elle ne « fittait » pas. Pourtant, elle adorait la danse, découverte à l’adolescence, après des années à pratiquer le patin, la gymnastique, la plongée… « Des sports individuels qui impliquent une certaine rigueur corporelle, dit-elle. La danse m’a apporté un plus : une connexion intérieure. » Mais il y avait quelque chose qui clochait, raconte la pétillante brunette dans son bureau du magnifique édifice, rue Sherbrooke, face au parc La Fontaine, où le Conseil des arts est installé. « Je ne trouvais pas ma place. J’avais un côté plus cartésien. On me traitait de bcbg ! J’ai conclu que je n’étais pas une artiste… même si ce milieu m’allumait ! » Cette ambivalence confirmait les résultats de ses tests d’orientation du secondaire : il y avait bien les arts, dans ses centres d’intérêt principaux, mais aussi… l’administration. Quelques années après son baccalauréat, après un détour par l’enseignement de la danse au secondaire et l’arrivée de deux enfants, Nathalie Maillé ajoute une carte à son curriculum, en obtenant un diplôme d’études supérieures en gestion des organismes culturels à HEC. En 1998, elle débute comme agente de développement au Conseil des Arts de Montréal. Un remplacement de congé de maternité. « J’ai ensuite gravi tous les échelons », dit la gestionnaire. Jusqu’à devenir, en 2013, directrice générale de l’organisme, dont le mandat est « d’accompagner, soutenir et reconnaître » l’excellence artistique, grâce à des programmes de subventions, de tournées, de résidences et de prix. Le Conseil est partenaire de plus de 400 organismes et collectifs artistiques montréalais. La bachelière en danse gère un budget annuel de quelque 15 millions de dollars, une vingtaine d’employés et une soixantaine de « formidables bénévoles » provenant de toutes les disciplines artistiques, membres des différents comités d’évaluation. Son indéniable talent de gestionnaire a été souligné en 2015, lorsqu’elle a reçu le prix Femmes d’affaires du Québec. Ce prix reconnaissait sa vision rassembleuse et son aptitude « à créer à Mont­ réal une écologie culturelle qui met les arts au centre de rapprochements entre les interlocuteurs municipaux, le milieu des affaires, celui de l’éducation et les universités partout sur le territoire ». Lors de son baccalauréat en danse, Nathalie Maillé a fait une autre découverte : elle aime la diversité. Elle a d'ailleurs fait de la reconnaissance de la contribution des créateurs issus de la diversité culturelle son cheval de bataille au sein du milieu culturel montréalais. Pour elle, la culture elle-même est multiple. Un concerto de Brahms à la Maison symphonique vaut une séance de tam-tams sur le mont Royal. « La culture possède un sens large, affirme-t-elle. Elle se manifeste sous différentes formes, et aucune n’est supérieure. » L’art existe, dit-elle, seulement s’il rencontre un public. La culture dans la ville se

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TABLEAU D’HONNEUR · ENGAGEMENT

« L’objectif est de donner [aux jeunes] des outils pour qu’ils puissent devenir des acteurs de la communauté. »

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TABLEAU D’HONNEUR · ENGAGEMENT

Cathy Wong Citoyenne en action Valérie Martin Photo de Nathalie St-Pierre

nécessairement dans la rue, puisqu’elles ne s’y sentent pas en sécurité. Elles se déplacent pour chercher un toit où dormir. Comme les ressources visent les gens dans la rue, il est important de prendre conscience de cette différence pour mieux rejoindre les femmes et les aider. » La sécurité des femmes dans les espaces publics est d’ailleurs un autre dossier sur lequel planchent Cathy Wong et son équipe. « Nous avons reçu le mandat de réaliser une étude sur la sécurité des femmes durant les festivals après une agression survenue au festival Osheaga », précise-t-elle. Le rapport devrait sortir d’ici le début de l’été, soit juste avant le coup d’envoi des festivals. En tant qu’agente de développement du secteur jeunesse des YMCA du Québec, un poste qu’elle occupait jusqu’à tout récemment, Cathy Wong a formé plusieurs jeunes à l’engagement citoyen. Elle a, entre autres, développé une série d’ateliers pour les adolescentes, où celles-ci bâtissent leur confiance en elles tout en réalisant des projets créatifs. La plupart des participantes ont connu des situations éprouvantes. « Beaucoup sont immigrantes, certaines vivent dans la précarité, d’autres sont survivantes de violences sexuelles ou ont des problèmes de persévérance scolaire. » Selon Cathy Wong, ces jeunes filles et les garçons qui les entourent ne sont pas sensibilisés aux enjeux sociaux et politiques. « On ne discute pas de ces questions dans leurs milieux. Ce sont des jeunes éloignés du pouvoir et de la participation citoyenne, et les filles le sont encore plus. L’objectif est de leur donner des outils pour qu’ils puissent devenir des acteurs de la communauté. » En collaboration avec plusieurs organisations jeunesse de Montréal, les YMCA ont participé au projet #Jeunesse375MTL visant à promouvoir l’engagement des jeunes. Dix-neuf jeunes ambassadeurs présenteront leurs idées et leurs souhaits pour la ville dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire. Les propositions recueillies alimenteront la nouvelle Stratégie jeunesse 2018–2021. Quant à Cathy Wong, elle a envie de prendre une pause avant de se lancer dans de nouveaux projets. « Les arts et le documentaire m’attirent », confie cette ancienne concurrente de la Course Évasion autour du monde 2012, diffusée sur les ondes de Canal Évasion, qui tient depuis quelques mois une chronique dans le journal Le Devoir. « Pour le moment, sky is the limit ! »  •

Malgré sa jeune trentaine, Cathy Wong (LL.B., 08) possède déjà une feuille de route impressionnante. Présidente, depuis 2013, du Conseil des Montréalaises, une instance consultative auprès de la Ville de Montréal en matière de condition féminine, elle siège également aux conseils d’administration de la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, des Offices jeunesse internationaux du Québec, du Théâtre Jean-Duceppe, des comités consultatifs d’Élections Canada et du réseau de télévision communautaire MAtv. La jeune femme a aussi présidé le Forum jeunesse de l’île de Montréal, en 2012–2013, et le Jeune Conseil de Montréal, en 2010-2011. Elle a reçu de nombreux prix pour son engagement, notamment pour avoir participé à la reconstruction du YMCA de Port-au-Prince, détruit par le tremblement de terre qui a frappé la ville en 2010. Le YMCA fait partie de sa vie depuis son enfance et a été au cœur du processus d’intégration de ses parents, immigrants chinois. « Je suis une enfant du Y : j’y ai fréquenté la garderie et les camps de jour, suivi les cours de natation, et mon premier emploi, je l’ai décroché au Y comme instructrice en conditionnement physique pendant mes études en droit à l’UQAM », raconte-t-elle. C’est donc tout naturellement qu’elle y devient agente de développement, en 2010. Son désir de s’engager date de l’adolescence. De retour d’un voyage en Chine, Cathy Wong prend conscience de sa chance de vivre dans une démocratie. Durant ses études, elle fait du travail probono, écrit dans le journal étudiant, participe à des simulations parlementaires et à des débats oratoires. « C’est à l’UQAM que j’ai développé un intérêt pour le droit social, le droit du travail et les droits de la personne », affirme-t-elle. En tant que présidente du Conseil des Montréalaises, elle observe avec intérêt la situation des femmes dans la métropole. « Montréal se positionne bien en ce qui a trait au nombre d’élues, mais quand on se rapproche du pouvoir exécutif, on s’éloigne de la parité hommesfemmes », fait-elle remarquer. Durant son mandat, elle s’est également intéressée aux employées de la Ville, notamment aux femmes cols bleus (il y en a de plus en plus!) et aux cadres. Une étude publiée en 2016 par le Conseil recommandait l’adoption d’une politique de conciliation famille-travail pour l’ensemble de la fonction publique municipale et plaidait pour une meilleure représentation des communautés ethniques au sein des cadres féminins. L’itinérance féminine a aussi fait l’objet de son attention. Le Conseil a mené une recherche sur le sujet en collaboration avec Serge Lareault (B.A. communication, 93), le nouveau Protecteur des personnes en situation d’itinérance de la Ville de Montréal. « C’est un phénomène invisible à Montréal, déclare Cathy Wong. Contrairement aux hommes sans-abris, les femmes itinérantes ne vivent pas et ne dorment pas

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CARRIÈRE

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Olivier Grondin

2. Christine O’Doherty / Photo : Paul Ducharme

3. Sylvie Lacerte / Photo : Jean-François Brière

OLIVIER GRONDIN CHEZ SOQUEM (1.)

CHRISTINE O’DOHERTY À L’ICAJ (2.)

