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Ce produit est imprimé climatiquement neutre sur papier FSC-Sources mixtes.

mission.armeedusalut.ch Cette newsletter paraît 3 fois par an. Compte postal: 30-6709-1 (avec mention d’affectation du don) Edition Rédaction Photos Layout / Concept Impression

Fondation Armée du Salut Suisse, Mission & Développement Laupenstrasse 5, 3008 Berne, Suisse Téléphone 031 388 05 91, mission@armeedusalut.ch Jacques Miaglia, Doris Droz, Thomas Martin archives Mission & Développement Thomas Martin / Martin Stucki Grafik, Heimenschwand, msgrafik.ch Jordi AG, Belp

Responsabilisation et lutte contre la corruption

Pour plus de transparence

Impressum mission.armeedusalut.ch Informations et cadeaux sous :

Des cadeaux qui font doublement plaisir En offrant de nouvelles installations sanitaires, un cours de couture, un morceau de terre ou une opération des yeux, vous ne faites pas seulement plaisir à vos proches et à vos amis, mais également aux personnes qui vivent dans les pays du Sud. Jacques Miaglia, responsable Mission & Développement Mission & Développement a choisi de s’investir davantage pour améliorer la redevabilité (obligation de rendre compte) et pour mettre en place des systèmes qui permettent une transparence et une communication meilleures entre tous les acteurs. Notre rôle renforcé au sein de Pain pour le prochain dans ce domaine et le succès obtenu par l’Armée du Salut lors du prix StopPauvreté sont une preuve de notre engagement : nous voulons améliorer notre efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Lutter contre la corruption, c’est aussi un moyen de s’assurer que, grâce aux mécanismes qui sont mis en place (transparence dans la gestion, principe de plaintes, …) les projets bénéficient d’une meilleure communication entre ceux qui mettent en œuvre l’action et ceux qui la financent, ce qui a des effets positifs bien au-delà de la lutte contre la corruption.

Foi en action

Etes-vous à la recherche d'un cadeau de Noël hors du commun?

« La corruption concerne tous les pays du monde » Yvan Maillard Ardenti est responsable de programmes dans le domaine « Marchés financiers, Dettes et Corruption » à Pain pour le prochain depuis 2010. En outre, il est membre du comité de direction de Transparency International Suisse, une organisation engagée dans la prévention et la lutte contre la corruption.

Que signifie le terme « corruption »? La corruption est un abus de pouvoir ou une irrégularité commis dans un processus de décision en échange d'une incitation ou d'un avantage indu. Un exemple classique est celui d'un policier qui exige une amende pour excès de vitesse de 40 dollars mais qui fait comprendre qu’un paiement de 10 dollars suffirait à faire sauter l’amende. Les 10 dollars que vous payez atterrissent illégalement dans la poche du policier et échappent aux caisses de l’Etat. La corruption n'est-elle un problème que dans les pays en développement? La corruption concerne tous les pays du monde sous des formes variées, y compris la Suisse. Dans notre pays, la corruption est moins visible que dans les pays en développement. La corruption en Suisse se manifeste par exemple lorsque des contrats de la Confédération sont attribués à des amis ou connaissances de fonctionnaires en violation des principes d’attribution des marchés, ou lorsque des dirigeants d’organi-

sations sportives comme la FIFA achètent des voix. La corruption concerne aussi les banques suisses qui ouvrent des comptes pour des personnes corrompues qui ont détourné l’argent de leurs pays (cas du clan de Kadhafi en Lybie ou de Moubarak en Egypte). Quelles sont les problématiques et les conséquences de la corruption dans la coopération au développement? La corruption est l’un des plus grands obstacles au développement. Les pratiques de corruption ont des conséquences néfastes : elles vident les caisses de l'Etat, portent préjudice aux pauvres qui ne peuvent pas payer de pots-de-vin et découragent les investisseurs. Selon la Banque mondiale, la corruption peut réduire le taux de croissance d'un pays de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Dans la coopération au développement, il y a aussi le risque que l’argent destiné aux projets soit détourné par des collaborateurs malhonnêtes. Des organisations telles que l'Armée du Salut travaillent souvent dans un environnement corrompu. Comment une organisation d'entraide peut-elle se libérer de ce mécanisme? En mettant en place une culture de l’intégrité : il s’agit de nommer une personne qui sera responsable de la lutte contre la corruption au sein de l’organisation. Ensuite, il faut définir un Code de conduite qui fixe ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ces nouvelles règles doivent être communiquées et comprises dans toute l’organisation. Il faut aussi mettre en place un système où les employés peuvent dénoncer des cas de corruption, si possible de manière anonyme.

Lutter contre la corruption sous toutes ses formes est notre responsabilité à tous : nous devons nous assurer que les ressources disponibles pour financer les projets soient utilisées de manière à avoir le plus d’impact possible sur les populations les plus vulnérables.

Editorial

Newsletter de Mission & Développement N° 14 – déc. 2012

Quels sont, pour une organisation, les avantages de développer des programmes et des mesures dans le domaine de la responsabilité, de la responsabilisation et de la lutte contre la corruption? Les avantages sont nombreux : l’organisation bénéficie d’un meilleur contrôle financier et d’une meilleure gestion des risques de fraude et améliore ses services aux bénéficiaires. L’organisation sait aussi se défendre quand des fonctionnaires corrompus réclament des paiements illégaux. Tous ces aspects augmentent la confiance des donateurs et des bailleurs de fonds. L'Armée du Salut collabore avec Pain pour le prochain dans le domaine de la corruption. Comment vivez-vous cette collaboration? Il s’agit d’une collaboration très étroite : l’Armée du Salut et Pain pour le prochain font un travail de pionnier dans le domaine en développant des modules de formation et des outils appropriés. Vous avez pris part à un atelier du programme de lutte contre la corruption proposé par l'Armée du Salut en Afrique australe. Comment l'avez-vous ressenti? Nous avons travaillé trois jours sur la corruption avec des leaders de trois territoires de l’Armée du Salut en Afrique australe (Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud). J’ai été surpris par le fait que les leaders étaient très ouverts pour discuter de ce thème qui est tout de même assez délicat. De plus, tous les trois territoires ont décidé de s’engager dans une démarche de lutte contre la corruption, en développant des Codes de conduite, ce qui est très réjouissant. bfa-ppp.ch | transparency.ch Interview : Thomas Martin

Participants de l’atelier de travail de l’Armée du Salut en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption.


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Responsabilisation et lutte contre la corruption

Pour plus de transparence

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Des cadeaux qui font doublement plaisir En offrant de nouvelles installations sanitaires, un cours de couture, un morceau de terre ou une opération des yeux, vous ne faites pas seulement plaisir à vos proches et à vos amis, mais également aux personnes qui vivent dans les pays du Sud. Jacques Miaglia, responsable Mission & Développement Mission & Développement a choisi de s’investir davantage pour améliorer la redevabilité (obligation de rendre compte) et pour mettre en place des systèmes qui permettent une transparence et une communication meilleures entre tous les acteurs. Notre rôle renforcé au sein de Pain pour le prochain dans ce domaine et le succès obtenu par l’Armée du Salut lors du prix StopPauvreté sont une preuve de notre engagement : nous voulons améliorer notre efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Lutter contre la corruption, c’est aussi un moyen de s’assurer que, grâce aux mécanismes qui sont mis en place (transparence dans la gestion, principe de plaintes, …) les projets bénéficient d’une meilleure communication entre ceux qui mettent en œuvre l’action et ceux qui la financent, ce qui a des effets positifs bien au-delà de la lutte contre la corruption. Newsletter de Mission & Développement N° 14 – déc. 2012 La corruption n'est-elle un problème que dans les pays en développement? La corruption concerne tous les pays du monde sous des formes variées, y compris la Suisse. Dans notre pays, la corruption est moins visible que dans les pays en développement. La corruption en Suisse se manifeste par exemple lorsque des contrats de la Confédération sont attribués à des amis ou connaissances de fonctionnaires en violation des principes d’attribution des marchés, ou lorsque des dirigeants d’organi-

Quelles sont les problématiques et les conséquences de la corruption dans la coopération au développement? La corruption est l’un des plus grands obstacles au développement. Les pratiques de corruption ont des conséquences néfastes : elles vident les caisses de l'Etat, portent préjudice aux pauvres qui ne peuvent pas payer de pots-de-vin et découragent les investisseurs. Selon la Banque mondiale, la corruption peut réduire le taux de croissance d'un pays de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Dans la coopération au développement, il y a aussi le risque que l’argent destiné aux projets soit détourné par des collaborateurs malhonnêtes. Des organisations telles que l'Armée du Salut travaillent souvent dans un environnement corrompu. Comment une organisation d'entraide peut-elle se libérer de ce mécanisme? En mettant en place une culture de l’intégrité : il s’agit de nommer une personne qui sera responsable de la lutte contre la corruption au sein de l’organisation. Ensuite, il faut définir un Code de conduite qui fixe ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ces nouvelles règles doivent être communiquées et comprises dans toute l’organisation. Il faut aussi mettre en place un système où les employés peuvent dénoncer des cas de corruption, si possible de manière anonyme.

Editorial

Foi en action Que signifie le terme « corruption »? La corruption est un abus de pouvoir ou une irrégularité commis dans un processus de décision en échange d'une incitation ou d'un avantage indu. Un exemple classique est celui d'un policier qui exige une amende pour excès de vitesse de 40 dollars mais qui fait comprendre qu’un paiement de 10 dollars suffirait à faire sauter l’amende. Les 10 dollars que vous payez atterrissent illégalement dans la poche du policier et échappent aux caisses de l’Etat.

Etes-vous à la recherche d'un cadeau de Noël hors du commun?

Yvan Maillard Ardenti est responsable de programmes dans le domaine « Marchés financiers, Dettes et Corruption » à Pain pour le prochain depuis 2010. En outre, il est membre du comité de direction de Transparency International Suisse, une organisation engagée dans la prévention et la lutte contre la corruption.

sations sportives comme la FIFA achètent des voix. La corruption concerne aussi les banques suisses qui ouvrent des comptes pour des personnes corrompues qui ont détourné l’argent de leurs pays (cas du clan de Kadhafi en Lybie ou de Moubarak en Egypte).

Lutter contre la corruption sous toutes ses formes est notre responsabilité à tous : nous devons nous assurer que les ressources disponibles pour financer les projets soient utilisées de manière à avoir le plus d’impact possible sur les populations les plus vulnérables.

« La corruption concerne tous les pays du monde »

Quels sont, pour une organisation, les avantages de développer des programmes et des mesures dans le domaine de la responsabilité, de la responsabilisation et de la lutte contre la corruption? Les avantages sont nombreux : l’organisation bénéficie d’un meilleur contrôle financier et d’une meilleure gestion des risques de fraude et améliore ses services aux bénéficiaires. L’organisation sait aussi se défendre quand des fonctionnaires corrompus réclament des paiements illégaux. Tous ces aspects augmentent la confiance des donateurs et des bailleurs de fonds. L'Armée du Salut collabore avec Pain pour le prochain dans le domaine de la corruption. Comment vivez-vous cette collaboration? Il s’agit d’une collaboration très étroite : l’Armée du Salut et Pain pour le prochain font un travail de pionnier dans le domaine en développant des modules de formation et des outils appropriés. Vous avez pris part à un atelier du programme de lutte contre la corruption proposé par l'Armée du Salut en Afrique australe. Comment l'avez-vous ressenti? Nous avons travaillé trois jours sur la corruption avec des leaders de trois territoires de l’Armée du Salut en Afrique australe (Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud). J’ai été surpris par le fait que les leaders étaient très ouverts pour discuter de ce thème qui est tout de même assez délicat. De plus, tous les trois territoires ont décidé de s’engager dans une démarche de lutte contre la corruption, en développant des Codes de conduite, ce qui est très réjouissant. bfa-ppp.ch | transparency.ch Interview : Thomas Martin

Participants de l’atelier de travail de l’Armée du Salut en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption.


