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Édito // Décembre 2020 C’EST APRÈS AVOIR CONNU L’OBSCURITÉ QUE TU POURRAS VOIR LA LUMIÈRE T’ÉCLAIRER.

Nous voilà en fin d’année. Une année dramatique et particulièrement difficile pour beaucoup d’entre nous. Ce qui a commencé par des visionnages sur YouTube de ce qui se passait en Chine est arrivé en explosion dans tous les continents du monde. Nous avons en premier lieu été enfermés des semaines dans nos maisons. Une situation qui me semblait surréaliste! Ensuite il a fallu porter ces masques bleus qui me faisaient souvenir des blocs opératoires et les salles d’urgences des hôpitaux. Puis les décès de dizaines de personnes au quotidien. Facebook était devenu un mur funéraire d’annonces nécrologiques J’avais la sensation que le monde s’écroulait devant nous. Je vivais des crises d’angoisses violentes qui m’interpellaient sur mon avenir. J’appréhendais de tomber malade gravement et je vivais dans la peur une réelle paranoïa vis a vis de ma famille et de mes proches. A chaque sortie de l’un d’entre nous j’étais terrorisée et saccadée de pleurs. Puis est venue cette sensation d’avalanche économique qui déferlait sur nous. J’en ai passé des nuits blanches. Puis dans toute cette souffrance cette peur et cette incertitude j’ai appelé D.ieu en lui demandant comment j’allais faire pour traverser ce fleuve de catastrophes qui me semblait infranchissable. Et il m à éclairée. Je me suis lancée dans une association nommée l’Union des indépendants en Israël. J’ai vécu tous ces jours obscurs et si douloureux pour moi avec une lumière qui eclairait mes jours et mes nuits. Puis nous avons réussi à unir des centaines de personnes. Une immense chaîne de solidarité est née, la première dans la communauté francophone il paraît. Des centaines de personnes impliquées pour aider et se soutenir les uns les autres. Des psychologues, des ostéopathes, électriciens, dépanneurs, restaurants, pâtissiers, graphistes. Tous Côte à côte s’engageant pour sentraider et être aux côtés des plus démunis. Lorsque un tombait l’autre le relevait. L’obscuritée n’avait pas disparu elle était belle est bien présente mais elle son intensité diminuait. Plus les jours avançaient plus elle me paraissait faible. Les souffrances des gens me faisaient mal, mais grâce a D.ieu en un rien moins de temps il transformait les situations les plus complexes et douloureuses en soulagement et sourire. Je rigolais toute seule. Ce fût une année dur. Ces nouveaux temps de ce changement mondial ne serons loin d’être fini. Mais il n’y a pas de lumière sans obscurité comme de délivrance sans obstacle. Une porte se ferme une autre s’ouvre. La fête de Hannouka est justement la pour nous rappeler la chose suivante : Lorsque les jours se font de plus en plus courts, que les degrés se font de plus en plus bas nous illuminons nos maisons avec des bougies symbole du miracle qu’Hachem à accompli pour nous. Je nous souhaite une nouvelle année calendrier remplie de forces pour toujours être toujours dans l’unité au côté de l’autre. Une année remplie de lumière. Hanouka sameah Sarah Ben

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REBECCA SAYAQUE

DE THE VOICE KIDS LE COUP DE CŒUR DE TF1 ET DE LA COMMUNAUTÉ FRANCOPHONE EN ISRAËL !

PAR

P

our marquer Hanouka, la Fête des Lumières et des enfants, Trouver en Israël vous propose l’interview d’une enfant prodige mise en lumière : Rebecca Sayaque, la grande gagnante de la septième saison de The Voice Kids, âgée à peine de dix ans ! Le 10 octobre dernier, la jeune cannoise a ému la France entière en interprétant le titre d’Emmanuel Moire Sois tranquille en hommage à Shana, sa soeur disparue d’une tumeur cérébrale. Le soir de Simha Torah, elle a alors remporté haut la main la finale du télé-crochet de TF1 avec 46,2% des votes face à Abdellah, Naomi et Ema. Nous avons rencontré l’artiste ainsi que ses parents Hervé et Cathy. Interviews exclusives.

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Rebecca Sayaque : « J’aimerais ressembler à Lara Fabian ! » Qu’as-tu ressenti lorsque tu as appris que tu étais la grande gagnante de cette saison de The Voice Kids ? Je ne m’y attendais pas. Même si j’ai travaillé très dur pour y arriver ! J’ai ressenti beaucoup d’émotions en même temps. D’un côté, j’avais envie de pleurer de joie et d’un autre côté, j’étais un peu triste pour les autres candidats ; le plus dur était de surmonter le trac. Quel est ton plus beau souvenir de cette aventure ? J’en ai plusieurs : évidemment, quand Nikos a prononcé mon nom pour annoncer le vainqueur, j’avais mon cœur qui battait à 100 à l’heure ! Je garde

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VANESSA ATTALI

aussi un très beau souvenir des auditions à l’aveugle quand les quatre coachs se sont retournés. Et enfin lorsque j’ai été choisie par mon coach Patrick Fiori aux Battles. Qu’est-ce que ton coach t’a appris ? Que je devais ouvrir les bras lorsque je chante. Ça m’aide à mieux sortir mes notes aigües. A quelle chanteuse tu t’identifies ? J’aimerais ressembler à Lara Fabian. Ce n’est pas mon idole mais je l’adore. Mon idole est Angèle. Quand as-tu décidé de devenir chanteuse ? C’est ce que je veux faire depuis toute petite ! Je suis née dedans :


mon papa joue du piano et ma mamy invente des chansons ! Moi, je chante depuis l’âge de deux ans. Je joue aussi du violon, je danse et ma mère m’a donné des cours de théâtre pendant deux ans ! Comment ça se passe à l’école ? Je suis une très bonne élève. Je suis en sixième. J’ai un an d’avance et j’ai 19,7 de moyenne générale. Ma matière préférée est le français. Tu aimerais être professeur de français si tu ne devenais pas chanteuse ? Non, pas du tout. Si je ne chante pas, j’aimerais être actrice de cinéma ! Tu chantes pour rendre hommage à ta soeur Shana ? Disons qu’il y a des chansons que je chante pour ma sœur et d’autres que je chante pour moi ! Cathy Sayaque, sa maman : « On a célébré Simha Torah avec le trophée The Voice ! » Comment avez-vous vécu la victoire de votre fille à The Voice Kids ? Sur le coup, j’ai eu les larmes aux yeux mais pas autant qu’à la demi-finale ou aux battles où je pleurais tout le temps. C’est deux jours après la finale que j’ai réalisé et j’ai éclaté en sanglots ! Je suis fière de Rebecca d’autant plus qu’elle a gagné avec 46,2% des voix. C’est presque 50%, vous imaginez ?! Ils n’ont jamais vu ça dans l’histoire de The Voice Kids ! Et avec cela, la finale est tombée un soir de fête, c’était Yom Tov et plein de gens de la communauté n’ont pas pu voter ! Rebecca a gagné le soir de Simha Torah donc pour le coup, c’était vraiment la simha ! On a célébré Simha Torah non pas avec le sefer torah mais avec le

trophée The Voice ! Comment a-t-elle atterri dans cette émission ? Il y a deux ans, sa prof de solfège m’a dit qu’elle chantait très bien. Avec mon mari, on a donc décidé de l’inscrire à un petit concours de chant organisé par la Ville de Cannes. Cela s’est super bien passé. En parallèle, mon beaufrère connaissait le coach vocal Michael Besigot qui est immédiatement tombé amoureux de la voix de Rebecca. Il l’a coachée pendant un an, l’a inscrite à The Voice Kids et a tout fait pour l’emmener en finale. Comment vous, vous avez vécu son aventure ? Quand on se présente à ce type de casting, on ne se rend pas compte de tout le processus dans lequel on rentre et surtout, on n’imagine pas qu’on puisse aller aussi loin. En réalité, ça fait plus d’un an qu’on est dedans ! Il y a d’abord eu des pré-sélections et il a fallu monter cinq fois à Paris avant de pouvoir auditionner à l’antenne. Puis les auditions à l’aveugle, les battles...

