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jack black

PERSONNE NE GAGNE Mémoires

traduit de l’anglais (États-Unis) par Jeanne Toulouse et Nicolas Vidalenc

préface de Thomas Vinau postface de William S. Burroughs

« les grands animaux » Monsieur Toussaint Louverture


Ce livre a été écrit par jack black (1871-1932), préfacé par Thomas vinau, postfacé par william s. burroughs, traduit par jeanne toulouse et nicolas vidalenc, édité par Dominique Bordes, assisté de Claudine Agostini, patricia barbe-girault, thibaut bertrand, Thomas de Châteaubourg, louisa derdar, lola deviers, xavier gélard, Dominique Hérody, yoko lacour et jean-françois sazy.

Titre original : You can’t win © Les Fondeurs de Briques, 2008, pour la première traduction intégrale en français. © Monsieur Toussaint Louverture, 2017, pour la présente édition. © Monsieur Toussaint Louverture, 2017, pour la préface. © William S. Burroughs, 1988, 1999, pour la postface. © Donald Kennison, 2013, pour l’article « Jack, Burglar and Author ». (Traduction Yoko Lacour.)

L’article de Jack Black «What’s Wrong With the Right People» a paru en juin 1929 dans le magazine Harper’s. (Traduction Jeanne Toulouse.)

isbn : 9791090724327 Dépôt légal : mai 2017. Illustration de couverture : Toussaint Louverture.

© Monsieur

www.monsieurtoussaintlouverture.net


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L’enfant pousse la lourde porte d’un saloon malfamé et inspire une bouffée de courage pour chaque pas à travers les ombres et les bruits. Il lui faut toute sa force, tout l’appétit de son inconscience pour atteindre l’homme dissimulé sous son chapeau, attablé au fond de la salle. Il prend place, parmi les parfums étranges d’un monde trouble, et l’homme commence à parler. L’enfant écoute. L’aventure commence. Lorsque j’ai découvert Personne ne gagne (quel merveilleux titre, un poème à lui tout seul), j’ai été cet enfant. Je le suis redevenu à chaque fois que je l’ai lu. Et faites-moi confiance, vous le serez à votre tour. Je suis redevenu le petit garçon de sept ans à qui on lisait Croc-Blanc ou Le vieil homme et la mer le soir pour s’endormir et découvrait ainsi l’immense pouvoir des livres. Je suis redevenu le gamin de douze ans qui scotchait devant les westerns de Sergio Leone ou les bandes dessinées de Blueberry. Je suis redevenu l’adolescent qui hurlait avec Papillon lorsqu’il s’échappe du bagne : « Bande d’enfoirés je suis toujours vivant ! », qui résistait aux coups de fouet de Christian Fletcher sur le Bounty, ou qui coupait les parcmètres à la pince-monseigneur la nuit comme Luke la main


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froide. Je suis redevenu le jeune homme qui s’embarquait avec Achab, s’insurgeait avec Jules Vallès, se défonçait avec William S. Burroughs, montait dans le bus des Merry Pranksters ou prenait la route avec Jack Kerouac. J’étais là, couché quelque part en train de tourner des pages, et je me suis retrouvé avec le goût de la poussière d’un wagon de marchandises dans la bouche, avec la goutte de sueur du cambrioleur sur le front, avec le double de clés d’un monde clandestin, inconnu, interdit. J’étais là, assis quelque part à tourner des pages, et je devenais le confident à qui on glissait des secrets, le privilégié à qui on montrait un passage camouflé, à qui on enseignait une langue interdite, l’élu qui pourrait remonter la piste. J’étais là, couché ou assis à tourner des pages, et je me retrouvais debout, à courir, voler, dresser le poing, résister. Qu’est-ce qui fait le pouvoir d’un livre ? Qu’est-ce qui fait cette magie ? Qu’est-ce qui fait qu’en nous racontant des histoires, quelqu’un nous offre un peu plus de vérité, l’apesanteur en moins, le rêve en plus. Qu’est-ce qui fait qu’on peut dans ces momentslà, plus précieux que le lithium, à la fois rester des hommes et redevenir des enfants ? Question difficile. Parfois ce petit miracle se produit à force de travail, à grands coups de truelles et de talent. Souvent – de Balzac à Defoe, de Hugo à Twain – il faut que l’alchimiste mêle vie, matière, observation et imagination à une bonne dose de technique, de savoir-faire. Mais en de rares occasions, c’est différent. Avec Jack Black, c’est différent. Combien sont-ils, ces faiseurs d’histoires, à avoir vécu mille vies pour en tirer l’essence, la substantifique moelle ou plutôt la gnôle absolue.