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Responsabilisation et lutte contre la corruption

Pour plus de transparence

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Des cadeaux qui font doublement plaisir En offrant de nouvelles installations sanitaires, un cours de couture, un morceau de terre ou une opération des yeux, vous ne faites pas seulement plaisir à vos proches et à vos amis, mais également aux personnes qui vivent dans les pays du Sud. Jacques Miaglia, responsable Mission & Développement Mission & Développement a choisi de s’investir davantage pour améliorer la redevabilité (obligation de rendre compte) et pour mettre en place des systèmes qui permettent une transparence et une communication meilleures entre tous les acteurs. Notre rôle renforcé au sein de Pain pour le prochain dans ce domaine et le succès obtenu par l’Armée du Salut lors du prix StopPauvreté sont une preuve de notre engagement : nous voulons améliorer notre efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Lutter contre la corruption, c’est aussi un moyen de s’assurer que, grâce aux mécanismes qui sont mis en place (transparence dans la gestion, principe de plaintes, …) les projets bénéficient d’une meilleure communication entre ceux qui mettent en œuvre l’action et ceux qui la financent, ce qui a des effets positifs bien au-delà de la lutte contre la corruption. Newsletter de Mission & Développement N° 14 – déc. 2012 La corruption n'est-elle un problème que dans les pays en développement? La corruption concerne tous les pays du monde sous des formes variées, y compris la Suisse. Dans notre pays, la corruption est moins visible que dans les pays en développement. La corruption en Suisse se manifeste par exemple lorsque des contrats de la Confédération sont attribués à des amis ou connaissances de fonctionnaires en violation des principes d’attribution des marchés, ou lorsque des dirigeants d’organi-

Quelles sont les problématiques et les conséquences de la corruption dans la coopération au développement? La corruption est l’un des plus grands obstacles au développement. Les pratiques de corruption ont des conséquences néfastes : elles vident les caisses de l'Etat, portent préjudice aux pauvres qui ne peuvent pas payer de pots-de-vin et découragent les investisseurs. Selon la Banque mondiale, la corruption peut réduire le taux de croissance d'un pays de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Dans la coopération au développement, il y a aussi le risque que l’argent destiné aux projets soit détourné par des collaborateurs malhonnêtes. Des organisations telles que l'Armée du Salut travaillent souvent dans un environnement corrompu. Comment une organisation d'entraide peut-elle se libérer de ce mécanisme? En mettant en place une culture de l’intégrité : il s’agit de nommer une personne qui sera responsable de la lutte contre la corruption au sein de l’organisation. Ensuite, il faut définir un Code de conduite qui fixe ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ces nouvelles règles doivent être communiquées et comprises dans toute l’organisation. Il faut aussi mettre en place un système où les employés peuvent dénoncer des cas de corruption, si possible de manière anonyme.

Editorial

Foi en action Que signifie le terme « corruption »? La corruption est un abus de pouvoir ou une irrégularité commis dans un processus de décision en échange d'une incitation ou d'un avantage indu. Un exemple classique est celui d'un policier qui exige une amende pour excès de vitesse de 40 dollars mais qui fait comprendre qu’un paiement de 10 dollars suffirait à faire sauter l’amende. Les 10 dollars que vous payez atterrissent illégalement dans la poche du policier et échappent aux caisses de l’Etat.

Etes-vous à la recherche d'un cadeau de Noël hors du commun?

Yvan Maillard Ardenti est responsable de programmes dans le domaine « Marchés financiers, Dettes et Corruption » à Pain pour le prochain depuis 2010. En outre, il est membre du comité de direction de Transparency International Suisse, une organisation engagée dans la prévention et la lutte contre la corruption.

sations sportives comme la FIFA achètent des voix. La corruption concerne aussi les banques suisses qui ouvrent des comptes pour des personnes corrompues qui ont détourné l’argent de leurs pays (cas du clan de Kadhafi en Lybie ou de Moubarak en Egypte).

Lutter contre la corruption sous toutes ses formes est notre responsabilité à tous : nous devons nous assurer que les ressources disponibles pour financer les projets soient utilisées de manière à avoir le plus d’impact possible sur les populations les plus vulnérables.

« La corruption concerne tous les pays du monde »

Quels sont, pour une organisation, les avantages de développer des programmes et des mesures dans le domaine de la responsabilité, de la responsabilisation et de la lutte contre la corruption? Les avantages sont nombreux : l’organisation bénéficie d’un meilleur contrôle financier et d’une meilleure gestion des risques de fraude et améliore ses services aux bénéficiaires. L’organisation sait aussi se défendre quand des fonctionnaires corrompus réclament des paiements illégaux. Tous ces aspects augmentent la confiance des donateurs et des bailleurs de fonds. L'Armée du Salut collabore avec Pain pour le prochain dans le domaine de la corruption. Comment vivez-vous cette collaboration? Il s’agit d’une collaboration très étroite : l’Armée du Salut et Pain pour le prochain font un travail de pionnier dans le domaine en développant des modules de formation et des outils appropriés. Vous avez pris part à un atelier du programme de lutte contre la corruption proposé par l'Armée du Salut en Afrique australe. Comment l'avez-vous ressenti? Nous avons travaillé trois jours sur la corruption avec des leaders de trois territoires de l’Armée du Salut en Afrique australe (Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud). J’ai été surpris par le fait que les leaders étaient très ouverts pour discuter de ce thème qui est tout de même assez délicat. De plus, tous les trois territoires ont décidé de s’engager dans une démarche de lutte contre la corruption, en développant des Codes de conduite, ce qui est très réjouissant. bfa-ppp.ch | transparency.ch Interview : Thomas Martin

Participants de l’atelier de travail de l’Armée du Salut en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption.


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Fondation Armée du Salut Suisse, Mission & Développement Laupenstrasse 5, 3008 Berne, Suisse Téléphone 031 388 05 91, mission@armeedusalut.ch Jacques Miaglia, Doris Droz, Thomas Martin archives Mission & Développement Thomas Martin / Martin Stucki Grafik, Heimenschwand, msgrafik.ch Jordi AG, Belp

Responsabilisation et lutte contre la corruption

Pour plus de transparence

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Des cadeaux qui font doublement plaisir En offrant de nouvelles installations sanitaires, un cours de couture, un morceau de terre ou une opération des yeux, vous ne faites pas seulement plaisir à vos proches et à vos amis, mais également aux personnes qui vivent dans les pays du Sud. Jacques Miaglia, responsable Mission & Développement Mission & Développement a choisi de s’investir davantage pour améliorer la redevabilité (obligation de rendre compte) et pour mettre en place des systèmes qui permettent une transparence et une communication meilleures entre tous les acteurs. Notre rôle renforcé au sein de Pain pour le prochain dans ce domaine et le succès obtenu par l’Armée du Salut lors du prix StopPauvreté sont une preuve de notre engagement : nous voulons améliorer notre efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Lutter contre la corruption, c’est aussi un moyen de s’assurer que, grâce aux mécanismes qui sont mis en place (transparence dans la gestion, principe de plaintes, …) les projets bénéficient d’une meilleure communication entre ceux qui mettent en œuvre l’action et ceux qui la financent, ce qui a des effets positifs bien au-delà de la lutte contre la corruption. Newsletter de Mission & Développement N° 14 – déc. 2012 La corruption n'est-elle un problème que dans les pays en développement? La corruption concerne tous les pays du monde sous des formes variées, y compris la Suisse. Dans notre pays, la corruption est moins visible que dans les pays en développement. La corruption en Suisse se manifeste par exemple lorsque des contrats de la Confédération sont attribués à des amis ou connaissances de fonctionnaires en violation des principes d’attribution des marchés, ou lorsque des dirigeants d’organi-

Quelles sont les problématiques et les conséquences de la corruption dans la coopération au développement? La corruption est l’un des plus grands obstacles au développement. Les pratiques de corruption ont des conséquences néfastes : elles vident les caisses de l'Etat, portent préjudice aux pauvres qui ne peuvent pas payer de pots-de-vin et découragent les investisseurs. Selon la Banque mondiale, la corruption peut réduire le taux de croissance d'un pays de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Dans la coopération au développement, il y a aussi le risque que l’argent destiné aux projets soit détourné par des collaborateurs malhonnêtes. Des organisations telles que l'Armée du Salut travaillent souvent dans un environnement corrompu. Comment une organisation d'entraide peut-elle se libérer de ce mécanisme? En mettant en place une culture de l’intégrité : il s’agit de nommer une personne qui sera responsable de la lutte contre la corruption au sein de l’organisation. Ensuite, il faut définir un Code de conduite qui fixe ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ces nouvelles règles doivent être communiquées et comprises dans toute l’organisation. Il faut aussi mettre en place un système où les employés peuvent dénoncer des cas de corruption, si possible de manière anonyme.

Editorial

Foi en action Que signifie le terme « corruption »? La corruption est un abus de pouvoir ou une irrégularité commis dans un processus de décision en échange d'une incitation ou d'un avantage indu. Un exemple classique est celui d'un policier qui exige une amende pour excès de vitesse de 40 dollars mais qui fait comprendre qu’un paiement de 10 dollars suffirait à faire sauter l’amende. Les 10 dollars que vous payez atterrissent illégalement dans la poche du policier et échappent aux caisses de l’Etat.

Etes-vous à la recherche d'un cadeau de Noël hors du commun?

Yvan Maillard Ardenti est responsable de programmes dans le domaine « Marchés financiers, Dettes et Corruption » à Pain pour le prochain depuis 2010. En outre, il est membre du comité de direction de Transparency International Suisse, une organisation engagée dans la prévention et la lutte contre la corruption.

sations sportives comme la FIFA achètent des voix. La corruption concerne aussi les banques suisses qui ouvrent des comptes pour des personnes corrompues qui ont détourné l’argent de leurs pays (cas du clan de Kadhafi en Lybie ou de Moubarak en Egypte).

Lutter contre la corruption sous toutes ses formes est notre responsabilité à tous : nous devons nous assurer que les ressources disponibles pour financer les projets soient utilisées de manière à avoir le plus d’impact possible sur les populations les plus vulnérables.

« La corruption concerne tous les pays du monde »

Quels sont, pour une organisation, les avantages de développer des programmes et des mesures dans le domaine de la responsabilité, de la responsabilisation et de la lutte contre la corruption? Les avantages sont nombreux : l’organisation bénéficie d’un meilleur contrôle financier et d’une meilleure gestion des risques de fraude et améliore ses services aux bénéficiaires. L’organisation sait aussi se défendre quand des fonctionnaires corrompus réclament des paiements illégaux. Tous ces aspects augmentent la confiance des donateurs et des bailleurs de fonds. L'Armée du Salut collabore avec Pain pour le prochain dans le domaine de la corruption. Comment vivez-vous cette collaboration? Il s’agit d’une collaboration très étroite : l’Armée du Salut et Pain pour le prochain font un travail de pionnier dans le domaine en développant des modules de formation et des outils appropriés. Vous avez pris part à un atelier du programme de lutte contre la corruption proposé par l'Armée du Salut en Afrique australe. Comment l'avez-vous ressenti? Nous avons travaillé trois jours sur la corruption avec des leaders de trois territoires de l’Armée du Salut en Afrique australe (Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud). J’ai été surpris par le fait que les leaders étaient très ouverts pour discuter de ce thème qui est tout de même assez délicat. De plus, tous les trois territoires ont décidé de s’engager dans une démarche de lutte contre la corruption, en développant des Codes de conduite, ce qui est très réjouissant. bfa-ppp.ch | transparency.ch Interview : Thomas Martin

Participants de l’atelier de travail de l’Armée du Salut en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption.


