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Octobre 2019

CHARGEMENT, LEVAGE ET TRANSPORT Quand les batteries fournissent l‘énergie Test comparatif de quatre véhicules UTV Freins: l‘état actuel de la situation Les transmissions continues passent au niveau supérieur


www.agrartechnik.ch Occasionen

L2245219 New Holland T 5.120 EC, 2017, 117/87 PS/kW, DLB, EHR, FH, FZW, gVA, K, KL, PSH, Preis: SFR 93.500,- (Normalsatz (7,7 %)) Studer AG Lyssach, 3421 Lyssach, Tel.: +41 34 4474444, www.studer-landtechnik.ch Aebi TC 07, Preis: SFR 26.800,(Normalsatz (7,7 %)) Kronenberg Hans, 6130 Willisau, Tel.: +41 41 9702133, www.h-kronenberg.ch

L2245212 Pöttinger MEX GT, Preis: SFR 4.250,(Normalsatz (7,7 %)) Studer AG Lyssach, 3421 Lyssach, Tel.: +41 34 4474444, www.studer-landtechnik.ch

L2233986 Kuhn GF 582, 2018, 575cm, Preis: SFR 10.800,- (Normalsatz (7,7 %)) Studer AG Lyssach, 3421 Lyssach, Tel.: +41 34 4474444, www.studer-landtechnik.ch

L2078892 Kuhn TC 320, 2017, Preis: SFR 6.500,(Normalsatz (7,7 %)) Studer AG Lyssach, 3421 Lyssach, Tel.: +41 34 4474444, www.studer-landtechnik.ch

L1475395 Mengele ES 6700, 2015, 9m³, Preis: SFR 25.700,- (Normalsatz (7,7 %)) Kronenberg Hans, 6130 Willisau, Tel.: +41 41 9702133, www.h-kronenberg.ch

L1473835 Cambridgewalze Mandam 3.0M, Preis: SFR 3.600,- (Normalsatz (7,7 %)) Kronenberg Hans, 6130 Willisau, Tel.: +41 41 9702133, www.h-kronenberg.ch

L2244151 Weidemann Telelader T4512 CC40, 2019, 40/30 PS/kW, Preis: auf Anfrage. Kuoni Landtechnik AG, 5062 Oberhof, Tel.: +41 62 8676060, www.kuoni-landtechnik.ch

L2195722 Pöttinger Hit 6.61, 2019, 575cm, Preis: SFR 10.900,- (Normalsatz (7,7 %)) Kuoni Landtechnik AG, 5062 Oberhof, Tel.: +41 62 8676060, www.kuoni-landtechnik.ch

L2189327 Strautmann Vertimix VM 2401 Double, 19m³, Preis: SFR 35.200,- (Normalsatz (7,7 %)) Kuoni Landtechnik AG, 5062 Oberhof, Tel.: +41 62 8676060, www.kuoni-landtechnik.ch

L2218697 Agronic Midi Fix, 2018, Preis: auf Anfrage. Guthauser GmbH, Land- und Erntetechnik, 5024 Küttigen, Niklaus Guthauser, Tel.: +41 62 827 14 14, www.guthauser-gmbh.ch

L1494017 New Holland 6090 Combi, 2008, Preis: SFR 28.500,- (Normalsatz (7,7 %)) Guthauser GmbH, Land- und Erntetechnik, 5024 Küttigen, Niklaus Guthauser, Tel.: +41 62 827 14 14, www.guthauser-gmbh.ch

L1436872 New Holland 5060, 2013, 120/89 PS/kW, 350h, KL, K, Preis: SFR 79.000,(Normalsatz (7,7 %)) Guthauser GmbH, Land- und Erntetechnik, 5024 Küttigen, Niklaus Guthauser, Tel.: +41 62 827 14 14, www.guthauser-gmbh.ch

L1113281 Hemek Steber BGS, 1997, 120/89 PS/kW, 6500h, Preis: SFR 75.000,- (exkl. Normalsatz (7,7 %)) KELLER Forstmaschinen AG, 4537 Wiedlisbach, Stefan Keller, Tel.: +41 32 636 04 44, www.keller-forstmaschinen.ch

L1243336 Palax Active SM, 2013, Preis: SFR 6.705,(exkl. Normalsatz (7,7 %)) KELLER Forstmaschinen AG, 4537 Wiedlisbach, Tel.: +41 32 6360444, www.keller-forstmaschinen.ch

L1375521 Farma Holzgreifer 0.24, 2014, Preis: SFR 1.343,- (exkl. Normalsatz (7,7 %)) KELLER Forstmaschinen AG, 4537 Wiedlisbach, Tel.: +41 32 6360444, www.keller-forstmaschinen.ch

L1988111 John Deere T550 Hill Master, 2009, 292/215 PS/kW, 910h, 550cm, Preis: SFR 160.000,(Normalsatz (7,7 %)) Schär Landtechnik AG, 3368 Bleienbach, Hansruedi Schär, Tel.: +41 62 922 35 65, www.schaer-landtechnik.ch OL 2500, Preis: SFR 4.286,VÖLLMIN LANDTECHNIK AG, 4466 Ormalingen, Tel.: +41 61 9858666, www.voellmin-landtec hnik.ch

L1906810 Amazone Cayros M 4-950, 2018, SS, STS, VSR, Preis: SFR 19.900,- (Normalsatz (7,7 %)) Schär Landtechnik AG, 3368 Bleienbach, Tel.: +41 62 9223565, www.schaer-landtechnik.ch

L1475429

L2219347

L2144710 Same Dorado 100.4, 2019, 100/74 PS/kW, 25h, A, FH, FZW, K, KRG, LS, PSH, Preis: SFR 59.900,- (Normalsatz (7,7 %)) Erni Landmaschinen AG, 6122 Menznau, Patrik Erni, Tel.: +41 41 493 10 33, www.erni-landmaschinen.ch

Krone Swadro 38, 2017, 380cm, BEL, STN, TDA, ZIS, Preis: SFR 7.900,(Normalsatz (7,7 %)) Schär Landtechnik AG, 3368 Bleienbach, Hansruedi Schär, Tel.: +41 62 922 35 65, www.schaer-landtech nik.ch

L1708914

L2132491 170 cm, Preis: SFR 11.700,- (Normalsatz (7, 7 %)) Erni Landmaschinen AG, 6122 Menznau, Patrik Erni, Tel.: +41 41 493 10 33, www.erni-landmaschinen.ch

L2219348 OL TDK 120, Preis: SFR 18.000,(Normalsatz (7,7 %)) VÖLLMIN LANDTECHNIK AG, 4466 Ormalingen, Tel.: +41 61 9858666, www.voellmin-landtechnik.ch

L2107632 Agrar TL 189, 9999, 20m³, HK, KB, Preis: SFR 4.000,- (Normalsatz (7,7 %)) Erni Landmaschinen AG, 6122 Menznau, Tel.: +41 41 4931033, www.erni-landmaschinen.ch


Octobre 2019 | Éditorial • Sommaire

Actualités 4

Editorial

En bref

Marché 10 14 16 18 20 24 32 34

« Les médailles expriment les tendances de développement actuelles » Les nouveautés de Maschio-Gaspardo Troisième génération de la tronçonneuse Stihl « MS 261 C-M »

Roman Engeler

Thème principal : chargement, levage et transport Multi-usages, hybrides, spécialisés Marché : l‘embarras du choix Test compartatif de quatre véhicules UTV Les batteries Li-ion pour véhicules de manu­ tention Visite d‘une station de transfert des déchets à Samedan

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Impression 36 38 42 44 46 48

Suspension introduite sur le New Holland « T4 » Roues à ergots en caoutchouc Essai du Claas « Arion 500 » avec la CIS+» MF « 7719 S » testé à Vaux-sur Morges

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En savoir plus Comment fonctionne un chauffage stationnaire ? Puissance électro-mécanique : répartition repensée

Sécurité 49 50

Conduire en sécurité les chariots élévateurs Utiliser correctement le limiteur du moment de charge

Plate-forme 52

Tendances du machinisme agricole à l‘Agritechnica

Management 54 56

Lutte contre la pyrale du maïs Freins : plusieurs questions restent en suspens

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Passion 58

Un John Deere « 5820 » en Argovie

ASETA 60 62 63

Communications des sections Portrait : Fabio Gabaglio, agriculteur à 100% Les cours et l'impressum

Page de couverture Tout là-haut avec le chargeur télescopique qui a « émigré » de la construction à l’agriculture depuis une quarantaine d’années.

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Selon une brochure de la Suva, un homme ne devrait raisonnablement pas manipuler plus de 25 kilos, une femme plus de 15 kilos. Ce qui n'a rien de formidable, si l’on se souvient que la légendaire pierre d’Unspunnen pèse passé 80 kilos et que les athlètes non seulement la soulèvent mais la lancent le plus loin possible dans le sable. Il faut cependant tenir compte, et la Suva le fait dans son document, que la constitution et le niveau d’entraînement musculaire des personnes est déterminant. Les valeurs doivent donc logiquement être un peu plus élevées pour des agricultrices ou des agriculteurs rompus aux travaux physiques. En agriculture, il faut souvent lever et manipuler des charges (très) pesantes, ce qui n’est, la plupart du temps, plus possible à la main. Tant mieux pour le corps humain (même si le budget d’investissement en souffre), il existe une palette d’engins, de chargeurs frontaux, sur roues, compacts voire mini, télescopiques ou classiques. L’énumération n’est pas exhaustive, montrant combien l’éventail des outils de levage à disposition dans l’agriculture s’est élargi. Leur conduite n’est toutefois pas sans risque. La plupart d’entre eux doivent, en vertu de la norme « EN 15000 », être dotés d'avertisseurs adéquats signalant à temps la survenance d’un problème de stabilité. Et pourtant, des accidents surviennent encore et toujours, notamment en agriculture, raison pour laquelle tous les collaborateurs et collaboratrices souhaitant travailler avec un véhicule des catégories « R1 » ou « R4 » sur une exploitation agricole doivent attester qu’ils ou elles ont suivi une formation adhoc. C’est le thème du point fort de ce numéro, avec d’autres sujets relatifs au levage, au chargement ou au transport de charges diverses. L'édition no 11 paraîtra le 14 novembre 2019.

Photo : Roman Engeler

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Actualité

En bref Au 6e Sommet asiatique des dirigeants économiques, Arvind Poddar, PDG de BKT, s'est vu décerner le prix « Best Transformational Leader », soit de meilleur dirigeant d'une entreprise en mutation. Au Salon de l’auto de Francfort (D), Ropa a remporté deux distinctions en catégories « Connectivité » et « Véhicules utilitaires » d'un concours d'engins automobiles. Manitou a posé la première pierre de sa nouvelle usine de Candé (Maine-et-Loire) où seront construites des nacelles. Cut Systems Pfronstetten GmbH (CSP) dote sa presse à pellets compacte « Metitron 560 » d'un démêleur de balles. Le fabricant de pneus BKT a émis un chèque de 5000 euros en faveur du projet « Sauver la forêt vierge amazonienne ». En Pologne, Firestone agrandit son usine de pneumatiques pour utilitaires de Wolsztyn et ouvre un nouveau centre de distribution dans la localité voisine de Chobienice. CNH a signé avec Granit-Parts un contrat de livraison de pièces de rechange pour ses marques Case IH, New Holland et Steyr. Cet accord sera progressivement appliqué sur plusieurs marchés européens. Le constructeur Maschio-Gaspardo démarre la commercialisation de semoirs monograines rapides « Chrono 306 » et « Chrono 708 ». Kubota sort sa nouvelle gamme « M7003 », appelée à succéder à la ligne « M7002 ». Rocade à la tête du groupe John Deere : le 4 novembre, John C. May remplacera Samuel R. Allen au poste de directeur général (CEO). Sunrise, Huawei et Agroscope veulent tester la technologie 5G pour l’agriculture sur la « Swiss Future Farm » à Tänikon (TG). Agrotec Suisse, Association professionnelle de la technique agricole, démarre une campagne vidéo dont les clips mettent en scène des apprentis de la branche. Les chargeurs articulés et compacts « Mustang » seront désormais distribués en Suisse par Agrar Landtechnik à Balterswil (TG) sous la marque « Manitou ». Felco a remporté une médaille de bronze du Sitevi pour son système d'aide à la décision en viticulture. Le salon pour la vigne et les productions spéciales a lieu du 26 au 28 novembre à Montpellier (F).

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Eventail de pneus élargi ATG élargit son catalogue de pneumatiques forestiers avec ses modèles « Forestar 643 III » et « Forestar 644  III ». Ces pneumatiques sont principalement conçus pour des porteurs et des abatteuses, auxquels ils confèrent un maximum d’effet de traction et de puissance en toutes conditions d’utilisation. Leur nouveau profil garantit que ces deux pneumatiques pourront être utilisés sans problème, même en cas de fortes sollicitations en terrain mouillé, avec ou sans trains de chenilles. Leur surface d’appui plus étendue permet de réduire la compaction du sol et d’améliorer le confort de roulement. Le dessin des barrettes adopte deux profils d’angles différents. L’angle ouvert des barrettes au niveau de l’épaule du pneumatique améliore l’effet de traction, tandis que l’angle plus fermé au centre de la bande de rou-

lement augmente la durée de vie du pneumatique. Le large profil massif en position médiane assure confort et stabilité. Ces deux pneumatiques possèdent une structure en nylon améliorée avec des carcasses en acier et de nouveaux talons renforcés de section hexagonale. Ces caractéristiques offrent une meilleure résistance aux contraintes ainsi qu’une portance plus élevée, tout en empêchant le pneu de tourner dans la jante et d’endommager les talons.

Le numérique pour plus de durabilité Aux journées de visite de la « Swiss Future Farm  » à Tänikon (TG), mi-septembre, plusieurs objets concernaient les aides numériques à l’agriculture. Mais des choses plus palpables étaient aussi présentées, à l’instar de différents processus de travail en grandes cultures. Ainsi en fut-il du sarclage d’un champ de betteraves fraîchement semées ; cet essai « à blanc » fournira une base de réflexion pour les semis du printemps prochain. Il y avait aussi un champ de colza récolté cet été, où ont été testées plusieurs méthodes et stratégies de déchaumage dans le but de parvenir à une préparation optimale du terrain pour la culture suivante. Pour travailler le sol avec ménagement, on réfléchit à passer toujours dans les mêmes ornières. En collaboration avec l’Agroscope

Tänikon, le logiciel « Control Traffic Farming » en version « light » a été utilisé à des fins de démonstration. La fertilisation localisée était aussi au menu. Elle fait appel à des images prises par des drones, ou bien aux mesures localisées de rendement enregistrées lors des moissons ; ces données servent de base à une distribution de fertilisants localisée de précision.


Actualité

Un « Tiger » dans les betteraves Ropa ajoute le modèle « Tiger 6S » a sa gamme de récolteuses intégrales à betteraves sucrières. Sa production en série débutera pour la campagne de récolte 2020. Après des années d’essais, une présérie tourne déjà cet automne dans quelques régions d’Europe. Une nouvelle génération d’ordinateurs est au coeur de la machine pour assurer les fonctions télématiques, d’analyses prévisionnelles, de diagnostic en ligne et de récolte semi-autonome. La « Tiger 6S » doit se placer en tête de sa catégorie et, avec son architecture informatique visionnaire, être bien plus qu’une simple évolution technique de l’actuelle « Tiger 6 », explique-t-on chez Ropa.

Caméras frontales homologuées Après les systèmes de vision latérale Motec (distribués par Remund+Berger à Rizenbach/Oberbottigen BE) et Mekra (distribués par Blaser à Berthoud BE), le système du fabricant Brigade a réussi les tests et obtenu le certificat d’homologation du Dynamic Test Center de Vauffelin (BE). Son usage est donc désormais autorisé en Suisse. Les caméras se montent sur les chargeurs frontaux des véhicules et chariots de travail agricoles et forestiers. Leur vente est assurée en Suisse par Covimo Electronics à Neuenhof (AG).

Habillage revu et corrigé Après le restylage de ses tracteurs haut de gamme « Major », Zetor revoit le design de sa ligne « Proxima », les modèles de tracteurs les plus vendus de ce constructeur tchèque. Ce nouvel habillage s’accompagne d'un certain nombre d'améliorations internes. Les capots sont plus bas et plus plongeants et les cabines ont été réaménagées pour améliorer la visibilité. L’installation de climatisation et le chauffage ont aussi été revus, afin d’augmenter substantiellement leur efficacité. Les trac-

teurs seront commercialisés sous les dénominations « Proxima CL », « Proxima GP » et « Proxima HS », avec des puissances allant de 76 à 117  chevaux. Le nouveau design sera introduit progressivement sur les trois modèles, puis sur d’autres gammes de véhicules de la marque.

Qui dit « Merlo », pense chargeur télescopique Le Merlo Center Suisse était en tournée durant la première quinzaine d’octobre. Les personnes intéressées ont pu tester les chargeurs télescopiques et obtenir toutes les informations voulues sur ces engins. Un chargeur télescopique ne se contente pas de lever des charges. Merlo a élaboré une véritable « famille », prête à intervenir dans (presque) n’importe quel bâtiment agricole. On peut évoquer le « P27.6 » et son moteur de 36,5 kW, capable de manœuvrer jusqu’à 2700 kilos et d'atteindre une hauteur de 6,1 mètres. Cette machine répond aux exigences de nombreuses exploitations. Plus un véhicule est polyvalent, plus il y a de chance que son taux d’utilisation soit optimal. De nombreux visiteurs ont profité de l’occasion pour se mettre aux manettes des chargeurs, comparer les modèles, et se forger une impression durable de cette expérience.

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Actualité

Transmission de témoin chez A. Leiser Le 1er janvier 2020, René Betschart (à d. sur la photo) reprendra les rênes de A. Leiser AG des mains de Peter Fischer. René Betschart devient le nouveau propriétaire et dirigeant de l’entreprise de Reiden (LU). Après dix ans de travaux de développement intensifs, il était nécessaire qu’interviennent de nouvelles forces vives pour continuer à mener l’entreprise sur sa lancée, estime Peter Fischer. Il fallait une personnalité charismatique, un entrepreneur et dirigeant de premier ordre, au bénéfice d’une vaste expérience pour reprendre le flambeau. René Betschart est la personne idoine. Il pourra compter sur une équipe engagée d’administrateurs, de cadres et de collaboratrices et collaborateurs. Fils de paysan, il a très tôt pris le volant de grosses machines. Ce Schwyzois de 46 ans a fait un apprentissage puis des études d’ingénieur électricien, avant de se former à la gestion d’entreprise. Il a exercé des fonctions dirigeantes à l’international dans l’industrie et possède une expérience appréciable.

« Swiss Edition » chez Same Avec passé 130 000 unités commercialisées depuis plus de 35 ans, l’« Explorer » est l’un des modèles de tracteurs Same connaissant le plus vaste succès commercial. La marque fête cette réussite avec un « Swiss Edition ». Grâce à la cabine tout confort à amortisseurs de l’« Explorer » et à son équipement très riche, ce « Swiss Edition » permet de travailler de longues journées sans fatigue excessive. Il possède une climatisation, un siège à amortisseur pneumatique, un siège pour passager et un toit vitré, ainsi que six projecteurs de travail. Son moteur 4-cylindres « Farmotion » de 88 ou 113 chevaux atteint déjà de hautes performances à bas régime. Son couple élevé et sa boîte à vitesses de qualité garantissent un bon confort de travail. La transmission est une 30AV/30AR à trois rapports proportionnels enclenchables sous charge. Le « Swiss Edition » de l’« Explorer 90.4 » peut être commandé jusqu’au 31  octobre 2019, à partir de 69 000 francs.

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Capteur plus compact Le capteur Fritzmeier « Isaria » est déjà commercialisé depuis quelques années en version « Pro Active », avec deux têtes comportant chacune quatre sources lumineuses à LED à longueurs d’ondes définies. La lumière réfléchie est enregistrée par un instrument à haute sensibilité (jusqu’à 2000 mesures par seconde) qui permet de déterminer le taux de couverture du sol et l’état de fertilisation azotée des plantes en fonction de leur couleur. Ce capteur peut être utilisé de nuit comme de jour. L’« Isaria Pro Compact » est une version un peu allégée qui pourrait intéresser des exploitations de relativement petite taille. Il coûte autour de 12 000 euros. Il s'utilise de jour seulement. Ses deux unités ne s'installent pas sur une barre fixée au relevage avant, mais directement sur la cabine (par exemple aux rétroviseurs). Sur le toit de l’habitacle, un autre capteur sert de référence ; il mesure la lumière incidente nécessaire au calibrage de l’appareil. Les données récoltées permettent, tout comme celles de la version de base, d’élaborer une cartographie servant à la fertilisation localisée, aux traitements phytosanitaires ou à prendre des mesures d’éclaircissage de la plantation. La seule fertilisation localisée permet déjà d’économiser de l’engrais et d’augmenter les rendements.


Actualité

Concentration de salons

Dévoués

Les responsables du Sima, le salon international du machinisme agricole, ont organisé à Paris une séance d’information sur l’avenir de la manifestation. Ils sont revenus sur les motifs qui les ont poussés à modifier les dates du salon qui aura désormais lieu à la mi-novembre, plutôt qu’à la fin février. L’équipe du Sima était entourée de délégations de Kubota et de John Deere pour appuyer son argumentation. Ces représentants ont insisté sur le fait que les constructeurs préfèrent présenter leurs nouveautés en fin d’automne et que les dates de février sont trop tardives.

Apollo Vredestein Suisse SA a convié ses revendeurs à une session de perfectionnement sous la houlette de Ismer Scola, spécialiste des véhicules non-routiers. Le cours se déroulait aux Pays-Bas, à Enschede, et au centre de formation agricole de Dronten. Les participants s’y sont totalement consacrés aux tracteurs et aux pneus Vredestein. L’usine d’Enschede et ses 1800 collaboratrices et collaborateurs fabrique principalement des pneus de voitures mais aussi de tracteurs et de grandes remorques. Vredenstein a décelé très tôt le potentiel des pneus agraires et en développe de spécialement résistants, offrant un grand confort de roulement, depuis 1955. On mentionnera le « Traxion+ », puis les premiers pneus radiaux «  Flotation Pro  » pour remorques, ou encore le « Traxion Optimall ». Ce dernier est pourvu de barrettes incurvées exclusives ; il offre une surface de contact étendue et une transmission optimale de l’effort de traction tout en ménageant les sols. Il est particulièrement indiqué sur terres argilo-sableuses. Depuis 2009, Vredestein est une filiale du fabricant mondial de pneumatiques Apollo.

En dépit du fait que l’Eima à Bologne (I), l’Eurotier à Hanovre (D) et encore l’Agrama à Berne ont lieu le même mois des années paires, créant un certain embouteillage dans le calendrier des salons du machinisme agricole, on reste convaincu à Paris du choix du mois de novembre. Les organisateurs français sont persuadés que ces manifestations peuvent coexister, voire coopérer. Le Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte étant déjà très occupé en automne, le Sima n’avait guère d’autre choix de dates, soutiennent ses organisateurs. Bien que le nombre d’inscriptions soit encore modeste, ils restent confiants et certains que les grands constructeurs répondront présents pour l’édition 2020. A nouvelles dates, nouvelle orientation : le salon françaios veut mieux se focaliser sur les grands défis qui s’imposent à l’agriculture de demain à l’échelle internationale. Le logo redessiné de la manifestation va dans ce sens. Il accompagnera également l’édition de 2022 ; elle marquera le centième anniversaire du salon. Reste à voir si cette réorientation s’accompagnera d’une ouverture linguistique que beaucoup attendent de l'événement parisien. Visiteurs et exposants étrangers ont souvent pointé du doigt l’absence de traductions aussi bien des documents que des conférences, exposés et forums de discussions organisés en marge du Sima.

Nettoyeurs haute-pression à variateur de fréquence Meier-Brakenberg a dévoilé une nouvelle gamme complète de nettoyeurs haute-pression de diverses classes de puissances dont le débit et la pression se règlent directement à la lance. L’opérateur peut ainsi travailler avec la quantité d’eau convenable, qu’il soit seul à utiliser l'appareil, ou que plusieurs personnes l’emploient simultanément. Il peut ainsi récurer la cour de la ferme ou décrasser des machines avec une grand volume d’eau. Il peut être plus judicieux, par la suite, de déposer de la mousse à faible débit et basse pression sur les véhicules ou de nettoyer leurs endroits sensibles avec un impact modéré. La nouvelle gamme se distingue par sa construction compacte, robuste, son nombre limité de pièces constitutives, sa longévité élevée, son châssis-support en acier inoxydable et son réglage de débit très réactif. Le variateur de fréquence sert à alimenter ces appareils en énergie de façon optimale. Ces nettoyeurs stationnaires débitent 1260 l/min pour les plus petits et jusqu’à deux fois 6000  l/min pour les plus grands modèles. Ces derniers sont prévus pour alimenter jusqu’à douze lances simultanément.

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Actualité

Joints conducteurs électriques

Concours SMS En partenariat avec un commerçant en machines agricoles, Technique Agricole vous propose de gagner chaque mois un superbe modèle réduit.

Freudenberg Sealing Technologies a son siège à Weinheim, en Allemagne. Cette maison vient de présenter des joints conducteurs qui contribuent à rendre étanches des entraînements électriques en établissant une conduction électrique permanente entre les carters et les arbres d’entraînement. Ces joints évitent ainsi des dommages aux paliers dus aux courants de fuite, ainsi que les dérangements consécutifs à la présence de rayonnement électromagnétique. On pallie à ce genre de dégâts en établissant un contact permanent entre les boîtiers et les arbres travaillant. Pour répondre aux exigences que doivent remplir les joints des entraînements électriques, Freudenberg fabrique un disque conducteur en non-tissé. Il est solidement relié au joint torique de l’arbre et ne nécessite pas d’espace particulier. La conductivité du disque est assurée par des fibres spéciales intégrées dans une matrice.

Dans cette édition, vous pouvez gagner un établi-jouet pour enfant Bosch « Junior ».

Un SMS et gagnez avec  : Zürcher Gohl Landmaschinen Urstalden 936 3553 Gohl (BE)

Envoyez un SMS ( coût 1 fr. ) avec la mention SVLT, votre nom et votre adresse au numéro 880, et avec un peu de chance, vous remporterez ce superbe petit établi Bosch « Junior ». Daniel Liaudat, de Besencens (FR), est l’heureux gagnant du modèle de Case IH « Quadrac 600 », mis en jeu dans l’édition de septembre de Technique Agricole.

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Technique Agricole 10 2019

Gonflage centralisé Le fabricant de pneus Trelleborg et le spécialiste des essieux Dana ont réuni leurs compétences pour mettre au point l’installation de gonflage centrale « CTIS+ », gérée directement de la cabine du tracteur. La pression de gonflage optimale est calculée par le logiciel « Trelleborg Load Calculator ». L’air du compresseur parvient aux pneumatiques via une liaison dans les moyeux et l’intérieur des jantes. Un joint cinétique développé par Trelleborg l’empêche de s’échapper. Dana a élaboré une valve qui évite toute fuite d'air lorsque le véhicule est en marche. L’installation totalement intégrée dessert les ponts avant et arrière, sans qu’aucune pièce ne saille des roues. Elle devrait bientôt être aussi disponible pour post-équiper des véhicules déjà existants.


