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Newsletter de Mission & Développement N° 5 - nov. 2009

Foi en action

Pakistan Transmettre les capacités - agir avec équité


Editorial La situation des chrétiens du Pakistan est loin d’être enviable. Ils vivent souvent dans des ghettos, ont à peine accès à la formation et sont défavorisés pour accéder à des postes du secteur public. L’autorisation d’afficher sa foi chrétienne est limitée. Dans ce contexte, il faut du courage pour porter un uniforme de l’Armée du Salut, symbolisant la foi chrétienne. L’Armée du Salut pakistanaise compte 70'000 membres. Lorsque je visite le Pakistan, je suis chaque fois profondément impressionné par la détermination des salutistes à afficher et à vivre leur foi en dépit des conditions difficiles. Les projets sociaux de l’Armée du Salut, qui profitent aussi aux musulmans, sont l’expression de notre Charte et de la valeur chrétienne consistant à « soulager, sans distinction aucune, les détresses humaines. » A mes yeux, les salutistes pakistanais sont exemplaires et, à l’avenir, je porterai plus souvent et plus consciemment mon uniforme salutiste, même pendant les jours de travail ordinaires, en signe de ma foi chrétienne et de ma solidarité envers mes frères et sœurs du Pakistan. Markus Muntwiler, responsable Mission & Développement


Lutte contre la pauvreté par la formation Au Pakistan, seule la moitié de la population sait lire et écrire. Les femmes sont les plus défavorisées et les femmes chrétiennes les plus touchées : moins de 20 % d’entre elles savent lire et écrire. Afin d’améliorer la formation des femmes au Pakistan, l’Armée du Salut organise, dans cinq régions, un programme visant à lutter contre la pauvreté, surtout pour les femmes provenant des couches les plus défavorisées. Ainsi, dans chaque région, des responsables locaux enseignent des femmes sur divers sujets et cela dans six villages. Une partie des cours est également proposée aux hommes. Le programme comprend les cours suivants : - Consultation des mères : Les mères du village se rencontrent une fois par semaine.

Comparaison Pakistan - Suisse Superficie Nombre d’habitants PIB par habitant Taux de chômage Espérance de vie (F/H)

Pakistan 880'254 km² 172,8 millions 1'044 USD 7,4 % 65/63 ans

Suisse 41'285 km² 7,7 millions 67'385 USD 3,6 % 84/79 ans


Lors des rencontres, les enfants sont pesés et les mères enseignées sur des sujets spécifiques (tâches d’une mère, éducation, santé, planning familial, alimentation saine, etc.) - Cours d’alphabétisation : Ces cours ne permettent pas seulement d’apprendre à lire et à écrire, mais parlent également de la famille, de la position des femmes, de l’environnement, de la sexualité, du HIV, de la santé, des conflits, de la drogue, du respect, des valeurs, etc. - Amélioration des revenus : Divers cours (couture, broderie, comment lancer une petite entreprise, impression textile, fabrication de bougies et de cartes) permettent aux gens de découvrir leur potentiel et de créer de propres possibilités de revenus. Environ 3'000 personnes participeront à ces cours durant ces trois prochaines années. Cela permettra de renforcer leur système de subsistance et, par


conséquent, de lutter contre la pauvreté. C’est, par exemple, le cas de Stella, une mère qui élève seule son enfant et qui a appris à lire et à écrire dans le cadre d’un cours de l’Armée du Salut. Maintenant elle a installé un petit magasin d’étoffes dans sa maison. Les voisins viennent chez elle et achètent des tissus ainsi que des cadeaux pour des mariages ou d’autres fêtes. Elle parvient ainsi à réaliser un revenu propre qui lui permet presque de gagner sa vie. Cela la remplit de fierté et lui procure beaucoup de plaisir.

Stella dans sa boutique d'étoffes.

Thomas Martin

Un des villages bénéficiant de cours.

Voici comment vous pouvez apporter votre contribution : Soutenez-nous dans la lutte contre la pauvreté au Pakistan. Les dons pour le programme de développement pour les femmes peuvent être versés sur le compte 30-6709-1, avec la mention "Femmes Pakistan".


Sally Ann Commerce équitable par le biais de l’Armée du Salut Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, a rendu public son rêve d’un monde meilleur en 1890 dans un livre intitulé « In Darkest England and the way out ». Un élément important de la solution consistait à faciliter l’accès au travail pour les pauvres qui étaient déjà soutenus sous forme de nourriture et de logement. C’est ainsi que l’Armée du Salut a jadis ouvert la première société de placement de personnel d’Angleterre. « Sally Ann » constitue la réponse d’aujourd’hui au rêve de Booth. Il s’agit de commerce équitable, de conditions de travail et de salaires justes, ainsi que de droit de regard de l’employé. Les pauvres doivent être renforcés dans leur autonomie afin qu’ils puissent subvenir durablement à leurs besoins avec leurs capacités et leurs ressources. « Sally Ann » a vu le jour au Bangladesh en 1997. Là, des prostituées et des personnes touchées par la traite des êtres humains ont reçu la possibilité de s’initier à l’artisanat. En collaboration avec des concepteurs et des commerçants de Norvège, les produits ont été adaptés au marché européen. Plusieurs ateliers ont été ouverts dans les bidonvilles du Bangladesh. Des boutiques « Sally Ann » ont ouvert leurs portes en Norvège et en Suède. Aujourd’hui, 450 personnes travaillent au Bangladesh dans des conditions de travail dignes et équitables. Le salaire gagné leur permet de nourrir une famille. Depuis lors, l’Armée du Salut a transféré au Pakistan ce concept de développement mené avec succès au Bangladesh, afin de permettre le commerce équitable par le biais de « Sally Ann ». Il s’agit de créer 200 emplois procurant un salaire régulier pour des hommes et des femmes économiquement défavorisés. Depuis le début de l’année, 20 places de travail ont déjà été créées. D’autres suivront. Les marchandises produites, essentiellement des textiles ornés de broderies, sont vendues principalement en Europe. L’Armée du Salut Suisse aide son homologue pakistanaise en fournissant une rallonge financière et en contribuant à la mise en place de « Sally Ann ». Par contre, aucun point de vente « Sally Ann » n’est pour l’instant prévu en Suisse. Le commerce équitable constitue un instrument éprouvé à long terme pour lutter contre la pauvreté. Les injustices inhérentes au système commercial mondial conduisent à un déséquilibre en faveur des plus riches. Le commerce équitable tente de contrebalancer ce déséquilibre en faveur de ceux qui en pâtissent le plus, c’est-à-dire les pauvres. Thomas Martin

La major Bernice Rehmat, officière de l’Armée du Salut au Pakistan est responsable de « Produits et qualité » auprès de « Sally Ann Pakistan ». Elle nous informe sur la position des femmes au Pakistan.