« Une organisation responsable est à l’écoute des gens » « Accountability » est un mot essentiel pour une organisation. Ce mot signifie tout à la fois responsabilisation, responsabilité. La responsabilisation est un concept clé pour toute organisation qui se veut transparente et ouverte afin de répondre au mieux à ses obligations envers le public et ses partenaires. Selon la définition de HAP (Humanitarian Accountability Project), la responsabilisation concerne l’utilisation du pouvoir de manière responsable. La définition va bien au-delà de l’obligation de rendre des comptes. La responsabilisation implique de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et de l’opinion de toutes les parties concernées. Il s’agit d’expliquer le sens, les raisons d’une action ou d’une décision. La responsabilisation, c'est donc le droit d’être entendu et le devoir de répondre. Une organisation responsable est à l’écoute des gens. Elle a mis en place des mécanismes de retour d’information et y apporte une réponse. Une organisation responsable ne se laisse pas forcément influencer dans ses décisions suite aux informations reçues, mais les partage et les traite de manière ouverte et transparente, en respectant la confidentialité. La culture de cette organisation est de faire participer ses partenaires, ses collaborateurs et ses membres aux prises de décision. De cette façon, chacun est responsabilisé. Les moyens à disposition d’une organisation responsable sont : la communication ouverte, des rapports annuels et financiers, des audits externes, des audits sociaux et publics, des mécanismes de retour d’information ainsi que des programmes de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod Responsable programmes « accountability » et anti-corruption

Atelier de travail en Zambie En automne 2012, un atelier de travail dirigé par l’Armée du Salut a eu lieu en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption. Tous les membres de la Direction des Territoires salutistes de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe y ont pris part. L’atelier était organisé par Philip Bates, un collaborateur d’outre-mer suisse, et conduit par Mission & Développement de l’Armée du Salut Suisse et par Pain pour le prochain. Au travers de comptes-rendus de quelques participants, vous pouvez lire comment ils ont vécu cet atelier et de quelle manière ils souhaitent mettre en pratique l’enseignement reçu.

« L’atelier m’a ouvert les yeux. Les discussions de groupe étaient très intéressantes et riches en enseignement. La solidarité des trois Territoires en lutte contre la corruption est encourageante. L’atelier a eu lieu au bon moment et, maintenant, c’est à nous de mettre en pratique ce que nous avons découvert. J’ai beaucoup appris pour ma pratique professionnelle. Nous disposons désormais d’outils pour combattre la corruption. J’ai conscience que la lutte contre la corruption peut encore durer longtemps et qu’elle sera semée d’embûches. Toutefois, avec Dieu, tout est possible. » Lieutenant-colonel Frazer Chalwe Chef des finances de l’Armée du Salut zambienne

« L’atelier a mis en évidence que, même dans les petites affaires, nous devons rendre des comptes et que la corruption a de nombreuses facettes, qui semblent même parfois justifiées ou qui représentent des normes dans la société. Jusqu’à ce jour, l’Armée du Salut a eu une forte influence sur la justice sociale dans le monde et, pour cette raison, il est primordial que des ateliers comme celui-ci se déroulent. Ils aident à comprendre les signes et les conséquences de la corruption et à considérer d’un regard nouveau, le rôle que notre organisation peut jouer. » Capitaine Garth B. Niemand Chef des finances de l’Armée du Salut sud-africaine

« C’était un premier atelier de cette sorte et il m’a appris, qu’en tant que cheffe, mon comportement devait être exemplaire. L’atelier m’a encouragée à travailler de manière transparente et à éviter la corruption sous tous ses aspects. La corruption et l’obligation de rendre compte devraient être thématisées pour tous les membres de l’organisation et les processus internes améliorés et renforcés, afin que l’argent ne finisse pas dans les mauvaises mains. » Lieutenante-colonelle R. Chilyabanyama, Zambie Responsable de la lutte contre le trafic d’êtres humains, Armée du Salut zambienne

« Nous sommes reconnaissants au Territoire Suisse, Autriche et Hongrie, d’avoir rendu l’organisation de cet atelier possible. La corruption est un sujet difficile, il doit cependant absolument être davantage abordé. Depuis la tenue de l’atelier, le sujet nous accompagne dans notre travail, notre service et nos prières. » Lieutenante-colonelle Janine M. Donaldson Présidente territoriale Société & Famille, Armée du Salut sud-africaine

Groupe de travail lors de l’atelier de l’Armée du Salut en Zambie.

Programme pilote sur la thématique de lutte contre la corruption L’Armée du Salut conduit un programme pilote dans les deux Congo sur la thématique de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod a la charge des programmes de responsabilisation (accountability) et de lutte contre la corruption au sein de l’Armée du Salut Suisse. Elle explique ses expériences avec ce programme pilote. Quel est le contenu de ce programme? L’Armée du Salut Suisse soutient depuis de nombreuses années les services médicaux de l’Armée du Salut dans les deux Congo. Dans le cadre de ce partenariat à long terme, un programme pilote de lutte contre la corruption a vu le jour avec l'objectif de renforcer la qualité de la gestion des organisations partenaires de ces deux pays et de mettre en place des systèmes transparents et responsables. En 2011, une première formation a eu lieu à Kinshasa. 30 participants de huit organisations congolaises ont pu se familiariser avec un programme de lutte contre la corruption.

A partir des contributions des participants, un Code de conduite ainsi qu’un manuel de formation pour les formateurs dans le domaine de la lutte contre la corruption ont été élaborés. Le manuel de formation comprend des modules concernant le Code de conduite, les systèmes d'alerte, les stratégies de communication et l'identification des risques au sein d'une organisation. À la suite de l'atelier, les représentants des organisations congolaises se sont concertés afin de mettre en œuvre des systèmes et procédures de lutte contre la corruption au sein de leur propre organisation. Dès 2012, il s’agit de former les collaborateurs, établir un système de lancement d’alerte et élaborer des moyens de communication. Il est prévu de conduire le programme sur plusieurs années, afin de donner suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des différentes étapes. Les expériences acquises à travers ce programme pilote au Congo pourront être partagées auprès du public et ainsi contribuer durablement à soutenir les efforts de lutte contre la corruption, tant au Congo qu’en Suisse.

Comment est né ce projet ? Au fil des visites d’évaluation sur le terrain, des défis comme le phénomène de « pharmacie de poche » (médicaments vendus et non comptabilisés) se sont présentés et plusieurs cas de corruption ont été rapportés. Les deux directeurs des services médicaux de l’Armée du Salut en République démocratique du Congo et en République du Congo désirent éradiquer la corruption au sein de leurs structures et par là même être un exemple dans leurs pays respectifs. En Suisse, les réunions au sein du réseau d’ONG ont montré que la question de la lutte contre la corruption est une préoccupation importante pour toutes les ONG actives au Congo et dans le monde. Conformément à ses convictions chrétiennes et à ses principes, l’Armée du Salut a pris l’initiative de soutenir le programme pilote de lutte contre la corruption au sein des services médicaux au Congo. Quelles sont les difficultés rencontrées dans un tel programme ? Les organisations partenaires, les employés et les personnes bénéficiant d’un projet craignent les représailles. Les dirigeants et les employés ont peur d’être accusés à tort. C’est pourquoi il faut beaucoup de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise en place de systèmes justes afin de vaincre ces obstacles. Même si tous les cas de corruption ne peuvent pas être évités, il faut les dénoncer systématiquement afin d’apprendre à réagir de la bonne manière et chercher des solutions sur le long terme.

Enfin, les organisations en Suisse craignent de perdre la confiance de leurs donateurs, et de ce fait une diminution de leurs ressources. Une telle crainte est injustifiée, car une organisation qui lutte contre la corruption est au contraire une organisation responsable et digne de confiance. Une telle organisation est consciente de l’environnement difficile dans lequel elle travaille et cherche à y faire face par une politique claire et par la mise en œuvre de systèmes contribuant à lutter efficacement contre la corruption. La confiance et la crédibilité de l’organisation sont ainsi renforcées. Quels sont vos souhaits pour l'avenir de ce programme? Nous aimerions poursuivre le programme de lutte contre la corruption durant plusieurs années afin de laisser suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des systèmes et processus. Les expériences acquises à travers ce programme pilote seront partagées auprès du public et vont ainsi contribuer à soutenir les efforts de lutte contre la corruption. Il est nécessaire de coordonner les efforts à tous les niveaux et de partager les expériences afin de combattre efficacement ce fléau mondial. L’Armée du Salut s’engage dans cette direction.

Interview : StopPauvreté 2015

L’Armée du Salut remporte le prix StopPauvreté 2012 dans la catégorie Projet L’Armée du Salut a reçu le prix StopPauvreté dans la catégorie Projet pour son programme de lutte contre la corruption dans les deux Congo. La distinction a été remise à Irène Cherpillod, responsable du projet, lors de la Conférence StopPauvreté, qui s’est déroulée le samedi 15 septembre à Thoune. Le jury du prix StopPauvreté, catégorie Projet, est convaincu du programme de l’Armée du Salut sur tous les aspects : le projet est ancré localement, il tient compte du contexte culturel et thématique et constitue un modèle applicable pour d’autres régions et pays. Irène Cherpillod, collaboratrice de l’Armée du Salut Suisse et responsable de ce projet, se réjouit du succès obtenu. Lors de son discours de remerciement, elle a rappelé aux participants à la Conférence que la corruption tue et détruit la société. La corruption constitue un frein au développement. Elle a insisté sur l’importance pour chacun de garder les yeux ouverts et d’agir avec courage et engagement contre la corruption.

Le prix StopPauvreté récompense des activités et œuvres de personnes qui s’engagent pour la sensibilisation de la population suisse aux objectifs du millénaire de l’ONU, ou qui sont actives dans la lutte contre la pauvreté. Ce prix annuel se veut une motivation pour les chrétiens suisses à s’engager toujours davantage pour la justice. stoppauvrete.ch


« Une organisation responsable est à l’écoute des gens » « Accountability » est un mot essentiel pour une organisation. Ce mot signifie tout à la fois responsabilisation, responsabilité. La responsabilisation est un concept clé pour toute organisation qui se veut transparente et ouverte afin de répondre au mieux à ses obligations envers le public et ses partenaires. Selon la définition de HAP (Humanitarian Accountability Project), la responsabilisation concerne l’utilisation du pouvoir de manière responsable. La définition va bien au-delà de l’obligation de rendre des comptes. La responsabilisation implique de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et de l’opinion de toutes les parties concernées. Il s’agit d’expliquer le sens, les raisons d’une action ou d’une décision. La responsabilisation, c'est donc le droit d’être entendu et le devoir de répondre. Une organisation responsable est à l’écoute des gens. Elle a mis en place des mécanismes de retour d’information et y apporte une réponse. Une organisation responsable ne se laisse pas forcément influencer dans ses décisions suite aux informations reçues, mais les partage et les traite de manière ouverte et transparente, en respectant la confidentialité. La culture de cette organisation est de faire participer ses partenaires, ses collaborateurs et ses membres aux prises de décision. De cette façon, chacun est responsabilisé. Les moyens à disposition d’une organisation responsable sont : la communication ouverte, des rapports annuels et financiers, des audits externes, des audits sociaux et publics, des mécanismes de retour d’information ainsi que des programmes de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod Responsable programmes « accountability » et anti-corruption

Atelier de travail en Zambie En automne 2012, un atelier de travail dirigé par l’Armée du Salut a eu lieu en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption. Tous les membres de la Direction des Territoires salutistes de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe y ont pris part. L’atelier était organisé par Philip Bates, un collaborateur d’outre-mer suisse, et conduit par Mission & Développement de l’Armée du Salut Suisse et par Pain pour le prochain. Au travers de comptes-rendus de quelques participants, vous pouvez lire comment ils ont vécu cet atelier et de quelle manière ils souhaitent mettre en pratique l’enseignement reçu.

