Page 1

ej

en jeu une autre idée du sport la revue de l’UFOLEP

Octobre 2017 - N° 28 - Prix 3,50 €

INVITÉE Noemi Garcia Arjona

FÉDÉRAL L’Ufolep et les Jeux, quels enjeux ?

LA RÉVOLUTION DU SPORT CONNECTÉ


édito

Un héritage à construire

Ufolep

Par Philippe Machu, président de l’Ufolep

A

u-delà du rayonnement international de la France et des retombées économiques escomptées, l’organisation des Jeux olympiques 2024 à Paris devra s’accompagner d’un nouvel et vigoureux élan en faveur des activités physiques et sportives pour tous les publics. Cet héritage « dynamique », à préparer dès maintenant, doit stimuler une conception des pratiques qui dépasse le spectacle de l’excellence sportive et du haut niveau : celle d’un sport plaisir privilégiant le jeu et la convivialité et contribuant au bien-être et à la cohésion sociale. Un sport qui s’ouvre aux autres et se veut respectueux de l’environnement. Mettre ce sport à la portée d’un public aujourd’hui éloigné ou indifférent à la pratique physique et sportive exige des efforts croisés de l’État, des collectivités territoriales, des fédérations sportives, des médias et des acteurs économiques. Installer une véritable culture sportive dans notre pays suppose en effet de réaliser au préalable un maillage d’équipements de proximité et de former et d’accompagner ceux qui, demain, accueilleront ces nouveaux pratiquants. Faire ainsi valoir les bénéfices humains et sociaux d’une pratique ludique, élargie, diversifiée, ce serait le plus bel héritage des Jeux ! Déjà engagée dans la féminisation des pratiques, dans l’animation des territoires carencés et dans des partenariats multiples (avec les acteurs de la santé, de l’éducation, de la justice ou de la cohésion sociale), l’Ufolep entend prendre tout sa part dans cette magnifique opportunité d’accueillir les Jeux olympiques et paralympiques. Nous avons sept ans pour que ceux-ci se déroulent dans un pays plus sportif, plus dynamique et plus solidaire. L’héritage des JO de Paris 2024 doit se construire dès aujourd’hui. ●

coup de crayon par Jean-Paul Thebault

2

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


sommaire

INVITÉE

6

Noemi Garcia Arjona, regard européen sur le sport citoyen

REPORTAGE

Ufolep Loire

La 2e Université européenne du sport a réuni 170 participants, les 11 et 12 juillet à Strasbourg. L’universitaire espagnole Noemi Garcia en était le « grand témoin ». Restitution.

20

La Loire à la croisée des chemins

Délégué départemental de la Loire durant près d’un quart de siècle, Jean-Pierre Moreno (ici avec son successeur) analyse l’évolution d’un comité qui, après avoir tardé à diversifier ses pratiques, joue à présent la carte du « sport société ».

6 invitée 9 dossier 15 pratique Faciliter la vie associative

16 fédéral

L’Ufolep et les Jeux, quels enjeux ? Mayotte, La Réunion : deux comités sur le terrain social

20 reportage 22 réseau

DOSSIER

Le sport connecté a-t-il changé nos pratiques ?

Shutterstock

L’Ufolep au Salon des maires VuLuEntendu : Les godillots, manifeste pour une histoire marchée, Antoine de Baecque (Anamosa) ; Les enfants d’Achille et de Nike, Martine Segalen (Métailié)

CNOSF / KMSP

En Jeu Ufolep

4 actualité

9

Nord : prison, sport et réinsertion ; Cani-cross et cani-rando en Lot-et-Garonne et Haute-Vienne ; Partenaire : Women Sports ; Instantanés 1 : Le bel été des rassemblements nationaux Ufolep ; Rhône-Alpes : projet « Manger, bouger, santé préservée » avec les caisses de retraite Instantanés 2 : Les caisses à savon déboulent à l’Ufolep Vaucluse

28 histoires Morceaux choisis : « Le Revers de mes rêves », de Grégory Cingal (Finitude) Je me souviens : Philippe Sarremejane L’image : « Sport et architecture en SeineSaint-Denis » (La Découverte)

30 repères

Objets connectés, applications pour smartphone et réseaux sociaux ont modifié les habitudes des sportifs. Auto-coaching, rationalisation des entraînements, partage au sein de communautés virtuelles : une nouvelle ère s’est ouverte.

Le vélo, petite reine de la montagne, n°77 (été 2017) de la revue L’Alpe ; Jeux traditionnels, Pierre Parlebas (L’Harmattan) ; Escalade en salle, s’initier et progresser (Glénat) L’actualité de l’Ufolep et de ses partenaires sur Twitter

en jeu “une autre idée du sport” est la revue de l’Union française des œuvres laïques d’éducation physique (Ufolep), secteur sportif de la Ligue de l’enseignement Ufolep-Usep 3, rue Récamier, 75341 Paris Cedex 07 Téléphone 01 43 58 97 71 Fax 01 43 58 97 74 Site internet www.ufolep.org Directeur de la publication Jacques Giffard Président du comité de rédaction Philippe Machu Rédacteur en chef Philippe Brenot Ont participé à ce numéro Isabelle Gravillon, Benoit Béaur, Hélène Grimbelle, Arnaud Jean, Philippe Machu Photo de couverture Shutterstock Maquette Agnès Rousseaux Impression et routage Centr’Imprim, rue Denis Papin 36 100 Issoudun Abonnement annuel 13,50 € Numéro de Commission paritaire 1015 K 79982 Numéro ISSN 1620-6282 Dépôt légal Octobre 2017 Tirage de ce numéro 8617 exemplaires

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

3


Le 13 septembre à Lima, Paris a été officiellement désignée ville hôte des JO 2024 : « une formidable reconnaissance de la France » pour le président Emmanuel Macron, « un bonheur immense » pour la maire de Paris Anne Hidalgo, « une victoire magique » pour le président du comité de candidature Tony Estanguet. « Le plus dur commence » commentait pour sa part Le Monde, en s’interrogeant : « Paris peutelle être la ville qui ravive une flamme olympique éteinte par les affaires de corruptions, les dégâts environnementaux, économiques et sociaux, les exigences du CIO et le poison du dopage ? ». Et de conclure, après avoir précisé ces défis : « Que la France se garde aussi de trop imiter le voisin britannique, devenu la deuxième puissance sportive mondiale au détriment du sport amateur et des disciplines jugées moins rentables en médailles. » (lire aussi page 16)

Pass Découverte

le 5 septembre à Valence (Ardèche) la Conférence permanente du sport féminin. Instituée par la loi de mars 2017 sur l’éthique du sport, cette nouvelle instance a pour mission de faire progresser le sport au féminin en France, dans la pratique comme sur les écrans. Elle réunit 30 personnes (dont 21 femmes), acteurs et actrices du mouvement sportif, représentants des fédérations et des ligues professionnelles, des médias et de différentes institutions, et publiera un rapport annuel.

DR

contrats signés, 60 l’ont été dans le cadre du grand programme Volontaires tout terrain lancé en collaboration avec la Ligue de l’enseignement. On relèvera que 68 départements accueillent sur leur territoire des volontaires en service civique, ceux-ci étant présents dans 33 comités départementaux et 6 comités régionaux, en plus des associations locales.

Nuit des relais

À la date du 8 septembre, 65 associations, appartenant à 37 comités, s’étaient engagées dans l’opération de parrainage d’un mois lancée par l’Ufolep jusqu’au 1er octobre. Pour 2 €, tout nouveau licencié pouvait découvrir les activités de l’association sans besoin d’aucune inscription administrative ou d’assurance, lors de séances loisir. Si la démarche est concluante, il est envisagé de la reconduire dès le mois de janvier 2018, autre période de reprise…

Service civique

Une Conférence permanente du sport féminin

Au 31 août, on recensait dans le réseau Ufolep, pour l’année 2017 en cours, 390 volontaires en service civique. Et, sur les 150 nouveaux

Laura Flessel, ministre des Sports, et Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, ont installé

L’Ufolep est partenaire de la 2e Nuit des relais organisée par la Fondation des femmes vendredi 24 novembre à Paris, stade Ladoumègue, porte de Pantin. En 2016, la première édition de cette course solidaire (prolongée par une soirée festive en présence de diverses championnes) avait permis de collecter 33 000 €, intégralement reversés à des associations œuvrant contre les violences faites aux femmes. Pour participer en tant que particulier, il faut créer ou rejoindre une équipe, acquitter des frais d’inscription de 30 € par personne et collecter avec ses coéquipiers un minimum de 1000 €, avec l’appui DR

actualité

Les défis de Paris 2024

Du 21 au 23 novembre, l’Ufolep accueillera

DR

L’UFOLEP SERA PRÉSENTE FIN NOVEMBRE AU SALON DES MAIRES présence au Salon des maires participe d’une

les visiteurs du Salon des maires et des col-

« stratégie d’influence » plus vaste, marquée

lectivités locales, Porte de Versailles à Paris,

par exemple par l’envoi d’un courrier de

sur un stand situé dans l’espace dédié aux

félicitation aux 577 nouveaux députés élus

fédérations sportives. L’Ufolep y mettra en

en juin dernier. Une soixantaine nous ont

valeur son offre de pratiques et les diverses

répondu en proposant parfois de prolonger

prestations qu’elle est susceptible d’offrir

cet échange par des rendez-vous ou des réu-

aux collectivités locales  : la multi-activité, l’aménagement

nions de travail sur des dossiers concernant la pratique spor-

d’espaces de pratiques de nature, la caravane du Playa Tour et

tive, l’insertion sociale et l’animation des territoires. ●

la gestion d’équipements sportifs ou de bases de loisirs. Cette

www.salondesmaires.com

4

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


de la Fondation. Les entreprises peuvent également participer, et une équipe aux couleurs de la Ligue de l’enseignement sera engagée. www.fondationdesfemmes.org

Salon de l’éducation

L’Ufolep sera présente, du vendredi 17 au dimanche 19 novembre, au Salon européen de l’éducation, Porte de Versailles à Paris, sur le stand de la Ligue de l’enseignement. Les professionnels, eux, seront accueillis dès le mercredi 15.

Concours photo « Mon Ufolep c’est toi, c’est moi, c’est nous » : c’est le slogan que l’édition 2017 du concours photo de l’Ufolep vous propose d’illustrer. Ce concours est ouvert à tous, licenciés ou non, jusqu’au 15 novembre. Sont à gagner : un séjour Vacances Passion et des cartes cadeaux avec Decathlon Pro. Pour participer, se rendre sur la page Facebook de l’Ufolep ou sur www.ufolep.org

Baromètre des villes cyclables

VuLuEntendu LES GODILLOTS, ÇA MARCHE TOUJOURS ! « Nous, à l’UNR, nous sommes les godillots du Général. » Attribuée au député gaulliste André Valabègre par le Canard Enchaîné, la phrase aurait été prononcée en janvier 1959 à l’issue d’une séance de l’Assemblée nationale, peu après l’élection de Charles de Gaulle à la présidence de la toute neuve Ve République. Cinquante-huit ans plus tard, la vague des députés néophytes de La République En Marche, déposés sur les bancs de l’Assemblée nationale dans le sillage d’Emmanuel Macron, a remis au goût du jour ce désuet mais inusable mot de « godillot » : un terme dont Antoine de Baecque, professeur à l’École normale supérieure et marcheur émérite, joue des différents registres, avec pour point de départ la découverte d’une paire de chaussures de randonnée, oubliée au fond d’un placard d’un appartement à vider. « Godillot » est un mot qui, comme les souliers de Félix Leclerc, a beaucoup voyagé et en a mené plus d’un de l’école à la guerre : fruits de l’inventivité de l’industriel du même nom, les godillots ont d’abord équipé l’armée française, des troupes du Second Empire aux conscrits de la IIIe République naissante. Inspiré du brodequin napolitain, le godillot devint très vite l’emblème du soldat français et la bénédiction des comiques troupiers. À la même époque, cette godasse dont les pointes en fer garantissent la solidité devient aussi, sous le pinceau de Vincent Van Gogh, auteur d’une série d’études de ses propres croquenots, un stigmate de la misère sociale. Dans le chapitre suivant, consacré à l’engouement pour le plein air et la régénération des corps de l’après-guerre, l’adepte de la randonnée pédestre apprendra l’origine des semelles Vibram qui, aujourd’hui encore, adoucissent son pas tout en lui assurant la meilleure accroche. Jusqu’à ce fameux épisode des « godillots » du Général, qui fit le bonheur des caricaturistes. Un bonheur que l’iconographie ici réunie, remarquable tout au long de ces pages, nous fait pleinement partager. Enfant du baby-boom et héritier de Mai 68, l’ancien journaliste de Libération qu’est aussi Antoine de Baecque voit dans l’éclat de rire moqueur de Daniel Cohn-Bendit, face aux CRS d’un monarque républicain en sursis, l’épilogue de la « longue carrière » du godillot. Auraitil changé sa chute si l’ouvrage était paru après le raz-de-marée électoral de juin dernier ? Une chose est sûre : les godillots ont la vie dure, et leur histoire est un formidable roman. ● Les Godillots. Manifeste pour une histoire marchée, Antoine de Baecque, Anamosa, 256 pages, 18,50 €.

LES ENFANTS D’ACHILLE ET DE NIKE, 20 ANS APRÈS La Fub, Fédération des usagers de la bicyclette, partenaire de l’Ufolep, lance la première édition de l’enquête nationale « Baromètre des villes cyclables ». Celle-ci a pour objectif d’évaluer la « cyclabilité » des villes françaises à partir du ressenti des cyclistes. Les résultats permettront notamment aux collectivités de mieux cerner les attentes des citoyens qui souhaitent se déplacer à vélo. L’enquête est disponible en ligne sur le site www.parlons-velo.fr jusqu’au 30 novembre 2017 et s’adresse à toutes les personnes se déplaçant à vélo en ville, quels que soient l’âge, le genre ou la fréquence des déplacements.

