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OURS Rédacteur en chef : Marvin Thine Graphisme  : Charly Braye Mise en page & illustrations – Charly Braye - http://22-22-design.tumblr.com/ Couverture – Fabien Mazé - http://xkuz.net/

Rédacteurs: Marvin Thine, Simon Taulelle, Damien Moragues, Antoine Sadousty Secrétaires de rédaction: Julie Guitton, Marvin Thine Photographies: Marvin Thine, Hugo Carlin, Davide Spalvieri, Sven Von Schlachta, Nico Sauermann, Nicole Fleck, Brad T.Miller - http://www.riptidebushings.com/, Nicolas Dormont, Benjamin Sailly (Beleza Studio La Réunion), Jack McKee, Cyril Gourdain, Ehretic Photography, Gaël Canonne, Antoine Sadousty, Laurent Pons, Alvin Sandel Reyes, Sharon Lau, Petra Moser, Nadia Hozic Sunny Chili Kisses: Brad T.Miller - http://www.riptidebushings.com/, Spoky Woky, Christine Maier, Fee Bucheler, Mathieu Taulelle, Gaël Cannone, Lotfi Lamaali, Alvin Sandel Reyes aka Binobong, Alex Ulrich, Douglas McKee, Longboard Reunion Island dont Antoine Sadousty, Antoine Badin, Bustin Boards & BeerCanBoards qui nous ont fait confiance ainsi que tous ceux qui nous suivent depuis le début.

RENDEZ-VOUS AU MOIS D’OCTOBRE POUR UDMAG#9 !

Site web: http://udmag.net E-mail: contact@udmag.net

©Copyright UDmag – Tous droits réservés - 2013

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J

e ne sais pas pour vous mais, ces derniers mois, j’ai passé l’essentiel de mon temps à m’enkiloser devant des émissions triées sur le volet. Tel un mammifère, j’hibernais dans ce 60 mètres carré à m’occuper de Joackim avec ses 6 repas par jour. Cette météo sans concession, m’atteignant de jour en jour, je ne trouvais le sourire que dans le visage éveillé du petit Jo et sa maman. Mais aujourd’hui les choses ont changé. Mon corps entame une mutation estivale et le petit Jo pousse de grands cris de bonheur. Pour votre plus grand plaisir, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, laissez-moi vous dire que le soleil est de retour ! C’est dingue comment 25 degrés ont un impact direct sur notre bien-être. Sur les freerides, les slide jams et freestyle contests, tout le monde se met sur son trente et un. La saison s’annonce prometteuse et chacun y va de bon cœur – dresscode harmonieux et cohérent, petite déco par ci, détail qui fait mouche par là, l’été sera coloré, hot & funky. Pour preuve, les riders, toujours plus nombreux, n’hésitent plus à customiser leurs planches, les transformant en de véritables engins tunning. Montage de roues en jantes alu, finitions chromées sur le nose et le tail, grip façon tie & die… la mode éclabousserait-elle le longboard ? Pas le temps de faire du shopping ! Pour ce huitième opus, UDmag s’est mis au charbon. Encore une belle aventure avec de nouveaux collaborateurs et des rubriques qui respirent le grand air. Petit voyage à La Réunion, rencontre avec un dancer hors catégorie, hommage à la créativité et au « Kustom » des sept soleils, skate-trips dans le sud de la France et dans les contrées humides de la Belgique, sans oublier notre Pappy skat’artiste, ainsi que la B.O du magazine présentée par celui que l’on appelle Pieral. Mais soyons francs, un été sans femmes n’est pas un été. Alors pour ce nouveau numéro, UDmag opte pour la parité au sein de son équipe. En plus d’une collaboration féminine, on a décidé de donner la parole aux filles. Plus présentes que jamais, elles ont leur mot à dire et offrent un autre regard sur la pratique. Sexy ou pas ? Certains prétendent que 2013 sera l’année du longboard. Tous ceux qui ont planché sur ce nouvel édit en sont plus que jamais convaincus. Et parce que l’été est là, il n’y a pas meilleure énergie que le soleil comme source d’inspiration conceptuelle, graphique et rédactionnelle. Itinéraire préparé, bagages bouclés, board-bag gonflé à bloc, appareil photo et ordinateur dans le backpack, UDmag s’offre enfin des vacances bien méritées à l’heure des sessions au soleil couchant et des apéros barjots. L’occasion rêvée pour partager avec vous « Spicy & Stoke », le huitième numéro de votre longboard magazine. Un numéro passionné, pour les amoureux (ses) des UV et de l’uréthane. Bonne lecture à tous et profitez de ces deux mois quoiqu’il arrive !

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NEWS

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DRIFTER

LOTFI LAMAALI / RIDE FOR PASSION

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PROFIL MARQUE SEVEN SUNS

BOARD TEST

SUNDANCE DE SEVEN SUNS

EVENT REPORT : OUTDOORMIX FESTIVAL 2013

PRO SECTION GLAMOUR & DECKS

EVENT REPORT : WALLONHILL 2013

HOMESPOT & ROUTE : LA RÉUNION

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BPM

LES TUBES DE L’ÉTÉ!

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NEURONES NATYSHRED

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INSOLITE Roulez carrés ! L’heure est à l’innovation dans la roue et pour preuve, tout le monde en parle. Passer de la roue ronde à la roue carrée, Shark-Wheel l’a fait  ! Un secret bien gardé par ses créateurs qui vous suggère un nouveau type de roues designé pour le speed et le drift. Anti-wobble, stabilité améliorée et résistance, Shark-Wheel révolutionne la roue de skateboard. Disponible en France courant 2013.

CRUISING FAMILIAL La famille s’agrandit et la balade en skate poussette s’avère délicate  ? Longboard Stroller sera la solution à tous vos problèmes. Faites vous plaisir tout en familiarisant les plus jeunes au plaisir de la glisse avec ce nouveau skate-poussette! Pratique, Longboard Stroller a créé un petit fauteuil que l’on vient fixer sur le truck avant histoire d’allier l’utile à l’agréable. A tester d’urgence et à découvrir sur http://www.longboardstroller.com.

TRICKTIONNARY

Plus d’infos sur http://sharkwheel.com/.

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Le monde évolue à toute vitesse et la prolifération des smartphones accentue cette progression. Les longboarders, heureux détenteurs de téléphones intelligents vont pouvoir suivre la cadence et booster leur ride avec ces deux applications. Longboard Trick Tips : https://www.facebook.com/LonboardTrickTips & How To Longboard


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sont les applications qui vous permettront d’afficher votre évolution sur les spots de vos vacances. Du dancing au slide, les figures sont répertoriées et expliquées en vidéos. Vos devoirs de vacances sont là, il ne reste plus qu’à skater ! MATOS Acide, vous avez dit acide ? En cette saison Caliber Truck vous propose de mettre votre board aux couleurs de l’été ! Difficile avec ces trucks de ne pas passer inaperçu. Classe et style garantis !

Plus d’infos, de couleur et de combinaison sur http://calibertruckco.com.

LOADED TECHNOLOGIE Après la très attendue «Chubby Unicorn», Loaded Boards remet le couvert avec une nouvelle planche de freeride: la Tesseract. Une planche ultralégère et polyvalente avec une construction toujours très élaborée, véritable signature de la marque. Au menu: shape symétrique, kicktail, W-concave, rocker… On s’en lèche déjà les babines.

Plus d’infos sur http://www.loadedboards.com/.

LANDY NEWS !

