01-62 UCLG (Franc)
19/10/2007
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frastructures urbaines à environ 200 milliards de dollars par an pendant les vingt-cinq prochaines années pour les pays en développement (soit un tiers de l’estimation de la Banque mondiale pour l’ensemble des infrastructures publiques). Il convient de souligner que cette somme n’est pas excessive puisqu’elle ne représente que 0,4 % du PIB mondial en 2005 (44 645 milliards de dollars). Les envois de fonds annuels représentent un flux de capitaux équivalent, les travailleurs étrangers envoyant environ 200 milliards de dollars par an à leur pays d’origine. À titre de comparaison, nous pouvons indiquer que cette somme est nettement inférieure au montant des excédents accumulés dans certains pays en développement : par exemple, les réserves monétaires de la Banque de Chine ont atteint en 2006 un niveau record de 1 200 milliards de dollars. Néanmoins, cette évaluation est sans doute une estimation minimale, car il serait nécessaire de prendre en compte le modèle de développement urbain, qui peut avoir une forte influence sur le coût des infrastructures publiques urbaines (en raison de l’étalement urbain) et auquel les gouvernements locaux des pays développés doivent également prêter attention.
• Les modèles de développement urbain ont une forte influence sur les besoins et les coûts en investissement Cet étalement urbain a été récemment analysé sur un échantillon de 90 villes. Il a été estimé, qu’entre 1990 et 2000, la densité urbaine moyenne a diminué au minimum à un rythme de 2,2 % par an dans les régions développées et de 1,7 % dans les pays en développement. Si cette tendance se poursuit, d’ici à 2030, le terrain urbain des villes des pays en développement devrait tripler (passant de 200 000 km_ en 2000 à 600 000 km_ en 2030) tandis que leur population devrait doubler. Apparemment, le choix de construire une ville compacte n’est pas près d’être à l’ordre du jour : le débat classique sur le choix à faire entre un modèle de ville compacte typiquement européen, comme Barcelone, et un prototype opposé, comme Atlanta, ne semble pas avoir abouti. Néanmoins, une expansion urbaine compacte engendre des dépenses d’investissement moins importantes (en particulier en ce qui concerne l’approvisionnement en eau et les égouts) et des coûts d’exploitation moindres car les infrastructures nécessaires (équipements publics tels que rues, canalisations d’approvisionnement
Graphique 9 Pays de l’OCDE : Rapport entre la concentration géographique de la population et la part de l’infrastructure publique dans le PIB, 2000.
Source : Kamps (2004) pour la part de l’infrastructure dans le PIB ; OCDE (2005) pour l’indice de concentration géographique de la population. La base de données du Groningen Growth and Development Centre (2006) a été utilisée pour les pays à haut revenu à partir du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat. Les pays inclus sont l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, l’Islande, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse.
Une problematique generale et pressante : l’explosion urbaine en cours ne s’accompagne pas d’un volume d’investissements suffisant dans les infrastructures locales