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REZA YASMINA

Babylone La narratrice, la soixantaine, décide de rompre la monotonie conjugale en organisant chez elle une Fête du printemps ; elle n’oublie pas d’inviter Jean-Lino, son voisin du dessous, avec qui une intimité amicale s’est récemment créée. Après la fête, tout bascule, Jean-Lino a fait une grosse bêtise. Comme souvent, chez Yasmina Reza, le lecteur est invité dans un univers calme et bourgeois au moment où un gravier dans l’engrenage fait déraper l’histoire vers le drame burlesque. L’écrivaine fait une incursion dans le roman policier, à sa manière toujours élégante et cynique. Prix Renaudot 2016. Flammarion, 300 S., € 23,60

APPANAH NATACHA

Tropique de la violence Notre coup de cœur pour cette rentrée littéraire. Natacha Appanah nous plonge dans l’enfer de Mayotte à travers cinq narrateurs morts ou vivants - les fantômes s’incrustent dans le récit – qui assènent leurs vérités sur l’île. Ils sont liés par Moise, un jeune garçon aux yeux vairons, accroché à son livre “L’enfant et la rivière“ d’Henri Bosco, seul témoin de son enfance heureuse. Le style est puissant, le roman est dense et entêtant, un coup de coeur donc et de poing aussi tant on se relève difficilement de sa lecture. Gallimard, 192 S., € 20,80

PETROSYAN MARIAM

La maison dans laquelle Ce roman est à l’image de son titre: étrange. De l’extérieur, il pourrait s’agir du quotidien plutôt banal d’une maison pour orphelins handicapés. Le lecteur se rend pourtant vite compte que tout est beaucoup plus complexe. La Maison est vivante, elle crée des mondes, ses murs sont élastiques. Les périodes et les points de vues se chevauchent, la typographie est instable. Les adultes sont effacés de l’univers cloisonné des enfants, des mythologies sont patiemment élaborées. Mille belles pages à lire en prenant son temps. Monsieur Toussaint Louverture, 960 S., € 28,70

L’invitation aux

voyages

Lors de son passage à Vienne en novembre, débris pendants de beaux accords de tris­ Mathias Enard a raconté les promenades qui tesse ». Les rêves orientaux de Châteaubriand ont inspiré son dernier roman, prix Goncourt sont à replacer dans leur contexte historique, 2015. Boussole n’en demeure celui d’une France encore sous le pas moins le roman du songe où MATHIAS ENARD choc de la révolution. Une ré­ la réalité et la fiction se mêlent. Boussole volution au coeur du livre d’ Eric C’est une œuvre contre l’obscu­ Boussole, Actes Sud, ­Vuillard, qui raconte la prise de la 400 S., € 25,60 rantisme et pour le plaisir de la ­B astille à travers les yeux de ses ­réflexion. Tandis que les vacances PAUL VEYNE ­acteurs : 14 Juillet (Actes Sud) re­ d’hiver approchent, c’est une Palmyre trace le début d’une épopée natio­ ­occasion à saisir pour explorer un Points, 160 S., € 9,20 nale, à l’heure où les mobilisations horizon littéraire et culturel qui CHATEAUBRIAND populaires en France se cherchent semble sans limite et où notre ima­ Génie du de nouveaux monuments. La dé­ gination peut s’immerger et libre­ christianisme marche de Vuillard rappelle celle de ment. Pour poursuivre les routes Flammarion, Fustel de Coulanges, historien du 511 S., € 10,00 tracée par Mathias Enard, pour­ 19ème siècle et connu pour son tra­ quoi ne pas lire Paul Veyne et son ERIC VUILLARD vail sur La Cité Antique (Champs Palmyre (Points), tout juste publié 14 Juillet Classiques). En puisant dans les en poche, qui entrelace l’histoire Actes Sud, 208 S., écrits des historiens et poètes de € 22,50 de la ville et les souvenirs person­ l’Antiquité, l’auteur reconstruisit la nels de l’historien. Palmyre nourrit FUSTEL DE vie des cités gréco-romaines, bien des rêves chez les écrivains. COULANGES comme la fameuse Palmyre. Si ces La cité antique Avant même de s’y rendre, Châ­ voyageurs ont souvent emprunté les Champs Classiques teaubriand imaginait dans Le Flammarion, 663 S., mêmes routes, celles-ci les ont me­ G énie du Christianisme (en € 17,00 ­ nés à des imaginaires différents… poche Flammarion et en Pléiade) tous réunis en librairie ! les arbres de la ville, leur « feuillage échevelé et les fruits en cristaux qui forment avec les von Jakob Lehne

Le débat Depuis les attentats du 13 Novembre 2015, le débat français sur l’islam et la radicalisation a ravivé les oppositions entre les deux spécialistes du monde musulman, les professeurs Olivier Roy et Gilles Kepel. Leur opposition n’est pas neuve et remonte à leurs différences de parcours personnels et théoriques. Gilles Kepel, expert du monde arabe, voit dans les récents actes ­terroristes une radicalisation de l’Islam que les dysfonctionnements des ­banlieues en 2005 avaient déjà révélés. Olivier Roy, qui fut avant tout un voyageur e ­ thnographe parcourant l’Asie centrale, interprète la radicalisation des jeunes (français) comme une “révolte nihiliste”, et y voit plutôt une “islamisation du radicalisme”. Les deux intellectuels ont désormais de longues ­carrières ­académiques et de nombreuses publications sur la France et le monde Arabe qui méritent toutes autant attention et réflexion. Leurs récents ouvrages Le djihad et la mort par Olivier Roy et Terreur dans l’hexagone par Gilles Kepel, résument sans doute au mieux leurs divergences, enracinées dans deux visions du monde aussi singulières qu’opposées. On ne peut que profiter d’un débat d’idée qui préfère le dialogue constructif au rejet de l’autre, et se nourrit de divergences pour faire progresser la raison. Gilles Kepel, Terreur dans l’hexagone, Gallimard, 352 S., € 24,70 Olivier Roy, Le djihad et la mort, Seuil, 175 S., € 19,10


