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Photo  : Leroy Skalstad, pixabay.com

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Chacun a droit à un toit LʼArmée du Salut héberge les sans-abri

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Distribution de cadeaux à Lausanne 8 Nouvelles salutistes 7–8


Éditorial

Dialogue 1

17.01.18

14:41

Photo  : MAD

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FÊTE DE CONSÉCRATION ET DE BIENVENUE

Samedi PALAIS DES CONGRÈS 2 JUIN 2018 BIENNE

Un toit pour la nuit Cet hiver, jʼai passé une nuit à lʼAccueil de Nuit de lʼArmée du Salut à Genève. Une ambiance spéciale, des visages fatigués et stressés par ma présence et surtout celle de la caméra que jʼai au poing. Mais peu à peu la tension sʼestompe, les corps se relâchent, certainement aussi lʼeffet de la chaleur du lieu en comparaison avec la froideur de lʼextérieur. Et certaines langues se délient. Cet homme dʼAfrique du Nord, intrigué par la caméra, mʼexplique quʼil a officié comme réalisateur. Cet autre avoue nʼavoir pas dit à sa famille quʼil devait dormir dans la rue. À table, un groupe dʼAfricaines parle fort. Puis quand tout le monde a terminé de manger, ils montent dans leur chambre, épuisés dʼavoir passé la journée dehors. Seul un homme reste regarder le match de tennis. «  Cʼest Federer qui joue ce soir  », me dit ce Suisse, jeune retraité. Il a été expulsé de lʼappartement quʼil partageait avec son amie, depuis quʼelle a dû être placée en EMS. «  Cʼest ma faute, me dit-il, je nʼai jamais pris la peine de mettre mon nom sur le bail. Jʼespère que les Services sociaux trouveront rapidement une solution de logement.  » Des trajectoires de vies hétéroclites que seule la fragilité relie et une problématique qui prend de lʼampleur, surtout dans nos villes. Dans ce dialogue, nous présentons ce que lʼArmée du Salut fait pour venir en aide à ces personnes sans domicile. Sébastien Goetschmann

10h30 12h30 13h45 14h30

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Session 1 Laisser mourir Repas (soupe et pain) Concert Session 2 Vivre

armeedusalut.ch/fete_de_paques

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dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

Déclaration de mission internationale de l’Armée du Salut L’Armée du Salut est un mouvement international et fait partie de l’Église chrétienne universelle. Son message se fonde sur la Bible. Son ministère est motivé par l’amour de Dieu. Sa mission consiste à annoncer l’Évangile de Jésus-Christ et à soulager, en Son nom, sans distinction aucune, les détresses humaines.


Partage

Photo  : Sara Stöcklin

Avoir le courage de regarder et d’agir Dans de nombreuses villes de Suisse, lʼabsence de domicile fixe nʼest plus aussi manifeste quʼauparavant et nʼest plus aussi visible que dans dʼautres villes européennes. Pourtant, là où elle apparaît, elle exige une décision  : est-ce que nous regardons la situation en face ou est-ce que nous détournons le regard  ? Récemment, lorsque nous nous sommes rendus à Budapest avec la Direction, nous avons de nouveau rencontré deux de ces personnes  : des sans-abri, équipés de cartons et de couvertures, qui cherchaient refuge dans une niche dʼune maison. Je me souviens bien de ma première réaction. Jʼai jeté un regard furtif et néanmoins curieux dans leur direction, pour identifier à quoi ressemblaient ces gens et quels objets ils avaient rassemblés. Mais nous avons dû continuer notre chemin, ce qui a fait que jʼai rapidement détourné le regard et que jʼai oublié les deux clochards rencontrés. Vous avez peut-être la même réaction que moi lorsque vous êtes confrontés à des situations comparables. Que ce soit lorsque nous rencontrons des manifestants dans la rue, lorsque nous voyons des jeunes portant des habits peu ordinaires, ou

lorsque nous passons à côté dʼun accident de voiture. La curiosité initiale fait vite place au détournement du regard. Plutôt regarder ailleurs que faire face à une situation désagréable ou à un problème inconnu. Offrir un toit à nos semblables Je suis content que lʼArmée du Salut ait appris à regarder. William Booth a vu la misère dans les rues de lʼEst londonien, et celle-ci ne lʼa pas laissé indifférent. Il a pris conscience des problèmes et a réfléchi à la manière de les surmonter. Ce courage de regarder et dʼagir, lʼArmée du Salut lʼa conservé tout au long de ces années. Et elle a appris à faire face aux nouvelles questions, même lorsque la problématique est restée la même. Cʼest ainsi quʼaujourdʼhui, il sʼagit non seulement dʼoffrir un toit à quelquʼun, mais

encore dʼoffrir des formes dʼhébergement très variées et adaptées aux personnes les plus diverses. Nos Institutions travaillent depuis longtemps dans le domaine de lʼhébergement. Le fil rouge de leurs offres est de procurer un toit à des personnes et de leur proposer un lieu de paix, qui leur permettra dʼacquérir de nouvelles perspectives. Ceci ne sera possible que si nous ne détournons pas le regard, mais que nous regardons consciemment la situation en face et que nous percevons ces personnes avec leurs besoins globaux. Je remercie tous les collaborateurs, employés et bénévoles, qui, jour après jour, sʼengagent dans les sites de lʼArmée du Salut. Major Daniel Imboden Chef du Département du personnel

De nous à vous

Des graines invisibles d’inclusion

Les gouvernements aiment avoir des preuves visibles et tangibles des tendances et besoins sociaux. Cʼest la raison pour laquelle lʼArmée du Salut (Territoire du Royaume-Uni avec lʼIrlande) a demandé aux Universités de Kent et de Cardiff de mener, de 2006 à 2008, des entretiens approfondis avec 438 sans-abri qui logeaient dans nos Centres à cette période. Lʼétude

a montré comment certains schémas de premières expériences de vie contiennent les graines de la future exclusion sociale. 43% des personnes interrogées ont rapporté avoir été victimes de maltraitance psychologique de la part de leurs parents et 40% se sentaient négligées chez elles. En tant que prestataires de services et communautés locales de Poste, nous avons des opportunités données par Dieu pour interagir avec beaucoup de familles. Il est possible de semer des graines invisibles dʼinclusion, et non dʼexclusion, si nous sommes prêts à nous impliquer.

pour construire des relations plus profondes avec des familles et des personnes vivant seules. Cela pourrait avoir un impact énorme, surtout pour des jeunes rencontrant des difficultés à la maison. Nous pouvons soutenir des familles afin que les enfants dʼaujourdʼhui ne risquent pas de devenir les sans-abri de demain. Commissaires Massimo et Jane Paone, responsables territoriaux

Pensez aux nombreuses familles qui sont en contact avec nous durant notre travail hebdomadaire. Cela peut être lors de brefs échanges (en servant un repas, en aidant avec les devoirs, en rendant visite à la brocante). Chacun dʼentre nous pourrait prendre quelques moments pour écouter,

Photo  : L. Geissler

Dʼune manière ou dʼune autre, certaines personnes deviennent invisibles au regard humain, exclues, car différentes. Elles sont catégorisées «  sans-abri  », souvent en raison de malheureuses circonstances personnelles, indépendantes de leur volonté. Les sans-abri font partie de notre société. A lʼArmée du Salut, nous sommes en position de les rencontrer. Nous pouvons être sensibles à leurs besoins et avoir un impact parfois invisible, montrer que nous nous préoccupons dʼeux.

