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LE MAGAZINE DIGITAL DU TRANSPORT ROUTIER

N°6

Juillet 2021

SPÉCIAL

Solutions connectées

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Sondage exclusif : les transporteurs sont-ils digitalisés ?

ACTUALITÉ Les constructeurs branchés

L’IA révolutionne le transport

Les nouveaux tachys Les utilitaires aussi sont connectés

Informatique embarquée FOCUS Le camion autonome


N°6 • Juillet 2021

Digitalement vôtre

2021

Hervé Rébillon, fondateur eMAG TRANSPORT/ TRM24

est sans aucun doute l’année de la digitalisation et de la connectivité dans le transport routier. Le nombre d’offres et de systèmes n’a jamais été aussi important et éclectique. Même si elle est aujourd’hui acceptée, la dématérialisation des documents de transport est une révolution dans le secteur. La pandémie ne fait qu’accélérer le processus. Désormais, tout s’organise et se décide dans le transport via les logiciels et les systèmes qui génèrent des millions de données, du camion au comportement du conducteur. Face à cette émergence, nous avons décidé de consacrer un numéro entièrement au digital et à la connectivité à bord des utilitaires et des poids lourds. Aujourd’hui, un transporteur achète un véhicule communicant et intelligent. Il est en droit de savoir comment choisir son interlocuteur et comment lui parler. Le sondage exclusif que nous vous dévoilons révèle qu’un travail important d’information et de pédagogie est nécessaire afin que les transporteurs, pourtant bien équipés en systèmes connectés et en informatique embarquée, puissent les utiliser à bon escient. À travers ces 50 pages, nous tentons de vous donner un aperçu de ce qui existe sur le marché à quelques semaines du salon Solutrans, qui consacrera tout un hall à ce thème. Les systèmes se comptent à la pelle. Vous n’avez que l’embarras du choix. Bonne lecture !

Sommaire  4 Actualité • Le camion ultra-connecté • Sondage. La digitalisation chez les transporteurs • Enquêtes. Digitalisation : des besoins et des solutions • En bref

15 Focus • L’interopérabilité tant attendue se concrétise 19 Dossier • L’IA, valeur ajoutée de la gestion de flotte 22 Constructeurs • Jamais aussi connectés 28 Interview • Partick Cholton, président de la FFC et de Solutrans 30 Focus • Les utilitaires se connectent 32 Focus • Le camion autonome, technologie de pointe 36 Équipement • Nouveau tachygraphe : encore plus connecté 39 Constructeurs • Les remorques ne sont plus à la traîne 44 Équipement • Le pneu connecté et communicant 46 Interview • Dominique Stempfel, président du Syndicat des professionnels du pneu

49 Dossier • Les camions ont des yeux

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ÉDITO

Ont collaboré à ce numéro Directeur de publication Hervé Rébillon • rebillon@trm24.fr Journalistes Antoine Carmet • carmet@trm24.fr Laure Manginot • manginot@trm24.fr Publicité La Station Productions Conception et maquette • Luna Aguilar Webmaster TRM24 • Thibault Taupin Photos • Tous droits réservés

e-MAG TRANSPORT est proposé par la rédaction de TRM24 et édité par La Station Productions.


4 Actualité

Le camion ult s

s Caméra

Capteur de CO2

Système à double lentille

Le système surveille et contrôle les taux de CO2

s Supercalculateur Système pouvant enregistrer des milliers d’informations

s Radar Détection frontale

s Radar Détection d’objets

s Active Sideguard Assist et Active Drive Assist 2 Systèmes de freinage et d’arrêt automatiques N°6 • 07/2021


Actualité

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ltra-connecté s Système de suivi des températures et de géolocalisation de la semi Les informations transmises à l’entreprise

s Caméra Système remplaçant le traditionnel rétroviseur

s Puce RFID

s s Système intelligent d’attelage Manœuvre possible à distance avec une télécommande

Capteur de charge Enregistrement et affichage du poids du camion avec la remorque

© TRM24 — eMAG TRANSPORT

Système de surveillance de la pression

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6 Actualité

SONDAGE EXCLUSIF

La digitalisation chez les transporteurs L’eMAG Transport a réalisé un sondage exclusif sur la digitalisation et l’informatique embarquée dans le transport routier de marchandises. Sur les 1 670 réponses, il en ressort que la plupart des transporteurs sondés sont équipés d’outils de digitalisation et de connectivité. Mais cette adhésion est récente. Une majorité déclare avoir des difficultés à comprendre leur fonctionnement.

72 % des entreprises de transport qui ont répondu aux questions disent être dotées de systèmes de digitalisation et d’informatique embarquée. Un tiers a un parc de moins de 10 poids lourds. Les deux autres tiers ont entre 10 et plus de 50 véhicules équipés. L’équipement est récent pour l’ensemble des sociétés : elles ne sont que 25 % à être digitalisées et connectées depuis plus de 10 ans. Le reste l’est depuis 5 ans à moins d’un an. Cette récente adhésion à l’ère connectée confirme l’accélération, du moins en apparence, due à la pandémie.

Équipement des transporteurs avec des outils de digitalisation

Depuis quand les entreprises se sont équipées 51 %

13 % 15 %

25 % 72 % 24 %

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La totalité du parc est équipée

Au moins 5 ans

Une partie du parc est équipée

Plus de 10 ans

Le parc n’est pas du tout équipé

Moins d’un an


Actualité

Les systèmes diffèrent selon la taille de l’entreprise de transport. Pour les plus petites, entre un et 10 camions, elles sont dotées à 92 % principalement de systèmes de géolocalisation avec des outils simples que proposent la plupart des éditeurs de logiciels. Ces produits sont de plus en plus mobiles, ce qui a séduit les sociétés interrogées. Viennent ensuite les systèmes de gestion des conducteurs. Elles concernent essentiellement les PME, entre 10 et 50 camions. Les TPE n’ont pas répondu en posséder. Le résultat est logique, sachant que plus l’entreprise est petite, moins le

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dirigeant a besoin de suivre ses conducteurs, en petit nombre, et pour certaines, le patron est au volant avec le seul véhicule de la société. À 85 %, les produits proposés sont des TMS (Transport Management System). Un tiers seulement des sociétés s’est doté d’un système de e-CMR. Il ressort du sondage que 42 % des systèmes sont proposés directement par les constructeurs lors de l’achat du véhicule, le reste par des sociétés d’édition de logiciels. De fait dans l’éventail des offres sur le marché, la part des constructeurs ne cesse de pro••• gresser depuis cinq ans.

Type d’équipement

92 %

79 %

Gestion des données sociales Géolocalisation du conducteur (boîtier GPS-GPRS OBU) (principalement le tachygraphe)

100 %

68 %

37 %

WMS-TMS

Logiciels et solutions (suivi remorques, TPMS pneus, etc.)

e-CMR

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8 Actualité

Quand nous leur avons demandé si elles trouvaient les systèmes onéreux, les avis sont partagés. La moitié des entreprises interrogées a répondu oui et l’autre moitié non. Concernant la répercussion sur la gestion des flottes, 59 % ont une bonne opinion des systèmes proposés sur le marché. Ils sont cependant 32 % à être déçus. À ce jour, 43 % ne constatent pas de retour sur investissement grâce à l’informatique embarquée et les solutions connectées. Seul un tiers (28 %) en a enregistré le bénéfice. La sécurisation des systèmes interpelle les transporteurs. Ils sont 83 % à estimer qu’ils n’apportent pas une protection suffisante de leurs données. Seules 15 % des sociétés interrogées déclarent être bien sécurisées. L’arrivée de nouvelles technologies n’est pas toujours bien accueillie par les salariés. Si les entreprises n’ont en majorité constaté aucune réaction de la part de leurs conducteurs (42,9 %), les réactions sont négatives pour 29 %.

Quelle note attribuez-vous aux offres digitales et télématiques proposées aujourd’hui ? (sur une échelle de 1 à 10)

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Même si la pandémie a accéléré en apparence le développement de la digitalisation au sein des entreprises de transport, ce n’est pas non plus un raz de marée. Selon notre sondage, un tiers seulement des transporteurs interrogés (29 %) envisage d’investir dans des systèmes plus poussés dans les prochains mois. 57 % ont répondu non, le reste préfère attendre. Enfin, lorsque nous demandons aux transporteurs d’attribuer une note entre 1 et 10 aux offres digitales et télématiques proposées aujourd’hui, la note 4 arrive en tête avec 25 %. Elles ne sont que 12 % à attribuer un 8 sur 10 (la meilleure note). Dans les commentaires, la majorité déplore un manque de compréhension du fonctionnement des systèmes leur paraissant « trop nombreux sur le marché et trop compliqués ». En résumé, les entreprises de transport ne s’opposent pas à une digitalisation et une connectivité, mais les éditeurs de logiciels et les constructeurs ont un important travail de pédagogie à faire.

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8 %

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ENQUÊTES

Digitalisation : des besoins et des solutions La pandémie et le boum de l’e-commerce sont deux coups d’accélérateur pour la digitalisation du transport routier, et par là même de toute la chaîne logistique. Reste à savoir quelles solutions sont proposées et quels besoins elles visent. Nous nous sommes intéressés à deux enquêtes qui tentent d’y répondre.

C

omme nous allons le voir, les entreprises de transport et de logistique n’ont plus vraiment le choix que de recourir à la digitalisation. Si elles ne le font pas, elles seront rapidement concurrencées par leurs voisines déjà connectées. Et les business models vont devoir prendre en compte ces nouveaux outils d’échange. Cela veut dire que c’est toute la gestion de l’entreprise de transport et de logistique que le dirigeant doit revoir. Pour le cabinet Adameo, qui a réalisé une enquête complète sur les solutions digitales, les sociétés doivent utiliser les différents outils offerts pour relever les défis d’aujourd’hui : répondre aux exigences des clients, maîtriser et réduire les coûts, s’adapter aux évolutions de la réglementation dans le secteur ou encore faire face aux besoins grandissants des conducteurs et faire évoluer son parc poids lourds Large panel d’outils Adameo a ainsi listé ce qui était proposé en prenant en compte l’évolution de la demande (attentes, mix B to B/B to C), les typologies de moyens roulants (route, maritime, aérien, rail, etc.), les opportunités de mutualisation (logistique, hub urbain) et les émissions de CO2 et de particules fines, transition énergétique oblige. Parmi les nombreux outils di-

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gitaux, elle propose d’utiliser les bourses de fret et de marketplace ou de mettre en place les fonctionnalités permettant de tracer les livraisons « tout en faisant preuve de proactivité ». Elle préconise de déployer des « bus d’informations » pour « faciliter le partage de l’information, ou encore des bases de données collaboratives », et de « fluidifier, voire automatiser des processus par l’utilisation de TMS, plateformes collaboratives/portails fournisseurs et clients, RPA (robot process automation), outils de gestion documentaire, etc. ». L’enquête poursuit sa longue liste d’outils par étapes. Elle conseille de mettre en place de l’informatique embarquée, « afin de suivre en particulier la qualité de conduite », mais aussi « d’utiliser les outils d’optimisation pour réduire le transport à vide et le nombre de kilomètres parcourus ». Des TMS polyvalents Adameo s’est intéressé tout particulièrement aux TMS qui, depuis les années quatre-vingt-dix, ont entraîné une multiplication des solutions digitales. En quelques lignes, l’enquête démontre les nombreuses applications que l’entreprise de transport peut générer : rédiger et même mesurer la performance des appels d’offres, mettre en relation les transporteurs et les chargeurs, voire les transporteurs entre eux, planifier les tournées en amont


Actualité 11 Actualité 11

en fonction des contraintes horaires et des types de marchandises, avoir une visibilité globale et en temps réel sur le transport de marchandises et connaître l’ETA (estimated time of arrival, heure estimée d’arrivée). Ces outils digitaux peuvent avoir d’autres fonctions souvent mal connues : gérer la flotte de camions dans le but de contrôler et optimiser leur cycle de vie, organiser en interne les ressources humaines des conducteurs. Cependant, utiliser ces outils à bon escient demande une qualification et une formation adéquate. L’enquête propose de bien choisir son TMS en fonction de ses besoins selon deux principaux facteurs : la couverture fonctionnelle et les modes de transport gérés. Pour la couverture fonctionnelle, « celle de base, qui est le propre d’un TMS, permet d’organiser le transport (gestion des OT, mutualisation, respect des normes réglementaires, gestion