Bernard Frei & Cie SA • 2114 Fleurier • 032 867 20 20 • info@bernardfrei.ch • www.bernardfrei.ch


Marché | Interview

Markus Demmel est directeur adjoint de l’Institut pour la technique agricole et l’élevage de la Station de recherches agronomiques de Freising-Weihenstephan, près de Munich (D). En sa qualité de coordinateur du domaine « Technique des processus en production végétale » et de gérant du groupe de travail « Mécanisation en grandes cultures et gestion des processus », il connaît parfaitement la technique et la mécanisation agricoles. Depuis 2019, Markus Demmel préside la Commission des nouveautés de l’Agritechnica.. Photos : Roman Engeler

Médailles baromètres des tendances Presque 300 innovations ont été annoncées en préambule à l’Agritechnica. Technique Agricole  a interrogé le président de la Commission des nouveautés de la DLG, Markus Demmel, à propos de l’attribution des médailles et du potentiel d’innovation du machinisme agricole. Roman Engeler

Technique Agricole : en prélude à l’Agritechnica, 291 nouveautés ont été soumises à la Société allemande d’agriculture, la Deutsche Landwirtschaftsgesellschaft (DLG), organisatrice de ce salon. En votre qualité de président de la Commission des nouveautés, avez-vous person10

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nellement examiné chacun de ces dossiers ? Markus Demmel : je dois d’abord préciser que j’ai commencé l’examen des nouveautés 2019 en tant que membre « normal » de la Commission des nouveautés. Ce n’est qu’au moment du premier débat que j’ai été élu à sa tête, sur proposition

de la DLG, car le président en exercice a été appelé à une autre mission au sein de la société, incompatible avec la présidence de la commission. Auparavant, je n’étais pas affecté à un domaine en particulier  ; comme je suis membre de la Fédération internationale pour la technique agricole, ma mission


Interview | Marché

consistait à trouver de par le monde des spécialistes sachant expertiser des innovations dans des domaines que personne dans la commission ne connaît suffisamment, comme les récolteuses d’arachide, de coton ou de canne à sucre. Ainsi devais-je bel et bien étudier à fond tous les dossiers. Je l’ai d’ailleurs refait cette année. Quelle est la répartition des innovations entre les différents domaines ? Le plus grand nombre d’entre elles – 74 – relèvent du domaine « Systèmes numériques et technologie de l’information ». Elles sont suivies par 55 nouveautés dans le domaine «  Tracteurs, techniques de chargement et transports ». « Fertilisation organique et minérale » vient en troisième position avec 28  inscriptions. Suivent la protection des plantes, la moisson, l’ensilage, les semoirs et les matériels de culture avec chacun entre 21 et 25 inscriptions. Cette répartion obéit-elle à des motifs particuliers ? Depuis quelques années, nous observons une tendance –  qui affecte presque tous les domaines de la vie – à une concentration autour de la numérisation, des technologies de l’information et de la gestion des données. Autrefois, c’était les nouveautés concernant les tracteurs et les moissonneuses-batteuses qui donnaient le « la ». Elles ont un peu perdu ce rôle dominant. Mais les innovations concernant la fertilisation et la protection des plantes sont aussi remarquables ; la localisation très précise des applications devient un objet de plus en plus central, qui suscite un intérêt croissant jusque dans l’ensemble de la société. Les constructeurs de tracteurs ont été accaparés par la mise en œuvre des prescriptions concernant les émissions et n’avaient pas forcément assez de ressources pour apporter d’autres innovations à leurs machines. Cette mission étant maintenant en grande partie accomplie, peut-on s’attendre à revoir plus de nouveautés se rapportant aux tracteurs ? On a atteint, sur les tracteurs modernes, considérés comme machine en soi, un niveau d’évolution très élevé. Certes, la seule médaille d’or attribuée cette année l’a été à une transmission électro-mécanique à ramification de puissance pour tracteur (voir page  48). Je pense toutefois que les prochaines grandes étapes de développement, même celles concer-

nant les tracteurs, seront marquées ou influencées par la numérisation, par exemple dans le domaine des échanges d’informations et des liaisons entre tracteurs et machines. Dans quelle mesure peut-on extrapoler à partir de ces innovations des tendances pour l’ensemble du machinisme ? Sur ce point, l’ensemble de la Commission des nouveautés est unanime : tant les innovations qui lui sont soumises que le palmarès des médailles reflètent clairement les tendances actuelles du machinisme. Le développement suit toujours la même direction, améliorer l’efficacité. Il s’agit d’utiliser aussi pertinemment que faire se peut la main d’œuvre, l’énergie et l’ensemble des intrants. Est-ce que cet esprit d’innovation est toujours au service de la pratique ? La recherche ne viserait-elle pas parfois à glaner des médailles plutôt qu’à satisfaire les besoins effectifs des utilisateurs ? Les membres de la Commission des nouveautés ne quittent pas le sujet du regard ; c’est même le principal critère d’attribution des médailles. L’agriculture est très diverse. Il y a donc, évidemment, des exploitations pour lesquelles ces innovations ne présentent guère d’intérêt. D’autres n’ont pour l’instant pas besoin de toute cette technologie et n’intègrent pas (encore) ces perfectionnements. Mais l’inverse existe également, des agriculteurs s’exclamant « ah, il y a longtemps que j’attendais ça ! ». De ce point de vue, je ne pense pas que l’on développe des choses uniquement pour une médaille, en négligeant les besoins globaux et effectifs des utilisateurs. La Commission des nouveautés remet, on le sait, les médailles de l’Agritechnica, récompenses ô combien convoitées. Comment se déroule le processus d’attribution ? La commission est composée de 50 personnes issues du terrain – donc des agriculteurs et des entrepreneurs  –, ou venant de la vulgarisation, du monde de la science et de la recherche. Notez que les constructeurs n’y sont pas représentés. Chaque membre de la commission est rattaché à un des onze domaines thématiques. Il examine en priorité les nouveautés relatives à son secteur et en discute avec ses collègues. Le cas échéant, il peut poser des questions aux constructeurs

« je ne peux qu’aquiescer pleinement aux 40 médailles décernées aux nombreuses nouveautés de haute qualité », insiste Markus Demmel.

pour élucider des points peu clairs. L’attribution proprement dite des médailles a lieu dans le cadre d’une réunion de deux jours. Les rapporteurs des différents domaines exposent leurs évaluations et fournissent une première appréciation sur l’attribution possible d’une médaille d’or ou d’argent. La discussion et le vote finals se déroulent ensuite en réunion pléniaire. Les médailles d’argent sont attribuées à la majorité simple ; pour l’or, une majorité des deux tiers est indispensable. Cette année, les résultats étaient, hormis pour deux médailles d’argent, clairs et nets. Les experts se prononcent-ils uniquement sur la base des dossiers écrits, ou bien faut-il aussi leur présenter des éléments palpables, comme des prototypes, des études conceptuelles ou d’autres objets en ce genre ? Il y a des consignes claires. Le dossier doit être court et comporter deux images ou vidéos ainsi qu’une description de la nouveauté, dont le caractère innovant doit ressortir avec précision, ainsi que l’utilité qui en découle pour les utilisateurs. Si l’expert a besoin d’éclaircissements supplémentaires, il peut, comme on l’a déjà mentionné, interroger le constructeur. L’inverse est par contre exclu. Pour le reste, la directive prescrit que le produit doit apporter un perfectionnement, être exclusif, qu’il ne doit donc avoir été ni déjà exposé ni déjà récompensé. Enfin, la nouveauté devra pouvoir être commercialisée avant l’Agritechnica suivante. Je peux m’imaginer qu’au stade précoce de développement où les objets sont présentés, ils puissent encore peu ou prou relever du secret de fabrication. Comment l’appréhendez-vous, comment l’appréhendent les entreprises ? Tous les membres de la Commission des nouveautés sont tenus au secret. L’en10 2019 Technique Agricole

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Marché | Interview

Markus Demmel : « Nous voulons savoir de manière plus transparente ce qu’il en est de la commercialisation des innovations inscrites et médaillées. »

semble des détails concernant les objets présentés demeure confidentiel jusqu’à la publication du cahier des nouveautés, qui paraît avant l’Agritechnica. Si une innovation obtient une médaille, son constructeur doit accepter que des détails ayant contribué à l’attribution de la distinction soient publiés, faute de quoi il en serait pas possible de l’inscrire dans le cahier, ni de lui remettre une médaille. Une médaille d’or, 39 d’argent : cette campagne est, encore une fois, une année d’abondance en matière de palmarès. Ne distribue-t-on pas trop de médailles ? Après tout, ce genre de distinctions devrait revêtir un caractère exclusif. Voici deux ans, deux médailles d’or ont été décernées. On a reproché à la Commission

des nouveautés d’être trop radine. Cette année, avec une seule médaille d’or, nous voilà encore plus avares ! En considérant toutes les innovations de haute qualité qui nous ont été soumises, je ne peux qu’aquiescer pleinement – et avec moi la grande majorité de la commission – aux 40 médailles qui ont été décernées. Cela représente 14% des candidatures qui aspiraient cette année à une telle récompense. Le nombre de médailles n’est pas un critère déterminant : une nouveauté mérite une médaille, ou ne la mérite pas. En outre, on peut estimer que la plupart des entreprises ne soumettent que des innovations qu’elles jugent susceptibles d’être récompensées. Vu de la sorte, on peut dire qu’elles procèdent déjà d’elles-mêmes à une préselection. On entent souvent reprocher que les nouveautés médaillées n’atteignent jamais le stade de la commercialisation ? Vous êtes d’accord avec cette affirmation ? IL serait malvenu de la contester. Il est souvent arrivé qu’une innovation médaillée n’atteigne jamais le stade de la production en série ou de la mise en marché. Dans le nouveau règlement, les conditions d’examen et d’attribution prévoient qu’une innovation qui obtient une médaille doit être commercialisée dans les deux ans. Voilà qui est clair. Assistera-t-on à des rétrocessions de médailles en 2021, voire déjà ce mois de novembre pour celles attribuées en 2017 ? Nous ne sommes pas encore complètement d’accord sur le degré de sévérité dont nous devons faire preuve. Il n’y aura

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Technique Agricole 10 2019

certainement pas de retraits de médailles. Pour la première fois, la DLG a procédé à une analyse rétroactive et demandé aux constructeurs où en était la commercialisation des nouveautés primées en 2017. Cette analyse n’est pas achevée, mais ses résultats seront publiés dans le cahier des nouveautés de l’Agritechnica. Les innovations de 2017 y seront classées en trois catégories : les objets déjà commercialisés, ceux que l’on peut commander à l’Agritechnica 2019, ceux qui ne sont pas encore disponibles. Il n’y a pas d’autres sanctions prévues pour l’instant. J’estime toutefois qu’avec ce procédé nous offrons une transparence suffisante dans un premier temps. Mais nous allons encore avancer. Et si nous constatons que la situation empire, la DLG et la Commission des nouveautés envisageront des mesures plus contraignantes. Vous venez d’accéder cette année à la présidence de la Commission des nouveautés de l’Agritechnica. Envisagez-vous de procéder à des changements pour les prochains exercices ? J’ai demandé à tous les collègues de la Commission des nouveautés de me faire parvenir des propositions de potentielles améliorations. Des réponses sont déjà arrivées et j’espère qu’il en viendra encore. Mais je suis d’avis qu’il n’y a, d’une manière générale, pas de grands changements à apporter au mode d’attribution des médailles. On doit cependant optimiser et simplifier les procédures internes. En ma qualité de président, je ne joue qu’un rôle de modérateur. Ce sont mes collègues qui accomplissent le gros du travail, soit l’examen détaillé et l’évaluation de chaque nouveauté inscrite. 


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Le centre de réglage de l’« Unico » fonctionne sur la base de deux parallélogrammes en série. Photos : Ruedi Burkhalter

Ces innovations en rouge venues du sud En sa qualité d’importateur de Maschio, Aebi Suisse a présenté lors de ses soirées « Redpower » un aperçu de la vaste gamme d’équipements de travail du sol du constructeur italien. Ruedi Burkhalter La gamme « Unico » regroupe une série de charrues réversibles, qualifiées par Maschio de «  charrues à parallélogramme » en raison de leur centre de réglage intégré. Ce dernier permet au conducteur d’adapter depuis son poste de pilotage les réglages de la charrue en fonction des conditions du sol et du résultat attendu. Le centre de réglage est un système d’actionneurs comprenant deux parallélogrammes en série commandés par des vérins hydrauliques. Le parallélogramme arrière sert, comme sur toutes les charrues Vario, à régler la largeur de coupe en continu de 30 à 55 centimètres. 14

Technique Agricole 10 2019

Pleins feux sur le centre de réglage Quant au parallélogramme avant, il adapte la largeur de la première raie en fonction de la largeur des pneus et de la largeur de travail, sans modifier la largeur de coupe ni la ligne de traction tracteur/ charrue. Une simple vis sans fin permet en outre de régler le point de traction de manière à optimiser l’usure et la consommation de carburant. Le dégagement sous bâti est suffisant pour retourner la charrue en toute sécurité, même si elle comporte un nombre de corps important. Les modèles « 4+ » et « 5+ » possèdent néanmoins un vérin doté d’une fonction

de mémoire pour faire pivoter le bâti avant de procéder au retournement proprement dit.

Sécurité à 360 degrés Le contrôle de profondeur est assuré par une roue de jauge, dont la position est adaptée à la profondeur de labeur par l’intermédiaire d’une vis de réglage. Un amortisseur évite les à-coups pendant le retournement. L’utilisateur a le choix entre une sécurité par boulon de cisaillement pour les sols peu pierreux et une sécurité non-stop hydraulique à pression de déclenchement réglable. La sécurité hydraulique du premier corps est surdimensionnée, donc réglée pour un effort plus élevé. Une suspension articulée innovante assure en outre une protection à 360 degrés. Les différents corps peuvent s’escamoter non seulement vers le haut, mais aussi dans le sens horizontal.

Un décompacteur façon fermeture éclair Maschio propose également un décompacteur, appelé « Attila hydro CSS ». Les outils de la machine travaillent sur deux niveaux, combinant ainsi le décompac-


Nouveautés | Marché

La déchaumeuse courte « Veloce » est réputée pour sa capacité à traiter de gros volumes de résidus de cultures.

Le décompacteur-déchaumeur « Attila » travaille simultanément sur deux niveaux.

tage en profondeur et le déchaumage superficiel. Les dents de 30 millimètres de large seulement ouvrent le sol qui se referme après leur passage. Les socs sont positionnés à plat, ce qui assure une bonne pénétration, même dans les sols compactés, lourds et secs, moyennant un effort de traction relativement faible. Un brise-mottes évite de faire remonter le sol des horizons inférieurs. Dans l’horizon supérieur, des couteaux recourbés brisent le sol dans l’entre-dents et assurent une incorporation superficielle des résidus de cultures. Une vitesse élevée favorise l’effet de mélange en surface. Le double rouleau à dents en aval assure un émiettement supplémentaire et aplanit la surface. La version présentée possède une sécurité hydraulique, dotée de deux gros ballons d’azote pour assurer un escamotage rapide des socs en cas de heurt avec une pierre. Par ailleurs, la profondeur de travail, indiquée sur une échelle bien visible, peut être réglée par un dispositif hydraulique. La déchaumeuse courte « Veloce », dont nous avons également pu admirer les performances, possède deux rangées de

disques de 510 millimètres de diamètre. Les disques sont suspendus indépendamment par des silent blocs pour assurer le suivi du terrain et la sécurité. L’espacement de 80 centimètres entre les deux rangées permet de travailler en présence de grosses quantités de résidus de cultures.

Entraînement électrique et Isobus Récemment redessiné, le semoir en ligne combiné « Dama » disponible depuis le printemps 2019 dans les variantes « New Edition » (équipées de disques « Corex Plus ») et « New Edition Isotronic » a été présenté pour la première fois en Suisse. Le centre de gravité a été rapproché du tracteur pour permettre l’utilisation de tracteurs encore plus légers. Conjointement avec les déchaumeurs à disques des types « DC-Classic », « DM-Classic » et « DM-Rapido », « Dama » offre un vaste choix de combinaisons possibles dans une gamme de puissances allant de 80 à 200 chevaux. Le semoir « New Edition Corex Plus » assure une largeur de travail de 3 mètres pour une trémie de semences de 600

Le semoir combiné porté « Dama » a gagné en compacité et existe désormais en deux nouvelles variantes équipées de disques « Corex Plus ».

litres. Les nouveaux disques, conçus pour les conditions d’utilisation difficiles sur sols lourds, ont un diamètre de 350 millimètres et permettent de semer plus rapidement et plus en profondeur. La variante « Isotronic » associe ces avantages à ceux du nouveau système électronique Isobus et à ceux de l’entraînement électrique des éléments semeurs. Ainsi, le débit de semences peut être réglé confortablement sur le terminal dans la cabine du tracteur, même lorsque les semis sont en cours. Par ailleurs, le nouveau système électronique offre la possibilité de piloter la machine avec une application de contrôle de section. Autre nouveauté exposée : les épandeurs d’engrais de la gamme «  Primo  ». Le constructeur souligne leurs méthodes d’épandage les plus modernes comme le réglage mécanique du point de chute, la commande électronique des volets par GPS selon le poids et la vitesse, le tout pour un rapport qualité-prix très avantageux. 

Plus de 70000 machines par an L’histoire du groupe Maschio-Gaspardo remonte à 1964, lorsque les frères Maschio ont construit leur premier motoculteur dans un petit atelier à Campodarsego, aux environs de Padoue. Au cours des premières décennies l’entreprise s’est concentrée sur la production de motoculteurs et de herses rotatives, jusqu’à devenir un constructeur majeur dans ce domaine. En 1994, le rachat de Gaspardo a permis d’ajouter les semoirs, suivis d’autres machines portées, broyeurs, épandeurs d’engrais, pulvérisateurs et charrues, à leur gamme de production. Une autre étape clé a été la reprise de Feraboli en 2014, une société spécialisée dans la récolte fourragère. Le groupe emploie actuellement quelque 2200 collaborateurs et produit plus de 70 000 machines par an sur huit sites, en Italie (5), en Chine, en Inde et en Roumanie.

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Marché | Nouveautés

La tronçonneuse Stihl « MS 261 C-M » est équipée d‘un moteur de 50 cm³, de la nouvelle chaîne « 325" Pro » et du guide-chaîne inédit « Light 04 ». Photos : Heinz Röthlisberger

À nouveau guide, nouvelle chaîne Lors de sa conférence de presse à Waiblingen (D), la société Stihl a présenté plusieurs nouveautés, dont la tronçonneuse « MS 261 C-M », qui en est à sa troisième génération. Heinz Röthlisberger

Poids réduit, capacité de coupe accrue... Tels sont les paramètres sur lesquels les constructeurs portent leurs efforts pour améliorer une tronçonneuse professionnelle déjà bien implantée sur le marché. Stihl s’est récemment attaqué à la « MS 261 C-M  », une tronçonneuse du milieu de gamme. Équipée d’un moteur 3 kW de 50 cm³ de cylindrée, elle sera commercialisée dans sa troisième génération au début de l’année prochaine. Le moteur de la « MS 261 C-M », dont la gestion est assurée par un contrôleur « M-Tronic », a été doté d’un piston étamé, d’un arbre de papillon nickelé et d’une électrovanne neuve dans le carburateur, des innovations dont le constructeur espère une plus grande fiabilité et une  longévité accrue. La nouvelle chaîne « 325"  Pro » se distingue par une nette amélioration du débit de coupe grâce à sa faible largeur. Dans sa conférence de presse annuelle au siège de la société, à Waiblingen (D), Stihl a fait état d’une amélioration de la capacité de coupe de 20% par rapport aux équipements de série antérieurs.

Un guide-chaîne fin Autre nouveauté, le « Light 04 », un guidechaîne fin, devrait d’après Stihl faciliter les 16

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coupes. Il contribue à réduire le poids du système, par exemple de 100 grammes lorsque la tronçonneuse est équipée du guide-chaîne de 40 cm. Réservoir vide, la « MS 261 C-M » avec son guide-chaîne et sa chaîne ne pèse plus que 5,8 kg.

Force de soufflage de 41 Newton

puissance de 3,2 kW (4,4 chevaux). D’un poids de 11,7 kg, ce dernier produit phare assure une force de soufflage de 41 New­ ton, 6 de plus que le souffleur le plus puissant de la gamme précédente, le «  BR 700 », d’une cylindrée de 64,8 cm³ et d’une puissance de 3,8 chevaux. Le « BR 800 C-E » assure ainsi un débit d’air de 1700 m³ par heure. Il se distingue en outre par son lanceur latéral et son tube de soufflage réglable en continu, deux fonctions améliorant grandement son confort d‘utilisation. Le bruit généré par le fonctionnement d’une soufflerie constitue une nuisance certaine. Stihl annonce pour le « BR 800 C-E » des niveaux de pression sonore de 104  dB(A) et de puissance acoustique de 112 dB(A), soit légèrement plus que ceux du « BR 700 » (101 et 109  dB(A)). Stihl a aussi optimisé le système de portage. Par ailleurs, l’électronique du moteur possède une fonction de diagnostic.

Casque doté de la fonction Bluetooth Les participants à la conférence de presse de Waiblingen ont encore admiré le casque «  Advance X Vent  », que Stihl a complété par un jeu de coquilles de protection dotées d’une fonction Bluetooth. L’utilisateur peut ainsi téléphoner tout en gardant les mains libres pour travailler, ou écouter de la musique sans fil. Un bouton permettant de répondre à un appel d’urgence assure une sécurité supplémentaire. Une autre nouveauté est constituée par les jambières intégrales « Chaps 360° » et « Protect MS », qui assurent une protection anticoupure de classe 1. Elles sont faciles à enfiler sans qu’il soit nécessaire de retirer ses chaussures au préalable.

Dans le domaine des souffleurs à dos, le marché demande des puissances de soufflage toujours plus élevées. Pour répondre à cette attente, Stihl a commercialisé le « BR 800 C-E », un souffleur équipé d’un moteur 4 temps de 79,9 cm³ de cylindrée et d’une

Stihl « MS 261 C-M » Cylindrée : 50,2 cm³ Puissance : 3,0 kW (4,1 ch) Couple maximal : 3,1 Nm Chaîne : « 325" Pro » Guide-chaîne : « Light 04 » Poids du système : 5,8 kg (réservoir vide, avec guide-chaîne « Light 04 » de 40 cm et chaîne « 325" Pro ») Équipement : M-Tronic, tendeur de chaîne latéral, bouchons des réservoirs de carburant et d’huile actionnables sans outil Données du constructeur

Avec sa force de soufflage de 41 Newton et son lanceur latéral, le « BR 800 C-E » est désormais le fleuron de Stihl.


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Chargement, levage et transport

Le chargeur frontal pour tracteur se justifie partout où il y a de l’espace en suffisance.

Photo : Case IH

Multi-usages, hybrides, spécialisés : les engins de levage sont variés Les engins de levage sont variés : multi-usages, hybrides ou spécialisés. Si ces derniers lèvent des charges très lourdes sans effort apparent, les multi-usages, plus compacts, parviennent dans les espaces plus exigus des exploitations. Quant aux hybrides, ils combinent les avantages de différents modèles et gagnent en popularité. Ruedi Hunger De nombreux systèmes de stabulation pour bovins nécessitent l’usage d’un engin adapté. Qui s’avère souvent indispensable aussi pour préparer le fourrage et le distribuer. Il serait inconcevable de manipuler des bottes rondes et rectangulaires sans eux. Nous parlons ici d’engins de levage. Ce terme est large et comprend les chargeurs de petite taille, compacts, télescopiques, sans oublier le tracteur avec chargeur frontal. Les frontières entre ces différentes machines s’estompent de plus en plus. Chaque fabricant cherche à bénéficier des avantages des autres modèles et crée une nouvelle version ou un nouvel engin en s’en inspirant. 18

Technique Agricole 10 2019

Tracteur ou chargeur télescopique ? Le tracteur et le chargeur télescopique ont des origines différentes. Fondamentalement, le tracteur est un engin de traction, polyvalent, tandis que le chargeur télescopique est un spécialiste du levage. Un engin multi-usages ne peut jamais remplacer totalement un engin spécialisé, et inversement. Pour des charge faibles, le tracteur avec chargeur est plus économique. La consommation de son organe d’entraînement étant optimisée, cela réduit d’autant les coûts de carburant. Comparé au chargeur télescopique, le tracteur demande plus d’espace, sauf s’il dispose aussi d’une direction sur les quatre roues.

L’argument clé en faveur du tracteur avec chargeur est sa présence sur la plupart des fermes. Le chargeur télescopique peut certes le remplacer partiellement mais pas complètement. Les heures de tracteur avec frontal améliorent le taux d’utilisation de ce véhicule, évitant un fractionnement peu rentable des heures de service entre plusieurs engins. Comparé à un chargeur télescopique, même compact, le tracteur demande en outre moins d’investissement.

Quel chargeur choisir ? La puissance maximale d’un chargeur compact, dit « de ferme » est d’environ 40 kW, pour un poids entre 1000 et 3000  kilos.


Chargement, levage et transport

Mais la puissance du moteur n’est pas un critère de performance suffisant ; et le poids opérationnel ne devrait être employé comme référence que par rapport à des machines de conception équivalente. De ce point de vue, un chargeur de ferme n’est que partiellement comparable à un chargeur compact ou agricole classique. Le chargeur de ferme peut exécuter toutes sortes de travaux, mais plutôt légers. Son conducteur a une bonne vue d’ensemble et l’accès et la descente du véhicule sont aisés. Le chargeur compact provient du secteur de la construction ; en plus du nettoyage des étables, il est bien adapté aux travaux d’excavation ou de terrassement. Sa compacité et sa direction spéciale le rendent très mobile. Sa conduite nécessite toutefois une phase d’adaptation, dû au fait que l’engin se dirige en jouant sur la vitesse et le sens de rotation des roues. Le moteur et, si nécessaire, un lest supplémentaire sont logés à l’arrière de l’engin. Devant se trouve l’espace pour le conducteur, relativement étroit, avec protection ROPS/FOPS. En agriculture, le chargeur de ferme s’est imposé comme outil de levage universel, avant le chargeur sur roues classique. A quelques exceptions près, ils sont tous deux articulés. Un chargeur classique pèse entre 3000 et 6000 kilos. Sa puissance maximale va jusqu’à 60 kW, avec toutefois une tendance à la hausse.

La cinématique A l’exception des engins à bras télescopique, les chargeurs sur roues, les chargeurs de ferme, les compacst et même les chargeurs frontaux possèdent des mécanismes de levage constitués de bras ou de cadres résistant à la torsion. Equipés de points d’accouplement pour des outils, ils adoptent différentes géométries : • la cinématique Z : force d’arrachement maximale, vitesse élevée de la tige du piston, temps de vidange rapide au déchargement ; • la cinématique P : le bras oscillant, le tirant, la pelle et le bras de levage forment un parallélogramme permettant un guidage précis de l’outil de travail, en position constante sur toute la course de levage ; • la La cinématique TP (cinématique à couple parallèle) : combine Z et P, force d’arrachement presque constante, guidage parallèle de l’outil de travail.

