La vie des grandes fortunes Paradis du vin
CHRISTIAN TEUNISSEN (XIOR) PRĂSENTE SA FABULEUSE CAVE Ă VIN AU CHĂTEAU DE VIGNĂE
Archets dâexception
60 GRAMMES DE VIRTUOSITĂ MUSICALE ET DâARTISANAT RAFFINĂ Concorso dâEleganza
DES OLDTIMERS DĂFILENT Ă LA VILLA DâESTE
Découvrez un investissement à votre goût. Composé pour vous avec les meilleurs ingrédients.
Un portefeuille regroupant la crĂšme de la crĂšme des investissements mondiaux, sĂ©lectionnĂ©s en toute indĂ©pendance pour vous avec la mĂȘme passion et la mĂȘme expertise que celles dâun grand chef. ing.be/privatebanking
«Dans un monde en pleine turbulence, investir dans un archet de violon dâexception pourrait ainsi ĂȘtre une excellente idĂ©e de diversiïŹcation de votre portefeuille.»
Katrien Verstraete Coordinatrice Wealth
LA MUSICALITĂ DU CRIN DE CHEVAL Tout sourire, Camille Thomas a brandi son archet, Ă peine la derniĂšre note du concerto n°1 de Camille Saint-SaĂ«ns, quâelle a jouĂ© rĂ©cemment dans une salle de concert aux Pays-Bas, sortie de son violoncelle. Lâartiste franco-belge voit dans lâarchet que lui a prĂȘtĂ© la Fondation Roi Baudouin une vĂ©ritable «bague e magique».
On la comprend. Le nom de son fabricant, Sartory, vous est peut-ĂȘtre inconnu, tout comme ceux de Tourte et Persoit. Mais, Ă entendre les grands musiciens et mĂ©lomanes, ils mĂ©riteraient tout autant leur place au PanthĂ©on des maĂźtres-artisans dâinstruments Ă cordes que les cĂ©lĂšbres luthiers Stradivari, Amati ou Guarneri del GesĂč.
«Câest en eïŹet lâarchet qui confĂšre le vĂ©ritable caractĂšre au son et assure la juste musicalité», souligne Pierre Guillaume de la Maison Bernard Ă Bruxelles, un vĂ©ritable sanctuaire pour les amateurs de violon.
Cet artisan, ami de cĂ©lĂ©britĂ©s comme le violoncelliste Mischa Maisky qui «possĂšde 300 archets!» nous explique avec passion la fabrication dâun archet. Il doit idĂ©alement peser 60 grammes, ĂȘtre taillĂ© dans le bois adĂ©quat et courbĂ© avec soin. Les crins proviennent de prĂ©fĂ©rence dâĂ©talons â vous dĂ©couvrirez pourquoi dans notre interview â et il faut entre 100 et 120 crins pour fabriquer un seul archet.
Ces derniĂšres annĂ©es, les prix des archets de haute qualitĂ© ont souvent dĂ©passĂ© les 250.000 dollars. Dans un monde en pleine turbulence, investir dans un archet de violon dâexception pourrait ainsi ĂȘtre une excellente idĂ©e de diversiïŹcation de votre portefeuille. Mais si vous cherchez simplement Ă vous consoler au vu de la dĂ©prĂ©ciation de vos ETF, Ă©coutez donc les albums Camille Thomas. Une apaisante expĂ©rience personnelle, que je vous recommande.
SOMMAIRE
CHRISTIAN TEUNISSEN
Comment le CEO de Xior a créé un lieu exceptionnel pour 16.000 bouteilles de vin
P. 4
ASSURER LE LUXE
Du squelette de dinosaure Ă des pantouïŹes uniques, tout peut-il ĂȘtre assurĂ©?
P. 14
ARCHETS
DâEXCEPTION
Lâarchet idĂ©al prend vie dans un atelier bruxellois P. 20
CARRARE
Une visite dans le cĆur de marbre de la Toscane P. 28
CONCORSO
DâELEGANZA
Un événement exclusif de voitures anciennes, avec des Belges passionnés P. 34
COURSE Ă LA VOILE
Onze femmes belges se préparent pour la Rolex Fastnet Race P. 42
IMMOBILIER EXOTIQUE
Les nouvelles destinations de rĂȘve pour les investisseurs immobiliers P. 48
«Wealth» est une publication de MediaïŹn. SupplĂ©ment de LâEcho du 12 avril 2025. Coordination: Muriel Michel, Katrien Verstraete, RĂ©daction ïŹnale: Thomas Wallemacq. Lay-out: Ilse Janssens, Photo: Tim Ricour, Couver ture: Franck Socha, RĂ©dacteur en chef: Paul GĂ©rard, Directrice de rĂ©daction: Isabel Albers, Ăditeur responsable: Peter Quaghebeur, avenue du Por t 86c, boĂźte 309, 1000 Bruxelles.
COMMENT CHRISTIAN TEUNISSEN (CEO DE XIOR STUDENT HOUSING) A CONSTRUIT LA PLUS GR ANDE CAVE Ă VIN DâUN RESTAURANT EN BELGIQUE
DâUNE VIEILLE COUR INTĂRIEURE Ă UNE FABULEUSE CAVE Ă VIN Christian Teunissen, sans aucune expĂ©rience prĂ©alable dans le secteur de lâhoreca, a vu son rĂȘve et sa passion lâemporter.
Vous vous oïŹ rez un chĂąteau au cĆur des forĂȘts ardennaises, tout en sachant que la cave de ce e majestueuse demeure historique ne pourra pas abriter votre collection de vins. Vous avez alors lâidĂ©e de creuser la cour intĂ©rieure pour y construire une cave Ă vin design et spacieuse (vous avez plus de 10.000 divines bouteilles Ă conserver), puis de replacer les pavĂ©s par-dessus. Et le tour est jouĂ©. Ce projet audacieux est lâĆuvre de Christian Teunissen, CEO de Xior Student Housing, spĂ©cialiste international de la location de logements Ă©tudiants.
AUTEUR: STĂPHANE GODFROID
PHOTOS: VALENTIN BIANCHI / HANS LUCAS
Le ChĂąteau de VignĂ©e, situĂ© Ă Rochefort, est aujourdâhui un vĂ©ritable Ă©crin de charme bucolique. Autrefois, il abritait une grande ferme carrĂ©e oĂč trĂŽnait, en son centre, un tas de fumier. Ă la ïŹn des annĂ©es 1980, le chĂąteau fut transformĂ© en hĂŽtel deux Ă©toiles avant dâĂȘtre Ă nouveau profondĂ©ment transformĂ©, quelques dĂ©cennies plus tard, par Christian Teunissen. Je me trouve ainsi en ce jour aux cĂŽtĂ©s du CEO de Xior dans la cave Ă vin phĂ©nomĂ©nale du chĂąteau, entourĂ© de ïŹacons exclusifs et souvent trĂšs coĂ»teux, pour discuter de sa passion et de ses «coups de foudre». La lumiĂšre naturelle pĂ©nĂštre dans la cave par un immense dĂŽme en verre, situĂ© au centre de la cour intĂ©-
rieure. Les bouteilles sont soigneusement rangées sur des étagÚres design noir mat formant une grande structure circulaire autour de nous, dans une lumiÚre tamisée et à température idéale.
«Tout cela est arrivĂ© un peu par hasard. Dans ma jeunesse, on ne buvait pas vraiment de vin Ă la maison, Ă part un apĂ©ritif ou un verre Ă table. La famille de ma mĂšre dirigeait une entreprise de construction, mon pĂšre Ă©tait mĂ©decin. Je nâai pas de souvenirs dâenfance de bonnes bouteilles que lâon ouvrait lors dâoccasions spĂ©ciales ou de cave Ă vin chez nous», raconte Christian Teunissen. «Jâai dĂ©couvert le vin au ïŹl de rencontres avec dâautres entrepreneurs. On se retrouve parfois autour dâun bon verre, et câest ainsi que mon intĂ©rĂȘt a grandi.»
«Mais dâabord, laissez-moi vous parler de cet endroit. Ma femme, mon beaufrĂšre, ma belle-sĆur et moi venons au ChĂąteau de VignĂ©e depuis 2001. La premiĂšre fois, câĂ©tait Ă NoĂ«l. Mon beau-frĂšre
connaissait dĂ©jĂ la rĂ©gion. Ă lâĂ©poque, le chĂąteau Ă©tait un petit hĂŽtel avec quelques chambres, un restaurant et un bar. Nous y retournions chaque annĂ©e. Les enfants ont grandi, et nous avons commencĂ© Ă inviter des amis. Nous aimions tellement lâendroit que jâai ïŹni par caresser lâidĂ©e dâacheter le chĂąteau. Et câest ce qui sâest passĂ©: en 2016, lâaïŹaire Ă©tait conclue. Tout nous a irait ici: le charme de ce lieu historique dans les Ardennes, qui avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© le tĂ©moin de plusieurs merveilleux moments de notre histoire familiale.»
Coup de foudre
Le chĂąteau avait cependant besoin plus que dâun simple rafraĂźchissement. Mais les rĂ©novations en profondeur qui lâa endaient nâont pas rebutĂ© Christian Teunissen, lui le trĂšs occupĂ© «bailleur de kots de la Bourse de Bruxelles». «Je nâavais aucune expĂ©rience dans lâhĂŽtellerie. Mais mon rĂȘve et ma dĂ©termination mâont donnĂ© la force nĂ©cessaire. Je voulais relever le standing de lâhĂŽtel et y proposer une restauration raïŹnĂ©e dans une nouvelle salle Ă manger, prolongĂ©e dâun salon cosy pour le pousse-cafĂ©. La cave Ă vin en surface, que nous utilisons encore aujourdâhui, avait une capacitĂ© de plus de 2.000 bouteilles.»
Une audacieuse cave Ă vin souterraine
Tel Ă©tait le plan originel. «Nous nâavions nullement envisagĂ© dâĂ©quiper lâĂ©tablissement dâune cave Ă vin souterraine. JusquâĂ ce que mon ami, le chef Wout Bru, me
«Vous aurez peut-ĂȘtre du mal Ă le croire, mais chez moi, je ne bois presque pas de vin.
Pour moi, il doit accompagner un événement social.»
Christian
Teunissen, Propriétaire du Chùteau de Vignée et CEO de Xior
propose de racheter la superbe collection de vins de son restaurant Ă EygaliĂšres, dans le sud de la France. Sans hĂ©siter, jâai acquis ces 3.000 bouteilles. Câest ainsi quâa dĂ©butĂ© mon aventure viticole.»
Mais un problĂšme pratique sâest rapidement posĂ©: la cave en surface Ă©tait bien trop petite pour accueillir la collection de Wout Bru. «Il fallait pourtant garder ces prĂ©cieuses bouteilles Ă portĂ©e de main. Jâai fait appel Ă mon architecte qui mâa concoctĂ©, en quelques semaines, un plan Ă la fois ingĂ©nieux et audacieux. Comme nous avions dĂ©jĂ prĂ©vu de rĂ©amĂ©nager la cour intĂ©rieure aux pavĂ©s irrĂ©guliers, lâidĂ©e lui est venue de la creuser entiĂšrement pour y construire une cave Ă vin souterraine et refaire le pavement par-dessus.»
La nouvelle cave, accessible de lâextĂ©rieur et via lâhĂŽtel, a une capacitĂ© dâenviron 16.000 bouteilles. La collection se renouvelle sans cesse et compte aujourdâhui entre 12.000 et 14.000 bouteilles. «Nous ne sommes pas prĂšs dâarriver Ă la capacitĂ© maximale puisquâil faut sans cesse reconstituer le stock.»
La rĂ©novation, minutieusement orchestrĂ©e par les designers anversois WeWantMore, a durĂ© plus de deux ans. Entre-temps, Christian Teunissen est devenu lâheureux acquĂ©reur dâune autre collection de vins.
Les bouteilles bĂ©nĂ©ïŹcient dâune tempĂ©rature de conservation idĂ©ale et sont sublimĂ©es par une lumiĂšre tamisĂ©e qui met en valeur la richesse de leur robe.
BELGIQUE AARSCHOT Beets Patteet ANVERS Chark BRUXELLES Bosmans Slaapcomfort Center COURTRAI De Nachtwacht EDEGEM Bedtime ESSEN Bedtime HASSELT Reyskens Slaapcomfort HEERS 2-Sleep Luxury Bedding HEIST-OP-DEN-BERG Bosmans Slaapcomfort Center HOESELT Crommen Slaapcomfort IZEGEM Top Interieur KNOKKE Chark LINKEBEEK Univers du Sommeil MASSENHOVEN Top Interieur OVERIJSE Univers du Sommeil RHODE-SAINT-GENESE Sleeping House SAINT-DENISWESTREM Twaalf Twaalf SAINT-NICOLAS Middernacht TERNAT Univers du Sommeil LUXEMBOURG HEIDERSCHEID Fiisschen Concept STRASSEN Maison du Lit
AprĂšs celle du restaurant Ă©toilĂ© de Wout Bru, il a rachetĂ© la cave du restaurant trois Ă©toiles De Leest Ă Vaassen, fermĂ© en 2019, ajoutant environ 2.000 bouteilles Ă sa cave. Christian Teunissen, dĂ©sormais passionnĂ© par les grands crus, nâa eu de cesse, ensuite, de chercher Ă lâenrichir de nouveaux domaines prestigieux.
JusquâĂ ce que le covid freine ses ardeurs «Nâoublions pas que, Ă peine ouverts, nous avons dĂ» fermer Ă cause du covid. Une tuile aprĂšs de lourds investissements... Mais notre redĂ©marrage a dâemblĂ©e rencontrĂ© le succĂšs. Notre chef Marius Bosmans a rapidement dĂ©crochĂ© une Ă©toile Michelin. Au mĂȘme moment, notre nouvelle directrice gĂ©nĂ©rale, Ălodie François, a pris ses fonctions.»
Aujourdâhui, Christian Teunissen nage dans le bonheur: «Nous avons dĂ» surmonter quelques obstacles, mais ïŹnalement, tout sâest parfaitement imbriquĂ©.» Câest alors que la passion du vin a pris une autre dimension
UNE
CAISSE DE LIBER PATER? LE VIN LE PLUS CHER DU MONDE
Non, le cĂ©lĂ©brissime vin de Bourgogne RomanĂ©e-Conti nâest pas, ou plus, le plus cher du monde. Cet honneur revient dĂ©sormais Ă Liber Pater, un divin ïŹacon bordelais encore mĂ©connu du grand public, qui se vend au prix dâenviron 36.000 euros la bouteille. Le vignoble est situĂ© Ă Landiras, prĂšs de Bordeaux.
Liber Pater est lâĆuvre de LoĂŻc Pasquet, qui sâest donnĂ© pour mission de redĂ©couvrir les saveurs originales du Bordeaux du XIXe siĂšcle. Cela nous fait remonter Ă 1855, lorsque la classiïŹcation historique de Bordeaux a Ă©tĂ© Ă©tablie, un classement encore en vigueur aujourdâhui.
Les cĂ©pages plantĂ©s par Pasquet sont, pour la plupart, inconnus: outre le cabernet sauvignon, le merlot et le petit verdot, on trouve le castets, le mancin, le pardo e, la petite vidure, le tarnay, le Saint-Macaire et le carmenĂšre. Les ceps, qui ne sont pas greïŹĂ©s sur des porte-greïŹes rĂ©sistants, sont plantĂ©s trĂšs densĂ©ment, environ 20.000 pieds par hectare.
«Dans son restaurant Le Grand Verre Ă Durbuy, Marc Coucke mâa invitĂ©, ainsi que plusieurs entrepreneurs, Ă rencontrer le vigneron. Nous avons pu dĂ©guster une sĂ©rie de ses cuvĂ©es. MĂ©mo-ra-ble...»
Une caisse trÚs rare de Liber Pater est ainsi logée quelque part dans la cave du Chùteau de Vignée.
La lumiÚre extérieure pénÚtre dans la cave à travers un immense dÎme en verre, qui se trouve au centre de la cour intérieure.
Transmettre un patrimoine familial sur plusieurs gĂ©nĂ©rations: lâimportance de la planification et de la transparence Personne ne souhaite que des moments de convivialitĂ© familiale se transforment en discussions sur lâargent ou la gestion de lâentreprise familiale. Pourtant, lâabsence dâaccords clairs et de planifcation patrimoniale peut prĂ©cisĂ©ment mener Ă de telles tensions. Une charte familiale et une planifcation patrimoniale ne sont donc pas un luxe, mais une nĂ©cessitĂ©.
SAVE THE DATE
Family Capital Tomorrow
Entourez dâores et dĂ©jĂ la date du 9 septembre 2025 dans votre agenda. Câest celle de la premiĂšre Ă©dition de Family Capital Tomorrow, lâĂ©vĂ©nement organisĂ© par LâEcho et De Tijd pour les entreprises familiales, les family ofces et leur rĂ©seau. Avec ABN AMRO Private Banking parmi ses fers partenaires.