Lire dans son intégralité l’enquête d’Adameo

des supports consignés, gestion des alertes, etc.) selon un plan de transport et des grilles tarifaires, de piloter l’activité et l’empreinte carbone et de gérer la facturation », précisent les auteurs.

s

Digitaliser la chaîne logistique Pour la supply chain, la transformation est sans doute plus complexe. France Supply Chain a analysé à travers une enquête de terrain toute la chaîne logistique et a relevé 4 points essentiels : la gestion des données, les échanges de données de plus en plus automatisés (à 90 % par traçabilité), l’acquisition des données par l’intégration des systèmes IoT (Internet des objets) et la robotisation des opérations administratives et physiques (pertinent pour 64 % des entreprises interrogées). L’étude révèle que la gestion des données souffre encore aujourd’hui d’un manque d’infrastructures et de transversalité au sein même de l’entreprise. Sur le plan des échanges des données, elle montre que la blockchain a du mal à s’installer dans les sociétés, restant « marginale ». « Cette enquête nous a permis de noter des progrès significatifs sur la capacité d’exécution, l’identification des talents pour diriger les projets de transformation et l’implication renforcée des équipes métier. Néanmoins, le passage à l’échelle demeure un challenge, ainsi que l’évaluation de la rentabilité économique des innovations digitales », souligne France Supply Chain. La protection des données est une priorité pour bon nombre d’entreprises. Les exigences réglementaires et la cybersécurité apparaissent dans les thématiques d’investissement, car un nombre croissant d’entreprises y a été malheureusement confronté, avec parfois des impacts supply chain pouvant aller jusqu’à la paralysie, indique l’organisation. D’une manière générale, l’enquête ••• N°6 • 07/2021


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Actualité

révèle que « les supply chains managers sont de plus en plus intégrés aux niveaux les plus élevés de la direction des entreprises et contribuent davantage à la stratégie de transformation de l’entreprise, et en particulier la digitalisation ». Un ROI croissant Adameo a par ailleurs analysé le retour sur investissement de la digitalisation des activités transport. Il en ressort dans un premier temps que le ROI jusqu’à présent financier sera « de plus en plus environnemental ». Pour un projet court, il peut être de 3 mois, tandis que pour un projet long (implantation d’un TMS complet), il est de plus d’un an. Selon chacune des étapes, le retour sur investissement diffère. Pour l’achat transport, il peut varier entre 3 et 15 %, alors que sur l’optimisation des tournées, il peut atteindre 20 % sur les temps de service et 25 % sur les coûts de maintenance des

Lire dans son intégralité le panorama de la digitalisation de France Supply Chain

s

équipements. Sur les fluidifications des échanges, le ROI reste faible (de 0,5 à 5 %). En revanche, il peut grimper pour l’excellence opérationnelle jusqu’à 30 % d’impact sur la satisfaction client. Adameo propose enfin les grandes étapes, de la rédaction du cahier des charges à l’implémentation : définition des besoins, mise en production, validation de la solution et montage du projet, sans oublier la sélection finale de l’éditeur et de sa solution (POC, proof of concept). Le cabinet insiste sur la maîtrise de la donnée, l’organisation et le processus, ou encore sur l’interopérabilité indispensable aujourd’hui. Le cahier des charges doit aussi prendre en compte l’architecture de service IT, calée sur l’engagement client. Dernier point important : l’accompagnement des équipes, afin de « partager et publier la vision du projet et de la stratégie de l’entreprise en avance de phase avec les parties prenantes impliquées ». La technologie évolue très rapidement. Adameo passe en revue les facilitateurs (enablers) permettant d’aller encore plus loin. Pour n’en citer que quelques-uns : les objets connectés (IoT) pour géolocaliser, pour la maintenance prédictive ou pour la gestion des espaces urbains ; la blockchain proposant un stockage, une certification et une transmission de l’information sécurisée ; l’intelligence artificielle (IA) qui permet une analyse de bases de données et une prise de décision rapide ; les jumeaux numériques, pour la simulation d’un réseau complexe routier et ferroviaire par exemple ; les microsatellites qui fourniront le réseau internet dans les zones les plus reculées. La digitalisation a désormais intégré les entreprises de transport et de logistique, et implique inéluctablement les équipes, qu’elles soient sur la route ou dans les bureaux. Antoine Carmet carmet@trm24.fr

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EN BREF Le freinage des remorques se connecte

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icrolise vient de dévoiler la nouvelle version de sa solution dédiée aux remorques, Trailer Telematics. Elle est enrichie d’une fonction de surveillance, à distance et connectée, des performances du système de freinage des remorques. Ce dispositif de contrôle (TBPM pour Trailer Brake Performance Monitoring) permet aux exploitants de réduire le temps d’indisponibilité des véhicules, de renforcer leur conformité et la sécurité, et réaliser ainsi économies et gains de temps sur la gestion de ces ressources. Directement connecté au système de freinage électronique (EBS – Electronic Braking System)

de la remorque, il remonte vers l’interface web Microlise des informations précieuses concernant l’état et les performances de l’EBS. Une échelle graphique allant du rouge au vert indique s’il fonctionne correctement, s’il nécessite une surveillance particulière ou une intervention urgente. Trailer Telematics fournit aux opérateurs, en un coup d’œil, une visibilité complète des performances des freins de l’ensemble de leur parc de remorques. La solution permet également d’enregistrer et de surveiller efficacement les températures des remorques transportant des cargaisons thermosensibles.

L’e-CMR évolue avec Dashdoc

L’

éditeur ne cesse de faire évoluer ses produits. Il propose à ses clients de restituer le kilométrage exact, du point de départ à l’arrivée de chacun de leurs transports, sur l’e-CMR et dans les dossiers de transport afin que l’exploitant améliore sa rentabilité. Il permet par ailleurs une traçabilité à la mission, pour les transporteurs et pour leurs clients. Dashdoc avait sorti l’an dernier une version améliorée et mobile de sa solution de lettre de voiture électronique, accessible directement sur le téléphone. Son offre est désormais également disponible sur Mercedes-Benz Truck App Portal, installé sur le tout nouveau Actros L. Le conducteur du camion Mercedes peut utiliser sa lettre de voiture électronique depuis son tableau de bord.

Données sécurisées et sauvegardées

L

es piratages se multiplient, et les données sociales, qui sont au cœur même du système informatique central en raison des interactions avec les logiciels de paie et les plannings, sont les plus exposées. Les fichiers bruts des cartes conducteurs, où les tachygraphes transitent par des moyens non sécurisés et très divers, peuvent très facilement transmettre des virus ou être sujets à des intrusions. Flip Technology propose une solution pare-feu qui consiste à isoler les données sociales dans un logiciel hébergé sur une plateforme cloud totalement séparée du système informatique central de la société. Les services qui ont besoin de ces données peuvent donc y accéder sans risque d’exposer l’entreprise à des virus ou des cyberattaques. Le logiciel TachoSafe WEB est la plateforme générale d’archivage et de sauvegarde des fichiers C1B et V1B. Temps d’archivage : 5 ans minimum. Elle

offre un mode de sauvegarde par plusieurs serveurs sécurisés et dispersés comme le demande la réglementation. Les données sociales sont gérées et analysées par un programme de dernière génération, simple à exploiter et conçu pour être utilisé sans formation. De nouvelles fonctions sont disponibles, comme l’information en temps réel du temps de conduite ou du travail restant à faire avant la pause ou la fin de journée. Cela évite l’appel téléphonique au conducteur avec toutes les conséquences que cela peut entraîner. N°6 • 07/2021


Focus 15 Focus 15

L’interopérabilité tant attendue se concrétise Les répercussions sanitaires et économiques liées à la pandémie de Covid-19 ont accéléré le processus de la digitalisation, et surtout la volonté d’harmoniser l’ensemble des systèmes connectés. L’interopérabilité est aujourd’hui inéluctable, dans un univers en perpétuel mouvement et mutualisation.

T

ransFollow lance le DataHub, qui offre à tous les partenaires d’une même opération de transport donnée de partager des informations en temps réel et de bénéficier de mises à jour instantanées de leurs documents. « Cet outil permet aux différents acteurs de se connecter. C’était l’axe manquant à la disponibilité de l’information. Aujourd’hui, grâce à des systèmes ouverts, c’est un univers démultiplié », note Guillaume Salembier, responsable France de TransFollow. « DataHub peut s’adresser à tous, des grandes organisations aux gros chargeurs. Il a la même capacité de réactivité et vient s’intégrer aux systèmes existants. Il s’agit d’un outil compétitif. » Palier l’incompatibilité des systèmes Concrètement, DataHub s’appuie sur les trois services indépendants, TransFollow Portal,

TransFollow Connect et TransFollow Drive, qui peuvent être utilisés ensemble ou séparément. Avec l’API TransFollow Connect, les entreprises ont la possibilité de connecter facilement la plateforme TransFollow DataHub à leur système d’information existant et ainsi d’automatiser l’échange de données, telles que les preuves de livraison électroniques (e-CMR ou bordereaux d’expédition nationaux), avec leurs partenaires et leurs clients. « L’incompatibilité technique des systèmes ou le cloisonnement des données empêchent encore une libre circulation des informations stratégiques entre tous les acteurs. Seul le renforcement de l’interopérabilité des données et des systèmes d’information peut permettre aux entreprises de progresser pour tendre vers le zéro papier », précise Alexis Perinet-Marquet, directeur du développement des affaires et des produits de TransFollow. ••• N°6 • 07/2021


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Focus Ekolis a inauguré au printemps sa plateforme baptisée Infinity by Ekolis avec un objectif clair : étendre l’interopérabilité aux remorques. Elle permet ainsi l’agrégation de données, capable de centraliser les informations issues à la fois des tracteurs et des remorques. « L’harmonisation des données répond aux enjeux des transporteurs de rationaliser les dépenses de traitement des datas et de simplifier la gestion du parc roulant souvent pré-équipé d’une solution télématique constructeur doublé d’un système embarqué additionnel », indique Ekolis. Sous la forme d’une plateforme web, Infinity by Ekolis exploite les informations issues des tracteurs, porteurs et remorques connectés, qu’ils soient équipés en usine ou par le biais d’un boîtier télématique de seconde monte. Une cartographie affiche la position des véhicules, tandis que l’ensemble des informations techniques de toute la flotte est accessible via l’application. Ekolis ne veut pas s’arrêter là, et envisage de compléter prochainement Infinity de fonctionnalités : gestion des temps de service, connexion au TMS, solution d’écoconduite ou encore possibilité d’intégrer une application mobile pour le conducteur. Ouverture aux logiciels tiers Les constructeurs de poids lourds aussi ont compris l’enjeu de l’interopérabilité. Daf a étendu les fonctionnalités de DAF Connect en s’ouvrant aux logiciels tiers de gestion de flotte. « Un nombre croissant de camions sortant de la chaîne de production de Daf sont désormais équipés de la plateforme de gestion de flotte en ligne DAF Connect. L’amélioration qu’apporte la plateforme ouverte, qui représente également une innovation, met en évidence les avantages de DAF Connect par rapport aux autres systèmes de gestion de flotte », déclare Jorg Wijnands, son directeur marketing. « Basé sur des partenariats de confiance entre des tiers sélectionnés, DAF Connect permet désormais une intégration facile avec les systèmes de gestion de flotte (FMS) et les systèmes de gestion de transport (TMS) existants. » Cette plateforme ouverte propose également aux fournisseurs de gestion de flotte tiers de récupérer des données directement depuis Connect. « Cela limite le nombre de modules matériels coûteux dans le véhicule, et permet une intégration prête à l’emploi qui réduit le coût total d’exploitation pour nos clients », fait valoir Jorg Wijnands.

