Lorsqu’une banquière et une directrice de musée font œuvre(s) commune(s)
P12 L’IA, un levier plutôt qu’une menace pour les banquiers privés. P18 Justine Henin: «Je fais confiance à la gestion discrétionnaire, mais c’est moi qui pose les bases.»
Private Bank
Dédiés à vos passions. Dédiés à vos raisons.
Dédiés à votre patrimoine.
Deutsche Bank, l’un des leaders* de la banque privée en Europe, s’appuie sur son expertise globale pour veiller sur votre patrimoine.
Deutsche Bank
*Source : Deutsche Bank Private Bank. 508 milliards d’euros d’avoirs sous gestion en Wealth Management et Private Banking (décembre 2025). Deutsche Bank AG, 12, Taunusanlage, 60325 Francfort-sur-le-Main, Allemagne, RC Francfort-sur-le-Main n° HRB 30000. Deutsche Bank AG Succursale de Bruxelles, 13-15 avenue Marnix, 1000 Bruxelles, Belgique, RPM Bruxelles, TVA BE 0418.371.094, IBAN BE03 6102 0085 7284, IHK D-H0AV-L0HOD-14.
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Journalistes: Pieter Suy, Peter Van Maldegem, Wouter Vervenne, Xander Vlassenbroeck, Philippe Galloy, Serge Mampaey, Evert Nerinckx
Éditeur: Denis Laloy
Lay-out: Ilse Janssens, Elissa Chaiban
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Publicité: Trustmedia, Tour & Taxis, Avenue du Port 86C bte 309, B-1000 Bruxelles, tel.: 02/422.05.24, finance.team@trustmedia.be Éditeur responsable: Peter Quaghebeur
Private Banking Sommaire
04 Delen Private Bank fête ses 90 ans
Michel Buysschaert, CEO: «Les clients apprécient que nous osions parfois dire non.»
08 Taxe sur les plus-values (1)
Votre banque vous fera un topo annuel.
11
Taxe sur les plus-values (2)
Les investisseurs se tournent davantage vers les fonds de placement.
12
Intelligence artificielle
L’IA bouscule le private banking, mais ne remplacera pas votre banquier privé.
16 Un an à la tête de KBC Private Banking & Wealth
Gert Van Craenenbroeck: «On a tiré les leçons de nos erreurs passées.»
18 Interview de Justine Henin
«Je suis en contact direct avec mes investissements.»
22 Culture et entreprise
Lorsqu’une banquière et une directrice de musée font œuvre(s) commune(s).
26 Stratégie
JPMorgan revoit à la hausse ses ambitions sur le marché belge du private banking.
30 Placement alternatif
D’une œuvre d’art à une carte Pokémon: votre passion peut rapporter gros.
Le CEO Michel Buysschaert (à gauche) et Jacques Delen, président de Delen Private Bank, estiment qu’aujourd’hui, on ne mesure pas encore assez l’impact du vieillissement de la population sur la sécurité financière de nos vieux jours.
Private Banking Anniversaire
Delen Private Bank fête ses 90 ans
«Nous n’allons pas tout proposer, sinon on devient moyen en tout»
Delen Private Bank s’apprête à souffler ses 90 bougies. Et si l’anniversaire se doublait d’une acquisition sur un nouveau marché étranger? Le président Jacques Delen et le CEO Michel Buysschaert disent être tout près d’un accord international. Une chose est sûre, martèlent-ils: pas question de toucher à la rece e maison. «Les clients apprécient que nous osions parfois dire non.»
L’arme secrète de Jacques Delen? Des fiches plastifiées. Le président de Delen Private Bank, numéro quatre sur le marché belge de la banque privée, garde depuis des années quelques fiches dans la poche de son veston. De quoi montrer aux clients, en un clin d’œil, l’éventail des services proposés par l’entreprise familiale. Ou, pour lui, vérifier rapidement où se situent régions, agences… et les plus de 76 milliards d’euros d’avoirs confiés au groupe.
Partager une copie de ces fiches? «Non, on ne va pas faire ça», sourit-il au siège anversois de la banque privée, où, à 76 ans, il continue de parcourir les couloirs à grandes enjambées.
Même quand les marchés financiers tanguent et que les craintes d’inflation gonflent, dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient, ces fiches trouvent leur utilité.
Des graphiques qui parlent
«Nous montrons parfois aux clients des graphiques sur l’évolution des bourses au cours des trente dernières années. Pour chaque année, nous
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Tout comme un grand chef compose ses plats avec des ingrédients d’exception venus du monde entier, chez ING Private Banking, nous élaborons votre portefeuille avec la même passion et expertise. Ainsi, vous profitez des performances solides de nos investissements sélectionnés en toute indépendance.
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6
Private Banking Anniversaire
rappelons un événement qui pouvait passer, à l’époque, pour une soi-disant bonne raison de vendre. Mais si on ne l’avait pas fait, le rendement aurait continué à progresser régulièrement. L’histoire montre qu’il faut garder la tête froide et ne pas sortir quand les bourses ont baissé.»
Pas de panique, mais une prudence calculée «Par chance, très peu de clients sont inquiets», enchaîne le CEO Michel Buysschaert, venu rejoindre Jacques Delen. «Ceux qui sont chez nous depuis dix, vingt ou même trente ans connaissent notre manière de travailler. Oui, nous sommes un peu plus prudents dans notre stratégie d’investissement. Nous avons à nouveau davantage investi dans des actions américaines que dans des actions européennes, et nous avons aussi légèrement réduit les échéances de nos placements en obligations.»
Garder son sang-froid en période de crise, Jacques Delen a appris cela très tôt. Son père lui a inculqué la leçon: il y a 90 ans, celui-ci avait fondé un bureau de change à Anvers, appelé à devenir la banque privée d’aujourd’hui. «À table, j’ai toujours entendu que la conjoncture était difficile. Mon père était un intellectuel; faire des affaires, il le vivait comme un mal nécessaire. Mais, parlant de moi aux clients, il répétait invariablement que j’étais un commerçant.»
Difficile de le contester. Avec ses frères, Jacques Delen a patiemment fait grandir, dès les années 1970, le bureau de change familial. Puis, au début des années 1990, l’entrée de la société d’investissement Ackermans & van Haaren a ne ement accéléré l’expansion. Deux choix ont aussi fait la différence: une forte obsession de l’efficacité, et la décision de se concentrer sur la gestion discrétionnaire, qui consiste à laisser à la banque la latitude de prendre toutes les décisions d’investissement. Dans la banque privée, la gestion discrétionnaire est considérée comme l’activité la plus lucrative.
En tandem avec Bank van Breda,
«Nous ne suivons pas les tendances à la mode. Quand les gens voient aujourd’hui ce qui se passe sur les marchés privés, ils sont plutôt soulagés que nous n’y allions pas.»
MICHEL BUYSSCHAERT CEO DE DELEN PRIVATE BANK
«Alors que les gens devraient investir en actions pour faire croître leur patrimoine, l’État les décourage au profit de produits d’épargne qui rapportent moins que l’inflation.»
JACQUES DELEN PRÉSIDENT DE DELEN PRIVATE BANK
également dans le giron d’Ackermans & van Haaren, Delen Private Bank est devenue non seulement un acteur dominant en Belgique, mais elle s’est aussi développée au Luxembourg, en Suisse et au Royaume-Uni. Et depuis une dizaine d’années déjà, elle enchaîne les acquisitions aux PaysBas. «Notre réseau compte encore des angles morts, uniquement à Ro erdam et à Breda», précise Michel Buysschaert. «Nous aimerions y ouvrir des agences et nous avons déjà entrepris plusieurs démarches en ce sens.»
Y a-t-il d’autres dossiers d’acquisition, au-delà des Pays-Bas?
Jacques Delen avait déjà indiqué qu’il n’excluait pas des opérations en Allemagne ou en France. «Nous avons des projets pour nous lancer dans un autre pays», confirme le président. «Il est possible que nous ayons des nouvelles à ce sujet ce e année encore. Mais rien n’est définitif. Nous devons être sûrs que notre organisation peut encaisser ce type d’opération.»
On ne change pas une formule qui gagne
Ce qui est acquis, en revanche, c’est que le groupe ne touchera pas à sa formule de succès. Grâce à sa collaboration avec Bank van Breda, spécialisée dans les entrepreneurs et les professions libérales, Delen Private Bank s’assure une partie d’un flux d’entrées stable d’avoirs. La plus grande partie est logée dans ses fonds patrimoniaux. Et la banque n’entend pas élargir ce e offre avec d’autres produits.
«Nous voulons continuer à nous distinguer en gestion discrétionnaire», insiste Michel Buysschaert. «On nous demande parfois, côté clients ou même côté collaborateurs, pourquoi nous n’investissons pas, par exemple, en private equity. Mais nous ne suivons pas ce genre de phénomènes de mode. Et quand les gens voient aujourd’hui ce qui se passe sur ces marchés privés, ils sont plutôt soulagés que nous n’y allions pas. Nous ne devons pas avoir une réponse à tout.»
«À vouloir tout faire, on devient moyen partout», renchérit le CEO. «Dire non est parfois aussi une réponse. Faire des choix, c’est justement la force de notre organisation, et les clients l’apprécient.»
Une prise en charge globale pour le client
Là où Delen appuie de plus en plus fort, c’est sur des services additionnels liés à la gestion de patrimoine et à la planification patrimoniale. «J’estime qu’environ 80% des gens préfèrent déléguer les décisions d’investissement, tout comme l’administration qui va avec», explique Jacques Delen. «Le besoin d’être déchargé grandit, parce que tout se complexifie: la fiscalité, mais aussi la situation familiale de nombreux clients.»
Dans le même temps, Jacques Delen observe que l’impact du vieillissement reste sous-estimé. «Les gens vivent de plus en plus longtemps après leur pension», rappelle Michel Buysschaert. «Avant, on parlait de dix à quinze ans; aujourd’hui, cela peut aller jusqu’à trente ans. Il faut donc réfléchir plus en profondeur à la manière de sécuriser l’indépendance financière. Il arrive encore trop souvent que des parents, une fois à la pension, doivent emprunter de l’argent à leurs enfants parce que leurs dépenses ne sont pas en phase avec les revenus qu’ils tirent de leur patrimoine.»
«Nous devons vraiment mieux sensibiliser les gens à ce risque et les amener à réfléchir davantage à leur situation financière après leur vie professionnelle», conclut Jacques Delen.
«Le monde politique devrait aussi beaucoup plus s’y a arder: il doit contribuer à l’indépendance financière des citoyens. Or, aujourd’hui, on voit l’inverse. Alors que les gens devraient investir en actions pour faire croître leur patrimoine au rythme de la croissance de l’économie mondiale, on les décourage au profit de produits d’épargne qui rapportent moins que l’inflation et qui, donc, rognent le pouvoir d’achat.»
JEFFREY TORREMANS
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CONTENU SPONSORISÉ
Patrimoine familial international: sur-mesure et expertise
“La gestion du patrimoine familial et son transfert vers la génération suivante se révèlent souvent être un exercice très complexe du fait de leur caractère multigénérationnel et de leur dimension transfrontalière”, avance Jérôme Castagne, Head of Private Wealth Management du bureau bruxellois d’ABN Amro MeesPierson.