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Dossier  : Chacun a droit à un toit

«  Chaque soir, je m’assieds au bord du lit et je prie  »

«  Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt  ». Alors que dʼautres somnolent encore devant leur déjeuner, Daniel sʼattaque déjà assidument à des montagnes de fromage dʼalpage. Il coupe de gros morceaux, les emballe dans du film alimentaire et les offrira ensuite à ses amis et à ses proches. Il a de lʼexpérience dans la coupe du fromage. Jadis, lorsquʼil vivait à la Bachalp, il fabriquait lui-même du fromage. Il participait alors à une sociothérapie de la Fondation Terra Vecchia. Aujourdʼhui, Daniel a un jour de congé. Les autres jours de la semaine, il a des engagements variés auprès de la ville de Thoune  : nettoyer des espaces verts, réparer des places de jeux, effectuer des travaux de menuiserie ou des déménagements. «  Jʼaime bien donner un coup de main là où je peux  », dit-il. Dans la salle de séjour, des habits sont éparpillés sur la table. Les résidents peuvent prendre ce qui leur convient. On entend également le ronronnement de lʼaspirateur  : aujourdʼhui, les résidents nettoyent leurs chambres. À midi, le Directeur de lʼInstitution fermera les chambres à clé. Elles resteront closes jusquʼà 17 heures. «  Les résidents doivent avoir un quotidien réglé et ne pas rester reclus dans leur chambre  », dit le Directeur de lʼInstitution, Kurt Hanhart. Il est essentiel quʼils sortent et quʼils sʼefforcent de trouver du travail. Tous les matins, Wale vient pour faire le nettoyage. Durant ses jeunes années, Wale était très dépendant des drogues, et à lʼépoque, il se souciait peu de la provenance de lʼargent. Cʼest ainsi quʼil a eu lʼidée de se procurer des armes et de braquer le bureau de poste de Neufeld (quartier bernois). Il a finalement été arrêté à Bâle, dans lʼHôtel Astoria, et a passé cinq ans au pénitencier de Thorberg. Après sa libération, il a vécu dans la rue, au jour le jour. Lorsque lʼhiver est arrivé, il sʼest réfugié au Foyer de passage de lʼArmée du

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Photo  : Werner Tschan

dialogue a passé une journée au Foyer de passage de l’Armée du Salut de Thoune. Une douzaine de personnes touchées par l’exclusion y vivent. Elles y trouvent un toit et la sécurité. Et elles sont nombreuses à y reprendre pied.

En cuisine, Stefan, un résident, prépare le souper.

Salut, où il a occupé la chambre numéro 12, dix ans durant. Le temps passant, il a pensé quʼil pourrait faire quelque chose, plutôt que de traîner toute la journée. Avec le soutien de lʼAide au logement, il a réussi à dénicher un petit appartement bon marché. Aujourdʼhui, Wale fait partie de lʼéquipe du Foyer de passage. «  Bien que jʼaie la réputation dʼêtre inguérissable, je suis un homme paisible, même si je suis parfois un peu direct, pas très facile et émotionnel, avoue-t-il. Mais maintenant, je me connais mieux et je sais ce que je dois faire pour me calmer.  » Le soleil de lʼaprès-midi brille déjà de mille feux, et Andreas, un ancien résident, profite du soleil dʼautomne en dégustant un café devant la maison. «  LʼArmée du Salut sʼoccupe dʼindividus dont plus personne ne sʼoccupe  », dit-il. Jadis, il nʼappréciait pas les chants de lʼArmée du Salut. Pourtant, il a toujours donné quelque chose. «  Q ui peut savoir, sʼil nʼen aura pas besoin un jour  ?  » Il nʼaurait jamais imaginé quʼil atterrirait lui-même un jour ici. Il avait un bon emploi. Mais un jour, il a vécu un divorce et sʼest mis à boire. «  Pour remonter la pente dans la vie, il faut assumer ses erreurs. Beaucoup de personnes ne veulent pas voir leur problème, et ce sont toujours les autres qui

sont coupables.  » Andreas a repris pied  : il a désormais une nouvelle compagne à Steffisburg et il travaille comme concierge. Le soir venu, les premiers résidents sont de retour de leur balade et se mettent à lʼaise sur la terrasse du bâtiment de 150 ans, qui est propriété de lʼArmée du Salut depuis 1951. Franca, qui est fraîchement arrivée et qui est actuellement la seule femme du Foyer de passage, est aussi de retour. «  Je mʼentends à merveille avec le personnel  », explique la cinquantenaire avec vivacité. «  Le personnel dʼencadrement a un grand cœur, un cœur comparable à une mappemonde.  » En passant, Franca caresse le chat de la maison et lance, songeuse  : «  Jʼaime beaucoup les animaux, parfois même plus que les humains.  » Il est lʼheure du souper. Stefan est aux fourneaux et sʼapprête à servir le repas. Huit personnes attendent de recevoir leur assiette. À ce moment-là, Roland surgit dans la cuisine en demandant  : «  Est-ce que je peux encore me joindre à vous  ?  » «  Si jamais, je mangerai un peu moins  », réplique immédiatement quelquʼun. Stefan estime que ce ne sera pas nécessaire, quʼil y a suffisamment de tout, et découpe le lard et le saucisson de façon professionnelle. Il explique que la choucroute mijote depuis deux heures déjà. «  Il faut poser les saucisses et le lard sur les choux et il faut laisser mijoter le tout. Surtout ne pas trop la cuire, sinon toutes les vitamines et le bon goût de la viande auront disparu.  » À peine le souper est-il terminé quʼUeli, un résident, fait son entrée en cuisine et jette un œil sur les restes du souper. «  Chez nous, à la maison, il y avait souvent de la choucroute ou des pommes de terre, se rappelle-t-il en pensant à son enfance. Nous étions dix enfants à la maison. Notre mère cultivait trois plates-bandes et notre père devait se débrouiller pour nourrir cette grande famille avec 700 francs par mois. Ce nʼétait pas facile.  » Il clopine jusquʼà la table et se sert une assiette. En raison dʼun accident et dʼune maladie, le charpentier de formation a les pieds déformés. «  Je suis heureux dʼêtre ici. Chaque soir, je mʼassieds au bord du lit et je prie. Je suis reconnaissant dʼavoir de quoi manger et un toit au-dessus de la tête.  » Tamara Traxler et Livia Hofer