Quel rang social la femme occupe-t-elle dans la société pakistanaise ? Bien que les femmes représentent 51 pourcent de la population pakistanaise, elles ont toujours très peu accès à la formation, aux établissements sanitaires ou aux revenus. Notamment dans les régions rurales, les possibilités des femmes sont très minces, voire inexistantes. Au Pakistan, les femmes doivent surmonter beaucoup d’obstacles et relever de nombreux défis avant que les choses ne changent. Pourquoi les femmes sont-elles souvent considérées comme des citoyennes de seconde zone ? Du point de vue culturel, la société pakistanaise est dominée par les hommes. La majorité des femmes ne sont pas instruites et, par conséquent, ne connaissent pas leurs droits. Elles ont été éduquées dans une idée de dépendance. Les femmes économiquement indépendantes sont, de ce fait, peu nombreuses. Comment le projet « Sally Ann » renforce-t-il la position des femmes qui y participent ? Les femmes sont formées dans le cadre du programme « Sally Ann » où elles acquièrent d’importantes connaissances commerciales. Leurs capacités et leurs dons sont reconnus et elles sont encouragées à faire preuve d’initiative. Cela les rend plus sûres d’elles. En réponse à leur travail, la production de produits de « Sally Ann », elles reçoivent un salaire juste et équitable. Les femmes sont très satisfaites de ce revenu. Grâce à « Sally Ann », une mère est désormais en mesure de subvenir aux besoins de son mari malade et de ses enfants. Ainsi, « Sally Ann » améliore les capacités professionnelles des participantes qui, de ce fait, se retrouvent renforcées dans leur identité.

Boutique « Sally Ann » à Oslo.

Nasreen

Le père lui, est mort alors que la fillette n’avait que trois ans, d’un accident de la circulation alors qu’il se rendait à vélo à Faisalabad, une ville voisine.

Nasreen correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’une jeune pakistanaise musulmane traditionnelle: visage basané, pommettes hautes, deux petites boucles d’oreilles, un discret bijou sur la narine gauche, des vêtements stricts et le regard baissé. Parfois cependant, lorsque son visage s’anime, ses yeux foncés pétillent et un rire frais jaillit en cascade de sa gorge.

Au Pakistan, l’école coûte cher et le revenu de la mère de famille ne suffisait pas pour payer l’écolage de tous ses enfants. Seuls, les frères de Nasreen ont eu cette chance. La jeune fille a souvent éprouvé du regret face à ce manque de scolarité; curieuse et vive d’esprit, elle a toujours eu soif d’apprendre.

Nasreen est la cadette de la famille. Ses sœurs aînées gagnent un maigre revenu en travaillant comme domestiques dans des familles plus aisées de la contrée. Ses frères, quant à eux, trouvent de l’embauche par-ci, par-là, quand la chance leur sourit. Leur mère vit avec eux et travaille à quelques rues de là, comme femme de ménage.

Un jour pourtant, elle entend parler de l’école pour adultes de l’Armée du Salut. Elle s’inscrit immédiatement au cours « lire et écrire » et le suit avec assiduité et intérêt ; les matières enseignées la passionnent. C’est par le biais de ce cours que Nasreen fait la connaissance de l’Armée du Salut et qu’elle découvre les motivations et la mission de ces chrétiens qui, bien qu’habillés comme elle, portent deux « S » sur le col; « sauvé pour servir ». Là, Nasreen trouve un appui pour sa vie. Elle est toujours la bienvenue pour un moment de convivialité ou le partage d’une méditation biblique et d’une prière.

Au terme du cours de lecture et d’écriture, un autre cours, de broderie artisanale cette fois-ci, lui est proposé. Puis elle s’engage dans le projet « Sally Ann ». Les motifs de décoration pakistanaise qu’elle y crée avec talent et fantaisie lui rapportent de l’argent. Dès lors, la vie de Nasreen a complètement changé; elle a acquis une nouvelle estime d’elle-même, car percevoir un salaire lui assure la dignité et le respect. Grâce à son revenu, les conditions d’existence et la qualité de vie de toute sa famille se sont considérablement améliorées. Mais, une autre pensée la réjouit…, au Pakistan, ce sont les femmes qui apportent la dot lorsqu’elles se marient. Plus la dot est importante, plus le choix du mari est large. Il faut donc beaucoup d’argent si on veut faire un bon mariage. Depuis quelques temps et grâce à son emploi à « Sally Ann », Nasreen s’est remise à espérer et à rêver. Doris Droz, major (Vous pouvez lire l'histoire détaillée de Nasreen dans le livre "Parole aux pauvres", publié par StopPauvreté2015. Ce livre est disponible à Mission & Développement.)