Olivier Grondin (B.Sc. géologie, 99) a été promu p.-d.g. de la Société québécoise d'exploration minière (SOQEM), une filiale de Ressources Québec dont il était directeur adjoint depuis 2015. « SOQUEM mène des travaux d’exploration dans le but de générer de nouvelles sources de minéraux exploitables et a contribué à d’importantes découvertes d’or, de diamants et de lithium au fil des ans », précise celui qui a déjà travaillé pour plusieurs entreprises du secteur, dont Hecla Québec, Corporation minière Alexis et Cambior. « Il est important de poursuivre nos travaux d’exploration, puisque le secteur minier fera face prochainement à une pénurie de nouveaux gisements », mentionne le géologue, précisant que la Société a également pour rôle de promouvoir la recherche de pointe afin de mettre au point des technologies novatrices pour augmenter les probabilités de découvertes.

Spécialiste en droit professionnel et commercial et en droit du travail, Christine ­O’Doherty (LL.M., 99 ; M.A. études littéraires, 12) est la nouvelle directrice générale de l’Institut canadien d’administration de la justice (ICAJ), qui a entre autres une mission de formation. « Il faut offrir des formations adaptées aux besoins de tous les acteurs, qu’ils soient membres de tribunaux administratifs ou d’ordres professionnels, juristes de formation ou non », explique l’avocate. Christine O’Doherty a contribué au développement de stratégies de relations publiques pour différentes pharmaceutiques. Chargée de cours à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, où elle enseigne la communication, la directrice de l’ICAJ poursuit également un doctorat en études littéraires à l’UQAM, en plus d’être l’auteure d’un premier roman (Le pont de l’Île, 2013).

SYLVIE LACERTE, CONSEILLÈRE EN ART PUBLIC (3.)

Après avoir dirigé l’Institut national de la recherche scientifique, l’ancien professeur du Département des sciences biologiques Daniel Coderre (M.Sc. biologie, 82) a été nommé p.‑d.g. de Génome Québec.

François Perreault (M.Sc. chimie, 09 ; Ph.D. sciences de l’environnement, 12) a obtenu un poste de professeur à la School of Sustainable Engineering and the Built Environment de la Arizona State University.

Stéphane Forget (M.B.A., 10) a été promu p.-d.g. de la Fédération des chambres de commerce du Québec, où il occupait déjà un poste de vice-président.

Marie-Christine Ladouceur-Girard (B.A. relations internationales et droit international, 10) sera la première directrice du Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de la Ville de Montréal.

Manon Blanchette (Ph.D. études et pratiques des arts, 03) est maintenant p.-d.g. de la Fabrique de la Paroisse Notre-Dame de Montréal, un organisme qui veille au développement de la basilique Notre-Dame et du cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

INTER

Chef du design à Montréal, Claude Auchu (B.A. design graphique, 92) devient président exécutif du conseil d’administration de l’agence LG2 au niveau national. Son collègue Marc Fortin (B.A. design graphique, 88) est nommé chef des opérations et de la création du bureau de Montréal. 40

Conseillère en art public pour le Musée des beaux-arts de Montréal, Sylvie Lacerte (Ph.D. études et pratiques des arts, 04) agit à titre de co-commissaire de La Balade pour la Paix, un musée à ciel ouvert. « L’exposition fait partie des célébrations du 375e anniversaire de Montréal et aura lieu sur la rue Sherbrooke du 5 juin au 27 octobre prochains », précise celle qui a déjà été chargée de cours au Département d’histoire de l’art (de 2005 à 2009). L’événement, qui se veut un clin d’œil aux 50 ans d’Expo 67, rassemblera 67 œuvres (sculptures et photographies). « Ce fut un énorme défi de trouver des œuvres en lien avec le thème de la paix qui peuvent supporter de grands écarts de température. C’est l’un des plus beaux projets de ma carrière ! » Amina Janssen (B.A. histoire de l’art, 15), étudiante à la maîtrise en histoire de l’art, est la nouvelle vice-présidente du Conseil jeunesse de Montréal (CjM). Professeure au Département d’éducation de la TÉLUQ depuis 2009, Caroline Brassard (Ph.D. éducation, 06) a été nommée directrice de l’enseignement et de la recherche. Cédric Brunelle (B.A. science, technologie et société, 06), auparavant professeur adjoint à l’Université Memorial à Terre-Neuve, et Ian Gaël Rodrigue-Gervais (B.Sc. biologie, 00) ont été nommés professeurs à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). À l’emploi d’Hydro-Québec depuis 1988, Réal Laporte (M.Sc. gestion de projet, 98) a été promu président de la nouvelle division Innovation, équipement et services partagés.


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

CARRIÈRE

À l’emploi du Groupe Investors depuis sept ans, l’avocate Johanne Blanchard (M.B.A., 02) a été promue vice-présidente et conseillère juridique pour le Québec.

Cofondateur et président d’Attraction Radio, Sylvain Chamberland (B.A.A., 90) a été promu vice-président exécutif et chef des opérations d’Attraction Média.

Lydie Olga Ntap (M.A. muséologie, 14), fondatrice du Musée de la femme au Canada et doctorante en muséologie, a été élue viceprésidente de l’International Association of Women’s Museums.

Guillaume St-Onge (Ph.D. ressources minérales, 04), titulaire de la Chaire de recherche du Canada en géologie marine de l’Institut des sciences de la mer (UQAR), a pris la tête du Réseau Québec maritime, affilié à l’Université.

4. Martin Soucy

Luc Noiseux (M.B.A, 04) a été nommé premier vice-président et chef de la direction technologique et de la stratégie chez Cogeco.

MARTIN SOUCY, P.-D.G. DE L’AITQ (4.)

Évelyne Abitbol (B.Sp. études littéraires, 77) est la nouvelle conseillère spéciale pour la diversité au cabinet du chef du Parti québécois.

Chargée de cours au Département de danse, Ginette Prévost (B.A. danse, 83 ; M.A. art dramatique, 91) est la nouvelle directrice générale de la compagnie de théâtre jeune public Le Carrousel.

Auparavant vice-président exploitation à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), où il avait la responsabilité du développement du réseau des 24 parcs nationaux, Martin Soucy (M.B.A, 10) a été nommé à la tête de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, un nouveau regroupement né en 2016 de la fusion de trois associations, qui représente désormais l’ensemble des quelque 32 000 entreprises et associations du secteur. « Le ministère du Tourisme du Québec a mandaté l’Alliance pour réaliser la commercialisation du Québec à l’international, annonce le p.-d.g. On veut attirer plus de voyageurs étrangers. » L’industrie touristique représente au Québec près de 2,5 % du PIB, une contribution plus élevée que celle de l’agriculture, de la première transformation des métaux ou de l’aérospatiale. Stéphanie Barker (B.A. science, technologie et société, 97) est la nouvelle directrice des écoles internationales de Gestion et technologies et d’Hôtellerie et tourisme du Collège LaSalle de Montréal. Louis Arseneault (B.A. communication, 88), qui travaillait pour Montréal International, a été nommé vice-principal, communications et relations externes, de l’Université McGill. Céline Lafontaine (M.A. sociologie, 96), professeure au Département de sociologie de l’Université de Montréal, et Michel Désy (B.A. science politique, 93 ; M.A. philosophie, 96), conseiller en éthique à l’Institut national de santé publique du Québec, ont été nommés membres de la Commission de l’éthique en science et en technologie.

Amina Boudiffa (LL.B., 13) a été nommée avocate chez Miller Thomson. Spécialisée en droit fiscal, l’avocate travaillait auparavant chez McCarthy Tétrault. Auparavant directrice de Kino’00, Chantale Lacoste (M.A. histoire, 09) dirige maintenant l’association à but non lucratif Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN). Youssef Fichtali (LL.B., 15) a été nommé avocat au sein du cabinet Fasken Martineau. Yann Paquet (B.A. communication, 96), qui était chez Vidéotron, a été nommé vice-­ président, acquisitions et développement international, de Québecor Contenu. François Vaqué (B.Sc. économique, 95) a été nommé premier vice-président du cabinet de relations publiques et gouvernementales Wagram. Il était auparavant associé chez Centaurus. La notaire Michelle Rosa (LL.B., 06) a été nommée associée au sein du cabinet Dunton Rainville.

Isabelle Cayer (B.Ed. enseignement secondaire, 02) a été nommée directrice générale du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique (CDRIN), affilié au Cégep de Matane. Auparavant chargé de mission au secrétariat général des services du premier ministre camerounais, Cyrus Ngo’o (M.B.A., 05) a été nommé directeur général du Port autonome de Douala au Cameroun. Patricia Tremblay (M.Sc. économique, 00) a été nommée directrice des études au Cégep de Saint-Jérôme et Diane Turcotte (B.A. communication, 89) au même poste au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. Auparavant chez SNC-Lavalin, l’avocat Julien Turcot (LL.B., 12) a été nommé enquêteur au Bureau des enquêtes indépendantes. Anciennement chez PricewaterhouseCoopers, Johanne Beausoleil (B.A.A. sciences comptables, 90) est maintenant vérificatrice générale de la Ville de Gatineau. Claude Lamoureux (B.Sc.G, 07) a été nommé vice-président principal et directeur général pour les marchés du Québec et de l’Est au sein de Cossette Média.

Anciennement chez RONA , Dominique Boies (M.B.A., 96) a été nommé premier vice-­ président et chef de la direction financière chez Enerkem, une entreprise de biocarburants et de produits chimiques.