« L’atelier m’a ouvert les yeux. Les discussions de groupe étaient très intéressantes et riches en enseignement. La solidarité des trois Territoires en lutte contre la corruption est encourageante. L’atelier a eu lieu au bon moment et, maintenant, c’est à nous de mettre en pratique ce que nous avons découvert. J’ai beaucoup appris pour ma pratique professionnelle. Nous disposons désormais d’outils pour combattre la corruption. J’ai conscience que la lutte contre la corruption peut encore durer longtemps et qu’elle sera semée d’embûches. Toutefois, avec Dieu, tout est possible. » Lieutenant-colonel Frazer Chalwe Chef des finances de l’Armée du Salut zambienne

« L’atelier a mis en évidence que, même dans les petites affaires, nous devons rendre des comptes et que la corruption a de nombreuses facettes, qui semblent même parfois justifiées ou qui représentent des normes dans la société. Jusqu’à ce jour, l’Armée du Salut a eu une forte influence sur la justice sociale dans le monde et, pour cette raison, il est primordial que des ateliers comme celui-ci se déroulent. Ils aident à comprendre les signes et les conséquences de la corruption et à considérer d’un regard nouveau, le rôle que notre organisation peut jouer. » Capitaine Garth B. Niemand Chef des finances de l’Armée du Salut sud-africaine

« C’était un premier atelier de cette sorte et il m’a appris, qu’en tant que cheffe, mon comportement devait être exemplaire. L’atelier m’a encouragée à travailler de manière transparente et à éviter la corruption sous tous ses aspects. La corruption et l’obligation de rendre compte devraient être thématisées pour tous les membres de l’organisation et les processus internes améliorés et renforcés, afin que l’argent ne finisse pas dans les mauvaises mains. » Lieutenante-colonelle R. Chilyabanyama, Zambie Responsable de la lutte contre le trafic d’êtres humains, Armée du Salut zambienne

« Nous sommes reconnaissants au Territoire Suisse, Autriche et Hongrie, d’avoir rendu l’organisation de cet atelier possible. La corruption est un sujet difficile, il doit cependant absolument être davantage abordé. Depuis la tenue de l’atelier, le sujet nous accompagne dans notre travail, notre service et nos prières. » Lieutenante-colonelle Janine M. Donaldson Présidente territoriale Société & Famille, Armée du Salut sud-africaine

Groupe de travail lors de l’atelier de l’Armée du Salut en Zambie.

Programme pilote sur la thématique de lutte contre la corruption L’Armée du Salut conduit un programme pilote dans les deux Congo sur la thématique de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod a la charge des programmes de responsabilisation (accountability) et de lutte contre la corruption au sein de l’Armée du Salut Suisse. Elle explique ses expériences avec ce programme pilote. Quel est le contenu de ce programme? L’Armée du Salut Suisse soutient depuis de nombreuses années les services médicaux de l’Armée du Salut dans les deux Congo. Dans le cadre de ce partenariat à long terme, un programme pilote de lutte contre la corruption a vu le jour avec l'objectif de renforcer la qualité de la gestion des organisations partenaires de ces deux pays et de mettre en place des systèmes transparents et responsables. En 2011, une première formation a eu lieu à Kinshasa. 30 participants de huit organisations congolaises ont pu se familiariser avec un programme de lutte contre la corruption.

A partir des contributions des participants, un Code de conduite ainsi qu’un manuel de formation pour les formateurs dans le domaine de la lutte contre la corruption ont été élaborés. Le manuel de formation comprend des modules concernant le Code de conduite, les systèmes d'alerte, les stratégies de communication et l'identification des risques au sein d'une organisation. À la suite de l'atelier, les représentants des organisations congolaises se sont concertés afin de mettre en œuvre des systèmes et procédures de lutte contre la corruption au sein de leur propre organisation. Dès 2012, il s’agit de former les collaborateurs, établir un système de lancement d’alerte et élaborer des moyens de communication. Il est prévu de conduire le programme sur plusieurs années, afin de donner suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des différentes étapes. Les expériences acquises à travers ce programme pilote au Congo pourront être partagées auprès du public et ainsi contribuer durablement à soutenir les efforts de lutte contre la corruption, tant au Congo qu’en Suisse.

Comment est né ce projet ? Au fil des visites d’évaluation sur le terrain, des défis comme le phénomène de « pharmacie de poche » (médicaments vendus et non comptabilisés) se sont présentés et plusieurs cas de corruption ont été rapportés. Les deux directeurs des services médicaux de l’Armée du Salut en République démocratique du Congo et en République du Congo désirent éradiquer la corruption au sein de leurs structures et par là même être un exemple dans leurs pays respectifs. En Suisse, les réunions au sein du réseau d’ONG ont montré que la question de la lutte contre la corruption est une préoccupation importante pour toutes les ONG actives au Congo et dans le monde. Conformément à ses convictions chrétiennes et à ses principes, l’Armée du Salut a pris l’initiative de soutenir le programme pilote de lutte contre la corruption au sein des services médicaux au Congo. Quelles sont les difficultés rencontrées dans un tel programme ? Les organisations partenaires, les employés et les personnes bénéficiant d’un projet craignent les représailles. Les dirigeants et les employés ont peur d’être accusés à tort. C’est pourquoi il faut beaucoup de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise en place de systèmes justes afin de vaincre ces obstacles. Même si tous les cas de corruption ne peuvent pas être évités, il faut les dénoncer systématiquement afin d’apprendre à réagir de la bonne manière et chercher des solutions sur le long terme.

Enfin, les organisations en Suisse craignent de perdre la confiance de leurs donateurs, et de ce fait une diminution de leurs ressources. Une telle crainte est injustifiée, car une organisation qui lutte contre la corruption est au contraire une organisation responsable et digne de confiance. Une telle organisation est consciente de l’environnement difficile dans lequel elle travaille et cherche à y faire face par une politique claire et par la mise en œuvre de systèmes contribuant à lutter efficacement contre la corruption. La confiance et la crédibilité de l’organisation sont ainsi renforcées. Quels sont vos souhaits pour l'avenir de ce programme? Nous aimerions poursuivre le programme de lutte contre la corruption durant plusieurs années afin de laisser suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des systèmes et processus. Les expériences acquises à travers ce programme pilote seront partagées auprès du public et vont ainsi contribuer à soutenir les efforts de lutte contre la corruption. Il est nécessaire de coordonner les efforts à tous les niveaux et de partager les expériences afin de combattre efficacement ce fléau mondial. L’Armée du Salut s’engage dans cette direction.

Interview : StopPauvreté 2015

L’Armée du Salut remporte le prix StopPauvreté 2012 dans la catégorie Projet L’Armée du Salut a reçu le prix StopPauvreté dans la catégorie Projet pour son programme de lutte contre la corruption dans les deux Congo. La distinction a été remise à Irène Cherpillod, responsable du projet, lors de la Conférence StopPauvreté, qui s’est déroulée le samedi 15 septembre à Thoune. Le jury du prix StopPauvreté, catégorie Projet, est convaincu du programme de l’Armée du Salut sur tous les aspects : le projet est ancré localement, il tient compte du contexte culturel et thématique et constitue un modèle applicable pour d’autres régions et pays. Irène Cherpillod, collaboratrice de l’Armée du Salut Suisse et responsable de ce projet, se réjouit du succès obtenu. Lors de son discours de remerciement, elle a rappelé aux participants à la Conférence que la corruption tue et détruit la société. La corruption constitue un frein au développement. Elle a insisté sur l’importance pour chacun de garder les yeux ouverts et d’agir avec courage et engagement contre la corruption.

Le prix StopPauvreté récompense des activités et œuvres de personnes qui s’engagent pour la sensibilisation de la population suisse aux objectifs du millénaire de l’ONU, ou qui sont actives dans la lutte contre la pauvreté. Ce prix annuel se veut une motivation pour les chrétiens suisses à s’engager toujours davantage pour la justice. stoppauvrete.ch


« Une organisation responsable est à l’écoute des gens » « Accountability » est un mot essentiel pour une organisation. Ce mot signifie tout à la fois responsabilisation, responsabilité. La responsabilisation est un concept clé pour toute organisation qui se veut transparente et ouverte afin de répondre au mieux à ses obligations envers le public et ses partenaires. Selon la définition de HAP (Humanitarian Accountability Project), la responsabilisation concerne l’utilisation du pouvoir de manière responsable. La définition va bien au-delà de l’obligation de rendre des comptes. La responsabilisation implique de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et de l’opinion de toutes les parties concernées. Il s’agit d’expliquer le sens, les raisons d’une action ou d’une décision. La responsabilisation, c'est donc le droit d’être entendu et le devoir de répondre. Une organisation responsable est à l’écoute des gens. Elle a mis en place des mécanismes de retour d’information et y apporte une réponse. Une organisation responsable ne se laisse pas forcément influencer dans ses décisions suite aux informations reçues, mais les partage et les traite de manière ouverte et transparente, en respectant la confidentialité. La culture de cette organisation est de faire participer ses partenaires, ses collaborateurs et ses membres aux prises de décision. De cette façon, chacun est responsabilisé. Les moyens à disposition d’une organisation responsable sont : la communication ouverte, des rapports annuels et financiers, des audits externes, des audits sociaux et publics, des mécanismes de retour d’information ainsi que des programmes de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod Responsable programmes « accountability » et anti-corruption

Atelier de travail en Zambie En automne 2012, un atelier de travail dirigé par l’Armée du Salut a eu lieu en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption. Tous les membres de la Direction des Territoires salutistes de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe y ont pris part. L’atelier était organisé par Philip Bates, un collaborateur d’outre-mer suisse, et conduit par Mission & Développement de l’Armée du Salut Suisse et par Pain pour le prochain. Au travers de comptes-rendus de quelques participants, vous pouvez lire comment ils ont vécu cet atelier et de quelle manière ils souhaitent mettre en pratique l’enseignement reçu.

« L’atelier m’a ouvert les yeux. Les discussions de groupe étaient très intéressantes et riches en enseignement. La solidarité des trois Territoires en lutte contre la corruption est encourageante. L’atelier a eu lieu au bon moment et, maintenant, c’est à nous de mettre en pratique ce que nous avons découvert. J’ai beaucoup appris pour ma pratique professionnelle. Nous disposons désormais d’outils pour combattre la corruption. J’ai conscience que la lutte contre la corruption peut encore durer longtemps et qu’elle sera semée d’embûches. Toutefois, avec Dieu, tout est possible. » Lieutenant-colonel Frazer Chalwe Chef des finances de l’Armée du Salut zambienne

« L’atelier a mis en évidence que, même dans les petites affaires, nous devons rendre des comptes et que la corruption a de nombreuses facettes, qui semblent même parfois justifiées ou qui représentent des normes dans la société. Jusqu’à ce jour, l’Armée du Salut a eu une forte influence sur la justice sociale dans le monde et, pour cette raison, il est primordial que des ateliers comme celui-ci se déroulent. Ils aident à comprendre les signes et les conséquences de la corruption et à considérer d’un regard nouveau, le rôle que notre organisation peut jouer. » Capitaine Garth B. Niemand Chef des finances de l’Armée du Salut sud-africaine

« C’était un premier atelier de cette sorte et il m’a appris, qu’en tant que cheffe, mon comportement devait être exemplaire. L’atelier m’a encouragée à travailler de manière transparente et à éviter la corruption sous tous ses aspects. La corruption et l’obligation de rendre compte devraient être thématisées pour tous les membres de l’organisation et les processus internes améliorés et renforcés, afin que l’argent ne finisse pas dans les mauvaises mains. » Lieutenante-colonelle R. Chilyabanyama, Zambie Responsable de la lutte contre le trafic d’êtres humains, Armée du Salut zambienne

« Nous sommes reconnaissants au Territoire Suisse, Autriche et Hongrie, d’avoir rendu l’organisation de cet atelier possible. La corruption est un sujet difficile, il doit cependant absolument être davantage abordé. Depuis la tenue de l’atelier, le sujet nous accompagne dans notre travail, notre service et nos prières. » Lieutenante-colonelle Janine M. Donaldson Présidente territoriale Société & Famille, Armée du Salut sud-africaine

Groupe de travail lors de l’atelier de l’Armée du Salut en Zambie.