Sally Ann Commerce équitable par le biais de l’Armée du Salut Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, a rendu public son rêve d’un monde meilleur en 1890 dans un livre intitulé « In Darkest England and the way out ». Un élément important de la solution consistait à faciliter l’accès au travail pour les pauvres qui étaient déjà soutenus sous forme de nourriture et de logement. C’est ainsi que l’Armée du Salut a jadis ouvert la première société de placement de personnel d’Angleterre. « Sally Ann » constitue la réponse d’aujourd’hui au rêve de Booth. Il s’agit de commerce équitable, de conditions de travail et de salaires justes, ainsi que de droit de regard de l’employé. Les pauvres doivent être renforcés dans leur autonomie afin qu’ils puissent subvenir durablement à leurs besoins avec leurs capacités et leurs ressources. « Sally Ann » a vu le jour au Bangladesh en 1997. Là, des prostituées et des personnes touchées par la traite des êtres humains ont reçu la possibilité de s’initier à l’artisanat. En collaboration avec des concepteurs et des commerçants de Norvège, les produits ont été adaptés au marché européen. Plusieurs ateliers ont été ouverts dans les bidonvilles du Bangladesh. Des boutiques « Sally Ann » ont ouvert leurs portes en Norvège et en Suède. Aujourd’hui, 450 personnes travaillent au Bangladesh dans des conditions de travail dignes et équitables. Le salaire gagné leur permet de nourrir une famille. Depuis lors, l’Armée du Salut a transféré au Pakistan ce concept de développement mené avec succès au Bangladesh, afin de permettre le commerce équitable par le biais de « Sally Ann ». Il s’agit de créer 200 emplois procurant un salaire régulier pour des hommes et des femmes économiquement défavorisés. Depuis le début de l’année, 20 places de travail ont déjà été créées. D’autres suivront. Les marchandises produites, essentiellement des textiles ornés de broderies, sont vendues principalement en Europe. L’Armée du Salut Suisse aide son homologue pakistanaise en fournissant une rallonge financière et en contribuant à la mise en place de « Sally Ann ». Par contre, aucun point de vente « Sally Ann » n’est pour l’instant prévu en Suisse. Le commerce équitable constitue un instrument éprouvé à long terme pour lutter contre la pauvreté. Les injustices inhérentes au système commercial mondial conduisent à un déséquilibre en faveur des plus riches. Le commerce équitable tente de contrebalancer ce déséquilibre en faveur de ceux qui en pâtissent le plus, c’est-à-dire les pauvres. Thomas Martin

La major Bernice Rehmat, officière de l’Armée du Salut au Pakistan est responsable de « Produits et qualité » auprès de « Sally Ann Pakistan ». Elle nous informe sur la position des femmes au Pakistan.

Quel rang social la femme occupe-t-elle dans la société pakistanaise ? Bien que les femmes représentent 51 pourcent de la population pakistanaise, elles ont toujours très peu accès à la formation, aux établissements sanitaires ou aux revenus. Notamment dans les régions rurales, les possibilités des femmes sont très minces, voire inexistantes. Au Pakistan, les femmes doivent surmonter beaucoup d’obstacles et relever de nombreux défis avant que les choses ne changent. Pourquoi les femmes sont-elles souvent considérées comme des citoyennes de seconde zone ? Du point de vue culturel, la société pakistanaise est dominée par les hommes. La majorité des femmes ne sont pas instruites et, par conséquent, ne connaissent pas leurs droits. Elles ont été éduquées dans une idée de dépendance. Les femmes économiquement indépendantes sont, de ce fait, peu nombreuses. Comment le projet « Sally Ann » renforce-t-il la position des femmes qui y participent ? Les femmes sont formées dans le cadre du programme « Sally Ann » où elles acquièrent d’importantes connaissances commerciales. Leurs capacités et leurs dons sont reconnus et elles sont encouragées à faire preuve d’initiative. Cela les rend plus sûres d’elles. En réponse à leur travail, la production de produits de « Sally Ann », elles reçoivent un salaire juste et équitable. Les femmes sont très satisfaites de ce revenu. Grâce à « Sally Ann », une mère est désormais en mesure de subvenir aux besoins de son mari malade et de ses enfants. Ainsi, « Sally Ann » améliore les capacités professionnelles des participantes qui, de ce fait, se retrouvent renforcées dans leur identité.

Boutique « Sally Ann » à Oslo.

Nasreen

Le père lui, est mort alors que la fillette n’avait que trois ans, d’un accident de la circulation alors qu’il se rendait à vélo à Faisalabad, une ville voisine.

Nasreen correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’une jeune pakistanaise musulmane traditionnelle: visage basané, pommettes hautes, deux petites boucles d’oreilles, un discret bijou sur la narine gauche, des vêtements stricts et le regard baissé. Parfois cependant, lorsque son visage s’anime, ses yeux foncés pétillent et un rire frais jaillit en cascade de sa gorge.

Au Pakistan, l’école coûte cher et le revenu de la mère de famille ne suffisait pas pour payer l’écolage de tous ses enfants. Seuls, les frères de Nasreen ont eu cette chance. La jeune fille a souvent éprouvé du regret face à ce manque de scolarité; curieuse et vive d’esprit, elle a toujours eu soif d’apprendre.

Nasreen est la cadette de la famille. Ses sœurs aînées gagnent un maigre revenu en travaillant comme domestiques dans des familles plus aisées de la contrée. Ses frères, quant à eux, trouvent de l’embauche par-ci, par-là, quand la chance leur sourit. Leur mère vit avec eux et travaille à quelques rues de là, comme femme de ménage.

Un jour pourtant, elle entend parler de l’école pour adultes de l’Armée du Salut. Elle s’inscrit immédiatement au cours « lire et écrire » et le suit avec assiduité et intérêt ; les matières enseignées la passionnent. C’est par le biais de ce cours que Nasreen fait la connaissance de l’Armée du Salut et qu’elle découvre les motivations et la mission de ces chrétiens qui, bien qu’habillés comme elle, portent deux « S » sur le col; « sauvé pour servir ». Là, Nasreen trouve un appui pour sa vie. Elle est toujours la bienvenue pour un moment de convivialité ou le partage d’une méditation biblique et d’une prière.

Au terme du cours de lecture et d’écriture, un autre cours, de broderie artisanale cette fois-ci, lui est proposé. Puis elle s’engage dans le projet « Sally Ann ». Les motifs de décoration pakistanaise qu’elle y crée avec talent et fantaisie lui rapportent de l’argent. Dès lors, la vie de Nasreen a complètement changé; elle a acquis une nouvelle estime d’elle-même, car percevoir un salaire lui assure la dignité et le respect. Grâce à son revenu, les conditions d’existence et la qualité de vie de toute sa famille se sont considérablement améliorées. Mais, une autre pensée la réjouit…, au Pakistan, ce sont les femmes qui apportent la dot lorsqu’elles se marient. Plus la dot est importante, plus le choix du mari est large. Il faut donc beaucoup d’argent si on veut faire un bon mariage. Depuis quelques temps et grâce à son emploi à « Sally Ann », Nasreen s’est remise à espérer et à rêver. Doris Droz, major (Vous pouvez lire l'histoire détaillée de Nasreen dans le livre "Parole aux pauvres", publié par StopPauvreté2015. Ce livre est disponible à Mission & Développement.)