Sur la question générationnelle, la grande transmission de richesses –The Great Wealth Transfer – marquera à coup sûr les années à venir. “En outre, il est fréquent de constater des divergences assez marquées entre les échelons de la lignée familiale”, précise Jérôme Castagne. “Pour les générations Y et Z, les crypto-actifs, l’intelligence artificielle, la gestion passive, la durabilité et une appétence plus marquée pour les marchés privés occupent une place prépondérante par comparaison avec leurs aînés.”
Notre département
Wealth Solutions accompagne les familles dans la structuration et la transmission transfrontalières de leur patrimoine privé et professionnel.
CÉLINE BEAUJEAN
Wealth planner chez ABN AMRO
MeesPierson
Et lorsqu’il existe une dispersion géographique des membres et des biens de certaines familles, tout prend une autre dimension. Il faut jongler avec un enchevêtrement de régimes fiscaux, de cadres réglementaires et successoraux discordants et évolutifs au gré des réformes politiques.
“Bien qu’une réglementation européenne vise à préciser de manière plus ou moins claire quelle loi civile s’applique aux transmissions de biens par donation ou par décès, les questions pragmatiques des familles restent souvent sans réponse tant la matière est plurielle et complexe”, pointe
Céline Beaujean, experte en ingénierie
patrimoniale au sein du service Wealth
Solutions d’ABN AMRO MeesPierson.
“L’enjeu consiste à régler le point civil et fiscal d’une donation ou d’une succession, les règles applicables étant différentes dans chaque État. De ce point de vue, nos clients apprécient la veille réglementaire et fiscale que nous leur proposons.”
Une approche holistique, une expérience collective suffisamment longue et la stabilité des effectifs sont les ingrédients essentiels d’un service à haute valeur ajoutée à destination de ces familles et de leurs conseillers.
“Au sein d’ABN AMRO MeesPierson, nous sommes équipés et structurés pour aller un cran plus loin et donner une autre dimension à notre mission première qui est de préserver et développer le patrimoine de nos clients”, reprend Céline Beaujean. “À ce titre, notre département Wealth Solutions fournit des solutions sur mesure dans le cadre de la structuration et de la transmission patrimoniales transfrontalières des actifs privés et professionnels des clients, inclus dans notre offre de service.”
“Aux côtés de nos chargés de relation et de nos ingénieurs patrimoniaux, nous avons la capacité d’activer nos experts locaux et étrangers au sein du Groupe ABN AMRO, présent dans plusieurs pays européens, afin de proposer des solutions d’investissement, de financement, et de structuration patrimoniale efficaces et compétitives”, conclut Jérôme Castagne.
“La relation de confiance instaurée avec nos clients depuis de nombreuses années nous permet d’être présents à chaque étape importante de leur vie et de répondre plus précisément à leurs interrogations. Notre engagement est de poursuivre cette relation avec les générations suivantes dans le cadre de nos échanges réguliers.”
SAVE THE DATE Family Capital Tomorrow
Entourez d’ores et déjà la date du 9 septembre 2026 dans votre agenda. C’est celle de la deuxième édition de Family Capital Tomorrow, l’événement organisé par L’Echo et De Tijd pour les entreprises familiales, les family offices et leur réseau. Avec ABN AMRO MeesPierson parmi ses fiers partenaires.
Que vous demandiez ou non à votre banque de retenir la taxe sur les plus-values, il vous restera du travail administratif pour réduire la facture finale. La bonne nouvelle: votre banque vous y aidera en vous fournissant, chaque année, un récapitulatif.
Taxe sur les plus-values: votre banque vous mâchera le travail
PETER VAN MALDEGEM
Depuis le début de ce e année, un impôt de 10% s’applique aux plus-values réalisées lors de la vente d’actifs financiers. Pour le paiement de la taxe, deux systèmes coexistent: soit votre banque (belge) opère automatiquement une retenue au moment de la vente (opt-in), soit vous choisissez qu’elle ne le fasse pas (opt-out). Dans ce second cas, vous devrez indiquer vous-même les plus-values (et les éventuelles moins-values) réalisées via votre déclaration d’impôt.
En clair, le choix revient à l’investisseur. Mais comme la loi n’a été publiée au Moniteur belge qu’en avril, une période transitoire s’étend du 1er janvier au 1er juin. Pour les ventes
effectuées pendant ce e période, la règle par défaut est claire: les banques ne retiendront pas la taxe, sauf si vous demandez explicitement le contraire (opt-in). Vous avez jusqu’à fin août pour vous positionner. Pour les ventes réalisées après le 1er juin, le mécanisme s’inverse: la banque retiendra la taxe automatiquement, sauf si vous lui signalez que vous ne le souhaitez pas (opt-out).
La plupart des banques ont déjà interrogé leurs clients. D’après la première vague de réponses, seule une minorité envisagerait l’opt-out. Autrement dit: dans la majorité des cas, après le 1er juin, la taxe sera retenue automatiquement.
Opt-in ou opt-out: du travail dans les deux cas
Quel que soit votre choix, il vous restera du travail. D’abord à cause
N’abandonnez pas jusqu’à 1.000 euros par an au fisc: faites vos devoirs administratifs.
de l’exonération annuelle. Chaque année, vous pouvez exonérer 10.000 euros (ce montant sera indexé) de plus-values. Problème: votre banque ne tiendra jamais compte de ce e exonération. À vous, donc, de la réclamer systématiquement via votre déclaration d’impôt. Si la taxe est retenue par la banque et que vous ne reprenez pas la plus-value dans votre déclaration, vous laissez jusqu’à 1.000 euros (10% de 10.000 euros) sur la table.
Deuxième élément: les moins-values. Si vous vendez des titres à perte,
vous pouvez imputer ces moins-values sur les plus-values réalisées la même année. Là encore, cela ne passe que par la déclaration d’impôt.
Autre possibilité: pour les achats effectués avant le 31 décembre 2025, vous pouvez retenir le cours d’achat effectif s’il était supérieur au cours de la «photo» du 31 décembre 2025. Objectif: éviter d’être imposé sur une plus-value que vous n’avez pas réellement engrangée. Ce e option vaut pour des ventes jusqu’au 31 décembre 2030, mais elle doit, elle aussi, être activée via la déclaration d’impôt. Enfin, reste un point particulièrement technique: le calcul des plus-values sur des comptes cash en monnaie étrangère. Exemple: un investisseur qui, chez son broker, dispose d’un compte en dollars sur lequel il achète et vend régulièrement des actions américaines ne
Private Banking Fiscalité
sera pas uniquement imposé sur la plus-value des actions (convertie en euros). Il peut aussi l’être sur la plus-value (en euros) liée aux opérations de change sur ce compte. Acheter des actions américaines revient, en quelque sorte, à «vendre» du cash sur ce compte. Si, au moment de l’opération, ce cash exprimé en euros vaut plus qu’au moment où il est arrivé sur le compte, vous réalisez aussi une plus-value sur ce e transaction de change. Et même en opt-in, la banque ne retiendra jamais l’impôt sur les plus-values sur ce type de transaction: vous devrez donc toujours la déclarer dans votre déclaration.
Des documents bancaires pour vous (et pour le fisc)
Les banques consultées par L’Echo prome ent de soutenir au maximum leurs clients afin qu’ils complètent leur déclaration d’impôt le plus correctement possible. Deux types de documents sont en préparation.
D’une part, il y a le document légal que les banques doivent transme re au fisc pour les clients qui choisissent l’opt-out. Il doit perme re à l’administration de vérifier que les contribuables déclarent bien toutes leurs plus-values. Les exigences de forme sont fixées dans la loi, ce qui garantit un document au format identique dans toutes les banques.
D’autre part, un second document est pensé pour les clients eux-mêmes. Il sera envoyé pour la première fois dans les premiers mois de 2027 et reprendra toutes les informations
Client chez un courtier étranger ou plus-value sur des cryptos: tout le boulot administratif est pour vous!
Si vous passez par un courtier étranger, vous devrez dans tous les cas déclarer vous-même la plus-value: ces acteurs ne percevront pas la taxe. Pour autant, ils ne laissent pas leurs clients sans filet. Les courtiers néerlandais Flatex Degiro et Bux annoncent qu’ils fourniront un document annuel reprenant les plus et moins-values réalisées.
Même logique pour les opérations réalisées en dehors du circuit bancaire, comme l’or d’investissement ou les cryptomonnaies: l’investisseur est, le plus souvent, seul aux commandes. Le mot d’ordre est simple: déclarez vous-même. Et, surtout, veillez à rassembler des preuves suffisantes de la valeur des investissements au 31 décembre 2025, un point crucial.
utiles relatives à l’année de revenus 2026, afin de compléter correctement la déclaration de 2027. En principe, les clients opt-in comme les clients opt-out recevront ce document. Sa présentation doit encore être finalisée, mais les banques indiquent qu’il contiendra partout des informations comparables.
On y retrouvera notamment les plus-values réalisées et la taxe retenue (en cas d’opt-in), les moins-values réalisées, ainsi que le cours d’achat moyen pour les achats antérieurs au 31 décembre 2025. Sur ce dernier point, les banques ajoutent toutefois un bémol. Chez BNP Paribas Fortis, on précise: «Certaines informations peuvent ne plus être disponibles en raison de l’expiration du délai maximal de conservation dans les banques, et nous ne pourrons alors pas les communiquer au client.»
Belfius avertit aussi du risque d’«informations incomplètes» pour des transactions très anciennes ou pour des titres, par exemple, rapatriés de l’étranger.
Une assistance variable selon les banques
À contre-courant de plusieurs autres établissements, Degroof Petercam prévoit aussi d’aider ses clients dans le calcul complexe des plus-values sur les comptes cash en monnaie étrangère, évoqué plus haut. «Le document que nous me ons chaque année à disposition contiendra aussi les plus-values ou moins-values réalisées sur les lignes cash. Elles seront calculées à la fois sur la base du cours du 31 décembre 2025 et sur la base de la valeur d’acquisition moyenne avant ce e date», explique le porte-parole Arnaud Denis.
Les applis d’investissement servent également de soutien. Saxo rappelle ainsi qu’un client peut, à tout moment, télécharger depuis la plateforme une situation de compte (rapport de portefeuille), y compris pour une date passée, afin de prouver un cours d’achat supérieur à celui du 31 décembre. «Il est aujourd’hui, par exemple, déjà possible de consulter et de conserver la ‘photo’ du 31 décembre 2025 comme pièce justificative future», indique l’établissement. Même avec ces outils, remplir la déclaration à l’impôt des personnes physiques (IPP) ne sera pas une formalité. Plus vous avez multiplié les transactions et plus vous disposez de comptes d’investissement auprès de banques différentes, plus la déclaration se compliquera.
Même avec l’assistance fournie par les banques, remplir la déclaration à l’impôt des personnes physiques (IPP) ne sera pas une formalité.
Au début de 2027, les clients opt-in comme les clients opt-out recevront de leur banque un document reprenant toutes les informations relatives aux plus-values et moins-values réalisées en 2026.
Par ailleurs, la plupart des banques adapteront aussi les extraits de compte mis à disposition après chaque transaction. «À chaque décompte, le client trouvera la plus-value ou la moins-value sur son extrait détaillé. En cas d’opt-in, la taxe retenue sera évidemment aussi visible sur l’extrait», précise ainsi BNP Paribas Fortis.
