Technique Agrigole 10/2020

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Octobre 2020

CULTURES SPÉCIALES Solutions de remplacement des herbicides Atomiseurs pour les cultures fruitières et viticoles Rendements accrus avec les voies permanentes Augmentation du poids des tracteurs


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Octobre 2020 | Éditorial • Sommaire

Actualité 4

Editorial

En bref

Marché 8 12 14 16 20 24 26 28 30

Bertram Kandziora : « Stihl est dans la bonne voie » Le Lely « Exos » va « graser » tout seul Reform : « Muli » de milieu de gamme revus

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Thème principal : cultures spéciales Travail de la vigne : à la sueur de son front L’entretien des vergers sans herbicides Le drone est le nouvel ami du vigneron La robotique au service des vignobles Mécanisation et travail manuel sont complémentaires En cultures verticales, l’atomiseur est roi

Impression 33 36 38 40 42 45

Le multitalent classique Valtra « G135 Versu » Le Weidemann « T4512 » revu et corrigé Nouvelle génération de Fendt « 200 Vario » Le Claas « Axion 960 » s’écrit avec trois « C » « Flunick » : un automate dans les rangs

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En savoir plus Des voies de passage permanentes ménagent le sol

Management 46 48

Satisfaction au travail dans la viticulture Augmentation du poids des tracteurs

Plate-forme 50 52 54

Le travail dans le viseur de la science Société Wüst : le pionnier du broyeur d’Eggiwil Technique Agricole assiste à un cours de pilotage de drones

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Passion 56

Deux « voies étroites » auxiliaires zélés du vigneron

Sécurité 58

Rouler sans accident en automne

ASETA 59 62 63

Roman Engeler

Communications des sections L’appel du Canada Les cours et l’impressum

Page de couverture : La charge de travail exigée par les cultures spéciales est colossale. On cherche à la réduire en recourant à des machines modernes, telles les vendangeuses.

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Les branches spéciales que sont la viticulture et l’arboriculture constituent le point fort de cette édition de  Technique Agricole. En ce début de XXIe siècle profondément marqué par les avancées technologiques, ces productions restent encore et toujours très tributaires du travail manuel et des ressources humaines. Si l’on voit là aussi naître des solutions techniques – voire des robots apparaître – qui ont pour certaines atteint un stade de maturité suffisant pour être élaborées en série, du moût va encore s’écouler des pressoirs avant qu’elles ne puissent être mises en œuvre à grande échelle. Viticulteurs et arboriculteurs espèrent une simplification et une optimisation de leur travail quotidien. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres : bien des écueils font obstacle à leurs aspirations, surtout que ces spécialistes veulent et doivent préserver le haut niveau de qualité de leurs productions par des processus qui exigent expérience et savoir-faire humain. A moins que la numérisation s’étende bientôt aussi à ces branches agricoles ? On en perçoit des prémisses, dans une palette sur laquelle des robots autonomes, qui tondent, sarclent, détectent les maladies et traitent en conséquence, voisinent avec des appareils capables de mesurer l’état du raisin en auscultant les tissus internes des grappes en devenir, pour calculer la qualité et le volume de la vendange prochaine. Au final, dans ces processus de développement, la grande difficulté consiste à extraire de la montagne de données collectées celles qui font sens du point de vue agronomique et qui permettent de se jouer des multiples facteurs influençant une production. L’édition no 11 paraîtra le 12 novembre  2020.

Photo : Ruedi Hunger

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Actualité

En bref Alliance veut construire une usine en Inde pour la fabrication de pneus hors route. La maison investit 165 millions de dollars US dans ce projet. La production devrait démarrer au premier trimestre 2023. Vogelsang a conclu un accord de coopération avec BioCover et peut donc ajouter à sa gamme de produits le système « SyreN » pour la stabilisation du lisier et la réduction des émissions d’ammoniac et des pertes de fertilisants. Markwart von Pentz, président de la division machinisme agricole de John Deere, a été élevé au titre de docteur honoris causa par l’Université de Hohenheim (D). Fliegl a obtenu le label de la DLG pour son épandeur à fumier à chaînes « KDS 270 muck control ». Dans le cadre de la « Journée de l’automation », Trelleborg a remporté un prix en catégorie « pneumatiques durables » pour son système de gonflage centralisé « CTIS+ Inside ». Manitou réagit à une baisse de la demande et envisage de supprimer une soixantaine d’emplois en France. Le fabricant indien de pneumatiques BKT sera le sponsor principal de la saison de l’EuroLigue de basket-ball.

Deux télescopiques changent de niveau Les modèles « MLT 841 » et « MLT 1041 » sont deux nouveaux chargeurs télescopiques de la gamme « NewAg XL » mûs par un moteur Yanmar conforme au niveau 5 de dépollution. Conçus pour des travaux intensifs, ces chargeurs ont une capacité de levage de 4,1 tonnes et des hauteurs de levage de 7,60 et 9,65 mètres. Selon le fabricant, ces modèles engendreront des coûts d’exploitation annuels inférieurs d’environ 600 euros à ceux de leurs prédécesseurs du niveau 4. Cette économie est notamment rendue possible par la simplification des travaux de maintenance et l’allongement à 2000 heures des intervalles de changement d’huile hydraulique. Entre aussi en jeu le recours (en option) à la lubrification centrale et à la fonction « Eco-Stop » automatique. Les modèles « MLT 841 » et

« MLT 1041 » sont propulsés par un moteur de 141 chevaux et une transmission automatique powershift combinée à un convertisseur de couple. La pompe hydraulique délivre 200 l/min. Les cabines ont un niveau sonore de 69 dB(A). En option, le siège de conducteur à suspension pneumatique et à commande intelligente réduit les vibrations de 50 % par rapport aux sièges classiques.

Colza bon pour le climat

L’Association suisse des transports routiers Astag a un nouveau président en la personne de Thierry Burkhart, conseiller aux Etats argovien. La plate-forme d’échanges de données « Agrirouter » a décroché la première place du tout premier Prix de la numérisation en agriculture et alimentation du land allemand de Basse-Saxe. La journée annuelle des entrepreneurs de travaux agricoles allemands « DeLuTa », qui devait se dérouler à Brême en décembre, est annulée en raison de la pandémie. Aux Breuleux (JU), Fagus Suisse a lancé la production d’éléments de construction en hêtre et autres bois durs, selon un procédé exclusif. Siloking annonce une évolution de sa mélangeuse automotrice « Selfline 4.0 ». Elle fera appel à plus d’intelligence artificielle et sa durée de vie devrait être allongée. A Bad Essen (D), Rabe a un nouveau propriétaire, Zoomlion. Cette entreprise chinoise est un leader de la construction d’engins de chantier, mais fabrique aussi des tracteurs et des machines de récolte.

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Le centre bavarois de promotion et de technologie TFZ a analysé une foule de données relatives à l’usage sur le long terme de carburant à base d’huile de colza dans les machines agricoles. En résumé, huile de colza ou diesel, la sécurité de fonctionnement des tracteurs est équivalente, mais le carburant à l’huile végétale contribue aussi à protéger le climat. L’étude a compilé les résultats de plusieurs recherches. Les données de terrain et les mesures des performances et des émissions de 18 tracteurs adaptés à l’huile de

colza des niveaux d’émissions entre 1 et 4 ont été prises en compte, enregistrées sur un total de passé 50 000 heures de service. Aucun dommage grave ni arrêt prolongés causés par le carburant n’ont été constatés. De rares dysfonctionnements mineurs ont affecté le circuit de carburant basse pression. Les mesures d’émissions montrent que les tracteurs avec post-traitement des gaz émettent peu d’oxydes d’azote et de particules. Les systèmes de post-traitement des gaz d’échappement ont fonctionné de manière fiable.


Actualité

Options enrichies

Les chargeurs télescopiques JCB « Série  3  » bénéficient de nouvelles lignes d’équipement et de la transmission « Dualtech VT  », désormais aussi proposée avec les paquets d’options d’entrée de gamme. Cette transmission associe les avantages de l’hydrostat et du powershift. L’hydrostat permet un fonctionnement en douceur à faible vitesse. Sur route, la pleine puissance du powershift assure une efficacité maximale. Cette transmission est disponible sur tous les chargeurs télescopiques JCB de 3,2 à 6 tonnes de capacité de levage, en version de haut de gamme « AgriXtra » de 150 chevaux et en « AgriSuper » de 130 chevaux. Tous les télescopiques JCB répondent dorénavant à la norme d’émission de la phase 5. Des conditions de financement intéressantes sont proposées sur les commandes jusqu’à la fin de l’année, communique JCB Agri Suisse.

Rectificatif En page 25 du TA de septembre figure un graphique montrant l’évolution des mises en circulation des chariots à moteur de travail agricoles de 1990 à 2019. Il a été fourni par les offices fédéraux de la statistiques et des routes. Comme le mentionne la légende, la catégorie « chariots à moteur » comprend bel et bien des véhicules spéciaux comme des transporters et des faucheuses à deux essieux. Toutefois, un grand nombre de ces véhicules sont maintenant mis en circulation comme tracteurs et apparaissent donc dans une statistique différente. L’Association suisse de la machine agricole (ASMA) renvoie à sa liste détaillée. Elle mentionne que 132 transporters et 241 faucheuses à deux essieux ont été nouvellement immatriculés rien que l’an passé, soit trois fois autant que le nombre visible sur le graphique en cause.

Ère inaugurée Avec « Aura », Kuhn ouvre une nouvelle ère avec un concept fondamentalement nouveau de robot d’alimentation qui met à profit les possibilités offertes à l’heure actuelle par la numérisation. A la base, c’est une mélangeuse automotrice autonome qui, à l’instar des machines conventionnelles de la marque alsacienne, embarque un module de désilage. Elle sait peser et mélanger les rations et également les transporter aux endroits souhaités et les décharger. Ce véhicule mesure 2,5 m de haut, 1,9 m de large et 6,9 m de long. Son poids atteint 6,2 t et la capacité de la trémie est de 3 m³. Deux vis verticales à vitesse programmable ainsi qu’une sortie par un tapis roulant sur les deux côtés sont d’autres caractéristiques de « Aura ». A l’arrière du robot, deux balais rotatifs veillent à la propreté du couloir. Un moteur à combustion d’une puissance de 42 kW assure l’entraînement. Une version hybride sera bientôt disponible. La navigation se fait à l’extérieur avec le GPS-RTK et avec le système Lidar dans les bâtiments.

Grande faucheuse portée arrière Pöttinger élargit sa gamme de faucheuses avec la « Novacat 402 ED » qui, avec salargeur de travail de 3,88 m, est la plus grande faucheuse arrière avec conditionneur à dents du marché. Grande première, cette faucheuse est couverte d’un capot de protection léger sur le conditionneur, qui est en partie en aluminium. Le dispositif de basculement hydraulique doit garantir une fixation aisée au troispoints, sans effet de torsion sur les bras inférieurs. Lors du relevage, le lamier est maintenu par un vérin stabilisateur. Cela permet de circuler facilement par dessus les andains et stabilise la faucheuse lors de son transport. Un contrepoids est disponible en option pour le véhicule. Un lestage variable jusqu’à 600 kg est possible, pour augmente la charge de la roue arrière gauche. L’effort de torsion sur l’arbre de levage s’en trouve réduit, pour un comportement plus sur sur la route.

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Actualité

Innovations en robe vert pomme La barre à maïs indépendante du rang Claas « Orbis 900 » de haut de gamme pour ensileuses est maintenant construit en cinq parties, ce qui permet d’obtenir une largeur de transport de 3 m. Son pliage prend 30 secondes, à la suite duquel les protections de transport intégrées avec autocollants réfléchissants et éclairage s’enclenchent automatiquement. L’« Orbis 900 » est aussi proposée avec châssis de transport intégré.

Les chargeurs télescopiques « Torion » se voient complétés par une gamme « Torion 738T ». Le point de pivotement du godet est à 4,96m, la charge de basculement maximale atteint 3,8 t. Le modèle comporte une direction « Sinus », une combinaison de direction articulée et de l’essieu arrière.

Les remorques de récolte de type « Cargos » en version « Business » sont équipées du terminal isobus « Cemis 700 ». En outre, la « Cargos 8400 » peut être dotée de nouvelles réhausses de ridelles augmentant son volume de 2,5 m³, à 38 m³. Sur la « Cargos 700 », un système de direction active mécanique-hydraulique vient s’ajouter à la direction active sur l’essieu arrière et à la direction active électronique-hydraulique.

35 à 67 chevaux sous les capots Les nouveaux tracteurs compacts de la série MF 1700 M de Massey Ferguson, sont mûs par des moteurs répondant aux exigences de la phase 5 en matière d’émissions. Leurs puissances s’échelonnent de 35 à 67 chevaux. Ces six modèles sont à quatre roues motrices, avec au choix une cabine ou une plate-forme et une transmission hydrostatique ou mécanique. Ils sont équipés de moteurs 3-cylindres de 1,8 l, ou de 4-cylindres de 2,4 l. Ces véhicules s’ajoutent aux modèles MF 1520 et MF 1525. Avec le lancement de ces engins, Massey Ferguson termine le renouvellement de toute sa gamme de tracteurs pour les petites exploitations agricoles, l’entretien des espaces verts et les loisirs.

Rampe de post-équipement Fliegl propose un nouveau châssis à un essieu ou bien à essieu tandem ou tridem pour son épandeuse à fumier à tapis à chaînes « KDS » à caissons de 12 m³ à 32 m³. Les parois latérales et le plancher sont en acier à grain fin. Le châssis, le train roulant et les essieux intègrent des composants éprouvés Fliegl. En outre, les épandeuses sont équipées en série d’un timon à suspension hydraulique et d’un timon orientable pour les modèles tandem et tridem. Du côté des lisiers, Fliegl apporte plusieurs innovations telles que l’épandeur à sabots « Compact », destiné à des citernes existantes, y compris des modèles d’autres fabricants. Des conditions d’achat intéressantes pour l’ensemble du programme de transport et de lisier Fliegl, avec des remises supplémentaires d’avant-saison sont proposées jusqu’à la fin de l’année, écrit Serco Landtechnik AG, l’importateur pour la Suisse.

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Force de frappe améliorée Alban Wyss, de Fulenbach (SO), a pu réceptionner son ensileuse New Holland « FR 920 » juste à temps pour la saison du maïs. Cette machine, l’une des plus puissantes ensileuses sur le marché, est équipée d’un moteur V8, un FPT « Vector » de 20,1 litres. L’attention d’Alban Wyss ne s’est pas portée que sur la puissance maximale de son ensileuse. Son fournisseur, le New Holland Center, l’a aussi dotée d’un organe de fauchage exceptionnel, une tête à maïs 12-rangs, écrit le New Holland Center dans un communiqué de presse. « La largeur de travail de 9 mètres réduit le nombre de passages dans le champs, ce qui est bénéfique pour le sol. A performances égales, la vitesse d’avancement peut être réduite, ce qui améliore le confort et la sécurité du travail de récolte.


Actualité

Un outil de plus pour le service hivernal Rauch développe son offre dans le domaine de l’entretien hivernal. Le constructeur ajoute un épandeur monodisque polyvalent à son catalogue, le « Taxon ». Il prend en charge sel, sable et gravier avec un système de dosage entièrement automatique par vis sans fin, géré par un ordinateur innovant. Le convoyeur à vis à entraînement hydraulique est une caractéristique particulière de cet épandeur. C’est lui qui alimente en matériel le disque d’éjection en acier inoxydable également, lui aussi mû par un moteur hydraulique. Même les matériaux qui posent problème, comme le sel humide, peuvent être pris en charge par ce dispositif. La trémie est à parois verticales pour faciliter l’écoulement du matériel. Avec un volume de 1500 l, une charge utile maximale de 2500 kg et une largeur de travail réglable à distance de 1 à 8 mètres, le « Taxon » répond aux exigences les plus élevées pour l’entretien des routes. La symétrie de l’épandage peut être alignée au centre ou sur un des côtés par une télécommande manuelle ou électrique. Un ordinateur de bord gère de manière simple et claire l’ensemble de l’épandage. Le dosage est proportionnel à la vitesse. L’épandeur s’arrête automatiquement lorsque le véhicule stoppe.

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Chenillard à variation continue Avec la gamme « 1100 Vario MT », Fendt renouvelle le segment supérieur de ses tracteurs à chenilles, dont la construction était jusqu’ici identique à celle des Challenger équipés d’une transmission powershift, atypique pour Fendt. Les nouveaux-nés héritent donc d‘une « VarioDrive » à variation continue. Son mode de fonctionnement est similaire à celui des tracteurs à roues « 1000 Vario », mais vu l’absence d’essieu avant, les deux moteurs hydrauliques agissent sur l’essieux arrière en fonctionnant indépendamment l’un de l’autre. Ainsi, la deuxième unité peut être complètement neutralisée à grande vitesse et sous faible charge. Ces grands chenillards sont entraînés par des moteurs MAN, de 15,2 l ou de 16,2 l selon les modèles. Le plus grand peut délivrer jusqu’à 673 chevaux. La suspension est reprise des petits tracteurs à chenilles, avec des adaptations, et prend le nom de « SmartRide+ ». Caractéristiques des attelages : le timon et le relevage arrière sont pivotants, le timon jusqu’à 28° des deux côtés, alors que le relevage avec son attelage trois-points peut s’orienter de 12° vers la gauche ou vers la droite.

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Marché | Interview

« Les produits Stihl ne sont en principe distribués que par des revendeurs spécialisés qui satisfont aux exigences de qualité en matière de conseils techniques et de service », affirme Bertram Kandziora. Photos : Stihl

« Stihl, pour travailler à l’aise dans et avec la nature » Stihl est connue pour ses tronçonneuses mais la marque est devenue au fil des ans un fournisseur complet d’équipements pour professionnels et particuliers. Technique Agricole a rencontré le président de son conseil d’administration, Bertram Kandziora. Roman Engeler

Technique Agricole : Nous aurions voulu réaliser cette interview au printemps, mais la pandémie de coronavirus a contrecarré nos plans. Comment Stihl a surmonté cette crise, qui n’est d’ailleurs pas encore complètement derrière nous ? Bertram Kandziora : Au début de la pandémie, le conseil d’administration, soit la direction de Stihl, s’attendait à voir les chiffres d’affaires mensuels reculer de l’ordre de 30 %, et ce après que 2020 eut 8

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bien démarré avec, les deux premiers mois, des chiffres de ventes bien meilleurs que ceux de la même période précédente. Nous nous étions préparés à écouler moins d’appareils, à réduire notre production, mais sans passer à l’acte. Nous avons poursuivi la production avec les mesures de protection du personnel qui s’imposaient. Et heureusement, car la situation n’a pas évolué comme nous le craignions. Certes, nos ventes ont baissé de quelque 10 % en mars et avril à cause

du coronavirus, mais depuis le mois de mai les ventes dépassent à nouveau de loin celles de l’année passée, tant en nombre d’unités qu’en chiffre d’affaires. Comment expliquez-vous cela ? À cause du coronavirus, les particuliers ont dû renoncer à de nombreuses activités, événements et voyages par exemple. Ils se sont davantage consacrés à leur jardin et ont acheté des équipements en conséquence.


Interview | Marché

Vous n’avez pas dû fermer votre usine ou certains ateliers ? Stihl possède des usines dans sept pays. En Allemagne comme en Suisse existe un dispositif de chômage partiel. Nous y étions préparés mais n’avons jamais dû y recourir. Pour le moment, nous travaillons même le dimanche pour faire face à la croissance. Nous avons été contraints de fermer pendant une semaine notre usine autrichienne, l’ancienne Viking. Mais après, il a fallu augmenter les cadences pour rattraper le retard. Notre fabrique de chaînes de tronçonneuse de Wil, dans le canton de Saint-Gall, a toujours fonctionné normalement. Quelle est aujourd’hui la situation de Stihl ? Quels segments fonctionnent bien, lesquels sont en retrait ? Globalement, les affaires vont très bien. Le segment professionnel est stable ; celui des articles pour particuliers affiche une forte croissance, spécialement dans les outils à batterie. Pourquoi les accus en particulier ? Démarrer une tronçonneuse à moteur thermique est devenu plus simple que par le passé. Mais ça reste plus compliqué que faire démarrer une voiture. Sur ce point, les appareils à batterie ont un avantage à faire valoir. Ceci étant, Stihl vend encore et toujours bien plus d’appareils à essence qu’à batterie. Quelle est la situation par région ? Les grands marchés comme l’Amérique du Nord − où nous réalisons près d’un tiers de notre chiffre d’affaires − ou l’Allemagne se portent très bien. En Suisse aussi, Stihl connaît des taux de croissance à deux chiffres. La situation est actuellement moins bonne en Argentine. Après un creux en Australie, à la suite des incendies de forêt, la tendance est à nouveau à la hausse. En Russie, nous connaissons encore de fortes fluctuations en fonction de l’évolution du prix du pétrole. Stihl est une marque connue pour ses tronçonneuses mais, au fil du temps, la maison est devenue un fournisseur d’une gamme complète d’équipements. Cette évolution est-elle aboutie ou prévoyez-vous d’élargir encore votre assortiment ? Depuis de nombreuses années déjà, Stihl ne se contente plus de produire et de vendre des tronçonneuses, même si ce secteur reste dominant. Cette évolution

n’est pas terminée. Nous sommes à l’écoute de nos clients – professionnels et privés – et souhaitons leur prêter assistance et faciliter leur travail avec nos appareils. Cela a d’ailleurs toujours été la devise du fondateur de la maison, Andreas Stihl. D’abord cantonnés au secteur de la nature, nous nous sommes ouverts ensuite vers le secteur de la construction.

Stihl ne se limite pas à produire et à vendre des tronçonneuses, et ce depuis de nombreuses années déjà, même si ce secteur reste dominant. Cette évolution continue.

Cependant, qu’il s’agisse de bâtiment, de forêt, de jardin ou d’agriculture, lorsque nous voyons que quelque chose donne du fil à retordre à un opérateur et qu’un appareil pourrait faciliter sa tâche, nous cherchons à le lui fournir. Ceci étant, il est difficile aujourd’hui d’inventer un « blockbuster », une « superproduction » comme le fut la tronçonneuse à ses débuts. On disait un temps « Stihl égal tronçonneuse et tronçonneuse égal Stihl ». Quelle expression pourrait maintenant remplacer cette formule ? Stihl, pour travailler à l’aise dans et avec la nature. Encore un mot sur les tronçonneuses, plus précisément les chaînes pour tronçonneuses. Vous possédez une usine de production de chaînes à Wil, dans le canton de Saint-Gall. Cette usine est-elle réellement compétitive dans un contexte de « prix suisses » et de « salaires suisses » ? Absolument. À l’époque, la Confédération et le canton ont soutenu son implantation. Mais ce n’est pas la raison majeure qui a prévalu lors de la création de ce site en 1974. La Suisse a l’avantage de connaître un temps de travail hebdomadaire de 42 heures. Il y a aussi moins de jours fériés qu’ailleurs. Pour fabriquer des chaînes, il faut avant tout pouvoir disposer d’un savoir-faire et d’un haut niveau de qualité, d’une bonne technologie, de gens formés et d’une constance dans la

production. Et la Suisse est un pays fiable dans tous ces domaines. Le personnel est très motivé, flexible en termes de temps de travail et en fonction de la demande. Le fondateur de l’entreprise, Andreas Stihl, a grandi en Suisse. Y-a-t-il d’autres liens entre Stihl et la Suisse ? Andreas Stihl est né à Zurich, sa femme venait aussi de Suisse. La Suisse est un marché intéressant pour nos produits. Sinon, il n’y a pas d’autres liens familiaux. Comme nous l’évoquions, Stihl possède un site de production de chaînes à Wil. L’une de nos plus petites usines se trouve à Wiechs am Randen, à un jet de pierre de la frontière germano-suisse. La famille Stihl est originaire du lieu. La famille Stihl s’est retirée de la gestion opérationnelle du groupe ; elle reste associée aux décisions stratégiques. Concrètement, de quelles libertés bénéficie la direction – et vousmême en qualité de président du conseil d’administration ? Le conseil d’administration et moi, son président, avons toute liberté pour maintenir le groupe sur la voie de la réussite, pour des améliorations qui bénéficient à nos clients, pour optimiser nos appareils ou nos processus. La famille s’est retirée de la gestion opérationnelle de la maison mais reste intéressée à la marche de ses affaires et à son évolution. Hans Peter Stihl s’intéresse beaucoup aux produits, notamment aux chaînes de tronçonneuses et aux diffé-

Bertram Kandziora : « La proportion d’appareils à batterie atteint déjà presque 50 % en Suisse. »

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Marché | Interview

rents marchés. Rüdiger Stihl, juriste, soutient la direction dans les domaines du droit des marques et de la responsabilité civile liée aux produits. Nous apprécions, au sein de la direction, le fait que les propriétaires nous soutiennent, s’intéressent à la marche des affaires, qu’ils s’impliquer et ne se contentent pas de surveiller notre rendement. Par ailleurs très bon. La direction est certes responsable de l’évolution des affaires et de proposer des orientations stratégiques, mais les décisions stratégiques proprement dites relèvent du conseil de la holding. Cette entité se compose pour moitié de membres de la famille, ainsi que d’experts externes. Le produit phare de Stihl, la tronçonneuse, est utilisé en forêt. Les prix du bois sont au plus bas, et pas seulement en Suisse. Comment cela se ressent-il chez vous ? Si nos clients n’engrangent pas les revenus qu’il leur faut, ils hésitent avant d’acheter une nouvelle tronçonneuse, une débroussailleuse supplémentaire ou autre chose, même si cet équipement est urgemment nécessaire. C’est ce que nous constatons. Certes, les prix du bois sont comme vous le dites très bas, mais d’un autre côté le bostryche est très actif et oblige les forestiers à intervenir, ce qui à son tour génère une certaine demande pour des tronçonneuses. En Suisse, nous ne notons actuellement pas de croissance dans le secteur des tronçonneuses. Ce sont d’autres appareils à moteur qui génèrent la croissance dont nous parlions. Comment évolue la place des outils à batterie ? Quels sont les produits dominants ? Pendant longtemps, nous nous sommes contentés d’observer le développement des accumulateurs, sans vraiment nous impliquer. C’était dû au manque de performances des batteries, surtout pour les usages professionnels. Il y a quelques années encore, il n’existait pas de batterie qui permette d’alimenter un véritable outil de travail professionnel. En 2006, nous avons décidé de nous attaquer à cette technologie et nous avons lancé un projet en ce sens. En 2009, le premier appareil à batterie de Stihl, le taille-haie, a fait son entrée sur le marché. Presque 20 % de nos produits sont désormais dotés d’accumulateurs. Ces dernières années, nous observons une importante croissance de ces appareils, en particulier en Suisse, où leur part atteint déjà presque 50 %. 10

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« Les achats des particuliers ont permis de maintenir le chiffre d’affaires à flot durant les mois difficiles consécutifs à la pandémie de coronavirus », souligne Bertram Kandziora lors de l‘interview accordée à Technique Agricole.

