Numéro 2
Mettre en œuvre des politiques commerciales renforçant le marché régional de produits animaux Place et rôle des politiques commerciales dans les transformations socio-économiques du secteur élevage dans la région Sahel et Afrique de l’Ouest (SAO) S’il est essentiel d’adopter de meilleures options technologiques pour améliorer la productivité animale, réduire la pauvreté, accroître la sécurité alimentaire et favoriser la durabilité environnementale, d’autres interventions sont également cruciales. Il s’agit, au premier chef, de la mise en place de politiques commerciales efficaces et harmonisées entre les pays, ainsi que d’autres priorités telles que le développement des infrastructures, l’éducation et la santé, et les politiques environnementales. En matière d’échanges internationaux, il faut noter que les importations de la région (essentiellement Bénin, Côte d’Ivoire et Ghana) se sont fortement accrues, d’environ 60 %, au cours de la décennie 1980. Ces importations concernaient des morceaux appelés le « 5e quartier » ou plus généralement le caparaçon, un sous-produit de l’industrie de découpe européenne. À partir des années 1990, l’Union européenne a revu sa politique de subventions aux exportations vers l’Afrique de l’Ouest et du Centre (modulation des restitutions). En conséquence, les importations de viande bovine en provenance de l’UE ont considérablement diminué au cours de la décennie 1990, tandis les importations d’animaux vivants en provenance des pays sahéliens ont sensiblement augmenté depuis le milieu des années 1990. Pour garantir la pérennité et le développement des filières, il est essentiel de maîtriser les conditions d’importation des produits concurrents, incluant les sous-produits, et d’harmoniser les politiques commerciales aux frontières. Dans certains cas, il s’agit de corriger les effets que les subventions aux exportations allouées par les pays du Nord ont sur les prix CAF. Dans d’autres cas, il s’agit d’adopter des mesures classiques de protection : les sous-produits importés concurrencent en effet directement les morceaux nobles issus du marché régional, en raison des modèles alimentaires (les viandes utilisées dans la sauce sont fortement substituables). Dans d’autres cas, enfin, il s’agit d’assurer la compétitivité des filières (principalement le prix des aliments et la protection sanitaire) et de réduire les coûts de transaction, à travers la réalisation effective d’un marché unique, la suppression des entraves aux frontières, le développement des marchés transfrontaliers, etc. Par exemple, selon CLUB DU SAHEL ET DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
Graphique 1– Importations extra-africaines de viande de bétail et de volaille en Afrique de l’Ouest SAHEL AND WEST AFRICA CLUB
140000 120000 100000 80000
Viande de volaille
60000
Total
viande bovine
40000 20000 0 1980/82
1990/92
2000/02
Source : CILSS et al, Cadre de politique agricole pour l’Afrique de l’Ouest : Diagnostic Enjeux Questions clés Scénarios. Document de référence, 2004
1