Ces règles de déclaration s’appliquent aussi aux produits d’assurance, comme la Branche 21 et la Branche 23, lorsqu’ils font l’objet d’un paiement. Pour ces produits, la période transitoire court toutefois jusqu’au 31 août 2026, et non jusqu’au 1er juin 2026. Les assureurs préparent eux aussi un document d’accompagnement. Le leader du marché, AG Insurance, me ra chaque année à disposition de ses clients une fiche fiscale reprenant toutes les informations pertinentes et détaillées. L’assureur souligne toutefois que fournir à court terme une valeur d’achat plus élevée n’est pas techniquement réalisable. Et d’ajouter, via son porte-parole Lars Vervoort: «Mais nous restons évidemment toujours à la disposition du client pour l’aider et le soutenir.»
La taxe sur les plus-values incite les investisseurs à miser davantage sur les fonds
Les particuliers s’adaptent en douceur à l’entrée en vigueur de la taxe sur les plus-values. Les fonds d’investissement ont davantage la cote, au détriment des actions individuelles.
WOUTER VERVENNE
Depuis ce e année, les investisseurs particuliers doivent s’acqui er d’une taxe sur les plus-values de 10% lorsqu’ils vendent des actions ou d’autres actifs financiers avec un bénéfice. Comme les changements fiscaux influencent souvent les décisions d’investissement, une question vient immédiatement à l’esprit: les épargnants et investisseurs modifient-ils leurs habitudes? BNP Paribas Fortis, KBC et Degroof Petercam n’observent pas de modification, ou pas de modification significative. Chez BNP Paribas Fortis, on résume ainsi: «Pour beaucoup de clients, la clarté pèse manifestement plus lourd qu’une optimisation fiscale au dernier centime.»
D’autres établissements notent, eux, quelques ajustements. ING, Deutsche Bank et la banque privée suisse Lombard Odier constatent que certains clients fortunés réduisent leurs positions en actions individuelles au profit des fonds d’investissement. Les données de la Banque nationale vont dans le même sens: au quatrième trimestre 2025, les Belges ont vendu pour 4,4 milliards d’euros d’actions cotées en bourse et, dans le même temps, acheté pour 7,9 milliards d’euros de fonds d’investissement.
Deutsche Bank observe que ce basculement vers les fonds se concentre surtout dans les portefeuilles en gestion discrétionnaire, c’est-à-dire gérés par la banque. La mécanique
est simple. Quand un portefeuille contient des actions individuelles, chaque vente générant un bénéfice est soumise à la taxe sur les plus-values. À l’inverse, si le portefeuille est structuré en fonds d’investissement, les transactions réalisées à l’intérieur de ces fonds ne sont pas soumises à la taxe sur les plus-values. La nouvelle taxe ne s’applique alors qu’au moment où l’investisseur revend son fonds avec une plus-value.
Tracasseries administratives
«Le glissement vers une structure de fonds vise surtout à éviter des charges administratives supplémentaires», souligne Deutsche Bank. Lombard Odier pointe la même logique: un fonds d’investissement facilite le suivi administratif. Et pour cause: les investisseurs en actions individuelles effectuent, en règle générale, davantage de transactions que les investisseurs en fonds.
ING indique que le mouvement le plus marqué a eu lieu au quatrième trimestre de l’an dernier, donc avant l’entrée en vigueur de la taxe sur les plus-values. «Mais nous constatons que ce e tendance vers les fonds d’investissement se poursuit.»
Belfius se montre plus mesuré: «Il semble que certains clients envisagent d’investir davantage dans des fonds d’investissement et moins dans des actions individuelles. Mais nous n’avons pas encore observé de glissement notable.»
Saxo Bank confirme: certains investisseurs ferment, ou vident, des comptes à l’étranger pour transférer
Les ventes de positions réalisées au sein des fonds ne sont pas soumises à la taxe sur les plus-values. Cette dernière n’est due qu’au moment où l’investisseur revend son fonds avec une plus-value.
leurs avoirs vers un broker belge. Là encore, l’objectif est de limiter les tracasseries administratives. Les institutions financières belges retiendront la taxe sur les plus-values (opt-in), sauf si le client demande explicitement qu’elles ne le fassent pas (opt-out). Les banques et brokers étrangers, eux, ne retiendront vraisemblablement pas ce e taxe. Dans ce cas, leurs clients devront déclarer les plus-values via la déclaration d’impôt.
La nouvelle taxe ne détourne pas les investisseurs des placements à risque.
«Nous avons observé le rapatriement très clairement dans les derniers mois de 2025», explique Saxo. «Au début de l’année, ce e tendance s’est encore poursuivie quelques semaines sans faiblir, avant de retomber entre-temps à un rythme plus faible. Le nombre de transferts de l’étranger vers Saxo Belgique reste considérable, tandis que le nombre de transferts vers des courtiers étrangers s’est quasiment arrêté.» Bolero, le broker de KBC, affirme pour sa part que le rapatriement de fonds depuis l’étranger ne se poursuit pas en 2026.
Les banques ne détectent pas, à ce stade, de signaux indiquant que leurs clients investiraient moins. Le dernier baromètre des investisseurs d’ING raconte toutefois une autre histoire: selon ce e enquête, 16% des investisseurs belges comptent investir moins en raison de la taxe sur les plus-values. ING et Deutsche Bank disent, par ailleurs, ne pas voir d’intérêt croissant pour l’immobilier, qui est exempté de la taxe sur les plus-values.
L’IA bouscule le private banking, mais ne remplacera pas votre banquier privé
L’arrivée de l’intelligence artificielle bouscule la banque privée. Plutôt qu’une menace, le secteur y voit un levier: automatiser des tâches libère du temps pour les contacts humains. Un point crucial quand les émotions s’en mêlent.
XANDER VLASSENBROECK
C’était le 10 février. En une séance boursière, plusieurs mastodontes américains de la finance, dont le courtier LPL Financial, la banque d’investissement Raymond James, ou encore le géant Charles Schwab, voyaient le cours de leurs actions plonger de 7 à 9% à Wall Street… alors que le reste du marché n’affichait qu’un léger repli ce jour-là. Le coupable a rapidement été trouvé: Altruist. Ce e fintech, fondée en 2018 et spécialisée dans la gestion de patrimoine, est en quelques années devenue un acteur clé du secteur, a eignant une valorisation de plusieurs milliards de dollars. Mais le 10 février dernier, c’est le lancement de son nouveau produit, nommé Hazel («noise e», en français), qui a semé la panique chez ses
concurrents. En quelques minutes, ce e plateforme en ligne, dopée à l’intelligence artificielle, permet à des conseillers de créer des plans fiscaux personnalisés, en analysant les données financières d’un client et en imaginant tous les scénarios possibles. De quoi reme re fondamentalement en question la valeur ajoutée apportée par un conseiller humain en chair et en os, ceux-ci étant au cœur de ce e phase cruciale de la planification d’un patrimoine. D’autant plus qu’Altruist est loin d’être la seule société à tenter de disrupter ce secteur bien rôdé.
Une «augmentation», pas une automatisation
Mais en Belgique, face à la chute boursière de ces quelques grands noms américains (qui ne s’est toujours pas résorbée deux mois plus tard), on garde la tête froide. Les banques privées que nous avons consultées ne s’estiment en effet pas
«On équipe le banquier privé pour faire son job de la manière la plus automatisée possible, et cela lui permet d’utiliser son temps là où il a un impact.»
JONATHAN NEUBOURG REBEL (BELFIUS)
menacées par l’arrivée de tels outils enrichis par l’intelligence artificielle, même s’ils redéfinissent peu à peu le métier. Le tout étant de savoir s’en servir intelligemment.
«L’IA est déjà intégrée dans quelques-unes de nos applications et aide nos banquiers à devenir plus performants», avance Georges Nédée, membre du comité de direction en charge de la transformation au sein de la banque Puilaetco. «Mais nous n’utiliserons jamais l’IA pour communiquer directement avec nos clients. C’est plutôt un outil de ‘business intelligence’».
Même son de cloche chez Belfius, où Jonathan Neubourg, à la tête de la plateforme Rebel et responsable du AI & Tech Lab, préfère parler «d’augmentation» que d’automatisation. «Nous avons suivi ce qui s’est passé aux États-Unis il y a quelques semaines et il est vrai qu’une grande partie des tâches peut être automatisée. Avant, préparer un rendez-vous
client pouvait facilement prendre deux heures. Aujourd’hui, un agent d’IA rassemble toutes les informations pertinentes en quelques minutes. Nous voulons automatiser au maximum ces tâches avec peu ou pas de valeur ajoutée humaine. Cela libère le banquier privé pour ce qui compte réellement: la relation.»
C’est là l’impact le plus tangible
de l’arrivée de l’IA dans les banques privées. Confier des tâches longues et répétitives à de larges modèles de langage permet surtout de booster la productivité. «L’IA est un outil qui peut notamment réduire le temps consacré par nos banquiers à des tâches chronophages telles que les tâches régulatoires comme les revues MiFID (processus périodique
«Nous n’utiliserons jamais l’IA pour communiquer directement avec nos clients.»
GEORGES NÉDÉE PUILAETCO
de vérification du profil du client) ou liées aux règles anti-blanchiment, ce qui nous fait gagner en efficacité», détaille Benoit Bilquin, Head of Wealth Management Wallonie chez Puilaetco. «Le banquier libère ainsi un temps précieux qu’il peut consacrer à ses clients et à être proche d’eux.»
Un gain de temps loin d’être anodin dans ce secteur très concurrentiel. Et qui va au-delà de l’automatisation de tâches, pointe Jonathan Neubourg. «Après chaque rendez-vous, notre banquier privé débriefe à voix haute dans sa voiture. L’IA capte, structure et stocke les informations pertinentes. De quoi préparer au mieux le rendez-vous suivant, et surtout, assurer un suivi optimal et proactif de la relation client.» De quoi optimiser, aussi, l’identification des nouvelles opportunités commerciales, qui passent toujours par ce contact humain.
Un «banquier-psychologue» irremplaçable
Car si l’IA automatise une partie du travail, elle ne touche pas au cœur du métier et les décisions, notamment en matière d’allocation d’actifs, restent bien humaines, tout comme les contacts. «Bien sûr, nos clients a endent des performances solides et des conseils avisés, mais ce qu’ils cherchent principalement, c’est un banquier privé qui est disponible,
14 Private Banking Intelligence artificielle
qui les écoute et qui les comprend», insiste Georges Nédée.
Dans un métier où les émotions jouent un rôle déterminant, la machine montre rapidement ses limites, confirme Benoit Bilquin. «Notre approche patrimoniale globale consiste à appréhender une famille sous l’angle civil, fiscal mais aussi familial. Cet accompagnement du client ne sera jamais remplacé par l’IA. Encore récemment, lorsque les marchés ont été bousculés par les tensions au Moyen-Orient, certaines questions de clients ont été clairement influencées par un biais émotionnel. L’être humain est et reste un investisseur plutôt irrationnel. Le banquier privé est capable de décrypter ces biais. Un simple silence ou même l’absence de réaction d’un client à un e-mail peuvent déjà être révélateurs d’un message que nous pouvons décoder, contrairement à une IA.»
Jonathan Neubourg abonde dans ce sens. «Un banquier privé connaît son client et sait comment il va réa-
«Un simple silence ou même l’absence de réaction d’un client à un e-mail peuvent déjà être révélateurs d’un message que nous pouvons décoder, contrairement à une IA.»
BENOIT BILQUIN PUILAETCO
gir, par exemple en cas de crise. Une IA sait certes tirer des conclusions sur la base de données historiques, mais elle n’a pas de sentiments et pas la capacité humaine de comprendre vraiment qui est l’autre humain en face.»