Télescopique créateur de tendance Le chargeur compact vient directement concurrencer le tracteur avec frontal. Tous

Mission « typique » à l’étable pour ce chargeur de ferme polyvalent. Photo : Weidemann

deux évoluent une « division » en dessus des chargeurs de ferme. Véhicules « hybrides » entre chargeur télescopique et chargeur classiques, ils sont montés sur un châssis de chargeur standard mais possèdent un bras télescopique. Ils jouissent d’une popularité croissante en agriculture, entre autres pour leur siège en position centrale et leur hauteur de levage suffisante pour remplir une grande mélangeuse ou un épandeur à fumier. Les fabricants n’ont pas raté le coche et élargi leur gamme de chargeurs compact à bras télescopiques. Une majorité est encore articulée, mais la direction à roues indépendantes séduit de plus en plus de monde.

Un élévateur à bras unique Il y a une quarantaine d’années, les chargeurs télescopiques classiques ont timidement « migré » de la construction vers l’agriculture. Depuis une trentaine d’années, ils ont été spécialement adaptés aux besoins de l’agriculture. En raison de leur taille, ils ont longtemps été délaissés par les exploitants agricoles, au profit des chargeurs de ferme. Avec le développement de chargeurs télescopiques plus petits et compacts, la donne a radicalement changé. L’un des grands « plus » du chargeur télescopique compact par rapport au

Dans les vieilles étables étroites, il faut de petits auxiliaires agiles. Photo : Ruedi Hunger

chargeur de ferme est son châssis rigide et ses modes de direction. Les chargeurs télescopiques actuels sont proposés avec différentes transmissions, l’objectif restant d’obtenir des cycles de travail rapides, sans à-coups et silencieux.

Conclusion La large gamme d’engins de levage disponibles comprend de plus en plus de modèles « hybrides ». Autrement dit, les frontières entre les différents types s’estompent. Si cela ne facilite pas le choix d’une machine, cela offre à chaque exploitation la possibilité de trouver l’engin de levage correspondant le mieux à ses besoins. 10 2019 Technique Agricole

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Chargement, levage et transport

Les chargeurs frontaux sont d’excellents véhicules de levage.

Photo : Alö

L’embarras du choix Presque toutes les exploitations ont besoin d’un véhicule de levage, que ce soit pour le fourrage, le paillage, le fumier ou le transport. Les besoins sont si différents que l’achat de ce type d’engin doit être minutieusement analysé. Vous trouverez ci-dessous un aperçu de l’offre des véhicules de levage. Ruedi Hunger Tout a commencé avec le chargeur frontal. Ensuite, les véhicules de levage issus de l’industrie du bâtiment ont commencé à prendre pied sur le marché, et le développement des véhicules agricoles s’est accéléré grâce à celui des exploitations et des stabulations libres. Aujourd’hui, l’offre est très étendue et (presque) chaque exigence peut trouver sa solution. Cependant, ce véhicule de levage spécifique doit être économiquement viable pour l’exploitation.

Points à clarifier avant un achat Quels sont vos besoins ? Quels travaux le chargeur devra-t-il prendre en charge ? Quelle est la force de levage requise ? L’engin devra-t-il soulever des charges plus lourdes une fois par an, ou régulièrement ? Une réponse sérieuse, indépendante de vos souhaits personnels, doit être donnée 20

Technique Agricole 10 2019

à toutes ces questions. Par exemple, la hauteur de l’épandeur à fumier et de la mélangeuse détermine certes la hauteur de transbordement, mais aussi la largeur de transbordement. De surcroît, la largeur des passages et des portes des bâtiments anciens et des écuries détermine la taille de la machine. Un nouveau véhicule de levage doit également pouvoir desservir au minimum 90% des bâtiments et la proportion du travail réalisable doit avoisiner le même pourcentage. Un véhicule peut être testé pour se faire une idée claire des exigences et de la façon dont elles peuvent être satisfaites. C’est la seule façon de constater ses véritables forces et ses faiblesses.

Penser aux cycles de chargement Le travail avec des véhicules de levage est essentiellement une méthode de trans-

port par phase. La procédure comporte quatre étapes : la prise en charge, le déplacement, le dépôt et le retour à vide. Il en résulte un cycle de chargement permettant de comparer les différents types de véhicules, notamment lors de la récolte de paille, du remplissage de la mélangeuse ou de l’évacuation du fumier. Ce cycle est en outre est influencé par les performances de la pompe hydraulique, la cinématique et le concept de commande du système hydraulique. En revanche, la puissance du moteur n’est pas déterminante.

Véhicules de levage sécurisés Le champ de vision à bord de tout véhicule de levage est souvent très restreint à l’avant à cause du système de levage. Celui d’un chargeur télescopique l’est vers la droite et vers l’arrière et n’est pas à sous-es-


Chargement, levage et transport

Pas vraiment manchot : quand le chargeur compact devient hybride. Photo : Ruedi Hunger

timer. Ces limites créent des « angles morts », c’est-à-dire des zones invisibles à proximité du véhicule. Les nouveaux véhicules de levage disposent d’une alarme qui active automatiquement le système de sécurité et avertit le conducteur visuellement et/ou acoustiquement lorsque la charge de basculement atteint son point critique. Le chargeur a plus de chance de se renverser latéralement lorsqu’il soulève une charge. Même une légère pente ou le franchissement d’une rigole, d’un obstacle, d’un sol meuble ou d’un trou dans la voie peuvent avoir de graves conséquences. La largeur de voie (roues jumelées), la position du centre de gravité et la vitesse sont des facteurs décisifs. Les chargeurs articulés présentent un potentiel de risque plus élevé. Tous les véhicules de levage sont à équiper de dispositifs de protection contre le retournement et contre les chutes d’objets (ROPS et FOPS) et de ceintures de sécurité.

Chargeur frontal Les bras oscillants rigides originels sont devenus des chargeurs frontaux modernes avec commande et surveillance électronique ainsi qu’un design élégant. Les efforts fournis par les fabricants leur ont permis d’atteindre une part de marché élevée. De nos jours, les chargeurs frontaux peuvent être montés et démontés en quelques minutes seulement. La console

La hauteur et la largeur de transbordement sont particulièrement limitées sur les chargeurs de ferme. Photo : Ruedi Hunger

de montage et les points d’appui restent sur le tracteur. Parmi les détails « cachés » récents, on peut citer le guide parallèle mécanique qui est installé dans le bras oscillant résistant à la torsion et le dispositif de guidage du tuyau dans le longeron, ainsi que les bras oscillants en forme de C et la cinématique étroite. La construction plus fine a amélioré la visibilité du conducteur. La commande s’effectue via un joystick avec troisième et quatrième fonction. Grâce au système d’aide à la conduite, le conducteur contrôle pleinement son chargeur frontal. Sa position, son angle et son déplacement peuvent être affichés en option sur un écran dans la cabine du tracteur. Le système comprend en outre une fonction de pesage et un affichage des rappels d’entretien. Le tracteur tirant un chargeur frontal n’a rien à craindre d’une comparaison avec le chariot télescopique. Les mesures de consommation de carburant ont montré une réduction moyenne de 37,9 % de la consommation par cycle de chargement en faveur du chargeur frontal. Une dizaine de fabricants renommés se partagent le marché du chargeur frontal.

Petits et compacts La principale caractéristique du chargeur compact est la direction différentielle de type « panzer ». Les roues latérales sont entraînées par des circuits hydrauliques indépendants fermés. Sur les petits chargeurs compacts, les roues sont reliées par des chaînes à rouleaux. L’inversion s’effectue en agissant sur le flux d’huile. Le moteur et un éventuel contrepoids sont placés à l’arrière. Les petits chargeurs compacts disposent d’une place « debout » à l’arrière pour le conducteur. Ils sont dotés de moteurs essence, diesel ou électriques. Les derniers

suscitent un intérêt croissant. Après tout, un moteur à combustion peut être particulièrement bruyant et odorant lorsqu’il est utilisé dans des étables étroites. L’inconvénient du moteur électrique est la nécessité d’une pause de plusieurs heures lorsque la batterie est vide. La hauteur de levage et, surtout, la hauteur de transbordement sont limitées. Bien que les petits véhicules soient agiles, ils ne peuvent supporter de grandes surcharges. Afin d’éviter un renversement latéral, vers l’avant ou l’arrière, le centre de gravité est fortement abaissé, ce qui implique une faible garde au sol. Les chargeurs compacts sont principalement utilisés à l’intérieur des bâtiments. Ils

Norme de dépollution 5 Le 1er janvier 2019, la nouvelle norme de dépollution 5 est entrée en vigueur dans toute l’Europe. Les seuils plus stricts s’appliquent aux véhicules motorisés de 19 à 37 kW (26 à 50 chevaux). Voici, en bref, la façon dont quelques fabricants de moteurs et de véhicules appliquent cette norme (source : Eilbote 30/2019) : Hatz : propose depuis février 2019 des moteurs avec refroidissement à air et à eau conformes à la norme 5 et respectant la nouvelle directive. Kubota : a répondu aux exigences de la norme 5 et aux législations mondiales en matière d’émissions en développant la série de moteurs « 09 », qui se veut une plateforme mondiale de moteurs. Perkins : tous ses moteurs d’une puissance comprise entre 8,8 et 470 kW respectent la norme de dépollution 5. Différents systèmes de traitement des gaz d’échappement sont requis selon la classe de puissance. Kramer : sa série « 8 » équipée d’un moteur standard est conforme à la norme de dépollution 5. Depuis la fin du mois de mai, certains modèles de la série « 5 » la respectent également. D’autres modèles de cette série sont annoncés pour le quatrième trimestre de l’année 2019. Schäffer : tous les moteurs de moins de 55 kW de sa gamme actuelle respectent la norme de dépollution 5. Thaler : propose pour la première fois avec son modèle « 2438 » un chargeur de la classe de puissance de 2 tonnes environ conforme à la norme de dépollution 5. Weidemann : depuis le 1er janvier 2019, tous les moteurs utilisés par Weidemann dans les classes de puissance de 8 à 56 kW sont conformes à la norme de dépollution 5 (ou aux exigences prévues par la directive de l’Union européenne pour les moteurs de transition).

10 2019 Technique Agricole

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Chargement, levage et transport

conviennent aux travaux de manutention générale dans une moindre mesure. Ils se révèlent particulièrement bien adaptés aux dimensions étroites de bâtiments anciens. Ils pèsent entre 300 et 1500 kilos et sont disponibles avec des moteurs d’au moins 7,5 kW. Si vous avez besoin d’un véhicule pour des travaux de construction et/ou de terrassement, il est conseillé de ne pas opter pour un petit chargeur compact. Ce type de travaux nécessite en effet un véhicule robuste (voir à ce sujet Technique Agricole 10 2017, pp. 30–36).

« Bobcat » et compagnie Le « Bobcat » est l’incarnation d’un chargeur compact plus grand. De construction robuste, il convient bien à l’évacuation du fumier dans les écuries où l’espace est limité. Toutefois, en raison des hauteurs de levage et des largeurs de transbordement limitées, ce type de véhicules peuvent, au mieux, charger les plus petits épandeurs de fumier. C’est dans le domaine des matériaux de construction et des travaux de terrassement qu’ils sont le mieux adaptés. Leur agilité est alors, pour ainsi dire, sans égal. Contrairement à celui du petit chargeur compact, le conducteur du « Bobcat » dispose d’une place assise. Celle-ci est certes étroite et offre une visibilité limitée vers l’arrière, mais elle est homologuée ROPS et FOPS. Généralement le dispositif de chargement est composé de deux bras latéraux, mais un fabricant propose également un chargeur compact équipé d’un monobras. La proximité du moteur peut être assourdissante pour le conducteur. C’est la raison pour laquelle le recours à l’entraînement électrique est de plus en plus pertinent. Outre la célèbre direction par ripage, il existe aussi celle à quatre roues motrices (par exemple, le « Bobcat A770 »). Une demi-douzaine de fabricants proposent des chargeurs compacts.

Aide agricole universelle Le terme « chargeur de ferme » est communément utilisé pour désigner les véhicules de levage de petite ou de moyenne taille utilisés dans une exploitation agricole comme machine « bonne à tout faire ». Avec un chargeur de ferme de taille moyenne, il est possible de charger un épandeur de fumier ou une mélangeuse aux dimensions plutôt petites. Il faut alors veiller à ce que la largeur de transbordement s’élève à un petit 50 centimètres. La force de levage est de une à deux tonnes. Pour la plupart des exploitants optant pour 22

Technique Agricole 10 2019

Les véhicules de levage doivent également être aptes au transport dans l’enceinte de l’exploitation Photo : Weidemann

un chargeur de ferme, sa multifonctionnalité et ses mesures relativement compactes ont pesé dans la balance lors de l’achat. Les petits chargeurs de ferme ne disposent souvent que d’une seule plage de vitesse, ce qui suffit pour une utilisation à l’intérieur des bâtiments. Ceux de taille moyenne et grande disposent de deux plages de vitesses. Une douzaine de fabricants renommés fournissent des chargeurs de ferme de taille moyenne à grande avec des poids effectifs de 1300 à 3300 kilos ou de 12 à 48 kW. Selon le poids choisi, leur largeur varie de 90 à 160 centimètres. De nombreux chargeurs articulés ont été construits depuis leur création. Par conséquent, ce sont les essieux rigides avec arbre d’entrée central et train planétaire qui dominent. La direction articulée

confère au véhicule une bonne maniabilité, mais augmente le risque de renversement. Les mesures de charge de basculement sont effectuées en braquage complet et lorsque le véhicule est en position droite. La différence en faveur de la position droite correspond à près de 30 %. Certains fabricants équipent leur chargeur de ferme d’une direction à quatre roues motrices. En règle générale, on peut choisir entre différents types de direction. La direction à quatre roues motrices élimine les inconvénients de la direction articulée. L’absorption de la charge lors de braquages en butée est plus sécurisée. Les pièces mobiles de l’essieu sont soumises à de fortes charges. Les machines les plus récentes sont disponibles avec une combinaison de directions à quatre roues et articulée.

Terminologie propre aux véhicules de levage Force de levage : doit être égale à la charge utile du chargeur ; généralement mesurée au point d’articulation du godet et exprimée en daN (plus au moins égal au kilo) ; déterminée le plus souvent depuis un point situé à 90 centimètres de l’arrière de l’outil sur une fourche à palettes. Force d’arrachement : déterminée par les vérins de l’outil et la cinématique choisie. Hauteur de levage : mesurée au point d’articulation du godet ; tenir compte du fait que le godet se déplace vers le bas lors du déversement. Hauteur de transbordement : généralement inférieure de 20 à 30 centimètres à la hauteur de levage maximale ; à ne pas confondre avec cette dernière. Hauteur de déversement : mesurée jusqu’au bord inférieur du godet lors du déversement ; peut s’élever selon le godet s’élever à un mètre de moins que la hauteur de levage maximale.

Portée de déversement : distance entre le bord d’attaque du godet et le tracteur (véhicule) lors du déversement. Charge de basculement : atteinte lorsque l’arrière est soulevé du sol à cause d’une force de levage ou de charge trop grande. Angle de cavage : mesure du cavage du godet par rapport à l’horizontale. Angles de chargement et de déversement : mesurés dans les positions de basculement les plus basses et les plus hautes. Guidage parallèle : déplacement (changement) de la charge au fur et à mesure de l’augmentation de la hauteur de levage. Profondeur de creusage : mesure de la profondeur creusée par le godet par rapport au niveau du sol. Charge sur l’essieu avant : peut être considérable et dépasse souvent la limite autorisée ; charge et distance entre son centre de gravité et l’essieu avant déterminantes.


Chargement, levage et transport

Quand les exigences augmentent Le chargeur sur roues est l’intermédiaire entre les chargeurs de ferme et télescopique. Il est équipé d’un moteur allant jusqu’à 100 kW. Les grands modèles ont un poids effectif variant entre 3 et 10 tonnes. Même s’ils ont dépassé la taille du chargeur de ferme, ils ont pu conserver leur maniabilité grâce à la direction articulée (ou à quatre roues motrices). L’espace conducteur est disponible avec différents équipements. Ils sont dotés d’une cabine fermée, en sus d’une protection du conducteur efficace homologuée ROPS/ FOPS. Le poste de travail amortit les vibrations et la colonne de direction avec volant est réglable. Le chargeur sur roues se distingue également du chargeur de ferme par sa cabine très confortable. La commande s’effectue via un joystick doté de la troisième et quatrième fonction. Les chargeurs sur roues existent avec la cinématique en Z ou en PZ. Les plus grands d’entre eux atteignent une largeur de près de deux mètres.

Chargeurs télescopiques sur roues Le chargeur télescopique sur roues combine les atouts des chargeurs télescopique et sur roues. Le concept repose sur la direction articulée ou celle à quatre roues motrices. Un bras télescopique imposant est installé en position centrale, au lieu du bras oscillant habituel. Un ou deux éléments télescopiques extensibles hydrauliquement, en tube profilé de section carrée, sont actionnés avec des vérins hydrauliques internes ou externes. Les vérins hydrauliques sont adaptés à la taille de la machine. Sur le dernier élément coulissant, un « col de cygne » assure une bonne largeur de transbordement et de renversement. Le chargeur télescopique sur roues offre la vue d’ensemble et l’agilité d’un chargeur sur roues classique. Afin de ré-

duire le risque de renversement, il dispose d’une hauteur de levage et d’une largeur de transbordement inférieures à celles du chargeur télescopique de même poids. Quiconque a souvent besoin, en plus du travail agricole habituel tel que l’évacuation du fumier, d’empiler des balles, des paloxes ou des caisses, peut compter sur le chargeur télescopique sur roues. Il atteint des hauteurs de transbordement s’élevant à un mètre de plus que celles du chargeur sur roues classique avec bras oscillant.

Loin et haut : appelez le spécialiste Les chargeurs télescopiques ont vite « émigré » du secteur de la construction à celui de l’agriculture, où ils s’y sont imposés ces dernières années. Compte tenu de leur petite taille, ils peuvent soulever des poids moins lourds et leur portée est plus courte. Ils sont cependant très maniables et flexibles, et peuvent facilement remplacer le chargeur de ferme. Leur rayon d’action est suffisant pour de nombreuses exploitations. La direction à quatre roues permet au chargeur télescopique d’être mobile. Plus la distance entre la charge et le véhicule augmente, plus la charge de basculement diminue. Des signaux acoustiques et visuels sont activés, à côté des systèmes de sécurité automatiques. La position habituelle du siège sur le côté ou sur la gauche limite la visibilité vers la droite et vers l’arrière. Le conducteur dispose toutefois d’une visibilité illimitée vers l’avant et voit parfaitement la charge. Malgré le point de fixation de l’attelage et le trois-points hydraulique arrière, un chargeur télescopique ne peut pas remplacer tout à fait le tracteur, parce qu’il est conçu pour soulever des charges et non pour les tracter.

Élévateur à fourches Les élévateurs à fourches sont conçus surtout pour les exploitations de cultures spé-

ciales. Ils disposent d’un mât de levage placé près de l’essieu avant. Un contrepoids à l’arrière (moteur et poids supplémentaire) assure sa stabilité. Les élévateurs ont vite été équipés de moteurs électriques, ceux à combustion comptant déjà parmi les exceptions. Les élévateurs électriques modernes ont une autonomie de dix heures (une journée de travail), la batterie doit ensuite être mise en charge. L’entraînement se fait par l’essieu avant. Les essieux sont non suspendus. Des pneus à bandage synthétique sont utilisés en plus des classiques. Les chariots élévateurs sont généralement équipés d’une direction hydrostatique sur l’essieu arrière. Une direction de type pivot est habituelle sur l’élévateur à trois roues. Une force de levage entre 1000 et 5000 kilos suffit le plus souvent pour les élévateurs utilisés dans l’agriculture.

En première ligne Le chargeur peut être frontal, de ferme, sur roues ou télescopique. Les fournisseurs exaucent presque chaque vœu, en le déclinant en une infinité de variantes. En plus des nombreux modèles de fourches à palettes, il existe quantité de fourches ou de godets à fumier avec un grappin hydraulique ou un dispositif de prélèvement de l’ensilage. Le chargement de balles également peut être effectué par des dispositifs déclinés en de multiples versions. Une norme européenne a été instaurée pour les points d’appui, afin de rendre compatibles les engins des différentes marques. Cette normalisation n’a cependant pas encore été adoptée partout. Si ce n’est pas le cas, on peut avoir recours à un adaptateur. Le chargeur peut parfois être verrouillé en appuyant sur un bouton dans la cabine. Certains fabricants proposent sur demande un poids arrière adapté aux tracteurs avec chargeur frontal.

Conclusion

Les chargeurs télescopiques sont inégalables lorsqu’il s’agit d’atteindre des balles éloignées. Photo : Ruedi Hunger

Il n’y a pas d’étable trop grande ou trop biscornue, pas de plateforme ou tas de balles trop élevé. Il existe un véhicule adapté à tous les besoins. Véhicules polyvalents, hybrides, spécialisés : les frontières entre les types s’estompent. Le chargeur télescopique sur roues en est un bon exemple, en cumulant les avantages des chargeurs sur roues et télescopique. Le responsable de l’exploitation est confronté au fait que ces véhicules sont souvent sous-utilisés malgré leur aide précieuse. Il doit alors peser le pour et le contre avant de prendre une décision. L’embarras du choix persiste donc 10 2019 Technique Agricole

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Les quatre véhicules UTV testés sont représentés ci-dessus de gauche à droite : le Corvus « Terrain DX4Pro », le John Deere « Gator XUV 865M », le Kawasaki « Mule Pro DX » et le Kubota « RTV X1110 ». Photos : Martin Abderhalden

A quoi servent les petits utilitaires agiles ? Technique Agricole a soumis à un test comparatif des véhicules UTV des quatre marques John Deere, Kawasaki, Kubota et Corvus. Leur adaptation au domaine agricole a fait l’objet d’un examen approfondi. Martin Abderhalden* et Roman Engeler

Les exploitations agricoles, les communes ou les établissements horticoles utilisent de plus en plus d’UTV. Ces véhicules utilitaires, ou UTV, acronyme du terme anglais utility task vehicle, sont aussi appelés véhicules side-by-side. Ils disposent en effet de deux sièges côteà-côte, ce qui les distingue des quads, ou ATV, abréviation de la désignation anglaise all terrain vehicle, où les passagers se placent l’un derrière l’autre. Le port d’un casque n’est dès lors plus obligatoire pour les UTV. Ces véhicules ma-

*Martin Abderhalden est agriculteur et teste régulièrement des machines et des engins pour Technique Agricole.

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Technique Agricole 10 2019

niables et pratiques, montés sur châssis tout-terrain, se sont répandus d’abord à l’étranger, puis dans les exploitations suisses. Leur prix est assez élevé, mais ils peuvent être équipés d’une demi-cabine ou d’une cabine complète et d’une plate-forme de chargement. Les charges utiles et remorquables s’avèrent très intéressantes. Leur utilisation va de la ferme et des champs à l’agriculture de montagne, en passant par la sylviculture, où leur capacité à évoluer en terrains difficiles les rend précieux. Leur construction légère et leur faible poids propre leur permet de ménager le sol. Ils sont polyvalents, y compris dans les communes, grâce à la possibilité d’atteler divers outils.

Moteur diesel idéal Les modèles testés sont mus par des moteurs diesel de puissances équivalentes, dans une fourchette de 23 à 25 chevaux. Par rapport à un moteur à essence, un diesel offre pour l’agriculture les avantages d’un bon couple et du ravitaillement en carburant disponible à la ferme. Il consomme aussi moins. Sur tous les modèles, le moteur était installé devant ou au milieu de l’essieu arrière. Cela induit un centre de gravité bas, moins d’émissions sonores dans la zone du conducteur, ainsi qu’un meilleur accès aux points d’entretien. Ce n’est en effet que lorsque ceux-ci sont facilement accessibles et pratiques que les travaux de maintenance nécessaires s’effectuent correctement.


Chargement, levage et transport

Suspension indépendante Tous les véhicules de l’essai disposaient d’une suspension à roues indépendantes, indispensable pour une adaptation optimale au terrain. Grâce à des ressorts robustes, la plupart étant aussi réglables en précontrainte et amortis hydrauliquement; on obtient ainsi un excellent confort même en terrain accidenté. Le grand débattement des ressorts nécessite cependant beaucoup d’espace dans les passages de roue. Une protection du bas de caisse en plastique ou en métal résistant aux chocs est recommandée pour un UTV : plus la vitesse de conduite est élevée, plus le risque de dommages dus aux projections de pierres est important. Les modèles étaient tous dotés d’un dispositif de blocage du différentiel de l’essieu arrière, mais pas de différentiel avant autobloquant. Un tel différentiel améliore automatiquement l’adhérence du véhicule en cas de besoin et se révèle très utile dans le terrain, lorsque les limites sont atteintes.

ture des poulies variables et le transfert à la transmission mécanique. La conception simple et la facilité d’entretien s’avèrent avantageuses. De lourdes charges et des changements de direction fréquents exercent cependant un effet négatif. Dans ces cas-là, l’hydrostat se révèle meilleur, car il permet une conduite plus fine. Sa conception plus compliquée renchérit ce variateur et nécessite davantage d’entretien. Le dispositif de changement de vitesses était rarement adéquat et ne permettait pas d’éviter les changements de vitesses accidentels ou le passage fortuit à la vitesse supérieure. Sinon, rouler avec un UTV est facile : mettre la vitesse, relâcher le frein, accélérer et le tour est joué. La vitesse se réduit en relâchant la pédale d’accélérateur. Le variateur à courroie trapézoïdale nécessite d’actionner la pédale de frein pour ralentir, contrairement à l’entraînement hydrostatique, qui le fait automatiquement, et dont le frein n’est pas souvent utilisé.

Variateur à courroie ou hydrostat

Charges utile et remorquable

L’entraînement le plus courant des modèles testés était le variateur en continu à courroie trapézoïdale. Le rapport souhaité s’obtient par la fermeture ou l’ouver-

Les quatre véhicules ont des charges utiles similaires très correctes de 450 à 500  kilos. Ils bénéficient en outre de bonnes possibilités d’arrimage sur le pont

de chargement, ainsi que d’un dispositif de basculement simple mais performant. La charge remorquable varie de 590 à 900  kilos. Plus elle est élevée, mieux ça vaut. Les compartiments de rangement sont en suffisance. Les prévoir grands, verrouillables et étanches est préconisé surtout pour l’utilisation à l’extérieur, où le véhicule est exposé aux intempéries.

Cabine confortable Les exigences à satisfaire d’une cabine diminuent si l’UTV n’est utilisé que pour une courte durée. S’il l’est pour de longs trajets, il vaut mieux opter pour une cabine fermée munie d’un chauffage et d’une climatisation. Des fenêtres ouvrantes permettent en outre de fournir de l’air frais. Le siège du conducteur et un volant réglables permettent une adaptation rapide au conducteur. La couleur du revêtement du siège joue aussi un rôle. Si elle est sombre, le siège chauffe au soleil, et s’y asseoir en short est désagréable. La présence de trois personnes dans le véhicule s’avère certes pratique si l’on dispose d’un espace suffisant, mais elle n’est pas autorisée sur les voies publiques suisses pour des raisons légales.