En 1994, inspirée par sa passion de la course à pied, l’ethnologue Martine Segalen publiait une étude sociologique : Les enfants d’Achille et de Nike. Pointant son regard sur les membres du Racing Club de France qui se retrouvaient pour courir ensemble dans les allées du bois de Boulogne, elle l’élargissait ensuite aux diverses manifestations de l’engouement rencontré par ce que l’on appelait le jogging et par les courses de masse. Vingt ans après, comment ne pas être bluffé par le caractère visionnaire d’un livre qui, en conclusion, parlait de « phénomène de la modernité » ? Même si, comme l’auteure le souligne en avant-propos de cette réédition, le running n’était pas encore le marché qu’il est devenu depuis. Mais pouvait-elle imaginer que la tendance à transformer des épreuves sportives en fêtes collectives irait aussi loin ? Ou que les super-marathons de l’époque, tels les 100 km de Millau, allaient être surpassés en difficulté par les trails et autres ultras ? Martine Segalen ne pouvait pas non plus prévoir l’impact de réseaux sociaux qui restaient à inventer, ni cette floraison de courses à l’identité féminine. Comme La Parisienne, à laquelle Martine Segalen, âgée aujourd’hui de 77 ans, participait encore l’an passé avec sa fille, sa nièce et deux de ses petites-filles… ● Ph.B. Les enfants d’Achille et de Nike. Éloge de la course à pied ordinaire, Martine Segalen, Métailié, 278 pages, 19 €.

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

5


invitée

Un bilan de l’Université du sport 2017

Noemi Garcia Arjona, regard européen sur le sport citoyen Organisée les 11 et 12 juillet à Strasbourg par l’Ufolep, l’Usep et la Ligue de l’enseignement (1), la 2e Université européenne du sport a réuni 170 participants. Essai de synthèse par le « grand témoin » de l’événement.

N

oemi Garcia Arjona, vous avez assisté aux travaux de la deuxième édition de l’Université européenne du sport, avec pour mission d’en proposer une restitution en clôture : qu’en avez-vous retenu ? À mes yeux, le grand intérêt de l’Université européenne du sport est de rassembler des acteurs de nationalités et de profils divers : élus et responsables des collectivités locales, acteurs de terrains, associations et organisations non gouvernementales, universitaires de tous horizons… Cela permet de croiser les regards et de confronter la théorie à la critique, mais aussi à des études et à des actions de terrain, avec une approche plus empirique. Et, comme en 2015, lorsque j’avais co-animé un atelier sur l’intégration par le sport avec une collègue allemande, chacun en est reparti plus convaincu que jamais de la nécessité de dépasser les frontières pour défendre l’idée d’un sport citoyen à l’échelle de l’Europe. Vous avez rappelé l’ambition de l’UES de susciter une « nouvelle culture sportive »… C’est William Gasparini (Université de Strasbourg) qui, il y a deux ans, a exprimé cette ambition de promouvoir

UNE SOCIOLOGUE MADRILÈNE EN BRETAGNE Enseignante-chercheuse en Staps, diplômée de la Faculté des sports de Madrid (Espagne) et titulaire d’un master de recherche obtenu en France, Noemi Garcia Arjona, 32 ans, a aussi passé un an à Munich (Allemagne) en Erasmus avant d’enseigner le management du sport à l’université de Franche-Comté et, depuis la rentrée, à celle de Bretagne (Rennes 2). Pour sa thèse, Noemi Garcia Arjona a étudié les politiques d’intégration par le sport des jeunes issus de l’immigration développées à Madrid et Paris. Elle incarne ainsi, à travers ses sujets d’étude et son parcours professionnel, l’esprit d’une manifestation qui aborde les activités physiques et sportives sous l’angle social et à l’échelle européenne, en comparant les modèles nationaux pour favoriser l’échange d’expériences. C’est pourquoi, après avoir déjà participé à l’Université européenne du sport 2015, elle était le « grand témoin » de cette deuxième édition. ●

6

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

une « culture sportive » reposant sur la coopération et l’utilité sociale, et distincte en cela d’une vision « traditionnelle » basée sur la compétition et trouvant son aboutissement dans le spectacle médiatique, avec tous ses enjeux marchands. Durant ces deux journées, nous nous sommes interrogés sur cette « autre idée du sport », celle d’un « sport citoyen ». Cette problématique d’un «  sport citoyen  » était déclinée sous trois aspects, dont celui de « la formation d’un citoyen par le sport » : tous les intervenants s’accordaient-ils sur ce concept ? Le premier défi était en effet de préciser ce que l’on entend par « citoyen », et de s’accorder sur le sens que l’on donne à cette ambition de « former des citoyens par le sport ». Historiquement, et notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les systèmes d’éducation physique et des sports ont été investis d’une mission civique. Ils sont devenus l’un des principaux vecteurs d’une formation citoyenne de masse, avec l’associationnisme sportif comme levier. Mais Michel Koebel (Université de Strasbourg) a fort justement rappelé que les pratiques dites « informelles », « sauvages » ou « auto-organisées » véhiculent elles aussi des « valeurs ». D’ailleurs, le caractère « descendant » des pratiques et des dispositifs « imposés » par le modèle traditionnel n’expliquent-ils pas en partie la désaffection de certains publics ? Comme le suggère Michel Koebel, il convient de prendre en compte « l’expression populaire » dont témoignent ces pratiques, dans une construction partagée des dispositifs sportifs : une démarche qui rejoint l’idée de «sport citoyen ». Hélène Grimbelle (Ligue de l’enseignement) a également défendu cette idée d’une pluralité des cultures sportives (lire page 8). Je retiens notamment sa référence à Hannah Arendt (2), pour qui notre responsabilité d’adultes et d’éducateurs est de « préparer les jeunes à la tâche de renouveler un monde commun ». Mais cette conception est-elle partagée par tous, dans tous les pays européens et à tous les niveaux de décision politique ? Il est impossible de répondre à cette question  ! En revanche, les débats ont permis d’entendre les témoignages de la Ville de Strasbourg, du ministère des Sports,


Le deuxième axe de réflexion portait sur la notion de « droit au sport » et l’enjeu de son « accessibilité », avec une double dimension juridique et sociale… Le sport est reconnu par l’Unesco et les institutions européennes comme un droit fondamental, au sens où il est plus qu’une simple activité : c’est aussi un levier d’éducation, un enjeu de santé et un outil de socialisation, d’émancipation, d’intégration. Or les chiffres montrent que trop peu d’Européens ont une activité physique ou sportive régulière. D’où le questionnement de Philipe Machu (Ufolep) : comment rendre effectif ce droit au sport, afin de favoriser la pratique du plus grand nombre ? Christina Putz (DOSB, Confédération allemande des sports olympiques) a apporté un éclairage très concret : celui des dispositifs publics dédiés aux populations immigrées et aux réfugiés. Le débat a également porté sur la différence entre « intégration » et « inclusion » : d’un côté l’individu doit s’adapter au groupe ou à la société, de l’autre on s’adapte à lui. C’est cette seconde approche qu’ont défendu la présidente de l’Association nationale des étudiants en Staps (futurs professeurs d’EPS et éducateurs sportifs) et le représentant de l’Usep (le sport scolaire à l’école primaire). Gaëlle Sempé (Université de Rennes) a également évoqué la faible pratique sportive des jeunes filles et les processus d’autoexclusion, qui exigent de développer des dispositifs qui leur sont dédiés. Enfin, il a été rappelé que le droit du sport, c’est aussi celui de ne pas pratiquer… La troisième thématique, centrée sur l’organisation territoriale du sport, était une manière de confronter ces réflexions aux réalités des politiques publiques… Faut-il rappeler que les collectivités territoriales sont les principaux protagonistes de l’organisation du sport en France ? Or la question du « sport citoyen » est au cœur du financement des équipements sportifs et des aides aux clubs et associations : valorise-t-on la performance sportive ou l’utilité sociale ? Elle transparait également dans le fait de s’intéresser à des publics cibles, d’orienter des dispositifs vers l’initiation et la découverte plutôt que la compétition, ou de proposer des équipements en libre accès. La première journée de l’UES 2017, le 11 juillet, s’est télescopée avec un autre événement : la présentation officielle, à Lausanne (Suisse), devant le CIO, des candidatures de Paris et de Los Angeles à l’organisation des Jeux olympiques 2024. Un événement dont les débats du lendemain se sont fait l’écho… Bien sûr, d’autant plus qu’un des ateliers qui prolongeaient la plénière avait pour intitulé : « Quel développement sportif local à partir des grands événements sportifs ? » (3). Au-delà d’avis parfois tranchés entre les « pour » et les « contre », c’est là un enjeu essentiel

Philippe Brenot

du Conseil de l’Europe et de l’UISP, la fédération italienne du sport pour tous. J’en retiens quelques mots et notions-clés : identité, échange, bénévolat, service civique, mutualisation des savoir-faire… Et chacun s’accorde à peu près sur le fait que la formation d’un citoyen sportif ne dépend pas de la discipline choisie, ni du type de club ou de fédération, mais des éléments qui sont favorisés au sein de ces pratiques.

lorsqu’une ville et un pays sont candidats à l’organisation du plus grand événement sportif au monde. Et c’est aussi un enjeu de citoyenneté : comment utiliser l’événement pour développer des équipements (enceintes sportives, infrastructures, transports) qui profiteront à tous, sur la durée, à la différence de coûteux « éléphants blancs » ? Comment profiter des Jeux pour développer la pratique physique et sportive du plus grand nombre, avec des visées sanitaires et éducatives ? Dans quelle mesure un événement médiatique tel que les JO s’inscritil dans les réalités locales et sociales ? Ce débat fait partie des questions qui traversent l’objectif à long terme de construire une « nouvelle culture sportive », plus sociale et plus solidaire. ● Propos recueillis par Philippe Brenot

Noemi Garcia Arjona : « Chacun s’accorde sur le fait que la formation d’un citoyen sportif ne dépend pas de la discipline choisie ou du type de club, mais des éléments qui sont favorisés au sein des pratiques. »

(1) Comme en 2015, l’UES était organisée au Palais universitaire de Strasbourg, en partenariat avec la Ville de Strasbourg et la Faculté des sciences du sport de l’Université de Strasbourg. (2) Hannah Arendt (1905-1975) : politologue et philosophe allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur le totalitarisme et la philosophie de l’histoire. (3) Proposé sous la forme d’un débat, il réunissait Jérôme Lachaze, du comité de candidature Paris 2024, et Andrew Adams, maître de conférence à l’université de Bournemouth (Grande-Bretagne).

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

7


Éducation, droit, territoires

L’

enjeu de l’éducation, de l’éducation par le sport, est peut-être bien celui de la culture au sens large. Nous partageons le même monde mais nous sommes différents dans nos cultures, dans nos références culturelles. Notre expérience personnelle est celle de la pluralité des mondes : on relève toujours plus les différences entre les individus que leurs points communs. Le sociologue Bruno Latour dit : « Il n’y a pas de monde commun, il faut le composer. » Mais lequel ? Un monde globalisé, sans différences, porteur d’une identité culturelle faible, pauvre ? Un monde de repli identitaire, où l’on ne voit plus que les différences ? Ou un monde construit à partir de la richesse de nos cultures, de nos différences culturelles, à la base du monde de demain ? À propos des enjeux de droit, cette deuxième édition de l’Université européenne du sport sera sans doute l’occasion d’aborder la question de la justice sociale et nous donner les moyens de réfléchir, à partir du prisme du sport, à la participation de citoyens engagés, de militants, à l’illustration concrète d’une société plus juste, souvent appuyée sur la valeur de fraternité. Faire vivre la solidarité dans un projet sportif local ou dans une politique publique locale du sport, c’est par exemple se soucier des individus les plus éloignés des pratiques sportives, c’est interroger notre capacité collective à répondre à nos besoins individuels et collectifs y compris dans sa dimension économique. Par exemple, comment proposer des tarifs pour favoriser l’accès de tous à des pratiques sportives ? Ou encore, comment construire différemment les relations entre acteurs publics et associations, lorsque l’on affirme que celles-ci ne peuvent être de simples prestataires d’un ministère ou d’une commune mais des par-

FAIRE MONDE COMMUN  « Le sport nous permet de faire monde commun, ou pas », a souligné Hélène Grimbelle en citant le sociologue Paul Yonnet. Invité en 2005 du colloque « Sport, religions et laïcité », celui-ci observait, en référence aux Jeux olympiques de l’antiquité, que « le sport, aujourd’hui, produit du sacré hors de la religion. » Paul Yonnet précisait : « Le sport rassemble les sociétés dans des moments à la fois uniques et répétés, alors que les individus qui les composent vivent dans la crainte que l’individualisme ne les sépare et la planétarisation ne les uniformise : le sport est l’un de ces phénomènes collectifs qui confortent les individus dans l’assurance que le développement des personnalités individuelles ne supprime pas l’existence de la vie collective et que l’universalisation ne dissout pas la faculté de maintenir des traditions et de construire des identités. » ●

8

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

En Jeu Ufolep

En ouverture de l’UES, Hélène Grimbelle a mis en perspective l’action de la Ligue de l’enseignement avec les enjeux éducatifs et culturels, de droit et de territorialisation des politiques sportives. Hélène Grimbelle, secrétaire générale adjointe de la Ligue de l’enseignement, le 11 juillet à Strasbourg.

tenaires ? Comment, alors, sortir de la logique de marché (les marchés publics en l’occurrence) pour favoriser des relations partenariales construites dans la durée, sur des objectifs politiques partagés ? Enfin, le troisième enjeu retenu pour cette université est celui de la territorialisation des politiques sportives et éducatives, qui comprend lui-même un enjeu de nature démocratique auquel acteurs publics et associations d’éducation populaire sont en permanence confrontés. (…) Le local peut être l’espace d’incarnation d’un monde commun possible, une incarnation symbolique et une incarnation physique. Le local n’est pas l’espace d’enfermement fatal. Pour favoriser les dynamiques locales en matière sportive, le territoire peut être considéré comme un cadre privilégié de coopération. C’est le lieu d’intervention de la Ligue de l’enseignement à travers ses 27 000 associations locales qui agissent dans toute la France. Et ces associations, finalement, sont ni plus ni moins des espaces créés par des individus pour répondre à un besoin de fabriquer du lien social pour recréer un lien politique entre l’individu-citoyen et les institutions démocratiques françaises et européennes. (…) On peut ajouter deux autres formes de lien : tout d’abord, le lien à la cité comme espace politique. Notre cheminement avec les collectivités locales pour inventer les politiques éducatives nous a conduits à l’idée du « territoire apprenant », par exemple. On peut apprendre à faire usage de son territoire : comprendre les différents échelons territoriaux, être mobile dans son territoire et à l’extérieur. Les activités sportives constituent un champ privilégié pour faire vivre cette notion de territoire apprenant. Et enfin, le lien générationnel, avec dorénavant dans les sociétés occidentales, la cohabitation de quatre générations, ce qui pourrait nous inciter à insérer une préoccupation intergénérationnelle dans les politiques locales. Là encore, les activités sportives offrent un cadre exceptionnel de mise en question et de mise en œuvre concrète du besoin ou de l’enjeu de l’intergénérationnel. ● (1) Hélène Grimbelle est secrétaire générale adjointe de la Ligue de l’enseignement.