Cette croissance est-elle plutôt imputable à une demande de propriétaires de jardins privés, ou bien est-ce que ces équipements entrent aussi dans le domaine professionnel ? Nous avons mis au point une ligne d’appareils à batteries qui visent des professionnels, mais le marché principal reste cantonné aux particuliers ou aux « semi-professionnels ». Toutefois, nous poursuivons le développement de notre gamme d’appareils à batteries, élargissons le choix des modèles et travaillons sur les accumulateurs avec, par exemple, des modèles dorsaux à usage professionnel. Avec qui collaborez-vous pour développer vos batteries ? Dans quelle direction va évoluer cette technologie ? Stihl réalise ce développement ellemême. Sur notre site principal de Waiblingen, nous avons créé un centre dévolu au développement de toute la technologie des batteries. De ce point de vue, nous sommes donc autonomes et indépendants, même si nous collaborons avec des tiers pour la production des dispositifs d’entraînement électriques et des batteries. Nous fabriquons cependant nousmêmes la nouvelle génération de batteries dorsales à Waiblingen. Actuellement, on peut remplir le réservoir d’une tronçonneuse Stihl avec du carburant Aspen contenu dans un bidon Jonsered. Quand donc pourrat-on acheter des batteries d’autres fabricants compatibles avec vos pro-

duits ? En parlez-vous avec vos partenaires et concurrents ? Pour votre tronçonneuse Stihl, prenez plutôt notre « Motomix » ! Elle s’en portera mieux ! Plus sérieusement, il existe déjà plusieurs plates-formes d’outillages qui permettent d’utiliser des batteries de

Je suis heureux que les propriétaires nous soutiennent et s’intéressent à nos produits et pas seulement aux rendements de l’entreprise.

différentes origines. Ces plates-formes doivent leur existence au fait que de petits fabricants d’appareils ne souhaitent et ne peuvent pas développer euxmêmes des batteries. Nous suivons la chose de près, mais, pour le moment, nous pensons en rester à notre stratégie, parce que nos batteries sont très variées. Nous en avons qui se glissent dans la poignée d’un petit appareil, à moins qu’elle ne se fiche ailleurs pour des raisons ergonomiques, jusqu’à des modèles à porter sur le dos. S’ajoute à cela que nous sommes en avance sur le plan technologique. Nos batteries sont parfaitement adaptées à nos machines. Nous ne voulons pas renoncer à cette compatibilité étroite et à la valeur ajoutée qui en découle pour nos clients.


Interview | Marché

Vous avez ouvert ce printemps une boutique en ligne et expédiez des appareils à domicile par la poste. Cette boutique est-elle accessible de tous les pays ? Peut-on aussi y accéder de la Suisse ? Stihl propose déjà une plate-forme d’où les concessionnaires peuvent distribuer nos produits en ligne. Cette année, nous avons ouvert un magasin online qui n’est pour l’instant accessible que d’Allemagne. Il faudrait, pour qu’on puisse y accéder à partir d’autres pays, que le distributeur correspondant utilise un progiciel de type SAP. Cette boutique ne peut donc pas encore être exploitée en Suisse. J’estime que cela viendra dans deux ou trois ans. Pour l’heure, tous les produits ne sont pas encore disponibles via ce canal. Ce sont principalement des particuliers qui l’utilisent pour acquérir des appareils à batteries. N’empiétez-vous pas, de la sorte, sur le terrain du commerce spécialisé ? Stihl accorde beaucoup d’importance au conseil et aux instructions qu’il faut dispenser pour que les clients sachent utiliser en toute sécurité des appareils qui pourraient sinon se révéler dangereux. Et chaque client doit obtenir l’article correspondant à ses souhaits et à ses besoins. C’est pourquoi notre commerce en ligne fonctionne en partenariat étroit avec les commerçants spécialisés. L’acheteur peut choisir s’il veut recevoir directement son appareil ou s’il préfère se le faire livrer chez un revendeur spécialisé qui lui fournira les instructions nécessaires. Ce dernier est rétribué pour ce service. En parlant de commerce spécialisé, plus précisément des magasins de

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bricolage et des jardineries très prisés des particuliers, comment Stihl appréhende-t-il ce secteur ? En principe, les produits Stihl ne sont vendus que dans des magasins spécialisés qui remplissent les critères de la maison déjà évoqués en matière de conseil, d’instructions de sécurité et de service, par du personnel qualifié. En Suisse, quelques jardineries dont les succursales vendent nos produits ont pris la décision de s’aligner sur ces critères. Vous venez de présenter la « MS 400 C-M », première tronçonneuse munie d’un piston en magnésium. Quelles promesses avancez-vous relativement à ce produit ? L’utilisation du magnésium comme matière première n’est pas nouvelle. Le magnésium est bien plus léger que le fer ou même que l’aluminium. Si l’on observe le piston de cette « MS 400 », on remarque que cet organe n’est pas bien grand et que l’économie de poids nette n’est guère élevée. Stihl fabrique déjà depuis longtemps des blocs-moteurs en magnésium pour les grandes tronçonneuses professionnelles, sur lesquelles le gain de poids n’est pas négligeable. La « MS 400 C-M » est le premier modèle dont le piston est en magnésium. Un tel alliage a longtemps été impossible à utiliser car le piston ne résistait pas à la charge thermique. Stihl a maintenant mis au point un procédé de fabrication garantissant cette résistance thermique du piston en fonctionnement. La particularité de cette tronçonneuse ? Une tronçonneuse atteint des régimes jusqu’à 14 000 tours par minute. L’ensemble piston-embiellage monte et des-

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cend au même rythme. Cette masse oscillante nécessite d’autres pièces dimensionnées en conséquence. Avec un piston sensiblement moins lourd, d’autres éléments peuvent aussi être allégés. Cela permet de ramener le rapport puissance/ poids de l’outil à environ 1,5 kilo par kW. La « MS 400 C-M » est la première machine à piston en magnésium de série commercialisée. Cependant, nous n’avons pas encore exploité la piste jusqu’au bout. Nous en sommes à réunir de l’expérience pour poursuivre sur la voie de l’optimisation. Les premiers retours sont très positifs. Sur la « MS 500i », vous avez supprimé le carburateur et gagné du poids. Comment se positionne cette tronçonneuse sur le marché ? Très bien, surtout en Suisse. Nous avons déjà dû accroître nos capacités de production. Nous n’avons pas seulement enlevé le carburateur de la tronçonneuse car elle ne tournerait pas, mais nous l’avons dotée d’une injection électronique. Son accélération est excellente et elle est même utilisée en compétition. Nous avions commencé par appliquer cette technique à la découpeuse à disque. Pourquoi sur la découpeuse ? La découpeuse tourne à environ 10 000 tr/min, c’est-à-dire bien moins vite que la tronçonneuse. La commande électronique est donc un peu plus simple. Après avoir accumulé des expériences avec la découpeuse, les ingénieurs se sont intéressés à la tronçonneuse. Ces prochaines années, nous appliquerons cette technologie dont le développement a occasionné des coûts très importants sur d’autres appareils.

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2020

Technique Agricole

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Marché | Nouveautés

Faucher, charger, transporter et affourager. L’« Exos » est un concept futuriste de Lely pour l’affouragement en vert autonome. Photos : Lely

« Exos » va « graser » tout seul Lors de ses « Future Farm Days », Lely a présenté son concept « Exos ». C’est un véhicule électrique qui fauche, charge et affourage de l’herbe fraîche de manière autonome, 24 heures sur 24. Heinz Röthlisberger

Au cours de son histoire récente, Lely a beaucoup investi dans l’automatisation de l’élevage laitier avec ses robots de traite, d’affouragement et de nettoyage de l’étable. L’objectif du constructeur néerlandais est d’automatiser les tâches répétitives et chronophages des ateliers lait. L’« Exos » s’inscrit dans ce contexte. Il s’agit d’un véhicule électrique qui fauche l’herbe sur le champ, la charge, retourne à la ferme et la distribue 24 heures sur 24. L’« Exos » est conçu pour fonctionner avec le robot d’affouragement « Vector » ; le tandem distribue alternativement aux vaches le fourrage vert et les autres composants de la ration. L’« Exos » veille en permanence sur la proportion d’herbe fraîche dans la ration et s’en retourne en chercher une fois sa trémie vide. Le système collecte aussi des données sur le terrain, permettant à l’agriculteur de réagir immédiatement si un problème d’approvisionnement en herbe survient. 12

Technique Agricole 10 2020

Premières versions en service Pour l’instant, l’« Exos » est un concept. Cependant, les premiers prototypes sont déjà en service sur des fermes expérimentales, explique le constructeur. Il ne fournit pas encore d’autres informations sur le déplacement de cette machine, à savoir sur la manière exacte dont elle trouve sa route des champs à la ferme. Ces prochaines années, le système va encore évoluer jusqu’à pouvoir être commercialisé. Si la chose devient réalité, l’« Exos » restera probablement cantonné à de grandes fermes bien agencées, installées sur des terrains plats, avec un parcellaire d’un seul tenant et des prairies adjacentes à l’étable.

convertit en azote minéral, azote organique, phosphate et potassium. « Sphere » ne se contente pas de séparer les parties solides et liquides du lisier, il réduit aussi les émissions d’ammoniac. « Jusqu’à 70 % », écrit Lely. Voici comment fonctionne le système : « Sphere » se compose de diverses organes simples et faciles à employer. Le fumier et l’urine sont immédiatement séparés. L’urine s’écoule dans la fosse par des bandes de séparation. C’est la première étape dans la limitation des émissions : cette séparation à la source permet de réduire la quantité d’ammoniac dans le fumier. La « Sphere N-Capture » génère une pression négative dans la fosse et extrait les gaz du fumier, qui sont générés en dessous et directement au-dessus du sol de l’étable. Cela inclut également l’ammoniac résiduel qui se forme à la surface du sol et dans la fosse. Le filtre du « N-Capture » capte l’ammoniac et, avec de l’acide, le reconvertit en engrais circulaire. Le travail de développement de « Sphere » a commencé pour Lely en 2015. Des installations sont opérationnelles depuis 2017 et déjà utilisées dans quatre fermes expérimentales. Pour l’instant, le système ne sera mis en service qu’aux Pays-Bas.

« Horizon », auxiliaire de ferme Enfin, Lely introduit la nouvelle application de gestion agricole « Horizon ». Le concepteur explique que cette plate-forme analyse les données, fournit des informations et des recommandations proactives à l’exploitant. Elle intègre les données des robots Lely et peut les combiner avec les informa­ tions pertinentes de fournisseurs et d’autres partenaires. Horizon va remplacer l’actuel système de gestion « T4C ».

« Sphere », un séparateur et convertisseur de fertilisants Lely vient en outre de lancer le système de gestion des effluents « Sphere », qui sépare le fumier solide de l’urine et les

Ce séparateur à lisier « Sphere » est fonctionnel depuis 2017, mais ne sera disponible pour l’instant qu’aux Pays-Bas.


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Marché | Nouveautés

Charge utile plus élevée Reform remet au goût du jour le milieu de gamme de ses transporters « Muli », les « T7 X », « T8 X » et « T8 X pro ». Le cadre du châssis a été redessiné pour en améliorer la rigidité, ce qui est tout bénéfice pour la charge utile. Heinz Röthlisberger

Les transporters Reform « Muli » existent depuis passé 50 ans. Le constructeur autrichien en a revu les modèles de milieu de gamme « T7 X », « T8 X » et « T8 X pro ». Ils sont mûs par un VM de 109 chevaux (niveau 5) avec catalyseur à oxydation diesel, filtre à particules et recirculation des gaz d’échappement. Il développe un couple de 420 newtonmètres (Nm). Son régime nominal ? 2600 tr/min ! La boîte à vitesses à inverseur 16AV/8AR est entièrement synchronisée. Une 32AV/8AR avec rampantes est en option. La pompe hydraulique débite 42 l/min sous 180 bars. À choix, une pompe fournissant 73 l/min à 195 ou 240 bars est disponible sur les modèles « T8 X ».

Cadre de châssis plus stable Reform a redessiné l’architecture du cadre du châssis pour le rendre plus

stable que celui des modèles précédents. Malgré sa construction allégée, il résiste mieux à la torsion et la charge à l’essieu a été augmentée, écrit le fabricant. Ceci permet de relever le poids maximal autorisé à 8100 kg pour le « T7 X » et à 9500 kg pour les « T8 X » et « T8 X pro ». Le poids à vide restant presque au niveau des modèles précédents, l’amélioration de charge utile atteint jusqu’à 20 %.

Nouveaux freins Parmi les autres caractéristiques du « Muli » figurent l’architecture à tube central avec joint pivotant et une transmission intégrale permanente avec verrouillage à 100 % des différentiels central, avant et arrière. Des freins hydrauliques indépendants nouvellement mis au point équipent désormais cette classe moyenne de transporters. Ils garantissent, d’après Reform, des distances de freinage plus courtes et des charges remorquables plus

importantes, tout en exigeant une pression moins élevée sur la pédale. Un frein proportionnel à ressort d’accumulation facilite les démarrages en côte. En option, les nouveaux modèles peuvent également être équipés d’un frein à courant de Foucault, un ralentisseur électrique donc. Pour les modèles « T8 X », une suspension hydropneumatique indépendante (« HCS ») réglable à barre de torsion sur chaque roue est proposée en option. Un des avanta­ges de cette « HCS » est que la hauteur du « Muli » peut être modifiée par simple pression d’un bouton. Il est ainsi beaucoup plus facile d’atteler-dételer les outils portés.

Cabine mieux suspendue La cabine a été entièrement repensée. « Montée sur silentblocs et amortisseurs hydrauliques, elle réduit considérablement les vibrations pour le conducteur », écrit Reform. L’isolation acoustique améliorée assure un niveau de bruit agréablement bas. Cet habitacle est équipé d’une radio numérique de haute qualité avec fonction mains libres, d’un chauffage et d’une climatisation.

Ecran 7 pouces pour « T8 X pro » Tous les interrupteurs sont montés directement sur le tableau de bord. Les blocages des différentiels et l’embrayage électro­ hydrauliques de la prise de force sont actionnés sur simple pression d’un bouton. L’accoudoir avec le joystick multifonctions et le contrôleur central « R-COM » est fixé au siège du conducteur. L’écran d’information central de 4,3 pouces peut être commandé à la fois par des touches et par le contrôleur. Le modèle « T8 X pro » est équipé d’un écran de 7 pouces. Il est utilisé pour contrôler les fonctions hydrauliques, la climatisation automatique et diverses accessoires. Des commandes externes sur l’avant du véhicule facilitent l’accouplement des outils portés en toute sécurité. Reform annonce la sortie de cette nouvelle classe moyenne « Muli » pour le printemps prochain.

Reform a retravaillé le milieu de gamme de ses transporters « Muli » de 109 chevaux et les a dotés d’une cabine totalement nouvelle. Photo : Reform

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A la sueur de son front La viticulture est une activité intensive en capital et en travail. Rendre un hectare de vigne productif demande un investissement de plus de cent mille francs. Selon le procédé cultural, le volume de travail annuel par hectare atteint 400 à 1000 heures. Ruedi Hunger


CULTURES SPÉCIALES

rière. Le broyeur à fléaux arrière sert également de contrepoids à la rogneuse-écimeuse montée à l’avant. Cependant, des travaux manuels restent encore incontournables, avant et après ce passage. Dans de nombreux cas, le recours à ces outils vise davantage à réduire les pics de travail qu’à assurer une rentabilité économique. Les exploitants dépendent ainsi moins des travailleurs temporaires, sollicités principalement aux périodes où les spécialistes compétents se font rares.

Protection des plantes en question

La récompense pour tout le travail effectué à la vigne est un raisin sain et corsé.

Selon les statistiques de 2019 de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), la superficie viticole de la Suisse s’élève à 14 703 hectares. Les vignes françaises de la zone frontalière (122 hectares), partie intégrante de la zone de production des vins genevois d’appellation d’origine contrôlée, sont également prises en compte. Par rapport à l’année précédente, la superficie totale de vignes a diminué de quelque 8 hectares, soit 0,05 %. La mise en place d’un hectare de vigne coûte 100 000 à 150 000 francs. Outre un investissement financier conséquent, la viticulture représente un travail colossal. Selon le mode de culture, les besoins en main-d’œuvre annuelle se situent entre 400 à 1000 heures (MOh), voire plus. Il tombe sous le sens que les viticulteurs ont toujours cherché à simplifier et à optimiser leur travail. Ces intentions ont toutefois des limites, elles sont en concurrence avec l’objectif de produire des vins de grande qualité.

Photo : Ruedi Hunger

pneumatiques. Un gros effort est nécessaire pour enlever le vieux bois, ce qui se fait encore souvent à la main. Il peut se réduire en utilisant une rogneuse-écimeuse de vigne, un outil porté qui tire les sarments latéralement ou vers le haut hors de la treille. Comme une telle machine doit se déplacer dans la zone des piquets, il arrive que des sarments ou des parties de sarments se coincent et doivent être retirés ensuite manuellement. Les bois ramassés sont hachés par cette machine ou par un broyeur fixé au relevage hydraulique ar-

Les pulvérisateurs jouent un rôle essentiel en arboriculture et en viticulture, tant en agriculture biologique qu’en production intégrée (voir aussi l’article « Atomiseurs pour cultures spéciales » à la page 38 de la présente édition). Les mesures de protection phytosanitaires contribuent à garantir la récolte. Dans les cultures spéciales en particulier, une partie du produit pulvérisé risque de manquer sa cible, ce qui entraîne une pollution nuisible à l’environnement et à l’image de la profession. C’est pourquoi différentes directives, notamment de distance par rapport aux eaux de surfaces, sont à respecter. Ces dernières années, les atomiseurs ont été équipés de technologies de pulvérisation permettant de réduire les pertes, surtout par dérive. Une autre façon d’économiser les produits phytosanitaires consiste à utiliser des « outils de recyclage ». Ces équipements, utilisés surtout en l’arboriculture, sont

Taille astreignante Hormis la vendange manuelle, la taille de la vigne représente la charge de travail annuelle la plus importante en extérieur (jusqu’à 30 %). La période durant laquelle cette activité peut être réalisée est relativement longue. Cependant, le nombre de jours effectifs sur le terrain est souvent limité à cause des conditions météorologiques. Des progrès en matière de mécanisation ont été réalisés, particulièrement avec les sécateurs et les sécateurs électriques ou

Projet prometteur pour l’instant, le « VineRobot » devrait bientêt faciliter l’entretien des vignobles. Photo : vinerobot

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CULTURES SPÉCIALES

contrôle automatique des buses sont capables de détecter avec précision les lacunes de la paroi foliaire et de pulvériser le produit phytosanitaire de manière ciblée sur les feuilles. Les différentes buses sont ainsi ouvertes ou fermées selon les besoins.

Vendange mécanique

Les épareuses et les rogneuses-écimeuses facilitent le travail manuel, mais ne le remplacent. Photo : Ero

également appelés pulvérisateurs à tunnel. Le produit est pulvérisé sur la zone cible par un courant d’air porteur. S’il n’adhère pas au feuillage, il est ensuite projeté contre les parois du tunnel et réinjecté dans le réservoir de bouillie. Plus la surface du feuillage est petite, plus le taux de récupération est élevé.

Autres surfaces d’application En grandes cultures, la surface d’application correspond à celle qui est traitée par la rampe de pulvérisation positionnée parallèlement au sol. En bref, la surface au sol et la zone traitée comportent le même nombre d’hectares. Dans les cultures spéciales cependant, le produit est pulvérisé verticalement sur le feuillage et non sur le sol, à l’exception des herbicides. Cela signifie que le dosage ne s’exprime pas explicitement en litres par hectare, en termes de surface du terrain. En effet, la surface d’application par hectare au sol peut être inférieure ou supérieure à 10 000 mètres cubes selon le stade de développement, la forme, la taille et l’espacement des rangs d’une culture spéciale. L’unité de dosage de la surface foliaire, exprimé en en m2 /ha de surface au sol, fait donc directement référence à la cible, ou « paroi foliaire ». Dans une culture spéciale avec un espacement des rangs défini, la hauteur de la paroi foliaire, et donc la surface foliaire, augmentent au cours de la période de végétation. La hauteur de la paroi foliaire est définie par la distance moyenne entre la 18

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feuille la plus basse et la feuille la plus haute. Les rangs à traiter comprennent normalement deux côtés. Le modèle de dosage basé sur la paroi foliaire permet une application plus précise des produits phytosanitaires. La surface se calcule en utilisant les paramètres « espacement des rangs, hauteur de la paroi foliaire et nombre de côtés des rangs à traiter ». Elle s’exprime en mètres cubes. Formule : Surface foliaire [m²] 10 000 m² × hauteur paroi × côté Espacement foliaire (h) [m] des rangs [m]

Maîtrise des lacunes Outre les grandes cultures, la réduction des produits phytosanitaires concerne les cultures fruitières et de la vigne. Elle se justifie certes d’un point de vue écologique, mais aussi pour des raisons financières. Les économies peuvent se réaliser de différentes manières. On peut utiliser des systèmes de collecte dits de « Recycling ». Cela signifie que l’un de ces dispositifs récupère une partie des produits appliqués et les renvoie dans le réservoir. On peut encore contribuer activement à rendre la protection des plantes en arboriculture et en viticulture plus durable et écologique en employant des atomiseurs intelligents. Les atomiseurs équipés de capteurs infrarouges et d’un système de

A la fin des années 1970, la vendange mécanique est apparue pour la première fois en Europe. Depuis lors, elle a fait sa place dans de nombreuses régions viticoles traditionnelles. L’économie de travail était et reste l’argument principal de ce mode de faire. Alors que la vendange manuelle nécessite quelque 200 MOh/ha (300 MOh et plus en terrain escarpé), la récolte entièrement automatisée ne dure que quelques heures. C’est pourquoi le «  véhicule porte-outils » tend à être utilisé à pleine capacité avec d’autres machines spéciales en plus du dispositif de vendange. Des vendangeuses automotrices ou tractées sont proposées pour la vendange mécanique. Dans les conditions de culture suisses, de telles machines sont le plus souvent utilisées en commun ou par des agro-entrepreneurs. Les vendangeuses intégrales partagent le « triste sort » des autres récolteuses polyvalentes. Elles ne sont utilisées que quelques semaines par année et sont remisées dix à onze mois par an dans une halle ou un entrepôt. Elles sont également la proie de préjugés qualitatifs, en particulier dans les zones de production viticole de haute qualité, et, lors d’années humides, de critiques relatives au compactage des sols. La dernière grande lacune, la capacité de récolte mécanique sur les pentes raides, a été partiellement comblée ces dernières années par une récolteuse spécialement adaptée aux pentes escarpées. Il s’agit d’un «  véhicule porte-outils » et d’une machine de récolte fonctionnant de manière indépendante. La machine est sécurisée par un treuil à câble. Selon le constructeur, le treuil permet une récolte mécanisée sur des pentes de 65 à 70 %. Cependant, il existe encore de nombreuses pentes extrêmes où la récolte ne peut pas être mécanisée et qui nécessitent bien davantage d’heures de travail manuel.

Les pentes escarpées ont leur intérêt Les vignobles abrupts imposent le plus fréquemment un important travail manuel. C’est pourquoi les vignobles en ter-


CULTURES SPÉCIALES

Répartition des surfaces de vigne par cantons (blanc)

Répartition des surfaces de vigne par cantons (rouge)

Autres : 19  % Autres : 28  %

VS : 29  % VS : 35  %

ZH : 4  % GE : 10  %

GE : 9  %

TI : 12  %

VD : 16  %

Le vignoble en rouge se divise en 1767 hectares en Suisse alémanique, 1017 en Suisse italienne et 5533 en Suisse romande (chiffres arrondis des statistiques vinicoles de 2019).

rasses, comme ils se rencontrent en Valais, dans le canton de Vaud, au Tessin et ailleurs, sont toujours associés à la fierté et à la passion. En Valais notamment, les quelque 3000 hectares de vignoble en pente produisent des crus de qualité reconnue grâce à leur exposition sud optimale. Cela a cependant un prix : la préservation et l’entretien de ces vignobles constituent un véritable défi. Le travail peut difficilement être mécanisé, c’est pourquoi le vigneron doit s’occuper de ses vignes, cep par cep. Les terrasses construites dans ces

Il y a 60 ans  …

VD : 38  %

Le vignoble en blanc se répartit en 871 hectares en Suisse alémanique, 108 en Suisse italienne et 5405 en Suisse romande (chiffres arrondis des statistiques vinicoles de 2019).

endroits extrêmes ont façonné le paysage pendant de nombreux siècles. Les pentes sont stabilisées et l’eau de pluie s’évacue de manière organisée. Les glissements de terrain et les éboulements qui se sont déroulés en janvier 2018 au Valais indiquent que ces fonctions ne sont plus assurées ou que les précipitations s’avèrent excessives. Il existe donc un intérêt public pour la préservation des terrasses et de la biodiversité qu’elles favorisent. Ces dernières années, le canton du Valais a planifié et mis en œuvre plusieurs projets dans ce sens, d’un coût estimé à 100 millions de francs. Ce montant comprend des investissements dans l’infrastructure générale du vignoble, pour la

préservation des murs en pierre sèche, des projets d’irrigation, l’amélioration des voies d’accès et le drainage.