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Alors la finale, c’est comme un accouchement ! On ressent à la fois de la joie, de l’émotion, un soulagement… Avec mon mari et notre fils, on était estomaqués. C’est comme si on avait fait un gros repas et qu’après, il y avait une longue digestion. Rebecca a été fabuleuse mais les parents aussi car il a fallu assumer derrière ! Vous n’avez pas peur que votre fille soit confrontée si jeune au « star system » ? Non, si nous sommes bien entourés et que nous savons dire non, cela ne me fait pas peur ! Cela m’effraiera à partir du moment où l’on nous imposera des choix qui ne nous conviennent pas. Le soir de sa victoire, Patrick Fiori a dit à Rebecca « Ne fais jamais quelque chose que tu n’as pas envie ! » C’est un très bon conseil que nous allons suivre… Pourquoi a-t-elle choisi Patrick Fiori comme coach ? Elle avait hésité avec Soprano qui est très gentil mais Fiori représente plus son style musical.

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Quel genre de petite fille était même une chorale à l’époque. Rebecca ? Ma belle-mère écrit très bien, Elle chante juste depuis toute mon fils Jeremy est un très bon petite. Elle a chanté pour la pre- pianiste, mes neveux et nièces mière fois à l’âge de trois ans jouent du violoncelle, de la flute dans la cuisine à côté de moi. traversière, de la trompette… Elle avait inventé une mélodie et Moi je joue un peu de saxophone c’était hyper beau. mais je suis plutôt Une autre fois, elle dans le théâtre. J’ai « Lorsque répétait avec son écrit des pièces et Rebecca frère une chanson donné des cours à sur Pessah qu’elle des enfants et des joue Shalom avait apprise à adultes. Aleichem au l’école et on rigolait car elle bougeait ses Rebecca écrit aussi ? violon, c’est petites fesses en Oui, elle a écrit et juste chantant ! Elle était composé son pretrop marrante… mier titre cet été. sublime ! » Mon fils la taquinait C’est une chanson et elle disait avec sa petite voix sublime qui parle de sa sœur de canard : « Arrête Jeremy ! » Et ou plutôt de son ressenti face deux minutes après, elle chan- à l’absence de sa sœur Shana tait du Céline Dion avec une voix qu’elle n’a connue qu’à travers juste incroyable ! Il suffit de se nos dires et son imagination. rendre sur sa chaine Youtube pour s’en rendre compte. Elle Alors justement, parlez-nous interprète Ne me quitte pas de de sa sœur Shana… Jacques Brel ou encore My heart Elle a eu un cancer à l’âge de 4 will go on de Céline Dion. Et c’est ans et nous as quittés en à peine vraiment waouhhhou !!! un an. C’était une tumeur cérébrale très rare. SeuleComment expliquez-vous qu’à ment vingt cas par an l’âge de 10 ans, Rebecca ait ont ça. On a tout tenté déjà un tel talent ? pour la sauver. Elle a Elle a ce que l’on appelle fait de la radiothérapie, « l’oreille absolue ». Cela a été de la chimiothérapie... validé par l’équipe de The Voice ! J’ai une cousine proCe qui signifie qu’elle recon- fesseur en médecine nait immédiatement les tona- aux Etats Unis qui est lités. Elle sait chanter juste de à l’affut de toute démanière innée et si quelqu’un couverte. On a donc chante faux à côté d’elle, elle le tenté des traitements détecte tout de suite. Très peu expérimentaux à Chid’enfants ont cette faculté. Elle cago, en Allemagne, en accorde son violon toute seule… Israël… mais malheuElle peut jouer à l’oreille et c’est reusement, dans son énorme. C’est une vraie musi- cas, on ne pouvait rien cienne. Lorsqu’elle joue « Sha- faire. On ne pouvait pas lom Aleichem » au violon, c’est opérer car cela concerjuste sublime ! nait le tronc cérébral que l’on ne touche jaD’où vient ce don selon vous ? mais. Aucun enfant ne Dans la famille de mon mari, ils sort indemne de cette sont tous musiciens ; ils avaient maladie et ma fille en

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a fait partie. Pendant un an, cela a été l’enfer. Mon fils Jérémy a été très marqué. Puis Rebecca est venue au monde et nous a consolés à sa manière. Maintenant, je peux dire que l’on a des larmes sucrées et moins salées grâce à Rebecca. Parlez-nous de l’Association « Princesse Shana » Suite au décès de notre fille, nous avons monté cette association il y a dix ans pour aider les enfants malades dans les hôpitaux. Aujourd’hui, toutes les activités sont suspendues en raison du Covid. Mais si demain, je reprends l’association, ça sera au travers de Rebecca… Quel est son emploi du temps depuis sa victoire ? Elle a gagné la finale le 10 octobre. Ensuite, ils laissent passer environ trois semaines car il y a l’enregistrement de The Voice adultes. Après, elle devait démarrer l’enregistrement de son album avec la maison


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de disques mais on est rentré en confinement. Entre temps, elle a participé à une émission sur Gulli avec Valantina, la gagnante de l’Eurovision Junior. Elle sera diffusée le soir de Noël. Elle a aussi participé avec Dua Lipa, Michèle Laroque, Michel Boujenah… au single « les Vallées » qui sortira le 11 décembre au profit des sinistrés de Nice suite à la tempête Alex. Elle devait également participer à la grande soirée de la Tsédaka avec Amir en tant qu’invitée d’honneur mais avec le confinement, cela a été reporté en janvier… En attendant, Rebecca suit ses cours à l’école. Depuis sa victoire, ses camarades de classe la jalousent un peu mais bon, ça va passer ! Rebecca est-elle déjà venue en Israël ? Oui, bien sûr, plein de fois ! Surtout que j’y ai beaucoup de famille. Ils ont tous soutenu à fond Rebecca pendant l’émission. En général, nous passons nos vacances à Tel-Aviv. Il y a une belle âme et on se sent bien en Israël. D’ailleurs, elle se débrouille très très bien en hébreu mais elle n’a encore jamais chanté en hébreu pour le moment ; cela devrait faire partie des futurs projets. Vous avez déjà pensé à inscrire Rebecca dans The Voice Kids Israël ? Ah oui, pourquoi pas ?!! Si Dieu le veut ! Les allers retours risquent d’être un peu compliqués, surtout avec le Covid mais on ne sait jamais ! A moins que d’ici là, on fasse l’Alya ! Quoi qu’il en soit, je suis sûre que d’où elle est, Shana envoie plein de bonnes ondes à sa sœur Rebecca et que tout ce qui lui arrive, c’est en grande partie grâce à cette petite étincelle dans le ciel qui la protège…

