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en jeu une autre idée du sport la revue de l’UFOLEP

Octobre 2015 - N° 18 - Prix 3,50 €

INVITÉ Clément Prévitali ÉVÉNEMENT La Move Week

SPORT

AU TRAVAIL :

LA NOUVELLE DONNE


édito

La fièvre de la rentrée

Mélanie Gallard / Ufolep

Par Philippe Machu, président de l’Ufolep

L

e « sport à la campagne » avec l’éclairage du sociologue Clément Prévitali, « sport en entreprise » avec le dossier du mois, mais aussi « sport féminin », « sport et précarité », « sport et santé », « sport et laïcité », « sport et citoyenneté », « sport et emploi », « sport et recherche universitaire » avec le compte-rendu de l’Université européenne du sport de Strasbourg… La vie foisonnante de l’Ufolep est tout entière dans ce numéro de rentrée de En Jeu, à l’image de la diversité de ses centres d’intérêt et de l’ambition de son projet éducatif et social. On y apprend par exemple comment nos associations s’engagent dans la Move Week afin de promouvoir la pratique physique, en lien avec nos partenaires européens, ou comment nos équipes départementales frappent à la porte des entreprises pour animer la pause méridienne des salariés, et à celle des établissements sociaux pour offrir aussi des activités sportives aux plus précaires. Chaque année, nos activités se diversifient un peu plus, pour le plaisir des publics les plus assidus ou jusqu’alors éloignés de la pratique, et qui tous peuvent mesurer leurs progrès et leur mieux-être dans le cadre d’activités vécues dans le partage avec l’autre. L’Ufolep s’efforce d’accompagner tous les acteurs de cette effervescence citoyenne et solidaire en mettant à leur disposition son expertise et tout l’éventail de ses outils techniques, et en utilisant au mieux les dispositifs du service civique universel et des emplois d’avenir. Il est toutefois un sujet d’actualité qui ne figure pas au sommaire de ce copieux numéro : la mise en place des nouvelles grandes régions, autour desquelles le mouvement sportif va devoir se structurer. Ce n’est pas un oubli : après les réunions régionales de septembre, convoquées sur la base de cette nouvelle organisation du territoire, la question sera au cœur des débats du rassemblement national « sport éducation » qui réunira mi-octobre à Bourges les forces vives de la fédération. ●

coup de crayon par Jean-Paul Thebault

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sommaire

DR

4 actualité Sport féminin : « Toutes sportives » avec l’Ufolep VuLuEntendu : Boss Wang, de Jim Yardley (Globe) ; 1001 vélos (sur lesquels vous rêvez de rouler), (Flammarion) ; La poésie du football brésilien et Consécration du désastre, par Max de Carvalho (Chandeigne)

INVITÉ

Existe-t-il un « esprit club » propre au milieu rural ? Et des activités innovantes peuvent-elles trouver leur place à côté des plus traditionnelles ? Les réponses du sociologue Clément Prévitali, auteur de Le Sport à la campagne.

REPORTAGE

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Procédures disciplinaires départementales

9 dossier 16 fédéral Accompagnement des comités : trois ans après, un premier bilan ; Partenariat sport-santé avec Asalée : des résultats encourageants

Le sport, malgré la précarité

18 événement

En partenariat avec la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) Centre-Val-de-Loire, l’Ufolep anime dans les six départements de la région des séances pour des personnes en difficulté sociale.

DOSSIER

Les mutations du sport en entreprise

Ufolep Loire-Atlantique

6 invité 8 juridique

À Nantes, l’Ufolep propose aux salariés de plusieurs entreprises des activités d’entretien lors de la pause méridienne.

Move Week 2015 : les associations Ufolep se bougent !

20 recherche Philippe Brenot

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Clément Prévitali, le sport à la campagne

Université européenne du sport de Strasbourg : une première réussie

22 forum « Faire vivre la laïcité à l’Ufolep », par Pierre Tournemire, vice-président de la Ligue de l’enseignement

24 reportage 27 réseau 40 ans de GRS Ufolep

28 histoires

9 Même s’il concerne statistiquement peu de salariés, le sport en entreprise est aujourd’hui au centre des attentions. Alors que les championnats « corpo » sont en repli, il se réoriente vers le bien-être et s’ouvre à de nouveaux acteurs, dont les fédérations sportives multisports.

Morceaux choisis : « Anatomie d’une partie de rugby », Laurent Bénézech (Prolongations) Je me souviens : Frédéric Pommier L’image : « Lartigue, la vie en couleurs » (Seuil)

30 pratique Le service civique universel

en jeu “une autre idée du sport” est la revue de l’Union française des œuvres laïques d’éducation physique (Ufolep) et de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (Usep), secteurs sportifs de la Ligue de l’enseignement Ufolep-Usep 3, rue Récamier, 75341 Paris Cedex 07 Téléphone 01 43 58 97 71 Fax 01 43 58 97 74 Sites internet www.ufolep.org et www.usep.org Directeur de la publication Nelly Aradan Président du comité de rédaction Philippe Machu Rédacteur en chef Philippe Brenot Ont participé à ce numéro Adil El Ouadehe, Nicolas Armand, Benoît Gallet, Pierre Chevalier, Laëtitia Bonneville, Laurence Nadaud, Benoît Béaur Photo de couverture ThinkStock Maquette Agnès Rousseaux Impression et routage Centr’Imprim, rue Denis Papin 36 100 Issoudun Abonnement annuel 13,50 € Numéro de Commission paritaire 1015 K 79982 Numéro ISSN 1620-6282 Dépôt légal octobre 2015 Tirage de ce numéro 8702 exemplaires

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actualité

20 000 participants au Playa Tour 2015

Jean-Philippe Véronique / En Jeu

événement national, décliné en divers lieux du territoire, contribue au rayonnement de notre fédération en proposant un concept ouvert à tous, fidèle à son identité éducative et multisports.

au Salon européen de l’éducation. Outre la participation à plusieurs débats, l’Ufolep profitera de ce rendez-vous organisé par la Ligue de l’enseignement pour réunir le jury du concours 2015 des Trophées Génération Développement Durable. Placé sous le patronage du ministère de l’Écologie et du collectif « Tous ensemble pour le climat COP 21 », celui-ci est désormais soutenu par un nouveau partenaire, Eco Cup. Les prix du Concours photo 2015, qui avait pour thème « Le sport à travers les éléments naturels » et dont les partenaires sont Vacances pour tous et Décathlon Pro, seront également décernés à cette occasion.

En Jeu

Roc d’Azur

Du 7 au 11 octobre, l’Ufolep partagera un stand avec Vacances pour tous au salon des exposants du Roc d’Azur de Fréjus (Var), afin de mettre en valeur l’offre commune de séjours dédiés aux activités cyclistes lors de ce grand rassemblement du VTT et du cyclosport. Parmi toute la palette d’activités de l’Ufolep, le concept de Kid Bike, approche éducative pour le jeune public, sera également mis en avant.

Salons des maires et de l’éducation L’Ufolep sera présente du 17 au 19 novembre au Salon des maires et des collectivités locales, sur le stand de la Ligue de l’enseignement. Dans la foulée, elle animera du 19 au 22 novembre son propre espace

Tout sur la Ligue DR

Avec 20 000 personnes touchées et 16 000 officiellement recensées sur ses 26 étapes estivales, l’Ufolep Playa Tour a franchi un nouveau cap lors de sa 9e édition. Les participants ont pu faire le plein d’activités sportives (beach soccer, beach rugby, beach volley, sandball, bubble foot, zumba, etc.) et culturelles, avec notamment des concerts. Grâce à l’appui des bénévoles locaux et du réseau associatif des comités Ufolep, divers ateliers viennent également ajouter une dimension citoyenne au Playa Tour. Durant deux mois, celui-ci aura visité à la fois des plages du littoral, des plans d’eau et des zones urbaines, et accueilli le grand public des vacanciers comme celui des jeunes bénéficiant de moins d’opportunités de loisir. Soutenu par des partenariats forts tels que la radio NRJ, les sociétés Play Rugby et Home Ball, l’association Alcool Assistance et Décathlon Pro, cet

Le manuel de poche (64 pages) de la collection des Essentiels Milan consacré à la Ligue de l’enseignement par Pierre Tournemire, vice-président chargé des questions de laïcité et de la « mémoire » de la Ligue, a été réédité à l’occasion de ses 150 ans. Le tirage de cette version actualisée

L’Ufolep s’attache depuis longtemps au

En Jeu

SPORT FÉMININ : « TOUTES SPORTIVES » AVEC L’UFOLEP dispositif d’aide à la prise de licence

développement des activités physiques

sera mis en place (en partenariat avec

et sportives auprès du public féminin,

l’ANCV, Agence nationale des chèques-

en prenant en compte les spécificités

vacances) tandis que les associations

propres à celui-ci. Avec un certain suc-

engagées dans l’opération bénéficie-

cès, puisqu’aujourd’hui un licencié sur

ront de dotations (en partenariat avec

deux est une licenciée. Néanmoins, afin de développer davan-

Décathlon Pro), parallèlement au lancement d’un appel à pro-

tage encore la pratique féminine et de favoriser l’émergence

jet basé sur le financement participatif, ou « crowfunding ».

de dirigeantes, l’Ufolep a décidé de faire de la saison 2015-

Enfin, des formations visant à favoriser la prise d’initiatives

2016 une « année du sport féminin » sous le slogan « Toutes

et de responsabilités des femmes dans le sport seront co-orga-

sportives ». Soutenue par différents partenaires, cette action

nisées avec l’association Fémix’Sport.

grand public entend valoriser toutes les formes de pratique et

Opérationnel courant octobre, un site internet « Toutes spor-

d’engagement associatif au féminin. « Toutes Sportives » s’ac-

tives » réunira les informations nécessaires et proposera tous

compagnera d’une campagne de communication, avec un clip

les outils de communication en téléchargement. ●

vidéo et des événements locaux organisés par les comités et associations Ufolep, en particulier des conférences-débats. Un

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Adil El Ouadehe, DTN adjoint Sport et société aelouadehe.laligue@ufolep-usep.fr


est de 75 000 exemplaires, pour une diffusion interne. L’ouvrage est disponible sur commande, au prix de 1 € (+ frais de port) : msthiroux@laligue.org

À la mer à vélo contre le cancer du sein

à la mer à vél

De Chambéry aux

a-Mer

Saintes-Maries-de-l

sein contre le cancer du

VuLuEntendu BOSS WANG, LE CHINOIS QUI RÊVAIT DU BASKET NBA C’est l’histoire d’un choc des cultures : Boss Wang, magnat de l’acier chinois, s’offre une équipe de basket, les Shanxi Brave Dragons, à laquelle il adjoint un coach américain estampillé NBA pour la faire progresser. Mais les résultats ne seront pas à la hauteur des espérances… Directeur du bureau asiatique du New York Times, Jim Yardley propose ici un reportage au long cours non dénué d’humour, étonnante plongée dans la Chine d’aujourd’hui. ● Ph.B.

© Gilles Garofolin

Boss Wang, de Jim Yardley, éditions Globe, 362 pages, 24, 50 €.

Suivez-nous

Du 3 au 10 octobre 2015

07 83 32 98 58

Dans le cadre d’Octobre rose, mois dédié à la lutte contre le cancer du sein, l’association Ufolep 4S (Sport, Santé, Solidarité, Savoie) organise du 3 au 10 octobre une randonnée à vélo qui mènera cinquante femmes touchées par la maladie de Chambéry aux SaintesMaries-de-la-Mer. Au soir de chaque étape de ce parcours de 441 km, les participantes seront accueillies par des associations de lutte contre le cancer et de promotion du vélo. Des clubs cyclistes Ufolep ont également apporté leur concours au projet. www.4s.savoie.info

Sport sur ordonnance Après Strasbourg ou Biarritz, c’est au tour de Blagnac, près de Toulouse, de proposer du « sport sur ordonnance », à l’initiative notamment du Pr Daniel Rivière (voir EJ Ufolep n°11, avril 2014). Le dispositif est destiné à des patients atteints de pathologies chroniques : surpoids et obésité, diabète, pathologies cardio-vasculaires, pulmonaires et cancers. Muni de la prescription de son médecin traitant, le patient bénéficie d’une évaluation de sa condition physique et de sa motivation par un éducateur sportif, avant de se voir proposer deux séances hebdomadaires de 45 minutes. Natation, aquagym, gymnastique d’entretien, vélo et badminton figurent parmi les activités, qui se déroulent sur des installations municipales et sont encadrées par des éducateurs municipaux spécialement formés.

1001 VÉLOS SUR LESQUELS VOUS RÊVEZ DE ROULER Qu’il pédale en compétiteur, cyclotouriste ou simple adepte des transports doux, le cycliste s’attache inévitablement à l’engin avec lequel il fait corps au quotidien, et développe souvent pour celui-ci un intérêt qui s’élargit volontiers aux autres « bécanes » croisées en chemin : VTT, vélo pliant, cruiser, engin électrique, pièce de musée ou prototype à la pointe de la technologie, il rêvera probablement de les essayer… Tel est le « pitch » d’un ouvrage qui, selon le principe de la collection, réunit 1001 exemplaires en tous genres, pourvu qu’ils possèdent (généralement) deux roues et soient mus à la force du mollet. Pour les besoins de l’adaptation française de ce livre anglais, Guy Kesteven, « testeur » pour des magazines spécialisés, a enfourché plusieurs centaines de ces mécaniques. Heureux homme… ● Ph.B. 1001 vélos sur lesquels vous rêvez de rouler, ouvrage réalisé sous la direction de Guy Kesteven, préface de Gérard Holtz, Flammarion, 960 pages, 35 €.

LA POÉSIE DU FOOTBALL BRÉSILIEN Les férus de littérature grecque antique savent que l’épicinie est un poème lyrique saluant les athlètes victorieux lors des Jeux panhelléniques. Et c’est justement parce qu’ils empruntent au genre leur souffle épique que les vers réunis par Max de Carvalho dans La poésie du football brésilien sont présentés comme une « épicinie pour le pays des palmeraies ». De Carlos Drummond de Andrade à João Cabral de Melo Neto, le recours à une certaine emphase peut aussi évoquer le ton héroïque de nos vénérables chansons de geste. Même Vinicius de Moraes, héraut de la suave bossa nova, emprunte pour une fois au registre dramatique pour rendre dans son Chant d’amour et d’angoisse à la Seleção en or du Brésil (celle du Mondial 1962) toute l’intensité des tourments vécus par l’aficionado durant une partie... Tout poète brésilien est aussi un supporter passionné, semble ainsi suggérer Max de Carvalho. Lui le premier. C’est pourquoi, au lendemain de la déroute (7-1) subie par ses favoris face aux implacables Allemands en demi-finale de la Coupe du monde 2014, il s’est lancé dans l’écriture de Consécration du désastre, ou le triomphe du Brésil : une surprenante fantaisie où, après une ouverture en forme de  Tombeau littéraire du jogo bonito ou footballart, il dialogue à la lumière de cette formidable déculottée avec les figures tutélaires du recueil précédent. De prime abord, cette longue ode tenant à la fois du vibrant hommage et de l’humble plagiat pourra apparaître aussi déroutante qu’un passement de jambes du fantasque Garrincha, le défunt footballeur au nom d’oiseau, partenaire et rival de Pelé. Garrincha qui était également surnommé Alegria do povo, « la joie du peuple », une joie que l’équipe emmenée aujourd’hui par Neymar a désormais bien du mal à susciter… Or le jour où il ne se trouvera plus de poètes pour le célébrer, le football brésilien, en tant que figure de style, aura probablement définitivement trépassé. ● Philippe Brenot La poésie du football brésilien (2014) et Consécration du désastre (2015), par Max de Carvalho, éditions Chandeigne, 12 €. et 11 €. Max de Carvalho est aussi l’auteur et traducteur d’une monumentale anthologie de La Poésie brésilienne (2012) également parue aux éditions Chandeigne.

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invité

Auteur d’une enquête menée auprès de 25 clubs

Clément Prévitali, sociabilités du sport à la campagne Existe-t-il un « esprit club » propre au milieu rural ? Et des activités innovantes peuvent-elles trouver leur place à côté des plus traditionnelles ? Les réponses du sociologue Clément Prévitali, auteur de Le Sport à la campagne.

