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INTERVIEWS EXCLUSIVES

juliette arnaud samantha benoit diane dassigny laure de clermont pascal demolon Gush Septembre 2014 #15 ISSUE

ROSARIO DAWSON L’insoumise de hollywood Black strobe / midnight locomotive / live report rock en seine / dossier ciné spécial fin du monde / SMAIn / jessica de gouw


CONTRIBUTEURS

FONDATEUR, DIRECTEUR DE LA REDACTION, REDACTEUR EN CHEF CINEMA & DIRECTEUR DE LA CREATION FRANCOIS BERTHIER REDACTEUR EN CHEF, REDACTEUR EN CHEF MUSIQUE DINE DELCROIX RÉDACTRICE EN CHEF BEAUTE & NEWS AURIANE BESSON

JOURNALISTES Auriane Besson, Dine Delcroix, Jade-Rose Parker, Justin Kwedi, Morgan Le Bervet, Anthony Verdot PHOTOGRAPHES François Berthier, Patrick Fouque, Martin Lagardère Quentin Maignien, Wallendorff, Magali Boyer, Renaud Cambuzat PRODUCTION Dine Delcroix CONTACT REDACTION/PUB theblindmagazine@gmail.com

The BlindMagazine est édité par la société Ten Feet Under / Tous les textes et photos sont soumis par leurs auteurs qui acceptent leur publication, et n’engagent que leur responsabilité.


EDITO #15

Chers lecteurs, chères lectrices, Toutes les bonnes choses ont une fin, surtout les vacances ! Nous espérons que vous avez pu profiter de cette période estivale tant convoitée pour vous refaire une santé, une beauté et un teint doré. De retour à votre bureau, dans votre salle de cours ou devant votre abrutissante télévision, retrouvez votre magazine digital préféré au profit d’une rentrée culturelle agitée. Comme toujours, nous avons retenu pour vous l’essentiel de l’actualité pour vous permettre de clarifier votre vision face à une pléthore d’informations souvent douteuses. Bonne rentrée 2014 et bonne lecture !

L’équipe TheBlindMagazine

facebook.com/Theblindmagazine @Blind_Magazine


Septembre 2014

16

36

6 Blind Beauty 14 L’instant Live 16 Black Strobe 22 Midnight Locomotive 28 Dossier cinÊma La fin du monde

4

36 Live Report Rock En Seine 2014 52 Gush 56 En couverture Rosario Dawson 64 Juliette Arnaud & Samantha Benoit


SOMMAIRE

56

78

68 Blind Truth Pascal Demolon

84 Blind Test Laure de Clermont

72 L’interview décalée Smaïn

90 Edito MODE

78 L’interview 1ère fois Diane Dassigny

108 La fille qui rend Blind Jessica de Gouw

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BLIND BEAUTY Audacious Lipstick Collection NARS Nars fête 20 ans de créations cosmétiques et son fondateur lance pour l’occasion une toute nouvelle gamme de rouges à lèvres, l’Audacious Lipstick Collection. Trente teintes audacieuses aux couleurs directement inspirées de se icônes, des pigments intenses, une hydratation assurée grace à l’huile de Tamanu pour une couvrance matte et lumineuse à la fois. 30 teintes 30€

Mascara Grandiôse LANCÔME Le but de ce nouveau mascara Lancôme est clair : permettre une application « simple, rapide et sans efforts », mission accomplie ! Grâce à une tige ergonomique façon « col-decygne », la brosse atteint les coins et recoins des yeux très facilement ! Pratique donc pour faire l’œil opposé à la main qui tient le mascara, et de capturer tous les cils surtout ceux vers le coin interne de l’œil…Gros point positif également sur la formule ultra black aux cellules natives de rose : celleci favorise la souplesse, la douceur et la résistance des cils. A tester ! 31,50€

6


Perfect Mono Cream Eye Colour DOLCE & GABBANA MAKE UP La dernière innovation ultra désirable de Dolce & Gabbana Make Up en ombres à paupières est bien le Perfect Mono - Cream Eye Colour. Des ombres crémeuses longue durée au fini poudré velouté. Une application simple, sans paquets. Au total, ce sont 14 nuances (8 mates et 6 nacrées) inspirées de la Méditerranée, que propose la marque. On aime la teinte Dahlia, un violet foncé nacré, et la teinte Elegance, un gris profond que porte Scarlett dans la campagne ! 8 teintes 57€ (recharge : 42€)

Encre de Teint YVES SAINT LAURENT Inspiré de l’encre, ce fond de teint liquide à la texture ultra fine comprend des huiles volatiles qui une fois appliquées sur la peau, s’évaporent, pour ne laisser que les pigments et le complexe matifiant. On tapote, on fond au pinceau rond ou au doigt, et on obtient un teint unifié, mat, au rendu naturel et une tenue longue et impeccable! Effet zéro matière garanti. Coup de cœur pour l’applicateur là aussi inspiré de la calligraphie. Sa délicate pointe effilée retient la matière pour une application précise : un système anti-goutte qui prévient le gaspillage ! 16 teintes 47,50€

7


La collection 34 DIPTYQUE

La cultissime marque Diptyque aux fragrances et bougies voluptueuses lance dans sa boutique historique du 34, boulevard Saint Germain, une collection d’objets ultra désirables. Après L’Eau du Trente-Quatre sorti en 2011, la marque lance une ligne d’objets éclectiques et raffinés, tous porteurs d’un certain art de vivre, et fidèle à l’esprit « bazar », cher aux fondateurs et intrinsèque à l’histoire Diptyque. Une totale liberté créative donc, qui se traduit par une ligne de curiosités irrésistibles  : Un nouveau parfum, Essence insensée, une eau fraîche et épicée à base de mimosa, de violette et de poivre rose. Trois cierges parfumés (coup de cœur pour la senteur Le Redouté, fragrance florale boisée et épicée…) des photophores, des diffuseurs d’ambiance aux formes poétiques et élancées… Enfin, pour compléter cette joyeuse collection, la Maison s’essaie même à la papeterie : cahiers, cartes postales et calendrier dont le graphisme singulier réinterprète les motifs iconiques de Diptyque. Collector ! Eau de parfum « Essences Insensées », 100ml - 120€ (édition limitée) Bougie « Le Redouté », 220g - 65€ Photophore - 115€ Cierges 450g - 55€ Carnet - 16€ Calendrier - 32€

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Fond de teint compact - Lingerie de peau GUERLAIN

MUST E V HA Guerlain lance son premier compact poudré Lingerie de peau ! Fidèle à la philosophie de la gamme (un teint unifié et lumineux tout en transparence, pour un effet peau nue), ce compact ultra onctueux veloute et lisse le teint tout en préservant l’hydratation, sans aucun effet de matière ! Comme une seconde peau, le velours crémeux se dépose tel un voile poudré lumineux, qui se fond à la peau, la laissant respirer. Semi-couvrant, le teint est en quelques instants uniformisé, sans trace ni démarcation. La tenue tient le coup également, le teint reste nickel même sous la chaleur de l’été… Convient à toutes les peaux  : à base d’huile émolliente, elle préserve l’hydratation de l’épiderme, et son fini mat fondant conviendra parfaitement aux peaux mixtes. Dans un très chic boitier noir laqué rechargeable, ce compact devient très vite un indispensable qui nous suit partout ! 8 teintes 57€ (recharge : 42€)

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Les soins réparateurs Si on adore se laisser vivre au rythme de l’été, au retour des vacances, les stigmates des longues heures passées dans l’eau salée et sous un soleil brûlant font leur apparition. Coup de projecteur sur quelques soins qui vont nous réparer et nous faire briller en cette rentrée.

Baume régénérant intense Christophe Robin C’est l’inverse des huiles siliconées et autres cires collantes. Ce baume composé à 99% d’actifs naturels, discipline les mèches rebelles, répare, nourrit et protège la fibre. Non collant et facile à utiliser, il convient à tous les types de cheveux. Un soin concentré universel et multi fonction qui apaisera aussi votre peau. 45€

Crème universelle Melvita Une crème bio pour toute la famille, efficace et délicatement parfumée. Hydrate, adoucit et protège pour toute la journée, que demander de plus ? 14,90 € 10


Spécial Rentrée

Huile d’Exception Mary Cohr A base d’huile de Cameline, riche en Omega 3 et 6, ce soin très nourrissant embellit la peau (et les pointes asséchées de vos cheveux) à chaque pulvérisation, pour un fini doux et velouté. On aime particulièrement son parfum aux notes florales, vanillées et boisées, qui prolonge les vacances… 43€

Huile de nuit Nourrissante Caudalie Une huile sèche 100% végétale, créée spécialement pour les peaux sèches et sensibilisées. Elle nourrit et apaise les peaux sujettes aux rougeurs et aux irritations. Une texture rapidement absorbée, sans laisser de film gras, déposant à fleur de peau un parfum de rose hyper relaxant… 26€ 11


Les par de la re Flacons sophistiqués, notes subtiles, composants précieux, les parfums de la rentrée n’ont jamais été aussi séduisants. On vous a sélectionné les nouvelles senteurs qui planent dans l’air pour un petit shoot olfactif enchanteur.