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Hervé Sayaque, le papa : « Je savais que Rebecca allait gagner ! »

Comment avez-vous vécu la finale de The Voice Kids ? J’ai beau la revoir des centaines de fois, je ne m’en lasse pas ! Je suis très fier de ma fille, d’autant que j’ai passé tellement d’heures à travailler avec elle le soir ! C’était difficile car à la fin, elle était très fatiguée et moi, je suis ultra perfectionniste et exigeant en tant que musicien. On l’est encore plus avec son propre enfant car on veut qu’elle donne le maximum. Mais bon, au final, ça a payé ! Avez-vous été surpris de sa victoire ? Pour être honnête, je m’attendais à ce qu’elle gagne ! TF1 n’a pas arrêté de la mettre en avant. La vidéo sur laquelle elle chante « Comme toi » de Jean-Jacques Goldman était diffusée quinze jours avant celle des autres. Ensuite, sa battle était déjà en ligne une semaine avant sa diffusion. Et le jour de la finale, on a entendu la prestation de Rebecca toute la journée ! Par ailleurs, sur le site de TF1, Rebecca avait à chaque fois 12 000 vues de plus que les autres… Et sa prestation sur « Comme toi » a fait des millions de vues... Oui, cela a boosté l’émission dès le début. La chaine nous répétait sans cesse que Rebecca était leur coup de cœur, leur « pépite. » Et moi qui gère ses comptes Facebook et Instagram depuis le début, j’ai bien vu qu’il n’y avait que des beaux commentaires sur elle. Même les parents des autres

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talents disaient que Rebecca devait gagner, que c’était la plus talentueuse et qu’ils pleuraient en l’écoutant ! Et vous, vous avez pleuré ? Oui, bien sûr mais pas à l’antenne [rires]. Je suis assez pudique ! J’ai aussi fait un gros travail sur les réseaux sociaux pour répondre à tout le monde, fédérer les gens… Parlez-nous de Rebecca quand elle était petite… Elle adore faire des shows depuis son tout jeune âge : des spectacles de marionnettes, de clowns, de mise en scène… C’est une enfant qui a toujours été très souriante. Et qui a aussi un talent inné… En effet, comme mon épouse vous l’a dit, elle a ce que l’on appelle « l’oreille absolue ! » De plus, elle apprend très vite les paroles d’une chanson. Mais elle en est arrivée là car depuis toute jeune, elle travaille très dur. Entre le solfège, la danse, le chant, l’école… Cela devenait compliqué à gérer au niveau emploi du temps. Elle a donc eu un coach vocal et a enregistré une quinzaine de titres en studio qu’on a mis sur Youtube. Puis, dès qu’elle a été repérée, j’ai travaillé avec elle l’expression, la rythmique, l’interprétation… En parallèle, elle poursuivait ses cours à l’école. Cela fait beaucoup pour une enfant de son âge mais heureusement, c’est une excellente élève ! C’est une surdouée ! Et je ne dis pas cela parce que c’est ma fille [rires] !


LE

RAV SACKS ET SON

HÉRITAGE PAR

I

l est écrit dans le Zohar (3 –70b), que « sans les prières des Tsadikim, le monde ne pourrait pas perdurer un seul instant. Les Tsadikim protègent le monde, plus encore après leur mort que pendant leur vie terrestre ». La disparition récente du Rav Sacks, un enseignant et un communicant hors pair, vient nous rappeler la dynamique qu’impriment les Justes comme lui sur notre monde. Jonathan Henry Sacks est né le 8 mars 1948 à Lambeth dans le Grand Londres. De 1991 à 2013, il a été grand rabbin des Congrégations hébraïques unies du Commonwealth, chef spirituel de l’United Synagogue, fédération rassemblant 62 synagogues du judaïsme orthodoxe britannique. En 2005, il a été fait chevalier, et en juillet 2009 il est entré à la Chambre des lords avec le titre

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YAACOV BEN DENOUN

de baron Sacks de Oldgeight. Depuis sa retraite en tant que grand rabbin, il a siégé en tant que professeur au King’s College de Londres, à l’université Yeshiva et à l’université de New York. Son intention était de rapprocher tous les cultes, de ne pas créer de séparation entre la tradition juive, la foi et la modernité, deux voix complémentaires appelées à se répondre. Ses influences indiquent mieux que ne le ferait un grand discours ce que furent son parcours et sa démarche : le Rambam (liens entre science et Torah), le rabbin Joseph B. Soloveitchik (chef de file du mouvement modern orthodox), et le rabbin de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson qui lui a montré la voie. Il a été docteur honoris causa de plusieurs universités de par le monde, dont l’université de Haïfa, l’université Bar-Ilan, et la Yeshiva university. Le rabbin Sacks est décédé le 7

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novembre 2020, des suites d’un cancer, à l’âge de 72 ans. Le rav Sacks et le rabbin Lau. L’ancien grand rabbin d’Israël, le rabbin Meir Lau, a rendu hommage à son ami proche, le rabbin Lord Yonatan Sacks, déclarant qu’il était avant tout un rabbin, un homme de Torah, un théologien des plus fascinants. « La largeur de son esprit et la profondeur de son cœur ont connecté les cœurs » a dit le Rav Lau.


« Il est venu à Tel-Aviv pour parler de rabbinat et j’ai fait la connaissance d’un homme…qui d’une part était un étudiant intelligent, un grand talent, un brillant orateur, et d’autre part, un grand penseur et philosophe…Il était un pont vers le judaïsme, entre le judaïsme et les autres religions monothéistes... J’appréciais son éloquence ». Le rav Sacks savait parler aux hommes, aux responsables religieux ou politiques de tous bords, à ceux qui étaient en recherche, à ceux qui croyaient s’être égarés, et cherchaient des réponses claires à des questions souvent mal formulées. Le dernier message : « Les juifs doivent s’entraider » Il est apparu dans une dernière vidéo, au début du mois de novembre, intitulée : « Le judaïsme, c’est plusieurs esprits et un seul cœur », réalisée dans le cadre du projet « One Nation » du ministère de la Diaspora dirigé par Omer Yankelevich. « Nous avons une solidarité de base qui dit que s’il y a un juif qui a besoin d’aide n’importe où dans le monde, nous sommes le peuple juif, nous serons là pour lui », a-til dit. « Les Juifs étaient en fait la première nation. Ils sont venus à cela deux mille ans avant les autres, et ce qui les a maintenus ensemble était la formule « Kol Israël arévim zé lazé. Tous les Juifs (Tout Israël) sont responsables les uns des autres ». Il a ajouté: « Je ne peux rien imaginer de plus important que cela aujourd’hui… nous devons utiliser notre ancienne tradition pour venir en aide aux autres Juifs là où ils en ont besoin. Le judaïsme est composé de plusieurs esprits et d’un seul cœur… » Le projet « One Nation » vise à

Rav Jonathan Henry Sacks. philosophe, auteur et ancien grand rabbin, et sa femme, Elaine. Photo par Paul Stuart.