Sally Ann Commerce équitable par le biais de l’Armée du Salut Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, a rendu public son rêve d’un monde meilleur en 1890 dans un livre intitulé « In Darkest England and the way out ». Un élément important de la solution consistait à faciliter l’accès au travail pour les pauvres qui étaient déjà soutenus sous forme de nourriture et de logement. C’est ainsi que l’Armée du Salut a jadis ouvert la première société de placement de personnel d’Angleterre. « Sally Ann » constitue la réponse d’aujourd’hui au rêve de Booth. Il s’agit de commerce équitable, de conditions de travail et de salaires justes, ainsi que de droit de regard de l’employé. Les pauvres doivent être renforcés dans leur autonomie afin qu’ils puissent subvenir durablement à leurs besoins avec leurs capacités et leurs ressources. « Sally Ann » a vu le jour au Bangladesh en 1997. Là, des prostituées et des personnes touchées par la traite des êtres humains ont reçu la possibilité de s’initier à l’artisanat. En collaboration avec des concepteurs et des commerçants de Norvège, les produits ont été adaptés au marché européen. Plusieurs ateliers ont été ouverts dans les bidonvilles du Bangladesh. Des boutiques « Sally Ann » ont ouvert leurs portes en Norvège et en Suède. Aujourd’hui, 450 personnes travaillent au Bangladesh dans des conditions de travail dignes et équitables. Le salaire gagné leur permet de nourrir une famille. Depuis lors, l’Armée du Salut a transféré au Pakistan ce concept de développement mené avec succès au Bangladesh, afin de permettre le commerce équitable par le biais de « Sally Ann ». Il s’agit de créer 200 emplois procurant un salaire régulier pour des hommes et des femmes économiquement défavorisés. Depuis le début de l’année, 20 places de travail ont déjà été créées. D’autres suivront. Les marchandises produites, essentiellement des textiles ornés de broderies, sont vendues principalement en Europe. L’Armée du Salut Suisse aide son homologue pakistanaise en fournissant une rallonge financière et en contribuant à la mise en place de « Sally Ann ». Par contre, aucun point de vente « Sally Ann » n’est pour l’instant prévu en Suisse. Le commerce équitable constitue un instrument éprouvé à long terme pour lutter contre la pauvreté. Les injustices inhérentes au système commercial mondial conduisent à un déséquilibre en faveur des plus riches. Le commerce équitable tente de contrebalancer ce déséquilibre en faveur de ceux qui en pâtissent le plus, c’est-à-dire les pauvres. Thomas Martin

La major Bernice Rehmat, officière de l’Armée du Salut au Pakistan est responsable de « Produits et qualité » auprès de « Sally Ann Pakistan ». Elle nous informe sur la position des femmes au Pakistan.

Quel rang social la femme occupe-t-elle dans la société pakistanaise ? Bien que les femmes représentent 51 pourcent de la population pakistanaise, elles ont toujours très peu accès à la formation, aux établissements sanitaires ou aux revenus. Notamment dans les régions rurales, les possibilités des femmes sont très minces, voire inexistantes. Au Pakistan, les femmes doivent surmonter beaucoup d’obstacles et relever de nombreux défis avant que les choses ne changent. Pourquoi les femmes sont-elles souvent considérées comme des citoyennes de seconde zone ? Du point de vue culturel, la société pakistanaise est dominée par les hommes. La majorité des femmes ne sont pas instruites et, par conséquent, ne connaissent pas leurs droits. Elles ont été éduquées dans une idée de dépendance. Les femmes économiquement indépendantes sont, de ce fait, peu nombreuses. Comment le projet « Sally Ann » renforce-t-il la position des femmes qui y participent ? Les femmes sont formées dans le cadre du programme « Sally Ann » où elles acquièrent d’importantes connaissances commerciales. Leurs capacités et leurs dons sont reconnus et elles sont encouragées à faire preuve d’initiative. Cela les rend plus sûres d’elles. En réponse à leur travail, la production de produits de « Sally Ann », elles reçoivent un salaire juste et équitable. Les femmes sont très satisfaites de ce revenu. Grâce à « Sally Ann », une mère est désormais en mesure de subvenir aux besoins de son mari malade et de ses enfants. Ainsi, « Sally Ann » améliore les capacités professionnelles des participantes qui, de ce fait, se retrouvent renforcées dans leur identité.

Boutique « Sally Ann » à Oslo.

Nasreen

Le père lui, est mort alors que la fillette n’avait que trois ans, d’un accident de la circulation alors qu’il se rendait à vélo à Faisalabad, une ville voisine.

Nasreen correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’une jeune pakistanaise musulmane traditionnelle: visage basané, pommettes hautes, deux petites boucles d’oreilles, un discret bijou sur la narine gauche, des vêtements stricts et le regard baissé. Parfois cependant, lorsque son visage s’anime, ses yeux foncés pétillent et un rire frais jaillit en cascade de sa gorge.

Au Pakistan, l’école coûte cher et le revenu de la mère de famille ne suffisait pas pour payer l’écolage de tous ses enfants. Seuls, les frères de Nasreen ont eu cette chance. La jeune fille a souvent éprouvé du regret face à ce manque de scolarité; curieuse et vive d’esprit, elle a toujours eu soif d’apprendre.

Nasreen est la cadette de la famille. Ses sœurs aînées gagnent un maigre revenu en travaillant comme domestiques dans des familles plus aisées de la contrée. Ses frères, quant à eux, trouvent de l’embauche par-ci, par-là, quand la chance leur sourit. Leur mère vit avec eux et travaille à quelques rues de là, comme femme de ménage.

Un jour pourtant, elle entend parler de l’école pour adultes de l’Armée du Salut. Elle s’inscrit immédiatement au cours « lire et écrire » et le suit avec assiduité et intérêt ; les matières enseignées la passionnent. C’est par le biais de ce cours que Nasreen fait la connaissance de l’Armée du Salut et qu’elle découvre les motivations et la mission de ces chrétiens qui, bien qu’habillés comme elle, portent deux « S » sur le col; « sauvé pour servir ». Là, Nasreen trouve un appui pour sa vie. Elle est toujours la bienvenue pour un moment de convivialité ou le partage d’une méditation biblique et d’une prière.