Conclusion Le système de culture sur « fils de fer avec utilisation du tracteur » constitue le système de culture le plus répandu en Suisse alémanique. Selon Agridea, un hectare de vigne « normale », jusqu’à 25 % de pente, nécessite près de 700 MOh par an. Les vignes plus escarpées exigent bien plus de travail. L’augmentation du coût de la main-d’œuvre et les normes de qualité élevées ont également un effet déterminant sur les coûts de production en viticulture.

En 1961, le travail était effectué avec des machines viticoles à 14 %, à la main à 29 % et à l’aide de petits outils à 57 %. Avec l’utilisation de machines à hautes performances, la proportion de travaux manuels a encore baissé. Elle atteint 10 à 11 % dans les exploitations genevoises bien organisées. Le capital-machines par exploitation varie entre 200 et 30 000 francs (valeur à l’état neuf). Les frais annuels des équipements atteignent 18 à 22 % de leur valeur à l’état neuf en Suisse romande, contre 12 à 18 % en Suisse alémanique et au Tessin. Source : Hans Schwarzenbach, Die Produktivitätssteigerung im Schweizerischen Weinbau (ou « L’augmentation de la productivité dans la viticulture suisse ») ETH 1961.

Pulvérisateur tangentiel performant pour les grands vignobles faciles d’accès.

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Photo : ldd

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CULTURES SPÉCIALES

En principe il est possible de pratiquer le désherbage mécanique pour éliminer les adventices sur le rang, comme ici dans une vigne.

Photo :

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L’entretien des vergers sans herbicide L’utilisation d’herbicides dans les vergers est relativement économique et produit des effets durables. La perception de plus en plus négative de l’opinion publique à leur égard aiguillonne la recherche d’autres solutions pour détruire les adventices sur le rang. Ruedi Hunger

Pourquoi réguler les adventices dans les vergers ? La raison est simple : leur élimination ciblée assure des récoltes de qualité. Les adventices sur le rang sont une concurrence non négligeable pour l’eau et les nutriments, elles peuvent aussi abriter des rongeurs et augmenter la pression des maladies et des parasites. On s’est intéressé aux solutions de désherbage mécaniques depuis que le glyphosate est dans le collimateur de l’opinion publique et que les produits de substitution autorisés se font rares.

La concurrence pour l‘eau La relation entre les adventices et les réserves en eau dans le sol n’est pas qu’une hypothèse. Elles ont été amplement démontrées par des mesures régulières effec20

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tuées sur la teneur en eau et le potentiel hydrique lors d’un projet collectif datant de 2018. Dans la variante « sans traitement », où les adventices ont proliférer librement, la teneur en eau a diminué de moitié par rapport à celle « avec désherbage à l’aide de machines de travail du sol ». Le résultat de la tension de succion, mesurée à 20 cm de profondeur, y est également meilleur que celui des variantes « avec travail du sol » et « avec traitement aux herbicides ». Selon les conditions météorologiques et la variété, la concurrence pour l‘eau affecterla quantité et la qualité de la récolte.

Le risque de maladies et de parasites Une épaisse végétation d’adventices sur le rang offre un abri idéal aux rongeurs. Une

population nombreuse de souris va automatiquement causer des dégâts, notamment aux jeunes arbres. Sans entretien du rang, le risque de maladies et de parasites augmente également. La végétation y conserve l’humidité et favorise un microclimat propice aux maladies fongiques. Enfin, si on laisse pousser les adventices en hauteur, elles nous compliquent le travail.

Recherche de nouvelles solutions Des outils mécaniques peuvent être utilisés à la place des herbicides pour la régulation des adventices. Mais au fait, que valent ces solutions et combien coûte le désherbage mécanique sur le rang ? Quelques pistes ont été lancées dans un colloque organisé au mois d’août à Güttingen (TG).


CULTURES SPÉCIALES

Brève description des machines testées et de leur fonctionnement Des vidéos sur les machines testées peuvent être visionnées sur le site internet agroscope.ch (sous la rubrique « Aktuell, Veranstaltungen, güettingertagung »). Les descriptions sont hélas uniquement en allemand.

Sarcleuses

La sarcleuse comporte, selon le type, une ou deux têtes dotées de dents tournant dans le sens horizontal, qui hachent les adventices sous le rang et produisent un horizon plat. Certaines machines possèdent, en plus d‘une tête rigide, une tête montée au bout d’un bras pivotant muni d’un palpeur, ce qui permet de traiter entre les arbres.

Houe rotative

La houe rotative travaille dans une direction parallèle à la ligne d’arbres. Elle possède plusieurs disques ou roues étoilées qui tournent verticalement dans le sol. Selon l’angle d’inclinaison choisi, la terre est projetée avec plus ou moins de force en direction du milieu du rang. L’entraînement est passif par friction avec le sol. Le nombre de roues étoilées peut varier selon la largeur de la bande de sol.

Bineuse à doigts

La bineuse à doigts comporte un disque muni de doigts en plastique disposés en étoile qui arrachent les adventices au pied des arbres et entre les arbres. Les disques sont entraînés par des ergots métalliques disposés sur la face inférieure et qui s’enfoncent dans la terre.

Houe rotative et bineuse à doigts

La houe rotative travaille dans une direction parallèle à la ligne d’arbres. Elle possède plusieurs disques ou roues étoilées qui tournent verticalement dans le sol. Selon l’angle d’inclinaison choisi, la terre est projetée avec plus ou moins de force en direction du milieu du rang. L’entraînement est passif par friction avec le sol. Le nombre de roues étoilées peut varier selon la largeur de la bande de sol. La bineuse à doigts comporte un disque muni de doigts en plastique disposés en étoile qui arrachent les adventices au pied des arbres et entre les arbres. Les disques sont entraînés par des ergots métalliques disposés sur la face inférieure et qui s’enfoncent dans la terre.

Herse à disques butteurs

Selon le type de disques choisi, la herse à disques peut servir au buttage ou au débuttage de la terre sur le rang. Les disques creux utilisés sont soit à bord lisse (débuttage), soit à bord crénelé (buttage). La herse à disques découpe la terre et la rotation rapide des disques projette la terre sur le côté. Une butte est formée dans laquelle les adventices sont enfouies. Lorsque les adventices émergent de la butte on peut se servir de la herse à disques débutteurs.

Herse à disques débutteurs

(En complément) : l’horizon du sol redevient plat après l’opération de débuttage. Le nombre de disques de la herse peut varier selon la largeur de la bande de sol. Un nombre important de disques par rapport à la largeur de travail améliore l’éradication des adventices et le brassage de la terre. Pour bien travailler le rang sur toute la largeur, certains outils sont escamotables grâce à un bras tâteur, ce qui leur permet de travailler entre les arbres.

Appareil à fil de coupe

L’appareil à fil se compose d’une bobine horizontale dotée de plusieurs fils de coupe. Entraînés par la rotation de la bobine, les fils coupent les adventices au niveau de la surface. Sur certains types d’appareil à fil, la bobine est montée sur un élément mobile qui s’escamote en cas de contact avec un tronc ou tout autre obstacle.

Appareil à brosse

Les têtes à brosse à entraînement vertical sont garnies de robustes brosses en acier ou en plastique qui attaquent le sol et coupent les adventices au niveau de la surface. Sur les adventices restants, la couche de cire est blessée, provoquant ainsi leur dessèchement.

Procédé à jet d’eau

Le procédé à jet d’eau consiste à balayer la surface avec des jets d’eau froide sous forte pression (jusqu’à 1000 bars), émis par des buses. Ces jets d’eau font éclater les cellules des plantes. La tête porte-buses se déplace le long des troncs, ce qui permet de traiter le rang sans toucher les arbres.

Des stratégies durables ont été élaborées pour réguler les adventices dans les vergers lors d’un projet d’une durée de trois ans. Une série complète d’essais en plein champ a permis d’examiner et d’évaluer différentes stratégies, mécaniques, chimiques ou combinées, de régulation des adventices. Ces tests se sont déroulés sur plusieurs sites, à savoir la station d’essais en arboriculture « Schlachters » appartenant à la Haute école de Weihenstephan-Triesdorf (D), le centre de compétences «  Kompetenzzentrum Obstbau Bodensee » à Bavendorf (D) et l‘Institut de recherche Agroscope, à Wädenswil (ZH). L’effet des différents procédés sur la levée et la croissance des adventices a été étudié parallèlement l’influence de ces dernières sur les organismes et le climat du sol. Plusieurs aspects de la nutrition des plantes, des paramètres arboricoles tels que la croissance, le rendement et la qualité des fruits, ainsi que certains facteurs liés à la gestion d’exploitation ont été pris en compte. Les résultats du projet ont été publiés dans une brochure qui pourra être commandée dès la fin de l’année 2020 sous forme électronique ou papier (gartenbausoftware.de, obstbau.ch).

L’efficacité des outils de binage Après le traitement avec un outil de travail du sol parfaitement réglé, les adventices sont arrachées ou, du moins, perdent le contact avec le sol et se dessèchent. En outre, le travail du sol mobilise l’azote, un atout précieux notamment pendant la floraison. Par ailleurs, le sol découvert offre moins de cachettes aux rongeurs.

Quelles sont les contraintes ? Le remplacement des herbicides par les outils mécaniques ne va pas sans contrainte ni adaptation. Les jeunes arbres surtout nécessitent une régulation intense des adventices. Les rejets de souche notamment demandent par rapport à l’emploi d’herbicides un surcroît de travail qui varie selon l’outil utilisé. En règle générale, le passage aux outils de binage n’est préconisé que pour les vergers nouvellement plantés. Le cas échéant, il faudra adapter la disposition des fils de palissade et d’aménager l’intervalle de plantation.

Et les coûts ? Comme pour chaque mesure, la première question qui se pose est celle des coûts. À la base, l’entretien mécanique du rang entraînera un surcoût variant de 400 à 1000 francs par hectare, selon la taille de l‘ex10

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ploitation et les outils mis en œuvre. Ce surcoût s’explique par l’emploi de machines chères et par les déplacements supplémentaires occasionnés. Une utilisation interentreprises peut éventuellement l’alléger. De même, il est possible de solliciter des contributions d’encouragement.

Conclusion On peut réguler les adventices en appliquant des stratégies mécaniques, mais les outils peuvent différer en efficacité selon le type et le constructeur. La météo joue aussi un rôle considérable et il convient de garder à l’esprit que le remaniement en profondeur d’un système de culture ne se fait pas du jour au lendemain.

Les équipements permettant d’entretenir les rangs d’arbres sans herbicide existent, mais ils ont un coût. Photo : Ladurner

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« Jusqu’à l’an dernier, mon père et moi avions recours au gun pour réaliser les épandages de produits phytosanitaires de contact », raconte la jeune femme, de retour sur le domaine familial, la cave Florian Besse à Plan-Cerisier, à l’issue de ses études à l’école d’agriculture de Château­ neuf (VS), puis à l’école supérieure de viticulture-œnologie de Changins (VD). « Même si la grande partie des 4,5 hectares du vignoble est équipée de conduites fixes, l’utilisation de guns reste pénible et gourmande en main d’œuvre. Elle nous expose aux produits de traitements. » En outre, la lourdeur de l’organisation d’un tel chantier restreint la flexibilité du choix des dates des applications. « Il nous fallait trois jours à quatre personnes pour réaliser un tour de traitement en pleine saison ! » En parallèle, Florian Besse et sa fille recouraient à la pulvérisation par hélicoptère. « Mais cette À la mi-juillet, Mélanie et Florian Besse réalisaient leur cinquième tour de traitement bio sur leur vignoble de Plan-Cerisier (VS). Photos : Claire Muller

Le drone est le nouvel ami du vigneron La Valaisanne Mélanie Besse traite 4,5 hectares de vignes en terrasses à l’aide d’un drone, selon un programme bio. Nous avons suivi ce chantier exceptionnel lors du cinquième tour. Claire Muller*

Sur les hauts de Martigny-Croix (VS), les vignes en terrasses plongent quasiment à la verticale, offrant sous le soleil matinal de la mi-juillet un panorama enchanteur. On y perçoit cependant un léger bourdonnement, bien plus discret qu’un atomiseur ou que les pales d’un hélicoptère. Se jouant des murs en pierres sèches, de la déclivité, des changements brusques de topographie et du parcellaire morcelé à l’extrême, un drone survole les parchets, ouvrant et fermant ses buses en * Claire Muller est rédactrice au magazine Bioactualités. La version originale de cet article, en français, y a été publiée dans l’édition 7/2020.

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une fraction de seconde, à quelques déci­ mètres seulement de la végétation luxuriante.

Évolution vers la viticulture bio­logique Cet étonnant ballet est mené par Mélanie Besse, jeune viticultrice de 26 ans, qui réalise à l’aide de ce nouvel allié une cinquième série de traitements à base de cuivre et de souffre, pour protéger son vignoble des maladies cryptogamiques. Elle est ainsi l’une des premières professionnelles – et la seule femme – en Suisse à traiter elle-même, selon un programme bio, l’ensemble de son domaine avec un drone.

Un hectare traité en 45 minutes Mélanie Besse utilise depuis ce printemps un drone « T16 » de la marque chinoise DJI, équipé de 6 rotors. D’un poids de 41 kg à pleine charge, l’engin atteint une précision de quelques centimètres. Ce type de drones sont vendus par Sébastien Micheloud (entreprise Digital Roots). L’investissement de 40 000 francs inclut l’achat de l’appareil, l’accès aux images du vignoble et la formation. Sébastien Micheloud propose par ailleurs un service d’épandage viticole (« Agri.Aero »). Il traite actuellement avec ses cinq drones une bonne centaine d’hectares dans les vignobles genevois, vaudois et valaisans. Le drone avec un réservoir de 16 litres traite 1000 à 1600 mètres carrés en quatre minutes, soit 45 minutes par hectare. C’est moins rapide qu’un hélicoptère qui traite cinq hectares en quinze minutes. « J’effectue des traitements de 150 litres à l’hectare, à 5 km/h de moyenne », précise Mélanie Besse, qui estime la durée de chaque vol entre six et huit minutes. David Marchand, conseiller viticole pour l’institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), estime que les nuisances sonores sont infimes. « De plus, le risque de dérive latérale est faible grâce à des vols très bas et à des buses précises. En revanche, le flux arrive par le haut et ne protège moins bien la face inférieure des feuilles et les grappes qu’un atomiseur. La qualité d’application est donc moindre et un traitement au sol pour protéger les grappes est indispensable. »


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dernière n’était pas bio. Or nous souhaitions faire évoluer le domaine selon les préceptes de la viticulture biologique », précise la jeune viticultrice, qui s’apprête à entamer un parcours de reconversion dès janvier 2021. « Après vingt ans de traitements au sol sans produits de synthèse, nous suivons désormais les plans de traitement bio depuis deux ans. » Dans ce contexte, le drone s’impose aux yeux de la famille Besse. « Nous avons effec­tué en 2019 une année-test en collaboration avec Sébastien Micheloud, de Digital Roots, société spécialisée dans les traitements par drone. La mise sur pied des chantiers, la souplesse dans les interven­tions, la qualité d’application se sont révélées convaincantes », énumèrent Méla­nie et Florian Besse, qui ont donc investi il y a quelques mois dans un drone de dernière génération (voir encadré de la page précédente).

Deux semaines intensives de formation « Mélanie pour Florian, retour sur zone ! », lance soudain la jeune vigneronne via sa radio à l’attention de son père, resté sur la zone de décollage. Commandes de pilotage en mains, vêtue d’un gilet de signalisation fluo, la jeune Valaisanne ne perd jamais de vue son drone, un engin de près de 2,5 mètres d’envergure qui enchaîne les allers et venues entre la zone de ravitaillement et les différentes parcelles à traiter. « Mon père et moi avons suivi deux semaines intensives de formation relatives aux conditions d’utilisation du drone, aux questions de sécurité, etc. » Leur licence de pilotage en poche, Florian et Mélanie se sont lancés pour un premier tour de

« Le drone a tout à fait sa place en bio » Vous suivez depuis trois ans un projet d’évaluation des traitements phytosanitaires par drone à l’échelle romande. Quelles conclusions relatives à son efficacité en tirez-vous ? Axel Jaquerod : Si on compare la qualité d’application du produit sur les feuilles et sur les grappes avec celle d’un atomiseur et une parcelle témoin, alors le drone est aujourd’hui tout aussi efficace que l’hélicoptère. La nouvelle génération de drones arrivés sur le marché ces deux dernières années, leur gain en précision et l’amélioration des connaissances relatives au réglage des buses nous permettent de pulvériser davantage de produits au mètre carré et de façon plus homogène au sein du feuillage. Faut-il s’attendre à ce que le drone remplace à terme les autres modes de traitement ? Pas encore. L’usage de l’atomiseur en complément – un passage suffit – reste actuellement une absolue nécessité pour limiter les risques. Le drone, flexible et de plus en plus fiable, a cependant tout à fait sa place, en conventionnel comme en bio, notamment en Valais, où la pression des maladies fongiques est moindre qu’ailleurs et où la topographie empêche toute autre forme de mécanisation.

traitement au mois de mai 2020. « Auparavant, le premier défi aura été de générer des lignes de vol sur chaque parcelle, sur la base des images fournies par Sébastien Micheloud. Quels trajets le drone doit-il emprunter, quel doit être

Équipé d’une cuve d‘une capacité de 16 litres, le drone des Besse est capable de traiter plus de 1000 mètres carrés en quatre minutes.

Cela reste un investissement de taille. Le drone est-il un outil rentable ? La rentabilité du chantier va dépendre du morcellement des parcelles et de l’efficacité des arrêts au stand, entre autres. Les derniers drones mis sur le marché possèdent des réservoirs plus grands et donc des débits de chantier plus importants, qui les rendent plus performants. Nous planchons actuellement sur une étude économique, qui permettra d’ici la fin de l’année 2020 de comparer les coûts d’utilisation du drone par rapport à ceux de l’hélicoptère et de l’atomiseur.

Axel Jaquerod est conseiller viticole auprès de l’organe vaudois de conseil agricole Prométerre depuis quatre ans. Il assume notamment la responsabilité d’évaluer l’efficacité des traitements par drones dans le secteur de la viticulture.

a.jaquerod@prometerre.ch www.prometerre.ch

son angle d’orientation, à quelle hauteur doit-il traiter, etc. », raconte Mélanie. Puis vient l’organisation du chantier à proprement parler. « Nous avons adapté notre véhicule agricole de transport afin de déplacer le drone, mais aussi une cuve de mélange pour la bouillie de traitement et les batteries et chargeurs reliés à une géné­ratrice », précise Florian Besse. Pendant que sa fille pilote et se déplace sur le lieu de traitement, il est chargé de sécuriser la zone. « Les ‹ arrêts au stand › sont fréquents et nécessitent une organisation sans faille pour ne pas perdre trop de temps », précise-t-il après avoir, en moins de deux minutes, changé les batteries et rempli le réservoir. « Zone sécurisée, tu peux décoller », lance-t-il alors à sa fille, prête à un nouvel aller-retour. Florian et Mélanie Besse estiment qu’il leur faut désormais deux matinées à deux pour traiter la totalité de leur vignoble. « On a gagné en confort et en flexibilité », résument d’une seule voix père et fille. « Pour rien au monde nous ne reviendrions en arrière ! » 10

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Dotés d’un « kit autonomie » pour les cultures en lignes, des porte-outils adaptés peuvent être automatisés.

Photo : Robot Markers

La robotique au service des vignobles Les robots servent à exécuter des travaux simples, monotones et répétitifs ou dangereux pour les êtres humains. Des besognes qui ne laissent en outre aucune place à la créativité et qui doivent être exécutées de manière répétée avec un très haut degré de précision. Ruedi Hunger

La dimension psychologique joue un rôle crucial dans l’introduction de la robotique en agriculture. Souvent, la confiance en la technique fait défaut. Mais les robots ne pourront faire leurs preuves que si on leur donne leur chance. Par ailleurs, la question de savoir « ce que nous ferons quand les machines feront tout pour nous » n’a pas lieu d’être. Outre les contrôles des machines, il reste une multitude de travaux qui devront toujours être exécutés par un être humain. L’efficacité, et le gain de temps qui en découle inévitablement est, et reste un objectif important aux yeux des vignerons. En outre, les robots permettent de limiter les risques liés aux coteaux abrupts. Grâce à leur poids léger, les robots sollicitent moins le terrain que les machines plus traditionnelles.

La sécurité avant tout Afin d’éviter tout danger pour les êtres humains, les systèmes autonomes, aussi appe26

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lés des robots intelligents, doivent pouvoir communiquer par signaux ou par systèmes lumineux avec leur environnement. En outre, les robots doivent pouvoir analyser leur environnement à l’aide de capteurs afin de se repérer sans problème, par exemple au cœur d’une culture en lignes. Ces systèmes doivent leur permettre de naviguer et de réagir aux situations imprévues.

Evolution actuelle Des nouveaux systèmes ont été développés récemment pour des applications aussi diverses que variées. Il existe des porte-outils téléguidés, des « kits autonomie » pour les équiper et moderniser, ainsi que différents prototypes de robots qui ont été développés spécifiquement pour une utilisation autonome grâce à la collaboration entre l’industrie et la science. Voici quelques exemples qui peuvent être utilisés dans les cultures verticales de fruits et de vignes.

• Sur la voie de la robotisation Ils ne nécessitent pas de conducteur, peuvent être guidés à distance et conviennent à des utilisations diverses et variées. Le « Metron » de Reform est l’un de ces porte-outils, et il peut être utilisé dans les vignobles (praticables) ou les vergers. Grâce à son système d’entraînement à articulation rotative, il s’adapte à chaque terrain. Il est équipé d’un entraînement hybride essence/électrique et de trois zones de montage ainsi que de suffisamment de puissance pour alimenter des équipements performants. • Kit de transformation « autonomie » De plus en plus, on assiste au développement de « kits autonomie » visant à équiper des machines et appareils existants. L’objectif de cette tendance est de permettre même aux petites et moyennes entreprises de profiter de l’automatisation mobile sans pour autant se lancer dans


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Des porte-outils téléguidés pourraient être plus tard automatisés. Photo : Reform

Le robot de phénotypage est principalement conçu pour la culture de la vigne. Photo : JKI

Le « VineRobot » enregistre notamment la composition des raisins. Photo : ldd

des aventures financières déraisonnables. Cette tendance est illustrée à la perfection par l’installation d’un kit autonomie « RowCropPilot » sur un tracteur à chenilles électrique qui sert de porte-outils pour différents appareils. Ce kit développé par Robot Makers à Kaiserslauten (Allemagne) permet d’avancer de manière autonome entre les rangées de culture au sein d’une zone de travail prédéfinie.

tions d’orientation telles que la direction à essieux jumelés ou à essieu simple. Ainsi, le véhicule peut réaliser des mouvements latéraux et pivoter sur place. Grâce au GPRS ainsi qu’à différents capteurs, le robot est capable de se déplacer à travers le verger à des vitesses allant jusqu’à 8 km/h. En 2020, un deuxième projet, baptisé « Elwobot II » a été lancé. Grâce à des capteurs laser 2D et 3D, le robot est capable d’analyser les haies foliaires des arbres fruitiers et d’appliquer des produits de protection des cultures si nécessaire. Le robot est connecté à un ordinateur central par connexion 5G. Le projet de 1,8 million d’euros devrait être en mesure de réceptionner et appliquer des instructions en temps réel.

culture de la vigne où il permet d’enregistrer les différentes caractéristiques agronomiques. Par exemple la taille des grains de raisin, qui sert de paramètre de rendement, ou la présence de parasites ou de maladies.

• « Elwobot » « Elwobot » (robot de viticulture et d’arboriculture fruitière à entraînement électrique) est un projet de collaboration entre le département de technologie agricole de l’Université technique de Dresde, le partenaire industriel régional Raussendorf GmbH et les écoles supérieures d’Osnabrück et de Geisenheim. Ce robot autonome est conçu pour être utilisé dans les vergers qui nécessitent des travaux de maintenance réguliers, intensifs et longs. Le véhicule est très manœuvrable grâce à une direction individuelle des roues. Il est en mesure de naviguer entre les rangées d’arbres. Il est prévu pour le travail du sol, l’effeuillage et le mulching ainsi que l’application de produits de protection des plantes. Le système d’entraînement se compose de quatre entraînements électriques à direction individuelle. Sa grande mobilité repose sur une multitude d’op-

• « Phen0bot » Derrière le nom curieux « Phen0bot » se cache un « robot de phénotypage » en mesure d’enregistrer automatiquement les caractéristiques extérieures d’une vigne. Dans le domaine de la recherche phytotechnique, le phénotypage est un domaine de recherche relativement neuf dans le cadre duquel l’apparence des plantes fait l’objet d’analyses et de mesures qualitatives. Le « Phen0bot » dispose d’un système de chenilles et est guidé par GPS. Il se déplace entre les rangées et prend une photo de chaque pied de vigne. Son domaine d’application est la

• « Vitirover » Le « Vitirover » est un robot doté d’une faucheuse pour les surfaces difficiles telles que les vignobles. Ce robot faucheur doté d’un entraînement électrique solaire a été conçu spécifiquement pour les cultures en lignes. En raison de sa conception compacte, il peut manœuvrer aisément entre les vignes. Il est particulièrement approprié à la gestion de la hauteur de l’herbe entre les vignes. • « VineRobot » Le projet de recherche « VineRobot » de l’école supérieure de Geisenheim est un robot se composant d’un véhicule terrestre sans pilote (UGV) équipé. Ce robot est doté d’une technologie de capteurs non invasive reposant sur la fluorescence, le traitement d’image RGB et la thermographie (caméras thermiques). Ces technologies lui permettent d’enregistrer des paramètres tels que le rendement en raisins, la croissance végétale, l’état d’hydratation et la composition des raisins. Les images prises par « VineRobot » et les données saisies sont traitées et transmises en temps réel à l’utilisateur final grâce à des applications spéciales.