La reine Elizabeth II a reçu un chandelier de Hanoukka des mains du rabbin Sacks au palais Saint-James en 2006 pour marquer le 350e anniversaire du rétablissement de la communauté juive en Grande-Bretagne. La reine l’avait fait chevalier l’année précédente.

réunir des personnalités, des célébrités et des dirigeants du monde juif, afin d’appeler à l’unité des forces pour faire face à la crise du corona. L’actrice Mayim Bialik, l’une des participants à la campagne, dit que « l’unité juive est l’idée que quelles que soient les différences entre nous, il y a quelque chose qui nous unit par le fait même que nous sommes juifs, et cela dépasse notre affiliation politique ou notre citoyenneté ». Le basketteur Omri Caspi, le chef Meir Adoni et la journaliste Sivan Rahav-Meir, ont aussi adhéré à ce programme. « C’est un moment historique où le peuple d’Israël à travers le monde traverse une crise commune », a déclaré le ministre de la diaspora. « Il est temps de travailler avec nos frères de la diaspora et de profiter de la grande puissance que nous avons en tant que nation de 15 millions de personnes dispersées dans le monde: être présents les uns pour les autres, partager leurs

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connaissances et nous soutenir mutuellement. Naturellement, en temps de crise, tout le monde est concentré sur sa difficulté, mais l’objectif de la solidarité est d’affirmer que nous devons lever les yeux et nous regarder. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons sortir de cette crise en paix, et peut-être même plus forts. » Le rav Sacks, à travers son blog, son site, ses livres, ses textes et vidéos, continuera à poursuivre son enseignement, à nous engager à accroitre notre solidarité envers ceux qui souffrent, qui sont démunis et désespérés. L’acharnement à créer des solidarités, à fédérer des énergies, à susciter des initiatives d’entraide, caractérisent l’Union des Indépendants d’Israël, de Sarah Ben, et témoignent de cette préoccupation des autres qui s’inscrit dans le droit fil des paroles du Rav Sacks. Gardons à l’intérieur de nos cœurs et de nos esprits cette leçon d’espérance.

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PORTRAIT DE

SARAH BEN FONDATRICE DE TROUVER EN ISRAËL

Trouver en Israël, Trouver son mazal, L’Union des indépendants en Israël… Si vous vivez en Israël et êtes un peu présent sur Facebook, vous avez forcément vu ou entendu parler de ces groupes. Mais qui se cache derrière un tel réseau qui regroupe près de 40 000 personnes ? Une jolie blonde connue sous le nom de Sarah Ben ! A l’âge de 37 ans, cette jeune femme dynamique et active qui a fait l’Alya à l’âge de sept ans, a déjà derrière elle une vie bien remplie. Pour la première fois, la fondatrice de votre magazine a accepté de se livrer en toute intimité sur son parcours, ses épreuves endurées et ses réussites. Interview exclusive !

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PAR

e m’appelle Sarah Bensimon Abramowicz. Mais tout le monde me connait sous le nom de Sarah Ben ! Je suis d’origine italienne par ma mère et constantinoise par mon père. Je suis née à Lyon il y a 37 ans, je suis fille unique. J’ai eu une enfance très paisible à Lyon où mes parents se sont mobilisés auprès du Rav Pinto pour monter la Yeshiva de Villeurbanne. Puis, en 1990, ils ont décidé de venir s’installer en Israël, à Ranana. C’était l’année de la guerre du Golfe... Exactement ! A l’époque, Ranana était très exposée aux scuds. Je me souviens que nous devions

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porter des masques à gaz. J’en avais un spécial pour enfant de par lequel sortait un tuyau pour respirer. C’était impressionnant. Je revois mon père fermant les fenêtres et bouchant la sortie des prises électriques avec du scotch car Saddam Hussein avait menacé d’attaquer avec du gaz. Je me rappelle de tout. Je crois même que j’en ai gardé un certain traumatisme car jusqu’à aujourd’hui, je suis totalement paniquée lorsque les sirènes retentissent à Jérusalem… Du coup, vous avez également vécu l’Intifada ? Absolument ! Après six mois passés à Ranana, nous sommes venus habiter sur Jérusalem. C’était l’époque où les bus sau-

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taient tout le temps et on était réveillé le matin par de terribles bruits d’explosion. On croyait que nos vitres allaient éclater tellement elles tremblaient ! J’avais très peur de prendre le bus, de marcher dans la rue, de m’assoir à une terrasse de café… J’ai même failli y passer ! J’avais 15 ans et je me dirigeais vers la ligne de bus 13 qui reliait le centre-ville à chez moi. Je me souviens qu’il faisait très très froid et ce qui m’a sauvé, c’est que je me suis arrêtée acheter une boisson chaude pour me réchauffer. En arrivant à la station, j’ai vu plein de policiers et des corps à terre. J’étais terrorisée. Les terroristes avaient fusillé les gens qui attendaient le bus…


A présent, parlez-nous un peu de votre parcours. Comment en êtes-vous arrivée à créer le site et le magazine Trouver en Israël ? Déjà, à l’âge de 22 ans, j’ai monté Jérusalem en Or, un genre de répertoire des commerces dans lequel le maire de Jérusalem de l’époque, Uri Lupolianski et le grand rabbin d’Israël, Shlomo Amar répondaient aux questions de gens que je recevais. Ensuite, j’ai fondé Israël Mariages pour tout ce qui concerne l’évènementiel mais aussi Tourist Pass, une sorte de guide avec des réductions distribué dans tous les hôtels d’Israël… Puis, en 2009, j’ai décidé de fonder le site Trouver en Israël. Cela me permettait de maintenir le contact avec les gens, d’établir des connexions. Enfin, j’ai eu envie de reprendre l’édition, d’exprimer ce que je ressentais dans un édito... Donc en 2017, j’ai décidé d’élargir le projet et de lancer le magazine Trouver en Israël. Pourquoi ce nom « Trouver en Israël » ? Car lorsqu’on vient vivre en Israël, on cherche toujours quelque chose et on n’y arrive pas ! J’ai donc voulu monter une plateforme via un site internet qui permet à chacun de trouver les prestataires francophones et israéliens dont on a besoin. Trou-

ver en Israël permet aussi d’aider dans les démarches administratives… Lorsque nous avons fait l’Alya avec mes parents, ma maman a eu beaucoup de mal à s’intégrer, d’autant que le Israël d’avant n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui ; il n’y avait pas toutes les aides pour les olim, pas d’internet… Ma mère se sentait très isolée, elle a fait beaucoup de dépressions et a du se faire soigner dans des hôpitaux. L’ayant vu souffrir de mes propres yeux, j’ai voulu aider les personnes qui ne parlent pas l’hébreu à mieux s’intégrer. Je conseille à chacun qui veut faire son Alya de réellement bien s’investir dans l’apprentissage de la langue, de faire un bon oulpan. C’est une étape indispensable si on veut vivre en Israël ! En ce qui vous concerne, vous vous sentez plus israélienne ou française ? Très bonne question ! Je dirai « hetsi-hetsi. » J’ai la mentalité israélienne mais j’ai des attaches profondes avec la France par rapport à ma famille, mes cousins, mes grands-parents… J’ai plus de facilité à m’exprimer en hébreu. Je pense et je rêve en hébreu. En fait, les israéliens avec qui je travaille m’appellent la française et inversement, les français m’appellent l’israélienne !