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Quelques noms me viennent en tête, Jack London, Romain Gary, Panaït Istrati, Auguste Le Breton. Mais là encore, Personne ne gagne est différent, parce que le dessein de Jack Black n’est pas le même. Il ne veut pas particulièrement devenir écrivain, trouver son style et refaire sa vie tout en devenant riche et célèbre. Il veut témoigner à la hauteur de ce qu’il a vécu et si possible en continuant à prendre le plus de plaisir. Le plaisir de raconter des histoires. Celui de l’enfant qu’il était devant les articles de journaux sur l’assassinat de Jesse James. Celui de la tchatche autour du feu en faisant tourner le jus entre trimards. Celui des yeggs qui se font la belle quelques minutes en rigolant du dernier coup. Celui d’une pute qui se confie dans une grange abandonnée le temps que la pluie s’arrête. Celui du camé qui rêve avec son compère de ce qu’il va se mettre dans le cornet en sortant de cellule. Celui du vieux perceur de coffre qui t’explique comment t’en tirer et berner une fois de plus le juge. Le plaisir du récit et le privilège de l’expérience. Le goût du vrai. À moindres frais. Voilà ce que Jack Black nous offre. Car même si, comme tout bon routard, il sait se taire ou dire ce que l’on veut entendre, il est là pour une raison précise, pour servir une cause, celle de la justice. Celle du traitement des prisonniers, des vagabonds, des laissés pour compte de ce grand pays qu’on appelle l’Amérique. C’est pas joli joli, il y a de quoi faire et il sait que la meilleure façon de la défendre, c’est d’être honnête dans ce qu’il transmet. Donc pas de flonflon, pas de fioriture, pas de héros, mais pas de diable non plus, juste ce qu’il a vécu, son expérience, celle des gens bien (ou en tout cas pas plus mauvais


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que les autres) qui sont de l’autre côté de la barrière. Ceux qui creusent et qui, en ayant marre de creuser, choisissent les raccourcis. Pas d’idéalisme. Dire le bon et le mauvais. Pas seulement le bon, ni seulement le mauvais. Pour ça, il a une langue directe et le goût de la formule qui appuie l’impact du témoignage. La précision et la profusion des scènes, la richesse du vrai, alliés à l’utilisation du mot originel, l’argot de la route, des cambrioleurs, des prisonniers et des camés de l’époque, tout ça nous donne l’impression d’accéder à un monde souterrain, tout en rendant la lecture haletante, addictive. La révolte, l’injustice, les conneries, l’honneur, le savoir-faire, la facilité, la chance, la déveine, la solidarité, la souffrance, la fierté, les tarés, les saloperies, les anges, les astuces, les amis fidèles, ceux qui ont mal fini, la force pour continuer et la force pour arrêter, la persévérance et le renoncement, les galères et les bons moments, une vie de hobo, une vie en prison, une vie à la marge. De l’aventure pure. De la vie pure. Des humains hauts en couleur. Il y a le vieux Tommy qui lui donne le goût des récalcitrants. Julia qui « ment avec courage ». Smiler qui joue au voleur. Il y a le beau monde des conventions de hobos à Salt Lake City, Salt Chunk Mary « la célèbre receleuse, amie des vagabonds et des voleurs ». Shorty le chignoleur, George et sa bande de voleurs, « des mentors, des amis, des philosophes », Soldier Johnnie et Sanctimonious Kid qui le prennent sous leurs ailes parce qu’il est « réglo ». Et tous les autres. Les Johnson. La grande clique des déglingués, batouseurs et autres shanghaiers, la vague des moins que rien. De San Francisco à Seattle, de