FASHION FOR FREERIDE

La nouvelle venue de chez Landyachtz se nomme «EL BARBARO». Designée par Max Gradlmiller, cette board s’inspire des classiques des années 80 avec toutefois quelques nouveautés comme des passages de roues plus prononcés ou encore un gros concave pour vous bloquer les pieds pendant que vous déchirez les rues de votre ville. Retrouvez également les nouveaux trucks Bear « Polar » ainsi que la dernière version de la Peacemaker!

Trop chaud pour rouler en cuir ? Vous en avez marre des pizzas et des bleus ? Pas de soucis, Arc Leather a pensé à vous en mettant au point un pantalon freeride renforcé à souhait qui vous accompagnera dans toutes vos sessions. Bye bye le crash-pad, bonjour Arc Leather !

Infos et mensuration sur http://www.landyatchz.com/.

Plus d’infos sur leur site http://www.arc-segorbe.com/.

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ROAD KILLER

HAPPYWOOD

La célèbre marque new-yorkaise Bustin Boards s’est lancée dans le marché de la roue il y a maintenant 4 ans. Cet été, ils reviennent en force avec une nouvelle collection, les Sniper ! Avec des lèvres carrées, taillées pour la vitesse il y en aura pour tous les goûts : de 66mm à 75mm. Bref de quoi séduire plus d’un rider.

Les Québécois de chez Rotule Longboards nous dévoilent leur nouvelle arme de DH/Freeride : la Happytail. C’est la première Rotule sans fibre composite mais toujours avec leur formule magique à base d’époxy et de poudre de kevlar.

Plus d’infos sur http://www.bustinboards.com/.

GROSSE CLAQUE  La nouvelle board de freeride de chez Airflow se nomme la «Slap». Avec son concave progressif et son empattement court de 63cm la marque dont la réputation n’est plus à prouver nous propose une planche à l’aise sur tous les fronts !

Plus d’infos sur http://www.airflow-skateboards.com/.

PIMP MY BACK ! Si vous êtes à la recherche d’un cruiser pour rouler en ville et de rider en session freeride avec vos potes ? Alors la Diamondback de DB Longboards est faite pour vous. Slide, cruising, freeride, c’est à vous de choisir. c’est à vous de choisir sur http://www.dblongboards.com

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Du costaud pour les bûcherons https://rotulelongboards.com/.

CHAMPIONNAT DU MONDE Vaccin IDF – piqûre de rappel ! La saison des courses internationales bat son plein. Ces dernières semaines, l’Amérique du Nord a été le théâtre de toutes les surprises. Alors que de solides riders connus du championnat mondial de skateboard de descente défendent leurs places, de nouvelles têtes apparaissent, les femmes s’arrachent pour la victoire et les jeunots prouvent encore que la relève est là. Mention spéciale à la française Marie Bougourd aka Spoky Woky qui s’installe sur la troisième marche du classement mondial IDF, encore bravo ! Prochains rendez-vous : Kozakov Challenge 24/27 juillet, Peyragudes Never Dies 8/11 aout, Festival de la Bajada (12/14 octobre) & Méga Grand Prix (24/27 octobre). Plus d’infos sur http://www.internationaldownhillfederation.org.


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Evénement gratuit

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& Parking

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emilie.mathy@free.fr

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c i s s a l c e lug street ng o L e lug skate

www.peyragudesneverdies.com

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DRIFTER

Lotfi Lamaali

PORTRAIT: LES DANDY’S PHOTOS: ALVIN SANDEL REYES/BINOBONG, LAURENT PONS, ANDRÉ KNIEPKAMP

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PRÈS UNE MÉTÉO DÉMENTE, LES RIDERS RETROUVENT ENFIN LE CHEMIN DES SPOTS. IL VA SANS DIRE QUE L’ARRIVÉE TARDIVE DU SOLEIL SERA PRÉTEXTE À SE FAIRE BEAU ET À FAIRE LE SHOW. MAIS MALGRÉ LA CRÉATIVITÉ ET L’ENGAGEMENT, IL Y A UNE EXIGENCE DE RIDE QUI FAIT LA DIFFÉRENCE, LA PASSION. RENCONTRE AVEC UN RIDER ASSIDU AU TALENT INDÉNIABLE, WOODWALKER. UD - De la sincérité, du style et une aptitude incroyable en dancing & en freestyle. Qui est véritablement celui qu’on nomme Woodwalker ?

sion de l’essayer 1 fois, puis 2 fois puis 3 fois. C’est là ou je me suis aperçu que j’étais piqué par le virus du longboard à tout jamais!  Ensuite il y a eu LA vidéo qui a tout déclenché dans ma tête, celle de Adam Colton et Adam Stokowski « LL - Lotfi Lamaali  , un jeune marocain de 30 The Dancer » qui reste pour moi une référence ans né à Casablanca dans une famille de classe en dancing/freestyle. moyenne. J’ai grandi dans un environnement assez marqué par l’art à vrai dire. Mon père étant  un homme très cultivé et très ouvert sur UD - Aujourd’hui, tu figures parmi les meilleurs toute sorte d’arts que ce soit dans le domaine dancers du globe. Qu’est ce que représente musical, sportif ou autre, encourageait constam- pour toi le dancing ?  ment ma créativité. Tout cela jouera un rôle primordial sur ce que je suis devenu par la suite, LL - Le dancing/freestyle est pour moi principac’est-à-dire quelqu’un qui a toujours soif de pro- lement une manière de s’exprimer. Ça me perduire, créer des choses. Et si j’arrive à toucher met d’extérioriser ce que je ressens à un modes gens par ce que je crée, et bien, dieu merci je ment donné. Et ça se reflète d’ailleurs sur ma sers au moins à quelque chose sur cette planète! manière de rider qui est soit agressive quand je suis contrarié ou stressé par quelque chose, soit plus fluide et posée quand je suis serein  UD - Comment cette histoire sur roulettes a commencé ? UD - Le longboard a forcément une incidence LL - Tout à commencé il y à 5 ans, un jour dans sur nos vies de riders. Qu’est ce que cela t’apl’appartement de mon amie « Anaïs » où j’aper- porte? çois une planche anormalement longue. Je demande donc par curiosité ce que c’est et quelle LL - En effet, ce qui est intriguant dans le longest la différence entre celle-ci et une planche de board, c’est que ce n’est pas juste un sport, ca skateboard classique. Suite à cela j’ai eu l’occa- devient rapidement un style de vie  et un élément

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essentiel qui permet de garder un certain équi- LL - Il y a eu en effet 2 ans d’intervalle entre ma libre mental et physique dans la vie de tous les première vidéo «  Move those feet  » et donc la jours, en tout cas c’est le cas pour moi ! plus récente «  Artiskate  ». Il est évident qu’en 2 ans de temps j’ai appris à mieux maîtriser ma planche et à créer de nouvelles figures et de UD - Vainqueur du « So You Think You Can Long- nouveaux combos grâce aux inspirations que board Dance » et du « Guerilla Contest » orga- j’ai eu durant les différents contest auxquels j’ai nisé par Loaded Boards. Jusqu’ou penses-tu participé et aux différents riders que j’ai renconaller ? tré. Mon évolution «  à l’image » quant à elle,  je la dois principalement au talent de Julien Léger LL - Sincèrement la chose principale qui me [@Lightmedia] qui a su faire ressortir toute la dymotive à participer à ce genre de contests est namique de mes figures grâce à un fond musical de rencontrer de nouvelles personnes et d’ap- intelligemment choisi et un montage de maître ! prendre d’avantage et non seulement de viser la On peut facilement percevoir la bonne humeur 1ère place. Il y a tellement de talents sur la scène régnant sur la vidéo qui reflète parfaitement le du dancing européen et mondial, il faut profiter déroulement du tournage qui a été agréable du de ces événements pour les rencontrer, échan- début à la fin. J’en profite d’ailleurs pour remerger et apprendre. D’ailleurs le prochain rendez- cier Tahina Miault et Alice Aubert pour leur aide vous de grande envergure sera le championnat et leur bonne humeur communicative! européen de dancing à Berlin et il est fixé au 16 août. Ça va être bon ça !