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Un éventail de partenaires Traton, qui regroupe aujourd’hui plusieurs marques (Scania, MAN, Volkswagen), n’a pas attendu pour jouer la carte de l’ouverture en multipliant les partenariats. Via son offre Rio, le constructeur réunit déjà plus de cinquante partenaires sur sa plateforme. À tout moment, les clients peuvent réserver vingt-trois services adhérents de la place de marché Rio. En outre, trente et une solutions innovantes peuvent être intégrées sur demande via le service de Partner Management de la marque digitale de Traton. « Depuis le tout début, nous sommes partis de deux hypothèses. D’une part, Rio veut mettre en réseau tous les acteurs de la chaîne logistique de manière simple. D’autre part, il ne fait aucun doute que nous ne pouvons pas développer toutes les solutions nous-mêmes, mais que nous devons compter sur des partenaires performants », relève Jan Kaumanns, président de Rio. Dans le domaine du suivi des véhicules, les partenaires de Rio sont des sociétés comme Timocom, Trans.eu et Sixfold. S’ajoute le tracker de LOSTnFOUND qui permet de suivre sur la plateforme Rio des véhicules sans télématique propre, qu’il s’agisse d’engins de construction ou d’outils de chargement comme les palettes. En ce qui concerne la gestion des itinéraires et des commandes, on re-


Focus

tiendra des noms et des produits connus tels que CarLo de Soloplan, WinSped de Lis et Translogica d’InfPro IT Solutions. « Notre choix de partenaires se fonde sur les processus organisationnels et la chaîne de valeur que les chargeurs et les transporteurs gèrent quotidiennement. Nous intégrons les données obtenues auprès des flottes de camions et les leur transmettons. Grâce à nos interfaces standardisées, appelées API, le client peut consolider ses données dans le système partenaire de son choix, et il ne s’agit pas nécessairement de la plateforme Rio. Au final, il ne doit utiliser qu’un seul système informatique », développe Johan Carlberg, responsable de la gestion des partenariats de la marque digitale de Traton.

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Les comptes rendus automatisés des dépenses, et surtout les modules logiciels de suivi et d’archivage des temps de conduite et de repos, sont les outils les plus importants du tachygraphe et de la gestion du temps. Des fournisseurs tels que VDO TIS-Web, TachoWeb de Dako ou modulon Spesen sont accessibles sur la marketplace de Rio. « Nous continuerons à observer le marché afin d’identifier quels nouveaux partenaires potentiels aideront non seulement Rio mais surtout nos clients à se développer efficacement. En 2021, nous voulons, d’une part connecter les écosystèmes du transport et de la logistique, souvent séparés, et d’autre part, rendre encore plus facile l’échange bidirectionnel de données entre Rio et nos partenaires », conclut Jan Kaumanns. L’arrivée du protocole rFMS Avec l’arrivée progressive des camions autonomes, l’interopérabilité va se développer, la centralisation des données du véhicule étant obligatoire pour qu’il circule. Le protocole rFMS (Remote Fleet Management System) permettra de dématérialiser directement sur le Cloud l’accès aux données télématiques de chaque camion. Une entreprise de transport pourra alors, comme elle le souhaite, ajouter des logiciels de gestion de flotte, toute marque confondue. Le dirigeant pourra centraliser toutes les informations : l’état de santé du véhicule, le comportement de son conducteur, la consommation, la sécurité. Le protocole rFMS pourrait s’appliquer aux véhicules non autonomes déjà en circulation. L’interopérabilité n’en est qu’à ses balbutiements. Laure Manginot manginot@trm24.fr N°6 • 07/2021


Dossier Dossier 19 19

L’IA, valeur ajoutée de la gestion de flotte L’intelligence artificielle s’est infiltrée non seulement dans notre vie, dans nos objets du quotidien, mais aussi au sein des entreprises. Les transporteurs gèrent ainsi des flottes de camions truffés d’IA. Elle peut intervenir jusqu’à la prise de décision, les algorithmes ayant envahi les logiciels de gestion de parc.

C’

est sans avoir demandé notre avis que les objets et services que nous utilisons tous les jours se dotent d’intelligence artificielle. Ménagers, techniques, les produits se connectent et deviennent communicants. Il en est de même dans la vie professionnelle. Les entreprises en général sont toutes concernées. L’IA a envahi la vie des sociétés de transport, de la gestion des flottes aux poids lourds en passant par les conducteurs. Elle donne à un instant t toutes les informations qui constituent l’entreprise : position de ses camions, temps de roulage, temps d’immobilisation, comportement de ses conducteurs. Ce sont près de 46 700 données qui peuvent ainsi circuler en une seconde provenant d’un seul camion. Autant d’informations confidentielles qui appartiennent à l’entreprise de transport.

Aide incontournable L’intelligence artificielle gagne en précision et en rapidité. Cela se traduit sur le terrain par des décisions prises plus en amont. Les informations sur la position des camions remontent en quelques secondes à l’entreprise. Le responsable peut alors décider d’envoyer tel ou tel véhicule pour une livraison sans que ce dernier ne soit obligé de revenir à l’entrepôt. Aujourd’hui, et c’est de plus en plus vrai, plus le transporteur est équipé de systèmes dotés d’IA, plus il est en avance sur ses concurrents. Les chargeurs sont également séduits par les nouvelles technologies. La prise de décision peut être elle aussi automatisée, du moins pour les décisions basiques. Il existe actuellement des outils qui grâce à l’IA permettent d’analyser les données sur les comportements des ••• N°6 • 07/2021


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Dossier conducteurs, sans que le responsable d’exploitation ne soit contraint de le faire quotidiennement ou en fin de semaine. Le gain est d’autant plus important pour les grandes flottes. L’intelligence artificielle est également présente dans l’exploration des données du carburant des poids lourds. Sachant qu’il est le second poste le plus coûteux pour un transporteur, le dirigeant peut prendre des mesures beaucoup plus pointues sur la gestion de la flotte. L’IA intervient aussi dans la maintenance des véhicules industriels, sur ce que l’on appelle le prédictif. Aujourd’hui, les constructeurs proposent aux transporteurs de nombreuses offres qui déclenchent des alertes en temps réel sur les révisions ou des réparations à réaliser, ce qui entraîne une baisse des pannes et des immobilisations des véhicules, et par conséquent une diminution non négligeable des coûts. Une combinaison de technologies de pointe Carrier Transicold propose la solution Lynx Fleet, destinée aux entreprises de transport frigorifique. Elle utilise une technologie avancée combinant l’IoT, le machine learning et des technologies d’analyse, afin de connecter la chaîne du froid aux services cloud, d’automatiser les processus clés et de fournir une visibilité et des informations en temps réel tout au long de l’acheminement de la cargaison. « La solution Lynx est un écosystème d’une puissance exceptionnelle qui permet à nos clients d’avoir un meilleur aperçu de leurs opérations dans la chaîne du froid », expose Victor Calvo, président de Truck & Trailer International - Carrier Transicold. « Cette solution IoT peut améliorer la connectivité tout au long de la chaîne du froid et contribuer à augmenter le temps de fonctionnement et l’optimisation de la flotte, permettant ainsi de réduire les risques de détérioration des cargaisons. » La solution numérique Lynx Fleet fournit des données critiques, comme les températures, la localisation et les mouvements. Le système permet d’exploiter les fonctions télématiques, les sources de données des équipements de réfrigération et l’apprentissage automatique pour aider les clients à prendre des décisions plus rapides selon les données, afin d’améliorer l’efficacité et la durabilité de leurs chaînes d’approvisionnement.

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Microlise a annoncé dernièrement la sortie française de son module Planning & Optimisation. Cette solution en mode SaaS permet d’optimiser les trajets et de générer un planning pertinent en quelques minutes, grâce à un nouvel algorithme encore plus abouti. « Même s’il existe déjà d’autres produits d’optimisation sur le marché, nous pouvons désormais proposer à nos clients, nouveaux et existants, une solution performante, très rapide, ergonomique et pleinement intégrée à nos autres modules. Nous leur offrons ainsi un coût de mise en place attractif et de réels gains d’efficacité avec un seul et même opérateur et une solution complète d’un bout à l’autre », se félicite Frédéric Solari, directeur des ventes pour la France. « Le module Planning & Optimisation met en œuvre des technologies de pointe et une interface web intuitive et simple, qui permet aux utilisateurs d’effectuer des ajustements manuels en utilisant notamment le drag-and-drop. Il offre la possibilité de gérer l’ensemble des contraintes liées aux missions et aux ressources, comme la capacité des véhicules, la disponibilité des conducteurs, les spécificités des commandes, et de définir les objectifs recherchés. L’algorithme peut également être configuré pour répondre aux aléas courants tels que les retards, les embouteillages ou l’intégration des commandes de dernière minute. » IA et jumeaux numériques Le transporteur Stef a confié dernièrement l’optimisation de ses plans de transport à une société spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée. DCbrain a déployé sa solution INES (Intelligent Network Solution), qui comprend et optimise


Dossier les réseaux physiques. Intégrée à son système d’information, la technologie permet à Stef de rationaliser et d’optimiser ses plans de transport et les activités de son réseau d’agences. « Avec DCbrain, nous avons mené un projet pilote très convaincant, qui nous incite aujourd’hui à déployer cette technologie sur la totalité de nos filiales transport flux frais en France. Grâce à INES, nous visons des gains importants en matière de qualité de service. Nous réduirons notre empreinte carbone grâce à l’optimisation de nos plans de transport et des ressources matérielles dédiées. Nous serons également plus réactifs pour adapter nos schémas opérationnels en fonction des variations d’activité. Cette collaboration s’inscrit parfaitement dans nos objectifs de faire du développement durable un véritable levier de performance », développe Damien Chapotot, directeur général délégué de Stef Transport. La technologie innovante d’intelligence artificielle hybride utilisée fait appel à un jumeau numérique. Pour analyser les données issues de ses réseaux, les convertir en décisions métier et business, le système s’appuie sur des bases et des jeux de données sous forme de graphes relationnels qui permettent de créer des doubles digitaux (modèle dynamique et numérique du réseau physique) et d’intégrer la complexité d’un réseau. Le transporteur peut ainsi simuler ses plans de transports (globaux et agence par agence), prédire des événements, identifier des anomalies et disposer de recommandations d’optimisation en temps réel. « La réussite de ce projet s’appuie avant tout sur la confiance accordée par les équipes et la direction de Stef. INES, notre asset tech-

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nologique, notre ADN et notre méthode de travail ont fait le reste », résume Benjamin de Buttet, directeur des opérations et cofondateur de DCbrain, avant d’ajouter : « basés sur la transparence, l’inclusion de tous les utilisateurs et un mode de déploiement agile, ils ont permis de prouver leur ROI rapidement. Stef a parfaitement compris que la donnée et la maîtrise de son cycle de vie sont des composantes essentielles de son activité. Le couple IA/ML n’est pas l’ennemi de l’humain, mais un complément à haute valeur ajoutée pour optimiser l’activité des équipes métier ». Les systèmes de connectivité deviennent de plus en plus précis et de moins en moins volumineux grâce à l’intelligence artificielle et aux technologies à la pointe utilisant des puces. AddSecure propose un petit boîtier sans fil, le SenseTag, qui émet un signal d’identification unique. Le transporteur peut surveiller et organiser l’utilisation des ressources de manière optimale. Aucun matériel GPS ou abonnement GSM n’est nécessaire. Chaque dispositif basé sur la géolocalisation intelligente doit se trouver dans un rayon de 20 à 30 mètres d’un système de télématique (AddSecure Roadbox) avec le suivi SenseTag activé. Un système de suivi passif intégré à la flotte peut détecter des milliers de dispositifs de manière fiable et sécurisé. Nous le constatons, de plus en plus, les entreprises de transport prennent leurs décisions tant transport et logistiques que commerciales en fonction de l’intelligence artificielle qui s’est installée dans tous ses systèmes de gestion de flotte. Et l’IA n’a pas dit son dernier mot. Hervé Rébillon rebillon@trm24.fr

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Constructeur

Jamais aussi connectés Les nouvelles gammes récemment lancées sont toutes dotées des derniers systèmes connectés. Les constructeurs commercialisent aujourd’hui non plus un véhicule mais une solution de transport adaptée aux secteurs de chacune des entreprises de transport.

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af Trucks a renouvelé dernièrement sa gamme de poids lourds et a dévoilé la nouvelle génération XF, XG et XG+. Outre des cabines repensées, les véhicules sont dotés de la solution Daf Connect. Le constructeur a fait évoluer sa plateforme en l’ouvrant à des logiciels tiers de gestion de flotte. Elle permet aux fournisseurs de confiance de récupérer des données directement depuis Connect. « Cela limite le nombre de modules matériels coûteux dans le véhicule, et permet une intégration prête à l’emploi qui réduit le coût total d’exploitation pour nos clients », fait valoir Jorg Wijnands, directeur marketing de Daf Connect. Cette « plateforme ouverte est la meilleure des solutions flexibles en matière d’intégration matérielle des solutions de transport professionnel. » Une boutique en ligne permet de gérer les abonnements Daf Connect d’un simple clic. Le constructeur nous promet une offre de connectivité encore plus complète et inédite pour la fin de l’année 2021.