Photo  : Livia Hofer

Un cœur ouvert Zurich est la ville la plus effervescente de Suisse, la Langstrasse le quartier le plus animé de Zurich, et au milieu de celui-ci se trouvent les sergents Fred et Ruth Schulze. Ils dirigent le Centre Open Heart de lʼArmée du Salut et arpentent toujours et encore le Kreis 4 pour proposer un service de prière dans les rues. Créatifs, peu conventionnels et avec un cœur ouvert pour les gens qui nʼont pas été gâtés par la vie, ainsi peut-on décrire Fred et Ruth Schulze. Les deux salutistes ont beaucoup de petites anecdotes amusantes et touchantes à raconter sur la façon dont ils remplissent leur mission en tant que Directeurs du Centre de diaconie sociale Open Heart, dans le Kreis 4 de Zurich. Un sapin de Noël et le groupe «  Unheilig  » «  Pour Noël, nous avons loué une charrette en bois chez un agriculteur et y avons installé un sapin de Noël lumineux, avec lequel nous nous sommes promenés dans le quartier, afin dʼinviter les gens de la rue à la fête de lʼOpen Heart  », raconte Fred Schulze. Provenant de la charrette, on pouvait entendre la comptine enfantine «  Kling Glöckchen Klingelingeling  » (Les clochettes sonnent)  : une fois chantée par Helene Fischer et une deuxième fois en version hard rock, par Graf, du groupe Unheilig (Païen). «  Les gens nous regardaient par la fenêtre, et nous avons pu créer un contact avec nos voisins, cʼétait très excitant.  » 50 personnes sont venues à la fête  : des marginaux, des personnes défavorisées, également des Suisses et toute une bande de jeunes éthiopiens qui ne savaient pas où aller. «  Pour le repas, nous avons proposé une pizza spéciale en forme de cœur, qui a rencontré un grand succès  !  » Servir les gens dans la rue Les époux, membres du Poste de Zurich Oberland, ont rejoint lʼArmée du Salut pour changer de cap. Auparavant, dans une autre Église libre, ils avaient trop peu dʼoccasions de se consacrer aux autres. Il est important pour eux de sʼoccuper des autres. «  Maintenant, nous pouvons être dans la rue. Cʼest même la rue qui vient à nous  ! Nous sortons parfois avec des sandwiches ou des pâtisseries et nous appelons  : ‹  LʼArmée du Salut est là. Qui a faim  ?  › Souvent, nous rencontrons des prostituées, les gens affluent.  » Ruth et Fred Schulze proposent aussi de prier

lorsque quelquʼun souffre. «  Cʼest généralement bien accepté. Nous demandons la guérison à Dieu.  »

Au pied de la croix faite maison, les sergents Ruth et Fred Schulze prient avec des gens pour la guérison du corps et de l’âme.

Une salle à usages multiples Open Heart est situé au N° 23 de la Luisenstrasse à Zurich. À lʼétage supérieur, il y a des bureaux, une douche, un vestiaire, une chambre à coucher pour le veilleur de garde et une pièce réservée à lʼaccompagnement spirituel. Tout le reste se déroule dans la grande salle du rez-dechaussée. Cette dernière se transforme selon les besoins en accueil de nuit, en lieu de rencontre pour les cultes et les temps de prière, en lieu de distribution de nourriture et en salle à manger pour des soupers en commun.

a le don de «  captiver  » lʼattention. À la fin de ces rencontres, lorsque la bénédiction est apportée, les gens applaudissent «  car ils réalisent que quelque chose se passe  ». Et là aussi, ceux qui souffrent ou qui sont inquiets sont invités à la prière. «  Nous expérimentons toujours de nouvelles guérisons lorsque nous prions à la croix. Depuis que nous sommes arrivés, déjà douze personnes ont donné leur cœur à Jésus  », confient les Sergents.

Prendre une douche, manger, dormir «  Nous mettons la devise ‹  Soupe, savon, salut  › en pratique, en proposant un accompagnement global aux gens  », dit Fred Schulze. De janvier à avril, nous offrons douze lits  : deux lits superposés de trois étages, ainsi que six matelas individuels. Les personnes qui passent la nuit à lʼOpen Heart doivent quitter les lieux au matin, au plus tard à 8 heures, après le déjeuner. Le Meeting Point, qui se déroule en fin d’après-midi et jusque dans la soirée, est un temps communautaire. La possibilité de se doucher est offerte trois fois par semaine. Ceux qui souhaitent rester peuvent profiter dʼun repas à petit budget, confectionné avec des produits provenant de Table Suisse. Prière et guérison à la croix Pour la distribution de nourriture, nommée OH-Event, lʼentrée nʼest accessible quʼaux personnes munies dʼune autorisation. Depuis que Fred et Ruth Schulze en ont repris la direction, il y a une année et demie, cet évènement se transforme toujours davantage en un culte. «  Nous accueillons les gens avec une prière, nous accueillons Dieu et nous rendons grâce pour les denrées alimentaires.  » Sʼensuit un court message apporté par Ruth, qui

Seul Christ offre la liberté La devise de lʼOpen Heart, pour laquelle les directeurs se sont laissés inspirer par Dieu, et que lʼon retrouve dans chacune de leurs activités, dit  : famille, amitié, liberté en Christ. «  Nous sommes une famille pour beaucoup de gens, parce quʼils nʼont personne dʼautre. Étant donné que nous connaissons les gens que nous rencontrons dans notre petit cercle de confiance, nous sommes liés par lʼamitié. Finalement, seul Christ peut offrir la liberté aux gens et répondre à leurs besoins  », résume Ruth Schulze. Open Heart fait partie de lʼŒuvre dʼévangélisation et son travail dépend des dons. «  Cela nous donne la liberté de prêcher. Si quelquʼun ne veut pas entendre cela, il nʼest pas obligé de venir chez nous, car il existe suffisamment dʼautres offres en ville de Zurich. En revanche, tous ceux qui viennent acceptent volontiers cet aspect spirituel.  » Lorsque les discussions deviennent plus profondes, Fred Schulze propose également un service dʼaccompagnement spirituel. «  L a prière prend toujours plus dʼimportance et devient un domaine de travail en soi.  » Livia Hofer

heilsarmee-openheart.ch (programme hebdomadaire) ; info.armeedusalut.ch (galerie photo, mot-clé «  Open Heart  ») dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

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Dossier  : Chacun a droit à un toit

Un refuge pour les plus démunis

à des hommes et des femmes majeur(e)s, 365 jours par année, de 18h30 à 9h00.

A Genève, lʼArmée du Salut lance le projet dʼAccueil & hébergement dʼurgence de Sécheron « Le Passage ». Cette construction aura pour objectif dʼaméliorer les conditions de vie des sans-abris.