ShutterStock

dossier Synchronisation

Le sport connecté a-t-il changé nos pratiques ? Objets connectés, applications pour smartphone et réseaux sociaux ont modifié les habitudes des sportifs. Auto-coaching, rationalisation des entraînements, partage au sein de communautés virtuelles : une nouvelle ère s’est ouverte.

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

9


Montres intelligentes, applis smartphone, traces GPS…

Sport connecté : c’est déjà demain

Insensiblement, les objets connectés et les applications pour smartphone se sont installés dans le quotidien des pratiquants sportifs. Dans quelle mesure ont-ils déjà changé notre façon de pratiquer ?

L’

histoire des sports connectés est récente. À peine une décennie, si l’on retient 2006 comme date fondatrice : cette année-là, Nike introduit dans une paire de chaussures des capteurs mesurant la distance parcourue par leur propriétaire. Depuis, les objets connectés n’ont cessé de fleurir, de plus en plus sophistiqués et pointus, dans toutes les disciplines. Pour les skieurs, ce sont des lunettes de réalité virtuelle simulant la présence de portes de slalom sur une piste totalement vierge. Pour les cyclistes, des lunettes intelligentes permettant de visualiser en temps réel toute une série de données pendant l’effort : vitesse, rythme cardiaque, puissance de pédalage. Pour les nageurs, un bracelet résistant à l’eau qui recommande,

après analyse des données cardiaques et du volume d’entrainement, un plan de récupération : massage, hydratation, sommeil, alimentation. Et, pour les adeptes de sports à chocs fréquents comme le football américain et le hockey, une application capable d’identifier les symptômes d’une commotion. L’ÈRE « TERTIAIRE » DU SPORT ? D’abord apanage des sportifs de haut niveau, les objets connectés se sont rapidement démocratisés. « Grâce à la chute du coût de l’électronique embarqué, ils sont devenus très abordables, et plus simples d’utilisation. Aujourd’hui, un joueur de tennis amateur peut se procurer pour 70 € une raquette connectée qui analyse l’angle avec lequel il tape sa balle, et l’aide à amélio-

LA SÉCURITÉ DES DONNÉES, SOUCI POTENTIEL Que deviennent les données recueillies par les objets connectés ? Elles sont stockées sur des serveurs, généralement situés aux Etats-Unis comme l’immense majorité des entreprises qui les ont conçus – même si les start-up françaises se révèlent de plus en plus performantes sur ce marché. « C’est cette localisation qui peut poser problème. En effet, aux USA, ces données de santé ne sont pas considérées comme privées, à la différence de l’Europe et de la France en particulier, très pointilleuse sur le sujet. La législation qui s’applique sur ces données provenant des objets connectés est donc très peu restrictive et, le plus souvent, rien n’interdit à leurs détenteurs de les vendre à des assureurs ou des banques » indique Anne-Sophie Bordry. Une issue à laquelle les sportifs de l’Hexagone n’ont sans doute pas songé. De quoi peut-être les inciter à se rabattre sur le made in France… ●

10

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

rer son coup droit et son revers » souligne Anne-Sophie Bordry, fondatrice du think tank Objets connectés. Désormais, quel sportif amateur n’utilise pas un bracelet connecté pour connaître sa fréquence cardiaque et les calories brûlées ? Quel coureur ne se sert pas d’une application smartphone avec géolocalisation pour garder une trace de son parcours ou la partager avec d’autres pratiquants ? Quel VTTiste ou quel trailer ne poste pas des photos de ses pérégrinations sur les réseaux sociaux ? « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus d’un sportif sur quatre télécharge des applications liées à la forme et au bien-être, plus d’un sur trois partage ses résultats sur Internet, et trois runners sur quatre utilisent un objet connecté pour leurs sorties » affirme Noémie Vincent, chargée de communication à l’Ufolep, et notamment du numérique et des réseaux sociaux. « Depuis 2010, nous sommes entrés dans une troisième phase de l’histoire sportive, celle des sports numériques » théorise Alain Loret, professeur des universités honoraire et fondateur de SWI, une start-up dédiée à la transition numérique dans le domaine du sport. Selon son analyse, la première phase fut celle des sports olympiques, organisés autour de disciplines codifiées : un modèle hérité du xixe siècle qui fonde encore largement l’offre des fédérations sportives. Depuis les années 1980, explique Alain Loret, ce modèle est concurrencé par celui des sports de glisse (surf, VTT, skateboard, etc.), qui valorisent la recherche de sensations, la mise en scène corporelle et le partage d’émotions, tout en refusant le plus


Chamina-Voyages

Le sport connecté a-t-il changé nos pratiques ?

Les traces GPS, une nouvelle façon de randonner.

souvent règlements et compétitions officielles. La « connivence » entre pairs y remplace la « concurrence » entre adversaires. GÉNÉRATION SELFIE De quoi préparer le terrain à la révolution actuelle ? « Le mot clé des sports numériques est l’échange, résume Alain Loret. Selon diverses études sociologiques, si 7% seulement des sportifs recherchent la performance et la compétition, 26% sont eux en quête de lien social. » Mais un lien qui, en mode numérique, reste souvent de l’ordre du virtuel… « Les nouvelles technologies permettent de créer des communautés dématérialisées, à la différence des tribus bien réelles propres aux sports de glisse. À peine rentré de sa sortie, le sportif connecté a comme motivation première de communiquer avec ses “amis” à travers des photos, des vidéos, et le récit de ses ressentis. Pour trois heures de pratique hebdomadaire, il en consacrera peut-être deux à trois fois plus à échanger, comparer, analyser ses performances sur les réseaux sociaux » observe Alain Loret. « Victimes d’une forte baisse de leur fréquentation, les grands parcs américains ont été obligés de s’adapter à cette tendance en pro-

posant une connexion Internet à leurs visiteurs, afin qu’ils puissent partager en direct l’expérience de leur marche, poster des photos et effectuer des géolocalisations », confirme Anne-Sophie Bordry. Les sportifs connectés seraient-ils atteints de narcissisme aigu, voire d’exhibitionnisme ? « Non, il s’agit simplement d’une habitude culturelle désormais bien ancrée. La génération selfie n’imagine pas randonner, courir ou faire du vélo sans le signaler sur Internet ! Ce goût du partage est devenu complètement naturel. » NON AU TOUT-VIRTUEL ! Les fédérations sportives doivent-elles s’inquiéter d’une révolution de nature à réduire leur influence  ? Pour sa part, l’Ufolep n’entend pas rester à l’écart, tout en réaffirmant sa fibre associative. Elle parie sur une utilisation plus incarnée des nouvelles technologies, que traduit son application pour smartphone lancée en 2016 sous le nom de « Tout Terrain ». « Nous souhaitons favoriser de vraies rencontres, en chair et en os !, insiste Noémie Vincent. La philosophie de Tout Terrain est de permettre à des sportifs auto-organisés, n’appartenant pas à une Octobre 2017

association, de créer des rendez-vous ouverts à tous, qu’il s’agisse de courir ou de randonner à plusieurs ou de trouver des partenaires pour jouer au foot ou au basket. » L’idée est aussi d’inciter les non pratiquants à débuter ou reprendre une activité physique en s’insérant dans un groupe ou en en suscitant un. En particulier lorsqu’il n’existe pas, à proximité, d’association sportive répondant à leurs aspirations. Association qu’ils finiront peut-être par créer eux-mêmes un jour… En attendant, une géolocalisation de toutes les installations sportives en libre accès complète l’offre de Tout Terrain. Et, pour l’heure ce sont le running (14%), le VTT et le vélo de route (19%) qui génèrent le plus de rencontres sur l’application (1). Avec des objectifs forcément plus commerciaux et un public plus ciblé, la marque Reebok a elle aussi opté pour cette approche «  sociale  » en permettant aux coureurs les plus acharnés de se fixer des points de rendez-vous. « Il s’agit d’entrainements très physiques, les participants s’adonnant à des courses fractionnées, au port de poids… Une manière de se retrouver entre sportifs animés par des objectifs simi-

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

11


AUTO-COACHING ET FILET DE SÉCURITÉ Autre aspect essentiel de ces objets connectés : le recueil de données sur soi – le quantified self – en temps réel. Nombre de pas effectués dans la journée, quantité de calories avalées et dépensées, qualité du sommeil, etc. « Outre le rythme cardiaque, qui est une donnée de base pour le sportif, certaines applications proposent de surveiller le taux d’oxygène dans le sang : cela permet une pratique raisonnée sans se mettre “dans le rouge”. On peut aussi apprécier plus facilement ses progrès en constatant que ses fréquences respiratoire et cardiaque montent de moins en moins pendant l’effort » décrypte le Dr Alain Scheimann, auteur de Mieux vivre avec la santé connectée (2). On peut ainsi devenir son propre coach, pour peu que l’on prenne le temps, après l’effort, d’analyser ses performances et de les comprendre. Certaines applications délivrent aussi des informations sur son environnement : horaires (parcs, piscines, etc.), taux de pollution… Le sport connecté contribue en outre à la sécurité des pratiquants des sports de nature. « Le trailer ou le VTTiste qui part seul pour de longues courses peut utiliser une montre multifonctions, connectée à son smartphone, proposant la fonction “live tracking”. Celle-ci enverra sa position en temps réel à un ou plusieurs amis qu’il aura choisis. En cas de malaise ou de mauvaise chute, cela permet de guider les secours » avance Anne-Sophie Bordry.

Désormais présent dans tous les outils connectés, le GPS permet également de visualiser a posteriori son parcours, d’en garder une trace et de la transmettre. Les tour-opérateurs de randonnées, comme Chamina Voyages, se sont mis à la page. Et, dans certaines compétitions de course d’orientation, le GPS a supplanté les cartes. Une évolution qui ouvre la porte au risque de triche, toute donnée transitant par Internet étant susceptible d’être « hackée » et manipulée…

Ufolep

laires, en dehors du cadre d’un club. Dans ce type de communauté connectée, il n’y a pas d’obligation d’assiduité, tout est fondé sur la libre adhésion et l’on croise souvent de nouvelles têtes » relève Anne-Sophie Bordry.

DÉFIS D’AVENIR Le sport connecté se prête par ailleurs aux « challenges », aux défis. Une application comme Strava permet par exemple d’enregistrer ses performances sur un parcours de course à pied ou de vélo et de défier les autres membres de la communauté : qui fera mieux ? Pour autant, « la philosophie première reste de se dépasser soi-même, estime Anne-Sophie Bordry. Et cette émulation n’a pas non plus grand-chose à voir avec une compétition organisée un jour J, avec un dossard et un règlement détaillé. Les sportifs connectés aspirent à la souplesse et à la convivialité. » « Ils sont dans une logique de désinstitutionalisation des résultats sportifs, opine Alain Loret. Leurs performances ne sont pas validées par la Fédération française d’athlétisme ou de cyclisme ! Dans un avenir très proche, une technologie comme “blockchain” permettra d’ailleurs à de nombreuses applications de certifier les résultats de tous ces sportifs connectés, sans plus avoir recours aux tiers médiateurs que sont les fédérations. » Pour autant, séduits dans un premier temps par les innombrables fonctionnalités

L’une des fonctionnalités de l’application Ufolep Tout Terrain.

des objets connectés, y compris par celles qui relèvent du gadget, les sportifs amateurs ne risquent-ils pas de se lasser d’être en permanence épiés, conseillés, surveillés ? Alain Loret, qui dès 2004 proposait de Concevoir le sport pour un nouveau siècle (PUS), n’est évidemment pas de cet avis : « Nous n’en sommes qu’à l’archéologie du sport connecté ! Les outils actuels sont comparables aux premiers micro-ordinateurs du milieu des années 1980. Ce qui laisse imaginer le formidable potentiel d’évolution qui s’offre à eux… » ● Isabelle Gravillon (1) Ceci sur une centaine de rendez-vous créés sur l’application, qui était une expérimentation et un premier point d’appui dans la transition numérique de la fédération, dans l’attente de nouveaux moyens. (2) Éditions In Press, 2017.