Vous êtes aussi à l’origine des groupes Facebook Sarah Ben, Trouver en Israël, Trouver à TelAviv, Trouver à Jérusalem, Trouver à Eilat, Trouver à Natanya, Trouver à Ashdod, Trouver son mazal… Comment avez-vous réussi à être aussi présente sur les réseaux sociaux ? Tout a commencé avec Trouver son mazal ! Une amie à moi divorçait après avoir été battue par son mari. Elle avait dix enfants à sa charge. Elle était dans un état lamentable et elle cherchait à se remarier. Alors, pour l’aider, je me suis dit que j’allais ouvrir un groupe Facebook et l’appeler « Pause Rencontre. » Finalement, via ce groupe, elle a connu quelqu’un du Canada. Il a tout quitté pour se marier avec elle et s’installer en Israël ! Puis, de plus en plus de personnes se sont inscrites dans le groupe que j’ai fini par appeler Trouver son mazal. Des gens du Canada, des Etats-Unis, de France, de Suisse, de Belgique… C’était incroyable ! Cela a débouché sur des mariages, des naissances… On m’a proposé de faire du business avec, de monter une agence matrimoniale, une application… mais je ne voulais pas. Après cela, j’ai décidé d’organiser une soirée pour favoriser les rencontres. Nous avions pour invités le Rav Touitou, le mentaliste Yoni Garcin et le chanteur Yuval Taïeb. Plus de quatre cent personnes ont assisté à cette soirée. J’avais mis en place des minibus qui venaient des quatre coins du pays… Ça avait pris une ampleur gigantesque ! J’ai ensuite continué à organiser des soirées. En parallèle, j’ai monté le groupe Sarah Ben pour favoriser les échanges… et petit à petit, les autres groupes Facebook. Au final, Trouver son mazal a permis une centaine de mariages et des


dizaines de naissances ; donc on peut dire d’une certaine façon, que je suis déjà grand-mère à mon âge [rires] ! Aujourd’hui, le groupe Sarah Ben compte près de 10 000 membres. Trouver son mazal 6000 membres… Si on ajoute ceux des groupes « Trouver » et de l’Union des indépendants en Israël, on peut dire que le réseau représente environ 40 000 personnes. Alors justement, parlons à présent de l’Union des indépendants en Israël. Comment est née cette association ? En mars dernier, l’épidémie du coronavirus touche le monde entier. Moi qui parle avec mes clients israéliens, je me rends compte qu’ils sont tous bouleversés, d’autant que l’Etat n’aide pas beaucoup les indépendants. Ils n’ont pas de chômage, ils ne touchent quasiment rien. Je décide donc de leur venir en aide en montant un groupe Facebook : l’Union des indépendants en Israël. Nous étions trois au départ : mon mari, mon cousin et moi. Mon amie Nathalie Cohen Chemama nous a rejoints et s’est tout de suite investie à fond pour aider les indépendants. Grâce à elle et son mérite, le groupe s’est petit à petit agrandi. Ça a fait

Nathalie Cohen Chemama

14 Décembre 2020

exactement comme pour Trouver son mazal ! Aujourd’hui, le groupe compte plus de 4300 membres. L’association est née officiellement le 26 mai 2020. Au départ, on ne savait pas du tout comment on allait agir. On n’avait aucun plan. Mais avec la détermination, l’aide de Dieu et la mobilisation de Nathalie qui est en quelque sorte la sœur que je n’ai jamais eue, tout s’est mis en place petit à petit. Nous avons une équipe bénévole avec un comptable, un avocat, une graphiste… Quel est l’objectif principal de cette association ? D’aider les indépendants les plus démunis, de permettre à ceux qui sont au bord de la faillite de remonter la pente. Par exemple, on a rencontré Pascale de l’épicerie française de Jérusalem qui avait ses rayons vides et ne pouvait plus acheter auprès de ses fournisseurs car elle avait des dettes. Grâce à des donateurs, j’ai donc appelé ses fournisseurs au nom de l’association et on a pu lui remplir les rayons. Par ailleurs, j’ai contacté Abir Kara de l’association « Ani Shulman » qui compte 240 000 commerces israéliens. Je lui ai dit que je voulais représenter le département francophone. Il nous a ouvert les portes avec toutes les municipalités israéliennes de manière incroyable et on a pu, de ce fait, annuler des amendes pour certains commerces, stopper des saisies sur compte, résoudre des problèmes avec le Bitouah Leumi, obtenir des réductions de l’Arnona pour ceux qui avaient eu des baisses de revenus…

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Vous n’intervenez qu’auprès des indépendants ou aussi auprès de particuliers dans le besoin ? Depuis que j’ai créé le groupe, je reçois des centaines d’appels et de messages chaque jour. J’ai des pères qui éclatent en sanglots au téléphone, me disant qu’ils ont perdu leur dignité… Il y a quelques jours, une maman d’Eilat m’a appelée en larmes pour me dire qu’elle avait retiré les trois shekels qui lui restaient afin d’acheter du pain à ses filles. Quand j’entends cela, je ne peux pas rester sans rien faire ! On lui a donc organisé des courses et des donateurs ont viré des sous sur son compte. On aide aussi des personnes qui ne peuvent pas payer leurs factures et ont l’électricité ou le gaz coupé… Par ailleurs, 350 familles ont bénéficié de bons de 200 shekels par mois de produits laitiers de Strauss pendant quatre mois. D’autres ont reçu des bons de 3000 shekels du supermarché Yohananoff… Ceux qui n’avaient pas besoin de la subvention de l’Etat nous l’ont donné et nous l’avons redistribuée aux personnes nécessiteuses. Des traiteurs ont offert des shabbat. Etc. Ce que nous essayons de faire avant tout à travers cette association, c’est de créer de l’entraide. Lorsque je me suis lancée dans cette aventure, tout le monde me disait que la communauté francophone en Israël était très disloquée, que j’allais souffrir car chacun ne pensait qu’à soi. Et au début, c’est vrai que c’était très


dur. Mais aujourd’hui, beaucoup de personnes me disent que c’est la première fois qu’ils voient une telle solidarité chez les français en Israël ! Au final, j’ai prouvé à tous que la communauté francophone pouvait être très solidaire. Il suffisait juste de les mettre en confiance. Parlez-nous de vos rencontres avec des personnalités politiques comme Nir Barkat, Naftali Benett… Les politiciens sont des gens très sympathiques qui ont beaucoup d’ambition et une grande volonté d’aider mais concrètement on n’a rien obtenu pour le moment ! En fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que

l’on n’a toujours pas de gouvernement. Personne ne dirige le pays. On est encore en période d’élections. Donc chacun se rejette la faute sur l’autre. Le pays est en train de couler. On a un taux de chômage super élevé, plus de 40 000 entreprises ont fermé. Et les hommes politiques ne pensent qu’à leur guerre électorale ! Quel est le message que vous aimeriez faire passer aujourd’hui auprès de la communauté francophone en Israël ? Je voudrais demander à tous de continuer à être solidaires entre eux et même de l’être encore plus ! J’aimerais que cette grande chaine de solidarité