Le Passage accueillera dignement les personnes sans domicile à Genève, dans une optique de sécurisation et de restauration physique et psychique, tout en favorisant la possibilité dʼune amélioration durable des conditions de vie. Le sens de lʼaccueil est la valeur fondamentale de lʼInstitution. Il est défini comme un acte dʼhospitalité où la personne est reconnue et acceptée dans sa globalité. Cette reconnaissance sans apriori permet à lʼautre dʼexister et crée un mouvement dʼouverture au sein duquel une relation peut sʼétablir.

années 50  −  ne répond plus aux normes de sécurité et le terrain sur lequel il est construit va être réaménagé. LʼArmée du Salut prévoit donc de construire un nouveau bâtiment, à la Rue du Valais dans le quartier de Sécheron, qui pourra offrir 90 places dʼhébergement dʼurgence, ainsi que de nouvelles prestations dʼaccompagnement,

Photo : Paul Mori

Depuis plus de 30 ans, lʼAccueil de Nuit de lʼArmée du Salut, situé au chemin Galiffe, est une réussite dʼintégration dans le quartier et avec les voisins. Doté de 36 lits, il a permis dʼoffrir des milliers de nuitées et repas aux sans-abris. Mais aujourdʼhui, le bâtiment  –  historiquement construit pour accueillir des saisonniers dans les

Sébastien Goetschmann

Dates importantes : Le 1er Accueil de Nuit de lʼArmée du Salut a été ouvert à Genève en 1898. | Octobre 2017  : Dépôt de la demande définitive dʼautorisation de construire | Été 2018  : Début des travaux. | Début 2020  : Inauguration du bâtiment.

La maquette du futur centre dʼaccueil au Sécheron.

Caractéristiques du futur bâtiment : Rez-de-chaussée  : accueil des bénéficiaires, espaces communs, sanitaires, bagagerie. | 1er étage (identification des besoins)  : hébergement dʼurgence, maximum 15 nuitées tous les 3 mois. | 2e étage (besoins identifiés)  : maximum 3 mois. Durée de séjour adaptée en fonction des objectifs fixés. | 3e étage (partenariats)  : maximum 9 mois. Lits à disposition de partenaires du réseau socio-sanitaire.

Chambres d’urgence dans les Postes En plus des activités cultuelles, les Postes font également du travail social. Certains ont même des chambres d’urgence dans leurs locaux. C’est le cas notamment de ceux de Moutier et de Morges. Une chambre avec quatre lits, un frigo, un chauffe-eau et un four micro-onde, cʼest le dispositif dʼurgence du Poste de Moutier. En 2017, 208 nuitées ont été comptées, avec un pic de demande durant les mois de février et de novembre. Les moyennes peuvent varier en fonction des personnes qui viennent. En effet, il y a la place pour accueillir une petite famille, mais si une personne vient seule, pour éviter les éventuelles tensions, plus personne dʼautre ne sera admis. Cʼest au premier arrivé et il nʼest pas possible de réserver la chambre à lʼavance. Les bénéficiaires nʼont pas forcément de contact avec le Poste, même si les activités comme la soupe du vendredi en hiver, la possibilité de trouver des vêtements

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à la brocante du Poste ou la prière sont proposées  : «  Je reste prudent, explique le lieutenant Cyrille Court, car je ne veux pas profiter de la situation de faiblesse des gens. Mais je passe régulièrement pour discuter et voir quelles solutions nous pouvons trouver ou vers quel service les orienter.  » Le Poste de Moutier réfléchit actuellement à proposer un accompagnement à moyen terme, car les personnes de passage, souvent des hommes dʼEurope de lʼEst qui recherchent un emploi, se font plus rares au profit de Suisses envoyés par les Services sociaux ou de jeunes en difficulté. À Morges, il y a deux chambres avec trois lits en tout. Il sʼagit vraiment dʼaccueil

dʼurgence, puisque, en accord avec la Commune, le nombre de nuits est limité à trois et que durant la journée, il faut quitter la chambre. Les bénéficiaires sont des gens de passage, des personnes envoyées par la police ou des jeunes par lʼEspace prévention jeunesse. Grâce à son réseau, la major Ruth Catalanotto peut donner quelques tuyaux pour du travail. «  Lʼaccueil dʼurgence laisse peu de place pour un suivi, avoue-t-elle, mais nous avons pu trouver du travail pour certains d’entre eux, et cʼest déjà une belle récompense.  » Les membres du Poste sont impliqués, par exemple pour accueillir les bénéficiaires. «  Je propose également toujours les activités du Poste et nous avons un espace dédié à la prière. Les gens sont souvent touchés quʼon prenne le temps de prier pour eux, pour leur situation.  » Le taux dʼoccupation de ces chambres est très variable selon les mois, de 40 à 100%. Sébastien Goetschmann


Echos

Nouveau Centre, trois domaines sous un seul toit Pour les uns, lʼArmée du Salut est une Église libre, les autres ne connaissent que lʼœuvre sociale, les derniers enfin ne sont que clients de brocki.ch. Dans la localité argovienne de Reinach, lʼopportunité se présente désormais de réunir toutes ces activités sous un seul toit.

Planification d’un nouveau bâtiment Vieux de 100 ans, les locaux actuels de l’Armée du Salut d’Argovie Sud, situés à la Stumpenbachstrasse, à Reinach, ne répondent plus depuis longtemps aux besoins du Poste en continuelle croissance. Comme la salle est devenue trop exiguë pour les participants au culte, depuis décembre 2010, les assemblées se tiennent «  à titre provisoire  » sous un chapiteau de cirque. «  Le chapiteau était sympa, mais en hiver il faisait froid et en été parfois trop chaud. De plus en plus, le besoin de se retrouver entre quatre murs s’est fait sentir.  » Comme lʼa montré une étude de faisabilité, le terrain actuel ne se prête pas pour une transformation, une extension ou une nouvelle construction. Il a donc fallu chercher un nouvel emplacement pour la construction. La parcelle, située à la Wiesenstrasse, qui a été proposée à lʼArmée du Salut par le Canton dʼArgovie, dispose dʼune superficie permettant de réaliser un projet, qui constituera une première en son genre en Suisse. Trois domaines sous un seul toit Le nouveau Centre doit réunir les trois domaines dʼactivité de lʼArmée du Salut (lʼévangélisation, le social et brocki.ch) sous un seul toit. Le bâtiment prévu à la Wiesenstrasse, dʼenviron 70 mètres de long sur 23 mètres de large, doit permettre dʼoffrir les possibilités suivantes  :

Photo  : Araseki Architekten AG

En 2007, lʼimage des arbres portant du fruit au bord de lʼeau (Ezéchiel 47:12) est devenue concrète. Depuis, les membres et la Direction du Poste ont développé cette image en une vision et un concept pour la communauté  : évangélisation et social doivent aller de pair. «  Depuis, une culture de Poste dans laquelle la croissance de lʼévangélisation coïncide avec celle du travail social sʼest créée, estime le major Peter Hauri, officier du Poste. Nous sommes contents que ce projet nous permette dʼavoir plus de place, parce que vivre une telle culture, en lien avec le développement du Poste, nʼest pas possible dans les locaux actuels. Ils agissent comme un corset qui nous étouffe peu à peu.  »

Poste, domaine social et brocki.ch sous un seul toit. Voici la maquette du nouveau bâtiment du Centre de l’Armée du Salut d’Argovie Sud, à Reinach.

