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2016-2017

LEVER DE RIDEAU

Supplément au Tout Lyon Affiches n° 5222 du samedi 10 septembre 2016

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www.auditorium-lyon.com Symphonique / Jazz / Récitals / Ciné-concerts / musique de chambre / Orgue / Spectacles pour enfants

Suivez l’actualité de l’AuditoriumOrchestre national de Lyon @audionl

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Licences n° 1064009–1064010–1064011 – Dessin : Vincent Mahé/costume3pieces.com

Toute la saison, places et abonnements :

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ÉDITO Culture de résistances A ses conseillers qui lui suggéraient de tailler dans le budget de l’art et de la culture pour soutenir l’effort de guerre de l’Angleterre bombardée par l’Allemagne nazie, Winston Churchill aurait répondu : « Mais pourquoi nous battonsnous ?» 70 ans plus tard, dans un monde où le cynisme et l’individualisme gagnent du terrain dans les esprits, les artistes entrent en résistance. C’est du moins ce qu’il ressort d’une saison où le spectacle vivant retrouve le chemin de la création et de l’audace. Au théâtre, les classiques ne font plus recette. Textes contemporains, auteurs engagés d’hier et d’aujourd’hui, écritures au plateau des jeunes collectifs, formes radicales, l’art dramatique sort de sa tour d’ivoire et prend la tête de la croisade des idées. Dans son sillage, la danse, les musiques actuelles et les arts plastiques, voire l’opéra lorsque, comme à Lyon, il fait appel à des metteurs en scène iconoclastes, témoignent des bouleversements d’un monde globalisé devant lesquels toute indifférence serait coupable. Les coupes claires de certaines collectivités qui gèrent la culture comme des épiciers qui, l’utilisant comme une variable d’ajustement des équilibres budgétaires, ne découragent pas les créateurs qui réduisent la voilure. Méfiants vis-à-vis des forteresses, les pouvoirs publics dispersent, façon puzzle, les subventions. Certes les aides bénéficient à un plus grand nombre, mais l’émiettement des moyens réduit d’autant les gestes artistiques significatifs. Après des années de vaches grasses, marquées par le poids des images, le théâtre se recentre sur le texte, la danse sur le corps. Ce dégraissage se traduit dans la montée en puissance des spectacles en solitaire, des seuls en scène aux allures de réquisitoires, des distributions moins généreuses et une multiplication des formes musicales plus intimes. Face à la manipulation médiatique et au tout people, la culture de bouts de ficelle a de plus en plus de mal à faire entendre sa voix discordante. Rappelant la célèbre phrase d’Albert Camus : « Un homme ça s’empêche », les artistes n’ont à offrir que le dépassement de soi. Voire une dose d’inconscience pour affronter l’indifférence d’un public consommateur. Au risque de la solitude promise à tout résistant. Le foisonnement du spectacle vivant porte aussi les espoirs de découvertes, de ces instants de magie qui justifient que l’on sacrifie une soirée pour aller voir un spectacle ou un film, un week-end pour visiter une exposition. Au regard de l’affiche, déroulée pour la saison 2016-2017, les occasions ne manqueront pas. Pour vous guider, nous avons choisi de regarder dans le rétroviseur des deux décennies passées. Pourquoi 20 ans ? Sans doute l’âge du défilé de la biennale de la Danse, du musée de Saint-Romain-en-Gall ou plus égoïstement de ce Lever de rideau. Plus pragmatiquement, en écho à la rétrospective proposée, en mars prochain, par l’Opéra de Lyon. Quelques personnalités tendent ce fil rouge, en ouverture de rubrique, non dans un esprit de nostalgie mais avec une volonté d’éclairer les conditions dans lesquelles l’art vivant et les arts plastiques s’adaptent et influencent le monde qu’ils reflètent. Antonio Mafra

Supplément au Tout Lyon Affiches n° 5222 du samedi 10 septembre 2016 Société éditrice : Groupe Tout Lyon, 18 rue Childebert, 69002 Lyon, SAS au capital de 60 032 € Président et directeur de publication : Bernard Riccobono Principal actionnaire : SEPS ISSN 1772-3124 Commission paritaire : 0919 I 85791

supplément

LEV ER DE R IDEAU Rédaction : Florence Barnola Charlotte Mounard Gallia Valette-Pilenko François Bonnet

Couverture : L’oiseau vert de Gozzi © Polo Garat

Supplément à L’Essor Affiches Loire n° 3645 du vendredi 9 septembre 2016 Société éditrice : L’Essor SARL, 37-39 avenue de la Libération, 42000 Saint-Etienne, au capital de 22 500 €. Gérant et directeur de publication : Guillaume Riccobono Principal actionnaire : Groupe Tout Lyon ISSN 2103-2580 Commission paritaire : Loire 0320 C 88269 Couverture : L’oiseau vert de Gozzi - DR u vert de Gozzi

Secrétariat de rédaction : Gisèle Riottot

Impression : imprimerie Chirat, 42540 Saint-Just-la-Pendue

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Photographies : D.R. sauf mention

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Rédacteur en chef : Antonio Mafra

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sommaire P. 6-48

D.R.

théâtre

classique © B. Adilon

p. 50-68

musiques

actuelles 70-87

© D. Michalet

p.

88-98 p. 117-130

expositions p. 100-116

agenda

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p.

© S. Vaughn

danse

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UNE ARCHITECTURE AUDACIEUSE EN BÉTON BRUT

UN ÉTONNANT PARCOURS SOUTERRAIN DANS UN ESPACE DE 4000 M2

LA VIE DES PREMIERS LYONNAIS À L’ÉPOQUE ROMAINE

DEUX THÉÂTRES ROMAINS CLASSÉS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Musée gallo-romain de Lyon, 17, rue Cléberg, Lyon 5e 04 72 38 49 30 www.museegalloromain .grandlyon.com

© Musée gallo-romain de Lyon/Christian Thioc —

L’UNE DES PLUS BELLES VUES DE LYON


Michel Raskine

défend le théâtre contemporain

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supplément LEVER DE RIDEAU

THÉÂTRE

Directeur du Théâtre du Point du Jour de 1995 à 2011, Michel Raskine a laissé son empreinte dans le paysage théâtral lyonnais sur lequel le metteur en scène porte un regard lucide et sans nostalgie.

Comment l’ancien assistant de Roger Planchon voit évoluer le théâtre ? Le théâtre est un art du moment, un art sans mémoire qui ne résiste que par la transmission ; une pratique érotique qui bute sur la nostalgie, cette fabrique de faux souvenirs. Les vraies traces sont en chacun d’entre nous. Alors ce n’est pas grave de ne pas avoir vu tel ou tel spectacle. Je ne connais ni Molière ni Shakespeare... et alors ? Comment cet art de l’instant s’accommode-t-il de la réalité française ? Sa singularité s’explique par l’exception culturelle française. Depuis les années 1980 on assiste à une multiplication des lieux. Les spectacles se créent mais ne tournent pas. Grâce aux écoles de théâtre, le niveau des comédiens a progressé. Malheureusement, ils ne jouent pas assez. Or la formation d’un acteur se fait au quotidien, sur le plateau comme à la Comédie-Française, ou hier au TNP. Le paradoxe est là. Etourdis par le nombre de propositions, les directeurs de théâtre ont-ils encore la curiosité d’aller chercher, de faire des propositions, de susciter des projets ? Le répertoire évolue-t-il ? Rien ne vaut les créations de textes contemporains. Et il n’y en aura jamais assez. Mais je ne vois pas de grands auteurs contemporains qui prendraient le relais d’un Jean-Luc Lagarce ou d’un Bernard Marie Koltès. En leur absence, les collectifs issus des meilleures promotions des écoles de théâtre écrivent au plateau, comme s’ils se méfiaient du texte théâtral. Or, même si cela fait parfois de très bons spectacles, cette pratique accentue la désertion des auteurs. Les collectifs inventent-ils une nouvelle forme de théâtre ? Les collectifs sont un leurre. Derrière le groupe, se cache un artiste, un patron. Pour moi, la différence entre une troupe et un collectif tient au fait que la première fait vivre un répertoire. A l’image du TNP qui cette saison reprend Une Saison au Congo de Césaire. Les comédiens jouent le soir et, la journée, répètent La Tragédie du Roi Christophe. Et puis, comme les bons vins, les spectacles se bonifient avec le temps. Or seule une institution peut faire cela. Et le théâtre lyonnais ? Par sa tradition et le rôle joué par Roger Planchon, Lyon existait sur l’échiquier théâtral. C’est moins le cas aujourd’hui. Peut-être aussi parce qu’un théâtre était lié à un artiste. On allait dans un lieu parce qu’on se reconnaissait dans une trajectoire artistique. Ce n’est plus le cas. Je regrette aussi l’absence d’un plus grand nombre de grands spectacles internationaux à Lyon. Quels sont les spectacles qui vous ont marqué ces 20 dernières années ? Contact off de Pina Bausch, Mademoiselle Julie de Strindberg, dans la mise en scène de Gwénaël Morin, et tous les spectacles de Thomas Ostermeier et Christoph Marthaler joués aux TNP ou aux Célestins.

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2007. Le théâtre sort de sa tour d’ivoire

lair © A. Dec

Au Point-du-Jour, Michel Raskine ose son prem ier classique, Le Jeu de l’amour et du hasa rd de Marivaux. Un coup de maître. Dans le déco r d’un palais où transpirent les traces d’un passé glorie ux, des personnages buñueliens, qui ont perdu toute humanité, trompent l’attente de la mort, se donn ent le frisson avec ce qui leur reste de sentiment s. Le génie de Raskine est d’avoir distribué les rôles à des quinquagénaires (voire plus...) et violé la langue de Marivaux pour en explorer l’hum anité, la profondeur et la gravité. En 2014, Luc Bondy frappe un grand coup aux Célestins avec Les Fauss es Confidences, jouées par Isabelle Huppert et Louis Garrel. Une mise en scène géniale où Mariv aux se révèle un expert en perversion narcissique.

2011. La leçon de théâtre de Thomas Ostermeier

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2008. Quoi de neuf ? Marivaux

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Le succès populaire des farces de Molière au TNP a surpris tout le monde. Y compris Christian Schiaretti qui en a signé la mise en scène. Jouées par la troupe issue de l’Ensatt, elles marquent l’avènement à Lyon d’un théâtre de tréteaux, qui ose l’itinérance, dans le plus simple appareil. Quelques années plus tard, Gwénaël Morin enfonce le clou avec les Molière de Vitez (Tartuffe, Misanthrope, Ecole des femmes et Dom Juan), joués sans fard, sans costumes, à l’état brut comme un théâtre de l’urgence porté par la seule force du texte.

Mélange de nectar et de venin, la mise en scène de Thomas Ostermeier vous saisit à la gorge dès les premières minutes des Démons, chef-d’œuvre de Lars Noren, aux Célestins. Le patron de la Schaubühne crée une tension extrême, jusque dans les silences habités par la force dramatique des interprètes. Une danse de mort, une leçon de théâtre qui remet les pendules à l’heure.

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Ma chambre froide nous plonge dans la vie quotidienne d’un magasin où Joël Pommerat enquête sur la personnalité d’Estelle et de ses collègues à qui leur patron a légué toute sa fortune. Un cadeau empoisonné ! Cette pièce, drôle et violente, marque la saison du TNP qui, quatre ans plus tard, accueillera Ça ira, fin de Louis. Récompensé par deux Molières, ce spectacle décortique les mécanismes du pouvoir, analyse les conflits d’intérêt, pose la question de la démocratie, de la représentation et de la légitimité des élus. Ou comment l’auteur et metteur en scène roannais revisite la Révolution de 1789 à l’aune de la politique actuelle. Etourdissant de lucidité et de virtuosité.

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© R. Senera

2012. La griffe Pommerat

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Elles assurent

t du is au goû de m re , y d leur t Gré Barillet e ichel Fau, avec F M issante u r a jo p ré jour édie m o c ard. e n u boulev cactus, u adition d lière pour tr re u p dans la un Mo ations et dienne Six nomin t, meilleure comé rs au ro a F Catherine le privé. A voir en m e, c c ta c n lefra h d’un spe âtre de Vil é h T u a t, Radian

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© M. Hartman

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Romane Bohringer

Karin V iard

© Trist

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Dans V e sur le ra, pièce de s intr Zelenk igues monde a d d a u ns le t ravail, incarne Kar de rec une femme in Viard onnais assoiff sa tout p our réu nce et prêt ée e à ssir. Ce mis en s s Marcia cène par Elis pectacle l e saison Di Fonzo Bo Vigier et des Cé lestins ouvre la .

Doublé pour Romane Bohringer, à l’affiche des Célestins dans Terre noire, pièce de Stefano Massini mise en scène par Irina Brook, et Les Evénements de David Greig où elle incarne un prêtre anglican engagé dans une chorale, dont la vie bascule après une fusillade déclenchée par un jeune de ses connaissances.

Emmanuelle Devos

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L’ex-pensionnaire du Français incarne les trois personnages féminins de Je crois en un seul Dieu. Cette œuvre de Stefano Massini met en scène une Palestinienne candidate au martyre, une universitaire, progressiste de gauche et une GI venue aider Tsahal à Tel Aviv. « Un seul en scène qui n’est pas un soliloque » pour le metteur en scène Arnaud Meunier. A voir en janvier à la Comédie de Saint-Etienne, en février aux Célestins.

Josiane Balasko

Comédienne, réalisatrice, romancière et scénariste, l’égérie du Splendid relève un nouveau défi avec La Femme rompue, monologue enragé de Simone de Beauvoir, celui d’une femme rejetée par les siens le soir du réveillon. A voir au Radiant (novembre) et au Théâtre de la Croix-Rousse (mars).

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Rachida Brakni

© C. Mignon

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Commande de Thomas Ostermeier pour la Schaubühne de Berlin en 2013, Bella Figura, la dernière pièce de Yasmina Reza, monte sur les planches de l’Hexagone dans une mise en scène de l’auteure. Emmanuelle Devos incarne le principal rôle féminin dans cette comédie drôle et cruelle sur les thèmes du couple, de l’amitié et de la vieillesse. A voir en mars au TNP.

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INCONTOURNABLES

© P. Garat

La féerie de L’Oiseau vert

© C. Raynaud de Lage

Polar social

L’Amour des trois oranges, opéra de Prokofiev, a fait la célébrité de Carlo Gozzi, dramaturge italien du XVIIIe siècle. Laurent Pelly lui donne une nouvelle légitimité avec L’Oiseau vert, une pièce où il est question d’un roi hypocondriaque qui revient de guerre, d’une reine-mère cruelle, du voyage initiatique de deux jumeaux, de statues qui parlent et de pommes qui chantent, et même d’une femme enfermée sous un évier. Le metteur en scène, qui signe également les décors (superbes) et les costumes de ce spectacle, fait son miel de cet univers fantastique qu’il éclaire à l’aune de son imagination et de sa poésie. Marilu Marini, Emmanuel Daumas ou encore Georges Bigot figurent parmi les douze comédiens à l’affiche de cette fable philosophique avec laquelle le TNP termine l’année 2016.

Un minable relais routier, tenu par une mère (Claire Aveline) et sa fille de 18 ans (Manon Rafaelli), un camionneur (Maurin Ollès), l’un des rares clients. Trois personnages, une même destinée de paumés rêvant d’échapper à leur quotidien. « No future » dans Truckstop de la Néerlandaise Lot Kekemans. D’ailleurs les trois personnages sont morts lorsque s’allument les projecteurs blafards. Comment  ? Les pièces du puzzle livreront le mystère de cette histoire macabre à mi-chemin entre thriller et drame social. Le metteur en scène Arnaud Meunier et ses trois comédiens donnent une lecture délicate, sensible et sincère de ce texte sombre, créé au festival d’Avignon cet été. Un spectacle envoûtant à voir à la comédie de Saint-Etienne en février et aux Ateliers en mars.

Seuls à seul avec Wajdi Mouawad

© T. Baron

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Wajdi Mouawad, qui a clôturé la saison de l’Opéra avec L’Enlèvement au sérail de Mozart, retrouvera Lyon pour la reprise de Seuls, en mai prochain au TNP. « Comment dit-on mémoire en arabe » ? La question hante le personnage de ce soliloque, sorte de docu-fiction où le héros, double de Wajdi Mouawad, émerveillé par Le Fils prodigue, tableau de Rembrandt qu’il découvre au musée de l’Ermitage, rend une forme d’hommage à son maître Robert Lepage. Dans cette mise à nu de près de deux heures trente, l’artiste peint son corps sur un espace où la vie échappe à la pesanteur, un espace habité par un étudiant qui a du mal à conclure sa thèse. A travers ses doutes, cet exilé évoque la difficulté à renouer avec ses racines arabo-libanaises. Ce spectacle réunit d’autres formes d’écriture comme la vidéo et l’utilisation de la voix off. Virtuose !

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© A. Declair

La Mouette d’Ostermeier Le nouveau Mahabharata

© C. Moreau

Face à la violence qui assombrit le monde, Peter Brook exhume Le Mahabharata, ce texte mythique élaboré par Jean-Claude Carrière, créé en 1985 au Festival d’Avignon, dans la minéralité de la carrière de Boulbon. Une épopée de 9 heures qui a marqué l’histoire du théâtre. A 90 ans, le maître anglais du théâtre trouve encore la force de s’indigner avec Battlefield, comme un retour sur le champ de bataille (battelfield) du Mahabharata. Peter Brook concentre son travail sur l’un des épisodes du livre, la guerre qui oppose au sein d’une même famille, d’un côté les cinq frères Pandavas, de l’autre les cent fils du Roi aveugle Dritarashtra. Un épisode sanglant qui rappelle les conflits internationaux actuels. Un spectacle à voir au Radiant en novembre, au Théâtre de Villefranche en décembre, à la Comédie de Clermont-Ferrand en janvier et à la Comédie de Saint-Etienne en mars.

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Un comédien talentueux, seul en scène où il incarne tous les personnages, une histoire poignante remarquablement adaptée pour le théâtre, une mise en scène sobre pour éviter l’écueil du mélo, et vous obtenez Réparer les vivants. Au départ, la rencontre entre Emmanuel Noblet et le roman de Maylis de Kérangal. L’histoire de la course contre la montre d’une transplantation cardiaque, à la fois aventure intime et collective. A l’arrivée, une heure de spectacle bouleversante, unanimement saluée à Avignon en 2015, que vous pourrez vivre en novembre à Valence et en juin aux Ateliers.

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L’atout cœur d’Emmanuel Noblet

© A. Bory

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2015 a marqué une étape, importante pour nous, dans la carrière de Thomas Ostermeier : le patron de la Schaubühne de Berlin a signé sa première mise en scène en français, Les Revenants d’Ibsen, qu’avaient accueillie les Célestins. Le génial metteur en scène en a gardé un bon souvenir puisqu’il réédite l’expérience avec La Mouette de Tchekhov. Autour de lui, la même troupe que pour Les Revenants  : Valérie Dreville, Jean-Pierre Gos, François Loriquet, Mélodie Richard et surtout Matthieu Sampeur. Ils offrent une lecture politique et contemporaine d’un texte mythique sur l’amour du théâtre. Cette lecture a divisé le public. Vous pourrez en juger à la Comédie de Clermont-Ferrand en novembre, au Théâtre de Villefranche, à la Comédie de Saint-Etienne et à la scène Bonlieu d’Annecy en février.

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TNP

La cour des grands

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econduit pour un nouveau mandat de trois ans, le quatrième depuis sa nomination à Villeurbanne en 2002, Christian Schiaretti renoue avec Aimé Césaire. Député pendant 48 ans, maire de Fort-de-France pendant 56 ans, l’homme fort de la Martinique a laissé une œuvre littéraire majeure. La troupe, réunie il y a trois ans autour de Marc Zinga dans le rôle de Patrice Lumumba, avait porté Une saison au Congo. Ce spectacle, qui marquait le centenaire de la naissance de Césaire, revient à l’affiche du TNP (décembre), enrichi d’un nouvel épisode, La Tragédie du roi Christophe, pièce qui aborde l’expérience de la première indépendance de Haïti (février). Schiaretti conclura la trilogie « dans un proche avenir » avec Une Tempête, pièce inspirée par Shakespeare où le poète de la négritude aborde l’identité raciale et l’aliénation coloniale. Le TNP, qui ouvre la saison avec Bouvard et Pécuchet d’après Flaubert, fait l’impasse sur les classiques. Exception faite pour L’Oiseau vert, fable de Carlo Gozzi racontée par Laurent Pelly et Le Cid de Corneille mis en scène par Yves Beaunesne. Résolument contemporaine, l’affiche propose quelques rendez-vous incontournables, à commencer par celui que nous donne Krystian Lupa avec Place des héros de Thomas Bernhard. Alain Françon monte Le Temps et la Chambre de Botho Strauss avec Dominique Valadié et Wladimir Yordanoff, également à l’affiche de Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Albee, un spectacle plusieurs fois nommé aux derniers Molières.

© F. Vin

Le TNP a dissous sa troupe, mais a conservé ses fidélités avec des artistes en résidence à qui la scène villeurbannaise donne carte blanche. Ainsi le public retrouvera Olivier Balazuc, comédien, auteur et metteur en scène qui ouvre La Boîte de Jean-Pierre Siméon. Juliette Rizoud relit Roméo et Juliette de Shakespeare avec un mélange de curiosité et de bouffonnerie. Philippe Vincent dévoile Gonzoopornodrame, de l’Egyptien Riad Gahmi. Julien Gauthier démasque Le Menteur de Corneille, un spectacle ébauché cet été à Theizé.

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Dans L’Avaleur de Sterner, Robin Renucci met en scène la question de la destruction des secteurs industriels par la finance. Avec King Kong Théorie, Virginie Despentes s’interroge sur la place de la femme dans la société actuelle, sur fond de viol, de prostitution et de pornographie. On peut aussi succomber au charme du Vivier des noms de Valère Novaria ou encore de Bella Figura, dernier opus de Yasmina Reza. Ces deux spectacles sont mis en scène par leurs auteurs. En tout cas, pas question de rater Seuls et Sœurs, deux soliloques, écrits et mis en scène par Wajdi Mouawad, à l’affiche en mai 2017.

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Jérôme Deschamps, la saga des sans-grades

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rançois Morel, Yolande Moreau, Olivier Saladin ou encore Philippe Duquesne se sont, depuis longtemps, émancipés de la famille Deschiens. Les Français les ont adoptés, comme ils ont recueilli les paumés, les anti-héros des saynètes attendues tous les soirs par les spectateurs de Canal Plus dans les années 90. Depuis, la famille artistique a éclaté, mais l’esprit demeure. Macha Makeïeff dirige le Théâtre de la Criée à Marseille. Jérôme Deschamps a quitté la direction de l’Opéra comique en 2015. Pour autant, le petit-cousin par alliance de Jacques Tati n’a pas baissé le rideau. Sa version du Fil à la patte de Feydeau avait fait un tabac à la Comédie-Française. La saison dernière, il incarnait le conseiller financier Patrice de Maistre, dans Bettencourt boulevard de Michel Vinaver au TNP, où du 12 au 19 octobre, il adapte et met en scène Bouvard et Pécuchet. « Deux escargots qui s’efforcent de grimper au sommet du mont Blanc », disait Hippolyte Taine à propos des deux héros de Gustave Flaubert qu’incarneront Jérôme Deschamps et Micha Lescot. Convaincus de l’imbécillité du monde et imbéciles eux-mêmes, ces deux personnages, trainent leurs valises plombées par les clichés, préjugés et idées reçues. De lointains cousins des Deschiens peut-être.  Le parallèle est tentant. Retour sur la saga des sans-grades qui a changé la face du théâtre populaire. « Nous montrons la violence et la cruauté du monde vis-à-vis des faibles. En même temps, nous évitons les pièges de la compassion et des bons sentiments. Les faibles ne sont pas forcément sympathiques », expliquait Jérôme Deschamps lors de son dernier spectacle Les Etourdis, dernier opus des Deschiens. Cette France d’en-bas a commencé à voir le jour sur les planches dans des spectacles d’anthologie comme Lapin chasseur, Les pieds dans l’eau (qui a triomphé dans la Cour d’honneur à Avignon) et La Cour des grands. « Nous sentions l’urgence de montrer ce monde-là. A la différence des autres, qui montrent les héroïques, les meilleurs, nous préférions brosser le portrait des maladroits », avoue l’ancien élève du groupe théâtral du lycée Louis-le-Grand en compagnie de Patrice Chéreau et de Jean-Pierre Vincent.

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Elevé dans un milieu catholique désargenté, le neveu du comédien Hubert Deschamps a gardé une tendresse particulière pour ces personnages désolés, ces anti-héros que Dino Risi a mis en images dans ses Monstres. Ces figures se cacheront derrière les personnages qui vont défiler dans Bouvard et Pécuchet, une œuvre qui rompt avec le romantisme, qui signe la faillite de l’Encyclopédie.

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© D. Matvejevas

LES DEUX STARS

Krystian Lupa, ce héros

Un spectacle du metteur en scène polonais Krystian Lupa se mérite. Au sens où il faut se perdre, s’immerger dans un no time’s land, cette zone où l’on garde les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Dans Place des Héros de Thomas Bernhard, la glaise a la couleur de la mémoire et de la colère. Mémoire d’une Autriche qui a fait allégeance au IIIe Reich, colère du dramaturge pris en pleine tourmente de l’affaire Kurt Waldheim. En 1988, la création de cette pièce, sa dernière, avait suscité un tollé. En représailles,

le dramaturge interdit par testament toute représentation ou publication de ses textes en Autriche. Mémoire d’une famille en deuil de son patriarche, lequel, lorsque le rideau se lève, vient de se défenestrer sur la place où Hitler avait prononcé son discours entérinant l’Anschluss en 1938. Les étoiles stoppent la course du temps pour nous permettre d’adapter notre oreille à ce cérémonial funèbre. Il s’agit moins d’un éloge de la lenteur que de permettre au spectateur de suivre

les soliloques des personnages, incarnés par les comédiens, épatants de virtuosité, de la troupe du Théâtre national lithuanien. Lire les surtitres sans faire des infidélités aux fantômes qui hantent le plateau relève de la performance. Tout est minutieusement réglé, la moindre intonation, le plus petit silence, pour installer le malaise qui gagne le public tétanisé par l’effroi de ce qu’il entend, et surtout de ce qu’il n’entend pas mais résonne au fond de lui. (TNP, 6 au 13 avril).

D.R.

En 2012, Ivo van Hove, l’un des plus grands metteurs en scène européens signe Macbeth de Verdi à l’Opéra de Lyon. Un choc ! Deux ans plus tard, dans la cour du lycée SaintJoseph, il scotche le public du Festival d’Avignon avec une adaptation de Fountainhead (La source vive) d’Ayn Rand, un spectacle d’une exceptionnelle intelligence. Cet été, il a créé l’événement dans la Cour d’honneur du Palais des Papes où il dirigeait la troupe de la Comédie-Française dans une adaptation des Damnés de Visconti. Entre-temps, il a monté Vu du pont, pièce d’Arthur Miller qui a fait un tabac à l’Odéon et valu à Charles Berling le Molière du meilleur comédien d’un spectacle de théâtre public. Spectacle que les Célestins accueillent, du 11 au 15 avril, au Radiant de Caluire. Une version du mythe du paradis perdu, présenté dans un espace trifrontal, intemporel comme la fatalité, où il question de conflit entre loi et justice, réalité et désir, dans un quartier prolétaire du New York des années 1950.

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Ivo van Hove, la nouvelle star

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© D. Matvejevas

THÉÂTRE DES CÉLESTINS

Au miroir du réel

Les Célestins ouvrent aussi leurs portes à la création régionale. Après le succès de Belgrade, Thierry Jolivet et la Meute reviennent avec La Famille royale, œuvre de William Vollmann qui, sur les pas d’un détective privé dans le monde de la prostitution, brosse le portrait d’une Amérique de cauchemar. Louise Vignaud réunit quelques figures du théâtre lyonnais, tels Marief Guittier, Clément Morinière et Thomas Rortais, dans Tailleur pour dames de Feydeau. Autre création maison, Les Gravats, un spectacle collectif où trois comédiens endossent les rôles de trois petits vieux au sommet de leur forme malgré les tracas du quotidien et la maladie. Une belle leçon d’optimisme.

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A l’origine du théâtre de la catastrophe, ce courant qui dépeint une humanité cruelle par nature, intelligente et lucide, Howard Barker n’a pas l’aura de ses contemporains Edward Bond et Harold Pinter. La situation pourrait changer cette année, surtout à Lyon où les Célestins affichent deux de ses pièces. Hund, la première, est un monologue pour une femme qui attend un homme dans un décor de stalactites, lames de glace qui fondent pendant tout le spectacle. Mis en scène par Jacques Vincey, interprété par Natalie Dessay, le spectacle a fait un tabac lors de sa création à Paris (8 au 15 mars). Auparavant, en novembre, Claudia Stavisky signe une nouvelle production de Tableau d’une exposition. L’œuvre met en scène une femme peintre de la Renaissance qui profite de la commande d’un tableau pour dénoncer les horreurs de la guerre. David Ayala, Christiane Cohendy et Philippe Magnan en incarnent les principaux rôles. La saison verra défiler quelques figures des petit et grand écrans. Karin Viard, héroïne de Vera, de Zelenka, dans une mise en scène d’Elise Vigier et Marcial di Fonzo Bo, ouvre la saison. Pierre Arditi joue le rôle d’un rescapé d’un accident d’ascenseur dans Le cas Sneijder, d’après le roman de Jean-Paul Dubois adapté et mis en scène par Didier Bezace. Dans Les Evénements de David Greig, Romane Bohringer incarne un prêtre anglican, engagée dans une chorale, dont la vie bascule après une fusillade déclenchée par un jeune de ses connaissances. Elle sera aussi à l’affiche, aux côtés de Hippolyte Girardot, dans Terre noire, un texte de l’Italien Stefano Massini. Patrick Chesnais et Isabelle Carré s’affrontent dans Honneur à notre élue, un thriller politique de Marie NDiaye, mis en scène par Frédéric Bélier-Garcia. Charles Berling figure au générique de Vu du pont, un roman d’Artur Miller adapté par Ivo van Hove. Le générique déroule aussi quelques grands spectacles étrangers. Révélé lors du festival Sans interdits, le chilien Roberto Farias reprend Acceso. Simon Stone signe la mise en scène et l’adaptation de Rocco et ses frères, film de Luchino Visconti, interprétée par la troupe du Kammerspiele de Munich.

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D.R.

l’étoile montante du théâtre italien

S

eptembre 2008. La faillite de la banque Lehman Brothers plonge le monde dans une tourmente financière, mettant certains Etats à genoux, jetant des millions de personnes dans la précarité. Octobre 2013, la Comédie de Saint-Etienne affiche Chapitre de la chute, saga des Lehman Brothers, écrite par Stefano Massini, un auteur et metteur en scène italien. A l’origine de cette découverte, Arnaud Meunier avait poussé la porte du comité de lecture du Théâtre du Rond-Point. Séduit par le premier volet, il a rencontré le dramaturge florentin à qui il a laissé carte blanche. Depuis, le directeur de la Comédie de Saint-Etienne a signé Femme non rééducable, une autre de ses pièces, et s’apprête, en janvier 2017, à créer Je crois en un seul Dieu, dernier opus de Massini. En février, les Célestins de Lyon programment ce spectacle en parallèle à Terre noire, autre pièce du dramaturge italien, cette fois-ci mise en scène par Irina Brook avec Roman Bohringer et Hippolyte Girardot.

Auteur post pasolinien, Stefano Massini s’inscrit dans le courant d’un théâtre à la fois politique et poétique, « un théâtre qui s’étonne du monde et nous amène à ébranler nos certitudes ». Je crois en un seul Dieu en apportera une preuve supplémentaire. La pièce se déroule à Tel Aviv, un an avant un attentat qu’on sait programmé. L’œuvre met en scène une Palestinienne candidate au martyr pour les brigades d’Al-Qassam, une universitaire, progressiste de gauche, âgée d’une quarantaine d’années, et une GI venue aider Tsahal dans les opérations anti-terroristes. Trois femmes, que Massini ne juge à aucun moment, mais une seule interprète, Rachida Brakni, « pour un “seul en scène” qui n’est pas un soliloque », conclut Arnaud Meunier.

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Mais qu’ont-ils tous à succomber à l’écriture d’un auteur, encore inconnu il y a cinq ans ? « Stefano Massini aime raconter des histoires, un plaisir qu’on ne trouve plus dans le théâtre contemporain, justifie Arnaud Meunier. Il écrit un théâtre récit, sans personnages, laissant au metteur en scène la liberté du nombre d’acteurs. » Cycliste, Massini écrit en faisant du vélo. «  Lorsqu’il est prêt, il s’arrête pour rédiger, d’où une écriture qui avance, à un rythme particulier. » Autre trait de plume, le sens du détail, de l’anecdote. « Un jour, il m’a dit que s’il devait raconter l’irruption de soldats allemands dans une ferme au cours de la Seconde Guerre mondiale, il le ferait en parlant de la sensation de l’œuf dégoulinant sur le bras du garçon de ferme, enfermé dans le poulailler où il se serait terré. »

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© D. Matvejevas

Stefano Massini,

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Tout feu tout flamme

D.R.

THÉÂTRE DE LA CROIX-ROUSSE

«

Savoir perdre la tête : tout est là. » Ces mots d’une chanson de L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, la nouvelle création de Jean Lacornerie, donnent le «  la  » à une saison placée sous le signe de la bonne humeur et de la légèreté, des amours entre le théâtre et la musique. Une manière de conjurer les mauvais esprits d’un monde bouleversé par de trop nombreuses tensions. Mais derrière cette insouciance feinte émerge le questionnement sur la société contemporaine, à l’image de Hansel et Gretel, un conte des frères Grimm, revu et corrigé par Samuel Hercule et Métilde Weyergans. Les deux héros ne sont plus des enfants, mais deux petits vieux dont la progéniture veut se débarrasser. Autre exemple, Victor F, une adaptation du Frankenstein de Mary Shelley qui permet à Laurent Gutmann de s’interroger sur la science et les manipulations génétiques. Nicolas Stemann propose une version bien secouée du roman épistolaire Les souffrances du jeune Werther de Goethe, un seul en scène interprété par Philippe Hochmair. Autre adaptation, Plus léger que l’air de l’Argentin Federico Jeanmaire qui raconte la mésaventure d’un petit cambrioleur, enfermé dans une salle de bains par sa victime, une vieille dame interprétée par Elisabeth Macocco, qui lui infligera... sa conversation. Dans L’Art de la comédie, farce d’Eduardo de Filippo, mise en scène par Patrick Pineau, il est question d’une rencontre entre un directeur de théâtre et un préfet et des rapports entre pouvoir et culture. L’Opéra de Quat’sous, la production maison jouée du 3 au 12 novembre, Murs d’Abdelwaheb Sefsaf et Monsieur Croche, un personnage de Debussy ressuscité par Sébastien d’Hérin, et les Nouveaux Caractères jonglent entre les mots et les notes.

Lâchez vos zygomatiques

© C. Raynaud de Lage

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Avec son spectacle S’il se passe quelque chose, Vincent Dedienne lève le rideau sur une sorte de confession d’un enfant du siècle en forme d’autoportrait. Drôle, forcément drôle, comme l’est Rumeur et petits jours, le dernier opus de Raoul collectif que le public d’Avignon a découvert cet été. Dans ce monde de brutes, les cinq loustics apportent une respiration absurde, comique, déjantée, loufoque... On pourrait multiplier les qualificatifs sans épuiser la palette utilisée par ces Belges qui ont fait irruption sur la scène avec Le Signal du promeneur. Leur nouveau spectacle, choral et visuel, ludique et libératoire, nous invite dans les coulisses d’une dernière émission de radio. Le texte n’est que prétexte à exciter l’imagination du spectateur entraîné dans ces délires sans queue ni tête. Difficile d’ailleurs de démêler le vrai du faux. Une sorte de mélange du Petit Rapporteur et de Strip-tease.

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Location

ouverte

« Entre les citoyens et le TNP, c’est affaire de désir. » ——

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Bouvard et Pécuchet Gustave Flaubert Jérôme Deschamps

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Thomas Bernhard Krystian Lupa

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Seuls ——

Sœurs

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THÉÂTRE DU POINT-DU-JOUR D.R.

Gwénaël Morin

G

met le théâtre à nu

wénael Morin lance la troisième phase de l’aventure du Théâtre permanent. Il confie les clés du Point du jour à Nathalie Beasse avant de revenir, en janvier, pour un nouveau projet. A l’affiche, en alternance, deux classiques français, Andromaque de Racine et George Dandin de Molière, sans doute précédés de Prédiction, un texte de dix minutes qui fait partie des quatre pièces parlées de Peter Handke, l’ensemble interprété par une nouvelle troupe, formée de huit acteurs aguerris et non des jeunes issus du conservatoire de Lyon. « Ces derniers mois, les “Molière de Vitez” qui ont beaucoup tourné à travers la France et les tragédies de juillet ont cannibalisé mon temps. Je voudrais revenir à un autre temps théâtral consistant à jouer 6 jours/7 pendant tout le mois de janvier, puis répéter deux nouveaux titres en février et mars pour les rejouer en avril, là encore 6 jours/7 », précise le directeur du Théâtre du Point-du-Jour qui ne sait pas encore ce qu’il mettra en scène au printemps. Le format change, mais pas l’esprit d’un théâtre sans décor ni costumes, un texte mis en bouche sans fioritures, de manière parfois brutale, en écho à la violence du sujet qu’il aborde. Exit toute tentation psychologique dans ce théâtre qui invente le monde avec des bouts de ficelle ; seul compte le sens des mots que les acteurs tordent et violent pour leur faire rendre gorge. Drôles, parfois virulents, ces spectacles s’avalent avec une gourmandise toujours renouvelée. La suite se dessine en pointillés, enrichie de nouvelles pièces de Sophocle, voire d’Eschyle, les tragédies de juillet reprendront les chemins des quartiers. Le succès des « Molière de Vitez » (Tartuffe, Dom Juan, Ecole des femmes, Misanthrope) ouvre un nouveau chantier, celui de la transmission. « Je souhaite que les jeunes acteurs qui ont participé à cette aventure s’investissent dans le conservatoire, conclut le metteur en scène. Je caresse l’utopie de fonder une classe Molière destinée à transmettre cette expérience. »

D.R.