“SI J’ARRIVE À TOUCHER DES GENS PAR CE QUE JE CRÉE, ET BIEN, DIEU MERCI JE SERS AU MOINS À QUELQUE CHOSE SUR CETTE PLANÈTE!” UD - Pour ceux qui te connaissent, tu fais preuve de beaucoup de maturité dans ta dernière vidéo «  Artiskate  » (filmée par Julien Léger). Comment justifies-tu une telle évolution ?

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“LES BHANGRA, OSD ET AUTRES GRINTA VONT ENVAHIR VOS VILLES ET VOS ECRANS !” UD - Penses-tu pouvoir en faire de même en de noblesses. Le rôle des ambassadeurs est de «redémocratiser  » cette discipline dans leurs slide, voire en  freeride/downhill? pays. C’est ce que nous nous efforçons de faire LL - Pour l’instant, aucun projet vidéo compor- ici en France, en créant des contests et en extant exclusivement du slide ou freeride  n’est posant la discipline dans les médias. Donc je reste confiant quant à l’évolution du dancing en planifié, mais qui sait… France. Les Bhangra, OSD, et autres Grinta vont envahir vos villes et vos écrans! UD - Quel est ton avis sur l’évolution de la pratique en France ? UD - Des gros contests en Hollande, d’autres en LL - Ça ne fait que 2 ans que le longboard a ex- Allemagne, la France ne serait-elle pas en replosé un peu partout dans le monde. Le freeride/ tard dans le développement de la pratique dandownhill s’est bien ancré grâce aux gros événe- cing ? ments organisés aux US, bien médiatisés par la suite. L’objectif  maintenant est justement de LL - Certes nos amis hollandais ont organisé le faire en sorte que le dancing retrouve ses lettres « So you think you can longboard dance » en 2013

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qui a été un véritable succès , et nos voisins les allemands le « Guerilla dancing contest », ainsi que le championnat d’Europe de dancing  à venir, mais il ne faut pas oublier que nous en sommes à la 3ème édition du Tang Tang dancing/sliding contest cette année à Paris et que d’autres projets de contests sont à venir. Donc non, la France n’est pas en retard mais plutôt en course avec les autres pays d’europe, ce qui ne peut être que bénéfique pour la promotion du dancing.

prochain Tang Tang contest qui aura lieu certainement autour du mois de septembre et qui accueillera des « special guests » ! Je n’en dis pas plus pour le moment, mais ça va être à NE PAS RATER!  UD - Quels sont tes projets dans un futur proche ?

LL - Pour l’instant mis à part les contests ici et là auxquels je participe, pas encore de projets fixés UD - D’ailleurs pour quand est prévu le Tang mais peut être prochainement une nouvelle colTang Contest #3 ? laboration avec mon ami Julien léger pour une nouvelle vidéo longboard... LL - Nous sommes en ce moment, Laurent Perigault et moi-même, en cours de préparation du

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UD - Quels sont les meilleurs ingrédients pour progresser en dancing ? LL - Mangez des sushis, ne vous prenez pas au sérieux, amusez vous en ridant,   mettez votre musique favorite quand vous pratiquez, répétez le trick que vous êtes entrain d’apprendre 10, 20, 30, 50 fois s’il le faut et n’abandonnez surtout pas avant de l’avoir et vous verrez !  UD - L’unique et seul mot de la fin ? LL - Vous avez fini de lire mes conneries?  Sortez et allez rouler! 

PAGE FACEBOOK: www.facebook.com/LotfiWoodWalker PAGE INSTAGRAM: www.instagram.com/LotfiWoodWalker ARTISKATE PAR JULIEN LÉGER: http://youtu.be/YLbd7SoP0PU

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“VOUS AVEZ FINI DE LIRE MES CONNERIES?  SORTEZ ET ALLEZ ROULER!” 

Lotfi Lamaali


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PROFIL MARQUE

Seven Suns

CERTAINS

D’ENTRE

NOUS

CONSOMMENT

SES

RAYONS,

D’AUTRES LES RECYCLENT OU ÉVOQUENT SA PUISSANCE À TRAVERS LA PEINTURE, LA MUSIQUE, LA LITTÉRATURE ET J’EN PASSE. DISTRIBUTEUR DE BONNE HUMEUR, LE SOLEIL S’INVITE SUR LES SPOTS MAIS PAS QUE. DANS L’OMBRE D’UN ATELIER DU GERS, IL EST MAGNIFIÉ PAR GAËL CANONNE, CRÉATEUR DE SEVEN-SUNS KUSTOM LONGBOARDZ. HERE COMES 7SUNS!

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était considéré comme « sacré et magique » en raison d’un nombre de coïncidences historiques, UD - Salut Gaël. Quel temps fait-il du côté de physiques, ésotériques et mathématiques. Puis le soleil… Quoi de plus chaleureux et positif que Toulouse en ce mois de juillet? le soleil sans qui la vie, la joie, la bonne humeur, GC - Franchement en ce moment ce n’est pas l’apéro et les barbecues n’existeraient pas! terrible. Ça fait plus de 25 ans que les anciens du coin n’ont pas vu un temps aussi pourri! Mais bon, ce qu’il faut retenir c’est que le pourcentage UD - Des couleurs, des formes, un univers cusjournalier de soleil est en hausse et j’ai bon es- tom… Seven-Suns a un style particulier bien à lui. D’où vient cette créativité? poir que cela continue! UD - Peux-tu nous en dire plus sur ton passé de shaper? GC - 7 ans maintenant que je shape des longboards! Tout a commencé avec un délire en découpant de vieux snowboards pour les transformer en longboards… De fil en aiguille j’ai mis tout ce qu’il fallait en place pour presser une board comme il se doit. Fabrication d’une petite presse hydraulique en profilés d’acier, moules en plâtre dans des caissons en bois… Achat de tout ce qu’il fallait comme matos : bois, fibre de verre, carbone et résine époxy… Apres avoir passé un bon moment assis devant tout ça, je me suis retroussé les manches et le lendemain ma première board pressée faite maison était né. Une Flea que je possède toujours et qui est encore tout à fait ridable. Suite à ça, le frangin m’a rejoint dans l’aventure. Jusqu’en 2010 beaucoup de choses ont été accomplies avec la marque à la croix noire. Suite à des divergences j’ai décidé d’arrêter et de repartir tout seul sur une nouvelle marque : Seven-Suns ! UD - De la croix noire à Seven-Suns, il n’y a qu’un pas, celui du bois. Pourquoi avoir nommé ta marque Seven–Suns?