Le risque de confier son patrimoine à ChatGPT Un aspect oublié par certains clients, qui s’adressent parfois d’eux-mêmes à l’IA pour des questions patrimoniales, ce qui n’est pas sans risque. «Il faut faire a ention aux hallucinations, car dans les sujets de planification successorale ou de fiscalité, il faut tenir compte de la complexité de la matière, de l’évolution des taxes, etc. Le risque d’erreurs avec de lourdes conséquences potentielles est majeur», avertit Georges Nédée. Dirk Gyselinck, membre du comité de direction de Belfius, notamment en charge du private banking, rappelle que là aussi, les banquiers privés savent toujours de quoi ils parlent. «Quand Belfius donne un conseil patrimonial, ce conseil doit être parfait. Or, je ne suis pas certain que ChatGPT connaisse toutes les finesses légales, fiscales et réglementaires belges. En tant que client, s’adresser à ChatGPT directement, c’est prendre un risque.» Une mise en garde qui vaut aussi pour les banquiers. «Tout est encadré chez nous et nos banquiers privés doivent toujours utiliser des outils que nous développons ou approuvons.»
«On peut faire le parallèle avec la santé. Certains utilisent ChatGPT ou Claude pour donner leurs symptômes quand ils ne vont pas bien. Cela fonctionne quand on a un peu de fièvre, mais je ne pense pas que l’on va faire confiance à une IA pour de l’oncologie. Chez nous, c’est la même chose. Me re tout son patrimoine et celui de ses enfants et petits-enfants dans les mains d’une IA, qui n’est jamais à 100% fiable et qui manque de réalisme humain, je
ne vois pas cela arriver», renchérit Jonathan Neubourg.
Une approche prudente qu’attendent d’ailleurs eux-mêmes les clients, notamment les nombreux entrepreneurs qui utilisent déjà eux-mêmes l’IA dans leur quotidien professionnel et constatent l’impact de ce e révolution technologique.
Plus d’IA, moins de banquiers?
Reste une question de fond: si les banquiers privés deviennent plus productifs, en faudra-t-il moins de demain? Les craintes de Wall Street ne seraient-elles pas justifiées en ce sens?
«Ce qu’on voit dans l’industrie, c’est qu’il y a déjà depuis des années une pression sur les marges, qui est compensée par une croissance des volumes et une consolidation des acteurs», admet Georges Nédée chez Puilaetco, qui emploie 170 personnes en Belgique. «Ce n’est pas nouveau, c’est inhérent à notre business. Donc, pour nos banquiers privés, intégrer l’IA dans leur méthode de travail, c’est un changement qui prend du temps et qui demande un changement de culture.»
Chez Belfius, Dirk Gyselinck reste optimiste, et le groupe continuera d’engager pour accompagner la forte croissance du private banking des dernières années. «L’idée est que le banquier voie ses clients plus souvent, parce qu’on remarque que chaque contact est apprécié par le client. Mais je ne vois pas l’IA comme une menace, c’est plutôt une opportunité.»
Jonathan Neubourg ne peut qu’approuver. «C’est la force du modèle: on équipe le banquier privé pour faire son job de la manière la plus automatisée possible, et cela lui permet d’utiliser son temps là où il a un impact.» Car dans ce métier où l’argent touche à l’intime, une chose résistera toujours à l’automatisation: la confiance.
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David
Schmidt,
Managing Director
Chez Banque de Luxembourg Belgium, nous considérons la gestion de patrimoine comme une affaire très personnelle. Notre approche relationnelle ne s’appuie pas sur des algorithmes ou de l’intelligence artifi cielle. Nous investissons dans la constance, la vision à long terme et surtout dans de véritables relations humaines. Afi n de vous offrir l’approche la plus personnalisée en matière de banque privée pour la préservation et la valorisation de votre patrimoine. Et chez nous, les cookies vous seront servis avec un café.
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Private Banking Interview
«Chez KBC, on a tiré les leçons de nos erreurs: nous ne proposons pas de crédit privé»
Sans tambour ni trompe e, la branche private banking de KBC se rapproche des 100 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Pour franchir ce cap, son patron, Gert Van Craenenbroeck, s’appuie sur une règle d’or: pas question de proposer des produits que les clients ne comprennent pas bien.
le marché: le message, c’est d’entrer de manière étalée.»
Les investisseurs ne s’inquiètent pas uniquement de la guerre en Iran. Ils redoutent aussi que des problèmes sur le marché en plein essor des prêts non bancaires, le crédit privé, ne débouchent sur une nouvelle crise financière. KBC distribue-t-elle des investissements en crédit privé à ses clients de private banking?
PIETER SUY
Gert Van Craenenbroeck a le sens du timing quand il s’agit de réorienter sa carrière. Depuis que ce banquier de KBC a pris, au printemps dernier, la tête de la branche Private Banking & Wealth du groupe, après une longue carrière dans la banque d’entreprises, les marchés financiers n’ont cessé de s’embraser.
Avant même que la guerre en Iran n’éclate, le président américain Trump avait déjà déclenché une guerre tarifaire mondiale. Dans le même temps, la nervosité autour des valorisations stratosphériques des actions liées à l’IA a entraîné de fortes turbulences boursières. Et les investisseurs ont commencé à s’inquiéter des risques du crédit privé («private credit»). Sans oublier la taxe sur les plus-values: comme partout ailleurs, dans les banques privées et chez les gestionnaires de patrimoine du pays,
chez KBC aussi, c’est la mobilisation générale pour s’y préparer au mieux.
Journées chargées, donc, pour le patron du numéro deux du private banking en Belgique, avec près de 93 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
Et pourtant, le téléphone sonne moins qu’on ne pourrait l’imaginer, assure Van Craenenbroeck.
«Regardez ce qui s’est passé au début des années 1990, lorsque la première guerre du Golfe a éclaté. À l’époque, les marchés d’actions ont dû encaisser des pertes de plus de 10%. Aujourd’hui, après les premières a aques sur l’Iran, l’indice boursier belge Bel 20 a reculé de 2% à 2,5%. Bien sûr, les clients posent des questions, ils veulent comprendre. Mais il n’y a pas de panique.»
«Avant la guerre, beaucoup d’argent a endait déjà sur la touche, prêt à être investi en cas de repli», poursuit-il. «Mais nous ne conseillons pas à nos clients de se précipiter sur les actifs aujourd’hui sous pression. Au final, on ne peut pas ‘timer’
«Notre plus forte croissance vient des entrepreneurs ou des actionnaires familiaux de la génération des baby-boomers, qui préparent le transfert de leur patrimoine vers la génération suivante.»
GERT VAN CRAENENBROECK DIRIGEANT DE KBC PRIVATE BANKING & WEALTH
Nous ne l’avons pas proposé, ni à nos clients de détail, ni à nos clients de private banking. Pour nos clients Wealth, où le seuil d’entrée est de 5 millions d’euros, nous l’avons proposé de façon extrêmement limitée. Le crédit privé représente moins de 0,2% du total des actifs sous gestion dans ce segment. Nous avons appris des erreurs que les banques, nous y compris, ont commises par le passé. Avant la crise financière, certains produits étaient parfois proposés alors que les clients n’en maîtrisaient pas très bien les risques. Il ne faut pas non plus me re le crédit privé dans le même sac que d’autres actifs alternatifs, comme les investissements dans les infrastructures ou le private equity, c’est-à-dire des entreprises non cotées en bourse. Le profil de risque est différent, tout comme les cash-flows. Nos clients, dont beaucoup d’entrepreneurs, s’y intéressent. Et n’oubliez pas que 90% des entreprises ne sont pas cotées: le private equity offre une opportunité d’y investir.
KBC est, depuis des années, le numéro deux du marché belge du
private banking. Mais la concurrence ne reste pas inactive: Belfius ne cache pas sa volonté de vous dépasser dans les classements, et d’autres acteurs, comme ING Belgique ou ABN Amro, ont aussi revu leurs ambitions à la hausse. Je pense qu’en Flandre, nous sommes déjà très proches du leadership. À Bruxelles et en Wallonie, nous avons peut-être encore un peu moins de notoriété. Mais nous continuons à grandir: nous nous rapprochons toujours plus des 100 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Entre 2020 et 2024, nous avons étendu notre
«Dans
45% des cas, nous constatons que ce sont désormais les femmes qui prennent les décisions patrimoniales.»
GERT VAN CRAENENBROECK DIRIGEANT DE KBC PRIVATE BANKING & WEALTH
réseau d’agences, ce qui nous ancre encore davantage localement.
Alors que d’autres banques privées et gestionnaires de patrimoine semblent enchaîner les campagnes, KBC paraît, sur ce terrain, plus discrète. Nous n’avons pas besoin de grandes campagnes pour poursuivre notre croissance. La réputation de KBC, ainsi que l’image technologique de la banque, nous aident déjà beaucoup.
Cela peut paraître un peu vague, mais notre priorité est de construire une relation durable avec les clients, sur plusieurs générations. KBC dispose historiquement d’une part de marché importante auprès des chefs d’entreprise et des entrepreneurs. Nous voulons les faire évoluer vers notre branche private banking. Il peut s’agir de personnes qui reçoivent des donations ou un héritage, mais notre plus forte croissance vient des entrepreneurs ou des actionnaires familiaux de la génération des baby-boomers, qui préparent le transfert de leur patrimoine vers la génération suivante.
Le fait d’être une banque universelle joue aussi en notre faveur. Ces clients nous connaissent depuis l’époque où nous les accompagnions, en tant que banque, dans la croissance de leur entreprise. Mais la gestion de patrimoine, c’est un autre métier. Prenez, par exemple, un artisan gaufrier: il connaît tout des prix de ses ingrédients, de ses installations de cuisson… Mais une fois son entreprise vendue, il veut une institution de confiance qui
lui explique ce qu’il peut faire de son argent. Dans le même temps, les pouvoirs publics ne facilitent pas la tâche de l’investisseur moyen sur le plan réglementaire, et la planification successorale devient toujours plus complexe. À ce niveau, les gens veulent être déchargés.
La génération qui prend le relais des baby-boomers a-t-elle d’autres préférences d’investissement? Et comment vous y adaptez-vous? Nous essayons d’impliquer les jeunes très tôt dans les échanges que les familles ont avec leur banquier. Et, via notre Wealth Academy, nous organisons aussi des formations spécifiques pour eux. C’est nécessaire, car nous constatons qu’il reste du travail en matière d’éducation financière. Nous essayons d’y répondre en abordant ces questions de la manière la plus naturelle possible.
Ce n’est pas toujours simple: comment, en tant que banquier, parler aux jeunes de manière convaincante? Mais ce e génération finira bel et bien par avoir besoin de nous, par exemple lorsqu’il faudra conclure un crédit hypothécaire. Dans ces moments-là, notre statut de banque universelle nous donne un petit avantage par rapport aux purs gestionnaires de patrimoine.
Autre tendance: la féminisation de notre public. Dans 45% des cas, nous constatons que ce sont désormais les femmes qui prennent les décisions patrimoniales. Elles vivent plus longtemps, et les divorces sont plus fréquents qu’avant. Cela se reflète aussi dans la composition de notre clientèle.
Private Banking Interview
Justine Henin
«Je suis en contact direct avec mes investissements»
«Je suis assez sereine et confiante dans le long terme», déclare l’ex-numéro 1 mondiale du tennis
Justine Henin au sujet de la gestion de son patrimoine financier.