Nathalie Beasse propose un univers, mélange de théâtre déstructuré et fragmenté, de danse et de musique, écrit au plateau, avec une vraie puissance plastique, qui interroge le paysage, l’espace urbain et l’architecture. Au Point-du-Jour, elle présentera une rétrospective, avec quatre spectacles (Happy Child, Tout semblait immobile, Roses, Variations), joués du 5 au 15 de chaque mois, avec une soirée de relâche le 10, au cours de laquelle le public partagera un repas agrémenté de performances.

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L’univers de Nathalie Beasse

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En harmonie avec votre vie

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Mèches rebelles et regard effronté. Avec les années, la passion n’a pas faibli et anime toujours le petit corps, sec et noueux, de l’Italienne Chiara Guidi. Artiste associée du TNG depuis le début de l’année,

TNG

Théâtre visionnaire elle y a présenté La Terre des lombrics en mars dernier. Un conte d’apprentissage inspiré par la tragédie grecque et où pointait déjà ce sens de l’esthétisme si caractéristique, glané au long de sa longue collaboration avec la Societas Raffaello Sanzio. En janvier 2017, la quinqua revient avec une nouvelle création. Dans Buchettino, elle revisite un conte, encore. Le Petit Poucet, qu’elle choisit de narrer via la voix d’une conteuse encerclée d’enfants attentifs. Bruit des feuilles dans la forêt, petits cailloux que l’on essaime sur le chemin, pas de l’ogre, terrifiants... Dans Buchettino, Chiara Guidi livre Ce plaisir retrouvé de la lecture une lecture toute personnelle du Petit Poucet du soir fait partie intégrante du nouveau projet artistique du Centre dramatique national, qui réunit le TNG et les Ateliers depuis 2015. Des propositions tournées « vers un théâtre des imaginaires, ouvert aux innovations scéniques, qui s’aventure aux frontières des autres disciplines », selon son directeur Joris Mathieu. A l’instar de Babarman (Perez / Boussiron), qui dressera début avril son chapiteau au centre de la scène, ou de la dernière création de Johanny Bert, Le Petit Bain, qui fera de la mousse le personnage principal de sa pièce au mois de février. Puisant dans des terreaux tant régional qu’international, le TNG ouvre ses portes à tous ceux sensibles à l’appel du théâtre, jeunes curieux des planches ou connaisseurs aguerris. Il y explore l’actualité brûlante avec Ce qui nous regarde (Marzouki) qui interroge sur le voile et la condition féminine, anticipe avec Artefact, la nouvelle installation ludique et technologique de la compagnie Haut et Court aux Ateliers... Le CDN continue de nous surprendre sans perdre de vue la mission qui est la sienne : transmettre un savoir tout en ouvrant le champ des possibles.

Interroger le présent pour imaginer l’avenir. Telle est l’ambition des équipes du TNG qui, en collaboration avec trois autres structures françaises, lancent la première édition du festival Nos Futurs. Ce nouveau rendez-vous biennal investira les salles d’octobre à décembre, proposant des œuvres s’adressant aussi bien aux jeunes spectateurs qu’à leurs aînés. De l’inclassable Primitifs sorti tout droit de l’imagination de Michel Schweizer à Corps diplomatique, le drôle de spectacle de Halory Goerger, en passant par Cosmos 110 ou Sunamik Pigialik, la programmation nous donne quelques clés pour imaginer (façonner ?) l’humanité de demain.

Primitifs, de Michel Schweizer, s’interroge sur l’évolution de l’être humain

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Nos Futurs, une certaine approche de demain

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A quelques mètres de la station de métro d’Oullins, le Théâtre de la Renaissance peut disputer les faveurs du public aux autres salles lyonnaises. D’autant que les travaux, entrepris cet été, donneront plus d’espace et de convivialité au hall d’accueil. Il faudra compter sur une scène qui joue sur les deux registres du théâtre et de la musique. Une scène qui s’engage en coproduisant six spectacles dont une adaptation de Sherlock et le chien des Baskerville de Conan Doyle et une version décalée du Tartuffe de Molière par Eric Massé, artiste associé jusqu’en 2018. A l’affiche, L’Héritier de village de Marivaux, La Dame au petit chien et Un Mouton à l’entresol, diptyque zoologique de Feydeau sur le thème du parasite, Le Conte d’hiver de Shakespeare, Dom Juan revient de la guerre de Horvath et Maladie de la jeunesse de Bruckner alternent avec des créations de Marion Aubert ou Rémi De Vos ou des montages de textes de Calaferte, Garcia, Grumbert, Picq Pommerat ou encore Rebotier. Cette large palette balaie plus de trois siècles de théâtre défendus, le plus souvent, par de jeunes compagnies. Côté musique, le chanteur Yanowsky, Camille Rocaileux et Claron McFaden (dans deux spectacles co-accueillis avec la Croix-Rousse), Norah Krief Abdelwaheb Sefsaf et l’irrésistible Jean-François Zygel inscriront leur nom sur la portée du Théâtre de la Renaissance qui, cette saison initie un cycle de huit concerts, programmés en soirée le mardi, auxquels participeront l’orchestre de l’opéra, les Percussions Claviers de Lyon, l’Ensemble orchestral contemporain. © A. Pequin

Théâtre de la Renaissance

Paroles et musiques

© J. Robert

Après Hors jeu d’Enzo Corman, La Renaissance accueille Tirésias, le nouveau spectacle de Philippe Delaigue. L’auteur et metteur en scène lyonnais invite le public dans un vieux grenier envahi de petites boîtes renfermant des cassettes audio, sorte de caverne des temps modernes où survit Tirésias. Le héros des Métamorphoses d’Ovide, incarné avec roublardise par Thomas Poulard, a depuis longtemps coupé les ponts avec ses contemporains, se contentant de quelques prédictions à une jeunesse qui semble n’être intéressée que par ses résultats scolaires, son tour de taille ou sa place dans les réseaux sociaux. Mais lorsqu’un ado lui demande la recette du mieux mourir, Tirésias lui propose plusieurs morts, de la plus tragique à la plus comique. Il convoque les héros de la mythologie ; Phaeton qui se brûle les ailes sur le char du Soleil, Narcisse qui se noie en tentant d’embrasser son image ou encore Iphis élevée comme un garçon. Un spectacle drôle, irrévérencieux, sur la capacité de l’homme à répéter ses erreurs.

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Le sage et la mort

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THÉÂTRE DE VILLEFRANCHE

La Mouette de Tchékhov, le dernier spectacle mis en scène par Thomas Ostermeier (février), Battlefield de Jean-Claude Carrière, monté par Peter Brook (décembre), La Grenouille avait raison de James Thierrée et Fleur de cactus de Barillet et Grédy, ces têtes d’affiche du Théâtre de Villefranche feraient presque de l’ombre à une programmation exigeante et populaire, rurale et urbaine, humaine et joyeuse. En Calade, le théâtre flirte ouvertement avec l’humour de Vincent Dedienne, la musique de Dyonisos, d’Olivia Ruiz et de Kurt Weill (Opéra de quat’sous), le cirque de Mick Holsbeke, la danse de Mourad Merzouki et les arts visuels de James Thierrée. Auparavant, le public fera connaissance avec André Robillard, découvert par Jean Dubuffet. A 84 ans, le pape de l’art brut ouvre une saison où les fidèles ont leur place. Robin Renucci et les Tréteaux de France proposent L’Avaleur, pièce de Sterner sur les dérives de la finance mondiale. Guillaume Baillart poursuit la quête du Graal. Hors les murs, le théâtre investit plusieurs salles de la région beaujolaise qui accueilleront Ubu, un spectacle itinérant imaginé par Olivier Martin-Salvan d’après Ubu sur la butte et Ubu roi de Jarry. Merdre alors !

Olivier Martin-Salvan

© Y. Clédiat

Une saison exigeante et populaire

© O. Allard

La scène nationale de Mâcon ouvre la saison sur un spectacle du chorégraphe José Montalvo, affirmant la pluridisciplinarité d’une salle qui programme théâtre, musique et cirque. Quelques pépites émergent des nombreuses propositions à l’affiche. Formé au conservatoire de théâtre de Paris et au conservatoire de musique d’Aubervilliers, Judith Chemla interprète le rôle de Traviata, dans une version light de l’opéra de Verdi que l’ancienne pensionnaire de la ComédieFrançaise a imaginé pour ce spectacle mis en scène par Benjamin Lazar. Mâcon reprend Les Précieuses ridicules de Molière, dans la version de Camille Germser. Sur un registre plus grave, La Femme rompue de Simone de Beauvoir permet à Josiane, Balasko de remonter sur les planches en solo. Elle pas princesse lui pas héros, un texte de Magali Mougel mis en scène par Johanny Bert questionne les attentes et images associées aux petites filles et petits garçons.

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Mâcon pluridisciplinaire

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2016 / 2017 Oullins Lyon Métropole

Biennale de la Danse

Dbddbb

Daniel Linehan

Mille batailles Louise Lecavalier

L’Héritier de village Marivaux / Anglade Groupe Aline

Chienne de vie, life is a bitch

Calaferte / Garcia / Grumberg /Nancy Maupassant / Picq Pommerat / Rebotier

Udo complètement à l’est Weyergans / Hercule

Les Éléments

Haendel / Rebel / Montanari Orchestre de l’Opéra de Lyon

Paysages humains Bégou / Grollemund

Deux cartographies Frédéric Ferrer

Airs de danse

Chostakovitch / Fitkin Roussel / Stravinsky Percussions Claviers de Lyon

Nous

La Belle escampette

Le Cabaret extraordinaire

Orchestre du Grand Sbam

Camille Rocailleux

Monot / Pin

Trou de ver

Dolores / Tétard / Roche Yanowski / Parker /Siméon Ava la dame en verte / Hédin

Arnera Collectif Le Grand Sbam

Petouchok

Sophocle / Ovide / Homère Delaigue / Giordani

Alain Reynaud

Tartuffe, nouvelle ère Molière / Massé / Garel

Un Éclair… puis la nuit

Tirésias

Des Châteaux en Espagne Dorin / Fortuny

Mille et Une

Burgan / Sefsaf Percussions Claviers de Lyon

Burgan / Cendo / Drouin Stockhausen Ensemble Orchestral Contemporain

Un Requiem imaginaire

L’Opéra de quatre notes

Don Juan revient de la guerre

Tom Johnson Gilles & Corinne Benizio dits Shirley & Dino

Maladie de la jeunesse Bruckner / Baronnet

Music at The Castle Tavern Bündgen / Bordereau

Zygel / Jourdain / Corti Cœur Britten-Spirito Von Horváth / Couleau

Sarabande

Bach / Boutin / Müller

Secrets

McFadden / Florizoone / Massot Horbaczewski / Kokkelmans

Les Fabricants Errances

Sherlock Holmes

Les Animals

CNSMD de Lyon

Conan Doyle / Simon

Les Sonnets de Shakespeare

Jouanneau / Teste

et le chien des Baskerville

Comment moi je Marie Levavasseur

Labiche / Boillot

Shakespeare / Krief / Brunel

Tête haute

Le Conte d’hiver Shakespeare / Car

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En 1972, Daniel Mesguich débute la mise en scène en reprenant Le Château de Kafka. Sa renommée arrive un an plus tard avec Le Prince travesti de Marivaux. Pour marquer les esprits, il opte pour l’audace et la liberté de ton. Admiration des uns, incompréhension des autres, mais unanimité pour célébrer le talent fou de ce jeune homme de 21 ans. Depuis, le surdoué a dirigé plus de 60  spectacles. Quatre décennies passées à réinventer les codes du théâtre, avant de revenir à ses premières amours. Marivaux, encore et toujours. En reprenant la pièce qui a fait son succès, Mesguich ne se contente pas de resservir la soupe. L’enfant terrible du théâtre français y offre une lecture plus sereine, plus lisible de l’œuvre classique. Les excès des jeunes années semblent avoir laissé place à la maturité. A découvrir à l’Espace Albert-Camus de Bron le 21 mars.

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« J’ai maintes fois été étonné que la grande gloire de Balzac fut de passer pour un observateur : il m’avait toujours semblé que son principal mérite était d’être visionnaire. » Baudelaire ne croyait pas si bien dire. En écrivant Le Faiseur en 1840, comédie grinçante sur les dérives de la spéculation financière, Balzac piège les classes dans le décor feutré d’un salon bourgeois, progressivement aspirées par la spirale pécuniaire. L’auteur de La Comédie humaine est loin d’imaginer les retentissements qu’aura sa pièce au fil des siècles. Pourtant. Le Faiseur, c’est l’affaire Madoff. Ni plus, ni moins. Subtilité que Robin Renucci a bien comprise. Mieux, il en tire brillamment parti. Avec le CDN itinérant Tréteaux de France, l’acteur-réalisateur met en scène un subtil chassé-croisé, entre figures actuelles et personnages d’antan. Un tour de force présenté au Sémaphore d’Irigny les 25 et 26 novembre.

Le retour de l’enfant prodige

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© E. Facon

L’Histoire, cet éternel recommencement

D.R.

Présentée au Centre Charlie-Chaplin du 5 au 12 octobre, L’Amante anglaise incarne le dernier spectacle de la compagnie LucaThéâtre. « Cette création est toute spéciale puisqu’elle marque la fin de 7 ans de résidence à Vaulx-en-Velin », explique le metteur en scène Laurent Vercelletto. Et qui est-elle, cette maîtresse britannique ? Une paresseuse ? Une passionnée ? Une sombre assassine  ? Pour le savoir, plongeons dans la pièce de Marguerite Duras. En ce jour d’avril 1949 où l’on découvre, dans un wagon de marchandises, un morceau de corps humain. Suivi d’un autre, puis d’un autre encore. Le corps entier finira par être révélé tel un puzzle macabre. A l’exception de la tête, introuvable. Notre amante d’outre-Manche serait-elle la coupable  ? Loin de filer à l’anglaise, l’équipe LucaThéâtre célébrera dignement son départ à l’issue des représentations.

© A. Jerocki

AUTOUR DE LYON

7 ans de bonheur

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Auteur, metteur en scène et chef de troupe Laurent Fréchuret a fondé, à Saint-Etienne sa ville natale, le Théâtre de l’Incendie en 1994. Par la suite, il a dirigé le CDN de Sartrouville. De retour dans la région, il porte son regard sur 20 ans de théâtre stéphanois.

D.R.

À la fin des années 1980, comment perceviezvous le théâtre stéphanois ? Il était extraordinaire et l’est toujours. L’activité artistique était très riche et foisonnante dans le sillage de Jean Dasté, père du centre dramatique national de Saint-Etienne en 1947. Quand j’avais 18 ans, je l’ai rencontré trois ou quatre fois. A 90 ans il était encore d’une simplicité, d’une curiosité et d’une attention à l’autre incroyables. Il était le chef de file de cette passion, vivacité théâtrale, qui a duré des décennies. L’école de la Comédie formait des artistes qui fondaient des troupes, des collectifs. Saint-Etienne était nourrie chaque année de nouveaux arrivants venus de toute la France. Parallèlement, il existait aussi beaucoup de compagnies locales. Je crois que l’on en comptait une trentaine, ce qui est énorme pour une ville de 200 000 habitants. Aujourd’hui, comment se porte le théâtre à Saint-Etienne ? L’école de la Comédie de Saint-Etienne a continué à faire son travail de fertilisation. C’est un plaisir de retrouver les anciens et de découvrir les nouvelles équipes. Une belle aventure est en cours à la Comédie, qui va se poursuivre avec la Nouvelle Comédie, PlaineAchille. Arnaud Meunier et son équipe font un travail remarquable. Je pense aussi au Collectif  X et à Sylvain Delcourt, comédien et metteur en scène de Lalala Chamade.

Une trop bruyante solitude, le 1er décembre au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne.

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« Saint-Etienne reste en invention perpétuelle »

Quels spectacles retiendriez-vous ? Depuis le coup de tonnerre de Hamlet Machine de Heiner Muller, mis en scène par Bob Wilson à la fin des années 80, j’ai aimé Le Triomphe de l’amour de Marivaux, mis en scène par Michel Raskine, joué à la Comédie en 2014. La saison dernière, j’ai été très touché par le travail de Pierre Maillet avec la promotion 27 de l’Ecole de la Comédie sur Le Parc de Botho Strauss.

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D.R.

Laurent Fréchuret

Qu’est-ce qui fait la singularité stéphanoise? Ville encore ouverte, Saint-Etienne ne s’est pas « muséifiée » comme d’autres métropoles. Elle invente en permanence. Elle a encore beaucoup de temps et d’espaces pour rêver, élaborer, créer, et pour partager des œuvres d’art. Le territoire, ses habitants, sont les meilleurs carburants pour chercher qui on est et inventer une relation aux autres. Plus le temps passe, plus je pense que l’œuvre d’art est un dialogue entre ce que l’on essaie d’inventer et les personnes qui vont le recevoir.

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COMÉDIE DE SAINT-ETIENNE

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Le théâtre de l’état du monde

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Sous l’œil d’un photographe

Avec son air de David Lynch, Ed Alcock mène depuis une quinzaine d’années une jolie carrière de photographe dans la presse nationale et internationale (New York Times, Gardian, The Time, Times Magazine, Le Monde, Télérama, Psychologie magazine, Sunday Times magazine). Déjà l’auteur de la campagne de communication la saison dernière en mettant en scène les travaux de la future Comédie, l’artiste britannique a cette année choisi de mettre en lumière les Stéphanois avec humour et tendresse.

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vant de boucler ses valises pour intégrer la Nouvelle Comédie, dans le quartier Manufacture Plaine-Achille, en juin prochain, le CDN affiche une quarantaine de spectacles cette saison. « Les créations vont refléter un certain état de la violence, de la crise des réfugiés, de l’Europe, de la montée des extrémismes... Que peut le théâtre vis-à-vis de la violence de ce monde ? Ces réponses vont être données à travers une forme d’espoir et de sursaut », annonce le directeur de la Comédie. Arnaud Meunier, qui a toujours soutenu fortement les auteurs vivants et les écritures contemporaines, crée cette année deux pièces : Truckstop du Néerlandais Lot Vekemans et Je crois en un seul Dieu de Stefano Massini avec Rachida Brakni. Pierre Maillet, artiste associé, ouvrira le bal en octobre avec sa nouvelle création : La Cuisine d’Elvis, texte de l’Anglais Lee Hall à mi-chemin entre comédie et tragédie avec notamment à l’affiche la fabuleuse Cécile Bournay. Le théâtre se fera engagé et documentaire avec 1336 (Parole de Fralibs). La pièce de Philippe Durant donne un coup de projecteur à la lutte des ouvriers marseillais, fabriquant les thés Eléphant, afin de garder leur activité. Dans une même veine, Murs d’Abdelhaweb Sefsaf et Jérome Richier interroge, en musique, les frontières qui partagent le monde en territoires et qui laissent passer les marchandises plus que les hommes. À chacun de ses spectacles, le directeur artistique de la compagnie Nomade in France veille inlassablement à créer des ponts, des points de rencontre, entre Orient et Occident. Pour poursuivre dans le théâtre musical, plus poétique et moins ouvertement militant, la compagnie du Lézard dramatique accouche de Mac Beth quand même. Jean-Paul Delore nous fait voyager à nouveau en Afrique du sud en compagnie d’artistes autochtones. La venue de Peter Brook en mars pour la version remaniée de son spectacle phare Mahabarata ne laissera pas indifférents bon nombre de spectateurs. Battlefield de Jean-Claude Carrière promet des tableaux d’une grande beauté visuelle et émotionnelle. Enfin, à ne pas rater Les Armoires normandes où le collectif Les Chiens de Navarre verse dans le théâtre improvisé, complètement fou.

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Pierre Maillet,

métisse cinéma et théâtre

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C

eux qui l’ont vu dans Mes jambes, si vous saviez, quelle fumée... opineront : Pierre Maillet compte parmi les interprètes les plus talentueux de sa génération. Comédien rare, d’une grande finesse, tendre avec ses partenaires comme avec le public, il s’avère un metteur en scène empathique avec ses acteurs et les auteurs qu’il défend. Quelle que soit la casquette qu’il porte, sur un plateau il vous prend par la main et vous entraîne dans des contrées lointaines où on rit souvent, on s’émeut d’un rien, le temps n’existe plus. Etrangement, ce Narbonnais découvre le théâtre par le cinéma. Passionné de 7e art, il part , âgé de 15 ans, suivre une seconde A3 art dramatique à Montpellier pour apprendre à jouer. « Le cinéma m’a donné l’amour des acteurs. J’ai eu envie de jouer en regardant des films. » Ce premier amour teinte son univers très théâtral, aux frontières poreuses entre les deux arts. Ce tissage, Pierre l’opère dès l’ecole du Théâtre national de Bretagne, où il fait partie de la première promotion (1991-1994). A Rennes, le jeune acteur découvre des auteurs dont il montera un bon nombre de pièces les années suivantes, Fassbinder en tête. A la sortie de l’école, Pierre Maillet fonde avec des camarades de promotion (dont Martial Di Fonzo Bo) le Théâtre des Lucioles, un collectif d’acteurs qui rayonne plus de 20 ans après. « Nous ne voulions pas être une compagnie fermée. Il fallait que nous puissions avoir des parcours ailleurs. Au lieu de nous séparer, cette ouverture a créé un foisonnement de propositions et de rencontres. Pour moi un groupe n’existe pas s’il n’y a pas d’individualités fortes. » Au fil des années les créations s’alternent. Pierre Maillet monte près de 30 pièces (Preparadise Sorry Now de Fassbinder, Les Quatre jumelles de Copi, Les Bonnes de Genet…), joue dans celles de ses camarades (Eva Peron, La Tour de la Défense, La Estupidez mises en scène de Di Fonzo Bo…) dans lesquelles il rencontre Marina Foïs, Karine Viard, Clément Sibony (Pierre le mettra en scène dans Little Joe : Hollywood 72), et parallèlement il mène sa carrière avec d’autres au théâtre (Bruno Geslin, Matthieu Cruciani, Marc Lainé, Christian Colin…) ainsi qu’au cinéma (Les Deux Amis de Louis Garrel). Si chez Pierre Maillet le cinéma est toujours en toile de fond, le jeu et la mise en scène se donnent souvent la main. L’art doit être avant tout une aventure humaine. Cette saison, l’artiste associé à la Comédie de Saint-Etienne nous convie à deux rendez-vous. En octobre, nous découvrirons La Cuisine d’Elvis du Britannique Lee Hall, scénariste de Billy Eliott. En juin, Pierre, parrain de la promotion 27 de l’école du CDN, met en scène les élèves sortants dans un texte de Tanguy Viel, 45 possibilités de rencontres. Autant d’occasions d’apprécier cet artiste attachant.

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LES PÉNITENTS

© M. Stanley

L’art dans tous ses états

L

e Théâtre des Pénitents affûte d’année en année sa programmation, veillant à faire cohabiter la chanson francophone (son cœur de métier), le cirque et le théâtre (plus rare mais exigeant). La Religieuse, d’après Diderot, a été créée au Off d’Avignon par une compagnie niçoise, anciennement ligérienne, le Collectif 8. L’univers de Paulo Correia, camarade de promotion d’Eric Massé à l’Ecole de la Comédie, se révèle au fil des créations des plus prometteurs. En alliant audiovisuel, numérique et théâtre, le metteur en scène plonge le spectateur dans une dimension rarement explorée au théâtre où la musique tient un rôle majeur (du générique au soutien de l’action) ainsi que la scénographie presque holographique. Côté humoriste, Marc Jolivet se montre à la hauteur avec Distributeur d’oubli. Le “seul en scène” tire son titre de L’homme qui rit, chef d’œuvre de Victor Hugo, et particulièrement de cette citation : « Faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre qu’un distributeur d’oubli. » Dans ce spectacle, créé à la cité des Papes cet été, le comédien dialogue avec l’écrivain et propose aux spectateurs d’occulter le quotidien pour réinventer le monde sous de meilleurs auspices, tout en passant au grill l’actualité. Le festival phare de la maison, les Poly’sons, souffle ses 14 bougies. Jeanne Cherhal, Alex Beaupain, Carmen Maria Vega, Dick Annegarn... viendront faire un tour dans l’agglomération montbrisonnaise. Cette édition coïncide avec le départ du directeur Dominique Camard qui, après deux décennies, passe le relais en février au comédien et metteur en scène Henri Dalem.

© A. Phillipson

Le cirque opère depuis quelques années une entrée fracassante dans les saisons culturelles. Les Pénitents ouvre de plus en plus son affiche aux clowns et autres acrobates. Léo s’inscrit donc dans cette mouvance. Cette performance, à la croisée du cirque, du théâtre, de la danse et de la vidéo, défie les lois de la gravité. Tobias Wegner, alias Léo, se retrouve seul dans une boîte dans laquelle il découvre un univers sens dessus-dessous. Léo goûtera-t-il à nouveau à la liberté ? Parviendra-t-il à sortir de ce monde à l’envers ?

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Léo, à l’endroit et à l’envers

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Alors que le nombre d’abonnements a crû de 30 % la saison dernière, le Théâtre de Roanne présente dans sa programmation tous les arts de la scène. La pluridisciplinarité plaît au public, les grands noms aussi. Outre Catherine Jacob dans Madame de Rémy de Vos, ou encore Olivier Saladin dans Ancien Malade des hôpitaux de Paris, Alex Lutz se produira début octobre dans un one-man-show irrésistible montrant toute l’étendue de son talent, la star du petit écran étant aussi à l’aise en directeur de casting qu’en adolescente en pleine crise. A noter aussi la présence de Zabou Breitman qui adapte et joue un très beau texte de Lydie Salvayre, La Compagnie des spectres, à voir en novembre.

Alex Lutz

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LOIRE

Roanne aime les têtes d’affiche

Au fil de L’Echappé et de La Trame Deux salles qui montent, qui montent... et qui prouvent qu’un petit budget peut rimer avec la qualité. Remarquables dans leurs prises de risques, ces lieux soutiennent la création locale et régionale. L’Echappé propose de découvrir la nouvelle création de la compagnie lyonnaise du Bonhomme. Thomas Poulard met en scène Romulus le Grand de Dürrenmatt écrit en 1948 et toujours d’actualité. La pièce tourne autour de la faillite des idéologies, de la chute d’une civilisation et de la trop lourde responsabilité de l’exercice de l’Etat…

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Depuis maintenant cinq ans, Patrice Melka dirige le théâtre d’Andrézieux-Bouthéon, doublant le nombre d’abonnés. Cette nouvelle saison s’inscrit dans la continuité des précédentes, le théâtre y a toujours une place de choix. L’équipe du Parc soutient ardemment des compagnies du territoire comme le Collectif 7, Lalala chamade, et levs Lumas. Ces compagnies proposent des créations engagées, qui questionnent l’obscurantisme (Tartuffe nouvelle ère de Massé), le monde libéral (Les Invisibles de Muriel Coadou et Gilles Chabrier) ou encore la condition d’émigrés (Figaro divorce de Sylvain Delcourt).

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© J.-L. Fernandez

Le Parc met l’accent sur le théâtre

Lors de la Journée de la femme, Eric Massé jouera Femmes verticales, d’après des textes d’Elisabeth Badinter, Andrée Chedid, Virginie Despentes et Anaïs Nin. La Trame invite à rire et à s’émouvoir avec des immenses clowns. François Cervantes dans La Curiosité des anges met en scène Catherine Germain et Dominique Chevallier : ces deux fabuleux acteurs campent depuis plus de trente ans le duo poéticocomique de Zig et Arletti.

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pub l'essor rentrée 2016_Mise en page 1 27/07/2016 10:56 Page1

Théâtre Médina Mérika / La Religieuse Les Enivrés / Deux enfants / La Maréchale et le Libertin

Montbrison fait son Cirque Entre le Zist et le Geste / Les Rois Vagabonds LEO / Marc Jolivet

Les Poly’sons de Montbrison Jeanne Cherhal / Sarah Mikovski / Chloé Lacan Naufragés : Cyril Mokaiesh & Giovanni Mirabassi Fraissinet / Imbert Imbert / Nicolas Jules Carmen Maria Vega / Baptiste W. Hamon Barbara Weldens / Iaross / Alex Beaupain Jules & Le Vilain Orchestra / BOULE / Lucrèce Sassella La Maîtrise accueille Des Fourmis Dans Les Mains Tibert / Envoyés Spécials chez Renaud / Dick Annegarn Tremplin des Poly’sons / Eric Toulis Frànçois and The Atlas Mountains / Gil Chovet Clément Bertrand / Guillaume Farley

2016

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Jazz à Montbrison Lou Tavano / Marian Badoï Trio / Trio Barolo Sylvain Luc - André Ceccarelli - Thomas Bramerie La Maîtrise invite le David Enhco Quartet Eric Legnini «Keep it Up»

Les Mercredis du Théâtre Chouettes / Samuel / On fait tous KK pareil Marre mots / Ti' Bal ? / Jazz For Kids / Rouge

Scène Auvergne-Rhône-Alpes Scène Départementale

ABONNEZ-VOUS ! Offices de Tourisme Loire-Forez

Montbrison / 04 77 96 08 69 St Just St Rambert / 04 77 52 05 14

www.theatredespenitents.fr


© S. Gosselin

MC2

Une saison politique

En dépit de subventions (municipales et régionales) en repli de 12 %, la Maison de la culture de Grenoble propose une programmation riche et diversifiée, une saison qui suit un fil rouge politique. Des spectacles portent notamment sur la montée des extrémismes en Europe comme La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht mis en scène par Dominique Pitoiset. Les Algériens au café, pièce mise en scène par Adou Elaidi et interprétée par Christian Taponnard, aborde le biculturalisme, questionne notre société et le régime politique algérien. L’auteur et metteur en scène Nasser Djemaï termine sa trilogie autour de la construction identitaire avec le troisième volet intitulé Vertiges qu’il présentera en janvier. La scène nationale grenobloise reçoit aussi la compagnie lyonnaise de théâtre d’objets Turak. Avec Une Carmen en Turakie, Michel Laubu et son équipe revisitent l’opéra de Bizet et entraînent le spectateur dans une version décalée et drôlissime. Sur un autre registre, après l’adaptation du livre de Houellebecq Les Particules élémentaires qui connaît un succès retentissant depuis trois ans, Julien Gosselin et sa troupe d’acteurs s’emparent du livre fleuve de Roberto Bolaño, 2666. Spectacle événement à Avignon cet été, cette aventure scénique, époustouflante pour les genres qu’elle traverse (du polar au récit de guerre) et la performance d’acteurs, tient le public en haleine pendant onze heures... entractes compris.

© C. Raynaud de Lage

Ce spectacle fondateur de la compagnie de Mathurin Bolze, MPTA (Les Mains, Les Pieds et la Tête Aussi) tourne à nouveau face à l’engouement qu’elle suscite, mais avec un nouveau Bachir en la personne de Karim Messaoudi. Le spectacle de l’acrobate et metteur en scène lyonnais, dont le dispositif scénique est un trampoline, tire son inspiration du roman d’Italo Calvino, Le Baron perché. A l’image du baron réfugié dans un arbre, le Bachir de Fenêtres ne veut plus vivre « à plat  dans sa cabane en bois ». Le personnage imagine alors une vie à la gravité moins pesante qui l’entraîne hors de sa maison où il croise d’autres voyageurs... Un spectacle magique comme sait les concevoir Mathurin Bolze qui ne cesse d’accroître sa popularité au niveau national. Fenêtres s’adresse à toutes les générations, suspendant à l’unisson leur souffle.

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Fenêtres à l’Hexagone de Meylan

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Au programme du Théâtre de Vienne, des rendez-vous théâtraux originaux pouvant être pédagogiques (Quand j’étais petit je voterai), musicaux (Medina Merika d’Abdel Sefsaf ) ou des seuls en scène avec des figures connues (et reconnues) du paysage culturel français. Dans Au secours, les mots m’ont mangé, Bernard Pivot offre une conférenceperformance touchante. Le journaliste, qui a consacré toute sa carrière aux livres, fut un témoin de premier ordre des mouvements littéraires de la fin du XXe siècle en étant un lecteur boulimique et en rencontrant des auteurs mythiques. Le désormais président de l’académie Goncourt, ancien présentateur et producteur d’Apostrophe, revient sur son parcours par le biais du théâtre. Il livre amoureusement ses sentiments qui le lient à la langue française et à la littérature ainsi que ces anecdotes accumulées durant plusieurs décennies au service du livre. Un autre joli moment de poésie et d’humour se vivra en compagnie de François Morel (et de son pianiste) au travers du spectacle qu’il a écrit, mis en scène, et qu’il joue. Dans Hyacinthe et Rose, l’ancien membre des Deschiens nous conte son histoire, celle d’un petit Parisien débarquant chez ses grands-parents (Rose et Hyacinthe) afin de se refaire une santé. Cette histoire n’est pas à prendre pour parole d’évangile mais gagne pour autant à être entendue. L’enfance du comédien emprunte ses souvenirs espièglement à l’imagination. Les sensations, les émotions qu’il garde de ses grands-parents restent liées aux fleurs, élément fédérateur de ce couple d’aïeux.

Théâtre de Vienne

Seuls en scène littéraires

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La compagnie de Laurent Guttman s’installe en décembre au Théâtre Jean-Vilar de BourgoinJallieu pour deux dates avec sa dernière création, Le Prince. Tous les hommes sont méchants s’inspire de l’œuvre de Machiavel. Ce texte, écrit au XVIe siècle, à l’usage des princes comme du peuple, trouve un écho certain dans notre société contemporaine. Le metteur en scène imagine une mise en situation du texte, véritable manuel d’éducation à la politique et à la gouvernance d’un Etat, très ancrée dans notre société du XXIe siècle. Chez Guttman, les princes en devenir suivent un stage de formation pour s’aguerrir et se hisser en haut des marches du pouvoir. Corrosif, mais pas seulement, l’humour règne également dans ce Prince théâtral.

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Laurent Guttman adapte Machiavel

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LES COLLECTIFS

Bouillants de culture

© Lebruman

Les Chiens de Navarre

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a récente émergence des collectifs de théâtre, qui répond aux réductions budgétaires qui touchent la culture, bouscule les forteresses des divas de la mise en scène et les institutions trop frileuses. Ecriture au plateau ou adaptation d’œuvres littéraires, ils snobent le répertoire pour réinventer des formes qui reviennent aux racines du théâtre. C’est le cas des Chiens de Navarre, guidés par Jean-Christophe Meurisse, qui font entendre leur voix dans la région avec Les Armoires normandes. Un Christ en croix fin connaisseur de sa propre iconographie, un sirtaki dansé par deux abominables hommes des neiges sur une plage de sable fin, une réunion d’alcooliques anonymes, une cérémonie de mariage qui vrille en match de rugby, une version désopilante d’Un homme heureux, le tube de William Sheller, voilà ce qui vous attend dans ce spectacle sur le rapport amoureux, ses joies et ses misères. A voir à la Comédie de Saint-Etienne et à la Comédie de Valence en novembre. Révélé, il y a deux ans aux Célestins avec Belgrade d’après la pièce d’Angelica LLidell, La Meute retrouve la scène lyonnaise en janvier avec La Famille royale, une fresque de William T. Vollmann. Guidé par Thierry Jolivet, ce collectif lyonnais part sur les traces d’un détective privé dans le monde de la prostitution et brosse le portrait d’une Amérique de cauchemar. En juin, en collaboration avec le TNG, les Célestins accueillent le Collectif MxM qui présente Nobody. Entre documentation et fiction, élaboré à partir de textes de Falk Richter, ce spectacle nous entraîne au cœur du service des ressources humaines d’une entreprise. Les Québécois du collectif Nous Sommes Ici et du Théâtre DuBunker proposent une expérience originale. Le Noshow, un « non-spectacle  », fait voler en éclats le tabou de l’argent. Les spectateurs choisissent, parmi six tarifs, le prix qu’ils sont prêts à payer pour ce spectacle où les comédiens vous racontent leur métier. N’oubliez pas votre portable et pour une fois ne l’éteignez pas. A voir en mars à la Croix-Rousse qui présente aussi, en début de saison, Angels in America d’après l’œuvre de Tony Kushner. Interprété par le Collectif Deug Doen Group, l’œuvre parle de l’amour et de la sexualité dans l’Amérique des années sida. Fondé à Saint-Etienne en 2000, Le Collectif 7 présente Les Invisibles. La pièce de Claudine Galea suit une famille pendant trois ans : une mère à la retraite, une fille en surcharge pondérale, un père érotomane et un fils qui se prend pour une femme africaine. Un conte moderne où chacun est enjoint de se gérer comme une entreprise. A l’affiche du théâtre de Vénissieux en décembre et de la Comédie de SaintEtienne en février.

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CLASSIQUE

Professeur de direction de chœurs au CNSMD de Lyon, directrice artistique de l’ensemble Spirito, qui réunit le Chœur Britten et les Solistes de Lyon, Nicole Corti porte son regard sur 20 ans de musique classique à Lyon. Comment le rapport à la musique a-t-il évolué ces vingt dernières années ? La musique s’inscrit dans un mouvement global de la culture. Avant nous allions au spectacle par besoin de nous élever. Aujourd’hui on fait cela parce que cela fait partie d’un standing. Auparavant, on était capable de s’étriper ; aujourd’hui les spectateurs sont devenus des consommateurs sages. Heureusement, la musique est moins éphémère qu’on ne le dit. Je pense même qu’elle est plus puissante que les autres arts car elle touche aussi à une dimension physique. Elle laisse des traces. Mais pour qu’elle résiste, il faut aller chercher les publics, leur présenter les spectacles sous l’angle de cette trace, leur dire que le concert auquel ils vont assister est le concert du siècle. Qu’est-ce qui a vraiment changé en 20 ans ? Dans une culture qui elle aussi sacrifie au jeunisme, notre rapport individuel aux interprètes et l’arbitraire des médias qui font et défont les carrières sont en train d’étouffer la musique de chambre. En témoigne la place prise par le piano. Tout le monde rêve de jouer de cet instrument qui peut tout faire, qui peut remplacer l’orchestre. N’est-il pas le lion, le roi des animaux, dans Le Carnaval des animaux  de Saint-Saëns? Et le pianiste n’est-il pas représenté comme l’interprète le plus accompli ? Mais, pour percer, il vaut mieux être jeune et avoir une belle gueule. Le talent passe bien souvent au second plan. L’autre évolution de fond tient à la nette progression du niveau des musiciens. Le CNSMD de Lyon forme des instrumentistes de haut niveau qui irriguent les écoles de musique et contribuent à relever davantage le niveau. Beaucoup d’étudiants restent à Lyon où parfois ils créent des ensembles, comme Correspondances, formation baroque, l’une de ces dix dernières années. Que pensez-vous de la place occupée par la musique baroque ? Dopée par les festivals, la musique baroque connaît un boom sans précédent. Mais il faut remonter à 1987, au déclencheur que fut Atys de Lully exhumé par William Christie et les Arts florissants, dans un spectacle qui alliait musique et luxuriance des costumes et qui apportait une forme de réconfort après l’école boulézienne. Pour moi, Atys a joué le même rôle « révolutionnaire » que Le Sacre du printemps de Stravinsky.  Concluons par la trace. Qui a laissé l’empreinte la plus forte de ces 20 dernières années et quels concerts vous ont marquée ? Emmanuel Krivine. Lorsque, après des années d’absence, il est revenu à l’ONL qu’il a longtemps dirigé, il a suscité une émotion profonde chez les musiciens. Pour les spectacles, je garde en mémoire La Passion selon Marie de Zad Moultaka à Ambronay en 2004, Rossignol de Stravinsky à l’Opéra de Lyon dans la mise en scène de Peter Sellars en 2014 et le Te Deum de Berlioz au théâtre antique de Vienne en 2015.