C

lément Prévitali, pourquoi vous êtes-vous intéressé au Sport à la campagne, pour reprendre le titre de votre ouvrage ? J’avais déjà abordé cette thématique dans le cadre de travaux universitaires et d’études pour la Mutualité sociale agricole (MSA) de Franche-Comté. Elle rejoignait également mon expérience personnelle : depuis l’âge de cinq ans, je pratique à la fois le tennis dans un club urbain et le football dans un club rural. C’est aussi un sujet très peu exploré par la sociologie du sport, qui se focalise plus volontiers sur les questions d’éducation et d’insertion par le sport en banlieue ou sur les pratiques auto-organisées, urbaines elles aussi, de « glisse » ou de « roule ».

Le Sport à la campagne, Presses universitaires de Franche-Comté, 2015, 404 pages, 27 €.

Votre étude porte précisément sur les associations sportives rurales : qu’est-ce qui les caractérise ? On rencontre parmi elles plusieurs modes de gestion : une gestion de type entrepreneurial, semblable à celle généralement observée en milieu urbain, avec une rationalisation des tâches et des postes ; une gestion plus familiale, où les responsabilités dirigeantes sont parfois assurées de génération en génération par une même « dynastie », le bénévolat étant la valeur cardinale ; et enfin des modes de gestion coopératifs où les adhérents s’engagent du

UN SOCIOLOGUE AUX CHAMPS Docteur en sociologie, Clément Prévitali, 33 ans, propose dans Le Sport à la campagne une étude nourrie de questionnaires et d’entretiens menés auprès de 25 clubs issus de 5 communes de HauteSaône, du Jura et du Doubs, plus ou moins enclavées et peuplées (200 à 1800 habitants). Treize activités sont présentes dans ces clubs : football (48 % des répondants à l’enquête), gymnastique d’entretien (12 %), tennis (10 %), équitation, pétanque, volley, plongée, handball, VTT, tir à l’arc, tennis de table, badminton et lutte. Membre du Laboratoire de sociologie et d’anthropologie (LaSA) de l’université de Franche-Comté, Clément Prévitali a également rejoint l’équipe de recherche Sport et sciences sociales (E3S) de l’université de Strasbourg. ●

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mieux qu’ils peuvent. Mais, au-delà de leurs différences, ces associations partagent toutes un même souci : leur pérennisation, éviter que le club ne meure. Ce qui peut se résumer à court terme par réunir suffisamment d’adhérents pour constituer des équipes, trouver un encadrement pour les catégories jeunes, ou réussir à boucler le budget de l’année en cours. Vous accordez une grande place au football… La place que je lui accorde est proportionnelle à celle qu’il occupe sur le terrain : sur les 800 personnes constituant la population de référence des licenciés sportifs des cinq villages de mon échantillon, 350 sont adhérents de clubs de foot. Précisons aussi que je n’ai pas pris en compte la pratique auto-organisée, très répandue parmi les activités de pleine nature, ni les activités développées par les clubs urbains en milieux naturels ruraux. Vous mettez en évidence le dynamisme d’un petit club qui a développé une « licence à points » pour consolider l’engagement bénévole… On parle de crise du bénévolat, alors même qu’il n’y a jamais eu autant de bénévoles  ! Probablement parce qu’ils ne s’engagent plus de la même manière, et que deux logiques s’affrontent aujourd’hui : gérées de plus en plus comme des entreprises, fédérations et ligues exigent davantage de travail administratif de bénévoles qui, eux, conservent une conception plus ancienne de leur engagement, inspirée de la symbolique du don et du contredon. En l’occurrence, le club de Larians-Munans – qui possède davantage de licenciés (280) que le village ne compte d’habitants (214), et dont l’équipe fanion évolue au niveau régional – a développé un fonctionnement atypique sur le plan de l’engagement de ses adhérents. Ceux-ci ne déboursent rien pour leur licence car le club s’autofinance par de grandes manifestations, dont une fête des sports qui attire des milliers de visiteurs sur deux jours. En revanche, ils remplissent des tâches qui « valent » un certain nombre de points : encadrement des jeunes, accompagnement d’une équipe en déplacement, tenue d’une buvette, tonte du terrain, entretien des infrastructures… S’y ajoute une dimension de fairplay : un carton rouge ou un comportement déplacé, par exemple, font perdre des points. L’intégration au club


DR

passe donc par un investissement bénévole, plus que par un investissement purement sportif. Vous suggérez aussi qu’à la campagne on rejoint un club pour être avec les autres, davantage que pour l’activité… C’est plus ambigu : à la campagne comme à la ville, la pratique compétitive demeure l’essence même de l’adhésion, sauf peut-être pour une activité comme la gymnastique d’entretien. Les matchs rythment la vie du club et les résultats animent les conversations. Pour autant, l’état d’esprit est moins centré sur cet aspect. C’est plutôt : « Tant pis si on perd, le plus important est de se retrouver ensemble, de partager un bon moment... » Je citerai une anecdote révélatrice : dans le club de LariansMunans évoqué plus haut, des tensions sont apparues à une époque lorsque des joueurs extérieurs ont rejoint l’équipe senior parce qu’elle évoluait à un bon niveau. Ils accordaient toute son importance au seul résultat, alors que pour les dirigeants primaient le fair-play, la convivialité, l’engagement bénévole… Les représentations des uns et des autres différaient trop et ces joueurs ont quitté le club au bout d’une ou deux saisons. C’est ce que vous appelez « l’esprit club »… Exactement. Il existe un « esprit club » dans chaque association sportive, mais il diffère selon plusieurs critères : son histoire, ses valeurs, etc. En milieu rural dominent des valeurs de bon-vivre, quand dans un club de banlieue – où l’on parlera peut-être plutôt de « projet de club » – l’insertion professionnelle des adhérents pourra constituer un élément central de ce projet. Certains clubs ruraux construisent aussi leur identité en opposition au milieu urbain. Et l’on y observe des manières propres de nouer connaissance, de se dire bonjour, d’échanger… Les pratiques traditionnelles sont dominantes à la campagne. Dans ce contexte, y a-t-il de la place pour des activités innovantes et exclusivement loisir ? Certainement. Dans une démarche de sport-santé, des associations s’efforcent d’ailleurs de faciliter l’accès des ruraux à des pratiques physiques sans caractère proprement sportif, voire « adaptées ». Je développe moi-même cette approche en Franche-Comté avec l’Association de santé, d’éducation et de prévention sur les territoires (1), sur des sessions de marche nordique. La prochaine loi de santé fait la promotion de l’activité physique sur ordonnance et l’on tend de plus en plus vers ces pratiques de bien-être, pour lesquelles il existe bel et bien une demande en milieu rural, et donc un espace pour des associations dédiées au sport-santé ou à des pratiques innovantes. En Franche-Comté, le nombre de licenciés en football est en constante diminution, idem pour le tennis : cela signifie que le système actuel ne répond plus aux évolutions de la société et aux aspirations des pratiquants, qui recherchent des formules plus souples en termes de format de jeu ou d’organisation de la pratique, tandis que dans le même temps les clubs étouffent sous le poids des contraintes. L’Ufolep ou des fédérations multisports partageant le même projet auraient à mon sens tout à fait leur place, à condition de proposer une offre innovante. Je pense par exemple au foot à 7, qui il

y a une quinzaine d’années se pratiquait en Ufolep dans mon club de l’AS Saint-Aubin, dans le Jura. Et des formats courts avec alternance de pratiques, comme le propose l’Ufolep à travers son concept de Plurisport ? Formidable ! Mais le plus difficile est de fidéliser les adhérents et de pérenniser l’activité. Votre étude fait également ressortir le peu d’espace pour la pratique féminine… C’est simple : jusqu’à l’âge de 35 ans, les femmes sont quasiment absentes de la pratique sportive associative en milieu rural. C’est d’abord un problème d’offre, et c’est pourquoi le foot féminin rencontre un tel succès parmi les jeunes filles à la campagne. Ensuite, les femmes ont des carrières sportives plus décousues et leur motivation principale réside plus souvent dans l’entretien physique et le bien-être psychologique, quand les hommes sont davantage dans l’échange social et le plaisir.

Clément Prévitali : « Au-delà de leurs différences, les associations que j’ai interrogées partagent toutes un même souci : leur pérennisation, éviter que le club ne meure. »

Une pratique mixte comme celle du Plurisport Ufolep serait-elle alors plus difficile à développer à la campagne qu’en ville ? Je ne crois pas, car les contraintes de la vie quotidienne qui pèsent sur les femmes sont les mêmes en ville. En outre, j’ai pu observer que la mixité favorise la convivialité et la cohésion sociale du groupe. En revanche, il convient de bien préciser au départ qu’on s’inscrit dans une démarche loisir et non dans une logique de progression technique ou de compétition. Ceci posé, une telle pratique pourra recueillir une bonne audience à la campagne. ● Propos recueillis par Philippe Brenot (1) Fondée en 2007 par des organismes à vocation sociale (MSA, RSI, CPAM, Aînés ruraux, Fédération des Maisons de santé…), l’Asept Franche-ComtéBourgogne intervient en milieu rural, comme ses 25 homologues existant ailleurs sur le territoire national.

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juridique

Procédures disciplinaires départementales Nos comités ont enregistré ces derniers mois une augmentation des procédures disciplinaires. Rappel des règles et modes de fonctionnement.

A

u nombre de trois au minimum, les membres des commissions disciplinaires (et leur président) sont désignés par le comité départemental en début de mandature. Ces commissions sont indépendantes des instances dirigeantes de la fédération et doivent respecter les principes d’impartialité et de confidentialité. 1.Compétences des instances disciplinaires. Les instances disciplinaires fédérales ne sont compétentes que pour sanctionner des licenciés Ufolep et ne se préoccupent que de l’atteinte portée à la fédération au regard de la gravité des actes commis. L’art. 7 du règlement disciplinaire pose comme principe que les poursuites disciplinaires sont engagées par le président de l’instance dirigeante de l’échelon concerné. Il existe différents degrés de juridiction : l’art. 2 du règlement intérieur de l’Ufolep prévoit l’institution à chaque échelon de la fédération d’organes investis de pouvoirs disciplinaires de 1ère instance (commissions disciplinaires départementales, régionales et techniques) ainsi qu’une commission d’appel compétente pour les recours intentés contre les décisions des commissions techniques et disciplinaires de leur échelon. Important : en l’absence de cassation en matière sportive, la commission d’appel statue en dernier ressort. Toutefois, l’art. L. 141-4 prévoit une procédure de conciliation devant le CNOSF. 2.Procédure de première instance. C’est le président de l’instance concernée qui engage les poursuites, de sa propre initiative ou sur « plainte ». L’art. 7 du règlement disciplinaire prévoit deux cas de figure : le signalement est effectué par le responsable de l’évènement au cours

L’ÉCHELLE DES SANCTIONS Groupe 1 (commission technique) : fautes de jeu ou « petit disciplinaire » comme des agressions verbales ou des gestes déplacés : jusqu’à 3 mois de suspension. Groupe 2 (commission disciplinaire) : volonté délictuelle, comportement délibérément dangereux ou récidive du groupe 1 : jusqu’à 2 ans de suspension. Groupe 3 (commission disciplinaire) : fraude du dirigeant, vandalisme, récidive du groupe 2, coup donné à un participant, etc. : 2 à 5 ans de suspension, la récidive pouvant entraîner la radiation définitive. Groupe 4 (commission disciplinaire) : coups et blessures, vol, organisation de paris ou jeux illégaux, infractions pénales, etc. : de 5 ans de suspension à la radiation à vie. La commission fixe la date d’entrée en vigueur des sanctions et la décision doit être publiée au bulletin de la fédération. ●

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duquel les faits se sont déroulés, et ce dans les 48 heures ; lorsque l’incident n’a pas fait l’objet d’un rapport officiel, tout licencié Ufolep s’estimant victime dispose d’un délai d’un an pour saisir la commission disciplinaire. Chaque comité directeurs désigne le représentant chargé de l’instruction (lequel ne peut avoir d’intérêt direct ou indirect dans l’affaire). Le licencié poursuivi est convoqué par le président de la commission disciplinaire par lettre recommandée avec avis de réception, 15 jours au moins avant la date de réunion. Cette lettre doit mentionner les faits qui lui sont reprochés, afin de lui permettre de commencer à préparer sa défense, et rappeler ses droits : être représenté par un avocat ; être assisté d’une ou de plusieurs personnes ; demander l’audition de témoins ; consulter le rapport et l’intégralité du dossier. En cas d’urgence, ce délai de 15 jours peut être réduit à 8 jours, à la demande du représentant de la fédération chargé de l’instruction. Le report de l’affaire ne peut être demandé qu’une seule fois, sauf cas de force majeure, 48 heures au plus tard avant la réunion initialement prévue. La durée du report ne pourra excéder 20 jours. Pour rappel, le respect du principe du contradictoire est primordial. Dans tous les cas, l’intéressé doit avoir la possibilité de se faire entendre et doit prendre, lui ou ses défenseurs, la parole en dernier. La décision, prise de façon collégiale à l’issue des délibérations et signée par le président et le secrétaire, doit également faire mention des voies et délais d’appel. 3.Procédure de 1ère instance d’une commission technique. Cette procédure permet de traiter rapidement les fautes relevant des sanctions du groupe 1. La compétence disciplinaire des commissions techniques est énoncée dans l’art. 2 du règlement disciplinaire et précisée dans l’art. 19 relatif aux sanctions. La convocation doit être faite dans les mêmes formes que celle prévue à l’art. 9 ; c’est de même pour les possibilités de report (art. 10) et le déroulement de l’instance (art.11). Il faut également retenir deux choses : l’accès au dossier doit être respecté afin de préserver les droits de la défense et la décision doit être faite dans les mêmes formes qu’une décision de commission disciplinaire. 4.Procédure d’appel (art. 9 à 18 du règlement intérieur Ufolep). L’appel doit être formé dans un délai de 20 jours à compter de la date de réception de la lettre de notification de la décision de première instance. Il est suspensif, sauf si la décision de 1ère instance l’a expressément prévu et dûment motivé. Le licencié poursuivi est convoqué par le président par lettre recommandée avec AR 15 jours au moins avant la date de réunion. Le déroulement ainsi que le droit d’accès au dossier sont les mêmes que pour la commission de 1ère instance. ● Nicolas Armand, adjoint à la DTN narmand.laligue@ufolep-usep.fr


Philippe Brenot

dossier Les mutations du sport en entreprise Même s’il concerne statistiquement peu de salariés, le sport en entreprise est aujourd’hui au centre des attentions. Alors que les championnats « corpo » sont en repli, il se réoriente vers le bien-être et s’ouvre à de nouveaux acteurs, dont les fédérations sportives multisports. Octobre 2015

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Les pratiques de bien-être s’y développent aujourd’hui

Le sport au travail, c’est la santé ? Volontiers encouragé par les entreprises, l’exercice physique en milieu professionnel apparaît comme un moyen de lutter contre le stress des salariés. Un nouveau marché où la concurrence s’aiguise.

L

ongtemps, le sport en entreprise a été assimilé au sport corporatif, caractérisé par des championnats réservés à des équipes exclusivement composées des personnels des sociétés dont elles défendent fièrement les couleurs. On y comptait bon nombre d’ouvriers, avec une certaine prédilection de classe pour le football. Il n’était pas non plus interdit de voir là une lointaine filiation avec les préoccupations sociales et hygiénistes du paternalisme industriel de la fin du xixe siècle, quand les grands patrons éclairés s’efforçaient d’offrir des loisirs à leurs employés, tout en se montrant soucieux d’entretenir

leur force de travail, notamment en les écartant du fléau de l’alcoolisme... Ce sport « corpo » a connu son âge d’or dans les années 1970, lorsque les Trente Glorieuses jetaient leurs derniers feux. Les premiers soubresauts de la crise et les profondes transformations de l’économie qui suivirent – désindustrialisation au profit du développement des activités de services, forte progression du chômage – ont remis en cause ce modèle. Les bouleversements du marché de l’emploi et les nouveaux modes d’organisation du travail et de management (lire ci-dessous) n’ont fait qu’accélérer son déclin, sinon son obsolescence.