Construire une entreprise et un patrimoine tout au long de sa vie pour ensuite en abandonner une partie reprĂ©sente un dĂ©f des plus complexes. Il ne sâagit pas seulement dâargent, mais aussi de fertĂ© et dâidĂ©aux liĂ©s Ă ce patrimoine. ProblĂšme: de nombreux entrepreneurs reportent (souvent trop) longtemps cette planifcation. âCâest lâun des plus grands piĂšgesâ, prĂ©vient Dieter Verbeek, Executive Director Wealth Management Flanders chez ABN AMRO Private Banking. âAgir de façon anticipĂ©e Ă©vite les mauvaises surprises et les confits familiaux.â
La planifcation patrimoniale nâest pas un exercice ponctuel, mais un processus continu. âElle Ă©volue avec lâentreprise, la famille, le patrimoine et la lĂ©gislation. Une structure qui est parfaite aujourdâhui peut ĂȘtre dĂ©passĂ©e dans trois ans. Beaucoup dâentrepreneurs tentent de gĂ©rer eux-mĂȘmes leur planifcation patrimoniale et la transmission de leur entreprise, mais ce nâest pas toujours la meilleure chose Ă faire. Les entrepreneurs font appel Ă des experts pour leur sociĂ©tĂ©: la planifcation patrimoniale mĂ©rite elle aussi cette approche spĂ©cialisĂ©e.â
POUR UNE VUE DâENSEMBLE CLAIRE La premiĂšre Ă©tape consiste Ă cartographier toutes les dimensions pertinentes: le patrimoine, les Ă©ventuels accords Ă©crits, la structure familiale, les objectifs et les risques potentiels. âParfois, les parents craignent que leurs enfants perdent leur motivation au travail sâils savent quel patrimoine les attendâ, note Marleen Celen, Director Private Wealth Management chez ABN AMRO Private Banking. âLe maintien du patrimoine familial et la continuitĂ© de lâentreprise sont gĂ©nĂ©ralement au centre de la rĂ©fexion. Que se passe-t-il si un enfant divorce? Si aucun des enfants ne souhaite rejoindre lâentreprise familiale? Si tous dĂ©sirent le mĂȘme rĂŽle dans lâentreprise? Ces dĂ©fs nĂ©cessitent du temps et des solutions sur mesure. Les structures juridiques peuvent
CONNECT offre aux entreprises, organisations et organismes publics lâaccĂš s au rĂ©seau de LâEcho, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la communautĂ© de LâEcho. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de LâEcho.
aider Ă conserver le contrĂŽle, tandis quâune communication transparente, par le biais dâune charte familiale par exemple, crĂ©e de la clartĂ©.â
LA PROCHAINE GĂNĂRATION
Une implication prĂ©coce de la prochaine gĂ©nĂ©ration Ă©vite les surprises. âLes familles attachent de lâimportance Ă lâindĂ©pendance fnanciĂšre, mais aussi Ă ce que le patrimoine et lâentreprise familiale perdurent pour les gĂ©nĂ©rations futuresâ, reprend Marleen Celen.
âCâest pourquoi ABN AMRO Private Banking a créé une acadĂ©mie en collaboration avec la Solvay Business School of Economics and Management. Nous soutenons ainsi les enfants dans leur rĂŽle au sein du patrimoine familial.â
âNotre propre rĂŽle a lui aussi Ă©voluĂ©, passant dâun accompagnement purement fnancier Ă un conseil stratĂ©gique et familialâ, conclut Dieter Verbeek. âNous aidons les entrepreneurs et les familles Ă dresser un tableau complet de leur situation, et nous les entourons dâexperts pour façonner leur vision dâavenir de maniĂšre rĂ©fĂ©chie, tant sur le plan privĂ© que pour lâentreprise ellemĂȘme.â
LIENS FAMILIAUX ET PARTENARIAT ENTREPRENEURIAL
Transmettre une entreprise familiale ne se rĂ©sume pas Ă une opĂ©ration fnanciĂšre: câest avant tout une question de vision partagĂ©e et de dialogue. StĂ©phanie Feys, CEO de Zuidnatie, raconte comment elle forme un tandem solide avec son pĂšre.
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Marleen Celen et Dieter Verbeek, ABN AMRO Private Banking © Emy Elleboog
chez lui. «Avec mon copain Wout Bru et dâautres amis, nous parlons sans cesse de vins exceptionnels, dĂ©gustons et Ă©changeons nos impressions.»
Des soirĂ©es de dĂ©gustation de grands vins sont rĂ©guliĂšrement organisĂ©es au chĂąteau, accompagnĂ©es de temps Ă autre dâun dĂźner sept services Ă©laborĂ© par le chef Bosmans. «Ce soir, nous organisons avec lâimportateur La Buena Vida une soirĂ©e autour des vins primeurs de Vega Sicilia, lâune de mes maisons prĂ©fĂ©rĂ©es. Un domaine ancien et unique, fort dâun savoir-faire basĂ© sur la tradition.»
«Un autre vin que je chéris est le Castillo Ygay de Marqués de Murrieta à Rioja. Leur Ygay Gran Reserva Especial 2010 a été élu meilleur vin du monde par Wine Spectator.»
Construire une cave phĂ©nomĂ©nale est une chose, maintenir la collection Ă niveau en est une autre. «Nous achetons nos vins primeurs via divers bons contacts. Nous voulons Ă©tablir des relations ïŹables. Je suis particuliĂšrement vigilant face aux contrefaçons de grands crus», indique Teunissen.
«Je veille a entivement sur les allocations dont nous disposons», avance-t-il ïŹĂšrement. «Pour un amateur de vin lambda, il est souvent diïŹcile dâaccĂ©der Ă certains domaines, comme Le Pin. Ou encore aux cuvĂ©es de prestige de Coche-Dury en Bourgogne, ChĂąteau PĂ©trus, Domaine de la RomanĂ©e-Conti, ChĂąteau Lafite Rothschild, Opus One... pour nâen citer que quelques-uns. Nous avons la chance de pouvoir en acheter un peu chaque annĂ©e, et je tiens Ă ce que cela continue. Parce que, pour un acheteur occasionnel, il est presque impossible dây accĂ©der. Je pense aussi aux perles comme la cuvĂ©e Hommage Ă Jacques Perrin de Beaucastel ou le Domaine de TrĂ©vallon. Un autre coup de cĆur est les vieux millĂ©simes du Domaine de la Grange des PĂšres. Ils sont si rares que je les ai temporairement retirĂ©s de la vente, car on se les arrache. Câest peut-ĂȘtre surprenant, mais câest Wout Bru qui mâa rĂ©vĂ©lĂ© le potentiel de ces domaines, avec son brillant sommelier Gianluca Di Taranto.»
16.000
La nouvelle cave Ă vin peut accueillir pas moins de 16.000 bouteilles.
Nous en venons ainsi logiquement Ă cette question: Christian Teunissen possĂšde-t-il lui aussi une cave privĂ©e bien fournie? «Vous aurez peut-ĂȘtre du mal Ă le croire, mais chez moi, je ne bois presque pas de vin. Pour moi, il doit accompagner un Ă©vĂ©nement social. Quand des amis viennent, nous dĂ©bouchons une bonne bouteille. Mais je consacre toute
Christian Teunissen souhaite Ă©tablir des relations ïŹables avec les domaines viticoles de prestige. «Pour un amateur de vin lambda est souvent di ïŹcile dâaccĂ©der Ă certains domaine, comme Le Pin ou ChĂąteau PĂ©trus.»
mon a ention Ă la cave de ce chĂąteau.» Quand Christian Teunissen se rend au restaurant, en Belgique ou Ă lâĂ©tranger, câest la carte des vins quâil examine en premier. «Je regarde sâils ont mes vins prĂ©fĂ©rĂ©s. Mais je suis aussi trĂšs a entif aux vins absents de la carte. Cela mâintrigue. Par exemple, le vin blanc de Castillo Ygay. Ils ne lâont produit quâune seule fois. Le millĂ©sime Ă©tait 1986 et il a Ă©tĂ© mis en bouteille en 2014. Ce sont des bouteilles trĂšs coĂ»teuses, mais ĂŽ combien uniques et spectaculaires.»
Un rapide coup dâĆil dans lâencyclopĂ©die du vin rĂ©vĂšle que le Castillo Ygay Blanco Gran Reserva Especial est considĂ©rĂ© par les critiques comme lâun des plus beaux vins blancs au monde, et sans doute le meilleur jamais produit en Espagne. Il est composĂ© principalement de viura (97%) et un peu de malvasia (3%), provenant dâun vignoble plantĂ© en 1945, situĂ© Ă 485 mĂštres dâaltitude dans la Rioja Alta. Le vin a Ă©tĂ© Ă©levĂ© pendant 252 mois dans des barriques de chĂȘne amĂ©ricain de 225 litres et 67 mois dans des cuves en bĂ©ton. Sur le marchĂ©, ce e bouteille dĂ©passe largement les 1.000 euros. La date de la prochaine sortie reste inconnue.
Mais Christian Teunissen a une tactique particuliĂšre au restaurant. «Cela peut sembler Ă©trange, mais quand je suis Ă table avec des amis ou des collĂšgues hommes dâaïŹaires, je conïŹe la carte des vins Ă quelquâun dâautre. Pour le plaisir de dĂ©couvrir de nouvelles choses. Jâai parfois tendance Ă choisir ce que je connais dĂ©jĂ . Pour moi, un vin inconnu est aussi un excellent sujet de conversation.»
Ă ma grande surprise, la cave du ChĂąteau de VignĂ©e contient de nombreuses rĂ©fĂ©rences belges, y compris en vins mousseux. «Nous avons mĂȘme reçu un prix pour
«Nous avons dĂ» surmonter quelques obstacles, mais ïŹnalement tout sâest parfaitement imbriquĂ©.»
Christian Teunissen, Propriétaire du Chùteau de Vignée et CEO de Xior
cela. Notre ancien sommelier Victor Derks, à présent chef de salle chez Nuance, y a beaucoup contribué. Nous investissons vraiment dans la qualité.»
«Cela dit en passant, plaisante Christian Teunissen, ce nâest pas un hasard si lâactionnaire de rĂ©fĂ©rence de Xior sâappelle Aloxe, une rĂ©fĂ©rence Ă la prestigieuse rĂ©gion viticole de Bourgogne Aloxe-Corton. Lors du premier deal conclu pour notre introduction en bourse, nous avons dĂ©bouchĂ© une bouteille dâAloxe-Corton.»
Projets Ă venir
Le nom du domaine ChĂąteau de VignĂ©e Ă©voque les vignes. Christian Teunissen rĂȘve-t-il dâen planter autour du domaine?
«Jây ai dĂ©jĂ pensé», admet-il. «Mais je crains que ce soit une aïŹaire particuliĂšrement complexe, Ă laisser aux spĂ©cialistes. Cela mâintĂ©resserait, mais je nâai pas le temps. Je respecte Ă©normĂ©ment ceux qui le font et prĂ©fĂšre savourer leurs rĂ©sultats...» (rire)
«Ce dont je rĂȘve vraiment, câest de faire de notre chĂąteau un ensemble harmonieux et prospĂšre. Avec notre chef Marius Bosmans, nous avons dĂ©jĂ a eint un niveau Ă©levĂ©, mais qui sait, cela pourrait encore sâamĂ©liorer... Croisons les doigts. Avec Gault&Millau, nous avons obtenu un 16/20.»
Un autre projet qui tient Ă cĆur Ă Christian Teunissen est de redonner vie Ă DĂ©sirĂ© de Lille, une marque quâil relance actuellement. «Câest une autre expĂ©rience de pure convivialitĂ© gustative, mais autour des gaufres et des crĂȘpes. Lâambiance des fĂȘtes foraines dâautrefois, au tout dĂ©but du siĂšcle dernier, mĂ©rite un nouvel Ă©lan. Notre magasin phare devrait ouvrir Ă Anvers autour des vacances de PĂąques.» â
CHĂTEAU DE VIGNĂE ET RESTAURANT ARDEN Le ChĂąteau de VignĂ©e, un hĂŽtel 5 Ă©toiles, se prĂ©sente comme une ferme-chĂąteau du XVIIe siĂšcle, dont les origines remontent au XIIIe siĂšcle. Durant la Seconde Guerre mondiale, ce domaine servait dâhĂŽpital de campagne. En 2001, Christian Teunissen dĂ©couvrit cet endroit enchanteur lors dâun sĂ©jour familial Ă NoĂ«l.
Teunissen est le CEO de Xior, une entreprise cotĂ©e en bourse, spĂ©cialisĂ©e dans la location de chambres Ă©tudiantes dans 42 villes Ă travers huit pays europĂ©ens. Il ïŹgure Ă la 176e place des Belges les plus riches, avec une fortune dĂ©passant lĂ©gĂšrement les 150 millions dâeuros.
En 2016, il acquiert lâhĂŽtel-restaurant et entreprend une rĂ©novation en profondeur. Son ouverture coĂŻncide malheureusement avec la crise du covid. «Sans Teunissen, nous nâaurions probablement pas survĂ©cu Ă ce e crise», conïŹe un initiĂ©.
Aujourdâhui, lâhĂŽtel-boutique compte 25 chambres, avec une suite nichĂ©e sous les combles. Le restaurant
gastronomique Arden est dirigĂ© par le chef Marius Bosmans, qui a oïŹciĂ© auparavant chez Hertog Jan, Boury et Nuance. Bosmans privilĂ©gie les produits locaux et de saison: «Je sers le meilleur que la nature mâoïŹre». Arden dispose Ă©galement dâun vaste potager. En 2024, Michelin a dĂ©cernĂ© Ă Arden sa premiĂšre Ă©toile. Gault&Millau a a ribuĂ© une note de 16/20 Ă ce talent culinaire et lâa nommĂ© Jeune chef wallon de lâannĂ©e 2023.
La nouvelle cave Ă vin peut accueillir environ 16.000 bouteilles, avec des prix allant de 40 Ă 10.000 euros le ïŹacon. Alexis Danse, sommelier, est conseillĂ© par NoĂ«l Monard pour gĂ©rer ces trĂ©sors viticoles.
Chùteau de Vignée Restaurant Arden, Rue de Montainpré 27-29 à Rochefort. www.chateaudevignee.be/fr
Le Private Equity avec une touche vintage : une vision pour lâavenir La popularitĂ© des investissements en Private Equity sâest accrue ces derniĂšres annĂ©es. Pendant longtemps, ils ont Ă©tĂ© lâapanage des grands acteurs : fonds de pension, assureurs et autres investisseurs institutionnels. Toutefois, les temps changent. Les investisseurs privĂ©s peuvent Ă©galement explorer ce monde exclusif en bĂ©nĂ©fici nt dâun accompagnement adĂ©quat.
Par le biais dâune approche dite Vintage, Degroof Peterc m offre ujourdâhui lâ ccĂšs idĂ© l : une structure solide et une str tĂ©gie diversifiĂ©e qui rendent le Private Equity accessible. En se concentrant sur le secteur du buy-out et en travaillant avec des gĂ©rants de fonds soigneusement sĂ©lectionnĂ©s, les experts de Degroof Petercam ont pour objectif dâ ider les investisseurs Ă pl cer leur c pit l de m niĂšre rĂ©flĂ©chie. M is quâest-ce qui rend cette approche unique ? Et comment les investisseurs peuvent-ils naviguer entre les opportunitĂ©s et les dĂ©fis du Priv te Equity ?
Nous en discutons avec Bert DâHuyvetter, Head of Private Assets, et Jean-François Becu, Head of Private Equity chez Degroof Petercam. Une conversation sur lâart dâinvestir avec du bon sens et une vision claire de lâavenir.
Bert DâHuyvetter Head of Private Assets chez Degroof Petercam
Jean-Francois Becu Head of Private Equity chez Degroof Petercam
Quâest-ce qui rend lâapproche Vintage de Degroof Petercam unique au sein du Private Equity ?
Bert DâHuyvetter : Un fonds Vintage offre aux investisseurs chaque annĂ©e un accĂšs Ă un portefeuille largement diversifĂ© de fonds de Private Equity et donc Ă des centaines dâentreprises sous-jacentes par le biais dâun seul investissement. Câest un premier pas important dans la diversifcation des risques.
Jean-François Becu : GrĂące Ă cette approche, nous construisons un portefeuille solide, en ne travaillant quâavec des gĂ©rants de Private Equity soigneusement sĂ©lectionnĂ©s. La sĂ©lection dâĂ©quipes qui parviennent chacune Ă gĂ©nĂ©rer des performances Ă©levĂ©es et rĂ©guliĂšres Ă travers le temps et prĂ©sentent des approches complĂ©mentaires est cruciale. Cette stratĂ©gie nous permet dâoffrir Ă nos clients un portefeuille dâinvestissement stable et diversifĂ©.
Quâest-ce que lâapproche Vintage offre aux investisseurs particuliers ?
B. DâH. : Lâun des principaux avantages de lâapproche Vintage est la grande diversitĂ© des gĂ©rants, des rĂ©gions, des secteurs et de la taille des entreprises sous-jacentes du portefeuille. Cela permet dâattĂ©nuer les risques et dâoptimiser les rendements. En outre, grĂące Ă cette approche, les investisseurs particuliers ont accĂšs Ă des fonds qui ne sont normalement accessibles quâaux grands acteurs institutionnels.
J.-F. B. : Il est important de comprendre, cependant, que mĂȘme dans le cadre de lâapproche Vintage, le Private Equity reste un investissement Ă long terme. La nature illiquide des fonds signife quâil est essentiel que les investisseurs aient une vision Ă long terme et un plan directeur clair pour leurs actifs. GrĂące Ă la structure Ă©chelonnĂ©e dans le temps de lâapproche Vintage, le risque est mieux rĂ©parti que dans le cas dâinvestissements directs dans des opĂ©rations individuelles de Private Equity.
Quels sont les avantages et les inconvĂ©nients de lâapproche Vintage ?
J.-F. B. : Les avantages sont clairs : une large diversifcation des risques, lâaccĂšs Ă lâexpertise de gĂ©rants de fonds expĂ©rimentĂ©s et un ticket dâentrĂ©e moins Ă©levĂ©.
B. DâH. : Bien sĂ»r, il y a aussi des inconvĂ©nients. Tout dâabord, il sâagit de capital Ă risque, comme pour tout investissement en actions. En outre, le Private Equity reste un investissement Ă long terme. Le capital, mĂȘme sâil ne reste pas continuellement investi Ă 100 %, dans le fonds, est exposĂ© pendant au moins 10 ans en moyenne. Cette perspective Ă long terme nĂ©cessite une rĂ©fexion prĂ©alable. En outre, la complexitĂ© de cette classe dâactifs (par exemple, les sociĂ©tĂ©s non cotĂ©es en bourse requiĂšrent une expertise approfondie quant Ă leur valorisation et Ă leurs activitĂ©s) peut ĂȘtre dĂ©courageante. Câest pourquoi nous aimons apporter une guidance Ă nos clients sur les mĂ©rites de cette classe dâactifs avant quâils ne prennent leur dĂ©cision dâinvestissement.
Explore. Opportunities. Pourquoi vous concentrez-vous sur la stratégie de buy-out ?