Annick Goutal

French Kiss Les Elixirs Charnels

Vent de folie Un parfum floral très urbain à l’image d’une fleur dans la ville, le nouveau Goutal apporte énergie et volupté en cette rentrée. A base d’hédione, (pour la note fraîche de jasmin) d’orange sanguine, de géranium rosa et de fruits rouge, un voile doux et poudré se dépose sur la peau. 98€

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Guerlain

Dernière née de la collection des Elixirs Charnels de Guerlain, French Kiss célèbre l’art du baiser à la française. Voluptueux et magnétique, cet élixir floral glossy est une arme de séduction. Un accord envoûtant aux effluves de framboise, d’iris et d’héliotrope. 185€

Serge

L’Or

Un boisé é délicates no d’encens e inspiré de nouvelle cr Lutens raco intense et l’Orpheline, mer un «sill quand tout


parfums entrée Kenzo

e Lutens

rpheline

épicé à base de otes de fougères, et de patchouli, son enfance, la réation de Serge onte une histoire poétique. Avec il a voulu exprilage, ce qu’il reste a disparu». 99€

Parfums de la Bastide

Jeux d’amour

Insouciante

Kenzo célèbre le jeu amoureux avec cette fragrance sensuelle et captivante.La fraîcheur de la Mandarine sanguine et la douceur d’un accord de thé posent l’ambiance. Une tubéreuse précieuse, charnelle et solaire déploie toute sa sensualité, accompagnée par un Freesia lumineux sur fond de Muscs et de bois de Santal lacté. 80€

Sublimer des matières naturelles historiquement présentes en Provence en donnant naissance à des compositions olfactives subtiles et singulières c’est la mission des créateurs de Parfums de la Bastide. Insouciante est une effluve de délicats pétales de roses fraîchement récoltés. Les baies roses et le cassis complètent ce sillage pour un résultat fruité et pétillant. 125€ 13


L’INSTANT LIVE L’Instant Live de cette rentrée est un instant particulièrement amer puisqu’il est marqué par l’absence...En effet, le 25 Août 2014 - lendemain de sa remarquable prestation à Rock en Seine - Lana Del Rey devait donner un concert privé organisé par Virgin Radio dans la salle parisienne du Trianon devant une poignée de privilégiés dans le cadre de la promotion de son album Ultraviolence, paru en juin dernier. Attendue sur scène pour 20h30, la chanteuse n’a pourtant pas pu quitter sa chambre d’hôtel pour des raisons médicales et c’est précisément à 22h00 que l’annonce de son handicapante infection à la gorge a été faite devant un public déçu, parfois insensible voire totalement irrespectueux. Malgré la gratuité de l’événement et les raisons valables de sa suppression confirmées par l’équipe de son label Polydor,  les détracteurs de l’artiste n’ont pas pu s’empêcher de plaisanter à l’égard de sa voix en déplorant l’heure tardive de l’annulation du concert à l’appui d’un humour gras et de propos «ultraviolents». Sincèrement confuse, Lana Del Rey a toutefois tenu à re-programmer son acte manqué le plus rapidement possible et c’est le 14 septembre 2014 qu’elle se rattrapera au Trianon. Par Dine Delcroix / Photos : Wallendorff

Le Trianon - 25 août 2014


LANA DEL REY


DECOUVERTE


Black Strobe Porté

par le charismatique Arnaud Rebotini, les Black Strobe s’apprêtent à livrer leur nouvel album, Godforsaken Roads, attendu fermement pour le 6 octobre prochain sous le label Backstrobe Records fondé en 2010 par le leader du groupe qui a récemment délaissé sa moustache légendaire et qui a accepté de répondre à quelques questions après une séance photos exclusive avec toute sa bande.

PAR Dine Delcroix / Photos : PATRICK FOUQUE

Tu as laissé tombé la moustache qui te ca-

par moi et par l’équipe qui m’entoure.

ractérisait tant. Pourquoi ce changement de look ? Le look «videur serbe ultra testostéroné» m’a un peu saoulé. Comme je chante pas mal sur le nouvel album, il y avait le symbole de libération de la parole alors je me suis dit que c’était le moment de le faire.

Est-ce pour cette notion de contrôle que tu as souhaité avoir ton propre label ? Non, c’est plus parce que j’avais envie de faire quelque chose de bout en bout et c’est aussi un peu par expérience avec mon album solo. J’ai eu l’occasion de le faire. Pour un projet comme Black

As-tu porté la moustache pour suivre un phé-

Strobe, une major ne vas forcément ap-

nomène de mode ?

porter énormément de choses au risque

Je ne l’ai pas fait pour cela mais je m’en suis un peu lassé. Je n’ai pas d’analyse sur la chose.

d’en faire perdre. Le fait d’être indépendant permet de négocier soi-même les sorties dans les différents pays. Avec Internet, tout a énormément évolué, notamment en termes de promotion. Mêmes les majors utilisent des boites de

En 2010, tu as monté ton propre label,

promotion indépendantes, aujourd’hui

Blackstrob Records. Avais-tu envie d’un

C’est plus facile à notre époque.

nouvel entourage ? Non, je suis très bien entouré. Je ne fabrique pas mes disques moi-même mais c’est vrai que je contrôle tout de A à Z en termes de productions, d’enregistrements, de visuels, de clips... Tout est fait

Penses-tu que tu manquerais de liberté si tu étais signé en major ? À mon âge, les majors savent très bien qu’elles ne vont pas pouvoir m’imposer grand chose.

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Le nouvel album des Black Strobe arrive le

Pourquoi es-tu le seul membre du groupe à

6 octobre avec une pochette plutôt cinéma-

apparaître sur cette pochette ?

tographique. Y a-t-il une influence particu-

18

lière du septième art sur ce disque ?

J’ai travaillé avec un phonographe qui

Non, même si ma tête en costard dans une

toujours pris entre New York, Los Ange-

église peut raconter un truc. Le disque

les et Paris. On avait un problème d’em-

est fait d’histoires de vie et les textes ne

ploi du temps pour avoir tout le groupe

parlent pas de choses abstraites.

et tout le monde ne pouvait pas être là.

s’appelle Laurent Chanez et qui était


Lorsque tu enregistres, combien de prises de voix

d’un titre comme Italian Fireflies. Cet electro-là,

sont nécessaires pour te satisfaire ?

c’est fini pour Black Strobe ?

Cela dépend des morceaux. On a beau-

À la façon Italian Fireflies, oui, carrément.

coup travaillé sur les voix, en tout cas.

Mais le côté dansant est quand-même présent sur une partie de l’album. La fin du disque est assez dansante. Faire de la mu-

Les sonorités electro-blues de ce nouvel album semblent avoir rompu avec le côté dancefloor

sique purement club avec ce projet-là ne m’intéresse plus mais je j’assume totalement le côté disco-electro de certains morceaux.

Quel habillage scénique prévoyez-vous pour ces nouvelles chansons ? Il y aura un gros travail de lumière avec des rideaux. Il n’y aura pas de vidéos mais on travaille sur un vrai show avec une scénographie et une mise en scène.

Dans ce nouvel album, on retrouve une reprise du titre Folson Prison Blues de Johnny Cash. Qu’est-ce qui a encouragé cette reprise ? J’adore Johnny Cash ! On a fait trois reprises en tout durant la session d’enregistrement de l’album. Deux d’entre elles sont des faces 19


B. Folson Prison Blues est une chanson que

peu contemporaine. J’ai été ravi de faire

j’adore et je voulais en faire quelque chose

cette bande originale.

de complètement différent. Quels sont les nouveaux artistes de la scène As-tu déjà songé à faire un album entier de reprises ?

Il y a des gens comme Yan Wagner que

J’y pense, de temps en temps. Après,

j’ai produit. Il y a également un groupe

j’aime bien aussi l’idée de mélanger

qui s’appelle Machi pour qui j’ai fait un

des compositions et des reprises sur un

remix et qui est vraiment super. J’écoute

même album.

pas mal de trucs afro, aussi.

De Walking Dead à The Vampire Dia-

Un conseil musical, pour finir ?

ries en passant par Django Unchained de Tarantino, les musiques de Black Strobe sont assez présentes au cinéma et à la télévision. Tu as récemment signé la musique du film Eastern Boys. Comment as-tu travaillé sur cette bande originale ? Robin Campillo, le réalisateur, est venu me voir parce qu’il adorait un des morcreaux de mon dernier album solo et il voulait l’utiliser pour une scène de son film. Après, il avait besoin d’autres morceaux un peu techno avec des rythmes et atmosphères. Il m’a donc commandé ces morceaux et m’a aussi demandé de composer dans l’esprit d’un de mes anciens projets avec une écriture un petit

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electro-rock qui t’intéressent ?

Il y a une très belle compilation à écouter absolument sur le label Light In The Attic qui s’appelle Country Funk II. Ce deuxième volume est encore meilleur que le premier. C’est de la country hyper groovy avec des perles incroyables.


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DECOUVERTE


MIDNIGHT LOCOMOTIVE Diego Bruni-Arbiser, Jean Anquetil, Louis Brézin

et

Sam Nordmann

sont quatre amis réunis par leur passion pour la musique. Après avoir proposé un premier EP digital accessible gratuitement sur Internet, le jeune groupe vient de livrer 1804, un second EP aux morceaux résonnants. Entre rock atmosphérique et jazz ardent, la musique de Midnight Locomotive assume ses influences 70’s et met un avant un univers dont les références vont de Jimi Hendrix aux Beatles en passant par la chanson française. En attendant un premier album prometteur, le groupe travaille actuellement sur le clip de Try Me Now, deuxième single extrait du nouvel EP et prépare également une reprise du célèbre thème de James Bond. Rencontre avec un groupe à suivre de près...

PAR Dine Delcroix / Photos : françois berthier

À quel moment est né le projet ?

contribution au paysage musical.

Louis : On est amis d’enfance et le projet du groupe es né il y a environ 2 ans.

Qui fait quoi sur scène ? Louis : Moi, je joue de la basse.

Quand avez-vous commencé à prendre votre musique au sérieux ? Jean : Je pense que c’est au moment où on a décidé de faire notre premier EP et qu’on a commencé à exister sur Internet

Diego : Moi, du chant, de la guitare et parfois de l’harmonica. Jean : Moi, je fais des claviers, un peu de guitare pour accompagner et quelques

avec une production et des clips.

chœurs.

Sam : C’était assez naturel pour des pas-

Sam : Moi, c’est la batterie et les chœurs.

sionnés de musique comme nous de vouloir créer quelque chose de nouveau et de le partager.

Comment avez-vous choisi le nom du groupe ?

Diego : On faisait de la musique entre

Diego : Au début, on était tous d’accord

nous mais elle restait dans notre chambre

sur «Midnight»...

et on s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire.