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Chargement, levage et transport

Pneumatiques Les variantes de monte pneumatique peuvent être choisies en fonction des besoins. Les pneus tout-terrain ou tout-terrain extrême sont recommandés pour les champs. Ils conviennent presque toujours, même sur la route. A noter quand même que les crampons font davantage de bruit que les pneus de route au profil plus fin. La diversité des produits est restreinte par

la charge admissible et les dimensions à considérer. En règle générale, il existe des pneus adaptés à la route, à la prairie ou au tout-terrain. L’offre est toutefois limitée, avec des prix relativement élevés par rapport aux pneus de tracteurs !

Les épreuves de test Pour l’essai comparatif, les véhicules ont été évalués aux champs, à la ferme et sur

la route. En outre, la maniabilité, le confort, l’équipement et la finition, ainsi que la facilité d’entretien et le rapport qualité/prix ont été jugés selon un système de points allant de 1 (minimum) à 8 (maximum). Les résultats sont résumés dans le tableau ci-dessous. Les spécificités des candidats sont présentées dans les pages suivantes.

Caractéristiques techniques des modèles testés Corvus « Terrain DX 4Pro »

John Deere « Gator XUV 865M »

Kawasaki « Mule Pro-DX »

Kubota « RTV X1110 »

Moteur

Diesel Yanmar, 3 cylindres, 993 cm3, 24 ch, 3600 tr/min, refroidi à l’eau

Diesel Yanmar, 3 cylindres, 854 cm3, 22,8 ch, 3400 tr/min, refroidi à l’eaut

Diesel Yanmar, 3 cylindres, Diesel Kubota, 3 cylindres, 993 ccm, 24 ch, 3600 tr/min, 1123 cm3, 25 ch, refroidi à l’eau 3000 tr/min, refroidi à l’eau

Entraînement

Transmission automatique CVT, 2 plages de vitesses

Transmission automatique CVT, 2 plages de vitesses

Transmission automatique CVT, 2 plages de vitesses

Essieux

Suspension à roues indépendantes réglable

Suspension à roues indépenSuspension à roues indédantes réglable, différentiel aupendantes tobloquant à l’avant

Système de freinage

Freins à disques à l’avant et Freins à disques à l’avant et à à l’arrière l’arrière

Freins multidisques à laFreins à disques à l’avant et melles intérieures, à bain à l’arrière d’huile

Charge utile du pont Charge remorquable Vitesse maximale Poids à vide

450 kg 907 kg 60 km/h 785 kg

454 kg 907 kg 52 km/h 1011 kg

453 kg 907 kg 40 km/h 828 kg

500 kg 590 kg 40 km/h 1147 kg

Dimensions L × l × h

335×164×195 cm

324×176×196 cm

340×164×191 cm

314×160×199 cm (avec système hydraulique)

Empattement

223 cm

214 cm

233 cm

203 cm

Transmission hydrostatique VHT-X, 2 plages de vitesses Suspension à roues indépendantes réglable, différentiel autobloquant à l’avant

Garde au sol

28,5 cm

26,5 cm

22,5 cm

26 cm (17,5 cm avec système hydraulique avant)

Surface de charge L × l × h Rayon de braquage Pneus avant Pneus arrière

120×134×30 cm 648 cm 26×9.00-14 26×11.0-14

114×130×32 cm 398 cm 25×9.00-11 25×11.00-12

138×136×29 cm 544 cm 26×9,00-14 26×11.00-14

104×147×29 cm 510 cm 25×10.00-12 25×10.00-12

Volume sonore perçu par le conducteur (à l’arrêt/en roulant)

78/93 dB

64/84 dB

78/90 dB

76/85 dB

Prix du modèle testé (hors TVA)

CHF 24 596.–

CHF 37 000.–

CHF 26 690.–

CHF 33 965.–

Prix de l’équipement de base (hors TVA)

CHF 23 900.–

CHF 33 000.–

CHF 20 972.–

CHF 27 230.–

Evaluation

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Conduite sur la route

7

8

6

8

Conduite sur le terrain Maniabilité

8 5

8 8

7 5

8 7

Charge utile et poids remorquable

6

7

5

6

Plate-forme de chargement

7

7

6

8

Cabine Confort du siège

5 6

8 6

5 4

5 7

Espaces de rangement

8

7

4

5

Facilité d’entretien

6

6

6

8

Rapport qualité/prix Distributeur

7

6

8

6

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Technique Agricole 10 2019


Chargement, levage et transport

Le Kubota « RTV X1110 » est muni d’une benne basculante hydraulique. Le châssis est renforcé à l’avant avec l’hydraulique trois-points. La cabine fermée offre un poste de travail agréable.

Bête de somme à transmission hydrostatique Le Kubota « RTV X1110 » est le seul modèle testé à entraînement hydrostatique. Le moteur à trois cylindres, refroidi par eau et d’une cylindrée de 1123 cm3, délivre 25 chevaux. De nombreux détails, tels le châssis renforcé avec l’hydraulique trois-points à l’avant, la soupape double effet et la direction hydrostatique, font du « RTV » une véritable bête de somme. Les amortisseurs avant et arrière sont réglables. Une protection de bas de caisse standard offre une protection fiable contre les projections de pierres. Il a vite été constaté que les pneus à crampons spéciaux prélèvent les petites pierres des chemins blancs et les libèrent ensuite sur la route lorsque le véhicule roule plus vite. La construction plutôt compacte du Kubota le rend assez maniable. L’entraînement hydrostatique a fait une excellente

impression. Le véhicule est facile à conduire, répond rapidement et autorise aussi des manœuvres en finesse. Il est à ce point de vue le meilleur de tous les candidats. Le freinage dynamique, spécial, fonctionne bien en descente ou lors de manœuvres. En relâchant le pied de la pédale d’accélérateur, le véhicule freine automatiquement. Son entraînement est adapté en finesse. Robuste, il devrait bien convenir au le secteur communal. Le dispositif de changement de vitesses, avec arrêts pour les différents rapports, a été très apprécié. Ainsi, même les conducteurs inexpérimentés ne peuvent pas se tromper accidentellement de rapports.

Basculement hydraulique La benne basculante hydraulique standard offre une charge utile de 500 kilos. Elle pourrait être un peu plus longue, mais s’est avérée pratique et confortable. La charge remorquable se limite à 500 kilos. La large cabine complètement fermée, équipée d’une ventilation et d’un chauffage performants. Elle intègre un poste de conduite plaisant doté en outre d’un volant inclinable. Offrant un bon maintien, les sièges confortables peuvent également s’ajuster. Malheureusement, les

compartiments prévus pour le rangement du matériel courant sont réduits à portion congrue. Seul le pare-brise peut être ouvert, ce qui ne suffit pas en période de chaleur estivale. Les clés séparées pour les serrures des portes nécessitent une certaine habitude. En revanche, la facilité d’entretien est exceptionnelle, car tous les points de maintenance peuvent être atteints sans outils.

Conclusion Le Kubota « RTV X1110 » est une vraie bête de somme. L’entraînement hydrostatique puissant, robuste, mais aussi sensible, supporte de fortes contraintes. Une magnifique cabine spacieuse complète l’ensemble. La facilité d’entretien remarquable compense la faible charge remorquable.

Appréciation brève - Benne de chargement courte - Pare-brise avant seul ouvrable - Peu d’espaces de rangement + Conduite fine + Bonne adaptation aux travaux communaux + Benne basculante hydraulique

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Chargement, levage et transport

Le Kawasaki « Mule Pro DX » est pourvu d’une banquette d’un seul tenant. La benne basculant manuellement est très spacieuse.

Multitalent simple et bon marché Le Kawasaki « Mule Pro DX » a une apparence quelque peu différente. Son moteur à trois cylindres de 24 chevaux et 993 cm3 refroidi par eau, offre un bon couple et permet une progression rapide du véhicule. La vitesse maximale est limitée à 30 km/h (40 km/h en option). Un confort de conduite et une sécurité de bonne qualité sont favorisés par les très pratiques levier de vitesse et frein à main. Les pneus de 26 pouces à gros profil assurent une excellente adhérence. Les protections latérales abritent les points d’entretien principaux de l’huile moteur, la batterie et du filtre à air. Les filtres à carburant se trouvent sous le siège et facilement accessibles. Le châssis et la suspension souple demandent un temps d’adaptation, surtout

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Technique Agricole 10 2019

dans les virages. Le Kawasaki « Mule Pro DX » a tendance à pencher, mais les irrégularités du terrain sont bien compensées. Il est équipé d’une protection de bas de caisse sur toute sa longueur, empêchant la saleté et les débris de s’y coincer. L’habitacle est simple et fonctionnel, mais parfaitement adapté à une utilisation universelle à la ferme et dans les champs. Un volant petit mais maniable offre une direction confortable et directe.

Un immense compartiment situé sous le siège pourrait être utilisé pour le rangement (mais ne l’a pas été lors du test). La faible hauteur de l’accès, de 34 cm mesurés depuis le sol, est idéale. La benne de chargement basculant manuellement est immense, robuste et munie d’un fond en tôle striée. Cependant, les verrous placés latéralement s’avèrent peu pratiques. La charge utile de 450 kilos convient bien. Une suspension arrière plus ferme ou réglable serait idéale pour améliorer la garde au sol.

Vaste surface de chargement La grande banquette offre trois places, mais seules deux personnes sont autorisées à s’y assoir lors des trajets sur route. La surface foncée chauffe lorsqu’elle est exposée au soleil. Le marchepied plat se révèle pratique pour le travail à l’étable et aux champs. Sinon très fonctionnelle, la cabine a pour inconvénient son accès plutôt étroit et ses portes non démontables. On tape souvent les bords avec de gros souliers en restant parfois coincé. Plusieurs casiers de rangement et porte-gobelets ménagent de l’espace en suffisance. Un écran bien lisible affiche les principales informations. La hauteur du volant est réglable, alors que les sièges sont fixes.

Conclusion Le Kawasaki « Mule Pro DX » est le modèle testé le plus avantageux. Ce multitalent, adapté aussi bien à l’étable qu’aux champs, est doté d’une benne de chargement spacieuse et d’une cabine simple, mais fonctionnelle

Appréciation brève - Verrous de la benne basculante - Banquette non réglable - Accès étroit + Benne généreuse + Banquette d’un seul tenant + Accès bas


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Le John Deere « Gator XUV 865M » s’est révélé être un véhicule très manœuvrable doté d’une cabine parfaitement équipée.

Polyvalent commode Le « Gator XUV 865M » de John Deere est équipé d’une cabine entièrement repensée et volumineuse avec une vitesse maximale de 60 km/h. Il bénéficie en outre d’un moteur Yanmar à trois cylindres, refroidi par eau, d’une cylindrée de 854 cm3 et d’une puissance de 22,9 chevaux. La transmission CVT assure un passage aisé des vitesses, mais n’a pas de porte de changement. La suspension indépendante robuste et forgée et le châssis conviennent bien à un usage quotidien. Même avec une charge utile de 450 kg, le « Gator » peut être conduit rapidement et en toute sécurité sur et hors route. Les ressorts réglables sont parfaitement adaptés au véhicule. Le différentiel autobloquant sur l’essieu avant assure une bonne traction hors route. Avec un rayon de braquage de près de 4 m, il était le

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Technique Agricole 10 2019

plus maniable lors de l’essai. Toutefois, les pneus devraient être un peu plus gros par rapport au véhicule.

Cabine confortable L’habitacle très plaisant comporte quantité d’étagères et de compartiments de rangement, dans le tableau de bord, sous le siège passager et dans les portes. Le chauffage et la ventilation garantissent une bonne visibilité même par mauvais temps. Le siège du conducteur et le volant se règlent facilement, tandis que le siège passager biplace en Suisse n’est autorisé qu’en monoplace sur la voie publique. Le pare-brise avant et les vitres latérales peuvent s’ouvrir. Il faut s’habituer à la version américaine du frein à main fonctionnant comme une pédale combinée à un cran. Mais l’effet de freinage est bon. L’utilisation de la pédale d’accélérateur est épuisante, probablement davantage encore lors de longs trajets. La ceinture de sécurité munie d’un capteur sur la boucle est trop serrée. Un écran facile à lire affiche les informations sur l’état de fonctionnement et les éventuels messages d’erreur. Les éléments de commande sont disposés de manière pratique. Le levier de changement de vitesses sans porte et la serrure à l’arrière peuvent être changés à

l’aide d’un levier situé à côté du volant à inclinaison réglable. Un pont de chargement basculant électro-hydraulique confortable d’une charge utile de 454 kilos est bien dimensionné et peut être ouvert rapidement grâce au verrouillage central du chargement arrière. La facilité d’entretien serait meilleure si les filtres à huile et diesel étaient plus accessibles. Cependant, la finition de l’ensemble du véhicule et du train d’atterrissage est de grande qualité.

Conclusion Le « Gator » se faufile partout et peut être utilisé de manière universelle grâce à sa maniabilité. Le confort de la cabine se reflète dans le prix d’achat de catégorie supérieure. Il permet toutefois de bien gérer les journées de travail interminables et les longs trajets.

Appréciation brève - Frein de stationnement peu pratique - Roues un peu petites - Ceinture de sécurité trop serrée + Cabine confortable + Grande maniabilité + Espaces de rangement larges


Chargement, levage et transport

Le Corvus « Terrain DX4 Pro » dispose de nombreux et de larges espaces de rangement malgré une cabine simple. Le pont de chargement est inclinable manuellement.

Sportif procurant du plaisir Le Corvus « Terrain DX4Pro » s’est révélé assez sportif lors du test. Son apparence attrayante est motivante pour explorer ce qui est possible hors route. L’amusement est dès lors préprogrammé. D’une prise d’air au sommet du longeron de la cabine, le moteur Yanmar à trois cylindres refroidi à l’eau, de 24 chevaux de puissance et de 993 cm3 de cylindrée est « vraiment cool ». Le châssis réglable, avec sa course de suspension importante et sa grande garde au sol, montre bien qu’il peut être conduit rapidement. Le Corvus apporte une vitesse rapide de 60 km/h à l’indicateur de vitesse. Pendant l’accélération, il sonne comme une voiture de rallye avec les 93 décibels mesurés à l’oreille du conducteur. Ce qui est un facteur de plaisir pour

certains, peut être un peu rébarbatif pour d’autres dans l’utilisation quotidienne. Le passage des vitesses se fait en douceur, mais il n’y a pas de paysage. Les généreux freins à disques à l’avant et à l’arrière assurent la sécurité à grande vitesse. La direction est sans support et fonctionne directement, malgré que le volant souple et pliable donne une sensation quelque peu spongieuse lors de la conduite.

est équipée tout autour d’œillets d’arrimage et peut être facilement vidée et nettoyée grâce à sa surface métallique sans revêtement antidérapant. La charge utile de 450 kilos est bonne sur le Carcobox. Une charge remorquable de 970 kilos permet de traîner une remorque de belle taille avec du matériel. La plupart des points de service qui sont très facilement accessibles sous la plateforme.

Vastes espaces de rangement

Conclusion

La cabine sans portes reste simple. Un indicateur de vitesse LCD affiche toutes les informations importantes. Les deux sièges sont solides et faciles à régler. Distribués dans l’ensemble du véhicule, les six compartiments de rangement généreux et à l’épreuve des éclaboussures, sont remarquables. Il y a de la place pour d’innombrables ustensiles qui restent secs. Ceci est indispensable sans les portes, livrées sur commande, la pluie risquant de mouiller un peu l’intérieur. Une ventilation avec chauffage est installée d’usine et un climatiseur est disponible en option dans le catalogue d’accessoires. Assez massive, la plate-forme de chargement est inclinable manuellement et déverrouillée du côté du conducteur. Elle

Le Corvus « Terrain D×4Pro » offre beaucoup de plaisir, un grand espace de rangement et une cabine simple pourvue de tout le nécessaire. Malgré sa touche sportive, le Corvus convient également au travail agricole quotidien. Le pont de chargement massif et l’équipement pratique y contribuent largement.

Appréciation brève - Grand rayon de braquage - Moteur bruyant - Volant souple + Espaces de rangement larges + Sportivité et grand potentiel de « fun » + Pont de chargement robuste

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Chargement, levage et transport

Pour le « KL 25.5e », Kramer mise sur des batteries plomb-feutre. La capacité de cette batterie AGM (acronyme du terme anglais absorbent glass mat signifiant « nappe non tissée absorbante ») est de 416 ampères-heures. Photo : Roman Engeler

Technologie de stockage d’avenir Bien que la technologie des batteries lithium-ion ne soit pas encore la norme dans le domaine des équipements agricoles électriques, elle est recommandée pour de nombreuses applications. Ruedi Hunger Les batteries lithium-ion (ci-après dénommées Li-ion) sont des batteries rechargeables adaptées à l’électromobilité. Par rapport aux batteries au plomb-acide, elles ont un faible poids spécifique, mais aussi une grande densité d’énergie et sont idéales pour une utilisation continue. Ces systèmes n’ont aucun effet mémoire et donc aucune chute de tension.

Chimie cellulaire Il n’existe pas qu’une batterie Li-ion. Liion est un terme générique, c’est la chimie cellulaire qui compte. Comme le moteur à combustion peut être diesel ou essence, les batteries Li-ion se déclinent en différentes «  chimies cellulaires ». Les exigences des clients déterminent celles qui sont privilégiées. Les batterie sont assemblées de manière modulaire. Les chimies cellulaires sui32

Technique Agricole 10 2019

vantes sont envisagées pour les applications agricoles : • Lithium fer phosphate (LFP) : la tension nominale de cellule se situe entre 3,2 et 3,3 volts. Près de 4000 cycles de charge jusqu’à 80% DoD (de depth of discharge ou capacité de stockage en pourcentage de la capacité nominale) sont possibles. Ces batteries ont une grande tolérance à la température extérieure (de moins 20 à plus 55 degrés Celsius) et une densité d’énergie élevée (125 watts par kilo). Le taux de terres rares est faible. • Nickel manganèse cobalt (NMC) : tension nominale de cellule de 3,6 à 3,7 volts. Ces batteries ont une résistance élevée de 6000 cycles de charge à 80% DoD au minimum. La plage de température extérieure se situe entre moins 30 et plus 60 degrés, la densité d’énergie entre 136 et 230 watts par kilo.

• Lithium titanate (LTO) : tension de cellule de 2,3 volts. Ces batteries ont la résistance au cyclage la plus élevée, atteignant 30’000 cycles à 80% DoD. Elles bénéficient d’une grande sécurité et d’une large plage de température de moins 30 à plus 55 degrés. La densité d’énergie est de 96 watts par kilo.

Types de cellules Les systèmes de batterie sont composés de cellules Li-ion assemblées selon une philosophie de kit de construction particulière. Ci-dessous sont présentés les formats de cellule utilisés dans le processus de production : • Le format des cellules cylindriques est normalisé avec une enveloppe métallique le plus souvent massive dans laquelle les couches actives sont enroulées autour de l’électrode intérieure.


Chargement, levage et transport

Schäffer entretient une collaboration étroite avec Voltabox et utilise dès lors la technologie Li-ion. Photo : Landwirt

• Les cellules « poches » sont constituées de couches actives empilées ou pliées sont enveloppées d’un film extérieur flexible en aluminium. Elles ont en général différentes chimies de cellules. • Les cellules prismatiques, également appelées cellules plates, ont un boîtier rigide et métallique de forme cubique. Leur grande surface permet une bonne dissipation de la chaleur. Elles sont disponibles avec les chimies de batterie courantes LFP, NMC et LTO.

Système de gestion des batteries Des systèmes de gestion des batteries sont nécessaires pour que les dispositifs à haute performance assurent une puissance maximale tout au long de leur durée de vie, Ils surveillent toutes les informations à partir du premier « tour de clé ». Des données telles que la charge, les états de charge, les quantités d’énergie liées, le nombre de pics, les cycles de charge ou la température sont enregistrées pour pouvoir être lues et évaluées ultérieurement. Les systèmes de gestion des batteries régulent en outre de façon autonome la puissance de sortie possible en dialoguant avec une commande de batterie et de véhicule amont. Ils ont partiellement enregistré des algorithmes de commande et de régulation qui garantissent une optimisation automatique du dispositif. Ces systèmes ont progressé tellement rapidement que l’on parle déjà de la génération 4.0.

Le Li-ion a deux vies Les batteries Li-ion ne nécessitent pas d’entretien. La température optimale d’utilisation se situe entre 0 et 40 degrés Celsius. Elle ne doit pas être inférieure à zéro degré pendant le chargement. La limite supérieure est de 40 à 45 degrés et le système de gestion des batteries s’éteint à 60 degrés et bloque le chargement. Lors de

températures extérieures à cette plage, il y a un refroidissement actif, ainsi qu’un chauffage. La puissance et le vieillissement d’une cellule Li-ion dépendent fortement de la température. Si celle-ci est trop élevée (à partir de 60 degrés), cela entraîne la dégradation (destruction) du matériel. Les températures basses nuisent en revanche à la circulation du courant. Une batterie Li-ion commence sa vie au moment de la livraison (begin of life, BoL) et la termine lorsqu’elle est irrémédiablement usée (end of life, EoL). Un long intervalle sépare ces deux moments. Une batterie Li-ion doit être remplacée pour la première utilisation quand elle atteint 80% DoD. Cependant, elle n’est pas simplement cassée ; elle revient en arrière et peut être réutilisée pour le stockage stationnaire dans des « concepts de seconde vie  » pendant encore quelques années avant d’être recyclée. Selon la chimie cellulaire, les matériaux des batteries Li-ion peuvent être recyclés presque à 100%.

Révolution sur le marché Selon Voltabox, un fournisseur de systèmes pour l’électromobilité, le marché des batteries de traction pour chariots élévateurs vit actuellement une véritable révolution. Les systèmes modernes à base Li-ion sont de plus en plus utilisés à la place des batteries au plomb-acide. Ils permettent d’analyser précisément les données opérationnelles, contrairement à ces dernières. De cette manière, les tgestionnaires de flottes ont un aperçu de l’état des batteries et connaissent les dates d’entretien ou de remplacement d’un système. En outre, la considération de la durée de vie de la technologie Li-ion par l’utilisateur conduit à des économies. Selon les prévisions, la proportion de sys-

Comparaison entre les systèmes de batterie et les cycles de vie Systèmes de batteries

Nombre de cycles de vie

Batterie au plomb-acide

500/600

Batterie au plomb-gel Batterie Li-Ion - NMC - LFP - LTO

1000 2000/3000 2000/3000 3000/4000 20 000/25 000

tèmes lithium-ion vendus augmentera pour atteindre deux tiers des batteries vendues dans le monde entier.

Logiciel indispensable À l’avenir, les systèmes de gestion de flotte et l’intelligence artificielle marqueront le parc de chariots élévateurs à fourche en tant que solutions innovantes. Ils permettent surveiller et de gérer les véhicules de manutention en temps réel. Voltabox coopère par exemple avec la filiale spécialisée en logiciels « ForkOn ». Une telle collaboration est la condition préalable à l’interconnexion du logiciel flexible avec les systèmes de batterie. Une analyse détaillée des données opérationnelles et leur transmission dans le système de gestion d’une flotte permettent d’effectuer un entretien précoce des véhicules ou de les remplacer.

Conclusion Pour l’instant, l’avenir appartient à la technologie Li-ion. Dans un avenir proche, les agriculteurs devront de plus en plus s’intéresser à la technologie des batteries, à côté des moteurs essence et diesel. Les batteries Li-ion peuvent se présenter sous la forme de chimies cellulaires totalement différentes

Fabricants, modèles et technologies de batterie

Avant « e5 » Avant « e6 »

Batterie au plomb-acide Batterie Li-Ion

Fendt « e100 Vario »

Batterie Li-Ion

Kramer « KL 25.5e »

AGM (absorbent glass mat), accumulateur au plomb-feutre

Linde « E-Stapler »

Batterie Li-Ion

MultiOne « EZ-7 »

Batterie au plomb-acide, du terme anglais lead-acid battery

Schäffer « 23e »

Batterie Li-Ion-NMC

Sherpa « 100 eco »

« Batterie de traction »

Siloking « eSilokamm 4200 » et « e.0 eTruck 1408 »

Accumulateur au plomb-acide

Weidemann «1160 eHoftrac»

AGM. absorbent glass mat, ou batterie plomb-feutre

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Chargement, levage et transport

Jenny Kollmar et Markus Furrer respectivement responsables du secrétariat et du dépôt de l’association « Region Maloja » sont convaincus que le chargeur télescopique est le véhicule idéal. Photos : Ruedi Hunger

Chargeur pour les travaux télescopiques L’association « Region Maloja » gère les déchets de la Haute-Engadine et du Val Bregaglia aux Grisons. Dans la station de transfert de Samedan, elle les charge sur des wagons des Chemins de fer rhétiques qui les transportent jusqu’à l’usine d’incinération de Niederurnen. Technique Agricole a rencontré sur place Jenny Kollmar et Markus Furrer, respectivement responsables du secrétariat et du dépôt. Ruedi Hunger Technique Agricole : Quelle quantité de déchets la station de transfert de Samedan gère-t-elle chaque année ? Jenny Kollmar : Cela représente environ 4500 tonnes de papier, carton et verre par an. Les ordures ménagères des douze communes sont livrées, puis pressées en balles et chargées sur les wagons avec le pont roulant de la station. Les quantités varient selon la saison, en fonction du nombre de touristes présents dans la région. Les quantités maximales sont livrées entre Noël et le Nouvel An. Il peut s’agir journellement de 120 tonnes de déchets ménagers, de 20 à 40 tonnes de papier et à peu près autant de carton. À contrario, 34

Technique Agricole 10 2019

le plus petit volume de déchets est généré pendant le mois de mai. Un chargeur télescopique est utilisé dans la station de transfert depuis 2000. Pourquoi pas une chargeuse sur roues ? La station de transfert a été construite en 1999 et mise en service l’année suivante. Comme les conteneurs se trouvant sur les wagons sont chargés dans le bâtiment de la station, cela implique que le véhicule doit avoir une certaine hauteur de charge et de déversement. Sa hauteur, à déterminer en fonction des plafonds les plus bas, ne doit pas être trop grande.

Pour en venir à votre question : à cette époque, en 2000, il n’y avait pas d’alternative à un chargeur télescopique, car la hauteur de charge ne pouvait être atteinte qu’avec un très grand chargeur sur roues, qui serait alors beaucoup trop volumineux pour être utilisé dans ce bâtiment. Un modèle de la marque « Manitou » a été acheté il y a 19 ans. Quelles ont été à l’époque les raisons de ce choix ? Markus Furrer : Jenny Kollmar les a déjà mentionnées. C’était une question de taille de machine, de hauteur de déversement, mais aussi de poids.


Chargement, levage et transport

Vous avez acquis beaucoup d’expérience avec ce véhicule pendant cette vingtaine d’années de service. Quelle est votre conclusion ? Le chargeur télescopique a fonctionné pendant 5300 heures ces 19 dernières années. À première vue, ce n’est pas un chiffre énorme, mais il faut se rappeler qu’il est souvent en fonction durant une demi-heure à une heure par jour seulement. Nous étions satisfaits avec ce Manitou et le fait que nous ayons à nouveau choisi la même marque en est la preuve. Bien sûr, il y a eu

« Comme le nombre de touristes, la quantité de déchets varie selon la saison. Jusqu’à six conteneurs ferroviaires de déchets sont remplis quotidiennement pendant la période de Noël et de Nouvel An. »

Les conteneurs placés sur les wagons peuvent être remplis facilement grâce au bras téle­ scopique et au col de cygne.

prise Aggeler à Steinebrunn a également pesé dans la balance.

hydrauliques. Et je pense que le système d’accouplement manuel est plus solide.

l’une ou l’autre réparation, mais il n’a jamais été arrêté pour de longues périodes à cause de pannes, bien sûr aussi grâce au bon service offert par l’importateur.