B. DâH. : Le Private Equity est un terme trĂšs large et la variĂ©tĂ© des stratĂ©gies de ces fonds est grande, par exemple lâinvestissement en capital Ă risque dans des start-ups, le rachat de sociĂ©tĂ©s Ă©tablies, ou encore des restructurations dâentreprises. Nous nous concentrons dĂ©libĂ©rĂ©ment sur la stratĂ©gie de rachat en raison de son profl de risque gĂ©nĂ©ralement plus faible. Les fonds qui poursuivent une stratĂ©gie de buy-out se concentrent sur des entreprises dont le modĂšle dâaffaires a fait ses preuves, dont les fux de trĂ©sorerie sont rĂ©currents, et qui rĂ©alisent aussi souvent des opĂ©rations de croissance externe (« buy-and-build »).
J.-F. B. : Dâautres angles sont certainement intĂ©ressants. Toutefois, nous sommes convaincus que les stratĂ©gies de rachats dâentreprises offrent le meilleur rapport risque/return pour nos clients.
Quelle est lâimportance de la sĂ©lection dans le secteur du Private Equity ?
B. DâH. : La sĂ©lection des bons gestionnaires de fonds de Private Equity fait toute la diffĂ©rence, car la dispersion des performances au sein des fonds de Private Equity est Ă©levĂ©e.
J.-F. B. : Nous suivons une approche systĂ©matique, mesurĂ©e, en vue de bien comprendre les risques et en cherchant Ă avoir accĂšs aux meilleurs partenaires. Cela peut sembler du simple bon sens, un peu ennuyeux et fgĂ©, mais dans le monde du Private Equity qui Ă©volue rapidement, câest une discipline indispensable. Nous nâanalysons pas seulement les performances historiques, mais aussi la continuitĂ© de lâĂ©quipe, des secteurs dans lesquels elle est active, et des structures opĂ©rationnelles du fonds sĂ©lectionnĂ©, entre autres.
Comment les cycles économiques affectent-ils le marché du Private Equity ?
B. DâH. : Le Private Equity prĂ©sente lâavantage, pour un investisseur, de ne pas ĂȘtre exposĂ© Ă la volatilitĂ© quotidienne des marchĂ©s boursiers. Cela ne signife pas que les investissements dans les fonds de Private Equity sont Ă lâabri des cycles Ă©conomiques, mais justement parce que ces fonds ont gĂ©nĂ©ralement cinq ans pour constituer leurs portefeuilles, lâimpact des pics et des creux Ă©conomiques est moindre.
J.-F. B. : Grùce à notre approche Vintage, la gestion du risque est améliorée : un investisseur se retrouvera investi dans plusieurs fonds de capital-investissement qui vont chacun constituer leur portefeuille sur plusieurs années
Quelles sont les idées fausses les plus répandues sur le Private Equity ?
B. DâH. : Quâun investissement dans un fonds de Private Equity, mĂȘme dans un fonds vintage trĂšs dispersĂ©, sufse pour contrĂŽler le risque a Ă©videmment peu de sens. Si vous ĂȘtes diversifĂ© au travers de plusieurs gĂ©rants, rĂ©gions et secteurs, votre capital est rĂ©parti dans le temps mais pas trĂšs largement : tous les fonds sĂ©lectionnĂ©s seront actifs au cours dâune pĂ©riode quasi identique. Câest pourquoi nous vous conseillons de prĂ©fĂ©rer plusieurs investissements rĂ©partis entre plusieurs fonds avec des annĂ©es de dĂ©marrage diffĂ©rentes plutĂŽt quâun investissement unique dans un seul fonds de Private Equity.
J.-F. B. : Une autre idée fausse est que le Private Equity est intrinsÚquement bien plus risqué. Bien sûr, le Private Equity présente certains risques, comme pour tout investissement en actions, et du fait de son illiquidité. Une diversifcation bien pensée et à la sélection des gérants, offrent néanmoins des outils pour mitiger ces risques.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux investisseurs ?
J.-F. B. : La patience est payante. Le Private Equity nâest pas un sprint, mais un marathon. Notre approche Vintage permet aux investisseurs dâinvestir de maniĂšre structurĂ©e sans se soucier du timing.
B. DâH. : Et surtout, faites preuve de bon sens. Le Private Equity est un engagement Ă long terme. Un portefeuille bien rĂ©parti et une stratĂ©gie bien pensĂ©e vous permettent de tirer parti de lâensemble du cycle de crĂ©ation de valeur.
DĂCOUVREZ NOTRE APPROCHE VINTAGE Patricia Dillen et Laurent Verheyen de lâassureur de luxe Jean Verheyen: «Parfois,nous assurons mĂȘme des squele es de dinosaures».
De la protection contre les dommages de votre cave Ă vin exclusive, Ă lâassurance contre le vol du Magri e qui dĂ©core votre salon ou de votre collection de poupĂ©es Barbie⊠Vous nâimaginez pas tout ce que les assureurs acceptent de couvrir.
Mais peut-on vraiment tout assurer? «Ce nâest pas parce que vous possĂ©dez quelque chose de trĂšs cher que nous lâassurons automatiquement», nuancent les assureurs.
PEUT-ON VRAIMENT TOUT ASSURER? PLONGĂE DANS LâUNIVERS DES ASSUREURS DE LUXE AUTEUR: ROBBE VAN LIER
PHOTOS: DEBBY TERMONIA
«Nous assurons les jouets des riches», annonce tout de go Timothy Broos (40 ans), directeur Belgique chez Hiscox. Câest en 1901 que ce e compagnie londonienne a commencĂ© Ă assurer les Ćuvres dâart moderne. Aujourdâhui, cet assureur spĂ©cialisĂ© compte plus de 3.000 employĂ©s. Il est actif dans le monde entier et enregistre un chiïŹre dâaïŹaires de 4,75 milliards de dollars. En Belgique, le groupe compte 35 collaborateurs. Avec Jean Verheyen, une entitĂ© dâAXA, ils couvrent pratiquement tout le marchĂ© des assurances de luxe dans notre pays. LâannĂ©e derniĂšre, Jean Verheyen, qui compte 45 employĂ©s, a encaissĂ© 80 millions dâeuros de primes, dont 80% dans le transport et 20% dans le segment Art & Patrimoine. Il sâappuie sur un rĂ©seau de quelque 1.500 courtiers pour proposer ses produits. Aux particuliers, mais aussi aux dĂ©partements de gestion de fortune des banques et assureurs gĂ©nĂ©ralistes qui se tournent vers ces acteurs de niche quand leurs clients leur adressent des demandes peu communes.
Leur clientĂšle a beaucoup Ă©voluĂ© ces derniĂšres annĂ©es. «Autrefois, nous servions davantage de clients âold moneyâ: le bon pĂšre de famille propriĂ©taire dâune collec-
tion familiale transmise de pĂšre en ïŹls», explique Laurent Verheyen, CEO de Jean Verheyen. «Aujourdâhui, nous voyons de plus en plus de proïŹls diïŹĂ©rents. Il sâagit souvent de jeunes collectionneurs intĂ©ressĂ©s par lâart moderne. Mais aussi des millennials qui spĂ©culent et investissent pour diversiïŹer leur portefeuille, espĂ©rant un rendement plus Ă©levĂ©. Ils investissent non seulement dans lâart, mais aussi dans les montres â trĂšs tendance actuellement â, le vin ou les sacs Ă main. Ce sont souvent des clients plus diïŹciles, car ils veulent ĂȘtre indemnisĂ©s de la valeur to-
«Câest un secteur exposĂ© Ă la fraude. Pour nous, il importe plus de savoir qui nous assurons, que ce que nous assurons.»
Laurent Verheyen CEO de lâassureur Jean Verheyen
tale au moindre dommage. Alors que les collectionneurs dâart classique veulent surtout protĂ©ger leur collection.»
Approche sur mesure Un assureur de luxe se doit naturellement dâoïŹrir des services personnalisĂ©s. «Nous rendons visite au client en vue dâĂ©valuer le risque Ă couvrir. Et nous rĂ©digeons une police sur mesure», explique Patricia Dillen, responsable du dĂ©partement Art et Patrimoine chez Jean Verheyen. Ce e visite vise Ă examiner en dĂ©tail lâobjet Ă assurer, mais aussi Ă observer comment il est conservĂ©. «Nous donnons des conseils sur la meilleure façon de conserver les Ćuvres dâart. Parfois, les gens placent une Ćuvre trop prĂšs dâune fenĂȘtre, ce qui risque de la dĂ©colorer», explique ainsi Patricia Dillen. Les assureurs prĂ©cisent aussi comment un objet doit ĂȘtre sĂ©curisĂ©. «Dans la plupart des habitations que nous assurons, une alarme reliĂ©e Ă un centre de tĂ©lĂ©surveillance est obligatoire», dĂ©taille Timothy Broos. «Dans les chĂąteaux, des dĂ©tecteurs de fumĂ©e sont imposĂ©s. Mais tout dĂ©pend de ce que nous assurons prĂ©-
Les colliers, ainsi que dâautres bijoux, ïŹgurent parmi les objets les plus frĂ©quemment assurĂ©s. © BLOOMBERG
cisĂ©ment. Pour les bijoux, par exemple, nous dĂ©terminons le type de coïŹre-fort et la norme de rĂ©sistance dans laquelle ils doivent ĂȘtre conservĂ©s.»
Les objets les plus frĂ©quemment assurĂ©s? Lâart, les bijoux, les collections, les bateaux de plaisance, les voitures anciennes, le vin et les montres. LâĂ©valuation de ces biens nâest pas toujours simple. «Pour un achat rĂ©cent, on peut partir du prix payĂ©. Mais sans idĂ©e de la valeur marchande, cela devient compliqué», explique Verheyen. «Un jour, on nous a demandĂ© dâassurer les pantouïŹes de Nelson Mandela. Certes, elles avaient Ă©tĂ© acquises Ă un prix trĂšs Ă©levĂ© lors dâune vente aux enchĂšres, mais ce ne sont âqueâ des pantouïŹes. Comment en dĂ©terminer la valeur Ă assurer? Dans ces cas, on consulte des experts, des ouvrages de rĂ©fĂ©rence ou des prĂ©cĂ©dents», prĂ©cise encore Verheyen. «Pour des objets comme une collection de timbres, on se tourne vers des associations spĂ©cialisĂ©es qui nous Ă©clairent», indique-t-on chez Hiscox. «LâauthenticitĂ© est cruciale», poursuit Verheyen. «DâoĂč lâimportance des certiïŹcats dâauthenticitĂ©. Câest au client de les prĂ©senter.»
Une police dâassurance de luxe repose sur la «valeur agréée» â le montant pour lequel lâassureur et le client sâaccordent sur la couverture. «Ce e valeur est ïŹxe», souligne Timothy Broos. «Nous conseillons donc aux clients de réévaluer leur collection dâart tous les trois Ă cinq ans. Lâart contemporain, en particulier, peut voir sa valeur ïŹuctuer fortement.» La couverture sâeïŹectue via une police de type omnium.
«Typiquement, une prime de 2,5 pour 1.000 sâapplique sur le capital assurĂ©. Cela revient Ă 250 euros pour protĂ©ger
des objets dâune valeur de 100.000 euros.» Patricia Dillen
Responsable du département Art et Patrimoine chez Jean Verheyen
objets dâune valeur de 100.000 euros», explique Patricia Dillen. «Mais cela dĂ©pend Ă©galement du risque», ajoute Timothy Broos. «Assurer des bijoux coĂ»te plus cher que lâart. Alors que la valeur des Ćuvres dâart est gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieure Ă celle des bijoux, le risque â comme le vol â est plus Ă©levĂ© pour ces derniers.»
«Une personne qui possĂšde une collection de bijoux dâun quart de million dâeuros peut en eïŹet porter au quotidien une Rolex de 20.000 euros ou un collier de 40.000 euros», explique Timothy Broos. «Nous ne couvrons pas seulement ces bijoux lorsquâils sont conservĂ©s Ă la maison. Nous couvrons le style de vie. Une collection dâart qui reste en place dans les meilleures conditions de sĂ©curitĂ© coĂ»te moins cher Ă assurer quâune exposition itinĂ©rante. Le risque est plus grand. Certains clients paient 150 euros par an, dâautres 50.000 euros. Tout dĂ©pend de ce que vous assurez, de son utilisation et du risque.»
Les assureurs de luxe ne se limitent pas Ă lâart, aux bijoux et aux voitures anciennes. «Nous considĂ©rons lâart au sens large, tout ce que vous souhaitez assurer et qui a de la valeur pour vous. Il ne sâagit pas toujours dâune collection valant des millions. Vous seriez surpris de voir ce que nous assurons. Nous avons des clients qui possĂšdent une collection de pipes ou de bagues de cigares. Un jour, on nous a demandĂ© dâassurer une collection dâornements dâescalier. Ces objets ont-ils beaucoup de valeur? PeutĂȘtre pas ïŹnanciĂšrement, mais pour ces personnes, oui. Tant quâelles paient une prime dâassurance, cela peut ĂȘtre nâimporte quoi. Mais on peut lĂ©gitimement se demander sâil est Ă©conomiquement intĂ©ressant de payer une prime pour quelque chose qui a peu de valeur en argent sonnant et trĂ©buchant», explique Timothy Broos. DĂšs lors, peut-on vraiment dire que tout est assurable? «Je nâoserais pas dire tout. Mais beaucoup», dit Verheyen. «Nous avons des collections de cigares et de whisky dans notre portefeuille. Mais aussi des montres, du vin ou des sacs Ă main. En fait, toutes sortes de collections. Nous assurons Ă©galement une collection de poupĂ©es Barbie dans leur emballage dâorigine. Ou quelquâun qui collectionne des objets de James Bond. De temps en temps, un squele e de dinosaure apparaĂźt aussi.»
«En principe, donc, tout est couvert â sauf exclusions spĂ©ciïŹques», prĂ©cise Patricia Dillen. «La charge de la preuve incombe Ă la compagnie, pas au client. Câest lâinverse dâune police classique. Les bris accidentels sont les dommages les plus frĂ©quents. Y compris pour lâart. Contrairement aux idĂ©es reçues, le vol dâĆuvres est rare.»
Collier de 40.000 euros
Combien le client est-il prĂȘt Ă payer pour couvrir ses biens les plus prĂ©cieux? En toute logique, cela dĂ©pend de leur valeur rĂ©elle. «Typiquement, une prime de 2,5 pour 1.000 sâapplique sur le capital assurĂ©. Cela revient Ă 250 euros pour protĂ©ger des
Conditions de conïŹance «Nous pouvons assurer tout ce qui peut ĂȘtre exprimĂ© en valeur monĂ©taire», poursuit Timothy Broos. «Mais ce nâest pas parce que vous avez quelque chose de trĂšs cher que nous lâassurons automatiquement. Un jour, on nous a demandĂ© de couvrir un Picasso de 50 millions dâeuros. Mais ce e personne ne pouvait pas dire dâoĂč venait ce e Ćuvre. Ni comment elle avait ïŹnancĂ© son acquisition. Dans ce cas, nous nous abstenons, car les conditions de conïŹance ne sont pas rĂ©unies. Câest un secteur exposĂ© Ă la fraude. Nous ne voulons pas ĂȘtre associĂ©s Ă des personnes malhonnĂȘtes. En somme, pour nous, il importe plus de savoir qui nous assurons, que ce que nous assurons.»
Et si le tennisman Rafael Nadal voulait assurer son lĂ©gendaire bras gauche? Ou un top model ses jambes? «Nous pouvons assurer les deux â mais il faut alors passer par le siĂšge principal Ă Londres», dit Timothy Broos. «Ces demandes trĂšs spĂ©ciales sont gĂ©nĂ©ralement couvertes par plusieurs assureurs, jusquâĂ a eindre 120% de couverture â pour Ă©viter que tout le risque ne repose sur une seule compagnie. En Belgique, nous nâavons pas encore eu de telles demandes, mais câest possible. Mais si Hans Vanaken vient frapper Ă notre porte, nous lâaiderons certainement», conclut en souriant Timothy Broos. â
Exigence et sĂ©rĂ©nitĂ© partagĂ©es Ă la fois lieu dâaccueil pour les clients et hub dâexpertises pour la banque, le nouveau bĂątiment abritant le Wealth Management a fait peau neuve et reïŹĂšte ïŹ dĂšlement les valeurs de CBC Banque.
Peinture fraĂźche et bruits de foreuse⊠En cette aprĂšs-midi printaniĂšre, les techniciens sâaffairent aux derniers dĂ©tails du nouveau site du Wealth Management de CBC. Ă deux pas de la gare de Genval, aux Ă©tages dâun bĂątiment abritant aussi un Centre Retail de la banque, lâespace est destinĂ© Ă accueillir une clientĂšle disposant dâun patrimoine dâau moins 5 millions dâeuros, apprĂ©ciĂ© selon le contexte familial et entrepreneurial.
En passionnĂ© dâarchitecture, Xavier Falla, Directeur GĂ©nĂ©ral Wealth Management & Private Banking chez CBC, indique avoir personnellement suivi le projet confiĂ© aux LiĂ©geois de p.HD et Ă Espace Architectes. Le bureau Alternativ a Ă©tĂ© quant Ă lui chargĂ© de lâamĂ©nagement intĂ©rieur, qui reflĂšte Ă la fois les valeurs de la banque et sa philosophie Wealth. âEmpreints de modestie quant Ă nous-mĂȘmes mais trĂšs exigeants pour nos clients, nous nâavons pas recherchĂ© le luxe clinquant mais des signatures architecturalesâ, avance Xavier Falla. âUn environnement oĂč il fait bon rĂ©flĂ©chir et Ă©changer, et qui soit Ă la pointe techniquement. Nous
offre aux entreprises, organisations et organismes publics lâaccĂš s au rĂ©seau de LâEcho, pour partager leur vision, leurs idĂ©es et leurs solutions avec la c ommunautĂ© de LâEcho. Excluant la responsabilitĂ© de la rĂ©daction de LâEcho.
CONNECT
LâĂ©quipe du Wealth Management de CBC, rĂ©unie dans ses nouveaux locaux Ă Ge nval.