NOUVELLES TECHNOLOGIES, STRESS ET SÉDENTARITÉ « Les nouvelles technologies accélèrent le travail, amplifient la pression exercée et justifient au final l’avènement de ce mal moderne qu’est le stress. Cette logique inflationniste génère son lot de dégâts humains. C’est ainsi que ces mêmes entreprises s’attachent à endiguer la propagation de la souffrance au travail – alors qu’elles en sont les principales responsables – et se soucient de plus en plus de la santé physique et morale de leurs collaborateurs. Un autre paradoxe mérite d’être relevé : l’ergonomie, cette science de l’adaptation des situations de travail aux hommes, a fait d’énormes progrès ces dernières années. (…) Mais ce faisant, on fait le lit d’une sédentarité croissante qui touche de plus en plus de collaborateurs que l’on encourage désormais explicitement, par différents moyens, à se remettre en mouvement.  (…) Le sport est à la fois susceptible d’intervenir comme un exutoire, un moyen de se défouler, une échappatoire au stress accumulé au travail. Il est par ailleurs souvent présenté comme un outil de stimulation, de cohésion et d’intégration. » ● Extraits de la préface de Le sport en entreprise, de Julien Pierre (Économica, 2015).

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Octobre 2015

en jeu une autre idée du sport ufolep n°18

Par ailleurs, cette pratique n’a jamais concerné qu’une part modeste de la population active. Maître de conférences à la faculté des sciences du sport de Strasbourg et récent auteur d’une enquête très fouillée sur Le sport en entreprise, Julien Pierre (1) l’estime entre 10 et 15 % des salariés. Mais si cette proportion peut atteindre jusqu’à un quart ou un cinquième du personnel au siège de grandes firmes qui valorisent la pratique physique et mettent à disposition des infrastructures ou proposent une prise en charge financière, ces exemples sont peu représentatifs. PAUSE MÉRIDIENNE Le deviendront-ils demain  ? Le sport en entreprise est en effet aujourd’hui valorisé à la fois comme outil de management et, surtout, comme moyen de favoriser le bien-être au travail, en particulier pour le personnel de bureau, rivé à son écran d’ordinateur et le téléphone à portée de main.... Dans un univers professionnel généralement moins éprouvant physiquement qu’auparavant mais toujours plus stressant, le sport en entreprise concerne désormais principalement une population – parfois très féminisée – d’employés ou de cadres et affiche des préoccupations de santé. La pratique sportive régulière est envisagée comme un moyen de prévenir le surmenage qui conduit à l’épuisement et à la dépression : le fameux burn-out, que certains souhaiteraient voir reconnu comme maladie professionnelle. Il serait également sans doute plus juste


Fédération Française d’athlétisme

Les mutations du sport en entreprise

Les coachs comptent parmi les nouveaux acteurs du sport en entreprise.

de parler désormais de « sport au travail » plutôt que de « sport en entreprise ». Dans ce contexte, la pause méridienne est devenue le créneau privilégié de pratiques qui tiennent davantage de l’exercice physique que du « sport » proprement dit, avec la connotation compétitive du terme. Ces pratiques se développent parfois à l’initiative de salariés qui invitent leurs collègues à les accompagner pour aller courir ou nager. L’entreprise peut faciliter les conditions de cette pratique : pause plus longue acceptée, accès à des douches… Elle peut aussi l’encourager en prenant en charge une partie de son coût ou en « sponsorisant » une inscription groupée à une course hors stade. À la condition toutefois que ses employés revêtent un tee-shirt à son nom, ce qui lui permettra de surfer sur l’événement pour sa communication interne (2)… Le sport est d’ailleurs volontiers utilisé par les directions des ressources humaines pour sa dimension de performance et sa capacité à souder un groupe. Dans les années 1980 et 1990 ont fleuri des stages utilisant des activités de pleine nature invitant à se dépasser et à vaincre ses appréhensions dans un contexte collectif : course d’orientation, canyoning, rafting, escalade avec descente en rappel, saut à l’élastique...

Une pratique pas forcément adaptée pour motiver l’employé lambda, mais plébiscitée par les responsables marketing souhaitant remobiliser leur équipe de vente ! OUTIL DE MANAGEMENT Une version plus soft de ces « parcours du combattant » s’est développée depuis sous la forme de séminaires de team building et autres incentives consistant en « l’organisation, en dehors du cadre spatial de l’entreprise, de réunions professionnelles agrémentées d’activités sportives dans un environnement propice à la pratique. Plus doux, ces stages de deuxième génération restent liés à la volonté des encadrants de stimuler leurs subordonnés » souligne Julien Pierre. Cependant, ces stages organisés par des agences événementielles restent ponctuels et ne concernent généralement qu’une partie des salariés ou des cadres d’une entreprise. Or la tendance actuelle est bien de favoriser une pratique régulière, dans l’idée qu’un salarié bien dans son corps et dans sa tête sera plus efficace au travail. Et si, en plus, une pratique partagée permet de décloisonner les services ou de faire se rencontrer des personnels de différents étages, la cohésion des équipes et l’esprit maison ont tout à y gagner ! Octobre15

Plusieurs acteurs se sont positionnés sur ce créneau d’une pratique quotidienne ou hebdomadaire, à commencer par les gestionnaires de structures de remise en forme comme le Club Med Gym et sa filiale pro, le CMG Sports Club Corporate. Ces poids lourds ciblent les grands groupes, pour lesquels ils animent généralement des espaces dédiés bien pourvus en matériel d’exercice. Les clusters, ces regroupements sur un même lieu d’entreprises œuvrant généralement dans des domaines proches, sont particulièrement propices à ce type d’initiatives, l’exemple le plus fameux étant le quartier d’affaires de La Défense. Ces structures sont concurrencées par les coachs sportifs, qu’ils soient freelance ou regroupés au sein de sociétés plus aptes à répondre aux demandes. Des gestionnaires d’équipements sportifs viennent également mordre sur ce marché, comme les centres de futsal indoor volontiers fréquentés par de jeunes cadres après leur journée de travail. Des créneaux horaires qu’une entreprise peut décider de financer, au même titre qu’un abonnement à une salle de remise en forme. Les fédérations sportives sont également présentes. Historiquement, plusieurs l’étaient déjà sur le terrain de la compéti-

en jeu une autre idée du sport ufolep n°18

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tion. N’est-ce pas la vocation de la Fédération française du sport en entreprise (FFSE), héritière de l’Amicale des clubs corporatifs (lire ci-dessous) ? De son côté, la Fédération française de football fédère encore 20 000 adeptes d’un « football entreprise » qui, au seuil des années 1980, en réunissait néanmoins quatre fois plus... À des degrés et avec des succès divers, les fédérations de basket, de badminton, de golf, d’aviron ou d’athlétisme développent aussi une offre spécifique en direction des entreprises. Enfin, depuis quelques années le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) s’efforce de rapprocher le monde du sport de celui de l’entreprise. Une convention signée en 2010 avec le Medef, s’est traduite par un Guide pratique du sport en entreprise et par l’ajout d’une journée dédiée au programme de l’événement annuel « Sentezvous sport ». L’organisation représentative du patronat français a ainsi accueilli le 10 septembre les premières Assises européennes sport et entreprises, où le sport était présenté comme « un enjeu de performance sociale et économique pour l’entreprise », étude commune avec le CNOSF à l’appui. Les fédérations multisports posent à leur tour quelques jalons, en ciblant la dimen-

sion « bien-être ». En cela, leur offre est plus complémentaire que concurrente de celle de la FFSE et des fédérations unisports. Dès les années 2000, la Gymnastique volontaire (3) a développé une offre « corpo gym » qui visait notamment à accompagner le renouvellement de ses adhérent(e)s. Sans doute trop orientée vers la prévention des risques, cette formule proposant musculation, gymnastique douce et jeux collectifs n’a toutefois pas rencontré tout le succès escompté. La FFEPGV n’en est pas moins présente dans une cinquantaine de sociétés. LES FÉDÉRATIONS MULTISPORTS AUSSI De son côté, depuis deux ans la Fédération française Sports pour tous accompagne les salariés sédentaires vers une pratique régulière avec une méthode qui insiste sur « la motivation » et « l’aide au changement de comportement ». « Le public sédentaire se rencontre dans l’entreprise. C’est même là où il est le plus facile à toucher, car pratiquer sur son lieu de travail supprime le frein le plus souvent invoqué : le manque de temps. D’où notre volonté d’être présents sur ce lieu de travail », explique Julien Cizelle, chargé de mission sport santé en entreprise. Ces interventions – qui débouchent parfois sur la création d’une association sportive –

se font en étroite concertation avec l’entreprise concernée, qui y voit aussi son propre intérêt. «  Nous intervenons généralement sur des périodes de trois mois, à raison de deux heures par semaine, pour des groupes d’une quinzaine de personnes (4). Mais nous savons nous adapter. Lorsque les dirigeants de l’entreprise préfèrent une première sensibilisation, nous proposons par exemple des tests de condition physique validés scientifiquement » précise Julien Cizelle. Et les autres ? En dépit de leur nom, la Fédération sportive du sport travailliste (FFST) – aux effectifs relativement modestes – et la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) ne ciblent pas particulièrement le public des salariés. Cette dernière touche surtout ceux-ci en raison de liens privilégiés avec certains comités d’entreprises ou du rayonnement de son championnat de football à 7 en région parisienne, auquel s’inscrivent entre autres des équipes composées de collègues de travail. Pour la Fédération sportive et culturelle de France (FSCF) issue des patronages catholiques, ce n’est pas non plus « un public cible », explique Gladys Bézier, directrice des services. En revanche, « même si elles n’interviennent pas directement au sein des entreprises, nombre de nos associa-

LA FFSE, LE SPORT TAILLE « PATRON » Pour juger des habits neufs de l’ex-Amicale des

sation du travail qui facilite la pratique physique

clubs corporatifs (ACC), fondée en 1952 et deve-

et sportive et dans la recherche d’infrastructures

nue en 2003 Fédération française du sport d’en-

disponibles pour l’accueillir. Nous les accom-

treprise (FFSE), affiliée au Comité national olym-

pagnons dans un projet global, en étant à leur

pique et sportif français, il suffit de feuilleter la

écoute : il s’agit de sur-mesure » insiste Frédéric

nouvelle formule de son trimestriel Sport & entre-

Delannoy.

prises et ses faux airs de magazine économique.

C’est toutefois la communiste Marie-George

En couverture, le costume-cravate est de rigueur,

Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports du

et l’entretien central généralement réservé à un

gouvernement Jospin, qui a assis la légitimité

haut dirigeant sportif ou un manager au discours résolument

de la FFSE à organiser le sport en entreprise en l’autorisant

positif et corporate . « Nous avons revu notre stratégie de com-

à délivrer elle-même des licences : plus besoin d’être licencié

munication : auparavant principalement tournée vers les CE,

à la FFF ou à la FFBB pour participer à une compétition de

elle s’adresse désormais plus directement aux dirigeants d’en-

football ou de basket ! D’ailleurs, même si la FFSE s’efforce

treprise, auprès desquels nous mettons en avant le sport-santé

de faire oublier l’image « corpo », façon « bleu de travail »,

et le sport comme outil de management, pour l’intégration des

qui fut la sienne, elle n’oublie pas cette vocation historique

nouveaux arrivants par exemple » explique le DTN Frédéric

et organise des championnats pour 2000 clubs d’entreprise

Delannoy. Cette stratégie semble porter ses fruits puisque la

et des Jeux nationaux d’été biannuels : en 2014, ils ont réu-

FFSE revendique aujourd’hui 40 000 licenciés, « un chiffre en

ni 2200 sportifs (dont 550 femmes) dans 28 disciplines, et

progression de 20% sur l’année ». « De plus en plus d’entre-

cette année une délégation de 1500 athlètes représentait la

prises nous sollicitent. Nous les aidons à concevoir une organi-

France aux Jeux européens organisés en Italie. ● Ph.B.

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Octobre 2015

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tions adaptent leurs créneaux pour accueillir des salariés à la pause méridienne ou après la journée de travail, pour des pratiques de loisir au sens large, y compris de plein air. »

Run at Work-ASO

Les mutations du sport en entreprise

« SPORT ET SOCIÉTÉ » Quant à l’Ufolep, elle est encore peu présente sur ce nouveau « marché », à l’exception notable du comité de Loire-Atlantique (lire page 14). Nombre de comités départementaux sont toutefois à l’affût, comme celui d’Eure-et-Loir. « En lien avec les CE, nous souhaitons nous positionner sur le temps de pause méridienne, avec une offre qui s’appuie sur les activités physiques d’entretien et de bien-être, la marche nordique et les concepts Ufo Move et Plurisport. Mais les sollicitations que nous menons depuis deux ans ont du mal à aboutir » constate le délégué Hervé Pelletier. « Nous en sommes venus à penser que les CE ne sont pas toujours la meilleure porte d’entrée », ajoute son adjoint Adrien Jouvencel, qui anime par ailleurs des ateliers de posture et de renforcement musculaire pour des personnels d’une maison de retraite médicalisée, amenés à porter et déplacer des personnes âgées impotentes. « C’est un créneau difficile à investir, estime pour sa part Ludovic Trézières, délégué des Yvelines. Surtout en région parisienne, où de nombreux prestataires l’occupent déjà. » Les comités possédant plusieurs éducateurs sportifs et proposant des activités physiques d’entretien ou engagés dans des actions sport-santé sont toutefois bien placés pour se lancer. Et ceux qui animent des activités

« Run at Work » à La Défense : quand le running se mue en outil de com’.

sportives dans le cadre de stages de remobilisation pour personnes en recherche d’emploi pourraient tout aussi bien intervenir auprès de ceux qui en ont un ! Aujourd’hui, la promotion du sport pour tous ne s’arrête plus à la porte de l’entreprise. Et l’Ufolep pourrait trouver là l’occasion de donner une dimension supplémentaire à ses actions « sport et société »…● Philippe Brenot (1) Le sport en entreprise. Enjeux de société, préface de Stéphane Diagana, Économica, 2015, 204 pages, 27 €. Cet article s’appuie sur cet ouvrage documenté, synthétique et accessible, qui aborde tous les aspects du sujet. Julien Pierre est également intervenu dans le cadre de l’atelier « sport,

bien-être en entreprise » de l’Université européenne du sport de Strasbourg. L’intitulé de son intervention : « Promouvoir le sport pour tous les salariés : au travail ! » (2) Des épreuves sont même aujourd’hui dédiées aux entreprises. Le jeudi 21 mai, le 1er « running des entreprises » (développé par B2Run, en partenariat avec la FFSE) s’est déroulé à Nice selon la formule suivante : départ à 17 heures (après le travail) et arrivée à l’Allianz Arena après un parcours de 6 km permettant de réunir le plus grand nombre de salariés. Le même jour, Run at Work (une organisation ASO) a accueilli 3000 participants en soirée au cœur de La Défense autour du même concept : « Le moyen idéal de booster le bien-être des salariés, tout en s’inscrivant dans la tendance sportive du moment » résumait l’organisateur. (3) FFEPGV : Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire. (4) Selon Julien Cizelle, un an après avoir bénéficié dans le cadre de leur entreprise de deux heures de pratique hebdomadaire sur trois mois, plus de 80% des personnes conservent une pratique régulière, quelle qu’elle soit.