OBJECTIF SANTÉ  « Je recommande tous les jours l’utilisation d’objets connec-

« Pour ceux qui ont du mal à faire leurs 10 000 pas par jour,

tés ou d’applis santé à mes patients atteints de maladies

le bracelet connecté les accompagne quotidiennement dans

chroniques comme le diabète, l’hypertension ou le surpoids »

leurs progrès et atteste que leurs efforts portent leurs fruits.

affirme le Dr Alain Scheimann, endocrinologue, nutrition-

Il permet aussi de se fixer des objectifs : réduire de 10% les

niste et diabétologue. Car ces outils aident à bouger plus,

calories avalées en une semaine, augmenter dans la même

manger mieux, mieux gérer son sommeil : autant de com-

proportion le nombre de pas. Avec en plus un côté ludique »

portements essentiels dans une bonne prise en charge de

poursuit le médecin. Un bémol toutefois, lié peut-être au

ces pathologies. L’Ufolep a d’ailleurs utilisé dès 2015 des

fait que ces patients ne sont pas toujours familiers de ces

objets connectés pour l’expérience pionnière menée dans les

objets : « Les statistiques montrent qu’ils sont souvent aban-

Deux-Sèvres avec l’association Asalée auprès de ce type de

donnés au bout de deux mois. Alors qu’il serait judicieux d’en

patients.

faire des alliés santé sur le long terme. » ●

12

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


Hudl

Sarah Daninthe

Le sport connecté a-t-il changé nos pratiques ?

« DE PRÉCIEUX ALLIÉS POUR SE PERFECTIONNER » L’épéiste Sarah Daninthe, médaillée de bronze aux Jeux olympiques 2004 et deux fois championne du monde par équipe en 2005 et 2008, est une adepte revendiquée des objets connectés. Sarah Daninthe, comment êtes-vous devenue une fan des objets connectés ? En m’inspirant de sportifs renommés qui les ont utilisés très tôt, comme Roger Federer (tennis) ou Michael Phelps (natation). J’ai vite compris qu’ils pouvaient se révéler de précieux alliés pour m’aider à me perfectionner. Mon problème était d’avoir accès à des objets connectés efficaces, adaptés à ma discipline, l’épée, et surtout pas trop onéreux, car l’escrime ne croule pas sous les sponsors ! Je me suis rapprochée de startup et je leur ai proposé de tester leurs pro-

duits lors de mes préparations pour les Jeux olympiques. C’était du donnant-donnant ! Et cela a été concluant ? J’ai découvert des outils très intéressants. Par exemple l’application Hudl (ci-dessus), qui permet de réaliser une vidéo de ses mouvements et de les décortiquer centième de seconde par centième de seconde pour repérer les points à améliorer. L’objectif est de parvenir au geste parfait, de trouver le meilleur angle pour placer la touche imparable. J’ai aussi testé un dispositif de tracking visuel : immergée dans un environnement foisonnant et mouvant au moyen d’un casque de réalité virtuelle, je devais repérer des éléments précis. Cela m’a permis de développer ma concentration et ma réactivité à une période où j’étais en difficulté dans ces

Octobre 2017

domaines, suite à un accident de voiture dont je peinais à me remettre. J’ai pu accélérer ma récupération et gagner plusieurs mois. Voyez-vous des limites à l’utilisation des objets connectés dans le sport ? Personnellement, je déteste les bracelets connectés qui fonctionnent sur le mode de l’injonction : va marcher, va courir, mange moins ! Ce côté autoritaire ne me convient pas du tout. Par ailleurs, je pense qu’il faut être très prudent dans la gestion de ses données. Une chose est sûre, j’évite de les partager sur les réseaux sociaux à la veille d’une compétition ! Enfin, mieux vaut se méfier d’une possible addiction à ces objets, et ne jamais oublier que rien ne remplace les interactions humaines avec son entraîneur pour progresser. ● I. G.

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

13


Vosges Matin / Académie d’Aix-Marseille / Rémi Vivet

EPS : une plus-value pour les apprentissages

Course d’orientation

Acrosport

Professeur d’EPS au collège de LamotteBeuvron après avoir enseigné l’an passé en lycée à Orléans (Loiret), Rémi Vivet, 24 ans, utilise pour ses cours toute la palette des outils numériques.

au lycée pour des retours vidéo en musculation ou en acrosport : un élève filme ses camarades, qui découvrent ensuite leurs évolutions, à vitesse normale ou au ralenti. La vidéo permet un retour plus pointu sur chacune des postures. Sans elle, le débriefing aurait été réalisé en passant devant un autre groupe à la fin du cours. Toujours en acrosport, grâce à la tablette les élèves ont également accès à la figure à réaliser : cela leur permet de mieux comprendre comment la mettre en place puis comment descendre des épaules de leurs camarades en toute sécurité.»

Course d’orientation avec smartphone. « En course d’orientation, les élèves partaient à deux avec un smartphone, ne seraitce que pour les localiser en cas de problème. Mais je leur ai également fait télécharger l’application IOrienteering, qui permet de flasher le QR-code de chaque balise. Cela permet au professeur d’obtenir directement leur temps final, puis de détailler ensuite leur parcours de manière plus poussée en consultant leurs temps intermédiaires. J’ai fait pratiquer l’activité à mes quatre classes de lycées, d’abord avec un simple carton de contrôle puis avec l’application, et j’ai pu mesurer de leur part une motivation bien supérieure. » Acrosport filmé avec tablette. « J’ai utilisé les quatre tablettes mises à disposition

14

Octobre 2017

Des PowerPoint interactifs pour décortiquer les Apsa. « Avec mes collègues du lycée, nous avons créé des PowerPoint interactifs sur plusieurs activités physiques, sportives et artistiques (Apsa) : ultimate, badminton, escalade, tennis de table… Les élèves avaient accès aux différentes étapes à franchir dans la maîtrise de l’activité, avec à chaque fois une vidéo ou un schéma animé (un « Gif », Graphics

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

Escalade

Interchange Format) venant en complément d’une mention écrite. Une fois l’objectif réalisé, ils passent à l’étape suivante. Et, s’ils échouent, un onglet donne accès à des situations d’apprentissage ou de remédiation pour comprendre leur échec et le dépasser. Tout ceci en autonomie, avec le prof d’EPS dans le rôle de régulateur. » Multi-compteurs sur Android. « J’invite les élèves à télécharger des applications Android comme les multi-compteurs, qui simplifient la gestion des marques et des points donnés à telle équipe pour un exercice. Une fois qu’on a entré les données, il suffit d’un clic pour effectuer le calcul. C’est intéressant pour les élèves du point de vue de l’apprentissage social et méthodologique, et cela peut leur servir dans la vie de tous les jours, comme l’utilisation de traces GPS. Et puis c’est une façon de monter qu’un smartphone ne sert pas seulement à s’amuser, mais aussi à apprendre. ● Propos recueillis par Philippe Brenot


pratique

Faciliter la vie associative Une association, c’est formidable ! Mais sa gestion au quotidien l’est parfois moins. Pour l’alléger, profitez des services proposés par l’Ufolep, notamment via la plateforme numérique Webaffiligue.

«P

résidente, j’ai perdu ma licence  ! Vous pouvez me la refaire  ?  » Voilà typiquement le genre de sollicitation auxquelles les responsables associatifs sont sans cesse confrontés. D’autres fois, il faut faire la chasse aux certificats médicaux, indispensables au renouvellement des licences, ou bien encore produire sur le champ la liste des adhérents de l’année écoulée… Pour faciliter les démarches administratives des dirigeants et des adhérents de ses associations, l’Ufolep a développé différents services et partenariats, avec pour outil principal l’espace de gestion numérique Webaffiligue. Et dire que certaines associations ne l’utilisent toujours pas ! Il est pourtant d’usage très simple. Une fois votre compte activé par votre comité départemental, votre espace webaffiligue vous permet de renouveler votre affiliation en ligne puis, une fois celle-ci validée, de gérer vos adhérents, renouveler leur licence, télécharger leur certificat médical, les retrouver, gérer le listing des non renouvelés, sortir l’annuaire des membres de votre association, envoyer des mails, partager des réunions et des événements via l’agenda… www.affiligue.org

COMPTABILITÉ ET CROWDFUNDING En cette rentrée, l’Ufolep propose deux nouveaux services à ses associations. Le premier, Basicompta®, est un logiciel de gestion de comptabilité en ligne. Facile à prendre en main et simple d’utilisation, il a été conçu pour les dirigeants des petites et moyennes associations, même novices en comptabilité. Disponible en ligne, il ne nécessite pas d’installation de logiciel et le partenariat construit avec la Ligue de l’enseignement ouvre droit à son utilisation à un coût préférentiel. À l’issue d’une courte formation dispensée dans votre département, vos accès vous seront délivrés. Le second, Helloasso, également proposé dans le cadre d’une démarche commune avec la Ligue de l’enseignement, est une plateforme de financement participatif (« crowdfunding ») gratuite. C’est pour vous une solution supplémentaire de financement de vos projets associatifs. Votre référent départemental* pourra vous former à l’outil et vous accompagner dans votre levée de fond. ● *Ces deux tout nouveaux services sont pour l’instant disponibles uniquement dans les départements possédant un référent, ce qui est aujourd’hui le cas d’un peu moins d’un tiers d’entre eux.

Octobre 2017

ENGAGE-SPORT. «  Je m’en sors plus avec les inscriptions…  » Eh bien, utilise «  Engage-sport  », le service de billetterie en ligne qui permet aux associations Ufolep de créer un évènement, de gérer les inscriptions, de proposer le paiement en ligue, de récupérer la liste des participants, de communiquer les résultats, etc. En lien avec Webaffiligue, les informations relatives à votre association sont déjà pré-remplies, idem pour les licenciés Ufolep qui s’y inscrivent. www. organisateurs.ufolep.org APAC ASSURANCES. « Président, il faudrait une attestation d’assurance pour la manifestation de ce weekend ! ». Demande d’attestation en ligne, déclaration de sinistre dématérialisée, accès aux conditions générales et aux contrats, souscription en ligne des contrats optionnels... Autant de services proposés par Apac assurances, le partenaire privilégié de l’Ufolep et de la Ligue de l’enseignement. www.apac-asurances.org CNEA. « Président, nous devons recruter un éducateur à temps partiel, il faudrait un contrat type ! » Chaque mois, le Conseil national des employeurs d’avenir (CNEA), conseil juridique des associations Ufolep employeurs, publie des fiches pratiques sur l’actualité légale et conventionnelle des différents champs qu’il couvre, dont l’animation et le sport. Il met également à disposition de ses adhérents les conventions collectives annotées, des guides pratiques, des modèles (conventions, contrats, lettres, etc) et réponds aux questions juridiques. www.cnea-syn.org/ Afin d’appréhender ces différents outils, les comités départementaux organisent des rencontres, des webconférences, des formations… N’hésitez pas à prendre contact avec votre comité. ● Benoît Béaur

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

15


fédéral

Après la confirmation de Paris 2024

L’Ufolep et les JO, quels enjeux ? C’est fait : Paris accueillera les Jeux olympiques et paralympiques 2024. Mais en quoi cela concerne-t-il l’Ufolep, fédération de sport pour tous ?

L

16

Octobre 2017

toires  » et «  excellence environnementale  ». D’ores et déjà, 24 objectifs ont été formulés, dont certains font directement écho au projet fédéral de l’Ufolep pour 20162020 et correspondent aux missions de notre fédération.

QUEL « HÉRITAGE » ?

SERVICE CIVIQUE ET PASS « SPORT ET CULTURE »

N’en déplaise au CIO, ce mot d’héritage est trop souvent galvaudé : les derniers rendez-vous olympiques en témoignent. En effet, au-delà de réelles réussites sur le plan de la rénovation urbaine, peut-on vraiment parler d’héritage pour Londres 2012, avec une population anglaise que les Jeux n’ont pas rendue moins sédentaire ? Sans parler des sites de compétition abandonnés des Jeux d’hiver de Sotchi 2014 ou du fiasco de Rio 2016, qui a laissé l’État brésilien exsangue et nourri le ressentiment de la population. Toute l’ambition de Paris 2024 est de laisser un héritage durable. « Cette candidature offre à notre pays une opportunité exceptionnelle de mettre le sport au cœur de notre projet de société en faisant de la France une nation plus sportive et plus active » affirmaient ses promoteurs à la veille de l’annonce du 13 septembre. Eh bien, chiche ! À l’Ufolep, nous croyons que le plan Héritage 2024, issu d’une longue concertation territoriale et nationale de tous les acteurs du sport, peut être un vrai levier de développement de la pratique sportive, et plus globalement de la qualité de vie de nos concitoyens. Et pas seulement à Paris et en Île-de-France mais à l’échelle du pays. Ce plan est structuré en six grands axes : « jeunesseéducation-culture », « santé-handicap », « insertion socialeemploi », « égalité femmes-hommes », « sport et terri-

L’un de ces premiers objectifs est de renforcer d’ici 2024 le rôle du sport comme vecteur d’intégration et de cohésion sociale, à travers les programmes Citoyens du sport et Service Civique. Or l’Ufolep possède en la matière une longueur d’avance, avec son grand programme « Tout terrain » lancé en partenariat avec la Ligue de l’enseignement autour du service civique. On peut y ajouter son implication, dans certaines régions, dans le dispositif SESAME d’aide à l’emploi des jeunes en difficulté. L’État souhaite aussi créer pour les Jeux olympiques et paralympiques un « pass sport et culture » qui verrait le jour dès 2018 pour les grands événements sportifs internationaux. En 1924, lors des derniers Jeux olympiques organisés à Paris, les compétitions sportives s’accompagnaient d’ailleurs de concours artistiques : littérature, musique, peinture, architecture et sculpture. Cette fois, l’idée est de coupler le billet d’entrée pour une compétition avec un autre pour une visite d’un lieu patrimonial (musée, château) ou une manifestation culturelle (théâtre, musique). Or cette mesure rejoint notre identité de fédération sportive affinitaire, secteur sportif d’une organisation, la Ligue de l’enseignement, qui est également présente sur le champ de la culture. Cette passerelle entre sport et culture se vit déjà au sein de nos comités, à travers multiples manifestations.