PHILIPPE GALLOY
Une fois n’est pas coutume, c’est d’argent et non de tennis que Justine Henin parle. Durant sa carrière sportive au plus haut niveau, l’ancienne numéro 1 mondiale a laissé d’autres personnes s’occuper de ses finances, ce qui a parfois conduit à des erreurs. Mais aujourd’hui, elle a la maîtrise de son patrimoine et dit être prudente et sereine. L’argent n’est toutefois pas un moteur pour Justine, ce sont surtout ses projets d’entrepreneuse qui la font vibrer.
Durant votre carrière de sportive de haut niveau, vous avez perçu des gains élevés très jeune. Comment gère-t-on cela?
On n’y est jamais vraiment préparé. J’ai commencé à gagner ma vie quand j’ai qui é la maison familiale. Ma priorité absolue, à ce moment-là, était le sportif. Il a donc fallu faire confiance à d’autres personnes parce qu’on ne peut pas tout gérer soi-même. Donc, on rencontre des agents, il y a beaucoup de gens qui gravitent autour de soi et il faut essayer de ne pas se tromper dans ses choix. Gagner de l’argent n’est pas du tout quelque chose qui m’a perturbée. Je ne vais pas dire que ce n’était pas un sujet. Mais à l’époque,
j’étais obsédée par l’envie de toucher les sommets du tennis mondial.
Aujourd’hui, comment est géré votre patrimoine? Investissez-vous en bourse?
Je fais confiance à des organismes qui gèrent mon patrimoine, en gestion discrétionnaire. Par contre, il est important pour moi de poser les bases. J’ai besoin de dormir avec l’esprit tranquille. Mais en même temps, j’ai une vision à long terme. Donc, pour le moment, c’est chaotique (sur les marchés boursiers, NDLR), mais je ne suis pas la première à appeler les personnes qui gèrent mon patrimoine pour demander ce qu’il se passe. Je suis assez sereine et confiante dans le long terme. Quand j’investis, c’est important pour moi que ça corresponde à mes besoins, comme tout le monde.
Est-ce que vous vous intéressez à la manière dont votre argent est investi?
Dans le détail, pas forcément, mais en tout cas, les grandes lignes directrices sont importantes pour moi. Il y a les aspects éthiques aussi. Ce sont des discussions qu’on reprend de temps en temps. Mais je n’ai pas une connaissance technique ou un appétit particulier pour la bourse. J’ai beaucoup de passions et de centres d’intérêt, mais celui-là n’est pas dans le haut de ma liste, c’est sûr (sourire).
Durant votre carrière professionnelle, vous n’avez pas, à un moment, été formée pour améliorer vos compétences financières?
J’ai appris au gré de mes rencontres et au gré de mes expériences. J’ai été entourée, bien sûr, j’avais un conseiller financier qui, globalement, gérait mes
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CBC Digital Private Banking: le digital en générateur de confiance
Intransigeante sur le maintien de la proximité humaine et la sécurité, CBC Banque déploie pour ses clients des solutions digitales qui boostent le contrôle, l’échange et la sérénité.
“Ce qui déstabilise les détenteurs de patrimoine, ce ne sont pas tant les événements angoissants qui défraient la chronique que le bruit alentour”, note Xavier Falla, Directeur Général Private Banking et Wealth de CBC Banque & Assurance. “Comme ils sont surinformés, notamment par l’IA, la difficulté est pour eux de distinguer l’information pertinente de l’information viciée.”
Le besoin est alors grand de se tourner vers des personnes et institutions de confiance. “Nos Chargés de Relations sont régulièrement en ligne avec leurs clients. Lorsque ce ne sont pas eux qui nous appellent, nous les contactons souvent spontanément pour les rassurer.” La banque préserve ainsi le lien particulier que chaque client entretient avec son Chargé de Relations.
INTIMITÉ PRÉSERVÉE
C’est avec cette même priorité à l’esprit qu’a été conçue la solution de Digital Private Banking de CBC Banque, également intégrée à l’app CBC, reconnue en 2024 et 2025 comme la meilleure application bancaire au monde (par le bureau d’études international indépendant Sia dans le cadre de son classement annuel Global Mobile Banking Benchmark). Les développeurs y ont prévu la possibilité de fixer rapidement un entretien Teams avec les Chargés de
“L’environnement est ultra-sécurisé et le système garantit que l’on parle bien à la personne souhaitée et non à un avatar malveillant.”
FABIAN DAUZO Expert Digital Private Banking de CBC Banque & Assurance
Relations, ceux-là même qui œuvrent dans les centres CBC Private Banking à travers la Wallonie et à Bruxelles.
“L’environnement est ultra-sécurisé et le système garantit que l’on parle bien à la personne souhaitée et non à un avatar malveillant”, précise Fabian Dauzo, Expert Digital Private Banking chez CBC Banque.
TRANSPARENCE
De nombreuses options permettent à tout instant de garder un œil sur son patrimoine et le travail de ceux qui le gèrent. “La valeur du portefeuille est mise à jour quotidiennement ou par quinzaine selon le type d’actifs détenus”, souligne Fabian Dauzo. “Les clients Private Banking ont accès au calcul de rendement global et par poste, ainsi qu’aux justifications des positions prises par les gestionnaires de fonds.”
On y trouve également les détails des anticipations des économistes et des
décisions des comités de placements qui fondent la stratégie d’investissement de la banque. De quoi scruter l’évolution de son portefeuille et comprendre comment une bonne diversification peut amortir les chocs de marché.
ACHATS ET VENTES EN TOUTE FLUIDITÉ
Dynamique, l’app envoie à l’utilisateur des propositions individualisées d’investissement ou d’arbitrage. Les opportunités sont identifiées et communiquées avec l’aide de Kate, l’assistant virtuel de CBC, mais uniquement aux clients concernés, à partir de leur profil ou des préférences qu’ils ont déterminées avec leur conseiller. “Libre à eux, ensuite, d’ignorer, de demander un éclaircissement auprès de leur Chargé de Relations ou de valider la proposition directement sur l’application, explique Xavier Falla.
“Le client peut également prendre l’initiative lui-même d’acheter ou de
“Ce qui déstabilise les détenteurs de patrimoine, ce ne sont pas tant les événements angoissants qui défraient la chronique que le bruit alentour.”
XAVIER FALLA
Directeur Général Private Banking et Wealth de CBC Banque & Assurance
vendre des titres déjà présents dans son portefeuille”, précise Fabian Dauzo. “Le Chargé de Relations en est alors automatiquement informé. C’est important, car certains actes peuvent déséquilibrer le portefeuille par rapport au profil initialement établi”, conclut-il. Une fois encore, l’humain n’est jamais loin.
affaires et mon patrimoine. Avec le recul, il y a des choses que je ne ferai plus, c’est sûr.
Lesquelles, par exemple?
Des participations dans des sociétés. Ça reste de l’humain, quand même, derrière.
Des start-ups?
Oui, dans pas mal de start-ups. À l’époque, je regardais ça de très loin. Aujourd’hui, je suis en contact direct avec mes investissements. Je prends des conseils, j’écoute, je me renseigne. J’observe beaucoup et j’ai un tempérament plus prudent aussi. Je reste une fonceuse dans l’âme pour beaucoup de choses dans ma vie, mais avoir un minimum de sécurité est important pour moi aujourd’hui.
Comment décririez-vous votre rapport à l’argent?
Je ne vais pas dire que l’argent n’est pas important pour moi. J’ai la chance d’avoir bien gagné ma vie et de pouvoir me sentir en sécurité aujourd’hui, ainsi que ma famille. C’est important et ça donne beaucoup de tranquillité. À l’inverse, l’argent n’est pas du tout un moteur pour moi. Je suis plutôt une entrepreneuse dans l’âme. Par exemple, mon projet d’académie, ici à Limele e, a pour but de réinvestir en permanence pour continuer à offrir des conditions performantes pour que nos jeunes puissent se développer. C’est un projet qui me fait vibrer au quotidien.
L’expérience de votre carrière sportive vous incite-t-elle à prendre des risques dans vos projets aujourd’hui ou au contraire à garder une certaine prudence?
J’ai un tempérament de fonceuse mais je fonce quand j’ai vraiment pris le temps de la réflexion. Quand je me décide, je vais à fond dans tout ce que j’entreprends. Je m’entoure, j’observe beaucoup, j’écoute, je discute. Je suis plutôt réfléchie, mais à un moment donné, je vais au bout des choses, pour ne pas avoir de regrets. Quand j’ai le sentiment d’avoir
Beaucoup d’anciens sportifs de haut niveau investissent dans des projets en rapport avec le sport. C’est aussi votre cas?
Pour moi, l’investissement dans mon académie est important. Je ne l’ai pas fait en espérant un retour important. Ça fait vingt ans que je travaille bénévolement dans ce projet. Ma priorité était de pérenniser ce projet. Ce n’était pas gagné au départ mais on a été capable de réinvestir en permanence, notamment grâce à un partenariat important avec le gestionnaire de patrimoine CapitalatWork qui vient d’être reconduit, et quand je vois le chemin parcouru, j’ai une grande fierté. C’est un projet de cœur, prenant sur le plan financier et sur le plan humain, mais je sais pourquoi je le fais, ça a du sens pour moi.
Durant votre carrière, y a-t-il eu un moment où les aspects financiers ont interféré avec le sportif? Non, j’ai eu beaucoup de chance. Ça ne m’est jamais monté à la tête. J’étais un peu le cauchemar de mes agents, parce qu’un agent doit faire de l’argent avec les sportifs, alors que moi, je disais non à beaucoup de choses. Le choix sportif primait
toujours. J’aurais pu gagner beaucoup plus d’argent si j’avais accepté beaucoup plus de choses. Mais j’ai zéro regret. J’étais là pour jouer au tennis. Le reste (les gains financiers, NDLR), c’était une conséquence, souvent très agréable, mais ça n’a jamais été une question, en fait.
Et avant l’envol de votre carrière?
Je n’ai manqué de rien quand j’étais jeune. Mes parents ont sacrifié beaucoup de choses pour que leurs enfants puissent vivre leurs activités et, pour certains, leurs études, et pour moi, pour financer ma formation. Ils avaient mis des mécanismes en place quand j’étais très jeune. Ils étaient allés voir de petites entreprises de la région de Rochefort pour obtenir un petit soutien financier. On s’était engagé pour qu’à mes dix-huit ans, si
«Je ne vais pas dire que l’argent n’est pas important pour moi. Ça donne beaucoup de tranquillité. À l’inverse, l’argent n’est pas du tout un moteur pour moi.»
JUSTINE HENIN
j’avais les moyens de les rembourser, on le ferait. C’est ce qui s’est produit. Ça m’a valu énormément de soutien, de respect et de reconnaissance. Je n’ai jamais oublié d’où je venais.
Ensuite, comment avez-vous vécu vos premiers gains importants en début de carrière?
Je me souviens que mon premier chèque en tournoi, mon premier prize money, c’était en tournoi en Hollande. C’était l’équivalent de 66.000 francs belges à l’époque (environ 1.600 euros, NDLR). C’était quelque chose, d’arriver sur le circuit professionnel et de remporter un premier prize money. Par la suite, ça n’a pas occupé mon esprit tous les jours. La notoriété était beaucoup plus une question pour moi. Quand je suis devenue numéro un, je me suis dit que j’allais avoir besoin de rendre quelque chose de tout ça.