SENIORS EN ENTREPRISE ET PRÉPARATION À LA RETRAITE AVEC L’UFOLEP ET LA MGEN Les seniors « en entreprise » ou « en activité » sont l’un des

sédentarité physique, voire un état dépressif. Or l’engagement

publics ciblés par la stratégie de l’Ufolep en direction des

dans la création ou l’animation d’une section sportive loisir –

plus de 50 ans, qui distingue plus précisément : les « jeunes

tout en pratiquant soi-même à cette occasion – peut contribuer

seniors » en bonne santé, à qui l’on propose plutôt du mul-

à l’épanouissement du jeune retraité et au maintien de son

tisports ; les « 55-65 ans » susceptibles d’être intéressés par

capital santé : une approche à laquelle le concept de Plurisport

la prévention des maladies liées au vieillissement (arthrose,

développé par l’Ufolep correspond parfaitement. L’Ufolep et la

ostéoporose) ; et enfin les seniors souffrant de douleurs mus-

MGEN expérimentent actuellement une offre de formation qui

culaires ou de stress au travail et que des ateliers spécifiques

s’adresse notamment aux professionnels de l’éducation (géné-

(en lien avec la médecine du travail) contribuent à « soula-

ralement rompus à la pédagogie) bientôt en retraite ou l’étant

ger ». Reste à traduire ce plan sur le terrain.

depuis peu. À l’instar du dispositif « Lire et faire lire » par-

L’Ufolep aborde également avec la Mutuelle générale de l’Édu-

rainé par la Ligue de l’enseignement, où des retraités effec-

cation nationale ce public sous l’angle de la préparation à la

tuent des séances de lecture dans les écoles, le projet « Bouger

retraite, en liant l’engagement associatif à la pratique spor-

et faire bouger » souhaite mobiliser de nouvelles ressources

tive. On sait que, si elle n’est pas anticipée, la fin d’activité

humaines sur des activités multisports. ● Benoît Gallet, DTN adjoint de l’Ufolep

professionnelle peut se traduire par un isolement social, la Octobre15

en jeu une autre idée du sport ufolep n°18

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Parmi les comités Ufolep

La Loire-Atlantique en éclaireur

U

n comité Ufolep souhaitant pénétrer le monde de l’entreprise imite souvent les demandeurs d’emploi : il arrose de CV les employeurs potentiels. « Pour présenter notre offre, nous avons adressé un courrier aux 600 comités d’entreprise du département », explique Maxime Lethu, chargé de mission à l’Ufolep de Loire-Atlantique.

Ufolep Loire-Atlantique

Forte d’une solide équipe d’éducateurs sportifs, l’Ufolep de Loire-Atlantique s’est lancée il y a trois ans sur le créneau.

SÉANCES HEBDOMADAIRES Si les réponses furent rares, un projet s’est toutefois rapidement concrétisé avec l’entreprise Quille Construction, filiale BTP de Bouygues, pour une animation sportive hebdomadaire pour des personnels du siège, en centre-ville de Nantes. Depuis trois ans, chaque mardi un animateur départemental intervient sur le créneau 12 h-13 h pour un effectif – exclusivement féminin – d’une dizaine de salariées, renouvelé d’un tiers chaque année. Les séances, Pilates et gymnastique douce, se déroulent dans une salle de réunion dont on pousse les tables. « Ce sont des activités où l’on transpire peu et qui n’exigent pas de prendre une douche après, car il n’y en a pas à disposition. Surtout, elles conviennent parfaitement à ce public » souligne Maxime Lethu. Précision importante, le coût de la pratique est pris en charge à 100 % par l’entreprise. Pendant deux ans, le comité Ufolep a également encadré de la marche nordique pour le CE du conseil général, qui souhaitait compléter le panel d’activités proposées aux salariés lors de la pause méridienne. Deux lieux s’y prêtaient à proximité : l’Île de Nantes et le Jardin japonais. Mais la fréquentation, fluctuante selon la météo, s’est progressivement réduite de dix à quatre ou cinq personnes par séance, et l’an passé la prestation n’a pas été renouvelée. Depuis la rentrée 2014, l’Ufolep de LoireAtlantique propose surtout quatre créneaux hebdomadaires (du mardi au vendredi 12 h 3013 h 30) sur le quartier Madeleine-Champ de Mars, où sont concentrées de nombreuses sociétés. Ces séances réunissent une soixan-

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Octobre 2015

Pas toujours facile de trouver une salle à proximité du lieu de travail.

taine de salariés appartenant à une vingtaine de structures différentes : SNCF, CIC, Canon, scène nationale du Lieu unique, agences d’architecture et de communication, etc. Elles se déroulent dans une maison de quartier ou des salles louées (à une compagnie de danse par exemple), avec un effectif maximal de quinze. « Notre offre est complémentaire de celle des salles de remise en forme, dont les prestations sont bien supérieures (machines, spa, squash, gym douce) mais pour des tarifs plus élevés. Les nôtres vont de 120 à 150 € à l’année (septembre-juin), avec une prise en charge très variable – de 100% à rien du tout – de la part des entreprises » explique le chargé de mission.

« Le plus compliqué est de réussir à se faire connaître comme acteur du sport en entreprise », estime Maxime Lethu. C’est pourquoi l’Ufolep de Loire-Atlantique anime de temps en temps des réveils sportifs, comme l’an passé pour la journée « sport et entreprise » de la semaine « Sentez-vous sport » du CNOSF : « Nous insistons sur la ”responsabilité sociale des entreprises“, en soulignant que le sport participe à la fois au bien-être physique et mental et à la cohésion du personnel. » Comme le comité ne néglige aucune porte d’entrée, il propose aussi ses services en matière de lutte contre les douleurs physiques au travail : des contacts sont en cours avec La Poste, où le personnel des centres de PÉNURIE DE SALLES tri effectue des gestes répétitifs, et avec une Actuellement, la principale limite au déve- clinique dont les infirmières et aides-soiloppement de ces prestations réside dans la gnants doivent quotidiennement s’occuper pénurie de salles. C’est pourquoi le comité de patients peu valides. De même, le comité s’est rapproché de la ville de Nantes, qui aimerait capitaliser sur son expertise en l’appuie dans une démarche qu’elle consi- matière d’activités de pleine nature et prodère d’utilité sociale. En revanche, il ne pose des raids multisports par équipe clés en manque pas d’éducateurs sportifs puisqu’il main : « Nous avons les sites, les éducateurs en emploie déjà une quarantaine  : sportifs, tout est en place. Mais nous n’avons » observe Maxime « Beaucoup sont disponibles à la mi-journée pas encore de retour  et intéressés pour compléter leur temps par- Lethu. Comme quoi, sur ce créneau comme tiel. Toutefois, seuls trois sont formés à l’en- sur les autres, se positionner sur le sport en seignement du Pilates, les autres proposant entreprise est souvent un investissement à moyen et long termes…● Ph.B. de la gymnastique douce plus classique. »

en jeu une autre idée du sport ufolep n°18


Les mutations du sport en entreprise

LA SOMME SE POSITIONNE À SON TOUR Le comité Ufolep de la Somme a lancé à la rentrée une offre de

bâtiment ; de l’autre, une « école du dos » pour l’industrie, à

« sport au travail » avec l’appui d’un cabinet de communica-

savoir des exercices de renforcement musculaire adaptés au

tion rompu aux techniques du marketing. « Considérant l’inté-

travail debout.

rêt social du projet, cette prestation de conseil proposée par

Dès avant l’été, les contacts étaient bien avancés avec trois

le Griep Picardie, une structure de soutien à l’économie sociale

structures : l’Agence régionale de santé (APE et danse), la

et solidaire, est intégralement prise en charge dans le cadre

Direction régionale des affaires culturelles (sports collectifs

du Dispositif local d’accompagnement (DLA) », se félicite le

ludiques) et Pôle emploi, où l’activité physique est envisagée

délégué départemental, Stéphane Lecossois. Dans un premier

comme une manière d’évacuer le stress des personnels.

temps, un demi-poste d’éducateur sportif a été dégagé afin

Pourquoi se lancer aujourd’hui ? « C’était l’un des derniers chan-

de proposer de la gymnastique douce, des sports collectifs et

tiers de notre projet départemental de développement (PDD),

des activités d’extérieur sur le créneau 12h-14h. Une offre

explique Stéphane Lecossois. Le monde de l’entreprise restait

complétée par celle d’ateliers liés à la « pénibilité » : d’une

pour nous un secteur inexploré, alors que les bienfaits de l’acti-

part, des échauffements avant le travail pour les ouvriers du

vité physique et sportive y sont évidents. » ● Ph.B.

Du sport corpo au sport loisir Ufolep Parmi les 80 équipes du championnat de football à 7 qu’organise l’Ufolep de l’Eureet-Loir, une petite dizaine est issue d’entreprises telles que Philips ou la SNCF, une entreprise publique où la tradition « corpo » est particulièrement ancienne. « Même si le nom a pu varier, l’Amicale corpo des cheminots de Chartres existe depuis 1935, explique Daniel Garnon, ancien joueur devenu dirigeant, et qui siège désormais à la commission technique départementale football de l’Ufolep. En 1973, nous avons intégré le championnat départemental corpo de la FFF, qui a compté jusqu’à 45 équipes. Puis, au fil des ans et de la désindustrialisation, le nombre d’équipes s’est réduit comme peau de chagrin… Aussi, il y a une quinzaine d’années, nous avons rejoint le championnat Ufolep de foot à 7 en auto-arbitrage, auquel nous sommes fidèles. » La section football compte une vingtaine de licenciés, ce qui avec les obligations professionnelles et familiales des uns et des autres permet d’en réunir une dizaine pour chaque match. « Le club s’est progressivement ouvert aux non-cheminots, même si pour continuer à nous présenter sous la bannière de l’Union sportive des cheminots de France (USCF), et bénéficier à ce titre d’une subvention, les employés de la SNCF

doivent y demeurer majoritaires. » Mais le club s’étant étoffé d’une section pétanque essentiellement «  cheminote  » (engagée dans le championnat « hivernal » Ufolep par équipe), cette présence majoritaire est assurée… Autre exemple de la « solubilité » du sport corpo dans le sport loiLes cheminots de Chartres jouent désormais en Ufolep. sir Ufolep  : l’association Basket Aveyron Loisir Mixte (1). Née à Rodez il y a une trentaine d’année pour horizons. Même si, par nostalgie ou simplefédérer une pratique alors exclusivement ment par habitude, nombre d’équipes ont inter-entreprise, celle-ci a été rebaptisée il conservé le nom de l’entreprise au sein de y a deux ans par la nouvelle équipe de diri- laquelle elles ont vu le jour… ● Ph.B. geants pour bien signifier qu’elle accueille (1) Lire aussi page 18 l’engagement de cette association désormais des pratiquants venus de tous dans la Move Week. ACCC

Les championnats Ufolep accueillent parfois des équipes issues du monde de l’entreprise. Comme à Chartres et Rodez.

POLITIQUE D’ENTREPRISE Spécialisée dans le traitement du diabète, l’entreprise danoise Novo Nordisk possède une importante unité de production à Chartres. Il y a quelques années, plusieurs sections sportives de l’entreprise avaient été affiliées à l’Ufolep d’Eure-etLoir. Mais le nouveau directeur du site a récemment souhaité donner une nouvelle impulsion à l’activité physique et sportive de ses salariés : une priorité qui fait sens pour une firme dont les produits concourent au traitement d’une maladie chronique, au même titre qu’une pratique physique régulière… En outre, sur le plan de la communication interne et externe, l’affiliation de l’ensemble de l’association sportive d’entreprise à l’Ufolep, plutôt qu’à plusieurs fédérations distinctes, permet de mettre plus facilement en avant le nom de celle-ci. Notamment à l’occasion de la grande épreuve de course à pied qu’elle organise chaque année… ● Ph.B. Octobre 2015

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fédéral

Vie du Réseau et Accompagnement des Comités (Vrac)

Trois ans après, un premier bilan Depuis sa création, le groupe de travail Vrac a mené 165 missions d’accompagnement des comités départementaux et régionaux.

T

rois années de fonctionnement déjà, depuis que le comité directeur de l’Ufolep a fait de l’accompagnement de son réseau une des priorités de l’actuelle mandature. Trois années bien remplies pour le groupe de travail Vie du réseau et accompagnement des comités qui, piloté par Michèle Roig, secrétaire générale de la fédération (1), s’est attaché à traduire en actions concrètes la volonté politique affichée. Première réalité : même si absolument tous les comités n’ont pas encore utilisé les quatre dispositifs aujourd’hui proposés, tous ont clairement identifié la « mission Vrac » et les modes d’accompagnement mis à leur disposition. Le deuxième constat qui s’impose concerne « l’état de l’union ». Force est de constater que les écarts se creusent de plus en plus au sein du réseau, ce qui interroge nos principes de solidarité. Face aux mêmes difficultés (réduction des financements, concurrence exacerbée) ou aux mêmes opportunités, tous les comités ne possèdent pas le même potentiel de résistance ou de développement. C’est pourquoi la question de l’accompagnement nous interpelle collectivement, à tous les échelons de la fédération ! Aide à la création d’emploi. En 2012-2013, dès sa première année, ce dispositif a permis 41 créations d’emploi via une aide ponctuelle de 3 800 €. En 2013-2014 s’y sont ajoutées 34 autres, selon les mêmes modalités. En 20142015, le dispositif a évolué et à l’aide financière directe s’est substitué un accompagnement « à la carte » : aide à la gestion financière, à la méthodologie…

(1) Le GT Vrac est actuellement composé de 4 élus nationaux, 2 permanents nationaux, 3 délégués départementaux et 2 régionaux, 2 élus départementaux et 3 régionaux.

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Dispositif expérimental d’accompagnement. Six comités départementaux et régionaux (Eure-et-Loir, Ille-et-Vilaine, Isère, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Midi-Pyrénées) s’investissent dans cette expérience pilote de mutualisation des ressources et des expériences : l’idée est que l’ensemble du réseau puisse ensuite bénéficier de leurs réflexions. L’an passé, l’impact de la réforme territoriale sur les comités a été au centre des travaux. Le groupe, qui se réunit trois fois par an au siège national, a toutefois éprouvé des difficultés à s’auto-organiser entre ces rendez-vous. Surtout, les comités font preuve de trop de modestie et hésitent à faire partager des expériences qu’ils jugent trop banales pour cela : un travers que l’on rencontre trop souvent dans notre réseau, et qui parfois nous fait passer à côté de fonctionnements innovants ! Suivi longitudinal des comités. C’est le dispositif central, en ce qu’il doit devenir un outil d’évaluation, d’analyse et de pilotage politique et technique, tant au niveau de la fédération que des comités. Rappelons que cet outil est disponible sur l’espace « délégation » du site

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Postes créés : fonctions et missions

10%

Animateur sportif

8%

7%

Agent de développement

43%

5%

Délégué Délégué adjoint

27%

Secrétariat ou communication Profil animation + administration

82 créations de poste ont bénéficié d’une aide nationale (les deux tiers étant des emplois d’avenir).

www.ufolep.org, où figure également une « fiche diagnostic » de chaque comité (avec photographie actuelle et évolution sur plusieurs années). La collecte des données est essentielle et l’échelon national s’efforce de faciliter la tâche des comités. Attention : la prochaine campagne de collecte s’ouvrira le 15 novembre pour s’achever le 30 janvier. Accompagnement des comités. Ce dispositif permet de venir en aide, à leur demande, aux comités en difficulté. Lors du premier semestre 2015, 26 comités ont ainsi été épaulés par la mission Vrac pour des problèmes ayant principalement trait à leur structuration, aux relations Ligue-Ufolep (la démarche est alors menée conjointement avec la Ligue nationale), aux projets de développement (PDD-PRD) et appels à projets, ou à la gestion financière. Si sa mission porte prioritairement sur les relations avec les structures déconcentrées de la fédération, le GT Vrac a également un rôle prospectif. L’expérience acquise lui a ainsi permis de pointer plusieurs dysfonctionnements. À titre d’exemple, certains comités ont pu profiter d’aides nationales alors que, par ailleurs, ils ne respectaient pas certaines règles fédérales de base... Discutées lors des « interrégionales » de l’automne dernier puis du congrès d’Orléans et ensuite affinées en comité directeur, des propositions visant à y remédier ont été abordées lors des réunions territoriales de rentrée. Dans une même logique d’équité et de transparence, il convient également de veiller à ce que les dispositifs d’aide profitent à tous les comités, en particulier à ceux qui en ont le plus besoin. Or, moins rodés au montage de dossiers et aux demandes de subventions, ils ne sont pas toujours les premiers à bénéficier de dispositifs imaginés d’abord pour eux… Qu’ils n’hésitent plus : le Vrac est à leur service ! ● Benoît Beaur, adjoint à la DTN Ufolep bbeaur.laligue@ufolep-usep.fr


Partenariat avec l’association Asalée

Sport-santé : des résultats encourageants L’état physique des patients atteints de maladies chroniques participant aux séances encadrées par l’Ufolep Deux-Sèvres s’est clairement amélioré. les patients – moyenne d’âge 65 ans – ont pu se rendre compte que l’activité physique, ce n’était pas seulement pour les autres ! Quelles suites donner aujourd’hui au projet ? Les trois groupes constitués à Thouars, Niort et Parthenay veulent absolument continuer l’activité ensemble : cela pourrait se faire en dehors du dispositif, en créant sur chaque site une association Ufolep offrant un cadre à l’intervention d’un éducateur départemental. En revanche, l’activité ne pourra plus être prise en charge à 100 % (2). Un autre souhait commun de l’Ufolep et d’Asalée est d’élargir l’expérience à d’autres territoires où l’association, au rayonnement national, est présente. Peut-être dans le Puy-de-Dôme, en lien avec l’épidémiologiste Martine Duclos, qui dirige un service de recherche au CHU de Clermont-Ferrand. Le Dr Martine Duclos, qui a participé le 9 juillet à une réunion de travail Asalée-Ufolep en marge de l’Université européenne du sport, propose notamment de mettre en évidence les résultats de cette expérience de manière plus scientifique, et à plus long terme. La seule limite à l’élargissement du projet étant financière, espérons que la prise en compte par la loi du « sportsanté sur ordonnance » aidera à dépasser cet obstacle. ● Laurence Nadaud, adjointe à la direction Ufolep lnadaud.laligue@ufolep-usep.fr (1) Acronyme signifiant Action de santé libérale en équipe, les infirmières travaillant au sein de cabinets médicaux en lien étroit avec des médecins généralistes.Voir dans EJ Ufolep n°14, décembre 2014, l’interview du président de l’association Asalée, le Dr Jean Gautier. (2) Durant l’expérience, Asalée finançait chaque prestation (mise à disposition d’un éducateur sportif Ufolep et d’une salle) à hauteur de 100 €.