Au terme du cours de lecture et d’écriture, un autre cours, de broderie artisanale cette fois-ci, lui est proposé. Puis elle s’engage dans le projet « Sally Ann ». Les motifs de décoration pakistanaise qu’elle y crée avec talent et fantaisie lui rapportent de l’argent. Dès lors, la vie de Nasreen a complètement changé; elle a acquis une nouvelle estime d’elle-même, car percevoir un salaire lui assure la dignité et le respect. Grâce à son revenu, les conditions d’existence et la qualité de vie de toute sa famille se sont considérablement améliorées. Mais, une autre pensée la réjouit…, au Pakistan, ce sont les femmes qui apportent la dot lorsqu’elles se marient. Plus la dot est importante, plus le choix du mari est large. Il faut donc beaucoup d’argent si on veut faire un bon mariage. Depuis quelques temps et grâce à son emploi à « Sally Ann », Nasreen s’est remise à espérer et à rêver. Doris Droz, major (Vous pouvez lire l'histoire détaillée de Nasreen dans le livre "Parole aux pauvres", publié par StopPauvreté2015. Ce livre est disponible à Mission & Développement.)


Sally Ann Commerce équitable par le biais de l’Armée du Salut Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, a rendu public son rêve d’un monde meilleur en 1890 dans un livre intitulé « In Darkest England and the way out ». Un élément important de la solution consistait à faciliter l’accès au travail pour les pauvres qui étaient déjà soutenus sous forme de nourriture et de logement. C’est ainsi que l’Armée du Salut a jadis ouvert la première société de placement de personnel d’Angleterre. « Sally Ann » constitue la réponse d’aujourd’hui au rêve de Booth. Il s’agit de commerce équitable, de conditions de travail et de salaires justes, ainsi que de droit de regard de l’employé. Les pauvres doivent être renforcés dans leur autonomie afin qu’ils puissent subvenir durablement à leurs besoins avec leurs capacités et leurs ressources. « Sally Ann » a vu le jour au Bangladesh en 1997. Là, des prostituées et des personnes touchées par la traite des êtres humains ont reçu la possibilité de s’initier à l’artisanat. En collaboration avec des concepteurs et des commerçants de Norvège, les produits ont été adaptés au marché européen. Plusieurs ateliers ont été ouverts dans les bidonvilles du Bangladesh. Des boutiques « Sally Ann » ont ouvert leurs portes en Norvège et en Suède. Aujourd’hui, 450 personnes travaillent au Bangladesh dans des conditions de travail dignes et équitables. Le salaire gagné leur permet de nourrir une famille. Depuis lors, l’Armée du Salut a transféré au Pakistan ce concept de développement mené avec succès au Bangladesh, afin de permettre le commerce équitable par le biais de « Sally Ann ». Il s’agit de créer 200 emplois procurant un salaire régulier pour des hommes et des femmes économiquement défavorisés. Depuis le début de l’année, 20 places de travail ont déjà été créées. D’autres suivront. Les marchandises produites, essentiellement des textiles ornés de broderies, sont vendues principalement en Europe. L’Armée du Salut Suisse aide son homologue pakistanaise en fournissant une rallonge financière et en contribuant à la mise en place de « Sally Ann ». Par contre, aucun point de vente « Sally Ann » n’est pour l’instant prévu en Suisse. Le commerce équitable constitue un instrument éprouvé à long terme pour lutter contre la pauvreté. Les injustices inhérentes au système commercial mondial conduisent à un déséquilibre en faveur des plus riches. Le commerce équitable tente de contrebalancer ce déséquilibre en faveur de ceux qui en pâtissent le plus, c’est-à-dire les pauvres. Thomas Martin

La major Bernice Rehmat, officière de l’Armée du Salut au Pakistan est responsable de « Produits et qualité » auprès de « Sally Ann Pakistan ». Elle nous informe sur la position des femmes au Pakistan.

Quel rang social la femme occupe-t-elle dans la société pakistanaise ? Bien que les femmes représentent 51 pourcent de la population pakistanaise, elles ont toujours très peu accès à la formation, aux établissements sanitaires ou aux revenus. Notamment dans les régions rurales, les possibilités des femmes sont très minces, voire inexistantes. Au Pakistan, les femmes doivent surmonter beaucoup d’obstacles et relever de nombreux défis avant que les choses ne changent. Pourquoi les femmes sont-elles souvent considérées comme des citoyennes de seconde zone ? Du point de vue culturel, la société pakistanaise est dominée par les hommes. La majorité des femmes ne sont pas instruites et, par conséquent, ne connaissent pas leurs droits. Elles ont été éduquées dans une idée de dépendance. Les femmes économiquement indépendantes sont, de ce fait, peu nombreuses. Comment le projet « Sally Ann » renforce-t-il la position des femmes qui y participent ? Les femmes sont formées dans le cadre du programme « Sally Ann » où elles acquièrent d’importantes connaissances commerciales. Leurs capacités et leurs dons sont reconnus et elles sont encouragées à faire preuve d’initiative. Cela les rend plus sûres d’elles. En réponse à leur travail, la production de produits de « Sally Ann », elles reçoivent un salaire juste et équitable. Les femmes sont très satisfaites de ce revenu. Grâce à « Sally Ann », une mère est désormais en mesure de subvenir aux besoins de son mari malade et de ses enfants. Ainsi, « Sally Ann » améliore les capacités professionnelles des participantes qui, de ce fait, se retrouvent renforcées dans leur identité.

Boutique « Sally Ann » à Oslo.

Nasreen

Le père lui, est mort alors que la fillette n’avait que trois ans, d’un accident de la circulation alors qu’il se rendait à vélo à Faisalabad, une ville voisine.

Nasreen correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’une jeune pakistanaise musulmane traditionnelle: visage basané, pommettes hautes, deux petites boucles d’oreilles, un discret bijou sur la narine gauche, des vêtements stricts et le regard baissé. Parfois cependant, lorsque son visage s’anime, ses yeux foncés pétillent et un rire frais jaillit en cascade de sa gorge.

Au Pakistan, l’école coûte cher et le revenu de la mère de famille ne suffisait pas pour payer l’écolage de tous ses enfants. Seuls, les frères de Nasreen ont eu cette chance. La jeune fille a souvent éprouvé du regret face à ce manque de scolarité; curieuse et vive d’esprit, elle a toujours eu soif d’apprendre.