GC - Bonne question! Ça doit être dû aux gènes artistiques de la famille, couplées au fait d’avoir été élevé en Californie puis en France. Ce qui m’a permis d’avoir deux visions bien différentes de la vie en générale, de mon obsession de vouloir modifier et créer à ma sauce tout ce qui m’entoure, d’aimer les belles choses peu communes, uniques, le travail manuel bien fait, les différentes matières, les belles courbes, les couleurs, les finitions et surtout le mariage de toutes ces choses réunies qui font que je suis moi. Et puis il ne faut pas oublier tous ceux qui m’entourent et me soutiennent en contribuant au développement de la marque. Je ne cite personne comme ça mon cerveau de poisson rouge n’oubliera personne… Mais ils se reconnaitront!

“7 ANS MAINTENANT QUE JE SHAPE DES LONGBOARDS !”

GC - Après l’épreuve qu’a été l’aventure précédente, j’ai décidé de repartir sur un projet ayant un état d’esprit global plus positif, marquant ce qui était pour moi une renaissance. Naturellement, la première chose qui me trottait dans l’esprit était de trouver un nom qui va bien, percutant et positif au max. Après quelques recherches, j’ai vite découvert qu’en numérologie le chiffre 7 27


UD - Quel procédé de fabrication pour les boards? GC - Toutes les boards Seven-Suns sont pressées grâce à une presse hydraulique faite maison dans des moules en bois faits ici. Vient ensuite la première découpe à la fraiseuse numérique, puis le ponçage manuel. La quatrième étape est l’application de la déco et de généreuses couches de vernis. Pour finir, je pose du grip et monte de la board selon les exigences du client. Le temps moyen de fabrication d’une board est d’environ 4 à 5 heures selon le modèle, étalées sur 7 à 10 jours en tenant compte de tous les temps de séchage. Les modèles customs prennent un peu plus de temps… Une table à vide est en cours de fabrication. Le but de l’opération étant de fabriquer des boards plus haut de gamme avec des noyaux en liège, du composite et des formes de ouf. La suite au prochain numéro! UD - L’industrie du longboard se met au vert. Véritable argument ou « greenwashing »?  GC - Il doit vraisemblablement y avoir un peu des deux… Chez Seven-Suns, je suis sûr qu’on est loin d’être les plus écolos mais on essaye au maximum de l’être au travers de nos actions de tous les jours et à travers chaque procédé de fabrication. Chez nous ça vient naturellement. On ne fait pas ça pour épater la galerie ou pour être dans le coup, mais simplement parce que c’est comme ça qu’on pense et en cela qu’on croit. On essaye d’être de plus en plus vert dans le processus mais malheureusement l’argent est en partie un sacré frein à cela. Les matériaux plus écolos coûtent beaucoup plus chers, on y vient petit à petit… Par exemple tous les tee-shirts Seven-Suns sont en coton bio équitable avec réduction de l’emprunte carbone. UD - Selon toi, qu’est-ce qu’un shaper écolo? GC - Un shaper qui se soucie de l’environnement dans toutes ses démarches à tous les stades de la production mais surtout dans la vie de tous les jours.

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UD - Seven-Suns dispose d’un line-up intéressant. Y a-t-il une pratique dans laquelle 7suns est plus à l’aise à l’atelier et sur les spots? GC - Le plaisir! UD - Quels sont les nouveaux projets de la marque? GC - Cette année Seven-Suns se diversifie pour de bon  ! De nouveaux modèles de boards bien entendu, mais surtout, la fabrication de guitares électriques (www.deliriumcustomguitars), la customisation/restauration de plus ou moins vieilles bécanes, de vélos en tout genre, la finalisation du projet de création et fabrication d’une ligne de lunettes de soleil qui est à l’étude depuis plus d’ un an. Il y a aussi l’impression maison de tee-shirts en séries limitées, ainsi que des


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collaborations avec des artistes pour créer des boards uniques (voir les vidéos 7Suns/7artists). Tout ça n’est que le début. Stay tunned! UD - Un petit message à tous ceux qui se dorent la pilule à la montagne ou à la mer? GC - Ride Seven Suns and get the Smile, if not, get the Smile quand même!

SITE OFFICIEL: http://sevensuns.fr/ PAGE FACEBOOK: https://www.facebook.com/sevensuns.longboards

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REVIEW & TEST : DAMIEN MORAGUES PHOTOS: GAËL CANNONE

BOARD TEST

Sundance

DE SEVEN-SUNS

AVEC L’ARRIVÉE DES BEAUX JOURS, ON PROGRAMME : Freestyle / Dancing / Carving / NE POUVAIT PAS PASSER À CÔTÉ D’UNE Cruising / Freeride. PLANCHE TENDANCE. IL PARAIT QUE LA

SETUP 1: Bear Trucks 180mm / Orangatang MODE EST AU DANCING/FREESTYLE, Stimulus 70mm-80a/ Bear Bearings ALORS POUR CE NUMÉRO ESTIVAL, ON A DEMANDÉ À GAËL DE NOUS FOURNIR SETUP 2: Surf-Rodz RKP 177mm / Orangatang SA DERNIÈRE CRÉATION. NOUS AVONS Stimulus 70mm-83a/ Bear Bearings DONC TESTÉ POUR VOUS LE MODÈLE DÉSORMAIS «PHARE» DE CETTE MARQUE Matériaux : Carbone, fibre de verre multiaxiale, FRANÇAISE QUI DONNE LE SMILE À QUI- bambou, bouleau & frêne CONQUE EN VOIT UNE : LA SUNDANCE! Dimension : 120*24 cm - 2550g (version classique) DISPONIBLE EN 3 VERSIONS, (LIGHT, Empattement : 88/91cm CLASSIC, HEAVY) NOUS AVONS EU LE Flex : 3 versions différentes PLAISIR D’AVOIR LA «CLASSIQUE». Cambre, concave, rocker, nose & tail LET’S RIDE AND DANCE !

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première vue, la board a un super look. En plus d’une finition bambou teinte naturelle (très claire) et d’une déco du feu de Dieu, elle se révèle par un léger rocker, des kicks ni trop longs, ni trop courts, un grip original ainsi que des options avantageuses (empattements). A ma grande surprise, la planche est d’une légèreté déconcertante, ce qui est plutôt agréable. Les premières poussées rendent compte d’un flex réactif, avec un effet «trampoline» très rigolo qui ferait presque penser à une board dropée. Le secret de ce flex se cache dans le carbone et la fibre de verre. Ce sandwich est un régal : le tout travaille à merveille pour restituer l’énergie apportée dans le mouvement. Les courbes passent avec une aisance inespérée et on a cette sensation, pas des moindres, d’être dans une grosse courbe pleine de puff en snow, une légère flottaison à la fois smooth et stylée. Ceux qui « ne ride jamais de flex» seront surpris. De nouvelles lignes m’apparaissent tant la board est agréable, elle absorbe littéralement tous les défauts de la route, je me retrouve même à rider hors des sentiers battus. S’applique alors la règle du «ça passe!» Le ride devient très amusant. Côté tricks, la planche surprend tant par son comportement que par son poids. Le ratio poids/ flex permet un ride léger et naturel. Les kicks sont juste parfaits, plus étroits que la planche et suffisamment longs et relevés pour de beaux tricks (shove-it, ollie, manual et nose manual…). Que du bonheur! Ses mensurations offrent stabilité et efficacité lorsqu’on cherche à danser dessus. Sa largeur permet un bon placement des pieds. On y est tellement à l’aise qu’on cherche à enchaîner les figures. Pour ce qui est du ride, une session urbaine m’a confirmé que la planche peut être utilisée au quotidien. Envoyer des gaps, bomber aux heures de pointe, cruiser tranquillement n’ont plus de secret (8 kms de GreenSkate Bordelaise les doigts dans le nez). **Changement de montage  : Surf-Rodz en 176mm / axe 8mm** La board se révèle être une vraie machine. Les trucks usinés confèrent à cette planche une efficacité hors du commun, c’est stable à vouloir prendre un café et lire ses mails en roulant.