Conclusion

Le projet de coopération « Elwobot » devrait être opérationnel d’ici quelques années. Photo : TU-Dresden

Sur cette image d’informatique du « Phen0bot », les grains de raisin sont marqués en rouge. Photo : JKI

La robotique connaît de nombreuses avancées dans des applications plus ciblées ou complètement robotisées. Bientôt, les robots soulageront les vignerons de toutes leurs tâches monotones, si l’on en croit les projections. Mais avant qu’ils accomplissent des tâches sur le terrain, ils doivent d’abord gagner la confiance des utilisateurs et être accessibles sur le plan financier. 10

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Technique Agricole : Ces dernières décennies, de nombreuses tâches ont été mécanisées en agriculture. Est-ce également le cas en viticulture ? Moritz Villinger: La vigne a toujours demandé beaucoup de travail, et les vignerons essaient constamment de le simplifier quand cela s’avère judicieux. Simplifier implique de mécaniser des opérations. Vue sous cet angle, la mécanisation est entrée dans la viticulture depuis des décennies, bien que cela soit moins spectaculaire que dans d’autres domaines de l’agriculture. Par ailleurs, il y a beaucoup de vignobles en pente ou en terrasses où la mécanisation reste marginale. Outre la vendange manuelle, la taille de la vigne représente un travail colossal. Est-elle mécanisable ? Oui et non. Oui, parce qu’il existe des prétailleuses qui permettent de réaliser les travaux préparatoires. Non, parce que c’est à du personnel spécialisé qu’incombe de sélectionner correctement « yeux » et sarments. Pour ce faire, le travail manuel restera toujours nécessaire. Mais peut-être qu’on cherche trop loin. Les sécateurs électriques et pneumatiques font partie de la mécanisation, même si ce ne sont pas des outils spectaculaires. Nous taillons la vigne à la main : le prétaillage manuel dans un premier temps, puis les finitions dans une seconde phase.

Moritz Villinger: « A première vue, la mécanisation a été moins spectaculaire en viticulture que dans le reste de l’agriculture ». Photos : Ruedi Hunger

Mécanisation et travail manuel sont complémentaires Moritz Villinger travaille comme maître vigneron-encaveur au Centre de formation et de vulgarisation du Plantahof à Landquart (GR). Le vignoble exploité par le centre occupe 250 ares sur la commune de Malans. Moritz Villinger a accordé un entretien à Technique Agricole au sujet de la mécanisation en viticulture, aujourd’hui et demain. Ruedi Hunger 28

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A quelles conditions peut-on mécaniser une opération ? Gardons l’exemple de la taille. Pour utiliser une prétailleuse ou même une tireuse à sarments, il faut une structure propre et en lignes droites. Ces appareils sont attelés à l’avant du tracteur ; le conducteur doit se concentrer en priorité sur l’outil, afin de ne pas endommager les fils et poteaux de palissage. Il est essentiel qu’il y ait suffisamment d’espace pour tourner aux extrémités des parchets où l’on utilise des tracteurs et des outils. Peut-on mécaniser des opérations comme la taille avec du matériel utilisé en commun entre exploitations ou chaque vigneron achète-t-il son propre matériel ? Trois points doivent être considérés : la fenêtre de temps disponible pour effectuer le travail, la capacité à l’hectare des machines – souvent relativement modeste sur certaines parcelles –, le fait de réaliser la tâche dans un délai convenable. Hormis la taille, de nombreuses opérations doivent


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être achevées dans une fenêtre de temps étroite, car elles doivent être réalisées pendant la période de végétation, et à peu près au même moment par tous les vignerons d’une même région. En outre, le viticulteur a besoin d’avoir certaines machines en propre ; on peut aussi parler d’une « mécanisation de base ». Il y a toutefois des équipements qui sont utilisés collectivement. Exception faite de la récolte avec des machines à vendanger, il n’y a pas d’entrepreneurs qui interviennent en viticulture, du moins pas ici dans notre « Seigneurie grisonne ». Y-a-t-il des tâches qu’on ne saurait raisonnablement mécaniser ? Je dirais partout où l’œil humain est irremplaçable ; c’est-àdire pour la phase décisive de la taille, la sélection des sarments et des bourgeons ou encore l’éclaircissage des grappes. Pensez-vous que la vendange mécanique va devenir une méthode de récolte standard ? Pas pour le moment ; je devrais peut-être dire « pas encore ». Nous ne rencontrons actuellement aucun problème pour trouver du personnel pour les vendanges. Cela signifie que les exploitations viticoles moyennes ne manquent pas de bras ni d’aide. La machine à vendanger avec son énorme potentiel est plutôt destinée aux grands domaines. Même là où des parchets doivent être vendangés rapidement en raison de la météo ou d’autres motifs, le besoin de mécaniser est moindre. Les années difficiles avec beaucoup de grains pourris – je pense à l’an dernier – la vendangeuse est même moins avantageuse que la récolte manuelle. Est-ce que le type de vendange exerce une influence sur la qualité du vin à venir, ou bien sont-ce les étapes suivantes qui sont décisives ? Une vendange manuelle mal conduite est tout aussi désastreuse qu’une récolte mécanique peu soignée. D’une manière générale, il y a, en plus de la météo, deux préalables décisifs pour obtenir un bon vin : d’abord l’entretien de la vigne tout au long de l’année, et ensuite la qualité des opérations de vendange. Parle-t-on aussi de numérisation et d’automatisation dans la viticulture suisse ? Si oui, dans quel domaine ? Oui, évidemment. La numérisation est un sujet important qui fait l’objet de bien des discussions. Je pense au contrôle du feuillage, à la mesure de la vitalité et à l’apport de fertilisants ou encore à la détermination des besoins en eau. Les vignerons sont réceptifs à tout ce qui contribue à la qualité du raisin. Quelle chance donnez-vous aux « robots agricoles » ? Et enfin une dernière question : quelle importance les drones ont-ils ou revêteront-ils ? Certains projets sont bel et bien prometteurs. L’avenir nous dira s’ils seront mis en œuvre ou utilisés comme prévu. Je crois que les robots ont du potentiel, en particulier pour la régulation de la végétation sur les interrangs. En outre, le recours aux drones donne pour le moment de bons résultats. Ils sont utilisés pour observer et contrôler la vigne mais aussi pour la protection des plantes, autorisant une automatisation poussée. Ils vont se répandre, notamment dans les vignobles en pente. 10

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Les drones peuvent réellement remplacer les pulvérisateurs, en particulier dans les parcelles pentues.

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En cultures verticales, l’atomiseur est roi La protection des cultures verticales utilise des atomiseurs. Ceci signifie que les produits phytosanitaires sont appliqués sur les surfaces cibles grâce à un soutien pneumatique. Sur ces machines, la turbine est avec les buses l’élément le plus important. Les atomiseurs sont disponibles en version portée au relevage, installée sur un porteur ou traînée. Ruedi Hunger

Les atomiseurs arboricoles et viticoles diffèrent des pulvérisateurs utilisés en grandes cultures par leur mode de transport de la bouillie vers la surface-cible. Le recours à un flux d’air est ici la norme. Ce flux d’air créé par un ventilateur influence de manière décisive la qualité de l’application. L’atomisation fine réduit la quantité de bouillie à appliquer, mais augmente le risque de dérive. Une gestion ciblée de la direction du flux d’air permet de le réduire.

la fois sur les deux faces. Selon sa construction, les buses sont disposées en arc de cercle, verticalement ou horizontalement. L’angle de pulvérisation des buses est de 80 ou de 90 degrés. L’application est horizontale depuis le côté de la ligne. Une application verticale, de bas en haut ou de haut en bas est aussi possible. Ceci ne dispose généralement pas de dispositif d’aide à la gravité.

Type de soufflerie Procédé d’application Le procédé standard en arboriculture et en viticulture est l’application sur deux demi-­ rangées voisines. Un pulvérisateur enjambeur peut traiter une ou plusieurs lignes à 30

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Comme expliqué précédemment, le flux d’air sert de moyen de transport pour que la bouillie atteigne sa cible. Le paramètre décisif pour déterminer le choix d’une ventilation est le volume du flux d’air créé.

La quantité et la vitesse de l’air à la sortie du ventilateur sont primordiales. La répartition régulière du flux à gauche et à droite, aussi appelée symétrie, est décisive. La répartition verticale et les pertes d’air sont d’autres valeurs importantes. • Turbine axiale La turbine axiale aspire l’air au moyen d’une roue. L’air est accéléré et forme des tourbillons. Des déflecteurs sont installés pour réduire l’effet tourbillonnant et empêcher la sortie de l’air vers le bas. Des déflecteurs réglables permettent de diriger le flux d’air. Les turbines axiales ouvertes, sans dispositif de guidage de l’air sont encore utilisées en arboriculture en raison de


CULTURES SPÉCIALES

la hauteur des arbres et de l’utilisation combinée dans les vergers à pépin de petites tailles et dans les plantations à noyau plus hautes. L’installation d’un boîtier autour du ventilateur permet d’obtenir un flux quasi horizontal à gauche et à droite. Sur les appareils équipés d’un boîtier simple et d’un ventilateur bas, il est presque impossible d’éviter la formation d’un flux d’air vertical dans la zone sommitale. La construction de la turbine et sa position sont des éléments décisifs pour l’obtention d’un flux d’air symétrique. Afin de réduire la mauvaise influence du tourbillon d’air sur la symétrie du flux d’air, les constructeurs proposent parfois des systèmes ingénieux. Ces derniers agissent en direction des buses au moyen de déflecteurs fixes. Sur les entraînements mécaniques (prise de force), un embrayage centrifuge est installé pour amortir les chocs liés à l’accélération de la ventilation. Il permet aussi une accélération du régime de la ventilation. En raison de cette force centrifuge, il est recommandé de ne pas dépasser le régime recommandé par le constructeur (voir manuel de l’utilisateur).

• Double turbine axiale Comme son nom l’indique, une double turbine axiale se compose de deux hélices contrarotatives. L’une d’entre elles aspire l’air dans le sens de l’avancement, l’autre depuis l’arrière. Cette conception réduit sensiblement la formation de tourbillons. Il en résulte une amélioration de la géo­ métrie du flux sur les deux flux d’air latéraux. L’angle des pales en est parfois réglable, ce qui permet d’adapter le volume d’air en continu pour s’adapter aux différentes conditions de travail. • Empennage Sur une turbine axiale équipée d’un empennage, l’air quitte l’hélice et est dirigé vers un stator fixe (empennage). Il en résulte un lissage du flux et la quasi-disparition des tourbillons. La géométrie des flux d’air est presque identique à gauche et à droite de la turbine. • Turbine radiale Ce type de turbines aspirent et accélèrent l’air dans le sens radial. L’air quitte le carter hélicoïdal après la turbine. Pour une même performance, une turbine radiale déplace

un volume d’air moins important qu’une turbine axiale, mais avec une pression statique plus forte (volume du flux d’air multiplié par la pression). Ainsi, le flux d’air est dirigé vers l’endroit voulu au moyen de tuyaux. Ceci permet une application régulière même lors de travaux sur plusieurs rangs. Les turbines radiales nécessitent davan­ tage de puissance d’entraînement que les turbines axiales. Il en découle une consommation de carburant supérieure et le bilan carbone est pénalisé. Sur les appareils équipés de deux ventilateurs radiaux, ceux-ci travaillent indépendamment l’un de l’autre. L’inclinaison de chaque turbine réglable donne la possibilité d’atteindre les différentes zones à cibler. • Turbine radiale à diffuseurs Dans une turbine radiale à diffuseurs, l’air aspiré est envoyé vers le haut avant d’obliquer à 180° pour suivre des canaux ver­ ticaux orientés vers le bas. Ces canaux s’agrandissent progressivement dans la direction du flux (d’où le nom de diffuseur). Ceci a pour conséquence de réduire la vitesse du flux : la pression dynamique diminue et se transforme en pression statique.

Types de pulvérisateurs Turbine axiale

Turbine radiale

Turbine tangentielle

L’air traverse le ventilateur axial. L’air aspiré est ensuite dirigé vers un caisson. Des déflecteurs empêchent la diffusion vers le haut ou vers le bas du flux d’air.

Les turbines radiales produisent une masse d’air moins importante. La pression statique est toutefois plus importante qu’avec une turbine axiale. Ces deux caractéristiques permettent une distribution du flux d’air au moyen de tuyaux.

Turbine à double ventilateur axial

Turbine radiale à inclinaison variable

Atomiseur à turbine radiale

Les turbines à double ventilateur axial possèdent deux hélices contrarotatives. Les tourbillons créés par les deux hélices se neutralisent mutuellement. Il est donc possible de contrôler les flux séparément.

L’inclinaison de deux turbines radiales installées sur le même pulvérisateur peut être réglée indépendamment. Il est ainsi possible d’atteindre des cibles placées à des hauteurs différentes, sur les terrasses par exemple.

Les turbines radiales utilisées en cultures maraîchères, viticulture et arboricultures grâce à des unités d’application adaptées. Ici un pulvérisateur utilisé par ACW pour les tests de cultures.

Les turbines tangentielles possèdent des hélices disposées perpendiculairement. L’air accéléré atteint la zone-cible dans un flux régulier et horizontal.

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2020

Technique Agricole

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CULTURES SPÉCIALES

Caractéristiques des types de turbines les plus utilisées Turbine axiale (ouverte)

Turbine axiale avec caisson

Double-turbine axiale

Turbine radiale

Diffuseur radial

Turbine tangentielle

Turbine tangentielle sur pulvérisateur-tunnel

Quantité d’air

élevée

élevée

élevée

basse

basse

moyenne

moyenne

Vitesse de l’air à la sortie

basse

basse

basse

élevée

élevée

moyenne

moyenne

Type

Il en découle une répartition de l’air très homogène vers les ouvertures du dispositif. Un pulvérisateur à diffuseurs possède plusieurs unités d’atomisation réglables. • Turbine tangentielle Dans la mécanique des fluides, les turbines tangentielles sont une particularité. Elles possèdent un ou plusieurs rotors cylindriques disposés perpendiculairement et qui aspirent de l’air sur toute la longueur du dispositif. La rotation envoie l’air vers le centre de la turbine où il est redirigé. L’air accéléré sort du côté de la pression sur toute la largeur de la turbine. Le flux d’air est régulier. De plus, l’agencement des turbines produit un flux d’air parallèle à la cible et la direction verticale est fortement contrainte. Il en résulte une absence de flux vers le haut. Cette limitation stricte permet un ajustement précis de la hauteur de pulvérisation en fonction de la hauteur de la culture et de la largeur de travail de l’atomiseur. • Pulvérisateur multirangs L’augmentation de la force de frappe pour les mesures phytosanitaires et la nécessité de pouvoir intervenir à temps demande une meilleure performance à la surface.

Avec un pulvérisateur conventionnel, cette augmentation est limitée par le risque accru de mauvaise application consécutif à la plus grande vitesse de travail. Il reste comme seule possibilité les machines multi­rangs avec aide pneumatique (où il est possible de les utiliser). Le traitement simultané des deux faces de chaque rang permet d’améliorer la performance à la surface des pulvérisateurs. En viticulture, un atomiseur traîné derrière un tracteur avec quatre dispositifs d’application atteint un débit de 1,5 à 1,8 ha/h, contre 1,0 ha/h avec un atomiseur conventionnel. Avec 8 dispositifs et en de bonnes conditions, le débit peut atteindre 3 à 4 ha/h. L’entraînement hydraulique des ventilateurs tangentiels est ici envisageable. En outre, les turbines radiales présentent l’avantage de pouvoir diriger l’air vers les faces de rangs plus éloignées au moyen de canaux ou de tuyaux.

Les autres équipements de pulvérisa­teurs À l’exception des buses et des différentes variantes de turbines, les atomiseurs viticoles modernes disposent d’un terminal de commande installé dans le champ de vision du chauffeur. D’autres détails techniques

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comme une commande centralisée avec soupape de retour d’aspiration, des filtres et une régulation de pression autonettoyants, un injecteur de remplissage et des buses de rinçage contribuent à améliorer la sécurité du chauffeur. Un réservoir d’eau clair (réglementaire ou non) équipe tous les atomiseurs avec lesquels il fait bon travailler. Une régulation électronique de la quantité d’application en fonction de la vitesse d’avancement fait aussi partie de l’équipement des machines modernes. Elle est du nombre des équipements qui justifient un investissement.

Technique Agricole 10 2020

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Prise en main | Impression

Récemment lancés par Valtra, les tracteurs de la gamme « G » sont destinés à remplacer les petits modèles « N » équipés de moteurs de 4,4 litres. Photos : Johannes Paar

Un multitalent classique La nouvelle gamme « G » Valtra possède de bonnes dispositions en matière de confort et d’agriculture intelligente. Les tracteurs sont compacts comme les « A » et smart comme les « N ». Technique Agricole a testé le modèle « G135 Versu » et confie ses impressions. Johannes Paar*

La peinture bronze, la calandre modifiée et le capot plus incliné se remarquent immédiatement. Sinon, ces tracteurs ressemblent aux autres modèles finlandais. Les quatre tracteurs de la gamme « G » remplaceront les modèles « N » munis de moteurs de 4,4 litres. Ils couvrent une puissance de 105 à 145 chevaux (voir tableau page suivante). Le modèle haut de gamme « G135 Versu » que Valtra a mis à disposition de Technique Agricole pour le présent essai, « Versu » désignant le niveau d’équipement premium.

* Johannes Paar est rédacteur en chef de la revue autrichienne Landwirt.

Multitalent compact Ces tracteurs sont un peu plus petits et légers que les modèles « N » qui les ont précédés. L’empattement plutôt long de 2,55 mètres a été choisi par les concepteurs pour assurer une meilleure stabilité sur la route et lors des travaux au chargeur frontal. Le constructeur annonce un poids de base de 5,2 tonnes. Notre tracteur de présérie, équipé d’un système hydraulique et d’une prise de force avant et de roues arrière de 38 pouces, pesait un peu moins de 5,7 tonnes. Avec un poids total autorisé de 9,5 tonnes, la charge utile s’élève à 4,3 tonnes. La cabine adoptée est celle de la série « A », mais seul le cadre reste identique !

L’intérieur a été modifié pour la rendre plus spacieuse. Le siège passager rabattable offre assez de place pour un adulte.

Cabine suspendue Lorsque l’on monte dans la cabine, l’œil est attiré par les nouvelles marches en aluminium moulé. Elles sont belles certes, mais aussi larges, raisonnablement profondes et antidérapantes grâce à leur conception autonettoyante. Une fois assis sur le siège à suspension pneumatique, on a une bonne visibilité de l’espace de fixation avant à travers le pare-brise et par-dessus le capot très incliné. Seule une liste étroite entre le toit panoramique et le pare-brise légèrement incurvé vers le 10

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Technique Agricole

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Impression | Prise en main

À l’instar des gros tracteurs Valtra, les modèles « Versu » de la gamme « G » sont dotés de série de la commande « SmartTouch ».

haut masque quelque peu la vue sur le chargeur frontal en position haute. L’inclinaison du volant se règle par une pédale et il suffit de le faire basculer vers l’avant pour pouvoir descendre aisément du tracteur. La climatisation n’est livrée qu’avec un contrôle manuel de la tempé­ rature. Les buses d’aération naturelle sont montées dans le toit. Un chauffage d’ap­ point se trouve dans la zone des pieds. La suspension mécanique de la cabine peut être réglée sur cinq niveaux. De nom­ breux espaces de rangement, un support pour smartphones adapté aussi à ceux de grande taille, une prise USB et un triangle de panne rangé sur le côté droit de la co­ lonne de direction complètent le riche équipement. La nouveauté la plus frap­ pante est la commande « SmartTouch », réservée cependant aux modèles « Versu ».

Tous « smart » L’accoudoir « SmartTouch » est conçu selon la même logique que sur les modèles plus grands. On se familiarise immédiatement avec le maniement, très intuitif. Le levier comporte toutes les fonctions importantes, qui peuvent être programmées individuel­ lement selon les besoins, ainsi que des touches de mémorisation programmables. La luminosité du terminal tactile monté sur l’accoudoir s’adapte aux conditions d’éclai­ rage et il s’avère convivial. Un deuxième ter­ minal peut être installé sur le cadre de porte droit si l’on ne souhaite pas commuter constamment lors de l’utilisation d’un sys­ tème de guidage de voie ou d’autres appli­ 34

Technique Agricole 10 2020

cations de « Smart Farming ». Le joystick de l’accoudoir satisfera tout ceux qui tra­ vaillent beaucoup avec le chargeur fron­ tal. Il permet d’actionner jusqu’à trois fonctions à commande proportionnelle du chargeur frontal. Si souhaité, le régime moteur augmente automatiquement.

Moteur Agco Power Le moteur 4 cylindres du groupe est utilisé dans la série « A » depuis un certain temps. D’une cylindrée de 4,4 litres, il respecte les

normes d’émissions de phase 5, sans dis­ positif de recirculation. Le catalyseur d’oxy­ dation diesel, le filtre à particules et la tech­ nologie SCR sont installés sous la partie droite de la cabine, entre les essieux. Cela permet d’abaisser le capot et d’améliorer la visibilité vers l’avant. En outre, le radiateur est disposé de biais pour que le capot puisse être plus incliné. Le ventilateur réver­ sible sera monté sur demande sur les mo­ dèles « Versu » seulement, à partir de 2021. Une gestion électronique et une injection à rampe commune Bosch de 1600 bars as­ surent une excellente réactivité. Un boost de 5 à 10 chevaux est disponible pour ces tracteurs (10 chevaux pour le « G135 »). Le moteur délivre sa puissance maximale à environ 1900 tr/min. Lorsque le frein de stationnement est actionné via le levier d’inverseur, le régime de ralenti du moteur se réduit de 850 à 700 tr/min. L’huile moteur doit être changée toutes les 600 heures. Le réservoir synthétique sur le côté gauche a une capacité de 200 litres de diesel et de 21 litres d’AdBlue.

Transmission automatisée Une boîte de vitesses à 24 rapports avant et arrière est montée en série. Elle com­ porte quatre plages de vitesse et six paliers de charge. Les commutations de B à C et entre C et D sont automatisées, comme les six rapports sous charge. La vitesse maxi­ male de 43 km/h est atteinte à un régime de près de 1900 tr/min sur les modèles standard et à 1650 tr/min sur la variante de

La gamme « G » de Valtra en bref G105

G115

G125 Eco

G135

Moteur

Agco Power, 4 cylindres, 4,4 l de cylindrée, norme de dépollution 5 (DOC + DPF + SCR)

Puissance maximale/avec « boost » (selon ISO 14 396)

105/110 ch

Transmission

automatique, à passage sous charge, 24AV/24AR (4 plages de vitesse et 6 paliers de charge), rampantes en option, 40 km/h à 1900 tr/min (Eco 1650 tr/min)

Force de levage constante (arrière/avant)

5000 kg/3000 kg

115/120 ch

115/125 ch

135/145 ch

Nombre maximal de raccords hydrau­ 5/4 liques (arrière/avant) Prise de force arrière

3 régimes en standard (proportionnelle à l’avancement en option)

Empattement

2,55 m

Poids à vide

dès 5140 kg

Poids maximum autorisé

9500 kg

Prix (TVA incluse) avec l’équipement « Versu »

CHF 112 000 CHF 115 000 CHF 118 000 CHF 120 000

Données du constructeur


Prise en main | Impression

transmission « Eco ». Plusieurs paramètres de transmission sont programmables selon les utilisations prévues. Il est aussi possible de mémoriser jusqu’à quatre vitesses de croisière avec le Tempomat. Le « Versu » se commande par le levier multifonctions. La fonction « AutoTraction » réduit fortement l’utilité de la pédale d’embrayage. La fonction « Hill-Hold » permet d’immobiliser le tracteur sans devoir freiner, et ce même dans les pentes raides. L’option «  rampantes » augmente le nombre de rapports à 48×48. On peut disposer de trois régimes de prise de force arrière (540/540E/1000) et d’un régime proportionnel à l’avancement.

Relevage et hydraulique D’après le constructeur, les modèles de cette série soulèvent quelque 5 tonnes à l’arrière et 3 à l’avant sur toute la plage de levage. Selon la version d’équipement, Valtra utilise une pompe constante débitant

100 l/min ou une pompe « Load Sensing » de 110 l/min. Les tracteurs comportent jusqu’à quatre distributeurs à l’avant et cinq à l’arrière. Tous les distributeurs du « Versu » sont à commande électrique. Le joy­stick hydraulique et le levier multifonctions sont équipés de mini-joysticks supplémentaires. Ils disposent d’une commande à effet proportionnel : plus ils sont actionnés fortement, plus le débit d’huile est élevé, ce qui assure un contrôle précis. La nouvelle série « G » convient pour une utilisation à la ferme, au chargeur frontal ou simplement dans les champs et les prairies. Ces tracteurs sont plus compacts et légers que ceux de la série « N » précédente. Ils sont vendus comme auparavant en trois variantes de finition « HiTech », « Active » et « Versu ». Les quatre paquets d’options différents permettent d’équiper ces tracteurs selon les besoins de chaque exploitant.

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Technique Agricole

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Impression | Prise en main

Le « T4512 » dans la version avec la motorisation la plus puissante. Il est ici équipé d’un broyeur à entraînement hydraulique et roule en mode « Equipement ». Photos : D. Gischen

Petit, compact, revu et corrigé Weidemann a retravaillé son chargeur télescopique « de poche », le « T4512 », et l’a doté de fonctions supplémentaires. Technique Agricole  a pu examiner de près cet outil compact dans sa nouvelle mouture. Roman Engeler Il y a dix ans, Weidemann lançait le « T4512 », un chargeur télescopique au « format de poche », occupant ainsi une niche sur le marché. Bien que le constructeur ne dévoile aucun chiffre, il semble pour le moins satisfait du résultat commercial de cet engin. En tous les cas suffisamment pour revoir à la hausse sa motorisation, mais aussi pour lui offrir plein d’optimisations supplémentaires.

