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Logos Que ce soit un retoucheur, que ce soit un modéliste, un peintre ou un poète c’est la même chose : il cherche ce qui lui tient à coeur. Sans ça il pense que sa vie est médiocre, que sa vie est vide, qu’elle n‘a pas de sens. Et la passion c’est comme une deuxième vie... Et en même temps elle me démolit, les deux ! Bernard Joseph Marc Portalier

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Logos. portrait de Yorgos Sarakatsanis


Edito Dans un film précédent, Bernard Joseph mettait en évidence dans un quartier réunionnais la confrontation des cultures et les hyper-technologies qui acculent notre société à la consommation, apogée de la pensée unique et de la perte des identités. Qu'est-ce qu'un quartier, un habitat, un commerce, exempts des relations de proximité, des échanges et de la mixité ? Que devient une identité réduite à la transparence des tours de verre aseptisées ? Ironie architecturale, paradoxe entre pureté de la lumière et inexistence de l'esprit. Aujourd’hui, il nous présente Logos. C’est dans un arrondissement populaire de Paris qu’il a choisi de placer sa caméra pour s'interroger sur nos contemporains et l'agonie des quartiers. Ces quartiers qui ont tant nourri l'inconscient collectif, icônisé nos imaginaires et que nous pensions ne jamais voir disparaitre. Agonies, exodes, les hypersociétés grignotent petit à petit le terrain de ceux qui en ont bâti le mouvement et les traditions. Derrière les façades qui meurent, survivent ces âmes qui fabriquèrent nos souvenirs, une tendre nostalgie qui aiguise nos regards. C'est un coeur qui bat derrière l'effacement, un poumon qui respire encore et motive nos espoirs. Ces résistants y vivent avec dignité, perdurent, malgré un présent devenu plus que précaire. Yorgos est de ceux-là. Il nous livre sa réflexion intègre et sans compromis, en lutte contre l'esclavagisme moderne. Logos est un film où la liberté de penser est reine, un monde dans le monde qui révèle la sévérité de l'humanité.


L’amour attendait au coin de la rue, on tombait amoureux d’une fille partout. A l’époque on était heureux avec rien du tout, rien. Aucune femme demandait plus qu’un cinéma ou qu’un self-service à Bonne Nouvelle. C’était simple,on s’aimait pour s’aimer !


2, 3, 4, 5, 6, 7 heures parfois de promenade dans Paris ça me fait du bien,voilà. J’oublie tout le stress. Y en a qui restent devant la télévision, ils louent des cassettes, je sais pas ce qu’ils font là, y en a qui vont dans la forêt pour courir, y en a qui se torturent en sport, moi il me faut le bitume quoi !


Pour moi un quartier qui a que des banques ou des assurances c’est pas un quartier, c’est de la merde, c’est tout ! Si on trouve pas un ébéniste, si on trouve pas un marchand de couleurs, si on trouve pas un charcutier, si on trouve pas un disquaire, c’est quoi cette vie là ? c’est une vie d’abrutis !


Je veux monter une manche pour la veste mais je n’arrive pas à la faire comme je veux. C’est pour ça que je me torture l’esprit quoi... C’est le travail le plus embêtant de la couture. Quand ça ça réussit, ça donne une satisfaction énorme. Et quand ça va pas, ça me déçoit...


Que ce soit un retoucheur, que ce soit un modéliste, un peintre ou un poète c’est la même chose : il cherche ce qui lui tient à coeur. Sans ça il pense que sa vie est médiocre, que sa vie est vide, qu’elle n‘a pas de sens. Et la passionc’est comme une deuxième vie... Et en même temps elle me démolit, les deux !


En France, tous les Français donnent un mauvais sens au mot « cynique ». Le cynique c’est quelqu’un qui laisse les choses faire, il n’intervient jamais. C’est pas parce qu’il est insensible mais il sait qu’il peut rien faire. Le cynique ne s’intéresse pas à la politique,il reste hors du monde.


En tous les cas, si je mets quelque chose ici, c’est par fierté ou pour une spiritualité mais jamais par hasard. Même si on me donnait des millions, j’aurais jamais mis autre chose que Gilles Deleuze. Je mettrais pas Johnny Hallyday si on veut.


De toute façon, la plupart des gens ne disent jamais ce qu’ils pensent, pour ne pas froisser les autres. Et ça, j’appelle cela de la lâcheté . Il y a un proverbe d’Euripide qui disait : « l’esclave est celui qui n’arrive pas à exprimer sa pensée pour une raison ou pour une autre. »


Avec le rêve, on commence une route et comme on dit, le principal c’est pas le but c’est la durée de la routequ’on a partagé avec les autres ou avec soi-même. Je crois à ce que je dis. Sans le rêve on devient trop réaliste et trop réaliste on voit tout, surtout ce qui va pas....


sogoL Bernard Joseph Marc Portalier

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