Anciennement au Groupe TVA, Yves Daoust (B.A. science politique, 82) est maintenant directeur de la section argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec. •

41

PRINTEMPS 2017


DISTINCTIONS

1.

L’homme paille de Valérie Blass. / Photo : Guy L’Heureux

2. Place des festivals, Montréal. / Photo : Daoust Lestage

3. Machinari, de Léna Mill-Reuillard

DES SCULPTURES INNOVANTES (1.)

PRIX DU QUÉBEC (2.)

ŒUVRE DE LA RELÈVE (3.)

La sculptrice montréalaise Valérie Blass (M.A. arts visuels et médiatiques, 06) a reçu le prix Ozias-Leduc de la Fondation Émile Nelligan pour l’ensemble de son œuvre. Accompagné d’une bourse de 25 000 dollars, ce prix est décerné tous les trois ans à un artiste en arts visuels. Le jury a salué l’aptitude de Valérie Blass à réinventer le média traditionnel qu’est la sculpture : « Ses œuvres tissent des liens originaux entre le corps humain et des questions sociales importantes pour notre époque. »

L’urbaniste Réal Lestage (B.Urb., 81) et son associée Renée Daoust, de la firme Daoust Lestage Architecture design urbain, ont remporté le Prix du Québec Ernest-Cormier, accompagné d’une bourse de 30 000 dollars. Il s’agit de la plus haute distinction remise au Québec dans le domaine de l’architecture et du design. Le travail du duo Daoust Lestage se caractérise par une vision multidisciplinaire et intégrée, par une lecture intelligente du lieu et une compréhension fine de la relation des gens avec l’espace.

Léna Mill-Reuillard (B.A. communication, 11 ; M.A. arts visuels et médiatiques, 14) est la récipiendaire du Prix du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) — Œuvre de la relève à Montréal 2016 pour son installation vidéo Machinari. Artiste et directrice photo au cinéma, Léna Mill-Reuillard joue sur les frontières entre photographie et vidéo. Le prix du CALQ — Œuvre de l’année dans Lanaudière a été décerné au duo formé du musicien Gabriel Girouard (B.Mus., 08) et de la danseuse et gigueuse Mélissandre ­Tremblay-Bourassa (C. création littéraire, 07) pour leur spectacle multidisciplinaire Blind Date.

Catherine Ego (B.A. science politique, 10) et François Gilbert (M.A. études littéraires, 09) font partie des lauréats des prix littéraires du Gouverneur général. Catherine Ego, qui a déjà traduit une dizaine de romans, de la poésie et de nombreux textes scientifiques, a obtenu le prix de la catégorie Traduction pour La destruction des Indiens des Plaines : maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone (Presses de l’Université Laval). Animateur en francisation pour le programme MIDI-UQAM du Service de la formation universitaire en région, François Gilbert a reçu le prix Littérature jeunesse/texte, pour son roman Hare Krishna. Publié chez Leméac, l’ouvrage raconte l’histoire d’un adolescent qui décide de changer de vie pour devenir un dévot de Krishna. Christian Guay-Poliquin (M.A. études littéraires, 13) est lauréat du Prix littéraire des collégiens 2017 pour Le poids de la neige, publié aux éditions La Peuplade. Ce « thriller hypnotique » est la suite de son premier ouvrage Au fil des kilomètres, paru en 2013.

INTER

Le prix André-Laurendeau, remis par l’Association francophone pour le savoir-Acfas à un chercheur afin de souligner l’excellence de ses travaux en sciences humaines, a été décerné à la professeure du Département de linguistique Anne-Marie Di Sciullo (M.A. linguistique, 75). Inscrivant ses travaux au carrefour de la linguistique, de la biologie, de la physique et des mathématiques, Anne-Marie Di Sciullo s’est illustrée sur la scène internationale par ses recherches sur la faculté du langage. Directrice du Laboratoire de recherche sur les asymétries d’interface (LAD), elle cherche à développer un modèle des points de contact entre la faculté du langage et les autres facultés du système cognitif. La professeure Lucie Lamarche, du Département des sciences juridiques, spécialiste du droit de la protection sociale, du droit du travail et du droit des femmes, a reçu pour sa part le prix Pierre-Dansereau pour son engagement social. Samuel Archibald (B.A. études littéraires, 00 ; Ph.D. sémiologie, 08) a reçu le Prix Jeunesse des libraires du Québec pour son livre Tommy l'enfant-loup (Les aventures de Bill Bilodeau, l'ami des animaux), illustré par Julie Rocheleau. 42

L’avocate en droit du litige et commercial Geneviève Perrin (LL.B., 15) s’est hissée au premier rang du tableau d’honneur 2016 de l’École du Barreau du Québec. La jeune avocate, qui travaille maintenant pour le cabinet Ratelle, Ratelle et associés, à Joliette, a obtenu les deux meilleures notes de l’ensemble de sa cohorte (2015–2016), qui comptait 1025 étudiants. Marion Duchesne (M.B.A., 01), présidente et fondatrice de Mediaclip, a reçu le Prix Femmes d’affaires 2016, dans la catégorie Entrepreneure active à l’international. Remis par le Réseau des femmes d’affaires du Québec, ce prix lui a été décerné pour avoir propulsé son entreprise dans quelque 30 pays, sur cinq continents. Mediaclip conçoit des applications pour personnaliser l’utilisation des photos. Isabelle Landry-Larue (B.Sc. biologie, 97), vice-présidente et fondatrice du centre d’escalade Clip’N Climb de Laval, est lauréate dans la catégorie Nouvelle entrepreneure.


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

DISTINCTIONS

4. Gulîstan, terre de roses, de Zaynê Akyol.

5. Portraits de Cyndy Boyce. / Photo : Nathalie St-Pierre

6. Marie Parent

ÉTOILES MONTANTES (4.)

MONTRÉALAIS VISIONNAIRES (5.)

MÉDAILLÉS ACADÉMIQUES (6.)

Zaynê Akyol (M.A. communication, 15), Fanie Pelletier (B.A. communication, 14), candidate à la maîtrise en communication, et Colin Nixon (B.A. communication, 15) figurent au palmarès de la 19 e édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. Québécoise d’origine kurde, Zaynê Akyol a remporté le prix du Meilleur espoir Québec/ Canada pour son film intitulé Gulîstan, terre de roses, remis chaque année au meilleur premier documentaire dans la section Compétition nationale/longs métrages. Le film nous fait découvrir le quotidien de jeunes combattantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Fanie Pelletier et Colin Nixon comptent parmi les quatre lauréats du Prix de la Relève ICI RDI pour leurs films intitulés Le cri de la marmotte et Photo jaunie.

Melissa Mongiat (B.A. design graphique, 02), experte des environnements participatifs et cofondatrice du studio de design Daily tous les jours, Philippe Demers (B.A. communication, 13), cofondateur de l’agence MASSIVart et initiateur du festival Chromatic, Jonathan Lapalme (B.A. communication, 12), fondateur de l’atelier de design stratégique Les Interstices et concepteur de la plateforme web H-MTL (voir notre article en page 15), Antoine Trottier (M.Sc. sciences de l’environnement, 10), spécialiste des toits verts et cofondateur de La Ligne Verte, Léa Clermont-Dion (B.A. science politique, 14), auteure et co-instigatrice de la Charte Québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, Nadia Duguay (B.A. arts visuels, 05), cofondatrice de l’organisme d’innovation sociale Exeko, Philippe Lamarre (B.A. design graphique, 00), cofondateur du magazine Urbania, Vincent Morisset (B.A. communication, 99), pionnier de la vidéo interactive et fondateur du studio AATOAA, et Patsy Van Roost (D.E.S.S. design d’événements, 10), à l’origine de nombreuses interventions urbaines rassembleuses, figurent parmi les 21 Montréalais visionnaires photographiés par Cindy Boyce, dans le cadre du projet mondial Inside Out, créé en 2011 par l’artiste de rue JR. Ce projet est mené par le Musée McCord en collaboration avec Publicité sauvage à l’occasion de l’exposition Notman, photographe visionnaire. Les portraits ont été placardés dans différents quartiers de la ville.

Marie Parent (Ph.D. études littéraires, 16) et Mathieu Laporte-Wolwertz (M.Sc. biochimie, 16) sont les récipiendaires 2016 de la Médaille académique du Gouverneur général. Plusieurs fois boursière (elle a entre autres obtenu la bourse d’études supérieures du Canada J.-A. Bombardier du Conseil de recherches en sciences humaines), Marie Parent a enregistré une moyenne cumulative parfaite (4.3/4.3) lors de sa scolarité et a reçu à l’unanimité la mention « Excellent » pour sa thèse intitulée Représentations du chez-soi dans les fictions nord-américaines depuis 1945. Mathieu Laporte-Wolwertz a également obtenu une moyenne parfaite pour sa scolarité. Les membres du jury ont attribué à l’unanimité la mention « Excellent » à son mémoire sur les Mécanismes biochimiques de l’amyloïdose à chaînes légères. Il avait déjà reçu la Médaille académique du Gouverneur général lors de ses études de premier cycle.