Nasreen est la cadette de la famille. Ses sœurs aînées gagnent un maigre revenu en travaillant comme domestiques dans des familles plus aisées de la contrée. Ses frères, quant à eux, trouvent de l’embauche par-ci, par-là, quand la chance leur sourit. Leur mère vit avec eux et travaille à quelques rues de là, comme femme de ménage.

Un jour pourtant, elle entend parler de l’école pour adultes de l’Armée du Salut. Elle s’inscrit immédiatement au cours « lire et écrire » et le suit avec assiduité et intérêt ; les matières enseignées la passionnent. C’est par le biais de ce cours que Nasreen fait la connaissance de l’Armée du Salut et qu’elle découvre les motivations et la mission de ces chrétiens qui, bien qu’habillés comme elle, portent deux « S » sur le col; « sauvé pour servir ». Là, Nasreen trouve un appui pour sa vie. Elle est toujours la bienvenue pour un moment de convivialité ou le partage d’une méditation biblique et d’une prière.

Au terme du cours de lecture et d’écriture, un autre cours, de broderie artisanale cette fois-ci, lui est proposé. Puis elle s’engage dans le projet « Sally Ann ». Les motifs de décoration pakistanaise qu’elle y crée avec talent et fantaisie lui rapportent de l’argent. Dès lors, la vie de Nasreen a complètement changé; elle a acquis une nouvelle estime d’elle-même, car percevoir un salaire lui assure la dignité et le respect. Grâce à son revenu, les conditions d’existence et la qualité de vie de toute sa famille se sont considérablement améliorées. Mais, une autre pensée la réjouit…, au Pakistan, ce sont les femmes qui apportent la dot lorsqu’elles se marient. Plus la dot est importante, plus le choix du mari est large. Il faut donc beaucoup d’argent si on veut faire un bon mariage. Depuis quelques temps et grâce à son emploi à « Sally Ann », Nasreen s’est remise à espérer et à rêver. Doris Droz, major (Vous pouvez lire l'histoire détaillée de Nasreen dans le livre "Parole aux pauvres", publié par StopPauvreté2015. Ce livre est disponible à Mission & Développement.)


Sally Ann Commerce équitable par le biais de l’Armée du Salut Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, a rendu public son rêve d’un monde meilleur en 1890 dans un livre intitulé « In Darkest England and the way out ». Un élément important de la solution consistait à faciliter l’accès au travail pour les pauvres qui étaient déjà soutenus sous forme de nourriture et de logement. C’est ainsi que l’Armée du Salut a jadis ouvert la première société de placement de personnel d’Angleterre. « Sally Ann » constitue la réponse d’aujourd’hui au rêve de Booth. Il s’agit de commerce équitable, de conditions de travail et de salaires justes, ainsi que de droit de regard de l’employé. Les pauvres doivent être renforcés dans leur autonomie afin qu’ils puissent subvenir durablement à leurs besoins avec leurs capacités et leurs ressources. « Sally Ann » a vu le jour au Bangladesh en 1997. Là, des prostituées et des personnes touchées par la traite des êtres humains ont reçu la possibilité de s’initier à l’artisanat. En collaboration avec des concepteurs et des commerçants de Norvège, les produits ont été adaptés au marché européen. Plusieurs ateliers ont été ouverts dans les bidonvilles du Bangladesh. Des boutiques « Sally Ann » ont ouvert leurs portes en Norvège et en Suède. Aujourd’hui, 450 personnes travaillent au Bangladesh dans des conditions de travail dignes et équitables. Le salaire gagné leur permet de nourrir une famille. Depuis lors, l’Armée du Salut a transféré au Pakistan ce concept de développement mené avec succès au Bangladesh, afin de permettre le commerce équitable par le biais de « Sally Ann ». Il s’agit de créer 200 emplois procurant un salaire régulier pour des hommes et des femmes économiquement défavorisés. Depuis le début de l’année, 20 places de travail ont déjà été créées. D’autres suivront. Les marchandises produites, essentiellement des textiles ornés de broderies, sont vendues principalement en Europe. L’Armée du Salut Suisse aide son homologue pakistanaise en fournissant une rallonge financière et en contribuant à la mise en place de « Sally Ann ». Par contre, aucun point de vente « Sally Ann » n’est pour l’instant prévu en Suisse. Le commerce équitable constitue un instrument éprouvé à long terme pour lutter contre la pauvreté. Les injustices inhérentes au système commercial mondial conduisent à un déséquilibre en faveur des plus riches. Le commerce équitable tente de contrebalancer ce déséquilibre en faveur de ceux qui en pâtissent le plus, c’est-à-dire les pauvres. Thomas Martin

La major Bernice Rehmat, officière de l’Armée du Salut au Pakistan est responsable de « Produits et qualité » auprès de « Sally Ann Pakistan ». Elle nous informe sur la position des femmes au Pakistan.

Quel rang social la femme occupe-t-elle dans la société pakistanaise ? Bien que les femmes représentent 51 pourcent de la population pakistanaise, elles ont toujours très peu accès à la formation, aux établissements sanitaires ou aux revenus. Notamment dans les régions rurales, les possibilités des femmes sont très minces, voire inexistantes. Au Pakistan, les femmes doivent surmonter beaucoup d’obstacles et relever de nombreux défis avant que les choses ne changent. Pourquoi les femmes sont-elles souvent considérées comme des citoyennes de seconde zone ? Du point de vue culturel, la société pakistanaise est dominée par les hommes. La majorité des femmes ne sont pas instruites et, par conséquent, ne connaissent pas leurs droits. Elles ont été éduquées dans une idée de dépendance. Les femmes économiquement indépendantes sont, de ce fait, peu nombreuses. Comment le projet « Sally Ann » renforce-t-il la position des femmes qui y participent ? Les femmes sont formées dans le cadre du programme « Sally Ann » où elles acquièrent d’importantes connaissances commerciales. Leurs capacités et leurs dons sont reconnus et elles sont encouragées à faire preuve d’initiative. Cela les rend plus sûres d’elles. En réponse à leur travail, la production de produits de « Sally Ann », elles reçoivent un salaire juste et équitable. Les femmes sont très satisfaites de ce revenu. Grâce à « Sally Ann », une mère est désormais en mesure de subvenir aux besoins de son mari malade et de ses enfants. Ainsi, « Sally Ann » améliore les capacités professionnelles des participantes qui, de ce fait, se retrouvent renforcées dans leur identité.