âNous investissons dans la technologie. Mais quand surgissent des questions liĂ©es Ă la famille, notamment, la dimension humaine exige dâaccueillir les clients dans des conditions privilĂ©giĂ©es.â XAVIER FALLA
Directeur Général Wealth Management & Private Banking chez CBC Banque
voulons que tous, clients comme collĂšgues, se sentent ici comme chez eux, dans une ambiance feutrĂ©e et sereine.â
CONSEIL à 360°
Cet Ă©crin rĂ©servĂ© aux quelque 400 familles quâaccompagne le Wealth Management de CBC est dĂ©sormais un lieu de conseils Ă 360°. LâĂ©quipe dĂ©diĂ©e y est en effet rejointe par celle du service Family Capital Solution de la banque. ConstituĂ©e voici prĂšs de deux ans, cette derniĂšre regroupe
plusieurs experts qui combinent compĂ©tence en gestion de fortune et connaissance pointue des rĂ©alitĂ©s entrepreneuriales. âDe quoi faire le pont entre lâentreprise, son dirigeant et son patrimoine privĂ©â, Ă©claire Xavier Falla. âDâautant quâaujourdâhui, un nombre croissant dâentrepreneurs nous demandent, en plus de gĂ©rer ce patrimoine, de les Ă©pauler dans leurs nouveaux investissements.â
LâactivitĂ© banque privĂ©e de CBC compte parmi ses clients prĂšs de deux tiers dâentrepreneurs ou dâindĂ©pendants, dont un nombre croissant a moins de 50 ans. âIls investissent parfois dans de nouvelles sociĂ©tĂ©s ou dans lâimmobilierâ, illustre RĂ©my Van Schingen, Directeur du Wealth Management. âCertains ont revendu leur premier business avec succĂšs et deviennent des business angels ou sâintĂ©ressent au private equity. Souvent, nous avons Ă©tĂ© prĂ©sents dĂšs le dĂ©but et ils souhaitent que nous abordions avec eux ces nouveaux caps.â
Quant Ă ceux qui sont encore focalisĂ©s Ă 100% sur le business, il importe de les sensibiliser puis de les aider dans leur gestion patrimoniale avant une Ă©ventuelle transmission voire de nouvelles acquisitions. Il sâagit dâaligner au mieux les choix financiers du prĂ©sent avec les projets dâavenir, tant pour soi que pour la famille quâon entend protĂ©ger.
LE DIGITAL AU SERVICE DE LâHUMAIN âNotre app bancaire haut de gamme montre Ă quel point nous croyons et investissons dans la technologie pour informer et interagir avec nos clients, y compris dans le segment Wealthâ, insiste Xavier Falla. âMais quand surgissent des questions liĂ©es Ă lâintimitĂ©, Ă la famille ou Ă des moments importants â comme la structuration dâun portefeuille, une donation, lâacquisition ou la cession dâune sociĂ©tĂ© â, la dimension humaine exige dâaccueillir
les clients dans des conditions privilĂ©giĂ©es.â
RĂ©my Van Schingen acquiesce. âChacun de nos clients a des besoins trĂšs particuliers. Afin de les servir parfaitement, nous devons Ă©couter et comprendre prĂ©cisĂ©ment qui est la personne, sa situation familiale, ce quâelle recherche et son rapport Ă lâinvestissement et au risque. Pour cela, le tĂ©lĂ©phone ou lâĂ©cran nous aident mais ne suffisent pas!â
La mĂȘme rĂ©flexion prĂ©vaut dâailleurs pour lâIA. Celle-ci est sans nul doute en mesure dâaider au quotidien le banquier privĂ© dans son analyse des marchĂ©s et la recommandation dâarbitrages. Mais selon les deux hommes, son impact demeure simplement complĂ©mentaire quand on parle des mĂ©tiers du Wealth, de par la spĂ©cificitĂ© des situations, la finesse des prises de position et le conseil Ă haute valeur ajoutĂ©e attendu par les clients.
CENTRE DâEXPERTISE Regrouper les Ă©quipes Wealth Management et Family Capital Solution permet dâĂ©riger le lieu en vĂ©ritable centre dâexpertise. âLorsquâun dossier requiert la compĂ©tence dâun ou dâune juriste, fiscaliste, comptable ou notaire, câest ici que cela se discuteâ, confirme Xavier Falla.
âLa connaissance hyper-pointue des Family Capital Managers contribue de façon dĂ©terminante Ă la qualitĂ© de notre service personnalisĂ© et nous offre de nous concentrer sur le conseil et la relation clientâ, conclut RĂ©my Van Schingen. âCes collĂšgues sont eux-mĂȘmes rĂ©guliĂšrement en contact avec les clients lorsquâil faut les rassurer sur certains points techniques ou rĂ©glementaires. De mĂȘme, nos collĂšgues du Business Support peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme de vĂ©ritables front-office, tant leurs relations avec les clients sont Ă©troites au Wealth Management.â
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© Christophe Ketels
POURQUOI CERTAINS MUSICIENS PARLENT-ILS PLUS SOUVENT DE LEUR ARCHET QUE DE L EUR VIOLON OU LEUR VIOLONCELLE? PARTEZ Ă LA DĂCOUVERTE DES MYSTĂRES DE LâARCHET ET DU MĂTIER DâARCHETIER.
LES SECRETS DES ARCHETS HORS DE PRIX JusquâĂ rĂ©cemment, Pierre Guillaume, de la Maison Bernard, Ă©tait lâunique archetier de notre pays. Son savoir-faire exceptionnel lui vaut une reconnaissance mondiale.
Camille Thomas, violoncelliste franco-belge de renommĂ©e mondiale, joue sur un Stradivarius de 1730. Pour en sortir le meilleur, grĂące au soutien de la Fondation Roi Baudouin, elle utilise un archet unique dâEugĂšne Sartory. Vous ne connaissez peut-ĂȘtre pas cet artisan français, mais lâun de ses archets a vu son prix grimper Ă 83.500 euros lors dâune vente aux enchĂšres Ă New York. Ce nâest dâailleurs pas un record. Des montants allant jusquâĂ 380.000 euros nâĂ©tonnent plus les connaisseurs. Bienvenue dans lâunivers fascinant et mĂ©connu des archets et de leurs crĂ©ateurs.
AUTEUR: STĂPHANE GODFROID
PHOTOS: KRISTOF VADINO
Lors des Ă©ditions violon du Concours Reine Ălisabeth ou de concerts de violoncelle exceptionnels, on rappelle Ă lâenvi combien les instruments façonnĂ©s par les maĂźtres luthiers que sont Antonio Stradivarius, NicolĂČ Amati et Giuseppe Antonio Guarneri del GesĂč contribuent Ă la maestria de lâinterprĂ©tation. Mais du rĂŽle jouĂ© par lâarchet, on ne pipe mot.
«Vous avez raison, les fabricants dâarchets restent largement dans lâombre. Et sont donc inconnus du grand public», sourit Pierre Guillaume de la Maison Bernard,
«Nous courbons le bois au-dessus dâune petite ïŹamme, un peu comme les chaises
Thonet qui sont courbées à la vapeur.»
Pierre Guillaume
Archetier
situĂ©e Ă deux pas du Conservatoire de Bruxelles. Celui-ci est un fabricant dâarchets respectĂ© dans le monde entier, reconnu pour ses connaissances techniques et historiques. Au printemps 2026, il publiera un ouvrage sur les archets. Le prix de ses archets faits main varie selon leur ïŹnition, avec un record de vente aux enchĂšres pour un archet de violoncelle Ă 8.600 euros.
FondĂ©e en 1868 Ă LiĂšge, la Maison Bernard est aujourdâhui installĂ©e Ă Bruxelles. Depuis plus de 30 ans, elle est dirigĂ©e par le luthier Jan Strick et lâarchetier Pierre Guillaume. JusquâĂ ce quâun de ses assistants sâinstalle rĂ©cemment Ă son compte, Pierre Guillaume a longtemps Ă©tĂ© le seul fabricant dâarchets en Belgique. En comparaison, la France compte environ 40 archetiers.
Pierre Guillaume mâaccueille dans son atelier, qui semble tout droit sorti du XIXe siĂšcle. Il a Ă©tĂ© formĂ© comme «archetier» â un si joli mot pour dĂ©signer ce noble mĂ©tier â Ă Mirecourt, dans les Vosges françaises, un haut lieu de la fabrication traditionnelle dâarchets depuis plusieurs siĂšcles.
«Le grand public voit surtout lâinstrument: le violon ou le violoncelle. Mais en rĂ©alitĂ©, le musicien joue li Ă©ralement sur deux objets totalement diïŹĂ©rents, issus de deux ateliers distincts. Chacune de ces brillantes maisons touchait au gĂ©nie. Je remarque dâailleurs que les musiciens vraiment exceptionnels parlent plus souvent de leur archet que de leur violon ou violoncelle. Nâayons pas peur de le dire: câest surtout lâarchet qui confĂšre Ă la musique son vĂ©ritable caractĂšre!»
«Saviez-vous quâun archet peut aussi ĂȘtre personnalisĂ©?», me fait remarquer Guillaume. «Par exemple, Yehudi Menuhin, EugĂšne YsaĂże et Arthur Grumiaux ont fait fabriquer leurs propres archets. Cela contribue Ă leur style de jeu et Ă leur couleur sonore uniques.»
Histoire fascinante
La naissance du mĂ©tier dâarchetier remonte Ă prĂšs de trois siĂšcles. «La fabrication des archets commence dans
Un archet de violon renferme entre 100 et 120 crins de cheval. Les musiciens professionnels procĂšdent Ă leur remplacement tous les six mois.
les annĂ©es 1740 avec le cĂ©lĂšbre François Xavier Tourte», raconte Pierre Guillaume. «Ce qui prĂ©cĂšde appartient pour moi Ă la prĂ©histoire de lâarchet.»
Avant cela, le mĂ©tier de fabricant dâarchets nâexistait pas et les archets Ă©taient fabriquĂ©s par le luthier luimĂȘme. Parfois, lorsque lâarchet Ă©tait usĂ©, il Ă©tait simplement jetĂ© et remplacĂ© par un nouveau. Lâarchet a alors Ă©voluĂ© rapidement et dĂšs 1760, une vis a Ă©tĂ© ajoutĂ©e pour tendre les crins de cheval. Au ïŹl des annĂ©es, la forme de lâarchet a Ă©tĂ© optimisĂ©e pour combiner force et Ă©lasticitĂ©. Cela a conduit Ă un meilleur Ă©quilibre, Ă la possibilitĂ© de crĂ©er une musique plus subtile, Ă une plus grande variĂ©tĂ© de tonalitĂ©s et Ă une expressivitĂ© accrue.
La France est devenue le centre historique de la fabrication dâarchets, avec Mirecourt et Paris en tĂȘte. «Câest tout de mĂȘme curieux de constater que la qualitĂ© supĂ©-
Un archet de qualitĂ© peut ĂȘtre un investissement judicieux, tant pour le jeu musical que pour le portefeuille.
«LES PRIX DES MEILLEURS ARCHETS CONTINUERONT DâAUGMENTER» ĂAmsterdam, le Fonds national nĂ©erlandais des instruments de musique prĂȘte des instruments aux Ă©tudiants en musique et aux musiciens professionnels. Sa collection, dâune qualitĂ© exceptionnelle, comprend plus de 500 instruments et 250 archets, anciens et modernes, dâune valeur totale de plus de 43 millions dâeuros. Câest lâune des plus grandes collections en Europe. Actuellement, environ 430 musiciens utilisent un instrument de ce fonds.
Les instruments sont non seulement conservĂ©s de maniĂšre optimale, mais aussi restaurĂ©s. Par exemple, ïŹn fĂ©vrier, on a jouĂ© avec un pianoforte Pleyel de 1843, dĂ©couvert en Belgique, qui venait dâĂȘtre restaurĂ© grĂące Ă des donateurs.
La mission musicale du fonds repose sur le soutien de nombreux bienfaiteurs, sans aucune subvention. 90% de ses revenus proviennent de particuliers et de fonds privés, tandis que 10% sont des contributions de musiciens.
Frits Schu e, responsable de la collection, supervise Ă©galement de nombreux archets des meilleurs artisans. La collection inclut plus de 250 fabricants, anciens et contemporains, parmi lesquels la famille Tourte. François Xavier Tourte est reconnu comme lâun des fabricants dâarchets les plus lĂ©gendaires. Des archets dâEugĂšne Sartory font aussi partie de ce e collection.
rieure des archets est lâĆuvre de la France, tandis que la qualitĂ© supĂ©rieure des instruments nous vient de lâItalie», note Pierre Guillaume.
Câest François Xavier Tourte, cĂ©lĂšbre fabricant dâarchets, qui a vu dans le bois de pernambouc, originaire du BrĂ©sil, le matĂ©riau idĂ©al pour son artisanat. Pendant des siĂšcles, une teinture rouge foncĂ©, pourpre, Ă©tait extraite de ce bois aprĂšs lâavoir trempĂ© dans lâeau. Ce pourpre, diïŹcile Ă obtenir, Ă©tait synonyme de richesse. Aujourdâhui, le bois de pernambouc est devenu si rare et protĂ©gĂ© que tout achat est pratiquement impossible. Il ïŹgure dâailleurs sur la liste CITES des espĂšces de bois protĂ©gĂ©es.
«Je sais que je rentre dans les dĂ©tails, mais vous ne pouvez pas imaginer Ă quel point un archet doit ĂȘtre fabriquĂ© avec prĂ©cision», explique Pierre Guillaume.
Frits Schu e nous conïŹe: «Nous ne divulguons pas les dĂ©tails des prix de nos instruments ou archets, mais je peux dire quâun archet de violon de JeanPierre Persoit en bon Ă©tat se vend rarement en dessous de 100.000 euros. Selon le site Neuetaxe (qui suit les prix des enchĂšres et du commerce professionnel), en 2022, les prix allaient de 100.000 dollars minimum pour un archet montĂ© en nickel Ă 260.000 dollars pour un archet montĂ© en or. Et en 2025, ces prix devraient encore augmenter.»
Le poids total dâun archet de violon doit ĂȘtre exactement de 60 grammes.
«Chaque composant est crucial. Le bois de pernambouc doit dâabord sĂ©cher pendant trois Ă quatre ans. Le BrĂ©sil interdit maintenant lâexportation de bois brut non transformĂ© pour protĂ©ger lâemploi local. Le bois arrive donc ici sciĂ©, et câest Ă nous de lâinspecter. Il doit ĂȘtre en tous points parfait, sans nĆud ni ïŹssure. Il y a donc beaucoup de dĂ©chets.»
Le travail sur la bague e commence ensuite. «Nous courbons le bois au-dessus dâune petite ïŹamme, un peu comme les chaises Thonet qui sont courbĂ©es Ă la vapeur. Nous faisons cela li Ă©ralement dans la ïŹamme. Courber un archet prend environ cinq heures et se fait au ressenti et Ă lâĆil. Câest un mĂ©tier que lâon ne maĂźtrise quâaprĂšs des annĂ©es.»
Crin de cheval
AprÚs le bois, viennent les crins de cheval. «La légende dit que seule la queue des étalons est utilisée», raconte Pierre Guillaume.
« Souvent, câest un mĂ©lange de crins dâĂ©talons et de juments. Mais la lĂ©gende a un fond de vĂ©ritĂ©: les juments urinent sur leur queue, ce qui peut altĂ©rer la qualitĂ© des crins. Nous prenons aussi en compte le diamĂštre des crins. Les chevaux des rĂ©gions chaudes ont des crins plus ïŹns. Les meilleurs viennent de Mongolie et de Russie. Pour un kilogramme de crins de qualitĂ©, cela peut vite monter Ă 5.000 euros. LĂ encore, câest un matĂ©riau sophistiquĂ©, issu dâun tri trĂšs strict et sĂ©lectif. Un archet de violon contient environ 100 Ă 120 crins. Un musicien professionnel change ses crins tous les six mois. Et si les crins sont fro Ă©s Ă sec sur les cordes du violon, aucun son nâen sort», dĂ©montre Pierre Guillaume avec brio. Les crins doivent ĂȘtre rĂ©guliĂšrement fro Ă©s avec de la colophane, un distillat de rĂ©sine de pin. La mĂ©thode de
«Courber un archet prend environ cinq heures et se fait au ressenti et Ă lâĆil. Câest un mĂ©tier que lâon ne maĂźtrise quâaprĂšs des annĂ©es.»
Pierre Guillaume
Archetier
distillation inïŹuence aussi les propriĂ©tĂ©s de jeu.
EnïŹn, derniĂšre prĂ©cision, le poids total dâun archet de violon doit ĂȘtre exactement de 60 grammes. Ă 62 grammes, il sera perçu comme lourd, et en dessous de 60 grammes, trop lĂ©ger. La densitĂ© du bois est donc primordiale.
Panique au Concours Reine Ălisabeth
«Perme ez-moi de partager une anecdote sur lâun des candidats du Concours Reine Ălisabeth 2022, consacrĂ© ce e annĂ©e-lĂ au violoncelle», sourit Pierre Guillaume. «Ces jeunes musiciens talentueux, souvent peu expĂ©rimentĂ©s, viennent parfois ici quand leur violon ou violoncelle a un souci. Je me souviens bien du jour oĂč la CorĂ©enne Hayoung Choi a dĂ©barquĂ© dans mon atelier pour remplacer les crins de son archet. Je lui ai immĂ©diatement prĂȘtĂ© un de mes archets pour quâelle puisse continuer Ă sâexercer. Le lendemain, elle est revenue pour me demander si elle pouvait garder lâarchet empruntĂ©. Puis, elle mâa posĂ© une autre question: avez-vous dâautres archets que je pourrais essayer?»
«CâĂ©tait une idĂ©e particuliĂšrement astucieuse de sa part», rit Pierre Guillaume. «La jeune ïŹlle est restĂ©e ici tout lâaprĂšs-midi, testant pas moins de 15 archets. Elle a ïŹnalement choisi lâun des miens, a jouĂ© le concours avec et... lâa remportĂ© avec brio!