En bref

associative, la structuration territoriale et l’accompagnement du réseau, ou le plan ministériel « Citoyens du sport ».

Commissions sportives : rendez-vous à Bourges

Site internet

Un rassemblement national « sport éducation » réunira les samedi 17 et dimanche 18 octobre au Creps de Bourges les membres des commissions nationales et groupes techniques sportifs de l’Ufolep et les référents nationaux d’activités. Avec les élus et cadres professionnels nationaux, départementaux et régionaux, ils travailleront tout particulièrement sur : les concepts d’« éducation par le sport » et d’« innovation sociale », le développement des pratiques sportives fédérales, l’encouragement de la vie

La page d’accueil de l’espace extranet (réservé à notre réseau) de notre site www.ufolep.org a été retravaillée, avec des blocs mieux identifiés. La vidéo et la photo y sont valorisées, les événements davantage mis en avant et les réseaux sociaux directement accessibles. Les onglets ont également été renommés afin de mieux coller à la nouvelle structuration fédérale, caractérisée par nos deux secteurs « sport éducation » et « sport et société ». Parallèlement, une version du site grand public adaptée à la consultation sur smartphone doit être finalisée courant octobre.

Octobre 2015

Disparition Silhouette longiligne et chevelure retenue par un catogan, il était une figure des rassemblements nationaux Ufolep : Didier Cailluyère, délégué départemental du Pas-de-Calais de 2004 à 2014, est décédé le 14 juillet, à l’âge de 52 ans. « Par son dévouement et son attachement à nos valeurs de laïcité et de citoyenneté, Didier a marqué notre comité et l’a orienté vers son véritable objectif : être au service de la société et de nos concitoyens dans une œuvre éducative, au sein de l’éducation populaire permanente » a souligné dans son message de condoléances Michel Coeugniet, président de l’Ufolep Pas-de-Calais.

DR

D

e janvier à juin 2015, trois groupes de 15 patients, souffrant de maladies chroniques et suivis dans les Deux-Sèvres par les infirmières et médecins généralistes du réseau Asalée (1), ont bénéficié d’activités physiques dans le cadre d’un partenariat innovant avec l’Ufolep. À raison de deux séances par semaine, chacun a pu prendre part à 36 séances d’une heure, organisées en trois temps : échauffement, exercices cardio et musculaires, et jeux pour finir. Ces contenus avaient été co-construits par les infirmières et les éducateurs sportifs Ufolep en fonction des capacités des patients ; retraités et actifs diabétiques (type 2) ou pré-diabétiques, ou concernés par des risques cardio-vasculaires et tabagiques. Ceux-ci s’étaient alors engagés à ne pas abandonner le projet en route. Les résultats de cette expérience inédite, calculés à partir de tests réalisés au début et à la fin de celle-ci, sont très encourageants : tous les objectifs que les patients s’étaient eux-mêmes fixés (perdre du poids, gérer sa maladie, gagner en souffle et en muscle, améliorer sa confiance, sortir de chez soi) ont été atteints. On a également constaté chez les personnes en surpoids une perte moyenne de 3 kg et une diminution du périmètre abdominal de 1 à 5 cm, tandis que des patients diabétiques ont pu espacer leurs prises d’insuline. Des gains notables ont été observés en termes de renforcement musculaire, d’équilibre, de souplesse articulaire, ou concernant la distance que chacun était capable de couvrir en marchant en un temps donné de six minutes. Des petits groupes se sont même constitués pour continuer à marcher ensemble en dehors des séances hebdomadaires. Et tous

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événémént

Pour la 4e Move Week, du 21 au 27 septembre

Les associations se bougent !

La Move Week fédère des événements sportifs loisir dans toute l’Europe pour inviter chacun à « se bouger ». Et s’appuie notamment, en France, sur les initiatives d’associations Ufolep. Exemples choisis.

C

ombien de personnes la Move Week touchera-t-elle cette année ? L’an passé, cette opération de portée européenne, dont l’Ufolep est l’un des principaux relais dans l’Hexagone aux côtés de l’Usep, de la FF Sports pour tous et de la FSGT, avait concerné un million de personnes, dont 58 000 en France, pour 144 « événements » officiellement inscrits. Ces chiffres seront probablement dépassés, d’autant plus que, au-delà de la période du lundi 21 au dimanche 27 septembre, il était aussi possible de labelliser « Move Week » des actions menées plus tôt dans le mois. Cette semaine destinée à sensibiliser le grand public à l’importance d’une pratique physique régulière s’appuie sur l’implication des comités Ufolep (1) et d’associations de terrain, parfois engagées dans l’aventure depuis plusieurs éditions… EX-AEQUO. Initialement créée près de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) autour d’une pratique mixte du handball pour jeunes adultes, l’association Ex-Aequo propose aussi désormais du plurisport. Également impliquée dans le sport santé, elle participe pour la troisième fois à la Move Week. « En 2013, nous nous sommes contentés d’ouvrir au grand public nos trois créneaux de soirée, explique Valérie Serbin-Lefèvre, l’une des deux éducatrices sportives à plein temps du club, qui compte 264 adhérents. En 2014, nous avons conservé ce principe et proposé en plus des animations à la mi-journée, avec l’appui d’éducateurs de

AVEC LA SEMAINE EUROPÉENNE DU SPORT Le message de la Move Week en faveur des activités physiques auprès du plus grand nombre a-t-il inspiré la Commission européenne ? Toujours est-il que celle-ci a décrété du 7 au 13 septembre 2015 une « Semaine européenne du sport ». Les deux événements se veulent toutefois complémentaires et non concurrents, convention de partenariat à l’appui. Ainsi, même si nombre des actions fédérées par la Move Week devaient être organisées du 21 au 27 septembre, d’autres étaient prévues dès le début du mois. C’était le cas de la manifestation grand public programmée samedi 12 septembre après-midi dans le cadre prestigieux du Jardin du Luxembourg, à Paris. Les activités proposées étaient les suivantes : marche nordique, handi-basket, gymnastique douce et suédoise… S’y ajoutait la participation à une flashmob, baptisée « flash Move » et reprise simultanément dans les grandes villes d’Europe, avec pour support sonore un remix de l’Hymne à la joie de Beethoven, que l’Union européenne a depuis longtemps fait sien. ●

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l’Ufolep : danse avec Ufo Move, exercices d’abdo-fessiers et futsal sur les communes d’Osny, Jouy-le-Moutier et Cergy. Ces animations ont touché une centaine de personnes extérieures à l’association. Cette année, nous renouvelons ces deux actions en y ajoutant une grande journée “familiale” à Auvers-sur-Oise, en partenariat avec le comité Ufolep : jeu de piste, parcours motricité, etc. » BESANÇON INTERCROSSE. Portée sur les fonts baptismaux à l’été 2014, Besançon Intercrosse a profité quelques semaines plus tard de la Move Week pour inviter les Bisontins à découvrir cette activité mixte et ludique qui, importée en France par l’Ufolep dans les années 1980 sous le nom de « crosse québécoise », demeure pratiquée dans quelques bastions. « Côté affiches et communication dans la presse, nous avons manqué de visibilité pour cette première, mais cette année nous nous y prendront davantage à l’avance » explique Emmanuelle Debrand. L’association a même estampillé « Move Week » les Jeux mondiaux d’intercrosse qu’elle organisait début août et qui ont réuni 65 participants venus de France, du Québec, d’Allemagne, d’Autriche, d’Italie et de République tchèque. FOOT DE BONHEUR. L’association Foot de bonheur anime des activités sportives pour les enfants du secteur de Verdun (Meuse) et leurs camarades placés auprès de la Maison de l’enfance de Belleville : du football le samedi après-midi, mais aussi du rugby désormais, plus des activités ponctuelles durant l’année : sorties nature, animations sportives et culturelles… Foot de bonheur participe à la Move Week depuis le début. « Le message visant à inciter chacun à avoir une pratique sportive rejoint tout à fait notre projet, explique son éducateur, Patrick Duchêne. Et la dimension événementielle de la Move Week a non seulement permis de communiquer sur l’invitation à se “bouger”, mais aussi de mieux faire connaître notre propre action localement. Dès la première année, nous avons élargi la pratique aux parents, qui se sont retrouvés à leur tour en short, dans une atmosphère très conviviale. L’an passé, nous avons ajouté une animation trottinette. Et cette année nous continuerons dans le même esprit ! » BASKET AVEYRON LOISIR MIXTE. L’association Balm rayonne sur Rodez et ses environs et propose – comme son nom l’indique – une pratique mixte et loisir du basket, le soir en semaine, pour une centaine de licenciés regroupés en une dizaine d’équipes. « Notre engagement dans la Move Week est né d’une initiative personnelle, suscitée par la lecture de votre magazine En Jeu, explique Steve Ferfer, secrétaire de l’association et membre du


Ex-Aequo / Besançon Intercrosse / Basket Aveyron Loisir Mixte / Foot de bonheur

comité départemental Ufolep. J’en ai parlé à mon président et au délégué départemental, Jean-Michel Sébert, et depuis nous ouvrons nos gymnases à tous ceux qui veulent essayer le basket loisir. Cette année, l’idée est aussi d’associer la Ligue de l’enseignement et l’Usep pour proposer, le samedi, une rencontre “familiale” autour de la pluriactivité, enfants et parents réunis. » Et pour la communication ? « Nous sollicitons les médias locaux et nous distribuons des flyers dans la rue, avec un bon retour.

Nous présentons le basket loisir non comme un sport de compétition mais comme une activité sportive où le but n’est ni de gagner ni se dépenser jusqu’à l’épuisement, mais de se bouger tout en prenant du plaisir. Et c’est un message que les gens entendent très bien. » ● Philippe Brenot (1) Les comités organisent des manifestations spécifiques ou mènent des actions de sensibilisation originales, comme les Yvelines ou la LoireAtlantique, qui vont au-devant du grand public sur les marchés ou dans des galeries commerciales.

Pour engager son association dans la Move Week, il suffit d’inscrire un micro-événement sur le site france.moveweek. eu !

ENGAGEMENT LOCAL ET LOBBYING EUROPÉEN L´un des objectifs de la campagne NowWeMOVE

Parallèlement, l´ISCA mène des actions de

lancée par l´Association Internationale du

lobbying, notamment auprès des députés

Sport et de la Culture (ISCA) en 2012, et

européens. « Si nous pouvons amener des

dont la Move Week est l´événement phare,

populations, particulièrement en centre-ville,

est de hisser l´activité physique au premier rang des priori-

à se réunir et à jouer ensemble, on aura encouragé les citoyens

tés de l´agenda politique européen. Non seulement le manque

à être physiquement actifs, mais aussi à prendre part à la

d´exercice menace la santé publique mais les pathologies

vie de leur communauté. C´est pourquoi la Move Week est le

engendrées par celui-ci coûtent chaque année 80 milliards

genre d´événement dans lequel je souhaite m´investir » affirme

d’euros à l’échelle européenne (9,5 milliards en France*).

Daniel Dalton, député européen anglais. Son homologue belge

C´est pourquoi l´ISCA souhaite favoriser la mise en œuvre de

Marc Tarabella – qui est également intervenu à l’Université

solutions novatrices et pratiques au niveau européen, en prise

européenne du sport de Strasbourg – encourage pour sa part

avec le niveau local : « Nous accordons beaucoup d´attention au

chaque pays à soutenir la campagne NowWeMOVE et la Move

renforcement des capacités d´accueil des clubs, et connaître les

Week. « C´est même une nécessité et un devoir pour nous autres

opportunités sportives dans son quartier est un facteur essen-

députés européens, lorsque l´on voit les conséquences écono-

tiel dans la prise de décision de pratiquer » souligne Laska

miques et sanitaires de l´inactivité physique », explique-t-il. ●

Nenova, coordinatrice de la Move Week à l´échelle européenne au sein de l´ISCA.

* Rapport du CEBR (Center for Economics & Business Reserch) pour l´ISCA : « Les coûts économiques de la sédentarité en Europe », juin 2015.

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recherche

Université européenne du sport de Strasbourg

Une première réussie Du 8 au 10 juillet, le « sport citoyen » a bénéficié d’une tribune à l’échelle européenne. Rendez-vous en 2017 pour la seconde édition.

S

i l’on se fie aux commentaires « à chaud » des 200 personnes ayant participé, comme conférenciers ou simples auditeurs, à l’Université européenne du sport (UES) conjointement organisée par l’Ufolep, l’Usep et la Ligue de l’enseignement, celle-ci peut être considérée comme une réussite. Les seconds soulignaient la qualité des intervenants, sollicités en lien avec la Faculté des sciences du sport de l’Université de Strasbourg. En retour, les universitaires et autres « experts » venus témoigner d’expériences innovantes en matière de sport pour tous, de sport-santé et de citoyenneté par le sport, se félicitaient de l’attention du public et de l’intérêt des échanges : les débats se sont en effet souvent prolongés de manière informelle lors des pauses. Tous s’accordaient enfin sur le confort de travail offert par le lieu – le Palais universitaire sis au cœur de Strasbourg – et la parfaite organisation de ces trois demijournées thématiques, introduites mercredi 8 juillet en fin d’après-midi par une cérémonie d’ouverture venue rappeler les ambitions de l’événement. L’INDIVIDU ET LE COLLECTIF

Doyen de la Faculté des sports de l’Université de Strasbourg, le sociologue William Gasparini a souligné combien les thèmes de l’université – réunis sous trois intitulés généraux : « Grandir avec le sport », « Sport et santé » et « Les enjeux d’un projet sportif territorial » – entraient en résonnance avec les travaux de recherche menés au sein de son établissement. C’est la raison pour laquelle « de nombreux chercheurs de notre laboratoire et de notre réseau européen » ont participé à un événement qui permet un dialogue « entre acteurs et experts scientifiques, en dépassant nos frontières nationales et mentales, pour jeter les bases d’une réflexion sur une nouvelle culture sportive européenne partagée ». Conseillère municipale de Strasbourg déléguée aux acti-

vités physiques et sportives pour tous les publics et aux pratiques douces, Françoise Bey a observé pour sa part que ces débats concernaient au premier chef les collectivités territoriales. Elle a rappelé au passage le rôle pionnier de la capitale alsacienne dans la prise en compte de l’activité physique dans l’espace urbain (1ère ville cyclable de France, également dotée de parcours de marche ou de jogging…) ou dans l’expérience de « sport sur ordonnance » qui fait école aujourd’hui. Autant d’orientations prises au lendemain d’États généraux du sport justement organisés avec l’appui de l’Université de Strasbourg : un exercice de démocratie locale qui a contribué à « redéfinir les axes d’une politique sportive adaptée aux attentes des administrés ». L’élue strasbourgeoise s’est donc félicitée que l’UES puisse élargir une telle approche « à l’ensemble des territoires français et européen ». Entre deux réunions, le député européen de nationalité belge Marc Tarabella a également apporté son soutien à l’UES et rappelé que le sport et ses pratiques avaient désormais droit de cité « au sein de la Commission européenne, où depuis la dernière mandature un commissaire est en charge des sports », tandis qu’un « intergroupe sport réunissant 70 élus » existe au sein du Parlement de Strasbourg. Maire d’une commune de 4000 habitants, il encourage aussi « le sport amateur, le sport citoyen », en soutenant les clubs et des actions de promotion du sport pour tous. Ce fut enfin au tour des co-organisateurs (1) de s’exprimer. Jean-Michel Ducomte, président de la Ligue de l’enseignement, a replacé les débats dans le cadre de la construction européenne, en observant que si « l’Europe doute aujourd’hui, il y a 50 ans elle était portée par les idées de rapprochement des peuples, de culture de la paix et de réduction des différences ». Jean-Michel Sautreau, président de l’Usep, prolongea son propos en demandant :

DES ACTES BIENTÔT EN LIGNE Les Actes de la 1ère Université européenne du sport seront

Sport et santé : Martine Duclos (plénière), Sandrine Knobé,

prochainement mis en ligne. Ils proposeront la retranscrip-

Mathieu Vergnault, Simone Di Gennaro, Julien Pierre

tion des interventions orales et des liens vers les Powerpoint

(conférenciers), Lauren Logan, Richard Gormley, Karen

dont les intervenants auront accepté la libre consultation.