Sam : Ensuite, je suis rentré en jeu ! Je suis quelqu’un de psychorigide et je suis

Louis : On avait envie d’apporter notre

fan de locomotives alors j’ai posé un ulti23


matum en disant que s’il n’y avait pas le

Pourquoi avez-vous choisi d’intituler votre

mot «Locomotive», je quitterais le groupe

nouvel EP 1804 ?

! J’ai fait un petit caca nerveux (rires).

Louis : C’est encore un coup de Sam !

Jean : La combinaison de ces deux mots

Il nous menace assez souvent de quitter

définit un univers qui nous correspond

le groupe (rires). La première fois qu’une

très bien et qui évoque un truc un peu

locomotive a tracté quelque chose sur

mystérieux. La nuit, à minuit, là où tout

des rails, c’était en 1804.

bascule, l’ambiance des rêves et puis cette locomotive qui arrive et qui casse

Jean : Pour l’époque, c’était quelque

tout sur son passage...

chose de fou !

Comment avez-vous travaillé l’image du

On sait désormais que Sam s’intéresse aux

groupe ? Diego : Le fait d’avoir une unité au niveau de l’image n’est pas forcément une chose naturelle. Quand on s’est rencontré, on avait plusieurs influences différentes. Le vrai travail musical et artistique, c’est de faire cohabiter ces influences pour avoir

locomotives. Y a-t-il d’autres centres d’intérêt au sein de la bande ? Louis : Moi, c’est les timbres. Diego : Moi, j’aide Louis tous le jours dans ses tocs et c’est déjà beaucoup de temps (rires).

vraiment une unité visuelle ou vestimen-

Jean : Moi, je suis carré, j’ai pas de centres

taire. Le rock est très riche et on a envie

d’intérêt, y a rien qui m’intéresse (rires).

d’exploiter énormément de choses. Au niveau des visuels, il faut arriver à transmettre l’émotion qui est dans notre musique. Jean : On ne se restreint absolument pas. Sur les vêtements, on peut avoir des inspirations chinoises, africaines, orientales ou indiennes et c’est pareil pour notre musique qui ne se restreint pas à un seul genre.

Quel est votre prochain projet musical ? Sam : Pour l’instant, on a sorti deux EP. Le premier était accessible gratuitement sur Internet pour que le plus de gens possible puissent l’écouter. Pour le deuxième, on a réussi à avoir une distribution digitale avec Believe. Notre prochain projet devrait être un album. Pour l’ins-

Louis : C’est aussi la volonté de proposer

tant, on est en phase de composition et

une unité dans tout.

d’enregistrement. On verra en fonction des opportunités....

Sam : Tout ce qu’on aime, on veut le mettre. 24


Aimeriez-vous signer en maison de disques ?

pour faire un vrai album.

Jean : On est dans une logique de dé-

Louis : On attend cela avec impatience.

marchage, en tout cas. On a la volonté de faire au mieux pour que cette sortie d’album se fasse bien. Diego : On ne se presse pas dans ce processus car il faut s’appliquer pour avoir la meilleure stratégie possible mais on a de l’enthousiasme par rapport à nos nouvelles compositions. Sam : On s’est rendu compte en faisant le deuxième EP qu’on avait acquis plus de 26

savoir faire. Là, on a les outils en mains

Pensez-vous que la France soit un mauvais marché pour la musique ? Louis : Les français sont assez peu consommateurs de musique, surtout de musique live. Nous, on adore être en concert. La France n’a pas cette culture qu’on retrouve énormément aux ÉtatsUnis, en Angleterre ou en Allemagne. De plus, il y a actuellement l’electro fran-


çaise qui s’exporte

comme

un

produit

national.

Du

coup, la France n’est pas forcément le meilleur pays pour se

faire

place

une quand

Quel est le sommet de la gloire, pour vous ? Louis : Faire un concert comme celui de Led Zeppelin devant 400.000 personnes au festival Knebworth. Jean : L’Olympia pour mes parents (rires). Diego : Madison Square Garden !

on fait du rock.

Sam : Faire un concert dans une loco-

L’industrie

en

motive en première partie de Paul Mc-

France ne de-

Cartney ou plutôt Paul McCartney qui

mande pas de

fait notre première partie dans une loco-

rock mais cela

motive (rires).

veut dire aussi qu’il y a de place.

Gamin, borné, sauvage, intello : lequel de ces traits de caractère vous revient ?

Malgré vos sonorités rock, écoutez-vous un peu de chanson française ? Sam : Oui. Moi, je suis un énorme fan de Georges Brassens, de Serge Gainsbourg

Diego : Louis, c’est un peu notre gamin. Jean : Le borné, c’est Diego. Louis : L’animal sauvage, c’est Sam. Sam : L’intello avec ses belles lunettes, c’est Jean.

et de Claude Nougaro. Jean : J’adore Maxime Le Forestier. Louis : Charles Trenet. Diego : Charles Aznavour, Claude Nougaro... On a rien contre le français.

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DOSSIER

la

Cet été encore, de spectaculaires blockbusters où nos héros ont eu à prévenir l’apocalypse et la fin du monde ont envahi nos écrans. Pourtant la fin du monde n’est pas forcément synonyme de spectaculaire et d’entertainment, et peut revêtir des tours plus intimistes et originaux. En voici quelques exemples avec ces classiques méconnus et/ou sous-estimés.


la fin du monde

Les autres films Ă voir... par JUSTIN KWEDI / Photos : DR


Le Choc des mondes de Rudolph Maté (1951) Le bombardement d’Hiroshima et la découverte de la puissance destructrice de l’arme nucléaire, bientôt maitrisée aussi par l’URSS, aura placé le monde dans une forme d’inquiétude où son destin ne tenait plus qu’au fil de la volonté des dignitaires aptes à appuyer sur le bouton rouge déclencheur. Cette peur se retranscrira dans nombre d’œuvre de science-fiction des années 50. Le Choc des Mondes est un précurseur des Armageddon et autre Deep Impact récent mais aussi du futur Interstellar de Christopher Nolan. Alors que la terre est menacée de destruction par la collision avec une autre planète, une expédition est organisée pour transporter une partie de la po-

pulation dans une expédition spatiale vers une planète jumelle de la terre. Le film est une production de George Pal, grand chantre de la science-fiction de cette période avec de belles adaptations d’HG Wells comme La Guerre des mondes (Byron Haskin, 1953) et La Machine à explorer le temps (George Pal, 1960). Le producteur se caractérise par le ton religieux particulièrement exacerbé de ses films (qui s’ouvre ici carrément sur une Bible ouverte avec citation de l’Ancien 31


Testament en voix off) et la dimension de punition divine et le parallèle avec L’Arche de Noé sont largement entretenus, sans compter l’arrivée finale sur la planète jumelle Zyra à l’imagerie digne d’une brochure de Témoin de Jehova. Un spectacle d’un autre temps où le refuge à la peur du nucléaire prenait donc une facette biblique, Dieu étant le seul refuge à la folie des hommes. En prime le film s’avère particulièrement spectaculaire et novateur dans ces effets spéciaux, une vraie matrice narrative et visuelle du film catastrophe moderne. Le récent Prédictions d’Alex Proyas reprenait de manière inattendue cette tonalité.

Le Dernier Rivage de Stanley Kramer (1959) Le Dernier Rivage est une tentative plus « sérieuse  » d’alerter la population contre les dangers du nucléaire à travers ce mélodrame bouleversant. Une guerre nucléaire a ravagé l’ensemble de la planète et les derniers survivants se trouvent en Australie qui sera atteinte d’ici quelque mois par un nuage toxique mettant fin à toute vie humaine. Onv suit donc ici les derniers instants de bonheur et de doute d’une population en sursis à travers la romance entre le capitaine de sous-marin joué par Gregory Peck et Ava Gardner, un scientifique alcoolique qu’interprète Fred Astaire ou encore des jeunes mariés et parents joué par Anthony Perkins et Donna Anderson. L’atmosphère crépusculaire est envoutante, le romanesque

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s’exprime de façon désespérée et avec un lyrisme constant de la mise en scène (le travelling tournant autour de Peck et Gardner le temps d’un baiser fougueux les deux n’ayant jamais paru aussi fragile et vulnérables à l’écran délesté de tout glamour) se mariant bien au climat de désolation avec ce Melbourne désertique. Stanley Kramer fut un des producteurs/réalisateurs les plus engagés d’Hollywood le confirma encore avec ce film dont la sortie fut un vrai évènement, celle se faisant simultanément dans 18 grandes capitales mondiales. On a pu parfois lui reprocher le côté trop lourd et didactique de certaines œuvres difficiles à revoir aujourd’hui (le fameux Devine qui vient dîner (1967) mais avec Le Dernier Rivage il touche en plein cœur.

Le Dernier Survivant de Geoff Murphy (1985) La fin du monde prend un tour philosophique et onirique captivant avec Le Dernier Survivant, film culte du cinéma néo-zélandais. Un quidam se réveille un monde débarrassé de toute vie humaine sans explication et a bien du mal à trouver un sens à sa vie ainsi livré à lui-même. Les indices affleurent progressivement sur une possible expérience scientifique cause du chaos tandis que le héros maintenir un équilibre psychologique dans cette solitude inexpliquée, of-

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frant de saisissant moments tragi-comiques. Les visions psychédéliques alternent ainsi avec d’autres plus terre à terre lorsque le héros rencontrera un et une autre survivants. Le scénario désamorce l’embryon de tension amoureuse et raciale qui pourrait naître du trio de survivant, celles-ci semblant dérisoire par rapport à leur situation et la puissance supérieure cause de leurs malheurs. Châtiment divin ? Cauchemar où rien n’est vrai et où tous rêvent cette situation surréaliste ? On ne le saura jamais vraiment lors que l’atmosphère se fait de plus en plus étrange et étonnamment calme, l’apocalypse se faisant dans un apaisement d’alcôve à ciel ouvert jusqu’à une stupéfiant image finale. Un véritable ovni et film culte des 80’s que le doué Geoff Murphy ne confirmera par, parti à Hollywood servir la soupe à Steven Seagal ou plus récemment relégué à la seconde équipe du Seigneur des Anneaux.