Un ride plus engagé à base de slides au sol et debout. Et là encore ça passe et même plutôt bien ! Du fun à tous les niveaux, mais attention cependant à ne pas envoyer trop fort pour ne pas se mettre au tas (le bébé fait 1m20…). Verdict : Ultra-sécurisante, cette board convient à tout le monde, débutants, confirmés… Parfaite pour se faire les dents comme pour se maintenir à niveau. Utilisable en freeride pour ceux qui ont du level, la vitesse type descente n’est pas son point fort mais c’est bien le seul inconvénient qu’elle a, donc je lui pardonne amplement pour toutes les sensations qu’elle apporte. Aficionados du dancing, vous pouvez désormais tester du neuf et du technique ! Les petits pourront opter pour la version «light» qui a encore plus de flex et les grands la «heavy  «. Et pour ceux qui cherchent une «belle planche» pour se la raconter au bord de plage ou ville, roulez la, vous serez servis !

Peace and Sun !

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EVENT REPORT I UD8

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assé inaperçu dans le petit monde des freerides français, le OutdoorMix Festival est l’une des révélations évènementielles de cette année. Dans un cadre d’exception, kayakistes, slackliners, vttistes et plus encore se sont donnés rendez-vous cette année pour la première édition de l’OMF. Il y en avait pour tous les goûts et même les longboarders se sont joints à la partie. Avec 2 tracés à rendre fou, 4 jours intensifs de downhill et des soirées soundsystem au bord du lac… qui l’eu cru ? Ne réflécissez plus et prenez votre billet pour Embrun (05) et partez goûter aux joies du Outdoormix Festival. Une nouvelle édition est en préparation, ne loupez pas le coche !

SITE OFFICIEL : http://www.outdoormixfestival.com/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/pages/Outdoor-Mix-Festival/

PHOTOS : DAVID SPALVIERI & THINE MARVIN

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PRO SECTION PHOTOGRAPHIE : SHARON LAU, PETRA MOSER, NADIA HOZIC, BRAD T.MILLER, NICOLAS DORMONT, NICOLE FLECK, NICO SAUERMANN & SVEN VON SCHLACHTA

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EN SHORT OU EN CUIR, ELLES CRUISENT, CARVENT ET FILENT À TOUTE VITESSE DANS LES PENTES. CE N’EST PLUS UNE NOUVEAUTÉ, LE LONGBOARD ATTIRE DÉSORMAIS DE NOUVELLES RECRUES PLUTÔT COQUETTES. NOMBREUSES,

CES

RIDEUSES

ENVAHIS-

SENT LES SPOTS ET BOUSCULENT LES CODES D’UN SPORT PRÉTENDU MASCULIN. POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA FÉMINISATION DE LA ROULETTE, UDMAG S’EST ADRESSÉ À DES RIDEUSES À LA DÉTERMINATION SANS FAILLE.

UD - Quelque chose me taraude… Qu’est ce qui plaît tant aux femmes dans le longboard ? FEE - Tout le monde est différent, mais je peux vous assurer combien les femmes aiment faire du longboard. Mais au final, je pense qu’il n’y a pas de différences avec les hommes. SPOKY - Selon moi, les filles aiment le longboard pour l’esthétique. Il offre une approche beaucoup plus gracieuse que le skateboard street et les autres sports de gravité. On peut comprendre que ça donne envie de s’y mettre. CHRISTINE - Je pense qu’il s’agit d’une question d’esthétique ainsi que d’un phénomène de mode – vue la croissance presque exponentielle du longskate ces dernières années, il est normal qu’il y ait également de plus en plus de filles dans ce sport même s’il a toujours été un domaine masculin. UD - Et vous, qu’est-ce que ça vous procure? FEE - Faire du longboard c’est comme respirer, découvrir le monde et les personnes qui sont accrocs au longskate. Lorsque je skate, il y a ce silence tout autour de moi. Ça a radicalement changé ma vie.

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SPOKY - Cela fait 10 ans que le longboard fait partie intégrante de mon existence. J’ai souvent fait mes choix en fonction de cela. Ça m’a apporté des amis, des joies, des peines mais surtout la sensation de vraiment profiter de la vie et de m‘ouvrir sur le monde.

UD - Bikini & bambou, sont-ils la recette du succès?

CHRISTINE - C’est la liberté, surtout dans la tête. Ça me permet d’oublier tout et d’être présente dans le moment. Puis il y a ce lien extraordinaire entre les riders, le fait de rouler proche les uns des autres, de prendre soin du copain… Le skate est certes un sport individuel mais qui développe le sens de la communauté et de l‘amitié. C’est une façon de vivre, de voyager et de profiter de la vie.

SPOKY - Bikini & Bambou, ça me laisse médusée comme image! Après je ne jouerai pas à l’hôpital qui se fout de la charité… Cette image plaît aux garçons plus qu’aux filles et il ne faut pas se leurer, la photo d’une fille qui ride en bikini sera plus fameuse que celle d’une rideuse cuirée en plein schuss. Et puis il est important de considérer que dans le longboard, les filles sont très féminines et n’hésitent pas à le montrer. Ceci dit, inutile de se mettre à moitié nue pour que les gens le ressentent…

FEE - C’est clair qui si on a des températures négatives et de la neige en mai comme cette année, le 2 pièces & le bambou feront bon ménage!

UD - Vous qui êtes dans le milieu depuis quelques années, comment percevez-vous CHRISTINE - Ça dépend de ce que tu entends par l’évolution féminine de la pratique? succès... FEE - Ça va dans le bon sens. De plus en plus de femmes réalisent combien le longboard est super. J’aime bien l’atmosphère qu’il y a pendant les événements quand il y a plus de femmes. C’est plus relaxant et on est capable de se motiver entre nous. Maintenant j‘espère que les entreprises du secteur ne feront pas la même chose que dans l’industrie du surf…

UD - Et vous, quel est votre dress-code de rideuses?

FEE - Ça dépend de la route et de l’humeur. Généralement c’est genouillères, gants & dorsale avec un short en jean, “high socks“ et un teeshirt d’homme coupé pour que les protections se glissent dedans. Pour la tête, un casque au bol, SPOKY - Il y a quelques années, personne n’au- ça va de soi! rait pensé à voir autant de filles pratiquer le longskate. Aujourd’hui vous avez au moins 1 SPOKY - Pour les gros spots et les compétitions, rideuse voire plusieurs par évent. Il y a un in- c’est combi en cuir et casque intégral. Sinon térêt certain qu’il n’y avait pas auparavant. Le pour les sessions, j’avoue que j’aime bien me meilleur reste à venir! faire pépète: pantalon de freeride par-dessus les protections, petit haut féminin, casque, gants CHRISTINE - Le longskate s’est également éta- et accessoires de longboard colorés comme les bli en tant qu’alternative au surf et au snow- pucks odorants. Ces petits détails font qu’on se board. Deux sports extrêmement populaires qui sent plus filles quand on va rouler. en même temps nécessitent des conditions assez particulières. Pour faire du skate, il ne faut CHRISTINE - Toujours manches longues à cause qu’une route goudronnée. Je connais pas mal de de mes tatouages. J’adore le freeride donc c’est filles qui à la base font du snowboard ou du surf rare de me voir en combi. Normalement c’est et qui maintentant ont pris cette approche cross- casque, protections, jean, casque intégral et over afin de pouvoir bouger sur une planche dorsale selon la route. toute l’année.