Programme pilote sur la thématique de lutte contre la corruption L’Armée du Salut conduit un programme pilote dans les deux Congo sur la thématique de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod a la charge des programmes de responsabilisation (accountability) et de lutte contre la corruption au sein de l’Armée du Salut Suisse. Elle explique ses expériences avec ce programme pilote. Quel est le contenu de ce programme? L’Armée du Salut Suisse soutient depuis de nombreuses années les services médicaux de l’Armée du Salut dans les deux Congo. Dans le cadre de ce partenariat à long terme, un programme pilote de lutte contre la corruption a vu le jour avec l'objectif de renforcer la qualité de la gestion des organisations partenaires de ces deux pays et de mettre en place des systèmes transparents et responsables. En 2011, une première formation a eu lieu à Kinshasa. 30 participants de huit organisations congolaises ont pu se familiariser avec un programme de lutte contre la corruption.

A partir des contributions des participants, un Code de conduite ainsi qu’un manuel de formation pour les formateurs dans le domaine de la lutte contre la corruption ont été élaborés. Le manuel de formation comprend des modules concernant le Code de conduite, les systèmes d'alerte, les stratégies de communication et l'identification des risques au sein d'une organisation. À la suite de l'atelier, les représentants des organisations congolaises se sont concertés afin de mettre en œuvre des systèmes et procédures de lutte contre la corruption au sein de leur propre organisation. Dès 2012, il s’agit de former les collaborateurs, établir un système de lancement d’alerte et élaborer des moyens de communication. Il est prévu de conduire le programme sur plusieurs années, afin de donner suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des différentes étapes. Les expériences acquises à travers ce programme pilote au Congo pourront être partagées auprès du public et ainsi contribuer durablement à soutenir les efforts de lutte contre la corruption, tant au Congo qu’en Suisse.

Comment est né ce projet ? Au fil des visites d’évaluation sur le terrain, des défis comme le phénomène de « pharmacie de poche » (médicaments vendus et non comptabilisés) se sont présentés et plusieurs cas de corruption ont été rapportés. Les deux directeurs des services médicaux de l’Armée du Salut en République démocratique du Congo et en République du Congo désirent éradiquer la corruption au sein de leurs structures et par là même être un exemple dans leurs pays respectifs. En Suisse, les réunions au sein du réseau d’ONG ont montré que la question de la lutte contre la corruption est une préoccupation importante pour toutes les ONG actives au Congo et dans le monde. Conformément à ses convictions chrétiennes et à ses principes, l’Armée du Salut a pris l’initiative de soutenir le programme pilote de lutte contre la corruption au sein des services médicaux au Congo. Quelles sont les difficultés rencontrées dans un tel programme ? Les organisations partenaires, les employés et les personnes bénéficiant d’un projet craignent les représailles. Les dirigeants et les employés ont peur d’être accusés à tort. C’est pourquoi il faut beaucoup de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise en place de systèmes justes afin de vaincre ces obstacles. Même si tous les cas de corruption ne peuvent pas être évités, il faut les dénoncer systématiquement afin d’apprendre à réagir de la bonne manière et chercher des solutions sur le long terme.

Enfin, les organisations en Suisse craignent de perdre la confiance de leurs donateurs, et de ce fait une diminution de leurs ressources. Une telle crainte est injustifiée, car une organisation qui lutte contre la corruption est au contraire une organisation responsable et digne de confiance. Une telle organisation est consciente de l’environnement difficile dans lequel elle travaille et cherche à y faire face par une politique claire et par la mise en œuvre de systèmes contribuant à lutter efficacement contre la corruption. La confiance et la crédibilité de l’organisation sont ainsi renforcées. Quels sont vos souhaits pour l'avenir de ce programme? Nous aimerions poursuivre le programme de lutte contre la corruption durant plusieurs années afin de laisser suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des systèmes et processus. Les expériences acquises à travers ce programme pilote seront partagées auprès du public et vont ainsi contribuer à soutenir les efforts de lutte contre la corruption. Il est nécessaire de coordonner les efforts à tous les niveaux et de partager les expériences afin de combattre efficacement ce fléau mondial. L’Armée du Salut s’engage dans cette direction.

Interview : StopPauvreté 2015

L’Armée du Salut remporte le prix StopPauvreté 2012 dans la catégorie Projet L’Armée du Salut a reçu le prix StopPauvreté dans la catégorie Projet pour son programme de lutte contre la corruption dans les deux Congo. La distinction a été remise à Irène Cherpillod, responsable du projet, lors de la Conférence StopPauvreté, qui s’est déroulée le samedi 15 septembre à Thoune. Le jury du prix StopPauvreté, catégorie Projet, est convaincu du programme de l’Armée du Salut sur tous les aspects : le projet est ancré localement, il tient compte du contexte culturel et thématique et constitue un modèle applicable pour d’autres régions et pays. Irène Cherpillod, collaboratrice de l’Armée du Salut Suisse et responsable de ce projet, se réjouit du succès obtenu. Lors de son discours de remerciement, elle a rappelé aux participants à la Conférence que la corruption tue et détruit la société. La corruption constitue un frein au développement. Elle a insisté sur l’importance pour chacun de garder les yeux ouverts et d’agir avec courage et engagement contre la corruption.

Le prix StopPauvreté récompense des activités et œuvres de personnes qui s’engagent pour la sensibilisation de la population suisse aux objectifs du millénaire de l’ONU, ou qui sont actives dans la lutte contre la pauvreté. Ce prix annuel se veut une motivation pour les chrétiens suisses à s’engager toujours davantage pour la justice. stoppauvrete.ch


« Une organisation responsable est à l’écoute des gens » « Accountability » est un mot essentiel pour une organisation. Ce mot signifie tout à la fois responsabilisation, responsabilité. La responsabilisation est un concept clé pour toute organisation qui se veut transparente et ouverte afin de répondre au mieux à ses obligations envers le public et ses partenaires. Selon la définition de HAP (Humanitarian Accountability Project), la responsabilisation concerne l’utilisation du pouvoir de manière responsable. La définition va bien au-delà de l’obligation de rendre des comptes. La responsabilisation implique de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et de l’opinion de toutes les parties concernées. Il s’agit d’expliquer le sens, les raisons d’une action ou d’une décision. La responsabilisation, c'est donc le droit d’être entendu et le devoir de répondre. Une organisation responsable est à l’écoute des gens. Elle a mis en place des mécanismes de retour d’information et y apporte une réponse. Une organisation responsable ne se laisse pas forcément influencer dans ses décisions suite aux informations reçues, mais les partage et les traite de manière ouverte et transparente, en respectant la confidentialité. La culture de cette organisation est de faire participer ses partenaires, ses collaborateurs et ses membres aux prises de décision. De cette façon, chacun est responsabilisé. Les moyens à disposition d’une organisation responsable sont : la communication ouverte, des rapports annuels et financiers, des audits externes, des audits sociaux et publics, des mécanismes de retour d’information ainsi que des programmes de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod Responsable programmes « accountability » et anti-corruption

Atelier de travail en Zambie En automne 2012, un atelier de travail dirigé par l’Armée du Salut a eu lieu en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption. Tous les membres de la Direction des Territoires salutistes de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe y ont pris part. L’atelier était organisé par Philip Bates, un collaborateur d’outre-mer suisse, et conduit par Mission & Développement de l’Armée du Salut Suisse et par Pain pour le prochain. Au travers de comptes-rendus de quelques participants, vous pouvez lire comment ils ont vécu cet atelier et de quelle manière ils souhaitent mettre en pratique l’enseignement reçu.

« L’atelier m’a ouvert les yeux. Les discussions de groupe étaient très intéressantes et riches en enseignement. La solidarité des trois Territoires en lutte contre la corruption est encourageante. L’atelier a eu lieu au bon moment et, maintenant, c’est à nous de mettre en pratique ce que nous avons découvert. J’ai beaucoup appris pour ma pratique professionnelle. Nous disposons désormais d’outils pour combattre la corruption. J’ai conscience que la lutte contre la corruption peut encore durer longtemps et qu’elle sera semée d’embûches. Toutefois, avec Dieu, tout est possible. » Lieutenant-colonel Frazer Chalwe Chef des finances de l’Armée du Salut zambienne

« L’atelier a mis en évidence que, même dans les petites affaires, nous devons rendre des comptes et que la corruption a de nombreuses facettes, qui semblent même parfois justifiées ou qui représentent des normes dans la société. Jusqu’à ce jour, l’Armée du Salut a eu une forte influence sur la justice sociale dans le monde et, pour cette raison, il est primordial que des ateliers comme celui-ci se déroulent. Ils aident à comprendre les signes et les conséquences de la corruption et à considérer d’un regard nouveau, le rôle que notre organisation peut jouer. » Capitaine Garth B. Niemand Chef des finances de l’Armée du Salut sud-africaine

« C’était un premier atelier de cette sorte et il m’a appris, qu’en tant que cheffe, mon comportement devait être exemplaire. L’atelier m’a encouragée à travailler de manière transparente et à éviter la corruption sous tous ses aspects. La corruption et l’obligation de rendre compte devraient être thématisées pour tous les membres de l’organisation et les processus internes améliorés et renforcés, afin que l’argent ne finisse pas dans les mauvaises mains. » Lieutenante-colonelle R. Chilyabanyama, Zambie Responsable de la lutte contre le trafic d’êtres humains, Armée du Salut zambienne

« Nous sommes reconnaissants au Territoire Suisse, Autriche et Hongrie, d’avoir rendu l’organisation de cet atelier possible. La corruption est un sujet difficile, il doit cependant absolument être davantage abordé. Depuis la tenue de l’atelier, le sujet nous accompagne dans notre travail, notre service et nos prières. » Lieutenante-colonelle Janine M. Donaldson Présidente territoriale Société & Famille, Armée du Salut sud-africaine

Groupe de travail lors de l’atelier de l’Armée du Salut en Zambie.

Programme pilote sur la thématique de lutte contre la corruption L’Armée du Salut conduit un programme pilote dans les deux Congo sur la thématique de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod a la charge des programmes de responsabilisation (accountability) et de lutte contre la corruption au sein de l’Armée du Salut Suisse. Elle explique ses expériences avec ce programme pilote. Quel est le contenu de ce programme? L’Armée du Salut Suisse soutient depuis de nombreuses années les services médicaux de l’Armée du Salut dans les deux Congo. Dans le cadre de ce partenariat à long terme, un programme pilote de lutte contre la corruption a vu le jour avec l'objectif de renforcer la qualité de la gestion des organisations partenaires de ces deux pays et de mettre en place des systèmes transparents et responsables. En 2011, une première formation a eu lieu à Kinshasa. 30 participants de huit organisations congolaises ont pu se familiariser avec un programme de lutte contre la corruption.

A partir des contributions des participants, un Code de conduite ainsi qu’un manuel de formation pour les formateurs dans le domaine de la lutte contre la corruption ont été élaborés. Le manuel de formation comprend des modules concernant le Code de conduite, les systèmes d'alerte, les stratégies de communication et l'identification des risques au sein d'une organisation. À la suite de l'atelier, les représentants des organisations congolaises se sont concertés afin de mettre en œuvre des systèmes et procédures de lutte contre la corruption au sein de leur propre organisation. Dès 2012, il s’agit de former les collaborateurs, établir un système de lancement d’alerte et élaborer des moyens de communication. Il est prévu de conduire le programme sur plusieurs années, afin de donner suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des différentes étapes. Les expériences acquises à travers ce programme pilote au Congo pourront être partagées auprès du public et ainsi contribuer durablement à soutenir les efforts de lutte contre la corruption, tant au Congo qu’en Suisse.