Boutique « Sally Ann » à Oslo.

Nasreen

Le père lui, est mort alors que la fillette n’avait que trois ans, d’un accident de la circulation alors qu’il se rendait à vélo à Faisalabad, une ville voisine.

Nasreen correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’une jeune pakistanaise musulmane traditionnelle: visage basané, pommettes hautes, deux petites boucles d’oreilles, un discret bijou sur la narine gauche, des vêtements stricts et le regard baissé. Parfois cependant, lorsque son visage s’anime, ses yeux foncés pétillent et un rire frais jaillit en cascade de sa gorge.

Au Pakistan, l’école coûte cher et le revenu de la mère de famille ne suffisait pas pour payer l’écolage de tous ses enfants. Seuls, les frères de Nasreen ont eu cette chance. La jeune fille a souvent éprouvé du regret face à ce manque de scolarité; curieuse et vive d’esprit, elle a toujours eu soif d’apprendre.

Nasreen est la cadette de la famille. Ses sœurs aînées gagnent un maigre revenu en travaillant comme domestiques dans des familles plus aisées de la contrée. Ses frères, quant à eux, trouvent de l’embauche par-ci, par-là, quand la chance leur sourit. Leur mère vit avec eux et travaille à quelques rues de là, comme femme de ménage.

Un jour pourtant, elle entend parler de l’école pour adultes de l’Armée du Salut. Elle s’inscrit immédiatement au cours « lire et écrire » et le suit avec assiduité et intérêt ; les matières enseignées la passionnent. C’est par le biais de ce cours que Nasreen fait la connaissance de l’Armée du Salut et qu’elle découvre les motivations et la mission de ces chrétiens qui, bien qu’habillés comme elle, portent deux « S » sur le col; « sauvé pour servir ». Là, Nasreen trouve un appui pour sa vie. Elle est toujours la bienvenue pour un moment de convivialité ou le partage d’une méditation biblique et d’une prière.

Au terme du cours de lecture et d’écriture, un autre cours, de broderie artisanale cette fois-ci, lui est proposé. Puis elle s’engage dans le projet « Sally Ann ». Les motifs de décoration pakistanaise qu’elle y crée avec talent et fantaisie lui rapportent de l’argent. Dès lors, la vie de Nasreen a complètement changé; elle a acquis une nouvelle estime d’elle-même, car percevoir un salaire lui assure la dignité et le respect. Grâce à son revenu, les conditions d’existence et la qualité de vie de toute sa famille se sont considérablement améliorées. Mais, une autre pensée la réjouit…, au Pakistan, ce sont les femmes qui apportent la dot lorsqu’elles se marient. Plus la dot est importante, plus le choix du mari est large. Il faut donc beaucoup d’argent si on veut faire un bon mariage. Depuis quelques temps et grâce à son emploi à « Sally Ann », Nasreen s’est remise à espérer et à rêver. Doris Droz, major (Vous pouvez lire l'histoire détaillée de Nasreen dans le livre "Parole aux pauvres", publié par StopPauvreté2015. Ce livre est disponible à Mission & Développement.)


Sally Ann Commerce équitable par le biais de l’Armée du Salut Le fondateur de l’Armée du Salut, William Booth, a rendu public son rêve d’un monde meilleur en 1890 dans un livre intitulé « In Darkest England and the way out ». Un élément important de la solution consistait à faciliter l’accès au travail pour les pauvres qui étaient déjà soutenus sous forme de nourriture et de logement. C’est ainsi que l’Armée du Salut a jadis ouvert la première société de placement de personnel d’Angleterre. « Sally Ann » constitue la réponse d’aujourd’hui au rêve de Booth. Il s’agit de commerce équitable, de conditions de travail et de salaires justes, ainsi que de droit de regard de l’employé. Les pauvres doivent être renforcés dans leur autonomie afin qu’ils puissent subvenir durablement à leurs besoins avec leurs capacités et leurs ressources. « Sally Ann » a vu le jour au Bangladesh en 1997. Là, des prostituées et des personnes touchées par la traite des êtres humains ont reçu la possibilité de s’initier à l’artisanat. En collaboration avec des concepteurs et des commerçants de Norvège, les produits ont été adaptés au marché européen. Plusieurs ateliers ont été ouverts dans les bidonvilles du Bangladesh. Des boutiques « Sally Ann » ont ouvert leurs portes en Norvège et en Suède. Aujourd’hui, 450 personnes travaillent au Bangladesh dans des conditions de travail dignes et équitables. Le salaire gagné leur permet de nourrir une famille. Depuis lors, l’Armée du Salut a transféré au Pakistan ce concept de développement mené avec succès au Bangladesh, afin de permettre le commerce équitable par le biais de « Sally Ann ». Il s’agit de créer 200 emplois procurant un salaire régulier pour des hommes et des femmes économiquement défavorisés. Depuis le début de l’année, 20 places de travail ont déjà été créées. D’autres suivront. Les marchandises produites, essentiellement des textiles ornés de broderies, sont vendues principalement en Europe. L’Armée du Salut Suisse aide son homologue pakistanaise en fournissant une rallonge financière et en contribuant à la mise en place de « Sally Ann ». Par contre, aucun point de vente « Sally Ann » n’est pour l’instant prévu en Suisse. Le commerce équitable constitue un instrument éprouvé à long terme pour lutter contre la pauvreté. Les injustices inhérentes au système commercial mondial conduisent à un déséquilibre en faveur des plus riches. Le commerce équitable tente de contrebalancer ce déséquilibre en faveur de ceux qui en pâtissent le plus, c’est-à-dire les pauvres. Thomas Martin

La major Bernice Rehmat, officière de l’Armée du Salut au Pakistan est responsable de « Produits et qualité » auprès de « Sally Ann Pakistan ». Elle nous informe sur la position des femmes au Pakistan.