© B. Adilon

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Le regard de Nicole Corti

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Coups de dœur © P. Berger

1991. Nuit d’ivresse

Le plateau transformé en lit avec ses immenses oreillers, lits s’élevant dans les cintres, portant les amoureux endormis, les enfants de la Maîtrise de l’Opéra, elfes à moustache et costume vert façon de majordome, le vit proéminant de Bottom à tête d’âne, fous rires déclenchés par l’acte final, autant d’images gravées à jamais dans la mémoire du mélomane. Michael Levine qui a signé décors et costumes nous plonge dans l’univers de Lewis Carroll. Et chaque fois un plateau de chanteurs jeunes et talentueux. Créé en 1991 au festival d’Aix-en-Provence, en coproduction avec l’Opéra de Lyon, repris 23 fois depuis, Le songe d’une nuit d’été de Britten connaît une longévité exceptionnelle. A croire que la fée Tytania s’est penchée sur le berceau de cette production de Robert Carsen présentée quatre fois à Lyon : 1991, 1998, 2004 et 2009. Et pas une ride.

2010. Un déluge de sensations baroques

© B. Pichène

Surprenant et intense, excitant de bout en bout, alternant les moments de fougue chorale, de vivacité instrumentale avec l’intimité madrigalesque, Il Diluvio universale de Falvetti, un compositeur sicilien du XVIIe siècle, éclaire les émotions humaines avec un caractère dramatique qui fait penser à un opéra d’église. Le chef d’orchestre Leonardo Garcia Alarcon, qui a exhumé cette œuvre au festival d’Ambronay en 2010, en souligne le langage métissé, aux influences orientales reconnaissables dans le traitement de la ligne de chant. Ce spectacle, qui a animé la planète baroque, a reçu en 2012 l’Octave (équivalent belge d’une Victoire de la musique) du « meilleur spectacle de l’année », une première pour un concert classique dans une catégorie dans laquelle tout spectacle peut concourir.

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Ildikó Komlósi

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C’est presque la mort dans l’âme que l’Auditorium a annulé, en février 2016, l’une des deux représentations du Château de Barbe-bleue de Bartok, donné en version de concert. Car de mémoire de mélomane, jamais cette musique n’avait brûlé avec autant d’incandescence que sous la baguette de Leonard Slatkin à la tête d’un Orchestre national de Lyon somptueux, en grand effectif (ce qu’interdit une fosse d’opéra) et avec le passage à l’orgue déployé par le tout puissant Cavaillé-Coll. La mezzo-soprano Ildikó Komlósi et la basse Balint Szabo ont incarné ce geyser musical de 60 minutes avec une humanité poignante, donnant à ce concert un caractère exceptionnel qui nous ferait presque oublier les grands solistes et les baguettes de premier plan qui ont fait étape dans cette maison de la musique depuis deux décennies.

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© B. Adilon

2016. Le geyser de Bartok

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OPÉRA DE LYON © B. Martinez

Dans L’Ange de feu (11 au 23 octobre), Laurent Naouri incarne le chevalier Ruprecht dont s’éprend Renata – rôle chanté par Ausrine Stundyte, l’inoubliable Lady Macbeth de Chostakovitch la saison dernière  –, une illuminée à qui on aurait prédit un avenir de sainte. Dans Viva la mamma, à l’affiche fin juin, il chante le rôle-titre, rôle travesti, personnage d’une mèrepoule à voix de mâle, dans cet « opéra sur l’opéra  » où il donne la réplique à Patrizia Ciofi. Du pain béni pour le metteur en scène Laurent Pelly et le chef d’orchestre Lorenzo Viotti. Fils du maestro Marcello Viotti, vainqueur du concours de Cadaques en 2013 et du concours de Salzbourg l’an dernier, ce chef suisse de 26 ans a fait ses études de piano, chant et percussions à Lyon qu’il a quittée en 2009.

Laurent Naouri,

baryton tous terrain

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uillet 2016 au festival d’Aix-en-Provence. Laurent Naouri incarne Golaud dans Pelléas et Mélisande de Debussy. Un triomphe ! Ce rôle, il le porte depuis des années, lui donnant une intensité qui rappelle celle d’un José Van Dam qui avait mis le public de l’Opéra de Lyon à ses genoux... en 1986. Lyon où, la saison dernière, il avait chanté Méphisto dans La Damnation de Faust de Berlioz. Lyon où il est à l’affiche de la prochaine avec L’Ange de feu de Prokofiev et Viva la mamma de Donizetti. Ces deux ouvrages rares, ces deux univers antagoniques, témoignent de l’ouverture d’esprit de ce charismatique baryton-basse de 53 ans qui collectionne les récompenses.

Les talents d’acteur de ce spécialiste du répertoire français, frère de la romancière Agnès Desarthe et de la metteure en scène Elsa Rooke, lui ouvrent les portes des opéras les plus prestigieux où les metteurs en scène le sollicitent. Laurent Naouri a chanté Escamillo, Germont, Falstaff... « Je n’aimerais pas être cantonné dans les rôles pour le “Monsieur spécialiste français”. J’aime chanter dans toutes  les langues.  » Un regret  ? «  Ne pas avoir chanté plus souvent avec ma femme qui a mis un terme à sa carrière lyrique pour se consacrer au théâtre, avoue cet artiste, apprécié aussi pour son esprit et son sens de l’humour, qui n’a pas oublié Les Parapluies de Cherbourg qu’il a interprété au Châtelet en 2014... avec Natalie Dessay.

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Le mari de la soprano Natalie Dessay fait presque partie des meubles. Rien d’étonnant pour cet ancien élève de l’Ecole centrale de Lyon, qu’il a quittée en 1985 pour se consacrer à l’art lyrique. Il y est revenu pour chanter Le Roi malgré lui de Chabrier, Orphée aux Enfers, La Vie parisienne et Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, Il Tabarro de Puccini ou encore Roberto Devereux de Donizetti. Ce chanteur tout terrain – sa palette va de Monteverdi aux compositeurs d’aujourd’hui – a débuté sa carrière dans le rôle-titre de Christophe Collomb de Darius Milhaud, en 1992. Quatre ans plus tard, l’Opéra Garnier lui ouvre ses portes pour Hippolyte et Aricie de Rameau. Le grand écart.

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Les sentiers de la mémoire

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’Opéra de Lyon jette un regard dans le rétroviseur avec trois spectacles qui ont marqué ces 30 dernières années, trois chefs-d’œuvre absolus du répertoire. Elektra de Strauss, monté à Dresde par Ruth Berghaus, avec Elena Pankratova dans le rôle-titre ;  Tristan et Isolde de Wagner, réalisé par Heiner Müller pour le festival de Bayreuth, avec Daniel Kirch et Ann Petersen, deux œuvres dirigées par Hartmut Haenchen, et Le Couronnement de Poppée de Monteverdi, dans la production de Klaus Michael Grüber pour le festival d’Aix-en-Provence, jouée à Lyon et à l’opéra de Vichy par les Nouveaux Caractères de Sébastien d’Hérin. Auparavant, Serge Dorny ouvre la saison avec L’Ange de feu, une œuvre de Prokofiev dirigée par Kazushi Ono qui signe sa dernière saison de directeur musical. Il conduira aussi L’Enfant et les sortilèges de Ravel, dans un spectacle multimédia, et Jeanne au bûcher de Honegger, mis en scène par Romeo Castellucci et interprété par Audrey Bonnet et Denis Podalydès.

© V. Jacques

Son successeur Daniele Rustioni, qui a fait forte impression à Orange où il a dirigé La Traviata de Verdi, sera dans la fosse pour Une nuit à Venise de Johann Strauss et sur le plateau pour le concert du Nouvel An. Ce spectacle, mis en scène par Laurent Pelly, clôt la saison après un détour par le baroque en compagnie d’Alceste de Gluck. Monté par Alex Ollé - Fura dels Baus, un autre fidèle de Lyon, dirigé par Stefano Montanari, cet opéra de Gluck met à l’honneur Karine Deshayes et Julien Behr, deux produits de l’école lyonnaise de chant. En version de concert, les mélomanes découvriront une autre rareté, Ermione de Rossini sous la baguette d’Alberto Zedda.

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Chef permanent de l’Opéra de Lyon depuis 2008, Kazushi Ono avait auparavant succédé à Antonio Pappano au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles où il a passé six saisons. A Lyon, le maestro japonais séduit surtout dans le répertoire du XXe siècle, notamment Le Nez et Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch, Peter Grimes de Britten, et de la fin du XIXe comme Parsifal de Wagner ou Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach dans une production de Laurent Pelly qu’il a emmené dans son pays natal en 2014. Pas toujours facile à décrypter dans le langage courant, il sait se faire comprendre dans la fosse où les musiciens ont adopté ce maestro, moins distant en privé qu’il ne paraît, mais réservé en public. Un musicien sincère, bosseur, difficile à prendre en défaut lorsqu’il est au pupitre. A la fin de la saison, après un concert hommage, programmé le 11 juin, Kaushi Ono se consacrera à l’Orchestre symphonique du Metropolitan de Tokyo et à l’Orchestre de Barcelone, deux phalanges dont il assure la direction musicale.

© J.-P. Maurin

Les adieux de Kazushi Ono

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Embarquement pour Cythère

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ans La Belle vHélène, l’héroïne d’Offenbach regrettant l’absence de ce feu qui brûle les âmes chante : « Il nous faut de l’amour, nous voulons de l’amour  ». Elle semble avoir été entendue par Eric Blanc de la Naulte, directeur de l’opéra de Saint-Etienne qui consacre sa saison à Vénus. Offenbach fait partie de ce voyage à Cythère, avec La Vie parisienne, une invitation à l’amour des plaisirs, fussent-ils interdits. Dans cette reprise de la mise en scène de Jérôme Savary, on retrouvera l’inusable Jean-Philippe Lafont (Gondremarck). L’amour avec un grand A, celui pour lequel on est prêt à donner sa vie, fournit l’argument de Norma de Bellini dans la production de Stéphane Braunschweig, avec Clara Polito dans le rôle-titre et Jean-Noël Briend dans celui de Pollione, l’ensemble sous la direction de Giuseppe Graziou. L’amour de Dieu est un autre ressort de l’âme humaine. Et qui mieux que Bernanos (livret) et Poulenc (musique) a porté haut cet abandon de soi comme dans Le Dialogue des carmélites que met en scène Jean-Louis Pichon avec, dans les principaux rôles, Elodie Hache (Blanche de la Force), Svetlana Lifar (Mme de Croissy) et Vanessa Le Charlès (Mme Lidoine). Du divin à l’amour de l’idéal, il n’y a qu’un pas à franchir comme le fait Wagner avec Lohengrin qui prend son envol sous la baguette de Daniel Kawka. Dans cette mise en scène de Louis Désiré, on retrouvera Jean-Noël Briend (rôle-titre) face à Cécile Perrin (Esa), Catherine Hunold (Ortrud) et Jean-Philippe Lafont (Telramund). Et puis il y a les amours interdites, comme celui qui lie Eugène Onéguine à Lensky, du moins dans les lectures qui savent lire entre les lignes de ce chef-d’œuvre de Tchaïkovski. Et même si Alain Garichot s’en tient à une version conventionnelle. Sous la baguette de David Reiland, les mélomanes applaudiront Michal Partyka (Onéguine), Sophie Marin-Degor (Tatiana), Florian Laconi (Lenski) et Thomas Déar (Grémine). Est-il question d’amour dans Aladin et la lampe merveilleuse, conte lyrique de Nino Rota qui ouvre la saison  ? Réponse les 16 et 19  octobre.

Au-delà des voix David Reiland, premier chef invité de l’Orchestre symphonique Saint-Etienne - Loire, complète la saison avec une série de concerts qui balaient un large spectre comme en témoigne le premier rendez-vous avec Vivaldi et Piazzolla. L’OSSE lève l’ancre ensuite pour le nord, avec Debussy, à la rencontre de Sibelius (Océanides) et Grieg (Concerto pour piano) avant de lever le voile sur la 2e Symphonie de Benjamin Godard, compositeur du XIXe dont l’œuvre est donnée en première française. Après un petit tour par l’Italie (Berlioz, Britten, Mendelssohn) et la Russie (Moussorgski, Liadov et Stravinsky), l’OSSE retrouve son chef David Reiland pour Roméo et Juliette de Berlioz, inspiré par les héros de Shakespeare. Il nous faut de l’amour.

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OPÉRA DE SAINT-ETIENNE

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OPÉRA DE GENÈVE

L’opéra des Nations L’invitation au voyage à Clermont-Ferrand

© L. Boccadoro

On a souvent reproché à Tobias Richter, directeur de l’Opéra de Genève – délocalisé au Théâtre des Nations le temps que s’achèvent les travaux de rénovation du Grand-Théâtre  – des programmations paresseuses, conventionnelles. La saison, qui s’ouvre sur Manon de Massenet, déjoue les pronostics. Surtout lorsqu’on sait que le metteur en scène Olivier Py, l’un des piliers du mandat précédent, signe cette production où Patricia Petibon incarne le rôle-titre. En témoigne aussi Der Vampyr, opéra d’Henrich Marschner, inspiré par le Frankenstein de Mary Shelley qui fête son bicentenaire. Autres entailles à la tradition, le Wozzeck d’Alban Berg, une production de Chicago mise en scène par David McVicar, et Il Giasone, un opéra de Cavalli que dirigera Leonardo Garcia Alarcon à la tête de la Cappella Mediterranea, avec, dans le rôle-titre,

le contre-ténor roumain Valer Sabadus. Dans l’entre-deux, cette Pucelle d’Orléans de Tchaïkovski que chantera Ksenia Dudnikova sous la baguette de Dmitri Jurowski. Le reste de l’affiche flirte avec trois tubes du répertoire. Matthias Hartmann signe La Bohême de Puccini qu’interprètent, principalement, Ekaterina Siurina et Aquiles Machado. Le public lyonnais connaît les deux autres maîtres d’œuvre. D’abord le duo formé par Jossi Wieler et Sergio Morabito, à qui on doit une Flûte enchantée de Mozart, s’attaque à un monument du bel canto, La Norma de Bellini. David Bösch, qui a laissé son empreinte à Lyon avec Simon Boccanegra de Verdi et Les Stigmatisés de Franz Schreker, devrait bouleverser les codes de Cosi fan tutte de Mozart. A l’affiche, notamment, Laurent Naouri (Don Alsonfo) et le maestro Hartmut Haenchen, deux des figures de la nouvelle saison lyonnaise. Les amoureux de la voix feront souvent le pèlerinage à Genève pour écouter Thomas Hampson, Karia Matilla, John Osborne et Patricia Petibon en récital ou, en concert, Erwin Schrott et Joyce DiDonato.

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© C. Dresse

Le Centre lyrique ClermontAuvergne va vous faire voir du pays. A commencer par le Pérou où le vice-roi en pince pour la Périchole d’Offenbach. Cette production ouvre la saison qui s’envole pour Séville où l’attend Don Giovanni de Mozart, mise en scène de Pierre Thirion-Vallet et direction musicale d’Amaury du Closel. Les Nouveaux Caractères de Sébastien d’Hérin franchissent le Channel pour rejoindre The Fairy Queen de Purcell. Cap sur l’Argentine avec L’Ombre de Venceslao, création mondiale de Martin Matalon dans une ambitieuse coproduction (à laquelle participe le Grame à Lyon) mise en scène par Jorge Lavelli. En Allemagne, La Grande Duchesse de Gérolstein d’Offenbach « aime les militaires  », mais préfère le soldat Fritz au général Boum. Le périple prend fin avec un retour à Séville pour Les Noces de Figaro de Mozart, une folle journée animée par Eric Perez et la baguette de Joël Suhubiette.

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saison 16.17

LES STARS

DE LA MUSIQUE

CLASSIQUE EN CONCERT

MARTHA ARGERICH . GAUTIER CAPUÇON . KATIA & MARIELLE LABÈQUE LUIS FERNANDO PÉREZ . PHILIPPE BIANCONI . FRANK BRALEY . NICHOLAS ANGELICH . PIOTR ANDERSZEWSKI . EMMANUEL CURT . FLORENT JODELET FRANÇOIS-FRÉDÉRIC GUY . ELISABETH LEONSKAJA . DAVID FRAY . ALEXANDER MELNIKOV . STEPHEN KOVACEVICH . CHRISTIAN ZACHARIAS . MICHEL DALBERTO Salle Rameau 29, rue de la martinière 69001 LYON

Réservations 04.78.47.87.56 - www.pianoalyon.com


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Gilbert Amy, l’infini turbulent

Le 29 août dernier, Gilbert Amy a fêté ses 80 ans. Le même jour, au festival de la Côte-Saint-André, Daniel Kawka dirige Choros à la tête de l’orchestre symphonique OSE. Le maestro ligérien dirige aussi l’Ensemble orchestral contemporain, formation dédiée à la musique contemporaine. Il a vécu cet anniversaire avec émotion, d’autant qu’il fait partie des admirateurs du compositeur, chef d’orchestre et pianiste qui a laissé son empreinte au CNSMD de Lyon, qu’il a dirigé de 1984 à 2000. « Ma rencontre avec la musique, de Gilbert Amy, il y a une vingtaine d’années, a été un choc, rappelle le chef d’orchestre stéphanois. Il fait partie de la génération occultée par la figure de Boulez ». Boulez à qui il a succédé à la direction des Concerts du Domaine Musical en 1967. S’ils ont en commun la transparence et un système post-atonal élargi, élaboré, Gilbert Amy déploie une écriture singulière qui prend ses sources chez le Debussy qui regarde vers l’Orient. Sa capacité d’invention narrative, poétique et musicale, la plasticité d’une musique qui n’appartient qu’à lui, innerve une œuvre mal connue qui a exploré de nombreux champs, même l’électronique. La voix et le texte occupent une place de choix dans une œuvre variée qui compte, parmi les très nombreux opus, Le Premier Cercle, un opéra d’après l’œuvre de Soljenitsyne donné en création mondiale à Lyon en 1999.

A l’occasion du 80è anniversaire du fondateur, en 1976, de l’Orchestre philharmonique de Radio France, le CNSMD de Lyon jette toutes ses forces dans une rétrospective qui culminera, le 4 décembre à l’Auditorium (concert gratuit) avec la Missa cum jubilo que François-Xavier Roth dirigera à la tête de l’orchestre et des chœurs du conservatoire. Auparavant l’Atelier XX-21, le département de musique de chambre, claviers, voix et direction d’orchestre) se mobiliseront, du 14 au 23 novembre, pour dévoiler à ceux qui ne la connaîtrait pas encore l’œuvre de Gilbert Amy. Daniel Kawka, cette fois-ci avec l’EOC, fêtera cet anniversaire à l’opéra de Saint-Etienne le 17 novembre. Au programme, Le Temps du souffle III, Ein... Es Praeludium et Répons, trois pièces que complètent Las Tablas de Botter (création mondiale commande de l’EOC) et Femmes et Oiseaux de Denisov.

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Membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 2013, admirateur de la seconde Ecole de Vienne, de Bartok, et de Stravinsky, plusieurs fois récompensés pour ces œuvres, l’élève de Darius Milhaud et d’Olivier Messiaen n’a pas la place qu’il mérite au panthéon des compositeurs français. En cause son refus des concessions. Alors qu’un Boulez pouvait lasser dormir ses esquisses jusqu’à ce que son emploi du temps de chef invité à travers le monde lui en laisse le loisir, Gilbert Amy n’a jamais sacrifié la composition. Cette constance a forgé une personnalité à l’autorité légitime et au charisme naturel.

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© F. Lagerfeld

Cecilia Bartoli,

Frank Braley et Gautier Capuçon unis par Beethoven

Karl Lagerfel avait signé la couverture d’un enregistrement de sonates par le violoncelliste Gautier Capuçon et le pianiste Frank Braley (Erato), première étape d’un duo musical qui a renforcé ses liens, librement, en dehors de toute autre chapelle que celle du plaisir musical, de la transparence, et d’un certain raffinement des lignes de chant. Invités de Piano à Lyon en décembre prochain, les deux virtuoses interprètent l’intégrale des sonates pour violoncelle et piano de Beethoven. Un monument du répertoire à la démesure de leur talent.

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Incontournables

la diva du baroque Décembre 1988 au Théâtre du 8e, l’Opéra hors les murs affiche Le Barbier de Séville de Rossini dans une mise en scène de Jérôme Savary. Dans le rôle de Rosine, en alternance, Jennifer Larmore et une jeune inconnue, Cecilia Bartoli. Depuis, la diva a imposé la couleur de sa voix, comparable à nulle autre, sa technique parfaitement maîtrisée qui lui permet de venir à bout des partitions les plus acrobatiques, la souplesse de sa ligne de chant, son legato de rêve et ses trilles diaboliques. Près de trois décennies plus tard, « La  » Bartoli revient à Lyon pour un concert exceptionnel à la chapelle de la Trinité (18  juin) où elle chantera des extraits d’opéras du XVIIIe siècle italien avec Philippe Jaroussky.

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La passion du piano à Saint-Etienne

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©©M. Borrgreve J. Grimbert-Barre

La saison dernière, l’Opéra de Saint-Etienne avait supprimé le cycle Piano Passion, jugé hors sujet dans une maison dédiée à la voix et... à l’orchestre. Changement de tonalité ou retournement de frac, les 88 touches reviennent en force pour une semaine animée par quatre jeunes pousses du clavier. Lauréat du concours de Genève, Louis Schwizgebel ouvre la série le 21 mars, avec un programme copieux : deux sonates de Beethoven, dont la « Clair de lune », les Tableaux d’une exposition de Moussorgski et deux ballades de Chopin. Adam Laloum apportera sa touche romantique (Beethoven et Chopin), Guillaume Coppola, ses délicates harmonies (Debussy, Mompou, Ravel) et Marie Vermeulin, issue du CNSMD de Lyon, ses arabesques sonores (Schubert-Debussy).

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Surtout quand on partage les mêmes ambitions pour croiJean-Marc Bador ser et élargir les publics », justifie l’ancien directeur général de l’Ensemble orchestral de Paris. Jean-Marc Bador insiste aussi sur la mission de service public d’un orchestre qui devra, à l’avenir, sortir de ses murs pour engager un travail de fond sur l’agglomération, dans les établissements scolaires, les hôpitaux, voire les maisons d’arrêt. Le partenariat avec le festival d’Ambronay est symptomatique des axes de travail de cette maison de la musique, ancrée sur un territoire, ouverte aux autres acteurs comme l’Orchestre des Pays de Savoie, l’Orchestre d’Auvergne, le chœur Spirito et le Festival Berlioz ». Des phalanges que les mélomanes écouteront cette saison. Il permet au festival de musique baroque de vivre pendant la saison. Si vous avez raté Il Diluvio universale, oratorio de Falvetti redécouvert par Leonardo Gacia Alarcon, la Capella Mediterranea et son chef charis-

matique vous proposent une session de rattrapage le 9 mai. Auparavant, les mélomanes entendront l’Oratorio de Noël de Bach, par le Freiburger Barockorchester, et un programme Vivaldi par le Ghislieri Consort de Giulio Prandi. Avec l’Institut Lumière, l’ONL fait son cinéma en accompagnant les projections de The Artist de Michel Hazanavicius et de larges extraits de la saga Star Wars. Timothy Brok dirigera l’ONL pour College de Buster Keaton et La Nouvelle Babylone de Kozintsev et Trauberg. Sur le registre du jazz et des musiques du monde, l’Audi accueillera le Trio Projet de Hiromi, Joshua Redman et Brad Mehldau en duo, Bobby McFerrin, mais aussi le quatuor de Daher Youssef, des musiques populaires russes et des negro spirituals. Quels que soient vos goûts, il y aura toujours une musique à votre portée.

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epuis sa nomination, en octobre 2012, Jean-Marc Bador, directeur général de l’auditorium MauriceRavel et de l’Orchestre national de Lyon, n’a jamais caché sa volonté de faire de l’Audi une maison de la musique ouverte à tous. A quelques mois de son départ pour la Philharmonique de Radio France, cet Auvergnat de 48 ans peut s’enorgueillir du chemin parcouru. Depuis qu’il a en pris les commandes, la « coquille SaintJacques  », érigée par Charles Delfante et Henri Potier, a vu sa fréquentation annuelle passer de 159  000 à 228  000  spectateurs, dont 30  000 âgés de moins de 28 ans. Et bien au-delà du registre classique puisque l’affiche s’ouvre au jazz, en collaboration avec le festival de Vienne, au baroque avec Ambronay, aux musiques du monde et même au cinéma avec l’Institut Lumière. Un projet avec l’Opéra de Lyon, prévu à l’horizon 2017-2018, confortera cette ambition, adoubé par la Ville de Lyon, principal financeur de l’Auditorium et de l’ONL. « On est plus forts et plus intelligents à plusieurs.

© J.-B. Millot

Auditorium

La maison de la musique

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Cette saison, l’ONL met l’accent sur la musique russe, avec, notamment, l’intégrale des six symphonies de Tchaïkovski, et le minimalisme américain, avec une création de John Adams et la venue de Philip Glass aux Nuits de Fourvière. Ces deux axes ressemblent à Leonard Slatkin, né aux Etats-Unis d’une famille de musiciens originaires de la Russie tsariste, qui abandonnera ses fonctions de directeur musical à l’été 2017. L’Auditorium programme 180 artistes et ensembles invités. La violoniste Hilary Hahn et le chef Ton Koopman, artistes associés, partageront une affiche plus féminine qu’à l’habitude où brillent Nelson Freire, Grigori Sokolov, Marc-André Hamelin, Boris Berezovsky, Nicholas Angelich, Pierre-Laurent Aimard, Alexandre Tharaud, Behzod Abduraimov Kathia Buniatishvili Lukas Geniusas et Alexandre Tharaud (piano), Yo-Yo Ma, Anne Gastinel, Viktoria Mullova et Anne-Sophie Mutter (cordes), Emmanuel Pahud, flûte solo de la Philharmonique de Berlin, mais aussi Jean Rondeau, le surdoué du clavecin, et le guitariste Milos, deux des nouvelles stars du classique. Pour vous mettre l’opus à l’oreille.

© S. Oederath

La Russie romantique et l’Amérique minimaliste

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Le retour de John Adams Après six ans à la direction musicale de l’Orchestre national de Lyon Leonard Slatkin ne rempilera pas pour un 3e mandat. « Quand on a atteint les objectifs fixés, avec la fierté de ce qui a été fait, il est temps de partir ». Le maestro américain tire sa révérence mais ne déserte pas Lyon où il a non plus «  sa seconde maison, mais son autre maison  ». Pour lui, l’ONL crée pour lui le poste de directeur musicale honoraire, une manière de préparer la transition avant la nomination de son successeur que l’on connaîtra au plus tard fin 2018..

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Compositeur de Nixon in China, qui le révéla au grand public en 1987, et de La Mort de Klinghoffer, créé à l’Opéra de Lyon en 1991 dans une mise en scène de Peter Sellars, John Adams fait partie, avec Philip Glass et Steve Reich, des musiciens américains qui ont nourri le minimalisme. Une énergie et une joie contagieuse se dégagent des partions de ce diplômé de Harvard qui s’est « exilé  » en Californie. Compositeur américain vivant le plus joué en concert, il est aussi l’un des plus critiqués et controversés. Les dogmatiques du classique lui reprochent ses tics d’écriture, les hérauts de la musique répétitive son retour vers le néoclassicisme. Cette saison, le saxophoniste Timothy McAllister assurera la création française de son concerto (décembre) avant un doublé symphonique, fin avril.

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Les premiers adieux de Leonard Slatkin

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Piotr Anderszewski, le piano de l’intranquilité

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isparu un temps des radars du clavier, Piotr Anderszewski retrouve le chemin des salles de concert sans renoncer à ses valeurs et à son éthique musicale. Exigeant comme peu savent l’être, ce pianiste de 47 ans reste une énigme. Réservé, ce « voyageur intranquille  », comme le qualifiait Bruno Monsaingeon qui lui a consacré un film, n’aime pas l’exhibitionnisme de certains de ses collègues. Il déteste l’opéra italien comme il refuse de mettre à nu ses sentiments. D’où parfois l’impression de froideur de ses interprétations. Une impression seulement. L’irruption de Piotr Anderszewski dans l’univers médiatique du piano remonte à 1990. Une décennie après que Martha Argerich a claqué la porte du concours Chopin après l’élimination au 2e tour d’Ivo Pogorelich. A une différence près, et de taille, il est l’auteur de l’acte rébellion. Alors qu’il était arrivé en demi-finale du concours de Leeds et qu’il avait conquis son auditoire, le jeune homme ferma son clavier en plein milieu de son interprétation des Variations opus 27 de Webern et quitta la scène. Il n’était pas satisfait de son jeu. L’année suivante (il n’a pas 22 ans), il triomphe au Wigmore Hall de Londres en interprétant les redoutables Variations Diabelli. En général, les pianistes attendent la maturité pour inscrire à leur répertoire cette partition exigeante considérée comme le pendant des Variations de Goldberg de Bach. Rares sont ceux qui ont osé se mesurer au testament pianistique de Beethoven, en tout cas sans y laisser trop de plumes. Piotr Anderszewski a tout de même attendu près de dix ans avant de succomber aux sirènes des maisons d’enregistrement qui lui demandaient ces Diabelli. Sa griffe musicale tient à la fois à ses propres exigences mais aussi à une formation qui l’a conduit des bancs du Conservatoire de Région de Lyon à l’Université de Californie puis à l’Académie Chopin de Varsovie. Né d’un père polonais et d’une mère hongroise, Piotr Anderszewski a fait son apprentissage à Lyon où son père avait été nommé consul dans les années 1980. Ce parcours original, dicté par les impératifs professionnels d’un géniteur qu’il a suivi à travers le monde, lui a permis de faire son apprentissage en se nourrissant de multiples influences. Et cela s’entend. Rien d’étonnant à ce que les salles de concert et les festivals, comme celui de La Roque-d’Anthéron, se disputent l’une des escales de ses tournées. Pour son retour dans la ville qui l’a vu grandir et où l’accueille Piano à Lyon, Piotr Anderszewski joue des extraits du Clavier bien tempéré de Bach, des études de Schuman et la Sonate D960 de Schubert. Une traversée intranquille.

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Festival d’Ambronay

Karina Gauvin

Leonardo Garcia Alarcon et Mariana Flores

¢ M. Borrgreve

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© M. Hendryckx

Philippe Herreweghe

Philippe Jaroussky

Fiat Lux ! Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent ouvrent la 37e édition du festival d’Ambronay avec des cantates de Bach. Du 16 septembre au 9 octobre, l’abbaye bénédictine va vibrer aux accents du baroque illuminé par le gotha de la musique ancienne. Lumières projetées par les grandes œuvres du répertoire qu’interprètent les stars du chant et les jeunes pousses qui sortent de l’ombre. Diurne ou nocturne, féerique et poignante, sacrée ou profane, érudite et populaire, la musique scintille dans tous les registres. Quelques rendez-vous à ne pas manquer, comme celui qui nous entraîne sur les routes de la soie avec Jordi Savall et Hesperion XXI (3 octobre à l’Auditorium de Lyon). Christophe Rousset et ses Talens lyriques empruntent la voix de Haendel pour raconter l’épopée guerrière de Tamerlano, opera seria interprété par Christopher Lowrey, Teresa Iervolino, John Mark Ainsley et Karina Gauvin (17 septembre). Philippe Jaroussky chantera des airs de Vivaldi (7 octobre). William Christie et ses Arts florissants ont choisi les rigueurs des cantates de Bach (25 septembre). Face aux « poids lourds » du baroque, une nouvelle génération relève le défi à l’image d’Itay Jedlin et du Concert Etranger qui clôturent le cycle des Passions de Bach avec la Saint-Matthieu (9 octobre). Damien Guillon et le Banquet céleste proposent une œuvre curieuse, la version en allemand, à peine revisitée par Bach, du Stabat Mater de Pergolèse (2 octobre). Ambronay consacre aussi la montée en puissance de Sébastien d’Hérin et de l’ensemble lyonnais Les Nouveaux Caractères avec The Fairy Queen de Purcell (24 septembre). Prenez vos places d’ores et déjà pour Jonas et la tempête, un spectacle original pour lequel l’abbatiale bénéficie d’une mise en lumière totale (1er octobre). Fiat Lux !

© B. Pichène

Artiste associé au centre culturel de Rencontre d’Ambronay, le chef d’orchestre et claveciniste argentin Leonardo Garcia Alarcon propose deux programmes. Dans le premier, avec Jean Rondeau, il interprète les six sonates en trio pour orgue de Bach, dans la transcription pour deux clavecins (30 septembre). Dans le second, il exhume des partitions oubliées dans les bibliothèques jésuites du Guatemala, de Bolivie et du Pérou dans un programme joliment baptisé « Carmina Latina  », auquel s’associe son épouse, la soprano Mariana Flores (23 septembre). Artistes en résidence, Sébastien Daucé et l’ensemble lyonnais Correspondances célèbrent saint Cécile, patronne des musiciens, dans un dialogue entre Charpentier et Purcell, deux des figures majeures de la musique du XVIIe siècle (18 septembre).

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Artistes et associés

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Itay Jedlin,

le nouvel apôtre de Bach

«

Quand on vient de Paris et qu’on connaît nos mœurs musicales, il faut, pour y croire, être témoin de l’attention, du respect, de la piété avec lesquels un public allemand écoute une telle composition », avouait, admiratif, Hector Berlioz après avoir assisté à une interprétation de la Passion selon saint Matthieu. » Le public français aime Bach, lui aussi. Surtout lorsque le Kantor a pour apôtres Le Concert Etranger et son chef Itay Jedlin.

Révélé à Ambronay en 2014, ce jeune chef a été découvert grâce aux réseaux sociaux. « J’étais en contact avec une amie grâce à Linkedin. Un jour, elle a visité son site où j’ai entendu un extrait audio du Concert étranger», se souvient Daniel Bizeray. Intrigué, le directeur du assiste à un concert, à Saint-Germain-des-Prés, où Itay Jedlin et ses copains, tous collaborateurs des meilleures formations baroques, jouent « au chapeau » (la recette dépend de la générosité des spectateurs), sans aucune promo, comme « un petit Kantor dans son coin  . Séduit, Daniel Bizeray l’engage. « Itay a un talent fou. Parler avec lui, c’est parler avec la musique Il fait partie des rares interprètes qui ne soient pas habités par l’ego. Mais personne ne le connaissait à l’époque. Il fallait le programmer dans un tube. Nous avons choisi la Passion selon saint Jean de Bach ». L’année suivante, Itay Jedlin dirige la Saint-Marc. Cette année (dimanche 9 octobre), il boucle le cycle avec la Saint-Matthieu où le public retrouvera Vincent Lièvre-Picard dans le rôle de l’Evangéliste. Nouveau venu dans l’univers baroque, Itay Jedlin a fait ses classes à Jérusalem où il est né. Par la suite, il s’installe en France où, en 2006, ce flûtiste diplômé du conservatoire de Paris fonde Le Concert étranger. Cette formation, qui balaie un large spectre, s’intéresse particulièrement au répertoire français du XVIIIe siècle, même si les débuts à Ambronay tendraient à le cantonner à Bach. Débuts salués par le public séduit par une version « light » de la Saint-Jean de Bach : un ou deux chanteurs par voix, airs, chœurs et récitatifs interprétés par les mêmes interprètes, effectifs réduits. Les musiciens ne disposent d’aucun filet de sécurité.

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© B. Pichène

Cette approche a ses atouts et ses exigences. « Cette lecture redonne de la vigueur à la dramaturgie de l’œuvre dont elle restitue l’épure des lignes musicales et la souplesse d’un langage en perpétuel mouvement, mais aussi sa spiritualité et sa religiosité, précise Itay Jedlin. Mais cette nouvelle expressivité exige un engagement total et une responsabilisation des interprètes, particulièrement des chanteurs impliqués de bout en bout. Dans une telle démarche, à l’inverse des propositions plus classiques, les solistes sont constamment sollicités. » Autant dire que la moindre faille fait vaciller le dispositif. « C’est cela qui est stimulant ! »

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Les Rendez-vous baroques

Sacré Charpentier Judith, Madeleine, Cécile, trois femmes, trois destins tragiques, ces héroïnes ont inspiré quelques-unes des plus belles histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier. Inspirées de la musique romaine, elles mettent en musique à la manière d’un petit opéra une histoire édifiante tirée de la Bible ou de l’histoire des saints. Sébastien Daucé et l’ensemble Correspondances dévoilent cette trilogie à la chapelle de la Trinité en décembre prochain. Caroline Weynants incarne Judith, Judith Fa le personnage de Cécile, vierge et martyre, et Lucile Richardot celui de Madeleine. L’occasion de découvrir ou retrouver la voix puissante, chaude, profonde, sensuelle, charnelle d’une contralto qui vous émeut dès la première note.