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Interactivité et plateformes Iveco, qui a aussi présenté une nouvelle gamme améliorée, a souhaité replacer le conducteur au cœur de la connectivité du véhicule. « Le nouvel Iveco S-Way est un véhicule véritablement tourné vers le futur. Il est durable et efficace, conçu avec un état d’esprit fortement ancré dans l’innovation. Il place le client au centre de l’attention, en révolutionnant la façon dont ce dernier communique avec son véhicule », précise Thomas Hilse, président de la marque, lors du lancement de la nouvelle gamme. « Le monde avance vite et le monde du transport doit non seulement garder le rythme, mais aussi anticiper le changement et en être le moteur. Le nouvel Iveco S-Way est le futur du monde du transport. Et il est là, aujourd’hui. Il va permettre à nos clients de passer la vitesse supérieure. » Le véhicule a été repensé afin que les conducteurs interagissent avec leur véhicule et entrent dans une nouvelle ère d’assistance proactive et prédictive. À l’aide des commandes


Constructeur vocales via Amazon Alexa, Driver Pal, véritable assistant, permet au conducteur d’échanger avec les systèmes de contrôle, la salle de contrôle Iveco et toutes les fonctions de gestion de la flotte. Le constructeur propose la plateforme My Iveco qui permet aux conducteurs d’activer les contrôles dans la cabine et de profiter de l’infodivertissement. Ils peuvent aussi utiliser le système de navigation pour planifier leur itinéraire, vérifier l’état de santé du véhicule et leur note d’évaluation du style de conduite. Iveco Driver Pal a été développé avec le soutien d’AWS Professional Services. Il fonctionne sans serveur grâce à l’apprentissage machine d’AWS, à la voix et aux technologies de sécurité, notamment Amazon Comprehend (traitement du langage naturel), Amazon DynamoDB (service de base de données), AWS Lambda (plateforme informatique sans serveur), Amazon Translate (service de traduction automatique neuronale), et utilise le service vocal Alexa d’Amazon sur le Cloud pour améliorer l’expérience du conducteur. « Nous sommes ravis de lancer Iveco Driver Pal, qui établit une nouvelle norme dans le secteur », se félicite Fabrizio Conicella, directeur monde des technologies numériques et avancées pour les véhicules utilitaires et spécialisés. « En exploitant l’éventail des services d’AWS et la méthodologie Amazon Working Backwards Innovation appliquée au cours du programme d’innovation numérique d’AWS, Iveco a pu innover et livrer en un temps record un nouveau service qui change fondamentalement la façon dont les conducteurs peuvent interagir avec leurs véhicules et la communauté des conducteurs. Le nouveau compagnon vocal Iveco renforce la stratégie numérique de

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l’entreprise […], tout en élevant le niveau de sécurité et de confort. » Autre innovation : les conducteurs peuvent utiliser la plateforme My Community, véritable radio CB numérique qui permet aux utilisateurs de faire partie d’une communauté de conducteurs. Ils peuvent notamment échanger et rechercher des messages vocaux pendant leur trajet ou à l’approche de leur destination, partager et écouter des informations sur les conditions de circulation ou les files d’attente aux contrôles frontaliers pour éviter des retards imprévus, obtenir des conseils sur les meilleures aires de stationnement, restaurants et autres adresses utiles. Le langage n’est pas un obstacle : My Community est traduit de et vers l’anglais, l’allemand, le français, l’italien et l’espagnol. D’autres langues arriveront prochainement. La plateforme est ouverte à tous les conducteurs, y compris ceux qui conduisent le camion d’une autre marque. •••

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Constructeur

Un bouquet de services Tous les autres constructeurs font évoluer leurs solutions connectées. Lancée dès 2012, l’offre services connectés proposé par Scania équipe aujourd’hui 80 % des camions vendus. Le boîtier Scania Communicator rapatrie les informations permettant d’accéder à une gamme complète d’outils de suivi de véhicules et de conducteurs. L’offre est accessible gratuitement pendant 10 ans. Elle permet de suivre les consommations d’un véhicule Scania d’une période à une autre, par semaine ou par mois. Le transporteur reçoit un mail d’information qui détaille les consommations véhicule par véhicule sur une période donnée et leurs évolutions par rapport à la période précédente. Les principaux facteurs d’une bonne ou d’une mauvaise conduite sont également spécifiés par véhicule :

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temps au ralenti, survitesse, note Scania Driver Support. L’utilisateur peut ainsi suivre sa consommation grâce à des indicateurs visuels, pertinents et réguliers dans le but de maîtriser et de réduire son poste carburant. Le constructeur propose un service haut de gamme de ses solutions connectées. L’offre Scania Contrôle associe les services de l’offre Monitoring à d’autres fonctionnalités : Évaluation des conducteurs, qui réalise un palmarès des meilleurs utilisateurs des véhicules selon les recommandations du constructeur et prodigue des conseils individualisés aux conducteurs ; Performance des véhicules, qui fournit un ensemble d’éléments techniques : vitesse moyenne, utilisation des modes de la boîte automatisée, consommation, poids de l’ensemble routier. Sont également proposés un service •••


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Constructeur

maintenance, un autre pour les anomalies ou encore un service rapport environnemental. Pour être complet, l’offre Scania Data Access concerne les propriétaires de flottes qui ont besoin d’accéder aux données de façon qu’elles s’intègrent facilement aux systèmes existants. Elle autorise l’utilisation des données remontées des véhicules connectés. C’est une excellente alternative pour les clients aux flottes mixtes qui utilisent déjà d’autres systèmes télématiques et ont besoin d’avoir accès à des données complètes dans un format standardisé. Le service Scania Tachy permet de rapatrier et d’archiver les données du chronotachygraphe numérique de chaque véhicule. Le virtuel, nouvelle façon d’acheter Les constructeurs vendent aujourd’hui leurs camions en utilisant le digital. Avec l’application Truck Builder, Volvo propose à ses clients de découvrir sa nouvelle gamme grâce à la réalité augmentée. L’outil permet de configurer son véhicule via un site dédié. Il donne la possibilité de créer son camion sur mesure, intérieur comme extérieur. Vous pouvez choisir le châssis, la cabine, la couleur, etc. Volvo mise aussi sur le digital avec son site « Made For You Digital Tour », un univers virtuel dédié aux nouveaux véhicules Volvo Trucks. Il regroupe l’essentiel du lancement à travers des vidéos, des photos, un espace dédié aux conducteurs et une rubrique « La presse en parle ». MAN propose via sa marque de véhicules d’occasion TopUsed de découvrir ses gammes virtuellement. Le constructeur lance LionView, qui permet aux futurs clients une visite à 360° du camion. Ils peuvent facilement demander une vidéo du véhicule concerné via la page d’accueil du site web MAN TopUsed. « Avec MAN LionView, nos professionnels MAN TopUsed peuvent fournir au client toutes les N°6 • 07/2021

informations requises dès le premier contact, ce qui contribue à créer la transparence et la confiance, et à établir une relation avec le client. Ce n’est pas seulement un processus amusant, mais aussi une manière encore plus facile et plus pratique d’acquérir un véhicule de la gamme », souligne Stefan Schall, directeur de MAN TopUsed. TopUsed permet l’utilisation de MAN LionView dans 14 pays européens : France, Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, République tchèque, Royaume-Uni, Pologne, Portugal, Norvège, Slovaquie et Suède. Les clients du monde entier peuvent y accéder. Les constructeurs pourront dévoiler leurs nouvelles gammes lors du prochain Solutrans grâce au digital. En effet, le salon se double d’une édition digitale inédite dans le secteur du véhicule industriel et urbain : Solutrans Digital Show. En parallèle du salon physique, qui se tiendra du 16 au 20 novembre 2021 à Lyon Eurexpo, cette version online s’adresse à tous les exposants et visiteurs, en anglais et en français. Pour accéder au salon et à la matérialisation en ligne de tous les halls d’Eurexpo, l’internaute se connectera simplement au moyen de son badge d’accès. Les visiteurs internautes pourront s’immerger dans un espace interactif dans lequel ils visiteront les stands des exposants pour découvrir leurs nouveautés en un clic. Ils auront aussi la possibilité d’interagir avec eux via un chat vidéo en direct, de regarder les présentations produit et télécharger les documents (plaquette, fiches produit, etc.) disponibles en ligne. En un mot, la filière du véhicule industriel se digitalise à grand pas. La pandémie a accéléré le processus. Aux clients de s’adapter à ce nouveau mode d’acquisition d’utilitaires et de poids lourds. Hervé Rébillon rebillon@trm24.fr


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Interview

Patrick Cholton Président de la FFC et de Solutrans

Digital Award, le nouveau trophée des I-nnovation Awards Lors de l’édition 2021 des I-nnovation Awards en novembre prochain, Solutrans lancera une nouvelle catégorie dédiée à la digitalisation, Digital Award. Patrick Cholton, président de la Fédération française de la carrosserie et de Solutrans, nous en dévoile le principe. eMAG Transport : Avec la création de ce nouveau trophée, l’idée est de récompenser les entreprises spécialisées dans ce domaine ? Patrick Cholton : Nous créons en effet le Digital Award pour récompenser les exposants les plus dynamiques dans chacune des catégories Édition de logiciels et Solutions de connectivité. Le jury attribuera également un Prix Spécial. À solutrans, nous voulons continuer à récompenser l’innovation. Par ailleurs, j’ai voulu faire un cadeau à tous ceux qui vont déposer un dossier. La cérémonie de remise des prix des I-nnovation Awards ne se fera plus à la CCI de Lyon mais au Groupama Stadium. C’est un lieu de compétition, un stade de 60 000 places. Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique lyonnais, nous laisse ses deux grands salons d’honneur, et le stade sera

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éclairé tout le long de la cérémonie. Ce sera donc un événement à l’intérieur de l’événement. eMT : Le jury sera le même que celui qui désigne les I-nnovation Awards ? P. C. : Le jury de ce nouveau prix Digital Award est ouvert à la totalité des exposants, ou presque. Nous ne pouvions donc pas permettre à des entreprises de participer à l’élection des lauréats. À ce titre, nous avons formé un collège de journalistes spécialisés, experts reconnus de la connectivité dans le monde du véhicule industriel et urbain. eMT : Comment les sociétés spécialisées dans les solutions connectées et informatique embarquée peuvent-elles participer au Digital Award ? P. C. : C’est très simple. Comme pour la participation aux I-nnovation Awards classiques, il suffit pour tout exposant de déclarer sa nouveauté sur la plateforme informatique dédiée, puis de cocher sa participation aux I-nnovation Awards. Nos équipes et le jury effectuent ensuite une présélection rendue publique en septembre, avant l’élection finale qui aura lieu le mardi 16 novembre durant la soirée exceptionnelle du Groupama Stadium.


Interview

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eMT : Concrètement, je suis transporteur, comment je me connecte à Solutrans Digital Show ? P. C. : Pour accéder au salon et à la matérialisation en ligne de tous les halls d’Eurexpo, l’internaute se connecte simplement au moyen de son badge d’accès (identique à celui du salon physique) sur le Solutrans Digital Show. Reflet des allées du salon, la version online propose aux visiteurs internautes de s’immerger dans un espace interactif dans lequel ils peuvent visiter les stands des exposants, y pénétrer et découvrir leurs nouveautés en un clic. Ils peuvent interagir avec eux au moyen d’un chat vidéo en direct, regarder les présentations des produits et télécharger les documents (plaquette, fiches produit, etc.) disponibles en ligne.