Comment est né ce projet ? Au fil des visites d’évaluation sur le terrain, des défis comme le phénomène de « pharmacie de poche » (médicaments vendus et non comptabilisés) se sont présentés et plusieurs cas de corruption ont été rapportés. Les deux directeurs des services médicaux de l’Armée du Salut en République démocratique du Congo et en République du Congo désirent éradiquer la corruption au sein de leurs structures et par là même être un exemple dans leurs pays respectifs. En Suisse, les réunions au sein du réseau d’ONG ont montré que la question de la lutte contre la corruption est une préoccupation importante pour toutes les ONG actives au Congo et dans le monde. Conformément à ses convictions chrétiennes et à ses principes, l’Armée du Salut a pris l’initiative de soutenir le programme pilote de lutte contre la corruption au sein des services médicaux au Congo. Quelles sont les difficultés rencontrées dans un tel programme ? Les organisations partenaires, les employés et les personnes bénéficiant d’un projet craignent les représailles. Les dirigeants et les employés ont peur d’être accusés à tort. C’est pourquoi il faut beaucoup de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise en place de systèmes justes afin de vaincre ces obstacles. Même si tous les cas de corruption ne peuvent pas être évités, il faut les dénoncer systématiquement afin d’apprendre à réagir de la bonne manière et chercher des solutions sur le long terme.

Enfin, les organisations en Suisse craignent de perdre la confiance de leurs donateurs, et de ce fait une diminution de leurs ressources. Une telle crainte est injustifiée, car une organisation qui lutte contre la corruption est au contraire une organisation responsable et digne de confiance. Une telle organisation est consciente de l’environnement difficile dans lequel elle travaille et cherche à y faire face par une politique claire et par la mise en œuvre de systèmes contribuant à lutter efficacement contre la corruption. La confiance et la crédibilité de l’organisation sont ainsi renforcées. Quels sont vos souhaits pour l'avenir de ce programme? Nous aimerions poursuivre le programme de lutte contre la corruption durant plusieurs années afin de laisser suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des systèmes et processus. Les expériences acquises à travers ce programme pilote seront partagées auprès du public et vont ainsi contribuer à soutenir les efforts de lutte contre la corruption. Il est nécessaire de coordonner les efforts à tous les niveaux et de partager les expériences afin de combattre efficacement ce fléau mondial. L’Armée du Salut s’engage dans cette direction.

Interview : StopPauvreté 2015

L’Armée du Salut remporte le prix StopPauvreté 2012 dans la catégorie Projet L’Armée du Salut a reçu le prix StopPauvreté dans la catégorie Projet pour son programme de lutte contre la corruption dans les deux Congo. La distinction a été remise à Irène Cherpillod, responsable du projet, lors de la Conférence StopPauvreté, qui s’est déroulée le samedi 15 septembre à Thoune. Le jury du prix StopPauvreté, catégorie Projet, est convaincu du programme de l’Armée du Salut sur tous les aspects : le projet est ancré localement, il tient compte du contexte culturel et thématique et constitue un modèle applicable pour d’autres régions et pays. Irène Cherpillod, collaboratrice de l’Armée du Salut Suisse et responsable de ce projet, se réjouit du succès obtenu. Lors de son discours de remerciement, elle a rappelé aux participants à la Conférence que la corruption tue et détruit la société. La corruption constitue un frein au développement. Elle a insisté sur l’importance pour chacun de garder les yeux ouverts et d’agir avec courage et engagement contre la corruption.

Le prix StopPauvreté récompense des activités et œuvres de personnes qui s’engagent pour la sensibilisation de la population suisse aux objectifs du millénaire de l’ONU, ou qui sont actives dans la lutte contre la pauvreté. Ce prix annuel se veut une motivation pour les chrétiens suisses à s’engager toujours davantage pour la justice. stoppauvrete.ch


« Une organisation responsable est à l’écoute des gens » « Accountability » est un mot essentiel pour une organisation. Ce mot signifie tout à la fois responsabilisation, responsabilité. La responsabilisation est un concept clé pour toute organisation qui se veut transparente et ouverte afin de répondre au mieux à ses obligations envers le public et ses partenaires. Selon la définition de HAP (Humanitarian Accountability Project), la responsabilisation concerne l’utilisation du pouvoir de manière responsable. La définition va bien au-delà de l’obligation de rendre des comptes. La responsabilisation implique de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et de l’opinion de toutes les parties concernées. Il s’agit d’expliquer le sens, les raisons d’une action ou d’une décision. La responsabilisation, c'est donc le droit d’être entendu et le devoir de répondre. Une organisation responsable est à l’écoute des gens. Elle a mis en place des mécanismes de retour d’information et y apporte une réponse. Une organisation responsable ne se laisse pas forcément influencer dans ses décisions suite aux informations reçues, mais les partage et les traite de manière ouverte et transparente, en respectant la confidentialité. La culture de cette organisation est de faire participer ses partenaires, ses collaborateurs et ses membres aux prises de décision. De cette façon, chacun est responsabilisé. Les moyens à disposition d’une organisation responsable sont : la communication ouverte, des rapports annuels et financiers, des audits externes, des audits sociaux et publics, des mécanismes de retour d’information ainsi que des programmes de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod Responsable programmes « accountability » et anti-corruption

Atelier de travail en Zambie En automne 2012, un atelier de travail dirigé par l’Armée du Salut a eu lieu en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption. Tous les membres de la Direction des Territoires salutistes de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe y ont pris part. L’atelier était organisé par Philip Bates, un collaborateur d’outre-mer suisse, et conduit par Mission & Développement de l’Armée du Salut Suisse et par Pain pour le prochain. Au travers de comptes-rendus de quelques participants, vous pouvez lire comment ils ont vécu cet atelier et de quelle manière ils souhaitent mettre en pratique l’enseignement reçu.

« L’atelier m’a ouvert les yeux. Les discussions de groupe étaient très intéressantes et riches en enseignement. La solidarité des trois Territoires en lutte contre la corruption est encourageante. L’atelier a eu lieu au bon moment et, maintenant, c’est à nous de mettre en pratique ce que nous avons découvert. J’ai beaucoup appris pour ma pratique professionnelle. Nous disposons désormais d’outils pour combattre la corruption. J’ai conscience que la lutte contre la corruption peut encore durer longtemps et qu’elle sera semée d’embûches. Toutefois, avec Dieu, tout est possible. » Lieutenant-colonel Frazer Chalwe Chef des finances de l’Armée du Salut zambienne

« L’atelier a mis en évidence que, même dans les petites affaires, nous devons rendre des comptes et que la corruption a de nombreuses facettes, qui semblent même parfois justifiées ou qui représentent des normes dans la société. Jusqu’à ce jour, l’Armée du Salut a eu une forte influence sur la justice sociale dans le monde et, pour cette raison, il est primordial que des ateliers comme celui-ci se déroulent. Ils aident à comprendre les signes et les conséquences de la corruption et à considérer d’un regard nouveau, le rôle que notre organisation peut jouer. » Capitaine Garth B. Niemand Chef des finances de l’Armée du Salut sud-africaine

« C’était un premier atelier de cette sorte et il m’a appris, qu’en tant que cheffe, mon comportement devait être exemplaire. L’atelier m’a encouragée à travailler de manière transparente et à éviter la corruption sous tous ses aspects. La corruption et l’obligation de rendre compte devraient être thématisées pour tous les membres de l’organisation et les processus internes améliorés et renforcés, afin que l’argent ne finisse pas dans les mauvaises mains. » Lieutenante-colonelle R. Chilyabanyama, Zambie Responsable de la lutte contre le trafic d’êtres humains, Armée du Salut zambienne

« Nous sommes reconnaissants au Territoire Suisse, Autriche et Hongrie, d’avoir rendu l’organisation de cet atelier possible. La corruption est un sujet difficile, il doit cependant absolument être davantage abordé. Depuis la tenue de l’atelier, le sujet nous accompagne dans notre travail, notre service et nos prières. » Lieutenante-colonelle Janine M. Donaldson Présidente territoriale Société & Famille, Armée du Salut sud-africaine

Groupe de travail lors de l’atelier de l’Armée du Salut en Zambie.

Programme pilote sur la thématique de lutte contre la corruption L’Armée du Salut conduit un programme pilote dans les deux Congo sur la thématique de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod a la charge des programmes de responsabilisation (accountability) et de lutte contre la corruption au sein de l’Armée du Salut Suisse. Elle explique ses expériences avec ce programme pilote. Quel est le contenu de ce programme? L’Armée du Salut Suisse soutient depuis de nombreuses années les services médicaux de l’Armée du Salut dans les deux Congo. Dans le cadre de ce partenariat à long terme, un programme pilote de lutte contre la corruption a vu le jour avec l'objectif de renforcer la qualité de la gestion des organisations partenaires de ces deux pays et de mettre en place des systèmes transparents et responsables. En 2011, une première formation a eu lieu à Kinshasa. 30 participants de huit organisations congolaises ont pu se familiariser avec un programme de lutte contre la corruption.

A partir des contributions des participants, un Code de conduite ainsi qu’un manuel de formation pour les formateurs dans le domaine de la lutte contre la corruption ont été élaborés. Le manuel de formation comprend des modules concernant le Code de conduite, les systèmes d'alerte, les stratégies de communication et l'identification des risques au sein d'une organisation. À la suite de l'atelier, les représentants des organisations congolaises se sont concertés afin de mettre en œuvre des systèmes et procédures de lutte contre la corruption au sein de leur propre organisation. Dès 2012, il s’agit de former les collaborateurs, établir un système de lancement d’alerte et élaborer des moyens de communication. Il est prévu de conduire le programme sur plusieurs années, afin de donner suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des différentes étapes. Les expériences acquises à travers ce programme pilote au Congo pourront être partagées auprès du public et ainsi contribuer durablement à soutenir les efforts de lutte contre la corruption, tant au Congo qu’en Suisse.

Comment est né ce projet ? Au fil des visites d’évaluation sur le terrain, des défis comme le phénomène de « pharmacie de poche » (médicaments vendus et non comptabilisés) se sont présentés et plusieurs cas de corruption ont été rapportés. Les deux directeurs des services médicaux de l’Armée du Salut en République démocratique du Congo et en République du Congo désirent éradiquer la corruption au sein de leurs structures et par là même être un exemple dans leurs pays respectifs. En Suisse, les réunions au sein du réseau d’ONG ont montré que la question de la lutte contre la corruption est une préoccupation importante pour toutes les ONG actives au Congo et dans le monde. Conformément à ses convictions chrétiennes et à ses principes, l’Armée du Salut a pris l’initiative de soutenir le programme pilote de lutte contre la corruption au sein des services médicaux au Congo. Quelles sont les difficultés rencontrées dans un tel programme ? Les organisations partenaires, les employés et les personnes bénéficiant d’un projet craignent les représailles. Les dirigeants et les employés ont peur d’être accusés à tort. C’est pourquoi il faut beaucoup de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise en place de systèmes justes afin de vaincre ces obstacles. Même si tous les cas de corruption ne peuvent pas être évités, il faut les dénoncer systématiquement afin d’apprendre à réagir de la bonne manière et chercher des solutions sur le long terme.

Enfin, les organisations en Suisse craignent de perdre la confiance de leurs donateurs, et de ce fait une diminution de leurs ressources. Une telle crainte est injustifiée, car une organisation qui lutte contre la corruption est au contraire une organisation responsable et digne de confiance. Une telle organisation est consciente de l’environnement difficile dans lequel elle travaille et cherche à y faire face par une politique claire et par la mise en œuvre de systèmes contribuant à lutter efficacement contre la corruption. La confiance et la crédibilité de l’organisation sont ainsi renforcées. Quels sont vos souhaits pour l'avenir de ce programme? Nous aimerions poursuivre le programme de lutte contre la corruption durant plusieurs années afin de laisser suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des systèmes et processus. Les expériences acquises à travers ce programme pilote seront partagées auprès du public et vont ainsi contribuer à soutenir les efforts de lutte contre la corruption. Il est nécessaire de coordonner les efforts à tous les niveaux et de partager les expériences afin de combattre efficacement ce fléau mondial. L’Armée du Salut s’engage dans cette direction.