Passion Bach

Prenez l’Orchestre du XVIIIe siècle, phalange fondée en 1981 par Franz Brüggen, l’un des géants du renouveau baroque. Joignez-lui la Capella Amsterdam, l’un des meilleurs chœurs européens. Invitez un quatuor de solistes aguerris à la musique sacrée du siècle des Lumières. Placez l’ensemble sous la baguette de Daniel Reuss, fin connaisseur de ce répertoire, vous obtiendrez ce qui se fait de mieux pour interpréter La Passion selon Saint-Jean de Bach. Des cinq passions écrites par le Kantor, elle est la seule rescapée (avec la Saint-Matthieu) qui nous soit parvenue dans son intégralité. Ce chefd’œuvre dramatique de la littérature sacrée, monument incontournable du répertoire occidental, figure à l’affiche de la chapelle de la Trinité où il sera donné le 11 avril.

Lauréate du concours lyrique de Milan en 2007, la mezzosoprano Giuseppina Bridelli figure régulièrement à l’affiche des meilleurs ensembles baroques. En 2013, elle chantait dans Le Couronnement de Darius de Vivaldi au festival de Beaune sous la baguette d’Ottavio Dantone. A l’occasion de la Journée européenne de la musique ancienne, le 21 mars en l’église Saint-Bruno-desChartreux, elle interprète quelques airs extraits d’opéras de Porpora où l’accompagnent Franck-Emmanuel comte à la tête des chœurs et orchestre du Concert de l’Hostel Dieu.

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Castrat diva

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37 e ÉDITION

Le Centre culturel de rencontre d’Ambronay est soutenu par


Musique de chambre

Le Quatuor van Kuijk

© A. Vecchioni

fait sourire la musique

« Du style, de l’énergie et le sens du risque... Ces quatre jeunes Français font sourire la musique. » C’est avec ces mots que The Guardian a salué la performance du Quatuor van Kuijk, vainqueur du concours de Londres du Wigmore Hall en mars 2015. Fondée à Paris en 2012 par Nicolas van Kuijk, premier quatuor français à remporter cette compétition, cette formation a fait ses armes dans la classe du Quatuor Ysaÿe puis au conservatoire Reine-Sophie de Madrid. Pour leurs débuts à Lyon, salle Molière en février prochain, le Quatuor van Kuijk jouera des œuvres de Schubert, Nishimura et le Quatuor K465 «  Les Dissonnances » de Mozart qui figure dans leur premier album publié chez Alpha.

Daniel Lozakovitj,

violoniste en culottes courtes

© A. Wang

Les musiciens prodiges suscitent toujours la méfiance de leurs aînés qui en ont vu d’autres, de ces comètes qui ne font que passer. Il semble que Daniel Lozakovitj figure parmi les exceptions. La saison dernière, Leonard Slatkin n’a-t-il pas invité ce violoniste suédois de 15 ans, qui faisait ses premiers pas en France, à jouer avec l’ONL ? Même Martha Argerich le convie à Lugano. Deuxième prix du concours Yehudi Menuhin en 2014, premier prix du concours Spivakov cette année, remarqué par Ivry Gitlis, ce petit surdoué des échecs (il a remporté plusieurs tournois) revient jouer à Lyon, invité par la Société de musique de chambre, où, le 12 avril salle Molière, il jouera accompagné au piano.

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Le dimanche matin, si vous préférez les accents d’Orphée aux chants chrétiens, rendez-vous à 11 h à l’Auditorium où les musiciens de l’ONL se mettent en trois, en quatre, en cinq ou en six pour des concerts de musique de chambre qui font écho à la programmation de l’orchestre. Avec parfois le concours d’invités extérieurs, comme Alain Altinoglu qui dirigera la mezzo-soprano dans les Folk Songs de Berio, ils dévoilent des œuvres rarement jouées, voire des transcriptions de pages symphoniques comme cette ouverture du Barbier de Séville de Rossini ou cette 7e Symphonie de Beethoven pour deux hautbois, deux bassons, clarinette, cor et contrebasse à découvrir le 9 avril.

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Les Chambristes de l’ONL

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MUSIQUES ACTUELLES

« Lyon risque de devenir un gros concurrent pour Paris »

F

Que pensez-vous de la façon dont la musique s’est installée à Lyon ? Dans les années 1960, l’apparition du rock a été un vrai phénomène de société. Et avec lui, on a constaté un véritable éclatement des systèmes de diffusion. A Lyon, tout se passait au Palais d’hiver. Je me souviens aussi de la Bourse du travail ou de la Salle Rameau, mais les lieux n’étaient pas adaptés à l’émergence de ce nouveau courant. A tel point que la musique rock a fini par être interdite par la municipalité, à cause des débordements recensés alors. Nous étions dans une période assez floue. Pas de vrai lieu, mais un public clairement identifié. D’où la création du Transbordeur,

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igure locale de la scène culturelle, Victor Bosch nous éclaire sur l’évolution des musiques actuelles à Lyon. A la tête du Transbordeur dans les années 1990, l’actuel gérant du Radiant-Bellevue revient sur vingt ans d’agitations sonores.

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et de son succès quasi immédiat. C’est à partir de ce moment-là que Lyon, comme d’autres grandes villes en France, a commencé à s’imposer comme référence en matière de spectacles vivants. Et ça ne s’est plus arrêté, les salles se sont ouvertes les unes après les autres. L’offre s’adaptant de mieux en mieux à la demande. Quelle est la situation actuelle ? Pour ce qui est du Transbordeur, il n’y pas un artiste qui ne se soit pas produit là-bas ces vingt dernières années. Et beaucoup continuent d’y fouler la scène, même si la donne a changé. Il n’y a pas eu, depuis le mouvement rock, de phénomène aussi clivant que celui de la musique électro aujourd’hui. Et ce qui est formidable avec ça, c’est que l’on s’est trompé en pensant être allé au bout des choses avec le rock à l’époque. Des lieux comme Le Sucre ou le festival Nuits sonores redistribuent les cartes. Ce sont les nouveaux endroits de référence de la jeune génération. Ces lieux collent à l’évolution des goûts musicaux. Désormais, chaque public possède une salle qui lui est dédiée. Et c’est cette pluralité qui rend notre ville intéressante. Je pense notamment à l’Epicerie moderne ou au Sonic, qui défendent une vraie culture indépendante. Chaque espace de diffusion se différencie par sa particularité, par une identité propre. Tout cela s’est forgé avec le temps. Comment s’est positionné le Radiant dans ce paysage ? A la découverte du lieu, et de ses volumes, je me suis dit qu’avec les changements à venir, il y aurait aussi un public pour cette salle. J’ai pensé à un essaim d’abeilles sans ruche qu’il fallait contenter. Pour cela j’ai décidé d’élargir la programmation. Je sentais qu’il y avait des manques ailleurs, autres que purement musicaux, qu’il fallait combler. J’étais décidé à continuer d’accueillir la scène rock, mais aussi à élargir le spectre en la mélangeant à la variété. Tout en gardant en tête de continuer à faire vivre l’endroit comme quelque chose d’établi définitivement. Loin de moi l’idée de faire de l’ombre aux autres structures déjà existantes, mais plutôt l’envie de contribuer à cette effervescence. Que pensez-vous des alternatives plus libres comme Grrrnd Zero, dont on parle moins ? C’est important de sortir des sentiers battus. Il est même nécessaire que ce genre d’initiatives perdure d’ailleurs. On meurt de trop de formalisme. Le festival d’Avignon ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans sa version Off, par exemple. Ces actions font aussi partie de l’ADN culturel de notre ville. Tout cela fait partie du paysage, d’un patrimoine commun, qu’il ne faut surtout pas mettre de côté. Avec une telle activité, quelle place occupe Lyon au niveau national ? Qu’on le veuille ou non, Lyon est la deuxième ville de France. Et elle renvoie à ce qui se fait de mieux en termes de musiques actuelles et amplifiées. Je pense notamment au festival des Nuits de Fourvière, à Nuits sonores dont on a déjà parlé, à ce qui est également en train de se mettre en place au Parc Olympique Lyonnais ainsi qu’à toutes les initiatives qui changent la donne : Lyon risque de devenir un gros concurrent pour Paris. On est au centre de la France et le public finira par trancher devant l’offre proposée. Si tout le monde joue le jeu, et avec les bonnes personnes aux bons endroits, Lyon s’imposera comme une place forte de la musique dans tout l’Hexagone, j’en suis convaincu. Selon vous, la participation de la municipalité est-elle suffisante pour cela ? Il y a 30 ans le rock était perçu comme quelque chose de décadent, et donc interdit. Aujourd’hui tout le monde se bat pour avoir son festival. Après il ne faut pas oublier qu’un festival, ou une salle, c’est d’abord un lieu, une entité et des gens passionnés. La municipalité doit faciliter les choses, rien de plus, ne surtout pas chercher à en récupérer les bienfaits. Chacun doit travailler de concert, sans cela rien ne peut fonctionner.

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The Kills, retour en grâce

© R. Monfourny

Il aura fallu cinq ans à The Kills pour revenir sur le devant de la scène. Un délai nécessaire à Jamie Hince, guitariste et producteur, après cinq interventions chirurgicales à la main qui l’ont forcé à réapprendre à jouer avec un doigt endommagé pour toujours. C’est au cours de sa convalescence qu’il commence à travailler sur le successeur de Blood Pressures, sorti en 2011. Pour bousculer ses habitudes d’écriture et changer d’air après sa douloureuse séparation d’avec le mannequin Kate Moss, Jamie Hince embarque à bord du Transsibérien Express pour un long voyage en solitaire. C’est ainsi qu’il retrouve l’inspiration et compose les différentes chansons de Ash & Ice. A l’autre bout du monde, Alison Mosshart, aujourd’hui installée à Nashville, entame l’écriture des textes qui accompagneront les mélodies de guitares de son acolyte. Des textes plus touchants, plus poétiques qu’auparavant. Avec l’amour, en ce qu’il a de plus complexe, pour éternelle trame de fond. Résultat : treize titres plus élégants, moins chaotiques que ceux des précédents albums. Et puisque aucun des disques de The Kills ne ressemble au précédent, Ash & Ice ne saurait déroger à la règle. Il tourne, à sa façon, une nouvelle page dans l’histoire du duo. Plus touchante cette fois. Radiant Bellevue, 31 octobre.

Peter Doherty incarne tout ce que le rock (ou la célébrité, c’est selon) peut engendrer de bon comme de mauvais : talent à l’épreuve, ascension fulgurante, dépendances diverses, vie dissolue, succès répétés, désordre sentimental... Icône de toute une génération, le jeune compositeur anglais a connu la gloire avant une longue traversée du désert, comme souvent. De The Libertines aux Babyshambles, en passant par le cinéma puis une carrière solo, Peter Doherty semble s’être quelque peu assagi. Celui sur qui les tabloïds se sont acharnés est désormais sur la voie de la rédemption. Aujourd’hui installé à Paris, l’éternel écorché vif continue d’écrire, sans relâche. Son nouveau single, The Whole World is our playground, prouve que l’incorrigible songwriter n’a rien perdu de sa verve. Prochaine étape dans la carrière du chanteur : la réouverture du Bataclan, avant de partir en tournée dans toute la France. Transbordeur, 22 novembre + La Coop de mai, 21 novembre

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Peter Doherty, précipité rock

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Il aura suffi d’un single, « Hey You », en 2009, pour conduire les Français de Pony Pony Run Run jusqu’aux Victoires de la musique l’année suivante. Ils se démarquent à l’époque avec un album frais et énergique où se mélangent sonorités pop et rythmes électroniques. Toujours aussi frais, toujours orienté électro, Pony Pony Run Run marque son grand retour après quatre ans d’absence. Comme son nom l’indique, Voyage Voyage, leur troisième opus, invite au dépaysement. Une envie d’évasion assumée, tout en restant sur des terrains connus. On garde l’énergie dansante de leurs débuts, avec un effort supplémentaire sur la production. Les deux frères à l’origine du groupe, Gaëtan et Amaël, sont allés dénicher l’inspiration partout sur la planète  : Groenland, Japon, Chine ou encore Mexique. Prochaine destination, la scène. Transbordeur, 2 novembre.

© V. Picon

Pony Pony Run Run court toujours

Wall of Death, d’hier et d’aujourd’hui

Depuis toujours, Jain voyage. Fille d’expatriés, elle suit régulièrement son père, employé dans une compagnie pétrolière, au fil de ses missions. Moyen-Orient, Afrique, Amérique… A seulement 24 ans, Jain (prononcez « Jane ») a déjà bien bourlingué. De ses multiples aventures à l’étranger, la jeune Toulousaine ramène quelques influences majeures pour les modeler en une pop exotique et dansante. Séduit par la fraîcheur de ses maquettes, Yodelice, musicien français auteur de Sunday with a flu, décide de la retrouver à Paris et de produire son premier album. Zanaka représente une synthèse parfaite de la pop moderne et des rythmes d’ailleurs. Come, son premier single et tube de l’été 2015, résonne encore dans nos têtes. Preuve que la musique de Jain ne connaît aucune frontière, ni d’espace ni de temps. MC2, 25 novembre + Radiant Bellevue, 6 novembre + La Coop de mai, 22 novembre

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e d a m o n p o p , Jain

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© R. Monfourny

Les Français de Wall of Death ont toujours eu pour principe de produire une musique moderne à partir de vieux instruments. En d’autres termes, faire du neuf avec du vieux. Quoique, pas tout à fait. A la première écoute, il n’est pas toujours évident de déceler le caractère contemporain du trio. Wall of Death aime jouer avec les nuances. Aussi bien dans le son que dans l’écriture de ses chansons. On jurerait parfois avoir à faire à un standard méconnu du blues-rock psyché américain. Wall of Death est pourtant bien l’une des dernières signatures du label californien Innovative Leisure. Enregistré en 2015 sous le soleil de Californie, le deuxième album du groupe en retranscrit toute la chaleur. Loveland  se révèle ainsi beaucoup plus accessible que son prédécesseur Main obsession, et ses nouvelles couleurs rock contrastent avec la noirceur psyché de ses débuts. Le Fil, 21 octobre.

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D.R.

The Shoes,

bien dans ses baskets

A

près le succès international de Crack My Bones, en 2011, et du single Time to dance, on attendait beaucoup de The Shoes. Sans surprise, le duo figure de nouveau en tête des classements avec son nouveau disque, tour de force à la fois pop et expérimental. Les deux Rémois préservent même cette capacité à produire des tubes, aussi à l’aise dans leur époque que dans leurs baskets. Comme une marque de fabrique en devenir.

Cette alchimie les amène à sortir deux albums terriblement efficaces. Crack my bones les révèle au monde et même bien au-delà (Time to Dance reste à ce jour leur plus gros succès), tandis que Chemicals, paru fin 2015, confirme à sa manière tout leur talent. Son élaboration a pourtant été plus compliquée. Après un concert raté lors du festival des Inrocks à l’automne 2014 – qui devait pourtant servir de rampe de lancement aux futurs morceaux –, le duo décide de tout reprendre depuis le début. Le virage « électro radical » suit finalement une courbe pop plus douce. C’est pour cette raison que l’on retrouve les mêmes codes utilisés que sur leur album précédent, bien qu’avec plus de cohérence cette fois. Sur Chemicals, le duo fait de nouveau appel aux voix d’artistes peu connus du grand public. On y retrouve, dans le désordre, le chanteur du groupe français Revolver, leur complice Esser et l’auteur-compositeur Petite Noir. Rare groupe français à rivaliser avec les Anglo-Saxons sur le terrain de la pop, The Shoes risque bien de faire mentir John Lennon lorsqu’il déclarait que la pop made in France était aussi savoureuse que le vin anglais ! Théâtre de Villefranche-sur-Saône, 19 novembre

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The Shoes, c’est une amitié qui dure depuis plus de vingt ans. C’est d’ailleurs cette relation qui a forgé les bases de l’identité musicale du groupe. De l’éclectisme, une pointe de fraîcheur et toujours une bonne dose de fun. Guillaume Brière et Benjamin Lebeau se complètent à merveille. L’un structurant les délires de l’autre. Et même s’il est parfois difficile pour eux de travailler ensemble, il leur est impossible de faire autrement.

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ART CONTEMPORAIN

© Sara Winter

TRADITIONS

ENCHANTEMENT

LE JAPON SUR MESURE Si nous commençons à évoquer ensemble le Japon, peut-être aurez-vous en tête la démesure de Tokyo ? Ou bien les premières images qui vous viendront à l’esprit seront celles de temples devant lesquels s’épanouiront des cerisiers en fleurs ? Il est possible aussi que vous vous imaginiez au calme, dans une auberge traditionnelle d’un grand raffinement ? Quels que soient vos rêves japonais, nous nous tenons à votre disposition pour les écouter, et réaliser avec vous le plus beau des voyages au Pays du Soleil Levant.

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Entrée tout en douceur dans la cour des grands pour le jeune Fakear. Son premier album, Animal, marque le début d’une grande carrière, tant la maturité des titres du Caennais s’y imprime avec force. En l’espace de trois ans, Théo le Vigoureux est devenu l’un des représentants majeurs de la nouvelle génération de beatmakers français, et aussi l’un des plus suivis sur Internet. Caractéristique de sa musique, l’enchevêtrement de samples de voix confère un côté aérien à ses compositions. Beaucoup de fraîcheur et d’exotisme, aussi, grâce à l’utilisation de boucles d’instruments orientaux. Preuve de la qualité de ses productions, Théo, 24 ans seulement, a déjà joué dans les plus grands clubs de Londres et de Tokyo et rempli un Olympia. Ses esquisses électroniques vous embarquent vers des terres inconnues où il est seul à pouvoir vous aider à retrouver votre chemin. Radiant-Bellevue, 12 novembre

D.R.

Fakear, sur la pointe des pieds

Ne jamais se répéter. Toujours aller là où on ne l’attend pas. Telles sont les lignes directrices du duo le plus emblématique de l’intelligente dance music britannique. Pour Autechre, le défi reste inchangé depuis 1987 : lutter contre les conventions établies. Selon eux, l’instrument limite le musicien lorsqu’il pousse celui-ci à reproduire des choses existantes. Tout comme le format CD, dont ils s’étonnent encore de voir des artistes s’y conformer. Pas forcément défricheurs, pas non plus avant-gardistes, Sean Booth et Rob Brown pensent la musique différemment du reste du monde. Tout simplement. Leur quête de créativité les pousse même à devenir de véritables luthiers électroniques. Aujourd’hui, le duo n’envisage plus l’écriture d’un titre sans d’abord chercher à concevoir l’instrument avec lequel il va le jouer. Le Sucre, 1er novembre.

D.R.

Autechre, électro intello

© F. Prioreau

© F. Prioreau

On ne présente plus Jean-Michel Jarre. Certains le considèrent comme l’un des pères fondateurs de la musique électronique en France. Véritable pionnier de la manipulation sonore et producteur de génie, Jean-Michel Jarre s’est fait connaître dans le monde entier avec Oxygène, album sorti en 1976. Comprenant très vite que la musique ne se résume pas à des notes, mais avant tout à des sons, il se transforme en une espèce d’homme-machine constamment en quête de nouvelles sonorités. Quand il ne trouve pas le son qui lui convient, Jarre l’invente, le détourne ou le transforme. Au fil du temps, ses concerts vont devenir d’incroyables spectacles. Sur scène, il apparaît tel un gourou électronique derrière la multitude de claviers qui l’entourent. Jean-Michel Jarre n’a jamais cessé d’enfoncer les portes qui lui résistaient, se construisant petit à petit une carrière sans équivalent aujourd’hui. Halle Tony-Garnier, 25 novembre + Zénith d’Auvergne, 28 novembre.

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Jean-Michel Jarre, homme-machine

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Airbourne, high voltage

Pastiche le plus célèbre de l’histoire du hard rock contemporain pour les nombreuses similitudes que le groupe affiche avec AC/ DC, Airbourne est de retour avec un nouvel album. Breakin’ Outta Hell, et son single du même nom, s’annonce déjà comme le digne successeur de Black Dog Barking. Joel O’Keeffe, chanteur et guitariste du groupe, reçoit sa première guitare à l’âge de 11 ans et s’attache très vite à l’instrument. Ayant pour modèle l’incroyable guitariste d’AC/DC, Angus Young, il travaille sans relâche. C’est sur son lieu de travail que Joel rencontre le second guitariste d’Airbourne, David Roads. La musique pour passion commune, ils vont jusqu’à rapporter leurs guitares à l’hôtel où ils travaillent pour écrire et composer ensemble durant leurs pauses déjeuner. Pendant ce temps-là, Ryan O’Keeffe prend place derrière la batterie. C’est avec l’arrivée du bassiste que les choses s’accélèrent. Les quatre musiciens déménagent à Melbourne. Début 2004, Airbourne est né. Le groupe y enregistre un premier EP dès le mois de juillet. Ready to Rock annonce la couleur. Et déjà les parallèles avec AC/DC, à qui Airbourne voue un véritable culte, sont établis. Comme leurs pairs australiens, Airbourne produit un hard rock solide et endiablé. Sur scène, Joel O’Keeffe est survolté, comme constamment branché sur le courant alternatif. Radiant Bellevue, 10 décembre.

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A 40 ans passés, Hervé Salters cueille les lauriers d’un succès tardif mais bien réel. S’il ne s’est jamais lancé dans la musique électronique en espérant un retour sur investissement, le musicien français remplit désormais les plus grandes salles de concert. L’adage selon lequel « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage  » s’adapte tout particulièrement à sa carrière. Seul maître à bord chez General Elektriks, l’homme caresse ses claviers dans le sens du poil, sans jamais forcer la manœuvre, jusqu’à pondre deux singles de suite la même année. Avec Helicopter et Raid the Radio, sur l’album Good City for Dreamers en 2009, Hervé Salters démontre qu’il peut débarquer là où personne ne l’attend. Depuis, General Elektriks prospère tranquillement. Avec To Be a Stranger, nouvel album groovy, la réussite continue de lui sourire. Le Fil, 24 novembre.

D.R.

General Elektriks, à contre-courant

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P

© M. Lahana

Jeanne Added,

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lutôt que d’espérer s’offrir un jour l’album de la maturité, Jeanne Added a attendu d’être mature pour l’écrire. À 36 ans, Jeanne débute tout juste une carrière solo. Son premier album, Be sensational, est le reflet d’une personnalité discrète, parfois sombre, mais toujours sincère. Ses parents l’ayant inscrite très jeune au conservatoire, elle y travaille avec sérieux, en petite fille modèle, et semble s’y plaire. Elle décide donc de poursuivre dans cette voie et part étudier au Conservatoire national supérieur de Paris, puis à la Royal Academy of Music de Londres, d’où cette absence totale d’accent lorsqu’elle chante en anglais. La Rémoise n’a jamais manqué de travail. Peu de temps après ses études, elle est retenue comme chanteuse dans différents groupes de jazz. Poste à responsabilité pour lequel elle s’applique avec rigueur. C’est cette même rigueur que l’on retrouve en filigrane tout au long de ses compositions. Sa voix, qu’elle maîtrise aujourd’hui à la perfection, souligne avec justesse et intensité son interprétation. Jeanne Added n’en fait jamais trop. Elle va uniquement à l’essentiel. Pas de minauderie ici, encore moins d’excès, elle garde un contrôle total sur ce qu’elle laisse échapper. Sensation paradoxale, mais qui reflète bien le tempérament de l’artiste. C’est d’ailleurs ce qui a séduit Dan Lévy, producteur et moitié du groupe The Dø. Après avoir entendu jouer Jeanne seule avec sa basse à la radio, il tente de la convaincre de travailler avec lui. Après un essai concluant en studio, Dan décide de produire la chanteuse. Be sensational naît du fruit de leur collaboration. L’un ayant aidé l’autre à trouver sa voie. Pour nous faire voyager loin, Jeanne ménage ses chansons, les habille d’un alliage subtil mêlant pop, rock et musiques électroniques. Une puissance lyrique sauvage et des lignes de basse directes composent la majeure partie de titres presque abrasifs. Un équilibre, entre retenue et lâcher-prise, qu’elle préserve avec force. Une identité secrète et bien gardée qui promet à un bel avenir, après lequel elle ne court pas. Sûrement sa façon à elle de montrer qu’elle n’a déjà plus rien à prouver. La coopérative de mai, 20 octobre

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la force tranquille 30/08/16 11:28


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AaRON, ensemble, c’est tout

On pourrait reprocher à AaRON quelques accointances un peu trop poussées avec l’industrie artistique… Le single U-Turn (Lili), cédé à la bande originale du film Je vais bien, ne t’en fais pas en 2006, a inondé les ondes jusqu’à l’overdose. Mais AaRON n’est pas le groupe d’une chanson. C’est surtout trois albums depuis la rencontre entre Simon Buret et Olivier Coursier en 2004. Et une amitié qui ne cesse de grandir, de nourrir le quotidien des deux musiciens. De leurs deux univers respectifs, Simon et Olivier en ont créé un bien à eux. AaRON en est l’essence même. Un condensé de pop sauvage, poussée par quelques élans électroniques. Une équation simple, qui sied parfaitement au duo. Le nouvel album, We Cut the Night, rompt avec ceux qui l’ont précédé. Plus synthétique et dansant, il vient tuer dans l’œuf la routine avant même qu’elle ne s’installe. D.R.

The Cure, chef de fil

Ovni pop débarqué à la toute fin des années 1970, The Cure a aujourd’hui rejoint la légende. On ne compte plus leurs innombrables singles devenus cultes. De Boys Don’t Cry à Lullaby, en passant par In Between Days, Robert Smith et sa bande hantent tous les esprits. Avec son minimalisme acharné, The Cure devient, un peu malgré lui, le porte-drapeau de toute la vague new-wave des années 1980. Le groupe connaît alors une gloire totale jusqu’au début des années 1990, enchaînant tournées et enregistrements studio. C’est en privilégiant les ambiances et la mélodie, au sortir de la brutalité du mouvement punk en Europe, que The Cure se fait remarquer. La justesse des choix de productions confère, pour l’époque, une légèreté sans égale aux compositions du quintet. Par le jeu sublimé de Simon Gallup, la basse est également repensée et devient l’axe central dans l’écriture des chansons du groupe. Entre pop mélancolique et new-wave tourmentée, les Anglais éveillent la curiosité. L’ambiance sombre et les accoutrements à tendance gothique accentuent l’identité du groupe. La noirceur évidente qui se dégage des compositions de The Cure n’effraie pas le public, bien au contraire. Pour preuve, chacun vient y chercher sa part d’ombre, hier comme aujourd’hui. Halle Tony-Garnier, 17 novembre

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Transbordeur, 4 décembre

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Kery James, rap conscient

La Rumeur, dans l’ombre

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Pas aussi médiatisé qu’IAM ou NTM en leur temps, La Rumeur fait pourtant bien partie des grands classiques du rap français des années 1990. Perçus comme marginaux par l’industrie du disque car défendant une culture plus underground encore que celle de leurs aînés, La Rumeur a toujours réussi à se faire entendre. Même en s’opposant fermement au format radio imposé au rap en France. Surtout connu pour son procès long de huit ans, entre 2002 et 2010, contre l’ex-ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et dont le groupe est sorti vainqueur, La Rumeur reste une exception dans le paysage musical hexagonal. Sombres et engagés, les textes reflètent le quotidien de chacun des membres du groupe. Des histoires complexes, parfois difficiles à décoder pour les néophytes. Marché-gare, 15 octobre.

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2016 marque le grand retour de Kery James. Avec le titre Racailles, ou Vivre ou mourir ensemble début janvier, il met fin à trois ans de silence. Mais comme bien souvent avec lui, silence rime souvent avec travail profond sur l’écriture. Avec ce nouveau single, Kery reste égal à lui-même avec des propos forts et justes. Ici, il s’en prend directement aux jeux de pouvoir que mènent nos élites. Comme à son habitude, le rappeur attaque par les mots et porte plus loin les interrogations d’une génération en quête de réponses. Il n’a d’ailleurs pas peur de viser clairement la classe politique en citant Claude Guéant, Patrick Balkany ou Alain Juppé en référence aux faits de justice pour lesquels ils ont été condamnés. Une façon bien à lui de remettre en question un système qu’il critique avec énergie depuis le début des années 1990 avec son premier groupe, Idéal J. A 38 ans, Kery James reste le porte-parole d’une jeunesse oubliée, transformant certains de ses morceaux comme Ghetto français, Le combat continue ou Hardcore en véritables classiques. Comme pour enfoncer le clou, le Guadeloupéen sort un nouvel album en septembre. Mouhammad Alix risque, une fois encore, de marquer les esprits. Radiant Bellevue, 22 octobre.

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Agnes Obel,

douces sensations

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vant même ce puissant regard qui vous sonde, porté par des yeux bleus translucides, c’est la voix que l’on retient d’abord chez Agnes Obel. Grave mais légère, puissante mais souple. Comme une caresse qui vous effleure tout en vous faisant vibrer. Moins médiatique que d’autres chanteuses parce que plus folk que pop, Agnes Obel compte pourtant parmi les grandes voix de notre temps. Il aura fallu deux albums à cette Danoise de 36 ans pour imposer un style radical. Des compositions épurées qui vont à l’essentiel et d’où se déversent des torrents de mélancolie. Pas la moindre sensation de déjà-vu tant l’effet est total, vous faisant presque oublier tout ce que vous avez connu jusqu’ici. Issue d’une famille de musiciens amateurs passionnés, Agnes s’installe derrière un piano dès l’enfance. Après avoir suivi une formation classique en école de musique, elle joue dans plusieurs groupes au Danemark. Secrètement, elle entretient le rêve de donner vie à sa propre musique, celle dans laquelle elle aime à se perdre. Installée depuis 2005 à Berlin, Agnes Obel vit avec ses deux pianos. L’instrument est d’ailleurs l’égal de la voix, les mélodies étirées entre l’un et l’autre se répondant sans fin. C’est avec l’un de ses titres, Just so, timidement lancé sur MySpace comme une bouteille à la mer, qu’elle est repérée par l’opérateur téléphonique allemand Deutsche Telekom. Celui-ci souhaite le diffuser dans un spot publicitaire, à la plus grande surprise de l’artiste. Un premier album étant déjà entamé, la carrière de la jeune femme à la silhouette fragile est lancée. Afin de limiter au maximum les interventions extérieures, Agnes Obel travaille généralement seule. Sur Philharmonics, sorti en 2010, la jeune femme écrit, compose et interprète l’intégralité des titres à l’exception de Close Watch, écrit et arrangé par John Cale. Un choix judicieux qui préserve cet univers singulier qui, une fois pénétré, ne vous quitte plus. A la fois timide et discrète, mais aussi excentrique par moment, Agnes Obel est un personnage complexe. Rester insensible face à cette voix limpide et lumineuse est chose quasi impossible. Difficile, en effet, de rester de marbre devant celle dont les chansons transforment les douleurs en beauté universelle. Amphithéâtre, 20 novembre.

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Youngblood Brass Band, jazz en fanfare

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Ils ne sont pas moins de neuf et délivrent, en fanfare, un jazz survitaminé aux influences aussi diverses que variées. Bienvenue dans l’univers carnavalesque de Youngblood Brass Band. Cette fanfare associe toute la grandeur du jazz de la Nouvelle-Orléans à la ferveur du hip-hop. Le flow est intense, les rythmiques débridées. Impossible de résister à l’énergie que déploie chacun des musiciens. Originaires de divers états des Etats-Unis, ils offrent un répertoire d’une richesse inégalée. La joie de vivre qui se libère de la musique de Youngblood Brass Band s’avère contagieuse. C’est d’ailleurs ce qui a amené le soubassophoniste et compositeur, Nat McIntosh, et le caisse-clairiste, Dave Skogen, à se fréquenter. Cette envie commune de crier à la face du monde combien la musique les anime et les libère. Histoire vieille de plus de vingt ans, l’amitié lie encore les deux hommes qui, après s’être rencontrés sur les bancs du lycée, se sont entourés d’autres partenaires de talent. Si les albums se font rares, c’est parce que le groupe entier se dévoue à l’enseignement de la culture du jazz dans les écoles américaines. Même s’ils n’en ont pas toujours l’air, les membres de Youngblood Brass Band prennent, pourtant, la musique très au sérieux. Epicerie moderne, 28 novembre.

Auditorium, 12 mai (en coproduction avec Jazz à Vienne)

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© P. Hajska

Qu’on le veuille ou non, on connaît tous Bobby McFerrin. C’est lui qui se cache derrière l’un des airs les plus doux et entêtants de la pop music de la fin des années 1980. Souvenezvous, avec son titre Don’t Worry, be Happy, Bobby McFerrin est resté en tête des charts plusieurs semaines durant. Une mélodie aux allures d’hymne que l’on siffle encore aujourd’hui, tant son efficacité est indéniable. Personnage authentique et simple, Bobby McFerrin ne s’imaginait sûrement pas connaître une telle renommée. Aujourd’hui, il fait le bilan d’une carrière bercée entre jazz, R’n’B et soul et renoue avec les negro spirituals. Ces chants, presque chamaniques, sont issus des communautés d’esclaves afroaméricains. Aux côtés de ses musiciens, il fait encore preuve d’une palette vocale immense. A 66 ans, Bobby McFerrin chante toujours avec la même force et la même sérénité.

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Bobby McFerrin & Spirityouall, soul spirit

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Dee Dee Bridgewater, hommage

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La plus française des voix jazz américaines fait état de plus de quarante ans de carrière. Le talent de Dee Dee Bridgewater l’a emmenée sur toutes les scènes du monde. Aucun répertoire ne lui résiste. Elle incarne Billie Holiday dans Lady Day, sublime Horace Silver et s’attaque même à Edith Piaf… Toujours avec classe, dotée de ce charisme qui la caractérise si bien. Dee Dee Bridgewater est de retour, encore et toujours dévouée à la cause jazz. Son nouveau projet fait honneur à la Nouvelle-Orléans, sa ville préférée. Enième répertoire pour Dee Dee, qui vient cette fois saluer la résistance des Louisianais frappés par l’ouragan Katrina en 2005. L’orchestre qui l’accompagne, le DVRK Funk, est conduit par Theo Crocker, trompettiste virtuose. Grand écart générationnel et hommage vibrant au rendez-vous. Festival Rhino Jazz, Saint-Chamond, 7 octobre .

Norah Jones, Mrs Jones

D.R.

Norah Jones fait son apparition à l’aube du troisième millénaire. Avec un premier album au titre évocateur, Come away with me, elle nous invite alors à la découverte d’un jazz réinventé. Teinté de folk et de soul, sa musique apaise et berce plus de 25 millions de fans dans le monde, qui s’emparent de ce nouveau phénomène. La voix de la chanteuse américaine se démarque par sa fraîcheur et par cette facilité à démocratiser le jazz. En 2003, la fille de Ravi Shankar est récompensée d’un premier Grammy Awards. Comme le lancement officiel d’une carrière couronnée de succès. Elle s’affirme aujourd’hui comme l’une des artistes les plus talentueuses de sa génération. En s’entourant toujours des bonnes personnes, Herbie Hancock, Willie Nelson et bien d’autres, Norah Jones frôle aujourd’hui le parcours sans faute. Un sixième album verra le jour à l’automne 2016 sur l’excellent label Blue Note. Amphithéâtre, 11 novembre.

Thomas Enhco & Vassilena Serafimova, Voilà sept ans que Vassilena Serafimova et Thomas Enhco roulent leur bosse en duo, formant une association jazz hors du commun. Cette alchimie créatrice les conduit à enregistrer leur premier album. Un ovni jazz contemporain, façonné à leur image. Ici, l’innovation est accentuée par la présence du marimba (sorte de xylophone à tubes résonateurs) que Vassilena Serafimova maîtrise à la perfection. Thomas Enhco, lui, rayonne par sa technique et son sens de l’improvisation. Un jeu du chat et de la souris que nos deux électrons libres affectionnent particulièrement. Dosage subtil entre carcans classiques et folie douce du jazz. Sur scène, Vassilena Serafimova et Thomas Enhco touchent presque à la haute voltige tant leurs corps se tordent. La tension est palpable mais l’énergie créée, toujours positive. Extase garantie.

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MC2, 2 février

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funambules

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On l’a souvent comparé à Bill Withers, Otis Redding ou encore Van Morrison. Et pour cause, le timbre de voix légèrement éraillé de Michael Kiwanuka rappelle les plus grands noms de la soul et du folk, ses principales influences. Mais sa musique ne se limite pas à de simples comparatifs. Elle se joue du temps et des frontières pour offrir ce que l’homme a de meilleur. Avec Home Again, en 2012, le jeune Anglais flirte avec les portes de l’intime. Il revient cette année avec Love & Hate, nouvel album à la fois sublime et envoûtant. Toute la mesure du talent du lauréat du BBC Sound en 2012 se confirme avec des titres à l’orchestration généreuse. Du swing à la soul, en passant par le psychédélisme, Michael Kiwanuka rayonne par la diversité de ses compositions et s’impose, tout en douceur, comme une valeur sûre. Epicerie moderne, 20 novembre.

© B. van Maele

Michael Kiwanuka, sweet soul spirit

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A bientôt 77 ans, Calypso Rose semble plus fraîche que jamais. Depuis le début de sa carrière et l’écriture de sa toute première chanson, à quinze ans, la chanteuse caribéenne continue d’évoluer sur scène comme si elle paraissait n’avoir que vingt printemps. Considérée comme l’une des dernières légendes vivantes du calypso, duquel elle tire son nom de scène, elle sort un nouvel album, Far from home, produit par Manu Chao. Lui aussi a été séduit par cette impétueuse joie de vivre. Far from home, comme souvent chez la chanteuse, est de nouveau rempli des tubes de nos étés futurs. Même si l’air est léger et entraînant, le fond est souvent plus grave chez Calypso Rose. Ala tête d’un répertoire de 800 chansons, elle raconte le quotidien qui fut le sien, comme celui de beaucoup de femmes. Entre violences conjugales et injustices sociales. La Coopérative de mai,19 octobre.

Calypso Rose, jeunesse éternelle

D.R.