Propos recueillis par Hervé Rébillon rebillon@trm24.fr

S’inscrire aux I-nnovation Awards 2021

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eMT : Et plus largement, vous permettez aux exposants de se doter d’une solution digitale avec votre offre Solutrans Digital Show. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette nouveauté 2021 ? P. C. : À l’écoute des besoins et des tendances de demain, nous réfléchissions à une déclinaison online de l’événement depuis quelques années déjà. La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer cette transformation qui souligne aujourd’hui l’importance des outils digitaux. Le Solutrans Digital Show permet aux exposants de disposer d’une seconde mise en avant de leurs produits et concepts, sur le Net. Un bon moyen d’augmenter leur ROI et d’impliquer leurs équipes. Les visiteurs quant à eux peuvent utiliser à leur guise le Solutrans Digital Show pour prolonger leurs visites physiques, et accéder à tout moment au salon en ligne afin de consulter l’offre des exposants qu’ils n’auraient pas eu le temps de rencontrer. Le Solutrans Digital Show, qui sera prolongé de quelques jours après le salon physique, va aussi permettre aux visiteurs les plus éloignés géographiquement, qui ne faisaient habituellement pas le déplacement, de profiter de l’intégralité de l’offre exposée. Ils pourront visionner en direct ou en replay les temps fort de l’édition 2021, tels que la soirée de remise de prix, le dîner de gala ou encore les conférences thématiques.

eMT : La connectivité et la digitalisation sont des thèmes inéluctables pour un salon international comme Solutrans, à l’heure où les acteurs de la filière se retrouvent physiquement ? P. C. : Au-delà des deux thèmes que vous citez, je crois qu’il est avant tout fondamental que l’on se retrouve ! À la FFC, nous n’avons jamais cessé le travail de préparation du salon. Cet optimisme nous permet aujourd’hui d’envisager l’exposition de cette année de la meilleure des manières, pour faire de Solutrans 2021 la plus belle édition du salon. La situation inédite que nous avons vécu ces deux dernières années met clairement en évidence l’importance, les besoins, mais aussi les lacunes des secteurs de la connectivité et de la digitalisation. Solutrans 2021 et le Digital Show vont notamment permettre à tous d’échanger étroitement autour de cette problématique, et peut-être faire que la filière sorte grandie de cette crise.

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Focus

Les utilitaires se connectent Après les poids lourds, les constructeurs MAN et Iveco ont décidé d’équiper leur gamme utilitaires de solutions connectées. Désormais, les petits tonnages n’ont rien à envier aux grands. Tour d’horizon de ce qui est proposé sur le marché.

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ans la tendance générale à la digitalisation, plateformes collaboratives, smartphones, tablettes et applications offrent un large éventail de fonctionnalités et d’informations en temps réel pour optimiser la gestion de l’exploitation et faciliter le travail du conducteur, quels que soient la taille et le type de flotte. Communauté de conducteurs Iveco a doté toute sa nouvelle gamme des dernières technologies en matière de connectivité. Comme le S-Way, le nouveau Daily profite du Driver Pal avec les commandes vocales Amazon Alexa, et devient non seulement connecté mais aussi communicant. Ce compagnon vocal permet au conducteur d’interagir avec le véhicule ainsi qu’avec une communauté de conducteurs. Driver Pal propose deux plateformes exclusives, développées avec AWS Professional Services et

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l’équipe Alexa Auto. La première, MYIVECO, donne la possibilité au conducteur de vérifier l’état du véhicule, de paramétrer et gérer le système de navigation, de demander une assistance si nécessaire et de solliciter des conseils sur le style de conduite pour économiser du carburant et voyager en toute sécurité. La deuxième plateforme, MYCOMMUNITY, met le conducteur en relation avec la communauté des conducteurs. Ils peuvent échanger des conseils et demander de l’aide pour éviter les arrêts imprévus et les retards, grâce à des informations sur les embouteillages et autres perturbations. La traduction automatique résout l’obstacle de la langue. Panel de services MAN l’a annoncé dernièrement, tous ses utilitaires vont bénéficier de son système d’exploitation et d’entretien RIO, jusqu’ici réservé aux gammes


Focus lourdes. Les MAN TGE pourront profiter de tous les services qui permettent au transporteur d’optimiser la planification de l’exploitation, des itinéraires et du kilométrage. La gestion automatisée des données du tableau de bord et la gestion claire de l’entretien contribuent à la diminution de la charge administrative et à la simplification de l’organisation de la flotte. La réservation des différents services disponibles peut se faire par véhicule et par jour, afin d’élargir ou d’adapter à tout moment les services utilisés. MAN DigitalServices propose aussi une solution adaptée aux flottes mixtes en matière de télématique, offre idéale pour un transporteur doté d’un parc diversifié allant de l’utilitaire au poids lourd. « Il est ainsi possible de mettre également en réseau les véhicules provenant d’autres constructeurs. La plateforme RIO est utilisable indépendamment du fabricant et du système, et convient parfaitement aux flottes mixtes », souligne le constructeur. RIO n’est pas uniquement dédié aux exploitants de grandes flottes. La solution s’adresse également aux transporteurs de moindre taille qui détiennent un ou deux utilitaires. De plus, à l’instar des systèmes d’exploitation utilisés sur les smartphones, elle regroupe différentes applications aux fonctionnalités multiples. Parmi elles, l’application MAN Driver permet au conducteur de recevoir des informations utiles, comme ses données de performances et ses temps de conduite. « Depuis la mise en place de RIO sur les véhicules long courrier et les véhicules de distribution, nous constatons chaque année une augmentation sensible du nombre d’utilisateurs, soit +30 % chaque année. Aujourd’hui, 72 % des véhicules équipés sont connectés sur la plateforme RIO. Une aide précieuse pour les exploitants, qui

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peuvent ainsi planifier leurs entretiens longtemps à l’avance », a déclaré Maxime Lamboley, responsable MAN DigitalServices. Gestion de l’entretien du véhicule Iveco proposera bientôt une fonctionnalité pour mettre à jour à distance le logiciel du Daily déjà installé sur la nouvelle génération de S-Way. La fonctionnalité baptisée Over the Air Update permet au conducteur de ne pas s’arrêter à un atelier. L’utilisation est simple. La mise à jour peut être effectuée par le client, où qu’il soit et à tout moment. Il suffit que le véhicule soit stationné dans un endroit sûr et la procédure ne prendra que quelques minutes. Ainsi, le conducteur choisir le moment le plus opportun pour lui, lors d’une halte ou à l’occasion d’une pause à un dépôt, sans perte de temps. « Facile, rapide, efficace et intelligent. Chez Iveco, nous recherchons constamment à faciliter la vie de nos conducteurs et des gestionnaires de flotte, et à les aider à travailler plus efficacement. C’est pourquoi nous ne cessons d’élargir et d’améliorer notre vaste gamme de services de connectivité », a déclaré Thomas Hilse, président d’Iveco. Seul impératif : le client doit être un utilisateur inscrit à IVECO ON associé au véhicule. Lorsqu’il reçoit le message indiquant qu’une mise à jour est disponible, il peut la télécharger depuis le système d’infodivertissement ou l’application Easy Way. En cliquant sur le bouton IVECO Over the Air Update, le système recherchera la mise à jour et commencera le téléchargement. Cette fonctionnalité sera également bientôt disponible sur l’application Business App pour le Daily. Laure Manginot manginot@trm24.fr

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Focus

Le camion autonome, technologie de pointe Les solutions alternatives au carburant, le biocarburant ou l’hydrogène, semblent avoir volé la vedette au camion autonome. Et pourtant, les constructeurs poursuivent leur développement. Volvo et Daimler ne sont pas en reste.

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ils restent discrets sur la question, les constructeurs historiques de poids lourds n’ont pas dit leur dernier mot sur le camion autonome. Daimler a présenté fin 2020 un Cascadia totalement autonome en partenariat avec Torc Robotics et Waymo. « Nous pensons que nos récents développements, l’avènement de la technologie autonome de niveau 4, révolutionneront la façon dont nos clients exploitent les camions de classe 8 dans les opérations de flotte longue distance », a déclaré Anika Friesinger, directrice du programme du camion autonome chez DTNA. « Nous avons également compris que nous avons besoin de partenaires solides pour mettre cette technologie sur le marché. C’est pourquoi nous avons commencé à travailler avec Torc Robotics il y a un an et demi, et avons depuis acquis une participation majoritaire dans cette entreprise. Ce partenariat a porté ses fruits, nous aidant à développer de nombreuses caractéristiques de sécurité présentes sur ces camions Cascadia autonomes. » Pour l’heure, le véhicule a dépassé le stade du pro-

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totype, mais on ne le verra pas encore circuler sur les routes. « Il faudra du temps avant que la technologie autonome ne dépasse le contrôle manuel des véhicules et commence à transporter de gros volumes de fret », a reconnu Anika Friesinger. « Nous avons beaucoup à apprendre sur les performances de ces systèmes, dans de mauvaises conditions météo par exemple, et sur la manière dont les opérations et l’infrastructure s’adapteront pour faire face aux urgences de routine telles que les crevaisons et les inspections avant le départ. » Volvo de son côté, qui a même créé une entité dédiée (Volvo Autonomous Solutions), s’apprête à tester hors circuit fermé son premier véhicule autonome. Il est actuellement en test dans le port de Göteborg, en Suède. « Le développement de solutions de transport sur route et hors route est à plein régime », a indiqué Nils Jaeger, président de Volvo Autonomous Solutions. « Le transport autonome a un rôle important à jouer dans l’avenir de la logistique, et profitera à la fois aux entreprises et à la société en termes de productivité, de sécurité et de durabilité. »


Focus Le constructeur a conclu des partenariats avec des sociétés spécialisées et un logisticien, DFDS. La première étape consiste à récolter le maximum d’informations depuis 21 capteurs (lidars, radars, caméras) installés sur le camion. Ces données serviront à la création d’un système automatisé et connecté pour un flux continu de marchandises. Jusqu’ici, Volvo a surtout développé des camions autonomes sur des circuits fermés comme des mines et des ports. Selon Rune Keldsen, directeur de la technologie et vice-président de DFDS, « Notre vision d’une chaîne d’approvisionnement automatisée s’aligne très bien avec les objectifs de Volvo pour ce projet et a fait de ce précieux partenariat un choix naturel. Les solutions autonomes ont le potentiel d’améliorer radicalement l’efficacité et d’augmenter la sécurité dans les entreprises et la société, et il faut une collaboration ouverte entre les industries pour conduire ce type de changement complexe ». Des partenaires de choix Les constructeurs ont bien compris que le choix des partenaires est primordial. Car l’expertise est essentielle, tant sur le plan de la technologie (très complexe) que sur la sécurité. Torc Robotics, filiale de Daimler Truck, a choisi Amazon Web Services (AWS) comme fournisseur de cloud pour ses camions autonomes en Europe et aux États-Unis. Il sera chargé de gérer l’échelle et la vitesse nécessaires au transfert de données, au stockage et à

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la capacité de calcul. Torc devrait commercialiser rapidement un système de conduite autonome de niveau 4 qui sera proposé aux clients du secteur du poids lourd. Ainsi que défini par la Society of Automotive Engineers (SAE, Société des ingénieurs de l’automobile), au niveau 4 de l’autonomie, un véhicule est capable d’exécuter toutes les fonctions de conduite dans des conditions d’exploitation spécifiées. « Les capacités étendues d’AWS sont conçues pour fournir un transfert de données rapide et sécurisé, un stockage intelligent à plusieurs niveaux, des outils d’orchestration et d’analyse gérés, ainsi que des microprocesseurs CPU et GPU multicœurs haute performance, pour aider Torc à faire évoluer rapidement sa plateforme de développement agile et rentable, et à accélérer les essais et la commercialisation de sa technologie », relève Daimler. La flotte d’essais de Torc Robotics au Nouveau-Mexique génère déjà des pétaoctets de données (1 pétaoctet équivaut à 1 048 576 de gigaoctets) à partir des tests réalisés sur routes publiques. Le software de la société collecte et traite des données brutes provenant de plusieurs capteurs tels que le lidar, les caméras et les radars, accessoires montés sur les camions de test. Outre l’expansion des itinéraires et de la taille des flottes, la prochaine génération de camions d’essai a intégré davantage de capteurs à plus haute résolution pour améliorer la détection des objets à plus longue distance, augmen- •••