Dépollution de niveau 5 Avec l’arrivée de l’étape 5 en matière d’émissions, les moteurs de moins de 26 chevaux sont pour la première fois soumis à des valeurs limites, même si ces seuils pour les oxydes d’azote et la masse de particules sont moins élevés que pour les catégories de puissances supérieures. En dessous de 26 chevaux, aucun post-traitement des gaz externe au moteur n’est indispensable. Dans la catégorie de 26 à 76 chevaux, en revanche, la recirculation des gaz d’échappement, le catalyseur d’oxydation diesel et le filtre à particules s’imposent, mais pas la réduction catalytique sélective (RCS-SCR). 36

Technique Agricole 10 2020

Weidemann a remis la motorisation du « T4512 » sur le métier. Il reste proposé avec deux Yanmar. Mais le moteur d’entrée de gamme ne développe plus que 25 chevaux (contre 31 auparavant) et le plus puissant fournit 45 chevaux (au lieu de 40). Le fabricant argue d’une meilleure performance du petit moteur ; il montre néanmoins ses limites pour les lourdes tâches comme les terrassements. Le petit moteur autorise une vitesse de 20 km/h. La version supérieure offre deux options à l’achat, 20 km/h ou 30 km/h. L’hydraulique de série débite 28,6 l/min, 41,6 l/min en option et même plus de 70 l/ min en variante « High Flow ». Le réservoir grimpe à 33 litres pour gagner en autonomie. Un ventilateur réversible est proposé pour nettoyer le groupe et la grille par soufflage et maintenir ainsi la pleine capacité de refroidissement de la machine dans les environnements poussiéreux.

elle permet de tirer le meilleur parti du moteur et des quatre modes de conduite. Le mode « Auto » et le mode « Eco », bridé à 2200 tr/min pour limiter la consommation, sont tous deux installés de série. L’utilisateur doit choisir au moment d’acheter la machine entre les deux autres modes. En mode « Equipement », le débit d’huile est contrôlé par le levier de gaz à main, tandis que l’allure voulue est sélectionnée via un potentiomètre. Si l’effort demandé à l’outil est trop élevé au risque d’entraîner une chute du régime du moteur, la puissance transmise aux roues diminue automatiquement et le le chargeur prend luimême le contrôle de son allure. En « M-Drive », c’est le régime du moteur qui est préréglé avec les gaz à main et le conducteur utilise la pédale d’accélérateur pour contrôler la vitesse de 0 km/h à la vitesse maximale. Ce mode est idéal pour les opérations de manutention rapide, sans à-coups.

Gestion électronique de l’avance La commande d’avancement électronique est une des caractéristiques innovantes que Weidemann propose sur le « T4512 » ;

Changement d’équipement Pour accoupler-découpler les outils, Weidemann propose une fonctionnalité sin-


Prise en main | Impression

Le Weidemann « T4512 » en chiffres Moteur : Yanmar, 3 cylindres, 25 ou 45 chevaux (1,2 ou 1,6 l), étape 5 Transmission : hydrostatique, 20 ou 30 km/h Hydraulique : 28,6 l/min (41,6 ou 70,2 l/min en option) à 220 bars Poids : 2750 kg / 2900 kg Dimensions : largeur 1,56 m ; longueur 3,94 m ; hauteur 1,99 m Hauteur de levage : 4,54 m Charge utile : 1250 kg Prix : dès CHF 58 200.– (hors TVA) Données du constructeur

gulière, une décompression du troisième circuit hydraulique au moyen d’un bouton placé sur le bras télescopique. La plaque d’accouplement rapide est disponible en option, qui permet aussi de raccorder automatiquement les conduites hydrauliques à double effet. Sur le troisième circuit, une fonction permanente – même dans deux directions – peut être activée via un interrupteur dans la cabine. Weidemann propose désormais aussi des raccords à tête plate « Flat Face » de catégorie 2. Le nouveau frein à main électrique est équipé d’une fonction d’enclenchement automatique (« auto-hold » ) et d’une fonction de retenue en côte (« hill-hold »), une avancée en terme de sécurité. Le frein s’enclenche automatiquement quand la machine s’arrête, quand le sens de marche est au point mort ou quand le conducteur quitte son siège. Ce frein à main se desserre automatiquement quand on appuye sur l’accélérateur. Il peut aussi être activé ou désactivé manuellement au moyen d’un interrupteur. Le système breveté d’assistance « VLS » (« Vertical Lift System ») est aussi installé sur le nouveau « T4512 ». Grâce à lui, les mouvements de levage ou d’abaissement presque verticaux garantissent en tout temps la stabilité de l’engin. Ce fonctionnement fluide et la conduite simplifiée améliorent le rendement de la manutention.

Des couleurs permettent de distinguer les boutons de commande. Il y a maintenant une prise à 3 pôles avec un passage vers l’extérieur et un accoudoir rabattable avec un compartiment de rangement. Une radio et un port USB sont également disponibles en option. La position du volant est réglable. Grâce au joystick, entièrement revu, le conducteur peut actionner de nombreuses fonctions d’une seule main, y compris le troisième circuit hydraulique. Le déploiement du télescope est possible proportionnellement via une molette. Bien que l’écran soit un peu petit, il est bien placé dans le champ de vision du conducteur et, en plus des affichages standard tels que la température, le niveau de carburant ou les heures de fonctionnement, il indique également toutes les fonctions actives dans le cockpit, par exemple les fonctions électriques, le fonctionnement continu du troisième circuit hydraulique ou la position de blocage du différentiel.

Une visibilité optimale Pour une vue optimale à droite et vers l’arrière, le chargeur a été doté d’un capot incliné et de plusieurs rétroviseurs. Reste qu’on apprécierait parfois de pouvoir intégrer d’une manière ou d’une autre une caméra orientée vers l’arrière. Les phares de travail sont de série en version LED avec 1000 lumens à l’avant et à l’arrière, dans le toit de la cabine. En option, d’autres phares peuvent être ajoutés sur le bras télescopique et le toit de l’habitacle. Les dimensions extérieures de 1,56 m de largeur et d’un peu moins de 2 m de hauteur sont restées identiques au modèle précédent. Idem pour la capacité et la hauter de levage de 1,25 t et de 4,5 m. Les in-

Les système d’assistance au pilotage « VLS » améliore la stabilité de la machine.

génieurs ont apporté des modifications à l’intérieur de la cabine et son parvenus à éliminer un défaut, à savoir le manque d’espace libre. Même les conducteurs de grande taille peuvent caser leurs longues jambes dans l’habitacle. La cabine a également été dotée d’une clim’ plus efficace avec des buses bien disposées. Mais la climatisation n’est pas de série. La fenêtre supérieure de la porte et la fenêtre arrière peuvent être ouvertes complètement ou seulement entrebâillées. La lucarne dans le toit a été agrandie vers le haut.

Conclusion Après la révision complète du « T4512 », Weidemann espère poursuivre sur la voie de la réussite avec ce produit de niche. Son entraînement à commande électronique et l’extension des modes de direction rendent ce chargeur compact encore plus polyvalent. Son prix de 58 200 francs a légèrement augmenté avec l’installation des moteurs de phase 5.

Trois modes de pilotage Grâce au nouvel essieu, la direction sur quatre roues du modèle antérieur se voit ajouter une direction sur les roues avant et une marche en crabe : il y a donc désormais trois modes de direction disponibles, qui peuvent être modifiés durant les trajets par une action sur un levier.

Les commandes sont ordonnées selon un système de couleurs. Le joystick a été complètement revu. Photo : Weidemann

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Impression | Prise en main

La silhouette de la gamme « 200 Vario » a été rafraîchie mais les ingénieurs sont surtout intervenus sur les valeurs intrinsèques des nouveaux tracteurs et sur le système d’aide à la conduite « FendtOne » et sur la surpuissance « Dynamic Performance ». Photos : Johannes Paar

Variations dans les « 200 Vario » Les Fendt « 200 Vario » sont la gamme de tracteurs la plus vendue en Suisse, et le modèle haut de gamme « 211 » tient la tête du palmarès depuis des années. Fendt donne un coup de jeune à la version standard « S » de ces tracteurs, mais aussi à leurs versions étroites. Roman Engeler

Les tracteurs Fendt standard de la gamme « 200 Vario » sont désormais proposés dans la même configuration que les modèles plus grands et sont dotés d’une cabine modernisée à 6 montants. Elle offre un peu plus d’espace pour la tête ; en outre, les pédales sont moins rapprochées. Le pare-brise est surélevé, le montant transversal est plus étroit et la fenêtre de toit plus grande ce qui améliore un peu la visibilité, surtout lorsque l’on travaille avec le frontal. Dix buses d’aération, placées sur la colonne de direction au niveau des pieds et sous le toit de la cabine, améliorent le confort. Repensé et désormais rembourré, le siège passager est aussi plus confortable.

L’assisant de conduite « FendtOne » Déjà introduit l’an dernier sur les gammes « 300 Vario » et « 700 Vario », l’assistant de conduite « FendtOne » règne dans la 38

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cabine. La pierre angulaire de ce système est le nouvel accoudoir de commande avec des interrupteurs dédiés ou programmables, qui ne sont cependant pas aussi nombreux que dans les autres gammes. En outre, et pour la première fois, le levier multifonction modifié permet de régler le moteur et la transmission à l’aide de touches. Deux distributeurs hydrauliques et le régulateur de vitesse sont également commandés sur ce levier de vitesse. Le levier en croix et le terminal de 12 pouces sont d’autres nouveaux éléments présents en option dans la cabine. Un tableau de bord numérique de 10 pouces est monté sur la colonne de direction. Il affiche entre autres la vitesse d’avancement, un compte-tours et le niveau des fluides. Ce tableau peut être géré à l’aide de la molette à droite du volant. Les réglages des machines peuvent être effectués plus facilement et plus clai-

rement de la sorte. Le Fendt « 200 Vario » est équipé en série de distributeurs hydrauliques à commande électrique. Leurs débits et leurs fonctions temporelles sont réglés via le tableau de bord ou le terminal latéral.

« Dynamic Performance » Côté moteur, on conserve l’Agco Power 3-cylindres de 3,3 litres répondant désormais à la norme d’émissions de niveau 5, avec catalyseur d’oxydation diesel, filtre à particules et SCR, mais sans recirculation des gaz d’échappement. Le modèle de haut de gamme « 211 Vario » est doté du dispositif de puissance additionnelle « Dynamic Performance ». Il peut libérer si nécessaire jusqu’à 10 chevaux supplémentaires, via un système de gestion d’effort. Le « Dynamic Performance » ne dépend ni de la vitesse d’avancement, ni de l’exécution de travaux spéciaux, mais fonctionne de manière pure-


Prise en main | Impression

ment dynamique et reconnaît lorsque des composants tels que la prise de force, l’hydraulique, le ventilateur du moteur ou le système de climatisation doivent fournir plus de puissance. Ce concept de puissance additionnelle est également efficace lorsque la prise de force est à l’arrêt, par exemple lors de l’utilisation d’une remorque mélangeuse. Pendant le transport et le travail sur le terrain, le système « Dynamic Performance » est activé en fonction de la demande de puissance. La puissance supplémentaire de 10 chevaux du Fendt « 211 Vario » est intéressante pour les exploitations souhaitant un tracteur compact, léger, maniable, pouvant également accomplir des travaux lourds.

La gamme Fendt « 200 Vario » en chiffres 207 Vario Moteur et réservoirs Puissance maximale (ch)

208 Vario

79

84

211 Vario

94

105

114 (+10 avec DP)

A variation continue Vario « ML 75 »

Prise de force

540/540E/1000 (540/1000/PDF proportionnelle à l’avancement en option)

Force de levage Hydraulique

4204 kg (arrière), 2540 kg (avant) 33+42 l/min (33+71 l/min en option), 6 distributeurs au maximum

Empattement

2370 mm

Poids à vide (kg)

3830

3870

3950

3950

4210

Poids total (kg)

7000

7000

7000

7000

7500

105 000.–

107 000.–

109 700.–

113 500.–

119 000.–

Prix (en CHF, hors TVA) Données du constructeur

Conclusion

Sur le Fendt « 200 Vario », un contrôle de délestage est proposé en option sur le relevage avant. La pression d’appui peut être réglée en continu, ce qui permet d’optimiser l’adaptation au sol et de diminuer en particulier la contamination du fourrage lors du fauchage sur terrains accidentés. La gamme, qui compte au total cinq modèles dans la catégorie de puissances de 79 à 124 chevaux, est disponible en niveaux de finitions « Power », « Profi » (avec pare-brise ouvrant, hydraulique LS et levier en croix) et « Profi+ » (avec terminal additionnel de 12 pouces, auto-guidage et système de documentation).

Fendt fait entrer ses tracteurs d’entrée de gamme dans une nouvelle ère, plus numérique. Le marché décidera dans quelle mesure ces attributs sont vraiment nécessaires dans cette catégorie de puissances. Complexe à première vue, la prise en main est néanmoins intuitive et on s’y retrouve très rapidement. Le centre de gravité bas, la maniabilité, la transmission à variation continue ainsi

La cabine transformée avec le pare-brise plus haut et l’entretoise plus fine qui le sépare de la lucarne de toit.

210 Vario

Transmission

Niveaux d’équipements

Le nouvel accoudoir avec ses commandes fait partie des éléments constitutifs du « FendtOne », avec le levier multifonctions modifié et l’écran optionnel.

209 Vario

Agco Power, 3 cylindres, 3,3 l, étape 5, 125 l diesel, 16 l AdBlue

que la traction intégrale et le blocage du différentiel automatique font du Fendt « 200 Vario » un spécialiste des terrains vallonnés. En matière de freins de remorque, Fendt propose des systèmes pneumatiques et hydrauliques à double circuit sur tous ses tracteurs. La production des nouveaux modèles devrait commencer à Marktoberdorf (D) à la fin du mois de janvier de l’année prochaine

Tracteurs spéciaux « 200 Vario V/F/P » Parallèlement aux modèles standard, Fendt a également revu ses tracteurs spéciaux de cette gamme « 200 Vario ». Ils sont également proposés en cinq modèles dans les versions « V », « F » et « P », et avec des largeurs extérieures de 1,07 à 1,68 mètre. Le système de puissance additionnelle « Dynamic Performance » est installé sur le modèle supérieur « 211 Vario », mis en évidence par une lettre rouge de la désignation du type. En matière d’équipements, et comme pour les deux tracteurs standards, existent les versions « Power », « Profi » et « Profi+ ». La cabine a été repensée. Elle repose sur quatre montants, de larges baies vitrées et une porte à ouverture large. Bien que répondant à la norme de catégorie 2 dans sa version de base, elle peut passer en catégorie 4 de filtration. Ces machines sont aussi dotées du système d’assistance à la conduite « FendtOne » avec tableau de bord numérique et nouvel accoudoir de commande. Cependant, l’écran optionnel de 12 pouces n’est pas placé sur le côté mais presque caché au-dessus du conducteur sous le toit qui perd sa lucarne. En plus du contrôle optionnel de délestage du relevage frontal, Fend propose ce sys-

tème pour la première fois sur le relevage arrière flottant, permettant au conducteur de déterminer la part du poids de l’outil de travail qui reposera sur le sol et celle qui appuyera sur l’essieu arrière du tracteur. Ce système vise à réduire le patinage des roues, améliorer la traction et, d’une manière générale, optimiser la qualité du travail. Grâce à des distributeurs hydrauliques en position centrale de type Power Beyond ou à deux distributeurs supplémentaires, il peut y avoir jusqu’à huit distributeurs hydrauliques proportionnels sur ces modèles, à l’avant, à l’arrière et au centre, ceux du relevage avant inclus.

Le haut de gamme des tracteurs viticoles « 211 Vario V » en finition « Power+ » avec « Dynamic Performance ».

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Impression | Prise en main

Puissance de traction, efficacité, confort : le nouveau Claas « Axion 960 » allié au « Cemos » promet de belles performances.

Photos : Roman Engeler

« Axion 960 » s’écrit avec trois « C » « C-Matic », c’est pour la transmission ; « Cemos » pour l’aide au pilotage ; « CTIC » pour le télégonflage. Ces trois « C » ouvrent un avenir prometteur à la gamme 2021 des Claas « Axion 900 ». Technique Agricole a pu en essayer un. Roman Engeler

En 2021, Claas va équiper ses « Axion 900 » d’une série d’équipements particulièrement sophistiqués. Version à roues ou à chenilles, peu importe : le moteur FPT « Cursor 9 » de 8,7 litres reste, mais il répond désormais aux critères de la phase 5. La dépollution des gaz d’échappement est assurée par un système SCR intégré, ce qui rend inutile la recirculation des gaz superflue. Le couple maximal de 1860 Nm est disponible dès 1400 tr/min. Ce 6-cylindres fournit une puissance de pointe de 445 chevaux. Et son régime à vide ? 650 tr/min ! Le tracteur possède un relevage arrière d’une capacité de 11 tonnes. La pompe hydraulique débite 220 l/min en option, 40

Technique Agricole 10 2020

150 l/min de série. Une détection de charge permet en mode « Power-Beyond » de réguler le débit en fonction des besoins des distributeurs.

Cabine perfectible Vitres légèrement teintées, nouvelles housses sur les sièges et volant revêtu de cuir : la cabine suspendue n’est pas sans offrir quelques nouveautés. Dans l’ensemble, elle garde cependant son apparence un peu surannée, d’où un potentiel d‘amélioration certain. Le Claas « Axion 960 » possède un empattement de 3,15 m. Son poids à vide de 12,5 tonnes et son poids total admissible de 18 tonnes laissent de la marge pour

des outils puissants ou un lestage conséquent, permettant à ce modèle de haut de gamme de transférer efficacement les efforts au sol. La transmission « C-Matic » à variation continue est fournie par ZF sous la dénomination « Terramatic TMG 45 ». Elle offre quatre gammes de vitesses automatiques et trois vitesses de travail réglables.

Prééquipé pour le télégonflage En raison du poids considérable du tracteur et de la taille importante des roues (jusqu’à 44 pouces), un système de télégonflage serait bienvenu. Le véhicule est pré-équipé en usine, mais le système n’est fourni qu’en option.


Prise en main | Impression

potentiel important. D’autres domaines, comme la récolte de fourrage ou le pres­ sage, suivront sous peu. Pour notre essai, l’« Axion 960 » tirait un cultivateur Horsch « Tiger ». Avant de dé­ marrer, le conducteur, guidé par un me­ nu, peut saisir une foule de paramètres, allant des caractéristiques techniques de l’outil à la météo et à l’état du sol, en pas­ sant par les spécifications du tracteur. En réponse « Cemos » lui conseille les valeurs à adopter : lest, chute du régime moteur, supplément de puissance de traction, etc. Ou bien le système procède lui-même à ces réglages. Grâce au « CTIC », la pres­ sion des pneus est calculée et peut être adaptée en temps réel pendant le travail.

Conclusion

Le modèle de notre essai était doté du télé­ gonflage « Claas Tire Inflation Control » (« CTIC »), dont la version la plus perfor­ mante débite jusqu‘à 2800 l/min. Il lui faut environ 80 secondes pour faire passer la pression de 0,8 à 1,8 bar. Le dégonflage est plus rapide, l’air s’échappant directe­ ment par les valves du joint tournant. Le compresseur peut aussi servir à gonfler les pneus des remorques. Le système est com­ patible Isobus et se gère via l’écran tactile du terminal, en cabine. Les flexibles se branchent sur les joints tournants sur le moyeu, avec des raccords rapides. Sur la route, les flexibles et leurs blocs de raccordement peuvent être esca­ motés sur le pare-boue en position de sé­ curité. Les tuyaux sont télescopiques, ce qui permet de régler la distance par rap­ port au flanc du pneu conformément aux exigences. Il s’agit d’un système à deux conduites, pour lequel Claas annonce un prix d‘environ 15 000 euros.

En implantant « Cemos » sur ses tracteurs, Claas s’est doté d’un outil qui permet à tout conducteur, même le plus chevronné, de mieux utiliser le potentiel de son véhi­ cule. À première vue, le système « Ce­ Un tracteur intelligent mos » paraît complexe, mais le construc­ teur affirme que deux minutes suffisent à Grâce au « Cemos », l‘« Axion 960 » est un utilisateur un tant soit peu familiarisé maintenant doté d’un véritable cerveau. avec les techniques de ce type pour maî­ Associé à la transmission à variation triser l’outil dans ses grandes lignes. « Ce­ continue et à l’écran tactile dans la ca­ bine, ce système interactif d’assistance à mos », actuellement limité aux applica­ la conduite et d’optimisation de la ma­ tions de travail du sol, sera sous peu adap­ chine est doté d’une fonction d’auto-­ té à d’autres domaines. Le système peut être implanté ultérieurement sur les trac­ apprentissage. Il permet une amélioration du rendement supérieure à celle que teurs des millésimes 2018 et postérieurs, à pourrait obtenir un tractoriste chevronné, condition qu’ils possèdent les fonctions c’est-à-dire une réduction sensible de la nécessaires (transmission à variation conti­ consommation et une nette augmenta­ nue, écran tactile « Cebis »). tion du débit de chantier. Claas annonce une progression à deux chiffres, qui de­ Le Claas « Axion 960 Cemos » vrait être bientôt étayée par les chiffres en chiffres officiels de la DLG. Ce système « Cemos », que Claas a im­ Moteur : FPT « Cursor » 6-cylindres de planté sur les moissonneuses-batteuses 8,7 l, phase 5, réserv. 860 l/90 l (diesel/ en 2011, puis sur les ensileuses, est ac­ AdBlue) tuellement disponible sur les tracteurs Puissance max. : 445 ch (sans « Boost ») associés aux outils de travail du sol, un Couple maximal : 1860 Nm domaine qui, selon Claas, présente un

Les tracteurs Claas « Axion 900 » sont prééquipés en usine pour être dotés de l’installation de télégonflage « CTIC », aussi puissante qu’efficace.

Pour circuler sur la voie publique, les tuyaux de l’installation de télégonflage peuvent être ramenés sur le dessus des gardesboues.

C’est le nouveau cerveau du tracteur : le système « Cemos » intègre un assistant de conduite, un système d’optimisation du fonctionnement du véhicule qui doit alléger la tâche du conducteur et lui permettre d’exploiter tout le potentiel de son engin.

Transmission : à variation continue « C-Matic » (ZF « Terramatic TMG 45 ») Hydraulique : 150 l/min (220 l/min en option), 3 à 6 distributeurs Prise de force : 1000 (540E/1000 ou 1000/1000E en option) Capacité de relevage : 11 250 kg (arrière), 6500 kg (avant). Dimensions : empattement 3,15 m, longueur 5,70 m, largeur 2,50 à 3,20 m, hauteur 3,50 m Poids : 12,5 t (à vide), 18 t (total autorisé) Prix : CHF 377 272.– (hors TVA) ; paquet « Cemos » CHF 5045.– (hors TVA) Données du constructeur

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Impression | Rapport d’expérience

Le porte-outils « Flunick » exécute de multiples opérations de manière entièrement autonome. Il est ainsi capable de sarcler simultanément trois interrangs en un seul passage. Photos : Ruedi Burkhalter

Enjambeur autonome à chenilles Le « Flunick » de Semesis SA est un porte-outils enjambeur d’un nouveau genre, autonome et très respectueux des sols. Cette réalisation suisse est maintenant prête à conquérir des vignobles, des champs de légumes et des pépinières dans le monde entier. Ruedi Burkhalter

Ses concepteurs s’étaient fixé pour but de développer un enjambeur multifonctionnel utilisable jusque dans des rangs serrés de 75 cm. Il devait avoir 60 chevaux, ménager le sol et ne pas craindre la pente. C’est ce qu’Andi Reichenbach avait à l’esprit, il y a dix ans, lorsqu’il se mit en quête de son futur outil de travail principal. Patron des pépinières Reichenbach à Hausen am Albis (ZH), il voulait réduire la pénibilité et le coût d’un éventail d’opérations très diverses dans les cultures spéciales. Et, si possible, les automatiser. Il contacta de nombreux spécialistes mais dut se faire une raison : le porte-outils de ses rêves n’existait pas encore. 42

Technique Agricole 10 2020

Des professionnels à la rescousse L’idée germa chez ce visionnaire de développer lui-même un véhicule. Mais l’évidence s’imposa : il lui fallait des partenaires pour résoudre les questions techniques et de guidage que posait un véhicule aussi sophistiqué. Lors de ses recherches, il avait rencontré un ingénieur en mécatronique, Anton Zimmermann, et un technicien en machines, Matthias Linder. Les deux avaient déjà mis au point ensemble un porte-outils enjambeur fonctionnel. Ils étaient « ses hommes ». Les années qui suivirent, un intense travail collectif permis de concrétiser les idées de départ. En 2017 enfin, un prototype res-

semblant à la machine actuelle était prêt. Andi Reichenbach le baptisa « Flunick », inspiré des prénoms de ses fils Flurin et Nick. Les essais de terrain commencèrent en mai 2017, et le prototype actuellement en service fut achevé l’hiver 2017/18. Depuis, il a été perfectionné pour aboutir au modèle de cet article, mûr pour être produit en série. Il a prouvé ses aptitudes au cours de centaines d’heures de service. Technique agricole a suivi cette machine fonctionner avec quatre différents outils.

Trains de chenilles indépendants La machine de base progresse juchée sur deux sortes de « coques à chenilles », do-


Rapport d’expérience | Impression

tée chacune de sa propre unité d’entraînement avec un moteur diesel, son organe d’avancement et un hydraulique de travail. La liaison entre ces deux unités est assurée par le guidage électronique. Cette conception a plusieurs avantages. Grâce à une répartition uniforme de la charge et un faible poids propre, le porte-outil exerce moins de pression au sol qu’une personne à pied. Son centre de gravité très bas lui offre une excellente stabilité. Le moteur diesel et les pompes hydrauliques formant une unité compacte juste au-dessus de la chenille, les tuyaux hydrauliques sont très courts et le tout fonctionne donc avec des pertes minimes et de façon très économe en énergie.