Difficile d’imaginer la bande son d’un film d’Emir Kusturica revisitée dans une version hip-hop déjantée. Et pourtant. L’incroyable Socalled l’a fait. Josh Dolgin, de son vrai nom, a plus d’une corde à son arc. Il lui arrive d’ailleurs d’en tirer plus d’une à la fois. Pianiste, accordéoniste, producteur, journaliste, photographe, réalisateur, magicien et marionnettiste, Socalled est un artiste total. Le caractère débridé de ses chansons lui vient d’une enfance passée à jouer dans bon nombre de groupes aux influences diverses. Salsa, gospel, funk, rock ou hip-hop, Socalled ne se fixe aucune limite. En explorant la culture et les musiques d’Europe de l’Est, il y découvre une richesse dont il s’inspire. Le Québécois mélange avec folie voix, rythmiques, mélodies et cultures pour créer un univers festif déconcertant. Le Fil, 3 novembre.

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Socalled, troubadour moderne

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© B. van Maele

Le likembé, comme on le nomme au Congo, ou piano à pouces, ressemble plutôt à un jeu pour enfant qu’à l’instrument de prédilection de Konono n° 1. C’est pourtant bien celui avec lequel le groupe congolais a forgé son identité. Petite pièce de bois sur laquelle sont fixées des lamelles métalliques, le likembé produit des étincelles sonores à chaque fois qu’on les pince. Amplifié, ce petit instrument est associé à une section rythmique des plus sauvages. Toute la force de Konono n° 1 se révèle dans ce mélange de libertés artistiques. Leur son est rugueux, sans concession ni décorum, comme une caractéristique essentielle dans la musique du groupe. Il célèbre la vie, la mort et accompagne toutes les grandes étapes de l’existence. C’est d’ailleurs ce qui leur a valu de se retrouver sur les scènes des plus grands festivals européens. C’est après leur premier album, Congotronics en 2005, que Konono n°  1 a vraiment commencé à se faire entendre. Depuis, les Congolais multiplient les participations : Björk, Herbie Hancock, ou plus récemment le Dj portugais Baptista. Entre traditions et sonorités modernes et électroniques, Konono n° 1 exalte les sens. A chaque fois, le groupe fait preuve d’une créativité sans limite. Après avoir repris le flambeau de son père Mingiedi Mawangu, membre fondateur décédé il y a quinze ans, Augustin continue de transcender cet héritage divin.

Konono n° 1, leader incontesté

Théâtre de Villefranche-sur-Saône, 5 avril

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Eblis Álvarez est un original. Sa musique, inclassable. Parce qu’elle prête à sourire, voire à rire à gorge déployée. Mais ne vous y trompez pas, Meridian Brothers est un projet tout à fait sérieux. Véritable terrain de jeu pour les idées les plus folles de son créateur, Meridian Brothers oscille entre rythmes latinos et expérimentations psychédéliques. Le rapport mêlant drogue, nationalité colombienne et chansons farfelues pourrait être vite établi. Il n’en est rien. Eblis Álvarez a les pieds sur terre. Au Conservatoire national dès l’âge de 8 ans, multi-instrumentiste à 13, il étudie également la guitare classique à l’université et vit au Danemark entre 2002 et 2007, où il officie en tant que compositeur de musiques classique et contemporaine. L’homme derrière Meridian Brothers est avant tout un explorateur, un amoureux de l’excentricité. Un créatif, dont les seules limites sont celles qu’il repousse inlassablement. Marché gare, 18 octobre.

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© N. Guzman

Meridian Brothers, fou chantant

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DANSE

« Deux décennies explosives » G uy Darmet a été pendant 30 ans le directeur de la Maison de la danse et de la Biennale de la danse. Grand défenseur des arts chorégraphiques depuis ses débuts, il a été au fil de ces années un observateur attentif de l’évolution de la danse, du boom des années 1980 et leurs crédits pour la décentralisation à aujourd’hui.

D’abord, je pense au Défilé, créé en 1996, qui est toujours là, alors qu’au début personne n’y croyait. Dans les années 80-90 c’est l’explosion. Les chorégraphes et les propositions se multiplient partout dans le monde. A la fin des années 1990, la danse qui correspond à mon temps est souvent remplacée par une vague conceptuelle, un goût de la performance, sans parler de la vague hip-hop qui déferle et qui se structure, une nouvelle génération moins démonstrative et plus mature, qui a vu s’accomplir une réelle évolution qui correspond à une demande du public. Comment analysez-vous la danse d’aujourd’hui ? Je constate que les conditions économiques imposent le petit nombre, avec beaucoup de tentatives avec peu d’interprètes, une augmentation significative de la présence des amateurs sur les plateaux, la grande tendance du moment, ce qui me questionne. Nous vivons de plus en plus au royaume du pluridisciplinaire. Et la danse, malgré des financements qui se réduisent comme peau de chagrin, continue d’avancer avec des artistes qui ont un talent fou et qui donnent toutes les raisons d’espérer.

© M. Cavalca

C’est une question à laquelle il m’est pratiquement impossible de répondre, au regard de tout ce que j’ai ressenti au cours de ces années. Mais si je dois garder un seul souvenir, ce sera sans hésiter la reprise de Blue Lady par Tero Saarinen (créée pour la Biennale 2008, NDLR) parce que ce spectacle prouve à quel point Carolyn Carlson est une grande dame qui sait vieillir de manière incroyable et transmettre à un interprète d’exception un solo d’exception. Je me souviens d’une émotion très forte en voyant Tero Saarinen être la Blue Lady. Sinon je pourrais citer des dizaines d’autres souvenirs, la version unique et sublime du Swan Lake de Matthew Bourne, Paradis de Dominique Hervieu et Jose Montalvo parce que ça marque le début d’une aventure, la révélation Legend Lin ou encore Bill T. Jones, Andres Marin, Jomar Mesquita...

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Quel est votre plus beau souvenir ?

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© S. Landweer

Quel regard posez-vous sur les 20 années écoulées ?


© S. Landweer

1996 - Folia de Lia Rodrigues

C’était l’une des révélations de cette 7e Biennale de la danse, consacrée au Brésil. Lia Rodrigues, passée chez Maguy Marin à l’époque de la création de May B, présentait pour la première fois son travail en Europe avec ses premières pièces Ma et Folia. Elle a fait du chemin depuis, régulièrement invitée à Paris, Vitry ou Pantin pour présenter son travail et notamment sa dernière création au festival Montpellier danse cet été. Cette année 1996, le public lyonnais découvre une écriture singulière, qui se cherche encore, mais montre déjà un goût prononcé pour l’engagement, notamment dans Ma, où elle évoque la maternité et la condition des mères de famille, avec un regard très personnel. Tout comme Folia qui puise dans le folklore brésilien. Une pièce décoiffante, mystique et féministe.

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2010 Salves de Maguy Marin

La déflagration de la 14e Biennale de la danse. Opus rageur et désespéré, Salves est une des plus belles pièces de la chorégraphe (ré) installée dans l’agglomération depuis janvier 2015. Une des plus sombres aussi, qui donne à voir un monde en déliquescence, que rien ne peut sauver, pas même le rire, où les humains galopent et se terrent dans le noir, où les objets se brisent comme les rêves et où la lumière est un piège mortel. Réglée au millimètre, dans un montage « cut » qui fait furieusement penser au cinéma, cette pièce majeure laisse les spectateurs autant que les interprètes rincés par tant de violence et de fureur. Puissant, engagé et (malheureusement) lucide.

© D. Grappe

Premier volet d’un triptyque sur les religions, Foi nous avait ravi lors des son passage au Tobbogan. Découvert peu de temps auparavant en tant que chorégraphe mais repéré comme interprète chez Platel, Sidi Larbi Cherkaoui était quasiment inconnu en France et cet opus fut un uppercut. La danse très physique fusionnait avec la musique live de l’ensemble médiéval Capilla Flamenca, donnant un effet saisissant à cette pièce écrite après le 11 septembre. Formé à Parts (l’école de la chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaeker), il a fait du chemin depuis, en créant sa compagnie en 2010 et en travaillant pour les plus grands ballets européens. Devenu directeur artistique du Ballet royal de Flandres, il enchaîne les commandes et les créations personnelles, la dernière en date Fractus V sera à l’affiche de la Maison de la danse en mai.

© F. van Roe

2003 - Foi de Sidi Larbi Cherkaoui

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Le rideau se lève sur l’affiche de la 17e Biennale de la danse. Et quelle affiche, malgré de sévères restrictions budgétaires. Les amoureux du corps se régaleront de cette nouvelle édition, qui, si elle se resserre dans le temps, se dilate sur le territoire et affiche clairement son soutien à la création d’aujourd’hui. Sans compromis ni exclusion, se voulant à la fois « expérimentale et populaire » selon les mots de sa directrice Dominique Hervieu. Ainsi retrouve-t-on, pêle-mêle, des têtes d’affiche et de parfaits inconnu.e.s, de la belle danse et des propositions plus ardues, des petites formes (solos) et de grands ensembles. Bref, une diversité de styles et d’approches plaisante à voir. Soit la dernière production du plus néo-classique des chorégraphes français, Thierry Malandain, à côté de la dernière pièce d’Olivia Grandville résolument contemporaine, la nouvelle création du collectif Petit Travers et le magnifique duo de Rachid Ouramdane, le dernier opus d’Alain Platel Nicht schlafen, présenté en première française, et celui de Christian Rizzo, Le Syndrome ian, clôturant sa trilogie autour des diverses pratiques de danse, qui a fait sensation au festival Montpellier danse 2016. A découvrir également le petit cabinet de curiosité de David Wahl, inconnu sous nos cieux, qui raconte une Histoire spirituelle de la danse ou l’imparable FLA.CO.MEN d’Israel Galvan, à la fois drôle et corrosif. Il faut également aller voir le travail de Jonah Bokaer, ancien danseur de Cunningham, celui de Cristiana Morganti (ancienne danseuse de Pina Pausch) et son solo en forme d’auto-portrait, celui de l’étonnant Daniel Lineham ou encore de la décapante Canadienne Catherine Gaudet et sa danse franchement (dé) culottée. Sans oublier la Sacrée journée en collaboration avec le Musée des Confluences et son exposition de rentrée «  Corps Rebelles  » (voir rubrique Expositions), un cocktail de musique et de danse autour de l’œuvre la plus célèbre de l’histoire de la danse contemporaine, le Sacre du printemps de Vaslav Nijinski. Une entrée en matière plutôt réjouissante pour aborder l’histoire de la danse contemporaine. Tout comme les nombreuses propositions autour des spectacles, fabrique du regard, ateliers de pratique et une journée Danse connectée, danse transmédia qui va plaire à tous les geeks fans de mouvement. Place à la danse et à la joie !

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© O. Houeix

BIENNALE DE LA DANSE

Expérimentale et populaire

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C’est sans doute la pièce la plus attendue de la rentrée chorégraphique. Auguri, dernier opus de la série d’Olivier Dubois Etude critique pour un trompe-l’œil, se dessine comme la sensation corporelle du moment. Sur la scène 24 interprètes se jettent à corps perdu dans un seul motif, la course. Entraînés par un préparateur sportif, ils ont appris l’endurance pour tenir la rampe pendant le spectacle qui s’annonce éprouvant. Chorégraphe considéré comme l’un des plus talentueux de sa génération, Olivier Dubois cherche ici « l’élan porteur de nos destinées et la compréhension de l’humanité comme une organisation secrète  ». Présenté en première française après sa création en août à Hambourg, Auguri promet des envols, des fuites éperdues, des courants. A vérifier sur pièce.

© F. Stemmer

Olivier Dubois

Jean-Claude Gallotta et Olivia Ruiz

Jean-Claude Gallotta a trouvé une complice en la personne d’Olivia Ruiz, pétillante chanteuse, pour son nouveau défi, Volver. Un sorte de comédie musicale qui n’en est pas vraiment une. Soit treize chansons extraites de la discographie d’Olivia Ruiz mises en scène et en danse par le trublion de Grenoble autour d’une histoire à moitié autobiographique. Un peu à la manière du spectacle L’homme à tête de chou que lui avait inspiré Alain Bashung et qu’il n’avait concrétisé qu’à moitié à cause de la disparition du chanteur. Sauf qu’ici, Olivia Ruiz danse, renouant avec son enfance (elle a dansé de 5 à 15 ans), entourée de neuf danseurs du Groupe Emile Dubois et que Jean-Claude Gallotta lui a tricoté une danse sur mesure.

© B. Ouizguen

Jamais venue à Lyon, la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizgen défend la danse contemporaine à Marrakech et a fait le choix de travailler dans son pays malgré les difficultés. Autodidacte, elle a collaboré avec Mathilde Monnier, Bernardo Montet et Boris Charmatz. Pour le projet Corbeaux, créé en 2014 pour la Biennale d’art de Marrakech, qu’elle a déjà présenté à Bruxelles, Hambourg et Beyrouth, elle engage à chaque fois de nouvelles forces locales, en surplus de sa compagnie constituée de dix femmes. Une quinzaine d’amateures prêtes à se lancer dans une drôle d’aventure. Davantage performance que spectacle, Corbeaux est un objet étrange, à voir assurément. Entre transe et danse, entre souffle et râle, Corbeaux est « un acte vital, une sculpture sonore, brute et urgente, à l’infini » écrit Bouchra Ouizguen.

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Bouchra Ouizguen

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© P. Planchenault

Yan Duyvendak

Grand show à l’américaine, Sound of Music promet d’en mettre plein les yeux et plein les dents. Concocté par Yan Duyvendak, artiste plasticien performeur perturbateur, avec la complicité d’Olivier Dubois à la chorégraphie, cette comédie musicale est « un cauchemar absolu qui rend les publics heureux ». Empruntant son titre à la célèbre comédie musicale de Robert Wise La Mélodie du bonheur, en forme de pied de nez, Sound of Music déroule tous les poncifs du genre, à grand renfort de rideau mordoré et de paillettes, de mélodies sirupeuses et entraînantes et de jambes en l’air et pirouettes. Collectionnant les articles de journaux depuis la crise des subprimes de 2008, le plasticien néerlandais en fait la matière de son spectacle, créé l’été dernier au festival de la Bâtie de Genève. Le décalage fonctionne à merveille et le spectateur, s’il se délecte de ce pur divertissement formel, se désespère de ce qu’il entend. Indispensable  !

En s’inspirant du célèbre tableau de Bruegel, l’Ancien Combat de carnaval et de carême, l’ancienne danseuse du regretté Dominique Bagouet a créé en janvier dernier un spectacle tout à fait singulier. À l’aide d’un dispositif sonore qui équipe les interprètes, Olivia Grandville leur murmure des instructions qu’ils réalisent en direct, donnant lieu à des actions directement extraites des postures des 260 personnages qui composent le tableau. Ainsi, une construction précise se développe en toute liberté sur la partition spécialement composée par Olivier Renouf dans la scénographie très graphique conçue par Philippe Jeanneteau, Yves Gaudin et Olivia Grandville. Un tableau vivant en mouvement « où rien n’est caché, les principes lisibles et le résultat mystérieux  », comme l’écrit poétiquement la chorégraphe.

© JM. Domage

Olivia Grandville

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Les dernières productions du duo Bengolea-Chaignaud sont toujours très attendues. Celle-ci, qui réunit les pratiques de ces deux créateurs insaisissables et surprenants, ne fait pas exception à la règle. Au menu, les polyphonies géorgiennes que pratique intensément François Chaignaud depuis son spectacle en solo Dumy Moï et le dancehall jamaïcain qui intéresse depuis très longtemps Cecilia Bengolea. Ce cocktail explosif porté par sept interprètes (dont les deux chorégraphes) promet, comme d’habitude, un haut volume sonore et visuel, un tourbillon de rythmes à la précision diabolique et de gestes improbables et inaccoutumés. En cherchant toujours à élargir le champ chorégraphique contemporain, l’incroyable duo ouvre aussi toujours de nouvelles perspectives, surprenant par son engagement physique total et sa vraie générosité.

© J.-L. © S.Fernandez Coler

© B. Ouizguen

Cecilia Bengolea et François Chaignaud

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Maison de la danse

© D. Herrero

Une affiche décloisonnée aux multiples courants

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Dans le cadre du festival Sens dessus dessous, la Maison de la danse accueille des voix singulières. Au milieu des sept propositions de ce rendez-vous se détache Samedi Détente, un spectacle de et par Dorothée Munyaneza. Première pièce de cette ancienne interprète de François Verret, Robyn Orlin et Alain Buffard, Samedi détente, du nom d’une émission de radio qui diffusait des chansons étrangères, évoque le génocide rwandais avec pudeur et délicatesse. Décidant d’affronter l’indicible elle raconte son histoire en compagnie de la danseuse Nadia Beugré et du musicien Alain Mahé. Cette leçon d’humanité invite le public à défier les replis identitaires.

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a nouvelle saison de la Maison de la danse est à l’image de sa directrice Dominique Hervieu, généreuse et ouverte. Construite autour de fidélités et de coups de cœur, elle fait la part belle aux croisements des disciplines, des époques et des regards. À l’histoire aussi, en s’associant pour la première fois au musée des Confluences qui présente l’exposition « Corps rebelles » (voir pages expositions), concoctée par le musée de la Civilisation de Québec, largement remaniée pour son arrivée sur le sol français, par Agnès Izrine, spécialiste de la question et auteure de l’ouvrage paru aux éditions L’Arche, La danse dans tous ses états. La saison fait des ponts avec les thématiques de l’exposition. La danse vulnérable avec Jérôme Bel et son spectacle Gala qui rassemble professionnels et amateurs, Lyon terre de la danse avec la célébration des 20 ans de la compagnie Käfig, la danse virtuose avec l’archipel Angelin Preljocaj et la reprise de Roméo et Juliette, un de ses ballets les plus célèbres, danse savante et populaire avec Emmanuel Gat et sa dernière pièce Milena & Michael et danse exotique et coloniale avec la création de SergeAimé Coulibaly Kalakuta Republic. Ces différentes d’esthétiques nous font voyager géographiquement et spirituellement. Tout comme la création en résidence de Système Castafiore, Théorie des prodiges, la splendide reprise de Valser par le Ballet du Capitole, la dernière pièce de Sankaï Juku, Meguri, la rencontre entre Kader Attou et Andres Marin, ou la version chorégraphique imaginée par Joelle Bouvier pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève du célèbre opéra de Richard Wagner, Tristan et Isolde. Sans oublier la grande nouveauté, le Tao Dance Theater, nouvelle figure de proue de la danse contemporaine chinoise qui donne à voir une danse épurée à la rigueur martiale absolument bluffante. Une moisson de propositions pour réunir tous les publics, « à la fois éclectique, populaire et sophistiquée, avec à la clé, toujours une exigence d’excellence  », comme l’écrit Dominique Hervieu dans son édito de saison. On ne saurait mieux dire d’une saison qui continue de décloisonner les regards et les pratiques. Applaudissements de rigueur !

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© D. Herrero D.R.

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Saburo Teshigawara

© C. Raynaud de Lage

Mathurin Bolze

© Sakae Oguma

C’est l’un des événements de la saison. Une semaine entière consacrée au chorégraphe japonais star Saburo Teshigawara. Installation, expositions de dessins, conférence et spectacles composent ce kaléidoscope d’un artiste éblouissant et multiface qui assume systématiquement la chorégraphie, les lumières, la scénographie, la musique. Au programme, deux spectacles, The man with blue eyes, inspiré de l’univers de l’écrivain dessinateur polonais Bruno Schulz, et Mirror and Music, une magnifique démonstration de son talent et de son exigence. A découvrir également, un film tourné en 2005, lors de la création d’une de ses pièces, suivi d’une rencontre avec le chorégraphe, animée par Marie-Christine Vernay, ancienne journaliste à Libération. A Bonlieu, Scène nationale du 17 au 24 novembre.

Notre circassien préféré fait un retour aux sources. Avec Barons perchés, sa dernière production présentée en juin dans la cour du lycée Saint-Just, il se penche sur sa pièce fondatrice créée en 2002, Fenêtres, qu’il a par ailleurs transmis à son nouvel acolyte Karim Messaoudi (à voir au Toboggan en février) et retourne à son inspiration d’origine, le roman presque éponyme d’Italo Calvino. Bachir, l’habitant de Fenêtres, revient dans sa cabane (aux fenêtres). Sauf qu’il n’est pas seul. Est-ce son double, son ombre, son fantôme, son souvenir, son frère ? L’un jaillit tandis que l’autre s’évanouit, l’un s’envole tandis que l’autre chute. Apparitions et disparitions ponctuent ce spectacle d’une grande poésie qui laisse vagabonder et rebondir le spectateur comme les voltiges de ces deux « monte-en-l’air » grand style.

© Herman Sorgeloos

Rain est l’un des chefs-d’œuvre de la grande dame flamande. Créée en 2001, cette pièce confronte (et rassemble aussi) la musique minimaliste de Steve Reich et la danse organique et sensuelle d’Anne Teresa de Keersmaeker. Habituée des partitions du compositeur américain, la chorégraphe tisse une trame à la précision diabolique pour treize interprètes et livre, dans cette pièce, la quintessence de son art, contrepoint, composition et l’élan qui traverse sa danse. Comme l’eau vive qui ondoie, la masse des corps, leur vivacité et leur ardeur sont proprement sidérantes. Elles emmènent le spectateur dans un tourbillon de gestes et de lignes absolument étourdissants. Une sacrée bouffée de vie et une démonstration d’écriture. Indispensable ! A voir à la MC2 en mars et à Bonlieu Scène nationale en février.

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Anne Teresa de Keersmaeker

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Nouvelle création, coproduite notamment par la Maison de la danse et la MC2, Boomerang s’annonce comme le spectacle le plus hip-hop du chorégraphe danseur Bouba Landrille Tchouda, selon ses propres mots. A partir du boomerang, à la fois instrument de jeu et arme de chasse, l’ancien danseur d’Accrorap compose une pièce autour de la violence « immémorielle et inscrite dans notre humanité ». Huit interprètes se lancent « dans un simulacre de courses, une partie de chasse qui ne dirait pas son nom  », où chacun chercherait à prendre le dessus pour vaincre et continuer à vivre ! » Celui qui a osé créer un Casse-Noisette à cheval entre hip-hop et contemporain se lance un nouveau défi. A découvrir en novembre au Toboggan et en février à la MC2.

Pierre Rigal

Créée au festival Montpellier danse cet été, Même de Pierre Rigal se présente comme un « étrange objet chorégraphique  » où la performance physique est très présente, comme souvent chez cet ancien athlète. Très librement inspiré du mythe d’Œdipe, Même s’engage dans une coursepoursuite narrative qui s’appuie sur la répétition de boucles gestuelles, «  maladroites ou malicieuses inexactitudes, créant ainsi une chaîne d’information tragi-comique. Et c’est ainsi que les points de départ peuvent dériver peu à peu vers des points d’arrivée que l’on ne pouvait imaginer. A force de duplications erronées, le même peut se transformer en son contraire... ou en lui-même », explique Pierre Rigal. On ne saurait mieux dire que d’aller y courir ! A l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne le 10 février.

Catherine Legrand

Quelle bonne nouvelle de savoir que Catherine Legrand, ancienne interprète et assistante de Dominique Bagouet, a décidé de remonter Jours étranges, l’une des pièces les plus singulières du chorégraphe disparu en 1992 en laissant une trace durable dans le paysage chorégraphique français. Initialement écrite pour trois femmes et trois hommes, Jours étranges est une fantaisie désespérée sur Strange Days des Doors, un disque qu’avait découvert Dominique Bagouet à l’adolescence. Ici, son écriture habituellement ciselée et précieuse se déploie en tous sens, déballe sa rage et son impuissance dans des mouvements plus bruts et imparfaits, qui suintent la mélancolie de l’époque. 25 ans après, Catherine Legrand questionne l’œuvre avec une distribution exclusivement féminine. A découvrir en janvier à Bonlieu Scène nationale (Annecy).

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(versus Dominique Bagouet)

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© Sakae Oguma

Bouba Landrille Tchouda

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Opéra de Lyon Méditerranée Pour ouvrir la saison, quoi de plus enthousiasmant que deux jeunes artistes ? Marina Mascarell et Alessandro Sciarroni composent une affiche éclectique à souhait. La première, une chorégraphe espagnole installée à La Haye, s’appuie sur le mouvement, le théâtre et l’engagement politique. Marina Mascarelle s’empare ici du féminisme sous le prisme (entre autres) de Franscesca Woodman, photographe américaine prodige disparue à 29 ans, pour tisser une pièce qui interroge sur la place de la femme dans nos sociétés. A l’inverse, Alessandro Sciarroni, performeur et plasticien italien qu’on a pu voir lors de la Biennale 2014, est dans une recherche purement formelle autour de la giration (un motif dans l’air du temps). Dans cet opus qui met en scène une dizaine d’interprètes, le troisième d’une série intitulée Turning, il est question de corps qui tournent et roulent sur eux-mêmes.

Féminin pluriel Il y a 10 ans, Yorgos Loukos programmait une soirée Grandes Fugues de Beethoven, avec un quatuor de femmes ciselé par Maguy Marin, un septuor d’hommes écrit par Anne Teresa de Keersmaeker et une création de Sasha Waltz. Aujourd’hui, sur le même principe, il a invité Lucinda Childs (qui a donné la saison dernière au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon le splendide et indispensable Dance, chef-d’œuvre de la danse contemporaine) à plancher sur cette partition tardive du grand compositeur allemand. Ainsi se retrouvent sur le plateau des univers bien singuliers, de la partition diabolique de Maguy Marin à celle non moins difficile d’Anne Teresa de Keersmaeker en passant par la création de la chorégraphe la plus minimaliste du courant post-modern.

Artiste associé pour trois saisons, Jiri Kylian a entamé son compagnonnage avec le Ballet de l’Opéra de Lyon il y a 30 ans. Et l’histoire d’amour continue puisque l’ancien directeur du Nederlands Dans Theater, qui a décidé de ne plus chorégraphier pour l’instant, a néanmoins accepté la proposition. Ainsi, il inscrit sa douzième pièce au répertoire, Sleepless, créée en 2004 pour le NDT II, et partage la soirée avec un de ses protégés, Johan Inger, chorégraphe associé au NDT et ancien danseur du NDT, qui présente I New Then, également écrit pour le NDT II. Deux écritures qui ont en commun le goût de la belle danse et de la musicalité.

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Masculin singulier

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ARTS PLASTIQUES

La galerie la BF15 a fêté ses 20 ans en 2015. Sa directrice, la plasticienne Perrine Lacroix, suit l’actualité artistique en tant que tête chercheuse. Elle brosse ici un paysage éminemment subjectif et personnel de l’art contemporain dans l’agglomération, analysé au prisme de son expérience et sa sensibilité.

l’œil du lynx

En 20 ans, comment les artistes et l’art contemporain ont-ils évolué à Lyon ? La Biennale a fait un travail formidable pour sensibiliser les publics, mais cela n’a pas – me semble t-il – influencé le marché de l’art. Nos rares et méritantes galeries privées en témoignent. La scène artistique locale est assez dense, rythmée par l’Institut d’art contemporain, le Mac, les centres d’art en périphérie (Saint-Fons, Vénissieux, Vienne), le tissu associatif et les initiatives d’artistes. Sans oublier l’école des Beaux-Arts qui, en 20 ans, s’est développée, autant sur le territoire qu’à l’international, et qui participe activement à notre scène. Signalons que, depuis 1978, l’art s’est considérablement enrichi

dans l’espace public. Nous avons un véritable musée à ciel ouvert avec sûrement plus de 400 œuvres sur la Métropole. Comment analysez-vous le tissu artistique régional d’aujourd’hui, en tant que galeriste ? Comme je l’ai dit juste avant, il y a un vrai tissu associatif qui défend les artistes. Malheureusement, en dépit des structures de diffusion attractives, ils ne restent pas parce que les espaces de travail font défaut. A part les ateliers du Grand-Large (destinés aux jeunes artistes qui sortent des écoles), il y a peu de lieux pour travailler et par conséquent peu d’artistes qui viennent s’installer. On peut aussi regretter que les collectionneurs soient si discrets et la critique si peu présente. Il y a encore ce côté province et capitale qui perdure, alors que dans d’autres régions, comme par exemple dans le sud de la France, les collectionneurs soutiennent et s’intéressent aux artistes locaux. En tant qu’artiste ? Je voudrais souligner le travail de Snap, la galerie qui me soutient, qui fait un travail très pertinent et qui prend des vrais risques malgré un marché de l’art difficile à Lyon. Votre plus belle expo des 20 dernières années ? Je garde un souvenir émerveillé d’une exposition d’Ann Hamilton au Mac en 1997-1998, avec une mer de soie rouge orangé et une belle porosité avec la ville et le parc.

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Quel regard posez vous sur vos 20 ans d’activité ? La BF15 fait partie de ces structures, créées dans les années 1990 avec le soutien des institutions publiques comme la Ville de Lyon, la Drac et la Région, qui se sont maintenues jusqu’à aujourd’hui. Je pense à des lieux comme la Galerie Néon, la Salle de bains, le Bleu du ciel ou encore Roger Tator qui ont gardé leur spécificité et leur identité. Cette dynamique a permis de créer, sur le territoire, un tissu riche qui montre le travail des jeunes artistes. Espace de production et de diffusion, la BF15 est devenue une sorte de laboratoire. Depuis son déménagement en 2007 de la place des Terreaux au quai de la Pêcherie, la galerie a récupéré un petit studio qui permet d’en faire un lieu de résidence. Je peux ainsi inviter des artistes qui ont la possibilité de travailler six mois ou même un an en amont suivant un fil rouge que je définis chaque année.

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Perrine Lacroix,

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Seule biennale d’art contemporain réalisée une année paire, « Partage d’exotisme  » est restée dans les mémoires comme un tournant dans l’histoire des biennales. Jean-Hubert Martin, le commissaire de l’événement, avait convié environ 130 artistes venus du monde entier à investir la halle Tony-Garnier. Sacré défi à relever pour l’architecte Patrick Bouchain, chargé de la scénographie du lieu. Qui avait accompli sa mission à merveille, faisant dialoguer le travail de Wim Delvoye et celui de Takashi Murakami, l’étonnante installation balnéaire de Cai Guo-Qiang et les images trash de Daisuke Nakayama. Les amateurs d’art et de surprises en gardent un souvenir ébloui par la singularité des univers et la diversité des approches. Un pur bonheur !

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2000 5e Biennale d’art contemporain

2006 - Roman Opalka Dernière grande exposition de Roman Opalka organisée dans la région avant sa mort en août 2011, « Octogone » présentait à la fois des portraits et des peintures 1965/1 – , l’œuvre qu’il a construite sa vie durant puisque sa mort devait en marquer la fin. Artiste obsessionnel qui décide, un jour de 1965, de ne peindre désormais que la suite des nombres, de un jusqu’à l’infini, de conclure chaque toile par un auto-portrait et d’ajouter une touche de blanc dans l’encre noire pour chaque nouvelle toile, Roman Opalka force l’admiration par sa ténacité, son ascèse presque. Son œuvre mêle inextricablement la vie et l’art puisqu’elle s’arrête avec l’artiste, faisant d’elle une matière à la fois universelle et absolument singulière. Une claque.

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Bram van Velde (1895-1981), sans titre (Le cheval majeur), Montrouge, 1945 (?), gouache sur toile. © ADAGP 2016

Des frères van Velde, on connaît bien le premier, Bram, et un peu moins le second, Geer. Pourtant, celui-ci n’a rien à envier à son aîné, plus radical mais moins obsessionnel. L’exposition concoctée en avril 2010 par Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts, et Rainer Michael Mason, conservateur des archives van Velde, réparait cette injustice. Un splendide accrochage de 160 œuvres – quelquesunes appartenant au musée – des deux artistes, dont Beckett, familier des deux frères, écrivait «  Bram van Velde peint l’étendue, Geer van Velde peint la Geer van Velde (1898-1977) succession », donnait à voir leur richesse Composition, 1958 ( ?), et leur importance, si singulière l’une huile sur toile. © ADAGP 2016 de l’autre. Le premier dans une radicalité des formes et des couleurs, le cadet dans une vision plus lumineuse et torturée. Une incontestable réussite !

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© P. Combier

2010 - Bram et Geer van Velde

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Les belles promesses de la 10e Biennale du design de Saint-Etienne Comme à son habitude, la Biennale du design de Saint-Etienne aborde une thématique favorisant les utopies tout en s’ancrant dans les problématiques d’aujourd’hui. Pour cette 10e édition, portée par Olivier Peyricot, directeur scientifique de la biennale et directeur du pôle recherche de la Cité du design, les commissaires invités planchent sur Working promesse, les mutations du travail, ou quel regard porter sur le travail aujourd’hui et demain ? Pour approfondir la question, six grandes expositions explorent trois champs particuliers, Digital labor, Share utopie et Existences futures.

Tout un programme comme celui des tiers-lieux explorés par le collectif RDC (pour Recherche et développement conique) qui ambitionne de « mettre en regard des acteurs locaux et internationaux afin de confronter leurs manières de travailler pour expérimenter de nouveaux processus, partagés et partageables ». Pour cette raison, Chicago, qui, comme Saint-Etienne, détient le label « cité créative design » décerné par l’Unesco, sera l’invitée d’honneur de cette 10e édition, notamment par une collaboration avec le Centre du design de Chicago et la découverte des modes de fonctionnement différents des nôtres. Autre commissaire annoncée, Morag Myersgoog, designer anglaise spécialiste des installations in situ, va rhabiller la ville avec ses interventions pop et colorées. Sans compter toutes les propositions satellites qui envahiront la cité ligérienne.

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Nous assistons actuellement à un vrai changement de paradigme et le futur du travail se dessine au travers, notamment de l’essor des indépendants, du développement des espaces de co-working ou des fablab. L’occasion, forcément, de fantasmer sur l’avenir. Ainsi l’exposition proposée par le tandem Alain Damazio et Norbert Merjagnan, écrivains de science-fiction, et Didier Fiuza Faustino, artiste architecte, plongera le visiteur dans des futurs du travail, du plus proche au plus lointain, du plus concret au plus chimérique. Comme ils l’expliquent : « Cette exposition faite d’instants et de sons dessine les trajectoires d’un « mouvement-travail ». Vous y poursuivrez les fantômes des modèles (dé)passés tout en côtoyant les signes de leur disparition. Les récits et les corps convoquent sous forme de fiction les avatars du travail en devenir. »

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ANNE & PATRICK 2 juillet 2016 POIRIER 29 janv. 2017 T. +33 (0)4 77 79 52 52 WWW.MAMC-ST-ETIENNE.FR

Danger zones

Anne & Patrick Poirier, Danger Zone, 2001, techniques mixtes, hauteur 350 cm, diamètre 700 cm. Collection Claudine et Jean-Marc Salomon. Crédit photo : Anne & Patrick Poirier. © ADAGP, Paris 2016.

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Jan Fabre, performer

© L. Philip

The Interdiction of the Death Head Moth, 1978

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an Fabre est (presque) un habitué du musée d’Art contemporain de Lyon. En 2004, il exposait l’intégralité de ses films dans une exposition intitulée « Gaude succurrere vitae » (Réjouissezvous de venir en aide à la vie). Cet automne, Stigmata présente 40 ans d’actions et de performances des toutes premières à la dernière qu’il réalisera au vélodrome du parc de la Tête-d’Or, « une tentative de ne pas battre le record du monde de l’heure établi par Eddy Merckx à Mexico en 1972 (ou comment rester un nain au pays des géants) », en présence d’Eddy Merckx, de Raymond Poulidor et de Bernard Thévenet, avec les commentaires « tourdefrancesques » de Ruben van Gucht et de Daniel Mangeas et le soutien de plus de 2 000 drapeaux aux couleurs de la Flandre, de Lyon, de la France et de la Belgique, portés par 4 000 mains de supporters inconditionnels, ainsi qu’un tournage en direct. Construite pour le Maxxi de Rome, cette exposition, remaniée par l’artiste spécialement pour Lyon, rassemble quelque 800 objets, dessins, photographies, artefacts, costumes, maquettes que Jan Fabre nomme des « modèles de pensée », films, œuvres au stylo à bille bleu... Un outil dont il a fait sa spécialité, comme en témoigne la dernière exposition du Flamand dans la région, au musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Etienne, au printemps 2012, « Les années de l’heure bleue ». Ici, la scénographie est conçue autour de l’objet de travail du plasticien, une table constituée d’une plaque de verre et de deux tréteaux, pour son aspect pratique. « Parce qu’on pouvait la nettoyer facilement, parce qu’on ne pouvait pas couper dans la surface en verre et parce qu’il était possible de l’éclairer par en dessous pour copier photographies et dessins », explique dans un entretien fleuve avec Germano Celant celui aime se présenter comme un « guerrier de la beauté ». « Le visiteur est ainsi plongé au cœur d’une scène translucide, comme en plan américain autour d’un sol surélevé, tandis qu’il perçoit la figure du héros en contre-plongée. C’est l’image d’un corps scénique ritualisé », écrit Thierry Raspail dans l’introduction du catalogue édité à l’occasion. Normal quand on sait que les obsessions de Jan Fabre tournent autour du corps, de la scène et des rituels.

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musée des confluences

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e musée des Confluences commence à prendre sa vitesse de croisière. Deux ans après son ouverture, le « Nuage » fait un carton avec une moyenne qui peut atteindre 4 000 visiteurs par jour venus découvrir les collections permanentes ou les expositions temporaires. Avec un succès tel que l’exposition « Dans la chambre des merveilles » a été prolongée plusieurs fois ; initialement prévue pour s’arrêter en juillet 2015, elle a fermé ses portes le 31 juillet dernier. Actuellement les Confluences présentent trois rendez-vous très différents, Antarctica, exposition immersive concoctée par le réalisateur de La Marche de l’empereur, propose d’arpenter les rives glacées du continent inaccessible. A vos pieds s’intéresse à la chaussure sous toutes ses formes et à différentes époques. Potières d’Afrique donne à voir la donation de l’association Argile, qui avait organisé un voyage en Afrique de l’Ouest, il y a 20 ans, pour recueillir les savoir-faire, soit une soixantaine de poteries, des archives photographiques et des carnets de voyages. Mais la grande exposition de la rentrée, c’est à coup sûr Corps rebelles, une production initiale du musée de la civilisation de Québec, remaniée pour sa version française par Agnès Izrine, spécialiste de l’histoire de la danse et auteure de l’ouvrage de référence La Danse dans tous ses états, paru aux éditions de l’Arche. Conçue comme « une invitation à comprendre la danse contemporaine comme un langage universel », elle décline l’histoire en six thèmes, racontés chacun par un.e chorégraphe, des extraits de pièces dansées, en parallèle à des archives d’actualités. Volontairement immersive, l’expo se visite avec un casque qui diffuse musiques et textes en fonction du parcours. Le public découvrira huit versions du fameux Sacre du printemps de Nijinski, dans un dispositif assez bluffant à 360°, et pourra s’essayer à la chorégraphie avec l’atelier Danser Joe, qui invite à devenir interprète quelques instants ou approcher des artistes, en résidence pour l’occasion. Le printemps s’ouvrira sur une exposition autour des poisons, leurs usages, leurs mécanismes, leurs représentations à travers l’Histoire jusqu’à notre société contemporaine. À déguster sans modération !