C’est ce qui vous a poussée à vous lancer dans des projets caritatifs?
Je suis allée vers des actions caritatives assez naturellement. J’ai perdu ma maman d’une maladie. Et j’ai toujours aimé les enfants. Donc, j’ai eu envie que ma notoriété soutienne certaines associations, notamment au profit des enfants malades. Mon engagement remonte à 2003, pour l’hôpital des enfants à Bruxelles. J’ai accompagné des voyages thérapeutiques d’enfants qui étaient soutenus par l’ASBL Jour après jour. J’ai vraiment été très touchée et j’ai voulu en faire plus. J’ai créé l’ASBL Justine for Kids, qui avait pour mission d’organiser des activités récréatives et thérapeutiques pour les enfants malades et leur famille. Ensuite, j’ai créé la Fondation Justine Henin, dont la mission est d’encourager et de favoriser la pratique sportive adaptée pour les enfants malades ou porteurs d’un handicap en Belgique. On a des projets dans des écoles, dans des centres de revalidation, à l’hôpital MontLégia, où on a construit un terrain de sport pour que les enfants hospitalisés puissent être en activité. Tout ça a toujours eu beaucoup de sens pour moi.
ANTONIN WEBER / HANS LUCAS
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Le grand malentendu sur la gestion de patrimoine? Croire qu’elle se limite aux placements
Dans un marché volatil et dans un contexte toujours plus international, le private banking classique ne suffit plus. Les familles fortunées, les entrepreneurs et les représentants des jeunes générations ont aujourd’hui besoin d’une approche holistique qui dépasse le cadre strict du portefeuille. Pour Remy Dercq, Head of Private Banking Brussels & Wallonia, c’est précisément là que réside la pertinence de Degroof Petercam.
Degroof Petercam se présente comme une maison belge à portée internationale. Que signifie cette promesse dans un monde où les tensions géopolitiques et économiques semblent récurrentes ?
Remy Dercq: “Nos clients ressentent cette tension chaque jour. Leur vie, leur patrimoine et leurs ambitions se déploient de plus en plus souvent par-delà les frontières, sur plusieurs pays et plusieurs générations. Dans un tel contexte, l’ancrage local est un atout qui apporte de la stabilité: Degroof Petercam est profondément enracinée en Belgique depuis plus de 150 ans, avec une culture de discrétion et de proximité.”
“Dans le même temps, nos clients regardent bien au-delà des frontières belges. C’est précisément pour cela que notre portée internationale est si importante. Grâce à Indosuez Wealth Management, nous pouvons nous appuyer sur des expertises supplémentaires et sur une présence notamment en Suisse, à Monaco et en Asie. Et avec le Crédit Agricole, maison mère d’Indosuez, nous bénéficions de la force d’un groupe international, celle de la 10e banque mondiale, présente dans 46 pays et offrant une vraie stabilité financière.”
Le private banking recouvre bien davantage que l’investissement. Quel est, selon vous, le cœur de votre offre?
Remy Dercq: “Le plus grand malentendu sur la gestion de patrimoine est de croire qu’elle se résume à l’investissement. En réalité, il est question ici de cohérence. Entre le patrimoine privé et professionnel. Entre aujourd’hui et demain. Entre la famille, l’entreprise et la génération suivante. Et fréquem-
ment entre plusieurs pays et plusieurs cadres juridiques.”
“C’est pourquoi nous ne partons pas des produits, mais de la situation dans son ensemble. Pour un entrepreneur, cela peut concerner simultanément la structuration du patrimoine privé, le financement de l’entreprise, la préparation d’une transmission, des questions successorales ou encore l’accompagnement et la formation de la next generation. ”
“C’est là que réside notre valeur ajoutée. Degroof Petercam réunit quatre métiers complémentaires au sein d’un même écosystème: le wealth mana-
gement, mais aussi notre propre salle des marchés, notre propre maison de fonds (DPAM) et la banque d’affaires. Cette approche holistique fait toute la différence: non pas une réponse à une seule question, mais une vision réfléchie de l’ensemble.”
Où les clients perçoivent-ils concrètement la différence chez Degroof Petercam?
Remy Dercq: “Nous nous adressons à une large clientèle et nous sommes convaincus que chaque patrimoine mérite une approche personnalisée. Pour les besoins les plus simples, ce
travail sur mesure est réalisé par le biais de nos fonds patrimoniaux, qui concentrent toute notre expertise. Mais nous disposons aussi d’un continuum de services exceptionnel, adapté aux clients nourrissant des objectifs patrimoniaux plus complexes. Notre métier exige à la fois de l’expertise, de la flexibilité et de la disponibilité. Nous écoutons, nous anticipons et nous coordonnons. Nos clients perçoivent la différence dans la profondeur de la relation et dans la qualité de l’accompagnement. Cela requiert de l’expérience, des connaissances, de l’empathie, du discernement et la capacité à rendre la complexité parfaitement intelligible sans la réduire.”
“En outre, grâce à notre ancrage international et à nos expertises pointues, nous pouvons aussi répondre à des demandes de niche de plus en plus pertinentes, comme l’accompagnement en private equity. Nous combinons ainsi le sur-mesure avec l’effet d’échelle, et la proximité avec un savoir-faire hautement spécialisé.”
Indosuez Wealth Management
• 233 milliards d’euros d’actifs sous gestion (31.12.2025)
• 4.300 collaborateurs
• Filiale du groupe Crédit Agricole, dixième groupe bancaire mondial
Vous souhaitez parler en toute confiance de votre patrimoine, de votre entreprise et de vos projets d’avenir?
Contactez Degroof Petercam pour plus d’informations ou prenez rendez-vous avec un private banker.
Remy Dercq, Head of Private Banking Brussels & Wallonia et Gert Biesmans, Head of Private Banking Flanders
Private Banking Culture et entreprise
Lorsqu’une banquière et une directrice de musée font œuvre(s) commune(s)
Les entrepreneurs prennent une place toujours plus visible dans l’univers culturel. Pour le financer, mais également pour l’assister dans sa gestion. «Une situation gagnant-gagnant où nous apprenons beaucoup les uns des autres», témoignent Ingrid Stevens, de Leo Stevens Gestion de patrimoine, et Carmen Willems, directrice générale du Musée des Beaux-Arts d’Anvers.
SERGE MAMPAEY
Depuis les bureaux de Leo Stevens, installés dans une imposante maison de maître au sud d’Anvers, le regard tombe sur l’austère et monumentale façade latérale du Musée royal des Beaux-Arts, le KMSKA, dans la ville portuaire. Ingrid Stevens, actionnaire et administratrice du gestionnaire de patrimoine familial qui porte le même nom, siège depuis des années au conseil d’administration du KMSKA. Elle est aussi administratrice chez Herita, l’ancien Erfgoed Vlaanderen, et membre de la commission Erfgoed Challenge de l’Institut royal du Patrimoine artistique.
Carmen Willems, elle, est directrice du KMSKA depuis 2017 et, depuis 2020, directrice générale. Auparavant, elle a notamment dirigé le Musée gallo-romain de Tongres, la ville où elle a également porté un temps l’écharpe de bourgmestre libérale.
Toutes deux estiment que le
monde des affaires et le secteur culturel peuvent encore se rapprocher, et se rendre davantage de services grâce à une véritable fertilisation croisée.
«Je me suis lancée par pure passion pour l’art, avec l’idée de me re mon expérience d’entrepreneure au service du monde muséal», commence Ingrid Stevens. «Après avoir été administratrice au Musée de la Photo, au Musée de la Mode et au Musée du Diamant, je le fais aujourd’hui pour plusieurs institutions muséales et culturelles. L’établissement y gagne une vraie valeur ajoutée, l’intérêt général est servi, et moi, j’en retire beaucoup.»
Des vases communicants
«Cela m’aide aussi à être une meilleure administratrice au sein de notre propre société. Dans notre conseil d’administration, je siège à côté de personnes qui me ressemblent: des profils souvent formés au juridique, à l’économie, à la finance. On partage fréquemment le même réflexe d’analyse rationnelle. Dans un musée, en revanche, des entrepreneurs côtoient
«Au KMSKA, j’apporte la culture des chi res, la rigueur financière. Chez Leo Stevens, c’est l’inverse: je mets à profit mon expérience du secteur culturel pour élargir le regard, a iner l’analyse, et laisser davantage de place à l’intuition.»
INGRID STEVENS
ADMINISTRATRICE CHEZ LEO STEVENS
des responsables politiques et des professionnels de l’art. Parfois, on se retrouve avec trois logiques, trois langages, trois vitesses. Ce e dynamique est unique, et j’y apprends énormément.»
«Au KMSKA, j’apporte la culture des chiffres et des pourcentages. La discipline financière. Chez Leo Stevens, je réinjecte ce que j’ai appris dans le secteur culturel pour regarder plus large, et mieux, avec davantage d’intuition. Ce e interaction, ces vases communicants, obligent à penser plus souplement dans un monde qui change à toute vitesse. Mon entreprise en sort plus solidement tournée vers l’avenir. Mes mandats dans le non-marchand m’aiguisent aussi sur ce qui crée vraiment de la valeur, au-delà des résultats trimestriels. C’est exactement l’ambition que nous poursuivons aussi pour les portefeuilles de nos clients.»
«Un profil comme celui d’Ingrid, issu du monde des affaires, avec en plus un vrai cœur et un vrai regard pour l’art, c’est un cadeau pour nous», souligne Carmen Willems.
«L’expertise d’entreprise est précieuse, notamment pour aider à dessiner la stratégie et le volet financier du musée. Nous sommes une ASBL, mais nous recevons aussi des moyens publics. D’où un organe d’administration composé de 7 représentants politiques. Parfois, ce sont aussi des entrepreneurs. À côté de cela, nous avons 4 indépendants et 2 commissaires du gouvernement qui veillent au respect des règles et au maintien dans le cadre financier.»
«Je peux le dire sans hésiter: la collaboration entre la direction et l’organe d’administration est exceptionnellement bonne et stimulante», poursuit-elle. «La représentation politique est importante, mais on ne fait pas de politique. Et même si l’accord est clair – l’organe d’administration ne se mêle pas de la programmation artistique –, les administrateurs nous challengent, nous questionnent, ou nous aident à orienter certains choix à partir de leur expertise. J’aime aussi utiliser Ingrid comme caisse de résonance.»
Les entrepreneurs sont évidemment les bienvenus pour leur soutien financier, reconnaît Carmen Willems. «Les pouvoirs publics ont fortement investi dans notre infrastructure, mais sur le fonctionnement, nous devons être aussi autonomes que possible. C’est pourquoi, dès la réouverture du musée en 2022, après pas moins de 11 ans de fermeture dus à la rénovation en profondeur du bâtiment, nous avons rapidement bâti autour de nous un réseau solide où le monde de l’entreprise joue un rôle majeur.»
«Ce qui nous manque un peu, par rapport à beaucoup de musées étrangers, ce sont de purs mécènes», insiste-t-elle. «Ce e tradition s’est un peu perdue chez nous. En revanche, nous développons des partenariats durables avec des entrepreneurs. En échange de leur soutien financier, ils peuvent utiliser le musée comme ‘leur’ maison. Cela va d’événements intimistes et exclusifs pour le management à une journée familiale au musée pour l’ensemble du personnel d’une grande entreprise. L’un de nos
Ingrid Stevens, actionnaire et administratrice du gestionnaire de patrimoine Leo Stevens, et Carmen Willems, directrice générale du Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers. Elles siègent toutes deux au CA du musée.