En octobre 2016, Thierry Bégin-Lamontagne (B.Mus., 11) a remporté son troisième premier prix de l’année au Concours international de guitare classique Robert Vidal de Barbezieux-Saint-Hilaire, en France. Le prix était accompagné d’une bourse de 10 000 euros. Le jeune virtuose avait décroché deux autres premières places au Concours international de guitare classique d’Antony, en France, et au Concours international de Cadix, en Espagne. En juillet prochain, l’étudiante à la maîtrise en danse et chorégraphe Marie Béland (B.A. danse, 03) représentera le Québec aux concours culturels internationaux (volet danse de création) des Jeux de la Francophonie, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Son œuvre Vie et mort de l’élégance a remporté une médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie 2013.

Le fondateur de Communauto Benoit Robert (B.Sc. biologie, 89) a reçu le prix Guy-­ Chartrand, remis par Transport 2000, qui souligne sa contribution exceptionnelle au domaine du transport collectif.

43

Présidente de LR Stratégie, Lucie Rémillard (B.A. communication, 81) a reçu le prix Carrière exceptionnelle en philanthropie décerné par l’A ssociation des professionnels en philanthropie. Spécialiste du développement des organisations, Lucie Rémillard a dirigé d’importantes campagnes de financement et de communication pour l’Hôpital américain de Paris, le CHU Sainte-Justine, l’Institut neurologique de Montréal et Centraide du Grand Montréal. Martin Thibodeau (M.B.A., 02) est le lauréat du Prix Finance et Investissements dans la catégorie Institutions financières à portée nationale.

PRINTEMPS 2017


DISTINCTIONS

7. Arrival, de Denis Villeneuve.

8. Sortir, intervention in situ, Tour de la Bourse, Montréal, 2010.

9. Marie-Josée Lacroix / Photo : Commerce Design Luxembourg 2010

SCIENCE-FICTION (7.)

ARTISTE DE LA NUIT (8.)

COMMISSAIRE AU DESIGN (9.)

Le film Arrival du réalisateur Denis Villeneuve (B.A. communication, 92) a remporté deux prix lors de la remise des Prix de la critique décernés par la Broadcast Film Critics Association, la plus grande organisation de critiques de films en Amérique du Nord. Le long métrage a obtenu les prix du Meilleur film d’horreur/science-fiction et de la Meilleure adaptation. En nomination à la soirée des Oscars dans huit catégories, le film a remporté la palme pour le Meilleur montage sonore.

Depuis les années 2000, Aude Moreau (M.A. arts visuels et médiatiques, 10) développe une pratique combinant sa double formation en scénographie et en arts visuels. Elle a reçu le prix Louis-Comtois 2016 décerné par la Ville de Montréal en partenariat avec l’Association des galeries d’art contemporain, qui reconnaît le parcours professionnel d’un artiste en micarrière. La Galerie de l’UQAM lui a consacré une exposition, La nuit politique, en 2015.

Chef d’équipe et commissaire au Bureau du design de la Ville de Montréal, Marie-Josée Lacroix (B.A. design de l’environnement, 82) a reçu le prix Hommage lors de la soirée des Grands Prix du design 2017. Ce prix lui a été remis en reconnaissance de son engagement, depuis 25 ans, pour positionner le design au sein de la Ville de Montréal. Lauréate d’un prix Reconnaissance en 2004, Marie-Josée Lacroix a amené les designers à participer au devenir de la métropole, les a aidés à développer leurs marchés et à exporter des concepts montréalais à l’international, tout en contribuant à faire de Montréal une des Villes Unesco de design depuis 2006.

Plusieurs diplômés font partie des lauréats des prix Judith-Jasmin de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Chantal Lavigne (B.A. communication, 86), de l’émission Enquête, a été primée dans la catégorie Grand Reportage pour Le profit avant les vaccins sur la crise du virus Ebola. Vincent Larouche (B.A. communication, 06) et Simon Giroux, du quotidien La Presse, ont obtenu un prix dans la catégorie Journalisme de service. Leur article, intitulé « La Presse en Côte d’Ivoire : sur les traces des brouteurs », relate l’histoire d’un Québécois victime d’une arnaque en ligne. Justine Mercier (B.A. communication, 07), du quotidien Le Droit, est lauréate dans la catégorie Nouvelles/médias locaux et régionaux, pour Un calvaire mortel à l’hôpital de Gatineau. Spécialisé en environnement, Alexandre Shields (B.A. communication, 06), du journal Le Devoir, a été primé dans la catégorie Journalisme spécialisé. La présidente du Conseil d’administration de l’UQAM et ex-directrice du Devoir, Lise Bissonnette, a reçu un prix Hommage pour l’ensemble de sa carrière.

INTER

En septembre dernier, la Clinique juridique itinérante (CJI), dont le fondateur est Donald Tremblay (LL.B., 16), a obtenu le prix Entraide, paix et justice au Gala Forces AVENIR. Pour ce même projet, Donald Tremblay a aussi reçu le Prix étudiant — Engagement social, décerné par l’Association du Barreau canadien, Division du Québec (ABC-Québec). La CJI a pour mission de procurer aux personnes démunies, itinérantes et marginalisées un meilleur accès à la justice. Jacques Aubé (B.A.A. sciences comptables, 83), chef de l’exploitation d’evenko (promoteur de spectacles) et récipiendaire d’un prix Reconnaissance 2015, s’est hissé au 10e rang des 20 plus importants gestionnaires d’amphithéâtres au monde selon le magazine américain Billboard. Sous la direction de Jacques Aubé, evenko a présenté durant l’année 2015 près de 2000 événements, pour un total de près de 2 millions de billets vendus. La journaliste Josée Boileau (B.A. communication, 87) a reçu le prix Hélène-Pedneault de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal pour sa contribution exceptionnelle à l’affirmation de la société québécoise et pour son engagement dans la lutte pour l’amélioration de la situation des femmes. 44

Louise Champoux-Paillé (M.B.A., 87; M.A. muséologie, 08), Manon Barbeau (B.Sp. animation culturelle, 74) et Benoit Huot (B.A. cumul, 14) figurent parmi les 100 personnalités nommées au sein de l’Ordre du Canada en décembre dernier. Chargée de cours au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale et lauréate d’un prix Performance de l’ESG UQAM en 1994, Louise Champoux-Paillé contribue depuis près de 30 ans à féminiser les hautes instances corporatives. Fondatrice du Wapikoni mobile, un studio ambulant de création vidéo et musicale destiné aux jeunes des Premières Nations, Manon Barbeau, lauréate d’un prix Reconnaissance en 2010, est l’auteure de plusieurs documentaires, dont Les enfants du Refus global (1998). Durant sa carrière paralympique, le nageur Benoit Huot a remporté 20 médailles (aux Jeux de Sydney en 2000, d’Athènes en 2004, de Pékin en 2008, de Londres en 2012 et de Rio en 2016), devenant ainsi le quatrième plus grand médaillé olympique de l’histoire du Canada.


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

10. Anouk Pennel-Duguay a remporté un Grand Prix dans la catégorie Livre pour une publication intitulée Post‑Punk Art Now.

GRAFIKA 2017 (10.) Les Uqamiens se sont de nouveau démarqués lors du dernier concours Grafika, qui récompense les 100 meilleures réalisations en design graphique au Québec. Des chargés de cours, des étudiants et des diplômés de l’École de design, les firmes pour lesquelles ils travaillent ou avec lesquelles ils collaborent ont remporté plusieurs des 16 Grands Prix accordés aux divers projets soumis, en plus de rafler quatre prix étudiants sur cinq et plusieurs autres honneurs. Parmi les lauréats, le chargé de cours Jean-Sébastien Baillat (C. scénarisation cinématographique, 94) a obtenu le Grand Prix Grafika 2017 pour l’identité visuelle de l’événement Red Bull Music Academy Montreal 2016. Aussi réalisée dans le cadre de cet événement, la série animée The Junction – Chilly Gonzales et Peaches de Patrick Doyon (B.A. design graphique, 05) a remporté le Grand Prix Coup de cœur du jury. La firme Paprika de Louis Gagnon, chargé de cours, et Daniel Robitaille (B.A. design graphique, 08) a reçu un Grand Prix dans la catégorie Programme d’identité visuelle pour la nouvelle signature des boutiques Must Société. Le chargé de cours Anouk PennelDuguay (B.A. design graphique, 15), du studio Feed, a remporté un Grand Prix dans la catégorie Livre pour une publication intitulée Post-Punk Art Now. Un autre Grand Prix dans la catégorie Livre a été remis au livre-objet Espaces de savoir, réalisé par Élisabeth Charbonneau (B.A. design graphique, 10) et la chargée de cours Jessica Charbonneau (B.A. design graphique, 09), du Studio TagTeam. La campagne Rethink, créée par le chargé de cours Claude Auchu (B.A. design graphique, 92) de la firme Lg2, a obtenu un Grand Prix dans la catégorie Cause humanitaire.