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Focus

tant encore l’ampleur des données pour l’analyse, la simulation et l’apprentissage de la machine. Le système de conduite autonome de niveau 4 de Torc Robotics utilise des ordinateurs de bord qui traitent les données des capteurs en temps réel, et un logiciel hôte qui gère les tâches de conduite dynamique pendant le parcours en autonomie. L’entreprise s’appuiera sur AWS pour accroître l’efficacité du transfert des données à partir de ses itinéraires routiers, tandis que son équipe continuera à améliorer le système. « AWS est une plateforme idéale pour l’acquisition, le stockage et le post-traitement de quantités massives de données collectées par notre flotte d’essai sur route », a expliqué Ben Hastings, directeur de la technologie de Torc Robotics. L’équipe de développement de la société utilisera AWS pour les tâches à faibles et fortes demandes, ainsi que pour le partage de données entre les équipes distantes. L’entreprise s’appuiera sur les services gérés par plateforme de services cloud tels qu’Amazon Elastic Kubernetes Service (Amazon EKS) pour exécuter des logiciels de simulation à l’échelle, Amazon Managed Streaming pour Apache Kafka (Amazon MSK), Amazon Managed Workflows pour Apache Airflow, (MWAA), ou Amazon Simple Storage Service (Amazon S3) Intelligent-Tiering pour gérer efficacement les données de test et soutenir la conformité réglementaire. Cette intégration sur AWS permettra à Torc Robotics de transférer des quantités massives de données pour l’analyse des N°6 • 07/2021

logiciels de tests réels, tout en fournissant une puissance de calcul pour la simulation et l’apprentissage approfondi. Des milliards de données à la seconde La technologie évolue rapidement, même si pour l’heure aucun camion autonome n’a été commercialisé. La société américaine Plus annonce une nouvelle génération de technologies pour les poids lourds à délégation de conduite. Elle vient de conclure un partenariat avec Nvidia, entreprise spécialisée dans la conception de processeurs, cartes et puces graphiques pour PC et consoles de jeux, et compte développer d’ici l’année prochaine cette technologie en Amérique du Nord, en Europe et en Chine. Le nouveau procédé est simple : une multitude de caméras, lidars et radars permettent de visualiser l’environnement du camion à 360°. Grâce aux données recueillies par les capteurs, le système peut identifier plus rapidement les objets à proximité, prédire le déplacement de ces objets et contrôler le véhicule afin d’en assurer la circulation et la sécurité. Cette technologie repose sur les puces Nvidia, qui peuvent traiter à la seconde et en même temps près de 254 000 milliards d’opérations. C’est une puissance de calcul idéale pour gérer le grand nombre d’opérations simultanées utilisées pour les camions autonomes. Laure Manginot manginot@trm24.fr


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Équipement

Nouveau tachygraphe : encore plus connecté Le tachygraphe intelligent Smart 2 arrive en 2023. Le paquet mobilité voté l’été dernier en a défini les principaux critères et changements, comme la détection et l’enregistrement automatique aux frontières ou l’augmentation de la capacité de stockage.

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ans deux ans, une seconde version du tachygraphe intelligent 1C deviendra obligatoire pour les poids lourds nouvellement immatriculés. Il est à noter que la capacité de stockage des activités des conducteurs passe de 28 à 56 jours. Le nouveau tachy devra envoyer des messages DSRC (communications dédiées à courte portée), ce qui permettra aux forces de l’ordre de connaître en temps réel et à distance les temps de conduite des conducteurs (à partir de 2024). Il sera également doté de l’enregistrement automatique des passages de frontière et des périodes de chargement et déchargement ainsi que de leur localisation. Pour ce faire, sa mémoire bénéficiera d’une cartographie régulièrement mise à jour et de la technologie OS-NMA (Open Service-Navigation

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Message Authentification) pour fiabiliser le signal GNSS (géolocalisation et navigation par un système de satellites). Le nouveau tachy disposera d’un capteur de mouvement interne et d’une interface ITS (système de transport intelligent) non optionnelle. Passage des frontières Parmi les premiers à présenter la nouvelle version du tachy intelligent, Stoneridge, avec son SE5000 nouvelle génération en phase avec la future réglementation. Pour le passage des frontières, le SE5000-8 utilise sa cartographie intégrée et le signal GNSS pour proposer automatiquement un pays de départ dès que le conducteur passe une frontière. Lorsque le tachygraphe repère que le véhicule est dans un nouveau pays pendant plus


Équipement

Amélioration des fonctions L’affichage a été modifié. Le SE5000-8 bénéficie d’un nouvel écran d’affichage des données d’activité du conducteur (DTD) qui indique les informations relatives à la journée en cours. Il intègre la possibilité pour le conducteur de démarrer le compteur à la demande pour répondre à des situations particulières. Plus convivial, le SE5000-8 intègre une fonction de mise à jour automatique des fuseaux horaires par rapport à la position du véhicule. Le changement d’heure locale se produira automatiquement lorsqu’un nouveau fuseau horaire sera détecté, y compris pendant une période de conduite. La gestion des messages d’erreur et des cartes tachygraphe est améliorée. Stoneridge a optimisé le stockage des données dans l’appareil. Pour les ateliers agréés, le menu Tachygraphe INFO permettra d’accéder au numéro de série du DSRC et aux informations relatives à sa certification.

En savoir plus sur le module e-learning VDO en vidéo

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de 2 minutes, la fonction de détection de frontière s’active. Au prochain arrêt de la conduite, la question du choix de la zone géographique apparaîtra, permettant au conducteur de valider le nouveau pays. Stoneridge a pensé à tout, notamment à l’enregistrement du pays dans lequel le véhicule circule. Le SE5000-8 exploitera ses fonctions GNSS intégrées pour rappeler automatiquement au conducteur s’il doit indiquer son pays de départ ou de fin de journée. Ainsi, lorsqu’il fera démarrer son véhicule et que sa carte sera insérée depuis 180 minutes, ou plus avec un repos enregistré, le conducteur recevra une notification sur le tachygraphe avec la possibilité de saisir le pays de début d’une nouvelle période de travail. Compte tenu de la position GNSS et de la cartographie embarquée, le pays sera sélectionné automatiquement. Le conducteur aura 2 minutes pour confirmer avant que le message ne disparaisse. Les notifications de rappel de sélection du pays pourront être paramétrées à l’aide d’une carte entreprise.

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Mieux utiliser le tachy Le tachygraphe évolue rapidement. Nous sommes loin du simple appareil des années soixante-dix, couramment appelé « mouchard ». VDO propose ainsi une formation à distance pour les conducteurs « afin d’éviter les infractions et être en accord avec la réglementation ». Aujourd’hui, les infractions les plus fréquentes résultent d’erreurs dans l’utilisation du tachygraphe lors de la saisie manuelle d’activité depuis le dernier retrait de la carte conducteur, y compris la non-saisie du pays, indique VDO. L’organisme de formation rappelle par ailleurs que depuis l’été dernier, tout arrêt (congés, maladie, etc.) et toute interruption du temps de travail (embouteillage, recherche de place de parking, etc.) doivent obligatoirement être notifiés et enregistrés sur la carte. Une impression quotidienne doit être générée précisant le type et la raison de cet écart. Si l’information est manquante, l’interruption de temps de travail devient une infraction. Antoine Carmet carmet@trm24.fr

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Constructeur Solutions alternatives


Constructeur

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Les remorques ne sont plus à la traîne Pendant des années, les remorques profitaient des dernières technologies bien longtemps après le poids lourd. Aujourd’hui, tracteur et semi sont associés sur le plan de la connectivité. Mieux encore, la remorque sert de laboratoire pour bon nombre de systèmes de pointe.

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vec sa solution avancée Lynx Fleet, Carrier Transicold a su profiter de plusieurs technologies à la fois. Grâce à l’IoT (Internet des objets), le machine learning et les technologies d’analyse, le système permet de connecter la chaîne du froid aux services clouds et de fournir des informations en temps réel tout au long de l’acheminement de la cargaison. « La solution Lynx est un écosystème d’une puissance exceptionnelle qui permet à nos clients d’avoir un meilleur aperçu de leurs opérations dans la chaîne du froid », souligne Victor Calvo, président de Truck & Trailer International de Carrier Transicold. « Cette solution IoT peut améliorer la connectivité tout au long de la chaîne

du froid et contribuer à augmenter le temps de fonctionnement et l’optimisation de la flotte, permettant ainsi de réduire les risques de détérioration des cargaisons », une avancée considérable pour le secteur. Concrètement, via toutes ces technologies, les transporteurs frigorifiques peuvent récupérer en direct des données critiques comme les températures, la localisation et les mouvements. Ils peuvent connaître un flux de données centralisé et intelligent sur les groupes frigorifiques et les cargaisons, et donc améliorer la visibilité des actifs de la chaîne du froid. Un gain de temps considérable. Conçues avec une interface de programmation d’application ouverte, ••• N°6 • 07/2021


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Constructeur

les données de Lynx Fleet peuvent également alimenter le propre système de gestion du transport des clients. Connecter le tracteur et la semi Chereau avait été l’un des premiers à présenter une semi intelligente et connectée en 2017. Utilisant la technologie bus CAN, le système proposé, Chereau Next, permet une communication avec le tracteur et un diagnostic à distance via une connexion avec la prise 15 broches (ISO 12098). Sur le tableau de bord du véhicule s’affiche la température du compartiment, l’alerte du niveau de carburant du groupe frigorifique, l’ouverture de porte ou encore le déploiement du hayon et du marchepied. Chereau recourt ainsi au principe du multiplexage, déjà utilisé en automobile. La technologie bus CAN permet de relier les équipements du véhicule à travers un même réseau d’information. Un calculateur rassemble toutes les données et les relaie afin que les équipements puissent interagir. Depuis quatre à cinq ans, de nombreuses sociétés ont lié des partenariats avec les constructeurs de véhicules industriels et proposent des systèmes selon la spécialisation du transporteur. Souvent du sur-mesure. C’est le cas d’Ekolis, créée en 2013, avec une solution universelle via sa nouvelle plateforme Infinity, quelle que soit la marque du véhicule ou du groupe frigorifique. Elle permet de connecter le tracteur avec la semi-remorque sans ajout de matériel et simplifie le travail des exploitants. La solution est également interopérable avec le système d’information de l’entreprise, dont le TMS et le logiciel de gestion de parc utilisés. Le breton STG N°6 • 07/2021

devrait équiper près d’un millier de ses remorques d’ici quelques mois. « Le déploiement d’un système de connectivité des remorques, et non pas seulement des tracteurs, est une première pour STG qui souhaite, avec Ekolis Manager Performance, améliorer la gestion de la flotte, optimiser la maintenance des frigos et recevoir des informations en temps réel tout au long des transports », expose Franck Maso, directeur général délégué aux opérations STG. Sécuriser les données AddSecure, dont l’ADN est la sécurisation, propose des alarmes automatiques pour renforcer sa solution de suivi des transports sous température. Le module Alarmes est proposé avec l’application de gestion de flotte Co-Driver. En envoyant automatiquement des notifications aux exploitants en cas


Constructeur d’anomalie détectée, les alertes de température garantissent aux entreprises de prendre des mesures rapides en cas d’écart par rapport aux points de consigne ou aux seuils prédéterminés. « Les alarmes de température sont destinées à avertir les utilisateurs des écarts en temps réel, afin que les bonnes décisions puissent être prises rapidement avant tout souci de qualité sur les produits transportés », précise Olivier Datry, responsable de AddSecure Smart Transport France. Comment ça marche ? Les alarmes de température exploitent les informations transmises au portail Co-Driver Weboffice par le biais du boîtier embarqué Asset Pro. Connecté à l’enregistreur de données, il reçoit les informations par des capteurs de température. La solution permet de configurer différents types d’alertes : si une limite de température prédéfinie est dépassée, s’il y a un écart par rapport à une température de consigne souhaitée ou si aucune température n’est signalée pendant un certain temps. Chaque alarme peut être configurée pour un véhicule ou un groupe de véhicules. En cas d’anomalie, les exploitants sont informés via notifications directement sur le portail Weboffice et l’application MobileOffice pour smartphones. Le module Alarmes permet aussi de configurer des e-mails pour prévenir directement les conducteurs. Sur le portail Co-Driver Weboffice, les exploitants accèdent à un tableau de bord avec un aperçu des alarmes disponibles et de leur configuration. L’his-