Private Banking Culture et entreprise
partenaires a encore organisé récemment un événement de Saint-Valentin exclusif pour ses clients.»
Un Club Fouquet pour des expériences exclusives
«Tous nos partenaires sont rassemblés dans un club d’entrepreneurs appelé Club Fouquet (en référence à l’artiste français Jean Fouquet, NDLR). On parle d’une centaine d’entreprises. Nous les invitons quatre fois par an à des expériences exclusives. En moyenne, une centaine de personnes sont présentes. Ces rendez-vous sont souvent entourés d’un cercle rouge dans leur agenda, et dans celui de leurs partenaires. Les partenariats avec les entreprises sont essentiels à notre fonctionnement. Grâce à ces injections financières, nous pouvons déployer une programmation forte. Sans ce soutien, ce ne serait pas possible. Et le fait que les entrepreneurs y trouvent aussi leur compte se voit très concrètement: les contrats de trois ans qui arrivent à échéance sont prolongés à l’unanimité.»
«En échange de leur soutien financier, les entreprises partenaires peuvent organiser dans le musée des événements exclusifs pour leur management ou une journée familiale au musée pour tout leur personnel.»
CARMEN WILLEMS
DIRECTRICE DU KMSKA
«Tout cela montre que culture et économie ne devraient pas être deux mondes séparés», avance Ingrid Stevens. «Elles ont besoin l’une de l’autre pour créer ensemble de la valeur, sociétale et économique. Par le passé, le monde artistique voyait souvent les entrepreneurs comme trop commerciaux, trop guidés par l’argent. Certains entrepreneurs, à l’inverse, percevaient les acteurs cultu-
rels comme trop alternatifs. Heureusement, c’est révolu. Il devient de plus en plus important de considérer un musée aussi comme une entreprise, avec un conseil d’administration qui rassemble des compétences variées pour répondre à l’ensemble des défis. Un musée doit miser davantage sur l’autonomie financière, sans renier sa mission artistique. Cet équilibre doit être surveillé en permanence.» Comme exemple très concret du rôle du conseil d’administration, Carmen Willems cite l’élaboration de la note de politique. «C’est notre ADN. Ce furent des sessions longues, intenses. La conclusion était claire: nous ne voulons pas seulement être une vitrine des beaux-arts, centrée sur les vieux maîtres, mais un musée hybride, libéré du cloisonnement. Et nous voulons offrir des chances à d’autres formes d’art, comme la musique, le théâtre, la mode ou la poésie. Cela nous permet de toucher bien plus de monde que les seuls amateurs d’art avertis.»
Prix d’entrée élevé, mais dans la norme internationale
«Autre débat majeur au sein de l’organe d’administration: le prix d’entrée», poursuit Carmen Willems. «Nous sommes le premier musée flamand à demander 20 euros. En même temps, nous avons supprimé toutes les réductions. Dans notre modèle de revenus propres, les tickets ne sont pas négligeables, contrairement à certains musées étrangers où les pouvoirs publics optent délibérément pour des prix bas, voire la gratuité. Malgré tout, avec ce tarif, nous sommes dans la moyenne de ce que demandent de nombreux musées internationaux de premier plan. Et, en qualité, notre collection n’a pas grand-chose à envier à celles du Prado, du Louvre ou du Rijksmuseum.»
«Nous avons toutefois intégré des critères sociétaux. Pour les moins de 18 ans, c’est gratuit. Nous avons aussi choisi d’entrer dans le système du pass musées, qui permet de visiter
Les préférés de la collection
Lorsqu’on les interroge sur leurs préférences personnelles dans la collection du KMSKA, la directrice Carmen Willems commence par le rappeler: d’un jour à l’autre, son «favori» change. Mais une œuvre, elle, occupe une place à part: «La Madone de Fouquet» (photo). «C’est peut-être enfoncer une porte ouverte, mais notre œuvre la plus célèbre a pour moi une très forte charge émotionnelle. Mon frère avait visité la collection avant la réouverture, à une époque où il n’y avait pas encore de cartels avec les descriptions. Après son parcours, il m’a parlé du tableau avec une grande fierté, alors qu’il ne connaissait rien à l’art. Peu après, il est décédé. Chaque fois que je vois ce tableau, je pense encore souvent à lui.»
Ingrid Stevens, elle, peine à trancher. Son choix se porte sur «Dieu le Père avec les anges chantants» de Hans Memling. «Une restauration magnifique! N’oubliez pas que nous faisons aussi de la conservation et de la recherche. Mais l’artiste ZERO Günther Uecker, ou ‘Gaston et sa sœur’ de Gustave van de Woestijne, m’a irent énormément. Parlez d’un choix éclectique.»
des musées gratuitement et sans limite. Pour chaque entrée via le pass musées, l’organisation nous verse 10 euros, mais c’est plafonné à quatre visites par pass. Certains détenteurs viennent des dizaines de fois par an. Par ailleurs, nous ne demandons aucun supplément pour les expositions temporaires. Et avec votre billet, vous pouvez ressortir et revenir le même jour, pour manger quelque chose par exemple. Une visite au KMSKA, c’est donc une expérience qui occupe toute la journée.»
La politique de prix ne semble pas freiner le public. Les chiffres de fréquentation le prouvent, largement supérieurs aux a entes. «À l’ouverture, on nous a poussés à fixer la barre à 270.000 visiteurs. Notre budget de fonctionnement a été calibré sur ce e base. Au début, cela nous a un peu freinés pour monter en puissance et programmer davantage. Aujourd’hui, nous a eignons en moyenne 500.000 visiteurs, et l’an dernier même 570.000. Pour maintenir ce niveau, il faut une programmation exigeante et a irer aussi des visiteurs internationaux. Nous y travaillons, en nous associant bientôt à un grand artiste étranger pour un projet d’envergure.»
Ingrid Stevens conclut par un appel à ses confrères entrepreneurs, afin qu’ils s’engagent davantage pour les musées: «Le soutien financier est précieux. Mais participer à la gouvernance, prendre des responsabilités, investir du temps, de l’énergie, de l’expertise et de l’implication, c’est encore autre chose. Les musées plus petits, moins connus, peinent souvent à a irer de bons administrateurs. Alors faites-le, vous aussi.»
570.000
La politique tarifaire du musée anversois ne décourage pas le grand public. L’an dernier, le KMSKA a attiré 570.000 visiteurs.
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Les chiffres ne suffisent pas à régler l’avenir d’un patrimoine familial
La génération du baby-boom orchestre actuellement le plus grand transfert de patrimoine de l’histoire. Les structures fiscales sont en général soigneusement pensées et les clauses rédigées avec précision. “On peut élaborer une solution techniquement parfaite, mais si tous les membres de la famille ne s’y sentent pas à l’aise, elle ne fonctionnera pas”, préviennent cependant les experts de Moore.
“La transmission du patrimoine dépasse largement le simple dossier juridique ou fiscal”, avance Peter Meeuwssen, avocat et Partner chez Moore Law, où il dirige également le département Clients privés. “Les familles construisent parfois ce patrimoine pendant des décennies: de l’immobilier, des placements, une entreprise… Mais quelle que soit sa composition, sa transmission ne saurait jamais se résumer à un alignement de chiffres.”
“Les chiffres tombent souvent juste, à l’euro près, mais ce sont les facteurs humains qui font la différence”, acquiesce Eva Pieters, Partner Finance & Accounting chez Moore Belgium. “En tant que conseillers, nous percevons précisément les aspirations de chacun. Notre rôle consiste alors à créer l’espace nécessaire pour qu’elles puissent s’exprimer et être prises en compte.”
“Une charte familiale qui reste 10 ans dans un tiroir manque complètement sa cible.”
PETER MEEUWSSEN Avocat et Partner chez Moore Law
Moore accompagne les familles dans ce processus: apprendre à lire un bilan, comprendre ce qu’implique un dividende ou encore évaluer une stratégie d’entreprise. Les experts de Moore traduisent un jargon complexe en langage clair, afin que chaque membre de la famille puisse participer aux échanges en toute confiance. Le sens des responsabilités de la génération suivante se construit ainsi non seulement sur le papier, mais aussi dans la pratique.
L’implication des différentes générations commence par une bonne gouvernance, ancrée dans une charte familiale. “Cette charte est en quelque sorte la ‘constitution’ de la famille”, explique Peter Meeuwssen. “Elle est très utile, mais il faut la considérer comme un instrument vivant. Une charte qui reste 10 ans dans un tiroir manque complètement sa cible.”
Pour la faire vivre dans la durée, Moore joue plusieurs rôles: expert technique, gardien de la vision d’ensemble et interlocuteur indépendant. “On peut nous voir comme un véritable trait d’union entre les générations, la complexité fi nancière et la réalité humaine”, résume Peter Meeuwssen. “C’est depuis cette position que nous rendons possibles des conversations que les familles repoussent trop souvent.”
La leçon la plus importante? “Il faut s’y prendre à temps, dans un moment serein, et surtout pas lorsque la transmission prend un caractère d’urgence”, conclut Eva Pieters. “Il convient de tout cartographier, sur le plan financier comme familial, puis d’ouvrir le dialogue. Les enfants portent parfois un regard étonnamment lucide sur des sujets que leurs parents jugent trop sensibles. Les chiffres constituent un bon point de départ, mais ils ne suffisent pas à régler l’avenir.”
Family Capital
Votre patrimoine familial est-il prêt pour l’avenir?
- Les attentes et les rôles des membres de la famille sont-ils clairement définis dans une charte familiale?
- La génération suivante est-elle préparée à son futur rôle de gestionnaire du patrimoine?
- Disposez-vous d’un coordinateur indépendant capable de coordonner vos banquiers, fiscalistes et autres conseillers?
SAVE THE DATE Family Capital Tomorrow
Entourez d’ores et déjà la date du 9 septembre 2026 dans votre agenda. C’est celle de la deuxième édition de Family Capital Tomorrow, l’événement organisé par L’Echo et De Tijd pour les entreprises familiales, les family offices et leur réseau. Avec Moore parmi ses fiers partenaires.
JPMorgan revoit à la hausse ses ambitions sur le marché belge du private banking
Traditionnellement axée sur les «très grandes fortunes», par nature discrètes et peu nombreuses, JPMorgan est longtemps restée un acteur peu en vue du private banking européen. Mais la grande banque américaine entend bien mordre à pleines dents dans le marché de la transmission patrimoniale des baby-boomers. Y compris en Belgique.
Certes, il est difficile de parler d’un acteur financier «discret» quand le groupe financier JPMorgan affiche un total de bilan de plus de 4.000 milliards de dollars et un bénéfice record (en 2025) de 57 milliards de dollars.
Mais si la banque américaine dirigée par Jamie Dimon, le banquier le plus influent de Wall Street, fait régulièrement la une comme banque d’investissement ou gestionnaire d’actifs, on sait beaucoup moins qu’elle est, en Europe aussi, bien présente dans le private banking.
Sarah Catania, l’Italienne qui pilote depuis septembre dernier les activités européennes de private banking de JPMorgan, le constate avec amusement: «Au point que certains sont surpris quand ils découvrent le nombre de bureaux que nous avons sur le continent.»