The Box de Richard Kelly (2009) La fin du monde fascine Richard Kelly depuis Donnie Darko et son compte à rebours énigmatique, tout comme dans le très étrange et anarchique Southland Tales (2007). Cela s’exprimera de façon insidieuse dans le quotidien à travers l’étirement que fait Kelly d’une courte nouvelle de Richard Matheson. Un couple (James Marsden et Cameron Diaz) se voit proposer par un énigmatique personnage (Frank Langella) une boite qui s’ils appuient sur son bouton rouge leur vaudra un millions de dollars mais provoquera la mort d’une personne dans e monde qui leur est inconnue. Un cruel dilemme digne d’un épisode de la Quatrième Dimension que Kelly amène à des questionnements inédits. Invasion extraterrestre, métaphore du mythe d’Adam et Eve, fable philosophique toutes les pistes demeurent ouvertes et conduisent de toute façon à la fin de l’humanité dans un crescendo fascinant. Plus accessible que Southland Tales et aussi mystérieux et captivant que Donnie Darko, The Box pose des questions déroutantes sur la nature hu34


maine et sa destinée, dépassant son postulat de thriller malin. Cela reste le dernier film du maudit Richard Kelly à ce jour et c’est bien dommage.


LIVE REPORT

Retour

en photos et live report sur 3 jours de festival Rock En Seine, qui cette année encore nous a réservé sont lot de surprises, de découvertes et de coups de cœur. Une 12 ème édition tentaculaire pour un festival qui bat chaque année des records d’affluence. On vous raconte tout !


ROCK EN SEINE 2014 Par morgan le bervet / photos : wallendorff / magali boyer


C

’est avec un plaisir non dissimulé que le petit reporter retrouve chaque été, alors que la période estivale s’achève, le grand festival parisien de Rock

En Seine. Par habitude, déjà. Après tout, votre serviteur, fréquente les lieux

depuis la création en 2003. Par nostalgie donc aussi. Tant de souvenirs sur le domaine national de St-Cloud. Justement, ce parc, aussi, est un des éléments de la réussite de Rock En Seine, avec ses allées ombragées, ses coins cachés, ses hauteurs à escalader et cette nature qui vous entoure, à quelques centaines de mètres des stations de métro ou tramway. Et malgré la foule (120 000 spectateurs cette année…), on n’a jamais l’impression d’étouffer (sauf peutêtre au milieu des spectateurs coté Grande Scène pour une tête d’affiche, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus). Et puis Rock En Seine, autour de la musique, propose un nombre d’activités ludiques délirantes qui en font un peu le disneyland du rock : jeux, animations, bar à thèmes, expos, conférences... Mais l’on peut aussi bien de prélasser dans un canapé en dégustant un thé à la menthe. Tout est possible. Même goûter toutes les cuisines du monde au village culinaire, situé habilement cette année à l’entrée du festival.

D

’aucuns font la fine bouche, trouvant l’évènement un peu trop…un peu

trop. Tout court. Trop grand, trop cher, trop frime. Trop snob. Trop parisien ? Certes, Rock En Seine est une machine de guerre commerciale, efficace, qui rebute certains. «Trop de frime !» entend-on. Oui, les lieux regorgent de gens lookés (et de déguisements incertains) mais cela participe aussi à l’image de marque du festival. Sauf si l’on préfère patauger dans la boue en chaussures de randonnée et k-way difforme bien sûr. Ici, on vient voir et parfois se montrer. Mais parlons plutôt de ce qu’il fallait aller entendre. Ou éviter.

38


VENDREDI 22 AOUT

L

’annulation de Volbeat le vendredi nous fait hélas rater Cage

The

Elephant sur la Grande Scène, car c’est vers Jessica93 que l’on se diri-

gera en premier. Le shoegaze sonique inspiré de coldwave du projet solo de Geoffroy Laporte vaut toujours un détour. Même en plein a p r è s - m i di…Et seul, il laisse sa musique se réapproprier l’espace encore vide.

En-

voutant. De l’autre côté, Jack Bugg, semble bien plus seul sur l’immense scène principale. Mais son énergie et ses compositions soignées gagnent les rangs d’une foule encore disparate. Epatant.

On court (on court beaucoup à Rock En Seine) se placer pour Blondie. La nostalgique (pour les plus vieux) et le fantasme (pour les autres) de Debbie Harry attirent les spectateurs. Et la chanteuse, 69 ans et tenue rock&roll, envoie One Way Or Another en introduction d’un show riche en tube

(Call

Me, Rapture, Maria, Atomic, Heart Of Glass…). Tout passe mal- gré la voix qui fatigue. On prend une pause au village VIP et l’on croise l ’ é l é g a n t Etienne Daho. Charmant.

V

iens le temps des choix : la sensation Mac Demarco sur la scène l’Industrie (dont on nous dira le plus grand bien

40

de


ensuite) ou les Hives. On ne peut résister à la tentation de revoir (pour

la

dixième fois…) les Suédois, ces bêtes de scène. Ici encore c’est l ’ a v a lanche de tubes. Pele harangue la foule du haut de son perchoir sur l’avancée de scène. Quelques problèmes techniques ne les arrêtent jamais. Leur slogan : Walk Idiot Walk ! Final explosif sur Hate To Say I Told You So. Il faut reprendre son souffle. Car derrière, The Antwoord va surprendre pas mal

de

monde avec sa musique hybride, épuisante, gonflée à bloc, trans- f o r m a n t la scène de la Cascade en dancefloor géant. Rap, jungle, Grime, Dubstep : le rockeur est interpellé mais ne fait pas la fine bouche sur la per- formance des extra-terrestres (en fait sud-africains) Ninja et Yo-Landi. En- fin, c’est vers le challenger Trentemoller plus que vers les champions Arctic M o n k e y s que nous nous dirigerons en fin de journée. Le quatuor anglais tourne en pilotage automatique depuis quelques temps et leur insistance à jouer

le

dernier album pour qu’Alex Turner endosse le rôle du crooner juvénile nous

agace. Du coup, à l’opposé le set atmosphérique et électronique du danois Trentemoller, entouré de musiciens, s’avère parfait pour clore cette première journée en dansant sous la lune encore voilée.

41


SAMEDI 23 Aout

S

amedi, on rassemble ses affaires (gobelets consignés, Ray-ban

wayfarer,

boots et vitamin water) et son courage (l’auteur exa- gère à peine) puis

on retraverse la Seine, sous le soleil, pour cette deu- xième

journée

chargée. Un petit tour au Village Du Disque en arrivant pour découvrir les vinyles proposés par Born Bad ou Fargo (bam ! le bud- get explose) et l’on se place devant les barrières pour attendre Thee Oh Sees. John Dwyer, le leader du groupe à géométrie variable de San Francisco (ici, en trio) parait aussi énervé qu’à la Route Du Rock la semaine précédente. Il casse une corde dès le premier morceau, s’enflamme, disparait sous son ampli, râle…mais livre une prestation enflammée quoique un peu monotone sans les claviers et les chœurs. On enquille avec Cheveu, combo français estimé à juste titre. Si quelques spectateurs fuient devant leur electro-punk chelou, on sait qu’il se passe toujours quelques choses avec eux en concert et on reste accroché à la scène et aux déambulations imprévisibles du chanteur qui inter-

pelle, hèle, braille, verse sa bière sur les agents de sécurité, escalade, tombe, 42


saute dans la foule. Foule qui devient hystérique à juste titre. Cela restera notre meilleur souvenir du festival. En coulisse le fils Lennon mange des boulettes de viande. Passionnant non ?

O

n fait l’impasse sur la mignonne Emilie Simon pour se ressourcer dans un bar à champagne. Snob. On se dirige vers le gros morceau du jour :

Portishead, qu’on a également vu à St-Malo une semaine avant.

E

t on en veut encore. Parce que la voix de Beth Gibbons n’a pas bougé, toujours aussi puissante et fragile à la fois. Parce que les morceaux sont là

(Sour Times, Glory Box, repris en chœur, Over…). Parce que la froideur du set,

clinique, nous réchauffe le cœur. Que la terrifiante Machine Gun procure en live des sensations inédites. Parce qu’ils jouent la rare Chase The Tear. Même les blasés («ah ce groupe de trip-hop des années 90’s ??») restent cois. Enfin, le petit reporter commettra l’erreur de préférer The Prodigy (par pure nostalgie) à The Horrors (car déçu par leur dernier album pompeux). Erreur : la machine electro anglaise s’avèrera vite pompeuse quand on nous rapporte que le quinquet gothique en face livre l’une de ses meilleures prestations. Dommage. 43


DIMANCHE 24 AOUT

L

a messe est dite. On médite sur la programmation. Et les voies du programmateur étant impénétrable, il a décidé de consacrer cette journée

non pas au repos mais aux femmes. Grand bien nous fasse. On rate W a r paint de peu pour atterrir devant Brody Dalle (venue en famille donc, puisque

mariée à Josh Homme dont nous parlerons plus tard). Elle râle, elle beugle, elle fait son show à l’américaine mais la bouillie sonore et la manque de chansons potables nous effraient plus que son maquillage. Next. Alors que Selah Sue sue sur la Grande

Scène

solé), Janelle Monäe

livre un set

millimétré fleurtant

du côté de la

pop, de l’electro, du

funk et de la

soul. Elle ose même

se frotter à

James Brown (I Feel

Good)

n’a pas encore les

épaulettes

assez larges. Un peu

trop

tout ça. Manque de

Sex Machine.

Sur

Scène,

la

Grande

(dé-

mais propre un

monde fou s’est ras-

semblé pour

«voir» le phénomène

Lana Del Rey

en vrai. Que dire…

Elle

hagarde dans sa jo-

lie robe rose.

Pas à l’aise. Même

si elle tente

de

l’inverse

nous

prouver

descendant

faire

semble

des

en

selfies

dans les premiers

rangs.