Dans le cadre de la 11e édition du Gala Élixir de PMI-Montréal (Project Management Institute-volet Montréal), deux diplômés et deux professeurs de l’ESG UQAM ont remporté des prix. Benoît Desjardins (B.Sc. économique, 85; M.Sc. gestion de projet, 96), gestionnaire de projets à la Ville de Montréal, a obtenu le prix Carrière, Alcides Santopietro (M.G.P., 16) le prix Relève, et les professeurs du Département de management et technologie Yvan Petit (Ph.D. administration, 12) et Alejandro Romero le prix Implication. Le documentaire Un pont entre deux mondes du réalisateur Pascal Gélinas (B.A. communication, 94) a obtenu le Prix de l’environnement du Conseil régional ProvenceAlpes-Côte d’Azur, dans le cadre du Festival international du film maritime, d’exploration et d’environnement de Toulon. Le film raconte l’aventure de paysans de l’île indonésienne de Florès qui sortent de la misère et transforment leur environnement grâce à Gilles Raymond, un Québécois qui vit là-bas depuis plus de 15 ans. L’œuvre de modélisation et d’animation 3D intitulée Our Profiles Kiss, une histoire d’amour entre deux avatars créée par l’artiste multidisciplinaire Karoline Georges (B.A. histoire de l’art, 95), a remporté un prix FutureFest Art (catégorie Future Love) dans le cadre de la troisième édition du FutureFest Art Prize tenue à Londres, en Angleterre. Sébastien Guilbault (B.A.A. sciences comptables, 12), contrôleur financier chez Wajam, et Maxime Dupont-Demers (B.A. communication, 00), fondateur de la firme de relations publiques Elk Communications, font partie de la liste des Meilleurs talents 2016 de Randstad, le premier dans la catégorie Finance et comptabilité/Renfort exceptionnel et le second dans la catégorie Ventes et marketing/Innovation. Lors de la remise des Prix de journalisme en loisir décernés par le Conseil québécois du loisir, la journaliste de La Presse+ Marie Allard (B.A. communication, 99) a remporté le premier prix dans la catégorie Internet pour son texte Cours d’école : ouvertes ou fermées ? Ses collègues Catherine Handfield (B.A. communication, 07) et Ninon Pednault ont obtenu le deuxième prix dans la même catégorie pour leur article Quand chimio rime avec cardio. 45

DISTINCTIONS Andrée Dufour (Ph.D. histoire, 93), professeure et chercheuse associée au Centre interuniversitaire d’études québécoises de l’Université Laval, a reçu le Prix des Fondateurs 2016 dans la catégorie Meilleur article inédit en langue française remis par l’A ssociation canadienne d’histoire de l’éducation pour son article L’École normale Saint-Joseph de Hull, 1909–1968 : 60 ans de formation d’institutrices. Nadia Tahiri (M.Sc. informatique, 13), doctorante en informatique, fait partie de l’équipe étudiante qui a remporté le Grand Prix lors de la cinquième édition du concours Savoir Affaires Tremplin vers le Nord. L’équipe a été primée pour son projet touristique intitulé Caravelle porte d’entrée emblématique de l’Est du Canada. Le concours Savoir Affaires fait appel à la créativité des étudiants des cycles supérieurs et des post-doctorants provenant des dix établissements du réseau de l’Université du Québec. Deux autres équipes, qui incluaient les étudiants Marie-Cécile Vandenbroucke (maîtrise en sciences de la gestion) et Stéphanie Hamel (maîtrise en gestion internationale), ont remporté des prix lors de la compétition. Élisabeth Cloutier (B.A. communication, 02) a reçu le prix Solidarité Brian-Barton 2016, remis par le Comité de solidarité Trois-Rivières, visant à souligner la contribution de citoyens de la Mauricie à la promotion des valeurs de justice sociale, d’égalité et de respect. Élisabeth Cloutier a travaillé pour le Comité international de la Croix-Rouge en République démocratique du Congo, aux Philippines et en Colombie. Philippe Gaumond (B.Sc. intervention en activité physique, 16), entraîneur adjoint de l'équipe de badminton des Citadins, a aidé le Canada à remporter la médaille d'or aux Jeux panaméricains, qui avaient lieu en République dominicaine en février dernier. Il a gagné les deux matchs auxquels il a pris part en double masculin. Quant à Roxane Lemieux (B.Sc. intervention en activité physique, 14), elle a remporté deux médailles lors du Championnat provincial universitaire de natation, en février dernier. L'étudiante à la maîtrise en kinanthropologie a obtenu la médaille d'or au 200 m dos ainsi que la médaille de bronze au 200 m libre, portant à 14 son nombre de médailles pour la saison.  •

PRINTEMPS 2017


LIAISON

1.

Pôle important de l’art contemporain à Montréal, le Belgo héberge une vingtaine de galeries d’art et de centres d’artistes. / Photo : Benoit Rousseau

2. Collation des grades de la Faculté des arts. / Photo : Alexis Aubin

3. Une cinquantaine d’étudiants étrangers ont participé au programme.

VISITES CULTURELLES AU BELGO (1.)

COLLATIONS DES GRADES (2.)

PARRAINAGE DU TEMPS DES FÊTES (3.)

Des diplômés accompagnés de parents et amis ont participé en novembre dernier à des visites guidées de centres d’artistes et de galeries d’art contemporain situés dans l’édifice du Belgo, rue Sainte-Catherine, en plein cœur du Quartier des spectacles. En présence du doyen de la Facultés des arts, Jean-Christian Pleau, et de la présidente du Conseil de diplômés de la Faculté, Marthe Carrier (M.A. arts plastiques, 92), le groupe a eu la chance de voir différents volets de la rétrospective consacrée à l’ancien professeur de l’UQAM Pierre Ayot, qui se tenait dans plusieurs lieux à Montréal, dont la Galerie Graff, dirigée par Madeleine Forcier (M.A. études des arts, 92), lauréate d’un prix Reconnaissance 2007, et la Galerie B 312, dirigée par Marthe Carrier.

Du 11 au 13 ainsi que les 25 et 26 novembre d e r n i e r s , l ’U Q A M a a c c u e i l l i p rè s d e 9 000 personnes, diplômés et invités, lors des cérémonies de collation des grades. Cellesci ont mis en vedette les nouveaux diplômés des facultés et de l’École des sciences de la gestion, en plus d’être l’occasion de décerner des honneurs à diverses personnalités. Plusieurs membres du corps professoral et de la direction étaient présents, ainsi que des représentants des conseils de diplômés facultaires. Du changement est prévu l’an prochain. Afin de permettre aux diplômés d’inviter leurs parents et amis sans contrainte de places, les prochaines collations auront lieu les 5 et 6 décembre 2017 à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Les diplômés admissibles, qui auront rempli toutes les exigences de leur programme d’études avant la fin de juillet 2017, seront invités en septembre prochain à procéder à leur inscription. 

Le programme de parrainage du temps des Fêtes célébrait cette année son dixième anniversaire. Une cinquantaine d’étudiants étrangers ont pu passer un moment pendant cette période de festivités avec des diplômés et des membres de la communauté universitaire. Mis en place par les Services à la vie étudiante et le Bureau des diplômés, ce programme vise à briser l’isolement des étudiants qui sont loin de chez eux pendant cette période et est l’occasion d’échanges culturels.

UNE NOUVELLE DIRECTRICE AU CENTRE ESG+ Isabelle Labarre a été nommée directrice du Centre ESG+ et du développement des affaires de l’École des sciences de la gestion. Possédant plus de 20 ans d’expérience à titre de gestionnaire en communications-marketing, elle connaît aussi le milieu universitaire, ayant notamment travaillé pour le Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR), l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) et la TÉLUQ. Le Centre ESG+ est le nouveau nom du Centre de perfectionnement de l’ESG. Spécialisé dans les formations « sur mesure », le Centre se distingue par son approche qui cible les besoins spécifiques des organisations. Depuis sa création, le Centre a permis de former des professionnels, cadres et dirigeants dans les plus grandes entreprises québécoises, tant au privé qu’au public.

INTER

TABLE RONDE SUR LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE En novembre dernier s’est déroulée une table ronde organisée par le Conseil de diplômés de la Faculté des sciences de l’éducation et le Bureau des diplômés sous le thème « Un diplôme avant 18 ans ? ». Animée par la journaliste Josée Boileau (B.A. communication, 87), ex-rédactrice en chef du Devoir, cette table ronde réunissait quatre spécialistes, les professeurs Pierre Fortin (sciences économiques), Pierre Doray (sociologie) et Louis Cournoyer (éducation et pédagogie), ainsi que Josée Landry, présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec, et s’inscrivait dans le contexte des consultations ministérielles sur la réussite éducative, qui ont eu lieu en décembre. 46

DÉVELOPPEMENT DE CARRIÈRE ET EMPLOYABILITÉ Le Bureau des diplômés et les Conseils de diplômés facultaires ont mis en œuvre cette année plusieurs initiatives visant le développement professionnel. Des ateliers de formation, en partenariat avec la Clinique Carrière de l’UQAM et les Services à la vie étudiante, remportent un grand succès auprès des diplômés depuis déjà deux ans. Ces ateliers permettent d’acquérir des notions de base sur le réseautage professionnel à l’aide de l’application ­LinkedIn. De plus, des projets pilotes en mentorat sont lancés ou en préparation : un programme de mentorat traditionnel est en cours avec les diplômés de la Faculté des arts tandis qu’un projet de cybermentorat est en préparation à la Faculté de communication. Une formation d’un après-midi comportant quatre ateliers pour faciliter la transition entre l’université et le monde professionnel est aussi offerte aux personnes nouvellement diplômées. Cette formation aborde la clarification des objectifs professionnels ainsi que le curriculum vitae et la lettre de présentation. Elle se termine par une expérience pratique de réseautage.