Creavin, Flavia Epureanu, Patrick Laure et Martine Roegel,

On y trouvera l’ensemble des interventions en plénière et en

Pierre Mbas, Corinne Pacaud, Maxime Lethu (témoignages)

atelier des trois grandes thématiques de l’UES 2015 :

Enjeux territoriaux : William Gasparini (plénière), Marina

Grandir avec le sport : Pierre Parlebas (plénière), Kalliopi

Honta, Elke Grimminger, William Gasparini, Michel Koebel

Trouli, Pascale Garnier, Laurent Lescourach, David Le Brenton

(conférenciers), Edurado Balekian, Lian Lawrence, Milan

(conférenciers), Roisin Lochrin Hopkins, Mélanie Schoger,

Hosta, Jennifer Osthus, Yassire Bakhallou, Marie-Françoise

Mikka Neuvonen, David Blough, Usep (témoignages).

Potereau, Haïfa Tlili, Noemie Garcia Ajona (témoignages). ●

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Philippe Brenot

« Le sport peut-il contribuer à la construction européenne ? Et le sport scolaire peut-il jouer un rôle prospectif ? » avant d’apporter « un oui franc et massif » aux deux questions. Puis Philippe Machu, président de l’Ufolep, déclara les travaux ouverts. DÉPASSER LE CERCLE DES CONVAINCUS Il serait hasardeux de vouloir les synthétiser ici en quelques mots. C’était pourtant l’exercice orchestré en clôture, vendredi 10 juillet, par Stanislas Frossard, responsable de la division sport au Conseil de l’Europe. Étaient désignés pour cela la vice-présidente de l’Usep Françoise Petit (thématique « Grandir avec le sport »), le Dr Alexandre Feltz, conseiller municipal de Strasbourg en charge de la santé (« Sport santé »), et le président de l’Association internationale pour le sport et la culture (ISCA), Mogens Kirkeby (« Enjeux territoriaux »). Ce dernier s’en est sorti très adroitement en mettant en exergue une citation de chaque intervenant des ateliers dont il était invité à rendre compte. Il s’offrit même le luxe de résumer l’esprit de l’UES en citant deux intervenants de la thématique « sport et santé ». Le Dr Martine Duclos tout d’abord : « Les choses changent. Nous commençons à être entendus. Est-ce assez vite, assez tôt ? » L’universitaire italien Simone Di Gennaro ensuite : « Nous

avons la solution : il ne reste plus qu’à la mettre en œuvre. » Or pour cela, a observé le président de l’ISCA, il faut « dépasser le cercle des convaincus » qui composent les rangs de cette université. Justement, le but de l’UES est que ses débats se traduisent « par des propositions aux politiques, à la société civile » a insisté en conclusion Philippe Machu. S’exprimant à la suite de la vice-présidente de l’Usep Véronique Moreira – qui mit en évidence « l’apport de formation » d’un tel événement pour les « militants » – le président de l’Ufolep a pointé « les enjeux politiques » liés à l’accessibilité des pratiques, au bien-être et à la santé ou à l’ambition de « faire société ». « Ce premier rendez-vous est un succès, s’est félicité Philippe Machu. C’est aussi un point de départ vers d’autres initiatives », notamment « la mobilisation des acteurs du sport à travers des événements territoriaux » destinés à entretenir la dynamique enclenchée à Strasbourg et contribuer à nourrir les réflexions de la seconde édition de l’Université européenne du sport, « que nous pourrions tenir en 2017 ». Le rendez-vous est donné. ● Philippe Brenot

Les intervenants et les participants présents à la clôture des débats se sont prêtés à une « photo de famille » sur les marches du Palais universitaire.

(1) Les trois co-organisateurs se sont félicités que, plus de dix ans après la fin de l’Université du sport de Bombannes, l’UES ait réuni tout le « mouvement », avec une collaboration dans le choix des contenus et l’animation des ateliers.

INSTALLER L’UNIVERSITÉ EUROPÉENNE DU SPORT DANS LA DURÉE L’enjeu de cette première édition était d’asseoir la crédibilité

ventions (avec des orateurs venus d’Allemagne, d’Espagne, de

de l’UES. Il convient désormais de s’appuyer sur cette première

Finlande, de Grèce, d’Italie, de Roumanie, du Royaume-Uni et de

édition pour l’installer durablement dans le paysage européen.

Slovénie), cette diversité ne s’est pas retrouvée parmi le public. PRÉCONISATIONS. Chaque atelier était censé déboucher sur des

FRÉQUENTATION. Environ 200 personnes ont participé à l’UES,

préconisations à proposer aux responsables politiques et aux

dont près de 40 intervenants. Si cela est satisfaisant pour une

acteurs du sport. Mais celles-ci n’ont pas toujours été claire-

première, l’UES a vocation à mobiliser un public plus large et

ment formulées.

devra à l’avenir dépasser davantage les frontières de notre mou-

ENGLISH. À la différence de nos hôtes, souvent polyglottes,

vement, avec plus de représentants des collectivités locales.

la maîtrise des langues étrangères nous fait souvent défaut.

EUROPE. Si la dimension européenne s’est traduite dans les inter-

Reste deux ans pour travailler notre anglais… ●

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forum

Un « guide » pour les associations et les comités

Faire vivre la laïcité à l’Ufolep Vice-président de la Ligue de l’enseignement, Pierre Tournemire propose quelques règles de conduite pour agir « avec discernement » face aux situations où le principe de laïcité peut sembler mis en cause.*

P

our l’Ufolep, le sport, s’inscrivant dans une démarche d’éducation populaire, est un bon moyen de faire vivre concrètement la laïcité. Soyons convaincus qu’il y a bien une manière laïque de faire, par exemple, du vélo à l’Ufolep. Non pas parce qu’à chaque sortie il y aurait des prédicateurs développant les vertus laïques mais en raison de la posture des animateurs et par les modalités d’actions qu’ils mettent en œuvre dans un fonctionnement réellement associatif. Le sport, au-delà des émotions et des plaisirs qu’il procure, est facteur de cohésion sociale. Il facilite une démarche laïque conciliant les volontés émancipatrices des éducateurs et les exigences de reconnaissance des participants. Il invite à faire, à vouloir mieux faire, à prendre conscience de ce qu’on est capable de faire et ainsi de construire une image positive de soi. Mais sa pratique n’est pas à l’abri des conflits que la diversité ne manque pas d’engendrer dans une société où nos concitoyens s’étaient progressivement habitués à plus de discrétion dans les affichages religieux ou identitaires. Si l’on veut résoudre ces conflits, ce n’est ni en les niant ni en voulant les interdire mais en les dépassant dialectiquement. Pour cela, je vous propose quatre « R » pour « être » et un ABCD pour « agir ». Il ne s’agit naturellement pas d’un catéchisme à appliquer à la lettre mais d’un guide pour vous aider à agir avec discernement pour vous adapter aux diverses situations. QUATRE « R » POUR « ÊTRE » :

*La version intégrale de ce texte « Laïcité dans le sport » est téléchargeable sur www.laicite-laligue. org Un guide pratique destiné au réseau Ufolep est également en préparation.

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1. Respectueux des personnes et de la diversité. Bien des problèmes se résolvent plus facilement quand les personnes ont le sentiment d’être reconnues, que leurs convictions sont respectées et que leurs demandes sont correctement traitées. Notre société est pluriculturelle et il nous faut prendre en compte cette pluralité. Si nous n’étions pas différents, nous ne formerions pas une société. Si l’idéal était pour chacun de correspondre à un individu modèle abstrait, rationnel et sans spécificité particulière, la vie aurait peu d’intérêt. La démocratie se caractérise certes par l’égalité en droit des citoyens, mais aussi par la reconnaissance mutuelle de ses membres comme appartenant à un même espace de vie, de dialogue et d’échange. Le respect de l’égale dignité de chacun exige de considérer les personnes pour ce qu’elles sont et non pas simplement pour ce qu’elles doivent être. Cela ne pose pas problème pour des éducateurs sportifs car vous savez bien que les meilleurs entraîneurs ne sont pas ceux qui s’enferment dans une vision théorique du

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sport à pratiquer ou dans une conception abstraite d’un athlète à former, mais ceux qui partent des individus pour qu’ils prennent conscience d’eux-mêmes afin de parvenir au maximum de leurs potentialités. 2. Raisonnable. Au deux sens du terme : inspiré par la raison et guidé par la mesure. La paix civile est un bien trop précieux pour qu’on fasse de « la Terre un Enfer parce qu’on n’est pas d’accord sur le Ciel » ! Il faut donc être raisonnablement accommodant, sans accepter pour autant tout et n’importe quoi. Mais si on doit réprimer des comportements contraires au respect des libertés et des consciences, il est vain de vouloir contraindre à abandonner des convictions fausses. Il faut convaincre sur leurs erreurs et faire partager des réponses plus pertinentes. En démocratie, il n’y a pas d’autres voies que la démocratie, qui suppose que soient respectés dans le même temps chaque personne, l’intérêt général, l’éthique du débat et le temps nécessaire à la maturation des idées, car il n’y a pas de raccourci historique pour faire évoluer les mentalités. Dans le traitement des comportements irritants, il faut se départir de l’idée que nous serions les seuls détenteurs de l’idée du bien et de n’accepter « l’Autre » qu’à la condition qu’il ne soit plus lui-même, ne le distinguer que s’il décide de nous ressembler, ne l’admettre que s’il renonce à tout ce qu’il fut. Il faut au contraire faire émerger tout ce qui relie et donc mettre en lumière la part d’universel contenue dans chaque culture spécifique, penser à la fois l’universel et le singulier, la solidarité et la diversité, l’unité et le pluralisme. 3. Rigoureux. Prendre en compte les situations concrètes et apporter des réponses adaptées, sans tomber dans une gestion au coup par coup dénuée de principes, exige d’être juste et rigoureux. Parce que nous sommes des éducateurs, nous savons que, s’il ne faut pas varier sur les buts à atteindre, on peut admettre que tout le monde n’avance pas à la même vitesse, ni n’emprunte forcément les mêmes chemins pour y parvenir. Cela suppose des efforts pour expliquer les décisions prises car nous vivons de plus en plus dans une démocratie de consentement qui exige de faire la preuve constante du bien-fondé d’une norme, d’une valeur ou d’une décision, notamment en associant les personnes concernées à leur élaboration : ce n’est pas juste parce c’est la loi, c’est la loi parce c’est juste. 4. Rassembleur. Si l’on est respectueux des singularités, raisonnable et rigoureux dans le traitement des


Philippe Brenot

revendications, on peut être alors rassembleur. En étant rigoureux et sans complaisance mais en faisant preuve d’empathie, on permet aux personnes d’accepter de concéder de leur propre culture la part nécessaire pour vivre intelligemment avec d’autres, sans pour autant renoncer à l’essentiel. Pour faire vivre ensemble des personnes différentes, il faut proposer des perspectives partagées et inviter chacun à apporter sa pierre pour construire un destin commun. UN A-B-C-D POUR « AGIR » A : Analyser. Le réel est têtu et la laïcité ne peut se cantonner au ciel des idées. Il est donc important de rester lucides et sereins pour analyser le contexte dans lequel se déroulent nos activités. Même si ce n’est jamais facile face à des problèmes « urticants », c’est pourtant souvent la meilleure façon de les résoudre ! Si une revendication relève d’une démarche sincère, il y a toujours une issue raisonnable, conforme aux principes laïques. Et s’il s’agit d’une démarche provocatrice, on ne gagne jamais à entrer dans la provocation. Il faut donc à la fois éviter les dramatisations à propos de manifestations ou de revendications religieuses, et ne pas rester inerte face à des revendications ou des comportements contraires aux libertés fondamentales, aux droits des personnes, à l’égalité homme-femme… Cela suppose de hiérarchiser les problèmes rencontrés et d’éviter autant que possible de tomber dans l’émotionnel, ce qui suppose souvent de résister aux effets médiatiques. B : Bosser. Mais pour analyser correctement, il faut « bosser ». (J’aurai du dire travailler mais il me fallait un B). Trouver des solutions pertinentes exige en effet de travailler, car il n’y a que dans le dictionnaire que la Réussite précède le Travail ! Il ne suffit pas de vouloir ce qui est bien, il faut savoir ce qui est juste et donc connaître le cadre juridique de la laïcité, la philosophie politique qui l’a inspiré et l’histoire qui l’a mis en place. Il faut faire un effort pour dépasser les évidences qui n’en sont pas, les représentations fausses ou incomplètes liées au manque de connaissances historiques ou culturelles. Ce travail indispensable doit se conduire dans une réflexion liée à l’action, aux problèmes locaux concrètement rencontrés. Pour cela, de nombreux outils sont disponibles : des publications ou ouvrages, le site laicite-laligue.org… Et je me réjouis que la publication d’un guide spécifique pour le secteur sportif de la ligue de l’enseigement soit en préparation. C :  Comprendre sans être complaisant. Si l’on veut affronter des situations conflictuelles dans la perspective de les surmonter, il faut comprendre leur nature réelle et les motivations profondes des personnes concernées. Il faut faire preuve d’empathie, c’est-à-dire comprendre le point de vue d’autrui, concevoir son expérience, sa pensée, ses sentiments, sans pour autant se fondre et se confondre avec lui. C’est en faisant confiance qu’on génère la confiance, la suspicion entraînant la méfiance. C’est dans ce cadre et cette démarche qu’on peut apprécier la nature réelle des revendications religieuses de ceux qui s’estiment mal acceptés par la société française et qui trouvent dans la religion une dignité qu’ils estiment malmenée, voire un sens à leur vie.

D : Dialoguer. Pour agir sur les mentalités, rien ne remplace l’organisation d’un dialogue ouvert, généreux et rigoureux. Mais débattre exige à la fois l’affirmation de convictions profondes et l’exercice de cette faculté si riche de l’esprit : le doute, c’est-à-dire considérer qu’il peut y avoir une part de vérité chez l’autre, qui permet l’enrichissement de ses propres positions par un vrai débat. C’est en effet dans la confrontation avec l’altérité qu’on se construit comme personne libre et qu’on forge ses propres convictions. Ce n’est que lorsque celles-ci ne sont pas suffisamment affirmées qu’on a tendance à transformer en conflit la confrontation amicale dans le dialogue, à substituer à l’empathie avec l’autre la méfiance à son égard. Quand on se sent fort dans ses convictions, on a envie de découvrir l’autre. Quand, au contraire, on est faible on a peur de partager car on craint de se perdre dans l’altérité.

Pierre Tournemire lors de son intervention – très applaudie – à la tribune de l’assemblée générale de l’Ufolep, le 26 avril 2015 à Orléans.