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Depuis 2018, Integra a levĂ© 650 millions dâeuros pour ses fonds de private equity mondiaux. Son troisiĂšme fonds international sâappuie sur ce succĂšs.
Le private equity (PE) constitue, pour de nombreux Belges fortunĂ©s, le moteur de croissance de leur portefeuille. Cependant, ces investissements sont souvent exclusivement belges ou europĂ©ens. âCela vous expose Ă un risque de concentrationâ, prĂ©vient Johan Heirbrandt, cofondateur et Partner chez Integra. âLa diversiïŹcation est lâun des fondements de lâinvestissement, et cela vaut Ă©galement pour le private equity. En investissant au niveau international, vous vous protĂ©gez mieux contre les dĂ©veloppements gĂ©opolitiques et Ă©conomiques qui peuvent affecter un pays ou une rĂ©gion. Chaque rĂ©gion a en effet ses atouts spĂ©ciïŹques. Les Ătats-Unis disposent de marchĂ©s de capitaux bien dĂ©veloppĂ©s, dâune vraie culture de lâinnovation et dâune Ă©nergie bon marchĂ©. LâEurope excelle dans lâindustrie de niche et bĂ©nĂ©ïŹcie dâune main-dâĆuvre qualiïŹĂ©e. LâAsie, quant Ă elle, proïŹte dâune classe moyenne Ă©mergente. Toutes ces rĂ©gions mĂ©ritent une place dans un portefeuille diversiïŹĂ©.â
âLa diversiïŹcation est lâun des fondements de lâinvestissement, et cela vaut Ă©galement pour le private equity.â
JOHAN HEIRBRANDT
cofondateur et associé chez Integra
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Johan Heirbrandt et Delphine Vanderlinden dâIntegra. © Emy Elleboog
Hayoung Choi joue extrĂȘmement bien, mais grĂące Ă cet archet qui lui convenait parfaitement, elle a pu encore aïŹner sa performance.»
«Ces jeunes musiciens nâont jamais eu le luxe de jouer avec divers archets», explique lâarchetier. «Vous ne le croirez pas, mon bon ami Mischa Maisky (cĂ©lĂšbre violoncelliste, NDLR) possĂšde environ 300 archets chez lui. Incroyable, nâest-ce pas? Il veut absolument explorer toutes les possibilitĂ©s pour obtenir le meilleur son de son instrument. En pratique, il utilise une demi-douzaine dâarchets, selon le rĂ©pertoire quâil joue. Un archet diïŹĂ©rent pour DvoĆĂĄk que pour Vivaldi ou Haydn. Un autre exemple est le violoniste Leonidas Kavakos, qui a rĂ©cemment enregistrĂ© des concertos pour violon de Bach. Il a cherchĂ© pendant des mois jusquâĂ ce quâil trouve le bon archet. Kavakos a essayĂ© des archets baroques et classiques et a ïŹnalement utilisĂ© un archet modelĂ© dâaprĂšs un exemplaire de François Tourte du dĂ©but du XIXe siĂšcle, avec son Stradivarius Willemo e de 1734. Eh bien, il semble que ce soit vraiment lâarchet qui assure la bonne rĂ©sonance musicale.»
Investissement de choix
Un archet de qualitĂ© peut sâavĂ©rer un excellent investissement, tant pour le jeu musical que pour le portefeuille. Les experts soulignent que le nombre dâarchets classiques bien conservĂ©s diminue plus rapidement que celui des instruments, ce qui accroĂźt leur raretĂ© et leur valeur.
«Un vieil archet, sâil est bien entretenu, ne perd rien de sa qualitĂ©. Prenez Sartory. En moyenne, ses archets se vendent autour de 60.000 euros. Et Sartory est dĂ©cĂ©dĂ© en 1946. Si lâon va chercher du cĂŽtĂ© des anciens maĂźtres archetiers, les prix grimpent souvent de maniĂšre exponentielle.» Ainsi, un archet de la ïŹn du XVIIIe siĂšcle de François Xavier Tourte a Ă©tĂ© adjugĂ© en 2015 pour la somme impressionnante de 277.000 euros.
En partant, Pierre Guillaume nous met en garde contre les contrefaçons dâarchets supposĂ©s dâorigine. «On me sollicite de plus en plus en tant quâexpert pour garantir lâauthenticitĂ© des archets. Je reviens tout juste dâun voyage de quelques semaines au Japon, qui avait pour but de remplir ce e mission. Câest regre able, mais comme pour les grands vins, câest le nom du fabricant qui fait vendre. Et mon nom, sans fausse modestie, a une certaine rĂ©sonance dans le milieu. Regardez ici.» Guillaume me montre une photo dâun archet portant sa signature. «Et pourtant, je nâai jamais fabriquĂ© cet archet. GonïŹĂ©, nâest-ce pas?» â
CAMILLE THOMAS: «MON ARCHET EST COMME UNE BAGUETTE MAGIQUE» NĂ©e Ă Paris en 1988 de parents belges, la violoncelliste Camille Thomas a dĂ©butĂ© ses Ă©tudes musicales au violoncelle dĂšs lâĂąge de quatre ans. Lorsquâelle Ă©tait enfant et quâelle a entendu les suites pour violoncelle de Bach interprĂ©tĂ©es par Pablo Casals, elle a su que câĂ©tait sa voie. Aujourdâhui, elle ïŹgure parmi les meilleurs au monde. Il y a environ dix ans, elle jouait sur un violoncelle Ferdinand Gagliano de 1788, prĂȘtĂ© par Bernard Magrez, icĂŽne du vin du ChĂąteau Pape ClĂ©ment. «Un jour, un mĂ©cĂšne mâa permis dâessayer un archet de Persoit. La sensation Ă©tait si divine que ce violoncelle a immĂ©diatement pris lâallure dâun Stradivarius. Câest incroyable ce quâun archet peut faire.»
La Camille Thomas, un Stradivarius et ce quâelle considĂšre comme une bague e magique, un archet dâEugĂšne Sartory.
© FRANCK SOCHA
Aujourdâhui, Camille Thomas joue sur le Stradivarius «Feuermann» de 1730, propriĂ©tĂ© de la Nippon Music Foundation. Son archet, prĂȘtĂ© par la Fondation Roi Baudouin, est signĂ© par le maĂźtre français EugĂšne Sartory. «Je lâai dĂ©couvert moi-mĂȘme Ă Londres.» Ce qui lâa sĂ©duite? «La stabilitĂ©, la puissance et la prĂ©cision du jeu. La projection sonore, la chaleur et sa couleur unique. Le bois de lâarchet inïŹuence la rĂ©sonance. De plus, lâarchet Sartory sâadapte aisĂ©ment Ă divers styles musicaux et instruments. Quand je suis passĂ©e de mon ancien violoncelle au Stradivarius, ils se sont, comment dire, parfaitement accordĂ©s, le Strad et le Sartory.»
Camille Thomas est une musicienne sensible et ambitieuse: «Jâessaie aussi des archets contemporains de haute qualitĂ©. Je veux soutenir les luthiers dâaujourdâhui, surtout dans cet art de niche utilisant le bois de pernambouc. Lâarchet est presque aussi crucial que lâinstrument pour le rĂ©sultat ïŹnal. Cela provient des dĂ©tails et nuances inïŹniment profondes de la musique. Se sentir Ă lâaise avec son archet est primordial. Pour moi, cela fonctionne toujours mieux avec mon Sartory, et mon âStradinouâ, comme jâappelle aïŹectueusement mon violoncelle. Un choue e petit surnom, nâest-ce pas? Un peu chĂ©ri et amoureux, câest ce que nous sommes lâun pour lâautre.»
Comment les familles fortunĂ©es prĂ©parent lâavenir de leur patrimoine Dans un monde oĂč lâincertitude semble devenir la norme, la gestion du patrimoine familial requiert une approche plus structurĂ©e et tournĂ©e vers lâavenir. Câest ce que met en lumiĂšre le BaromĂštre des familles 2024, une enquĂȘte menĂ©e par la Banque Julius Baer en collaboration avec PwC Suisse, auprĂšs de plus de 1.800 experts en gestion de fortune Ă travers lâEurope, lâAsie, le Moyen-Orient et lâAmĂ©rique latine.
âNous constatons, dans lâĂ©dition 2024 de notre BaromĂštre, un alignement global sur lâimportance de la transmission du patrimoine sur plusieurs gĂ©nĂ©rations, mais aussi des disparitĂ©s rĂ©gionales dans la maniĂšre de lâaborderâ, analyse Rudy Defoer, Market Head Benelux chez Julius Baer. âEn Europe, par exemple, la gouvernance familiale joue un rĂŽle-clĂ© dans la structuration du patrimoine, tandis quâen AmĂ©rique latine, la mise en place de cadres formels est une prioritĂ© Ă©mergente.â
UNE FISCALITĂ SCRUTĂE DE PRĂS
Avec les rĂ©cents changements de gouvernements et les rĂ©formes fiscales en cours dans plusieurs grandes Ă©conomies, lâimpact des politiques fiscales sur la transmission du patrimoine est dĂ©sormais le sujet sociĂ©tal dominant dans la majoritĂ© des rĂ©gions Ă©tudiĂ©es.
LâĂDUCATION PATRIMONIALE ET LA GOUVERNANCE FAMILIALE EN PLEIN ESSOR
Au-delĂ de la croissance de leur capital, les
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âEn Europe, la gouvernance familiale joue un rĂŽle-clĂ© dans la structuration du patrimoine.â
RUDY DEFOER
Market Head Benelux
familles fortunĂ©es sâattachent Ă renforcer lâĂ©ducation financiĂšre des gĂ©nĂ©rations futures, notamment par le biais de rĂ©unions avec leurs conseillers patrimoniaux. ParallĂšlement, la gouvernance familiale se professionnalise, malgrĂ© la persistance de modĂšles de gouvernance informels.
LâINSTABILITĂ POLITIQUE, UNE PRĂOCCUPATION CROISSANTE
La stabilité politique fait son entrée dans le
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classement des prĂ©occupations majeures des familles fortunĂ©es. Avec la montĂ©e des tensions gĂ©opolitiques et lâincertitude Ă©conomique mondiale, la diversification gĂ©ographique des actifs et la rĂ©silience des stratĂ©gies dâinvestissement sont de plus en plus essentielles.
VERS UNE APPROCHE PLUS RĂSILIENTE ET PROACTIVE
Le BaromĂštre des familles 2024 confirme la nĂ©cessitĂ©, pour les familles, de sâadapter Ă un monde plus incertain en adoptant une vision de long terme et en sâentourant de conseillers de confiance.
âLes familles belges les plus avisĂ©es sont celles qui anticipent et qui structurent leur approche patrimoniale bien au-delĂ des cycles Ă©conomiquesâ, conclut Rudy Defoer. âAujourdâhui, une gestion efficace repose Ă la fois sur la performance des investissements et sur une planification stratĂ©gique, une gouvernance solide et une approche agile face aux mutations gĂ©opolitiques et fiscales.â
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VOYAGE INITIATIQUE DANS LE CĆUR DE MARBRE DE LA TOSCANE Depuis des siĂšcles, les montagnes prĂšs de la ville de Carrare fournissent le marbre blanc le plus pur et prĂ©cieux de la planĂšte, emblĂšme de luxe et de crĂ©ativitĂ©. Et ce nâest pas un hasard si le marbre de Carrare et ses carriĂšres jouent un rĂŽle de premier plan dans le ïŹlm «The Brutalist», qui est reparti des Oscars avec deux statue es.
AUTRICE: SILVIA BENEDETTI
PHOTOS: SHUTTERSTOCK
Quâont en commun le siĂšge de la Bourse dâAbou Dabi et la sculpture la plus cĂ©lĂšbre de Michel-Ange, la PietĂ ? Ou encore la mosquĂ©e turkmĂšne de Gypjak, le Capitole des Ătats-Unis, Ă Washington, et la majestueuse cathĂ©drale au cĆur de la ville de Pise?
Le secret de ces insoupçonnables parallĂ©lismes se cache dans les mystĂ©rieuses profondeurs des Alpes Apuanes, en Italie. Depuis lâAntiquitĂ©, dans un territoire sâĂ©talant entre ces montagnes au nord-ouest de la Toscane et la mer TyrrhĂ©nienne, plusieurs bassins marbriers oïŹrent au monde entier une pierre naturelle devenue un symbole intemporel de luxe, dâĂ©lĂ©gance et de crĂ©ativitĂ©: le marbre blanc de Carrare, considĂ©rĂ© comme le marbre par excellence. UtilisĂ©e pour crĂ©er les Ćuvres dâart et les bĂątiments les plus prestigieux de la planĂšte, ce e roche mĂ©ta-
morphique trĂšs diïŹcile Ă tailler, dâune blancheur immaculĂ©e ou traversĂ©e par des veines ïŹnes, dorĂ©es ou bleutĂ©es, est encore extraite aujourdâhui dans les 73 derniĂšres carriĂšres restĂ©es en activitĂ© Ă Carrare.
Les carriÚres de marbre, des cathédrales de pierre
Et câest par un jour lumineux et froid, Ă bord dâun vĂ©hicule tout-terrain, Ă travers des sentiers Ă©troits accrochĂ©s aux pentes des montagnes et surplombants vallĂ©es et prĂ©cipices, quâil a Ă©tĂ© possible de grimper jusquâĂ ces carriĂšres de marbre, situĂ©es parfois Ă 1.000 mĂštres au-dessus du niveau de la mer. Devant nous, un paysage surrĂ©el, lunaire, alternant carriĂšres Ă ciel ouvert ou «fermĂ©es», câest-Ă -dire creusĂ©es dans les entrailles du massif rocheux,
abandonnĂ©es depuis longtemps ou encore en pleine activitĂ©. Les parois des montagnes, dâun blanc presque aveuglant et taillĂ©es avec une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e par des gĂ©nĂ©rations dâingĂ©nieurs et dâouvriers, semblent dessiner les contours de grandioses cathĂ©drales de pierre. «Des visiteurs du monde entier viennent Ă Carrare pour dĂ©couvrir ces sites dâexcavation, pour acheter du marbre ou seulement pour Ă©prouver le plaisir dâexplorer ces carriĂšres incroyables», explique, avec enthousiasme, la guide Manuela Righini. «Au cours des derniĂšres dĂ©cennies, jâai accompagnĂ© ici beaucoup dâItaliens, mais aussi des touristes et des acheteurs indiens et chinois, amĂ©ricains ou encore en provenance des Ămirats arabes unis.» Les carriĂšres «fermĂ©es» sont indĂ©niablement les plus impres-
«Les mineurs sont aussi rudes et durs que la pierre quâils dĂ©coupent. Mais aussi intimement ïŹers de leur mĂ©tier, qui est transmis de pĂšre en ïŹls depuis des gĂ©nĂ©rations.»
Manuela Righini Guide touristique
sionnantes pour ces visiteurs dâun jour. EmprisonnĂ©s dans le ventre mĂȘme de la montagne, ces derniers peuvent ainsi imaginer le travail solitaire des mineurs. Et lorsque les machines diamantĂ©es, les pelleteuses voraces ou encore les dĂ©coupeuses multi-disques, utilisĂ©es pour sectionner dâimmenses blocs de marbre, se taisent enïŹn, tout semble ïŹgĂ© dans une immobilitĂ© presque parfaite. Dans ces labyrinthes de pierre, sombres et humides, creusĂ©s par lâĂ©rosion millĂ©naire de lâeau de la montagne et par lâactivitĂ© de lâhomme, seul le bruit de mystĂ©rieuses sources aquifĂšres brise le silence. Les visiteurs ne peuvent alors sâempĂȘcher de se sentir inïŹniment petits et vulnĂ©rables, presque Ă©crasĂ©s par le poids dâune nature insondable et gĂ©nĂ©reuse, mais aussi, de façon paradoxale, complĂštement libĂ©rĂ©s de toutes les a aches et les angoisses du quotidien.
«La visite dâune carriĂšre de marbre reprĂ©sente une sorte de voyage initiatique unique», explique Gianfranco Ghisu, directeur dâune sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans lâorganisation de voyages de luxe dans la pĂ©ninsule. «Jâai vu
Le marbre blanc de Carrare nâa pas seulement sculptĂ© la renommĂ©e de la rĂ©gion, il a aussi forgĂ© sa richesse. Ce prĂ©cieux matĂ©riau est la ïŹertĂ© des habitants, qui le chĂ©rissent comme un trĂ©sor local.
des clients multimillionnaires, ayant la possibilité et les moyens de tout expérimenter à travers le monde, rester li éralement ébahis par les émotions éprouvées lors de ces incursions à Carrare.»
Fierté locale
Une aventure pour visiteurs Ă la recherche de sensations inĂ©dites, mais, avant tout, une ïŹliĂšre Ă©conomique extrĂȘmement lucrative pour le pays tout entier. Lâunivers du marbre italien compte, dans son ensemble, 3.200 entreprises rĂ©parties sur le territoire national ainsi que 34.000 employĂ©s. En 2023, ce secteur a pu aïŹcher un chiïŹre dâaïŹaires de lâordre de 4,5 milliards dâeuros, avec environ 70% de la production exportĂ©e. Et il en va ainsi pour la petite ville toscane de Carrare, oĂč le marbre est source de richesse, dâhistoire et de ïŹertĂ© locale. Depuis des siĂšcles, son exploitation forge lâidentitĂ© du territoire ainsi que lâexistence et le caractĂšre de ses habitants. PrivatisĂ©es au XVIIIe siĂšcle, ces carriĂšres suspendues aux ïŹancs des montagnes reprĂ©sentent, en eïŹet, une seconde maison pour une partie signiïŹcative des hommes actifs de la ville.
3.200
Lâindustrie italienne du marbre compte 3.200 entreprises employant 34.000 travailleurs. Elles gĂ©nĂ©rent ensemble un chiïŹ re dâaïŹaires de 4,5 milliards dâeuros.