Quel rang social la femme occupe-t-elle dans la société pakistanaise ? Bien que les femmes représentent 51 pourcent de la population pakistanaise, elles ont toujours très peu accès à la formation, aux établissements sanitaires ou aux revenus. Notamment dans les régions rurales, les possibilités des femmes sont très minces, voire inexistantes. Au Pakistan, les femmes doivent surmonter beaucoup d’obstacles et relever de nombreux défis avant que les choses ne changent. Pourquoi les femmes sont-elles souvent considérées comme des citoyennes de seconde zone ? Du point de vue culturel, la société pakistanaise est dominée par les hommes. La majorité des femmes ne sont pas instruites et, par conséquent, ne connaissent pas leurs droits. Elles ont été éduquées dans une idée de dépendance. Les femmes économiquement indépendantes sont, de ce fait, peu nombreuses. Comment le projet « Sally Ann » renforce-t-il la position des femmes qui y participent ? Les femmes sont formées dans le cadre du programme « Sally Ann » où elles acquièrent d’importantes connaissances commerciales. Leurs capacités et leurs dons sont reconnus et elles sont encouragées à faire preuve d’initiative. Cela les rend plus sûres d’elles. En réponse à leur travail, la production de produits de « Sally Ann », elles reçoivent un salaire juste et équitable. Les femmes sont très satisfaites de ce revenu. Grâce à « Sally Ann », une mère est désormais en mesure de subvenir aux besoins de son mari malade et de ses enfants. Ainsi, « Sally Ann » améliore les capacités professionnelles des participantes qui, de ce fait, se retrouvent renforcées dans leur identité.

Boutique « Sally Ann » à Oslo.

Nasreen

Le père lui, est mort alors que la fillette n’avait que trois ans, d’un accident de la circulation alors qu’il se rendait à vélo à Faisalabad, une ville voisine.

Nasreen correspond parfaitement à l’idée que l’on peut se faire d’une jeune pakistanaise musulmane traditionnelle: visage basané, pommettes hautes, deux petites boucles d’oreilles, un discret bijou sur la narine gauche, des vêtements stricts et le regard baissé. Parfois cependant, lorsque son visage s’anime, ses yeux foncés pétillent et un rire frais jaillit en cascade de sa gorge.

Au Pakistan, l’école coûte cher et le revenu de la mère de famille ne suffisait pas pour payer l’écolage de tous ses enfants. Seuls, les frères de Nasreen ont eu cette chance. La jeune fille a souvent éprouvé du regret face à ce manque de scolarité; curieuse et vive d’esprit, elle a toujours eu soif d’apprendre.

Nasreen est la cadette de la famille. Ses sœurs aînées gagnent un maigre revenu en travaillant comme domestiques dans des familles plus aisées de la contrée. Ses frères, quant à eux, trouvent de l’embauche par-ci, par-là, quand la chance leur sourit. Leur mère vit avec eux et travaille à quelques rues de là, comme femme de ménage.

Un jour pourtant, elle entend parler de l’école pour adultes de l’Armée du Salut. Elle s’inscrit immédiatement au cours « lire et écrire » et le suit avec assiduité et intérêt ; les matières enseignées la passionnent. C’est par le biais de ce cours que Nasreen fait la connaissance de l’Armée du Salut et qu’elle découvre les motivations et la mission de ces chrétiens qui, bien qu’habillés comme elle, portent deux « S » sur le col; « sauvé pour servir ». Là, Nasreen trouve un appui pour sa vie. Elle est toujours la bienvenue pour un moment de convivialité ou le partage d’une méditation biblique et d’une prière.

Au terme du cours de lecture et d’écriture, un autre cours, de broderie artisanale cette fois-ci, lui est proposé. Puis elle s’engage dans le projet « Sally Ann ». Les motifs de décoration pakistanaise qu’elle y crée avec talent et fantaisie lui rapportent de l’argent. Dès lors, la vie de Nasreen a complètement changé; elle a acquis une nouvelle estime d’elle-même, car percevoir un salaire lui assure la dignité et le respect. Grâce à son revenu, les conditions d’existence et la qualité de vie de toute sa famille se sont considérablement améliorées. Mais, une autre pensée la réjouit…, au Pakistan, ce sont les femmes qui apportent la dot lorsqu’elles se marient. Plus la dot est importante, plus le choix du mari est large. Il faut donc beaucoup d’argent si on veut faire un bon mariage. Depuis quelques temps et grâce à son emploi à « Sally Ann », Nasreen s’est remise à espérer et à rêver. Doris Droz, major (Vous pouvez lire l'histoire détaillée de Nasreen dans le livre "Parole aux pauvres", publié par StopPauvreté2015. Ce livre est disponible à Mission & Développement.)


Des cadeaux qui font doublement plaisir Durant les quelques semaines précédant Noël, nous nous posons tous la même question : que pourrions-nous bien offrir à nos amis et connaissances. Ceci n’est pas une mince affaire car la plupart des gens ici vivent dans l’abondance. Ainsi, bien des cadeaux sont échangés ou se couvrent de poussière sur une étagère. Dans ce cas, que pouvons-nous entreprendre pour faire vraiment plaisir ? Surprenez donc vos amis et connaissances avec des cadeaux qui font doublement plaisir : des cadeaux qui améliorent l’existence de beaucoup de personnes démunies dans les pays du Sud comme, par exemple, une opération des yeux, un cours d’alphabétisation, un repas ou des équipements sanitaires. Après la commande d’un cadeau, vous recevrez une carte-cadeau pour vos amis et parents mais le véritable cadeau ira, quant à lui, aux personnes démunies et en détresse dans les pays du Sud. Commandez la brochure présentant les cadeaux au 031 388 05 91 ou visitez notre webshop à l’adresse www.armeedusalut.ch/mission. Les brochures sont également disponibles dans les Postes.

Impressum Edition Rédaction Photos Layout / Concept Impression

Fondation Armée du Salut Suisse, Mission & Développement Laupenstrasse 5, 3008 Berne, Suisse Téléphone 031 388 05 91, mission@swi.salvationarmy.org Markus Muntwiler, Doris Droz, Thomas Martin archives Mission & Développement Thomas Martin / Martin Stucki Grafik, Heimenschwand, msgrafik.ch Jordi AG, Belp

Cette newsletter paraît 3 fois par an. Compte postal: 30-6709-1 (avec mention d’affectation du don)

www.armeedusalut.ch/mission


Newsletter N° 05