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

LIAISON

4. Le professeur Frédérick Gagnon a offert une conférence à la Délégation générale du Québec à Paris.

5. Les animateurs avaient préparé deux séries d’ateliers ludiques destinés aux enfants de 6 à 12 ans. / Photo : Benoit Rousseau

6. Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation, les musiciens Jordan Officer, Alain Lefèbvre et Michel Rivard, et Elourdes Pierre. / Photo : Benoît Rousseau

MISSION PARISIENNE (4.)

ACTIVITÉ FAMILIALE SCIENTIFIQUE (5.)

Une délégation menée par le recteur Robert Proulx (M.A. psychologie, 80) et accompagnée, entre autres, par la directrice du Bureau des diplômés Joëlle Ganguillet s'est rendue en mission à Paris, du 14 au 21 janvier dernier, afin de rencontrer des partenaires universitaires français et des diplômés établis outre-­ Atlantique. Une quinzaine de diplômés au parcours professionnel remarquable avaient accepté l'invitation du Bureau des diplômés à un petit-déjeuner à l'Ambassade du Canada, pendant lequel a été confirmé leur désir de maintenir des liens directs avec l’UQAM, en accueillant des stagiaires ou en collaborant à l’organisation d’activités, par exemple. Plus de 3 700 diplômés vivent en France. Une conférence sur les enjeux de la présidence de Donald Trump a ensuite été prononcée par Frédérick Gagnon (Ph.D. science politique, 08), professeur au Département de science politique et titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, à la Délégation générale du Québec à Paris (DGPQ), en présence d’une quarantaine de diplômés.

Pour la cinquième année consécutive, plus d’une centaine de diplômés ont répondu présent à l’événement familial du temps des Fêtes organisé conjointement par le Bureau des diplômés, le Conseil de diplômés de la Faculté des sciences et son président, Daniel Boismenu (M.Sc. chimie, 82), les camps de jour scientifiques de l’UQAM, le Cœur des sciences et le doyen de la Faculté des sciences, LucAlain Giraldeau. Les enfants ont participé à des ateliers scientifiques ludiques pendant que les parents assistaient à la conférence Dans l’œil du pigeon : Évolution, hérédité et culture donnée par le doyen, d’après son plus récent essai paru en octobre dernier. Parents et enfants ont ensuite assisté à un spectacle à saveur scientifique. Des prix de présence ont été offerts aux enfants.

SOIRÉE POUR LA PRÉVENTION DE L’INTIMIDATION (6.)

SORTIE AU THÉÂTRE Comme chaque année, les diplômés se sont retrouvés au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), à l’occasion cette fois d’une représentation de la pièce La Bonne Âme du SeTchouan de Bertolt Brecht. Le spectacle était précédé d’une brève présentation de la pièce par la directrice des communications du TNM, Annie Gascon (M.A. art dramatique, 96). Lors de la soirée, qui s’est déroulée en présence de René Côté (LL.B., 82), vice-recteur à la Vie académique, un prix de présence a été gagné par Emmanuelle Brodeur (B.Sc. urbanisme, 00).

CONFÉRENCE « ART ET CENSURE » AU MBAM Le 12 janvier dernier, les diplômés ont assisté à une conférence en marge de l’exposition du photographe Robert Mapplethorpe au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Intitulé « Art et censure », l’événement, organisé par le Conseil de diplômés de la Faculté de science politique et de droit, s’inscrivait dans le programme de formation continue Format UQAM. Nathalie Bondil, directrice générale du MBAM, Anne Saris, professeure au Département des sciences juridiques, Hanieh Ziaei, doctorante en sociologie et chercheuse en résidence à la Chaire Raoul-­ Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, ainsi que John A. Schweitzer, artiste et galeriste, ont abordé les limites imposées à la production et à l’exposition d’œuvres d’art, et les dimensions socio-juridiques de la censure.

47

La Faculté des sciences de l’éducation, avec la participation du Bureau des diplômés, du Conseil de diplômés de la Faculté des sciences de l’éducation et de la Fondation de l’UQAM, a présenté le 22 février dernier une soirée grand public autour de la création de la bourse créée au nom de l’ex-enseignante Elourdes Pierre (B.Ed. éducation préscolaire et enseignement primaire, 89 / prix Reconnaissance 2015). La première bourse a été décernée pendant l’événement à la candidate à la maîtrise en éducation Virginie Boelen grâce aux revenus du Fonds Elourdes Pierre & Alain Simard. La soirée a débuté avec la projection d’extraits du documentaire Le petit monde d’Elourdes, suivie d’une prise de parole de trois chercheurs sur la prévention de l’intimidation. La soirée était ponctuée de prestations musicales offertes par le pianiste Alain Lefèbvre, l’auteur-­ compositeur-interprète Michel Rivard et le guitariste Jordan Officer.

40e ANNIVERSAIRE DE LA MGP Le 16 mars dernier avait lieu le cocktail de lancement des festivités du 40e anniversaire de la maîtrise en gestion de projet (MGP). L’ESG UQAM offre un grand choix de formations de deuxième cycle en gestion de projet et a formé, depuis 40 ans, quelque 2000 diplômés dans ce domaine. Un quiz portant sur la gestion de projet et la MGP a animé la soirée, une occasion de réseautage dans une ambiance festive. Réal Laporte (M.Sc. gestion de projet, 98), président d’Hydro-Québec Innovation, équipement et services partagés, est l’ambassadeur des fêtes du 40e de la MGP.  •

PRINTEMPS 2017


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À propos de la Fondation LA CHAIRE DE COOPÉRATION texte à venir GUY-BERNIER FÊTE SES 30 ANS

Pierre Bélanger, directeur général de la Fondation de l’UQAM; Robert Proulx, recteur de l’UQAM; Mario Simard, membre du conseil d’administration du Mouvement Desjardins; Michel Séguin, titulaire de la Chaire de coopération Guy-Bernier; Nicolas Riendeau, adjoint au Vice-décanat à la recherche de l’ESG UQAM. / Photo : Nathalie St-Pierre

Le vendredi 27 janvier, le Mouvement Desjardins a renouvelé son soutien à la Chaire de coopération Guy-Bernier de l’École des sciences de la gestion (ESG UQAM) pour un montant de 210 000 $, pour la période 2015-2018. L’événement a aussi permis de célébrer le 30e anniversaire de la Chaire créée en 1987. La Fondation de l’UQAM a été un témoin privilégié de la naissance de cette relation partenariale entre Desjardins, l’UQAM et, quelques années plus tard, l’ESG UQAM. Pierre Bélanger, directeur général de la Fondation, a profité de l’occasion pour remercier le Mouvement Desjardins et mentionner qu’il s’agit « d’un honneur pour l’équipe de la Fondation de poursuivre le travail amorcé en 1987 et de constater ses fruits jour après jour ». « En tant qu’école de gestion, il est important que nous restions enracinés dans la réalité québécoise, afin de former au mieux nos 15 000 étudiants à devenir les leaders de demain, a déclaré Nicolas Riendeau, adjoint au Vice-décanat à la recherche de l’ESG UQAM. La Chaire Guy-Bernier illustre parfaitement cette volonté : d’un côté, un désir de réflexion de Desjardins sur les enjeux du secteur coopératif; de l’autre, l’appui de la recherche universitaire pour penser l’avenir de cet élément incontournable du Québec moderne. » La mission de la Chaire de coopération Guy-Bernier consiste à susciter et à promouvoir la réflexion et l’échange sur la problématique coopérative, dans une société soumise à des modifications diverses et parfois profondes des environnements économique, social et démographique. La réflexion porte autant sur les valeurs, les principes, le discours que sur les pratiques coopératives.

− Fondation de l’UQAM

NAUTILUS PLUS REMET PLUS DE 243 000 $ AU FONDS RICHARD BÉLIVEAU

Borhane Annabi, professeur au Département de chimie et titulaire de la Chaire en prévention et traitement du cancer; Martin Légaré, vice-président exécutif de Nautilus Plus; Sylvie Lamy, chercheuse et directrice de projets à la Chaire en prévention et traitement du cancer; Karine Larose, kinésiologue et directrice des communications à Nautilus Plus; Richard Béliveau, directeur scientifique de la Chaire en prévention et traitement du cancer; Pierre Bélanger, directeur général de la Fondation de l’UQAM. / Photo : Nathalie St-Pierre

La neuvième édition de l’activité-bénéfice 30 minutes à fond pour le Fonds, qui s’est déroulée les 6 et 7 novembre 2016, a permis de remettre 243 398 $ au Fonds Richard Béliveau pour la Chaire en prévention et traitement du cancer. Près de 6 000 personnes ont participé à l’activité durant laquelle Nautilus Plus invitait la population québécoise à faire 30 minutes d’exercice cardiovasculaire, tout en contribuant au Fonds. Un nombre record de 423 équipes ont participé au défi d’équipe 4 x 4, dans le cadre duquel chaque participant devait effectuer deux heures d’exercice en brûlant un maximum de calories. Deux équipes de la Fondation de l’UQAM ont pris part au défi en brûlant près de 9 500 calories et en amassant 1 560 $.