CNOSF/KMSP

e 13 septembre, le Comité international olympique réuni en congrès à Lima (Pérou) a confié à Paris et à la France l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. À première vue, cette confirmation officielle ne concerne que de très loin notre fédération, qui n’est pas un acteur de premier plan dans la préparation des athlètes de haut niveau. Ce serait oublier que l’une des forces du dossier français, conjointement porté par la Ville de Paris, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), la région Île-de-France et l’État, est son volet « héritage » : un mot qui fait référence aux infrastructures « héritées » d’un tel événement et à l’impact sur la pratique sportive dans le pays d’accueil. Deux sujets sur lesquels les acteurs du sport pour tous ont leur mot à dire, et leur rôle à jouer.

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

Démonstration d’escrime sur la Seine lors des journées olympiques de 23 et 24 juin 2017.


On sait par ailleurs que le Président de la République, Emmanuel Macron, veut amener trois millions de français à la pratique sportive, en plus des trente millions déjà recensés. Le plan Héritage 2024, antérieur à l’élection présidentielle, annonçait déjà cette ambition d’augmenter la pratique sportive, avec deux leviers principaux : le sport-santé et la pratique féminine. Deux champs sur lesquels l’Ufolep est déjà bien présente. En matière de sport-santé, sans attendre la loi sur le sport sur ordonnance, nos comités et nos associations accompagnement depuis des années des patients souffrant d’affections de longue durée, en leur offrant des pratiques adaptées. Tout comme ils accueillent aussi des personnes en situation de handicap. En matière de développement de la pratique féminine, l’Ufolep s’appuie sur son programme Toutes sportives et participe à des recherches-actions sur la pratique des filles et des femmes dans les quartiers. On rappellera aussi que notre fédération compte désormais autant, si ce n’est plus, de licenciées femmes que de licenciés hommes dans ses rangs.

Philippe Brenot / En Jeu Ufolep

TROIS MILLIONS DE NOUVEAUX PRATIQUANTS

L’Ufolep peut apporter son expertise pour la conception et l’animation d’équipements de proximité.

UN INSTITUT, DES ÉQUIPEMENTS L’une des 24 mesures déjà annoncées dans le cadre du plan Héritage 2024 porte sur la création d’un Institut du sport pour tous : un institut en faveur duquel l’Ufolep plaide de longue date avec ses partenaires fédéraux de la plateforme ID-Orizon, et qui figurait en 2012 dans le programme électoral du candidat Hollande… Enfin, au-delà de la création d’une instance qui donnerait au sport pour tous plus de légitimité et de visibilité à côté du haut niveau et du sport-spectacle, l’un des principaux enjeux de Paris 2024 tient dans la création d’équipements de proximité : des équipements favorisant la pratique quotidienne du plus grand nombre. Quel que soit leur montant les financements accordés par l’État pour la mise en place de ce plan Héritage à dimension nationale n’y suffiront pas sans un coup de pouce des collectivités territoriales. À celles-ci, l’Ufolep peut apporter son expertise technique, tout comme elle peut participer à des dynamiques locales à travers des animations sportives ou la gestion d’équipements.

À nos yeux, la réussite des Jeux de 2024 se joue dès à présent, à travers celle de ce plan Héritage 2024 ambitieux, dont un tiers des orientations concernent les champs d’action de notre fédération. C’est pourquoi il tient aussi à l’Ufolep que les promesses affichées deviennent réalité. ● Arnaud Jean, secrétaire général de l’Ufolep • UN DÉBAT AVEC ID-ORIZON. « L’héritage des Jeux pour une diversité de pratiques » sera le thème du prochain Petit-déjeuner organisé le 17 octobre par la FSGT – probablement au siège du CNOSF – au nom du collectif IDOrizon, qui réunit une douzaine de fédérations du sport pour tous, dont l’Ufolep. www.idorizon.org

« POUR UNE SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT », RENFORÇONS LE SPORT POUR TOUS ! L’Ufolep a défendu lors des élections prési-

et de placer la pratique physique et sportive

dentielles l’idée d’une loi modifiant le Code

du plus grand nombre au cœur des enjeux de

du sport en instaurant pour les fédérations du

société. Tel est l’objet de la campagne de sen-

sport pour tous une « délégation de puissance

sibilisation résumée par le slogan : « Pour une

publique », comparable à celle dont bénéficient

société en mouvement ».

les fédérations olympiques ou possédant une

Forte du soutien de plusieurs députés et de l’inté-

filière de haut niveau. Non pour les concurren-

rêt affiché par de nombreux élus, l’Ufolep sou-

cer mais pour renforcer la légitimité des fédérations affini-

haite à présent que cette proposition de loi puisse figurer dans

taires et multisports.

les objectifs du plan « Héritage » des JO 2024 et que soit recon-

Il s’agit également de structurer l’action de l’État en matière

nu un « droit au sport » pour tout citoyen de notre pays. ●

d’accessibilité, de sport-santé ou d’insertion par le sport,

http://societeenmouvement.fr/

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

17


L’Ufolep dans l’océan indien

Mayotte, La Réunion : deux comités sur le terrain social

D

eux îles, deux comités Ufolep : l’un très récent, l’autre solidement implanté. Mais, au-delà de leurs différences, le projet est similaire : en déplacement à Mayotte du 29 juin au 1er juillet, puis à la Réunion du 2 au 4 juillet, le président de l’Ufolep que je suis a rencontré des comités dont l’engagement social va bien au-delà de la seule pratique sportive. Conscients des difficultés économiques propres à leurs territoires, ils sont déterminés à construire avec leurs partenaires des projets adaptés aux besoins des populations.

18

Octobre 2017

Ufolep Mayotte

Les deux comités Ufolep de l’océan indien usent des mêmes outils pour développer conjointement le sport pour tous et leur territoires.

Formation dispensée par l’Ufolep à Mayotte.

MAYOTTE, CINQ ANS ET DES PROJETS

LA RÉUNION, VOISINE ET AÎNÉE

Créé il y a à cinq ans, le comité Ufolep de Mayotte a notamment fait comme choix de développement de se rapprocher d’associations n’ayant pas forcement le sport pour vocation principale : plusieurs sont aujourd’hui affiliées selon le dispositif C3S, à côté d’associations sportives diverses, soit en tout une vingtaine de structures. Le comité s’est aussi imposé dans le paysage local en devenant co-organisateur de manifestations particulièrement populaires : les courses de pneus (1), qu’il a contribué à structurer et à élargir à l’ensemble de l’île, au-delà de la seule région de Mamoudzou, la capitale. La grande finale du 1er juillet a eu un retentissement considérable dans les médias locaux : télé, radio, presse écrite… On en rêverait à Paris ! Le comité s’est également engagé dans la formation professionnelle (certificats de qualification d’animateur de loisir sportif) et dans celle aux premiers secours (PSC1). La demande est telle que, aussitôt formés, les nouveaux titulaires du CQP ALS sont « happés » par les associations sportives. La feuille de route pour les mois à venir est la suivante : renforcer les moyens du comité pour travailler davantage encore avec les associations, accueillir des volontaires en service civique, organiser des actions avec les jeunes des quartiers, se tourner vers les seniors… Le comité souhaite également travailler sur l’éducation à la santé, à l’environnement, et sur l’engagement citoyen. Préfecture, direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), conseil départemental, agence régionale de santé : tous sont prêts à soutenir l’Ufolep dans ce projet de développement partagé avec la Ligue de l’enseignement et l’Usep.

Bientôt quadragénaire – il a été officiellement créé en 1979 – le comité de La Réunion possède une assise plus solide mais s’appuie sur les mêmes leviers de développement, et notamment la formation. Ceci tout en diversifiant par ailleurs ses activités sportives : cyclotourisme, canne de combat, lutte traditionnelle, tchoukball… Particulièrement présent au nord et dans l’ouest de l’île (Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Leu, Saint-Pierre), il bénéficie d’une attention particulière de la DRJSCS et du conseil régional. Un projet d’insertion sociale et professionnelle, concernant dix jeunes âgés de 18 à 25 ans issus de quartiers populaires, est ainsi conjointement soutenu par la mairie de Saint-Paul, le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), la DSCS, la politique de la Ville et divers organismes para-publics. Durant ces deux ans de formation, ces jeunes auront eu l’expérience d’un engagement local, vécu un séjour sportif en métropole, accompli un service civique volontaire de 6 à 8 mois et suivi des formations CQP et PSC1. Ceci en souhaitant qu’ils s’engagent ensuite dans l’animation d’une association, d’un quartier, tout en s’insérant professionnellement. Au-delà de ce projet-pilote, les objectifs de développement ne manquent pas : sport-santé (le territoire n’est pas épargné par les maladies chroniques comme le diabète, l’obésité et les problèmes cardio-vasculaires)  ; accueil des jeunes volontaires en service civique ; pratiques multigénérationnelles et dédiées aux seniors  ; revitalisation de la vie associative. Autres perspectives à court et moyen terme, en partenariat avec les collectivités locales : l’amélioration de circuits de randonnée

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


Ufolep Réunion

et l’animation des équipements de proximité qui doivent prochainement voir le jour. Et, à La Réunion aussi, les partenaires institutionnels sont conscients de l’urgence de répondre à la demande sociale avec pour objectif le mieux-être des populations et l’aménagement du territoire. ET LES AUTRES DOM-COM ? Ces enjeux ne sont-ils pas communs à la plupart des départements et collectivités d’outre-mer ? La situation sociale est-elle si différente en Martinique, en Guadeloupe, en Polynésie française ou en Guyane et NouvelleCalédonie, deux territoires où des contacts sont en cours pour créer des comités Ufolep ? À ce titre, on mentionnera la mise en place par l’Ufolep Martinique d’un forum de l’emploi couplé à un tournoi de football et d’un parcours d’insertion des jeunes qui s’appuie sur la pratique sportive. Un exemple qui traduit la dimension éducative et sociale de l’Ufolep et fait écho au projet de développement de nos deux comités de l’océan indien. ● Philippe Machu

Ultimate, Ufolep Réunion.

LUTTE CONTRE LE DOPAGE : SANCTIONS L’agence française de lutte contre le dopage (AFLD) nous demande de diffuser les sanctions prises à l’encontre des sportifs suivants, convaincus de dopage : Mr Axel NAROLLES (licencié FFE) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFE, d’étendre cette sanction à la Société hippique française, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 2 août 2019 inclus. Mr Zacharia DETEZ (licencié FFL) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou  autorisées par la Fédération française de lutte, par la fédération française de judo, par la fédération française de karaté et disciplines associées, par la Fédération française de kick-boxing, muay thaï et disciplines associées, par la fédération française de boxe, par la Fédération française de savate boxe française et disciplines associées, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique  du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 10 juillet 2019 inclus. Mr Islam ASKHABOV (licencié FFL) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de lutte ainsi que toutes les autres fédérations françaises. Sa suspension prendra fin le 27 juillet 2019. Mr Nicolas TAILLANDIER (non licencié) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par les fédérations sportives françaises. Sa suspension prendra fin le 2 août 2021. Mr Thibault MARSAND (licencié FFR) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de rugby à XIII, par la Fédération française de rugby, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 22 février 2019 inclus. Mr Alexandre NICOLAU (licencié FFT) : interdiction de participer aux manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFT, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 1er avril 2018 inclus. Mr Jean-Marie POYO (licencié FFC) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la FFC ainsi que toutes les fédérations sportives françaises. Sa suspension prendra fin le 18 mai 2018. Mme SMIRNOVA Yuliya (non licenciée) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française d’athlétisme, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 1er avril 2018 inclus. Sa suspension prendra fin le 1er juin 2020.

sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 26 novembre 2017 inclus. Mr Tony GIGOT (licencié FFR) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de rugby à XIII, par la Fédération française de rugby, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 21 avril 2019 inclus. Mr Jonathan CAMARGO MENDOZA (licencié FFC) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de cyclisme ainsi que toutes les autres fédérations françaises. Sa suspension prendra fin le 19 mai 2018 inclus. Mr Adam Jozef PIERZGA (licencié FFC) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par les fédérations françaises. Sa suspension prendra fin le 18 mai 2019 inclus. Mr Nicolas KALB (licencié FFBillard) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de billard, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 13 octobre 2017 inclus. Mr Ferhat ABKARI (non licencié) : interdiction définitive de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par les Fédérations sportives françaises. Sa suspension a pris effet depuis le 10 août 2017. Mme Amandine GUYOT (licenciée FFA) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française d’athlétisme ainsi que toutes les autres fédérations françaises. Sa suspension prendra fin le 8 octobre 2020 inclus. Mme Nathalie LAMALLE (licenciée FFTri) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de triathlon, par la fédération française d’athlétisme, de natation, de cyclisme, de cyclotourisme, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 8 novembre 2017 inclus. Mr BUREAU Nicolas (licencié FFSBFDA) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de savate, boxe française et disciplines associée, par la fédération française de boxe, de kick-boxing, muay thaï et disciplines associées, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération sportive et culturelle de France, par la Fédération sportive et gymnique du travail et par l’Ufolep. Sa suspension prendra fin le 26 juillet 2019 inclus.