• pour le Poste  : une salle de réunion de 120 places assises, avec des locaux annexes, suffisamment de place pour le travail parmi les enfants et les jeunes, des bureaux ainsi qu’un appartement de service ; • pour le domaine social (travail sociodiaconal)  : deux logements d’urgence pour 2 à 4 personnes, un appartement pour le «  logement accompagné  », le Bureau social et le local de distribution de nourriture ; • pour la brocki.ch  : une surface de vente de 1 300 m² avec des locaux de stockage et pour le personnel. Le hall dʼentrée, comprenant une cafétéria, doit devenir un lieu de rencontre et dʼéchange entre les trois domaines. «  La rencontre est pour nous, en tant que Poste, très importante. La cafétéria devra ainsi offrir la possibilité dʼy proposer diverses activités  », dit Peter Hauri. À vélo, en voiture ou en train Les accès pour les visiteurs se trouveront du côté ouest, où un vaste parvis, avec

des arbres, 42 places de parking et un abri pour les vélos, devraient être construits. Grâce à sa proximité avec le «  WynentalSuhrentalbahn  » de la compagnie «  A AR bus+bahn  », le nouveau Centre bénéficiera également dʼun bon raccordement aux transports publics. Fin de la construction prévue en août 2019 Depuis peu, la Fondation Armée du Salut Suisse est propriétaire du terrain. La demande de permis de construire déposée fin juillet 2017, pour la construction dʼun nouveau bâtiment dʼun montant de 7,5 millions de francs, a été approuvée avec les conditions usuelles par le Canton et la Commune, fin octobre 2017. Si tout se passe comme prévu, la réalisation de lʼouvrage, qui a été planifiée par le bureau dʼarchitectes «  Araseki Architekten AG  » de Baden, pourra débuter en août 2018. Le délai visé pour lʼachèvement des travaux a été fixé à août 2019. La Rédaction

dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

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Echos

Des cadeaux pour tous à Noël !

Photo  : MAD

Depuis 5 ans déjà, le Poste de l’Arc Lémanique offre un cadeau pour Noël aux enfants des familles soutenues par notre Bureau social.

Nous voulons créer ainsi des liens et encourager la solidarité. En effet, de nombreuses personnes sont mobilisées  : les membres du Poste qui le souhaitent peuvent offrir un cadeau ou participer financièrement et le groupe de jeunes achète les cadeaux manquants, les emballe et les distribue aux enfants. Pour rendre le tout plus convivial, un goûter est préparé pour les familles lorsquʼelles viennent chercher leurs cadeaux. Elles sont très reconnaissantes et nous pouvons avoir de bons échanges  ! Nous leur envoyons une lettre en novembre avec la possibilité dʼinscrire trois choix de cadeaux pour chacun de leurs enfants et nous essayons de répondre au mieux aux demandes. Cette tâche nous est grandement facilitée par le gérant et lʼéquipe dʼun grand magasin de jouets à Lausanne, qui nous offre un rabais et fait le maximum pour soutenir notre action. Grâce à chaque «  maillon de la chaîne  », nous pouvons ainsi distribuer une centaine de cadeaux chaque année  !

De nouveaux Commissaires pour l’Europe Depuis le début de lʼannée, les commissaires Johnny et Eva Kleman sont les responsables de lʼArmée du Salut pour notre Continent.

Le commissaire Johnny Kleman est né avec sa sœur jumelle, le 29 juillet 1959, à Borås, dans le Sud-ouest de la Suède. Salutiste de cinquième génération, il est entré à lʼÉcole dʼofficiers en 1980. La commissaire Eva Kleman-Hedberg est née le 6 septembre 1960, à Motala. Elle a grandi dans une famille de quatre frères et sœurs, sans lien avec lʼArmée du Salut. Cependant, enfant, Eva a commencé à fréquenter dʼelle-même le Poste local, elle a pris ses engagements pour devenir Soldat Junior puis Senior. La Commissaire est entrée à lʼÉcole dʼofficiers en 1979. Les Commissaires se sont mariés en 1982 et ont été bénis avec un fils, Peter, qui vit à Stockholm. Ensemble, la famille a partagé un certain nombre de mutations dans des Postes, au Quartier Général divisionnaire et au Quar-

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dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

tier Général territorial. Plus récemment, les Commissaires ont servi dans le Territoire de la Finlande et de lʼEstonie, ainsi que dans celui de la Suède et de la Lettonie  : • Le Commissaire en tant que Commandant territorial et Section Head for Field and Programme (Finlande), et Directeur de la formation, Secrétaire en chef et Commandant territorial (Suède). • La Commissaire en tant que Présidente territoriale des Ministères Féminins (MF) et Section Head of Communication (Finlande), et Rédactrice en chef, Chef du programme et Présidente territoriale des MF (Suède). Le 1er janvier 2018, les Commissaires ont pris respectivement leur fonction actuelle de Secrétaire international pour lʼEurope et Secrétaire des MF pour la Zone Europe. Le commissaire Johnny Kleman a des diplômes universitaires en théologie, en

Céline Voumard

Photo  : Salvation Army IHQ

Le groupe de jeunes offre un peu de joie à une partie des familles soutenues.

philosophie et en pédagogie. Il sʼest spécialisé dans les domaines de lʼhistoire de lʼÉglise et de la théologie systématique. Il est aussi le co-auteur de la publication «  A Sacramental Army  ». Les intérêts du Commissaire incluent la conduite de sa moto et la randonnée pédestre. Il est aussi un fervent musicien. La commissaire Eva Kleman est diplômée en accompagnement spirituel et en journalisme et communication. La Commissaire a publié trois livres  : «  Through my eyes  », «  There is morning more frequent than before  » et «  I will live today  ». La commissaire Eva aime lire, faire du jardinage et aussi monter à moto avec son mari. Quartier Général international


Notabene

Félicitations

Le lieutenant André Bohni, au Poste de Zurich-Oberland, a débuté un stage social au Foyer de Zurich, le 1er janvier 2018

90 ans 1er avril  : Capitaine Erika Ott, Kolumbanstrasse 41, 9008 Saint-Gall

La major Angelika Marti a pris la responsabilité du projet «  J’ai besoin d’aide  » (service de prière par Internet) le 1er janvier 2018

85 ans 3 mars  : Major Suzelle Schmidt, Martinstrasse 1, 3600 Thoune 9 avril  : Major Gertrud Lehmann, Habsburgerstrasse 47, 8400 Winterthour

Le lieutenant Christoph Lässig, au Poste de La Broye, a débuté une formation pratique et collaboration au Centre de formation, le 1er janvier 2018, à temps partiel, puis dès le 1er juillet 2018 à plein temps La major Joan Münch, Secrétaire territoriale mission intégrée et bénévoles, sera également responsable de programme au Centre de formation, dès le 1er mai 2018

Agenda • Journée de formation S&F sur la mission intégrée samedi 24 février, à Yverdon. Infos  : mariette_streiff@armeedusalut.ch • Week-end de KT du 23 au 25 février, aux Rasses. Infos  : salvy.ch • Journée pour les Seniors – le souci de l’autre – jeudi 22 mars, à Yverdon. Infos  : ads-romande.ch/agenda

80 ans 30 mars  : Major Hanna Iselin, Müller-Friedbergstrasse 5, 9630 Wattwil 75 ans 6 mars  : Major Marie-Madeleine Rossel, Rue Henry-Grandjean 1, 2400 Le Locle 31 mars  : Major Yvonne Geiser, Avenue de Traménaz 17, 1814 La Tour-de-Peilz

Promotion à la gloire du Ciel Le père de la major Arlette Reichenbach, Arthur Reichenbach-Rémy, a été rappelé par le Seigneur le 16 janvier 2018, à l’âge de 89 ans. Nous souhaitons à la famille en deuil le réconfort que Dieu seul peut apporter, et voulons la soutenir dans la prière.