Le nouveau « MHT 790 » pèse près de treize tonnes, soit cinq tonnes de plus que son prédécesseur. Ce poids est-il nécessaire ? Ce poids mort de treize tonnes est nécessaire lorsque le véhicule déplace (sans le soulever) un conteneur plein de verre pesant en tout seize tonnes.

Vous avez donc à nouveau choisi un Manitou. Quel modèle et pourquoi ? Jenny Kollmar : Nous disposons d’un Manitou « MHT 790 » depuis le mois d’août pour faire face à la quantité de déchets livrés. Nous n’avons pas fait l’achat sur un coup de tête et sommes même allés à l’IFAT de Munich pour faire des comparaisons. La bonne collaboration avec l’entre-

Avec quels accessoires le véhicule est-il utilisé ? Markus Furrer : D’une part avec la fourche à palettes, mais surtout avec une pelle et une pince hydraulique. Nous avons aussi un crochet pour les conteneurs. Nous n’avons pas choisi les raccords rapides ; nous devons dans tous les cas descendre du véhicule pour raccorder les flexibles

Quelles expériences avez-vous faites jusqu’à présent avec ce nouveau véhicule ? J’apprécie particulièrement les trois caméras. Celle qui est montée tout en haut du bras télescopique me permet de voir la place disponible à l’intérieur du conteneur. Précédemment, il fallait monter sur le wagon ou sur le conteneur pour avoir une vue d’ensemble. La caméra frontale améliore le champ de vision à l’avant du véhicule et la caméra de recul est une bonne aide, surtout dans la halle, car elle assure une bonne visibilité dans l’angle mort à l’arrière du véhicule. J’ai aussi remarqué que l’habitacle est silencieux et j’apprécie le fonctionnement du joystick qui permet toutes les manipulations.

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Impression | Prise en main

Derrière le volant sur la piste d’obstacles, où ce « T4.100N » a fait ses preuves. Photos : Roman Engeler

Une suspension généreuse New Holland équipe ses tracteurs étroits de la série « T4 » d’une nouvelle suspension « Terraglide » pour le pont avant. En outre, New Holland est le premier constructeur à offrir pour ces derniers la variante de pneus novatrice « Pneutrac » de Trelleborg. Roman Engeler

« Il faut tirer pleinement profit de cette suspension généreuse ». C’est sur invitation de New Holland que Technique Agricole a effectué, fin septembre, un essai du nouveau système de suspension que le constructeur ne destine qu’à sa série «  T4  » de tracteurs spéciaux et étroits. Les constructeurs italiens n’ont sinon apporté aucune autre modification au véhicule. En effet, pour ce qui est des exigences les plus importantes de leurs clients, qui sont la productivité (moteur et entraînement) et la sécurité (cabine avec filtre à air intégré), leurs produits atteignent d’ores et déjà un niveau très élevé.

Couplage en trois points Le concept « Terraglide » de New Holland pour les tracteurs spéciaux comprend des composants cinématiques conventionnels et spécifiques à la suspension. Notablement, deux bielles longitudinales contri36

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buent à l’effet cinématique du système. Elles sont installées latéralement à l’avant du tracteur et s’affinent progressivement jusqu’à un point se trouvant au-dessus du pont avant. Les développeurs, en effet, considèrent que cette structure a l’avantage de restreindre les mouvements de la suspension à un mouvement vertical et d’éviter que les forces ne se dispersent latéralement. Simultanément, cette structure permet également au pont avant de continuer à exploiter tout le potentiel de débattement maximum à l’horizontale grâce au point de pression surélevé. Le système de suspension, pour sa part, est soutenu par deux accumulateurs hydrauliques et deux pistons qui assurent une meilleure stabilité sur les pentes. De plus, un flux d’huile passe entre les deux côtés pour assurer un meilleur équilibre, et la suspension s’adapte en conséquence, ce qui se traduit au final par une sécurité accrue.

Régulation du niveau Grâce à une régulation automatique du niveau, la suspension fournit une performance optimale quel que soit le poids total du véhicule. Cependant, la course de la suspension peut également être réglée manuellement, par exemple pour dégager la garde au sol nécessaire en combinaison avec un appareil frontal ou pour définir la position de travail souhaitée. Tout naturellement, cette structure facilite aussi l’intégration d’un outil porté frontal. Jusqu’à une vitesse de 20 kilomètres à l’heure, la suspension peut passer en quatre positions  : désactivée, faible, moyenne et forte. Outre ces options, il existe la possibilité de choisir entre suspension activée et désactivée. De plus, le système « Terraglide » compense même les forts mouvements de freinage et les accélérations rapides. Le système empêche activement que le tracteur ne se renverse dans ces situations.


Prise en main | Impression

La structure de base de la suspension repose sur deux bielles longitudinales qui s’affinent au-dessus du pont avant.

Le bouton supérieur permet de régler l’intensité de la suspension, et le bouton inférieur sert à régler la course de la suspension.

soit à la hauteur des 50 % d’amélioration évoqués par rapport à des pneus conventionnels. Dans tous les cas, les mesures prises lors des essais de terrain attestent d’une pression de contact au sol plus faible.

Conclusion

Equipé de pneus Trelleborg « Pneutrac » en option, le tracteur se démarque par une excellente suspension et un ménagement parfait des sols.

Premier déploiement de « Pneutrac » New Holland installera sur les tracteurs spéciaux de la série « T4 » dotés de la suspension « Terraglide » les pneus « Pneutrac » de Trelleborg. Alors que la suspension du pont avant est disponible pour toutes les séries, les pneus « Pneutrac » ne le seront pour le moment que pour les séries « T4N » (à l’avant et à l’arrière) et « T4F » (à l’arrière). Trelleborg a développé cette technologie en coopération avec Mitas et associe à présent ces pneus aux barrettes à double traction « Progressive Traction ». Celles-ci améliorent la prise sur le terrain et diminuent le risque de patinage. Le « Pneutrac » est pratiquement à mi-chemin entre un pneu et une chenille. Mitas a présenté ce concept pour la première fois en 2013 et a entretemps effectué des essais de terrain exhaustifs. A présent, la société semble avoir réussi à produire le pneu en série. En effet, les premiers essais de terrain avec «  Pneutrac  » étaient quelque peu faibles, mais les ingénieurs ont entretemps amélioré sensiblement la stabilité. Le pneu peut même rouler aisément jusqu’à 40 km/h sur route goudron-

née. Il offre pour avantage particulier une faible pression au sol grâce à une surface de contact plus importante. Il reste à prouver que le résultat de la dernière version

Grâce à son nouveau système de suspension de pont avant «  Terraglide  », New Holland peut offrir à ses clients acheteurs de tracteurs étroits un degré inégalé de productivité et de sécurité, mais surtout de confort. La combinaison avec les pneus « Pneutrac » de Trelleborg donne un véhicule intéressant dont la production en série commencera en novembre.

Les dernières options du « T5 » Il y a presqu’un an, à l’Eima de Bologne, New Holland a présenté la série de tracteurs « T5 » dotée d’un moteur NEF de 4,5 l étape 5 et d’une boîte à variation continue « Auto Command ». Depuis, l’offre a été élargie, et cette série est disponible avec les transmissions « Electro Command » et « Dynamic Command ». Cette dernière est une boîte à huit rapports enclenchables sous charge en trois groupes (24AV/24AR), à double embrayage. Cette transmission offre diverses fonctions automatiques, dont le « Ground Speed Management », qui permet de conduire le « T5 DCT » (presque) comme un tracteur à transmission à variation continue. En outre, New Holland pro-

pose pour cette gamme une cabine panoramique « Horizon » dotée d’une fenêtre de toit qui n’est séparée de la vitre frontale que par une fine traverse et qui offre une vue excellente vers le haut, particulièrement appréciable lors de travaux au chargeur frontal.

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Impression | Rapport d’expérience

Roues à ergots en caoutchouc Les motofaucheuses munies de roues à ergots en aluminium ou en acier sont largement répandues. Une jeune start-up s’apprête à commercialiser le « LS Grip », une roue en caoutchouc bénéficiant d’un concept innovant. Ruedi Hunger

Depuis des décennies, les utilisateurs de motofaucheuses se heurtent au problème du manque d’adhérence sur les terrains escarpés. Les fabricants et les techniciens se sont efforcés de résoudre ce problème (voir encadré de la page 14), mais au fur et à mesure qu’ils s’approchaient de la so­ lution, les dommages infligés à la couche herbeuse s’aggravaient. De grands pro­ grès ont néanmoins été accomplis au cours des vingt dernières années. Aujour­ d’hui, la roue (jumelée) et le rouleau à er­ gots sont largement répandus. Reste-il un potentiel d’amélioration ?

Parvenir au sommet de l’évolution Bien sûr ! Une fois résolu le problème des terrains escarpés, il reste celui de l’in­ confort lorsqu’on roule avec des rouesgrilles, des roues métalliques à crampons ou des roues à ergots sur une chaussée consolidée. Même sur un court trajet, les vibrations sont à peine soutenables pour l’opérateur, sans parler des dommages infligés à la machine et au revêtement de la chaussée, aux bandes de roulement bétonnées ou plus généralement à la couche de roulement consolidée. La société TerraTec s’est attelée à la tâche. Après quelques revers, elle a dé­ veloppé le « LS Grip », une roue inno­ vante alliant l’effet amortisseur d’un pneu­matique aux avantages d’une roue à ergots, d’où la dénomination « LS », pour Luft-Stachelrad, mot allemand se traduisant par le terme « roue pneu­ matique à  ergots ». Cette roue, conçue pour les faucheuses à grandes largeurs de travail, offre sur un revêtement dur un confort égal à celui d’un pneumatique. Ni le conducteur ni la machine ne subissent trop de désagréments lors d’un trajet de quelques centaines de mètres sur un che­ min d’amélioration foncière agricole.

Moins de dérapage latéral

Sur une chaussée consolidée, le nouveau pneu à ergots « LS Grip » de TerraTec amortit les chocs comme un pneumatique à chambre à air tandis que dans les pentes, il adopte le comportement d’une roue à ergots traditionnelle. Photos : Ruedi Hunger

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La nouvelle roue présente aussi des avan­ tages lors du fauchage. Lorsqu’une roue métallique à crampons ou à ergots en aluminium roule sur une grosse pierre ou un rocher affleurant, la faucheuse dérape en entraînant la mince couche d’humus. Ces dérapages soudains et imprévisibles peuvent présenter un danger pour le conducteur marchant qui n’a guère le temps de réagir. Des essais réalisés en pente ont démontré que l’utilisation de roues à ergots en caoutchouc permettait d’écarter ce risque. Lorsqu’un ergot heurte une pierre, il est simplement pous­ sé sur le côté, amortissant l’énergie qui


Rapport d’expérience | Impression

Lukas Schrottenbaum retrace l’historique de sa production : des roues à ergots en aluminium à celles en caoutchouc, sans et avec des pointes en acier (de droite à gauche).

aurait provoqué un dérapage avec des er­ gots en acier ou en aluminium. Qui mieux est, l’escamotage d’un ergot permet l’en­ trée en action de plusieurs ergots voisins.

Préserver au mieux la couche herbeu­se L’utilisation de motofaucheuses sur des ter­ rains en pente a toujours été accompagnée de dommages à la couche herbeuse plus ou moins sérieux selon leur poids. Les plus lé­ gères font moins de 100 kg, mais les fau­ cheuses modernes à grandes largeurs de travail pèsent entre 300 et 400 kg. L’humi­ dité du sol et l’exposition nord/sud de la parcelle jouent également un rôle. L’emploi

de roues à ergots les plus larges possibles aide à limiter les dégâts, l’habileté du conducteur fera le reste. Les premiers essais effectués avec les roues « LS Grip » ont dé­ montré que la couche herbeuse était moins endommagée qu’avec des roues métal­ liques de largeur équivalente.

Les variantes « Pro » ou « Comfort » Le « LS Grip » est proposé en deux va­ riantes, ce qui indique que le développe­ ment et la mise en œuvre ne se sont pas déroulés comme sur des roulettes. Selon les explications de Lukas Schrotten­ baum, directeur de l’entreprise, lors de la présentation du produit, les essais sur le

terrain ont débuté en 2015. Pendant deux années successives, la faucheuse a été testée sur les pentes les plus variées, dans différentes conditions de sol, y compris en Styrie sur des sols particulièrement secs et durs. Il s’est avéré alors que le mélan­ge de caoutchouc des pneus était trop souple pour assurer une pénétration efficace des ergots dans les sols durs. Le dérapage latéral était incontrôlable dans ces  conditions. Les essais ont dû être inter­rompus en attendant qu’une solution au problème soit trouvée. « Aujourd’hui, nous utilisons un pneu sans chambre à  air, a expliqué Lukas Schrottenbaum. Entretemps notre fournisseur nous a lais­ sé tester différents profils de pneuma­ tiques et plusieurs mélanges de caou­ tchouc. Nous utilisons un pneu à carcasse diagonale, parfaitement solidaire de la jante et capable de supporter le poids de  la machine sans être gonflé.  » Le « LS  Grip » existe en variantes « Pro » et « Comfort ».

Ergots coiffés de pointes en acier TerraTec recommande la version « Pro » pour toutes les applications. Les 40 er­ gots en caoutchouc incorporent des pointes en acier vissées, dont les ron­ delles et les écrous sont visibles sur le re­ vers du pneu ! Aucun inconvénient à cela,

La société TerraTec Maschinenbau TerraTec Maschinenbau est une société relativement jeune, fondée en 2013. Un an auparavant Lukas Schrottenbaum, conjointement avec son partenaire, avait présenté le prototype de la motofau­ cheuse Ibex, dont 30 exemplaires ont été construits et vendus dès l’année de la fondation de l’entreprise. L’atelier de fabrication de la start-up s’est avéré trop exigu et le directeur, Thomas Schrotten­ baum, s’est mis à la recherche d’un nou­ veau site. Le nouveau bâtiment a été inauguré l’année passée dans le quartier « Bings » de la ville autrichienne de Blu­ denz, dans le Vorarlberg. L’entreprise emploie actuellement huit collaborateurs.

Inhabituelles mais parfaitement adéquates : les pointes en acier vissées.

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Impression | Rapport d’expérience

Les rouleaux à ergots « LS Grip Pro » se sont avérés confortables sur la chaussée et sûrs dans les pentes.

car le pneu n’a pas besoin d’être étanche. Les pointes en acier assureront l’engrène­ ment nécessaire avec le sol.

Tout en caoutchouc La version « Comfort », comme son nom l’indique, permet un maniement plus facile

de la faucheuse. Grâce aux ergots entiè­ rement en caoutchouc, donc dépourvus de pointes métalliques, les roues ne font aucun bruit, la faucheuse avance en dou­ ceur. La contrepartie est un manque d’ad­ hérence dans les pentes extrêmes, surtout sur sol dur. Le « LS Grip Comfort » est par­

De la roue métallique à crampons à la roue à ergots en caoutchouc Les premières motofaucheuses « Rapid » à conducteur marchant ont été construites en 1926. Elles avaient des roues métalliques plutôt grosses, munies de crampons. Elles manquaient de confort sur les routes natu­ relles de l’époque et d’adhérence sur les terrains escarpés. Dès le tournant des années 1930, on trouvait des bandages ou des pneus en caoutchouc qui pouvaient être complétés par des roues métalliques munies de barrettes longitudinales ou transversales pour améliorer la traction et empêcher de déraper dans les pentes. À partir des années 1940 et 1950, tous les constructeurs proposaient en option des roues métalliques à grille ou à crampons, vissées sur la jante ou à travers une bride intermédiaire. Ces roues étaient proposées sous diverses formes. Les « demi-lunes » soudées sur une virole avec alternance des sens longitudinal et transversal étaient très répandues. La surface d’appui était étroite en comparaison avec les roues à ergots actuelles. Les pneus jumelés étaient très populaires aussi, car ils permettaient de rou­ ler confortablement sur une chaussée consolidée. Dans les pentes, leur adhérence laissait cependant à désirer, surtout sur une couche d’herbe déjà fauchée. Vers l’an 2000, le comportement des roues de moto­ faucheuses dans les pentes a été étudié

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attentivement. De nouveaux concepts et des matériaux innovants ont fait leur appa­ rition dans les régions de collines et de montagnes. En 2004, la société Brielmaier a proposé des pneus en caoutchouc associés à des roues jumelées à ergots, puis des roues à trois rangées d’ergots en complément des pneus jumelées. Les tétons en aluminium étaient vissés et pouvaient donc être remplacés. Brielmaier a poursuivi le développement de ses roues pour aboutir aux rouleaux à ergots en aluminium bien connus de nos jours. D’autres roues à ergots auxquelles chaque constructeur a apporté sa touche ont été commercialisées par la suite. Elles étaient munies de différentes pointes métalliques en forme de triangle ou de croix, l’objectif étant constamment d’améliorer l’adhérence dans les pentes sans endommager la couche herbeuse. On trouve des rouleaux à ergots avec des tétons arrondis, creux ou pleins. Outre les roues à ergots soudés, il en existe avec des tétons coniques rapportés en plastique, de forme convexe ou concave. Les rouleaux à ergots en aluminium sont aujour­ d’hui coiffés de tétons en polyuréthane ou en polyamide, munis de pointes métalliques. La roue en caoutchouc TerraTec, avec ses pointes métalliques vissées, est actuellement la plus perfectionnée.

Avec ses pointes en caoutchouc plein, le « LS Grip Comfort » est parfait pour la chaussée et les pentes jusqu’à 35 degrés.

faitement à l’aise sur les sols meubles des prairies humides et tolère des pentes allant jusqu’à environ 35 degrés. Ce pneu offre un confort d’utilisation inégalé. Il convient aussi aux entreprises communales dont les véhicules sont parfois contraints de rouler sur une chaussée consolidée d’un côté et sur un revêtement sensible de l’autre.

Commerces spécialisés ou en ligne Les pneus de 33 cm de large et 64 cm de diamètre se montent sur une jante de 12 pouces de roues simples ou jumelées. Thomas Schallner, responsable Marketing chez TerraTec, annonce par ailleurs l’arrivée d’un pneu plus petit (pour jantes de 10  pouces) l’an prochain. Il assure que la roue à ergots « LS Grip » n’est pas réservée qu’aux clients Ibex. Les produits Terra­Tec sont en vente auprès des distributeurs spé­ cialisés et dans la boutique en ligne du constructeur. Les prix sont similaires à ceux des rouleaux à ergots en aluminium, la ver­ sion « Comfort » étant un peu plus avanta­ geuse que le « LS  Grip » muni de pointes métalliques. Quant au prix de ce dernier, il se situe entre celui des roues métalliques à  cinq et à sept rangées d’ergots pour le modèle à roues doubles. Ce chiffrage par ordre de grandeur est certes un peu com­ plexe, mais permet au constructeur de ne pas s’engager prématurément sur un prix. En outre, les pneus sont d’ores et déjà disponi­bles.

Conclusion Notre start-up du Vorarlberg est une fois de plus l’illustration que les idées promet­ teuses ne sont pas liées à la taille de l’en­ treprise. Et si le « LS Grip » tient ses pro­ messes, l’avenir de la société est assuré !


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Le nouvel « Arion 550 », en tête de sa gamme, développe une puissance maximale de 165 chevaux. Photos : Ruedi Burkhalter

Mission accomplie ! Grâce à la variante d’équipement « CIS+ », la gamme Claas « Arion 500 » dispose de ce qu’il faut de technologie, avec une instrumentation facile d’accès. Ruedi Burkhalter Depuis sont lancement en 2012, la gamme Claas « Arion 500 » s’est hissée au sommet des ventes de tracteurs en Suisse. Certains éléments faisaient toutefois défaut les premières années ; la variante d’équipements « CIS » n’était proposée qu’avec une transmission mécanique et des distributeurs de même. Les acheteurs souhaitant une transmission à variation continue « CMatic » et des distributeurs à réglage électronique du débit et d’ouverture devaient opter pour un « Cebis », dont la conduite est plus complexe. Répondant à l’appel du marché, Claas livre depuis un an et demi ces modèles de catégorie moyenne tant appréciés avec une dotation plus élaborée, la variante « CIS+ ».

« Drivestick » pour gérer la boîte Au cœur du dispositif de conduite figurent l’accoudoir multifonctions et l’écran couleur de 7 pouces intégré dans le montant droit de la cabine, tous deux hérités du « CIS ». L’accoudoir se voit toutefois enrichi de plusieurs fonctions programmables supplémentaires. A l’avant sur la gauche, le « Drivestick » permet de gérer la transmission, de manière proportionnelle pour ce 42

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qui est de la boîte « CMatic ». En mode « pédale activée », il sert à réguler manuellement la puissance du frein moteur. Le « Drivestick » est aussi doté d’un bouton de régulateur de vitesse qui permet de mémoriser l’allure instantanée du tracteur. Sur la face latérale de l’accoudoir, un champ de commandes pour le pouce dessert le relevage arrière, tandis que de nouvelles touches programmables permettent, par exemple, de commander les distributeurs ou les manœuvres automatiques en tournière. A droite de l’accoudoir, la commande en croix « Electropilot » possède deux boutons programmables supplémentaires, ainsi que et les boutons d’inverseur de marche. Toujours intégrés à l’accoudoir, se trouvent des éléments de commande pour deux ou trois distributeurs, deux mémorisateurs de régime et les interrupteurs pour la traction intégrale et le blocge du différentiel.

L’affichage du « Cebis » La taille et la disposition de l’écran vertical correspondent à celles de l’équipement « CIS ». Il s’agit cependant, sur le « CIS+ », d’une dalle couleur sur laquelle on retrouve

les principales indications et les réglages présents sur la variante « Cebis ». En affichage standard, on retrouve ainsi les réglages des trois plages d’allure virtuelles de la transmission « CMatic » ainsi que les indications concernant le relevage arrière ; celles relatives aux distributeurs à commande électronique apparaissent sous forme d’une barre aisément lisible. Tous les réglages s’effectuent dans les sous-menus. On peut ainsi présélectionner deux valeurs de charges pour le moteur, faciles à activer durant le travail du tracteur, ou encore pro-

Claas « Arion 550 CMatic CIS+ » en chiffres Moteur : Deere Power System 4-cylindres de 4,5 l, étape 5, 155 ch (max. 165 ch), 660 Nm à 1500 tr/min Transmission : EQ 200 à variation continue à ramification de puissance, deux plages de vitesses, inverseur hydrostatique ; 40 km/h à 1400 tr/min Prise de force : 540/540E/1000/1000E Hydraulique : circuit à détection de charge (« load-sensing »), pompe à pistons axiaux 110 l/min (150 l/min en option) Force de relevage : 8000 daN max., 5100 daN en continu Poids : 7500 kg à vide ; 11 000 kg total en charge Dimensions : hauteur 3000 mm ; longueur 4508 mm ; largeur 2550 mm Réservoir de carburant : 242 l Prix catalogue : dès CHF 155 114.− (hors TVA) Données du constructeur


Rapport de test | Impression

grammer les touches de fonction ou bien quatre séquences pour les manœuvres en bouts de champs. La navigation dans les menus s’effectue au moyen du bouton rotatif et de la touche «  Escape  » (ESC) déjà présents dans d’autres cabines Claas. A l’essai, les commandes apparaissent bien élaborées. La structure du menu est facile à appréhender, les symboles en couleurs des sous-menus sont largement dimensionnés et leurs dessins sont clairs ; on trouve aisément les principales fonctions sans initiation particulière, et l’accès aux commandes est intuitif. En outre, c’est une belle réussite d’avoir répartis les fonctions en sous-menus, avec des touches de commandes directes. La cabine dans son ensemble porte peu le flanc à la critique. La disposition du poste de conduite est ergonomique, il est lumineux et surtout confortable. Seuls quelques détails sont perfectibles, comme le point d’attache de la ceinture de sécurité placé à droite sous l’accoudoir, difficile d’accès. Il serait bon de le changer de côté.

Une charge bien dosée Côté motorisation, Claas a choisi un Deere Power System 4-cylindres turbo à compression en ligne. Le petit turbocompresseur, en lien avec un turbo à soupape de limitation de pression (« wastegate ») permet d’obtenir des réponses plus rapides du moteur et d’éviter les trous d’accélération. Et l’effet est ici atteint. Lors de notre essai, le moteur a fait montre d’un comporte-

L’avis du praticien

A Ammerswil (AG), Matthias Berchtold utilise son « Arion 550 CMatic CIS+ » depuis avril 2019 ; il a tourné 300 bonnes heures. « Le concept de conduite et de pilotage est totalement convaincant. Les fonctions essentielles que l’on emploie aux champs sont faciles à comprendre et il suffit d’une courte introduction pour pouvoir effectuer les travaux les plus courants. La configura-

ment bien meilleur en terme de couple et d’une très grande souplesse. Nous avons pu labourer avec une charrue 4-socs à un régime de 1500 tr/min, à la fois économe et agréablement silencieux. Le Claas tient aussi ses promesses concernant les reprises à bas régime. Un filtre à particules, un catalysateur à oxydation diesel (DOC) et un catalyseur à réduction sélective (SCR) servent à respecter la norme 4 en matière d’émissions. En outre, le dispositif de refroidissement externe des gaz de recirculation doit limiter la consommation d’AdBlue, ce qui se révèle correct à l’essai.

tion de l’accoudoir et du joystick est fonctionnelle. » Matthias Berchtold apprécie particulièrement les touches programmables. « Sur la touche F1, je programme généralement la commutation entre modes Eco et Power. De cette manière, le moteur fonctionne toujours à son optimum en fonction de la situation et on économise du diesel. » Les 40 km/h à 1400 tr/min ont un effet identique. « Le confort de travail et de conduite est bon ; j’aime aussi les grands espaces de rangement, où l’on peut déposer par exemple deux grandes bouteilles de boisson. C’est parfait ! » Difficile d’émettre des critiques négatives. Juste que le réservoir de carburant pourrait être un peu plus volumineux.

sur la pédale d’accélérateur ; il autorise aussi une adaptation plus rapide de l’effort moteur en fonction de la charge : le conducteur n’a qu’à appuyer sur un bouton pour modifier l’effort du moteur entre deux niveaux présélectionnés. Dans le sous-menu, le logiciel de la transmission propose un certain nombre de préréglages de la charge et de la réactivité du moteur dans les trois plages de vitesse virtuelles. Tous les modèles « CIS+ » sont d’ailleurs commercialisés, au choix, avec la transmission « CMatic » à variation continue ou la boîte mécanique « Hexashift » à rapports enclenchables sous charge.

Nouveau logiciel de transmission La transmission à variation continue « CMatic » utilise un logiciel de nouvelle génération qui prend en compte les vœux exprimés par de nombreux clients. Ce programme permet, par exemple, de désactiver le régulateur de vitesse en appuyant

L’écran couleur « CIS+ » sur le montant avant droit offre une vue synoptique sur les réglages en fonction et sur les trois plages d’allure virtuelles.

L’équipement de l’accoudoir multifonctions du « CIS+ » ouvre de nouvelles possibilités de commandes.