Voie réglable en roulant L’unité motrice à trois roues initialement prévue n’aurait pas permis d’atteindre un tel résultat. Elle n’aurait pu se faufiler dans des interrangs de 75 cm. Il aurait fallu l’installer en hauteur sur l’enjambeur, dont le centre de gravité aurait été bien trop élevé. Les deux chenillettes de l’actuel « Flunick » ne font que 50 cm de large et, avec leur carénage en rondeurs, elles glissent facilement dans la culture sans causer de dommages, même, par exemple, dans des lignes serrées de sapins de Noël. La liaison entre les deux chenillettes est constituée par deux tubes verticaux servant aussi de réservoirs pour l’huile hydraulique (25 litres chacun) et reliés par une poutrelle de section carrée. Cette dernière est dotée d’un mécanisme télescopique à commande hydraulique. L’interrang minimal nécessaire est de 50 cm et la voie du Flunick est réglable de 150 à 250 cm . Il peut enjamber des cultures

jusqu’à 230 cm cm de haut. L’absence de tuyaux sur poutrelle télescopique simplifie la machine et évite les points de frottement vulnérables dont peuvent souffrir les tuyaux hydrauliques.

Efficacité énergétique La machine est mue par deux trois-cylindres diesel Kubota, chacun directement accouplé à une première pompe à pistons axiaux à plateau inclinable (cylindrée variable) pour l’entraînement et à une autre à détection de charge (load sensing) débitant 40 l/min pour les outils. Les conduites sont courtes et de diamètre généreux. Les pompes alimentant les outils sont dimensionnées pour pouvoir transmettre la puissance intégrale des moteurs. Des journées à entraîner des tarières dans de la terre lourde ont montré que l’huile ne surchauffait jamais.

Demi-tour stationnaire Les deux trains de chenilles en caoutchouc ont été spécialement construits pour le « Flunick » ; l’entraxe entre les pignons d’entraînement est de 1,5 m. La largeur de contact au sol mesure 23 cm ; cela donne une surface de contact de 3450 cm2 par chenille. La conception de ces dernières est optimisée pour qu’elles puissent tourner dans des espaces exigus. L’enjambeur peut même virer sur luimême. Pour minimiser les atteintes au sol dans les virages serrés, les trains de roulement sont équipés d’une fonction spéciale : les deux supports des deux doubles rouleaux centraux peut être rapprochés l’un de l’autre par un vérin hydraulique, de sorte à transférer la plus grande partie du poids vers le centre du train de chenille. Cela réduit considérablement l’ef-

Semesis SA Le développement du « Flunik » a principalement impliqué trois entreprises. Aux côtés d’Andi Reichenbach, il y a Matthias Linder, propriétaire d’Agrarmaschinenbau Linder GmbH à Heimisbach (BE) et Anton Zimmermann, patron de Zimtech AG à Büren (NW). Le développement du « Flunik » a suscité la création, en 2018, de l’entreprise Semesis SA, dont l’objectif est de développer des portes-outils et d’autres équipements. En novembre 2018, le projet « Flunick » a remporté le prix spécial de l’Association suisse de la machine agricole (ASMA) dans le cadre de l’« Agroprix ».

fort nécessaire pour tourner, et les parties externes des chenilles évoluent plus facilement sur le sol, sans effet d’arrachement excessif.

Cinq espaces d’attelage Le Flunick offre cinq espaces d’attelage où accoupler des outils et accessoires d’une infinie diversité. Les trains de chenilles sont munis à l’avant et à l’arrière de relevages conventionnels à parallélogrammes pour accueillir des équipements standard : bineuses en ligne, tondeuses, etc. S’y ajoute un relevage central, monté sur une colonne fixée à la poutre transversale, le long de laquelle il peut coulisser à la verticale. La course de ce relevage est plus longue que celles des trois-points classiques et peut, par exemple, servir à monter une tarrière dont les mouvements vont être automatisés pour creuser des trous de plantation de manière entièrement autonome avec un guidage GPS. Il y a donc trois espaces de travail répartis sur la largeur. Par conséquent, bien des opérations – tonte, broyage et autres – peuvent être menées sur trois rangs simultanément, ou en alternance sur deux rangs.

Autonome mais sous surveillance

La tarrière montée sur le relevage central peut forer des trous de 50 à 100 cm de diamètre, de manière totalement automatique.

La machine est actuellement guidée de manière combinée. Elle profite d’un contrôle autonome des processus de travail par guidage GPS/RTK comme ceux utilisés sur certains engins agricoles. S’y ajoute une radiocommande qui permet à l’opérateur d’intervenir à tout moment dans le processus. Un fonctionnement totalement autonome serait techniquement possible ; des obstacles juridiques s’y op10

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Impression | Rapport d’expérience

posent encore. « Pour l’instant, l’idée est de laisser le ‹ Flunick › fonctionner tout seul, mais toujours à portée de vue de son conducteur », explique Andi Reichenbach. « Tout en surveillant la machine, je peux cependant effectuer d’autres tâches, passer des coups de fil ou participer à la mise en place des végétaux dans les trous de plantation déjà creusés ». Andi Reichenbach voit bien des avantages à ce mode de faire : le processus autonome permet de creuser les trous de plantation très rapidement et avec une précision inégalée comparé à la même opération effectuée avec un tracteur. Le bénéfice pour la santé du conducteur ne doit pas non plus être sous-estimé ; il reste à l’écart du bruit, préservé de la chaleur, des gaz d’échappement et des vibrations et fatigue moins rapidement.

tels que les récepteurs GPS ou les écrans tactiles, selon les modèles, peuvent aussi être employés sur le « Flunick »

Conclusion Les cultures spéciales sont gourmandes en main d’œuvre. On le constate à la pépinière Reichenbach, où sont cultivées plus de 800 espèces végétales sur de petites parcelles, dont certaines à flanc de colline. Il y a bien longtemps qu’on y utilise des portes-outils sur roues qui allègent de nombreuses tâches, comme la fertilisation, les semis, le binage, la pulvérisation, le paillage et la récolte. Mais ils entraient difficilement dans les cultures en rangs serrés. Les domaines d’applications potentielles du « Flunick » sont très vastes et ne se limitent pas aux secteurs des pépinières et de la vigne. Le « Flunick » pourrait intervenir dans les cultures maraîchères, voire

dans les cultures agricoles conventionnelles en ligne. On pourrait lui confier de nombreuses interventions, de la mise en place jusqu’à la récolte. Il peut, par exemple, désherber mécaniquement du maïs bilogique ou y effectuer un sous-semis jusqu’à ce que les plantes atteignent deux mètres de haut.

Le porte-outils reçoit les ordres par un écran tactile ou une radiocommande.

Autoguidage utilisable sur tracteurs Le véhicule présenté ici est équipé d’un système de guidage RTK de marque Raven. Il peut suivre des trajectoires avec une précision de ±2 cm. L’un des défis provenait de ce que les systèmes de guidage conventionnels utilisés en agriculture sont conçus pour des véhicules à roues. Le développeur de logiciels Anton Zimmermann a dû pas mal phosphorer pour l’adapter au comportement particulier d’un véhicule à chenilles. En principe, on peut installer des systèmes de différents fabricants sur le « Flunick », comme c’est le cas pour un tracteur conventionnel. Sur une exploitation possédant déjà des systèmes de guidage, certains composants

Le « Flunick » en chiffres Moteurs : 2 Kubota 3-cylindres de 29,5 ch à 3000 tr/min, soit 59 ch Entraînement : hydrostatique de 0 à 10 km/h ; chaque chenille est munie d’un moteur à pistons axiaux à plateau inclinable et d’un moteur à pistons radiaux Hydraulique : 2 circuits load sensing à pompes à pistons axiaux à plateau inclinable ; débit max. 40 l/min ; 2×25 l d’huile Longueur hors attelages : 2,15 m Garde au sol sous la poutrelle : 230 cm Voie : variable de 150 à 250 cm, sans palier Chenilles : 23 cm de large ; 3450 cm2 de surface d’appui par côté Poids en service : 1600 kg (pleins faits) Prix : dès CHF 165 000.– (sans liaison GPS) Données du constructeur

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On peut, par exemple, monter jusqu’à trois broyeurs sur le porte-outils pour des interventions dans des sapins de Noël, comme ici.

Le désherbage mécanique de précision permet de limiter l’usage d’herbicide, voire d’y renoncer.


Technique | En savoir plus

2,5 tonnes et dont la pression moyenne sur la surface de contact dépasse 0,8 bar. Les auteurs de l’étude ont développé un concept « CTF-light » pour la Suisse. Ils re­ commandent d’utiliser des voies de pas­ sage permanentes pour la protection des plantes, la fertilisation organique, la récolte et le transport qui s’ensuit. En revanche, ils ne prévoient aucune restriction de passage pour le travail du sol, le semis ainsi que le fanage et l’andainage dans les herbages.

Mise en pratique complexe avec les machines standard

Les guidages automatiques permettent de faire rouler les machines toujours sur les mêmes traces. On évite ainsi le compactage et le sol peut se développer sans perturbation entre les traces. L’objectif est une amélioration durable de la structure du sol. Photo : Roman Engeler

Des voies de passage pour ménager le sol Les voies permanentes permettent d’accroître les rendements. La méthode peut aussi être appliquée en Suisse, montre une étude d’Agroscope. Annet Jana Latsch et Thomas Anken*

« Le concept « CTF-light » a été testé pen­ dant trois ans sur 15 parcelles. Afin de ré­ duire au maximum la surface sollicitée, les largeurs de travail et de voie ainsi que les dimensions des pneus des machines stan­ dard ont été adaptées les uns aux autres, ce qui a nécessité une planification inten­ sive. Les voies de circulation ont pu être réduites à moins de 50 % dans la plupart des cas. À la fin des essais, on a constaté les premières différences de structure du sol sur et entre les voies de passage. La ré­ sistance à la pénétration et l’infiltration de l’eau dans les zones sans circulation de machines se sont améliorées sur près de la moitié des parcelles. Le maïs-grain, culture sensible au compactage, a donné de meil­ leurs rendements (en moyenne 15 % ou 23 q/ha, parfois bien plus). On n’a rien re­ levé de tel pour le blé d’automne, moins sensible au compactage. Le sol se régé­ nère cependant très lentement, de sorte que les effets positifs s’intensifieront pro­ bablement au fil des ans.

Guidage automatique nécessaire Le rendement diminue dans les sols tassés car les plantes poussent moins bien et l’in­ filtration de l’eau est réduite. Les facteurs de risque de compactage sont les ma­ chines agricoles lourdes et la circulation sur des parcelles détrempées. Avec des voies de passage permanentes, pratique connue sous le terme anglais controlled traffic farming (CTF), traduit par « agri­ culture à circulation raisonnée » en fran­ çais, le risque de compactage est limité à une petite portion du terrain. Les ma­ chines ne circulent souvent que sur 10 % de la parcelle lorsque cette méthode est appliquée de manière classique. Les avan­

*Annet Jana Latsch et Thomas Anken travaillent à la station de recherche Agroscope, à Tänikon (TG).

tages sont notables : la structure du sol et les rendements s’améliorent. Il est difficile en Suisse de concentrer tous les passages sur le terrain dans des couloirs permanents du fait de la petite taille des parcelles et de la diversité des assolements. En effet, la pluralité des espèces cultivées s’accom­ pagne d’une large palette d’équipements et de véhicules de transport.

Limitations uniquement pour les véhicules lourds Agroscope s’est attaché à adapter la mé­ thode d’agriculture à circulation raisonnée aux conditions suisses. Les chercheurs ont repéré les passages où le sol risque d’être compacté, même lorsqu’il est sec. Cela se produit en particulier avec les véhicules lourds d’entretien, de récolte et de trans­ port d’une charge des roues de plus de

Afin de mettre en place des voies perma­ nentes au centimètre près, il est indispen­ sable d’utiliser un guidage automatique doté d’un système global de navigation par satel­ lite avec signal de correction cinématique en temps réel (GNSS RTK). Lors de l’achat de nouveaux équipements, il faut veiller à ce que leur largeur s’adapte à celle des voies déjà créées pour continuer à les utiliser et éviter le passage des machines dans la plus grande partie possible du terrain.

Agroscope Transfer Cette étude a fait l’objet du rapport détaillé « Agroscope Transfer N° 336 », téléchargeable sous forme PDF sur le site www.agroscope.admin.ch. De plus amples informations sur ce sujet sont aussi disponibles sur le site ctf-swiss.ch.

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Management | Économie d’entreprise

Il est plus facile de recruter des travailleuses et des travailleurs pour les vendanges que pour toute autre opération.

Photo: P. Furer

Satisfaction au travail dans la viticulture La satisfaction au travail est la condition essentielle à toute collaboration de longue durée. Mais qu’est-ce qui fait la satisfaction des salariés, plus spécifiquement dans la viticulture ? Une enquête réalisée en Allemagne et en Autriche a tenté d’identifier les facteurs qui y contribuent. Ruedi Hunger

La satisfaction professionnelle des salariés qualifiés dans la viticulture détermine la qualité de la relation dans la durée et sur le plan des résultats. Ces deux dimensions, au bout du compte, se répercutent sur la qualité du vin. C’est la raison pour laquelle le secteur viticole a réellement intérêt à maintenir et même à améliorer la qualité de l’emploi de ses salariés. 46

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Qu’est-ce la satisfaction au travail? En raison de la transformation structurelle qu’a connu le monde de l’agriculture, les travailleurs sont de plus en plus souvent engagés hors du cercle familial. La gestion du personnel est donc plus importante que jamais. L’étude de la satisfaction au travail dans le domaine de la viticulture a fait l’objet d’un mémoire de master réalisé à l’Uni-

versité de Vienne (A). Il ressort de cette enquête approfondie, menée en parallèle en Allemagne et en Autriche, que la satisfaction au travail est perçue par les salariés comme la réponse à leurs besoins qui constitue alors une source de motivation. Ce thème a encore peu été exploré jusqu’ici en recherche agricole. Ces trois dernières décennies en effet, de rares


Économie d’entreprise | Management

lègues ainsi que des supérieurs ont été mis en avant par les personnes interrogées et contribuent fortement à la satisfaction au travail. A l’inverse, un manque de reconnaissance donnait lieu au mécontentement.

Volonté d’investir

Pas besoin que ce soit une vendangeuse mécanique, mais les collaboratrices et collaborateurs apprécient qu’une exploitation investisse dans de bonnes infrastructures. Photo: Ruedi Hunger

sondages standardisés ont été réalisés auprès des apprentis dans des entreprises maraîchères et dans des pépinières en 1996, ainsi que dans des entreprises laitières en 1999. En 2001, la satisfaction vis-à-vis de la fonction de dirigeant a été mesurée à l’aide d’un sondage auprès de 42 responsables dans des exploitations laitières, viticoles et horticoles. Depuis 2010, on compte un nombre croissant d’études concernant la satisfaction au travail dans l’agriculture.

L’importance de la tâche Une étude présentée lors d’un récent colloque à Tänikon (voir à ce sujet l’encadré de la page 51) a été réalisée auprès de 16 personnes, dont l’âge moyen était de 34 ans. Elle n’est dès lors pas représentative de l’intégralité des salariés de la viticulture allemande et autrichienne, Le niveau de formation était par exemple plus élevé que la moyenne. Les personnes sondées estiment que l’un des éléments les plus importants de la satisfaction au travail est l’activité ou, en d’autres mots, la tâche. Elles ont mis en avant différents aspects, notamment le caractère diversifié des procédures, le travail dans et avec la nature, la collaboration en équipe et la production, soit le raisin vendangé. La charge physique, un point central de toutes les activités agricoles, est également présent dans la viticulture. L’étude montre que cette charge a un impact sur la durée de la relation de travail tant dans une exploitation donnée que dans le métier de manière plus géné-

rale. Bien sûr, le salaire influence beaucoup le contentement au travail dans la viticulture. Nombre de sondés souhaitaient percevoir un salaire plus élevé ou étaient insatisfaits de leur rémunération, mais une seule personne a déclaré avoir songé à changer d’emploi pour cette raison.

Aspects humains L’étude démontre l’importance des rapports humains. Une insatisfaction vis-àvis de la rémunération était souvent contrebalancée par de bonnes relations entre collègues. La reconnaissance et les retours des clientes et des clients, des col-

La volonté de l’exploitation d’investir, ainsi qu’un équipement approprié ont été cités par les salariés sondés comme étant des conditions préalables à leur choix de l’entreprise et d’un bon travail. L’infrastructure d’une exploitation permet en effet de réduire la charge physique, de réaliser certains travaux plus rapidement et de dégager ainsi du temps pour d’autres tâches. Le sondage montre que l’insatisfaction peut venir de certains équipements. Cependant, ce n’était pas là une raison de remettre en cause l’exploitation en tant que lieu de travail et/ou d’envisager de changer de poste.

Conclusion Les résultats de ce mémoire se recoupent avec ceux d’autres enquêtes de ce type en agriculture. Ils ont permis d’analyser les questions problématiques pour les salariés dans le domaine de la viticulture. Ils peuvent servir de point de départ pour les employeurs qui souhaitent examiner les conditions de travail de leurs collaboratrices et collaborateurs et, le cas échéant, les améliorer. Ce serait un moyen de réduire la pénurie de travailleurs qualifiés. L’égalité de traitement entre les femmes et les hommes n’a pas été prise en compte lors de cette étude.

L’étude montre que des bonnes relations entre collègues sont la base d’une bonne qualité de vie et de la satisfaction au travail. Photo: agrarfoto.com

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Management | Question de lecteur

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Une fois lesté, le tracteur accuse un poids total maximal autorisé plus élevé et donc une charge utile accrue. Les charges maximales par essieu restent cependant inchangées. Illustration : AVD

Augmentation du poids Il est possible de lester un tracteur lorsque la charge utile indiquée par son constructeur est trop faible. Cette solution nécessite cependant quelques clarifications et ne devrait être appliquée qu’en dernier recours. Heinz Röthlisberger

« Mon tracteur accuse un poids à vide de 6 tonnes et un poids total autorisé de 8,5 tonnes. Avec certains équipements arrière, il dépasse soit le poids total autorisé, soit la charge sur l’essieu arrière. Estce que je peux en augmenter le poids total autorisé ? Charge utile trop faible et dépassement du poids garanti : ce problème lié aux véhicules agricoles est malheureusement récurrent ! Le poids total autorisé et la charge à l’essieu du tracteur sont souvent dépassés lorsqu’on lui attelle un outil lourd. C’est la raison pour laquelle l’évaluation des poids à l’aide du calculateur des charges à l’essieu est plus que recommandée avant d’acheter un tracteur ou 48

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n’importe quelle machine (voir encadré de la page suivante). Lorsqu’il effectue ces calculs, le futur propriétaire doit toujours tenir compte des outils et équipements présents sur son exploitation.

Augmenter le poids total autorisé Cela peut être très frustrant de constater peu après l’acquisition d’un tracteur que l’on dépasse les poids garantis. On a cassé sa tirelire pour une machine chère et l’on est dans l’illégalité en circulant à son volant sur la route. Lors d’un contrôle, la police peut infliger une amende. On risque même une dénonciation pour infraction majeure. Que faire dans ce cas ? Revendre son tracteur pour en racheter un neuf n’est pas vraiment une option. Il ne reste

guère que la possibilité d’en augmenter le poids total jusqu’à la somme des charges par essieu, ou en d’autres mots d’accroître

Où est-ce que le bât blesse ? Quelles sont les principales préoccupations des membres des sections de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA) ? Quels soucis, quelles difficultés rencontrent-ils dans leur pratique quotidienne ? Dans une série paraissant régulièrement, Technique Agricole traite les questions pratiques qui sont régulièrement soumises à l’ASETA. Pour obtenir de plus amples renseignements, s’adresser à l’ASETA à Riniken : tél. 056 462 32 00 ou par courriel à zs@agrartechnik.ch.


Question de lecteur | Management

Vérifier les poids avant l‘achat Avant d’acquérir un tracteur, il est recom­ mandé de déterminer les poids d’adhérence et les charges à l’essieu à l’aide des calcula­ teurs présentés dans l’édition d’août de Technique Agricole (page 49). Ce faisant, l’on voit rapidement si la charge utile du nouveau véhicule est assez élevée pour atteler les équipements déjà présents sur l’exploitation. Cela permet aussi d’éviter un lestage après l’achat. Les deux programmes de calcul sont disponibles gratuitement sur le site de l’ASETA www.agrartechnik.ch sous la rubrique « Flyers et notices expli­ catives ».

le poids total maximal autorisé indiqué par le constructeur pour le modèle du vé­ hicule concerné.

Atteindre la charge maximale par essieu autorisée Un examen approfondi du véhicule est d’abord effectué pour mettre au point la solution la mieux adaptée à la situation. Vient ensuite l’opération proprement dite

Conseils pour une maîtrise des poids • Inclure le poids de la capacité du réservoir • Tenir compte de la capacité de charge des pneus (selon la vitesse et leur pression) • Disposer d’équipements légers pour réduire les difficultés • Avoir un tracteur d’autant plus léger que la charge par essieu est élevée • Rapprocher au maximum le centre de gravité du tracteur pour éviter l’effet de levier • Éviter tout lest superflu

d’augmentation du poids. Les lests sont choisis en fonction du type de véhicule et de sa date de construction. Il en existe de natures très différentes. Cette procédure, plutôt onéreuse, est réalisée par un centre spécialisé, par exemple le Dynamic Test Center (DTC), à Vauffelin (BE). Il est impor­ tant de savoir que seul le poids total maxi­ mal autorisé est augmenté. Les charges maximales par essieu restent les mêmes.

Prendre en compte la garantie du constructeur Une telle démarche est pleine d’em­ bûches pour un particulier qui devrait se rendre dans un tel centre avec son véhi­ cule et tous les documents nécessaires. C’est pourquoi cette opération est le plus souvent confiée au vendeur du tracteur ou à son importateur. Il est impératif que le particulier se renseigne précisément au préalable sur le prix du lestage de son vé­ hicule, les poids utilisés et les clauses de la garantie du constructeur. Lors d’une modification des documents, il est pré­ férable de respecter les conditions de la garantie. On pourra en effet mieux faire valoir ses droits par la suite en cas de re­ vendication de prestations.

Conclusion En alourdissant un tracteur, on peut aug­ menter à la fois son poids total autorisé et sa charge utile. On veillera à se conformer aux clauses de garantie du constructeur et à soumettre ensuite le véhicule à une ex­ pertise. Le tracteur devra être homologué avec son nouveau poids. Last, but not least, une telle adaptation vaut son prix.

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Plate-forme | Exposition

vent derrière la réponse : « Parce que nous avons toujours fait comme ça ! » Cette justification n’est pas fondamentalement fausse, mais elle peut dissimuler des erreurs de planification et de déroulement du travail. Le phénomène inverse est toutefois aussi possible quand les aides électroniques sont surestimées. Cela vaut en particulier quand le temps consacré à la collecte et à l’évaluation des données digitales dépasse celui de la réalisation du travail physique. Voici deux exemples concrets tirés de la recherche.

Ruedi Hunger

• Système de positionnement en intérieur De plus en plus de systèmes de gestion de troupeaux avec localisation en temps réel des animaux ont été lancés ces derniers temps sur le marché. Outre la détection des chaleurs ou des boiteries par des capteurs d’activité, ces systèmes devraient, selon leurs concepteurs, faire gagner du temps à l’éleveur en facilitant notamment la recherche des animaux dans les stabulations. Aucune étude scientifique détaillée n’a encore été publiée à ce sujet. Toutefois, un projet commun regroupant l’université technique de Munich (Technische Universität München), la haute école de Weihenstephan-Triesdorf (Hochschule Weihenstephan-Triesdorf) et l’institut bavarois pour l’agriculture (Bayerische Landesanstalt für Landwirtschaft) de Freising évalue si les systèmes de localisation permettent d’économiser du temps et, le cas échéant, de le quantifier. Cette étude compare le temps pris par la recherche des animaux en utilisant ou non un système de localisation.

Du point de vue scientifique, le travail englobe toutes les activités à but économique et culturel qui influencent la productivité humaine. La science du travail étudie par conséquent toutes les questions méthodiques et systématiques en lien avec la planification, la réalisation, la conduite et le déroulement de l’ensemble des activités économiques. La science du travail consiste essentiellement à l’étude de ce qu’un homme peut réaliser pendant son travail. Aucune autre discipline ne détermine de manière aussi décisive la valeur économique du travail, surtout en regard de la rémunération. Aujourd’hui, l’automatisation et la numérisation ont une incidence sur le

• Diagnostic digital La numérisation a une influence toujours plus grande sur le travail dans les exploitations agricoles. L’assistance numérique devrait notamment contribuer à en optimiser la gestion. Dans les exploitations modernes détenant des vaches laitières, le diagnostic digital constitue un exemple de cette aide et l’implication de capteurs sensoriels pour le diagnostic des boiteries fait sens. La gestion digitale des boiteries permet une observation individuelle effective des animaux dans des cheptels toujours plus importants. Détecter les boiteries et évaluer leur fréquence dans des troupeaux toujours plus importants sont des travaux très prenants pour les chefs d’exploitation. Un projet de l’université technique de Munich utilise un

Les systèmes de localisation pour l’intérieur des bâtiments et les diagnostics numériques sont aussi des objets de recherche. Photo : Lely

Le travail dans le viseur de la science En agriculture, définir le terme « travail » est considéré comme inutile. Il en va autrement si on le fait d’un point de vue scientifique. Quelle est l’influence de l’automatisation et de la numérisation sur le travail ? Ce thème a été étudié dans la station de recherche Agroscope, à Tänikon (TG).

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travail. Des chercheurs d’Agroscope se sont intéressés sur le plan scientifique au monde du travail moderne à l’ère de l’automatisation et de la digitalisation (voir encadré en haut de la page suivante).