Partage et prière 2018 Partage et prière  : pour nos Territoires partenaires qui ont besoin de notre solidarité : Durant les 40 jours précédant Pâques, du 14 février au 1er avril 2018, l’Armée du Salut Suisse récoltera de l’argent pour soutenir nos Territoires partenaires. Merci pour votre contribution  !

Le Year Book est disponible  ! Le Year Book 2018 de l’Armée du Salut peut être commandé en version imprimée ou téléchargé avec l’application Kindle ou Kobo. Le Year Book contient les informations les plus importantes concernant le travail de l’Armée du Salut dans les 128 pays où elle est active. Photos, cartes, statistiques et informations fournissent une image actuelle du ministère de l’Armée du Salut. Dans son avant-propos, le Général André Cox révèle qu’il rencontre régulièrement des gens qui n’ont «  aucune idée de l’étendue géographique, des activités et des programmes de l’Armée du Salut.  » Le Year Book peut être commandé sur le site du Shop de l’Armée du Salut : shop.armeedusalut.ch/livres

Départ à la retraite

Major Ernst Kissuth Depuis fin novembre 2017, le major Ernst Kissuth profite dʼune retraite bien méritée, après 31 années de service.

Photo  : MAD

Communiqué officiel

Ernst est né le 30 novembre 1952, à Kiel, en Allemagne, où ses parents étaient officiers de Poste. Après la scolarité obligatoire, il apprend à travailler comme mécanicien automobile. À lʼâge de 26 ans, Ernst vit une expérience profonde avec Dieu et décide de lui donner sa vie entière. Il quitte son travail de mécanicien pour travailler comme aide dans la Maison pour hommes de lʼArmée du Salut à Vienne. Durant ce temps, il rencontre sa première femme, la lte  Elisabeth Eugster. Malheureusement, Ernst Kissuth perd sa chère épouse et sa petite fille, Sonja, dans un grave accident de voiture. Malgré ce tragique événement, Ernst Kissuth place une profonde confiance en Dieu en toutes situations et entre à lʼÉcole dʼofficiers à Bâle avec la session «  Les proclamateurs de lʼÉvangile  ». Suite à lʼenvoi, son premier ordre de marche le conduit pour un an à Soleure, où il est responsable des Postes de Soleure et de Walliswil bei Wangen avec le lt  Hans-Marcel Leber. Fin juin 1987, il est muté à Davos. En août de cette même année, le lt  Ernst Kissuth épouse la lte  Sibylle Magnin et fonde une nouvelle famille. En janvier 1991, la jeune famille est mutée en Autriche au Poste de Vienne. Trois ans plus tard, le couple avec leurs deux enfants, Daniela et David, revient en Suisse, où lʼinstallation dʼautres Postes les attend  : Münchwilen, Reinach, Adelboden et Birsfelden. Pour terminer une carrière variée, le Major sʼest vu confier le Service dʼaumônerie du Foyer pour hommes de Bâle et du Lorrainehof, ainsi que le Service de visites de la Division Mitte. Ernst Kissuth a toujours prouvé son dévouement, sa fidélité et sa grande dévotion à Dieu et a été en bénédiction pour beaucoup de gens. La Direction de lʼArmée du Salut remercie sincèrement le major Kissuth pour son infatigable engagement et lui souhaite une retraite joyeuse et bénie. Lte-colonelle Marianne Meyner, Secrétaire en Chef dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

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Notabene

Cours ouverts à tous • Cours d’initiation au logiciel biblique Logos  : enseignant major Jean-Marc Flückiger, mardi 6 mars 2018 (et 20 mars optionnel), au Centre de formation à Bienne. • Cours sur Société & Famille  : enseignante commissaire Jane Paone, le 6 avril 2018, au Centre de formation à Bienne. • Méthodes de formation d’adultes  : enseignant Olivier Boschung, les 20 et 27 avril 2018, au Centre de formation à Bienne. Informations et inscriptions auprès de la major Evelyne Rothacher, formation des adultes evelyne_rothacher@armeedusalut.ch ou au 079 245 93 81. ads-centredeformation.ch

Agenda des Chefs Les commissaires Massimo Paone, Chef de territoire et Jane Paone, Présidente territoriale Société & Famille   : 4 mars  : Journée spirituelle, Centre de formation Bienne 15 mars  : Séance du Conseil de fondation de lʼArmée du Salut en Suisse, Berne 20 mars  : Séance de la Direction, Winterthour 27 mars  : Visite du Général en Hongrie 28 mars – 1er avril  : Visite du Général en Suisse Lte-colonelle Marianne Meyner, Secrétaire en chef  : 16 février  : Rencontre pour les officiers retraités, La Chaux-de-Fonds 11 mars  : Culte au Poste de Sierre 15 mars  : Séance du Conseil de fondation de lʼArmée du Salut en Suisse, Berne 20 mars  : Séance de la Direction, Winterthour 27 mars  : Visite du Général en Hongrie 28 mars – 1er avril  : Visite du Général en Suisse

Conseils d’officiers 29 mars 2018, avec le Général    :    Conseils nationaux dʼofficiers, Poste de Berne 15 novembre 2018    :    Conseils nationaux dʼofficiers, Poste de Berne

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dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

Mutations internationales Au 1er janvier 2018 Les commissaires Johny et Eva Kleman ont été nommés respectivement Secrétaire international pour lʼEurope et Secrétaire de la Zone Europe pour les Ministères Féminins (MF), au Quartier Général international. La commissaire Eva Kleman a succédé à la commissaire Denise Swansbury, qui sʼest retirée du service actif. Les commissaires Clive et Marianne Adams ont été nommés responsables territoriaux pour le Territoire de la Suède et de la Lettonie, respectivement comme Chef de territoire et Présidente territoriale des MF. Les commissaires Donald et Berit Ødegaard sont sortis de leur retraite pour servir, pro tempore, respectivement comme Secrétaire en chef et Secrétaire territoriale des MF pour le Territoire de lʼEurope de lʼEst. Les colonels Lyndon et Bronwyn Buckingham ont été nommés responsables territoriaux pour le Territoire du RoyaumeUni avec la République dʼIrlande, respectivement comme Chef de territoire et Cheffe territoriale du Développement de leaders, avec promotion au grade de commissaire. Les colonels Rodney et Wendy Walters ont été nommés responsables territoriaux pour le Territoire de Singapour, de la Malaisie et du Myanmar, respectivement comme Chef de territoire et Présidente territoriale des MF. Les lts-colonels Jostein et Magna Nielsen ont été nommés responsables territoriaux pour le Territoire de lʼEurope de lʼEst, respectivement comme Chef de territoire et Présidente territoriale des MF, avec promotion au grade de colonel.