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UD - Peut-on vraiment dire que le « Longboard Girls Crew » a influencé les femmes à se mettre au longskate? FEE - Même si cette question me saoule un peu, je dirai oui, bien sûr. Trop de gens disent n’importe quoi et me posent des questions à ce sujet… SPOKY - Je confirme que le LGC a littéralement motivé toute une génération de filles à s’essayer au longboard. En voir cruiser ou carver en a motivé beaucoup d‘autres! Les filles recherchent deux choses dans le longboard : avoir du fun et être acceptées dans le milieu. Je pense que le LGC leur a prouvé qu’il n’y avait aucun problème à cela. CHRISTINE - Absolument. Elles se présentent de façon jolie, stylée... c’est esthétique, ça plait. Puis elles montrent surtout des disciplines qui sont faciles à apprendre – le carving, le cruising et le dancing c’est joli à regarder quand même. Personnellement, je trouve que c’est une image trop unidimensionnelle qui ne capte pas la véritable variéte de tout ce qui est skateboard. FEE - Tout ce que je peux dire, c’est que dans UD - S’agit-il d’un effet de mode ou d’une réa- notre camp, toutes les femmes adorent rider le lité qui va perdurer? pentu. Cette année, le nombre de filles sur les events de descente est important et continue FEE - Au début, il faut s’y mettre et continuer, d’accroître. après le style, ca vient tout seul (dans la plupart des cas...) SPOKY - Globalement, le pentu n’est pas la discipline préférée des dames. Il y a encore beaucoup SPOKY - Evidemment il y a un effet de mode. Mais d’appréhension à l’idée de rouler vite, même au moins le longboard a été révélé aux filles à ce si le dancing et le freestyle sont techniques et moment là et c’est déjà pas mal. Aujourd’hui de qu’ils requièrent du temps, de la patience. Puis plus en plus de filles pratiquent. Si elles s’écla- le downhill, c’est aussi un gros budget qu’il faut tent et qu’elles progressent, il n’y aura aucun être prête à investir. problème pour qu’elles continuent! CHRISTINE - C’était marrant car au début, on CHRISTINE - Je suis d’accord avec Spoky, on avait beaucoup d’inscriptions pour les worksverra bien dans quel sens le sport va progresser hops de dancing aux camps WLC 2013 en Alsace. et quelle direction les LGC vont prendre. En fin de compte, beaucoup des participantes qui à la base voulaient faire du dancing ont découvert la descente. Nous étions étonnées et satisUD - Le dancing est une pratique très prisée par faites de cela car l’intérêt premier du WLC est le le public féminin. Qu’en est-il du freeride et de downhill. la descente ?

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“LORSQUE JE SKATE, IL Y A CE SILENCE TOUT AUTOUR DE MOI. ÇA A RADICALMENT CHANGÉ MA VIE.

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FEE - Je ne dirai pas de « nouveaux talents », mais plutôt qu’il y a eu un tas de filles qui ont rapidement progressé. Citer 2 ou 3 personnes ne serait pas juste, mais en même temps, il n’y aurait pas de place dans le mag pour toutes les rideuses. SPOKY - Certaines progressent plus vite que d’autres, mais il est difficile de savoir qui deviendra un futur crack du downhill. Ce qu’il faut retenir du camp, c’est que les filles sont plus confiantes et qu‘elles viendront naturellement sur les freerides mettre en pratique ce qu’elles ont appris. CHRISTINE - What Fee said! UD - Qu’avez-vous fait des hommes sur cet UD - L’initiative « Women Longboard Camp » évent ? Etaient-ils bannis de la rencontre ? s’inscrit-elle dans une perspective féminine de la descente ? FEE - Non pas du tout. Tu devrais demander à FEE - On s’efforce d’unir les mecs et les filles dans notre sport et bien sûr nous aspirons à communiquer notre point de vue de manière compréhensible. C’est plus une question d’équilibre des genres. SPOKY - Selon moi le WLC est très conceptuel et au final c’est pas forcément ce que les filles recherchent le plus… être entre filles je veux dire. Le plus important pour elles c’est d’être encadrées et qu’on les aide à progresser pour être autonome. Mais en effet, il y a un point d’honneur à valoriser la descente bien qu’il y eu tout de même des cours de dancing. CHRISTINE - Notre but est d’encourager plus de filles à découvrir la descente au sein d’une ambiance relax, amicale et sans pression. On apprend aux débutantes des techniques afin qu’elles puissent rouler en sécurité surtout en groupe. C’est aussi l’occasion aux rideuses avancées de s’entraîner avec des riders et rideuses de haut niveau et de perfectionner leur style. UD - Avez-vous déniché de nouveaux talents ? Qui sont-elles ?

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Gregory Martin, le président de l’ADH (Alsace DownHill). Lui et sa troupe étaient très contents de la partie. On essaie de fédérer des hommes et des femmes. On a besoin des deux pour que l’évent ait lieu et bien sûr, on adore rider avec les mecs. SPOKY - Les hommes étaient présents , dans le staff évidemment. Pas de pratiquants hommes, ça fait parti du concept WLC. CHRISTINE - C’est pas qu’on veut exclure les mecs, mais c’est vrai que la dynamique dans un groupe est complètement différente quand il s’agit d’un groupe filles plutôt que d’un groupe mixte. On reçoit fréquemment des demandes des garçons, donc, il y a clairement une demande pour des workshops mixtes. Watch this space!

FEE - Je pense que ça dépend de la localité. Je suis désolée de dire que non seulement, les spots se remplissent de filles mais que maintenant nous nous sommes emparées du contrôle du monde depuis hier! SPOKY - Bien qu’on soit plus nombreuses, les hommes resteront la majorité des pratiquants, hormis les cas particuliers tel que les évents destinés à promouvoir la pratique féminine. Bien entendu je ne vous cache pas que même les garçons viennent participer … on se demande pourquoi! CHRISTINE - Pas encore mais on s’y met. J’étais hyper contente de voir autant de filles ayant participées aux WLC 2013 s’inscrire aux freerides/ compétitions européennes cette année.

UD - En est-il fini de l’hégémonie masculine sur les spots ?