«Les mineurs sont aussi rudes et durs que la pierre quâils dĂ©coupent», explique Manuela Righini. «Ils sont taciturnes, solitaires, mais aussi intimement ïŹers de leur mĂ©tier, qui est transmis de pĂšre en ïŹls depuis des gĂ©nĂ©rations.» Selon notre guide, un amour viscĂ©ral unit, depuis toujours, ces travailleurs tenaces Ă leur marbre ainsi quâĂ leurs chantiers, di ïŹciles et parfois dangereux, oĂč ils communiquent, au milieu du vacarme des machines en mouvement, grĂące Ă un langage fait de gestes et de signes. «Un dimanche, dans une carriĂšre fermĂ©e, il mâest arrivĂ© de croiser un chef de chantier qui nâarrivait visiblement pas Ă sâĂ©loigner de son univers de marbre», rĂ©vĂšle Manuela Righini. «Il mâa expliquĂ©, en essayant de cacher son embarras, quâil devait vĂ©riïŹer quelque chose⊠Mais la vĂ©ritĂ© est que ce mĂ©tier se transforme en une passion dĂ©vorante pour la plupart de nos mineurs.»
Lâextraction du marbre nâest pas sans dangers. La poussiĂšre, dâune lĂ©gĂšretĂ© et dâune ïŹnesse extrĂȘmes, reprĂ©sente une menace pour lâenvironnement, contaminant aussi bien lâair que lâeau.
«FAIRE CHANTER LA PIERRE» QUne passion qui semble transcender les limites et les dangers que comporte le travail dâextraction et de transformation de ce e pierre. Le peuple des marbriers de Carrare doit, en eïŹet, aïŹronter une profession qui comporte de nombreux risques pour lâhomme et son environnement, Ă commencer par lâimpact de la «marme ola». Ce e poussiĂšre de marbre est lĂ©gĂšre et impalpable, elle pollue lâeau comme lâair. Lâexploitation de plus en plus intensive des bassins marbriers entraĂźne Ă©galement une instabilitĂ© hydrogĂ©ologique, des inondations rĂ©pĂ©tĂ©es, une perte de biodiversitĂ©, ainsi que la rarĂ©faction progressive dâune ressource naturelle qui nâest pas inĂ©puisable.
«Comme toute chose, cet univers a sa part dâombre et de lumiĂšre», explique le directeur de lâAcadĂ©mie des Beaux-Arts de Carrare, Marco Baudinelli. «Mais il est indĂ©niable que le marbre reste la principale ressource Ă©conomique de ce territoire.»
FondĂ©e en 1796, ce e acadĂ©mie a Ă©tĂ©, au long des siĂšcles, le lieu de formation des plus Ă©minents sculpteurs italiens et a connu son Ăąge dâor au dĂ©but du XIXe siĂšcle, grĂące aux eïŹorts dâElisa Bonaparte, sĆur de NapolĂ©on. «Elle est certainement Ă lâorigine du prestige et de la renommĂ©e Ă lâĂ©chelle europĂ©enne de ce e Ă©cole. Or, Elisa devait sâassurer de bien inonder toutes les cours europĂ©ennes de bustes en marbre de son frĂšre, pour en exalter la grandeur. Carrare est ainsi devenue nĂ©vralgiqueâŠÂ», ajoute, avec un soupçon dâironie, le directeur.
Aujourdâhui lâAcadĂ©mie forme prĂšs de 1.000 Ă©tudiants italiens et Ă©trangers, notamment en provenance de Chine. «Nous oïŹrons Ă ces aspirants artistes des laboratoires pour laisser libre cours Ă leurs Ă©lans crĂ©atifs, tout le savoir-faire de la tradition, mais aussi les technologies les plus innovantes, comme les robots sculpteurs de derniĂšre gĂ©nĂ©ration», prĂ©cise Marco Baudinelli. â
uâen aurait pensĂ© Michel-Ange qui rĂ©ussit Ă trouver, prĂ©cisĂ©ment Ă Carrare, le bloc de marbre idĂ©al pour crĂ©er, Ă la ïŹn du XVe siĂšcle, son admirable PietĂ , conservĂ©e dans la Basilique Saint-Pierre de Rome? Ce grand artiste de la Renaissance venait chercher lui-mĂȘme le matĂ©riel pour ses sculptures parce que, comme il aimait le rĂ©pĂ©ter, dans le bloc de marbre choisi, il pouvait dĂ©jà «entrevoir lâĂąme de son Ćuvre». Une Ă©motion que le sculpteur belge dâorigine roumaine, Marian Sava, comprend parfaitement. «Je dĂ©veloppe mon projet crĂ©atif pendant des mois, voire des annĂ©es, mais câest seulement lorsque je trouve le bloc de marbre parfait que je peux enïŹn lui donner forme et vie», explique-t-il.
Celui qui, selon les experts en art, sait «faire chanter la pierre», a créé, tout au long de sa vie, des Ćuvres en plĂątre, bronze, granit, ïŹbres de verre et en bois, mais sa matiĂšre de prĂ©dilection a toujours Ă©tĂ© le marbre. «Câest un matĂ©riel extraordinaire, unique, sensible et dur Ă la fois», sâĂ©meut-il. «Jâen ressens toujours toutes les vibrations, les pulsations et les sonoritĂ©s et jâessaye de les respecter, de sculpter en obĂ©issant Ă la matiĂšre, en Ă©coutant humblement sa voix.»
RĂ©fugiĂ© politique fuyant la dictature communiste, Marian Sava arrive Ă Bruxelles en 1985. En Belgique, il savoure enïŹn la libertĂ© dâĂȘtre et de crĂ©er. DiplĂŽmĂ© de lâAcadĂ©mie Royale des Beaux-Arts de la capitale, il tombe «li Ă©ralement amoureux» du marbre noir belge, pur et brillant, avec lequel il crĂ©e dâinnombrables sculptures. Puis, il visite Carrare. «Jâai alors dĂ©couvert ce marbre blanc dâune richesse inĂ©galable, ce e pierre homogĂšne, pouvant dĂ©gager une lumiĂšre incroyablement intense», avoue-t-il. Son imagination prend alors un nouvel envol. «Par ses nuances et ses stratiïŹcations ina endues, un bloc de marbre de Carrare nous raconte son histoire millĂ©naire. Il sâagit lĂ dâune rencontre surprenante, je dirais mĂȘme Ă©lectrisante, pour le crĂ©ateur qui se cache dans le cĆur de chacun de nous.»
Plus dâinfos sur www.mariansava.be
© MARIAN SAVA
LA RONDE FĂĂRIQUE DES PLUS BEAUX OLDTIMERS DU MONDE Ă droite, lâAlfa Romeo 8C 2300 de 1932, qui a dĂ©crochĂ© lâan dernier le prestigieux titre de «Best of Show». Ce joyau automobile appartient Ă un membre de la cĂ©lĂšbre famille belge TVH.
Chaque printemps, les voitures anciennes ont également leur festival.
Le Concorso dâEleganza rĂ©unira, du 23 au 25 mai, les plus chics oldtimers du monde dans le domaine enchanteur de lâhĂŽtel Villa dâEste, Ă Cernobbio, sur les rives du lac de CĂŽme, en Italie. Depuis 1929, le concours sâaïŹche comme le rendez-vous incontournable des amateurs dâĂ©lĂ©gance sur quatre roues.
AUTEUR: JENS CARDINAELS
PHOTOS: BLOOMBERG
Une promenade autour de la Villa dâEste a tout du voyage dans le temps, avions-nous soulignĂ© dans lâĂ©dition prĂ©cĂ©dente de Wealth. Ce majestueux hĂŽtel de style Renaissance, construit en 1568 par lâarchitecte Pellegrino Pellegrini, servait Ă lâĂ©poque de rĂ©sidence dâĂ©tĂ© au cardinal Tolomeo Gallio. De nombreuses familles nobles y ont sĂ©journĂ© par la suite. Le comte Domenico Pino, gĂ©nĂ©ral de lâarmĂ©e de NapolĂ©on, y a mĂȘme bĂąti une petite forteresse pour y aïŹĂ»ter son art militaire. En 1815, la reine consort britannique Caroline de Brunswick y a rĂ©sidĂ©, aprĂšs sâĂȘtre sĂ©parĂ©e de son Ă©poux, le roi George. Câest dâailleurs elle qui a baptisĂ© la demeure Villa dâEste. AprĂšs sa mort, lâimpĂ©ratrice russe Maria Fedorowna y a vĂ©cu pendant deux ans.
Depuis 1873, la villa, avec ses jardins magniïŹquement amĂ©nagĂ©s et sa vue imprenable sur le lac de CĂŽme, est un hĂŽtel de luxe abritant 152 chambres et suites, ainsi que quatre villas privĂ©es. Forbes lâa dĂ©signĂ©e en 2009 comme le meilleur hĂŽtel du monde. Les chambres «simples» coĂ»tent plus de 1.100 euros la nuit, tandis que la suite la plus exclusive dĂ©passe les 5.500 euros.
De nombreuses cĂ©lĂ©britĂ©s ont franchi ses portes. Alfred Hitchcock y a tournĂ© son premier ïŹlm «Le Jardin du plaisir». Parmi les autres invitĂ©s notables, on pointe Ă©galement le roi LĂ©opold II, les crĂ©ateurs Ralph Lauren et Calvin Klein, lâĂ©crivain Mark Twain, et des stars du cinĂ©ma comme Marlene Dietrich, Mel Gibson
et Woody Allen. Villa dâEste est aussi le point de chute habituel de Bruce Springsteen lors de ses concerts en Italie.
Immersion temporelle presque totale
Chaque annĂ©e, le lieu sert dâĂ©crin au Concorso dâEleganza, qui, ce printemps, se dĂ©roulera Ă nouveau Ă guichets fermĂ©s. Un billet pour une journĂ©e revient Ă 595 euros. Et pour un sĂ©jour de trois jours, incluant nuits et repas Ă lâhĂŽtel, comptez au minimum 10.950 euros.
Selon la tradition, les voitures sĂ©lectionnĂ©es participent Ă diverses compĂ©titions et dĂ©ïŹlent entre lâhĂŽtel et le lac, avec un arrĂȘt devant le jury Ă lâentrĂ©e de lâĂ©tablissement. Lors de lâĂ©dition 2024, le dĂ©ïŹlĂ© a rassemblĂ© 52 «ancĂȘtres», dont certains nâexistent quâen quelques exemplaires.
Pendant que le maĂźtre de cĂ©rĂ©monie, passant avec maestria dâun anglais pointu Ă un italien passionnĂ©, partageait anecdotes et dĂ©tails sur chaque bolide, le jury et les plus fervents admirateurs des oldtimers, un verre de champagne Pommery Ă la main, sâĂ©merveillaient de ce e ronde féérique des plus belles carrosseries des annĂ©es 1920, 1940 ou 1960. Une immersion temporelle totale, si ce nâest les cliquetis des smartphones.
Les collectionneurs participants, pour la plupart, vivaient leur moment de gloire sans ostentation. Quelques audacieux faisaient vrombir leur moteur ou klaxonnaient. Certains ignoraient les conventions, comme lâexcentrique AmĂ©ricain Jonathan Segal, qui, dans sa Maserati noire, est apparu devant le jury, moteur rugissant, les bras levĂ©s, un verre de whisky The Glenturret Triple Wood dans une main et un cigare Padron dans lâautre.
LâAllemand Bernard HĂŒbel lui a briĂšvement volĂ© la vede e. Alors que presque toutes les voitures aïŹchaient un look chic et impeccable, il a dĂ©boulĂ© â tel le rejeton rebelle de cet arĂ©opage aux allures aristocratiques â au volant dâune Alfa Romeo RL Sport de 1922, Ă ce point dĂ©labrĂ©e quâon la croyait sortie tout droit dâun cimetiĂšre de voitures. Pourtant, Ă lâoreille dâun connaisseur, le puissant bruit du moteur rĂ©vĂ©lait une mĂ©canique encore en trĂšs bon Ă©tat. «Une voiture dans son jus, comme disent les Français», selon Pierre Darge, un journaliste qui a tenu pendant des dĂ©cennies la rubrique automobile pour le
Il y a moins de foule quâailleurs au Concorso dâEleganza: lâoccasion rĂȘvĂ©e pour ïŹĂąner et savourer chaque voiture Ă son rythme.
magazine Knack. Au printemps 2024, il assistait pour la sixiÚme fois au Concorso. «Alors que les Français aiment ces voitures pleines de caractÚre, les collectionneurs américains en ont horreur.»
Des Belges discrets La majoritĂ© des voitures que nous avons vues dĂ©ïŹler lâannĂ©e derniĂšre appartenaient Ă des collectionneurs allemands, français, italiens ou amĂ©ricains. Pourtant, lâĂ©vĂ©nement suscite Ă©galement lâintĂ©rĂȘt des heureux dĂ©tenteurs dâoldtimers en Belgique, aïŹrme Hendrik BĂ©atse. Il a participĂ© Ă lâĂ©vĂ©nement Ă plusieurs reprises et conseille les collectionneurs belges. Cet «agent de voitures classiques et de collection» a pour mission de rechercher des oldtimers uniques pour le compte de collectionneurs. «Ou inversement: je cherche un acheteur appropriĂ© pour une voiture particuliĂšre», explique-t-il. «Je mâoccupe Ă©galement de collections de voitures. Un timbre, vous le collez dans un livre que vous rangez. Mais une collection dâoldtimers nĂ©cessite beaucoup dâa ention: entretien, restauration, Ă©valuation, documentation de lâhistorique...»
Pour Hendrik BĂ©atse, le Concorso est unique. «Seuls quelques Ă©vĂ©nements dans le monde peuvent rivaliser. Comme le Pebble Beach Concours dâElegance aux
Ătats-Unis. En Europe, le Concorso dâEleganza Villa dâEste est lâĂ©vĂ©nement le plus prestigieux. Vous y trouvez la crĂšme de la crĂšme des collectionneurs et les plus belles voitures. Si vous y gagnez un prix, votre prestige et la valeur de vos voitures augmentent.»
Des Belges lâont bien compris. Ils inscrivent le Concorso dâEleganza Ă leur agenda mondain. Mais, en toute discrĂ©tion. «Je travaille pour de nombreux collectionneurs en Flandre-Orientale et Occidentale. Et plus vous allez vers lâouest, plus la discrĂ©tion est grande.» Nous en avons fait la funeste expĂ©rience. Lâentrepreneur que nous avons contactĂ© nous a opposĂ© une ïŹn de non-recevoir. «Je prĂ©fĂšre ne pas en parler dans la presse, car de nombreux collĂšgues entrepreneurs ne comprennent pas la passion pour les oldtimers», dit-il. Ce e rĂ©action ne surprend pas Hendrik BĂ©atse. «Il en va ainsi pour de nombreuses passions. Certains inves595 âŹ
Un ticket pour une journĂ©e au Concorso dâEleganza, dĂ©jĂ complet, coĂ»te 595 euros.
tissent des milliers dâeuros dans un vĂ©lo de course ou collectionnent lâart, dâautres aiment les voitures. Câest en fait aussi une force du Concorso. Lâon peut y aïŹcher sa passion sans honte et la partager avec dâautres amateurs.»
MalgrĂ© leur prĂ©sence limitĂ©e, les Belges nâont rien Ă envier aux grandes nations comme lâAllemagne ou les Ătats-Unis au Concorso. Au contraire: lâannĂ©e derniĂšre, le prix principal «Best of Show» a Ă©tĂ© a ribuĂ© Ă une voiture belge, une Alfa Romeo 8C 2300 de 1932 Ă©quipĂ©e dâune carrosserie de Figoni. Elle y a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e par le jeune Thibault De Meester et sa mĂšre Ann Thermote, membre de la famille propriĂ©taire de lâentreprise de chariots Ă©lĂ©vateurs TVH. Via la sociĂ©tĂ© HM Collection, lâentrepreneuse et son mari Bernard De Meester collectionnent des oldtimers. Leur ïŹls Thibault se consacre Ă lâentretien de la collection.
Il se montre, lui aussi, trĂšs peu loquace sur les raisons pour lesquelles sa famille participe Ă cet Ă©vĂ©nement. Il prĂ©fĂšre expliquer ce qui constitue les forces du Concorso dâEleganza. «Tout dâabord, lâemplacement est particuliĂšrement beau», dit Thibault De Meester. «Câest aussi un Ă©vĂ©nement en petit comitĂ©: il y a moins de monde au concours que lors dâautres Ă©vĂ©nements. Nous avons ainsi le temps
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dâadmirer tranquillement toutes les voitures et de lire toutes les informations Ă leur sujet. Le rayonnement international est un autre atout. Vous y rencontrez des collectionneurs et des oldtimers du monde entier. Et, enïŹ n, le jury est trĂšs compĂ©tent et strict. Une sĂ©vĂ©ritĂ© Ă la hauteur de la rĂ©putation de lâĂ©vĂ©nement et de la longue liste de candidats. Il met donc la barre trĂšs haut.»
Thierry Dehaeck est lui aussi un habituĂ© de ces Ă©vĂ©nements Ă la gloire des oldtimers. Il a dĂ©jĂ participĂ© cinq fois au Concorso. LâannĂ©e derniĂšre, il nous a narrĂ© lâenthousiasme ressenti lors de sa premiĂšre participation, trois ans auparavant: «Câest sans conteste lâĂ©vĂ©nement de voitures anciennes le plus prestigieux au monde. Jâen visite au moins six par an. Oui, il y a Pebble Beach aux Ătats-Unis, mais avec plus de 200 voitures, câest bien plus grand.» En Italie, avec une cinquantaine de participants, la sĂ©lection est plus exclusive. «Et bien sĂ»r, le cadre est merveilleux.»
La CitroĂ«n DS Ă lâhonneur Jusquâen 2016, Thierry Dehaeck possĂ©dait et dirigeait Pidy, fabricant de fonds de tarte et de biscuits pour bouchĂ©es Ă la reine. Il nâavait jamais eu le temps de se rendre en Italie, alors quâil avait achetĂ© son premier ancĂȘtre dĂšs lâĂąge de 20 ans. Ce nâest quâen 2021 quâil y est allĂ© pour la premiĂšre fois. La vente de son entreprise rĂ©glĂ©e, il sâest pleinement consacrĂ© Ă sa
passion. à Ypres, il expose désormais plus de 50 voitures anciennes, parmi lesquelles des Aston Martin, Bentley, Citroën, Ferrari, Mercedes, Maserati, Rolls-Royce, Cadillac, Jaguar et Shelby.