Elle

chante - bien - sur

des

pré-enregistrées

de sa propre

boucles

voix. Se ballade. Livre ses tubes (Sometimes Sadness, Blue Jeans, Video Games, West Coast…). Mais quel ennui. On fuit jeter une oreille aux connaissances punks de T.I.T.S sous le petit chapiteau «Découvertes Ile-De-France» et on glisse jusqu’à la scène Pression Live (ah ce nom…) se gaver de la coolitude suprême de l’ex-Pavement Stephen Malkmus. Belles chansons, solos classieux. Une belle manière de regarder doucement la nuit tomber, dans les effluves d’herbes. Euh, allongé dans l’herbe… 46


Et pour leur dernier concert européen, les reines du désert, les Queens Of The Stone Age, ont la mission de clôturer la cérémonie avec panache. Leur rock stoner s’est assagi mais pour marquer le coup, Josh Homme (l’Homme, point final) annonce la couleur (rouge sang) en enchainant Millionnaire et No One Knows. Puis enfilera, non pas les perles (quoique nombres de morceaux sont précieux), mais les tubes. Un best-of déroulé pour la plus grande joie du public. Belle manière de conclure ses trois jours réussis. Définitivement, Rock En Seine c’est trop. Trop. Mais jamais assez. A l’année prochaine donc. 47


Il

GUSH

aura fallu attendre quatre ans pour retrouver les français de Gush qui ont signé leur grand retour le 7 avril dernier avec Mira, un deuxième opus fort de 10 pépites classées pop-electro. Après avoir passé l’été à conquérir les festivals, le groupe poursuit sa tournée de concerts dans toute la France avec un passage au Nouveau Caisno prévu le 11 septembre prochain. Interception de la bande entre deux shows...

Par DINE DELCROIX / photos : martin lagardère


Avez-vous travaillé différemment depuis le

dans le cas de Mira, on s’est passionné

départ de Vincent ?

pour la symbolique de cette étoile lais-

On fonctionne toujours de la même manière depuis le départ de Vincent sur le principe de partage des envies ainsi que des idées. Ceci dit, on a le sentiment que

sant derrière elle la plus longue traînée jamais observée. Réussir à attraper cette étoile du regard devient une quête qu’on retrouve à l’écoute du disque.

nos prises de décisions se font plus rapidement et c’est donc plus efficace en termes de temps. Nous ne sommes pas encore retournés en studio mais c’est surtout lors des sessions d’enregistrements qu’on pourra voir la différence dans la façon de travailler

Portez-vous un intérêt à l’astronomie en général ? L’astronomie est passionnante mais il faut avouer qu’on s’y connait assez peu dans ce domaine. On regarde des reportages ou des films comme tout le monde mais aucun de nous ne se rend à des

Avez-vous déjà essayé d’écrire vos textes en

conférences ou à des colloques sur cet

français ?

immense sujet.

Xavier et Mathieu ont longtemps joué dans un groupe de chansons françaises et semblaient plutôt à l’aise avec cela mais, depuis que Gush existe, il n’en a pas encore été question. On a le sentiment qu’on ne ferait pas du tout cette musique-là avec des paroles en français, ce serait vraiment… autrement !

Avec ce second opus, vous vous tournez vers une pop plus électronique. Qu’est-ce qui influencé cette nouvelle orientation musicale ? On écoute pas mal de hip-hop et de musique symphonique mais Xavier et Vincent ont ramené le disque Le Mystère Des Voix Bulgares qu’on a beaucoup aimé. Les textures des voix et les harmo-

Votre deuxième album baptisé «Mira» est

nies en elles-mêmes ne sont pas du tout

disponible depuis le 7 avril 2014. Pourquoi

composées ni chantées dans un code pop

avoir choisi ce nom d’étoile pour titre ?

occidental mais plutôt comme une pop

L’idée de donner un nom d’étoile nous a réunis tous les quatre et correspondait bien à notre envie de mêler des transes rythmiques, du fun et un aspect introspectif. Tout ce qui relève de l’univers peut revêtir un aspect scientifique. Or,

du rideau de fer et provoquent un effet de transe. On avait envie d’avoir la tête qui tourne à force de chanter. C’est une autre manière d’appréhender les harmonies vocales et de se pousser dans plus d’expérimentations. 53


Pouvons-nous encore vous qualifier de groupe

Mira vous ressemble-t-il d’avantage que son

de rock malgré ce changement de son ?

prédécesseur ?

On se sent comme un groupe de pop

Les deux disques nous ressemblent. Ces

au sens large du terme. Que ce soit les

deux albums nous ressemblent au mo-

Rolling Stones, Prince, Jay-Z ou encore

ment où ils ont été écrits et produits. Ils

Queen of the Stone Age, pour nous, c’est

sont à notre sens très complémentaires et

de la musique populaire qui s’adresse à

montrent deux facettes de ce qu’on aime

tout le monde et c’est bien là le sens de ce

faire. Ils sont très différents en termes de

terme. Il y a intrinsèquement chez nous

production et de textures mais on y re-

une réunion d’influences multiples dont

trouve notre désir de faire des chansons

le rock, les musiques électroniques et le

interprétables avec une guitare ou un

hip-hop qui nous ont nourris donc la fé-

piano.

dération de tous ces genres nous semble être la pop music. Le 26 juillet dernier, vous participiez à la quatrième édition du festival Tout Un Foin La forte présences des synthés donne un cer-

à Bayeux. Quel souvenir gardez-vous de ce

tain côté 80’s à vos sonorités. Avez-vous des

concert ?

groupes de prédilection dans cette décennie ?

C’était un super concert pour nous

Pas spécifiquement. Outre le fait que

et on a trouvé la programmation bien

certains de nos synthés sont issus de

cool. L’organisation était très bien dans

cette époque, on a pas voulu sonner 80’s

le genre pro mais, surtout, on a assisté

mais on aime bien la pop française de ces

à l’intervention d’un des directeurs du

années-là.

festival devant tous les bénévoles et le reste du staff à la fin des festivités. C’était touchant. On assiste rarement à de telles

Votre nouvel album s’achève sur le morceau Everybody’s God qui n’est autre que le titre de votre premier disque paru en 2010. Pourquoi ce clin d’oeil à vos débuts ?

pu constater à quel point un jeune festival doit toujours maintenir une qualité de logistique, de programmation et diffuser un esprit relax pour bien mettre

On aimait bien que la boucle soit bou-

tout le monde à l’aise et pérenniser l’évé-

clée et redonner une autre saveur à ce

nement.

titre, comme un approfondissement de ce sujet dans une autre dimension. Nous sommes toujours Gush mais nous allons nous aventurer dans d’autres sphères ! 54

scènes lorsqu’on est sur la route et on a


Avez-vous eu l’occasion de rencontrer

À quoi pourrait ressembler votre troisième

d’autres artistes lors de votre participation à

disque ?

cet événement ?

À part vous dire qu’il se fera plus rapi-

On connaissait les artistes et les groupes

dement que Mira et qu’il sera différent,

présents sur l’événement et c’était l’oc-

on ne saurait vous dire de quoi il sera fait

casion aussi de voir des amis de longues

puisqu’on va d’abord finir de défendre

dates et de passer quelques moments en-

ce deuxième disque.

semble. On s’est retrouvé à table avec les gars de S-Crew et c’était bien marrant.

55


EN COUVerture

L’insoumise de Hollywood


RosArio Dawson

Rosario Dawson sera à l’affiche le 17 septembre prochain de Sin City : j’ai tué pour elle de Frank Miller et Robert Rodriguez. L’occasion pour Blind Magazine de revenir sur la carrière de cette actrice à la beauté dévastatrice qui a su depuis 1995 mettre Hollywood à ses pieds.

Par ANthony verdot / photos : FRANçois berthier


Rosario Dawson c’est avant tout un phy-

lywood. C’est en 2001 qu’elle connait

sique ravageur. Des yeux de biche, des

enfin la consécration avec son premier

lèvres généreuses, des jambes inter-

grand succès au box-office mondial grâce

minables, une silhouette sculpturale...

à la comédie assiculée Josie and the Pussy-

Cette Afro-américaine hypersexuée n’a

cats avec Tara Reid.

jamais cherché à cacher ses formes. Elle en a même fait un atout dès le début de sa carrière, commencée sur un air de hasard...

Une période faste s’ouvre à elle. Rosario est courtisée par tous les réalisateurs. L’actrice charme tour à tour Edward Burns dans Rencontres à Manhattan,

1995. Rosario est âgée de 15 ans. Elle se

Ethan Hawke dans Chelsea Walls, et enfin

balade dans les rues de New York, dans

Will Smith dans le deuxième triomphe

le quartier de Manhattan. Deux hommes

de sa carrière Men in Black II. En 2002,

remarquent alors son incroyable beau-

à 23 ans, Rosario semble avoir mis Hol-

té, le cinéaste Larry Clark (Ken Park) et

lywood à ses pieds. Pourtant, c’est à cet

le scénariste Harmony Korine (Spring

instant qu’elle va connaître une longue

Breakers). Ils recherchent des acteurs

période d’oubli...

amateurs pour un projet à venir. Très vite, ils offrent à Rosario le rôle de Ruby dans le long-métrage choc Kids. Par pur hasard, poussée par le destin, l’adoles-

Quatre ans de déroute

cente devient actrice. Le succès critique

Presque à son apogée, Rosario trébuche.

du film pousse Rosario à s’incrire au Lee

L’actrice insoumise, qui oscillait entre

Strasberg Theatre and Film Institute

films indépendants et blockbusters à sa

pour prendre des cours de théâtre. Le

guise, n’arrive plus à faire les bons choix.

but est simple et assumé : affiner son jeu

Ses projets se révélent moins judicieux,

et entrer dans la famille du cinéma indé-

plus hésitants et au final n’arrive plus à

pendant.

conquérir le coeur du public. Dès 2002,

Trois ans passent. Rosario a pris en maturité. Les propositions de scénario arrivent jusqu’à elle et c’est en 1998 qu’elle reprend la route des studios. L’actrice enchaîne alors plusieurs films indépendants dont He Got Game de Spike Lee avec Denzel Washington et Light it up avec Forest Whitaker. Son visage est remarqué par les plus grands de Hol-

la chute est vertigineuse et ressemble à un cauchemar. Pluto Nash avec Eddie Murphy est un échec total au box-office mondial et devient même le plus mauvais film aux Razzie Awards 2002. La même année, ses retrouvailles avec Spike Lee, dans La 25ème heure, avec Edward Norton, est assassinnée par la critique et ne trouve pas son public. Jusqu’en 2005, les 59


années vont se suivre et se ressembler. Rosario Dawson tente, fait des choix, mais échoue à tous les coups : Alexandre d’Oliver Stone, Bienvenue dans la jungle avec Dwayne Johnson ou bien encore Le Mystificateur avec Hayden Christensen sont tous des échecs commerciaux cuisants.