et Présidente des MF, avec promotion au grade de lt-colonel. Ils ont succédé aux ltscolonels Gordon et Susan Daly qui seront mutés dans leur Territoire dʼorigine de la Nouvelle-Zélande, des Fidji et des Tonga. La major Elene Shulyanskaya a été nommée Présidente des MF pour le Command de la Russie. Le major Bobby et la capitaine Anne Westmoreland ont été nommés Secrétaire en chef et Secrétaire territoriale des MF pour le Territoire du Dannemark et du Groenland, avec promotion au grade de major pour Anne Westmoreland. Au 11 janvier 2018 La major Lennie Suave a été nommée Secrétaire territoriale des MF pour le Territoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Bien quʼà la retraite, cʼest la major Araga Rawali qui sʼest acquittée de cette responsabilité ces derniers mois. Au 1er avril 2018 Les commissaires Merle et Dawn Heatwole seront nommés Secrétaire international gestion et finances, et Secrétaire pour la stratégie de la mission, au Quartier Général international. Le commissaire Merle Heatwole succèdera au commissaire John Wainwright qui se retirera du service actif. Les commissaires Mark et Sharon Tillsley seront nommés au Quartier Général international, respectivement comme Secrétaire international pour les Amériques et les Caraïbes et Secrétaire des MF pour la Zone des Amériques et des Caraïbes. Les lts-colonels Devon et Verona Haughton seront nommés Commandant territorial et Présidente territoriale des MF pour le Territoire des Caraïbes, avec promotion au grade de commissaire.

La major Svetlana Sharova a été nommée Secrétaire générale pour le Command de la Russie. Elle a succédé au major Glenn Price qui, avec la major Julia Price, sera affecté dans son Territoire natal de lʼAustralie de lʼEst.

Les lts-colonels Anthony et Gillian Cotterill seront nommés Secrétaire en chef-désigné et Secrétaire territoriale-désignée du Développement de leaders, pour le Territoire du Royaume-Uni avec lʼIrlande.

Les majors Philip et Sheila Davisson ont été nommés responsables du Command de lʼEspagne et du Portugal, respectivement comme Officier commandant

Les lts-colonels Kelvin et Cheralynne Pethybridge seront nommés Secrétaire en chef et Secrétaire territoriale des MF pour le Territoire de lʼEurope de lʼEst.


Parcours de vie

Parcours de vie

Major Margrit Schranz

Erika Heller voit le jour le 1er septembre 1931, à Oberndorf am Neckar, en Allemagne. Elle grandit avec six frères et sœurs. Un de ses frères est tué par une grenade pendant la guerre, et sa mère attire pour la première fois son attention sur la consolation offerte par Jésus-Christ. En 1950, elle va travailler en tant qu’employée de maison à Zurich. Elle y fait connaissance avec l’Armée du Salut. Erika aspire à être une vraie chrétienne, et apprend comment la vie peut être comblée, grâce à Jésus.

William Dorthe vient au monde le 2 mars 1926, à Tianjin en Chine, où il grandit avec sa petite sœur Marceline et ses parents, officiers missionnaires de l’Armée du Salut. En 1946, il vient en Suisse pour effectuer son service militaire. En 1947, il part à l’École d’officiers de l’Armée du Salut à Londres, puis il est affecté dans deux Postes en Angleterre avant d’être muté en Belgique en 1950. Cette même année, ses parents rentrent de Chine et son père décède. Le jour de l’ensevelissement, il fait la connaissance de la lte  Anne-Marie Terraz, avec qui il se marie en juillet 1951. Ils poursuivent leur ministère dans différents Postes en Belgique et accueillent leurs cinq premiers enfants, Jacqueline, Pierre, Myriam, Joëlle et André.

Née le 27 novembre 1927, à Boden, près dʼAdelboden, Margrit Schranz est le premier enfant de Daniel et Margritha SchranzDänzer. Elle grandit avec trois frères et sœurs. Ses parents exploitent une petite ferme.

A 20 ans, Erika commence à servir Dieu au sein de l’Armée du Salut. De 1954 à 1955, elle effectue l’École d’officiers. En tant qu’officière de Poste, elle parcourt les Grisons et la Suisse orientale en Vespa, guitare au dos. Elle apporte la bonne nouvelle aux gens, en paroles et en musique, ce qui correspond à son caractère. Puis elle est convoquée à Berne, à l’École d’officiers, où elle deviendra un pilier pour la Direction de l’école. Suivent deux années au Foyer pour femmes de Genève et deux autres années au Foyer pour enfants «  Paradies  » à Mettmenstetten. En 1971, elle reçoit enfin la mission de sa vie  : faire quelque chose du vieux bâtiment «  Schlössli  » à Bâle. Erika ouvre celui-ci à de nombreuses personnes dans le besoin. En 1974, grâce aux bons contacts d’Erika avec les autorités, la maison ouvre à nouveau en tant que Foyer pour jeunes femmes. Pendant 22 ans, Erika accompagne d’innombrables jeunes femmes avec rigueur et amour à travers des moments difficiles et problématiques. En 1993, la major Erika Heller prend sa retraite. Elle n’avait jamais imaginé voir encore tant du monde  ! Avec son amie Heidi Fischer, elles font beaucoup de voyages. Lorsque la santé d’Erika diminue, cela devient plus calme autour d’elle. Souvent, elle reste simplement allongée, un calme profond dans son regard. Ses yeux se ferment pour toujours le 28 octobre 2017  : une vie riche et très bénie prenait fin. La Rédaction

Photo  : MAD

Major William Dorthe Photo  : MAD

Major Erika Heller

Après le second grave accident de circulation de leur fils Pierre, ils sont contraints de revenir en Suisse, en 1960. La famille s’installe à Yverdon, où une douloureuse épreuve les attend  : leur petit garçon André trouve la mort dans un accident de la route, en 1962. L’année suivante, ils sont mutés au Poste du Locle, où naissent Marianne, Emmanuel et Damaris. Ils restent neuf ans au Locle avant de recevoir une dernière affectation au Chantier des Rois au Lignon (Genève), en 1972. En 1978, ils reprennent aussi la responsabilité du magasin de seconde main dans le quartier des Grottes, à Genève. En 1991, William Dorthe prend une retraite active, «  quand on est officier de l’Armée du Salut, on le reste toute sa vie  » disait-t-il  ! Sa famille et ses enfants ont toujours été une priorité. Il savait trouver les mots pour rassurer, encourager et, par-dessus tout, transmettre son amour pour Jésus. Au printemps 2012, William affronte sa dernière difficile épreuve  : celle qui fut sa fidèle compagne pendant plus de 60 ans, s’en va rejoindre son Sauveur. Fin avril 2017, suite à une chute, il restera hospitalisé à Loëx, avant d’entrer à l’EMS du Mandement à Satigny. Puis, le 8 novembre, son état de santé se péjore en quelques heures et tôt le matin du 9 novembre 2017, le major Dorthe s’endort dans la paix et va rejoindre son Sauveur et Seigneur. Texte des enfants du major Dorthe, adapté par la Rédaction