Suspension avant efficace La suspension que Claas a développée pour le pont avant travaille avec une bielette particulièrement longue avec point d’articulation sur le boîtier et offre un grand confort de roulement avec ses amortisseurs actifs à double effet de 100 mm de débattement. Grâce aux deux larges vérins de suspension montés en biais et en triangle, le pont offre un large soutien au poids du tracteur. En outre, la direction dynamique stabilise la position du tracteur dans les courbes et réduit les mouvements de tangage lors des freinage et accélération. En plus, les nouveaux modèles sont proposés avec une direction à démultiplication réglable ; le conducteur peut choisir, en appuyant sur un bouton, le nombre de tours de volant nécessaires pour braquer de butée à butée. Autre innovation : une variante de circuit hydraulique à détection de charge (« load-sensing ») débitant 150 l/min peut remplacer le circuit à 110 l/min.  10 2019 Technique Agricole

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Impression | Rapport d’expérience

Le MF « 7719 S », avec le nouveau moteur de 6,6 litres développant 190 chevaux, la norme d’émission étape 5 et la transmission à variation continue « Dyna VT », est le nouveau navire amiral de la série « 7700 ». Photos : Heinz Röthlisberger

Le nouveau modèle de pointe « 7700 S » Lors du dernier Sima à Paris, Massey Ferguson a présenté le « 7719 S », le nouveau modèle de tête de la série « 7700 S ». David Spycher de Vaux-sur-Morges (VD) a pu tester ce tracteur de 190 chevaux cet automne. Heinz Röthlisberger Dès l’arrivée, on constate que le cœur de cette exploitation bat pour Massey Ferguson (MF). « Oui, c’est vrai, plaisante David Spycher. Nous utilisons en tout dix trac-

teurs Massey Ferguson .» Le parc de machines inclut un ancien « 3070 » de 1989 et un MF «  8740 S  » qui développe 400 chevaux. L’exploitation a besoin de

40 000 mètres cubes de plaquettes par année L’exploitation de David et Anne Spycher et de leurs quatre enfants se situe sur la commune de Vaux-sur-Morges (VD), sur un joli plateau qui surplombant le lac Léman. Cette région est prédestinée pour la viticulture et les grandes cultures. Les Spycher exploitent 50 hectares sur lesquels poussent du blé, de l’orge, du maïs, du colza et des tournesols. Ils détiennent encore 80 têtes de bétail, des vaches mères et des animaux à l’engrais. David Spycher a cessé la production laitière en 2015. « Ces dernières années, le prix du lait n’était plus rentable pour moi », nous confie l’agriculteur de 41 ans qui a repris le

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domaine familial en 2006 et qui a récemment terminé la construction d’une nouvelle étable et d’un fenil. Le vignoble de l’exploitation est actuellement loué à un vigneron de la région. Le broyage de bois et la commercialisation de plaquettes de bois est une activité importante de l’exploitation. David Spycher participe à la Sàrl « Foretnergie », qui commercialise chaque année 40 000 mètres cubes de plaquettes de bois. L’exploitation occupe trois employés à temps fixe. En fonction des saisons, quatre à cinq collaborateurs supplémentaires sont embauchés.

puissance. Outre les travaux des champs, ces tracteurs sont en effet utilisés pour le broyage de bois et le transport de plaquettes loin à la ronde (voir encadré ci-­ dessous). Celui qui possède autant de tracteurs est inévitablement intéressé par les dernières technologies. En plus, Luca, le fils aîné de la famille Spycher, termine son apprentissage de mécanicien agricole. « Quand un nouveau tracteur arrive sur le marché, nous l’étudions toujours attentivement », explique David Spycher. Ce fut aussi le cas des MF dévoilés au dernier Sima. À cette occasion, MF présentait les trois nouveaux tracteurs de la série « 7700 S », parmi lesquels le « 7719 S », le plus gros modèle. Comme les Spycher utilisent déjà deux tracteurs de la série « S », un « 8740 S » et un « 6718 S », et qu’ils ont montré un intérêt marqué pour ce « 7719 S », au salon parisien, ils ont pu en tester un cet automne.


Rapport d’expérience | Impression

Les nouveaux tracteurs « 7700 S » sont équipés du terminal tactile « Datatronic 5 » de série sur la version « Exclusive ».

190 chevaux de puissance maximale Les nouveaux tracteurs de la série « 7700 S » sont équipés d’un moteur AgcoPower de 6,6 litres qui remplit les exigences de la norme d’émission étape 5 grâce à un système All-in-One. Le fleuron, le « 7719 S », affiche une puissance maximale de 140 kW/190 chevaux. Le système de gestion du tracteur « EPM » délivre 30 chevaux supplémentaires pour les travaux à la prise de force et de transport. La transmission à variation continue « Dyna-VT » est en série sur le « 7719 S ». Les soupapes du moteur

Le Massey Ferguson « 7719 S Exclusive VT » en chiffres Moteur : AgcoPower, 6 cylindres, 6,6 l de cylindrée, norme d’émission Stage 5 avec système All-in-One (SCR, DOC et SC), injection à rampe commune Réservoirs : 305 l diesel ; 30 l AdBlue Puissance maximale : 140 kW/190 ch (à 1950 tr/min), 147 kW/220 ch avec Boost Transmission : Dyna-VT (à variation continue) Hydraulique : 190 l/min, 5 distributeurs à l’arrière, 3 à l’avant Force de levage : 9600 kg à l’arrière ; 4000 kg à l’avant Poids à vide : 8500 kg (réservoirs pleins et chauffeur, valeur inscrite sur le permis de circulation) Poids total autorisé : 14 000 kg Charge à l’essieu garantie : 6400 kg à l’avant et 10 500 kg à l’arrière Pneus du tracteur testé par David Spycher : 600/65R28 à l’avant, 710/70R38 à l’arrière (standard : 480/70R28, 580/70R38) Dimensions : 3020 mm de hauteur ; 5600 mm de longueur, 2880 mm d’empat­tement Prix : dès CHF 145 200.– (TVA incluse) Donnés du constructeur

Sur l’accoudoir se trouvent le joystick « Multipad » et le levier de commande qui peut être utilisé pour commander un chargeur frontal.

sont dorénavant équipées de poussoirs hydrauliques qui assurent une compensation automatique de leur jeu. Ce montage permet entre autres d’abandonner le contrôle et le réajustement des soupapes, réduisant ainsi les frais d’entretien du moteur.

Poids total augmenté à 14 tonnes Le poids total des nouveaux tracteurs « 7700 S » s’élève à 14 000 kilos, contre 12 500 kilos précédemment, avec un poids à vide de 8500 kilos. Le tracteur affiche donc une charge utile de 5500 kilos (3500 kilos auparavant). MF donne une garantie à 6400 kilos pour l’essieu avant et de 10 500 kilos pour l’essieu arrière. « Pour moi, ces valeurs sont très convaincantes. Nous pouvons en avoir besoin tant pour les travaux des champs que pour les transports », explique David Spycher. Le tracteur peut en outre être équipé de jantes de 42 pouces. Le tracteur testé par David Spycher dispose de jantes de 38  pouces. « Cette monte de pneumatiques apporte une très grande stabilité au tracteur pour les travaux de transport. » L’empattement de 2,88 mètres contribue aussi à la stabilité de l’engin sur la route. La capacité du relevage arrière se monte à  9600 kilos. Celle du relevage avant à 4000 kilos. Le système hydraulique débite 190 litres à la minute.

joystick « Multipad » installé sur l’accoudoir. Le chauffeur a ainsi la possibilité de configurer jusqu’à dix boutons selon les fonctions présentes sur la machine attelée. Un levier de commande pour chargeur frontal est aussi disponible. Le tracteur testé par David Spycher était équipé d’un attelage « K5 » et « K80 » ainsi que d’un raccord de freins « Duomatic ». « La cabine est aussi devenue clairement plus silencieuse », constate l’agriculteur.

Conclusion David Spycher n’a pas encore acheté ce tracteur. Mais sa construction compacte, sa charge utile importante et ses pneumatiques de grandes dimensions l’ont séduit. Il pense que ce tracteur complèterait bien sa flotte actuelle. Depuis les nombreuses années qu’il travaille avec Massey Ferguson, l’agriculteur a connu de très bonnes expériences avec cette marque et est aussi très satisfait du service. La collaboration est bonne, tant avec l’agence locale qu’avec l’importateur. Il est clair que des problèmes peuvent toujours survenir, mais pour David Spycher, il est important de pouvoir savoir comment les résoudre et en combien de temps. Ce principe a toujours prévalu dans ce partenariat.

Terminal tactile « Datatronic 5 » Plusieurs variantes d’équipement, dont la version « Exclusive » est la plus élevée, sont disponibles pour ces tracteurs. La variante « Exclusive » de la série « 7700 S » est maintenant équipée d’usine du terminal tactile de neuf pouces Isobus « Data­ tronic 5 » qui équipe déjà la gamme « 8700 S ». Ce terminal est en option sur la finition « Efficient ». Cet ordinateur est simple d’utilisation et compatible avec le

David Spycher exploite un domaine de 50 hectares de grandes cultures à Vaux-surMorges. Il est également en charge de la société de bois d’énergie « Foretnergie ».

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En savoir plus | Terminologie

Chaleur indépendante du moteur pour tous les véhicules

Pompe à eau

Sortie de l’eau chaude

Entrée de l’eau froide

Ventilateur pour l’air de combustion

Sonde de sortie d’eau Sonde d’entrée d’eau Échangeur de chaleur

Bougie

Chambre de combustion

Moteur électrique

Module de commande

Échappement Silencieux d’échappement

Entrée d’air Pompe à carburant

Alimentation en carburant

Principe de fonctionnement d’un chauffage stationnaire à eau. L’eau froide est acheminée jusqu’au moteur à combustion en passant par l’échangeur thermique où elle est chauffée. Illustrations : Eberspächer

Le chauffage stationnaire Quand le moteur est froid, la consommation et les émissions sont particulièrement élevées. Un chauffage stationnaire permet d’y remédier. Il se décline en différentes variantes. Heinz Röthlisberger

Un démarrage à froid met le moteur à forte contribution. De plus, les émissions nocives sont très élevées durant cette phase. Un chauffage stationnaire moderne permet de les limiter. Pour y parvenir, il ne chauffe pas que l’intérieur de la cabine, mais aussi, en fonction de son type de construction, le circuit de refroidissement du moteur. Il existe trois procédés pour préchauffer un véhicule. L’un fonctionne à l’électricité et les deux autres, qui utilisent du carburant, agissent sur l’eau ou sur l’air. Ils sont présentés plus en détail dans le présent article. 46

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Préchauffage à eau Plus compacts, les chauffages stationnaires agissant sur l’eau peuvent être instal­lés presque partout dans le compartiment moteur d’un véhicule. La chaleur produite par le brûleur est transmise à l’eau du circuit de refroidissement du  moteur. Une pompe de circulation supplémentaire assure la répartition de cette chaleur même si le moteur est arrêté. La circulation de l’eau est activée et  tout se  déroule alors comme dans une  in­ s tallation de chauffage usuelle.

Préchauffage électrique En plus des deux variantes à carburant présentées ici, on rencontre encore des dispositifs électriques de préchauffage alimentés par le réseau électrique. Ce type d’installation, qui ne sollicite pas la batterie de l’engin, est idéal pour les véhicules avec des périodes de fonctionnement courtes. Le préchauffage électrique peut aussi être utilisé dans les locaux fermés. Son inconvénient est de nécessiter une alimentation électrique.


Terminologie | En savoir plus

Les préchauf­ fages agissant sur l’eau chauffent certes à l’intérieur de la cabine, mais aussi le moteur lui-même, qui démarre ainsi plus  facilement par temps froid. Cela préser­ve les batteries dont les perfor­mances sont amoindries à  basse tempéra­ ture. La montée en tempéra­ture rapide des gaz d’échappement permet aussi de réduire les émissions nocives. La phase de fonctionnement à froid du moteur, mécaniquement difficile et grande productrice d’émissions, est ainsi dras­ tiquement réduite par  la montée en tempéra­ ture rapide de l’huile après le démar­rage du moteur. On économise ainsi du carburant et des coûts tout en réduisant les émissions de CO ².

Préchauffage à air La seconde variante utilisant du carburant agit directement sur l’air de la cabine dans laquelle elle est généralement installée. L’efficacité de ce type d’équipement est très rapide parce que la chaleur produite par le brûleur n’est pas véhiculée par l’eau. Émettant peu d’émissions, les appareils modernes sont très silencieux et utilisés de préférence pour chauffer les cabines de camions ou de transporters. Ils permettent de maintenir une température agréable même quand le moteur est arrêté, par exemple pendant la nuit. Ces dispositifs présentent l’inconvénient de chauffer uniquement la cabine et non le moteur.

Activation par téléphone mobile Les deux systèmes sont généralement alimentés en carburant depuis le réservoir du véhicule. Selon les modèles, il est possible de les équiper d’une minuterie, d’une télécommande ou encore de les activer depuis un téléphone mobile. Attention ! Le montage d’un chauffage est une affaire sérieuse qui doit être laissée aux bons soins d’un spécialiste. Technique Agricole a rencontré Peter Hostettler de l’entreprise Klaus AG et lui a posé des questions au sujet du chauffage stationnaire. Technique Agricole : Les tracteurs et les autres véhicules agricoles peuvent aussi être équipés de chauffages stationnaires. Existe-t-il des restrictions ? Peter Hostettler : Installer un chauffage stationnaire dans un véhicule, même agricole, est en principe facile, pour autant qu’il y ait suffisamment d’espace.

Pouvez-vous citer les principaux avantages représentés, à vos yeux, par un chauffage stationnaire ? Le plus grand confort apporté par la température agréable ou encore le temps gagné grâce au travail commencé dès la mise en route de l’engin, par exemple sans devoir dégivrer les vitres. On remarque aussi une amélioration de la sécu­ rité, notamment sur les véhicules d’inter­vention, grâce à l’absence ou à la formation très réduite de buée sur les vitres. Les installations à eau permettent en outre un préchauffage du moteur qui supprime les effets néfastes du fonctionnement à froid. Existe-t-il des inconvénients ? Les coûts d’achat et d’installation constituent un désavantage. Ils doivent toutefois être relativisés par les faibles frais d’entretien et la longue durée de vie des dispositifs. Une attention particulière doit être apportée au circuit électrique de l’engin qui alimente les chauffages. En cas de cycle de chauffage de longue durée, l’installation d’une seconde batterie est recommandable. Dans quel cas l’installation d’un chauffage stationnaire est-elle recommandée ? Les véhicules utilisés en hiver devraient en bénéficier, en particulier ceux qui sont utilisés pour des travaux de déneigement ou d’exploitation forestière. Quel est le prix approximatif de l’installation d’un chauffage stationnaire dans un tracteur agricole ? Un chauffage à air coûte près de 1700 francs. Un chauffage à eau revient à environ 1500 francs. Ces prix incluent le matériel de montage et les commandes. En fonction des caractéristiques et de la conception de l’installation, le montage prend de six à dix heures. Est-ce que vos chauffages stationnaires sont installés d’usine par certains constructeurs ? Fendt par exemple installe depuis de nombreuses années des chauffages stationnaires à air Eberspächer dans ses tracteurs. Ce type d’installations est aussi proposé par d’autres constructeurs, ainsi que par des spécialistes de matériel forestier. Quelle est la consommation d’un chauffage stationnaire conventionnel pendant le préchauffage ?

Coupe d’un chauffage stationnaire à air.

Un tel système consomme en moyenne 0,4 litre de diesel par heure. Le moteur atteint toutefois une température proche de celle de travail optimal dès le démarrage, ce qui compense presque la consommation supplémentaire induite par le chauffage. Quel est la performance d’un chauffage stationnaire ? Je prends l’exemple d’Eberspächer. Les chauffages à air et à eau sont alimentés en diesel ou en essence et nécessitent une connexion électrique 12/24 volt. La puissance produite varie de 4 à 35 kW pour un appareil à eau, et de 2 à 8 kW pour un modèle à air. Tous ces appareils sont utilisables avec un moteur à l’arrêt ou en marche. Les applications vont du simple préchauffage de la cabine à la solution complète avec chauffage au sol et production d’eau chaude. Ces derniers se rencontrent surtout sur des bateaux ou des camping-cars. Existe-t-il pour les tracteurs des chauffages stationnaires alimentés par une prise électrique 230 volt ? Eberspächer Suède a développé le « Plugtronic ». Il s’agit d’un chauffage stationnaire électrique qui se branche sur le circuit de refroidissement du véhicule. Pour les applications OEM, Eberspächer propose de nombreux chauffages à haute tension appelés « PTC »-Heizer.

« Terminologie » Déjà paru dans la série « Terminologie » : « AdBlue », « common rail », « convertisseur de couple », « injecteur », « galvanisé », « lampe halogène », « loadsensing », « DOC », « éclairage LED », « capteur NIR », « waste gate », « écran tactile », « télématique », « droplegs », « régulateur ALB », « découpe au plasma », « soudure sous protection gazeuse », « pneumatique MPT », « caméra thermique » et « OEM » (ou fabricant d’équipements d’origine).

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En savoir plus | Technique

Prise pour alimentation externe

Arbre d’entrée

Machines électriques Double convertisseur Transmission à double planétaire

Arbre d‘entraînement de l’essieu arrière Transmission

Inverseur Arbre d‘entraînement de l’essieu avant

Meilleure efficacité

Le schéma ci-dessus présente les différents composants de la nouvelle transmission « eAutoPowr » de John Deere. Photo : John Deere

Répartition de puissance électromécanique repensée Les transmissions continues avec répartition de puissance hydrostatico-mécanique sont utilisées sur les tracteurs depuis plus de 20 ans. John Deere estime que cette technologie atteint ses limites pour les tracteurs standards de la classe de puissance supérieure. La firme propose une solution électromécanique avec d’intéressantes fonctions supplémentaires. Roman Engeler et Johannes Paar

En matière de transmission continue, John Deere s’appuie tant sur des composants achetés auprès de ZF (séries « 6R »), que sur des développements qui lui sont propres (séries « 7R »/« 8R »). Le constructeur peut ainsi se vanter de près de deux décennies d’expériences dans ce domaine. La transmission continue « AutoPowr » n’est pourtant pas proposée sur les gros modèles de la série « 8R », qui doivent se contenter de la transmission à passage sous charge « e23 ». Ce choix s’explique par une trop faible durabilité pour les profils d’utilisation avec une part importante de travaux de traction lourds. 48

Technique Agricole 10 2019

d’appa­reils du tracteur, comme des ventilateurs ou des compresseurs, est aussi envisa­ geable. John Deere est ainsi le premier constructeur à pré­ senter une transmission continue électro­mécanique. La production électrique additionnelle constitue une nouveauté supplémentaire. L’« eAutoPowr » présente une structure de base à entrée couplée. Elle n’a donc aucune similitude avec la transmission hydromécanique «  AutoPowr  » à trains planétaires Compound. La nouvelle transmission se compose d’un inverseur placé à son entrée, d’un double planétaire, de deux machines électriques, de deux doubles convertisseurs ainsi que d’un module à passage sous charge (voir illustration ci-dessus). Un total de cinq rapports sont ainsi engagés automatiquement à des régimes synchronisés.

Nouvelle voie Avec l’« eAutoPowr » destinée à la série « 8R », John Deere s’engage dans une autre voie et se passe complètement de l’unité hydraulique (pompe/moteur). Celle-­ci est remplacée par deux éléments électriques dont le dimensionnement permet certes d’alimenter la transmission, mais aussi d’offrir jusqu’à 100 kW de puissance électrique à des unités de consommation externes au tracteur. On imagine ici des moteurs électriques sur les  outils portés (par exemple la turbine des semoirs) ou sur les remorques (tels les  essieux motorisés). L’entraînement

Pour le tracteur, l’intégration d’une composante électrique dans l’acheminement de la puissance améliore l’efficacité de la transmission tout en réduisant les coûts d’entretien. De surcroît, l’efficacité peut être améliorée en diminuant la puissance électrique nécessaire pour l’entraînement d’unités externes et les flux de puissance cachés en résultant. Dépendant de la structure de la transmission, ces derniers surviennent en des moments bien précis. Avec une transmission continue à entrée couplée, on rencontre cette situation dans la première moitié de la gamme de vitesse. Sur une transmission à sortie couplée, c’est la marche arrière qui est impactée.

Attelage tracteur-outils Cette innovation vise aussi à assurer une liaison électrique entre le tracteur et l’outil. Une remorque munie d’un essieu à motorisation électrique apporte une plus grande force de traction totale avec une réduction du patinage et un meilleur suivi des traces dans les pentes. L’abandon du ballast nécessaire pour les déplacements dans les parcelles permet en contrepartie d’augmenter la charge utile pour les trajets sur route. Ceci peut être intéressant notamment pour les travaux d’épandage de lisier avec de grosses citernes équipées de dispositifs d’enfouissement. Les clients devront encore patienter pour en profiter. La transmission « eAuto­ Powr » ne sera disponible qu’à partir de  2021 pour les modèles « 8370R » et « 8410R ». Elle a toutefois d’ores et déjà été récompensée d’une médaille d’or de l’Agritechnica. On ne sait pas encore si elle sera montée sur d’autres séries.


Prévention des accidents | Sécurité

La formation obligatoire, une pratique établie depuis longtemps pour les entreprises industrielles et commerciales s’applique aussi à l’agri­ culture. Les collaborateurs utilisant des chariots de manutention des catégories « R1 » et « R4 » doivent justifier d‘une formation. Photo : SPAA

Conduire les chariots élévateurs en sécurité Les engins de manutention permettent un travail efficace et ménagent le corps. Toutefois, ils comportent également des risques, car, la vue sur la zone de travail est limitée, leur étroitesse réduit la stabilité, elle-même compromise lorsqu’ils sont utilisés sur des sols irréguliers ou mous. Natanael Burgherr* Une petite erreur de manœuvre ou une inattention du conducteur peut entraîner en un rien de temps un accident grave dû au renversement du véhicule de manutention ou à l’écrasement d’une personne. La Directive de la Commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (CFST) 6518 « pour la formation et l’instruction des conducteurs de chariots de manutention » est entrée en vigueur en juillet 2017. Elle définit la formation à suivre par les conducteurs et les diverses attestations à leur délivrer. Les catégories utilisées en agriculture se limitent aux chariots élévateurs à contrepoids (R1) et chariots télescopiques (R4). Les deux autres couvertes par la directive CFST 6518, les chariots élévateurs à siège transversal (R2) et les chariots à prise latérale (R3), en sont quasiment absentes. Formation obligatoire La formation obligatoire, une pratique établie depuis longtemps pour les entreprises *Natanael Burgherr est le responsable du projet « agriLIFT » au sein du SPAA, à Schöftland.

industrielles et commerciales, s’applique maintenant aussi à l’agriculture. Tous les collaborateurs utilisant des engins de manutention des catégories « R1 » et « R4 » doivent pouvoir présenter une attestation de leur niveau de formation. À moyen terme, ces cours seront intégrés dans la formation professionnelle agricole. Un concept est en cours d’élaboration.

Formation adaptée à l’agriculture Avec « agriLIFT », le Service de Prévention des Accidents dans l’Agriculture (SPAA) propose des cours audités par la Caisse natio­nale suisse d’assurance en cas d’accident (Suva) durant deux jours et répondant aux exigences de la directive CFST 6518. Cette formation porte sur les catégories de chariots élévateurs à contrepoids (R1) et  de chariots télescopiques (R4). Elle est orientée vers l’agriculture et ses exigences spé­cifiques. Grâce au mélange équilibré de théorie, de travaux de groupe et de conduite, les contenus sont bien assimilés et mis en œuvre. Pour participer à cette formation, il faut disposer d’une bonne expérience de conduite des machines agri-

coles ou similai­res. Les cours peuvent être organisés à différents endroits et, sur demande, au sein des entreprises. Les détenteurs de l’attestation de formation peuvent utiliser les engins des catégories R1 et R4 dans d’autres secteurs que l’agriculture. La directive ne s’applique pas aux conducteurs de chargeurs compacts, frontaux et élévateurs montés à l’arrière du tracteur. Dans ce cas, c’est le devoir d’instruction de l’employeur qui s’applique, conformément à l’article 6 de l’Ordonnance sur la prévention des accidents (OPA).

Circulation routière et assurance Dans la mesure du possible, les engins de manutention devraient être immatriculés. La plaque minéralogique garantit la couverture d’assurance et le véhicule de manutention peut se déplacer légalement sur la voie publique, ainsi qu’entre les différents sites de l’exploitation, les vergers, les serres ou les champs. En outre, son prêt à des collègues est simplifié. Un véhicule de levage doit être assuré, même si, pour des raisons particulières, il ne peut être immatriculé. 10 2019 Technique Agricole

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Sécurité | Prévention des accidents

y sont effectués de plus en plus souvent dans de nouveaux domaines d’application de la multifonctionnalité, dans lesquels le LMC n’offre une sécurité accrue qu’avec une méthode de travail mieux adaptée.

Différents niveaux techniques

Le limiteur de couple de charge déclenche une alarme lorsque la stabilité d’un chargeur télescopique devient précaire. Photo : Ruedi Hunger

Qui a testé le système ? Les systèmes électroniques permettant de limiter la charge sur les chariots télescopiques ne doivent pas entraîner de négligence. Voici ce qu'il faut considérer pour y faire face. Ruedi Burkhalter Les chargeurs télescopiques sont aujourd'hui presque tous équipés d'un limiteur du moment de charge (LMC). Ces systèmes électrohydrauliques mesurent en permanence la répartition du poids entre les essieux avant et arrière et déclenchent l'alarme lorsqu’un niveau critique de stabilité est atteint. Habituellement, lorsque cela arrive, toutes les fonctions, à l'exception de la rétraction du bras télescopique et de la remontée du bras, sont bloquées jusqu'à ce que le poids soit de nouveau réparti de manière sûre. Ainsi, ces systèmes peuvent apporter un avantage considérable pour la sécurité au travail. 50

Technique Agricole 10 2019

En particulier les conducteurs qui ne sont pas familiarisés avec le fonctionnement et les possibilités de tels systèmes peuvent avoir un faux sentiment de sécurité et adopter des méthodes de travail périlleuses. L’un des principaux problèmes est que les LMC ont été conçus pour que les chariots télescopiques soient utilisés dans le respect des règles de sécurités, de sorte que les charges ne soient levées que sur un sol nivelé et stabilisé et que tous les trajets ne soient effectués qu’avec la charge abaissée. Malheureusement, cela ne correspond pas toujours à la réalité, notamment dans le secteur agricole. Les travaux

Les systèmes LMC se trouvent à divers stades de développement technique sur le marché et leur évolution est constante. Pour des raisons de coût, le secteur agricole utilise principalement des systèmes au stade le plus simple. En termes clairs, un capteur très sensible sous la forme d’une jauge de dilatation détecte la charge sur l’essieu arrière et déclenche une alarme dès qu’elle tombe en dessous d’une valeur critique d’environ 30%. Les étapes de développement supérieures incluent d'autres valeurs mesurées telles que l'inclinaison latérale du véhicule, la vitesse de conduite et la position de la flèche dans le calcul. Lors d’une inclinaison latérale, par exemple, le système augmente la marge de sécurité et réagit dès qu’il perçoit que la charge sur l’essieu arrière est trop élevée. En outre, il est également possible de programmer le LMC avec des marges de sécurité accrues pour les applications particulièrement dangereuses, telles que le travail avec une nacelle.