Son autre atout, sa voix Depuis sa plus tendre enfance, Rosario Dawson a toujours eu la même passion dévorante : la musique. En parallèle à sa carrière d’actrice, elle a donc souhaité participer à des projets musicaux. Dès 1999, elle chante sur l’album The New Master de Prince. Le célèbre chanteur lui fait même l’honneur de nommer la piste

LA RENAISSANCE La fin du tunnel arrive début 2005. Robert Rodriguez lui offre le salut sur un plateau d’argent lorsqu’elle devient la reine des prostituées dans le premier volet de Sin City. Véritable carton mondial, presque phénomène de société, Rosario Dawson est relancée. Elle enchaîne immédiatement avec le tournage de Boulevard de la mort de Quentin Tarantino. Elle y joue une amazone des routes totalement décalée, prête à appliquer la loi du Talion. En 2007, elle est invitée au Festival de Cannes pour présenter le long-métrage de Tarantino. Une nouvelle étape dans sa carrière qui lui permet définitivement d’entrer dans la sphère des grands d’Hollywood. Les projets et les scénarios s’accumulent à nouveau. Entre 2007 et 2010, Rosario tourne dans différentes productions qui seront toutes, sans exception, de grands succès : Descent, L’Oeil du Mal avec Shia LaBoeuf, Sept Vies avec Will Smith, Unstoppable avec Chris Pine et Denzel Washington, et le premier volet de la saga Percy Jackson...

60

du disque «Rosario». Elle y clamme un discours politique très engagé sur un air


de Prince «himself», intitulé Little Red

musicaux. Elle chante sur l’album du

Corvette. Deux ans plus tard, en 2001, elle

groupe britannique Kasabian, West Ky-

décide de reprendre la route des studios

der Pauper Lunatic Asylum, en duo avec

pour chanter sur le titre Miss You, une

le chanteur Tom Meighan. La même an-

chanson enregistrée par Jay-Z et Jamie

née, l’actrice s’essaye à un autre exercice

Foxx suite au décès de la chanteuse Aa-

en prêtant sa voix au personnage de la

liyah.

stripteaseuse Velvet Von Black, dans le

Trop prise par sa carrière d’actrice, Rosario n’a pu par la suite faire aboutir d’autres projets. Ce n’est qu’en 2009 qu’elle revient à ses premiers amours

film d’animation The Haunted World of EL Superbeasto de Rob Zombie.


Face à la concurrence ? A travers les années, Rosario Dawson a

C’est pour cela qu’elle n’a rien laché.

su se faire une place au soleil dans le pay-

Comme à son habitude. Prochainement,

sage hollywoodien. Les stars planétaires

le 17 septembre prochain, Rosario sera à

du moment comme Scarlett Johansson,

l’affiche de la suite de Sin City, intitulée

Emma Stone, Angelina Jolie ou bien

Sin City : J’ai tué pour elle. Mais la véritable

encore Zoé Saldana ne lui ont pas fait

attente est ailleurs. L’actrice a tourné

d’ombre. Aucune ne joue réellement sur

dans Captives d’Atom Egoyan avec Ryan

le même tableau. Et pourtant, Rosario

Reynolds. Le film, présenté au Festival

est certainement un peu victime de cette

de Cannes 2014, a été salué par les cri-

concurrence. Elle-même l’avait avoué

tiques pour sa mise en scène et sa sobrié-

après avoir râté un rôle dans Total Recall

té. Il est attendu dans les salles obscures

: Mémoires programmées au profit de Jes-

en France pour le mois de janvier 2015. Il

sica Biel. Elle ne sait plus parfois où se

permettra sans nul doute à Rosario Daw-

situer. «Sur la côte est, je me sens super

son de prouver une nouvelle fois qu’elle

jeune et super mince. En Californie, je

peut passer d’un genre à un autre, à sa

me sens vieille et grosse. Le nombre de

guise, avec une aisance magistrale. La

fois où on m’a dit de maigrir est dingue,

vraie insoumise, vous étiez prévenus !

vraiment !», avait-elle confié. Le dictact de Hollywood serait-il trop grand ? Rosario a connu les années 90, a tourné avec les plus grands, et est aussi à l’aise dans un film indépendant que dans une grosse franchise. Du haut de ses 35 ans, elle est aujourd’hui plus belle que jamais. La preuve ? En 2013, l’actrice avait été choisie par Danny Boyle, pour le film Trance, au lieu des Scarlett et autre Eva Green, pour partager l’affiche avec James McAvoy et Vincent Cassel. Les plus médisants diront qu’elle a obtenu ce rôle à cause de sa relation avec le cinéaste, terminée au printemps 2013.

63


JULIETTE ARNAUD & SAMANTHA BENOIT Par Dine DElcroix / photos : françois berthier

Deux sœurs que tout oppose vont devoir régler leurs comptes en pleine nuit, c’est ce que propose Frangines au Théâtre Trévise depuis le 25 juin 2014. Co-écrite et interprétée en duo par Juliette Arnaud & Samantha Benoît qui avaient déjà collaboré ensemble sur les deux volets de la pièce Arrête De Pleurer Pénélope, cette comédie décalée met l’accent sur la famille avec un humour déjanté et un réalisme indéniable en réunissant tous les ingrédients d’un grand moment de théâtre. Nous avons interrompu les deux femmes dans leur délicieux mélodrame familial le temps d’une interview et de quelques photos.


Vous êtes frangines à la scène et co-auteurs à

Comment avez-vous travaillé sur l’écriture de

la vie. Racontez-nous votre rencontre.

la pièce ?

Juliette : C’était dans le cadre d’une au-

Juliette : Ensemble puis séparément,

dition pour Arrête De Pleurer Pénélope.

dans des cafés, surtout un d’ailleurs : le

Sam se présentait pour le rôle de Léonie.

Used Book café chez Merci, très paisible

Nous l’avons trouvée super drôle et im-

et inspirant, en riant beaucoup sans telle-

posante et elle fût embauchée. Ensuite,

ment s’écharper en surtout en salivant à

nous sommes devenues potes toutes les

l’avance de ce qu’on se préparait à jouer.

deux. Elle m’a invitée à Marseille chez elle et j’ai rencontré sa famille.

Samantha : Nous étions très respec-

Samantha : Tout est allé très vite. Notre

avait des choses «à jeter», on se le disait

complicité à la scène comme à la ville

toujours de manière très prévenante et

était si naturelle qu’il nous était inévi-

sans jamais blesser l’autre.

tueuses du travail de l’autre. Lorsqu’il y

table de ne

«Notre complicité à la scène comme à pas retravail- la ville était si naturelle qu’il nous ler ensemble. était inévitable de ne pas retravailler ensemble.» Cela a tout de même pris 10 ans...

Qu’est-ce qui a inspiré les deux personnages ? Juliette : Alors et dans le désordre : ma mère et sa sœur, mon frère Romain et

Comment est née l’idée d’une pièce sur deux

moi, Sam’ et sa sœur Vanessa, Sam’ et

sœurs que tout oppose ?

moi, ma cousine Élodie et moi...

Juliette : Je n’ai pas de sœur mais j’ai

Samantha : Moi, je dirais vraiment Ju-

un frère plus jeune que moi et je chéris notre relation, notre connivence mais aussi nos oppositions. Sam’ est égale-

liette et moi. Bien sûr, je pense à des copines de Marseille ainsi qu’à des copines de ma mère...

ment ma cadette et j’ai toujours eu un peu tendance à la houspiller comme font les grandes sœurs. Samantha : Parce qu’on n’a rien à voir !

Quels sont vos points communs avec les personnages que vous interprétez ?

On est à l’opposé l’une de l’autre dans la

Juliette : Le goût de la solitude de

vie mais on s’aime et on n’y peut rien !

Gabrielle, son éternel regret d’une maison d’enfance, son amour des bêtes, des livres mais pas des pyjamas.

66


Samantha : Sa capacité à ne pas pouvoir

Samantha : Ma famille habite à 800 km,

se concentrer plus de 5 minutes sur un

c’est donc moi qui doit faire l’effort pour

sujet, sa folie, son besoin d’exacerber

les réunions de famille. Par conséquent,

toutes les choses mais surtout son côté

je n’ai pas forcément d’excuse à trouver

famille. La famille est un pilier pour moi.

mais je me réjouis toujours de retrouver mes cousins et cousines autour d’un verre.

Auriez-vous pu inverser vos interprétations ou étaitce inévitable pour vous de conserver la distribution des rôles telle qu’on la connaît sur scène ?

Quel est votre meilleur moment dans la pièce ?

Juliette : Je ne pense avoir l’abattage né-

Juliette : Un réplique banale en somme.

cessaire pour jouer le rôle d’Adèle et pas

Je donne à ma sœur Adèle des choses

forcément la fantaisie non plus.

pour dormir, un oreiller, un drap, un

Samantha : Je crois que nos énergies sont trop différentes mais je suis prête à essayer quand vous voulez !

pyjama et, quand j’arrive à la brosse à dents, je dis : « et ça... Ben ça, c’est une brosse à dents » comme si je prenais enfin conscience qu’il n’est pas nécessaire de nommer les objets à ma sœur puisqu’elle n’est pas débile.