POUR CONCLURE Les questions concrètes qui nous sont posées ou risquent fort de l’être – créneaux réservés dans les piscines, port de signes d’appartenance religieuse, revendications alimentaires, pratique du jeûne pendant les activités, prières – doivent être traitées à la lumière de ce que je viens de dire, en examinant chaque situation dans le respect des personnes et des exigences collectives. Pour que la laïcité soit une valeur partagée, il nous faut gérer intelligemment les prescriptions et les interdits religieux. Il est indispensable de ne pas mettre le croyant dans l’alternative d’avoir à enfreindre les interdits de sa religion ou de transgresser les contraintes juridiques ou sociales. Dans le strict respect de la loi de 1905, l’affichage des appartenances, les revendications alimentaires, vestimentaires ou autres relèvent d’un choix personnel et doivent être examinées à l’aune des problèmes réels qu’ils occasionnent pour les autres ou pour le fonctionnement social. On ne doit pas juger les personnes sur ce qu’elles sont, sur ce qu’elles pensent, ou sur leur apparence, mais sur ce qu’elles font. Nous n’avons pas à condamner des idées ou des signes mais des comportements répréhensibles. L’affichage libre et volontaire des convictions personnelles, philosophiques, politiques ou religieuses n’est pas a priori contraire à la laïcité sauf s’il génère des comportements inacceptables. C’est sur cette base que toute mesure d’interdiction doit être justifiée et explicitée, non sur des considérations religieuses, mais pour préserver l’intérêt général et notre projet éducatif. ● Octobre 2015

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reportage

« inclusion par le sport » en région Centre

Le sport, malgré la précarité En partenariat avec la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) Centre-Val-de-Loire, l’Ufolep anime dans les six départements de la région des ateliers sportifs pour des personnes en difficulté sociale.

I

ls et elles ont fui leur pays, sont en situation d’isolement ou d’exclusion, subissent des violences à leur domicile ou se trouvent aux prises avec des addictions. Ces personnes ne sont pas à la rue mais hébergées en centre d’accueil des demandeurs d’asile, de réinsertion sociale, en accueil de jour et autres établissements sociaux chapeautés par la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) Centre-Val-de-Loire. Autant d’hommes et de femmes aux profils très différents qui se voient proposer une pratique sportive régulière encadrée par l’Ufolep. « Au-delà de l’urgence de leur trouver un toit, nous avons le souci de favoriser leur bien-être physique et mental » explique Yassire Bakhallou, conseiller en animation sportive à la DRJSCS. L’an passé, cette action expérimentale a concerné plus de 600 personnes dans une cinquantaine d’établissements répartis dans les six départements de la région : Cher, Eure-et-Loir, Indre, Indre-et-Loire, Loir-etCher et Loiret. Reconduit à la rentrée, ce Dispositif d’in-

clusion par le sport (Dips) sera progressivement élargi. D’une durée de une à deux heures, les séances sont hebdomadaires et l’éducateur Ufolep accompagné du travailleur social attaché à ces personnes dont il connaît les fragilités. « La confiance s’est très rapidement installée entre l’éducateur sportif et les résidents, qui après quelques séances se sont même enhardis à proposer euxmêmes des activités », témoigne Aline Venant, du centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) de Romorantin (Loir-et-Cher), qui de son côté passe un coup de téléphone aux résidents volontaires la veille de l’animation sportive « afin de leur rappeler le rendez-vous et de les remotiver si besoin ». PRATIQUE PARTAGÉE Mais cela n’est pas toujours nécessaire, en particulier pour les demandeurs d’asile, très demandeurs d’une activité qui leur permet de s’entretenir physiquement et de rompre leur isolement. « Quand je fais du sport, je souffre

COMITÉS UFOLEP : CRÉATIONS D’EMPLOIS ET DYNAMIQUES DÉPARTEMENTALES a permis de développer l’emploi et le

mental et l’éducateur se sont investis

Ufilop 45

Le dispositif étrenné en région Centre

sur d’autres projets, comme les séjours

champ « sport et société ».

« Fun Creps » durant lesquels des jeunes rencontrent un sportif de haut niveau

Tous les comités Ufolep de la région

mais pratiquent aussi des activités

n’étaient en mesure de proposer d’em-

sportives variées et sont sensibilisés à

blée les animations sportives prévues

des thématiques « citoyennes » (han-

par le Dispositif d’inclusion par le

disport, santé, nutrition, mixité...).

sport. Grâce aux financements conjoints du dispositif Cap

Désormais, le comité anime également des séances d’acti-

Asso (Conseil régional) et du Centre national de développe-

vités physiques pour des personnes en recherche d’emploi

ment du sport (CNDS, qui dépend de l’État), quatre postes,

en formation à l’Ifrep (Institut de formation et recherche

financés à 80% sur quatre ans, ont été créés à la rentrée

éducation permanente), pour des adolescents suivis par la

2014 : trois d’éducateurs départementaux (Cher, Eure-et-

PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) et pour des déte-

Loir, Indre-et-Loire) et un de coordinatrice régionale.

nus de la Maison d’arrêt de Bourges (1). Enfin, l’Ufolep du

Dans le Cher, le dispositif a également permis d’enclencher

Cher est en contact avec l’Épide d’Osmoy, dédié à insertion

toute une dynamique autour du développement du champ

des jeunes les plus éloignés de l’emploi, afin d’y encadrer

« sport et société », sur lequel le comité était jusqu’alors

des activités innovantes. ● Ph.B.

absent. Parallèlement au Dips, et fort des orientations don-

(1) Des interventions qui, comme pour les établissements touchés via le Dips, ont donné lieu à l’affiliation de ces structures à l’Ufolep via la formule C3S réservée aux associations à objet non sportif.

nées par une équipe d’élus renouvelée, le délégué départe-

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Octobre 2015

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t Ufolep Centre

un peu mais après je suis contente, je me sens mieux confie Viviane, 27 ans, originaire du Tchad, hébergée au Cada de Blois. Et puis cela me permet de faire des connaissances : maintenant, il m’arrive de croiser en ville des gens que je connais. Et si au début je vouvoyais les autres, aujourd’hui on se dit “tu” et on discute sur nos vies. » « Durant l’année, le nombre de participants et leur implication n’a fait que croître, toutes structures confondues » confirme Sébastien Nourry, éducateur sportif à l’Ufolep Loir-et-Cher. Les plus « anciens » se chargent en effet eux-mêmes de la promotion de l’activité auprès des nouveaux arrivants ! « Outre les bienfaits physiologique de l’activité, nous travaillons sur l’estime de soi et le relationnel, tout particulièrement à Blois où nous accueillons conjointement les publics de trois structures différentes. Cette hétérogénéité complique parfois un peu la mise en place des ateliers, mais au final chacun y trouve son compte. Sans le sport, ces personnes ne se seraient jamais croisées, et côtoyer des partenaires de jeu confrontés à d’autres types de problèmes permet parfois de relativiser sa propre situation » observe l’éducateur. PLEIN AIR, SPORTS COLLECTIFS ET INNOVANTS Cette diversité des publics, son homologue Benoît Colliot y est également confronté dans le Cher, où à ce jour cinq structures sont parties prenantes du projet. « Les demandeurs d’asile sont principalement des hommes de 18 à 35 ans tandis que le public de l’accueil de jour (hébergement d’urgence) est mixte et légèrement plus âgé. La “pension de famille”, ce sont généralement des hommes de 45 à 65 ans, et le “relai” des mères avec enfants. Enfin,

l’ACSC, une structure du Secours catholique, accueille des femmes victimes de violences conjugales » précise l’éducateur sportif. Les trois créneaux hebdomadaires proposés réunissent en moyenne dix à douze personnes : activités de plein air le mardi matin, sports collectifs et renforcement musculaire le mardi soir, sports innovants et jeux de raquette le vendredi matin… « Pratiquer du sport me fait un bien fou : je m’évade, je décompresse, je me défoule. Me sentir bien dans mon corps me motive aussi pour avancer dans ma vie » confie Nathalie Rougy, résidente du Groupe d’entraide mutuelle (Gem Amila) de Blois. Or l’une des finalités du projet est justement d’aider ces personnes en situation précaire, souvent fragilisées psychologiquement, à retrouver confiance en elles, à se prendre en main. Aussi, afin d’en mesurer les effets attendus, la DRJSCS et l’Ufolep ont conçu un « livret de suivi » qui renseigne sur l’investissement de chaque participant, son autonomie et son hygiène de vie, avec une part d’auto-évaluation. S’y ajoutent une évaluation des séances par les animateurs sportifs et une enquête de satisfaction auprès des établissements. Les retours sont généralement excellents, et la rentrée 2015 verra l’élargissement du projet à d’autres établissements sociaux, tandis que d’autres fédérations sportives pourraient aussi le rejoindre. En attendant peut-être, l’an prochain, l’ouverture du projet à de nouveaux publics, comme les personnes en situation de handicap ou les habitants des quartiers prioritaires et des communes situées en zone de revitalisation rurale. ● Laëtitia Bonneville, coordinatrice du projet pour l’Ufolep Octobre 2015

Lors des séances en gymnase, les pratiques innovantes permettent de mélanger plus facilement les publics.

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« Favoriser le bien-être des personnes »

F

rançois Le Yondre, invité du colloque organisé le 16 juin à Orléans pour fêter la première année du Dispositif d’inclusion par le sport (Dips), vous êtes intervenu sur la pratique des « personnes vulnérables » : qui sont-elles ? Ce terme de « personnes vulnérables » est avant tout une facilité langagière qui permet de réunir sous un même vocable des publics très différents. Par exemple, j’ai moi-même beaucoup travaillé auprès de chômeurs de longue durée, tandis que le dispositif développé en région Centre s’adresse à la fois à des demandeurs d’asile, des femmes battues et des personnes en situation de handicap mental. Il s’agit néanmoins de personnes qui éprouvent toutes, à un moment de leur vie, le besoin de se ressaisir ou d’être accompagnées pour se reconstruire. C’est d’ailleurs l’un des objectifs affichés de l’offre de pratique sportive qui leur est destinée : les aider à retrouver un équilibre ou un mode de vie plus sain.

*François Le Yondre est maître de conférences à l’université Rennes 2.

Quel regard portez-vous plus précisément sur ce dispositif innovant ? Je ne me suis pas penché sur ce public ni sur ce dispositif en particulier, même si j’ai contribué à la formation de travailleurs sociaux impliqués dans celui-ci. J’observe toutefois qu’il s’inscrit dans une démarche nationale, engagée par le ministère des Sports, qui marque une inflexion des objectifs généralement assignés à ce type d’interventions. Auparavant primait le souci de « transformer » l’individu, afin qu’il s’intègre au corps social. Évidemment, il était louable de vouloir utiliser le sport pour cette vocation sociale – comme cela fut aussi le cas

« UN MODE DE VIE NORMAL » Conseiller en animation sportive à la DRJSCS Centre-Val-de-Loire, Yassire Bakhallou (yassire.BAKHALLOU@sante.gouv.fr) revient sur la genèse du Dispositif d’insertion par le sport. « L’inclusion sociale se définit comme un processus “permettant aux personnes en danger de pauvreté et d’exclusion sociale de bénéficier des possibilités et des ressources nécessaires pour participer à la vie économique et sociale, en jouissant d’un mode de vie considéré comme normal dans la société dans laquelle ils vivent.” À la DRJSCS Centre-Val-de-Loire, nous avons souhaité favoriser cette inclusion sociale au moyen du sport, avec un dispositif innovant construit en collaboration avec l’Ufolep : le “Dips”, qui a suscité un réel engouement. La mixité des publics, venus d’établissements différents, est également une réussite, tout comme le tandem éducateur sportif-travailleur social. » ●

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rédit DDCSPP Châteauroux

Pour le sociologue François Le Yondre*, le dispositif expérimenté en région Centre illustre une nouvelle façon d’envisager la pratique sportive des personnes en situation de précarité.

La marche nordique, plébiscitée par les demandeurs d’asile du centre d’accueil de Châteauroux.

auprès des jeunes des quartiers ou en difficulté. Mais cela se faisait souvent sans avoir suffisamment réfléchi sur ce qui, dans le sport, permet de socialiser, d’éduquer, d’insérer ou de développer des compétences professionnelles. Désormais, le but est davantage de favoriser l’épanouissement et le bien-être des personnes. C’est moins ambitieux, mais plus réaliste. On considère le sport comme un élément de la culture commune auquel chacun doit avoir accès, mais sans le parer de toutes les vertus ni sans y voir la solution à tous les problèmes : c’est en tout cas l’approche qui semblait faire consensus lors du colloque. Si la pratique sportive permet à la personne de se sentir mieux dans sa peau et d’en rencontrer d’autres, de tisser du lien social, le principal objectif est déjà atteint. Cette approche est-elle partagée par tous les acteurs sportifs ? Dans le passé, la prise d’une licence dans un club était généralement présentée comme gage de réussite d’un processus de sociabilisation… L’une des tables rondes du colloque s’intéressait justement à la place que le monde du sport accorde – ou non – à ces publics. Cette table ronde a mis en évidence deux éléments : d’une part, orienter les bénéficiaires du dispositif vers une pratique régulière en club n’apparaît pas comme une priorité ; d’autre part, l’offre sportive ne répond pas aux attentes d’un public qui n’est pas attiré par l’idée de compétition, de dépassement de soi, ni même de progression technique. Or cette approche demeure celle de la plupart des clubs, au détriment de celle qui considère le loisir et le bien-être comme une fin en soi. Même le président du Comité régional olympique et sportif (Cros) a fini par convenir que ce serait bien que les associations sportives puissent aussi répondre à ces aspirations-là : faire du sport pour s’amuser, sans ce rapport compétitif qui peut être anxiogène pour ces publics en difficulté, et les éloigner des bienfaits d’une pratique régulière, tant sur le plan physique que psychologique. ● Recueilli par Philippe Brenot


réseau

Anniversaire

40 ans de GRS Ufolep Les pionnières de l’activité se sont retrouvées fin mai lors de la finale nationale par équipe. L’occasion d’un coup d’œil dans le rétro.

L

e 30 mai, la finale nationale des championnats de gymnastique rythmique et sportive par équipe organisée à Villeneuve-d’Ascq (Nord) a permis de fêter les 40 ans de la création de la commission technique chargée de l’activité à l’Ufolep. Aux pionnières réunies pour l’occasion se sont jointes toutes celles qui en ont été membres et fréquentent encore nos championnats. En leur honneur, plusieurs équipes du Nord et leurs entraîneurs ont même exécuté le tout premier « imposé » créé pour un « programme de masse » : un enchaînement à quatre pour débutantes qui était encore présent dans bien des mémoires. Surtout la musique, dont l’air fut joyeusement repris en chœur ! Cet événement a également permis de mesurer le chemin parcouru depuis les années 1970, quand le combat pour l’égalité hommes-femmes se jouait aussi sur le terrain de la pratique sportive : à l’époque, l’Ufolep était encore essentiellement masculine et principalement tournée vers la compétition. Néanmoins, même si elles ont dû lutter pour cela et vaincre certaines réticences, l’Ufolep a permis à des femmes décidées de mettre en place une activité sportive féminine artistique. Une activité venue des pays d’Europe de l’Est et alors tout juste naissante en France, où tout restait à structurer, et même à inventer ! Plusieurs éléments ont concouru au succès de la GRS Ufolep. Le premier fut probablement la farouche volonté de ces femmes, presque toutes professeures d’EPS, de construire un projet de développement cohérent. Ensuite, ces enseignantes étaient à la fois impliquées dans le sport scolaire UNSS et dans le sport loisir Ufolep, ce qui a favorisé des échanges fructueux et la création

À l’occasion des 150 ans de la Ligue de l’enseignement, En Jeu met l’accent sur des engagements sportifs qui ont contribué à son rayonnement et à celui de l’Ufolep.