Mais sa plus grande ïŹertĂ© est sa collection de CitroĂ«n SM. «Jâai lâune des plus grandes collections de ce modĂšle au monde», aïŹ rme Dehaeck. «Il y a une grande collection en France, mais câest tout.» Parmi ses trĂ©sors, une CitroĂ«n SM Espace de 1971, prĂ©sentĂ©e au Salon de lâauto de Paris en 1971, une CitroĂ«n SM
Mylord de 1972 et une Citroën SM Opéra de 1973, avec laquelle le collectionneur américain Jerry Hathaway a ba u le record du monde de la Citroën la plus rapide. à deux reprises, il a terminé deuxiÚme dans sa catégorie, toujours avec une Citroën SM.
Ce e annĂ©e, il prĂ©sentera au Concorso une CitroĂ«n DS, un modĂšle iconique surnommĂ© «fer Ă repasser». «La CitroĂ«n DS fĂȘte ses 70 ans ce e annĂ©e», explique Dehaeck. «Elle a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e en 1955 au Salon de lâauto de Paris. Câest pourquoi il y a ce e annĂ©e au Concorso une classe spĂ©ciale CitroĂ«n DS. Je participe avec ma CitroĂ«n DS Le Caddy, rĂ©alisĂ©e par le cĂ©lĂšbre carrossier français Henri Chapron en 1967.»
«Que je gagne ou que je perde, ce qui compte pour moi câest avant tout lâexpĂ©rience de cet Ă©vĂ©nement et la passion qui y rĂšgne.» Thierry Dehaeck
Parcipant belge habituĂ© au Concorso dâEleganza
Thierry Dehaeck possĂšde tous les documents originaux retraçant lâhistoire de la voiture. Chapron a achetĂ© la voiture le 21 juin 1967 Ă CitroĂ«n et lâa transformĂ©e en cabriolet avec la carrosserie spĂ©ciale Le Caddy. Il lâa exposĂ©e au Salon de lâauto de Paris ce e annĂ©e-lĂ , oĂč elle a Ă©tĂ© vendue. AprĂšs avoir changĂ© de mains plusieurs fois, Dehaeck lâa acquise en 2007. Il a fait restaurer la voiture dans lâesprit dâorigine. LâintĂ©rieur a Ă©tĂ© revĂȘtu du cuir beige utilisĂ© par Chapron Ă lâĂ©poque, et la carrosserie a retrouvĂ© sa teinte bleue originelle. Dehaeck a dĂ©jĂ participĂ© avec ce e voiture Ă un autre concours, le Concours dâElĂ©gance Paleis Het Loo aux Pays-Bas, oĂč il a remportĂ© le premier prix.
Ă prĂ©sent, Dehaeck vise Ă©galement la victoire au Concorso dâEleganza. Mais il ne sâemballe pas quant Ă ses chances de victoire: «Je ne pourrai les Ă©valuer que lorsque je verrai sur place les six voitures de la catĂ©gorie Ă cĂŽtĂ© de la mienne. Quelques mois avant le concours, on dĂ©couvrira la concurrence sur catalogue, mais ce nâest quâen les voyant en vrai quâon sait oĂč lâon se situe.» Le printemps dernier, il nous a conïŹĂ© son sentiment: «Je ne vais certainement pas gagner», alors quâil se tenait Ă cĂŽtĂ© dâune magniïŹque Maserati Qua roporte AM 121
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En dĂ©ïŹnitive, Dehaeck se prĂ©occupe peu de sa place sur le podium. «Ce qui compte pour moi, câest avant tout lâexpĂ©rience de cet Ă©vĂ©nement et la passion qui y rĂšgne». Il ne sâagit pas dây faire des aïŹaires. En rĂ©alitĂ©, rien que par leur participation au Concorso, les voitures gagnent en prestige et font lâobjet par la suite dâoïŹres allĂ©chantes. Mais, aux acheteurs intĂ©ressĂ©s, Dehaeck a dĂ©jĂ sa rĂ©ponse: «Je ne vends pas les voitures de ma collection privĂ©e. Câest ma ïŹertĂ©. Mes voitures sont lâĆuvre de ma vie. Je ne les vends que si je trouve une meilleure voiture. Les voitures anciennes me passionnent, notamment par lâhistoire quâelles racontent. Chez moi, une bibliothĂšque entiĂšre regorge dâinformations sur mes voitures. Pour certaines, jâai jusquâĂ six dossiers.»
Pour lâĂ©dition de ïŹn mai, Dehaeck a posĂ© sa candidature en septembre dernier. «Câest Ă ce moment de lâannĂ©e que le jury se rĂ©unit pour la premiĂšre fois. Il dĂ©termine les catĂ©gories en compĂ©tition, et jâexamine si un des modĂšles de ma collection pourrait y concourir.»
La candidature commence par un formulaire en ligne. «Vous devez tĂ©lĂ©charger des photos et fournir des informations telles que le numĂ©ro de chĂąssis et de moteur», explique-t-il. «Plus vous avancez dans la sĂ©lection, plus ils demandent dâinformations. Ce nâest que peu de temps avant lâĂ©vĂ©nement quâils viennent inspecter la voiture sur place. Il arrive alors que des voitures soient rejetĂ©es, car elles ne sont pas authentiques. Pour les propriĂ©taires, câest la douche froide: ils dĂ©couvrent quâon leur a vendu un rossignol.»
Dehaeck nâa pas encore vĂ©cu cela. «Mais je nâachĂšte jamais une voiture sans avoir bien Ă©tudiĂ© le dossier. Je les fais toujours inspecter par lâexpert Gert Beets. Sâil dit que la voiture est authentique, alors lâaffaire est bouclĂ©e. Je fais toujours approuver mes voitures par la FIVA (FĂ©dĂ©ration internationale des vĂ©hicules anciens, NDLR). Leur certiïŹcat facilite Ă©galement la participation au Concorso.»
Le rĂȘve de BMW
Se porter candidat ne coûte rien, mais ceux qui sont sélectionnés doivent séjourner sur le domaine. «Les collectionneurs
Ce e Ferrari 166 MM Barche a de 1949, parfaitement restaurĂ©e, vaut des mi llions dâeuros.
Les heureux Ă©lus qui dĂ©crochent leur place pour participer Ă lâĂ©vĂ©nement doivent rĂ©sider sur le domaine. Pour vivre ce e expĂ©rience, il faudra dĂ©bourser au minimum 7.625 euros.
peuvent choisir entre diïŹĂ©rentes formules et plusieurs types de chambres. Le forfait le moins cher coĂ»te 7.625 euros», rĂ©vĂšle Marc ThiesbĂŒrger, porte-parole de BMW Group.
Le constructeur automobile allemand est le propriĂ©taire et lâorganisateur du Concorso dâEleganza, mais BMW nâen fait pas un Ă©vĂ©nement Ă sa gloire. Ainsi, lâannĂ©e derniĂšre, un seul oldtimer du groupe bavarois y participait. Dâailleurs, dĂ©tail piquant: ce sont des vans de son Ă©ternel rival Mercedes-Benz qui ont amenĂ© les invitĂ©s dans les hĂŽtels Ă proximitĂ©.
BMW se rĂ©serve cependant un lever de rideau grandiose. La veille du Concorso, le constructeur prĂ©sente une «voiture de rĂȘve», un modĂšle gĂ©nĂ©ralement produit en sĂ©rie limitĂ©e. LâannĂ©e derniĂšre, il sâagissait du cabriolet BMW Concept Skytop. Sa conception avait commencĂ© moins dâun an auparavant, des Ćuvres de lâĂ©quipe du NĂ©erlandais Adrian van Hooydonk, directeur du design de BMW, Mini et Rolls-Royce. «Nous nâallons certainement pas produire le Skytop Ă grande Ă©chelle», avait-il dĂ©clarĂ© lors de la prĂ©sentation. «Peut-ĂȘtre que ce sera le seul exemplaire, peut-ĂȘtre que nous en fabriquerons encore une quinzaine. Il nây en aura pas plus. Nous lâavons spĂ©cialement conçu pour cet Ă©vĂ©nement. Câest notre rĂȘve de la voir participer au Concorso dâEleganza Villa dâEste dans 50 ans.»
â
PINK POWER «AMENER PLUS DE FEMMES Ă LA VOILE, CâEST NOTRE CAP » Le 26 juillet prochain, au dĂ©part de la Rolex Fastnet Race, un bateau hissera haut un objectif: encourager davantage de femmes Ă pratiquer la voile. Ă bord du «Swanne Bonny», Sigrid Huyghe, gynĂ©cologue, dirigera un Ă©quipage entiĂšrement fĂ©minin. Cinq jours de navigation mouvementĂ©e les a endent, depuis le sud de lâAngleterre jusquâaux cĂŽtes normandes.
AUTEUR: RAOUL DE GROOTE
PHOTOS: KATRIJN VAN GIEL
Il nous faut grimper sur une Ă©chelle pour arriver, trois mĂštres plus haut, au niveau de la poupe de ce yacht Ă voile, baptisĂ© KantoïŹ du nom de lâentreprise de construction et de ïŹnition dâOpwijk, dans le Brabant ïŹamand. Le bateau de 14,35 mĂštres, sur lequel se dresse un mĂąt de 20 mĂštres, est un Swan 46 MK II classique, un modĂšle que le constructeur ïŹnlandais Nautor a commercialisĂ© entre 1989 et 1997. Pour lâheure, il repose au sec, au Royal Yacht Club de Belgique Ă Anvers, soutenu par des barres de fer et des blocs de bois. Sa conception est lâĆuvre de GermĂĄn Frers, un designer argentin renommĂ© dont les interventions
Le Swan 46 MK II se trouve Ă Anvers, au Royal Yacht Club de Belgique, sur la terre ferme, soutenu par des barres de fer et des blocs de bois.
sur les bateaux dâoccasion peuvent coĂ»ter jusquâĂ 200.000 euros, selon les options et rĂ©novations.
Sous la coque poncĂ©e, un Ă©norme contrepoids en forme de balle de baseball maintient le bateau droit dans lâeau. «Il est quasi i mpossible de voir le bateau chavirer. Par trois fois, un poids excessif a failli nous retourner, mais nous nous sommes toujours redressĂ©s», explique Sigrid Huyghe, la capitaine. «On sây sent vraiment en sĂ©curitĂ©.»
Nous la rencontrons, elle et une partie de son Ă©quipage fĂ©minin, au moment oĂč, entre deux sorties payantes au proïŹt de la recherche sur le cancer du sein, elles sâentraĂźnent en prĂ©vision de la Rolex Fastnet Race, organisĂ©e ïŹn juillet. Sous la voile bleue tendue, deux matelotes dĂ©montent un winch, une poulie perme ant de hisser les voiles, tandis quâĂ lâavant, une autre rĂ©pare le joint dâun hublot. Partout, des plans dĂ©pliĂ©s, des pinces, des toiles, des clĂ©s, des cordes⊠«Il y a toujours quelque chose qui casse, qui nĂ©cessite de lâentretien ou qui doit ĂȘtre remplacĂ©.
Un bateau qui prend souvent la mer coĂ»te pas mal dâargent», souligne
Sigrid Huyghe. «Chaque annĂ©e, nous dĂ©pensons entre 20.000 et 25.000 euros pour nos participations Ă diverses courses Ă la voile (pour la Fastnet, les frais dâinscription pour un bateau de 14 mĂštres sâĂ©lĂšvent Ă prĂšs de 1.400 euros pour les membres du Royal Ocean Racing Club organisateur et plus de 1.800 euros pour les non-membres, NDLR), lâĂ©quipement, lâentretien, etc., ce qui en fait un hobby assez coĂ»teux. Heureusement, le magasin Seashop Ă Nieuport nous fait des rĂ©ductions et nous permet de passer commande directement auprĂšs des grossistes.»
Des sorties payantes pour la bonne cause
Sigrid Huyghe sâest associĂ©e Ă lâingĂ©nieure Elke De Wi e pour acheter le bateau, dont elle ne nous rĂ©vĂšlera pas le montant. «Au dĂ©part, nous voulions lâacquĂ©rir au nom de notre ASBL Stuurvrouw, que nous avons fondĂ©e avec une dizaine dâautres navigatrices, mais nous y avons renoncĂ©.
Deux membres dâĂ©quipage de lâASBL Stuurvrouw sâaïŹairent Ă dĂ©monter un w inch, une poulie perme ant de hisser les voiles.
PossĂ©der un bateau requiert une gestion en continu: acheter tel ou tel composant, dĂ©terminer des investissements... Sâil faut chaque fois rĂ©unir tous les membres de lâASBL pour en dĂ©cider, cela devient trĂšs fastidieux. Pour la Fastnet, nous devions pouvoir agir vite. Nous travaillons donc avec une formule de contribution aux coĂ»ts pour les personnes qui ne sont pas propriĂ©taires. Cela exige aussi un peu de travail administratif, mais heureusement, nous avons un cabinet comptable comme sponsor, ReïŹbo (rires).»
«Je ne connaissais rien de la technique des bateaux. Jâai tout appris au ïŹl du temps. Une formidable Ă©cole dâapprentissage.» Elke De Wi e IngĂ©nieure et copropriĂ©taire du Swanne Bonny
Stuurvrouw organise depuis quelques annĂ©es des activitĂ©s en mer, en vue de collecter au proïŹt de lâASBL Think Pink des fonds destinĂ©s Ă la recherche sur le cancer du sein et au soutien des patientes. Parmi ces sorties, il y a la BeneïŹeet, soit quelques heures de navigation en mer du Nord depuis Ostende, suivies dâun apĂ©ritif et dâun dĂźner au Royal North Sea Yacht Club. Lâan dernier, ces sorties en mer (payantes) ont ainsi permis Ă Think Pink de recevoir 40.000 euros.
«Le cancer du sein a un impact Ă©norme sur la vie des femmes, de leurs partenaires et de leurs familles», explique Sigrid Huyghe. «Heureusement, le taux de survie est Ă©levĂ©: environ 95% des femmes vivent encore cinq ans aprĂšs le diagnostic. Mais la qualitĂ© de vie nâen reste pas moins amoindrie, ce qui nĂ©cessite donc toujours des fonds pour la recherche. Câest la raison dâĂȘtre de notre BeneïŹeet.»
GynĂ©cologue Ă lâAZ Turnhout, Sigrid Huyghe passe plusieurs mois par an Ă lâĂ©tranger en mission pour MĂ©decins sans FrontiĂšres. Elle a travaillĂ© en HaĂŻti, au YĂ©men, au Rwanda et en RĂ©publique centrafricaine. «LâidĂ©alisme teintĂ© dâaventure est au cĆur de ma personnalité», avoue-t-elle. «Dans ces pays pauvres, ils savent quâune grossesse peut
mal tourner. Ici, on a tendance Ă lâoublier, mais un accouchement comporte des risques. En tant que mĂ©decin, il faut parfois prendre des dĂ©cisions sous pression. Ce e gestion du stress mâaide dans la navigation: je reste concentrĂ©e et ne panique pas facilement. Inversement, la gestion dâĂ©quipe Ă bord mâaide Ă comprendre certaines dynamiques dans mon travail mĂ©dical.»
695 milles nautiques en cinq jours
Sigrid Huyghe et Elke De Wi e participeront avec neuf autres femmes belges à la Rolex Fastnet Race, prévue le 26 juillet, aux cÎtés de 420 autres bateaux, de divers types, dont des trimarans.
Ce e course au large est lâune des plus longues et diïŹciles dâEurope. «On nâaccomplit rien de grand en restant dans sa zone de confort», aïŹrment les navigatrices sur leur site web. LâĂ©quipage se compose de deux gynĂ©cologues, une kinĂ©sithĂ©rapeute, trois ingĂ©nieures, une inïŹrmiĂšre, une pilote, une logopĂšde qui travaille dans le marketing, une assistante pharmaceutique, une consultante en politique de rĂ©munĂ©ration et une coach en changement. Au terme de la prĂ©paration, une dâentre elles ne sera pas retenue pour arriver Ă un Ă©quipage de onze membres.
La course partira de Cowes, au sud de lâAngleterre, via Lands End (le point le plus occidental du pays), jusquâĂ Fastnet Rock, le point le plus au sud de lâIrlande. Ce rocher inhabitĂ©, avec son phare, est aussi connu sous le nom de Irelandâs Teardrop, parce que câĂ©tait le dernier le bout de terre que les migrants irlandais apercevaient de leur patrie en partant pour lâAmĂ©rique au XIXe siĂšcle. Une fois ce rocher photogĂ©nique contournĂ©, nos navigatrices sâengageront sur un parcours un peu plus facile,
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Sigrid Huyghe est capitaine du Swanne Bonny et gynĂ©cologue. «LâidĂ©alisme teintĂ© dâaventure est au cĆur de ma personnalité», dĂ©clare-t-elle.
grĂące au vent dâouest qui les portera, depuis les Ăźles Scilly jusquâĂ Cherbourg, sur la cĂŽte normande. Leur voilier aura parcouru ainsi environ 695 milles nautiques, soit 1.251 kilomĂštres, en cinq jours, sans escale. Le ravitaillement sera assurĂ© entre autres par le distributeur Charlie Brabo Group (CBG) dâAartselaar, qui leur fournira des conserves Elvea, pas uniquement de tomates, mais aussi de fruits et du thon.
«Pour une premiĂšre Ă la Fastnet, lâimportant nâest pas de gagner, mais de participer en sâassurant dâavoir un bateau en ordre techniquement et un Ă©quipage compĂ©tent pour pouvoir franchir la ligne dâarrivĂ©e en toute sĂ©curité», explique Sigrid Huyghe. «Je prĂ©fĂ©rerais une Ă©dition avec un peu de vent, car notre bateau est lourd et nous sommes nombreuses Ă bord. Si le vent est faible, ce sera plus compliquĂ©. Mais les entraĂźnements sur de longues distances, comme celui vers Helgoland, mâont montrĂ© que nous sommes bien organisĂ©es, si ce nâest que la discipline a commencĂ© Ă se relĂącher aprĂšs 52 heures en mer. Ă lâintĂ©rieur, tout Ă©tait trempĂ©. Tout le monde Ă©tait fatiguĂ© et nous devions constamment tirer des bords (naviguer en zigzag pour pouvoir avancer contre le vent, NDLR). Dans ces conditions, le skippeuse que je suis doit tenir la barre fermement.»