Interview : StopPauvreté 2015

L’Armée du Salut remporte le prix StopPauvreté 2012 dans la catégorie Projet L’Armée du Salut a reçu le prix StopPauvreté dans la catégorie Projet pour son programme de lutte contre la corruption dans les deux Congo. La distinction a été remise à Irène Cherpillod, responsable du projet, lors de la Conférence StopPauvreté, qui s’est déroulée le samedi 15 septembre à Thoune. Le jury du prix StopPauvreté, catégorie Projet, est convaincu du programme de l’Armée du Salut sur tous les aspects : le projet est ancré localement, il tient compte du contexte culturel et thématique et constitue un modèle applicable pour d’autres régions et pays. Irène Cherpillod, collaboratrice de l’Armée du Salut Suisse et responsable de ce projet, se réjouit du succès obtenu. Lors de son discours de remerciement, elle a rappelé aux participants à la Conférence que la corruption tue et détruit la société. La corruption constitue un frein au développement. Elle a insisté sur l’importance pour chacun de garder les yeux ouverts et d’agir avec courage et engagement contre la corruption.

Le prix StopPauvreté récompense des activités et œuvres de personnes qui s’engagent pour la sensibilisation de la population suisse aux objectifs du millénaire de l’ONU, ou qui sont actives dans la lutte contre la pauvreté. Ce prix annuel se veut une motivation pour les chrétiens suisses à s’engager toujours davantage pour la justice. stoppauvrete.ch


« Une organisation responsable est à l’écoute des gens » « Accountability » est un mot essentiel pour une organisation. Ce mot signifie tout à la fois responsabilisation, responsabilité. La responsabilisation est un concept clé pour toute organisation qui se veut transparente et ouverte afin de répondre au mieux à ses obligations envers le public et ses partenaires. Selon la définition de HAP (Humanitarian Accountability Project), la responsabilisation concerne l’utilisation du pouvoir de manière responsable. La définition va bien au-delà de l’obligation de rendre des comptes. La responsabilisation implique de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et de l’opinion de toutes les parties concernées. Il s’agit d’expliquer le sens, les raisons d’une action ou d’une décision. La responsabilisation, c'est donc le droit d’être entendu et le devoir de répondre. Une organisation responsable est à l’écoute des gens. Elle a mis en place des mécanismes de retour d’information et y apporte une réponse. Une organisation responsable ne se laisse pas forcément influencer dans ses décisions suite aux informations reçues, mais les partage et les traite de manière ouverte et transparente, en respectant la confidentialité. La culture de cette organisation est de faire participer ses partenaires, ses collaborateurs et ses membres aux prises de décision. De cette façon, chacun est responsabilisé. Les moyens à disposition d’une organisation responsable sont : la communication ouverte, des rapports annuels et financiers, des audits externes, des audits sociaux et publics, des mécanismes de retour d’information ainsi que des programmes de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod Responsable programmes « accountability » et anti-corruption

Atelier de travail en Zambie En automne 2012, un atelier de travail dirigé par l’Armée du Salut a eu lieu en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption. Tous les membres de la Direction des Territoires salutistes de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe y ont pris part. L’atelier était organisé par Philip Bates, un collaborateur d’outre-mer suisse, et conduit par Mission & Développement de l’Armée du Salut Suisse et par Pain pour le prochain. Au travers de comptes-rendus de quelques participants, vous pouvez lire comment ils ont vécu cet atelier et de quelle manière ils souhaitent mettre en pratique l’enseignement reçu.

« L’atelier m’a ouvert les yeux. Les discussions de groupe étaient très intéressantes et riches en enseignement. La solidarité des trois Territoires en lutte contre la corruption est encourageante. L’atelier a eu lieu au bon moment et, maintenant, c’est à nous de mettre en pratique ce que nous avons découvert. J’ai beaucoup appris pour ma pratique professionnelle. Nous disposons désormais d’outils pour combattre la corruption. J’ai conscience que la lutte contre la corruption peut encore durer longtemps et qu’elle sera semée d’embûches. Toutefois, avec Dieu, tout est possible. » Lieutenant-colonel Frazer Chalwe Chef des finances de l’Armée du Salut zambienne

« L’atelier a mis en évidence que, même dans les petites affaires, nous devons rendre des comptes et que la corruption a de nombreuses facettes, qui semblent même parfois justifiées ou qui représentent des normes dans la société. Jusqu’à ce jour, l’Armée du Salut a eu une forte influence sur la justice sociale dans le monde et, pour cette raison, il est primordial que des ateliers comme celui-ci se déroulent. Ils aident à comprendre les signes et les conséquences de la corruption et à considérer d’un regard nouveau, le rôle que notre organisation peut jouer. » Capitaine Garth B. Niemand Chef des finances de l’Armée du Salut sud-africaine

« C’était un premier atelier de cette sorte et il m’a appris, qu’en tant que cheffe, mon comportement devait être exemplaire. L’atelier m’a encouragée à travailler de manière transparente et à éviter la corruption sous tous ses aspects. La corruption et l’obligation de rendre compte devraient être thématisées pour tous les membres de l’organisation et les processus internes améliorés et renforcés, afin que l’argent ne finisse pas dans les mauvaises mains. » Lieutenante-colonelle R. Chilyabanyama, Zambie Responsable de la lutte contre le trafic d’êtres humains, Armée du Salut zambienne

« Nous sommes reconnaissants au Territoire Suisse, Autriche et Hongrie, d’avoir rendu l’organisation de cet atelier possible. La corruption est un sujet difficile, il doit cependant absolument être davantage abordé. Depuis la tenue de l’atelier, le sujet nous accompagne dans notre travail, notre service et nos prières. » Lieutenante-colonelle Janine M. Donaldson Présidente territoriale Société & Famille, Armée du Salut sud-africaine

Groupe de travail lors de l’atelier de l’Armée du Salut en Zambie.

Programme pilote sur la thématique de lutte contre la corruption L’Armée du Salut conduit un programme pilote dans les deux Congo sur la thématique de lutte contre la corruption. Irène Cherpillod a la charge des programmes de responsabilisation (accountability) et de lutte contre la corruption au sein de l’Armée du Salut Suisse. Elle explique ses expériences avec ce programme pilote. Quel est le contenu de ce programme? L’Armée du Salut Suisse soutient depuis de nombreuses années les services médicaux de l’Armée du Salut dans les deux Congo. Dans le cadre de ce partenariat à long terme, un programme pilote de lutte contre la corruption a vu le jour avec l'objectif de renforcer la qualité de la gestion des organisations partenaires de ces deux pays et de mettre en place des systèmes transparents et responsables. En 2011, une première formation a eu lieu à Kinshasa. 30 participants de huit organisations congolaises ont pu se familiariser avec un programme de lutte contre la corruption.

A partir des contributions des participants, un Code de conduite ainsi qu’un manuel de formation pour les formateurs dans le domaine de la lutte contre la corruption ont été élaborés. Le manuel de formation comprend des modules concernant le Code de conduite, les systèmes d'alerte, les stratégies de communication et l'identification des risques au sein d'une organisation. À la suite de l'atelier, les représentants des organisations congolaises se sont concertés afin de mettre en œuvre des systèmes et procédures de lutte contre la corruption au sein de leur propre organisation. Dès 2012, il s’agit de former les collaborateurs, établir un système de lancement d’alerte et élaborer des moyens de communication. Il est prévu de conduire le programme sur plusieurs années, afin de donner suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des différentes étapes. Les expériences acquises à travers ce programme pilote au Congo pourront être partagées auprès du public et ainsi contribuer durablement à soutenir les efforts de lutte contre la corruption, tant au Congo qu’en Suisse.

Comment est né ce projet ? Au fil des visites d’évaluation sur le terrain, des défis comme le phénomène de « pharmacie de poche » (médicaments vendus et non comptabilisés) se sont présentés et plusieurs cas de corruption ont été rapportés. Les deux directeurs des services médicaux de l’Armée du Salut en République démocratique du Congo et en République du Congo désirent éradiquer la corruption au sein de leurs structures et par là même être un exemple dans leurs pays respectifs. En Suisse, les réunions au sein du réseau d’ONG ont montré que la question de la lutte contre la corruption est une préoccupation importante pour toutes les ONG actives au Congo et dans le monde. Conformément à ses convictions chrétiennes et à ses principes, l’Armée du Salut a pris l’initiative de soutenir le programme pilote de lutte contre la corruption au sein des services médicaux au Congo. Quelles sont les difficultés rencontrées dans un tel programme ? Les organisations partenaires, les employés et les personnes bénéficiant d’un projet craignent les représailles. Les dirigeants et les employés ont peur d’être accusés à tort. C’est pourquoi il faut beaucoup de sensibilisation et de formation, ainsi que la mise en place de systèmes justes afin de vaincre ces obstacles. Même si tous les cas de corruption ne peuvent pas être évités, il faut les dénoncer systématiquement afin d’apprendre à réagir de la bonne manière et chercher des solutions sur le long terme.

Enfin, les organisations en Suisse craignent de perdre la confiance de leurs donateurs, et de ce fait une diminution de leurs ressources. Une telle crainte est injustifiée, car une organisation qui lutte contre la corruption est au contraire une organisation responsable et digne de confiance. Une telle organisation est consciente de l’environnement difficile dans lequel elle travaille et cherche à y faire face par une politique claire et par la mise en œuvre de systèmes contribuant à lutter efficacement contre la corruption. La confiance et la crédibilité de l’organisation sont ainsi renforcées. Quels sont vos souhaits pour l'avenir de ce programme? Nous aimerions poursuivre le programme de lutte contre la corruption durant plusieurs années afin de laisser suffisamment de temps pour la mise en oeuvre des systèmes et processus. Les expériences acquises à travers ce programme pilote seront partagées auprès du public et vont ainsi contribuer à soutenir les efforts de lutte contre la corruption. Il est nécessaire de coordonner les efforts à tous les niveaux et de partager les expériences afin de combattre efficacement ce fléau mondial. L’Armée du Salut s’engage dans cette direction.

Interview : StopPauvreté 2015

L’Armée du Salut remporte le prix StopPauvreté 2012 dans la catégorie Projet L’Armée du Salut a reçu le prix StopPauvreté dans la catégorie Projet pour son programme de lutte contre la corruption dans les deux Congo. La distinction a été remise à Irène Cherpillod, responsable du projet, lors de la Conférence StopPauvreté, qui s’est déroulée le samedi 15 septembre à Thoune. Le jury du prix StopPauvreté, catégorie Projet, est convaincu du programme de l’Armée du Salut sur tous les aspects : le projet est ancré localement, il tient compte du contexte culturel et thématique et constitue un modèle applicable pour d’autres régions et pays. Irène Cherpillod, collaboratrice de l’Armée du Salut Suisse et responsable de ce projet, se réjouit du succès obtenu. Lors de son discours de remerciement, elle a rappelé aux participants à la Conférence que la corruption tue et détruit la société. La corruption constitue un frein au développement. Elle a insisté sur l’importance pour chacun de garder les yeux ouverts et d’agir avec courage et engagement contre la corruption.

Le prix StopPauvreté récompense des activités et œuvres de personnes qui s’engagent pour la sensibilisation de la population suisse aux objectifs du millénaire de l’ONU, ou qui sont actives dans la lutte contre la pauvreté. Ce prix annuel se veut une motivation pour les chrétiens suisses à s’engager toujours davantage pour la justice. stoppauvrete.ch


Ce produit est imprimé climatiquement neutre sur papier FSC-Sources mixtes.

mission.armeedusalut.ch Cette newsletter paraît 3 fois par an. Compte postal: 30-6709-1 (avec mention d’affectation du don) Edition Rédaction Photos Layout / Concept Impression

Fondation Armée du Salut Suisse, Mission & Développement Laupenstrasse 5, 3008 Berne, Suisse Téléphone 031 388 05 91, mission@armeedusalut.ch Jacques Miaglia, Doris Droz, Thomas Martin archives Mission & Développement Thomas Martin / Martin Stucki Grafik, Heimenschwand, msgrafik.ch Jordi AG, Belp

Responsabilisation et lutte contre la corruption

Pour plus de transparence

Impressum mission.armeedusalut.ch Informations et cadeaux sous :

Des cadeaux qui font doublement plaisir En offrant de nouvelles installations sanitaires, un cours de couture, un morceau de terre ou une opération des yeux, vous ne faites pas seulement plaisir à vos proches et à vos amis, mais également aux personnes qui vivent dans les pays du Sud. Jacques Miaglia, responsable Mission & Développement Mission & Développement a choisi de s’investir davantage pour améliorer la redevabilité (obligation de rendre compte) et pour mettre en place des systèmes qui permettent une transparence et une communication meilleures entre tous les acteurs. Notre rôle renforcé au sein de Pain pour le prochain dans ce domaine et le succès obtenu par l’Armée du Salut lors du prix StopPauvreté sont une preuve de notre engagement : nous voulons améliorer notre efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Lutter contre la corruption, c’est aussi un moyen de s’assurer que, grâce aux mécanismes qui sont mis en place (transparence dans la gestion, principe de plaintes, …) les projets bénéficient d’une meilleure communication entre ceux qui mettent en œuvre l’action et ceux qui la financent, ce qui a des effets positifs bien au-delà de la lutte contre la corruption.