Comment définiriez-vous la famille en quelques mots ? Juliette : Une source d’inspiration

Samantha : Le moment où Gabrielle piège Adèle... C’est jubilatoire ! Pour comprendre, il faut venir voir la pièce !

constante, infinie et tumultueuse. Samantha : Un pilier. La plupart du temps, il vous protège mais, parfois, il vous fait de l’ombre.

Envisagez-vous de retravailler ensemble sur d’autres projets ? Juliette : On envisage que dalle, on savoure d’être parvenues à faire exis-

Le personnage de Gabrielle n’a pas spéciale-

ter cette pièce autrement que dans nos

ment envie de passer Noël en famille. Quelle

tronches. Pour la suite, on ne se mêle pas

est votre excuse fétiche lorsque vous souhai-

du destin, on est des filles raisonnables.

tez éviter une réunion de famille ? Juliette : Chez moi, c’est pas spéciale-

Samantha : Je ne sais pas encore ce que je vais faire la semaine prochaine !

ment l’esprit « réunion de famille » mais le boulot reste une option imbattable. 67


BLIND TRUTH

68


PASCAL DEMOLON Formé

à Acting International, Pascal Demolon qui fête ce mois-ci ses 50 ans sera à l’affiche de Elle l’adore aux côtés de Sandrine Kiberlain et de Laurent Lafitte à partir du 24 septembre. Il sera également bientôt au casting de Discount, le premier long-métrage de Louis Julien-Petit qui vient de remporter le Valois du public lors du dernier festival du Film Francophone d’Angoulême. Un BLIND TRUTH s’imposait !

Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier

Lorsque tu te regardes dans la glace le

Les chansons de Jacques Brel parce que,

matin, que te dis-tu ?

quand je les écoute, j’ai l’impression qu’on est tous là !

«Bonjour, qui êtes-vous ?»

Quel super héros aurais-tu aimé être ? À qui voulais-tu ressembler quand tu étais enfant ? À un nuage qui partait là-bas, avec un

Superman pour mettre une fessée à tous les méchants et parce qu’il adore la planète Terre.

ours dessus qui disait «Bonne nuit, les petits». Quel pouvoir magique aurais-tu aimé avoir ?

Si tu avais une baguette magique, que

Celui de rendre «les gens heureux».

changerais-tu ? Je changerais la haine en Amour.

Quel prénom aurais tu aimé porter ? Jacques...

Si tu devais emporter une seule chose sur une île déserte, laquelle serait-ce ?

Que peut-on entendre comme message d’ac69


cueil sur ta boite vocale téléphonique ?

Qui veux-tu épater le plus ?

«Si j’avais su que vous alliez appeler,

Ma fille, Iliana.

j’aurais été là pour vous répondre». Que ferais-tu s’il ne te restait que 24 heures Quand et comment as-tu cessé de croire au père Noël ? Quand il a fallu que je partage ma pa-

à vivre ? J’appellerais tous ceux qui ont bien voulu m’aimer pour les remercier.

noplie de Zorro parce que le père Noël n’avait plus les moyens de nous apporter un cadeau chacun.

De quelle question aimerais-tu avoir la réponse ?

Que peux tu me dire de négatif sur toi ?

«Pourquoi ?»

J’ai trop souvent encore la faiblesse de croire à certaines choses.

Quel a été ton dernier instant de solitude ? Quand j’ai vu quelqu’un que j’aimais

Et de positif ?

beaucoup embrasser un autre que moi.

D’avoir toujours la force, malgré tout, d’y croire encore.

As-tu menti pendant cet entretien ? Non. Et pourtant, j’ai essayé.

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L’interview decaléE de Jade-Rose PArker Tout

le monde connaît Smaïn qui depuis ses débuts dans les années 80, a hissé ses origines maghrébines sur le devant de la scène et ainsi ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes français. Depuis cette époque, l’artiste a enchaîné les rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre, reçu un Molière, une Victoire de la musique et le grand prix de la Sacem, réalisé un succès au box-office les deux papas et la maman, publié je reviens me chercher, cette autobiographie qui m’a fait rire et pleurer… Hyperactif, Smaïn Fairouze est également l’auteur de Rayane et le Maestro, un magnifique conte musical pour enfants, qu’il récite à travers la France, répète son prochain one-man-show Je reviens me chercher, qu’il jouera au festival d’Avignon avant de partir en tournée et sera également à l’affiche des Eternels du rire à partir d’octobre 2014, aux côtés de Jean-Marie Bigard ou encore Roland Magdane.

Par JADE ROSE PARKER / PHOTOS : FRANçOIS BERTHIER

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SMAIN

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Smaïn, bonjour. Votre prénom est l’ana-

Dans votre dernière pièce, La ménagère im-

gramme du mot «mains». Cela a-t-il influen-

provisée, vous vous travestissez en femme.

cé vos choix de vie ?

Un vieux fantasme ?

Le mot « mains  » est lié à l’écriture, au

C’est le fantasme de tous les acteurs !

geste, et je suis un homme d’écriture et

Jouer une femme permet d’exprimer tel-

de geste, puisque je joue, j’interprète

lement de nuances, c’est extraordinaire,

avec les mains ce que j’écris. Donc oui.

très pondérant. Le jeu s’insère avec une nécessaire sensibilité. J’ai en mémoire Dustin Hoffman dans Tootsie, mais il y

Il y a quelques années, vous avez réalisé Les deux papas et la maman, qui a connu un grand succès au box-office. Pensez-vous réa-

en a beaucoup d’autres, Tony Curtis et Jack Lemmon dans Certains l’aiment chaud…

liser le remake actualisé, Les deux papas et la mère porteuse ? Alors pour l’instant, le cinéma ce n’est pas dans mon actualité, mais si je faisais ce film, il y aurait des rebondissements, c’est essentiel. Et puis ce serait une comédie, car c’est le genre que j’affectionne le plus.

Je viens de frotter une lampe magique. Comme je suis très généreuse, je vous offre mon vœu : vous pouvez tourner dans le film de votre choix avec les partenaires de votre choix, les financiers feront péter le tiroir-caisse et le public criera au génie. Ah, en voilà une bonne question… Ce serait une comédie, c’est sûr. Pour ce qui

Question «fuck les bons sentiments». Smaïn, j’en ai marre de tous ces bons sentiments, de toutes ces fleurs qu’on s’envoie dans le showbiz. Avez-vous une petite méchanceté à balancer afin de rétablir un peu l’équilibre hémiplégique de la sincérité artistique ?

est des acteurs avec lesquels j’aimerais jouer, il y en a pas mal. Didier Bourdon me vient spontanément à l’esprit, oui, j’aimerais beaucoup jouer avec Didier. Mais par superstition, je ne vais pas faire de liste de peur que ça n’arrive jamais !

Il y a des gens qui ne méritent pas leur succès. Beaucoup. Beaucoup trop. Après, je ne vais pas citer de nom, ce serait de la méchanceté et je n’ai pas cette aigreur en moi. Je pense à cette célèbre citation

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Votre autobiographie, parue chez Michel Lafon, s’intitule Je reviens me chercher. Vous vous êtes retrouvé ?

qui dit «le cinéma est une grande famille

On ne se retrouve jamais vraiment. Pierre

d’orphelins», je la trouve particulière-

Soulages a dit «c’est ce que je fais qui

ment juste.

m’apprend ce que je cherche». Ses mots


résonnent en moi. La vie est une quête

photographe cherche différents regards,

perpétuelle, on cherche le pourquoi du

eh bien moi, je suis un photographe de la

comment, incessamment.

vie, et je m’arrête, parfois, sur des sujets. Je ne veux pas être rangé dans une case, ou étiqueté, comme un bovin, non, je

Vous qui êtes un artiste aux multiples talents, à l’heure du non cumul des mandats, si vous

vais là où mes désirs me portent, et c’est à mon sens ce qui détermine l’ « artiste ».

ne deviez avoir qu’une seule activité, laquelle choisiriez-vous ? L’écriture. Sans hésitation. Il y a vingt ans, ma réponse aurait certainement été différente, mais aujourd’hui, je sais ce

Votre dernier one-man-show s’intitulait Le dernier... avant le prochain. C’est quand Le prochain... avant celui d’après ?

qui est essentiel pour moi, ce dont je ne

C’est très très bientôt ! J’étais en juillet

pourrais pas me passer. C’est mon désir,

au festival d’Avignon, en rôdage de mon

mon envie.

prochain one-man (Je reviens me chercher). Puis je partirai à la rencontre des gens à travers toute la France. J’ai hâte.

Vous êtes actuellement en tournée partout en France avec Rayane et le Maestro, un spectacle pour enfants et grands enfants plutôt

Terminons cette interview par l’auto-ques-

grandiose : un conte musical que vous récitez

tion : posez-vous une question (et répondez-y

accompagné par un orchestre et un chœur

si vous le souhaitez).

d’enfants. Vous considérez-vous comme la nouvelle Marlène Jobert ? (ceci est un com-

Es-tu heureux ?

pliment, j’ai moi-même durant mon enfance tellement écouté ses cassettes que la bande gondolait)

Et la réponse ?