Photo  : MAD

Parcours de vie

Les années, à partir de 1930, sont marquées par la Grande Dépression. En tant quʼaînée, Margrit apprend tôt à aider à la maison. Il faut surveiller les jeunes frères et sœurs et garder le bétail. Après avoir terminé lʼécole, elle travaille dans différents ménages, fait une année en Romandie et, à 22 ans, commence à travailler comme aide-infirmière à lʼhôpital cantonal de Genève. Ses parents fréquentent lʼassemblée évangélique des Frères. Sa tante Frieda est salutiste et invite Margrit aux réunions de lʼArmée du Salut. Cʼest lors de celles-ci que Margrit remet sa vie à Jésus et trouve son foyer spirituel. Lors dʼune rencontre de lʼAscension, Dieu appelle Margrit à le servir à plein temps. En 1952, elle entre à lʼÉcole dʼofficiers à Berne. En avril 1953, elle commence son parcours en tant quʼofficière à Stäfa, où il sʼagit de diriger les réunions, les heures de joie pour les enfants, de faire les sermons et de chanter dans les restaurants ou les bars. En tout, Margrit peut servir Dieu dans 14 Postes, à lʼÉcole dʼofficiers et au Phare-Elim à La Tour-de-Peilz. Elle vit une période bénie à Londres, lors dʼun cours de lʼÉcole internationale dʼofficiers, ainsi que lors dʼun voyage en Afrique, où sa sœur Susanna est active en tant que missionnaire. Après sa retraite, Margrit se retire dans la maison de ses parents à Adelboden et apprécie un temps enrichissant avec la famille de son neveu. En 2011, elle se décide à entrer à lʼEMS dʼAdelboden. Alors que les troubles liés à lʼâge et les douleurs augmentent, cʼest une libération lorsquʼelle peut rejoindre son Sauveur le 3 janvier 2018. La Rédaction

dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

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Maintenir le dialogue

Prendre soin de son couple Le Poste de Tramelan organise chaque année un séminaire pour les couples. Nirina et Daniel Geiser témoignent. Photo  : MAD

Un homme fit l’acquisition d’une nouvelle voiture toutes options. Superbe carrosserie, moteur ronflant, tenue de route impeccable. Les premiers mois furent un vrai bonheur. Il suffisait de mettre un peu d’essence, de tourner la clé et il pouvait filer de ci de là, sans soucis. Mais un beau jour il y eu ce petit bruit à peine audible, puis ce fut au tour de cette ampoule qui Les participants au séminaire acquièrent des outils ne fonctionnait plus. «  Oh, pratiques pour prendre soin de leur couple au quotidien. se dit-il, tant que ça roule  ». L’homme ne prit pas soin de son véhicule et Cet atelier donne des clés qui pourront n’alla jamais voir le mécanicien. Petit à petit, prévenir, et guérir les blessures infligées voyager devint une gageure et ce qui devait au cours des ans. Nous avons pour notre arriver, arriva  : elle le lâcha et il se retrouva part, fait une rétrospective, retraçant les lui et ses bagages au bord de la route. moments charnières de nos vies respectives, avec au centre le jour de notre union. Bien que l’analogie puisse être un peu Nous avons appris et compris ce que sont réductrice, elle n’en est pas moins vraie  : les mécanismes de la colère, travaillé sur si le couple ne prend pas soin de lui-même, notre façon de dialoguer, renouvelé notre il se pourrait bien qu’il finisse par être brisé. alliance, et plein d’autres choses que vous Notre agenda est rempli de futilités et nous pourrez découvrir en suivant ce cours. oublions souvent de prendre rendez-vous Le prochain séminaire aura lieu du 26 au avec le Mécanicien. Nous oublions vite 28 octobre 2018. Pour tout renseignel’ardeur qui a précédé l’union, cette force ment  : Ursula et Jean-Ulrich Bühler, irrésistible qui a fini par souder deux âmes. jubuhler@bluewin.ch ou 079 819 85 82. Maintenant le travail est fait et rien ne peut Nirina & Daniel Geiser plus arriver … Vraiment  ?

D’après Apocalypse 2 : 13

Quelquefois attirant, Quelquefois batailleur  !

Sais-tu où je vis  ? Mon chez-moi, mon pied à terre  ? Souvent un paradis, et quelquefois, l’enfer. Le mal campe tout autour Qui cherche à m’asservir; Ça dure depuis toujours Comment m’en prémunir  ?

Sais-tu où je vis  ? Tout ce que je surmonte, Compris ou incompris … Sais-tu ce que j’affronte  ? Un temps, la mer est bonne, Ma barque va de l’avant, Et puis – Dieu me pardonne  ! – Tout redevient comme avant  !

Sais-tu où je vis  ? Connais-tu ce troupeau Vers qui tu m’as conduit  ? Ce n’est pas un cadeau  ! Mesquin bien souvent, Aveugle, querelleur,

«  Enfant, je sais où tu vis  : Tu n’es pas loin du ciel ; Là où tu demeures, j’y suis, Je suis Emmanuel  !  »

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dialogue · bimestriel de l’Armée du Salut · février 2018

Général John Gowans (†)

JAB

Je sais où tu demeures

3001 Berne

Dialoguer avec Dieu

Impressum Bimestriel pour les salutistes et amis de l’Armée du Salut. armeedusalut.ch Edition et rédaction Quartier Général Suisse-Autriche-Hongrie Laupenstrasse 5 - CP - CH-3001 Berne Téléphone 031 388 05 02 redaction@armeedusalut.ch Les changements d’adresse doivent nous être directement communiqués. Equipe de rédaction Sergent Philipp Steiner (Responsable Marketing & Communication), Florina German (Responsable Rédaction), Sébastien Goetschmann, Livia Hofer (Rédaction), Major Christine Volet-Sterckx (Neuchâtel) et Monique Bürki (St-Aubin), Loriane Morrison, Yves Ramel et Pierre de Herdt (traduction) Layout Quartier Général territorial Impression Rub Media, Wabern/Berne Fondateur William Booth Général André Cox Chef de territoire Commissaire Massimo Paone Abonnement annuel dialogue Espoir * Etranger

CHF 23.– | 32.50* CHF 48.– | 67.–*

«  LʼÉternel est un refuge pour lʼopprimé, un refuge au temps de la détresse.   » Psaume 9 : 9

Dialogue 01/2018 - Chacun a droit à un toit  

L'Armée du Salut héberge et accueille des sans-abri dans ses Centre d'accueil d'urgence, parce que personne ne devrait dormir dans la rue.

Dialogue 01/2018 - Chacun a droit à un toit  

L'Armée du Salut héberge et accueille des sans-abri dans ses Centre d'accueil d'urgence, parce que personne ne devrait dormir dans la rue.

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