Décembre 2020

s’agrandisse et qu’elle se poursuive même lorsque le Covid ne sera plus là ! Ce que j’accomplis aujourd’hui, c’est en quelque sorte la réparation que je n’avais pas la force de faire à l’époque quand j’étais jeune et que je voyais ma maman souffrir d’isolement. Elle était tellement désespérée et lorsqu’aujourd’hui, je vois toute cette solidarité, je me dis waouhou, c’est beau ! C’est une sorte de revanche sur la vie ! Je voudrais donc dédier cet article à ma maman. Lui montrer à elle mais aussi à tous qui nous lisent, que malgré cette terrible période que nous venons de vivre avec l’épidémie du Covid 19, il ne faut jamais perdre l’espoir…

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our p r i o n dredi dorés n e v n U es des rêv PAR

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lack Friday, pour tous cette locution définit une journée d’achats frénétiques, bien paradoxale dans une période où la croissance économique est ralentie, où les salaires stagnent, où le chômage est important, et où de nombreuses catégories de personnes souffrent d’un complet dénuement. Le Black Friday est une coutume américaine, vieille de plus de 50 ans, qui se déroule le dernier vendredi du mois de Novembre, le lendemain du repas de Thanksgiving, à la veille des achats de Noël. Cette année, ce jour férié qui clôt le mois des promotions a commencé officiellement aux États-Unis le 27 novembre, et souvent aussi dans le reste du monde.

16 Décembre 2020

YAACOV BEN DENOUN

Avant cette date, les Israéliens avaient déjà commencé leurs achats en ligne, dépensant 190 millions de shekels sur des sites internationaux, et 80 millions de shekels en Israël, et ce, même si les « bonnes affaires » n’ont pas été nombreuses, les prix des biens à la consommation (ordinateurs portables, tablettes, aspirateurs, webcams, réfrigérateurs, mixeurs, robinets mélangeurs…) ayant été augmentés avant le jour consacré. Cependant les activités sur le réseau sont restées fructueuses pour les entreprises.

a considérablement réduit ses coûts d’envoi, et dès lors il est devenu très intéressant d’acheter des produits en France et en Allemagne. De fait, des records mondiaux ont été battus cette année, grâce aux achats en ligne qui se sont développés, afin d’éviter les longues files d’attente ou de contourner la fermeture des magasins. Le volume des achats des Israéliens devrait atteindre 24 milliards de shekels d’ici la fin de 2020, soit une augmentation d’environ 25% par rapport à l’année dernière.

Pour doper les ventes en Israël, les fournisseurs de cartes de paiement comme American express ou MasterCard, ont offert une réduction de 10 $ sur les achats de plus de 40 $. Amazon

Selon Efi Dahan, directeur Israël, Europe centrale et orientale chez PayPal, « Ce Black Friday est le point culminant des achats en ligne en Israël en novembre et tout au long de l’année… Ces jour-

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DĂŠcembre 2020

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nées de shopping sont devenues une partie intégrante de notre calendrier et nous nous préparons pour elles tout comme nous nous préparons pour la Pâque ou Rosh Hashanah, qu’il s’agisse de préparer des listes à l’avance, de remplir des chariots, et oui, même d’économiser de l’argent. » Selon l’étude qui a été menée, 21% des Israéliens avaient déjà commencé à remplir leurs « paniers » en ligne (contre 15% à la même période l’année dernière) et 23% des Israéliens ont déclaré avoir mis un peu d’argent de côté, prélevé sur leurs derniers salaires pour permettre d’effectuer leurs achats rêvés (contre 19% l’année dernière). Quels sont les domaines d’achat qu’ont privilégié les israéliens en 2020 ? Principalement tout ce qui concerne la conception, l’aménagement et la décoration de la maison, du jardin et des espaces privés (design et mobilier), la mode, les cosmétiques et le toilettage, les gadgets et les jeux informatiques. Ce jour de Black Friday, au final, les Israéliens ont dépensé 881.97 millions de shekels, soit une baisse de 3,6% des dépenses par rapport à 2019

18 Décembre 2020

(915.23 millions de shekels), et 2018 (794.82 millions de shekels) en raison de la fermeture des magasins, des promotions de novembre qui avaient été déjà importantes au début du mois, les problèmes d’inventaire et d’expédition…Ils ont acheté des produits pour 67 millions de shekels sur des sites internationaux. Les données montrent que le montant moyen d’une transaction de crédit sur présentation d’une carte était de 162.15 NIS le jour de Black Friday (sensiblement équivalent à celui de 2019, 167.68 NIS, et moins important qu’en 2018, 174.38 NIS). La transaction moyenne sans présentation de carte de crédit (transaction en ligne) était de 216.62 NIS vendredi, soit une diminution de 37,8% du montant moyen d’une transaction en ligne, qui en 2019 était de 348.21 NIS. En 2018, le montant moyen était de 249.6 NIS. Ces chiffres tendent à prouver que la confiance n’a pas été abolie, et que les achats restent des valeurs refuge pour tous ceux que la crise affecte, qui profitent de chaque occasion pour se faire plaisir, une sorte de fuite en avant bien agréable.

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La tendance est constante, et comme chaque année, les Israéliens rapportent que les avantages les plus significatifs des achats en ligne sont :

68%

le prix attractif

34%

les faibles coûts d’expédition

33%

le paiement sécurisé

28%

le gain de temps

25%

la large gamme de produits

84%

L’élément sur lequel les israéliens sont très attentifs, est le choix d’une option de paiement sécurisé


DĂŠcembre 2020

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20 Décembre 2020

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HANOUCCA, DE LA LUMIÈRE ET RIEN D’AUTRE PAR

YAACOV BEN DENOUN

« Pour l’instant, vivez les questions. Peut-être, un jour lointain, entrerez-vous ainsi, peu à peu, sans l’avoir remarqué, à l’intérieur de la réponse. ». La faculté de l’homme, comme l’a écrit le poète Rainer Maria Rilke, est de se poser des questions, de résoudre les équations qui l’embarrassent. Face à une situation donnée, les êtres sont sommés de définir une position, de s’y conformer, et d’entrouvrir des portes, de tracer un chemin. Le bien, le mal, la lumière, l’obscurité, l’espoir, le renoncement, la soumission, la révolte, sont des éléments qui appartiennent à la question tout en initiant une réponse.

qui se produit sans cesse entre des valeurs que tout oppose. C’est dans l’entrechoquement des évènements que s’insère la foi en un monde où rien n’est laissé au hasard, qui, comme des herbes poussent entre les pierres, imprime à nos vies un parcours de bienveillance et d’amour.