Pas du tout ! Je touche à diverses choses,

Je citerai Léo Ferré : « Le bonheur c’est

j’expérimente, je vais là où mes désirs,

du chagrin qui se repose, alors il ne faut

mes envies me portent. Tout cela est

surtout pas le réveiller ».

très hétéroclite. Cela rejoint ma réponse précédente mais la vie est une quête. Un

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INTERVIEW PREMIère fois

DIANE DASSIGNY

Présente au cinéma et à la télévision, Diane Dassigny incarne Constance Weber dans Mozart, L’Opéra Rock d’Albert Cohn et Dove Attia. La comédie musicale à succès revient ce mois-ci dans une version symphonique qui s’installera au Palais des Sports de Paris du 25 au 28 septembre avant de partir en tournée dans le reste de la France ainsi qu’en Suisse et en Belgique. En attendant, l’actrice, musicienne et chanteuse a accepté de nous raconter ses premières fois... Par Dine Delcroix / Photos : Quentin Maignien

Premier souvenir ? Le sourire de ma mère m’attendant à la sortie de l’école avec un petit pain au lait et du chocolat noir. Premier métier que tu voulais faire ? J’ai toujours voulu être comédienne. Ma mère m’emmenait très souvent voir des pièces de théâtre et j’avais toujours envie de monter sur scène. A la maison, je faisais des sketchs ou des imitations et je montais des spectacles avec mes copines. Premier baiser ? En CM2 avec un certain Charlie…   Premier amour ? 6 ans d’amour…je n’ai que des histoires longues, j’aime l’idée de fidélité et d’engagement sans que quelque chose d’officiel ne nous y oblige.   Premier chagrin d’amour ? Celui du premier baiser car mon départ en vacances le soir-même m’avait rendue très triste. 78


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Premier animal de compagnie ? Douchka, une sublime Sacrée de Birmanie qui a partagé mon enfance! Je suis fille unique alors nous étions très proches. Aujourd’hui c’est compliqué d’avoir un animal avec un métier qui oblige à à être souvent en déplacement, mais ça me manque. Premier disque acheté ? Charles Aznavour ! Je l’avais acheté en cadeau pour ma mère, mais c’était aussi un cadeau pour moi car je l’adorais vu que ses chansons ont bercé mes jeunes années. La vie m’a fait elle aussi un joli cadeau puisque j’ai tourné avec lui pendant un mois en Belgique un téléfilm d’Olivier Langlois, Passage du bac, il y a quelques années Premier concert ? Tina Turner, Michael Jackson, Vanessa Paradis… mais je ne sais plus dans quel ordre exactement. D’ailleurs, le tout premier était sans doute plutôt un concert de musique classique.  Première voiture ? Je passe mon permis en ce moment !   Premier film culte ? Le Magicien d’Oz avec Judy Garland ! Une merveille !   Premier livre culte ? Les nourritures terrestres d’André Gide et Le Prophète de Khalil Gibran, deux oeuvres que je relis régulièrement d’ailleurs.   Premier prof adoré ? Mme Delasnerie, une professeur de français et latin en 5ème à l’école des enfants du spectacle, qui lorsqu’il y avait des matinées «récitations de poésies» demandait à tous les élèves de se dépêcher pour que j’ai le temps de faire un ou deux sketchs devant toute la classe à la fin du cours ! Avant que j’entre dans sa classe elle m’avait vue interpréter un sketch de Sylvie Joly au Paradis Latin, là où nous avions la chance de faire nos spectacles de fin d’année, et elle était fan ma première fan. C’est très important le premier public, celui qui croit en vous alors que vous n’en êtes qu’aux balbutiements…et puis j’adorais le français et le latin !   81


Première cuite ? Ridicule ! A seize ans, à 17h en Espagne avec ma copine Barbara : j’ai bu un cocktail, une «tisana» à la paille en plein soleil ! Mais je suis fière de dire que c’est l’unique cuite de toute ma vie ! Premier choc dans la vie ? En CE1, un copain de classe s’est fait renverser par une voiture en traversant la rue. Il est revenu en fauteuil roulant quelques semaines après… Ce jour-là, j’a compris que la vie ne tient qu’à un fil.   Premier voyage ? J’ai passé les plus beaux étés de mon enfance à St Tropez, mais pas celui que les gens connaissent, le St Tropez calme et magique. J’ai eu la chance de beaucoup voyager ces dernières années mais rien ne vaut ce petit bout de paradis.   Premier péché ? La gourmandise ! Et c’est toujours le même !  Premier job ? «C’est où la vie ?» un court-métrage de Serge Pescetelli que j’ai tourné quand j’avais treize ans pendant une semaine de vacances scolaires, et qui a confirmé mon envie de faire ce métier.   Premier vote ? L’élection présidentielle de 2002. Je me souviens avoir eu vraiment conscience du fait qu’avant 1944 les femmes n’avaient pas encore ce droit et que j’avais de la chance d’être de ma génération. Je suis une vraie féministe (même si je ne suis pas une chienne de garde !)   Premier sentiment de fierté ? La réussite de mes premiers examens de piano et de danse : beaucoup de trac et d’émotion pour une petite fille.

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BLIND test BLIND blind TEST test

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LAURE DE CLERMONT Comédienne et réalisatrice française, Laure De Clermont mène une carrière à la fois douce et sûre. On a pu la voir cette année dans le touchant Girafada dont la sortie DVD et Blu-ray est prévue pour le 1er octobre et on la retrouvera très bientôt à l’affiche de La résistance de l’air avec Redad Kateb et Ludivine Sagnier. La jeune femme s’est prêtée à notre BLIND TEST de la rentrée... PAR DINE DELCROIX / Photos : FRANçOIS BERTHIER

Ta Madeleine de Proust ? L’odeur de la Chine. J’y ai passé deux mois enfant lorsque je tournais sous la direction d’Alain Mazars le film franco-chinois Ma soeur chinoise avec Alain Bashung. J’ai beaucoup de souvenir très presents et surtout certaines odeurs me

Zola et Paris est une fête d’Hemingway. Celui que j’ai préféré cette année est Green River de Tom Willocks, un des meilleurs livres écrit sur la prison américaine et celui que je suis en train de lire : L’angoisse du roi Salomon de Roman Gary, une petite merveille.

reviennent parfois. Les odeurs de volailles en décomposition dans les marchés, celle de la pluie tropicale sur les rizières, les odeurs d’encens dans les maisons de thé… Unique.

Le film qui raconte ta vie ? Plutôt ceux qui ont marqué ma vie : Pulp Fiction, Old Boy, City of God, Festen, Brea-

Ton secret de beauté ? Me baigner plusieurs fois par jour dans la mer glacée quand je vais en Bretagne.

Ton antistress ? Regarder des films en boucle.

king the waves, Il était une fois dans l’Ouest, La belle équipe... La tendance mode que tu détestes ? J’aime les vêtements et leurs créateurs Ton livre de chevet ?

mais je n’ aime pas la mode.

Mes deux favoris sont Thérèse Raquin de 85


Le détail chic pour toi ? La sobriété . Lauren Bacall était l’incarnation de l’élégance naturelle sans artifice.

Ta série du moment ? True Detective sans hésiter. Je ne regardais plus de series depuis 24h Chrono et Prison Break car une fois plongée dedans, je ne pouvais rien faire d’autre. Mon addiction s’est confirmée et répétée lorsque j’ai découvert le couple Rust Cohle / Martin Hart. J’ai donc dû annuler mes rendez-vous et m’enfermer chez moi deux jours pour regarder toute la saison. Un vrai chef d’oeuvre.

Ta chanson pour te sentir bien ? J’écoute beaucoup de vieux blues. Dont le titre de Leadbelly, Where did you sleep last night, que j écoute en boucle. Il y a aussi Charley Patton, Elizabeth Cotten, Dick Justice, Victoria Spivey…

Ton proverbe fétiche ? «Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait» Mark Twain.

L’insulte que tu préfères ? Le train de tes injures roule sur les rails de mon indifférence, le chien aboie la caravane passe, la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe…! Je ne m’en sers jamais mais je les trouve plus poétiques que connard, putain, enculé, salope...

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Le compliment qui t’énerve le plus ? D’habitude je suis bon public et j’apprécie toutes sortes de compliment !

Le pays où tu pourrais immigrer ? Les USA, je suis basée à Paris mais je passe quasiment la moitié de l’année à New York. J’aime l’énergie électrique de cette ville qui ne cesse de m’inspirer. J’y ai réalisé deux courts métrages Atlantic Avenue et Rabbit. Je prévois aussi de réaliser mon premier long métrage dans le Nevada. Après avoir traversé les Etats-Unis en voiture il y a trois ans j ai été saisie par l’expression de la nature, si dense et variée .

Un autre métier qui t’aurait plu ? Reporter de guerre. Dans le film Giraffada que j’ai tourné en Palestine il y a deux ans, mon personnage était une reporter de guerre qui couvrait le conflit de la seconde intifada. Cette expérience m’a permis de rencontrer et suivre une photographe de terrain qui m’a emmené dans des camps de réfugiés et manifestations palestiniennes. C’était fascinant .

Qui inviterais-tu à ton dîner idéal ? Lauren Bacall, Robin Williams, Philipp Seymour Hoffman et Lou Reed. Quatre génies qui sont partis cette année...

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Le défaut que doit avoir une personne pour te séduire ? Le culot et l’exigence.

Le cadeau que tu rêves d’offrir ? Celui qui correspond le plus justement à la personne concernée et qui lui fera plaisir...

Le disque que tu as honte d’avoir acheté ? Je n’achète malheureusement plus de disques...

Le talent que tu aimerais avoir ? Chanter et maîtriser la guitare et le piano parfaitement.

La question qu’on ne doit pas te poser ? S’il y a une question qu’on ne doit pas me poser, posez-la moi, je serais celle qui y répondra le mieux !

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MODE

DEBBI Photographe RENAUD CAMBUZAT Stylisme TATIANA DUMABIN Maquillage OMAR BOUKER

Coiffeur KYOKO HISHITA Assistant photo MARINE ARRAGAIN Assistant styliste MARVIN LATOURNALD


IE AND JOHNNY Merci à Johann Lucas pour son aide, ainsi qu’à la ville de Creil.


Gilet avant toi, Bague+collier Forever21, String Bordelle


Robe Daniel Hechter, Serre-tĂŞte Forever 21


LA FILLE QUI REND BLIND photo : François Berthier

Attention les yeux ! La fille éblouissante de cette rentrée, c’est l’actrice australienne Jessica De Gouw. Les fans de séries télévisées ont pu la voir dans le rôle de Helena Bertinelli alias The Huntress dans Arrow dont la troisième saison sera lancée le 8 octobre prochain aux États-Unis ou encore dans Dracula dont la première saison était la dernière. Côté cinéma, on aura le plaisir de la retrouver dans These Final Hours, un thriller apocalyptique australien présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes mais dont la date de sortie française reste encore indéterminée.


Jessica De Gouw


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Numéro #16 SORTIE LE 10 octobre Bouclage 1er octobre

TheBlindMagazine#15  

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