Relevées sur l’une des affiches de la petite exposition retraçant à Villeneuve-d’Ascq 40 ans de «  militantisme  », ces quelques phrases traduisent bien l’esprit de l’époque : « Elles sont tout : gymnastes, entraîneurs,

Annie Krempf / Archives En Jeu

FÉMINISME ET JUSTAUCORPS

juges, managers, personnel administratif, formatrices… Mais encore, elles font des bébés, travaillent, ont une famille… Mais encore, ont grand plaisir à se retrouver pour développer cette activité appelée successivement : gymnastique Medau, gymnastique moderne, gymnastique rythmique et sportive, gymnastique rythmique. Mais encore, elles gardent dans leur cœur un grand bonheur de cette construction partagée. » ●

Octobre 2015

D’un stage à Draguignan en 1979…

… au national par équipe de Villeneuve-d’Ascq en 2015 : une complicité intacte ! *

d’outils pédagogiques de base pour tous les débutants : programme de masse et pré-collectif, création de degrés de maîtrise, festival… Enfin, l’Ufolep a donné à ces « éclaireuses » les moyens de se retrouver une semaine par an pour formaliser ces contenus, puis animer en région des stages d’initiation qui ont aussitôt suscité un véritable engouement. Quarante ans après, où en est la GRS à l’Ufolep ? Eh bien, même si parallèlement l’activité s’est également développée au sein de la Fédération française de gymnastique, en 2013 elle a franchi dans nos rangs le cap des 10 000 licencié(e)s et les rassemblements nationaux, comme celui de Villeneuve-d’Ascq, témoignent de sa vitalité. On peut également se féliciter que, fortes de la progression des activités d’expression, les féminines représentent désormais la moitié des effectifs de l’Ufolep, toutes disciplines confondues ! Souhaitons à celles qui ont repris le flambeau le même plaisir, dans l’innovation et la diversité. Car les « anciennes » en sont persuadées : c’est bien le parti-pris d’une GRS pensée « autrement », au service du sport pour tous, qui a fait le succès de ce qui était alors toute une aventure ! ● Annie Krempf *Sur la photo 2015 ci-dessus, on reconnaîtra (de gauche à droite) : Élisabeth Mattéo, Nelly Aradan, Françoise Péchillon, sa sœur Isabelle Jacquet (médaille d’honneur de l’Ufolep lors de la dernière AG d’Orléans), Élisabeth Lebecque et Annie Krempf. Annie Krempf, qui signe cet article au nom de toutes ses camarades, est par ailleurs élue nationale de l’Ufolep et désormais présidente du comité de Dordogne.

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)

histoires

Morceaux choisis L aurent B énézech

Éloge de la passe en retrait

A

Anatomie d’une partie de rugby, éditions Prolongations, 2007, 260 pages, 30 €.

FFR

ussi longtemps que le ballon se donnera en retrait uniquement, le rugby possèdera un effet suranné qui n’est pas près de s’évaporer. Cette règle apporte avec elle les époques passées comme autant de cultures dont ce sport ne pourra se détacher. À chacune de ces passes, une légère traînée sépia lui fait traverser le temps sans qu’il ne prenne un grain de modernité. C’est là sa grande différence. Les autres pratiques sportives n’ont, elles, dans leurs règlements aucun reflet de temporalité. Elles sont seulement identifiées par leur actualité. Pour mieux le comprendre encore, posons ici un œil de sociologue et de philosophe. Le principe de la passe uniquement vers un partenaire situé en retrait est en effet fortement chargé en valeurs symboliques. Il représente le passage de témoin entre le maître, celui qui est devant, et l’élève, celui qui se tient derrière. Le fait que le règlement s’applique pour tous de manière similaire va même plus loin dans le signifiant. Il fait de ce sport une représentation quasi idéale d’un régime de type démocratique, tout au moins dans sa définition initiale. Chaque membre de l’assemblée est appelé à être l’élu, le porteur du ballon, tout en sachant qu’il devra laisser la place, la passe, à un partenaire dès qu’il le jugera nécessaire en faveur du bien collectif. Ainsi chaque individu est-il à même d’exercer le pouvoir et de le laisser selon les intérêts de la communauté. Et cette règle, qui au départ paraissait

ANATOMIE D’UNE PARTIE DE RUGBY Quinze fois international dans les années 1990, ancien pilier de Pamiers, du Stade Toulousain, du Racing, des Harlequins de Londres et du RC Narbonne, Laurent Bénézech a publié en octobre 2014 Rugby, où sont tes valeurs ?, ouvrage où il étayait ses accusations de dopage et de surmédicalisation dans le rugby professionnel. Celles-ci lui ont valu un procès en diffamation (dans lequel il a été relaxé) et une nouvelle notoriété de lanceur d’alerte. Mais cet ancien consultant à l’Équipe 21 et Europe 1, titulaire d’un DEA en économie et reconverti dans les relations publiques, est d’abord un passionné de ce jeu qu’il a pratiqué au plus haut niveau. Une passion qui éclaire cette Anatomie d’une partie de rugby aux accents de « dictionnaire amoureux ». En témoigne l’extrait où il évoque la philosophie du jeu, résumée à ses yeux par un geste : la passe en retrait, en laquelle il n’est pas loin de voir un idéal démocratique. ● Ph.B.

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Le ballon comme une offrande.

bien simple et semble aujourd’hui si désuète, est l’acte fondateur qui fait du rugby un sport à part. Pour vous en convaincre, prenons le système inverse : imaginons un changement de règlement qui permettrait de passer la balle dans n’importe quelle direction. Les répercussions de cette évolution iraient bien au-delà de la simple adaptation des tactiques de jeu. Il se créerait alors une véritable rupture dans l’équipe entre les donneurs d’ordre, les lanceurs de ballon, et les exécutants, les coureurs. Un système de type plus monarchique en quelque sorte… Il y a dans cette explication une certaine logique sociologique qui se justifie dans l’historique de la genèse rugbystique. Ou plutôt dans l’histoire de la passe en retrait, car celle-ci commence bien avant la création même de ce sport. Eh oui ! surprise, le principe de passer uniquement le ballon vers l’arrière était déjà instauré ce jour de 1823 où William Webb Ellis se saisit avec les mains de la balle sur ce fameux terrain de Rugby qui, à ce moment-là, n’en était pas encore un. Comment était-ce possible ? Tout simplement parce que le jeu de « foot-ball » que le jeune impudent avait perturbé, et qui consistait en un affrontement entre deux équipes dont la finalité était d’envoyer au pied une balle passer entre les poteaux en forme de T de l’adversaire, ce « foot-ball », donc, comportait déjà ce principe de transmission de la balle. Il existait en effet dans cette distraction à la mode à l’époque un usage qui autorisait un joueur à prendre le ballon dans ses mains, à condition qu’il le passe en arrière à son partenaire, seul autorisé alors à viser les poteaux et à marquer. Le fait de toujours devoir transmettre le ballon à un coéquipier situé en retrait date donc, au plus tard, du début du xixe siècle, voire même avant, du xviiie. Or cette époque est marquée, en Europe, par la montée des systèmes démocratiques comme modèles de gouvernance. (…) ● © éditions Prolongations


je me souviens... Frédéric Pommier

) Emmanuelle Marchadour / Seuil

U Journaliste à France Inter, Frédéric Pommier, 40 ans, présente « Le Carrefour de la culture », le vendredi à 6h45, et la revue de presse du weekend, les samedis et dimanches à 8h30. Il est aussi l’auteur d’une pièce de théâtre et de trois livres de chroniques sur le langage médiatique (dernier paru : L’Assassin court toujours et autres expressions insoutenables (Seuil, 2014, 15 €).

n petit pavillon d’un petit lotissement d’un village de l’Orne. Il faut trouver à s’occuper. Heureusement, il y a un jardin. Et la télévision (la télé en couleurs, achetée par mon père en 1982, à l’occasion de la finale de la Coupe du monde de foot). Et puis il y a les ambitions, insensées la plupart du temps, que suscite la retransmission des rencontres sportives. Juillet, on reste à la maison. Le Tour de France dans le salon. On ne part en vacances qu’en août. Deux vélos d’occasion. Mon grand frère a de l’endurance et j’essaye de le suivre dans les rues du lotissement. J’ai huit ans, je me rêve maillot jaune ! Puis je tombe et me blesse au genou. Petit bobo, mais grosse frayeur. Fin du rêve et fin du vélo... L’année suivante, ce sont les JO de Los Angeles. Mes parents regardent les épreuves de gymnastique – le cheval d’arçon, la poutre, les barres parallèles. À cause de la chaleur, la porte-fenêtre est ouverte et la voix des commentateurs envahit le jardin, dans lequel je tente de reproduire, en léger différé, les figures des athlètes sur le portique en fer installé l’été précédent. Les mains dans les anneaux, les talons sur la balançoire et hop ! Saut périlleux vers le trapèze ! J’ai neuf ans, je me rêve médaille d’or ! Puis je tombe et me casse le bras. Gros bobo, énorme frayeur. Fin du rêve et fin des agrès... Roland-Garros 85. Chris Evert et Mats Wilander s’im-

posent sur la terre battue. Ma mère aime beaucoup Chris Evert. J’ai dix ans, je me rêve Mats Wilander ! Un tournoi est organisé sur le terrain du lotissement. Un terrain en goudron. Ma mère remporte la finale dame. Et moi, pour la finale enfant, je me retrouve face à mon frère, qui me bat à plate couture. Il a la coupe, j’ai la médaille. Il est plus fort, je suis jaloux. Je traîne des pieds en rentrant à la maison, je me fais une entorse à la cheville. Fin du rêve et fin du tennis... Par la suite, je me suis rêvé champion de natation, mais je n’ai jamais su garder la tête sous l’eau. Puis, vers l’âge de treize ans, je me suis soudain rêvé jockey, mais sans avoir jamais monté le moindre canasson. C’est à cette époque-là que ma grand-mère m’a confié qu’elle, elle aurait rêvé de faire de la course automobile : « Pas de la Formule 1, mais des rallyes, tu vois ? Du 4x4 dans la boue ! Si je n’en ai pas fait, c’est parce que c’est dangereux, et je devais m’occuper de mes filles. » Parfois, les rêves sportifs doivent rester au stade du rêve... Les miens, en l’occurrence, n’ont été qu’une suite de rendez-vous manqués. Mais en grandissant, j’ai compris que l’intérêt du sport n’était pas forcément dans la victoire, ni même dans la compétition, mais plutôt dans le jeu. Le plaisir du jeu... Vive les parties de ping-pong, l’été, sous le soleil, avec le pastis et les chips ! ●

l’image

LARTIGUE, LA VIE EN COULEURS Ascoli Piceno, 1958 / J. H. Lartigue © Ministère de la Culture – France AAJHL

En 1963, une exposition au prestigieux MoMA de New York révélait au monde entier et à la France l’immense talent de photographe de Jacques Henri Lartigue. Trois décennies après sa mort, en 1986, à l’âge de 92 ans, on découvre à présent que son œuvre ne se réduisait pas au noir et blanc mais s’épanouissait aussi dans la couleur. Dès les années 1910, Lartigue l’apprivoise avec des autochromes exigeant un long temps de pose. Puis, à partir des années 1950, il en fait le témoin de ses multiples escapades avec sa troisième épouse, Florette. Comme en ce jour de 1958 à Ascoli Piceno (Italie), où cet éternel enfant ne manqua pas d’immortaliser une course de voitures à pédales. ● Lartigue, la vie en couleurs, textes de Martine d’Astier et Martine Ravache, Seuil, 128 pages, 29,90 €. Cet ouvrage fait office de catalogue de l’exposition présentée du 26 juin au 23 août dernier à Paris à la Maison européenne de la photographie.

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en jeu une autre idée du sport ufolep n°18

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pratique

Le service civique universel

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Téléchargez le cahier « service civique » sur www.ufolep.org : http://urlz.fr/2fBV

n 2014, 35 000 jeunes ont effectué une mission de service civique, dont environ 13% dans le secteur du sport (1). En vertu de l’agrément national dont l’Ufolep bénéficie par l’intermédiaire de la Ligue de l’enseignement, plus de 200 d’entre eux ont effectué cette mission au sein d’un de nos comités départementaux ou régionaux et, à la marge, de quelques unes de nos associations locales. Il était en effet difficile de promouvoir ce dispositif auprès d’elles en raison du peu de postes ouverts. Mais, avec l’instauration au 1er juin du « service civique universel », assortie de la promesse du président de la République de 150 000 missions proposées aux jeunes d’ici fin 2015, l’Agence nationale du service civique (ASC) devra être en mesure de répondre à l’engouement suscité par le dispositif chez les 16-25 ans. Un chiffre en témoigne : pour chaque mission, il y avait jusqu’à présent quatre candidats en moyenne. On les comprend : outre le fait de disposer d’une indemnité mensuelle (2), 75% des anciens volontaires se trouvent en emploi ou en formation six mois après la fin de leur mission (3). Chargé du dossier, le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a sollicité les fédérations sportives, dont l’Ufolep, qui soutient résolument le projet. Pour un club Ufolep, c’est notamment l’occasion de favoriser l’insertion sociale et professionnelle d’un jeune généralement peu diplômé, tout en se donnant les moyens humains de développer son projet associatif. Un catalogue des différents types de missions est disponible (www.service-civique.gouv.fr). En complément, l’Ufolep et la Ligue de l’enseignement finalisent actuel-

B© Olivier Pezzot-Molly-eyes

La réforme du service civique universel, actée le 1er juin, permet d’accueillir plus facilement un jeune au sein de votre association.

Objectif 150 000 missions d’ici fin 2015.

lement, en concertation avec l’ASC, des fiches de mission répondant aux besoins spécifiques des associations locales. Parmi les pistes envisagées : l’organisation d’événementiels associatifs, l’animation d’équipements sportifs en milieu rural ou l’accompagnement de nouvelles pratiques. Rappelons en outre que le service civique universel entre dans le cadre du plan «  Citoyenneté du sport » impulsé par le gouvernement au lendemain des événements de janvier 2015. ● Pierre Chevalier, DTN de l’Ufolep pchevalier.laligue@ufolep-usep.fr (1) Chiffre 2013 pour le pourcentage. (2) L’État verse une indemnité de 467 € à laquelle s’ajoute une somme de 106 € versée par l’association, pour un contrat d’une durée hebdomadaire minimum de 24 heures, sur une période de 6 à 12 mois. Le jeune bénéficie d’une couverture sociale et des trimestres validés, de la possibilité de bénéficier de fonds d’assurance formation professionnelle, d’un accompagnement dans la mission et d’une formation civique obligatoire. (3) Sondage TNS-Sofres de 2014.

ACCORD AVEC LA SACEM POUR LES ACTIVITÉS PHYSIQUES D’ENTRETIEN Les droits à acquitter auprès de la Société des artistes, com-

coût sera intégralement pris en charge par la fédération.

positeurs et éditeurs de musique (Sacem) sont un vrai casse-

Attention : les modalités ne changent pas pour la gymnastique

tête pour les associations. En effet, pour toute utilisation de

artistique et sportive ou rythmique et sportive, même si nous

musique, il faut souscrire un contrat qui diffère selon qu’il

espérons pouvoir apporter des éléments de réponse pour les

s’agit d’un fond sonore lors d’une séance de pratique, d’un

saisons suivantes. Et en ce qui concerne les manifestations

spectacle ou d’un gala, d’une soirée dansante ou d’un événe-

exceptionnelles, soirées dansantes et spectacles, nos asso-

ment animé avec une sono.

ciations doivent toujours remplir une déclaration auprès de

Le problème se pose avec une acuité particulière pour les acti-

leur délégation régionale Sacem afin d’acquitter la redevance

vités physiques d’entretien. C’est pourquoi l’Ufolep a négocié

correspondante. Elles bénéficient toutefois d’un abattement

avec la Sacem un contrat collectif concernant spécifiquement

de 12,5 % en vertu de notre appartenance à un mouvement

les associations dédiées aux APE. Il stipule que «  la redevance

d’éducation populaire, la Ligue de l’enseignement.

Sacem est déterminée en considération du nombre d’élèves

Nous n’abandonnons pas non plus l’idée d’un « forfait » qui

par club participant aux activités sportives en musique, qu’il

soulagerait l’ensemble de nos associations de démarches

s’agisse d’activités traditionnelles en salle ou d’activités dan-

administratives contraignantes. Si la technicité du dossier

sées ». Établi pour la saison 2015-2016, il sera facturé sur

n’a pas encore permis d’aboutir, nous espérons que l’accord

la base de nos fichiers d’associations et d’adhérents et son

conclu pour les APE sera un premier pas sur cette voie. ● P.C

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Ej ufolep 18 octobre 2015  

Revue de l'Ufolep, fédération sport loisir Dossier Sport en entreprise Egalement au sommaire : Move Week, Dispositif d'inclusion par le spor...

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