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torique informe sur toutes les alertes déclenchées pour un véhicule. L’utilisateur a la possibilité de configurer l’envoi automatique d’une notification par e-mail, et les données sont enregistrées et archivées en permanence. En cas de litige, les entreprises ont ainsi la possibilité de fournir des rapports afin de justifier le respect de la chaîne du froid et éviter les pénalités liées à une livraison de marchandises non conformes. Partenariats en série Les acteurs de l’industrie du véhicule industriel se rapprochent, chacun apportant son savoir-faire et notamment sur les semi-remorques. Dernier en date, Goodyear a annoncé avoir conclu un accord avec Transics qui appartient désormais à ZF. Cette collaboration permet de réunir l’offre Goodyear Total Mobility et les solutions avancées de gestion de flotte (FMS – Fleet Management Solutions) de la marque Transics de ZF. « La proposition clé en main de Goodyear et ZF répond à la complexité croissante liée aux opérations difficiles des flottes de transport », expose Grégory Boucharlat, vice-président de la division industrielle Europe de Goodyear. « Elle permet aux gestionnaires de rester agiles et de prendre des décisions avisées pour optimiser le temps d’utilisation des véhicules, promouvoir une conduite plus économique, prolonger la durée de vie des pneumatiques, réduire les émissions et améliorer le service client sur la base de données intégrées sur les pneus et la flotte traduites en informations exploitables. » Lancé en 2019, Goodyear Total Mobility fournit des informations complètes sur la surveillance et la gestion des pneumatiques, du choix selon le type d’opération à la planification de la maintenance proactive et au rechapage. Cette offre comprend le TPMS Goodyear, système de contrôle de la pression des pneus avec l’algorithme G-Predict envoyant en temps réel des alertes proactives et réduisant jusqu’à 90 % les pannes liées aux incidents pneumatiques. Grâce à une unité télématique exclusive rendue possible par ce partenariat, TX-Trailerpulse, les clients peuvent accéder aux services et à l’assistance des deux sociétés, y compris aux solutions Transics FMS de ZF. TX-Connect partage en temps réel des données sur la position de la remorque, la géolocalisation et le trafic, permettant le suivi de la cargaison du ••• N°6 • 07/2021


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client. Les prestataires de services peuvent aussi accéder aux données pour planifier une maintenance proactive pendant les temps d’attente ou de repos. La collaboration s’appuiera sur des capacités conjointes de contrôle et d’analyse prédictive des données pour aider les constructeurs de remorques et les flottes de véhicules industriels à se conformer aux futures réglementations, y compris aux réglementations GSR5 du TPMS exigeant que les poids lourds soient équipés de TPMS à partir de juillet 2022, ainsi que le règlement de sécurité de l’Union européenne imposant des fonctions de sécurité avancées. Pister au solaire Les systèmes de géolocalisation des semis ne sont pas nouveaux sur le marché. EDP (Electronic Data Process) se démarque en lançant Trailer tracking, une balise GPS à recharge solaire. Le système s’adresse aux transporteurs, aux gestionnaires de flottes, aux négociants en pneumatiques, aux prestataires de contrats de location kilométrique et aux pneumaticiens. « Grâce à notre balise Trailer tracking, les gestionnaires de parcs de poids lourds, mais aussi les prestataires de contrats kilométriques, peuvent géolocaliser leurs remorques et savoir exactement le nombre de kilomètres effectivement parcourus. Plus besoin d’extrapolation. Ils ont l’information réelle pour mieux optimiser la gestion et le remplacement des pneumatiques », indique Jean-Luc Giusti, directeur général d’EDP. N°6 • 07/2021

Dotée d’une batterie rechargeable solaire, la balise a le grand avantage d’être autonome sur le plan énergétique et de ne nécessiter aucun branchement. Elle se recharge en 6 heures et tient facilement 24 heures. Installée sur le toit des remorques des camions, elle envoie un signal pour donner sa position en temps réel. Les clients peuvent soit se connecter sur l’interface EDP pour récupérer les données, soit intégrer cette nouvelle fonctionnalité à leurs outils existants. L’investissement d’environ 250 € leur assure un gage de transparence sur ce qu’ils paient. En effet, jusqu’ici, les kilomètres parcourus par les remorques sont estimés à partir des kilomètres parcourus par les tracteurs des camions. Avec Trailer tracking, les gestionnaires obtiennent un meilleur calcul de la rentabilité et peuvent mieux gérer et anticiper l’usure des pneumatiques, leur entretien, leur remplacement, etc. EDP prévoit d’équiper 200 remorques d’ici la fin de l’année sur un marché de 350 000 unités en France. Comme pour les tracteurs, les technologies s’accélèrent pour les remorques. IOSiX, développeur américain de télématique de flotte, propose des solutions miniaturisées et optimisées en termes de coûts. L’entreprise, déjà connue pour ses dispositifs de journalisation électronique (ELD), a lancé un dispositif mesurant seulement 45 mm sur 130 mm qui peut se fixer facilement sur la remorque. À un tarif imbattable de 2 $ ! Antoine Carmet carmet@trm24.fr


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Équipement

Le pneu connecté et communicant Même s’il ne change pas dans son apparence, le pneumatique évolue rapidement. Sous le caoutchouc, il est doté d’une multitude de technologies le rendant connecté et communicant. Le pneu poids lourd n’est pas en reste.

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e TPMS (Tire Pressure Monitoring System, contrôle automatique de la pression des pneus) est la technologie utilisée aujourd’hui par l’ensemble des pneumaticiens, Continental, Goodyear, Michelin. Grâce à un capteur fixé sur la jante, il contrôle automatiquement les pneus des poids lourds et des remorques, mesurant en temps réel leur pression d’air, leur température et leur emplacement. Le conducteur peut être immédiatement alerté en cas de pneu sous-gonflé ou surgonflé. Toutes ces informations sont réceptionnées et publiées sous forme de synthèses (graphiques, tableaux, etc.). Ainsi, les responsables de flotte chez les transporteurs peuvent suivre l’état des pneus de chacun des véhicules pour éviter les risques d’échauffement et d’éclatement, et planifier la maintenance de leur parc pneumatique.

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Arrivée de l’IoT Les TPMS les plus récents disposent de fonctions d’identification précise des positions des pneus connectés sur les essieux, ou de transfert automatique des données de pression vers des bornes wifi et Bluetooth au passage des poids lourds. Les pneus deviennent alors connectés et communicants. Certains TPMS peuvent surveiller jusqu’à 12 unités de roue à la fois. Demain, grâce à l’IoT (Internet des objets), les équipementiers pourront certifier la traçabilité du pneu, du sourcing des matières premières jusqu’à son retraitement en fin de vie. Chaque pneumatique devrait se doter d’un identifiant électronique unique stocké sur une étiquette RFID implantée lors de la fabrication, comme le propose Michelin. Dans le cadre du projet RFID Tyre Tags, les pneumaticiens ont défini le cadre technique de cette identifica-


Équipement tion, le type de données contenues et la distance de lecture des puces. Volvo Trucks teste actuellement certains de ses camions avec des pneus équipés de puces RFID. Elles seront sources de gain pour les transporteurs. Très souvent en effet, les pneus usagers de camions qui arrivent dans les usines de rechapage ont encore 4,8 mm de gomme alors que la réglementation européenne impose un rechapage à 1 ou 2 mm. Il y a donc de la marge. Le pneu de demain, increvable La technologie ne cesse de changer et évolue vite. Demain, c’est-à-dire d’ici deux à cinq ans, le pneu pourrait être sans air et increvable. Une aubaine pour les professionnels de la route. Les ingénieurs de Goodyear planchent depuis un certain temps déjà sur un pneu sphérique muni d’un système d’aimant. Ce dernier crée un champ électromagnétique, le camion lévite sans toucher le pneu. Cette prouesse technique sera dotée d’une multitude de capteurs connectés. Ce procédé obligerait les constructeurs à revoir la conception même du véhicule, à commencer par son châssis et sa suspension. On imagine déjà la révolution dans le véhicule industriel. Mieux encore, le système sphérique permettrait de remplacer l’air sous pression par des rayons en caoutchouc, en fibre de verre et en résine, ce qui rendrait le pneu increvable. Grâce à des microcompresseurs, la pression des roues se ferait automatiquement. Enfin, des capteurs capables d’analyser l’état de la route pourraient décider de la pression selon les différentes adhérences. On n’arrête pas le progrès !

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Le camion autonome Le camion autonome constitue un formidable laboratoire pour les chercheurs. Plusieurs pneumaticiens ont annoncé qu’ils participent à divers projets sur le sujet. Goodyear a décidé de fournir les pneus à TuSimple, entreprise spécialisée dans les camions autonomes. Les deux sociétés devraient mener des études sur l’usure des pneus afin d’aider à mieux prévoir l’entretien, comprendre la longévité et réduire l’impact carbone des flottes. Les données permettront aussi d’analyser les différences de conduite entre l’humaine et l’autonome. « Grâce à notre leadership en matière de produits, de support de flotte et d’innovations avancées, Goodyear applique ses connaissances pour aider à offrir performances et sécurité avec des véhicules autonomes », a déclaré Erin Spring, directrice des nouvelles entreprises de Goodyear. Réservé pour l’instant à l’automobile et au poids lourd, le pneu connecté débarque sur les tracteurs et les engins de chantier. Le finlandais Nokian a ainsi développé la solution Intuiti : des capteurs installés dans les pneus communiquent avec une application mobile dédiée qui renseigne sur la pression et la température à chaque instant. En cas d’alerte, le conducteur ou le gestionnaire de flotte est immédiatement informé. Dans le secteur agricole et du BTP, les obstacles sont nombreux sur les chantiers (clous, pièces de métal, etc.) et sont de réels dangers pour les pneus qui, bien que plus volumineux, n’en sont pas pour autant moins fragiles. Antoine Carmet

carmet@trm24.fr

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Interview

Dominique Stempfel Président du Syndicat des professionnels du pneu

eMAG Transport : Le pneumatique a un rôle important dans le véhicule industriel, utilitaire ou poids lourd ? Dominique Stempfel : Les pneumatiques représentent environ 2 % du coût d’exploitation d’un poids lourd, et ils sont responsables de 35 % de la consommation de carburant. On comprend facilement qu’un transporteur y soit attentif et qu’il mette en œuvre toutes les actions possibles pour réduire leur impact dans sa gestion. Les entreprises ont intégré ce poste dans leur démarche RSE, en encourageant leurs chauffeurs à consommer moins de carburant et à économiser leurs pneumatiques. C’est d’ailleurs pour mieux informer et aider à sélectionner le produit le plus efficient que le législateur a intégré les performances énergétiques sur les étiquettes qui figurent sur chaque pneumatique, en obligeant les revendeurs à fournir une information détaillée à l’acheteur préalablement à toute vente. eMT : Sur le plan innovation, le pneu poids lourd n’a rien à envier à celui de l’automobile ? D. S. : On demande beaucoup à un pneu. Il doit transmettre les efforts d’accélération et de freinage, permettre de diriger le véhicule, amortir les inégalités de la route, absorber les chocs, porter la charge, limiter la consommation tout en résistant à l’usure. Qu’il soit destiné à une auto ou à un camion, c’est une véritable prouesse technologique. Concernant la mise en œuvre industrielle, même si « manufacturier de pneumatiques » est passé dans le langage courant, les interventions manuelles ont disparu et la robotisation s’est généralisée, permettant une extrême précision dans la fabrication pour l’adapter au mieux au véhicule à équiper et à son usage. À un degré différent selon les critères, un pneu poids lourd est aussi complexe qu’un pneu de voiture de sport, et les technologies N°6 • 07/2021

évoluent en permanence, avec deux impératifs supplémentaires : pouvoir le recreuser et assurer sa rechapabilité. Ces deux impératifs répondent aux contraintes économiques du transporteur et à l’obligation que nous avons de préserver les matières premières non renouvelables de notre planète. Comparé à un pneu neuf, un pneu rechapé économise environ 70 % de caoutchouc. eMT : Le pneu aussi est connecté aujourd’hui, avec une volonté de réduire la maintenance et donc les coûts ? D. S. : Dans les entreprises, la rotation rapide des stocks est un impératif économique, les consommateurs exigent des livraisons rapides et l’industrie a instauré le just-in-time. Une avarie sur la route qui immobilise un camion retarde une livraison, nuit à la qualité de service et impacte l’image de l’entreprise. Les transporteurs sont pour la plupart et depuis toujours très attentifs à l’état de leurs pneumatiques. Les fastidieuses opérations de contrôle sur parc sont progressivement remplacées par des matériels qui les automatisent. Par exemple, il est désormais possible de placer à l’entrée du parc un scanner qui mesure automatiquement la profondeur de creux de tous les pneus, permettant de déclencher au moment le plus opportun leur recreusage ou leur remplacement. eMT : La connectivité permet aussi, et on l’oublie, de réduire les risques d’accident, elle a un rôle crucial de sécurité ? D. S. : Une mauvaise pression de gonflage augmente la consommation et accélère l’usure des pneus. Les TPMS ou SSPP permettent de faire un contrôle permanent et de refaire rapidement la remise à niveau. Et surtout, ils permettent de mettre en évidence une perte de pression et une élévation de la température liées à une crevaison