Mr Franck CHARMEAU (licencié FFC) : interdiction de participer aux compétitions et manifestations sportives organisées ou autorisées par la Fédération française de cyclotourisme, par la Fédération française du sport d’entreprise, par la Fédération

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

19


reportage

Avec le départ du délégué Ufolep en poste depuis 1993

La Loire à la croisée des chemins

J

ean-Pierre Moreno, vous avez accompagné la destinée d’un comité Ufolep qui a perdu en influence pour n’avoir pas suffisamment su se renouveler. Pourtant, quand vous êtes nommé en 1993, c’est pour lui donner un nouveau souffle… J’ai succédé sur un poste à plein temps à un délégué Ufolep-Usep qui, dans les faits, se dédiait surtout au sport scolaire. L’objectif assigné par le président de l’époque, André Bel, était de retisser les liens avec un réseau fort de 11 000 licenciés, 150 associations et 18 commissions sportives, mais qui s’était éloigné du comité. Livrées à elles-mêmes, les associations et, surtout, les commissions sportives s’étaient autonomisées, jusqu’à devenir quasiment indépendantes ! En l’absence d’appropriation du projet fédéral, notre slogan « une autre idée du sport » était peu lisible : nous n’étions parfois qu’une copie des fédérations délégataires. Comment a réagi le terrain ? Il y a eu de fortes résistances de la part de commissions comme les boules lyonnaises ou le basket. Mais la plupart de nos dirigeants et responsables se sont félicités de voir le lien avec le comité réaffirmé. Au-delà de notre identité, il y allait de notre avenir, d’autant plus qu’une bonne moitié des associations était à double appartenance. Comme se traduisait cette identité réaffirmée ? Je veillais à ce que dans nos activités, essentiellement compétitives, le jeu prime sur l’enjeu. Les règlements demeuraient ceux des fédés mais un observateur extérieur devait voir la différence dans les comportements. Ces efforts n’ont pas empêché la chute des effectifs… Il y a eu un effondrement à la fin des années 1990, même si ensuite les effectifs se sont stabilisés. Le comité fédère aujourd’hui 6 400 licenciés et 112 associations, avec 10 commissions techniques. Les dirigeants d’alors ont leur part de responsabilité : les conceptions très dirigistes du nouveau président départemental ont fait des dégâts dans le réseau. Cela s’est conjugué avec une évolution sociologique : fini le temps où on se licenciait à l’Ufolep de père en fils. On le faisait désormais en fonction de l’offre sportive. Or, alors que les attentes des gens basculaient vers le loisir et le bien-être, certaines commissions sont restées bloquées sur les pratiques compétitives. Nous en avons payé la note. Quelles ont été les autres évolutions ? L’une des principales a concerné les subventions, qui

20

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

Ufolep Loire

Délégué départemental de la Loire durant 24 ans, Jean-Pierre Moreno analyse l‘évolution d’un bastion de l’Ufolep qui, après avoir tardé à diversifier ses pratiques, joue à présent la carte du « sport société ».

Mickaël Martin et Jean-Pierre Moreno : deux générations et deux profils différents.

jusqu’au début des années 2000 étaient une rente de situation indexée sur le nombre de licenciés. À cette rente s’est substituée une nouvelle logique exigeant de présenter des projets innovants, porteurs de notre identité affinitaire et méritant en cela d’être soutenus. J’aidais donc les associations à construire les projets déposés auprès du CNDS (1) pour qu’ils aient une chance d’être retenus. En revanche, j’ai le sentiment d’avoir failli dans l’appropriation de l’outil numérique par le réseau, même si je suis allé chercher ailleurs les compétences que je ne possédais pas. Il aurait fallu un accompagnement plus étroit pour vaincre certaines réticences. Comment caractériser l’évolution de la fonction de délégué ? Il suffit de comparer mon profil avec celui de mon successeur, dont les compétences sont plus diverses que les miennes. Pour ma part, je viens de l’animation culturelle : j’avais dirigé un équipement d’accueil puis été délégué vie associative à la Ligue de l’enseignement de la Loire. Aujourd’hui, la fonction de délégué est tournée vers la construction de projet et l’aide au réseau.


Et celle des activités sportives au sein du comité ? La plus notable est la disparition du basket, qui en 1993 était notre première discipline : il fut même un temps où l’Ufolep pesait plus que la FFBB dans la Loire ! Autre bastion, les activités cyclistes se sont maintenues en basculant vers le cyclotourisme et le VTT loisir, tandis que la boule lyonnaise et la gym artistique demeurent des activités phares. En revanche, la défection du korfbal a été douloureuse : si cette activité née à l’Ufolep dans les années 1980 n’a jamais réuni plus de 300 licenciés, en tant que pratique mixte et modèle de fair-play le korfbal était notre vitrine. Le comité n’a-t-il pas essayé de développer des activités innovantes ou de s’adresser à de nouveaux publics ? Pas tellement. Disons que nous avons eu du mal à faire vivre la double identité de l’Ufolep, fédération sportive et secteur de la Ligue de l’enseignement. Une double identité qui se traduit aujourd’hui par l’articulation entre « sport éducation » et « sport société ». Nous avons maintenu nos positions sur le « sport éducation » sous notre nouveau slogan « Tous les sports autrement », mais ce fut au détriment du développement du « sport société » et du sport-santé. Il aurait fallu que je sois épaulé par un agent de développement sur ce champ. En 2011, un volontaire en service civique a pourtant été chargé d’une mission portant sur les seniors… Nous avions repéré, au sein des vingt amicales laïques stéphanoises, un public senior éloigné de toute pratique régulière. L’idée était d’animer quelques séances pour sus-

citer la mise en place de créneaux. L’initiative est restée sans lendemain, sauf à l’amicale Chapelon, qui a créé une commission « bien vieillir ». Mais les séances sont animées par l’Office stéphanois des personnes âgées, car nous n’avions pas les moyens humains de le faire. Ceci dit, il manquait avant tout une vraie volonté politique, car nous aurions pu bénéficier de dispositifs d’aide à l’emploi. Mais, aujourd’hui, cette compétence sport-santé est présente à travers la personne du nouveau délégué départemental, Mickaël Martin… C’est une évolution que j’ai appelée de mes vœux. En annonçant deux ans à l’avance mon intention de faire valoir mes droits à la retraite, j’ai invité le comité à réfléchir à un nouveau profil de poste afin d’aller vers le « sport société » et le sport-santé. Car si nous restons uniquement focalisés sur le « sport éducation », nous connaîtrons une lente érosion, jusqu’à disparaître ou être marginalisés. Une réflexion a alors été engagée avec la Ligue et son secteur vie associative : une réflexion où le projet fédéral de chacun a été pris en compte. Et moi qui avais souffert de n’avoir pas eu le moindre contact avec mon prédécesseur, j’ai insisté pour qu’il y ait un « tuilage » d’un mois avec Mickaël. Reste à impliquer davantage le comité directeur, avec par exemple un élu référent sur chaque dossier. Le fait que le comité ait été largement rajeuni en mars dernier, ce qui a « boosté » les anciens, devrait y aider. ● Propos recueillis par Philippe Brenot (1) Centre national pour le développement du sport.

«  J’ai été éducateur sportif dans différentes structures avant de devenir,

Orea

MICKAËL MARTIN : NOUVEAU PROFIL, NOUVELLES PRIORITÉS Le baskin, basket inclusif.

valide inspirée du basket. Plus largement, je souhaite travailler avec des

il y a deux ans, coordinateur sportif

personnes vulnérables et fragilisées

et socio-éducatif dans un foyer de vie

socialement » explique-t-il.

pour adultes handicapés.  », explique

Mais le premier public spécifique sur

Mickaël Martin. Âgé de 28 ans et titu-

lequel il s’est penché est celui de se-

laire depuis cette année d’un DE Jeps

niors, dans le cadre du projet Atouts

en animation sociale (1), il connaissait

Prévention porté par le comité régio-

l’Ufolep pour avoir auparavant préparé

nal Ufolep en Rhône-Alpes. Un projet

son BP Jeps (1) avec la Ligue de l’enseignement de Loire-

qui consiste en des ateliers nutrition et activités physiques à

Atlantique (et des intervenants issus de son secteur sportif).

décliner dans chaque département (lire page 26). « Tout est

Pour autant, il sait qu’il ne pourra s’appuyer comme son

à construire, et je ne peux pas le faire seul. C’est pourquoi je

homologue nantaise sur plusieurs chargés de missions et

désire avant toute chose mettre en place, au sein du comité,

tout un réseau d’éducateurs sportifs. Il devra trouver lui-

un groupe de travail “sport et société” chargé de réfléchir aux

même les moyens de développer dans la Loire le secteur

actions à mener : comment on le fait, mais aussi pourquoi ? »

« sport société », en mettant les bénévoles en relation avec

En juin dernier, lors du premier comité directeur auquel il

des personnes ressources, et sans négliger pour autant le

a participé, Mickaël Martin a ainsi exprimé la volonté de

« sport éducation ».

favoriser la collégialité et la prise de responsabilités. « Mon

Sur ce versant-là, sa pratique du rugby et son expérience

but est de rendre ces réunions plus participatives et de faire

d’animateur sportif (football et multisport) lui seront

vivre l’éducation populaire à travers elles. » ● Ph.B.

utiles ; et aussi, côté « sport société », celle d’entraîneur de baskin. « J’aimerais introduire ici cette pratique handi-

(1) DE Jeps et BP Jeps (option activités physiques pour tous en l’occurrence) : Diplôme d’État et Brevet professionnel jeunesse éducation populaire et sport.

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

21


Ufolep Nord

DR

réseau

59

PRISON, SPORT ET RÉINSERTION Depuis un an, le comité Ufolep du Nord participe à un dispositif conçu par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) avec l’appui de la délégation départementale de la Ligue de l’enseignement. Son but : réduire les risques de récidive en préparant la réinsertion de détenus condamnés à de courtes peines de prison et bénéficiant, pour bon nombre d’entre eux, d’un régime de semi-liberté.

Ce dispositif, baptisé D-SER (Dispositif Sortir-s’Engager-Réussir), réunit lors de sessions de quatre semaines des groupes de huit détenus du centre pénitencier d’Haubourdin : formation aux premiers secours et mise en contact avec des associations faisant appel au bénévolat, information sur les différentes démarches administratives auxquelles ils seront confrontés à leur sortie de prison, bilan de compétences, cours d’informatique, sorties culturelles… Parmi ce programme hebdomadaire figure une séance d’activité physique animée par l’éducateur sportif de l’Ufolep, le mercredi de 14 h à 15 h 30. « Il s’agit d’un public difficile et hétérogène, tant en âge que dans les capacités physiques ou la motivation, explique Baptiste Kusmiereck. En outre, en l’absence de salle à disposition les séances se déroulent en plein air, ce qui selon la météo peut s’avérer problématique. Je débute

généralement par un footing avant de passer à des exercices de renforcement musculaire : une façon de travailler la rigueur, la persévérance, l’abnégation. Et au moindre dérapage, la personne retourne en prison, ce qui est arrivé une fois. » Les deux premières sessions se sont déroulées à l’automne dernier, les deux suivantes au printemps, et la dernière s’est achevée fin juin. Le bilan est jugé plutôt positif puisque six des trente-deux personnes passées par le dispositif ont trouvé un emploi. Mais, à l’avenir, Baptiste Kusmiereck souhaiterait que la séance sportive hebdomadaire soit un peu rallongée. « Deux heures, ce serait mieux, même si la pratique sportive n’est qu’un élément parmi d’autres de ce programme d’aide à la réinsertion » explique l’éducateur, qui souligne pour sa part l’intérêt professionnel de travailler avec ce public inhabituel. Ph.B.

Pujols Rando Nature est une association Ufolep qui réunit des adeptes du

Canipat 87

LOT-ET-GARONNE, HAUTE-VIENNE : LES FORTUNES DIVERSES DE LA CANI-RANDO Faut-il ouvrir l’Ufolep à nos fidèles compagnons ?

de la préfecture ont avisé le comité que le « canicross » répondait à un

VTT, du trail et de la marche nordique.

cahier des charges spécifique et exi-

Et aussi, désormais, du « canitrail ».

geait la présence d’un vétérinaire :

«  Cela

« S’agissant d’une pratique loisir ne

explique

s’est le

fait

naturellement, Jacky

donnant pas lieu à classement, j’ai

Tesseydre. La saison dernière, lors de

président,

convenu que ce terme n’était pas

nos sorties trail et marche du samedi

approprié à l’activité. J’ai proposé

matin, plusieurs personnes nous ont

à la place “canirando”, puisque les

demandé  : “Puis-je venir avec mon

pratiquants viennent sans aucune

chien ?” ». Une douzaine d’entre elles ont ainsi ramené leur

logique de compétition ou de chronométrage. »

fidèle compagnon sans que cela n’entraîne aucun trouble.

Problème : les services vétérinaires de la Direction dépar-

Une sorte de test, avant d’envisager de pérenniser l’activité

tementale de la cohésion sociale et de la prévention des

en cette rentrée, avec prise de licence.

risques (DDCSPP) ont alors fait valoir que ce type de

Les choses ne sont malheureusement pas toujours aussi

manifestation faisait l’objet d’un arrêté préfectoral régle-

simples, comme par exemple en Haute-Vienne. « En mai

mentant les conditions de rassemblement de « carnivores

2016, nous avons fait apparaitre sur notre calendrier de

domestiques ». Ce qui signifie que, dès qu’il y a deux chiens,

sports nature la mention “canicross” sur certaines de nos

la présence d’un vétérinaire est exigée !

manifestations. Cela répondait à la demande des clubs orga-

Résultat : « Devant l’impossibilité de s’attacher les services

nisateurs et à notre souhait d’élargir le public de nos randon-

d’un vétérinaire (tant en raison du coût que de la dispo-

nées dominicales. Ceci avec pour contexte notre très bonne

nibilité), l’ouverture des randonnées à nos amis canidés

entente avec la Fédération des sports et loisirs canins (FSLC)

accompagnant leurs maîtres et maîtresses n’est plus pos-

et le dynamisme du club local Canipat 87 » explique le délé-

sible à ce jour » se désole Dominique Garcia. Quand le sport

gué Ufolep, Dominique Garcia.

pour tous se heurte à un insoluble problème d’accessibi-

Mais au moment de délivrer les autorisations, les services

lité... ● Ph.B.