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La sélection JACK LONDON

CÉLINE MINARD

CATEL & BOQUET

CLAUDE MERLE

Romans. Récits, nouvelles. Tome 1

Le grand jeu

Joséphine Baker

Shadow Les yeux de la nuit

Une jeune femme se fait construire un refuge high-tech, une capsule accrochée à la saillie d’une falaise en haute-montagne. Le roman commence au départ de l’hélicoptère, nous laissant seuls avec la narratrice dans un univers alpin qu’elle va peu à peu apprivoiser. Son projet: accéder à l’auto-suffisance, se confronter à une vie en pleine conscience grâce à la solitude de l’ermitage. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’autre chose qu’elle a également élu refuge dans ces montagnes. Le récit bascule. La tension crée par Céline Minard contre-balance l’ode écologique et fait se dresser les cheveux sur la tête.

Catel et Boquet poursuivent leurs explorations bio-graphiques en s’attaquant à la vie tourbillonnante de la coqueluche du tout-Paris ­Joséphine Baker. Depuis son Sud ségrégationniste jusqu’au château de conte de fée du Périgord, entourée de ses douze enfants adoptifs, Joséphine fait le pitre et s’amuse. Sa vitalité transpire au gré de la découpe du scénario en une centaine de courts chapitres qui sont autant de moments-clés. Les noirs de Catel sont toujours aussi profonds et évocateurs. Vite! Au pied du sapin.

Le jeune Léo est ado, sensible, aveugle et surdoué. Il vit avec sa grand-mère depuis la mort de sa mère. Sa passion pour les enquêtes et un cambriolage vont l’amener à collaborer avec la police, bluffée par ses capacités de déduction hors du commun. Mais ses compétences ont un prix: des informations classées secrètes sur la disparition de son père il y a cinq ans. Un polar jeunesse bien ficelé qu’on ne lâche plus.

Endlich auf französisch!

MARCUS MALTE

FERDINAND VON SCHIRACH

Le garçon

Tabou

Cette fresque de près de 500 pages nous fait traverser la première moitié du XXème siècle en compagnie d’un jeune garçon, 14 ans au début du roman, mutique, et qui ne sera jamais nommé. Le Garçon est un roman sur la condition humaine, une variation sur le mythe de l’enfant sauvage et sur la construction d’un homme au gré de ses rencontres. Marcus Malte a le ton juste, l’écriture claire et droite. Récompensé par le prix Femina en octobre, Mona Ozouf la présidente du jury en dira: “ C’est un aérolithe qui vient de tomber sur nos plates-bandes littéraires“

Entre polar et roman philosophique, le deuxième roman traduit en français du célèbre auteur et criminaliste allemand bouscule son lecteur en multipliant les ­registres. Roman d’apprentissage d’abord, où l’enfance de Sebastian von Eschburg est racontée comme un long combat, il glisse ensuite vers le roman à suspense. L’enquête pour meurtre (ou pas) ­cristallise la menace qui planait en creux dans la première partie de l’histoire. Un voyage à travers le spectre des nuances de la vérité.

Jack London a fait son entrée dans la Pléiade cet automne. Un choix intéressant pour cet auteur aux écrits protéiformes. Tous les genres abordés par London y sont représentés : du roman (dont l’incomparable Martin Eden) au reportage, en passant par l’autobiographie et une cinquantaine de nouvelles, dont quelques pépites. Ces textes, souvent tronqués ou adaptés par le passé, bénéficient de traductions nouvelles établies à partir des premières éditions américaines avec les illustrations ou les photos qui accompagnaient les éditions originales. À redécouvrir, donc. Gallimard Pléiade, 1.536 S., € 63,10

Rivages, 189 S., € 21,30

RAPHAËL FEJTO

LAVACHERY / GILBERT

Le petit chaperon quoi?

Bjorn le Morphir

Ce livre cartonné anime le conte du Petit Chaperon Rouge grâce à des devinettes et des questions. On y chante, cherche, devine, on y apprend même la recette de la galette. Mais au fait, qu’est-ce que c’est un chaperon? Un pyjama? Un chat? Une capuche? Ce petit livre-jeu réinvente l’histoire du soir, à partir de 3 ans.

Bjorn et sa famille sont coincés de longs mois dans leur masure par une tempête de neige maléfique. Le délicat Bjorn se découvre des aptitudes de héros que rien ne laissait présager. Il est donc bien le Morphir que les légendes annoncaient. Le 5ème tome de cette adaptation en BD du roman de Thomas Lavachery est déjà en ­librairie. Pour les amateurs de ­mythologie nordique, à partir de 9 ans.

L’École des loisirs, 26 S., € 11,90

Rue de Sévres, 68 S., € 15,20

Casterman, 564 S., € 29,90

Zulma, 544 S., € 27,50

Bulles de savon, 294 S., € 19,10

Gallimard, 223 S., € 22,50

hartliebsLivres La selection 12-2016  

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