Le « Nuage » entre dans la danse

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© L. Philip

musée des confluences

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Matisse, à la couleur Alors que le musée des Beaux-Arts de Lyon récupère les peintures qu’il avait prêtées au Munam (Musée national d’art) de Mexico, il en profite pour repenser l’accrochage de ses collections du XXe siècle cet automne avant la grande exposition de la saison, Henri Matisse - le laboratoire intérieur qui ouvrira ses portes à l’orée de l’hiver. Une exposition exceptionnelle, conçue avec le soutien du Centre Pompidou qui fête cette année ses 40 ans d’existence. Mettant l’accent sur son œuvre dessiné, dont l’artiste avait donné au musée des dessins de la série Thèmes et variations et des livres illustrés, cette exposition retrace en quelque deux cent cinquante pièces, dont les deux peintures appartenant au musée, l’épanouissement de son trait. Académies, dessins au pinceau fauves de 1905-1906, portraits, «  Cinquante dessins  » ingresques de 19191920, annonçant les odalisques de la période niçoise, dessins au trait transparents Henri Matisse, Jésus tombant pour la troisième fois, 1949, sur papier vergé et filigrané Canson et Montgolfier. de 1935-1937, grands fusain copyright succession H. Matisse, 2016, crédit photo : ville fusains longuement de Nice, service photographique travaillés en 1938-1939, derniers dessins au pinceau monumentaux des années 1947-1952 composent cet accrochage conçu par Sylvie Ramond, directrice du musée, et Isabelle MonodFontaine, conservateur général du patrimoine honoraire et spécialiste de Matisse, avec laquelle elle avait construit l’exposition Braque/Laurens.

Henri Matisse, Jackie, 1947, encre sur papier, New York, collection particulière. copyright succession H. Matisse, 2016

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Certains dessins sont présentés ici pour la première fois, de même que le Centre Pompidou prête une Grande Odalisque à la culotte Bayadere, 1925 vingtaine d’œuvres, ainsi que les musée Matisse de Nice et de Le Cateau-Cambrésis. Aussi pourra-t-on s’apercevoir que les dessins de l’artiste, qui termina son existence à Nice, sont étroitement liés à son travail de peintre, comme à celui de graveur. « Il devance, prépare, accompagne et prolonge toutes les autres pratiques de Matisse.  » Pour cette raison l’exposition s’articulera en une douzaine de sections autour de motifs et de figures de modèle, qui viendront constituer autant de dossiers pour comprendre l’œuvre, et d’un certain nombre de peintures et de sculptures essentielles mises en relation avec leur environnement dessiné ou gravé, comme elles le furent autrefois dans l’atelier du peintre. Une belle occasion d’approfondir la découverte de cet artiste majeur du XXe siècle.

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IAC, le réveil des sens

Le nouveau cycle du Laboratoire espace cerveau, initié par Nathalie Ergino, la directrice du lieu, et Ann Veronica Janssens, donne la parole à celle-ci lors d’une exposition monographique au printemps prochain. L’Institut d’art contemporain de Villeurbanne offre l’ensemble de ses espaces à cette artiste unique qui a axé ses recherches sur l’expérience sensorielle de la réalité. À partir de matériaux simples ou immatériels, elle plonge le visiteur dans des états divers (comme certains ont pu l’expérimenter lors de la Biennale d’art contemporain 2005, Expérience de la durée, avec son œuvre brouillard Monochrome 5), lui proposant une expérience directe, physique, qui remet en cause ses perceptions, ou tout le moins les transforme. Elle présentera ici des œuvres nouvelles, réalisées pour l’institut ainsi que des pièces existantes, puisqu’elle a constitué un corpus d’œuvres en évolution permanente : Le cabinet en croissance, un ensemble qui réunit des prototypes qu’elle complète lors de ses passages à l’IAC. A découvrir également, cet automne, le travail de Jason Dodge, un artiste américain installé à Berlin, activement soutenu par l’IAC, qui s’intéresse à la distance entre les mots et les choses et la poésie qu’elle provoque.

Musée Paul-Dini, l’histoire des sens

Le public verra des œuvres de Jean-Baptiste Carpeaux, Eugène Carrière, Carolus-Duran, Gustave Doré, LouisHippolyte Flandrin, Jean-Léon Gérôme, Auguste Morisot, Victor Orsel, Odilon Redon, Auguste Rodin, Théodore Rousseau, Louise Abbema, Jean Seignemartin, François Vernay, Antoine Vollon, Felix Ziem... Des peintures qui renouvellent l’iconographie des sens, des allégories héritées des siècles précédents à des représentations plus intimistes et naturalistes et permettent à l’imaginaire de s’évader vers d’autres cieux.

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Pour fêter ses 15 ans d’existence, le musée Paul-Dini choisit l’éveil des sens. Tentations, l’appel des cinq sens propose de réunir une centaine de toiles courant sur la période 1830-1914 avec le soutien exceptionnel du musée d’Orsay et d’autres musées et collections privées. L’exposition se découpe en neuf sections, le grand genre, les cinq sens, les tentations galantes, le sublime et l’ailleurs.

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Anne et Patrick Poirier,

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Première exposition rétrospective française consacrée à Anne et Patrick Poirier, Danger zones reprend le titre d’une de leurs pièces, créée en 2001. Emblématique et prémonitoire, cette œuvre ouvre la première salle du « voyage sans carte » réalisé par l’un des tout premiers couples de l’art contemporain, celle appelée salle des Ruines du futur où l’on retrouve également Exotica, une œuvre que les amateurs avaient pu découvrir lors de la 5e Biennale d’art contemporain. Les époux Poirier, qui se présentent eux-mêmes comme architectes-archéologues, s’intéressent depuis leur séjour à Rome – ils ont été pensionnaires de la villa Médicis de 1967 à 1971 – et leurs premiers travaux communs, à la mémoire. Ce sujet innerve depuis lors leurs recherches, lesquelles consistent à visiter, fouiller, collecter et inventorier des sites et des vestiges issus des civilisations anciennes. A partir de cette matière, ils construisent leurs propres œuvres, comme la série Mésopotamie (2012-2016), allégories monochromes des destructions en cours au Moyen-Orient ou Hatra, un tapis évoquant le martyre de la cité irakienne détruite par les intégristes de Daech. Fascinés par les ruines depuis leurs débuts, ils ont imaginé un « voyage où les temps et les lieux se mêlent, un voyage sans chronologie ni carte, à travers les paysages de notre mémoire, à travers [nos] travaux anciens et nouveaux.  » Ainsi s’attachent-ils dans cette exposition à proposer un voyage « aventureux et imprévisible » dans les méandres de leur œuvre visionnaire et monumental, des « ruines du futur » aux « mémoires englouties » en passant par les « regards intérieurs », les « incertitudes et l’oubli ». Le visiteur parcourt 30 ans de création, entre maquettes gigantesques et herbiers minuscules, entre noirceur et lumière dans un parcours qui présente une quarantaine d’œuvres sur 1200 m2. Dont Daidalopolis, créée spécialement pour l’exposition, qui invite à «  s’envoler par la pensée dans une métaphorique arche de Noé de la culture aux allures de drone  ». Après cette exposition impressionnante, le musée exposera en mars prochain le grand sculpteur catalan Jaume Plensa en même temps que toutes sortes d’objets de design sortis des collections à l’occasion de la Biennale du design pour un accrochage intitulé Quand le design fait son cinéma.

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la poésie des ruines et des cataclysmes

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MUSÉE PAUL-DINI

Les 20 ans du musée archéologique

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e musée archéologique de Saint-Romain-en-Gal souffle ses vingt bougies. Construit sur le site découvert 30 ans plus tôt à l’occasion de la construction d’un établissement scolaire, le musée se singularise par un espace d’exposition construit sur pilotis qui reprend le tracé de la maison dite au lion, l’une des vastes domus gallo-romaines mises au jour sur le site.

Sur 7 ha, les archéologues s’activent depuis 1968 à fouiller ce qui est devenu l’un des plus importants sites gallo-romains d’Europe, avec des thermes, des ateliers, des boutiques, des entrepôts... Le musée, qui a accueilli environ 2 millions de visiteurs depuis son ouverture, a prévu de célébrer dignement l’événement avec deux jours de festivités pour l’ouverture de la prochaine exposition Les mythes fondateurs, d’Hercule à Dark Vador (22 et 23 octobre prochain).

En juin, le musée remet le couvert avec la célébration des 50 ans du site archéologique. Au cours de l’année auront été collectés des témoignages des riverains, de collégiens, d’artistes, d’archéologues et d’écrivains sur leurs souvenirs du site, qui seront scellés dans un coffre, une « capsule temporelle », qui fera l’objet d’une première présentation en janvier. Avant d’être enfouie lors d’un second week-end d’anniversaire les 24 et 24 juin 2017 et ré-ouverte dans 50 ans. L’occasion de découvrir également « les trésors et secrets enfouis et révélés du site archéologique », dont quelques résultats des dernières recherches effectuées sur ce lieu de 2 000 ans d’âge.

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Durant ce week-end le musée propose aux visiteurs un avant-goût des nombreux rendez-vous qui auront lieu tout au long de la saison. Soit des impostures théâtrales ludiques au sein des collections, un défilé de mode à l’antique, des dégustations à la romaine, des impromptus chorégraphiques et musicaux, des regards de jeunes artistes photographes sur les collections, des visites des coulisses (réserves et atelier de restauration), des conférences archéologiques et des échanges avec les équipes chargées des publics. Tout un programme autour d’une exposition qui devrait assouvir autant la soif de connaissances que celle du jeu.

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Musée de Grenoble

Les années parisiennes de KANDINSKY

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Bleu de ciel, 1940

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Sans titre, 1940, AM, 1976

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uelle bonne nouvelle ! Un des pères européens de l’abstraction constitue le sujet de la prochaine exposition au musée de Grenoble. Après Chagall en 2011, le 29 octobre, un nouvel accrochage présente 70 œuvres de Vassily Kandinsky, peintures et aquarelles, les plus tardives et les moins connues, issues de sa période dite « parisienne ». Dans le cadre des 40 ans du Centre Pompidou, le prestigieux musée parisien prête des œuvres de son fonds un peu partout en France, et c’est le musée de Grenoble qui ouvre les festivités. Cette période parisienne qui s’étale sur 10 ans (1933-1944) permet de découvrir un autre Kandinsky que celui de Point et ligne sur plan. Après la fermeture définitive de l’école du Bauhaus par les nazis, le peintre russe est obligé de s’exiler et s’installe à Paris (ou plutôt Neuilly sur les conseils de Marcel Duchamp) avec sa femme. C’est là qu’il rencontre celui-ci, Paul Eluard, Tristan Tzara, se lie d’amitié avec Jean Arp et sa femme Sophie Tabauer-Arp (son dernier texte lui sera consacré à l’occasion de sa disparition), Joan Miro. Il va développer un style tout à fait original, synthèse du vocabulaire géométrique hérité de ses années Bauhaus et des tracés ondulants et aléatoires des décennies précédentes. On voit surtout qu’il invente des formes inspirées de ses lectures scientifiques sur l’évolution des formes de vie, le fonctionnement des cellules, l’embryologie qui tiennent à la fois d’animalcules imaginaires et de globules déliquescents, comme celle qu’on peut voir sur le tableau Bleu de ciel qui fait office d’affiche. Ainsi naît un répertoire formel inédit, aux lignes courbes et aux harmonies colorées qui laisse affleurer une douce mélancolie, un exil physique devenu exil intérieur. A partir d’une chronologie précise, l’exposition déroule dix ans de recherches picturales, émaillées par des images d’archives, des revues, des photographies, des lettres issues du fonds Kandinsky et de la bibliothèque de l’artiste, léguée par sa femme Nina au Centre Pompidou. Une exposition événement, à ne manquer sous aucun prétexte ! Sans oublier celle consacrée au peintre grenoblois Henri Fantin-Latour, qui aura lieu au printemps.

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Le multi-primé La tête haute (Emmanuelle Bercot, 2015) a été majoritairement tourné dans le Vercors et à Meyzieu, dans le Rhône

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RHÔNE-ALPES CINÉMA

Acteur majeur de promotion régionale

Quel point commun pourrait-il y avoir entre Fatima de Philippe Faucon, Snow Therapy, la pépite suédoise de Ruben Östlund, ou le récent Floride de Philippe le Guay ? Ce sont de bons films, d’accord. Mais encore  ? Les trois films ont été tournés majoritairement en région Rhône-Alpes et coproduits par Rhône-Alpes Cinéma. Trois œuvres qui se fondent dans un catalogue comprenant désormais plus de 250 références, minutieusement répertoriées depuis la création du fonds régional à la création et à la production cinématographique en 1990. Un rythme de 10 à 15  films par an qui en fait le plus important après celui de l’Île-deFrance. Rhône-Alpes Cinéma représente une capacité d’investissement d’un peu plus de 3 M€, constituée par des apports de la Région et du CNC sans oublier les recettes générées par l’exploitation en salle. Et si l’argent reste le nerf de la guerre (et de la production de longs métrages), la structure assure également des missions d’accompagnement et de diffusion des films auprès du public. Un acteur majeur du paysage culturel français que nous devons au metteur en scène Roger Planchon, fondateur, il y a maintenant 26 ans, du Centre européen cinématographique Rhône-Alpes, sa maison-mère. Entouré d’un solide réseau de professionnels (Rhône-Alpes Studios qui anime le Pôle pixel à Villeurbanne), RhôneAlpes Cinéma continue de stimuler la filière économique de l’image sur son territoire, à l’affût des projets innovants et des nouvelles technologies qui écriront le cinéma de demain.

Poussières dans le vent, chef-d’œuvre précoce de Hou Hsiao-hsien (1986)

D.R.

A l’Institut Lumière, l’événement de la rentrée se nomme Agnès Varda. Notre Franco-Belge préférée se déplacera le 27 septembre jusqu’à la rue du Premier film pour honorer la rétrospective qui lui est consacrée. Au programme, une rencontre animée par Thierry Frémaux suivie de la projection des Glaneurs et la Glaneuse, l’un de ses films emblématiques. L’occasion pour retardataires et nostalgiques de se plonger dans l’univers de la réalisatrice Nouvelle Vague à l’indécrottable coupe au bol avec Cléo de 5 à 7, Sans toit ni loi ou encore l’auto-docu Les Plages d’Agnès, à découvrir jusqu’au 2 octobre. Ne ratez pas non plus la Nuit Batman samedi 24 septembre qui confrontera les visions de Burton et de Nolan, la venue de Jane Birkin le 13 septembre et la rétrospective Hou Hsiaohsien, présentée par Pierre Rissien, qui permettra de découvrir cinq œuvres de jeunesse du maître taïwanais, parmi lesquelles le culte Poussières dans le vent le 21 septembre.

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supplément LEVER DE RIDEAU

L’Institut Lumière fait sa rentrée

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> CÔTÉ SCÈNE(S), QU’EST CE QUI SE TRAM… L’actualité des scènes et de la culture stéphanoise

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C

e pourrait être un éclair carmin perçant la voilette d’un petit chapeau noir. Ou de grands yeux ébahis dans la lumière du soir… Certains retiennent d’elle l’amante éplorée d’un pays lointain, dissimulant ses sentiments derrière un éternel chagrin. Beaucoup évoquent, émus, le froissement d’une étoffe sur sa peau nue. Les cinéphiles revoient la brune Catherine Dorléac, bataillant avec un nœud de cravate dans Les Collégiennes d’André Hunebelle, son tout premier rôle en 1957. Les nostalgiques, eux, se remémorent Catherine Deneuve, devenue blonde à faire chavirer les cœurs, riant sous des ombrelles de toutes les couleurs. Voilà près de 50 ans que la « Parisienne du 17e » s’amuse à faire tourner les têtes sous l’œil conquis des plus grands réalisateurs. Au fil des décennies, la belle enchaîne les succès comme autant de perles sur un collier précieux. Plus de 25 de ses films ont dépassé le million d’entrées, deux ont reçu la Palme d’or cannoise (Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Dancer in the dark en 2000), neuf lui ont valu une nomination aux Césars – qu’elle obtient pour Le Dernier Métro en 1981 et Indochine en 1993. Certes, la demoiselle de Rochefort n’a jamais fait de théâtre. Trop de trac. Mais elle n’hésite pas à prendre des risques, ose le contre-emploi. De l’univers naïf et (en)chanté de Jacques Demy à l’air vicié de Buñuel, de la gravité de Truffaut à la perversion de Roman Polanski, elle relève les challenges, cultive le mystère. Sans que jamais ne soit remis en cause son statut de star. Et pourtant, la voilà qui grince des dents à chaque fois qu’on lui répète qu’elle est « la grande dame du cinéma français ». Peut-être par modestie. Peut-être parce que, née le 22 octobre 1943 de parents comédiens, Catherine Deneuve n’a jamais eu la vocation du cinéma. C’est sa sœur, la regrettée Françoise Dorléac, qui la pousse à faire ses premiers pas. Aujourd’hui encore, elle est l’une des rares actrices françaises à avoir acquis une stature internationale. Hors frontières, elle symbolise le charme et le 7e art « à la française ». Pour toutes ces raisons, et bien d’autres, le Festival Lumière lui remettra son prix Lumière le 14 octobre prochain. Une récompense de plus dans la carrière de celle que l’on dit d’une grande intelligence, énergique, charismatique, puissante. « Elle est l’homme que j’aurais voulu être, » déclarait son inoubliable compagnon de scène Gérard Depardieu. Mais c’est André Téchiné qui la résume le mieux. Son réalisateur fétiche, sous la caméra duquel elle a tourné 7 fois, la qualifie comme « l’émanation de la lumière du soir, de l’étendue et du silence ». Un silence où s’égrènent, lointaines, les notes d’une mélodie des jours passées. Mi fa sol la mi ré.

Catherine Deneuve dans Belle de jour (Luis Buñuel, 1967)

© R. Voinquel

FESTIVAL LUMIÈRE

d’ombre et de Lumière

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supplément LEVER DE RIDEAU

Catherine Deneuve

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Du 8 au 16 octobre, le Festival Lumière émerveillera les cinéphiles pour la 8e année consécutive. Aux côtés de Catherine Deneuve, qui recevra son prix Lumière « pour ce qu’elle est (…), ce qu’elle joue, ce qu’elle chante et ce qu’elle enchante depuis toujours et pour toujours », le président Thierry Frémaux promet une fois encore quelques grands moments d’émotion. Pourquoi ne pas réviser ses classiques grâce à la rétrospective Marcel Carné  ? Revenir en enfance avec Le Géant de fer, premier chef-d’œuvre animé signé Brad Bird  ? Voyager à travers les âges du cinéma français grâce à Bertrand Tavernier ? Tirer son chapeau à Walter Hill, père de ces Guerriers de la nuit devenus cultes ? À moins de lorgner du côté de notre sélection, naviguant entre nostalgie des années 20, franches rigolades et souvenirs cauchemardesques…

Festival Lumière

Lumière sous les projecteurs

Soirée Buster Keaton Le festival nous replonge dans l’univers cartoonesque du plus burlesque des enfants d’Hollywood en organisant un ciné-concert d’exception à l’Auditorium. Mené à la baguette par Timothy Brock, l’Orchestre national de Lyon redonne vie à La Maison démontable de Malec et Sherlock Jr., deux œuvres majeures du casse-cou Keaton à (re)découvrir d’urgence le 11 octobre. Buster Keaton dans Sherlock Jr (1924)

Nuit Bandes de potes

L’aventure, c’est l’aventure (Lelouch, 1972)

Le 15 octobre, la halle Tony-Garnier célèbre l’amitié jusqu’au bout de la nuit. Débutez donc par une grande « Lelouch » de L’aventure, c’est l’aventure avant de vous « Poiré » avec Mes meilleurs copains. Et puis pourquoi pas partir en Very Bad Trip direction Las Vegas, puis déguster un petit verre de vin chaud en compagnie des Bronzés ? Un pour tous et tous (les films) pour une (soirée). Que l’on se rassure, le gîte comprend aussi dortoir d’appoint et petit-déjeuner.

Retro Universal Monsters Tremblez spectateurs, car voici venu le temps d’affronter vos peurs les plus anciennes. De cette époque où le cinéma, encore habillé de noir et blanc, faisait grincer les portes des placards et ruisseler les larmes sur les joues des plus émotifs. Dracula, Frankenstein, L’Homme invisible, La Créature du lagon noir... autant de personnages my(s)tiques qui font leur retour sur grand écran. Et vont vous faire frissonner tout au long de la semaine. Dracula (Browning, 1931)

Peut-être est-ce parce que Catherine Deneuve est la première femme lauréate du prix Lumière, mais l’édition 2016 du festival semble décidément placée sous le signe du girl power. De la belle Gong Li, invitée d’honneur, aux grandes actrices d’Hollywood des années 30-50 en passant par Dorothy Arzner, réalisatrice de poigne qui dirigeait les hommes, le sexe féminin sera résolument sur le devant de la scène. Messieurs, chacun son tour...

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Gong Li, invitée d’honneur du Festival Lumière

supplément lever de rideau

Femmes, je vous aime

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FESTIVALS

Auvergne-Rhône-Alpes fait son cinéma

Rire, sourire, frissonner, pleurer, s’émerveiller... le cinéma décline une palette d’émotions que relaient les festivals comme autant de miroirs. De la petite manifestation de campagne à la machine marketing à gros budget, ils sont 50 recensés par le label Festivals Connexion à faire rythmer les scènes auvergnate et rhônalpine, dérouler de la pellicule à destination de cinéphiles toujours plus avides de découverte. Les plus grands misent sur leur dimension nationale, voire internationale, les plus petits s’entourent de bénévoles passionnés, préférant les jeunes talents aux têtes d’affiche… Qu’importe leur taille, ces rassemblements s’immiscent dans la vie culturelle de leurs communes au point de créer de véritables communautés. En pleine nature ou au sein de modernes infrastructures, ces armes de coopération massive participent au rayonnement d’un territoire à jamais berceau du 7e art.

Parmi eux… Enraciné dans le Puy-de-Dôme, le Festival du court-métrage a tout d’un grand. Au point d’être référé comme le « mini Cannes », excusez du peu. Depuis bientôt 40 ans, il traîne ses petits succès de salle en salle, révèle au public les noms de Klapisch, Giannoli, Jeunet, Podalydès… Avec quelque 150 000 entrées annuelles, la manifestation occupe aujourd’hui la 2e  place nationale en terme de fréquentation. Derrière Cannes, justement. Du 3 au 11 février 2017, elle remet le couvert pour la 39e fois. Avec, au menu, cet éclectisme qui fait le sel du festival et le traditionnel marché du film, où gravitent quelque 3 500 professionnels en recherche avide de pépites artistiques.

César 2016 du meilleur court-métrage d’animation, Le Repas dominical (Céline Devaux) a auparavant reçu le prix spécial du Jury à Clermont-Ferrand

© D. Touati

En août, la petite commune ardéchoise s’éveillera une fois de plus au son du clap à l’occasion des Etats généraux du film documentaire. Initiée en 1989, cette manifestation annuelle met à l’honneur le difficile exercice du réel capturé en format 16 mm. Programmation éclectique et réjouissante, tables rondes et rencontres professionnelles... Le festival ne manque pas une occasion d’initier le spectateur à cet art à part entière, trop souvent méconnu du grand public.

Lussas, l’assemblée extraordinaire du documentaire Annecy, le bonheur est dans l’animé

La Rentrée des classes (Stéphane Aubier, Vincent Patar), prix du Jury pour un spécial TV

D.R.

Avec quelque 500 films projetés chaque année, le Festival international du film d’animation d’Annecy s’impose comme le rendez-vous mondial en la matière. Compétition de longs et courts métrages, films de télévision et de fin d’études, avant-premières, rétrospectives... L’événement quadragénaire poursuit sa quête avec persévérance et passion : dénicher les tendances et repérer les talents de demain. Prochaine édition du 12 au 17 juin 2017.

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supplément LEVER DE RIDEAU

Frère et Sœur (Daniel Touati), découverte d’une fratrie complice aux EG de Lussas 2015

D.R.

Clermont-Ferrand, le festival au long court

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agenda THÉÂTRE EDITH EST CÉLIBATAIRE

ANTIGONE – SOPHOCLE

JONATHAN LAMBERT

PAPA, MAMAN… – BOURDELLE L’Espace Gerson 4 octobre

L’AMOUR EST UNE DURE LUTTE – CHENELAT / PALANDRI

LES TROUBADOURS DU CHAOS

Bonlieu 4 au 8 octobre

IMPRO MATRUS – LISA IMPRO

Ailleurs Café-Théâtre 2 octobre

L’ÉVENTAIL DE LADY WINDERMERE – WILDE

Théâtre Tête d’Or 13 septembre au 12 novembre

ILLUSIONS – VIRIPAEV L’Elysée 14 au 16 septembre

ADOPTE – CAMUS L’Espace Gerson 14 au 17 septembre

FEMME NON RÉÉDUCABLE MASSINI Acte 2 Théâtre 15 et 16 septembre

UN SPECTACLE VIVANT… OU PRESQUE – CHARTIER La Basse Cour 15 au 17 septembre

STÉRÉOSCOPIA – DUPONT TNG 20 au 24 septembre

JEFFEREY JORDAN

La Ricane 23 septembre au 1er octobre

BÉRENGÈRE KRIEF Salle Aristide Briand 27 septembre

CANNIBALE – D’HALLUIN L’Elysée 27 au 30 septembre

LA CANTATRICE CHAUVE IONESCO ELECTRE – SOPHOCLE TNP 4 au 15 octobre

1336 (PAROLE DE FRALIBS) DURAND

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES – CARROLL

Le Boui-Boui 4 octobre au 30 décembre

VOYAGE VOYAGE SIX-SOUS

Le Repaire de la Comédie 5 octobre

L’HÉRITIER DE VILLAGE MARIVAUX

Théâtre de la Renaissance 5 au 7 octobre

PAR-DELÀ LES MARRONNIERS – RIBES

Comédie de Saint-Etienne 5 au 7 octobre

L’AMANTE ANGLAISE – DURAS

ANDORRA – FRISCH

DONNE-MOI TA CHANCE IANNUCCI

La Basse Cour 28 septembre

Centre Charlie Chaplin 5 au 12 octobre

MOI BEAU ET MÉCHANT NADER Ailleurs Café-Théâtre 30 septembre

KILLING JOKE – DEDO Transbordeur 30 septembre

QUE DEMANDE LE PEUPLE ? – MEURICE

Radiant 30 septembre et 1er octobre

CARTON ROUGE – JOUFFRE Le KFT 30 septembre au 2 octobre

MISSION FLORIMONT DANINO / AZZOPARDI

Comédie Odéon 30 septembre au 25 février

OCTOBRE UN PÈRE PRESQUE PARFAIT JIBÉ Les Tontons Flingueurs 1er octobre

DANS TA BULLE – FLIPO

Le Complexe du Rire 5 au 29 octobre

KBARET TOPICK

La Basse Cour 5 octobre au 7 décembre

ET MON MAL EST DÉLICIEUX – QUINT Radiant 6 octobre

ON NE PEUT PAS RIRE DE TOUT – TIMSIT Bourse du Travail 6 octobre

ANGELS IN AMERICA KUSHNER

Théâtre de la Croix-Rousse 6 au 8 octobre

UNE CARMEN EN TURAKIE TURAK MC2 6 au 7 octobre

ALEX LUTZ – DINGLER Théâtre de Roanne 7 octobre

ANTOINE DEMOR GRATTE LE VERNIS La Ricane 7 et 8 octobre

THOM TRONDEL

Ailleurs Café-Théâtre 7 et 8 octobre

HOMMAGE À L’HUMOUR AU FÉMININ – PARSY Le KFT 7 au 9 octobre

MARC-ANTOINE LE BRET FAIT DES IMITATIONS Radiant 8 octobre

Le Rideau Rouge 10 octobre

L’Âne Rouge 10 octobre au 19 novembre Comédie de Saint-Etienne 11 au 14 octobre

LA CUISINE D’ELVIS – HALL Comédie de Saint-Etienne 11 au 21 octobre

RÈGLES DU SAVOIR-VIVRE DELORE Comédie de Saint-Etienne 18 au 20 octobre

RUMEUR ET PETITS JOURS RAOUL COLLECTIF Théâtre de la Croix-Rousse 11 au 15 octobre

CHIENNE DE VIE – CALAFERTE/POMMERAT... Théâtre de la Renaissance 11 au 15 octobre

LA GRENOUILLE AVAIT... THIERRÉE Théâtre des Célestins 11 au 23 octobre

LA FEMME EST LE MEILLEUR AMI DE L’HOMME Le Rideau Rouge 11 octobre au 30 décembre

TA VIE SERA PLUS MOCHE QUE LA MIENNE - SUPER

Le Rideau Rouge 17 octobre

Théâtre de la Renaissance 17 au 27 octobre

Le Rideau Rouge 17 octobre au 2 novembre

VALÉRIE LEMERCIER Bourse du Travail 18 octobre

DORMIR CENT ANS – BUREAU MC2 18 au 20 octobre

GRANDIS ! ELODIE ARNOULD La Basse Cour 19 octobre

LE CADAVRE ENCERCLÉ LES MONTURES DU TEMPS Centre Charlie Chaplin 19 et 20 octobre

ÇA MARCHE POUR MOI LOPEZ L’Espace Gerson 19 au 22 octobre

UN SPECTACLE DISCRET CAMIL & AUREL La Basse Cour 20 au 29 octobre

JUST D’JAL – D’JAL Radiant 21 octobre

L’Espace Gerson 12 au 15 octobre

MOLIÈRE MALGRÉ MOI PERRIN

TNP 12 au 19 octobre

101 TRUCS À FAIRE– MARTINEAU

TNG 12 au 19 octobre

TANGO SOLO – GELAS

Le Complexe du Rire 12 au 29 octobre

L’ARISTO DU CŒUR BONNET / VAN HOUTTE

Théâtre des Marronniers 12 au 23 octobre

LA FOLLE HISTOIRE DE MICHEL MONTANA OLDELAF ET ALAIN

BOUVARD ET PÉCUCHET FLAUBERT HIKIKOMORI – LE REFUGE MATHIEU

Théâtre Tête d’Or 21 et 22 octobre

Ailleurs Café-Théâtre 21 et 22 octobre

J’SUIS PAS MALADE ! – LAQUET

La Ricane 21 au 29 octobre

RÈGLES DU SAVOIR-VIVRE LAGARCE

Le KFT 21 au 30 octobre

ZE DÉTECTIVE – LONGEAC / GIMENEZ Les Vedettes 12 octobre au 30 décembre

ANGE ET DÉMENTE RODRIGUEZ La Basse Cour 13 au 15 octobre

L’Espace Gerson 22 octobre

NINA ET LE ROYAUME SANS COULEUR – CHAMBON Le KFT 25 octobre

IMAGINE-TOI – COTTEREAU

QUAND JE SERAI GRAND PLAVERET / LOPEZ

COMME VIDER LA MER AVEC UNE CUILLER JAULIN

DINO FAIT SON CROONER, SHIRLEY FAIT SA CRÂNEUSE SHIRLEY & DINO

Théâtre de Vénissieux 14 octobre

Théâtre Théo Argence 14 octobre

L’Espace Gerson 25 au 28 octobre

Théâtre Tête d’Or 25 au 29 octobre

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Les Tontons Flingueurs 1er octobre au 25 décembre

NOVECENTO DIDIER LAURENT UDO COMPLÈTEMENT À L’EST – WEYERGANS/HERCULE

EN ROUGE ET NOIR CÉCILE & GWEN

La Basse Cour 29 septembre au 8 octobre

L’Elysée 14 au 21 octobre

ÉTATS D’ÂMES – DELEPAUT

L’Espace Gerson 5 au 8 octobre

L’ENCYCLO SPECTACLE BIRD

ROMULUS LE GRAND DÜRRENMATT

JIM FAIT SON BURNE OUT FLIPO

Le Boui-Boui 4 octobre au 30 décembre

Théâtre des Célestins 27 septembre au 8 octobre

Théâtre de la Croix-Rousse 29 septembre au 1er octobre

Comédie Triomphe 9 octobre au 11 décembre

La Ricane 14 et 15 octobre

HYMNE À LA JOIE – THAÏS

ZELENKA – VERA

S’IL SE PASSE QUELQUE CHOSE- DEDIENNE

L’Espace Gerson 8 au 29 octobre

Radiant 14 octobre

NOVECENTO – DIDIER LAURENT

LE TEMPS DES MONSTRES ETESSE

Théâtre des Célestins 28 septembre au 8 octobre

TNP 8 au 16 octobre

supplément LEVER DE RIDEAU

SEPTEMBRE

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agenda THÉÂTRE IL FAUT QUE JE VOUS EXPLIQUE – KAMINI L’Espace Gerson 26 au 29 octobre

LES DENTS DU BONHEUR MARCELAT / URBAIN / CARLIER Le KFT 27 octobre

BÉNÉDICTE VIDAL SORT LES GRIFFES

Ailleurs Café-Théâtre 28 et 29 octobre

CABARET BURLESQUE BURLESQUE KLUB

Le Rideau Rouge 30 octobre au 27 novembre

J’AI FAIT UNE BELLE CROISIÈRE - JEAN-PIERREBOURNAY/GESKOFF Pôle Festif du Fay 16 au 17 octobre

MOTS EN SCÈNE

Magic Mirror Du 17 au 19 octobre

FESTIVAL SENS INTERDITS Théâtre des Célestins 20 au 28 octobre

LA NUIT JUSTE AVANT LES FORÊTS – KOLTES Théâtre des Marronniers 22 au 26 octobre

YO MATE À PINOCHET FLORES L’Elysée 22 au 25 octobre

PIÈCES D’IDENTITÉ – PIAT Théâtre Tête d’Or 24 et 25 octobre

BIGRE – GUILLOIS Théâtre du Parc 24 octobre

HATE RADIO – RAU

Centre Charlie Chaplin 27 et 28 octobre

MON COLOCATAIRE EST UNE GARCE – BLIND

Comédie de Grenoble 27 octobre au 1er novembre

LA BELLE-MÈRE – PARSI

KFT 30 octobre au 14 novembre

NOVEMBRE LUCKY « EN RODAGE » CLAUDIA TAGBO Le Briscope 2 novembre

LA RÉSISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI – BRECHT Bonlieu 2 au 6 novembre

LA BOÎTE – SIMÉON TNP 2 au 10 novembre

LE CASTING DE MA VIE – BLIND

L’Elysée 3 au 10 novembre

S’IL SE PASSE QUELQUE CHOSE – DEDIENNE

L’ART DU RIRE JOS HOUBEN

SI ÇA NE VOUS DÉRANGE PAS – SARROCHE

BRANDON CHEVOPPE & MAX DUCREST GALTIÉ

MARIA-XIX-STAR – FOUR

Théâtre de Villefranche 9 novembre

L’OPÉRA DE QUAT’SOUS BRECHT

L’Espace Gerson 9 au 12 novembre

Théâtre des Marronniers 3 au 15 novembre

Théâtre de la Croix-Rousse 3 au 12 novembre

LES GATOS NEGROS Le Complexe du Rire 3 novembre

ERRANCE MODERNE TEXIER La Basse Cour 3 au 12 novembre

JE VOUS ÉCOUTE BÉNABAR/REYES Radiant 4 novembre

LA NONNA – COSSA / MOMUS GROUP Théâtre de Vénissieux 4 novembre

LE SCRIPT – LAROUSSE Théâtre Théo Argence 4 novembre

ELLE(S) – BAD ASS COMPAGNIE Le Polaris 4 novembre

LA CURIOSITÉ DES ANGES CERVANTES La Trame 4 novembre

AH ZUT ! – CHAMPETIER Le KFT 4 au 6 novembre

JULIEN SANTINI S’AMUSE La Ricane 4 au 12 novembre

VOYAGE VOYAGE SIX-SOUS Ailleurs Café-Théâtre 5 novembre

JAMEL COMEDY CLUB Bourse du Travail 5 novembre

TOUT EST POSSIBLE KEV & GAD Halle Tony Garnier 5 et 6 novembre

CROSS OU LA FUREUR DE VIVRE – ROSSELO-ROCHET Comédie de Valence 7 au 10 novembre

PULSIONS – KHOJANDI Radiant 8 novembre

LA RELIGIEUSE – DIDEROT Les Pénitents 8 novembre

ACCESO – LARRAIN/FARIAS Théâtre des Célestins 8 au 9 novembre

LA COMPAGNIE DES SPECTRES – SALVAYRE

BLED RUNNER – FELLAG Centre Charlie Chaplin 10 novembre

NOCES DE ROUILLE SCHWINGROUBER

LA PEAU D’ELISA FRÉCHETTE

Théâtre de l’Iris 18 au 25 novembre

ATYPIQUE – JARRY

Ailleurs Café-Théâtre 11 et 12 novembre

Le Rideau Rouge 20 novembre

ERIC COLLADO JOUE POUR VOUS

L’AMOUR EST DANS LE PRÊT CARAT

LE VIVIER DES NOMS NOVARINA

LE SECRET DU BONHEUR BIÈCHE

TNP 14 au 16 novembre

LA CHANSON DE ROLAND LE ROMAN DE RENARD TRISTAN ET YSEULT TNP 14 au 26 novembre

JACHÈRE – RUF

MC2 15 au 17 novembre

MURS – RICHIER/SEFSAF Théâtre de la Croix-Rousse 15 au 19 novembre

RÉPARER LES VIVANTS KERANGAL Comédie de Valence 15 au 19 novembre

COSMOS 110 DESTERMEAU / SÉGUI TNG 15 au 20 novembre

TABLEAU D’UNE EXÉCUTION – BARKER

Théâtre des Célestins 15 novembre au 7 décembre

FENÊTRES – BOLZE Hexagone 15 au 16 novembre

JACHÈRE – RUF

MC2 15 au 17 novembre

MON TRAÎTRE – CHALANDON Radiant 16 novembre

EN DOUCE ! – LUCAS La Basse Cour 16 novembre

L’Âne Rouge 21 novembre au 31 décembre

FAMILIE FLOZ TEATRO DELUSIO

Espace Albert Camus 22 novembre

LE TEMPS ET LA CHAMBRE – STRAUSS TNP 22 au 26 novembre

SELLIG, ÉPISODE 5 Le KFT 22 au 30 novembre

BELLES PERDUES – IMP’ACTE La Basse Cour 23 novembre

NORMAN SUR SCÈNE Bourse du Travail 23 novembre

JOFFREY VERBRUGGEN L’Espace Gerson 23 au 26 novembre

L’ART DE LA COMÉDIE FILIPPO

Théâtre de la Croix-Rousse 23 novembre au 1er décembre

LE BRUIT COURT L’AVANTAGE DU DOUTE

Théâtre des Célestins 23 novembre au 3 décembre

LA FEMME ROMPUE BEAUVOIR Radiant 24 novembre

CORPS DIPLOMATIQUE GOERGER TNG 24 et 25 novembre

ARNAUD COSSON ET CYRIL LEDOUBLÉE

EVAPORATED LANDSCAPES – INGVARTSEN

CHARTIER

LE POISSON BELGE CONFINO

Le KFT 16 et 17 novembre

L’Espace Gerson 16 au 19 novembre

LA MOUETTE – TCHEKHOV

La Buire 9 novembre

L’Elysée 17 au 25 novembre

Le Complexe du Rire 2 novembre au 10 décembre

Théâtre Jean Vilar 9 au 10 novembre

Théâtre Tête d’Or 17 novembre au 14 janvier

Comédie de Valence 3 et 4 novembre

Comédie de Saint-Etienne 8 au 10 novembre

MURS – RICHIER/SEFSAF

LES OURS – TCHEKHOV

MELTING POT – DUVAL

ROMULUS LE GRAND DÜRRENMATT

SILENCE, ON TOURNE ! HAUDECŒUR

LES ARMOIRES NORMANDES CHIENS DE NAVARRE

LES ARMOIRES NORMANDES LES CHIENS DE NAVARRE

LE MURMONDE LES INDIENS

Centre Charlie Chaplin 18 novembre

Théâtre de la Renaissance 25 novembre Radiant 25 et 26 novembre

LE FAISEUR – BALZAC Sémaphore 25 et 26 novembre

SHERLOCK HOLMES – DOYLE Théâtre de la Renaissance 25 au 27 novembre

SOULIERS ROUGES NAMUR / ARTAUD

Théâtre de Vénissieux 25 au 28 novembre

DESSINE-MOI UN MOUTON SAINT-EXUPÉRY Espace Albert Camus 26 novembre

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Le Complexe du Rire 2 novembre au 3 décembre