Ce que les LMC ne peuvent pas assurer Pour pouvoir travailler en toute sécurité avec le LMC, le conducteur doit connaître et comprendre les dangers que la plupart des systèmes utilisés en agriculture ne sont pas en mesure de détecter (en temps utile) ou de mettre en garde : • Détection de l'inclinaison latérale du véhicule et adaptation de la valeur critique de la capacité de charge maximale vers le bas. • Charge unilatérale sur la flèche télescopique, due par exemple à un tronc d'arbre qui n'est pas serré centralement avec la pince. • Forces latérales sur la flèche télescopique, par exemple lors du débardage avec une pince de chargement ou plus généralement dans les virages. • Surcharge soudaine de la flèche télescopique, due par exemple au glissement d'une charge ou à la chute d'une charge à lever avec des chaînes. • Mouvements de roulis et de tangage lorsque vous conduisez sur un terrain accidenté, dans une dépression ou sur une bosse. • Influence des manœuvres de freinage et de décélération brusques


C Dem aisse -m and ez u aladi ne o e: ffre ! Tout conducteur doit connaître les règles de sécurité les plus importantes qui figurent généralement dans les instructions d'utilisation. Celles-ci devraient être notées dans une liste de contrôle affichée dans la cabine de manière bien visible pour chaque conducteur • Effectuez les trajets uniquement en position de transport, c'est-à-dire avec la flèche abaissée à 50 centimètres du sol et complètement rentrée. • N e conduisez jamais avec la charge soulevée. Lors du chargement et de l’empilage de charges, on conduit en position de transport jusqu’à environ 1,5 mètre du lieu de destination, puis la charge est levée et posée avec le véhicule à l’arrêt. • Respectez toujours le diagramme de capacité de charge avant de soulever la charge. • N e chargez et n'empilez des charges que dans des endroits où le sol est complètement à l`horizontale, nivelé et stabilisé. • Sur des terrains escarpés, conduisez uniquement dans le sens de la pente avec la charge sur le dessus du véhicule, ne jamais effectuer de virage dans la pente. • Lorsque vous conduisez dans un virage avec une charge, roulez au pas. Conduisez plus vite seulement en mode de direction d'essieu avant. • N e manipulez la transmission (changement de direction, changement de groupe) qu'à l'arrêt ou lorsque la charge est abaissée. • Placez la direction dans la position la plus droite possible avant de soulever ou de poser des charges. Avec un angle de braquage élevé ou avec une charge latérale exercée sur les roues de l'essieu, la fonction de mesure du LMC peut être falsifiée.

Vérification périodique du fonctionnement Les systèmes LMC ne peuvent offrir une sécurité de travail maximale que si la technologie est correctement entretenue et vérifiée

périodiquement. La plupart des véhicules offrent une fonction d'étalonnage pour le contrôle du fonctionnement. Il existe des variantes avec diagnostic intégré, dans lesquelles la procédure d'étalonnage selon le mode d'emploi peut être effectuée systématiquement à l'aide d'un bouton d'étalonnage. Dans d'autres variantes, l'étalonnage n'est possible qu'en connectant un outil de diagnostic supplémentaire. De plus, il est recommandé d'effectuer un contrôle manuel du fonctionnement à intervalles réguliers. La procédure exacte est décrite dans le manuel d'utilisation. Voici un exemple tiré du manuel d’utilisation d’un chariot télescopique Merlo : 1. Fixez la fourche à palette à la machine. 2. Sélectionnez une charge compacte dont le poids est connu le plus précisément possible et qui correspond à environ deux tiers de la charge maximale de la machine. 3. Placez la charge sur la fourche de sorte que son centre de gravité se trouve à la distance « D » indiquée dans le diagramme. La charge peut également être soulevée avec des sangles ou des chaînes appropriées sous la fourche. 4. A ssurez-vous que la machine est nivelée et que les pneus sont alignés avec le cadre. 5. Soulevez la charge à 50 centimètres du sol avec le bras télescopique rentré, puis rallongez-le jusqu'à ce que le système de limitation du couple de charge (alarme audiovisuelle, blocage des fonctions) intervienne. La marque la plus proche de la partie fixe du bras est déterminante. 6. Voyez sur l'échelle « X » jusqu'où le bras télescopique a été étendu avant l'intervention de l'électronique. 7. Lisez dans le diagramme de charge du véhicule si la longueur de flèche et la combinaison de charge mesurées correspondent aux valeurs données pour cette constellation. La tolérance pour ce modèle est de 40 centimètres au maximum.

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Les fournisseurs de chariots télescopiques font de plus en plus souvent la promotion de leurs produits avec une gamme croissante d’outils disponibles, la multifonctionnalité étant à la mode. Il ne se passe pratiquement pas une journée sans que le propriétaire d’un télescopique découvre un nouveau champ d’applications. Qu'il s'agisse de remplacer des luminaires, de monter une une plaque, de cueillir des fruits ou de sécuriser un arbre à abattre : si on dispose déjà de l'outil, on va s`en servir. En examinant les statistiques sur les accidents liés aux chargeurs télescopiques, on se rend compte qu’une proportion importante d’entre eux surviennent lors de telles opérations « improvisées ». Celles-ci doivent donc être évitées complètement ou au moins faites uniquement avec un équipement approprié (nacelle) et des mesures de sécurité élevées et conformes à toutes les règles. Si des outils spéciaux tels que des taille-haies et des scies à branches sont utilisés, l'accessoire doit être adapté au véhicule porteur et, si nécessaire, le logiciel du LMC doit être reprogrammé. Photo : polizei-schweiz.ch

Raisins | © Agrisano

Dangers de la multifonctionnalité

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Plate-forme | Exposition

L’Agritechnica, le salon bisannuel des superlatifs, dévoile les tendances du machinisme agricole.

Photos : Agritechnica

Tendances du machinisme à Hanovre Dans un mois, tous les regards du monde du machinisme agricole seront tournés vers Hanovre, pour découvrir les nouveautés les plus attendues de l’Agritechnica. Quelquesunes sont d’ores et déjà connues, même si certains constructeurs restent discrets. Roman Engeler

L’Agritechnica accueillera les visiteurs du 10 au 16 novembre 2019 à Hanovre, en Allemagne. Il est organisé par la Société allemande d’agriculture, abrégée DLG pour Deutsche Landwirtschafts-Gesellschaft. Ce salon a une forte influence sur les cycles de développement des équipements agricoles. Les exposants dévoilent habituellement leurs innovations avant qu’il n’ouvre ses portes. Cette année, plus d’une soixantaine de constructeurs renommés ont organisé des démonstrations à l’intention de la presse spécialisée. Technique Agricole a  assisté à plusieurs d’entre elles et en a  régulière­ment informé ses lecteurs. Cet article propose une synthèse succincte des innovations présentées à l’Agritechnica.

conformes à la Phase 5. Nombre de développeurs se sont attachés à simplifier la commande en optimisant le concept et en y  apportant des solutions numériques. Deux constructeurs proposent de nouveaux systèmes visant à améliorer le confort de conduite et à réduire les vibrations lorsque le tracteur est attelé à une presse. Maints propriétaires de gros tracteurs ont des pneus en fin de vie. Dès lors, les chenilles et semi-chenilles sont de plus en plus utilisées pour obtenir une meilleure traction. On pourra admirer pour la première fois un tracteur équipé de quatre chenilles triangulaires, celles-ci n’existant jusqu’à présent que sous forme de post-équipement.

Travail du sol Tracteurs Les normes antipollution déterminent grande­ment l’évolution des tracteurs. Les visiteurs de l’Agritechnica pourront voir des modèles entièrement remaniés et 52

Technique Agricole 10 2019

Le travail du sol connaît un regain d’intérêt lié à la diminution du recours aux produits phytosanitaires. Les experts s’atten­ dent à une augmentation des passages de la déchau­meuse ou du cultivateur. Les

nouveaux outils et leurs formes inédites doivent contribuer à éliminer efficacement les adventices et les repousses de céréales, tout en ménageant le pouvoir couvrant et la teneur d’humus du sol. L’électronique tend peu à peu à s’imposer dans les équipements de travail du sol. Elle permet d’assurer une meilleure communication entre le tracteur et l’outil et en facilite le maniement. Toujours plus souvent dotés d’un entraînement électrique, les semoirs bénéficient aussi de capteurs perfectionnés. Ils sont soumis à des exigences croissantes portant sur la flexibilité d’écartement des lignes, la sélection des graines de céréales, l’application simultanée d’engrais, les capteurs de comptage des graines, et leur compatibilité avec les différents systèmes de gestion du tracteur et des données.

Équipements de fertilisation et de pulvérisation Jusqu’à maintenant, les agriculteurs dis-


Exposition | Plate-forme

La moissonneuse-batteuse « Ideal » d’Agco offre un champ de vision dégagé à l’avant. Le volant et la colonne de commande sont remplacés par un joystick latéral.

posaient de peu d’outils répartissant de manière optimale les mélanges d’engrais à épandre. Une application permet désormais d’en estimer la qualité. De nouveaux dispositifs de commande et de réglage tiennent compte de l’influence de la projection et ajustent le point de chute à partir du disque d’épandage. L’épandeur d’engrais pneumatique revient en force : Rauch y installe un nouveau système de dosage électrique permettant un réglage indépendant. Parmi les priorités en protection des végétaux, on peut citer l’amélioration de l’efficacité, l’optimisation du taux de remplissage des pulvérisateurs, ainsi que la combinaison du désherbage mécanique et des traitements phytosanitaires ciblés. Le volume des réservoirs des pulvérisateurs tractés a encore augmenté. Des outils électroniques servant à établir des modèles diagnostiques et prévisionnels sont d’une grande aide pour l’opérateur lors de décisions à prendre ou de traitements à appliquer. À la suite de reprises, de fusions ou d’agrandissements, certains constructeurs ont ajouté à leur portefeuille des outils de désherbage mécanique, pourvus eux aussi d’appareils électroniques. Ils les ont rendus plus concurrentiels, en y ajoutant par exemple un système de guidage automatique des rangs, pour augmenter le rendement à la surface et la qualité de travail.

Machines de récolte On a encore cherché à accroître le rendement des moissonneuses-batteuses. Les diamètres plus grands des batteurs ainsi que l’optimisation des différents tambours (entre autres de chargement et de séparation) y contribuent. Les modèles haut de gamme offrent une puissance motrice de 800 chevaux. Pour la première fois, des contre-batteurs et des contre-­ séparateurs peuvent se monter et se démonter latéralement. Des capteurs favo-

risent une détection rapide de la barre de coupe. La tendance mondiale de la barre de coupe à tapis se confirme. Les constructeurs internationaux s’efforcent de plus en plus de l’adapter aux conditions de récolte en Europe. Les arracheuses de pommes de terre, à un et deux rangs, se distinguent par leur puissan­ce et leurs équipements, selon la taille de leur concepteur. Le tri qualitatif des tuber­cules non lavés à l’aide de capteurs optiques est d’ores et déjà adopté par quelques agriculteurs. Les limites de ces  systèmes apparaissent dans la plus grande variabilité visible de la surface des pommes de terres non lavées par rapport aux lavées. Les grandes récolteuses automotrices de betteraves deviennent la norme, et ce à l’échelle mondiale. La majorité d’entre elles ont six rangs, mais on en voit toujours plus souvent avec neuf et même douze rangs. La « souris » joue un rôle déterminant dans le réseau logistique du ramassage des betteraves.

tains d’entre eux effectuent des mesures plus précises du rendement et d’autres sont assistés pour la première fois par satellite pour la production fourragère. Les recommandations phytosanitaires sont formulées d’après les données croisées des capteurs de sols et des stations météorologiques automatisées. Certaines nouveautés destinées à assister le conducteur bénéficient de technologies d’holographie et de réalité augmentée (augmented reality) que de multiterminaux pouvant être librement configurés.

Production de fourrage vert

Afin de réduire les vibrations, New Holland propose sur les tracteurs de la série « T7 » un mode « presse ». Celui-ci permet de modifier le réglage de la suspension de l’essieu avant, d’accroître le couple moteur, et ainsi, de considérablement diminuer le balancement de l’attelage.

Le marché des matériels de fenaison est dominé par les faucheuses à disques, dont les développements se résument à des détails. Les faucheuses à double lame regagnent du terrain. Les nouveaux modèles possèdent de nombreux atouts : une puissance requise moindre, une coupe exacte, un poids minime allié à des largeurs de travail atteignant dix mètres, une durée de vie plus longue des lames et une meilleure sécurité de fonctionnement. Les andaineurs comportent des perfectionnements intéressants. Si les constructeurs se sont contentés d’en peaufiner les détails sur les systèmes à rotors, ils sont de plus en plus nombreux à se pencher sur les andaineurs à pickup, une machine d’avenir. Une importance croissante est accordée à ce concept introduit tant sur l’andaineur de montagne que sur un modèle automoteur. Les systèmes de démarrage et de nouage des presses de balles parallélépipédiques, ainsi que différents dispositifs des presses à balles rondes, ont fait l’objet d’améliorations, les objectifs visés étant de raccourcir le temps de pressage et d’en augmenter la densité. L’évolution tendant vers des puissan­ces et des dimensions plus grandes est  particulièrement flagrante sur les en­ sileuses.

Numérisation Plus de 70 systèmes numériques seront présentés lors de cette édition de l‘Agritechnica, inédits ou perfectionnés. Cer-

L’Agritechnica 2019 L’Agritechnica aura lieu au Parc des expositions à Hanovre du 10 au 16 novembre 2019 (les 10 et 11 étant les journées d’exclusivité), de 9 à 18 heures. Il rassemblera plus de 2750 exposants d’une cinquantaine de nationalités différentes sur une surface de 40 hectares. La DLG, instance organisatrice, s’apprête à accueillir plus de 400 000 visiteurs venus de 130 pays des cinq continents avec des événements mémorables, des premières... Le public pourra découvrir la « DLG-AgrifutureLab », nouvelle salle d’exposition pour les start-up, et assister à l’« International Farmers‘ Day » (journée internationale des agriculteurs), où la France et la Grande-Bretagne seront à l’honneur. Le programme, riche en conférences, tables rondes et forums, a été construit sous le fil conducteur « Global farming – Local responsibility » qui explorera le lien étroit entre l’économie agricole mondiale et la responsabilité locale. Le calendrier des événements, la liste des exposants, différents plans, une billetterie en ligne et bien d’autres informations se trouvent sur le site Internet www.agritechnica.com

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Management | Equipements

Plus de 95 % des larves de pyrale sont installées au-dessus du niveau du sol au moment de la récolte. Photos : Ruedi Hunger

Savoir gérer les chaumes de maïs Laisser les chaumes de maïs non décomposés à la surface du champ est une première erreur à ne pas commettre, car ils pourraient être infectés par la fusariose ou héberger la pyrale du maïs. La deuxième erreur serait de labourer le champ et d’enfouir les résidus tels quels, car le labeur suivant les fera remonter à la surface où ils pourront de nouveau répandre la fusariose. Ruedi Hunger Plusieurs machines ont été présentées ces dernières années, toutes censées régler définitivement le problème des chaumes de maïs. Il s’agissait pour partie d’outils spécialisés dans la lutte contre la pyrale, qui travaillent au niveau du rang et dont le taux d’utilisation annuel ne justifie que rarement leur acquisition, les autres étant 54

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polyvalents, par exemple des broyeurs, modifiés à cet effet.

Broyeurs à axe horizontal et vertical Parmi ces machines aux applications multiples figurent les broyeurs actionnés par la prise de force. Ils servent depuis des années à réduire les chaumes de maïs, et indirecte-

ment à combattre la pyrale du maïs. Du point de vue de la construction, on établit une distinction entre broyeurs à axe horizontal, donc à action verticale, et broyeurs à axe vertical, qui agissent dans le sens horizontal. Ces broyeurs n’étant pas censés entrer directement en contact avec le sol, la nature et l’état du sol sont secondaires. Les broyeurs à axe vertical à un seul couteau présentent un inconvénient majeur  : les chaumes de maïs sont tranchés sans être déchiquetés. Deux couteaux disposés l’un au-dessus de l’autre seront mieux à même de lacérer et déchiqueter les chaumes. Les broyeurs à axe vertical sont d’ailleurs souvent utilisés avec des outils émoussés pour éviter une coupe trop nette et obtenir un déchiquetage maximal. La société « Z-ex » a transformé une herse rotative en broyeur à axe vertical, utilisant des chaînes terminées par des masses métalliques en guise de fléaux. Ce système assure presque le même degré de déchiquetage qu’un broyeur utilisant des couteaux émoussés, mais il a l’avantage d’être moins sensible à la présence de pierres. Les broyeurs à axe horizontal peuvent être équipés de différents types de fléaux. Les marteaux cuillères et les couteaux en Y, notamment ceux à lame intermédiaire, sont particulièrement efficaces pour lacérer les chaumes. L’action peut être améliorée par des contre-lames (dans certains cas à réglage hydraulique), mais ces dernières risquent de freiner le flux du broyat à travers la machine, nécessitant davantage de puissance de traction. Pour une bonne efficacité du travail, la vitesse doit être adaptée en fonction des quantités à broyer.

Rouleaux scarificateurs Des rouleaux hérissés de couteaux sont souvent utilisés pour broyer les résidus de cultures. Si les chaumes sont secs et cassants, le traitement peut être efficace, mais s’ils sont fraîchement coupés et trop élastiques, les rouleaux scarificateurs sont inopérants. Plusieurs éléments de rouleaux étroits, décalés mais avec un recouvrement suffisant, assurent une meilleure adaptation au sol qu’un rouleau d’une seule pièce. L’effet du rouleau scarificateur s’améliore avec la vitesse, d’où la nécessité d’une puissance moteur suffisante.

Peut-on se contenter des outils de travail du sol habituels ? La question mérite d’être posée, car chaque machine supplémentaire, à plus forte raison si elle n’atteint pas un taux


Equipements | Management

d’utilisation annuelle suffisant, génère des coûts, imputables à la culture précédente (cas du maïs) ou à la culture suivante. Comment bien broyer les chaumes de maïs en pratiquant un déchaumage superficiel  ? Une solution possible consiste à détruire les chaumes de maïs à l’aide d’un outil porté frontal, pendant qu’à l’arrière un outil de travail du sol incorpore les résidus de culture dans la terre sur trois centimètres de profondeur. Dans ce cas, selon la météo et la nature du sol, la décomposition peut être rapide. Une autre approche est celle de Väderstad avec le disque « CrossCutter » équipant son déchaumeur Carrier, qui réunit un rouleau scarificateur en amont, des disques coniques au milieu et un rouleau tasseur en aval. Les disques « CrossCutter » sont remarquables par leur forme, qui leur permet d’atteindre une largeur de travail de plus de onze centimètres. L’intégralité du déchaumage dépend aussi de l’angle d’attaque des disques. L’action des disques « CrossCutter » consiste à incorporer les chaumes de maïs lacérés dans la terre sur une profondeur de trois centimètres, favorisant ainsi leur décomposition rapide.

La problématique des chaumes Généralement, les chaumes peuvent servir d’hôtes à de nombreux champignons pathogènes. Dans le cas du maïs, il s’agit essentiellement des fusarioses, auxquelles est imputable la teneur en mycotoxines des futures céréales, notamment du blé. Pour lutter efficacement contre la fusariose et la pyrale du maïs, il faut que les chaumes soient broyés et déchiquetés au niveau du sol. En effet, les chaumes de

maïs hébergent de nombreuses larves de pyrale. Des études effectuées au moment de la récolte de maïs ont montré que 47% des larves de pyrale étaient installées au-dessus du deuxième nœud, 27% « habitaient » entre le premier et le deuxième nœud et 22% entre le sol et le premier nœud. Les 4% de larves restantes ont été trouvées au niveau des racines (voir photos page 54 et ci-dessus). Grâce à son « StalkBuster », Kemper s’attaque au mal à la racine. Photo : Kemper

Chaumes écrasés Les chaumes de maïs écrasés pendant la récolte échappent en grande partie à l’action des outils de broyage. La société « TerraTec » a mis au point un outil pour les entailler, constitué de couteaux verticaux dirigés vers le sol, disposés à 2,5 centimètres d’intervalle sur deux rangées décalées. Ces couteaux vont certes lacérer les chaumes couchés au sol, mais aussi les collets des racines restées en terre après le broyage. Le suivi du terrain est assuré par une plaque coulissante. C’est la société Kemper qui a mis au point la solution la plus prometteuse : le « StalkBuster », qui se place sur la tête de récolte de l’ensileuse. Dès que les tiges de maïs sont coupées, les chaumes sont saisis et lacérés par des outils qui tournent dans le sens horizontal. Grâce à une suspension pendulaire, ils sont progressivement raccourcis de haut en bas jusqu’au collet des racines. Des patins empêchent les outils de s’attaquer au sol. Le « StalkBuster » s’est avéré le plus performant lors des démonstrations organisées en 2018.

ments phytosanitaires se voient réduits. Si les conditions météorologiques sont réunies, une attaque de fusariose peut avoir des effets dévastateurs sur un champ de blé. « Mieux vaut prévenir que guérir » : ce proverbe vaut aussi en matière de lutte contre la pyrale du maïs. Le traitement des chaumes de maïs engendre certes un surcoût, il est néanmoins la clé de la prévention des maladies et des parasites !

ACTION spéciale Profitez de suite de:

Conclusion L’hygiène aux champs gagne en importance au fur et à mesure que les traite-

Épareuse PA

Avec commande proportionnelle Portée 5.5 m Position variable de l’outil VFR position flottante du bras/tête Tête de broyage Multicut 1.2 m Refroidisseur d’huile / Acc. rapide

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Les broyeurs à axe horizontal entraînés par la prise de force trouvent des applications multiples.

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Un rayon d’activité de Ott machines agricoles SA

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Management | Question de lecteur

Lorsqu’on appuie sur la pédale de frein, on doit être assuré que le tracteur et la remorque freinent efficacement.

Photos : Roman Engeler

Bien des questions en suspens Les changements intervenus dans le domaine des freins de remorque préoccupent aussi bien les agriculteurs que l’industrie du machinisme. Bien des questions, surtout relativement aux systèmes hydrauliques, demeurent ouvertes. . Roman Engeler Depuis le 1er janvier 2018, seuls les tracteurs équipés d’installations de freins à deux conduites pour remorques – pneumatiques ou hydrauliques – peuvent encore être mis en circulation en Europe. La Suisse a aussi adopté cette réglementation. Jusqu’à fin 2024 toutefois, les tracteurs peuvent encore être dotés d’origine –  et en parallèle à un système à deux conduites  – d’une prise de frein hydraulique à une conduite pour remorque. Reste une première question encore ouverte, à savoir si les importateurs ou les concessionnaires seront habilités à réaliser cette installation, car la pose de cette prise hydraulique pourrait entraîner des conséquences en terme de responsabilités et de garantie constructeur. Depuis le 1er mai 2019 en outre, les remorques neuves doivent également être pourvues de frein à deux conduites. Là, la Suisse n’a prévu aucune exception, contrairement à quelques pays européens qui ont mis en place certaines dérogations spéciales, précisément en relation avec l’utilisation de freins hydrauliques à une conduite. 56

Technique Agricole 10 2019

Droits acquis garantis

Freins hydrauliques

Cependant, toutes les combinaisons de tracteurs et de remorques qui étaient admises à circuler en vertu des règles en vigueur antérieurement pourront continuer à rouler. Les utilisateurs de tels attelages n’ont pas trop de souci à se faire dans un avenir prévisible. C’est l’accouplement d’un tracteur neuf et d’une ancienne remorque – ou l’inverse – qui est source de problèmes, en raison des différences d’effets de freinage. Technique Agricole a déjà traité à maintes reprises plusieurs aspects de cette question. Sur le site internet www. agrartechnik.ch figurent les schémas et tableaux qui récapitulent les possibilités de combinaisons et les éventuels risques inhérents à chacune d’elles. Le fait est qu’aucun de ces « mariages » entre matériels ancien et nouveau n’est irréprochable. On entend toutefois dire que quelques uns de ces attelages devraient être autorisés, du fait que le remplacement ou le post-équipement en bloc de l’ensemble d’un parc de véhicules relève tout simplement de l’impossible pour une évidente question de coûts.

La plus grande incertitude concerne pour le moment les freins hydrauliques. Technique Agricole l’a aussi déjà traité évoqué, pour la dernière fois en août 2019, dans une interview qui relevait un certain nombre de défauts techniques mettant en cause la sécurité de freins hydrauliques à deux conduites, même si la construction de ces systèmes est conforme aux exigences en vigueur. Paul Forrer AG, qui a développé une solution de ce type, la commercialise en s’appuyant sur des rapports d’expertise (voir encadré) attestant de la conformité de ce système de freins hydraulique à deux conduites. Les offices de la circulation adoptent, eux, des positions divergentes à son égard. Selon une évaluation de l’ASETA, environ 70 % des offices cantonaux compétents refusent d’admettre ce système hydraulique à deux conduites en raison de l’absence de test d’efficacité probant. D’autres avancent qu’un tel test n’est pas indispensable et autorisent ces freins à rouler. Quelques constructeurs de remorques européens disposent d’une ho-


Question de lecteur | Management

mologation européenne par type pour ce système à deux conduites, ce qui contraint les autorités à l’autoriser.

Une conduite au tracteur, deux à la remorque Abstraction faite du principe général d’autoriser ou non les freins hydrauliques à deux conduites sur les remorques neuves, se pose une autre question : peut-on atteler une telle remorque à freins hydrauliques à deux conduites à un ancien tracteur pourvu d’un branchement hydraulique simple et circuler avec ce train routier sur la voie publique ? Le fait que cette combinaison soit possible en condamnant un tuyau a longtemps servi d’argument en faveur du maintien des freins hydrauliques. D’après l’Office fédéral des routes (Ofrou), cette combinaison ne fait l’objet d’aucune description réglementaire ; elle n’est donc ni expressément autorisée, ni interdite non plus. Les services de police voient la chose d’un autre œil et sont d’avis qu’un tel attelage ne peut être autorisé qu’à manœuvrer sur la ferme, mais pas à circuler sur la voie publique. Ce vide réglementaire va devoir être clarifié. Le groupe de travail « Trafic agricole

sur la voie publique » composé par diverses organisations et dont l’ASETA est partie prenante, s’efforce de trouver une solution compatible avec la pratique. Une possibilité consisterait à : • limiter la charge tractée à 12 tonnes, calculé en additionnant le poids en service sur les essieux, en excluant l’éventuelle charge d’appui sur le timon ; • llimiter la vitesse à 40 km/h ; • lexiger la présence d’un dispositif opérationnel de contrôle de la pression du réservoir de freinage d’urgence ; la prise ABS et la lampe témoin doivent apparaître dans le champ de vision du conducteur ; • le train routier est limité à une seule remorque. On ne sait pas encore si cette proposition qui permettrait d’atteler une remorque à deux conduites hydrauliques à un tracteur à une conduite est susceptible de rallier une majorité de voix en sa faveur, ni si elle pourra être appliquée.