Le mois de Kislev et la fête de Hanoucca, traduisent la collision

La force de la Mitsva, socle du monde juif, est de faire ap-

22 Décembre 2020

La lumière et l’obscurité ont hérité de cette capacité à l’affrontement. L’obscurité n’a pour seul désir que celui de bousculer la lumière, pour la recouvrir. La lumière n’a pour seule aspiration que de repousser les ombres vers les ténèbres originelles, de se propager, d’illuminer, d’embellir ce qu’elle touche.

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paraitre la lumière, source de sagesse et d’équilibre, et de prendre le pas sur l’obscurité, vêtement opaque de l’ignorance, de la violence, de l’irrespect. Lorsque deux sources lumineuses se recouvrent, comme lors d’une éclipse, elles créent une zone d’ombre, une parcelle de nuit. Pour retrouver leur pleine vitalité, elles doivent s’écarter l’une de l’autre, et rayonner de plus belle. Nous sommes habitués à nous mouvoir dans une lumière relative, un halo, face à un obscurcissement permanent qui fait partie de notre panorama. La ménorah de Hanoucca émet un faisceau de lumière intense qui grâce à sa puissance ex-


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Cette proclamation de la prépondérance de la lumière s’inscrit dans nos vies à travers trois commandements d’allumage : à l’entrée du Chabbat, à la sortie du Chabbat (Havdala), et lors de la célébration de Hanoucca.

traordinaire, est capable de dévoiler toutes les potentialités qui se cachent derrière la nuit. On ne peut l’utiliser pour s’éclairer puisque telle n’est pas sa fonction. Dès la nuit tombée, placée à l’extérieur des maisons pour affirmer sa finalité, elle pourfend l’obscurité, la repousse dans ses retranchements, lui ôte tout pouvoir maléfique, en lui substituant une lueur resplendissante qui annonce la fin des exils et la résurgence de la lumière source. « Az egmor beshir mizmor hanukat hamizbe’ah. Alors je finirai par un chant de louange l’inauguration de l’Autel » Sur toutes les rives de l’espace, dans les échancrures, dans les plis de la terre, dans les maisons, les lieux d’étude et de prière, cette lumière se propage, se répand, embrasant les consciences, réchauffant les cœurs, et nous préparant

24 Décembre 2020

au sursaut, à l’élan vital chargé de transformer le plomb de nos difficultés en or des réussites. La fête de Hanoucca est toujours célébrée dans la période où l’obscurité de la nuit est la plus dense. Les jours raccourcissent, les nuits sont les plus longues de l’année, le froid devient de plus en plus intense, afin de nous rappeler que notre attribut fondamental est celui de la conquête. « Un tout petit peu de lumière suffit à repousser l’obscurité » disent les Hassidim. Les forces de la fraternité se confrontent aux forces de l’obscurantisme. La lutte est âpre. Chaque jour, durant la fête, nous rajoutons une lumière à la précédente. Il faut du temps pour combattre le mal et l’obscurité. Il faut de la patience et de l’obstination. Il nous faut publier le miracle de la victoire de la lumière sur l’ombre, et à chaque jour suffit sa peine.

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L’allumage des bougies le Chabbat permet de réaliser le Chalom Bayt, la paix à l’intérieur des maisons. C’est l’affirmation de cette intériorité emplie de l’image de Dieu qui assure notre élévation spirituelle. Les bougies de Hanoucca sont allumées à l’extérieur, devant la porte d’entrée. Elles attestent de la lutte formelle permanente entre la lumière et l’obscurité. La bougie de la Havdala, faite de plusieurs mèches tissées ensemble (méorei Haech), incarne les deux fonctions, celle de l’intériorité du Chabbat, et celle de l’extériorité qui est la nôtre les six autres jours de la semaine, alors que nous nous confrontons au monde. Le Chabbat nous faisons entrer la lumière dans nos demeures, la semaine nous transportons notre lumière dans le monde de la matière, et lorsque nous combinons ces deux dispositions, alors nous apportons la lumière au monde. Faisons en sorte que la lumière nous envahisse, que l’obscurité s’éloigne de nos cœurs, de nos vies, et que l’amour que nous portons aux autres soit un tremplin pour l’embellissement de nos jours, afin de redonner espoir à ceux qui doutent ou souffrent, de la tendresse à ceux qui sont seuls, et de l’espérance à tous ceux qui sont dans le creux de la vague. A vous tous nous souhaitons de très bonnes fêtes de Hanoucca. Il est temps de tourner la page.


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LES ILES VERTES EN QUESTION

Eilat et la Mer morte après le confinement

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PAR

n raison de la situation sanitaire préoccupante liée au Covid 19 que connait l’Etat d’Israël, le deuxième déconfinement est très progressif, et les hôtels, les restaurants, les cafés, les théâtres et salles de spectacle demeurent encore fermés. Mais à situation exceptionnelle, exceptions inhabituelles, et les responsables en charge de l’évolution de la crise, pour répondre à des attentes, et tenter de relancer une activité économique fortement impactée par

26 Décembre 2020

YAACOV BEN DENOUN

l’application de règles strictes, ont été amenés à prendre des décisions, qui sans être totalement satisfaisantes, entrouvrent la porte de l’accès au plein emploi. Ils ont ainsi décidé de rouvrir 15 centres commerciaux fermés considérés comme pilotes, avant de généraliser une possible normalisation. Le gouvernement, la commission corona et le ministre de la santé, ont aussi approuvé, au

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début du mois de novembre dernier, un projet de loi visant à permettre l’ouverture d’hôtels dans des zones précises, appelées « Iles touristiques vertes », sous réserve de la présentation de tests corona obligatoires pour tous ceux qui entrent dans la zone, visiteurs et résidents. Ainsi, les hôteliers d’Eilat et de la mer Morte (Ein Bokek) se sont préparés à affronter cette situation nouvelle, à la suite de la confirmation législative en deuxième et troisième lecture de la Knesset.


Dans ces stations balnéaires le tourisme constitue la principale activité, et à défaut de pouvoir couvrir toutes les pertes, cette décision permet d’envisager un retour à la normale, à la fois pour les hôteliers et pour les amoureux de ces longues plages de sable fin, et d’un ensoleillement prolongé la majeure partie de l’année.

déjà fortement endommagés par des conditions climatiques extrêmes et des pluies diluviennes récentes, ont ainsi commencé à ouvrir.

L’accord soutenu par la ministre du Tourisme Orit Farkash-Hacohen, inclut une clause restrictive de présentation de résultats à des tests PCR qui doivent être pratiqués avant d’accéder à ces zones, ce qui implique des contrôles administratifs et policiers, et la fixation de sanctions encourues par les contrevenants. (Les vols extérieurs, depuis les aéroports israéliens, sont d’ailleurs soumis aux mêmes exigences)

L’accord cadre qui a été signé, et qui engage toutes les parties, prévoit qu’est autorisée l’ouverture de salles à manger, piscines et lieux de culte à l’intérieur des hôtels et uniquement à l’usage des clients de l’hôtel.