La Ricane 18 au 26 novembre

Radiant 19 novembre

Comédie de Clermont 16 au 19 Novembre

CHACUN FAIT C’QUI LUI PLAÎT ! – MARCONNET / MAYET

Théâtre de Vénissieux 18 novembre

Le KFT 10 au 13 novembre

Théâtre de Vienne 8 au 9 novembre

Les Vedettes 2 au 26 novembre

supplément LEVER DE RIDEAU

GAGARIN WAY – BURKE

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agenda THÉÂTRE Théâtre de Roanne 29 novembre

ILS S’AIMENT DEPUIS 20 ANS LAROQUE / PALMADE Halle Tony Garnier 29 et 30 novembre

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE – VERNE

Théâtre de l’Iris 29 novembre au 18 décembre

VENDS 2 PIÈCES À BEYROUTH – FERRARI Bourse du Travail 29 et 30 novembre

JE NE M’EN SOUVIENS PLUS – ALI

L’Elysée 29 novembre au 1er décembre

ÇA MARCHE POUR MOI LOPEZ Le Complexe du Rire 7 décembre au 14 janvier

LE PRINCE - MACHIAVEL Théâtre Jean Vilar 8 au 9 décembre

FORBIDDEN DI SPORGERSI MEUNIER Hexagone 8 au 9 décembre

SHIRLEY SOUAGNON & ADRIEN ARNOUX SE PRÉPARENT La Basse Cour 8 au 10 décembre

SUPER MADO – NOËLLE PERNA Le Zénith Saint-Etienne 9 décembre

L’OISEAU VERT - GOZZI TNP 16 au 24 décembre

DIDIER BOUCHAUD Ailleurs Café-Théâtre 17 décembre

WALY DIA GARDE LA PÊCHE ! Transbordeur 17 décembre

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES – CARROLL Le Rideau Rouge 17 au 30 décembre

CIRCUS INCOGNITUS ADKINS Théâtre des Célestins 17 au 31 décembre

LAURENT GERRA

NOUS LES FEMMES BIGARD

MARC JOLIVET

ACHNABOUR

MURS – RICHIER/SEFSAF

NINA ET LE ROYAUME SANS COULEUR

ROAD TRIP – LES QUAND MÊMES

Halle Tony Garnier 10 décembre

Radiant 20 décembre

UNE MOUETTE – TCHEKHOV

Les Pénitents 13 décembre

TNP 20 au 29 décembre

BATTLEFIELD – CARRIÈRE

Comédie de Saint-Etienne 13 au 15 décembre

La Basse Cour 30 novembre

Bonlieu 30 novembre et 1er décembre Radiant 30 novembre au 2 décembre

SHIRLEY SOUAGNON & ADRIEN ARNOUX SE PRÉPARENT L’Espace Gerson 30 novembre au 3 décembre

MEURTRE DE LA PRINCESSE JUIVE – LLAMAS TNP 30 novembre au 4 décembre

DÉCEMBRE LE ROI À LA TRISTE FIGURE – SHAKESPEARE/CERVANTÈS Théâtre des Marronniers 1er au 15 décembre

J’HABITE ENCORE CHEZ MA FEMME – CHRIS Le KFT 1er au 18 décembre

CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS NATAL – CÉSAIRE TNP 13 au 17 décembre

SUNAMIK PIGIALIK – FERRER TNG 13 au 18 décembre

HANSEL ET GRETEL – GRIMM Théâtre de la Croix-Rousse 13 au 21 décembre

LE RÊVE D’ARIANE QUATUOR ALFAMA

COMMENT GARDER SON CAAALME ! – LAMIA

À PARTAGER ELIE SEMOUN

THE KALKA SHOW – KALKA

Théâtre Théo Argence 14 décembre

Comédie Triomphe 24 décembre au 28 décembre

Radiant 14 décembre

ILS S’AIMENT DEPUIS 20 ANS LAROQUE / PALMADE

PAS NÉS SOUS LA MÊME ÉTOILE – VARDAR

UNE SAISON AU CONGO CÉSAIRE

REPRÉSAILLES – BOURGEOIS

Le Zénith Saint-Etienne 2 et 3 décembre

Le Complexe du Rire 14 au 30 décembre

Bourse du Travail 3 décembre

PROCESS COMEDY DE RUYVER / LESAFFRE Comédie Odéon 5 décembre

BATTLEFIELD – CARRIÈRE Théâtre de Villefranche 7 au 9 décembre

LE TEMPS ET LA CHAMBRE STRAUSS Bonlieu 7 au 9 décembre

DANS UN SPECTACLE DISCRET - CAMIL ET AUREL

Radiant 15 au 17 décembre

QUELQUE CHOSE EN NOUS DE DE VINCI – STAN La Basse Cour 15 au 17 décembre

DANS L’OMBRE STEVENSON

L’Elysée 15 au 21 décembre

SEA GIRLS – NICOLLE Théâtre des Célestins 15 au 31 décembre

ANGE OU ÉÉMON TERRY COMETTI Ailleurs Café-Théâtre 16 décembre

CAVALE – ANTONI La Ricane 16 et 17 décembre

LE CABARET EXTRAORDINAIRE

Théâtre de la Renaissance 16 au 18 décembre

Ailleurs Café-Théâtre 30 décembre

JANVIER ANGE OU DÉMON TERRY COMETTI

Théâtre des Célestins 10 au 14 janvier

PROMÉTHÉE ENCHAÎNÉ ESCHYLE Comédie de Valence 10 au 20 janvier

JE CROIS EN UN SEUL DIEU MASSINI Comédie de Saint-Etienne 10 au 20 janvier

MARIAG(ES) – TCHEKHOV Théâtre des Marronniers 11 au 29 janvier

VERTIGES – DJEMAÏ MC2 11 au 28 janvier

ALEX LUTZ Radiant 12 janvier

MADAME – DEVOS Théâtre de Roanne 12 janvier

ROMÉO ET JULIETTE SHAKESPEARE TNP 12 au 22 janvier

MADAME – DEVOS / JACOB

Radiant 13 janvier

LE RÊVE D’ANNA TROIS-SIX-TRENTE

Théâtre Théo Argence 13 janvier

LES VOISINS DU DESSUS – JYL Sémaphore 13 et 14 janvier

MELANCHOLIA – JANNELLE MC2 13 au 21 janvier

LE BON PLAN – BACHOT Le KFT 13 au 22 janvier

HYACINTHE ET ROSE – MOREL Théâtre de Vienne 14 janvier

2666 – BOLAÑO MC2 14 et 15 janvier

CLAIRIÈRE – FLACHER Les Ateliers 16 au 22 janvier

L’Âne Rouge 2 janvier au 11 février

LA GRENOUILLE AVAIT RAISON – THIERRÉE

L’Elysée 4 au 7 janvier

TEATRO DELUSIO – FAMILIE FLOZ

Théâtre de Villefranche 5 et 6 janvier

L’AVALEUR – STERNER

Comédie de Clermont 5 au 7 janvier

TARTUFFE NOUVELLE ÈRE MOLIÈRE

Ailleurs Café-Théâtre 6 et 7 janvier

AMPHITRYON – MOLIÈRE

LA GRANDE LOTERIE GOLEBIEWSKI MERLIN – QUÊTE DU GRAAL – DORST

BATTLEFIELD – CARRIÈRE PATRICK ADLER… EN VOIX ! J’SUIS PAS MALADE ! – LAQUET Le KFT 6 au 8 novembre

MADAME – DEVOS / JACOB Théâtre Théo Argence 7 janvier

BUCHETTINO – PERRAULT TNG 7 au 15 janvier

DANS UN SPECTACLE DISCRET - CAMIL ET AUREL Le Boui-Boui 7 janvier au 1er avril

Comédie de Clermont 16 au 21 janvier Théâtre du Vellein 17 et 18 janvier Hexagone 17 au 19 janvier

Théâtre de la Renaissance 17 au 21 janvier Théâtre des Célestins 17 au 28 janvier

LES ENIVRÉS – VIRIPAEV Théâtre de l’Iris 17 janvier au 4 février

#VÉRITÉ – VILLEMAGNE Comédie de Valence 17 janvier au 6 février

LA FILLE SUR LA BANQUETTE ARRIÈRE – SLADE / VADIM / REBOUL Théâtre Tête d’Or 17 janvier au 18 mars

119

L’Espace Gerson 7 au 17 décembre

Le KFT 22, 23 et 30 décembre La Ricane 23 et 30 décembre

Théâtre des Marronniers 14 au 18 décembre

SHOWMAN – KAVANAGH

DU RIFIFI À LA MORGUE DEVERS

Centre Charlie Chaplin 14 décembre

TNG 2 et 3 décembre

La Ricane 2 au 10 décembre

Espace Gerson 21 au 30 décembre

ABRAKADUBRA – VOIX OFF

PRIMITIFS – SCHWEIZER

FOU NORMAL ! – TOPICK

BRUCE TOUT (IM)PUISSANT FAUVEAU

JÉRÔME CHEVOPPE ET SON DUSSAUZE

MÉMOIRE SENSIBLE BERRUET

TNP 2 au 10 décembre

L’Espace Gerson 20 au 30 décembre

LA FAMILLE ROYALE VOLLMAN

supplément LEVER DE RIDEAU

RÉPARER LES VIVANTS KERANGAL

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 119

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agenda THÉÂTRE TAILLEUR POUR DAMES FEYDEAU Théâtre des Célestins 18 au 28 janvier

FÉVRIER

LES FAUX BRITISH LEWIS/SAYER/SHIELDS

LA MOUETTE – TCHEKHOV

LA NONNA – MOMUS GROUP

MALADIE DE LA JEUNESSE BUCKNER

Radiant 19 et 20 janvier

Centre Charlie Chaplin 19 et 20 janvier

DOM JUAN– MOLIÈRE MC2 19 au 28 janvier

LA TRAGÉDIE DU ROI CHRISTOPHE – CÉSAIRE TNP 19 janvier au 12 février

CLINC ! – PEP BOU

Théâtre de Vénissieux 20 janvier

ROMULUS LE GRAND DÜRRENMATT L’Echappé 20 janvier

VICTOR F – SHELLEY

Théâtre de la Croix-Rousse 23 janvier au 3 février

ANCIEN MALADE DES HÔPITAUX DE PARIS GUILLARD Théâtre de Roanne 24 janvier

TARTUFFE, NOUVELLE ÈRE Comédie de Valence 24 au 28 janvier

LA BELLE-MÈRE ISABELLE PARSY Le KFT 25 et 26 janvier

NOËL D’ENFER LES CHEVALIERS DU FIEL Le Zénith Saint-Etienne 26 janvier

L’OPÉRA DE QUATRE NOTES JOHNSON Théâtre de la Renaissance 26 au 28 janvier

LA TRÈS EXCELLENTE ET LAMENTABLE TRAGÉDIE DE ROMÉO ET JULIETTE SHAKESPEARE Le Briscope 27 janvier

MÊME PAS PEUR – PIERRE Ailleurs Café-Théâtre 27 et 28 janvier

TALONS AIGUILLES ET CRAMPONS – BACHOT / JEANBART Le KFT 27 au 29 janvier

ÇA IRA (1) FIN DE LOUIS POMMERAT Comédie de Clermont 28 au 29 janvier

DE FILIPPO

MC2 31 janvier au 3 février

TERRE NOIRE- MASSINI Théâtre des Célestins 31 janvier au 4 février

L’OPÉRA DE QUAT’SOUS BRECHT Théâtre de Villefranche 31 janvier

LA RÉSISTIBLE ASCENSION D’ARTURO UI- BRECHT

LES CENDRES DE PASOLINIPASOLINI

LES GRAVATS

Ailleurs Café-Théâtre 11 février

Théâtre de la Renaissance 1er au 3 février

Théâtre de l’Iris 14 au 18 février Antoine m’a vendu son destin Niangouna Bonlieu 14 et 15 février

Bonlieu 1er au 3 février

MC2 14 au 17 février

MESURE POUR MESURE – SHAKESPEARE MERLIN, PARTIE II, ÉPISODES 3 & 4 – DORST / BAILLIART TNG 1er au 5 février

JE CROIS EN UN SEUL DIEU – MASSINI Théâtre des Célestins 1er au 17 février

PLUS LÉGER QUE L’AIR – JEANMAIRE Théâtre de la Croix-Rousse 1er au 18 février

LA TRÈS EXCELLENTE ET LAMENTABLE TRAGÉDIE DE ROMÉO ET JULIETTE – SHAKESPEARE Théâtre de Vénissieux 3 février

FRANÇOIS-XAVIER DEMAISON Radiant 7 février

OMBRES- SYNGE TNP 7 au 11 février

TRUCKSTOP-VEKEMANS Comédie de Saint-Etienne 7 au 11 février

VANISHING POINT – LAINÉ Théâtre de la Croix-Rousse 7 au 11 février

L’IMMOBILE – BONNARD TNG 7 au 11 février

LE PETIT BAIN – BERT Les Ateliers 7 au 11 février

LE TEMPS ET LA CHAMBRE STRAUSS LE CIEL DES OURS TEATRO GIOCO VITA Centre Charlie Chaplin 15 février

GASPARD PROUST Radiant 15 février

ABRAKADUBRA DAMIEN BOUVET

Espace Albert Camus 15 février

LES SONNETS SHAKESPEARE

Théâtre de la Renaissance 15 et 16 février

LA MOUETTE – TCHEKHOV Comédie de Valence 15 et 16 février

CE QUI NOUS REGARDE MARZOUKI TNG 15 au 17 février

TRISSOTIN OU LES FEMMES SAVANTES – MOLIÈRE Comédie de Clermont 15 au 17 février

C’EST MOI LA PLUS BELGE MADANI Bourse du Travail 17 février

LA VIE DE SMISSE – BOUVET Espace Albert Camus 18 février

WILSON CHANTE MONTAND TNP 20 au 23 février

LA MOUETTE – TCHEKHOV

AVANTI ! – TAYLOR / HUSTER & CHAUVIN

COLD BLOOD – KISS & CRY

BUREAU DE TABAC- PESSOA

Théâtre de Villefranche 8 au 10 février Théâtre des Célestins 8 au 17 février

MONSIEUR IBRAHIM – SCHMITT Radiant 9 février

NIÉ QUI TAMOLA – TROIS POINTS DE SUSPENSION Centre Charlie Chaplin 9 et 10 février

CERTIFIÉ CONFORME GUILLON Radiant 10 février

FIGARO DIVORCE – DELCOURT La Buire 10 février

COURBET

Le Rideau Rouge 10 et 11 février

LES ANIMALS – LABICHE Théâtre de la Renaissance 10 au 12 février

CLASSE ! - GIROUD & STOTZ Le KFT 11 février

MC2 7 au 11 mars

Théâtre des Célestins 7 au 17 mars

FLEUR DE CACTUS BARILLET/GRÉDY

Théâtre de Villefranche 7 et 8 mars

JEFF PANACLOC Le Rideau Rouge 7 au 18 mars

BÉRENGÈRE KRIEF Radiant 8 mars

MADAME DIOGÈNE – DELSAUX Théâtre des Marronniers 8 au 13 mars

VOICES – DICAIRE

Le Zénith Saint-Etienne 8 mars

FEMMES VERTICALES CHEDID/BADINTER/HUSTON/ NIN L’Echappé 8 mars

TRUCKSTOP – VEKEMANS / MEUNIER Les Ateliers 8 au 10 mars

UND –BARKER

Théâtre des Célestins 8 au 15 mars

FENÊTRES – BOLZE

Théâtre Théo Argence 9 mars

VOICES - DICAIRE Halle Tony Garnier 9 mars

MURS – RICHIER/SEFSAF Théâtre Jean Vilar 9 au 10 mars

AU SECOURS ! LES MOTS M’ONT MANGÉ– PIVOT Théâtre de Vienne 9 au 10 mars

FLEUR DE CACTUS BARILLET/GRÉDY Radiant 9 au 11 mars

LE NOSHOW – FECTEAU

Théâtre Tête d’Or 21 au 26 février

Théâtre de la Croix-Rousse 9 au 11 mars

Théâtre des Marronniers 23 au 27 février

Théâtre de la Renaissance 9 au 11 mars

MARS

TIRÉSIAS – SOPHOCLE/OVIDE BARONS PERCHÉS – BOLZE / CIE MPTA Théâtre Théo Argence 10 mars

1 HEURE DURAND FABIENNE DURAND

LE CID – CORNEILLE

Ailleurs Café-Théâtre 10 et 11 mars

BAPTISTE LECAPLAIN

Bonlieu 10 et 11 mars

CARSON – MCCULLERS

Comédie de Valence 13 au 17 mars

BATTLEFIELD – CARRIÈRE

Comédie de Clermont 14 au 16 mars

TNP 1er au 11 mars

VANGELO – DELBONO

Salle Aristide Briand 2 mars

PROUVE-LE – VÉROT

Centre Charlie Chaplin 6 mars

VANGELO – DELBONO

Comédie de Saint-Etienne 6 au 9 mars

WERTHER – GOETHE

GONZOO PORNODRAME GAHMI TNP 7 au 11 mars

Théâtre de la Croix-Rousse 14 au 17 mars

GENÈSE n° 2 – VIRIPAEV

Comédie de Saint-Etienne 14 au 17 mars

120

supplément LEVER DE RIDEAU

L’ART DE LA COMÉDIE

Bonlieu 1er et 2 février

BABASS EST CHREUSTIAN – BABASS

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 120

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agenda THÉÂTRE LA FEMME ROMPUE – BEAUVOIR

NOBODY – RICHTER

ANGELUS NOVIUS CREUZEVAULT

MC2 15 au 17 mars

Théâtre du Vellein 16 et 17 mars

TARTUFFE NOUVELLE ÈRE MOLIÈRE Théâtre du Parc 16 et 17 mars

DES CHÂTEAUX EN ESPAGNE – DORIN

Théâtre de la Croix-Rousse 28 mars au 1er avril Bonlieu 30 et 31 mars

MOMO – THIÉRY Radiant 30 mars au 1er avril

KARAMAZOV DOSTOÏEVSKI

Théâtre de la Renaissance 16 au 18 mars

Théâtre des Célestins 30 mars au 7 avril

TNP 16 au 19 mars

TNP 30 mars au 8 avril

Les Marinières 17 mars

Théâtre de Villefranche 30 mars au 1er avril

Théâtre de Vénissieux 17 mars

TNG 31 mars au 2 avril

ANTIGONE – SOPHOCLE AIMONS-NOUS LES UNS LES AUTRES – ROUMANOFF MON TRAÎTRE CHALANDON

S’IL SE PASSE QUELQUE CHOSE – DEDIENNE

LE MENTEUR – CORNEILLE LA GRENOUILLE AVAIT RAISON - THIERRÉE BABARMAN, MON CIRQUE POUR UN ROYAUME – PEREZ / BOUSSIRON

AVRIL

Théâtre Théo Argence 17 mars

LE PRINCE TRAVESTI MARIVAUX Espace Albert Camus 21 mars

LE SYNDROME DE L’ECOSSAIS – LE NOUVEL Radiant 21 et 22 mars

LA PETITE CASSEROLE D’ANATOLE – CARRIER Espace Albert Camus 1er avril

LA PETITE CASSEROLE D’ANATOLE – CARRIER

TRISTESSES – VANDALEM

Théâtre de Vénissieux 2 et 3 avril

LE CONTRAIRE DE L’AMOUR – FERAOUN

Théâtre de la Renaissance 4 au 7 avril

Bonlieu 21 et 22 mars

MC2 21 au 24 mars

MAYDAY – ZUMSTEIN Théâtre des Célestins 21 au 25 mars

BELLA FIGURA – REZZA TNP 21 au 30 mars

L’AVALEUR – STERNER Théâtre de Villefranche 21 et 22 mars

COMME S’IL EN PLEUVAIT THIÉRY / ASTIER / BOULANGER Théâtre Tête d’Or 21 mars au 21 mai

SYMPHONIE DES IMBÉCILES HARMS Théâtre des Marronniers 23 mars au 2 avril

LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ – SHAKESPEARE Théâtre Théo Argence 23 et 24 mars

MILLE ET UNE – SEFSAF

Théâtre de la Renaissance 23 au 25 mars

HOLLOWAY JONES – ARIANE Le Polaris 24 mars

L’ENVERS DU DÉCOR – ZELLER Radiant 24 et 25 mars

MANU PAYET Transbordeur 25 mars

ACCESO – LARRAIN

GULLIVER – SWIFT Bonlieu 4 au 7 avril

OLIVER – ROCHA VESCHAMBRE Comédie de Saint-Etienne 4 au 7 avril

PROVIDENCE – LAGARDE Comédie de Clermont 4 au 7 avril

VERTIGES –DJEMAÏ

Théâtre de la Croix-Rousse 4 au 8 avril

ARTEFACT – MATHIEU Les Ateliers 4 au 13 avril

ANGELUS NOVUS CREUZEVAULT

Comédie de Valence 5 au 7 avril

FRED TESTOT Radiant 6 avril

ÇA DADA – ALICE LALOY TNG 6 au 8 avril

QUE DEMANDE LE PEUPLE ? MEURICE

ALEX LUTZ

LE CONTE D’HIVER SHAKESPEARE

Théâtre Théo Argence 7 avril Salle Aristide Briand 7 avril

ÉLÉMENT PERTURBATEUR IVANOV Transbordeur 7 avril

KEEP CALM – SCHWEIZER TNG 8 et 9 avril

L’AVALEUR – STERNER TNP 10 au 14 avril

LA MORT EN ROSE BENITO/POMMIER

Théâtre de la Croix-Rousse 10 au 14 avril

TUMULTES – AUBERT

Centre Charlie Chaplin 11 et 12 avril

ANGELUS NOVUS CREUZEVAULT MC2 11 au 14 avril

VU DU PONT – MILLER Radiant 11 au 15 avril

Théâtre des Marronniers 10 au 15 mai

TÊTE HAUTE – JOUANNEAU Théâtre de la Renaissance 11 au 13 mai

AGANTA KAÏROS –EOLIE SONGE Centre Charlie Chaplin 15 mai

Théâtre de la Renaissance 16 au 19 mai TNP 16 au 21 mai

JUIN LE CAS SNEIJDER – DUBOIS Théâtre des Célestins 16 mai au 4 juin

AU SECOURS ! LES MOTS M’ONT MANGÉ - PIVOT

HONNEUR À NOTRE ÉLUE NDIAYE

Théâtre Jean Vilar 17 mai

SI VOUS AVEZ MANQUÉ LE DÉBUT… – LEMOINE

TNG 17 au 21 mai

Théâtre des Célestins 11 au 20 avril Bourse du Travail 13 avril

VENDS 2 PIÈCES À BEYROUTH – FERRARI Le Zénith Saint-Etienne 14 avril

S’IL SE PASSE QUELQUE CHOSE – DEDIENNE

Centre Culturel de la Ricamarie 14 avril

RICHARD III – SHAKESPEARE Comédie de Clermont 14 au 16 avril

NORA HAMZAWI Radiant 21 avril

PETITS CRIMES CONJUGAUX – SCHMITT Théâtre Tête d’Or 24 et 25 avril

MAI DORMIR CENT ANS – BUREAU

Sémaphore 7 avril

LES FEMMES QUI PARTENT SAUVION

SŒURS – MOUAWAD

ANIMAL – FLASH MARIONNETTES

INTERVIEW- TRUONG

EN ATTENDANT GODOT – BECKETT

TNP 10 au 21 mai

Bonlieu 11 et 12 avril

NATHAN LE SAGE – LESSING

KING KONG THÉORIE DESPENTES

MC2 6 au 14 avril

SEULS – MOUAWAD

LE CONTE D’HIVER SHAKESPEARE

LES VACANCES DE BERRURIER – DARD Théâtre des Marronniers 6 au 16 avril

Bonlieu 9 au 11 mai

Bonlieu 11 et 12 avril

PLACE DES HÉROS BERNHARD TNP 6 au 13 avril

Le Briscope 5 mai

TNP 2 au 6 mai

Théâtre du Parc 3 mai

ROCCO ET SES FRÈRES VISCONTI Théâtre des Célestins 4 au 6 mai

WAX, COMMENT SORTIR DU MOULE ? – HERBIN LES EVÉNEMENTS – GREIG Théâtre des Célestins 17 au 27 mai

UBU – JARRY

Théâtre de Villefranche 18 au 20 mai

MATHIEU MADENIAN Bourse du Travail 19 mai

MONTAGNE – GROUPE NOCES Théâtre de Vénissieux 21 au 23 mai

AIMONS-NOUS LES UNS LES AUTRES – ROUMANOFF Bourse du Travail 27 mai

QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF ? – ALBEE TNP 30 mai au 3 juin

RÉPARER LES VIVANTS KERANGAL Les Ateliers 1er au 9 juin

LE VENT SE LÈVE – AYALA Théâtre des Célestins 6 au 10 juin

PINOCCHIO – COLLODI Théâtre Tête d’Or 10 juin

NOBODY – RICHTER Théâtre des Célestins 13 au 17 juin

THÉÂTRE DES 2 ÂNES MAILHOT Théâtre Tête d’Or 13 au 18 juin

121

Comédie de Valence 28 au 30 mars

DON JUAN REVIENT DE LA GUERRE – HORVATH

LES CONTES D’HOFFMANN OFFENBACH

supplément LEVER DE RIDEAU

TRISTESSES – VANDALEM

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agenda CLASSIQUE ONL : Orchestre national de Lyon OSSEL : Orchestre symphonique de Saint-Etienne Loire EOC : Ensemble orchestral contemporain OPS : Orchestre des Pays de Savoie OCNSMD : Orchestre du CNSMD de Lyon CHD : Concert de l’Hostel Dieu

SEPTEMBRE MANON – MASSENET

Grand-Théâtre de Genève 12 au 27 septembre

ONL – STRAVINSKY Auditorium 15 et 17 septembre

COLLEGIUM GANT – BACH Festival d’Ambronay 16 septembre

TALENTS LYRIQUES HAENDEL Festival d’Ambronay 17 septembre

CORRESPONDANCES CHARPENTIER/PURCELL Festival d’Ambronay 18 septembre

OOL – HAENDEL/REBEL

Théâtre de la Renaissance 18 septembre

ONL – REQUIEM DE VERDI Auditorium 23 et 24 septembre

CAPELLA MEDITERRANEA BAROQUE LATINO AMÉRICAIN Festival d’Ambronay 23 septembre

NOUVEAUX CARACTÈRES PURCELL

PHILHARMONIQUE ST-PÉTERSBOURG TCHAÏKOVSKI/RAVEL

Auditorium 6 et 8 octobre

SIÈCLES ROMANTIQUES FAURÉ/PÄRT

Festival d’Ambronay 7 octobre

ERMIONE – ROSSINI

ONL –BEETHOVEN/ TCHAÏKOVSKI PHILIPPE JAROUSSKY VIVALDI LES ARTS FLORISSANTS MONTEVERDI Festival d’Ambronay 8 octobre

CONCERT ÉTRANGER BACH Festival d’Ambronay 9 octobre

L’OISEAU DE FEU PROKOFIEV Opéra de Lyon 11 au 23 octobre

RÉCITAL ZHU XIAO MEI Salle Molière 12 octobre

ONL – BRAHMS/FRANCK Auditorium 14 et 15 octobre

RÉCITAL LUIS FERNANDO PÉREZ Salle Rameau 14 octobre

RÉCITAL PALLAVI MAHIDHARA Salle Molière 14 octobre

ALADIN ET LA LAMPE MERVEILLEUSE- ROTA Opéra de Saint-Etienne 16 et 19 octobre

CHD – VIVALDI

Chapelle de l’Hôtel-Dieu 16 et 18 octobre

CALLIOPE – VIVALDI

Festival d’Ambronay 24 septembre

Eglise Saint-Bruno des Chartreux 16 octobre

Festival d’Ambronay 25 septembre

Auditorium 17 octobre

ARTS FLORISSANTS - BACH OOL – PROKOFIEV/ TCHAÏKOVSKI Opéra de Lyon 25 septembre

CINÉ-CONCERT STAR WARS

Auditorium 29 septembre au 1er octobre

VIVALDI-PIAZZOLLA – OSSE Opéra de Saint-Etienne 30 septembre

SOLISTES DU GEWANDHAUS BACH/BRAHMS Chapelle de la Trinité 30 septembre et 1er octobre