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Pocatello à Chinatown, de Chicago à Vancouver, à travers les trains, les jungles, les villes, la confrérie, la « pitoyable compagnie » qui brûle le dur. Celui qui « dîne avec sa peine ». Le main-armée, le fumeur d’opium, le joueur invétéré. L’ironie du sort qui les fait souvent repartir de moins que zéro. Et bien sûr les prisons et les pénitenciers. La répression aussi impitoyable que violente. « Si les sévices avaient des vertus rédemptrices, j’aurais été un saint en quittant cette cellule.» C’est aussi pour ceux qui ne s’en remettront jamais, comme St. Louis Frank, ceux qui se rebelleront plus tard à Folsom ou à San Quentin, ceux qui subissent le fouet, la camisole, que Jack Black témoigne. « Ce sont les mauvais traitements qui font les récidivistes.» Sans sociologie inutile, et toujours « le sourire aux lèvres ». Sans moralisme mais pas sans morale. C’est toute l’histoire des bas-fonds des États-Unis d’Amérique qui grouille, rouille et dérouille sous nos yeux. C’est aussi celle d’une parole donnée. Le pouvoir des mots, la puissance des livres. La bonté d’un clochard ou celle d’un juge. C’est passionnant, c’est délicieux et on se demande comment il est possible que Martin Scorsese n’en ait pas encore fait son grand film. Personne ne gagne mais il y a des façons plus dignes que d’autres de perdre. Ne l’éventez pas, mais faites le tourner. C’est notre beau secret. thomas vinau


Je dédie ce livre à Fremont Older, au juge Frank H. Dunne, à l’ami – dont je tairai le nom – qui m’a aidé à m’évader de la prison de San Francisco, et à ce vieil ivrogne de « Sticks » Sullivan, un clochard sale et peu recommandable qui m’a retiré la chevrotine du dos sous le pont de Baraboo, dans le Wisconsin.


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Aujourd’hui, je suis archiviste au San Francisco Call. On ne peut pas dire que j’ai la tête de l’emploi. Je pivote sur ma chaise pour me regarder dans le miroir et ce n’est pas le visage d’un archiviste que je vois. Pas de front haut, pâle, lisse. On est loin de la figure calme, posée, placide d’un homme studieux. Mon front n’est pas spécialement bas, mais les rides qui le barrent sont comme des cicatrices de coups de couteau. Les deux plis que j’ai entre les sourcils me donnent sans cesse l’air renfrogné. Mes yeux ne sont ni petits ni trop rapprochés mais durs et calculateurs. Ils sont d’un bleu sans chaleur. Mon nez n’est ni long ni pointu, pourtant c’est un nez inquisiteur. Ma bouche est large ; l’un des coins est plus haut que l’autre, ce qui donne l’impression que je souris tout le temps. Je ne suis pas renfrogné, je ne souris pas. Quelque chose dans mon visage fait que les gens hésitent toujours à me demander le chemin de l’église. Je n’ai pas le souvenir qu’une femme, jeune ou vieille, m’ait jamais abordé dans la rue parce qu’elle était perdue. À la rigueur, il peut arriver qu’un poivrot titube jusqu’à moi pour savoir comment rejoindre « le carrefour d’la 29e et d’Mission ». Si je fixe le miroir assez longtemps