Analyses avec un outil en ligne La science peut fournir une aide précieuse pour définir le temps nécessaire pour planifier ou optimiser une activité définie sur une exploitation agricole. Par exemple, la plate-forme en ligne « LabourScope  » d’Agroscope permet aux agriculteurs d’analyser la charge de travail que représente chaque activité. Un potentiel d’optimisation se cache sou-


Exposition | Plate-forme

L’événement et les thèmes abordés Lors du 22e colloque sur la science du travail qui s’est déroulé début septembre à Agroscope Tänikon, des chercheurs allemands, autrichiens et suisses (constituant le groupe dénommé D-A-CH-Region) se sont penchés sur le facteur « travail » en lien avec « l’automatisation et la numérisation de l’agriculture moderne ». Plusieurs orateurs ont analysé les démarches scientifiques des différentes activités de l’agriculture. Le travail et l’ergonomie sont deux domaines étroitement liés. En se basant sur des processus de décision factuels, il devrait être possible d’améliorer la qualité de vie de toutes les personnes concernées. Les thèmes ci-dessous ont été traités lors de ce colloque. Ils seront développés dans

système de caméras disposant d’un éclairage adaptatif pour développer des algorithmes opérationnels avec les systèmes de traite automatique. Cette surveillance constante des animaux à chaque traite permet de connaître l’état actuel du troupeau ainsi que les progrès réalisés. Elle permet aussi une gestion individuelle des traitements pour chaque animal.

L’ergonomie fait partie de la science du travail Créé à partir des mots grecs ergon (« travail ») et nomos (« loi ») et donc étroitement liée au travail, le terme « ergonomie » a été utilisé pour la première fois en 1857. Selon sa définition, l’ergonomie englobe l’étude des conditions et le déroulement du travail. Elle prend aussi en compte les outils, leur forme, leur agencement, leur emplacement et l’optimisation de leur aptitude pour une tâche. Son objectif est d’optimiser les résultats sur les plans qualitatif et économique. De surcroît, la fatigue des travailleurs devrait être réduite à son minimum et les blessures supprimées, même si le même travail est effectué pendant des années. L’ergonomie a de nombreux visages et, en deux mots, améliore la conception des places de travail sur les machines et les véhicules. Deux exemples de protection des travailleurs et d’amélioration de leur place de travail sont présentés ci-dessous. • Risques liés aux machines électriques L’électrification de l’agriculture ne se développe jusqu’à présent que lentement. En

l’actuelle et les prochaines éditions de Technique Agricole. • « Satisfaction au travail des salariés en viticulture » (présente édition, page 46) • « Du siège baquet au système d’opérateur » • « Risques liés aux machines électrifiées » • « Temps d’attente des robots » • « Robots pour la récolte » • « Risques de la numérisation en production laitière » et « Utilisation des systèmes de localisation des animaux du point de vue de la science du travail » • « Intelligence artificielle à l’étable : chance ou menace ? » et « Utilisation de la robotique dans les exploitations laitières suisses »

conséquence, on ne parle pas de risques spécifiques aux machines électriques. Quelques constructeurs de tracteurs ont tenté d’implémenter l’électrification des tracteurs au moyen de batteries. D’autres installent des générateurs directement sur la chaîne cinématique de leurs tracteurs. Dans un travail de recherche exhaustif, l’université technique de Munich s’est penchée sur les dangers que peuvent présenter les outils électrifiés. Pour les scientifiques, l’intérêt d’étudier les risques de l’électrification tient à la haute tension utilisée dans de tels E-projets qui peut atteindre jusqu’à

700 volts et à l’échauffement potentiel des pièces entraînées électriquement. Ce dernier cas nécessite un refroidissement suffisant avec l’intégration d’une sécurité dans la construction pour réduire le danger en cas de panne du système. • Du siège baquet au système d’opérateur Le système d’opérateur est une expression qui définit le système de l’utilisateur et de l’environnement de la machine en relation avec les tâches pertinentes à réaliser (use cases). Sur le poste de conduite d’un tracteur, il regroupe les éléments et organes de commande, les affichages d’informations et le siège de l’opérateur, donc tous les points de contact immédiat entre la machine et ce-dernier. L’année passée, l’entreprise Grammer AG, à Amberg (D), a débuté conjointement avec un partenaire spécialisé en ergonomie une étude internationale portant sur l’environnement de travail des agriculteurs. Pour le constructeur de siège renommé sur le plan mondial, il s’agit de rassembler une documentation portant sur les observations et les besoins des conducteurs. Ces données ont été traitées par une équipe interdisciplinaire composée de professionnels et de responsables du développement de produit, de la clientèle, de la planification stratégique, du design ainsi que de l’ergonomie. Un concept d’avenir a été élaboré. Il a ensuite été présenté à un groupe d’agriculteurs travaillant sur le terrain qui ont été chargés de le commenter et de l’évaluer. Les utilisateurs interrogés espèrent que leur travail bénéficiera d’une amélioration de la productivité, de la santé et de la sécurité à la suite de cette étude.

« LabourScope » : la nouvelle plate-forme d’Agroscope

L’ergonomie et le système de l’opérateur d’un tracteur influencent la santé et la sécurité du chauffeur. Photo : Ruedi Hunger

La plate-forme en ligne « LabourScope » doit aider l’utilisateur à estimer le temps nécessaire pour accomplir chacune des différentes tâches que réclame une exploitation agricole. Elle indique aussi si leur répartition est satisfaisante pour tous les intervenants. Elle sert à la planification des travaux à la fois des champs et du ménage. Outre un budget provisoire, cet instrument comprend un tableau interactif permettant de comparer plusieurs procédures. Destiné à la formation, à la vulgarisation ainsi qu’à la pratique agricole, il se télécharge gratuitement sur le site www.labourscope.ch.

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Plate-forme | Reportage

Les décideurs de la société Wüst dans l’atelier (de g. à d.) : Ueli Guggisberg, Thomas Thuner et Peter Gehrig. Photo : Heinz Röthlisberger

Le pionnier du broyeur d’Eggiwil La société Wüst Maschinen- und Fahrzeugbau d’Eggiwil (BE) développe de puissantes déchiqueteuses depuis les années 1990. Le camion broyeur à trois essieux « SMC 812 » est le dernier modèle lancé par l’entreprise emmentaloise mondialement connue. Heinz Röthlisberger

Les échiqueteuses et Wüst. Ces deux termes sont indissociables depuis le début des années 1990, et pas seulement dans l’industrie du bois. Karl Wüst, aujourd’hui à la retraite, était spécialisé dans la réparation de déchiqueteuses dans son atelier de Holzmatt, près d’Eggiwil (BE). Pourquoi réparer, et non fabriquer soi-même en y apportant des améliorations, s’était-il demandé avant de développer son premier broyeur, monté sur une remorque avec un moteur de camion d’occasion. En réalisant ce projet, cet esprit créatif a comblé une lacune du marché. Effectivement, la demande de plaquettes a fortement augmenté à cette époque et le bois-énergie était disponible en quantité suffisante dans les forêts. « Il ne 52

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manquait que des broyeurs puissants », explique Peter Gehrig, à la tête de l’entreprise depuis trois ans avec Ueli Guggisberg et Thomas Thuner. Les tracteurs et les camions n’étaient alors pas suffisamment puissants pour l’entraînement direct des broyeurs. « Pour avoir plus de puissance, il fallait faire fonctionner les broyeurs avec un puissant moteur et monter le tout sur un camion. » Karl Wüst est entré en scène à ce moment. Avec succès : « Kari » est devenu le pionnier suisse du broyeur connu bien au-delà de nos frontières.

Une croissance continue Dès le début, Karl Wüst a testé beaucoup d’idées, parfois réalisables, mais pas tou-

jours. Il n’abandonnait jamais et trouvait toujours une solution. L’assortiment de broyeurs s’est développé continuellement. Karl Wüst et ses collaborateurs mettaient au point des variantes toujours plus perfectionnées. La nouvelle s’est vite répandue dans le machinisme forestier et la demande de broyeurs Wüst a été en hausse constante. L’entreprise s’est aussi développée, passant de trois ouvriers au début à dix en 2003. Des halles ont été construites pour ménager davantage d’espace et aujourd’hui, la société compte entre 20 et 25 collaborateurs, le nombre fluctuant en fonction des commandes. Bon nombre d’entre eux viennent de la région. « Nos salariés exercent onze professions différentes », précise Peter Gehrig.


Reportage | Plate-forme

Les broyeurs Wüst « BBHK » peuvent être entraînés directement ou par prise de force. Photo : Wüst

Performants et selon les vœux des clients « La prise en compte des souhaits des clients, d’excellentes performances et une robustesse à toute épreuve sont depuis toujours la marque de fabrique des broyeurs Wüst », souligne le chef de production Thomas Thuner, actif dans l’entreprise depuis 2008. Ce slogan ancien, souvent répété, reste pertinent  : «  Les broyeurs Wüst sont la seule chose qui survivra à une guerre nucléaire ». L’entreprise s’est fait une réputation bien au-delà de nos frontières  : en effet, des broyeurs Wüst sont aujourd’hui utilisés en Russie et au Japon.

Coopération avec Albach En automne 2019, la société Wüst Maschinen- und Fahrzeugbau SA et le fabricant allemand de déchiqueteuses Albach, de Menning, ont signé un accord de partenariat. Albach domine le marché dans ce segment et produit une centaine de machines par an. « Cette coopération nous offre l’accès à un réseau de vente et de service couvrant toute l’Europe et des synergies pour l’achat de composants et de pièces détachées », se réjouit Peter Gehrig. L’entreprise d’Eggiwil est devenue l’importateur du broyeur automoteur « Diamant 2000 » d’Albach, tandis qu’Albach a ajouté la gamme de déchiqueteuses Wüst à son portefeuille de produits. Sa réorientation inclut la reprise, il y a un an, de la production, de la vente et du service des engins de transport de grumes de la société Andres à Lyss.

Le dernier-né de Wüst est le « SMC-812 » avec entraînement direct par le moteur du camion. Le broyeur est commandé depuis la cabine.

Vers moins de puissance Les broyeurs étaient d’abord entraînés par des moteurs de camion mis au rebut. Par exemple avec un moteur Scania de 330 chevaux. L’entreprise est ensuite passée aux moteurs industriels stationnaires d’une puissance de 500 chevaux dans l’ensemble. Les broyeurs étaient montés sur des camions à 3, voire à 4 ou 5 essieux. Wüst a également mis au point des broyeurs spéciaux avec des moteurs de 750 chevaux. Couplés au moteur du camion, leur puissance dépassait souvent largement les 1000 chevaux. Avec les nouvelles prescriptions antipollution plus strictes, le système à deux moteurs (du camion et de l’entraînement du broyeur) coûte maintenant très cher. En outre, les camions chargés d’un broyeur et d’un moteur sont aussi devenus trop lourds. « C’est pourquoi nous privilégions depuis quelque temps un entraînement direct par le moteur du camion pour les broyeurs montés, ce qui implique le retour à une puissance moindre, de 500 à 750 chevaux seulement. Ces broyeurs sont moins chers à l’entretien et permettent plus de flexibilité sur la route », explique le directeur Peter Gehrig. La qualité des plaquettes est tout aussi importante, nécessaire avec les systèmes modernes de chauffage qui doivent aussi respecter les normes antipollution. Ce résultat s’obtient tout aussi bien avec une puissance moindre.

Le nouveau « SMC-812 » Wüst a connu récemment une période fertile en événements, dont la conclusion d’un partenariat avec Albach (voir encadré ci-contre). « Ces quatre dernières années, nous avons complètement renouvelé et modernisé nos broyeurs », déclare Peter Gehrig. L’assortiment actuel comprend la

gamme « BBHK » et le broyeur monté sur camion « WPC-712 ». Ils comportent une prise de force pour des puissances d’entraînement à partir de respectivement 200 et 350 chevaux. Le dernier-né est le broyeur monté sur camion « SMC-812 » avec une prise de 80 x 120 cm. Le broyeur est monté sur un Volvo « FMX » équipé d’un moteur 6-cylindres de 13 litres d’une puissance de 540 chevaux qui satisfait à la norme antipollution actuelle et entraîne directement le broyeur. L’unité de broyage, la grue et l’éjection sont commandées depuis la cabine. Celle-ci est équipée d’un siège passager pivotant avec une console de commande et d’une fenêtre arrière.

En tournée Le coronavirus a mis les bâtons dans les roues de Wüst. « Nous avions prévu de présenter notre nouveau broyeur plus tôt dans l’année, notamment lors des grands salons forestiers en Allemagne, en France et en Scandinavie  », relève Peter Gehrig. «  Ce projet a malheureusement dû être abandonné. Mais actuellement, nous sommes en tournée de présentation en Suisse, puis nous irons à l’étranger », ajoute-t-il. Et de conclure : « Ce nouveau broyeur est un argument de poids pour l’avenir de Wüst. »

Série « Entreprises suisses » Dans cette série, Technique Agricole présente épisodiquement des constructeurs et des distributeurs suisses d’équipements agricoles. Déjà publié dans Technique Agricole : Hans Meier AG, Altishofen (LU), Walter Marolf AG, Finsterhennen (BE), Jenni Lüftungen AG, Ruswil (LU) et Bächtold, Menznau (LU).

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Plate-forme | Reportage

Henrik Nilsen, l’instructeur Martin Waser, Patrick Riner et Thomas Mani observent le comportement du drone « DJI GO 4 » en plein vol.

Photos :

Dominik Senn

Formation de pilotage de drones pour les paysans suisses La forte fréquentation des cours proposés par l’ASETA est révélatrice de l’intérêt pour le maniement des drones. Cette formation professionnelle est conçue spécifiquement pour les besoins de l’agriculture. Dominik Senn Le contraste entre les deux aéronefs ne pourrait pas être plus grand. D’un côté un Airbus « A 380 » de 575 tonnes de masse au décollage, de l’autre un drone d’un poids de quelques centaines de grammes. Martin Waser, d’Oetwil am See (ZH), est passé aisément de l’un à l’autre. Il y a deux ans encore, il pilotait encore de tels géants des airs en qualité de commandant de bord d’Emirates Airline. Il a aussi été instructeur de simulateur de vol pour cette compagnie. Martin Waser travaille maintenant au centre de formation aux métiers du drone « Vertical Master », dont le siège se trouve à Payerne (VD). Il y occupe les fonctions d’instructeur à Payerne et de 54

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manager en Suisse alémanique. Il a l’objectif d’y créer un autre centre de formation pour les futurs professionnels de drones germanophones. L‘Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA) propose depuis cette année une formation de pilotage de drones. Elle a décidé d’en confier l’organisation à l’école « Vertical Master » parce qu’il s’agit du seul centre de formation suisse dans ce domaine certifié EduQua (y compris audit) et accrédité par la Fédération suisse des drones civils. Technique Agricole a récemment assisté au module « Télépilote » en compagnie de quatre participants et l’étendue du savoir

professionnel de Martin Waser lui a fait forte impression. L’instructeur cumule en effet 16’900 heures de vol dont 8000 sur le seul « A 380 ». Le volet théorique de la formation s’est déroulé au centre agricole de Liebegg, à Grönichen (AG) et les exercices pratiques ont eu pour cadre le haut plateau avoisinant entouré de forêt.

Théorie intensive … et beaucoup de pratique Autant le reconnaître tout de suite : le cours a été passionnant. La partie théorique était assez pointue, mais assez brève, laissant une place centrale à la pratique. Martin Waser accorde une large im-


Reportage | Plate-forme

portance à la sécurité, trace de la responsabilité de plus de 600 vies humaines par vol qu’il a assumée dans le passé. Certes, les risques sont moins grands lors du pilotage de drones, puisqu’il s’agit d’UAV, acronyme du terme anglais unmanned aerial vehicle, ou, en bon français, de véhicules aériens sans pilotes. Tout trafic aérien demande cependant de la prudence, assertion étayée par des photos de blessures causées par des hélices. « Une préparation minutieuse constitue l’alpha et l’oméga de tout vol. La sécurité est presque toujours menacée par des facteurs humains  : manque de sommeil, alcool, mal-être, etc. », affirme Martin Waser. Le drone doit aussi être en bon état. Les hélices sont-elles bien fixées ? Les rotors ont-ils trop de jeu ? La batterie est-elle bien rechargée ? Les contacts et les signaux nécessaires au pilotage fonctionnent-ils correctement sur la tablette ou sur le smartphone ? Les boussoles sont-elles bien étalonnées ? Et les caméras ? Leurs supports sont-ils mobiles et sont-elles munies d’objectifs propres ?

Difficile parcours de drones La liste de contrôle du vol a été examinée. Le drone « DJI GO 4 » a été préparé pour le vol et pour l’atterrissage. Tous les participants attendent maintenant la suite avec impatience. Sous la houlette de Martin Waser, chacun d’entre eux a contribué à l’élaboration de la checkliste en temps réel. Et départ ! Le pilotage se fait d’abord en mode automatique : décollage, atterrissage et manœuvres simples (avancer tout droit, latéralement, puis reculer et tourner). Ensuite, les mêmes exercices

L’instructeur Martin Waser tient le drone utilisé pour la formation. Il a délimité un parcours avec des cônes de signalisation sur le haut plateau situé à proximité du centre de Liebegg (arrière-plan).

sont faits en mode manuel, et cela se corse. Corriger la dérive du vent est ardu. En outre, les cônes de signalisation qui délimitaient le terrain d’exercice carré ont été éloignés les uns des autres de six à dix mètres à cause des pluies torrentielles. Un autre exercice consiste à « poser » le drone cinq mètres au-dessus du premier cône et de le faire voler à la même hauteur de cône en cône sur tout le parcours, d’abord en avant (objectif de la caméra tourné vers l’avant), puis en arrière (le contrôle se fait de l’autre côté), et enfin avec la caméra tournée en direction du ciel. Des gouttes de sueur perlent maintenant sur le front des participants. Leur rythme cardiaque augmente, de même que leur concentration. Cet exercice est répété en mode automatique, en mode manuel, com-

« Cours chaudement recommandés » Patrick Riner, bricoleur de génie en machinisme agricole, a suivi toute la formation de pilotage de drones de l’ASETA, notamment les modules « Discovery », « Télépilote », « Photogrammétrie » et « Prise de vue ». Par ailleurs, il tente actuellement d’inscrire un record dans le livre Guinness avec un dispositif de coupe de six mètres actionné par une motofaucheuse : «J’aimerais épandre du trichogramme contre la pyrale du maïs avec un drone dans le domaine de mes parents. Je pense que les drones peuvent aussi être utilisés pour le sauvetage des faons durant la fenaison ou la surveillance des animaux de pâture. On pourrait encore citer l’abattage ainsi que la fumure et la pulvérisation modulée de la parcelle, à l’aide de la photogrammétrie. Je

ne peux que recommander de suivre cette formation de très bonne qualité indiquée tout particulièrement pour les possesseurs de drones pesant 500 grammes ou plus. L’étude approfondie de chaque mode de vol m’a beaucoup apporté. Ces cours sont proposés à des conditions préférentielles pour les membres de l’ASETA. Inscription : www.agrartechnik.ch/Cours

pliqué, et à des hauteurs différentes. Les pilotes qui le faisaient à tour de rôle étaient le plus souvent contents de céder les commandes à leur successeur pour pouvoir souffler. « Cela demande une concentration extrême », explique Patrick Riner qui, après avoir suivi cette formation, projette d’utiliser le drone à des fins agricoles (voir encadré ci-dessous). Les autres participants sont deux Zurichois, Thomas Mani, qui aimerait faire des vols de détection du plastique pour mener des opérations de nettoyage, et Henrik Nilsen, photographe, qui aimerait réaliser des vues aériennes.

D’intéressants domaines d’application Le deuxième jour de cours a consisté en un rappel du connu et à la découverte d’autres modes de vol et de domaines d’application. Chaque participant a apporté son propre drone et effectué des exercices de vol. L’application « Lichti », très intéressante, a accès au logiciel du drone. Elle rend possible la planification d’un vol sur l’ordinateur, et d’y avoir accès ensuite à partir de la commande du smartphone. A la fin du cours, Martin Waser a salué la décision de l’Office fédéral de l’aviation civile (OAFC) de soumettre les pilotes de drones à une obligation de formation et d’enregistrement à partir de l’année 2021. Le nouveau règlement prévoit pour les pilotes un enregistrement, une formation et des tests en ligne. Sur le territoire suisse, il est interdit d’utiliser un drone à moins de cinq kilomètres d’un aéroport de survoler un rassemblement de plus de 25 personnes. On doit garder un contact visuel permanent avec son appareil (voir aussi l’édition de septembre de Technique Agricole, page 74). 10

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Passion | Youngtimer

Dominik Gasser et ses « inséparables auxiliaires », le New Holland « TN 75 VA » de 2003 et le Schanzlin de 1988. Photos Dominik Senn et ldd

Deux « voies étroites » auxiliaires zélés du vigneron Le tracteur étroit est l’accompagnateur indispensable du vigneron. Comme Dominik Gasser à Hallau (SH). Il a équipé lui-même son New Holland « TN 75 VA » de distributeurs supplémentaires pour entraîner les outils montés sur le mât de levage frontal du véhicule. Dominik Senn

Huit hectares de pinot noir, riesling x sylvaner, kerner, chardonnay, cabernet dorsa et de teinturier dakapo répartis sur 14 parchets du vignoble de Hallau ; 20 hectares de terres arables (blé, blé dur, petit épeautre, colza, avoine pour l’alimentation humaine, tournesol, jachère florale et orge) ; 10 hectares de prairies extensives dont 1,3 hectare de grande valeur écologique sous contrat avec l’Office cantonal de la planification et de la protection de la nature ; 5 tracteurs dont deux vignerons : au domaine « Zur Sonne », chez Dominik 56

Technique Agricole 10 2020

Gasser à Hallau (SH), ce ne sont pas les activités qui manquent  ! Surtout si l’on ajoute la petite affaire des parents, Christa et Walter, avec leurs promenades en calèche tirée par sept chevaux. Ils possèdent même un « musée » avec plusieurs voitures et des harnais, des breaks et des landaus (évolution de la calèche) ou encore une diligence postale originale du col du Klausen (UR). Les ancêtres des Gasser étaient voituriers et transportaient des tonneaux de vin. Walter livre encore chaque année du vin à quelques clients choisis.

Le vignoble de Dominik Gasser Mais ce qui bat au cœur de tout ça, c’est la vigne et le vin, domaine de prédilection de Dominik Gasser, 29 ans, qui l’a repris en 2019. Jusqu’en 2011, un Schanzlin de 1988 y régnait comme seul tracteur. Suffisamment puissant avec ses 50 chevaux mais trop léger (1,4 tonne) pour bien en tirer parti. Les Gasser ont donc cherché un engin plus lourd et puissant, faisant naturellement appel à Daniel Müller, l’agent New Holland local. Coup de chance : « Müllmec » (c’est le nom de


Youngtimer | Passion

Bloc hydraulique installé par Dominik Gasser pour alimenter les outils sur le mât frontal.

l’agence mais aussi le surnom de son patron) leur déniche un New Holland « TN 75 VA » de 2003. « Il s’agit en fait d’un tracteur polyvalent à voie classique qui a été postéquipé d’essieux étroits  », explique Dominik Gasser. Avec ses 2,5 tonnes de poids à vide, il possède la masse idéale pour grimper dans les vignes, soit des pentes de 25 %, avec des pointes à 50 % par endroit.

Traction intégrale automatique Domink Gasser apprécie particulièrement la gestion automatique de la traction intégrale de ce tracteur : grâce au capteur mesurant le régime des roues, elle se désactive sur la route. Mais elle peut aussi être activée en mode permanent. Le tracteur est entraîné par un moteur Iveco et une transmission à inverseur à quatre rapports et quatre groupes et deux rapports avant sous charge, soit 32 vitesses avant et 16 arrière. « Tout le monde aime ce tracteur, vraiment simple à conduire », confie son propriétaire. « Jamais eu de grosses pannes depuis que nous l’avons acheté, en 2011. » Il a un reproche à lui faire : à froid, le moteur ne tire pas rond, défaut fréquent des tracteurs étroits.Autre faiblesse manifeste du « TN 75 VA » : le refroidissement insuffisant de l’huile. Comme les huiles de transmission et hydraulique ne sont pas

La prétailleuse passe à 6 heures du matin, sur le sol encore gelé.

dans des carters distincts, il y a un risque de surchauffe certain, surtout l’été. Le carénage en plastique du tracteur n’est pas non plus idéal dans les interrangs de la vigne. Jusqu’à maintenant, ce véhicule n’est que peu passé par la case « réparation », hormis le remplacement de l’entraînement de la pompe hydraulique qui était usé », souligne Dominik Gasser. Et pourtant cet engin est mis à rude épreuve, à raison de 300 à 400 heures de service annuelles, plus que pour tout autre tracteur de l’exploitation.

Alors que le Schanzlin ne sert plus qu’aux traitements phytosanitaires, le NH étroit

tourne toute l’année : l’hiver, la prétailleuse équipée de deux tambours à lames, est montée sur le mât frontal afin d’élaguer les sarments dépassant des lignes de plus de 40 cm. Quatre fois l’an, c’est le tondo-broyeur à largeur variable de 1,3 à 1,8 mètre pour faucher l’herbe des interrangs. En mai, la releveuse-palisseuse et ses rubans en caoutchouc à gauche et à droite vient redresser les nouveaux rameaux à la verticale, retend les fils de palissage et les agraphe tous les un mètre et demi à deux mètres. L’opération doit être renouvellée trois semaines plus tard. Enfin, la rogneuse entre en action dès que les rameaux dépassent le niveau du fil supérieur. De cette façon, explique Dominik Gasser, la croissance en longueur de la vigne est freinée et l’énergie disponible est dirigée vers la formation des grappes. Il faut compter avec deux ou trois passage en fonction de la vigueur de la croissance. Entre la mi-juin et la fin du mois, après la floraison, l’effeuilleuse à rouleaux vient aspirer les feuilles au niveau des grappes, C’est une opération délicate selon Walter Gasser, car les grappes en formation ne doivent être ni trop petites ni trop grandes, pour qu’elles ne subissent aucun dommage. « Avec l’effeuillage de la zone des grappes, on permet à l’air de circuler pour limiter le risque de pourriture et de développement de la mouche des fruits Drosophilia suzuki ; et puis, cela facilite la vendange », explique Walter Gasser. Enfin arrivent l’automne et la vendange. On monte alors le palettiseur arrière avec ses fourches inclinables, auquel est solidement arrimé la brante, cuve à vendange que rempliront les quelque 18 vendangeuses et vendangeurs, pour la plupart des retraité(e)s des environs. Cette grande brante est ensuite vidée dans de plus grands contenants, des paloxes de plus en plus souvent.