Interview

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Depuis près d’un an président du Syndicat des professionnels du pneu, Dominique Stempfel a consacré une grande partie de sa carrière au secteur. De Dunlop à Allopneus, il a acquis une large expérience et a désormais une vision riche du marché du pneu voiture, mais aussi poids lourds et utilitaires. Il revient pour nous sur le partenariat de son syndicat avec la FFC et Solutrans.

lente non ressentie par le chauffeur, dont la conséquence est l’éclatement du pneu avec le risque de perte de contrôle et d’accident très grave. Cet équipement est essentiel pour la sécurité, et c’est un progrès considérable qui sauve des vies. eMT : Quelles sont les principales nouveautés en matière de connectivité du pneu poids lourd ? D. S. : Certains pneus sont désormais dotés de puces RFID qui stockent des informations nécessaires à sa gestion. Le pneu de demain ira plus loin : il sera non seulement connecté, mais il sera communicant : une puce intégrée au niveau de la bande de roulement permettra d’analyser le profil de la route pour modifier les paramétrages de la suspension. Elle permettra également de détecter une dégradation des conditions d’adhérence, d’alerter le conducteur sur la présence de verglas par exemple, d’informer au travers de l’eCall 112 les véhicules circulant dans la zone ainsi que les organismes de gestion des routes. eMT : Vous venez de vous associer à la Fédération française de carrosserie, l’objectif est d’être plus proche des acteurs de la filière du véhicule industriel ? D. S. : Les adhérents du Syndicat des professionnels du pneu commercialisent l’essentiel des pneus poids lourd vendus en France et assurent les services périphériques. Nous avons trouvé avec la Fédération française de carrosserie une multitude de sujets sur lesquels nous allons agir ensemble. En particulier, le recrutement de collaborateurs est une problématique commune, les métiers du poids lourd sont méconnus et ont à tort une mauvaise image. Nous devons expliquer que ce sont des métiers passionnants et que l’importance du transport routier dans l’économie en fait

des métiers d’avenir, permettant de construire une carrière sur le long terme. eMT : Solutrans 2021 accueille toute une zone dédiée au pneumatique. Cet espace sera présenté sous l’égide du SPP. Qui exposera concrètement ? D. S. : La FFC a pris la mesure de l’importance du pneu dans l’univers du transport et nous a confié la co-organisation de cet espace. Les manufacturiers de pneus poids lourd et les distributeurs majeurs seront tous présents, ainsi que des acteurs périphériques. Les visiteurs pourront donc avoir sur un seul lieu, sans avoir à parcourir tout le salon, une vision globale des offres de produits et de services disponibles sur le marché français. eMT : Un espace conférences sera aussi consacré à 100 % au pneu, quelles seront les thématiques abordées ? D. S. : Il y a bien sûr des sujets récurrents dont l’importance mérite qu’on y revienne, comme la gestion du poste pneumatique et son optimisation. L’évolution de la réglementation avec la loi Montagne II rendant obligatoire l’utilisation d’équipement hiver, et le nouvel étiquetage doit être décrypté et expliqué. L’écologie sera également au programme avec le recyclage des pneumatiques usagés, tout comme les nouvelles technologies. Le recrutement et la formation seront traités avec le témoignage de femmes qui viendront expliquer que le pneu n’est pas qu’un univers masculin. Enfin, et c’est novateur, une conférence sera organisée à l’attention des chauffeurs avec un échange sur les services qui leur sont apportés par les acteurs du pneumatique. Pour nous aussi, Solutrans 2021 sera donc une édition exceptionnelle. Propos recueillis par Hervé Rébillon rebillon@trm24.fr N°6 • 07/2021


Dossier 49 Dossier 49

Les camions ont des yeux Les caméras se sont multipliées sur les poids lourds. Elles jouent un rôle d’information et de sécurité. L’environnement du véhicule et le comportement du conducteur sont scrutés en temps réel

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es produits proposant des caméras sont nombreux aujourd’hui sur le marché, de plus en plus intégrés dans le TMS d’une flotte. Le choix est difficile tant les technologies sont bluffantes. Souvent, les systèmes existaient déjà et sont complétés par un dispositif de caméras ultra-précises. Il s’agit aussi de se mettre en conformité avec les nouvelles réglementations.

Vision panoramique Astrata propose un système qui vient compléter la signalisation obligatoire matérialisant les angles morts sous forme d’autocollants, imposée cette année sur les camions. VideoLinc offre ainsi au conducteur une vision à 360°. « Nous avons lancé ce produit sous l’impulsion d’un client spécialisé dans la pétrochimie pour la sécurisation de ses véhicules. Nous lui avons proposé cette solution pour diminuer les risques sur la route », nous a précisé Daniel Hourc, responsable d’Astrata France. « Nous passions une étape en remontant des données pour analyse. Combler ce manque va dans le sens de l’évolution de notre société. L’image fait foi. »

Vendue sous forme de solution autonome ou intégrée à l’offre télématique DriverLinc d’Astrata, VideoLinc combine des données télématiques avec des séquences vidéo basées sur des événements pour offrir un aperçu de ce qui s’est réellement passé sur la route. La solution exploite les images issues des dashcams connectées placées sur les côtés et derrière le parebrise des véhicules commerciaux (poids lourds et véhicules utilitaires légers), afin d’enregistrer ce qui se passe sur la route avant, pendant et après un incident. Contrôler l’environnement Dometic a mis au point en 2018 le BVS 71000, un système à caméra d’assistance aux angles morts destiné aux poids lourds. Il comprend une caméra, la CAM1000 (BSC01), qui ne détecte que les objets en mouvement. À l’aide d’un logiciel de traitement d’images intelligent, elle fait de manière très précise et fiable la différence entre les cyclistes et les feux de signalisation. Le risque de fausses alertes est ainsi réduit au minimum. ••• N°6 • 07/2021


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Dossier

En cas de situation critique, le conducteur reçoit un signal visuel et sonore pour éviter un accident grave avec un piéton ou un cycliste. Pour ne pas perturber inutilement le conducteur déjà assailli d’alarmes et de signaux d’avertissement, la caméra ne se manifeste qu’en cas de danger réel. Le système offre une image vidéo complète lors d’une conduite normale. L’installation, facile et réduite au strict minimum par le simple raccordement d’une caméra au moniteur du système, ne nécessite ni boîtier additionnel, ni détecteur, ni branchement bus CAN. Conçue pour être une solution universelle, la caméra CAM1000 peut être utilisée sur utilitaires et poids lourds et s’adapte parfaitement à la gamme de moniteurs Dometic de 2019. Les LED infrarouges intégrées garantissent une bonne qualité d’image, même la nuit. De son côté, Stoneridge-Orlaco propose de remplacer les traditionnels rétroviseurs des camions par un système de caméras. MirrorEye, que certains constructeurs ont déjà adopté pour leur nouvelle gamme, couvre un champ de vision plus large que les rétroviseurs traditionnels. Le fabricant a lancé un nouveau moniteur de 15 pouces. L’écran plus large offre au conducteur une meilleure vue de l’environnement autour de son véhicule. Le système a été récompensé plusieurs fois, N°6 • 07/2021

et vient de recevoir le prix Pace 2020 qui récompense l’innovation, l’avancement technologique et la performance commerciale des fournisseurs de l’industrie automobile. La sécurité sous surveillance Garmin vient de sortir sa nouvelle gamme 2021 de dashcams à commande vocale, avec sauvegarde automatique de vidéos et surveillance Live View pour capturer et enregistrer tout incident ou accident. Ce sont de petites caméras qui restent discrètes sur le pare-brise, elles enregistrent en permanence et sauvegardent automatiquement les vidéos sur le nouvel espace de stockage sécurisé Vault. Ainsi, les conducteurs peuvent visionner et partager les images en toute sécurité. Avec les nouvelles fonctions Parking Guard et Live View, ces dashcams connectées surveillent les véhicules même lorsqu’ils sont garés et préviennent les conducteurs par notification sur smartphone (compatible via l’application Garmin Drive) en cas de détection d’incident. Quel que soit le modèle, la vidéo HD offre des détails nets de jour comme de nuit grâce à la technologie Garmin Clarity HDR (High Dynamic Range). Également intégrée à toutes les caméras embarquées, la commande vocale peut être activée à tout moment pour sauvegarder des vidéos, démarrer/arrêter l’enregistrement audio, prendre des photos, etc.


Dossier Webfleet Solutions a dévoilé dernièrement Webfleet Vidéo qui utilise l’intelligence artificielle (IA). Elle combine le système de gestion de flotte avec la technologie télématique vidéo de pointe de Lytx en une seule plateforme intégrée. Les images de la dashcam HD sont affichées à côté des données de conduite pour fournir aux utilisateurs le contexte complet des incidents de la route en temps réel. Les utilisateurs peuvent également visionner des images de la route en temps réel, ce qui leur permet d’agir immédiatement en cas d’incident. Assistance à la conduite La dashcam CAM50 identifie automatiquement les comportements à risque tels que les distractions au volant et l’utilisation du téléphone portable. Il avertit alors le conducteur à l’aide d’une alerte visuelle et sonore, l’aidant à éviter les situations dangereuses. « Pour les flottes que nous équipons, la protection des conducteurs est cruciale », déclare Taco van der Leij, vice-président de Webfleet Solutions Europe. « L’IA va encore plus loin. Plutôt que de simplement réagir à des incidents qui se sont déjà produits, cela empêche de manière proactive l’avènement de situations dangereuses, et ce, avec précision. L’IA utilise des algorithmes basés sur des données de haute qualité, collectées depuis plus de 20 ans par Lytx, pour offrir une précision de 95 % sur les alertes de mouvement », souligne-t-il. En plus d’assurer la sécurité des conducteurs, Webfleet Vidéo est également conçue pour respecter leur vie privée et aider les flottes à répondre aux exigences de la législation en la matière. Par exemple, les utilisateurs peuvent configurer la caméra qui orientée vers le conducteur pour qu’elle soit activée ou désactivée ; en cas de désactiva-

Voir le BVS 71000 de Dometic, un système à caméra d’assistance aux angles morts

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tion, les données ne peuvent être récupérées à partir du périphérique. Le britannique Brigade Electronics, spécialisé en alarmes de recul, propose une nouvelle gamme de caméras embarquées adaptées aux utilitaires et camions. Elles ont une résolution haute définition pour un enregistrement de haute qualité, un suivi des données GPS et un capteur G pour aider à fournir le maximum de preuves irréfutables en cas de collision ou de réclamation. Témoin fiable et professeur attentif La caméra autonome DC-101-000 peut avoir en option une caméra arrière supplémentaire (DC-102RVC) ou une caméra infrarouge DC-102-IRC, toutes gérées via un système de logiciel de récupération simple pour accéder aux séquences vidéo. Les caméras ont également été conçues avec un super condensateur pour fournir

s

automatiquement une alimentation de secours en cas de panne de courant, afin que les enregistrements ne soient pas perdus et restent en toute sécurité. « Les incidents impliquant des véhicules prennent du temps à résoudre et sont de plus en plus fréquents. Un manque de preuves solides peut souvent signifier que les entreprises acceptent automatiquement la responsabilité. Notre nouvelle gamme de caméras embarquées est idéale pour enregistrer les incidents sur la route, contribuant ainsi à prévenir les fausses déclarations et le vandalisme. L’installation d’une caméra de tableau de bord donnera aux conducteurs et aux opérateurs la tranquillité d’esprit en cas d’incident », analyse Emily Hardy, responsable marketing de Brigade Electronics Les sociétés qui commercialisent ces systèmes de caméras devraient passer rapidement de la sécurité extérieure à l’intérieure. « L’Asie est en avance par rapport à l’Europe. Les systèmes proposent désormais un management de la fatigue et plus généralement du comportement au volant. Il s’agit de capturer ces informations afin d’éduquer le conducteur, et donc de faire baisser le taux d’accidentologie », conclut Daniel Hourc d’Astrata France. Hervé Rébillon rebillon@trm24.fr N°6 • 07/2021


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