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en me concentrant, mon vieux visage disparaît et un autre surgit, celui d’un écolier : radieux, lumineux, innocent. Je vois une tignasse blonde, des yeux bleus et, déjà, un nez inquisiteur. Je me trouve devant une entrée imposante, celle d’un pensionnat. J’ai quatorze ans et après trois années chez les sœurs je m’apprête à retourner chez mon père, avant de partir pour une école réservée aux « grands ». Ma maîtresse, une sœur douce et gentille, une vraie madone, me tient par la main. Elle pleure. Je ferais bien d’y aller si je ne veux pas me mettre à chouiner aussi. La mère supérieure me dit au revoir. Ses lèvres sont tellement pincées qu’on les distingue à peine. Elle me fixe intensément, je me demande ce qu’elle va dire, mais à ce momentlà un crissement sur le gravier nous prévient que la vieille diligence est prête, je dois filer. La mère supérieure prend doucement ma maîtresse par la main. Je les vois passer la grande porte et disparaître en silence dans l’obscurité de l’entrée. Tous les garçons de l’école, cinquante, s’alignent et saluent bruyamment mon départ. D’un claquement de langue, le cocher lance ses chevaux. Me voilà en route pour la gare – pour le monde. Tout lecteur avec un minimum de jugeote m’imaginera rentrer à la maison, fréquenter diverses écoles, trouver un emploi de bureau quelconque, être promu à l’occasion, et surtout mener une vie rangée, pour finalement décrocher un poste respectable et sérieux : archiviste d’un grand quotidien. C’est ce qui aurait dû arriver, mais pas ce qui se passa. Si on représentait sur une feuille mon parcours depuis le pensionnat jusqu’à ce bureau, on obtiendrait une ligne en zigzag du genre de celles des scientifiques


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pour observer les pics et les chutes des températures, des précipitations ou de la Bourse. Chaque changement de cap dans ma vie a été abrupt, soudain. Je ne me rappelle pas en avoir entrepris un seul avec élégance, douceur, facilité. Je me suis souvent demandé à quel point l’existence d’un jeune garçon est meilleure quand il a une mère à ses côtés jusqu’à ce que sa vie soit stable, ou quand il a un foyer qui le protège jusqu’à ce qu’il apprenne à faire face au monde. Rien ne remplace une mère et un foyer. La plupart des gosses ne tiquent pas quand un copain leur dit : «Viens, je vais te présenter ma mère.» Moi, ça me remue tellement que je ne peux pas l’exprimer. Ces mots me rappellent que le jeune homme qui présente si fièrement sa mère est tout ce que je ne serai jamais. Les assureurs ne proposent pas encore de polices contre les vies ratées, mais le jour où ils le feront, j’imagine que le client capable de garantir qu’il aura sa mère auprès de lui au moins jusqu’à ses vingt ans aura une belle ristourne sur ses cotisations. Je n’utilise pas le fait de l’avoir perdue à dix ans comme excuse. Seulement, je pense qu’un homme a le droit de se demander si les choses auraient pu être différentes. Elle est morte avant que j’aie l’occasion de bien la connaître ; je doute qu’un enfant s’intéresse vraiment à ses parents avant ses douze ou treize ans. Je pensais probablement que sa seule raison d’être était de me débarbouiller de force le visage et la nuque, d’endurer mes coups et mes cris, de m’emmitoufler de loques rêches et puantes quand j’avais une bronchite, et de m’obliger à rester au lit quand c’était la rougeole. Je me rappelle très bien la colère