MERCI !

Reconnaissance VERS UNE CAMPAGNE Membres des CerclesANNUELLE des donateurs RÉUSSIE : MOBILISER LES DIPLÔMÉS La campagne annuelle 2016 - 2017, lancée en septembre, poursuit toujours son objectif ambitieux de 7,7 M $. Pour y parvenir, l’appui des diplômés demeure un atout essentiel. À cet effet, les agents de liaison du centre d’appels ont effectué, au cours des derniers mois, 160 000 appels auprès des diplômés pour leur faire part des projets de l’UQAM et solliciter leur appui. Parallèlement, les concours de bourses automne et hiver de la Fondation permettront de remettre aux étudiants de l’UQAM plus de 900 bourses, totalisant 2,1 M$. Parmi les nouvelles bourses remises cette année, notons la Bourse Maryla-Sobek décernée aux étudiants du baccalauréat en gestion et design de la mode et le Prix Claude-Corbo en études québécoises, qui honore le meilleur mémoire de maîtrise réalisé dans le domaine des études québécoises. Saviez-vous que 100 % des dons versés à la Fondation de l’UQAM sont remis au fonds choisi par le donateur ? Une bonne raison de contribuer vous aussi à la campagne qui prend fin le 30 avril 2017 en consultant le site Web de la Fondation : fondation.uqam.ca.

PROGRAMME DE BOURSES PERSONNALISÉES – UNE POPULARITÉ GRANDISSANTE De nombreuses bourses personnalisées ont été créées dans le cadre de la campagne annuelle 2016-2017 par des diplômés de l’UQAM et membres de la communauté universitaire. Cette forme de don, flexible et avantageuse, permet au donateur d’offrir une bourse à son image, selon ses propres critères. Pour adhérer au programme, le donateur doit s’engager à offrir une bourse d’au moins 1000 $ par an, pendant 5 ans. Une somme qui représente 20 $ brut par semaine. Merci aux nouveaux donateurs : Sophia Benabdellah, Mazel Bidaoui (M.A. communication, 96), Jean-Martin Bisson (B.A. communication, 03), Normand Cardinal (B.A.A., 87) et Manon Arcand (M.B.A, 89), Laurence Léa Fontaine, Denis Gallant (LL.M. droit social et du travail, 97), Luc-Alain Giraldeau, Isabelle Rouleau, Lyse Roy (B.A. histoire, 87), Éric Salvail (B.A. communication, 91) et Michel Séguin (M. Sc. économique, 95). Pour en savoir plus sur le programme de bourses personnalisées, communiquez avec Francine Jacques, conseillère en développement philanthropique : 514 987-3000, poste 1772 ou jacques.francine@uqam.ca.

LA FONDATION EN MISSION À PARIS

Les membres de la mission en visite à la Délégation générale du Québec à Paris. / Photo : Délégation générale du Québec à Paris

Le directeur général de la Fondation de l’UQAM, Pierre Bélanger, faisait partie de la délégation de l’UQAM menée par le recteur Robert Proulx en mission à Paris, du 14 au 21 janvier, afin de rencontrer des partenaires universitaires français et des diplômés établis outre-mer. Cette mission a été l’occasion pour la Fondation de développer des relations avec des représentants de la Chambre de commerce France-Canada et de la Fondation de France. « En plus des liens noués avec ces organisations, notre objectif au cours de ce voyage, explique Pierre Bélanger, était d’aller à la rencontre de nos nombreux diplômés et de susciter leur engagement auprès de leur alma mater. Notre souhait est de faciliter le processus pour les dons provenant de la France, notamment ce qui concerne les avantages fiscaux. » Actuellement, plus de 3 700 diplômés vivent en France, dont le tiers dans la région parisienne. Le directeur du Service des relations internationales, Sylvain St-Amand, faisait également partie du voyage, tout comme la directrice du Bureau des diplômés, Joëlle Ganguillet, et la directrice de cabinet du recteur, Céline Séguin.

Fondation de l’UQAM −


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Dons majeurs et planifiés Fernand Lafleur, chargé de cours à l’UQAM de 1980 à 1988 Fernand Lafleur a profité de cette ouverture et entamé un baccalauréat à temps partiel avec majeure en relations industrielles à l’Université de Montréal, qu’il complétera plus tard par une maîtrise en droit du travail. Cette formation lui a permis d’enseigner les relations de travail aux étudiants de l’UQAM de 1980 à 1988. « J’adorais enseigner, dit M. Lafleur, aujourd’hui retraité, qui a aussi mené une longue carrière à la Direction des ressources humaines de l’Université de Montréal. J’aimais m’ouvrir aux jeunes, les écouter, les éveiller et les sensibiliser aux réalités du monde du travail. Un seul regret : avoir quitté l’enseignement. »

Photo : Benoît Camirand

LE RETOUR DE L’ASCENSEUR Natif de la région du Centre-du-Québec et fils d’ouvrier, Fernand Lafleur y passe sa jeunesse pour finalement s’installer à Montréal à l’âge de 18 ans. Ayant seulement son diplôme d’études secondaires en poche, il rêvait de poursuivre des études universitaires. « À l’époque, l’université s’adressait à l’élite de la société, déplore-t-il. Heureusement, la réforme majeure qu’a connue l’éducation dans les années 60 a ouvert les portes des études supérieures à des gens comme moi. »

Arrivé à une période de sa vie où il souhaite redonner à la société, Fernand Lafleur a récemment créé un fonds capitalisé qui permet d’offrir deux bourses annuelles de 2 000 $ à des étudiants inscrits à la maîtrise en droit et en sciences. « Ma plus grande motivation derrière ce don est d’aider des jeunes ayant peu de moyens et bourrés de talents à réaliser leur rêve, affirme-t-il. Si ces bourses peuvent leur donner le coup de main dont ils ont besoin, j’en serai ravi. » Quand on lui demande pourquoi avoir choisi l’UQAM, il n’hésite pas à vanter ses mérites : « J’ai toujours eu un penchant pour cette université ouverte sur le monde. Elle est ancrée dans son milieu et favorise l’accès aux études supérieures à des milliers de jeunes. C’est par choix idéologique et par conviction profonde que j’ai décidé d’aider les étudiants de l’UQAM », conclut-il.

REMISE DE LA PREMIÈRE BOURSE ELOURDES-PIERRE Attribuée grâce aux revenus du fonds créé par Elourdes Pierre et Alain Simard, la toute première Bourse Elourdes-Pierre a été décernée à Virginie Boelen, étudiante à la maîtrise en éducation, concentration didactique. Remise le 22 février dernier, dans le cadre de l’événement Éducation et passion d’enseigner, la Bourse a comme objectif d’encourager les recherches en sciences de l’éducation portant sur l’amélioration de la pratique enseignante et relative au respect, au dialogue, à la lutte contre l’intimidation et à la dynamique socioaffective de la classe. Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation, la lauréate Virginie Boelen et Elourdes Pierre. / Photo : Benoit Rousseau

− Fondation de l’UQAM

Cette soirée qui s’est déroulée en présence des deux donateurs a aussi permis d’approfondir le thème de la prévention de l’intimidation, lors d’une table ronde avec trois professeurs de la Faculté des sciences de l’éducation.