22

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


Partenaire

Women Sports, côté femme Magazine papier, site web et réseaux sociaux : c’est la triple identité de Women Sports, qui s’appuie sur les fédérations pour valoriser le sport au féminin, explique Lorraine Danet Deloison, directrice des partenariats. DR

l’Ufolep est à la fois un acteur majeur du sport pour tous et un maillon essentiel de la promotion de la pratique sportive en milieu rural. » OPÉRATIONS. «  Nous organisons des conférences ou des master classes avec nos partenaires, comme par exemple celle organisée il y a quelques mois par TF1 pour promouvoir la médiatisation du sport au féminin. Nous travaillons aussi avec ces partenaires pour valoriser le sport au féminin, que ce soit au sein de l’entreprise avec des leviers relations humaines, ou en donnant du contenu à nos partenaires pour s’adresser au grand public, comme pour l’opération « Sport pour elles », de la Française des Jeux. » MILITANT. « Women Sports se veut un media engagé, en ce qu’il défend une cause et relaie les initiatives d’acteurs institutionnels tels que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (pour l’opération “Les 4 saisons du sport féminin”) ou le ministère des Sports (pour son pacte de performance, à travers lequel des entreprises soutiennent financièrement des championnes). Notre engagement se situe dans la mixité et la promotion de la pratique pour tous. » ● Propos recueillis par Philippe Brenot DR

«W

omen Sports n’est pas qu’un magazine mais une plateforme multimédia qui réunit un site web, une présence sur les réseaux sociaux et, pour son volet “slow read”, un trimestriel papier. C’est une marque qui valorise le sport au féminin, avec une approche grand public et deux objectifs. Le premier est le développement de la pratique sportive, en s’adressant à toutes les femmes (de la pratiquante occasionnelle à la sportive de haut niveau, des jeunes filles aux seniors et de la citadine à la femme vivant en milieu rural) à travers des conseils pratiques, des reportages, des portraits. Le second est la valorisation des championnes, aujourd’hui pas assez médiatisées. Car on ne peut s’identifier à une pratique sportive sans modèles, en particulier pour la jeune génération. » AUDIENCE. « Notre premier numéro papier est paru à l’été 2016 : le magazine est donc encore en phase de lancement, avec un tirage de 30 000 exemplaires. La diffusion se fait à la fois en kiosque et en distribution gratuite auprès de nos partenaires, dont quinze fédérations sportives qui, réunies, cumulent 1,3 millions de femmes licenciées. En outre, notre audience doit être calculée en prenant aussi en compte le site web et les réseaux sociaux : nous comptons par exemple 11 000 abonnés sur Twitter. » POSITIONNEMENT. « Nous nous voulons engagés et non clivants, informatifs et sans langue de bois, collaboratifs mais pas communautaires. Si nous devions nous comparer, nous serions plus Society ou Huffington Post que l’Équipe ou Elle, même si nous sommes proches de la presse féminine. Nous sommes d’ailleurs répertoriés en kiosque avec les magazines féminins et non avec la presse sportive spécialisée, type Motors ou Voiles et voiliers. » MARKETING. « Nous avons construit notre plateforme marketing sur trois piliers. Premièrement, des partenaires économiques qui investissent le territoire d’expression du sport au féminin comme un enjeu sociétal : on peut citer la Française des Jeux, le Crédit Agricole, TF1, BMW. Deuxièmement, les fédérations, dont l’Ufolep, qui sont des partenaires privilégiés pour promouvoir leurs athlètes, raconter leurs histoires, leurs défis. Enfin, troisièmement, les lectrices elles-mêmes, qui nourrissent nos espaces numériques de leurs témoignages et de leurs commentaires, avec une grande liberté de ton. » UFOLEP. « Nous nous sommes rapprochés de l’Ufolep parce que sa baseline, « Tous les sports autrement », fait écho à la nôtre, qui est « Casser les codes ». Par ailleurs,

Avec Les Sportives aussi. Si aucun partenariat n’est encore signé, l’Ufolep diffuse aussi auprès de son réseau la version numérique du trimestriel Les Sportives, lancé en même temps que Women Sports mais complémentaire de celui-ci, avec un positionnement moins grand public et un ton volontiers plus militant.

À LIRE EN VERSION DIGITALE Signé pour l’année 2017, le partenariat – reconductible – noué avec Women Sports consiste notamment en la diffusion gratuite de la version digitale du magazine papier via un fichier de 100 000 adresses mail réunissant toutes les associations Ufolep et, depuis la rentrée, tous nos licenciés ayant précisé leurs coordonnées numériques. L’Ufolep s’engage par ailleurs à informer son partenaire sur ses actions en matière de sport féminin, informations relayées par Women Sports sur ses différents supports. ● www.womensports.fr

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

23


En Jeu / DR

Instantanés

1

2

4

24

Octobre 2017

3

5

6

7

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


8

9

10

11

LE BEL ÉTÉ DES RASSEMBLEMENTS NATIONAUX UFOLEP 1. Moto-cross, les 12 et 13 août à Vue (Loire-Atlantique). Le Moto-club de Vue souhaitait organiser une grande manifestation sur un terrain tout juste ré-homologué. L’Ufolep 44 et sa commission moto-cross l’ont aidé à relever le challenge du Super Trophée de France, avec 4500 personnes accueillies dans une ambiance festive. 2. Football, les 3 et 4 juin à La-Chapelle-Saint-Luc (Aube), les 3 et 4 juin. La prestigieuse Coupe Gauthier est revenue pour la seconde année consécutive au club aubois de Saint-Julien (photo), vainqueur des nordistes de l’US Dechy. La veille, les finales des Coupes Michot et Delarbre avaient opposé des clubs du Pas-de-Calais (Kennedy Hénin-Beaumont et US Relevaine Loos-en-Gohelle) et du Nord (Noyelles-les-Seclin et Villeneuve-d’Ascq). 3. Athlétisme, les 1er et 2 juillet à Troyes (Aube). 260 athlètes étaient engagés dans les diverses catégories. Malheureusement, la pluie persistante a nui aux performances. À noter : la participation « hors catégorie » d’une délégation sud-africaine de 34 athlètes en stage en France. 4. Tir à l’arc, les 3 et 4 juin à Sin-le-Noble (Nord). C’est la troisième fois que le comité du Nord, fort de ses 20 clubs de tir à l’arc, organisait une manifestation à laquelle s’était rajoutée un concours régional. En tout, ce rendezvous a réuni plus de 500 participants de 9 à 75 ans. 5. Natation, les 3 et 4 juin à Décines (Rhône). Près de 400 nageurs ont participé le samedi aux épreuves individuelles et le dimanche aux relais au centre aquatique Camille-Muffat. Gages de l’esprit Ufolep, une démonstration de nata-

tion synchronisée, un défilé déguisé des associations et une soirée festive ont mis une ambiance exceptionnelle ! 6. Kart-cross, les 5 et 6 août à Sarlat (Dordogne). 212 pilotes étaient engagés : le plateau maximum, avec des manches réunissant de 18 à 25 concurrents selon les catégories. 7. Poursuite sur terre, les 19 et 20 août à Brassy (Nièvre). 195 pilotes se sont âprement disputé les huit titres en jeu, pour la plus grande joie du public. 8. VTT, les 4 et 5 juin à Bonnières (Yvelines). 1100 concurrents engagés, 130 bénévoles mobilisés, un circuit glissant le samedi, mais chauffé par le soleil le dimanche. 9. Cyclosport, les 14-15-16 juillet à Saint-Sulpice-le-Guéretois (Creuse). Plus de 800 concurrents représentant une soixantaine de comités sont venus de tout l’Hexagone disputer ce championnat National qui fut également un succès public. 10.Volley-ball, les 3 et 4 juin à Valence (Drôme). Parallèlement au national jeune organisé en mai à Airesur-la-Lys (Pas-de-Calais), les finales des coupes nationales adultes ont réuni 16 équipes dans quatre catégories. S’y ajoutait un tournoi mixte 4 x 4. 11. Gymnastique et trampoline, les 10 et 11 juin 2017 à Châteauroux (Indre). Plus de 1700 gymnastes et trampolinistes se sont retrouvés au hall des expositions et au gymnase du lycée JeanGiraudoux de Châteauroux pour disputer les finales nationales devant plus de 4000 spectateurs.

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

25


En Rhône-Alpes

« Santé préservée » avec l’Ufolep

I

l y a trois ans, l’Ufolep Rhône-Alpes a répondu avec d’autres fédérations sportives à un appel à projet lancé par l’Agence régionale de santé (ARS) autour du bien-vieillir. Il s’agissait de concevoir des actions de prévention et de maintien en autonomie des seniors. Le but : favoriser le maintien des personnes âgées à leur domicile, pour leur bien-être mais aussi pour limiter les dépenses liées à une prise en charge dans des établissements spécialisés.

Archives En Jeu / Ufolep Rhônes-Alpes

Le projet « Manger, bouger, santé préservée » pour les plus de 60 ans identifie encore un peu plus l’Ufolep comme acteur de santé.

CONSEILS NUTRITION ET ACTIVITÉ PHYSIQUE Le module conçu par l’Ufolep associe conseils de nutrition et activités physiques. Il a été mis en place dans l’Ain, l’ARS ayant fait le choix d’expérimenter un projet différent dans les huit départements de la région. C’est sur cette base que le comité régional a depuis été sollicité par huit caisses de retraites regroupées dans l’entité Atouts Prévention. L’objectif du projet, baptisé « Manger, bouger, santé préservée », est similaire : favoriser le bien-vieillir à travers des ateliers dédiés aux plus de 60 ans et pensés pour une dizaine de personnes. Concernant la démarche, le comité Ufolep local propose aux mairies d’accueillir un cycle de six ateliers (quatre sur la nutrition, deux sur les activités physiques)  : aucune participation financière n’est sollicitée auprès des communes (1), il leur est seulement demandé de mettre une salle à disposition. Lorsque six créneaux de deux heures sont fixés, les caisses de retraite informent leurs adhérents. INTERVENTIONS DÉPARTEMENTALES, SUIVI RÉGIONAL De son côté, le comité régional assure le suivi général, de la réalisation des supports de communication à la gestion du planning des douze diététiciens formés par ses soins à l’animation d’ateliers, celle des activités physiques étant dévolue à des animateurs Ufolep. Lancé en mars, le pro-

abonnez-vous ! EN JEU, UNE AUTRE IDÉE DU SPORT LA REVUE DE L’UFOLEP • 5 numéros par an ❒ 13,50 € (octobre, décembre, février, avril, juin) Mon adresse postale :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .....................................................................................................................

Mon adresse e-mail (pour recevoir également gratuitement la version numérique de En Jeu) : .................................................................................................

Je joins un chèque postal bancaire de la somme de. . . . . . . . . . . à l’ordre de EJ GIE À. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , le. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Signature :

Le projet repose sur des cycles de six ateliers portant en alternance sur la nutrition et les activités physiques.

jet a débuté dès fin mai dans certains départements et s’achèvera à la fin de l’année. « Il s’agit vraiment de dispenser des recommandations pour une alimentation plus saine et de donner envie de retrouver une activité physique régulière. En cela, le projet se différencie de celui conçu pour l’ARS, qui se caractérise par une prise en charge individualisée sur quatre à cinq mois », précise Nils Aïnas, coordinateur pour le comité régional. Ce dernier projet est par ailleurs toujours d’actualité puisqu’après l’Ain il est aujourd’hui mis en place dans le Rhône. DES RETOMBÉES POUR LES COMITÉS En tout cas, l’une et l’autre actions ont contribué à ce que l’Ufolep soit désormais identifiée comme acteur de santé au niveau régional alors qu’elle était surtout connue jusqu’alors pour ses formations professionnelles ou ses initiatives en matière de développement durable. « Dans la foulée de la mise en place des ateliers ”Manger, bouger“, certaines délégations départementales ont déjà été sollicitées par des collectivité pour proposer des animations », se félicite Nils Aïnas. ● Ph.B. (1) Financé par l’ARS, le projet est calibré pour dix communes par département.

26

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28


CSV

Instantanés LES CAISSES À SAVON DÉBOULENT À L’UFOLEP VAUCLUSE C’est sous l’égide de l’Ufolep du Vaucluse que le club

tables compétitions sportives chapeautées par une

des Caisses à savon velleronnaises (CSV), récemment

fédération. Cette toute première manifestation aux

affilié mais actif depuis 1991, a organisé les 3 et 4

couleurs de l’Ufolep a réuni 56 caisses à savon ainsi

juin à Cairanne le Coupe de Provence de la discipline.

qu’une dizaine d’adeptes du « drift trike », petits tri-

Car c’en est une à part entière : véhicule sans moteur

cycles sur lesquels on s’amuse à déraper. Ce fut un

et sans pédales (sinon de frein) mu par la seule force

grand succès populaire, dont l’esprit « fête de vil-

de la pesanteur, la caisse à savon fait l’objet de véri-

lage » rejoint tout à fait celui de l’Ufolep. ●

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

27


)

histoires

Morceaux choisis G régory C ingal

Le Mur

L

Le Revers de mes rêves, Grégory Cingal, Finitude, 144 pages, 15 €.