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EVENT REPORT I UD8

PHOTOS : MARVIN THINE & HUGO CARLIN

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hangement de décor pour une ambiance tout aussi folle. Malgré une météo digne nord, le WallonHill 2013 a encore fait carton plein ! Trois jours de descente, 230 riders, 2 bus et 2 camions pour les remontées, des runs à n’en plus finir, un tracé ludique et rapide… visiblement, les belges ont la recette du freeride-success ! Pour cette 4ème édition très européenne, UDmag s’est rendu sur le spot de Houyet (rebaptisé « Mouyet » à l’occasion  ») pour le premier freeride du WallonHill Tour 2013. Habitué à cette petite sauterie sur roulettes au bord de la Lesse, on ne se lasse pas de revenir pour plusieurs raisons. Pour en savoir plus sur ces dernières, il ne vous reste plus qu’à vous inscrire pour le WallonHill Superluxe au Luxembourg du 14 & 15 juillet, ou à la clôture de la tournée pour un retour à Houyet fin septembre. Et alors vous comprendrez pourquoi UDmag aime tant les belges du Blutcher Longboard Club et leurs amis ! SITE OFFICIEL : https://www.wallonhill.com FACEBOOK : https://www.facebook.com/Wallonhill BLOG REPORT : http://blog.udmag.net/event-report-wallonhill-2013/

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HOMESPOT

La Réunion

TEXTE : ANTOINE SADOUSTY PHOTOS : BENJAMIN SAILLY, BELEZA STUDIO RIDERS : LUCIEN WISPELAERE, THIBAULT SAILLY, DIDIER HOARAU, ALEXANDRE SAUVAT & ANTOINE SADOUSTY

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CE PETIT CAILLOU DE L’OCÉAN INDIEN OÙ IL FAIT BON VIVRE, EST D’ORES ET DÉJÀ CONNU POUR SES PAYSAGES MAGNIFIQUES CLASSÉS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO. AVEC SES VAGUES DE RÊVE ET SES MONTAGNES À LA NATURE LUXURIANTE, LA RÉUNION N’A PAS ÉCHAPPÉ AUX SPORTS OUTDOOR ET ENCORE MOINS À LA FIÈVRE DU LONGSKATE. PRIS D’UN INSTINCT DE SURVIE SANS ÉGAL, UDMAG ÉVACUE LE STRESS PARISIEN ET SA GRISAILLE POUR S’OFFRIR LE LUXE D’UN HOMESPOT TROPICAL !

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out a commencé dans les années 95 avec Bigue One Papaye & Co. , les pionniers du longboard sur notre île. Dix ans plus tard, apparaît le premier boom d’une scène longboard initiée par la création du WakaPing Longskate Club. Une association créée à l’initiative des veilles branches (Papaye, Richarson, Supajack..) désireuses d’encadrer une relève adepte des sessions stops avec le plaisir de la « voiture surprise ». A l’époque où la France était sur le devant de la scène, la petite association insulaire avait de l’ambition, avec une vraie scène. Voyant le niveau de ses groms s’accroître à vue d’œil, tout était prêt pour assurer son avenir - petit clin d’œil à Geoff et Schoueps, team riders Blackkross qui ont fait leurs premières armes ici même. Avec une trentaine de riders au compteur, l’association a permis de regrouper l’essentiel des 47


skaters de l’île. Suffisamment de monde pour apprécier les sessions en famille ou entre amis. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. De part les divergences d’opinions, l’envol des jeunes vers Babylone et l’arrivée de progénitures chez les plus anciens, l’association a fini par perdre de son piquant et à se disloquer. Cela a entraîné la création de Taka Rider, un groupe tourné vers la freeboard. Il y a aussi Roulettes & Châtiments, un crew de papas avec des « corones », qui roulent pour le plaisir et le partage de bonnes sessions. Leur slogan, « ça passait, c’était beau ». La nouvelle vague longboard accompagnée de l’héritage laissé par les anciens a laissé place à une scène flambant neuve. Du sang frais, des routes lisses comme de la peau de bébé, rien de tel que ces ingrédients pour donner du punch à notre communauté. À cela s’est ajouté le retour de Thibault. Il y a quelques mois, ce petit homme imberbe, motivé et passionné, a mécaniquement décidé de créer sur Facebook le groupe Longboard Réunion Island. Consacré aux riders de l’île, cette page est destinée à rassembler du monde et donc à organiser des sessions, des rencontres, à partager des vidéos, des bons plans… Le groupe n’en est qu’à ses débuts mais le meilleur est à venir, car avec des spots bien pentus tels que AK mélia, le Maïdo, le Volcan,

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Crève Coeur, Salazie ou le 11 % de Plateau, il y a effectivement de quoi progresser vite. Mais « pa-d’panik », il y en a pour tous les goûts, les plus frileux se retrouveront le samedi au family session du « ti spot l’école » ou se feront les cannes sur la Monté Panon. Quand on ne ride pas, on essaye de faire bouger la scène. La création d’une longboard division au sein de l’association de roller de St Paul est en cours. Et cerise sur le gâteau, un premier event est déjà en préparation. On espère aussi avoir l’opportunité de faire des slide jams, des freerides pour le bonheur de tous et la pérennité du mouvement. Vous l’aurez compris, tout reste à faire ici, mais l’ambiance, la météo, la qualité et la multitude de spots ainsi que la motivation des membres du

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groupe valent largement le détour. Alors plutôt que de procrastiner dans votre appartement ou de rider dans la pollution, venez goûter au longboard made in 974, sensations et dépaysements garantis !

ROULETTES ET CHÂTIMENTS : http://rouletteetchatiment.forumgratuit.org/ LONGBOARD RÉUNION ISLAND : https://www.facebook.com/groups/351875444925339/?bookmark_t=group VIDÉO : http://www.youtube.com/watch?v=6Zoq6IfQ5Og


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LORENZ RHODE

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our finir ces chroniques estivales et musicales, petit détour par l’Allemage avec un producteur plus qu’imprégné par la funk et les synthés. Lorenz Rhode – un nom de famille qui n’est pas sans rappeler les Fender Rhode – maîtrise tout particulièrement ces derniers qu’il fait chanter comme personne pour arriver à des productions qu’on pourrait croire plus vieilles qu’elles ne le sont. Zapp & Rodger ou encore Zapp & Rodger ont trouvé un héritier à leur musique.

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vant de faire de la musique, Seth Haley était directeur artistique. Un passé qui a certainement influencé sa musique. Il a tout d’abord commencé sa carrière de DJ avec la Drum’n’bass puis a décidé de développer son propre style influencé par les salles d’arcades, les supers héros des 80’s et peut être des choses venues d’ailleurs. Son slow-mid-fisynth-wave n’a de cesse de conquérir de plus en plus de monde. Un point commun possible ? La musique de Boards of Canada. De quoi ravir vos oreilles avec du nouveau ancien, à moins que ce ne soit l’inverse.


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ALIZZZ - WHOA EP

FKJ – TIME FOR A CHANGE

Le producteur espagnol signe un EP à la croisée des temps et des styles. Il permet la rencontre entre l’art ancestral de la funk et la modernité des beats dans cet opus nommé Whoa. Synthés en folie et mélodies estivales sont au rendezvous avec cette touche futuriste qui pourra en déconcerter certains. Une belle découverte à écouter sous un rayon de soleil.

Le jeune producteur FKJ – pour French Kiwi Juice – revient avec un nouvel EP dans lequel il dévoile encore un peu plus son style. Basses chaudes et synthés rafraîchissants évoluent joyeusement dans une atmosphère directement sortie des débuts de la french touch.

OLIVER – MECHANICAL NIGHT

ARCTIC MONKEYS - AM

U-Tern et Oligee ont fait leur retour au début de l’année avec une véritable machine de guerre sortie chez Fool’s Gold Records. Cet EP fait la part belle à cette touche qu’ils ont su développer, les synthés se rencontrent dans une joyeuse folie musicale avant de laisser place à une douceur qu’on ne leur connaissait pas.

Les anglais de Arctic Monkeys viennent d’annoncer leur retour deux ans après la sortie de leur dernier album. En effet, quelques jours après avoir mis en ligne, puis supprimé quelques indices de ce que serait ce prochain album, le groupe vient de dévoiler la tracklist de ce nouvel opus baptisé sobrement nommé AM qui devrait sortir à la rentrée.