L’effet de vos dons Bénédicte Boissard, étudiante à la maîtrise en didactique

Bénédicte Boissard et Thomas Berryman, professeur au Département de didactique et ancien lauréat de la Bourse Denise-Véronneau. / Photo : Nathalie St-Pierre

CONJUGUER ÉTUDES, TRAVAIL ET FAMILLE Retourner aux études après avoir donné naissance à une troisième fillette peut sembler un défi de taille, mais pour Bénédicte Boissard, étudiante à la maîtrise en didactique, c’est une démarche qui semble toute naturelle. « Je suis peutêtre simplement naïve, mais en considérant la maîtrise comme un emploi à temps plein et en l’intégrant à la routine familiale, ça n’a pas représenté une gymnastique impossible », explique-t-elle, en ajoutant qu’elle peut compter sur l’appui inestimable de son conjoint. C’est un emploi d’animatrice au camp spatial de Laval qui a inspiré Bénédicte Boissard à devenir professeure : « C’est là que j’ai découvert mon intérêt pour la vulgarisation scientifique et je n’ai jamais regretté mon choix d’aller en enseignement, déclare-t-elle. Mon baccalauréat en enseignement des sciences au secondaire à l’UQAM a été quatre ans de pur bonheur. » Après sa diplomation, Bénédicte obtient rapidement sa permanence comme enseignante, mais les années passent et elle souhaite devenir conseillère pédagogique, poste pour lequel une maîtrise représente un atout indéniable. Une présentation de Patrice Potvin, professeur en didactique des sciences et de la technologie au secondaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, la convainc de faire le saut à la maîtrise. « En découvrant l’équipe de recherche du professeur Potvin et ses travaux, je me suis dit : “Wow! C’est vraiment fantastique!”, se rappelle-t-elle. L’UQAM est un milieu dynamique où il se brasse beaucoup d’idées dans le domaine des sciences de l’éducation. » Un congé de maternité lui permet alors d’entreprendre sa maîtrise. Grâce à cette décision, elle obtient, à l’automne 2016, un poste de conseillère pédagogique à la Commission scolaire Rivière-du-Nord, tout en terminant la rédaction de son mémoire. En 2016, elle reçoit la Bourse Denise-Véronneau, qui salue ses nombreux efforts. « Au-delà de l’appui financier, c’est une reconnaissance de mon travail comme on en reçoit peu dans le milieu de l’enseignement et qui me dit que je suis à ma place, mentionne-t-elle. Même si j’ai mis mon travail entre parenthèses, c’était le bon choix. » La candidate à la maîtrise sourit en avouant qu’elle commence à songer au doctorat et que sa Bourse Denise-Véronneau lui démontre que c’est quelque chose de possible : « Une bourse, c’est un aimant pour attirer d’autres bourses », soulignet-elle. Elle souhaite poursuivre ses recherches sur les postures pédagogiques, croyances et représentations des enseignants par rapport à la didactique, et leur impact sur la motivation des élèves. Ce sont des recherches qui passionnent cette mère pour qui les enfants ne sont pas un obstacle aux études supérieures. Au contraire, au moment de recevoir sa bourse, plusieurs autres femmes sont venues la voir pour partager leurs histoires avec elle.

Fondation de l’UQAM −


NUMÉRO SPÉCIAL — 375e DE MONTRÉAL

SIGNETS

1.

2.

3.

TRACES DE L’HISTOIRE DE MONTRÉAL (1.)

L’ÉTAT SUCCURSALE : LA DÉMISSION POLITIQUE DU QUÉBEC (2.)

LE CŒUR DES COBAYES (3.)

Paul-André Linteau, Serge Joyal, Mario Robert (M.A. histoire, 00) / Boréal

À travers des objets, des tableaux, des photographies, des affiches, ce livre invite le lecteur à redécouvrir Montréal. De sa naissance au 17e siècle à Montréal, Ville Unesco de design en 2006, il offre un parcours fascinant à travers l’histoire de la ville, guidé par le professeur du Département d’histoire Paul-André Linteau, le sénateur et collectionneur d’art Serge Joyal et le directeur des Archives de la Ville de Montréal Mario Robert. À l’occasion du 375e anniversaire de Montréal, Marie-Christine Ladouceur-Girard (B.A. relations internationales et droit international, 10) nous invite à découvrir 60 couples interculturels montréalais inspirants dans Aime comme Montréal (Fides). Après Le roman de Julie Papineau, Micheline Lachance (M.A. histoire, 07) aborde dans Rue des ramparts le destin tumultueux de la belle Geneviève de Lanaudière et, à travers elle, la chute de la Nouvelle-France (Québec Amérique). Jean-Simon Desrochers (Ph.D. études littéraires, 14) revient à la poésie avec Les espaces (Les herbes rouges).

Simon-Pierre Savard-Tremblay (M.A. sociologie, 15) / VLB éditeur

Le problème de la démission du politique n’est pas propre au Québec, mais il prend ici une tournure très particulière, affirme SimonPierre Savard-Tremblay dans cet essai virulent contre la mondialisation néolibérale et le pouvoir technocratique, qui ont transformé le rôle de l’État. Dans sa charge, le sociologue n’épargne pas les universitaires, qui seraient devenus des fonctionnaires du savoir, soumis aux impératifs du marché. Gabriel Nadeau-Dubois (B.A. histoire, culture et société, 13) cosigne avec Aurélie Lanctôt (B.A. communication, 13), Maïtée LabrecqueSaganash, Karel Mayrand et plusieurs autres Ne renonçons à rien, un condensé des propositions entendues lors de leur tournée « Faut qu’on se parle » (Lux Éditeur). Pierre-Luc Brisson (B.A. majeure en histoire, 13) fournit avec L’âge des démagogues — Entretiens avec Chris Hedges, une analyse pertinente de l’ascension de Donald Trump vue par cet ancien correspondant de guerre du New York Times (Lux Éditeur).

Lauréat d’un prix Reconnaissance 2015, Louis Hamelin (M.A. études littéraires, 92) a planté l’action de son dernier roman, Autour d’Éva, dans la nature sauvage de l’Abitibi (Boréal).

Marianne Prairie (B.A. communication, 04) et Caroline Roy-Blais (B.A. histoire, culture et société, 09) ont rassemblé dans Je suis féministe, le livre une anthologie de textes publiés entre 2008 et aujourd’hui sur leur blogue éponyme (Éditions du remue-ménage).

Léa Clermont-Dion (B.A. science politique, 14) et Marie Hélène Poitras (M.A. études littéraires, 01) cosignent Les superbes, une enquête sur le succès et les femmes (VLB éditeur).

Laurence Godin (Ph.D. sociologie, 16) s’est inspirée de sa thèse pour écrire Anorexie, boulimie et société, un état des savoirs sur la dimension sociale des troubles alimentaires (Presses de l’Université du Québec).

INTER

52

Grégory Lemay (B.A. science du langage, 00 ; M.A. études littéraires, 03) / Héliotropes

Au Centre d’études pharmacologiques où il est volontairement enfermé et surveillé, le numéro 25 d’une étude clinique sur les effets de l’oxycodone attend, assis sur sa chaise de vinyle. Heureusement, participe à la même étude le numéro 24, une jolie latina. Pour écrire ce roman qui vacille entre le cauchemar halluciné et l’histoire d’amour, Grégory Lemay a véritablement prêté son corps à la science. Il en ressort une œuvre intoxicante. La journaliste Lucie Pagé (B.A. communication, 85) propose une satire romanesque avec Sexe, pot et politique (Libre Expression). Éric Ilhareguy (M.A. arts visuels et médiatiques, 01) offre dans Moussaka 11 nouvelles sur l’amitié, l’amour et le pouvoir rassembleur de la nourriture (Les Allusifs). Je ne suis pas ta maman, le dernier album de Marianne Dubuc (B.A. design graphique, 03), raconte l’histoire d’un écureuil qu’une drôle de créature poilue prend pour sa maman (Comme des Géants). Suzanne Leblanc (B.Sp. philosophie, 75 ; M.A. arts plastiques, 98) Éric Simon (M.A. arts plastiques, 00), Chantal Neveu (B.A. communication, 88), Olivier Asselin (M.A. communication, 14), Jocelyn Robert et la professeure Céline Poisson (Ph.D. sémiologie, 97) ont collaboré à l’ouvrage Espaces de savoir, fruit de trois années de recherche sur l’idée d’un continuum nécessaire entre les situations humaines et le savoir (Presses de l’Université Laval).  •


Des rêves

à réaliser

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Obtenez une soumission et découvrez combien vous pourriez économiser! Composez le 1-888-589-5656 Ou allez au melochemonnex.com/uqam Le programme TD Assurance Meloche Monnex est offert par SÉCURITÉ NATIONALE COMPAGNIE D’ASSURANCE. Il est distribué par Meloche Monnex Assurance et Services Financiers inc. au Québec, par Meloche Monnex services financiers inc. en Ontario et par Agence Directe TD Assurance Inc. ailleurs au Canada. Notre adresse est le 50, place Crémazie, 12e étage, Montréal (Québec) H2P 1B6. En raison des lois provinciales, notre programme d’assurances auto et véhicules récréatifs n’est pas offert en Colombie-Britannique, au Manitoba ni en Saskatchewan. *À l’échelle nationale, 90 % de nos clients qui font partie d’un groupe de professionnels ou de diplômés avec qui nous avons une entente et qui font assurer leur résidence (sauf les logements loués et les copropriétés) et leur véhicule au 31 octobre 2016 économisent 625 $ par rapport aux primes qu’ils auraient payées s’ils n’avaient pas obtenu un tarif de groupe préférentiel et un rabais multiproduit. Ces économies ne sont pas garanties et peuvent varier selon le profil du client. Le montant des économies varie d’une province à l’autre et peut être supérieur ou inférieur à 625 $. L’assurance voyage Solution sans frontièresMD est offerte par la Royal & Sun Alliance du Canada, société d’assurances et distribuée dans certaines provinces par Assurance Voyage RSA inc., qui fait affaire en Colombie-Britannique sous le nom d’Agence Assurance Voyage RSA. Toutes les marques de commerce appartiennent à leurs propriétaires respectifs. MD Le logo TD et les autres marques de commerce TD sont la propriété de La Banque Toronto-Dominion.

Inter, printemps 2017  

Magazine de l'Université du Québec à Montréal

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