Foi en action

Etes-vous à la recherche d'un cadeau de Noël hors du commun?

« La corruption concerne tous les pays du monde » Yvan Maillard Ardenti est responsable de programmes dans le domaine « Marchés financiers, Dettes et Corruption » à Pain pour le prochain depuis 2010. En outre, il est membre du comité de direction de Transparency International Suisse, une organisation engagée dans la prévention et la lutte contre la corruption.

Que signifie le terme « corruption »? La corruption est un abus de pouvoir ou une irrégularité commis dans un processus de décision en échange d'une incitation ou d'un avantage indu. Un exemple classique est celui d'un policier qui exige une amende pour excès de vitesse de 40 dollars mais qui fait comprendre qu’un paiement de 10 dollars suffirait à faire sauter l’amende. Les 10 dollars que vous payez atterrissent illégalement dans la poche du policier et échappent aux caisses de l’Etat. La corruption n'est-elle un problème que dans les pays en développement? La corruption concerne tous les pays du monde sous des formes variées, y compris la Suisse. Dans notre pays, la corruption est moins visible que dans les pays en développement. La corruption en Suisse se manifeste par exemple lorsque des contrats de la Confédération sont attribués à des amis ou connaissances de fonctionnaires en violation des principes d’attribution des marchés, ou lorsque des dirigeants d’organi-

sations sportives comme la FIFA achètent des voix. La corruption concerne aussi les banques suisses qui ouvrent des comptes pour des personnes corrompues qui ont détourné l’argent de leurs pays (cas du clan de Kadhafi en Lybie ou de Moubarak en Egypte). Quelles sont les problématiques et les conséquences de la corruption dans la coopération au développement? La corruption est l’un des plus grands obstacles au développement. Les pratiques de corruption ont des conséquences néfastes : elles vident les caisses de l'Etat, portent préjudice aux pauvres qui ne peuvent pas payer de pots-de-vin et découragent les investisseurs. Selon la Banque mondiale, la corruption peut réduire le taux de croissance d'un pays de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Dans la coopération au développement, il y a aussi le risque que l’argent destiné aux projets soit détourné par des collaborateurs malhonnêtes. Des organisations telles que l'Armée du Salut travaillent souvent dans un environnement corrompu. Comment une organisation d'entraide peut-elle se libérer de ce mécanisme? En mettant en place une culture de l’intégrité : il s’agit de nommer une personne qui sera responsable de la lutte contre la corruption au sein de l’organisation. Ensuite, il faut définir un Code de conduite qui fixe ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ces nouvelles règles doivent être communiquées et comprises dans toute l’organisation. Il faut aussi mettre en place un système où les employés peuvent dénoncer des cas de corruption, si possible de manière anonyme.

Lutter contre la corruption sous toutes ses formes est notre responsabilité à tous : nous devons nous assurer que les ressources disponibles pour financer les projets soient utilisées de manière à avoir le plus d’impact possible sur les populations les plus vulnérables.

Editorial

Newsletter de Mission & Développement N° 14 – déc. 2012

Quels sont, pour une organisation, les avantages de développer des programmes et des mesures dans le domaine de la responsabilité, de la responsabilisation et de la lutte contre la corruption? Les avantages sont nombreux : l’organisation bénéficie d’un meilleur contrôle financier et d’une meilleure gestion des risques de fraude et améliore ses services aux bénéficiaires. L’organisation sait aussi se défendre quand des fonctionnaires corrompus réclament des paiements illégaux. Tous ces aspects augmentent la confiance des donateurs et des bailleurs de fonds. L'Armée du Salut collabore avec Pain pour le prochain dans le domaine de la corruption. Comment vivez-vous cette collaboration? Il s’agit d’une collaboration très étroite : l’Armée du Salut et Pain pour le prochain font un travail de pionnier dans le domaine en développant des modules de formation et des outils appropriés. Vous avez pris part à un atelier du programme de lutte contre la corruption proposé par l'Armée du Salut en Afrique australe. Comment l'avez-vous ressenti? Nous avons travaillé trois jours sur la corruption avec des leaders de trois territoires de l’Armée du Salut en Afrique australe (Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud). J’ai été surpris par le fait que les leaders étaient très ouverts pour discuter de ce thème qui est tout de même assez délicat. De plus, tous les trois territoires ont décidé de s’engager dans une démarche de lutte contre la corruption, en développant des Codes de conduite, ce qui est très réjouissant. bfa-ppp.ch | transparency.ch Interview : Thomas Martin

Participants de l’atelier de travail de l’Armée du Salut en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption.


Ce produit est imprimé climatiquement neutre sur papier FSC-Sources mixtes.

mission.armeedusalut.ch Cette newsletter paraît 3 fois par an. Compte postal: 30-6709-1 (avec mention d’affectation du don) Edition Rédaction Photos Layout / Concept Impression

Fondation Armée du Salut Suisse, Mission & Développement Laupenstrasse 5, 3008 Berne, Suisse Téléphone 031 388 05 91, mission@armeedusalut.ch Jacques Miaglia, Doris Droz, Thomas Martin archives Mission & Développement Thomas Martin / Martin Stucki Grafik, Heimenschwand, msgrafik.ch Jordi AG, Belp

Responsabilisation et lutte contre la corruption

Pour plus de transparence

Impressum mission.armeedusalut.ch Informations et cadeaux sous :

Des cadeaux qui font doublement plaisir En offrant de nouvelles installations sanitaires, un cours de couture, un morceau de terre ou une opération des yeux, vous ne faites pas seulement plaisir à vos proches et à vos amis, mais également aux personnes qui vivent dans les pays du Sud. Jacques Miaglia, responsable Mission & Développement Mission & Développement a choisi de s’investir davantage pour améliorer la redevabilité (obligation de rendre compte) et pour mettre en place des systèmes qui permettent une transparence et une communication meilleures entre tous les acteurs. Notre rôle renforcé au sein de Pain pour le prochain dans ce domaine et le succès obtenu par l’Armée du Salut lors du prix StopPauvreté sont une preuve de notre engagement : nous voulons améliorer notre efficacité dans la lutte contre la pauvreté. Lutter contre la corruption, c’est aussi un moyen de s’assurer que, grâce aux mécanismes qui sont mis en place (transparence dans la gestion, principe de plaintes, …) les projets bénéficient d’une meilleure communication entre ceux qui mettent en œuvre l’action et ceux qui la financent, ce qui a des effets positifs bien au-delà de la lutte contre la corruption.

Foi en action

Etes-vous à la recherche d'un cadeau de Noël hors du commun?

« La corruption concerne tous les pays du monde » Yvan Maillard Ardenti est responsable de programmes dans le domaine « Marchés financiers, Dettes et Corruption » à Pain pour le prochain depuis 2010. En outre, il est membre du comité de direction de Transparency International Suisse, une organisation engagée dans la prévention et la lutte contre la corruption.

Que signifie le terme « corruption »? La corruption est un abus de pouvoir ou une irrégularité commis dans un processus de décision en échange d'une incitation ou d'un avantage indu. Un exemple classique est celui d'un policier qui exige une amende pour excès de vitesse de 40 dollars mais qui fait comprendre qu’un paiement de 10 dollars suffirait à faire sauter l’amende. Les 10 dollars que vous payez atterrissent illégalement dans la poche du policier et échappent aux caisses de l’Etat. La corruption n'est-elle un problème que dans les pays en développement? La corruption concerne tous les pays du monde sous des formes variées, y compris la Suisse. Dans notre pays, la corruption est moins visible que dans les pays en développement. La corruption en Suisse se manifeste par exemple lorsque des contrats de la Confédération sont attribués à des amis ou connaissances de fonctionnaires en violation des principes d’attribution des marchés, ou lorsque des dirigeants d’organi-

sations sportives comme la FIFA achètent des voix. La corruption concerne aussi les banques suisses qui ouvrent des comptes pour des personnes corrompues qui ont détourné l’argent de leurs pays (cas du clan de Kadhafi en Lybie ou de Moubarak en Egypte). Quelles sont les problématiques et les conséquences de la corruption dans la coopération au développement? La corruption est l’un des plus grands obstacles au développement. Les pratiques de corruption ont des conséquences néfastes : elles vident les caisses de l'Etat, portent préjudice aux pauvres qui ne peuvent pas payer de pots-de-vin et découragent les investisseurs. Selon la Banque mondiale, la corruption peut réduire le taux de croissance d'un pays de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Dans la coopération au développement, il y a aussi le risque que l’argent destiné aux projets soit détourné par des collaborateurs malhonnêtes. Des organisations telles que l'Armée du Salut travaillent souvent dans un environnement corrompu. Comment une organisation d'entraide peut-elle se libérer de ce mécanisme? En mettant en place une culture de l’intégrité : il s’agit de nommer une personne qui sera responsable de la lutte contre la corruption au sein de l’organisation. Ensuite, il faut définir un Code de conduite qui fixe ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Ces nouvelles règles doivent être communiquées et comprises dans toute l’organisation. Il faut aussi mettre en place un système où les employés peuvent dénoncer des cas de corruption, si possible de manière anonyme.

Lutter contre la corruption sous toutes ses formes est notre responsabilité à tous : nous devons nous assurer que les ressources disponibles pour financer les projets soient utilisées de manière à avoir le plus d’impact possible sur les populations les plus vulnérables.

Editorial

Newsletter de Mission & Développement N° 14 – déc. 2012

Quels sont, pour une organisation, les avantages de développer des programmes et des mesures dans le domaine de la responsabilité, de la responsabilisation et de la lutte contre la corruption? Les avantages sont nombreux : l’organisation bénéficie d’un meilleur contrôle financier et d’une meilleure gestion des risques de fraude et améliore ses services aux bénéficiaires. L’organisation sait aussi se défendre quand des fonctionnaires corrompus réclament des paiements illégaux. Tous ces aspects augmentent la confiance des donateurs et des bailleurs de fonds. L'Armée du Salut collabore avec Pain pour le prochain dans le domaine de la corruption. Comment vivez-vous cette collaboration? Il s’agit d’une collaboration très étroite : l’Armée du Salut et Pain pour le prochain font un travail de pionnier dans le domaine en développant des modules de formation et des outils appropriés. Vous avez pris part à un atelier du programme de lutte contre la corruption proposé par l'Armée du Salut en Afrique australe. Comment l'avez-vous ressenti? Nous avons travaillé trois jours sur la corruption avec des leaders de trois territoires de l’Armée du Salut en Afrique australe (Zambie, Zimbabwe et Afrique du Sud). J’ai été surpris par le fait que les leaders étaient très ouverts pour discuter de ce thème qui est tout de même assez délicat. De plus, tous les trois territoires ont décidé de s’engager dans une démarche de lutte contre la corruption, en développant des Codes de conduite, ce qui est très réjouissant. bfa-ppp.ch | transparency.ch Interview : Thomas Martin

Participants de l’atelier de travail de l’Armée du Salut en Zambie. Thème : responsabilisation et lutte contre la corruption.


Newsletter N° 14