DAZE – SOLAR

Le producteur français Daze revient dans une nouvelle écurie avec un EP solaire et bourré d’amour. D’un côté celui qu’il voue à la funk et de l’autre côté celui donné aux talkbox, vocoders et autres machines musicales. Les références sont nombreuses et donnent naissance à un EP stratosphérique à savourer dans le sable, sous les cocotiers ou dans la fraîcheur d’une ombre.

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PHOTOS : JACK MCKEE

LA JUNGLE DES ARTISTES DU SKATEBOARD EST DENSE. DE LA PEINTURE AU DESIGN GRAPHIQUE, LES CRÉATIONS ARTISTIQUES DU SKATEBOARD S’ENCHAÎNENT ET SE DIVERSIFIENT. MAIS QUI PARMI VOUS A DÉJÀ RIDER UN POULPE  ? PARMI CES ESTHÈTES DES FORMES ET DES COULEURS, IL Y A DOUGLAS, QUI DE SES MAINS, TRANSFORME L’OBJET DE NOS TENTATIONS EN DES ANIMAUX DOMESTIQUES D’UN NOUVEAU GENRE… 58


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UD - Bonjour Douglas, peux-tu te présenter ment, cette façon qu’il a de transformer ce que nous voyons. Parallèlement à cela, un skater et décrire ton activité en quelques mots ? semi-pro a emménagé près de chez moi et a D - Je me considère comme un artisan qui es- construit une rampe. Je n’aimais pas les nousaie de donner vie à ses idées à travers une velles planches. Epaisses, avec des trucks essence boisée (le thuya) et un processus de larges, l’avantage était les roues en uréthane. J’aimais cette manière qu’il avait de se frinmouvement sans limites (le carving). guer et de bouger. Et là, ce fut une révélation. J’aime la tension créée par la juxtaposition du bois travaillé à la main et de l’aluminium UD - Quelle est ton histoire avec le skate ? sculpté. J’apprécie le look et l’analogie. D - Etant enfant, j’étais un skater indifférent. J’avais des roues en acier, des roulements pourris, des trucks étroits et zéro grip. Les UD - Les jours passent et se ressemblent, années passèrent et je suis devenu fabricant tout comme le skateboard. Comment es-tu de masque. J’ai été formé à l’ancienne, en arrivé à fabriquer des skateboards en forme utilisant des outils et des sujets traditionnels d’animal ? d’Indiens d’Amérique du Nord. Mais je suis blanc, aussi blanc que le pain de mie « Won- D - Je me suis formé dans l’art totémique. derbread  ». Et quelque part, ça me semblait Presque exclusivement basé sur les animaux ingénieux, décalé, mais irrespectueux de faire et leurs réincarnations magiques. J’aime de l’art Indien. Je ne sais pas, c’était peut- observer les animaux, leurs déplacements, leurs vies. Mais je fais aussi des personnages, être contraire à ma personnalité… Par la suite, je me suis intéressé au mouve- des couverts… Voir ce skater et l’associer à

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mon style artistique m’a permis de synthéti- et humide pendant 6 semaines ou plus. Le ser le véhicule et les animaux dans un espace bois se rétracte et change de forme. Ensuite, futuriste. L’idée du mouvement me plaît. je la shape aux dimensions finales à l’aide de couteaux courbés et d’herminettes. Le sabotage de finition se fait au crépuscule avec une UD - Fabriquer de telles planches est un sa- herminette spéciale. J’installe le matériel et cré défi. Quel est le procédé de fabrication ? équipe la planche, puis je la démonte pour pouvoir la peindre. C’est vraiment un travail D - J’adore le processus de fabrication, c’est de longue haleine. la raison pour laquelle je fais cela. Je choisis un morceau de thuya géant de Californie fraichement coupé et un peu humide. Je com- UD - Quel est ta vision du “skate’art” ? mence par saboter la planche à l’herminette. Je la creuse partiellement sinon elle fissure. D - Bonne question. Le monde de l’art m’emEnsuite, elle est stockée dans un endroit frais barrasse, dans le sens où le travail doit être

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vu dans des galeries et des lieux publics. Toutefois, je suis content qu’il en soit ainsi car ça donne l’opportunité à tous de voir et d’apprécier toute sorte d’art autour de la thématique du skate. Mais c’est un peu élitiste. Seuls les plus aisés peuvent se le permettre. Ça a toujours été ainsi et j’imagine que ça ne changera pas. C’est pourquoi je projette mon travail dans «  The Natyshred World System  ». Produire moins cher et rendre mes skateboards plus accessibles par l’intermédiaire du thermoplastique roto-moulé. J’aimerai voir des artistes s’éloigner de la peinture, de « l’embellissement » des boards. Inutile de dire qu’il y a de fantastiques planches peintes à la main. Mais j’aimerai voir les gens penser le skateboard non pas comme quelque chose qu’on peut acheter et rider, mais comme une pièce mobile en cohésion avec la lumière. Les nouvelles technologies permettent ces créations. Je pense aussi qu’il faut percevoir le skate comme une musique. On ne peut pas accrocher une chanson au mur. Ça amène à penser le «  skate‘art  » comme un truc différent d’un tableau.

comme une planche normale bien qu’elles soient lourdes. Carver, cruiser et prendre de la vitesse est possible. Il faut toutefois être attentionné avec ces grosses bêtes, comme avec une vieille femme. Faire des boardslides est donc problématique car ça abîme la structure. UD - Quel est ta sculpture préférée parmi toutes celles que tu as pu réaliser ?

D - Ma planche préférée est la première que j’ai faite. Je l’ai simplement appelé «  Skateboard  » car c’est un jeu de mot en anglais US. « Skate » est le nom d’une raie qui vit sur la côte de la mer de l’état de Washington. La board rouge et noire a 24 ans cette année. Elle a cassé 4 fois. La première fois, elle s’est brisée en deux. Les ailes se sont cassées. Il n’y a pas si longtemps, la queue entière s’est détériorée. Je l’ai réparée avec de la colle et des visses. Un jour, en lisant un comics des « 4 Fantastiques », j’ai eu l’idée d’adapter un masque en-dessous. Ce masque ressemble à un visage primitif. On peut ôter le masque et se le mettre pour délirer aussi. La board UD - Peut-on slider, sauter et faire du down- est visible dans les premières secondes de hill avec ces planches ? la vidéo «  2 die 4  » http://www.youtube.com/ watch?v=CnjIr689_J8. Elle a un empattement D - Bien sûr. On peut les rider tous les jours. court et de bonnes roues old-school. La plupart d’entre elles peuvent être utilisées

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UD - Quels sont tes futurs projets ? D - Trouver mon bois préféré est difficile en France. Le thuya californien pousse ici, mais c’est plutôt rare. J’ai utilisé le thuya européen pour quelques planches et ça marche. Mais c’est très lourd et pas très solide. La chose la plus importante est d’avoir un peu de bois et de commencer à faire de nouvelles choses. J’aimerai faire un longboard en forme de pieuvre, le plus long que je n’ai jamais réalisé jusque là. Dans un premier temps, un original en bois, puis je verrai si je peux en faire une réplique en thermoplastique. Pour cela, il me faut trouver des fonds. A côté de ça, j’ai beaucoup d’idées de création  : une libellule, une larve, un portrait, un hérisson... J’ai l’habitude de faire plein de choses en même temps, mais je ne peux en faire qu’une à la fois, ensuite une autre, puis revenir à la première.

SITE OFFICIEL : http://natyshred.com/ L’UNIVERS DE DOUG : http://youtu.be/tjqAxMgDvhQ

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UD#8 - Spicy & Stoke