Dès que les rameaux dépassent de la ligne, l’effeuilleuse entre en action.

La releveuse-palisseuse. Les agraphes sont placées en appuyant sur un bouton.

Distributeurs estampillés « Maison » Dominik Gasser a fini l’apprentissage de mécanicien en machines agricoles en 2011. Puis il a appris à connaître les grosses machines de chantier à l’école de recrues, comme conducteur, avant de piloter durant deux hivers une dameuse sur les pentes du Jakobshorn, à Davos (GR). Il a ensuite commencé une formation de viticulteur, achevée en 2016. Depuis l’hiver 2016/2017, il suit l’école de commerce agricole et depuis 2018 celle de chef d’exploitation, toutes deux au Centre de formation agricole du Strickhof (Lindau ZH). Le domaine viticole familial est donc en bonnes mains ; Dominik effectue le plus souvent l’entretien et la réparation des machines. « J’attache beaucoup d’importance à l’entretien du matériel », souligne-t-il. Avec sa formation, il a pu installer lui-même les distributeurs supplémentaires pour les outils montés sur le mât frontal, soit deux distributeurs double effet et un simple effet à réglage de débit, afin d’optimiser la consommation d’huile des outils frontaux entraînés par plusieurs moteurs hydrauliques avec des besoins en huile variés.

L’année viticole

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Sécurité | Prévention des accidents

Être prévenant Lorsque plusieurs déplacements sont pré­ vus dans un quartier particulier, une infor­ mation préalable aux riverains peut pré­ venir des réactions désagréables. Dans la mesure du possible, les récoltes ne de­ vraient pas être effectuées le dimanche et la nuit. Souvent, des personnes à pied ou à vélo se plaignent des conducteurs de trac­ teurs qui, même sur des routes étroites, les dépassent à plein gaz. Ces situations peuvent potentiellement être mortelles. Les conducteurs de véhicules agricoles doivent accorder une attention particu­ lière aux usagers de la route plus vulné­ rables, tels que les piétons ou les cyclistes, et réduire leur vitesse en leur présence.

Assurer la cargaison

Dans le cas de véhicules agricoles passant des champs à la voie publique, la loi exige que celui qui salit la route avertisse les autres usagers et la nettoie immédiatement après la fin des travaux. Photo : Roman Engeler

Rouler sans accident en automne En automne, le temps presse, beaucoup de machines et de remorques sont en service. Chacun espère ne pas subir de pannes et évite de penser aux accidents. Pourtant, compter sur la chance ne suffit pas et il est impératif de respecter certains principes pour un automne sans accidents. Hans Stadelmann*

Lorsque la pression du temps augmente, le taux d’erreur augmente. Le meilleur moyen d’atteindre sa destination est d’être concentré et d’avoir une conduite prévoyante et prudente, ce qui permet de garder la tête froide et de « penser d’abord, agir ensuite » en cas de dé­ rangement.

remor­ ques doivent être testés périodi­ quement, les dispositifs d’éclairage et les marqua­ges défectueux sont à réparer im­ médiatement. Régler les rétroviseurs cor­ rectement, garder les vitres et les feux toujours propres, et, pour votre sécurité, appliquer la devise « Déjà attaché ? », c’està-dire boucler sa ceinture de sécurité.

Créer des conditions optimales avant le démarrage

Planifier l’itinéraire

Les convois doivent être constitués de ma­ nière à respecter les règles. Les freins des *Hans Stadelmann travaille comme ingénieur de sécurité au Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA), à Schöftland (AG).

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Technique Agricole 10 2020

Compte tenu de la densité actuelle du trafic, il peut être utile de réfléchir au choix de l’itinéraire. Au lieu d’attendre longtemps et de prendre des risques im­ portants pour traverser une route très fréquentée, il vaut peut-être la peine de faire un petit détour.

En cas de freinage d’urgence, les pro­ duits en vrac sont susceptibles de passer par-dessus les ridelles. Ceux qui ap­ pliquent « le niveau de l’eau » (le niveau de la marchandise, une fois répartie à plat, doit être au-dessous des ridelles) courent moins de risques.

Nettoyer les routes En automne, un certain nombre de véhi­ cules circulent entre les champs et la ferme, il est souvent inévitable qu’ils em­ portent de la terre avec eux. La loi exige que celui qui salit avertisse les autres usagers de la route et nettoie immédia­ tement après la fin des travaux.

Instructions aux collaborateurs Dans le concept de sécurité « agriTOP », les employeurs doivent informer leurs collaborateurs sur l’utilisation des véhi­ cules à l’aide des instructions suivantes : • Pour prendre le volant, il faut être en forme, sobre et avoir la tête claire • Avant chaque départ, effectuer les vérifications selon la liste « Déjà contrô­ lé ? » (régler les rétroviseurs et le siège, veiller à la propreté des vitres et de l’éclairage, vérifier l’éclairage et les freins) • Enclencher les feux, même en plein jour • Adapter sa conduite au véhicule, au chargement, à l’état de la route et à la visibilité • Conduire avec anticipation, prudence et en ménageant le matériel • Toujours boucler sa ceinture de sécurité • Signaler les routes souillées et les net­ toyer immédiatement


Sections | ASETA

BL

BS

Examen pour le permis de catégorie F/G La section des Deux Bâle de l’ASETA organise les cours préparatoires en vue de l’obtention du permis de conduire de catégorie F/G pour les jeunes gens qui auront 14 ans en 2020 (nés en 2006), ou plus âgés. Cours préparatoire : mercredi, 04.11.2020 ; examen : samedi, 21.11.2020 Lieu du cours : centre de formation d’Ebenrain, Sissach, Kurslokal 1 Lieu de l’examen : Motorfahrzeugprüfstation (MFP), Münchenstein Prix : CHF 40.– pour les membres (CD didactique de CHF 40.– non inclus), CHF 80.– pour les non-membres (CD didactique de CHF 40.– non inclus). Inscription : au plus tard 30 jours avant le début du cours auprès de Marcel Itin, Hof Leim 261, 4466 Ormalingen, 076 416 27 13, marcelitin@­gmx.ch ; merci d’indiquer les dates du cours et de naissance.

FR Campagne pour la sécurité routière 2020 Les tests des systèmes de freinage effectués sur les chars et remorques de tout genre, 30 ou 40 km/h, sont cofinancés par un montant de CHF 50.– par essieu. La liste des ateliers agréés peut être consultée sur www.agrotecsuisse.ch. Seuls les convois équipés de freins de service hydrau­liques ou pneumatiques peuvent être testés. Nouvelles immatriculations 40 km/h : afin d’encourager les agriculteurs à immatriculer leurs chars et remorques à 40 km/h, nous soutenons toute nouvelle immatriculation avec un montant de CHF 50.– par essieu. Ceci est valable pour toutes les premières immatriculations. Nouveauté en 2020 : installation de systèmes caméra frontale et moniteur À la suite de l’introduction de la nouvelle réglementation de mai 2019 sur les porte-à-faux avant, nous offrons CHF 100.– pour chaque acquisition d’un système caméra frontale et moniteur homologué. Pour plus d’informations sur ces systèmes, la gérance de l’AFETA/FVLT se tient à disposition. Pour toutes ces demandes, il vous suffit d’envoyer une copie de la facture pour les tests et l’achat d’une caméra ainsi que pour les nouvelles immatriculations une copie du permis de circulation à l’adresse suivante : AFETA/FVLT, Samuel Reinhard, Rte de Grangeneuve 31, 1725 Posieux

Essais avec un décompacteur à Lurtigen

contre les nitrates de Galm, sur le domaine de la communauté BG Herren + Kramer, à Lurtigen (FR). Ces essais qui seront encore menés durant un certain temps ont été montrés au public à la mi-septembre lors d’une visite des cultures où les mesures de sécurité dues à la situation sanitaire actuelle ont été appliquées. Les visiteurs ont eu l’occasion de voir différentes machines à l’œuvre. L’objectif est d’aérer un sol compacté sans détruire la couverture d’herbes, outre de meilleurs rendements de la première couche que semblent confirmer les premiers résultats Technique Agricole présentera les résultats définitifs de ces essais de manière plus approfondie dans un prochain numéro.

GL Permis de conduire de catégorie G pour la conduite de véhicules agricoles Le permis de catégorie G permet aussi de conduire des cyclomoteurs. La réussite des examens théoriques donne également accès au permis de catégorie F. La formation se base sur l’Ordonnance réglant l'admission à la circulation routière (OAC) du 27 octobre 1976. Depuis le 1er janvier 1977, tous les conducteurs de véhicules à moteur agricoles sont soumis à l’obligation de posséder un permis. Sur la voie publique, l’âge minimal requis pour conduire des véhicules automobiles agricoles (à une vitesse maximale de 40 km/h) est de 14 ans révolus. Les candidats de cet âge (ou plus âgés) doivent passer avec succès un examen théorique simplifié pour obtenir le permis les autorisant à le faire. En hiver 2021, la section glaronaise de l’Association suisse pour l'équipement technique de l'agriculture (ASETA) proposera à nouveau des cours de formation, suivis des examens théoriques mis sur pied par l’office cantonal de la circulation routière. Les jeunes filles et les jeunes gens qui auront 14 ans au cours de l’année 2021 (nés en 2007 ou auparavant) peuvent les suivre, mais ne recevront le permis de conduire qu’après leur anniversaire (pour autant qu’ils réussissent les examens). Les participants plus jeunes ne seront pas admis. Si les inscriptions sont assez nombreuses, les cours seront organisés à Nafels et à Schwanden. Le troisième demi-jour, avec les examens, est fixe pour tous les participants à l’office cantonal de la circulation routière, à Schwanden. La durée du cours (examens inclus) est de trois demi- jours (environ 3¾ h). Prix : CHF 70.– (documents de théorie et CD didactique distribués au début du cours inclus) pour les membres de la section glaronaise (CHF 95.– pour les non-membres), encaissé le premier jour de cours par le responsable. Les frais d’examens et de permis (non compris dans le prix du cours) s’élevant respectivement à CHF 30.– et à CHF 65.– sont facturés par l’office cantonal de la circulation routière. Cours 1 : Näfels, Rest. Schützenhof, 16.01.2021, de 8 h 15 à 12 h 00 Näfels, Rest.Schützenhof, 13.02.2021, de 8 h 15 à 12 h 00 Schwanden StVA, 13.03.2021, de 13 h 30 à 17 h 15 Cours 2 : Schwanden StVA, 16.01.2021, de 13 h 30 à 17 h 15 Schwanden StVA, 13.02.2021, de 13 h 30 à 17 h 15 Schwanden StVA, 13.03.2021, de 8 h 15 à 12 h 00 Inscription : envoyer les formulaires blancs dûment remplis (voir info@ vlt-sg.ch) dès à présent et jusqu’au 8 janvier 2021 au plus tard à l'adresse Strassenverkehrsamt des Kantons Glarus, Mühlestr. 17, 8762 Schwanden.

L’institut agricole de Grangeneuve et l’Association fribourgeoise pour l’équipement technique de l’agriculture (AFETA) étudient actuellement l’utilisation d’un décompacteur de prairies dans la zone de protection

www.agrartechnik.ch 10

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Technique Agricole

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ASETA | Sections

LU

ZG

Offre de cours actuelle Examen théorique de cyclomoteur ou de tracteur : cours de préparatiion à l'examen théorique du permis de conduire de cyclomoteurs ou de tracteurs ont lieu le mercredi après-midi. Tarif des cours incluant la plaate-forme d'apprentissage en ligne (24 cartes de théorie) : CHF 70.– pour les membres et CHF 90.– pour les non-membres. Dates des prochains cours : Mercredi 25 octobre à Sursee, de 13 h 15 à 17 h 30 Mercredi 16 décembre à Sursee, de 13 h 15 à 17 h 30 Examen théorique de scooter ou de voiture : préparation en ligne pour CHF 29.– Cours de base de scooter et moto : à Büron et à Sursee, CHF 300.– pour les membres et CHF 320.– pour les non-membres Prochain cours : n˚ 608, samedis 14 et 21 novembre, de 7 h 30 à 11 h 30 Cours de théorie sur le trafic routier : à Sursee, Schüpfheim et Hoch­ dorf, CHF 220.– pour les membres et CHF 240.– pour les non-membres. Prochain cours : au printemps 2021. Les cours sont en train d'être planifiés. Le calendrier sura publié sur le site www.lvlt.ch. Les cours n’ont lieu que si le nombre de participants est suffisant. Offre combinée pour les scootéristes : plus avantageuse que les prix à l’unité. Apprendre la théorie en ligne / cours de base 1 et 2 (8 leçons) /  cours de théorie sur le trafic routier (4 × 2 leçons), CHF 539.– pour les membres, CHF 579.– pour les non-membres Cours de théorie camion : constitué de 32 leçons réparties sur quatre semaines (un jour de cours par semaine). Le cours est composé de modules et on peut le commencer chaque semaine. Le prochain cours inten­ sif commence probablement le 11 décembre 2020 à Lucerne. Informations et inscription (sous réserve de changements de lieux, de contenu, de prix ou de durée de cours) : Auto-école de la LVLT, Senn­ weidstrasse 35, 6276 Hohenrain, tél. 041 467 39 02, fax 041 460 49 01, info@lvlt.ch

Cours de base sur les chariots élévateurs à contrepoids et télescopiques Ce cours de deux jours enseigne maniement sûr des chariots élévateurs à contrepoids et télescopiques selon les directives de la Suva. Objectifs : certificat Suva pour ces deux machines ( R1, R4 ), un jour pouvant être comptabilisé pour la formation OACP (Ordonnance réglant l’admission des chauffeurs). Conditions : être âgé au minimum de 18 ans et bénéficier d’une expérience pratique des machines. Dates : lundi 11 et mardi 12 janvier 2021 (premier cours) ; mercredi 13 et 14 janvier 2021 (deuxième cours). Prix : CHF 660.– pour les membres de la section zougoise et CHF 700.– pour les non-membres, dossier de cours et repas inclus. Inscription : Beat Betschart, 041 755 11 10, www.natuerlich-zug.ch

SG

AR

AI

GL

Cours et examens théoriques de permis de tracteur 2020 Responsable du cours : Hans Popp, Karrersholz 963, 9323 Steinach

Lieu de cours 1er jour 2e jour + examen Après-midi mercredi après-midi

Widnau, Rest. Rosengarten Me 04.11.2020 Rorschach, Aula Schulh. Burghalde/StVA 09.12.2020

TG

Wangs, Parkhotel Sa 07.11.2020 Wangs, Parkhotel/StVA Mels 02.12.2020

Cours théoriques 2020 pour le permis M/G

Niederbüren, Schulh. Probelokal Sa 14.11.2020 SG-Winkeln, Kath. Pfarreiheim/StVA Winkeln 23.12.2020

Les examens se déroulent à l’office de la circulation routière, à Frauenfeld, Amriswil ou à Kreuzlingen. Les examens en vue des permis de cyclomoteur de catégorie M et de tracteur de catégorie G (jusqu’à 30 km/h) peuvent être passés au plus tôt un mois avant le quatorzième anniversaire. Les cours durent deux demi-jours, afin de préparer les jeunes conducteurs de manière optimale aux examens. Ils ont lieu le samedi matin et le mercredi après-midi. Des formulaires de demandes peuvent être demandés dans n’importe quel poste de police ou à l’office de la circulation routière, à Frauenfeld et à Amriswil.

Kaltbrunn, Rest. Löwen Me 25.11.2020 Kaltbrunn, Rest. Löwen/StVA Kaltbrunn 16.12.2020

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Lieu

Amriswil Friltschen

Cours M/G Samedi de 8 h 30 à 11 h 30 (mercredi après-midi de 13 h 30 à 16 h 30) Samedi 24.10.2020 Samedi 05.12.2020

Cours M/G Mercredi de 13 h 30 à 16 h 30 (samedi matin de 8 h 30 à 11 h 30) Samedi 07.11.2020 Mercredi 16.12.2020

Prix : CHF 70.– pour les enfants de membres de la section thurgovienne et CHF 90.– pour les non-membres, CD didactique et questions officielles d’examens inclus. Les taxes d’examen de l’office de la circulation routière seront facturées séparément. Envoyer le talon dûment rempli à VTL/Landtechnik, Markus Koller, Weierhofstrasse 9, 9542 Münchwilen.

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Mosnang, Oberstufenzentrum Sa 12.12.2020 SG-Winkeln, Kath. Pfarreiheim, Winkeln/StVA 13.1.2021 St.Peterzell, Schulhaus Me 20.1.2021 SG-Winkeln, Kath. Pfarreiheim, Winkeln/StVA

10.1.2021

Wittenbach, Oberstufenzentrum Me 27.1.2021 Rorschach, Aula Schulh. Burghalde/StVA 24.2.2021

Formation sur les transports d'animaux Formation non reconnue OACP Cette formation doit impérativement avoir été suivie (et est à renouveler tous les trois ans) dès que l’on effectue un transport de bétail pour des tiers pour satisfaire la loi fédérale sur la protection des animaux. Elle est valable avec des véhicules d’un poids total inférieur à 3,5 tonnes. L’at-


Sections | ASETA

testation de cette formation est nécessaire pour effectuer des transports d’animaux avec une Jeep tractant une remorque ou des véhicules de livraison. Un permis de conduire de catégorie B ou BE est requis. Formation reconnue OACP Cette formation est nécessaire pour effectuer des transports d'animaux avec un camion. Un permis de conduire de catégorie C ou CE est requis. Dates de cours : mercredis 4 et 11 novembe 2020, mardi 8 décembre 2020 et lundi 1er février 2021, de 8 h 00 à 16 h 30 Lieu de cours : Berufsfachschule, à Ziegelbrücke Prix : CHF 270.− sans attestation OACP ; CHF 360.− avec attestation OACP Inscription : VLT-SG, Eliane Müller, Azmoos, courriel : info@vlt-sg.ch, tél. 081 783 11 84, informations : www.vlt-sg.ch

Formation pour le permis F/G Les jeunes gens doivent suivre des cours de théorie en vue de l’obtention du permis de conduire de catégorie F/G. L’examen réussi donne le droit de conduire sur la voie publique des véhicules à moteur agricoles dont la vitesse maximale est de 30 km/h.

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Contact : Beat Betschart, 041 755 11 10, beatbet@bluewin.ch ZH Lieu de cours : Strickhof, Lindau. Contact : SVLT ZH, Eschikon 21, 058 105 98 22, Postfach, 8315 Lindau, www.svlt-zh.ch

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ASETA | Portrait

L’appel du Canada Fabian Gossweiler habite à Forch/Aesch (ZH). Il est né en 1996. Ses centres d’intérêt ? Les pompiers et les contacts sociaux. Et surtout l’agriculture et ses machines. D’où viennent ces passions ? Il n’a pas grandi dans un milieu familial agricole car son père est secrétaire communal. « Mais, enfant, je passais tout mon temps libre à observer les fermes voisines, à participer à leurs travaux, à grimper sur les machines », confie-t-il. Il a tout naturellement appris mécanicien en machines agricoles. Depuis son diplôme, en 2016, il travaille à Forch chez Daniel Fischer. Cet agro-entrepreneur fournit notamment des prestations pour tiers : fenaisons, récolte de maïs, pressage de balles rondes, préparation du sol, semis, fertilisation et traitements phyto­sanitaires. L’entreprise réalise aussi des coupes en forêt et prépare du bois de chauffage. Les moissons sont réalisées en collaboration avec deux partenaires à l’enseigne « Drescherei Pfannenstiel ». L’exploitation agricole des Fischer – 36 hectares – est vouée aux grandes cultures, aux surfaces herbagères et à l’engraissement de gros bétail. Elle produit 90 % de son fourrage. « J’ai appris ici que soigner les animaux complète harmonieusement le travail avec les machines. L’un sans l’autre me paraîtrait maintenant monotone », explique Fabian. Après son service militaire, Fabian Gossweiler a fait l’apprentissage agricole ; il le termine cet année. Chez Fischer toujours, où il « gouverne » à l’étable matin et soir. La journée, il roule pour l’entreprise ou répare des machines à l’atelier. Fournir du travail de bonne qualité est de rigueur chez les Fischer. « J’apprécie la très grande diversité des travaux et la flexibilité de cette entreprise. Et Daniel Fischer est un bon employeur », se réjouit-il. Le jeune agriculteur ne s’inquiète pas trop pour son avenir. L’agro-entreprise Fischer étant en croissance constante, il pourra y travailler encore longtemps. En accord avec Daniel Fischer, il envisage de peut-être la reprendre un jour. Une autre possibilité serait d’y occuper un poste de mécanicien en machines agricoles et de continuer à se former dans ce domaine. « Je bénéficierais d’horaires un peu plus réguliers », sourit le jeune homme. Fabian Gossweiler aimerait encore réaliser un autre projet, sans trop tarder : partir acquérir de l’expérience professionnelle au Canada dans une très grande exploitation agricole, y découvrir des nouvelles machines et les vastes espaces. Il dit ça et se remet à sa tâche du moment, la maintenance d’un « Felix », un tracteur forestier de la marque bavaroise Pfanzelt. Propos recueillis par Dominik Senn

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Technique Agricole 10 2020


Cours | ASETA

Les cours proposés par l’ASETA et le SPAA

Cours de pilotage de drones

Cours de conduite « G40 » Tout titulaire d’un permis de catégorie G qui a participé au cours de conduite « G40 » est autorisé à conduire des tracteurs et des véhicules spéciaux agricoles ainsi que des tracteurs immatriculés en tant que véhicules industriels à une vitesse de 40 km/h au maximum, pour des courses agricoles. Le cours de conduite « G40 » de l’ASETA est reconnu par l’Office fédéral des routes (OFROU) et sera inscrit dans le permis de conduire. Inscription : sur les sites www.agrartechnik.ch et www.fahrkurse.ch, vous trouverez les formulaires d’inscription et toutes les informations utiles sur les cours (dates, lieux…).

Formation continue OACP Lieu : Riniken (AG)

Inscription : sur les sites www.agrartechnik.ch et www.fahrkurse.ch, vous trouverez toutes les informations utiles sur les cours.

Cours de soudure Lieu : Riniken (AG) Ces cours s’adressent aux débutants désireux de connaître les techniques de base de soudure et aux avancés souhaitant actua­liser et approfondir leur savoir-faire, qu’ils soient amateurs ou professionnels. Inscription : sur les sites www.agrartechnik.ch et www. fahrkurse.ch, vous trouverez toutes les informations utiles sur les cours (uniquement en allemand).

Formation obligatoire des conducteurs de poids lourds Inscription : sur les sites www.agrartechnik.ch et www. fahrkurse.ch, vous trouverez toutes les informations utiles sur les cours (uniquement en allemand).

nouveau

Cours de conduite Ecodrive Conduite économique de véhicules agricoles Inscription : www.agrartechnik.ch ou www.fahrkurse.ch

nouv eau

Cours agriLIFT Les modules de base R1 (chariot élévateur à contrepoids) et R4 (chariot télescopique) sont traités en deux jours en séquences théoriques et pratiques, selon la directive CFST 6508. Inscription : sur le site www.bul.ch, vous trouverez les formulaires d’inscription et toutes les informations utiles sur les cours (dates, lieux…).

De plus amples informations sur les cours sont disponibles sur le site www.agrartechnik.ch ou www.fahrkurse.ch, contact : 056 462 32 00 ou zs@agrartechnik.ch  Impressum 82e année www.agrartechnik.ch Éditeur Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA) Werner Salzmann, président et conseiller aux États Dr Roman Engeler, directeur Rédaction Tél. : 056 462 32 00 Roman Engeler : roman.engeler@agrartechnik.ch Heinz Röthlisberger : heinz.roethlisberger@agrartechnik.ch Dominik Senn : dominik.senn@agrartechnik.ch Ruedi Hunger : hungerr@bluewin.ch Ruedi Burkhalter : r.burkhalter@agrartechnik.ch Abonnements et changements d’adresse Ausserdorfstrasse 31, 5223 Riniken Tél. : 056 462 32 00, fax 056 462 32 01 www.agrartechnik.ch

Directeur de la publication Dr Roman Engeler, Ausserdorfstrasse 31 5223 Riniken (AG) Tél. : 079 207 84 29 roman.engeler@agrartechnik.ch

Prix de l’abonnement Suisse : CHF 110.– par an (TVA incluse) Gratuit pour les membres de l’ASETA Étranger : CHF 135.– (TVA exclue)

Annonces Alex Reimann Vente d’annonces Tél. : 079 607 46 59 inserate@agrartechnik.ch

Prochain numéro

Tarif des annonces Tarif valable : 2020 Rabais pour la parution simultanée dans Schweizer Landtechnik

Chaque conducteur de tracteur peut économiser jusqu’à 20% de carburant en appliquant quelques conseils simples. Les moteurs modernes y contribuent aussi. Et comment l’avenir des tracteurs se dessine-t-il ?

Production et expédition AVD GOLDACH AG Sulzstrasse 10-12 9403 Goldach (SG) Paraît 11 fois par an

Thème principal « Economiser en roulant » : « tracteurs tendance »

L’édition 11 2020 paraîtra le 12.11.2020 Clôture de la rédaction : 26.10.2020 Clôture des annonces : 02.11.2020

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2020

Technique Agricole

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