La durée du caractère pilote de ces iles vertes n’a pas encore été définie. Les inspections sont financées par la municipalité d’Eilat et le ministère du Tourisme. À Eilat principalement, les habitants de la ville et les travailleurs de l’industrie du tourisme, ont été appelés subir dans les plus brefs délais des tests Corona dans le complexe Drive-In installé à cet effet. Les travailleurs étrangers employés dans les hôtels sont eux aussi soumis à ces mesures. La plupart des hôtels, d’ailleurs

Les tests ont permis par exemple de découvrir dans un hôtel d’Eilat, que 10 employés étaient porteurs sains du virus et pouvaient contaminer des touristes. Ils ont été placés en quarantaine dans l’attente d’une éventuelle apparition de symptômes.

Les stations d’Eilat et de la mer morte vont pouvoir ainsi retrouver l’activité qu’elles attendaient, progressivement, malgré les contraintes, en espérant que l’arrivée des vaccins permettra de supprimer les restrictions et l’obligation des tests. Ces derniers sont contraignants il est vrai, l’administration ne démontant jamais sa souplesse, et en particulier les résidents, subissent ces mesures « vexatoires » avec difficulté et conçoivent en conséquence une colère souvent justifiée. Mais la municipalité d’Eilat, les chaines hôtelières de ces iles verts ont signé cet accord qui ne garantit ni la liberté de mouvement, ni les échanges avec le reste du pays, il est vrai, mais qui permet de redonner un peu de vie à ces zones sinistrées qui ne demandent qu’à évoluer favorablement, dans des conditions de confort, de sécurité, et de satisfaction indispensables.

Décembre 2020

Les conditions applicables sont les suivantes : - Tous les vacanciers à partir de 3 ans devront effectuer un test corona régulier jusqu’à 72 heures avant d’arriver dans la région. Un contrôle rapide n’est autorisé que pour les résidents de la région, les travailleurs de la région ou ceux qui se rendent aux soins médicaux, aux procédures judiciaires, aux funérailles et à la cérémonie de mariage d’un parent au premier degré. - Les tests peuvent être effectués gratuitement, dans les caisses de santé et dans tous les points de test du pays, tels que ceux des complexes «testez-vous et voyagez». - L’entrée à Eilat ou à la mer Morte ne sera possible qu’après la présentation d’un test corona négatif aux points de contrôle d’entrée de ces zones, à la fois sur la route 90 (via l’Arava) et sur la route 12 (via Mitzpe Ramon). La présentation du permis s’applique aussi bien à ceux qui volent vers Eilat qu’aux passagers des transports publics (bus / taxis). - Les résultats des tests négatifs devront aussi être présentés lors de l’enregistrement à l’hôtel, pour permettre l’inscription. - Les résidents d’Eilat et de l’Arava, et les travailleurs de la région doivent subir une inspection tous les 7 jours. - Les soldats en uniforme et les membres des forces de sécurité et de sauvetage sont exemptés d’inspection.

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KHAMIS

ABOULAFIA Figure charismatique de Tel-Aviv est décédé PAR

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uelques mythes viennent hanter certaines villes d’Israël, pour les ancrer dans la tradition et définir des valeurs. La boulangerie Aboulafia de la rue Yefet, place de l’horloge, à Yaffo (Jaffa), qui prolonge la ville de Tel-Aviv est l’un de ces mythes. Il s’agir d’un lieu incontournable pour tous les visiteurs de la cité de la plaine côtière. Elle est l’incarnation du bon goût et de la coexistence entre juifs et arabes. Il y a une cinquantaine d’années, Saïd Aboulafia tenait cette boulangerie artisanale. Près d’elle se trouvait une usine de chaussures qui appartenait au rav Chlomo Zalman Chtauber. Chaque année, pendant hol hamoed Pessah le rav était gêné par la présence de clients juifs qui faisaient la queue devant la boulangerie Aboulafia, en pleine période d’interdiction de consommation du Hametz. Le rav questionna Saïd afin de connaitre le montant de ses recettes durant cette semaine sainte. Il était très conséquent,

28 Décembre 2020

YAACOV BEN DENOUN

ce qui ne découragea pas le Rav Chtauber qui proposa un arrangement au maitre boulanger. Moyennant la fermeture de la boulangerie la semaine de Pâques, il s’engageait à lui verser la somme qui correspondait à la recette annoncée. Saïd Aboulafia accepta, et l’accord fut scrupuleusement respecté. Six ans plus tard, Saïd alla visiter le rav dans son usine. Il lui fit un aveu qui paraissait étrange à ses yeux, révélant qu’il avait remarqué que depuis qu’il fermait pendant hol hamoed, il gagnait encore plus d’argent qu’auparavant tout au long de l’année. Il annonça au rav Chtauber que

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désormais, il fermerait tous les ans sa boulangerie durant la semaine de Pessah et ce, sans être indemnisé. Ils signèrent formellement un contrat qui est toujours en vigueur. La boulangerie est toujours fermée à cette période, ainsi que le jour de Yom Kippour. C’est Khamis Aboulafia qui prit la suite à la direction de l’entreprise, faisant de cette boulangerie ouverte 24 heures sur 24, un haut lieu de la gastronomie israélienne, orientale et raffinée. Il a en outre su développer sa société, créant des succursales à Rishon Lezion, au centre commercial Azrieli à Tel Aviv, dans le


Il avait été hospitalisé dans un état critique dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, après avoir contracté le Corona, vraisemblablement lors d’un événement familial, à son domicile, il y a plus d’un mois. Deux semaines plus tard, son état s’est rapidement détérioré. En apprenant sa mort, de nombreux habitants sont venus au domicile familial pour prier à sa mémoire. port de Tel Aviv, sur la promenade, à Allenby, et à Petah Tikva (cacher). La famille Abulafia exploite également un magasin de brochettes, et a investi dans l’immobilier à Tel Aviv et Yaffo. Mais les compétences de Khamis Aboulafia s’étendaient à d’autres domaines : il a été journaliste pour les affaires israéliennes à la télévision égyptienne, a présenté une émission sur Radio Tel Aviv, qui prônait l’entente entre Juifs et Arabes, et a tenu une chronique dans

le journal local Yedioth. Il était titulaire d’un baccalauréat en sciences sociales et humaines de l’Université de Tel Aviv, d’un diplôme en droit du Ramat Gan College, et d’un certificat en communication. Il avait un sens inné du relationnel, était respectueux des autres, et soucieux de ses proches et de ses clients. Khamis Aboulafia est décédé dans la nuit du 26 au 27 novembre, à l’âge de 60 ans, de la maladie liée au Coronavirus.

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Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, dans un message sur tweeter lui a rendu hommage : « Mon ami Khamis Abulafia, un homme sage et courageux, est décédé. Repose en paix sur ton lit. Tu vas beaucoup me manquer. Mes condoléances à la famille. » Ainsi s’est éteint le représentant d’une famille toujours préoccupée d’établir des ponts entre deux communautés toujours en quête d’apaisement. Que sa mémoire soit bénie.

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