Conclusions Nombre d’éléments concernant les freins des véhicules agricoles sont clairement

L’installation de Paul Forrer AG Pour combler une lacune sur le marché, l’entreprise Paul Forrer AG s’est penchée très tôt sur les nouvelles prescriptions en matière de freins et a développé un système à deux conduites hydrauliques pour remorques. Ce dernier a été testé fin janvier 2018 par le TÜV Nord en Allemagne, puis en juillet 2019 par le Dynamic Test Center (DTC) à Vauffelin BE. Le TÜV Nord a rédigé un rapport d’expertise, tandis que le DTC a émis une attestation de conformité ; les deux organismes constatent que ce système de freins est construit conformément aux prescriptions. Par contre, il n’y a pas eu de test sur la conformité de l’effet de freinage relativement aux prescriptions. Paul Forrer AG, qui commercialise des freins hydrauliques et pneumatiques, fait savoir dans un communiqué que ces deux systèmes de freinage pour remorques sont soumis aux mêmes exigences en terme d’effet de freinage. « Les caractéristiques techniques et les fonctions des deux systèmes sont décrites en détail, fournies dans la nouvelle législation ; les deux systèmes respectent ces spécifications. » Pour cette

Pour les transports agricoles « professionnels », les freins pneumatiques s’imposent comme la solution judicieuse. Il en restera de même à l’avenir.

entreprise, il donc clair que son système de frein hydraulique à deux conduites remplit toutes les exigences en termes de fonctionnement et de sécurité, comme l’attestent les expertises réalisées. Et la maison de revenir sur les données techniques : – freinage automatique en cas de rupture de la conduite de frein (pour les freins à une ou deux conduites), de rupture de la conduite auxiliaire, ou de chute de pression dans cette conduite (par ex. panne de la pompe, calage du moteur, etc.) ; – régulation automatique du freinage selon la charge (ALB) pour les classes correspondantes de véhicules (par ex. remorques de transport) ; –A  sservissement à la charge par paliers pour les véhicules correspondants (par ex. machines de travail tractées) ; –d  imensionnement du système de freinage en fonction du poids total ; – t emps de montée réglementaire de 0,6 seconde (vitesse de déclenchement des freins) pour chaque catégorie de poids et combinaison de remorques en recourant à une soupape relais.

réglementés. D’autres attendent encore une clarification ; c’est notamment le cas des attelages entre tracteurs et remorques de générations différentes. Il n’est pas certain que des réponses rapides puissent être apportées à toutes les questions encore ouvertes. La recommandation émise par l’ASETA en juin 2016 reste totalement valable : mieux vaut dorénavant adopter des freins pneumatiques. Mais les systèmes pneumatiques et hydrauliques vont cohabiter encore un bout de temps. Aujourd’hui, on regrettede n’avoir pas d’emblée recommandé, voici plus de vingt ans, d’équiper les nouveaux tracteurs de freins pneumatiques lorsqu’on est passé du 30 au 40 km/h.

Où est-ce que le bât blesse ? Quelles sont les principales préoccupations des membres des sections de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA) ? Quels soucis, quelles difficultés rencontrent-ils dans leur pratique quotidienne ? Dans une série paraissant régulièrement, Technique Agricole traite ces sujets pratiques qui sont soumis au service Formation. Les questions sont à adresser à l’ASETA à Riniken, tél. 056 462 32 00, ou par courriel à zs@agrartechnik.ch

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Passion | Youngtimer

Pour Christian Wanzenried, de Möhlin (AG), le John Deere « 5820 » est l’idéal en production fourragère. Photos : Dominik Senn

88 chevaux pour arpenter les prairies Le John Deere « 5820 » était le modèle phare de la série « 5020 », apparue en 2003 en Suisse. Un des tout premiers modèles a été acheté par Christian Wanzenried, maître agriculteur à Möhlin (AG). C’est l’engin quasi parfait en production herbagère. Dominik Senn

Christian Wanzenried est né en 1965. Cet agriculteur doit faire preuve d’une atten­ tion extrême lorsqu’il déplace des véhi­ cules sur son domaine, le « Kym’s Hof ». Son épouse et ses deux filles travaillent et étudient à l’extérieur – elles ne courent pas de risques à cet égard –, mais il y a la route de Maisprach (BL) qui traverse cette ferme très soignée à tous points de vue. Près de 1000  voitures y passent chaque jour ; leurs conducteurs ne réalisent sou­ vent pas qu’ils traversent un domaine privé. De temps en temps, des bûches de  bois, un outil ou l’autre, des fruits « prennent des ailes », emportés par des «  clients  » indélicats. Et cela fait des 58

Technique Agricole 10 2019

décen­ nies que le canton fait la sourde oreille et refuse de construire une route qui contournerait la ferme.

Abandon de l’élevage de bovins Christian Wanzenried a repris l’exploi­ tation en 1999, à la retraite de son père. Elle a une surface agricole utile (SAU) de 54 hectares, surtout des sols lourds, argi­ leux, qui n’ont rien de commun avec le lœss léger des hauteurs de Möhlin, « gre­ nier à blé  » du Fricktal. Les grandes cultures (60 %) et la production laitière (40 %) constituaient la base du revenu de l’exploitation. Il y a trois ans et demi, il aurait fallu investir pour transformer et

agrandir les étables. Christian Wanzen­ ried a préféré abandonner les bovins, «  à contrecœur, mais ce n’était plus rentab­le  ». Depuis lors, les emblavures s’étendent sur  44  hectares (blé, orge, semences de céréales pour l’organisation des produc­ teurs de semences de Suisse orientale OSP, maïs ensilage, colza). Les betteraves oc­ cupent 6,5  hectares pour un contingent de 96 000  kilos de sucre. Les surfaces écolo­ giques (des lisières notamment) et des vergers hautes-tiges (cerisiers, pru­ niers, noyers) occupent le reste des terres. En hiver, Christian Wanzenried distille ses fruits. Le bois de feu pour la maison et la


Youngtimer | Passion

John Deere, un leader mondial Le « 5820 » de 88 chevaux est un tracteur standard de John Deere. Il existe aussi en version à toit abaissé, comme celui de Christian Wanzenried. Sa hauteur n’est que de 2545 mm au lieu de 2595 mm. C’était le modèle phare de la série « 5020 ». Le toit vitré était disponible en option ; il facilite le travail avec le chargeur frontal. La série « 5020 » n’a été introduite en Suisse qu’en 2003. Elle n’existait pas auparavant. La série « 5820 » compte 458 unités. John Deere est le nom du fondateur et la marque principale de l’entreprise américaine Deere & Company, leader mondial de la fabrication de matériels agricoles. La production s’effectue principalement en dehors des USA, surtout en Europe. Le site de Mannheim (D) est le plus important hors des ÉtatsUnis. À part des tracteurs, des moissonneuses-batteuses, des ensileuses et des La cabine est abaissée mais aussi son plancher, jusqu’au canal central.

distillerie provient des quelque 10 hectares de la forêt familiale.

Une offre globale qui valait le coup Pour les travaux de la ferme et des champs, Christian Wanzenried possède une petite flotte de John Deere, dont la maintenance est assurée de longue date par le concessionnaire local Vasellari AG. Dix ans après un premier John Deere, un « 1640 » de 65 chevaux acquis en 1981, il achète une moissonneuse-batteuse JD « 1177 », toujours vaillante et qui « bat plus proprement que bien des machines actuelles », souligne notre hôte. En 1997, il s’équipe d’un JD « 6600 » de 110 chevaux, puis d’un JD « 5820 » de 88 chevaux en 2003, quatre ans après la reprise de l’exploitation. Cette acquisition était indispensable, le « 1640 » étant trop léger pour le nouveau pulvérisateur de 1000 litres. « À cette époque, le ‹ 5820 › venait d’arriver sur le marché, j’étais un  des premiers acheteurs ; 70, 80  ou 90  chevaux, la question du prix passait au second plan. Le chargeur frontal était inclus dans une offre globale très avantageuse à laquelle je ne pouvais résister », raconte Christian Wanzenried.

production herbagère, mais qui manque de réserve pour les travaux lourds, labours et hersages », souligne Christian Wanzenried. La robustesse d’ensemble est bien du John Deere. Hormis une pompe à carburant et un petit problème électronique, il n’a jamais dû être réparé. Son empattement court est un autre atout ; il rend ce tracteur très maniable. D’après Christian Wanzenried, la boîte à vitesses n’est cependant pas digne de la marque. Il faut débrayer pour commuter entre les quatre groupes et les autres rapports sont à passage électrique. Un levier latéral, à droite, offre bien des

presses, l’entreprise construit des récolteuses de coton et de canne à sucre ainsi que des machines pour la protection phytosanitaire, le travail du sol, et des semoirs. La gamme de produits de John Deere comprend aussi des engins de chantier (chargeurs, bulldozers et chargeuses sur chenilles, niveleuses, pelles rétro, pelleteuses, etc.). S’y ajoutent des engins forestiers et communaux ainsi que des machines pour l’entretien du gazon, du sol et des terrains de golf. L’entreprise commercialise aussi des produits pour l’agri­ culture de précision avec GPS, pour la mesure et la documentation du rendement ainsi que des logiciels de gestion de flotte. Robert Aebi Landtechnik AG est l’importateur général pour toute la Suisse dans le domaine des machines agricoles et pour la Suisse alémanique dans le domaine de l’entretien du gazon et du sol.

demi-­vitesses. Mais le passage des rapports – marches avant ou marches arrière, peu importe – est fastidieux, et on ne peut quasi ni démarrer ni débrayer sans à-coups. « Mes filles refusent de conduire le ‹ 5820 › ; elles estiment que même le ‹ 1640 › et le ‹ 6600 › sont bien plus confortables à piloter », rapporte Christian Wanzenried, qui apprécie bien sûr que ses filles lui donnent un coup de main à la saison des récoltes. « En production fourragère, je n’hésiterais pas à racheter un ‹ 5820 ›. Mais pas avec cette boîte à vitesses-là », conclut notre hôte d’un jour.

Une boîte indigne d’un John Deere Avec sa charge utile de 1600 kilos, le « 5820 » de 4500  kilos sert à pulvériser, épandre, semer et charger au frontal. « C’est un tracteur puissant, parfait en

Le « 5820 » est compact et maniable.

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Assemblées générales Tout pour le lisier Silo en acier inoxydable 30–5000 m3

 AG Mercredi 27 novembre 2019, 9 h 30 Auberge rurale Löwen, Sins Le programme inclut les visites des sociétés Sepp Knüsel AG et Rigitrac à Küssnacht am Rigi (SZ).

 TG Couverture de silo Consultation Planification

Mercredi 20 novembre 2019, 20 h Restaurant zum Trauben, Weinfelden Le programme inclut des conférences sur l’organisation et les avantages d’une communauté de machines.

 VD Arnold & Partner AG

Biogas- und Verfahrenstechnik www.arnoldbiogastechnik.ch 6105 Schachen Tél. 041 499 60 00 Suisse Romande: Laurent Collet, Tél. 079 607 77 63

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 BL

BS

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ASETA | SVLT Association suisse pour l‘équipement technique de l‘agriculture Téléphone 056 462 32 00

La section des Deux Bâle de l’ASETA organise les cours préparatoires en vue de l’obtention du permis de conduire de catégorie F/G pour les jeunes gens qui auront 14 ans en 2019 (nés en 2005), ou plus âgés. Cours préparatoire : mercredi 30 octobre 2019, 13 h 30 Examen : samedi 16 novembre 2019, 9 h Lieu du cours : centre de formation d’Ebenrain, Sissach, Kurslokal 1 Lieu de l’examen : Motorfahrzeugprüfstation (MFP), Münchenstein Prix : CHF 40.– pour les membres (CD didactique de CHF 40.– non inclus), CHF 80.– pour les non-membres (CD didactique de CHF 40.– non inclus). Inscription : au plus tard 30 jours avant le début du cours auprès de Marcel Itin, Hof Leim 261, 4466 Ormalingen, 076 416 27 13, marcelitin@­ gmx.ch ; merci d’indiquer les dates du cours et de naissance.

 FR La campagne de tests de freins 2019 L’AFETA maintient sa campagne de tests de freins pendant l’année 2019. Ces tests sont destinés aux chars et remorques en tout genre, 30 ou 40 km/h, qui tout au long de l’année remplissent leur rôle, dont la maintenance est trop souvent négligée. À l’issue du contrôle, vous disposerez d’un diagnostic précis de vos véhicules, établi par un professionnel agréé Agrotec Suisse. Ces tests ont lieu dans l’atelier agréé le plus proche de votre domicile. La liste des ateliers peut être consultée sur www.agrotecsuisse.ch. Important : les convois doivent être équipés pour les tests de freins de service hydraulique ou pneumatique. Depuis cette année, l’AFETA propose en plus de soutenir les nouvelles immatriculations de remorques. Avantage : l’AFETA prend en charge pour ses membres un montant de 50 francs par essieu sur le prix du test ainsi que 50 francs par essieu pour


Sections | ASETA

une première immatriculation. Pour cela, il vous suffit d’envoyer une copie de la facture ou du permis de circulation pour une nouvelle immatriculation à l’adresse suivante : AFETA / FVLT, Samuel Reinhard, Rte de Grangeneuve 31, 1725 Posieux. Cette offre n’est pas valable pour l’achat de nouveau matériel ou en cas de convocation ultérieure à une expertise.

 LU

Kaltbrunn, Rest. Löwen Me 20.11.2019 Kaltbrunn, Rest. Löwen / StVA Kaltbrunn Me 11.12.2019 Wangs, Parkhotel Wangs, Parkhotel / StVA Mels

Sa 23.11.2019 Me 18.12.2019

Formation pour le permis F/G

Offre de cours actuelle Examen théorique de cyclomoteur ou de tracteur : les cours de préparation à l’examen théorique du permis de conduire des cyclo­moteurs ou des tracteurs ont lieu le mercredi après-midi. Tarifs des cours incluant la plate-forme d’apprentissage en ligne (24 cartes de théorie) : 70 francs pour les membres et 90 francs pour les non-membres. Dates des prochains cours : mercredi 27 novembre 2019 à Sursee, de 13 h 15 à 17 h 30. Examen théorique de scooter ou de voiture : préparation en ligne pour 29 francs. Cours de base de scooter et moto : à Büron et à Sursee, 300 francs pour les membres et 320 francs pour les non-membres. Prochain cours : n˚ 612, samedis 16 et 23 novembre 2019, de 12 à 16 h. Cours de théorie sur le trafic routier : à Sursee, Schüpfheim et Hoch­ dorf : 220 francs pour les membres et 240 francs pour les non-membres. Prochain cours : n˚ 407 , quatre soirs, les lundis et mardis 18 et 19 ainsi que les 25 et 26 novembre 2019, de 19 h à 21 h, à Sursee. Les cours n’ont lieu que si le nombre de participants est suffisant. Offre combinée pour les scootéristes : plus avantageuse que les prix à l’unité. Apprendre la théorie en ligne / cours de base 1 et 2 (8 leçons) /  cours de théorie sur le trafic routier (4 × 2 leçons) ; 539 francs pour les membres, 579 francs pour les non-membres. Cours de théorie camion : constitué de 32 leçons réparties sur quatre semaines (un jour de cours par semaine). Le cours est composé de modules et on peut le commencer chaque semaine. Le prochain cours commence le 14 novembre 2019 à Lucerne. Informations et inscription : (sous réserve de changements de lieux, de contenu, de prix ou de durée de cours) auto-école de la LVLT, Senn­ weidstrasse 35, 6276 Hohenrain, tél. 041 467 39 02, fax 041 460 49 01, info@lvlt.ch.

 SG 

Niederbüren, Schulh. Probelokal Sa 09.11.2019 SG-Winkeln, Kath. Pfarreiheim, Winkeln / StVA  Me 04.12.2019

 AR 

 AI 

 GL

Assemblées de cercles et conférences Il est aussi possible d’assister aux assemblées des autres cercles.

Cours et examens théoriques de permis de tracteur 2019 Responsable du cours : Hans Popp, Karrersholz 963, 9323 Steinach 2e jour Lieu de cours 1er jour  + examen Après-midimercredi après-midi Widnau, Rest. Rosengarten Me 30.10.2019 Rorschach, Aula Schulh. Burghalde / StVA Me 27.11.2019

Les jeunes gens doivent suivre des cours de théorie en vue de l’obtention du permis de conduire de catégorie F/G. L’examen réussi donne le droit de conduire sur la voie publique des véhicules à moteur agricoles dont la vitesse maximale est de 30 km/h. Pour plus d’informations, consultez le site www.fahrkurse.ch. AG Lieux et dates de cours : Riniken, 21.11.2019 et 28.11.2019, de 18 h 30 à 20 h 30 ; Lieb­egg, 27.02.2020 et 05.03.2020, de 18 h 30 à 20 h 30 ; Frick, 07.05.2020 et 14.05.2020, de 18 h 30 à 20 h 30 Contact : Yvonne Vögeli, Strohegg 9, 5103 Wildegg, 062 893 20 41, sektion.ag@agrartechnik.ch (possibilité d’inscriptions à court terme) BL, BS Lieu de cours : Ebenrain, Sissach : 30.10.2019, 13 h 30 Lieux et dates d’examen : MFP Münchenstein : 16.11.2019 Contact : Marcel Itin, 076 416 27 13, marcelitin@gmx.ch BE Contact : Peter Gerber, 031 879 17 45, Hardhof 633, 3054 Schüpfen, www.bvlt.ch FR Contact : AFETA, Samuel Reinhard, route de Grangeneuve 31, 1725 Posieux, samuel.reinhard@fr.ch, 026 305 58 49 GR Lieux de cours : Landquart, Ilanz, Thusis, Scuol, Samedan Contact : Luzia Föhn, 081 322 26 43, 7302 Landquart, foehn@ilnet.ch, www.svlt-gr.ch NE Contact :. Bernard Tschanz, chemin du Biolet, 2042 Valangin, bernardtschanz@net2000.ch GL Contact : Hans Popp, 071 845 12 40, Karrersholz 963, 9323 Steinach, hanspopp@bluewin.ch SH Contact : VLT-SH, Geschäftsstelle, Adrian Hug, Schüppelstrasse 16, 8263 Buch, 079 395 41 17, www.vlt-sh.ch SO Contact : Beat Ochsenbein, 032 614 44 57, ochsebeis@bluewin.ch SZ, UR Contact : Florian Kälin, Geschäftsstelle VLT Schwyz und Uri, 055 412 68 63, 079 689 81 87, info@glarnernbeef.ch TG Lieux et dates de cours : Müllheim, 26.10.2019 et 06.11.2019 ; Fritschen, 07.12.2019 et 18.12.2019 Contact : VTL/Landtechnik, Markus Koller, 071 966 22 43, Weierhofstrasse 9, 9542 Münchwilen VD Lieu de cours : Oulens-sous-Echallens ; dates de cours : octobre 2019 Contact : ASETA-Section vaudoise, Virginie Bugnon, chemin de Bon-Boccard, 1162 Saint-Prex, v.bugnon@bluewin.ch ZG Contact : Beat Betschart, 041 755 11 10, beatbet@bluewin.ch ZH Lieu de cours : Strickhof, Lindau. Contact : SVLT ZH, Eschikon 21, 058 105 98 22, Postfach, 8315 Lindau, www.svlt-zh.ch

10 2019 Technique Agricole

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ASETA | Portrait

Agriculteur à 100 % Le Mendrisiotto, au sud du Tessin, comprend de nombreux petits domaines d’élevage et viticoles. Il compte une centaine d’exploitations à plein temps , sept se trouvent à Novazzano. L’une d’elles, sise Via al Paü 3, appartient à une hoirie. Elle est exploitée en fermage depuis 2013 par la communauté Paolo et Fabio Gabaglio (père et fils). « Je suis motivé à cent pour cent pour reprendre la ferme », confie Fabio, le fils né en 1991. Il peut compter sur le soutien sans réserve de son épouse, de ses deux enfants, et de ses parents Claudia et Paolo. Les décisions importantes concernant l’orientation de l’exploitation et les investissements sont prises en bonne intelligence. La transmission à Fabio se concrétisera d’ici quatre à cinq ans. Dans un proche avenir, le jeune agriculteur souhaite construire une nouvelle étable, pour autant que la situation du marché laitier le permette. Sinon, il se tournera vers les grandes cultures et la vigne. Tous les membres de la famille Gabaglio ont l’agriculture dans le sang et sont des passionnés d’élevage et de machines. Paolo est paysan et mécanicien en machines agricoles. Claudia travaille dans le service d’insémination de Swissgenetics à temps partiel. Fabio est paysan comme son père et chef d’exploitation ; ils forment un apprenti. Quant à son frère Mauro, il a choisi la profession de mécanicien en machines de chantier. Les 60 hectares de surface agricole utile sont occupés par de la vigne (5 hectares) et des grandes cultures (18 hectares) : blé, maïs-ensilage, maïs-grain, betteraves fourragères. Le vignoble est complanté de merlot, d’un peu de galotta, de cabernet franc et de marselan. Les raisins sont pressés à la cave – « cantina »  –de Giubiasco. Un troupeau de 40  laitières et de 30 jeunes bovins constitue le cheptel. Le lait est livré à la laiterie « Lati » de San Antonino. Pendant l’apprentissage de Fabio, Paolo a lancé une petite entreprise de travaux agricoles pour arriver à subvenir aux besoins des deux familles. Le parc de machines comprend une presse-enrubanneuse Kuhn, une moissonneuse-batteuse Claas « Lexion 410 » qui récolte une centaine d’hectares par an, et une ensileuse Claas « Jaguar 850 ». « Les travaux d’ensilage sont toutefois en constante diminution car le nombre d’éleveurs se réduit comme peau de chagrin dans le Mendrisiotto », explique le jeune agriculteur Fabio Gabaglio. Désireux d’agrandir le vignoble et de construire une remise pour les machines, les Gabaglio ont acheté il y a quatre ans un terrain chargé d’histoire dans le village. S’y dressait auparavant « La Pobbia », célèbre habitation de deux étages entourée d’une grange. Edifiée aux XIIIe et XIVe siècles et remaniée ensuite jusqu’au XIXe siècle, la ferme domaniale de 44 mètres de long est couverte d’une toiture de 1000 mètres carrés et comporte une cinquantaine de pièces. Deux cent camions ont été nécessaires, en 2003, pour la transporter au Musée suisse de l’habitat rural de Ballenberg.

Propos recueillis par Dominik Senn

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Technique Agricole

10 2019


Cours | ASETA

Les cours ASETA Lieux des cours de conduite G40

Cours de conduite G40

1260 Nyon VD* 1302 Vufflens-la-Ville VD* 1315 La Sarraz VD* 1510 Moudon VD* 1562 Corcelles-près-Payerne VD* 1630 Bulle FR** 1786 Sugiez FR** 1860 Aigle VD* 1964 Conthey VS* 2208 Les Hauts-Geneveys NE* 2720 Tramelan BE* 2852 Courtételle JU* 3150 Schwarzenburg BE 3186 Düdingen FR 3250 Lyss BE 3270 Aarberg BE 3421 Lyssach BE 3510 Konolfingen BE 3550 Langnau i. E. BE 3770 Zweisimmen BE 3800 Interlaken BE 3818 Grindelwald BE 3930 Visp VS 4222 Zwingen BL 4415 Lausen BL 4538 Oberbipp BE 4702 Oensingen SO 5040 Schöftland AG 5505 Brunegg AG 6056 Kägiswil OW 6130 Willisau LU

Le cours de conduite G40 de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture est reconnu par l’Office fédéral des routes (OFROU) et annoté dans le permis de conduire. Voir le site www.fahrkurse.ch pour davantage d’information.

6170 Schüpfheim LU 6210 Sursee LU 6276 Hohenrain LU 6430 Schwyz SZ 6472 Erstfeld UR 6702 Claro TI*** 7130 Ilanz GR 7302 Landquart GR 7430 Thusis GR 7524 Zuoz GR**** 7550 Scuol GR**** 7742 Poschiavo GR*** (Neu) 8180 Bülach ZH 8200 Schaffhausen SH 8315 Lindau ZH 8460 Marthalen ZH 8500 Frauenfeld TG 8625 Gossau ZH 8836 Biberbrugg SZ 8856 Tuggen SZ 8867 Niederurnen GL 8932 Mettmenstetten ZH 9133 Sitterdorf TG 9436 Balgach SG 9465 Salez SG 9602 Bazenheid SG * en français ** en français et en allemand *** en italien **** en italien et en allemand

Cours de conduite « G40 » de l’ASETA Ce code QR vous permet d’accéder directement au calendrier des cours de conduite G40 de l’ASETA et de vous y inscrire.

Formation OACP

Lieu : Riniken AG

Module Date Assurer la charge, allemand

29.11.2019

OTR1 et tachygraphie, allemand

09.01.2020

Véhicules et technique, allemand

10.01.2020

Premiers secours, allemand

10.02.2020

Cours pour caristes Approuvé par la Suva, contrepoids, chariots télescopiques et élévateurs

Lieu et langue

1re journée

2e journée

Ardon VS, français

sur demande

sur demande

Chavornay VD, français

sur demande

sur demande

Goldach SG, allemand

sur demande

sur demande

Oberbipp BE, allemand

sur demande

sur demande

Rümlang ZH, allemand

sur demande

sur demande

Cours de soudure

Lieu : Riniken AG

Type de cours Soudage de métal sous gaz de protection, allemand

Dates

04 et 05.11.2019

Soudage à l’arc, allemand

11 et 12.11.2019

Soudage Wolfram sous gaz de protection, allemand

20 et 21.11.2019

De plus amples informations sur les cours sont disponibles sur www.agrartechnik.ch ou www.fahrkurse.ch, au 056 462 32 00 ou par courriel : zs@agrartechnik.ch

 Impressum 81e année www.agrartechnik.ch Éditeur Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA) CN Werner Salzmann, président Dr Roman Engeler, directeur Rédaction Tél. : 056 462 32 00 Roman Engeler : roman.engeler@agrartechnik.ch Heinz Röthlisberger : heinz.roethlisberger@agrartechnik.ch Dominik Senn : dominik.senn@agrartechnik.ch Ruedi Hunger : hungerr@bluewin.ch Ruedi Burkhalter : r.burkhalter@agrartechnik.ch Abonnements et changements d’adresse Ausserdorfstrasse 31, 5223 Riniken Tél. : 056 462 32 00, Fax 056 462 32 01 www.agrartechnik.ch

Directeur de la publication Dr Roman Engeler, Ausserdorfstrasse 31 5223 Riniken (AG) Tél. : 079 207 84 29 roman.engeler@agrartechnik.ch Annonces Alex Reimann Vente d’annonces Tél. : 079 607 46 59 inserate@agrartechnik.ch Tarif des annonces Tarif valable : 2019 Rabais pour la parution simultanée dans Schweizer Landtechnik Production et expédition AVD Goldach AG Sulzstrasse 10-12 9403 Goldach (SG) Paraît 11 fois par an

Prix de l’abonnement Suisse : CHF 110.– par an (TVA incluse) Gratuit pour les membres de l’ASETA Étranger : CHF 135.– (TVA exclue) Prochain numéro Thème principal Entretien des machines: rêt pour l’hiver Plate-forme Mobilité à hydrogène Impression Labourer et semer en même temps Sécurité La question cruciale de la ceinture de sécurité L’édition 11/2019 paraîtra le 14 novembre 2019. Dernier jour pour les ordres d’insertion: 4 novembre 2019

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Technique Agricole 10/2019  

Chargement, Levage et Transport; Quand les batteries fournissent l'énergie, Test comparatif de quatre véhicules UTV

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