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que j’ai piquée le jour où elle m’a acheté une brosse à dents et m’a montré ce que j’étais censé faire avec. Ça a été la pire des humiliations, la goutte qui a fait déborder le vase. Je l’ai jetée par terre et j’ai refusé de m’en servir. Je lui ai expliqué que je n’étais pas une fille et qu’il était hors de question qu’on me refile des « trucs de filles ». Elle ne s’est pas fâchée, ne m’a pas grondé, elle est simplement retournée à ses occupations en souriant. Peut-être qu’elle a apprécié mon accès de virilité. Je ne sais pas. Je ne me souviens pas d’avoir été triste ou perturbé à son enterrement. J’ai pleuré parce que c’était ce qu’on attendait de moi. Les seules parentes de ma mère, deux sœurs que je croisais pour la première et dernière fois, pleuraient. J’ai vu des larmes dans les yeux de mon père. Alors je me suis forcé à pleurer, et j’y suis parvenu. Je sais que mon père prenait conscience de ce qu’on venait de perdre et que son chagrin était sincère, mais ce matinlà je n’ai pas compris tout ça. Quelques jours plus tard, mon père a vendu notre petite maison et nos meubles, et on s’est installés dans l’unique hôtel de la ville. À l’époque, il n’y avait que très peu d’écoles pour les pauvres. Je passais mes journées à jouer près de l’hôtel, livré à moi-même, jusqu’à ce que mon père rentre du travail. Il dînait, lisait son journal, me mettait au lit. Puis il prenait un livre et se couchait une heure après. On a vécu comme ça pendant presque une année. Parfois, il posait son livre et me regardait longuement, d’un air bizarre. Je lui posais un problème, ça semblait évident, et il se demandait ce qu’il allait faire de moi. Un enfant privé de sa mère aussi jeune préoccuperait n’importe quel père, et le


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mien avait une fâcheuse tendance à cogiter. En y repensant, j’ai l’impression d’avoir été ballotté ici et là, comme une feuille morte fouettée par le vent d’automne jusqu’à ce qu’elle trouve enfin refuge dans un petit coin de clôture. Quand j’ai quitté l’école, j’étais aussi mal dégrossi qu’un garçon de quatorze ans peut l’être. Je n’en connaissais pas plus sur le monde et ses étranges coutumes que la sainte femme qui m’avait appris à réciter mes prières au pensionnat. Avant mes vingt ans, je me suis retrouvé dans le box des accusés pour vol avec effraction. J’ai été acquitté, mais ça, c’est une autre histoire. En six ans, j’étais parti de chez mon père, j’avais pris la route. J’étais devenu un voleur à la sauvette, un videur de tiroirs-caisses, un visiteur de maisons mal fermées, un careur de pensions bon marché, un petit cambrioleur à l’avenir prometteur. À vingt-cinq ans, j’étais un expert, un rôdeur nocturne, attentif à ne jeter son dévolu que sur les meilleures maisons, celles des gens aisés, négligents et assurés. J’opérais après minuit, toujours armé. À trente, j’étais un membre respecté de la confrérie des yeggs. Ce voleur dont on ne sait rien. Silencieux, méfiant, dissimulé ; un voyageur sans attache, un « travailleur » de la nuit qui fuit la lumière, s’éloigne rarement des siens et reste sous la surface. Sillonnant les espaces, un automatique chargé à portée de main, le yegg règne sur un autre monde, un monde souterrain, le monde des criminels. À quarante, j’étais un bandit de grand chemin, solitaire et efficace, mais aussi un fugitif, avec pas moins de vingt-cinq ans à naviguer dans les bas-fonds. Une bien triste expérience dans les


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faits : innombrables vols, effractions, cambriolages. Tous les crimes possibles et imaginables contre la propriété privée. Arrestations, procès, acquittements, condamnations, évasions. Prisons ! Au moins quatre me reviennent clairement. Pénitenciers, centres de détention, cellules en tous genres, casernes, cachots, mitards ; les régimes au pain sec et à l’eau, les mauvais traitements, les coups de fouet et la redoutable camisole. Je revois aussi les fumeries d’opium, les rades à viande saoule, les repaires de voleurs et les cachettes de mendiants. Les crimes aussitôt suivis d’une punition, sous une forme ou une autre. Le long de cette route, j’ai rarement eu l’occasion de boire du bon vin. Je n’ai pas souvent posé les yeux sur une femme, ni entendu de chansons. Toutes ces choses qui me sont arrivées pendant ces années, je vais les raconter ici. Et je vais les raconter comme je les ai vécues : le sourire aux lèvres.

Personne ne gagne extrait  

De San Francisco au Canada, de trains de marchandises en fumeries d’opium, d’arnaques en perçages de coffres, du désespoir à l’euphorie, Jac...