PhotoDisc

e nombre de mes victoires en Grand Chelem contre le mur du garage, je l’évaluerais à une quinzaine, soit un positionnement intermédiaire entre le record de Pete Sampras et celui de Roger Federer, performance fort honorable pour un joueur de onze ans. Les enfants sont les prophètes méticuleux de leur destin, ils se forgent avec méthode une légende fabuleuse et ne tremblent pas quand elle est cruelle. Le terrain que je m’étais aménagé sur la petite cour de bitume entre le garage et la cuisine était d’une dimension trop étroite pour constituer un véritable mur d’entraînement, d’où la nécessité d’y jouer avec des mini raquettes et des balles dégonflées, voire avec des balles en mousse, lesquelles me furent vite imposées par ma mère qui en avait assez que je dégomme ses massifs : rien de tel qu’un revers slicé pour décapiter sec un bégonia. Les centaines d’heures que j’y aurais passées n’auront donc été d’aucune utilité pour la suite de ma carrière, mais qu’importe puisque ce mur, orné d’une plinthe de ciment en guise de filet, fut avant tout une fantastique machine à rêver. Ces raquettes destinées à la plage étant d’un maniement plus aisé, je me laissais griser à mimer des gestes de pros qui auraient été autrement plus difficiles à réaliser avec un matériel de taille normale. Démiurge absorbé, je bâtissais des matchs à rebondissements multiples, échafaudant une panoplie entière de gestes, mimiques et coups techniques pour les adversaires que j’incarnais à tour de rôle en m’inspirant de joueurs réels ou imaginaires, mais j’avais beau décider à l’avance de l’issue de la partie, il arrivait comme s’en gargarisent les romanciers que « mes personnages m’échappent », le pantin que j’avais créé de toutes pièces s’avérant, dans l’exécution de la scène, un adversaire plus coriace que prévu. Au fil des impacts martelés contre le mur, je m’en remettais alors au hasard de mes coups droits et revers lâchés à plein régime, dopé au nectar d’une confiance sans bornes en moi-même, improvisant le score au fur et à mesure que je l’énonçais à voix haute avec toute la solennelle componction d’un arbitre officiel pendu à son micro («Treeente-quinze! »). Narrateur omniscient, je n’oubliais pas d’assurer les commentaires audiovisuels de ces parties endiablées, à la manière des indéracinables Hervé Duthu et Jean-Paul Loth, lesquels

REVERS DE RÊVE, EFFET RÉTRO Entré l’an passé en littérature avec Ma Nuit entre tes cils (ceux de la femme aimée et défunte), Grégory Cingal propose avec Le Revers de mes rêves un vagabondage très personnel inspiré par la passion du tennis. Le premier des vingt-sept textes qui composent l’ouvrage en illustre parfaitement le ton, dans un style qui n’est pas sans évoquer celui de Roger Federer sur les courts. ●

28

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

contaient mes exploits avec une jubilation et une partialité fort peu professionnelles. Sur un plan plus technique, je prenais soin de réaliser toute la gamme possible de coups, y compris un certain nombre de lobs, commis le plus souvent par inadvertance, lorsque la balle s’envolait sur le toit pentu du garage pour en redévaler aussitôt les ardoises, tantôt avec assez de vitesse pour ricocher sur le bord de la gouttière et revenir sur le « court » de la même façon qu’un let, tantôt hélas trop lentement de sorte que mon projectile de feutre (ou de mousse) restait coincé dans la gouttière. Il me fallait alors prendre l’escabeau pour l’en déloger, mais par paresse ou parce que le match que je m’inventais ne pouvait subir la moindre interruption tant le suspense était à son comble, je piochais une autre balle à ma portée, oubliant celle restée sur le toit, quand elles n’étaient pas plusieurs, au terme de la séance. C’est alors que, par une pluie battante, la gouttière copieusement bouchée par mes soins se mettait à déborder pour inonder la cour, provoquant l’ire bien compréhensible de ma chère maman qui, non sans m’avoir affublé de divers noms d’oiseaux et sous la menace de m’interdire pour un temps indéterminé mon précieux terrain de jeu – au même titre qu’un joueur professionnel écoperait d’une suspension par les instances internationales pour avoir contrevenu au règlement drastique de l’ATP Tour –, m’ordonnait d’aller dare-dare les retirer : opération qui, en raison de ma petite taille, m’obligeait d’abord à sauter sur place afin d’entre-apercevoir le dessus arrondi de la balle qui dépassait à peine de la gouttière, à la suite de quoi j’installais le petit escabeau juste en dessous de l’objectif repéré, puis, juché sur la dernière marche, je tendais le bras en tâtonnant à l’aveugle le bord en zinc de la gouttière jusqu’à ce que mes doigts rencontrent les fameuses balles qui avaient parfois mariné là plusieurs jours, croûtées de boue et de limon saumâtre, exhalant une odeur répugnante, bonnes pour la poubelle. Au spectacle que j’offrais ainsi à la terre entière, imaginant d’imposantes caméras plantées aux quatre coins du jardin, ma mère, encore elle, affairée dans la cuisine qui donnait sur la cour, pardon sur mon court, s’en laissait parfois distraire: « mais qu’est-ce qu’il a à tout le temps taper dans cette balle il ne se lassera donc jamais ? » Je feignais de ne pas remarquer sa silhouette qui m’observait derrière le faux jour de la fenêtre, tout comme je faisais semblant de dormir lorsqu’elle pénétrait à pas de louve dans ma chambre pour arranger ma couverture ou éteindre ma veilleuse. Jamais rassasié de ce besoin de jouer à ma vie avant de la vivre, je multipliais alors mon unique spectatrice par dix mille, assis sur les gradins et retenant leur souffle. Car il est 17 h 47, heure locale, sur le court central du All England Lawn Tennis and Croquet Club de Wimbledon, et je sers pour le match. ● © Finitude


je me souviens... Philippe Sarremejane

) DR

A

Enseignantchercheur en histoire de l’éducation, Philippe Sarremejane, 59 ans, est l’auteur de Éthique et sport (éditions Sciences humaines) : une matière qu’il enseigne par ailleurs dans le cadre du master « entraînement et optimisation de la performance sportive » de l’université ParisEst-Créteil.

près Campan et Sainte-Marie-de-Campan, nous arrivâmes à La Mongie. Ce fût mon premier ski, c’était en 1965 je crois, j’avais 8 ans. L’initiative revenait à mon père. C’était lui le skieur de la famille. Peu enclin à l’accompagnement pédagogique, il me posa sur le petit téléski aux abords de l’église et s’assura de loin de ma capacité à tenir dessus. Pour la descente, m’avait-il dit, quand ça va trop vite, tu fais le chasseneige. Il m’avait montré rapidement comment faire ce V qui ralentit la course. Et puis il m’avait interdit de m’éloigner : je devais tourner en boucle sur la même piste. C’est comme ça que j’appris. Lui était parti vers le téléphérique, vers le Taoulet. C’était ça qu’il aimait par-dessus tout : descendre le Pic du Midi par le Taoulet, que du hors-piste. Lui, son premier ski ce fut à vingt ans, en 1942, au gré des événements de la « grande histoire », celle de la Seconde Guerre mondiale. Car pour un jeune homme des plaines du Tarn et de la Garonne rompu au football, le ski était improbable. C’est dans le cadre des Chantiers de jeunesse, ce service militaire qui n’en était pas un, qu’il apprit à glisser sur la neige des Pyrénées. Et ce fut une révélation, une pas-

sion qui dura bien après la guerre quand il revint du Service du travail obligatoire, le STO, qu’il avait fait en Pologne. La montagne devint une passion, hiver comme été. Il y avait La Mongie et Barèges, mais aussi l’Andorre et le Pas de la Case. Il me racontait ses week-ends andorrans quand, dans les années 1950, il montait de l’Hospitalet au col d’Envalira via le Pas de la Case en poussant sur les bâtons avec ses copains. Mille mètres de dénivelé. Plusieurs heures de montée pour quelques minutes de descente. L’hiver, le seul accès au Pas était le ski, la route de la vallée de l’Ariège n’était pas déneigée. Et puis il y eut les escapades en Suisse, à Davos, dans des stations mieux équipées. L’été, c’était la rando autour de Gavarnie vers le Marboré et le Mont Perdu. J’ai conservé ses vieux skis, retrouvés au grenier. Planches de bois démesurées avec fixation à ressort et carres métalliques. Jeune professeur d’EPS, j’ai continué le ski avec mes élèves de Paris à Orcières. Avec mes fils, symboliquement on commença à La Mongie, avant de gagner les Alpes, Arêches, Valloire et Tignes. Et, l’été, il nous arrive de randonner autour du Mont Perdu, comme pour retrouver des traces qui ne veulent pas s’effacer. ●

l’image

SPORT ET ARCHITECTURE EN SEINE-SAINT-DENIS Espace nautique Auguste-Delaune, 1961 / Archives municipales de Saint-Ouen, cliché G.Laforgue

Lors des JO 2024, la Seine-Saint-Denis accueillera non seulement le village des athlètes et le centre de presse, mais aussi les épreuves d’athlétisme, de natation, de water-polo, de badminton, de tir et de volley-ball. Au-delà, le conseil départemental souhaite « construire un héritage durable et utile aux habitants, notamment en matière d’accès de tous à la pratique sportive ». C’est ce qui est affirmé en introduction d’un ouvrage qui met en valeur les équipements sportifs de cette « banlieue rouge ». Comme l’espace nautique Auguste-Delaune de Saint-Ouen, dont les bassins d’été et d’hiver furent successivement inaugurés en 1957 et 1961. Un équipement qui « annonce la civilisation des loisirs et la pratique de la natation pour tous » et dont les lignes pures contrastent avec un environnement urbain où les immeubles de rapport alternent avec les cheminées d’usines. ● Sport et architecture en Seine-Saint-Denis, sous la direction d’Hélène Carroux, éditions La DécouverteDominique Carré, 160 pages, 24 €.

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

29


repères

L’ALPE ET LE VÉLO

La « petite reine de la montagne » : c’est ainsi que la revue l’Alpe voit le vélo, qui sans col à escalader ne serait un loisir monotone. Imaginet-on un Tour de France qui n’emprunterait ni le Galibier, ni la Croix-de-Fer, ni le Glandon, et ferait durablement l’impasse sur l’Izoard ou les lacets de l’Alpe d’Huez ? Les dessins de Pellos ici reproduits incarnent formidablement ces hauteurs sauvages où les coureurs redoutaient de croiser la « Sorcière aux dents vertes » ou le redoutable « Homme au marteau », achevant de nourrir un mythe qui contribua à faire entrer la géographie alpestre dans l’imaginaire du grand public. Au tournant du siècle, les cyclotouristes avaient ouvert la voie ; dès 1899, un guide dédié à La route des Alpes du Dauphiné leur dispensait conseils et informations, notamment sur le profil

ESCALADE EN SALLE L’inscription de l’escalade au programme des Jeux olympiques de Tokyo 2020 traduit son développement planétaire et exponentiel : 25 millions de pratiquants en 2013, 35 millions en 2015 ! En France, on estime le nombre de ses adeptes à plus d’un million, qui pour 60 % pratiquent en salle, plus propice à l’initiation, plus facile à sécuriser et permettant de grimper toute l’année. Cela justifie de consacrer entièrement un guide à cette pratique indoor. Même s’il est proposé en fin d’ouvrage « une transition en douceur » pour passer de la salle à l’extérieur, bloc ou falaise. ● Escalade en salle, s’initier et progresser, Laurence Guyon et Olivier Broussouloux, Glénat, 144 pages, 15,50 €.

des pentes. Aujourd’hui, le cyclotourisme, élargi au VTT, est plus populaire que jamais en montagne. Avec l’élévation de la limite pluie-neige due au réchauffement climatique, la bicyclette est même en passe de dépasser le ski dans l’économie des stations ! Et, plébiscité par toute une population urbaine, le vélo, y compris électrique, est au cœur de l’enjeux des transports pour des cités alpines étouffées par la pollution. On trouvera aussi dans ce dossier des éclairages inattendus, comme le récit du tour de Norvège réalisé à bicyclette par une mère et sa fille de onze ans, ou le rôle joué par le vélo dans l’intégration des immigrés italiens de ce côté-ci des Alpes. Ph.B.

L’Alpe, n°77, été 2017, GlénatMusée Dauphinois, 96 pages, 18 €.

JEUX TRADITIONNELS Dans cet ouvrage collectif, Pierre Parlebas se fait une fois de plus le défenseur des jeux traditionnels. Non pour le folklore mais pour leur intérêt éducatif, proportionnel à la variété des interactions qu’ils proposent quand les sports restent généralement dans une opposition binaire. L’ancien professeur à l’École normale supérieure d’éducation physique (Ensep) de Paris souligne la dimension culturelle du jeu, compare l’univers des jeux à celui des sports, détaille leur logique interne et rappelle leurs « universaux ». D’autres

L’ACTUALITÉ DE L’UFOLEP ET DE SES PARTENAIRES SUR TWITTER

30

Octobre 2017

en jeu une autre idée du sport ufolep n°28

contributions portent sur la « violence » qu’on peut trouver dans ces jeux, sur leur rapport avec les « jeux vidéo », ou comparent « jeux d’enfants et jeux d’adultes ». Afin de sortir d’une approche purement occidentale, d’autres apportent enfin un éclairage sur les jeux traditionnels en Corée ou chez les indiens d’Amérique. Ph.B. Jeux traditionnels, sports et patrimoine culturel, L’Harmattan, 310 pages, 32,50 €.


Un jeu concours ouvert à tous jusqu’au 15 novembre 2017 sur la page Facebook ou via www.ufolep.org

Partenaires associés


#SocieteEnMouvement

POUR UNE SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT Un sport au service des enjeux de société

www.societeenmouvement.fr

En Jeu Ufolep 28 octobre 2017  

DOSSIER : La révolution du sport connecté INVITEE : Noemi Garcia Arjona FEDERAL : L'Ufolep et les JO 2024, quels enjeux ? REPORTAGE : Le com...

En Jeu Ufolep 28 octobre 2017  

DOSSIER : La révolution du sport connecté INVITEE : Noemi Garcia Arjona FEDERAL : L'Ufolep et les JO 2024, quels enjeux ? REPORTAGE : Le com...