Une pirate enceinte
Ă lâintĂ©rieur du bateau, Elke De Wi e applique une graisse verdĂątre sur un raccord en cuivre de la conduite dâeau. «La technologie prĂ©sente dans ce bateau â cĂąblages de 220 volts, systĂšmes hydrauliques, installation de refroidissement, moteur, pompes... â en fait une monture complexe Ă comprendre», explique-t-elle. «Mais il est aussi extrĂȘmement pratique. Les placards dans la
«En tant que mĂ©decin, il faut parfois prendre des dĂ©cisions sous pression. Ce e gestion du stress mâaide dans la navigation.»
Sigrid Huyghe
Capitaine et gynécologue
salle de bain, par exemple, peuvent ĂȘtre retirĂ©s dâun simple geste pour accĂ©der aux conduites qui passent derriĂšre. Je ne connaissais rien de la technique des bateaux. Jâai tout appris au ïŹl du temps. Une formidable Ă©cole dâapprentissage. DĂ©sormais, tout nouveau bateau me paraĂźtra trĂšs simple.» (rires)
Ă lâoccasion de la Fastnet, leur bateau sâappellera «Swanne Bonny», en rĂ©fĂ©rence au modĂšle de leur bateau, un Swan, et Ă Anne Bonny, une Irlandaise qui a fait parler dâelle au XVIIIe siĂšcle sur un navire de pirates. Elle Ă©tait lâune des deux seules femmes Ă bord lorsque le bateau a Ă©tĂ© arraisonnĂ© sur ordre dâun gouverneur. Alors que les hommes dormaient dans la cale, les femmes furent les seules Ă rĂ©sister. En vain. Mais comme elles Ă©taient toutes deux enceintes, leur exĂ©cution fut commuĂ©e en peine de prison.
Finesse et a ention
Dans la Rolex Fastnet Race, certains participants visent un bon classement quand dâautres veulent surtout vivre une aventure, relever un dĂ©ïŹ ou pouvoir en revenir avec de bonnes histoires Ă raconter. Mais dâautres encore ont avant tout une mission, comme les membres de lâĂ©quipage du Swanne Bonny, dont lâobjectif est dâencourager plus de femmes Ă pratiquer la voile. Ce sport reste en eïŹet trĂšs masculin, mĂȘme si les reprĂ©sentants belges en voile aux Jeux olympiques Ă©taient, en majoritĂ©, de la gent fĂ©minine.
«On voit des ïŹlles participer Ă des camps de voile, mais beaucoup dâentre elles dĂ©crochent par la suite, aprĂšs une expĂ©rience qui leur aura fait peur», regre e Sigrid Huyghe. «Et puis, faire du volley, par exemple, est plus facile que dâacheter un bateau et une remorque pour lâamener
Ă lâeau. Il y a aussi peu dâĂ©quipages masculins qui emmĂšnent des femmes Ă bord. Certes, elles sont moins fortes physiquement â mĂȘme si, dans notre Ă©quipage, certaines nâont rien Ă envier aux hommes de ce point de vue â mais elles peuvent trĂšs bien exercer des fonctions spĂ©ciïŹques. Pour barrer, par exemple, nul besoin dâĂȘtre trĂšs musclĂ©. Cela demande surtout de la ïŹnesse et de lâa ention. Dans le VendĂ©e Globe (une course en solitaire sans escale de la France autour du pĂŽle Sud et retour, NDLR), on comptait heureusement dĂ©jĂ six femmes parmi les 40 participants, dont une a terminĂ© huitiĂšme. En aoĂ»t, un championnat belge open de yachting sera organisĂ© Ă Ostende et Nieuport. Un des objectifs est dâa eindre 20% de femmes dans les Ă©quipages. Câest notamment pour cela que nous participons Ă la Fastnet.»
Mais le chemin est encore long. «Enfant, je naviguais avec mon pĂšre, jâai suivi des cours de voile, donnĂ© des leçons et naviguĂ© sur plusieurs bateaux. Lors de lâarrivĂ©e de notre premiĂšre course lâannĂ©e derniĂšre, quelquâun a criĂ©: âAh, les ïŹlles ont aussi trouvĂ© le chemin!â. Eh bien, quâest-ce que tu croyais?», raconte Huyghe. «Mais nous ne nous laissons plus perturber par cela, la plupart du temps, ces rĂ©ïŹexions ne sont pas mal intentionnĂ©es. Parfois, on nous propose spontanĂ©ment de lâaide, ce qui est trĂšs gentil, mais nous souhaitons surtout des conseils. Nous disons toujours: âNe venez pas le faire Ă notre place, mais montrez-nous commentâ. Câest la meilleure maniĂšre de progresser. La plupart dâentre nous ne cessent dâapprendre: la mĂ©tĂ©o, la navigation, la rĂ©paration de voiles et de cordages.» Ă Blankenberge, lâune dâelles a appris comment rĂ©parer les voiles et les cordages chez Wittevrongel, qui est un fabricant bien connu de cordages et de voiles mais aussi le restaurateur de lâAskoy, lâancien
PossĂ©der un voilier de 14,35 mĂštres, câest sâengager dans une aventure coĂ»teuse. Il y a toujours un Ă©lĂ©ment qui casse, un entretien Ă prĂ©voir ou une piĂšce Ă remplacer. En bas Ă droite de lâimage, on aperçoit Elke De Wi e, ingĂ©nieure et copropriĂ©taire du Swanne Bonny, prĂȘte Ă relever chaque dĂ©ïŹ que la mer impose.
bateau de Jacques Brel. «Pour ma part, je me concentre sur la tactique et la stratĂ©gie», prĂ©cise Sigrid Huyghe. «Dans le cadre du Magenta Project, une organisation caritative mondiale qui vise Ă promouvoir la prĂ©sence des femmes dans la voile et Ă laquelle je suis aïŹliĂ©e, jâai rĂ©cemment suivi un cours en ligne de tactique pour la voile en mer dans une Ă©cole amĂ©ricaine.»
Salope es roses
Le magenta se retrouve aussi sur la salope e que portent Sigrid Huyghe et Elke De Wi e, et câest la couleur dominante de leur site web. «LâannĂ©e derniĂšre, jâai contactĂ© un magasin de vĂȘtements pour agriculteurs et commandĂ© deux salope es roses», sâamuse Sigrid Huyghe. «Nous en avons reçu quatre immĂ©diatement, car personne nâen demandait jamais, ont-ils dit. Elles Ă©taient probablement en stock depuis trĂšs longtemps. Nous plaisantons souvent lors de nos rĂ©unions sur le fait que tout est toujours en rose, mais aucune autre couleur ne rĂ©ussirait Ă nous assurer autant de reconnaissance.»
Le dĂ©part de la Rolex Fastnet Race sera, lui aussi, riche en couleurs et festif, comme la cĂ©lĂ©bration dâune naissance. «Elke trouve toujours le dĂ©part trĂšs tendu, elle va toujours sâasseoir Ă lâintĂ©rieur», sourit Sigrid Huyghe. «Je veux que tout le monde soit concentrĂ© Ă ce moment-lĂ . Deux personnes peuvent faire signe aux autres bateaux Ă proximitĂ©, mais il vaut mieux que le reste de lâĂ©quipage reste silencieux. Toute distraction peut conduire Ă une erreur de pilotage fatale. Câest seulement longtemps aprĂšs avoir qui Ă© le port, en haute mer, que lâon peut commencer Ă se sentir plus Ă lâaise.» â
Infos: swannebonny.be et sailingforthinkpink.be
Cinq minutes aprĂšs lâouverture des inscriptions pour la Rolex Fastnet Race, 420 voiliers avaient dĂ©jĂ conïŹrmĂ© leur participation.
BALI, PHUKET, MARRAKECH⊠LE NOUVEL ELDORADO DES INVESTISSEURS EN IMMOBILIER Certaines rĂ©gions touristiques a irent les Belges amoureux de la brique en dehors de leurs contrĂ©es. Quelles destinations oïŹ rent les meilleurs rendements? Comment aborder un tel investissement et se lancer? TĂ©moignages.
AUTRICE: MATHILDE RIDOLE
PHOTOS: SECUNDO ATLAS
IndonĂ©sie, ThaĂŻlande, RĂ©publique dominicaine, Ăźle Maurice, Costa Rica, Maroc⊠Ces destinations de rĂȘve ne sont pas que des destinations de vacances. Certains investisseurs belges en quĂȘte de rendement ont mis le cap sur les plages indonĂ©siennes, antillaises ou encore dominicaines. Les milliers de kilomĂštres qui les sĂ©parent de leur villa ou appartement leur perme ent de dĂ©gager des rendements a ractifs pouvant grimper jusquâĂ 17% sur base annuelle, hors plus-value.
«Si lâon compare aux rendements en Belgique, il nây a pas photo», pose StĂ©phane (prĂ©nom dâemprunt), qui a rĂ©cemment fait lâacquisition dâun appartement neuf avec une chambre Ă 250.000 euros Ă Phuket, pour un rendement de 8,5%.
Ce spot, comme les autres, nâa pas Ă©tĂ© choisi au hasard. Jean-Charles Bodart est le fondateur et CEO de lâagence immobiliĂšre namuroise Secundo Atlas, qui bĂ©nĂ©ïŹcie dĂ©jĂ dâune expĂ©rience de plus de 15 ans sur le marchĂ© espagnol. Avant la crise sanitaire de 2020, il a Ă©largi ses horizons pour explorer lâinvestissement immobilier hors Europe. «Les dĂ©nominateurs communs Ă ces destinations sont la stabilitĂ© politique et les cadres juridique et ïŹscal solides sĂ©curisant lâachat», tientil Ă souligner. «La plupart de ces pays se situent dans lâOCDE et ont signĂ© une convention prĂ©ventive de double imposition avec la Belgique», poursuit lâagent immobilier.
Ă eux seuls, ces critĂšres ne suïŹsent pas Ă rendre lâinvestissement lucratif. Le ïŹux annuel de touristes, la croissance Ă©cono-
Avec une vue sur la plage de Kata Beach, il pense y passer quelques mois durant lâhiver Ă ses vieux jours. Mais avant quâil arrive Ă la pension, lâappartement est louĂ© onze mois sur douze. StĂ©phane se rĂ©serve le droit dây tĂ©lĂ©travailler et/ou dây passer des vacances le mois restant.
Ă Bali, le rendement net dâun investissement immobilier varie entre 12 et 17%, selon les spĂ©cialistes.
mique et la ïŹscalitĂ© avantageuse sont dâautres facteurs dĂ©terminants, tant pour le rendement que la plus-value.
Taux dâoccupation Ă©levĂ©s et aïŹux de touristes
Avec ses 6,33 millions de visiteurs en 2024 et ses paysages instagrammables, Bali oïŹ re, par exemple, des rendements nets variant de 12% Ă 17%. Trop beau pour ĂȘtre vrai? Pas si sĂ»r. Avec des taux dâoccupation de lâordre de 80% et peu de saisonnalitĂ©s, les touristes vont et viennent toute lâannĂ©e. Le prix dâune villa deux chambres tourne autour de 240.000 euros tout compris (frais annexes, mobilier, piscineâŠ) et les loyers sont semblables Ă ceux observĂ©s en Europe.
En IndonĂ©sie, comme pour chacune des destinations choisies, Jean-Charles Bodart a jouĂ© les dĂ©mineurs. Il sâest occupĂ© de la prise de contact avec les ambassades, les chambres de commerce, ainsi quâavec les Belges et autres EuropĂ©ens sur place, de lâĂ©valuation du marchĂ©, de lâoïŹ re et de la demande, du suivi des chantiers, du choix minutieux du gestionnaire locatif, et surtout de lâanalyse approfondie des lĂ©gislations locales. «Chaque pays a ses spĂ©ciïŹcitĂ©s. Ă Bali, par exemple, vous nâĂȘtes que
«Il est impĂ©ratif de dĂ©leguer la gestion locative, qui e Ă rogner sur son rendement, lorsquâon vit Ă 12.000 kilomĂštres de son bien dâinvestissement.»
Mathieu
Belge propriĂ©taire dâune villa Ă Bali
trĂšs rarement propriĂ©taire du terrain, ce qui explique le prix dâacquisition si intĂ©ressant», souligne lâagent immobilier. Les titres de propriĂ©tĂ© en IndonĂ©sie sont, en eïŹet, rĂ©servĂ©s aux citoyens ayant la nationalitĂ© indonĂ©sienne. Lâinvestisseur Ă©tranger loue gĂ©nĂ©ralement le terrain via un bail emphytĂ©otique, appelĂ© «leasehold», pour une durĂ©e de 50 ans renouvelable, avec lâaccord du propriĂ©taire â un Balinais. Sâil souhaite rĂ©aliser sa plus-value, il peut revendre entretemps son bien, avec la durĂ©e restante du bail.
Cette spĂ©cificitĂ© locale, une parmi dâautres, fait partie des particularitĂ©s Ă prendre en compte par les potentiels investisseurs Ă©trangers, comme la taxation des revenus locatifs, les aspects successoraux, les frais dâacquisition ou encore lâĂ©ventuelle taxe sur les plus-values. «Je cadre tout cela avec EY (ex- Ernst & Young et associĂ©s), lâadministration ïŹscale belge et les chambres de commerce locales», rassure Jean-Charles Bodart.
Cession de la gestion locative impérative
Ce travail en amont est diïŹcile Ă rĂ©aliser si lâon nâest pas accompagnĂ©. «La prĂ©sence dâun interlocuteur belge, Secundo Atlas, a Ă©tĂ© lâun des Ă©lĂ©ments dĂ©clencheurs de mon achat Ă Bali dĂ©but 2024», reconnaĂźt Mathieu, un LiĂ©geois qui dĂ©tient Ă©galement un patrimoine immobilier en Belgique. Il avait pourtant dĂ©jĂ pris contact quelques annĂ©es plus tĂŽt avec le promoteur immobilier français Magnitude Construction qui construit les villas sur
240.000
Une villa avec deux chambres Ă Bali peut ĂȘtre achetĂ©e pour environ 240.000 euros tout compris, câest-Ă -dire avec le mobilier et la piscine inclus.
place. Câest seulement aprĂšs avoir considĂ©rĂ© les aspects ïŹscaux de lâinvestissement avec son avocat dâaïŹaires et sâĂȘtre rendu Ă Bali Ă deux reprises pour rencontrer le property manager, Ă qui il devait dĂ©lĂ©guer la gestion locative, quâil sâest dĂ©cidĂ©. «Il est impĂ©ratif de cĂ©der ce e partie du travail, qui e Ă rogner sur son rendement, lorsquâon vit Ă 12.000 kilomĂštres de son bien dâinvestissement», concĂšde Mathieu. Impossible, en eïŹet, de rĂ©parer un frigo en panne ou de gĂ©rer une fuite dâeau Ă ce e distance.
«Par exemple, le gestionnaire locatif Bali Superhost (qui gĂšre plus de 400 villas, NDLR) possĂšde une solide expĂ©rience dans le domaine des locations touristiques. Son approche est plus avancĂ©e que celle observĂ©e Europe et un large Ă©ventail de services sont intĂ©grĂ©s Ă la gestion locative», souligne lâinvestisseur.
«Il existe une véritable culture du travail en Asie du Sud-Est. Les logements sont soigneusement gérés et, étant donné les salaires relativement faibles, les
rendements sâavĂšrent particuliĂšrement lucratifs. Ce e conscience professionnelle est caractĂ©ristique Ă la rĂ©gion, ce nâest pas forcĂ©ment le cas partout», contextualise Jean-Charles Bodart. Il sâeïŹorce de sĂ©lectionner un prestataire local ïŹable, quelle que soit la destination. «Mais lâinvestisseur nâest jamais contraint de signer avec ce gestionnaire locatif», rassure-t-il.
PrivilĂ©gier lâimmobilier neuf
Lâagent immobilier recommande dâopter pour du neuf plutĂŽt que pour de lâexistant. «Je ne propose dâailleurs que des constructions sur plan ou des habitations en cours de construction. Lâexistant prĂ©sente plus de risques, car, dans certains Ătats, la de e de lâancien propriĂ©taire peut ĂȘtre a achĂ©e au bien et donc le suivre en cas de vente. Câest une vĂ©ritable jungle», illustre Jean-Charles Bodart.
Outre Bali et la ThaĂŻlande, Secundo Atlas est Ă©galement prĂ©sent sur les marchĂ©s immobiliers de la RĂ©publique dominicaine et du Costa Rica. «Comptez 120.000 euros pour un appartement et 300.000 euros pour une maison en RĂ©publique dominicaine, avec des rendements oscillants entre 8% et 10%», chiïŹre lâagent immobilier.
Au Costa Rica, les prix dâachat sont plus Ă©levĂ©s. «Câest la Suisse dâAmĂ©rique centrale. La vie y est plus chĂšre», sâamuse-t-il Ă comparer. «De plus, il existe un dĂ©sĂ©quilibre entre lâoïŹre et la demande. Les autoritĂ©s locales ne souhaitent pas dĂ©velopper et bĂ©tonner, mais prĂ©fĂšrent conserver Ă lâĂ©tat sauvage des plages et respecter la nature. Vous ne trouverez aucun resort sur les plages costariciennes.» Les prix commencent Ă partir de 350.000 euros pour un appartement et Ă partir de 600.000 euros pour une maison, pour des rendements de 8 Ă 10%.
Secundo Atlas propose dĂ©sormais deux nouvelles destinations: lâĂźle Maurice et Marrakech, qui est plus proche du plat pays et trĂšs en vogue. Rendements a endus? Entre 7% et 10%. â
Ă Bali, il est trĂšs rare dâĂȘtre propriĂ©taire du terrain sur lequel se trouve la maison. Câest pourquoi le prix dâachat est si a ractif.
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