ALARCON/RONDEAU BACH/MOZART Festival d’Ambronay 30 septembre

OCTOBRE BANQUET CÉLESTE BACH/VIVALDI Festival d’Ambronay 2 octobre

HIROMI

OOL – HAENDEL/REBEL Opéra de Lyon 18 octobre

CNSMD – MOZART/ MENDELSSOHN Salle Varèse 19 et 20 octobre

ONL – DVORAK/DUTILLEUX Auditorium 20 et 22 octobre

CNSMD – NUIT DE L’ÉPOPÉE Salle Varèse 26 octobre

RÉCITAL LUKAS GENIUSAS Auditorium 28 octobre

NOVEMBRE ONL – SIBELIUS/BRAHMS Auditorium 3 et 5 novembre

RÉCITAL FRANÇOIS DUMONT/HELEN KEARNS Salle Molière 3 novembre

Auditorium 8 novembre

Chapelle de la Trinité 8 novembre Opéra de Lyon 13 novembre

JOSHA REDMAN&BRAD MELDAU Auditorium 13 novembre

RÉCITAL GAUTIER CAPUÇON-FRANK BRALEY Salle Rameau 3 décembre

CNSMD – AMY Auditorium 4 décembre

MUSICIENS DU LOUVRE MOZART/HAYDN Opéra de Lyon 4 décembre

RÉCITAL GRIGORI SOKOLOV Auditorium 5 décembre

GRIEG – DEBUSSY – OSSE

CHD – BABYLON COSMOS TOUR

Opéra de Saint-Etienne 6 décembre

QUATUOR BORODINE

Chapelle de la Trinité 7 décembre

Théâtre Sainte-Hélène 13 et 14 novembre

CORRESPONDANCES CHARPENTIER

Auditorium 15 novembre

ONL –BERNSTEIN/ADAMS

ONL – TCHAÏKOVSKI Auditorium 17 novembre

EOC – AMY/DENISOV Opéra de Saint-Etienne 17 novembre

Auditorium 11 décembre

OOL – CHANTS DE NOËL Eglise Saint-Bonaventure 11 et 18 décembre

NORMA- BELLINI

PAOLO FRESU/TRIKOK GURTU/OMAR SOSA

CNSMD – NUIT D’OMBRE ET LUMIÈRE

UNE NUIT À VENISE STRAUSS

DER VAMPYR – MARSCHER

RÉCITAL NICHOLAS ANGELICH

Opéra de Saint-Etienne 18 au 22 novembre

Auditorium 13 décembre

Salle Varèse 18 novembre

Opéra de Lyon 14 décembre au 1er janvier

Grand-Théâtre de Genève 19 au 29 novembre

ONL – TCHAÏKOVSKI Auditorium 22 novembre

PCL – CHOSTAKOVITCH/ STRAVINSKY Théâtre de la Renaissance 22 novembre

RÉCITAL CHARLES CASTRONOVO

Opéra de Saint-Etienne 24 novembre

CONCERT DE LA LOGE BACH/TELEMANN Chapelle de la Trinité 25 novembre

RÉCITAL PHILIPPE BIANCONI Salle Rameau 25 novembre

ONL – TCHAÏKOVSKI Auditorium 26 novembre

RÉCITAL PATRICIA PATIBON Opéra de Lyon 27 novembre

RÉCITAL MIKHAÏL RUDY Auditorium 27 novembre

TRIO ELÉGIAQUE Salle Molière 30 novembre

CHD – BACH

Eglise Saint-Bonaventure 30 novembre et 1er décembre

DÉCEMBRE RÉCITAL PAVEL YELETSKIY Salle Molière 2 décembre

Salle Rameau 14 décembre

ONL – RAVEL/BRUCH Auditorium 16 et 17 décembre

PETITS CHANTEURS DE SAINT-MARC Chapelle de la Trinité 16 et 18 décembre

FREIBURGER BAROCKORCHESTER BACH Auditorium 20 décembre

LA BOHÊME – PUCCINI

Grand-Théâtre de Genève 21 décembre au 5 janvier

ONL – OFFENBACH/BIZET/ RAVEL Auditorium 29 au 31 décembre

LA VIE PARISIENNE OFFENBACH

Opéra de Saint-Etienne 31 décembre au 3 janvier

OOL – MOZART/ROSSINI Opéra de Lyon 31 décembre

JANVIER ONL – MAHLER Auditorium 5 janvier

ONL – DEBUSSY/BERLIOZ/ POULENC Auditorium 7 janvier

QUATUOR DEBUSSY Radiant 7 et 8 janvier

122

supplément LEVER DE RIDEAU

Auditorium 3 octobre

JORDI SAVALL

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 122

30/08/16 11:21


agenda CLASSIQUE Auditorium 7 janvier

REQUIEM – MOZART

Opéra de Saint-Etienne 8 et 10 janvier

RÉCITAL PIETER WISPELWEY Auditorium 10 janvier

RÉCITAL ABDEL RAHMAN EL BACHA Salle Molière 10 janvier

FÉVRIER RÉCITAL PIOTR ANDERSZEWSKI Salle Rameau 27 janvier

ONL – TCHAÏKOVSKI/ BRAHMS Auditorium 28 janvier

MONSIEUR CROCHE – DEBUSSY

KAMMERAKADEMIE POSTDAM – MOZART/ DEVIENNE

ONL – HAYDN/BEETHOVEN

CNSMD – BRAHMS

Théâtre de la Croix-Rousse 10 au 16 janvier Auditorium 12 et 14 janvier

VOX LUMINIS – VIVALDI/ BACH Chapelle de la Trinité 12 janvier

DHAFER YOUSSEF QUARTET Auditorium 13 janvier

RÉCITAL KATIA & MARIELLE LABÈQUE Salle Rameau 13 janvier

RÉCITAL RONALDO ROLIM Salle Molière 13 janvier

CINÉ-CONCERT – COLLEGE Auditorium 19 janvier

RÉCITAL THOMAS BETTINGER

Opéra de Saint-Etienne 20 janvier

JEANNE AU BÛCHER – HONEGGER Opéra de Lyon 21 janvier au 3 février

RÉCITAL JEAN-FRÉDÉRIC NEUBURGER Opéra de Lyon 22 janvier

EOC – STOCKHAUSEN/ CENDO/BURGAN/DROUIN

Auditorium 29 janvier

Salle Varèse 29 et 30 mars

ONL – MAHLER Auditorium 2 et 4 février

BEETHOVEN/GODARD OSSE Opéra de Saint-Etienne 3 février

CNSMD – NUIT DE LA CRÉATION

QUATUOR DEBUSSY – VALENTINO SUITE

GHISLIERI CHOIR & CONSORT – VIVALDI

RÉCITAL MARC-ANDRÉ HAMELIN

CHD – PORPORA

Théâtre de la Croix-Rousse 14 février Auditorium 15 février

RÉCITAL FRANÇOIS FRÉDÉRIC GUY Salle Rameau 15 février

CONCERT HOSTEL DIEU MOZART

Chapelle de la Trinité 7 février

ENSEMBLE CÉLADON – TAVERNE BAROQUE

Théâtre de la Renaissance 7 février

RÉCITAL LUKAS VONDRACEK Salle Molière 7 février

QUATUOR VAN KUJIK

Théâtre de la Renaissance 24 janvier

Salle Molière 8 février

Grand-Théâtre de Genève 25 janvier au 7 février

Auditorium 9 février

Sale Molière 25 janvier

Auditorium 11 et 12 février

IL GIASONE – CAVALLI

ONL – RAVEL

TRIO KARÉNINE – SCHUBERT

ONL – BERLIOZ/GERSHWIN

Opéra de Saint-Etienne 22 mars

Salle Molière 17 février

ENSEMBLE CAIRN COMBIER

TOUS LES MATINS DU MONDE

Théâtre de la Croix-Rousse 23 mars

Chapelle de la Trinité 18 février

MARS Grand-Théâtre de Genève 2 au 12 mars Opéra de Saint-Etienne 8 au 12 mars

RÉCITAL JEAN-SÉBASTIEN BOU Opéra de Saint-Etienne 9 mars

OPS – STABAT MATER PERGOLÈSE Auditorium 9 mars

RÉCITAL SOPHIA VAILLANT Salle Molière 10 mars

CINÉ-CONCERT LES TROIS LUMIÈRES Auditorium 12 mars

CNSMD – BRITTEN Ensatt 14 au 18 mars

RÉCITAL ELISABETH LEONSKAJA Salle Rameau 15 mars

ONL – MOZART/ CHOSTAKOVITCH Auditorium 16 mars

COURONNEMENT DE POPPÉE - MONTEVERDI TNP 16 au 19 mars

le chef d’orchestre Daniele Rustioni

RÉCITAL ADAM LALOUM

Opéra de Saint-Etienne 23 mars

LE DIALOGUE DES CARMÉLITES – POULENC

SIÈCLES ROMANTIQUES VIVALDI/PUCCINI

Opéra de Saint-Etienne 21 mars

RÉCITAL AUGUSTIN DUMAY-VANESSA WAGNER

Opéra de Lyon 5 février Opéra de Lyon 6 et 7 février

RÉCITAL LOUIS SCHWIZGEBEL

RÉCITAL GUILLAUME COPPOLA

WOZZECK – BERG

L’ARLÉSIENNE – BIZET

Eglise Saint-Bruno 21 mars

Auditorium 16 février

Salle Varèse 3 février

OOL – MOZART/MAHLER

Auditorium 19 mars

RÉCITAL KOTARO FUKUMA Salle Molière 16 mars

RÉCITAL HILARY HAHN Auditorium 17 mars

ELEKTRA - STRAUSS Opéra de Lyon 17 mars au 1er avril

TRISTAN ET ISOLDE WAGNER

Auditorium 23 et 25 mars

RÉCITAL DAVID FRAY Salle Rameau 24 mars

RÉCITAL LAURENT KORCIA ALEXANDRE HÉNAN Salle Molière 24 mars

RÉCITAL MARIE VERMEULIN Opéra de Saint-Etienne 24 mars

ENSEMBLE DESMAREST Chapelle de la Trinité 26 mars

ONL – IVES/MILLS Auditorium 29 et 30 mars

CHŒUR BRITTEN – ZYGEL Théâtre de la Renaissance 30 et 31 mars

ORCHESTRE DE TAÏWAN RAVEL/CHOSTAKOVITCH Auditorium 31 mars

AVRIL EUGÈNE ONÉGUINE TCHAÏKOVSKI

Opéra de Saint-Etienne 5 au 9 avril

ONL – CONNESSON/ BEETHOVEN Auditorium 6 et 8 avril

LA PUCELLE D’ORLÉANS TCHAÏKOVSKI Grand-Théâtre de Genève 30 avril au 14 mai

RÉCITAL YO-YO MA Auditorium 7 avril

RÉCITAL ALEXANDER MELKINOV Salle Rameau 7 avril

OOL – MOZART Opéra de Lyon 9 avril

ORCHESTRE GARDE RÉPUBLICAINE Auditorium 9 avril

123

Opéra de Lyon 18 mars au 5 avril

ONL – CHOPIN/BARTOK

supplément LEVER DE RIDEAU

NEGRO SPIRITUALS

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 123

30/08/16 11:21


agenda CLASSIQUE ORCHESTRE DU XVIII BACH Chapelle de la Trinité 11 avril

RÉCITAL DANIEL LOZAKOVITCH Salle Molière 12 avril

CLARON MCFADDEN

Théâtre de la Croix-Rousse 12 au 14 avril

OPS – ADAMS Auditorium 29 avril

ONL – ADAMS/ TCHAÏKOVSKI Auditorium 29 avril

COSI FAN TUTTE - MOZART Grand-Théâtre de Genève 30 avril au 14 mai

RÉCITAL THOMAS ENHCO/ VASSILENA SERAFIMOVA Théâtre de l’Atrium 12 avril

CINÉ-CONCERT LA NOUVELLE BABYLONE Auditorium 13 avril

ONL – HAYDN Auditorium 15 avril

BRITTEN/MENDELSSOHN OSSE Opéra de Saint-Etienne 19 avril

ORCHESTRE D’AUVERGNE POULENC/HONEGGER Auditorium 21 avril

RÉCITAL MARTHA ARGERICH-STEPHEN KOVACEVICH Salle Rameau 26 avril

MAI ALCESTE – GLUCK Opéra de Lyon 2 au 16 mai

PHILHARMONIQUE MONTE-CARLO – BRAHMS/ STRAVINSKY Auditorium 4 mai

SIÈCLES ROMANTIQUES CHERUBINI Chapelle de la Trinité 4 mai

BORG ET THÉASOUSTRACTION D ES FLEURS

Théâtre de la Croix-Rousse 9 au 17 mai

RÉCITAL CHRISTIAN ZACHARIAS

RÉCITAL SERGEY ARAMONOV

Opéra de Saint-Etienne 9 mai

Auditorium 25 mai

ONL – REQUIEM DE MOZART Auditorium 1er et 3 juin

RÉCITAL ANNE QUEFFÉLEC

Salle Rameau 10 mai

Auditorium 2 juin

Auditorium 12 mai

Auditorium 8 au 10 juin

Auditorium 13 mai

Opéra de Saint-Etienne 5 au 9 juin

BOBBY MCFERRIN & SPIRITYOUALL

CINÉ-CONCERT THE ARTIST

RÉCITAL NELSON FREIRE

LOHENGRIN – WAGNER

SAINT-SAËNS/STRAVINSKY OSSE

RÉCITAL MICHEL DALBERTO

Opéra de Saint-Etienne 18 mai

ORCHESTRE DE LILLE POULENC/SIBELIUS Auditorium 20 mai

CAPELLA MEDITERRANEA FALVETTI Auditorium 9 mai

ONL – RODRIGO/ PROKOFIEV

JUIN ROMÉO ET JULIETTE BERLIOZ

Opéra de Saint-Etienne 24 juin

Salle Rameau 9 juin

OOL – HOMMAGE À KAZUSHI ONO Opéra de Lyon 11 juin

ONL – ELGAR/ MENDELSSOHN Auditorium 16 juin

NORMA – BELLINI

Grand-Théâtre de Genève 16 juin au 1er juillet

VIVA LA MAMMA DONIZETTI Opéra de Lyon 22 juin au 8 juillet

agenda MUSIQUE ACTUELLE OCTOBRE LES INSUS 1 1er octobre HTG

JULIAN PERRETTA 2 octobre Ninkasi Kao

BEN HARPER 4 octobre Summum

A.J CROCE

BEN HARPER

LA RUMEUR

LOUISE ATTAQUE

BONEY FIELDS

MICHEL JONASZ QUARTET

DIONYSOS

MANU LANVIN & THE DEVIL BLUES

6 octobre Marché Gare 6 octobre Summum

7 octobre Théâtre de Villefranche

DEE DEE BRIDGEWATER 7 octobre Saint-Chamond Festival Rhino Jazz

CORY HENRY

ALEXIS EVANS

7 octobre La Coopérative de Mai

KATERINE

11 octobre Radiant Bellevue

5 octobre Le Pax Festival Rhino Jazz

JEANNE CHERAL

5 octobre Radiant Bellevue

ADAM KARCH

MATT SIMONS 5 octobre Transbordeur

JAIN

6 novembre Radiant Bellevue

SUPA DUPA

6 octobre Transbordeur Festival Rhino Jazz

11 octobre Dargoire Festival Rhino Jazz

RYAN ANDERSON’S POCKET BRASS BAND 12 octobre Roche-la-Molière Festival Rhino Jazz

ELECTRO DELUXE 12 octobre Radiant Bellevue

12 octobre Zénith d’Auvergne 13 octobre Rive-de-Gier Festival Rhino Jazz 13 octobre Transbordeur

ARTHUR H

13 octobre Radiant Bellevue

HYPHEN HYPHEN 13 octobre Epicerie Moderne

ROBYN BENNETT

15 octobre Marché Gare

15 octobre Radiant Bellevue

SUPERBUS 16 octobre Le Fil

HIROMI

17 octobre Auditorium

MERIDIAN BROTHERS 18 octobre Marché Gare

DUB INC

14 octobre Mornant Festival Rhino Jazz

19 octobre Transbordeur

14 octobre La Coopérative de Mai

19 octobre La Coopérative de Mai

15 octobre Epicerie Moderne

20 octobre Marché Gare

15 octobre La Coopérative de Mai

20 octobre La Coopérative de Mai

15 octobre Transbordeur

21 octobre Le Fil

THYLACINE

CALYPSO ROSE

WOVENHAND

BAXTER DURY

A-WA

JEANNE ADDED

SUPERBUS

WALL OF DEATH

124

supplément LEVER DE RIDEAU

4 octobre Le Majestic Festival Rhino Jazz

MONSTER TRUCK

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 124

30/08/16 11:21


agenda MUSIQUE ACTUELLE 21 octobre Marché Gare

KERY JAMES

22 octobre Radiant Bellevue

BARRION POPULO 22 octobre Le Fil

TAÏRO

22 octobre Transbordeur

THE SHIN SEKAÏ 24 octobre Transbordeur

WARHAUS

25 octobre Marché Gare

PUPPETMASTAZ 25 octobre Ninkasi Kao

SNIPER

26 octobre Radiant Bellevue

CALYPSO ROSE 26 octobre Transbordeur

WILD BEATS

26 octobre Epicerie Moderne

KEREN ANN

29 octobre La Coopérative de Mai

TORTOISE

30 octobre Epicerie Moderne

THE KILLS

31 octobre Radiant Bellevue

NOVEMBRE AUTECHRE

1 novembre Le Sucre

THE DIVINE COMEDY 2 novembre Radiant Bellevue

PONY PONY RUN RUN 2 novembre Transbordeur

ODEZENNE

3 novembre Transbordeur

THE DIVINE COMEDY 3 novembre MC2

NAÏVE NEW BEATERS 4 novembre Ninkasi Kao

THE DIVINE COMEDY 4 novembre La Coopérative de Mai

MIOSSEC

3 novembre Radiant Bellevue

SOCALLED 3 novembre Le Fil

WAX TAYLOR

5 novembre Radiant Bellevue

JAIN

AGNES OBEL

BENJAMIN BIOLAY

WOODEN SHJIPS

PETER DOHERTY

IBRAHIM MAALOUF

6 novembre Marché Gare 7 novembre Marché Gare

APOCALYPTICA 7 novembre Radiant Bellevue

TARJA TURUNEN

20 novembre Salle 3000

21 novembre La Coopérative de Mai

PETER DOHERTY 22 novembre Transbordeur

4 décembre Radiant Bellevue 5 décembre Salle 3000

BEN HART

5 décembre La Coopérative de Mai

JAIN

IBRAHIM MAALOUF

TINARIWEN

TRYO

DUCHESS SAYS

A-WA

JEAN-MICHEL JARRE

MARVIN JOUNO

GENERAL ELEKTRIKS

CLUTCH

JAIN

IBRAHIM MAALOUF

BABYLON CIRCUS

ROVER

ANTON SERRA

LA FEMME

12 novembre Radiant Bellevue

SUPERBUS

ARNO

13 novembre Radiant Bellevue

ZAZIE

AIRBOURNE

13 novembre Transbordeur

MESHUGGAH

14 novembre Marché Gare

JEAN-MICHEL JARRE

15 novembre Marché Gare

LUCKY CHOPS

16 novembre Marché Gare

PEACHES

8 novembre Transbordeur

BENOIT DORÉMUS 9 novembre Ninkasi Kao

APOCALYPTICA

9 novembre La Coopérative de Mai

MICHEL POLNAREFF 10 novembre Halle Tony Garnier

ROMAIN HUMEAU 10 novembre Ninkasi Kao

TÉTÉ

11 novembre Radiant Bellevue

NORAH JONES 11 novembre Salle 3000

FAKEAR

11 novembre La Coopérative de Mai

FAKEAR

22 novembre La Coopérative de Mai 23 novembre Epicerie Moderne

7 décembre Radiant Bellevue

23 novembre Marché Gare

7 décembre Epicerie Moderne

24 novembre Halle Tony Garnier

7 décembre Marché Gare

24 novembre Le Fil

7 décembre La Coopérative de Mai

25 novembre MC2

7 décembre Summum

25 novembre Le Fil

8 décembre Le Fil

25 novembre Marché Gare

9 décembre Transbordeur

ALBOROSIE

26 novembre La Coopérative de Mai

AMON AMARTH

27 novembre Radiant Bellevue

SIDILARSEN

27 novembre Transbordeur

LOLA MARSH

28 novembre Zénith d’Auvergne

KEVIN MORBY

29 novembre Transbordeur

TRYO

29 novembre Epicerie Moderne

DIONYSOS

29 novembre Zénith d’Auvergne

16 novembre La Coopérative de Mai 17 novembre Radiant Bellevue

6 décembre Zénith d’Auvergne

ELTON JOHN

9 décembre La Coopérative de Mai 10 décembre Radiant Bellevue

PATRICE

10 décembre La Coopérative de Mai

MARILLION

11 décembre Radiant Bellevue

ALEXIS HK

12 décembre Théâtre de Villefranche

LESCOP

13 décembre Transbordeur

THE ANSWER & THE DEAD DAISIES 14 décembre Transbordeur

DOC GYNECO

DÉCEMBRE

THE CURE

17 novembre Halle Tony Garnier

14 décembre La Coopérative de Mai

DOC GYNECO

FAADA FREDDY

15 décembre Le Fil

NAVII

15 décembre La Coopérative de Mai

WAX TAILOR

15 décembre Toboggan

BENJAMIN BIOLAY

LUDWIG VON 88

20 décembre Transbordeur

BLACK BOMB A

AARON

MICHAEL KIWANUKA

LES TIT’NASSELS

TALISCO

17 novembre Le Fil

SUNSET SONS 17 novembre Transbordeur

VOIX NOUVELLES EN BEAUJOLAIS

1 décembre Le Fil er

2 décembre Radiant Bellevue

17 novembre au 19 novembre Théâtre de Villefranche Festival

2 décembre La Coopérative de Mai

18 novembre La Coopérative de Mai

3 décembre Transbordeur

19 novembre Le Fil

4 décembre Transbordeur

20 novembre Epicerie Moderne

4 décembre Epicerie Moderne

LESCOP

ALEXIS HK SAXON

JANVIER CALI

11 janvier Radiant Bellevue

125

6 novembre Radiant Bellevue

SUUNS

supplément LEVER DE RIDEAU

BRAINBOW + DAISY LAMBERT

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 125

30/08/16 11:21


agenda MUSIQUE ACTUELLE JEANNE CHERAL

10 janvier Théâtre des Pénitents

FÉVRIER

12 janvier Théâtre des Pénitents

THOMAS ENHCO ET VASSILENA SERAFIMOVA

SARAH MIKOVSKI YAEL NAIM 12 janvier MC2

LA FEMME

20 janvier La Coopérative de Mai

CARMEN MARIA VEGA 21 janvier Théâtre des Pénitents

SABATON

24 janvier Transbordeur

CHRISTOPHE

26 janvier Radiant Bellevue

RENAUD

2 février MC2

OLIVIA RUIZ

2 février Théâtre de Villefranche

Théâtre des Pénitents

MAGMA

16 et 17 février Summum

SAEZ

RENAUD RENAUD

18 février Zénith d’Auvergne

SEPULTURA 22 février Summum

KYLE EASTWOOD

MARS

3 février La Coopérative de Mai

RENAUD

4 février Scarabée

VINCENT DELERM

7 février La Coopérative de Mai

TRYO

SKUNK ANANSIE

DAVE ANNEGARN

27 janvier Zénith

10 février Théâtre des Pénitents

27 janvier Transbordeur

11 février Radiant Bellevue

27 janvier Théâtre des Pénitents

16 février Radiant Bellevue

VINCENT DELERM 20 Mars Radiant Bellevue

CARMEN MARIA VEGA 24 mars Transbordeur

VIANNEY

31 mars Bourse du Travail

AVRIL

9 mars Scarabée

VIANNEY

9 mars Zénith d’Auvergne

LUKAS GRAHAM

RENAUD

SKUNK ANANSIE

RENAUD

ALEX BEAUPAIN

LINDA LEMAY

MAGMA

RENAUD

FRANCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS 16 février

18 mars Zénith d’Auvergne

6 Mars Radiant Bellevue

THOMAS DUTRONC

28 janvier Halle Tony Garnier

17 mars La Coopérative de Mai

10 mars Salle 3000

11 mars Transbordeur

CHINESE MAN

16 mars La Coopérative de Mai

1er avril La Coopérative de Mai 5 avril Transbordeur

KONONO N°1

5 avril Théâtre de Villefranche

SAEZ

7 avril Summum

AVISHAI COHEN

8 avril La Coopérative de Mai

RENAUD 13 avril Zénith

RENAUD

14 avril Scarabée

GREGORY PORTER 27 avril Radiant Bellevue

MAI BOBBY MCFERRIN 12 mai Auditorium

SNARKY PUPPY

126

supplément LEVER DE RIDEAU

19 mai La Coopérative de Mai

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 126

30/08/16 11:21


agenda DANSE MESSE POUR LE TEMPS PRÉSENT/ REMIX – HENRY/ ROBBE Musée des confluences (Biennale de la danse) 13 au 15 septembre

BALLET DE L’OPÉRA DE LYON, CRÉATIONS – MASCARELL/SCIARRONI Opéra de Lyon ( Biennale de la danse) 14 au 18 septembre

HALKA –GROUPE ACROBATIQUE DE TANGER

Célestins (Biennale de la danse) 14 au 21 septembre

SOUND OF MUSIC – DUYVENDAK

Théâtre de la Croix-Rousse (Biennale de la danse) 15 au 17 septembre

FLA.CO.MEN – GALVAN Maison de la danse (Biennale de la danse) 14 au 16 septembre

HISTOIRE SPIRITUELLE DE LA DANSE – WAHL Maison de la danse (Biennale de la danse) 14 au 16 septembre

LA BELLE ET LA BÊTE MALANDAIN

Amphithéâtre cité internationale (Biennale de la danse) 16 au 18 septembre

FRANITO –THIBAUD Radiant Bellevue 16 au 18 septembre

LA SACRÉE JOURNÉE Lieux divers (Biennale de la danse) 17 septembre

VOLVER – RUIZ/GALLOTTA MC2 17 septembre

DANS LES PLIS DU PAYSAGE COLLECTIF PETIT TRAVERS Toboggan (Biennale de la danse) 19 au 21 septembre

Même - Rigal

SIX ANS APRÈS/LA COLLINE ASSAF

Centre culturel Charlie Chaplin (Biennale de la danse) 19 septembre La Mouche (Biennale de la danse) 21 septembre Le Polaris (Biennale de la danse) 23 septembre

STÉRÉOSCOPIA – DUPONT TNG (Biennale de la danse) 20 au 23 septembre

ARE FRIENDS ELECTRIC ? PICK Subsistances (Biennale de la danse) 20 et 21 septembre

VOLVER – RUIZ/GALLOTTA Maison de la danse (Biennale de la danse) 21 au 24 septembre

JESSICA AND ME – MORGANTIComédie de

Valence (Biennale de la danse) 20 et 21 septembre

LE SYNDROME IAN – RIZZO Opéra de Lyon (Biennale de la danse) 21 et 22 septembre

CORBEAUX – OUIZGUEN Divers lieux (Biennale de la danse) 21 et 22 septembre

COMBAT DE CARNAVAL ET DE CARÊME –GRANDVILLE Théâtre de la Croix-Rousse (Biennale de la danse) 21 et 22 septembre

TORDRE – OURAMDANE TNP (Biennale de la danse) 22 au 24 septembre

A.H.C. – PLASSARD

L’épicerie moderne (Biennale de la danse) 22 septembre Théâtre de Givors (Biennale de la danse) 24 septembre

AUGURI –DUBOIS

TNP (Biennale de la danse) 22 au 24 septembre

JE DANSE PARCE QUE JE ME MÉFIE DES MOTS –ITO

Sémaphore (Biennale de la danse) 23 septembre

DBDDBB – LINEHAM

Théâtre de la Renaissance (Biennale de la danse) 23 septembre

CRÉATION 2016 BENGOLEA/CHAIGNAUD Toboggan (Biennale de la danse) 24 et 25 septembre

JESSICA AND ME MORGANTI

Théâtre de la Croix-Rousse (Biennale de la danse) 24 au 27 septembre

MILLE BATAILLES LECAVALIER

Théâtre de la Renaissance (Biennale de la danse) 26 et 27 septembre

OSSIDIANA – FAVALE Radiant Bellevue (Biennale de la danse) 26 septembre

LA BELLE ET LA BÊTE MALANDAIN

Opéra-théâtre Saint-Etienne (Biennale de la danse) 26 et 27 septembre

NICHT SCHLAFEN – PLATEL Maison de la danse (Biennale de la danse) 27 et 28 septembre

A.H.C. – PLASSARD

Théâtre Jean Marais (Biennale de la danse) 27 septembre L’atrium (Biennale de la danse) 29 septembre

FRANITO –THIBAUD

Théâtre de Villefranche 27 et 28 septembre

RELIC – LASKARIDIS

ET JULIETTE – LÉVY

Théâtre de Vénissieux (Biennale de la danse) 1er octobre

FRANITO –THIBAUD

Théâtre Théo-Argence (Biennale de la danse) 1er octobre

NO MORE – CARROT Espace Albert-Camus 4 octobre

LA CRASSE DU TYMPAN HUBERT Théâtre de Villefranche 4 octobre

BARBARIANS –SHECHTER Bonlieu Scène nationale 4 et 5 octobre

TORDRE – OURAMDANE MC2 5 au 8 octobre

CIRKOPOLIS – CIRQUE ELOISE Maison de la danse 8 au 22 octobre

LA GRENOUILLE AVAIT RAISON –THIERRÉE Célestins 11 au 23 octobre

EXUVIE –BÉRANGER/ PRANLAS-DESCOURS

Bonlieu Scène nationale 11 et 12 octobre

SMASHED –GANDINI JUNGLING

Bonlieu Scène nationale 11 au 13 octobre

Maison de la danse (Biennale de la danse) 27 et 28 septembre

CHOTTO DESH –KHAN

Espace culturel Alpha (Biennale de la danse) 27 septembre

Espace Malraux 12 et 13 octobre

WELCOME - BAÏZ

CHOTTO DESH – KHAN

Espace Albert-Camus (Biennale de la danse) 27 septembre

RULES OF THE GAME BOKAER

TNP (Biennale de la danse) 28 au 30 septembre

AU SEIN DES PLUS RAIDES VERTUS –GAUDET TNP (Biennale de la danse) 28 et 29 septembre

PERFORMANCE – FABRE

Théâtre de Villefranche 12 octobre

NICHT SCHLAFEN – PLATEL LA FRESQUE –PRELJOCAJ Comédie de Valence 12 au 14 octobre

FESTIVAL KARAVEL

Espace Albert-Camus 12 octobre au 4 novembre

NO/MORE – CARROT Le Polaris 14 octobre

CELUI QUI TOMBE BOURGEOIS MC2 14 et 15 octobre

Vélodrome du parc de la Tête d’Or (Biennale de la danse) 29 septembre

JE T’AI RENCONTRÉ PAR HASARD – PIETRAGALLA/ DEROUAULT

Théâtre du Vellein (Biennale de la danse) 29 et 30 septembre

TU MEUR(S) DE TERRE DRIDI

WELCOME - BAÏZ

BATTLE OF STYLES

Palais des sports (Biennale de la danse) 30 septembre

CHOTTO DESH – KHAN

Maison de la danse (Biennale de la danse) 30 septembre

NICHT SCHLAFEN – PLATEL Comédie de Saint-Etienne (Biennale de la danse) 30 septembre

Théâtre de Vénissieux 18 octobre

Bonlieu Scène nationale 18 et 19 octobre

THE ROOTS – ATTOU

Radiant Bellevue (Festival Karavel) 20 octobre

ITINÉRAIRES BIS COMPAGNIE RACINES CARRÉES

Centre culturel Charlie Chaplin (Festival Karavel) 29 octobre

127

© PIERRE GROSBOIS

OCTOBRE

supplément LEVER DE RIDEAU

SEPTEMBRE

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 127

30/08/16 11:21


agenda DANSE NOVEMBRE CELUI QUI TOMBE BOURGEOIS Espace Malraux 2 et 4 novembre

THÉORIE DES PRODIGES SYSTÈME CASTAFIORE Maison de la danse 3 au 5 novembre

NICHT SCHLAFEN – PLATEL Bonlieu Scène nationale 29 et 30 novembre

Y OLÉ – MONTALVO

Maison de la danse 30 novembre au 4 décembre

GRAND FORMAT AU TOUR DES ENFANTS Bonlieu Scène nationale 30 novembre au 4 décembre

SUBLIMINAL –GUERRY/ ROCAILLEUX Théâtre du Vellein 3 et 4 novembre

BOOMERANG – TCHOUDA Toboggan (Festival Karavel) 4 et 5 novembre

CLAN’KS – LALOY

Centre culturel Charlie Chaplin 4 novembre

GUINCHE – MONTEIRO FREITAS Bonlieu Scène nationale 4 et 5 novembre

D’IVOIRE ET DE CHAIR/LES STATUES SOUFFRENT AUSSI MONTEIRO FREITAS Bonlieu Scène nationale 8 novembre

DANS LES PLIS DU PAYSAGE COLLECTIF PETIT TRAVERS Théâtre du Vellein 9 et 10 novembre

DANCING GRANDMOTHERS ME AHN Espace Malraux 9 et 10 novembre

GALA – BEL

Maison de la danse 15 et 16 novembre

CRÉATION 2016 –MOLINA Radiant Bellevue 15 novembre

GRAND FORMAT SABURO TESHIGAWARA Bonlieu Scène nationale 15 au 19 novembre

LE VIDE/ ESSAI DE CIRQUE GEHLKER Espace Malraux 15 au 20 novembre

PINDORAMA – RODRIGUES MC2 16 au 18 novembre

BALLET DE L’OPÉRA DE LYON/ TROIS GRANDES FUGUES – MARIN/DE KEERSMAEKER/CHILDS

DÉCEMBRE LES NUITS BARBARES OU LES PREMIERS MATINS DU MONDE – KOUBI Le Polaris 2 décembre Espace Albert-Camus 3 décembre

CONCEAL/REVEAL MALIPHANT Maison de la danse 7 et 8 décembre

CRÉATION 2016 BENGOLEA/CHAIGNAUD Bonlieu Scène nationale 7 au 9 décembre

LES ROIS DE LA PISTE LEBRUN Comédie de Valence 8 et 9 décembre

ATTRAPE-MOI – NORMAND Théâtre Théo-Argence 9 et 10 décembre

WRITING GROUND & BIOPHONY –KING

Opéra-théâtre Saint-Etienne 10 décembre

CORREIRA/AGWA MERZOUKI Maison de la danse 11 au 15 décembre

CARTES BLANCHES MERZOUKI Maison de la danse 12 au 16 décembre

MY ROCK – GALLOTTA Bonlieu Scène nationale 13 et 14 décembre

OPUS 14 – ATTOU Espace Malraux 13 au 16 décembre

Système Castafiore Théorie des prodiges

Opéra de Lyon 17 au 25 novembre

Théâtre du Vellein 14 décembre

LE DERNIER QUI S’EN SOUVIENNE - COMPAGNIE SANS LETTRES Espace Albert-Camus 15 décembre

CIRCUS INCOGNITUS ADKINS Célestins 17 au 31 décembre

PIXEL – MERZOUKI Maison de la danse 18 au 21 décembre

L’APRÈS-MIDI D’UN FOEHN VERSION1 – MÉNARD Espace Malraux 19 au 22 décembre

JANVIER BALLET DE L’OPÉRA DE LYON/ TROIS GRANDES FUGUES – MARIN/DE KEERSMAEKER/CHILDS MC2 4 au 6 janvier

ROCK & GOAL – KELEMENIS Maison de la danse 4 et 7 janvier

SUIVEZ LES INSTRUCTIONS PLASSARD Théâtre du Vellein 11 janvier

NARCOSE – M’BAREK/ DHAOU Bonlieu Scène nationale 11 au 13 janvier

CAIDA LIBRE – FRIDMAN

BOXE BOXE – MERZOUKI Espace Albert-Camus 17 au 20 janvier

FLA.CO.MEN – GALVAN Espace Malraux 17 et 18 janvier

50-50 – CUVELIER

Théâtre de Villefranche 18 janvier

CHAUVE-SOURIS MANDARINO Théâtre du Vellein 18 janvier

UN POJO ROYO – ROSSO/ BARON Toboggan 19 janvier

FLA.CO.MEN – GALVAN Bonlieu Scène nationale 20 et 21 janvier

LE SYNDROME DE CASSANDRE – FRISCH Bonlieu Scène nationale 20 et 21 janvier

#HASHTAG –FGHANI Théâtre Théo-Argence 21 janvier

GRANDS PAS CLASSIQUES SOLISTES DU BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS Radiant Bellevue 22 janvier

BEYOND – COMPAGNIE CIRCA Radiant Bellevue

24 ET 25 JANVIER PIXEL – MERZOUKI Théâtre du Vellein 24 et 25 janvier

ROMÉO ET JULIETTE PRELJOCAJ Maison de la danse 25 au 29 janvier

Opéra-théâtre Saint-Etienne 13 janvier

CIRCO SOLO CIRCO DUO CHEVREUL

Maison de la danse 12 au 14 janvier

TRITYQUE –LES 7 DOIGTS DE LA MAIN

BALLET DU CAPITOLE/ VALSER – BERBESSOU

Espace Malraux 26 janvier

ALICE – BAÏZ

Bonlieu Scène nationale 25 au 28 janvier

Centre culturel Charlie Chaplin 13 janvier

MEGURI – AMAGATSU Maison de la danse 17 au 21 janvier

JOURS ÉTRANGES – LEGRAND (BAGOUET) Bonlieu Scène nationale 26 au 28 janvier

IN BLOOM – BOLO

Théâtre de Vénissieux 27 janvier

PÉRIPÉTIES – DUBOURG Le Polaris 27 janvier

PAN POT OU MODÉRÉMENT CHANTANT – COLLECTIF PETIT TRAVERS

CÉDRIC ANDRIEUX – BEL Maison de la danse 18 novembre

Espace Malraux 31 janvier au 2 février

DO LADO ESQUERDO MESQUITA Radiant Bellevue 22 novembre

FÉVRIER

TUTU – CHICOS MAMBO Maison de la danse 22 au 27 novembre

HALKA –GROUPE ACROBATIQUE DE TANGER

L’EXTRAORDINAIRE AVENTURE –PRELJOCAJ

PIXEL – MERZOUKI

SOIRÉE DUOS – PRELJOCAJ

Bonlieu Scène nationale 25 au 27 novembre

SFUMATO – OURAMDANE MC2 29 et 30 novembre

© KARL BISCUIT

Théâtre de Villefranche 29 et 30 novembre

Maison de la danse 1er au 4 février Radiant Bellevue 2 et 3 février

ALPHAMORPHOSE –LESCOP Sémaphore 3 février

128

supplément LEVER DE RIDEAU

LA BELLE – FOURNIER/ FACCIOLI

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 128

30/08/16 11:21


agenda DANSE SAMEDI DÉTENTE MUNYANEZA

Jérôme Bel - Gala

Maison de la danse 18 mars

LE CANTIQUE DES OISEAUX – MORIN Théâtre de Villefranche 18 mars

6/7 – YE

Bonlieu Scène nationale 17 et 18 mars

LE SYNDROME IAN –RIZZO Comédie de Valence 20 et 21 mars

LE GALATHON LA VIE VOUS DIT MERCI –CHEPTEL ALEÏKOUM Sémaphore 14 et 15 avril

JE T’AI RENCONTRÉ PAR HASARD – PIETRAGALLA/ DEROUAULT Opéra-théâtre Saint-Etienne 22 avril

SUBLIMINAL – GUERRY/ ROCAILLEUX Toboggan 27 avril

RAIN – DE KEERSMAEKER MC2 21 au 23 mars

MAI

6/7 – YE

FENÊTRES – BOLZE Théâtre du Vellein 23 et 24 mars

BELLE D’HIER – MÉNARD COMPANIA NACIONALE DE DANZA DE ESPANA/ CARMEN - INGER Maison de la danse 7 au 12 février

BALLET DE L’OPÉRA DE LYON/ TROIS GRANDES FUGUES – MARIN/DE KEERSMAEKER/CHILDS Comédie de Valence 6 février

FENÊTRES – BOLZE Toboggan 8 février

COLD BLOOD – DE MEY/ VAN DORMAEL Célestins 8 au 17 février

ALL THE FUN – COMPAGNIE EA EO Théâtre du Vellein 8 au 10 février

BOOMERANG – TCHOUDA MC2 8 et 9 février

BARONS PERCHÉS – BOLZE Toboggan 10 février

MÊME – RIGAL

Opéra-théâtre Saint-Etienne 10 février

SAISON SÈCHE (ÉTAPE DE TRAVAIL) – MÉNARD Espace Malraux 14 et 15 février

SACRE/MILENA & MICHAEL GAT Maison de la danse 15 et 16 février

SLAVA ‘S SNOWSHOW POLUNIM Espace Malraux 15 au 19 février

MARS

MINUIT – BOURGEOIS Maison de la danse 5 au 7 mars

CETTE(7)VOI(ES)X COMPAGNIE SANS LETTRES Espace Albert-Camus 7 mars

Bonlieu Scène nationale 25 mars

YATRA – MARIN/ATTOU Maison de la danse 29 mars au 1er avril

LA GRENOUILLE AVAIT RAISON – THIERRÉE

CEMENTARY –APERGI

Théâtre de Villefranche 30 mars au 1er avril

D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE – RIZZO

Théâtre Jean-Marais 31 mars

Toboggan 8 et 9 mars

Théâtre du Vellein 8 mars

LE CANTIQUE DES OISEAUX MORIN

HAKANAÏ – BARDAINE/ MONDOT

AVRIL

Comédie de Valence 8 et 9 mars

NICHT SCHLAFEN – PLATEL

Opéra-théâtre de Saint-Etienne 8 et 11 mars

DANS L’ENGRENAGE – COMPAGNIE DYPTIK

Maison de la danse 10 et 11 mars

BALLET SAO PAULO – LOCK/DUATO/MESQUITA

ASA NISI MASA MONTALVO

MC2 4 au 6 avril

KALAKUTA REPUBLIC COULIBALY

Centre culturel Charlie Chaplin 4 avril

WHACK !! CONNAUGHTON/CHEN

Espace Malraux 4 et 5 avril Bonlieu Scène nationale 7 et 8 avril

Maison de la danse 10 et 11 mars

(H)UBRIS – DROUARD Espace Albert-Camus 10 mars

#7 – VUILLERMET Espace Malraux 10 et 11 mars

RAIN – DE KEERSMAEKER Bonlieu Scène nationale 13 et 14 mars

ELOGE DU PUISSANT ROYAUME – MAALEM Maison de la danse 14 et 15 mars

ROCK THE BALLET Radiant Bellevue 14 et 15 mars

VOLVER – RUIZ/GALLOTTA

WHAT WILL HAVE BEEN ORGAN

INFLUENCE –CIRQUE DU CAMBODGE

SISYPHE HEUREUX VEYRUNES

Espace Albert-Camus 16 et 17 mars

Théâtre de Vénissieux 4 et 5 mars

MC2 17 et 18 mars

Théâtre de Vénissieux 7 avril

BALLET DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE/TRISTAN & ISOLDE –BOUVIER Maison de la danse 8 au 13 avril

BALLET DE L’OPÉRA DE LYON – KYLIAN/INGER Toboggan 10 au 13 avril

MAY B – MARIN

Bonlieu Scène nationale 3 mai

DU DÉSIR D’HORIZONS SANOU Bonlieu Scène nationale 5 mai

BETROFFENHEIT – PYTE Maison de la danse 10 et 11 mai

TIME BREAK – BAÏZ

Théâtre Théo-Argence 12 mai

PIXEL –MERZOUKI

Opéra-théâtre Saint-Etienne 12 mai

FRACTUS V – LARBI CHERKAOUI Maison de la danse 16 au 19 mai

4X4 EPHEMERAL ARCHITECTURES – GANDINI JGGLING Espace Albert-Camus 11 mai

CHAIR ANTIGONE VEYRUNES Toboggan 18 mai

POURVU QU’ON AIT L’IVRESSE – LAÂBISSI/ LAURO MC2 17 au 19 mai

FESTIVAL AMBIVALENCES Comédie de Valence 29 au 31 mai

CRÉATION 2017 DECOUFLÉ Espace Malraux 13 au 15 juin

TRISTAN & ISOLDE BOUVIER

Opéra-théâtre Saint-Etienne 20 juin

DÉAMBULE FESTIVAL DES PAYSAGES

Bonlieu Scène nationale 8 au 22 juillet

Théâtre du Vellein 11 et 12 avril

RÊVE DE SINGE – LA SALA Le Polaris 12 avril

CRÉATION 2016 BENGOLEA/CHAIGNAUD Comédie de Valence 12 et 13 avril

JEUX – BRUN MC2 12 au 14 avril

129

MC2 3 et 4 mars

PLATEAU DANSE

LE CANTIQUE DES OISEAUX – MORIN

supplément LEVER DE RIDEAU

© JOSEFINA TOMMASI

Maison de la danse 23 au 25 mars

Lever de rideau 2016-AGENDA.indd 129

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Toboggan letoboggan.com

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SAINT-ÉTIENNE

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LA TALAUDIERE ROANNE

SAINT-CHAMOND SAINT-GALMIER

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