PIETER SUY
Les bureaux de JPMorgan, boulevard du Régent, à Bruxelles. La banque emploie aujourd’hui douze personnes en Belgique.
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Private Banking Stratégie
Et de rappeler que le réseau ne date pas d’hier: «Nous sommes implantés depuis plus de cent ans dans les grandes villes européennes. En Belgique, nous sommes présents depuis 1919 via plusieurs précurseurs.»
Ce e relative discrétion auprès du client moyen du private banking s’explique. Là où certaines banques ouvrent leurs services à partir de 250.000 euros d’avoirs investissables, le groupe américain vise une niche bien plus exclusive: les «Ultra High Net Worth Individuals». Catania ne précise pas le seuil d’admission pratiqué par la banque, mais, le plus souvent, ces clients disposent d’un patrimoine investissable à partir de 30 millions de dollars. Un segment qui, selon JPMorgan, recèle encore un potentiel de croissance important en Europe. «Nous voulons vraiment y aller ‘all-in’ en Europe», affirme Sarah Catania. La banque a récemment augmenté de 45% son nombre de conseillers sur le continent. Et la Belgique est clairement dans le viseur: un nouveau bureau a ouvert à Bruxelles, l’équipe y grandit. JPMorgan emploie aujourd’hui douze personnes en Belgique et entend, à terme, étoffer ce e équipe de 20% environ.
«Great Wealth Transfer» Si JPMorgan accélère maintenant, ce n’est pas un hasard. Comme nombre de banques privées et de gestionnaires de fortune, la banque américaine veut se positionner sur ce que le secteur appelle le «Great Wealth Transfer». À mesure que les baby-boomers approchent de l’âge de la pension, ils s’apprêtent à transme re leur entreprise ou leur patrimoine à la génération suivante.
«Surtout en Europe, nous voyons souvent des entrepreneurs, face à ce choix, décider finalement de vendre leur entreprise», explique Sarah Catania. Résultat: un patrimoine familial plus important devra ensuite être géré. «Notre avantage, c’est d’être un acteur mondial: les clients accèdent à une plateforme d’investissement internationale.»
«Nous aidons les familles à bâtir un plan leur permettant d’atteindre leurs objectifs sur plusieurs générations. Tout est donc fait sur mesure.»
SARAH CATANIA
JPMORGAN PRIVATE BANKING
c’est d’être un
Pas question, pour autant, de proposer des portefeuilles standardisés, insiste-t-elle. «Tout commence par une discussion avec nos clients sur les objectifs qu’ils veulent a eindre. À ce moment-là, nous sommes plutôt une caisse de résonance: nous aidons les familles à bâtir un plan leur perme ant d’a eindre ces objectifs sur plusieurs générations. Tout est donc fait sur mesure.»
«Nous travaillons en fonction des objectifs de long terme de nos clients. Nous pouvons ainsi nous découpler de toute la volatilité des marchés, laquelle a d’ailleurs toujours fait partie du paysage.»
SARAH CATANIA
JPMORGAN PRIVATE BANKING
Sarah Catania observe malgré tout des tendances récurrentes. «Plus les clients sont importants, plus on retrouve des similitudes dans leur comportement.» Dans les grandes familles, surtout en Belgique, l’intérêt progresse pour les investissements alternatifs (private equity, immobilier, prêts non bancaires… NDLR) et pour les infrastructures. Un mouvement qui s’inscrit aussi dans un contexte de craintes croissantes autour d’une inflation appelée à rester élevée, ce qui pèse généralement sur les rendements obligataires.
Des «cafards» isolés Jusqu’où va l’inquiétude autour des investissements en crédit privé?
Ces derniers mois, la tension sur les marchés financiers s’est ne ement accrue autour de ces prêts non bancaires, à la suite de plusieurs dossiers problématiques.
Jamie Dimon a d’ailleurs averti l’an dernier que d’autres difficultés apparaîtraient probablement dans le crédit privé, parlant de «cafards». Du côté de la division private banking, on relativise: les problèmes observés aujourd’hui restent, dans une certaine mesure, isolés. Autrement dit, tout n’est pas en difficulté dans ce e niche. Et Sarah Catania de rappeler l’expérience maison: «En 35 ans d’investissements en crédit privé, il a toujours été crucial, avant d’y entrer, de réaliser un examen approfondi des comptes.»
Ce e montée en puissance intervient alors que la guerre en Iran secoue les marchés. Évidemment, les clients s’en préoccupent, dit Sarah Catania. «Dans une enquête récente auprès de clients importants, 76% des participants se sont dits inquiets.» Pour autant, la volatilité n’a rien de neuf. «Il est très rare que de telles fluctuations changent structurellement le marché.» Et la dirigeante de conclure en revenant à l’approche de la banque: «La bonne nouvelle, c’est que nous travaillons en mode ‘goal based’, donc en fonction des objectifs de long terme de nos clients. Cela nous permet, en réalité, de travailler en étant découplés de toute la volatilité des marchés.»
Lʼavenir de la banque privée nʼattendra pas. Les clients veulent plus tout en faisant moins. Les marchés évoluent en quelques semaines, pas en années. Et les tendances de liquidité peuvent décider de votre pertinence à lʼère de lʼIA.
Cʼest là quʼintervient openthebox. Nous aidons les professionnels de la finance à voir lʼinvisible: qui possède quoi, comment se déroule la consolidation et où les signaux de liquidité indiquent la prochaine étape.
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D’une œuvre d’art à une carte Pokémon: votre passion peut rapporter gros
Les actifs rentables ne se limitent pas aux actions et obligations. Les objets de collection, des œuvres d’art aux grands crus en passant par les cartes Pokémon, peuvent constituer des investissements lucratifs. «Nous accompagnons nos clients dans leurs investissements passion», expliquent des banquiers privés.
EVERT NERINCKX
Cinq millions trois cent mille dollars, soit 4,5 millions d’euros: c’est la somme que l’influenceur et personnalité médiatique américain Logan Paul a mise sur la table en 2021 pour acquérir une carte Pokémon «Pikachu Illustrator» d’une rareté extrême. Dans ce e franchise japonaise, il n’est pas rare de voir partir certaines cartes à plusieurs dizaines de milliers, voire à plusieurs centaines de milliers d’euros. Mais dépasser les 5 millions de dollars relevait, à l’époque, de l’inédit. Logan Paul assurait pourtant qu’il ne s’agissait pas d’un coup de tête: il présentait l’opération, dans la presse américaine, comme une décision d’investissement mûrement réfléchie. «Pokémon est de loin la franchise la plus populaire au monde, et elle dépasse les générations», disait-il.
«Comme classe d’actifs, Pokémon a fait environ 3.000 points de pourcentage de mieux que les marchés d’actions sur les 20 dernières années.»
L’affirmation est fondée. D’après la société spécialisée Card Ladder, un panier de cartes Pokémon affiche depuis 2004 un rendement de 3.821%, tandis que l’indice boursier américain S&P 500 a généré quelque 500% de return.
Son message, martelé après ce e dépense à plusieurs millions, a suscité beaucoup de scepticisme. Entre-temps, les faits lui ont donné raison. En février de ce e année, après une ultime bataille d’enchères, sa carte «Illustrator» a été vendue aux enchères pour un montant record de 16,5 millions de dollars. Résultat: en cinq ans, Logan Paul a engrangé un rendement de 211%.
Passions à gérer avec raison
Les investissements dans des objets de collection, comme les cartes
Pokémon, peuvent donc s’avérer rémunérateurs. À une condition: savoir exactement ce que l’on fait.
L’expert américain des objets de collection Stephen Fishler, surtout connu pour sa collection de bandes dessinées de valeur, insiste sur un point: pour investir avec succès dans un objet de collection, il faut com-
prendre le marché en profondeur, quelle que soit la niche. Même dans l’univers Pokémon, certaines cartes sont surévaluées, tandis qu’ailleurs se cachent de véritables diamants bruts. «En ce sens, le marché des objets de collection ne diffère pas tellement du marché d’actions classique. Il faut se former. Se fier uniquement à son instinct ne suffit pas», souligne Stephen Fishler.
Accompagnement structuré
«Le marché des objets de collection ne di ère pas tellement du marché d’actions classique. Il faut se former. Se fier uniquement à son instinct ne su it pas.»
STEPHEN FISHLER EXPERT AMÉRICAIN
En Belgique, les banquiers privés ont aussi leur rôle à jouer. «Oui, il arrive que nos clients nous interrogent sur des investissements passion, comme l’art, des objets de collection ou d’autres actifs tangibles», indique Belfius Private, la division par laquelle la banque publique belge sert ses clients fortunés. «Notre rôle consiste à évaluer la pertinence, le cadre juridique, la liquidité, la volatilité et les risques spécifiques du type d’actifs.»
Belfius le précise toutefois: il n’est pas question de proposer des recommandations standardisées sur des objets de collection particuliers. «Nous visons surtout un accompagnement structuré via des partenaires reconnus.» Chez Belfius, l’intérêt des clients fortunés se porte d’ailleurs davantage sur le vin que sur les cartes Pokémon.
«C’est pourquoi nous étudions la possibilité d’accompagner nos clients dans des investissements en vins d’exception et en grands crus. Cela va de la sélection de millésimes et de domaines à la conservation, au stockage sécurisé et à la vente finale», explique la porte-parole de Belfius, Ulrike Pommée.
De son côté, la banque privée Degroof Petercam met des conseillers en art à disposition. «Ce e équipe accompagne nos clients sur une série de questions liées à l’art, depuis la structuration de collections et le conseil patrimonial jusqu’à l’accom-
pagnement lors de l’achat ou de la transmission, ainsi que des réflexions plus globales autour de l’art dans un contexte de gestion de patrimoine», indique la banque.
Un complément aux obligations et aux actions
Que des banquiers privés épaulent aussi leurs clients sur les marchés de l’art et des objets de collection n’a rien d’étonnant. Ce sont des univers où circulent des milliards d’euros.
Selon un rapport de Deloi e et Credit Suisse publié en 2020, environ la moitié des ultra-riches investissent 2% à 5% de leur patrimoine dans des objets de collection, tandis que 31% allouent même plus de 5% à l’art et aux objets de collection.
«Les investissements passion ne constituent que rarement, voire jamais, le cœur d’un patrimoine», rappelle Belfius. «Les questions que nous recevons s’inscrivent généralement dans la recherche d’un
complément aux classes d’actifs traditionnelles», précise Ulrike Pommée. Les classes d’actifs traditionnelles restent la base d’un bon portefeuille d’investissement. Certes, investir dans l’art ou les objets de collection procure un plaisir particulier, mais ces marchés viennent aussi avec leur lot de risques. Ils sont ne ement moins liquides que ceux des actions ou des obligations et, contrairement aux actions, ils ne génèrent pas de revenus supplémentaires sous forme de dividendes.
Au contraire: pour les œuvres et objets de valeur, les coûts de stockage et d’assurance peuvent rapidement grimper. Et une assurance n’a rien de superflu. Rien que dans notre pays, ces dernières semaines, trois commerces spécialisés ont été pris pour cible par des cambrioleurs en quête de cartes Pokémon. Mieux vaut donc éviter d’exhiber trop fièrement ce e rare carte Charizard de votre collection.
+3.821%
D’après la société spécialisée Card Ladder, un panier de cartes Pokémon a iche depuis 2004 un rendement de 3.821%, tandis que l’indice boursier américain S&P 500 a généré quelque 500% de return.